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La Commémoration de tous les Défunts

2 novembre

 

Note liturgique

Même quand ce jour est un dimanche, on célèbre la Messe des Défunts, ce qui exclut les lectures du dimanche «per annum» prévues ce jour-là. En 2014, on ne lit donc pas les lectures du 31e dimanche. Ce fut le cas précédemment en 2008, 2003, 1997, 1986, 1980, 1975.

Prochainement, le cas se répétera en 2025, 2031, 2036, 2042…

 

Concernant le calendrier lui-même

Ne confondons pas la fête du 1er novembre, qui est la foyeuse fête de tous les Saints du Paradis, et celle du 2 novembre, où l’on commémore tous les Défunts, dans l’espérance qu’ils rejoignent bientôt la vision de Dieu et la béatitude éternelle.

 

Au lendemain de la très belle fête de Tous les Saints, l’Eglise a pris l’habitude depuis l’abbé Odilon de Cluny (Xe siècle), de commémorer tous ceux qui nous ont récemment “quittés” pour rejoindre la Vie éternelle : les morts de nos familles, camarades, soldats, amis…

Bien avant saint Odilon déjà, les Chrétiens avaient coutume de penser à leurs défunts, qui continuent de faire partie de la famille au-delà de la mort. Jésus-Christ a eu une fois (cf. Lc 20:27-38) l’occasion d’affronter des Sadducéens au sujet de l’au-delà : ces derniers étaient réputés pour ne pas croire à la vie éternelle, et Jésus leur fit remarquer que Dieu s’était fait reconnaître comme le “Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob”, et donc que Dieu ne peut être un Dieu de morts, mais de vivants. C’était indirectement confirmer que la vie ne s’arrête pas à la fin de la vie biologique. 

Une tradition constante dans l’Eglise a été celle de prier pour les morts, d’offrir à Dieu des prières et des sacrifices pour aider ces morts à être entièrement purifiés avant d’entrer définitivement dans la gloire du Ciel.

 Le Catéchisme rappelle que Judas Maccabée fit une collecte et fit faire ce sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu’ils fussent délivrés de leur péché (2 M 12,46). De là vient notre croyance en ce “lieu” de purification, qu’on a appelé le Purgatoire. Qu’il s’agisse d’un endroit particulier, ou d’un état transitoire des âmes des défunts, c’est difficile de le dire ; c’est une tradition de l’Eglise de parler d’un feu purificateur (voir Catéchisme, n.1031). 

Certaines “visions” plus tardives de grands Saints y ont clairement fait allusion, entre autres  celles de sainte Catherine de Gênes tout particulièrement (XVIe siècle). 

Du reste, on n’imagine pas que la moindre imperfection puisse s’infiltrer dans le Ciel ; et aussi il est certain que personne ne meurt dans un état d’âme parfaitement pur, comme le sont les Anges au Paradis ; telle fut donc de tous temps la pensée de l’Eglise, à l’origine des prières qu’on fait pour tous les défunts.

Saint Augustin précise aussi, et loue cette pieuse coutume, que les chrétiens priaient pour tous les morts, afin que ceux qui n’avaient laissé sur terre ni parents, ni enfants, ni amis ne fussent pas cependant délaissés. Où nous voyons que l’Eglise a toujours été cette bonne Mère attentive à tous ses fidèles.

Une autre coutume, d’origine espagnole, fit que, pour satisfaire aux nombreuses demandes de prières et de messes pour les défunts, les moines avaient pris l’habitude de célébrer plusieurs messes en ce jour. Coutume d’abord tolérée, puis véritablement autorisée en Espagne et au Portugal. Au lendemain de la première Guerre mondiale, le pape Benoît XV étendit cette pratique à l’Eglise universelle, en pensant aux morts de la guerre, aux nombreux prêtres qui étaient morts sans pouvoir célébrer les Messes qu’on leur avait demandées, mais aussi aux innombrables victimes de cette guerre affreuse. C’est depuis que les prêtres se sont accoutumés à célébrer en ce 2 novembre trois Messes, une aux intentions du Pape, une pour tous les Morts, une pour tel Défunt particulier.

Cette belle coutume s’est un peu affaiblie récemment, car diverses tendances théologiques se sont fait jour, restreignant d’une part la dévotion pour les “âmes du Purgatoire”, et développant d’autre part la pratique de la concélébration eucharistique. On a fait remarquer, avec une certaine justesse, que les prières et les Messes n’entraient pas dans une sorte de “compte mathématique” où le Bon Dieu établissait des additions et des soustractions pour déterminer à quelle date serait “délivrée” telle âme. Ceux qui ont connu le triste monde carcéral savent de quoi il s’agit, et Dieu notre Père est certainement en-dehors de cette vision terrestre des délits et des peines dues.

Il reste que les Apôtres ont bien reçu de Christ cette invitation solennelle à répéter Son Sacrifice et donc à multiplier les prières, en particulier pour les Morts, sinon Il n’aurait pas expressément dit : Faites ceci en mémoire de moi.

Comme l’Eglise nous propose aujourd’hui un choix immense de lectures, de psaumes, d’évangiles, on ne va pas ici les commenter ; si tel ou tel Internaute désire un commentaire plus approprié, qu’il en fasse la demande et on aura grand plaisir à lui répondre sur ce site.

Reste que nous unissons tous aujourd’hui nos prières pour tous les morts. Prions particulièrement pour ceux qui s’endorment loin de tous, dans la solitude, dans l’oubli général. Quand tel ami, telle personne connue quitte cette vie terrestre, les fidèles et les proches réunissent souvent beaucoup de dons pour faire célébrer des Messes, sans parler des abondantes couronnes de fleurs. Quand un pauvre homme s’éteint dans sa petite maisonnette, personne n’est là, tandis que c’est peut-être d’abord cet homme-là qui a besoin de nos prières. Il y a des chrétiens et des prêtres qui ont chaque jour cette pensée très fraternelle de prier pour tous ceux qui sont en ce moment en agonie, pour tous ceux qui mourront aujourd’hui.

Les Morts sont extrêmement sensibles à cette charité des Vivants envers eux-mêmes. Ayons tous cette fraternelle sollicitude, bien conscients que tous, Vivants et Morts, nous sommes une grande Famille dans laquelle toutes les prières forment un faisceau lumineux qui monte vers Dieu et retombe en grâces pour tous.

Que par la miséricorde de Dieu les âmes des Fidèles Défunts reposent en paix !

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Published by samuelephrem - dans Homélies pour les fêtes

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