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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 00:00

Juan Duarte Martín

1912-1936

 

Juan (Jean) naquit le 17 mars 1912 à Yunquera (Málaga, Espagne), quatrième des dix enfants de Juan Duarte Doña et Dolores Martín de la Torre, qui en perdirent quatre en bas âge.

Une des sœurs de Juan fut carmélite.

Le papa, un bon paysan chrétien, faisait partie des Adorateurs Nocturnes, et accepta avec joie la vocation sacerdotale de son fils.

Juan fut baptisé et confirmé dans sa paroisse, mais les registres en ont été totalement détruits en 1936.

En 1925, à treize ans, il entra au Petit séminaire. Ce ne fut une surprise pour personne ; l’unique problème était de payer la pension, et quand le papa en parla, Juan répondit sans sourciller : Ne t’en fais pas, le Seigneur va t’aider.

Il s’y sentait comme un poisson dans l’eau au point que, lors des émeutes de 1931 (on incendia des églises déjà à cette époque), il regagna courageusement son séminaire.

Il fut un excellent séminariste, gagnant la confiance de tous, au point d’être nommé préfet pour les plus jeunes, auxquels il sut communiquer sa vivacité, sa joie, en même temps que sa piété, comme il le fit aussi pour les petits garçons de la paroisse. Il avait un tel esprit apostolique qu’il nourrissait l’espoir, une fois prêtre, de partir aux missions.

En 1935, il reçut le sous-diaconat, et le diaconat le 6 mars 1936.

Humblement, il répétait qu’il ne se sentait pas capable du martyre, mais devant les événements politico-sociaux, il affirmait toujours : C’est le Seigneur qui triomphera ! Jusqu’à la fin, il conserva la soutane même pour sortir hors de chez lui.

En novembre, il y eut une perquisition en règle chez sa famille, et il s’était réfugié dans une petite chambre aménagée en cachette. La perquisition n’avait rien donné, mais une fois les miliciens partis, Juan s’avança vers la fenêtre pour respirer un peu ; quelqu’un le vit et le dénonça.

C’était le 7 novembre ; ils arrêtèrent aussi deux compagnons de Juan, les séminaristes José Merino et Miguel Díaz, qui furent martyrisés la nuit suivante.

Juan fut d’abord conduit à Álora, une localité voisine. On ne sait pourquoi il ne fut pas assassiné avec ses compagnons. A Álora, on l’enferma dans une auberge, puis au dépôt municipal de la Garipola.

Pendant plusieurs jours, on chercha à le faire blasphémer, mais les seules paroles que Juan exprima furent : Vive le Cœur de Jésus ! Vive le Christ Roi ! Les tortures qu’il subit furent aussi nombreuses que pénibles : vexations quotidiennes, baguettes pointues sous les ongles, décharges électriques aux parties génitales (et il fit même remarquer une fois aux bourreaux que le cable avait dû se débrancher, car il ne sentait rien), «promenades» dans les rues en se moquant de lui.

De la Garipola, on passa à la prison. On commença par faire entrer dans sa cellule une adolescente de seize ans qui devait le séduire pour prétendre ensuite avoir été violée par lui. Le Diacre avait bien d’autres idées dans son cœur, aussi plusieurs miliciens s’introduisirent : avec un rasoir à barbe, l’un d’eux le castra et donna les testicules à la fille pour aller les montrer dans le village.

Revenu à lui, le pauvre Diacre répétait seulement : Qu’est-ce qu’ils m’ont fait ? Comme les habitants s’indignaient chaque jour davantage, et que Juan, de son côté, continuait à pardonner à ses bourreaux, qui ne comprenaient pas qu’ils faisaient tout cela à Notre-Seigneur lui-même, les dirigeants du Comité voulurent en finir, mais de façon atroce.

Ils emmenèrent Juan à un kilomètre et demi de là, à Arroyo Bujía et, à une dizaine de mètres du pont, le jetèrent à terre, lui ouvrirent le ventre de haut en pas à coups de machette, lui versèrent de l’essence et y mirent le feu.

Juan eut encore la force de dire : Je vous pardonne, et je demande à Dieu de vous pardonner. Vive le Christ Roi ! 

Et juste avant d’expirer, les yeux grands ouverts vers le ciel : Je le vois !

L’un des bourreaux lui demanda encore : Qu’est-ce que tu vois ? et lui déchargea son pistolet dans la tête.

On se souvient ici que le diacre Etienne, juste avant son martyre, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu, et pria pour ses bourreaux : Seigneur, ne leur impute pas ce péché (Ac 7:53-60). 

L’horrible mais glorieux martyre de Juan eut lieu le 15 novembre 1936. Juan Duarte Martín a été béatifié en 2007.

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Published by samuelephrem - dans Hagiographie J
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