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24 juin 2020 3 24 /06 /juin /2020 23:00

25 JUIN

III.

Ste Lucie, romaine, épouse d’un païen, Aucée, qui demanda à être décapité avec elle ; il y eut d’autres compagnons : Antoine, Irénée, Théodore, Denis, Apollonius, Apamius, Pronicus, Coteus, Orion, Papicus, Satyre, Victor.

IV.

S Gallican, illustre romain qui, converti, dut s’exiler en Alexandrie où il fut décapité.

Ste Fébronie, vierge martyre à Sibapolis.

V.

S Maximos, évêque à Turin, dont il est patron mineur, écrivain prolixe.

S Prosper d’Aquitaine, laïc, ferme opposant du pélagianisme et partisan de s. Augustin.

S Prosper, évêque à Reggio Emilia.

VI.

S Gallican, évêque à Embrun.

S Dizant, évêque à Saintes.

S Amand, ermite près de Terrasson, au bord du Coly, où fut plus tard le monastère de Saint-Amand et la localité de Saint-Amand-de-Coly.

Ste Tigre, vierge du diocèse de Maurienne ; elle aurait obtenu des reliques de s. Jean-Baptiste de façon assez extraordinaire.

S Moluag (Luan), évêque en Ecosse.

VIII.

Ste Eurosia, vierge du pays de Bayonne ou d'origine bohême, martyre des Maures à Jaca.

S Adalbert, un des compagnons anglais de s. Willibrord en Frise.

IX.

S Salomon, roi de Bretagne très brillant ; on pourrait contester sa sainteté : il assassina au pied de l’autel son rival pour lui en prendre la couronne, mais il “expia” en aidant les monastères ; plus tard les Francs le mirent à mort après lui avoir crevé les yeux.

XII.

S Guglielmo, pèlerin de Compostelle à quatorze ans, ermite sur le Monte Vergine et fondateur d’un ordre érémitique affilié à l’ordre bénédictin.

B Juan d’Espagne, espagnol, chartreux, fondateur de la chartreuse du Reposoir.

XIII.

Bse Éléonore, belle-sœur de s. Louis de France, épouse du roi anglais Henri III Plantagenêt, et plus tard bénédictine à Amesbury.

XIV.

B Guy Maramaldi,  dominicain à Naples et inquisiteur.

Bse Dorota de Montau, mère polonaise de neuf enfants ; son mari était aussi pieux que capricieux ; veuve, elle se mortifia encore plus et fut recluse à Marienwerder ; elle avait une réelle soif de l’Eucharistie, qu’on ne lui accordait pas suffisamment.

XVIII.

Bse Marie Lhuillier, des Hospitalières de la Miséricorde, martyre durant la Révolution française.

XIX.

Ss Domingo Henares de Zafra Cubero, dominicain espagnol, évêque coadjuteur au Viêt Nam, et son catéchiste Phanxicô Ɖỗ Văn Chiểu, martyrs au Tonkin, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

Maximos de Turin

† 420

 

Maximos (Massimo en italien) était un Italien du nord.

Selon la tradition, c’est lui qui fonda l’Eglise de Turin et en fut le premier évêque en 390, même s’il y eut déjà précédemment des Martyrs, comme Avventor, Octavius et Solutor (v. 20 novembre).

De Maximos, on a conservé une grande collection de Sermons. Il y fait souvent allusion aux protomartyrs du diocèse, il s’en prend à la simonie et lutte contre le paganisme encore vivant. Mais ses sujets sont très variés et touchent la liturgie, le dogme, les institutions, l’éclipse de lune…

Actuellement, on donne la date approximative de 420 pour l’année de sa mort. Celle de 465 semble être plutôt celle de son successeur, qui s’appelait aussi Maximos.

Saint Maximos de Turin est commémoré le 25 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Prosper d’Aquitaine

† 455

 

Originaire d’Aquitaine, justement, Prosper fit des études assez poussées, au point qu’il écrivait facilement en vers ou en prose, et sur des arguments philosophiques et théologiques assez ardus.

Il se maria, et mena une vie conjugale extrêmement sainte et discrète. Il est probable aussi que les époux se séparèrent d’un mutel accord, pour embrasser la vie consacrée ; Prosper fut peut-être au monastère de Marseille.

A partir de 426, se répandit en Provence la doctrine semi-pélagianiste, qui abaissait le rôle de la grâce de Dieu et vantait exagérément la part de la volonté humaine. Prosper prit parti pour la doctrine exposée par s.Augustin (v. 28 août), et ce dernier lui répondit, peu avant de mourir.

Prosper alla trouver le pape Célestin pour lui demander une confirmation de la doctrine juste. De retour en Gaule, Prosper écrivit encore et, dans l’élan de sa fougue, en vint même à critiquer s.Vincent de Lérins (v. 24 mai) !

Après 435, Prosper habita à Rome. Il écrivait encore - un commentaire sur les Psaumes, par exemple - et serait même devenu le secrétaire du pape Léon Ier (440). Il composa encore une Chronique couvrant l’histoire universelle des origines à son époque.

Il serait mort après 455.

Il ne faut pas le confondre avec deux autres Prosper, l’un évêque à Reggio Emilia (v. ce même 25 juin), l’autre peut-être évêque à Riez, vers la même époque.

Saint Prosper d’Aquitaine est commémoré le 25 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Prosper de Reggio Emilia

† 466

 

On connaît très peu de choses de la vie de cet évêque, le neuvième sur le siège de Reggio Emilia (Italie E).

D’après la tradition, il y fut évêque pendant vingt-deux années, donc depuis 444.

Il éleva à Reggio l’église de s.André (v. 30 novembre), qui existe encore.

Saint Prosper de Reggio Emilia est commémoré le 25 juin dans le Martyrologe Romain.

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Tigris de Maurienne

6e siècle

 

Il y eut des évêques qui portèrent les noms de Loup, de Ours… il y a une vierge qui porta le nom de Tigre (le mot latin Tigris est féminin).

On n’en connaît pas les dates, mais si les circonstances semblent pouvoir la placer au 6e siècle, beaucoup de détails doivent rester au conditionnel.

Tigre aurait été une sainte femme originaire de Maurienne (Savoie), sans doute vierge, fort dévote, instruite dans les Ecritures saintes ; elle accueillait les pèlerins. 

Elle eut vent que des reliques importantes de s.Jean-Baptiste (v. 24 juin, veille de ce jour), se trouvaient à Alexandrie et voulut à tout prix s’en procurer, ne serait-ce qu’une parcelle. 

Elle se porta auprès de la châsse du Saint et y demeura le temps qu’il fallut pour recevoir cette insigne relique. Cela dura trois années, au terme desquelles descendit miraculeusement sur l’autel un pouce très lumineux, que le Ciel accordait à la patiente demoiselle.

Revenue à Maurienne, Tigris déposa son trésor dans l’église, qui devint la cathédrale du nouveau diocèse.

Signalons ici que des reliques de s.Jean-Baptiste se trouvent également dans la cathédrale de Gênes ; elles furent analysées par des spécialistes non informés de leur origine. Leur verdict fut que ces reliques appartenaient à un homme du premier siècle, fils de parents âgés.

Sainte Tigre est commémorée le 25 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Moluag de Lismore 

510-592

 

Moluag (Malew, Molonachus, en latin Molochus) s’appelait réellement Luan, qu’on trouve aussi sous la forme Lughaidh, Lugdach, Luoc, Lua, en latin Lugidus, Lugadius, Luanus. 

Irlandais, de noble extraction, il naquit entre 500 et 520.

Vers 552, il fut ordonné évêque. C’est lui qui à son tour ordonna diacre et prêtre s.Comgal (v. 10 mai).

On dit qu’il fonda rien moins que cent monastères.

Evêque, il s’entoura de douze compagnons et s’en vint, en 562, fonder une communauté à Argyll, devenue maintenant Lismore (le gaélique Lios mor signifie «Grand monastère»), en territoire picte. S.Columba (v. 9 juin) travailla à la même époque, mais sans doute pas chez les Pictes, dont il ignorait la langue, tandis que Moluag la connaissait bien.

Moluag fonda ensuite des communautés à Rosemarkie et Mortlach. Ces deux centres et celui d’Argyll sont les trois seules fondations qu’on a retenues, sur les «cent» préconisées par la tradition.

Moluag s’éteignit à Rosemarkie le 25 juin 592.

Son culte fut confirmé en 1898.

Saint Moluag de Lismore est commémoré le 25 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eurosia de Jaca

† 714

 

Il n’y a pas de documents écrits authentiques et contemporains qui puissent confirmer ce qu’une tradition orale nous a transmis.

Eurosia aurait pu être une jeune fille de Bayonne, ou d’Aquitaine, ou même une princesse bohême.

S’il faut se référer à la «légende», Eurosia était une petite orpheline bohême qui se nommait Dobroslava. Elle fut adoptée par les princes de Bohême, Boriboy et Ludmilla, qui la firent baptiser avec le nom qu’on lui connaît, Eurosia.

C’est s.Méthode (v. 14 février) qui aurait suggéré au pape de présenter Eurosia, alors âgée de seize ans, au comte espagnol Fortun Jiménez, héritier du trône d’Aragon. Eurosia y vit un signe de la volonté de Dieu, accepta et fut donc accompagnée par une escorte jusqu’en Espagne.

Mais arrivés en vue de la cité de Jaca, ils furent durement attaqués dans les montagnes par une troupe de Sarrasins, qui enlevèrent la jeune fille. Celle-ci réussit à s’enfuir et à se cacher dans une grotte, mais elle fut rejointe ; comme elle refusait énergiquement de renoncer au Christ, on lui coupa les mains et les pieds, puis on la décapita au lieu-dit Yebra de Basa.

Un formidable orage mit en fuite les Sarrasins, tandis que du Ciel se faisait entendre une voix puissante : Qu’elle puisse calmer les tempêtes, où qu’on invoquera son nom !

Les circonstances de cette brève biographie font donner à Eurosia les dates 864-880, assez différentes de celle préconisée par les historiens, 714.

Eurosia est invoquée pour la libération des possédés du démon, contre les tempêtes et la grêle, et pour les récoltes.

Le culte de sainte Eurosia de Jaca fut confirmé en 1902 ; elle est commémorée le 25 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Adalbert d’Egmond

665-740

 

Adalbert ou Ædelbert (ce n’est pas Ethelbert, roi est-anglais, v. 24 février) a pu naître vers 665 ; il était originaire de Northumbrie (Angleterre) et, dit-on, de souche royale.

Il entra au monastère de Rathmelgisi et fut ordonné diacre.

En 690, il fut de ceux qui suivirent s.Willibrord (v. 7 juillet) sur le sol européen. On sait que Willibrord évangélisa particulièrement les Pays-Bas, et Adalbert poursuivit son œuvre dans le nord de cette contrée. Adalbert y bâtit une église à Egmond, près de laquelle s’éleva un monastère au 10e siècle.

Deux détails restent incertains : Adalbert aurait succédé à Willibrord à la tête du monastère d’Epternach (qui est dans l’actuel Luxembourg) ; il aurait par ailleurs été archidiacre pour le diocèse d’Utrecht.

Adalbert mourut à Egmond, vers ou après 714, peut-être même vers 740.

L’abbaye d’Egmond fut détruite durant les guerres de religion, et restaurée au 20e siècle.

Saint Adalbert d’Egmond est commémoré le 25 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Salomon de Bretagne

† 874

 

Si ce nouveau Salomon commença son règne dans la violence et le sang, il sut se racheter par beaucoup de bonnes œuvres et surtout par une mort héroïque et douloureuse.

Salomon contestait la couronne à son cousin Erispoé. Ce dernier trouva refuge auprès d’un autel, ce qui aurait dû le sauver, mais Salomon le tua au pied de cet autel, lui arracha la couronne et se l’imposa (857).

Que pouvait-on envisager après une telle situation ? 

Le nouveau roi fut heureux dans ses combats contre Charles le Chauve et contre les Normands. Son palais accueillit les meilleurs artistes de l’époque.

Mais surtout, Salomon s’efforça de faire régner la justice dans son territoire, et de s’acquérir la protection du Ciel. En particulier, pour abriter les reliques de s.Maixent (v. 26 juin), il fit construire un monastère à Plélan-le-Grand, et c’est là qu’il se retira après avoir abdiqué le pouvoir.

Des opposants vinrent l’y retrouver, le poursuivirent, lui crevèrent les yeux et l’assassinèrent près de l’actuelle Landerneau, à un endroit qu’on appelle La Martyre. Cet assassinat fut effectivement considéré par certains comme un martyre, quoique Salomon, à proprement parler, n’ait pas été tué pour la Foi.

Plus tard les «reliques» du roi furent transférées à Pithiviers.

Miséricordieuse comme son divin Fondateur, l’Eglise a inscrit ce roi Salomon au Martyrologe et le vénère le 25 juin.

Guglielmo de Vercelli

1085-1142

 

Guglielmo naquit en 1085 à Vercelli (Piémont, Italie NO), de parents nobles qu’il perdit encore jeune.

A quatorze ans, il partit en pèlerinage pour Compostelle, en ayant soin de se faire barder de sangles de fer qu’il porta sous ses vêtements ; il dut souffrir beaucoup sous le soleil d’Espagne, mais il en rajouta, s’imposant un jeûne total.

En 1106, il se trouvait à Melfi. Illettré, il apprit par-cœur le psaume 109 (Dixit Dominus), puis d’autres passages bibliques et acquit ainsi une merveilleuse intelligence de l’Ecriture sainte.

En 1108-1109, il s’installa sur le mont Solicoli, en compagnie d’un ancien soldat, dans une vie érémitique de pénitence et de prière. Mais comme il eut le «malheur» de guérir un aveugle par sa prière et qu’on parlait trop de lui, il courut se cacher auprès d’un saint homme de la région, Giovanni de Pulsano.

Cédant cependant à un ardent désir d’aller en Terre Sainte, il quitta son compagnon ; mais il fut tellement malmené par des brigands dans le sud de l’Italie, qu’il se ravisa et jugea que Dieu le voulait plutôt en Italie, et il s’arrêta près d’Avellino, au mont Virgiliano, qui allait devenir Monte Vergine (Mont de la Vierge) ou Partenio (du grec parthenos, vierge).

Guglielmo y reprit sa vie érémitique, mais devant l’affluence de vocations qui voulaient le suivre, il construisit avec eux un monastère et une église dédiée à Notre-Dame, consacrée en 1124. La tradition rapporte que la Sainte Vierge lui serait apparue pour lui demander l’érection de ce monastère. De là vint la branche bénédictine de la Congrégation verginiana, qui fut rattachée en 1879 aux Bénédictins de Subiaco.

La règle se voulait austère, mais pas invivable : trois jours par semaine, on «jeûnait» avec verdure et pain. Il y eut des murmures, et Guglielmo s’éloigna, laissant derrière lui la communauté avec un prieur.

En 1128, avec cinq compagnons, il alla s’établir sur une autre colline, Monte Cognato, puis, non loin d’Avellino, il construisit avec eux l’illustre monastère San Salvatore à Goleto, un monastère double, pour hommes et femmes.

Guglielmo dut sortir de sa retraite, quand le roi de Naples l’appela pour écouter ses conseils. Sa franchise à la cour lui valut de tels ennemis qu’on chercha à le corrompre par une courtisane ; quand elle s’approcha de lui, il lui proposa d’aller avec elle s’étendre sur un lit… de charbons rouges, dans la cheminée. Tandis que la belle dame restait figée d’horreur, Guglielmo s’étendit sur les charbons, puis se releva, sans avoir subi la moindre atteinte des braises ; la courtisane se convertit et prit le voile.

Le roi de Naples protégea les fondations de Guglielmo.

Celui-ci s’éteignit au monastère de Goleto le 25 juin 1142. Bientôt considéré comme saint, Guglielmo fut en maints endroits honoré d’un culte que Pie VII étendit à toute l’Eglise en 1785. Il fut déclaré patron céleste de la région Irpinia par le pape Pie XII.

 

 

Juan d’Espagne

1123-1160

 

Juan naquit vers 1123, d’après un document ancien à «Almanceps», qu’on a hypothétiquement traduit par Salamanque (Espagne).

Il vint jeune en France, pour étudier. Un riche bourgeois le prit comme pensionnaire, en Arles, et l’eût fait son héritier si le jeune homme n’était parti pour se faire le disciple d’un ermite.

Après trente mois d’épreuve, il frappa à la porte de la chartreuse de Montrieux, alors au diocèse de Toulon, où il fut six ans sacristain, puis fut élu prieur.

Ce fut un restaurateur et un constructeur, zélé aussi pour la science : il aimait copier de sa main les manuscrits et aussi les corriger, ce qui était une tâche délicate et périlleuse.

Passé à la Grande Chartreuse (fondée par saint Bruno, v. 6 octobre), le prieur Anthelme (v. 26 juin) le prit en haute estime et lui donna à présider la nouvelle fondation près du lac de Genève. Arrivant sur l’endroit, Juan se serait écrié : C’est ici mon reposoir !

Ce Reposoir remontait à 1147, quand Aymon de Faucigny avait donné ce terrain à des moines, mais le projet était resté en suspens. De retour de la Croisade, Aymon signa une donation en bonne et due forme, le 22 janvier 1151, et Juan se mit hardiment au travail. Il avait vingt-huit ans.

Juan fut chargé aussi par Anthelme de rédiger des constitutions pour des Religieuses de la Chartreuse.

Après neuf ans de gouvernement, Juan mourut au Reposoir, le 25 (ou le 11 ?) juin 1160. Le Martyrologe le commémore le 25 juin.

Il fut enterré, sur sa demande, entre deux bergers tués par une avalanche, à qui il avait rendu les honneurs funèbres. 

Juan a été béatifié en 1864.

La Chartreuse du Reposoir, classée monument historique, est maintenant un monastère de Carmélites.

 

 

Marie Lhuillier

1744-1794

 

Cette petite bergère de la Mayenne était née le 18 novembre 1744 à Arquenay, de Guillaume et Marie Sauvage ; elle a deux frères. On peut encore voir La Pommeraie, sa maison natale.

Orpheline dès l’âge de cinq ans, elle est reçue par une parente pour garder les vaches et les moutons, puis par une Demoiselle Dubois comme domestique. Catéchisée, elle ne saura jamais ni lire ni écrire.

Elle entend cependant l’appel de Dieu et entre comme converse chez les Religieuses Augustines de Saint-Julien de Château-Gontier. Elle se donne entièrement au soin des malades.

Elle fait ses vœux définitifs en 1774, et prend le nom de Sœur Sainte-Monique. Elle aime sa vie. Avec une simplicité d’enfant, un cœur simple et ouvert, un caractère à la fois vif, décidé et obéissant, elle répétait : Je veux ce que Dieu veut, ou bien A la mort comme à la vie, Dieu soit béni.

Arrive la Révolution. Les Religieuses refusent de prêter le serment et sont expulsées de l’hôpital. Elles sont emprisonnées avec les Ursulines.

On accuse Marie d’avoir donné des torchons et des tabliers, qui sont désormais “biens d’état”.

Transférée à la prison de Laval, elle est guillotinée avec l’aumônier, le 25 juin 1794.

Marie Lhuillier a été béatifiée parmi les dix-neuf Martyrs de Laval en 1955.

 

 

Domingo Henares de Zafra Cubero

1765-1837

Phanxicô Ðỗ Vǎn Chiểu

1797-1837

 

Domingo (Dominique) naquit à Baena (Cordoue, Espagne) le 19 décembre 1765, dans une famille très humble.

En 1782 il obtint de pouvoir entrer dans le couvent dominicain de Grenade et fit la première profession l'année suivante. 

Il n'était pas encore ordonné prêtre, et n'avait pas encore achevé ses études, qu'il exprima le désir de partir pour les missions, avec d'autres compagnons du même monastère. Il ne devait plus revoir ses chers parents, ayant préféré tout donner à Dieu sans retour.

De Cadix, on partit en 1785 pour Porto Rico, Cuba, Mexique, enfin les Philippines, où l'on arriva le 9 juillet 1786.

A Manille, il fit ses études théologiques, tout en donnant des cours aux plus jeunes.

Il fut ordonné prêtre en 1789 (ou même 1790) et fut tout de suite envoyé au Tonkin, l'actuel nord-Vietnam. Il y arriva avec Clemente Ignacio Delgado, futur évêque et martyr lui aussi, et deux autres pères dominicains.

Il fut d'abord supérieur du séminaire de prêtres indigènes à Tién-Chu, jusqu'en 1798.

Clemente Ignacio Delgado, ayant été nommé vicaire apostolique, le prit comme vicaire général et, très vite après, le fit nommer évêque. Domingo fut consacré le 9 janvier 1803 à Phunhay.

Le père Domingo avait trente-sept ans ; il devait maintenant en vivre quasi autant en qualité d'évêque.

Les indigènes s'étonnèrent de la rapidité avec laquelle les missionnaires apprirent leur langue. Mais surtout, ils furent conquis par la douceur, la bonté qui en émanait, jusqu'aux mandarins qui devaient parfois à contre coeur sévir contre eux.

Quand la persécution reprit, les plus recherchés furent tout d'abord les “autorités”, les évêques. Mgr Henares dut mener une vie vagabonde pour éviter les soldats de-ci de-là, pour échapper aux délateurs. Il avait désormais dépassé les soixante-dix ans et n'avait pas un moment de repos.

Le 9 juin 1838 il chercha à fuir en barque avec son catéchiste Phanxicô (François) Ðỗ Vǎn Chiểu, mais le vent les ramena à terre. Ils se réfugièrent chez un pêcheur chrétien, nommé Nghiém.

De ce catéchiste, pour l'instant, on sait seulement qu'il était né vers 1797 à Trung Lễ (Liên Thùy, Nam Ðịnh). Le Martyrologe le nomme Phanxicô Ɖỗ Minh Chiểu.

On prévint immédiatement le préfet de Bat-Phang, qui donna l'ordre aux mandarins d'arrêter l'évêque avec son catéchiste et le pêcheur qui les avait reçus.

Dès le 11 juin, on les emmena à Nam Ðịnh : l'évêque, sur une civière, car il ne voyait presque plus ; les deux autres à pied, chargés de chaînes.

Immédiatement condamnés à mort, l'évêque et son catéchiste furent décapités le 25 juin 1837. On ne connaît pas le sort du pêcheur.

De Mgr Henares, un autre évêque plus tard martyr (Jerónimo Hermosilla, v. 1er novembre) écrivit : 

Une vie toute limpide, un zèle insatiable pour le salut des âmes, une soif ardente du martyre, d'une pauvreté évangélique pour lui-même et d'une générosité prodigieuse pour les nécessiteux.

Mgr Henares et son catéchiste Phanxicô furent béatifiés en 1900 et canonisés en 1988, parmi cent-dix-sept Martyrs du Vietnam, dont la fête commune est le 24 novembre.

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23 juin 2020 2 23 /06 /juin /2020 23:00

24 JUIN

I.

S Jean Baptiste, précurseur et cousin du Seigneur ; on fête aujourd’hui sa naissance, et son martyre le 29 août.

I/III.

Ss Agoardus et Agilbertus, ainsi qu'une multitude d'autres martyrs à Créteil.

IV.

Ss Joannes, prêtre romain, et son compagnon Festus, martyrs à Rome.

Ss Orence, Héros, Pharnace, Firmin, Firme, Cyriaque, Longin, soldats martyrs à Satala.

S Simplicius, évêque à Autun ; il vécut dans la continence avec son épouse avant et après son épiscopat.

VI.

S Lupicin, ermite et ascète à Lipidiacum.

VII.

S Rombaut, irlandais ou anglais, ermite près de Malines, assassiné ; son monastère prit ensuite son nom.

VIII.

S Théodulphe, abbé-évêque à Lobbes.

IX.

S Gohard, évêque à Nantes, martyrisé lors d'une incursion de Normands, avec une foule de clercs, de moines et de fidèles réfugiés avec lui dans la cathédrale. 

XI.

S Theodgarus, missionnaire au Danemark où il construisit une première église en bois.

XII.

Bse Raingarde, veuve auvergnate, moniale cellérière à Marcigny ; de ses huit enfants, un fut évêque à Lyon, quatre abbés bénédictins (dont Pierre le Vénérable à Cluny) ; et deux petites-filles la rejoignirent à Marcigny.

S Barthélemy, prêtre et ermite pendant quarante-deux années sur l’île de Farne. 

XV.

S Jean, berger à Monchy-le-Preux, invoqué pour les hernies.

XIX.

S Ruose Yuan Zaide, prêtre chinois martyr, canonisé en 2000 et fêté avec tous les Martyrs chinois le 9 juillet.

XX.

B Maksymilian Binkiewicz (1908-1942), prêtre polonais déporté et mort à Dachau, béatifié en 1999.

Ste Anastasia García Zavala (Maria Guadalupe, 1878-1963), vierge mexicaine, active dans la fondation des Servantes de Sainte-Marguerite-Marie et des Pauvres, béatifiée en 2004, canonisée en 2013.

Jean-Baptiste Précurseur

1er siècle

 

Le dernier des Prophètes de l’Ancien Testament, qui eut la joie de rencontrer Celui qu’on attendait depuis des siècles, Jean le Baptiste et Précurseur du Seigneur, nous est connu par quelques indications de l’Evangile, surtout celui de Luc (Lc 1 ; 3), un peu aussi celui de Matthieu (Mt 3), et quelques versets de Marc (Mc 1:1-9) et de Jean (Jn 1:19-28).                                  

Som nom de Baptiste rappelle traditionnellement qu’il baptisait les foules, en leur demandant de faire pénitence pour préparer les voies du Seigneur.

Les Orientaux en revanche lui donnent le titre de Prodromos, “celui qui court en avant”, traduit en latin par Precursor, Précurseur.

Le père de Jean-Baptiste était donc Zacharie, un prêtre de la descendance d’Aaron. Comme il y avait vingt-quatre classes de prêtres, chaque classe ne servait guère plus de deux fois par an (1 Ch 24:19 ; 2Ch 23:8). C’est par le sort que les prêtres se distribuaient entre eux les diverses fonctions du sacerdoce. Une des plus importantes était l’offrande de l’encens deux fois par jour, le matin à la pointe du jour et le soir à trois heures (Ex 30:6-8). Ce jour-là, le sort désigna Zacharie pour brûler l’encens : c’était très probablement la première fois de sa vie que cet honneur lui incombait.

L’ange qui apparaît à Zacharie lui dit que sa prière a été exaucée. Selon saint Augustin, Zacharie priait, bien plus que pour avoir un fils, pour la venue du Messie, le grand désir de toute la nation. Or le venue du Messie, dans le plan de Dieu, devait arriver par la naissance du Précurseur.

Zacharie, par son doute, perdit l’usage de la parole. Peut-être subit-il un choc émotionnel, bien compréhensible, à l’annonce de sa prochaine paternité, mais ce choc devait perdurer jusqu’à la naissance de l’enfant, lui dit l’Ange, parce qu’il n’a pas reçu l’annonce avec toute l’ouverture de son cœur. 

La stérilité était traditionnellement considérée comme un déshonneur, et même comme un châtiment (Gn 30:23 ; 1S 1:5-8 ; 2 S 6:23 ; Os 9:11). En outre Elisabeth était maintenant trop âgée pour avoir un fils. Mais Dieu voulait se servir de tous ces événements comme signes : le mutisme de Zacharie, la vieillesse des conjoints symbolisaient la stérilité du Vieux Testament, de l’Ancienne Alliance. 

Zacharie revint donc chez lui après son service au temple. D’après la tradition, il habitait à quelques kilomètres de Jérusalem, à Aïn Karim. Elisabeth eut donc la joie d’attendre un enfant. Au sixième mois eut lieu l’épisode de l’Annonciation à Marie, à qui l’Ange annonça aussi qu’Elisabeth en était à son sixième mois, car rien n’est impossible à Dieu.

La parenté entre Elisabeth, membre de la tribu de Lévi, et Marie, membre de la tribu de Juda, s’explique facilement par le mariage d’un ancêtre de Marie avec un ascendant d’Elisabeth. On ignore d’ailleurs la nature et le degré de cette parenté, qui fait de Jean un cousin plus ou moins éloigné de Jésus.

Après la naissance merveilleuse de Jean, Luc dit que l’enfant demeurait dans les déserts jusqu’aux jours de sa manifestation à Israël (Lc 1:80). On ne sait pas quel âge avait Jean. Remarquons que, n’ayant que six mois de plus que Jésus, il tombait directement sous la menace d’Hérode qui ferait massacrer tous les enfants de deux ans et en-dessous (cf. Mt 2:16), dans le but d’éliminer son “rival”, Jésus qui vient de naître. On peut donc supposer très logiquement que ses parents le protégèrent du danger en le cachant dans quelque cabane isolée du proche désert. Quant à Jean, qui avait déjà reçu avant sa naissance une réelle maturité intellectuelle (puisqu’il tressaillit en présence de Marie enceinte de Jésus, cf. Lc 1:44), il devait déjà savoir se débrouiller seul dans la solitude, mangeant ce qu’il trouvait, des sauterelles et du miel sauvage, dit Matthieu (Mt 3:4), ce qui n’exclut pas pour autant quelques visites prudentes et furtives des pieux parents à leur petit garçon.

On ne sait rien de plus, “officiellement”, des parents de Jean-Baptiste. Le Précurseur du Seigneur, jeune anachorète, devait bénéficier d’une protection divine certaine. Mystérieusement, sa nourriture et son vêtement sont ceux du prophète Elie (cf. 2R 1:8), dont on attendait le retour en Israël.

Quand Jean commença son ministère, peu avant la vie publique de Jésus, il invitait les populations à la conversion de cœur, à ne rien exiger en plus de ce qui était prescrit, et aux soldats à ne pas dénoncer faussement et de se contenter de leur solde  (!) (cf. Lc 3:10-14).

Surtout Jean montrait une humilité, une discrétion vraiment extraordinaires. Si sa prédication avait un grand succès, il rappelait avec insistance qu’il n’était pas Celui qu’on attendait, qu’il n’était pas même digne de délier la courroie de sa chaussure (cf. Jn 1:19-28). Et même quand il sera en présence du Christ - quelle émotion pouvait susciter cette rencontre physique, plus réelle encore qu’au moment de la Visitation - , c’est lui qui obéira au Christ pour lui verser l’eau du baptême, et qui peu après dira tout simplement à ses disciples : Voici l’Agneau de Dieu (Jn 1:29).

Jean ne pensait pas devoir baptiser le Sauveur ; mais Jésus tenait à en recevoir le baptême pour purifier lui-aussi cette nature humaine qu’il avait prise des hommes.

Le ministère de Jean s’effacera peu à peu, jusqu’à son emprisonnement par Hérode, à qui il reprochait d’avoir épousé sa belle-sœur (Mc 6:17).

De sa prison, Jean fit questionner Jésus et lui fit demander : Es-tu celui qui doit venir ? (Mt 11:3). Avait-il encore un doute ? Non, mais il voulait que ses interlocuteurs entendissent d’eux-mêmes la réponse de Jésus : Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres sont évangélisés (Mt 11:5), autant de “signes” où il fallait entendre la guérison intérieure des pécheurs, désormais purifiés, pardonnés, ouverts à la Lumière, à la Vérité, à la Vie.

Peu de temps après, Jean devait être martyrisé par la décapitation (cf. Mc 6:21-29). Cet épisode triste et glorieux sera l’occasion d’une autre notice, le 29 août prochain. Jean Baptiste est en effet le seul Saint, après Marie, dont notre calendrier liturgique relate et la naissance et la mort. 

En ce 24 juin, six mois avant la naissance de Jésus, nous fêtons donc la naissance du Précurseur du Seigneur. Cette date est traditionnellement l’occasion des fêtes de la “Saint-Jean d’été”, par opposition à la fête de la “Saint-Jean d’hiver” (27 décembre, saint Jean l’Evangéliste).

La cathédrale du pape à Rome, Saint-Jean-de-Latran, est dédiée à saint Jean-Baptiste depuis le Ve siècle.

Signalons encore ici un texte poétique relatif à la naissance de Jean-Baptiste. Les moines du Moyen-Age eurent coutume d’invoquer le Saint avant d’aller chanter les louanges divines, le priant d’ouvrir leurs lèvres (et leur cœur), comme il avait redonné la parole à son père Zacharie. C’est l’origine de l’hymne Ut queant laxis, qui remonte à Paul Diacre († 799) et dont s’est ensuite inspiré Guido d’Arezzo pour donner aux notes musicales leur nom traditionnel : Ut - Ré - Mi - Fa - Sol - La - Si. Voici le texte de cette première strophe de l’Hymne, qu’on chante toujours aux vêpres de la fête de ce jour :

 

Ut queant laxis Resonare fibris    Pour que (tes) serviteurs puissent exalter à pleine voix

Mira gestorum Famuli tuorum,    les merveilles de tes actes,

Solve polluti Labii reatum,    efface la faute d’une lèvre souillée,

Sancte Ioannes.    ô saint Jean.

 

Le reste de l’Hymne fait allusion au mutisme de Zacharie, à sa guérison, au nom de Jean, à la Visitation de Marie à Elisabeth.

Un autre fait remarquable, d'ordre architectural celui-là, concerne la célèbre basilique de Vézelay. Le jour de la fête de saint Jean-Baptiste, le 24 juin à midi, s'il fait soleil, la lumière projetée par les différents vitraux côté Sud, est parfaitement alignée le long de l'allée centrale de la nef. On en trouvera une photographie dans quelque livre consacré aux sanctuaires de France.

 

 

Agoardus et Agilbertus

et les Martyrs de Créteil

† 1er siècle ?

 

Les deux Martyrs Agoardus et Agilbertus posent plusieurs problèmes.

Les Actes de leur martyre sont considérés par divers auteurs, même anciens, très suspects. En voici un résumé.

Deux «disciples» de l’Apôtre s.Pierre (v. 29 juin), Savinianus et Potentianus, fondèrent l’Eglise de Sens ; ceux-ci envoyèrent à Paris deux convertis, nommés Altinus et Eodaldus, lesquels, mal reçus à Paris, se replièrent à Créteil (Christolium) ; là, ils convertirent une foule de gens, parmi lesquels Agoardus et Agilbertus, et toute leur parenté.

Le temple païen fut détruit par les néophytes, et le bruit en parvint au préfet, Aggrippinus, qui les fit torturer puis décapiter, avec une foule d’autres Chrétiens.

On a depuis longtemps critiqué négativement ces Actes, alléguant que Savinianus et Potentianus étaient du 3e siècle (v. 19 octobre) ; quant à Altinus et Eodaldus, aucune mention de leur prédication n’est faite à Paris ou Créteil. Enfin, on avança qu’on ne connaît aucun préfet Agrippinus en Gaule à cette époque. En conséquence de quoi, on a supposé que Agoardus et Agilbertus furent victimes d’une sédition locale, vers les 5e-6e siècles.

De toutes ces observations, il semblerait ne rien subsister des Martyrs en question, tandis que leurs châsses furent jalousement conservées, préservées de la fureur des Huguenots puis des Révolutionnaires, enfin remises en honneur.

Les saint Agoardus et Agilbertus, avec tous les Martyrs de Créteil, sont commémorés le 24 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannes et Festus de Rome

† 362

 

Ioannes était un prêtre romain. Festus était aussi romain.

Ils furent martyrisés, probablement décapités, sur l’ancienne Via Salaria, et leurs corps ensevelis au lieu-dit Aux Sept Palombes, et non pas en Toscane.

La date très probable de leur martyre devrait être 362, date à laquelle Julien l’Apostat prit des mesures à l’encontre des Chrétiens.

Saints Ioannes et Festus sont commémorés le 24 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simplicius d’Autun

† 389

 

Simplicius était issu d’une famille noble et très riche. Il vivait avec son épouse dans la parfaite chasteté. A la mort de l’évêque Egemonius, il fut choisi pour lui succéder.

Un mystère insoluble entoure la figure de cet évêque, le sixième sur le siège d’Autun.

On trouve mentionné Simplicius à plusieurs conciles entre 346 et 374, et il en est encore question en 418.

Les deux évêques précédents, Cassianus et Egemonius, moururent respectivement en 355 et 374 ; le successeur de Simplicius semble avoir pris ses fonctions en 389.

Plusieurs hypothèses se présentent : 

- il y eut plusieurs personnages portant le même nom, dont certains n’étaient pas évêques, peut-être des représentants de l’évêque d’Autun ;

- Simplicius, s’il a vraiment occupé ce siège d’Autun de 346 à 418, donc pendant plus de soixante-dix ans, après s’être marié, serait mort plus que centenaire, et, pour être secondé dans sa charge, aurait pris des évêques «coadjuteurs» ;

- autre hypothèse impossible : certains des évêques mentionnés auraient été des usurpateurs, mais ils sont reconnus comme saints.

Quoi qu’il en soit, on rapporte sur lui cette anecdote. L’épouse de Simplicius, ayant voulu continuer de vivre auprès de celui-ci, fut calomniée et accusée. Pour se justifier, elle remplit sa robe de charbons ardents pendant une heure, puis les passa à Simplicius : leurs habits restèrent intacts. Le prodige engendra la conversion et le baptême d’un millier de personnes.

Une autre anecdote raconte que le même Simplicius rencontra un jour une procession en l’honneur d’une déesse païenne. Il traça un signe de croix, la statue s’écroula et les bêtes qui la portaient s’immobilisèrent. Les quatre cents hommes présents, ne réussissant pas à faire avancer les animaux, comprirent que leur «déesse» était incapable, et se convertirent.

Saint Simplicius d’Autun est commémoré le 24 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rombaut de Malines

† 775

 

Rombaut (Rumoldus) était d’origine écossaise ou irlandaise, même si certains historiens le présentent comme anglo-saxon.

Après avoir accompli un long pèlerinage à Rome et prié sur le tombeaux des Apôtres, il s’en revint, prêchant l’Evangile le long de son chemin. On trouve aussi qu’il fut ordonné évêque à Rome et qu’il coopéra à l’activité évangélisatrice de s.Willibrord (v. 7 novembre) : s’il est possible qu’il eût été évêque, il serait plus juste de dire qu’il poursuivit cette activité évangélisatrice, car Willibrord mourut en 739. Mais la suite de notre notice ne semble pas permettre d’approuver l’historicité de cet épiscopat.

Parvenu en Gaule Belgique, il s’établit en ermite sur les terres du comte Adon, dont l’épouse était fort affligée de ne pas avoir d’enfants. Rombaut lui en promit un, qu’il baptisa en effet, lui donnant le nom de Libertus. Mais cet enfant, en jouant près de la rivière, se noya : Rombaut le ressuscita.

Le seigneur exprima alors sa reconnaissance en donnant à l’Ermite un terrain pour l’édification d’un monastère, non loin de l’actuelle Malines.

Rombaut continua son discret ministère de prédication. Il eut l’occasion de reprocher à deux malandrins leurs vices : les deux résolurent de le faire disparaître et l’assassinèrent. Le corps de Rombaut, jeté dans la rivière, fut retrouvé et inhumé dans le monastère, qui prit ensuite le nom de Saint-Rombaut.

Saint Rombaut de Malines est commémoré le 24 juin dans le Martyrologe Romain, qui le décrit comme ermite et martyr.

 

 

Théodulphe de Lobbes

† 776

 

Théodulphe (Thiou) fut moine en l’abbaye bénédictine de Lobbes, dont il devint le quatrième abbé vers 758.

En 765 eut lieu un concile à Attigny, où les vingt-sept évêques et dix-sept abbés signèrent un accord spirituel par lequel ils s’engageaient, au décès de l’un d’eux, à prier des psaumes et célébrer des Messes pour le repos de l’âme du Défunt. Théodulphe fut un des signataires.

Sa signature cependant nous éclaire sur un autre détail : il signe en effet Théodulphe, évêque du monastère de Lobbes, ce qui signifie que, tout abbé qu’il était, il avait en outre la qualité d’évêque. On dirait aujourd’hui qu’il était un abbé-mitré.

Il ouvrit une école monastique, modeste, mais qui se développera particulièrement un siècle plus tard ; on y enseigna, outre la théologie, la musique et l’histoire. En outre, la bibliothèque s’enrichit de nombreux volumes, grâce à l’intense activité des copistes et des miniaturistes. Un inventaire du 10e siècle recensera pas moins de trois-cent quarante-sept volumes.

Théodulphe mourut le 24 juin 776, laissant le souvenir d’un saint moine.

Saint Théodulphe de Lobbes est commémoré le 24 juin dans le Martyrologe Romain.

Raingarde de Semur

1075-1134

 

Raingarde de Semur serait née vers 1075 et fut la jeune épouse de Hugues-Maurice III de Montboissier, dont les ruines du château existent encore en Auvergne, au canton de Cunlhat.

Ces époux chrétiens eurent huit enfants : Hugues IV de Montboissier le Décousu, dont les deux filles rejoignirent leur grand-mère au monastère de Marcigny ; Pierre, dit le Vénérable, abbé à Cluny ; Jourdan, abbé à La Chaise-Dieu ; Ponce, abbé à Vézelay ; Armand, abbé à Manglieu ; Eustache 1er, qui perpétua la famille ; Héracle, archevêque de Lyon ; Othon, qui mourut jeune.

Raingarde fut une épouse et maîtresse de maison de toutes vertus ; elle accueillait volontiers les Religieux de passage, comme saint Robert d’Arbrissel (v. 25 février) ; mais elle aspirait surtout à une plus grande union avec Dieu et, à la mort de son cher époux au retour de Terre Sainte, faisant mentir tous les projets de ses proches, elle rejoignit le monastère bénédictin de Marcigny.

Là, elle se fit une joie d’être toute soumise aux révérendes Sœurs, rendant volontiers service à chacune, avec un tel empressement qu’on la nomma cellérière (économe). 

Le monastère alors était très prospère et abritait plusieurs dizaines de moniales. Raingarde sut administrer les nécessités matérielles pour qu’aucune ne manquât du nécessaire ; elle devinait les besoins et les goûts de chacune. Elle qui était habituée à être servie chez elle, apprit la cuisine et prépara d’elle-même ce qu’il fallait ; son fils Pierre écrivit : Elle donnait à l’une du rôti, à l’autre du bouilli, à l’une des choses salées, à l’autre de douces. Bien sûr, sa sollicitude allait joyeusement auprès des malades et, après le monastère, aux pauvres qui frappaient, et tout cela sans jamais perdre la paix intérieure. On dit d’elle qu’elle était à la fois Marthe et Marie.

Elle eut la grande joie de compter parmi les Religieuses du monastère ses deux petites-filles, Poncie et Marguerite.

Austère pour elle-même, empressée pour les autres, elle tomba malade et comprit que Dieu l’appelait.

Raingarde mourut très saintement le 24 juin 1135. Considérée par les Bénédictins comme Bienheureuse, elle ne se trouve cependant pas dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tostig-Bartholomew de Farne

† 1193

 

Tostig naquit à Whitby (Yorkshire, Angleterre N) au début du 12e siècle, de parents scandinaves.

A l’école, ses petits camarades eurent vite fait d’ironiser sur son nom (Tostig évoquant immanquablement le toast anglais), de sorte que le garçon assuma un prénom bien anglais (et plus chrétien) : William.

Il eut bientôt des visions du Christ, de Marie et des Apôtres Pierre, Paul et Jean. Il gagna alors la Norvège, où il fut ordonné diacre et prêtre. Comme certains prêtres vivaient en concubinage, il arriva qu’on lui fit une proposition de mariage : William quitta la Norvège et retourna en Angleterre.

Il fut trois ans curé, puis il demanda à entrer au monastère de Durham, où il prit le nom de Bartholomew.

Une nouvelle vision, de saint Cuthbert cette fois-ci, (v. 20 mars) l’appela à l’île de Farne. Avec la permission de son Supérieur, il s’y installa donc, non loin d’un certain Aelwin, qui ne le supportait guère… et qui partit.

A venir le rejoindre, ce fut le tour du prieur de Durham, Thomas, qui avait dû quitter le monastère à la suite d’un différend avec l’évêque. Là encore, l’entente ne fut pas immédiate, mais la sainteté de Bartholomew l’emporta et les deux ermites vécurent pendant cinq années, dans la louange et l’ascèse quotidiennes.

Bartholomew assista fraternellement Thomas à sa mort. Il continua sa vie solitaire, vivant du lait de sa vache et du blé de son champ. On vint le voir et, tel Jean-Baptiste, il conseillait aux puissants d’adoucir leurs exigences (cf. Lc 3:10-14).

L’ermite demeura, dit-on, plus de quarante ans sur cette île. Devenu très âgé, il fut assisté par les moines proches de Lindisfarne.

Bartholomew mourut le 25 juin 1193 (même si l’on a proposé bien d’autres dates) ; les miracles accomplis sur sa tombe le firent vénérer comme Saint, mais il ne se trouve pas mentionné au Martyrologe.

 

 

Jean, berger à Monchy-le-Preux

14-15e siècles

 

Il y a au sud d’Arras une colline où se sont illustrés de vaillants soldats, déjà au 17e siècle, mais surtout lors de la Première guerre mondiale.  C’est à Monchy-le-Preux (Pas-de-Calais).

Sur les pans de cette colline vécut, d’après une tradition tenace et vivante, un pieux berger nommé Jean, à la fin du 14e et au début du 15e siècles.

Il y aurait multiplié les miracles, guérissant les aveugles, les muets, les victimes de hernie et les malades mentaux (ou, parfois, possédés). Une fontaine donnait une eau bonne pour les yeux.

La Tradition a canonisé ce thaumaturge et un pèlerinage drainait des foules. Longtemps, on a vénéré un reliquaire contenant le crâne de Jean, mais qui fut détruit à la guerre.

Le village, qui disparut sous les bombardements, fut reconstruit et la chapelle rebâtie et restaurée récemment.

Saint Jean, le Berger, ne se trouve pas dans l’actuel Martyrologe, mais il demeure présent dans l’esprit des habitants, qui le vénèrent le 24 juin, comme saint Jean-Baptiste.

 

 

Ruose Yuan Zaide

1766-1817

 

Ruose (Joseph) était né en 1766 à Pe-Choui-Hien (Peng, Sichuan, Chine).

Il fut conquis par la parole de Mgr Dufresse, et surtout par la beauté du message du Christ.

Devenu néophyte, il voulut recevoir le sacerdoce.

Ordonné prêtre, il fut un apôtre très actif, jusqu’à son arrestation en août 1816.

Condamné à mort, il fut étranglé le 24 juin 1817 à Sichuan.

Béatifié en 1900, il est un des Martyrs chinois canonisés en 2000, dont la fête commune est au 9 juillet (et parmi lesquels se trouve aussi Mgr Dufresse).

 

 

Maksymilian Binkiewicz

1908-1942

 

Né le 21 février 1908 à Gmiona Żarnowiec (Olkusz, Pologne), de Roman et Stanislawa Czubasiewicżow, Maksymilian semblait ne pas devoir vivre longtemps à cause de sa mauvaise constitution. 

Sa santé se trouva améliorée à partir de sa Première communion.

Après le baccalauréat (1926), il entra au séminaire du nouveau diocèse de Częstochowa. Il fréquenta aussi des conférences à l’université Jagelloń de Cracovie, et fut ordonné prêtre en 1931.

L’abbé Maksymilian fut nommé préfet au séminaire de Częstochowa, puis préfet à Sosnowiec, puis Wielun, avant d’être recteur à Saint-Joseph. 

En 1933, il fut reçu docteur en théologie morale et remplaça l’abbé Sliwinski dans la paroisse Konopnica.

Le 6 octobre 1941, il fut prit dans la rafle générale des prêtres, fut momentanément interné à Konstantynów, puis à Dachau, à partir du 27 octobre 1941, sous le numéro 28450.

Il supporta avec calme et même avec le sourire les mauvais traitements, s’efforçant d’apporter lui-même du réconfort aux plus malades et aux plus anciens.

Le 23 juin 1942, il reçut une formidable volée de coups de bâtons et devait partir pour un régime de travaux forcés, mais il mourut le lendemain.

Il reçut la palme du martyre le 24 juin 1942 à Dachau ; c’est peut-être par erreur que le Martyrologe le mentionne au 24 août, et d’autres sources au 24 juillet.

Maksymilian Binkiewicz a été béatifié parmi les Martyrs polonais de la période nazie, en 1999.

 

 

Anastasia García Zavala

1878-1963

 

Née le 27 avril 1878 à Zapopan (Jalisco, Mexique) de Fortino García et Refugio Zavala de García, Anastasia conçut rapidement une grande dévotion pour la Sainte Vierge, car son père tenait une boutique de souvenirs juste en face du sanctuaire de Notre-Dame de Zapopan.

Jeune fille, elle pensa un moment épouser un certain Gustavo Arreola, mais elle sentit qu’elle était plutôt appelée à se consacrer à l’assistance des pauvres et des malades.

Avec son directeur spirituel, Cipriano Iñiguez, elle fonda alors en 1901 une nouvelle famille, les Servantes de Sainte-Marguerite-Marie et des Pauvres.

La congrégation se développa rapidement, Anastasia - désormais María Guadalupe - se trouva être la supérieure de nombreuses religieuses, édifiées par son exemple de pauvreté, de joie, de service pour le prochain. Cette mère exemplaire eut même la permission d’aller mendier pour ses malades et pour l’hôpital ; elle ne mendiait que pour avoir le nécessaire, jamais plus.

Les religieuses prêtèrent aussi leur concours pour les prêtres et la catéchèse.

Survint la révolution au Mexique : dès 1911 l’Eglise fut persécutée, les prêtres recherchés, arrêtés, fusillés. Mère María Guadalupe risqua jusqu’à sa vie pour aider les prêtres et l’Archevêque de Guadalajara, qu’elle cacha dans son hôpital. Même les soldats respectèrent cette Mère admirable, en reconnaissance pour la bonté qu’elle leur montra en soignant leurs blessures de combat.

Elle fonda jusqu’à onze maisons au Mexique.

A partir de 1961, Mère María Guadalupe (on l’appelait aussi Lupina, diminutif affectueux de Guadalupe), souffrit beaucoup. Elle mourut à Guadalajara (Jalisco), le 24 juin 1963.

Le premier miracle attesté grâce à son intercession, fut la guérison d’un malade atteint de pancréatite aiguë ; après l’opération, dont on n’espérait pas de résultat positif, le malade sentit un parfum très fort dans sa chambre et se trouva totalement guéri en quelques jours. 

Le second miracle fut la guérison d’une femme de quatre-vingt-deux ans atteinte d’hémorragie cérébrale avec pression artérielle élevée. Brusquement, après que la famille ait imploré Mère Lupina, l’hémorragie cessa et la pression retomba, sans aucune conséquence.

Mère María Guadalupe fut béatifiée en 2004, et canonisée en 2013, lors de la première canonisation présidée par le pape François.

Actuellement, les Servantes de Sainte-Marguerite-Marie et des Pauvres sont présentes aussi au Pérou, en Islande, en Grèce et en Italie.

 

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22 juin 2020 1 22 /06 /juin /2020 23:00

23 JUIN

III.

Ste Agrippine, vierge et martyre romaine.

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S Félix, prêtre martyr à Sutri, frappé violemment au visage avec un caillou.

S Zénon et son esclave Zénas, martyrs à Philadelphie.

VI.

S Domnolet, prince du Limousin.

VII.

Ste Ediltrude, reine anglaise, sœur des trois saintes Sexburge, Ethelburge et Wilburge,  supérieure fondatrice à Ely ; on retrouva son corps intact onze ans après sa mort ; on l’invoque contre les maux de gorge et les maladies du cou, car elle souffrit d’une tumeur au cou.

VIII.

S Hidulphe, comte en Hainaut ; il aida à la fondation du monastère de Lobbes, où il fut moine en accord avec son épouse, ste Aye.

S Jacob, abbé-évêque à Hornbach.

X.

S Bilius, évêque à Vannes ; la tradition le fait mourir lors d’une incursion des Normands.

XI.

S Lietbertus, évêque à Cambrai, successeur de son oncle.

XII.

S Lanfranco de Pavie, évêque pacificateur ; il souffrit beaucoup des autorités civiles.

XIII.

S Walhère, curé à Onhaye, assassiné par un confrère (ou son neveu) à qui il reprochait ses écarts.

Bse Marie, mystique belge ; son mari soignait avec elle les lépreux et lui permit de se retirer à Oignies.

XV.

B Pietro Giacomo de Pesaro, prêtre des ermites augustins en Piceno.

XVII.

S Thomas Garnet, prêtre jésuite anglais martyr à Tyburn.

XIX.

S Giuseppe Cafasso, prêtre à Turin, maître à penser de s. Giovanni Bosco.

XX.

Bse Santina Cimatti (Maria Raffaela, 1881-1945), des Religieuses hospitalières de la Miséricorde, dont le  dévouement pendant la guerre lui a valu le nom d’ ”Ange des malades”, béatifiée en 1996.

Ediltrude d’Ely

636-679

 

Ediltrude (Æthelthryth, Etheldrede, Awdrey, Audrey) était née vers 636 à Exning (Suffolk, Angleterre), fille d’Anna, roi en Est-Anglie, et de Hereswyde ; elle avait quatre sœurs, toutes aussi saintes l’une que l’autre : Ethelburge, Sexburge, Wilburge (7 juillet, 11 octobre, 17 mars ?), Sédride, et un frère, s.Earconwald (v. 30 avril).  

Vers 652, elle épousa Tonbert, chef des Gyrvians du Sud, qui cependant mourut en 655. Leur mariage n’avait pas été consommé.

Elle se retira alors dans l’île d’Ely, mais la raison d’Etat poussa Ediltrude à se remarier en 660, avec Egfrid (Ecgfrith), jeune roi de Northumbrie, auquel cependant elle exprima son ferme désir de demeurer vierge. Egfrid se laissa persuader, d’ailleurs sur le conseil de l’évêque Wilfrid d’York (v. 24 avril). Mais plus tard ce fut là la cause d’une longue diatribe avec l’évêque ; Egfrid tenta de soudoyer Wilfrid, de faire enlever Ediltrude, mais celle-ci reçut «providentiellement» l’aide céleste d’une mystérieuse marée qui empêcha les hommes d’Egfrid de passer sur l’île d’Ely.

Egfrid finira par se remarier, expulsant Wilfrid de son royaume (678).

Quant à Ediltrude, après une année de noviciat à Colud, elle fonda en 673 à Ely un double monastère, dont elle fut la supérieure jusqu’à sa mort.

Elle se mortifiait beaucoup ; elle quitta son bon linge pour ne porter que des effets en laine grossière ; elle ne prenait qu’un repas par jour, sauf peut-être aux grandes fêtes comme Noël et Pâques, ou si quelque langueur l’avait affaiblie. 

Dieu lui fit savoir que son monastère serait frappé d’une épidémie de peste et que certaines des moniales la précéderaient dans la tombe. Ediltrude sentit bientôt une tumeur sur son cou, qui lui causa alors une grande joie, malgré les soins douloureux qu’elle recevait du chirurgien. Elle déclara même que c’était là sa pénitence pour avoir porté dans sa jeunesse, des colliers trop précieux qui faisaient toute sa vanité.

Cette sainte abbesse mourut le 23 juin 679 et sa sœur Sexburge lui succéda.

Seize ans plus tard, alors que le corps avait été enseveli simplement, dans un cercueil de bois et dans une terre fort humide, on retrouva ce précieux corps tout frais, sans trace de corruption, la plaie du cou délicatement refermée. L’évêque Wilfrid fut témoin du prodige.

Le monastère fut cependant détruit lors d’une invasion des Danois en 870.

Sainte Ediltrude est commémorée le 23 juin dans le Martyrologe Romain. On l’invoque pour les douleurs du cou.

 

 

Bilius de Vannes

† 913

 

Il fut évêque de Vannes, peut-être le trente-quatrième, car il est assez difficile de dater la plupart de ses prédécesseurs. Parmi ces derniers, se trouve un premier Bilius.

L’épiscopat de Bilius II dura de 892 à 913.

D’après la tradition, reprise par le Martyrologe, il fut tué lors d’une invasion des Normands.

Saint Bilius de Vannes est commémoré le 23 juin dans le Martyrologe Romain.

Lanfranco de Pavie

1124-1198

 

Ce Lanfranco de Pavie n’est pas celui dont il fut question le 28 mai et qui devint archevêque de Canterbury.

Celui-ci, né à Gropello (Pavie), était de la famille Beccari.

Il fut nommé évêque de sa ville, quarante-septième à occuper ce siège. La date de cette nomination a été corrigée ; on la situait en 1159, mais à cette date se trouvait le prédécesseur, Pietro V (1148-1180), de sorte que Lanfranco ne prit pas possession du siège avant 1180. C’est le pape Alexandre III qui le consacra.

Pacifique de cœur, il dut souvent affronter les prétentions des autorités civiles, soit que l’on cherchât à usurper les biens de l’Eglise, soit que l’on prétendît de l’Eglise des sommes énormes pour renforcer les remparts ; il dut aussi affronter des factions hérétiques.

Venu en 1181 implorer son avis au pape, ce dernier (Alexandre III ou Lucius III) menaça Pavie ; Lanfranco revint dans sa ville. Il fut d’abord bien accueilli, car le maire lui était favorable, mais les conflits reprirent et contraignirent Lanfranco à envisager de se retirer purement et simplement dans une abbaye bénédictine : la mort l’aida à se retirer, le 23 juin 1198, après dix-huit ans d’épiscopat.

Saint Lanfranco de Pavie est commémoré le 23 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marie d’Oignies

1177—1213

 

Marie naquit à Nivelles (Brabant, Belgique) en 1177, de parents riches.

Petite, elle aimait prier beaucoup ; adolescente, elle ne voulait pas de coiffure recherchée ni de riches vêtements ; elle suivait en cela le conseil de saint Pierre : Que votre parure ne soit pas extérieure, faite de cheveux tressés, de cercles d’or et de toilettes bien ajustées, mais à l’intérieur de votre cœur (1P 3:3-4).

Contre sa volonté, elle accepta à quatorze ans le mariage arrangé par ses parents, avec un certain Jean, qu’elle convainquit de vivre comme elle dans la chasteté.

Marie s’adonna alors à toutes sortes d’austérités : discipline, ceinture de corde, jeûnes, nuits entières dans l’église froide. L’ardeur de sa prière la réchauffait. En travaillant le jour, elle gardait sous les yeux un psautier. Elle savait s’abstenir de parler, mortification qui lui valut d’éviter le Purgatoire. Elle eut le don des larmes.

Elle s’était installée avec son époux dans la léproserie de Willambroux, pour servir les lépreux ; certains guérirent, sur la prière de Marie.

Il est évident que les gens ne manquèrent pas de venir «consulter» une sainte personne comme Marie, qui pria alors son mari de la laisser se retirer dans une cellule à Oignies (1207), où se trouvait une petite communauté de béguines. D’après le Martyrologe, c’est elle-même qui fonda cette communauté.

Parmi ceux qui vinrent la visiter fut Jacques de Vitry, théologien très connu, plus tard cardinal, qui renonça alors à sa chaire de théologie à Paris pour rester auprès d’elle, bénéficier de ses conseils, et surtout recueillir ses visions.

Marie était particulièrement sensible à la Passion du Sauveur et pouvait s’évanouir quand on y faisait allusion ; elle affectionnait la Présence Réelle du Tabernacle et demeurait là durant des heures, parfois brièvement interrompues par son ange gardien pour lui donner un peu de repos, avant de lui faire reprendre son adoration.

Elle eut connaissance d’événements lointains : elle décrivit en détails à un nouveau prêtre ses impressions au moment où il recevait l’ordination à Paris ainsi que les détails de la cérémonie.

Marie acheva sa vie dans une longue et pénible maladie qui, selon ses dires, l’associait à la Passion du Christ. Elle mourut à Oignies le 23 juin 1213.

Le Martyrologe de ce jour lui donne le titre de Sainte.

 

 

Walhère d’Onhaye

† 1199

 

Walhère (Walter, en wallon Vohy) vit le jour à Bouvignes et fut très tôt orphelin de sa mère.

Eduqué et instruit par les chanoines de Leffe, il manifesta sa vocation au sacerdoce et s’y prépara à l’abbaye bénédictine de Waulsort.

Ordonné prêtre, il restera dans le clergé diocésain, pour ne pas laisser seul son père.

En 1163, il était vicaire à Onhaye, et succéda au curé. Il eut alors comme vicaire Fauchon, que certains donnent comme son neveu. 

Vers 1190, il fut curé-doyen de Florennes.

Lors d’un de ces fréquents «frottements» entre clergé et moines de l’époque, il se rendit à Hastières pour y calmer les esprits ; parmi les contendants se retrouvait Fauchon, à qui Walhère jugea utile d’adresser quelques bons conseils pour amender sa conduite.

Sa mission accomplie, Walhère repartit à Florennes par barque, sur la Meuse. Il faisait nuit, le conducteur de la barque lui assena alors un violent coup de rame sur la tête, et jeta son corps dans la Meuse. On n’est pas bien sûr que l’assassin fût un prêtre ou le rameur, ou Fauchon lui-même, comme l’affirme le Martyrologe. Peut-être est-ce lui qui, ensuite, reconnut son crime, qu’il était le seul à connaître.

Le saint corps fut retrouvé le lendemain matin, 23 juin 1199.

Lorsqu’on voulut ramener le corps à Waulsort sur un charriot, les chevaux refusèrent d’avancer. On attela alors deux jeunes genisses, qui se dirigèrent d’elles-mêmes à Onhaye.

Walhère est invoqué, bien sûr, pour les maux de tête et aussi pour le bétail.

Malgré l’absence de documentation officielle sur la canonisation, le Martyrologe parle de saint Walhère, au 23 juin.

 

 

Pietro Giacomo de Pesaro

1445-1496

 

Pietro Giacomo naquit vers 1445 à Pesaro dans une famille qui pourrait être les Gaspari.

Très jeune il entra chez les pères Augustins de sa ville.

Après le noviciat et les études nécesaires, il fut ordonné prêtre, puis continua des études et fut chargé d’assister les plus jeunes dans les leurs.

En 1472, il est maître d’études à Pérouse ; en 1473, lecteur à Florence ; en 1482, maître en Théologie à Rimini et directeur des études.

Après ces années d’enseignement, il partit prêcher, obéissant joyeusement aux ordres des Supérieurs.

Il participa à deux chapitres généraux, à Pérouse en 1482, à Sienne en 1486.

Il recouvrit ensuite la charge de Prieur à Pergola et Corinaldo, et de Provincial à Bologne (1492), mais on lit quelquefois que le Pietro Giacomo de Pesaro qui recouvrit ces charges était un homonyme contemporain du nôtre. Cette hypothèse audacieuse ne fait toutefois pas l’unanimité.

Les années suivantes, il renonça à toute responsabilité pour s’immerger plus complètement dans la vie ascétique et contemplative, à l’ermitage de Valmanente, déjà rendu célèbre par la présence de s. Nicola de Tolentino (v. 10 septembre).

Pietro Giacomo mourut à Valmanente le 23 juin 1496 et son culte fut approuvé en 1848.

 

 

Thomas Garnet

1575-1608

 

Né vers 1575 à Southwark (Londres, Angleterre), il était le fils de Richard, qui avait un poste au Collège Balliol (Oxford), au moment où s’intensifia l’opposition envers les Catholiques, à partir de 1569 ; cet homme se signala pour sa constance à toute cette génération d’élèves qui allaient produire les Edmund Campion, Persons et autres «champions» du Catholicisme.

Thomas fréquenta l’école de Horsham, avant d’être domestique chez un des frères de Philipp Howards (voir au 19 octobre), protestant.

Quand le Collège Anglais ouvrit à Saint-Omer (1592), Thomas y fut envoyé ; en 1595, on le jugea mûr pour le séminaire anglais de Valladolid, où il devait étudier la théologie.

Malheureusement, le bateau fut pris dans une violente tempête en Mer Manche, puis pris en chasse par la flotte royale anglaise. Thomas fut immédiatement arrêté, avec ses compagnons, et conduit à Londres. Là, l’archevêque (anglican) de Canterbury, constatant qu’ils s’encourageaient l’un l’autre, les confia chacun à autant d’autres évêques ou prélats protestants. Tous sauf un, persévérèrent dans leur foi et furent renvoyés dans leur collège d’origine outre-mer. Il semble que Thomas, pour sa part, fut confié à un certain Richard Edes, chez lequel il tomba malade. On le renvoya chez lui, avec l’engagement de retourner à une certaine date à la prison d’Oxford.

Ne voyant venir son gardien, il s’enfuit. Mais il s’éloigna en même temps de la maison de son père. Finalement, il arriva à… Saint-Omer, d’où on l’envoya à Valladolid., en 1596 En réalité, c’était la dixième fois qu’il partait pour cette destination !

Ordonné prêtre en 1599, il repartit en Angleterre où, écrivit-il, il se «promena d’un endroit à un autre» pour reconquérir des âmes à la Vérité.

En 1605, il y eut le complot Gunpowder, et Thomas, qui se cachait sous le nom de Thomas Rokewood, fut arrêté. D’abord en prison à Gatehouse puis à la Tour, on lui imposa les mauvais traitements d’usage, dans le but de lui faire «avouer» des accusations contre le père Garnet, son oncle, supérieur des Jésuites en Angleterre et qui l’avait récemment admis dans la Société.

Bien qu’on n’ait trouvé aucune preuve de quelque participation à quelque complot que ce fût, Thomas resta à la tour pendant sept mois, au terme desquels il fut poussé à bord d’un bateau, avec quarante-six autres prêtres, avec un édit royal daté du 10 juillet 1606, qui les enjoignait de partir pour les Flandres sans espoir de retour, sous peine de mort.

Thomas se rendit derechef à Saint-Omer, puis à Bruxelles pour rencontrer le supérieur local, le père Baldwin, avec lequel il se trouvait durant les péripéties de 1595, et qui l’envoya faire son noviciat à Louvain.

En septembre 1607, il fut envoyé à nouveau en Angleterre, mais fut arrêté six semaines après, par un prêtre apostat. On proposa à Thomas la liberté (et la vie) s’il voulait adhérer au serment d’allégeance, ce qu’il refusa opiniâtrement.

Il souffrit le martyre le 23 juin 1608 à Tyburn (Londres), après avoir affirmé qu’il était l’homme le plus heureux en vie ce jour-là.

Ses reliques, conservées à Saint-Omer, disparurent lors de la Révolution française.

Béatifié en 1929, il fut canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Giuseppe Cafasso

1811-1860

 

Giuseppe (Joseph) vit le jour le 15 janvier 1811 à Castelnuovo d’Asti (Piémont, Italie nord-ouest), dans une famille de paysans profondément chrétiens, troisième des quatre enfants de Giovanni et Orsola Beltramo. Sa plus jeune sœur sera la mère du futur saint Giuseppe Allamano (voir au 16 février).

Après l’école publique, il entra au séminaire de Chieri où, malgré des dispositions peu enclines à l’étude, il fut ordonné prêtre en 1833.

Il fit alors partie du Convitto (Association) ecclésiastique de Turin, où les prêtres approfondissaient leur formation intellectuelle. D’élève, Giuseppe devint professeur et directeur spirituel, finalement directeur.

N’ayant pas la voix forte, étant de petite taille, il souffrait d’une déformation de la colonne vertébrale qui le rendait un peu bossu. On pensait qu’il n’arriverait pas à prêcher, mais il se révéla excellent prédicateur.

Il reçut le jeune don Bosco (v. 31 janvier) et l’encouragea dans la mission d’aider les jeunes de Turin. Il fut aussi le saint conseiller d’une foule d’autres fondateurs, parmi lesquels Francesco Faà di Bruno (v. 27 mars), Clemente Marchisio (v. 16 décembre).

En 1848, il fut nommé curé de la paroisse San Francesco, devenant un confesseur recherché, exhortant ses fidèles à la dévotion au Saint-Sacrement.

On lui suggéra même de se présenter aux élections parlementaires et sa réponse fut nette : Au jour du jugement, le Seigneur me demandera si j’ai été un bon prêtre, pas un député, et détermina tout le clergé piémontais à renoncer à briguer quelque place au parlement.

A Turin en effet, il était désormais très connu, tout particulièrement pour sa présence auprès des prisonniers (et de leurs familles), et auprès des condamnés à mort : il tenait à accompagner ceux-ci jusqu’au bout, pour les embrasser et leur montrer que quelqu’un les aimait et leur donner l’absolution. On le surnomma l’aumônier du gibet. Il travailla beaucoup à l’amélioration des conditions carcérales.

Il mourut à Turin le 23 juin 1860.

Pie XI, qui le proclama bienheureux en 1925, le définit la perle du clergé italien ; Pie XII, qui le canonisa en 1947, le présenta comme un modèle de vie sacerdotale ; il a été proclamé patron céleste des prisonniers et des condamnés à mort.

Santina Cimatti

1861-1945

 

Santina Cimatti naît le 6 juin 1861 à Celle di Faenza (Ravenne, Italie), d’un père fermier et d’une mère tisserande. Naîtront ensuite Luigi et Vincenzo (d’autres enfants de vivront pas).

Santina n’a pas beaucoup de temps pour étudier, devant travailler pour aider la famille.

Une fois que ses deux petits frères sont entrés chez les Salésiens, elle assiste sa mère dans ses vieux jours. C’est alors seulement qu’elle peut entrer chez les Sœurs Hospitalières de la Miséricorde, à Rome. La fondatrice de cet institut était Teresa Orsini Doria.

Santina a alors 28 ans. 

En 1890, elle reçoit le nom de Sœur Maria Raffaella et prononce ses vœux de religion auxquels elle ajoute le vœu ‘d’hospitalité’ propre à sa Congrégation. Elle se dévoue au service des pauvres et des malades, à l’hôpital d’Alatri.

En 1921, elle est supérieure à Frosinone et en 1928 à Alatri. Partout elle fait de l’hôpital un lieu où peuvent s’exercer les vertus naturelles et surnaturelles les plus élevées. 

En 1940 elle renonce à sa charge de supérieure tout en restant à Alatri. Elle consacre une grande partie de son temps à la prière et à l’adoration du Saint-Sacrement ; mais quoique octogénaire, elle continue à se dévouer au service des autres avec une telle sollicitude qu’on l’appelle l’ "Ange des malades". 

A partir de 1943, un mal incurable se déclare.

Au moment de l’avancée des forces alliées de libération, elle intervient avec l’évêque auprès du général Kesserling pour qu’au moins Alatri soit épargnée ; elle obtient gain de cause.

Elle meurt le 23 juin 1945, jour où elle est commémorée au Martyrologe. 

Lors de la béatification, qui a eu lieu le 12 mai 1996 à Rome, Jean Paul II relevait que pour notre époque individualiste et trop souvent égoïste, cette humble religieuse constitue un lumineux exemple de féminité pleinement réalisée dans le don de soi .

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21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 23:00

22 JUIN

I.

S Flavius Clemens, cousin de l’empereur Domitien, martyr à Rome.

III.

S Alban, laïc, premier martyr en Grande-Bretagne ; il avait pris l’habit d’un missionnaire poursuivi.

Ss  Iulius et Aaron, martyrs en Angleterre. 

IV.

S Eusèbe de Samosate, martyrisé en recevant sur la tête une grosse brique jetée par une femme arienne, à qui il pardonna avant d’expirer. 

Ss Victor et Hesperius, évêques à Metz.

V.

S Niketas, évêque à Rémésiana, peut-être auteur du Te Deum,  ami de s. Paulin de Nole.

S Paulinus de Nole, né à Bordeaux de famille romaine, baptisé à trente-huit ans, évêque à Nole.

VI.

Ste Consorce, vierge à Cluny, fille présumée d’un évêque en Provence.

VII.

S Domitien, abbé fondateur à Crespin.

Ste Prèce, fille de l’évêque s. Guéric, fondatrice d’un monastère là où est Epinal.

IX.

Ste Rotrude, vierge près de Saint-Omer, confondue parfois avec ste Rictrude, fondatrice de Marchiennes (VII.).

S Jean IV, dit le Scribe, évêque à Naples.

XIII.

B Innocent V, pape (1276), dominicain et auparavant évêque à Lyon, d’esprit conciliateur.

XVI.

S John Fisher, évêque à Rochester et chancelier de l'Université de Cambridge où il invita Érasme ; il refusa de se séparer du pape lors du schisme de Henri VIII et fut décapité.

 

Flavius Clemens

50-96

 

Toutes les histoires des persécutions ou des premiers siècles de l’Eglise mentionnent Flavius Clemens. Particulièrement, deux auteurs païens en parlent nommément et sont d’autant plus intéressants qu’ils ne sont pas suspects de connivence.

Selon Dion Cassius (Histoire Romaine, LXVII,4) :

Domitien fit mourir Flavius Clemens, qui était alors consul, bien que ce personnage fût son cousin et qu’il eût pour femme Flavia Domitilla sa parente. L’accusation d’athéisme fut portée contre eux deux. De ce chef, furent condamnés beaucoup d’autres citoyens qui avaient adopté les coutumes juives : les uns furent mis à mort, les autres virent confisquer leurs biens.

Selon Suétone (Domitien, 15) : 

Domitien tua, sur le plus léger des soupçons, son cousin Flavius Clemens, homme dont on méprisait fort l’inertie. Clemens venait à peine de sortir du consulat.

On devine bien à travers ces phrases un peu vagues, que Domitien n’appréciait pas beaucoup que son parent fût «athée», c’est-à-dire qu’il n’adorât pas les dieux romains.

Le christianisme avait, dès avant la fin du 1er siècle, pénétré dans la famille impériale elle-même. Flavius Clemens était cousin de Domitien, tandis que son épouse, Domitilla, en était la nièce (voir au 7 mai). On peut présumer qu’il reçut même le baptême. La tradition juive parle seulement de «conversion au Dieu unique».

C’est pour ce motif que Domitien, qui haïssait les religions orientales, n’épargna pas même son parent, et le fit mettre à mort, probablement en 96, puisque Clemens fut consul en 95.

Il y a quelques difficultés concernant Clemens et Domitilla : d’un côté il est dit qu’ils eurent deux fils (nommés à leur tour Vespasianus et Domitianus), d’un autre on parle de la vierge Domitilla. Y aurait-il vraiment deux Domitilla ? Les spécialistes ne sont pas d’accord.

En 1725, on découvrit dans l’église Saint Clément à Rome une inscription sur marbre sur laquelle on put lire : Flavius Clemens martyr.

Saint Flavius Clemens est mentionné le 22 juin au Martyrologe.

 

 

Alban

† 287 ou 303

 

Alban habitait Verulamium dans l’île de Britannia ; la ville devint, en anglais, Saint Alban.

C’était un brave artisan qui montra une bienveillante hospitalité envers un clerc chrétien.

Par un heureux échange de bons procédés, ce clerc amena Alban à la foi chrétienne.

A ce moment, le gouverneur païen faisait rechercher le missionnaire ; Alban le tint caché et, pour mieux le protéger, en prit l’habit.

Croyant avoir mis la main sur le Chrétien, les envoyés arrêtèrent Alban et le conduisirent au tribunal, où il fut sommé de sacrifier aux idoles. 

Sur son refus, il fut condamné à mort et exécuté, le 22 juin 303 (ou vers 287, d’après d’autres hypothèses) : Alban reçut ainsi le baptême du sang par son martyre.

Au 5e siècle, on fréquentait déjà le tombeau du Martyr. Venantius Fortunatus (v. 14 décembre) le chanta dans un poème.

Un monastère, érigé sur ce tombeau et relevé au 12e siècle, dura jusqu’en 1540.

 

 

Iulius et Aaron en Angleterre

† 287

 

On sait que ces deux Martyrs moururent après s.Alban (v. ce même 22 juin).

La date de leur martyre reste conjecturale : 287 ou 303.

Le lieu correspond à l’actuelle Caerleon, (Pays de Galles, Angleterre E).

Les récits disent qu’il y eut aussi de très nombreux autres Martyrs dans cette même persécution.

Saints Iulius et Aaron sont commémorés le 22 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eusèbe de Samosate

† 379

 

On ne connaît pas les origines et les débuts d’Eusèbe.

Il fut évêque de Samosate, sur l’Euphrate (auj. Samsat, Turquie S)).

Ayant d’abord fait partie d’un groupe qui avait proposé une formule encore inadéquate, il adopta fermement la foi du concile de Nicée (325) et la défendit avec courage.

En 360, il fit élire s.Mélèce (v. 12 février) sur le siège d’Antioche, contre le désir de l’empereur Constance : ce dernier réclama les Actes de cette élection, pour l’annuler, mais Eusèbe s’y opposa ; l’empereur le menaça de lui trancher la main droite mais, Eusèbe lui ayant tendu les deux poings en avant, Constance n’osa insister.

Désormais, il se déguisait en militaire pour visiter son diocèse.

En 370, Eusèbe appuya l’élection de s.Basile pour le siège de Césarée. Il en ressortit une profonde amitié entre les deux évêques.

En 374, Eusèbe fut exilé en Thrace (Grèce N) par le nouvel empereur Valens. De faux bruits arrivèrent à Rome, on le traita même d’arien et s.Basile intervint pour le défendre.

Una anecdote savoureuse se produisit à Samosate, où avait été nommé un évêque arien à la place d’Eusèbe. Cet évêque, Eunomios, pratiquait la natation dans les bains publics. Mais personne d’autre n’y entrait, par respect, pensait-il. Quand il sortit, les gens qui attendaient exigèrent la vidange complète du bassin, pour ne pas s’immerger dans l’eau souillée par un hérétique !

En 378, à la mort de Valens, Eusèbe put reprendre les rênes de son diocèse, le réorganisant, faisant nommer de bons évêques là où il en manquait. Parvenu à la ville de Dolicha, il reçut sur la tête une brique que lui lança une femme arienne. Il en mourut peu après, suppliant ses assistants de pardonner à cette personne.

C’était en 379.

Saint Eusèbe de Samosate est commémoré le 22 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Niketa de Remesiana

† 414

 

Niketa fut évêque de Remesiana (Dacie, auj. Bela Palanka, Serbie SE) dès 366. 

Lors d’un de ses déplacements à Rome, il fut reçu par s.Paulin de Nole (v. ce même 22 juin), grâce auquel on connaît mieux notre personnage.

On apprend par lui en effet que Niketa réussit à conquérir le cœur de ses fidèles qui, d’abord incultes et voleurs, apprirent à chanter le Christ avec un cœur romain. C’était vraiment une victoire (niki en grec) pour Niketa.

Certains opinent à lui attribuer la composition du Te Deum.

Niketa mourut vers 414 après une cinquantaine d’années d’épiscopat.

Saint Niketa de Remesiana est commémoré le 22 juin dans le Martyrologe Romain.

Innocent V

1276

 

Né à Moûtiers en Savoie en 1225, Pierre fut d’abord chanoine de Tarentaise, d’où son nom habituel de Pierre de Tarentaise, plutôt que son vrai nom de Pierre de Champagny.

Dominicain, il reçoit en 1254 la mission de réorganiser une vieille abbaye bénédictine à Saint-Martin d’Ainay.

Il eut pour maître saint Thomas d’Aquin, auquel il succéda à Paris : cette charge lui valut le titre de Doctor Famosissimus.

Il nous reste de lui des Commentaires sur les quatre livres des Sentences.

Deux fois provincial de son ordre, archevêque de Lyon en 1272, cardinal-évêque d’Ostie en 1273, il se distingua au concile de Lyon de 1274 et prononça l’oraison funèbre de saint Bonaventure qui y mourut.

Succédant à Grégoire X en 1276, il fut couronné en février avec le nom d’Innocent V, et devait mourir cinq mois après. Il était le premier dominicain à avoir occupé le siège de Pierre.

Il aura occupé ce court pontificat à rétablir la paix entre Pierre et Jacques d’Aragon, entre Pise et Lucques, et au sein même du clergé de Viterbe. Il supplia Byzance de réaliser l’union décrétée au concile de Lyon peu auparavant.

Son culte ayant été reconnu en 1894, il est considéré comme Bienheureux, et mentionné au 22 juin dans le Martyrologe.

Il était le cent-quatre-vingt-cinquième pape, et eut pour successeur Adrien V.

 

 

John Fisher

1469-1535

 

John vit le jour en 1469 à Beverley (Yorkshire, Angleterre), fils aîné des quatre enfants de Robert, un marchand, et Agnes, qui étaient catholiques.

A la mort de Robert en 1477, Agnes épousa William White, et mit au monde cinq autres enfants.

John fréquenta le collège de Cambridge dès 1483, et fut bachelier (1487), puis maître ès arts (1491).

Cette année-là, il fut ordonné prêtre, avec dispense papale pour son âge. On le nomma Compagnon dans le Collège, et vicaire à Northallerton (Yorkshire).

En 1494, il devint proctor (censeur) de l’université ; en 1501, il fut docteur en théologie, et deviendrait chancelier en 1504, à trente-cinq ans, l’année où il fut nommé évêque.

Depuis 1502, il fut le confesseur de la mère du roi, Margaret Beaufort, sur laquelle il eut une sage influence ; elle fonda à Cambridge le Christ’s Collège. John contribua beaucoup au développement de l’établissement de Cambridge, en enrichissant la bibliothèque et en y développant les études de latin, de grec et d’hébreu. Il invita Erasme pour y enseigner et se mit lui-même à l’étude de l’hébreu en 1517.

D’Erasme on a retenu ce portrait de John Fisher : Il n’y a pas d’homme plus savant, ni de prélat plus saint.

Fisher fonda de son côté le Saint John’s Collège.

Il fit aussi instituer à Cambridge et Oxford une chaire de théologie, et fut chargé de celle de Cambridge.

En 1504 donc, John fut désigné par le roi pour le siège épiscopal de Rochester. Alludant à son nom de famille (Fisher), John prit pour devise épiscopale : Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. John évita sagement les honneurs et lutta contre tous les abus. Il se lança dans l’arène contre les idées du protestantisme envahissant, soutenu dans un premier temps par le roi lui-même, qui se mérita la distinction de Défenseur de la Foi.

Mais quand Henri voulut légitimer son union avec Anne Boleyn, et donc son divorce avec Catarina d’Aragon, John prit ouvertement parti pour la Vérité et, tel un nouveau Jean-Baptiste, condamna l’attitude du roi.

Il tenta de susciter une invasion de l’Angleterre par l’empereur germain, pour renverser le roi impie.

Mgr Fisher fut arrêté une première fois en 1530, pendant quelques mois. En 1532, il résigna sa charge de chancelier. L’année 1533 fut houleuse. En avril 1534, il fut interné dans la Tour de Londres. On saisit ses biens, ses livres ; on força un petit meuble fermé à clef, où l’on trouva un cilice et des disciplines.

En 1535, le pape créa cardinal l’évêque John Fisher. Le roi s’en indigna et ironisa méchamment : Un chapeau ! Il va le porter sur les épaules !

Le cardinal Fisher fut condamné à mort le 17 juin 1535. On avança la date de son exécution avant le 24 juin, qui aurait été la fête de saint Jean-Baptiste (le patron de John Fisher), pour éviter de susciter l’indignation et la révolte de la population.

Au matin du 22, John s’habilla et lut dans l’Evangile : La vie éternelle consiste à te connaître, toi, seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. Moi, je t’ai glorifié sur la terre, ayant accompli l’œuvre que tu m’as donnée à faire (Jn 17:3).

Le saint prélat fut contraint de rejoindre nu l’endroit de l’exécution, où on le laissa attendre jusqu’au soir.

Le prélat apparut tout décharné, émacié, squelettique. Il récita le Te Deum, puis le psaume 70, et fut décapité, le 22 juin 1535.

Sa tête fut empalée sur le pont de la Tamise. Son corps fut jeté sans autre forme dans une fosse quelconque.

Il a été béatifié en 1886, et canonisé en 1935, en même temps que Thomas More qui, pour cela, est fêté aussi le 22 juin.

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20 juin 2020 6 20 /06 /juin /2020 23:00

21 JUIN

I.

S Terentius, évêque à Iconium et martyr ; il serait ce Tertios qui écrivit sous la dictée de s. Paul l’épître aux Romains. 

? S Cyriaque, martyr en Afrique.

S Ursicène, évêque à Pavie.

III.

S Martin, évêque à Tongres, apôtre en Hesbaye.

IV.

Ste Démétrie, romaine, sœur de ste Bibiane, morte de peur devant le juge.

S Alban (Aubain), martyr à Mayence, patron de Namur.

VI.

S Pélade (Palladius), évêque à Embrun.

VII.

S Meven, moine gallois venu en Armorique, fondateur d'une abbaye à Gaël. 

VIII.

S Engelmond, anglo-saxon, compagnon de s. Willibrord en Frise.

S Leufroy, abbé fondateur à La Croix-Saint-Ouen.

IX.

S Raoul, évêque à Bourges, le premier qui eut le titre de patriarche des Aquitaines et des Narbonnaises ; il encouragea la communion quotidienne. 

XII.

S Raymond, chanoine à Toulouse, évêque à Barbastro après la reconquête sur les Arabes. 

XIV.

B Tommaso Cursini de Orvieto, des Servites de Marie, mystique.

XVI.

S Luigi Gonzaga, page de plusieurs cours, jésuite à Rome ;  il contracta la peste après avoir porté un malade trouvé dans la rue et mourut à vingt-trois ans ; patron de la jeunesse chrétienne.

XVII.

S John Rigby, laïc anglais martyr ; en s’entendant condamner à mort, il dit : “Je n’ai pas eu de meilleure nouvelle depuis ma naissance”, et à son bourreau : “Je te pardonne de bon cœur”; pendu, il fut éviscéré encore vivant.

XVIII.

B Jacques Morelle-Dupas, vicaire en Charente, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.

S José Isabel Flores Varela (1866-1927), prêtre mexicain martyr, dénoncé par un camarade et égorgé ; béatifié en 1992, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

Terentius (Tertios)

1er siècle

 

Ce personnage pourrait bien être le Tertios qui rédigea la lettre aux Romains de saint Paul : 

Moi, Tertios, qui ai écrit cette lettre, je vous salue dans le Seigneur (Ro 16:22).

Les ménées grecs en font un successeur de saint Sosipater, évêque à Iconium (voir au 28 avril), où il serait mort martyr.

Le nom même, grec, de Tertios serait ensuite devenu Terentius en latin.

Saint Terentius-Tertios était autrefois mentionné le 21 juin au Martyrologe.

 

 

Meven de Gaël

540-617

 

Meven (Mewen, Meen) était natif du Pays de Galles.

Il est difficile d’avoir des informations certaines sur lui.

Il aurait été à l’école de s.Samson (v.28 juillet), que d’aucuns supposaient être l’oncle de Meven ; il lui enseigna la voie de la vie monastique, d’abord en Cornouaille puis en Armorique, à Dol, où il resta après la mort de Samson.

Un riche seigneur nommé Caduon; conquis par sa parole évangélique, lui offrit des terrains pour y construire un monastère. Avec la permission de l’abbé de Dol, Meven partit avec quelques compagnons.

Vers 600, le monastère s’éleva à l’endroit qui serait aujourd’hui Saint-Jean-de-Gaël, car le monastère fut dédié à s.Jean-Baptiste (v. 24 juin et 29 août) ; la sainteté de cette nouvelle communauté fit que l’abbaye fut florissante et devint un village, qui prit plus tard le nom de Saint-Méen.

