Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 00:00

Rupert Mayer

1876-1945

 

Rupert naquit à Stuttgart le 23 janvier 1876, un des six enfants de parents chrétiens et bons commerçants. C’est une gouvernante qui s’occupa de lui.

Très tôt, il accompagna à cheval son père dans les visites aux clients, et devent un excellent cavalier. Ce sera un excellent sportif.

Il fit ses études à Stuttgart et à Ravensburg.

Dès 1894, à vingt-deux ans, il désirait entrer chez les pères Jésuites, mais son père s’y opposa fermement. A cette époque, les Jésuites étaient exclus de l’Empire, considérés comme des ennemis, des parias, des apatrides.

Sans perdre de temps, Rupert fit des études de philosophie, de théologie et d’histoire dans les universités de Fribourg (Suisse), Münich et Tübingen.

Finalement, il entra au séminaire de Rottenburg (1898), ayant déjà presque achevé ses études sacerdotales ; aussi fut-il ordonné prêtre dès 1899.

L’année suivante, après quelques activités pastorales, il obtint de son père l’ «autorisation» d’entrer chez les Jésuites : noviciat à Feldkirch (Autriche) en 1900, études complémentaires de philosophie et théologie à Valkenburg (Pays-Bas), et dernière année de préparation spirituelle (1905).

Il fut envoyé prêcher quelques missions populaires en Allemagne, en Suisse et en Autriche.

En 1912, il fut à Münich pour assister les milliers de paysans qui envahissaient cette ville en recherche de travail. Le père Rupert se fit «tout à tous», il fut connu partout pour son activité efficace à créer des structures sociales d’assistance. Il fonda même une petite congrégation religieuse féminine, les Sœurs de la Sainte Famille, pour le seconder dans sa tâche.

Lors de la Guerre mondiale, le père Rupert fut infirmier et aumônier dans l’armée allemande. Il recevra sur le front occidental plusieurs distinctions militaires, dont la Croix de Fer, qu’il fut le premier prêtre catholique à recevoir (car les catholiques étaient toujours soupçonnés d’être de «mauvais Allemands»). 

En 1916, en Roumanie, il fut gravement blessé et subit l’amputation de la jambe gauche. Il portera désormais une prothèse qui le fera de plus en plus souffrir.

Démobilisé, il rentra à Münich, où les Jésuites avaient pu reprendre leurs activités après avoir été un moment bannis.

L’archevêque de Münich confia au père Mayer la direction de la congrégation mariale des hommes, où il allait donner le meilleur de lui-même. Il fut tellement engagé et connu, qu’on vint par milliers l’écouter sur la place. A partir de 1925, il célèbra chaque matin la messe à la gare de Münich, où assisteront jusqu’à des milliers de fidèles ! Les nazis interdiront cette célébration en 1935.

Dès l’apparition du national-socialisme, le père Rupert exposera clairement sa conviction du point de vue du catholicisme social. Il multiplia les meetings politiques, et l’on pense qu’il put rencontrer Adolf Hitler lors d’un débat contradictoire (1919 ?). Il démontra leurs erreurs, et s’avança jusqu’à dire que Hitler était, peut-être, un brillant orateur, mais surtout un séducteur et pas un témoin de la Vérité. On ne l’accueillit pas toujours très bien, et ce furent même parfois des groupes nationaux-socialistes qui intervinrent pour le protéger ! 

Quand Hitler accéda au pouvoir, le père Rupert fut de plus en plus surveillé et menacé, car il s’opposait violemment à la politique anti-religieuse du gouvernement.

En 1936, on lui interdit de prêcher en-dehors de son église Saint-Michel, mais il refusa de se soumettre à une autorité civile ; arrêté en 1937, il fit six mois de prison pour abus de la chaire de vérité comme arme politique et attaques vicieuses contre le gouvernement. On lui conseilla la modération, mais ses supérieurs se rangèrent finalement à ses arguments, car le silence du père Mayer aurait été tout-à-fait mal interprété de la part des nazis. D’ailleurs, il demanda de faire écrire dans le procès-verbal de la police cette mention : Je déclare que au cas où je serais libéré, je continuerai de prêcher malgré l’interdiction de prendre la parole qui m’a été donnée, tant dans les églises de Münich que dans toutes celles de la Bavière et ce, pour des questions de principe.

Le père Mayer devait encore être arrêté par deux fois, cinq mois en 1938 à la prison de Landsberg, et en novembre 1939 comme conspirateur, d’où il fut conduit au camp de concentration de Oranienburg et/ou de Sachsenhausen (Berlin). On ne sait pour quel motif providentiel cet internement prit fin brusquement.

Sans doute parce que la santé du père se dégradait, et que les autorités ne voulaient pas d’un «martyr» de l’opposition, on l’enferma alors dans l’abbaye bénédictine d’Ettal (Bavière), où il ne pouvait rencontrer que sa famille proche.

A la fin de la guerre, les Américains lui redonnèrent sa pleine liberté, et le père Rupert en profita pour revenir à Münich, complètement dévastée ; il mit à profit sa personnalité et ce qui lui restait de forces pour venir en aide aux plus démunis.

Le jour de la Toussaint (1er novembre 1945), alors qu’il prêchait durant la messe, une hémorragie cérébrale le frappa, lui laissant juste le temps de répéter «Le Seigneur… le Seigneur… le Seigneur…». Il mourut trois heures après.

Ce soldat du Christ, toujours debout pour défendre la Vérité, mourut debout dans la fidélité à l’Eglise et à son pays.

Le père Rupert Mayer a été béatifié en 1987.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens