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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 23:00

 

Thérèse Martin

1873-1897

 

Les Français ont beaucoup entendu parler de «la petite Thérèse», mais ne la connaissent pas vraiment. 

De ses pieux parents, il y aura à écrire un autre article, depuis que tous deux ont été béatifiés en 2008 (1). 

Des neuf enfants de ce couple très chrétien, Thérèse était la dernière. Elle naquit à Alençon le 2 janvier 1873, et reçut au baptême, le 4 janvier suivant, les noms de Marie-Françoise-Thérèse. Sa marraine était sa sœur aînée, Marie-Louise, et son parrain Paul Boul ; tous deux âgés de treize ans.

Deux mois après, elle frôla la mort et fut confiée à une nourrice. La santé revint après un séjour vivifiant à la campagne.

Après la mort prématurée de la Maman Zélie (1877), qui affecta beaucoup Thérèse, Monsieur Martin transporta tout son petit monde dans cette propriété des Buissonnets à Lisieux, où était pharmacien son beau-frère. Déjà étaient morts deux de ses filles et ses deux petits garçons.

Thérèse était sa benjamine et, peut-être, sa préférée, quoiqu’il eût toutes les attentions nécessaires pour la bonne éducation de tous ses enfants. Il appelait Thérèse «la petite Reine de France et de Navarre».

On connaît bien des détails de l’évolution de sa personnalité par le récit sincère et sans complaisance qu’elle en fit plus tard, pour obéir à la volonté de sa Prieure au Carmel, sœur Agnès de Jésus, sa propre sœur Pauline. 

Elle n’était pas sans défauts et sans caprices, mais elle apprit tôt à se corriger. Elle combattit son entêtement et son égoïsme. A trois ans, elle avait résolu de ne rien refuser au bon Jésus.

En août 1879, elle crut voir passer dans le jardin son père, cassé, vieilli, la tête voilée : vision prophétique de la paralysie cérébrale qui frapperait bien plus tard Monsieur Martin, dès 1889.

Elle se confessa pour la première fois en 1880, démarche qu’elle répétera à toutes les grandes fêtes, et, dit-elle, «c'était une vraie fête pour moi chaque fois que j'y allais».

En 1881, elle fut demi-pensionnaire à l’abbaye des bénédictines de Lisieux.

En 1883, une maladie «étrange», peut-être simplement nerveuse, sembla conduire Thérèse au bord de la folie : tremblements, hallucinations, frayeurs, délire… Elle donnait tant de soucis à la famille qu’on faisait une neuvaine pour sa guérison à Notre-Dame des Victoires. Or, au soir de la Pentecôte, Thérèse vit s’animer la petite statue de la Vierge qui était dans sa chambre ; le mal disparut. Sa grande sœur était présente, et pouvait attester du changement, après avoir constaté l’attitude extatique de Thérèse.

1884 : Première communion, puis Confirmation.

Thérèse avait une forte tendance à une émotion excessive. Elle combattit aussi ce trait de caractère, et, à partir de Noël 1886, elle vainquit pour toujours les larmes ; ce sera pour elle sa «nuit de conversion», où elle changea vraiment du tout au tout.

Dans le sillage de ses deux sœurs aînées, Thérèse exprima en 1887 son désir d’entrer au Carmel, mais elle était bien jeune. Son père n’y mettait pas d’objection, si c’était là la volonté de Dieu, mais c’est l’oncle Guérin qui s’y opposait formellement. On prit rendez-vous chez l’évêque (et pour l’occasion, Thérèse avait relevé ses cheveux en chignon, pour se vieillir) ; l’évêque voulait réfléchir et aurait consulté Rome.

Un pélerinage à Rome donna à Thérèse l’occasion de montrer sa détermination et la solidité de sa vocation. Lors de l’audience papale, elle réussit à parler au pape (Léon XIII), qui lui répondit : «Si le Bon Dieu veut, vous entrerez».

De retour en France, Thérèse se prépara en se sanctifiant et en priant. Elle priait pour la conversion de l’assassin Pranzini qui, après avoir toujours refusé la présence du prêtre, demanda à baiser le crucifix avant son exécution ; elle brisait sa volonté propre, retenait une parole de réplique, rendait des services sans se faire valoir…

L’entrée au Carmel eut lieu en avril 1888. La prise d’habit, en janvier 1889. La première profession en septembre 1890, en s’offrant «pour sauver les âmes et surtout prier pour les prêtres».