Meven fit le pèlerinage à Rome et s’arrêta en divers endroits, guérissant par-ci, faisant jaillir une source par-là. 

Il aurait aussi fondé le monastère de Monopalm près d’Angers, résidant alternativement là et à Gaël.

C’est à Gaël qu’il mourut, le 21 juin 617.

Le monastère, plusieurs fois détruit, reconstruit, devint une abbaye bénédictine, plus tard un couvent de lazaristes ; les bâtiments furent évidemment confisqués en 1790 ; au 19e siècle il s’y fonda un petit séminaire et, au 20e, l’église servit d’église paroissiale.

Saint  Meven est commémoré le 21 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Leufroy d’Evreux

650-738

 

Leutfridus, en français Leufroy, né vers 650, était fils d’une famille d’Evreux, où il étudia, ainsi qu’à Chartres.

Rentré chez lui, il enseigna à des jeunes.

Un jour, il offrit un grand repas aux siens et, de nuit, quitta la maison pour se retirer dans une vie de prière et de contemplation.

Après plusieurs haltes, il s’arrêta auprès d’un célèbre solitaire, s.Sidonius (qu’on a traduit s.Saëns, v. 15 novembre), qui lui remit l’habit religieux. 

Leufroy se lia d’amitié avec l’évêque de Rouen, Ansbert (v. 9 février).

Revenu dans sa région, Leufroy s’arrêta au pays de Madrie, où il fonda un monastère, vers 690. Au même endroit, s.Ouen (v. 24 août) avait planté une croix, c’est pourquoi le monastère s’appela Croix-Saint-Ouen, plus tard Croix-Saint-Leufroy.

Leufroy fut abbé de son monastère pendant quarante-huit ans, nous dit la tradition. C’est de cette indication qu’on a déduit, approximativement, la date probable de sa naissance.

Saint Leufroy est commémoré le 21 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Raoul de Bourges

810-866

 

Raoul (en latin Radulphus, d’où aussi Rodolphe) était le fils de Raoul, comte de Cahors, et d’Aiga. Il avait une sœur nommée Immenana. Il naquit vers 810.

Tôt offert par ses parents comme oblat (823), Raoul reçut sa formation d’un certain Bertrand, peut-être l’abbé de Solignac.

Raoul fut, selon certains indices, moine (abbé ?) d’un monastère à Soissons.

En 841, il fut élevé sur le siège épiscopal de Bourges, devenant le quarante-septième évêque de cette ville.

Comme tel, il signa les actes de plusieurs conciles : Meaux (845), Savonnières (859), Tuzey (860), Pîtres (862 et 864).

Il fut le premier évêque de Bourges à être appelé par le pape patriarche des Aquitaines et des Narbonnaises.

Dans une Instruction pastorale qui traite de beaucoup de sujets concernant la pastorale, on y voit son encouragement à la communion quotidienne pour les fidèles.

Il s’occupa intensément de la vie monastique, fondant les abbayes de Dèvres, Beaulieu-sur-Dordogne, Végennes, Sarrazac (où fut abbesse sa sœur Immenana).

Il mourut le 21 juin 866.

L’abbaye fut pillée par les Huguenots, et détruite par les révolutionnaires. L’abbatiale resta église paroissiale.

Saint Raoul de Bourges est commémoré le 21 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Raimundo Guillermo de Barbastro

† 1126

 

On l’a dit originaire de Durban (Gers) ou d’Orban (Tarn), sans parler de sa famille. Faut-il l’appeler Raimundo ? Les Espagnols l’appellent Ramón.

Après avoir goûté au métier des armes, il entra au monastère augustinien Saint-Antoine de Frédoles, puis fut admis au chapitre de Saint-Sernin à Toulouse, dont il devint prieur en 1101.

En 1104, Raimundo fut appelé par le roi d’Aragon Pedro Ier pour le siège épiscopal de Barbastro, une ville du nord de l’Espagne récemment reprise aux Maures. Pour enseigner le peuple, le nouvel évêque s’efforça de réorganiser la vie ecclésiale, de construire des églises et d’en embellir les murs avec des fresques, dont beaucoup subsistent encore, par exemple à Alaón et Tahull.

A Barbastro était unie la ville de Roda avec son évêché. L’évêque portait le double titre de Barbastro et Roda. Or, comme l’évêque voisin d’Urgel ambitionnait d’annexer le diocèse de Roda au sien, Raimundo dut plaider sa cause à Rome, appuyé par l’archevêque de Barcelone, et obtint gain de cause.

Ensuite, après la prise de Lérida sur les Maures, cette ville fut à son tour l’objet de la rivalité entre l’évêque de Huesca et celui de Barbastro-Roda. Cette fois-ci, malgré la sentence de Rome, l’évêque de Huesca prit les armes et expulsa Raimundo de Barbastro, l’obligeant à se rabattre à Roda (1118). Il ne put jamais revenir à son siège principal de Barbastro.

Il continua cependant à administrer celui de Roda, conservant un style de vie austère, portant toujours le cilice. Il eut une attitude pleine de charité envers ses «ennemis», refusant d’utiliser les armes, pardonnant et priant.

Il accompagna le roi d’Aragon, Alfonso Ier dans son expédition contre les Maures à Málaga. De retour, il tomba malade et mourut le 21 juin 1126.

Les miracles qui eurent lieu à son tombeau, aboutirent à sa canonisation dès 1136.

 

 

Tommaso Cursini d’Orvieto

1290-1343

 

Tommaso vit le jour vers 1290 à Orvieto (Ombrie, Italie C), dans la noble famille Cursini. On a récemment corrigé l’orthographe de cette famille, bien connue dans cette ville, alors que les Corsini ne s’y trouvaient pas.

L’éducation que reçut Tommaso dans sa famille était très chrétienne. Parvenu à l’âge adulte, il pensa s’orienter vers la vie religieuse mais, n’en étant pas certain, se tourna intensément vers la Mère de Dieu. Marie lui apparut en songe par trois fois, l’invitant à rejoindre les Servites de Marie, présents à Orvieto.

Sans plus tarder, il se présenta au Prieur, lui demandant d’être simple convers. Le chapitre l’accepta à l’unanimité.

Humblement, Tommaso repoussa toujours les propositions qu’on lui fit d’accéder au sacerdoce. Il fut très heureux d’être chargé de faire la quête, une charge où l’on est toujours exposé aux sourires ou aux moqueries de la rue. Les habitants d’Orvieto et des environs le virent donc pendant très longtemps arpenter les ruelles et demander quelque chose pour les Pauvres du Christ.

Il portait toujours le cilice sous son habit ; quel que fût l’accueil qu’on lui réservait, il restait toujours souriant et patient, trouvant toujours une bonne parole pour consoler une âme triste, pour encourager, pour susciter la conversion.

Revenu au couvent, il passait son temps libre dans la méditation ou aussi dans une petite grotte isolée au fond du jardin, où il passait même parfois toute la nuit en contemplation. La grotte existe toujours.

Le pieux Frère consolateur, si connu des habitants, devint bientôt leur intercesseur dans toutes leurs nécessités ; des miracles, nombreux, se vérifièrent, dûment constatés et scrupuleusement consignés. Un des plus célèbres fut celui des figues fraîches trouvées en plein hiver dans le jardin, et que Tommaso porta à une femme enceinte qui en avait manifesté le fervent désir. Depuis, on l’appela Tommaso du figuier ; l’arbre fut en vie jusques vers 1810, quand les couvents furent supprimés par ordre impérial de Napoléon.

Quand le Frère Tommaso fut vaincu par la fatigue et la faiblesse, il se coucha. Il s’endormit dans le Seigneur le 21 juin 1343 (le onzième jour des calendes de juillet, donc pas le 23 juin comme on le trouve parfois).

Les miracles se multiplièrent aussi après la mort de Tommaso. Un des plus célèbres fut la libération miraculeuse d’un condamné à mort ; libéré une première fois miraculeusement, arrêté et condamné de nouveau, il promit de se convertir vraiment et, de nouveau libéré par une intervention céleste, eut désormais une vie honnête.

Tommaso fut bientôt honoré du titre de Bienheureux. Ce culte populaire fut approuvé en 1768.

Luigi Gonzaga

1568-1591

 

Ferrante Gonzaga et Marta de Tana Santena, issus de très illustres familles et profondément chrétiens eurent deux fils : Luigi et Rodolfo.

Luigi naquit près de Mantoue, au château de Castiglione le 9 mars 1568, et fut d’abord ondoyé - car la naissance avait été difficile - avant son baptême solennel le 20 avril.

De parents si pieux, Luigi reçut très tôt les plus belles qualités, d’abord de la piété, et ensuite de la lutte contre ses mauvais penchants : la colère, l’impatience, le mécontentement intérieur.

Le père le destinait à la carrière militaire, et lui avait fait faire un costume de soldat adapté à ses quatre ans ; Luigi fit un jour partir un coup d’une petite pièce de canon, dont le recul faillit le tuer ; son contact avec les soldats commençait à lui en apprendre aussi les façons et le jargon, mais il s’en repentit bientôt avec une honte extrême.

Envoyé à la cour de Florence, Luigi étudie le latin et le toscan. C’est à cette époque (vers 1578) que Luigi fait le vœu de chasteté perpétuelle : il n’a que dix ans.

De retour à Mantoue, il apprend à connaître la nouvelle Compagnie de Jésus, qu’on appellera les Jésuites. De passage par là, le cardinal Borromeo lui fait faire sa Première communion.

Sa culture lui permet de lire les Latins, surtout Sénèque. Il s’impose de très dures mortifications : chaînes à chien, molettes d’éperon, veilles nocturnes…

En 1581, son père étant grand-chambellan du roi d’Espagne, Luigi se trouve à la cour de Madrid comme page du prince héritier Diego. Il renonce aux leçons d’escrime et de danse que veut lui imposer son père.

Désirant par-dessus tout entrer dans la vie religieuse, il opte pour les Jésuites, surtout parce que dans cet ordre, il ne serait jamais chargé de quelque honneur ecclésiastique. Son père pourtant, mécontent de ce choix, lui fait visiter les cours et rencontrer des évêques pour tenter de le dissuader, mais en vain.

En 1585, il renonce à ses droits en faveur de son jeune frère, et se rend à Rome. Son père meurt alors, très chrétiennement, regrettant d’avoir trop longtemps mis d’opposition à la vocation de son fils.

Il prononce ses premiers vœux religieux en 1587, reçoit les ordres mineurs en 1588.

Durant la peste de 1590-1591 à Rome, il se dévoue dans le soin des malades ; en ayant trouvé un en chemin, il le charge sur ses épaules et contracte la maladie. Une extase lui annonce qu’il mourra au jour octave de la Fête-Dieu, donc le 20 juin.

Ce jour-là, il allait tellement mieux, qu’il ne put qu’avec peine obtenir le viatique. Il meurt vers minuit de ce 20 juin 1591 : il a vingt-trois ans.

La plupart de ses reliques sont dans l’église saint Ignace de Rome.

Luigi Gonzaga fut béatifié en 1605, canonisé en 1726, et plusieurs fois proclamé Patron de la Jeunesse. L’Église le fête le 21 juin, jour où il est mentionné au Martyrologe.

Si le prénom Luigi est devenu Louis en français, son nom Gonzaga a aussi été repris pour le prénom Gonzague.

 

 

John Rigby

1570-1600

 

Laïc né vers 1570 à Harrocks Hall (Lancashire, Angleterre), il était le cinquième ou le sixième fils de Nicholas et Mary Breres de Preston.

S’étant trouvé au service de la fille (malade) de Edmund Huddleston, quand celle-ci fut accusée d’avoir renié la foi protestante, John fut contraint de reconnaître lui-même qu’il était catholique et fut enfermé à Newgate, le 13 février 1599 (ou 1600).

Le jour suivant, il signa une déclaration dans laquelle il reconnaissait avoir retrouvé la foi catholique grâce au Martyr John Jones (voir au 12 juillet), deux ou trois ans plus tôt, mais avait cessé de fréquenter l’église.

Il fut renvoyé à Newgate, jusqu’au 19 février, puis au White Lion. Le mercredi 4 mars suivant, on le traîna au tribunal où il put privément faire une déclaration de «conformité» (c’est-à-dire de reconnaissance de la religion «officielle»), et l’on déclara le lendemain qu’il s’était rendu. Mais on le laissa en prison.

Le 19 juin, de nouveau en face des juges, il nia toute allégeance et fut donc condamné. Sur le chemin vers la potence, un certain Captain Whitlock s’approcha et lui demanda s’il était marié, et il répondit : Je suis célibataire, et en plus, je suis vierge. Le capitaine lui demanda alors de prier pour lui.

Il fut martyrisé le 21 juin 1600 à St. Thomas Waterings (Londres), au même endroit où avait été exécuté s.John Jones deux ans plus tôt..

Ils furent tous deux béatifiés en 1929 et canonisés en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Jacques Morelle-Dupas

1754-1795

 

Une des victimes des pontons de La Rochelle.

L’abbé Morelle-Dupas était né à Ruffec (Charente), le 10 novembre 1754.

Prêtre, il appartenait au diocèse de Poitiers et exerçait justement à Ruffec.

Ayant refusé de prêter le serment à la Constitution civile du Clergé, il fut pris dans la rafle générale des prêtres réfractaires et condamné à l’exil en Guyane.

Les bateaux ne quittèrent cependant pas La Rochelle et les prêtres furent entassés dans des conditions humaines indescriptibles à bord de navires négriers, où même des médecins furent horrifiés par ce qu’ils y virent lors d’une inspection.

L’abbé Morelle-Dupas mourut à bord du Deux Associés, le 21 juin 1794.

Il fait partie des Martyrs de la Révolution, béatifiés en 1995.

 

 

José Isabel Flores Varela

1866-1927

 

José Isabel était né à Santa Maria de la Paz, dans la paroisse de Saint-Jean-Baptiste de El Teúl de González Ortega (près Zacatecas, archidiocèse de Guadalajara, Mexique) le 28 novembre 1866. Ses parents étaient Vidal Flores et Sixta Varela.

Baptisé le lendemain-même, il reçut la Confirmation en 1868.

On sait peu de choses de son enfance. Il entra au séminaire de Guadalajara en 1887, où il fut parmi les meilleurs élèves.

En 1889, il fit partie de la Congrégation de la Très Pure Immaculée Conception et de Saint Luigi Gonzaga.

En 1894 il reçut les ordres mineurs, en 1895 le sous-diaconat, en 1896 le diaconat et la prêtrise. Il célébra sa première Messe le jour de l’Assomption, 15 août 1896.

Prêtre, il fut d’abord nommé à Tonalá, et résidait près la Chapelle du Sacré-Cœur. Dès novembre, il fut nommé chapelain à Matatlán, sur la paroisse de Zapotlanejo. Pendant vingt-six années il se montra pour tous le bon prêtre ouvert à tous, oublieux de soi-même, pauvre, plein de piété et de sagesse.

Le Père José Isabel se donna totalement à l’apostolat : il fonda l’Apostolat de la Prière et une Association des Filles de Marie, organisa la catéchèse pour les enfants et les adultes ; il visitait les malades et donnait les Sacrements. Il dota l’église de cloches, édifia un bel autel et érigea une grande statue du Sacré-Cœur, à qui l’église était dédiée.

Une grave infection à la mâchoire lui défigura la figure, ce qui l’obligea à porter la barbe et lui donna un air très respectable.

Durant la persécution, tandis que certains évêques et certains prêtres se regroupaient dans les villes, il préféra avec d’autres rester au milieu de son troupeau. Il fut dénoncé par un ancien séminariste, un camarade qu’il avait d’ailleurs protégé ; le chef tyrannique de Zapotlanejo, profondément anticlérical, le fit arrêter le 13 juin 1927, au moment où le père José Isabel se rendait vers une ferme pour y célébrer l’Eucharistie.

Fait prisonnier par un détachement de soixante-dix soldats, il fut contraint de descendre de sa monture et de marcher longtemps, sans égards pour ses soixante ans. Enfermé dans un endroit infect, il fut ligoté et maltraité. Le chef se moquait de lui et, en lui faisant entendre de la musique, il ajoutait : “Écoute cette belle musique ; si tu me dis que tu appliqueras les lois, je te mets en liberté.” Très calmement, le père José Isabel lui répondit : “Moi, je vais écouter au ciel une musique bien plus belle.”

Le père José Isabel appliquait le mot qu’il avait maintes fois exprimé : “Plutôt mourir que trahir Dieu.”

Inutilement, les paroissiens tentèrent d’obtenir la libération de leur curé. 

Au petit matin du 21 juin, quatre sous-officiers le conduisirent au cimetière de Zapotlanejo. On passa une corde à une branche d’arbre et autour de son cou, et on commença à le monter et à le redescendre. Pour augmenter la torture, on le suspendait jusqu’à la quasi-asphyxie ; cela recommença trois ou quatre fois, puis ils prirent leurs armes. 

Le bon prêtre leur dit : “Ce n’est pas comme ça que vous allez me tuer, mes enfants. Je vais vous dire comment il faut faire. Mais auparavant, je veux vous dire que, si l’un de vous a reçu de moi un sacrement, il ne doit pas se tacher les mains. Alors un des soldats, reconnaissant le prêtre qui l’avait baptisé, s’écria : “Lui, c’est mon parrain ; c’est lui qui m’a baptisé ; je n’y mets pas les mains”. Furieux, le chef du peloton abattit le soldat. Ensuite, mystérieusement, les soldats ne réussirent pas à faire feu sur le Père José Isabel, de sorte que l’un des assassins sortit un grand couteau et égorgea le courageux martyr. 

C’était au matin du 21 juin 1927.

Les agents fédéraux mirent le feu à toutes les statues, et, avec beaucoup d’efforts, réussirent à renverser la statue du Sacré-Cœur. La population alors se révolta et sombra dans une profonde tristesse.

Le père José Flores est l’un des vingt-cinq Martyrs mexicains béatifiés en 1992 et canonisés en 2000. Ces vingt-cinq Martyrs ont leur fête commune le 21 mai. 

Le bienheureux José Flores est mentionné au 21 juin dans le Martyrologe, le même jour que saint Luigi Gonzaga qu’il vénérait tant.

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19 juin 2020 5 19 /06 /juin /2020 23:00

20 JUIN

I.

S Novat, romain, frère des stes Pudentienne et Praxède.

IV.

S Méthode d’Olympe, évêque à Olympe puis à Tyr de Phénicie, grand écrivain.

S Macaire, évêque à Pétra en Palestine, exilé en Afrique à cause des ariens.

?

Ste Gemma, vierge et martyre en Saintonge.

S Latuin, évêque à Sées.

VI.

S Innocent, évêque au Mans.

VII.

S Gobain (Goban), irlandais, venu en Gaule où son église devint Saint-Gobain ; il fut assassiné par des brigands.

VIII.

S Bain, moine à Fontenelle, évêque à Thérouanne, puis abbé à Fontenelle.

X.

S Adalbert, moine de Saint-Maximin à Trèves, abbé à Wissemburg, premier évêque à  Magdeburg.

XII.

S Giovanni de Matera, fondateur d’une branche bénédictine à Pulsano.

XIV.

Bse Margareta Ebner, dominicaine mystique à Medingen (Bavière), béatifiée en 1979 (plus exactement, son culte fut confirmé à cette date).

XVI.

Bse Margaret Ball, veuve irlandaise, emprisonnée à soixante-dix ans, martyre.

B Dermot O’Hurley, évêque à Cashel, martyr, béatifié en 1992. 

XVII.

Bx Baltasar de Torres, Francisco Pacheco, et Giovanni Battista Zola, prêtres jésuites martyrs au Japon, avec les frères ou catéchistes Gaspar Sadamatsu, Vincentius Kaŭn, Paulus Shinsuke, Michaël Tōzō, Petrus Rinsei et Ioannes Kisaku.

Bx William Harcourt, Thomas Whitbread, Anthony Turner, John Fenwich, John Gavan, prêtres jésuites anglais martyrs à Tyburn.

XIX.

Ste Caterina (Vincenza) Gerosa, fondatrice italienne de l'Institut de Marie-Enfant (Sœurs de la Charité), avec ste Bartolomea Capitanio.

 

Méthode d’Olympe

† vers 312

 

Ce saint Méthode est dit “d’Olympe”, parce que la tradition assure qu’il y fut évêque, s’appuyant sur un écrit de saint Jérôme. 

Ce dernier en effet dit dans le De viris illustribus, LXXXIII, qu’il fut évêque en la ville d’Olympe en Lycie, puis à Tyr en Phénicie. Il ajoute qu’il mourut martyr “à la fin de la dernière persécution”, donc vers 312.

La Lycie est une petite région au sud-est de l’Asie Mineure, actuelle Turquie d’Asie. C’est la patrie de saint Nicolas. La ville d’Olympe est maintenant un site archéologique complètement envahi par la végétation.

Notre saint Méthode fut donc évêque en cette ville. S’il est vrai qu’il mourut martyr, il fut peut-être martyrisé à Tyr, ville mentionnée par le même saint Jérôme. Des contemporains de Méthode ne nomment pas son nom parmi les évêques de Tyr. Reste que Méthode fut apparemment un écrivain prolixe, dont malheureusement on n’a pas conservé les textes dans leur état intégral.

On a de lui Le Banquet des dix Vierges, un dialogue imité du Banquet de Platon, dont les personnages sont dix jeunes filles, réunies dans le jardin de Vertu, dissertant sur la chasteté. Le texte se conclut sur une hymne acrostiche de vingt-quatre strophes, entonnée par l’une des convives en l’honneur des fiançailles du Christ et de son Eglise, de l’union d’Adam et Eve qui les préfigure, et des deux natures du Christ, une des façons d’interpréter le Cantique des Cantiques de la Bible. Chaque strophe s’achève par une acclamation solennelle : “Chaste pour te plaire, une lampe éclatante à la main, ô mon époux, je viens à toi.”

D’autres œuvres de Méthode ont été conservées partiellement en grec et en vieux-slave : un traité Sur le libre arbitre contre les positions des gnostiques ; Sur la Résurrection où Méthode réfute certaines spéculations d’Origène.

Quelques traités, plus courts, nous sont parvenus en vieux-slave : Sur la vie et l’action raisonnable ; Sur la discrimination des aliments ; Sur la lèpre ; Sur la sangsue (cf. Proverbes 30:15sq). 

D’autres écrits sont connus seulement par de courts fragments : Contre PorphyreContre OrigèneCommentaire sur la GenèseCommentaire sur le Cantique des CantiquesCommentaire sur le Livre de JobSur les martyrs.

Méthode était précédemment inséré par erreur au 18 septembre dans l’ancien Martyrologe. Adhérant aux habitudes de l’Eglise Orientale, l’actuelle édition du Martyrologe l’a rétabli au 20 juin.

 

 

Gobain, irlandais

† 670

 

Goban (ou Gobban, Gobhan) pouvait être Gobban Find mac Lugdach, un Irlandais : il y aurait huit Saints irlandais portant ce nom.

Celui dont on voudrait s’occuper ici vint se mettre à l’école de s.Fursy (v. 16 janvier), quand ce dernier était encore en Irlande, puis qu’il parcourait l’Est de l’Angleterre pour l’évangéliser. Gobain continua cette activité quand Fursy partit en Gaule.

Gobain rejoignit à son tour la Gaule : il aurait été en compagnie de Wasnon (ou Wasnulphus, v. 1er octobre), Algis, Eloque, Boélian et Momble, qu’on a supposés être ses frères, au moins au sens spirituel du mot. Il passa par l’abbaye de Laon, par celle de Corbie, enfin obtint du roi Clotaire III un terrain dans la forêt de Voas (Aisne).

Il y aurait fait jaillir une source en plantant son bâton en terre.

S’y étant établi, il vécut là quelque temps en ermite, jusqu’au moment où des brigands le décapitèrent, vers 670.

L’ermitage de Gobain donna lieu au développement d’une ville réputée pour son industrie : Saint-Gobain.

Saint Gobain est commémoré le 20 juin dans le Martyrologe Romain, où cependant il n’est pas question de la mort violente du Saint.

Giovanni Scalcione de Matera

1070-1139

 

Giovanni naquit vers 1070 à Matera (Italie S) dans une noble famille aisée, très chrétienne.

Encore adolescent, il échangea ses beaux habits contre ceux d’un mendiant et partit pour Tarante à la recherche d’une vie plus spirituelle. Rêvant d’érémitisme, il allait vagabonder pendant longtemps pour trouver la volonté de Dieu.

Il trouva d’abord à s’occuper de la basse-cour des moines basiliens de l’île San Pietro, en face de Tarante. Trop austère et indépendant, il fut renvoyé et il passa en Sicile, s’imposant des jeûnes et des macérations sévères. Revenu près de Tarante, à Ginosa, il eut une vision de saint Pierre l’invitant à restaurer une petite église délabrée ; une vilaine histoire de trésor soi-disant volé le fit mettre en prison, d’où le libéra un ange. Passant par Capoue, il entendit une voix qui l’invitait cette fois-ci à rejoindre saint Guglielmo (v. 25 juin) au mont Vergine ; puis, quand ce dernier se transféra ailleurs, Giovanni vint à Bari.

Mais désormais, Giovanni était dans la cinquantaine ; il ne s’enfermait plus dans le mutisme comme au début et se mit à prêcher, à appeler la population à se convertir. Des ecclésiastiques, jaloux de son «succès», le taxèrent d’hérésie. Giovanni quitta Bari et remonta vers le mont Gargan. Non loin de là, à Monte Sant’Angelo, il fonda un monastère.

Ce monastère de Pulsano compta plusieurs dizaines de moines, qui vivaient une règle de saint Benoît sévère, par exemple marchant pieds-nus. Cette Congrégation des Ermites de Pulsano devait essaimer à Foggia et en Dalmatie.

A Foggia, Giovanni fut l’abbé pendant dix ans. Il mourut là le 20 juin 1139 et fut canonisé en 1177.

 

 

Margareta Ebner

1291-1351

 

Margareta Ebner vit le jour vers 1291 à Donauwörth (Bavière, Allemagne S), dans une riche famille.

A quinze ans, elle entra chez les Dominicaines de Mödingen.

A partir de 1311, elle fut favorisée de visions qui la portèrent à une grande intimité avec Jésus Enfant ou Crucifié. Si elle eut parfois dans ses bras Jésus Bébé, qu’elle allaitait, elle eut aussi sur elle la marque du Crucifié, avec de douloureuses blessures qui lui arrachaient des cris et des larmes.

Elle fut frappée d’une pénible maladie qui la cloua au lit de 1312 à 1326.

Elle mourut le 20 juin 1351 à Mödingen, commémorée au Martyrologe à cette date, et son culte fut reconnu en 1979, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Margaret Ball

1515-1584

 

Le nom gaélique de Margaret Ball est Maighréad Ball (Nic Fheorais).

Cette laïque naquit vers 1515 à Cobskill (Skryne, Meath, Irlande), de Nicholas Bermingham. Ce dernier avait engagé son fermier quand ce dernier émigra d’Angleterre. Par la suite, la famille fut très active politiquement.

A seize ans, Margaret épousa Bartholomew Ball, de Dublin, dont la riche famille avait financé le pont qu’on appelle encore le Ballsbridge.

Le jeune couple s’installa à Ballygall House ; ils eurent dix enfants, dont cinq atteignirent l’âge adulte.

Tandis que Bartholomew fut élu Lord Mayor à Dublin en 1553, Margaret menait la vie d’une bonne maîtresse de maison, aisée, employant plusieurs domestiques, mais aussi organisant chez elle des classes pour les enfants.

A partir de 1558, sous le règne d’Elizabeth I, les Catholiques furent persécutés. Il était bien connu que Bartholomew Ball mettait à Dublin des maisons de refuge au service des évêques et des prêtres. Or, ce fut leur propre fils, Walter, qui ambitionnait la place de son père, qui dénonça sa mère, quand elle fut veuve.

Il commença par adopter la nouvelle «religion officielle» et fut nommé Commissaire aux Affaires Ecclésiastiques en 1577. La pauvre Margaret tenta de ramener son fils à la foi catholique, par exemple en organisant la visite d’un ami spécial pour lui (c’était le fameux évêque Dermot O’Hurley). Ce fut insuffisant.

En 1580, ayant obtenu la place si convoitée de Lord Mayor, Walter fit arrêter sa propre mère avec son chapelain ; la vieille maman souffrait d’arthrite et ne pouvait marcher, on la transporta sur une palette de bois et on les enferma au donjon de Castle. La famille protesta auprès de Walter, qui resta insensible et obstiné : Notre mère aurait dû déjà être exécutée, j’ai eu pitié d’elle. Elle pouvait bien, ajouta-t-il, repartir librement, elle n’avait qu’à faire le serment (le Oath of Supremacy, le Serment reconnaissant la suprématie du pouvoir royal sur celui du Pape).

Le second fils de Margaret, Nicholas, qui la défendait au contraire de tout son cœur, succéda à Walter comme Mayor de Dublin en 1582, mais le Commissaire était toujours Walter, qui fit tout pour contrecarrer les dispositions prises par Nicholas pour soulager (et libérer) leur mère. Nicholas ne put que rendre visite personnellement à Margaret, en lui apportant de bonnes choses pour la nourrir et la réchauffer.

