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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 00:00

Józef Kalinowski

1835-1907

 

Né le 1er septembre 1835 à Wilno (Vilnius, Lituanie alors dans l’empire russe), Józef était le deuxième fils de Andrzej Kalinowski, professeur de mathématiques, et de Jozefina Polonska, de la noblesse catholique polonaise.

Peu après la naissance, la maman mourut. Andrzej prit alors pour épouse sa belle-sœur (qui aura trois enfants), et se remaria une troisième fois après la mort de cette dernière, et engendra encore quatre enfants. 

Cette troisième «mère» eut une très bonne influence sur Józef, durant l’adolescence.

Le garçon étudia à l’institut où enseignait son père, qui devint recteur mais démissionnera de son poste par opposition à la politique tsariste.

Le tsar en effet adopta une position très hostile envers les Polonais, les Lituaniens et l’Eglise en général. Il y eut des exécutions sur place, des déportations en Sibérie.

La Pologne fut divisée en trois zones, administrées par l’Autriche, la Prusse et la Russie. Les Kalinowski se trouvaient dans la partie «russe», dont les étudiants polonais étaient contraints soit à fréquenter les universités russes, soit à partir pour l’étranger. C’est ainsi que Józef s’inscrivit à Hory-Horki (à l’institut d’agronomie), puis à Saint-Pétersbourg (à l’Ecole du Génie militaire).

Il n’était pas très emballé par les cours, mais encore moins par l’indifférence de la société russe.

En 1857 cependant, il était ingénieur-lieutenant, nommé maître de conférences en mathématiques ; en 1860, surintendant ingénieur et envoyé à Brest-Litovsk, promu capitaine d’état-major.

Il travailla à la construction de la ligne de chemin de fer de Koursk à Konotop. Ce fut l’époque où il découvrit les Confessions de saint Augustin, qui seront son livre de chevet. A Brest, il comprit le drame des catholiques, littéralement persécutés pour être «russifiés» par la force, et quitta l’armée.

En 1863, éclata l’insurrection polonaise. Il s’y opposa fortement, mais il fut personnellement appelé à la diriger, comme ministre de la guerre. Il accepta à contre-cœur, bien conscient de l’issue certaine de ce conflit : très vite, l’armée russe mâta la révolte ; les chefs furent pendus sur place ; des trains entiers de Lituaniens et de Polonais partirent pour la Russie et la Sibérie. Józef n’échappa que de justesse à la mort : arrêté en mars 1864, condamné à mort, il vit sa peine commuée à dix ans de travaux forcés en Sibérie.

Le voyage de la déportation fut très pénible et douloureux : par train, par bateau, en charrette à cheval, à pieds même. Les prisonniers arrivèrent au bout de dix mois à leur destination, en avril 1865, au Lac Baïkal. 

Józef déploya tout son amour fraternel pour soutenir et réconforter ses compagnons. Sa force fut la prière ; il n’avait avec lui qu’un crucifix, un évangile et l’Imitation de Jésus-Christ.

La force de la prière l’aida à supporter ces dix années. Libéré en 1874, il retourna en Pologne, désormais animé du désir de recevoir le sacerdoce.

A Cracovie, il fut d’abord le précepteur du jeune prince August Czartoryski (voir au 8 avril). Or, la tante de ce dernier était une carmélite, qui entrevit en Józef l’homme de choix qui pourrait restaurer le Carmel en Pologne.

Pendant deux années, Józef suivit son élève princier, l’accompagnant à Paris. Là, il s’occupa des réfugiés polonais et rencontra en particulier un Juif converti, Hermann Cohen, excellent musicien (pianiste et compositeur) devenu Carme déchaux. 

En 1876, tandis que August se dirigeait vers les Salésiens de Don Giovanni Bosco, Józef prit contact avec le carmel de Linz (Autriche).

En 1877, il entra au noviciat de Graz (Autriche), avec le nom de Ráfał de Saint-Joseph. Il fit les premiers vœux en 1878 et partit étudier philosophie et théologie à Raab (Hongrie).

En 1881, après ses vœux solennels, il fut envoyé au couvent polonais de Czerna et fut ordonné prêtre en 1882. L’année suivante, il était élu prieur.

Extrêmement actif, il fonda des carmels à Premislia (1884), à Lviv (Ukraine, 1888), à Wadowice (Pologne). Il fut nommé Visiteur de tous ces monastères. En 1906, il fut directeur du collège de théologie de Wadowice et organisa le Tiers-Ordre du Carmel. Mais le père Kalinowski n’était pas qu’un administrateur : il rayonna par son ministère sacerdotal, comme directeur spirituel et surtout comme confesseur.

Il contribua à retrouver et à rassembler les archives dispersées des couvents carmes ; il fit la première traduction polonaise de l’Histoire d’une Ame de sainte Thérèse de Lisieux, écrivit des biographies hagiographiques sur les martyrs polonais, sur Hermann Cohen, et finalement ses Mémoires, par obéissance à ses Supérieurs.

Il s’éteignit à Wadowice le 15 novembre 1907.

Un certain Karol Wojtyła naquit justement à Wadowice en 1920 : devenu Jean-Paul II, il béatifia Józef Kalinowski (Rafał de Saint-Joseph) en 1983, et le canonisa en 1991.

 

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