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22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 23:00

 

23 JUILLET

 

-VI.

S Ézéchiel ("celui que Dieu rend fort"), prêtre, prophète, mort en exil. 

II.

S Apollinaire, évêque à Ravenne, qui serait venu d'Antioche avec s. Pierre ; fêté le 20 juillet.

S Sévère, martyr à Bizyæ, après s. Memnon qu'il venait de convertir (cf. 3 juillet).

?

SS Ravenne et Rasyphe, frères anglais, ermites et martyrs à Macé. 

IV.

SS Trophime et Théophile, martyrs en Orient.

V.

S Jean Cassien, moine à Bethléem, diacre à Constantinople, prêtre à Rome, fondateur à Marseille d'un monastère d'hommes et d'un de femmes ; ses "Conférences", ont inspiré s. Benoît pour sa Règle. 

S Valérien, premier évêque à Cimiez.

VI.

Stes Romula, Redempta, Herundo, vierges romaines ; Romula eut une mort particulièrement céleste.

X.

Ste Anne (Suzanne), vierge à Leucade.

XIV.

Bse Giovanna d'Orvieto, jeune orpheline, couturière, tertiaire dominicaine.

Ste Brigitte de Suède, mère de huit enfants dont ste Catherine, première abbesse de l'Ordre du Saint-Sauveur fondé par elle, mystique ; co-patronne de l'Europe (1999).

XVI.

B Robert Bickerdike, converti, martyr anglais à York, béatifié en 1987.

XX.

Bse Pilar López de Maturana (Margarita María, 1884-1934), espagnole des Religieuses Mercédaires, pour lesquelles elle obtint aussi la vocation de missionnaires ; béatifiée en 2006.

Bx Martyrs espagnols  de 1936 :

- béatifiés en 1989 :

Passionistes : Felipe Valcobado Granado (F. de l'Enfant Jésus, *1874) et Manuel Pérez Jiménez (Germán de Jésus et Marie, *1898), prêtres, avec Maurilio Macho Rodríguez (M. de l'Enfant Jésus, *1915), José Osés Sáinz (J. de Jésus et Marie, *1915), Julio Mediavilla Concejero (J. du Sacré-Cœur, *1915), José Ruiz Martínez (J. María de Jésus Agonisant, *1916), Laurino Proaño Cuesta (L. de Jésus Crucifié, *1916), clercs ; Anacario Benito Nozal (A. de l'Immaculée, *1906), Felipe Ruiz Fraile (F. de Saint-Michel, *1915), convers, près de Madrid ;

Vicente Díez Tejerina (Nicéforo de Jésus-et-Marie, *1893), prêtre, avec José Estalayo García (des Sacrés-Cœurs, *1915), Epifanio Sierra Conde (de Saint-Michel, *1916), Abilio Ramos y Ramos (de la Croix, *1917), Zacarías Fernández Crespo (du Saint-Sacrement, *1917), Fulgenzio Calvo Sánchez (du Cœur Immaculé de Marie, *1916), clercs, près de Ciudad Real;

- béatifiés en 1995 :

Prêtres Ouvriers Diocésains du Cœur de Jésus : Pedro Ruiz de los Paños Angel (*1881) et José Sala Picó (*1888), à Tolède ;

- béatifié en 2001 :

Salésiens : Xavier Bordas Piferrer (*1914), séminariste, à Barcelone ; 

- béatifiés en 2007 :

Missionnaires des Sacrés-Cœurs : Simó Reynés Solivellas (*1901) et Miquel Pons Ramis (*1907), prêtres,  Francésc Mayol Oliver (*1871) et Pau Noguera Trías (*1916), profès, près de Barcelone ; 

Salésiens : Emilio Arce Díez (*1908), profès ; Victoriano Fernández Reinoso (*1913), clerc, à Madrid ;

Franciscaines Filles de la Miséricorde : Catalina Caldés Socias (C. du Carmel, *1899) et Micaela Rullán Ribot (M. du T.S.Sacrement, *1903), près de Barcelone ; 

Laïque : Prudéncia Canyelles Ginestá de Aguadé (*1884), près de Barcelone ;

- béatifiés en 2013 :

Sœurs Minimes : Ramona Ors Torrents (Margarida Alacoque de Saint-Raymond, *1862), Josepa Panyella Doménech (Josepa du Cœur de Marie, *1865), Josefa Pilar García Solanas (María Montserrat, *1871), Dolors Vilaseca Gallego (María de l’Assomption, *1871), Teresa Ríus Casas (Trinitat, *1875), Vicenta Jordá Martí (María de Jésus, *1889), Mercè Mestre Trinché (María Mercè, *1889), María Montserrat Ors Molist (Enriqueta, *1890), Ana Ballesta Gelmá (Filomena de Saint-François-de-Paola, *1895), près de Barcelone ; 

Laïque : Lucrecia García Solanas (*1866), près de Barcelone ; 

Lassalliens à Madrid : Ignacio González Calzada (Rogaciano, *1885), à Madrid;

Prêtres diocésains : Lluís Janer Riba (*1880), à Tarragona ; Joan Huguet Cardona (*1913), aux Baléares ;

B Wojciech Gondek (Krystyn, 1909-1942), prêtre franciscain polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

B Vasil Hopko (1904-1976), évêque en Slovaquie de rit gréco-catholique, martyr, béatifié en 2003.

 

Ezéchiel, prophète

7e-6e siècles avant Jésus-Christ

 

Ezéchiel signifie celui que Dieu rend fort.

Le prophète Ezéchiel naquit vers la fin du 7e siècle avant Jésus-Christ. Il était fils du prêtre Buzi, et prêtre lui-même. Mais on ne connaît ni son pays d’origine, ni la date précise de sa naissance. 

Il pouvait avoir vingt-cinq ans quand il fut emmené en captivité avec le roi Jéchonias et la fleur de la nation, après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor (vers 598).

Il se fixa à Tell-Abib, localité située auprès du fleuve Chobar au sud-est de Babylone. Il se maria et sa maison devint le rendez-vous des exilés.

En 592, Ezéchiel fut appelé au ministère prophétique. Sa vocation est décrite au début de son livre. Il devra ensuite annoncer la ruine de Jérusalem, une série d’oracles contre les nations païennes, puis la délivrance et la restauration d’Israël.

La vie publique du prophète s’acheva vers 570. Il se peut qu’il ait vécu plus longtemps, encore, mais on ne saurait affirmer ce que furent ses derniers jours.

Des traditions rapportent qu’après avoir accompli de grands miracles (d’après Epiphane), il aurait été en relation avec l’autre grand prophète, Jérémie, et finalement mis à mort par un chef irrité de ses perpétuels reproches. Son tombeau se serait trouvé non loin de l’Euphrate, là où furent ensevelis Sem et Arphaxad.

Le saint prophète Ezéchiel est au nombre des quatre «grands» prophètes, par l’importance de son livre. 

A la suite de l’Eglise grecque, l’Eglise a inséré saint Ezéchiel au 23 juillet.

 

 

Apollinaire de Ravenne

IIe siècle ?

 

Saint Apollinaire serait venu d’Antioche de Syrie avec saint Pierre, et le Prince des Apôtres l’aurait fait évêque de Ravenne. Mais les historiens n’y croient pas.

Apollinaire aurait fait tant de conversions qu’on l’exila en Grèce septentrionale, où il opéra aussi des miracles en Mésie et en Thrace : il rendait muet l’oracle de Sérapis ! Renvoyé à Ravenne, il combattit le paganisme, et fut arrêté, subit maintes tortures avant d’être abandonné mourant dans un village de lépreux.

L’autre illustre évêque de Ravenne, s.Pierre Chrysologue (v. 31 juillet), qui mourut au Ve siècle, reconnaît en Apollinaire le premier évêque de Ravenne et un martyr non pas de ses supplices, mais de ses durs travaux au service de la Vérité.

Reste que saint Apollinaire est vénéré comme martyr dès le VIe siècle.

On a expliqué la grande diffusion de son culte par la rivalité entre Ravenne et Rome. Mais ce grand Saint n’est-il pas pour quelque chose aussi dans la gloire de Ravenne ?

A la suite de saint Apollinaire, plusieurs évêques de Ravenne furent désignés par la providentielle manifestation d’une colombe.

Pendant quelque temps, saint Apollinaire fut retiré du calendrier romain, mais il y a été réintroduit. Traditionnellement, saint Apollinaire est commémoré au Martyrologe le 23 juillet, où on lui donne le titre d’évêque et de glorieux martyr. Mais on ne le fête pas en ce jour, où l’on fête en priorité sainte Brigitte de Suède, co-patronne de l’Europe. Les jours immédiatement précédents et suivants étant des jours de fête importants, on a établi la fête de saint Apollinaire au 20 juillet. 

Quoi qu’il en soit, on pourra fort heureusement invoquer saint Apollinaire, originaire d’Antioche de Syrie, pour que ce pays retrouve la paix.

 

 

Severus de Thrace

† 305

 

Tout ce qu’on peut dire sur Severus a été écrit dans la notice de s.Memnon.

Memnon était un centurion de l’armée romaine en station à Bizya (Thrace, auj. Vize, Turquie W).

Il se convertit sur les enseignements de son ami Severus.

Après d’atroces supplices, ils s’en allèrent au Ciel y recevoir la palme du martyre.

C’était durant la persécution de Dioclétien et Maximien, donc vers 303-310.

Saint Memnon de Thrace est commémoré le 3 juillet dans le Martyrologe Romain, tandis que s.Severus est mentionné au 23 juillet.

 

 

Ioannes Cassianus

355-435

 

Ioannes Cassianus serait d’origine scythe (act. Roumanie), même si l’on a aussi préconisé la Provence, la Palestine, le Kurdistan… Il naquit vers 355-360.

Suite, sans doute, à la dévastation de la Scythie vers 375-382, de 375 et 385 il séjourna à Bethléem dans quelque monastère.

En 385, ses supérieurs lui permirent de passer en Egypte, accompagné d’un certain Germanus ; tous deux voulaient connaître et vivre la vie monast!que des Pères de l’Egypte, qu’il ne quittèrent que brièvement  en 392 pour rencontrer leur supérieur de Palestine.

Leur séjour se prolongea donc dans le désert de Scété (au sud-ouest d’Alexandrie).

Vers 400, ils vinrent à Constantinople pour rencontrer s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre), qui eut le temps d’ordonner prêtre Germanus, et diacre Ioannes, avant son départ en exil.

En 405, les deux amis portèrent à Rome une lettre du clergé de Constantinople, qui exprimait l’attachement de ce clergé à Jean Chrysostome.

Mais au retour, Germanus et Ioannes constatèrent qu’ils n’étaient pas personæ gratæ pour leur soutien à Chrysostome, et durent repartir, on ne sait pas exactement où, mais en 415, Ioannes se trouvait en Provence et fut ordonné prêtre à Marseille. Dès lors, on perd de vue Germanus qui, peut-être, revint en Palestine.

Ioannes fonda à Marseille le fameux monastère d’hommes dédié à Saint-Victor (v. 21 juillet), ainsi que celui de femmes, dédié au Saint Sauveur.

L’évêque d’Apt demanda à cette époque à Ioannes de décrire la vie des moines d’Egypte et de Palestine. Ce fut l’origine des très fameuses Institutions cénobitiques et remèdes aux huit principaux vices, douze livres que Ioannes Cassianus acheva vers 418.

Puis il rédigea les vingt-quatre Conférences (en latin : Conlationes), où il raconte ses visites aux Pères du désert. Dans la dixième, il parle de l’enseignement d’un abbé Isaac, qui recommande de prier sans cesse, en toutes occasions, le fameux verset de l’Office divin : Deus, in adiutórium meum inténde, Dómine ad adiuvándum me festína (Dieu, viens à mon aide, Seigneur viens vite à mon secours, Ps 69:2).

Après cela, Cassianus écrivit aussi un ouvrage sur l’Incarnation, qui n’eut pas le succès des précédents. Cassianus était fatigué de ses nombreux déplacements, âgé, et ne s’est pas rendu compte de ses expressions douteuses, qui d’ailleurs furent combattues par un autre Saint, Prosper d’Aquitaine (v. 25 juin).

Ioannes Cassianus mourut vers 435.

Latin, il fut traduit en grec, cas unique avec celui de Grégoire le Grand (v. 3 septembre).

Saint Ioannes Cassianus est commémoré le 23 juillet dans le Martyrologe Romain

 

 

Valerianus de Cimiez

† 460

 

Cimiez, quartier de Nice, est le nom moderne de Cemenelum.

Valerianus en fut l’évêque. Dans la mesure où Cemenelum fut assimilé à Nice, on peut dire que Valerianus fut le quatrième évêque de Nice.

Il est supposé avoir été moine à Lérins, mais il est certain qu’il entretint avec cette abbaye des rapports très amicaux.

Valerianus assista aux conciles de Riez (439 et de Vaison (442).

En 449, il y eut un bref conflit de juridiction concernant l’évêque d’Arles. Le pape s.Léon (v. 10 novembre) trancha en séparant bien les deux évêchés d’Arles et de Vienne. Puis il demanda à tous les évêques de la région d’approuver sa Lettre à Flavien, dans laquelle il exposait la doctrine catholique sur le Christ, Fils unique de Dieu, une Personne en deux Natures. Valerianus fut un des signataires.

En 455, il participa au concile d’Arles, au sujet d’un petit problème entre l’abbaye de Lérins et l’évêque de Fréjus.

Dans son apostolat, Valérianus s’attaqua particulièrement aux gourmands, aux orgueilleux, aux captateurs d’héritage.

Peu après, c’est le même pape s.Léon qui réunit les deux diocèses si voisins de Nice et Cimiez.

Valerianus mourut vers 460.

On a de lui quelques homélies ; citons celle aux moines de Lérins, assez brève, où il réussit la performance de citer chacune des quatorze épitres de s.Paul.

Saint Valerianus de Cimiez est commémoré le 23 juillet dans le Martyrologe Romain.

Giovanna d’Orvieto

1264-1306

 

Giovanna naquit en 1264 à Carnaiola (Fabro, Orvieto, Italie C). On l’appelait Vanna.

Orpheline très jeune, elle se confia simplement aux Anges ; à ses petites camarades qui la plaignaient, elle montra une image de l’Ange gardien : Voilà mon père et ma mère, et je serai moins abandonnée que vous.

A dix ans, elle se consacra à Jésus-Christ et songea peu après à faire partie des Tertiaires dominicaines, qui portaient un habit religieux tout en restant dans leur domicile.

Mais voilà que les parents de Giovanna avaient déjà arrangé un beau mariage pour cette jeune fille ; furieux du choix de Giovanna, ils cherchèrent à l’en dissuader par tous les moyens. Giovanna, qui avait quatorze ans, gagna Orvieto, où d’autres parents, bienveillants, l’accueillirent.

Pour gagner son pain, elle faisait des travaux de couture. Cette grande fille, brave paysanne, fut bientôt éprouvée dans sa santé. Elle n’en continuait pas moins à prier, à rendre service, à donner quelque conseil.

Elle reçut alors l’habit de Tertiaire, et sa vie devint désormais une douloureuse montée vers l’identification au Crucifié. Pour une femme qui l’avait un jour insultée, elle s’engagea à prier deux cents Pater et deux cents Ave, regrettant de ne pouvoir faire plus à cause de sa santé.

Les dix dernières années de sa vie, elle vécut chaque vendredi la Passion du Seigneur, souffrant d’une totale dislocation des os.

Le jour de sa mort, 23 juillet 1306 à Orvieto, sortit de son côté un flux de sang. Puis des miracles eurent lieu.

Peu après sa mort, une consœur en eut une apparition et lui demanda ce qu’il en était de sa douleur au côté. Vanna répondit que Toutes ces douleurs sont finies. Elle apparut aussi à un autre Religieux, lui demandant de faire retirer son corps du cimetière, parce qu’on y bavardait au lieu d’y prier.

Déclarée bienheureuse en 1753, son culte fut confirmé en 1754 et elle fut proclamée en 1926 patronne des travailleuses italiennes couturières.

 

 

Brigitte de Suède

1303-1373

 

Son père était un chevalier et haut fonctionnaire de Suède, et parent de la famille royale. Sa mère mourut assez jeune. Famille pieuse, où l’on jeûnait, priait et lisait les Ecritures assidûment. Une tante de Brigitte fonda le premier couvent de dominicaines en Suède. 

Elle se maria (ou : on la maria) à treize ans et elle eut huit enfants. Tandis qu’elle surveillait avec soin l’éducation donnée à ses enfants, elle entreprit aussi la formation de son mari, assez inculte.

Elle fit avec son mari le pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Veuve en 1344, elle se retira près d’un monastère et commença à recevoir des révélations, grâce auxquelles elle osa intervenir tant auprès du roi de Suède et du clergé local qu’auprès des rois d’Angleterre et de France (c’était la guerre de Cent-Ans) et du Pape (pour l’exhorter à quitter Avignon et regagner Rome).

Brigitte vint à Rome en 1349. D’après ses révélations, elle devait fonder un nouvel ordre, pour hommes et pour femmes, qui se serait appelé Ordre du Saint-Sauveur, mais elle n’obtiendra cette autorisation du pape qu’en 1370. 

Entre temps, sa fille Catherine (qui sera aussi canonisée comme sa mère) la rejoignit à Rome et la seconda dans ses activités : tout un groupe de saintes personnes gravitait autour d’elles, pour prier et étudier.

En 1372 elle fit un long pèlerinage en Terre Sainte, avec plusieurs membres de sa maison, dont deux de ses fils, Birger et Charles.

De retour à Rome en 1373, elle s’éteignit le 23 juillet.

Sa fille Catherine fit reporter le corps de sa mère en Suède, au monastère de Vadstena que le roi avait fait construire sur sa demande. Elle fut très vite canonisée (1391). 

Sainte Brigitte est la sainte nationale de la Suède. On la représente avec la plume, l’encrier et le livre.

Ses Révélations ne tiennent pas moins de huit livres. 

Elle a été proclamée co-patronne de l’Europe en 1999.

 

 

Robert Bickerdike

?-1586

 

Ce laïc anglais était né à Low Hall (Knaresborough, Yorkshire) à une date non connue.

Il vivait à York et, d’après le Martyrologe romain, s’était réconcilié avec l’Eglise catholique.

Il fut arrêté une première fois en 1582 pour avoir donné au martyr John Boste (voir au 24 juillet), un verre de bière. Ensuite, à son procès, il fut accusé d’avoir proféré des propos de trahison. Acquitté, il fut rappelé par le juge à Castle pour un nouveau procès.

Cette fois-ci, il fut condamné. Un de ses «forfaits» était que, au moment où l’on conduisait Francis Ingleby pour être exécuté (voir au 3 juin), il avait protesté contre une femme qui accusait le condamné de voleur. C’est ce «délit» qui semble avoir été la cause de sa condamnation.

L’exécution eut lieu à York, par pendaison, éviscération et décapitation.

On ne connaît pas non plus au juste le jour de son martyre ; certains le mettent probablement au 23 juillet, d’autres au 5 août, ou peut-être aussi au 8 octobre. Au Martyrologe, il est mentionné avec John Fingley, le 8 août.

Robert a été béatifié en 1987.

Pilar López de Maturana y Ortiz de Zárate

1884-1934

 

Le 25 juillet 1884 naquirent à Bilbao (Espagne) deux jumelles, Pilar et Leonor, qui restèrent toujours unies dans une grande amitié cordiale et spirituelle. Elles étaient les dernières des cinq enfants de Vicente Lopez et Juana Ortiz.

Adolescente, elle fut un peu prématurément courtisée par un jeune marin, ce qui détermina sa mère à la placer dans un collège de Religieuses mercédaires à Berriz.

La jeune fille mûrit et perçut en elle une forte vocation religieuse à la vie missionnaire.

En 1903, elle entra au noviciat de ces mêmes Religieuses, prenant le nom de Margarita María, tandis que sa sœur jumelle venait d’entrer chez les Carmélites à Vitoria (elle mourra en odeur de sainteté en Argentine).

Pilar-Margarita, de son côté, approfondissait sa vie mystique. En 1906, elle commença à travailler dans le collège, où elle devait rester plus de vingt années, montrant son profond esprit de prière et de charité, l’idéal mercédaire étant de se préoccuper du rachat des capifs, et conséquemment de la conversion de tous les pécheurs. 

La charité de Pilar embrassait le monde entier, d’abord dans la prière, puis en communiquant cet idéal aux élèves du collège, enfin à tout le monastère.

A partir de 1913, elle se mit de plus en plus en relation avec des missionnaires et, en 1920, fonda l’association Juventud Mercedaria Misionera de Berriz (Jeunesse Mercédaire Missionnaire de Berriz), où les jeunes filles, consacrées ou mariées, vivaient cet idéal de soutien des missionnaires par leur prière et leurs sacrifices.

Le mouvement fut contagieux : le monastère entier s’enflamma pour cet idéal et les Religieuses rejoignirent bientôt la Chine, l’Océanie, le Japon.

Son activité fut frappée d’une douloureuse épreuve, due à un ulcère duodénal qui la fit souffrir dès 1922 jusqu’à la fin de ses jours. 

Elle-même fut nommée supérieure de son couvent espagnol en 1927, et en tant que telle voulut participer à la troisième expédition missionnaire pour se rendre compte par elle-même des exigences apostoliques des Religieuses.

Le travail apostolique fut entravé par la guerre civile, par des persécutions, par la Deuxième guerre mondiale, qui détruisit plusieurs fois les bâtiments.

En 1930, sur la pétition unanime à vote secret des quatre-vingt quatorze Religieuses, le couvent fut officiellement transformé en Institut missionnaire.

Aux trois vœux habituels de religion, la Mère Margarita ajouta celui de rester dans la mission même en cas de danger de mort, si le bien des âmes le requiert.

L’ulcère, qui la frappait depuis douze ans, évolua en cancer. Elle acheva les dernières années de sa vie dans une intense activité contemplative du Christ Rédempteur, au monastère de Berriz (ou dans l’hôpital proche). 

Elle s’éteignit le 23 juillet 1934, deux jours avant son cinquantième anniversaire.

Elle a été béatifiée en 2006. 

 

 

Ramona Ors Torrents

1862-1936

 

Ramona (Raymonde) était née le 28 octobre 1862 à Centelles (Barcelone, Espagne).

Elle entra à vingt-deux ans chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de Marguerite Alacoque de Saint-Raymond.

Elle fit la profession solennelle en 1887.

On disait qu’elle avait toutes les vertus, obéissante, humble, serviable ; elle lisait assidûment l’Ecriture Sainte.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Josepa Panyella Doménech

1865-1936

 

Josepa était née le 7 janvier 1865 à Sant Andreu de la Barca (Barcelone, Espagne).

A vingt-et-un ans elle entra chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de Josepa du Cœur de Marie. Elle fit la profession comme sœur converse en 1887.

Elle avait un mot d’ordre : toujours sourire !

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Lucrecia García Solanas

1866-1936

 

Lucrecia était née le 15 août 1866 à Aniñón (Saragosse, Espagne).

Consacrée, elle resta laïque, et vivait auprès de sa jeune sœur, Josefa Pilar (María Montserrat), aidant la communauté en assumant les obligations externes du monastère.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, en même temps que ces neuf Religieuses, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Josefa Pilar García Solanas

1871-1936

 

Josefa était née le 8 mars 1871 (ou 1872) à Aniñón (Saragosse, Espagne).

Elle entra à vingt-sept ans chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de María Montserrat.

Elle fit la profession solennelle en 1899.

Supérieure du couvent, elle fit tout pour sauver la vie des Sœurs, même au prix de la sienne.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Francesc Mayol Oliver

1871-1936

 

Francesc était né à Vilafranca de Bonany (San Joan, Majorque, Baléares) le 31 mai 1871. 

Il y avait cinq enfants dans la famille, dont trois seulement vécurent. Francesc fut baptisé le jour-même de sa naissance.

On ne l’avait jamais entendu parler de sa vocation, mais, après avoir participé à une Mission prêchée par le Fondateur des Missionnaires des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie (Joaquim Rosselló), il entra quelques jours après dans cette Congrégation, au sanctuaire de Lluc, et fit la profession en 1896, comme Frère coadjuteur. 

Comme c’est le cas des Frères, on lui confia diverses charges : infirmier, cuisinier, jardinier… Il faisait tout cela avec grande disponibilité, avec ses façons un peu rustiques. Quand il avait un peu de répit, il lisait la vie des Saints.

Il vivait au sanctuaire marial du Coll depuis 1933 où, malgré quelques ennuis de santé, il maintint ses activités, grâce auxquelles les supérieurs savaient que la communauté était bien tenue. Ce fut une des premières communautés de Barcelone qui paya si cher lors de la révolution de 1936. 

Les quatre Religieux qui y vivaient avaient fait leur noviciat à Sant Honorat. Quand ils décidèrent de quitter le sanctuaire du Coll, Mayol pensa que, vu son âge, rien ne pourrait lui arriver, et décida de rester sur place. 

A l’arrivée des révolutionnaires, il eut le réflexe de cacher la sainte Image de la Vierge et défendit le sanctuaire, éteignant le feu avec une branche. On le menaça de mort ; il finit par suivre le conseil des voisins en rejoignant les autres Religieux.

D’abord ils restèrent cachés dans une boutique toute proche du sanctuaire, le 20 juillet 1936, puis trouvèrent refuge chez une pieuse dame, Prudéncia Canyelles, propriétaire de la Tour Alzina, à Creueta del Coll (Barcelone), le 21.

Là arrivèrent les miliciens au soir du 23 juillet. Ils firent sortir les deux prêtres un à un, et les fusillèrent au fur et à mesure qu’ils franchissaient le seuil de la maison. Ils abattirent le frère Francesc dans la cuisine, par une décharge dans l’estomac.

Ils furent tous martyrisés, y compris Prudéncia Canyelles, le 23 juillet 1936 et béatifiés en 2007.

 

 

Dolors Vilaseca Gallego

1871-1936

 

Dolors était née le 19 juin 1871 à Piera (Barcelone, Espagne).

Elle entra chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de María de l’Assomption.

Elle fit la profession solennelle en 1893.

Sa douceur la faisait remarquer tout spécialement.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Felipe Valcobado Granado

1874-1936

 

Voir aussi la notice Passionistes de Daimiel

Né le 26 mai 1874 à San Martín de Rubiales (Burgos), Felipe reçut le Baptême le 29 mai, et la Confirmation l’année suivante.

Il avait une tante clarisse à Peñafiel et une cousine passioniste à Bilbao.

Après ses études au collège de Peñafiel (Valladolid), il n’avait qu’une, et une seule intention, celle de devenir passioniste ; même quand on essayait de lui suggérer quelque autre Congrégation, il répondait énergiquement : Même si j’avais à choisir mille fois, je choisirais mille fois d’être passioniste.

Il fit le noviciat à Deusto (Bilbao), la profession en 1890 et prit le nom de Felipe de l’Enfant-Jésus.

Après ses études de philosophie et théologie à Peñaranda de Duero (Burgos), il reçut le sacerdoce en 1897.

Jusqu’en 1902, il fut successivement à Corella et Peñaranda, puis s’embarqua à destination du Mexique en 1903.

Là-bas, il fut à Tacubaya pendant sept années, puis passa à Santa Clara (Cuba) en 1910 comme recteur. Il eut la même fonction à Corella (Espagne) en 1911, de nouveau à Santa Clara (Cuba) en 1917.

De 1920 à 1926, il fut de retour en Espagne, comme consulteur provincial à Daimiel.

1926 : nouveau voyage à Cuba où, de nouveau recteur à Santa Clara, il construisit la nouvelle maison.

Fatigué, il revint se «reposer» à Daimiel en 1929, où il devait être directeur spirituel.

C’était un homme très discret, enthousiasmé par sa vocation de passioniste, excellent confrère. Il n’avait pas d’ennemis.

Après la nuit tragique du 21 au 22 juillet 1936 (voir notice Passionistes de Daimiel), il fut une des victimes de Carabanchel (Madrid), ayant donné l’absolution à chacun des huit autres Martyrs, avant de tomber à son tour sous les balles.

Tous furent béatifiés en 1989.

 

 

Teresa Ríus Casas

1875-1936

 

Teresa était née le 17 novembre 1875 à Sant Martí de Provençals (Barcelone, Espagne).

Elle entra à vingt-quatre ans chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de Trinitat.

Toujours joyeuse, mais aussi grande contemplative, elle passait tout son temps libre devant le Saint-Sacrement.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

Lluis Janer Riba

1880-1936

 

Lluis naquit le 4 mars 1880 à Pontils (Tarragona, Espagne), de Jaime et Teresa, qui le firent baptiser trois jours après sa naissance.

Au terme de ses études secondaires, il fréquenta le séminaire et fut ordonné prêtre en 1904.

Humble et doux, il était chargé de la sacristie de la cathédrale.

Le 23 juillet 1936, à 14 heures 30, il était en train de baisser le volet de son balcon, quand des miliciens l’aperçurent et lui donnèrent l’ordre de descendre.

Le prêtre obéit, et se présenta comme il était, vêtu de sa soutane. On lui dit d’aller l’enlever, pour aller sur le bateau-prison du port. Un milicien lui dit même : Ça, donne-le moi.

Don Lluis n’eut pas même le temps d’aller se changer : il était à peine arrivé à l’entrée de l’immeuble, qu’on lui déchargea un pistolet à brûle-pourpoint. Il mourut sur le coup.

Ils l’achevèrent en lui tirant encore d’autres balles et ils le tirèrent de l’autre côté de la place, le laissant sur un tas d’ordures, que devait emporter un camion des poubelles. Mais des mains plus respectueuses le confièrent à un taxi pour le déposer au cimetière, où il fut autopsié.

La foule présente remarqua la douceur du prêtre, qui tomba les mains jointes, les yeux fermés, sans verser une goutte de sang. Don Lluis était le premier prêtre de Tarragona à tomber sous les balles des révolutionnaires.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Pedro Ruiz de los Paños y Ángel

1881-1936

 

Né à Mora (Tolède, Espagne) le 18 septembre 1881, Pedro avait quatre frères et sœur, enfants de Francisco Ruiz et Braulia Ángel. 

Entré au séminaire de Tolède en 1894, il reçut l’ordination sacerdotale en 1905.

A partir de 1904, il appartint à la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains, dont il devint lui-même directeur dès 1933.

Entre 1927 et 1933, il fut recteur du Collège Pontifical Espagnol à Rome.

Dans une entrevue avec le Pape, il exposa tous ses projets : il fallait fomenter des vocations, il fallait former les prêtres à semer la foi, à glorifier Dieu… Il mit vraiment toute sa personne et toute sa vie au service du Sacerdoce. 

Il voulait fonder un institut féminin de Disciples de Jésus, mais n’eut pas le temps de le porter à réalisation, car la guerre civile tronqua cette vie toute sacerdotale.

Il fut abattu en pleine rue à Tolède, le 23 juillet 1936, en même temps que le recteur du petit séminaire, José Sala Pico.

Après sa mort, ses condisciples décidèrent de faire avancer son projet de fondation et, avec l’appui de l’archevêque de Valladolid, ouvrirent une maison, où les Disciples firent leurs première professions en 1942.

Don Pedro a été béatifié en 1995, en même temps que huit autres prêtres du même Institut. 

 

 

Prudéncia Canyelles Ginestá

1884-1936

 

Prudéncia était née le 5 août 1884 à Sant Celoni (Barcelone), baptisée le 10 août suivant.

Elle se maria en 1927. On disait d’elle qu’elle avait un caractère explosif, doublé d’un naturel extrêmement charitable.

Elle appartint aux Conférences Saint-Vincent-de-Paul, ainsi qu’à la Confraternité des Dames  Visiteuses, qui allaient passer un peu de leur temps avec les malades chez eux. Prudéncia n’hésitait pas à demander l’aumône pour eux.

Avec sa sœur aînée María, elle allait faire du catéchisme dans des quartiers déravorisés de Barcelone.

Elle eut un premier projet de mariage avec un jeune homme qui dut renoncer à cette union, pour s’occuper de ses deux jeunes sœurs malades mentales. Prudéncia alors épousa Ezequiel Aguadé Soler, un malade tuberculeux, qu’elle épousa pour s’en occuper, plus que pour fonder avec lui un foyer chrétien, et qu’elle amena à une foi profonde, alors qu’il n’était pas particulièrement porté à la religion. C’est dans ces circonstances qu’elle put se lier davantage aux Religieux du Coll, qui portèrent l’Eucharistie et le Sacrement des Malades à son époux avant sa mort.

Après la mort de son mari, Prudéncia continua ses activités avec grande intensité.

Elle entendit dire que les Religieux du Coll s’étaient réfugiés dans une boutique près du Sanctuaire, et voulut leur offrir plutôt son propre domicile, la Tour Alzina, où ils s’établirent avec reconnaissance au soir du 21 juillet 1936.

On pourrait prétendre que cette proposition de Prudéncia était une sainte imprudence, mais il faut admettre que c’était d’abord un acte de courage héroïque, qui pouvait et devait lui coûter la vie.

Le 23 à midi, les miliciens fouillèrent une tour voisine, cherchant les Religieux, puis ils se présentèrent à la Tour Alzina. A ce moment-là, se trouvait avec Prudéncia une amie, Teresa, qui voulut ouvrir quand ils frappèrent, mais Prudéncia voulut ouvrir elle-même la porte. Interrogée, elle reconnut qu’elle hébergeait les trois Religieux.

Après avoir abattu trois Religieux (voir la notice de Simó Reynés), ils emmenèrent le frère Pau au quartier de la Milice.

Les miliciens laissèrent là les deux femmes, en les menaçant méchamment si elles s’avisaient d’aller raconter quelque chose. Elles remontèrent à l’étage et mirent du temps à reprendre leurs esprits après ce carnage. Vers le soir, elles redescendirent et virent le pauvre frère Francesc qui vivait encore ; elles lui demandèrent s’il souffrait beaucoup, mais n’eurent pas le temps d’entendre sa réponse : les miliciens revenaient.

Ils arrêtèrent Prudéncia pour l’interroger. L’entendant dire que le frère Francesc vivait encore, ils lui tirèrent à nouveau à bout portant dans la tête. Puis, pointant le révolver sur la poitrine, ils obligèrent Teresa à leur faire visiter toute la maison en détail, et ils détruisirent tous les objets religieux qu’ils trouvèrent.

Quand arriva l’ambulance qui devait relever les Religieux abattus, ils partirent vite avec Prudéncia, laissant là Teresa, qu’ils épargnèrent pour la raison qu’étant une ouvrière, elle était liée aux syndicats. C’est grâce à elle qu’on connut tous ces détails.

Quant à Prudéncia, elle fut détenue jusqu’au soir, et emmenée avec quatre autres religieuses et le frère Pau Noguera au fameux tournant de Rabassada sur la route du Tibidabo, et là ils les fusillèrent tous, Prudéncia et le frère Pau d’un côté, les quatre autres Religieuses de l’autre.

Le corps de Prudéncia, enseveli dans une fosse commune, n’a pas pu être identifié plus tard.

Ce martyre eu lieu au soir du 23 juillet 1936.

Prudéncia fut béatifiée en 2007, en même temps que les Religieux du Coll et les Religieuses, avec lesquels elle fut martyrisée.

 

 

Ignacio González Calzada

1885-1936

 

Ignacio était né à Terrazos de Bureba (Burgos, Espagne) le 31 juillet 1885, en la fête de saint Iñigo (Ignace) de Loyola, dont il porta le nom.

La famille était très chrétienne : un voisin vit souvent le petit garçon prier le chapelet avec son père, au retour du travail des champs, avant d’arriver à la maison.

On ne fut donc pas surpris d’entendre Ignacio exprimer son désir de rejoindre les Frères des Ecoles Chrétiennes au séminaire de Bujedo.

Il y entra, à dix-sept ans. On lui trouva d’excellentes dispositions, mais aussi une mémoire plutôt paresseuse, qui devrait sans doute lui poser des problèmes pour ses études.

Toujours est-il qu’il reçut l’habit en 1902, avec le nom de Rogaciano. 

Le jeune aspirant se montra très docile et travailleur, et particulièrement humble, jusqu’à manger à genoux au réfectoire ou à baiser les pieds de ses confrères.

On le vit participer de tout son cœur aux travaux d’aménagements de la maison, car on s’apprêtait à recevoir d’autres Frères provenant de France, à cause des lois anticléricales.

En 1905, il eut la joie de voir arriver son jeune frère, qui prenait la même route que lui. Quant à Rogaciano, on l’envoya à Jerez, pour travailler à la cuisine. Il s’y montra soumis, évitant toute discussion, recevant avec joie qui arrivait tard, même la nuit.

Le pauvre Rogaciano souffrait déjà beaucoup de rhumatismes ; il peinait à monter et descendre les escaliers, mais il ne s’en plaignait jamais. Quand les Confrères remarquaient qu’il était débordé, ils l’aidaient comme ils pouvaient, et lui les remerciait tout confus, en leur promettant de prier une dizaine de chapelet à leurs intentions.