La pauvre femme, toute recroquevillée à cause de l’arthrite, maltraitée dans son cachot humide et sombre, mourut prisonnière de son indigne fils, à soixante-neuf ans, un âge bien avancé pour cette époque, un jour non précisé de l’année 1584.

Le Martyrologe l’a placée au 20 juin, le même jour que l’évêque Dermot O’Hurley.

Elle fut béatifiée en 1992.

 

 

Dermot O’Hurley

1530-1584

 

Les prénom et nom de cet évêque peuvent aussi prendre la forme Dermod ou Dermond, et en irlandais Diamaid Ó hUrthuile ; en gaélique : Diarmaid Ó hIarlatha.

Né vers 1530 à Lickadoon Castle (Lickadoon, Ballyneety, Limerick, Irlande), Dermot était fils de William, chef de clan et intendant de James FitzGerald, 14e comte de Desmond.

Comme tout le clan O’Hurley, Dermot descendait de Dál gCais, un des clans les plus distingués de l’histoire du Munster irlandais.

Dermot étudia avec des précepteurs, puis fut envoyé à Louvain (Belgique), où il fut reçu docteur en théologie (1551) et en droit, et ensuite enseigna la philosophie pendant quinze ans dans un des plus prestigieux collèges de Louvain.

Puis en 1574 il fut nommé professeur de droit canonique et civil à Reims, pendant quatre ans.

Après l’excommunication de la reine Elizabeth 1re, le pape nomma Dermot archevêque de Cashel, alors qu’il n’était encore qu’un laïc. Après sa consécration, il se lança dans sa mission en 1583, défrayant le danger qu’il courait.

Il trouva un capitaine complaisant pour le débarquer en Irlande, et il accosta à Holmpatrick Strand (Dublin) à l’automne 1583. Ses lettres furent d’ailleurs interceptées par des chasseurs de prêtres.

Le gouvernement de Dublin avait un système d’espionnage très au point, et l’on se mit tout de suite à rechercher l’archevêque. Celui-ci ne put jamais arriver à Cashel.

Mgr Dermot logea chez le baron Thomas Flemyng à Slane, d’où il pensait partir pour ses activités dans tout le territoire du clan O’Reilly. C’est à Slane qu’il fut reconnu.

Sous la pression et de sévères sanctions, on voulut contraindre Flemyng de faire arrêter l’archevêque, qui avait entre temps quitté Slane. On l’arrêta à Carrick-on-Suir (septembre 1583), alors qu’il était en compagnie d’un protestant, Thomas Butler, comte de Ormonde, lequel fut très offensé et affligé de cette arrestation : d’ailleurs, par la suite, il fit tout son possible pour libérer l’archevêque de ses bourreaux.

Malgré tout, l’archevêque se retrouva en prison au château de Dublin, le 8 octobre 1583.

On l’interrogea, on l’accusa de faire partie de l’Inquisition romaine. Il aurait cependant, paraît-il, continué de donner des leçons de Droit.

On le tortura horriblement, en enduisant ses jambes d’huile avant de les suspendre sur le feu. Malgré ces horribles douleurs, l’archevêque refusa d’adhérer au Protestantisme. 

D’après des documents, la reine n’était pas favorable à empêcher un jugement régulier selon la loi anglaise, mais on lui fit bientôt changer d’avis et elle approuva un jugement par un tribunal militaire, qui décida en une journée de condamner à mort l’archevêque.

Apprenant que le comte d’Ormonde allait arriver, et craignant que son influence pût sauver l’archevêque, le chancelier ordonna d’exécuter la sentence dès que possible.

Le 19 ou le 20 juin, tôt le matin, on emmena le prélat à l’extérieur de Dublin et il fut pendu à Hoggen Green. 

Dans ses dernières paroles, il dit entre autres : 

Qu’il soit bien connu parmi vous que je suis prêtre et même évêque, bien qu’indigne d’être investi d’une telle dignité sacrée. Et aussi qu’on n’a trouvé aucun grief à me reprocher qui méritât la peine de mort, sinon celui d’être prêtre, ce qui fait qu’on a procédé contre moi contre leurs propres lois…

Ce sont ses propres bourreaux qui laissèrent des documents sur les tortures et l’exécution que subit l’archevêque de Cashel.

Mgr Dermot O’Hurley fut béatifié en 1992. Le Martyrologe le mentionne le 20 juin.

 

 

 

Baltasar de Torres Arias

1563-1626

 

Il naquit le 14 décembre 1563 à Grenade (Espagne) dans une famille noble.

Son père étant gouverneur d’Ocaña, l’enfant l’y suivit et y fréquenta le collège des Pères jésuites.

Il entra dans la Compagnie de Jésus à seize ans, au noviciat de Navalcamero. Après la profession, il étudia la philosophie à Huete et fut envoyé enseigner la grammaire à Cuenca. Il étudia la théologie à Alcalá.

Il n’était encore que diacre, quand il partit pour le Japon, rejoint par trois autres Confrères japonais qui revenaient de Rome. C’est au Japon qu’il fut ordonné prêtre, en 1600.

Son apostolat l’envoya à Meaco (centre de l’actuelle Kyoto), Ōsaka…

A partir de 1614, la persécution l’obligea à agir clandestinement, pendant encore une douzaine d’années.

Le 15 mars 1626, il fut arrêté pendant qu’il célébrait la Messe. Neuf Jésuites se retrouvèrent ainsi en prison.

Le 17 juin, les autorités décidèrent que leurs prisonniers devaient être brûlés vifs. Cette exécution advint à Nagasaki le 20 juin 1626.

Le père Baltasar fut béatifié en 1867.

 

 

Gaspar Sadamatsu

1565-1626

 

Il naquit vers 1565 à Hasami (Nagasaki, Japon).

C’était un homme cultivé et il fut un fidèle serviteur des Pères jésuites, comme frère convers et catéchiste, collaborant à leur apostolat pendant quarante ans.

Il fut arrêté avec d’autres Chrétiens et mis en prison dans la forteresse de Ximabara, où il rejoignit huit autres Jésuites. Il y faisait très froid, et les gardiens reçurent même l’ordre de mieux les traiter.

Le 17 juin, les autorités décidèrent que leurs prisonniers devaient être brûlés vifs. Cette exécution advint à Nagasaki le 20 juin 1626.

Le frère Gaspar Sadamatsu fut béatifié en 1867.

 

 

Francisco Pacheco

1566-1626

 

Il naquit en 1566 à Ponte de Lima (Portugal) dans une famille noble.

Tout jeune, il fit le vœu d’être martyr. Etudiant à Lisbonne, il y rencontra quatre Japonais catholiques qui revenaient de Rome, où le Pape les avait reçus. Francisco décida de se dédier totalement aux missions du Japon.

Il entra ainsi dans la Compagnie de Jésus en 1586. Une fois terminées les études, il fut ordonné prêtre et ses Supérieurs l’envoyèrent donc au Japon, où il arriva en 1604.

Son apostolat fut fécond. Il devint le provincial des Jésuites et vicaire général du diocèse, habitant chez des Chrétiens de Kuchinotsu. Mais à partir de 1614, la persécution l’obligea à agir clandestinement. Il passa plus d’une année dans une cachette dont il ne sortait que la nuit.

Il fut arrêté avec d’autres Chrétiens et mis en prison dans la forteresse de Ximabara, où il rejoignit huit autres Jésuites. Il y faisait très froid, et les gardiens reçurent même l’ordre de mieux les traiter.

Le 17 juin, les autorités décidèrent que leurs prisonniers devaient être brûlés vifs. Cette exécution advint à Nagasaki le 20 juin 1626.

Le père Francisco fut béatifié en 1867.

 

 

Giovanni Battista Zola

1575-1626

 

Il naquit le 1er novembre 1575 à Brescia (Italie nord).

Il entra dans la Compagnie de Jésus et se proposa pour les missions étrangères.

Ordonné prêtre, il fut d’abord envoyé en Inde, en 1602, et il rejoignit le Japon en 1604.

A partir de 1614, la persécution l’obligea à se réfugier dans la région d’Arima pour continuer son activité apostolique. On sait qu’il demanda à deux confrères jésuites qui allaient au martyre, d’intercéder auprès de Dieu pour lui obtenir la grâce du martyre ; les deux le lui promirent par document écrit.

Il fut arrêté avec d’autres Chrétiens et mis en prison dans la forteresse de Ximabara, où il rejoignit huit autres Jésuites. Il y faisait très froid, et les gardiens reçurent même l’ordre de mieux les traiter.

Le 17 juin, les autorités décidèrent que leurs prisonniers devaient être brûlés vifs. Cette exécution advint à Nagasaki le 20 juin 1626.

Le père Giovanni Battista fut béatifié en 1867.

 

 

Vincentius Kaŭn

1579-1626

 

Il naquit vers 1579 en Corée.

A treize ans, il arriva au Japon, où il rencontra des Chrétiens, des Jésuites, au contact desquels il se convertit.

Il resta auprès des Pères jésuites et fit la profession. Excellent collaborateur, catéchiste zélé, il mit au service de la mission ses connaissances des langues coréenne, japonaise et chinoise.

Il fut arrêté avec d’autres Chrétiens et mis en prison dans la forteresse de Ximabara, où il rejoignit huit autres Jésuites. Il y faisait très froid, et les gardiens reçurent même l’ordre de mieux les traiter.

Le 17 juin, les autorités décidèrent que leurs prisonniers devaient être brûlés vifs. Cette exécution advint à Nagasaki le 20 juin 1626.

Le frère Vincentius fut béatifié en 1867.

 

 

Paulus Shinsuke

1581-1626

 

Il naquit vers 1581 à Urada (Nagasaki, Japon).

Il fut un vaillant compagnon du père Provincial (Francisco Pacheco) dans ses courses apostoliques, et l’assista fidèlement comme catéchiste.

Il fut arrêté avec d’autres Chrétiens et mis en prison dans la forteresse de Ximabara, où il rejoignit huit autres Jésuites. Il y faisait très froid, et les gardiens reçurent même l’ordre de mieux les traiter.

Le 17 juin, les autorités décidèrent que leurs prisonniers devaient être brûlés vifs. Cette exécution advint à Nagasaki le 20 juin 1626.

Le frère Paulus Shinsuke fut béatifié en 1867.

 

 

Michaël Tōzō

1588-1626

 

Il naquit vers 1588 à Chijiwa (Nagasaki, Etat d’Arima, Japon).

Il fut un vaillant compagnon des pères jésuites, notamment du père Baltazar Torrès dans ses courses apostoliques.

Il fut arrêté avec d’autres Chrétiens et mis en prison dans la forteresse de Ximabara, où il rejoignit huit autres Jésuites. Il y faisait très froid, et les gardiens reçurent même l’ordre de mieux les traiter.

Le 17 juin, les autorités décidèrent que leurs prisonniers devaient être brûlés vifs. Cette exécution advint à Nagasaki le 20 juin 1626.

Le frère Michaël Tōzō fut béatifié en 1867.

 

Petrus Rinsei

1588-1626

 

Il naquit vers 1588 à Hachirao (Nagasaki, Japon).

On peut dire qu’il passa sa vie au milieu des Jésuites. Il fit la profession et fut le fidèle collaborateur des prêtres, les accompagnant où c’était nécessaire. C’était un fervent adversaire du paganisme.

Il fut arrêté avec d’autres Chrétiens et mis en prison dans la forteresse de Ximabara, où il rejoignit huit autres Jésuites. Il y faisait très froid, et les gardiens reçurent même l’ordre de mieux les traiter.

Le 17 juin, les autorités décidèrent que leurs prisonniers devaient être brûlés vifs. Cette exécution advint à Nagasaki le 20 juin 1626.

Le frère Petrus fut béatifié en 1867.

 

 

Ioannes Kisaku

1605-1626

 

Il naquit vers 1605 à Kuchinotsu (Nagasaki, Japon).

Il grandit chez les Pères jésuites et fit la profession. Excellent collaborateur, catéchiste zélé, il refusa absolument de se séparer des Pères lors de leur arrestation, alors qu’il aurait pu obtenir la liberté.

Il fut arrêté avec d’autres Chrétiens et mis en prison dans la forteresse de Ximabara, où il rejoignit huit autres Jésuites. Il y faisait très froid, et les gardiens reçurent même l’ordre de mieux les traiter.

Le 17 juin, les autorités décidèrent que leurs prisonniers devaient être brûlés vifs. Cette exécution advint à Nagasaki le 20 juin 1626 : Ioannes avait vingt-et-un ans (environ).

Le frère Ioannes fut béatifié en 1867.

 

 

 

William Barrow-Harcourt

1610-1679

 

Originaire du Lancashire, il était né en 1610 à Kirkham et portait en réalité le nom de Barrow. 

Après des études au collège des Jésuites de Saint-Omer, il entra chez les Jésuites en 1632, fut ordonné prêtre et retourna en Angleterre, en 1644, pour travailler clandestinement parmi les Catholiques persécutés. 

Il exerça ainsi son devoir pastoral à Londres pendant trente-cinq années, sous le nom de William Harcourt ou William Waring.

Il était supérieur des Jésuites lorsqu’il fut arrêté en 1678, accusé de faire partie du complot Titus Oate.

Enfermé dans la prison de Newgate, il fut jugé le 13 juin 1679, en même temps que d’autres pères jésuites : Thomas Whitbread, John Fenwick, John Gavan, Anthony Turner.

Des témoins à décharge furent systématiquement écartés, car, disait le juge, on ne pouvait donner crédit à des témoins catholiques. 

Les Pères jésuites furent tous condamnés à mort pour crime de haute trahison. Un spectateur osa exprimer son désappointement : “Un jury de Turcs aurait acquitté”.

On leur offrit la vie sauve s’ils révélaient les secrets de la conspiration, qu’ils ignoraient bien sûr.

Ils furent pendus, éviscérés et écartelés à Tyburn, le 20 juin 1679.

William a été béatifié en 1929.

 

 

Thomas Whitbread

1618-1679

 

Ce prêtre anglais était né dans l’Essex en 1618, et l’on ne sait rien de son enfance.

Il reçut sa formation à Saint-Omer et entra chez les Jésuites en 1635.

Rentré en Angleterre en 1647, il y exerça sa mission pastorale pendant plus de trente années, principalement dans les régions de l’est, sous le pseudonyme de Harcourt.

Il fit sa profession solennelle en 1652.

Deux fois supérieur dans le district de Suffolk, une fois dans celui du Lincolnshire, il fut provincial en 1678 ; c’est en cette qualité qu’il vint visiter les catholiques anglais réfugiés en France. A Saint-Omer il rencontra un certain Titus Oates, qui, passé de l’anglicanisme au catholicisme, s’était montré assez instable déjà au collège anglais de Valladolid (Espagne) ; le Père Whitbread refusa son admission dans la Société des Jésuites.

C’est justement peu après que fut inventé à Londres le fameux “complot Titus Oates”, qui accusait les Jésuites de comploter contre le roi pour rétablir le Catholicisme.

Oates lui-même conduisit une quinzaine de soldats pour arrêter le Père Whitbread (avec le Père Mico, qui mourut en prison)  à Londres le jour de la Saint-Michel (29 septembre 1678), mais il était si malade (il avait contracté la peste à Anvers) qu’on ne put le transporter à la prison de Newgate que trois mois plus tard. Là ils y retrouvèrent les Pères Fenwick et Ireland.

Outre ce père John Fenwick, trois autres Jésuites allaient ensuite être jugés avec lui : William Harcourt dit Barrow, John Gavan, Anthony Turner, qui ont également leur notice.

D’abord jugés au tribunal de Old Bailey (17 décembre 1678), et bien que toutes les accusations contre eux fussent nulles, ils restèrent cependant en prison jusqu’au 13 juin 1679.

Cette fois-ci on les trouva coupables de haute trahison, accusation qui fit dire à un spectateur indigné qu’ “un jury de Turcs (les) aurait acquittés”.

Sur l’échafaud, quand ils avaient déjà la corde au cou, on leur proposa la vie sauve, s’ils révélaient les secrets de la conspiration, qu’ils ignoraient bien évidemment.

Après la pendaison, ils furent dépecés, écartelés. C’était le 20 juin 1679, jour où ils sont commémorés au Martyrologe.

Les restes des Martyrs furent ensevelis à Saint-Gilles-in-the-Fields.

Le Père Thomas Whitbread fut béatifié en 1929.

 

 

Anthony Turner

1628-1679

 

Anthony était né en 1628 à Melton Mowbray (Leicestershire), de parents protestants : son père était ministre du culte.

Après ses études à l’université de Cambridge, il se convertit au catholicisme et fit des études à Rome, d’ailleurs avec son frère.

Ayant demandé son admission parmi les Jésuites, il y fut formé dans les Flandres. Ordonné prêtre en 1661, il retourna en Angleterre et travailla à Worcester.

Quand éclata le fameux “Complot de Titus Oates”, les supérieurs d’Anthony lui conseillèrent vivement de quitter la région, raison pour laquelle il vint à Londres, dans l’espoir de rencontrer quelque Jésuite qui l’aurait aidé à payer son voyage pour quitter le pays. Mais il ne trouva personne. Il donna ses derniers deniers à un mendiant et alla se livrer de lui-même comme prêtre et comme Jésuite.

Arrêté quoique non inscrit sur la liste des recherchés, il fut enfermé à Newgate, où il retrouva d’autres Confrères ; avec eux il fut accusé de haute trahison, même si des témoins à décharge prouvèrent l’évidence de son innocence, mais la cour annonça qu’on ne pouvait recevoir le témoignage de Catholiques (voir plus haut, la notice de Thomas Whitbread).

Comme ses Compagnons, Anthony fut pendu à Tyburn le 20 juin 1679, puis dépecé et écartelé.

Il a été béatifié en 1929.

 

 

John Fenwick (Caldwell)

1628-1679

 

Ce prêtre, jésuite, naquit à Durham en 1628. Son vrai nom était Caldwell.

Quand il embrassa le catholicisme, ses parents le déhéritèrent.

En 1657 il vint à Saint-Omer où il reçut sa formation, entra dans la Compagnie de Jésus en 1656, et fut ordonné prêtre en 1664.

D’abord procureur au Collège de Saint-Omer, il fut envoyé en Angleterre en 1674, pour y travailler dans le secteur de Londres.

Au moment du “complot de Titus Oates”, il fut arrêté la nuit du 28 septembre 1678 avec d’autres Confrères : William Ireland et un assistant, John Grove. Tous trois furent incarcérés à Newgate, où ils subirent beaucoup de mauvais traitements. John Fenwick fut tellement meurtri par les chaines et les fers, qu’on envisagea de l’amputer. Mais les autorités s’y opposèrent, certaines que de toutes façons il allait bientôt être condamné et exécuté. 

Accusé de haute trahison en décembre, pour être un prêtre catholique et célébrer la Messe, il fut renvoyé en prison et de nouveau jugé le 13 juin 1679, avec quatre autres Confrères qui furent ensemble condamnés et suppliciés à Tyburn. 

Martyrisés le 20 juin 1679, ils sont commémorés ensemble au Martyrologe ce même jour.

Ils ont été béatifiés en 1929.

 

 

John Gavan

1640-1679

 

Né à Londres en 1640, John Gavan était d’une famille originaire de Norrington (Wiltshire) ; il avait étudié à Saint-Omer avant d’entrer dans l’Ordre des Jésuites en 1660.

Il acheva ses études à Rome et fut ordonné prêtre en 1670.

Revenu en Angleterre, il exerça dans le Staffordshire, une région majoritairement fidèle au catholicisme. C’était un prédicateur éloquent et efficace, qui soutint beaucoup les Catholiques.

 A l’occasion de ses vœux solennels, en la fête de l’Assomption, 15 août 1678, il y eut une grande fête à Boscobel, propriété de la famille Penderel qui avait aidé Charles II après la bataille de Worcester. Etaient présents aussi deux futurs Martyrs, le jésuite William Ireland et un certain Richard Gerard de Hilderstone. Après la cérémonie et le dîner, on visita le fameux Chêne Royal, où se cachait le Roi.

Dans le cadre du tristement fameux “Complot Titus Oates”, son nom ne fut pas tout de suite inscrit parmi ceux qui étaient recherchés, car Titus Oates ne le connaissait pas, mais dans un second temps, sa tête fut mise à prix pour une récompense de cinquante livres.

Sous un déguisement, il vint à Londres et chercha à gagner la Belgique, mais il fut arrêté le 29 janvier 1679, trahi par un espion qu’on dit être un prêtre apostat.

Durant le procès du 13 juin 1679, John Gavan semble avoir été le porte-parole des cinq accusés. Il démontra avec toute la clarté de l’évidence que les accusations étaient totalement infondées, mais les juges étaient gagnés à la thèse de la culpabilité et condamnèrent les cinq prêtres à la peine de mort (voir plus haut, la notice de Thomas Whitbread). 

Les cinq prêtres jésuites furent pendus, éviscérés et écartelés, le 20 juin 1679.

Ils furent béatifiés en 1929.

 

Caterina Vincenza Gerosa

1784-1847

 

Caterina naquit le 29 octobre 1784 à Lovere (Bergame, Lombardie, Italie nord), aînée des cinq filles de Gianantonio et Giacomina Macario, commerçants de fourrures, et ne fit pas d’autres études.

Elle grandit dans la foi, participant à la Messe quotidienne et servant dans la boutique. Bientôt moururent son père, ses sœurs, sa mère ; héritière, elle ouvrira sa maison aux pauvres.

Lors de l’invasion napoléonienne, Lovere passa de la République de Venise à l’empire français. Après l’Empereur de France, ce sera l’Empereur d’Autriche. La boutique ne fonctionnait plus. Caterina se mit à enseigner gratuitement à des filles pauvres, à assister des malades.

En 1824, avec Bartolomea Capitanio (voir au 26 juillet), elle ouvre un hôpital, modeste, puis en 1832 elles décident toutes deux de fonder un institut dont la mission serait d’assister les malades, d’instruire gratuitement les petites filles, recueillir les orphelins, épauler la jeunesse.

Le travail s’annonce immense, mais Bartolomea mourut de tuberculose dès 1833. La «communauté» se réduisit à Caterina ! Sans perdre de temps en larmes de deuil, tout de suite elle accueillit d’autres jeunes filles, vivant selon la règle de sainte Jeanne Antide Thouret (voir au 24 août).

En 1840, elles obtinrent l’approbation pontificale et s’appelèrent Sœurs de Marie Enfant. Caterina prit le nom de Vincenza. Leur Règle sera désormais celle écrite par Bartolomea avant sa mort, sous les conseils de Caterina.

Sept ans après, à la mort de Caterina Vincenza, les Sœurs étaient déjà cent soixante-et-onze. Elles sont aujourd’hui environ cinq mille, concentrées en Lombardie, dans le Trentino et le Veneto (Italie nord et nord-est).

Caterina-Vincenza Gerosa mourut le 20 juin 1847, fut béatifiée en 1926 et canonisée en 1950.

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18 juin 2020 4 18 /06 /juin /2020 23:00

19 JUIN

I.

S Urcisin, médecin martyr à Ravenne.

II.

S Zosime, martyr à Sozopolis.

Ss Gervais et Protais, martyrs à Milan.

IV.

Ss Gaudence et Culmace, évêque et diacre à Arezzo, martyrs (V.?).

?

S Lambertus, martyr à Saragosse.

VII.

S Dié, évêque à Nevers, retiré à Jointures où naquit un monastère qui devint Saint-Dié.

IX.

S Hildegrin, frère de s. Ludger, évêque à Châlons-en-Champagne, retiré à Werden, considéré comme le premier évêque à Halberstadt.

Ste Hildemarque, abbesse à Fécamp, où elle reçut s. Léger, évêque à Autun.

XI.

S Romuald, réformateur de la vie monastique, en particulier à Camaldoli (Camaldules), où la règle bénédictine s'inspire aussi du monachisme érémitique de type oriental.

S Boniface (Brunon), apparemment un réel doublet avec celui du 14 février.

XII.

B Odon, évêque à Cambrai et fondateur de l’abbaye Saint-Martin à Tournai.

XIII.

S Gerland, membre italien d’un ordre militaire, vénéré à Caltagirone.

XIV.

Ste Julienne Falconieri, nièce de s. Alexis, un des fondateurs des Servites, elle-même tertiaire de cet ordre, et supérieure des Mantellate,  branche féminine.

Bse Michelina Metelli, tertiaire franciscaine et mystique à Pesaro ; mariée à douze ans, veuve à vingt, elle s’occupait des lépreux.

XVI.

Bx Sebastian Newdigate, Humphrey Middlemore, Wilhelm Exmew, chartreux à Londres, et Thomas Woodhouse, prêtre et jésuite, martyrs à Tyburn (pendus, dépecés, étripés encore vifs).

XIX.

Ss Modeste Andlauer et Remi Isoré, jésuites, martyrs en Chine, canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

XX.

Bse Elena Aiello (1895-1961), fondatrice italienne des Sœurs Minimes de la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ, stigmatisée et mystique, béatifiée en 2011.

Lambertus de Saragosse

? 4e siècle

 

Voici un glorieux Martyr qu’on ne sait pas où situer ni quand dater.

D’autres Martyrs étaient autrefois mentionnés en ce même jour, mais Lambertus ne semble pas appartenir à ce groupe.

Saint Lambertus de Saragosse est commémoré le 19 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dié de Nevers

† 679

 

Dié (Deodatus, ou Déodat, ou Didier) est traditionnellement présenté comme un évêque de Nevers, plus tard retiré dans les Vosges, fondateur d’un petit sanctuaire ou monastère, appelé Jointures, la future ville de Saint-Dié.

Les historiens modernes ont retrouvé d’autres éléments, fait d’autres rapprochements, élaboré de nouvelles hypothèses, qui ne s’accordent pas bien. 

Il a pu naître au 7e siècle, dans une famille noble.

Il devint apparemment le douzième évêque de Nevers ; c’est du moins ce qui ressort de la liste des évêques de ce diocèse. En tant que tel, il aurait pris part au concile de Sens en 657.

Il semble bien qu’il y ait eu un évêque nommé Dié à Nevers, mais vers 665, donc plus tard que le concile de Sens en question. On a aussi expliqué qu’en fait l’évêque de Nevers (niverniensis) était un évêque hiberniensis, donc originaire d’Hibernia, l’Irlande. Donc Dié, qui n’était peut-être pas même évêque, aurait été un de ces très nombreux moines irlandais venus sur le continent.

L’évêque devenu ermite, surpris par l’hiver, aurait reçu de la générosité d’un seigneur local, la visite d’un âne chargé de victuailles, venu de lui-même lui apporter son chargement. Un jour qu’un loup avait dévoré la pauvre bête de somme, ce loup, divinement inspiré, repenti, se chargea lui-même de la corvée. Ceci rappelle un épisode similaire concernant un moine du désert d’Egypte qui ordonna à un lion de remplacer son âne qu’il venait de dévorer (et le lion obéit, bien sûr).

Un autre épisode important pourrait se situer ici : mal accepté par le voisinage, Dié se serait dirigé vers Strasbourg, sur une petite île où demeuraient déjà quelques ermites, qui le prirent comme supérieur. Ce serait l’origine d’une abbaye dédiée aux Apôtres saints Pierre et Paul, dont une filiale fut Ebersheim.

Avide de solitude, Dié reprit son bâton et alla le planter près de Bâle, puis repartit pour les Vosges, s’arrêtant dans une vallée paisible qui porte aujourd’hui son nom, et où serait née la fondation de Jointures (au confluent du Robache, ou de la Fave, et de la Meurthe) ; mais il se pourrait que cette fondation fût seulement une invention tardive des ambitieux chanoines de la collégiale Saint-Dié.

On attribua aussi à Dié la naissance de diverses sources, qu’il faisait surgir en frappant la terre de son bâton, comme Moïse frappa le rocher dans le désert (Ex 17:1-7). C’est en souvenir du passage du saint homme (ou bon-homme) et en reconnaissance pour lui qu’un col s’appellerait Col du Bonhomme.

Ensuite, Dié aurait accompli une foule de miracles en faveur des habitants : il rendait justice aux plus faibles, redressait les poutres mal équarries, construisait des murs à distance… Mais aussi forçait à la repentance : à un vigneron qui lui avait promis sa vigne, mais gardait pour lui le vin, il lui lança des guêpes qui l’assaillaient chaque fois qu’il tentait de tirer du vin.

Dié aurait été lié à la fondation d’une quinzaine de communautés et autant d’églises.

Un autre ancien évêque, Hidulphe (v. 11 juillet), devenu lui aussi ermite à Moyenmoutier après avoir gouverné l’église de Trèves, rencontra Dié. Avant de mourir, Dié lui confia son monastère, qui prit alors le nom de Saint-Dié.

Finalement, Dié serait mort en 669, ou 679, s’il est vrai qu’il vécut dix années en ermite, une vie érémitique bien mouvementée et bien remplie.

Très célèbre, saint Dié aurait ainsi été canonisé en 1049.

Une châsse d’argent contenant ses ossements fut détruite en 1636.

Le Martyrologe le commémore sobrement au 19 juin : Déodat, évêque de Nevers, qu’on dit avoir fondé un monastère à l’endroit qui ensuite prit son nom.

 

 

Hildemarque de Fécamp

† 682

 

Hildemarque (en latin Childomarca) vivait en Aquitaine.

