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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 23:02

Martyrs du 2 Septembre

1792

 

Durant les événements de la Révolution Française, la haine des révolutionnaires s’est sauvagement déchaînée contre les membres du Clergé.

Parmi les douloureux épisodes de la Révolution française, les massacres de Septembre sont assurément l'un des plus célèbres, ce qui ne veut pas dire qu'il soit des mieux connus, car l'enquête judiciaire ne fut effectuée qu'après la réaction thermidorienne, en l'an IV. Entre temps, l'événement avait soulevé une telle réprobation que les divers partis révolutionnaires avaient cherché à en rejeter la responsabilité les uns sur les autres. Depuis, l'incendie de l'hôtel de ville et des archives de la Seine, en 1871, a détruit la plus précieuse source qui permît de contrôler et parfois de rectifier les récits des témoins échappés à ces massacres.

L’ensemble des prêtres, des religieux, des religieuses, des moines, qui furent arrêtés et condamnés soit à la déportation soit sur-place à la guillotine ou qui furent exécutés après un simulacre de jugement, n’avaient pas d’autre ambition que d’obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes (Ac 5:29).

Les circonstances sont bien connues. Au lendemain du 10 août et de la chute de la monarchie, le peuple, du moins les éléments avancés, se crut enfin délivré des dernières entraves du veto, qui l'empêchaient de faire justice des ennemis de la liberté. Quand parvint à Paris la nouvelle de l'invasion prussienne et de la prise de Longwy, l'excitation fut portée au paroxysme et se traduisit par la résolution de se porter aux frontières, mais après avoir fait justice des traîtres. D'où est venue l'initiative ? Il est difficile de le dire. On l'attribue souvent aux sections qui, en grand nombre, votèrent, le 1er septembre, des motions comme celle-ci : Le danger imminent où se trouve la patrie ne résulte pas seulement de l'entrée des troupes ennemies sur le territoire français, mais bien de ce nombre de malveillants que renferme la capitale, de ces conspirateurs détenus dans les prisons, dont le jugement est retardé sous différents prétextes. Il n'y avait d'autres moyens que de faire faire sur-le-champ justice prompte de tous les malfaiteurs et conspirateurs détenus dans les prisons, que de faire marcher, en tête des forces à opposer à l'ennemi, les prêtres insermentés, les femmes et les enfants des ennemis dont les corps serviraient de remparts aux troupes citoyennes.

Ces motions furent distribuées aux autres sections, mais arrivèrent trop tard, semble-t-il, pour avoir effet. Cependant, la proposition avait circulé oralement et fait des adeptes qui, le 2, se portèrent sur les prisons. Leur nombre est difficile à déterminer : quelques centaines, peut-être. Au rapport d'un témoin, ils n'étaient pas tous de la lie du peuple, ces bourreaux assassins. Leurs accents et leurs discours trahissaient souvent des adeptes dont le philosophisme des clubs et des écoles du jour, bien plus que la rustre ignorance, avait fanatisé le cœur contre les prêtres.

Les chefs, ceux du gouvernement et de la commune, qui avaient propagé ces idées, ne se souciaient guère de perdre leur popularité en désapprouvant ceux qui les mettaient en acte. A vrai dire, ils auraient été impuissants à empêcher le massacre, s'ils en avaient eu la velléité, faute d'une police d'Etat et d'une garnison, la garde nationale refusant de marcher. Ceux qui intervinrent se bornèrent à régulariser l'opération.

Les «philosophes», les encyclopédistes, tous les ancêtres de la Révolution avaient voué une haine solide à la «religion» et à ses ministres. Aussi, après le 10 août, une fois disparus le «tyran» et le veto, se mit-on à arrêter les prêtres réfractaires au serment de fidélité à la Constitution civile. Les prisons étaient pleines, il fallut en créer de nouvelles, au couvent des Carmes et au séminaire Saint-Firmin. Celles-ci furent affectées aux seuls prêtres et religieux, dont beaucoup avaient quitté leur province pour chercher un refuge à Paris. Un certain nombre furent enfermés dans les prisons de l'Abbaye et de la Force. La prison de l'Abbaye, devenue elle-même trop étroite, se vit annexer les bâtiments du célèbre monastère bénédictin de Saint-Germain-des-Prés.

