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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 00:00

Vikentij Bosilkov

1900-1952

 

Les transcriptions latines des appellations bulgares ou russes, ne sont pas unanimes. On pourrait aussi bien orthographier «Bocilkof».

Vikentij (Vincent) naquit le 16 novembre 1900 à Belén (Bulgarie) dans une famille paysanne, de rite catholique latin. 

En jouant le long du Danube, il fallit se noyer. Sa maman, Béatrice, pria Dieu de le prendre à Son service s’il se sauvait.

Entré à treize ans dans le collège passioniste de Oresch (Pays Bas), il demanda ensuite à être admis à Ere (Belgique) comme novice avec le nom de Evgeni (Eugène) du Sacré-Cœur de Jésus ; il fit profession en 1920 et à partir de 1924 revint faire des études en Bulgarie, où il fut ordonné prêtre en 1926.

Il fut envoyé à Rome, à l’Institut Pontifical Oriental, pour obtenir le doctorat en théologie. Le sujet de sa thèse était : L’union des Bulgares avec le Saint-Siège au 13e siècle.

Revenu en Bulgarie en 1931, le jeune prêtre fut nommé secrétaire de l’évêque, lui-même passioniste, et curé de la cathédrale de Russe, puis de la paroisse de Bardarski-Gheran, où il se montra excellent pédagogue pour les jeunes.

C’était un homme très cultivé ; il parlait treize langues ; il rencontrait les intellectuels aussi bien que les petites gens, il dialoguait avec les orthodoxes, qui le respectaient beaucoup.

Lors de la Deuxième guerre mondiale, les troupes d’Union Soviétique envahirent la Bulgarie, et instaurèrent le communisme, supprimant tout ce qui pouvait avoir rapport avec la religion. 

La maison du père Evgeni était ouverte à tous, des milliers de Juifs lui durent la vie. Le Docteur Bossilkov était connu dans tout le pays. Les jeunes étaient fascinés par sa personnalité.

Il avait une vie très réglée : levé à quatre heures et demie, il écrivait, il priait jusqu’à sept heures et demie. Il avait une grande vénération pour la Sainte Vierge dont il disait que Avec la Vierge Sainte, on peut tout faire.

En 1946, le jour de la fête du Rosaire, 7 octobre, il fut consacré évêque de Nicopolis, un des quatre diocèses latins de Bulgarie,. pour succéder à celui qui venait de décéder. Mais la persécution communiste sévissait déjà.

Lors d’un voyage à Rome en 1948, on lui conseilla de ne pas rentrer en Bulgarie, mais il refusa d’abandonner son troupeau. En prière à la basilique de Sainte Marie-Majeure, il demanda la grâce du martyre.

Le gouvernement lui fit de belles promesses, s’il acceptait de se séparer de Rome pour diriger une Eglise nationale. C’est un net refus qui répondit aux autorités civiles.

A partir de 1949, la situation empira. Le gouvernement déporta le Délégué Apostolique, réquisitionna les propriétés ecclésiastiques et supprima les congrégations.

En 1952 commencèrent les arrestations en masse des dirigeants de l’Eglise. Mgr Bosilkov fut arrêté le 16 juillet, à Sofia, dans le jardin de la maison de son frère. La nièce de l’évêque était présente et remarqua qu’il resta très calme, lui disant seulement : Sois en paix. Ceci est la volonté de Dieu et tout sera pour le Bien.

Mgr Bosilkov était devenu un «ennemi public», pour avoir refusé d’être mis à la tête d’une Eglise «gouvernementale». 

En prison on le soumit à d’horribles vexations, privations et problèmes de tous genres.

Le 29 septembre s’ouvrit un procès. Comme «preuves» de la culpabilité de l’évêque, on présenta deux armes soi-disant trouvées dans un collège catholique de Sofia. L’évêque fut déclaré coupable et condamné à être fusillé par un peloton d’exécution, pour avoir eu des contacts avec les pays impérialistes, leur avoir fait passer des informations confidentielles par le moyen de la valise diplomatique, pour avoir tenu un concile où il avait été décidé de combattre le communisme. Cette décision était sans appel.

Sa famille fut autorisée à le revoir, rapidement. Il était méconnaissable, avec ses chaînes aux mains, aux pieds et au cou. On voulait demander sa grâce, mais il s’y opposa : Dites à tout le monde que je demeure fidèle à l’Eglise et au Pape, et que je n’ai pas trahi.

Mgr Bosilkov fut exécuté dans les caves de la prison, très tard dans la nuit du 11 novembre 1952 (cinq jours avant son cinquante-deuxième anniversaire).

En décembre de cette même année, sa nièce voulut lui apporter en prison un filet de victuailles, qui fut refusé. La famille reçut alors les vêtements du Pontife, tachés de sang, ainsi que sa croix pectorale. Dès 1953, une personnalité de Bulgarie révéla que Mgr Bosilkov avait été torturé et exécuté, ajoutant cependant que c’était «un bruit».

On n’a jamais pu retrouver son corps, qui fut jeté dans une fosse commune. Ce n’est qu’en 1975 que fut officiellement reconnue la mort du prélat, encore ne fut-elle reconnue que comme «naturelle», vingt-trois ans auparavant.

En 1999, la Cour d’Appel Suprême de Bulgarie annula la sentence de mort du Mgr Bosilkov, jugeant les accusations des violations évidentes.

Mgr Bosilkov a été béatifié en 1998.

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Published by samuelephrem - dans Hagiographie V
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