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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 00:00

Marguerite d’Youville

1701-1771

 

Cette fleur de la terre du Québec est l’aînée de six enfants. Elle naît le 15 octobre 1701 à Varennes (Montréal, Canada).

Son père est Christophe Dufrost de Lajemmerais, qui mourra en 1708. Sa mère est Marie-Renée Gaultier de Varennes. 

Son arrière-grand-père intervient et lui offre deux années d’études chez les Ursulines de Québec. Elle est déjà bien mûre pour son âge.

Elle revient chez sa mère, qu’elle aide de son mieux, et qu’elle accompagne à Montréal, car cette mère va se remarier. Marguerite, de son côté, fait des projets avec Louis-Hector Piot de Langloiserie. Mais cette famille désapprouve le remariage de la mère de Marguerite, qui doit alors rompre ses fiançailles et épouse alors en 1722 François d’Youville. Ils auront six enfants, dont quatre mourront en bas âge : Timothée, Ursule, Marie-Louise et Ignace. Les deux autres sont Joseph-François et Charles-Marie, qui deviendront prêtres.

Le foyer ne connaît pas le bonheur : François est indifférent, s’absente, boit et vend de l’alcool aux Indiens. Marguerite reste fidèle, elle le soigne avec grande tendresse lors de la maladie soudaine qui va l’emporter. Lorsqu’il meurt à trente ans en 1730, elle est enceinte du sixième enfant (qui sera mort-né). Il y a aussi à la maison la belle-mère de Marguerite, au caractère difficile…

La dévotion principale de Marguerite est Dieu le Père, dans sa bonté et sa providence. Marguerite continue vaillamment l’éducation de ses deux garçons, mais elle désire faire du bien autour d’elle, voulant se faire l’écho de la bonté de Dieu pour tous. En 1737, elle recueille chez elle une femme aveugle et, le 31 décembre de la même année, elle se consacre à Dieu pour Le servir dans la personne des plus démunis. Avec trois Compagnes, elle se trouve alors aux débuts des Sœurs de la Charité de Montréal, ou «Sœurs Grises».

Ces premiers pas ne sont pas simples : la bourgeoisie se moque d’elle ; on la calomnie ; elle-même devient malade et une de ses Consœurs décède. Un incendie détruit son logis. Mais elle est courageuse et persévère. Plus que jamais elle veut aider le plus grand nombre de personnes dans le besoin. Avec ses deux autres Compagnes, elle met tout en commun en 1745 et prend la direction de l’Hôpital des Frères Charon, qui tombe en ruine. Elle devient la «mère des pauvres». Elle multiplie les services en faveur des pauvres et des malheureux, quels qu’ils soient : soldats infirmes, personnes âgées, malades mentaux, incurables, orphelins. Plus tard encore, les épileptiques, les lépreux, tous ceux qui étaient exclus de l’Hôtel-Dieu.

En 1755, l’évêque reconnaît et approuve la règle de l’Institut. De son côté, la Mère d’Youville assume la dette de 49000 livres pour restaurer l’établissement. Ses revenus étaient la fabrication de vêtements pour les magasins royaux et les marchands.

Pendant la guerre de Sept Ans, il y a tant de soldats britanniques dans l’hôpital que toute une aile est appelée la salle des Anglais. En particulier, un soldat captif des Indiens et destiné à la torture, fut racheté par Mère Marguerite. Elle sauva plusieurs fugitifs, dont un qui plus tard prévint le bombardement de l’hôpital.

En 1765, l’hôpital est ravagé par un incendie, mais la foi et le courage de Marguerite ne sont pas ébranlés : elle invite ses Sœurs et les pauvres à accepter la volonté de Dieu et fait reconstruire l’hôpital. Vers la même époque, Marguerite achète une grande propriété à Châteauguay, qui lui permettra d’assurer l’approvisionnement en nourriture de tous ses pensionnaires ; elle y fait construire aussi un moulin. 

Marguerite aura servi toute sa vie Jésus-Christ en ses pauvres.

Epuisée, Marguerite meurt le 23 décembre 1771, dans une chambre de son hôpital, des suites d’une attaque subie début novembre.

Qui lui succédera sera une orpheline recueillie par elle : Thérèse Lemoine-Despins.

Le mot d’ordre de Mère Marguerite pour ses Sœurs est de maintenir l’union la plus parfaite entre elles. Ainsi les Sœurs Grises de Montréal vont se développer et donner naissance à d’autres communautés, à Saint-Hyacinthe, à Ottawa, à Québec, à Philadelphia et à Pembroke ; récemment aussi au Brésil, en Colombie… Elles entourent d’amour maternel tous ceux qui sont délaissés : orphelins, adolescents inquiets, jeunes filles bafouées, épouses abandonnées, malades…

Marguerite d’Youville a été béatifiée en 1959, canonisée en 1990. Elle est inscrite au Martyrologe à son dies natalis, le 23 décembre.

Le miracle retenu pour la canonisation est la guérison, en 1978 et par l’intercession de Marguerite, d’une jeune femme atteinte de leucémie myéloblastique.

Au Canada Marguerite d’Youville reste présente : la Municipalité Régionale de Comté (MRC) de Marguerite d’Youville, qui a mandaté le Centre Local de Développement (CLD), également intitulé à Marguerite d’Youville, un organisme à but non lucratif et reconnu par le ministère du Développement, afin de favoriser l’essor économique du territoire par le démarrage, la consolidation et l’expansion d’entreprises ainsi que la création d’emplois. On signalera aussi une Ecole primaire (trois-cents élèves au cœur du Vieux Cap-Rouge), un Refuge faunique (Île Saint-Bernard) où Marguerite avait acquis les terrains de Châteauguay.

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