Un moine de Fontenelle, diacre de son état, et nommé Sindardus, la persuada de le suivre jusqu’en Normandie. Là, il la présenta à saint Wandrille, qui la mit à la tête d’un monastère récemment fondé à Fécamp par s.Vaneng (v. 9 janvier ?). C’était en 664.

Très vite, les moniales furent déjà au nombre de plusieurs centaines.

Hildemarque et les moniales eurent à s’occuper du pauvre s.Léger d’Autun (v. 2 octobre), auquel le violent maire du palais avait fait crever les yeux, couper la langue et les lèvres, et qui était exilé dans cette région.

Hildemarque mourut vers 682.

Après la mort d’Hildemarque, le monastère se maintint jusqu’au 9e siècle, période où les Normands envahisseurs le détruisirent. Reconstruit, il fut très florissant. Les moniales laissèrent la place à des moines ; les derniers furent chassés en 1789, en même temps que les hommes de la Révolution pillaient et détruisaient ce qui restait de la bibliothèque.

Sainte Hildemarque de Fécamp  est commémorée le 19 juin dans le Martyrologe Romain.

Romualdo Onesti de Camaldoli

951-1027

 

Romualdo vit le jour à Ravenne (Italie) vers 951, de Sergius, duc de Ravenne. On ne connaît pas le nom de sa pieuse mère.

Elevé dans les plaisirs du monde, Romualdo fut, à vingt ans, témoin d’un duel où son père assassina son rival. Horrifié par ce spectacle, il se retira chez les Bénédictins de Classe (Ravenne).

Il demanda à y être admis. La sainteté de son comportement suscita une telle jalousie, que certains moines complotèrent de le faire mourir ; mais l’un d’eux se ravisa et prévint Romualdo, qui obtint d’aller se mettre sous la direction d’un ermite près de Venise.

Ce dernier, un certain Marino, était plutôt rude. Chaque jour, il faisait chanter à Romualdo le psautier et, quand sa mémoire lui faisait défaut, donnait un coup de baguette sur l’oreille de son disciple. Romualdo se taisait ; quand il remarqua que son ouïe baissait, il demanda seulement à changer de côté. Marino comprit son erreur et mitigea ses façons.

Vers 978, tous deux séjournèrent dans l’abbaye de Saint-Michel de Cuxa (Pyrénées Orientales). Désormais, on ne parle plus de Marino. Romualdo vécut là-bas dans une austérité extrême, ne mangeant que le dimanche. Il subit aussi des assauts du démon, qui le frappait durant la nuit.

Romualdo apprit que son père, après avoir embrassé la vie religieuse, songeait à rentrer dans le monde et voulut aller le détourner de son projet. Apprenant cela, les habitants songèrent, ni plus ni moins, de le tuer pour conserver ses reliques sur place ; mais Romuald, encore une fois informé à temps, feignit l’diotie, et on le laissa partir. Son intervention auprès de son père fut heureuse. 

Ensuite, Romualdo se retira près du monastère de Classe, mais toujours dans une cellule écartée, où il n’eut de visites que celles du démon, qui le flagellait cruellement. N’en pouvant plus, Romualdo invoqua un jour Jésus : Mon très doux Jésus, m’as-tu donc entièrement livré à la persécution de mes ennemis ? Au nom de Jésus, le démon disparut.

Le diable parti, ce furent les hommes qui prirent le relais. S’étant installé dans le monastère qu’il avait fait construire à Bagno, les moines s’irritèrent de son austérité, le frappèrent de verges et le renvoyèrent.

L’empereur voulut alors favoriser la réforme de l’abbaye de Classe et y fit nommer Abbé Romuald. Après deux années de tentatives infructueuses, Romuald remit sa charge.

Le même empereur sollicita des moines pour évangéliser la Pologne et la Russie. Ces trois missionnaires reçurent la palme du martyre. Romualdo lui-même aurait voulu verser son sang et partit pour la Hongrie, mais à chaque fois qu’il tentait de pénétrer dans ce pays, la fièvre le retenait. Il dut se «contenter» de fonder quelques monastères en Allemagne.

Mandé à Rome par le pape, Romualdo y fit des miracles, suscita des conversions et bâtit un monastère à Sasso Ferrato. Des calomnies lâches s’étant répandues contre lui, il fut condamné à ne pas célébrer, mais le Bon Dieu daigna lui révéler qu’il n’avait pas à tenir compte d’une sentence injuste.

Finalement, Romualdo fit construire un nouveau couvent à Camaldoli (Toscane), où il aurait pu établir la Règle qu’il avait essayé en vain d’introduire précédemment dans les autres monastères. C’était une règle très austère, qui fut un peu mitigée plus tard.

L’Ordre se composait d’ermites et de reclus. Les ermites devaient demeurer dans des cellules séparées et se rendre pour l’office à l’oratoire ; les reclus ne sortaient pas de leur cellule. Jeûnes et abstinence étaient rigoureux, le silence aussi.

Un des monastères fondés par Romualdo fut Val di Castro : Romualdo y mourut après s’être laissé enfermer dans sa cellule pour n’avoir personne à ses derniers moments. 

Il y mourut le 19 juin 1027. Des calculs erronés le faisaient mourir à cent-vingt ans. D’après les tableaux qu’on peut en voir, il en avait sans doute la barbe, mais pas vraiment les années ; il serait tout de même mort à soixante-seize ans.

Saint Romualdo, canonisé en 1032, est fêté le 19 juin.

 

 

Giuliana Falconieri

1270-1341

 

Giuliana Falconieri vit le jour vers 1270, dans cette illustre famille de Florence (Italie), où son oncle Alessio fut un des sept co-fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie (v. 17 février). Les parents de Giuliana étaient Carissimo et Ricordata.

Carissimo, riche marchand, mais à la conscience scrupuleuse, craignait de n’avoir pas toujours acquis ses richesses honnêtement et demanda au pape l’absolution générale de ses «péchés», puis employa son argent dans les bonnes œuvres. Il mourut fort âgé, peu après la naissance de Giuliana.

Les premiers mots prononcés par celle-ci furent les noms de Jésus et Marie. En grandissant, elle fut toujours étrangère aux choses pratiques : elle ignorait ce qu’était un miroir ; elle ne s’occupait pas du ménage, supposant qu’elle n’en avait que faire. Toute son attention était ailleurs…

En 1285, ayant l’âge légal de l’indépendance, elle demanda à porter l’habit des Servites, dont elle fut la première femme ; elle donna lieu ainsi à la branche des Mantellate (qui portent le manteau). On suppose que le saint exemple de son oncle, Alessio, et l’influence du général de l’Ordre, Filippo Benizi, ne furent pas étrangers à ce choix de l’adolescente.

Giuliana savait déjà ce qu’était une discipline ou un cilice ; elle y ajouta d’autres mortifications, par exemple le jeûne complet les mercredis et vendredis, où elle ne prenait que la sainte Hostie eucharistique. Le vendredi, elle se flagellait jusqu’au sang ; le samedi, elle ne prenait qu’un peu d’eau et de pain et passait toute la journée dans la contemplation des douleurs de Marie.

A la mort de sa mère, elle réunit d’autres vierges qui, comme elle, vivaient - mais dans leur famille - l’idéal des Servites. Cette branche féminine de l’Ordre des Servites fut approuvée par le pape en 1304.

En 1306, Giuliana accepta d’être la Supérieure, donnant l’exemple de la plus humble des servantes de toutes les Religieuses ; elle dormait peu, et sur la terre nue, elle priait parfois pendant vingt-quatre heures ; elle apaisa les discordes civiles, et s’intéressa aux pauvres et aux malades, qu’elle guérissait par le seul contact de ses mains.

Les dernières années, elle ne pouvait plus prendre de nourriture, pas même l’Hostie consacrée, de sorte qu’au moment de mourir, elle s’étendit à terre, se fit étendre un corporal sur la poitrine et y déposer la sainte Hostie : celle-ci disparut miraculeusement, absorbée par Giuliana. Elle mourut alors en disant : Mon Jésus.

C’était le 19 juin 1341.

Lors de la toilette funèbre, on remarqua comme imprimée sur son cœur l’hostie, le Corps du Seigneur qu’elle avait tant désiré. C’est en souvenir de ce prodige que les Mantellate portent sur leur habit l’image d’une hostie.

Le pape confirma en 1678 le culte qu’on lui rendait, ce qui correspondait à une béatification ; la canonisation se fit en 1737.

 

 

Michelina Metelli

1300-1356

 

MIchelina naquit en 1300 ; on lui fit épouser en 1312 un héritier de la grande famille Malatesta.

De leurs huit années de vie conjugale, naquit un fils unique. Mais en 1320, moururent son mari, et peu après aussi, son fils.

L’épreuve était douloureuse, mais Michelina fut fraternellement guidée et encouragée par une sainte femme nommée Soriana, qui l’aida à retrouver la foi et la confiance en Dieu ; après avoir vu en vision son mari au ciel, elle embrassa le Tiers Ordre franciscain.

Pour l’amour du Christ, elle distribua ses richesses et adopta un style de vie austère, dans la pénitence et la prière. La famille la crut folle et l’enferma pendant quelque temps.

Une fois délivrée, elle alla en pèlerinage aux Lieux Saints, pour prier là où Jésus avait souffert la Passion. Notre Seigneur, de la croix, lui parla plusieurs fois. Il est probable aussi qu’elle ait alors reçu les stigmates de la Passion. Au retour, dit-on, elle calma une dangereuse tempête par sa prière.

Elle s’occupa de lépreux. En 1347, elle mit sur pied une confraternité, en collaboration avec le bienheureux Francesco Zanfredini (v. 5 août) ; cette Confraternité de la Très Sainte Vierge de l’Annonciation aurait pour but de soulager les pauvres, de s’occuper des malades et d’ensevelir les morts.

Michelina mourut à Pesaro le 19 juin 1356. Proclamée co-patronne de Pesaro, elle est mentionnée à ce jour dans le Martyrologe.

Son culte fut reconnu en 1737.

Modeste Andlauer

1847-1900

Remi Isoré

1852-1900

 

 

Modeste Andlauer naquit le 22 mai 1847 à Rosheim, dans le diocèse de Strasbourg. Il devint Jésuite, fut ordonné prêtre en 1877 en partit en mission en Chine en 1881, dans la province du Hebei.

De prénom et de nature, il fut timide, humble, aimant le travail bien fait.

En 1870 il connut les faits du massacre de Tien-Tsin (voir notice). 

 

 

Remi Isoré était né le 22 janvier 1852 à Bambecque (Nord), aîné d’une famille nombreuse qui compta deux prêtres et une religieuse. Son père, instituteur et chrétien convaincu, le plaça au petit séminaire d’Hazebrouck ; Rémi sentit la vocation sacerdotale, alla au grand séminaire de Cambrai, et décida bientôt d’entrer chez les Jésuites en 1875. Il fut envoyé en Chine en 1882, y apprit la langue, et devint prêtre en 1886.

Comme en France, il enseigna d’abord dans un collège, puis sera curé à Tchang Kia Tchoang. A cette époque, Remi écrit : “Hélas !  l'ère des martyrs n'est pas ouverte pour la Chine ; c'est peut-être ce qui retarde la conversion de cet immense empire, car la croix est un arbre qu'il faut arroser avec du sang. Ce n'est pas à dire, cependant, que toute espérance soit perdue de voir nos mandarins se mettre sérieusement à la besogne."

 

Après une période d’accalmie, survint en effet la persécution des Boxers en 1900. Modeste va rencontrer son confrère Remi Isoré, et tous deux sont surpris par les Boxers dans la mission de ce dernier, le 19 juin. Ils s’enferment dans la chapelle de leur communauté. Les chrétiens sont réunis sur la place publique. Il y a deux locaux, l'un à droite, l'autre à gauche. Les Boxers disent: "Si vous allez à droite, c'est que vous êtes chrétiens. Si vous allez à gauche, vous serez sauvés." Ceux qui vont à droite sont massacrés, une trentaine, ainsi que les missionnaires.

Tous ces martyrs chinois, avec les pères Andlauer et Isoré font partie des cent-vingt Martyrs qui furent béatifiés en 1955, et canonisés en 2000.

Modeste et Remi, avec leurs Compagnons, sont morts le 19 juin 1900, et sont commémorés en ce jour dans le Martyrologe Romain. 

Une fête commune célèbre ensemble ces cent-vingt martyrs chinois, le 9 juillet. On les commémore avec Agostino Zhao Rong, soldat converti devenu prêtre, et martyrisé en 1815.

 

 

Elena Aiello

1895-1961

 

Elena naquit le 10 avril 1895 à Montalto (Uffugo, Calabre, Italie sud), le Mercredi Saint, troisième enfant de Pasquale et Teresa Paglilla, qui en eurent neuf (la dernière mourut à la naissance).

La maman, enceinte d’Elena, demandait à Dieu une petite fille qu’elle aurait appelée Elena en souvenir de sainte Hélène, l’impératrice qui découvrit la Sainte Croix à Jérusalem. Elena fut aussi appelée Santa parce qu’elle vit le jour durant la Semaine Sainte. Elena fut baptisée rapidement car elle semblait en mauvaise santé ; les parents durent même payer une taxe spéciale, car le sacrement fut conféré en-dehors du temps habituel (!).

Ces petits détails montrent combien les parents étaient de bons chrétiens. Pasquale était un tailleur, très honnête ; Teresa était une excellente épouse et mère chrétienne ; elle mourut en 1905, peu après la naissance de sa dernière. Cette année-là, Elena avait dix ans.

La petite fille avait déjà reçu à la maison une bonne instruction, et les Sœurs du Précieux Sang lui firent faire l’école primaire. Elena apprenait et assimilait si bien, qu’elle fut chargée, à huit ans, d’enseigner le catéchisme aux plus petits.

Tous les jours, elle assistait à la Messe, avec empressement. Elle reçut la Première communion à neuf ans. Quelques jours avant, durant le retraite, le prêtre avait invité les enfants à porter un petit cilice autour de la taille, en pénitence pour les péchés qui attristent Jésus, mais à condition d’en faire la demande au prêtre, car il faut toujours demander conseil au prêtre pour se livrer à ces «pénitences». En sortant de la maison, la barre de bois qui tenait la porte fermée, tomba sur la petite Elena, qui en perdit deux dents : ces deux dents repoussèrent, alors que ce n’étaient déjà plus des dents de lait… Puis elle obtint la permission demandée.

Elena reçut la Confirmation en 1905, peu avant la mort de la maman. La vie chrétienne continua à la maison : chaque matin on participait à l’Eucharistie, chaque soir on priait le Chapelet.

Après un incident qui lui avait causé des désagréments continuels à sa voix, elle promit à Notre-Dame de Pompei d’être religieuse dans ce sanctuaire, si elle guérissait : le lendemain matin, elle était toute guérie.

En attendant de pouvoir entrer chez les Dominicaines, qui tenaient le sanctuaire de Pompei, Elena fréquentait les Sœurs du Précieux Sang, participait à l’Apostolat de la prière, visitait les malades, les pauvres, les mourants, enseignait le catéchisme. 

Le médecin la surprit un jour en train de coiffer une malade gravement contagieuse ; une autre fois, elle alla prier un moribond, franc-maçon connu, de se convertir avant de mourir : ce dernier la reçut d’abord en lui envoyant une bouteille qui lui ouvrit le cou, puis, celle-ci insistant encore malgré le sang qui coulait, se reprit et accepta de se confesser. Quand l’épidémie de grippe espagnole sévit durant la Première guerre mondiale, elle courut aider le curé et la Mère supérieure des Religieuses pour assister les malades ; elle fabriqua même des cercueils tout simples pour ensevelir dignement les morts.

En 1920, Elena fut opérée de l’appendicite. Le 18 août 1920 (fête de sainte Hélène), elle put enfin être religieuse à Nocera dei Pagani, où on lui confia très vite la formation des jeunes vocations.

Pour aider une autre Sœur à déplacer un meuble très lourd, Elena se fit une déchirure musculaire à l’épaule, qui dégénéra en gangraine : on dut l’opérer sans anesthésie, en lui sectionnant même des nerfs. En mai 1921, elle fit un séjour en famille pour se reposer : elle ne pesait plus que vingt-cinq kilogrammes, avec son bras paralysé, la bouche quasi fermée, et l’épaule envahie par la gangrène.

En août 1921, on lui diagnostiqua un cancer à l’estomac. Elle prophétisa au chirurgien : Docteur, vous-même, vous en mourrez, mais pas moi, car sainte Rita va me guérir. Le médecin souffrait en effet d’un identique cancer. Sainte Rita apparut à Elena et la guérit bientôt. La famille fut témoin de la lumière qui apparut durant ces apparitions.

A partir de septembre 1921, Elena fut invitée par Notre-Seigneur à participer intensément à Sa Passion. Ce fut d’abord la sueur de sang qui se vérifia chaque Vendredi Saint, jusqu’à sa mort. Plus tard, elle reçut l’impression des stigmates de la Passion de Notre-Seigneur : ses mains et ses pieds saignaient abondamment aux heures de cette Passion, le vendredi. On remarqua que les pieds étaient perforés de part en part, comme par les Clous de la Croix Le médecin consulté, incroyant, affirma qu’il y avait là quelque chose de surnaturel. Sœur Elena fut aussi observée en état de lévitation.

Sœur Elena annonça que, le jour de la Sainte-Rita (22 mai), elle serait guérie de son épaule, ce qui arriva.

En 1927, avec la permission de l’Archevêque, Elena voulut ouvrir à Cosenza une maison pour une œuvre que devait lui confier le Sacré-Cœur. Une mystérieuse Sœur - très certainement Thérèse de l’Enfant-Jésus, récemment canonisée en 1925 et qu’elle avait prié spécialement) - lui apparut et lui indiqua où trouver cette maison. La maison sera dédiée à sainte Thérèse.

Avec une compagne, elle commença à inviter les enfants et les adolescents pour les préparer à la Première communion et les aider dans leur vie personnelle. Puis elle s’occupa d’apporter de l’ordre dans les familles, dans les couples non encore mariés. Elena n’hésita pas à entrer même dans la salle de réunion où un pasteur protestant prêchait, invitant au contraire toute l’assistance à rester dans la foi catholique. Elle se porta spécialement au chevet de francs-maçons mourants. Sa compagne l’aidait partout, elle faisaient à elles deux un travail apostolique extrêmement fructueux.

La maison abritait maintenant un atelier de couture, de broderie, un jardin d’enfants ; on projetait un pensionnat pour jeunes filles… Il fallut même déménager en 1928. Cette année-là, sœur Elena a trente-trois ans.

Des signes providentiels firent comprendre à Elena et à son amie Gigia que l’œuvre devait prendre soin d’abord des orphelines ; la première qu’elles reçurent s’appelait justement Rita !

Les petites filles devaient être formées, instruites, et guidées soit pour être adoptées légitimement, soit pour être mariées régulièrement, sinon elles restaient dans l’Institut.

Des Sœurs passèrent le diplôme en couture, en broderie. En 1940 l’Institut sera reconnu officiellement par les Autorités et récompensé par l’octroi de plusieurs machines. 

Sœur Elena comprit que l’idéal de cet Institut était la Charité, et prit ce mot comme emblême, en même temps que les signes de la Passion du Christ ; l’Institut prit le nom de Sœurs Minimes de la Passion de Notre-Seigneur-Jésus-Christ.

Le nombre des vocations s’amplifia rapidement. De nouveaux locaux furent occupés à partir de 1932, puis d’autres encore en 1937, toujours sur mystérieuses indications de la Providence. Sœur Elena ouvrit jusqu’à une vingtaine de maisons.

On a vu comment la vie d’Elena fut marquée par la souffrance dès le début. Ces souffrances continuèrent encore : en 1939, la malaria ; en 1943, durant un bombardement, fracture du pied droit et du nez ; fibromes ; coliques hépatiques ; spondylarthrite. Elle dut passer beaucoup de temps alitée, supportant avec joie, et même avec ironie, toutes ces douleurs. Elle s’arrachait elle-même une dent malade, se retirait les oncles incarnés, et si on lui demandait si elle ne souffrait pas, elle répondait : Hé, qu’est-ce qu’on offre à Jésus ? 

La prière confiante de Sœur Elena obtint encore de sainte Thérèse d’autres grâces : quand on manqua d’argent pour acheter la nourriture, deux jours de suite, Elena trouva dans son livre de prières un billet de cinquante lires (des années trente) ; la deuxième fois, il y avait même une inscription : 50+50=100). 

Sœur Elena reçut aussi d’importantes prophéties, sur l’affliction du Cœur Sacré de Jésus à cause des innombrables péchés qui se commettent partout dans le monde. Elle signala ainsi les âmes des jeunes, qui se donnent aux plaisirs du monde, les parents qui scandalisent leurs enfants, les graves responsabilités des gouvernants : il s’ensuivrait des guerres, des catastrophes, des punitions célestes… Elle informa, inutilement, Mussolini, des graves conséquences qu’aurait son alliance avec Hitler. Des publications en ont été faites, qu’on peut se procurer très facilement.

L’institut de Sœur Elena fut reconnu officiellement de droit pontifical en janvier 1948, ainsi qu’au Journal officiel en août 1949.

C’est cette année-là que Sœur Elena fit les vœux de religion.

Humblement, Sœur Elena cherchait à masquer ses stigmates, les effusions de sang, mais trop de signes apparaissaient. On l’appelait la sainte moniale, ce qu’elle n’appréciait pas du tout.

Le pape Pie XII la consulta plusieurs fois, et en reconnut les dons d’abnégation, de charité et de prophétie.

Elle fut hospitalisée en juin 1961 et les consœurs pensaient qu’elle serait guérie par l’intercession de saint Antoine de Padoue, le 13 juin, car on avait remarqué dans la chambre un intense parfum mystérieux. Mais Sœur Elena précisa : Demain, ni saint Antoine, ni sainte Rita, ni la Sainte Vierge ne feront de miracle. Elle mourut en effet quelques jours plus tard, le 19 juin 1961.

Elle a été béatifiée le 14 septembre 2011, en la fête de la Sainte Croix.

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17 juin 2020 3 17 /06 /juin /2020 23:00

18 JUIN

III.

Ss Cyriacus et Paula, martyrs africains vénérés à Malaga.

Ss Marcus et Marcellinus, martyrs romains, vénérés avec s. Tranquillin.

?

Ste Marine, vierge en Alexandrie, ayant vécu en moine toute sa vie ; on l’identifie avec ste Marguerite (cf. 20 juillet). 

IV.

S Leontius, soldat, le plus illustre martyr à Tripoli de Phénicie.

S Ethère, martyr.

V.

S Amandus, évêque à Bordeaux ; il baptisa s. Paulin (de Nole), avec qui il correspondit.

S Caloger, venu de Constantinople, ermite près de Xacca ; on l’invoque pour la délivrance des énergumènes.

VI.

S Fortunat, évêque en Italie du Nord, mort à Chelles.

XII.

Ste Elisabeth de Schönau, mystique rhénane, amie de ste Hildegarde.

XVI.

Bse Osanna Andreasi de Mantoue, tertiaire dominicaine et mystique ; elle s'entendit dire dans son cœur à six ans : "Enfant, la vie et la mort consistent à aimer Dieu" ; une statue de la Sainte Vierge qui s’anima, lui enseigna la lecture, le latin, l’écriture. 

XVII.

S Grégoire Barbarigo, vénitien, évêque à Bergame puis à Padoue, cardinal, il se consacra aussi au rapprochement de l'Église latine et des Églises d'Orient.

 

Cyriacus et Paula d’Afrique

† 3e siècle

 

De ces deux Martyrs, on sait que Paula était une vierge.

On croit qu’ils furent martyrisés par lapidation en Afrique, ce qui est très vague. Peut-être dans la même période où mourut s.Cyprien (v. 14 septembre), vers 258 ?

Le culte spécial qu’ils reçurent à Malaga (Andalousie, Espagne S) est sans doute dû à la présence de leurs reliques dans cette ville.

Saints Cyriacus et Paula sont commémorés le 18 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcus et Marcellinus de Rome

† 286

 

Il fut question de ces deux Martyrs dans la notice concernant s.Sebastianus (v. 20 janvier).

Marcus et Marcellinus furent de ceux que Sebastianus alla réconforter ou aider, en profitant de sa position militaire.

Du pape Caïus (v. 22 avril), ils reçurent le diaconat, tandis que leur père, Tranquillinus, reçut le sacerdoce.

Ils furent martyrisés peu avant Sebastianus. D’après un récit ancien, ils furent attachés à un poteau, eurent les pieds percés de clous, puis tout le corps déchiqueté avec les lances.

C’était vers 286. La date de 304 proposée quelquefois semble tardive, puisque le pape s.Caïus mourut vers 295.

Du cimetière de la Via Ardeatina, les corps des Martyrs furent finalement reportés dans la basilique des ss.Côme et Damien (v. 26 septembre), où des travaux permirent de les retrouver au 16e siècle, avec celui de s.Tranquillinus.

Saints Marcus et Marcellinus sont commémorés le 18 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Leontius de Tripoli

† 305

 

Il s’agit ici de la Tripoli de Phénicie (act. Liban).

Leontius y était né de parents chrétiens, qui lui avaient enseigné à lire l’Ecriture. A son tour, il parlait de Jésus-Christ à ses camarades.

Après l’arrestation de son ami Publius, il fut à son tour interrogé par son supérieur, qui le jeta en prison.

Le lendemain, il répondit à l’officier : Si tu abandonnais ton erreur et si tu adorais le Messie, tu recevrais en héritage le royaume éternel. A cette courageuse déclaration, il ajouta quelques imprécations contre les statues de bois ou d’airain des idoles païennes.

Battu et horriblement torturé, remis en prison, il expira peu après.

Saint Leontius de Tripoli est commémoré le 18 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Amandus de Bordeaux

† 431

 

Amandus aima Dieu dès l’enfance et lisait l’Ecriture avec avidité. Dieu le conserva dans une innocence qui ne connaissait pas les dangers du monde.

En 389, il prépara au baptême Paulinus (v. 22 juin), qui devint évêque de Nole (Italie), et avec lequel il entretint une correspondance assidue, qui nous permet aujourd’hui de connaître mieux la vie d’Amandus.

Il fut ordonné prêtre par s.Delphin (v. 24 décembre) et lui succéda sur le siège de Bordeaux, vers 404.

Amandus dut faire violence à sa modestie pour accepter une telle charge. Mais il montra encore plus d’humilité après une vision qu’il eut du Christ une nuit : le Seigneur lui enjoignait d’aller à la rencontre d’un certain Seurin (ou Séverin), qui était bien meilleur que lui, Amandus.

Même un évêque pourrait se vexer d’entendre une telle recommandation ! Amandus obéit, alla à la rencontre de Seurin, qu’il embrassa comme s’il le connaissait depuis mille ans, et lui céda la place à la direction du diocèse, restant dans l’ombre jusqu’à la mort de Seurin, de 410 à 420.

Amandus mourut en 431 ou 432.

Saint Amand de Bordeaux est commémoré le 18 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Elisabeth de Schönau

1129-1164

 

Elisabeth était née en 1129 près de Cologne (Allemagne) ; on sait qu’elle avait un frère, Egbert, qui l’assista de son mieux.

Elle entra à douze ans au monastère bénédictin de Schönau : elle s’efforçait simplement de suivre exactement l’observance, encore que sa santé fût débile. Mais son courage était grand : elle portait cilice, chaîne de fer, et ne reculait pas devant d’autres austérités.

A partir de vingt-trois ans, elle fut l’objet de visions célestes, et aussi de persécutions diaboliques. Son frère Egbert, chanoine à Bonn, puis abbé à Schönau en 1155, reçut ses écrits et les publia. Elisabeth fut aussi en relations avec sainte Hildegarde (v. 21 septembre).

Un ange lui avait enjoint d’annoncer au peuple des châtiments qui le menaçaient s’il ne faisait pénitence : la pauvrette ayant trop attendu pour divulguer le message, l’ange, pour la punir de son hésitation, la fouetta durement. Elle fut malade trois jours. Saint Jérôme avait reçu une «pénitence» similaire (v. 30 septembre).

Le Christ fit assister Elisabeth aux mystères de sa vie, de sa mort et de sa glorification. Divines audiences où elle obtenait la conversion des pécheurs. Le samedi, la Mère de Dieu lui apparaissait. Souvent elle reçut des visites de Saints dont on célébrait la fête. Des extases la surprenaient à l’office, à la messe.

Le dernier livre d’Elisabeth raconte l’aventure et le martyre de sainte Ursule et de ses compagnes (v. 21 octobre) ; certains y trouvent des explications utiles pour cette étonnante épopée, d’autres qualifient ce livre de  «roman extraordinaire qui se tient fort loin de l’histoire» : nous savons que, d’habitude, les visions qui viennent de Dieu ne sont pas des romans. D’autre part, la sainteté de vie d’Elisabeth ne peut nous faire supposer qu’elle ait prétendu vraies des imaginations personnelles. Même si un élément humain s’introduit toujours dans la rédaction de visions célestes, le fond de celles-ci reste certainement dans la vérité.

Elisabeth mourut, chargée de douleurs, le 18 juin 1164, jour où la commémore le Martyrologe.

Son saint corps fut profané par les envahisseurs suédois ; il n’en resta que son crâne et quelques ossements.