Dès qu’il le pouvait, il s’échappait pour aller se recueillir un moment devant le Saint-Sacrement ; on l’y voyait immobile, les larmes aux yeux. Il offrait ses souffrances, son travail, il priait pour l’Institut, pour le salut des âmes.

On l’envoya ensuite à Madrid, où il fut quatorze ans, toujours humble, toujours effacé, toujours disponible et souriant.

En 1935, il fut dans une autre maison près de Madrid, à Las Peñuelas, quartier Puente Vallecas. Lors de la révolution de 1936, les Frères furent généreusement maltraités et insultés.

Rogaciano fut arrêté le 24 juillet 1936, et assassiné le jour-même.

Il a été béatifié en 2013.

 

 

José Sala Picó

1888-1936

 

Fils de Jacinto et Josefa, José (ou Josep) naquit le 24 juin 1888 à Pons (Lleida).

Un oncle à lui vivait en Andorre, et le reçut quelque temps. C’est lui qui, outre qu’il lui donna une excellente formation, lui paya aussi les études du séminaire.

Après les études de philosophie et de théologie au séminaire de Seo de Urgell, il fut ordonné prêtre en 1911.

Il eut diverses charges pastorales, avant d’entrer dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers du Cœur de Jésus, en 1915, mû par un profond désir d’aider les jeunes séminaristes à devenir de bons prêtres.

A partir de là, il fut préfet et économe au séminaire de Segovia pendant quatre ans, puis préfet à celui de Tolède, avant d’être recteur du Petit séminaire.

C’est en 1926 que mourut son père, dont il se souvenait avec grande affection, et aux funérailles duquel il ne put assister, se trouvant alors à Tolède. 

On remarquait en Don Sala Pico sa charité quasi maternelle, particulièrement envers les jeunes séminaristes, surtout s’ils étaient malades. Il avait une bonté exquise, une humilité qui lui faisait toujours éviter les premières places. Dans les moments difficiles de 1936, il s’efforça de redonner courage tant aux séminaristes qu’aux professeurs, et montrait toute sa confiance dans le Sacré-Cœur de Jésus. S’il était parfois austère, il avait un grand cœur. Il était très obéissant et respectait le recteur du Grand séminaire comme son propre supérieur.

Le 21 juillet 1936, le gouverneur de Tolède fit rassembler jusqu’à deux mille personnes (combattants et leurs familles), avec des vivres pour tenir quelques jours, en cas d’attaque de l’armée de Madrid.

Au soir du 22 juillet, commencèrent les exécutions des prêtres, qui durèrent un mois environ. 

Don José, avec quelques autres prêtres, demeurèrent dans le séminaire le 22 jusqu’à neuf heures du soir ; voyant l’heure du sacrifice se présenter à eux, ils consommèrent les Saintes Hosties, puis décidèrent de quitter le séminaire, espérant ainsi que les miliciens, le trouvant vide, ne l’auraient pas saccagé.

Un des prêtres put rejoindre Madrid. Don Pedro et don José trouvèrent refuge chez un ami, mais un voisin anticlérical s’opposa à leur entrée dans l’immeuble. Ils allèrent chez Don Cepeda, un autre prêtre qui vivait chez sa sœur.

Au matin, arrivèrent les miliciens pour arrêter don Cepeda, mais arrêtèrent aussi les deux autres, en voyant qu’ils étaient prêtres.

Ils sortirent, les mains en l’air ; dans une petite ruelle, les miliciens pensèrent qu’ils pourraient les fusiller là, mais un voisin leur demanda de ne pas laisser de cadavres devant sa porte ; ils continuèrent vers une ancienne fabrique de farine convertie en prison, mais elle était pleine ; à ce moment passa une voiture qui transportait un médecin (chrétien) à la maternité. On les fit conduire à un autre carrefour, où ils leur tirèrent à bout portant. Il pouvait être neuf heures du matin.

Don Sala Pico reçut la palme du martyre avec Pedro Ruiz de los Paños, le 23 juillet 1936 ; tous deux furent béatifiés en 1995.

Mercè Mestre Trinché

1889-1936

 

Mercè était née le 18 juin 1889 à Barcelone (Espagne).

Elle entra à vingt-six ans chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de María Mercè.

Sa profession solennelle eut lieu en 1920.

Humble, travailleuse, âme intérieure, elle aimait l’adoration eucharistique et la piété mariale.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

María Montserrat Ors Molist

1890-1936

 

María Montserrat était née le 10 novembre 1890 à Centelles (Barcelone, Espagne).

Elle entra à vingt-quatre ans chez les Sœurs Minimes, et prit le nom de Enriqueta (ou : María de Saint-Henri).

Sa profession solennelle eut lieu en 1919.

Joyeuse et dévouée, elle aimait offrir beaucoup de sacrifices, en union avec la passion du Christ.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Vicente Diez Tejerina

1893-1936

 

Il était né à Herreruela de Castillería (Palencia) le 17 février 1893, baptisé le lendemain et confirmé la même année.

En 1908, il fut novice chez les Passionistes de Angosto (Álava), et fit la profession en 1909 à Bilbao, changeant son nom en Nicéforo («qui porte la victoire», variante helléniste du latin Vicentius, vainqueur).

En 1910, il partit pour le Mexique avec tout un groupe de Passionistes, mais en 1914, la persécution sévissait déjà et l’obligea à passer aux Etats-Unis.

A Chicago, il étudia la théologie et reçut le sacerdoce en 1916.

En 1918, le voilà à Santa Clara (Cuba), où il enseigna dans le collège Saint-Paul-de-la-Croix.

En 1920 il put saisir une occasion de rejoindre le Mexique pour des missions populaires. Il prêcha à la cathédrale de Guadalajara (1925). Il suscita par sa parole de nombreuses vocations religieuses et sacerdotales, et fonda la bibliothèque ambulante «Saint-Paul-de-la-Croix».

On lui connaissait un caractère pacifique, doux, aimable, à la voix sonore, humble. Organiste autodidacte et marial.

En 1932, sa nomination comme premier consulteur provincial le rappela en Espagne et, en 1935, il fut nommé Provincial. En tant que tel il fonda le journal El Lábaro (L’Etendard), pour répandre par écrit le message de la Croix, qu’il ne pouvait faire passer par la prédication.

De 1935 à 1936, il rendit visite aux maisons d’Amérique latine ; on lui conseillait de ne pas revenir en Espagne, mais il préféra partager le sort de ses Confrères.

Début juin 1936, il se trouvait à Saragosse ; le 13, il passa par Madrid pour Daimiel.

On aura pu lire dans la notice générale des Passionistes de Daimiel comment il encouragea les Religieux, durant cette nuit du 22 au 23 juillet.

Il tomba sous les balles lors de la «première» fusillade à Manzanares, le 23 juillet 1936.

Il fut béatifié en 1989. 

 

 

Ana Ballesta Germá

1895-1936

 

Ana était née le 28 septembre 1895 à Barcelone (Espagne).

Elle entra à vingt ans chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de Filomena de Saint-François-de-Paola.

En 1920, elle émit les vœux solennels.

Soucieuse de respecter la Règle dans son intégralité, elle savait être disponible pour rendre service, dans un constant esprit de prière et de pénitence.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Manuel Pérez Jiménez

1898-1936

 

Voir aussi la notice Passionistes de Daimiel

 

Manuel était né à Cornago (La Rioja), le 7 septembre 1898, d’un papa muet. Baptisé le lendemain, il fut confirmé en 1900.

En 1910, il entra au collège de Villar (Corella, Navarre), où se trouvait aussi le noviciat des Passionistes. 

Il y fit la profession en 1915, avec le nom de Germán de Jésus et Marie.

Il étudia la philosophie à Daimiel, la théologie à Rome et fut ordonné prêtre en 1923.

Envoyé à Santa Clara (Cuba), il y resta plus de dix années comme vicaire à Caibarién, excellent prédicateur et conférencier. Il parle lui-même de quelque trois mille sermons (une moyenne de trois-cents par an, pour chaque dimanche et fête).

De Caibarién, il se rendait volontiers à Santa Clara pour se retirer, prier et partager la vie commune.

En 1935, il fut élu recteur de la communauté de Daimiel, quand l’atmosphère politique de l’Espagne était déjà très marquée par l’anti-cléricalisme. Il suggéra aux Supérieurs d’éloigner les plus jeunes, pour leur épargner des risques et il acheta pour eux des habits civils, au cas où, mais lui-même préféra conserver son habit religieux.

A la sortie du couvent, cette nuit du 21 au 22 juillet 1936, il fut un des premiers à tomber, avec huit autres, à Carabanchel.

Il fut avec eux béatifié en 1989.

 

 

Vicenta Jordá Martí

1899-1936

 

Vicenta était née le 6 mars 1899 à Zorita (Castellón, Espagne).

Elle entra chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de María de Jésus.

C’était une âme privilégiée, qui aimait le silence et le recueillement ; elle vécut vraiment en odeur de sainteté.

Elle reçut la palme du martyre à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), le 23 juillet 1936, et a été béatifiée en 2013.

 

 

Catalina Caldés y Socías

1899-1936

 

Née le 9 juillet 1899 à Sa Pobla (Mayorque), Catalina (Catherine) était le deuxième des quatre enfants des parents très chrétiens qu’étaient Miquel Caldés et Catalina Socías. Elle reçut le Baptême le jour-même de sa naissance et la Confirmation quelques mois plus tard.

Après avoir fréquenté le collège des Sœurs Franciscaines de la Miséricorde (fondées une cinquantaine d’années plus tôt), elle voulut entrer chez ces Religieuses, à Pina, en 1921 et fit la profession en 1922, prenant le nom de Catalina du Carmel.

Elle fut successivement à Lloseta (Mayorque), où elle s’occupa des petits enfants, puis en d’autres lieux et aussi à Ciutadella (Minorque), avant de gagner la petite communauté proche de Barcelone, située au sanctuaire du Coll : là, elle soignait les malades et s’occupait des petits enfants.

Cette communauté vivait des aumônes qu’elle recevait.

Sœur Catalina allait soigner un malade, quand elle entendit les menaces et les cris des révolutionnaires. On lui conseillait de partir de là, mais elle préféra rejoindre ses Consœurs. A ce moment-là, elle avait pris des vêtements civils.

Le 20 juillet, vers trois heures de l’après-midi, commença le calvaire des Religieuses. 

Quelques anarchistes se présentèrent qui, après quelques questions générales, arrêtèrent les deux Sœurs Catalina et Micaela, et les emmenèrent au comité de la FAI (Fédération Anarchiste Ibérique), où ils les tinrent prisonnières pendant trois jours, les torturant de toutes les façons, sans respect aucun de leurs personnes et de leur état religieux.

Après le martyre des Religieux du Coll (voir notice de Simó Reynés Solivellas), les anarchistes emmenèrent le frère Pau, deux autres Religieuses avec Catalina et Micaela, et les fusillèrent tous au tournant de la Rabassada, sur la route du Tibidabo.

Catalina ne mourut pas sur le coup ; gravement blessée, elle se traîna jusqu’à la porte d’une famille qu’elle connaissait, implorant un verre d’eau. Les occupants de la maison lui donnèrent un verre de lait, et la firent asseoir dans le jardin, mais sans la faire entrer dans la maison, par crainte de représailles.

Un des membres de la famille, qui avait un parent milicien, lui demanda d’accompagner cette malheureuse Religieuse à l’hôpital. Le milicien vint en effet, mais pas seul, et en chemin d’autres miliciens abattirent Catalina, sur la route de la Vall de Hebrón. Catalina avait trente-sept ans.

Ce martyre eu lieu au soir du 23 juillet 1936.

Catalina fut béatifiée en 2007.

 

 

Simó Reynés Solivellas

1901-1936

 

Simó (Simon) était né à Mancor de la Vall (Majorque, Baléares) le 23 janvier 1901. La famille habitait dans la montée vers le village, près du vénérable sanctuaire de Sainte-Lucie (Santuario de Lluc), qui existait déjà au 14e siècle.

Simó fut baptisé le lendemain de sa naissance, et confirmé en 1904.

Le papa, un simple cordonnier qui portait lui-même le nom de Simó, offrit à Dieu ses deux premiers enfants, Francesc et Simó ; tous deux étaient doués pour la musique, outre qu’ils étaient fort pieux. 

Tous deux aussi se consacrèrent à Dieu chez les Missionnaires des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie.

Francesc était plus débrouillard, plus vif que Simó, de sorte qu’il prit en quelque sorte sous sa protection son jeune frère. 

Simó fit la profession en 1918, en même temps que son grand frère. C’était un jeune homme de caractère très doux, et de santé fragile. Il fut ordonné prêtre en 1926.

On le nomma maître des novices de Sant Honorat, et responsable d’un groupe de jeunes au sanctuaire de Lluc, confesseur de la communauté. Musicien, il fut maître de chapelle. 

Les deux frères faisaient partie de la même communauté, au sanctuaire marial du Coll, une des premières communautés de Barcelone qui paya si cher lors de la révolution de 1936. Francesc avait sollicité la nomination de son jeune frère dans le même sanctuaire, pour l’avoir près de lui, connaissant sa fragilité.

Les quatre Religieux qui y vivaient avaient fait leur noviciat à Sant Honorat. Francesc réussit à s’échapper, laissant à son jeune frère la primeur du martyre.

Simó fut en effet abattu avec son Confrère Miquel Pons par les révolutionnaires près de la Tour Alzina, à Creueta del Coll (Barcelone). Quand il tomba, les assassins s’acharnèrent particulièrement à lui défigurer complètement le visage. 

C’était le 23 juillet 1936.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Micaela Rullán Ribot

1903-1936

 

Née le 24 novembre 1903 à Petra (Mayorque), Micaela (ou Miquela, Michèle) reçut le Baptême le jour suivant.

Toute petite, elle fut envoyée par sa famille chez les Sœurs Franciscaines de la Miséricorde (fondées une cinquantaine d’années plus tôt)., ce qui l’habitua à préférer s’occuper des plus petits.

Après quelques années passées à Valencia, la famille revint à Mayorque. Micaela fréquentait assidûment les Franciscaines, collaborant pour la catéchèse, la confection de vêtements pour les pauvres. 

Wojciech Gondek

1909-1942

 

Wojciech (Adalbert) était né le 6 avril 1909 à Słona (Małopolskie, Pologne) de parents chrétiens, Jan et Julia.

Après les études au Lycée d'état, il entra au noviciat des Frères Mineurs Franciscains à Wieliczka, et émit les vœux en 1929.

Il fit des études de philosophie et de théologie au Grand Séminaire de Przemyśl dès 1931, où il obtint d'excellents résultats : il était noté eminenter, valde bene.

Avec et malgré ces excellentes appréciations, il resta un religieux modeste et pieux.

Avant l'ordination sacerdotale, il fit la profession solennelle à Przemyśl et prit le nom de Krystyn (Christian) en 1933 et reçut le sacerdoce en 1936.

Le 26 août 1940 commença le chemin de croix de Krystyn. Il fut arrêté à Wloclawek, conduit à Szczegliniek, puis Sachsenhausen, pour finir à Dachau, où il reçut le numéro 22779.

Dans ce camp, il mourut d'épuisement et de faim, à la suite d'une grave diarrhée avec hémorragie.

C'était le 23 juillet 1942.

Il fut béatifié en 1999.

 

 

Vasil’ Hopko

1904-1976

 

Vasil' naquit le 21 avril 1904 à Hrabské, un petit village à l’Est de la Slovaquie. Fils unique de ses parents (Vasil’ et Anna Petrenková), il reçut au baptême, trois jours après, le prénom de son père. 

Il n’avait qu’un an lorsque mourut son père ; en 1908, sa mère dut partir vivre aux États-Unis pour trouver du travail et laissa le petit garçon de quatre ans chez son grand-père. Puis à sept ans il alla vivre chez son oncle, Demeter Petrenko, un prêtre gréco-catholique.

Grâce à l’argent envoyé par sa mère, il put fréquenter l’école primaire du village, puis le lycée de Presov, où il devint bachelier en 1923.

La vie de son oncle avait fait naître en Vasil' l’appel au sacerdoce. Après un an de service militaire, il décida en 1923 d’entrer au séminaire gréco-catholique de Presov. Après une grave maladie dont il se remit, il fit vœu d’embrasser le sacerdoce. Il fut ordonné en 1929.

Après un bref apostolat à Pakostov, son premier poste fut la charge pastorale des fidèles gréco-catholiques de Prague : jeunesse, vieillards, chômeurs, orphelins. Le père Vasil' fonda le Mouvement des Étudiants Gréco-catholiques ainsi que l’Union de la Jeunesse Gréco-Catholique. Il contribua beaucoup à la création d’une paroisse gréco-catholique pour cette ville, et en devint le curé. 

Il a la grande joie, après vingt-deux ans de séparation, de retrouver sa mère, revenue des États-Unis.

En 1936, Vasil' revient en Slovaquie, où il est directeur spirituel au séminaire gréco-catholique de Presov. Il reprend des études et obtient une maîtrise en théologie (1940) à Bratislava.

En 1941, il est secrétaire à la curie de l’évêque et, en 1943, professeur de théologie morale et pastorale à la Faculté Théologique de Presov. On s’étonne de le voir trouver aussi du temps pour écrire plusieurs ouvrages et de se trouver à la tête du magazine Blahovistnik  (Messager de l’Evangile).

Après la Seconde Guerre Mondiale, la République de Tchéco-Slovaquie tombe sous la pesante domination de l’Union Soviétique. En prévoyance de temps très difficiles, l’évêque Gojdic de Presov demande à Rome de lui nommer un évêque auxiliaire. Le choix tomba sur le père Vasil', qui fut donc sacré évêque en 1947, avec le titre d’évêque de Midilia. 

Dès lors, Vasil' s’employa à soutenir l’évêque de Presov dans sa responsabilité de préparer la population à traverser la dure persécution qui s’annonçait à l’horizon.

Pas à pas, les autorités communistes s’apprêtaient à éliminer l’Eglise Gréco-catholique en l’assimilant à l’Eglise Orthodoxe. Il y eut en 1950 un “concile” (sans évêques !) qui décida en ce sens : l’Eglise Gréco-catholique n’existait plus officiellement ; tous ses prêtres, ses fidèles, ses églises passaient sous la coupe de l’Eglise Orthodoxe officielle (complice du régime communiste). Cerise sur le gâteau, si l’on peut dire, les deux évêques Gojdic et Hopko sont arrêtés.

Mgr Hopko subit alors d’interminables et pénibles interrogatoires, accompagnés de tortures, visant à le faire renier sa foi et reconnaître de fausses accusations. Il est en résidence surveillée, dans un monastère. Le 24 octobre 1951, la Cour d’Etat le condamne à quinze années de prison, à la perte de ses droits civils pour dix ans. 

Durant son emprisonnement, on lui administra, en plus des tortures quotidiennes, de petites doses d’arsenic pour provoquer une mort lente par empoisonnement. On retrouvera ces traces d’arsenic dans ses os après sa mort.

Mgr Hopko vit sa peine de prison “abrégée” de deux ans lorsque, en 1964, on le délivra pour motifs de santé. Il n’en pouvait plus : il souffrait de graves déficiences physiques et mentales, dues aux constants mauvais traitements subits. Malgré cet état chancelant, il se donna activement à la résurrection de l’Eglise Gréco-catholique.

Il séjournait dans une maison de repos pour prêtres âgés et vit sa condamnation “annulée”, même s’il ne fut jamais réhabilité.

Il eut la joie de voir cette Église tchéco-slovaque reconnue officiellement en 1968, après dix-huit années de persécution.

A partir de 1968, Mgr Hopko vécut à Presov. Cette année-là, il fut confirmé comme évêque auxiliaire pour tous les fidèles gréco-catholiques de Tchéco-Slovaquie. Il mit tout en œuvre pour honorer cette charge, encourageant les fidèles et ordonnant des prêtres.

Mgr Vasil' Hopko mourut à Presov le 23 juillet 1976. 

Il avait fait siens les propos de son évêque, Mgr Gojdic : Pour moi, l’important n’est pas de mourir dans le palais épiscopal ou en prison, mais d’entrer au Paradis.

Vasil' Hopko, en même temps que Zdenka Cecilia Schelingová, fut béatifié le 14 septembre 2003, fête de la Sainte Croix, en présence de tout l’épiscopat, mais aussi du Président de la République.

Le bienheureux Vasil' Hopko est mentionné au Martyrologe le 23 juillet.

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21 juillet 2020 2 21 /07 /juillet /2020 23:00

22 JUILLET

I.

Ste Marie Magdeleine, la pécheresse convertie (cf. Mt 26:6-13 ; Jn 12:1-8).

Ste Syntychi, nommée par s. Paul (cf. Ph 4:2).

IV.

S Platon, martyr à Ancyre.

S Kyrillos, évêque à Antioche et mort en exil.

S Joseph, saint homme de Tibériade dont parle s. Epiphane ; d'après ce dernier, les Juifs prononcent toujours auprès des mourants cette phrase : Crois en Jésus Christ crucifié sous Ponce Pilate, Fils de Dieu, né de Marie, ressuscité du tombeau, et crois qu'il viendra juger les vivants et les morts. Ayant entendu cela, Joseph guérit et il se convertit un peu plus tard.

S Panchaire, évêque à Besançon.

V.

S Salvien, prêtre à Marseille après avoir été marié ; auteur de plusieurs ouvrages, surtout du de Gubernatione Dei où il montre que la chute de Rome est due aux péchés des Chrétiens.

VII.

S Anastasios, moine, disciple de s. Maxime le Confesseur, déporté avec lui, martyr.

S Wandrille, d'abord marié, puis retiré ainsi que son épouse ; il fonda le fameux monastère de Fontenelle, qui prit ensuite son nom. 

S Ménelé, abbé à Menat. 

VIII.

S Girolamo, évêque à Pavie.

XIII.

S Gualtiero, fondateur d'un hôpital à Lodi.

XV.

B Agostino Fangi, dominicain piémontais, extrêmement humble, et patient dans la maladie.

XVII.

S Giulio Cesare Russi (Lorenzo de Brindes), capucin, connaisseur des langues anciennes et modernes, prédicateur et chargé de diverses missions papales, Docteur de l'Eglise surnommé Doctor Apostolicus, fêté le 21 juillet.

SS Philip Evans et John Lloyd, martyrs anglais à Cardiff ; Philip, jésuite, était en train de jouer au tennis (en prison) lorsqu'on vint lui annoncer qu'il serait exécuté le lendemain : il tint à achever sa partie avant de réintégrer sa cellule ; il employa ses dernières heures à jouer de la harpe et à causer avec ceux qui venaient le visiter ; John était prêtre séculier.

XVIII.

B Jacques Lombardie, curé en Corrèze, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

SS Anna Wang, vierge de quatorze ans, Luqi Wang Wangshi et son fils Ande Wang Tianqing de neuf ans, et Mali Wang Lishi, martyrs chinois, canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2007 :

Carmes Déchaux : à Tolède, le prêtre Ovidio Fernández Arenillas (Eusebio de l'Enfant Jésus, *1888) ; les clercs Tomás Mateos Sánchez (José Agustín du T.S.Sacrement, *1912), Pedro Ramón Rodríguez Calle (Hermilo de Saint-Elisée, *1913), Esteban Cuevas Casquero (Eliseo de Jésus Crucifié, *1913), Perfecto Domínguez Monge (de N.Dame du Carmel, *1914), ; le novice Clemente López Yagüe (des Très Saints Cœurs, *1911) ;

- béatifiés en 2013 :

Lasalliens : à Madrid, Vicente López y López (Virginio Pedro, *1884) ; Joaquín Rodríguez Bueno (Ireneo Jacinto, *1910) ;

Frères Maristes : près de Madrid, Trifón Tobar Calzada (Jerónimo, *1876), Eugenio Artola Sorolla (Victorico María, *1894), Pedro Alonso Ortega (Marino, *1901) ;

Carmes de l’Ancienne Observance : près de Cordoue, les prêtres José María Mateos Carballido (*1902), Juan Durán Cintas (Eliseo María, *1906), le diacre Jaime María Carretero Rojas (*1911) et le convers Ramón María Pérez Sousa (*1903) ;

- béatifié en 2018 :

Lazaristes : près de Madrid, le coadjuteur Roque Catalán Domingo (*1874).

B Rosalío Benito Ixchop (1914-1982), laïc guatémaltèque, catéchiste martyr, béatifié en 2020.

 

Maria de Magdala

Ier siècle

 

“Pleurer comme une madeleine” est une expression fréquente dans notre langage. 

Plusieurs passages de l’Evangile nous parlent nommément de Marie Magdeleine : 

En Luc 8:2, elle est nommée Maria de Magdala (la localité se trouve près du lac de Tibériade, en Galilée). D’elle sont sortis “sept démons”, ce qui suppose une très forte possession ou une situation pécheresse grave.

Les évangélistes nous en reparlent au moment de la crucifixion de Jésus-Christ, où Marie de Magdala se trouve “à quelque distance” de la croix, donc pas juste à côté de Marie et de Jean, et au moment de la mise au tombeau (Mt 27:56,61 ; Mc 15:40,47). 

Puis au matin de la Résurrection, elle est déjà au sépulcre avec des aromates précieuses (Mt 28:1 ; Mc 16:1 ; Jn 20:2), et court prévenir les Apôtres qu’elle a vu le sépulcre ouvert et vide (Lc 24:9 ; Jn 20:2), en suite de quoi le quatrième évangéliste raconte l’apparition de Jésus à Marie de Magdala (Jn 20:11-18), où elle le reconnaît à sa voix.

On remarque par ailleurs que les évangélistes parlent d’une certaine Marie, sœur de Marthe et de Lazare, qui reste auprès du Seigneur lors de son passage chez elle, ce fameux jour où Marthe vient se plaindre au Maître que Marie devrait venir l’aider à la cuisine (Lc 10:38-42). Cette même Marie vient faire une onction de nard précieux sur la tête et les pieds de Notre-Seigneur, peu avant la Passion, à Béthanie tout près de Jérusalem (Mt 26 ; Mc 14 ; Jn 12).

Pour certains, cette onction rappelle le comportement humble et pénitent de la pécheresse convertie dont parle Luc (7:36-50) sans donner son nom.

Certains exégètes préfèrent interpréter ainsi l’Ecriture qu’il y aurait donc trois femmes différentes, dont deux qui ont oint le Christ et dont deux aussi portent le nom de Marie.

Ils ont peut-être raison. Mais rien non plus n’empêche de faire coïncider tous ces passages. 

La distance entre Magdala à Béthanie n’est pas différente de celle de Nazareth à Jérusalem, que fit la jeune Marie à peine enceinte du Sauveur pour aller visiter sa cousine Élisabeth.

Cette pécheresse convertie peut très bien être entrée au service du Seigneur ; si Luc ne la nomme pas, c’est peut-être par discrétion. 

Ce qu’on croit savoir du reste de la vie de Marie-Magdeleine nous vient de la Tradition : Marie Magdeleine aurait été mise par les Juifs sur une barque sans rames, avec Marthe et Lazare, et la barque serait arrivée miraculeusement sur les côtes de la Provence, là où Marie de Magdala aurait passé le reste de sa vie dans la pénitence, les larmes et la prière. De là le pèlerinage de la Sainte-Baume.

Quant au tombeau de Marie-Magdeleine, on l’aurait retrouvé à Ephèse, mais les reliques de la Sainte se trouvent aussi à Vézelay. 

Dans l’actuelle liturgie, il est beaucoup plus fait allusion au témoignage de Marie-Magdeleine concernant le Christ ressuscité, qu’à la pécheresse convertie, encore que la lecture du bréviaire soit celle de Grégoire le Grand, pour qui l’une et l’autre ne font qu’une personne.

Au 22 juillet le Martyrologe mentionne les “sept démons” dont notre Sainte fut délivrée, avant de devenir une disciple fidèle du Christ et témoin de la Résurrection.

 

 

Syntichi

1er siècle

 

Voici ce qu’écrit Paul vers la fin de son épître aux Philippiens : 

J’exhorte Evodie comme j’exhorte Syntichi à vivre en bonne intelligence dans le Seigneur. Et toi, de ton côté, Syzyge, vrai compagnon,  je te demande de leur venir en aide ; car elles m’ont assisté dans la lutte pour l’Evangile, en même temps que Clément et mes autres collaborateurs, dont les noms sont écrits au livre de vie (Ph 4:2-3).

On ne sait rien de plus sur ces quatre personnages. 

Les deux saintes femmes Evodie et Syntichi, pouvaient être des diaconesses, au service de l’Eglise de Philippes et saint Paul leur rend hommage en passant. Elles durent un jour avoir une de ces fréquentes “discussions de sacristie”, qui dégénéra en froid, et Paul ne peut pas laisser cet état de choses, lui qui a tellement recommandé la charité, la patience, l’unanimité dans l’assemblée dominicale.

Aucune des deux femmes n’est mentionnée dans l’actuel Martyrologe. Précédemment, seule l’était Syntichi, au 22 juillet.

 

 

Platon d’Ancyre

† 305 ?

 

On a vu le 16 juillet que le martyr Antiochus de Sébaste était, croit-on, le frère de s.Platon.

Celui-ci vivait à Ancyre (auj. Ankara, Turquie NW), où il encourageait les Chrétiens à rester fidèles à leur foi, malgré la persécution.

Pour ce motif, il fut arrêté ; interrogé, il demeura ferme : on s’étonnait de voir un tel jeune homme si attaché à ses convictions.

On le tortura : il fut frappé par douze soldats, puis étendu sur un lit de bronze brûlant ; toute sa chair fut déchirée et brûlée.

Devant sa constance, beaucoup se convertirent au Christ.

On lui fit des avances, auxquelles il répondit cette phrase de s.Paul : Ma vie c’est le Christ, et mourir pour Lui m’est un gain (cf. Phil 1:21).

Au terme de sa prière, on entendit des voix angéliques qui répondirent Amen.

On le tortura encore, avant de le décapiter.

Platon fut martyrisé sous l’empereur Maximien, donc entre 284 et 305.

Saint Platon d’Ancyre est commémoré le 22 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Kyrillos d’Antioche

† 306

 

Ce Kyrillos (Cyrille) est beaucoup moins connu que ses homonymes d’Alexandrie ou Jérusalem.

Kyrillos fut évêque d’Antioche de Syrie (auj. Antakya) pendant une trentaine d’année, à partir de 272 au moins, période qui demeura, somme toutes, assez calme.

Mais au début de la persécution de 303, il semble que Kyrillos ait été arrêté et exilé en Pannonie (act. Serbie), et qu’un successeur lui ait été donné en la personne de Tyrannos.

Après trois années de captivité et, certainement, de mauvais traitements, Kyrillos mourut dans sa prison, vers 306.

Saint Kyrillos d’Antioche est commémoré le 22 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anastasios le Moine

† 662

 

C’était un des deux Compagnons de s.Maximos le Confesseur, quand on emmena celui-ci en exil dans les montagnes du Caucase. Ils s’appelaient tous deux Anastasios ; l’un des deux, prêtre, était apocrisiaire (envoyé) de Rome (v. 11 octobre) ; l’autre, le Moine, était diacre.

On a vu que s.Maximos (v. 13 août) eut la langue et la main droite coupées ; ses Compagnons subirent le même sort.

Après qu’on ait laissé mourir s.Maximos à Schemaris, non loin de Tsageri (act. Géorgie), ainsi qu’Anastasios l’Apocrisiaire, Anastasios le Moine fut dirigé sur la Suanie, près d’un promontoire du Caucase. Il mourut là, ou sur le chemin, le 22 juillet 662.

De récentes fouilles (2016) auraient mis à jour les reliques des ss.Maximos et des deux Anastasios. 

Saint Anastasios le Moine est commémoré le 22 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Wandrille de Fontenelle

600-668

 

La famille de Wandrille habitait dans la région de Verdun (Meuse) ; elle avait des liens de parenté avec Pépin de Landen.

Wandrille (en latin Wendregisilus) grandit à la cour de Clotaire II et avait un bel avenir de fonctionnaire. Mais il eut l’occasion de connaître l’idéal de s.Colomban (v. 23 novembre) et en fut conquis.

Pourtant vers 625, cédant à la volonté de ses parents, il se maria. Or, la jeune épouse, comme son époux, manifesta bientôt sa préférence pour la vie consacrée, de sorte qu’ils se séparèrent d’un commun accord.

C’est ainsi que, vers 628, Wandrille se retira au monastère de Montfaucon-en-Argonne. Il dut se justifier auprès du roi Dagobert Ier d’avoir quitté son poste d’administrateur. 

Libéré, il se retira alors loin de sa famille, dans le Jura, et fonda une abbaye à Saint-Ursanne, sur un terrain qui d’ailleurs lui appartenait. 

On le vit à l’occasion immergé dans une rivière en train de prier le psautier pour lutter contre la tentation. Son style de vie très austère, ses pénitences et ses larmes attirèrent des disciples.

Avide de solitude, et sur un songe prophétique, il laissa dès qu’il le put ce monastère et alla se perfectionner vers 633 à celui de Bobbio, puis de Romainmôtier, où il fit profession et resta une dizaine d’années, qu’on place vers 633-643.

A ce point, il désira aller finir ses jours en Irlande, mais l’évêque de Rouen, Ouen (v. 24 août) ne laissa pas s’échapper un tel trésor et, pour se l’attacher sûrement, l’ordonna prêtre.

Au bout de quelques années de ministère, Wandrille, accompagné de son neveu Gond (v. 26 mai ?), se retira à nouveau dans la forêt de Jumièges et y fonda un monastère (649). Après quelques débuts très discrets, les disciples affluèrent au point que Wandrille put faire construire plusieurs églises. Quotidiennement, il participait humblement à toutes les occupations de la communauté.

Une de ses recommandations fondamentales aux moines était de ne pas tomber dans le piège de la jalousie.

Après dix-neuf années passées dans ce monastère de Fontenelle, Wandrille s’éteignit le dimanche 22 juillet 668.

Le monastère de Fontenelle prit plus tard le nom de Saint-Wandrille.

Saint Wandrille est commémoré le 22 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ménelé de Menat

654-720

 

Ménelé (aussi Ménelée, Méléré, Mouvier, latin Meleneus) serait né vers 654-660 non loin de Précigné (Sarthe), fils d’Amanulfe et Docule, qui eurent aussi une fille.

Amanulfe voyait en son fils la continuation de son patrimoine et lui présenta une possible fiancée, nommée Sense. Ménelé s’enfuit, avec deux compagnons, jusqu’en Auvergne ; ils y vécurent en ermites à Menat, puis sous la direction du fondateur de l’abbaye de Calmiliac (Eudes, puis son successeur Theofred), pendant sept ans. Cette abbaye serait à l’origine de l’actuelle localité Monastier.

Puis Ménelé revint à Menat, qu’il releva. Il installa sa mère, sa sœur et sa «fiancée» à Lisseuil et «s’occupa» de son père : celui-ci, après avoir menacé son fils, accepta la situation et devint même un généreux bienfaiteur de l’œuvre.

Devenu abbé à Menat, Ménelé dut à nouveau reconstruire son abbaye détruite par un incendie.

Il mourut vers 720.

Saint Ménelé de Menat est commémoré le 22 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Girolamo de Pavie

† 787

 

Il fut le vingt-troisième évêque de Pavie.

On ne connaît pas la vie de ce prélat. Sa sainteté l’a fait inscrire dans le Martyrologe Romain, qsui n’est pas très loquace à son sujet.

Saint Girolamo de Pavie est commémoré le 22 juillet dans le Martyrologe Romain.

Gualtiero de Lodi

1184-1224

 

Gualtiero (on écrit aussi parfois Gualterio ou Gualtero) naquit vers 1184 à Lodi (Italie NC), d’Ariprando de Garbanis et d’Adelazia, qui avaient voué leur enfant au service de Dieu dès avant sa naissance. Ils avaient aussi promis de le consacrer au service de la basilique Saint-Pierre de Rome, et c’est pour cela qu’ils firent ensuite le pélérinage à Rome avec le petit bébé. La suite des événements ne permit pas à Gualtiero d’accomplir ce vœu à la lettre.

Il fut orphelin de père à quinze ans ; il distribua alors ses biens aux pauvres, confia sa chère mère à une pieuse institution et s’en vint soigner les malades à l’hôpital de Plaisance.

Revenu deux ans plus tard dans sa ville natale, avec une bonne expérience et avec l’appui des autorités civiles et ecclésiastiques, il fonda un hôpital qu’il appela La Miséricorde. L’hôpital, fondé en 1206, fut placé sous l’autorité de l’évêque.

Le frère Gualtiero faisait une profonde impression sur les concitoyens, qui le voyaient toujours pieds nus, vêtu de toiles rugueuses ; il mangeait peu et se retirait souvent dans quelque grotte, où il jeûnait.

Gualtiero aurait aussi fondé des hôpitaux près de Vercelli, de Tortona, à Crema, et non loin de Melegnano (Milan).

Il mourut le 22 juillet 1224, entouré de beaucoup d’amis, hommes et femmes, prêtres et Frères mineurs.

