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2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 23:00

Clotilde épouse de Clovis

473-545

 

Clotilde - réellement Crotechildis -, l’illustre épouse de notre premier roi chrétien Clovis, était l’une des deux filles de Chilpéric II, roi burgonde, et Carétène ; elle était née vers 473 ; l’autre fille s’appelait Sédeleube.

Chilpéric siégeait à Lyon mais, à sa mort, son épouse et les deux filles se retirèrent à Genève.  C’est là que Sédeleube fonderait bientôt un monastère et s’y retirerait.

La belle Clotilde fut bientôt proposée en mariage à Clovis, le jeune roi des Francs ; les fiançailles se firent par procuration et, quand on annonça à Clovis la prochaine arrivée de Clotilde, il se hâta d’aller au-devant d’elle à Villery, au sud de Troyes. Les noces furent célébrées solennellement.

On sait quel rôle tint la chrétienne Clotilde auprès de Clovis, qui n’était pas encore baptisé, ni même bien croyant.

Une première épreuve frappa le couple, quand leur premier enfant, Ingomer, mourut peu après son baptême : Clovis accusa alors le Dieu de Clotilde de lui avoir pris son enfant. Mais leur deuxième fils, Clodomir, gravement malade lui aussi, resta en vie, et le roi cessa alors d’accuser son épouse. Ils eurent ensuite trois enfants : Childebert, Clotaire et Clotilde.

Vers 496, Clovis eut à affronter des Barbares à Tolbiac et, durant la mêlée, implora le Dieu de Clotilde, en promettant de se faire baptiser s’il obtenait la victoire. Victorieux, Clovis reçut les leçons de catéchisme de Clotilde, conseillée par le saint évêque Remi (v. 13 janvier).

On date traditionnellement le baptême de Clovis et de ses trois mille soldats, en la fête de Noël 496.

Clotilde eut une heureuse influence sur les décisions de son mari qui, évidemment, n’avait pas grandi dans la même douceur chrétienne qu’elle.

Une de leur œuvre commune fut l’édification, à Paris, de l’église qui abriterait leur futur caveau, où ils firent déposer d’abord les restes de sainte Geneviève (v. 3 janvier) ; ce fut l’origine de l’église Sainte-Geneviève.

Leur vie conjugale ne dura cependant guère plus de vingt ans, car Clovis mourut vers 511, laissant sa chère Clotilde avec ses quatre enfants, qui allaient lui donner tant et tant de soucis.

Sa fille Clotilde fut bientôt donnée en mariage à Amalaric, roi des Wisigoths d’Espagne - que Clovis avait refoulés à Vouillé en 507 ; Amalaric n’était pas chrétien ; plus tard, Clotilde poussa son fils Childebert à attaquer cet époux violent, qui maltraitait son épouse Clotilde.

Son fils Clodomir, après avoir enlevé et assassiné son oncle Sigismond, ainsi que la femme et les deux fils de celui-ci, voulut conquérir la Burgondie en 524, mais y fut battu et tué, et l’on promena sa tête sur une pique, comme cela se fit bien plus tard durant la Révolution. Clodomir laissait trois fils, qui pouvaient être ses héritiers.

Mais les deux autres fils de Clovis et Clotilde, Clotaire et Childebert, dépossédèrent les fils de Clodomir de leur droit à la succession puis, trompant leur sainte mère, en assassinèrent deux sans pitié, tandis que miraculeusement s’échappait le troisième, Clodoald, plus tard mieux connu sous le nom de Cloud (v. 7 septembre).

La pauvre Clotilde fut chargée de s’occuper elle-même des funérailles de ses malheureux fils, puis elle se retira à Tours, près du tombeau de s.Martin (v. 11 novembre). Elle suggérait de bons candidats aux élections épiscopales. Elle était active et très généreuse, elle fonda ou enrichit bien des églises, dont Saint-Georges de Chelles ; sa générosité sans borne la fit mourir dans la plus extrême pauvreté.

Mais avant de mourir, elle eut encore un geste digne de son rang royal et chrétien : elle fit venir ses deux fils assassins, leur parla maternellement, leur prédit certains événements, et s’éteignit après avoir reçu les derniers Sacrements, le 3 juin 545.

La dépouille de Clotilde fut déposée dans le tombeau préparé par Clovis à Paris, avec celle de sainte Geneviève. Des reliques de la sainte Reine furent attribuées en divers lieux. En 1793, on profana les tombes et les cendres de sainte Geneviève furent jetées au vent. Pour éviter une ultérieure profanation, un chanoine crut bien faire de recueillir les restes de sainte Clotilde et de les brûler lui-même ; elles se trouveraient aujourd’hui en l’église Saint-Leu.                                                                                                                                                                                                  

Clotilde de France ne fut jamais officiellement canonisée, sinon par la vox populi.

En 1994, sainte Clotilde fut élue pour un heureux patronnage : celui de l’aviation légère de l’armée de terre. L’explication en est que, il y a quinze siècles, Clovis avait, à Tolbiac, submergé l’ennemi sous le feu du ciel, ce qui est aujourd’hui la mission des hélicoptères de combat.

Sainte Clotilde est inscrite au Martyrologe romain le 3 juin. En France, on la fête le 4, en raison de la fête des Martyrs d’Ouganda qui est célébrée le 3 juin.

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2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 23:00

03 JUIN

 

III.      

S Cecilius, prêtre de Carthage qui convertit s. Cyprien.

IV.    

S Hilarius, évêque à Carcassonne.

VI.    

Ste Clotilde, épouse de Clovis ; elle souffrit plus de ses enfants que de son mari ; elle est fêtée en France le 4 juin.

Ss Lifard (Liéfard) et Urbice, abbés à Meung-sur-Loire.

?    

Ss Lucillien et quatre enfants, Claude, Hypace, Paul, Denis, ainsi que ste Paule, martyrs à Constantinople.

Ste Oliva, vierge à Anagni. 

VII.    

S Coemgen, abbé à Glendalough, mort à cent-vingt ans, un des patrons de Dublin. 

S Genès, évêque à Clermont.

IX. 

S Isaac, jeune moine martyr à Cordoue, décapité, brûlé.

XI.    

S Davin, pèlerin arménien mort à Lucques.

XII.    

S Morand, moine alsacien de Cluny, envoyé à Altkirch où il est patron des vignerons ; la maison Habsburg le vénère particulièrement depuis qu’elle a obtenu une de ses reliques.

XIII.    

B Andrea Caccioli, franciscain à Spello ; il vit un jour l’Enfant-Jésus, le laissa pour aller à l’office et le retrouva ensuite : l’Enfant-Jésus le félicita pour son obéissance.

S Cono, moine à Sainte-Marie de Cadossa, très vite consommé en sainteté.

XVI.    

B Francis Ingleby, prêtre anglais, martyrisé à York.

S Juan Grande Román el Pecador, espagnol, des Frères hospitaliers de Saint-Jean-de Dieu, très actif, mystique, canonisé en 1996.

XVIII.    

B Charles-René Collas du Bignon, sulpicien, supérieur du petit séminaire à Bourges, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.    

S Phaolô Vũ Văn Dương (Đống), père de famille tonkinois, martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Ss Achileo Kiwanuka, Adolofu Mukasa Ludigo, Ambrosio Kibuka, Anatoli Kiriggwajjo, Bruno Serunkuma, Gyavira Musoke, Karoli Lwanga, Kizito (le plus jeune, quatorze ans), Lukka Banabakintu, Mbaga Tuzinde, Mugagga Lubowa, Mukasa Kiriwawanvou, Yakobo Buzabaliawo, jeunes garçons de l’Ouganda (entre quatorze et trente ans), martyrisés pour avoir résisté aux instincts dépravés du roi ; Karoli (Charles), brûlé à petit feu avec les autres, est le patron de toute la jeunesse africaine. Dix autres martyrs, plus âgés, sont aussi mentionnés à d’autres dates.

XX.    

B Giuseppe Oddi (Diego de Vallinfreda, 1839-1919), franciscain romain, thaumaturge, béatifié en 1999.

S Jean XXIII (1881-1963), pape (1958-1963), béatifié en 2000 et canonisé en 2014 ; il est fêté le 11 octobre, jour où il inaugura le Concile.

Clotilde épouse de Clovis

473-545

 

Clotilde - réellement Crotechildis -, l’illustre épouse de notre premier roi chrétien Clovis, était l’une des deux filles de Chilpéric II, roi burgonde, et Carétène ; elle était née vers 473 ; l’autre fille s’appelait Sédeleube.

Chilpéric siégeait à Lyon mais, à sa mort, son épouse et les deux filles se retirèrent à Genève.  C’est là que Sédeleube fonderait bientôt un monastère et s’y retirerait.

La belle Clotilde fut bientôt proposée en mariage à Clovis, le jeune roi des Francs ; les fiançailles se firent par procuration et, quand on annonça à Clovis la prochaine arrivée de Clotilde, il se hâta d’aller au-devant d’elle à Villery, au sud de Troyes. Les noces furent célébrées solennellement.

On sait quel rôle tint la chrétienne Clotilde auprès de Clovis, qui n’était pas encore baptisé, ni même bien croyant.

Une première épreuve frappa le couple, quand leur premier enfant, Ingomer, mourut peu après son baptême : Clovis accusa alors le Dieu de Clotilde de lui avoir pris son enfant. Mais leur deuxième fils, Clodomir, gravement malade lui aussi, resta en vie, et le roi cessa alors d’accuser son épouse. Ils eurent ensuite trois enfants : Childebert, Clotaire et Clotilde.

Vers 496, Clovis eut à affronter des Barbares à Tolbiac et, durant la mêlée, implora le Dieu de Clotilde, en promettant de se faire baptiser s’il obtenait la victoire. Victorieux, Clovis reçut les leçons de catéchisme de Clotilde, conseillée par le saint évêque Remi (v. 13 janvier).

On date traditionnellement le baptême de Clovis et de ses trois mille soldats, en la fête de Noël 496.

Clotilde eut une heureuse influence sur les décisions de son mari qui, évidemment, n’avait pas grandi dans la même douceur chrétienne qu’elle.

Une de leur œuvre commune fut l’édification, à Paris, de l’église qui abriterait leur futur caveau, où ils firent déposer d’abord les restes de sainte Geneviève (v. 3 janvier) ; ce fut l’origine de l’église Sainte-Geneviève.

Leur vie conjugale ne dura cependant guère plus de vingt ans, car Clovis mourut vers 511, laissant sa chère Clotilde avec ses quatre enfants, qui allaient lui donner tant et tant de soucis.

Sa fille Clotilde fut bientôt donnée en mariage à Amalaric, roi des Wisigoths d’Espagne - que Clovis avait refoulés à Vouillé en 507 ; Amalaric n’était pas chrétien ; plus tard, Clotilde poussa son fils Childebert à attaquer cet époux violent, qui maltraitait son épouse Clotilde.

Son fils Clodomir, après avoir enlevé et assassiné son oncle Sigismond, ainsi que la femme et les deux fils de celui-ci, voulut conquérir la Burgondie en 524, mais y fut battu et tué, et l’on promena sa tête sur une pique, comme cela se fit bien plus tard durant la Révolution. Clodomir laissait trois fils, qui pouvaient être ses héritiers.

Mais les deux autres fils de Clovis et Clotilde, Clotaire et Childebert, dépossédèrent les fils de Clodomir de leur droit à la succession puis, trompant leur sainte mère, en assassinèrent deux sans pitié, tandis que miraculeusement s’échappait le troisième, Clodoald, plus tard mieux connu sous le nom de Cloud (v. 7 septembre).

La pauvre Clotilde fut chargée de s’occuper elle-même des funérailles de ses malheureux fils, puis elle se retira à Tours, près du tombeau de s.Martin (v. 11 novembre). Elle suggérait de bons candidats aux élections épiscopales. Elle était active et très généreuse, elle fonda ou enrichit bien des églises, dont Saint-Georges de Chelles ; sa générosité sans borne la fit mourir dans la plus extrême pauvreté.

Mais avant de mourir, elle eut encore un geste digne de son rang royal et chrétien : elle fit venir ses deux fils assassins, leur parla maternellement, leur prédit certains événements, et s’éteignit après avoir reçu les derniers Sacrements, le 3 juin 545.

La dépouille de Clotilde fut déposée dans le tombeau préparé par Clovis à Paris, avec celle de sainte Geneviève. Des reliques de la sainte Reine furent attribuées en divers lieux. En 1793, on profana les tombes et les cendres de sainte Geneviève furent jetées au vent. Pour éviter une ultérieure profanation, un chanoine crut bien faire de recueillir les restes de sainte Clotilde et de les brûler lui-même ; elles se trouveraient aujourd’hui en l’église Saint-Leu.                                                                                                                                                                                                  

Clotilde de France ne fut jamais officiellement canonisée, sinon par la vox populi.

En 1994, sainte Clotilde fut élue pour un heureux patronnage : celui de l’aviation légère de l’armée de terre. L’explication en est que, il y a quinze siècles, Clovis avait, à Tolbiac, submergé l’ennemi sous le feu du ciel, ce qui est aujourd’hui la mission des hélicoptères de combat.

Sainte Clotilde est inscrite au Martyrologe romain le 3 juin. En France, on la fête le 4, en raison de la fête des Martyrs d’Ouganda qui est célébrée le 3 juin.

 

 

Coemgen de Glendalough

498-618

 

Coemgen, qui est devenu Kevin en français, pouvait être le fils de Coemlog et Coemell, qui appartenaient à une souche royale.

Son nom subit de notables variantes selon les régions et les époques : en vieil irlandais Cóemgen mac Cóemloga ;  puis Caemgen, Caoimhghin, Caoimhin ; Kevin…

Comme il arrive en mainte biographie des premiers moments chrétiens d’Irlande, certains faits ont été complétés de détails surprenants ; qu’on les lise avec admiration, avec étonnement, sans demander au Bon Dieu Pourquoi ?

Un ange annonça à la maman, Coemell, la naissance de ce fils vraiment prédestiné, qui naquit vers 498. Ce fut s. Cronan (v. 9 février ?) qui le baptisa, sous le nom de Coemgen, le «bien planté», comme Eugène.

Nouveau Samuel, Coemgen fut confié aux moines d’un monastère, où il devint prêtre.

Après une période de vie érémitique, il fut conduit par son ange à Glendalough, où Coemgen mena une vie d’ascète et de grande méditation. Il priait les bras en croix, si immobile et si longtemps, que les oiseaux venaient faire leur nid dans ses mains. Coemgen serait resté dans cette position pendant sept ans, et sans fermer l’œil. Devant l’impossibilité évidente d’une telle prouesse à l’échelon humain, on admettra que Coemgen pût reposer ses bras fatigués sur deux roches, comme Moïse pendant la bataille contre Amaleq (cf. Ex 17:11-12). On pourra supposer aussi qu’un ange au moins pût lui apporter quelque nourriture céleste.

D’ailleurs, Coemgen changeait de position parfois, puisqu’il s’immergeait dans l’eau froide pour prier l’Office. Et quand il se déplaçait, les arbres lui formaient une voûte pour l’abriter.

Coemgen fonda un monastère au même endroit. Une loutre y apporta chaque jour un beau saumon pour nourrir cette première communauté ; un jour, elle ne vint plus : on sut qu’un des moines avait eu l’intention sauvage de tuer la loutre pour en utiliser la belle fourrure, mais la généreuse bête avait dû «comprendre» le danger et avait disparu.

Coemgen fit aussi un voyage à Rome et en rapporta une grande quantité de reliques de Saints.

Il projetait un autre pèlerinage, quand un confident le lui déconseilla vivement. Il y renonça.

Agé de cent-vingt ans, dit-on, Coemgen s’éteignit le 3 juin 618.

Saint Coemgen de Glendalough est commémoré le 3 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Genesius de Clermont

† 662

 

Genesius (Genès) venait, dit-on, de famille sénatoriale.

Il fut archidiacre de son diocèse. Quand on voulut le faire évêque, il résista pendant trois jours. S’il accepta, il songeait toujours à se retirer dans une vie érémitique et voulait implorer le pape dans ce sens, mais les diocésains firent en sorte de bien le garder chez eux, preuve qu’il avait vraiment les qualités du pasteur.

Il fut ainsi le vingt-cinquième évêque de Clermont.

Il forma lui-même Præiectus (futur s.Prix, v. 25 janvier), qui devait lui succéder.

Genesius bâtit une église dédiée à s.Symphorien (v. 22 août), qui prit ensuite son nom, ainsi qu’un hospice et un monastère à Manlieu.

Il mourut le 3 juin vers 662, et fut enterré précisément à Manlieu.

Saint Genesius de Clermont est commémoré le 3 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isaac de Cordoue

826-851

 

Comme les autres Martyrs de Cordoue, victimes de la persécution islamique, Isaac nous est connu par la relation qu’en fit s.Eulogio (v. 11 mars).

Isaac provenait d’une noble famille de Cordoue et reçut une éducation soignée ; mieux, il apprit l’arabe, la langue des envahisseurs.

C’est ainsi qu’il fut investi de la charge de notaire.

Isaac cependant quitta ce poste enviable pour entrer dans le monastère de Tábanos situé près de Cordoue, où se trouvait d’ailleurs un proche parent, nommé Martín. Isaac pouvait avoir moins de la trentaine d’années, peut-être vingt-cinq seulement.

Poussé par un zèle qu’on qualifiera peut-être d’excessif ou par trop humain, mais d’après Eulogio, inspiré d’En-haut, Isaac alla un jour se présenter au juge musulman de la ville, lui demandant d’exposer sa religion ; le juge, espérant la conversion d’Isaac, lui exposa avec ardeur l’appel de Mahomet par l’ange Gabriel, et le paradis merveilleux où iront les Justes, avec des tables merveilleusement garnies et des créatures féminines de toute beauté…

Isaac alors répliqua avec toute sa fougue, exposant la profonde erreur de la doctrine de Mahomet.

Le juge alors gifla Isaac. Ce dernier repartit encore plus véhémentement ; le juge lui lança : Tu es ivre ou fou ! mais Isaac répondit avec toute sa conviction qu’il était prêt à mourir pour la doctrine chrétienne.

Il fut immédiatement décapité, emmené de l’autre côté du Guadalquivir et pendu par les pieds (à moins qu’il y ait été empalé). Six jours plus tard, on brûla son corps, qu’on jeta dans le fleuve. 

C’était le 3 juin 851.

Saint Isaac de Cordoue est commémoré le 3 juin dans le Martyrologe Romain.

Davin de Lucques

1000-1050

 

Cet Arménien de naissance naquit, pense-t-on, vers l’an 1000.

Après avoir joui des biens de la terre, il vendit ce qu’il avait et voulut se sanctifier par les pèlerinages. 

S’étant rendu d’abord au Saint Sépulcre de Jérusalem, il vint à Rome vénérer le tombeau des Apôtres, et partit pour Saint-Jacques de Compostelle.

Arrivé à Lucques, il fut reçu à l’hospice des pèlerins, mais tomba malade et fut recueilli par une dame nommée Ata, qui fut très édifiée par cet homme.

La maladie empira, Davin mourut pieusement le 3 juin 1050 ou 1051.

Il fut enterré à Lucques.

La tombe jouxtait l’église, et l’on y passait tout près, parfois on la piétinait aussi. Une femme malade d’un flux de sang vint à s’asseoir à cet endroit : elle eut ensuite une vision de Davin qui lui disait qu’elle n’aurait plus désormais besoin de s’asseoir sur sa tombe : la femme fut totalement guérie. Un beau pied de vigne sortit bientôt de cette tombe, dont les fruits apportèrent la guérison à beaucoup de malades. On y vit aussi des anges qui encensaient le tombeau.

L’évêque de Lucques, Anselmo, constata ces signes merveilleux et, devenu le pape Alexandre II, ordonna de transférer ce tombeau à l’intérieur de l’église Saint-Michel ; il semble que l’on canonisa Davin en 1159, ou vers 1180.

Saint Davin (ou Davino) de Lucques est commémoré le 3 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cono de Teggiano

fin XIIe-début XIIIe

 

Saint Cono naquit dans l’italienne Campanie, à Diano (aujourd’hui Teggiano). Il fut très jeune moine à l’abbaye Santa Maria di Cadossa, proche de Montesano sulla Marcellana. 

L’histoire ne dit rien sur la vie et les faits de ce moine, mais on en a retenu qu’il mourut très jeune, et surtout consommé dans la sainteté.

L’abbaye elle-même subit beaucoup de vicissitudes et il n’en reste que l’église, dédiée à Saint Cono. Les reliques du Saint sont maintenant à Teggiano, dont il est le patron.

Cono a été canonisé en 1871, et il est fêté le 3 juin, principalement à Teggiano, mais aussi en d’autres lieux : en Floride et à New York, en Uruguay, en Argentine.

La célébrité de ce Saint l’a fait réinsérer dans le Martyrologe Romain à la date du 3 juin.

 

 

Andrea Caccioli

1194-1254

 

Andrea Caccioli vit le jour le 30 novembre 1194 à Spello (Pérouse, Ombrie, Italie C) et reçut au baptême le nom du Saint du jour, l’apôtre saint André.

Habitué à se retirer sur le Monte Subasio auprès des Bénédictins, il passait de longs moments dans la prière. En 1216 il fut ordonné prêtre et nommé curé à Spello.

Fasciné par l’idéal de Francesco d’Assise, il le rencontra : Francesco lui conseilla sagement de porter à leur fin les travaux entrepris dans sa paroisse et de s’occuper de sa vieille maman ; à la mort de celle-ci, quatre ans après en 1223, il renonça à sa charge et à ses biens, qu’il abandonna à l’Eglise et aux pauvres, et fut parmi les premiers disciples de Francesco, et le premier prêtre de la nouvelle communauté. Il assista en 1226 aux derniers instants du Fondateur, qui lui recommanda de prêcher.

Il prit le bienheureux Egidio comme directeur de conscience (v. 23 avril). Il assista en 1228 à la canonisation de Francesco d’Assise.

En 1233, dans la ville espagnole de Soria, sa prière mit fin à une sécheresse qui menaçait les récoltes : c’est en référence à ce miracle qu’on l’aurait ensuite désigné dans les actes officiels comme Andrea del Ac (dell’acqua : de l’eau). Revenu en Italie, il obtint pour les Clarisses de Vallegloria la découverte d’un puits, grâce auquel les Religieuses eurent de l’eau en abondance. Cette eau, paraît-il, est efficace contre les crises de foie.

Andrea fut ensuite missionnaire en Lombardie et jusqu’en France, puis se retira à Assise où il mena la vie d’ermite : Dieu le favorisa alors d’extases et de visions.

En 1248, il fut aumônier du couvent des Clarisses de Vallegloria, puis sera nommé Gardien (supérieur) du couvent de Spello, d’où il exercera une forte influence sur les conflits entre guelfes et gibelins, au point qu’on l’appellera Ange de Paix.

Vers la fin de sa vie, il eut une «visite» de l’Enfant-Jésus, avec lequel il s’entretint quelques instants ; quand sonna la cloche de l’office, Andrea se rendit à l’église sans tarder. Après l’office, il retrouva son divin Visiteur, qui le félicita pour cet acte d’obéissance et lui promit une prochaine récompense.

Cette récompense fut sa bienheureuse mort, le 3 juin 1254, et son entrée au Paradis.

Le culte d’Andrea Caccioli fut reconnu en 1738. Andrea est le céleste patron de Spello.

 

 

Francis Ingolby

1550-1586

 

François Ingolby (ou Ingleby) naquit vers 1550-1551, à Ripley (Yorkshire, Angleterre), quatrième fils de William, qui était un chevalier, et d’Anne Malory de Ripley Castle.

Après ses études à Oxford (Brasenose College) et à l’Inner Temple, il passa en 1582 au Collège anglais de Reims. Il y paya sa pension sur ses propres deniers. Il fut ordonné prêtre en 1583.

Envoyé en mission dans son pays en avril 1584, il prêcha avec enthousiasme à York pendant près de deux années. Une de ses «cachettes» fut la providentielle demeure de Margaret Clitherow (voir au 25 mars).

Il travailla avec beaucoup de zèle et de fruits, jusqu’au moment où, arrêté et jugé, il fut condamné à mort pour les crimes d’être prêtre, d’avoir été ordonné par l’autorité romaine, et d’être revenu dans le royaume.

Quand on lui apprit la sentence, il s’exclama : Credo videre bona Domini in terra viventium (Je le crois, je vais voir les bontés du Seigneur dans la terre des vivants, Ps 26). A la porte de la prison, on lui mit des entraves aux pieds, et il commenta avec un sourire : J’ai peur de surcharger mes chaussures.

Il fut exécuté le 3 juin 1586, au Knavesmire de York.

Il a été béatifié en 1987.

L’un de ses frères, David, surnommé le Renard, un Catholique fermement convaincu, avait fui sur le continent.

 

 

Juan Grande Román

1546-1600

 

Né le 6 mars 1546 à Carmona (Séville, Andalousie, Espagne sud), Juan reçut une éducation chrétienne de ses parents très croyants, Cristóbal Grande et Isabel Román. 

Le papa mourut en 1547 et Juan fut tisserand.

Attiré par la solitude, il s’isola dans l’ermitage de Santa Olalla, vêtit un habit de toile grossière et se fit appeler Juan Pecador (Jean Pécheur).

Il s’occupa d’un couple âgé et abandonné. Puis à dix-neuf ans, il alla s’établir à Jerez de la Frontera (Cadix), où il se tourna vers les nécessiteux, les prisonniers, les incurables, ceux dont personne ne prenait soin. Pour alimenter cette activité, il se «nourrissait» de la prière dans l’église des pères Franciscains, dont l’un était son conseiller spirituel.

En 1574, lors d’une épidémie, il adressa une requête au conseil municipal pour venir en aide aux malheureux. Devant une telle nécessité, il fonda lui-même un hôpital, qu’il dédia à la Sainte Vierge, Notre-Dame de la Candelaria.

Il fit connaissance des Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu et voulut en appliquer les règles de vie dans son établissement.

Son témoignage et son dévouement exemplaire lui attira des compagnons, qu’il forma à son tour dans l’esprit de saint Jean de Dieu, au point qu’il put ouvrir d’autres centres à Medina Sidonia, Arcos de la Frontera, Puerto Santa María, San Lúcar de Barrameda et Villamartín.

Les autorités prétendirent diminuer le nombre de ces établissements pour apporter plus d’efficacité auprès des malades. Mais cette réduction enlevait du travail aux infirmiers ; aussi Juan présenta un rapport aux autorités, expliquant sa façon de concevoir l’assistance aux malades dans son propre hôpital. Là-dessus, l’archevêque de Séville désigna Juan comme la personne la mieux préparée pour assumer cette mission auprès des malades. De son côté, Juan fit face à la situation avec courage et amour, malgré les nombreux désagréments, montrant toute sa sensibilité, sa capacité, sa bonne humeur et sa grande vertu.

Son hôpital reçut tous les éloges pour la charité avec laquelle les Frères assistaient les malades, par amour de Dieu.

Juan se donna corps et âme à l’assistance physique et spirituelle des plus marginaux : prisonniers, convalescents, incurables, prostituées, soldats invalides, orphelins et enfants abandonnés. Son attitude condamnait les injustices, les abus, les carences de la société. On peut dire qu’il fut un précurseur de l’assistance sanitaire.

Lors d’une autre épidémie, de peste, en 1600, il se porta au secours des malades, et fut à son tour contaminé : il mourut de la maladie le 3 juin 1600.

Juan Grande Román a été béatifié en 1853 et canonisé en 1996.

Il a été choisi comme patron de la ville et du diocèse de Jerez de la Frontera.

 

 

Charles-René Collas du Bignon

1743-1794

 

Né le 25 août 1743 à Mayenne, Charles-René était entré dans la Société des Prêtres de Saint-Sulpice.

Devenu supérieur du petit séminaire de Bourges, il refusa de prêter le serment du clergé constitutionnel ; expulsé du séminaire, il contribuait au maintien de la foi dans le diocèse. En 1793, il fut arrêté et, au début de 1794, traîné à Rochefort. 

Destiné à être exilé en Guyane, il fut avec tant d’autres mis à bord du bateau négrier Les Deux Associés, qui cependant ne quitta pas le port de Rochefort.

Dans cette ambiance totalement privée de l’hygiène la plus élémentaire, l’abbé Collas du Bignon devint une plaie vivante, couverte de vers.

Il commentait cette situation avec ces mots pleins d’espérance chrétienne : Nous sommes les plus malheureux des hommes, mais les plus heureux des chrétiens, expression qui devint comme le mot d’ordre de tous ses compagnons d’infortune.

Il mourut là le 3 juin 1794, et son corps fut inhumé sur l’île d’Aix.

Charles-René Collas du Bignon fut béatifié en 1995.

 

 

Phaolô Vũ Văn Dương (Đống)

1802-1862

 

Phaolô était né en 1802 à Vực Đường (Hưng Yên;, actuelle Hai Hung).

Il fut bibliothécaire à Cao Xa.

Lors de l’édit de persécution, les fonctionnaires impériaux sillonnèrent les villages où demeuraient des Catholiques, pour les obliger sous la menace à marcher sur la croix. Qui refusait était arrêté et mis en prison.

Phaolô fut arrêté le 25 novembre 1861. Il refusa catégoriquement de marcher sur la croix du Sauveur. On lui promit de l’argent s’il apostasiait, mais il refusa, préférant rester fidèle à Dieu. Il fut battu, barbarement torturé, chargé de chaînes pesantes et laissé en prison.

En prison encore, il fut invité à marcher sur la croix. Puis on le transporta dans une cage très étroite portée par les soldats, jusqu’à la prison provinciale. Là, les tortures s’intensifièrent, les soldats le battirent sauvagement et le corps de Phaolô était couvert de plaies sanglantes ; on lui marqua sur la joue avec une barre de fer incandescente les mots fausse religion, on lui refusa son repas pendant plusieurs jours, mais il ne perdit ni sa foi ni son courage. Bien plus, malgré la douleur, il chercha à effacer de sa joue avec un couteau le mot fausse, et y écrire à la place vraie.

Il fut finalement condamné à la décapitation et reçut le martyre le 3 juin 1862. Au moment de l’exécution, il cria fortement Jésus, Marie, Joseph. Le bourreau dut frapper trois fois pour le décapiter.

Phaolô fut béatifié en 1951 et canonisé en 1988.

 

 

 

Les saints Martyrs de l’Ouganda

1885-1887

 

Le pays de l’Ouganda se situe en Afrique du centre-est, au sud du Soudan, à l’est du Zaïre et du Rwanda, bordé par une grappe de grands lacs, dont l’immense Lac Victoria, qui touche l’Ouganda, le Kenya, la Tanzanie. Ce beau pays est à peu près grand comme la moitié de la France, et compte actuellement une trentaine de millions d’habitants. Pays agricole essentiellement, grâce à un climat tempéré qui ne connaît pas de températures en-dessous de 13° ni au-dessus de 30°, on y vit d’élevage et de cultures diverses : banane, patate, manioc, café, thé, canne à sucre, tabac.

Les premiers missionnaires y arrivèrent en 1879 et furent très bien reçus. Mais le kabaka (le roi) en prit ensuite ombrage ; son successeur, Mouanga, rappela les missionnaires, et soutint ouvertement le travail des missionnaires, nommant aux charges les meilleurs des néophytes.

Ceux-ci avertirent le roi qu’une conspiration se tramait contre lui ; il arrêta son katikiro (premier ministre), qui lui mentit en protestant de sa fidélité ; pardonné, ce dernier jura la mort des chrétiens et s’ingénia à les faire mépriser du roi comme dangereux, conspirateurs, etc. 

Le récit du martyre de ces vaillants soldats rappelle fortement celui des Frères Martyrs, au 2e Livre des Maccabées (2M 7).

La toute première victime fut le conseiller intime du roi, Joseph Mukasa, qui était aimé de tous. Même le bourreau cherchait à retarder de l’exécuter, mais il reçut l’ordre du katikiro de le tuer sur place ; il fut ainsi décapité, avec deux ou trois pages de la cour.

Auparavant, Joseph, très calmement, confia au bourreau cette commission : Tu diras de ma part à Mouanga qu’il m’a condamné injustement, mais que je lui pardonne de bon cœur. Tu ajouteras que je lui conseille fort de se repentir, car, s’il ne se repent, il aura à plaider avec moi au tribunal de Dieu.  

Quelques mois plus tard, le roi transperça de sa lance le jeune Denis Ssebuggwawo, qui était en train d’instruire un compagnon. Ce fut le signal de la persécution proprement dite : désormais devront être massacrés tous ceux qui prient. C’était le 25 mai 1886. Un chrétien courut de nuit avertir les missionnaires de ce qui s’était passé et qui allait se produire, de sorte que l’un d’eux, le père Lourdel, vite accouru, fut lui-même témoin des faits suivants, à l’intérieur de la résidence royale.

Charles Lwanga, chef du groupe des pages, fut appelé le premier avec sa troupe ; ils reçurent une pluie de reproches sur leur religion, puis furent enlacés de grosses cordes, d’un côté le groupe des jeunes de dix-huit à vingt-cinq ans, de l’autre les enfants. Charles et Kizito se tenaient par la main, pour s’encourager l’un l’autre à ne pas faiblir ; Kizito, quatorze ans, demandait le baptême depuis longtemps, et le père Lourdel lui avait enfin promis de le baptiser dans un mois ; en fait, il sera baptisé en prison, la veille de son martyre. C’est le plus jeune de tous ces martyrs. 

Après les employés de la cour, on convoqua un jeune soldat, Jacques Buzabaliawo. Le roi ironisa sur lui et ajouta : C’est celui-là qui a voulu autrefois me faire embrasser la religion ! … Bourreaux, enlevez-le et tuez-le bien vite. C’est par lui que je veux commencer. A quoi Jacques répondit sans s’émouvoir : Adieu ! je m’en vais là-haut, au paradis, prier Dieu pour toi. Passant devant le père, il leva ses mains enchaînées vers le ciel, souriant comme s’il allait à une fête.

Inquiet pour la mission, le père revint sur ses pas ; apercevant une source où se désaltérer, il s’entendit dire : “Le cadavre d’une des victimes de la nuit a été traîné dans cette eau.” Car des pillards avaient été lancés dans toute la contrée pour saccager les villages où se trouvaient des chrétiens.

André Kaggwa était un chef parmi les plus influents et les plus fidèles au roi. C’était l’un des trois qui l’avaient en effet averti de la conspiration qui le menaçait. Il devait devenir le général en chef de toute l’armée, car le roi avait en lui une confiance absolue, le gardant toujours à ses côtés. Le premier ministre le dénonça bientôt comme le plus dangereux de tous, et, de guerre lasse, le roi finit par lui laisser faire ce qu’il voulait. Immédiatement garrotté, André fut “interrogé” et le premier ministre insista auprès du bourreau : Je ne mangerai pas que tu ne m’aies apporté sa main coupée, comme preuve de sa mort. Et André, au bourreau : Hâte-toi d’accomplir les ordres que tu viens de recevoir… Tue-moi donc vite, pour t’épargner les reproches du ministre. Tu lui porteras ma main, puisqu’il ne peut manger avant de l’avoir vue.

Charles Lwanga fut séparé des autres, sans doute dans le but de les impressionner davantage. Le bourreau le fit brûler lentement, en commençant par les pieds et en le méprisant : Que Dieu vienne et te retire du brasier ! Mais Charles lui répondit bravement : Pauvre insensé ! Tu ne sais pas ce que tu dis. En ce moment c’est de l’eau que tu verses sur mon corps, mais pour toi, le Dieu que tu insultes te plongera un jour dans le véritable feu. Après quoi, recueilli en prière, il supporta son long supplice sans proférer aucune plainte.

