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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 23:00

 

Pie X

1903-1914

 

Giuseppe Sarto, deuxième de dix enfants, naquit à Riese (Vénétie, Italie) le 2 juin 1835. Son père, Giambattista, était un employé municipal ; sa mère, Margarita Sanson, était couturière. Des dix enfants, le premier était presque mort-né, et Giuseppe fut en fait l’aîné des sept autres, le dernier devant mourir tout petit.

Baptisé dès le lendemain avec les prénoms de Giuseppe Melchiore, il grandit dans une ambience très chrétienne et modeste.

Il commença l’étude du latin avec le curé, et fréquenta chaque jour le collège de Castelfranco, à six kilomètres de là, dont il sortit premier sur quarante-trois élèves. 

Son père était décédé en 1852, et sa mère était fort pauvre. Pour entrer au séminaire de Padoue, il bénéficia d’une bourse d’études du patriarche de Venise, originaire lui aussi de Riese, et fut ordonné prêtre en 1858. Il fut vicaire à Tombolo (Trévise), curé de Salzano en 1866, chanoine de la cathédrale de Trévise en 1875, évêque de Mantoue en 1884, patriarche de Venise et cardinal en 1893.

A Salzano, les sœurs de Giuseppe vinrent l’aider, non sans peine, car le curé distribuait déjà tout ce qu’il avait. Il inaugura une école du soir, constitua une chorale, visitait tous les habitants, y compris les incroyants et les Juifs. Il se dépensa sans compter lors de l’épidémie de choléra de 1873, au point que l’évêque l’appela à la modération.

A Trévise, outre que chanoine, il devait être chancelier de l’évêché et directeur spirituel des séminaristes.

A Mantoue, il se dépensa notamment pour la formation du clergé, la discipline ecclésiastique, l’enseignement de la doctrine chrétienne auprès du peuple. Il connaissait personnelelment tousles séminristes. Il lui arrivait d’arriver inopinément dans une paroisse pour remplacer un curé malade. Il confessait dans la cathédrale : on pouvait y aller librement. Il visitait au moins une fois toutes les paroisses du diocèse. 

A Venise, il intensifia la même activité, faisant imprimer un catéchisme pour tous les diocèses de la Vénétie et s’appliqua à développer la musique sacrée, notamment en restaurant le chant grégorien.

Léon XIII étant mort le 20 juillet, son successeur fut choisi en la personne du cardinal Sarto, le 4 août. Il prit le nom de Pie “en mémoire des saints pontifes qui ont porté ce nom et de ceux qui, ces derniers temps, ont été persacutés pour l’Eglise”.

Lors du conclave, il protestait de son incapacité, alléguant qu’il ne savait pas le français (il le comprenait, mais ne le parlait pas couramment), qu’il était trop vieux (à quoi un autre cardinal rétorqua qu’il valait mieux “qu’un seul mourût pour tout le peuple”)… Loin de se réjouir de cette élection, Pie X ressemblait à un condamné à mort. 

Agé de soixante-huit ans, Pie X s’installa au troisième étage du Vatican, et mena dans son appartement une vie tout ascétique : il dormait cinq heures et donnait tout son temps aux audiences et à la correspondance.

Il choisit pour devise : “Instaurare omnia in Christo” (Tout restaurer dans le Christ). Cette “restauration” passe par la formation du clergé, qui doit être saint, par l’enseignement doctrinal des fidèles, par une collaboration entre le clergé et les fidèles, par la réforme de la musique sacrée, qui doit élever et favoriser la prière ; il encourage ainsi la pratique du chant grégorien, dont l’esthétique et l’universalité peuvent être perçues par tous les chrétiens de la terre. Il entreprend une réforme du Droit canonique, de la Curie.

Poursuivant ce qu’il avait commencé à Venise, il promulgue un catéchisme universel en simplifiant celui du concile de Trente.

Contre les restes de la déviation janséniste, il encourage la réception fréquente de l’Eucharistie et, pour les enrfants, établit qu’ils fassent leur première communion dès l’âge de sept ans. Il encouragte les Congrès Eucharistiques.

Il réforme le bréviaire, la prière quotidienne des prêtres : il en fait réduire la longueur en supprimant certaines répétitions, en répartissant plus également le psautier sur chaque jour.

Il condamne l’hérésie moderniste dans un climat de grandes tensions et de polémiques continuelles ; il crée une commision biblique pour la révision du texte de la Vulgate (la Bible en langue latine) ; il crée l’Institut biblique. 

Sous son pontificat il y eux soixante-treize béatifications et quatre canonisations.

Un des gros soucis de Pie X fut le conflit avec le gouvernement français, lors de la tristement célèbre loi sur les associations, qui fut à l’origine de l’expulsion de France de la plupart des religieux, et donc de la fermeture de leurs instituts. Paris rompit les relations diplomatiques avec le Vatican, et vota unilatéralement la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat (1905).

Quand il pressentit la montée vers la Guerre mondiale, Pie X supplia l’empereur autrichien d’arrêter la guerre. Il mourut sur cette espérance, le 20 août 1914, après un pontificat de onze ans.

Béatifié en 1951, canonisé en 1954, il est mentionné au Martyrologe le 20 août, et fêté le 21 août au calendrier romain.

C’est Benoît XV qui lui succéda, dans cette pénible atmosphère de guerre.


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Published by samuelephrem - dans Hagiographie P
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