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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 23:00

 

Rosa de Lima

1586-1617

 

D’origine espagnole, Isabel de Flores naquit le 20 avril 1586 à Lima (Pérou). Les parents, Gaspar de Flores et María de Oliva, de condition modeste, l’appelèrent Isabel, mais bientôt sa mère l’appela Rosa, car elle lui trouva une rose épanouie sur le visage ; c’est d’ailleurs le nom avec lequel l’évêque la confirma plus tard (1). Finalement, elle s’appela Rosa María. C’était la dixième enfant de cette famille.

Elle sut lire vers quatre ans sans avoir jamais étudié, et on la vit “apprendre” dans la vie de sainte Catherine de Sienne (2). Très tôt la fillette se “passionna” pour les souffrances du Christ, auxquelles elle désirait ajouter ses propres mortifications.

Ayant reçu de sa mère un joli chapeau à fleurs, elle s’en fit une couronne d’épines. Une femme s’extasiait des jolis doigts de la jeune fille, elle se les brûla jusqu’à les déformer. Si l’on voulait la voir dans le salon, elle se frottait les yeux avec des piments pour pleurer devant tout le monde.

Cela ne l’empêcha pas de cultiver les arts ; elle fut poète à ses heures et joua des instruments à cordes.

Lors de la maladie de ses parents, elle se dépensa sans compter pour les soigner et pour travailler à leur place, cultivant les fleurs dans le jardin, et cousant durant la nuit.

En 1606, à vingt ans, elle revêtit l’habit tertiaire dominicain, et bien sûr continua de se mortifier, même davantage : jeûne, cilice, chaînes, flagellations… Elle avait renoncé à la viande et aux fruits, et finit par ne plus se nourrir que de pain et d’eau. Elle se fit une couronne avec quatre-vingt dix-neuf pointes à l’intérieur, son lit n’était qu’une mauvaise planche faite avec des morceaux de bois liés avec des cordes et dont les interstices étaient remplis de fragments de vaisselle et de tuiles cassées ; sa cellule fut une cabane au fond du jardin, car il n’y avait pas de monastère proche de Lima. Elle s’associait de là aux messes, aux prédications, auxquelles elle ne pouvait assister personnellement.

En échange de cet oubli de soi total, elle reçut des grâces célestes importantes, vivant en permanence en compagnie de Notre-Dame, de sainte Catherine de Sienne, des Anges gardiens.

Comme il se doit, les incompréhensions ne manquèrent pas, de la part de ses parents, mais même aussi des prêtres, des confesseurs, au nom de l’Inquisition, qui estimèrent parfois qu’elle simulait la supercherie ; mais elle fut examinée très sérieusement, sévèrement même, et l’on reconnut sa grande valeur mystique.

Rosa était dévorée de zèle pour le salut des âmes, encore bien nombreuses, qui ignoraient le Christ dans l’Amérique du Sud. Elle eût voulu évangéliser les Indiens, au besoin être mangée par eux, si cette nourriture devait tourner à leur santé spirituelle. Les mauvais chrétiens lui soulevaient le cœur. Quand elle était jeune et qu’elle venait en aide à ses parents par ses travaux d’aiguille, un jeune voisin était venu à la maison sous prétexte d’un travail à exécuter séance tenante par la couturière. Tandis qu’il la regardait fort indiscrètement, elle lui adressa un petit sermon bref et net, qui le convertit.

Elle obtint qu’un religieux se déprît de sa passion pour le tabac.

Elle secourait de son mieux les misères corporelles, donnait aux pauvres, soignait les malades jusque dans les cas les plus répugnants.

La dernière maladie de Rosa fut très douloureuse. Elle tint à mourir la tête sur le bois du lit. Ses dernières paroles furent : Jésus ! Jésus ! avec moi !. Elle trépassa le 24 août 1617, à trente-et-un ans. Toute l’élite de la ville était présente aux obsèques.

Béatifiée en 1668, Rosa fut déclarée patronne du Pérou l’année suivante, et successivement des Indes et des Philippines, et de l’Amérique entière. Également, à Lima, on l’a proclamée patronne de la police nationale et de l’université catholique. Une gare porte son nom à Lima. Sa fête est fériée au Pérou.

Rosa a été canonisée en 1671. Elle est commémorée au Martyrologe le 24 août, et fêtée le 23 août.

 

 

 

1 Cet évêque est saint Toribio de Mongrovejo, fêté le 23 mars.

2 Dominicaine, sainte Catarina de Sienne est fêtée le 29 avril.

 

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Published by samuelephrem - dans Hagiographie R
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