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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 23:00

Lola (Lolita)

 

Ce joli nom espagnol, ainsi que son diminutif dérivé, se rattachent à une très ancienne dévotion mariale, chère à beaucoup de chrétiens qui vénéraient particulièrement la mère du Christ sous le vocable de Notre Dame des Douleurs. Ce fut au point que, oubliant progressivement le nom de Marie, c’est celui des “Douleurs” qu’on finit par donner à mainte petite fille ; et de même qu’une “Marie-Joseph” devient vite “Marie-José” ou “Marie-Jo”, de même on est passé de Dolorès à Lola, puis Lolita, la petite Lola.

En principe, ce vocable n’évoque donc pas vraiment des joies, et l’on pourrait bien s’étonner que des parents veuillent l’imposer à leur progéniture. Pourtant, à entendre le chant d’action de grâce de Marie (le Magnificat), on se rend compte que même Marie, avec toutes les souffrances qu’elle subit pour son Fils et avec lui, s’est elle-même proclamée “bienheureuse” (Lc 1:48).

Oui,  bienheureuse parce que, à travers les douleurs on arrive toujours à une joie plus grande : après sa passion, Jésus Christ est ressuscité, suivi en cela par Marie qui, après avoir vu son Jésus mourir horriblement sur cette croix, fut élevée au ciel où elle l’a retrouvé dans la gloire.

Dans notre vie courante, on dit souvent A quelque chose, malheur est bon,  ou bien Il n’y a pas de roses sans épines, ou même encore plus simplement Après la pluie le beau temps. Après l’accouchement, la joie de la maman efface bien vite le souvenir même de ses douleurs.

Dans son épître aux Romains, Paul, évoquant ces douleurs, écrit : Je pense que les souffances de ce temps sont sans rapport avec la gloire future qui se révélera en nous (Ro 8:18). 

Dans notre vie de tous les jours, on remarque que jamais une joie n’est parfaite, il s’y ajoute toujours un bémol pour ternir un bel événement.

Revenons donc aux douleurs de Marie, qui l’ont ainsi rendue “bienheureuse”. A une certaine époque, on parlait de “Notre Dame des Sept Douleurs”, évoquant sous ce chiffre sept la plénitude des douleurs que vécut Marie aux côtés de son Fils. Certains ont même voulu comptabiliser ces sept douleurs, qui seraient les suivantes, à quelques variantes près :  

  • la prophétie de Siméon (Lc 2:25-35) 
  • la fuite en Égypte (Mt 2:13-15) 
  • la perte de Jésus au Temple (Lc 2:41-51) 
  • la rencontre de Jésus sur le chemin du Calvaire 
  •   
  • le crucifiement (Jn 19:25-27)  
  • la descente de la Croix
  • la mise au Tombeau

Reprenons-les successivement : 

1. Quarante jours après sa naissance, Jésus fut présenté au temple. Là se trouvait un vieillard, Siméon, à qui il avait été prédit qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Sauveur. On imagine la joie de cet homme âgé, prenant dans ses bras fatigués ce petit poupon, divinement informé qu’il y là le Sauveur, et chantant son fameux Nunc dimittis (Maintenant, Seigneur, laisse ton serviteur en paix, car mes yeux ont vu le Sauveur…). Grande joie, mais avec cette autre prédiction, dite par le même Siméon à Marie : Un glaive transpercera ton cœur.  Dire cela à cette jeune maman (elle pouvait avoir entre quinze et vingt ans…), pauvre Marie. Mais elle savait bien qu’elle allait au-devant de grandes douleurs, car elle connaissait les prophéties annonçant la passion de Jésus (cf. Isaïe, Jérémie).

2. Jésus a connu l’exil, avec ses parents. Tout quitter, partir vers l’inconnu, se refaire une vie à l’étranger, sans en connaître ni la langue ni les habitudes… Mais aussi, quelle solidité dans l’amour qui unit ces trois êtres, Joseph, Marie, Jésus, se soutenant l’un l’autre, partageant les soucis, les fatigues. L’épreuve consolide l’amour. Heureusement pour eux, cet exil ne dura que quelques mois, et ils purent bientôt revenir à Nazareth.

3. Jésus a douze ans, c’est encore un gamin ; il ose rester dans le Temple de Jérusalem sans prévenir ses parents, qui doivent le chercher pendant trois jours. Que d’angoisses ! Trois jours qui annoncent les trois jours de la mort à la résurrection du Christ, vingt ans plus tard. Difficile à comprendre ! En effet, “ils ne comprirent pas ce que Jésus leur répondit”, dit saint Luc (Lc 2:50).

4.5.6.7. On imagine bien quelle fut l’émotion de Marie, tout au long du calvaire et au moment de la mort de Jésus. Reine des Martyrs, elle supporta tout cela avec la même douceur que son fils, bien certaine que c’était là la voie conduisant à la résurrection. C’est aussi avec grande générosité qu’elle accepte la nouvelle mission que Jésus lui confie sur la croix : être la mère spirituelle de Jean, donc de l’Eglise et de chacun de nous.

On peut dire ainsi que Notre Dame des Sept Douleurs est la Mère de la Résurrection, de la joie retrouvée après toute tristesse, de la victoire après toute chute : pour chacun de nous, et en particulier pour toutes celles qui en portent le nom. 

Dans la liturgie catholique romaine, on fête Notre Dame des Douleurs le 15 septembre, au lendemain de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix.

Outre cette fête mariale, il existe une dizaine de femmes espagnoles, religieuses ou laïques, récemment béatifiées ou canonisées, qui ont porté le nom de Dolorès, Maria Dolorès, Rita Dolorès, etc.

 

 

1 Ce détail, ainsi que les deux derniers, ne sont pas explicitement relatés dans l’évangile ; selon une tradition orale assez affermie, on les suppose avec une forte vraisemblance.

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Published by samuelephrem - dans Hagiographie L
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