Il y avait là aussi trois jeunes pages, qu’on fit assister au supplice des autres, dans l’espoir de les voir apostasier. Non seulement ils ne cédèrent pas, mais l’un deux protesta de ne pas être enfermé dans un fagot comme les autres pour être brûlé ; puis quand on les reconduisit tous trois en prison sans les torturer, ils demandèrent : Pourquoi ne pas nous tuer ? Nous sommes chrétiens aussi bien que ceux que vous venez de brûler ; nous n’avons pas renoncé à notre religion, nous n’y renoncerons jamais. Inutile de nous remettre à plus tard. Mais le bourreau fut sourd à leurs «plaintes», sans doute par permission de Dieu, pour que ces trois-là nous fournissent ensuite les détails du martyre de tous les autres.

Parmi les condamnés se trouvait le propre fils du bourreau, le jeune catéchumène Mbaga. Son père était désespéré et cherchait par tous les moyens de le faire changer d’avis, ou de lui extorquer un mot qu’on aurait pu interpréter comme une apostasie ; inutile. L’enfant ajouta même : Père, tu n’es que l’esclave du roi. Il t’a ordonné de me tuer : si tu ne me tues pas, tu t’attireras des désagréments et je veux te les épargner. Je connais la cause de ma mort : c’est la religion. Père, tue-moi ! Alors le père ordonna à un de ses hommes de lui accorder la mort des “amis”, en lui assénant un fort coup de bâton à la nuque. Puis le corps fut enfermé dans un fagot de roseaux, au milieu des autres.

On enferma donc chacun des condamnés dans un fagot, et l’on y mit le feu du côté des pieds, pour faire durer plus longtemps le supplice, et aussi pour tenter de faire apostasier ces garçons. En fait, s’ils ouvraient la bouche, c’était pour prier. Une demi-heure après, les roseaux étaient consumés, laissant à terre une rangée de cadavres à moitié brûlés et couverts de cendres.

Un autre chrétien qui fut arrêté, fut le juge de paix Mathias Mulumba ; il avait connu l’Islam puis le protestantisme ; devenu catholique, c’était un homme très pieux qui vivait paisiblement avec son épouse et ses enfants. Amené devant le premier ministre, il répondait calmement aux vilaines questions qu’il lui posait. Furieux, le ministre cria : Emmenez-le, tuez-le. Vous lui couperez les pieds et les mains, et lui enlèverez des lanières de chair sur le dos. Vous les ferez griller sous ses yeux. Dieu le délivrera ! Mathias, blessé par cette injure faite à Dieu, répondit : Oui, Dieu me délivrera, mais vous ne verrez pas comment il le fera ; car il prendra avec lui mon être raisonnable, et ne vous laissera entre les mains que l’enveloppe mortelle. Le bourreau accomplit scrupuleusement les ordres reçus : de sa hache, il coupa les pieds et les mains de Mathias, les fit griller sous ses yeux ; l’ayant fait coucher face contre terre, il lui fit enlever des lanières de chair qu’ils grillèrent ensuite, usant de tout leur art pour empêcher l’écoulement du sang, et prolonger ainsi l’agonie de leur victime, qui ne proféra mot. Effectivement, trois jours après, d’autres esclaves passaient par là et entendirent des gémissements : c’était Mathias qui demandait un peu d’eau à boire ; mais épouvantés par l’horrible spectacle, ils s’enfuirent, le laissant consommer atrocement son martyre.

Avec lui fut aussi conduit au supplice un de ses amis, Luc Banabakintu, qui eut “seulement” la tête tranchée.

Pendant ces exécutions, des pillards allèrent s’emparer du peu qu’il y avait à voler chez Mathias et voulurent ravir son épouse et ses enfants. Il y avait là un serviteur très fidèle et pieux, Noé Mawaggali. Son chef n’eut pas le courage de le refuser aux pillards, qui le percèrent de leurs lances.

La sœur de ce dernier fallit être ravie par le chef des pillards, mais elle leur parla très fermement : “Vous avez tué mon frère parce qu’il priait ; je prie comme lui, tuez-moi donc aussi.” Au contraire, ils l’épargnèrent et la conduisirent en cachette chez les missionnaires, où elle s’occupa maternellement des enfants de Mathias, dont l’un n’avait que deux ans.

Il y eut aussi Jean-Marie, surnommé Muzeyï, “vieillard”, à cause de la maturité de son caractère. Baptisé à la Toussaint de 1885, on disait qu’il avait appris tout le catéchisme en un jour. Il donnait aux pauvres, s’occupait des malades, rachetait des captifs. Confirmé le 3 juin 1886, il fut noyé dans un étang le 27 janvier 1887.

Tels sont les plus marquants des vingt-deux martyrs ougandais, qui furent béatifiés en 1920, et canonisés en 1964. 

Ils sont fêtés le 3 juin, jour du martyre de la majeure partie d’entre eux. 

Voici maintenant les noms de ces vaillants soldats du Christ, avec l’indication de leur prénom dans leur langue propre, leur date (approximative) de naissance et la date respective de leur martyre (qui est aussi la date où ils sont mentionnés au Martyrologe) : 

Joseph (Yosefu) Mukasa Balikuddembe, né vers 1859-1860, chef des pages, décapité puis brûlé, martyrisé le 15 novembre 1885 

Denis Ssebuggwawo Wasswa, né vers 1870, première victime de la grande persécution, martyrisé le 25 mai 1886

André (Anderea) Kaggwa, né vers 1856, page, celui qui devait être le général en chef du roi ; le bourreau lui trancha le poignet et la tête ; martyrisé le 26 mai 1886

Pontien (Ponsiano) Ngondwé, né vers 1846-1851, page, mis en prison, percé de coups de lance, martyrisé le 26 mai 1886

Gonzague (Gonzaga) Gonza, né vers 1862, page du roi, percé d’une lance après avoir forcé l’admiration du bourreau lui-même, martyrisé le 27 mai 1886

Athanase (Antanansio) Bazzekuketta, né vers 1866, page, accablé de coups, martyrisé le 27 mai 1886

Mathias (Matiya) Kalemba Mulumba Wante, né vers 1836, dont on a parlé plus haut, martyrisé le 30 mai 1886

Noé (Nowa) Mawaggali, né vers 1851, martyrisé le 31 mai 1886 

 

Les treize suivants sont tous martyrisés le 3 juin 1886, tous brûlés vifs : 

Charles (Karoli) Lwanga, né vers 1861

Bruno Serunkuma, né vers 1856, soldat du roi, roué de coups de bâton

Mugagga Lubowa, né vers 1869-1870, qui s’offrit spontanément aux bourreaux

Jacques (Yakobo) Buzabaliawo, né vers 1856-1861, soldat, qu’on entendit prier pour ses persécuteurs

Kizito, né vers 1872, le benjamin de quatorze ans

Ambroise (Ambrosio) Kibuka, né vers 1868, page

Gyavira Musoke, né vers 1869, page, catéchumène, jeté en prison le jour même où Charles le baptisa

Achille (Achileo) Kiwanuka, né vers 1869, page

Adolphe (Adolofu) Mukasa Ludigo, né vers 1861-1862, page

Mukasa Kiriwawanvu, né vers 1861-1866, page et catéchumène

Anatole (Anatoli) Kiriggwajjo, né vers 1866, page, qui refusa la charge honorifique proposée par le roi

Mbaga Tuzinde, né vers 1869-1870, page, fils du bourreau, baptisé par Charles juste avant d’être enchaîné avec lui, roué de coups, assommé avant d’être brûlé.

Luc (Lukka) Banabakintu, né vers 1851-1856, décapité puis brûlé

 

Enfin : 

Jean-Marie (Yohana Maria) Muzeyi, né vers 1851-1856, saint homme, longtemps recherché, arrêté, décapité le 27 janvier 1887. C’est la dernière victime de la persécution.

 

On aurait pu croire que le christianisme aurait été ainsi dangereusement menacé d’extinction. Il n’en fut rien. Trente ans après, l’évêque du lieu pouvait compter sur quatre-vingt huit prêtres, onze frères coadjuteurs, trente-huit Religieuses et mille deux-cent quarante-quatre (!) catéchistes. 

Actuellement, la religion catholique y est majoritaire à 45 %, suivie de l’anglicanisme (39 %) et de l’Islam (10%).

 

Giuseppe Oddi

1839-1919

 

Giuseppe naquit le 6 juin 1839 à Vallinfreda (Roma, Italie), fils de Vincenzo Oddi et Bernardina Pasquali. Il eut une petite sœur, Mariannina.

Toute la jeunesse de Giuseppe passa dans les travaux des champs et de la ferme. Chaque soir, le garçon avait l’habitude de s’arrêter à l’église, pour adorer le Saint Sacrement, et prier silencieusement le Bon Dieu et la Sainte Vierge Marie, envers laquelle il avait une grande dévotion depuis tout petit.

Vers 1859, la famille aurait bien voulu proposer à Giuseppe d’épouser une certaine Agata, que le jeune homme refusa catégoriquement. C’est que peu de temps auparavant, Giuseppe s’était entendu appeler par trois fois, pendant qu’il travaillait aux champs ; il avait cru que c’était sa mère ou sa sœur, mais ce n’était pas elles. L’appel mystérieux venait d’ailleurs, comme ce fut le cas pour le jeune Samuel (1S 3). 

Désormais, sa prière à l’église était : Seigneur, que veux-tu de moi ?  

Peu après, il visita le couvent de Bellegra. L’endroit fascina le jeune homme de vingt-et-un ans ; il y retourna quatre ans plus tard, dans l’espoir d’y rencontrer un certain Mariano de Roccacasale, dont on parlait beaucoup. Or ce fut justement celui-ci qui lui ouvrit. 

Respectueusement, Giuseppe voulut lui baiser la main, mais le bon Frère retira humblement sa main et lui offrit à baiser le pan de son habit. Puis, invité à parler, le Frère Mariano lui répondit simplement : Sii buono, sii buono, figlio mio ! (Sois bon, sois bon, mon fils !), avant de rentrer dans l’église.

Au retour, Giuseppe méditait ces paroles si simples et si profondes ; l’appel vers Dieu s’intensifiait, tandis qu’il reprenait son travail quotidien. Il donna encore plus de temps à la prière. 

En 1867, mourut sa chère maman, tandis que sa sœur se mariait (1869) et s’installait dans la maison des parents, auprès du vieux papa. Giuseppe se sentait libre du foyer familial : il rejoignit le couvent de Bellegra.

Giuseppe, à presque trente-deux ans, entra donc dans l’Ordre des Frères Mineurs franciscains, comme oblat. Il n’avait fait aucune étude : il savait peut-être un peu écrire et lire. Il travailla humblement au service des révérends pères du couvent. Quatorze ans après (quelle patience !), en 1885, il reçut l’habit de novice, ainsi que le nom de Diego. Un an après, il fit la profession.

On le chargea de recueillir les aumônes, mission qu’il accomplit dans la simplicité franciscaine, répandant partout le sourire, le réconfort, la consolation, et même prodiges manifestes, surtout à l’encontre des pauvres et des déshérités.

Cet illettré passait tout le temps qui lui restait en prière, souvent toute la nuit, restant dans le sanctuaire, et recevant dans la prière la divine sagesse, qui étonna et édifia non seulement ses Confrères, mais aussi les prêtres, les curés, et tant d’autres personnalités, qui venaient le consulter.

Humblement, silencieusement, il priait, il obéissait au Supérieur, il se mortifiait (en l’observant bien, on finissait par découvrir qu’il était très habile à ajouter discrètement un peu de cendre sur ses aliments, pour les rendre moins appétissants) ; il dormait par-terre…

Dieu bénit cette vie de sanctification par des signes prodigieux. Ainsi, frère Diego revenait toujours avec sa tunique toute sèche, même s’il avait plu ou neigé en chemin. On constata qu’il avait parfois parcouru une grande distance en quelques secondes. Il prédit certains événements qui se réalisèrent ; il fit couler le vin et l’huile, quand on en manquait…

Cette vie religieuse emplie de prière et de bonté dura presque un demi-siècle, au terme de laquelle frère Diego s’éteignit le 3 juin 1919, en chantant les louanges de Marie, à trois jours de son quatre-vingtième anniversaire.

Diego de Vallinfreda a été béatifié en 1999, en même temps que son «maître» vénéré, Mariano de Roccacasale (au siècle : Domenico Di Nicolantonio, commémoré le 31 mai).

 

 

Jean XXIII

1958-1963

 

On se souvient du “bon pape Jean” qui, choisi pour successeur de Pie XII à un âge assez avancé, était considéré comme un “pape de transition”. Jean XXIII fut un grand pape, qui convoqua le concile de Vatican II, promut l’”aggiornamento” (la mise à jour) de l’Eglise, et s’endormit saintement, en odeur de sainteté.

Angelo Roncalli, donc, était né près de Bergame le 25 novembre 1881, quatrième des dix enfants d’une humble famille de la terre. Son père était Giovanni Battista, sa mère Marianna Giulia Mazzolla

Angelo fréquenta le petit, puis le grand séminaire de Bergame. Il fut ordonné prêtre en 1904.

Il fit également quelques années d’études à Rome car, une fois pape, il s’adressa aux séminaristes de Rome en ces termes : Nous vous dirons comme une confidence que, durant nos années de séminaire à Rome, nous venions souvent dans ce sanctuaire (l’église Saint-Ignace) nous agenouiller devant l’autel de saint Luigi Gonzaga et de saint Jan Berchmans pour obtenir, par leur intercession, toute notre vie la grâce d’une chasteté intacte et resplendissante.

Secrétaire de l’évêque, il fut professeur d’Histoire de l’Eglise au grand séminaire. 

Durant la Grande Guerre, il fut aumônier militaire.

En 1921, commença son chemin dans les arcanes du Vatican. Il travailla dans la congrégation de la Propagation de la Foi.

Evêque en 1925, il fut délégué apostolique en Bulgarie, puis à Istanbul de 1935 à 1944, date à laquelle il reçut la délicate fonction de nonce apostolique à Paris, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans une France déchirée par les factions. 

De fait, Mgr Roncalli réussit à “sacrifier” trois évêques seulement sur les trente dont le gouvernement français réclamait la démission comme compromis avec le gouvernement précédent.

En 1953, sa mission diplomatique touchant à sa fin, Mgr Roncalli se vit nommer patriarche de Venise, et fut créé cardinal.

A la mort de Pie XII, le cardinal Roncalli fut élu, et prit le nom de Jean XXIII, porté précédemment par un antipape (en 1410).

Jean XXIII publia huit encycliques : Ad Petri CathedramSacerdotii nostri primordiaGratia RecordatioPrinceps PastorumMater et MagistraÆterna Dei SapientiaPænitentiam agerePacem in terris.

A la surprise générale, il convoqua dès janvier 1959 un concile œcuménique, qu’il ouvrit le 11 octobre suivant. Il n’en vit pas l’achèvement et mourut d’un double cancer douloureux, le 3 juin 1963, confiant à un proche que, voyant la tournure du Concile, il regrettait de l’avoir convoqué.

Jean XXIII fut sur le siège de Pierre pendant quatre ans et sept mois. 

Il a été béatifié en 2001 en même temps que l’autre pape Pie IX, et canonisé en même temps que Jean-Paul II en 2014.

La fête liturgique de s.Jean XXIII a été fixée au 11 octobre, jour où il ouvrit les travaux du Concile.

Son successeur, qui devait porter à son terme le concile, fut Paul VI.

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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 23:00

02 JUIN

II.

Ss Pothin, évêque martyr à Lyon, avec quarante-six Compagnons : Vetius Epagatus, Macarius, Silvius, Primus, Ulpius, Vitalis, Comminus, October, Philomenus, Geminus, deux Iulia, Albina, Grata, deux Æmilia, Potamia, deux Pompeia, Rodana, Quarta, Materna, Helpis, Blandine, Attale de Pergame, Sanctus (diacre), Biblis, Alexandre (médecin phrygien), Asclibiades, Maturus (néophyte), Ponticus (garçon de quinze ans), Istus, Aristeus, Cornelius, Zosimus, Titus, Iulius, Zoticus, Apollonius, Geminianus, Ausona, Iamnica, Domna, Iusta, Trophima, Antonia, martyrs ; Pothin avait plus de quatre-vingt dix ans ; Blandine, une jeune esclave, exhortait les autres à tenir bon, après qu’une dizaine ait apostasié. 

IV.

S Erasme, évêque en Syrie, réfugié et martyrisé à Formia, enterré à Gaeta, dont il est le patron ; il est un des quatorze Saints Auxiliateurs.

Ss Marcellin et Pierre, un prêtre et un exorciste, martyrs romains décapités, nommés au Canon romain de la messe.

VII.

S Eugène I, pape (654-657), adversaire du monothélisme.

S Adalgise (Algise), prêtre irlandais apôtre de la Picardie ; le lieu de son tombeau est devenu Saint-Algis.

VIII.

Ste Mondane, mère de s. Sardot (évêque à Limoges, cf. 4 mai).

IX.

S Nikephoros, laïque promu évêque à Constantinople pour sa science et sa sainteté, exilé quatorze ans à cause de l’iconoclasme.

XI.

S Etienne de Suède, évêque missionnaire, apôtre de la Suède, martyr à Norrala.

S Nikolaos le Pèlerin, un grec venu dans les Pouilles ; il criait partout : Kurie, eleison.

S Guido, évêque à Acqui Terme.

XIII.

S Sadoc, dominicain envoyé par s. Dominique en Hongrie puis en Pologne, égorgé avec ses confrères à Sandomir par les Tartares ; la veille au soir, le lecteur du martyrologe lut des mots écrits en lettres d’or : A Sandomir, la passion de quarante-neuf martyrs ;  ils chantèrent jusqu’au dernier souffle le Salve Regina.

XIX.

S Daminh Ninh, martyr tonkinois laïc, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.    

B Joseph Thạo Tiến (1918-1954), prêtre laotien, martyr, béatifié en 2016.

Martyrs de Lyon

† 177

 

L’histoire de saint Pothin et de ses quarante-sept Compagnons nous a été transmise par des contemporains et nous permet de parler d’eux avec une grande certitude. La lettre, écrite par l’Eglise de Lyon, fut adressée à celles d’Asie Mineure, signe d’une grande union entre ces régions si distantes.

En 177, une hostilité soudaine s’éleva contre les Chrétiens de l’Eglise de Lyon. L’évêque en était Pothin, sans doute le vétéran de cette sainte Troupe d’Athlètes, la plus jeune étant Blandina.

La lettre vante le désir du martyre qui animait les courageux Martyrs, sans le moindre orgueil. Pour eux, l’unique Martyr est le Christ, eux s’estimant confesseurs médiocres et pauvres. Ils pardonnaient fraternellement ceux qui étaient tombés dans l’apostasie et étaient heureux de les ramener au Christ. Ils priaient pour leurs bourreaux.

Les Chrétiens furent d’abord pourchassés dans leurs maisons, aux bains publics, sur les places, et reçurent l’interdiction de paraître en public.

Ils reçurent mille vexations : insultes, coups, violences, spoliations, grêles de pierres, emprisonnements ; ils furent traduits au forum, questionnés publiquement par les magistrats, et remis en prison en attendant l’arrivée du gouverneur.

Il y eut cependant dix apostats, qui causèrent une grande tristesse aux prisonniers fidèles. Mais aussi, d’autres rafles apportèrent de nouveaux prisonniers. Il y eut aussi de faux témoins : des serviteurs des prisonniers les accusèrent de vices honteux, ce qui fit que même des amis s’en détournèrent.

Ces apostats, en réalité, n’eurent aucun avantage dans leur situation, car on les laissa en prison et ils endurèrent, bien contre leur volonté, les mêmes supplices que les Martyrs. Et tandis que ces derniers rayonnaient de joie de rejoindre bientôt le Christ, les apostats étaient tristes, honteux, et recevaient des badauds les mêmes insultes. Toutefois la charité et la patience des Martyrs surent regagner au Christ certains renégats, qui acceptèrent généreusement de mourir pour le Christ.

Certains des Martyrs portaient des noms d’origine grecque : Pothin, Vetius Epagatus, Alexandros, Attalos, Alcibiades, Pontikos, Biblis ; d’autres, d’origine latine : Sanctus, Maturus, Blandina… Ci-dessous, quelques détails sur certains d’entre eux.

Pothin, le vieil évêque de Lyon, avait plus de quatre-vingt-dix ans, se déplaçait avec difficulté et pouvait à peine respirer. Pourtant, sans égard pour son âge et ses infirmités, on le bouscula, on le frappa des poings et des pieds. Tous pensaient qu’ils auraient gravement manqué à leur devoir civique et religieux, s’ils s’étaient montrés tièdes à l’insulter. Jeté en prison, Pothin ne respirait déjà presque plus ; il mourut deux jours plus tard.

Vetius Epagatus, sans doute d’origine grecque, débordait de charité envers Dieu et le prochain ; sa vie austère lui méritait, malgré sa jeunesse, l’éloge donné au vieillard Zacharie : ‘Il marchait sans reproche dans tous les commandements et observances du Seigneur’ (Lc 1:6). Il était diligent pour rendre service, très zélé pour Dieu, tout bouillant de l’esprit. Un pareil homme ne put tolérer la procédure extravagante instituée contre nous. Dans un sursaut d’indignation, il réclama la parole, lui aussi, pour défendre ses frères et montrer qu’il n’y avait rien d’irréligieux ni d’impie parmi nous… Le gouverneur… se contenta de lui demander s’il était chrétien. Epagathus le reconnut d’une voix vibrante, et fut admis ainsi au nombre des martyrs.

Toute la colère de la plèbe, du gouverneur et de l’armée s’abattit sur Sanctus, Maturus et Attalos.

Sanctus, qui portait vraiment bien son nom, était diacre de Vienne ; il supporta toutes les violences des tortionnaires. Il résista avec une telle fermeté qu’il ne dit ni son nom, ni son pays, ni sa ville d’origine, ni s’il était esclave ou libre, mais à toutes les interrogations, il répondait en latin : ‘Je suis chrétien’ (Christianus sum). On lui appliqua alors des lames d’airain ardentes sur les parties les plus sensibles du corps, mais lui, ferme dans sa confession, s’abreuvait et se fortifiait à la Source céleste d’eau vive. Son pauvre corps n’était que plaies et meurtrissures. Cette chair n’avait plus forme humaine. Quelques jours après, on recommença à torturer le Martyr… Mais son pauvre corps se releva, se redressa dans ces nouveaux supplices ; il reprit sa forme, l’usage de ses membres. Ainsi, ce deuxième supplice ne fut pas une torture, mais une cure.

Maturus, était autant néophyte que généreux combattant.

Attalos, originaire de Pergame, était la colonne et le soutien de l’Eglise. Après une première série de tortures, il y fut à nouveau soumis le lendemain, avec Alexandros, qu’on va rencontrer plus bas. Attalos fut assis sur une chaise de métal brûlant et il s’écria : Vous voyez  : c’est vous qui maintenant êtes des mangeurs d’hommes. Nous autres, nous ne mangeons pas d’hommes, et nous ne faisons rien de mal. On lui demanda le nom de Dieu, il répondit : Dieu n’a pas de nom comme un homme. Il fut exécuté, livré aux bêtes.

Alexandros était un médecin originaire de Phrygie. Il vivait en Gaule depuis plusieurs années et tous le connaissaient pour sa foi et sa franchise. Il se tenait près du tribunal et faisait des signes de tête aux accusés pour les encourager. Au gouverneur qui lui demandait son identité, il répondit Chrétien ! Il fut condamné aux bêtes, comme on l’a vu avec Attalos.

Biblis était une de celles qui avaient apostasié, mais tandis qu’on la menait quand même au supplice, elle pensa à la damnation éternelle ; elle se ressaisit et dit aux calomniateurs : ‘Comment des gens qui ne doivent pas même prendre du sang d’animaux, pourraient-ils manger des enfants ?’

Ponticus était un jeune adolescent d’une quinzaine d’années. Comme Blandina, il resta calme et fidèle à sa foi. On fut sans pitié pour son jeune âge, en lui faisant passer par toutes les atrocités, au terme desquelles il rendit l’âme.

Alcibiades vivait dans une grande pauvreté, se contentant de pain et d’eau, et voulut maintenir ce régime en prison. Mais une inspiration divine lui fit dire par Attalos qu’il devait manger de tout, comme les autres.

Blandina, la plus jeune de tout le groupe, étonna tout le monde par sa fermeté et son courage. Elle fatigua et découragea les bourreaux, qui se succédèrent près d’elle du matin au soir et épuisèrent l’arsenal des supplices. Ils s’avouèrent vaincus : ils n’avaient plus rien à lui faire. Ils s’étonnaient qu’il lui restât encore un souffle de vie, alors que tout son corps était déchiré et labouré. Ils certifiaient que le moindre de ces tourments était suffisant pour ôter la vie : et tout leur assortiment n’avait pas réussi. 

Après l’échec des premières tortures, Maturus, Sanctus, Blandina et Attalos furent conduits aux bêtes. Maturus et Sanctus furent à nouveau soumis aux fouets, puis aux assauts des bêtes, et aussi à la chaise de fer chauffée à blanc, avant d’être décapités. Les bêtes ne touchèrent pas à Blandina, qui fut attachée à un poteau. On la détacha pour la remettre en prison. Attalos dut faire le tour de l’amphithéâtre, précédé d’une pancarte portant l’inscription Attalos chrétien. Mais il était citoyen romain, et le gouverneur le fit remettre en prison, en attendant la décision de l’empereur. Celui-ci répondit qu’il fallait mettre à mort les persévérants, et libérer les renégats. Les porteurs du droit de cité romaine furent décapités, les autres furent envoyés aux bêtes fauves.

Celle qui semblait la plus faible, la plus chétive, la plus fragile, fut cette admirable Blandina. Torturée et mutilée sur tout son corps, elle restait joyeuse. On lui infligea encore les fouets, puis les bêtes, puis le gril, elle fut mise dans un filet et livrée à un taureau, qui la souleva plusieurs fois en l’air et la laissant retomber à terre. Mais Blandine y était insensible, elle n’était plus sur terre : son esprit était déjà avec son Epoux céleste. Elle fut enfin décapitée. Les païens reconnurent que jamais une femme n’avait enduré tant de tortures.

Mais l’histoire des Martyrs de Lyon ne s’arrêta pas là. Les ennemis du Christ s’acharnèrent encore sur leurs cadavres. Ceux qui étaient morts en prison, furent jetés aux chiens. Ce qui restait après la fureur des bêtes ou l’ardeur du bûcher, fut exposé à l’air pendant six jours, puis brûlé. Les cendres furent balayées dans le Rhône. 

Voici maintenant la liste alphabétique de ces quarante-huit Martyrs, vingt femmes et vingt-sept hommes :

  1. Æmilia 
  2. Æmilia altera
  3. Albina
  4. Alexandros
  5. Antonia
  6. Apollonius
  7. Aristeus
  8. Asclibiades
  9. Attalus
  10. Ausona
  11. Biblis
  12. Blandina
  13. Comminus
  14. Cornelius
  15. Domna
  16. Geminianus
  17. Geminus
  18. Grata
  19. Helpis
  20. Iamnica
  21. Iulia
  22. Iulia altera
  23. Iulius
  24. Iusta
  25. Iustus
  26. Macarius
  27. Materna
  28. Maturus, neophytus
  29. October
  30. Philomenus
  31. Pompeia
  32. Pompeia altera
  33. Ponticus
  34. Potamia
  35. Pothin, évêque
  36. Primus
  37. Quartia
  38. Rodana
  39. Sanctus, diacre
  40. Silvius
  41. Titus
  42. Trophima
  43. Ulpius
  44. Vetius Epagatus
  45. Vitalis
  46. Zosimus
  47. Zoticus

Les Martyrs de Lyon sont commémorés le 2 juin dans le Martyrologe Romain.

Erasmus de Formia

† 303

 

Originaire de Syrie, Erasmus y aurait été ordonné évêque, pour le siège d’Antioche.

Lors de la persécution de Dioclétien, il dut se réfugier pendant sept ans dans la montagne, où un corbeau lui apporta sa nourriture.

Découvert, il refusa de sacrifier aux dieux païens, fut frappé de coups, jeté dans un feu, privé de nourriture, tortures dont il fut délivré par une intervention angélique.

L’ange l’emmena en Illyrie, où il fit beaucoup de conversions, avant de subir de nouveaux supplices.

Il fut alors conduit par l’archange Michel à Formia (Campanie, Italie C), devenant ainsi le premier évêque de ce siège, où cependant il expira après sept jours.

Erasmus est représenté éventré, les intestins enroulés sur un treuil, supplice qui toutefois n’est pas mentionné dans la Passio. Il n’empêche qu’Erasmus est invoqué pour les maux de ventre. Il est aussi au nombre des quatorze Saints Auxiliateurs (v. notice Auxiliateurs).

Saint Erasmus de Formia est commémoré le 2 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcellinus et Petrus

† 304

 

Tout ce qu’on peut dire avec assez de certitude, est que ces deux Martyrs moururent à Rome dans la persécution de Dioclétien, en 304.

Marcellinus aurait été prêtre, Petrus exorciste.

D’après leur Passio, ils furent mis en prison, où ils convertirent leurs compagnons de captivité, dont un certain Arthémius. Le juge Severus (ou Serenus) les condamne à mort et les fait porter à un endroit appelé Silva Negra, mais en cachette, pour qu’on ignore leur sépulture.

Leur bourreau, converti, révéla cependant cette cachette, et l’on put ensevelir les deux Martyrs dans la catacombe Saint-Tiburtius, sur la Via Labicana, où l’empereur Constantin fit élever une basilique en leur honneur (et où fut à son tour ensevelie sainte Hélène, la mère du pieux empereur).

Le pape saint Damase connut le bourreau converti. On doit à ce pape une épitaphe en vers, où il fait allusion à cet homme.

Au 9e siècle, les corps des deux Martyrs furent confiés à un ministre de Charlemagne, Eginhard, qui désirait des reliques ; celles-ci furent déposées à Selingstadt (Frankfurt am Main), et beaucoup de miracles se produisirent lors de cette translation.

Les saints Marcellinus et Petrus sont mentionnés dans la prière du Nobis quoque, peccatoribus du Canon romain de la Messe.

Ils sont fêtés le 2 juin.

 

 

Eugène Ier

655-657

 

Ce soixante-cinquième pape succédait au martyr Martin Ier, encore prisonnier (qui mourut le 15 septembre 655).

En effet, Martin Ier ayant été emprisonné à Constantinople en 654, l’empereur le considérait comme déposé et fit immédiatement élire Eugène pour lui succéder, mais ce dernier ne se considéra comme élu légitimement qu’après avoir appris avec certitude la mort de son prédécesseur.

Eugène était fils du romain Rufinien, et faisait partie du clergé de Rome depuis l’enfance. On connaissait sa douceur et son affabilité, sur lesquelles on comptait pour renouer de bonne relations avec l’empereur Constant. 

Mais le patriarche de Constantinople, tant Pyrrhus que son successeur Pierre, prudemment, ne se prononçaient pas sur l’erreur du monothélisme, condamnée précédemment par Martin Ier

Le clergé de Rome contraignit alors le nouvel élu à condamner le patriarche de Constantinople, ce qui équivalait à mépriser l’empereur. Constant faillit traiter Eugène comme Martin, mais une cruelle défaite navale le força à remettre son dessein à plus tard.

Eugène mourut sur ces entrefaites, le 2 juin 657.

Il avait ordonné plusieurs évêques et fut enterré au Vatican.

Saint Eugène eut pour successeur saint Vitalien.

 

 

Nikephoros de Constantinople

738-828

 

Nikephoros naquit en 738 (certains avancent plutôt 758) à Constantinople de Theodoros et Evdokia.

Theodoros, un fonctionnaire impérial, perdit sa charge lors de la querelle iconoclaste et fut exilé pour sa fidélité au culte des saintes images ; Evdokia s’efforça de trouver les meilleurs maîtres pour son fils.

Ce dernier, à son tour, devint un fonctionnaire estimé du nouvel empereur ; il se signala lors du deuxième concile de Nicée (787), qui était le septième concile œcuménique : représentant l’empereur, il assista aux sessions, s’associa à la condamnation de l’erreur et composa un cantique d’action de grâces.

Il fonda alors un monastère sur le Bosphore et comptait y finir ses jours dans la prière, le silence, l’étude. Mais sa science étendue, ses mérites et ses vertus, le signalèrent pour succéder au patriarche s.Tarasios (v. 18 février) ; malgré toutes ses réticences, il finit par accepter cette lourde charge, et reçut en peu de temps tous les ordres sacrés. Il fut sacré évêque le jour de Pâques 806.

Des membres du clergé, que l’on pourrait appeler aujourd’hui intégristes, protestèrent contre cette élection «anti-canonique» : un laïc devenu patriarche en quelques semaines ! A cela s’ajouta que Nikephoros, dans un souci de pacification des esprits, leva la sanction imposée au prêtre qui avait béni le mariage illicite de l’empereur.

La mort de l’empereur apporta un calme relatif, mais l’avènement en 813 de l’empereur Léon l’Arménien ralluma la tension entre le pouvoir et l’Eglise. L’iconoclasme fut remis en vigueur et Léon exila tous les évêques et les moines qui s’y opposaient. Nikephoros en particulier, bien que malade, fut d’abord jeté en prison, relégué dans son monastère du Bosphore, enfin transféré jusqu’en Bithynie. 

En 820, le nouvel empereur proposa à Nikephoros de reprendre son siège, s’il consentait à ne plus parler des saintes images ni du précédent concile de Nicée de 787 : Nikephoros préféra rester en exil que de céder à ce chantage. 

L’exil dura près de quatorze ans : Nikephoros mourut le 2 juin 828, après plus de vingt-deux ans d’épiscopat.

Son corps fut ramené à Constantinople en 842.

Saint Nikephoros de Constantinople est commémoré le 2 juin dans le Martyrologe Romain.

Guido d’Acqui

1004-1070

 

Guido (Wido) vit le jour vers 1004 au château de Melazzo (Alexandrie, Piémont, Italie NO), que l’empereur avait donné à ses parents, comtes d’Acquesana, descendants de chevaliers venus en Italie au siècle précédent.

Tôt devenu orphelin, Guido alla étudier à Bologne, de 1019 à 1029.

En 1034, il fut choisi pour succéder à l’évêque défunt d’Acqui Terme.

Guido remit au diocèse tous ses biens de Melazzo et lutta de toutes ses forces contre l’immoralité et la simonie du clergé. Il fonda un institut pour la jeunesse féminine et le monastère Sainte-Marie-des-Champs. Enfin il fit agrandir la cathédrale, qu’il dédia en 1067 à l’Assomption de Marie.

Lors d’une famine, il fit distribuer du blé à la population affamée.

Il mourut le 2 juin 1070.

Guido était le vingt-sixième évêque d’Acqui Terme, mais fut le premier canonisé.

Saint Guido d’Acqui est commémoré le 2 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Nikolaos le Pèlerin

1075-1094

 

Nikolaos naquit à Stiri (Grèce) en 1075.

Berger, il vivait dans la solitude. Il s’habitua à répéter constamment Kyrie eleison. On en vint à le prendre pour un fou.

Exaspérée, sa mère le fit enfermer dans un monastère, où il fut même battu, mais relâché.

Voulant faire le pèlerinage à Rome, il vint en Italie méridionale et débarqua à Otranto, répétant toujours son incessant Kyrie eleison. Les enfants imitaient volontiers cet «original» ; mais les gens du monde le dédaignaient.

