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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 23:00

 

Marko Krizin, 1589-1619

Stjepan Pongracz, 1582-1619

Melhior Grodziecki, 1584-1619

 

1.

Marko Stjepan Krizin naquit à Krizevci, dans le diocèse de Zagreb.

 

Après des études au collège jésuite de Graz, il entra dans la congrégation de Sainte-Marie.

 

Le diocèse de Zagreb l’envoie à Rome pour compléter ses études au Collège Germanique et Hongrois, tenu par des Jésuites. Il se présente comme Croate. Il reste dans ce collège de 1611 à 1615.

 

De retour à Zagreb, une fois ordonné prêtre, il est appelé à diriger le séminaire de Nagyszombat (actuellement Trnava) ; il est nommé chanoine. Puis il reçoit aussi la mission d’administrateur de l’abbaye bénédictine de Széplak, près de Kosice, propriété du Chapitre des chanoines.

 

2.

Stjepan Pongracz était né en 1582, au château d’Alvinez en Transylvanie, de nobles hongrois, qui furent consternés quand ils virent leur fils manifester l’intention d’entrer chez les Jésuites. Ils durent céder. Après son noviciat et ses études, il enseigna dans divers collège. En 1615, il fut envoyé en Hongrie au collège de Hammona et devint en même temps préfet des classes au petit pensionnat et prédicateur au dehors. A partir de 1618, le gouverneur de Kassa lui demanda de s’occuper exclusivement des fidèles de la ville et des environs. Au mois de juillet 1619, après avoir fait les Exercices spirituels, avec le chanoine Krizin, il alla assister un malade à Saros, mais tint à rentrer malgré l’imminence de l’invasion.

 

3.

Melhior Grodecz était né en 1584 à Teschin en Moravie, de parents nobles et riches originaires de Galicie. Il rencontra Stjepan Poncgraz au noviciat. Après ses études et quelques années d’enseignement, il fut envoyé à Prague en 1614 comme prédicateur, et en 1618 à Kassa comme aumônier militaire.

 

Leur martyre.

 

Kassa était un important centre calviniste. Pour renforcer la position des catholiques, le maire de Kassa, sur invitation du roi Matthias, fit appel à deux pères jésuites, Stjepan Pongracz et Melhior Grodziecki. Ils encouragèrent vivement les catholiques, soulevant par la même occasion quelque dérangement parmi les calvinistes.

 

Ces derniers saisirent l’occasion d’un incendie pour en accuser les catholiques et provoquer un soulèvement, le 13 juillet 1619. A ce moment-là le chanoine Krizin se trouvait avec les deux Jésuites, pour conjuguer leurs efforts auprès des catholiques. Quand le commandant de la garde calviniste, Rakoczi, arriva à Kassa, le 3 septembre, ils arrêtèrent tout d’abord les trois prêtres. 

 

Puis le conseil de la ville fut réuni et l’on proposa de mettre à mort tous les catholiques de la ville. Comme la majorité s’opposait à un tel massacre, on conclut que les catholiques auraient la vie sauve, mais que les trois prêtres seraient remis aux mains de Rakoczi.

 

Mais les soldats n’avaient pas attendu la fin de ces longues délibérations. L’un d’eux se saisit de la clef de la chapelle et ouvrit la porte. Le père Poncgraz lui cria : Prends garde, mon ami, crains de profaner les objets consacrés au culte du Seigneur,  et l’autre de répondre : Prends garde à toi, et crains pour ta vie. Le reste ne te regarde plus. Ils s’emparèrent de tout ce qui avait de la valeur, demandèrent aux prêtres tout leur argent pour racheter leur liberté. Le chanoine Krizin offrit de payer les rançons, si on voulait lui laisser le temps d’aller chercher l’argent. Mais cette attente ne convenait pas aux soldats.

 

Le père Poncgraz, entrouvrant son col, présenta son cou, mais les soldats s’en allèrent sans leur faire de mal, cette fois-ci.

 

Le commandant promit au chanoine Krizin une haute dignité ecclésiastique, s’il renonçait au catholicisme et se convertissait au calvinisme, ce que bien sûr il refusa.

