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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 23:00

26 MAI

 

II.

S Simetrius , prêtre romain.

S Eleutherius, pape (175-189), le premier dont on connaisse les dates avec certitude, et le premier qu’on ait appelé “Père” (dans une lettre de s. Irénée). 

III.

S Zacharie, évêque à Vienne et martyr.

S Prix, officier martyr près de Auxerre, avec beaucoup d’autres soldats chrétiens.

Ste Felicissima, martyre à Todi.

VI.

S Augustin de Cantorbury, moine à Rome, envoyé par s. Grégoire le Grand évangéliser en Angleterre, fêté le 27 mai.

VII.

S Didier, évêque à Vienne, martyrisé sur ordre de la reine Brunehaut.

S Gond (Godon), neveu de s. Wandrille ; il fonda à Oye un monastère qui prit son nom.

XI.

S Bérenger, bénédictin à Saint-Papoul.

XII.

S Lambert, évêque à Vence ; il changea l’eau en vin et guérit des malades, surtout aveugles.

XIV.

B Francesco Patrizi, siennois, des Servites de Marie, artisan de la réconciliation entre guelfes et gibelins.

XV.

B Andrea Franchi, prieur dominicain à Pistoia, Lucques, Orvieto, évêque à Pistoia.

XVI.

S Filippo Neri, prêtre romain, toujours joyeux (“le saltimbanque de Dieu”) et débordant d'imagination, mystique, fondateur de l’Oratoire ; son procès de canonisation débuta deux mois après sa mort.

XVII.

Ste Mariana de Jésus Paredes y Flores, “le lys de Quito”, recluse, première sainte de l’Equateur, où elle a été proclamée héroïne nationale. 

XVIII.

S Pere Sans y Iordà, évêque dominicain catalan, martyr décapité en Chine, canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

XIX.

B Yi Jae-haeng Andreas, laïc coréen martyr, par décapitation, béatifié en 2014.

S Yosep Chang Sŏng-jib, pharmacien à Séoul, un des cent-trois martyrs coréens canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

Bx Pak Sa-ui Andreas et Gim Sa-geon Andreas, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

Ss Gioan Ɖoàn Trinh Hoan, prêtre, et Matthêô Nguyễn Văn Ɖắc (Phuong), catéchiste, martyrs annamites, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

Ss Anderea Kaggwa, chef des joueurs de tambourin, et Ponsiano Ngondwe, satellite royal, martyrs en Ouganda, fêtés le 3 juin.

XX.    

Bx Mario Vergaro, missionnaire italien (1910-1950) et son catéchiste birman Isidore Ngei Ko Lat (1918-1950), martyrs en Birmanie et béatifiés en 2014.

Simetrius de Rome

† 150

 

Simetrius était un prêtre de Rome.

Il reçut la palme du martyre sous Antonin le Pieux, donc entre 140 et 160.

Saint Simetrius de Rome est commémoré le 26 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eleutherius

174-189

 

Eleutherius serait né à Nicopolis (l’actuelle Nikopol en Bulgarie), d’Abundius. Son prénom, qui signifie “libre” pourrait faire supposer qu’il était un ancien esclave, affranchi. 

Venu à Rome, il fut le diacre du pape saint Anicet, quand sévirent à Rome les erreurs de Marcion et Valentin ; mais on ignore quelle fut l’activité précise d’Eleuthère sous ce pontificat, ni sous le suivant, celui de saint Soter.

Il fut élu en 174 pour être le treizième pape et son pontificat devait durer quinze ans. C’est le premier pape dont on connaisse les dates exactes.

Vers 177, il reçut Irénée de Lyon, qui lui remit une lettre où pour la première fois on rencontre le terme de “Père” attribué au pape.

D’après le Liber Pontificalis, Eleuthère aurait déclaré que les fidèles peuvent user de toute nourriture, et il aurait été sollicité déjà à cette époque d’envoyer des missionnaires en Angleterre.

On ne pense pas qu’il ait subit le martyre. Il mourut à Rome le 24 ou le 26 mai 189, et c’est à cette dernière date qu’il est mentionné dans le Martyrologe.

 

 

Prix d’Auxerre

† 274

 

Priscus, Prix, était apparemment un chef militaire avec des hommes sous ses ordres, dans les environs d’Auxerre (act. Yonne). Il était originaire de Franche-Comté et avait fui la persécution. Mais il fut retrouvé et décapité.

On dit qu’il fut mis à mort pour sa foi, avec un certain nombre de ses soldats.

On suppose qu’il mourut vers 274,  sous l’empereur Aurélien.

Un monastère, édifié au lieu de ce martyre à Saints-en-Puysaie, fut détruit par les Huns. Plus tard, s.Germain d’Auxerre (v. 31 juillet) retrouva le chef de s.Prix et fit construire une église à l’origine de la localité Saint-Brix.

A la sortie de Saints-en-Puysaie se trouve une source qui jaillit, rapporte-t-on, sous le sabot du cheval de Prix, au moment de son martyre.

Saint Prix d’Auxerre est commémoré le 26 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Felicissima de Todi

† 3e -4e siècles

 

Felicissima fut une martyre honorée d’un culte très ancien, dans la Toscane et l’Ombrie (Italie C).

On suppose qu’elle mourut vers le 3e ou le 4e siècle.

Sainte Felicissima de Todi est commémorée le 26 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Augustinus de Canterbury

530-604

 

Le pape Grégoire le Grand (voir au 3 septembre) avait aperçu sur le Forum de jeunes esclaves blonds qui lui semblèrent angéliques ; il apprit qu’ils venaient de Bretagne, l’actuelle Angleterre. L’appellation d’anglais remonterait ainsi à s.Grégoire, qui les trouvait si angéliques.

Quoi qu’il en soit, c’est ce pape qui demanda au prieur du monastère bénédictin de Rome, Augustinus, de prendre avec lui quelques compagnons pour aller re-convertir les habitants de cette île, retombée dans le paganisme après les invasions des Saxons. C’est tout ce qu’on sait d’Augustinus avant sa mission en Bretagne. On présume qu’il aurait pu naître aux alentours de 530.

Ces vaillants moines quittèrent Rome en 596, traversèrent la Gaule et abordèrent à l’île de Thanet, non loin de l’actuelle Ramsgate. Le roi Æthelberht les reçut très poliment et leur permit d’évangéliser. Ce roi était l’époux de Berthe, une catholique, fille du roi de Paris, Charibert Ier.

Ce roi reçut le baptême en 597.

Augustin, suivant les indications de Grégoire Ier, alla recevoir la consécration épiscopale à Arles, dont l’archevêque était le légat papal pour les Gaules. A la Noël de 597, il baptisait déjà quelque dix mille insulaires.

Proche de Canterbury, s’éleva bientôt l’abbaye des Saints-Pierre-et-Paul, qui prendrait plus tard le nom de saint Augustin.

Le pape Grégoire se réjouit beaucoup de ces premiers et rapides résultats, mais avertit en même temps Augustin de rester humble devant les miracles que Dieu lui permettait d’accomplir.

Il y eut des rencontres entre les missionnaires nouvellement arrivés et le vieux clergé réfugié à l’ouest de la Bretagne : ces derniers n’acceptaient pas d’emblée les habitudes romaines, comme la date de Pâques.

Augustin mourut le 26 mai 604 ou 605, ayant rétabli la foi dans la Bretagne.

Sa dépouille, inhumée dans l’église abbatiale de Canterbury, fut gravement attaquée, ainsi que tout l’ensemble abbatial, durant les persécutions du 16e siècle. Au 17e siècle, on n’avait de reliques que le menton du saint évêque, conservé chez les moines cisterciens d’Anvers.

En 1882, la fête de saint Augustin de Canterbury a été inscrite au calendrier universel ; elle est actuellement célébrée au 27 mai.

 

 

Desiderius de Vienne

550-607

 

Desiderius (Désiré, et plus fréquemment Didier), naquit vers le milieu du 6e siècle à Autun (Saône-et-Loire).

Très jeune, il rejoignit en 558 l’évêque de Vienne et, en 570, entra dans le clergé.

En 586, il fut ordonné diacre, et plus tard prêtre.

Vers 596, il fut appelé à succéder à l’évêque défunt. 

Cette même année, le pape lui recommande de recevoir fraternellement Augustinus (v. 26 mai), envoyé en mission en Angleterre. 

Le même pape (s.Grégoire le Grand, v. 12 mars) tint une correspondance soutenue avec Desiderius ; on lit quelque part que le pape reprenait Desiderius, parce que ce dernier enseignait la grammaire et chantait des poètes profanes de la même bouche avec laquelle il chante les louanges du Christ, - tant il est vrai que Nul ne peut servir deux maîtres à la fois (Mt 6,24).

Desiderius savait être franc avec Thierry II et la reine Brunehaut. Une première fois, même un concile tenu à Châlon-sur-Saône appuya une intrigue fomentée par de faux témoins, qui accusèrent Desiderius de fornication. Desiderius fut exilé sur l’île, par ailleurs inconnue, de Livisio. Suite à la mort accidentelle des accusateurs, Desiderius fut rappelé par Thierry et Brunehaut. Mais comme l’évêque leur rappelait le devoir qu’ils avaient de corriger leurs mœurs, la reine fit arrêter Desiderius dans sa cathédrale, puis les soldats le maltraitèrent en cours de route, le lapidèrent et l’achevèrent à coups de bâtons.

Desiderius mourut le 26 mai 607 et fut honoré comme martyr.

Saint Desiderius de Vienne est commémoré le 26 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bede le Vénérable

672-735

 

Le nom de saint Bede devrait se prononcer, en anglais, bi:d, mais les Français, qui ne sont pas toujours des linguistes passionnés, l’ont toujours orthographié et prononcé : Bède. Laissons faire.

Bede, donc, naquit en 672 ou 673, en Northumbrie (Angleterre).

Orphelin à sept ans, il grandit à l’ombre du couvent bénédictin de Wearmouth. Il fut ainsi sous la vigilante responsabilité de saint Benoît Biscop (voir au 12 janvier), puis de saint Ceolfrid à Jarrow (voir au 25 septembre).

Il fut ordonné prêtre en 702.

Fin lettré, Bede écrivit une traduction en grec (inachevée) de l’évangile de saint Jean ; il connaissait tous les auteurs anciens, grecs et surtout latins, sans oublier les Pères de l’Eglise. 

Bede fut l’encyclopédie vivante de la science de son époque, mais il est surtout célèbre pour son travail d’histoire. Son Histoire ecclésiastique du peuple anglais l’ont fait appeler le père de l’histoire anglaise. Son Martyrologe, un ouvrage précieux quant à sa méthode rigoureuse, le montre vraiment soucieux de l’impartialité et de la vérité.

Il écrivit aussi des commentaires sur l’Ecriture, que salua saint Boniface (voir au 5 juin) en nommant son auteur sagassimus investigator.

Il est beau de mentionner ses derniers moments. Le jour de sa mort, il s’occupait encore à corriger des textes. Son disciple, Cuthbert, lui signala qu’il manquait encore un chapitre. Bede lui dit : Prends ta plume et écris aussi vite que possible. A la dernière phrase, il le pressa encore un peu. Quand il eut fini, Bede se prosterna pour chanter Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, et expira.

C’était le 26 mai 735.

Sa dépouille fut placée dans la cathédrale de Durham, et profanée au 16e siècle, lors de la persécution anglicane.

Saint Bede le Vénérable fut proclamé Docteur de l’Eglise en 1899.

Sa fête liturgique est au 25 mai.

Bérenger de Saint-Papoul

† 1093

 

Bérenger fut moine en l’abbaye bénédictine de Saint-Papoul (Aude).

Il eut la charge de maître des novices, de directeur spirituel, et aussi de maître d’œuvre à l’occasion des travaux de l’abbaye.

Des miracles montrèrent combien Dieu agréait ses vertus.

Il mourut, chargé de mérites, le 26 mai 1093.

Saint Bérenger de Saint-Papoul est commémoré le 26 mai dans le Martyrologe Romain. 

L’abbaye devint un évêché au 14e siècle, jusqu’à la Révolution. «Restaurée» depuis le 19e siècle, elle n’est toujours qu’un musée actuellement.

 

 

Lambert de Vence

1084-1154

 

Lambert naquit en 1084 à Bauduen (Var).

Sa mère mourut en accouchant ; son père l’envoya faire des études à Riez, puis le confia aux moines de Lérins.

Sérieux, volontaire, il montra les qualités nécessaires pour devenir évêque de Vence, en 1114.

Il se fit remarquer par l’austérité de sa vie et la douceur de ses relations, traitant ses clercs comme s’il avait été leur égal plutôt que leur supérieur.

Il fit construire la cathédrale de Vence, dédiée à la Nativité de Notre-Dame.

Il fit des miracles, guérit des malades, en particulier des aveugles, et changea trois fois l’eau en vin.

Se préoccupant de la situation sociale des serfs, il préconisa, pour les libérer, l’installation de moulins à eau. Ingénieux, il préconisa pour les chevaux l’usage d’un collier d’épaule au lieu d’un collier de cou.

Durant sa dernière maladie, il entendit du bruit dans la cathédrale ; apprenant qu’on préparait son tombeau, il alla le voir, soutenu par ses familiers, bénit la pierre et revint à son lit où il mourut peu après, le 26 mai 1154.

Son épiscopat avait duré quarante ans.

Saint Lambert de Vence est commémoré le 26 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Francesco Patrizi

1266-1328

 

Il ne s’agit pas ici de l’évêque humaniste de Sienne qui vécut au 15e siècle.

Francesco naquit à Sienne (Italie) en 1266, de Arrighetto et Rainaldesca ; le nom de famille, Patrizi, ne fut en vigueur qu’au 17e siècle.

La prédication d’un Dominicain le poussa vivement à entrer dans les Ordres, mais il dut d’abord s’occuper de sa mère, aveugle.

A la mort de celle-ci (1288), Francesco entra chez les Servites de Marie, poussé par son grand amour pour la Vierge Marie.

En 1291, il fut ordonné prêtre ; excellent prédicateur, il fut conseiller spirituel et confesseur de fidèles de toutes les catégories ; aux plus riches, il savait demander des subsides pour venir en aide aux plus déshérités. En échange il arriva qu’il devint héritier, lui et son couvent, d’une personne défunte, reconnaissante pour sa bonté.

Très marial et très attaché à la sainte vertu de la chasteté, il s’éteignit le 26 mai 1328 à Sienne, où son corps est resté sans corruption.

Son culte a été confirmé en 1743 et son nom a été récemment introduit dans le Martyrologe Romain.

 

 

Andrea Franchi

1335-1401

 

Andrea Franchi vit le jour en 1335 à Pistoia (Toscane, Italie) au sein d’une famille noble.

Adolescent, en 1349, il prit l’habit dominicain à Florence et fut ordonné prêtre en 1357 ou 1358 : il n’avait peut-être pas l’âge canonique, mais il en avait la maturité, par sa fidélité à la sainte règle.

Du couvent de Sienne où il se trouvait en 1360, il fut envoyé à celui de Pistoia et fut chargé de la prédication pendant une dizaine d’années.

Il fut ensuite nommé prieur en plusieurs monastères successifs : Pistoia, Lucques, Orvieto. A Pistoia, il s’occupa activement de l’agrandissement et de l’embellissement de l’église.

En 1382, il fut nommé évêque de Pistoia, charge qu’il exerça sans rien changer à sa vie sobre de Religieux.

Vigilant, attentif à tout et à tous, il s’occupa surtout des pauvres et des malades. Notre Seigneur l’en récompensa en lui apparaissant sous les traits d’un pèlerin.

Il s’interposa pour remettre la paix entre les habitants, toujours enclins à se diviser et à s’affronter en bagarres interminables. 

Il employait tous ses revenus à la restauration des églises, au soulagement des pauvres, des prisonniers et des malades. On dit qu’il eut la grâce d’accomplir des miracles, dont malheureusement on ne dispose pas de récits.

En 1400, le saint évêque démissionna de sa charge, en raison de sa santé, et se retira au couvent de Pistoia. Mais lors de l’épidémie de peste de cette année-là, il alla encore auprès des malades pour les soigner.

Il passa les neuf derniers mois de sa vie cloué au lit et expira le 26 mai 1401.

En 1613, on dut ouvrir le tombeau pour le restaurer, et il s’en dégagea une très agréable odeur.

Le culte d’Andrea Franchi fut confirmé en 1921.

 

Filippo Neri

1515-1595

 

Filippo Neri naquit le 21 juillet 1515, d’un très petit notaire adonné à l’alchimie. Il perdit sa mère de bonne heure et fut surtout élevé par sa belle-mère qui se prit pour lui d’une réelle affection. D’une précoce piété, doublée d’une imagination fertile en inventions burlesques, le «bon Pippo» connut une enfance joyeuse, libre, d’une pureté sans tache. Si l’on ignore tout de ses études, on le verra par contre converser à Rome avec les esprits les plus distingués du temps et orienter vers les travaux de l’esprit ceux de ses disciples qu’il en jugera capables. Adolescent, il goûte la poésie des beaux ciels d’Italie, des courses nocturnes à travers la campagne romaine et aux catacombes, mêlant à ses fantaisies truculentes et joyeuses l’amour passionné de la musique, et à son enthousiasme de la nature le désir d’une vie de renoncement dévouée au salut des âmes et au soulagement des pauvres.

Il fréquente les dominicains à Florence, où le virulent Girolamo (Jérôme) Savonarola avait allumé les esprits et avait été brûlé par l’Inquisition ; il connaît l’abbaye bénédictine du Mont Cassin, où un très vertueux moine lui donne de salutaires conseils. Finalement, Filippo retourne à Rome, déterminé à y mener une vie d’ermite laïque.

A Rome, il renonce à tout son passé et à l’aide de sa famille ; un ami l’héberge pendant quatorze ans, lui confiant en échange la formation de ses deux fils ; Filippo se livre à de longs jeûnes, à la prière, à l’étude de la philosophie et de la théologie. Il est si habile à aborder les problèmes les plus difficiles qu’un de ses professeurs dira de lui  «que sa science égale sa piété».

Préférant l’apostolat auprès des âmes, il se fait prédicateur ambulant ; mais sa méthode est nouvelle : il reste jovial, riant, plaisantant même, pour passer seulement ensuite aux propos plus sérieux. Physionomie essentiellement italienne par la spontanéité, le naturel, la vivacité, le «plus italien de tous les saints» devient vite l’ «Apôtre de Rome» par excellence. Il est tout dévoué aux petits, aux pauvres, aux artisans et boutiquiers, à la jeunesse de la rue dépravée et parfois méchante. 

On connaît peu, au fond, sa vie intérieure, sinon par des manifestations très extraordinaires qu’il n’arrivait pas à maîtriser : visions, extases… On l’entendait crier : «Assez, Seigneur, assez !», ou bien «Retire-toi, Seigneur, retire-toi !» Le tremblement qui accompagnait ses émotions secouait même son entourage. Un jour de Pentecôte, brûlant d’amour, il pensa voir un globe de feu entrer par sa bouche et descendre jusqu’à son cœur ; alors se produisit ce phénomène apparent de son vivant et constaté par les médecins à l’autopsie qui suivit sa mort : deux côtes s’écartèrent en se recourbant comme pour libérer le cœur. Il visitait de nuit les sept basiliques romaines et surtout les catacombes de Saint-Sébastien.

En ce temps-là, l’Eglise était si corrompue, que le pape lui-même disait : «Le mal s’est répandu de la tête aux pieds, du pape aux prélats.» Plus populairement, on disait que pour aller en enfer, il fallait se faire prêtre. Mais Filippo était persuadé que toute institution humaine pouvait être restaurée par la sainteté. Avec d’autres amis, il développe son apostolat romain en s’adressant chaque mois au peuple ; il s’occupe des convalescents, des prisonniers, des étudiants pauvres, des Juifs ; il eut une part importante dans la conversion du roi français Henri IV. Finalement, il sera ordonné prêtre en 1551, sur les conseils instants d’un ami.

Préconisant la célébration quotidienne de la Messe et la communion fréquente des fidèles, il est victime de cabales qui mettent sa patience à l’épreuve ; Jésus lui dit un jour : «Je te donnerai la patience, mais je veux que tu t’appliques à l’acquérir toi-même parmi ces assauts.»

C’est vers 1555 que le groupe de Filippo deviendra autonome et sera à la base de l’Oratorio,  l’Oratoire où Filippo donnera toute la mesure de sa perspicacité et de ses conseils parfois si cocasses. A l’occasion de carnaval, pendant que le peuple et même la cour romaine participaient aux festivités mondaines et licencieuses, il organisait des processions aux sept basiliques, ce qui lui valut d’abord d’être cité au tribunal de l’Inquisition, puis d’être compté au nombre des plus grands amis du pape Paul IV, réputé si sévère. Avec son ami Carlo Borromeo (futur s.Charles Borromée), il fonde des maisons pour filles repenties, pour les sans-logis.

Nommé curé d’une paroisse de Rome, il développe son activité, ses prédications, avec ses amis, et l’Oratoire devient une véritable congrégation. Pie V, très méfiant, le fait surveiller, puis lui accorde toute sa confiance. L’Oratoire est officiellement reconnu en 1575.

Sans cesse plus encouragé par les papes, Filippo refusera toutefois le cardinalat ; épuisé par ses travaux, il dut garder la chambre ; on l’entendit un jour dire : «Toi, Christ, sur la croix, et moi dans un lit, si bien soigné, si bien soulagé, avec tant d’aises.» En 1595, il reçut le viatique, «mon médecin», dit-il, et mourut dans la nuit de la fête du Saint-Sacrement, le 26 mai.

Il fut canonisé en 1622, le même jour que s.Ignace de Loyola, ste Thérèse d’Avila et s.François Xavier.

 

 

Mariana Paredes y Flores

1618-1645

 

Mariana vit le jour le 31 octobre 1618 à Quito (Equateur), benjamine des huit enfants de Jerónimo Flores Zenel de Paredes et de Mariana Granoblés Xaramillo, qui la firent baptiser le 22 novembre suivant, en la fête de sainte Cécile.

Le papa était de Tolède (Espagne), la maman était équatorienne ; tous deux moururent bientôt, laissant Mariana complètement orpheline à six ans. Qui l’hébergea fut sa sœur aînée, Jerónima, dont une des filles, Juana, avait le même âge que sa «tante» Mariana.

Cette sœur aînée eut la surprise de constater combien Mariana se mortifiait, s’imposait la discipline avec des orties, portait un cilice, comme aussi elle organisait des exercices de piété avec ses petites camarades, de sorte qu’elle la présenta à un bon père jésuite qu’elle connaissait.

Mariana put bientôt recevoir l’Eucharistie, en 1625, à un âge exceptionnel pour cette époque ; mais ce qui est encore plus exceptionnel, fut que Mariana fit alors le vœu de chasteté, prenant le nom de Mariana de Jésus, pour bien montrer qu’elle n’appartenait qu’à son Epoux céleste.

C’est cet Epoux qui lui révéla qu’elle ne devait aller ni chez les Dominicaines ni chez les Franciscaines.

Elle obtint de sa sœur un espace strictement personnel dans la maison, qu’elle ferma avec un gros verrou ; comme mobilier : un lit composé de pièces de bois triangulaires, une croix hérissée d’épines, un cercueil à sa taille, un petit autel avec une statue de Jésus enfant et une de la Sainte Vierge, le tout accompagné de cilices et de disciplines. 

Elle se mit un habit noir et ne sortait que pour la messe ou pour assister le Prochain. A la maison, elle servait à table, mais se contentait de pain et d’eau. Les voisins s’étant allarmés de la voir si amaigrie, elle obtint de Dieu de garder une apparence joviale. Sachant jouer de la guitare, elle s’accompagnait en chantant.

Le don des miracles apparut : elle guérit la fille de sa nièce Juana, qui avait eu la tête fracassée par un coup de pied de mule, elle donna à sa sœur la joie de mettre au monde une belle petite fille, alors que tout espoir était perdu, elle réconcilia des ménages indiens ou nègres, elle ranima une pauvre indienne étranglée et abandonnée dans la forêt par son mari. Elle prédit l’avenir, entre autre la date de sa mort, un vendredi 26.

En 1639, elle entra dans le Tiers-Ordre franciscain

Son corps, soumis à un régime si sévère, suscita de réelles préoccupations ; Mariana ne buvait plus ; les médecins pratiquèrent des saignées, qui l’affaiblirent encore plus. Elle subissait aussi des assauts diaboliques. 

En 1645, Mariana s’offrit en victime pour la population de Quito, frappée par des tremblements de terre et une épidémie. Elle s’offrit d’abord à la place du curé, parce qu’elle n’était pas nécessaire. Son offrande se fit le 25 mars, les calamités cessèrent. Mariana tomba gravement malade dès le lendemain, et s’éteignit le 26 mai 1645.

On l’appelait déjà le lys de Quito.

Elle fut béatifiée en 1853 et canonisée en 1950.

Mariana est la première Sainte de l’Equateur, qui la vénère comme son héroïne nationale.

 

 

Pere Sans i Jordá

1680-1747

 

(On trouve aussi Pedro Sanz y Jordá, à l’espagnole).

Né le 3 (ou le 1er ou le 22) septembre 1680 à Ascó (Tortosa, Catalogne, Espagne), Pere (Pierre) était le fils de Andrés Sanz et de Catalina Jordá. Il entra chez les Dominicains de Lérida en 1697, où il fut ordonné prêtre en 1704.

En 1708, il est à Saragosse. En 1712, volontaire pour travailler en pays de missions, il fut envoyé à Manille, où il arriva en 1713 ; il y apprit le chinois, avant de pénétrer dans le Fukien, avec quelques autres Compagnons. 

En 1728, il fut nommé vicaire apostolique et en 1730, évêque coadjuteur.

En 1730, il dut trouver refuge à Canton, où il reçut l’ordination épiscopale. Mais les temps étaient très difficiles. Le nouvel empereur interdit la religion dans ses états. Il fallait se déplacer la nuit. Les missionnaires ne pouvaient célébrer que rarement la Messe. Ils se rencontraient parfois une fois par an…

Exilé à Macao, il dut attendre 1738 pour entrer à nouveau au Fukien et reprendre avec tout son zèle les prédications, le soin pour les pauvres et les malades.

En 1746, un apostat livra des informations et plusieurs missionnaires, dont Mgr Sanz, furent arrêtés à Focheu. Mgr Sanz avait soixante-six ans, il se laissa capturer pour sauver d’autres chrétiens.

Il reçut quatre-vingt-quinze coups d’une courroie en cuir (dont un seul coup peut rendre quelqu’un inconscient, ou lui faire perdre toutes les dents).

Il subit avec les confrères un premier procès, qui finit par une absolution ; mais le vice-roi déposa les juges, nomma un nouveau tribunal, qui cette fois condamna à mort les missionnaires. Ainsi, le vice-roi pourrait être récompensé par la cour impériale. A l’annonce de la sentence, Mgr Sans dit : Du haut du ciel, je serai le protecteur de cet empire.

Au moment du supplice Mgr Sanz adressa au bourreau cette petite phrase : J’aimerais bien t’emmener au Paradis avec moi ; le bourreau lui répliqua : Je désire y aller de tout mon cœur… et le décapita sur le champ.

C’était le 26 mai 1747, à Fuzhou (Fujian). Mgr Pere Sans i Jordá fut béatifié en 1893, et canonisé en 2000.

Son dies natalis est au 26 mai, tandis qu’une fête commune célèbre tous les Martyrs de Chine, le 9 juillet.

 

 

Yi Jae-haeng Andreas

1776-1839

 

Yi Jae-haeng Andreas est un laïc coréen né en 1776 à Hongju (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut décapité à Daegu (Gyeongsang-do) le 26 mai 1839 et béatifié en 2014.

 

 

Chang Sŏng-jip Iosephus

1785-1839

 

Joseph était né dans une famille païenne de Seoul.

Il était pharmacien.

Il se maria deux fois, mais ses deux épouses moururent rapidement. Vers trente ans, il commença à étudier la foi catholique.

Joseph avait une difficulté pour croire en l’Incarnation du Verbe et en sa naissance virginale : il ne pouvait se résoudre à croire que Dieu s’était humilié au point de devenir un homme comme nous, uniquement par amour pour l’humanité.

Découragé par ce problème, il abandonna l’étude du catéchisme pendant quelque temps et chercha à se faire de l’argent. Mais un de ses amis le persuada de revenir à Dieu et Joseph se repentit de son éloignement.

Il se livra à la prière, à la méditation, à la lecture de l’Ecriture ; il évitait de rencontrer les amis et vivait dans une grande solitude.

Ses amis lui demandaient pourquoi il ne travaillait plus ; il répondait qu’il préférait souffrir la faim et le froid par amour pour Dieu et pour obtenir le bonheur éternel, plutôt que de conserver la santé de cette terre.

Il reçut le baptême et la confirmation le même jour en avril 1838.

Quand il entendit parler des martyrs, il en fut si ému qu’il voulut se rendre volontairement à la police pour partager leur sort, mais son beau-père l’empêcha.

Il fut tout de même arrêté le 18 mai 1839. Des voisins, des amis et les policiers eux-mêmes le pressaient de renier sa foi. Au contraire, il leur rappela la doctrine catholique, selon laquelle chacun doit aimer Dieu, créateur de toutes choses sur terre, qui recevra au ciel tous les hommes bons, et repoussera en enfer tous les mauvais.

Finalement, le chef de la police l’envoya à la Haute Cour. Comme on ne l’interrogeait pas tout de suite, Joseph demanda pourquoi on le laissait tout seul, sans l’interroger et sans le torturer. On le prit pour un fou et on l’envoya en prison.

Pressé par le chef de police de renier sa foi, il refusa et fut sévèrement battu : il reçut au moins vingt coups de konjang, ce gourdin en chêne, long 1,5 mètre, large 15 cm, épais 5 cm, avec un long manche. Une dizaine de coups seulement de ce gourdin sur le postérieur du supplicié, couché sur le ventre, fait jaillir le sang et met la chair en lambeaux.

Puis il fut renvoyé en prison à Seoul.

C’est là qu’il mourut quelques jours plus tard, le 26 mai 1839.

Chang Sŏng-jip Iosephus fut béatifié en 1925 et canonisé en 1984.

Saint Kim Sŏng-u Antonius (martyrisé le 29 avril 1841 et canonisé avec lui) serait son frère, d’après certains.

 

 

Pak Sa-ui Andreas

1792-1839

 

Pak Sa-ui Andreas est un laïc coréen né en 1792 à Hongju (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut décapité à Daegu (Gyeongsang-do) le 26 mai 1839 et béatifié en 2014.

 

 

Gim Sa-geon Andreas

1794-1839

 

Gim Sa-geon Andreas est un laïc coréen né en 1794 à Seosan (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut décapité à Daegu (Gyeongsang-do) le 26 mai 1839 et béatifié en 2014.

 

 

Gioan Đoàn Trinh Hoan

1798-1861

 

Gioan (Jean) était né vers 1798 à Kim Long (Thùa Thiên, Vietnam), dans une famille déjà chrétienne, qui comptait plusieurs prêtres et plusieurs martyrs. Le père de Gioan s’appelait Batolomeo. La sœur de Gioan, Elizabeth, était religieuse.

Il entra au séminaire ouvert par les missionnaires des Missions Etrangères de Paris, et fut ordonné prêtre à Saigon en 1836.

Pendant un quart de siècle, le père Gioan fut très actif, inspirant l’enthousiasme tout en restant prudent.

Il devait constamment changer d’habitation et vécut peut-être plus souvent dans sa barque que sur la terre ferme.

Il s’efforçait de former consciencieusement les catéchistes et suscita beaucoup de vocations sacerdotales.

Au début de 1861, il vint à Quảng Bình pour célébrer la fête de l’Epiphanie, après avoir entendu les confessions des fidèles.

Dans la soirée parvinrent des bruits de soldats qui se rapprochaient. Tous se dispersèrent et le père Gioan se cacha derrière un tas de bois ; un soldat l’aperçut.

Devant le tribunal, le père Gioan fut brutalement battu, on lui appliqua un fer rouge sur la cuisse, on voulut le faire piétiner la croix, révéler des noms et apostasier, mais rien n’y fit. Il fut condamné à mort, tandis que les autres Chrétiens étaient condamnés à l’exil.

Pendant les cinq mois de sa captivité, le père Gioan ne cessa d’assister les Chrétiens, confessant, bénissant, encourageant. On put aussi lui porter l’Eucharistie, qu’il reçut en Viatique.

Quand on annonça au père Gioan la date de son martyre, il dit : 

Tout est consommé. Je rends grâces à Dieu de ce qu’il m’a fait connaître l’heure où je verserai mon sang pour sa gloire.

La veille de son martyre, le père Gioan visita encore une fois les prisonniers, leur recommandant de rester fidèles et de prier pour lui.

Le matin, il s’entretint encore tranquillement avec son père, jusqu’au moment où le gardien vint le chercher. Il se leva, portant sa lourde chaîne.

On donna lecture du verdict : le père Hoan était coupable d’être un prêtre catholique, d’avoir séduit les gens, d’avoir violé le droit de l’Etat ; il devait être décapité immédiatement.

Au soldat qui lui enlevait la chemise et voulait aussi lui retirer le scapulaire de la Vierge Marie, il dit : Non, c’est l’image de ma Mère.

On voulut l’attacher à une colonne ; il s’agenouilla de lui-même et assura qu’il ne bougerait pas. Il demanda quelques instants pour prier.

Le soldat dut s’y prendre à trois fois pour le décapiter.

Le martyre eut lieu près de Đồng Hới (Quảng Bình, Vietnam), le 26 mai 1861.

Le père Gioan a été béatifié en 1909, et canonisé en 1988, parmi les cent-dix-sept Martyrs du Vietnam, dont la fête commune est au 24 novembre.

 

 

Matthêô Nguyễn Văn Đắc (Phượng)

1808-1861

 

Matthêô (Matthieu) était né vers 1808 à Kẻ Lái (Quảng Bình, Vietnam).

Il fut orphelin vers douze ans. Marié, il eut huit enfants. 

Il devint catéchiste. Une de ses filles fut religieuse, des Amantes de la Croix.

Ayant hébergé le père Gioan Đoàn Trinh Hoan, il fut brutalement battu. Il reçut d’abord quarante coups de fouet, mais il garda le silence. Interrogé et battu à plusieurs reprises, il supporta ces horribles tortures patiemment. 

Pendant les cinq mois de sa captivité, il donnait souvent ses maigres repas à d’autres prisonniers. Il fut condamné à mort avec le père Gioan, mais étant dans une cellule isolée, jusqu’au dernier moment il ne savait pas quel jour devait avoir lieu son exécution.

Avant de mourir, il recommanda à ses enfants : 

J’accepte volontiers mon sort ; mais vous, aimez-vous les uns les autres ; vivez en bonne intelligence ; aidez-vous spirituellement et matériellement ; et quels que soient les malheurs qui vous accablent, ne vous laissez jamais aller par faiblesse à renier Dieu.

Il fut décapité près de Đồng Hới (Quảng Bình, Vietnam), le 26 mai 1861.

Il a été canonisé en 1988, parmi les cent-dix-sept Martyrs du Vietnam, dont la fête commune est au 24 novembre.

 

 

Ponsiano Ngondwé

1846-1886

 

Ponsiano (Pontien), un Chrétien de quarante ans environ (il naquit vers 1846-1851) fut martyrisé pour sa foi en Ouganda, le 26 mai 1886, et fut canonisé en 1964.

 

Se reporter à la notice Ouganda (Martyrs de l’)

 

 

Anderea Kaggwa

1856-1886

 

Anderea (André), ce Chrétien d’environ trente ans fut martyrisé pour sa foi en Ouganda, le 26 mai 1886, et fut canonisé en 1964.

 

Se reporter à la notice Ouganda (Martyrs de l’)

 

 

Mario Vergara

1910-1950

 

Mario naquit le 16 novembre 1910 à Frattamaggiore (Naples, Italie), un des derniers des neuf enfants de Gennaro et Antonietta.

Le papa dirigeait une petite entreprise de filature du chanvre et, durant ses absences (souvent en Allemagne) pour traiter son petit commerce, c’était son épouse qui gérait et la maison et la fabrique.

Après l’école communale, Mario entra en 1921 au Petit séminaire d’Aversa où sa façon d’être un peu particulière le fit qualifier de rebelle, alors que son cœur était profondément empli d’un grand amour de Dieu et d’un grand zèle pour les âmes.

En 1929, il entra à Monza dans l’Institut Pontifical pour les Missions Etrangères (PIME).

Avant la fin de la seconde année du lycée, il dut rentrer dans sa famille à cause d’une crise d’appendicite, qui évolua en péritonite. On le croyait en fin de vie, mais lui se divertissait intérieurement, persuadé qu’il allait guérir parce qu’il devait être un jour missionnaire.

Il guérit en effet et reprit les études chez les Jésuites de Posilippo, avant de regagner le PIME en 1933.

Ayant accompli les études de philosophie et de théologie, il fut ordonné prêtre en 1934 et, un mois plus tard, envoyé en Birmanie.

Il y fut extrêmement actif, d’abord en étudiant jusqu’à trois des langues des tribus locales en quelques mois, mais aussi en se déplaçant en tous sens pour gérer sa «paroisse» de Citaciò, où il se fait tout à tous, médecin, professeur, juge aussi, et bien sûr prêtre.

La guerre mondiale rendit l’Italie et l’Angleterre ennemis, et les missionnaires italiens furent considérés automatiquement comme «fascistes», ennemis des Anglais, et le père Vergaro se retira à Momblo. Quand en 1941 le Japon entra à son tour en guerre et qu’il envahit la Birmanie, les missionnaires furent internés en camp de concentration en Inde, sous surveillance anglaise. 