Sans domicile précis, il parcourait les localités des Pouilles, à peine vêtu d’une courte tunique, portant un crucifix dans la main. Arrivé à Trani le 20 mai 1094, il fut interrogé par l’évêque, qui comprit quelle valeur se cachait dans cet innocent jeune homme ; il l’hébergea.

Nikolaos tomba malade le 23 mai et l’on vint en foule lui rendre visite ; il mourut à Trani le 2 juin 1094, à dix-neuf ans.

Des miracles, des guérisons, ayant eu lieu, il fut canonisé en 1098.

Saint Nikolaos le Pèlerin est commémoré le 2 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sadoc et ses Compagnons

† 1260

 

Cette notice n’est pas à proprement parler une biographie, même succincte, du bienheureux Sadoc, religieux dominicain des tout premiers débuts de cet Ordre. A notre époque de diffusion vertigineuse de l’Islam, il est bon que les Chrétiens sachent ce qui pourrait les attendre de la part de ces peuplades païennes qui n’ont cessé depuis des siècles de combattre vainement les rangs chrétiens de toutes régions.

Ce que ne savent pas ces peuplades, en revanche, c’est que tous ces martyrs sont en réalité la source à laquelle viennent puiser de nombreux fidèles pour renforcer les rangs de l’Eglise et évangéliser avec une vigueur nouvelle les hommes qui ne connaissent pas encore Jésus-Christ, notre Sauveur.

Sanguis Martyrum semen Christianorum : le Sang des Martyrs est une semence de Chrétiens.

 

Sadoc, donc, était un des premiers compagnons de saint Dominique qui, au chapitre général de l’Ordre, tenu à Bologne en 1221, le désigna pour aller prêcher en Hongrie. Il était peut-être lui-même hongrois.

A son arrivée dans ce pays, il vit, la nuit, une foule de démons qui lui criaient avec rage : Tu viens ici pour nous chasser ! Et comme Sadoc avait pour tout bataillon trois novices fort jeunes : C’est avec ces gamins que tu nous rosses !

Il passa plusieurs années en Hongrie, puis fut placé à la tête du couvent fondé depuis peu par saint Hyacinthe (v. 15 août) à Sandomierz, ville du palatinat de Kielce, entre Cracovie et Varsovie, au sud-est de la Pologne. Au moment de l’invasion des Tartares, Sadoc était prieur de quarante-huit religieux. La veille de l’irruption des Tartares, le lecteur du Martyrologe annonça : A Sandomierz, la passion de quarante-neuf martyrs. Ces mots étaient calligraphiés en lettres d’or sur ce livre par une main inconnue.

Les frères prêcheurs se préparèrent à mourir. Les Tartares envahirent leur couvent le soir ; c’était l’heure paisible où, à la fin du chant de l’office, les moines élèvent une ultime salutation à Notre Dame, le Salve Regina.

Tandis qu’on les égorgeait, les frères chantaient le Salve Regina. Ils chantèrent véritablement jusqu’à leur dernier souffle.

Les envahisseurs avaient déjà sévi dans cette région de Sandomierz vingt ans auparavant ; leurs forces étaient certainement nombreuses et victorieuses, mais la vraie victoire était celle des fidèles religieux qui sont maintenant dans la gloire de Dieu.

Le pape Alexandre IV autorisa immédiatement le culte de ces martyrs pour Sandomierz, lequel culte fut étendu à tout l’Ordre dominicain au XIXe siècle.

Le Martyrologe les commémore le 2 juin.

 

 

Đaminh Ninh

1835-1862

 

Đaminh (Dominique) était né en 1835 à Trung Linh (Nam Định, près l’actuelle Hà Nội, Tonkin).

Il put recevoir une première formation auprès du séminaire des missionnaires, mais ensuite ses parents l’ont forcé à épouser une fille du village. Ne voulant pas contrarier ses parents, Đaminh accepta ce mariage ; par la suite il resta en bons termes avec cette épouse, mais ne vécut pas avec elle. Comprenant son erreur, il s’efforça de la compenser par la sainteté de sa vie, acceptant d’avance, s’il le fallait, de souffrir et de verser son sang pour Dieu.

Lors de la persécution, il fut arrêté le 16 septembre 1861, avec d’autres. Il dut quitter son village et changer plusieurs fois de résidence.

Au cours du procès, le 6 février 1862, on voulait le forcer à apostasier et à marcher sur la croix. Đaminh s’y refusa énergiquement : Si les enfants n’ont pas le droit de mépriser leurs parents, comment oseriez-vous me forcer à insulter Dieu qui a créé le ciel et la terre, en piétinant la croix ?

Condamné à la peine capitale, Đaminh attendit en prison quatre mois. Un témoin le vit chargé de lourdes chaînes, mais toujours souriant.

Đaminh fut décapité pour sa foi à An Triêm, le 2 juin 1862.

Béatifié en 1951, il fait partie des Martyrs vietnamiens canonisés en 1988, et fêtés ensemble le 24 novembre.

 

 

Joseph Tho Tiến

1918-1954

 

Ce martyr fait partie des 17 Martyrs du Laos, pour lesquels des notices sont en préparation.

Joseph naquit le 5 décembre 1918 à Ban Ten (Muang Xôi, Houaphan, Laos) ; son père et déjà son grand-père étaient des chrétiens exemplaires.

En 1929, Joseph entra à l’école des catéchistes à Hu L, au Vietnam, car sa province d’origine était alors rattachée à celle du Vietnam.

En 1937, il fut admis au Petit séminaire. Intelligent, bon élève, il sera le seul à passer ensuite au Grand séminaire. Il fut apprécié de tous, supérieurs et fidèles.

En 1942, il fut au Grand séminaire de Hanoï mais, à cause de l’agitation politique, il dut rentrer (à pied) au Laos en 1946, où sévissait aussi la guerre. Il ne put achever ses études qu’à Saïgon.

En 1949, il fut ordonné prêtre à Hanoï, pour le diocèse de Thanh Hóa. Son poste sera à Sam Neua. Pendant la brève accalmie de ces années-là, il réorganisa la mission, et fut un prêtre zélé au milieu de ses fidèles.

Malheureusement, en 1952, la guerilla reprit ; la mission fut évacuée, mais Joseph resta sur place prêt à donner (sa) vie pour (ses) frères laotiens.

A Pâques, il fut arrêté, jugé, mis en prison et conduit en camp de «rééducation». Il refusa constamment d’apostasier et de se marier.

Le 2 juin 1954, toujours ligoté, encadré par quatre gardiens, il fut abattu de cinq balles. il reçut la palme du martyre à Ban Talang (Houaphan, Laos).

Il a été béatifié le 11 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 2 juin dans le Martyrologe Romain.

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31 mai 2020 7 31 /05 /mai /2020 23:00

01 JUIN

I.

S Mémoire, un des Saints Innocents, vénéré à Périgueux.

II.

S Iustinus, philosophe palestinien converti à la vue du courage des martyrs, auteur de deux  Apologies  et du  Dialogue avec Tryphon, dénoncé, torturé et décapité ; avec lui, d’autres martyrs : Chariton, Charitus, Evelpistus, Ierax, Pœon et Liberianus.

III.

Ss Ammon, Zenon, Ptolemæus, Ingenis et Theophilus, martyrs en Alexandrie ; Theophilus était un vieillard, les autres des soldats ; ils encourageaient un chrétien qui semblait prêt à apostasier.

S Thespèse, martyr en Cappadoce.

S Ischyrion, officier militaire martyr à Assyout, avec cinq autres soldats.

S Firmus, martyr à qui on sectionna les nerfs avant de le décapiter (lieu inconnu).

Ss Félin et Gratinien, soldats martyrs à Pérouse.

S Proculus, martyr à Bologne.

IV.

S Jouin, fondateur du monastère de Ension, qui ensuite prit son nom (V.?).

?

S Révérien, évêque à Autun et martyr.

S Clair, apôtre de l’Aquitaine et martyr.

S Rogat, martyr en Afrique. 

V.

S Fortunatus, prêtre près de Montefalco, dont il est patron.

S Caprasius, solitaire en Provence, maître spirituel des frères Venantius et Honoratus de Lérins.

Florus, premier évêque à Lodève et à l’origine de la ville de Saint-Flour

S Claude, évêque à Vienne.

S Mion, ermite près de Thiers.

S Renan (Ronan), évêque irlandais, ermite en Bretagne.

VII.

S Porchaire, troisième abbé à Saint-Hilaire de Poitiers.

IX.

S Wigstan, prince anglais, traitreusement assassiné par son parrain.

XI.

S Symeon, grec de Syracuse, ermite, itinérant, et reclus ; il habita en Terre Sainte, au Sinaï, passa par Rome, arriva en France (Angoulême, Verdun) et mourut à Trèves.

S Iñigo, abbé à Oña en Espagne, pleuré à sa mort même par les Arabes et les Juifs.

S Conrad (Cuno), martyr à Trèves, où il venait d’avoir été nommé évêque.

XII.

S Teobaldo Roggeri, artisan à Alba, patron des savetiers et des portefaix.

XIV.

B Giovanni Pelingotto, tertiaire franciscain à Urbino.

XVI.

B John Storey, juriste anglais, martyrisé à Tyburn.

XVII.

Bx Alfonso Navarrete Benito, dominicain, Hernando de Saint-Joseph de Ayala, augustin, prêtres espagnols et Leo Tanaka, tertiaire jésuite, martyrs décapités à Nagasaki.

XVIII.

B Jean-Baptiste Vernoy de Montjournal, chanoine à Moulins, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

S Giuse Phạm Quang Túc, jeune paysan tonkinois, martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

B Giovanni Battista Scalabrini (1839-1905), évêque à Piacenza, fondateur des Missionnaires de Saint-Charles-Borromée, pour les émigrés en Amérique, béatifié en 1997.

S Annibale Maria Di Francia (1851-1927), prêtre à Messine, initiateur de la congrégation des Rogationnistes du Cœur de Jésus, pour l’apostolat de la jeunesse et les vocations ;  il fit connaître ste Veronica Giuliani et surtout protégea Mélanie Calvat ; béatifié en 1990, canonisé en 2004.

Iustinus

?-165

 

Saint Justin parle de lui-même dans ses écrits, expliquant par quels chemins il avait trouvé la Foi.

Né en Syrie, fils de Priscus et petit-fils de Bacchius, il était de milieu païen. Une grâce particulière lui infusa l’amour de la philosophie, entendue comme recherche de la Vérité.

Il fréquenta successivement plusieurs écoles, qui ne lui apportèrent pas suffisamment de conviction : éliminant d’emblée les épicuriens, il rencontra un stoïcien qui lui disait qu’il n’était pas nécessaire de connaître Dieu ; puis un péripatéticien, qui prétendait à un salaire pour ses “leçons” : “Je n’avais pas songé que la philosophie fût à vendre”, écrit Justin ; puis un pythagoricien lui parla du détachement pour arriver à la contemplation du beau et du bien, mais il lui fallait pour cela étudier la musique, l’astronomie, la géométrie, et il n’avait pas le temps de se mettre à ce travail ; enfin un platonicien, dont la doctrine sur les choses incorporelles l’intéressa beaucoup ; mais il rencontra finalement un vieillard qui l’aida à aller au-delà de la philosophie humaine, pour rencontrer Dieu lui-même, en particulier par la lecture des prophètes, de l’Ecriture Sainte, qui s’était accomplie en la personne de Jésus.

Justin fut alors transformé, il trouve dans l’Ecriture ce qu’il cherchait. Il rencontre des Chrétiens. Ce qui le convainc encore plus, c’est le comportement de ceux-ci devant la persécution : “Entendant les accusations portées contre les chrétiens, et les voyant intrépides en face de la mort, je me dis qu’il était impossible qu’ils vécussent dans le mal et dans l’amour des plaisirs.” 

Il se convertit, corps et âme, reçoit le baptême et désormais consacre sa vie à la diffusion de la Vérité. Il a pu faire un voyage à Rome. 

Vers 135, il rencontra l’éphésien Tryphon, un rabbin, avec qui il engagea des discussions, d’où ressortit un ouvrage qu’il publia ensuite : le Dialogue avec Tryphon, où il montre comment la Nouvelle Alliance l’emporte sur l’Ancienne.

Il s’en vint à Rome où il ouvrit une école et où il chercha de toutes ses forces à confondre les hérétiques : marcionites, valentiniens, basilidiens… On a malheureusement perdu son Traité contre toutes les hérésies. C’est là qu’il écrivit deux Apologies, envoyées à l’empereur, engageant ce dernier à protéger les chrétiens et même à se convertir.

C’est dans ces textes que Justin est amené à parler des sacrements de l’Eglise, le baptême et l’eucharistie. Il décrit l’assemblée dominicale en des termes qui montrent clairement les moments de notre Messe.

Il eut l’occasion de discuter avec un certain Crescens qui, confondu, l’attaqua en le dénonçant, lui et quelques compagnons, que nous retrouvons dans les Actes du martyre de Justin : la chrétienne Chariton, Evelpiste, Hiérax, Pœon, Libérien. On en retiendra quelques réponses savoureuses : 

- Je suis esclave de César ; mais, chrétien, j’ai reçu du Christ la liberté.

- Notre vrai père, c’est le Christ, et notre mère, la foi par laquelle nous croyons en Lui.

Finalement, Justin et ses compagnons sont flagellés, puis décapités.

Saint Justin est fêté le 1er juin.

 

 

Chariton, Charitus, Evelpistus, Ierax, Pœon et Liberianus de Rome

† 165

 

On a vu en ce même 1er juin les circonstances de la vie et de la mort de s.Justin (Iustinus).

Dans un second article, le Martyrologe nomme ensuite les noms des six disciples de Iustinus qui furent aussi ses compagnons d’interrogatoire, de condamnation et de martyre.

Voici les réponses qu’il donnèrent au préfet de Rome, Rusticus :

Chariton, l’unique femme du groupe : Par la grâce de Dieu, moi aussi je suis chrétienne.

Evelpistus : De César, je suis esclave ; du Christ, j’ai reçu la liberté comme chrétien… J’écoutais avec grand plaisir les leçons de Iustinus, mais j’avais appris de mes parents {qui sont} en Cappadoce, la religion chrétienne.

Ierax : Assurément je suis chrétien : j’aime et adore le même Dieu que ceux-ci. J’ai toujours été chrétien et je le serai toujours… Notre vrai père, c’est le Christ, et notre mère, la foi par laquelle nous croyons en Lui : mes parents selon la chair sont morts. Du reste, je fus amené ici d’Iconium en Phrygie.

Pœon, spontanément, sans même être interrogé : Moi aussi, je suis chrétien. A la question «Qui t’a instruit» : Je tiens de mes parents cette bonne doctrine.

Liberianus : Je suis chrétien, j’aime et j’adore le vrai Dieu.

De Charitus, les Actes ne nous laissent pas de réponse.

A la menace de Rusticus d’être torturés sans merci, ils s’écrièrent tous : Fais vite ce que tu veux, nous sommes chrétiens et nous ne sacrifions pas aux idoles.

Emmenés au lieu des exécutions, ils furent d’abord flagellés avec ces terribles fouets romains aux lanières de cuir si coupantes, et garnies de plombs. Notre Seigneur Jésus-Christ subit lui-même ce supplice. Puis ils furent décapités, le 1er juin 165.

Saints Chariton, Charitus, Evelpistus, Ierax, Pœon, Liberianus de Rome sont commémorés le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ammon, Zeno, Ptolemæus, Ingenis, Theophilus d’Alexandrie

† 249

 

Une lettre de l’évêque Dionysios d’Alexandrie (v. 8 avril), à l’adresse de l’évêque Fabius d’Antioche relate les détails suivants : 

Toute une escouade de soldats, Ammon, Zeno, Ptolemæus, Ingenis et avec eux le vieillard Theophilus, se tenaient devant le tribunal. Alors qu’on jugeait comme chrétien quelqu’un qui inclinait déjà vers l’apostasie, ceux-ci qui étaient près de lui grinçaient des dents, faisaient des signes de tête, tendaient les mains, gesticulaient de tous le corps. Tout le monde se tourna de leur côté, mais avant qu’on n’eût saisi aucun d’eux, ils se hâtèrent de monter sur le degré, disant qu’il étaient chrétiens ; le gouverneur et ses assesseurs furent remplis de crainte, ceux qui étaient jugés parurent remplis de courage ; ils étaient décidés à être condamnés et les juges avaient peur. Ces hommes sortirent solennellement du tribunal, se réjouissant de leur témoignage : Dieu les faisait triompher glorieusement. 

Le texte ne dit pas si le pauvre Chrétien qui était sur le point d’apostasier, se ressaisit : le martyre des cinq soldats l’éclipsa. De cet unique texte concernant ces Martyrs, il ressort qu’en réalité c’étaient ces courageux soldats, avec ce vieil homme, qui étaient vainqueurs, tandis que les juges étaient totalement désemparés devant eux.

Ils furent décapités, le 1er juin 249.

Saints Ammon, Zeno, Ptolemæus, Ingenis, Theophilus d’Alexandrie sont commémorés le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ischyrion de Lycopolis

† 250

 

Ischyrion était un chef militaire. 

Il fut martyrisé avec cinq de ses hommes à Lycopolis (auj. Assyout, Egypte).

Les six Martyrs subirent différents genres de mort, le 1er juin 250.

Saint Ischyrion de Lycopolis avec ses Compagnons sont commémorés le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Proculus de Bologne

† 300

 

Le martyre de Proculus a été attesté depuis des temps très anciens.

D’après la tradition, il aurait été militaire ; outré par la cruauté du légat impérial Marinus, il se serait rendu chez ce dernier et l’aurait tué à coups de hache. 

Dieu ne permet pas ce genre de réactions. Mais Proculus se racheta : accusé pour sa foi, il fut transpercé de clous énormes.

On croit pouvoir situer son martyre vers 300, à l’époque de la persécution de Dioclétien.

Saint Proculus de Bologne est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Florus de Lodève

† 389

 

Précédemment, Florus passait pour un illustre inconnu. On en avait même fait un des premiers disciples du Christ, envoyé par s.Pierre de Rome évangéliser la Narbonnaise.

On l’a récemment «réhabilité» en lui accordant la primeur du siège épiscopal de Lodève, où il aurait été martyrisé en 389.

Sur son tombeau s’éleva un prieuré bénédictin, puis un évêché, et la ville de Saint-Flour (Hérault).

En 1573, cette ville fut mise à feu et à sang par les Huguenots ; la cathédrale est devenue église paroissiale, le palais épiscopal la mairie.

Saint Florus de Lodève est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fortunatus de Montefalco

† 5e siècle

 

Fortunatus était prêtre à Turrita (Montefalco, Pérouse, Ombrie, Italie C).

Pasteur zélé pour ses ouailles, il travaillait aussi de ses mains et, un jour qu’il passait la charrue, il trouva deux deniers, qu’il voulut donner aux pauvres : à ce moment-là, les deniers apparurent brillants comme l’or. Fortunatus les donna.

On vit un jour une colombe se poser sur sa tête, ce qu’on interpréta comme un signe de Dieu.

Fortunatus fit des miracles de son vivant, mais plus encore après sa mort, qui advint dans les débuts du 5e siècle.

Un chef militaire injustement condamné se trouva libéré de ses liens en passant près de son tombeau.

A cela s’ajoute que le bâton dont Fortunatus se servait pour diriger ses bœufs, fut mis en terre et donna un arbre magnifique, dont les branches avaient des vertus particulières contre les démons.

Saint Fortunatus de Montefalco est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Caprasius de Lérins

† 5e siècle

 

Caprasius (Caprais en français) vivaiten solitaire dans la Provence.

Vinrent le trouver Honoratus (futur abbé de Lérins) et son frère Venantius, qui cherchaient un maître pour les initier à la vie ascétique. Ils partirent pour l’Orient, mais s’arrêtèrent en Grèce, où mourut Venantius. Honoratus et Caprasius s’en revinrent et s’installèrent sur l’île de Lérins.Une grande abbaye s’éleva bientôt à cet endroit.

Caprasius n’en fut jamais abbé, mais il fut présent et continua de suggérer ses conseils à tous les moines et fut, très discrètement, une des gloires de l’Eglise de cette période, mentionné par s.Eucher de Lyon (v. 16 novembre), par Sidoine Apollinaire (v. 21 août).

Il mourut au 5e siècle, après 434.

Saint Caprasius de Lérins est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Renan de Locroman

† 5e siècle

 

Beaucoup de détails de cette notice nous apparaîtront incroyables. Des légendes ont pu se greffer sur des faits historiques réels. Lisons avec la foi, et laissons-nous transporter dans l’amour de Dieu.

Renan (Ronan), irlandais, trouva le christianisme en Grande-Bretagne. Il serait même devenu évêque (ou bien il aurait déjà reçu l’épiscopat en Irlande).

Un ange l’avertit de quitter son pays et d’aller fonder un ermitage en Bretagne ; il arriva ainsi en Armorique, où sa sainte vie lui attira tant de curieux, de fidèles, de malades qui lui demandaient la guérison, qu’il s’enfuit vers le Sud.

Parmi les faits extraordinaires qu’il aurait accomplis, il aurait sauvé une brebis prise par un loup.

Dans son nouvel ermitage, Ronan connut la persécution d’une vilaine femme qui le calomniait. On envoya contre Renan une meute de chiens affamés, qu’il arrêta d’un signe de croix.

La méchante femme l’accusa d’avoir tué sa petite fille, mais Renan la ressuscita.

Il mourut au 5e ou au 6e siècle.

Le pèlerinage de la Grande Troménie à Locroman est une longue procession qui veut suivre la tradition remontant à Renan lui-même, qui la faisait pieds nus et à jeun.

Saint Renan de Locroman est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

Wigstan de Mercie

† 849

 

Wigstan (Wystan) était le fils du roi Wigmund de Mercie et de Ælfflæd.

C’était un prince noble, chrétien, plus attiré par le royaume de Dieu que par celui de la terre.

Après la mort de Wigmund, un parent brigua la main d’Ælfflæd ; Wigstan s’y opposait, en raison de cette trop proche parenté.

Une rencontre fut organisée, et au moment où le parent échangea une accolade avec Wigstan, il le frappa mortellement à la tête, et un soldat l’acheva.

Wigstan n’est pas à proprement parler un martyr qui a versé son sang pour la Foi ; on l’a toutefois vénéré comme tel, victime de son attachement à la Loi divine.

Saint Wigstan de Mercie est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Symeon de Syracuse

fin 10e-1035

 

Symeon, né vers la fin du 10e siècle, était originaire de Syracuse (Sicile), fils d’un Grec, Antonios, et d’une mère calabraise, de nobles parents qui l’élevèrent dans l’honnêteté et la recherche du meilleur.

Antonios, son père, fut employé au service de l’empereur de Constantinople : il y emmena son fils de sept ans pour lui faire faire de bonnes études. Outre le grec et l’arabe, Symeon apprit aussi le syriaque, le copte et le latin, ce qui lui valut le surnom de Pentaglossos, «qui parle cinq langues».

Tel un saint Basile (v. 1er janvier), Symeon ne se laissa pas griser par l’ambition, par la place de son père, ni par les plaisirs de ses compagnons : il chercha plutôt à se retirer pour être plus proche de Jésus-Christ.

Il dit adieu au monde, à son père, au monde, et se joignit à un groupe de pèlerins qui partaient pour les Lieux Saints de Palestine. Là, pendant sept années, il accueillit et guida les pèlerins. 

Puis il se mit à l’école d’un solitaire, reclus dans une vieille tour ; ce dernier apprécia la sainteté de son disciple et, se contentant du haut de la tour, laissa Symeon habiter dans le bas. Il apprit à dominer les tentations, les distractions ; il fut consterné quand il se rendit compte que son «père» avait disparu : le saint homme avait préféré aller mourir ailleurs, ignoré totalement.

Symeon, craignant cette trop grande solitude, lut assidûment les Vies des Pères et se rapprocha d’un monastère à Bethléem, où il resta deux années. L’abbé fut assez convaincu de la grande vertu de Symeon, pour le faire ordonner diacre, et faire profiter au monastère de ses vertus et de ses enseignements.

Mais l’humilité de Symeon le poussa à fuir cette estime qu’on avait de lui et obtint de l’abbé de se retirer au monastère du Mont-Sinaï, où il fut ordonné diacre ; y ayant progressé encore plus dans la sainteté, mais insatisfait de sa médiocrité, il obtint de se retirer dans une grotte sur le bord de la Mer Rouge. Un moine lui apportait tous les huit jours un peu de pain.

Symeon aimait cette vie de pénitence et de solitude, mais il comprit que le bon moine se fatiguait pour lui apporter son pain, et aussi que les voyageurs de la Mer Rouge l’observaient continuellement ; aussi revint-il dans le monastère. Il était si exemplaire, que les moines en conçurent une plus grande ferveur pour leur propre vie. Le démon, artisan du mensonge, de l’orgueil et de la division, tenta beaucoup Symeon, qui sut en déjouer les astuces et avança encore plus vers la sainteté.

Ses pénitences étaient extrêmement rigoureuses : il se contentait de l’Eucharistie pendant toute une semaine, il se flagellait, portait des chaînes, veillait la nuit et, s’il dormait, c’était pour peu de temps et sur la terre nue.

Le monastère recevait chaque année des subsides du duc de Normandie, Richard II ; mais ses envoyés étant morts en chemin, il fit prévenir les moines de venir sur place pour recevoir ce qu’il voulait leur remettre. On choisit Symeon pour cette mission ; ce dernier, quoique inspiré par Dieu sur l’inutilité de ce voyage, obéit humblement à l’ordre du Supérieur et se mit en route.

A peine embarqué sur le Nil, Symeon fut attaqué par des pirates, il gagna la côte à la nage et finalement atteignit Antioche de Syrie, espérant y trouver un bateau pour l’Europe. Justement, un groupe de pèlerins revenait de Jérusalem, parmi lesquels l’abbé de Tholey (ou l’abbé Richard de Saint-Vanne) ; ils partirent ensemble et, arrivés à Belgrade, furent empêchés de continuer leur route. Là, ils se séparèrent (ou furent séparés) et Symeon gagna Rome pour repartir en France. 

Après un long voyage qui ne fut pas sans dangers, il arriva à Rouen, où il apprit la mort de Richard II ; comme son successeur n’entendait pas renouveler les largesses du Défunt, Symeon rejoignit à Verdun l’abbé de Saint-Vanne, qu’il avait connu à Jérusalem, puis passa au monastère de Saint-Martin de Trèves, où sa célébrité l’avait précédé depuis longtemps et les moines le reçurent avec joie. Même l’évêque de Trèves, saint Poppon, le prit comme compagnon de voyage pour un pèlerinage aux Lieux-Saints (1028). Cette fois-ci, le voyage fut sans encombres, et Symeon rendit beaucoup de services au saint Evêque, comme interprète et en fin connaisseur de la région.

Au retour, l’évêque proposa à Symeon le lieu qu’il aurait préféré pour le reste de ses jours. Symeon, heureux de pouvoir enfin se retirer, obtint une petite cellule dans l’une des tours de la cathédrale de Trèves, d’où il pouvait assister aux services religieux, et écouter l’office divin. C’est l’évêque lui-même qui célébra la cérémonie durant laquelle Symeon fut enfermé dans cette tour, le 29 novembre 1030. Il ne devait plus en sortir jusqu’à sa mort.

De la petite fenêtre de sa cellule, d’où il entendait les offices de la cathédrale, il recevait le pain que lui apportait un clerc et il répondait aux questions de ceux qui le questionnaient, derrière le double rideau qui fermait cette fenêtre.

Peu après, toute la région fut dévastée par une grave inondation ; le peuple attribua cette intempérie à des pouvoirs magiques de Symeon et voulut abattre la tour. Mais Symeon ne s’émut pas de cette agitation ; il continua sa vie de prière et de jeûne, repoussant les violentes attaques du démon, mangeant un peu de pain, de haricots avec de l’eau. Pour prier, il se dressait et levait les bras au ciel, jusqu’à ce que la fatigue l’obligeât à se coucher à terre pour dormir. 

Un jour que le pain n’avait pas bougé pendant plusieurs jours, on accourut et l’on vit Symeon mourant ; le moine Eberwin - plus tard abbé de Saint-Martin de Trèves, se trouva soudain guéri de sa paralysie pour apporter le Viatique à Symeon.

Symeon mourut le 1er juin 1035. Comme il l’avait demandé, il fut revêtu d’un pauvre sac et enterré dans sa cellule même. On retarda ses obsèques pendant un mois, si nombreux étaient ceux qui voulaient le vénérer une dernière fois avant de le quitter. 

Les miracles qui se produisirent alors et après les obsèques, aboutirent à une canonisation officielle dès 1042 ou 1047.

Quatre siècles plus tard, on retrouva intact le corps du Saint. On construisit une chapelle au lieu de sa cellule. 

Saint Symeon de Syracuse (ou du Mont-Sinaï ou de Trèves) est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iñigo d’Oña

? - 1068

 

Iñigo était né, très probablement, à Calatayud (Saragosse, Aragon, Espagne), une ville sous occupation islamique, avec un quartier juif.

Du jeune Iñigo, on écrivit qu’il était la douceur même.

Après une période de vie solitaire, il entra dans le monastère bénédictin de San Juan de la Peña et, peu de temps après son ordination sacerdotale, en accord avec les supérieurs, il se retira à nouveau dans une grotte des environs.

C’était une vie de prière, de veilles et de jeûnes, mais pas d’isolement total. Iñigo attira par son style de vie et ses miracles des curieux, bien sûr, mais aussi des gens avides de conseils avisés pour suivre la voie de la sainteté. Beaucoup, dit-on, embrassèrent ainsi la vie religieuse.

Or il y avait dans la province de Burgos un monastère fondé en 1010 où, après qu’y vécurent des moniales, y avaient été installés des moines avec la règle de Cluny. On leur cherchait un Supérieur capable pour succéder au premier Abbé et l’on pensait inviter Iñigo, qui s’y refusa catégoriquement.

Ce fut le roi Sancho III qui vint le supplier en personne. A ses humbles supplications, Iñigo céda et descendit des montagnes de Xaca pour rejoindre celles de Burgos.

Un document de l’époque parle de l’Abbé Iñigo en octobre 1034.

Mais cette abbaye était dotée de grandes possessions territoriales, d’où elle pouvait retirer sa subsistance, de sorte que le nouvel Abbé devenait l’authentique évêque d’un grand diocèse, avec des terres dans les régions de Burgos, Logroño, Palencia et Santander. D’anachorète, le bon Iñigo devint malgré lui un grand voyageur, accompagnant même le roi dans ses expéditions, s’efforçant d’apporter la paix entre les ennemis.

En 1063, il fut appelé à León pour recevoir le corps de Saint Isidro.

Mais l’œuvre principale d’Iñigo fut l’application intégrale de la règle dans son monastère : Le silence était silence, le jeûne, jeûne, la clôture, clôture. 

Par ses douces interventions et ses prières, il transforma littéralement un moine au caractère acariâtre (eh oui, ça existe !). Sa bénédiction profita aux cultures d’Oña et des environs. Un coquin de berger, qui pensait faire paître son troupeau dans la vigne que venait de faire planter l’Abbé près du fleuve, se trouva puni en devenant momentanément bossu, jusqu’à ce qu’il reconnût sa faute et s’en repentît. Iñigo intervint en faveur des pauvres, des opprimés, des prisonniers ; il rapprocha débiteurs et créanciers.

Il y eut de véritables miracles, comme la guérison de paralytiques, la naissance d’un fils pour une mère stérile depuis quinze ans, la résurrection d’un jeune garçon ; des pluies providentielles…

Lors de la reconquista, il y eut des frictions entre quartiers chrétiens et maures, non loin du monastère ; Iñigo les pacifia ; seul le chef maure refusait les conditions, et il mourut peu après, comme l’avait annoncé Iñigo. Il se trouva un jour en face d’une bande de voleurs qui, ne pouvant lui prendre l’argent qu’il n’avait pas, le menacèrent de lui prendre la vie : il leur répondit si gentiment que pour lui, perdre la vie c’était mettre fin à beaucoup de soucis, qu’ils changèrent totalement de conduite et devinrent ses grands amis.

Sa plus grande «conquête» fut sans doute celle de l’évêque d’Oca, un certain Ato ou Adón, qui se mit totalement sous la direction d’Iñigo, se retira dans un ermitage et, mort en odeur de grande sainteté, fut enseveli dans le propre monastère d’Oña.

En mai 1068, Iñigo alla encore une fois visiter les églises alentour. Il se trouva si mal à Solduengo, qu’il fallut le porter jusqu’au monastère, de nuit. Iñigo remarqua près de lui des jeunes gens qui portaient des torches allumées ; il s’en émut et pria ses moines de les aider, de leur donner à boire ; mais les moines ne voyaient qu’une grande lumière, et pas de jeunes gens : c’étaient sans doute les anges gardiens…

Arrivé au monastère, Iñigo reçut les derniers Sacrements, recommanda encore à ses moines l’amour, la fraternité et l’observance de la règle, et leur donna sa bénédiction.

Don Iñigo mourut le 1er juin 1068, pleuré autant par les moines et les Chrétiens, que par les Maures et les Juifs.

On n’est pas sûr qu’il ait été canonisé un siècle plus tard, mais il fut toujours vénéré comme Saint et inscrit au Martyrologe en 1748.

On a de lui deux ouvrages étonnants : des Observations sur l’arithmétique et des Calculs astrologiques sur la naissance de certains princes et autres personnages connus.

Iñigo d’Oña est évidemment le patron d’Oña, mais aussi des prisonniers. Beaucoup de miracles furent obtenus par son intercession et son nom fut souvent donné aux garçons ; un de ceux-là fut Iñigo de Loyola (v. 31 juillet).

 

 

Teobaldo Roggeri d’Alba

1099-1150

 

Teobaldo Roggeri vit le jour en 1099 à Vicoforte (Cuneo, Piemonte, Italie NO), de parents de la petite bourgeoisie.

Préférant la pauvreté, il laissa la maison (ou bien, selon certains, fut tôt orphelin de ses parents), et vint travailler à Alba chez un savetier. A la mort de ce dernier, il abandonna à la veuve ce qu’il avait gagné et partit en pèlerinage à Compostelle.

De retour à Alba, il se mit au service des autres comme portefaix, voulant imiter le Christ qui portait sa croix, mais surtout qui portait les charges des autres. Teobaldo cherchait surtout à partager les peines des autres et, pour mieux y parvenir, s’imposait des jeûnes et des macérations.

Il n’avait pas que des amis ; on se moqua de ce «SDF» qui couchait sur le parvis de l’église ; il céda à la tentation et lança une malédiction. Repentant, il se proposa à balayer chaque jour la cathédrale et d’allumer les lampes du sanctuaire.

Il mourut le 1er juin de 1150. Sur sa demande, il fut enterré dans un terrain vague entre la cathédrale et la proche église. 

Plusieurs enfants morts étant ressuscités par son intercession, il fut canonisé en 1429, devenant le patron des savetiers ou cordonniers, ainsi que des portefaix du Piémont.

 

 

Giovanni Pelingotto

1240-1304

 

Giovanni Pelingotto (ou Pelino Goto) était né en 1240 à Urbino (Italie CE), fils d’un riche marchand d’étoffes, ce qui lui conféra une grande ressemblance avec François d’Assise, quelques années plus tôt (v. 4 octobre).

Le père voulut l’initier au commerce, mais Giovanni, à douze ans, était déjà bien décidé à suivre une autre voie. Il finit par l’emporter sur son père et, à quinze ans, demanda son admission au Tiers-Ordre franciscain.