Commémorée au Martyrologe depuis 1584, Elisabeth de Schönau n’a cependant pas été béatifiée ni canonisée officiellement.

 

 

Osanna Andreasi de Mantoue

1449-1505

 

Osanna Andreasi était la première-née d’une nombreuse progéniture, dans une famille très noble originaire de Hongrie et alliée aux Gonzague, les princes de la cité. Ses parents étaient Nicolò et Agnese. Elle naquit le 17 janvier 1449.

Elle n’avait que six ans lorsqu’une voix céleste l’interpella : “Enfant, la vie et la mort consistent à aimer Dieu”. Elle fut au paradis en extase.

Toute sa vie devait être une union mystique au Verbe éternel, qui la favorisa de nombreuses extases.

Son père ne voulant pas la faire étudier, elle obtint par la prière l’aide surnaturelle : une statue de la Vierge Marie s’anima, qui lui enseigna la lecture des cantiques, le latin, et l’écriture. Elle connut ainsi la Bible et put citer les Pères de l’Eglise.

Lors d’une maladie grave qui mit ses jours en danger, elle en profita pour demander l’habit du tiers ordre dominicain. Guérie, elle conserva cet habit : on imagine la “colère” du papa, qui s’apaisa tout de même.

Osanna fit un noviciat patient de trente-sept années, et fit profession en 1501.

Après la mort des parents, elle s’occupa de la maison, cherchant à rendre service à chacun. Sous les dehors de sa condition, elle portait le cilice ; elle récitait l’office de la Vierge, le grand office aux jours de fête ; elle se confessait et communiait chaque dimanche ; tant qu’elle put, elle s’imposa de dures pénitences : avec l’âge, elle y renonça mais eut le don des larmes.

Lors d’une extase où lui apparurent le Christ, la Vierge Marie et le roi David, elle reçut l’anneau invisible des noces mystiques ; elle porta, mais de façon invisible aussi, les stigmates de la passion de 1476 à 1481.

Durant cette période, elle fut appelée comme gouvernante auprès de François II et Isabelle d’Este, auxquels ses prières obtinrent une fille, Livia-Osanna, qui devint clarisse.

Sans se mêler de politique, elle souhaitait la liberté pour sa ville de Mantoue, occupée par les Français, et appelait instamment les habitants à la conversion.

Elle mourut le 18 juin 1505 dans les bras de ses protecteurs princiers, qui lui préparèrent un magnifique mausolée. Après quatre cents ans, son corps intact fut transporté à la cathédrale.

Osanna fut béatifiée en 1694.

 

 

Gregorio Barbarigo

1625-1697

 

Le nom de famille s’écrivit aussi Barbadico ou Barbadigo.

Gregorio naquit le 16 septembre 1625 à Venise, aîné des quatre enfants de Giovanni Francesco, sénateur de la République de Venise, et de Chiara (ou Lucrezia) Lion, qui mourut de la peste en 1627. Les autres enfants furent Elena, Pietro et Antonio.

Ces parents, très chrétiens, lui donnèrent au baptême les noms de Gregorio, Giovanni, Gaspare. Le père lui fit donner une formation dans l’art de la guerre, dans les sciences naturelles et dans la diplomatie. Il apprit aussi la musique.

C’est ainsi qu’il participa, à Münster, à l’élaboration de la Paix de Westphalie (1643), mission de trois années durant laquelle il rencontra le nonce apostolique, Fabio Chigi, futur pape Alexandre VII.

Il voyagea ensuite dans les Flandres et en France ; de retour en Italie, il étudia à Padoue : grec, mathématiques, histoire, philosophie. Il avait dans l’idée d’abandonner la carrière diplomatique et de se retirer dans quelque ermitage, mais Mgr Chigi l’en dissuada. 

En 1655, il reçut le doctorat en Droit civil et en Droit ecclésiastique, autrement dit in utroque jure et fut ordonné prêtre cette même année.

En 1656, le nouveau pape, Alexandre VII, l’appela au Vatican ; il dirigea le Tribunal de la Signature Apostolique. La même année, il organisa les secours auprès des victimes de la peste qui sévissait à Rome.

En 1657, Gregorio fut nommé évêque de Bergamo, charge qu’il n’accepta qu’après avoir prié Dieu de l’éclairer. A peine arrivé dans son diocèse, il fit donner aux pauvres la somme d’argent prévue pour solenniser son installation, et leur distribua ses propres ressources. Il prit pour modèle saint Carlo Borromeo (voir au 3 novembre).

Il ordonna au concierge de son évêché, de le réveiller à n’importe quelle heure, s’il s’agissait d’aller assister quelque malade. A son médecin qui l’invitait à plus de repos, il répondit : Je fais mon devoir, je ne peux pas faire autrement. Durant les visites pastorales, il logeait chez les gens, simplement.

Le pape le fit cardinal en 1660, puis le nomma évêque de Padoue en 1664 : Mgr Barbarigo y sera le pasteur durant trente-trois années. Il y renouvela le séminaire, qui fut un des meilleurs d’Europe pour la formation des prêtres, il développa la presse chrétienne.

Comme cardinal, il participa à plusieurs conclaves et, après celui de 1676, fut retenu à Rome comme conseiller personnel du nouveau pape (Innocent XI).

Ce grand prélat au zèle infatigable travailla aussi à la réunification des Eglises orientales.

Il mourut le 18 juin 1697, fut béatifié en 1761 et canonisé en 1960.

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16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 23:00

17 JUIN

I.

Ss Blastus et Diogenes, martyrs à Rome.

?

S Montan, soldat martyr à Terracina.

S Just, donné comme compagnon de s. Ursin à Bourges.

S Pozan, vénéré près de Bourges. 

III.

Ss Isauros, Innocens, Felix, Hermias, Peregrinos et Basilios, martyrs à Apollonia.

Ss Marcianus et Nicandrus, martyrs à Dorostore.

IV.

Ss Manuel, Sabel et Ismaël, venus de Perse comme ambassadeurs, martyrs en Chalcédoine.

S Himère, abbé (évêque ?) à Améria et vénéré à Crémone ( VI. ?).

V.

S Antidius, évêque à Besançon, martyrisé à Ruffey.

S Hypatios, abbé à Chalcédoine, qui s’opposa aux jeux olympiques.

VI.

S Hervé (Huvarné), aveugle de naissance, abbé à Plouvien puis Lanhouarneau ; on le représente avec un loup, parce qu’il avait obligé un loup à lui remplacer l’âne qu’il avait dévoré.

S Avitus, abbé à Micy.

VII.

Ste Alène (Halène, Hélène), vierge à Forest. 

Ss Botulphe (Botolphe, Botwulf) et Adulphe, deux frères saxons ou irlandais ; Botulphe fonda un monastère à Ikanhoe. 

S Moling (Mulling, Molignus, Dairchella), évêque à Ferns, puis Leinster.

S Blier, écossais, ermite en Champagne.

VIII.

S Vérédème (Vrime), évêque en Avignon.

XII.

S Ranieri, de Pise, mystique ; le pain et l’eau bénis par lui (ou par sa formule de bénédiction), guérirent de nombreux malades.

XIII.

Ste Teresa, fille du roi du Portugal ; elle restaura un monastère à Lorvâo et y devint cistercienne ; sa soeur Sancha, bienheureuse, est nommée au 11 avril.

XV.

B Pietro Gambacorta, bourgeois de Pise qui, converti, fonda des couvents de “Pauvres ermites de Saint-Jérôme” supprimés récemment.

XVI.

B Scipione (Paolo) Burali d'Arezzo, prêtre théatin, évêque à Plaisance puis à Naples ; il travailla à la conversion des Juifs, des hérétiques et des esclaves musulmans.

XVIII.

B Philippe Papon, curé dans l’Allier, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995. 

XIX.

S Phêrô Da, martyr par le feu au Tonkin, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

B Joseph-Marie Cassant (1878-1903), cistercien, novice à seize ans, mort prématurément de tuberculose, béatifié en 2004.

 

Blastus et Diogenes de Rome

† 1er siècle

 

On ne connaît que les noms de ces deux Martyrs romains.

Ils moururent peut-être au 1er siècle, sur l’ancienne Voie Salaria, au lieu-dit Les Sept Palombes.

Saints Blastus et Diogenes de Rome sont commémorés le 17 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isauros

et Compagnons : Basilios, Innocens, Felix, Hermias, Peregrinos

† 284

 

Isauros était natif d’Athènes et fut introduit comme diacre dans le presbyterium, en même temps que Basilios et Innocens.

En 283, ils quittèrent Athènes pour Apollonia d’Illyrique, une ancienne colonie de Corfou, au nord de l’Epire.

Là, conduits par un ange, ils trouvèrent dans une grotte trois Chrétiens qui se cachaient : Felix, Hermias et Peregrinos. Ils avaient fui la persécution romaine.

Isauros raviva leur foi et leur enseigna à s’attacher aux choses qui demeurent, éternelles et incorruptibles.

Ayant partagé cette nourriture spirituelle, ils partagèrent la nourriture matérielle. Puis ils distribuèrent aux pauvres ce qu’ils avaient encore.

Des parents de Felix, Hermias et Peregrinos essayèrent en vain de les détourner de la compagnie d’Isauros : n’arrivant pas à les amener à l’idolâtrie, ils allèrent les dénoncer au proconsul d’Apollonia, un certain Tripontios. Ce dernier, voyant leur ferme attachement à la foi du Christ, ordonna de les décapiter. 

Mais Tripontios ne se contenta pas de ces trois Martyrs ; il arrêta aussi Isauros et ses deux Compagnons, et les confia à son fils Apollonios, qui devait les amener à renier leur foi et devenir idolâtres. Apollonios usa de toutes les tortures imaginables, y compris le feu et l’eau, mais il dut lui-même constater que la foi, et même les forces physiques de ses victimes, augmentaient malgré les tortures.

Même des notables d’Apollonia furent convaincus de se convertir, devant ces merveilles, comme les deux frères et sénateurs Rufos et Roufianos.

Les trois Athéniens furent alors décapités à leur tour et inondèrent le sol de l’Epire de leur sang. C’était le 17 juin 284.

Les faits ici relatés pourraient avoir subi quelques oublis ou plutôt quelques embellissements involontaires, car divers détails se retrouvent textuellement dans d’autres récits. Quelques détails restent mystérieux : pourquoi l’Eglise d’Athènes aurait-elle envoyé un diacre et deux compagnons, seuls, sans prêtre, dans cette région éloignée où sévissait la persécution ? Pourquoi les parents de Felix, Hermias et Peregrinos n’auraient-ils pas dénoncé Isauros et les deux autres en même temps que les trois premiers ? 

Mais tout récemment, une pieuse personne qui séjournait à proximité de l’église Saint-Isauros, y aurait eu une vision du Martyr et y aurait même entendu une magnifique Liturgie, que les voisins n’entendaient pas du tout.

Tous ces six Martyrs appartiennent à la tradition byzantine et se trouvent dans le Martyrologe Romain au 17 juin.

 

 

Marcianus et Nicandrus à Dorostore

† 297

 

Plusieurs soldats martyrisés pour leur foi à Dorostore ont déjà été mentionnés : Pasicrates et Valentio, Iulius, Hésychius (25 avril, 27 mai, 15 juin).

Marcianus et Nicandrus subirent à leur tour le martyre, également à Dorostore (Mésie, act. Bulgarie).

Ils étaient chrétiens depuis peu. Ils refusaient d’offrir l’encens aux statues de dieux, ils refusaient aussi la solde qu’ils méritaient pour leurs combats.

Leurs épouses étaient présentes. Celle de Nicandrus l’encourageait à rester fidèle au Christ, et fut mise en prison. 

Puis les deux soldats furent aussi mis au cachot, pendant vingt jours, au terme desquels fut prononcée la sentence de mort.

Tandis que la femme de Nicandrus, avec son petit garçon, rayonnait de joie parce que son mari allait recevoir la couronne du martyre, celle de Marcianus le suppliait de renoncer à sa foi avec des cris déchirants, lui présentant elle aussi son petit enfant. Marcianus cependant pria son ami Zoticus de la retenir.

Après avoir embrassé son enfant, Marcianus embrassa Nicandrus. La femme de ce dernier s’approcha encore une fois et exprima toute sa joie d’avoir un tel mari.

Puis les deux soldats furent décapités, le 17 juin 297.

Saints Marcianus et Nicandrus sont commémorés le 17 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Antidius de Besançon

† 411

 

Antidius (couramment Antide) serait issu d’une famille chrétienne de Séquanaise (Franche-Comté).

Il aurait été formé par s.Fronime, qui était évêque de Besançon à la fin du 4e siècle et auquel il aurait succédé comme quinzième évêque de ce siège. Le rédacteur a sans doute fait une erreur, indiquant Fronime au lieu de Chelmégisèle, qui fut effectivement évêque avant Antide.

On a attribué à Antide des miracles : il aurait reconnu des hosties non consacrées ; multiplié le grain lors d’un siège de la ville.

Lors d’une invasion des Vandales avec leur chef Chrocus, Antide fut martyrisé à Ruffey (Ruffey-sur-Seille (39), à cent kilomètres de Besançon, ou Ruffey-lès-Echirey (21), plus proche ?).

Le martyre d’Antide est communément daté de 411 environ, Mais cette date semble incertaine, et la liste épiscopale du diocèse de Besançon date l’événement vers 465.

Les reliques de s.Antide rse trouvent dans l’actuelle église Saint-Maurice.

Saint Antidius de Besançon est commémoré le 17 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hypatios de Bithynie

366-446

 

Hypathios serait né vers 366 en Phrygie (Asie Mineure, act. Turquie W), d’un père fort lettré qui pensait l’orienter vers la rhétorique.

Mais le jeune homme avait bien autre chose en tête : se consacrer à Dieu. Ce n’était pas du tout pour plaire au papa, qui le fouetta d’importance. Le garçon s’enfuit, loin, jusqu’en Thrace (Grèce N).

Il se fit berger. En gardant le troupeau, il chantait. Un moine le remarqua, lui enseigna la psalmodie ; Hypatios devint chantre dans l’église.

Déjà, il savait se priver de vin, contrairement à d’autres chantres. Puis le désir de la solitude le reprit et il rejoignit un certain Ionas : ce fut là le début d’un nouveau monastère où affluèrent les vocations. Un jour où le monastère fut assailli par les Huns, toute la communauté se défendit et repoussa l’ennemi.

Mais les Barbares avaient dévasté le pays ; Hypatios et Ionas allèrent demander des subsides à Constantinople. On ne connaît pas l’issue de cette démarche, mais l’histoire affirme qu’Hypatios y rencontra son vieux père et que ces retrouvailles furent émouvantes. 

Hypatios alors se déplaça à Chalcédoine (Bythinie, act. Turquie NW), et s’installa dans les ruines d’un ancien monastère, fondé par un certain Rufin. Ce bâtiment Rufinien, comme on l’appelait, était soi-disant hanté, mais les diablotins, s’ils y étaient, ne résistèrent pas longtemps à la sainteté d’Hypatios

Une sainte femme voulut éprouver la sainteté du nouveau venu ; elle s’approcha et lui demanda si elle pouvait habiter avec lui ; et Hypatios de lui rétorquer : Loin de moi, Satan ! (cf. Mt 4:10 ; 16:23 ; Mc 8:33). La brave femme fut convaincue et apporta par la suite des vivres à l’ermite.

Le Rufinien se remplit bientôt de nouvelles recrues. Hypatios fut leur supérieur.

Il prit ouvertement parti pour la Doctrine de l’Eglise, contre Nestorius. Notons aussi qu’il s’opposa vigoureusement à la reprise des jeux olympiques, y voyant un retour au paganisme : essayons ici, pour une fois, de réfléchir à ce qu’est devenu le sport pour beaucoup, une sorte de nouvelle religion qui a envahi nos vies, et vidé nos églises le dimanche.

Hypatios fut célèbre par les dons de prophétie et des miracles ; sa prière éloignait les animaux nuisibles.

Allons au devant du Seigneur avec des louanges (Ps 94:2), furent ses derniers mots, le 17 juin 446.

Saint Hypatios de Bithynie est commémoré le 17 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Avitus de Micy

† 530

 

Avitus (qu’il ne faut pas confondre avec l’homonyme contemporain, évêque de Vienne), naquit à Orléans. On connaît cependant peu de choses sur lui.

Il serait né vers 470, dans une famille pauvre.

Moine à Menat, dans la vallée de la Sioule, avec son ami Calais, il entre avec ce dernier à l’abbaye de Micy entre 510 et 520, où il deviendra cellerier. Mais les deux amis, déçus de ce monastère, partirent vivre en ermites : on parle du Perche, du Dunois, de Piciacum (auj. Picy, Yonne).

A la mort de Mesmin, le fondateur de Micy, les moines rappelèrent Avitus pour le nommer abbé, vers 520-525.

Il mourut en 530 (527 pour certains).

Saint Avitus de Micy est commémoré le 17 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hervé

520-575

 

Personnage autant historique que mystérieux, saint Hervé est peut-être le saint le plus populaire de Bretagne, après saint Yves bien sûr.

Le père de Hervé était barde et s’appelait Hyvarnion ; très pieux et chaste, il aurait quitté la cour du roi Childebert et été célestement averti d’épouser la pieuse Rivanone, dont ils eurent Huvarné, ou Hervé, qui naquit donc à Lanrioul, en Plouzévédé, vers 520.

Hervé était aveugle de naissance, mais ses yeux voyaient le ciel. Sa mère lui enseigna le chant des psaumes et des hymnes. Le papa d’Hervé mourut bientôt.

Très tôt Hervé se retira dans la vie érémitique, d’abord sous la direction du moine Martianus, puis à Lanrivoaré, où venait de mourir un parent, un certain Urfold, dont il eut révélation de la mort. 

Un jour qu’Hervé était occupé à labourer, guidé par un certain Guic’haran, voici qu’un loup vint dévorer l’âne d’Hervé ; celui-ci ordonna au loup de prendre la place de l’âne et d’achever le travail, et le loup obtempéra.

Hervé se serait ensuite fixé à Plouvien, où il aurait dirigé un monastère, puis à Lan-Houarneau, où il mourut et se trouve son tombeau ; sa pieuse mère y aurait déjà été enterrée. Il aurait même assisté à un concile régional à Mené Bré, qui devait se prononcer contre le comte Conomor, accusé d’avoir assassiné son épouse.

On dit aussi - mais il est difficile de faire concorder tous ces détails, peut-être embellis par quelque légende locale - qu’Hervé aurait vécu un temps à Tréouergat (29290), où l’on peut encore voir les traces d’une ancienne chapelle et d’un petit abri, rafraîchis par une fontaine qui coule encore.

Hervé se serait aussi déplacé plusieurs fois, recherchant la solitude. Il aurait aussi reçu les ordres mineurs, mais humblement refusé d’être ordonné prêtre, se sentant indigne de célébrer l’Eucharistie. Devenu ainsi exorciste, il savait chasser les démons.

La mort d’Hervé aurait eu lieu un 22 juin, d’une année entre 566 et 575. Ses reliques, transférées à Nantes, disparurent au moment de la Révolution française.

Saint Hervé est le patron des bardes bretons ; on l’invoque pour chasser les démons ; pour les maladies des yeux, la guérison des peurs, des angoisses, de la dépression nerveuse, pour protéger les chevaux.

On attribue à saint Hervé ce très joli Cantique du Paradis, qu’on chante souvent aux funérailles : 

 

Jésus, qui vis aux cieux 

Et règnes près de Dieu, 

J'attends ton paradis 

Car tu me l'as promis. 

 

J'irai vers ta clarté

ô Christ ressuscité,

Je crois que ton regard

Ne peut me décevoir.

 

Plus d'ombre, plus de pleurs

Ni larmes, ni douleurs,

Jésus, car près de toi

Tout n'est que paix, que joie !

 

Qu'à l'heure de ma mort

Ta voix me dise encor:

Ami, dès aujourd'hui

Viens dans mon Paradis.

 

Le Martyrologe le mentionne au 17 juin (Hervæus). Une statue de saint Hervé, accompagné de son loup converti, se trouve sur le tombeau de saint Urfold, à Bourg-Blanc (29860).

Il y a un autre saint Hervé, breton et célèbre aussi, mais du 12e siècle (v. 18 juillet).

Ranieri de Pise

1118-1161

 

Ranieri (Raynier) vit le jour en 1118 à Pise (Italie C), de Gandulfo Scacceri et Mingarda Buzzacherini.

Ceux-ci firent tous leurs efforts pour offrir à leur fils une bonne éducation, mais Ranieri s’abandonna au vague, à la vanité, au plaisir facile, jusqu’à une heureuse rencontre, en 1137, avec un saint homme nommé Alberto, un ermite corse venu vivre au monastère Saint-Guy de Pise et qui devait mourir plus tard près de Paris.

Ranieri sentait en lui le besoin d’un changement et demanda à Alberto de prier pour lui ; Alberto fut exaucé : Ranieri rentra en lui-même, regretta ses fautes de jeunesse, et les pleura si amèrement que sa famille le prit pour un fou : il partit et vécut en solitaire ; il perdit même la vue pendant quelque temps, mais par amour pour ses parents consternés, il obtint de Dieu sa propre guérison.

A vingt-trois ans, intérieurement poussé par la grâce de Dieu, il distribua aux pauvres toutes ses richesses et partit en Terre Sainte : il s’y joignit à des ermites, vivant très pauvrement et s’imposant des jeûnes sévères ; il ne mangeait que deux fois la semaine et même, pendant quelque temps, seulement le dimanche ; il aimait prier les psaumes pour les âmes des morts et en apprit mystérieusement le sens profond. Il fut favorisé aussi de nombreuses visions.

Divinement inspiré, il revint à Pise en 1154 et entra au monastère Saint-Guy ; il devint comme le directeur spirituel des Pisans. Dieu confirma sa grande sainteté par de nombreux miracles : il chassait les démons, lisait dans les cœurs.

Il annonça sa mort. Peu auparavant, il formula une prière de bénédiction pour le pain et l’eau, par laquelle on put apaiser des tempêtes, guérir des malades, délivrer des possédés et des prisonniers.

Ranieri mourut saintement à Pise, le 17 juin 1161 et continua à produire de nombreux miracles. On croit qu’il fut canonisé officiellement une vingtaine d’années plus tard.

En 1284, la ville et le diocèse de Pise le choisirent comme patron principal. Jusque là, leur Patron était saint Sixtus, mais ayant été vaincus par les Gênois, ils se sentirent «trahis» par leur Protecteur, et lui préférèrent Ranieri.

Saint Ranieri de Pise est commémoré le 17 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Teresa de Portugal

1176-1250

 

Teresa de Portugal naquit vers 1176, à Coimbra, fille aînée du roi portugais Sancho Ier et de Dulce d’Aragon, qui eurent onze enfants. Deux autres filles, Sancha et Mafalda, sont aussi bienheureuses (v. 11 avril et 1er mai).

Teresa était une jeune fille aussi pieuse que belle, modeste et discrète.

Elle épousa (ou plutôt on lui fit épouser) Afonso IX, roi de León, qui était son cousin, ce qui fit que le pape déclara nul ce mariage. Mais les époux, n’étant pas responsables de cette situation, ne se séparèrent pas immédiatement et eurent trois enfants Sancha, Fernando et Dulce.

Même certains évêques espagnols reconnaissaient la validité du mariage au concile de Salamanque convoqué en 1192 par le pape. 

Cherchant la paix, les pieux époux se séparèrent finalement, en 1195, et Teresa revint au Portugal.

A la mort du roi Sancho Ier, il y eut une grave mésentente entre les descendants, Afonso II et ses sœurs, Teresa, Sancha et Mafalda.

Teresa obtint pour elle le monastère bénédictin de Lorvão, qui était presque abandonné ; elle y fit venir des moniales cisterciennes ; elle-même y entra en 1228, avec sa jeune sœur, Blanca, sa cadette de onze ans.

Elle fonda aussi le monastère de Cisterciennes de San Guillermo à Villabuena del Bierzo, où se retirèrent ses deux filles.

Elle alla assister sa sœur Sancha à ses derniers moments, en 1229 (v. 11 avril) et remporta sa dépouille au monastère de Lorvão.

Pour régler pacifiquement avec ses sœurs l’épineuse question de l’héritage familial, Teresa renonça à tout ce qui pourrait revenir à ses filles Sancha et Dulce (son fils était déjà mort), se contentant d’une pension.

Elle se retira ensuite à Lorvão, dans la prière et la pénitence. Dieu lui donna le don des miracles.

Elle annonça aussi le jour de sa mort, qui arriva le 17 juin 1250.

A son tombeau se produisirent beaucoup de miracles. On l’ouvrit en 1617 : on y trouva intacts et le corps et les vêtements et les fleurs.

Teresa fut béatifiée avec sa sœur Sancha en 1705, mais le Martyrologe la nomme sainte.

 

 

Scipione Burali

1511-1578

 

Scipione Burali naquit en 1511 à Itri (Latina, Latium, Italie centrale), de la noble famille Burali di Arezzo.

C’était le second fils de Paolo Burali et Vittoria Olivares ; quand celle-ci mourut, Paolo se retira de la vie diplomatique, et devint prêtre.

A quatorze ans, en 1525, Scipione fut inscrit à l’université de Salerno, puis à celle de Bologne, où il reçut très brillamment le doctorat in utroque jure, à vingt-cinq ans. Il eut comme professeur un certain Ugo Boncompagni, le futur pape Grégoire XIII.

Pendant douze ans, il fut avocat à Naples, où son intégrité lui valut le surnom de ami de la vérité et père des pauvres.

Il voulait se retirer, mais le roi le nomma conseiller royal, puis sa parfaite honnêteté lui valut des responsabilités très importantes dans l’armée, dans les rapports avec la papauté et aussi à la cour d’Espagne.

Sa vie personnelle, empreinte d’un amour d’absolu, reçut l’influence bénéfique des pères Théatins (v. 7 août, saint Gaetano de Thiene).

En 1557, il entra dans cet Ordre, prenant le nom de Paolo. Quoique se sentant à peine capable d’être le dernier des frères, il fut poussé à recevoir le sacerdoce, en 1558.

On lui confia la mission d’aller implorer à la cour d’Espagne un adoucissement dans les activités de l’Inquisition à Naples. La mission réussit totalement.

Il fut nommé supérieur des communautés de Théatins à Naples puis à Rome. Trois fois, il refusa d’être nommé évêque, et finit par se soumettre pour le diocèse de Plaisance (1568), où il eut une activité réformatrice similaire à celle de saint Carlo Borromeo (v. 3 novembre) pour appliquer les décrets du concile de Trente.

En 1568, il fut créé cardinal, et en1576, il fut transféré au siège de Naples, par l’autorité du nouveau pape Grégoire XIII, son ancien professeur.

A Naples, insatisfait du séminaire existant, il renvoya tout le monde, professeurs et élèves, et ferma la maison, avant de rouvrir l’établissement avec d’autres normes, conciliaires celles-ci. Il fit de même avec deux monastères de femmes. Il abolit le «privilège» du vice-roi d’avoir son trône avec baldaquin à côté de l’autel. Il s’attacha à la conversion des juifs, des hérétiques et des esclaves mahométans. Il publia un Catéchisme qui fut sa dernière action, car l’âge et les maladies le portèrent bientôt à la mort, le 17 juin 1578.

Il s’était retiré à Torre del Greco pour se reposer après s’être cassé une jambe. Saint Filippo Neri dit alors que sa mort était une perte pour tout le monde chrétien.

Scipione-Paolo fut béatifié en 1772.

 

 

Philippe Papon

1744-1794

 

L’abbé Papon était né le 5 octobre 1744 à Saint-Pourçain (Allier).

Il fut curé de Contigny, dans le diocèse de Moulins.

Comme tant d’autres Confrères, il refusa de prêter le serment à la Constitution civile du Clergé et fut condamné à la déportation.

Les prisonniers furent en réalité entassés sur des bateaux négriers qui ne partirent jamais de La Rochelle.

L’abbé Philippe Papon mourut à bord du Deux Associés, le 17 juin 1794, en donnant l’absolution à un autre prêtre moribond.

Il fait partie des soixante-cinq Martyrs de la Révolution béatifiés en 1995.

 

 

Phêrô Ɖa

1802-1862

 

Ce laïc vietnamien était né vers 1802 à Ngọc Cục (Nam Định, Vietnam).

D’autres Martyrs étaient du même village (voir au 16 juin).

Phêrô (Pierre) fut brûlé vif ; il subit le martyre le 17 juin 1862. Il y eut cette année-là un traité entre le Vietnam et la France, mettant fin (officiellement) aux hostilités des gouvernants vietnamiens contre les Occidentaux (et donc contre les missionnaires).

Béatifié en 1951, Phêrô Đa a été canonisé en 1988. Il occupe la dernière place de la liste des cent dix-sept Martyrs vietnamiens.

Ces cent dix-sept Martyrs ont leur fête commune le 24 novembre.

 

 

Joseph-Marie Cassant

1878-1903

 

Deuxième garçon d’une famille très chrétienne, Joseph-Marie naquit le 6 mars 1878 à Casseneuil (Lot-et-Garonne), de Pierre et Anaïs. Les deux sœurs de Pierre étaient religieuses à Casseneuil. 