En 1943, grâce aux efforts du Vatican et de la Croix-Rouge, les conditions d’internement furent améliorées et les missionnaires purent un peu mieux prier, lire, étudier. La santé du père Vergaro fut durement attaquée, et on lui retira un rein.

En 1945, enfin libéré, il se voit confier par l’évêque la mission d’ouvrir un nouveau centre d’apostolat à l’extrémité orientale de la mission de Toungoo : une centaine de villages, dont les habitants parlent encore une autre langue, et où se sont déjà implantés des missionnaires protestants, outre les habituels bouddhistes. Le père Vergaro y arriva en 1946.

Alors qu’il réussissait déjà à prendre contact, à gagner quelques catéchumènes, à soigner et guérir quelques malades, les missionnaires de l’autre religion devinrent jaloux de son influence et le calomnièrent auprès de la population.

En 1948 arriva un autre prêtre italien, le père Galastri, qui s’y connaissait en matière de menuiserie et de maçonnerie ; ainsi naquirent une école, une église, un orphelinat, un dispensaire… grâce auxquels il étendit les formes de son apostolat, luttant inlassablement contre les préjugés traditionnels, les croyances bouddhistes. 

Mais à partir de la proclamation de l’indépendance (1948), se développèrent des foyers de guerre civile, et les catholiques furent grandement dénigrés auprès des nouvelles autorités civiles. Quand les révoltés furent mis en déroute, leur chef devient le grand ennemi des missionnaires. En 1950, la mission est coupée en deux quand la ville de Loikaw est reprise par les troupes gouvernementales d’un côté, tandis que Shadow est aux mains des rebelles. Il fallait sans cesse traverser les lignes de combat.

Fin janvier 1950, les pères Vergaro et Galastri furent perquisitionnés et accusés d’être espions. Arrêtés, ils furent dans l’impossibilité de faire connaître leur situation.

On sut bien plus tard que le 24 mai 1950, les deux pères, avec leur fidèle catéchiste Isidore, furent arrêtés, longuement interrogés, fait marcher le long du fleuve Salween et, au matin du 26 mai 1950, fusillés ; leurs corps furent emballés dans des sacs jetés dans le courant du fleuve.

La première nouvelle de leur assassinat n’apparut à la radio locale que le 31 août suivant.

 

Le père Vergaro et le catéchiste Isidore furent béatifiés en 2014.

 

 

Isidore Ngei Ko Lat

1918-1950

 

Ce laïc naquit en 1918, dans une famille de paysans récemment convertis grâce au père Paolo Manna (v. 15 septembre) à Taw Pon Athet (Birmanie).

A l’adolescence, il perdit ses deux parents et fut recueilli avec son frère chez une tante.

Fidèle à sa foi, il aidait volontiers les missionnaires dans leurs activités, et entra au séminaire. Excellent élève, il apprit à maîtriser parfaitement le latin et l’anglais. Mais sa santé asthmatique l’obligea à revenir chez les siens.

Isidore conserva son idéal sacerdotal ; il fit le vœu de chasteté et ouvrit une école privée à Dorokho, pour enseigner aux enfants le birman et l’anglais, le catéchisme, la musique et le chant.

C’est avec enthousiasme qu’il accepta la proposition que lui fit le père Vergara d’être catéchiste. C’est dans cette optique qu’il accompagna le missionnaire à Shadaw, où il servit aussi d’interprète pour l’autre missionnaire, le père Galastri.

Il était aux côtés du père Vergara lorsque celui-ci tenta, en vain, d’obtenir la libération d’un autre catéchiste. Ils furent fusillés tous les deux à Shadaw en haine de la foi chrétienne, le 26 mai 1950.

Ils ont été béatifiés en 2014.

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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 23:00

25 MAI

 

III.

S Canio, évêque et martyr à Atella.

S Urbain, évêque romain, qu’on confond avec le pape du même nom (cf.19 mai).

IV.

S Dionysios, évêque à Milan, adversaire et victime des ariens, exilé en Cappadoce.

Ss Mauxe et Vénérand, martyrs décapités près de Acquigny, où on les invoque pour obtenir la pluie.

V.

S Zenobius, évêque à Florence.

VI.

S Lyé, abbé à Mentenay : son prédécesseur avait fondé cette abbaye et succéda à s. Remi à Reims.

VIII.

S Aldhelm, abbé à Malmesbury, premier évêque à Sherborne ; il lisait la Bible en hébreux, parlait grec, écrivait prose et vers en latin.

S Bede le Vénérable, bénédictin clunisien à Jarrow, auteur d'une "Histoire des Anglais", encyclopédie de quarante-cinq volumes qui lui valut le titre de Père de l'histoire anglaise.

X.

S Genadio, évêque à Astorga, où il fonda ou fit revivre quarante-huit monastères.

S Grégoire VII, pape (1073-1085), bénédictin, réformateur de l'Eglise et illustre dans la "querelle des investitures" (cf. l’épisode de Canossa avec l’empereur Henri IV).

XIII.

B Gerardo Mecatti de Villamagna, croisé prisonnier des Turcs ; il fut servant à l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, puis reçut en Italie l’habit du tiers-ordre franciscain.

S Gérard de Lunel, saint homme parti de l’Hérault avec son frère pour la Terre Sainte, mais mort en route, et enterré à Montesanto.

XV.

S Andrea Giacomo-Filippo Bertoni, épileptique dans sa jeunesse, prieur des Servites à Faenza.

XVII.

Ste Catarina (Maria Maddalena) de' Pazzi, carmélite déchaussée à Florence, mystique, qui ne perdit jamais la joie dans ses dures épreuves spirituelles.

XIX.

S Phêrô Ɖoàn Văn Vân, catéchiste vietnamien, martyrisé à presque quatre-vingts ans, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Ste Madeleine-Sophie Barat, fondatrice de l’Institut des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus (une de leurs maisons est à Poitiers, où vécut Sœur Josefa Menéndez).

S Denis Ssebuggwawo Wasswa, seize ans, un des jeunes martyrs de l’Ouganda, fêté le 3 juin.

XX.

Ss Cristóbal Magallanes Jara (*1869) et Agustín Caloca Cortés (*1898), prêtres mexicains martyrs (fusillés en 1927), béatifiés en 1992, canonisés en 2000 et fêtés avec leurs Compagnons le 21 mai.

B Mykola Tsehel’s’kyi (1896-1951), prêtre ukrainien, père de quatre enfants, mort en camp à Javas, martyr béatifié en 2001.

Canio d’Atella

† 292 ou 430

 

Il y a deux sources anciennes concernant Canio. Elles diffèrent en des points de détail, mais concordent sur l’essentiel.

L’essentiel est que Canio était un évêque d’Afrique, arrêté au moment de la persécution, torturé de mille façons puis abandonné sur une barque sans voile qui arriva cependant sur les côtes de Campanie. De là, Canio rejoignit Atella où il prêcha, et où aussi des ennemis le mirent à mort.

Les détails divergents sont les suivants : 

La persécution était celle de Dioclétien (292) ou celle du roi arien Genséric (années 430).

Dans le premier cas, Canio fut flagellé avec des fouets garnis de plombs, brûlé avec des torches enflammées, jeté en prison déjà mourant. Le lendemain, il fut suspendu et encore fouetté jusqu’à perdre tout son sang, mais Canio continuait à proclamer la Foi et à instruire le peuple ; beaucoup de païens se convertirent, et furent immédiatement décapités. Canio fut écartelé sur le chevalet, encore fouetté avec ce raffinement qu’on lui fit couler du plomb fondu sur ses plaies. Il devait être décapité, mais un terrible ouragan se déchaîna, mettant en fuite les bourreaux. C’est alors que le préfet romain fit monter Canio sur un bateau sans rame ni voile, qui cependant accosta rapidement en Campanie.

Dans le deuxième cas, Genséric fait monter douze évêques africains - avec beaucoup d’autres fidèles chrétiens - sur un bateau sans rame ni voile, qui accoste en Campanie, où les douze évêques se séparent et vont évangéliser les populations. Canio se fixe à Atella.

Les deux versions se rejoignent ici, affirmant que les ennemis du Christ voulurent lapider Canio. Le premier texte complète le fait avec ces détails surprenants : poursuivi, Canio se cache sous un buisson que les araignées couvrent immédiatement avec leur toile, et où Canio, exténué, rend son âme à Dieu. Un oiseau veille sur son corps, on voit l’âme de Canio s’envoler vers le ciel ; plus tard une source jaillit du tombeau.

Beaucoup de miracles furent attribués à Canio : un malade victime d’une grave angine, un aveugle, un possédé, furent guéris. 

Atella se trouve en région Basilicate, province de Potenza, Italie S.

Saint Canio d’Atella est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dionysius de Milan

† 361

 

Dionysius fut le onzième évêque de Milan, de 350 à 355.

Durant ces quelques années, il souffrit beaucoup pour la défense de la foi du concile de Nicée (325).

Lors du concile de Milan (355), pensant agir au profit de la paix intérieure de l’Eglise, il eut la faiblesse de signer la condamnation du grand évêque Athanase, soi-disant accusé de crime de lèse-majesté contre l’empereur. Mais il signait à la condition que tous les évêques ariens recevraient la foi de Nicée, ce à quoi tous s’engagèrent. 

Ce n’était qu’une manœuvre. Dionysius comprit trop tard son erreur ; mais comment la réparer ? Eusèbe de Verceil (v. 1er août) vola à son secours. Il fit remarquer qu’il ne pouvait signer après Dionysius, puisque Dionysius était son élève ; les ariens acceptèrent de corriger les tablettes et rayèrent la signature de Dionysius. Mais Eusèbe alors refusa catégoriquement de signer, Dionysios également.

Rien ne fit plus changer d’avis Dionysius.

Les trois évêques Eusèbe de Verceil, Lucifer de Cagliari (v. 20 mai) et Dionysios furent exilés. Dionysios fut envoyé en Cappadoce, surveillé par des évêques ariens. Il était chargé de chaînes, sans cesse déplacé de plus en plus loin, mais toujours salué par les populations ; il reçut même une lettre d’encouragements du pape Libère.

Il fallait un remplaçant à Dionysius : l’empereur y installa un oriental, qui ne comprenait pas le latin…

Dionysius mourut en 361 ; son corps repose aujourd’hui dans la cathédrale de Milan.

Saint Dionysius de Milan est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Zenobius de Florence

† 425

 

Zenobius (devenu Zanobi en italien) était né vers le milieu du 4e siècle à Florence.

Tôt baptisé, il reçut une formation chrétienne et fut vite admis dans le clergé.

En 394, s.Ambroise (v. 7 décembre) s’arrêta à Florence où il remarqua Zenobius et le prit comme compagnon pour aller trouver le pape Damase (v. 11 décembre) à Rome.

C’est ce même pape qui aurait alors ordonné diacre Zenobius et même lui aurait confié une mission à la cour de Constantinople.

De retour à Florence, il fut unanimement préconisé pour devenir le deuxième évêque de la ville (ou le sixième, si l’on considère les quatre premiers évêques «légendaires»).

Vers 405, Zenobius organisa la résistance contre l’Ostrogoth Radagaiso et ses troupes.

Zenobius apparaît comme le véritable organisateur du diocèse de Florence, par la construction d’églises, le développement de l’évangélisation et de la liturgie.

Parmi les nombreux miracles attribués à Zenobius, on parle de la résurrection d’un petit enfant.

Ecrivant vers 422, s.Ambroise parle de Zenobius comme d’un saint homme.

Zenobius mourut donc après cette date, entre 422 et 429.

On dit que lors des funérailles, au passage de son corps, un arbre sec se remit à fleurir.

Saint Zenobius de Florence est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lyé de Mantenay

† 545

 

L’abbaye à Mantenay fut fondée au début du 6e siècle par Romain qui, en 533, fut appelé à succéder à s.Remi (v. 13 janvier) sur le siège de Reims.

C’est alors que son disciple, Lyé (Léo en latin), fut nommé abbé de Mantenay.

Les vertus et les miracles de celui-ci le firent vénérer durant sa vie et après sa mort.

Il mourut vers 545.

Le village prit ensuite son nom. 

L’abbaye fut détruite en 959 par les Saxons, un château-fort y fut construit par les rois, forteresse servant à protéger la ville de Troyes.

Saint Lyé de Mantenay est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

Aldhelm de Sherborne

639-709

 

Aldhelm naquit vers 639 en Wessex (Angleterre), parent du roi Ine. Son père serait un certain Kenten, peut-être le roi du Wessex Centwine.

Son premier maître fut l’irlandais Maildubh, puis l’italien Adriano, qui venait d’être envoyé de Rome pour accompagner Théodore, le futur évêque de Canterbury (v. 19 septembre). Fort de cette formation, Aldhelm fut en mesure de lire l’Ecriture dans le texte hébraïque, de parler grec, d’écrire et de versifier en latin, sans oublier ses connaissances dans le droit romain, l’astronomie et l’astrologie.

Il revint vers son premier maître auquel, en 675, il succéda comme abbé du nouveau monastère de Malmesbury. Il le restera trente années et fonda deux autres monastères bénédictins à Frome et Bradford.

Très austère, il était capable de s’immerger dans l’eau glacée pendant la récitation d’un psautier. Mais ce n’était pas un cœur dur ; il composait et chantait des poèmes, qu’on n’a malheureusement pas retrouvés : il les chantait le dimanche sur un pont où passaient les villageois, qui ne fréquentaient guère l’église ; ainsi il les rassemblait et leur adressait quelque bonne exhortation.

Il écrivit plusieurs ouvrages en latin, dont le plus connu est son Eloge de la Virginité, destiné aux moniales de Barking. Sur le même thème, il dédia un long poème à Notre-Dame, maxima abbatissa, la plus grande abbesse. Il semble avoir été le premier Anglo-Saxon à écrire en vers latins, et s.Bede le Vénérable (v. 26 mai) l’eut en grande estime. Sa réputation gagna l’Irlande, la Gaule, l’Italie.

Aldhelm alla trouver le pape à Rome ; il était tout-à-fait acquis aux usages romains, et s’efforça d’y gagner les moines de Cornouaille.

En 705, fut créé le diocèse de Sherborne, dont il devint le premier évêque.

Il mourut le 25 mai 709, après une vie toute sainte, remplie de miracles qui continuèrent après sa mort.

Saint Aldhelm de Sherborne est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Genadio d’Astorga

865-936

 

Genadio (on l’appelle populairement Juanacio) était originaire du Bierzo (Espagne NO), où il était né vers 865. On l’a dit parent d’Ordoño Ier et fils d’Alfonso III et de Jimena des Asturies.

Il devint moine au monastère d’Ayoó de Vidriales puis, vers 892-895, au monastère de San Pedro de Montes, complètement abandonné. Avec douze confrères, il le restaura et, en 896, il en fut nommé abbé.

Ce fut ensuite une succession de restaurations ou de fondations que Genadio entreprit ; il y en eut une quarantaine dans le seul diocèse d’Astorga. On retiendra ici seulement ceux de Santiago de Peñalba*, San Alejandro, Santa Leocadia de Castañeda, San Andres.

En 908, Genadio fut nommé évêque d’Astorga et devint le conseiller préféré des rois Alfonso III, García Ier et Ordoño II.

En 919 cependant, il décida de se démettre pour revenir à la solitude du monastère et se retira à Valle del Silencio.

On lit parfois qu’en 930, à la mort de son successeur Fortis, Genadio administra le diocèse jusqu’à la nomination du nouvel évêque (932), mais cette vacance n’apparaît pas dans la liste officielle des évêques d’Astorga.

L’œuvre de restauration de Genadio contribua beaucoup à repeupler toute la région du Bierzo.

Genadio  mourut à Peñalba de Santiago* en 936, le 24 ou 25 mai.

Saint Genadio d’Astorga est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

* La localité Santiago de Peñalba a pris ensuite l’appellation inversée Peñalba de Santiago.

 

Grégoire VII

1073-1085

 

Ce cent-cinquante-septième pape, qui devait succéder à Alexandre II, était le fils d’un humble charpentier de Toscane. Ildebrando - c’était son prénom de baptême - grandit et étudia à Rome, où il entra dans le clergé.

Ildebrando, devenu abbé de Saint-Paul-hors-les-Murs, réforma ce monastère avec succès, au point que le pape Léon IX l’envoya comme légat pontifical en France pour lutter contre la simonie et le nicolaïsme (la simonie était la pratique d’acheter des charges ecclésiastiques ; le nicolaïsme, celle de certains clercs qui vivaient maritalement). C’est lui aussi qui obtint la rétractation de Bérenger, qui niait la présence réelle dans l’Eucharistie, et le fit réadmettre dans la communion. En outre, il avait procédé à une première révision des lois de l’Eglise, qui devait être reprise ensuite par s.Pietro Damiano pour aboutir à la constitution du droit canonique.

Six papes s’étaient succédé sur le siège de Saint-Pierre durant seulement un quart de siècle. A la mort d’Alexandre II, il fallait quelqu’un qui achevât l’œuvre de ces papes trop éphémères. Ildebrando, qui avait été leur conseiller, fut l’élu ; il n’avait pas soixante ans (cinquante-trois ou cinquante-huit, suivant la datation incertaine de sa naissance).

Grégoire VII eut d’abord deux soucis, mais là il ne put réaliser ses projets : il aurait voulu mettre fin au schisme d’Orient, et reprendre Jérusalem tombée tout récemment aux mains des Turcs.

Le nouveau pape fut plus efficace dans l’œuvre de la réforme intérieure de l’Eglise. Il s’appuya fortement sur ses légats pour s’informer validement des faits en divers pays et pour y prendre en son nom toutes mesures qu’ils auraient jugées nécessaires. Il y eut parmi eux Hugues de Die, Hugues de Cluny.

Contre la simonie, il intervint énergiquement : toute personne ayant obtenu à prix d’argent une quelconque charge, devenait par le fait-même inhabile à la remplir. Sur ce problème se greffa celui de la querelle des Investitures : le nouvau pape réaffirma son autorité pour nommer ou déposer les évêques ; pour créer les évêchés ; pour convoquer un concile et même pour déposer un souverain.

Contre le nicolaïsme, il était interdit aux clercs indisciplinés de célébrer la messe ; interdit aux fidèles d’y assister. Des évêques furent suspendus. Grégoire VII écrivit à l’archevêque de Cologne : “Sans la chasteté, les autres vertus ne valent rien, de même que la chasteté perd son prix si elle n’est accompagnée des autres vertus.”

Le conflit s’exacerba entre le pape et l’empereur germanique. Henri IV se permit de nommer et de faire sacrer son propre partisan comme archevêque à Milan, puis un autre à Fermo, puis à Spolète. Le pape le lui reprocha sévèrement, à quoi l’empereur répondit en réunissant une assemblée à Worms, où vingt-cinq évêques déclarèrent refuser obéissance au pape, et envoyaient au pape une injonction à abdiquer. Le pape ne pouvait accepter et délia les sujets de l’empereur de leur devoir d’obéissance.

La Thuringe se déclara contre l’empereur, qui intervint en exterminant toute la population. A Rome, le préfet Censius, ami de l’empereur, fit arrêter le pape en pleine célébration de la messe de Noël (1075). La foule l’obligea à le libérer. Henri IV écrivit même au pape cette lettre grossière : “Descends, descends, descends ! Tu es maudit pour les siècles des siècles.”

Le prince Rodolphe de Souabe menaça Henri ; celui-ci fit semblant de s’adoucir, et finit par être conduit à Canossa, où se trouvait le pape et à qui il implora son pardon (janvier 1077).

Après s’être “rendu à Canossa”, Henri chercha à reprendre le contrôle de la situation, tandis que le pape regagnait Rome. Là, après quelques années d’incertitude, un concile finit par excommunier l’empereur (1080).  Ce dernier se vengea en faisant élire un antipape, Clément III, mais il fut vaincu en octobre 1080 par les troupes de Rodolphe.

Henri réussit à rentrer dans Rome en 1084, à se faire couronner par son pape Clément III, mais dut quitter la Ville rapidement, menacé par Robert Guiscard, le duc de Pouille et de Calabre, qui arrivait avec ses troupes normandes. Henri remonta en Germanie et put encore imposer son autorité pendant de longues années, jusqu’à ce que ses propres fils l’obligent à abdiquer ; il finit misérablement ses jours à Liège en 1105.

Pendant ce temps, le pauvre Grégoire VII s’était réfugié à Salerne, ne se sentant plus en sécurité à Rome. Fatigué et brisé par tant de luttes, il s’éteignit là le 25 mai 1085, après douze années de pontificat. Il fut canonisé en 1606, et eut pour successeur Victor III.

 

 

Gherardo Mecatti de Villamagna

1174-1243

 

Gherardo naquit, pense-t-on, en 1174 à Villamagna (Florence, Italie), de pieux et pauvres parents, des fermiers qui moururent quand il eut douze ans.

Il fut recueilli par le patron des parents. Celui-ci était chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, et l’emmena en 1195 aux Lieux-Saints quand il partit à la croisade. Là, ils furent faits prisonniers par les Turcs, musulmans ; le chevalier mourut, et Gherardo obtint sa libération après avoir subi toutes sortes de mauvais traitements.

Revenu à Villamagna, Gherardo se retira dans une petite hutte pour y pratiquer les exercices de la pénitence et de la contemplation.

Deux ans plus tard, un autre chevalier parent du premier, l’emmena en Syrie. Ils étaient alors vingt chevaliers, et furent assaillis par une troupe de deux-cents pirates. Moment de panique ; Gherardo leur conseilla vivement d’attaquer, car ils devaient être vainqueurs, ce qui arriva : cinquante pirates furent tués, les autres mis en déroute.

Gherardo alors resta sept années en Palestine, au service des Chevaliers de Saint-Jean, s’occupant des malades et des pèlerins, priant tout le temps qui lui restait. Mais se voyant objet de curiosité et aussi de vénération, il demanda la permission de repartir dans son village.

Ayant rencontré Francesco d’Assise, il demanda l’habit franciscain et retourna à son ermitage, où il vécut le reste de ses jours, dans la plus stricte pauvreté, donnant ce qu’il avait, mendiant pour les autres. En plein hiver, il fit un jour mûrir des cerises sur l’arbre, pour satisfaire aux désirs d’un pauvre.

Gherardo faisait trois «pèlerinages» chaque semaine dans un oratoire assez éloigné : le lundi, il priait pour les âmes du purgatoire, le mercredi pour ses propres péchés, le vendredi pour la conversion des pécheurs et des musulmans. Souvent il se rendait au sommet d’une colline dite de la Rencontre, où il construisit un oratoire dédié à la Sainte Vierge ; il avait demandé pour cela à un paysan de lui prêter une paire de bœufs pour tirer des matériaux : sur le refus du paysan, il appela quatre jeunes veaux , qui vinrent docilement exécuter le travail. Plus tard, saint Leonardo de Porto Maurizio (v. 26 novembre) devait y construire un couvent franciscain.

Certains ont fait mourir Gherardo en 1270, à quatre-vingt-seize ans, d’autres ont retardé la date de sa naissance ; le jour exact (13, 18 ou 25 mai) est aussi controversé. Une date plus probable pourrait être le 25 mai.

A la suite de nombreux miracles, le culte de Gherardo fut ratifié en 1833.

 

 

Gérard de Lunel

1275-1298

 

Gérard était né vers 1275 à Lunel (Hérault). Dès l’âge de cinq ans il appartint au Tiers-Ordre franciscain.

Lui et son frère Effrenaud héritèrent de leur père une importante baronie, mais quand Gérard atteignit la majorité, les deux frères voulurent se retirer dans une vie d’ermites, dans deux grottes non loin du pont du Gard.

L’endroit était dangereux, car les eaux du fleuve pouvaient monter et les noyer. Un jour qu’ils furent encerclés par les eaux, deux serpents vinrent leur apporter du pain, puis ils se rendirent au château voisin pour recevoir le vrai Pain eucharistique. Les gens, qui les avaient crus morts, furent très impressionnés et se mirent à leur rendre visite.

Pour échapper à la célébrité, ils prirent la décision de s’embarquer pour un pèlerinage en Terre Sainte, mais une tempête les contraignit à regagner la côte de Toscane ; ils gagnèrent alors Rome, où ils restèrent environ deux ans à visiter les basiliques et les tombeaux des Apôtres.

Ayant alors entendu parler d’une saint ermite qui vivait près d’Ancône, un certain Liberio, ils voulurent le connaître et se mirent en route. Chemin faisant, Gerard fut pris d’un violent mal de tête. Non loin d’Ancône, à Monte Santo (auj. Potenza Picena), Gérard eut une crise cardiaque et, le temps que son frère allât chercher de l’aide au pays, rendit son âme à Dieu, le 25 mai 1298, à vingt-trois ans.

La population de Monte Santo adopta ce saint homme : elle l’appela Gerio ou Girio, et le «canonisa» sans tarder. On l’invoque contre l’épilepsie et les maux de tête.

Son culte fut reconnu en 1742. Le Martyrologe le mentionne avec son nom italien, latinisé en Gerius.

 

 

Andrea Bertoni

1454-1483

 

Andrea Bertoni naquit en 1454 à Celle di Faenza (Emilie Romagne, Italie NE), de parents pauvres.

Comme il souffrait de crises d’épilepsie, son père promit à Dieu, s’il guérissait, de l’offrir à la vie religieuse. C’est ainsi qu’Andrea entra à neuf ans chez les Servites de Marie, où il prit le nom de Giacomo Filippo.

Il se prépara au sacerdoce dans une intense prière, dans l’approfondissement de l’Ecriture Sainte, et la mortification. Devenu prêtre, il ne pouvait célébrer la Messe sans verser des larmes et trembler de tout son corps, tant il était pénétré de son indignité.

Il fut nommé procureur (ou prieur) du couvent. Serviable, sobre de paroles, doux, effacé, il fut remaqué et aimé par ses Confrères.

Il s’imposa un style de vie très austère, très rigoureux, mangeant une seule fois par jour, au point qu’il n’avait littéralement que la peau et les os.

Divinement averti de sa mort prochaine, il alla trouver tous ses Confrères le 24 mai 1483 pour leur demander pardon un à un. Il s’éteignit à vingt-neuf ans, le 25 mai 1483, le jour de la fête de la Sainte Trinité.

Un des tout premiers miracles avenus peu après sa mort, fit que le miraculé en écrivit sans tarder la première biographie. Les nombreux miracles entretinrent un culte qui fut approuvé en 1761.

Quand l’église des Servites fut bombardée en 1944, le corps du Bienheureux fut transporté dans la cathédrale de Faenza.

 

 

Catarina (Maria Maddalena) de’ Pazzi

1566-1607

 

Sainte Marie-Madeleine de Pazzi, l'une des fleurs les plus suaves qui aient embaumé les jardins du Carmel, naquit le 2 avril 1566 à Florence de l'illustre famille des Pazzi. Son père était Camillo Geri de’ Pazzi et sa mère Marie-Laurence de Bondelmonte. Elle fut nommée Catarina à son baptême en l'honneur de sainte Catherine de Sienne qu'elle eut toujours en grande vénération.

Dès l'âge de sept ans, à l'école du Ciel, elle était formée à l'oraison, et elle paraissait presque un prodige de mortification. Toute une nuit elle porta une couronne d'épines sur sa tête, avec des douleurs inexprimables, pour imiter son Amour crucifié. Chaque fois que sa mère avait communié, l'enfant s'approchait d'elle et ne pouvait plus la quitter, attirée par la douce odeur de Jésus-Christ.

A partir de sa Première Communion, elle fut prête à tous les sacrifices, et c'est dès lors qu'elle fit à Jésus le vœu de n'avoir jamais d'autre époux que Lui. C'est en effet à l'âge de douze ans qu'elle fit le vœu de conserver la virginité. Aussi, quand plus tard, son père voulut la marier, elle s'écria : " Je livrerais plutôt ma tête au bourreau que ma chasteté à un homme."

Son père avait été nommé gouverneur de la ville de Cortone par le grand-duc de Toscane et avait laissé notre sainte en pension chez les religieuses de Saint-Jean à Florence.

A son retour il lui chercha un parti mais sa fille lui représenta son désir d'entrer au Carmel. Elle y entra en habit séculier et quinze jours après en ressortit pour trois mois par obéissance pour son père qui voulait éprouver sa vocation. Enfin, elle fut admise définitivement au Carmel avec la bénédiction affectueuse et chaleureuse de ses parents.

La sainte épouse du Christ entra au Carmel, parce qu'on y communiait presque tous les jours. Dès lors sa vie est un miracle continuel ; elle ne vit que d'extases, de ravissements, de souffrances, d'amour. Pendant cinq années, elle fut assaillie d'affreuses tentations ; son arme était l'oraison, durant laquelle elle s'écriait souvent : " Où êtes-Vous, mon Dieu, où êtes-Vous ?"

Un jour, tentée plus fortement qu'à l'ordinaire, elle se jeta dans un buisson d'épines, d'où elle sortit ensanglantée, mais victorieuse.

Le feu de l'amour divin était si brûlant en elle, que n'en pouvant supporter l'ardeur, elle était obligée pour la tempérer de répandre de l'eau sur sa poitrine. Souvent ravie hors d'elle-même, elle éprouvait de longues et merveilleuses extases, dans lesquelles elle pénétrait les mystères célestes, et recevait de Dieu des faveurs admirables. Fortifiée par ces secours, elle soutint un long combat contre le prince des ténèbres, livrée à la sécheresse et à la désolation, abandonnée de tout le monde, et poursuivie de diverses tentations, par la permission de Dieu, qui voulait en faire le modèle d'une invincible patience et de la plus profonde humilité.

Mais Notre Seigneur ne l'abandonna pas, qui lui prescrivit des règles admirables pour la conduite de sa vie :

1. d'avoir la même pureté dans toutes ses paroles et toutes ses actions, que si elles étaient les dernières heures de sa vie.

2. De ne donner jamais d'avis sans avoir auparavant consulté Jésus-Christ attaché à Sa croix.

3. D'avoir toujours un saint empressement de faire la charité aux autres.

4. De ne faire pas plus de cas de son corps que de la terre qu'on foule aux pieds.

5. de ne refuser jamais à personne ce qu'elle pourrait accorder.

6. d'avoir autant qu'il lui serait possible beaucoup de condescendance pour les autres.

7. de faire autant de cas de ces règles que si Jésus-Christ même les lui avait données.

8. d'offrir souvent, depuis les six heures du soir jusqu'au temps de la communion, la Passion de Jésus-Christ à son Père, et de s'offrir aussi elle-même, et toutes les créatures, en mémoire de ce qu'il fut séparé de sa sainte Mère depuis sa Passion jusqu'à la Résurrection et, enfin, de tâcher de visiter le Très Saint Sacrement le jour et la nuit, jusqu'à trente fois, si la charité ou l'obéissance ne lui en ôtait les moyens.

9. d'être toujours, et en toutes ses actions, transformée en Jésus-Christ, par la résignation à Sa volonté.

Elle avait tant de plaisir à proférer ces mots : La Volonté de Dieu ! qu'elle les répétait continuellement, disant à ses sœurs : Ne sentez-vous pas combien il est doux de nommer la Volonté de Dieu ? Un jour, ravie en extase, elle alla par tout le couvent en criant : Mes sœurs, oh ! que la Volonté de Dieu est aimable !

Il plut à Dieu de la crucifier longtemps par des douleurs indicibles, qui la clouaient sur son lit, dans un état d'immobilité en même temps que de sensibilité extraordinaire. Loin de demander soulagement, elle s'écriait bien souvent : Toujours souffrir et ne jamais mourir !

Son cœur était un brasier ardent consumé par l'amour. Quinze jours avant sa mort, elle dit : Je quitterai le monde sans avoir pu comprendre comment la créature peut se résoudre à commettre un péché contre son Créateur.

Elle répétait souvent : Si je savais qu'en disant une parole à une autre fin que pour l'amour de Dieu, je dusse devenir plus grande qu'un Séraphin, je ne le ferais jamais.

Près de mourir, ses dernières paroles à ses sœurs furent celles-ci : Je vous prie, au nom de Notre-Seigneur, de n'aimer que Lui seul !

Elle rendit son âme le 25 mai 1607, le lendemain de l'Ascension à midi. Son visage devint si beau et si vermeil que personne ne se lassait de le regarder.

Son corps, revêtu d'une tunique, d'un scapulaire et d'un manteau de taffetas blanc, fut inhumé derrière le grand autel, où, deux ans après, il fut trouvé aussi sain et intact que le jour où il y avait été mis ; de plus, son corps exhalait un parfum admirable, quoiqu'il eût été inhumé sans cerceuil et sans avoir été embaumé.

Urbain VIII l'a déclarée bienheureuse en 1626 et Clément X l'a canonisée en 1669. Inscrite au Martyrologe Romain le 25 mai, elle est également au calendrier universel de l’Eglise depuis la réforme de l’après-concile Vatican II.

Une de ses reliques se trouvait encore au début du XXe siècle à l'Hôtel-Dieu d'Abbeville.

 

Prière.

 

" Votre vie ici-bas, Ô Madeleine, a semblé celle d'un ange que la volonté divine eût captivé sous les lois de notre nature inférieure et déchue. Toutes vos aspirations vous entraînaient au delà des conditions de la vie présente, et Jésus se plaisait à irriter en vous cette soif d'amour qui ne pouvait s'apaiser qu'aux sources jaillissantes de la vie éternelle. Une lumière céleste vous révélait les mystères divins, votre cœur ne pouvait contenir les trésors de vérité et d'amour que l'Esprit-Saint y accumulait; et alors votre énergie se réfugiait dans le sacrifice et dans la souffrance, comme si l'anéantissement de vous-même eût pu seul acquitter la dette que vous aviez contractée envers le grand Dieu qui vous comblait de ses faveurs les plus chères.

 

Âme de séraphin, comment vous suivrons-nous ? Qu'est notre amour auprès du vôtre ? Nous pouvons cependant nous attacher de loin à vos traces. L'année liturgique était le centre de votre existence ; chacune de ses saisons mystérieuses agissait sur vous, et vous apportait, avec de nouvelles lumières, de nouvelles ardeurs. L'Enfant divin de Bethlehem, la sanglante Victime de la croix, le glorieux Epoux vainqueur de la mort, l'Esprit rayonnant de sept dons ineffables, vous ravissaient tour à tour ; et votre âme, renouvelée par cette succession de merveilles, se transformait toujours plus en celui qui, pour s'emparer de nos cœurs, a daigné se traduire lui-même dans ces gestes immortels que la sainte Eglise nous fait repasser chaque année avec le secours d'une grâce toujours nouvelle. Vous aimiez ardemment les âmes durant votre vie mortelle, Ô Madeleine ; votre amour s'est accru encore dans la possession du bien suprême ; obtenez-nous la lumière pour voir mieux ce qui ravissait toutes vos puissances, l'ardeur de l'amour pour aimer mieux ce qui passionnait votre cœur."

Phêrô Đoàn Văn Vân

1780-1857

 

Phêrô (Pierre) était né vers 1780 à Kẻ Bói (Hà Nam, Vietnam).

Ce laïc fut professeur et responsable de la gestion des terres. Très consciencieux, il travaillait avec passion.

A vingt-cinq ans, il fut catéchiste.

Phêrô se montra doux avec les doux, proche des pauvres, mais très sévère pour lui-même. Il mangeait peu, et portait un habit très simple. Il se porta au secours des malades, assistait les mourants, s’efforçait d’apaiser les litiges. Dans le diocèse, on disait : Untel est aussi vertueux que Vân.

Dénoncé, arrêté par erreur alors qu’on cherchait un prêtre, il rappela qu’il n’était qu’enseignant, et non prêtre. On lui proposa d’apostasier, ce qu’il refusa nettement.

Il fut torturé sur tout son corps dans la prison de Sơn Tây.

Le 25 mai 1857, ce vieillard de soixante-dix-sept ans fut traîné, chargé de chaînes, une corde au cou. Phêrô se montrait calme, souriant ; arrivé au lieu du supplice, en-dehors de la ville, il demanda un moment pour prier.

Il fut décapité à Sơn Tây (Ha Tay), le 25 mai 1857.

Il a été béatifié en 1909, canonisé en 1988.

La fête commune des Martyrs vietnamiens est fixée au 24 novembre.

 

 

Madeleine-Sophie Barat

1779-1865

 

Un incendie provoqua la naissance prématurée de Madeleine-Sophie, le 13 décembre 1779, troisième enfant de Jacques et Marie-Magdeleine Foufé, après Louis et Marie-Louise.

Le petit poupon était si chétif qu’on le baptisa le matin même. Elle eut pour parrain son frère, plus tard prêtre et son premier directeur spirituel (peut-être plus directeur que spirituel). La délicatesse de cœur de la petite fille apporta bien des consolations à sa mère, qui eut à souffrir de son mari.

Madeleine-Sophie reçut la première Communion à dix ans. Elle fit des études littéraires et scientifiques, se régalant de Virgile et Homère, et les compléta à Paris.

A Paris, l’abbé Louis et sa sœur habitaient dans la rue de Touraine, où le jeune prêtre célébrait clandestinement la Messe, car on était en Révolution.

En 1800, Madeleine-Sophie rencontra l’abbé Varin (voir notice de Julie Billiart, au 8 avril), qui enthousiasma la demoiselle par l’amour du Sacré-Cœur et lui suggéra la fondation de la Société du Sacré-Cœur pour l’éducation des jeunes filles.

Les quatre premières «Mères» se consacrèrent en novembre 1800, convenant de bannir de chez nous ces petitesses de couvent, ces retours d’amour propre ; le Sacré-Cœur de Jésus ne veut que des âmes grandes.

