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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 00:00

Kazimierz Tomasz Sykulski

1882-1941

 

Né le 29 décembre 1882 à Końskie (Świętokrzyskie, Radom, Pologne), Kazimierz était le fils de Michał et Tekla Cybińskich, qui eurent neuf enfants.

Il reçut le baptême le 31 décembre.

Après la mort de son père, son frère aîné s’occupa de ses petits frères et sœurs.

Kazimierz fit de bonnes études (à la maison) et entra directement en deuxième année au lycée de Sandomierz. Il étudia le droit, la philologie, les langues (russe, latin, grec, français, allemand) et reçut son diplôme en 1899.

Puis il fréquenta le séminaire de Sandomierz, où il se montra excellent en toutes les matières, mais aussi par sa personne. 

Il fut tonsuré en 1901, reçut les ordres mineurs en 1902, le sous-diaconat en 1904, le diaconat et le sacerdoce en 1905.

Après son ordination sacerdotale, il fut vicaire à Radoszyce, puis à Wierzbica. Puis il fut envoyé pour d’autres études à Saint-Pétersbourg, de 1908 à 1911, où il reçut le diplôme avec d’excellentes appréciations.

Son ancien curé devint alors évêque et le nomma d’abord à Solec, puis à la cathédrale de Sandomierz, ainsi que comme aumônier de prison, mais pour très peu de temps. Puis il passa à Słupia, à Radom, enfin à Skarżysku-Bzinie, où se trouvaient plusieurs écoles. Il fut nommé par l’administration russe directeur de l’école pour filles Helen Wagner, puis de l’école Saint-Paul, où le personnel était russe.

Lors de la guerre en 1915, les écoles passèrent sous domination autrichienne ; le père Kazimierz fut nommé responsable de l’organisation des œuvres charitables municipales, pour distribuer des vivres. Il s’employa aussi à ouvrir d’autres écoles polonaises, pour développer l’instruction au-delà de l’école primaire. C’est ainsi que s’ouvrit un lycée, pour lequel il chercha un personnel enseignant de haut niveau.

L’inscription à ces écoles ne pouvant pas être gratuite, le père Kazimierz organisa une caisse qui recueillait des fonds pour les élèves pauvres ; lors de funérailles d’un Confrère, il demanda que l’argent qui aurait été dépensé pour des fleurs soit consacré aux frais de scolarités d’élèves peu fortunés.

Il est à remarquer que les élèves étaient en majorité d’origine ouvrière ; beaucoup étaient Juifs.

Le bien que fit ainsi le père Kazimierz pour la formation spirituelle et l’instruction des élèves, fit que, lorsque le bruit courut en 1917 qu’il allait être nommé ailleurs, les parents adressèrent une pétition à l’évêque pour qu’il leur laissât leur curé.

La nomination arriva tout de même, mais le père Kazimierz fut nommé membre honoraire de l’école. Par la suite, tout en étant à Policzna et Radom, il venait souvent revoir son école, à cheval.

A la fin de la guerrre, quand la Pologne retrouva son indépendance, il fit partie de la Diète législative constituante, de 1919 à 1922.

En 1920, il fut aumônier militaire, et reprit son activité pastorale à Radom.

Il reçut ensuite la dignité de Camérier secret du pape (une dignité qui n’existe plus aujourd’hui), celle de chanoine du chapitre de Opatowie et devint, en 1927, inspecteur pour les écoles.

En 1929, il fut nommé curé de son village natal, où son activité ne s’arrêta pas : Dames de la Charité, Congrès eucharistiques de Radom et Budapest, consulteur, doyen du chapitre d’Opatowie.

En 1938, le gouvernement lui remit la Croix en or du Mérite.

Lors du déclenchement de la guerre en 1939, l’hôpital fut un chaos, sans eau, sans lumière, et les blessés affluaient. Mgr Sykulski déploya tout son zèle pour être auprès de chacun comme prêtre, mais aussi comme frère, comme soutien, aidant les Religieuses à apporter de l’eau dans des seaux.

Dès que l’armée nazie entra dans Radom, le 8 septembre 1939, il fut arrêté avec d’autres otages. On les mit dans une pièce de la mairie, où ils n’avaient qu’un peu de paille pour s’étendre. Mais on les relâcha peu après.

Mgr Kazimierz organisa aussitôt des soupes populaires, des soins pour les mères et les enfants, une assistance pour les prisonniers.

Le 8 novembre, il fut de nouveau arrêté par les Nazis, et de nouveau relâché. Il reprit ses activités. On le prévint qu’il était surveillé par les Nazis, mais il répondit que sa place était là, et que son sort était entre les mains de Dieu.

En 1940, s’attendant à être de nouveau arrêté, il écrivit son testament, où il notait qu’il désirait être enterré auprès de sa mère.

En 1941, il s’attendait au martyre. La Gestapo l’arrêta, pour la troisième fois, le 1er octobre.

Il fut mis en prison à Radom, où on l’interrogea. Il fut terriblement battu, mais ne trahit personne. On lui demanda, en vain, les noms des adhérents aux associations catholiques. Il sortait des interrogatoires le visage en sang. Rien ne l’abattit, c’est lui qui continuait à relever le moral des autres prisonniers.

Des autorités, religieuses et civiles, intervinrent pour le faire libérer. La réponse fut négative, au motif que Mgr Kazimierz appartenait à une organisation secrète anti-allemande, qu’il avait fomenté des activités patriotiques et politiques contraires aux intérêts de l’Allemagne, et qu’il avait été pour cela condamné à mort. Toutefois, la peine de mort avait été commuée en détention en camp de concentration.

Le 24 octobre 1941, le prélat fut transporté à Auschwiz-Birkenau, où il porta le numéro 21962.

Il était alors encore en assez bonne forme et dut d’abord travailler aux fondations de la nouvelle caserne. Sa santé déclina cependant et, s’il écrivit à sa sœur qu’il était en bonne santé, c’était uniquement pour pouvoir envoyer un mot à sa famille.

Au matin du 11 décembre 1941, il fut «appelé» avec quelques autres. Ne pas être envoyé au travail signifiait être conduit à l’exécution, par fusillade ou par pendaison. Il faisait très froid. 

Le père Kazimierz murmura quelques mots à son voisin, sans doute les paroles de l’absolution ; il remit son chapelet à un autre prisonnier, un professeur de l’université Jagellone. Il fut ensuite fusillé et son corps brûlé.

Plus d’un mois plus tard, les autorités du camp avertirent sa sœur qu’il était mort à cause de son activité anti-allemande.

Mgr Sykulski mourut le 11 décembre 1941 (la date du 1er décembre, au Martyrologe, est apparemment une erreur).

En 1946, le gouvernement lui décerna la Médaille militaire du Mérite.

Mgr Kazimierz Sykulski fut béatifié en 1999.

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