Pierre Cassant, arboriculteur, envoya Joseph faire des études chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lassaliens) sur place, mais Joseph rencontra de grandes difficultés, en raison de sa mauvaise mémoire.

L’étude marquait le pas, mais la foi et bientôt la vocation sacerdotale de ce garçon s’affermirent très vite. Le bon curé de la paroisse le suivait de près, le confiant à son vicaire pour l’aider dans l’étude. Impossible pourtant de l’envoyer au petit séminaire, à cause de ce manque de mémoire. Joseph ne se décourageait pas ; il priait, il se recueillait, au point que le bon curé, l’abbé Filhol, lui suggéra de se présenter chez les Cisterciens. Il eut l’idée de faire vivre Joseph au presbytère pendant quelque temps, au rythme de l’abbaye : horaires, prière, travail, régime alimentaire. Joseph est ravi.

Finalement, le jeune homme se présenta à l’abbaye cistercienne de Sainte-Marie du Désert, dans le diocèse de Toulouse, le 5 décembre 1894 : il n’avait pas dix-sept ans.

Dieu fit que le maître des novices avait du discernement : le Père André Malet sut veiller sur cette âme, l’accompagner dans son chemin vers la perfection, dans la voie du Cœur de Jésus. Joseph était toujours content, toujours souriant, jamais raisonneur ou grognon, de sorte que ses frères en religion l’apprécièrent vite.

Joseph-Marie avança ainsi en répondant à chaque instant à l’appel du Christ, avec patience, espérance, amour. Il voyait ses lacunes, mais il n’avait qu’un but : l’amour du Christ. Sa devise était : “Tout pour Jésus, tout par Marie”.

Il poursuivit l’étude, pas à pas, avec acharnement et persévérance. Les difficultés ne manquaient pas, car le frère qui l’enseignait n’avait pas le tact nécessaire envers son élève. Mais Joseph ne se décourageait pas et avançait, discrètement, malgré une résistance physique apparemment limitée, au point qu’il fut ajourné au conseil de révision en 1899 et définitivement réformé du service militaire en 1900.

Cette même année, il prononça ses vœux définitifs le 24 mai 1900, et s’appela alors Marie-Joseph.

Il put dès lors s’engager dans la préparation au sacerdoce : l’Eucharistie était sa référence. Il reçut l’ordination sacerdotale en octobre 1902, il avait l’âge canonique de vingt-quatre ans, ayant dépassé victorieusement le handicap de sa mémoire traîtresse.

Trop discret, même, Joseph ne s’était pas plaint d’un mal qui le rongeait : la tuberculose. On ne le remarqua que trop tard, quand il ne pouvait plus le cacher. Il fit un séjour dans sa famille, mais quand il revint au monastère, ce fut pour être reçu à l’infirmerie, où ses souffrances devinrent de plus en plus intolérables, intensifiées aussi par les maladresses de l’infirmier, son ancien “professeur” si acariâtre.

Jusqu’au bout, le père André fut aux côtés de Joseph. Il avait dit un jour : Quand je ne pourrai plus dire la Messe, Jésus pourra me retirer de ce monde.

Jésus vint en effet l’appeler au matin du 17 juin 1903. 

Consommé dans la sainteté par sa patience dans les petites choses quotidiennes, Marie-Joseph fut béatifié en 2004.

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15 juin 2020 1 15 /06 /juin /2020 23:00

16 JUIN

III.

Ss Ferréol et Ferjeux, prêtre et diacre, venus d’Orient à Lyon, envoyés par s. Irénée pour apostoliser la Séquanie, martyrs à Besançon dont ils sont les patrons principaux.

S Ilpidius, martyr près de Mende.

IV.

Ss Quiricus et Iulitta, martyrs à Tarse ; Quiricus, enfant de trois ans, fut assommé juste avant que sa maman fût décapitée.

S Similianus, évêque à Nantes.

V.

S Tychon, évêque à Amathonte, patron des vignerons.

Ss Aureus, évêque à Mayence, et sa sœur Iustina, martyrs des Huns.

Ss Bertaud et Amand (VI.), écossais, ermites dans la forêt de Beaumont.

VI.

S Aurelianus, évêque en Arles, légat du pape pour la Gaule, second archevêque de Gaule après celui de Lyon, fondateur d’un monastère d'hommes et un de femmes ; il prescrivit que tous les moines apprissent à lire.

S Euspice, abbé fondateur de Micy.

S Vorles, prêtre de Marcenay ; un jour qu’il célébrait, il éteignit à distance l’incendie d’une maison où était resté seul un enfant.

IX.

S Cechardus, évêque à Luni, assassiné aux carrières de Carrare, dont il fut depuis le patron.

XII.

S Benno, évêque à Meissen, au cœur des luttes entre Henri IV et la papauté ; il reconnut le pape légitime Urbain II ; il est patron de Meissen et de Münich, de la Bavière, des drapiers et des pêcheurs, invoqué pour obtenir la pluie.

XIII.

Ste Lutgarde, cistercienne à Aywières, devenue aveugle, une des premières mystiques à qui le Christ ait révélé son Sacré-Cœur.

XVI.

B Thomas Redyng, chartreux à Londres, martyr.

XVIII.

B Antoine (dit Constant) Auriel, vicaire dans le Lot, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

Ss Đaminh Nguyễn, Anrê Tưòng, Vinh Son Tưòng, Đaminh Nguyễn Đức Mạo, Đaminh Nhi, laïques martyrs au Tonkin, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

Bse Anna Maria Katharina (Maria Theresia) Scherer, supérieure des Sœurs de la Charité de la Sainte Croix à Ingenbohl, béatifiée en 1995.

XX.

B Donizetti Tavares de Lima (1882-1961), prêtre brésilien thaumaturge, béatifié en 2019.

Ferréol et Ferjeux

† 211 env.

 

C’est par tradition orale que l’on peut donner quelques détails sur la vie et le martyre de ces deux apôtres de la Séquanaise. On manque de documents “authentiques” sûrs.

Ferréol et Ferjeux avaient été convertis par l’illustre saint Polycarpe, évêque à Smyrne (voir au 23 février), lui-même disciple de l’apôtre saint Jean. Polycarpe connaissait bien l’évêque de Lyon, Irénée, qui était aussi originaire d’Asie Mineure, ce qui explique facilement pourquoi il lui adressa Ferréol et Ferjeux pour les associer au travail apostolique.

Irénée ordonna prêtre Ferréol, et diacre Ferjeux, avant de leur donner la mission d’évangéliser la Gaule Séquanaise (actuelle Franche-Comté).

Ces missionnaires travaillèrent efficacement pendant une trentaine d’années, lorsque le préfet de Séquanaise, Claude, les fit arrêter, vers 211 ou 212, au commencement du règne de Caracalla.

D’après saint Bède le Vénérable, ils subirent plusieurs supplices : étirement par des poulies, flagellation ; même si on leur coupa la langue, ils purent continuer de prêcher ; on leur enfila des alènes dans les pieds, dans les mains, dans la poitrine, puis on les décapita.

Ils ont actuellement une basilique mineure élevée en leur honneur à Besançon, dont ils sont les Patrons principaux, en même temps qu’ils sont les patrons secondaires de cet archidiocèse, consacré principalement à l’Immaculée Conception de Marie.

Toujours depuis Bède, leur fête est inscrite au 16 juin dans le Martyrologe.

 

 

Quiricus et Iulitta d’Iconium

† 302

 

Iulitta était une chrétienne d’Iconium (Lycaonie, auj. Konya, Turquie SW), mère d’un petit garçon de trois ans, Quiricus (fréquemment appelé Cyr).

Lorsque que commença la persécution de Dioclétien, le gouverneur de Lycaonie voulut appliquer les décrets sans tarder. Aussi Iulitta chercha à se réfugier en Pisidie, puis en Cilicie, où cependant le gouverneur local l’arrêta à Tarse.

Iulitta fut flagellée, et ne faisait que répéter : Je suis chrétienne. Le petit Cyr criait : Moi aussi, je suis chrétien. 

Furieux, le gouverneur saisit l’enfant par un pied et lui fracassa la tête contre les gradins du tribunal ; Iulitta alors fit une prière d’action de grâce à Dieu pour avoir un fils martyr. Puis elle fut torturée, et finalement décapitée.

Ce fut vers 302.

Il y aurait diverses versions de cet épisode, celle-ci étant la plus courante.

Saints Quiricus et Iulitta d’Iconium sont commémorés le 16 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Similianus de Nantes

† 330

 

Similianus (Samblin) serait le troisième évêque de Nantes, au 4e siècle.

Il aurait eu le mérite d’avoir annoncé la Bonne Nouvelle aux deux frères Donatianus et Rogatianus (v. 24 mai).

On a trouvé une trace de son activité pastorale, vers 330 ; mais on ignore la date de sa mort.

Saint Similianus de Nantes est commémoré le 16 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tichon d’Amathonte

† 5e siècle

 

Tichon était cypriote.

Son père était boulanger. Un jour, le jeune Tichon prit tous les pains qu’il put pour les distribuer aux pauvres. Le papa, assez irrité, fut bien étonné de découvrir ensuite dans son grenier un blé d’une qualité excellente.

Plus tard également, la prière de Tichon montra son efficacité, lorsqu’il devint évêque d’Amathonte (Chypre), au début du 5e siècle.

Il cultivait sa petite vigne mais, manquant de temps, il pria Dieu de l’aider : les grappes mûrirent bien avant la saison !

Saint Tichon d’Amathonte est commémoré le 16 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aureus et Iustina de Mayence

† 436

 

Aureus naquit, pense-t-on, en Gaule.

Il fut le vingt-cinquième évêque de Mayence, certainement avant 406, date à laquelle les luttes avec l’arianisme le contraignirent à quitter la ville.

A son retour, la ville était détruite. Il reprit courageusement son apostolat.

Lors d’une invasion des Huns, probablement celle de 436, les fidèles se rassemblèrent dans l’église ; on suppose que Aureus était avec eux, ainsi que sa sœur Iustina. Les envahisseurs massacrèrent toute cette assemblée, dont on n’a retenu que les noms de l’évêque et de sa sœur.

La petite église qui se dressait sur le tombeau d’Aureus, fut totalement détruite durant le siège de Mayence (1793).

Saints Aureus de Mayence et Iustina sont commémorés le 16 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aurelianus d’Arles

523-551

 

Aurelianus a pu naître vers 523, ou même bien plus tôt, en 499.

Il était d’une famille aristocratique burgonde, fils de Sacerdos, futur évêque de Lyon, et donc cousin germain de Nizier de Lyon, fils et successeur de Sacerdos. 

Il fut élu trente-troisième évêque d’Arles, en 546, succédant à Auxanius. Si jeune évêque, il fut certainement choisi pour ses qualités intellectuelles et surtout spirituelles.

Dès 548, il reçut le pallium du pape, qui le nommait en même temps son vicaire pour la Gaule.

Aurelianus fonda à Arles deux monastères, un d’hommes et un de femmes. 

Pour les hommes du monastère des Saints-Apôtres, la Règle s’inspirait de celles des ss.Césaire d’Arles et Benoît (v. 27 août et 11 juillet) ; Aurelianus stipule que tous les moines doivent savoir lire ; la clôture doit être strictement respectée : et si un moine est élu évêque, il s’en ira seul, non accompagné par d’autres moines.

La même Règle valait pour les femmes du monastère Sainte-Marie, avec les aménagements convenables.

Au concile d’Orléans de 549, Aurelianus signe juste après Sacerdos de Lyon (son père) ; ce concile avait repris les condamnations des erreurs d’Euychès et de Nestorius et fut l’occasion ensuite d’une correspondance entre le pape et Aurelianus.

En 551, Aurelianus devait aller trouver le roi Childebert, mais tomba malade et mourut à Lyon, le 16 juin 551.

Saint Aurelianus d’Arles est commémoré le 16 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cechardus de Luna

† 860

 

La ville de Luni, abandonnée vers le 9e siècle, s’est reconstituée sur l’actuel site de Ortonovo (La Spezia, Ligurie, Italie NO), non loin des si fameuses carrières de Carrare.

C’est de Luni (ou Luna) que Cechardus fut le seizième évêque, justement au 9e siècle.

Les circonstances de sa mort sont mal définies. Après le passage dévastateur des Vikings, Cechardus serait allé à Carrare se procurer le marbre nécessaire à la reconstruction des édifices ; les habitants s’y seraient opposés et l’auraient assassiné ; une autre version des faits affirme que cet assassinat eut lieu parce que Cechardus reprochait leurs vices à ces habitants ; une autre encore proposerait que l’assassinat aurait eu lieu par le roi des Vikings lui-même.

L’assassinat aurait eu lieu vers 860, ou même un peu plus tard, et fut ensuite considéré comme martyre.

Les habitants de Carrare, pris de remords prirent ensuite Cechardus pour leur patron céleste.

Le culte de s.Cechardus fut confirmé en 1832.

Saint Cechardus de Luna est commémoré le 16 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

Benno de Meißen

1010-1106

 

Benno (diminutif de Bernard) ayant été chanoine, puis moine au moins à partir de 1028, on l’a fait naître vers 1010, à Hildesheim (Basse-Saxe, Allemagne C).

En 1040 il fut ordonné prêtre.

S’il n’est pas sûr qu’il ait été abbé à Saint-Michel de Hildesheim, il fut sacré évêque de Meißen en 1066.

Son épiscopat fut très troublé par les événements politiques de cette époque.

Il devait sa nomination au roi Heinrich IV. Lorsque celui-ci entra en guerre contre les Saxons, Benno ne pouvait pas s’ériger contre son peuple, mais resta sagement neutre pour ne pas non plus offenser Heinrich. Mais justement à cause de cette discrète neutralité, le roi accusa Benno de ne lui avoir manifesté aucun signe de fidélité durant toute la guerre de Saxe et le fit arrêter.

Heinrich se retrouva excommunié, et déclara le pape déposé, n’acceptant pas de renoncer à l’inverstiture des évêques dans son royaume.

On n’a pas établi avec certitude si Benno fut délivré par Heinrich lui-même pour se racheter, ou s’il put s’enfuir lors d’un tumulte. Mais lors de la diète suivante en 1078, Benno réaffirma son obédience au Pape, et se prononça pour un rival de Heinrich, Rudolf de Rheinfelden, et, à la mort de ce dernier, pour Hermann de Salm.

A partir de 1085, les événements restent un peu confus. Heinrich aurait chassé Benno de son siège et mis à sa place un certain Felix, tandis qu’il nommait un antipape (Clément III) ; Benno serait alors venu en Italie mais, faisant valoir le bien de la paix, aurait retrouvé sa place légitime en 1088.

On raconte qu’en quittant le diocèse, Benno aurait confié à un chanoine la clef de la cathédrale, lui ordonnant de la jeter dans l’Elbe, si Heinrich encore excommunié faisait mine d’entrer dans le lieu saint. A son retour, Benno retrouva cette clef dans un poisson.

Lorsque Heinrich IV, couronné empereur, proclama la Pax Dei, cette fois-ci vivement appuyé et encouragé par Benno, celui-ci bénéficia de grandes possessions qui étendirent les domaines de son diocèse.

Benno, qui aimait le chant et la musique, aurait un jour ordonné aux grenouilles de cesser de coasser si bruyamment ; il lui vint alors à l’esprit un verset du Cantique des Trois Enfants : Tout ce qui bouge dans les eaux, bénissez le Seigneur (Dn 3:79), et les aurait alors priées de reprendre leur gentil coassement.

Il organisa une mission vers l’Est, chez les Wendes, jusqu’à Bautzen. On lui devrait les fondations de Bischofswerda et Bischheim, la plantation de la vigne à Elbtalkessel. Il aurait parcouru, et même à un âge fort avancé et à pied, la Via Regia ou Chemin de l’Evêque dans la région du Oberlausitz.

On croit en général qu’il mourut le 16 juin 1106, à quatre-vingt seize ans ; il fut canonisé en 1523.

Benno est invoqué pour obtenir la pluie ; il patronne les drapiers et les pêcheurs ; on le représente avec un poisson et une clef.

Lors de la Réforme, son tombeau fut saccagé, mais les reliques furent retirées à temps, et déposées depuis dans la cathédrale de Münich en 1580.

 

 

Lutgarde de Tongres

1182-1246

 

Lutgarde naquit à Tongres (Belgique) en 1182, de riches bourgeois.

Pensionnaire pendant une douzaine d’années chez les Bénédictines, elle grandit comme n’importe quelle jeune fille qui aime la vie.

Elle recevait des visites au parloir. Un jeune homme vint voir cette jeune beauté, et pendant la conversation, le Christ se montra à elle, lui présentant sa plaie au côté.

Lutgarde avait alors dix-sept ans ; elle se donna totalement à cet Epoux céleste que, revenant à elle, elle chassa le jeune homme presque brutalement : J’ai été conquise par un autre Amant ! Le Christ fut désormais son Epoux et pour le lui montrer, elle changea radicalement son comportement, s’adonnant à la prière et à la mortification.

On dit que cette apparition du Christ est la première manifestation du Sacré-Cœur au Moyen-Age.

Par la suite, Lutgarde eut une vie remplie d’autres manifestations mystiques : visions, lévitation, apparitions du Christ, extases. Elle porta les stigmates de la Passion. Désormais, elle comprit les prières en latin. En outre, sa prière obtint des miracles : délivrance des âmes du Purgatoire, conversions de pécheurs, guérisons de malades, assistance de malheureux.

Ces grâces importunaient Lutgarde : elles l’empêchaient d’être totalement avec le Christ et Lui demanda de les lui retirer. Le Christ lui demanda : Que veux-tu alors ? - Ton Cœur. - Non, lui dit le Christ, c’est moi qui veux ton cœur.

Lutgarde pouvait se permettre une certaine familiarité avec son Epoux divin. Un jour qu’elle ressentit la faim très fort, elle pria ainsi : Seigneur Jésus, ce n’est pas le moment que je reste avec Toi ; va donc auprès d’Elisabeth, qui a tant besoin d’être nourrie chaque heure à cause de sa faiblesse. Prends son cœur, pendant que je vais un peu me restaurer. Il en advint ainsi : la sœur Elisabeth fut guérie et reprit sa vie normale dans le couvent.

Par trois fois, elle jeûna sept années de suite au pain et à l’eau, offrant cette pénitence pour la conversion des hérétiques, le salut des pécheurs, et pour l’empereur Frédéric II, qui menaçait l’Eglise ; elle en prophétisa la mort pour 1250.

En 1206, on prétendit l’élire prieure du monastère ; elle s’y refusa et, pour trouver plus d’austérité et être encore plus ignorée, passa au monastère cistercien d’Aywiers, dont elle ne parlait pas la langue flamande : elle espérait ainsi être oubliée, mais son jargon faisait toujours du bien à qui l’entendait.

Les douze dernières années de sa vie, elle devint aveugle : épreuve supplémentaire qu’elle vivait patiemment en l’offrant pour la conversion des hérétiques.

Le Seigneur lui annonça sa mort prochaine, qui advint le 16 juin 1246.

Lutgarde a été inscrite au Martyrologe en 1584.

 

 

Thomas Redyng

? -1537

 

Frère convers chartreux anglais, vivant à la Chartreuse de Londres et dont on ne connaît rien d’autre que les circonstances de son martyre.

Le 29 mai, on envoya les moines chartreux à la prison de Newgate, où ils furent enchaînés debout, les mains liées derrière le dos à des pitons. On voulait les laisser mourir de faim dans cette position.

Une sainte femme, Margaret Clement (ou Giggs), se faisant passer pour une crémière, réussit à toucher le gardien et à pénétrer dans la prison avec un grand bidon à lait, plein de nourriture, qu’elle distribua aux moines chartreux.

Là-dessus, le roi voulut savoir s’ils étaient déjà morts : le geôlier prit peur et n’osa plus laisser entrer Margaret, mais lui permit de passer sur le toit, de retirer des tuiles et de faire descendre la nourriture dans un panier aussi près que possible de la bouche des prisonniers. Mais ils ne purent pratiquement rien attrapper et le geôlier fit interrompre le stratagème.

William Greenwood mourut le premier, le 6 juin ; John Davy le 8 juin, Robert Salt le 9 juin, Walter Pierson et Thomas Green, le 10 juin, Thomas Scryven le 15 juin, notre Thomas Redyng le 16 juin, toujours en 1537. 

D’autres moururent plus tard : on suppose qu’on fit exprès de maintenir en vie ceux qui restaient encore, pour leur faire subir la potence, suivie de l’éviscération et de la décapitation ; ainsi, Richard Bere mourut le 9 août, Thomas Johnson le 20 septembre, toujours en 1537 ; William Horne fut exécuté le 4 août 1540.

Ce martyre eut lieu à Newgate (Londres).

En 1886, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

 

 

Antoine Auriel-Constant

1764-1794

 

Ce prêtre français était né à Manobre (Fajoles, Dordogne) le 19 avril 1764.

Il fut ordonné prêtre pour le diocèse de Cahors et fut vicaire à Calviat, puis curé à Sainte-Mondane (Lot).

Condamné à l'exil, il devait être transporté à la Guyane, mais les bateaux ne partirent jamais de La Rochelle, où les prisonniers furent entassés et moururent des mauvais traitements qu'ils durent subir : insultes, absence d'hygiène, maladies et contagions.

L'abbé Auriel-Constant fut sur le Deux-Associés, où il s'improvisa généreusement infirmier de ses Confrères plus malades que lui.

Il mourut le 16 juin 1794, à trente ans, sur l'Île Madame, où l'on enterrait les victimes.

Il fut béatifié parmi les soixante-cinq Martyrs des pontons de Rochefort, en 1995.

 

 

Đaminh Nguyễn

1802-1862

Anrê Tưòng

1812-1862

Vinh Son Tưòng

1814-1862

Đaminh Nguyễn Đức Mạo

1818-1862

Đaminh Nhi

?-1862

 

Ces cinq Martyrs, pour lesquels on ne dispose pas encore ici d’informations détaillées, ont en commun qu’ils étaient tous les cinq laïcs, natifs de Ngọc Cục (Nam Ɖịnh, Vietnam).

Des trois Ɖaminh (Dominique), l’un semble le vétéran des cinq, tandis qu’on ignore la date de naissance d’un autre, et le troisième est en revanche le plus jeune. Ces deux-là étaient mariés.

Ces trois Ɖaminh, avec Anrê (André) et Vinh Son (Vincent), reçurent la palme du martyre par la décapitation, la dernière année (officiellement) de la persécution, à Làng Cốc (Nam Ɖịnh), le 16 juin 1962.

Béatifiés en 1951, ils furent canonisés en 1988 et sont fêtés dans le groupe des cent dix-sept Martyrs vietnamiens, le 24 novembre.

 

 

Anna Maria Katharina Scherer

1825-1888

 

Née à Meggen (Luzern, Suisse) le 31 octobre 1825, de Karl Josef, agriculteur, et Anna Maria Sigrist, Anna Maria Katharina fut orpheline et recueillie par des parents.

Après une formation pratique en économie domestique et en soins aux malades à Lucerne, elle entra en 1845 dans la congrégation des Sœurs enseignantes de la Sainte-Croix de Menzingen., fondées l'année précédente par Theodosius Florentini.

Elle enseigna à Galgenen et Baar.

En 1849 elle réussit au Brevet d'enseignement, et fut maîtresse à Näfels, en même temps qu'elle s'occupait des indigents au palais Freuler.

En 1852, elle travailla à l'hôpital de Planaterra (Coire), puis dans le nouvel hôpital de Coire, où, supérieure, elle devait s'occuper des soins médicaux, des œuvres sociales, des sœurs novices.

Les problèmes naquirent du fait de la première vocation de l'Institut, qui était l'enseignement, tandis que les Religieuses devenaient infirmières à Coire. De plus, les autorités ne voyaient pas d'un bon œil cette congrégation. Aussi, en 1856, les Sœurs érigèrent leur Institut en Sœurs de la Charité de la Sainte-Croix, avec maison-mère à Ingenbohl.

En 1857, Anna Maria Katharina – désormais Maria Theresia - fut élue supérieure, et sous son impulsion, l'institut assuma le soin des malades et des personnes âgées, la formation des enseignantes et des infirmières. De nombreuses maisons s'ouvrirent dans le sud de l'Allemagne, en Autriche, au Tyrol, en Hongrie, en Dalmatie. La nouvelle Supérieure maintenait l'union entre toutes ces maisons par ses fréquents voyages.

Les Religieuses prêtèrent leur concours lors de conflits, que ce soit lors de la guerre austro-prussienne (1866),  lors de la guerre de 1870, lors d'épidémies de variole et de typhus.

Maria Theresia était en réalité la véritable fondatrice de cette Congrégation, mais jusqu'à une date récente cette fondation était attribuée au père Florentini ; celui-ci avait légué autre chose à Maria Theresia : ses dettes, qu'elle put patiemment rembourser par une sage gestion.

En 1878-1880, elle put enfin faire construire la nouvelle église de la Congrégation.

Maria Theresia mourut le 16 juin 1888 à Ingenbohl, et fut béatifiée en 1995.

 

 

Donizetti Tavares de Lima

1882-1961

 

Donizetti - il ne s’agit pas de la famille d’un illustre musicien italien - naquit le 3 janvier 1882 à Santa Rita de Cássia (Minas Gerais, Brésil), un des neuf enfants de parents assez pauvres, Tristão et Francisca Cândida, l’un juriste, l’autre enseignante.

Dès 1886, la famile se transféra à Franca (São Paulo) : Donizetti y fit ses études et apprit la musique.

En 1894, il commença ses études au Petit séminaire, où il devint bien vite un si bon organiste, qu’il pouvait enseigner son art aux autres séminaristes.

En 1897, il fréquenta un collège, pour compléter ses études, mais continua d’enseigner la musique aux séminaristes. En 1900, il commença un cours de droit et, en 1903, commença vraiment ses études de Philosophie et de Théologie, en vue du sacerdoce.

En 1908, il fut ordonné prêtre, pour le diocèse de Pouso Alegre. Le jour de son ordination, il fit le vœu de pauvreté, qui n’est pas explicitement requis en cette occasion.

Ses premiers postes furent la paroisse Saint-Gaétan puis, en 1909, celle de Sainte-Anne. Le jeune prêtre avait comme premièe préoccupation l’assistance aux pauvres, à un point tel que les gens «riches», dérangés par la générosité de l’abbé Donizetti, se mirent à lui reprocher d’être «communiste». Le prêtre laissa dire.

Chez lui, il dormait par-terre, la tête sur une pile de bouquins ; il ne prenait que le repas du soir - une pauvre soupe ; ce qu’on lui donnait, il le distribuait aux pauvres. Il ne gardait vraiment rien pour lui-même.

Durant le temps qu’il fut à Sainte-Anne, il participa à la construction des chapelles dédiées l’une à Notre-Dame Aparecida, l’autre à Saint Benoît.

En 1926, il fut nommé curé à Saint-Antoine de Tambaú, où il célébra pour la première fois le 13 juin, fête de saint Antoine de Padoue (rappelons que saint Antoine était portugais).

C’est durant cette période qu’il veilla à la construction d’un grand sanatorium, pour venir en aide aux gens abandonnés et aux vieillards. Il avait le souci du bien de ses paroissiens : il fonda une crèche, une école,  des cercles de travailleurs, visita les immigrés italiens, visita les personnes âgées.

Mais ce qui marqua le plus la présence de don Donizetti à Tambaú, ce furent les miracles répétés qui eurent lieu dans cette paroisse. La première fois, en 1927, alors qu’un orage planait sur une procession de Notre-Dame Aparecida, le prêtre pria et en un instant, l’orage disparut complètement. En 1950, ce fut la guérison totale d’un malade d’ostéochondrite. En 1953, on put constater que don Donizetti était simultanément dans sa paroisse et dans la localité de São Pedro dos Morrinhos. Ce fut ainsi une succession de guérisons, de manifestations diverses (bilocation, lévitation du prêtre pendant la messe…), qui attirèrent de grandes foules. Parfois les esprits s’échauffaient dangereusement, donnant lieu à de véritables scènes de fanatisme. Ce fut au point que l’évêque se vit obligé, en 1955, d’interdire au prêtre de se manifester. Le prêtre obéit.

En réalité, ce saint prêtre n’attribuait pas grande importance aux signes extérieurs ; il s’intéressait primordialement à la guérison intérieure, à la conversion.

Des personnalités politiques lui rendirent visite, pour lui demander conseil. C’est à la suite de ces rencontres qu’on aboutit à des lois sociales plus équitables.

En 1959, on fit cadeau à Donizetti d’un portrait du pape Jean XXIII. Don Donizetti évoqua alors le prochain Concile de Vatican II. Et quand on lui suggéra de mettre au mur ce portrait à la place de celui du pape précédent, Pie XII, il répondit que non, «car il allait bientôt le rencontrer».

Différents épisodes de faiblesses cardiaques et diabétiques conduisirent don Donizetti à être admis plusieurs fois à l’hôpital. En 1961, sa santé s’altéra encore plus et le saint prêtre mourut dans la matinée du 16 juin 1961.

Le miracle retenu en vue de sa béatification, fut la guérison totale et instantanée, inexplicable, d’un commerçant brésilien, qui était paralysé des jambes.

Donizetti Tavares de Lima a été béatifié en 2019 et sera inscrit au Martyrologe le 16 juin.

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