Il en reçut l’habit de toile grossière, se mit à soulager la misère des pauvres, des malades, se privant discrètement même du nécessaire ; mais plus il cherchaiti à se cacher, plus sa charité le dénonçait ; il feignit même la folie, inutilement.

Il ne put éviter cette longue extase qu’il eut dans la cathédrale.

Lors de l’Année sainte de 1300, il alla à Rome pour gagner l’indulgence, mêlé au milieu de toute la foule des pèlerins et se croyant incognito ; et voilà qu’un pèlerin le désigna : Mais, c’est le saint homme d’Urbino ! Rien à faire, on le reconnaissait, ses vertus le dénonçaient.

De retour à Urbino, il intensifia sa vie de mortification, marchant pieds nus, vêtu très pauvrement. Il dut supporter aussi une pénible maladie qui lui enleva la parole : il ne la retrouva que quelques jours avant la mort.

Au moment de mourir, il dit Partons d’ici avec confiance. Et à ceux qui lui demandaient Où ?, il répondit : A la gloire du Paradis !

Il s’éteignit le 1er juin 1304.

Son culte fut reconnu en 1918.

John Storey

1504-1571

 

John Storey était né à Salisbury (Wiltshire, Angleterre), de Nicholas Storey (ou Story).

Il se forma à Hinxsey Hall (Oxford), obtint le grade de lecteur en droit civil (1535) et, de 1537 à 1539, fut président de Broadgates Hall, l’actuel Pembroke College.

Il semble qu’il ait abjuré le catholicisme en 1545.

Il fit partie du parlement de Salisbury en 1545 et de Hindon en 1547 ; mais il subit la prison en 1548-1549 pour s’être opposé au Bill of Uniformity, ce projet d’introduire la doctrine protestante en Angleterre et au Pays de Galles. A sa libération, il émigra avec sa famille à Louvain, et revint en Angleterre à l’accession au pouvoir de la reine Mary (1553).

Il fut alors professeur de droit civil, chancelier des diocèses de Londres et d’Oxford, secrétaire de l’évêque Bonner et doyen du chapitre. Il soutint activement la reine Mary dans la lutte contre l’hérésie.

De 1553 à 1560, il eut un siège au parlement, jusqu’à ce que la reine Elizabeth manifesta contra lui son déplaisir pour son opposition à l’Acte de Suprématie.

John fut enfermé au Fleet (mai 1560), s’échappa, fut repris et emprisonné au Marshalsea (1563), s’échappa à nouveau et rejoignit Anvers où, renonçant à sa citoyenneté anglaise, il se fit sujet espagnol. Mais en 1570, il fut rejoint par les services d’espionnage anglais, fut arrêté à Bergen-op-Zoon et reconduit à Londres sous bonne garde. On l’enferma à la Tour de Londres jusqu’à son procès et son martyre.

Le procès se tint le 26 mai 1571 : jusqu’à cette date, John subit plusieurs fois la douloureuse torture du chevalet. Lors du procès, il fut accusé d’avoir comploté contre la vie de la reine et, durant sa présence à Anvers, d’avoir été aux côtés de rebelles du nord. John répéta sans cesse qu’il n’avait rien à voir là-dedans, mais s’abstint ensuite d’exposer une quelconque défense, du moment qu’il était un citoyen espagnol et que les juges n’avaient aucune juridiction sur lui.

A ce semblant de jugement, était présent Edmund Campion, qui comprit son erreur et revint pleinement à la foi catholique (voir au 1er décembre).

John Storey fut condamné à mort le 27 mai et la sentence fut exécutée le 1er juin 1571, à Tyburn. Les bourreaux s’arrangèrent pour rendre ce martyre aussi barbarement cruel que possible.

Le culte rendu à John Storey fut confirmé en 1886, ce qui équivalait à la béatification.

 

 

Alfonso Navarrete Benito

1571-1617

 

Il naquit le 21 septembre 1571 à Logroño (Espagne).

Entré dans l’Ordre dominicain, il appartenait au couvent de Valladolid et fut ordonné prêtre.

En 1598, il fut envoyé à la mission de Manille (Philippines).

Entre 1602 et 1611, il sera de retour en Espagne, avant de réembarquer à la tête d’une nouvelle équipe missionnaire. Cette fois-ci, il alla au Japon, comme vicaire provincial de la mission dominicaine.

Lors de la persécution, pour éviter de compromettre les fidèles qui l’aidaient et le cachaient, il alla se présenter de lui-même comme prêtre catholique, s’exposant ainsi à de sévères tortures et au martyre.

Il fut décapité sur l’île de Takaxima, le 1er juin 1617, et fut béatifié en 1867.

 

 

Hernando Ayala Fernández

1575-1617

 

Hernando (ou Fernando) naquit en 1575 à Ballesteros de Calatrava (Ciudad Real, Espagne centre) de Hernando de Ayala et María Fernández, qui étaient de sang noble.

Il entra chez les Augustins de Montilla (Cordoue) en 1593 et fit la profession l’année suivante, avec le nom de Hernando de Saint-Joseph.

Doté de grandes capacités intellectuelles, il fit des études à Alcalá de Henares et même y enseigna.

Pourtant, sa soif des âmes l’appelait aux missions lointaines. Il partit pour les Philippines en 1603. Le voyage devait se faire en traversant l’Atlantique et le Pacifique. A l’escale du Mexique, il prêcha, suscitant l’admiration des auditeurs.

Il resta un an à Manille, puis pénétra au Japon en 1605.

Après avoir appris la langue en quelques mois seulement, il se mit au travail : les catéchumènes ne manquaient pas, mais les baptisés aussi avaient besoin d’un prêtre, de ses conseils, des sacrements. On a rapporté qu’en deux années, le père Hernando avait baptisé quelque trois mille enfants et adultes.

Il mit aussi à profit sa connaissance du japonais pour traduire plusieurs livres et en composer quelques-uns aussi, qui furent précieux pour la dévotion des Chrétiens nippons.

Après cette première période, en 1607 il repassa aux Philippines pour demander de l’aide. Au retour, il fut nommé Provincial de l’Ordre augustin.

En 1612, il fonda un petit couvent à Nagasaki, dont il fut le prieur. Mais c’est à partir de ce moment-là que la persécution s’accentua et il dut travailler dans la clandestinité.

En 1617, avec le père dominicain Alonso Navarrete, il se rendit à Ōmura où les Chrétiens avaient besoin de prêtres. Mais leur zèle les fit rechercher et arrêter.

Le seul fait d’être prêtres les condamnait à mort. Ils furent exécutés à Tacaxima (ou Ōmura), décapités, le 1er juin 1617.

Les restes des deux Martyrs furent enfermés dans une caisse, qu’on jeta en mer avec une grosse pierre ; mais quelques années plus tard, les cordes de la pierre s’étant détachées, la caisse remonta à la surface et des Chrétiens purent recueillir les corps.

Les pères Ayala et Navarrete furent béatifiés en 1867.

 

 

Leo Tanaka

1590-1617

 

Leo naquit vers 1590 à Ōmi (Japon).

Baptisé, il fut catéchiste dans le diocèse de Nagasaki.

Il subit le martyre à Ōmura, le 1er juin 1617.

Il fut béatifié dans un groupe de deux-cent cinq Martyrs du Japon, en 1867.

Jean-Baptiste Vernoy de Montjournal

1736-1794

 

Originaire d'Autun, où il était né le 17 novembre 1736, il reçut au baptême les noms de Jean-Baptiste Ignace Pierre.

Chanoine de Moulins, au moment de la Révolution française, il fut, en raison de son sacerdoce, déporté sur le bateau négrier Les Deux Associés.

La longue marche à pied qu'on le contraignit à faire lui causa de douloureuses ampoules qui s'infectèrent. En absence de toute hygiène à bord du navire, les plaies dégénérèrent en scrofules, et le chirurgien dut amputer les deux jambes du pauvre prêtre.

Atteint de maladie pédiculaire (causée par les poux), il se mourait relégué sous une écoutille, comme un lépreux, sans perdre sa patience et sa douceur.

Il mourut sur l'Ile Madame. Le 1er juin 1794.

Il fut béatifié parmi les Martyrs des pontons de Rochefort, en 1995.

 

 

Giuse Phạm Quang Túc

1852-1862

 

Officiellement, Giuse (Joseph) avait neuf ans au moment de son arrestation. Il se peut que les documents à notre disposition aient contenu quelque inexactitude, car on est en droit de se demander si la façon d'arrêter ce garçon, de le torturer, de l'interroger, et de le mettre à mort ont bien pu concerner un enfant de neuf ou dix ans, ou pas plutôt un jeune homme de dix-neuf ans.

Giuse serait né en 1852 à Hoàng Xá (Bắc Ninh, Hưng Yên, Vietnam). Peut-être est-il né en 1843, troisième enfant de parents agriculteurs.

Lors de la persécution qui se déchaîna en 1862, il fut arrêté, puis fut mis en isolement à Đông Khê Khoái Châu, chargé de lourdes chaînes, pendant quatre mois. D'autres jeunes gens comme lui furent arrêtés, et se retrouvèrent en prison, s'exhortant mutuellement.

Des amis essayèrent de soudoyer les gardiens pour libérer Giuse, mais il refusa lui-même, préférant s'en remettre à la volonté de Dieu.

Un prêtre écrivit à cette époque qu'il était difficile de savoir le nombre exact des victimes de cette persécution, tant il y en eut. L’ordre était donné de faire disparaître totalement cette religion. Par centaines furent arrêtés et exécutés les Chrétiens ; des villages entiers de Chrétiens furent détruits.

Giuse fut exécuté à Nam Định, le 1er juin 1862.

Il fut béatifié en 1951, et canonisé en 1988.

 

 

Giovanni Battista Scalabrini

1839-1905

 

Né et baptisé à Fino Mornasco (Côme, Italie nord) le 8 juillet 1839, Giovanni Battista était le troisième des huit enfants de Luigi Scalabrini et Colomba.

Ordonné prêtre en 1863, il fut professeur puis recteur au petit séminaire de Côme, avant d'être nommé curé à Côme : de cette époque datent le Catéchisme catholique et le Petit Catéchisme pour les Tout-petits, qu'il publia dans l'intention de fournir un texte approprié aux exigences du temps.

En 1875 il fut nommé évêque de Plaisance et en tant que tel continua son effort pour rénover les méthodes de catéchèse. 

Il fonda la première revue catéchistique d'Italie, Le Catéchiste catholique, et encouragea à Plaisance la formation d'un groupe d'étude pour la méthodologie catéchistique, ainsi que le premier congrès catéchistique d'Italie.

En 1887 il fonda la Congrégation des Missionnaires de Saint-Charles-Borromée (appelés Scalabriniens), qui devaient être présents parmi les émigrés italiens.

Dans son diocèse, l'évêque fit cinq fois la visite apostolique de toutes ses paroisses, convoqua trois synodes, et consacra deux cents églises nouvelles.

En 1895, il fonda la branche féminine des Missionnaires de Saint-Charles.

En 1901 et 1904 il fit une visite pastorale auprès des Italiens émigrés aux Etats-Unis et au Brésil.

Mgr Scalabrini mourut le 1er juin 1905, et il fut béatifié en 1997.

Sa devise épiscopale était : Video Dominum innixum scalae (Je vois le Seigneur au sommet de l’échelle, cf. Gn 28:13).

 

 

Annibale Maria Di Francia

1851-1927

 

Né à Messine (Sicile) le 5 juillet 1851, Annibale était le troisième des quatre enfants d'une famille noble.

Le père, Francesco, appartenait aux Marquis de Santa Caterina dello Ionio ; il était cavalliere, vice-consul pontifical et capitaine honoraire de la marine royale de la maison des Bourbon. Son frère, Raffaele, fut moine cistercien et professeur de Lettres et de Philosophie au Collège des Gentilshommes de Messine ; sa sœur, Luisa, épousa un des proches de Cavour.

La mère, Anna Toscano, appartenait aux Marquis de Montanaro ; son frère, don Giuseppe Toscano, fut directeur du journal La Parole Catholique.

Les quatre enfants de Francesco et Anna, Giovanni, Caterina, Annibale, Francesco, reçurent aussi le nom de Maria au baptême. Giovanni, journaliste, mourut assez jeune, ainsi que Caterina. Francesco devint prêtre, comme Annibale.

Le père d'Annibale mourut en 1852, quand le petit garçon n'avait pas encore deux ans. Il fut confié à sa tante, pour soulager sa pauvre maman, bien jeune (elle avait vingt-trois ans) pour s'occuper seule de ses quatre enfants.

En 1859, Annibale et son petit frère Francesco revinrent auprès de leur mère, pour éviter la contagion d'une épidémie de choléra.

Annibale passa au Collège où enseignait son oncle Raffaele. Un jour qu'un pauvre mendiant vint demander l'aumône et que les garçons se moquèrent de lui, Annibale se leva devant tous ses camarades et remit son repas au mendiant.

Quand Garibaldi entra dans Messine, la famille se réfugia momentanément à Naples, puis revint dans la capitale sicilienne.

A la fin de ses études, Annibale sentit fortement l'appel au sacerdoce. Une religieuse mystique, Maria Luisa de Jésus, lui prédit qu'il serait prêtre et ferait un grand bien pour l'Eglise.

Annibale reçut l'ordination sacerdotale en 1878.

Avant cette ordination, deux événements mystérieux marquèrent la destinée d'Annibale.

Dans un train, assis près d'un autre prêtre, Annibale jugea opportun de donner à ce prêtre 100 lires, tandis que son compagnon de voyage lui suggérait de n'en donner que 50. Juste après, Annibale se rendit compte d'avoir reçu mystérieusement une enveloppe de 1000 lires.

Ayant rencontré un pauvre aveugle, dont se moquaient certains enfants, il l'emmena chez lui, lui donna de bons vêtements et le mit dans son lit. Voulant déposer un baiser sur le visage de cet aveugle, il se rendit compte que c'était le visage du Christ, et il le baisa plusieurs fois.

Cette rencontre mit don Annibale en contact avec l'horrible misère des maisons Mignuni, habitations sordides du quartier Avignone. Avec l'accord de l'évêque de Messine, don Annibale voulut vivre au milieu de cette population, pour en partager la misère, la crasse, la pauvreté spirituelle et matérielle. 

Il ouvrit une école pour les petits garçons et une pour les petites filles, premières victimes innocentes de cette pauvreté misérable. L'œuvre ne fut pas facile, et Annibale reçut même des menaces.

Don Annibale s'entoura d'une famille de religieuses, guidée par Natalina Briguglio. Mais après une dizaine d'années de collaboration, celles-ci se retirèrent pour former leur propre maison, dont l'aumônier fut alors le frère d'Annibale, don Francesco.

L'œuvre missionnaire proprement dite de don Annibale commença en 1882, avec la création d'orphelinats placés sous la protection de saint Antoine de Padoue. Ce fut le début d'un courant qui se propagea dans le monde entier.

C'est alors que don Annibale se rendit à Galatina (Lecce), où vivait la voyante de La Salette, Mélanie Calvat. Il la supplia de venir le seconder. Pendant dix ans, Mélanie donna ses conseils aux religieuses que voulait fonder don Annibale.

Don Annibale fonda ainsi deux Instituts pour encadrer son œuvre d'assistance aux enfants abandonnés : les Filles du Zèle Divin (1887), et les prêtres Rogationistes (1897).

L'appellation “rogationistes” vient du commandement évangélique du Seigneur : Priez (Rogate) le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson (Lc 10:2).

En 1884, don Annibale reçut une première machine à imprimer, avec laquelle il ouvrit une imprimerie, qui donna du travail aux orphelins. L'imprimerie grandit et devint en 1908 l'Imprimerie du Sacré-Cœur. 

En 1927, don Annibale tomba malade en février et mourut le 1er juin 1927.

Pour la béatification et la canonisation de don Annibale, furent reconnus deux miracles de guérison totale et durable, scientifiquement inexplicables ; ce fut le cas d'une petite brésilienne et d'une petite philippine.

Cette dernière fut guérie en 1993 d'une grave méningite bactérienne avec pseudomonas, hydrocéphalie et atrophie du cortex cérébral ; la maladie résistait à tous les antibiotiques connus. Une neuvaine au bienheureux Annibale Di Francia aboutit en un mois à la guérison totale et sans aucune séquelle.

Don Annibale Maria Di Francia a été béatifié en 1990 et canonisé en 2004.

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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 23:00

31 MAI

 

I.

La Visitation de Marie à sa cousine Elisabeth (Lc 1:39-56).

Ste Petronilla, romaine patricienne, fille spirituelle de s. Pierre.

III.

S Hermias, soldat martyr à Comana.

Ss Cantius, Cantianus, Cantianilla et leur précepteur Protus, martyrs à Aquilée.

? S Crescentien, martyr à Porto Torres.

IV.

S Silvius, évêque à Toulouse.

VI.

S Paschase, diacre à Rome ; il eut l’erreur d’appuyer l’antipape, donc d’être schismatique, mais de bonne foi, de sorte qu’il sortit du Purgatoire sur les prières de s. Germain de Capoue.

X.

Ste Helmetrude, recluse à Iburg (XI.?).

XIV.

B Giacomo Salomoni, dominicain à Livorno.

XVI.

Ste Camilla (Battista) da Varano, abbesse clarisse à Camerino, mystique ; elle soutint la famille naissante des Capucins ; canonisée en 2010.

Bx Robert Thorpe, prêtre, et Thomas Watkinson, laïc âgé, martyrs à York.

XVII.

B Nicolas Barré, prêtre à Paris, propagateur zélé d’écoles chrétiennes et fondateur des Sœurs Maîtresses de l’Enfant Jésus ; béatifié en 1999.

XVIII.

S Giacomo (Felice) Amoroso de Nicosie, capucin en Sicile après avoir été éconduit pendant dix ans ; modèle d’obéissance, il ne faisait rien sans permission, et demanda de mourir le 31 mai 1787, ce qui lui fut accordé ; canonisé en 2005.

XIX.

B Zhou Wenmo Iacobus, prêtre chinois, martyrisé en Corée, béatifié en 2014.

Yi Guk-seung Paulus, laïc coréen martyr, décapité fin mai, béatifié en 2014.

B Gim Si-u Alexius, laïc coréen martyr, mort en prison, béatifié en 2014.

B Domenico Di Nicolantonio (Mariano de Roccacasale), franciscain italien, béatifié en 1999.

S Nowa Mawaggali, serviteur du roi ougandais, martyr, fêté le 3 juin.

XX.    

B Juan Moya Collado (1918-1938), laïc espagnol, martyrisé près de Grenade, béatifié en 2017.        
 

 

Petronilla de Rome

† 90

 

Aurelia Petronilla, une Romaine de noble famille, descendait de Titus Flavius Petronius et était parente de la famille impériale des Flaviens. Elle aurait été sœur de lait de Felicula.

Elle était chrétienne. On la dit fille spirituelle de s.Pierre, qui l’aurait baptisée.

Petronilla rendait tous les services possible à s.Pierre, mais fut un jour prise de paralysie. On demanda à Pierre pourquoi il ne la guérissait pas : s.Pierre répondit que Petronilla était éprouvée dans sa santé pour le bien de l’Eglise, mais il la guérit pour montrer la puissance de Dieu ; Pierre lui aurait dit de «reprendre sa maladie», mais elle resta en bonne santé.

Par la suite, elle aurait été courtisée par le comte Flaccus, mais elle pria et jeûna avec sa sœur Felicula et mourut trois jours après, vers 90-96.

D’autres considérations - dont se fait écho le Martyrologe - voudraient faire de Petronilla une martyre, dans des circonstances que nous ignorons.

Il est sans doute erroné de rapprocher le nom de Petronilla de celui de Petrus, faisant de cette pieuse vierge la propre fille de Pierre, née de son mariage avant d’avoir été appelé par le Christ.

C’est aussi à cause de cette méprise, qu’on a rapproché Petronilla, fille de s.Pierre, de la France, fille aînée de l’Eglise, d’où la chapelle dédiée à sainte Pétronille non loin de la chaire de s.Pierre : on y invoque sainte Petronille comme patronne spéciale de la France. La lampe qui brûle dans cette chapelle, est entretenue aux frais de la France.

Sainte Petronilla de Rome est commémorée le 31 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hermias de Comana

† 3e siècle

 

D’après des Actes jugés suspects par les spécialistes, Hermias fut un soldat.

Chrétien, il refusa toute solde au moment de quitter l’armée, craignant que cet argent vînt de quelque rapine. On le somma de sacrifier aux divinités païennes, ce qu’il refusa également. 

Après de multiples tortures, il fut égorgé à Comana (Pont) ; c’est dans cette même ville que mourrait s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre).

Avant d’être exécuté, Hermias aurait aussi converti son bourreau, lui aussi martyrisé après Hermias.

Saint Hermias est commémoré le 31 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Silvius de Toulouse

† 400

 

Silvius devint vers 360 le quatrième évêque de Toulouse.

On le connaît surtout pour avoir voulu construire une belle basilique où il aurait déposé le corps du Fondateur du diocèse, s.Saturnin (v. 29 novembre).

Mais il n’eut pas le temps de la voir achevée et mourut vers 400, après une quarantaine d’années d’épiscopat.

Saint Silvius (ou Selve) de Toulouse est commémoré le 31 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Giacomo Salomoni

1231-1314

 

Giacomo Salomoni naquit à Venise (Italie NE) en 1231, de famille noble.

Il fut orphelin de père encore jeune et, tandis que sa mère entrait au monastère des Cisterciennes, fut élevé par sa grand-mère ; adolescent, il distribua tout son héritage aux pauvres et fut admis à dix-sept ans chez les Dominicains.

Giacomo fut prieur en divers couvents dominicains : Forlí, Faenza, San Severino et Ravenne, mais c’est à Forlí qu’il vécut surtout, sur sa demande explicite pour rester éloigné de sa patrie et, pendant quarante-cinq ans, fut favorisé d’extases et du don de prophétie.

Confesseur assidu, il lisait dans les cœurs ; on vit souvent une mystérieuse colombe voltiger au-dessus de lui ou se poser sur son épaule. Sa prière obtenait des guérisons, des miracles de tous genres. Il guérit plusieurs paralytiques ; sa charité lui mérita le surnom de père des pauvres.

Il est très connu pour avoir reçu en 1252 un certain Carino Pietro da Balsamo, qui venait d’avoir assassiné saint Pietro de Vérone, un autre dominicain, nommé inquisiteur par le pape pour la Lombardie (v. 6 avril). Convaincu du sincère repentir de Carino Pietro, Giacomo lui donna l’absolution et le reçut dans son monastère, où il mourut plus tard en odeur de sainteté (1293) et fut béatifié en 1822.

En 1282, eut lieu à Forlí une horrible bataille, où périrent beaucoup de soldats, surtout français. Giacomo se signala par son zèle pour aller leur donner une digne sépulture.

Lui-même souffrit de cancer les quatre dernières années de sa vie, et c’est la raison pour laquelle il est invoqué pour les cancéreux et contre les tumeurs.

Giacomo Salomoni mourut le 31 mai 1314 à Forlí ; son culte fut approuvé pour Forlí en 1526, pour Venise en 1617.

 

 

Camilla da Varano

1458-1524

 

Camilla naquit le 9 avril 1458 à Camerino (Macerata, Italie) de Giulio Cesare da Varano, seigneur de la ville.

Seules, les habitudes de l’époque permettent de comprendre la situation familiale de Camilla. Son père eut trois enfants de son épouse légitime, et au moins six autres (dont Camilla) d’autres unions. Camille était la fille d’une certaine Cecchina di Mastro Giacomo.

Elle fut élevée à la cour de son père, et reçut une éducation poussée : latin, lectures classiques, peinture, hippisme, musique, danse.

Le papa lui destinait évidemment un mariage dans la haute noblesse, mais c’était sans compter avec la prédication des Frères Mineurs, dont Camilla resta affascinée.

Dès l’âge de dix ans, elle apprit d’eux à verser au moins une petite larme chaque vendredi en souvenir de la passion de Notre-Seigneur. Elle persévéra dans cette pieuse habitude, jusqu’à désirer la vie religieuse, qu’elle détestait auparavant.

C’est ainsi qu’à vingt-trois ans, elle entra au monastère des Clarisses d’Urbino, pour y vivre la règle de sainte Claire dans sa plus stricte observance.

Camilla prit alors le nom de Battista.

Le papa, pour retrouver le voisinage de sa chère fille, fit construire un couvent de Clarisses à Camerino, et eut la satisfaction d’y voir arriver Sœur Battista, accompagnée de quelques autres Consœurs, portant sur leurs épaules une grand croix en bois.

Battista fut plusieurs fois élue abbesse.

En 1502, des agitations politiques firent que le père et trois frères de Battista furent assassinés ; son jeune frère n’échappa au massacre qu’en fuyant avec sa mère à Venise. 

Battista elle-même se réfugia un temps à Atri, avant de revenir à Camerino.

En 1505-1507, elle alla fonder un monastère à Fermo ; en 1521-1522, elle fut à San Severino Marche, pour y faire passer les religieuses à la réforme de l’observance.

Camilla-Battista fut favorisée de diverses expériences mystiques, de visions, en particulier du Christ souffrant dans sa passion, qu’elle décrivit dans divers ouvrages : Les douleurs mentales de Jésus, Instructions au disciple, Traité de la pureté du cœur.

Ses écrits influencèrent saint Filippo Neri (voir au 26 mai), la bienheureuse Hélène de Chappotin (voir au 15 novembre), le bienheureux John Henry Newman (voir au 11 août)…

Camilla Battista mourut à Camerino le 31 mai 1524 et fut canonisée en 2010.

 

 

Thomas Watkinson

?-1591

 

Thomas Watkinson naquit dans le Yorkshire (Angleterre).

Ce laïc catholique, avait peut-être reçu les ordres mineurs, mais en 1591, il était marié et même assez âgé. Il habitait Menthorpe et reçut chez lui le prêtre Robert Thorpe. 

Il fut arrêté en même temps qu’on vint arrêter Robert Thorpe au petit matin du dimanche des Rameaux.

Tandis que le prêtre fut hanged, drawn and quartered, Thomas, lui, fut «seulement» hanged, pendu, pour avoir reçu chez lui un prêtre catholique.

Son martyre eut lieu à York le 31 mai 1591 (le 15 mai selon certains) et il fut béatifié en 1987.

 

 

Robert Thorpe

1560-1591

 

Robert Thorpe naquit vers 1560 dans le Yorkshire (Angleterre).

Il gagna le Collège anglais de Reims en 1583, reçut le diaconat et la prêtrise en 1585, et fut immédiatement envoyé en Angleterre.

La veille du dimanche des Rameaux de 1591, il alla ramasser des rameaux verts pour célébrer cette fête. Quelqu’un le vit et le dénonça au juge de l’endroit qui, immédiatement, envoya arrêter Robert ainsi que son hôte, Thomas Watkinson, à Menthorpe.

L’arrestation eut lieu très tôt le matin des Rameaux, Robert était encore au lit.

Tous deux, Robert et Thomas, quoique plutôt timides, affrontèrent la mort avec profond courage. Robert fut condamné comme traître ; il fut hanged, drawn and quartered, selon la formule tristement habituelle.

Ce martyre eut lieu à York le 31 mai 1591 et Robert fut béatifié, avec Thomas, en 1987.

 

 

Nicolas Barré

1621-1686

 

Né le 21 octobre 1621 à Amiens, Nicolas était l'aîné des cinq enfants de sa famille. Les parents tenaient un commerce ; ils firent baptiser leur fils le 17 décembre 1621.

Il étudia chez les Jésuites et entra à dix-neuf ans dans l'Ordre des Minimes. En janvier 1641 il prit l'habit et fut ordonné prêtre en 1645.

Pendant dix ans il fut professeur de théologie et bibliothécaire du couvent sis place des Vosges à Paris (alors Place Royale).

En 1655 il fut nommé sacristain à Amiens, car sa santé faiblissait. 

S'étant refait, il fut envoyé à Rouen. Là, de 1659 à 1675, il fut conseiller spirituel et missionnaire dans les faubourgs. Il s'entoura de quelques personnes jeunes, garçons et filles, pour créer un mouvement d'éducation populaire à l'intention des enfants pauvres.

Le mouvement s'affermit et prit de l'ampleur. Des demandes affluèrent.

En 1662 s'ouvrit une première école à Sotteville-les-Rouen, et le petit groupe des jeunes filles s'organisa en communauté. Ce seront les Maîtresses Charitables du Saint Enfant-Jésus.

En 1675 il revint à Paris, tout en suivant le développement de ces petites écoles populaires.

C'est lui qui conseilla à Jean-Baptiste de la Salle au 7 avril) de “vivre pauvre avec les maîtres d'école”. Il était tellement bon conseiller, qu'on disait couramment Il faut l'amener au P.Barré.

En 1684, une de ses collaboratrices partit à Lisieux pour aider les sœurs Jouen à y ouvrir d'autres écoles.

Le père Nicolas mourut le 31 mai 1686.

Il fut béatifié en 1999.

Actuellement, les Maîtresses Charitables sont devenues deux familles distinctes : les Sœurs de la Providence de Rouen et les Sœurs de l'Enfant-Jésus Nicolas-Barré à Paris.

 

 

Giacomo Amoroso

1715-1787

 

Filippo Giacomo (Philippe Jacques) était né le 5 novembre 1715 à Nicosia (Sicile), dans une famille sicilienne, nombreuse et très pauvre, si pauvre qu’il ne fréquenta pas l’école et resta analphabète.

Le père, Filippo, était cordonnier, et envoya son garçon au meilleur atelier de l’endroit pour bien apprendre le métier. Giacomo y semait un esprit de piété, de dévotion, de respect de Dieu. Quand sonnait l’heure de l’office, il invitait les compagnons à prier le chapelet. 

A dix-huit ans il demanda à être admis comme frère au couvent capucin, mais on ne put le recevoir sous le prétexte qu’il ne savait ni lire ni écrire, mais aussi parce qu’il devait soutenir la famille par son travail. 

Il aurait peut-être pu apprendre au moins les rudiments à l’école des braves moines, qui apparemment avaient d’autres soucis à ce moment-là. Mais Giacomo n’avait qu’une idée en tête : vivre dans le recueillement avec Dieu. Il persévéra dans son idée, et sa persévérance porta des fruits.

Au bout de dix ans, après la mort de ses parents, il put entrer chez les Capucins à Mistretta. Il y prit le nom de Felice (Félix). Après une année de noviciat, il fit la profession religieuse et on l’envoya au couvent de Nicosia (Sicile). Il fut quêteur, chargé de demander l’aumône pour ses Confrères religieux, outre que jardinier, cordonnier, infirmier.

Chaque jour, l’âne du couvent, comme il se définissait lui-même, passait de maison en maison, frappant aux palais des riches, leur demandant de partager leurs richesses avec ceux qui avaient moins ; en même temps, il laissait toujours une parole douce, consolante, réconfortante. Chaque fois, il remerciait par ces mots : Que ce soit pour l’amour de Dieu.

Aux enfants, pour leur rappeler les Vérités importantes, il leur donnait qui une noix et trois noisettes pour illustrer le Dieu Un et Trine ; ou cinq fèves, pour les cinq Plaies de Notre-Seigneur, ou dix pour les Dix Commandements…

Au passage, il s’arrêtait pour donner un coup de main pour porter du bois et autre chose. Le dimanche, il visitait les prisonniers. Les malades, il allait les visiter jour et nuit, si nécessaire.

Mais le frère Felice faisait aussi des miracles : des malades guérissaient par sa prière, du grain avarié redevait sain… En outre, on constata son don de bilocation. Lors d’une épidémie à Cerami (1777), il se dépensa sans compter, et sans être contaminé par le mal.

Son supérieur pensait bien faire de lui imposer aussi de sévères humiliations, pour le faire monter encore plus dans la voie de la sainteté. Il le traitait de fra’ Scuntentu, ou hypocrite, ou de saint de la Mecque, à quoi Felice répondait invariablement Que ce soit pour l’amour de Dieu. Felice, de son côté, ne faisait absolument rien sans en demander la permission.

Ainsi se déroula cette vie toute simple, effacée, dans la pauvreté et la joie d’appartenir à Dieu.

Le 31 mai 1787, s’étant sentit bien mal, Felice demanda encore une permission à son supérieur : celle de mourir ! L’ayant obtenue, il s’éteignit ce jour-là, ayant encore une fois répété son Que ce soit pour l’amour de Dieu.

Dès 1828 commençait le procès de béatification. Giacomo - Frère Felice de Nicosia - fut béatifié en 1888, et canonisé en 2005.

 

 

Zhou Wenmo Iacobus

1752-1801

 

Ce prêtre était né en 1752 à Suzhou (Jiangsu, Chine) et, en Corée, s’appela Chu Mun-Mo

Il fut empalé à Saenamteo (Seoul) le 31 mai 1801, et fut béatifié en 2014.

 

 

Yi Guk-seung Paulus

1772-1801

 

Yi Guk-seung Paulus est un laïc coréen né en 1772 à Eumseong (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut décapité à Gongju (Chungcheong-do) fin mai 1801 et béatifié en 2014.

On l'a placé au 31 mai.

 

Gim Si-u Alexius

1782-1815

 

Gim Si-u Alexius est un laïc coréen né en 1782 à Cheongyang (Chungcheong-do, Corée S).

Il mourut en prison à Daegu (Gyeongsang-do) en mai ou en juin 1815 ; cette incertitude est la raison pour laquelle on l’a placé au 31 mai ; il fut béatifié en 2014.

 

 

Domenico Di Nicolantonio

1778-1866

 

Né à Roccacasale (Abruzzes, Italie centrale), Domenico était le benjamin des six enfants de Gabriele Di Nicolantonio et Santa D'Arcangelo, une famille rurale profondément croyante. Sa date de naissance reste un peu controversée : on trouve le 13 ou le 14 juin (ou janvier) 1778.

Domenico fut chargé de conduire les bêtes du troupeau aux pâturages.

Jeune, il vivait l'esprit franciscain, pratiquant la pauvreté. A vingt-trois ans il entra au couvent des Frères Mineurs d'Arisquia (1802), où il prit le nom de Mariano et restera douze ans, assumant les charges de menuisier (très apprécié), jardinier, cuisinier, portier.

Insatisfait dans ses aspirations, troublé par les agitations politiques qui conduisaient à des suppressions de maisons religieuses, il demanda son transfer à la retraite de Bellegra (Latium, Centre).

C'est là qu'il trouva le joie et la paix. Désormais il restera là pendant quarante ans, portier de son couvent, accueillant les pauvres, les pèlerins, répandant la joie de saint François, réconfortant, priant, traitant chacun comme il l'aurait fait pour Notre-Seigneur Lui-même. Quelque fois, ceux qui frappaient n'avaient pas les meilleures manières et même l'insultaient, mais frère Mariano ne perdait jamais son sourire et sa douceur.

On le trouvait de longues heures en contemplation devant le Saint Sacrement, tellement recueilli et replié sur lui-même qu'on croyait y voir “un tas de chiffons” (l'expression est d'un témoin). C'est d'ailleurs au pied de l'autel qu'on le trouva évanoui au soir du 23 mai 1866.

Il s'endormit dans la Paix du Seigneur le 31 mai 1866.

Dès 1925 on examinait le miracle, avenu en 1918, de la guérison rapide, totale et durable, d'un petit garçon de quinze mois, affecté d'une grave méningite encéphalite aiguë.

Domenico Di Nicolantonio – Mariano de Roccacasale - fut béatifié en 1999, en même temps qu'un de ses disciples et condisciples, Diego Oddi da Vallinfreda (voir au 3 juin).