Depuis, les Lodigiens ont donné à l’hôpital le nom de Saint-Gualtiero.

Le Martyrologe mentionne saint Gualtiero au 22 juillet.

 

 

Agostino Fangi

1430-1493

 

Agostino (de) Fangi ou Fangis naquit avant 1430 à Bugella (auj. Biella, Piémont, Italie NO), d’un papa fort jeune, Simone, qui n’avait pas dix-huit ans.

Entré lui-même très jeune au couvent dominicain de Biella, il fut envoyé à Pavie et de là, en 1447, à Bologne. 

Ordonné prêtre, il fut nommé prieur à Soncino en 1464, revint en 1470 à Pavie et passa en 1474 à Vigevano.

On le définit comme une personne pieuse, docte, et illustre par ses miracles ; mais surtout assidu au confessionnal et auprès des malades. 

On le vit «souvent» soulevé de terre pendant sa prière (lévitation) et ému jusqu’aux larmes pendant la Messe. Il exerça la puissance de l’exorcisme pour délivrer une femme possédée de cinq démons. Il ramena à la vie un enfant mort sans le baptême. A un pauvre enfant qui pleurait d’avoir cassé sa cruche, il la lui restitua toute remplie de vin. 

Très humble, le Religieux s’affligeait profondément des «miracles» qu’on lui attribuait, et préférait le silence.

En 1482, il vint à Venise, où il fut lui-même longtemps malade, et montra durant ces années de souffrance une très grande patience. Il se pourrait même que le Religieux ait été déjà malade bien plus tôt, ayant le corps tout couvert de plaies. Il était tellement ravi en prière, qu’il ne s’aperçut même pas de la douleur que lui causait le chirurgien en lui faisant de profondes incisions pour le soigner.

Agostino mourut là le 22 juillet 1493, à genoux sur son lit, en disant Gloire à Dieu ! Gloire au Très-Haut !

Trois ans plus tard, on ouvrit son tombeau où son corps, quoique plongé dans l’eau, était resté intact.

Le pape confirma son culte aux Dominicains en 1872, et le nom du Bienheureux a été inclus dans le Martyrologe.

 

Giulio Cesare Russi (Lorenzo)

1559-1619

 

Giulio Cesare Russi naquit le 22 juillet 1559 à Brindisi (Brindes, l’éperon de la botte italienne), de parents vénétiens, Guglielmo et Elisabetta Masella, qui s’y étaient établis. 

On raconte que le petit Giulio eut l’occasion de «prêcher» à six ans dans la cathédrale, suscitant l’admiration de la foule : ce fut peut-être une de ces joutes, où les enfants récitent quelque poésie devant la crêche de Noël.

Le père de Giulio étant mort, celui-ci fréquenta le couvent des Franciscains conventuels, jusqu’à quatorze ans.

Quand les Turcs menacèrent la ville, Giulio accompagna sa mère à Venise.

En 1575, Giulio fut admis chez les Capucins de Vérone, avec le nom de Lorenzo de Brindes. Il s’y était préalablament entraîné par des mortifications peu ordinaires pour un adolescent : chaînes de fer, trois jours de jeûne par semaine, méditation assidue.

Il étudia avec avidité l’Ecriture Sainte à l’université de Padoue, où il apprit rapidement aussi diverses langues : outre le latin et le grec, le syriaque et l’hébreux ; outre l’italien, l’espagnol, le français et l’allemand.

Ordonné prêtre en 1583, il eut désormais une activité extrêmement intense comme prédicateur. 

Ses deux préoccupations étaient la lutte contre le protestantisme envahissant, et la croisade contre les Turcs menaçants.

Sa prédication commença à Rome, où il fut l’artisan de la conversion de beaucoup de Juifs. Il fut ensuite envoyé dans toute l’Europe : Hongrie, Bohême, Belgique, Suisse, Allemagne, France, Espagne, Portugal. Appuyé par les Jésuites, il fonda nombre de couvents dans l’Europe centrale.

Sa parole était si efficace que les Protestants de Prague intervinrent directement auprès de l’empereur Rudolf pour lui demander de l’expulser.

Lorenzo fut envoyé auprès du prince Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, pour l’aider à conduire les troupes occidentales contre l’invasion des Turcs qui, menaçant Vienne, allaient se déverser en Italie et dans toute l’Europe. La victoire éclatante de Székesfehérvár (Albe Royale, 1601) fut unanimement attribuée à Lorenzo qui, par sa foi, sa bravoure, et aussi le don des langues, sut entraîner à la victoire tant de troupes de nationalités différentes.

Il fut trois ans Ministre général (Supérieur) de l’Ordre, de 1602 à 1605, toujours aussi simple et pratiquant toujours ses mortifications de jeunesse.

Peu avant sa mort, Lorenzo se trouvait à Lisbonne, pour négocier la paix en faveur de Naples, opprimée par le vice-roi espagnol.

C’est à Lisbonne qu’il mourut, le jour de son anniversaire, 22 juillet 1619.

Son corps fut confié aux Clarisses de Villafranca de Bierzo (León), où son tombeau fut profané par les troupes françaises en 1808, lors de la guerre d’Indépendance espagnole.

Lorenzo de Brindes fut béatifié en 1783, canonisé en 1881, et proclamé Docteur de l’Eglise en 1959, avec le titre de Docteur Apostolique.

Sa fête liturgique est au 21 juillet, le 22 étant celle de sainte Marie-Magdeleine.

 

 

Philipp Evans

1645-1679

John Lloyd

?-1679

 

On ne sait pas beaucoup de choses sur ces deux prêtres, qu’une même mission, une même fidélité, un même jugement inique et une même mort réunirent dans la sainteté.

 

1. Philip Evans

Il était né à Monmouth en 1645, et reçut sa formation à Saint-Omer, comme beaucoup de candidats anglais au sacerdoce, puis entra dans la Compagnie de Jésus à Watten le 7 septembre 1665. Ordonné prêtre à Liège, il fut envoyé en mission dans le sud du Pays de Galles, en 1675.

Plein de zèle, il n’hésitait pas à affronter le climat anti-catholique officiel, mais on ne le dérangea pas tout de suite. C’est dans le cadre du fameux “complot d’Oates” qu’il fut arrêté après-coup.

En novembre 1678, un certain John Arnold de Llanvihangel Court, près de Abergavenny, pourchasseur de prêtres, offrit l’énorme rançon de deux-cents Livres pour l’arrêter.

Malgré le danger qu’il courait, Philip refusa imperturbablement d’abandonner son troupeau. 

On l’arrêta chez Monsieur Christopher Turberville à Sker, dans la Glamorganshire, le 4 décembre 1678.

On lui proposa de prêter un serment qui lui garantissait la liberté, mais il refusa net.

 

2. John Lloyd

C’était un prêtre gallois, du Breconshire. Il fut formé d’abord à Ghent, puis au Collège anglais de Valladolid en Espagne dès 1649, où il s’engagea pour la mission en Angleterre.

Envoyé au Pays de Galles en 1654 pour exercer le saint ministère auprès des Catholiques clandestins, il se donna à sa vocation sans interruption pendant vingt-quatre années.

Il est arrêté finalement chez Monsieur Turberville, le 20 novembre 1678.

 

A ce point de nos deux récits, les deux prêtres se retrouvent sur le même chemin. Ils sont emprisonnés dans la prison de Cardiff.

On les passe en jugement le lundi 5 mai 1679, à Cardiff. Aucun des deux n’est accusé d’avoir participé au complot d’Oates, mais ils sont tous deux accusés d’être prêtres, d’être entré dans le territoire du Pays de Galles contrairement aux lois, et sont donc accusés de trahison pour avoir exercé le ministère sacerdotal.

Remis en prison, ils eurent un moment de traitement amélioré.

On leur annonça le 21 juillet que leur exécution était prévue pour le lendemain, 22 juillet. Philip était en train de jouer au tennis, et tint à finir sa partie avant de réintégrer la prison. Evans employa ses dernières heures à jouer de la harpe.

Ils furent exécutés à Pwllhalog (Cardiff).

Philipp fut exécuté le premier. Il s’adressa au peuple en gallois et en anglais, et prit congé de John : “Adieu, Père Lloyd ! Quoique pour très peu de temps, car nous allons bientôt nous rencontrer de nouveau !” Quant à John, il se contenta de quelques mots, affirmant qu’il n’avait “jamais été un bon orateur dans sa vie”.

Béatifiés en 1929, ils ont été canonisés en 1970, parmi les quarante Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles, et sont commémorés dans le Martyrologe au 22 juillet.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Jacques Lombardie

1737-1794

 

Il naquit le 1er décembre 1737 à Limoges (Haute-Vienne).

Il était prêtre du diocèse de Limoges.

Arrêté comme prêtre réfractaire, pour son refus de prêter le serment constitutionnel, il fut conduit avec quelques centaines d'autres prêtres et religieux à bord du navire négrier Deux Associés, qui devait partir pour la Guyane, mais qui resta dans le port de la Rochelle, où la plupart des prisonniers moururent d'épuisement, de mauvais traitements, de maladies.

L'abbé Jacques Lombardie mourut le 22 juillet 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Anna Wang

1886-1900

 

Anna Wang, née vers 1886 à Machiazhuang (Weixian, Hebei), martyrisée au même endroit le 22 juillet.

Elle a été béatifiée en 1946 et canonisée en 2000.

 

 

Mali Wang Lishi

1851-1900

 

Mali (Maria) Wang Lishi, née vers 1851 à Fancun (Weixian, Hebei) et martyrisée à Daning (Weixian) le 22 juillet.

Elle a été béatifiée en 1946 et canonisée en 2000.

 

 

Luqi Wang Wangshi

1869-1900

Ande Wang Tianqing

1891-1900

 

Luqi (Lucia) Wang Wangshi, née vers 1869 à Weixian (Hebei), et son petit garçon de neuf ans, Ande (André) Wang Tianqing, né vers 1891, subirent le martyre à Weixian le 22 juillet.

Ils ont été béatifiés en 1946 et canonisés en 2000.

Roque Catalán Domingo

1874-1936

 

 

Né le 24 janvier 1874 à Aldehuela (Teruel), Roque était le fils de braves agriculteurs, Vicente et Joaquina. Celle-ci mourut de bonne heure.

Il suivit l’école primaire du pays, et aidait son père dans les travaux de la ferme. Les champs, les bêtes, n’avaient aucun secret pour lui. Mais surtout, son père lui parlait avec profonde conviction de la vie éternelle. Jamais ils n’allaient se coucher sans avoir prié le chapelet et lu quelque page d’un bon livre.

Il est bon de raconter comment l’innocent garçon orienta sa vie. Il alla voir son oncle et lui demanda tout bonnement s’il était mieux, selon lui, d’épouser sa fille ou de se faire religieux. Et l’oncle de lui répliquer : Ma fille est une brave fille, mais Dieu est meilleur : fais-toi religieux.

Ce n’est pas tout. Quand Roque annonça sa décision à son père, celui-ci lui répondit qu’il voulait se consacrer avec lui. Ils se présentèrent tous deux chez les Lazaristes. Toutefois, on leur imposa un délai ; le père, qui avait soixante ans, fut orienté vers les cisterciens de Dueñas, où sa sainte vie le fit désigner comme maître des novices pendant une vingtaine d’années. Il mourut en odeur de sainteté.

Roque, lui, fut admis chez les Lazaristes. Le jour de sa profession, il demanda une seule grâce au supérieur : aller voir son père une dernière fois : il y alla et put même obtenir une photographie de la rencontre.

Le nouveau Frère Coadjuteur fut rempli de zèle apostolique et participa avec grande joie aux missions des Pères : Teruel, Madrid, Fuencarrall, Alcobendas, San Sebastián (1898-1900).

Il fit la profession solennelle en 1900 à Val de Olmos.

Quand le Vatican confia aux Pères Lazaristes la mission de Cuttack (Inde), Roque se proposa d’emblée pour y aller, mais les supérieurs s’y opposèrent de façon énergique. Alors le jeune profès confia à l’un des partants la photographie dont on parlait plus haut : Quand tu seras là-bas, mets cette photographie en terre ; puisque mon corps ne pourra y être enterré, j’y aurai mis ma photographie !

En même temps que jardinier, il fut ensuite nommé infirmier à la Maison Mère de Madrid. Rien ne l’arrêtait, ni le danger de la contagion (lors de la grippe espagnole de 1918), ni le travail, ni les souffrances ; souvent il ne se couchait même pas. On le vit baiser les plaies des pieds d’un prêtre malade. Roque avait aussi cette délicieuse habitude, quand mourait un malade, d’aller déposer dans les plis de son linceul une petite prière au Bon Dieu, une demande de grâce particulière - qu’il obtint toujours.

Il réussit à se construire un petit autel, avec les ornements et le nécessaire pour y faire célébrer la messe en l’honneur de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse. C’était une joie de le voir prier le Chemin de Croix, de l’entendre parler dans les réunions. Au jardin, il ne s’arrêtait pas ; il proposait plutôt à un autre Frère de se reposer et lui demandait de lire à haute voix une page de l’Imitation de Jésus-Christ.

Il exprima souvent son désir, mieux : sa certitude qu’il serait martyr.

Le 20 juillet 1936, on apprit que deux Frères avaient été assassinés à Hortaleza. Roque se proposa immédiatement pour aller chercher des nouvelles et savoir de qui il s’agissait. Il partit en annonçant : Si je ne reviens pas, chantez un Te Deum. Il ne revint pas : arrivé près de la maison des Filles de la Charité, il constata que leur maison était saccagée ; il se planta debout devant les attaquants, comme pour protester, et reçut une balle qui lui traversa le crâne.

Le Frère Roque fut martyrisé le 22 juillet 1936 à Hortaleza (Madrid) et béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Roque Catalán Domingo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 juillet.

 

 

Trifón Tobar Calzada

1876-1936

 

Tryphon naquit le 3 juillet 1876 à Susinos del Páramo (Burgos, Espagne), troisième des cinq enfants de Vicente et Eulalia.

En 1891, il entra au noviciat des Frères Maristes de Mataró (Barcelone), où il reçut l’habit en 1892, ainsi que le nom de Jerónimo.

En 1893, il passa au scolasticat de Canet de Mar (Barcelone), et accomplit les études à l’école de Girona.

En 1895, on l’envoya en Colombie, où l’on avait besoin de Frères. Il allait y rester trente-deux ans. 

En 1897, le 15 août, il fit les vœux perpétuels.

En 1928, il revint en Europe, sa santé ayant été assez ébranlée par le climat trop humide colombien.

Il passa une année à Grugliasco (Italie), avant d’être professeur à Carrión de los Condes (Palencia), puis il fut envoyé successivement à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme, France), aux éditions FTD de Barcelone, au collège Saint-Joseph de Logroño, au collège de Haro (La Rioja), et finalement à Torrelaguna (Madrid) en 1932.

C’est là qu’en 1936 il fut fait prisonnier avec deux autres Frères, parmi une dizaine d’autres personnes.

Au matin du 22 juillet, on les fit sortir de prison pour les fusiller non loin de là dans une carrière de la région.

Le Frère Trifón-Jerónimo fut béatifié en 2013.

 

 

Vicente López y López

1884-1936

 

Vicente (Vincent) naquit le 15 décembre 1884 à Miraveche (Burgos, Espagne).

Devenu adolescent, c’était un garçon solide, replet, grassouillet, au regard clair, à la voix un peu embarrassée, dévoilant un esprit décidé, volontaire et bon. C’était le «bon géant». 

Il se présenta au noviciat des Frères de Ecoles Chrétiennes à Bujedo, avec le profond désir d’apprendre. Il récitait ses leçons à la lettre, malgré son bégaiement, qui amusait ses camarades et dont il ne se plaignit jamais.

En 1900, il reçut l’habit, et commença le noviciat avec le nom de Virginio Pedro. Il fut autant travailleur que pieux Religieux, priant souvent le chapelet, une dévotion qu’il aimait beaucoup et qu’il enseigna plus tard aussi à ses élèves.

Après cette période, son premier théâtre d’activité fut l’enseignement des enfants à Valladolid, où il se montra excellent professeur. Mathématiques, littérature, langues, histoire, géographie : ses cours étaient toujours préparés par écrit, et les résultats de ses élèves étaient excellents, pour la plus grande satisfaction des parents.

Il fut ensuite chargé de la Classe spéciale à Cadix, puis fut nommé directeur de l’école à Jerez. Il y développa les congrégations de Marie Immaculée et de l’Enfant Jésus, qui orientèrent beaucoup de garçons vers le séminaire diocésain.

En mai 1931, il y eut une première inquiétude : le couvent fut encerclé par une masse de gens furieux et menaçants ; le Frère Virginio Pedro fit consommer les Saintes Hosties du Tabernacle, pour éviter toute profanation possible, et laissa partir tous les autres Religieux par une petite porte de derrière, restant seul dans la maison. Ce jour-là, tout s’arrêta là.

Deux ans plus tard, Virginio Pedro fut nommé sous-directeur à Cueva (Almena). Dans cette ville, le maire voulait réquisitionner l’école pour en faire une école laïque. Le Frère résista, mais dut céder à la force en 1933 : il chercha à maintenir une classe, et dut liquider tout le mobilier de l’école.

L’école une fois fermée définitivement, il fut nommé comptable pour la province et, en janvier 1935, directeur de l’école à Madrid.

En septembre 1935, il fut directeur à l’école Sainte-Suzanne, en même temps que son Confrère de Cueva.

Le 21 juillet, les hordes encerclèrent l’établissement. Le Frère Virginio Pedro profita de l’agitation pour aller se réfugier chez un ancien élève.

Le lendemain, 22 juillet 1936, il voulut sortir pour aller voir ce qui s’était passé. En chemin, des enfants le saluèrent innocemment, ce qui le fit reconnaître par des miliciens, arrêter et fusiller non loin du cimetière de l’Almudena.

Le Frère Virginio Pedro a été béatifié en 2013.

 

 

Ovidio Fernández Arenillas

1888-1936

 

Issu d’une fratrie de sept enfants, dont cinq furent religieux, Ovidio naquit le 21 février 1888 à Castilfalé (León, Espagne), reçut le baptême le 25 février et la Confirmation en 1896, selon les habitudes du temps.

En 1901, il entra au séminaire des Carmes à Medina del Campo, fit la profession en 1904 et prit le nom de Eusebio de l’Enfant Jésus.

Après ses études de philosophie et de théologie à Tolède, Ávila et Salamanque, il fut ordonné prêtre en 1912.

Il fut d’abord professeur dans la classe des Humanités au séminaire, et sous-directeur.

En 1917, il fut envoyé en mission à Cuba.

D’abord curé dans la localité de Sancti Spiritus, il développa une grande activité à Camagüey, par sa prédication et ses écrits. Que ce soit à Cuba ou en Espagne, il publia en effet diverses œuvres.

En 1927, il fut de retour en Espagne, et nommé provincial, directeur du séminaire, prieur du couvent d’Ávila, maître des théologiens de Tolède, enfin prieur de Tolède.

Il avait quarante-huit ans quand la persécution espagnole vint tronquer cette vie active et si fructueuse.

Arrêté chez la famille qui l’hébergeait, il demanda aux miliciens et obtint qu’ils ne fissent aucun mal à ses hôtes.

Il fut martyrisé le 22 juillet 1936 ; le même jour furent aussi martyrisés cinq autres Carmes, dont les noms suivent. 

Tous furent béatifiés en 2007.

 

 

Eugenio Artola Sorolla

1894-1936

 

Eugenio naquit le 12 avril 1894 à Cinctorres (Castellón, Espagne), de Joaquín et Sebastiana, d’humbles cultivateurs, profondément chrétiens. Eugenio fut baptisé le jour-même de la naissance, et confirmé l’année suivante.

En 1910, il entra au noviciat des Frères Maristes de Vic (Barcelone), de là en 1911 à celui de Las Avellanas (Lleida) où il reçut l’habit en 1912, ainsi que le nom de Victorico María.

En 1913 il fit les premiers vœux, et les perpétuels en 1918.

Les étapes de son activité d’enseignant furent : Badalona (Barcelone), Palafrugell (Girona) en 1914, Sants (Barcelone) en 1915, Sitges (Barcelone) en 1919, Vallejo de Orbó (Palencia) en 1925, une région minière, en compagnie du Frère Bernardo, futur martyr lui aussi.

En 1928, il fut nommé directeur à Torrelaguna (Madrid), où il enseigna, jusqu’à la guerre civile de 1936.

En juillet 1936 il fut fait prisonnier avec deux autres Frères, parmi une dizaine d’autres personnes.

Au matin du 22 juillet, on les fit sortir de prison pour les fusiller non loin de là dans une carrière de la région.

Le Frère Eugenio-Victorico fut béatifié en 2013.

 

 

Pedro Alonso Ortega

1901-1936

 

Pedro naquit le 14 janvier 1901 à Amaya (Burgos, Espagne), un des dix enfants de Eugenio et Julia, d’humbles cultivateurs, profondément chrétiens. Pedro fut baptisé trois jours après sa naissance, et confirmé en 1904. Il reçut la Première communion en 1910.

En 1915, il entra au noviciat des Frères Maristes de Arceniega (Álava), de là en 1916 à celui de Las Avellanas (Lleida) où il reçut l’habit en 1917, ainsi que le nom de Marino.

En 1918 il fit les premiers vœux, et les perpétuels en 1923, à Burgos.

Les étapes de son activité d’enseignant furent : Arceniega (1919), Centelles (Barcelone) en 1920, La Garriga (Barcelone) en 1921, où il fut aussi cuisinier. Puis il fut nommé à Vic (Barcelone) en 1925, Arceniega en 1926, Torrelaguna (Madrid) en 1929 ; il passa une année à l’infirmerie de Las Avellanas, avant de revenir à Torrelaguna, où il enseigna, jusqu’à la guerre civile de 1936.

En juillet 1936 il fut fait prisonnier avec deux autres Frères, parmi une dizaine d’autres personnes.

Au matin du 22 juillet, on les fit sortir de prison pour les fusiller non loin de là dans une carrière de la région.

Le Frère Pedro-Marino fut béatifié en 2013.

José María Mateos Carballido

1902-1936

 

José était né le 19 mars 1902, à Encinasola (Huelva, Espagne), en la fête de saint Joseph, dont il reçut le nom au baptême.

Entré chez les Carmes, il était prieur du couvent de Montoro (Cordoue).

C’est là qu’il reçut la palme du martyre, le 22 juillet 1936.

Il a été béatifié en 2013.

 

Voir aussi la notice Carmes martyrs à Cordoue 1936

 

 

Ramón Pérez Sousa

1903-1936

 

Ramón (Raymond) était né le 1er août 1903 à Feás de Guinzo de Limia (Orense, Espagne).

Entré chez les Carmes, il était au couvent de Montoro (Cordoue), comme frère.

C’est là qu’il reçut la palme du martyre, le 22 juillet 1936.

Il a été béatifié en 2013.

 

Voir aussi la notice Carmes martyrs à Cordoue 1936

 

 

Juan Durán Cintas

1906-1936

 

Juan était né le 25 novembre 1906 à Hornachuelos (Cordoue).

Entré chez les Carmes, il prit le nom de Eliseo María et fut ordonné prêtre.

Il subit le martyre dans son couvent de Montoro (Cordoue), le 22 juillet 1936, et fut béatifié en 2013.

 

Voir aussi la notice Carmes martyrs à Cordoue 1936

 

 

Joaquín Rodríguez Bueno

1910-1936

 

Joaquín naquit le 20 août 1910 à Mazuelo de Muñó (Burgos, Espagne), dans une excellente famille chrétienne.

Il commença le noviciat chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lassalliens) en 1923 à Bujedo, prenant le nom de Ireneo Jacinto.

Il dut affronter des problèmes de santé, avec son estomac infidèle, qui retardèrent sa formation, mais non sa dévotion, en particulier le chapelet, qu’il tenait toujours dans les mains et dont il communiquait la pratique à ses élèves.

On l’envoya au scolasticat de Griñón, où sa santé se rétablit, puis il gagna le collège de Las Maravillas.

En 1931, cet établissement fut la proie des incendiaires et fut abandonné. Notre Frère fut envoyé à Chiclana, Jerez et Cadix; avant de revenir à Madrid en 1934.

S’il remplissait consciencieusement ses obligations de professeur, il n’était pas moins assidu dans l’apostolat ; on lui confia la congrégation du Saint-Nom-de-Jésus, où il suscita maintes vocations. En vérité, il portait bien son nom de famille, et même on le surnomma «le Bon».

Le Frère Irénée avait une sœur chez les Religieuses de la Charité du Sacré-Cœur, voisines des Lassalliens. Ces deux maisons furent l’objet des premières attaques des révolutionnaires en 1936.

Ces derniers ne cessaient pas de harceler les Sœurs pour leur extorquer les «richesses» qu’elles avaient cachées «dans les tunnels entre les deux communautés» (!?), jusqu’à ce que, grâce à l’intervention d’un ami bien placé, elles purent enfin trouver refuge chez lui.

Mais les Frères furent envahis chez eux ; deux furent massacrés sur place, le directeur fut vivement brutalisé ; certains purent s’évader par derrière, dont notre Ireneo.

Un de ses gros soucis était le sort de sa pauvre sœur ; il crut bon de sortir en quête d’informations ; ce lui fut fatal. Reconnu dans la rue, il fut immédiatement arrêté, conduit vers le cimetière et abattu. On croit qu’après l’avoir criblé de balles, on continua encore à lui jeter des pierres sauvagement.

C’était le 22 juillet 1936, près de Madrid. 

Le Frère Joaquín-Ireneo fut béatifié en 2013.

 

 

Jaime Carretero Rojas

1911-1936

 

Jaime était né le 27 avril 1911 à Villaviciosa (Cordoue).

Entré chez les Carmes, il se trouvait au couvent de Montoro (Cordoue).

Il était diacre et allait être ordonné prêtre.

C’est là qu’il fut martyrisé le 22 juillet 1936.

 

Voir la notice Carmes martyrs à Cordoue 1936

 

 

Clemente López Yagüe

1911-1936

 

Voir la notice Carmes espagnols martyrs

Clemente était né le 25 novembre 1911 à Campo de San Pedro (Segovie, Espagne), fut baptisé le lendemain (on remarque que la fête de saint Clément est au 23 novembre). Clemente sera confirmé en 1915.

Pauvre, il garda les troupeaux et fut employé des chemins de fer sur la ligne Madrid-Burgos.

C’est à cause de cette pauvreté qu’il ne put faire les études nécessaires en vue du sacerdoce, qu’il désirait profondément.

Il commença le noviciat en 1935 à Ségovie, et prit le nom de Clemente des Sacrés-Cœurs

On l’envoya à Tolède où, dès l’année suivante, il reçut la palme du martyre, le 22 juillet 1936.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Tomás Mateos Sánchez

1912-1936

 

Voir la notice Carmes espagnols martyrs

Il naquit le 17 septembre 1912 à Anaya de Alba (Salamanque), fut baptisé le lendemain et confirmé en 1917.

Entré au séminaire thérésien de Medina del Campo en 1924, il fit la profession carmélite à Ségovie en 1928.

Après les études de philosophie à Ávila et celles de théologie à Tolède et Salamanque, il revint à Tolède pour la profession solennelle, en 1936, le 29 juin.

Entre cette date et le 22 juillet, il reçut les ordres mineurs.

Il reçut la palme du martyre le 22 juillet 1936, et fut béatifié en 2007.

 

 

Pedro Ramón Rodríguez

1913-1936

 

Voir la notice Carmes espagnols martyrs

Pedro Ramón était né le 14 avril 1913 à Fuensaldaña (Valladolid, Espagne) et devint vite orphelin de ses parents.

Il fut éduqué dans un Centre à Valladolid.

En 1925, il entra au séminaire thérésien de Medina del Campo.

Il fit la première profession carmélite en 1929 à Ségovie, avec le nom de Hermilo de Saint-Elisée. Il étudia à Ávila, Salamanque et Tolède. 

L’année 1936 devait être celle de son couronnement : il fit la profession solennelle le 29 juin, reçut les ordres mineurs en juillet, et la palme du martyre le 22 juillet 1936.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Esteban Cuevas Casquero

1913-1936

 

Voir la notice Carmes espagnols martyrs

Esteban était né le 26 décembre 1913 à Besande (León, Espagne), le jour de la fête de saint Etienne, dont il reçut le nom au baptême, le 31 décembre. Il sera confirmé en 1914.

Orphelin de sa mère dès sa naissance, il fut éduqué par un oncle prêtre.

En 1926, il entra au séminaire thérésien de Medina del Campo.

Il fit la première profession carmélite en 1930 à Ségovie, prit le nom de Eliseo de Jésus Crucifié, étudia la philosophie à Tolède et Ávila, la théologie à Tolède. 

En 1935, il fit la profession solennelle, et reçut les ordres mineurs en juillet 1936.

Après avoir été reçu par des amis qui le cachèrent, sachant qu’il était recherché, il alla au-devant des miliciens pour éviter des ennuis à ses hôtes, et il reçut la palme du martyre le 22 juillet 1936.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Perfecto Domínguez Monge

1914-1936

 

Voir la notice Carmes espagnols martyrs

Perfecto était né le 18 avril 1914 à Besande (León, Espagne), et baptisé le lendemain. Il sera confirmé en 1914.

En 1926, il entra au séminaire thérésien de Medina del Campo.

Il fit la première profession carmélite en 1930 à Ségovie, prit le nom de Perfecto de la Vierge du Carmel, étudia la philosophie à Tolède et Ávila, la théologie à Salamanque et Tolède. 

En 1935, il fit la profession solennelle, et reçut les ordres mineurs en juillet 1936.

Il reçut la palme du martyre le 22 juillet 1936.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Rosalío Benito Ixchop

1914-1982

 

Rosalío Benito Ixchop naquit le 16 août 1914 à La Puerta (Chinique, Quiché, Guatemala).

Catéchiste et très engagé dans les activités paroissiales comme Domingo del Barrio Batz (v. 4 juin), il fut assassiné pour sa foi dans son village de La Puerta, le 22 juillet 1982.

Rosalío Benito Ixchop devrait être béatifié en 2020, avec neuf autres Martyrs du Guatemala, assassinés dans les années 80, et il sera inscrit au Martyrologe le 22 juillet.

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 23:00

21 JUILLET

 

 -VI.

 S Daniel, prophète.

II.

 S Zotique, évêque et martyr à Comane.

III.

Ste Praxedes, martyre romaine, fille de s. Pudens et sœur de ste Pudentienne (cf. 19 mai).

S Victor, martyr à Marseille, à qui fut dédié le monastère fondé par s. Iohannes Cassianus.

?

Ste Jule, vierge martyre à Troyes.

IV.

S Simeon, surnommé Salos, c’est-à-dire fou ; ermite près de la Mer Morte.

S Jean, moine compagnon de s. Siméon Salos.

VI.

S Arbogast, évêque à Strasbourg, patron du diocèse.

S Antimundus, premier évêque à Thérouanne, envoyé par s. Remi “contre le monde”. 

S Rorice, évêque à Limoges, dont le petit-fils lui succédera.

VII.

SS Jean et Bénigne, frères moines à Moyenmoutier.

XVIII.

 B Gabriel Pergaud, génovéfain à Beaulieu (Côtes d'Armor), martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

SS Alberico Crescitelli, quatrième de onze enfants, missionnaire italien en Chine, et Ruose Wang Yumei, laïc chinois, martyrs canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

XX.

Bx martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2007 :

Salésiens : José Limón Limón, prêtre, et José Blanco Salgado, coadjuteur, (tous deux nés en 1892), près de Séville ;

Diocésains : Agricola Rodríguez García de los Huertos (*1896), martyrisé le jour anniversaire de son ordination ;
   - béatifiés en 2017 :

Clarétains : Frederic Codina Picassó (*1888), prêtre, à Lleida ; 

Lazaristes : Manuel Trachiner Montaña et Vicente Cecilia Gallardo (*1915 et 1916), frères convers, près de Madrid ;

- béatifié en 2020 :

Séminariste : Antonio Caba Pozo (*1914), près de Grenade.

Daniel prophète

7e-6e siècles avant Jésus-Christ

 

Quelques indices historiques émergent du Livre de Daniel.

Il devait descendre d’une famille noble de Juda : l’historien Josèphe et saint Jérôme le disent prince royal.

Son nom, Dânî-êl, signifie Jugement de Dieu, ou Mon juge est Dieu.

Après la bataille de Karkémisch (605), Daniel est déporté avec les habitants de Jérusalem à Babylone.

Il est élevé pendant trois ans avec trois autres jeunes à la cour de Babylone, où il apprend la langue des Chaldéens et reçoit le nom chaldéen de Baltassar.

Divinement inspiré, il explique au roi un songe mystérieux d’une statue colossale abattue par une petite pierre.

On connaît mieux l’épisode de Daniel et ses amis dans la fosse aux lions, dont ils ressortent indemnes, de même que l’épisode de la fournaise ardente, dont ils ressortent sans même conserver la moindre odeur de feu. Le Cantique des trois Enfants dans la fournaise est repris dans le Bréviaire le dimanche matin et aux jours de fête.

L’écrit de Daniel aurait été écrit fort tardivement, d’après les spécialistes, reprenant des récits antérieurs retenus par la tradition orale.

On ne parle pas de la mort de Daniel, encore moins d’un dies natalis. Le Prophète était mentionné au 21 juillet dans l’ancien Martyrologe, et n’a pas été retenu dans le récent.

 

 

Praxedes de Rome

† 2e ou 5e siècle ?

 

 

Praxedes passait pour être une des deux filles de s.Pudens (v. 19 mai) et donc la sœur de s.Pudentiana.

On disait que, sous Antonin le Pieux (2e siècle), elle enterra de nuit les vingt-trois victimes d’une «rafle» de la police romaine.

Est-ce possible qu’une femme seule puisse placer vingt-trois corps inanimés dans un cimetière ? On le prétend. Peut-être fut-elle aidée par quelques amis.

Cet enterrement se fit dans le cimetière de Priscilla, où elle-même fut inhumée.

Sainte Praxedes est le titre d’une petite église proche de Sainte-Marie-Majeure à Rome. Ce titre est mentionné pour la première fois, pense-t-on, en 491. En l’absence d’autres documents, on dit aujourd’hui que Praxède mourur avant 491.

Dans cette même église, on vénère, bien sûr, la Martyre, mais aussi la Colonne de la Flagellation du Christ.

Sainte Praxedes de Rome est commémorée le 21 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victor de Marseiille

† 290

 

 

Victor était peut-être de famille sénatoriale.

Chrétien, il animait le zèle de la communauté locale.

Au passage de l’empereur Maximien, peut-être vers 290, on lui proposa le titre d’Ami de Cæsar et d’entrer au service de ce dernier. Refus de Victor.

On sait que Victor fut martyrisé, mais pas de quelle façon.

Deux siècles plus tard s’éleva à Marseille le célèbre monastère Saint-Victor.

Saint Victor de Marseiille est commémoré le 21 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simeon Salos

† 6e siècle

 

 

Simeon était d’Edesse (auj. Şanlıurfa, Turquie), où il apprit aussi le grec.

Orphelin de père, il vint un jour en pèlerinage à Jérusalem en compagnie de sa mère.

Il y rencontra un certain Iohannis, avec lequel il fit le pèlerinage en Terre Sainte ; tous deux demandèrent à entrer au monastère de Gerasimos, où les accueillit l’abbé Nikon.

Peu après tous deux se retirèrent non loin de là, dans le désert, pendant très de trente ans.

Simeon, divinement averti, se sépara de son cher ami, et s’en vint à Emèse (auj. Homs, Syrie).

Les habitants le virent dans un accoutrement souvent original, peut-être même grotesque et parfois aussi licencieux.

Ainsi, il traînait derrière lui une corde attachée à un chien crevé : on se moquait de lui, on lui envoyait des saletés, on le frappait…

Il trouva à travailler chez un commerçant, dont il distribua gratuitement toutes les denrées en une journée ; il renversa les étalages des pâtissiers ; un jour qu’on lui suggéra de prendre un bain, il se dépouilla entièrement et fila dans cet accoutrement…

Mais aussi il chassait les démons, convertissait des hérétiques, il multipliait le pain…

Le Carême, il jeûnait chaque jour, mais le Jeudi Saint, il mangeait du pain et du vin.

Il pressentit un prochain tremblement de terre : d’avance, il désigna des colonnes qui resteraient debout, d’autres qui seraient brisées, d’autres qui seraient seulement inclinées. Il en fut ainsi.

Simeon disparut pendant deux jours : on le retrouva mort dans sa hutte ; ce n’est qu’après sa mort que les habitants comprirent quel Saint ils avaient parmi eux. Quand on voulut retrouver son corps pour l’enterrer plus dignement, ce corps avait disparu, un peu comme Celui du Christ à la Résurrection.

Pourquoi Simeon se montrait ainsi ? Pour mériter les insultes de la même façon que Notre Seigneur fut insulté. Les fous du Christ sont assez fréquents en Orient, mais suffisamment encadrés pour qu’ils ne tombent pas dans des extravagances exagérées.

