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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 23:00

 

Roberto Bellarmino

1542-1621

 

Roberto Francesco Bellarmino naquit à Montepulciano, non loin de Florence, le 4 octobre 1542, jour de la fête de saint François d’Assise, dont il porta le nom. Il était le troisième de douze enfants. Les parents, bons chrétiens, étaient de petite noblesse. Le père s’appelait Vincenzo Bellarmini. La maman, Cinthia Cervini, était la sœur du pape Marcel II.

La maison paternelle fut pour lui une école de vertu, où sa piété se développa promptement, et plus d'une fois, dès l'âge de six ans, les gens du voisinage se réunissaient autour de lui pour l'entendre prêcher la Passion de Notre-Seigneur. 

Après avoir reçu ses premières leçons d’un précepteur, il entra à quatorze ans au collège des Jésuites de sa ville natale. Il s’y fit remarquer par sa piété, sa bonne camaraderie, son aptitude pour les études, son goût pour le chant et la musique. Par la façon dont il riposta un jour à ceux qui attaquaient l’honneur de son collège, on eût pu deviner déjà en lui le futur ardent défenseur de l’Église.

Après le collège, son père eût préféré qu’il suivît des cours de médecine à Padoue, mais Roberto entra dans la Compagnie de Jésus (1560). Après le noviciat, il étudia la philosophie au Collège Romain, puis les Humanités à Florence et Mondoví. Après plusieurs années d'éloquentes et fructueuses prédications, et quatre ans de professorat au collège romain, il gagna Padoue pour y faire la théologie. 

Ses prédications y furent très appréciées : on remarquait son affabilité, sa maîtrise de soi et sa maturité d’esprit.

En 1569, le supérieur des Jésuites, Francesco Borgia, envoya Roberto à Louvain, où se trouvait une très célèbre Université, pour y compléter ses études de théologie, mais en même temps il devait s’occuper de l’apostolat auprès des étudiants, charge pour laquelle il reçut les ordres mineurs, puis les ordres majeurs. Là encore, ses prédications enthousiasmèrent tous ceux qui l’entendaient, par son ardeur, sa science et la force de son éloquence, qui se doublait d’une constante simplicité, nourrie par sa piété et son humilité.

Il devint professeur de théologie à Louvain même, pendant sept ans. Grand admirateur de saint Thomas d’Aquin, il en introduisit la méthode dans l’Université. Son zèle le poussa à étudier l’hébreux et il publia une grammaire hébraïque. Il voulait réfuter les hérétiques, et il commença par Baïus, le chancelier de l’Université de Louvain !

Le climat nordique ne lui ayant pas profité, il dut regagner l’Italie (1576).  Il reçut alors la chaire de controverse au Collège romain, qu’il occupera pendant douze années. Des milliers d’étudiants l’écoutaient, parmi lesquels ceux des Collèges germanique et anglais, qui devraient ensuite affronter les hérésies dans leurs propres pays. La doctrine de Roberto Bellarmino était si sûre qu’on le surnomma le “marteau des hérétiques”.

Ses Controverses eurent un tel succès unanime, qu’on le pria de les publier. Les trois volumes connurent maintes éditions et traductions. Le protestant Théodore de Bèze reconnaîtra la valeur de cet ouvrages en disant : C’est le livre qui nous a perdus ! Roberto savait se montrer rigoureux dans la défense de la doctrine catholique, mais extrêmement respectueux dans sa façon de parler aux “adversaires”, ce qui les confondait doublement.

Il fut deux ans supérieur du Collège romain. C’est à Rome qu’il se lia au jeune Luigi de Gonzaga, dont il deviendra le père spirituel. Puis il est nommé provincial des Jésuites à Naples.

Le pape Clément VIII le rappela pour être son théologien particulier, consulteur au Saint-Office (l’actuelle Congrégation pour la Doctrine), et recteur de la Pénitencerie. Le père Bellarmino continuait d’écrire, de publier. Ainsi fut édité son Catéchisme, traduit en diverses langues, dont la française approuvée par Richelieu et utilisée par saint François de Sales. Le même pape Clément VIII ordonna l’utilisation de ce Catéchisme dans les paroisses.

Clément VIII voulut récompenser tant de zèle et de succès en nommant le père Bellarmino cardinal. Un religieux jésuite, normalement, ne peut recevoir une telle distinction, et l’ordre s’y opposait, mais le pape passa outre et imposa la calotte rouge au père Bellarmino qui protestait de toute son âme (1599).

Le Cardinal Bellarmino chercha à vivre dans la simplicité de toujours, malgré un certain faste auquel il devait se plier à contre-cœur. Il resta modeste, et fermement réticent à toute manifestation de népotisme, si fréquent à l’époque, et dont même sa famille aurait voulu bénéficier.

 

Une querelle assez âpre s’éleva entre les Jésuites et les Dominicains à propos d’un livre de Molina sur le libre arbitre et la grâce. Le pape, d’une façon un peu autoritaire, voulait imposer ses conclusions malgré les suggestions du cardinal Bellarmino. Pour faire court, le pape alors nomma brusquement Bellarmino archevêque de Capoue. Mais la querelle ne s’apaisa finalement que sous le pape suivant, qui eut enfin la bonne idée de se ranger à l’avis du cardinal Bellarmino.

Comme archevêque, le nouvel élu entendit bien résider dans son diocèse, contrairement à une habitude fréquente alors, où les évêques résidaient à la cour d’un roi ou au Vatican. Mgr Bellarmino répara sa cathédrale, assez délaissée, et visita chaque année les paroisses de son diocèse, qu’il aidait au besoin de ses propres deniers. Il chercha particulièrement à relever le niveau du clergé. Là encore ses prédications remportèrent un grand succès.

C’est de cette époque que furent retenus déjà quelques miracles opérés par ce saint Cardinal : des malades à l’agonie furent guéris ; un figuier reverdit ; un chanoine de Capoue fut témoin d’une bilocation… Il fit aussi quelques prédictions. Il avait le don de lire dans les âmes, il chassa des démons…

Aux deux conclaves suivants, le cardinal Bellarmino aurait pu être désigné pour le siège de saint Pierre, mais une autre majorité se forma, à sa plus grande satisfaction. Lui-même penchait pour le cardinal français François de la Rochefoucauld. Même Henri IV avait suggéré aux cardinaux français d’élire Roberto Bellarmino.

Le nouveau pape (Paul V) nomma le cardinal Bellarmino à plusieurs fonctions auprès des Congrégations romaines, de sorte que le cardinal donna sa démission d’archevêque, pour être totalement à l’œuvre dans ses responsabilités vaticanes. 

En même temps qu’il continuait à écrire pour défendre l’autorité du pape (notamment en Angleterre, contre James Ier), le Cardinal Bellarmino entretenait une vaste correspondance dans toute l’Europe, composait un commentaire sur les Psaumes, et s’occupait activement à Rome.

Saint François de Sales disait de lui : « Il sait tout, excepté faire le mal. » 

Il soutint les causes de canonisation de Ramón de Peñafort, de Francesca Romana, de Carlo Borromeo, d’Iñigo (Ignace) de Loyola, le fondateur des Jésuites.

 Il affirma avec conviction la doctrine de l’Immaculée Conception (qui ne serait proclamée qu’au XIXe siècle). Il protégea efficacement l’ordre des Célestins, parvenant à réconcilier les deux branches française et italienne.

Il dut aussi s’occuper en première personne de l’instruction du procès de Giordano Bruno, dont il démontra l’hérésie au terme d’une longue série d’interrogatoires. Ceci ne veut pas dire que c’est lui qui demanda la mise à mort de l’hérétique. Ces façons font partie d’un contexte historique auquel notre Cardinal n’a rien à voir : les actes mêmes du procès exigeaient qu’on n’attentât pas à la vie du condamné, mais le fanatisme prévalut et Giordano fut brûlé vif à Rome en 1600.

Bellarmino rencontra aussi Galileo. Il admettait que le système héliocentriste pouvait être une théorie mathématique, mais sans devoir aboutir à une affirmation philosophique et à un système théologique dangereux.

Le cardinal Bellarmino entretint des relations très amicales avec d’autres saintetés de l’époque : Filippo Neri, Carlo Borromeo, Jean Berchmans, Luigi de Gonzaga.

 

Le Cardinal Bellarmino était devenu complètement sourd. A la fin de l’été 1621, la fièvre le gagna durant sa retraite annuelle au noviciat de Saint-André au Quirinal. Tout Rome défila près de lui, le pape Grégoire XV en tête. On ne se gênait pas pour emporter quelque objet en guise de relique, jusqu’au sang que les médecins lui prélevaient pour le soulager.

Le cardinal Roberto Bellarmino mourut le 17 septembre 1621. Il voulait des funérailles discrètes, mais le pape en fit de solennelles.

La cause de canonisation avança lentement, non pas par manque de témoignages - qui furent au contraire nombreux et unanimes - mais entre autres par la suppression temporaire de la Compagnie de Jésus.

Saint Roberto Bellarmino fut béatifié en 1923, canonisé en 1930, et proclamé Docteur de l’Eglise en 1931.

Il est mentionné au 17 septembre dans le Martyrologe.

1 Les saints Ramón de Peñafort, Francesca Romaine, Carlo Borromeo et Ignace de Loyola sont respectivement fêtés le 7 janvier, le 9 mars, le 4 novembre et le 31 juillet.

2 Les saints Filippo Neri, Carlo Borromeo, Jean Berchmans et Luigi Gonzaga sont respectivement fêtés les 26 mai, 4 novembre, 13 août et 21 juin.

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