 

 

Nowa Mawaggali

1851-1886

 

Nowa (Noé), chrétien de trente-cinq ans environ fut martyrisé pour sa foi en Ouganda, le 31 mai 1886, et fut canonisé en 1964.

 

Se reporter à la notice Ouganda (Martyrs de l’)

Juan Moya Collado

1918-1938

 

Juan naquit le 12 octobre 1918 à Almería, troisième garçon d’une famille chrétienne très fervente, où il apprit très tôt à participer aux processions comme petit servant de messe.

Garçon dynamique et vif, grand sportif, il fut bientôt membre du Tiers-Ordre franciscain, de l’association Saint-Louis-de-Gonzague et de Saint-Stanislas-Kostka ; tout son temps libre il le passait auprès des malades de l’hôpital : il apprit à leur faire les injections et les soins habituels.

Lors de la persécution religieuse qui éclata en 1936, il fut recherché. Le 11 octobre 1937, on vint l’arrêter à la maison, mais comme il ne s’y trouvait pas, on emmena son père et un de ses frères. En l’apprenant, il alla loyalement se constituer pour libérer d’abord son père, puis son frère Guillermo et c’est alors que commença sa longue prison.

Pendant les sept mois de sa détention, on le fit passer par différents endroits, pour finir au tristement célèbre camp de travaux forcés de Turón. Malgré les difficiles conditions de vie du camp, Juan continuait à montrer son entrain, particulièrement envers ceux qui étaient malades ; aussi ses bourreaux s’acharnèrent encore plus contre lui.

Le 31 mai 1938, ils lui ordonnèrent d’aller remplir une cruche d’eau ; le garçon obéit, mais se doutant du stratagème et comprenant qu’on allait le maltraiter et le faire mourir, il demanda simplement aux bourreaux la raison de sa mort : pour toute réponse, il reçut un torrent de blasphèmes. Il leva les bras en prière et répéta la phrase du Christ en croix : Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (Lc 23:34). C’est alors qu’il reçut une telle quantité de balles que tout son corps de dix-neuf ans fut complètement déchiqueté.

Cela ne suffisait pas aux bourreaux. Voyant que le jeune homme tenait serrée entre ses doigts la médaille de la Vierge qu’il portait au cou, ils laissèrent son corps sans sépulture, pour que les bêtes vinssent le dévorer.

Juan fut béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Juan Moya Collado sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 mai.

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 23:00

30 MAI

 

II.

S Gabin, martyr à Porto Torrès.

IV.

Ss Basilios et Emmelia, parents des ss.Basile le Grand, Grégoire de Nysse, Pierre de Sébaste et Macrine.

S Venance, frère de s. Honorat (fondateur de Lérins) ; il voulait induire son jeune frère à la vie mondaine, et c’est lui qui se convertit.

S Isaac, abbé à Constantinople ; il demanda à l’empereur la réouverture des églises fermées par les ariens ; l’empereur Théodose l’estimait beaucoup.

S Hényque, palatin chrétien, martyr noyé dans l’Oronte à Antioche.

VI.

Ss Caïdoc et Fricor (VII.?), irlandais venus en Picardie, où ils convertirent s. Riquier. 

VII.

S Anastasio, évêque à Pavie, arien revenu à la fois catholique.

S Mauguille, irlandais venu en Picardie, fondateur des monastères de Lagny, Péronne et Montrelet.

S Gerebern, prêtre irlandais qui baptisa et protégea ste Dymphna dans sa fuite (cf. infra) ; martyrisé en même temps qu’elle, il est invoqué contre la goutte et les fièvres.

Ste Dymphna, vierge irlandaise, martyre à Géel où elle s’était réfugiée pour échapper à son père qui voulait l’épouser ; il la retrouva quand-même et la tua ; invoquée contre les affections nerveuses ou mentales. 

VIII.

S Hubert, évêque à Maastricht-Liège ; rendu patron des chasseurs pour les besoins de leur cause : en réalité on l’a invoqué contre la rage, donc pour soigner les chiens, et aider les chasseurs.

XIII.

S Fernando III, roi de Castille et de Léon, neveu de Blanche de Castille par sa mère, libérateur de l’Espagne du joug islamique.

XV.

Ste Jehanne d'Arc, chargée sur une apparition de faire libérer la France ; brûlée vive à Rouen comme hérétique, elle est patronne secondaire de la France.

XVI.

S Juan Diego Cuauhtlatoatzin, le voyant mexicain de l'apparition de Notre-Dame de Guadalupe, béatifié en 1990 et canonisé en 2002 (le 9 décembre au Martyrologe).

S Luke Kirby, prêtre, ainsi que les bx. William Filby, Laurent Johnson et Thomas Cottam, jésuites, martyrs à Londres.

Bx William Scott, bénédictin, et Richard Newport, prêtre, martyrs à Londres.

XIX.

S Matiya Kalemba Mulumba (c’est-à-dire “Fort”) Wante, martyr en Ouganda, fêté le 3 juin.

S Giuseppe Marello, évêque à Asti, fondateur des Oblats de Saint-Joseph, pour assister les évêques, béatifié en 1993, canonisé en 2001.

Bse Jeanne-Germaine Castang (Marie-Céline de la Présentation), clarisse à dix-huit ans et morte peu après à Talence ; on l’appelle la “Sainte aux parfums” ou la “Sainte de Bordeaux” ; béatifiée en 2007.

XX.

B Otto Neururer (1881-1940), prêtre autrichien, douxième enfant de sa famille, adversaire du nazisme, interné à Dachau puis Buchenwald, pendu (par les pieds) pour avoir baptisé un prisonnier, béatifié en 1996.

Gabinus de Porto Torres

† 130

 

Gabin aurait été martyrisé à Porto Torrès (Sardaigne) pour y avoir prêché l’Evangile.

Le culte en est très ancien.

Son corps est à Saint-Pierre de Rome, où il fut transféré par le pape saint Grégoire III au 8e siècle.

Il est honoré le 30 mai, mais le Martyrologe actuel le situe au 4e siècle.

 

 

Basilios et Emmelia (Césarée de Cappadoce)

† 355

 

Basilios était né près de Néocésarée (Pont, auj. Niksar, Turquie N).

Pour fuir la persécution, ses parents, qui virent leurs biens confisqués, s’étaient enfuis dans les forêts du Pont, et le petit Basilios y passa sept années. On connaît le nom de la maman : Macrina.

Basilios suivit la carrière du barreau et vint à Césarée de Cappadoce, où il ouvrit une école d’éloquence.

Il épousa une jeune orpheline, Emmelia, qui admirait les vertus de son fiancé. On la disait fille de martyr et sœur d’évêque.

Le couple répandit d’abondantes aumônes. Ils eurent dix enfants, dont cinq sont restés particulièrement célèbres : Macrine, qui se consacrerait (v. 19 juillet), Basile de Césarée, Grégoire de Nysse et Pierre de Sébaste (v. 1 janvier, 10 janvier, 26 mars). On connaît les noms d’une autre fille, Theosebia, et de deux autres garçons, Nicéphoros et Naucratios.

Basilios mourut vers 355. Emmélie fonda alors avec sa fille Macrine un monastère proche de Néocésarée, où elles vécurent désormais comme sœurs, dans l’unique amour de l’Epoux céleste.

Saints Basilios et Emmelia de Césarée sont commémorés ensemble le 30 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dymphna

7e siècle

 

Dymphna naquit au 7e siècle (ou peut-être au siècle suivant) en Irlande, d’un certain Damon, un prince encore païen, et d’une mère qui mourut quand l’enfant était en bas âge.

Il existe des variantes pour le nom de Dymphna : Dimpna, Damhnait, Damnat.

Les personnes qui s’occupèrent de la petite fille, étaient chrétiennes et purent faire baptiser Dymphna par le prêtre Gerebernus.

L’adolescente était une gracieuse jeune fille, dont les traits rappelaient étonnamment ceux de sa mère. Et comme son père ne trouvait pas de femme assez belle pour se remarier, il s’éprit de sa fille. Pour échapper à cet inceste, elle s’enfuit avec quelques compagnes et le prêtre Gerebernus qui l’aida à s’embarquer.

En Brabant où ils accostèrent, Dymphna et ses compagnes formèrent à Geel une petite communauté.

Mais le père, aveuglé par sa passion, fit entreprendre des recherches et découvrit le lieu de retraite de sa fille, qu’il alla trouver sur place. Dymphna réitérant fermement son refus, son père la décapita de ses propres mains, tandis que ses soldats décapitaient Gerebernus.

Dymphna fut inhumée à Geel et honorée comme vierge et martyre.

Les historiens n’accordent guère de crédit à cette histoire lamentable d’un père qui abat sa fille par passion aveugle : il n’en existe aucun document contemporain, mais seulement une tradition orale tenace.

On invoqua Dymphna pour les malades mentaux. Il y a d’ailleurs à Geel un hôpital psychiâtrique de renom.

Sainte Dymphna est commémorée le 30 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anastasio de Pavie

† 680

 

Anastasio était de famille lombarde, et de confession arienne.

Les tenants de l’hérésie l’avaient nommé évêque de Pavie, peut-être en même temps qu’un évêque non hérétique.

En 668 il reçut la grâce de la conversion, et cet hérétique fut le dix-septième évêque de Pavie.

En 680, il participa au concile romain convoqué par le pape Agathon pour préparer le sixième concile œcuménique, et signa la profession de foi commune.

Il mourut peu après, en 680.

Saint Anastasio de Pavie est commémoré le 30 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hubert de Liège

670-727

 

Hubert (Hugbertus) était peut-être un parent de Plectrude, l’épouse de Pépin II. Par recoupements, on pourrait le faire naître vers 670.

Il se maria, semble-t-il, et vraisemblablement son fils distingué nommé Florbert, était plus qu’un fils spirituel.

En 705, Hubert fut appelé à occuper le siège épiscopal de Tongres-Maastricht, siège qui fut transféré à Liège, peut-être même du vivant de Hubert.

L’action du nouvel évêque fut principalement de lutter contre les restes du paganisme dans la région. Des idoles furent brûlées, tandis que furent construits des sanctuaires en l’honneur des Martyrs.

Jusqu’ici on ne parle pas de chasse. Et l’on n’en parlera pas tout de suite…

Un peut plus d’un an avant sa mort, écrivit son biographe, Hubert se trouvait occupé avec des serviteurs, comme les Apôtres, à pêcher avec sa barque à Nivelle-sur-Meuse. Il advint qu’au moment où il tenait de sa main un piquet à enfoncer, un serviteur par erreur lui assena un bon coup de maillet, qui broya les doigts de l’évêque. Bien sûr, il pardonna le geste malheureux et involontaire, mais la douleur fut très intense.

Le lendemain, les serviteurs étaient de nouveau sur la barque mais, semble-t-il, l’évêque demeurait sur la berge, avec sa main si meurtrie. Le vent fit chavirer la barque et les serviteurs allaient se noyer ; l’un d’eux invoqua la Providence par les mérites d’Hubert et tous furent sauvés.

Hubert souffrit de sa plaie pendant plus d’une année. Il fut divinement averti de sa mort prochaine et s’y prépara dans l’ascèse et les aumônes. On l’appela pour la dédicace d’une église, qu’il alla célébrer ; il prêcha encore, notamment sur la nécessité de se préparer à la mort, qui frappe sans prévenir. Il participa au repas servi à l’occasion, et regagna enfin sa demeure à cheval, malgré la fatigue et la fièvre.

Au matin du 30 mai 727, il avait déjà prié l’Office divin intégralement avant l’aube. Entouré de ses proches (et de son fils Florbert), il dit encore le Credo et le Pater, puis s’endormit dans le Seigneur.

Son successeur fut le même Florbert.

On l’a compris, il ne s’est jamais agi de partie de chasse. Mais les habitants invoquèrent Hubert contre la rage, puis pour protéger les chiens de cette maladie, enfin pour les maîtres de ces bêtes, et donc pour les chasseurs.

La date du 3 novembre, à laquelle eut lieu un transfert des reliques, était fort à propos pour invoquer saint Hubert au moment de la chasse, et ce fut l’occasion de sonner la Messe de Saint Hubert avec les trompes sonores.

Saint Hubert de Liège est toutefois commémoré à son véritable dies natalis, le 30 mai, dans le Martyrologe Romain.

Fernando III

1199-1252

 

Fernando naquit à la fin de 1198 ou au début de 1199, du mariage d’Alphonse IX, roi de Léon, avec Bérengère, fille du roi de Castille. Du côté maternel, il était ainsi neveu de Blanche de Castille, mère du futur roi de France Louis IX, saint Louis.

Le pape Célestin III ayant déclaré nul le mariage d’Alphonse et de Bérengère, les deux époux, peu convaincus de l’empêchement qui s’opposait à leur union, hésitèrent longtemps avant de se séparer. Lorsqu’en 1204 ils s’y furent décidés, Alphonse IX garda près de lui ses quatre enfants, dont l’aîné Fernando devait recevoir, sous l’immédiate influence de son père, une éducation sérieuse et chevaleresque, bien en accord avec la foi chrétienne des princes espagnols.

L’enfant ne fut pas pour autant séparé de sa mère, qui eut une influence providentielle sur lui. A la mort de l’héritier de Castille, Bérengère devait de droit lui succéder, mais celle-ci fit immédiatement transférer la couronne à son fils aîné, en évitant soigneusement que Alphonse IX exerçât la moindre régence. Et c’est ainsi que Fernando fut couronné roi de Castille, à dix-neuf ans, en 1217. Fernando épousa deux ans après Béatrix de Souabe, qui devait lui donner dix enfants.

Fernando s’engagea à lutter contre les hérésies et à faire perdre chaque jour du terrain à l’islamisme qui, depuis plusieurs siècles, avait asservi l’Espagne à la domination.

Si Bérengère fut une excellente conseillère pour Fernando, ce dernier sut se montrer bon fils envers son père Alphonse IX, lequel pourtant ne se gêna pas pour manifester des attitudes hostiles envers son fils, notamment dans son testament, où il dépossédait Fernando de son droit au trône de Léon, au profit de ses deux filles Sancia et Dulcia, nées d’un premier mariage.

Quand Alphonse IX mourut, deux partis se formaient dans le Léon, mais Bérengère sut habilement convaincre les deux “héritières” de renoncer à toute prétention au trône, en faveur de Fernando. Celui-ci prépara ensuite des lois qui consacreraient l’union en un seul royaume des deux provinces de Castille et de Léon.

Fernando III s’adonna alors à la lutte contre l’Islam, par fidélité à la mission reçue de Dieu. En 1233, son armée, pourtant inférieure en nombre, l’emporta à Xérès sur l’immense armée des Maures débarqués d’Afrique. Cette victoire fut toujours regardée comme un effet de l’intervention miraculeuse de saint Jacques, vénéré à Compostelle. 

Peu après mourut Béatrix, sa chère épouse. Pendant trois ans, Fernando observa la chasteté la plus loyale. Mais encore une fois sur le conseil de sa mère, et par défiance pour ses propres forces, il épousa en secondes noces la française Jeanne de Ponthieu, que Blanche de Castille lui avait fait connaître.

Après Xérès, c’est Cordoue en 1236, le royaume de Murcie en 1243, Jaën en 1245, Séville enfin en 1248 après vingt-six mois de siège.

Cordoue était aux mains des Maures depuis plus de cinq siècles. De nombreux chrétiens y subirent le martyre, comme on pourra s’en rendre compte à la lecture du Martyrologe.

On signalera la magnanimité de Fernando lors du siège de Jaën : l’émir, reconnaissant son infériorité, demanda une entrevue avec le roi, et se déclara franchement son vassal. Fernando accepta royalement cette démarche, à laquelle l’émir répondra loyalement en lui envoyant des troupes pour combattre les Maures aux côtés des chrétiens.

La reine mère Bérengère mourut en 1246. Fernando lui-même, après avoir doctement instruit son fils Alphonse de ses devoirs de roi chrétien, mourut le 30 mai 1252, à la force de l’âge, pleinement consolé d’avoir achevé sa mission de reconquête du pays asservi depuis si longtemps aux Maures.

En 1671, le pape Clément XI déclara qu’on pouvait honorer Fernando III comme un saint, ce qui fait qu’il est inscrit au 30 mai dans le Martyrologe.

 

 

Jehanne d’Arc

1412-1431

 

Nul doute que beaucoup connaissent assez bien l’histoire de France pour savoir qui fut Jehanne d’Arc. On ne répétera sans doute pas tout ici, mais on va tâcher de résumer les traits importants décrivant la sainteté de notre héroïne.

Elle naquit vers 1412 en Champagne à Greux-Domremy. Maintenant Domremy est en Lorraine. Jehanne avait trois frères et une sœur. Son père était Jacques d’Arc et sa mère Ysabelle Romée.

Au Bois-Chenu, qu’on aperçoit de Domremy, des prophéties locales, auxquelles Jehanne affirma n’avoir jamais cru, annonçaient qu’une pucelle venant de ce bois ferait des merveilles. Toute jeune, Jehanne était pour le parti armagnac, et dit qu’elle eût voulu qu’on tranchât la tête au seul habitant de Domremy qui fût Bourguignon, si ç’eût été le bon plaisir de Dieu.

A treize ans, elle eut une Voix de Dieu pour l’aider à se gouverner : elle avait jeûné la veille, et voua alors sa virginité tant qu’il plairait à Dieu. Dès lors, la Voix ne cessa pour ainsi dire de la harceler : “Sois bonne enfant et Dieu t’aidera - Va au secours du roi de France - Il te faut aller en France”. Cette voix était accompagnée de la vision de saint Michel, de sainte Catherine et de sainte Marguerite.

Au début, Jehanne ne dit rien à personne. C’est en 1428 que la Voix fut plus pressante : “Va vers Robert de Baudricourt, en la ville de Vaucouleurs, afin qu’il te donne des gens pour t’accompagner.” Premier échec ; début 1429, le curé de Vaucouleurs vient même l’exorciser, à quoi elle proteste : “C’est mal fait à lui, dit-elle, car m’ayant entendue en confession il me pouvait bien connaître.”

Ayant annoncé à Baudricourt la défaite du roi à Harengs, survenue la veille, elle obtint alors son escorte. Quand on lui demande “Quand voulez-vous partir”, elle répond cette phrase qui la dépeint toute : “A cette heure mieux que demain ; demain mieux qu’après.”

Le 23 février 1429, vêtue d’habits masculins, les cheveux coupés en rond à la manière des jeunes garçons, Jehanne part avec Jean de Metz, Bertrand de Poulengy et Jean de Honnecourt. C’est le début  de la longue chevauchée.

Mars 1429 : à Chinon, Jehanne reconnaît le dauphin : “En nom Dieu, gentil prince, c’est vous et non autre.” A Poitiers, où elle est longuement examinée, elle répond avec hardiesse et parfois avec ironie : “En nom Dieu, les gens d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire. - Avez-vous du papier et de l’encre ? Écrivez : Vous, Suffort, Classidas et la Poule, je vous somme de par le roi des Cieux que vous vous en alliez en Angleterre. - Il y a aux livres de Notre-Seigneur plus qu’aux vôtres.”

Blois en avril. A Orléans, les Anglais doivent lever le siège, vaincus par l’entrain de Jehanne qui a bousculé conseils, capitaines et hommes de guerre. Jargeau, Tours, Loches, Beaugency, Patay, Auxerre, Troyes, Châlons, Reims enfin où est sacré le roi, le 17 juillet. Puis Soissons, Château-Thierry, Coulommiers, Crécy-en-Brie, Provins, Saint-Denis le 26 août. Elle est blessée, et le roi ordonne le repli sur la Loire, au grand désespoir de Jehanne que ses Voix ne conseillent plus en faits de guerre.

Le 29 décembre 1429, Jehanne et sa famille sont anoblies par le roi Charles : la famille du Lys ne disparaîtra qu’un siècle plus tard.

 Partie guerroyer à Melun, elle reçoit révélation qu’elle sera faite prisonnière avant la Saint-Jean (24 juin). A Lagny, à sa prière, un enfant reprend vie pour recevoir le baptême. C’est le 23 mai qu’elle est faite prisonnière à Compiègne. Le duc Jean de Luxembourg la visite avec dédain, et lui fait des outrages que le chroniqueur n’ose transcrire. Le calvaire commence. Les Voix l’invitent à “prendre tout en gré, car elle s’en ira en royaume de paradis.” A la centaine d’enfants qui l’entoure à Compiègne, elle dit : “Mes enfants et chers amis, je vous signifie qu’on m’a vendue et trahie ! Et que de bref je serai livrée à mort. Ainsi vous supplie que vous priiez Dieu pour moi, car jamais je n’aurai plus de puissance de faire service au roi ni au royaume de France.”

On sait que Jehanne n’osait se servir de son épée pour tuer, par délicatesse intime, quoiqu’elle entraînât valeureusement ses soldats à la victoire. Mais cette épée, elle la brisa sur le dos d’une prostituée qui était venue narguer les soldats dans le campement.

Jehanne était fervente, toute donnée à ses Voix. Elle restait parfois des heures, des nuits entières dans la prière d’oraison, sans multiplier les formules, mais en contemplant la volonté divine. Elle se confessait tous les deux jours, elle communiait deux fois la semaine. “J’aime mieux mourir que de commettre un péché mortel”.

Jehanne veut que soit accomplie la justice : elle ordonne que soit exécuté l’envoyé des Anglais, quand elle apprend que le sien a été mis à mort par l’ennemi contre toutes les lois de la guerre. Elle sait pardonner : un certain Glasdas l’avait insultée de la dernière façon, elle lui répondit : “Glasdas, Glasdas, rends-ti, rends-ti, au Rèy du Ciel. Tu m’as appelée… vilaine, mais grand pitié j’ai de ton âme et des tiens.” Après la défaite, elle fait rechercher parmi les noyés le corps de Glasdas pour le faire inhumer.

Une fois prisonnière, on la traîne de tous côtés. Jean de Luxembourg la tient trois jours au château de Clairoix, puis on l’emmène à celui de Beaulieu, de là à Beaurevoir. L’évêque de Beauvais la réclame alors, sous caution de dix mille francs-or. Fin septembre, à Arras ; mi-novembre à Rouen par le littoral : Derugy, Crotoy, Saint-Valery-sur-Somme, Eu et Dieppe. Au château de Bouvreuil, elle est liée et entravée dans une cage de fer, puis, après plusieurs semaines, attachée à une poutre par une chaîne, sous la garde de cinq hommes d’armes grossiers. On reprochera à Jehanne de refuser de quitter ses habits d’homme ; elle les quitta un moment, mais les reprit, expliquant à l’évêque qu’étant avec des soldats, il lui vaut mieux être ainsi, d’autant qu’on l’a trompée ne la mettant pas hors des fers, ni ne lui donnant messe ou sacrements : elle est alors accusée comme relapse.

Le procès se déroulera en plusieurs étapes, de janvier à mai, s’achevant après maintes péripéties, par la condamnation à être brûlée vive, comme hérétique et relapse. 

Six fois, dans la fumée, on l’entend crier “Jésus !”. C’était le 30 mai 1431, Jehanne avait dix-neuf ans.

Dans les cendres, on retrouva intacts le cœur et les entrailles, qui furent jetés à la Seine. Au XVIe siècle, il était question de quelques vêtements de Jehanne, qu’on a maintenant perdus. 

En 1454, la mère et les frères de Jehanne réclamèrent la revision du procès, qui fut cassé en 1456. Jehanne est béatifiée en 1909, canonisée en 1920, et inscrite au Martyrologe le 30 mai.

Cinq siècles après la mort de Jehanne d’Arc, Français et Anglais se retrouvèrent côte à côte à Orléans en 1929 lors des célébrations traditionnelles, les évêques anglais étant venus là avec l’ambassadeur d’Angleterre, pour fêter notre Héroïne.

 

 

Juan Diego Cuauhtlatoatzin

1474-1548

 

Juan Diego (Jean Jacques) naquit le 12 juillet 1474 dans la tribu mexicaine des Nahuas.

En réalité, son nom de naissance était Cuauhtlatohuac, qui signifie «aigle parlant», et il était originaire de Cuautitlán, une cité à vingt kilomètres au nord de Tenochtitlan (la future Cità de Mexico).

Cuauhtlatohuac embrassa le catholicisme vers 1525, lors de l’arrivée des missionnaires espagnols débarqués avec les premiers conquistadors. Il reçut le baptême, et le nom de Juan Diego.

Dès lors, il se retira dans une mission catholique, pour servir les pères franciscains à Tolpetlac.

En 1531, le 12 décembre, il se promenait sur une colline de Tepeyac, lorsqu’une belle Dame se manifesta et lui parla dans sa langue native, en nahuati. Elle lui demandait de construire sur cette colline un sanctuaire. Fidèlement, Juan Diego alla en parler à l’évêque qui, évidemment, demanda un signe quelconque pour s’assurer que cette manifestation était authentique.

De retour sur la colline, Juan Diego vit la même Dame, qui l’invita à cueillir des roses (en plein hiver !). Juan Diego en remplit son tablier et retourna voir l’évêque. Or, au moment où il ouvrit son tablier et que les roses tombèrent aux pieds du prélat, Juan Diego ne comprenait pas pourquoi l’évêque et son entourage, au lieu de regarder ces fleurs «miraculeuses», contemplaient comme en extase son petit tablier : c’est qu’ils y virent l’image de la Vierge Marie imprimée, justement celle qu’on vénère encore aujourd’hui dans le sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe.

Le sanctuaire fut construit, et attire des milliers et des milliers de Mexicains chaque année, mais aussi de très nombreux pèlerins étrangers.

Juan Diego resta au service de l’Eglise dans ce sanctuaire, jusqu’à sa mort, qui advint le 30 mai 1548.

Il a été béatifié en 1990 et canonisé en 2002.

Sa fête, inscrite au calendrier universel, a été établie à quelques jours de l’anniversaire de l’apparition, le 9 décembre et le Martyrologe le mentionne à cette date. Il devrait être inscrit au 30 mai.

Des observations et des recherches scientifiques furent effectuées sur l’image miraculeuse. On a remarqué que les couleurs de l’image sont restées comme à la surface du tissu, sans l’imprégner. Le tissu lui-même s’est étonnamment conservé depuis plusieurs siècles alors que, fabriqué avec des fibres naturelles, il aurait dû se décomposer depuis longtemps. On a pu également détecter dans les yeux de l’Image sainte l’attitude de l’évêque et de son entourage en position de vénération, avec une petite différence entre l’œil droit et le gauche, conformément à l’impression naturelle des images sur la rétine humaine, ce qui prouverait que l’Image est une véritable photographie, plus qu’un travail artistique comme le serait une icône, un peu comme le Saint Suaire de Turin.

On ne pourra que recommander la lecture des savantes études qui ont été faites sur cette sainte Image.

Lors des cérémonies, des demandes furent adressées au pape de ne pas procéder à cette canonisation, sous prétexte que l’existence-même de Juan Diego n’était pas suffisamment établie. Si cet homme n’a pas existé, la Vierge Marie a bien dû se manifester à quelqu’un, pour qu’on en conserve aujourd’hui un «signe» aussi étonnant.

On a aussi objecté que Juan Diego n’est pas mentionné pendant plus d’un siècle après la fameuse apparition de 1531, comme si l’humilité et la simplicité du Voyant auraient mieux fait de lui suggérer de signer des attestations officielles, avec tampons et en plusieurs exemplaires. Si l’on a mentionné le nom de Juan Diego vers 1650, c’est que la tradition orale a fidèlement transmis l’héritage de cet événement : un siècle est vite passé !

Luke Kirby

1549-1582

 

Né vers 1549 à Bedale (Yorkshire, Angleterre), il fut probablement diplômé de l’université de Cambridge.

S’étant converti au catholicisme à Louvain, il entra au collège anglais de Douai en 1576 et fut ordonné prêtre à Cambrai en 1577.

Ayant quitté Reims pour l’Angleterre en mai 1578, il retraversa la Manche pour aller à Rome au Collège Anglais (1579). En juin 1580, il débarqua à Douvres, mais fut immédiatement arrêté et conduit à Gatehouse (Westminster), puis à la Tour de Londres le 4 décembre. Là, le 9 décembre, on l’immobilisa pendant plus d’une heure sous les ordures.

Il fut condamné à mort le 17 novembre 1581. A partir du 2 avril jusqu’à sa mort, il fut dans les fers et subit le martyre le 30 mai 1582 à Tyburn (Londres).

Il a été béatifié en 1886, canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Thomas Cottam

1549-1582

 

Thomas naquit en Lancashire (Angleterre), de parents protestants, Laurence Cottam et Anne Brewer, et se forma au Brasenose College (Oxford) entre 1569 et 1572. Il vint à Londres comme instituteur. 

S’étant converti au catholicisme, il vint à Douai et fut ordonné diacre en 1577.

Il désirait beaucoup partir aux missions en Inde et pour cela vint à Rome pour entrer dans la congrégation des Jésuites. Son noviciat commença en 1579.

Cette même année, il tomba assez gravement malade et fut envoyé à Lyon pour être soigné. De là il gagna Reims, se jugeant apte à partir pour l’Inde, si sa santé se remettait après un petit voyage en Angleterre. Il fut ordonné prêtre à Soissons, en 1580.

Envoyé presqu’aussitôt en Angleterre, il fut trahi et immédiatement arrêté à Douvres. Un de ses compagnons de voyage réussit toutefois à tromper la surveillance et Thomas rejoignit Londres. Cependant, sachant son compagnon menacé, il vint se constituer.

On l’enferma d’abord à Marshalsea, où l’on croit qu’il célébra sa première Messe. Après avoir déjà subi quelques tortures, il fut envoyé à la Tour de Londres en décembre 1580, où il fut torturé sur le chevalet, ainsi que par ce qu’on appelait ironiquement la scavenger’s daughter : la victime était maintenue sous les immondices pendant une heure (ou plus).

Il comparut au tribunal le 16 (ou le 17) novembre, en même temps qu’Edmund Campion et quelques autres. Ils furent condamnés à mort, mais pour certains, l’exécution de la sentence fut reportée.

Thomas fut exécuté à Tyburn le même jour que Luke Kirby, William Filby et Laurence Richardson, le 30 mai 1582.

Luke Kirby fut canonisé en 1970 ; Thomas et les deux autres furent béatifiés en 1886, quand fut confirmé le culte qui leur était rendu depuis trois siècles.

 

 

Laurence Johnson (Richardson)

? -1582

 

Laurence (Lawrence) naquit à Great Crosby (Lancashire, Angleterre), de Richard Johnson ; on lui trouve les deux noms de famille Johnson ou Richardson, peut-être un pseudonyme qu’il prit pour ne pas compromettre sa famille. 

Il se forma au Brasenose College (Oxford) entre 1569 et 1572.

L’année suivante, converti, il vint à Douai et fut ordonné prêtre en 1577 à Cateau-Cambresis.

Envoyé la même année en Angleterre, il fut bien vite arrêté à Londres et mis en prison à Newgate, jusqu’à sa mise en accusation, le 16 novembre 1581, quand on l’envoya à la Queen’s Bench Prison. Condamné à mort le 17 novembre, il fut envoyé à la Tour, où il passa les deux premiers mois de cette incarcération sans rien pour s’étendre et dormir un peu.

Il fut exécuté à Tyburn le même jour que Luke Kirby, William Filby et Thomas Cottam, le 30 mai 1582.

Luke Kirby fut canonisé en 1970 ; Laurence et les deux autres furent béatifiés en 1886, quand fut confirmé le culte qui leur était rendu depuis trois siècles.

 

 

William Filby

1557-1582

 

William naquit en Oxfordshire (Angleterre), entre 1557 et 1560, et se forma au Lincoln College (Oxford).

En 1579 il fut admis au collège anglais de Reims et fut ordonné prêtre en 1581.

Envoyé la même année en Angleterre, il fut bien vite arrêté à Londres et mis en prison à la Tour, puis à Marshalsea, et renvoyé à la Tour. 

Condamné à mort le 17 novembre, il passa deux mois sans rien pour s’étendre et dormir un peu, chargé de fers.

Il fut exécuté à Tyburn le même jour que Luke Kirby, Laurence Richardson et Thomas Cottam, le 30 mai 1582.

Luke Kirby fut canonisé en 1970 ; William et les deux autres furent béatifiés en 1886, quand fut confirmé le culte qui leur était rendu depuis trois siècles.

 

 

Richard Newport

?-1612

 

Richard était né à Harringworth (Northamptonshire, Angleterre).

Il est aussi nommé Richard Smith.

Il fit des études à Rome et y fut ordonné prêtre en 1597.

Revenu exercer le saint ministère en Angleterre, il fut à Londres plusieurs années.

Deux fois banni, deux fois il retourna dans le pays clandestinement. Arrêté une troisième fois, il fut condamné à mort, en même temps que William Scott.

Richard Newport mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 30 mai 1612.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

William Scott

1579-1612

 

William était né vers 1579 à Chigwell (Essex, Angleterre).

Il reçut le baptême dans l’Eglise anglicane.

Ses études l’emmenèrent à Londres, à l’université de Cambridge (1593-1594), d’abord au Trinity College pendant un an, puis au Trinity Hall, où il appréciait l’excellent enseignement du Droit civil. Il eut son diplôme en 1600 et s’installa à Londres au Inner Temple comme avocat.

Bien qu’il considérât le Catholicisme comme une erreur, il lut un ouvrage de théologie catholique, dont certains arguments le convainquirent d’étudier la chose à fond : après deux années de réflexion intense, il décida d’intégrer l’Eglise catholique.

Un des artisans de cette conversion était un prieur bénédictin, John Roberts (v. 10 décembre). Ce dernier l’admit comme postulant, mais il fallait trouver un noviciat : William et quelques autres postulants, avec dom Roberts, se préparèrent à gagner Valladolid (Espagne). Mais au moment d’embarquer, ils furent arrêtés comme Catholiques.

Ce ne fut qu’un bref retard : on arriva à Valladolid et, de là, William fut envoyé au noviciat de l’abbaye de San Facundo, à Sahagún.

William prit alors le nom de Maurus, et fut ordonné prêtre en 1610.

Sur sa demande, on l’envoya en mission en Angleterre. Don Maurus s’arrêta au monastère Saint-Grégoire de Douai, pour se préparer à son ministère et arriva dans son pays en décembre 1610.

Ajoutons au passage que ce monastère de Douai a été transféré en Angleterre à Downside Abbey.

A peine arrivé, don Maurus apprit que don Roberts avait été arrêté ; il put le rejoindre le 9 décembre, la veille même de son exécution, à laquelle il assista le lendemain.

Don Maurus voulait récupérer le saint corps du Martyr : celui-ci avait été jeté dans une large fosse, avec seize autres criminels exécutés avec lui. Malgré la difficulté de l’entreprise et le danger qu’il courait, don Maurus réussit, deux jours après, à reprendre les restes de son cher ami, mais des gardiens le virent et le dénoncèrent. Le moine fut arrêté.

Il resta une année en prison, jusqu’à ce que l’ambassadeur de Savoir négocia le relâchement des prêtres catholiques emprisonnés. Don Maurus fut banni et envoyé à Douai.

Ce n’était pas fini : le zèle du moine le poussait à repartir. Il le fit. Mais il fut arrêté lors de la semaine de Pâques 1612, avant même de poser le pied à Londres, alors qu’il naviguait encore sur la Tamise.