Saint Simeon Salos est commémoré le 21 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Arbogast de Strasbourg

† 678

 

De par son nom, Arbogast était probablement d’origine franque.

Il aurait d’abord vécu en ermite dans la forêt de Haguenau, puis fut appelé vers 677 à occuper le siège  épiscopal de Strasbourg, devenant ainsi le treizième évêque de Strasbourg, et le premier à être de souche franque.

On lui doit la première cathédrale de la ville, dédiée à Notre-Dame, ainsi que la première église paroissiale, Saint-Martin. Il fonda aussi le premier monastère d’Alsace, à Surbourg, également consacré à s.Martin (v. 11 novembre).

Arbogast aurait ressuscité le fils de Dagobert, tué par un sanglier, mais on ne voit pas bien de quel Dagobert il s’agit.

Quand Arbogast mourut, on l’enterra selon son vœu sur la Montagne Verte, près de Strasbourg.

L’église qui y fut construite par la suite au 11e siècle, fut abattue par les Luthériens en 1530. Le sarcophage du Saint servit même d’abreuvoir jusqu’en 1610, quand il fut racheté et porté à Saverne.

Saint Arbogast est commémoré le 21 juillet dans le Martyrologe Romain.

Gabriel Pergaud

1752-1794

 

Il naquit le 29 octobre 1752 à Saint-Priest-la-Plaine (Creuse).

Il entra dans la Congrégation de France des Chanoines Réguliers.

Arrêté comme prêtre réfractaire, pour son refus de prêter le serment constitutionnel, il fut conduit avec quelques centaines d'autres prêtres et religieux à bord du navire négrier Deux Associés, qui devait partir pour la Guyane, mais qui resta dans le port de la Rochelle, où la plupart des prisonniers moururent d'épuisement, de mauvais traitements, de maladies.

L'abbé Gabriel Pergaud mourut le 21 juillet 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Alberico Crescitelli

1863-1900

 

Quatrième d’une famille très chrétienne de onze enfants, Alberico naquit le 30 juin 1863 à Altavilla Irpina (Avellino, non loin de Naples, Italie).

Son père le chargea tout jeune encore de contrôler des propriétés agricoles, ce qui lui donna une réelle compétence dans la matière et une heureuse disposition pour les sciences naturelles, mais l’empêcha de fréquenter assidûment l’école.

Pour y remédier, le papa le confia au curé, qui entreprit de bien former le jeune garçon, en même temps qu’il le guidait dans les voies de Dieu. Peu à peu, Alberico sentit en lui la vocation au sacerdoce et au zèle missionnaire.

Il entre au Séminaire Pontifical romain des Saints Pierre et Paul, l’actuel Institut Pontifical pour les Missions Étrangères (PIME). Il y reste sept années, obtenant avec succès les grades académiques.

Il est ordonné prêtre en 1887 et passe quelque temps dans son pays.

On lui propose alors d’enseigner à Naples, dans le Collège Chinois fondé un siècle auparavant par Matteo Ripa, mais Alberico n’y voit pas là sa vraie vocation.

Il devait partir en septembre pour Rome et rejoindre sa destination de missionnaire, mais une terrible épidémie de choléra frappa  Altavilla, dont la moitié de la population mourut, tandis que le reste de la population fuyait dans les environs. Il restait à Altavilla quelques bonnes volontés, dont Alberico, pour assister les malades et ensevelir les morts. Son dévouement fut salué par le Ministre de l’Intérieur, qui lui remit la médaille de bronze du Mérite, en 1889.

Finalement, Alberico quitte son pays et sa famille et rejoint Rome d’où, après quelques mois de préparation et ayant reçu la bénédiction du pape Léon XIII, il part pour Gênes, Nice et Marseille. C’est enfin l’embarquement : après un mois de navigation, Alberico (et son Confrère Vincenzo Colli) arrivent à Shanghai en mai 1889.

Après environ trois mois et quelque deux mille kilomètres de voyage en barque, les deux prêtres arrivent à Siaochai, où se trouve une ancienne communauté chrétienne, fondée par le missionnaire jésuite Étienne Lefèvre, martyr.

Il fallait s’habituer aux coutumes chinoises, à l’habillement, à la langue surtout, qui fut rébarbative à Alberico. Il décrivait tout cela dans son abondante correspondance avec sa chère maman.

Alberico fut chargé des régions de Mienhsien, Loioyang e Ningkiang, les plus éloignées. Il y mit toute son ardeur, convertissant, baptisant, détruisant le paganisme.

Mettant à profit ses compétences agricoles, il chercha à créer des coopératives, pour rapprocher les paysans et les chrétiens trop dispersés.

En 1898, des pluies torrentielles ruinèrent les récoltes ; il y eut des restrictions alimentaires. Le Père Alberico fit tout ce qu’il put pour obtenir que les chrétiens eussent les mêmes rations que les autres, d’autant plus qu’il s’occupait de plusieurs centaines d’orphelins. Ce fut là un des débuts de l’aversion des païens envers lui, car ils l’accusaient de les priver de nourriture au profit de ses propres œuvres.

Des événements politiques agitèrent la Chine. L’empereur fut sauvé grâce aux Nations occidentales, mais le sentiment anti-occidental se répandit et particulièrement à l’encontre des missionnaires, qui furent persécutés : églises détruites, exécutions de missionnaires et de fidèles chinois chrétiens. Même l’empereur émit un décret contre eux, qui en démentait deux autres favorables.

C’est dans ces circonstances houleuses que surgit la fameuse agitation des Boxers, décidés à éliminer toute présence étrangère du sol chinois. Quand le décret impérial interdisant les missionnaires fut publié, les Boxers se déchaînèrent. Un protocole de paix fut signé en septembre 1901 après l’intervention des Puissances alliées. Mais ce n’était pas la paix assurée.

Le Père Alberico avait reçu le conseil de changer de région pour être un peu plus protégé et se rendit au marché de Tsin-kan-ping, où il devait passer le bureau de la douane.

Le douanier le reconnut, et feignit de vouloir le protéger en le mettant au fond du bureau. A onze heures du soir, la population encerclait le bureau et le douanier, simulant un sentiment de profond regret, déclara au missionnaire que sa seule voie de salut était de fuir par la porte arrière, qu’il ouvrit et referma derrière Alberico. D’après la loi, personne n’avait le droit de violer le bureau de la douane, de sorte que le père Alberico y était en sûreté ; mais dès qu’il fut dehors, la populace lui fondit dessus.

Il fut frappé au front, et la peau lui retombait sur les yeux ; on lui arracha presque un bras ; on le frappa au nez et aux lèvres ; puis on se déchaîna contre lui à coups de bâtons et de couteaux. On l’attacha à un pieux comme on le fait pour transporter une bête portée sur les épaules. Sur la place du marché, on lui brûla la barbe et les moustaches. Malgré l’intervention un peu timide d’un mandarin qui voulait au moins apporter une civière pour le transporter, les meneurs de l’agitation lièrent les chevilles du père Alberico et le traînèrent, mourant, près du fleuve, où ils essayèrent de le décapiter et, n’y réussissant pas, se servirent d’une grande lame comme d’une scie pour l’achever, à deux. Puis on mit son corps en morceaux, qu’on jeta dans le fleuve.

Ainsi mourut martyr le père Alberico Crescitelli, le 21 juillet 1900 à Yentsepien. Il avait passé douze années au service matériel et spirituel des populations.

Béatifié en 1951, il a été canonisé parmi les cent-vingt Martyrs de Chine et du Tonkin en 2000. Ces Martyrs sont fêtés ensemble le 9 juillet, et sont commémorés séparément chacun à leur dies natalis.

 

 

Ruose Wang Yumei

1832-1900

 

Ruose Wang Yumei (Josephus), né vers 1832 à Weixian (Hebei), martyrisé le 21 juillet à Daning (Weixian, Hebei).

Il a été béatifié en 1946 et canonisé en 2000.

Frederic Codina Picassó

1888-1936

 

Né le 7 mai 1888 à Barcelone, Frederic était le fils de gens modestes, Frederic et Elvira.

Leur pauvreté leur suggéra de confier leur enfant aux pères Clarétains.

A onze ans, Frederic commença l’étude du latin au séminaire de Barbastro et fit ses humanités. En 1903, il commença le noviciat et fit la première profession en 1904 à Vic. Pour la philosophie et la théologie, il fut à Cervera et Alagón.

Il fut ordonné prêtre en 1912.

Il fut d’abord professeur à Barbastro (de rhétorique, grec et histoire), puis en 1917 fut chargé de la prédication. En outre, il fut supérieur de communautés, successivement à Berga, Cervera, Lleida, Xátiva, puis de nouveau à Cervera et finalement Lleida.

Parmi tous ses mérites, il eut celui de résister aux pressions des autorités civiles de Cervera, qui voulaient s’emparer du grand édifice de la Congrégation, ancien bâtiment de l’université.

Le 18 juillet 1936, jour de la Saint-Frédéric, le p. Codina eut cette parole prophétique : La situation est vraiment mauvaise ; demain on verra nos têtes rouler dans les rues.

Le 19, il conseilla à tous les membres de s’habiller à la paysanne et, s’ils le voulaient ou le pouvaient, d’aller se réfugier chez des amis.

Le 21, alors qu’il célébrait la messe, il dut s’interrompre à l’évangile et s’enfuir dans une maison voisine avec ceux qui restaient. Il portait avec lui le Saint-Sacrement. Il donna à tous l’absolution générale, et tous s’offrirent alors à Dieu pour le salut de l’Espagne.

Juste après les miliciens pénétrèrent pour «contrôler». Ils emmenèrent tout le monde en prison,  laissant un des plus âgé, qui était aveugle, et mettant à part le p.Codina.

Ils poussèrent le p.Codina pour le faire aller à pied à la prison, mais au bout de quelques mètres, ils l’abattirent. C’était le premier martyr de Catalogne.

Le p.Codina fut martyrisé le 21 juillet 1936 à Lleida et béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Frederic Codina Picassó sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 21 juillet.

 

 

José Blanco Salgado

1892-1936

 

José était né le 10 novembre 1892 à San Bortolomé de Ganade (Orense).

Il fut très tôt orphelin de père, et dut rester auprès de sa mère pour l’aider au moulin.

Une infirmité incurable l’empêcha d’accéder au sacerdoce, de sorte qu’il resta chez les Salésiens comme frère coadjuteur laïc.

Il entra comme aspirant à Écija, où il fut parmi les meilleurs élèves.

Il commença le noviciat en 1912 à San José del Valle, fit les vœux en 1914, noté pour ses excellentes qualités morales, mais aussi pour son tempérament parfois un peu brusque.

Il travailla dans la communauté de Málaga de 1915 à 1930, sauf quatre ans à Écija.

Il fut responsable de la maison de Morón, (1930-1933) puis de celle de San José del Valle pendant un an, et de nouveau à Morón à partir de 1934.

Là, il partagea en partie le sort du père José Limón, qu’on pourra lire par ailleurs.

Le dimanche 19 juillet à dix heures du matin, des miliciens vinrent fouiller la maison : José leur remit d’emblée un fusil (pour lequel ils avaient déjà accordé une licence, peut-être un fusil de chasse). Il y eut une fouille en règle. José préféra rester avec les prêtres, que de s’enfuir. Puis il suivit le directeur et don Rafael vers la prison, entre deux rangs de miliciens.

Le 20, ils furent libérés par la Garde Civile, mais ils étaient exposés à tous les dangers. José commença par se rallier aux Gardes et prit son arme, pensant devoir ainsi défendre les familles. Là-dessus, le directeur lui fit remarquer qu’il pouvait plutôt aller soigner les blessés : José posa son arme, et alla prêter ses services.

Le 21 juillet après-midi, il s’agenouilla aux pieds du prêtre pour recevoir l’absolution.

On les trompa en leur promettant la vie sauve. Ils sortirent, les mains en l’air, et alors les miliciens tirèrent de tous côtés. José tomba parmi les premiers.

Gravement blessé (il avait le poumon droit perforé), il se traîna et alla s’effondrer un peu plus loin devant un appartement dont on avait enfoncé la porte. C’est là qu’il dut expirer, après quelques heures d’agonie dans la solitude. On put observer la main-courante maculée du sang de ses mains.

On le retrouva et on l’enfouit dans une fosse commune.

Il fut béatifié avec Don José Limón, en 2007.

 

 

José Limón y Limón

1892-1936

 

José était né à Villanueva del Ariscal (Séville, Espagne) le 27 décembre 1892, d’humbles et honnêtes parents.

De son enfance, on n’a rien retenu que cette magnifique déclaration de son curé : José Limón, quatorze ans, a une conduite exemplaire, une piété remarquable et des mœurs pures et chrétiennes.

Il est difficile de dire mieux sur un adolescent. José passa deux ans au séminaire de Pamplona, puis entra comme aspirant au Collège de la Sainte Trinité de Séville, tenu par des Salésiens. 

Première profession en 1912, ordination sacerdotale en 1919.

Il fut d’abord quatre ans à Utrera, puis quatre autres à Cádiz. En 1927-1930, il est directeur de la maison de Carmona où il se distingue par son amour pour les pauvres. Puis il fut curé à San José del Valle, en même temps que confesseur des novices (1930-1933), directeur de la maison de Arcos de la Frontera (1933-1935), enfin directeur de la maison Morón de la Frontera en 1935.

Don José semblait timide, il avait un rire franc avec de bonnes blagues saines, une mémoire excellente qui lui faisait déclamer des vers ; toujours dévoué pour aider sans tarder ses Confrères ; un vrai salésien très apostolique.

Au soir du 18 juillet 1936, les habitants du Collège de Morón virent des gardes rouges tourner autour de la maison.

Le 19 au matin, la maison était entièrement entourée et isolée. Il y avait là seulement quatre prêtres salésiens, dont le directeur Don José Limón et le coadjuteur José Blanco Salgado.

A dix heures du matin, se présenta un groupe de miliciens qui, sous la menace des armes, demanda à enregistrer les présents. Ils fouillèrent l’église, la dispense, cherchant la cachette des armes, en pointant plusieurs fois un couteau à la tête de José Blanco.

Finalement, ils lièrent les mains des Salésiens pour les humilier davantage et les firent monter en camion en direction de la prison. Les curieux s’approchaient. On arriva devant la mairie, où on voulait les fusiller, mais six gardes municipaux prirent en charge les prisonniers pour les conduire à la prison. C’était midi.

Le lendemain, lundi 20 juillet, craignant qu’on mît le feu à la prison, les gardes firent transporter tous les prisonniers au quartier de la Garde Civile. Il y avait là une cinquantaine de prisonniers, et en face d’eux se trouvaient les enfants des gardiens, tous élèves du collège salésien. 

Quelques-uns vinrent se confesser à Don José, qui leur donna calmement l’absolution.

Au matin du 21 juillet, des résistants mirent le feu à la porte de la Garde Civile. On laissa sortir les femmes et les enfants, qui partirent vers la mairie. Les prisonniers restants pensèrent sortir à leur tour. Don José pensait retirer sa soutane, mais un Confrère lui répondit : De toutes façons, on te reconnaîtra ; mieux vaut mourir avec.

Ils sortirent, les mains en l’air. On les fit marcher jusqu’à la place de la mairie. Il y eut une décharge toute proche, encore des tirs, tout le monde était à terre. Il était sept heures et demi du soir.

Une heure après, profitant de l’obscurité, on vint enlever les corps dans un camion, et on tira de nouveau sur le père José, qui gémissait doucement, tout en répétant Jésus, miséricorde ! Seigneur, pardon !

Ils jetèrent au sol les onze victimes. Don José reçut encore un dernier coup de pistolet, et émit un dernier gémissement. Puis les miliciens les laissèrent là et s’en allèrent.

C’était au soir du 21 juillet 1936.

Le lendemain, les corps des victimes furent ensevelis dans une tombe commune du cimetière.

Don Rafael Infantes, qui était parmi les victimes, mais fut seulement blessé, se releva un peu plus tard dans la nuit et put s’enfuir. C’est lui-même qui raconta tous ces détails, et qui, en 1966, comme directeur de la même maison, procéda à l’exhumation des restes de Don José Limón et du frère coadjuteur, José Blanco.

Don José Limón et José Blanco furent béatifiés en 2007.

 

 

Agrícola Rodríguez García de los Huertos

1896-1936

 

Né le 18 mars 1896 à Consuegra (Tolède, Espagne), Agrícola reçut le Baptême quatre jours plus tard, et la Confirmation en 1903, selon la coutume.

Précoce, il quitta ses parents et ses sœurs à sept ans, pour aller au collège de Burgos, tenu par les Frères Maristes.

A dix ans (1906), il entra au Petit séminaire de Burgos, et en 1908 au Grand séminaire Saint-Hildephonse de Tolède, d’abord pour y étudier la philosophie, puis la théologie.

En 1918, le 21 juillet, il fut ordonné prêtre. Mystérieusement, ce sera ce même 21 juillet qu’il tombera sous les balles ennemies.

Il reçut en 1921 le doctorat de théologie.

Dès son ordination, il reçut la mission de coadjuteur dans la paroisse de Villacañas, puis reçut la paroisse de Guadamur en 1925, pour passer à Mora en 1928 et finalement recouvrir la charge de vicaire économe.

De l’avis de tous, c’était un prêtre exemplaire en toutes choses, dans ses qualités humaines, dans ses activités pastorales. On le voyait chaque matin à six heures dans l’église, priant le Bréviaire, se préparant à la Messe, confessant jusqu’à neuf heures.

Lors d’une mission à Manzaneque, en septembre 1931, il prêcha pour la fête du Christ de la Foi. Il invita les fidèles à maintenir ferme leur foi catholique, malgré les difficultés du moment (car si la Guerre civile ne devait éclater qu’en 1936, l’ambiance était déjà très anti-cléricale au début des années trente).

Cette homélie lui valut d’être dénoncé par deux musiciens de l’harmonie de Mora, qui se trouvaient là pour la fête de Manzaneque. Le prêtre fut conduit en prison sous l’accusation d’avoir prêché contre la République, et resta enfermé pendant trois mois. Dès sa libération, il reprit ses activités pastorales, mais il était catalogué, et il savait à quoi s’attendre.

L’occasion se présenta lors de la Guerre civile de 1936.

Dès le 21 juillet, des révolutionnaires vinrent le trouver à l’église. Il était seize heures ; le curé était à la sacristie et leur ouvrit la porte, les priant de respecter les dames et le petit enfant qui s’y trouvaient.

Ils lui répondirent : C’est seulement pour toi qu’on vient ; avance ! Ils le tirèrent violemment dans la rue, le firent marcher quelques mètres sur le trottoir et lui tirèrent à bout portant.

Un témoin le vit s’affaisser la tête en avant ; il avait une plaie sur la droite de l’épaule. Ses lunettes tombèrent sur le trottoir. Il fit quelques pas en direction de sa maison. Un peu plus loin, il reçut une deuxième décharge, qui le fit tomber à terre. On le croyait mort, mais il put un peu se redresser et s’asseoir sur le bord du trottoir. Un milicien s’approcha et lui envoya un coup de pied dans la poitrine, qui le fit allonger sur le dos ; le milicien se mit à improviser une espèce de danse burlesque sur le corps du prêtre. Une fille de quinze ans lui tira dans la poitrine.

Ce n’était pas fini… On porta le Martyr au cimetière. Avant de l’introduire dans la tombe, on lui tira un coup dans la tête, parce qu’il avait encore quelque chose de vivant.

Don Rodríguez García fut ainsi martyrisé le 21 juillet 1936. Il avait quarante ans, et exactement, jour pour jour, dix-huit ans de sacerdoce.

C’était le premier martyr de l’Eglise de Tolède, un diocèse qui perdit dans cette persécution 60% de son clergé.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Vicente Cecilia Gallardo

1914-1936

 

Vicente naquit le 10 septembre 1914 à Cabra (Cordoue), fils de Vicente Cecilia Lama et de María della Sierra Gallardo Nieto, laquelle mourut lorqu’il avait trois ans. La famille de cette maman entoura d’amour le petit garçon et l’aida beaucoup.

Après l’école primaire, Vicente apprit le métier de charpentier, chez son oncle Miguel Torres.

En 1935, il entra dans la Congrégation des Pères Lazaristes (Vincentiens) comme frère convers, où cependant il n’allait faire qu’un bref noviciat, à Hortaleza (Madrid).

Le Fr.Vicente était très serviable, bon et doux ; quand il se trouvait avec des enfants, il leur enseignait à prier le Chemin de Croix ou à aller prier devant la statue de la Sainte Vierge.

Après les élections de 1936, la situation devenait très difficile pour l’Eglise en Espagne, et les parents de Vicente lui conseillèrent de revenir à la maison ; le jeune homme leur répondit que sa volonté était d’être religieux et que, mort ou vif, il le resterait.

Le 19 juillet, il y eut un premier «contrôle», ce qui amena les supérieurs à conseiller aux jeunes Frères de gagner prudemment leurs familles ou quelque endroit sûr. C’est ainsi qu’au petit matin du 20 juillet, Vicente et Manuel Trachiner Montaña sortirent du couvent par une petite porte : ils espéraient gagner Madrid à travers champs et aller ainsi trouver le P.Provincial de Madrid.

Mais au poste de contrôle de Canillas (district d’Hortaleza, peu avant Madrid), des miliciens ouvrirent leurs valises et y découvrirent leur habit avec le Crucifix ; ils pouvaient toujours dire qu’ils étaient charpentiers, ils ne pouvaient nier qu’ils étaient religieux. On les fusilla.

Vicente et Manuel furent ainsi martyrisés au petit matin du 21 juillet 1936 à Hortaleza (Madrid) ; ils avaient vingt-deux et vingt-et-un ans.

Ils furent béatifiés en 2017.

Le nom du bienheureux Vicente Cecilia Gallardo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 21 juillet.

 

 

Antonio Caba Pozo

1914-1936

 

Antonio Caba Pozo naquit le 1er décembre 1914 à Lanjarón (Grenade, Espagne).

Entré au Petit séminaire en 1927, il passa au Grand pour se préparer au sacerdoce et allait commencer la troisième année de théologie.

Il écrivait souvent à sa sœur - qui devait entrer chez les Sœurs de la Charité - et disait que son unique désir était de devenir un saint : J’étudie beaucoup, pour sauver beaucoup d’âmes ; car moi aussi je voudrais être saint.

Antonio fut arrêté le 19 juillet à Domingo Pérez, par des miliciens anarchistes qui se moquèrent de lui et le menacèrent, tandis qu’il demeurait serein et courageux.

Le 21 juillet, on voulut transférer les prisonniers de Lanjarón à Órgiva, pour échapper à l’attaque des nationalistes ; en route, ils furent attaqués et se dispersèrent, mais Antonio continua de marcher en priant le chapelet, quand il fut blessé par balles. Il ne mourut pas sur le coup et fut transporté à l’hôpital de Grenade pour y être soigné et reconduit chez les siens à Lanjarón. Là, il eut seulement le temps de recevoir l’Onction des Malades et expira.

Antonio Caba Pozo devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 21 juillet.

 

 

Manuel Trachiner Montaña

1915-1936

 

Le père de Manuel, Francisco, avait déjà deux fils de son premier mariage ; veuf et remarié avec Remedios, il en eut deux autres, dont Manuel, avant d’être veuf une deuxième fois.

Manuel naquit le 22 septembre (ou novembre) 1915 à Puzol (Valencia) et était encore petit à la mort de sa mère. Aussi le papa le confia aux Religieuses de Valencia. Celles-ci l’entourèrent avec un esprit tout maternel et surent orienter ce bon garçon vers la famille des pères Lazaristes.

Devenu frère dans cette Congrégation, il exerça le travail de menuisier avec le talent d’un chef d’atelier.

On a vu dans la notice de Vicente Cecilia Gallardo les circonstances dans lesquelles les deux Frères quittèrent leur maison d’Hortaleza et furent arrêtés.

Vicente et Manuel furent ainsi martyrisés au petit matin du 21 juillet 1936 à Hortaleza (Madrid) ; ils avaient respectivement vingt-deux et vingt-et-un ans, ou presque. D’après certains textes, ils auraient été fusillés à un jour d’intervalle, mais ce n’est pas la version de la Congrégation lazariste.

Ils furent béatifiés en 2017.

Le nom du bienheureux Manuel Trachiner Montaña sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 21 juillet.

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19 juillet 2020 7 19 /07 /juillet /2020 23:00

20 JUILLET

 

-IX.

S Elie le Thesbite, prophète de l'Ancien Testament (cf. 1R 17-2R 2).

I.

S Joseph Barsabbas le Juste, candidat au remplacement de Judas (Act 1:23), un des soixante-douze disciples du Christ.

III.

Ste Marina (Marguerite), martyre à Antioche de Pisidie, apparue à Ste Jeanne d'Arc et comptée parmi les quatorze Saints Auxiliaires, invoquée pour les femmes en couches.

IV.

S Frumentius, premier apôtre de l'Ethiopie : venu d'Inde, esclave puis secrétaire du roi, il se mit à évangéliser et fut consacré évêque à Axoum par s. Athanase ; la liturgie éthiopienne le nomme "Père pacifique" et "Révélateur de la lumière".

V.

S Aurelius, primat d'Afrique au temps de s. Augustin, avec qui il lutta contre les erreurs de Donat, Tertullien et Pélage.

?

Ste Colombe, martyre à Coimbra.

S Sévère, à Cassino.

Ste Wilgeforte, vierge crucifiée ; c'est peut-être une pure légende, provenant de l'habillement qu'on fit d'un crucifix (Lucques), ou de la miraculeuse défiguration d'une vierge portugaise qui, voulant rester consacrée, obtint de porter une longue barbe ; on l'aurait aussi appelée : Ontkommer, Uncumber, Commere, Kumeria, Kümmernis, Eutropia, Regenfledis, Gwer, Liberata, Livrade, Paula ; invoquée contre les turbulences maritales.

VI.

SS Flavien et Elie, évêques respectivement à Antioche et Jérusalem, tous deux exilés pour leur attachement à la doctrine du concile de Chalcédoine.

VII.

Ste Sévère, abbesse à Trèves.

VIII.

S Wulmar, de Boulogne, ermite puis abbé à Samer.

IX.

S Anségise, abbé à Saint-Germain-de-Fly, à Luxeuil et à Fontenelle, mort paralysé.  

S Pablo, diacre martyr à Cordoue, après avoir défendu la divinité du Christ.

XII.

B Bernward, évêque à Hildesheim, aveugle les douze dernières années de sa vie.

XIX.

SS Anna Kim Chang-gŭm, Luchia Kim Nusia, Magdallena Yi Yŏng-hŭi, Maria Wŏn Kwi-im, Mareuta Kim Sŏng-im, Theresa Yi Mae-im, Rosa Kim No-sa, et Yohan Yi Kwang-nyŏl, martyrs coréens, canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

S José-María Díaz Sanjurjo, dominicain espagnol, évêque martyr au Tonkin, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

SS Léon-Ignace Mangin, Paul Denn, missionnaires jésuites français, ainsi que Mali Zhu Wushi, qui chercha à protéger le père Léon au moment où il célébrait ; en outre : Baiduo Zhu Rixin, Mali Fu Guilin (maîtresse d'école), Mali Zhao Guoshi et ses filles Luosa Zhao et Mali Zhao (qui se précipitèrent dans un puits pour ne pas être violées), et Chi Zhuze (catéchumène de dix-huit ans), martyrs en Chine, canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiées en 1998 :

Sœurs de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus : Rita Josefa Pujalte y Sánchez (Rita de N.Dame des Douleurs, *1853) et Francisca Aldea Araujo (F. du Cœur de Jésus, *1881), près de Madrid  ;

- béatifiés en 2007 :

Salésiens : Antonio Fernández Camacho (*1892), prêtre, à Séville ;

Carmes Déchaux : Josep Tristany Pujol (Lluc de Saint-Joseph, *1872), Antoni Bosch Verdura (Jordi de Saint-Joseph, *1889), prêtres, et Joan Páfila Monllaó (Joan Josep de Jésus Crucifié, *1911), profès, à Barcelone ;

Dominicains : Abraham Furones y Furones Arenas (Luis, *1892), prêtre, et Jacinto García Riesco (*1894), profès, à Madrid ;

- béatifié en 2013 :

Frères Maristes : Argimiro (León Argimiro, *1913), à Madrid.

B Luigi Novarese (1914-1984), prêtre italien fondateur des Centres Volontaires de la Souffrance et des Ouvriers Silencieux de la Croix, pour expliquer aux malades le sens chrétien de la souffrance ; béatifié en 2013.

Elie

9e siècle avant Jésus-Christ

 

Prophète de l’Ancien Testament, dont le nom signifie “mon Dieu est Yahvé”, il dut rappeler à l’ordre ses contemporains qui sombraient dans l’idolâtrie.

Pour commencer son action, il annonça : “Il n’y aura, ces années-ci, ni rosée ni pluie, si ce n’est sur ma parole.” Il y eut une grande sécheresse dans le pays et le roi voulut le faire partir : Elie se réfugia près d’un torrent dont il buvait, et Dieu lui envoyait des corbeaux pour lui apporter de la nourriture.

Un jour qu’il mourait de faim après une longue marche, il passa chez une pauvre veuve ; celle-ci lui offrit ce qui lui restait d’huile et de farine pour elle et son petit garçon : en reconnaissance, le prophète lui annonça qu’elle ne manquera jamais d’huile ni de farine jusqu’à la fin de la sécheresse. Il arriva que le petit garçon mourut : Elie se pencha sur lui et obtint de Dieu de le ressusciter.

Il vint ensuite affronter le roi qui l’avait contraint à l’exil et le soumit à un défi : on préparerait un sacrifice de deux taureaux ; les quatre-cent-cinquante “prophètes” de Baal prieraient leur dieu, et lui, Elie, prierait Dieu ; on verrait quand le sacrifice s’enflammerait. Les prophètes de Baal n’obtinrent rien, tandis qu’à la prière d’Elie, le sacrifice fut entièrement consumé par le feu du ciel, y compris l’eau avec laquelle il avait fait arroser par trois fois le sacrifice. A la suite de quoi tout le peuple crut en Dieu, et les quatre-cent-cinquante faux prophètes furent égorgés.

Le prophète disparut d’une manière vraiment extraordinaire. Il marchait avec son disciple Elisée non loin du Jourdain. Elie se trouva soudain séparé de son fils spirituel par un char de feu et des chevaux de feu. Et il monta au ciel dans un tourbillon. Elisée ne le vit bientôt plus.

On peut lire le texte intégral de ces épisodes et d’autres encore dans la Bible, au premier “Livre des Rois”, chapitres 17-21.

En Terre-Sainte, à l’extrémité sud-est de la chaîne du mont Carmel, on garde le souvenir du sacrifice d’Elie. Toute la contrée, juifs et chrétiens, rend un culte touchant au saint prophète, qui est fêté le 20 juillet.

 

 

Joseph Barsabbas

1er siècle

 

Joseph fils de Sabbas, ou Barsabbas, apparaît dans les Actes des Apôtres au moment où Pierre propose à l’assemblée de choisir un remplaçant à l’Apôtre déchu Judas. C’est le premier acte de Pierre après l’Ascension du Seigneur.

L’épisode est en Ac 1:15-26. Mais de ces versets, seul le verset 23 parle de Joseph, et c’est tout ce que l’Ecriture nous en dira : Joseph, dit Barsabbas, surnommé Justus.

Si le sort était tombé sur lui, nous en aurions peut-être appris un peu plus, quoique même de saint Matthias nous ne savons pas beaucoup de choses certaines.

Ce qui est sûr, c’est que comme Matthias, Joseph était parmi ceux qui ont “accompagné les disciples tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu au milieu d’eux, en commençant au baptême de Jean jusqu’au jour où il fut enlevé”. Ce sont les propres paroles de Pierre. Il est donc probable que tous deux aient été des soixante-douze disciples choisis par Jésus-Christ.

On pourrait supposer que le surnom de Juste a pu être donné à Joseph par son entourage à cause de sa particulière honnêteté, le mot latin iustus signifiant littéralement “conforme au droit”.

D’après l’historien Eusèbe, qui se réfère à saint Papias, “Justus, surnommé Barsabbas, but un poison mortel et par la grâce du Seigneur n’en éprouva aucun mal”.

On rappellera ici le commentaire de saint Jean Chrysostome, qui souligne l’humble douceur avec laquelle Joseph accepta le choix de son “concurrent” Matthias, et resta à sa place sans murmurer.

On ne connaît pas son dies natalis et il fut introduit tardivement dans le Martyrologe romain, au 20 juillet actuellement.

 

 

Marina d’Antioche

† 300

 

Marina (devenue Margarita en Occident) était, disait-on, la fille d’un prêtre païen d’Antioche de Pisidie (auj. près de Yalvaç, Isparta, Turquie CW).

Quand elle se convertit au christianisme, son père la chassa. Elle alla garder les troupeaux chez son ancienne nourrice.

A quinze ans, elle fut convoitée par un préfet nommé Olybrius, mais elle refusa, proclamant sa foi chrétienne.

Le préfet lui fit subire toute une suite de tourments : prison, flagellation, écorchures avec les ongles de fer. Remise en prison, elle aurait chassé d’un signe de croix le Démon (ou peut-être une grave tentation).

A nouveau interrogée, on lui appliqua les torches ardentes, dont elle ne sentit rien, et on la jeta dans une cuve d’huile bouillante, dont elle sortit indemne (ce trait rappelle le martyre de s.Jean, v. 27 décembre).

Elle gagna alors au Christ une foule d’assistants par son ardente exhortation : tous furent décapités sur place, puis elle aussi à son tour.

On croit pouvoir placer ce martyre à la fin du 3e siècle.

Vu la longue résistance de Marina à tant de tourments, elle fut invoquée en maintes situations et fit partie des Quatorze Saints Auxiliaires, mais ce sont particulièrement les femmes enceintes qu’on lui recommanda.

Notons ici que c’est cette sainte Marguerite que ste Jehanne d’Arc remarqua parmi ses Voix, v. 30 mai). 

Sainte Marina d’Antioche est commémorée le 20 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Frumentius d’Ethiopie

4e siècle

 

Frumentius et son camarade (frère ?) Ædesios vinrent avec leur précepteur de Tyr en Ethiopie.

Après l’accostage, les habitants massacrèrent tout l’équipage et pillèrent le bateau, mais non les deux garçons, qu’ils amenèrent au roi.

Ædesius devint l’échanson du roi, Frumentius son secrétaire.

Frumentius s’empressa de prêcher le christianisme. Il obtint que les négociants grecs eussent des oratoires pour leur liturgie.

Une quinzaine d’années plus tard, Frumentius et Ædesius obtinrent - non sans peine - de revenir chez eux : Ædesius regagna Tyr, où il devint prêtre ; Frumentius s’arrêta en Alexandrie pour informer s.Athanase (v. 3 mai) des développements chrétiens en Ethiopie : Athanase ordonna évêque Frumentius et l’envoya comme premier évêque de ce pays.

Frumentius gagna beaucoup d’âmes au Christ.

Ayant apporté «la paix du Christ», il reçut le surnom d’Abba Salama (Père Pacifique) et aussi celui de Révélateur de la Lumière. On le considère comme l’apôtre de l’Ethiopie, même si l’on croit que s.Matthieu y alla dès le 1er siècle (v. 21 septembre).

Saint Frumentius d’Ethiopie est commémoré le 20 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aurelius de Carthage

† 430

 

Aurelius appartenait au clergé de Carthage (act. Tunisie N). 

En 388, il y était diacre ; il fut ordonné évêque de Carthage vers 391. A cette époque, s.Augustin (v. 28 août) venait d’être ordonné prêtre. Une grande amitié lia les deux hommes.

Aurelius était un très saint homme, peut-être peu lettré, mais rempli de zèle pour la Vérité et exigeant pour la faire respecter.

Le siège de Carthage était le plus important de l’Afrique (excepté Alexandrie et l’Egypte) : Aurelius était l’archevêque de quelque cinq cents évêques.

Contre le paganisme encore vivant, Aurelius supprima les fêtes mondaines en l’ «honneur» des martyrs et les transforma en veillées de prières et de chants. Il fit dresser sa chaire épiscopale à l’endroit même de la statue d’une déesse punique, qu’on appelait Cælestis.

Pour la prédication, il confia à ses meilleurs prêtres la charge d’enseigner la Parole, pour préparer plus aisément sa participation aux nombreux conciles régionaux.

Concernant la vie monastique, il pria s.Augustin (v. 400) d’écrire un ouvrage pour exposer les vrais devoirs des moines, et corriger ceux-ci d’une certaine paresse.

Contre le donatisme, il organisa dès 403 des conférences publiques, qui aboutirent en 411 à la condamnation de cette doctrine. S.Augustin y parla avec grande autorité.

Il y eut aussi le pélagianisme, qu’Aurelius poursuivit avec toute son énergie : ce travail lui coûta les dernières années de sa vie, mais aussi l’estime des papes. 

