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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 00:00

Ludwik Pius Bartosik

1909-1941

 

Ludwik (Louis) Bartosik naquit le 21 août 1909 à Kokanin (Kalisz, Pologne), de Wojciech et Victoria. Son père était cordonnier. Malgré la situation modeste de sa famille, Ludwik parvint avec l'aide du curé et d'amis bienfaiteurs à poursuivre ses études au lycée de Kalisz. 

Il entra au noviciat des Frères Mineurs Conventuels à Pacławaska (Przemysl) puis à Lagiewniki (Lodz), et prit le nom de Frère Pius (Pie), probablement par référence au pape Pie X, mort saintement en 1914 (voir au 20 août ; Ludwik était né le 21).

Le 8 septembre 1927, il émit ses premiers voeux religieux, et poursuivit ses études au séminaire franciscain de Sanok, puis à Lviv. En 1931, il entreprit des études de philosophie et de théologie au séminaire majeur des Franciscains de Cracovie. Il y reçut l'ordination sacerdotale en 1935. Sa première destination fut Wisłokiem, où il se distingua pour son assiduité au ministère de la confession.

En août 1936, il fut transféré au couvent de Niepokalanów, à la requête explicite du futur saint Maximilien-Marie Kolbe, qui avait fondé ce couvent dix ans auparavant (voir au 14 août). C'était un immense centre médiatique, dirait-on aujourd'hui, où l'on imprimait et diffusait des revues, des journaux et des brochures catholiques. On y lança même une radio en 1938. A la veille de la seconde guerre mondiale, Niepokalanów était le plus grand couvent du monde, avec treize Pères, dix-huit séminaristes, cinq cent vingt-sept jeunes moines, quatre-vingt-deux novices et cent vingt-deux garçons dans un petit séminaire ! 

Sensible à ses qualités intellectuelles, en plus de ses qualités spirituelles, le Père Kolbe assigna le nouveau venu à la tâche de rédacteur de la revue le Chevalier de l’Immaculée, revue missionnaire franciscaine qui connaissait un succès certain dans la nouvelle Pologne de l'époque.

Ludwik-Pius travaillait aussi à un ouvrage de mariologie, dont on conserva après sa mort une version dactylographiée. Ses Frères se souvinrent toujours de lui comme d’un Franciscain généreux qui donnait de son temps pour confesser et prodiguer des conseils spirituels.

Il fut arrêté par les occupants allemands, le 19 septembre 1939, avec le Père Kolbe et une quarantaine de confrères. Il passa trois mois aux campx de Lamsdorf, Amtitz et Ostrzeszów. Il supporta patiemment la faim et les souffrances, répétant : Nous avons prêché aux autres la patience ; à présent que nous devons supporter nous-mêmes ces souffrances, quelle valeur auraient nos paroles, si cela ne se confirmait par des actes ?

 Il fut libéré, le jour de l'Immaculée Conception, le 8 décembre 1939, et retourna au couvent, pour garder le matériel. Ce couvent était désormais vidé d'une grande partie de ses occupants. Le Père Kolbe, libéré lui-aussi, abrita dans la Cité de l'Immaculée, où l'on ne pouvait plus publier, des foules de personnes déplacées, qui venaient en majorité de la région de Poznan. Le jeune Père Bartosik aida à l'organisation de cette nouvelle structure... 

Il y avait trois mille personnes, parmi lesquelles deux mille Juifs, chassés de chez eux, et dont le pouvoir allemand ne savait que faire pour l'instant... En plus de l'organisation matérielle (ateliers de réparations et ateliers de couture, pour procurer du travail, etc...), les Franciscains mirent en place aussi l'adoration perpétuelle à l'église moderne du couvent, qui était encore ouverte.

A nouveau, le père Pius fut arrêté par la Gestapo, le 17 février 1941, avec le Père Kolbe, le Père Bajewski et deux autres religieux. Les Allemands avaient décidé de vider définitivement le couvent. Les Religieux furent détenus à la prison de la rue Pawiak à Varsovie ; le 4 avril 1941, en pleine Semaine Sainte, certains (dont Pius) furent déportés à Auschwitz ; le Père Kolbe les rejoindra le 25 mai.

Pius, qui portait le numéro 12832, fut assigné aux travaux forcés, à la construction, souffrant des violences que lui imposaient les gardiens ; malade, blessé à la jambe, il fut finalement destiné à l'hôpital du camp, où il continua de soutenir ses compagnons d'infortune, aussi bien physiquement que moralement. On l’appelait l’apôtre de la souffrance. Là aussi, il donna le sacrement de la confession.

C’est lui qui put le premier annoncer la mort du Père Maksymilian Kolbe, avenue au soir du 14 août 1941. 

Il mourut à l'infirmerie, après avoir reçu les derniers sacrements, dans la nuit du 12 au 13 décembre 1941.

Béatifié en 1999, il est inscrit le 12 décembre au Martyrologe Romain.

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