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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 23:00

 

Stanislas Kostka

1550-1568

 

Stanislas est le dernier enfant de Jan Kostka et de Margarita Kriska. Jan était sénateur du royaume de Basse-Pologne, et Margarita était la sœur du Palatin de Masovie, issue de la maison d’Odrovas, rendue célèbre par un de ses membres, saint Jacinthe.

 

Stanislas donc, naquit au château de Rostkow, le 28 octobre 1550. Il eut six frères, mais on ne rapporte que le nom de l’aîné, Pawel. Stanislas montra très tôt les signes d’un grand amour de la perfection, se distinguant par la piété et l’amour de l’étude. Il ne supportait pas la moindre conversation licencieuse sans défaillir. Ses parents, à l’époque, l’appelaient leur Ange.

 

Quand l’enfant eut quatorze ans, son père l’envoya avec son frère et leur précepteur commun, un certain Bilisnki, étudier à Vienne, dans un pensionnat régi par les pères Jésuites. Stanislas y était très heureux, et surtout y grandit dans la piété. Mais ce qui fut surprenant, c’était de voir ce jeune adolescent être souvent ravi en extase. Il avait un comportement délicatement spirituel en toutes circonstances, qui imposait à tout l’entourage un plus gand amour de la religion.

 

Malheureusement, le pensionnat des Jésuites leur fut retiré par le nouvel empereur, Maximilien, ce qui détermina le précepteur et le frère de notre Saint à prendre pension chez un luthérien de Vienne, au grand désarroi de Stanislas.

 

Stanislas persévéra dans la piété et l’étude. Il apprit le latin, le grec, l’allemand, tandis que son frère Paul se relâchait ; on en vint à une rude opposition, et même à des violences que Paul exerçait contre son jeune frère, jusqu’à le battre. Mais Stanislas, qui aimait son frère, ne s’en plaignit jamais et supportait tout avec grande patience. Il cherchait au contraire à lui rendre mille services, et alla même, pour le contenter, à prendre quelques leçons de danse. Le précepteur Bilinski aussi cherchait à détourner Stanislas de sa vie de piété.

 

La vie de Stanislas était très ascétique, peut-être même avec quelque excès, dû à sa jeunesse, son inexpérience et l’absence de conseils judicieux, mais enfin on ne peut qu’admirer les décisions qu’un garçon de son âge (quatorze ans) s’était imposées : il entendait deux messes chaque jour, priait longuement, même la nuit, jeûnait la veille du jour où il devait communier, et communiait chaque dimanche et jour de fête, portait souvent le cilice et se flagellait jusqu’au sang, et n’allait jamais à l’école sans s’être d’abord arrêté pour adorer le Saint-Sacrement à l’église.

 

Ces mauvais traitements et ces austérités portèrent Stanislas à une grave maladie, dont on craignit même une issue mortelle. 

 

Le diable même apparut à Stanislas sous forme d’un chien enragé comme pour l’étrangler, mais Stanislas le chassa d’un signe de croix. Puis il demanda à recevoir le Viatique, croyant qu’il allait mourir prochainement. Mais comme le propriétaire des lieux, luthériens convaincu, s’y opposait, Stanislas recourut à une Sainte qu’il aimait beaucoup, sainte Barbe, de l’aider en cette circonstance : elle lui apparut un soir, avec deux Anges dont l’un portait l’Eucharistie. On ne peut douter de l’événement, puisque Stanislas lui-même invita Bilinski à s’agenouiller aussi, le temps qu’il reçoive l’Hostie ; après quoi, Stanislas resta longtemps dans un profond recueillement.

 

Peu après, Stanislas étant presque à l’agonie, la Sainte Vierge lui apparut et lui remit dans les bras l’Enfant-Jésus, en lui annonçant qu’il allait guérir, et qu’il devait entrer dans la Compagnie de Jésus, les Jésuites. Or Stanislas désirait déjà être religieux dans la Compagnie, mais n’osait en parler. 

 

Ayant pris conseil de son directeur spirituel, il demanda son admission chez les Jésuites de Vienne, qui pourtant ne voulurent pas accepter un garçon aussi jeune. Stanislas finit par s’enfuir secrètement de Vienne, en direction de l’Allemagne où il espérait rencontrer le père provincial, Peter Canisius, un célèbre jésuite originaire des Pays-Bas (1) .

 

Il faut relater ici que, dès que sa fuite fut évidente, son frère Paul et son hôte luthérien partirent à sa recherche, d’abord dans Vienne, puis sur la route, le rattrapèrent mais ne le reconnurent pas tout de suite, le dépassèrent, s’en revinrent mais ne purent plus le retrouver ; même le luthérien raconta que les chevaux ne voulurent plus changer de route et continuer de poursuivre Stanislas. Un autre valet de l’équipage affirma avoir vu Stanislas marcher sur les eaux d’une rivière pour la traverser.