Le 31 août 1792, le député Tallien déclarait à l'Assemblée : Nous avons fait arrêter les prêtres perturbateurs ; ils sont enfermés et, sous peu de jours, le sol de la liberté sera purgé de leur présence.

Il y eut plusieurs vagues d’extermination en particulier à Paris, à Compiègne, à Angers, à Orange, sans oublier les arrestations qui conduisirent des centaines de victimes aux Pontons de Rochefort.

Durant les massacres de septembre à Paris, furent poignardés ou égorgés près de trois-mille victimes de la haine antireligieuse, dont l’Église a retenu cent-quatre-vingt-onze, béatifiés pour la plupart en 1926.

Le 2 septembre 1792, il y eut un massacre en l’abbaye Saint-Germain, un autre dans le Couvent des Carmes, qui firent en tout cent-seize Martyrs, dont trois évêques, cent-huit prêtres ou religieux, quatre diacres et un laïc.

C'est là que le massacre commença, le 2 septembre, pendant le transfert des prêtres, renfermés d'abord à la mairie. Du groupe était notamment l'abbé Royer, curé de Saint-Jean-en-Grève, qui ranimait les courages. Au matin du 2, il interpella ses compagnons : C'est aujourd'hui dimanche, il est certain qu'on ne nous permettra ni de dire ni d'entendre la messe, mettons-nous donc à genoux le temps qu'elle durerait et élevons notre cœur vers Dieu.

Vers deux heures de l’après-midi, le canon tonna, soi-disant à cause de la prise de Verdun ; en réalité, ce fut le signal pour diriger le reste des prisonniers de la mairie à l’Abbaye. Insultés en cours de route, ils furent massacrés en descendant de leurs voitures. Les autres subirent un simulacre de jugement dans la salle des hôtes du monastère. On demandait aux prêtres s’ils avaient prêté le serment. La condamnation était prononcée par le cri A la Force !  et la victime massacrée à coups de sabre.

Aux Carmes, le massacre commença plus tard, vers seize heures. Les prisonniers sortaient pour leur promenade journalière dans le jardin. Bientôt des clameurs s'élevèrent, la porte du jardin fut enfoncée et les assaillants se ruèrent sur les prêtres. Le premier qu'ils rencontrèrent, l'abbé Girauld, récitait son bréviaire ; il ne se détourna pas, fut renversé d'un coup de sabre et transpercé d'une pique. Puis ils se précipitèrent sur l'archevêque d'Arles, Jean-Marie du Lau, qui ne s'abattit qu'au troisième coup de sabre et fut aussitôt transpercé.

Ils se mirent ensuite à poursuivre et à frapper les prêtres à travers le jardin et vinrent prendre pour cible ceux qui s'étaient réfugiés dans une chapelle. L'évêque de Beauvais eut la jambe fracassée d'un coup de fusil.

Le commissaire de la section, arrivé sur les entrefaites, voulut faire respecter la légalité et rassembla les prêtres dans le chœur, où on leur demanda bientôt s'ils avaient prêté le serment. Sur leur réponse négative : Passez, passez, leur dit-on, votre compte est bon. On les fit passer par un petit couloir où l'on vérifiait leur identité ; au bout, ils étaient massacrés en descendant au jardin, sur le petit escalier qui subsiste encore.

Un des derniers fut l'évêque de Beauvais, François de La Rochefoucauld, qui avait été transporté à l'église sur un matelas et fut transporté de même pour recevoir le coup fatal. Avec lui périt aussi son frère, l'évêque de Saintes.

Tous ces martyrs furent béatifiés en 1926.

Des listes existent. Ici, on va trouver ces Martyrs dans l’ordre alphabétique de leurs prénoms, avec, plus bas, quelques indications qu’on a pu trouver sur chacun d’eux. 

Sauf indication contraire, leurs postes respectifs étaient à Paris.

