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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 00:00

Léonie Aviat

1844-1914

 

Léonie Aviat naquit à Sézanne, en Champagne, le 16 septembre 1844. 

Elle fit ses études à la Visitation de Troyes, où la Supérieure du monastère, Mère Marie de Sales Chappuis, et l'aumônier, l'Abbé Louis Brisson, exercèrent sur elle une influence décisive. Formée à l'école de saint François de Sales (voir au 28 décembre), elle se prépara, sans la savoir, à sa mission future : la fondation d'une Congrégation de spiritualité salésienne, dédiée à l'évangélisation de la jeunesse ouvrière.

Tout commence en 1866. C’est l'époque où se développe la grande industrie, attirant vers la ville une main-d'œuvre à bon marché : c'est le cas de Troyes, où les usines textiles embauchaient de très jeunes filles, venues de la campagne. 

L'Abbé Brisson, apôtre au cœur ardent et déjà au nombre des précurseurs du grand mouvement social de la fin du XIXe siècle, avait ouvert en 1858, pour les jeunes ouvrières en bonneterie, une maison d'accueil destinée à leur assurer une éducation humaine et chrétienne complète. Devant l'impossibilité de trouver pour ce foyer, dénommé Œuvre Saint-François de Sales, une directrice et un encadrement stables, il décida, sous l'inspiration de Dieu, de fonder une Congrégation religieuse. 

Il trouva en Léonie Aviat une collaboratrice de choix, en qui il reconnut par ailleurs une vocation religieuse. En effet la jeune fille, ses études achevées, avait quitté le monastère de la Visitation, avec la ferme intention d'y revenir comme Sœur converse. Mais l'Abbé Brisson et la Mère Chappuis lui conseillèrent d'attendre. 

Obéissant à ce qu'elle considérait comme la voix de Dieu, elle en reçut bientôt un signe particulier qui ne pouvait être une illusion : entrée par nécessité dans l'usine d'optique de Sézanne, sa ville natale, un trait de lumière traversa son esprit et orienta sa décision. La vue de l'atelier peuplé de jeunes ouvrières appliquées à leur travail, sous l'œil attentif et maternel d'une surveillante, fit naître en son cœur le désir de prendre place parmi elles pour les conseiller et les guider. Cet attrait se fera plus pressant le jour où l'Abbé Brisson l'invitera à visiter l'œuvre ouvrière qu'il avait fondée à Troyes.

Le 18 avril 1866, Léonie entra à l'Œuvre Saint-François de Sales, avec une de ses anciennes compagnes de la Visitation, Lucie Canuet.

Le 30 octobre 1868, la jeune fondatrice vêtit l'habit religieux et reçut le nom de Sœur Françoise de Sales. C’était tout un programme, ainsi qu'elle l'exprima, en forme de prière, dans ses notes intimes : Saint François de Sales, vous m'avez choisie pour être à la tête de cette petite troupe, donnez-moi votre esprit, votre cœur... Faites-moi part de votre union à Dieu et de cet esprit intérieur qui sait tout faire avec lui et rien sans lui (Août 1871). 

La petite troupe dont elle devenait le guide se mit sous la protection du saint Evêque de Genève et en adopta entièrement la spiritualité et la pédagogie, d'où l’appellation qu’elles prirent d’Oblates de Saint-François de Sales, c'est à dire offertes par toute leur vie à Dieu et au prochain.

Le 11 octobre 1871, Sœur Françoise de Sales fit Profession et, l'année suivante, fut élue Supérieure ; la nouvelle Congrégation était ainsi établie canoniquement et pouvaitt prendre son essor. 

La communauté grandit, les œuvres ouvrières se développèrent. En même temps, s'ouvrirent dans les paroisses des écoles élémentaires et, à Paris, le premier collège de jeunes filles, que Mère Aviat dirigera pendant huit ans. L'apostolat des Oblates s'étendit ainsi aux différentes classes sociales, à toutes les formes d'éducation et, dès les années de fondation, aux missions.

Après une période d'effacement qui mit en lumière sa grande humilité, Mère Françoise de Sales fut, en 1893, à nouveau élue Supérieure générale, charge qu'elle occupera jusqu'à sa mort. 

Elle s’employa désormais à développer les œuvres de la Congrégation en Europe, en Afrique du Sud et en Equateur, entourant chaque communauté et chacune de ses Sœurs de son inlassable sollicitude. 

En 1903, elle dut faire face à la persécution religieuse en France, pour y maintenir les maisons qui pouvaient l'être et transférer la Maison-Mère à Pérouse, en Italie. 

En 1911, elle fit approuver les constitutions de l'Institut par le Pape saint Pie X.

Le 10 janvier 1914, elle mourut à Pérouse, dans la sérénité et l'abandon à Dieu, fidèle jusqu'à son dernier souffle à la résolution du jour de sa profession : M'oublier entièrement, laissant à ses filles cette consigne très salésienne : Travaillons à faire le bonheur des autres.

 

Léonie Aviat fut béatifiée en 1992 et canonisée en 2001 ; le Martyrologe la mentionne au 10 janvier.

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