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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 00:00

Pietro Bonilli

1841-1935

 

Pietro naquit le 15 mars 1841 à San Lorenzo di Trevi (Perugia, Italie centrale), de Sabatino et Maria Allegretti. Cette dernière était d’extraction modeste, et Sabatino dut s’éloigner des siens pour vivre avec sa chère épouse, alors que ses parents, plutôt aisés, auraient pu l’aider davantage.

Quand Pietro eut neuf ans, encouragé par son curé, il s’enhardit à demander aux parents de pouvoir étudier, et pour ce faire, de partir «travailler» à Trevi pour gagner un peu d’argent et se payer des leçons. Les parents, stupéfaits, inquiets, le laissèrent tenter l’aventure. 

On ne sait au juste comment il s’y prit ; ce qui est sûr, est qu’il réussit à survivre. Puis il rencontra un bon et saint prêtre, don Ludovico Pieri, qui le prit sous sa protection.

Don Pieri le fit entrer au collège Lucarini, puis au séminaire de Spolète.

Il n’était encore que sous-diacre, quand l’évêque lui confia déjà la charge pastorale de Cannaiola di Trevi, un patelin complètement isolé et perdu au fin-fond du diocèse, marécageux et insalubre.

Devant le manque de prêtres, le saint garçon, qui n’avait que vingt-deux ans, fut ordonné prêtre en 1863, avec dispense du Saint-Siège pour l’âge. Il devait rester pendant trente-quatre ans dans sa petite paroisse.

Il eut l’excellente idée de rédiger dans un cahier les événements importants de sa présence et de son apostolat. La paroisse était complètement à l’abandon, desservie seulement par des remplaçants qui ne pouvaient assurer que la messe dominicale et les sacrements, mais pas l’instruction. En outre, les ressources de la paroisse étaient très faibles, ce qui explique aussi pourquoi aucun autre prêtre ne s’y intéressait.

Pietro fut cependant bien accueilli. Il commença par bonifier les terrains de la paroisse. Puis il invita toute la population à contribuer à la restauration de l’église et il aménagea le cimetière. 

Ensuite il concentra ses efforts sur la dévotion à la Sainte Famille, pour servir de référence à tous les foyers de la paroisse. Il fonda une Compagnie des Gardes d’Honneur de la Sainte Famille et développa les exercices de piété, les fêtes, les processions, le culte au Saint protecteur local.

Puis il fonda la Pieuse Union de la Sainte Famille, en quatre sections selon l’âge et la condition des adhérents et s’appliqua à répandre la dévotion à la Sainte Famille ; il en écrivit un petit «règlement» qu’il soumit à l’approbation de l’archevêque, espérant que cette dévotion dépasserait même les frontières de l’Italie (ce qui arriva : c’est dans le sillage de cette dévotion que surgit la grande cathédrale de Barcelone, dédiée à la Sagra Familia).

Il se préoccupa de porter la Bonne Nouvelle auprès de tous, utilisant déjà les moyens que pouvait lui offrir l’imprimerie : ainsi sortit en 1880 L’apôtre de la Sainte Famille, imprimé d’abord à Foligno, puis à Trevi où il fit la grande folie d’acheter une imprimerie (1881), qu’il transporta ensuite à Cannaiola même (1884), utilisant pour le Bien ce moyen de l’imprimerie si souvent utilisé pour le Mal dans la société. Son imprimerie éditera des opuscules, des livres ; bientôt circulèrent des bibliothèques ambulantes.

En 1884, il fonda aussi un orphelinat, l’Orphelinat de Nazareth, qu’il organisa près de son imprimerie, pour donner un travail à cesEn 1884, il fonda aussi un orphelinat, l’Orphelinat de Nazareth, qu’il organisa près de son imprimerie, pour donner un travail à ces orphelins. Et un autre pour les orphelines en 1886, avec des leçons de couture, de broderie, de cuisine, de tissage.

On observera qu’à la même époque, une portugaise confiait un nouvel Institut à la Sainte Famille, pour la formation des petites filles (voir Rita Lopes de Almeida, au 6 janvier).

Don Pietro, en 1893, s’intéressant aux malheureuses petites filles sourdes et muettes, et aveugles, se les fit signaler par tous les maires des environs, leur demandant quelque contribution pour ériger une maison en vue de les accueillir : ainsi naquit un Abri pour les sourds-muettes, dont les résultats suscitèrent l’admiration même des spécialistes.

Une des plus grandes joies de toute sa vie fut qu'en 1893, le Vatican approuva la fête de la Sainte Famille, qui devait se célébrer au troisième dimanche après l'Epiphanie, et qui actuellement se célèbre le dimanche après Noël.

Ne réussissant pas à trouver un personnel adéquat, ni de congrégation religieuse disposée à l’aider pour toutes ces œuvres, en 1888, il fonda la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Spolète. Des vocations arrivèrent, des maisons s’ouvrirent en Italie, en Sicile. L’archevêque donna son approbation en 1897, le Vatican en 1932.

Des personnalités furent enfin touchées par ses efforts, et l’aidèrent à prendre possession, en 1898, d’un ancien couvent à Spolète, où il put installer toute son œuvre, avec la typographie. 

Cette même année, il fut nommé chanoine de la cathédrale de Spolète, pour pouvoir rester sur place et gérer toute son œuvre. Il fallut quitter Cannaiola, après trente-quatre ans !

Mais il n’avait toujours que cinquante-sept ans ! Il fut pénitencier à la cathédrale, assailli par les pécheurs, puis administrateur et recteur du séminaire.

Quand l’archevêque fut nommé ailleurs, don Pietro fut pressenti comme Vicaire capitulaire (c’est-à-dire pour «remplacer» l’évêque en attendant la nomination officielle du nouveau), mais il refusa cette charge trop importante pour lui, pour s’occuper seulement de son œuvre.

En 1918, il reçut avec surprise le titre honorifique de Camérier du pape, ce qui lui permettait de porter le titre de Monseigneur. En 1930, il fut nommé Chevalier de la Couronne d’Italie, mais n’en voulut pas porter les insignes.

En 1929, à quatre-vingt huit ans, il dut subir une opération chirurgicale, qu’il supporta très bien.

Les dernières années de sa vie, il perdit peu à peu la vue, lui qui s’était tellement occupé des petits aveugles. Il continuait à recevoir, à confesser, à célébrer même, ayant assimilé par-cœur les textes de la liturgie.

Il s’éteignit enfin, nonagénaire, le 5 janvier 1935, a près soixante-douze ans de sacerdoce.

Don Pietro Bonilli a été béatifié en 1986.

 

Les Sœurs de la Sainte Famille sont présentes en République Démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire.

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