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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 00:00

Jean Climaque

VIIe siècle

 

Jean, que l’on surnomma le Scholastique, à cause de sa science éminente, ou le Sinaïte à cause de son séjour sur le Sinaï, est plus communément connu sous le surnom de Climaque, en raison de son traité qui a pour titre L’échelle du paradis (en grec : klimax, échelle) ou Echelle sainte.

On ignore l’époque et le lieu de sa naissance, tant il est vrai que ces grands Saints, tels de nouveaux Melchisédech, n’appartiennent pas à l’histoire ni à la terre. Ce qu’on sait de lui est dû à un autre moine, Daniel, du monastère de Raïthou, proche de celui où vécut Jean. 

Les quelques écrits de Jean Climaque donnent à penser qu’il reçut une éducation soignée. 

A seize ans, il vint se présenter au monastère Sainte-Catherine sur le Mont Sinaï, ce monastère bâti à l’emplacement très probable du Buisson ardent ; il semble que des moines s’y étaient déjà fixés aux 3e-4e siècles. 

Sous la direction d’un saint vieillard nommé Martyrios, Jean se fit initier à la vie solitaire. Il employa quatre années à s’instruire et à s’éprouver avant de se consacrer à Dieu par la profession monastique. 

Martyrios, satisfait des progrès de son disciple, le présenta un jour au solitaire Anastase, le futur patriarche d’Antioche : celui-ci, comme éclairé d’une lumière prophétique, dit au maître : Qui croirait, Père, que tu eusses consacré à Dieu un futur abbé du Mont-Sinaï ? (voir au 20 avril). 

Pendant dix-neuf ans, Jean s’exerça avec une simplicité admirable dans la pratique fidèle de l’obéissance. A la mort de Martyrios, il se proposa d’embrasser la vie des anachorètes (ermites solitaires ou hésichastes) : il ne voulut pas cependant s’y décider par lui-même et consulta à ce sujet un autre vieillard qui donna son assentiment à ce projet. Jean descendit alors au bas de la montagne du Sinaï, à Tholas, et se retira dans une solitude à quelque distance de l’église où il se rendait les samedis et les dimanches, pour assister à l’office et communier avec les autres solitaires suivant la coutume des moines d’Orient. Il consacrait les autres jours de la semaine successivement à la prière, au travail des mains, à la méditation ; il mangeait peu, se contentant des aliments que sa profession lui consentait. Dieu lui accorda le don d’oraison et celui des larmes. 

Durant les vingt années de cette vie anachorète, Jean ne refusait pas les visites, considérant que c’était Dieu qui les lui envoyait. Mais alors que des envieux calomniaient ses propos, il décida un jour de ne plus parler et resta un an dans le silence.

Bientôt, de disciple, il devint maître en matière d’ascétisme : un solitaire, nommé Moïse, lui fit demander s’il l’accepterait comme disciple. Jean crut devoir accepter ; puis, déjà âgé, il fut sollicité par les moines du monastère Sainte-Catherine pour être leur abbé (higoumène) : là, il dut se faire violence pour céder à leurs désirs et leur apporter ses propres enseignements. C’est alors qu’un autre Jean, abbé de Raïthou, lui demanda de mettre par écrit ce que l’Esprit de Dieu lui suggérerait sur la pratique des vertus. Certains affirment que ce serait le pape Grégoire Ier lui-même qui lui aurait présenté cette requête (voir au 12 mars), ce qui montre par la même occasion quelle renommée était alors celle de Jean. 

Par esprit d’obéissance, pensant devoir accéder à une volonté céleste, Jean répondit avec une profonde humilité : Mauvais disciple d’un excellent peintre, j’ai seulement ébauché et marqué avec du noir les ombres de choses qui sont d’elles-mêmes très vives et très éclatantes ; je t’ai réservé comme au premier maître et au plus éminent parmi les docteurs le soin de mettre la dernière main à cet ouvrage, d’y ajouter des embellissements, d’éclaircir ce qu’il y a d’obscur, de suppléer à tout ce qui manque dans les préceptes de cette loi spirituelle par les lumières que tu as acquises en l’accomplissant si parfaitement. Ce n’est donc pas à toi que j’adrese ce petit ouvrage, mais à ceux que Dieu a appelés à son service.

Comme nous sommes loin des “droits d’auteur” de notre époque contemporaine !

Jean abdiqua l’abbatiat après quelques années : il établit pour le remplacer un certain Georgios, qui avait passé soixante-dix ans dans la solitude de la même montagne, et retourna à sa vie solitaire. 

Parvenu à sa dernière heure, il reçut la visite de Georgios tout en larmes, et le consola : Ne t’afflige pas ! Si j’ai quelque pouvoir auprès de Dieu, il ne se passera pas un an sans que je t’attire auprès de moi ; Georgios mourut en effet dix mois après.

Reprenant la tradition orientale, le Martyrologe Romain commémore Jean Climaque au 30 mars, qui serait le jour anniversaire de sa mort.

 

Saint Jean Climaque est beaucoup plus connu en Orient qu’en Occident. Ses écrits ont été traduits tardivement, pas avant le XVe siècle.

L’écrit le plus important, L’Echelle sainte, longue de trente chapitres (ou « échelons », représentant les trente années de vie cachée de Jésus-Christ), a pour but de résumer l'expérience monastique. Il vise à  faire atteindre aux moines la perfection, en trente degrés :

degrés 1–4 : renoncement au monde et obéissance à un père spirituel ;

degrés 5–7 :  pénitence et affliction (penqos/penthos) comme voies de la véritable joie ;

degrés 8–17 : lutte contre les vices et acquisition des vertus ;

degrés 18–26 : fuite des pièges de l'ascèse (paresse, orgueil, pusillanimité) ;

degrés 27–29 : atteinte de l’hésychia (paix de l'âme) et de l’apatheia (impassibilité).

degré 30 : épectase, la tension de l'âme vers Dieu et la perfection.

 

Le texte est rédigé en apophtegmes, en sentences brèves, sans construction apparente, sans lien logique de l’une à l’autre, fruit de la simple expérience personnelle du saint abbé. 

On pourra méditer beaucoup sur ces deux seules phrases reprises au texte : 

Ne cherche pas à beaucoup parler quand tu pries, de peur que ton esprit ne se distraie à chercher les mots.

Hésiter dans ses jugements et demeurer longtemps dans le doute sans aucune certitude est le signe que l’âme n’est pas illuminée et qu’elle aime la gloire.

 

L’autre ouvrage de Jean Climaque est beaucoup plus bref. C’est un court traité intitulé Lettre au pasteur, à l’intention des maîtres spirituels et des chefs de communauté.

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