Les fondations s’enchaînèrent sans tarder : Amiens, Grenoble, Poitiers, Niort, Beauvais, Lyon, Bordeaux, Le Mans, Autun, Besançon, Turin, Metz, Lille, Perpignan, Avignon, Rome enfin ; mais aussi à New Orleans (Louisiane), Bruxelles, Marseille, Nantes, Tours, Laval, Montpellier, Nancy ; en Algérie, en Italie, en Angleterre, en Espagne.

Madeleine-Sophie fut élue supérieure en 1802, supérieure générale en 1805. Elle dut voyager beaucoup pour visiter toutes ces maisons.

De passage à Lyon, elle reçut la bénédiction du pape Pie VII qui s’y trouvait, objet des vexations de l’empereur. Le même empereur approuva la Société du Sacré-Cœur en 1807.

L’élaboration des constitutions fut troublée par quelqu’un qui tenta de modifier le texte élaboré par la Fondatrice ; elle ne se rebella pas, répétant seulement : Priez, souffrez, patientez, espérez. En 1815, les vraies constitutions furent produites et adoptées. La Société avait pour fin la glorification du Sacré-Cœur par la sanctification personnelle et le salut du prochain. Aux trois vœux de religion, les institutrices en ajoutent un quatrième, celui de se vouer à l’éducation des jeunes filles. Les constitutions furent approuvées par Rome en 1827.

Excellente pédagogue et toujours Mère, Madeleine-Sophie savait entrer dans le cœur des fillettes pour les amener à l’amour du Christ. Elle les écoutait, les recevait (même parfois en-dehors des horaires…).

Une des grandes «conquêtes» de la Société fut la princesse russe Galitzin, orthodoxe fanatique, qui céda à la grâce et affirmait : Je veux pouvoir dire en arrivant à la porte du ciel : Ouvrez-moi, j’ai obéi.

En 1830, la congrégation dut se disloquer à cause des événements. En 1832, la Fondatrice reçut à Rome la visite du pape Grégoire XVI.

En 1839, la Société comptait déjà plus de quarante maisons, la moitié en France. En 1850, elle en compta soixante-cinq. On tenta une fois de plus d’imposer à Mère Barat une modification des constitutions, dans un esprit ignatien ; elle se soumit humblement, douloureusement, mais le pape lui-même intervint en sa faveur, ainsi que l’archevêque de Paris, Mgr Affre, lui qui autrefois refusait de l’approuver et disait à présent : C’est une sainte.

Durant la révolution de 1848, la Société ne fut pas inquiétée.

Toujours sur la brèche, Mère Madeleine-Sophie Barat finit par succomber. Une congestion cérébrale la frappa en 1865. Privée de la parole, elle expira à Paris en la fête de l’Ascension, à vingt-trois heures, le 25 mai 1865.

En 1893, on retrouva son corps intact. La béatification fut prononcée en 1908, la canonisation en 1925.

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison totale et inexplicable d’une fillette de onze ans en Amérique, guérie d’une coxalgie aigüe ; celui pour la canonisation, fut la guérison d’une Religieuse d’une grave déviation de la colonne vertébrale : la Mère Barat lui apparut.

Une autre Religieuse favorisée par des apparitions de Mère Barat, fut Josefa Menéndez, au couvent de Poitiers, qu’on pourra connaître dans l’ouvrage Un Appel à l’Amour.

 

 

Denis Ssebuggwawo Wasswa

1870-1886

 

Ce garçon de seize ans fut martyrisé pour sa foi en Ouganda, le 25 mai 1886, et fut canonisé en 1964.

 

Se reporter à la notice Ouganda (Martyrs de l’)

 

 

Cristóbal Magallanes Jara

1869-1927

 

Fils de Rafael Magallanes et Clara Jara, Cristóbal naquit le 30 juillet 1869 à Totatiche (Jalisco, Mexique). Les parents étaient d’humbles paysans ; le petit garçon gardait les bêtes et travaillait à la ferme, jusqu’à ses dix-neuf ans ; c’est alors qu’il entra au séminaire de Guadalajara en 1888.

Ordonné prêtre en 1899, il fut aumônier à l’école des arts de Guadalajara, puis curé à Totatiche : là, il collabora à l’établissement d’écoles, d’ateliers de charpenterie et d’autres travaux industriels.

Il s’intéressa personnellement à l’évangélisation du peuple Huichol, par la mission à Azqueltán. Il y fonda un orphelinat, une maison de repos, des centres de catéchèse, des églises, des écoles ; il aida les paysans à améliorer leurs cultures par l’adduction d’eau, la technique de l’irrigation, de nouvelles plantations ; il réussit à faire diviser des terrains pour les attribuer à des familles pauvres.

En 1914, le gouvernement laïc ferma le grand séminaire : immédiatement Cristóbal en ouvrit un l’année suivante dans sa paroisse, qui accueillit tout de suite dix-sept élèves. L’archevêque lui envoya un préfet et deux professeurs. Des plus de cent séminaristes qui se préparèrent là au sacerdoce, il y eut son propre vicaire et compagnon de martyre (Agustín Caloca) ainsi que le futur évêque José Pilar Quezada Valdés.

Malgré sa totale indépendance dans le mouvement armé de rébellion, il fut faussement accusé de pousser les Cristeros à la révolte. Arrêté le 21 mai 1927, pendant qu’il se rendait dans une ferme privée pour y célébrer la Messe, il remit le peu qui lui restait à ses bourreaux, leur donna l’absolution et, sans aucun jugement, fut exécuté quatre jours après à Colotlán (Jalisco), en même temps que Agustín Caloca.

Ses derniers mots furent : Je meurs innocent, et je prie Dieu que mon sang serve à l’unité de mes frères mexicains.

C’était le 25 mai 1927.

Cristóbal fut béatifié en 1992 et canonisé en 2000. Son dies natalis est au 25 mai, tandis que sa fête liturgique est au 21 mai, où il est fêté avec ses Compagnons Martyrs. 

 

 

Agustín Caloca Cortés

1898-1927

 

Agustín était né le 5 mai 1898 à Teúl de González Ortega (Zacatecas, Mexique), un des dix enfants de J.Edwiges Caloca et María Plutarca Cortés.

A cinq ans, le petit Agustín eut la variole, dont les conséquences firent que ses bras restèrent comme atrophiés, ce qui ne l’empêcha pas de jouer allègrement avec ses camarades.

Il reçut sa première formation du curé du village lequel, voyant des signes de vocation sacerdotale, le dirigea vers le séminaire de Guadalajara (1912).

Après deux années, il fut obligé de revenir chez lui, car le séminaire était menacé par les troupes révolutionnaires. 

Lorsque le curé de Totatiche ouvrit un séminaire dans sa paroisse, Agustín y fut admis pour terminer ses études de latin et de philosophie. Or, le curé était justement Cristóbal Magallanes.

Après les études de théologie, Agustín fut ordonné prêtre en 1923. A la demande du même Cristóbal Magallanes, Agustín fut nommé vicaire de Totatiche et professeur au séminaire : c’est que, durant ses années de préparation, on avait noté ses qualités excellentes d’humilité, d’obéissance, de piété. On jugeait avec raison qu’il pouvait être un excellent modèle pour les jeunes séminaristes.

Au début de 1927, il fut contraint, avec les douze séminaristes, de se réfugier à Cocoazco. En mai, il dut cependant se rendre à Totatiche pour voir où en était la situation des autres séminaristes. Or, le 21 mai vers dix heures du matin, on apprit que des soldats se trouvaient à l’entrée de Totatiche. Le père Agustín conseilla à tout le monde de se disperser rapidement dans les maisons alentour.

Lui et un autre séminariste cherchèrent à mettre en sûreté des livres ; en cours de route, Agustín remarquait l’inquiétude du séminariste et le rassura.

A un certain moment, Agustín conseilla au séminariste de cacher les livres sous une grosse pierre. Pendant qu’il y était, une troupe de soldats passa, bousculant des Cristeros. Le séminariste était derrière un tronc d’arbre ; quand il sortit de sa cachette, le père Agustín avait disparu.

En réalité, la troupe, guidée par le général Goñi, avait enlevé Agustín et l’avait emmené à Totatiche. Le même jour, on arrêta le curé, Cristóbal Magallanes. Tous deux se retrouvèrent en prison, avec quatre Cristeros.

On proposa à Agustín la liberté, en raison de son jeune âge, mais il ne voulut pas se séparer de son curé.

Les habitants supplièrent le général de libérer ces prêtres qui étaient si pacifiques. Le général promit sur l’honneur de les transférer à Mexico, où leur vie ne serait pas en danger. Les faits furent assez différents.

Le 23 au matin, les deux prêtres furent conduits, via Momáx, à Colotlán, où ils arrivèrent le 25 au matin. Un ordre semblait devoir les faire partir pour Mexico : c’était en réalité pour aller les fusiller.

Devant la mort, le père Agustín dit seulement ces mots de saint Paul : 

C’est pour Dieu que nous vivons, c’est pour Lui que nous mourons (cf. Rm 14:8).

Agustín eut un moment de panique, comme pour éviter la décharge en se détournant ; le chef du peloton vint le «remettre en place» à coups de crosse dans le visage. Le père Magallanes le tranquillisa : Calme-toi, Père, Dieu a besoin de martyrs ; juste un instant, et nous serons au Ciel.

Les deux corps furent ensevelis sur place. Lorsqu’on voulut les transférer, en 1933, on s’aperçut que le cœur du père Caloca était incorrompu, parmi les os du Martyr. Une balle était restée incrustée dans ce cœur, preuve du martyre.

Le père Agustín Caloca a été béatifié en 1992 et canonisé en 2000.

 

 

Mykola Tsehel’s’kyi

1896-1951

 

Mykola (Nicolas) naquit le 17 décembre 1896 à Strusiv (Ternopil, Ukraine).

Les prêtres de l’Eglise uniate ont la possibilité d’être mariés, s’ils contractent le mariage avant leur ordination. Prêtre de l’archiéparchie (archidiocèse) de Lviv, Mykola était marié, et avait deux fils et deux filles.

Il fut ordonné en 1925, après avoir obtenu son diplôme de l’université théologique de Lviv.

Les autorités soviétiques tentèrent d’éradiquer l’Eglise catholique, en la rattachant de force à l’Eglise orthodoxe, qui était affiliée au pouvoir. Mais le clergé résista farouchement. Le père Mykola fut intimidé, menacé : son courage ne fut pas ébranlé.

Arrêté pour sa foi en 1946, il reçut une peine de dix années de prison et dix ans de travaux forcés. Il fut enfermé dans le camp de Javas (Mordovia, Russie), où il mourut le 25 mai 1951.

Il fut béatifié en 2001, parmi vingt-cinq Martyrs de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne et de l’Eglise russe catholique.

Il est fort possible que ses enfants vivent encore, et qu’ils pourraient nous donner plus d’informations sur leur père martyr.

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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 13:21

14 MAI

 

I.

S Matthias (cf. Ac 15-26), apôtre mort à Jérusalem (ou en Éthiopie ?), dont les reliques seraient à Trêves, représenté avec hallebarde ou épée, et parfois même transpercé par celles-ci par allusion à son martyre.

II.

Stes Iusta, Iustina et Heredina, vierges martyres en Sardaigne.

S Victor et ste Corona, lui, militaire, elle, jeune femme de seize ans et déjà mariée, martyrs en Egypte ; Victor eut les doigt brisés, fut jeté dans une fournaise ardente puis décapité ; Corona fut écartelée après avoir été liée entre deux arbres qu’on avait inclinés, puis relâchés.

III.

S Maximos, martyr lapidé en Asie, peut-être à Ephèse.

S Isidoros, martyr à Chio ; il fut jeté dans un puits dont l’eau guérit les malades.

S Pontius, de famille sénatoriale romaine, martyr à Cimiez.

IV.

Ss Felix et Fortunatus, martyrs à Aquileia.

S Boniface, intendant débauché d’une riche romaine, venu à Tarse où, converti, il subit le martyre.

V.

S Aprunculus, évêque chassé de Langres et élu à Clermont, déjà mentionné le 4 janvier.

S Ampelius, forgeron égyptien, venu mourir près de Gênes, patron des forgerons.

VI.

S Gallus, moine auvergnat, évêque à Clermont, oncle et maître de s.Grégoire de Tours.

S Bévignat, ermite près de Pérouse.

S Boniface, évêque à Ferento.

VII.

S Gildéric (Joudry), écossais, ermite près de Exmes ; on l’invoque contre la fièvre.

S Carthage le Jeune (Mochuda), évêque à Lismore après avoir guidé plus de huit cents moines à Rathin.

S Erembert, évêque à Toulouse, qui finit sa vie à l’abbaye Saint-Wandrille.

X.

B Tuton, évêque à Ratisbonne, aveugle à la fin de ses jours.

XI.

S Halward (Harward), martyrisé en Norvège en protégeant une femme injustement accusée.

XIII.

B Gil de Vaozela, portugais, d’abord égaré dans la magie noire et la nécromancie, puis dominicain, provincial d’Espagne, retiré à Santarém au Portugal, mystique.

XIV.

Bse Julian de Norwich, mystique anglaise, recluse dès l’âge de treize ans.

XIX.

Bx Jeong Cheol-sang Carolus, Jeong In-hyeok Thaddeus, Jeong Bok-hye Candida, Yun Un-hye Lucia, Choe Pil-je Petrus, laïcs coréens martyrs, décapités, béatifiés en 2014.

Ste Anne Thérèse Guérin (Théodore), française, fondatrice aux Etats-Unis de la Congrégation des Sœurs de la Providence, béatifiée en 1998, canonisée en 2006.

S Mixel Garikoitz, basque, fondateur des Prêtres du Sacré-Cœur de Bétharram.

Bse Maria Domenica Mazzarello, fondatrice piémontaise de l’Institut des Filles de Marie Auxiliatrice, œuvre très liée à celle de s.Giovanni Bosco.

Matthias, apôtre

Ier siècle

 

Saint Matthias est cet apôtre qui fut appelé à occuper, parmi les apôtres, la place laissée libre par la trahison de Judas.

Au lendemain de l’Ascension du Seigneur, ainsi que le narre saint Luc dans le livre des Actes des Apôtres (Ac 1:13-26), ces derniers étaient assemblés à Jérusalem, priant et attendant la venue de l’Esprit Saint.

C’est alors que Pierre, usant de l’autorité que lui avait conférée le Christ, prononça son premier discours comme Chef des apôtres, et visiblement inspiré, citant les psaumes 69 et 109, annonce qu’il faut procéder à l’élection d’un douxième apôtre. Humblement, Pierre ne nomme pas d’emblée celui qu’il pense être l’élu, mais il demande à l’assemblée des cent-vingt frères de présenter des candidats, répondant aux deux critères suivants : ils doivent avoir accompagné les apôtres depuis le baptême de Jésus par Jean-Baptiste - c’est-à-dire depuis le début de la vie publique de Jésus, et avoir été témoins de Sa résurrection.

Cela prouve que, outre les apôtres qu’avait choisis Jésus, d’autres aussi accompagnaient au moins fréquemment le groupe apostolique, en tout cas étaient en contact assidu avec eux, connaissaient leur vie et l’enseignement de Jésus, vivant dans une réelle fraternité avec eux, même s’ils n’en avaient pas, ou pas encore, la dignité reçue par l’appel du Christ. C’est d’ailleurs également dans leurs rangs que Jésus avait choisi les soixante-douze autres disciples, qu’il avait ensuite envoyés deux à deux en mission, et c’est le même saint Luc qui le rapporte dans son évangile (Lc 10).

On peut légitimement présumer que les deux candidats présentés par l’assemblée ce jour-là, faisaient partie de ces soixante-douze disciples.

Là encore, les frères réunis n’osent pas choisir eux-mêmes, mais ils prient ; ils demandent à Dieu de montrer celui qu’Il a choisi et tirent au sort pour connaître la volonté divine. Ainsi est choisi Matthias.

Saint Jean Chrysostome a loué l’humble douceur avec laquelle l’autre candidat, Joseph Bar Sabbas accepta ce choix. Dans l’Écriture, il disparaît totalement. Un témoignage de Papias, recueilli par l’historien Eusèbe, affirme qu’il aurait appartenu aux soixante-douze disciples, et que plus tard, il aurait bu un poison mortel mais qu’il n’en éprouva aucun mal. Ajoutons qu’au IXe siècle, s.Joseph Bar Sabbas fut introduit dans le Martyrologe au 20 juillet, mais n’a pas été retenu dans la dernière édition du Martyrologe Romain, faute d’indices historiques certains.

Quant à Matthias, il fut donc mis au nombre des douze apôtres, dit saint Luc (ibid, 1:26).

On ne connaît rien de sûr sur Matthias. Le nom lui-même signifie “Donné”. Des Actes apocryphes affirment qu’il aurait été originaire de Bethléem, de la tribu de Juda et d’une naissance illustre, ce qui n’est pas invraisemblable, mais reste incontrôlable.

La Tradition n’est pas plus éloquente sur l’apostolat de Matthias. Il aurait évangélisé en Palestine même, ou en Éthiopie, aurait été martyrisé.

Ce qu’on dit de ses reliques peut aussi être reçu avec quelque doute. Le corps transféré par sainte Hélène au IVe siècle, était-il celui de l’apôtre, ou de l’évêque Matthias de Jérusalem mort au IIe siècle ? Est-ce bien le corps et le chef de l’apôtre Matthias que l’on conserve sous l’autel de Sainte-Marie-Majeure à Rome ? Comment se fait-il donc que le corps de l’apôtre se trouve également à Trèves et à Padoue ? Comme cela arrive très souvent, on possède sans doute quelques fragments du corps de l’apôtre, que l’on introduit dans une châsse de cire représentant le corps entier. Il serait fort utile, de nos jours, de procéder à une analyse minutieuse de ces diverses reliques, avec les moyens que la Providence nous permet d’utiliser.

Une autre incertitude a plané sur le dies natalis de saint Matthias. La Tradition est silencieuse aussi à ce sujet. Les martyrologes anciens ne le mentionnent jamais jusqu’au VIIIe siècle ! Ce n’est qu’à partir du IXe siècle que chaque apôtre a sa fête propre, et encore les Grecs ne le mentionnent pas, eux d’habitude si fidèles aux traditions, que l’Église a reprises dans l’élaboration du nouveau Martyrologe.

A partir du XVIe siècle, on finit par fêter le douxième Apôtre au 24 février ; enfin, lors de la dernière réforme du calendrier, il a été fort justement décidé qu’on le fêterait en mai, à un jour correspondant grosso modo à l’anniversaire de son élection au collège apostolique, proche de la fête de l’Ascension et avant la Pentecôte, et cette fête a été établie au 14 mai.

Toutes ces vissicitudes ne doivent pas nous induire à penser que “peut-être” saint Matthias n’aurait pas existé, ni même qu’il n’aurait eu qu’un rôle mineur au sein du collège apostolique. L’Écriture est formelle : son élection est tout-à-fait historique, et c’est le plus important.

Certainement, Matthias aura été très discret, très effacé, conscient de son indignité devant un tel choix divin. Mais il sera non moins certain qu’il aura été fidèle jusqu’au bout, fidèle au Christ, fidèle à l’Église et à saint Pierre.

 

Note. La bienheureuse Anna Katherina Emmerick dit que les deux candidats, Matthias et Joseph Bar Sabbas, n’avaient pas même pensé à être choisis, tandis que d’autres parmi les frères avaient bien ambitionné dans leur cœur cette “promotion”. Elle explique qu’à la dernière Cène, Jésus imposa les mains à quelques-uns des apôtres, et qu’au jour de la Pentecôte, Pierre imposa les mains aux autres, et ici particulièrement à Matthias. Ce dernier devait être un de ceux qui auraient accompagné Pierre à la piscine de Béthesda pour administrer le baptême. C’est là que Pierre prononça le discours de Ac 22:14-40, après lequel furent baptisées trois mille personnes. Plus tard, elle croit voir notre apôtre aux côtés de Pierre à Antioche. Elle les revoit tous autour de Marie au moment de son trépas : André et Matthias en préparent le sépulcre et vont l’ensevelir avec les autres apôtres. Bien sûr, ceci n’est pas vérité d’Evangile, mais ne semble pas non plus contredire l’Ecriture.

 

 

Iusta et Heredina en Sardaigne

2e siècle

 

Il s’agit ici de deux vierges sardes, qui furent mises à mort pour la Foi, sous Hadrien.

Autrefois, on leur adjoignait Iustina.

Ce n’est que sous Constantin, deux siècles plus tard, que la liberté de culte devait être assurée.

Il ressort de certains livres anciens que Iusta, fille de Cleodonia, aurait subi le martyre avec ses deux servantes, Iustina et Henedina (sic).

Deux localités se disputent le lieu de leur martyre : Sassari, Cagliari. Les Vierges auraient été originaires de Cagliari, et martyrisées à Sassari.

Ce martyre a dû avoir lieu vers 120-135.

Saintes Iusta et Heredina sont commémorées le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victor et Corona en Egypte

2e siècle

 

Victor, originaire de Syrie, était un soldat sous Antonin le Pieux et se trouvait en Egypte (le Martyrologe dit en Syrie, par erreur).

Le juge l’ayant invité à abjurer le Christ et à offrir de l’encens aux dieux, Victor s’y refusa.

Il eut les doigts brisés, on le jeta dans une fournaise dont il sorti indemne au bout de trois jours, et fut décapité.

Corona, une jeune femme de seize ans déjà mariée à un soldat, manifesta de la sympathie pour le courageux Martyr et fut immédiatement arrêtée. On ne sait si elle était baptisée, mais elle déclara ouvertement qu’elle était chrétienne et prête à mourir pour le Christ.

On l’attacha à deux arbres dont on inclina les branches avec des cordes, puis on relâcha brusquement les cordes, provoquant la dislocation complète de ce jeune corps. Si Corona n’avait pas encore reçu le baptême par l’eau, elle le reçut par le sang.

Ce pouvait être vers 140-160, durant le règne de l’empereur Antonin.

Saints Victor et Corona sont commémorés le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maximos d’Ephèse

† 250

 

Maximos était né à Ephèse, ou y vivait de son petit négoce. On le savait chrétien.

Quand parut l’édit impérial obligeant les Chrétiens à renoncer au Christ et à adorer les idoles, Maximos fut arrêté.

Les questions et réponses de ce «procès» nous sont parvenus dans leur forme originale du greffe. Voici quelques réparties de Maximos :

Je ne sacrifie qu’au seul Dieu à qui je me félicite d’avoir toujours sacrifié depuis mon enfance.

Ces coups dont je suis frappé pour le nom de Jésus-Christ ne sont point des tourments, mais plutôt une onction.

Les coups en question étaient la torture du bâton qu’avait ordonnée le proconsul. Puis il fit étendre Maximos sur le chevalet pour y être déchiré par les ongles de fer ; on y alluma aussi un feu qui brûlait les chairs de Maxime, en même temps que la fumée l’étouffait. De guerre lasse, le proconsul le fit lapider en-dehors de la ville. Le texte parle d’une grêle de pierres.

On n’est pas sûr de la ville où eut lieu ce martyre ; certains parlaient d’Ephèse, mais le texte original mentionne seulement en Asie.

Saint Maximos d’Ephèse est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isidoros de Chio

† 251

 

Isidoros fut, dit-on, jeté dans un puits, à cause de sa foi en Jésus-Christ, en 251.

L’eau de ce puits fut miraculeuse.

Saint Isidoros de Chio est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pontius de Cimiez

† 258

 

Pontius était un Romain, de parents païens et de famille sénatoriale.

Il fit de bonnes études dans les lettres et la philosophie.

Il eut le bonheur d’entendre une psalmodie de l’office divin, qui le poussa à demander le baptême. C’est le pape Pontianus qui lui conféra ce sacrement.

Le néophyte convainquit bientôt son père et toute la maisonnée de recevoir à leur tour le baptême.

A la mort du sénateur, Pontius vendit tout son héritage pour se donner à la prédication. Il vint à Cimiez (proche de l’actuelle Nice).

Pontius fut arrêté pour sa foi et sommé de sacrifier aux dieux, ce qu’il refusa catégoriquement. Il subit diverses tortures, suspendu à un chevalet et déchiré par les fouets, exposé aux bêtes - qui ne le touchèrent pas -, jeté sur un bûcher - qui s’éteignit -, enfin décapité.

Ce devait être en 258.

La ville de Cimiez fut rasée par les Lombards. Il existe dans l’Hérault une localité Saint-Pons-de-Thomières, dont le monastère abrita les reliques du Martyr.

Saint Pontius de Cimiez est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Felix et Fortunatus d’Aquileia

† 305

 

Il s’agirait ici de deux frères, martyrisés à Aquileia (Frioul, Italie NE), du temps de la persécution de Dioclétien.

D’après la tradition, ils furent successivement écartelés sur le chevalet et brûlés par des torches ardentes, qui s’éteignirent aussitôt. Puis ils eurent le ventre brûlé avec de l’huile bouillante, et furent enfin enfin décapités.

Saints Felix et Fortunatus sont commémorés le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

Nota. Au 23 avril étaient mentionnés trois Martyrs, Felix, Fortunatus et Achilleus, dont les Actes ont semblé fort suspects aux historiens. N’aurait-on pas fabriqué des Martyrs pour l’église de Valence ? Les saints Felix et Fortunatus d’Aquileia seraient devenus Felix, Fortunatus et Achilleus, passant de l’Italie à la proche Valence… On sait que les Martyrs d’Aquileia étaient très connus en Gaule, puisque Venance Fortunat y fait allusion. Ce n’est qu’une hypothèse gratuite.

 

 

Aprunculus de Langres-Clermont

† 491

 

Aprunculus (Abrunculus, Aproncule) était le fils d’un Bourguignon et d’une Auvergnate. Son nom semble signifier petit sanglier.

En 456, il devint le onzième évêque de Langres.

En 484, on ne sait exactement dans quelles circonstances, Aprunculus fut suspecté d’infidélité envers le roi burgonde, Gondebaud, qui l’expulsa, ou le menaça de mort.

L’infortuné alla se réfugier à Clermont, auprès de l’évêque Sidoine Apollinaire (v. 21 août) ; ce dernier prophétisa que son successeur serait Aprunculus, ce qui arriva en effet, en 489. Aprunculus devenait maintenant le douzième évêque de Clermont.

Entre Langres et Clermont, Aprunculus eut un épiscopat de trente-cinq ans.

Il mourut en 491, ou le 4 janvier ou le 14 mai : le Martyrologe présente en effet cette anomalie, qu’il mentionne le même Aprunculus à ces deux dates et dans des termes à peu près similaires.

Par respect pour le livre du Martyrologe, on a aussi gardé ici les deux dates.

Saint Aprunculus de Clermont est donc commémoré le 4 janvier et le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gallus de Clermont

486-551

 

Gallus naquit vers 486 à Clermont, fils du sénateur Georgius et de Leocadia, une descendante d’un Martyr, Vetius Apagathus (v. Martyrs de Lyon en 177, 2 juin). C’était donc une famille bien en vue, et chrétienne depuis longtemps.

Dans sa jeunesse, il fit plusieurs fois à pied le pèlerinage au sanctuaire de s.Julien de Brioude (v. 28 août) ; un jour qu’une épine lui avait blessé le pied, il en fut guéri, dit-il, grâce à l’intercession du Martyr.

Quand Gallus fut en âge, son père lui prépara un mariage digne de son rang. Gallus, qui ne l’entendait pas de cette oreille, se fit accompagner par un des esclaves de la maison et courut au monastère de Cournon.

L’abbé cependant, prudent, lui fit comprendre qu’il fallait le consentement de son père ; ce dernier répondit de façon très chrétienne : Que la volonté de Dieu se fasse plutôt que la mienne (cf. Lc 22:42).

Gallus avait une fort belle voix, étudiait volontiers, et surtout vivait intensément la vie monastique.

L’évêque de Clermont, Quinctianus, le fit venir à Clermont, en raison de cette belle voix ; puis le roi Thierry 1er se l’attacha : Gallus se retrouva à Cologne.

C’est dans cette ville qu’eut lieu un événement fameux, où Gallus faillit être martyr de son zèle : des païens avaient organisé une orgie dans un temple païen ; Gallus y mit le feu. Les païens cherchèrent à le tuer, mais il se réfugia bien vite dans le palais royal, et le roi calma ses sujets. Plus tard, Gallus se reprocha : Malheur à moi qui ne suis pas resté pour finir ma vie dans cette affaire.

En 525, mourut l’évêque de Cologne, Abrunculus, pour la succession duquel les habitants demandèrent Gallus, mais Thierry 1er refusa. Or Gallus se trouvait alors à Clermont, au moment de la mort de Quinctianus, et c’est lui qui vint en porter l’annonce à Thierry 1er. Gallus, encore diacre, fut alors désigné pour succéder à Quinctianus : il fut ordonné prêtre, puis alla à Clermont où il fut sacré évêque.

Il faut remarquer ici un flottement dans les dates. On lit en effet que Gallus aurait été nommé évêque en 486 ou en 525, un intervalle de quarante années durant lesquelles beaucoup de choses pouvaient se passer. Or on remarque quatre noms d’évêques entre 486 (mort de s.Sidoine Apollinaire) et 525 (mort de s.Quinctianus), qui posent problème aux historiens ; pourtant, des quatre, Aprunculus est connu (v. 4 janvier et 14 mai), Eufrasius est signalé en 515, Apollinaire II seul est inconnu, Quinctianus enfin est bien réel (v. 13 novembre). Il semble que la date de 525-526 soit la meilleure.

Gallus fut donc le seizième, et non le douzième évêque de Clermont.

Le nouvel évêque brilla par sa douceur et son humilité.

Un de ses prêtres s’emporta un jour contre lui. Celui-ci se contenta d’aller prier, l’autre demanda pardon, et Gallus lui annonça qu’il ne serait jamais évêque : en effet, le prêtre fut choisi pour l’évêché du Gévaudan, mais ne fut jamais sacré.

Gallus assista à plusieurs conciles : Clermont (535), Orléans (541 et 549).

Des miracles furent attestés. Un prêtre malade arriva à se faufiler et à entrer, tout simplement, dans le lit de Gallus, et s’en trouva guéri. Lors d’un grave incendie dans le centre de Clermont, Gallus avança vers le feu avec le livre de l’Evangile, et le feu s’éteignit. Lors d’une grave épidémie de peste qui couvrait toute la région d’Arles, il refit le pèlerinage à Saint-Julien de Brioude, organisa des prières publiques, et le fléau cessa.

Au printemps 551, Gallus tomba malade et perdit tous ses cheveux et sa barbe. Il distribua une dernière fois l’Eucharistie à son peuple, et mourut le dimanche avant l’Ascension, 14 mai 551.

On connaît tous ces détails grâce à s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre), qui fut le neveu de Gallus.

Saint Gallus de Clermont est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Carthage le Jeune

555-637

 

Celui que l’anglais moderne appelle Carthage, s’appelait en irlandais Mo Chutu mac Fínaill, aujourd’hui Mochuda ; il naquit vers 555 dans la région de Munster (Irlande) ; son père s’appelait Fínall Fíngein, sa mère Finmed.

Il fut élevé par Carthage l’Ancien, lui-même disciple de s. Kieran (v. 5 mars).

En 580, il se bâtit une cellule à Kiltallagh en vue d’y mener la vie d’ermite. Il alla passer aussi une année à l’abbaye de Bangor.

Plus tard, sur l’avis de s.Colman (v. 6 juin), il fonda le monastère de Rathin pour lequel il rédigea une Règle, un réel monument de l’écriture en vieil irlandais ; y vécurent plus de huit cents moines. On ne prenait jamais de viande : toute la nourriture consistait dans les fruits de la culture des moines.

Vers 636, Carthage dut quitter ce monastère qu’il avait dirigé pendant quarante ans, parce que le roi l’expulsa, peut-être à cause de cette interminable controverse de la date de Pâques. Carthage alla fonder un autre monastère avec une grande école à un endroit qui s’appelait Magh-Sgiath, l’actuelle Lismore ; la ville qui s’y développa devint le siège du nouvel évêché de Lismore, dont Carthage fut le premier évêque. Il y construisit la cathédrale.

Il venait d’achever cette cathédrale, lorsqu’il mourut, le 14 mai 637 (ou 638).

La réputation de la sainteté et des miracles de Carthage fit de Lismore une ville sainte, à moitié habitée par des moines. Cette ville prit le nom de Lismore Mochuda.

La Règle de Rathin fut un peu mitigée au 11e siècle, et le diocèse de Lismore fut réuni à celui de Waterford au 14e siècle.

Saint Carthage le Jeune est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Erembert de Toulouse

† fin 7e siècle

 

Aucune date n’est certaine dans la vie de ce personnage édifiant.

Erembert naquit à Villiolicourt (Le Pecq, Pincerais, actuelles Yvelines), son frère s’appelant Gamard.

L’année de sa naissance se situe soit sous le règne de Dagobert Ier (629-639), soit sous celui de Clovis II (639-657).

Il entra à l’abbaye de Fontenelle, durant l’abbatiat de s.Wandrille, qui dura de 649 à 668 (v. 22 juillet).

Il fut nommé évêque de Toulouse sous le roi Clotaire III et la reine Bathilde, donc entre 657 (avènement de Clotaire III) et 664 (retrait de Bathilde à l’abbaye de Chelles).

Un des miracles retentissants d’Erembert fut que, lors d’un déplacement chez son frère à Villiolicourt, il arrêta d’un geste un immense incendie.

Peu après, il se retira à l’abbaye de Fontenelle, sous le nouvel abbé, Lambert, qui gouverna cette abbaye entre 666 et 678.

Erembert y mourut saintement.

Son frère Gamard entra à son tour à l’abbaye de Fontenelle, ainsi que ses deux fils, Namnacus et Zachée.

Saint Erembert de Toulouse est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gil de Vaozela

1184-1265

 

Gil était le troisième fils de Rui Pais de Valadares, gouverneur de Coimbra sous le règne de Sancho Ier de Portugal. Destiné à l’état ecclésiastique, il étudia à l’université de Coimbra, s’y distingua par ses talents et ses aptitudes précoces pour les sciences. Il fut donc pourvu de gros bénéfices même avant son entrée dans les ordres.

Passionné par les sciences profanes, il négligea le chœur, confia l’abbaye à son prieur et s’en fut étudier à Paris.

En route, il fut accosté par un inconnu qui lui proposa de lui enseigner l’alchimie, science qui lui procurerait tous les plaisirs et tous les honneurs de la terre. L’inconnu était Satan en personne, qui lui fit signer avec son sang une cédule ainsi rédigée : Je renonce au titre d’enfant de Dieu et je me soustrais à ses lois ; je renonce à ma foi et renie les vœux de mon baptême pour devenir l’esclave dévoué de Satan qui en retour me fera avoir les plaisirs et honneurs terrestres.

L’apprentissage de la science diabolique dura sept années, au terme desquelles Gil, parvenu à Paris où il fut encore plus brillant qu’à Coimbra, finit par rentrer en lui-même et désira changer de vie.

Il invoqua la Sainte Vierge ; rentré en Espagne, il rencontra la prieur du nouveau couvent dominicain à Palencia, auquel il se confessa et exprima le désir d’embrasser là la vie religieuse, dans l’obscurité, l’humilité et la pénitence. Pour la vérité historique, il semble qu’il eût déjà fait connaissance de l’ordre dominicain à Paris.

La conversion de Gil fut très sincère. Il s’efforça de surpasser tous les confrères par son ardeur au travail, par une prompte obéissance et un silence rigoureux. Il expia ainsi par une rude pénitence tous les péchés qu’il avait commis.

Il fit profession en 1221, fut provincial d’Espagne de 1234 à 1245, enfin envoyé au couvent de Santarém (alors Scallabis) en Portugal, où il devait finir ses jours.

Ce ne fut pas sans épreuves. Satan le poursuivait, cherchant à le pousser au désespoir en lui rappelant l’horrible donation de son âme faite par écrit. Gil pria Marie : après sept ans d’austères pénitences, il obtint que Marie arrachât à Satan la fameuse cédule. Enfin Gil fut en paix.

Il fut employé avec grand succès au ministère des âmes : il était merveilleusement doué pour toucher les pécheurs endurcis.

Réélu provincial en 1257, il préféra abdiquer en raison de son grand âge et passa ses dernières années à Santarém, favorisé du don des extases et des prophéties.

Gil mourut en la fête de l’Ascension, le 14 mai 1265, jour auquel il est inscrit au Martyrologe Romain.

Il a été béatifié en 1748.

 

 

Julian de Norwich

1342-1416

 

Les dates de Julian, 1342-1416, sont approximatives.

Toute sa vie se déroula à Norwich (Norfolk, Angleterre).

Recluse dès l’âge de treize ans, elle avait seulement une servante, et laissait entrer quelques visites.

Julian de Norwich est une âme mystique dont on connaît seulement une série de visions qu’elle dicta en 1373.

Elle contempla les souffrances du Christ et la bonté de Dieu : Je vis Notre-Seigneur Jésus languir sur sa Croix pendant longtemps, car sa divinité donna à son humanité la force de souffrir plus que tous les hommes ne le pourraient… Et ce fut pour les péchés de chaque homme qu’il souffrit ; et il vit les douleurs et les chagrins de chacun ; et, par bonté comme par amour, il les partagea.

Prudente, l’Eglise ne s’est pas prononcée sur ces visions, et n’a pas béatifié Julian.

La date elle-même du 14 mai est conjecturale.

 

 

Jeong Bok-hye Candida

? -1801

 

Jeong Bok-hye Candida est une laïque coréenne née non loin de Seoul (Corée S).