A Carthage se produisit un jour une révolte ; des vies humaines allaient être sacrifiées : Aurelius s’interposa, s’humilia devant le gouverneur pour sauver ces vies. Il eut gain de cause.

Il prit toujours la défense de s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre), dans les tristes péripéties de ce dernier.

Aurelius mourut apparemment le 20 juillet 430, au moment où apparaissaient en Afrique les Vandales, qui allaient tellement faire souffrir l’Eglise dans cette région.

Saint Aurelius de Carthage est commémoré le 20 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Wulmar de Boulogne

620-697

 

Wulmar (ou Wulmer) naquit vers 620 dans le Boulonnais, de Walbert et Dude, qui eurent un autre garçon, Warner ; la fille de ce dernier, qu’on va retrouver plus tard, s’appelait Bertane ou Heremberthe.

Notre Wulmar épousa Osterhilda qui, cependant, avait été promise à quelque autre prétendant ; ce dernier, se prévalant d’un certaine loi franque, obtint la dissolution du mariage (642).

Wulmar alors alla frapper au monastère de Hautmont, où on l’employa à charrier du bois. Wulmar était en effet illettré, mais il cherchait à apprendre, tout en conduisant les bœufs : on l’aida, il étudia avec ardeur, il fut ordonné prêtre.

Humble avant le sacerdoce, humble il le resta une fois ordonné ; il se considérait comme le dernier des frères.

Après quelque temps, il obtint de vivre en ermite à Eecke (Flandre), où il eut l’occasion de prêcher à la population. On raconte qu’il s’était installé dans le creux d’un chêne. 

Il fonda près de Boulogne l’abbaye de Samer et, à proximité, un autre monastère pour les femmes, à Wierre-au-Bois : l’abbesse fut Bertane, sa nièce.

Wulmar mourut à Samer, le 20 juillet 697.

L’abbaye prit plus tard le nom de son Fondateur, et dura jusqu’à la Révolution. 

Saint Wulmar de Boulogne est commémoré le 20 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pablo de Cordoue

† 851

 

Pablo était diacre au monastère San Zoilo de Cordoue. 

Sa conviction était totale, sa prédication enflammée de l’amour de la Vérité, son courage intrépide.

D’après saint Euloge (v. 11 mars), Pablo fut formé par l’exemple et les paroles du très saint Sisenando (v. 16 juillet) et ne craignit point de se présenter aux princes et aux consuls, pour les convaincre de la vanité de leur culte et de la folie de leur prophète criminel.

Pablo a-t-il agi avec imprudence ? Etait-il obligé de parler effrontément devant les autorités musulmanes ? Il y fut poussé par les questions qu’on lui posa, et il ne pouvait cacher la Vérité. 

Il est vrai que les chefs musulmans qui veulent appliquer leur loi, sont extrêmement cruels. Ils imposent leurs décisions et l’on ne peut s’y soustraire. Ils lisent dans leur livre sacré : Vous trouverez d’autres (Hypocrites, Chrétiens ou Juifs, ndlr) qui désirent vivre tranquilles avec vous et tranquilles avec les leurs. Chaque fois que ceux-là seront ramenés à vous tenter, ils essuieront un échec. S’ils ne se tiennent pas à l’écart de vous, s’ils ne se rendent pas à vous à merci et ne déposent pas les armes, prenez-les et tuez-les où que vous les acculiez ! Sur ceux-là, nous vous accordons un pouvoir éclatant (Sourate 4, 93/91). On ne voit pas bien quelles armes les Chrétiens devraient déposer, mais on sait comment ils sont menacés, particulièrement au Moyen-Orient.

Si les Musulmans admettent l’existence de Jésus, c’est pour le rabaisser au niveau d’un prophète, sans lui reconnaître la divinité par laquelle il est Un avec Dieu.

Pablo n’eut pas peur de réaffirmer, au contraire, la divinité du Verbe incarné. Il fut exécuté, continue Euloge, tandis qu’il confessait la divinité du Christ selon la vérité. 

Le serviteur de Dieu consomma son martyre dans la paix le lundi 20 juillet 851.

Le Martyrologe le mentionne en ce jour, rappelant que Pablo reprochait aux autorités la vanité de leur culte.

 

 

Bernward de Hildesheim

950-1022

 

Bernward naquit entre 950 et 960, d’une noble famille de Saxe. Son père pourrait avoir été Dietrich de Haldensleben. On croit aussi qu’il avait une sœur, Judith, qui fut abbesse à Ringelheim.

Orphelin de bonne heure, il passa son enfance auprès de son grand-père maternel (Adalbero de Saxe), puis il vint à l’école épiscopale de Hildesheim. Sa formation comprenait toutes les disciplines : aux études habituelles s’ajoutèrent l’architecture, la peinture, l’orfèvrerie, la ferronnerie.

En 977, son oncle Folcmar, évêque d’Utrecht, le présenta à la cour de l’empereur Otto II, qui le prit comme secrétaire et traducteur. A partir de 987, il fut le précepteur d’Otto III.

On ne sait de quand date son ordination, mais il était prêtre en 983.

En 993, il fut nommé et consacré évêque de Hildesheim. On le vit participer à l’office des chanoines ; il célébrait la Messe chaque jour. Le jeune évêque voulut faire de sa ville une autre Rome. Outre de nombreux embellissements de la cathédrale, il fit construire l’église Saint-Michel ainsi qu’un mur de protection de la ville avec douze tours, contre une éventuelle attaque des Slaves - qui cependant laissèrent en paix ce diocèse.

Bernward connut une longue et pénible diatribe avec l’évêque voisin de Mayence, chacun revendiquant juridiction sur l’abbaye des moniales de Gandersheim, limitrophe des deux diocèses. L’affaire remonta jusqu’au pape, et malgré la décision de celui-ci, la paix n’était pas revenue entre les deux évêques. Au bout de longues années, ce fut un autre Saint qui les arrangea, l’empereur Henri II (v. 13 juillet) : l’évêque de Mayence (Willigis) reconnut la juridiction de Bernward sur l’abbaye, puis y célébra une Messe solennelle, en présence de Bernward. On a peine à constater comment de grands personnages peuvent arriver à des situations conflictuelles pour de simples questions de droit. Mais Bernward pouvait avoir des raisons que nous ne connaissons pas. Quand Willigis mourut (1011), c’est Bernward qui consacra son successeur.

A l’intérieur, Bernward s’occupa de rehausser la vie spirituelle du diocèse et montra toute sa sollicitude envers les pauvres.

Les douze dernières années de sa vie, Bernward fut aveugle. En 1022, il démissionna et se retira dans l’abbaye Saint-Michel, qui n’était pas encore achevée, mais qu’il consacra le 29 septembre 1022, en la fête de saint Michel. Le 11 novembre suivant, il fut reçu comme moine dans cette abbaye, où il mourut le 20 novembre 1022.

Précédemment, on datait sa mort au 20 juillet, ce qui explique que le Martyrologe le nomme à cette date.

Bernward fut canonisé en 1192.

Gregorio López

1542-1596

 

Gregorio López naquit en 1542 à Madrid (Espagne), d’une famille dont il ne révéla rien. On sait seulement qu’il a dit, au soir de sa vie : Depuis ma conversion, c’est Dieu qui est mon père… tous mes frères doivent être morts. Même le nom de López pourrait être un pseudonyme, pour dissimuler un nom plus connu - à moins que Gregorio soit devenu orphelin.

Seuls quelques détails ont pu émerger : il aurait été ermite en Navarre, et page à la cour de Felipe II.

En 1562, lors d’un pèlerinage à Notre-Dame de Guadalupe en Estremadoure, il apprit qu’il existait un autre lieu de pèlerinage célèbre du même nom, au Mexique, et partit.

A Mexico, il fit le copiste pour gagner un peu sa vie, puis se dirigea vers une tribu indienne parmi les plus hostiles aux Européens : les Chichinqui, qui comprirent tout de suite que Gregorio ne venait pas en pays conquis, et le reçurent en ami, l’aidant à construire sa cabane et lui fournissant son ravitaillement. Il menait sa vie d’ermite dans le recueillement, gagnant la plus proche mission pour se confesser et recevoir l’Eucharistie aux jours de fêtes.

Les plus grandes difficultés qu’il rencontra, lui vinrent de ses propres compatriotes, qui l’accusaient de ne pas aller à l’église, ou d’être un simple vagabond, profiteur et fainéant. Le diable aussi se mit de la partie, mais Gregorio le renvoya en invoquant le Christ : Fiat voluntas tua. Amen ! Jesus !

A l’encontre des bavardages, Gregorio vint habiter quelque temps non loin d’une plantation ; il tenta la vie monastique chez les Dominicains et se soumit à des enquêtes ecclésiastiques. Il préféra regagner son premier ermitage. Quant aux conclusions de ces enquêtes, il y eut ce mot aussi laconique qu’élogieux du père jésuite qui l’examina : Si je me compare à cet homme, je ne sais pas encore mon  A B C spirituel.

Gregorio connaissait l’Ecriture mieux que personne et voulait la traduire en castillan. Versé dans l’art des plantes, il mit au point une tisane bonne pour le cœur et écrivit un ouvrage à l’usage des pharmaciens. Cosmographe, il s’était lui-même tracé une carte du monde et fabriqué un globe terrestre. Habile de ses mains, il taillait les vêtements, réparait ses chaussures. Il ne toucha jamais un morceau de viande et couchait sur la dure, la tête sur une pierre en guise d’oreiller.

Il avait le don de discerner les esprits. Il parlait peu. Son habit était toujours bien tenu (chose rare chez les ermites). Son esprit de pauvreté s’exprimait ainsi : Les pauvres doivent veiller à leur santé de peur d’être à charge au prochain.

Quelques apophtegmes de cet ermite : 

La vraie grandeur, c’est d’être ami de Dieu, c’est d’entendre sa parole, c’est de faire de grandes actions pour son service.

Ce n’est pas l’amour de Dieu, mais l’amour d’eux-mêmes qui porte plusieurs à parler de Dieu.

Faites pour l’amour de Dieu ce que vous faites. Cela suffit.

Je ne suis rien, et bon à rien. Je ne désire rien en ce monde, pas même mes parents, mes amis, mon pays.

Gregorio tomba malade. Un prêtre, qui avait tout laissé pour le seconder, observa combien cet ermite extraordinaire se sanctifiait chaque jour davantage.

Cette plante rare que fut Gregorio López s’éteignit saintement le 20 juillet 1596.

Malgré les miracles et l’examen approfondi de ses écrits, Gregorio attend humblement et patiemment d’être proclamé Bienheureux pour entrer un jour dans le Martyrologe Romain.

 

 

Kim No-sa Rosa

(Gim No-sa Rosa)

1783-1839

 

Rosa était née vers 1783 à Seoul (Corée S).

Veuve, elle embrassa le catholicisme avec une joie non dissimulée, qu'elle montrait à tous, en particulier à ses proches.

On vint brusquement l'arrêter chez elle en décembre 1838, et on l'emmena en prison ; elle ne montra pas d'inquiétude : elle invoquait les noms de Jésus et de Marie, et restait tout-à-fait tranquille. Elle resta en prison plusieurs mois.

Le chef de la police la menaça un jour en lui montrant les instruments de torture. Voici le dialogue :

  

- On va te briser tous les os, à moins que tu renies Dieu et que tu nous donnes les noms des autres Catholiques.

- Je ne peux pas faire ça.

- Et pourquoi ?

- Dieu est le Créateur de tous les hommes. Nous commettons un péché en le reniant et en faisant du mal aux autres. Il est inutile de me demander de telles choses. Je suis déterminée à mourir pour Dieu.

- Le roi interdit ta religion.

- Dieu est plus haut que le roi.

Le chef de police tortura durement Rosa, qui ne céda pas un moment.

Condamnée à mort, elle fut mise en prison, où elle rejoignit les autres femmes catholiques qui s'y trouvaient déjà, arrêtées durant le mois de mars 1839.

Kim No-sa Rosa fut décapitée au-delà de la Porte Etroite Ouest, le 20 juillet 1839, avec sept autres Catholiques. Elle avait cinquante-six ans.

Les Martyrs coréens de cette période ont été béatifiés en 1925 et canonisés en 1984. Ils ont leur fête commune le 20 septembre.

 

 

Kim Sŏng-im Martha

(Kim Syeng-im Mareuta)

1786-1839

 

Mareuta (Martha) était née à Pupyeong (Gyeonggi-do, Corée S).

Elle avait divorcé de son premier mari et s'était remariée avec un prétendu diseur de bonne aventure.

Elle connut le Catholicisme et commença à le pratiquer. Après la mort de son deuxième mari, elle vécut dans la maison d'autres Catholiques, qu'elle aidait de son mieux pour compenser l'hospitalité qu'elle en recevait. Cette dépendance la peinait un peu, mais elle resta fidèle dans son attitude et dans la foi en Dieu.

Un jour qu'elle se trouvait avec Yi Magdalena, Yi Theresa et Kim Lucia, la conversation arriva sur la persécution, les courageux martyrs et le bonheur du Ciel. Toutes quatre, transportées par ces pieuses pensées, eurent l'idée de se livrer à la police, pour partager les souffrances et le sacrifice du Christ et obtenir ainsi le martyre.

On leur avait bien appris que s'offrir ainsi spontanément à la mort n'était pas régulier ; mais on pouvait admettre que Dieu inspirât une telle résolution dans des circonstances bien spéciales, par exemple pour échapper à une situation encore plus grave (viol, peur d'apostasier à cause de la torture, peur d'être aveuglé(e) par des interrogatoires trop pointus et de donner sans le vouloir quelque information grave...). Dans ces cas-là, on admettra qu'il ne s'agit pas de suicide, mais d'un don total de tout l'être à Dieu, y compris la vie naturelle, pour ne pas céder au Mal et être plus sûrement uni à Dieu dans la Vérité.

Il y a d'ailleurs des cas analogues dans l'histoire des premiers Chrétiens, comme par exemple sainte Apolline ou sainte Aurélie.

Ces quatre pieuses femmes, donc, sur la fin de mars ou au début d'avril 1839, se rendirent tout simplement au poste de police et demandèrent à être mises en prison, du fait qu'elles étaient catholiques. Au policier éberlué et incrédule, elles montrèrent leur chapelet. Le policier les attacha et les jeta en prison. On imaginera facilement les tortures qu'elles eurent ensuite à subir.

Martha fut interrogée ainsi :

- Tu crois que la religion catholique est la vraie religion ?

- Bien sûr, que je le crois. Sinon, nous ne serions pas ici.

- Renie Dieu.

- Nous ne pouvons jamais renier Dieu, dussions-nous mourir.

- Tu n'as pas peur des tortures ?

- Tu perds ton temps à vouloir nous faire renier Dieu. Nous nous sommes présentées nous-mêmes pour l'amour de Dieu. Comment le renier maintenant ? Nous mourrons si c'est requis par la loi du pays, mais nous ne pouvons jamais renier Dieu.

Les tortures reprirent et se répétèrent. Les courageuses femmes furent présentées à la Haute cour où on les interrogea à nouveau. Mêmes questions, mêmes réponses.

Le chef de la police les tortura encore plus durement, du fait qu'elles s'étaient rendues spontanément, mais elles ne faiblirent pas. Finalement elles furent condamnées à mort.

Martha et ses trois Compagnes, ainsi que quatre autres (trois femmes et un homme) furent décapités, comme Kim No-sa Rosa, le 20 juillet 1839. Martha avait cinquante-trois ans.

Comme ses Compagnes, Martha fut béatifiée en 1925, canonisée en 1968. Leur fête commune est au 20 septembre.

 

 

Yi Mae-im Theresia

(Yi Mae-im Teresa)

1787-1839

 

Theresa était née vers 1787, à Pongch’ŏn (Seoul, Corée S).

On ne connaît rien d'elle, sinon que ses deux nièces furent à leur tour martyrisée : Yi Chŏng-hŭi Barbara et Yi Yŏng-hŭi Magdalena, cette dernière le même jour (20 juillet), la première le 3 septembre.

Theresia est l'une de ces quatre femmes vaillantes dont il est parlé à propos de Rosa et Martha, martyrisées par la décapitation le même 20 juillet 1839, béatifiées en 1925, canonisées en 1968 et fêtées ensemble le 20 septembre.

 

 

Kim Chang-gŭm Anna

(Gim Jang-Geum Anna)

1788-1839

 

Née vers 1788 à Seoul, Anna était de famille catholique.

Jeune veuve, elle vivait pauvrement chez sa mère, avec laquelle elle priait durant tout son temps libre.

C'est tout ce qu'on a retenu d'elle.

Arrêtée pour sa foi, condamnée à mort, elle subit la décapitation avec sept autres Martyrs à Seoul, le 20 juillet 1839.

Tous ces Martyrs coréens ont été béatifiés en 1925, canonisés en 1984, et sont fêtés ensemble le 20 septembre.

 

 

Yi Kwang-nyŏl Ioannes Baptista

(Yi Gwang-Nyeol Yohan)

1794-1839

 

Iohannes Baptista était né à Gwangju (Gyeonggi-do, Corée S). Il avait un frère aîné, Yi Kwang-hŏn Augustinus, avec lequel il embrassa le Catholicisme.

Iohannes était particulièrement enthousiaste, heureux de sa foi, et honnête.

Peu après sa conversion, il fut de ceux, nombreux, qui devaient aller à Pékin. C'est là qu'il reçut le baptême.

A son retour, il voulut mener une vie chaste et resta célibataire. Son style de vie était vraiment remarquable et faisait l'admiration de tous. Son désir fondamental était clair : être uni à Dieu.

Il fut arrêté le 8 avril 1839, et fut soumis à des tortures répétées. On devait le battre à chaque interrogatoire, et cela se fit avec des cannes liées en faisceau. On le battait jusqu'à la la rupture des cannes, et cela trente fois. Ces coups répétés pouvaient finir par mettre en lambeaux la chair du condamné.

Iohannes-Baptista supporta toutes ces souffrances vaillamment, bien déterminé à témoigner pour sa foi.

Il aurait pu être mis à mort en même temps que son frère, mais une vieille loi coréenne établissait qu'on ne pouvait pas mettre à mort deux frères le même jour, de sorte qu'Augustinus fut mis à mort le premier, et Iohannes Baptista ensuite. Tout le monde fut vivement impressionné par ce qu'il disait et faisait en prison.

Il fut décapité le 20 juillet 1839 ; avec lui furent aussi décapitées sept femmes chrétiennes.

Ces Martyrs coréens furent béatifiés en 1925, canonisés en 1984, et sont fêtés ensemble le 20 septembre.

 

 

Yi Yŏng-hŭi Magdalena

(Yi Yeong-heui Magdallena)

1808-1839

 

L'histoire de Magdallena tient vraiment de l'insolite.

Elle était née à Pongcheon (Seoul, Corée S).

Tandis que son père était un incroyant endurci, sa mère Hŏ Magdalena, sa soeur aînée Yi Barbara et sa tante Yi Theresa étaient de ferventes catholiques, et pratiquaient secrètement leur religion.

Comme son père voulait absolument la marier à un homme païen, Magdalena imagina un stratagème pour fuir de la maison.

Un jour que son père devait aller à Seoul, qui se trouvait à douze kilomètres de la maison, elle demanda à la servante de le suivre, et elle les aurait à son tour suivis à quelque distance.

En réalité, durant la nuit précédant le voyage, elle sortit dans la forêt proche, habillée avec de vieux habits, avec un paquet contenant ses habits habituels. Dans la forêt, elle se saigna suffisamment pour faire couler du sang à terre et sur ses habits, qu'elle déchira et éparpilla à droite et à gauche. Puis au matin, elle prit le chemin derrière son père, en suivant la servante.

Parvenue à Seoul, elle s'en vint chez sa tante Theresa, qui fut ébahie d'entendre son histoire.

Ce jour-là, toute la famille se mit à la recherche de Magdallena ; sa mère en particulier était très triste. Un des oncles chercha dans la forêt et trouva les morceaux de tissus tout tachés de sang et déchirés : il courut rejoindre le père de Magdallena à Seoul pour lui dire que sa fille avait été tuée par un tigre. Or à ce moment, Magdallena s'était cachée, car son père était justement chez la tante Theresa. En apprenant la mort de sa fille, le père s'évanouit : seule la tante Theresa savait la vérité, mais ne bronchait pas.

Puis le père envoya des chasseurs pour traquer le tigre dans la forêt. Trois mois passèrent, et toujours pas de Magdallena (ni de tigre). Mais quelqu'un parla, et la maman vint à savoir la vérité. Voyant qu'elle séchait ses larmes, le papa, étonné, lui demanda ce qui se passait ; et même, soupçonnant quelque chose, il lui promit de ne jamais plus s'opposer à la volonté de Magdalena, concernant son mariage.

Alors la maman raconta toute l'histoire. Heureux, le papa courut à Seoul chez la tante Theresa, où il retrouva sa chère fille saine et sauve. Il lui promit de ne plus insister pour la marier et lui permit de revenir tranquillement à Seoul.

Après cette histoire assez rocambolesque, la suite des événements rejoint ce qui fut dit à propos des quatre femmes, Rosa, Martha, Theresa et Magdallena.

Magdallena reçut la palme du martyre avec ses Compagnes le 20 juillet 1839.

Toutes furent béatifiées en 1925 et canonisées en 1984. Leur fête commune est au 20 septembre.

 

Kim Nusia Lucia

(Gim Nusia Luchia)

1817-1839

 

Lucia était la plus jeune du petit groupe des quatre pieuses femmes dont il a déjà été question dans la notice de Kim Sŏng-im Martha, la plus jeune mais aussi la plus déterminée.

Elle était née en 1817 à Gangcheon (Seoul, Corée S).

C'était une jeune fille extrêmement belle, gracieuse, intelligente et courageuse à la fois.

Quand ses parents moururent, elle dut vendre tout ce qu'elle avait pour payer les funérailles. Après quoi, elle put vivre dans une autre famille catholique et fit le voeu de virginité.

Voici quelques réparties de son interrogatoire :

- Comment peux-tu, toi, une si jolie demoiselle, accorder quelque créance à la religion catholique ?

- Eh oui, c'est vrai, je crois en cette religion.

- Renie ton Dieu, et tu sauveras ta vie.

- Mon Dieu est le père de toutes les créatures. Comment puis-je renier mon Roi et mon Père ? Je ne peux pas le faire, même si je dois mourir mille fois.

- Pourquoi n'es-tu pas mariée ?

- Je n'ai qu'une vingtaine d'années. Il n'y a rien d'étrange à ce qu'une jeune fille de cet âge ne soit pas encore mariée. Il n'est pas convenable qu'une jeune femme parle de son propre mariage.

- Tu n'as pas peur de mourir ?

- Si, j'ai peur devant la mort. Mais je préfère mourir que de renier mon Seigneur.

- Où elle est, cette âme dont tu parles ?

- Elle est dans le corps de l'homme. Elle est spirituelle et invisible.

- As-tu déjà vu Dieu ?

- Non, jamais. Un homme de la campagne, qui n'a jamais vu le roi, ne peut-il pas croire qu'il y ait un roi ? Quand je vois toutes les créatures, je suis sûre et certaine qu'il y a un Créateur.

Le chef de la police essaya de la persuader de mille façons, et la fit torturer pendant longtemps, mais il ne put la faire fléchir. Au contraire, il était bien embarrassé, et les bourreaux eux-mêmes pensaient qu'elle était possédée par un esprit.

Lucia, ainsi que d'autres femmes, souffrirent beaucoup en prison : la faim, la soif, et bien d'autres choses encore, et même durant plusieurs semaines après leur condamnation à mort. Lucia coupa sa belle chevelure et la vendit, pour acheter un peu de nourriture, qu'elle partagea avec ses compagnes de prison.

Elle écrivit une lettre à une amie où elle disait  : Je remercie Dieu d'avoir été condamnée à mort, après plusieurs tortures. Je ne sais pas quand le Seigneur m'appellera. Prie pour nous, s'il te plaît, et rejoins-nous au Ciel. Nous attendons d'être appelées auprès du Seigneur.

Lucia avait vingt-deux ans quand elle reçut la palme du martyre, décapitée avec ses Compagnes, le 20 juillet 1839.

Elles furent béatifiées en 1925 et furent canonisées parmi les cent-trois Martyrs coréens en 1984, dont la fête commune est au 20 septembre.

 

 

Wŏn Kwi-im Maria

(Weon Gwi-im Maria)

1819-1839

 

Maria était née en 1819 à Yongmŏri (Goyang Gun, Gyeonggi-do, Corée S).

Elle fut orpheline de mère toute petite, et suivit son père qui allait mendier pour manger.

Quand elle eut neuf ans, elle fut prise en charge par une parente très croyante, qui lui enseigna des prières et le catéchisme. Elle lui enseigna aussi la broderie, pour lui trouver un travail.

Maria était très intelligente, lumineuse et pieuse. Sa tante en était très fière. Maria fut baptisée à quinze ans.

Peu de temps après, elle reçut une demande en mariage, qu’elle n’accepta pas, pour rester consacrée à Dieu. L’année suivante, elle arrangea sa chevelure d’une façon qui laissait comprendre qu’elle était «mariée» (à Jésus-Christ).

Elle fut accusée d’être catholique par un voisin et fut arrêtée. Elle parut un peu désorientée de se retrouver en prison, mais elle savait que tout arrive par la volonté de Dieu, et retrouva son calme.

Voici comment elle répondit au chef de la police :

- Es-tu catholique ?

- Bien sûr que je suis catholique.

- Renie Dieu, et tu seras sauvée.

- Je veux servir Dieu, et sauver mon âme. S’il faut mourir, je préfèrerais mourir pour Dieu, pour sauver mon âme.

On lui tordit les jambes et on la frappa avec le fameux konjang (un bois de chêne d’un mètre et demi de longueur, large de quinze à dix-huit centimètres, épais de cinq centimètres, avec un long manche… En réalité, une véritable planche… Le martyr est couché sur le ventre et on le frappe au postérieur : au bout de dix coups seulement, le sang jaillit, la chair part en lambeaux.

Maria eut plusieurs os cassés, mais sa foi resta inébranlable.

Elle avait vingt ans, et mourut ainsi le 20 juillet 1839, avec six autres femmes et un homme.

Béatifiée en 1925, elle a été canonisée en 1984. La fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

José María Díaz Sanjurjo

1818-1857

 

José naquit le 26 octobre 1818 à Santa Eulalia de Suegos (Lugo, Espagne).

Du séminaire de Lugo, il passa à l’université de Compostelle.

En 1842, il entra dans l’Ordre des Dominicains, à Ocaña, où il fit le noviciat et la profession religieuse.

En 1844, il fut ordonné prêtre.

Il devait rejoindre le Tonkin : il partit d’abord avec cinq Compagnons pour Manille, où, dans l’attente de pouvoir pénétrer au Tonkin, il enseigna à l’université ; il en profita aussi pour commencer l’étude de la langue tonkinoise.

Il atteignit le Tonkin en 1845. On lui confia le séminaire tonkinois de Luc-Thuy. Mais en 1847 une émeute populaire saccagea la maison et le père José María dut se réfugier à Cao-Xa.

C’est alors que se déchaîna la persécution, où l’empereur promettait une somme de trois-cents onces d’argent à qui aurait découvert un missionnaire européen. Mais le père Sanjurjo préféra affronter le danger et continuer son apostolat avec son enthousiasme habituel.

En 1849 le père fut nommé évêque coadjuteur pour le nouveau vicariat du Tonkin oriental. Il fut consacré à Doung-Xuyen et, à partir de 1852, résida à Bui-Chu comme vicaire titulaire. La persécution continuait, mais, pour l’heure, l’évêque réussissait à poursuivre son travail apostolique, en demeurant prudent dans ses mouvements.

En 1857, un nouveau décret menaça de mort tout chef de localité qui n’aurait pas dénoncé la présence de missionnaires. Le nouveau mandarin donna la chasse à l’évêque.

Quand on l’arrêta, on lui arracha la croix pectorale et l’anneau, qu’on détruisit. On le jeta en prison, on l’invita à apostasier, sous peine de mort. L’évêque résista et fut condamné à mort.

La sentence fut exécutée par décapitation à Nam-Ɖịnh le 20 juillet 1857. Au moment du supplice, l’évêque donna un pourboire au bourreau, en lui demandant de lui couper la tête en trois coups : Le premier, en action de grâces au Seigneur pour m’avoir envoyé ici ; le deuxième, pour demander à Dieu la bénédiction pour tous les membres de ma famille ; le troisième, comme testament pour mes chers Chrétiens, pour qu’ils n’aient pas peur et que, si c’est le cas, ils sachent affronter la mort pour mériter le ciel et posséder la vie éternelle avec tous les Saints.

On commença par exposer sa tête au bout d’un pieux, pour servir d’avertissement à la population, puis on la jeta dans le fleuve avec le corps.

Béatifié en 1951, Mgr Sanjurjo fut canonisé en 1988.

La fête de tous les Martyrs du Vietnam est au 24 novembre.

Rita Josefa Pujalte y Sánchez

1853-1936

 

Née le 18 février 1853 à Aspe (Alicante, Espagne) de Antonio Pujalte et Luisa Sánchez, Rita reçut une éducation bourgeoise et profondément chrétienne.

Elle s’engagea dans les œuvres de charité et dans la catéchèse. Elle fit partie des Filles de Marie, du Tiers-ordre franciscain, de la société Saint-Vincent-de-Paul.

En 1888, elle entra dans l’institut des Sœurs de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus, qui avait été fondé en 1877.

Elle fit la profession religieuse en 1890, prenant le nom de Rita Dolores (des Douleurs ou de Notre-Dame des Douleurs).

Elle eut la charge de maîtresse des novices puis, en 1900, celle de supérieure générale, succédant à la Fondatrice.

En 1928, elle se retira à Madrid, au collège Sainte Suzanne.

Elle était devenue aveugle, et devait garder le lit à cause du diabète, épreuve où elle montra toute sa patience.

Durant la persécution de 1936, elle se trouvait en compagnie d’une autre Religieuse (Francisca Aldea Araujo, voir plus bas), dans le collège de Sainte Suzanne (un quartier périphérique de Madrid) où elles recevaient de petites filles, pauvres et orphelines. A cause de celles-ci, les Religieuses avaient décidé de rester sur place.

Rita fut invitée plusieurs fois à trouver un endroit plus sûr pour se protéger, mais elle pensait qu’elle perdait plus à aller se cacher qu’à rester sur place. L’autre Religieuse préféra rester aussi pour l’assister. C’est que Rita avait alors quatre-vingt trois ans… 

On arriva ainsi au 20 juillet. Le collège fut pris d’assaut.

Les deux Religieuses n’avaient rien d’autre à faire que d’aller se recueillir à la chapelle et de se préparer au martyre. Mère Rita dit : Mettons-nous dans les bras de Dieu et que soit faite sa sainte volonté.

Les miliciens les firent sortir. Elles récitèrent alors le Credo. Les miliciens les accompagnèrent jusqu’à un appartement voisin. Vers midi, on les conduisit avec violence dans une camionette pour les emmener à la carrière de Barajas, près du cimetière de Canillejas, où on les fusilla, vers trois heures de l’après-midi. C’était vers la neuvième heure… (cf. Mt 27:46).

Des témoins furent émerveillés de la sérénité qui se lisait sur le visage des deux Martyres, et même du parfum qui émanait de ces corps désormais sans vie.

Quand on voulut exhumer la dépouille de Mère Rita, on la trouva sans corruption (en 1954).

Mère Rita Dolores (ainsi que l’autre Religieuse) furent béatifiées en 1998. 

Leur dies natalis est au 20 juillet.

 

 

José Tristany Pujol

1872-1936

 

José était né le 14 décembre 1872 à Su (Lleida, Espagne).

Son papa mourut quand il n’avait que six mois. Sa maman, Rosa, pria ses aînés d’aller vivre par eux-mêmes comme ils pouvaient, et ne garda que ses deux derniers pour aller se réfugier dans un petit hermitage.

Puis elle les emmena à Cardona, où elle mourut à son tour. Le petit José fut recueilli par des paysans de l’endroit qui pensaient lui confier la garde des brebis.

Mais ses oncle et tante le prirent chez eux à Tarragona, car l’autre grand frère, Meliton, était entré chez les Carmes.

José apprit le métier de charpentier. Mais à quinze ans, suivant la vocation de son cœur, il entra au séminaire pour les Humanités. Cet humble petit orphelin avait de grandes capacités intellectuelles.

A dix-huit ans, il fit une visite au monastère carme de Las Palmas, où son frère avait été précédemment. C’est là qu’il commença le noviciat en 1890, qu’il fit la profession solennelle en 1894 (dans les mains de son propre frère, Meliton, devenu fr.Ludovico, qu’il prit le nom de Lluc de Saint-Joseph et qu’il reçut l’ordination sacerdotale.

Après son ordination (1899), il fut nommé professeur de philosophie et supérieur. Il écrivit aussi. Il nota un jour : Aussi longtemps que Dieu protègera ma voie, je ne baisserai jamais la tête devant quiconque en raison de mon état religieux… Si je meurs, ce sera en triomphant.

En 1902, il fut envoyé au Mexique. Il exerça si bien son apostolat à Mazatlan et Durango, que l’évêque demanda davantage de Carmes et voulait leur confier une paroisse, avec fr.Lucas comme curé. Le projet échoua d’abord, mais fut porté à bien par l’évêque suivant.

Peu après, fr.Lucas contracta le typhus et échappa à la mort grâce aux soins d’une religieuse qui était infirmière.

En raison de la persécution au Mexique, dès 1912, les Carmes se replièrent aux Etats-Unis, où ils assumèrent jusqu’à vingt-deux paroisses. En signe de gratitude, l’évêque confia aux Carmes la nouvelle paroisse de la Sainte-Famille à Tucson, et y nomma fr.Lucas curé (1915).

Elu provincial pour la province de Catalogne en 1924, fr.Lucas revint en Espagne. Mais une charge encore plus haute le conduisit à Rome l’année suivante. En 1933, il revint à Barcelone, comme prieur. En 1936, il fut nommé provincial pour Barcelone et s’y installa.

Le 19 juillet 1936, la guerre civile arriva à Barcelone. On criait à la porte du couvent des Carmes qu’il y avait des blessés à soigner ; les portes furent ouvertes. En même temps qu’on portait des blessés, y entrèrent aussi des hommes de l’infanterie et de la cavalerie.

Aussitôt, les Pères transformèrent la plus grande salle du couvent en infirmerie, où ils apportèrent tous leurs matelas pour y coucher les blessés, leur distribuant le peu de nourriture qu’ils avaient encore. Les soldats continuèrent à accumuler armes et munitions dans le couvent, qui devint une véritable forteresse.

Dans la soirée, il y eut des tirs de l’extérieur et de l’intérieur de Couvent ; un avion vint survoler le Couvent en tirant à l’aveuglette au-dessus de l’église.

Au milieu de ce chaos, et malgré cette situation, les Carmes purent célébrer la messe du dimanche et l’Office. Au soir du dimanche, les soldats restèrent dans tous les endroits possibles, tandis que les pères Carmes allaient soigner les soldats et les prisonniers. Dans la ville, plusieurs églises étaient en flammes.

Tôt le lundi matin, les Pères célébrèrent la messe, au milieu des décombres. Plusieurs officiers et soldats demandèrent à recevoir le scapulaire de Notre-Dame du Carmel.

La situation était désormais sans issue : il fallait se rendre.

Les Religieux se réunirent dans l’église, y consommèrent les Saintes Hosties et se préparèrent à évacuer. On leur suggéra de retirer leur habit religieux. Ils le firent, bien conscients que leur dernière heure arrivait.

Ils tentèrent de se mêler à la foule, mais deux d’entre eux furent immédiatement reconnus et abattus. Fr.Lucas sortit, le visage bandé pour couvrir une large plaie, accompagné de deux gardes civils. La foule voulait le lyncher, mais les gardes la repoussèrent, prétendant vouloir conduire le prêtre aux Autorités.

Plus loin, l’un des deux gardes dit au Père : Je vous donne ma parole que je veux sauver votre vie, mais il fut juste à ce moment abattu par une balle dans la tête. L’autre revint sur ses pas. Seul, le fr.Lucas atteignit un portail : une patrouille s’approcha et le frappa avec la crosse d’un fusil : on lui ordonna d’avancer. Il marchait, les mains jointes sur la poitrine. A un moment donné, on lui tira par derrière. Blessé, il continua quelques mètres et s’effondra au pied d’un arbre, en face d’une clinique.

Quand un véhicule de la Croix-Rouge vint le ramasser, vers 20 heures, il avait la tête tournée vers le monastère.

José Tristany Pujol - fr. Lluc de Saint-Joseph, fut ainsi martyrisé pour sa foi et son sacerdoce, le 20 juillet 1936.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Francisca Aldea Araujo

1881-1936

 

Née le 17 décembre 1881 à Somolinos (Guadalajara), de Pablo et Narcisa, Francisca connut l’épreuve de perdre son père à neuf ans, et sa mère deux ans après.

