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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 00:00

Rafaela Porras y Ayllón

1850-1925

 

Il y eut treize naissances dans le noble foyer de Ildefonso Porras et Rafaela Ayllón. C’étaient de bons chrétiens, assez riches et le père était en plus maire du village, Pedro-Abad (Cordoue, Espagne) ; ce dernier mourut du choléra qu’il avait cherché à combattre courageusement, en 1854. La maman éleva courageusement les six enfants qui restaient, et s’éteignit à la tâche en 1869.

Rafaela, qui était née le 1er mars 1850, était la dixième de cette fratrie ; à quinze ans, elle fit le vœu de virginité ; elle et sa sœur aînée, Dolorès, tinrent la maison. Elles allaient être inséparables pendant plus de vingt ans.

Elles s’occupèrent d’action sociale dans leur bourg, puis pensèrent entrer en religion, l’une carmélite, l’autre vincentienne, mais firent une retraite chez les Clarisses pour réfléchir.

En 1875, elles entrèrent à Cordoue dans une congrégation de Réparatrices, d’origine anglaise, mais elles allèrent s’installer à Madrid dont l’évêque était plus favorable à la fondation.

A Madrid, Dieu permit un fait extraordinaire qui obtint aux Religieuses de conserver chez elles la Présence réelle : deux jours de suite, la sœur sacristine constata, après la messe, la présence de grandes particules d’hostie dans le corporal du prêtre. 

(On appelle corporal la petite nappe qu’on ouvre sur l’autel pour y poser à la Messe le calice et la patène, contenant le Corps et le Sang du Christ).

En 1877, Rafaela prit le nom de Rafaela María du Sacré-Cœur, Dolores celui de María du Pilar, et prononcèrent leurs vœux ; la première fut chargée de la formation spiritelle des novices, l’autre de l’intendance. C’était peut-être trop séparer les responsabilités, et ce qui causa le drame treize ans plus tard. 

Pour le moment, le vent fut en poupe. Les Réparatrices du Sacré-Cœur s’engageaient à réparer par l’adoration les outrages commis contre le Saint-Sacrement, à chanter l’office du Sacré-Cœur, celui de la Vierge Marie le samedi, à pratiquer quelques mortifications par la discipline et le cilice, à enseigner gratuitement.

Les vocations se multiplièrent rapidement, des maisons s’ouvrirent : Jerez de la Frontera, Saragosse, Bilbao, La Coruña, Cadix, Rome enfin.

En 1886, on leur demanda cependant de modifier leur nom de Réparatrices pour celui d’Ancelles (Servantes) du Sacré-Cœur.

L’approbation romaine arriva en 1887.

C’est à partir de 1890 que María du Pilar commença à s’émanciper de sa sœur Supérieure, la traitant de demeurée à qui voulait bien l’entendre.

María démissionna en 1893, prétextant le mauvais état des finances et entraînant à sa suite quelques consœurs. Au chapitre, on l’élut Supérieure générale, tandis que Rafaela se recueillit comme une inconnue dans la maison de Rome, pour les trente dernières années de sa vie.

Le schisme dura dix ans. María fut déposée en 1903 et elle accepta de prendre sa place de simple religieuse ; elle mourut en 1916.

Rafaela, de son côté, continua de vivre dans la discrétion, assistant aux fondations en Espagne, en Angleterre, en Amérique.

Les novices ignoraient totalement qui était cette vieille Religieuse si gentille et si pieuse : elle passait des heures à genoux devant le Saint-Sacrement, ce qui lui provoqua des douleurs très vives.

Rafaela mourut le 6 janvier 1925, et c’est alors qu’on connut la vérité. Elle apparut effectivement comme l’humilité incarnée.

Elle fut béatifiée en 1952 et canonisée en 1977.

 

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