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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 23:00

Thresia Chiramel Mankidiyan

1876-1926

 

Née le 26 avril 1876 et baptisée le 3 mai suivant, Thresia était la troisième des cinq enfants de Thoma et Thanda Chiramel Mankidiyan.

Cette famille habitait le village de Puthenchira (Trichur, Kerala, Inde). Ils descendaient d’une famille riche et noble, mais le grand-père se ruina pour accorder la dot convenue pour chacune de ses sept filles.

Le papa et l’oncle de Thresia cherchaient à oublier leur mauvaise fortune en s’adonnant à l’alcool.

La maman de Thresia cependant l’éleva pieusement et la petite fille conçut très tôt un grand amour pour Dieu. Ce fut au point qu’elle jeûnait quatre fois par semaine, qu’elle priait plusieurs chapelets chaque jour et s’imposait aussi des veilles de prière pour lutter contre le sommeil.

Thresia affirma dès 1904 (à huit ans) que la Sainte Vierge lui avait dit, dans une vision, d’ajouter Mariam à son nom, de sorte qu’elle porta désormais le nom de Mariam Thresia pendant toute sa jeunesse, et qu’elle le conserva quand elle fonda en 1914 la congrégation de la Sainte Famille.

Sa mère tenta de lui déconseiller ces austérités, mais la petite fille désirait au contraire se rapprocher toujours plus des souffrances du Christ. A dix ans, elle lui consacra sa virginité.

Elle avait douze ans quand sa mère mourut ; elle cessa alors de fréquenter l’école. Elle imagina un stratagème pour s’éclipser de la maison et aller vivre en ermite dans la solitude d’une forêt.

Mais elle ne put rester seule. Trois compagnes se joignirent à elle et ensemble, elles fréquentaient l’église, l’entretenaient, la décoraient ; puis, elles se tournèrent vers les pauvres, les malades, tous les malheureux de la paroisse ; ce fut ensuite le cas des lépreux, des victimes de maladies vénériennes, souvent abandonnés par leurs proches ; quand ils mouraient, elles s’occupaient des orphelins. C’est ainsi que dans ce petit village perdu du Kerala, ignorée du reste du monde, des journalistes et de la télévision qui n’existaient pas encore, Mariam Thresia faisait déjà, humblement, ce que devait faire ensuite une autre Mère Teresa, de Calcutta.

Thresia et ses Compagnes rompaient avec les «traditions» : elles sortaient sans être accompagnées par un homme, elles visitaient les familles en difficulté, contre toutes les critiques (et même celles d’un certain clergé «offensé»), qui les traitaient de «filles des rues».

Thresia mit toute sa confiance dans la Sainte Famille, dont elle avait des visions pour l’encourager et la guider. Elle s’orienta spécialement vers la conversion des pécheurs, priant et offrant pour eux.

Elle eut la faveur de certains dons mystiques : prophétie, guérison, auréole lumineuse, parfum délicat, extases, lévitation, stigmates. Les vendredis, on la voyait transportée en l’air dans la position du Crucifié.

Le diable la tourmenta à son tour. On la crut possédée et l’évêque ordonna de l’exorciser, ce qu’elle accepta avec la plus profonde humilité. Thresia fut cruellement tentée dans sa foi et dans sa chasteté, elle éprouva des moments de nuit spirituelle. Mais elle s’en remettait fidèlement à son directeur spirituel, en toute humilité et obéissance.

En 1903, elle demanda à l’évêque la permission de construire une maison, mais l’évêque voulut d’abord éprouver Thresia. Il l’orienta vers les Clarisses, vers les Carmélites, mais Thresia sentait bien que ce n’était pas là sa vocation. Enfin, en 1913, l’évêque lui permit de construire cette maison de prière et de solitude, et, sentant qu’il y avait là les éléments d’une nouvelle congrégation au service de la famille, il l’érigea en 1914, sous le nom de Congrégation de la Sainte Famille, dont la supérieure fut Mariam Thresia, et les postulantes les trois compagnes de celle-ci.

En peu de temps, après la Première guerre mondiale, Mère Mariam Thresia put faire construire : trois nouveaux couvents, deux écoles, deux hôtels, une maison d’étude, un orphelinat.

Mère Mariam Thresia concevait particulièrement pour toutes les jeunes filles un réel programme de «théologie de la libération» avant la lettre, désirant les libérer des obligations sociales et les conduire au Christ. De fait, beaucoup furent attirées par son exemple d’humilité, de simplicité, de sainteté.

A la mort de Mariam Thresia la nouvelle congrégation n’avait que douze années et comptait déjà plus de cinquante sœurs, dans trente établissements et dix orphelinats. Actuellement, les sœurs ont dépassé le millier, dans presque deux-cents maisons, réparties surtout au Kerala, mais aussi en Europe (Allemagne et Italie) et au Ghana.

Mariam Thresia mourut le 8 juin 1926, des suites d’une blessure à la jambe, qu’on ne put soigner à cause de son diabète. Des grâces et des miracles purent témoigner de son intercession céleste : le miracle retenu pour la béatification fut la guérison totale et inexplicable d’un adolescent qui était né avec une malformation des deux jambes : après trente-trois jours de prières, l’un des pieds se redressa dans l’intervalle d’une nuit ; puis, dans une vision nocturne, la maman sut que l’autre pied allait guérir, une semaine après (août 1871). Depuis, l’adolescent put marcher absolument normalement.

Mariam Thresia fut béatifiée en 2000 et sera canonisée en 2019.

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