Orpheline avec sa petite sœur Damiana, ces deux petites filles furent accueillies dans le collège Sainte-Suzanne de Madrid, tenu par des Religieuses de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus.

Quand elle entra au noviciat de cette même congrégation, la maîtresse des novices était Rita Dolores Pujalte, qui serait plus tard martyrisée avec elle.

Pour l’heure, en 1903, Francisca fit la première profession, et la solennelle en 1910, avec le nom de Francisca du Cœur de Jésus.

Munie de son diplôme de Maîtresse, obtenu à l’Ecole Normale de Tolède, elle enseigna à Madrid et à Quintana de Soba (Santander), mais fut aussi supérieure locale, conseillère, secrétaire et économe.

Pleine d’attentions, elle soigna tout particulièrement la Mère Rita, aveugle et diabétique et qui devait garder le lit. Les deux avaient en commun leur dévotion au Sacré-Cœur, envers l’Eucharistie et la Très Sainte Vierge.

Au moment de la Révolution de 1936, il pouvait y avoir dans le collège de Sainte-Susanne une quarantaine de religieuses et le double d’élèves entre cinq et dix-sept ans.

Quand les révolutionnaires commencèrent de tirer, des voisins les supplièrent d’arrêter, à cause des petites filles. Ils firent sortir tout le monde, et les voisins tentèrent d’héberger le plus possible d’élèves et de Religieuses, en attendant d’autres solutions.

Il ne restait plus à l’entrée que les deux Religieuses : Rita, aveugle et diabétique, et Francisca, qui l’assistait. Elles étaient allées prier une dernière fois à la chapelle, bien conscientes de ce qui allait se passer.

Dans un premier temps, les miliciens firent semblant de les conduire toutes deux «pour les protéger» dans un appartement proche, au sixième étage (!). Mais peu après, ils revinrent chercher les Religieuses, les firent redescendre dans la rue où les attendait une camionette ; les Religieuses grimpèrent là-dedans et furent conduites à la place «de Toros», mais les miliciens n’osèrent pas leur faire de mal devant tout le monde, et se dirigèrent hors de Madrid, au village de Canillejas.

Là, il fallut descendre «pour un contrôle» ; on fit encore marcher les pauvres Religieuses ; parvenues à la carrière de Barajas, elles furent assassinées de neuf coups de fusil, dont certains à la tête.

C’était le 20 juillet 1936.

La Mère Francisca, avec la Mère Rita, furent béatifiées en 1998.

 

Antoni Bosch Verdura

1889-1936

 

Antoni naquit le 6 septembre 1889 à Tarragona (Espagne). 

Au moment de sa profession, il prit le nom de Jordi (Georges) de Saint-Joseph.

En attente d’autres détails sur sa famille et son enfance, on pourra trouver les détails des événements des 19-20 juillet 1936 dans la notice de José Tristany Pujol.

 

 

Abraham Furones y Furones Arenas

1892-1936

 

Abraham était né le 8 octobre 1892 à Abraveses de Tera (Zamora, Espagne).

Il se trouve que le patriarche Abraham est nommé au 9 octobre dans le Martyrologe, et c’est pour cela que le petit garçon en porta le nom, car il fut baptisé le 9 octobre.

Il fréquenta l’école de Ferreruela de Tabarra ; sous la bonne guide de sa sœur dominicaine, il entra à l’école apostolique dominicaine de Las Caldas de Besaya (Santander), fit le noviciat à San José de Padrón (La Coruña), où il fit la première profession, sous le nom de Luis.

Après de difficiles études de philosophie à Corias (Asturies), la profession solennelle en 1914 et les études théologiques à Salamanque, il reçut le sacerdoce en 1917.

Il fut envoyé en mission en Amérique centrale (Guatemala, Nicaragua, Salvador, Costa Rica). Au Salvador, il fut supérieur du couvent Sainte Anne (1929-1931) puis à celui de Saint-Dominique (1931-1934). Au Costa-Rica il fit couronner Notre-Dame des Anges, patronne du pays.

En 1935, il revint en Espagne, espérant beaucoup retourner en Amérique, mais il fut élu prieur à Atocha (Madrid).

Le 20 juillet 1936, au moment de la guerre civile, il se trouva dans la rue avec un autre Père et un Frère, Jacinto García Riesco, qui fut abattu ; Abraham-Luis fut mortellement blessé et agonisa en pleine rue pendant plusieurs heures, parmi les insultes et les moqueries.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Antonio Fernández Camacho

1892-1936

 

Antonio était né le 24 octobre 1892 à Lucena (Cordoue, Espagne), fils unique de parents pauvres et chrétiens.

Orphelin de père, il vint à Séville avec sa mère en 1901.

Avec l’appui d’un prêtre plein de zèle, il put entrer à l’Ecole Salésienne de la Sainte Trinité, où il voulut ensuite entrer comme novice, tandis que sa mère entra chez les Dominicaines.

Il fit la profession en 1909 et ses études de philosophie à Séville.

Il étudia ensuite deux années à Cordoue et Écija, et revint à Séville pour enseigner.

Après ses études de théologie, il fut ordonné prêtre en 1917. Il célébra sa première Messe chez les Dominicaines où se trouvait sa chère maman et dont il ne voulut jamais se séparer.

Il ne quitta pratiquement jamais Séville, sauf quelques années qu’il passa à Utrera, Ronda et Alcalá de Guadaíra, comme catéchiste, enseignant et conseiller à l’école. Lui qui était le moins porté à l’étude, sut communiquer aux élèves l’enthousiasme de l’étude. 

Don Antonio resta toujours l’enfant innocent qu’il avait été. Il animait une association de saint Louis de Gonzague, organisait des jeux et des pièces de théâtre ; comme prêtre, il était un prédicateur excellent.

Au soir du dimanche 19 juillet 1936, alors que les révolutionnaires avaient réussi à mettre le feu à la charpente de la maison, les pères salésiens sortirent pour aller se mettre à l’abri chez des amis.

Don Antonio, vêtu en paysan, sortit, accompagné d’un jeune élève. Il alla passer la nuit chez d’anciens élèves. Le lendemain, il célébra la Messe à huit heures, en la chapelle de l’Enfant-Jésus de Prague. Après le petit-déjeuner, il fit encore une visite à des amis, à sa vieille maman, et voulait revenir au collège de la Sainte-Trinité, qu’il aperçut en flammes.

Une barricade l’arrêta. On lui demanda ses papiers, qu’il avait oubliés. Un milicien alors le reconnut, et lui tira trois ou quatre coups de pistolet au côté. Don Antonio demanda : Portez-moi aux urgences, que je meurs.

Le jeune qui l’accompagnait courut prévenir les autres Religieux de la maison. On eut juste le temps de porter le blessé un peu plus loin, tout tordu de douleur. On lui écarta la chemise et, en voyant le crucifix et le scapulaire, un milicien cria à un autre : Tu te rends compte ? un fasciste ! Et ils lui tirèrent à bout portant. Don Antonio était tout en sang.

On ne retrouva pas son corps. Il se peut qu’il ait été brûlé dans les braises d’une proche église incendiée. Avant sa mort, il avait dit à ses amis : Quand je mourrai, célébrez beaucoup de messes pour mon âme, mais ne vous préoccupez pas de savoir où iront mes restes mortels.

Don Antonio Fernández Camacho reçut la palme du martyre à Séville, le 20 juillet 1936 et fut béatifié en 2007.

 

 

Jacinto García Riesco

1894-1936

 

Jacinto était né le 28 août 1894 et fut baptisé le jour-même, à Calvillas (Somiedo, Asturies, Espagne). 

Selon la coutume d’alors, il fut confirmé en 1901.

En 1921, il fit profession comme frère coopérateur à Corias (Asturies), puis fut envoyé aux missions dans le Pérou (Urubamba, Quillabamba, Maldonado, Patiacolla). Il se trouvait à Lima entre 1927 et 1932.

La maladie l’obligea à interrompre ce fécond travail missionnaire et à revenir en Espagne.

En 1933, il fut à Salamanque, puis fut envoyé au couvent d’Atocha (Madrid).

C’était le type du bon frère : discret, silencieux, serviable ; comme portier et cuisinier, il ne manquait pas les occasions de montrer son esprit charitable soit au sein de la communauté, soit envers les pauvres..

Le 20 juillet 1936, quand le couvent fut attaqué, il fut arrêté, outragé, et martyrisé, tout près du couvent, en même temps que le prieur (Abraham-Luis Furones). 

En mourant, il pardonna à ses assassins.

Jacinto García Riesco fut béatifié en 2007.

 

 

Joan Páfila Monllaó

1911-1936

 

Joan (Jean) était né le 19 août 1911 à Tortosa (Tarragona, Espagne).

A seize ans, il entra chez les Carmes de Palafrugell, dans l’intention de recevoir le sacerdoce. Mais par la suite, il choisit de rester Frère.

Il prit le nom religieux de Joan Josep de Jésus Crucifié et fit les deux années de noviciat à Tarragona.

Il fit la profession solennelle à Barcelone en 1930, où il fut un portier très accueillant, grâce à ses belles qualités de courtoisie, d’affabilité, de douceur.

Au soir du 20 juillet 1936, tandis que Barcelone n’était qu’un champ de bataille, il réussit à se glisser dehors par une porte de derrière, mais il fut reconnu : Encore un Frère qui s’échappe !

On le bouscula à coups de pieds et on l’abattit. Il tomba ainsi en Martyr de sa foi, ce même 20 juillet, un mois avant son vingt-cinquième anniversaire.

On trouvera d’autres détails sur cette douloureuse soirée dans la notice sur José Tristany Pujol.

Frère Joan Páfila fut béatifié en 2007.

 

 

Argimiro García Sandoval

1913-1936

 

Argimiro naquit le 31 juillet 1913 à Calzadilla de los Hermanillos (León).

Entré chez les Frères Maristes, il prit le nom de León Argimiro.

En 1936, il était dans la maison de Fuencarral (Madrid).

Il fut martyrisé le 20 juillet 1936, et béatifié en 2013.

 

 

Luigi Novarese

1914-1984

 

Luigi (Louis) naquit le 29 juillet 1914, juste avant la Première guerre mondiale, à Casale Monferrato (Alessandria, Piémont, Italie), benjamin des neuf enfants de Giusto Carlo et Teresa Sassone. Le papa mourra peu après.

En 1923, l’enfant fit une chute qui lui occasionera une très grave forme de tuberculose osseuse, sans espoir de guérison (à l’époque). La maman voulut tout faire pour soigner son enfant : contre l’avis de ses aînés, elle vendit toutes ses propriétés pour lui assurer l’assistance nécessaire.

En 1930, il fallut hospitaliser Luigi au sanatorium Santa Corona di Pietra Ligure. Plein de confiance en la Mère du Ciel, il s’adressa à Filippo Rinaldi, successeur de Giovanni Bosco comme supérieur des Salésiens (voir au 5 décembre), lequel engagea tous les jeunes de l’œuvre salésienne à prier la Sainte Vierge, Marie Auxiliatrice, pour Luigi : en mai 1931 (le mois de Marie), Luigi sortit de l’hôpital, complètement guéri. Il avait dix-sept ans.

Luigi conçut alors le désir de donner sa vie au service des malades et voulut s’inscrire à la faculté de médecine. Mais le décès de sa maman (1935) le fit réfléchir davantage : il choisit la voie sacerdotale. Il fréquenta le séminaire de Casale Monferrato, puis le Capranica à Rome, et fut ordonné prêtre en 1938.

A partir de 1942, un certain Giovanni Battista Montini, substitut à la Secrétairerie d’Etat au Vatican (futur pape Paul VI), l’appela à travailler avec lui au Vatican ; il y restera jusqu’en 1970.

En 1943, il obtint le doctorat en Droit canonique ; en 1945, il fut avocat au Tribunal de la Rote.

La même année, il fonda la Ligue Sacerdotale Mariale, pour aider les prêtres malades ou en grande difficulté, suite à la guerre.

En 1947, il ouvrit le Centre Volontaires de la Souffrance, une association où les malades apprendraient à assumer leurs souffrances positivement, autrement qu’en ne songeant qu’à leur maladie et aux soins à recevoir.

En 1949, le pape lui permit d’organiser le Quart d’heure de sérénité, une courte émission de Radio-Vatican uniquement dédiée aux malades.

En 1950, il lança son œuvre la plus importante : les Ouvriers Silencieux de la Croix, une association regroupant aussi bien des laïcs que des prêtres, engagés à illuminer les malades sur le sens chrétien de la souffrance, en les entourant d’amitié et en les aidant dans la reprise de leur activité professionnelle. Un bulletin mensuel, L’Ancora (L’Ancre), favoriserait les échanges entre les membres et les malades.

En 1952 commencera la construction de la Maison du Cœur Immaculé de Marie (Re, Verbano Cusio Ossola, Italie Nord), l’unique maison au monde de retraites pour les seuls malades. A partir de 1960, cette maison accueillit chaque année des milliers de malades pour des sessions d’exercices spirituels. 

Toujours en 1952 se fonda une nouvelle association, les Frères et Sœurs des Malades, personnes en bonne santé qui s’engageaient dans l’apostolat des malades en partageant le même programme spirituel qu’eux et en les soutenant dans leurs besoins.

Le 7 octobre 1957, Mgr Novarese étonna la hiérarchie ecclésiastique en organisant le plus grand rassemblement de malades jamais réalisé jusque là, à l’intérieur du Saint-Siège, amenant sept mille malades dans la Cour du Belvédère pour une audience avec le pape Pie XII. 

En 1962, le pape confia à Mgr Novarese l’organisation de l’assistance religieuse dans tous les hôpitaux d’Italie. Parfois, son travail se heurta à certains maires, qui lui objectaient que la présence de handicapés nuisait au tourisme… Mgr Novarese chercha à réintégrer les handicapés en leur enseignant un métier adapté. Il créa des «laboratoires» : reliure, réparation d’appareils électrodomestiques, horticulture…

En 1970, Mgr Novarese quitta le Vatican et, au sein de la Conférence Episcopale Italienne, s’occupa de la pastorale de la santé.

A partir de 1977, il ne s’occupa plus que de son œuvre proprement dite. Il fonda d’autres maisons à l’étranger, aux Etats-Unis, en Israël, en France, en Pologne, en Suisse, au Portugal.

Mgr Luigi Novarese mourut à Rocca Priora (Rome), où il se trouvait pour un temps de convalescence, le 20 juillet 1984, quelques jours avant son soixante-dixième anniversaire.

Un miracle survenu en 2002 permit de le béatifier, en 2013.

Le miracle en question fut la guérison scientifiquement inexplicable d’une malade atteinte de périarthrite aiguë, avec calcification, rendant impossible l’usage du bras.

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18 juillet 2020 6 18 /07 /juillet /2020 23:00

 

19 JUILLET

 

I.

S Epaphras, disciple de s. Paul, peut-être évêque à Colosses ; s. Paul en fait un bel éloge dans Col 4:12-13 et le mentionne encore dans Phm 23.

III.

S Libère, évêque à Poitiers.

IV.

SS Macedonius, Theodulos et Tatianus, martyrs à Méros, où ils avaient brisé des idoles.

S Reticius, premier évêque à Autun, d'abord marié, apprécié de s. Augustin.

Ste Macrina, petite-fille de ste Macrina l'Ancienne, fille de s. Basile l'Ancien et de ste Emmelie, aînée de dix enfants, dont ss. Basile de Césarée, Grégoire de Nysse et Pierre de Sébaste ; fondatrice d'un monastère avec sa mère.

V.

S Dios le Thaumaturge, archimandrite à Constantinople. 

VI.

S Symmaque, pape (498-514) : il subit un schisme romain ; il commença la rédaction du Liber Pontificalis.

?

S Félix, évêque à Vérone.

VIII.

S Laurent, évêque à Naples.

S Ambroise Autpert, officier de la cour de Pépin le Bref, précepteur du futur empereur Charlemagne, moine près de Bénévent ; ses écrits en font un des Pères latins de l'Église.

IX.

Ste Aurea, vierge près de Cordoue mais, mahométane par son père et accusée, elle fut décapitée ; elle avait deux frères, martyrs aussi, ss. Adulfo et Juan.

XI.

S Bernold, évêque à Utrecht ; constructeur d'églises, il favorisa le monachisme clunisien.

XII.

Bse Stilla, vierge, sainte femme qui fit construire une église à Marienburg.

XIV.

S Pietro Crisci, fou de Dieu à Foligno ; après une jeunesse orageuse, il rendait ses services à l'Eglise locale en balayant.

XVII.

S John Plessington (ou Plesington ou William Pleasington ou aussi William Scarisbrick), prêtre anglais martyr à Chester, pendu, éviscéré et écartelé.

XIX.

SS Ruohan Zhu Wurui, adolescent de dix-sept ans, Lisa Qin Bianshi et son garçon de quatorze ans Ximan Qin Chunfu, martyrs chinois canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

XX.

Bx Karol Stępień (Herman, *1910) et Józef Puchała (Achilles, *1911), prêtres franciscains polonais, tués par les nazis en Pologne en 1943, béatifiés en 1999.

Epaphras

1er siècle

 

Durant sa captivité à Rome (61-63), Paul écrivit aux chrétiens de Colosses pour leur rappeler fortement que le Christ est au-dessus de tout et les mettre en garde contre les faux docteurs, gnostiques en particulier, qui diminuaient la transcendance du Christ au profit d’êtres intermédiaires, et menaçant du même coup de ruiner le dogme chrétien.

Colosses était une ville de Phrygie (Asie Mineure) : il ne reste rien de cette ville antique, reconstruite maintenant sur le site de Honaz dans l’actuelle Turquie centrale.

Au terme de sa lettre, Paul mentionne ainsi Epaphras : Epaphras, qui est des vôtres, esclave du Christ Jésus, vous salue, combattant toujours pour vous par des prières, afin que vous demeuriez parfaits et bien assurés dans toute la volonté de Dieu ; car je lui rends témoignage qu’il prend beaucoup de peine pour vous, et pour ceux qui sont à Laodicée, et pour ceux qui sont à Hiérapolis (Col 4:12-13).

De ce passage, il ressort qu’Epaphras est alors à Rome auprès de Paul, à qui il a tenu à rendre visite. Long voyage pour honorer une amitié profonde.

Auparavant, au début de la même lettre, Paul avait rappelé aux Colossiens qu’ils ont été instruits par Epaphras : Notre bien-aimé compagnon dans le service de Dieu ; il est pour vous un fidèle ministre du Christ et c’est lui encore qui nous a informés de la charité que vous inspire l’Esprit (Col 1:7-8).

Et encore, dans la brève épître à Philémon, Paul mentionne son ami : Epaphras, mon compagnon de captivité dans le Christ Jésus, vous salue (Phm 23). Epaphras aurait-il aussi été arrêté, ou bien Paul veut-il dire seulement que son ami est auprès de lui pour le réconforter ? On ne sait.

Cet Epaphras est un saint homme d’une discrétion totale, au service de l’Eglise. On n’en saura pas grand-chose de plus. Il participa à l’évangélisation de Colosses et des villes circonvoisines. D’aucuns prétendront qu’il aurait été sacré évêque à Colosses, mais si cette assertion est probable, elle n’a aucune confirmation dans nos connaissances actuelles.

Saint Epaphras est mentionné au Martyrologe le 19 juillet.

 

 

Macedonius, Theodulus et Tatianus de Meros

† 362

 

Meros était une ville de Phrygie (auj. Turquie CW).

En ou vers 362, un gouverneur nommé Almachius voulut restaurer un temple païen, selon le désir de l’empereur Julien l’Apostat.

De nuit, les trois Macedonius, Theodulus et Tatianus pénètrent dans l’édifice, abattent les statues des idoles et se retirent.

Le lendemain, Almachius arrête en représailles trois innocents et menace de les exécuter. Les trois «coupables» alors se dénoncent.

On tente de les convaincre d’apostasier ; refus. On les torture ; ils persévèrent dans la Foi. On les étend sur des grils incandescents et, peu avant d’expirer, demandent à être retournés, pour être bien cuits de chaque côté.

Les saints Macedonius, Theodulus et Tatianus de Meros sont commémorés le 19 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Macrine la Jeune

env.327-379

 

Au IVe siècle vivait à Césarée de Cappadoce (act. Kayseri, Turquie d’Asie C) une belle famille chrétienne. L’ancêtre la plus connue est Macrine l’Ancienne, originaire de Néocésarée  (act. Niksar, Turquie N), grande admiratrice du saint évêque Grégoire le Thaumaturge.

Le fils de cette pieuse femme était Basile l’Ancien, qui épousa Emmélie : ils eurent dix enfants, cinq garçons et cinq filles.

Des cinq garçons, trois devinrent évêques : Basile, à Césarée ; Grégoire, à Nysse ; Pierre, à Sébaste. Les deux autres étaient Nicéphoros et Naucratios.

Des cinq filles, deux seulement nous ont laissé leur nom : Macrine et Théosébie.

Les cinq garçons et Macrine restèrent consacrés à Dieu et ne se marièrent point.

Macrine donc - pour parler de celle que nous fêtons aujourd’hui - était l’aînée et secondait vaillamment sa mère dans les tâches quotidiennes. Basile en parle avec émotion.

Elle aurait porté le nom de Thècle à son baptême, sur une mystérieuse révélation à sa mère, mais elle est toujours restée connue sous celui de Macrine.

Sa sainte maman la formait à bonne école : ses livres étaient le Livre de la Sagesse et le Psautier.

Macrine fut fiancée à l’âge de douze ans, mais le jeune homme mourut et Macrine se consacra à l’éducation des petits frères. Elle aida Basile à éviter l’orgueil intellectuel universitaire, et le garçon devint moine, avant de devenir prêtre, puis évêque. 

Cette période de formation achevée, Emmélie et Macrine se retirèrent non loin de là, à Annesis, où d’autres femmes pieuses se joignirent à elles, dans la prière et la pénitence. Le jeune Pierre était là aussi pour aider.

C’est là qu’on rapporta un jour le corps du cher Naucratios, qui mettait ses talents de chasseur et de pêcheur au service des pauvres.

Macrine fut affligée d’une tumeur au sein et, bien loin de se laisser opérer par quelque chirurgien qui aurait touché à son corps virginal, elle demanda à sa mère de tracer le signe de la croix sur sa poitrine : la tumeur disparut.

Après la mort d’Emmélie, Macrine resta seule à la maison avec son plus jeune frère Pierre, ses frères Grégoire et Basile étant devenus évêques.

Macrine mourut saintement en 379, et le Martyrologe la commémore au 19 juillet.

Signalons en passant les jours où sont commémorés tous les Saints de cette belle famille : 

Macrine l’Ancienne, le 14 janvier ; Basile et Emmélie, le 30 mai ; notre Macrine, le 19 juillet ; Basile le Grand, le 1er janvier et fêté le jour suivant ; Grégoire de Nysse, le 9 mars ; Pierre de Sébaste, le 26 mars.

 

 

Dios de Constantinople

† 5e siècle

 

Dios était né à Antioche (sans doute celle de Pisidie, auj. près de Yalvaç, Isparta, Turquie CW), où il embrassa la vie monastique.

Il vint à Constantinople, où l’empereur Théodose lui donna un emplacement pour construire un nouveau monastère. Il en devint archimandrite.

Le patriarche Attikos, admirant ses saintes vertus, l’ordonna prêtre.

Dios fit tant de miracles que les Grecs le surnommèrent Thaumaturge.

Saint Dios de Constantinople est commémoré le 19 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Symmacus pape

498-514

 

Ce cinquante-et-unième pape, qui succédait au très contesté Anastase II, eut un pontificat assez mouvementé, marqué par un schisme à son début, qui fut l’occasion de troubles incessants pendant de longues années.

Celius Symmacus était né en Sardaigne, de Fortunatus, et devint diacre à Rome. 

C’est une faction favorable à Anastase II qui élut le pape Symmaque, tandis qu’une autre lui opposait un certain Laurent. Puis Symmaque fut contesté pour avoir fixé en 501 la fête de Pâques au 25 mars, alors que d’autres la voulaient au 22 avril.

Et comme on profite souvent d’un revers pour ajouter (et inventer) d’autres accusations, le pauvre pape était aussi accusé de dilapidation et de mauvaises mœurs.

Un concile romain avait acquitté le pape en 499, un autre à Palma le proclama innocent. Enfin un dernier concile, à Rome, prit des décisions énergiques contre les adversaires du pontife et mit fin au schisme de Laurent (501).

Le roi Théodoric prit même la décision d’obliger un des fauteurs de l’agitation à restituer les églises au pape légitime et de rentrer dans l’obéissance (507).

Finalement, Symmaque put jouir d’un peu de paix pour ses derniers jours. Il se montra fort charitable pour des évêques africains exilés et pour des prisonniers ligures ; il sévit contre les manichéens de Rome ; il restaura ou orna plusieurs églises, dont Saint-Pierre ; il fit édifier celle de Saint-Pancrace. Il aurait introduit dans la messe le chant du Gloria in excelsis Deo.

En 512 encore, il demanda aux évêques orientaux de se soumettre clairement aux décisions du concile de Chalcédoine, qui avait eu lieu en 451 : après plus d’un demi-siècle, même des évêques ne se soumettent pas facilement.

C’est au temps de Symmaque que l’on commença la rédaction de ce qui deviendrait le Liber Pontificalis.

Après un pontificat de plus de quinze années, Symmaque s’éteignit le 19 juillet 514. Il eut pour successeur le pape Hormisdas.

 

 

Aurea

† 856

 

Aurea était la sœur de deux frères déjà martyrisés en 825 (ou 826), Adulfo et Juan (v. 27 septembre). 

Elle passa une trentaine d’années dans la vie religieuse au monastère de Cuteclara près de Cordoue ; sa mère Artemia, veuve, était devenue abbesse ou diaconesse de la communauté, en considération de ses vertus, de son âge et du martyre de ses deux fils.

Mais le père d’Aurea était musulman, et un personnage de la haute société. Aurea était donc légalement musulmane. Si elle put rester si longtemps dans une certaine tranquillité, elle le devait à la bienveillance d’un parent, juge à Cordoue.

Lors de la persécution relancée par le khalife Mohamed Ier, Aurea fut toutefois dénoncée et traduite devant le nouveau juge, un parent aussi, mais beaucoup plus sévère et intransigeant. Aurea céda devant les terribles menaces et promit ce qu’on exigeait d’elle.

Rentrée chez elle, le remords la saisit bientôt et lui fit vaincre sa première apostasie : de nouveau présentée au juge, elle proclama haut et fort sa foi catholique en Jésus-Christ. Elle fut enfermée dans un sombre cachot et le khalife, interrogé sur sa cause, prononça une sentence de mort.

Aurea fut décapitée sans délai et jetée dans le Guadalquivir.

C’était un 19 juillet, et Aurea fut plus tard inscrite au Martyrologe de ce jour.

Bernold d’Utrecht

† 1054

 

On sait que Bernold fut le vingt-deuxième évêque d’Utrecht et qu’il a été canonisé. C’est sans doute le plus important, mais on serait heureux d’en apprendre quelque chose de plus.

Son nom a été orthographié de diverses manières : Bernulf, Bernulphus, Benno.

Il aurait été prêtre à Oosterbeek avant d’être nommé évêque d’Utrecht et de recevoir l’ordination épiscopale en 1027.

Cette même année, il prit part au synode pangermanique de Francfort.

L’empereur Henri III soutint beaucoup l’Eglise. En 1040, il remit le domaine de Cruoninga (act. Groningen) à la cathédrale Saint-Martin d’Utrecht ; l’évêque devenait en 1046 comte de Hamaland. Ce fut peut-être l’époque de la plus grande puissance de l’évêque.

En outre, Bernold fit construire les églises Saint-Pierre, Saint-Jean, et le monastère Saint-Paul. Il aurait aussi fondé l’église Saint-Lebuinus à Deventer et l’église Saint-Michel à Zwolle.

Bernold s’employa à reprendre les églises usurpées par les seigneurs et à libérer les monastères des contraintes civiles, pour les laisser libres d’adhérer à la règle de Cluny.

Il mourut le 19 juillet 1054, trois jours après le regrettable Schisme d’Orient.

Bernold fut enterré dans l’église Saint-Pierre.

Saint Bernold d’Utrecht est commémoré le 19 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Stilla de Abenberg

† 1140

 

De la très grande famille des comtes d’Abenberg (Bavière, Allemagne S), Stilla vécut au 12e siècle, mais on ne connaît pas sa date de naissance.

Son père s’appelait peut-être Zelco, elle eut deux sœurs, et deux frères : Albrecht et Conrad. On suppose aussi que son vrai nom était Hadewig (Hedwige).

Extrêmement bonne et pieuse, elle fit d’importantes donations à l’Eglise, par exemple au couvent de Heilsbrunn.

Elle fit le vœu de virginité entre les mains de l’évêque de Bamberg.

On parle de miracles qu’elle fit de son vivant, mais plus encore de ceux qui advinrent par son intercession après sa mort.

Après avoir fait construire une église sur la montagne proche d’Abenberg, elle voulait y adjoindre un monastère pour y finir ses jours, mais la mort la devança.

La date de cette mort n’est pas non plus certaine ; on parle du 19 juillet 1140. A cette date, le Martyrologe la commémore avec son nom habituel, Stilla.

Le culte de la bienheureuse Stilla fut reconnu en 1927.

 

 

Pietro Crisci da Foligno

1243-1323

 

Pietro (ou Petrillo, petit Pierre) Crisci était d’une noble et riche famille de Foligno (Ombrie, Italie C).

S’il eut une jeunesse qu’on a qualifiée d’orageuse, il eut une conversion profonde à trente ans : il vendit tous ses biens et en distribua le prix aux pauvres. Quand il ne lui resta plus rien, il voulut se vendre lui-même, promettant d’obéir en tout à son maître. Un homme l’acheta, mais le laissa libre en lui imposant seulement de prier pour lui, ce dont il s’acquitta fidèlement.

Il s’habilla d’une sorte de sac et marcha pieds nus.

Il priait en regardant le soleil, qui symbolisait pour lui le Christ Jésus. Il jeûnait assidûment, ne dormait que quelques heures sur les dalles du clocher de la cathédrale. Il n’en sortait guère, car il assistait à tous les offices et, quand il ne priait pas, entretenait le luminaire, balayait, lavait ; et s’il ne restait rien à faire, il partait rendre les mêmes services dans quelque église voisine.

Les habitants de Foligno le traitèrent parfois de fou. On se demanda si cet original n’était pas hérétique et l’inquisition le convoqua à Assise d’abord, puis à Spolète. Force fut à l’inquisiteur de constater que la foi de Pietro était tout-à-fait orthodoxe, et même que ses yeux ne subissaient aucun dommage malgré l’exposition constante de Pietro au soleil. Lui qui s’était rendu à Spolète sur un âne, - comme le Christ avant d’aller souffrir, fut déçu non seulement de n’avoir rien à souffrir, mais même de revenir chez lui avec les honneurs.

Le 19 juillet 1323, il mourut dans le clocher de la cathédrale, où il habitait.

Il fut honoré comme un saint dès sa mort, mais le Martyrologe le qualifie de Bienheureux.

 

 

John Plessington

1637-1679

 

Né vers 1637 à Dimples Hall (Garstang, Lancashire, Angleterre), John était d’une famille catholique. Ses parents étaient Robert Plessington et Alice Rawstone.

Il alla se former chez les Jésuites à Scarisbrick Hall, puis à Valladolid (Espagne) et Saint-Omer (France) et fut ordonné prêtre à Ségovie en 1662.

Reparti en Angleterre sitôt après son ordination, il exerça son apostolat dans le secteur de Holywell et du Cheshire et fut précepteur à Puddington Old Hall (Chester). Il adopta des pseudonymes : John Plesington, ou William Scarisbrick, ou William Pleasington.

Arrêté au moment du «complot» de Titus Oates, il fut condamné à mort, après deux mois de prison ; parvenu au lieu de l’exécution, il dit à la foule : Puisqu’un prêtre régulièrement ordonné dans la ligne du Siège de Rome, doit mourir comme traître selon la Loi de la nation, je pense que tous les ministres du culte actuels devraient mourir, puisque les premiers évêques protestants avaient reçu leur ordination sur mandat de l’Eglise Romaine… 

Il fut pendu, éviscéré et écartelé, le 19 juillet 1679 à Barrowshill (Boughton, Chester, Cheshire).

Béatifié en 1929, il fut canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

Ruohan Zhu Wurui

1883-1900

 

Ruohan (Joannes Baptista) Zhu Wurui était né vers 1883 à Zhujiahe (Jingxian, Hebei) et fut martyrisé à Lujiazhuang (Jingxian, Hebei) le  19 juillet.

Il a été béatifié en 1946 et canonisé en 2000.

 

 

Lisa Qin Bianshi

1846-1900

Ximan Qin Chunfu

1886-1900

 

Lisa (Elisabeth) Qin Bianshi et son garçon Ximan (Simon) Qin Chunfu étaient nés, elle vers 1846, lui vers 1886, à Nanpeiluo (Renqiu, Hebei) et furent martyrisés à Liucun (Renqiu, Hebei) le 19 juillet.

Ils ont été béatifiés en 1946 et canonisés en 2000.

 

 

Karol Stępień

1910-1943

Józef Puchała

1911-1943

 

Karol naquit le 21 octobre 1910 à Łódź (Lwow, maintenant en Ukraine).

Il entra au petit séminaire franciscain de Łódź en 1924.

En 1930 il entra en noviciat franciscain de Lagiewniki, où il prit le nom de Herman.

En 1933, il entra au monastère franciscain de Cracovie et y fit les voeux solennels en 1934.

Excellent étudiant, il fut envoyé à Rome à l'université Saint-Bonaventure.

Ordonné prêtre en 1937, il fut envoyé au couvent de Radomsko pour y préparer le doctorat en théologie. Il l'obtint en 1939.

Nommé à Vilnius où il subit les persécutions soviétiques, il fut ensuite nommé à Iwieniec, qui fut successivement occupée par les Allemands.

Il rejoignit alors son confrère Józef-Achilles Puchała à Pierszaje.

 

Józef était né le 18 mars 1911, veille de la fête de saint Joseph, dont il porta le nom.

En 1924, le même année que Karol, il entra au petit séminaire de Łódź.

En 1927 il entra au noviciat de Lagiewniki, où allait le rejoindre Karol-Herman peu après, et prit le nom de Achilles.

En 1931, il étudia philosophie et théologie à Lwow, émit les voeux solennels en 1932, et reçut le sacerdoce en 1936.

Après quelque temps au couvent de Grodno, il fut nommé à la paroisse de Iwieniec. Il remplaça le curé de Pieszaje, qui s'était enfui devant l'invasion soviétique, et appela alors son ami Karol, désormais Herman, pour l'aider. Les deux amis, qui s'étaient rencontrés adolescents en 1924 se retrouvaient maintenant sur le même champ d'apostolat.

 

*   *   *

 

Ils exercèrent ainsi le ministère paroissial dans les difficiles conditions de l'occupation soviétique.

Les Allemands ayant à leur tour envahi ces territoires, ils y instaurèrent ce régime de terreur qui persécutait autant l'Eglise que les Juifs.

En 1943, suite à une insurrection, la Gestapo organisa une perquisition dans la paroisse de Pieszaje. Le commandant allemand de la gendarmerie locale, élevé dans la religion catholique, proposa aux deux prêtres de se cacher en lieu sûr, mais ils refusèrent, pour rester au-milieu de leurs ouailles. 

Les Allemands arrêtèrent des otages, dont les pères Herman et Achilles. Tandis que les villageois furent expédiés en camp de concentration, les deux prêtres furent exécutés sur place. Les Allemands mirent le feu à une grange, où ils jetèrent les corps des deux prêtres (ou bien, selon une autre version des faits : ils les y jetèrent encore vivants). 

C’était le 19 juillet 1943 à Borowikowschchina (maintenant en Biélorussie).

Les deux prêtres furent béatifiés en 1999.

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17 juillet 2020 5 17 /07 /juillet /2020 23:00

18 JUILLET

 

III.

Ste Symphorosa et sept compagnons : Crescens, Iulianus, Nemesius, Primitivus, Iustinus, Stacteus, Eugenius, martyrs près de Rome.

IV.

S Maternus, évêque à Milan.

S Æmilianus, soldat martyr à Dorostore.

S Pambon, moine dans le désert de Nitrie.

S Ruffilllus, premier évêque à Forlimpopoli.

S Filastrius, évêque à Brescia.

V.?

S Gonéry, ermite près de Noala. 

VII.

S Arnoul, conseiller de Childebert II, intendant des domaines royaux, évêque à Metz, père de deux fils, l'un ancêtre de Charlemagne, l'autre son successeur, s. Chlodulf.

VIII.

Ste Theodosia, religieuse martyre à Constantinople ; elle avait renversé l'échelle où se trouvait un agent impérial en train d'enlever une image du Christ.

IX.