Elle fut décapitée à Seoul le 14 mai 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Jeong Cheol-sang Carolus

? -1801

 

Jeong Cheol-sang Carolus est un laïc coréen né à Gwangju (Gyeonggi-do, Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Jeong In-hyeok Thaddeus

? -1801

 

Jeong In-hyeok Thaddeus est un laïc coréen né à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Yun Un-hye Lucia

? -1801

 

Yun Un-hye Lucia est une laïque coréenne, mariée, née au Gyeonggi-do (Corée S).

Elle fut décapitée à Seoul le 14 mai 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Choe Pil-je Petrus

1770-1801

 

Choe Pil-je Petrus est un laïc coréen né en 1770 à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Anne-Thérèse Guérin

1798-1856

 

Née le 2 octobre 1798 à Etables-sur-Mer (Côtes-d’Armor), Anne-Thérèse était l’une des quatre enfants de Laurent Guérin et Isabelle Lefèvre. De ces quatre enfants, deux seulement vivront : Anne-Thérèse et Marie-Jeanne ; l’aîné, Jean-Laurent mourut à deux ans et demi, le cadet à quatre ans et demi.

A cette époque, les horreurs de la Révolution n’étaient pas encore éteintes. Les prêtres et les religieux étaient encore poursuivis, les lieux de culte fermés. Un cousin séminariste vint se cacher chez les parents d’Anne-Thérèse : c’est ce cousin qui lui donna de si bons enseignements sur l’Ecriture Sainte et la Théologie.

Monsieur Guérin devint officier de la Marine sous Napoléon Bonaparte. Il était donc souvent absent, laissant toute la maison aux soins de sa fidèle épouse.

Anne-Thérèse reçut la Première Communion à dix ans, et confia à cette occasion au curé son désir d’être religieuse.

A quinze ans, elle fut orpheline de son père, abattu par des brigands près de Toulon, alors qu’il revenait à Etables en permission. La maman en fut très affectée, et c’est Anne-Thérèse qui assuma toutes les tâches domestiques, au point qu’à vingt-cinq ans seulement elle put suivre sa vocation.

En 1823 donc, elle entra chez les Sœurs de la Providence à Ruillé-sur-Loir (Sarthe) et prit à cette occasion le nom de sœur Saint-Théodore. Elle avait connu ces Religieuses lorsque l’une d’elles était venue aider le curé dans son village.

Elle fit la première consécration en 1825, et les vœux perpétuels en 1831. Elle n’était pas obligée d’émettre ces vœux, mais elle demanda à les faire.

Enseignante à Preuilly-sur-Claise (Indre-et-Loire), elle attrapa ce qu’on pense avoir été la variole, et en resta marquée tout le reste de sa vie, devant observer une diète sévère et permanente.

Ensuite elle sera supérieure à Rennes, où elle fit un travail très fructueux dans ce quartier livré à l’ignorance et à la délinquance. Et quand elle reçut l’ordre de quitter Rennes, ce fut la stupéfaction générale. Elle fut nommée alors à Soulaines (Angers), où l’inspection académique lui décernera une médaille pour son enseignement. Elle y prit également des leçons auprès d’un pharmacien et d’un médecin, pour être encore plus efficace auprès des malades qu’elle visitait.

En 1840, confiante au vœu d’obéissance plus qu’en ses propres forces, elle accepta de partir en mission aux Etats-Unis avec cinq Consœurs : elle sera fondatrice et supérieure de la communauté à Saint-Mary-of-the-Woods (Indiana) où elle ouvrira la première école catholique de filles du diocèse, prenant décidément le contre-pied du courant anti-catholique du temps.

Devant le succès de ce travail, la jalousie grandit. L’école fut même incendiée.

Même l’évêque, qui l’avait reçue, ne l’aida pas très efficacement : le «local» qu’elle trouva pour s’installer consistait en une pièce et un grenier de fermier, en pleine forêt. Et il fallait apprendre l’anglais !

La persévérance de Mère Théodore porta beaucoup de fruits. D’autres maisons suivront.

Autre épreuve : l’évêque voulait être le supérieur de toute ces maisons. Même, il crut bon, pendant un temps, de l’excommunier, parce qu’elle n’acceptait pas les changements de la règle qu’il lui proposait. Ce n’est que l’évêque suivant qui leva cette excommunication.

En même temps, elle fut nommée supérieure générale des Sœurs de la Providence en Amérique.

En toutes ses charges, Mère Saint-Théodore se montra exemplaire dans son enseignement, ses dons divers, son aptitude à organiser, à affronter les difficultés les plus variées avec foi et espérance. En plus, elle développa de réelles dispositions pour la médecine et la théologie.

C’est aux Etats-Unis qu’elle mourra, le 14 mai 1856. A cette date, il y avait déjà quinze maisons, avec quatre-vingts sœurs, douze novices et vingt postulantes.

Elle a été béatifiée en 1998, et canonisée en 2006.

 

 

Mixel Garikoitz

1797-1863

 

Faisons une petite incursion dans le vrai Pays Basque, là où les fidèles habitants conservèrent jalousement leur foi chrétienne et pacifique.

Dans l’été 1796, se marièrent Eñaut Garikoitz et Gaxina Etcheberry : leur premier enfant naquit le 15 avril 1797, à Ibarre (Iholdy, Bayonne, Pyrénées-Atlantiques), et reçut au baptême le prénom de Michel, Mixel en basque.

On n’a pas retrouvé trace de ce baptême dans le registre paroissial : un oubli certainement dû à la difficulté des temps révolutionnaires. Il n’y avait pas même de curé dans la paroisse à ce moment-là.

Cinq enfants suivirent Mixel : Joanes, Manex, Paulo, et les deux jumeaux Bernat et Maria ; Bernat ne vécut que quatre mois.

Enãut et Gaxina étaient de très modestes paysans. Dès qu’il fut en âge, Mixel garda les brebis. A la maison, il «célébrait» sur un coin de la table de cuisine, avec deux bouts de chandelles comme bougies et un tesson de pot cassé en guise d’encensoir.

A dix ans, il fut placé pour deux années comme domestique dans une maison. Sans grande instruction que les bons enseignements de sa maman et de sa grand-mère, il dut attendre quatorze ans pour recevoir la Première communion. Dès lors, il n’eut qu’un grand désir : devenir prêtre.

Pour payer ses études, les parents ne négligèrent rien, mais Mixel y mit du sien aussi par son ardeur à l’étude : il fut élève à Saint-Palais, puis à Bayonne, à Aire-sur-Adour et Larressore.

A Bayonne,  Mixel rendait service au secrétaire de l’évêque en promenant son petit chien ; c’était sa seule sortie dehors, mais il avait toujours un livre à la main pour ne perdre aucun instant.

Au petit séminaire d’Aire-sur-Adour, il fut condisciple d’Edouard Cestac (v. 27 mars). D’eux un autre confrère disait plus tard : Dieu m’avait donné un grand bonheur : à ma droite, j’avais saint Garikoitz, à ma gauche saint Cestac.

Mixel reçut les Ordres mineurs et majeurs entre juin 1822 et décembre 1823.

Il fut d’abord vicaire à Cambo (qu’on écrit Kanbo en basque) pendant deux ans, puis directeur du séminaire de Bétharram à partir de 1825. Cette maison qui était dans un état cruel d’abandon spirituel, redevint une maison sainte grâce à la douceur persévérante de Mixel.

En même temps, Mixel fut trente ans l’aumônier des Filles de la Croix, qui étaient plus de mille. Cette congrégation avait été fondée par sainte Jeanne-Elisabeth Bichier des Ages (v. 26 août), envers laquelle Mixel conserva toujours une humble et profonde reconnaissance pour les salutaires conseils qu’elle lui prodigua.

C’est à Bétharram qu’en 1841 il fonda la congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur, dont les établissements scolaires se multiplièrent sur place et jusqu’en Amérique du Sud, auprès des Basques émigrés.

Le père Mixel Garikoitz mourut, chargé de bonnes œuvres, le 14 mai 1863, au soir de l’Ascension.

Il fut proclamé bienheureux en 1923 et canonisé en 1947.

 

 

Maria Domenica Mazzarello

1837-1881

 

Née le 9 mai 1837 à Mornese (Alessandria, Piémont, Italie nord-ouest), Maria Domenica était l’aînée des  sept enfants de Giuseppe et Maddalena Calcagno, d’humbles métayers.

En 1860, lors d’une épidémie, elle fut frappée par une grave tuberculose après avoir assisté des malades. Elle fut malade du 15 août au 7 octobre, mais en conserva des séquelles dans son physique et ne put retourner aux travaux des champs ; à cette période remonte une vision qu’elle eut, où elle se voyait entourée de nombreuses petites filles, et entendait une voix qui lui disait : Je te les confie.

Elle apprit le métier de couturière et ouvrit avec une amie un atelier pour y former les jeunes filles, matériellement et spirituellement.

Ce fut le début d’une réelle petite communauté, appuyée par le bon curé du pays, qui en fit une Association des Filles de Marie Immaculée.

En 1864, saint Giovanni Bosco la rencontra et, en 1872, lui proposa son projet des Filles de Marie Auxiliatrice, la branche féminine de la congrégation salésienne. C’est ainsi que Maria Domenica et ses compagnes furent les premières Auxiliatrices de don Bosco.

Nommée supérieure, Maria Domenica se fit appeler Vicaire, car la Supérieure, c’est Marie.

La maison-mère s’établit à Nizza Monferrato et c’est là que Maria Domenica y mourut, le 14 mai 1881, tout juste âgée de quarante-quatre ans.

Dans l’espace de ces dix années, l’institut féminin comptait déjà une trentaine de maisons - dont six en Amérique - et presque deux-cents Religieuses.

La Fondatrice fut béatifiée en 1938. Le miracle, retenu pour cette proclamation, fut la guérison totale et durable, en 1916, d’une petite fille de quatre ans affectée de poliomyélite.

Maria Domenica Mazzarello fut ensuite canonisée en 1951.

Sa fête est au 14 mai.

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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 13:13

10 MAI

 

-XV.

S Job, prophète.

I.

S Aurelianus, évêque à Limoges (III.?).

III.

Ss Calépode, prêtre, Palmace, consul, avec sa femme et ses enfants, Simplice, sénateur, avec sa femme, ses enfants et bon nombre de membres de sa famille, martyrs à Rome.

Ss Alphius, Philadelphus, Cyrinius, leur sœur Benedicta, leur neveu Erasmus, leur maître Onesimus, martyrs les uns à Pouzzoles, les autres à Lentini.

?

S Dioscoride, martyr à Myre.

Ss Quartus et Quintus, du clergé de Capoue, martyrs à Rome.

IV.

S Gordianus, juge romain, converti à la vue de la patience des chrétiens, décapité.

Ss Silvestre et Fronime, évêques à Besançon ; le premier fit édifier l’église de Saint-Maurice, l’autre celle de Saint-Etienne.

S Palais Ier (Palladius), évêque à Bourges.

V.

S Palais II, évêque à Bourges.

VI.

S Léonard, anachorète dans la forêt de Marchenoir.

VII.

S Comgall, abbé fondateur à Bangor, où vivaient trois mille moines.

Ste Eustadiole, veuve à Bourges, où elle fonda l’abbaye de Moyen-Moutier ; elle resta végétarienne pendant soixante-dix ans et mourut nonagénaire, un 8 juin.

S Cataldo, écossais, évêque à Taranto, dont il est patron.

IX.

Ste Solange, vierge et martyre près de Bourges, patronne du Berry.

XI.

B Mire, anachorète près de Canzo puis à Sorigo.

XII.

B Anthelm (William), anglais, prêtre à Pontoise ; honoré par Philippe-Auguste, dans le palais duquel il mourut.

XIII.

Bse Beatrice d’Este l’Ancienne, restauratrice d’un monastère au mont Gemola et morte vers trente-trois ans.

XV.

B Niccolò Albergati, chartreux puis évêque à Bologne et cardinal, plusieurs fois légat papal.

XVI.

S Juan de Ávila, patron du clergé espagnol et apôtre de l'Andalousie ; ami de s.Ignace, de ste Thérèse, il a été un précurseur en matière de réforme comme en d'autres domaines spirituels et le concile de Trente a adopté des décisions qu'il avait préconisées longtemps auparavant ; auteur d’un traité spirituel Audi Filia, il goûta même les geôles de l’Inquisition pour ses idées «avancées» et fut proclamé Docteur de l’Eglise en 2012.

XX.

B Ivan Merz (1896-1928), premier laïc bosniaque béatifié, en 2003.

B Enrico Rebuschini (1860-1938), de l’ordre Camillien, ordonné prêtre par Mgr Sarto, futur Pie X, actif à Vérone et Crémone, béatifié en 1997.

B Vasile Aftenie (1899-1950), évêque roumain gréco-catholique, sauvagement torturé en prison, béatifié en 2019.

Job, patriarche

15e siècle avant Jésus-Christ

 

Dans l’Ecriture, le Livre de Job est le premier des Livres sapientiaux, écrits dont le genre a été très répandu dans l’Orient ancien.

Job était né dans la terre de Hus, entre l’Idumée et l’Arabie.

Fidèle à la foi reçue, il craignait Dieu et conduisait toute sa famille, ses sept fils et ses trois filles, dans la piété traditionnelle. Il avait de grands biens, un cheptel immense.

Sur la permission de Dieu, dit l’Ecriture, Satan éprouva le saint homme. Tout son troupeau périt, ses enfants moururent, mais Job réagit avec foi et confiance en Dieu, adorant la volonté divine :

Yahvé a donné, Yahvé a repris, que le nom de Yahvé soit béni (1:21).

Derechef, Satan s’acharna sur Job, qui fut affligé d’un ulcère horrible. Devant cette lèpre hideuse, l’épouse de Job lui suggérait de se rebeller contre Dieu, et lui, au contraire, la réprimanda :

Si nous recevons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur ? (2:10).

Trois «amis» viennent le «consoler», mais veulent à tout prix lui faire comprendre qu’il souffre pour ses péchés. Job se défend : le mal est partout dans le monde ; lui, il n’a pas péché contre Dieu.

Tout au long des quarante-deux chapitres de ces longues discussions, on voit Job passer par différents états d’âme, passant de la révolte à la soumission, des souffrances et des rémissions dans sa maladie.

Finalement, intervient encore un autre personnage qui s’en prend autant à Job qu’à ses amis, et tente de justifier la conduite de Dieu.

C’est Dieu lui-même qui va intervenir pour mettre fin à cette longue discussion, blâmant autant les trois premiers amis que le dernier intervenant.

Après ce long combat, Job est récompensé de son humilité et de sa fidélité : Dieu lui rend ses biens, et même le double d’avant. Job engendra sept autres fils et trois autres filles, et mourut dans une sainte vieillesse, comblé de mérites et d’années.

Job est à nouveau nommé en Ezéchiel (Ez 14:14).

Le patriarche Job est honoré à diverses dates en Orient ; il est mentionné au 10 mai dans le Martyrologe.

 

 

Aurelianus de Limoges

1er ou 3e siècle

 

Les données concernant cet Aurelianus restent un peu conjecturales.

Aurelianus Cotta aurait été un prêtre des dieux païens et, comme tel, se serait farouchement opposé à l’œuvre évangélisatrice des missionnaires, de saint Martial en particulier, et fut frappé par la foudre.

Saint Martial, inspiré par Dieu, ayant ressuscité Aurelianus, ce dernier se serait alors converti, devenant un fidèle serviteur de Martial, et ensuite son propre successeur sur le siège de Limoges.

Martial ayant été situé par les uns au 1er siècle, ordonné et envoyé par saint Pierre, et par les autres au 3e siècle, il résulte de là qu’Aurelianus hésite à son tour entre le 1er et le 3e siècles.

Il reste certain qu’Aurelianus est le deuxième évêque de Limoges.

Quand on retrouva ses reliques en 1315, dans l’église de Saint-Cessateur, on les replaça dans une nouvelle chapelle de l’actuelle rue de la Boucherie. De là vient que saint Aurelianus est le patron des bouchers de Limoges. Il existe une confrérie de Messieurs les Bouchers de Limoges.

Saint Aurélien n’est pas au Martyrologe ; il est fêté localement au 10 mai.

 

 

Dioscoride de Myre

† ?

 

Ce Martyr qu’on situait autrefois à Smyrne, est maintenant mentionné à Myre (Lycie, act. Demre, Turquie SW).

On ne connaît malheureusement ni l’époque ni le genre de son martyre.

Saint Dioscoride de Myre est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Quartus et Quintus de Capoue

?

 

Quartus et Quintus faisaient partie du clergé de Capoue (Campanie, Italie CW).

Ils furent arrêtés comme Chrétiens, mais comme ils étaient de familles nobles, ils furent déférés à Rome.

L’empereur - on ignore lequel - les condamna à être décapités.

Saints Quartus et Quintus de Capoue sont commémorés le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs de Lentini

† 251

 

Trois frères, avec leur sœur et leur neveu, accompagnés de leur maître et treize autres Compagnons, originaires de la région d’Otrante (Italie SE), furent conduits à Rome, de là à Pouzzoles (Campanie, Italie CW), où furent mis à mort les trois frères et le maître.

Les autres furent alors jugés à Taormina (Sicile), enfin exécutés à Lentini (Sicile).

Les trois frères s’appelaient : Alphius, Philadelphius, Cyrinius. Ce sont eux qui sont mentionnés dans le Martyrologe actuel.

Leur sœur, Benedicta, leur neveu, Erasmus, leur maître, Onesimus, ne sont pas mentionnés.

C’était durant la persécution de Dèce, en 251.

Il faut reconnaître qu’il est difficile de suivre le long voyage qu’on imposa à ces dix-neufs Héros du Christ. Le premier groupe parcourut quelque neuf-cents kilomètres, les autres quinze cents !

Malgré cette différence, ils sont réunis ici sous l’unique mention de Lentini, où ils sont particulièrement honorés.

Les Actes de ces Martyrs sont, dit-on, sans valeur.

Les Martyrs de Lentini sont commémorés le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gordianus de Rome

† 362

 

Gordien était juge à Rome, sous l’empereur Julien l’Apostat.

Il avait des occasions de voir des Chrétiens torturés et il fut très frappé de voir avec quelle constance, avec quelle paix, ceux-ci enduraient ces tourments, sans se plaindre, en pardonnant à leurs bourreaux…

Gordianus demanda bientôt à être initié à la foi, il fut catéchumène et reçut le baptême.

On lui prête des Compagnons, dont on ne donne pas le nom.

Dénoncé à l’empereur, Gordianus fut condamné à mort et décapité.

C’était le 10 mai 362.

On déposa son corps dans le sépulcre où se trouvait déjà celui de s.Epimachus (v. 12 décembre), ce qui les a fait souvent commémorer ensemble, mais plus d’un siècle les sépare.

Saint Gordianus de Rome est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Comgall de Bangor

510-602

 

Comgall naquit entre 510 et 520 à Dál nAraidi (Dalaradia, auj. Magheramome, Ulster), de Setna et Briga.

Après avoir suivi les pas de son père dans la vie militaire, Comgall se mit sous la direction de s.Fintan de Clonenagh, de s.Finian de Clonard, de Mobi Clairenach de Glasnevin, de s.Ciaran de Conmacnoise (v. 17 février et 9 septembre).

Il reçut le diaconat et la prêtrise des mains de l’évêque Lugidius.

Avec quelques compagnons, il alla vivre sur l’île de Lough Erne ; le style de vie qu’il avait appris auprès de ses maîtres et qu’il imposait à sa petite communauté, était si rigide que plusieurs d’entre eux moururent de froid et de faim…

Comgall songea à passer en Angleterre, mais l’évêque Lugidius lui conseilla de rester en Irlande et d’y développer le monaschisme. Ainsi naquit le monastère de Bangor, près de Belfast, vers 555. Il y eut jusqu’à trois ou quatre mille moines à ou près de Bangor, qui étaient tous sous la direction de Comgall, dont la règle ne manquait pas de sévérité : un seul repas par jour, d’une nourriture consistant en herbes (souvent crues), pain et eau ; le lait était parfois concédé ; jeûnes longs et fréquents ; silence quasi continu ; peines sévères contre les manques ; on se confessait à voix haute devant la communauté rassemblée.

Parmi les disciples célèbres de Comgall il y aurait eu s.Colomban et s.Moluag (v. 23 novembre et 25 juin). Comgall fut aussi très lié avec d’autres grands saints : Brendan, Cainnech et Finnian (v. 16 mai, 11 octobre et 12 décembre).

Après d’intenses souffrances, Comgall mourut à Bangor, vers 602.

Ses reliques furent dispersées en 822 par les envahisseurs Vikings.

Saint Comgall de Bangor est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cataldo de Tarante

610-685

 

Une «tradition» fait de Cataldo un Irlandais venu dès le 2e siècle prêcher la Bonne Nouvelle à Tarante. Qui, à moins d’une intervention surnaturelle, dans cette Irlande encore païenne, aurait inspiré Cataldo de venir prêcher à Taranto, là où s.Pierre l’avait précédé ?

Pour rendre les choses plus plausibles, les spécialistes penchent plutôt pour le 7e siècle.

Cataldo aurait d’abord dirigé l’école de Lismore, après la mort de s.Carthag (v. 14 mai), puis serait parti en pèlerinage à Jérusalem.

Au retour, s’étant arrêté à Taranto, il fut retenu pour y être évêque. Là encore, à moins d’un signe céleste extraordinaire, on imagine difficilement toute une population s’adresser à un étranger fraîchement débarqué dans le port, et lui demander d’assumer une mission épiscopale.

Cataldo serait ainsi le deuxième évêque connu de Tarante, le premier étant s.Amasiano, au Ier siècle. Le siège de Taranto aurait donc été vaquant pendant plusieurs siècles… Cette histoire semble aussi invraisemblable que la première «tradition».

Cataldo serait mort vers 685 (ou peut-être au 5e siècle).

Saint Cataldo de Tarante est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Solange

IXe siècle

 

Solange naquit au bourg de Villemont, à deux ou trois lieues de la ville de Bourges. Son père était un pauvre vigneron qui menait une vie très chrétienne. Solange était une jeune fille aussi belle que pure.

De vieilles chroniques l’appellent Solange ou Soulange ; son lieu natal n’existe plus ; on voit au milieu du Pré-Verdier les ruines d’une maison qu’habitait, dit-on, sainte Solange. Cette prairie est à une demi-lieue du bourg appelé du nom de la Sainte depuis sa mort, et auparavant Saint-Martin-du-Cros.

Si l’on en croit les leçons de l’office que l’Eglise lui avait consacré, il paraissait le jour et la nuit, au-dessus de sa tête, une étoile qui la conduisait en ses démarches, et qui lui servait de règle en tout ce qu’elle devait faire.

Un jour, attiré par la réputation de la bergère, Bernard de la Gothie, fils de Bernard, comte de Poitiers, de Bourges et d’Auvergne, monta à cheval et, sous prétexte d’aller à la chasse, se rendit sur les terres de Villemont, où Solange gardait son troupeau. Il fut pris d’un vif désir pour elle, la saisit et l’emporta sur son cheval.

Refusant ses avances, Solange lui échappa et se laissa tomber dans un ruisseau au bord de la route. Ivre de rage devant le refus de Solange, Bernard transforma son amour en haine et la décapita de son glaive.

Solange qui était debout, étendit paisiblement ses bras pour recevoir sa tête et marcha jusqu’à Saint Martin du Cros, où elle fut ensevelie. 

Le pape Alexandre VII (1655-1667) autorisa la création d’une confrérie des Cousins de Sainte Solange.

Solange fait partie des Saints patrons du Berry. On l'invoque contre la sécheresse.

Sa fête est au 10 mai dans le Martyrologe Romain.

Beatrice d’Este l’Ancienne

1192-1226

 

Cette Beatrice, née vers 1192, était la fille du marquis Azzo VI d’Este de Ferrare et de Sofia, comtesse de Savoie.

Elle connut la vie brillante de la cour dans les châteaux d’Este et de Calaone, où l’on admira unanimement sa beauté et ses vertus.

Son père mourut au combat dans les rivalités entre guelfes et gibelins ; son frère fut assassiné (ou empoisonné) en 1215 : ces tristes événements l’aidèrent à considérer la vanité de ce monde et elle se retira au monastère bénédictin de Sainte-Marguerite de Salarola, près du château de Calaone, où elle resta un an et demi (1220-1221).

Mais il y avait un petit désaccord avec son frère, Azzo VII, nouveau marquis d’Este. Beatrice travailla à la réconciliation, puis obtint de l’évêque un ancien monastère abandonné, sur le mont Gemola, qu’elle restaura de ses biens.

Là, dans la solitude et la pénitence, elle se distingua par son amour de l’humilité et de la pauvreté. D’autres femmes de la noblesse la rejoignirent et formèrent une communauté de dure pénitence et de prière.

Beatrice, qui refusa constamment d’être élue abbesse, vaincue par la tuberculose, s’éteignit à ce monde qui passe pour entrer dans le monde de l’éternité, le 10 mai 1226.

Le culte dont on l’honora fut approuvé en 1763.

Il ne faut pas confondre cette première Beatrice avec celle du même nom, sa nièce (v. 18 janvier) ni avec une autre homonyme du 15e siècle, qui fut même béatifiée par confusion avec la précédente !

Notre Martyrologe la mentionne au 10 mai.

 

 

Niccolò Albergati

1375-1443

 

Niccolò Albergati était d’une noble famille de Bologne (Italie), où il naquit en 1375.

Dans l’université de cette ville, il étudia le droit mais, peu avant d’obtenir le doctorat, il se retira en 1394 dans la chartreuse proche de Bologne.

Il fut ordonné prêtre en 1404, et nommé prieur de la chartreuse de Casara, avant d’être visiteur pour tous les monastères de chartreux d’Italie (il y en avait à Florence, Rome, Mantoue, Bologne…).

Vaillant défenseur de l’autorité papale, il fut nommé archevêque de Bologne en 1417, mais pour trois ans seulement, car une rébellion le poussa à démissionner en 1420.

En 1422, il fut envoyé en France pour exercer ses bons offices entre les rois de France et d’Angleterre ; on sait que la mission de Jehanne d’Arc commença en 1428…

En 1426, Niccolò fut créé cardinal, du titre romain de Sainte-Croix-en-Jérusalem, tout en restant administrateur apostolique de Bologne jusqu’en 1440.

En 1427, le pape le chargea d’une mission pacificatrice entre les maisons d’Italie du Nord (Milan, Venise, Savoie, Mantoue, Ferrare et Florence), qui fut un succès.

Une rébellion le poussa à quitter à nouveau Bologne en 1428, et le pape l’envoya pour une autre mission entre Venise, Ferrare et Florence. En 1437, il fut présent à un concile de Ferrare, où tous admirèrent son assiduité aux séances et sa profonde modestie.

Entre 1431 et 1440, il fut successivement nommé Cardinal Camerlingue, Grand Pénitencier et Archiprêtre du Latran.

On le voit, le chartreux n’eut guère de paix durant toute cette vie agitée, tout entière au service de l’Eglise. Mais Niccolò garda toujours un style de vie austère, recueilli, prudent. Une de ses grandes mortifications fut d’apprendre les désordres dans lesquels la ville de Bologne était retombée.

Il veilla à s’entourer de personnalités savantes, parmi lesquelles deux futurs papes, Nicolas V et Pie II.

Le pape Eugène tint cependant à le conserver près de lui pour bénéficier de ses bons conseils. Durant un séjour à Sienne, Niccolò fut pris d’une crise de pierre, qu’il endura avec une patience exemplaire.

Il s’éteignit à Sienne, le 9 mai 1443 (ou plutôt le 10 mai, d’après le Martyrologe).

Trois siècles plus tard, le 6 octobre 1744, il a été béatifié en la fête de saint Bruno, fondateur des Chartreux.

 

 

Juan de Ávila

1500-1569

 

Né le 6 janvier 1500 (1502 ?) à Almodóvar del Campo (Ciudad Real, Espagne), Juan avait pour père un Juif, Alfonso (ou Antonio ?), propriétaire de quelques mines d’argent en Sierra Morena, et pour mère Catalina Gijón (ou Xixona ?).

Il est moins que certain que le nom de Ávila fasse de Juan un parent de sainte «Teresa de Ávila». Il est plutôt probable que son père ait pris ce nom de localité pour dissimuler son origine juive.

Juan commença des études de droit à Salamanque (1514), mais les interrompit au bout de quatre ans, à cause des lois de discrimination, exigeant de ceux qui voulaient entrer dans les institutions espagnoles, l’appartenance à une souche chrétienne.

Il revint donc dans son pays natal, où il s’imposa une vie de dure pénitence.

Un bon père franciscain lui suggéra d’aller étudier les arts et la théologie à Alcalá de Henares. Pendant ces années (1520-1526), il fréquenta Domingo de Soto, Pedro Guerrero (futur archevêque), mais aussi Ignacio de Loyola.

Quand il fut ordonné prêtre (1526), ses parents étaient déjà morts, de sorte qu’il célébra sa première messe pour eux. Puis il vendit tout son héritage, le distribua aux pauvres et commença à évangéliser. Il aurait voulu partir en pays de mission (au Mexique), mais l‘évêque de Séville lui conseilla de se dédier à l’Andalousie. Obéissant, Juan se consacra entièrement à cette tâche, au point qu’il se mérita le nom d’ Apôtre de l’Andalousie.

Excellent prédicateur, il suscita la jalousie du clergé, qui le «dénoncèrent» comme rigoriste à l’Inquisition : Juan fut mis en prison à Triana (Séville) de 1531 à 1533. Il mit à profit cette retraite forcée pour prier et écrire son Audi filia. Lors de son procès, cinq accusateurs se retrouvèrent en face de cinquante-cinq autres témoins en sa faveur. En réalité on lui reprochait d’avoir utilisé des formules «érasmiennes» (car il avait connu Erasme à l’université), et on lui demandait d’aller les corriger là où il avait prêché précédemment. Quand il fut libéré, il remercia ses juges de lui avoir fait partager un peu la vie du Divin crucifié.

Son traité Audi filia est un commentaire du psaume 44, qu’il rédigea à l’intention d’une pieuse femme de Écija, récemment convertie. C’est un précis d’ascétisme qui fut hautement apprécié : le cardinal archevêque de Tolède put affirmer que cet ouvrage «avait converti plus d’âmes qu’il n’y avait de lettres de l’alphabet». C’est l’ouvrage que l’on consulta le plus durant tout le 16e siècle.

Juan fréquenta saint Ignace de Loyola, comme on l’a dit, et encouragea vivement le mouvement des «Jésuites» ; il aurait bien voulu que les prêtres qui l’entouraient en fissent partie ; il connut saint Francisco de Borja (dont il favorisa la conversion), saint Pedro de Alcántara, saint Juan de Ribera, pour ne citer que ceux-ci (pour ces trois derniers, voir aux 31 juillet, 30 septembre, 18 octobre et 6 janvier).

A partir de 1535, il se rendit à Cordoue, sur l’invitation de l’évêque de Tolède. C’est là qu’il rencontra Luis de Granada, qui fut son disciple et lui aussi grand prédicateur,. Les écrits de Juan de Ávila influencèrent beaucoup de ses contemporains : Juan de Dieu et ses Frères Hospitaliers, Teresa de Ávila et les Carmélites (voir au 15 octobre), (desquels il encouragea beaucoup les projets de réforme ; Juan de Ribera et Pedro de Alcántara (déjà cités), ainsi que Tomás de Villanueva ; mais aussi d’autres auteurs postérieurs : Antonio de Molina, Luis de la Palma, Luis de la Puente, Carlo Borromeo (voir au 4 novembre), Pierre de Bérulle, François de Sales (voir au 24 janvier), Alfonso Maria de’ Liguori (voir au 1er août), Antonio María Claret (voir au 24 octobre)…

Juan évangélisa ainsi toute l’Andalousie actuelle, qui comprenait alors la Mancha et l’Extremadura. Il fonda beaucoup de séminaires et de collèges, l’université de Baeza. Toutes ces fondations anticipèrent, par leur esprit réformateur, le mouvement que le concile de Trente allait préconiser (1545-1563).

Il tomba malade en 1554, mais continua à prêcher pendant encore une quinzaine d’années, jusqu’en 1569, où alors la maladie empira. Il cessa sa longue vie apostolique le 10 mai 1569, à Montilla.

Juan de Ávila fut béatifié en 1894 et fut proclamé patron du clergé espagnol en 1946.

Canonisé en 1970, il a été proclamé Docteur de l’Eglise en 2012.

Il y a quatre Saints espagnols actuellement Docteurs de l’Eglise : Isidore de Séville, Juan de la Croix, Thérèse de Ávila, Juan de Ávila.

Ivan Merz

1896-1928

 

Né le 16 décembre 1896 à Banja Luka (Bosnie, Serbie), Ivan (Jean) était de famille bourgeoise et libérale. Son pays faisait partie de l'empire austro-hongrois, qui allait être si profondément marqué par les événements européens du vingtième siècle. Le père d'Ivan, un ancien officier dans cet empire austro-hongrois, était maintenant employé dans les chemins de fer ; la mère, d'origine juive, était hongroise.

Ivan eut un maître à penser remarquable, en la personne du docteur Ljubomir Marakovic, qui lui fournit d'excellents conseils dans sa quête intellectuelle et spirituelle.

Après un essai de trois mois à l'Académie militaire de Wiener Neustadt, qui le déçut profondément en raison de la corruption qui y régnait, Ivan fréquenta l'université de Vienne en droit et en lettres.

En 1916 il fut enrôlé d'office dans l'armée et envoyé sur le front italien (1917-1918). Le traité de Versailles va complètement démanteler l'empire austro-hongrois et donner naissance à la Yougoslavie.

En 1919, Ivan retourna à Vienne pour ses études puis, en 1920, muni d'une bourse d'étude, part pour Paris où il fréquente les cours à la Sorbonne et à l'Institut Catholique. Sa vie spirituelle s'enrichit au contact de la liturgie. Il connaît là les Conférences Saint-Vincent-de-Paul et aura l'occasion de faire son premier pèlerinage à Lourdes : dans les colonnes du journal La Croix, il polémiquera contre Emile Zola sur les apparitions de Lourdes. Pour sa part, il fait connaître la Croatie à ses amis de Paris.

C'est à Zagreb qu'il présentera sa thèse de doctorat « L'influence de la liturgie sur les écrivains français de Chateaubriand à nos jours». Cette thèse est actuellement publiée en France.

A Zagreb, il devient professeur de français et d'allemand au collège archiépiscopal.

Ivan a trouvé seul la voie de la sainteté. Il promut le mouvement liturgique en Croatie et fut le pionnier enthousiaste de l'Action catholique en Croatie. Pour les jeunes il fonda un mouvement (inspiré de la Croisade eucharistique française), l'Union Croate des Aigles (Hrvatski orlovski savez). Il appuie son activité sur l'Eucharistie et le Successeur de Pierre ; il voulait fonder un journal catholique croate à l'image de ce qu'il avait trouvé en France.

Pour toujours mieux connaître l'Eglise, il en étudia l'histoire, les textes pontificaux, la théologie.

Ses origines, ses études, ses voyages, qui embrassaient tant d'éléments culturels différents, se fondaient harmonieusement dans sa personne chrétienne profondément catholique. Ivan était un vrai « européen » avant la lettre.

Ivan souffrait depuis sa jeunesse d'une inflammation chronique de la cavité maxillaire : cette maladie dégénéra et le conduisit à une mort prématurée, quand il n'avait pas trente-deux ans, le 10 mai 1928.

Il a été béatifié en 2003, proposé à tous les jeunes catholiques européens comme modèle d'assimilation des diverses cultures dans un unique idéal chrétien.

Ivan écrivait :

Grâce à la liturgie, tout catholique devient grand et universel, il laisse de côté ses intérêts personnels et commence à avoir les mêmes sentiments que l’Eglise.

 

 

Enrico Rebuschini

1860-1938

 

Né le 25 (ou le 28) avril 1860 à Gravedona (Lac de Côme, Italie du nord), Enrico appartenait à une famille aisée.

Il se montra toujours sensible envers les nécessiteux et donnait toujours ce qu'il avait.

Sa sœur Dorina épousa un commerçant de soie, chez lequel il travailla pendant trois années. Mais ce travail dans l'administration ne lui convenait pas. Quand il parla de sa vocation sacerdotale, son père ne s'y montra vraiment pas favorable. Enrico attendit, persévéra, son état physique s'en ressentit et sa maigreur fut inquiétante. Un prêtre, don Luigi Guanella (voir au 24 octobre), pria et fit prier dans tous les monastères pour la vocation de ce jeune homme, et Enrico finit par convaincre son père de le laisser partir pour le séminaire de Côme.

Ensuite, il se rendit au Collège Lombard, à Rome. Il suivit les cours de l'Université Grégorienne. Il y fut heureux et ses parents vinrent le trouver à la fin de 1885, le trouvant dans une grande paix. Il reçut les ordres mineurs.

En 1886 cependant, une crise dépressive le ramena quelque temps au foyer familial : Enrico se mortifiait excessivement, et mangeait trop peu, au lieu de s'alimenter suffisamment. Mais au bout d'un an, la paix se rétablit providentiellement en son cœur, et il décida de s'engager auprès des plus nécessiteux.

Son confesseur l'orienta vers la congrégation des pères camilliens, voués au soin des malades. Une illumination intérieure, qu'il reçut devant un tableau de saint Camille (voir au 14 juillet), le convainquit de son orientation.

