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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 23:00

Marie Guyart Martin

1599-1672

 

Née le 28 octobre à Tours de Florent Guyart et Jeanne Michelet, Marie a six frères et sœurs. 

La maman était d’origine noble, mais avait préféré épouser ce simple artisan boulanger.

A sept ans, Marie voulait déjà se donner au Christ, après L’avoir vu en songe ; elle passait des heures, silencieuse, à «parler» à Dieu. Elle aimait suivre des yeux les prêtres qui passaient dans la rue et aurait même voulu baiser leurs traces par terre.

 Ses parents la marièrent à dix-sept ans à un maître ouvrier en soie, Claude Martin. Après la naissance de son fils Claude, Marie est déjà veuve, à dix-neuf ans, tandis que la fabrique est en faillite. La voilà liquidatrice et débitrice avant vingt ans.

Elle assume l’éducation de son garçon, mais fait déjà les vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance et refuse des demandes en mariage. Sa vie intime se greffe littéralement sur le Christ.

Le 24 mars 1620, veille de l’Annonciation, elle a une brusque intuition de toutes ses imperfections, se sent baignée et purifiée dans le Sang du Christ, et ne se reconnaît plus elle-même.

En 1621, elle se met au service de sa sœur (Claude, elle aussi), épouse de Paul Buisson, qui travaille dans une compagnie de transport fluvial. En l’absence de ceux-ci, elle gère la maison, l’entreprise, rencontre les clients, mais aussi, à l’insu de tous, elle reçoit des révélations sur le mystère de la Sainte Trinité.

En 1631, son fils étant assez grand, elle entre chez les Ursulines de Tours, suivant une voix intérieure secrète, et prend le nom de Marie de l’Incarnation

Il faut bien préciser ici que Marie n’a pas abandonné son fils : elle obéissait à la voix de Dieu, mais la séparation lui coûta énormément. Par ailleurs, le jeune garçon pressentait cette séparation prochaine et, dans un premier temps, s’était enfui de la maison ; on le retrouva errant à Blois. Ensuite, il cherchera, avec des camarades, à prendre d’assaut le monastère et sa mère l’entendait crier : Rendez-moi ma mère ! Marie écrivit qu’elle se sentait «mourir toute vive». Mais elle sera fidèle à l’appel de Dieu et restera en contact épistolaire étroit avec son fils, qu’elle confie à sa sœur. Claude poursuivra ses études chez les Jésuites de Rennes.

En 1633-1634, Marie est nommée sous-maîtresse des novices et professeur de doctrine chrétienne. Elle est divinement inspirée, elle ravit littéralement celles qui l’écoutent. 

Mais Marie «sait» qu’elle doit partir ailleurs. Elle voit en songe les montagnes du Canada.

En 1639, avec Marie-Madeleine de Chauvigny de la Peltrie et quelques autres femmes courageuses, elle s’embarque pour le Canada, en vue de fonder un monastère à Québec : son objectif est l’instruction des petites filles amérindiennes, et leur conversion. Elle collaborera de tout son cœur avec les missionnaires Jésuites, qui lui enseigneront les langues locales. Elle rédigera un dictionnaire français-algonquin, un dictionnaire français-iroquois et un catéchisme iroquois.

Elle sera ainsi l’apôtre des montagnaises et abénakis, des Huronnes et des Iroquoises. Mais devant la méfiance des parents amérindiens, Marie se dévouera plutôt aux jeunes filles des familles françaises.

D’abord installée dans une petite barraque froide, qu’elle appelle son Louvre, Marie fait construire un magnifique monastère, qu’elle devra entièrement reconstruire après un incendie.

Elle s’intéresse à l’économie, aux mines et aux salines. Elle cultive un jardin, exploite une ferme, fait creuser un puits. Les gouverneurs la consultent. Québec devient une ville, dont le pilier est Marie de l’Incarnation.

Marie se révèle ainsi une femme profondément contemplative et mystique, en même temps que finement douée pour la vie active.

Son apostolat auprès des Hurons fut fécond. Après l’incendie de 1650, ceux-ci craignirent de voir partir les Ursulines. Leur chef, Taiearonk, s’adressa noblement à elles en ces termes : Faites voir que l’affection que vous avez pour les pauvres sauvages est une charité céleste plus forte que les liens de la nature. En 1875, ils signeront une pétition au pape pour la béatification de Marie.

Les Iroquois seront plus durs : ils vinrent saccager les terres, massacrer les domestiques, au point que Marie pensait même revenir en France.

Il y eut des inquiétudes aussi de la part de l’Eglise, car l’évêque pensait modifier les constitutions savamment rédigées par Marie. L’humilité et le respect que montra Marie envers le Prélat, fit qu’il maintint les constitutions avec seulement quelques réserves. Les Ursulines de Québec furent ensuite affiliées à celles de Paris.

En 1663, lors du tremblement de terre de Québec, elle attribue cette punition de Dieu au commerce intense d’alcool entre les colons et les Amérindiens. Lors de l’épidémie de vérole, elle transforme son monastère en hôpital.

Marie de l’Incarnation a des joies, car l’œuvre s’affermit ; elle a ses épreuves personnelles : elle ne peut plus se tenir à genoux, sa vue baisse, la nourriture la dégoûte. Mais elle est heureuse de sentir arriver sa dernière heure. En plus, son grand fils est maintenant bénédictin, et promu supérieur général de la congrégation de Saint-Maur. On lui doit d’avoir conservé des écrits de sa pieuse mère, dont beaucoup disparurent dans des incendies.

Marie Guyart de l’Incarnation mourut à Québec le 30 avril 1672.

Elle a été béatifiée en 1980 et canonisée en 2014.

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