S Frederik, évêque à Utrecht, assassiné dans sa cathédrale juste après la messe : il dit à ses meurtriers de fuir au plus vite pour ne pas être pris.

XII.

S Bruno, évêque à Segni puis aussi abbé au Mont-Cassin, soutien de Grégoire VII dans la querelle des Investitures.

XV.

S Szymon de Lipnica, franciscain polonais, propagateur de la dévotion au s. Nom de Jésus, mort de la peste, canonisé en 2007. 

XVIII.

B Jean-Baptiste de Bruxelles, chanoine en Haute-Vienne, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

S Đaminh Đinh Đạt, soldat tonkinois martyr : après avoir cédé en piétinant une croix, il écrivit à l'empereur pour rappeler qu'il était bien chrétien et fut étranglé ; canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

Tiburcio Arnáiz Muñoz (1865-1926), prêtre jésuite espagnol, apôtre infatigable à Málaga en particulier, béatifié en 2018.

Bx Gabriel Longueville, prêtre français, et Carlos de Dios Murias, Frère Mineur Conventuel argentin, (*1931 et 1945), martyrisés en Argentine (1976), béatifiés en 2019.

Symphorosa et sept Compagnons

† 3e-4e siècles

 

Les spécialistes sont sévères au regard de ces Martyrs.

Une tradition en faisait une courageuse mère et ses sept fils. On a rapproché ceux-ci du groupe des sept Frères, commémorés le 10 juillet et on les a classés comme «doublons». On a fait d’ailleurs remarquer que Symphorosa est la traduction grecque de Felicitas, qui serait la mère des sept Frères du 10 juillet.

Le Martyrologe annonce qu’ils furent martyrisés de diverses façons, sur la via Tiburtina, à neuf milles de Rome.

Ces sept Compagnons portaient les noms suivants : Crescens, Iulianus, Nemesius, Primitivus, Iustinus, Stacteus, Eugenius.

S’ils n’étaient pas frères de sang, ils le devinrent par leur mort glorieuse.

Sainte Symphorose et ses sept Compagnons sont commémorés le 18 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maternus de Milan

† 328

 

Maternus fut le septième évêque de Milan, entre Mirocles et Protasius, de 316 à 328.

Une ancienne notice indiquait qu’il avait vécu sous Maximilien Hercule, mort en 310, ce qui semble incompatible avec les dates précédentes.

En 306, commença le règne de Constantin 1er qui mourut en 337 ; il y eut Maximin II en 311-313, puis Licinius (308-324).

Toutefois, on pourrait avancer l’hypothèse suivante : Maternus fut peut-être persécuté, avant d’être évêque. Il a put subir des tourments variés (on parle de prison, de flagellations) sous Maximilien Hercule. 

Puis il aurait dirigé son diocèse en paix.

Il mourut vers 328.

Saint Maternus de Milan est commémoré le 18 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Æmilianus de Dorostore

† 362

 

Ce n’est pas le premier soldat que nous rencontrons à Dorostore (v. 25 et 28 avril, 27 mai, 15 juin), dans l’actuelle Bulgarie.

Æmilianus, chrétien convaincu, se distingua en renversant un autel païen, et en brisant tous les objets de ce temple païen tout récemment reconstruit. 

En soi, c’était une provocation, que l’Eglise ne permet pas. Mais le valeureux soldat, dans son zèle naïf, ignorait sans doute cette loi et agissait avec une bonne intention.

On ajoute, avec quelque hésitation que, dans un premier temps, le magistrat Capitolinus ordonna aux soldats de rechercher le coupable ; ceux-ci, pour détourner la colère de Capitolinus, amenèrent un brave paysan de l’endroit ; Æmilianus alors se serait spontanément présenté, pour faire libérer le pauvre homme. Dépouillé de ses vêtements, flagellé durement sur tout le corps, pendant plusieurs heures, Æmilianus affirmait encore sa foi. Excédé, Capitolinus voulait le faire brûler vif, mais le feu s’éteignit et le vaillant soldat rendit alors son âme à Dieu.

Æmilianus mourut le 18 juillet 362.

Tant en Occident qu’en Orient, Æmilianus a toujours été considéré comme Martyr.

Saint Æmilianus de Dorostore est commémoré le 18 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ruffillus de Forlimpopoli

330-382

 

Ruffillus (Rufillus) passe pour avoir été le premier évêque de Forlimpopoli (Emilie-Romagne, Italie CE) et aurait vécu de 330 à 382, donc au 4e et non au 5e siècle. Mais si l’on en croit une certaine «tradition», il serait mort à quatre-vingt dix ans, au début du 5e siècle.

L’évêque réussit, dit-on, à évincer un dragon ; cette bête symbolisera sans aucun doute le paganisme et l’arianisme, et Rufillus les combattit comme le firent d’autres évêques (Mercurialis à Forlì, v. 30 avril ; Leo à Monfeltro ; Gaudentius à Rimini, v. 14 octobre ; Petrus Chrisologus à Ravenna, v. 30 juillet ; Geminianus à Modène, v. 31 janvier).

Le siège de Forlimpopoli fut plus tard déplacé à Bertinoro, à la suite des invasions et finalement de la destruction de la ville. Le diocèse est actuellement rattaché à celui de Forlì.

Saint Rufillus de Forlimpopoli est commémoré le 18 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Filastrius de Brescia

† 387

 

 

Filastrius (ou Filaster) pouvait venir d’Espagne ou même d’Egypte, on ne sait exactement.

Venu en Italie, le zèle pour la doctrine le poussa à voyager pour prêcher un peu dans tout l’empire romain, pour contester les hérétiques, pour convertir les païens, pour convaincre les Juifs.

Vers 380, il fut nommé huitième évêque de Brescia. 

En 381, on trouve sa signature au concile d’Aquileia.

Son successeur, Gaudentius (v. 25 octobre), nous en a laissé un très aimable panégyrique :

Filastrius parcourut en prêchant presque toute l’étendue du monde romain. Avant Ambroise, il lutta contre l’arien Auxentius à Milan, pour garder le troupeau du Christ. Il séjourna longtemps à Rome et y opéra beaucoup de conversions, grâce à des conférences publiques ou privées. 

Enfin Brescia le mérita. Cet évêque avait une âme ardente, des mœurs saintes, de la douceur, une modération extrême. Avec cela, de la science, une humilité qui le rendait sublime, l’expérience des choses célestes et une heureuse ignorance des terrestres. Nul souci de gloire humaine. Il était intraitable sur l’honneur divin. Il n’avait que mépris pour les amitiés du siècle, les devoirs mondains. Le service de Dieu, voilà ce qui l’occupait continuellement, jusque dans ses conversations profanes. 

Son courroux était bref, son indulgence facile ; il était beaucoup plus circonspect pour reprendre que pour pardonner, et mettait dans ses actes une liberté tout apostolique. Pour tous il était plein de bénignité, mais il avait un faible pour les petits et les  humbles. Son habit était vil, mais propre ; il se montrait, sans industrie, aimable et reconnaissant ; humble sans déguisement. Il aimait acheter cher à des marchands pauvres.

La science de l’évêque se manifesta particulièrement dans son ouvrage sur les hérésies, où il recense vingt-huit hérésies hébraïques et cent vingt-huit chrétiennes, dans un style qui n’est pas sans répétitions et qui n’a pas toujours convaincu ses lecteurs. S.Augustin (v. 28 août) préférait franchement s.Epiphane (v. 21 janvier) à Filastrius et ce jugement l’a emporté par la suite.

Filastrius mourut vers 387.

Saint Filastrius de Brescia est commémoré le 18 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Arnoul de Metz

vers 582-640

 

Le nom de ce Saint est une traduction de Arnulfus (ou Arnulphus) ; on trouve diverses traductions pour les noms de personnage de cette époque. Il serait peut-être mieux de les laisser dans leur forme latine. Même dans sa forme française, Arnoul est orthographié en Arnould, Arnoulf, Arnulf, Arnulfus.

Le père de cet Arnulphus serait un certain Arnoald, qui fut évêque de Metz, ou bien Bodogisel, un ambassadeur franc à Constantinople ; une source prétend que ces deux noms désignaient la même personne.

Arnoul, donc, serait né dans la villa Layum, qu’on identifie avec la localité de Lay-Saint-Christophe, près de Nancy, entre 582 et 590.

Après les études que pouvait lui faire faire sa noble famille, il travailla au palais d’Austrasie, auprès de son grand-oncle, Gundulf, chef du palais et conseiller du roi.

Puis il passa au service du roi Théodebert II, dont il sera intendant des domaines.

Il céda aux instances de sa famille et épousa Dode, vers 610, dont il aura deux fils, Chlodulf (ou Cloud, v. 8 juin) et Ansegisel. 

Comme leude à la cour, il se trouva mêlé avec Pépin de Landen à la conspiration qui s’opposa à la reine Brunehaut. Le roi de Neustrie, Clotaire II, s’allia à la conspiration, détrôna la reine et la fit exécuter…

Le fils d’Arnoul, Ansegisel, épousa la fille de Pépin, Begga, donnant ainsi naissance à la dynastie des Carolingiens.

Quand Clotaire II devint maître de tout le royaume, il invita Arnoul à accepter le siège épiscopal de Metz. Arnoul n’était qu’un laïc, et dut se préparer à recevoir les saints Ordres, pour devenir ainsi le vingt-neuvième évêque de Metz (613-628). Son épiscopat fut caractérisé par un grand dévouement et Clotaire II l’associa au gouvernement du royaume. L’épouse d’Arnoul, elle, se retira dans un couvent de Trèves.

Arnoul assista à deux conciles, à Clichy puis à Reims. Il fut le précepteur du fils de Clotaire II, Dagobert Ier. Dans toutes ses charges, Arnoul se fit remarquer par son esprit de justice, sa piété, sa charité. Un jour, traversant la Moselle, il avait jeté son anneau dans le fleuve, demandant à Dieu que cet anneau lui fût rendu si ses péchés lui étaient pardonnés ; l’anneau fut en effet retrouvé de nombreuses années plus tard dans les entrailles d’un poisson.

A la mort de Clotaire II, Arnoul désirait se retirer. Il semble que Dabobert ait eu quelque fort démêlé avec lui, mais Arnoul put partir et rejoindre un vieil ami, Romary, fondateur d’un monastère appelé par la suite Remiremont (Romaryci Mons). Il installera son ermitage sur une colline voisine du mont Habend où vivait Romaric, et un pont fut jeté sur la profonde vallée qui les séparait ; ils passèrent ainsi une dizaine d’années, recevant des lépreux et les soignant, jusqu’au jour où Arnoul rendit son âme à Dieu, le 16 août 640.

Cette date aussi n’est pas unanime. On place en effet la mort de saint Arnoul au 18 juillet, mais pour d’autres, le 18 juillet (641) serait la date de la translation de son corps en la basilique des Saints-Apôtres à Metz, qui s’appela depuis Saint-Arnoul. Cette église appartint plus tard aux moines bénédictins, et fut détruite en 1552. De là on transporta les reliques du Saint en l’église des Dominicains, qui prit à son tour le nom de Saint-Arnoul.

Quant à l’anneau du saint évêque, il est conservé en la cathédrale de Metz.

Dès le IXe siècle, le culte de saint Arnoul était universellement répandu. Saint Arnoul est aussi le patron des brasseurs, parce que des tonneaux vides se seraient soudainement remplis après qu’on l’ait invoqué.

Devant plusieurs données différentes concernant le dies natalis de saint Arnoul, on l’a laissé ici au 18 juillet, puisqu’il est inscrit en ce jour au Martyrologe Romain.

 

 

Theodosia de Constantinople

† 745

 

De noble famille, Theodosia naquit sur la fervente prière de ses parents. Elle fut orpheline assez tôt et, ayant remis aux pauvres ce qui lui restait de l’héritage, se consacra, probablement au monastère de Sainte-Anastasie de Constantinople.

On ajoute parfois qu’elle consacra l’or et l’argent nécessaire pour l’écriture de deux icônes, en l’honneur du Christ Sauveur et de la Très Sainte Vierge Theotokos.

En 729, quand l’empereur Leon l’Isaurien commença la lutte contre les saintes Images (iconoclasme), il envoya un officier arracher de la porte de son palais une ancienne image du Christ, qui pouvait dater du 4e siècle. Theodosia s’y rendit aussi avec quelques compagnes et renversa l’échelle de l’officier, qui mourut de ses blessures. Les religieuses furent arrêtées et torturées. Theodosia reçut cent coups de fouets chaque jour pendant une semaine.

L’année suivante, la même Theodosia aurait aussi jeté des cailloux en direction de l’évêque Anastasios, intrus sur le siège patriarcal de s.Germanos (v. 12 mai).

L’agitation était telle que le clergé était partagé, la foule aussi, et une quinzaine d’année passèrent. A la fin, Theodosia s’étant sans doute manifestée de la même façon en d’autres occasions, elle fut amenée au Forum Bovis et exécutée : on lui perça le cou avec une corne de bélier.

On avance pour cet événement la date de 745.

Theodosia fut parmi les Saints les plus vénérés de Constantinople ; on l’invoqua particulièrement pour les malades, et encore plus à partir de 1306, quand un sourd-muet fut guéri par son intercession.

Sainte Theodosia de Constantinople est commémorée le 18 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Frederik d’Utrecht

780-838

 

D’après une ancienne tradition, Frederik serait né en Frise de noble lignage ; d’aucuns lui donnèrent une origine anglaise, ce qui pourrait faire supposer que ses parents ou grands-parents eussent quitté le Wessex pour suivre s.Boniface (v. 5 juin).

La pieuse mère de Frederik le conduisit à l’école cathédrale d’Utrecht, où il reçut sa formation.

Frederik fut ordonné prêtre et fut au milieu du clergé un modèle de douceur et de désintéressement.

En 820, d’après la liste épiscopale du diocèse d’Utrecht, ou en 826, il fut appelé à succéder à l’évêque Ricfried ; effrayé de ce choix, il n’accepta que sur les instances de l’empereur Louis le Débonnaire, et fut consacré à Aix-la-Chapelle, en présence de ce dernier. Il devenait le neuvième évêque d’Utrecht.

En 829, il assista au concile de Mayence.

Frederik parcourut son diocèse en en extirpant les restes de cultes païens ; il envoya s.Odulf (v. 12 juin) ré-évangéliser les Frisons.

Il fut en relations amicales avec s.Raban Maurus (v. 4 février), qui lui dédia son Commentaire sur Josué.

Si le début de son épiscopat fut heureux vis-à-vis de l’empereur Louis le Débonnaire, le climat se refroidit très vite dès 819, lorsque ce dernier épousa en secondes noces Judith. Il y eut un conflit entre les trois fils du premier mariage, celui du deuxième et leur père. Frederik prit parti pour les fils. Sans entrer ici dans le détail des événements politiques, résumons la situation en disant que les relations furent très tendues entre l’évêque et Judith, qui aurait alors comandité l’assassinat de Frederik

Toujours d’après la liste épiscopale d’Utrchet, le 18 juillet 829, ou en 838 d’après d’autres sources, alors que Frederik venait d’achever la célébration de la Messe, deux sicaires vinrent l’assassiner. Frappé à mort, Frederik leur aurait conseillé de vite partir pour ne pas être repérés, et aurait expiré après ces mots du psaume : Je suis certain de voir les biens du Seigneur dans la terre des vivants (Ps 26:13)

On a vu qu’il y a une incertitude sur l’année de la mort de Frederik. S’il est mort en 829, il y aurait eu alors une vacance du siège jusqu’en 835.

Précisons aussi qu’on a donné à Frederik le rang de Frederik Ier, car il y eut par la suite quatre autres évêques de ce nom.

Saint Frederik d’Utrecht est commémoré le 18 juillet dans le Martyrologe Romain.

Bruno de Segni

1048-1123

 

Bruno de Segni a aussi été appelé Brunon, ce qui le distingue de l’illustre Bruno de Cologne, fondateur des Chartreux (v. 6 octobre).

Mais celui-ci ne fut pas moins illustre.

Il naquit vers 1048 à Solero (Asti, Piémont, Italie NW) et étudia dans une école monastique, avant de prendre ses grades à l’université de Bologne.

Ordonné prêtre, il reçut un canonicat à Sienne, participa au concile de Rome de 1079, où il contribua à la condamnation de la doctrine eucharistique de Bérenger de Tours, et fut nommé évêque de Segni en 1080.

C’était l’époque de la querelle des Investitures et il se prononça clairement en faveur de Rome, ce qui lui valut d’être mis en prison par le comte de Segni pendant l’hiver 1082-1083.

Après s’être absenté quelque temps pour accompagner Urbain II en France, il finit par se réfugier en 1099 au Mont-Cassin ; tout évêque qu’il fût, il y prit l’habit bénédictin, et devint abbé de ce célèbre monastère en 1107, tout en continuant à administrer son évêché depuis là-bas.

Il composa des récits hagiographiques, des commentaires sur l’Ecriture (entre autres sur le Cantique et les Psaumes), des opuscules liturgiques.

En 1111, Bruno osa adresser une solennelle instance auprès du pape Pascal II, le suppliant de revenir sur une décision que lui avait arrachée l’empereur. Pour toute réponse, le pape l’invita à revenir résider dans son évêché. Bruno obéit, sans pour autant changer son intransigeance : sa position l’emporta car, en 1112, un concile romain cassait la décision précédente du pape.

Désormais, Bruno pouvait estimer sa mission accomplie. Il se retira et mourut humblement à Segni, le 18 juillet 1123.

Il fut canonisé dès 1183.

 

 

Szymon de Lipnica

1435-1482

 

Né entre 1435 et 1440 (certains pensent préciser en 1437) à Lipnica Murowana (Pologne) dans une famille modeste, Szymon se montra tôt très pieux, particulièrement dévot de la Sainte Vierge.

En 1454, à l’université Jagellone de Cracovie où il était inscrit, il entendit les prédications de Giovanni de Capistrano, qui l’emballèrent.

Il entra au couvent des Frères Mineurs de Stradom (Cracovie) en 1457 et fut ordonné prêtre en 1460.

Il exerça le saint ministère à Tarnów, où il fut gardien (supérieur), puis fut nommé prédicateur à la cathédrale de Wavel en 1463. Son talent le fit surnommer predicator ferventissimus dans des documents de l’époque.

En 1472, lors de la translation du corps de saint Bernardino de Sienne, il se rendit en Italie et participa au chapitre général des Frères Mineurs de Pavie en 1478. Puis il se rendit à Rome, et en Terre Sainte, cherchant à marcher sur les traces de saint François d’Assise, et avec le secret désir de verser son sang pour le salut des âmes, si Dieu le permettait.

Dans l’éventualité d’être capturé par les Infidèles, il apprit par cœur la Règle de l’Ordre, de façon à l’avoir toujours sous les yeux de l’esprit.

De retour à Cracovie, il recouvrit divers postes, y compris celui de provincial ; sa devise était : Prie, travaille, et espère.

Il se dévoua inlassablement à l’apostolat, et particulièrement au soin des pestiférés durant l’épidémie de 1482.

Ayant contracté la maladie, il mourut le 18 juillet 1482.

Il demanda à être enterré sous le seuil de l’église, pour être foulé aux pieds des fidèles.

Béatifié en 1685, Szymon a été canonisé en 2007.

Lors de la canonisation, le pape lui a confié ceux qui souffrent de la pauvreté, de la maladie, de la solitude et de l’injustice sociale. 

 

 

Jean-Baptiste de Bruxelles

1734-1794

 

Il naquit le  12 septembre 1734 à Saint-Léonard (Haute-Vienne).

Il devint prêtre dans le diocèse de Limoges.

Arrêté comme prêtre réfractaire, pour son refus de prêter le serment constitutionnel, il fut conduit avec quelques centaines d'autres prêtres et religieux à bord du navire négrier Deux Associés, qui devait partir pour la Guyane, mais qui resta dans le port de la Rochelle, où la plupart des prisonniers moururent d'épuisement, de mauvais traitements, de maladies.

L'abbé Jean-Baptiste de Bruxelles mourut le 18 juillet 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Đaminh Đinh Đạt

1803-1839

 

Ɖaminh (Dominique) était né vers 1803 à Phú Nhai (Nam Ɖịnh, Vietnam).

Trois soldats vietnamiens de la garnison de Trịnh-Quang-Khanh étaient restés en prison, après la purge de cette garnison.

Deux d’entre eux étaient Nicolas Bùi Đức Thể et Augustinô Phan Viết Huy, dont il a été question le 12 juin.

Le troisième soldat, Đaminh, fut exécuté le 18 juillet suivant. Il fut étranglé.

Les trois vaillants soldats furent béatifiés en 1900 et canonisés en 1988. Leur fête commune est au 24 novembre.

Le dies natalis de Đaminh est au 18 juillet.

 

 

 

 

 

 

Szymon de Lipnica

1435-1482

 

Né entre 1435 et 1440 (certains pensent préciser en 1437) à Lipnica Murowana (Pologne) dans une famille modeste, Szymon se montra tôt très pieux, particulièrement dévot de la Sainte Vierge.

En 1454, à l’université Jagellone de Cracovie où il était inscrit, il entendit les prédications de Giovanni de Capistrano, qui l’emballèrent.

Il entra au couvent des Frères Mineurs de Stradom (Cracovie) en 1457 et fut ordonné prêtre en 1460.

Il exerça le saint ministère à Tarnów, où il fut gardien (supérieur), puis fut nommé prédicateur à la cathédrale de Wavel en 1463. Son talent le fit surnommer predicator ferventissimus dans des documents de l’époque.

En 1472, lors de la translation du corps de saint Bernardino de Sienne, il se rendit en Italie et participa au chapitre général des Frères Mineurs de Pavie en 1478. Puis il se rendit à Rome, et en Terre Sainte, cherchant à marcher sur les traces de saint François d’Assise, et avec le secret désir de verser son sang pour le salut des âmes, si Dieu le permettait.

Dans l’éventualité d’être capturé par les Infidèles, il apprit par cœur la Règle de l’Ordre, de façon à l’avoir toujours sous les yeux de l’esprit.

De retour à Cracovie, il recouvrit divers postes, y compris celui de provincial ; sa devise était : Prie, travaille, et espère.

Il se dévoua inlassablement à l’apostolat, et particulièrement au soin des pestiférés durant l’épidémie de 1482.

Ayant contracté la maladie, il mourut le 18 juillet 1482.

Il demanda à être enterré sous le seuil de l’église, pour être foulé aux pieds des fidèles.

Béatifié en 1685, Szymon a été canonisé en 2007.

Lors de la canonisation, le pape lui a confié ceux qui souffrent de la pauvreté, de la maladie, de la solitude et de l’injustice sociale. 

 

 

Jean-Baptiste de Bruxelles

1734-1794

 

Il naquit le  12 septembre 1734 à Saint-Léonard (Haute-Vienne).

Il devint prêtre dans le diocèse de Limoges.

Arrêté comme prêtre réfractaire, pour son refus de prêter le serment constitutionnel, il fut conduit avec quelques centaines d'autres prêtres et religieux à bord du navire négrier Deux Associés, qui devait partir pour la Guyane, mais qui resta dans le port de la Rochelle, où la plupart des prisonniers moururent d'épuisement, de mauvais traitements, de maladies.

L'abbé Jean-Baptiste de Bruxelles mourut le 18 juillet 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Đaminh Đinh Đạt

1803-1839

 

Ɖaminh (Dominique) était né vers 1803 à Phú Nhai (Nam Ɖịnh, Vietnam).

Trois soldats vietnamiens de la garnison de Trịnh-Quang-Khanh étaient restés en prison, après la purge de cette garnison.

Deux d’entre eux étaient Nicolas Bùi Đức Thể et Augustinô Phan Viết Huy, dont il a été question le 12 juin.

Le troisième soldat, Đaminh, fut exécuté le 18 juillet suivant. Il fut étranglé.

Les trois vaillants soldats furent béatifiés en 1900 et canonisés en 1988. Leur fête commune est au 24 novembre.

Le dies natalis de Đaminh est au 18 juillet.

Tiburcio Arnáiz Muñoz

1865-1926

 

Né le 11 août 1865, Tiburcio avait sept ans de moins que sa sœur Gregoria ; leur père, un humble  tisserand, s’appelait Ezequiel ; la famille, bientôt privée de son chef (1870), vivait à Valladolid (Espagne).

Peu de temps après avoir commencé le séminaire, Tiburcio dut le continuer comme élève externe, en raison de sa pauvreté ; il vivait de ses services comme sacristain chez les Dominicaines.

Ordonné prêtre en 1890, il fut nommé en 1893 curé à Villanueva de Duero, tout en préparant son doctorat en théologie, qu’il obtint en 1896. C’est alors qu’il fut envoyé à Poyales del Hoyo.

La maman de Tiburcio mourut peu après cette nomination.

En 1902, Tiburcio se sentit appelé à une vie plus religieuse et entra au noviciat des Jésuites à Grenade ; ensuite, on l’envoya en 1909 en Murcie. De son côté, Gregoria entra chez les Dominicaines de Valladolid.

Etant déjà prêtre, Tiburcio n’eut qu’à «compléter» ses études et même enseigna, mais aussi il fut envoyé prêcher les Exercices spirituels de s.Ignace (v. 31 juillet) dans les environs de Grenade, où l’on commença à parler de lui comme d’un Saint. Tiburcio acheva toute sa formation ignatienne à Loyola, en 1911 : déjà il ne respirait que du zèle pour la conversion des âmes.

En 1911, Tiburcio fut envoyé à Málaga, où il eut à s’occuper des jeunes garçons, souvent déjà tombés  dans une vie de mensonge et de vol ; il ne s’attendait pas particulièrment à ce genre d’apostolat, mais son zèle pour ces garçons les transforma littéralement et les rendit amis du Christ. Eux, qui auraient pu tuer un prêtre, devinrent de bons Chrétiens.

Tiburcio fut confesseur dans une église, où sa sainte spiritualité lui attira bientôt une foule de pénitents. Il développa la dévotion au Sacré-Cœur et à l’Eucharistie.

Après un bref séjour à Cadix, il se dédia totalement à l’apostolat en milieu rural. Il fut ainsi le co-fondateur des Sœurs Missionnaires des Paroisses Rurales, avec María Isabel González del Valle Sarandeses ; leur apostolat fut très appuyé par l’évêque s. Manuel González García (v. 4 janvier).

Toute l’attention du père Tiburcio était de ranimer la foi des Chrétiens des campagnes, trop oubliés, trop laissés à eux-mêmes ; il alla à eux, prêcha, enseigna le catéchisme, s’occupa des enfants, encouragea les parents. Tout le monde aimait ce Père, qui aimait tant ses enfants.

En juin 1926, lors d’une prédication à l’occasion de la fête du Sacré-Cœur, il prit froid. Le Prêtre fut vaincu par une  broncho-pneumonie et s’éteignit le 18 juillet 1926, dix ans avant le début de la Guerre civile espagnole, que la Providence divine lui épargna.

Tiburcio Arnáiz Muñoz fut béatifié en 2018 et sera commémoré dans le Martyrologe le 18 juillet.

Le miracle reconnu pour cette béatification fut la guérison inexplicable et durable d’un malade tombé huit jours dans un coma profond après un arrêt cardio-vasculaire.

 

 

Gabriel Longueville

1931-1976

 

Gabriel Joseph Roger Longueville naquit le 18 mars 1931 à Etables (Ardèche).

Après avoir fréquenté le séminaire d’Annonay, il fut ordonné prêtre en 1957, pour le diocèse de Viviers ; il enseigna pendant quelques années.

En 1969, selon l’encyclique Fidei Donum, il fut envoyé au Mexique d’abord, puis en Argentine.

Curé de la paroisse El Salvador (El Chamical), il organisa sa paroisse en y installant des religieuses et surtout en mettant l’accent sur la formation des laïcs.

Il se mit réellement au service des pauvres et des marginalisés. On a noté sa patience extraordinaire.

Dans ses moments de loisirs, Gabriel sculptait le bois ; on a de lui une très jolie croix sur les montants de laquelle sont sculptés les quatorze stations du Chemin de Croix.

Mais son action pastorale dérangeait ceux des Chrétiens qui préféraient maintenir leur autorité sur les populations faibles et exploitées. Ces prêtres, ainsi que l’évêque Angelelli (v. 4 août), étaient accusés de vouloir introduire une politique marxiste, et devaient être éliminés.

Gabriel fut enlevé avec son vicaire, Carlos Murias, le 18 juillet 1976. Quand on retrouva leurs corps, dans un terrain vague bien connu sous l’appellation Los Martires, ils avaient les yeux bandés, et leurs corps étaient criblés de balles. Mgr Angelelli, lui, périt dans un «accident», le 4 août suivant.

L’année suivante, l’évêque de Viviers apporta du village d’Etables des épis de blé pour les répandre à l’endroit où fut assassiné Gabriel Longueville, en signe de «semence nouvelle».

Durant les sept années de la «dictature militaire» en Argentine, périrent deux évêques, plus de cent membres du clergé (prêtres, religieux et religieuses, séminaristes) et, estime-t-on, des milliers de chrétiens engagés.                                                      

Gabriel Longueville fut béatifié en 2019, et inscrit au Martyrologe le 18 juillet.

 

 

 

Carlos de Dios Murias

1945-1976

 

Carlos de Dios Murias naquit le 10 octobre 1945 à San Carlos Minas (Córdoba, Argentine) ; son père, Carlos María Murias, était un grand propriétaire terrien et homme politique influent ; sa mère, Eba Ángela Grosso était institutrice.

Carlos était le benjamin des enfants, après trois filles : Hebe Elizabeth, María Cristina et Marta Elena ; il fut baptisé le 24 novembre 1945.

Il fréquenta l’école primaire chez les Religieuses de Villa Ciardino, le collège Virgen Niña.

En 1954, il reçut avec grande dévotion la Première communion.

De 1958 à 1962, il étudia au Lycée Militaire General Paz, à Córdoba, où il fit la connaissance de l’aumônier, le père Fulgencio Rojas.

Après le baccalauréat, il aurait volontiers suivi les cours de Vétérinaire, mais il n’y en avait pas encore, aussi s’orienta-t-il vers la faculté d’Ingénierie. Il n’en fit que deux années, mais il s’intéressa aux réunions d’un mouvement universitaire catholique, dont l’aumônier était le même père Rojas. C’est là aussi qu’il rencontra Mgr Angelelli, évêque auxiliaire de Córdoba et futur évêque de La Rioja, alors aumônier de l’Action Catholique (v. 4 août).

Les sœurs de Carlos décrivaient leur jeune frère comme un idéaliste, généreux, simple et passionné ; il chantait bien et jouait de la guitare et du piano. Carlos était prudent, discret, aimait la vérité, mais aussi se rebellait contre l’injustice.

En 1965, il revint chez son père pour travailler aux champs avec les ouvriers, mais repartit peu après et connut bientôt l’Ordre des Frères Mineurs Conventuels, où il trouva sa vocation. En 1966, il entra au noviciat, fit la première profession en 1968, la solennelle en 1971.

En 1972, il fut ordonné prêtre par Mgr Angelelli.

Il passa deux années comme vicaire paroissial à La Reja puis à José León Suárez, deux localités des environs de Buenos Aires : il s’y occupa beaucoup des jeunes et des pauvres.

En 1975, il prospecta Chamical (La Rioja) pour y implanter une communauté de Franciscains ; enthousiasmé par l’accueil de la population, encouragé par son Supérieur et ses confrères, il fut transféré en 1976 dans le diocèse de La Rioja, dont l’évêque était désormais Mgr Angelelli ; ce dernier envoya Carlos, avec l’abbé Longueville, dans la paroisse de Chamical.

Les deux prêtres s’entendirent parfaitement pour donner la voix aux populations injustement traitées, contre une minorité de grands propriétaires. La situation se tendit. Dans une de ses dernières homélies, le père Carlos proclama : On pourra étouffer la voix de Carlos Murias ou celle de notre évêque Angelelli, mais pas celle du Christ, qui réclame justice et amour.

Le dimanche 18 juillet 1976, des hommes qui se disaient envoyés de la «Police fédérale» firent irruption dans un couvent où déjeunaient Carlos et le père Longueville avec des Religieuses, après avoir célébré la messe dominicale : enlevés, conduits à la base aérienne de Chamical, ils furent interrogés et torturés.

Deux jours plus tard, on retrouva leurs corps, mutilés et criblés de balles dans un champ proche. Le père Carlos avait eu les yeux crevés et les mains mutilées.

C’est Mgr Angelelli qui célébra leurs funérailles, le 22 juillet suivant ; le 4 août, il était à son tour victime d’un «accident».                                               

Carlos Murias fut béatifié en 2019, avec Mgr Angelelli et Gabriel Longueville, et inscrit au Martyrologe le 18 juillet.

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16 juillet 2020 4 16 /07 /juillet /2020 23:00

17 JUILLET

 

II.

SS martyrs de Scilli : Speratus, Nartzalus, Cittinus, Veturius, Felix, Aquilinus, Lætantius, Januaria, Generosa, Vestia, Donata, Secunda.

?

 S Hyakinthos, martyr à Amastris.

III.

Stes Iusta et Rufina, marchandes de vases en terre cuite à Séville, martyrisées pour avoir refusé de participer à un culte païen.

IV.

Ste Marcellina, sœur de s. Ambroise, vierge consacrée très austère, à Milan.

V.

S Alexius, jeune marié qui quitta la maison au soir de ses noces, y revint incognito plus tard et ne fut reconnu qu'après sa mort ; son église à Rome est une église à mariages.

S Livier, martyr à Marsal.

VI.

S Theodosius, évêque à Auxerre.

S Ennodius, évêque à Pavie, très versé dans la poésie mondaine.

VIII.

S Fredegand, abbé à Deurne, irlandais. 

IX.

S Kenelm, prince héritier anglais de sept ans, martyr, assassiné sur ordre de sa sœur jalouse.

S Léon IV, pape (847-855), constructeur de la cité léonine , pour protéger Rome des invasions sarrasines ; il menaça d'excommunication un abbé qui ne voulait pas du chant grégorien dans son monastère.

XI.

S Coloman, écossais ou irlandais, pris pour un espion et pendu près de Vienne durant son pèlerinage à Jérusalem ; patron de la Basse Autriche.

SS Andrzej Zoerard et Benedek, ermites à Zobor ; Andrzej était polonais ; Benedek, hongrois, lui succéda dans sa cabane, où des brigands l'assassinèrent.

XIV.

Ste Jadwiga d’Anjou, hongroise, reine en Pologne, épouse du duc de Lituanie, elle fonda un séminaire à Prague et l'université de Cracovie, canonisée en 1997.

XVIII.

 Bses Carmélites de Compiègne : Marie-Madeleine-Claudine Lidoine (Thérèse de Saint-Augustin), Marie-Anne-Françoise Brideau (de Saint-Louis), Marie-Anne Piedcourt (de Jésus Crucifié), Anne-Marie-Madeleine Thouret (Charlotte de la Résurrection), Marie-Claude-Cyprienne Brard (Euphrasie de l'Immaculée Conception), Marie-Gabrielle de Croissy (Henriette de Jésus), Marie-Anne Hanisset (Thérèse du Cœur de Marie), Marie-GabrielleTrézelle (Thérèse de Saint-Ignace), Rose Chrétien de Neufville (Julie-Louise de Jésus), Annette Pelras (Marie-Henriette de la Providence), Marie-Geneviève Meunier (Constance), Angélique Roussel (Marie du Saint-Esprit), Marie Dufour (de Sainte-Marthe), Elisabeth-Julie Vérolot (de Saint-François), Catherine et Thérèse Soiron, guillotinées à Paris.

XIX.

S Baiduo Liu Zeyu, chinois martyr, canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

XX.

Bse Ol’ha Mats’kiv (Tarsykia, 1919-1944), ukrainienne, professe des Servantes de Marie Immaculée, de rite gréco-catholique, abattue par un soldat soviétique à la porte du monastère, martyre béatifiée en 2001. 

B Peter Gojdic (Paval, 1888-1960), basilien, évêque slovaque martyr, béatifié en 2001.

Martyrs de Scilli

† 180

 

La ville de Scilli est aujourd’hui Kasserine (Tunisie).

Les deux consuls romains, Presens et Claudianus, convoquèrent un groupe de Chrétiens pour les juger, les inviter à vénérer l’empereur et quitter la foi chrétienne.

Ces Chrétiens ont nom :  Speratus, Nartzalus, Cittinus, Veturius, Felix, Aquilinus, Lætantius, Ianuaria, Generosa, Donata, Secunda, Vestia.

Du dialogue entre le magistrat et ces Chrétiens, on a relevé cette belle réplique : 

Je suis chrétienne, dit Vestia, Je le suis, je veux l’être, ajouta Secunda.

Ces douze Chrétiens furent décapités le 17 juillet 180.

Les saints Martyrs de Scilli sont commémorés le 17 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hyakinthos d’Amastris

† 3e siècle

 

Hyacinthe était un homme important d’Amastris (Amasra, Turquie N), bien considéré, et chrétien aussi.