Il commença le noviciat à vingt-sept ans, au milieu de compagnons qui avaient dix ans de moins que lui. Il combattit sa vivacité et devint très estimé de ses supérieurs : encore novice, il fut présenté pour l'ordination sacerdotale, qu’il reçut en 1889, des mains de l'évêque de Mantova, Mgr Giuseppe Sarto, futur pape Pie X.

Dès 1890 il fut nommé aumônier des hôpitaux civil et militaire de Vérone. Là où d'autres prêtres ne réussissaient pas, Enrico faisait des merveilles : les malades se convertissaient, demandaient les sacrements, car il avait les paroles justes pour toucher les cœurs.

Il fit la profession solennelle en 1891, après laquelle il eut des «rechutes», des épreuves intérieures, des tentations, à cause de sa nature perfectionniste et de sa faible constitution. Une de ses tentations majeures était de se croire damné.

Il fut cependant nommé vice-maître des novices et professeur de théologie, ce qui prouvait bien combien on pouvait s’appuyer sur lui. Mais il retomba en crise, se croyant incapable d'assumer ces responsabilités.

Toutefois, malgré toutes ces crises, le père Rebuschini faisait un travail admirable auprès des malades. En réalité, pendant dix ans, il exerça son apostolat à Vérone, puis, de 1899 jusqu'à la mort, il soigna les malades dans la maison des Camilliens de Crémone. Ses moments de dépression étaient tout intérieurs et jamais le père Enrico ne les laissait paraître. Un Confrère qui l'avait côtoyé put témoigner qu'il n'en avait eu connaissance que par ce qu'il avait lu plus tard.

C'est que le père Enrico ne manquait pas d'occupations : outre l'apostolat auprès des âmes, il devait s'occuper de mille choses pratiques, de petites réparations, de la fabrication du vin, de la salle d'opération, du jardin, des salaires à payer ; il installa le chauffage central ; il dut manœuvrer habilement au milieu des difficultés encontrées par la faillite de la banque...

Il exerça toutes ces activités jusqu'en 1938. Ses forces déclinèrent. Début mai 1938, il demanda pardon à chacun, demanda de prier pour lui, reçut les derniers sacrements avec profonde piété.

Enrico mourut le 10 mai 1938, au petit matin.

Il fut béatifié en 1997.

 

 

Vasile Aftenie

1899-1950

 

Vasile Aftenie naquit le 14 juin 1899 à Lodroman (Târnava-Mică, Valea Lunga, Roumanie W), de Petru et Agafia.

Après l’école primaire, il fréquenta le lycée de Blaj.

En 1917, il fut enrôlé dans l’armée et envoyé au front en Galice et en Italie.

En 1918, il commença des études de Droit à Bucarest mais, en1919, s’inscrivit à la faculté de Théologie de Blaj ; puis il fut envoyé au collège grec Saint-Athanase de Rome : en 1925, il était docteur en Philosophie et en Théologie.

Ordonné prêtre en 1926, il fut nommé successivement professeur à l’académie de Théologie de Blaj, archiprêtre à Bucarest en 1934, chanoine du chapitre de Blaj en 1937 ; enfin, en 1939, il fut nommé recteur de l’académie de Théologie de Blaj.

En 1940, il fut consacré évêque titulaire d’Ulpiana, auxiliaire de l’archevêque Mgr Nicolescu. Mgr Aftenie siégea à Bucarest, l’église Saint-Basile étant devenue cathédrale. Rappelons que saint Basile (v. 2 janvier) était le saint Patron de Mgr Aftenie.

En 1941, après la mort de Mgr Nicolescu, il fut administrateur apostolique de Făgăraş et Alba Iulia.

Comme on le sait, le régime communiste s’imposa au pays roumain, persécutant durement le clergé, cherchant en particulier à rallier les prêtres et les évêques à l’église orthodoxe roumaine ; certains prêtres cédèrent, parfois sous la pression. En 1948, Mgr Aftenie reçut une quarantaine de ces prêtres et les admonesta fortement pour avoir abandonné l’Eglise romaine.

Comme Mgr Frențiu, Mgr Aftenie fut arrêté le 28 octobre 1948, juste après sa sortie de la cathédrale, sur la Piața Romană, et conduit à Dragoslavele, puis de là au monastère Căldăruşani, transformé en prison ; le 10 mai 1949, on l’emmena dans le sous-sol du Ministère de l’Intérieur, dans une cellule d’isolement où, sous les ordres d’un général impie, il fut sauvagement torturé et mutilé, puis conduit dans la prison de Văcăreşti, où il mourut le 10 mai 1950.

Cela ne suffisait pas encore. La caisse qu’on fabriqua pour servir de cercueil à l’Evêque, était trop petite : on coupa alors les pieds du Martyr ; on aurait voulu brûler son corps, mais il fut enterré au cimetière Bellu de Bucarest, grâce à l’intervention d’un prêtre qui put, quelques jours après sa mort, célébrer les rites des funérailles. Sur la croix de sa tombe, on n’eut pas la permission d’écrire autre chose que V.A. 1950.

En 2010, la dépouille de Mgr Aftenie fut transférée en l’église Adormirea Maicii Domnului (Dormition de la Mère de Dieu) de Bucarest.

Vasile Aftenie est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 12:53

Erik  de Suède

† 1160

 

Les origines d’Erik sont quelque peu incertaines. Il serait fils d’un noble nommé Jedward (Edward) - d’où son nom de Erik Jedvardsson - et de Cécilia, fille du roi suédois Blot-Sven, mais cette descendance apparaît douteuse pour les historiens. On suppose qu’il était plutôt un noble personnage, d’une province christianisée, non soumise au roi de Suède.

On pourrait ainsi supposer que, en opposition au roi païen Blot-Sven, une conspiration lui aurait préféré un roi chrétien et aurait acclamé roi notre Erik, vers 1156 ; ce choix en faveur d’Erik serait dû à son mariage avec la princesse danoise Kristina.

De cette union naquirent quatre enfants : Knut (qui succédera à son père), Filip, Katarina, Margareta.

Erik dut rapidemant faire face à un rival, Karl, fils du roi Sverker Ier de Suède, lui aussi acclamé roi vers 1156.

Chrétien, le nouveau roi Erik IX voulut propager le christianisme dans la Finlande voisine, encore païenne. Cette «croisade» lui paraissait aisée, mais il rencontra une résistance assez farouche et ne put «conquérir» que quelques localités sur la côte ; l’évêque André, qui l’accompagnait dans son expédition, mourut assassiné. On a un témoignage du pape Alexandre III (1159-1181), qui regrette que les Finnois promettent de se convertir quand ils sont menacés par l’armée, mais retournent au paganisme quand le «danger» est écarté.

Dans son pays, Erik s’occupa avec grand zèle de la juste administration de la Suède, protégeant et favorisant l’expansion du culte chrétien par la construction d’églises.

Il eut à cœur de promulguer une législation en faveur des droits des femmes.

Ce règne prometteur s’acheva rapidement. En mai 1160, Erik assistait à l’office divin, lorsqu’on l’avisa que les troupes danoises envahissaient le pays et s’approchaient. Il entendit la messe jusqu’à la fin et enfourcha ensuite sa monture pour marcher avec ses troupes contre l’envahisseur, le prince danois Magnus Henriksson. A la bataille d’Ostra-Aros, sur l’emplacement de l’actuelle Upsal, Erik tomba, percé de coups.

C’était le 18 mai 1160, jour de l’Ascension.

Erik IX fut de tous temps honoré pour ses vertus, ses mœurs austères et sa mort héroïque. Jusqu’à la Réforme du XVIe siècle, il fut reconnu comme le patron de la Suède.

Avec le titre de martyr, saint Erik IX de Suède est inscrit au Martyrologe le 18 mai.

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23 mai 2020 6 23 /05 /mai /2020 23:00

24 MAI

 

I.

S Manaen, frère de lait de Hérode le Tétrarque, docteur et prophète à Antioche (cf. Ac 13:1).

Ste Jeanne, épouse de Chuza, l’intendant de la maison de Hérode ; l’une des saintes femmes qui apprirent les premières la résurrection du Christ (cf. Lc 8:3 ; 24:10).

II.

S Zoellus, martyr à Lystre.

III.

S Servulus, martyr à Trieste en Istrie.

?

S Mélèce, général, mis à mort avec ses soldats et leurs familles.

S Patricius, abbé ou évêque à Bayeux. 

IV.

Ss Donatianus et Rogatianus, frères, l'un baptisé et l'autre catéchumène, martyrs à Nantes.

V.

S Vincent de Lérins, auteur du fameux Commonitorium, dans lequel il définit la vraie Foi : universalité, antiquité et unanimité des croyances ; son idée de "développement" du dogme fut reprise par le Concile Vatican I.

VI.

S Simeon Stylite le Jeune, thaumaturge ; il monta sur sa première colonne à sept ans et obtint la grâce de vivre sans se nourrir ; sa mère, ste Martha, est au 5 juillet. 

XI.

S Benoît de Capoue, moine bénédictin.

XIII.

B Gérard de Lunel, seigneur, puis ermite avec son frère près du pont du Gard, mort en Italie durant un pèlerinage pour la Terre Sainte.

S Jean de Montfort, de l’ordre des Templiers, vénéré à Nicosie (XIV.?).

XIV.

B Filippo de Plaisance, augustin, qui avait revêtu une tunique de fer.

XVII.

B Juan de Prado, franciscain espagnol, missionnaire au Maroc, où le sultan le condamna au martyre par le feu.

Ss Kim Ŏb-i Magdalena, Pak A-gi Anna, Yi So-sa Agatha, Kim A-gi Agatha, Yi Kwang-hŏn Augustinus, Han A-gi Barbara, Pak Hŭi-sun Lucia, le catéchiste Nam Myŏng-hyŏk Damianus, Kwŏn Tŭg-in Petrus ; tous laïcs mariés coréens, martyrs canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

XX.

B Louis-Zéphyrin Moreau (1824-1901), évêque à Saint-Hyacinthe au Canada, “évêque du Sacré-Cœur”, fondateur de la première association ouvrière canadienne, l’Union Saint-Joseph, et d’un institut de Sœurs de Saint-Joseph pour l’instruction des enfants, béatifié en 1987.

B Józef Kurzawa (1910-1940), prêtre polonais assassiné par la Gestapo en 1940, béatifié en 1999 (le 23 au Martyrologe).

 

Manaen

1er siècle

 

Saint Luc écrit dans les Actes des Apôtres : 

Il y avait dans l’Eglise d’Antioche des docteurs et des prophètes parmi lesquels étaient Barnabé, Siméon qui est appelé le Noir, Lucius de Cyrène, Manahen qui était frère de lait d’Hérode le Tétrarque, et Saul (Ac 13:1).

L’Ecriture inspirée ne nous informe pas davantage. 

C’est à la cour d’Hérode que Manaen était en contact direct avec Chuza, l’intendant d’Hérode, et mari de cette Jeanne, dont le même saint Luc parle dans son évangile (8:3 et 24:10), et qui est commémorée le même jour que Manaen.

En hébreux, Manaen signifie Consolateur.

Une «sainte âme», dont les révélations célestes qu’elle reçut doivent être prises avec les précautions d’usage, raconte que Manaen fut disciple de Jean-Baptiste, puis de Jésus. Mais il conservait des liens avec la cour d’Hérode et eut quelques difficultés à s’en défaire complètement.

C’est lui qui courra annoncer à Jésus le martyre de Jean-Baptiste.

Le Martyrologe mentionne ce fidèle serviteur au 24 mai.

 

 

Jeanne de Chuza

1er siècle

 

D’après l’évangéliste Luc, Jeanne était l’épouse de Chuza, intendant d’Hérode Antipas (Lc 8:3), ce qui fait supposer à juste titre qu’elle était connue de Manaen, frère de lait d’Hérode, qu’on fête le même jour qu’elle.

Jeanne suivit Jésus, et fut une des saintes femmes qui se rendirent au tombeau pour embaumer le corps de leur divin Maître. 

Témoins de la résurrection du Christ, ayant vu deux hommes aux habits resplendissants, elles coururent annoncer la nouvelle aux apôtres (Lc 24:10).

Jeanne de Chuza est mentionnée au Martyrologe le 24 mai.

 

 

Zoellus de Lystre

2e ou 3e siècles

 

Zoellus fut martyrisé à Lystre (act. Turquie C).

C’est là tout ce qu’on sait de lui, mais c’est le plus important. 

Son martyre se situe vers les 2e ou 3e siècles.

Gloire à lui !

Saint Zoellus de Lystre est commémoré le 24 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Servulus de Tergeste

?

 

Servulus fut un temps associé au martyr Zoellus (ci-dessus).

On l’en a dissocié : il aurait été martyrisé à Tergeste (Istrie, act. Trieste, Italie NE), à une date inconnue.

Saint Servulus de Tergeste est commémoré le 24 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Donatianus et Rogatianus de Nantes

† 304

 

Donatien était un adolescent de naissance illustre, qui reçut le baptême avec une grande ferveur, et montra sa foi avec une ferveur encore plus grande.

Rogatien, son jeune frère, avait appris de lui les éléments de la religion chrétienne. Il désirait beaucoup le baptême, et ce d’autant plus que la persécution était imminente, et il ne voulait pas échapper au martyre que, certainement, son frère aîné allait subir.

Malheureusement, le prêtre qui pouvait le baptiser s’enfuit de la ville. Et juste après arriva à Nantes le légat romain chargé d’exécuter les ordres : qui aurait refusé de sacrifier à Apollon et à Jupiter, serait décapité.

Dès que ce personnage apparut à Nantes, on lui dénonça Donatien et son frère. Donatien fut arrêté le premier : après un premier interrogatoire, il fut mis aux fers dans un cachot.

Vint le tour de Rogatien, qui rejoignit son frère.

Il communiqua à Donatien ses pensées : en l’absence du prêtre, peut-être qu’un baiser de son frère aîné «remplacerait» le baptême ? Donatien invoqua le Seigneur : Que la foi pure de Rogatien lui tienne lieu de baptême ; et si le préfet nous fait mourir demain, que le sang répandu de Rogatien lui soit comme l’onction du chrême.

Après une nuit de veille et de prière, les deux frères furent présentés à nouveau au juge, qui les fit suspendre au chevalet : ils eurent tout le corps déchiré. Après une série de supplices, qu’on peut seulement imaginer parce qu’ils ne sont pas décrits dans le témoignage du témoin, le bourreau eut encore l’idée de percer d’une lance le cou des deux victimes, puis les décapita.

C’était le 24 mai 304.

Pendant longtemps, deux croix marquèrent l’endroit du martyre des deux Enfants nantais. Elles furent brûlées sous la Révolution, rétablies sous Louis XVIII, et remplacées en 1896 par deux croix de granit.

Les reliques des Martyrs, qui se trouvaient à la cathédrale, furent détruites sous la Révolution ; par bonheur, on en avait quelques-unes dans un autre sanctuaire.

Saints Donatianus et Rogatianus sont commémorés le 24 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Vincent de Lérins

† 448

 

Vincent naquit à Toul et eut un frère, Lupus, futur évêque de Troyes (v. 29 juillet).

Après sa première formation, il recouvra des fonctions assez importantes, qu’il appelle lui-même les combats du siècle.

Fuyant ce tourbillon, il vint au monastère de Lérins, qu’avait fondé s.Honorat (v. 16 janvier).

Moine discipliné, il se livra à l’étude assidue de l’Ecriture et des Pères de l’Eglise.

Il fut ordonné prêtre.

C’est peut-être lui le Vincent auquel s.Eucher (v. 20 février) confia l’éducation de son fils.

Vers 434, sentant le poids des années - et quelques défaillances de sa mémoire, il rédigea un texte très fameux, le Commonitorium, dans lequel, avec des références à l’Ecriture et aux Pères, il énonce les principes de la doctrine de l’Eglise.

Selon lui, il faut s’en tenir à ce qui a été cru partout, toujours, par tous. Quant à expliciter le dogme et à faire évoluer l’expression de celui-ci, il faut veiller à ce que ce soit un progrès de la foi, non un changement : dans l’identité d’un même dogme, d’un même sens, d’une même pensée. Cette doctrine si claire fut reprise par le concile de Vatican I.

On a parfois objecté que certaines expressions de Vincent seraient à l’encontre de s.Augustin (v. 29 août) : il n’avait peut-être pas le texte exact de l’évêque d’Hippone.

Vincent mourut certainement avant 450, date de la mort de l’empereur Théodose.

Saint Vincent de Lérins est commémoré le 24 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simeon Stylite le Jeune

520-596

 

Simeon naquit vers 520 à Antioche de Syrie, d’un père originaire d’Edesse nommé Ioannis, et d’une mère qui est commémorée dans le Martyrologe au 5 juillet.

Cette sainte femme, Martha, ne se décida à épouser Ioannis que pour obéir à ses parents. Avant même la naissance de son fils, elle aurait eu révélation de s.Jean-Baptiste (v. 24 juin) du nom à donner à l’enfant.

La naissance de Simeon advint sans les douleurs habituelles et Martha le porta quarante jours après au sanctuaire de s.Jean-Baptiste.

L’enfant fut baptisé à l’âge de deux ans et dès lors sut parler couramment.

En 525, un tremblement de terre détruisit la maison familiale, Ioannis mourut. Martha chercha plusieurs jours son enfant, et ne le retrouva que sur une révélation.

Bientôt après, Simeon se retira dans la montagne et vécut au milieu des bêtes, avant d’être reçu dans un proche monastère.

A sept ans, il décida de s’isoler sur une colonne (en grec styli) : ce jour-là, c’est sa mère qui ouvrait la procession, portant la croix, et montrant à tous sa joie d’avoir un tel fils. Elle mourut peu de temps après et fut enterrée non loin de la colonne de Simeon.

Les démons tentèrent vigoureusement le jeune Simeon, mais il en triompha encore plus vigoureusement. En plus, Dieu lui faisait déjà accomplir des miracles : il délivrait des possédés, guérissait des malades ; d’autres moines venaient le consulter, il leur répondait avec grande sagesse. 

Il voulut se construire une colonne plus haute, pour s’isoler davantage ; auparavant, il fut ordonné diacre ; il demeura sur cette colonne pendant huit années ; il passait la nuit en prières, suspendu par la main gauche et, de la droite, se frappant la poitrine, et resta trente jours sans dormir. Il demanda - obtint- de Dieu la grâce de ne plus manger.

On vint si nombreux l’admirer et lui demander son aide, qu’il se fit «aider» par des disciples qui parlaient et agissaient en son nom.

A vingt ans, il résolut de s’isoler davantage, sur un rocher d’une montagne. Dieu lui fit savoir que cette montagne s’appellerait admirable ; Simeon reçut révélation des maux qui s’abattraient sur cette même région ; il se construisit une colonne encore plus haute, que le Christ vint lui-même bénir.

Simeon s’y rendit, y fut ordonné prêtre, et ne la quitta plus jusqu’à la mort. Les miracles se multiplièrent encore, parfois même à grande distance, par la seule image de Syméon.

Il expira un 24 mai, sans doute en 596, étant resté soixante-huit années sur sa colonne.

Il y a un autre Simeon Stylite, l’Ancien, fêté le 27 juillet, mort en 459.

Saint Simeon Stylite le Jeune est commémoré le 24 mai dans le Martyrologe Romain.

Filippo de Plaisance

? - 1306

 

Filippo faisait partie des Ermites de Saint-Augustin à Plaisance.

Il eut cette mortification particulière qu’il portait sous son habit religieux une tunique métallique. Ce qui pourrait nous apparaître comme un trait original était pour Filippo la sincère expression de son union à la passion du Christ.

Il mourut le 24 mai 1306.

Il a été introduit dans la récente édition du Martyrologe.

 

 

Juan de Prado Díez

1563-1631

 

Né vers 1563 à Morgovejo (León, Espagne), de famille noble, Juan fut orphelin à cinq ans.

Grâce à la charité d’un prêtre, il commença des études à Salamanque puis, en 1584, entra dans l’Ordre franciscain à Rocamador (Badajoz).

Il fit la profession en 1585 et fut ordonné prêtre.

Excellent prédicateur, vraiment soutenu par des grâces particulières, il jeûnait, s’imposait le cilice ; il participa aussi à des discussions où il défendit le dogme de l’Immaculée Conception de Marie.

Successivement, il fut nommé maître des novices, plusieurs fois gardien (supérieur) de différents couvents (Badajoz et Séville), conseiller provincial, et supérieur de la nouvelle Province d’Andalousie (1620-1623).

Une cruelle calomnie pesa un moment contre son innocence virginale, qui fut cependant reconnue, confirmée par une telle austérité de vie.

Après avoir assumé ces responsabilités, il demanda à partir évangéliser en Guadeloupe. Ses démarches n’aboutirent pas, mais on l’envoya au Maroc, où tant de prisonniers chrétiens subissaient les mauvais traitements des Musulmans, et ne disposaient pas d’aumôniers catholiques. Il y alla en 1630 avec la bénédiction du Pape, qui le nommait par la même occasion préfet apostolique pour cette région.

Juan y parvint le 7 décembre, accompagné du prêtre Matías de Saint-François et du Frère Ginés de Ocaña.  L’accueil de la part des chrétiens fut enthousiaste, car ils n’avaient pas vu de prêtres depuis plus de quarante ans. Durant le carême 1631, ils confessèrent beaucoup et réconfortèrent les chrétiens.

Mais voilà que mourut le roi qui avait accordé le sauf-conduit. Qu’allait faire le nouveau roi ? On ne le savait pas, et le gouverneur (portugais) conseilla aux Religieux de rester plus discrets dans leurs activités. Après un certain temps, leur zèle fut plus fort et les poussa à sortir de leur abri. Le gouverneur l’apprit, leur promit de les aider et les fit conduire à Mazagán, de là à Azamor, où se trouvaient beaucoup de Maures. Juan s’y présenta avec un drapeau blanc, en signe de paix.

Le maire commença par bien les recevoir, grâce à leur sauf-conduit. Mais ce sauf-conduit n’était plus valable, et les Religieux étaient alors prisonniers du nouveau roi. On les conduisit à Marrakech, où le roi les fit mettre en prison.

Après quelques jours, le roi les convoqua pour les interroger et demanda à Juan quelle était la loi meilleure, celle de Mahomet ou celle des Chrétiens. Juan n’hésita pas à répondre selon la Vérité. Fâché, le roi les fit fouetter en sa présence, puis jeter dans un cachot étroit, sombre et humide, surveillés par un gardien méchant, et condamnés à moudre le sel.

Le roi convoqua à nouveau Juan, lui posa d’autres questions et le fit encore fouetter cruellement. Quelques jours après, Juan répondit au roi : Tiran, tu veux faire perdre les âmes que Dieu a faites pour Lui ! Furieux, le roi le frappa à la tête avec son sabre, et ses serviteurs le frappèrent sur la bouche, car il continuait de prêcher. Le roi se fit apporter un arc et des flèches, et en tira quatre. Puis il ordonna de le faire brûler vif aux portes de son palais.

Juan ne pouvait plus marcher. On demandait à des prisonniers chrétiens de l’emmener, mais ils hésitaient. Juan les encouragea : Vous n’offensez pas le Bon Dieu ! Emmenez-moi, sinon ils vous feront du mal.

Le roi suivait la scène depuis une fenêtre ; on entassa du bois, on fouetta encore Juan, qui prêchait toujours, et les badauds lui jetèrent des pierres.

Juan fut ainsi torturé et martyrisé le 24 mai 1631.

Les deux autres survécurent miraculeusement aux tortures et purent ensuite rapporter ce dont ils avaient été témoins.

Le roi fut bientôt puni de sa cruauté, assassiné et remplacé par son frère, qui accorda plus de licence aux Religieux pour leur apostolat.

Juan de Prado fut béatifié en 1728.

 

 

Kim Ŏb-i Magdalena

(Gim Eob-i Magdallena)

1774-1839

 

 

Née en 1774 à Seoul, elle désirait rester vierge, mais fut forcée de se marier par ses parents. Après avoir perdu son mari et ses enfants, elle vécut à Seoul avec sa mère, dont elle supporta avec patience le tempérament difficile.

 

Après la mort de celle-ci, Magdalena continua d'enseigner le catéchisme aux enfants et à baptiser les enfants païens en danger de mort.

 

Elle montra un cran remarquable durant les interrogatoires et les tortures : pendant qu'on torturait sa compagne Barbara Han, elle n'hésitait pas à expliquer au chef de police les points importants de la doctrine chrétienne.

 

D'après les notes de la police, Magdalena fut condamnée à mort pour trois motifs : elle lisait des livres chrétiens, elle possédait des images saintes, elle croyait en l'hérésie catholique.

 

Le vendredi 24 mai 1839, elle fut décapitée avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Elle avait presque soixante-six ans.

 

Elle fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

Pak A-gi Anna

(Bak A-gi Anna)

1783-1839

 

Née en 1783 à Kangchon (Gangwon-do, Corée S), Anna était d'une famille catholique qui vivait près de la rivière Han.

 

Elle avait une toute petite mémoire et n'arrivait qu'à grand-peine à retenir les réponses du catéchisme et les prières. Elle disait souvent : Bien que je ne connaisse pas le Bon Dieu aussi bien que je voudrais, je veux faire tout mon possible pour l'aimer.

 

Elle épousa un homme catholique, à dix-huit ans, et éleva ses enfants dans la foi.

 

Elle avait une particulière dévotion pour la passion de Notre Seigneur et méditait les larmes aux yeux sur les cinq Plaies. Quand elle entendit parler de la persécution, ses yeux brillèrent à l'idée de pouvoir devenir une martyre.

 

Elle fut arrêtée avec son mari et son fils aîné, mais elle seule resta en prison.

 

Elle fut si brutalement battue que l'on voyait ses os.

 

Mais sa plus grande difficulté lui vint de son mari et de son fils qui venaient la voir chaque jour, pour lui demander d'apostasier, de revenir à la maison, pour soigner sa mère malade et tenir la maison. Le chef de la police à son tour la pressait de renier sa foi pour accompagner son mari et son fils à la maison.

 

Elle répétait : Pourquoi risquerais-je ma vie éternelle pour vivre à peine quelques jours de plus ici ? Et au chef de la police : Mon mari et mon fils peuvent suivre leur route. Moi, je suis bien déterminée à suivre ma route et à mourir pour ma foi.

 

Le vendredi 24 mai 1839, elle fut décapitée avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Elle avait presque cinquante-sept ans.

 

Elle fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

Yi So-sa Agatha

(Yi So-sa Agata)

1784-1839

La vie d'Agatha se passa dans une extrême pauvreté et en même temps dans une atmosphère de profonde paix intérieure.

Elle était née en 1784 à Icheon (Gyeonggi-do, Corée S). Après la mort de son père, elle perdit tout ce qu'elle avait et vécut avec sa vieille maman et son jeune frère (Yi Ho-yŏng Petrus, qui fut martyrisé le 25 novembre 1938, et canonisé avec elle).

Un témoin raconta qu'on ne peut décrire toutes les difficultés qu'elle eut à surmonter. Malgré sa pauvreté extrême, elle avait toujours un aspect pacifique et un joyeux sourire. Il est impossible de se rappeler tout ce qu'elle put dire et faire de beau et de bien.

Elle fut battue avec une grande cruauté et ses jambes furent toutes tordues. Et comme elle ne voulait pas renier Dieu et sa foi, on lui enleva son habit et on la suspendit avec les bras liés derrière le dos, pour la battre sur tout le corps avec un bâton d'environ deux mètres cinquante de long, de l'épaisseur d'un bras ; quatre bourreaux se relayaient sans arrêt. Tout le corps d'Agatha saignait abondamment ; mais son courage demeura ferme.

Le vendredi 24 mai 1839, elle fut décapitée avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Elle avait presque cinquante-six ans.

Elle fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

 

 

Kim A-gi Agatha

(Gim A-gi Agata)

1787-1839

Née en 1787 à Séoul, Agatha était de famille païenne ; elle épousa un mari qui l'entraîna pendant longtemps dans des pratiques superstitieuses, qu'elle finit par abandonner et brûler grâce aux bons conseils de sa sœur aînée, qui était catholique.

Agatha avait peu de mémoire et ne pouvait retenir les prières du matin et du soir.

Durant l'interrogatoire, elle déclara : Je ne connais rien d'autre que Jésus et Marie. J'aime mieux mourir que renier Jésus et Marie.

Elle fut durement torturée, mais ne céda pas. Une fois en prison, les autres Catholiques la reçurent joyeusement : Bienvenue, Agatha, toi qui ne connais que Jésus et Marie ! Ils lui enseignèrent les principales vérités de la Foi et la baptisèrent.

Elle endura encore d'autres tortures, courageusement et sans plier. Le motif de sa condamnation à mort était, comme pour Kim Magdalena, qu'elle professait l'hérésie catholique, qu'elle lisait des livres chrétiens et qu'elle avait des images pieuses.

Le vendredi 24 mai 1839, elle fut décapitée avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Elle avait cinquante-trois ans.

Elle fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

Yi Kwang-hŏn Augustinus

(Yi Gwang-heon Auguseutino)

1787-1839

Augustinus était né en 1787 à Kwangju (Gyeonggi-do, Corée S), d'une famille noble. Son jeune frère,  Yi Kwang-nyŏl Ioannes Baptista, mourra lui aussi martyr, le 20 juillet de la même année (1838), et sera lui aussi canonisé.

Il épousa Kwŏn Hŭi Barbara, qui mourra martyre à son tour, le 3 septembre 1838, et sera canonisée avec lui.

De ce mariage naîtra une fille, Agatha, elle aussi martyrisée à dix-sept ans le 9 janvier 1840, et canonisée avec ses parents.

Augustinus avait un excellent caractère, tolérant, plein de talents et de grande intelligence. Jeune, il aimait les plaisirs et la vie aisée. Mais à trente ans tout changea, quand il devint catholique avec son épouse et son jeune frère. Il prit le nom d’Augustinus, en souvenir de la conversion de saint Augustin. Désormais, sa vie fut exemplaire.

Pour échapper aux persécutions, il déménagea plusieurs fois, et perdit finalement tous ses biens. Il embrassa la pauvreté avec la foi d’un vrai Chrétien. Personne ne l’entendit se plaindre.

Ce fut la communauté chrétienne qui se cotisa pour lui acheter une habitation, au-delà de la Porte Etroite Ouest.

Augustinus devint catéchiste, et sa maison servit de chapelle. Il était toujours prêt à rendre service, à convertir les tièdes, à enseigner aux catéchumènes. Il s’occupait des malades, baptisait les enfants en danger de mort.

Lors de la persécution, toute la famille fut arrêtée, le 7 avril 1839, voici comment : bien que la maison eût l’apparence d’une auberge, on la réquisitionna et on arrêta tous les catholiques qui s’y trouvaient. Parmi ceux-ci se trouvait l’épouse d’un catéchumène, qui en réclama la libération. En échange il donna le nom de cinquante-trois Catholiques qu’il connaissait, dont Augustinus et les siens.

On lui proposa la libération de son épouse et de ses enfants, s’il acceptait juste de dire qu’il n’était pas chrétien. Il répondit : Je ne peux pas renier Dieu parce que j’aime ma femme et mes enfants. Je ne peux pas leur montrer ma faiblesse.

Les policiers le battirent sur les jambes avec un gourdin triangulaire puis reçut le même supplice que saint Protasius le 20 mai précédent. Il saignait abondamment, sa chair était en lambeaux et l’on voyait ses os, brisés par les coups. Ceux qui le voyaient en étaient horrifiés, mais Augustinus ne bronchait pas.

Même le chef de la police se fatigua de le torturer et lui montra de la «sympathie», lui proposant de dire seulement qu’il obéirait au roi. Augustinus en profita pour demander la libération de ses deux enfants, en particulier de sa fille qui se trouvait au milieu des voleurs. Le chef de police lui proposa de les libérer purement et simplement, s’il apostasiait. Augustinus refusa.

Les enfants d’Augustinus et sa vieille maman de quatre-vingt ans demeurèrent volontairement en prison.

Le vendredi 24 mai 1839, Augustinus fut décapité avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Il avait presque cinquante-trois ans.

Il fut béatifié en 1925 et canonisé en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

 

Han A-gi Barbara

(Han A-gi Bareubara)

1791-1839

Née vers 1791 à Kwang-chon (Gangweon-do, Corée du Sud), dans une famille déjà catholique, Barbara vécut longtemps sans prêter attention à la Foi.

Elle épousa un païen.

Un jour, sa mère vint lui rendre visite en compagnie de Kim Magdalena, qui l’aidèrent à voir son erreur ; à partir de ce moment, Barbara vécut en chrétienne exemplaire.

Vers trente ans, son mari et ses enfants moururent. Elle revint chez sa mère.

Elle avait le souci du salut des âmes et enseignait aux catéchumènes. Elle n’épargnait pas sa peine pour aller baptiser les enfants en danger de mort, pour supplier les païens de se convertir ; elle jeûnait et offrait des sacrifices pour obtenir la bénédiction de Dieu sur ses activités.

Barbara fut arrêtée avec Kim Magdalena.

Torturée, elle ne manqua aucune occasion de professer sa foi.

Le vendredi 24 mai 1839, elle fut décapitée avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Elle avait quarante-huit ans.

Elle fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

 

Pak Hŭi-sun Lucia

(Bak Heui-sun Luchia)

1801-1839

Lucia, née en 1801 ou 1802 à Seoul, était de famille bourgeoise. Sa sœur aînée était Pak K'ŭn-agi Maria, elle aussi martyrisée (le 3 septembre 1839) et canonisée avec elle.

Sa beauté et son intelligence la firent appeler à la cour royale, où elle devint dame de cour de la reine, mais elle était dans une position supérieure aux autres dames de cour, à cause de ses grandes qualités.

Vers quinze ans, elle refusa les avances du jeune roi, avec un courage inouï pour une Coréenne.

Lucie était très cultivée en littérature chinoise et coréenne, et la reine lui demandait d’enseigner aux autres dames de cour.

Vers trente ans, elle entendit parler de la foi catholique et voulut se convertir. Ce n’était pas facile car elle ne pouvait s’éloigner du palais royal : la reine la désirait près d’elle, elle devait surveiller les autres dames de cour et tenir les archives du roi.

Pour motiver son absence, elle prétendit être malade et s’en vint chez son neveu (car son père n’aimait pas les Catholiques).

Regrettant tout le temps qu’elle avait passé dans le plaisir, elle s’efforça de remplir tous ses devoirs religieux fidèlement, dans la mortification, particulièrement dans sa nourriture et dans son habillement.

Par son exemple, elle amena toute la famille de son neveu au Catholicisme.

Puis elle vint habiter chez Chŏng Agatha. Avec celle-ci, elle acheta une maison à Seoul, où elles s’installèrent avec d’autres pieuses femmes. C’est là que des policiers vinrent l’arrêter le 15 avril 1839. Avant de quitter la maison, elle donna de l’argent aux policiers, et leur offrit à boire et à manger.

Interrogée par le chef de la police, elle réaffirma sa foi en Dieu, créateur de la vie, et refusa de donner les noms des autres Catholiques.

Conduite à la Cour criminelle, elle subit la torture par trois fois, recevant à chaque fois trente coups, qui lui brisèrent un os de la jambe. Elle essuya la blessure avec sa longue chevelure, disant : Maintenant, je vais pouvoir souffrir les douleurs de notre Seigneur et de Marie.

Rappelée à la cour, elle s’y traîna avec sa jambe cassée et tout le monde admira son courage. Devant le juge et toute la cour, elle expliqua si bien la doctrine catholique que les juges ne surent rien lui répliquer.

Elle rédigea une lettre pour ses frères catholiques, qui malheureusement fut perdue. Elle les y invitait, croit-on, au courage et leur procura une profonde émotion. Même en prison, Lucia s’occupa des détenus malades, tant au point de vue physique qu’au spirituel.

Juste avant d’être exécutée, Lucia demanda à l’un des bourreaux de bien aiguiser son sabre et de la décapiter d’un seul coup.

Le vendredi 24 mai 1839, elle fut décapitée avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Elle resta calme et continua de prier jusqu’à la fin. Elle avait trente-huit ans.

Elle fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

Nam Myŏng-hyŏk Damianus

(Nam Myeong-hyeok Damiano)

1802-1839

Damianus était né en 1802 à Munan (Seoul, Corée S), dans une famille de la noblesse.

Son enfance passa dans la dissipation et le désordre, au milieu de mauvais camarades.

Vers trente ans, il commença à étudier la religion catholique et à la pratiquer. Un prêtre chinois le baptisa.

Sa conviction et sa formation furent assez solides pour qu’il devînt même catéchiste. Il réunissait les gens chez lui et leur enseignait l’évangile. Il s’occupait autant des catholiques encore tièdes que des non-catholiques. Il rendait visite aux malades et se préoccupait de baptiser les enfants en danger de mort. Tout le monde le respectait.

Quand on lui demandait comment il voulait être appelé au Paradis, il répondait : Nam Damianus le Martyr et Membre de la Confraternité du Saint-Scapulaire.

Il s’entendait très bien avec son épouse, Yi Yŏn-hŭi Maria, qui s’occupait avec lui de bonnes œuvres (et qui mourra martyre le 3 septembre de la même année).

Quand la persécution se déchaîna en 1839, un catéchumène eut la faiblesse de donner à la police une liste de cinquante-trois noms, parmi lesquels ceux des deux catéchistes : Yi Augustinus et Nam Damianus.