Désormais elle signa «Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus de la Sainte-Face». On se souvient de la «vision» qu’elle eut en 1879, et qui commençait à se vérifier : Monsieur Martin était soigné à Caen, avant de s’éteindre bientôt en 1894. C’est en référence à cette maladie dégénérescente que Thérèse se confiait à la «Sainte Face» du Christ.

Thérèse entra dans une communauté de femmes qui ne sont pas toujours des saintes, malgré leur état de sainteté, car chacune est toujours en route vers cette sainteté, avec des lacunes ici et là. Thérèse s’efforça de supporter tout cela avec le sourire, dans toutes les charges où on l’établit : au réfectoire, à la sacristie, ou comme assistante de l’économe, à la porterie.

En 1893, elle fut sous-maîtresse des novices. Elle écrivit de petites pièces de théâtre, des poèmes. On aimait sa poésie.

Monsieur Martin s’éteignit en 1894.

En 1895, Thérèse s’offrit à être consumée entièrement par l’amour miséricordieux du Bon Dieu. Elle en ressentit comme une blessure intérieure, une blessure d’amour, comparable à la transverbération de sainte Thérèse d’Avila. Mais elle eut aussi les premiers signes de sa prochaine maladie, avec des douleurs à la gorge et dans la poitrine.

A partir de 1896, pendant l’année qui précèda sa mort, elle fut frappée d’une pénible tentation contre la foi, ressentant comme l’absence totale de Dieu et de toute consolation spirituelle. Epreuve d’autant plus douloureuse que la tuberculose se déclara, avec des crachements de sang et la difficulté croissante pour respirer.

En juillet 1897, elle fut transférée définitivement à l’infirmerie. Le 19 août, elle reçut l’Eucharistie pour la dernière fois ; elle mourut le 30 septembre en exprimant ces dernières paroles à l’adresse de son Crucifix : «Oh ! je l’aime ! Mon Dieu ! je vous aime !» Elle eut un moment le regard irradié, fixé en haut, en extase, puis ferma les yeux.

La vie de la «petite Thérèse» est toute dans l’héroïsme, et Thérèse de Lisieux ne le cède en rien à la «grande» Thérèse d’Avila. Thérèse savait rejoindre Jésus-Christ dans l’effort du moment, dans l’humilité, dans la patience, dans la douceur. Elle se porta un jour volontaire pour seconder à la lingerie une religieuse âgée neurasthénique, au caractère très difficile, pour lui apporter un peu de douceur et de réconfort. Un jour qu’elle remarquait le bruit incessant que faisait une autre Consœur avec son dentier, elle eut l’idée d’écouter charitablement ce bruit comme une musique extrêmement harmonieuse, qu’elle prit même plaisir à entendre.

Comme on l’a dit, Thérèse avait un zèle réellement missionnaire pour les âmes. Elle correspondit avec deux jeunes missionnaires. Après sa mort, la dévotion à Thérèse se répandit dans le monde entier à une vitesse véritablement étonnante.

La «pluie de roses» qu’avait annoncée Thérèse avant sa mort se vérifia bien vite. Les miracles abondèrent. Elle fut proclamée bienheureuse en 1923, et sainte en 1925.

Un des miracles reconnus est la guérison de la cataracte d’une petite Edith, qu’on connaît très bien sous le nom de Edith Piaf.

En 1927, elle était proclamée patronne de toutes les missions dans l’univers, à l’instar de saint François-Xavier (2). En 1944, elle fut proclamée patronne secondaire de la France, à l’égal de sainte Jeanne d’Arc.

On se souviendra aussi de la conversion en prison du meurtrier Jacques Fesch, qui se référera à sainte Thérèse dans son dernier écrit, la veille de son exécution.

Enfin, en 1997, un siècle après sa mort, sainte Thérèse a été proclamée Docteur de l’Eglise, en considération de l’excellence de ses écrits.

Mentionnée le 30 septembre au Martyrologe, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face est fêtée le 1er octobre, mois particulièrement dédié à la prière pour les missions.

 

 

 

 

1 Louis Martin est commémoré le 29 juillet, et Zélie Martin le 28 août. 

2 Saint François-Xavier est fêté le 3 décembre.

 

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