A l’interroger fut l’ancien évêque anglican de Londres en 1610, maintenant archevêque de Canterbury, qui lui proposa une formule de serment de fidélité au Roi. Mais le texte était tourné de façon à jeter le discrédit sur le Pape et l’Eglise catholique, de sorte que le moine bénédictin proposa sa formule, où il affirmait toute sa fidélité envers le Roi, sans parler du Pape. Cette formule fut refusée, et il fut placé en isolement.

Son procès eut lieu le 28 mai 1612 à Old Bailey. Don Maurus plaida non coupable, démontrant qu’être prêtre ou pas était l’affaire du persécuteur, et non de la justice. Déclaré coupable, il accueillit à genoux sa condamnation à mort, chantant Deo gratias et affirmant avec joie qu’il était prêtre. Puis il expliqua à l’assistance qu’il n’avait pas admis jusque là son identité sacerdotale, uniquement pour voir si la loi allait être respectée, ou bien si plutôt il allait être condamné sur présomption de faute, sans aucune preuve. On voit combien le prêtre était habile à manipuler les textes du Droit.

Le matin du 30 mai, il apparut avec son habit de bénédictin et se déclara une fois encore fidèle sujet du Roi. On l’attacha à la queue d’un cheval, qui le tira par les rues jusqu’à  Tyburn. Sur place, il fit encore le récit de sa vie, de sa foi et de sa conversion ; il remit au bourreau les quelques pièces qu’il avait encore en lui disant : Tiens, mon ami, pour l’amour de moi. Je te les donne de grand cœur et je suis bien content de te pardonner ma mort.

William (Maurus) Scott mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 30 mai 1612.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

Matiya Kalemba Mulumba Wanté

1836-1886

 

Matiya (Mathias), chrétien de cinquante ans environ fut martyrisé pour sa foi en Ouganda, le 30 mai 1886, et fut canonisé en 1964.

 

Se reporter à la notice Ouganda (Martyrs de l’)

 

 

Giuseppe Marello

1844-1895

 

Né le 26 décembre 1844 à Turin, Giuseppe était l’un des deux enfants de Vincenzo Marello et Anna Maria Viale. Son frère s’appelait Vittorio.

La maman mourut dès 1847. Le papa déménagea à San Martino Alfieri, où Giuseppe fréquenta l’école primaire.

En 1855, revenant d’un pèlerinage à Savona, Giuseppe confia à son père qu’il voulait devenir prêtre. Il entra au séminaire d’Asti en 1856, qu’il quitta au terme des études secondaires en 1862.

Il gagna Turin, avec son père, pour faire des études technico-commerciales. Mais l’année suivante, il contracta le typhus ; une inspiration (ou une vision) de la Sainte Vierge lui suggéra de retourner au séminaire ; il demanda alors, et obtint, la grâce de la guérison rapide et complète. En février 1864, il réintégrait le séminaire d’Asti.

Il fut ordonné prêtre en 1868, et fut nommé secrétaire de l’évêque, en qualité de quoi il l’accompagna lors du premier Concile du Vatican. Après cette expérience, il fut responsable de la presse, directeur de la Doctrine chrétienne, directeur spirituel au séminaire et des Sœurs Milliavacca, chanoine de la cathédrale en 1881, et chancelier du diocèse.

Une de ses œuvres fondamentales fut la fondation en 1872 de la Compagnie de Saint-Joseph, qui évolua en 1878 en Compagnie de Saint-Joseph et qui eut plusieurs dénominations : congrégation de Saint-Joseph, Oblats de Saint-Joseph, ou encore Giuseppini d’Asti («Petits Joseph d’Asti»). Ces jeunes gens devaient apporter leur concours dans l’orphelinat local, mener une vie commune fraternelle, dans l’imitation de l’humble saint Joseph, à l’école de Jésus-Christ.

A partir de 1882, sur invitation de l’évêque, il assuma l’administration de l’hospice d’Asti ; il y ouvrit un collège.

Ses multiples responsabilités, ses initiatives dans le monde social et caritatif, l’ont fait compter parmi les «Saints sociaux» du 19e siècle piémontais : il connut particulièrement saint Giovanni Bosco (voir au 31 janvier), qui l’inscrivit parmi les coopérateurs salésiens, ainsi que saint Leonardo Murialdo (voir au 30 mars).

En 1889 il fut nommé et consacré évêque d’Acqui. Il visita les cent quarante-trois paroisses de son diocèse durant les six années de son bref épiscopat.

En 1890, le Collège théologique Saint-Thomas de Gênes le nomma docteur honoris causa en théologie.

La fatigue et la maladie abrégèrent cette vie très active. Mgr Marello mourut à Savone le 30 mai 1895, juste après y avoir célébré le 3e centenaire de la mort de saint Filippo Neri (voir au 26 mai).

Il fut béatifié en 1993 et canonisé en 2001.

Le miracle retenu pour cette canonisation fut la guérison subite, complète et durable - outre qu’inexplicable scientifiquement - de deux enfants affectés de broncho-pneumopathie avec fièvre, dyspnée, cyanose et dénutrition chronique.

 

 

Jeanne-Germaine Castang

1878-1897

 

Née le 23 mai 1878 à Nojals-et-Clotte (Bergerac, Dordogne), Jeanne-Germaine était la cinquième des onze enfants de modestes propriétaires terriens.

A quatre ans, une poliomyélite lui laissa la jambe gauche paralysée, probablement après qu’elle ait trempé ses pieds dans l’eau glacée du petit ruisseau proche de l’école. La Petite Maine fit ses études avec ses parents puis chez les Sœurs de Saint-Joseph, où on nota déjà sa grande dévotion à l’Eucharistie.

Le papa fit de mauvaises affaires, il tenta de trouver du travail comme boulanger à Bordeaux ; des onze enfants, trois moururent à Nojals-et-Clotte, deux autres à Bordeaux, des suites de tuberculose et malnutrition. La famille connut véritablement la misère. Jeanne-Germaine était allée mendier d’une ferme à l’autre, malgré la plaie béante et purulente qui affectait sa jambe.

L’aînée, Lucie, fut religieuse chez les Sœurs de Saint-Joseph à Aubenas.

Jeanne-Germaine fut en pension à Bordeaux ; elle fut opérée de son pied ; elle y prépara la Première communion et la Confirmation, puis dut revenir à la maison, après la mort de sa mère en 1892, pour s’occuper de son frère aîné, Louis, (qui allait mourir de tuberculose l’année suivante), tandis que son père trouve une place comme gardien de château à La Réole.

Sentant depuis toute petite l’appel à la vie religieuse, elle tenta de rejoindre sa sœur à Aubenas, mais ne fut pas acceptée en raison de son handicap. Elle se tourna vers la vie contemplative des Clarisses, et fut admise sans difficulté dans la communauté de Talence en 1896, sous le nom de Marie-Céline de la Présentation. Elle avait dix-huit ans.

A son tour, elle fut rongée par une tuberculose osseuse, qu’elle supporta avec patience tout en suivant l’austère règle des moniales.

Elle reçut des grâces extraordinaires, surnaturelles, dont elle s’ouvrit en toute simplicité et discrétion. Beaucoup de sources parlent de ces manifestations, sans jamais dire en quoi elles consistèrent.

C’est le 30 mai 1897 (quelques mois avant sainte Thérèse de Lisieux), que s’acheva cette vie marquée par la maladie et les épreuves. Jeanne-Germaine put prononcer ses vœux perpétuels sur son lit de mort.

Jeanne-Germaine venait d’avoir dix-neuf ans. Le même 30 mai de 1431 mourait aussi à dix-neuf ans une autre Jeanne, Jehanne d’Arc.

Par la suite Jeanne-Germaine se manifesta plusieurs fois par des odeurs très suaves, qui la firent nommer la Sainte aux parfums.

Déclarée vénérable le 22 janvier 1957, Jeanne-Germaine a été béatifiée en 2007.

 

 

Otto Neururer

1882-1940

 

Otto était le douzième fils d’un meunier, Peter Neururer et de son épouse Hildegard, née Streng. Il naquit juste le jour de l’Annonciation, 25 mars 1882, à Piller dans le Tyrol autrichien.

Il ressentit très tôt l’appel au sacerdoce et fréquenta, d’abord, le petit séminaire de Brixen puis le grand séminaire, et fut ordonné prêtre en 1907.

Il fut d’abord professeur de religion à Innsbruck, puis curé à Götzens.

C’est durant cette période qu’il eut l’occasion de s’opposer fermement au mariage d’une jeune femme avec un homme qui, reniant son baptême, adhérait aux rangs national-socialistes. Dénoncé, il fut arrêté par la Gestapo le 15 décembre 1938.

D’abord emprisonné à Innsbruck, il fut envoyé en mars 1939 au camp de Dachau, puis en septembre à celui de Buchenwald, près de Weimar.

Là, le père Otto continuait discrètement son apostolat auprès des camarades. L’un d’eux lui demanda le baptême. Bravant toutes les interdictions officielles, le père Otto, en compagnie d’un confrère, Matthias Spanlang, entreprirent l’enseignement et la préparation de leur catéchumène.

Dès que la chose se sut, on arrêta Otto, qui fut déshabillé et pendu le tête en bas. Il resta dans cette position douloureuse pendant trente-quatre heures, au terme desquelles il expira, le sang ayant envahi son crâne. Les bourreaux avaient en outre pourvu à bien envelopper ses jambes dans des peaux d’agneau, pour éviter de laisser sur les jambes des traces des cordes de la pendaison : on savait que le corps risquait bien d’être un jour ou l’autre remis à la famille ou aux autorités diocésaines, d’autant plus que Otto était la première victime autrichienne du camp de Buchenwald.

Un témoin oculaire, le père Alfred Berchtold (1904-1985), souligna que Otto, aussi longtemps qu’il fut conscient, continuait de prier doucement sans élever la voix. Le père Otto rendit l’âme le 30 mai 1940.

Quatre jours plus tard, on annonça à l’appel du soir que le père Spanlang était mort ; on suppose qu’il subit le même sort qu’Otto.

Ensuite le corps d’Otto fut incinéré et l’urne fut expédiée par la poste de Weimar à Innsbruck. La cérémonie des funérailles fut l’occasion d’une grande manifestation de foi. C’est là que Carl Lampert, le provicaire de l’administrateur apostolique de Innsbruck-Feldkirch, publia une annonce où il était dit “qu’on n’oublierait jamais sa mort”, ce qui lui valut à son tour l’arrestation, l’internement à Dachau et le martyre.

Otto Neururer a été béatifié en 1996, mais pas encore Matthias Spanlang, pour lequel une enquête est encore en cours sur les circonstances exactes de sa soi-disant “mort naturelle”.

Carl Lampert, en revanche, dont l’arrestation est liée au martyre d’Otto, a été à son tour béatifié en 2011 (v. 13 novembre).

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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 23:00

29 MAI

 

III.

S Conon et son fils de douze ans, martyrs près de Iconium.

IV.

S Hesychius, serviteur du palais impérial à Antioche de Syrie, martyr.

S Maximinus, évêque à Trèves, poitevin d’origine ; il reçut s. Athanase durant son exil.

Ss Sisinnius, diacre, Martyrius, lecteur, et Alexander, portier, martyrs à Trento.

V.

S Exsuperantius, évêque à Ravenne.

S Senator, évêque à Milan. 

VI.

Ste Buriana, recluse irlandaise venue en Cornouailles.

VIII.

Ss Votus et Félix, ermites près de Saragosse, là où Votus retrouva le corps de s. Jean d’Atares.

X.

S Gérard, évêque à Mâcon, fondateur du monastère de Brou.

XIII.

Ste Bona, vierge à Pise, à la vie tout extraordinaire.

Bx Guillaume Arnaud et Bernard de Rochefort (prêtres dominicains), Etienne de Saint-Thierry et Raymond Carbonier (prêtres franciscains), le chanoine Raymond de Cortisan (Escriban), le notaire Pierre d’Arnaud, les clercs Bernard, Fortanier et Aymar, neuf inquisiteurs nommés par Grégoire IX, ainsi que le frère dominicain Garsias d’Aure et le prieur d’Avignonet (de nom inconnu), massacrés par les Albigeois dans le diocèse de Toulouse en 1242.

Bse Gherardesca, tertiaire camaldule à San Savino, où elle envoya aussi son mari. 

XVI.

B Richard Thirkeld, prêtre anglais martyr, pendu à York. 

XIX.    

Bx Gim Dae-gwon Petrus, Yi Il-eon Iob, Sin Tae-bo Petrus, Yi Tae-gwon Petrus, Jeong Tae-bong Paulus, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

XX.

B Joseph Gérard (1831-1914), français, missionaire des oblats de Marie Immaculée au Lesotho, surnommé “père des miracles” (Ramehlolo), béatifié en 1988.

B José Pérez Fernández (1912-1938), laïc espagnol, martyrisé près de Grenade, béatifié en 2017.
Ste Julia Maria Ledóchowska (Urszula, 1865-1939), ursuline polonaise, sœur de la b. Maria Teresa (cf. 6 juillet), fondatrice des Ursulines du Sacré-Cœur de Jésus agonisant, béatifiée en 1983 et canonisée en 2003.

 

Conon

3e siècle

 

Saint Conon reçut le martyre en compagnie de son petit garçon de douze ans près d'Iconium en Lycaonie, où saint Paul s'était arrêté deux siècles plus tôt.

Ces deux Martyrs auraient été particulièrement torturés, d'abord étendus sur un gril arrosé d'huile au-dessus d'un brasier ardent ; puis on les fit passer par le chevalet et le feu, avant de leur écraser les mains.

L'actuel Martyrologe ne les a pas retenus, sans doute faute de documents historiques fiables. 

Ils étaient autrefois commémorés le 29 mai.

 

 

Hesychius d’Antioche

† 303

 

Hesychius servait au palais impérial d’Antioche de Syrie.

Lorsque l’empereur Dioclétien décréta (302) que ceux qui ne voulaient pas sacrifier aux dieux, seraient expulsés, Hesychius renonça immédiatement à sa place, pourtant si honorable.

Mais le co-empereur Maximien resta fort mécontent d’une telle audace ; il aurait préféré voir Hesychius apostasier. Il tenta de l’intimider par le ridicule, l’obligeant à revêtir une tunique de femme et à filer la laine dans le gynécée, ce qu’Hesychius accepta de faire tout simplement ; le bruit s’en répandit et on vint l’admirer.

Maximien, encore plus mécontent - car c’était lui qui, au fond, était ainsi humilié - se fit amener Hesychius, chercha à le gagner par de fausses promesses et, finalement, lui fit attacher à la main droite une grosse pierre, le fit lier et jeter dans l’Oronte.

Ce devait être en 303.

Saint Hesychius d’Antioche est commémoré le 29 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maximinus de Trèves

† 346

 

Maximinus serait né à Poitiers ou non loin (Mouterre-Silly, Vienne).

On ne sait pas pour quelle raison on le retrouve à Trèves, siège de l’empereur d’Occident. Là, il fut reçu dans le clergé.

En 329, à la mort de l’évêque Agritius, c’est Maximinus qui fut appelé à lui succéder, devenant ainsi le cinquième évêque de ce siège.

L’épiscopat de Maximinus fut marqué par la lutte contre l’arianisme. 

En 336-337, Maximinus accueillit avec respect et bienveillance l’évêque Athanase qu’on avait chassé d’Alexandrie, toujours pour la foi nicéenne opposée à l’arianisme. Athanase en resta profondément reconnaissant et plus tard parla de Maximinus en termes très élogieux, vantant la sûreté de sa doctrine.

Maximinus reçut aussi le patriarche Paul de Constantinople, lui aussi chassé de son siège.

Durant cette période si troublée à cause de l’hérésie et aussi de l’attitude de l’empereur qui voulait imposer sa discipline sans connaître les problèmes théologiques, Maximinus eut un rôle très décisif auprès des empereurs d’Occident, ce qui n’était pas le cas en Orient, où sévissait Constance.

Des formulaires circulaient en tous sens, essayant de formuler ou re-formuler la foi nicéenne en termes parfois approchants, parfois imprécis, parfois douteux. Maximinus en refusa une qu’on lui présenta en 341, sachant que ceux qui la lui présentaient avaient condamné Athanase. Maximinus prépara le concile de Sardique (343), qui fut plus houleux que théologique : des évêques orientaux le quittèrent et se permirent d’excommunier et le Pape, et Maximinus.

A Maximinus est attribué ce miracle que, son cheval ayant été attaqué et dévoré par un ours, l’évêque ordonna à l’ours de remplacer la bête et l’ours obéit.

Mais les ennemis de l’évêque ne se laissèrent pas convaincre par une telle merveille. Ils réussirent à faire expulser Maximinus de son siège. 

Maximinus vint se réfugier dans son Poitou d’origine et mourut vers 346, après dix-sept ans d’épiscopat.

Saint Maximinus de Trèves est commémoré le 29 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sisinnius,  Martyrius et Alexander de Trento

† 397

 

Vers la fin du 4e siècle, l’évêque de Trento (Italie NE) voulut conquérir au Christ des populations de son diocèse encore païennes, dans la région des Alpes Rhétiques.

Il choisit pour cette mission difficile un diacre, Sisinnius, auquel il adjoignit un lecteur, Martyrius, et un portier, Alexander.

Sisinnius au moins venait de Cappadoce (act. Turquie), mais peut-être les autres également. Martyrius était un ancien militaire.

Une petite question surgit ici : comment l’évêque n’envoya-t-il pas en mission au moins un prêtre, qui pût célébrer l’Eucharistie pour les autres non prêtres ? Pensait-il ordonner prêtre Sisinnius ensuite ? Mais en attendant…

Les trois missionnaires s’installèrent dans la région et construisirent une église. Malgré beaucoup de contrariétés, ils purent faire quelques conversions. Mais leur seule présence exaspérait la population, à plus forte raison l’église. 

Lors d’une fête païenne, on voulut obliger un néophyte récemment baptisé, à offrir des victimes aux dieux de pierre ou de bronze. Bien sûr, le néophyte refusa, et les missionnaires prirent sa défense.

Un païen frappa Sisinnius sur la tête avec un instrument de musique qui servait à leur cérémonie, et l’on flagella ses deux Compagnons. Le lendemain, l’église fut pillée et détruite de fond en comble.

Martyrius était en train de panser la tête de Sisinnius : ce dernier fut achevé ; Martyrius s’enfuit, fut promptement rattrappé, lié à un arbre et transpercé de flèches ; on voulut l’amener devant une statue pour l’honorer, mais il mourut en chemin. Quant à Alexander, on l’attacha aux deux premiers cadavres et on le traîna par les rues avec une cloche au cou comme une bête de bétail.

On jeta les deux corps de Sisinnius et de Martyrius sur un bûcher préparé avec les poutres de l’église ; Alexander, à nouveau battu et sommé de sacrifier, refusa encore et fut à son tour jeté sur le bûcher.

Ces atrocités se produisirent le 29 mai 397.

L’empereur voulut poursuivre les coupables et les châtier, mais les Chrétiens implorèrent leur grâce.

Saints Sisinnius,  Martyrius et Alexander sont commémorés le 29 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Senator de Milan

† 475

 

Senator serait né à Settala, aux environs de Milan (Italie N). 

On ne sait pas quelle fut sa formation, mais il fut très jeune admis dans le clergé et accompagna Abuntius de Côme (v. 2 avril) dans ses voyages.

L’une de ces pérégrinations fut, en 450, la misson confiée par le pape Léon 1er (v. 10 novembre) à Abundius et Senator, d’aller trouver le patriarche de Constantinople et lui remettre la condamnation d’Eutychès. Cette démarche préparait le concile de Chalcédoine (451).

Selon la tradition, lors de ce concile, on déposa au pied de la tombe de sainte Euphémie les deux textes, l’un de la doctrine d’Eutychès, l’autre de la doctrine authentique ; le lendemain, en ouvrant la tombe de la Sainte, on retrouva dans sa main gauche - signe de condamnation - le texte d’Eutychès.

Ce serait à la suite de ce miracle, que Senator aurait rapporté à Milan des reliques de sainte Euphémie et qu’il lui aurait dédié la basilique milanaise qui porte son nom.

Au retour de Chalcédoine, Abuntius et Senator eurent une nouvelle mission papale auprès de l’évêque de Milan, Eusebio (v. 8 août).

En 472, Senator fut appelé à monter sur le siège de Milan, dont il devenait le vingt-troisième évêque (d’aucuns disent vingt-et-unième, considérant comme incertains les deux premiers noms de la liste épiscopale).

Senator mourut en 475, après trois années d’épiscopat.

Un autre saint évêque, Ennodius de Pavie (v. 17 juillet), loua plus tard sa grande éloquence et sa sagacité.

Saint Senator de Milan est commémoré le 29 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Exsuperantius de Ravenne

† 477

 

Exsuperantius fut le vingtième évêque de Ravenne, ou plutôt le deuxième, compte tenu du fait que les dix-huit premiers siégèrent à Classe.

Il fut élu vers 468 et gouverna son diocèse pendant dix-neuf ans.

C’est pendant cette période que le roi Odoacre s’empara de l’Italie et de Ravenne.

Il mourut vers 477.

Saint Exsuperantius de Ravenne est commémoré le 29 mai dans le Martyrologe Romain.

Bona de Pise

1156-1207

 

Voici un récit vraiment extra-ordinaire, qu’un esprit trop rationaliste pourrait mettre au rang des histoires merveilleuses incroyables. Mais les documents historiques existent.

La naissance-même de Bona fut annoncée miraculeusement à un prêtre, nommé Giovanni, qui était alors étudiant à Paris : un ange l’avait pressé de retourner à Pise, où il deviendrait chanoine augustin et devrait recevoir une certaine Bona dans son ordre et la consacrer à Dieu.

Bona  vint au monde vers 1156 à Pise (Italie C), de Bernardo et d’une mère corse, Berta.

En 1159, Bernardo partit en voyage et ne revint pas. Epreuve bien dure pour une maman et sa petite fille (un certain Bouddha avait fait la même chose en son temps, abandonnant de nuit son épouse et son petit enfant, sans rien dire à personne, et prétendant ainsi être un «modèle» pour des millions d’hommes…). Ce que ne savait pas la petite Bona, c’est que son père avait eu, d’un premier mariage, trois fils ; elle devait en avoir révélation plus tard.

Courageuses, Bona et Berta continuèrent donc de vivre dans leur chaumière comme deux sœurs, partageant leurs joies et leurs travaux.

Or, elles dormaient dans une même pièce, mais quand Bona eut sept ans, elle fut avertie par le Seigneur d’avoir désormais à rester seule dans sa chambre : elle obéit, mais en supprimant couvertures et matelas, pour s’étendre sur de la paille. Elle se mit à jeûner trois fois par semaine au pain et à l’eau, s’habillant avec une modeste étoffe de poil de chèvre, qui couvrait une ceinture de fer qu’elle porta toute sa vie.

A la même époque, comme elle passait devant l’église du Saint-Sépulcre et qu’elle saluait le Crucifix, celui-ci se pencha vers elle et la bénit. Plus tard, dans cette même église, le Seigneur lui apparut, en compagnie de la Sainte Vierge, des deux autres Marie de l’Evangile (v. 24 avril), et de l’apôtre saint Jacques.

C’est donc vers cette époque que le prêtre Giovanni eut à recevoir Bona dans la vie religieuse. Bona s’installa dans une maison près de l’église. Un jour que Berta était venue voir sa fille, elles eurent une vision du Seigneur et de la Sainte Vierge, similaire à celle qu’avait eue Bona, mais Berta ne connaissait pas tous ces saints Personnages ! Le Seigneur lui parla, lui révéla que son mari Bernardo était vivant et que Bona devait aller le rencontrer, guidée par tous ceux qui étaient là : Berta n’y comprenait pas grand-chose et répondit seulement : Vous paraissez de bons étrangers ; je vous accorde ce que vous demandez, et voilà partie Bona avec sa sainte Compagnie.

Ils se rendirent en Palestine, où se trouvaient Bernardo et ses fils, l’un patriarche de Jérusalem, l’autre maître du Temple, le troisième dans l’Ordre hospitalier ; tous quatre eurent révélation de l’arrivée de Bona, mais ne s’en réjouirent guère, car ils détestaient les Corses ! Bernardo tenta même d’empêcher Bona de descendre du navire. Bona ne chercha pas à s’imposer et alla se réfugier dans la contrée, où elle rencontra un pieux ermite nommé Ubaldo, qui l’accompagna aux Lieux Saints.

Au carême suivant, le Seigneur annonça à Bona qu’elle aurait beaucoup d’enfants spirituels, et qu’elle devrait les aider par sa présence à se convertir, à se sanctifier. Le Seigneur lui remit alors l’anneau des Fiançailles mystiques.

Ubaldo l’informa qu’elle devait regagner Pise : elle partit, en passant par le lieu du Calvaire, où elle fut blessée et capturée par des Musulmans ; des marchands pisans la rachetèrent et la ramenèrent à son pays. Elle se retira dans une vie de recluse, dans la prière et la contemplation, et c’est alors que commença sa mission de mère protectrice. Nous sommes en 1175 : Bona a dix-neuf ans !

Neuf fois, elle fut envoyée sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, assistée de l’apôtre saint Jacques, pour accompagner les pèlerins durant ce long pèlerinage de plusieurs mois, mais elle alla aussi à Rome, à Saint-Michel du Mont Gargan, à Jérusalem. Sa mission maternelle était d’encourager les pèlerins, de les soigner dans leurs maladies, et surtout de les aider à ne pas se contenter de «faire un pèlerinage», mais principalement à prier et à se sanctifier vraiment.

Bona guérit un pèlerin blessé par un brigand (et convertit le brigand) ; elle fit passer les pèlerins sur une rivière dont le pont avait été détruit ; elle aida, avec saint Jacques, une brave personne de Pise à construire une église en l’honneur de saint Jacques, qui s’appela Saint-Jacques-di-Podio…

Elle lisait dans les cœurs, avertissait un confesseur de Pise du vrai état intérieur de ses pénitents, reprochait à un autre d’avoir l’intention de rédiger les miracles qu’elle accomplissait avec saint Jacques.

Deux ans avant sa mort, elle fut invitée par Jésus-Christ à retirer sa ceinture de fer et à la remettre au prêtre Giovanni, qui devait en faire une croix, mais le prêtre n’eut rien à faire : à peine eut-il chauffé le métal, qu’il se transforma en une croix magnifique, tandis que Giovanni était enveloppé d’une lumière éclatante ; de cette lumière se détacha une goutte de sang qui tomba sur la croix. Quel sens attribuer à ce prodige ? Bona fut sans doute la seule à comprendre.

Bona fit encore un dernier pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle, dans des circonstances miraculeuses, car son corps était désormais bien affaibli par l’âge et les pénitences. Elle tomba malade peu avant son retour à Pise et les Religieux allèrent la chercher. Elle mourut le 29 mai 1207. 

La tradition a canonisé Bona, sans autre déclaration officielle de l’Eglise. 

Mais l’histoire de n’arrête pas là : au 20e siècle, le pape Jean XXIII (v. 3 juin) proclama sainte Bona patronne des hôtesses de l’air.

 

 

Avignonet (Martyrs d’)

1242

 

Le pape Grégoir IX avait désigné neuf prêtres et clercs pour prêcher la Vérité dans la région de Toulouse, infestée par l’hérésie albigeoise.

On a dit beaucoup de mal de l’Inquisition, à tort ou à raison. Les inquisiteurs n’avaient pas mission de «torturer», encore moins de faire mourir les hérétiques obstinés ; au pire, quand ces derniers refusaient encore d’abandonner leur erreur, même devant l’évidence des preuves apportées, ils étaient abandonnés au bras séculier, qui devait leur infliger une peine de prison, ou d’exil, et non les mettre à mort. Malheureusement l’Eglise s’en remit trop longtemps aux autorités civiles, qui firent trop de victimes (on en a dénombré un millier pendant tout le 13e siècle). Mais des recherches récentes ont constaté que la peine du feu fut moins fréquente qu’on a pu le croire.

Il faut mentionner que ces hérétiques n’en restaient pas aux idées, ils imposaient tout un style de vie à leurs disciples, qui se répercutait sur le quotidien et dégénérait en troubles sociaux.

D’autre part, en face de ces atrocités, il faut aussi rappeler qu’un certain nombre d’inquisiteurs furent sauvagement martyrisés par les hérétiques (voir la notice Pietro de Vérone)

Pour en revenir aux neuf inquisiteurs envoyés par le pape à Toulouse, il s’agissait de : 

  • trois dominicains : les deux prêtres Guillaume Arnaud et Bernard de Roquefort, auxquels s’ajouta un frère, peut-être pèlerin de passage, le frère Garsias d’Aure ;
  • deux Frères mineurs : Etienne de Saint-Thibery et Raymond Carbonier
  • un chanoine de Toulouse : Raymond de Cortisan, surnommé Escriban, chargé de rédiger les actes ;
  • trois autres clercs : Bernard de Toulouse, Fortanier et Aymar ;
  • un notaire : Pierre d’Arnaud ;
  • le prieur-curé d’Avignonet, dont on ignore le nom, moine de Saint-Michel-de-la-Cluse en Piémont, dont l’église dépendait ; étant présent, il fut méchamment inclus dans le massacre des inquisiteurs.

En 1235, la population expulsa Guillaume Arnaud, puis tous les autres Dominicains. Ceux-ci ne se donnèrent pas pour vaincus et revinrent prêcher en 1236, sans obtenir beaucoup de conversions, ni l’appui des autorités, civiles ou religieuses.

En 1241, ils repartirent en mission et s’installèrent au château d’Avignonet, propriété du comte de Toulouse. Mais le sénéchal du comte de Toulouse était complice du complot ourdi contre les inquisiteurs.

La veille de l’Ascension, 29 mai 1242, les inquisiteurs y furent surpris par une quarantaine de sicaires à la solde de Pierre-Roger de Mirepoix, aidés par vingt-cinq hommes armés venant de Gaja, et tombèrent sous les coups d’épée, tandis qu’ils chantaient des versets du Te Deum.

Une chronique contemporaine rapporte plusieurs faits concomitants :

  • la veille de ce massacre, une femme qui assistait à la messe vit le Crucifix s’animer, le bras droit ruisselant de sang, et lui adresser la parole : Va avertir le prieur qu’il place les reliques à cet endroit-là, lui montrant le côté gauche de l’autel.
  • un frère de Bordeaux eut la vision d’un retable de crucifix, au pied duquel étaient peints trois frères tués par des hommes armés (il y a justement trois Dominicains parmi les onze Martyrs).
  • une des victimes, Raymond Carbonier, vit en songe une couronne d’or, ornée de neuf gemmes, descendant du ciel sur la maison où logeaient les inquisiteurs, ce que Guillaume Arnaud interpréta comme l’annonce de leur assassinat prochain : Sachez que bientôt nous serons exterminés pour la foi de Jésus-Christ.

D’autres  signes parurent au même moment, à Toulouse, dans les environs et jusqu’à Barcelone.

Rome condamna évidemment le comte de Toulouse et ses alliés, à l’origine du complot. Montségur, considérée comme le noyau hérétique, fut assiégée en 1243 et la population se rendit en 1244 : deux cents cathares furent brûlés. 

Les nombreux miracles accomplis sur le tombeau des inquisiteurs les firent considérer comme martyrs par les Cardinaux et le pape lui-même dès 1243 et le Martyrologe les mentionne comme Bienheureux au 29 mai.

 

 

Guillaume Arnaud

? - 1242

 

Lire la notice Avignonet (Martyrs d’)

 

Guillaume Arnaud fut un prêtre de l’Ordre dominicain.

Lors du massacre d’Avignonet, il eut le crâne brisé et l’un des assaillants se vantera même de lui avoir arraché la langue.

Il est commémoré avec ses dix Compagnons le 29 mai.

 

 

Bernard de Roquefort

? - 1242

 

Lire la notice Avignonet (Martyrs d’)

 

Bernard de Roquefort fut un prêtre de l’Ordre dominicain.

Il est commémoré avec ses dix Compagnons le 29 mai.

 

 

Etienne de Saint-Thibery

? - 1242

 

Lire la notice Avignonet (Martyrs d’)

 

Etienne de Saint-Thibery ou de Saint-Thierry, fut un prêtre de l’Ordre des Frères Mineurs franciscains.

Il est commémoré avec ses dix Compagnons le 29 mai.

 

 

Raymond Carbonnier

? - 1242

 

Lire la notice Avignonet (Martyrs d’)

 

Raymond Carbonnier ou Carbonier, fut un prêtre de l’Ordre des Frères Mineurs franciscains.

Il est commémoré avec ses dix Compagnons le 29 mai.

 

 

Raymond de Cortisan

? - 1242

 

Lire la notice Avignonet (Martyrs d’)

 

Raymond de Cortisan fut un prêtre du diocèse de Toulouse, chanoine, archidiacre, surnommé Escriban, étant chargé de rédiger les actes des inquisiteurs.

Il est commémoré avec ses dix Compagnons le 29 mai.

 

 

Bernard de Toulouse

? - 1242

 

Lire la notice Avignonet (Martyrs d’)

 

Bernard, clerc du diocèse de Toulouse, était le secrétaire du chanoine Raymond de Cortisan, dit Escriban.

Il est commémoré avec ses dix Compagnons le 29 mai.

 

 

Pierre Arnaud

? - 1242

 

Lire la notice Avignonet (Martyrs d’)

 

Pierre Arnaud était notaire de l’Inquisition ; d’après le Martyrologe il était clerc, sans doute du diocèse de Toulouse.

Il est commémoré avec ses dix Compagnons le 29 mai.

 

 

Fortanier de Toulouse

? - 1242

 

Lire la notice Avignonet (Martyrs d’)

 

Fortanier était clerc, sans doute du diocèse de Toulouse. Il était présent comme appariteur ou huissier, avec Aymar.

Il est commémoré avec ses dix Compagnons le 29 mai.

 

 

Aymar de Toulouse

? - 1242

 

Lire la notice Avignonet (Martyrs d’)

 

Aymar était clerc, sans doute du diocèse de Toulouse. Il était présent comme appariteur ou huissier, avec Fortanier.

Il est commémoré avec ses dix Compagnons le 29 mai.

 

 

Garsias d’Aure

? - 1242

 

Lire la notice Avignonet (Martyrs d’)

 

Garsias d’Aure fut un religieux de l’Ordre dominicain, présent à Avignonet au moment du massacre du 29 mai 1242, mais n’appartenait probablement pas au groupe proprement-dit des inquisiteurs nommés par Grégoire IX.

Il est commémoré avec ses Compagnons le 29 mai.

Gherardesca della Gherardesca

1200-1260

 

Gherardesca était née vers 1200 à Pise (Italie centrale), de Gherardo della Gherardesca (ou, selon certains, d’Uguccionello di Castagneto).

A sept ans, elle quitta la maison de ses parents pour se réfugier dans un monastère et être dans une plus grande intimité avec Dieu.

Cependant sa mère venait l’importuner de ses larmes et la pressait de revenir au foyer familial. Gherardesca céda, ou plutôt voulut faire plaisir à sa mère en acceptant de se marier. Elle épousa «par obéissance» un certain Alfiero di Bandino.

Il se vérifia alors ce que l’apôtre Paul écrivait aux Corinthiens : La femme qui s’est mariée a souci des affaires du monde, des moyens de plaire à son mari (1Co 7:34) ; Gherardesca souffrit beaucoup de se trouver éloignée de son Epoux céleste, mais chercha à s’en rapprocher par beaucoup d’austérités, le jeûne, la prière, les veilles.

Finalement, ne pouvant avoir d’enfants, elle persuada son époux terrestre d’entrer dans le proche monastère camaldule de San Savino ; elle distribua aux pauvres tout son héritage et obtint pour elle une cellule proche du même monastère où, comme tertiaire, elle passa le reste de ses jours dans la prière et la louange continues.

