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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 23:00

Stanisław Kubista

1898-1940

 

Né le 27 septembre 1898 à Kostuchna (Mikołów, Pologne), il était le cinquième des six garçons et trois filles de Stanisław et Franciszka Czempska, gardes forestiers profondément catholiques.

Dans cette belle famille, on priait le chapelet chaque jour. La fille aînée devint religieuse à Vienne. Stanisłas, pour sa part, aimait décorer le petit autel de la maison.

Il fréquenta une école allemande, mais lisait et étudiait en polonais à la maison. 

La famille recevait souvent un Religieux Verbite, dont la congrégation a le but de diffuser le Verbe, la Parole divine, à travers les missions. Stanisłas sentit grandir en lui cette vocation.

Après ses études, il fut orienté par son curé vers le petit séminaire des Pères Verbites de Nysa, où d’ailleurs Stanisłas avait déjà un cousin, lequel mourut durant la Première Guerre mondiale.

A cause de cette guerre, Stanisłas n’eut pas la possibilité de terminer toutes ses études : il fut envoyé en 1917 sur le front français, comme télégraphiste, jusqu’à la fin de la guerre, et ensuite ne reçut sa démobilisation à Szczecin qu’en 1919.

Durant la même guerre, son frère aîné fut tué sur le front de Belgique en 1914. On comprend alors la joie des parents de revoir leur fils Stanisłas sain et sauf.

Stanisłas reprit ses études avec succès, et rejoignit la maison Saint-Gabriel à Mödling (Vienne). Après ses études de philosophie et de théologie, il fit la profession solennelle en 1926.

Dans les appréciations de ses Supérieurs et Confrères, on note qu’il était un peu mélancolique, taciturne, modeste, le calme personnifié, travailleur persévérant jusqu’au but final, consciencieux et ponctuel, ordonné, compatissant ; un tantinet «turlupiné» par le nationalisme ; soigneux dans tout ce qu’il faisait, homme de confiance. De grandes qualités, donc, qui corrigeaient de petits défauts. Ses notes furent dans la marge «bon-très bon». On lui remarqua aussi un certain talent pour l’écriture, en allemand comme en polonais, et il pouvait faire un bon professeur.

Lui-même rédigea ainsi ses centres d’intérêt à l’adresse de ses Supérieurs : Littérature, possibilité de publier des livres ; travail missionnaire et pastoral ; pas l’enseignement ; missions en Chine, aux Philippines, en Nouvelle-Guinée ; santé excellente.

Il fut ordonné prêtre en 1927.

Etant encore dans l’état d’étudiant, il écrivit quelques articles pour les journaux.

En automne 1928, on l’envoya à Górna Grupa. Au moment du départ, sa mère lui dit : Mon fils, sois bien fidèle dans ce que tu as choisi. Il le fut effectivement jusqu’à la mort.

Ses Supérieurs voulaient le voir dans l’action. Ils lui confièrent l’administration de la maison, où se trouvaient quelque trois-cents âmes, entre frères, prêtres, élèves, postulants et novices. L’année suivante, il était aussi nommé procureur régional ; on notait alors que l’économie de la maison était en de bonnes mains.

A côté de ces responsabilités, le père Stanisłas accepta en 1929 le poste de rédacteur en chef d’un petit périodique, Le Petit Missionnaire.

Ensuite Stanisłas fut nommé recteur à Bruczków et participa à plusieurs publications : Le Calendrier du Petit Missionnaire, Trésor de Famille, Tribune de Saint Joseph (ce dernier fondé par lui en 1937). Sous son administration, le nombre des lecteurs augmenta de manière significative.

Il écrivit des histoires, des romans, un drame, toujours préoccupé, disait-il, par la collaboration avec Jésus pour sauver les âmes. Son drame Croix et Soleil, qui se situe dans le milieu des Incas péruviens, fut représenté maintes fois avant et après la guerre.

Ses articles étaient marqués par une profonde réflexion théologique et un réel sens pratique, qui révélaient le fond de son âme. On l’a vu, il avait une particulière dévotion à Saint Joseph, à qui il attribuait le succès de l’imprimerie et l’achat des machines, malgré l’absence des fonds nécessaires.

