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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 00:00

João Cidade (Jean de Dieu)

1495-1550

 

Il naît en 1495 à Montemor-o-Novo au Portugal, au sein d’une famille pauvre : André et Teresa sont de simples artisans, très chrétiens. Quand il n’a pas encore dix ans, il décide de quitter la maison pour rejoindre un prêtre espagnol qui s’était arrêté chez ses parents. Sa mère en meurt de tristesse, non sans avoir révélé à son mari qu’elle avait été divinement informée que l’Ange Gardien veillait sur leur fils. Le père  alors se fait religieux à Lisbonne.

L’enfant rejoint le prêtre. Arrivés à Oropesa (province de Tolède), l’enfant n’en pouvant plus, le prêtre le confie à un berger, où il passera toute sa jeunesse. Désormais, notre João portugais sera pour tous Juan.

Les bergers donnent à Juan une excellente formation chrétienne et intellectuelle, il devient l’intendant de la ferme et fait prospérer l’affaire, au point que le patron lui propose sa fille en mariage. Préférant se consacrer, Juan refuse et pour éviter d’autres instances, part secrètement. Il s’engage dans l’armée.

Là, il perd peu à peu toutes ses bonnes habitudes, mais lors d’un grave accident de cheval, il invoque Marie, qui le ramène sain et sauf au camp ; puis, accusé d’un vol, il est condamné à être pendu, mais grâcié à condition de quitter la garnison. Il retourne chez ses bergers, où de nouveau les affaires sont florissantes ; mais il est frappé de constater comment les bêtes sont si bien soignées, alors que les pauvres sont laissés pour compte.

De nouveau sollicité en mariage, de nouveau engagé dans l’armée, de nouveau licencié, il part retrouver ses parents au Portugal, qu’il ne trouve évidemment pas, car on l’informe qu’ils sont morts. Il part au secours des chrétiens prisonniers des Maures en Afrique.

En chemin, il essaie de reprendre son métier de berger, sans attrait. A Gibraltar, il s’embarque avec le comte Sylva, expulsé d’Espagne, et arrive à Ceuta. Là, il se fait l’infirmier du comte et de toute la famille, tombés malades. Juan, pour survivre, vend ses vêtements, travaille de ses mains comme tailleur de pierre.

Il aurait bien voulu apostoliser les chrétiens apostats, mais un saint religieux de l’endroit a la bonne inspiration de l’en dissuader à cause du trop grand danger, et lui conseille de retourner promptement en Espagne pour trouver à quoi Dieu le destinait.

A Gibraltar, il prie, se confesse et se fait vendeur d’images pieuses, pensant par là opérer des conversions. Un jour il rencontre un petit garçon pieds-nus, qu’il prend sur ses épaules : c’était l’Enfant-Jésus, qui lui annonçe : “Jean de Dieu, Grenade sera ta croix !”

A Grenade, il rencontre Juan de Ávila, l’apôtre de l’Andalousie (voir au 10 mai), dont un sermon provoque en lui un profond revirement de pensée. Il se met à courir en tous sens, criant partout “Miséricorde, Seigneur”, au point qu’on croit bon de l’enfermer. C’est le même Juan de Ávila qui intervient pour le persuader de changer d’attitude et de se donner à quelque bonne œuvre. Nous sommes en 1537. 

Il va en pèlerinage à Notre-Dame de Guadalupe, où la Vierge lui apparaît, et lui remet l’Enfant-Jésus avec des langes pour le couvrir. Juan comprend qu’il devra vêtir et assister les pauvres de Jésus-Christ.

Il va retrouver Juan de Ávila, qui lui donne une première règle de conduite et l’engage à retourner à Grenade. A force d’aumônes, il réussit à louer une petite maison qu’il transforme en hôpital ; nous sommes en 1538, et Juan a quarante-trois ans.

La maison est vite remplie. Juan assiste les malades, et demande le concours des prêtres pour soigner aussi leurs âmes. 

Quand il part demander l’aumône, car il n’a rien, il crie : Qui veut se faire du bien à soi-même ? Pour l’amour de Dieu, mes frères, faites-vous du bien à vous-mêmes ! Sa persévérance est amplement récompensée. Il revient avec des provisions, mais aussi avec quelque nouvel infirme.

Un jour, cet infirme se révéla être Jésus-Christ en personne : Juan voit ses pieds saigner et émettre des rayons lumineux, puis toute la maison est illuminée. Jésus dit à Juan : Je te visite pour te témoigner ma satisfaction du soin que tu prends de mes pauvres. Tout le bien que tu leur fais en mon nom, c’est à moi que tu le fais.

Il est un jour reçu par l’évêque de Tuy, qui le convainc de porter le nom que lui avait donné l’Enfant-Jésus à Gibraltar : Jean de Dieu, Juan de Dios, en portugais João de Deus, et lui remet un habit religieux, pour qu’on le reconnaisse bien comme consacré à Dieu.

Ses deux premiers compagnons sont deux ennemis acharnés, qu’il réconcilie. Puis se présentent beaucoup de postulants, qu’on appelle d’abord les Frères de la Charité, aujourd’hui Ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu. Un nouvel hôpital est ouvert dans un ancien monastère de Grenade, puis un autre à Valladolid. Maintenant Juan est bien connu : on l’aide. Il a bien parfois des dettes, mais des bienfaiteurs interviennent au bon moment. 

Proche de la mort, il a encore la volonté et la force miraculeuse de se lever et d’aller persuader un malheureux tisserand, désespéré et ruiné, de ne pas se pendre.

Il meurt le 8 mars 1550, le jour de ses cinquante-cinq ans. Il est béatifié en 1630, canonisé en 1690.

 

En 1886, Il a été proclamé par Léon XIII patron des malades, des hôpitaux et des ordres hospitaliers et, en 1930, par Pie XI, patron des infirmiers, infirmières ainsi que des imprimeurs, relieurs et libraires. Les personnes alcooliques sollicitent son aide pour guérir leur dépendance.

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