Ces deux derniers furent arrêtés immédiatement, avec leur famille. Les objets du culte qui devaient servir pour Mgr Imbert, se trouvaient chez Damianus, et furent réquisitionnés. Pour avoir été trouvé en possession de ces objets, Damianus fut interrogé encore plus durement que les autres. Pour protéger l’évêque, Damianus affirma au chef de la police que les objets avaient appartenu à un autre prêtre, déjà martyrisé en 1801. Le chef fit semblant de le croire, car il craignait beaucoup que l’affaire prît une énorme importance, s’il arrêtait un étranger. Mais il interrogea encore Damianus, pour intimider les autres :

- Ton témoignage est faux. Les objets qu’on a trouvé chez toi sont tout neufs, ils ne peuvent avoir servi il y a quarante ans.

Damianus ne répondit rien et n’ouvrit plus la bouche. Il fut torturé durement. Ses os furent brisés ; il fut battu si fort, qu’il en resta inconscient pendant quatre jours. Après qu’il reprit connaissance, il fut condamné à mort.

Il écrivit alors une lettre à son épouse qui était elle aussi en prison. Il lui disait :

Le monde n’est rien d’autre qu’une hôtellerie où nous ne faisons que passer. Notre vraie demeure est le Ciel. Suis-moi, deviens une martyre. Je souhaite que nous nous retrouvions dans le royaume de la gloire éternelle.

Le vendredi 24 mai 1839, il fut décapité avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Il avait presque trente-huit ans.

Il fut béatifié en 1925 et canonisé en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

Kwŏn Tŭg-in Petrus

(Gweon Deug-in Peteuro)

1805-1839

 

Petrus était né à Seoul, de parents catholiques.

Enfant, il fut orphelin de père, et sa mère mourut quand il avait seize ans.

Il avait déjà acquis de solides habitudes : il se levait toujours avant le premier chant du coq et priait jusqu’au lever du jour. On le connaissait pour sa gentillesse envers tout le monde.

Après la mort de sa mère, il se maria. D’abord, il travailla à la pharmacie de son frère, puis il créa son propre petit commerce, fabriquant des crucifix et des médailles pieuses.

Dès le début de la persécution de 1839, il fut arrêté avec tous les siens, le 16 janvier. Ce fut la première famille arrêtée. Apprenant la nouvelle, Mgr Imbert revint à Seoul pour consoler et réconforter les Catholiques en désarroi.

Ils furent tous interrogés et torturés de diverses manières. L’épouse de Petrus et son beau-frère cédèrent aux tortures, renièrent leur foi et furent relâchés. De la prison, Petrus leur écrivit pour les faire changer d’attitude. D’après leur belle-fille, Yi Agatha, l’épouse de Petrus reconnut son erreur, et se repentit.

Au chef de la police, Petrus répondit :

Nous devons tous remercier Dieu, qui est le Créateur des anges, des hommes et de tout ce qui existe sur terre. Tout homme doit l’adorer.

Refusant de donner des noms, il affirma aussi : Je ne peux le faire, car ma religion enseigne de ne pas faire de mal aux autres.

Il fut durement torturé, et le chef de la police ordonna aux autres prisonniers de le battre. Ils le firent si cruellement que Petrus faillit en mourir par deux fois.

Une des raisons de sa condamnation à mort est qu’il fabriquait et vendait des articles religieux.

Martyrisé le vendredi 24 mai 1839 à Seoul, devant la Porte Etroite Ouest, il avait trente-quatre ans.

Des témoins affirmèrent que, même après sa mort, son visage portait un mystérieux sourire.

La fête commune liturgique de tous ces Martyrs, béatifiés en 1925 et canonisés en 1968, est établie au 20 septembre.

 

Louis Zéphyrin Moreau

1824-1901

 

Cinquième des treize enfants de modestes paysans catholiques canadiens, Louis naquit à Bécancour (Québec) le 1er avril 1824. Son père s’appelait Louis et sa mère Marie-Marguerite Champoux.

Après des études aux séminaires de Nicolet (où il fut aussi professeur), et malgré une santé fragile, il compléta ses études théologiques à Montréal et fut ordonné prêtre en 1846. Lui qu’on avait hésité à accepter et qui avait dû momentanément suspendre ses études, fut en réalité ordonné à vingt-deux ans !

Il devint le secrétaire des trois premiers évêques du diocèse, et se mérita l’affection et l’admiration de tous par ses vertus.

Sa charité sans borne le désigna pour être aumônier des pauvres du Convent de la Providence.

Il fut bientôt curé de la cathédrale de 1854 à 1876, avec une interruption de 1860 à 1870 ; il reçut les charges de procureur diocésain et vicaire général.

A la mort de l’évêque de Saint-Hyacinthe (1875), il fut pour la quatrième fois Administrateur du diocèse sede vacante. Il fut alors nommé évêque de ce diocèse, un diocèse fondé en 1852 par la subdivision de celui de Montréal.

Sacré en 1876, il fut le quatrième évêque du diocèse et choisit pour devise : Je puis tout en Celui qui me fortifie (cf. Ph 4:13).

Ses multiples activités et sa correspondance volumineuse étonnaient ceux qui craignaient pour sa faible santé.

Il fonda le Chapitre de la cathédrale et s’intéressa de près à l’éducation.

Le “bon Monseigneur Moreau”, très aimé de ses fidèles, fonda les Sœurs de Saint-Joseph, avec la vénérable Elisabeth Bergeron, pour l’éducation à la foi des jeunes en monde rural. Il encouragea aussi la fondation des Sœurs de Sainte-Marthe, pour subvenir aux besoins du séminaire et du clergé. Il créa l’Union Saint-Joseph, qui deviendra plus tard la Caisse Desjardins.

Entouré de l’affection de son clergé et des fidèles, il fêta ses noces d’or sacerdotales, et décéda peu de temps après, le 24 mai 1901, en odeur de sainteté.

Déclaré vénérable en 1973, il fut béatifié en 1987.

 

 

Józef Kurzawa

1910-1940

 

Józef était né le 6 janvier 1910 à Świerczynie, de Jan et Józefa Archańskich.

Il termine le lycée en 1928, entre à l’école Adam Asnyka de Kalisz, puis à l’Ecole des officiers de réserve d’infanterie à Jarocin, pour intégrer finalement en 1931 le séminaire de Włocławek, où il fut ordonné prêtre en 1936.

Durant les courtes années de pastorale où il exerça son intense activité, il s’occupa beaucoup des enfants et des jeunes, ce qui lui valut le respect unanime.

Vicaire de Wincenty Matuszewski, qui était curé à Osięciny, il fut arrêté avec ce dernier en septembre 1939. 

Tous deux furent assassinés dans la forêt voisine, Wincenty le 23 et lui le 24 mai 1940 : il avait trente ans, à peine quatre années de sacerdoce.

Béatifiés ensemble en 1999 comme Martyrs de la persécution nazie, ils sont commémorés ensemble au Martyrologe du 23 mai. 

 

En Pologne, les cent-huit Martyrs polonais sont fêtés le 13 juin.

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22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 23:00

23 MAI

 

III.

Ss Montanus, Lucius, Iulianus, Victoricus, Victor, Flavianus, Primolus, Donatianus, Renus, Quartillosa, martyrs à Carthage.

IV.

S Ephebius, évêque à Naples.

S Desiderius, évêque à Langres, victime du pillage de Langres par les Vandales, invoqué comme protecteur et garant des serments, et contre les catastrophes.

VI.

S Spes, fondateur de plusieurs ermitages à Campi, aveugle pendant quarante années.

Ss Eutychius et Florentius, ermites à Campi ; Eutychius succéda à s.Spes ; Florentius faisait garder ses brebis par un ours serviable ; Eutychius est invoqué contre la sécheresse.

S Honoratus, abbé près de Subiaco, où s.Benoît avait vécu auparavant.

VIII.

S Syagrius, évêque à Nice.

IX.

S Michaïl, évêque à Synnada, très en faveur auprès des empereurs, mais exilé au moment de la reprise de l’iconoclasme.

X.

S Guibert, de la région de Namur, fondateur d’un monastère bénédictin à Gembloux, et retiré à Gorze. 

XII.

S William de Rochester, boulanger, assassiné par l’orphelin qu’il avait adopté.

XVIII.

S Giovanni Battista de’ Rossi, gênois, prêtre à Rome, apôtre et catéchiste des petites gens : cochers, paysans, bergers, malades et prisonniers ; il mourut si pauvre, que l'hospice dut payer ses funérailles.

Apparition de Notre-Dame du Laus. 

XX.

B Wincenty Matuszewski (*1869-1940), prêtre polonais assassiné par la Gestapo en 1940, béatifié en 1999.

Bse Maria Gargani (Maria Crucifiée du Divin Amour, 1892-1973), fondatrice italienne des Sœurs Apôtres du Sacré-Cœur, béatifiée en 2018.

 

Martyrs d’Afrique

† 259

 

Les Héros dont on va parler n’ont pas versé leur sang le même jour ni dans les mêmes circonstances, quoique dans une même période. Ils ont en commun d’avoir été martyrisés en Afrique, peut-être même à Carthage.

Peu après le martyre de s.Cyprien, le 14 septembre 258, sous le prétexte d’avoir fomenté une émeute - que le procureur avait lui-même organisée -, furent arrêtés d’abord Lucius, Montanus, Iulianus, Victoricus, Donatianus ; ensuite Flavianus, Primolus, Renus, Victor, Quartillosa.

Nous avons le bonheur de posséder une lettre écrite par les prisonniers eux-mêmes, et qui porte toutes les garanties de l’authenticité. En voici les éléments commun à tous, puis suivront les épisodes liés à certains d’entre eux. On n’a pas de détails pour chacun, mais ce qui est rapporté est très édifiant.

Au soir de leur arrestation, le procureur projetait de condamner tous ces Chrétiens à être brûlés vifs, mais le lendemain, le feu s’éteignit. On les remit en prison, où une grande lumière les enveloppa. Ensuite, on les laissa souffrir la faim et la soif.

Ils eurent la visite d’un prêtre Lucianus, d’un sous-diacre Herennianus et d’un catéchumène nommé Ianuarius, qui leur apportaient l’Eucharistie.

La détention dura huit mois, de septembre 258 à mai 259. 

Lucius, Iulianus, Victoricus et Montanus, furent décapités le 23 mai, Flavianus le 25, Victor - et peut-être Donatianus, peu après.

 

Lucius, doux et timide de nature, marcha au supplice le premier.

Montanus, qui avait eu une petite altercation avec Iulianus au point d’être en froid avec lui, se vit en vision avec une belle tunique blanche, mais avec quelques taches, parce qu’il ne s’était pas réconcilié tout de suite avec Iulianus. Il avançait avec une belle prestance et une grande assurance, exhortant tous les badauds à la concorde, à la conversion. Au moment d’être décapité, il demanda à Dieu que Flavianus reçût à son tour le martyre trois jours après ; comme on va le voir, il fut exaucé, au grand étonnement des témoins.

Iulianus et Victoricus recommandaient aux fidèles la concorde et leur rappelaient la nécessité d’aller soulager les prisonniers qui avaient faim.

Victor : prêtre ; il eut la vision d’un petit enfant lumineux lui annonçant la fin prochaine de leur combat.

Flavianus, prêtre, ancien professeur, mais dont les anciens élèves contestaient sa condition de prêtre, vit pour cela son heure retardée et fut mis à mort seulement deux jours après les premiers. Il exultait littéralement. Juste avant de mourir, il donna le baiser de paix à ceux qui l’entouraient et recommanda aux fidèles de choisir le prêtre Lucianus pour succéder à Cyprien. Il mourut le 25 mai, le troisième jour après le premier groupe, comme l’avait demandé Montanus dans sa prière.

Donatianus : c’est le cinquième du groupe mentionné dans le Martyrologe ; peut-être y a-t-il eu ici une erreur et qu’on l’ait mentionné à la place de Flavianus, plus représentatif.

Il y eut d’autres Martyrs, mentionnés dans le récit, mais qui, s’ils furent bientôt martyrisés eux aussi, ne sont pas mentionnés dans le Martyrologe de ce même jour : 

Primolus ; Renus, qui eut la vision des Martyrs conduits au supplice, accompagnés d’une belle lampe  toute brillante ; Quartillosa, dont le mari et le fils avaient été martyrisés trois jours plus tôt ; elle vit son fils sous les traits d’un grand jeune homme, qui apportait aux prisonniers deux belles coupes de lait et leur annonçait qu’ils allaient bientôt boire une troisième coupe.

Ces saints Martyrs d’Afrique sont commémorés le 23 mai dans le Martyrologe Romain.

Desiderius de Langes

† 265 ou 407

 

Une ancienne controverse existe toujours au sujet de Desiderius (Désiré, Didier).

On l’a d’abord fait originaire de Lombardie.

Puis il fut longtemps admis que cet évêque de Langres avait été mis à mort par le chef des Vandales, Crocus, qui assiégea la ville de Langres vers 265.

Mais au 7e siècle, un certain Varnahaire écrivait que Didier, voulant protéger son peuple, tâcha de convertir à la modération le farouche arien qui commandait les envahisseurs. Il lui présenta un évangile mais le Barbare, qui n’entendait pas la langue de Didier, oublia qu’il était chrétien lui aussi et fit exécuter l’évêque, avec son archidiacre Vincentius. Quant au bourreau, il fut à l’instant frappé de folie et se fracassa la tête contre les remparts de la ville, à la terreur des témoins.

Cela se serait passé, d’après Sigebert de Gembloux, en 411 ou 407.

L’on montrait encore, du temps de ce Varnahaire, le livre saint taché du sang du Martyr. 

A ces deux dates fort éloignées l’une de l’autre, s’en ajoute une troisième, 346, où Didier participa à un concile de Cologne, et qui semble bien exclure les deux autres, sauf si Didier était alors un tout jeune évêque d’une trentaine d’années : il serait mort nonagénaire.

La liste épiscopale de Langres présente actuellement un Didier, troisième évêque de Langres, mort en 265, et un Desiderius, évêque en 410-411. Est-elle authentique, ou ne s’appuie-t-elle que sur les données précédentes ? La recherche reste ouverte.

On invoque s.Didier comme garant des serments, et contre les catastrophes.

Saint Desiderius de Langes est commémoré le 23 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ephebius de Naples

† 308

 

Ephebius (Efebo, Eufebio, Eframo) aurait été d’origine romaine, avant d’être promu au siège épiscopal de Naples.

D’après les listes reconstituées, il en aurait été le huitième évêque.

On le décrivait comme un homme de belle stature. Il fut un vrai pasteur au service de la communauté. Il aurait aussi accompli de nombreux miracles.

Ephebius serait mort au début du 4e siècle.

Saint Ephebius de Naples est commémoré le 23 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Spes de Campi

† 510

 

Spes, l’Espérance, cette grande vertu théologale, était le nom du moine dont il va être question brièvement.

Brièvement, parce que sa vie monastique se résume à une longe épreuve de quarante années : il fut privé de la vue. 

On peut cependant rappeler qu’avant sa vie monastique, il jouit d’une situation aisée et mondaine, dont il voulut faire pénitence.

Il vivait dans un des monastères qu’il avait fondés, à Cample (auj. Campi, Norcia, Perugia, Italie ). Dieu le favorisa cependant de grandes lumières intérieures. A la fin, Spes recouvra la vue et eut la révélation de sa mort prochaine.

En cette attente, il fut envoyé, également sur révélation, prêcher aux monastères voisins. Quinze jours plus tard, il s’en revint en son monastère.

Il convoqua alors tous les moines, reçut le Viatique et entonna un psaume. Pendant que les moines continuaient la psalmodie, Spes s’endormit dans le Seigneur, et l’on vit son âme sous forme de colombe, qui s’envolait vers le Ciel, le 28 mai 510.

Saint Spes est maintenant commémoré le 23 mai dans le Martyrologe Romain, le même jour que ses deux successeurs, Eutychius et Florentius.

 

 

Eutychius de Campi

† 540

 

Eutychius (Eutizio) succéda à s.Spes dans le gouvernement des monastères fondés par ce dernier.

L’activité et la personalité d’Eutychius lui méritèrent le qualificatif d’évangélisateur de la vallée. La population s’habitua à l’invoquer pour obtenir la pluie en temps de sécheresse.

Grâce à lui, la communauté monastique atteignit un très haut niveau de spiritualité, d’équilibre, d’organisation.

Il mourut le 23 mai 540.

En même temps que s.Eutychius, sont commémorés le 23 mai dans le Martyrologe Romain s.Spes et s.Florentius.

 

 

Florentius de Campi

† 540

 

Florentius était le compagnon de cellule de s.Eutychius, mais tandis que ce dernier sortait pour prêcher à la population, Florentius demeurait dans la cellule et priait.

Quand Eutychius fut appelé à succéder à Spes, il laissa seul Florentius pour aller visiter les ermitages alentour. Florentius, souffrant de cette solitude, pria Dieu de lui envoyer un compagnon. Ce fut un gentil animal, un ours, qui vint l’attendre devant sa cellule. Florentius lui confia la garde de ses brebis : il les conduisait au pâturage et les ramenait vers 15 heures les jours de jeûne, un peu plus tôt les autres jours.

Pendant ce temps, Florentius continuait de prier, et obtenait aussi des miracles par sa prière, au point que le diable de la jalousie pénétra dans le cœur de quatre ermites qui dépendaient d’Eutychius, lesquels tuèrent la pauvre bête innocente. 

Florentius, ne voyant pas arriver son troupeau à l’heure habituelle, partit à sa recherche et trouva son ami l’ours sans vie ; il en fut triste, mais plus encore pour les auteurs de cette méchanceté. Eutychius vint le consoler fraternellement. Florentius se laissa alors aller à demander à Dieu de punir Lui-même les auteurs du forfait, qui moururent tous les quatre, frappés d’éléphantiasis. Le pauvre Florentius alors se reprocha sa pensée et s’accusa de meurtre.

Mais Dieu lui pardonna et lui accorda de faire d’autres miracles encore. Un de ceux-là fut qu’une troupe d’oiseaux s’abattit pour tuer et emporter un même nombre de serpents qui barraient le passage à un diacre venu lui rendre visite.

S.Grégoire le Grand (v. 12 mars) explique que Florentius était exaucé aussi rapidement qu’il obéissait aux préceptes de Dieu.

Florentius se retira les dernières années à Foligno et mourut à peu près à la même période que s.Eutychius, vers 540.

Saint Florentius de Campi est commémoré avec s.Eutychius et s.Spes le 23 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Honoratus de Subiaco

499-598

 

Honoratus est cet abbé du monastère bénédictin de Subiaco, où vécut s.Benoît lui-même peu auparavant.

Il est censé avoir vécu quatre-vingt dix-neuf ans, ce qui permet de dater son année de naissance. On le représente aussi pour cette raison comme un grand vieillard à la barbe très longue.

Il disposa le premier monastère de Benoît à l’usage du chapitre et construisit un autre monastère à côté, dédicacé aux saints Côme et Damien. 

Honoratus mourut en 598.

En 601, les envahisseurs lombards détruisirent le monastère, qui fut reconstruit un siècle plus tard. Dédié aux saints Benoît et Scholastique, il fut à nouveau détruit en 840 par les Sarrasins, en 981 par les Hongrois. Puis les papes le prirent sous leur directe protection.

Il ne faut pas confondre notre personnage avec un autre abbé du même nom à Fondi.

Saint Honoratus de Subiaco est commémoré le 23 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Syagrius de Nice

† 788

 

On a fait de ce Syagrius un neveu de Charlemagne, mais les dates qu’on connaît ne permettent pas de justifier cette parenté. En revanche, que Charlemagne ait abondamment doté le nouveau monastère de Saint-Pons, reste fondé sur des documents authentiques.

Syagrius aurait donc été d’abord moine à Lérins.

Il passe pour être le fondateur du monastère bénédictin de Saint-Pons, près de Nice, en 777, et devint évêque de cette ville la même année. C’était le douzième ou treizième évêque de ce siège (son présumé fondateur, s.Bassus, ayant été évêque non pas de Nice, mais de Nicée, en Asie Mineure).

Autant Syagrius était réputé pour son humilité comme abbé, autant il le resta comme évêque.

Toujours discret, toujours actif, rempli de zèle pour le salut des âmes, il accomplit aussi des miracles, comme la résurrection d’un enfant déchiqueté par un cheval en furie.

Il mourut en 787 ou 788.

Saint Syagrius de Nice est commémoré le 23 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Michail de Synnada

† 826

 

Michaïl fut moine au monastère que s.Tarasios (v. 18 février) avait fondé sur le Bosphore.

Ce monastère était destiné à y former des moines fidèles à l’orthodoxie et dont seraient sortis des évêques courageux. Ce fut le cas pour Michaïl.

Il devint évêque de Synnada (Phrygie, Asie Mineure, act. Şuhut, Turquie) vers 787 et fut alors un des premiers personnages de l’Eglise d’Orient.

En 806, l’empereur l’envoya à Bagdad négocier la paix avec Hâroun-ar- Rachîd.

Plus tard, le nouvel empereur Michel Ier envoya auprès de Charlemagne une ambassade guidée par Michaïl. En même temps, celui-ci devait s’arrêter à Rome pour remettre au pape des lettres de la part du patriarche. Ces rencontres démontraient la pleine communion entre Rome et Constantinople, entre les deux empires d’Orient et d’Occident.

A Rome encore, Michaïl rencontra un moine crétois, errant, qu’il emmena à Constantinople et confia à un monastère du Cap Acritas, où il brilla de toutes les vertus.

Les choses changèrent sous l’empereur Léon l’Arménien, qui reprit l’iconoclasme. Michaïl demeura ferme en la matière et exposa ses reproches à l’empereur : ce courage lui valut l’exil à Eudocias en 815.

Ce furent alors onze années d’épreuves, avec d’autres exilés qu’il soutint de toutes ses forces.

Il mourut là-bas, le 23 mai 826.

Saint Michail de Synnada est commémoré le 23 mai dans le Martyrologe Romain.

William de Rochester

† 1201

 

William était né à Perth (Ecosse) au 12e siècle.

Après une jeunesse qu’on qualifie d’orageuse, il se tourna entièrement vers Dieu et les bonnes œuvres, en particulier à l’égard des pauvres et des enfants abandonnés. Boulanger de son état, il donnait en aumônes le dixième de son gain.

Chaque jour il se rendait à la Messe. Un matin, il trouva un petit enfant abandonné sur le seuil de l’église ; il le recueillit, l’adopta en lui donnant le nom de David et lui enseigna son métier.

Bien plus tard, William emmena son «fils» David en pèlerinage aux Lieux Saints. Mais à la première étape qu’ils firent, à Rochester, David s’en prit à son bienfaiteur, le frappa, l’égorgea et s’enfuit après l’avoir dépouillé. C’était le 23 mai, vers 1201.

Comment vint-on à connaissance de ce meurtre, on ne le dit pas. Le fait est qu’une pauvre folle eut l’idée de tresser une couronne de fleurs qu’elle déposa sur la tête de William, puis qu’elle appliqua sur sa tête, et elle s’en trouva guérie. D’autres miracles se produisirent, qui firent considérer William comme martyr.

En 1256, le pape fut informé des faits et canonisa William.

Cependant, le Martyrologe Romain actuel ne l’a pas conservé dans ses pages.

 

 

Giovanni Battista de Rossi

1698-1764

 

Né le 22 février 1698 à Voltaggio (Gênes, Italie) de parents pauvres et très pieux, qui donnèrent à leurs enfants une très bonne orientation chrétienne. Plusieurs des enfants moururent en bas âge.

Un noble gênois remarqua le petit enfant de chœur et proposa au papa de se charger de son éducation ; puis un parent, chanoine, l’invita à Rome, pour veiller à son instruction. Giovanni Battista entra ainsi à treize ans au Collège romain.

On croyait revoir en lui un Luigi Gonzaga (voir au 21 juin), et il avançait brillamment dans les études ; il pouvait aborder le Droit et devenir un juriste réputé, mais il préféra le sacerdoce.

Son père mourut vers 1714 ; quoique pauvres, la mère et les sœurs acceptèrent le «départ» de Giovanni Battista, qui commença les études de théologie.

Mais le jeune garçon s’imposa d’imprudentes mortifications, comme il le reconnut plus tard, et tomba malade. Désormais, il fut sujet à des crises d’épilepsie, et son estomac ne pouvait plus supporter la nourriture. Il dut étudier privément, comme simple auditeur chez les Dominicains de la Minerve (à Rome). Ses efforts, son humilité et la grâce de Dieu, lui donnèrent les qualités nécessaires pour l’apostolat.

Ordonné prêtre en 1821, il s’engagea par vœu à ne jamais accepter un quelconque bénéfice ecclésiastique. Il tenait à exercer son apostolat parmi les pauvres, les ignorants, les prisonniers, les criminels, les prostituées (pour lesquelles il fonda un hospice en vue de les écarter de la rue). Il fonda deux hôpitaux.

A la mort du bon chanoine qui l’avait appelé à Rome, il reçut l’ordre de son confesseur d’accepter l’héritage du chanoine : il reprit le canonicat, sans pour autant conserver la belle demeure qu’on lui donnait. Il mit à profit ses revenus pour installer dans l’église Sainte-Marie-in-Cosmedin un orgue et un organiste.

Il gagna la faveur des autres chanoines et en obtint qu’ils ajoutassent les litanies de Marie à la fin de leur office. L’église Sainte-Marie-in-Cosmedin fut bientôt le rendez-vous de tous ceux qui accouraient auprès de Don de Rossi. Lui qui n’osait pas confesser, par humilité, devint un des confesseurs les plus appréciés et recherchés de Rome et des environs.

Il prêcha beaucoup, y compris chez les Religieuses, et lors des retraites des séminaristes. Sous son influence, tout le clergé de Rome fut transformé, grâce aussi à une Pieuse Union de Prêtres qu’il fonda.

La fin de sa vie fut accablée par des crises de plus en plus fréquentes. La dernière le terrassa à Rome le 23 mai 1764.

Giovanni Battista de Rossi fut béatifié en 1860 et canonisé en 1881.

 

 

Wincenty Matuszewski

1869-1940

 

Wincenty, le fils du couple polonais Jozef et Jozefa Strużyńskiej, était né le 3 mars 1869 à Chruścieleńskiej Wola.

Après le séminaire de Włocławek, il fut ordonné prêtre en 1895.

Il eut plusieurs postes où il exerça les activités pastorales, à Widawa, Nieszawa, Włocławek, Czȩstochowa (1901-1906), Moszczenica et Ostrowąs et finalement à Osięciny (1918).

Dans cette dernière localité, il était même président d’honneur du Service des incendies et membre du Conseil local.

Son attitude tolérante lui valut l’estime des Juifs et des Allemands qui vivaient là. Les pauvres connaissaient sa charité.

Au moment de la Deuxième Guerre mondiale, la Pologne fut envahie par les troupes nazies en septembre 1939 et le père Wincenty a été arrêté avec vingt-deux otages. 

Plus tard il fut assassiné dans la proche forêt, le 23 mai 1940, tandis que son vicaire de paroisse, Józef Kurzawa, fut assassiné le lendemain.

Ces deux prêtres, mentionnés le 23 mai au Martyrologe, font partie des cent-huit Martyrs polonais béatifiés en 1999.

 

 

Maria Gargani

1892-1973

 

Maria naquit au soir du 23 décembre 1892, à Morra de Santis (Avellino, Latium, Italie C) ; elle était la benjamine des huit enfants de Rocco et Angiolina De Paola.

Le papa était un homme fort pieux et c’est lui qui se chargea de l’enseignement du catéchisme à ses enfants.

Maria fit son «école primaire» à la maison, puis chez son oncle à Avellino ; elle réussit sans peine son examen de maîtresse d’école en 1913.

Dans la région de Foggia, de 1913 à 1945, elle allait se donner entièrement à la formation des enfants du catéchisme pour les préparer à la Première communion. C’est durant cette période qu’elle entra dans le Tiers-Ordre franciscain, ayant découvert en s.François d’Assise «le» Saint qui l’inspirait dans son amour pour Dieu.

Mais ce qui marqua très profondément Maria, à partir de 1916, ce fut la direction spirituelle qu’elle reçut du père Pio de Pietrelcina (v. 23 septembre). Jusqu’en 1915, Maria avait eu successivement deux pères spirituels, dont le second fut appelé à être aumônier militaire durant la guerre ; c’est ce dernier qui adressa Maria au père Pio. Il s’ensuivit une correspondance soutenue et l’on conserve plus d’une soixantaine de lettres que reçut Maria de ce Prêtre stigmatisé.

Dès 1934, Maria commença à réunir autour d’elle des jeunes filles qui étaient captivées par son amour de Dieu. Ce fut le début des Sœurs Apôtres du Sacré-Cœur, vivement encouragées par le père Pio, bientôt approuvées par l’évêque de Naples, où s’établit la maison-mère. Maria y fit sa profession en 1936, avec le nom religieux de Marie Crucifiée du Divin Amour.

Elle fit la profession perpétuelle en 1956.

Elle mourut à Naples le 23 mai 1973.

Le miracle qui fut examiné dès 1975 pour sa béatification, fut la guérison d’une femme italienne affectée d’un cancer généralisé. Guérie, celle-ci vécut encore trente année.

Les Religieuses appartenant aux Sœurs Apôtres du Sacré-Cœur, s’occupent de l’évangélisation des enfants, des pauvres, des marginalisés. Elles prêtent ainsi leur concours dans les paroisses. Elles sont présentes en Afrique (Burkina Faso, Bénin).

Maria Crocefissa a été béatifiée en 2018 et sera commémorée le 23 mai au Martyrologe.

 

 

 

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21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 23:00

22 MAI

 

II.

S Marcien, évêque à Ravenne.

III.

Ss Castus et Æmilius, martyrs par le feu en Afrique, après avoir apostasié une première fois.

IV.

S Basiliskos, évêque martyr à Comana.

S Ausonius, premier évêque à Angoulême.

?

Ss Faustin et Vénuste, martyrs en Afrique.

Ste Hélène, vierge à Auxerre.

V.

Ste Quiterie, vierge très mal connue, martyrisée et vénérée à Aire-sur-l’Adour.

VI.

B Romain, compagnon de s. Benoît ; on ne sait s’il faut le distinguer d’un s. Romain, abbé de la région d’Auxerre à la même époque.

Ste Iulia, vierge crucifiée en Corse, dont elle est patronne ainsi que de Livorno (VII.?).

VII.

S Loup, évêque à Limoges, désigné par Clotaire II après qu’il en eut guéri le fils.

IX.

S Aigulphe, évêque à Bourges.

X.

S Giovanni, abbé à Parme.

XII.

S Atton, espagnol ou toscan, supérieur de l‘ordre de Vallombreuse et évêque à Pistoia.

S Foulques, pèlerin anglais mort incognito près de Aquino, mais qui apparut ensuite et se fit transférer ailleurs. 

XIV.

Ste Rosanna !Umiltà), veuve et recluse, puis abbesse de l’ordre de Vallombreuse à Faenza.

XV.

Ste Rita de Cascia (Margherita Lotti), patronne des causes désespérées, “la sainte de l'impossible” ; elle pardonna aux assassins de son mari et obtint de Dieu la mort de ses deux fils plutôt que de les voir se venger ; enfin augustine, elle finit sa vie dans l’épreuve presque constante.

XVI.

B John Forest, franciscain anglais martyr, brûlé vif.

XVII.

Bx Pedro de l’Assomption, franciscain, João Baptista Machado, jésuite, prêtres martyrs au Japon.

XIX.

Ss Micae Ho Dính Hy, mandarin annamite et catéchiste, et Laurensô Ngôn, paysan tonkinois, martyrs canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

Bse Maria Domenica Brun Barbantini, italienne, veuve après six mois de mariage, fondatrice de la pieuse union des Sœurs de la Charité au service des malades ; béatifiée en 1995.

XX.    

Bx Francisco Salinas Sánchez et José Quintas Durán (*1914), laïcs espagnols, martyrisés en 1938 près de Grenade, béatifiés en 2017.

Castus et Æmilius  en Afrique

† 250

 

L’évêque de Carthage s.Cyprien (v. 14 septembre) a connu ces deux Martyrs et en a fait l’éloge.

Dans un premier temps, Castus et Æmilius cédèrent à la chaleur des flammes et apostasièrent. Se resaisissant, ils réaffirmèrent leur foi et, à nouveau soumis aux flammes, persévérèrent jusqu’à la mort.

Comme la grâce de Dieu est puissante ! Voici deux apostats qui retrouvent la Vérité et pour elle acceptent librement la mort. Comme leur exemple est réconfortant pour tous les pécheurs !

S.Cyprien ne dit pas qu’ils furent martyrisés à Carthage, mais en Afrique, et bien probablement au moment de la persécution de Dèce, vers 250.

Saints Castus et Æmilius sont commémorés le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Basiliskos de Comana

† 308

 

Basiliscos était évêque à Comana, dans cette ville où devait mourir s.Jean Chrysostome en 407 (v. 14 septembre).

De cette ville (Pont, act. proche de Tokat, Turquie CN), il ne reste que quelques ruines.

Un des supplices imposés à Basiliskos consista à lui faire enfiler des chaussures garnies de clous rougis au feu. Il fut ensuite décapité et jeté à la rivière.

C’était sous l’empereur Maximien, vers 308.

Saint Basiliskos de Comana est commémoré le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ausonius d’Angoulême

4e siècle

 

Ausonius est traditionnellement considéré comme le premier évêque d’Angoulême.

On le situe au 4e siècle.

On aimerait bien savoir quelque chose sur un Fondateur d’Eglise comme lui, mais les documents manquent tout-à-fait. 

Saint Ausonius d’Angoulême est commémoré le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Quiterie d’Aire-sur-l’Adour

† 5e siècle

 

Les récits un peu tardifs concernant Quiterie ne présentent pas vraiment tous les gages d’une réelle authenticité. L’historicité de Quiterie cependant reste fondamentale.

Elle aurait été la fille d’un roi d’on ne sait quel royaume, de nom Cattilius, et d’une mère nommée Calsia, qu’on fait descendre de Julien l’Apostat, alors que ce dernier mourut sans aucune postérité.

Devenue chrétienne à treize ans, sur une révélation d’un ange, Quiterie refusa l’offre de mariage qu’on lui proposait avec un certain Germanus, et s’enfuit, toujours guidée par son ange.

Elle crut trouver refuge dans le royaume de Lentinianus, mais ce roi arien la fit jeter en prison. Il semble difficile de croire que c’est l’ange qui l’ait guidée dans cette direction.

De sa prison et par sa prière, Quiterie opéra plusieurs prodiges, qui lui obtinrent la liberté.

Mais le fiancé éconduit réussit à retrouver notre Héroïne et la fit décapiter.

Ce pouvait être vers la fin du 5e siècle, en même plus précisément en 477.

Une source miraculeuse jaillit au tombeau de Quiterie, dans un faubourg d’Aire-sur-l’Adour.

Sainte Quiterie d’Aire-sur-l’Adour est commémorée le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iulia de Corse

7e siècle

 

Les plus anciens documents mentionnent sainte Julie en Corse.

Peu à peu, elle devint martyre, et même crucifiée.

Les moines qui recueillirent son corps sur l’île Gorgona, trouvèrent près d’elle un manuscrit rédigé par les anges, racontant sa vie, son martyre et son agonie. Mais pourquoi les bons moines n’ont-ils pas conservé un document si précieux et si rare ?

Il pourrait être probable que Julie fût originaire de Carthage (Tunisie) et réduite en esclavage lors d’une invasion des Perses (616) et vendue à un négociant oriental. Par la suite, ce négociant s’en serait «débarrassé» en Corse du Sud, où des brigands la firent mourir.

Sainte Julie est la patronne de la Corse.

Sainte Iulia est commémorée le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Loup de Limoges

† 632

 

On ne connaît pas l’origine et l’adolescence de ce Lupus.

Il appartint à cette communauté de prêtres chargés d’honorer les reliques de s.Martial (v. 30 juin) à Limoges.

En 614, c’est lui qui fut choisi pour occuper le siège épiscopal de Limoges, et voici comment.

A la mort de l’évêque Ferréol, clergé et peuple proposèrent au roi Clotaire II trois prêtres dont le prêtre Loup.

Au même moment, le fils de Clotaire fut très gravement malade, et un songe révéla à la reine que l’enfant serait guéri par un prêtre de Saint-Martial : Loup était tout désigné. Non seulement il guérit l’enfant, mais le roi voulut le remercier en le désignant pour l’épiscopat de Limoges, malgré les protestations de Loup.

Il fut donc consacré, en 614.

C’est Loup qui signa la charte de fondation de l’abbaye de Solignac (631).

Loup mourut vers 632 et les miracles se multiplièrent par la suite.

Durant la Révolution française, la châsse contenant le corps de s.Loup, fut détruite, mais le chef et un bras furent sauvés.

Saint Loup est commémoré le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Giovanni de Parme

† 990

 

Giovanni était né à Parme de famille noble.

Devenu chanoine de la cathédrale de Parme, il fit plusieurs fois le pèlerinage en Terre Sainte, et c’est à Jérusalem qu’il reçut l’habit bénédictin.

L’évêque de Pavie le rappela pour être le premier abbé du nouveau monastère Saint-Jean, fondé en 983, en présence de s.Mayeul, l’abbé de Cluny (v. 11 mai). Ce dernier put faire part à Giovanni de son expérience : l’abbé devait désormais être élu, et non nommé ; en même temps, on luttait ainsi contre la simonie et contre les ingérences externes. 

Ce monastère de Parme est connu (aussi) pour sa pharmacie.

Giovanni le gouverna pendant sept années, au terme desquelles il s’endormit en paix, en 990.

Saint Giovanni de Parme est commémoré le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

Rosanna (Umiltà) Negusanti

1226-1310

 

Rosanna Negusanti vit le jour à Faenza (Ravenne, Emilie-Romagne, Italie NE) de nobles parents, Elimonte et Richelda.