Le premier «accrochage» avec la Gestapo fut lorsque Stanisłas voulut payer quelques centaines de zloty pour une pauvre veuve : la monnaie polonaise n’était plus autorisée, mais Stanisłas enfonça ses yeux si profondément dans ceux de l’officier, que ce dernier eut l’air d’avoir été frappé par la foudre. Stanisłas pensa que c’était saint Joseph qui l’avait aidé.

Quelques jours après, toute l’imprimerie fut détruite, et les provisions de l’hiver confisquées.

La situation empira à partir du 27 octobre 1939 : ce jour-là, les soixante-quatre religieux furent arrêtés et la maison transformée en camp d’internement. Comme «par hasard», ce jour était la fête du Christ-Roi, qui se célébrait alors au dernier dimanche d’octobre. Peu après, la Gestapo enferma encore quatre-vingts autres prêtres, religieux et séminaristes de la région ; tout fut confisqué, les prisonniers n’avaient rien à manger. Stanisłas recourut encore à saint Joseph : la Gestapo accepta de convoyer de la nourriture et du carburant.

On put ainsi survivre jusqu’en février 1940. Le 5 février, par -28°, les prisonniers furent chargés dans trois wagons et conduits à Nowy Port, une aile du camp de concentration de Stutthof.

Là, sans parler des mauvaises conditions hygiéniques, les prisonniers souffrirent du froid, de la faim, des travaux pénibles et des mauvais traitements.

Leur unique consolation fut que, le Jeudi Saint 21 mars, ils purent célébrer l’Eucharistie, quoique secrètement. Un des participants était le père Alojzy Liguda, recteur de Górna Grupa. Pour Stanisłas, ce fut son Viatique.

Lui qui avait joui jusque là d’une bonne santé, s’affaiblit beaucoup et tomba malade. En état d’hypothermie, il ne pouvait absorber la nourriture qu’on leur distribuait. En plus, la campagne d’extermination totale du clergé battait son plein : Stanisłas n’avait qu’à travailler comme les autres, à transporter la neige d’un endroit à un autre. 

Le 9 avril, les prisonniers reçurent l’ordre de monter dans un train de marchandises en direction de Sachsenhausen. 

La santé de Stanisłas passa à la pneumonie. Mais il devait continuer à travailler, autant que les autres. Ses voisins durent littéralement le porter pour se présenter à l’appel. Il conserva son calme et sa confiance en Dieu.

L’officier en charge le désigna comme candidat à la mort et ordonna d’abandonner Stanisłas dans les toilettes pour y mourir. Stanisłas y resta trois nuits.

Un Confrère, Dominik Józef, témoigna : 

Le soir, j’essayai de lui faire une sorte de lit. Je l’enveloppai dans une couverture, mais je n’avais ni oreiller ni drap. Il me remerciait, comme toujours, et murmurait : «C’est pour bientôt. Je me sens très faible. Mon Dieu, j’aimerais bien être à Górna Grupa, mais Il a eu d’autres plans. Que Ta volonté soit faite.» En secret, j’ai entendu sa confession.

Le 26 avril 1940, à notre retour de l’appel, nous le laissâmes à terre, contre un mur. Il était là comme dans une tombe. Nous veillions sur lui avec attention. Le chef de notre baraque, un criminel allemand, entra subitement ; combien en a-t-il envoyé dans l’autre monde ? Aux tortures quotidiennes et habituelles, il ajouta sa cruauté personnelle. Il vomit toute sa haine contre certains genres de personnes, parmi lesquelles les prêtres ; jamais il ne manquait une occasion de les tourmenter. Quand il vit Stanisłas, il nous regarda avec son air bestial et tourna les yeux avec une joie satanique en direction de Stanisłas. Il s’approcha de lui en lui lançant : «Tu n’as plus de raison de vivre !» Puis il lui mit un pied sur la poitrine et, avec l’autre, lui compressa la gorge. La lourde pression provoqua la rupture des clavicules. Un son rauque et quelques convulsions achevèrent la vie du Martyr.

 

Stanisłas Kubista mourut martyr ce 26 avril 1940, et fut béatifié en 1999 parmi les cent-huit Martyrs polonais de cette période.

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