On disait de lui qu’à trois ans, il avait demandé au Bon Dieu de ressusciter un petit enfant mort, et que l’enfant se releva. Les deux garçons grandirent ensemble, furent amis, et vécurent ensemble dans l’ascèse.

Hyacinthe s’efforçait de gagner au Christ ses amis, ses concitoyens. 

Un jour, il fit abattre secrètement un arbre sacré, mais les soupçons tombèrent immédiatement sur lui. Il fut battu de verges, on lui fracassa les dents, on le tira avec une corde pour le jeter en prison, où il mourut de ces mauvais traitements.

Saint Hyakinthos d’Amastris est commémoré le 17 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iusta et Rufina de Séville

† 287 ?

 

Iusta et Rufina étaient deux marchandes de poteries, à Séville. Elles étaient chrétiennes.

Lors d’une fête païenne en l’honneur de Salambo (Astarté), dont on portait en procession la statue, on demanda aux deux vendeuses quelque «participation» aux frais de la fête, sans doute quelque poterie. Sur leur refus, on leur brisa leur étalage, et les deux alors se précipitèrent vers la statue, qu’elles firent tomber à terre.

On les arrêta, on les tortura - on imagine comment. Le gouverneur les obligea à suivre la «procession». Puis Iusta fut, croit-on, précipitée dans un puits. Rufina fut exécutée peu après, mais on ne sait de quelle façon.

Ce pouvait être le 17 juillet 287.

Les saintes Iusta et Rufina de Séville sont commémorées le 17 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcellina de Milan

† 5e siècle

 

S.Ambroise (v. 7 décembre) était le plus jeune frère de Satyrus (v. 17 septembre) et Marcellina.

On signale que dans leur famille, il y avait eu une Martyre, vers 305.

Après la mort de leur père, ces trois jeunes gens gagnèrent Rome avec leur mère.

En 353, c’est justement à Rome que Marcellina reçut du pape Libère le voile des vierges ; elle pouvait donc avoir une vingtaine d’années.

Marcellina menait une vie très austère, mangeant peu ou même jeûnant souvent plus d’une journée, luttant contre le sommeil pour lire de belles choses, l’Ecriture, les Vies de Saints.

Il y eut un petit incident entre Ambroise, quand il fut évêque de Milan, et l’évêque voisin de Vérone : ce dernier, sur une vilaine délation, avait condamné une autre demoiselle, nommée Indicia, amie de Marcellina, pour mauvaises mœurs. Marcellina se porta garante de l’extrême honnêteté de son amie. Ambroise enquêta, et n’hésita pas à reprocher à son Collègue d’avoir agi sans assez de réflexion.

Marcellina assista à Milan à la mort de son frère Satyrus, et fut auprès d’Ambroise lors d’une maladie de celui-ci ; elle lui survécut, mais on ne sait pas de combien de temps. Ambroise mourut en 397 ; c’est en 422 qu’Augustin d’Hippone (v. 28 août) pria Paulinus de Milan, un biographe milanais, d’écrire la vie d’Ambroise : on sait que Paulinus s’informa beaucoup auprès de Marcellina ; celle-ci a donc pu mourir après 422, fort âgée.

Sainte Marcellina de Milan est commémorée le 17 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Alexius

5e siècle

 

Voici ce qu’écrivait de lui l’ancienne édition du Martyrologe Romain : 

A Rome, saint Alexis, fils du sénateur Euphémien. La première nuit de ses noces, il s’enfuit de sa maison, laissant son épouse vierge ; revenu dans la Ville après de longs voyages, il fut reçu comme pauvre dans la demeure de son père et y resta inconnu pendant dix-sept ans, déjouant ainsi le monde par cette industrie nouvelle. Après sa mort cependant, il fut reconnu, d’abord par sa voix entendue en plusieurs églises de la Ville, puis par un billet écrit de sa main : aussi sous le pontificat d’Innocent Ier, son corps fut transporté, avec les plus grands honneurs, dans l’église Saint-Boniface, où il opéra un grand nombre de miracles.

Et voici l’actuelle version du Martyrologe, beaucoup plus sobre : 

A Rome, dans une église qui se trouve sur le Mont Aventin, on célèbre un homme du nom d’Alexis qui, d’après la tradition, abandonna la vie aisée de sa maison pour devenir pauvre et demander l’aumône sous l’anonymat.

On ne peut que s’interroger sur ce curieux personnage. 

S’il est vrai qu’il abandonna son épouse au soir même de son mariage, on ne peut pas dire que cette attitude soit chrétienne, sauf si les deux époux l’avaient décidé ensemble dans le secret, suite à on ne sait quels épisodes de leur préparation. Ont-ils été forcés à se marier ? Ont-ils eu quelque signe divin pour prendre une telle décision, quelque “révélation” ?

Ensuite, pourquoi Alexis serait-il revenu justement chez lui, sans se faire reconnaître ? Voulait-il donner une leçon de dépouillement à sa famille, à ses parents, mais seulement après sa mort, pour éviter toute discussion ?

Un autre détail est rapporté localement : après qu’on découvrit ce mendiant mort sous l’escalier de la maison paternelle, on observa qu’il tenait un billet dans les mains, qu’on n’arrivait pas à saisir tant le défunt le serrait fort. Seul le pape aurait eu la possibilité de le prendre, de l’ouvrir et de le déchiffrer, apprenant ainsi la vraie identité de l’homme.

Evidemment, de tels événements ne peuvent rester méconnus, au besoin amplifiés par d’autres racontars. Ce ne sont pas les “témoins oculaires” qui viendront nous aider à connaître la vérité.

Actuellement, l’église Saint Alexis, sur l’Aventin de Rome, conserve jalousement quelques parties de l’escalier sous lequel Alexis demandait l’aumône pendant dix-sept ans, mais l’ironie de l’histoire a fait de cette petite église un sanctuaire “spécialisé” en cérémonies religieuses matrimoniales…

Quoi qu’il en soit, saint Alexis reste mentionné - mais très prudemment - par le Martyrologe Romain au 17 juillet.

 

 

Theodosius d’Auxerre

440-515

 

D’après le liste épiscopale d’Auxerre, Theodosius en aurait été le onzième évêque, de 507 à 515.

Son prédécesseur fut s.Ursus (v. 30 juillet).

D’après ces dates, il assista en 511 au concile d’Orléans.

Il aurait reçu une ferme admonestation de s.Remi de Reims, au sujet d’un prêtre indiscipliné et envers lequel Theodosius préférait manifester la miséricorde divine : manifestement, il ne s’agissait pas d’une faute morale grave.

Son épiscopat dura huit ans et vingt-trois jours, et il mourut à soixante-quinze ans.

Saint Theodosius d’Auxerre est commémoré le 17 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ennodius de Pavie

473-521

 

Magnus Felix Ennodius naquit vers 473 à Arles (act. Bouches-du-Rhône), d’une famille consulaire. Sa sœur aînée se nommait Euprepia.

Tôt orphelin, il s’en vint chez une tante qu’il avait à Milan.

De sa formation, particulièrement soignée, il devint un écrivain et orateur extrêmement versé dans tous les genres : panégyriques, discours, lettres, poésies…

A seize ans, la chère tante mourut ; la même année, Théodoric envahit la Lombardie. Mourant de faim, Ennodius fut recueilli par une charitable famille chrétienne. Il se maria (ou se fiança).

Mais son épouse entra bientôt en religion, on ne sait pourquoi. Ennodius alors entra dans le clergé de Pavie et fut ordonné diacre. En 494, il accompagna l’évêque auprès du roi des Burgondes Gondebaud.

Puis il passa au clergé de Milan.

En 501, il fut présent au concile de Rome, qui devait se prononcer contre l’antipape Laurentius.

En 506, on sait qu’il composa le panégyrique de Théodoric, non pour saluer l’envahisseur, mais pour louer celui qui avait mis de l’ordre dans la province lombarde.

En 511, gravement malade, il recourut à l’intercession de s.Victor (v. 8 mai) et guérit.

En 512, Ennodius fut désigné pour le siège épiscopal de Pavie ; il en devenait le dixième titulaire.

Le pape l’envoya par deux fois (515 et 517) en mission à Constantinople, pour tenter de rétablir l’union entre l’Occident et l’Orient, mais sans résultat.

Ennodius mourut en 521.

Saint Ennodius de Pavie est commémoré le 17 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fredegand de Deurne

† 740

 

Il n’y a pas de certitudes ni d’unanimité concernant l’origine et la vie de Fredegand.

On le voudrait d’origine irlandaise, mais son nom semble plutôt être de consonance germanique. Certains l’ont fait naître dans la paroisse de Deurne (Belgique), et lié d’amitié avec s.Gommaire et s.Rombaut (v. 11 octobre et 24 juin ?). 

Le Martyrologe le présente comme irlandais, et compagnon de s.Foillan (v. 31 octobre).

Il aurait été fondateur et premier abbé du monastère de Deurne, au temps de s.Willibrord (v. 7 novembre), ou bien de l’abbaye de Heusden.

Fredegand mourut avant ses amis, donc avant 775 ; on avance la date de 740. 

Lors de l’invasion des Huns au début du 8e siècle et que l’abbaye de Deurne fut détruite, les moines emportèrent les restes de leur abbé à Saint-Bertin ; l’autre version dit que les envahisseurs furent les Normands, et que les reliques furent transportées à Moustier-sur-Sambre. Il semble que cette dernière hypothèse soit la meilleure.

Au 16e siècle, lors d’une guerre contre les Français, ces reliques furent cacbées dans la forêt, mais découvertes par des soldats qui y mirent le feu.

On invoqua le saint abbé contre la peste ; plus récemment, pour la guérison des enfants atteints de la maladie du carreau.

Saint Fredegand de Deurne est commémoré le 17 juillet dans le Martyrologe Romain.

Léon IV

847-855

 

Voici un pape pour lequel le Liber Pontificalis ne manque pas d’éloges : Il réunissait dans sa personne toutes les qualités et toutes les vertus : un homme vraiment apostolique, d’une foi vive et généreuse, d’une patience inaltérable, humble, désintéressé, pieux, bienveillant, ami de la justice, assidu à l’étude des divines Ecritures, passant ses nuits en prière.

Fils de Radulfo, donc probablement de famille lombarde, il fut confié encore enfant au monastère bénédictin de Saint-Martin près du Vatican.

Grégoire IV en fit un clerc du Latran, et Serge II un cardinal-prêtre du titre des Quatre-Saints-Couronnés.

A la mort de Serge II (847), la plèbe acclama Léon, et les cardinaux électeurs ratifièrent cet avis : il devenait le cent-troisième pape.

Rome venait d’être désacralisée par l’invasion des Sarrasins, qui avaient pillé les basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul. On devait renforcer les remparts. Ce fut l’occasion d’énormes travaux : on entoura Saint-Pierre et son bourg d’une enceinte continue qui, par le château Saint-Ange et son pont Saint-Pierre, se rattachait à la ligne défensive élevée par l’empereur Aurélien vers 280. C’est ainsi que ce faubourg fut nommé cité léonine : déjà Léon III l’avait entreprise, mais les travaux étaient restés inachevés.

Léon IV releva aussi d’autre villes : Orta et Amerino, Centumcellæ en particulier, qui s’appela Leopolis (et actuellement Civita-Vecchia, “Cité vieille”).

Il y eut en 854 un concile à Rome où furent votés des canons d’ordre disciplinaire et pastoral. On y déposa un cardinal, Anastase, qui avait abandonné sa paroisse depuis des années.

Léon IV se montra parfois aussi franchement autoritaire : par exemple contre Hincmar de Reims, dont l’autorité dépassait parfois les limites de ses pouvoirs ;  ou aussi contre un abbé qui ne voulait pas du chant grégorien chez lui : il lui enjoignit de l’adopter comme partout, sous peine d’excommunication ; plus délicat encore fut le rapport avec le patriarche de Constantinople, Ignace, qui avait eu l’idée d’envoyer au pape un pallium, et le pape, tout bonnement, de le lui retourner avec l’explication toute simple que c’est à Rome d’attribuer le pallium, non de le recevoir ; le pallium est en effet l’insigne que remet le pape aux archevêques en communion avec lui. On songe ici au geste de saint Jean-Marie Vianney : ayant été fait chanoine, il avait écrit à l’évêque de Belley qu’il avait vendu le camail 50 francs. Avec ce prix (il était) content.

Léon IV jouit de l’estime des Romains. Même un Voltaire en fit l’éloge, dans son Essai sur les mœurs.

Après avoir gouverné l’Eglise pendant huit années, et ordonné soixante-trois évêques, dix-neuf prêtres et huit diacres, Léon IV mourut le 17 juillet 855 et fut inhumé au Vatican.

Son successeur fut Benoît III.

 

Kenelm de Mercie

812-819

 

Kenelm passe pour être le fils du roi de Mercie Coenwulf, qui avait aussi deux filles, Quendryda et Burgenhilda.

A la mort du roi (819), Kenelm devait recevoir le royaume, mais Quendryda (ou Cynethrith) fit assassiner son frère dans l’espérance de devenir reine. Le précepteur de Kenelm, acheté par l’or que lui donna Quendryda, emmena l’enfant à une partie de chasse et le tua.

L’enfant aurait eu la veille un songe, où il se voyait s’envoler. Dans la forêt où le tuteur l’emmena, il l’aurait interpellé en lui révélant son infâme dessein, mais le tuteur poursuivit dans sa funeste intention ; il enterra l’enfant au lieu-dit Clent Hills.

On retrouva miraculeusement le corps de Kenelm et on le porta en procession à Winchcombe, où jaillit une source. 

Quand Quendryda apprit tout cela, elle se serait écriée : Si tout cela est vrai, que mes yeux tombent sur ce livre, et elle en perdit immédiatement ses deux yeux. Elle mourut peu après, ainsi que le tuteur assassin.

On vénéra beaucoup Kenelm comme martyr. On a même affirmé qu’il n’y avait pas de pèlerinage plus fréquenté qu’à Winchcombe.

A vrai dire, il y a aussi d’autres versions, qui ont amené les historiens à parler de «pures légendes». Les légendes s’appuient toujours sur quelque fait réel.

Saint Kenelm de Mercie est commémoré le 17 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Coloman de Melk

† 1012

 

Il ne s’agit pas ici du Coloman (ou Kolonat) qui accompagnait s.Kilian (v. 8 juillet), lui aussi irlandais.

Celui d’aujourd’hui, irlandais ou écossais, était peut-être de souche royale : son père devait être un certain Malachias et sa mère Mora.

Il était parti de son pays pour accomplir un long pèlerinage qui devait s’achever à Jérusalem. Comme beaucoup d’autres pèlerins, il transitait par l’empire germanique, où Henri II protégeait les pèlerins. Il était vêtu très simplement, et cheminait avec sa petite besace sur l’épaule et, sans doute, chantant quelque mélodie dans la langue de son pays.

Arrivé dans la zone de l’Europe centrale, son acoutrement, son comportement, semblèrent suspects. C’est que les heurts étaient fréquents entre les habitants d’Autriche, de Moravie et de Bohême, et les premiers crurent que Coloman était un espion de Bohême. On l’arrêta.

Personne n’était là pour traduire, encore moins pour le défendre ; Coloman fut condamné à mort. On l’accrocha à un arbre entre deux voleurs, eux aussi condamnés, et on le battit à mort.

C’était en 1012. Comme le dit fort justement le texte du Martyrologe Romain, lui qui voulait rejoindre la lointaine Jérusalem terrestre, il atteignit ainsi sans tarder la Jérusalem céleste.

Etant condamné à mort, Coloman ne méritait pas de sépulture chrétienne. On le laissa accroché à l’arbre pendant une année, mais on remarqua bien vite que non seulement le corps ne subissait pas de corruption, mais encore que des guérisons miraculeuses se produisaient. On finit par l’ensevelir dans le proche monastère à Stockerau puis, deux ans après à l’abbaye de Melk, le 13 octobre 1014.

L’arbre stérile où fut suspendu Coloman, refleurit en plein hiver.

L’Autriche, qui avait fait mourir Coloman, l’a pris comme Patron céleste.

Il est possible que le fête de saint Coloman se célèbre le 13 octobre, jour anniversaire de sa translation mais, tandis que l’ancien Martyrologe le commémorait au 13 octobre, la dernière édition du Martyrologe Romain le commémore au 17 juillet.

Des erreurs sont possibles devant le grand nombre de Coloman recensés ; on en compte jusqu’à cent-trente.

 

 

Andrzej Zoerard et Benedek de Zobor

† 1020

 

Andrzej était polonais et avait mené la vie érémitique, avant d’entrer au monastère de Zobor (Hongrie).

Plutôt ermite que cénobite, Andrzej conserva certaines de ses habitudes, étonnantes. En Carême, il s’isolait avec pour toute nourriture quarante noix (une par jour ?).

Il jeûnait presque toujours et dormait très peu. Il avait inventé plusieurs stratagèmes pour se réveiller s’il s’assoupissait ; il travaillait toute la journée.

Très affaibli par un tel régime, il s’évanouit un jour dans la forêt. C’est là qu’un jeune homme le trouva et le ramena à sa cellule ; Andrzej lui imposa le silence.

Ce jeune homme, Benedek, resta au service d’Andrzej et, à la mort de ce dernier, en occupa la cellule (1020).

Trois ans après, des brigands quipassaient par là supposèrent que l’ermite pouvait avoir de l’argent et l’assassinèrent.

Le corps de Benedikt fut retrouvé un an plus tard dans le Waag, la rivière proche.

Les saints Andrzej et Benedek sont commémorés le 17 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Jadwiga d'Anjou

1372-1399

 

Jadwiga (Hedwige), née à Buda (Hongrie) le 15 février 1372, était la fille de Louis 1er le Grand, roi de Hongrie et de Pologne, et d'Elisabeth de Bosnie. Elle appartenait à la Maison capétienne d'Anjou-Sicile.

A la mort de Louis 1er (1382), la noblesse voulutt mettre un terme à cette monarchie qui dominait à la fois sur la Hongrie et sur la Pologne : Jadwiga fut élors désignée comme “Roi” de Pologne (1384) : elle fut en effet couronnée Roi, le terme de Reine étant réservé à l'épouse du roi.

Conséquence de cette décision de la noblesse : Jadwiga devait rompre avec son fiancé, Wilhelm d'Autriche, pour épouser le grand-duc de Lithuanie, Jogaila (1351-1424). 

En 1386, les nobles réussirent à “éliminer” la reine-mère Elisabeth et sa fille aînée, Maria, pour écarter tout “danger” autour de la personne de la jeune Jadwiga.

Jadwiga avait quatorze ans : elle sacrifia sa vie personnelle pour l'avenir de son pays. Le mariage royal eut lieu en 1386 à Cracovie.

Jogaila, lui, avait trente-cinq et se convertit au christianisme, adoptant le nom de Władysław Jagiełło, et entraînant derrière lui la nation lituanienne.

Jadwiga parlait plusieurs langues : latin, bosniaque, hongrois, serbe, polonais et allemand. C'était une “européenne” chrétienne. Elle était connue pour sa dévotion envers la Sainte Vierge, envers sainte Marthe, sainte Brigitte de Suède. 

C'était une fine diplomate aussi ; elle réussit à reprendre pacifiquement à la Hongrie des territoires polonais. Mais elle se montra encore plus efficace dans ses activités charitables et culturelles. Elle encouragea les artistes et les écrivains, elle se dépouilla de ses propres richesses pour aider les pauvres, construire des hôpitaux, favoriser les études de Lituaniens à Prague en vue de renforcer le Christianisme dans leur pays. Elle restaura l'Académie de Cracovie, qui prit ensuite le nom de Jagellone en l'honneur du couple royal.

En juin 1399, elle mit au monde une petite fille qui, cependant, ne vécut que trois semaines. Elle-même mourut quatre jours après, des suites de cet accouchement, le 17 juillet 1399.

Proclamée patronne de la nation polonaise, Jadwiga a été béatifiée en 1986 et canonisée en 1997.

 

Carmel de Compiègne

 

Le Carmel de Compiègne fut fondé en 1641 et porté sous le patronage de l’Annonciation.

Plusieurs fois déménagé, il s’installa finalement à proximité du château royal, bénéficiant de la protection des reines de France.

En 1789, les Religieuses sont toutes de bonne famille, mais aucune de famille royale ou noble.

A la fin du 17e siècle, une Religieuse vit en songe les Carmélites de Compiègne dans la gloire céleste, tenant en main la palme du martyre. Il était donc resté traditionnel d’envisager le martyre de l’entière communauté.

La Révolution de 1789 aviva encore plus ce sentiment. Quand les biens du clergé furent confisqués, les Religieuses purent rester provisoirement dans leurs bâtiments.

En 1790, on déclara nuls leurs vœux : la jeune Constance, en décembre 1789, eut l’interdiction de prononcer ses vœux.

L’Etat leur proposa une pension, qu’elles touchèrent cette année-là.

En 1792, elles furent expulsées, le couvent devant être vendu. C’est alors qu’elles firent le vœu de martyre, proposé par la Mère prieure.

Si elles acceptèrent de faire le serment Liberté-Egalité, elles refusèrent celui de la Constitution civile du clergé.

Une fois sorties, elles furent hébergées en quatre groupes dans quelques familles. Elles se retrouvèrent pour la Messe quotidienne dans l’église Saint-Antoine, où elles entraient discrètement par une porte de côté.

Le 21 juin 1794, les maisons où étaient hébergées les Religieuses, furent perquisitionnées. Les 22 et 23 juin, elles furent incarcérées dans l’ancien couvent de la Visitation, transformé en prison. Le 12 juillet, elles furent transférées à la Conciergerie de Paris. Au moins là, elles se retrouvèrent réunies, et fêtèrent avec enthousiasme leur fête patronale, Notre-Dame du Mont-Carmel, le 16 juillet.

Le 17 juillet eut lieu leur «procès». Ayant trouvé chez elles des images du Sacré-Cœur, on les accusa de ralliement des rebelles de la Vendée ; ayant refusé de renoncer à leurs vœux religieux, elles furent accusées de fanatisme, la pire des accusations, crime grave par excellence, qui trouble la société ; globalement, elles furent accusées d’avoir formé des conciliabules de contre-révolution et d’avoir continué à vivre soumises à leur règle et à leur supérieure. L’unique témoin cité ne comparut pas ; aucun avocat ; l’acte de condamnation était déjà imprimé avant le procès ; la sentence de mort fut prononcée pour les fanatiques et séditieuses.

Vers 18 heures de ce même 17 juillet, on emmena les Religieuses dans des charrettes, jusqu’à la place du Trône (rebaptisée place du Trône-Renversé, actuelle place de la Nation). Durant le parcours, elles chantèrent le psaume 50, Miserere, le Te Deum, le Veni Creator, et, arrivées sur place, renouvelèrent leurs vœux de religion.

La première a être guillotinée fut la plus jeune, Constance, qui s’agenouilla d’abord devant la Mère prieure en lui demandant la permission de mourir. Puis, chantant le psaume Laudate Dominum, elle monta à l’échafaud.

L’avant-dernière fut l’infirmière, Marie-Henriette de la Providence ; la toute dernière, la Prieure, Thérèse de Saint-Augustin.

La fermeté et la joie des Martyres impressionna beaucoup les assistants ; un des gardiens de prison affirma qu’elles avaient l’air d’aller à leurs noces.

Les corps et les têtes des Religieuses furent jetés dans une fosse commune au cimetière de Picpus. Une plaque de marbre porte les noms des seize Carmélites et cette brève inscription : Beati qui in Domino moriuntur (Heureux ceux qui meurent dans le Seigneur).

Le monastère fut vendu en 1795. A sa place se trouve aujourd’hui l’Ecole d’Etat-Major et le Théâtre impérial.

Les seize Carmélites martyres furent béatifiées en 1906.

Le Carmel de Compiègne fut refondé en 1867, inauguré en 1888, de nouveau abandonné en 1906 lors de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat (l’année de la béatification). Le Carmel sera réintégré dans les années 1920 … et vendu en 1992 pour être reconstruit à Jonquières, dix kilomètres plus loin.

Ci après, en ordre alphabétique, les noms (civils) des seize Carmélites, dont on trouvera par ailleurs une petite notice séparée.

  • Angélique Roussel
  • Anne-Marie-Madeleine-Françoise Thouret
  • Catherine Soiron
  • Juliette Verolot
  • Marie-Anne-Françoise Brideau
  • Marie-Anne Hanisset
  • Marie-Anne Pelras
  • Marie-Anne Piedcourt
  • Marie-Claude-Cyprienne Brard
  • Marie Dufour
  • Marie-Françoise-Gabrielle Colbert de Croissy
  • Marie-Gabrielle Trézel
  • Marie-Geneviève Meunier
  • Marie-Madeleine-Claudine Lidoine
  • Marie-Thérèse Soiron
  • Rose Chrétien de Neuville

 

 

Anne-Marie-Madeleine Thouret

1715-1794

 

Se reporter aussi à la notice Compiègne (Carmel de)

 

Née le 16 septembre 1715 à Mouy (Oise), elle prit au Carmel le nom de Charlotte de la Résurrection.

Le martyre par la guillotine eut lieu le 17 juillet 1794 ; la béatification en 1906.

 

 

Marie-Anne Piedcourt

1715-1794

 

Se reporter aussi à la notice Compiègne (Carmel de)

 

Née le 9 décembre 1715 à Paris, elle prit au Carmel le nom de Sœur de Jésus Crucifié.

Le martyre par la guillotine eut lieu le 17 juillet 1794 ; la béatification en 1906.

 

 

Marie-Claude-Cyprienne Brard

1736-1794

 

Se reporter aussi à la notice Compiègne (Carmel de)

 

Née le 12 mai 1736 à Bourth (Eure), elle prit au Carmel le nom de Euphrasie de l’Immaculée Conception. On notera avec intérêt ici que le dogme de l’Immaculée Conception n’était pas encore proclamé ; un fort courant théologique, depuis des siècles, amena le pape à le proclamer en 1854.

Le martyre par la guillotine eut lieu le 17 juillet 1794 ; la béatification en 1906.

 

 

Marie Dufour

1741-1794

 

Se reporter aussi à la notice Compiègne (Carmel de)

 

Née le 2 octobre 1741 à Bannes (Sarthe), elle prit au Carmel le nom de Sœur Sainte-Marthe.

Le martyre par la guillotine eut lieu le 17 juillet 1794 ; la béatification en 1906.

 

 

Rose Chrétien de Neuville

1741-1794

 

Se reporter aussi à la notice Compiègne (Carmel de)

 

Il faut peut-être écrire son nom : Neufville.

Née le 30 décembre 1741 à Evreux (Eure), elle prit au Carmel le nom de Julie-Louise de Jésus.

Le martyre par la guillotine eut lieu le 17 juillet 1794 ; la béatification en 1906.

 

 

Marie-Anne Hanisset

1742-1794

 

Se reporter aussi à la notice Compiègne (Carmel de)

 

Née le 18 janvier 1742 à Reims (Marne), elle prit au Carmel le nom de Thérèse du Cœur de Marie.

Le martyre par la guillotine eut lieu le 17 juillet 1794 ; la béatification en 1906.

 

 

Catherine Soiron

1742-1794

 

Se reporter aussi à la notice Compiègne (Carmel de)

 

Née le 2 février 1742 à Compiègne (Oise), elle vivait au Carmel comme tourière (la porterie était équipée d’un «tour», meuble pivotant dans lequel on déposait les objets à faire passer à l’extérieur ou à l’intérieur, sans contact visible avec la Sœur responsable.

Thérèse Soiron, également tourière, était sa jeune sœur.

Le martyre par la guillotine eut lieu le 17 juillet 1794 ; la béatification en 1906.

 

 

Angélique Roussel

1742-1794

 

Se reporter aussi à la notice Compiègne (Carmel de)

 

Née le 3 août 1742 à Fresne-Mazancourt (Somme), elle prit au Carmel le nom de Marie du Saint-Esprit.

Le martyre par la guillotine eut lieu le 17 juillet 1794 ; la béatification en 1906.

Marie-Gabrielle Trézel

1743-1794

 

Se reporter aussi à la notice Compiègne (Carmel de)

 

Née le 4 avril 1743 à Compiègne (Oise), elle prit au Carmel le nom de Thérèse de Saint-Ignace.

Le martyre par la guillotine eut lieu le 17 juillet 1794 ; la béatification en 1906.

 

 

Marie-Françoise-Gabrielle de Croissy

1745-1794

 

Se reporter aussi à la notice Compiègne (Carmel de)

 

Née le 18 juin 1745 à Paris, elle prit au Carmel le nom de Henriette de Jésus.

Le martyre par la guillotine eut lieu le 17 juillet 1794 ; la béatification en 1906.

 

 

Thérèse Soiron

1748-1794

 

Se reporter aussi à la notice Compiègne (Carmel de)

 

Née le 23 janvier 1748 à Compiègne (Oise), elle vivait au Carmel comme tourière (la porterie était équipée d’un «tour», meuble pivotant dans lequel on déposait les objets à faire passer à l’extérieur ou à l’intérieur, sans contact visible avec la Sœur responsable.

Catherine Soiron, également tourière, était sa sœur aînée.

Le martyre par la guillotine eut lieu le 17 juillet 1794 ; la béatification en 1906.

 

 

Marie-Anne-Françoise Brideau

1751-1794

 

Se reporter aussi à la notice Compiègne (Carmel de)

 

Née le 7 décembre 1751 à Belfort, elle prit au Carmel le nom de Sœur Saint-Louis.

C’était la sous-prieure.

Le martyre par la guillotine eut lieu le 17 juillet 1794 ; la béatification en 1906.

 

 

Marie-Madeleine-Claudine Lidoine

1752-1794

 

Se reporter aussi à la notice Compiègne (Carmel de)

 

Née le 22 septembre 1752 à Paris, elle prit au Carmel le nom de Thérèse de Saint-Augustin.

C’était la prieure.

Le martyre par la guillotine eut lieu le 17 juillet 1794 ; la béatification en 1906.

 

 

Marie-Annette Pelras

1760-1794

 

Se reporter aussi à la notice Compiègne (Carmel de)

 

Née le 16 juin 1760 à Cajarc (Lot), elle prit au Carmel le nom de Marie-Henriette de la Providence.

Le martyre par la guillotine eut lieu le 17 juillet 1794 ; la béatification en 1906.

 

 

Elisabeth-Julie Vérolot

1764-1794

 

Se reporter aussi à la notice Compiègne (Carmel de)

 

Née le 13 janvier 1764 à Lignières (Aube), elle prit au Carmel le nom de Sœur Saint-François-Xavier.

Le martyre par la guillotine eut lieu le 17 juillet 1794 ; la béatification en 1906.

 

 

Marie-Geneviève Meunier

1765-1794

 

Se reporter aussi à la notice Compiègne (Carmel de)

 

Née le 28 mai 1765 à Saint-Denis (actuelle Seine-Saint-Denis), elle prit au Carmel le nom de Constance.

C’était la plus jeune du monastère, novice tout récemment entrée et qui ne put émettre solennellement les vœux de religion, interdits par la loi républicaine. Elle fut la première immolée.

Le martyre par la guillotine eut lieu le 17 juillet 1794 ; la béatification en 1906.

Baiduo Liu Zeyu

1843-1900

 

Baiduo (Petrus) Liu Zeyu était né vers 1843 à Zhujiaxie (Shenzhou, Hebei) et fut martyrisé dans cette même localité le 17 juillet.

Il a été béatifié en 1946 et canonisé en 2000.

 

 

Ol’ga Mats’kiv

1919-1944

 

Ol’ha naquit le 23 mars 1919 à Khodoriv (Lviv, Ukraine).

Elle entra en 1938 dans la famille religieuse des Servantes de Marie Immaculée, dans le rite gréco-catholique ukrainien ; son nom de religion était Tarsykia.

En 1940, elle fit les premiers vœux, mais ne s’en tint pas là : elle affirma à son directeur spirituel qu’elle aimerait bien donner sa vie pour la conversion de la Russie et pour l’Eglise catholique.

Le 17 juillet 1944, vers huit heures du matin, un soldat soviétique vint sonner à la porte de son couvent ; Tarsykia vint ouvrir tout naturellement : le soldat la tua sur place «parce que c’était une religieuse».

Ol’ha mourut ainsi martyre le 17 juillet 1944 à Chervonohrad (Krystynopol), région de Lviv en Ukraine. Elle avait vingt-cinq ans.

Le Martyrologe Romain la mentionne au 18 juillet.

Elle fait partie des Martyrs ukrainiens béatifiés en 2001.

 

 

Peter Gojdic

1888-1960

 

Peter était né à Ruški Pakljany (Prešov, Slovaquie) le 17 juillet 1888, fils du prêtre Stefan, de rite gréco-catholique, et d'Anna Gerberyova. 

Après ses études à Cigelka, Bardejov et Prešov , il obtint son baccalauréat en 1907, puis il commença ses études de théologie. Excellent séminariste, il fut envoyé un an après à Budapest, où il acheva ses études en 1911 et reçut le sacerdoce.

Il exerça quelque temps la pastorale aux côtés de son père, puis fut nommé préfet au séminaire, en même temps qu'il enseignait la religion dans une école secondaire. On le chargea aussi du protocole et des archives de la curie, et finalement aussi de la paroisse de Sabinov.

En 1922, à la surprise générale, il entra dans l'Ordre de Saint-Basile-le-Grand, au monastère Chernechia Hora, où il prit l'habit et le nom de Pavel (Paul) en 1923. Il voulait ainsi conduire une vie plus profondément enracinée dans l'ascèse et la prière.

En 1926 il fut nommé Administrateur Apostolique de Prešov et, en 1927, évêque titulaire de Harpas..

Dès le début il annonça qu'il voulait être le père des orphelins, le soutien des pauvres et le consolateur des affligés. Son premier acte officiel fut de célébrer le onzième centenaire de la naissance de saint Cyrille, apôtre des Slaves, qui fut toujours fidèle à Rome. Il était extrêmement attaché au rite byzantin.

Il fut consacré le 25 mars 1927, en la fête de l'Annonciation, à Rome. Quelques jours après, le pape lui remettait une croix pectorale en or, en lui disant qu'elle n'était que le symbole de la croix que Dieu lui enverrait.

Sa devise épiscopale fut : Dieu est amour, aimons-Le.

Son activité pastorale fut immense pour développer la vie spirituelle tant du clergé que des fidèles. A Prešov même, il fit construire un orphelinat et une école ; il était proche de chacun, au point qu'on dit de lui qu'il avait un cœur en or. Il était très dévot de l'Eucharistie et du Sacré-Cœur. 

En avril 1939 il fut nommé Administrateur Apostolique de Mukacevo, mais pensa bien faire de démissionner : or, non seulement le Pape n'accepta pas ces démissions, mais en 1940 nomma Mgr Gojdic évêque de Prešov. En 1946 il fut confirmé dans la pleine juridiction sur toute l'Eglise gréco-catholique de Tchéco-Slovaquie.

On lui proposa de rompre avec Rome. Il répondit clairement : J'ai soixante-deux ans ; je sacrifierai tout ce que j'ai et ma résidence, mais ma foi, je ne la renierai pas, parce que je veux sauver mon âme. Ne revenez pas me voir.

En 1950, les communistes convoquèrent un semblant de synode à Prešov, où quelques ecclésiastiques décrétèrent leur séparation de l'Eglise de Rome et donnèrent ainsi naissance à l'Eglise Orthodoxe de Tchécoslovaquie, liée au pouvoir communiste.

L'évêque Gojdic, avec son auxiliaire, ne pouvaient accepter une telle décision et refusèrent d'adhérer à ce schisme.

Ils furent immédiatement arrêtés et mis en prison pour “trahison et espionnage”.

En 1951, un premier procès le condamna à perpétuité pour “haute trahison”, avec une très forte amende et la privation de tous ses droits civiques. Il fut alors traîné de prison en prison, humilié, obligé de faire les travaux les plus pénibles.

Sans jamais se plaindre, il continua de prier autant qu'il put, réussissant à célébrer la messe en cachette.

En 1953, une “amnistie” ramena sa peine de prison à vingt-cinq années ; sa santé se détériorait de plus en plus. Lui-même raconta qu'étant dans la prison de Ruzyn, un officier en uniforme lui proposa de regagner immédiatement Prešov, s'il acceptait d'être la Patriarche de l'Eglise Orthodoxe tchéco-slovaque. Encore une fois, il refusa de pécher contre Dieu, contre le Pape et contre sa conscience.

Mgr Gojdic mourut d'un cancer dans la prison de Leopoldov (République de Slovaquie), le jour même de son soixante-douzième anniversaire, réconforté par les sacrements grâce à la présence providentielle d'un prêtre dans sa cellule. 

Ce fut le 17 juillet 1960. On l'enterra sous le numéro 681 à la prison même. En 1968, les autorités firent revenir les restes de Mgr Gojdic à Prešov, où il repose maintenant dans une chapelle latérale de la cathédrale.

Mgr Peter Pavel Gojdic a été béatifié en 2001.

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15 juillet 2020 3 15 /07 /juillet /2020 23:00

16 JUILLET

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