 

Les choses étaient évidentes et claires, mais le père de Stanislas, à la nouvelle de cette fuite, entra dans une colère noire et menaça son fils des pires traitements…

 

En Allemagne, Stanislas ne trouva pas le père provincial à Augsbourg et se remit route pour le trouver à Dillingen. En chemin, il entra dans une église où il espérait entendre la Messe et communier ; mais s’apercevant que l’office était luthérien, il supplia la Providence de venir à son aide, et se vit bientôt entouré d’Anges, dont l’un lui donna l’Eucharistie.

 

Arrivé à Dillingen, il fut très bien reçu par le Provincial. Pour l’éprouver, ce dernier lui confia quelques tâches assez humbles au service des pensionnaires de la maison, dont Stanislas s’acquitta avec grande joie et grande humilité. Enfin convaincu de la sainteté et de la réelle vocation de Stanislas, le provincial l’envoya à Rome, pour le soustraire à la colère de son père, toujours extrêmement contrarié de la fuite de son fils. 

 

A Rome, Stanislas alla trouver le père Général, François de Borgia, qui, prévenu par d’autres lettres, le reçut très paternellement : Je vous reçois avec joie, Stanislas, j’ai trop de preuves que Dieu vous veut dans notre Compagnie, pour vous en refuser l’entrée. On dit que vos parents exciteront un grand orage contre vous; Dieu aura soin de le calmer, n’ayez plus que celui de lui plaire, et soyez un aussi saint Jésuite, que vous avez été vertueux écolier.

 

Stanislas eut à Rome un saint compagnon, chargé de lui enseigner la langue italienne : Stefano Augusti. C’est par ce dernier qu’on a appris le secret des manifestations sublimes que reçut Stanislas précédemment.

 

A Rome, Stanislas brilla particulièrement par un esprit d’obéissance sans faille, ainsi qu’une humilité vraiment remarquable. Il montra aussi une dévotion profonde pour la Mère de Dieu, dont il parlait avec l’inspiration la plus touchante.

 

Stanislas n’était pas à Rome depuis une année, qu’il fut averti de sa mort prochaine. Il en parla, on ne le crut pas, bien évidemment. Mais il s’y prépara vraiment saintement. Au mois d’août, il demanda particulièrement à saint Laurent de l’aider à s’y préparer2  : la veille de cette fête, Stanislas voulut s’imposer une rude discipline devant tout le monde au réfectoire ; ce fut sa dernière mortification.

 

Le 14 août, il écrivit une lettre à la sainte Vierge, comme l’avait fait saint Herman Josef3 , lui demandant la grâce de mourir “avant” l’Assomption, pour pouvoir participer à cette fête solennelle avec Elle au paradis. Puis il alla aider le cuisinier à préparer le repas.

 

Au soir, une légère fièvre le fit mettre à l’infirmerie. Il s’affaiblit tellement vite qu’on comprit qu’il arrivait vraiment à son dernier moment. Il demanda à être étendu par-terre pour recevoir les derniers Sacrements, s’entretint un peu avec ceux qui l’entouraient. Lui-même révéla qu’il reçut alors la visite de la Mère de Dieu avec toute une troupe de saintes Vierges, et il mourut vers trois heures du matin du 15 août 1568 : il n’avait pas même dix-huit ans.

 

Tandis qu’on ne parle pas de la réaction des parents de Stanislas après cette sainte mort, son frère Pawel se repentit bientôt des mauvais traitements qu’il avait infligés à son jeune frère, se convertit vraiment, renonça au mariage, vécut très saintement jusqu’à sa soixantième année, et mourut juste après avoir obtenu de pouvoir entrer à son tour dans la Compagnie de Jésus.

 

Un des plus éclatants miracles obtenus par l’intercession de Stanislas fut qu’un petit enfant de dix ans noyé sous la glace d’une rivière, réapparût trois heures plus tard, non loin des roues d’un moulin qui l’auraient broyé si des branches ne l’avaient retenu. Repêché et considéré comme mort, il reprit cependant vie, sur les prières qu’on fit alors au bienheureux Stanislas. Ce petit enfant portait aussi le nom de Stanislas, fréquent en Pologne ; il embrassa très vite la religion catholique.

 

Dès 1604, Stanislas fut reconnu bienheureux. Canonisé en  1726, il est commémoré au Martyrologe le 15 août en la sainte compagnie de Marie élevée au Ciel, et localement fêté le 13 novembre, en particulier dans la Compagnie de Jésus.

 

(1)  Saint Peter Canisius est commémoré et fêté le 21 décembre.

(2)  On a vu que s.Laurent est fêté le 10 août.

(3)  Herman Josef est un  Saint mystique allemand, fêté le 7 avril, localement le 21 mai.

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