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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 00:00

Nilakandan-Pillai

1712-1752

 

Nilakandan (on transcrit aussi : Neelakandan) naquit le 23 avril 1712 à Nattalam (Kanyakumari, Tamil Nadu, Inde), dans une famille de la caste hindoue Nair, proche des Brahmanes. La particule Pillai exprime sa haute situation sociale.

Il pratiqua le culte de sa caste avec une fidélité totale. Il adorait Patra Kali, Siva, Anandavalli ; il contribuait à l’entretien du temple. Il devint expert dans les arts martiaux, mais aussi dans les langues : il apprit le Tamil, le Malayalam et le Sanscrit.

Il épousa une femme de sa caste, Bhargaviammal.

Il jouissait d’une place importante dans le royaume, travaillant comme officier au palais, très estimé par le roi de Travancore, le Maharaja Marthanda Varma. C’était un homme bon et fidèle à son devoir.

Cependant, après de mauvaises récoltes, et une mauvaise intendance, il perdit ses biens ; il se demanda avec angoisse : Qui me respectera à présent que je suis pauvre ?

Or il rencontra un officier néerlandais catholique, certain Eustachius Benedictus De Lannoy, prisonnier du roi, qui lui expliqua, à la lumière du livre de Job, combien les souffrances que nous éprouvons, peuvent nous conduire peu à peu vers la Lumière et la Vérité.

Pour Nilakandan, l’exemple de Job, sa confiance absolue en Dieu, jouèrent un rôle de catalyseur : il voulut suivre le chemin que lui montrait Job. 

Ayant alors rencontré, sur recommandation de l’officier, un père missionnaire jésuite italien, Giovanni Battista Buttari, il fut peu à peu introduit dans le mystère de la foi chrétienne, et reçut le baptême après neuf mois de préparation, le 14 mai 1745. A cette occasion, il prit le nom de Devasahayam, traduction tamoule de Lazare, c’est-à-dire : Dieu a secouru.

En même temps que son baptême, Devasahayam se consacra totalement au Christ : Personne ne m’a forcé à venir, je suis venu par ma propre volonté. J’ai décidé de suivre le Dieu de mon cœur et je le ferai toute ma vie.

Toute sa vie, désormais, seront les quatre années qui vont suivre son baptême. Devasahayam va consacrer son temps à l’Evangile. Son épouse se convertit et prit le nom de Gnanapu (transcription tamile de Thérèse), puis d’autres personnes, sans aucune distinction de castes, conformément à ce qu’il avait appris dans l’Evangile. 

Cette attitude le fit considérer comme «pollué», donc comme traître aux habitudes religieuses. Il fut dénoncé pour avoir méprisé les dieux et le trône royal, comme Jésus l’avait prédit à ses apôtres : On vous livrera aux souffrances et à la mort ; vous serez haïs de tous les peuples à cause de mon Nom (Mt 24:9)

Les chefs hindouistes le dénoncèrent au roi, qui le fit arrêter le 23 février 1749.

On lui demanda (inutilement) d’abjurer sa foi chrétienne. Il sera menacé, frappé, maltraité, mis en prison, torturé de toutes les façons pendant trois années, même en public ; on le promena par les villes et les villages, assis à l’envers sur le dos d’un buffle, «décoré» de fleurs d’Erukku (traditionnellement utilisées pour purifier l’atmosphère et les esprits).

On le conduisit vers une place appelée Puliurkurichy où, épuisé de soif, il frappa une pierre avec son bras, faisant surgir de l’eau, comme Moïse fit jaillir de l’eau du rocher dans le désert (cf.  Ex 17:1-7). La source coule toujours actuellement.

On le mit en prison à Peruvilai, attaché pendant sept mois à un Margousier, où il conquit l’amitié des soldats et put recevoir des prêtres catholiques ; ils lui portèrent l’Eucharistie.

De là, on le transporta à Aralvaimozhi, pour y être exécuté. Cette exécution devait se faire «secrètement», pour éviter les protestations de la foule, de plus en plus nombreuse à visiter Devasahayam, qui continuait son apostolat efficace.

Le Martyr ne pouvait plus se déplacer ; on le porta sur la colline proche de Kattadimalai. Il s’agenouilla et pria. Les soldats l’abattirent.

Il était minuit, le 14 janvier 1752, quand ce fidèle témoin de la Vérité tomba sous les balles.

La dépouille de Devasahayam fut tirée dans une forêt, pour être la pâture des bêtes féroces, mais des chrétiens la retrouvèrent et l’inhumèrent devant l’autel de l’église Saint-François-Xavier, l’actuelle cathédrale du diocèse de Kottar.

Le Martyr fut très vite vénéré dans la région ; on demanda sa béatification. Celle-ci sera proclamée enfin en 2012.

Nilakandan-Devasahayam Pillai, qui aura sa place au Martyrologe du 14 janvier, est le premier laïc indien martyr proclamé bienheureux.

 

 

 

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