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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 00:00

Juan de la Croix

1542-1591

 

Juan naquit à Fontiveros (Ávila, Espagne) le 24 juin 1542, fête de saint Jean-Baptiste, dont il reçut le nom. Son père, Gonzalo de Yepes, de noble lignée, avait épousé une femme pauvre, Catalina Álvarez, belle et vertueuse, qui mit au monde trois enfants : Francisco, Luis qui mourut jeune à six ans, plus tard Juan.

Gonzalo travaillait dur, vendant à la foire de Medina del Campo la soie préparée à domicile. Il tomba malade peu avant la naissance de Juan et mourut en 1544.

La vie de Juan fut très mouvementée, douloureuse aussi, mais parsemée de signes célestes.

Il avaita cinq ans quand la sainte Vierge l’aida à sortir d’une mare où il était tombé.

Juan apprit un peu tous les métiers : charpentier, tailleur, sculpteur sur bois, peintre. Quand la famille s’installa à Medina del Campo, il apprit à lire et à écrire au collège des Enfants de la Doctrine : il fit le domestique et servait la messe ; les sœurs lui confièrent la fonction de quêteur, puis il prit du service à l’hôpital de Las Bubas (où l’on soignait les maladies vénériennes) et devint infirmier, tout en ratissant quelques moments de solitude pour étudier la grammaire et la philosophie, qu’il apprit chez les Jésuites.

Il devint habile dans la tournure de vers en latin, il traduisit Cicéron, Jules César, Virgile, Ovide, Martial, Horace.

En 1563, il prit l’habit des «frères de la Vierge» (carmes) avec le nom de Juan de Saint-Mathias, mais il aurait préféré encore mieux les Chartreux, tout en songeant qu’il avait encore besoin d’étudier, et pour cela passa au collège carme de Salamanque. Au collège, il fut nommé préfet des étudiants, à cause de ses dons intellectuels.

En 1567-1568, il fut théologien et reçut l’ordination sacerdotale. C’est à cette époque qu’il rencontra Teresa di Avila, que nous appelons chez nous «la grande Thérèse» ; son l’idéal le captiva : il fallait retrouver l’idéal du Carmel dans son austérité primitive. Il renonça à terminer les longues études de théologie et suivit Thérèse à Valladolid. En 1568, il fonda le premier carmel masculin de la réforme : les Carmes Déchaux. Juan s’appellera désormais Juan de la Croix. 

La réforme commençait. En 1570, Juan était maître des novices à Mancera ; en 1571, il régissait le collège des étudiants carmes à Alcalá de Henares ; à partir de 1572, il fut confesseur des carmélites à Ávila. Sainte Thérèse d’Avila s’en «plaignait» en disant de lui : Il n’y a pas moyen de parler de Dieu avec mon Père Juan de la Croix. Il entre aussitôt en extase et y fait entrer les autres.

Il y aura encore bien d’autres signes de la vie mystique de Juan. 

Mais pour le moment, un chapitre général carme qui se tenaitt en Italie, condamna véhémentement ce mouvement de réforme des «primitifs» de Castille, qu’on taxait de désobéissants, rebelles et contumaces. Dans la nuit du 3 au 4 décembre 1577, Juan fut enlevé avec un confrère et conduit à Tolède et ils seront enfermés pendant neuf mois à Medina del Campo, outre que soumis à un régime plutôt rigoureux. Sainte Thérèse essaya de le faire libérer, en vain. C’est là que Juan écrivit la première version de son Cantique spirituel. Ce fut un miracle de la Sainte Vierge qui, manifestement, l’aida à s’évader, peu après le 15 août 1578 (certains disent en mai).

On ne le poursuivit pas. Il se trouva bientôt à confesser les carmélites de Beas de Segura (Jaén), où il se refit quelque peu.

En 1579 il fonda le collège carme de Baeza ; en 1582 il fut élu prieur du carmel de Grenade, où il construisit de ses mains un aqueduc et un cloître.

Il devint bientôt vicaire général d’Andalousie en 1585, prieur à Ségovie en 1588. Cette année-là, la réforme fut tout de même officiellement reconnue dans l’Ordre. 

Mais le chapitre de Madrid, en 1591, le destitua de toute charge, comme il l’avait d’ailleurs pronostiqué. Il fut même abondamment calomnié. A cette même période, il avait demandé au Christ «des souffrances à pâtir pour (Lui)», préférant être «sous-estimé et compté pour rien». On lui donna le choix entre le monastère de Baeza et celui d’úbeda (Jaén) : il préféra ce dernier, justement parce que l’atmosphère ne lui était pas favorable.

Là, il dut être opéré de cinq abcès à la jambe, qu’on lui ouvrit du haut du mollet au talon ; puis de deux abcès aux reins ; d’un autre à l’épaule. On pensa l’aider à supporter mieux la douleur en invitant deux guitaristes à jouer près de lui, mais il les éconduisit gentiment, préférant offrir ses souffrances à Dieu, souffrances qu’il appelait ses «cadeaux bienfaisants».

Au soir du vendredi 13 décembre, il demanda à entendre le Cantique des Cantiques. Au matin, il mourut après avoir répété le verset du psaume 30 : Entre tes mains, je remets mon esprit (Ps 30:6). 

Saint Juan de la Croix était, dit-on, petit, point beau, avec des yeux noirs et un front large et haut. Il reçut les grâces d’un grand mystique, avec des extases et des miracles. Il fut un grand poète à l’inspiration très profonde ; voici deux expressions de lui : 

L’amour est pareil au feu dont la flamme monte toujours.

Au soir de cette vie, on t’examinera sur l’amour.

Saint Juan fut béatifié en 1675, canonisé en 1726, proclamé Docteur de l’Eglise en 1926. Longtemps, les villes de úbeda et Segovia se sont disputé ses reliques ; ce qui en reste se trouve actuellement à Segovia.

En 1952, les poètes de langue espagnole l’ont pris comme Patron.

Il est mentionné le 14 décembre au Martyrologe et fêté le même jour.

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