 

On laissa les trois prêtres trois jours sans manger ni boire. Au soir du deuxième jour, un vendredi, ils demandèrent quelque chose à manger, et un soldat leur jeta un morceau de viande en se moquant d’eux : Allez, vilaines bêtes, mangez.  Ils refusèrent.

 

Durant la nuit du 6 au 7 arrivèrent une bande de soldats connus pour leur brutalité, les heiduques. Ils secouèrent violemment la porte de la pièce où étaient les deux jésuites. Le père Poncgraz ouvrit et reçut un coup si violent qu’il fut projeté sur le foyer ; les bourreaux se précipitèrent sur les deux jésuites et les frappèrent à coups de poing et à coups de pied, puis ils les jetèrent par terre, leur attachèrent les mains et leur arrachèrent leurs vêtements ; il les mutilèrent atrocement au milieu des rires et des plus grossières plaisanteries, pendant que leurs victimes répétaient les noms de Jésus et de Marie.

 

Ils passèrent dans la pièce voisine où se tenait le chanoine Krizin et lui firent subir les mêmes supplices et les mêmes outrages. Les notables présents l’exhortaient à avoir pitié de lui-même et à ne pas s’opposer à des projets qui n’avaient pas d’autre but que le plus grand bien de la Hongrie. Krizin répondit qu’il ne souhaitait rien d’autre que le bien de la patrie. Le père Poncgraz crut que le chanoine, sous l’excès de la douleur, allait céder et peut-être faire une fausse déclaration calviniste et lui cria : Prends garde d’être d’accord avec eux et de laisser les étendards du Christ pour une vie misérable. Mais le chanoine le rassura :  Jamais une pensée aussi infâme ne m’a traversé l’esprit. Les patriotes avec lesquels je rêve de vivre sont ceux qui voudront pour mon pays le vrai bien, c’est-à-dire la seule foi véritable, la religion de Jésus-Christ. 

 

Pour empêcher le père Poncgraz de répéter inlassablement les noms de Jésus et de Marie, ils lui coupèrent le nez et les oreilles et les lui enfoncèrent dans la bouche, lui broyèrent les doigts dans la gâchette de leur fusil, lui mirent une corde autour de la tête et la serrèrent si brutalement que les yeux lui sortaient des orbites. Il avait la force de murmurer encore : Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font (Lc 23:34). 

 

Après avoir torturé le père Grodecz et le chanoine Krizin, ils leur lièrent les poignets à tous les trois, les suspendirent nus et sanglants aux poutres du plafond et leur attachèrent de grosses pierres aux pieds, puis avec des flambeaux il les brûlèrent de telle sorte que de leurs chairs rôties la graisse coulait mêlée au sang et qu’on pouvait voir leurs côtes et leurs intestins. Durant ce supplice, les martyrs invoquaient Jésus et Marie.

 

Au petit jour, les bourreaux voulurent en finir. Ils détachèrent leurs victimes, les frappèrent encore et finalement coupèrent la tête au chanoine Krizin et au père Grodecz. Ils jetèrent les corps et les têtes dans la fosse d’aisances toute proche ; quant au père Poncgraz, ils l’assommèrent de deux grand coups sur la tête et le précipitèrent avec ses compagnons. Puis ils s’en allèrent.

 

D’après une autre relation, le sacristain s’était caché et observait l’horrible scène. Quand il fut sûr que les soldats étaient loin, il s’approcha et entendit le père Poncgraz qui avait repris connaissance et poussait de pénibles gémissements. Le sacristain invoqua quelques raisons et abandonna le père Poncgraz à son agonie. Ce dernier l’exhorta à rester fidèle au Christ, et continua inlassablement à invoquer Jésus et Marie pendant une vingtaine d’heures encore avant d’expirer.

 

On reste réellement pantois devant tant de grossièreté, tant de méchanceté. Pourquoi cette haine contre des prêtres inoffensils ?

 

La nouvelle traversa la Hongrie. Malgré maintes demandes, on les enterra hors du cimetière : on ne put les y mettre que six mois après, sur demande d’une pieuse autorité. Les restes des trois Martyrs se trouvent actuellement dans l’église des Ursulines à Trnava.

 

Ils ont été béatifiés en 1905, et canonisés en 1995.

 

Leur fête est au 7 septembre.

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Published by samuelephrem - dans Hagiographie M
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