Tandis que les parents cherchaient à l’habiller avec élégance, Rosanna préférait donner aux pauvres ce qu’elle avait et s’occuper à la prière. Elle eut une précoce dévotion envers l’Evangéliste Jean.

Elle avait quinze ans à la mort de son père. 

Quand l’empereur Barberousse occupa Faenza, un de ses proches demanda la main de la belle Rosanna, mais il obtint une claire fin de non-recevoir ; ensuite, Rosanna fit plaisir à sa mère en épousant à seize ans un certain Ugonotto dei Caccianemici, et mit au monde deux bébés qui moururent très vite. Elle-même proposa, en vain, à son mari une séparation corps et biens, mais ce furent les médecins à conseiller vivement à Ugonotto la continence absolue.

Après la mort de sa mère, Rosanna convainquit enfin son mari à entrer, comme elle, dans la vie religieuse. Ils entrèrent au double couvent de Sainte-Perpétue, aux environs de Faenza. Rosanna s’appela désormais Umiltà. Ugonotto mourra en 1256.

Umiltà eut alors la grâce de guérir, dit-on, miraculeusement, d’une grave maladie puis, en 1254, se retira près du couvent de Saint-Apollinaire, sous la règle de s. Giovanni Gualberto (v. 12 juillet), une règle austère inspirée de la bénédictine ; elle vécut donc là en recluse dans une petite cellule, pendant douze années, vivant dans la prière et le jeûne, donnant quelques conseils à ceux qui les lui demandaient.

D’autres femmes voulurent l’imiter et se placer sous sa direction. L’évêque lui conseilla alors de fonder un monastère (1266) ; obéissante, Umiltà réunit ses neuf Compagnes dans un ancien monastère proche de Florence, où elle dut être l’abbesse : elle se retrouvait mère, montrant toute sa douceur et sa sagesse pour guider les Religieuses sur la voie de la sainteté. Le monastère vivait selon la même règle de Giovanni Gualberto, le règle dite de Vallombreuse. Il y eut une autre fondation à Florence en 1281.

Umiltà eut l’occasion de multiplier le pain, un jour où la communauté allait en manquer.

Elle mourut le 22 mai 1310, à un âge fort avancé.

Son corps, quoiqu’enseveli dans la terre nue, fut retrouvé absolument intact l’année suivante.

Le culte qui s’est développé très rapidement, fut confirmé en 1720. En 1942, Umiltà fut déclarée co-patronne de Faenza.

 

 

Rita Lotti

1381-1457

 

Fille d’Antonio Lotti et d’Amata Ferri, Rita naquit à Roccaporena près de Cascia (Ombrie, Italie). Son nom est bien probablement le diminutif de Margherita.

On dit qu’à sa naissance un essaim d’abeilles aurait virevolté autour d’elle sans lui faire aucun mal.

Les parents de Rita étaient estimés pour leur esprit de conciliation, car ils savaient répandre la concorde dans ces temps où les factions et les vengeances étaient fréquentes.

Particulièrement Rita eut à épouser un brave jeune homme, Paolo Mancini, d’où  leur naquirent deux jumeaux, Giacantonio et Paolo Maria. Or, le papa, Paolo, fut un jour abattu dans une de ces rixes de villages et les deux garçons, en grandissant, montrèrent leur désir de venger leur père. C’est là que Rita se montra mère exemplaire et respectant Dieu par-dessus toutes choses : elle pria Dieu de lui enlever ses deux garçons plutôt que de les voir devenir assassins, ce que Dieu lui accorda. En effet, en peu de temps ces deux garçons moururent coup sur coup de la peste.

Rita était désormais libre de se consacrer, comme elle en avait le désir. Mais les Augustines de Cascia ne l’acceptèrent pas, car elle était veuve, et cela n’était pas admis. En outre, le monastère craignait des représailles de l’un ou l’autre des clans impliqués dans l’assassinat de Paolo, et imposèrent à Rita comme condition d’admission, de s’engager à réconcilier les deux factions.

Elle y réussit, quoique avec mainte difficulté. D’autres sources prétendent que son introduction dans le monastère advint par intervention céleste, les saints Jean-Baptiste, Augustin et Nicola de Tolentino ayant ensemble introduit Rita à l’intérieur de la clôture du monastère. Pourquoi pas ? 

Très soumise à la règle, elle montra une grande sainteté par sa prière et sa mortification. Elle obtint de participer à la Passion du Seigneur en recevant sur le front une plaie due à la couronne d’épines qu’elle portait dès lors invisiblement. Pour cette raison, ses consoœurs l’isolèrent complètement, pour éviter l’odeur fétide qui se dégageait de cette plaie.

Rita ne s’en émut pas. Elle approfondit sa vie intérieure et se sanctifia. Elle eut aussi le don des miracles, qui la rendirent célèbre malgré elle.

En 1450 elle eut la joie de participaer au pèlerinage à Rome, à l’occasion du Jubilé proclamé par le pape. 

Consommée en vertus et en sainteté, elle s’éteignit le 22 mai 1457, et elle continua de manifester sa sainteté par des miracles nombreux.

Rita de Cascia est invoquée comme l’avocate des causes désespérées, mais également contre la petite vérole. Sur la base de récentes analyses scientifiques, on a cru pouvoir déceler sur son front les traces d’une ostéomyélite, et sur son pied les signes de quelque maladie douloureuse comme la sciatique, dont elle souffrit beaucoup les dernières années de sa vie.

 Béatifiée en 1627, elle sera canonisée en 1900, et inscrite au calendrier universel de l’Eglise catholique par saint Jean-Paul II.

 

 

John Forest

1471-1538

 

John vit le jour en 1471 dans les environs d’Oxford et entra en 1491 dans l’Ordre des Frères Mineurs franciscains de l’Observance, à Greenwich, un monastère accolé au Palais Royal, et devint par là le confesseur de la reine Catarina d’Aragon.

En 1500, il se retrouva à Oxford pour d’autres études de théologie. On ne sait s’il poursuivit ces études jusqu’au doctorat. En 1525, il était très probablement provincial pour son Ordre, d’après les mesures qu’il prit contre certains religieux récalcitrants.

Dès 1531, les Franciscains furent l’objet de la haine du roi, à cause de leur prise de position contre son divorce et son inclinaison vers le Protestantisme.

En novembre 1532, John exposa clairement à l’ambon les projets du roi de supprimer l’Ordre en Angleterre et de répudier Catarina pour épouser Anne.

Au début de 1533, il y eut une tentative de «réconciliation» entre lui et le roi, mais le père John fut arrêté en 1533, enfermé à Newgate et condamné à mort, l’exécution de la sentence restant encore suspendue.

En 1534, l’Ordre franciscain de l’Observance fut effectivement supprimé, et les Religieux dispersés dans d’autres couvents. John fut même relâché ; en 1538 il fut confiné dans une autre communauté franciscaine à Smithfieldx (Londres), puis dans le nord du pays.

Mais il fut à nouveau mis en prison à Newgate, pour son refus de reconnaître la suprématie du roi sur l’Eglise, avec d’autres Frères. On lui permit toutefois de célébrer la Messe et d’entendre des confessions. Il put ainsi rester en communication avec la reine ; mais il commit aussi l’imprudence de publier un petit traité sur l’autorité suprême du pape. Le père Forest fut dénoncé au roi, encore une fois.

Le 8 avril 1538, on le somma encore d’abjurer, ce qu’il refusa de faire. On décida alors de procéder à l’exécution de la sentence de 1533.

On voulut même obtenir de Cromwell l’exécution immédiate du Religieux. Un évêque fut désigné pour exhorter la victime (et la foule) à «abjurer» à l’endroit de la potence, mais John refusa ; il fut martyrisé à Smithfield (Londres), le 22 mai 1538. D’abord torturé pendant deux heures, il fut jeté aux flammes, ainsi que le gibet auquel il était pendu.

On raconte (?) qu’on avait apporté sur le bûcher une très ancienne statue provenant de l’église de Llanderfel (Pays de Galles) et qu’ainsi s’était réalisée une prophétie, selon laquelle cette statue aurait «mis le feu à une forêt». Ainsi mourut le père Forest, en martyr.

Le culte qu’on lui rendait fut confirmé en 1886, avec valeur de béatification.

 

 

Pedro de l’Assomption

1570-1617

 

Pedro était né vers 1570 à Cuerba (Tolède, Espagne).

Il entra chez les Frères Mineurs Alcantarins.

Envoyé aux missions du Japon en 1608, il fut Gardien du couvent de Nagasaki.

Son arrestation advint par ruse, lorsqu’un fonctionnaire de Nagayo (Ōmura) feignit de vouloir se confesser.

En prison, il vit arriver le père João Baptista Machado et voulut embrasser ses pieds. Ce geste était d’autant plus humble et convaincu que, précédemment, il y avait eu de petites «rivalités» entre les Franciscains et les Jésuites. Les hommes sont des hommes et même en pays de mission et en temps de persécution, ils peuvent céder à des sentiments humains.

On attendait la sentence : elle arriva le 21 mai. Or, depuis Pentecôte, les deux prêtres avaient pu célébrer chaque jour la Messe, mais ce matin-là, Pedro dit à João : Nous ne célébrerons plus beaucoup de Messes… Et le lendemain, 22 mai : Ça va être notre dernière Messe. Effectivement, quelques heures après, on vint leur annoncer la sentence de mort.

Les deux prêtres chantèrent le Te Deum, se confessèrent l’un à l’autre et prièrent. Durant la longue marche vers Kōri (Ōmura, Nagasaki), où ils allaient être suppliciés, ils continuèrent de prêcher à la foule. João portait un crucifix et son bréviaire. Arrivés à l’endroit, le soldat - un certain Damianus, chrétien - proposa un coussin aux deux victimes ; Pedro lui dit : Maintenant, la poussière retourne à la poussière. 

Au moment de son supplice, Pedro déclara avoir demandé cette grâce du martyre. Il fit un geste pour demander le silence : il voulait parler de la tolérance, mais son discours commençait déjà d’être trop long, et les bourreaux s’impatientaient.

Les deux prêtres s’embrassèrent et s’agenouillèrent, présentant leur cou aux bourreaux. La tête de Pedro tomba dès le premier coup.

Ce martyre eut lieu à Kōri (Ōmura, Nagasaki) le 22 mai 1617.

Pedro a été béatifié parmi deux-cent cinq Martyrs du Japon, en 1867.

 

 

João Baptista Machado de Távora

1580-1617

 

João Baptista était né vers 1580 à Angra do Heroismo (Terceira, Açores, Portugal), de noble famille.

Il n’avait pas sept ans qu’entendant parler du Japon, il exprima son désir d’aller y parler du Christ.

Il entra à seize ans chez les Jésuites de Coimbra et partit en 1600 pour Macao, où il acheva ses études et fut ordonné prêtre.

Envoyé au Japon en 1609, il apprit la langue, dans laquelle il put s’exprimer étonnamment bien et travailla infatigablement dans la région de Kyōto ; mais en 1614 sortit une loi qui interdisait à tout étranger de rester dans le pays. Loin de s’en inquiéter, il se réfugia dans la clandestinité pour continuer son apostolat. Il se replia sur Nagasaki et de là gagna les îles de Gotoh, qui représentaient un refuge idéal pour les Chrétiens. Le père João Baptista y opéra, dit-on, plusieurs guérisons miraculeuses. 

C’est en avril 1617 qu’il fut arrêté, non loin d’Ōmura, sur l’ordre d’un apostat qui était lui-même le petit-fils du premier seigneur japonais converti (Bartolomæus Ōmura Sumitada). Les soldats qui arrêtèrent le père lui avouèrent qu’ils étaient tous catholiques, mais que c’était par crainte pour leur vie et celle de leurs familles, qu’ils obéissaient aux ordres du seigneur.

Le bateau ne put partir tout de suite à cause du vent contraire ; le père en profita pour célébrer chaque jour la Messe, ce qui permit à de nombreux fidèles de venir se confesser et de communier. Le 29 avril, on put lever l’ancre : durant la traversée, les soldats se confessèrent. Arrivés au port d’Ōmura le soir, le père fut conduit en prison dans une véritable procession aux flambeaux, comme Jésus lors de son arrestation à Gethsémani.

En prison, il retrouva le père jésuite Pedro de l’Assomption, qui voulut lui baiser les pieds respectueusement, mais João l’en empêcha ; il continuait de catéchiser les prisonniers, d’écrire des billets aux autres missionnaires et aux Chrétiens. Des Chrétiens qui avaient précédemment apostasié vinrent se confesser.

On attendait la sentence : elle arriva le 21 mai. Or, depuis Pentecôte, les deux prêtres avaient pu célébrer chaque jour la Messe, mais ce matin-là, Pedro dit à João : Nous ne célébrerons plus beaucoup de Messes… Et le lendemain, 22 mai : Ça va être notre dernière Messe. Effectivement, quelques heures après, on vint leur annoncer la sentence de mort.

João Baptista déclara alors qu’il avait vécu trois grands jours dans sa vie : celui où il entra dans la Compagnie de Jésus, celui où il fut condamné à mort, et maintenant celui où il allait mourir pour l’amour de Jésus. 

Les deux prêtres chantèrent le Te Deum, se confessèrent l’un à l’autre et prièrent. Durant la longue marche vers Kōri (Ōmura, Nagasaki), où ils allaient être suppliciés, ils continuèrent de prêcher à la foule. João portait un crucifix et son bréviaire. Arrivés à l’endroit, le soldat - un certain Damianus, chrétien - proposa un coussin aux deux victimes ; Pedro lui dit : Maintenant, la poussière retourne à la poussière.

Ils subirent le martyre le 22 mai 1617.

L’un comme l’autre, ils montraient leur joie de donner leur vie pour Jésus-Christ.

Ils s’embrassèrent et s’agenouillèrent, présentant leur cou aux bourreaux. Après avoir reçu deux coups, qui n’avaient pas été mortels, João Baptista se releva, et se remit à genoux pour recevoir un troisième et ultime coup.

Il a été béatifié parmi deux-cent cinq Martyrs du Japon, en 1867.

Micae Hô Đình Hy

1808-1857

 

Micae (Michel) était né vers 1808 à Như Lâm (Thừa Thiên, Cochinchine nord : Vietnam).

Sa famille était chrétienne, et comptait douze enfants, il était le plus jeune.

Marié avec un Chrétienne, ils eurent deux garçons et trois filles.

Devenu grand mandarin à l’âge de vingt-et-un ans, intendant des soieries royales, c’était un mandarin de la haute société. Il commerçait avec Singapour et la Malaisie.

Son fils aîné voulut être prêtre et il l’envoya étudier en Indonésie. Mais quand son autre fils mourut à douze ans, il se refusa à rappeler son aîné, ce qui aurait été la tradition confucianiste.

Durant toutes ces années où il recouvrit un poste royal, il s’ingénia à protéger les missionnaires, en les faisant passer pour des correspondants de commerce, et les aidant ainsi à traverser le Vietnam discrètement et en toute sécurité.

Un jour que son bateau avait accroché un autre bateau de commerce, il vendit sa propre tenue officielle pour payer les frais de réparation (ce jour-là, son bateau transportait l’évêque des Missions Etrangères de Paris). 

On lui confia les archives des activités missionnaires, en principe illégales.

Jusque tard, il ne pratiquait pas publiquement sa foi, se contentant de protéger la communauté chrétienne, ce qui contrariait ses collègues mandarins.

Il fut dénoncé par un magistrat local, auquel il avait refusé d’accéder aux filatures de soie royales, et fut arrêté à cause de ses activités chrétiennes.

Durant sa période d’emprisonnement, il joua un tour aux magistrats locaux, présentant un texte où il se disait avoir été enrôlé par le gouvernement français, et précisant que ce gouvernement n’appréciait pas les persécutions infligées aux Chrétiens. La duperie ne fonctionna pas : l’évêque lui-même fit comprendre à Micae que sa manœuvre ne ferait qu’engendrer plus de persécutions, outre que la France ne voulait pas justifier sa présence au Vietnam uniquement à cause des persécutions. Micae alors se rétracta et rédigea une déclaration exacte, et passa ses derniers jours dans le repentir et l’humilité. 

Il fut torturé plusieurs fois avant de subir le martyre, et particulièrement il fut humilié publiquement avant l’exécution. On lui confisqua tous ses biens. Des témoins affirmèrent qu’il avait demandé à mourir près de son village natal, plutôt qu’à l’endroit prévu pour l’exécution. Il voulut porter son habit officiel pour mourir, au lieu de la tenue de prisonnier. Il refusa son dernier repas.

Des prêtres purent lui administrer discrètement les derniers Sacrements. Il fut décapité à An Hòa (Quảng Nam), le 22 mai 1857.

Son épouse et sa belle-fille lui survécurent. Il fut le dernier membre haut-placé à être exécuté sous la dynastie Nguyễn.

En 1900, un historien vietnamien écrivit : 

L’empereur Tự Đức condamna sa vie terrestre,                                                      

 Le pape Léon le glorifia dans l’autre Vie.

Micae fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

Rappelons que les Martyrs vietnamiens ont leur jour de fête commun le 24 novembre.

(Des contemporains critiquèrent souvent Micae pour sa première «confession», la jugeant responsable des persécutions successives ; mais quand le fils de Micae put revenir au pays, vingt-cinq ans après, il donna pleinement raison à son père : tous ceux que celui-ci avait nommés dans sa déclaration, toute sa famille, ses proches, les Chrétiens alentour, tous furent épargnés).

 

 

Laurenço Ngon

?-1862

 

Laurensô (Laurent) était né à Lục Thủy (Nam Định, Vietnam).

Marié, il fut arrêté une première fois pour avoir refusé de piétiner un crucifix. 

Relâché, il fut repris et emprisonné à An-Xa (Nam Định), où il ranima le courage des autres détenus. Invité à fouler la croix, il répondit : Je professe la religion du Seigneur du ciel et de la terre, et je ne la renierai jamais en piétinant la croix. Si vous me laissez vivre, c’est bien ; autrement c’est avec plaisir que je mourrai.

Après plus de huit mois de prison, il fut martyrisé le 22 mai 1862, un des derniers Martyrs avant le traité franco-vietnamien, qui mettait fin aux exécutions «légales», même s’il y en eut encore par la suite.

Laurensô a été canonisé en 1988, dans le groupe des cent-dix-sept Martyrs du Vietnam, qui sont fêtés ensemble le 24 novembre.

 

 

Maria Domenica Brun Barbantini

1789-1868

 

Née le 17 janvier 1789 à Lucques (Toscane, Italie), Maria était l’aînée de quatre enfants de Pietro Brun, d’origine suisse, et de Giovanna Granucci.

Elle n’était qu’adolescente, lorsque moururent en peu de temps son père et ses trois petits frères. Sa mère l’aida à traverser ces épreuves avec foi.

En 1811, elle épousa Salvatore Barbantini, qui mourut cinq mois après leurs noces, alors qu’elle était déjà enceinte. Ayant perdu son «époux adoré», elle se donna entièrement à l’Epoux céleste.

Après la naissance de son fils, Lorenzino, elle maintint les activités commerciales de son mari, pour procurer à son fils la meilleure éducation possible, et donnait le temps qui lui restait (la nuit) au soin des pauvres malades de la ville. Avec quelques amies, elle créa la pieuse union des Sœurs de la Charité.

Or son fils mourut à son tour, à huit ans. Encore une fois, ce fut en s’élevant vers Dieu qu’elle trouva sa voie : comme elle avait pris Jésus-Christ comme Epoux après son mari défunt, elle s’offrit à Dieu comme mère spirituelle des infirmes après la mort de son fils. Son amour maternel la guidera vers les malades isolés, abandonnés, pauvres, mourants.

Par tous les temps, elle courait au chevet des malades, malgré la fatigue, le soleil brûlant ou la pluie diluvienne. Pour résister au sommeil, elle en arriva à s’appliquer du tabac sur les yeux, pour que le picotement l’empêchât de s’endormir et qu’elle pût continuer d’assister la malade.

Parfois, des gens malintentionnés la suivaient la nuit, mais elle sut courageusement les remettre en place.

Le clergé ne put ignorer cette femme si courageuse et ingénieuse. L’évêque lui confia la mission d’établir à Lucques un monastère de la Visitation, pour l’éducation de la jeunesse. Maria Domenica réussit dans l’entreprise : six ans après, le monastère ouvrait, et existe encore.

De là, Maria Domenica eut l’inspiration de fonder une famille nouvelle : les Sœurs Oblates Infirmières, pour servir le Christ dans ses membres malades. La fondation se fit en 1829.

Les Religieuses devaient servir le Christ souffrant, même au péril de leur vie.

L’évêque approuva les règles en 1841.

Comme cela arrive presque toujours, des calomnies s’abattirent sur la pauvre Fondatrice, qui les reçut «priant, pardonnant, avec amour pour ses persécuteurs».

Sa famille religieuse s’appelle actuellement : les Sœurs de saint Camille Servantes des Infirmes (Suore Ministre degli Infermi di San Camillo) ou Sœurs camiliennes, saint Camille de Lellis ayant été, au 17e siècle, à l’origine d’une famille de Religieux au service des Infirmes (voir au 14 juillet).

Maria Domenica s’éteignit à ce monde le 22 mai 1868 à Lucques.

Elle fut béatifiée en 1995.

Francisco Salinas Sánchez
1914-1938

Francisco naquit le 31 août 1914 à Almería, dans une famille chrétienne. Son père avait un petit atelier artisanal où il travaillait pour les pêcheurs du port.

Il fallait travailler pour vivre, mais Francisco sentait un appel encore plus exigeant : se consacrer à Dieu.

Il commença le séminaire - où il se lia de grande amitié avec Rafael Román Donaire (v. 8 décembre), mais la difficulté des études le rebutèrent ; en 1934 il préféra aller frapper au couvent des Franciscains de Orihuela, où il voulait être frère convers. Il commença le postulat.

En 1936, l’agitation révolutionnaire le fit rentrer chez les siens. Il avait vingt-deux ans et accomplit le service militaire. Il ne manqua pas une occasion de montrer son attachement au Christ, mais aussi se débrouilla pour rendre mille services envers les prisonniers et leurs familles. Connaissant bien les paysans, il put ainsi distribuer des denrées de première nécessité. Il fut même chargé de porter l’Eucharistie, là où le prêtre ne pouvait rejoindre les âmes.

Mais Francisco fut dénoncé. Arrêté, il fut transféré au camp de Turón, le 3 mai 1938. On voulut lui extorquer les noms de ceux qu’il connaissait ; malgré les cruelles tortures auxquelles on le soumit, il resta fidèle à Dieu et ne livra pas de noms.

Il mourut en Témoin du Christ, le même jour qu’un autre Compagnon, José Quintas Durán, le 22 mai 1938 dans ce camp de Turón. C’étaient deux amis d’enfance et du même âge.

Tous deux furent béatifiés en 2017.

Le nom du bienheureux Francisco Salinas Sánchez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 mai.

 

José Quintas Durán
1914-1938

José naquit le 21 novembre 1914 à Almería, premier des huit enfants de bons parents chrétiens qui priaient le chapelet chaque soir.

Il participa à l’Adoration nocturne de l’Eucharistie, au groupe S.Louis-de-Gonzague ; il se confessait chaque dimanche pour communier ; le dimanche aussi, il accompagnait son père dans ses visites aux malades et aux pauvres.

Début juillet 1936,  il commença son service militaire. Quand la guerre civile éclata, le 19 juillet, il fut retenu prisonnier avec deux de ses frères, dont l’un, Luis, fut martyrisé le 4 août, et l’autre fut brutalement frappé et renvoyé chez lui. Quant à José, il resta en prison, puis fut envoyé au front de Cuenca. 

En avril 1938, il eut une permission pour revenir à Almería : le 4 avril, il fut de nouveau arrêté lorsqu’on apprit son appartenance au groupe S.Louis-de-Gonzague et on l’envoya le 3 mai au fameux camp de Turón.

Le 22 mai 1938, au terme d’une journée exténuante, on lui commanda de creuser une fosse ; à un moment donné, on lui tira dans les genoux et comme il se trouvait étendu au fond de la fosse, on commença à lui jeter de la terre pour l’ensevelir vivant. Il cria : Pour l’amour de Dieu, achevez-moi, Dieu vous pardonnera.

Il avait vingt-trois ans et demi. Il fut béatifié en 2017, comme son frère Luis.

Le nom du bienheureux José Quintas Durán sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 mai.

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20 mai 2020 3 20 /05 /mai /2020 23:00

21 MAI

 

?

S Timotheus, diacre martyr en Mauritanie.

III.

Ss Polyeuktos, Victorius et Donatus (?), martyrs l’un à Césarée de Cappadoce, l’autre à Rome, le dernier en Afrique.

IV.

S Constantin, empereur, inséré en ce jour dans le calendrier d'Orient avec ste Hélène.

S Second, martyr des ariens à Alexandrie, avec beaucoup d’autres.

VI.

S Paterne, né en Armorique, moine au pays de Galles, premier évêque à Vannes ; mort un 15 avril ; ce 21 mai fut le jour d'une translation de ses reliques.

S Hospice, ermite près de Nice, doué du don de prophétie et de miracles.

S Manços, martyr à Elvira.

IX.

Ste Isbergue, patronne de l’Artois, peut-être sœur de Charlemagne.

? Ste Gisèle, fille de Pépin le Bref, restée fidèle au vœu de virginité malgré la demande en mariage de plusieurs souverains.

XI.

S Thibaud, évêque à Vienne ; dans un concile qu’il réunit, on punit les clercs mariés et l’on rappela aux prêtres l’obligation de porter le viatique.

XIV.

S Hemming, évêque à Turku, ami de ste Brigitte de Suède.

XVIII.

B Jean Mopinot (fr.Léon), frère des Ecoles Chrétiennes, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

S Charles-Joseph-Eugène de Mazenod, réfugié en Italie pendant la Révolution, évêque à Marseille, fondateur des Oblats de Marie Immaculée, canonisé en 1995.

XX.

Bx Manuel Gomez González (*1877), religieux espagnol actif au Brésil, et Adílio Daronch (*1908), jeune laïc brésilien, martyrisés en 1924, béatifiés en 2007.

Bx moines de Tibhirine, retrouvés décapités en ce jour : les prêtres Paul Dochier (Luc), Christian Lemarchand (Bruno), Célestin Ringeard, le prieur Christian de Chergé, Christophe Lebreton (*1914, 1930, 1933, 1937, 1950) ; les frères Paul Favre-Miville et Michel Fleury (*1939, 1944) ; assassinés en 1996, ils furent tous béatifiés en 2018.

Timotheus de Maurétanie

?

 

De Timotheus, on ne connaît que le nom et sa qualité : il était diacre.

La Maurétanie est cette région d’Afrique du Nord qui couvrirait des territoires du Maroc et de l’Algérie.

Saint Timotheus de Maurétanie est commémoré le 21 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Polyeuktos de Césarée de Cappadoce

? 3e siècle

 

Il s’agit ici d’un Martyr historique, dont on ne connaît que le nom et le lieu de son martyre.

La ville de Césarée de Cappadoce est aujourd’hui Kayseri (Turquie centrale).

Il ne faut pas confondre ce Polyeuktos avec celui, bien plus célèbre, du 7 janvier.

Il est curieux que l’ancien Martyrologe mentionnait en même temps que Polyeuktos, un s.Victorius de Rome et un s.Donatus d’Afrique. Ces compagnons ne sont plus nommés dans l’actuelle version, même s’ils sont bien attestés historiquement.

Saint Polyeuktos de Césarée de Cappadoce est commémoré le 21 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Manços d’Elvira

VIe siècle

 

Manços (en latin Mancius), était probablement d’origine romaine. Il est peut connu et même un peu contesté, mais il fut tout de même assez célèbre pour qu’on lui dédicaçât une basilique construite sur son tombeau.

Il vivait à la fin du Ve siècle, et fut acheté comme esclave par des commerçants Juifs qui l’emmenèrent à Evora en Portugal. Là, il tomba entre les mains d’un maître qui détestait le christianisme et le fit mourir, au VIe siècle. 

Jusqu’ici vont les informations “historiques” fiables.

Il existe toutefois une autre tradition, qui ferait de saint Manços le premier évêque de Evora, et donc le fondateur de cette ville qui eut une histoire glorieuse, et une importance suffisante pour voir surgir en son centre des monuments maintenant classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Sa magnifique cathédrale est consacrée à Notre-Dame de l’Assomption.

Le Martyrologe Romain, qui mentionne Manços au 21 mai, ne parle pas de cet épiscopat, et pour cause : tandis que saint Manços est martyrisé au VIe siècle, on a la certitude de l’existence d’un évêché à Evora beaucoup plus tôt, puisqu’au concile d’Elvire en 303 est mentionné le nom de Quincianus, évêque à Evora.

Que le premier évêque d’Evora se soit peut-être déjà appelé Manços, on peut aussi le supposer, mais aucun document ne nous le prouve.

Il reste que Saint Manços est le patron principal de cette ville portugaise, qui est jumelée entre autres avec la ville française de Chartres, également dotée d’une magnifique cathédrale dédicacée à Notre-Dame.

 

 

Paterne de Vannes

† 511

 

Rien n’est impossible à Dieu (Lc 1:37). Qu’on s’imprègne de cette phrase de l’Ange, pour pénétrer dans l’histoire extra-ordinaire de Paterne.

Paterne (Patern, Padern) naquit en Bretagne Armorique de Petran et Guéan, des parents nobles et vertueux qui, après cette naissance, décidèrent de vivre dans la continence et de se consacrer à Dieu.

Petranus décida ensuite d’émigrer en Irlande, dans la pénitence. Plus tard, son fils voulut le rejoindre et, après avoir traversé le Pays de Galles, embrassa la vie monastique en Cardigan.

De fil en aiguille, Paterne devint le supérieur des moines de la région, et fit construire des monastères et des églises. On lui doit en particulier Llanbadarn Fawr ou «Grande église de Patern».

Il rendit visite à son père en Irlande, et profita de son passage pour réconcilier deux rois locaux.

Ensuite, il partit pour les Lieux saints, où le patriarche de Jérusalem le consacra évêque. Ainsi, le monastère de Llanbadarn Fawr devint le diocèse du nouvel évêque.

Vingt ans plus tard, lorsque le roi Caradoc se fut installé en Armorique et que les habitants de Vannes se furent soumis à lui, Paterne fut désigné pour devenir leur premier évêque (465). Il fut donc rappelé dans sa patrie et installé dans la ville. Cette même année fut d’ailleurs convoqué à Vannes un concile provincial, présidé par s.Perpetuus, archevêque de Tours (v. 30 décembre), au cours duquel fut entérinée la fondation de ce nouveau diocèse de Vannes et Paterne reconnu (et consacré) comme son premier évêque.

Paterne fonda bientôt un monastère près de Vannes ; il se lia d’amitié avec s.Samson de Dol (v. 28 juillet).

Sa douce patience vint à bout d’intrigues que lui suscitèrent de mauvaises langues. Mais pour la paix, il préféra se retirer et mourut ainsi hors de son diocèse, à une date imprécise qui pourrait aller de 490 à 511.

Historiquement parlant, on peut difficilement préciser les dates de notre personnage ; humainement parlant, on peut encore moins facilement admettre certaines incohérences : comment le papa, Petranus, nouveau Bouddha, a pu abandonner la jeune mère et son petit enfant ? comment le Patriarche de Jérusalem a pu consacrer évêque un homme qu’il ne connaissait pas et qui n’était probablement pas même encore prêtre ? et comment se fait-il que le pape n’ait apparemment pas même été informé de ces événements ? On pourrait aussi se demander si une vie humaine suffit à accomplir tant de voyages et tant de fondations comme en fit Paterne.

Il faut vraiment admettre que rien n’est impossible à Dieu. Paterne reçut-il directement sa mission d’En-haut, par quelque révélation ? 

Saint Paterne de Vannes, qu’il ne faut pas confondre avec son homonyme d’Avranches (v. 15 avril) est commémoré le 21 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hospice de Nice

† 585

 

L’unique auteur qui a parlé de Hospicius est s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre), contemporain de notre personnage.

Hospitius (Hospice) donc, était un ermite qui s’était fait enfermer dans une tour à quelque distance de Nice. Il se serra autour du corps des chaînes lourdes, qu’il couvrait avec un cilice rugueux. Son alimentation consistait en un peu de pain et quelques dattes ; ce festin étant trop riche, il le remplaçait en temps de Carême par des herbes qui lui arrivaient par quelque négociant d’Egypte : il en buvait l’eau de cuisson, puis il mangeait les herbes ensuite. Les ermites d’Egypte, paraît-il, consommaient les herbes en question, et cela faisait croire à certains habitants qu’Hospice était d’origine égyptienne.

Un homme aussi «original» ne pouvait rester ignoré ; on vint le voir, le questionner, lui demander de prier, de guérir des malades. Les miracles se multiplièrent : guérison d’un sourd-muet, d’un aveugle-né, de possédés. Humble et effacé, Hospice assurait que ces miracles étaient faits par Celui qui de rien a créé le monde.

Il eut le don de prophétie et annonça la prochaine invasion des Lombards, en punition de la dégradation de la piété dans la région. Il pressa même des moines qui vivaient non loin, de partir sans tarder, les rassurant que lui-même ne perdrait pas la vie lors de cette invasion.

En effet, quand les Lombards arrivèrent à la tour d’Hospice, ils crurent que cet homme couvert de chaînes était un brigand et voulurent le tuer ; le soldat qui leva son épée eut soudain le bras paralysé ; tandis que les autres fuyaient, Hospice guérit le soldat, qui se fit moine.

Hospice annonça sa mort trois jours avant l’événement ; il fit pratiquer une ouverture  à sa tour et fit appeler l’évêque pour venir l’enterrer. Au jour annoncé, Hospice retira ses chaînes, se prosterna longuement en prière, puis se coucha sur un banc ; c’est dans cette position qu’il mourut. Alors arriva l’évêque Austadius, qui lui donna la sépulture.

Cet évêque occupa le siège de Nice entre 581 et 585, ce qui permet de dater approximativement la mort d’Hospice.

Saint Hospice de Nice est commémoré le 21 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Thibaud de Vienne

927-1001

 

Thibaud (Theobaldus) vit le jour vers 927 à Tolvon (Voiron, ), d’un père de race franque et d’une mère parente du roi de Bourgogne.

Ce dernier, Conrad le Pacifique, l’entoura d’une grande amitié, l’aida et le forma comme un fils.

Lorsqu’en 957 le clergé de Vienne (Isère) ne réussissait pas à imposer son candidat au siège épiscopal, à cause de la bourgeoisie locale qui voulait imposer le sien, le roi proposa Thibaud, qui fut unanimement accepté.

A la mort de ses parents, il disposa de son important héritage en faveur des pauvres et s’empressa d’affranchir les serfs.

En 994, il fit réunir un concile près de Lyon, où l’on confirma les possessions des abbayes de Cluny et de Romans, on interdit aux clercs la pratique de la chasse, on dénonça les clercs mariés et on fit aux prêtres l’obligation de porter le viatique aux mourants.

Thibaud mourut en 1001 après quarante-quatre ans d’épiscopat.

Signalons qu’il fut l’arrière-grand-oncle de s.Thibaud de Provins, l’ermite commémoré le 30 juin.

Le culte de Thibaud de Vienne a été confirmé en 1903.

Saint Thibaud de Vienne est commémoré le 21 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hemming de Abo

? - 1366

 

Hemming vit le jour dans la fin du 13e siècle à Abo (Balinge, Uppsala, Suède, auj. Turku, Finlande).

Après des études à Uppsala, il fut ordonné prêtre, puis envoyé compléter cette formation à Paris, où il connut le futur pape Clément VI. Il commença alors à se constituer une importante bibliothèque de théologie et de droit canonique.

En 1329, il fut nommé chanoine de la cathédrale d’Abo, et fut remarqué au point d’être choisi à l’unanimité des chanoines, pour devenir évêque, en 1338.

Hemming put accomplir un travail considérable dans son diocèse, qui en avait besoin : il créa la table épiscopale, développa l’enseignement dans les écoles, en particulier à l’intention des futurs prêtres. Il fit don à la cathédrale de sa bibliothèque et envoya ses meilleurs séminaristes étudier comme lui à Paris.

Il organisa des synodes pour reprendre toute la vie liturgique et spirituelle des diocésains.

En 1347, il vint à Paris sur invitation de sainte Brigitte (v. 23 juillet), rencontra Clément VI en Avignon pour le persuader de revenir à Rome, et proposa ses services pour rétablir la paix entre les deux rois de France et d’Angleterre.

Hemming mourut le 21 mai 1266, déjà honoré comme saint grâce aux nombreux miracles obtenus par son intercession. Toutefois, ces actes ayant été perdus, la canonisation fut lente. En 1514, on autorisa son culte ; l’actuel Martyrologe lui attribue le titre de Saint.

 

 

Jean Mopinot

1724-1794

 

Jean naquit à Reims le 12 septembre 1724.

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Moulins en 1744, et prit le nom de Léon.

Arrêté dans la rafle générale des Religieux et des Prêtres au moment de la Terreur révolutionnaire, il se retrouva dans les cales d’un bateau négrier qui devait partir pour la Guyane, mais le bateau resta à Rochefort et les prisonniers moururent en grand nombre à la suite des mauvais traitements et des épidémies.  

Le frère Jean-Léon Mopinot était sur le «Les Deux Associés» et mourut sur l’Ile Madame (où l’on se débarrassait des mourants), le 21 mai 1794.

Il fut béatifié parmi une soixantaine d’autres Martyrs de la Révolution française, en 1995.

