Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 23:00

 

Narciso de Estenaga Echevarría

1882-1936

 

Narciso naquit le 29 octobre 1882 à Logroño. Son père, Nicanor de Estenaga y Lizarralde, était journaliste et mourut très vite. C’est pour ce motif que la maman, lavandière, Eugenia Echevarría, déménagea à Vitoria, où elle mourut à son tour, laissant son petit garçon de onze ans dans les mains de la Sainte Vierge.

Il fut reçu à Aguirre dans le séminaire pour enfants pauvres, où s’occupa de lui la “Mère Corazón”, María Josefa Sancho de Guerra (du Cœur de Jésus)

. Elle accueillit Narciso, lui paya les études et l’envoya au séminaire de Tolède. Là il étudia brillamment sous la conduite de Joaquín Lamadrid, futur martyr lui aussi. Il sera reçu docteur en droit.

Il fut ordonné prêtre en 1907, et sera nommé chanoine de la cathédrale, puis confesseur du roi Alphonse XIII. En 1922, il fut préconisé pour être évêque à Ciudad Real, charge à laquelle était attachée la fonction de Prieur des Ordres Militaires de Santiago, Alcántara, Calatrava et Montesa. Il fut consacré en 1923.

Il participa à différents Congrès (catéchistique, eucharistique) et correspondit avec l’Académie Royale d’Histoire et Belles Lettres ; il parlait plusieurs langues et écrivit des ouvrages.

Quand éclata la guerre civile, le gouverneur de Ciudad Real était partisan de la modération, mais n’empêcha pas les interventions des miliciens. Malgré le danger, l’évêque resta dans son diocèse. Le 19 juillet, il demanda à son clergé de ne pas abandonner les fidèles et de continuer les célébrations. Le 23 juillet furent assassinés les Passionistes de Daimiel (voir la notice).

Monseigneur Estenaga pouvait passer en zone “nationale” pour être protégé, mais il répondit que précisément maintenant que les loups sont autour de la bergerie, le pasteur ne doit pas s’enfuir.

Après que la Garde Civile fut renvoyée à Madrid, les miliciens imposèrent leur cruauté dans la ville. La prison regorgeait de prisonniers, de sorte qu’on réquisitionna le Séminaire pour y installer le Tribunal Révolutionnaire.

Le 25 juillet, le Gouverneur demanda l’interruption des célébrations dans les églises, puis les trois églises furent envahies, en particulier celle de la Vierge du Prado, patronne de la ville, qui fut utilisée comme garage.

Le 28, quatorze des trente étudiants clarétins furent fusillés pendant qu’on les transférait à Madrid. On proposait aussi à l’évêque d’aller s’y réfugier, mais le Comité révolutionnaire prétendit “veiller sur sa sécurité” en lui imposant de ne pas sortir de son palais épiscopal.

Le 5 août, les miliciens donnèrent l’assaut à l’évêché. L’Évêque voulut préserver sa chapelle de la profanation, leur déclarant qu’il ne partirait pas de là sans le Saint Sacrement, sinon ils pouvaient le tuer sur place. Ce jour-là, ils n’intervinrent pas davantage.

Le 8 on vint déloger l’évêque et son secrétaire ; tout le reste du personnel avait dû déjà abandonner les lieux. Mgr Estenaga et le père Julián Melgar, avec un balluchon d’habits sur l’épaule, s’installèrent chez un ami, Saturnino Sánchez Izquierdo.

Le 14 août au soir, les miliciens s’emparèrent du trésor de la cathédrale et de celui de la Vierge du Prado, dont ils détruisirent la sainte Image.

Au petit matin du 22 août, l’évêque et son secrétaire célébrèrent leur dernière messe. A dix heures, des miliciens avec deux voitures vinrent convoquer l’évêque et menacèrent de faire sauter la porte à la dynamite. C’est l’évêque qui se présenta alors à eux, en soutane avec sa croix pectorale, en leur disant : Allons où vous voulez. 

Les miliciens disaient au secrétaire de rester là, mais lui protesta : J’ai toujours accompagné mon évêque, je le ferai aussi maintenant ; je demande à recevoir le même sort.

Ils partirent à huit kilomètres de là, à Peralvillo Bajo, près du fleuve Guadiana, en un endroit qu’on appelle “el Piélago”. Là ils fusillèrent d’abord le secrétaire, Julián Melgar, puis tirèrent à bout portant sur la tête de l’évêque, dont le visage sera complètement méconnaissable. Ils voulaient les rouler dans le fleuve, mais les laissèrent là.

Un berger les découvrit là le lendemain, donna l’alerte, et on les ensevelit dans le cimetière. Un employé des pompes funèbres raconta : le cadavre de l’évêque portait la soutane et les bas violets.

En 1940, les restes de l’évêque martyr et de son secrétaire furent transférés dans la cathédrale.

Des trois évêques martyrs de cette triste période, Mgr Narciso de Estenaga était le plus jeune : cinquante-quatre ans.

Narciso de Estenaga Echevarría et Julián Melgar furent béatifiés en 2007. 

Ils seront commémorés ensemble le 22 août au Martyrologe., tandis qu’en Espagne une fête commune les célèbre avec tous les autres martyrs le 6 novembre.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by samuelephrem - dans Hagiographie N
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 8000 notices de Bienheureux et Saints. Déjà traités : 1.Personnages bibliques (AT et NT). 2.Papes. 3.Saints du Calendrier Romain. 4. Reconnus aux siècles XII-XXI. 5. Siècles VI-XI. 6 (en cours) : siècles II-V. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens