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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 00:00

Marguerite Bourgeoys

1620-1700

 

Sixième des douze enfants d'Abraham Bourgeoys et de Guillemette Garnier, Marguerite naquit à Troyes en Champagne (France), le Vendredi Saint 17 avril 1620. Baptisée le jour même, elle grandit dans un milieu chrétien et de bonne bourgeoisie.

A dix-neuf ans elle perdit sa mère. L'année suivante, le dimanche 7 octobre 1640, lors d’une procession en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire, la vue d'une statue de la Vierge, la pénètre profondément : elle irait se retirer du monde pour se consacrer au service de Dieu. Désormais elle se consacrera sans retour à chercher et suivre la volonté de Dieu sur elle.

Elle pensa entrer au Carmel, puis chez les Clarisses, mais on la refusa.

Elle s'inscrivit dans une congrégation de jeunes filles pieuses et charitables, vouées à l'enseignement des enfants des quartiers pauvres de Troyes. En 1643, elle fera le vœu de chasteté perpétuelle.

Lorsqu'elle apprendra la fondation de Ville-Marie (Montréal) en Canada, elle percevra un premier appel à la vie missionnaire, appel qui se précisera en 1652, lors d'une rencontre avec le Sieur de Maisonneuve, fondateur et gouverneur en Nouvelle-France, qui recherchait une institutrice laïque pour donner gratuitement des leçons aux enfants français et indiens. Justement, la Sainte Vierge elle-même lui apparut et confirma sa vocation : Va, je ne t'abandonnerai pas, lui dit-elle.

Sans attendre, Marguerite quitta Troyes en février 1653, dans le dénuement le plus complet.  Dès la traversée, on l’appela la Sœur Bourgeoys pour son dévouement auprès des malades (une épidémie emporta huit passagers). Elle aborda à Montréal le 16 novembre suivant et se mit à l'œuvre sans attendre, devenant l'âme de la colonie qui, peu à peu, reprit vie. On la considera à juste titre comme co-fondatrice de Montréal, avec Jeanne Mance, l’infirmière, et Maisonneuve, le maître d'œuvre.

Pour stimuler la piété des colons, elle fit relever la Croix du Mont-Royal abattue par des Indiens ennemis ; elle entreprit la construction d'une chapelle dédiée à Notre-Dame de Bon Secours. Convaincue de l'importance des familles dans l'édification de ce pays nouveau, elle perçut le rôle prépondérant des femmes et mit tout en œuvre pour les former. En 1658, dans une étable que lui céda le gouverneur, elle ouvrit la première école à Montréal : comme pour le Christ, l’œuvre commençait dans une étable…

Puis elle fonda une congrégation de laïques, inspirée de celle de Troyes, mais adaptée aux nécessités nouvelles, pour répondre aux besoins des femmes et des jeunes filles dont l'ignorance religieuse et profane risquerait de compromettre la bonne éducation des enfants et l'avenir de la colonie. A partir de 1659, elle accueillit les filles recrutées par les curés de France ou dotées par le Roi pour venir se marier à Montréal, se comportant à leur égard comme une véritable mère. Ainsi naquit un système scolaire et se tissa un réseau d'œuvres sociales qui, peu à peu, s'étendront à tout le pays, ce qui vaudra à Marguerite le titre de Mère de la Colonie et de co-fondatrice de l'Eglise au Canada.

Trois fois, elle repassa en France pour y chercher de l'aide. Depuis 1658, le groupe des institutrices qui l'avait suivie dans sa vie de prière, d'héroïque pauvreté et d'inlassable dévouement au service du prochain, prit l'aspect d'un véritable institut religieux, s'inspirant de la vie voyagère de Marie et, par conséquent, non cloîtré : une innovation pour l'époque, car on ne voyait les Religieuses que cloîtrées ; ce fut le cas aussi pour la Visitation, fondée par saint François de Sales. 

Les souffrances inhérentes à une telle fondation ne furent pas épargnées à celle qui en avait pris l'initiative. L’approbation de constitutions eut des péripéties : Marguerite fit le voyage exprès à Paris où l’évêque de Laval était en déplacement et qui la reçut fort mal. Elle dut revenir à Montréal très déçue et très mortifiée.

Marguerite pensait se décharger de la direction de l’Œuvre. Nouveau malheur : les deux Religieuses auxquelles elle pensait, moururent dans l’incendie de leur maison. En plus, l’évêque était d’avis de fusionner l’Institut avec celui des Ursulines. Marguerite dispersa les Religieuses dans les autres maisons, se réfugia dans la petite étable du début, et songea à reconstruire. Et voilà que le nouvel évêque demanda des Religieuses pour Québec ! 

Vers 1689, une nouvelle épreuve s’abattit sur la maison : une des Sœurs avait des «révélations» des Ames du Purgatoire : Mère Bourgeoys était en état de péché mortel. L’imposture fut découverte, mais seulement quatre ans plus tard.

L'œuvre progressait malgré tout : après avoir reçu sa charte civile de Louis XIV en 1671, et une première approbation de vie commune en 1676, la Congrégation de Notre-Dame reçut enfin l'approbation de ses Constitutions religieuses en 1698. L’évêque aura dû venir jusqu’à Paris et discuter avec le supérieur de Saint-Sulpice pour se convaincre des intentions de Marguerite.

Les Sœurs purent enfin émettre leurs vœux publics, et Marguerite prit le nom de Sœur du Saint-Sacrement.

L'étape de la fondation ainsi franchie, Sœur Bourgeoys avait accompli sa mission : quarante sœurs étaient là pour continuer son œuvre. 

La Fondatrice mourut à Montréal, le 12 janvier 1700, en grande réputation de sainteté, après avoir offert sa vie pour la guérison d'une jeune sœur.

L'action éducative et apostolique de Marguerite Bourgeoys se perpétue grâce à l'engagement de ses filles. Plus de deux mille six-cents sœurs de la Congrégation de Notre-Dame œuvrent dans les champs d'activité les plus divers : de l'école au Collège ou à l'Université, de la promotion sociale à la pastorale familiale, paroissiale ou diocésaine. On les retrouve au Canada, aux Etats-Unis, au Japon, en Amérique Latine, au Cameroun, et tout récemment en France.

 

Marguerite Bourgeoys a été béatifiée en 1950 et canonisée en 1982. Elle est la première Sainte du Canada.

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Published by samuelephrem - dans Hagiographie M
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