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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 00:00

Kata Ivanišević

1893-1941

 

Née le 25 novembre 1893, Kata reçut le nom de la Sainte du jour, Catherine d’Alexandrie.

Elle naquit à Staro Petrovo Selo (Nova Gradiška, Croatie) de Nikola et Tera, née Šimunović, et fut baptisée dès le lendemain. 

Cette famille chrétienne comportait onze enfants, dont cinq moururent en bas âge. On priait en famille, on ne manquait jamais la messe du dimanche, et l’on s’y rendait aussi parfois en semaine.

Après quatre années d’école primaire, elle suspendit ses études à cause de la pauvreté de la famille. Elle resta ainsi à la maison, où sa maman observait qu’elle avait «quelque chose» de plus que les autres. Sa sœur aînée dit qu’elle rayonnait de bonté pour tous et qu’elle était un modèle d’obéissance.

Quand elle avait du temps, ou en gardant les moutons, elle lisait des vies de Saints, qu’ensuite elle racontait à d’autres, qui se réunissaient autour d’elle.

C’est certainement par influence de ces belles lectures qu’à dix ans elle fit le vœu d’abstinence, ainsi qu’on l’apprend dans la vie de beaucoup d’ermites, de moines, dès l’antiquité chrétienne. Volontiers elle distribuait le lard de son goûter, ne mangeant que le pain sec. Ce n’est… qu’en entrant au couvent, qu’elle mangea de la viande, pour se plier à la loi commune de la communauté.

Dans sa jeunesse, elle se montra modeste, discrète, préférant le silence et la prière à la danse et aux sorties. Sa vocation mûrissait : elle animait la prière à l’église et affirmait ne pas vouloir se marier pour «servir Jésus».

Quand elle eut dix-huit ans, elle exprima clairement son désir d’entrer en religion, mais sa mère s’y opposa, car elle était sa main droite à la maison. Kata attendit deux ans, et put, après la mort de sa mère, entrer dans la Congrégation des Filles de la Divine Charité, à Sarajevo (1914).

On lui fait étudier la langue allemande et elle part pour recevoir sa formation dans la maison-mère de Vienne. Elle est postulante à Breitenfurt (près de Vienne) ; novice, elle prend le nom de Marija Jula. Elle fait les premiers vœux en 1916, les vœux perpétuels à Sarajevo en 1923.

Plus tard entreront aussi dans la même Congrégation sa petite sœur Mara, trois nièces et une petite-nièce.

Jula revient en Bosnie : on lui confie la direction d’un orphelinat à Zagreb ; elle passe sept ans à Breške, dans les travaux agricoles. Là encore elle se distingue par son obéissance.

Elle revient un an à Sarajevo pour se remettre un peu de sa fatigue (elle a aussi des problèmes cardiaques) : Elle remplaçait par son zèle, sa patience et son calme ce qui manquait à ses forces.

En 1932, elle devient supérieure de la communauté de Pale, jusqu’à sa mort. Sa présence nourrit la cohésion, l’esprit de sacrifice et de charité. Les divers témoignages la disent angélique, dynamique, prête à aider ; une supérieure équilibrée et juste ; humble ; dévote envers la Vierge Marie comme un enfant. Elle écrivait à une nièce : Imite la Sainte Vierge dans sa modestie et son humilité. L’humilité est le fondement de toute vertu, et l’orgueil le commencement de tout mal.

Cette petite communauté de Pale rayonnait d’amour fraternel, de charité pour tous, qu’ils fussent orthodoxes ou musulmans, aidant, prêtant, assistant par tous les moyens.

En avril 1941, le gouvernement de Yougoslavie avec le général Simovič, fuyant Belgrade, tinrent avec reconnaissance leur dernière réunion dans cette sainte maison.

A partir de 1941, la vie à Pale devenait chaque jour plus dangereuse, mais les Religieuses préféraient rester sur place pour être aux côtés de la population locale. En septembre, les coups de feu se rapprochaient, mais elles continuaient leur activité dans le calme, confiantes qu’elles ne risquaient rien, étant donné qu’elles ne faisaient que du bien autour d’elles.

