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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 23:00

Nicholas Garlick

1555-1588

 

Né vers 1555 à Glossopdale (Vinting, Derbyshire), Nicholas fut inscrit en 1575 à Gloucester Hall (actuel Collège Worcester, Oxford).

On ne sait exactement pourquoi il ne resta que quelques mois dans ce collège, sans recevoir son diplôme, bien qu'il fût noté comme bon élève en poésie, rhétorique et philosophie. On a parlé de nomination comme enseignant dans une école de Tideswell, ou du refus de faire le serment d'allégeance à la Royauté.

Il semble bien qu'il ait été enseignant pendant six ou sept ans à Tideswell. Il y aurait exercé avec beaucoup d'amour, et beaucoup de résultats auprès de ses élèves. En effet, trois de ses élèves devinrent prêtres, dont un devint martyr (Christopher Buxton, voir au 1er octobre), et un autre supérieur de la congrégation des Bénédictins d'Angleterre (Robert Bagshaw), qui assista au martyre de son professeur.

Garlick intégra le collège anglais de Reims en 1581 et fut ordonné prêtre en 1582.

De retour en Angleterre dès 1583, il fut bientôt arrêté et exilé avec soixante-douze autres prêtres en 1585.

Arrivé à Reims le 17 octobre, il repartait en Angleterre deux jours plus tard.

Il y resta deux ans et demi. On sait qu'il était à Londres en avril 1586 ; il exerça aussi avec diligence dans le Hampshire et le Dorsetshire. On parle aussi de sa présence dans le Derbyshire.

Il fut arrêté avec un autre prêtre, Robert Ludlam, le 12 juillet 1588 à Padley, chez les Fitzherbert, où le comte de Shrewsbury fit une descente en règle.

On arrêta ensemble le père Garlick, le père Ludlam, John Fitzherbert, son fils Anthony, trois de ses filles (Maud, Jane et Mary), et dix domestiques.

A Derby Gaol, les deux prêtres retrouvèrent le père Richard Simpson, récemment condamné à mort, mais dont l'exécution fut suspendue, parce qu’il aurait exprimé des velléités de participer à un service protestant ou peut-être parce que la reine aurait donné l’ordre de suspendre l’exécution de prêtres, pour réduire la menace d’une invasion de la part de l’Espagne. Que Simpson ait eu ou non quelque hésitation auparavant, il resta fidèle après avoir rencontré Garlick et Ludlam.

Le 23 juillet 1588, les trois prêtres furent condamnés pour être entrés dans le royaume et avoir «séduit» les sujets de la reine. Garlick, qui servait de porte-parole, répondit : Je ne suis pas venu pour séduire, mais pour induire les gens à la foi catholique. C’est à cette fin que je suis entré dans le pays, et que j’ai l’intention de travailler aussi longtemps que je vivrai.

Une autre discussion eut lieu entre la Cour et Garlick, quand on lui demanda s’il voulait être jugé par les jurés ou par les juges des Assises seulement. Garlick, sachant qu’il n’éviterait pas l’inculpation, répondit qu’il ne voulait pas mettre son sang entre les mains de pauvres gens, mais qu’en revanche il était persuadé de céder sur ce point ; le procès fut donc assuré par les jurés.

Les trois prêtres furent accusés de trahison et condamnés à la pendaison, l’éviscération et l’écartèlement, la sentence devant être exécutée le lendemain. En voici les termes : 

Chacun de vous trois sera conduit à l’endroit d’où vous êtes venus, et de là sera tiré sur une claie jusqu’au lieu de l’exécution. Vous serez pendus séparément, mais remis à terre encore en vie ; on vous coupera le pénis ; vos entrailles vous seront retirées et brûlées devant vous ; on vous coupera la tête ; vos corps seront taillés en quatre parties, qui seront à la disposition de la Reine ; et que le Seigneur ait pitié de vos âmes.

Quand les trois prêtres laissèrent le banc des accusés, Garlick proclama : J’ai pensé que Cain ne serait jamais satisfait tant qu’il n’aurait pas le sang de son frère Abel.

Les trois prêtres passèrent leur dernière nuit en compagnie d’une femme elle aussi condamnée à mort pour meurtre : durant la nuit, ils la réconcilièrent dans la foi catholique et elle fut pendue avec eux le lendemain.

Le 24 juillet donc, les trois prêtres furent mis sur des claies et tirés jusqu’au pont Sainte-Marie, où eut lieu l’exécution. Garlick resta plein d’esprit et de bonne humeur jusqu’à la fin. Un passant vint lui rappeler qu’ils avaient souvent chassé ensemble, à quoi Garlick répondit : C’est vrai, mais maintenant je vais donner un coup comme je n’en ai jamais donné dans ma vie.

Quand ils arrivèrent au pont, le chaudron n’était pas prêt pour brûler les entrailles des victimes. C’était, paraît-il, fréquent, les gens de l’endroit n’étant pas très au courant du rituel de cette boucherie.

Le père Garlick en profita pour faire aux gens une longue homélie sur le salut de leurs âmes, ignorant les efforts des hommes pour le faire taire. A la fin, il lança parmi la foule une quantité de petits papiers qu’il avait écrits en prison et dans lesquels, disait-il, il y avait la preuve de ce qu’il affirmait. Un auteur rapporte que tous ceux qui les lurent se réconcilièrent avec l’Eglise catholique.

Simpson devait être exécuté le premier, mais Garlick se présenta devant lui, embrassa l’échelle et passa le premier, vraisemblablement parce qu’il voyait que Simpson était un peu craintif ou même manquait de courage. Son exemple lui redonna courage en effet, il fut exécuté en second et souffrit avec grande constance, même s’il n’exprimait pas les mêmes signes de joie que ses Compagnons. Ludlam fut le troisième ; il souriait pendant l’exécution de Garlick, et souriait encore quand vint son tour.

Ce martyre eut lieu le 24 juillet 1588.

Robert Bagshaw, mentionné plus haut, raconte qu’il assista à ce supplice et que, de nuit, il alla, bien armé,  aux divers endroits où furent exposées les têtes des Martyrs ; il détacha celle qui se trouvait accrochée au toit d’une maison près du pont, sans que les gardiens n’intervinssent. Il l’enterra le plus décemment qu’il put, et s’efforça d’aller récupérer les autres parties du corps. Un auteur du 19e siècle prétendit que le chef de Garlick se trouvait dans le cimetière de Tideswell, mais on ne l’a jamais retrouvé.

Les trois prêtres furent béatifiés en 1987.

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