 

1. A l’abbaye Saint-Germain (vingt-et-un Martyrs)

    - les prêtres : 

Alexandre-Charles-Anne Lenfant

Antoine-Charles-Octavien du Bouzet

Armand-Anne-Auguste-Antonin-Sicaire Chapt de Rastignac

Charles-Louis Hurtrel

Claude Fontaine

Daniel-Louis André des Pommerayes

François-Joseph Pey

Jean-André Capeau

Jean-Joseph Rateau

Jean-Louis Guyard de Saint-Clair

Jean-Pierre Simon

Laurent X

Louis Le Danois

Louis-Remi (ou René) Benoist

Louis-René (ou Remi)-Nicolas Benoist

Marc (ou Marie)-Louis Royer

Pierre-Jacques-Marie Vitalis

Pierre-Louis Gervais

Saintin Huré

Thomas-Jean Monsaint

    - le diacre : 

Louis-Benjamin Hurtrel

 

 

2. Au Couvent des Carmes, toujours à Paris.

Après plusieurs vérifications, il semble que le chiffre indiqué dans le Martyrologe doive être corrigé d’une unité : trois évêques et quatre-vingt-douze compagnons (et non quatre-vingt-treize).

    - les évêques : 

François-Joseph de la Rochefoucauld Maumont 

Jean-Marie du Lau d’Allemans

Pierre-Louis de la Rochefoucauld Bayers

    - les prêtres : 

Ambroise Augustin Chevreux

André Angar

André Grasset de Saint-Sauveur

Armand de Foucauld de Pontbriand

Auguste-Denis Nézel

Bernard-François de Cucsac

Charles-François Legué (Le Gué)

Charles-Jérémie Bérauld du Pérou

Claude Cayx (ou) Dumas

Claude Chaudet

Claude Colin

Claude Rousseau

Claude-Antoine-Raoul (de) Laporte (de la Porte), 

Claude-François Gagnières des Granges

François Balmain

François Dardan

François Dumasrambaud de Calandelle

François Lefranc

François Vareilhe-Duteil

François-César Londiveau

François-Louis Hébert

François-Louis Méallet de Fargues

François-Urbain Salins de Niart

Gabriel Desprez de Roche

Gaspar-Claude Maignien

Georges Girauld

Guillaume-Antoine Delfaut

Guillaume-Nicolas-Louis (frère Salomon) Leclercq

Henri-Auguste (Marie-Auguste) Luzeau de la Mulonnière

Henri-Hippolyte Ermès

Jacques Friteyre-Durvé

Jacques-Alexandre Menuret

Jacques-Etienne-Philippe Hourrier

Jacques-François de Lubersac

Jacques-Gabriel Galais

Jacques-Jean Lemeunier

Jacques-Joseph Lejardinier Deslandes

Jacques-Jules Bonnaud

Jean Charton de Millon

Jean Goizet

Jean Lacan

Jean-Antoine Guilleminet

Jean-Antoine-Barnabé Séguin

Jean-Antoine (de) Savine

Jean-Antoine-Hyacinthe Boucharenc de Chaumeils

Jean-Baptiste Jannin

Jean-Baptiste Nativelle

Jean-Baptiste-Claude Aubert

Jean-Baptiste-Marie Tessier

Jean-Baptiste-Michel Pontus

Jean-François Bousquet

Jean-François Burté

Jean-Henri-Louis Samson

Jean-Jacques Morel

Jean-Philippe Marchand

Jean-Pierre Bangue

Jean-Robert Quéneau

Joseph Bécavin

Joseph-Thomas Pazery de Thorame

Julien Poulain-Delaunay

Jules-Honoré-Cyprien Pazery de Thorame

Louis Barreau de la Touche

Louis Longuet

Louis Mauduit

Louis-François-André Barret

Louis-Laurent Gaultier

Loup Thomas (ou Bonnotte),

Matthias-Augustin Nogier

Mathurin-Nicolas Le Bous de Villeneuve de la Villecrohain

Mathurin-Victor Deruelle

Nicolas Clairet (Cléret)

Olivier Lefèvre (Lefebvre)

Pierre Gauguin

Pierre Landry

Pierre Ploquin

Pierre-François Pazery de Thorame

Pierre-Louis-Joseph Verrier

Pierre-Michel Guérin

Pierre-Nicolas Psalmon

René Nativelle

René-Julien Massey

René-Nicolas Poret

Robert Le Bis

Thomas-Nicolas Dubray

Thomas-René Dubuisson

Urbain Lefèvre (Lefebvre)

Vincent Abraham

Vincent-Joseph Le Rousseau de Rosencoat

    - les diacres : 

Etienne (Antoine)-François-Dieudonné de Ravinel

Jacques-Augustin-Robert de Lézardières

Louis-Alexis-Matthias Boubert

    - le laïc :

Charles-Régis-Matthieu de la Calmette

 

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