En octobre, les incidents se multiplient ; partout démolitions, incendies, vols, enlèvements… La ligne de chemin de fer pour Sarajevo, leur unique moyen de locomotion, est souvent coupée. Les Religieuses prient intensément pour la paix, surtout pour la «Bosnie ensanglantée», jusqu’au matin du 11 décembre.

Ce soir-là, un groupe de soldats attaqua violemment la maison. Jula était justement sortie pour acheter de la farine. Les Sœurs présentes accoururent auprès du prêtre slovène, Meško pour lui demander l’absolution. Les soldats pénétrèrent dans la maison et mirent tout le monde dehors, sur la neige. A ce moment-là Jula arriva et comprit tout de suite la situation : elle donna à son chauffeur tout ce qu’elle avait en main en lui disant : Va-t-en vite où tu veux, ils vont te tuer. Et elle se joignit aussitôt à ses Sœurs. Les soldats serbes criaient : Allez-y, les gars, arrêtez-les toutes vivantes, elles ne nous servent à rien si elles sont mortes.

Toutes les Sœurs sont arrêtées pour être conduites vers Sjetlina, puis vers Goražde. Le couvent est vandalisé et incendié. Plus tard on y retrouva le ciboire, contenant cinq hosties calcinées, qui étaient destinées aux cinq Sœurs. 

On leur adjoignit aussi des jeunes filles de la voisine Maison pour Enfants, qui furent ensuite libérées. On les fit marcher quatre jours par les montagnes et les forêts de Romanija, où elles souffrirent beaucoup du froid, n’ayant sur elles que leur habit d’intérieur. La plus ancienne, Berchmana, trop faible, est abandonnée en cours de route dans une cabane. De nuit, elles s’arrêtaient dans des cabanes abandonnées ou trouvaient un peu de soulagement chez des orthodoxes, qui leur donnaient du lait et du miel. Elles n’en pouvaient plus.

Elles parlaient peu, elles priaient. Elles demandaient ce qui était arrivé à la pauvre Sœur Berchmana, elles réconfortaient les jeunes filles qui étaient avec elles. L’une d’elle donna son châle au vieux prêtre qui tremblait de froid.

La Sœur Berchmana et les jeunes filles furent laissées à Sjetlina, tandis qu’on emmenait les quatre autres Sœurs à la caserne de Goražde, où on les enferma au second étage. Vers minuit, les soldats s’avancèrent vers les Religieuses avec des propositions infâmes : elles devaient se déshabiller, renoncer à leur état religieux, à leur fidélité à Rome. Elles s’y opposèrent fermement : Plutôt la mort, que ce que vous cherchez ! Pendant une heure, se suivirent les coups, les menaces, les outrages. Les soldats commencèrent à leur arracher les habits. 

Jula alors ouvrit la fenêtre et invita les autres à la suivre, au cri de Jésus, sauve-nous ! L’une après l’autre, elles se jetèrent dans le vide. Elles cherchèrent à se relever, mais les soldats se jetèrent sur elles avec leurs couteaux et les achevèrent. Puis ils les traînèrent par les pieds jusqu’au bord de la proche rivière, la Drina.

Les habitants proches entendirent clairement les cris de ces femmes. Ils durèrent environ une heure. 

Un soldat prisonnier vit que chacune fit le signe de la Croix avant de recevoir le coup fatal. Un autre témoin reconnut que chacune avait une blessure à la poitrine et une dizaine d’autres blessures sur tout le corps. Les corps restèrent là, jusqu’à ce qu’un ordre exigeât de les jeter dans la Drina, qui devint ainsi leur tombe.

La Sœur Berchmana fut assassinée quelques jours plus tard, le 23 décembre.

Le dies natalis des quatre premières Religieuses est au 15 décembre. 

Elles ont été béatifiées en 2011.

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