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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 23:00

Vilmos Apor

1892-1945

 

Né le 29 février 1892 à Segesvár (Hongrie ; Sighişoara, Transylvanie, actuelle Roumanie), Vilmos (Guillaume) était le septième des huit enfants du baron Gabor Apor de Altorja et de la comtesse Fidelia Palffyla, une famille noble hongroise. Des huit enfants, trois moururent en bas âge et un fut mort-né.

Un des grands frères de Vilmos, Gabor, devint ambassadeur de Hongrie auprès du Vatican, jusqu’à sa démission en 1944, par protestation contre l’occupation allemande.

Orphelin de père à six ans, Vilmos reçut son éducation et sa formation à la maison, auprès de sa mère et avec des précepteurs particuliers. Sa mère lui enseigna à toujours prendre le parti de la solution la plus difficile. 

A la maison, dès sa première année de l’école primaire, Vilmos enseigna à lire à sa petite sœur qui, en échange, lui faisait répéter son catéchisme. A Noël, Vilmos demanda à sa mère un calice et un missel.

Il fréquenta la lycée jésuite de Kalksburg (Autriche) puis de Kalsca (Hongrie), avant d’entrer au séminaire de Györ. Il aimait le tennis et la natation, mais surtout ses études. Il apprit à dominer sa nostalgie de la maison.

Il compléta ses études théologiques à l’Université d’Innsbruck, et fut ordonné prêtre en 1915.

Vicaire à Gyula, il se porta aumônier militaire volontaire de la Croix-Rouge austro-hongroise durant la guerre.

Après la guerre, il fut directeur du séminaire de Nagyvarad, puis curé dans sa première paroisse, à Gyula.

Gyula fut envahie par les troupes militaires et le curé montra en cette occasion tout son esprit de charité et sa fermeté devant la Vérité, soutenant les droits de l’Eglise, s’opposant au National-socialisme, aidant les plus démunis où qu’ils se trouvassent. En 1919, il se déplaça jusqu’à Bucarest pour solliciter l’appui de la Reine d’Angleterre en vue de la libération des prisonniers hongrois en Roumanie ; ce fut un succès, qui lui procura aussi une certaine popularité.

Le traité de Versailles réduisit des deux-tiers la superficie de la Hongrie, privant ainsi de nombreuses familles, réduites à l’exil, de leurs moyens de subsistance. L’abbé Apor ouvrit sa porte à tous ceux qui frappaient. On l’appelait le Curé des pauvres.

Le Cardinal Eugenio Pacelli en fit la connaissance lors du Congrès Eucharistique de Budapest en 1938. Devenu le pape Pie XII, il le nomma évêque de Györ en 1941.

La devise épiscopale du nouvel évêque était : La croix fortifie le faible et rend doux le fort  (Crux firmat mitem, mitigat fortem).

En 1944, la Hongrie fut occupée par les troupes nazies, qui mirent en application les lois antisémitiques. Mgr Apor protesta énergiquement contre ces mesures, contre la création d’un ghetto à Györ (en attente de la déportation à Auschwitz), élevant la voix dans les églises pour réclamer la Justice et la Paix, apportant l’aide qu’il pouvait auprès des déportés, protestant contre le port de l’étoile jaune imposée aux Juifs.

Il alla jusqu’à intervenir auprès des autorités de Berlin pour tenter d’obtenir la libération des Juifs.

Fin 1944, ce furent les troupes soviétiques qui prirent la place. La ville de Györ était en leurs mains la Semaine Sainte 1945.

Le 28 mars 1945, Mercredi Saint, des soldats soviétiques vinrent frapper à l’évêché, où l’évêque tenait sous sa protection un grand nombre de femmes des environs, qu’il refusa de livrer aux soldats.

Le lendemain, Jeudi Saint, il célébra pour la dernière fois la liturgie de la Dernière Cène.

Le Vendredi Saint, 30 mars 1945, les soldats revinrent, avec les mêmes exigences. Sur le refus de l’évêque, l’un des soldats lui tira à bout portant. Il fut mortellement blessé, mais les femmes eurent la vie sauve.

Transporté à l’hôpital où on l’opéra, il put encore communier au matin de Pâques, 1er avril, et mourut le lendemain, 2 avril 1945, des suites de ses blessures.

Longtemps, les autorités communistes étouffèrent le meurtre de Mgr Apor.

Mgr Vilmos Apor fut béatifié en 1997.

 

Le théologien suisse Hans Urs von Balthasar était un neveu de l’évêque.


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