Elle fut favorisée de très jombreuses visions, révélations, ainsi que du don de prophétie. Elle sut que ses prières avaient obtenu la salut de plusieurs âmes.

Gherardesca mourut un 29 mai de 1260 environ (peut-être même 1269). Son culte fut approuvé en 1858 et le Martyrologe la mentionne en ce jour comme Bienheureuse.

 

 

Richard Thirkeld

? - 1583

 

Né à Coniscliffe (Durham, Angleterre), Richard passa du Queen’s Collège d’Oxford au Collège anglais de Reims en 1564 ou 1565.

Ordonné prêtre en 1579, le 18 avril, il partit dès le 23 mai pour l’Angleterre, et travailla à York et dans les environs.

Il eut l’occasion de confesser Margaret Clitheroe (voir au 25 mars).

C’est justement la veille de cette même fête de l’Annonciation qu’il fut arrêté en 1583, tandis qu’il faisait une visite à un Catholique prisonnier à Ousebridge Kidcote (York). Il reconnut immédiatement sa condition de prêtre. Présenté au chef de police, il passa la nuit chez ce dernier.

Passé en jugement dès le lendemain, 25 mars, il s’y présenta avec sa soutane et sa barrette. Il fut accusé d’avoir réconcilié des sujets de Sa Majesté la Reine avec l’Eglise de Rome.

Jugé coupable le 27 mai, et condamné le 28, il passa sa dernière nuit à instruire ses compagnons de cellule et fut exécuté à York, au matin du 29 mai 1583.

Richard fait partie de ces quarante-et un Martyrs anglais, dont le culte fut confirmé en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Gim Dae-gwon Petrus

? -1839

 

Gim Dae-gwon Petrus est un laïc coréen né à Cheongyang (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut décapité à Jeonju (Jeolla-do) le 29 mai 1839 et béatifié en 2014.

 

 

Yi Il-eon Iob

1767-1839

 

Yi Il-eon Iob est un laïc coréen né en 1767 à Hongju (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut décapité à Jeonju (Jeolla-do) le 29 mai 1839 et béatifié en 2014.

 

 

Sin Tae-bo Petrus

1769-1839

 

Sin Tae-bo Petrus est un laïc coréen né vers 1769 en Gyeonggi-do (Corée S).

Il fut décapité à Jeonju (Jeolla-do) le 29 mai 1839 et béatifié en 2014.

 

 

Yi Tae-gwon Petrus

1782-1839

 

Yi Tae-gwon Petrus est un laïc coréen né en 1782 à Hongju (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut décapité à Jeonju (Jeolla-do) le 29 mai 1839 et béatifié en 2014.

 

 

Jeong Tae-bong Paulus

1796-1839

 

Jeong Tae-bong Paulus est un laïc coréen né en 1796 à Deoksan (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut décapité à Jeonju (Jeolla-do) le 29 mai 1839 et béatifié en 2014.

 

 

Joseph Gérard

1831-1914

 

Né le 12 mars 1831 à Bouxières-aux-Chênes (Meurthe-et-Moselle), Joseph était le fils de paysans, et reçut ses premières leçons du curé ; ce dernier le fit admettre au séminaire, où les récits concernant les travaux apostoliques des missionnaires lui firent désirer de les rejoindre. Il entra chez les Oblats de Marie Immaculée à vingt ans.

Il n’était pas particulièrement porté pour les études intellectuelles, mais apprenait facilement les langues étrangères. Plus tard, il assimila rapidement les langages zoulou et sesotho, ce qui l’aida beaucoup dans son travail missionnaire.

Ordonné diacre par le fondateur lui-même des OMI, Mgr de Mazenod (voir au 21 mai), il fut envoyé en Sud-Afrique dès 1853 : il ne revint jamais en France.

Ordonné prêtre en 1854 à Pietermaritzburg, il commença un apostolat parmi les Zoulous où, au milieu de grandes difficultés, il n’obtint pas beaucoup de résultats (visibles) ; il rejoignit en 1862 l’évêque de Natal qui lui confia la mission naissante au Lesotho. Plus tard, il put constater que toutefois la semence avait tout de même germé chez les Zoulous.

Il s’y trouvait déjà une mission protestante. Joseph demanda au chef Moshoeshoe I et obtint la permission d’établir une mission à une trentaine de kilomètres de Thaba Bosiu (actuelle Roma, d’après le nom que lui ont donné les Protestants de l’époque), qu’il appela Motse-oa-‘M’a-Jesu (Village de la Mère de Jésus).

Joseph était très respecté du Chef, pour être resté sur place durant la guerre du Basotho contre les Boers et ce serait sur ses conseils que le Chef aurait demandé l’intervention britannique.

Le chef Moshoeshoe Ier ne se convertit jamais, mais plus tard son petit-fils embrassa la foi catholique.

Entre temps, les progrès spirituels avançaient lentement : un catéchumène au bout de deux années d’efforts, quelques centaines de Catholiques en 1879.

En 1875, Joseph fonda la mission Sainte-Monique au nord du Lesotho, ce qui lui permit d’agir chez les Basotho qui vivaient tant au Lesotho que dans les états voisins. 

En 1898, il retourna à sa mission de Roma, et continua de là son travail de missionnaire, malgré son arthrite qui le pliait presque en deux, malgré sa vue quasi éteinte. Il fallait le hisser sur son fidèle cheval, Artaban, sur lequel il se déplaçait encore un mois avant sa mort pour aller aider des gens dans le besoin. Sa vie terrestre s’acheva à quatre-vingt-trois ans, le 29 mai 1914.

Si le Christianisme est actuellement la religion dominante au Lesotho, on le doit au travail patient et humble du père Gérard. Il s’y trouve plusieurs noviciats, une université, de grandes écoles, beaucoup de maisons religieuses, un hôpital - tout cela grâce au premier travail du Père Joseph Gérard.

Il consacra le pays à Marie Immaculée, parcourut d’immenses distances pour visiter la population, pour porter l’Eucharistie. Il était si absorbé par la prière qu’à sa mort quelqu’un dit : Le père Gérard ne mangeait pas de nourriture : il se nourrissait de sa prière. Et si la prière est quelque chose dont on peut nourrir un peuple, il nous a donné à nous, Basotho, de la nourriture pour longtemps.

Joseph Gérard a été béatifié en 1988.

 

 

José Pérez Fernández
1912-1938

José naquit le 4 septembre 1912 à Sorbas (Almería, Espagne).
Membre convaincu de l’Action Catholique, il se montra très actif dans son pays et diffusa un périodique catholique, La Independencia.
Lors de la révolution de 1936, il fut bientôt arrêté et mis en prison à Almería, d’où on le transféra à Turón le 2 mai 1938.
Le 29 mai suivant, on voulait l’obliger à creuser sa propre tombe ; José tenta de s’échapper en courant se cacher dans un bois voisin, mais il fut abattu.
On pourrait considérer sa «fuite» comme un refus du martyre ; mais José avait un autre désir : continuer à propager le Règne du Christ Roi, et il pensait pouvoir se cacher facilement pour continuer de travailler à cette noble cause. C’est en fait sa mort qui fit avancer la cause de l’Eglise.
Le sacrifice de José a été considéré comme martyre et il fut béatifié en 2017.
Le nom du bienheureux José Pérez Fernández sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 29 mai.

 

 

Julia Maria Ledóchowska

1865-1939

 

Julia naquit le 17 avril 1865 à Loosdorf (Autriche du Sud), une des cinq enfants du Comte Antoni Halka-Ledóchowski. Un frère de son père, l’oncle Mieczyslaw était le cardinal Ledóchowski.

Des revers financiers imposèrent à la famille de s’établir à Saint Poelten (1874), où Julie et sa sœur suivirent les leçons d’une école tenue par la congrégation de Mary Ward.

En 1883 on s’installa dans le domaine des Ledóchowski (Lipnica Murowana, près de Tamow en Pologne). Le comte décéda de la variole en 1885, et c’est le cardinal qui s’occupera des enfants.

En 1886, Julia Maria rejoignit les Ursulines de Cracovie, avec le nom de Ursula Maria.

En 1904 elle était déjà élue à la charge de Mère Supérieure.

Chose très nouvelle pour l’époque, elle ouvrit à Cracovie une université pour étudiantes.

Avec une bénédiction spéciale du pape Pie X, elle se rendit à Saint-Petersbourg et appuya de toutes ses forces le maintien de la maison Sainte-Catherine, qui était une maison pour la jeunesse catholique polonaise. Elle portait des habits civils, parce que les maisons catholiques étaient encore illégales dans l’empire russe. 

Quand la répression anti-catholique du gouvernement tsariste se fit plus intense, elle partit pour la Finlande, où elle traduisit des prières et des chants pour les pêcheurs finlandais, qui étaient en général de religion protestante.

En 1914, on réussit à l’expulser de l’empire tsariste et elle passa à Stockholm, où elle ouvrit une école linguistique et une école d’arts ménagers pour jeunes filles.

Elle s’arrêta aussi au Danemark pour fonder un orphelinat.

En 1920, elle revint en Pologne, accompagnée cette fois-ci de quarante nouvelles religieuses qui l’avaient rejointe durant sa longue mission. Avec la permission de Rome, elle donna naissance dans le monastère de Pniewy à une Congrégation nouvelle, les Ursulines du Cœur Agonisant de Jésus.

Elle fonda une nouvelle maison de religieuses à Rome en 1928.

En 1930, elle envoya en France une trentaine de religieuses pour venir en aide aux immigrés polonais.

L’activité de la Mère Ursula ne s’interrompait jamais. En mai 1939 elle revint encore à Rome, où elle s’éteignit le 29 mai 1939, dans la maison des Ursulines, via del Casalet.

Successivement, son corps fut transporté au couvent de Pniewy en 1989.

Mère Ursula a été béatifiée en 1983 et canonisée en 2003. 

Cette année-là, sa congrégation comptait quelque neuf cents religieuses dans une centaine de communautés réparties en douze pays.

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 23:00

28 MAI

 

III.

Ste Héliconis, martyre à Corinthe après de longues tortures répétées.

V.

S Caraunus, diacre romain, parti évangéliser en Gaule, assassiné près de Chartres.

?

Ss Crescent, Dioscoride, Paul et Hellade, martyrs romains.

VI.

S Just, évêque à Urgell, frère de trois autres évêques, auteur d’un Commentaire au Cantique des Cantiques.

S Germain, illustrissime évêque à Paris ; fondateur de l’abbaye qui s’appela ensuite Saint-Germain-des-Prés, ami de s. Fortunat qui en écrivit la vie ; il combattit la luxure, la superstition et l’esclavage.

IX.

S Guillaume, cousin de Charlemagne, duc d'Aquitaine, fondateur d’un monastère à Gellone où il fut moine ; le monastère s'appela Saint-Guilhem-le-Désert.

X.

S Poge, évêque à Florence.

XI.

B Lanfranco, de Pavie, prieur au Bec, fondateur d’abbayes à Caen, archevêque à Canterbury.

XII.

Apparition de Notre-Dame à Arras, lors d’une épidémie du mal des ardents  (1105).

XIII.

Bse Ubaldesca, vierge dédiée aux bonnes œuvres à Pise.

XV.

B Ercolano de Piegaro, prédicateur franciscain italien, dont le thème favori était la Passion ; son corps fut trouvé intact cinq ans après sa mort.

XVI.

Bx Thomas Ford, John Shert, Robert Johnson, prêtres, pendus à Tyburn, martyrs à Londres.

Bse Maria-Bartolomea Bagnesi, tertiaire dominicaine à Florence, mystique.

XIX.

S Phaolô Hạnh, devenu chef de voleurs malgré son baptême, mais ensuite confesseur de la foi, martyr en Cochinchine, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

B Lluís Berenguer Moratonas (1880-1937), prêtre lazariste espagnol, martyr à Barcelone, béatifié en 2017.

Bx Antoni Julian Nowowiejski (1858-1941), évêque à Plock, déporté à Dzialdowo où il mourut d’épuisement, et Władysław Demski (1884-1940), prêtre polonais, mort en camp à Sachsenhausen, béatifiés en 1999.

B Iuliu Hossu (1885-1970), cardinal roumain de rit gréco-catholique, longuement persécuté par le régime communiste, martyr, béatifié en 2019.

B Stefan Wyszyński (1901-1981), cardinal polonais, persécuté par le régime stalinien et champion de la résistance des Chrétiens, béatifié en 2020.

 

Heliconis de Corinthe

3e siècle

 

Heliconis fut arrêtée à Corinthe (Grèce) par ordre du préfet Perennius, qui la fit torturer de mille façons.

Perennius étant mort, son successeur Iustinus reprit les tortures ; Heliconis eut les seins coupés, fut brûlée avec des torches. Des anges vinrent la soulager. Finalement elle fut décapitée.

Sainte Heliconis de Corinthe est commémorée le 28 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Caraunus de Chartres

5e siècle

 

Caraunus (devenu Chéron en français) naquit au 5e siècle à Rome, dans une famille patricienne.

Après de bonnes études, il eut la grâce de connaître la Vérité, se convertit et reçut le baptême.

A la mort de ses parents, il distribua son héritage aux pauvres et entra dans la cléricature. Il vécut en ermite.

Ordonné diacre, il quitta Rome (ou peut-être fut-il envoyé en mission) pour la Gaule ; il s’embarqua, arriva à Marseille, remonta vers Paris, mais fut assassiné à Chartres par des brigands

Cette mort violente a été assimilée à un martyre.

Pour une fois, les reliques de s.Caraunus furent mises en sûreté pendant la Révolution, et conservées.

Saint Caraunus de Chartres est commémoré le 28 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Just d’Urgell

† 547

 

Le catalan Just fut le premier évêque connu d’Urgell.

D’après la Tradition, il avait trois frères, tous trois évêques et Saints : Nebridio d’Egara puis de Barcelone, Elpidio de Huesca et Giustiniano de Valencia (qui ne sont plus inscrits dans l’actuel Martyrologe).

On doit à Just un commentaire du Cantique des Cantiques. On a jugé apocryphe la lettre qu’il aurait envoyée à Serge, pape de 687 à 701, mais le destinataire du Commentaire et de la lettre était en fait l’évêque de Tarragona.

Just écrivit aussi un sermon en l’honneur du martyr s.Vincentius (v. 22 janvier).

Il participa à des conciles : Tolède (527), Lleida (546), Valence (549).

Just mourut à La Seu d’Urgell en 547.

Saint Just d’Urgell est commémoré le 28 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Germain de Paris

496-576

 

Germanus naquit en 496 à Autun, d’Eleutherius et Eusebia, cette dernière ayant tenté vainement d’avorter.

Plus tard, alors qu’il se trouvait chez sa tante durant ses études, cette dernière lui prépara un poison mortel, que son fils consomma par mégarde, et dont il demeura infirme toute sa vie. Nous ne savons pas pourquoi ces deux femmes s’acharnèrent ainsi contre la vie de Germain.

Après ses études, Germain fut pendant une quinzaine d’années chez son parent, Scopillonus, dans une localité qui pourrait être l’actuelle Lucey (en Côte-d’Or). Germain pratiquait déjà diverses mortifications, comme les jeûnes et les veilles. L’évêque d’Autun ayant eu vent des bonnes dispositions de Germain, l’appela et l’ordonna diacre, puis prêtre.

Germain fut chargé de la direction du monastère Saint-Symphorien d’Autun.

En 555, Germain se trouvait à Paris, et fut désigné pour succéder à l’évêque défunt.

Sans rien changer à ses habitudes frugales, Germain eut une grande préoccupation pour les pauvres, en faveur desquels il savait obtenir du roi d’importants subsides.

Le roi Childebert pouvait d’ailleurs lui manifester sa reconnaissance, car il fut guéri par Germain.

Ce fut donc d’un commun accord que le roi Childebert et Germain firent édifier l’abbaye qui sera plus tard Saint-Germain-des-Prés. Pour la peupler, Germain appela des moines de Saint-Symphorien d’Autun. La Règle qui y fut suivie fut celle de s.Basile et de s.Antoine (v. 2 et 17 janvier). La dédicace a pu avoir lieu en 558.

Germain resta en bons termes avec le roi Clotaire et son épouse sainte Radegonde, qui se retira à Poitiers ; c’est là qu’il rencontra s. Venance Fortunat, qui serait plus tard son biographe.

Avec le roi Caribert, les relations furent tendues, car Germain fut bien obligé d’excommunier le roi et sa concubine, qui ne prirent jamais en compte les sages remontrances de Germain.

Il y eut aussi de graves tensions entre la reine Brunehaut, femme de Sigebert, et Frédégonde, femme de Chilpéric ; Germain tenta vainement de les amener à la paix : Frédégonde fit assassiner Sigebert.

Germain fut présent au concile de Tours (567) et convoqua deux conciles à Paris.

Il mourut le 28 mai 576.

La chapelle où Germain fut inhumé, servit de prison en 1792, puis l’église servit d’usine à salpêtre. Le culte y fut repris en 1802, mais les reliques avaient depuis longtemps été protégées à Saint-Germain-le-Vieux.

Saint Germain de Paris est commémoré le 28 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Guillaume de Gellone

750-815

 

Guillaume naquit vers 750-755 dans la France du Nord, de Thierry et Aude.

Il fut cousin de Charlemagne qui, pour le récompenser de ses services, lui confia en 790 le gouvernement de Toulouse et de l’Aquitaine.

Guillaume épousa en premières noces Cunégonde, et plus tard Guibourg. De la première il eut, semble-t-il, sept enfants (Helmburgis, Bernard, Héribert, Guitcaire, Hildehelm, Helimbruc, Gerberge et Cunégonde ; de la seconde, il aurait eu ensuite trois autres enfants (Gaucelme, Thierry, Warner), et peut-être une fille, Rolande. Mais on ne peut garantir avec certitude les généalogies de cette époque.

En 793, il livra bataille contre les Sarrasins ; s’il ne put les vaincre, au moins il les arrêta à Villedaigne. En 803, au terme de nouveaux combats contre les Sarrasins, il entra dans Barcelone.

Or en 804, il renonça au monde, à sa position bien en vue, fonda l’abbaye de Gellone, où il se retira. Il fut le fils spirituel de s.Benoît d’Aniane (v. 12 février).

Moine exemplaire, il utilisa ce qui lui restait de fortune pour enrichir le monastère d’ornements, constituer une grande bibliothèque, planter des vignes et des arbres. Il s’effaçait, participait à la prière de l’Office divin, travaillait au pétrin ou à la cuisine comme tous les moines. Il pratiquait le jeûne, se faisait flageller, passait des nuits entières en veille ; quand les frères étaient aux champs, il leur portait quelque boisson fraîche.

Guillaume mourut saintement le 28 mai 812 ou 815.

L’abbaye qu’il fonda devint Saint-Guilhem-le-Désert. Fortement endommagée au long des siècles, vendue à la Révolution, restaurée, elle est un musée où s’organisent des concerts.

Saint Guillaume de Gellone est commémoré le 28 mai dans le Martyrologe Romain.

Lanfranco de Canterbury

1005-1089

 

Lanfranco vit le jour vers 1005 (c’est-à-dire entre 1000 et 1010) dans l’italienne Pavie (Italie N), où son père Ambaldo était magistrat ; sa mère s’appelait Rosa.

Pour succéder à son père, mort prématurément, Lanfranco étudia le droit. Déjà vers 1032, il enseigne.

Vers 1035, il vint en France et enseigna les matières fondamentales du trivium à Avranches, mais sans grand succès. Pourquoi Avranches ? Parce qu’il se trouvait ainsi protégé par l’abbaye du Mont-Saint-Michel, alors gouvernée par un autre italien piémontais, Suppone.

Tentant alors de se rendre à Rouen, il fut assailli un soir par des brigands qui le dépouillèrent de tout ce qu’il avait et le laissèrent attaché dans un fourré. Il pria alors et promit à Dieu, s’il s’en sortait, de corriger sa vie pour ne servir que Lui. Au petit matin, des voyageurs le délivrèrent et lui indiquèrent un petit monastère proche. On ne sait pas quel était ce monastère.

Vers 1042, Lanfranco se retira à l’abbaye bénédictine du Bec, qu’il faillit quitter pour chercher un monastère plus rigoureux. Mais l’abbé, craignant de le perdre, le nomma prieur. Il y eut un «incident diplomatique» : le duc de Normandie, Guillaume le Conquérant avait été excommunié à cause de son mariage avec une cousine ; Lanfranco ne pouvait qu’approuver cette mesure, et le duc voulut l’exiler ; Lanfranco se présenta lui-même à Guillaume, lui parla doucement et réussit à se faire accepter comme négociateur de l’affaire entre le duc et le pape.

En 1049, il participa au concile de Reims, qui examina cette question, ainsi que la doctrine de Béranger de Tours sur l’Eucharistie. Concernant ce dernier, Lanfranco présenta son traité sur l’Eucharistie, dans lequel il démontrait la distance entre sa position et celle de Béranger. Concernant Guillaume, dont le concile confirmait la condamnation, Lanfranco obtint du pape une dispense de parenté, à condition que Guillaume fondât deux abbayes : ainsi naquirent à Caen l’abbaye aux Hommes et l’abbaye aux Dames.

Lanfranco participa ensuite aux conciles de Verceil (1050), Tours (1055) et Rome (1059).

Lanfranco devenait alors très illustre. Les vocations affluèrent au Bec et son enseignement allait lui attirer d’illustres élèves parmi lesquels Yves de Chartres (v. 23 décembre), Anselmo d’Aoste (plus tard archevêque de Canterbury, v. 21 avril) et un autre Anselmo, futur pape Alexandre II. Il en vint de toute l’Europe. Au Bec, Anselmo d’Aoste sera son successeur comme professeur.

En 1066, Lanfranco fut nommé abbé de Saint-Etienne de Caen, l’abbaye aux Hommes.

En 1070, Guillaume, devenu roi d’Angleterre après la bataille de Hastings, obtint du pape la nomination de Lanfranco à la tête du diocèse de Canterbury.

Désormais, Lanfranco travailla à faire valoir l’autorité du siège de Canterbury sur tous les autres (en particulier celui d’York), ce que reconnut le concile de Winchester (1072).

Lanfranco voulut aussi imposer les usages et les décisions romaines, mais avec une certaine prudence : il ne voulait pas déposer purement et simplement les prêtres mariés, se contentant d’exiger des nouveaux candidats au diaconat le vœu de chasteté. Le pape Grégoire VII trouvait cette «clémence» excessive, mais les résultats purent donner raison à Lanfranco.

Dans le même ordre d’idées, Lanfranco remplaça partout où il le put le clergé anglais par des moines de Normandie, fidèles à Rome. Ce ne fut pas toujours sans heurts, et Lanfranco dut y mettre beaucoup de tact.

Il fit aussi agrandir la cathédrale de Canterbury.

Quant à Guillaume, il laissait à Lanfranco le gouvernement du pays durant ses absences. Lanfranco déjoua en 1075 une conspiration ourdie par des comtes contre Guillaume. Ce dernier mourut en 1087. Lanfranco en couronna le deuxième fils, Guillaume le Roux, qui fut loin d’égaler son père.

Désormais âgé et malade de dysenterie, Lanfranco s’éteignit le 28 mai 1089.

Il ne fut béatifié qu’en Angleterre. Officiellement, aucune proclamation ne se fit à Rome, mais on lui reconnaît le titre de Bienheureux dans le Martyrologe.

Saint Lanfranco de Pavie, ou du Bec, ou de Canterbury - comme on a préféré l’appeler pour le distinguer d’un autre Lanfrando de Pavie, v. 23 juin) - est commémoré le 28 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ubaldesca Taccini de Castello di Calcinaia

1136-1206

 

Ubaldesca vit le jour à Calcinaia (Pisa, Italie C), fille unique de pieux parents, dont elle apprit à prier et à donner aux pauvres.

Un jour de 1151 que ses parents travaillaient aux champs et qu’elle était en train de préparer le pain à la maison, elle eut la vision d’un ange qui l’invita à se rendre chez des moniales de Pise, sans se préoccuper pour sa dot. Ces moniales étaient de l’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem (auj. Ordre de Malte).

Laissant là le pain dans le four, elle alla avertir ses bons parents de la «visite», et ceux-ci la conduisirent sans tarder à ce monastère, où l’abbesse avait été avertie par le même Ange de l’arrivée de la jeune fille.

A leur retour chez eux, les deux parents trouvèrent un pain excellent dans le four, bien qu’il y fût resté deux jours entiers ; en action de grâce, ils le portèrent au monastère. C’était le premier miracle de leur fille !

Ubaldesca vécut dans le monastère et dans l’hôpital d’une façon vraiment exemplaire, soumise à toutes, et s’imposant aussi de sévères mortifications, le jeûne, le cilice, les veilles.

Devant un jour passer le long d’un mur, il s’en détacha une pierre qui la blessa à la tête ; elle demanda à Dieu de lui conserver cette blessure toute sa vie.

Un Vendredi Saint, elle puisa de l’eau pour des femmes qui s’en revenaient de l’office liturgique ; celles-ci lui demandèrent de faire un signe de croix sur l’eau, qui alors se transforma en vin ; elles en furent fort soulagées, car le jeûne au pain et à l’eau les avait bien fatiguées. Ubaldesca eut beau leur recommander de n’en rien dire à personne, on le sut tout de même…

A l’aumônier qui recommandait aux Religieuses de l’avertir à temps pour être présent auprès d’Ubalsdesca au moment de sa mort, celle-ci l’avertit qu’il ne pourrait être là ; en effet, elle mourut juste après la visite qu’il lui fit, le 28 mai 1206, dimanche après la Pentecôte. L’abbesse et les Religieuses la virent monter au ciel, accompagnée d’anges qui chantaient Viens, épouse du Christ, reçois la couronne que le Seigneur t’a préparée pour l’éternité.

Une semaine après, l’aumônier la vit entre deux chars de feu, entourée d’anges qui l’introduisaient dans le ciel en chantant.

Le jour des funérailles, furent guéris instantanément vingt-deux malades ; par la suite, des guérisons s’opérèrent par dizaines. Un de ces miracles fut celui-ci : un artisan qui battait monnaie pour la ville de Pise, fit un faux mouvement et une des pièces lui entra dans la main ; les médecins ne pouvaient rien faire pour l’extraire et la gangrène s’y mettait dangereusement ; l’artisan vint prier devant le tombeau d’Ubaldesca : à l’instant la pièce sortit de la main et il se retrouva tout-à-fait guéri.

Un autre «miracle» se produisit en faveur d’un Religieux de l’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, qui était prieur à Pise et qui fut injustement écarté et déposé par le Grand Maître ; pour mettre fin à la situation ambiguë dans laquelle il se trouvait par rapport aux autres Confrères, il pria intensément Ubaldesca de lui faire retrouver sa place. Celle-ci lui apparut et lui promit de lui obtenir cette grâce, si en retour il s’engageait à toujours célébrer avec solennité la fête de la Sainte Trinité. Cette solennité en effet n’existait pas encore au 13e siècle, et ne fut instituée pour l’Eglise universelle qu’au siècle suivant. Le Religieux retrouva effectivement sa place, son honneur, et resta fidèle à sa promesse. Par la suite, la solennité de la Très Sainte Trinité fut effectivement placée au dimanche suivant la Pentecôte.

On ne dit pas quand Ubaldesca fut canonisée, mais le Martyrologe la mentionne comme Sainte au 28 mai.

 

 

Ercolano de Piegaro

? - 1451

 

Ercolano était natif de Piegaro (Perugia, Italie C) et fit partie des Franciscains Observants.

De toute la première partie de sa vie, on sait seulement qu’il était déjà prêtre et prédicateur, très actif et efficace, en 1420. Son thème préféré était la Passion, par lequel il avait accoutumé de faire pleurer son auditoire et, ce qui vaut mieux, de l’amener à une vie foncièrement chrétienne.

En 1430, il était en train de prêcher un carême aux habitants de Lucques, lorsque les Florentins vinrent assiéger la ville. Le peuple, affamé, pensait devoir se rendre, mais Ercolano les invita à résister encore un peu, mais en acceptant un jeûne sévère, que le Christ ressuscité ne tarderait pas à récompenser. Effectivement, les Florentins finirent par se lasser du siège et se retirer. Lui-même prêchait d’exemple : il jeûnait des jours entiers, prenant tout au plus un peu de pain avec des herbes ; il portait le cilice.

Reconnaissants, les habitants donnèrent à Ercolano le couvent de Pozzuolo ; l’année suivante, il prêcha à Pérouse.

En 1434 il obtint la permission papale de fonder deux couvents près de Lucques : Barga et Castelnuovo de Garfagnana. Il commençait de construire une petite maison, quand son Confrère Alberto de Sarteano le pria de l’accompagner en Orient (1435-1437).

Puis, Ercolano fut gardien en divers couvents proches de Lucques.

Au mois de mai 1451, il prêchait à Viterbe et se retrouvait à la fin de ce mois à Castelnuovo.

D’après le Martyrologe, il s’éteignit le 28 mai 1451.

Enterré dans un endroit assez humide, son corps fut cependant retrouvé intact cinq ans plus tard.

Le culte d’Ercolano fut confirmé en 1860.

 

 

Maria Bartolomea Bagnesi

1514-1577

 

Maria Bartolomea naquit le 24 août 1514 à Florence (Italie C), de Carlo di Rinieri e Alessandra Oriandrini,   une famille de noble origine, qui lui firent donner au baptême le nom du Saint du jour, Barthélemy.

La maman mourut précocement, obligeant Maria à s’occuper de la famille.

En 1531, son père lui parla de mariage : elle en fut si surprise et effrayée, qu’elle en subit une sorte d’attaque, dont elle se releva hémiplégique ou même tétraplégique, au point qu’elle dut désormais garder le lit pendant quarante-cinq ans.

Le père cependant continua de s’opposer au désir de Maria Bartolomea de devenir religieuse. Mais elle, à trente-trois ans, prit la décision de demander l’habit du Tiers-Ordre dominicain. Dans cette atmosphère de paix, Maria Bartolomea ressentit un réel soulagement et put même quelques fois sortir de la maison.

Maria Bartolomea méditait surtout la Passion du Christ, et lisait l’Ecriture ; elle recevait ceux et celles qui avaient besoin d’un conseil, d’une parole de consolation.

Elle fut très proche de sainte Maria Maddalena de’ Pazzi (v. 25 mai). Celle-ci affirma avoir été guérie par elle de sa maladie en 1584, et avoir assisté à certaines de ses visions.

Maria Bartolomea  mourut le 28 mai 1577 et fut béatifiée en 1804.

On dit qu’en 1741 elle apparut in extremis à un jeune vénitien de passage à Florence, qui de désespoir allait probablement se donner la mort ainsi que son épouse.

Un an après la béatification, la sœur cellérière recueillit quelques gouttes de l’huile de la lampe qui brûlait près du tombeau de Maria Maddalena de’ Pazzi et les versa dans un récipient de sa cantine, qu’elle avait placé devant un portrait de Maria Bartolomea : le récipient fut rempli d’une huile très pure, qui fut dûment observée, analysée, et officiellement déclarée «miraculeuse».

Le Martyrologe mentionne Maria Bartolomea au 28 mai.

Thomas Ford

? -1582

 

Trois prêtres anglais furent martyrisés à Tyburn le 28 mai 1582.

Thomas Ford était né à Devon (Angleterre).

En 1567, il fut au Trinity College d’Oxford, dont il serait devenu le président.

En 1570, il vint au collège anglais de Douai, dont il fut un des trois premiers séminaristes à être ordonnés prêtres, en mars 1573 à Bruxelles.

Il partit pour l’Angleterre en mai 1576 et devint l’aumônier de James Braybrooke à Sutton Courtenay, puis d’Edward Yate et des Brigittines qu’il abritait à Lyford (Berkshire).

En juillet 1581, il fut arrêté avec Edmund Campion (voir au 1er décembre) et conduit à la Tour de Londres le 22 juillet, où il subit la torture, comme ce fut le cas aussi pour l’autre arrêté, John Shert.

Le 16 novembre 1581, ils furent présentés devant le tribunal de la Reine, et condamnés à mort le 21 novembre pour les absurdes crimes d’avoir comploté contre le royaume, à Rome et à Reims (où ils n’avaient jamais été), et à des dates où ils se trouvaient en Angleterre.

La sentence ne fut exécutée que le 28 mai 1582, à Tyburn, jour où furent martyrisés Robert Johnson, Thomas Ford et John Shert.

Le culte qui leur était rendu fut confirmé en 1886, ce qui équivalait à la béatification.

 

 

John Shert

? -1582

 

Trois prêtres anglais furent martyrisés à Tyburn le 28 mai 1582.

John Shert était né à Shert Hall (Cheshire, Angleterre).

En 1566, il fut bachelier au Brasenose College d’Oxford.

Instituteur à Londres, domestique de Thomas Stapleton à Douai, il entra au Collège anglais de cette ville en 1576 et fut ordonné sous-diacre.

Envoyé au Collège anglais de Rome, il en était alors l’aîné des six séminaristes et fut ordonné prêtre.

Le 27 août 1579, il quitta Reims pour l’Angleterre où, bientôt arrêté, il fut enfermé à la Tour de Londres.

Condamné à mort, il fut exécuté le 28 mai 1582, à Tyburn, jour où furent martyrisés Robert Johnson, Thomas Ford et John Shert.

Le culte qui leur était rendu fut confirmé en 1886, ce qui équivalait à la béatification.

 

 

Robert Johnson

? -1582

 

Trois prêtres anglais furent martyrisés à Tyburn le 28 mai 1582.

Robert Johnson était né à Shropshire (Angleterre).

En 1571, il fut admis au Collège germanique de Rome, soit pour avoir des affinités avec les Allemands, soit pour en apprendre la langue (?). Il passa ensuite au Collège anglais de Douai, et reçujt l’ordination sacerdotale à Bruxelles en 1576.

Il partit tout de suite en Angleterre. En 1579, il fit un pèlerinage à Rome et retourna en Angleterre en 1580.

En juillet de cette année-là, il fut conduit au Poultry Counter, et ensuite à la Tour de Londres, le 5 décembre.

Le 16 décembre, il subit l’horrible torture du chevalet, puis fut jeté au fond d’un cachot souterrain, où il demeura près d’une année.

Le 14 novembre 1581, il fut présenté devant le tribunal de la Reine, et condamné à mort le 20 novembre.

La sentence ne fut exécutée que le 28 mai 1582, à Tyburn, jour où furent martyrisés Robert Johnson, Thomas Ford et John Shert.

Le culte qui leur était rendu fut confirmé en 1886, ce qui équivalait à la béatification.

 

 

Phaolô Hnh

1826-1859

 

Phaolô (Paul) était né vers 1826 à Ch Quán (Gia Đnh, Vietnam), et avait reçu le baptême.

Mais - Dieu le permettant pour sa plus grande gloire - Phaolô oublia le bon chemin et s’enlisa dans la boue de la délinquance, devenant chef d’une bande de voleurs.

La grâce travailla son cœur et il se repentit pour ne plus jamais dévier de sa route.

Arrêté en 1859, il fut interrogé, torturé, accusé d’avoir servi de guide aux Français pour prendre le fort de Cai-Mai ; il nia absolument : Jamais je n’ai servi de guide aux barbares d’Occident, jamais je n’ai eu de relations avec eux !

L’accusation tombait de soi, car il n’y avait aucune preuve. En revanche, le mandarin demanda à Phaolô s’il était chrétien et disposé à apostasier. Il trouva un roc : Phaolô persévéra inébranlable dans sa foi.

Il subit le supplice des verges, puis celui des tenailles froides ; le lendemain, celui des tenailles rougies au feu, et, comme la question n’avait aucun résultat, on fit étendre les jambes du patient sur une enclume et les bourreaux les frappèrent au marteau ; ce qui restait du pauvre Martyr n’avait plus qu’à être décapité.

C’était le 28 mai 1859, à Saigon (qu’on appelle aujourd’hui Ho-Chi-Minh-Ville).

Phaolô Hnh fut rangé au nombre des Martyrs vietnamiens, canonisés en 1988 et fêtés ensemble le 24 novembre.

 

 

Lluís Berenguer Moratonas

1869-1937

 

Né le 4 juillet 1869 à Santa Maria d’Horta (Barcelone), il était le plus jeune d’une famille de dix enfants, dont quatre filles furent religieuses. Ses parents, Francisco et María, le firent baptiser dès le lendemain, le 5 juillet.

Il entra dans la Congrégation de S.Vincent de Paul (Lazaristes ou Vincentiens) à Madrid, fit les vœux en 1887 et fut ordonné prêtre en 1893.

En 1902 se constitua la province de Barcelone et il en fit partie. De 1899 à 1918, il fut envoyé au Mexique comme professeur et formateur de divers séminaires dirigés par les pères vincentiens. En 1915, il passa à Cuba à cause de l’atmosphère déjà profondément anticléricale du Mexique (qui devait aboutir au déchaînement de la persécution religieuse quelques années plus tard). En 1921, il revint en Espagne.

A Barcelone, il était recteur de l’église à la maison provinciale. Il jugeait la situation de l’Espagne moins dangereuse que celle qu’il avait connue au Mexique, mais il fut bien obligé de mettre en sûreté la Sainte Réserve et tous les objets du culte, avant d’abandonner la maison et de s’enfuir avec le Supérieur, au matin du 20 juillet 1936.

Il se cacha chez un cousin, mais fut découvert le 17 septembre.

En prison, sa santé se dégrada très vite et très gravement : bronchite pulmonaire, méningite, septicémie. Enfin on lui consentit de le mettre à l’infirmerie, où un prêtre put lui administrer les Sacrements. Le 27 mai 1937, on le transporta à l’hôpital, dans la salle des détenus malades.

C’est là qu’il mourut, offrant sa vie pour l’Espagne, le 28 mai 1937.

Le 7 décembre suivant, une explosion causa la mort de trente-six personnes là où Lluís s’était réfugié chez son cousin ; celui-ci attribuait à son intercession d’être resté sain et sauf.

Le père Lluís fut béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Lluís Berenguer Moratonas sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 28 mai.

 

 

Władysław Demski

1884-1940

 

Né le 5 août 1884 à Straszewo (Prusse orientale, Pologne), il était le fils de Francis et de Rozalia Kamrowska, des agriculteurs. Il avait deux frères, Agaton et Bolesław.

Après ses études il entra au séminaire de Braniewo (1906-1910) et fut ordonné prêtre en 1910.

Ses postes successifs le portèrent à Sząbruku Barczewo, Biskupcu, Powiśle. Il se montra ardent défenseur des traditions et des droits des Polonais.

En 1920 il fut co-fondateur de l’Union des Polonais en Prusse orientale, et vice-président de l’Association de l’Ecole polonaise catholique dans la région de la Vistule.

Nommé aumônier pour l’hôpital militaire de Königsberg, il soutint des associations culturelles «indépendantes», mais les autorités allemandes l’obligèrent à quitter la Vistule en 1922.

Installé à Inowrocław comme préfet de l’Ecole Kasprowicz, il fit des études de philosophie et de philologie à l’université de Poznan : après avoir passé l’examen, il fut admis à enseigner le grec et le latin à temps plein. On le disait sévère, mais très intéressant.

Arrêté par les autorités allemandes le 2 novembre 1939, il fut mis en prison à Inowrocław, puis envoyé au camp de concentration de Stutthof en février 1940, d’où il fut transféré à celui de Sachsenhausen le 10 avril suivant ; il fut au bloc 20 avec le numéro 9103.

Il y reçut de mauvais traitements, on lui versa de l’eau froide, son corps fut tout gonflé et couvert de plaies.

Lors d’un changement de vêtements, son chapelet tomba à terre. Le surveillant cria au «gros curé» de le piétiner, il refusa. Le surveillant l’envoya dans la boue et ordonna à l’abbé Demski d’aller l’embrasser, avec force insultes et moqueries. L’abbé Demski se pencha pour baiser le chapelet de ses lèvres : à ce moment-là, il reçut une rossée de coups de bâtons sur la tête, le dos et les reins.

S’étant relevé avec peine, l’abbé revint au bloc en s’appuyant au bras d’un camarade, disant simplement : Il faut tout supporter, sans se plaindre.

Malgré ses souffrances et la fièvre, on s’en prit encore à lui le lendemain. A l’appel, il s’appuyait au bras d’un autre prêtre qui, ayant survécu, put témoigner. Mais lui, ne pouvant rester sur ses jambes, s’écroula. Les témoins affirmèrent qu’il était tombé comme un Martyr des premiers siècles.

C’était le 28 mai 1940.

Władisław Demski a été béatifié en 1999, parmi les cent-huit Martyrs polonais de l’époque nazie.

Il a été choisi comme patron de l’école primaire de Straszewie et des écoles catholiques de Inowrocław.

 

 

Antoni Julian Nowowiejski

1858-1941

 

Né le 11 février 1858 (le jour de l’apparition mariale à Lourdes), à Lubienia (Opatów, Pologne), Antoni Julian étudia à Płock et à Saint Petersbourg, avant de recevoir l’ordination sacerdotale en 1881.

Il fut professeur et recteur au séminaire de Płock, chanoine à la cathédrale et vicaire général.

En 1908, il fut nommé et consacré évêque de Płock.

Parmi ses initiatives, fut la création du petit séminaire. Pendant la Première guerre mondiale, il eut l’initiative de mesures charitables diverses.

Deux synodes diocésains (1927 et 1938) et un congrès de l’Action Catholique relancèrent la réforme spirituelle du diocèse.

Des ouvrages historiques (sur l’histoire de Płock) lui valurent le titre de docteur honoris causa de l’université de Varsovie. Un ouvrage sur la liturgie en paroisse fut un texte de base qui eut jusqu’à sept rééditions.

Dès le début de la Deuxième guerre mondiale, l’administration nazie voulait éliminer l’intelligentsia polonaise : Mgr Nowowiejski et Mgr Wetmański furent arrêtés en 1940, et mis en prison à Słuck et Działdowo.

On lui offrit une opportunité de fuir, qu’il refusa, préférant rester dans son pays, près de son troupeau.

Il fut battu impitoyablement et en mourut dans le camp de Działdowo, le 28 mai 1941, à quatre-vingt trois ans.

Mgr Nowowiejski a été béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais de la répression nazie, en 1999.

 

 

Iuliu Hossu

1885-1970

 

Iuliu Hossu naquit le 30 janvier 1885 à Milaş (Transylvanie, alors Autriche-Hongrie, act. Roumanie), dans une vieille famille de rit gréco-catholique ; les parents s’appelaient Ioan et Victoria Mariutiu ; ils eurent quatre enfants : Iuliu, Vasile, Traian et Ioan.

Alexandru fréquenta l’école à Cluj puis à Budapest, le lycée à Târgu Mureş et Blaj.

Il étudia la Philosophie et la Théologie à Vienne puis à Rome, à l’Université Pontificale Urbaine ; il obtint le doctorat en Philosophie (1906) et  le doctorat en Théologie (1908).

En 1910, il reçut l’ordination sacerdotale des mains de son oncle Vasile Hossu, évêque à Gherla, et compléta ses études pendant une année, travaillant comme archiviste et bibliothécaire. De 1911 à 1914, il fut secrétaire de son oncle Vasile et devint ainsi l’ami du Premier Ministre István Tisza.

Pendant la Première Guerre mondiale, il fut aumônier des armées austro-hongroises, tandis que ses trois frères étaient aussi mobilisés ; un de ses cousins mourut au front de Serbie.

En 1917, il fut nommé évêque de Gherla et consacré en décembre ; suivant une ancienne tradition, l’empereur Karl Ier d’Autriche, aujourd’hui Bienheureux (v. 1er avril), proclama cette nomination et la présenta au pape Benoît XV pour confirmation.

En novembre 1918, Mgr Hossu fut nommé représentant de droit de l’Assemblée Nationale de tous les Roumains de Hongrie, qui proclama en décembre la réunion de la Transsylvanie à la Roumanie et présenta sa soumission au roi Ferdinand de Roumanie.

En 1930, Mgr Hossu fut nommé évêque de Cluj-Gherla quand Gherla fut réuni à Cluj ; puis il fut nommé administrateur apostolique de Maramureş (1930-1931), plus tard aussi d’Oradea Mare (1941-1947).

En 1948 commença la persécution ouverte du gouvernement communiste contre l’Eglise gréco-catholique : on voulait détacher le clergé de son appartenance à Rome et le forcer à entrer dans les rangs de l’Orthodoxie, soumise au gouvernement. Mgr Hossu s’y opposait fermement, même quand on lui proposa le siège métropolite de Moldavie en échange de sa rupture avec Rome ; lorsque trente-six prêtres catholiques lui déclarèrent qu’ils étaient prêts à passer à l’Eglise orthodoxe, il les suspendit ipso facto.

L’évêque s’était ainsi opposé si ouvertement au gouvernement communiste, qu’il se vit forcé de quitter son diocèse ; bientôt arrêté, il fut confiné à Jilava, puis Drogoslavele, où il souffrit la faim et le froid avec les autres évêques prisonniers ; puis il fut à la prison de Sighet, à celle de Curtea de Argeş, au monastère de Ciorogârla en 1956 ; là encore il reçut des «visites» de prélats orthodoxes. Ce fut enfin la résidence forcée à Căldăruşani, où il resta jusqu’à sa mort.

En 1969, il fut suggéré au pape Paul VI de remettre la pourpre cardinalice au Roumain, Mgr Hossu, et au Hongrois, Mgr Áron Márton, les deux piliers de la communauté gréco-catholique, pour manifester le soutien du pape à cette communauté. Le gouvernement roumain accepta seulement la nomination d’Áron Márton, lequel alors refusa d’être élevé au cardinalat. Paul VI nomma Mgr Hossu cardinal in pectore (en secret), et cette nomination ne fut révélée qu’après la mort du Prélat.

Mgr Hossu mourut à l’hôpital Colentina de Bucarest, le 28 mai 1970, veillé par Mgr Alexandru Todea, auquel il dit ces ultimes paroles : Mes combats finissent, les tiens commencent.

La dépouille de Mgr Hossu fut enterrée à Bucarest, et solennellement transférée en 1982.

Iuliu Hossu est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

 

 

 

Stefan Wyszyński

1901-1981

 

Stefan Wyszyński naquit le 3 août 1901 à Zuzela (Mazovia O., Pologne) ; cette région, au début du siècle, faisait partie de l’empire de Russie, et le resta jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. De vieille noblesse polonaise, les parents s’appelaient Stanisław et Julianna Karp, les cinq frère et sœurs de Stefan : Julia, Anastazja, Janina, Wacław, Stanisława.

M. Wyszyński était très chrétien et très marial ; il s’occupait de la sacristie et de la vie de la paroisse.

En 1910, mourut la mère de Stefan. L’année suivante, le garçon fut envoyé à Varsovie pour ses études. En 1914-1916, il étudia à Łomża, puis intégra le séminaire de Włocławek.

En 1924, après une assez grave maladie, il fut ordonné prêtre. La Première Messe qu’il célébra, eut lieu au sanctuaire marial Jasna Góra de Częstochowa.

L’abbé Stefan poursuivit sa formation intellectuelle et obtint en 1929 le doctorat de Droit canonique à l’université de Lublin. Puis il fit des voyages d’étude qui le conduisirent en différents lieux de l’Europe.

De retour en Pologne, il enseigna au séminaire de Włocławek.

En 1939, quand la Pologne fut envahie par les troupes nazies, Stefan Wyszyński fut contraint d’entrer dans la clandestinité, et de changer sans cesse de domicile ; il était très recherché, comme le fut Maksymilian Kolbe (v. 14 août). Durant l’occupation, il protégea des Juifs. Il vécut impuissant l’insurrection de Varsovie le 1er août 1944 ; à cette date, il assuma le «nom de guerre» de Radwan II, et s’occupa d’assister les malades et les mourants, tant polonais qu’allemands, à l’hôpital de Laski. En 1945, il put retourner à Włocławek. : il fallait désormais reconstruire la Pologne chrétienne ; il fut recteur du séminaire et directeur d’une revue catholique.

En 1946, il fut consacré évêque de Lublin puis, en 1948, archevêque de Gniezno et Varsovie, devenant alors le Primat de Pologne.

Les années suivantes ne connaissaient pas encore la paix, car le gouvernement pro-stalinien polonais contre-carrait l’Eglise, confisquant les bâtiments, les écoles, contrôlant toute la vie de l’Eglise. Aussi, en 1950, Mgr Wyszyński se décida à entrer en pourparlers avec ce gouvernement et l’on aboutit à un accord qui resta secret mais qui assouplit les relations et le travail. L’Eglise conservait son indépendance ; les évêques seraient choisis par l’Etat dans une liste proposée par l’Eglise ; c’est ainsi que fut choisi un certain Mgr Wojtyła.

En 1953, Mgr Wyszyński fut créé cardinal, mais non officiellement - in pectore, comme on dit. Cette même année cependant commença une vague de persécutions impitoyables, dont le nouveau Cardinal fut une des plus illustres victimes. Les prêtres furent arrêtés, et internés : en septembre, le Cardinal Wyszyński fut mis en prison à Rywałd, puis à Stoczek, puis à Prudnik et au monastère-prison de Komańcza. Durant ces multiples séjours en prison, il fut sauvagement torturé, maltraité, agressé même de façon perverse. Cela dura trois années, jusqu’en octobre 1956 - l’année de l’insurrection hongroise, mais aussi d’un nouveau compromis passé avec les autorités.

En 1957, le Cardinal put recevoir officiellement la barrette cardinalice.

Affaibli, mais toujours actif, le Prélat reprit son action et prépara en 1966 le millénaire de la Pologne chrétienne, commémorant le baptême de son premier roi, Mieszko Ier. A cette occation, les autorités polonaises interdirent au pape Paul VI de visiter la Pologne et empêchèrent aussi le Cardinal de célébrer d’autres manifestations à l’étranger.

Après la mort du pape Paul VI, le Cardinal put participer au conclave de 1978, d’où sortit élu Karol Wojtyła, devenu désormais Jean-Paul II. On apprit alors que le Cardinal Wyszyński avait personnellement supplié Karol d’accepter son élection, mais lui avait fortement déconseillé de prendre le nom de Stanislas : il fallait se «contenter» de cette élection historique, et rester dans la lignée des papes précédents.

En 1980, durant les grèves historiques du syndicat Solidarność, le Cardinal Wyszyński tenta encore de prévenir autant les gouvernants que les ouvriers, de rester dans les justes limites de leurs responsabilités.

Le 13 mai 1981, lors de l’attentat perpétré contre la Pape Jean-Paul II, le Cardinal offrit à Dieu sa vie pour celle du Pontife. Désormais atteint d’un cancer de l’abdomen, il s’éteignit à Varsovie le 28 mai 1981.

Un miracle inexpliqué advint en 1989 : une jeune femme de dix-neuf ans fut guérie d’un cancer incurable. Ce miracle fut retenu pour la cause de la béatification.

Stefan Wyszyński devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 28 mai.

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26 mai 2020 2 26 /05 /mai /2020 23:00

27 MAI

 

III.

S Iulius, officier martyr à Dorostore.

? S Ranulphe, martyr à Thélus. 

IV.

S Restitutus, martyr près de Rome. 

V.

S Eutropius, converti d’une vie assez déréglée grâce à son épouse, puis évêque à Orange.

VII.

S Hildevert, évêque à Meaux, invoqué contre l’épilepsie et la démence.

XI.

S Brunon, évêque à Würtzburg, cousin de Conrad II, constructeur d’églises et de la cathédrale, mort sous la maison qui s’écroula sur lui.

S Gausbert, curé en Auvergne, réformateur, fondateur d’un monastère à Montsalvy.

XVI.

Ss Edmond Duke, John Hogg, Richard Hill et Richard Holiday, prêtres martyrs à Durham.

Bse Margaret Pole, mère de famille anglaise, décapitée à Londres (le 28 au Martyrologe).

XVII.    

B Matthias de Kazusagoko, catéchiste japonais, martyr (le 22 mai au Martyrologe).

XIX.

Stes Bareubara Kim, veuve, et Bareubara Yi, adolescente de quuinze ans, martyres en Corée, canonisées en 1984 et fêtées le 20 septembre.

Ss Antanansio Bazzekuketta et Gonzaga Gonza, deux des vingt-et-un martyrs d’Ouganda fêtés le 3 juin.

 

 

Iulius de Dorostore

† 297

 

Les Actes de Iulius ont été retrouvés dans leur intégralité et reconnus comme authentiques.

Iulius, selon ses propres déclarations, servit dans l’armée romaine pendant vingt-six ans et fut un soldat courageux, irréprochable et fidèle. Il participa à sept campagnes et ne fut jamais pris en faute. Mais il était chrétien, et ne s’en cachait pas.

En 297, après sa campagne contre les Perses, l’empereur Galère Maximin voulut purger son armée de ses éléments chrétiens. Mais dans l’exécution de ses ordres, les officiers cherchèrent à contraindre ces soldats chrétiens à sacrifier aux idoles. Ceux qui refusèrent, furent exécutés.

Cela sa passa à Dorostore (Mésie, act. Bulgarie).

Avant Iulius, moururent ainsi décapités Pasicrates, Valentio ; après lui Hesychius, Marcianus et Nicandrus.

Iulius eut droit à un long interrogatoire en face de l’empereur lui-même. Il confirma sa foi de chrétien, sa ferme volonté de n’adorer que le Dieu unique, et montra courageusement combien il préférait la Vie éternelle à cette brève vie humaine :  J’ai choisi de mourir pour un temps afin de vivre éternellement avec les Saints.

Pendant que Iulius était conduit au lieu de l’exécution, un autre soldat nommé Hesychius (v. 15 juin) s’approcha de lui pour l’encourager et lui dire qu’il désirait mourir comme lui, et le priait de saluer les frères Pasicrates et Valentio, qui les avaient déjà précédés.

Iulius se banda les yeux avec un mouchoir et tendit son cou, priant le Christ de recevoir son esprit. Il fut alors décapité.

Saint Iulius de Dorostore est commémoré le 27 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Restitutus de Rome

† 4e siècle

 

Restitutus fut martyrisé sur la Voie Nomentane près de Rome, vers le 4e siècle.

Saint Restitutus de Rome est commémoré le 27 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eutropius d’Orange

† 5e siècle

 

Eutropius naquit à Marseille au début du 5e siècle, de parents riches et distingués.

L’enfance et la jeunesse du garçon ne fut pas exempte de plaisirs et d’écarts.

La femme qu’il prit, cependant, était une bonne chrétienne, qui l’amena à la conversion du cœur.

Quand mourut cette pieuse épouse, l’évêque de Marseille, Eustasius, ordonna diacre Eutropius, malgré les humbles protestations de celui-ci, qui se jugeait indigne d’accéder à une telle dignité.

Mais il sut correspondre à son diaconat par beaucoup de pénitences. Dieu lui fit la grâce de voir en songe des oiseaux noirs qui sortaient de son corps, puis des nuages de mouches noires : c’étaient ses péchés et ses mauvaises pensées qui lui étaient pardonnés.

Peu avant 464, vint à mourir l’évêque d’Orange. On parle de Iustus, mais il s’agit vraisemblablement de Petronius, attesté après Iustus en 458. Désigné pour cette charge importante, mais effrayé devant cette responsabilité, Eutropius alla se cacher, mais un certain Aper, qui était disciple de s.Augustin (v. 28 août), alla le persuader d’accepter cette nomination, pour le bien de l’Eglise. Eutropius s’inclina et devint ainsi le dix-septième évêque d’Orange.

L’épiscopat ne le grisa point. Il se mit à travailler de ses propres mains, poussant la charrue, transportant de grosses pierres ; il allait participer au chant de l’Office dans l’église qui était fort éloignée, et y restait parfois après les autres, oubliant de manger.

Il accomplit des miracles, en particulier des délivrances de possédés. Lors d’un incendie redoutable, il monta sur un toit et pria : l’incendie cessa sur l’heure. Il prédit une grande famine et fit amasser du grain dans les greniers ; quand on allait en manquer, il multiplia le grain restant et remplit à nouveau les greniers.

Quand il n’eut plus de vêtements à distribuer aux indigents, il se mit à en confectionner lui-même.

Il savait convaincre et entraîner le peuple à la prière, au repentir, à la piété. Un témoignage nous en vient de s.Sidoine Apollinaire (v. 21 août).

Au moment de mourir, il combattit encore une fois le diable qui se montrait à lui : Il n’y a rien de commun entre toi et moi, je crois en Dieu avec le secours de qui je t’ai vaincu, et l’esprit mauvais disparut. 

Eutropius mourut le 27 mai, vers 475, après onze ans d’épiscopat.

Saint Eutropius d’Orange est commémoré le 27 mai dans le Martyrologe Romain.

Gausbert de Montsalvy

1020-1085

 

Gausbert naquit vers 1020 non loin de Thiers (Puy-de-Dôme) ou du Puy (Haute-Loire).

Ordonné prêtre, il exerça son ministère dans le diocèse de Clermont, jusqu’au jour où il sentit la nécessité de se retirer dans la solitude. Il devint alors prédicateur itinérant.

Dans les faits qui suivent, se trouveront peut-être des inexactitudes chronologiques, car il est difficile de suivre Gausbert dans ses itinéraires et ses entreprises.

A Beix (auj. Bez-Bédène), puis à Saint-Maurice, il construisit deux églises dédiées à Notre-Dame.

Il chercha à s’intégrer dans les communautés de Figeac, puis de Conques, enfin de Rodez. 

On ne connait pas les réelles motivations de ces nombreux déplacements ; peut-être fut-il appelé en divers lieux pour tenter une réforme. C’est en tout cas ce qui arriva à Rodez : ne réussissant pas à réformer la vie des chanoines, il se retira avec deux de ceux-ci, Pierre et Bertrand.

A Saint-Projet (Cassaniouze, Cantal), ils établissent à la place d’un oratoire en ruine, une petite communauté de Chanoines de Saint-Augustin.

Vers 1061, Gausbert obtint du vicomte Béranger II un terrain dont il peut faire le tour en trois heures après le lever du jour : le terrain, alors couvert de broussailles, était un repaire de bêtes et de brigands : la petite communauté de dix moines établie par Gausbert, y construisit un monastère, une église et un hospice pour accueillir et protéger les voyageurs, les pèlerins et les pauvres. Ces travaux importants firent naître et se développer le bourg de Montsalvy. Le Mons latronum (Montagne des Brigands) devint Mons Salutis ou Montsalvy (Mont du Salut). Cette localité fut une sauveté, c’est-à-dire un endroit doté de l’immunité ecclésiastique : qui s’y réfugiait était protégé.

Gausbert fonda ensuite une église à Laussac, dédiée à Saint-Michel Archange. L’évêque de Rodez l’invita alors à venir restaurer diverses paroisses du Rouergue ; on l’invita aussi à réformer le chapitre Saint-Amans de Rodez, qu’il avait dû quitter autrefois. Malgré des débuts prometteurs, la communauté refusa de se soumettre au Réformateur, qui reçut même des menaces de mort (!). Gausbert se retira, avec Bernard, avec lequel il retourna à Laussac.

Gausbert y mourut onze ans plus tard, le 27 mai 1085.

Bernard lui succéda (v. 9 octobre).

Saint Gausbert de Montsalvy est commémoré le 27 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Margaret Pole

1473-1541

 

Margaret vit le jour le 14 août 1473 au château de Farleigh Hungerford (Somerset), deuxième fille de George Plantagenêt et de Isabel Neville ; elle était héritière de la maison d’York et cousine d’Henry VIII.

Elle avait trois ans lorsque moururent sa mère et son plus jeune frère. On suppose qu’ensuite c’est son père qui empoisonna ses deux domestiques ; il complota contre son frère Edward IV et fut exécuté.

Quand elle eut dix ans, elle fut déclarée illégitime par son oncle, qui prit le pouvoir et la priva de ses biens familiaux et de ses titres.

En 1487 elle épousa Richard Pole, et l’un de leurs cinq enfants, Reginald, eut le bénéfice d’archevêque de Canterbury et cardinal, sans être prêtre. Margaret devint veuve en 1504. 

Lorsqu’Henry VIII épousa Catarina d’Aragon, Margaret fut une des dames de cour de la reine et put reprendre une partie de ses titres et de ses biens, dont l’avait spoliée son oncle vingt-cinq ans plus tôt.

La famille, catholique, s’opposa radicalement au divorce d’Henri VIII, ce qui lui attira les foudres du roi.

Margaret sera imprisonnée dans la Tour de Londres en novembre 1538, dans des conditions très dures, et devait y rester deux années et demie.

En mai 1539, elle fut formellement accusée d’avoir organisé une invasion de l’Angleterre par le sud, et fut dépossédée de tous les biens qu’elle possédait dans cette région. Elle fut condamnée à mort, avec d’autres proches.

Elle fut décapitée le 27 mai 1541. Le bourreau, maladroit, fit tomber sa hache sur l’épaule de sa victime et dut s’y reprendre à plusieurs fois pour achever sa macabre besogne.

Le culte de Margaret Pole a été confirmé en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Edmund Duke

1563-1590

 

Edmund naquit vers 1563 dans le Kent (Angleterre).

Il vint au Collège anglais de Reims en 1583, fut envoyé à Rome en 1584 et fut ordonné prêtre en septembre 1589 dans la basilique Saint-Jean-de-Latran.

Le même mois, il repartit pour Reims, où il arriva en octobre.

De là, il partit avec trois autres Compagnons pour son pays natal en mars 1590. Mais ils se firent vite remarquer, car ils restaient toujours ensemble. On les arrêta peu après qu’ils accostèrent à Durham. Or, depuis l’édit de 1585, être prêtre catholique en Angleterre était passible de la fatale condamnation à mort.

Le jugement eut lieu à Durham et la sentence devait être exécutée à Dryburne. Outre les quatre prêtres, on exécuta aussi quatre autres condamnés, qui proclamèrent leur foi catholique.

Il était courant, lorsque le bourreau exposait la tête des condamnés, que la foule criât God save the Queen, mais ce jour-là, seuls les agents et un ou deux ministres protestants prononcèrent la triste acclamation, car l’ensemble de la foule était catholique. En revanche, on dit qu’un couple protestant, Robert et Grace Maire, se convertirent à ce moment-là.

Le martyre de ces prêtres eut lieu à Durham le 27 mai 1590 et ils furent béatifiés en 1987.

 

 

John Hogg

1565-1590

 

John Hogg naquit vers 1565 dans le Yorkshire (Angleterre).

Il vint au Collège anglais de Reims en 1587 ; il reçut le sous-diaconat à Soissons en 1589, le diaconat et la prêtrise à Laon, toujours en 1589.

En mars 1590, il fut un des quatre prêtres envoyés en mission en Angleterre ; ils accostèrent à Durham mais, demeurant toujours les quatre ensemble, ils furent remarqués, et arrêtés.

 Voir ici d’autres détails dans la notice Edmund Duke

Condamnés à mort, les quatre prêtres furent exécutés à Dryburne, le 27 mai 1590.

Ils furent béatifiés en 1987.

 

 

Richard Hill

1565-1590

 

Richard Hill naquit vers 1565 dans le Yorkshire (Angleterre).

Il vint au Collège anglais de Reims en 1587 ; il reçut le sous-diaconat à Soissons en 1589, le diaconat et la prêtrise à Laon, toujours en 1589.

En mars 1590, il fut un des quatre prêtres envoyés en mission en Angleterre ; ils accostèrent à Durham mais, demeurant toujours les quatre ensemble, ils furent remarqués, et arrêtés.

Voir ici d’autres détails dans la notice Edmund Duke

Condamnés à mort, les quatre prêtres furent exécutés à Dryburne, le 27 mai 1590.

Ils furent béatifiés en 1987.

 

 

Richard Holiday

1565-1590

 

Richard Holiday naquit vers 1565 dans le Yorkshire (Angleterre).

Il vint au Collège anglais de Reims en 1584 ; il reçut le sous-diaconat à Soissons en 1589, le diaconat et la prêtrise à Laon, toujours en 1589.

En mars 1590, il fut un des quatre prêtres envoyés en mission en Angleterre ; ils accostèrent à Durham mais, demeurant toujours les quatre ensemble, ils furent remarqués, et arrêtés.

Voir ici d’autres détails dans la notice Edmund Duke

Condamnés à mort, les quatre prêtres furent exécutés à Dryburne, le 27 mai 1590.

Ils furent béatifiés en 1987.

 

 

Matthias de Kazusagoko

1572-1620

 

Ce laïc était né vers 1572 à Kazusagoko (Japon).

Domestique dans la maison du Supérieur jésuite local, il fut catéchiste dans l’archidiocèse de Nagasaki,.

Arrêté et sommé d’indiquer la cachette de son maître, il fut torturé cruellement et longuement, et donna sa vie pour le Christ à Nagasaki, le 27 mai 1620.

C’est bien probablement de lui qu’il est question au 22 mai dans le Martyrologe, qui le donne comme originaire de Arima.

Il a été béatifié parmi un groupe de deux-cent cinq Martyrs majoritairement japonais, en 1867.

 

 

Bareubara Kim

1804-1839

 

Bareubara (Barbara) était servante dans une famille catholique.

Elle voulait conserver sa virginité.

Un jour son père vint la voir et lui dit qu’il fallait se marier. Il disait qu’il lui avait trouvé un bon compagnon, catholique. En réalité, son père la trompait ; il se refusait simplement à voir sa fille rester vierge.

Barbara accepta ce mariage, et découvrit bien vite que son mari était un païen convaincu. Elle essaya de l’amener au Christ, en vain. Elle eut plusieurs d’enfants, dont une seule fille fut croyante.

Après la mort de son mari, Barbara fut baptisée par les missionnaires, qui venaient d’arriver en Corée. A partir de ce moment-là, Barbara fut une fervente catholique.

Arrêtée en mars ou avril 1839, avec toute la famille à laquelle appartenait la maison où elle habitait, elle refusa d’apostasier et de donner des noms d’autres Catholiques.

Elle fut torturée, frappée jusqu’à ce que ses os fussent brisés, mais elle proclama sa foi jusqu’à la fin.

Elle mourut en prison, victime de la typhoïde qui sévissait dans les geôles de la prison, à cause des très mauvaises conditions hygiéniques où se trouvaient les prisonniers.

C’était le 27 mai 1839. Elle n’avait que trente-cinq ans.

Bareubara Kim fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1984.

Les Martyrs coréens sont fêtés ensemble le 20 septembre.

 

 

Bareubara Yi

1824-1839

 

Née à Ch’ŏngp’a (Séoul, Corée), Bareubara (Barbara) perdit encore petite ses parents et vécut chez ses deux tantes, Magdallena Yi Yŏng-hŭi et Bareubara Yi Chŏng-hŭi, elles aussi martyrisées peu après, les 20 juillet et 3 septembre 1839, et canonisées.

On peut dire qu’elle ne vécut sur terre que pour Dieu.

Arrêtée par la police, elle fut durement torturée.

Conduite devant la Haute Cour, elle fut pressée par le juge d’apostasier, et de nouveau torturée. Mais le juge, la trouvant trop jeune, la renvoya à la police.

On la mit en prison, où elle se trouva dans la même cellule que trois autres garçons : tous quatre s’encouragèrent les uns les autres.

Comme l’autre Bareubara (Kim), qui mourut le même jour, Barbara attrapa la fièvre typhoïde, qui sévissait dans ces cellules sans aucune hygiène.

Après une semaine de souffrances, Barbara acheva cette vie terrestre pour rejoindre l’Epoux divin.

C’était le 27 mai 1839. Elle n’avait que quinze ans.

Bareubara Yi fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1984, tout comme Bareubara Kim et ses chères tantes Magdallena et Bareubara Yi.

Les Martyrs coréens sont fêtés tous ensemble le 20 septembre.

Antanansio Bazzekuketta

1866-1886

 

Antanansio (Athanase), ce jeune homme de vingt ans environ fut martyrisé pour sa foi en Ouganda, le 27 mai 1886, et fut canonisé en 1964.

 

Se reporter à la notice Ouganda (Martyrs de l’)

 

 

Gonzaga Gonza

1862-1886

 

Gonzaga (Gonzague), ce jeune homme de vingt-quatre ans environ fut martyrisé pour sa foi en Ouganda, le 27 mai 1886, et fut canonisé en 1964.

 

Se reporter à la notice Ouganda (Martyrs de l’)

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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 23:00

Chang Sŏng-jip Iosephus

1785-1839

 

Joseph était né dans une famille païenne de Seoul.

Il était pharmacien.

Il se maria deux fois, mais ses deux épouses moururent rapidement. Vers trente ans, il commença à étudier la foi catholique.

Joseph avait une difficulté pour croire en l’Incarnation du Verbe et en sa naissance virginale : il ne pouvait se résoudre à croire que Dieu s’était humilié au point de devenir un homme comme nous, uniquement par amour pour l’humanité.

Découragé par ce problème, il abandonna l’étude du catéchisme pendant quelque temps et chercha à se faire de l’argent. Mais un de ses amis le persuada de revenir à Dieu et Joseph se repentit de son éloignement.

Il se livra à la prière, à la méditation, à la lecture de l’Ecriture ; il évitait de rencontrer les amis et vivait dans une grande solitude.

Ses amis lui demandaient pourquoi il ne travaillait plus ; il répondait qu’il préférait souffrir la faim et le froid par amour pour Dieu et pour obtenir le bonheur éternel, plutôt que de conserver la santé de cette terre.

Il reçut le baptême et la confirmation le même jour en avril 1838.

Quand il entendit parler des martyrs, il en fut si ému qu’il voulut se rendre volontairement à la police pour partager leur sort, mais son beau-père l’empêcha.

Il fut tout de même arrêté le 18 mai 1839. Des voisins, des amis et les policiers eux-mêmes le pressaient de renier sa foi. Au contraire, il leur rappela la doctrine catholique, selon laquelle chacun doit aimer Dieu, créateur de toutes choses sur terre, qui recevra au ciel tous les hommes bons, et repoussera en enfer tous les mauvais.

Finalement, le chef de la police l’envoya à la Haute Cour. Comme on ne l’interrogeait pas tout de suite, Joseph demanda pourquoi on le laissait tout seul, sans l’interroger et sans le torturer. On le prit pour un fou et on l’envoya en prison.

Pressé par le chef de police de renier sa foi, il refusa et fut sévèrement battu : il reçut au moins vingt coups de konjang, ce gourdin en chêne, long 1,5 mètre, large 15 cm, épais 5 cm, avec un long manche. Une dizaine de coups seulement de ce gourdin sur le postérieur du supplicié, couché sur le ventre, fait jaillir le sang et met la chair en lambeaux.

Puis il fut renvoyé en prison à Seoul.

C’est là qu’il mourut quelques jours plus tard, le 26 mai 1839.

Chang Sŏng-jip Iosephus fut béatifié en 1925 et canonisé en 1984.

Saint Kim Sŏng-u Antonius (martyrisé le 29 avril 1841 et canonisé avec lui) serait son frère, d’après certains.

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