 

 

Eugène de Mazenod

1782-1861

 

Né le 1er août 1782 à Aix-en-Provence, Charles Joseph Eugène était le fils unique de Charles Antoine de Mazenod et de Marie Rose Eugénie de Joannis. Monsieur de Mazenod, comme son père, était président à la cour des comptes ; Madame était d’une riche famille de médecins.

Fuyant la Révolution, la famille fut à Nice, puis à Turin, Venise, Naples, Palerme. C’est à Venise qu’un prêtre sema dans le cœur de l’adolescent Eugène les germes de sa vocation.

Eugène n’avait pas de compagnons de son âge, et se trouva de plus séparé de sa mère, qui demanda le divorce pour recouvrer en France ses propriétés.

En 1802, Eugène put revenir en France. Il hésita un moment, à cause de deux projets de mariage, mais se décida fermement pour les études théologiques et entra à Saint-Sulpice à Paris en 1808.

Il refusa de recevoir l’ordination des mains de l’évêque établi par l’empereur, et fut ordonné par l’évêque d’Amiens, un ami de famille originaire de Marseille. Ce dernier lui proposait d’être son vicaire général, mais Eugène refusa humblement, désirant se consacrer uniquement aux pauvres.

Il revint en Provence en 1812. Au lendemain de la Révolution, le travail était immense.

Au commencement, Eugène fut frappé par l’épidémie de typhus qui sévit dans la région ; mais il surmonta la maladie.

En 1816, il fonda les Missions de Provence, pour évangéliser les populations. Eugène sut innover, pour se mettre vraiment à la disposition des gens : il leur parlait en provençal, il allait les visiter chez eux, à domicile. D’autres prêtres se joignirent à lui.

En 1823, à la tête du diocèse de Marseille, supprimé en 1790 et enfin rétabli, fut nommé évêque Fortuné de Mazenod, l’oncle d’Eugène, qui prit ce dernier pour vicaire.

Une crise traversa les Missions de Provence, et Eugène dut aller chercher auprès du pape l’approbation nécessaire pour consolider son Œuvre : ce fut le début d’une nouvelle congrégation, des Oblats de Marie Immaculée (OMI).

En 1837, Eugène succèda à son oncle, démissionnaire (il avait quatre-vingt-huit ans).

En 1841, déjà six Oblats partirent pour l’Amérique, sur l’invitation du jeune évêque de Montréal.

A Marseille où la population s’accroît très rapidement, Mgr de Mazenod créa vingt-et-une paroisses et fit construire trente-quatre églises.

En 1853, il posa la première pierre de la basilique Notre-Dame de la Garde.

La maladie le frappa début 1861. Il désirait mourir en pleine conscience. Doyen des évêques de France, il s’éteignit le 21 mai 1861.

Il fut béatifié en 1975, et canonisé en 1995.

Manuel Gómez González

1877-1924

 

Fils aîné de José Gómez Rodríguez et de Josefa González Durán, il naquit le 29 mai 1877 à As Neves (Tuy, province de Pontevedra en Espagne), et fut baptisé le lendemain. Selon l’habitude de l’époque, il reçut la confirmation l’année suivante.

Il fréquenta le petit séminaire de San Pelayo, passa au grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1902.

D’abord vicaire dans sa propre paroisse natale, il obtint la permission d’être incardiné dans le voisin diocèse portugais de Braga, où il exerça le ministère sacerdotal à Notre-Dame di Extremo, puis à Monsão.

La persécution anticléricale qui sévissait alors au Portugal le poussa à demander de partir pour le Brésil (1913).

Après une brève période à Rio de Janeiro, il remplaça dans le Rio Grande do Sul un curé qui, originaire lui-aussi du diocèse de Braga, devait revenir au Portugal à cause de la santé de son père, puis il assista ce dernier à son retour, comme vicaire pendant plusieurs mois, après lesquels il fut nommé curé de Nonoai (1915).

C’était une paroisse immense, où Manuel organisa la catéchèse, et promut intensément la participation des fidèles à la sainte messe et aux sacrements, luttant contre l’indifférence et cherchant par tous les moyens à améliorer leurs conditions de vie.

Il subdivisa le territoire de sa paroisse en petites communautés, ouvrant une petite école dans son propre presbytère, où il instruisait gratuitement les enfants et les adolescents. Il construisit un four pour la fabrication des briques, construisit la maison paroissiale pour accueillir gratuitement les plus pauvres, promut la culture du riz et des pommes de terre, et restaura son église.

En huit années, il transforma l’aspect de sa paroisse. Ceux qui l’ont connus ont témoigné : il souffrait avec ceux qui souffraient, il faisait toujours le bien, il ensevelissait les morts et assistait les veuves. Il se soucia de protéger les Indiens.

On a un témoignage très intéressant des deux sœurs d’Adílio, ce jeune garçon qui fut martyrisé avec lui. L’une d’elles, Carmelinda, écrivit : “(Don Manuel) était très aimable et respecté de tous. On le considérait comme le personnage le plus important sur place. Il donnait des conseils, plein de charité, il enseignait à prier, à lire, à écrire. Ses Messes étaient très ferventes. J’y participais toujours avec ma famille.”

L’autre sœur, Zolmira, écrivait à son tour : “Don Manuel était très ami de ma famille. Lui et mon père étaient souvent en conversation. C’est lui qui me donna la première Communion. Tous les paroissiens l’admiraient, parce qu’il était l’une des rares personnes qui se souciaient des gens et instruisaient les fidèles. Don Manuel était sympathique, aimable, humble ; il avait de bons rapports avec tout le monde. C’était un travailleur, il allait partout juché sur son âne”.

Plusieurs fois don Manuel reçut la charge d’administrateur de la paroisse voisine de Palmeiras das Missões, près du fleuve Uruguay, tout près de la frontière argentine. Ce fut là l’occasion de son prochain martyre.

C’était en mai 1924 : l’évêque lui demanda d’aller visiter un groupe de colons brésiliens d’origine allemande. Après avoir célébré Pâques dans la paroisse de Nonoai, il entreprit le voyage en compagnie du jeune Adílio, sans trop se soucier des groupes révolutionnaires qui s’agitaient dans les environs.

Il s’arrêta d’abord à Palmeiras das Missões, pour y administrer les sacrements et rejoignit Colonia Militar, où il célébra la Messe le 20 mai 1924 : ce devait être sa dernière Messe.

On lui déconseillait de s’aventurer dans la forêt, mais son cœur brûlait d’aller porter la grâce divine à ces gens.

En cherchant son chemin, il rencontra quelques soldats qui, gentiment, lui proposèrent de l’accompagner ; c’était un piège. Manuel et son fidèle Adílio de seize ans furent conduits à un endroit isolé de la forêt, où les chefs militaires les attendaient.

Un témoin raconta : “Après moins d’une demi-heure, on entendit plusieurs coups de feu. Il était neuf heures du matin de ce mercredi 21 mai 1924. Nous nous demandions sur qui les soldats avaient pu tirer. Peu après, quand réapparurent les soldats, personne n’osait rien dire, par crainte des révolutionnaires, et encore moins aller voir dans la forêt ce qui s’était passé.

 C’est le lendemain soir que des jeunes virent arriver deux ânes seuls ; le paysan de l’endroit, qui ne les connaissait pas, commença par les chasser, et c’est alors qu’un autre paysan, monsieur Diesel, reconnut l’âne du père Manuel et du jeune Adílio. Sans perdre un instant, il enfourcha son cheval et courut demander à la paroisse de Trés Passos : Le père Manuel est-il arrivé pour dire la Messe ? On lui dit que non. On en déduisit alors qu’on l’avait abattu dans la forêt de Feijão Miúdo.”

 Effectivement, don Manuel et Adílio avaient été maltraités, puis attachés chacun à un arbre et fusillés en haine de la foi et de l’Eglise catholique.

Manuel et Adílio ont été béatifiés ensemble en 2007, et sont également nommés ensemble au Martyrologe du 21 mai.

 

 

Adílio Daronch

1908-1924

 

Ce jeune garçon brésilien était le troisième des huit enfants de Pedro Daronch et Judite Segabinazzi’s. Il était né le 25 octobre 1908 à Dona Francisca dans le Cachoeira do Sul (Rio Grande du Sud). La famille s’était transportée plusieurs fois, jusqu’à Nonoai en 1913.

Adílio était un de ces adolescents qui accompagnaient le Père Gonzalez dans ses longues visites pastorales, jusqu’aux Indiens de Kaingang d’où la famille était originaire. Il servait fidèlement la messe du Père Manuel, dont il avait reçu sa formation scolaire.

Quand le Père Manuel reçut la mission d’aller visiter des colons allemands établis non loin du fleuve Uruguay, il emmena avec lui son fidèle Adílio.

En route, il rencontra des révolutionnaires, qu’il exhorta au respect des autres, leur rappelant leur foi catholique commune. Mais un des extrémistes n’apprécia pas son discours, ni non plus le fait que Manuel donnait une digne sépulture aux victimes de ces bandes locales. 

Manuel et Adílio continuèrent leur route. On leur déconseilla de s’aventurer dans la forêt, mais Manuel désirait avant tout porter la Bonne Nouvelle, et brava le danger.

Ils rencontrèrent des militaires et leur demandèrent leur chemin. Ces derniers firent semblant de les guider et les conduisirent à un endroit isolé où les attendaient les chefs. On les malmena, on les attacha chacun à un arbre et ils furent ainsi fusillés en haine de la foi, le mercredi 21 mai 1924.

Fait surprenant : si les humains refusèrent le message de respecter les autres, la nature s’en chargea ; en effet, quatre jours après, les habitants de Très Passos retrouvèrent les deux corps des Martyrs encore intacts, sans qu’aucune bête de la forêt les eût touchés.

Adílio, en compagnie de son bien-aimé père Manuel, furent reconnus Martyrs, et béatifiés ensemble en 2007 ; le Martyrologe les commémore ensemble aussi le 21 mai.

 

Paul Dochier

1914-1996

 

Né le 31 janvier 1914 à Bourg-de-Péage (Drôme), Paul Gabriel Dochier était le troisième enfant d’une bonne famille. Le père, aprèus avoir vendu la petite entreprise de chaussures, vivait de ses rentes. Les frère et sœur de Paul s’appelaient André et Marthe.

En 1932, mourut André de tuberculose ; cet épisode marqua beaucoup le jeune Paul ;après le baccalauréat, il entra à la faculté de médecine.

En avril 1937, Paul vint vivre à l’abbaye cistercienne Notre-Dame d’Aiguebelle, dont l’Abbé lui conseillera d’achever d’abord ses études de médecine. En 1938, il passa l’internat puis commença le service militaire.

Affecté à Goulimine, dans le Sud marocain, il ne sera pas en France en 1940, lors de la mort de sa mère. Mais quand il put venir dans cette France occupée, il alla auprès de Marthe Robin, qui l’encouragea à embrasser la vie monastique.

En décembre 1941, il fut admis dans l’abbaye d’Aiguebelle d’abord comme oblat, puis comme novice de chœur. Désormais, il sera frère Luc (s.Luc, on le sait, était médecin, v. 18 octobre). En réalité, un an plus tard, frère Luc décidera de rester frère convers, assistant aux offices depuis les bancs des fidèles.

En 1943, il se porta volontaire pour remplacer un père de famille prisonnier en Allemagne, sacrifice qui lui donna l’occasion surprenante de retrouver là-bas son beau-frère, prisonnier depuis deux ans. Il rencontra - et soigna - aussi des officiers russes, particulièrement mal traités par les Allemands.

Quand il revint en France, en été 1945, il était lieutenant. Il assista au spectacle désolant de la maison familiale brûlée et rejoignit Aiguebelle. En 1946, il fit profession et partit pour Notre-Dame-de-l’Atlas à Tibhirine (Maroc).

Il y ouvrit un dispensaire pour accueillir les malades et les blessés de la région. C’était une nouveauté pour les Trappistes, qui d’habitude ne sortaient pas du cloître ; ce dispensaire les ouvrait alors au monde extérieur et favorisait des contacts chaleureux avec la population.

En 1949, frère Luc prononça les vœux solennels. Il fut désormais chargé de la cuisine.

Jusques là, la vie au monastère se déroulait dans une ambiance pacifique et fructueuse. Mais avec la guerre civile et les agitations politiques, tout allait basculer dans la tourmente et le chaos.

En 1959, première épreuve lourde pour frère Luc, qui fut enlevé pendant dix jours par des moudjahidines ; ce choc - le Frère a quarante-cinq ans - l’obligea à être soigné à l’hôpital d’Alger d’abord, puis en France. Certains moines quittèrent l’Algérie, puis le gouvernement imposa à la communauté de ne pas dépasser les treize membres (ils étaient une quarantaine) ; la quasi intégralité des terrains viticoles fut nationalisée, les moines ne conservant qu’une douzaine des quelque quatre-cents hectares de l’abbaye.

En 1975, frère Luc fut à nouveau soigné en France ; on discuta alors de la fermeture du dispensaire. Mais frère Luc «imposa» gentiment son point de vue, de par son âge et son expérience - il a alors la soixantaine, il est de loin le «doyen» de la communauté - ; et comme il parlait très bien l’arabe dialectal des villageois, il était très proche d’eux. Le dispensaire resta ouvert.

La vigile de Noël 1993, des islamistes firent irruption dans le monastère, puis repartirent après avoir échangé quelques paroles avec le Prieur, le p. Christian de Chergé.

On sait que les sept membres de cette petite communauté furent enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996.

La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996.

Reconnus comme Martyrs et béatifiés en 2018, ils seront mentionnés au Martyrologe le 21 mai.

 

 

Christian Lemarchand

1930-1996

 

Né le 1er mars 1930 à Saint-Maixent (Deux-Sèvres), Christian Lemarchand était le fils d’un officier ; et comme tous les officiers changent de domicile au gré de leurs mutations, Christian vivra en Syrie, au Tonkin, en Algérie.

En 1939, à Orléansville (auj. Chlef), il reçut la Première communion et la Confirmation.

En 1945, il fut pensionnaire à La Rochelle et fit partie de ces mouvements de la jeunesse catholique que furent les Cœurs Vaillants et la Croisade Eucharistique. C’est dans cette belle ambiance joyeuse et chrétienne que naquit sa vocation sacerdotale.

Après le Grand Séminaire, il fut ordonné prêtre en 1956. Il sera alors nommé professeur de français à Thouars (Deux-Sèvres), dans le collège Saint-Charles dont il sera successivement nommé directeur. C’est un homme très cultivé, délicat, réservé, mais aussi généreux : il veut que son collège soit accessible aux enfants de familles pauvres, qu’il admet gratuitement.

Mais le prêtre s’interrogeait sur son éventuelle admission dans un ordre monastique. L’abbaye bénédictine de Ligugé, en 1961, fut un échec. En 1963, il visita l’abbaye cistercienne de Bellefontaine, où il retourna chaque année à partir de 1966 pour une retraite.

En 1981, il commença le postulat à Bellefontaine avec le nom de Bruno, comme le Fondateur des Chartreux, s.Bruno (v. 6 octobre).

En 1984, il fit un premier séjour de quelques mois à l’abbaye cistercienne de Notre-Dame-de-l’Atlas (Tibhirine, Algérie), où il ira définitivement s’établir en 1988. L’année suivante, il prononça les vœux définitifs.

Toujours en 1989, il fit partie des Frères qui ouvrirent une petite communauté à Fès (Maroc) et dont il fut nommé Supérieur.

En mars 1996, il se rendit à Thibirine, où devait se dérouler l’élection du nouveau Prieur.

On sait que les sept membres de cette petite communauté furent enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996.

La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996.

Reconnus comme Martyrs et béatifiés en 2018, ils seront mentionnés au Martyrologe le 21 mai.

Une rue porte maintenant le nom de «l’Abbé Lemarchand» à Saint-Maixent.

 

 

Célestin Ringeard

1933-1996

 

Né le 29 juillet 1933 à Touvois (Loire-Atlantique), Célestin Ringeard fut mis en nourrice dès sa naissance, car son père était malade de la tuberculose (il devait mourir le mois suivant). Il avait une sœur aînée.

La famille avait une grande dévotion mariale, notamment lors de la fête de la Nativité de Marie, le 8 septembre. Cette date marquera plusieurs fois la vie de Célestin.

Après l’école primaire de Touvois, il fréquenta les Petits séminaires de Legé et Rezé, puis il commença la Grand séminaire à Nantes.

En 1957, il commença son service militaire à Rennes et fut bientôt envoyé à Saïda (Algérie), comme infirmier.

Lui et un autre infirmier eurent une attitude hautement courageuse en demandant de soigner dans leur infirmerie un officier du FLN blessé, au lieu de le laisser en prison. L’officier fut ainsi sauvé.

En 1959, Célestin réintégra le Grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1960.

Il fut successivement professeur au Petit séminaire de Legé, vicaire de paroisse à Saint-Herbelain puis à Saint-Dominique (Nantes). Il se sentit spontanément attiré par les quartiers dits défavorisés, où sévissaient l’alcoolisme, la prostitution, la délinquance, jusqu’au jour où il quitta le ministère paroissial pour s’occuper uniquement de la «rue». Il anima un centre social pour les ex-prisonniers, il milita dans l’association Vie Libre pour accompagner et relever les Blessés de la Vie, comme les appela s.Jean-Paul II. Sa dernière épreuve fut le suicide d’un malheureux, homosexuel, qui l’avait appelé.

En 1983, après une longue retraite chez les Cisterciens de Bellefontaine, il y commença son noviciat le 8 septembre - une date de prédilection - et prononça les premiers vœux en 1985, encore le 8 septembre. Entre ces deux dates du noviciat, il se trouve que, le 8 septembre 1984, il eut un contact avec cet officier qu’il avait sauvé une trentaine d’années plus tôt.

En 1986, il partit pour intégrer la communauté cistercienne de Notre-Dame-de-l’Atlas (Tibhirine, Algérie), où l’avaient précédé deux autres membres de Bellefontaine, le Père Bruno et le frère Michel.

Il eut l’émouvante surprise d’être accueilli à Alger par l’officier dont on a parlé plus haut, qui tenait à venir le remercier.

Dans la communauté de Tibhirine, le p.Célestin s’occupa des chants, de l’orgue, de l’hôtellerie. Assez bavard de nature, il eut à combattre son penchant pour observer le silence. Mais surtout, sensible, il dut être soigné pour des malaises cardiaques ; ainsi, après une «visite» d’insurgés la veille de Noël 1993, il dut être opéré de six pontages à Nantes et sa convalescence se prolongea longtemps à Bellefontaine, avant son retour en Algérie six mois plus tard.

On sait que les sept membres de cette petite communauté furent enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996.

La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996.

Reconnus comme Martyrs et béatifiés en 2018, ils seront mentionnés au Martyrologe le 21 mai.

 

 

Christian de Chergé

1937-1996

 

Né le 18 janvier 1937 à Colmar (Haut-Rhin), Charles-Marie-Christian de Chergé faisait partie d’une fratrie de huit enfants, dont le père était militaire.

Comme tous les militaires, Monsieur de Chergé dut changer plusieurs fois de résidence. C’est ainsi que l’enfance de Christian se déroula en Alger, où son père était commandant. Déjà à cette époque se dessina la vocation de Christian.

Puis la famille s’installa à Paris. Les études de Christian furent très brillantes ; l’année de son baccalauréat, en 1954, il reçut le prix d’excellence. Parallèlement, le jeune garçon participait aux activités des Scouts.

En 1956, il entra au séminaire des Carmes à Paris.

En 1959, jeune officier, il sera envoyé en Algérie. Durant cette période, Christian faillit tomber dans une embuscade au détour d’une rue d’Alger. Une altercation avait éclaté, et un Musulman s’interposa pour le protéger ; or ce dernier était père de dix enfants - et fut retrouvé assassiné le lendemain matin. Ce fut une épreuve douloureuse pour Christian, qui en resta marqué toute sa vie.

En 1964, il fut ordonné prêtre à Paris et nommé chapelain à Montmartre.

En 1969, il choisit d’entrer chez les Pères Cisterciens (Trappistes). Il fit le noviciat à Notre-Dame d’Aiguebelle puis partit pour Tibhirine (Algérie), à l’abbaye Notre-Dame-de-l’Atlas.

Son engouement pour le dialogue avec l’Islam fut soutenu par ses Supérieurs et il fut envoyé à Rome, de 1972 à 1974, à l’Institut d’Islamologie des Pères Blancs : il y approfondit la culture et la langue arabes.

En 1979, il fonda le groupe Ribât-el-Salâm (Le Lien de la paix), où les membres arabes et chétiens pourraient échanger et prier ensemble.

En 1984, l’abbaye de Tibhirine fut réduite à un simple prieuré : le gouvernement algérien en effet imposa à la communauté de ne pas dépasser les treize membres (ils étaient une quarantaine) et nationalisa la quasi totalité du terrain viticole. Le prieur fut alors le père Christian.

Durant les années de son priorat, le père Christian favorisera les rencontres amicales entre Musulmans et Chrétiens.

Un premier incident grave survint la nuit de Noël 1993, lorsque quelques hommes, armés, pénétrèrent de force dans les bâtiments des Pères. Ils eurent un bref échange avec le père Christian. Rien d’autre ne se passa ensuite - à part la tension dans laquelle les moines vécurent désormais, jusqu’au mois de mars 1996.

On sait que les sept membres de la communauté furent enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, par un groupe d’une vingtaine d’hommes qui se disaient envoyés par le Groupe Islamique Armé (GIA).

La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996.

Reconnus comme Martyrs et béatifiés en 2018, ils seront mentionnés au Martyrologe le 21 mai.

 

 

Paul Favre-Miville

1939-1996

 

Né le 17 avril 1939 à Vinzier (Haute-Savoie), Paul Favre-Miville était le fils d’un forgeron. La maman tenait le café-tabac du pays. Il avait également trois sœurs.

Membre de la Jeunesse Agricole Catholique (JAC) et collégien à Thonon-les-Bains, il obtint son Brevet puis aida son père à la forge.

En 1959, il partit au service militaire en Algérie et fut sous-lieutenant parachutiste.

Ensuite, il suivit une formation professionnelle et devint un excellent plombier.

Fidèle à la Foi reçue dans sa jeunesse, il participait à la vie paroissiale, dans la chorale, dans les pèlerinages à Lourdes, en Terre Sainte, à Tamanrasset où est enterré le Bienheureux Charles de Foucauld (v. 1er décembre). Il fut pompier bénévole et conseiller municipal.

En 1984, après la mort de son père, il entra comme frère convers chez les Pères Trappistes à Notre-Dame de Tamié.

En 1989 il fut envoyé à Tibhirine, où il fit la profession en 1991.

On le disait «serviable et ami de tous» ; il l’était en effet déjà par ses dons en mécanique, mais aussi par sa disponibilité au potager. Il installa le système hydraulique du village.

Tandis que la tension montait en Algérie, le Frère Paul fit un dernier voyage en France en mars 1996, où il acheta des pelles pour le monastère, ce qu’il commentait avec humour disant que c’était «pour creuser (leurs) tombes».

A son retour le 26 mars, il fut enlevé le soir même avec les six autres membres de la communauté de Tibhirine, par un groupe se réclamant du GIA. La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996.

Il semble que le frère Paul avait reçu une balle dans la tête.

Reconnu comme Martyr ainsi que ses six Frères, il fut béatifié avec eux en 2018 et sera mentionné avec eux au Martyrologe le 21 mai.

 

Michel Fleury

1944-1996

 

Né le 21 mai 1944 à Sainte-Anne-sur-Brivet (Loire-Atlantique), Michel Fleury était d’une famille paysanne et travailla aux champs jusqu’à dix-sept ans.

Il passa ensuite neuf années à étudier au séminaire.

A vingt-sept ans, il fit partie de la communauté du Prado, dont l’esprit était de faire travailler des prêtres et des religieux en milieu ouvrier, pour y pratiquer un fécond apostolat. Michel fut ainsi ouvrier fraiseur à Lyon, puis Paris, ensuite à Marseille.

Successivement, il connut en 1980 les Pères Trappistes de Notre-Dame de Bellefontaine, où il entendit l’appel à faire partie de la communauté de Tibhirine (Algérie), en 1984.

Michel était cet homme discret, effacé même, qui aimait le silence, le travail au service des autres.

A Tibhirine, il fut cuisinier, et sut se mettre sans cesse au service de tous les Frères, se faisant efficace dans mille tâches quotidiennes, toujours avec le sourire.

Il fit la profession en 1986.

On sait que les sept membres de cette petite communauté furent enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996. Sur la route où ils furent enlevés, on retrouva l’habit monastique du frère Michel.

La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996, jour anniversaire du Frère.

Reconnus comme Martyrs et béatifiés en 2018, ils seront mentionnés au Martyrologe le 21 mai.

 

 

Christophe Lebreton

1950-1996

 

Il semble bien que l’orthographe Le Breton soit erronée.

Né le 11 octobre 1950 à Blois (Loir-et-Cher), Christophe Lebreton était le septième d’une fratrie de douze enfants, sept garçons et cinq filles.

Entré au Petit séminaire dès la sixième, il passa le baccalauréat en juin 1968, dans un climat de très grande instabilité politique et sociale en France.

Il n’entra pas au Grand séminaire, mais fit des études de Droit, abandonnant même toute pratique religieuse. Il éprouva même des sentiments d’amour envers une jeune fille, qui cependant ne lui répondit pas.

Mais ce n’était pas une rupture totale avec Dieu ; Christophe s’engagea dans les camps d’été d’Emmaüs, l’œuvre de l’Abbé Pierre. Et surtout, grâce à un prêtre de Tours - où Christophe était surveillant dans le Petit séminaire - il connut et aima les écrits du bienheureux Charles de Foucauld (v. 1er décembre). C’est ainsi que peu à peu, il prit conscience de sa vraie vocation : suivre Jésus et témoigner.

Il fit son service militaire au titre de la coopération en Algérie ; en Alger, il fit de l’enseignement auprès des enfants d’un quartier pauvre ;  il découvrit bientôt la communauté des pères Trappistes de Tibhirine ; désormais il restera très attaché à cette terre africaine.

En 1974, il commença le noviciat chez les Pères Trappistes de Tamié et l’achèvera à Tibhirine ; mais c’est à Tamié qu’il fera la profession en 1980.

Son Supérieur l’envoya alors faire une année d’apprentissage à Troyes, pour y apprendre le métier de menuisier ; puis il sera affecté à l’hôtellerie du monastère des Dombes. Jusques là, Christophe n’envisageait pas le sacerdoce ; il en prit conscience peu à peu et commença sa préparation.

C’est alors qu’il se porta volontaire pour rejoindre la communauté de Tibhirine, en 1987.

En 1990, il reçut le sacerdoce et sera bientôt nommé père-maître des novices et sous-prieur de la communauté. En même temps, il était chargé de la liturgie et du jardin, et c’est dans ce jardin qu’il développa son esprit de dialogue, avec les «frères musulmans» qui y travaillaient.

On a sur le frère Christophe un témoignage de première main sur ses sentiments et sa réflexion, dans son propre Journal ainsi que dans les Poèmes qu’il écrivit.

En décembre 1993, des Chrétiens croates furent assassinés à proximité du monastère de Tibhirine ; la nuit de Noël suivante, des islamistes armés - les moines les appelaient les frères de la montagne - s’introduisirent dans le monastère et échangèrent quelques paroles avec le Supérieur, puis s’en allèrent. Le frère Christophe s’était pendant ce temps réfugié avec un autre frère dans une cave. Cette expérience le fit réfléchir et l’aida à s’offrir totalement à Dieu, jusqu’au sacrifice s’il le fallait.

On sait que les sept membres de cette petite communauté furent enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996.

La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996.

Reconnus comme Martyrs et béatifiés en 2018, ils seront mentionnés au Martyrologe le 21 mai.

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19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 23:00

20 MAI

 

I.

Ste Lydia, la marchande de pourpre à Philippes (cf. Ac 16,14-15). 

III.    

Ste Aurea, martyre à Ostie.

Ss Thalalæus et Asterius, martyrs à Edesse ; Asterius devait exécuter Thalalæus, mais se convertit en en voyant le courage.

IV.    

S Baudelius, martyr à Nîmes pour avoir interrompu un sacrifice païen.   

S Lucifer, évêque à Cagliari, intrépide et parfois excessif adversaire de l’arianisme, au point que certains se servirent de lui pour former un schisme ; on dit même qu’il serait peut-être mort séparé de la communion romaine, malgré la sainteté de sa vie personnelle.

S Hilaire, évêque à Toulouse.

V.

S Thalélée, anachorète près de Gabales, dont la patiente persévérance vint à bout des démons qui l’assaillaient.

VII.

S Amalbert, fils des ss. Germes et Domance, mort jeune.

S Outrille), évêque à Bourges.

S Anastasio, évêque presqu'inconnu à Brescia.

VIII.

S Teodoro, évêque à Pavie.

S Ethelbert, roi et martyr en Angleterre, assassiné traitreusement au moment où il demandait en mariage la fille d’un autre roi.

XII.

B Guido de Gherardesca, ermite à Castanetum (Etrurie).

S Jean Népomucène, prêtre bohème, martyrisé sur ordre du roi qui voulait en obtenir le secret des confessions de sa femme ; le 20 mars au Martyrologe.

XV.

S Bernardino de Sienne, franciscain et prédicateur enflammé, propagateur de la dévotion au saint Nom de Jésus, d'où la représentation qu'on en fait avec les trois lettres IHS (Iesus Hominum Salvator) ; canonisé six ans après sa mort.

XVI.

Bse Angelella Colomba, tertiaire dominicaine à Pérouse, qui cherchait à réconcilier les factions de cette ville.

XIX.

S Chŏng Kuk-bo Protasius, martyr coréen canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre.

XX.

Bse Hendrina Stenmanns (Josefa, 1852-1903), co-fondatrice allemande des Servantes du Saint-Esprit, béatifiée en 2008.

S Arcangelo Tadini (1846-1912), prêtre italien à Brescia, très actif dans le monde ouvrier, fondateur des Sœurs ouvrières de la Sainte-Maison de Nazareth pour l’éducation des ouvrières, avec lesquelles elles travaillent dans les usines, béatifié en 1999, canonisé en 2009.

Bx Rafaél García Torres et Tomás Valera González (*1904 et 1918), laïcs espagnols, martyrisés en 1938 près de Grenade, béatifiés en 2017. 
B Jakub Pankiewicz (Anastasy, 1882-1942), prêtre polonais franciscain, fondateur des Sœurs antoniennes du Christ-Roi, gazé à Dachau, béatifié en 1999 ; il est mentionné au 20 avril dans le Martyrologe.

 

Lydia

1er siècle

 

Alors que saint Paul prêchait à Philippes, raconte saint Luc dans les Actes des Apôtres, 

une femme nommée Lydia, marchande de pourpre de la ville de Thyatire et servant Dieu, nous écouta et le Seigneur ouvrit son cœur pour prêter attention à ce que disait Paul. Lorsqu’elle eut été baptisée, elle et sa maison, elle nous pria disant : «Si vous m’avez jugée fidèle au Seigneur, entrez dans ma maison et demeurez-y. Et elle nous y força (Ac 16:14-15).

Cette femme pleine de bonne volonté, généreuse et hospitalière, est restée humblement dans une discrète réserve. 

On peut au moins en dire qu’elle fut la première Européenne à être convertie par l’Apôtre.

Les exégètes avancent qu’elle dut mourir déjà vers les années 50-55, puisque saint Paul, écrivant aux Chrétiens de Philippes après cette date, ne la mentionne pas.

Autrefois inscrite au 3 août dans le Martyrologe, elle a été remise au 20 mai, selon le calendrier oriental.

 

 

Aurea d’Ostie

† 250

 

L’histoire de cette Martyre présente quelques invraisemblances historiques, au point que les spécialistes la regardent avec quelque suspicion.

Chrétienne romaine, Aurea (la Dorée) aurait été expulsée de Rome et aurait trouvé refuge à Ostie. Elle y aurait fait des miracles retentissants, comme de libérer un Chrétien prisonnier en en faisant tomber les chaînes et en convertissant ainsi dix-sept soldats au christianisme - qui furent décapités, ou en ressuscitant le fils d’un sabotier.

Aurea aurait été torturées et précipitée en mer avec une grosse pierre au cou, puis son corps aurait été ramené au rivage par les vagues.

Une inscription ancienne, retrouvée récemment, porte cette indication : Chryse hic dormit, où le mot Chryse traduit Aurea : Aurea dort ici. Qui sait si cette Martyre n’était pas grecque ?

Sainte Aurea d’Ostie est commémorée le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Thalalæus d’Egée

† 272

 

Thalalæus était un Martyr d’Edesse de Cilicie, une localité proche d’Egée (auj. Yumurtalık, Turquie S) ; de lui on ne sait rien de plus, sinon la date probable de son martyre en 272.

Ce qui est remarquable, c’est que le bourreau lui-même, un certain Asterius, fut frappé par le courage de sa victime et se convertit sur place, se méritant alors de recevoir la même couronne glorieuse.

Saint Thalalæus d’Egée est commémoré le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Baudelius de Nîmes

† 347

 

Baudelius (Baudille) était originaire d’Orléans.

Il existe maintes variantes à son nom : Baudille, Baudelle, Baudière, Beauzire, Bauzile ou Bauzille, Bauzély, Basile…

Certains ont affirmé qu’il était diacre.

Avec son épouse, il vint vers 287 dans la région de Nîmes pour évangéliser les populations encore païennes.

Y ayant interrompu un sacrifice païen, il fut arrêté, reçut maintes tortures, dont celle du fouet, puis fut décapité à la hache.

Ce pouvait être vers 350.

L’épouse de Baudelius procéda à l’inhumation de son cher mari au lieu-dit Valsainte.

Le tombeau du Martyr, théâtre de nombreux miracles, attirait les pèlerins à Nîmes. Le culte de s.Baudelius s’est étendu en Espagne et jusqu’en Europe centrale.

Saint Baudelius de Nîmes est commémoré le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lucifer de Cagliari

† 371

 

L’histoire de cet évêque commence en 353, à son accession au siège de Cagliari (Sardaigne). Il en fut le sixième titulaire.

Il avait l’heureuse fortune de s’appeler Lucifer, et il porta vraiment la lumière de la doctrine.

Il ne fut peut-être pas présent au concile de Nicée, mais il en défendit âprement les canons sur la foi trinitaire chrétienne.

En 355, il fut le légat papal au concile de Milan, dominé par l’empereur Constance qui voulait imposer la condamnation de s.Athanase (v. 2 mai). Lucifer résista fermement, et fut pour ce motif exilé au Moyen-Orient.

Mais en Syrie et en Palestine, il se trouva en face d’évêques ariens, qui ne lui ménagèrent pas les insultes et les mauvais traitements. Il écrivit beaucoup d’articles, et virulents, contre les hérétiques. Athanase les connut et les approuva en louant leur Auteur, une âme très religieuse et très sainte. En même temps, Lucifer maintenait un style de vie plein de sainteté, par son mépris des richesses, sa piété, son travail et son ardeur à défendre la Vérité.

Il y eut toutefois un accrochage à Antioche, où Lucifer crut bon d’ordonner évêque un prêtre qui, en réalité, était du parti opposé à l’évêque légitime. Il fut sévèrement blâmé même par un s.Jérôme (v. 30 septembre), d’autant plus qu’un concile réuni en Alexandrie devait statuer sur ce problème.

Revenu à Cagliari, Lucifer conserva la même intransigeance, allant jusqu’à refuser la communion avec certains évêques qui étaient revenus de leur adhésion à la formule de Rimini, jugée insuffisamment explicite. Lucifer s’obstina, jusqu’à une attitude que d’aucuns jugèrent être en rupture avec Rome. Ce serait exagéré de l’affirmer, bien que certaines Autorités aient estimé le contraire, comme s.Augustin  (v. 28 août) et même le pape Innocent Ier  (v. 12 mars). Mais aucun texte ne l’a établi.

Lucifer mourut ainsi dans la solitude de son diocèse, en 371.

Le malheur voulut qu’une secte se développât sur la mémoire de Lucifer, en rupture totale avec Rome. Ces lucifériens en vinrent à élire un antipape et à se trouver des adhésions jusqu’en Orient.

Pour mettre fin à cette pénible bourrasque, rappelons qu’en 1641, Urbain VIII intima le silence aux deux courants d’opinion. L’Eglise a tenu à conserver la mémoire de la sainteté et du zèle de Lucifer.

Saint Lucifer de Cagliari est commémoré le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anastasio de Brescia

570-608

 

Du vingt-cinquième évêque de Brescia, Anastasio, on n’est sûr que de son existence, mais aucune date ni aucun fait ne nous est parvenu avec certitude.

On dit qu’il fut sacré évêque par son maître, le pape s.Grégoire Ier (v. 12 mars), en 604 : il devait donc avoir au moins une trentaine d’années à cette date, ce qui peut faire placer sa naissance vers 570 ou même plus tôt.

L’épiscopat d’Anastasio se place ainsi entre ceux de Paterio et de Domenico.

Ce qui fait difficulté est que les dates avancées çà et là ne coïncident pas. Si la mort de Paterio a été établie en 606 et le début de l’épiscopat de Domenico en 655, on ne peut plus soutenir que l’épiscopat d’Anastasio ait duré de 604 à 608. L’épiscopat d’Anastasio a donc pu s’étendre sur près d’un demi-siècle, à moins que le siège ait été longtemps vacant, en cette époque troublée.

La mort d’Anastasio a été en effet située parfois en 608, mais on ne sait sur quel indice repose cette affirmation.

Quelque érudit a aussi avancé qu’Anastasio serait allé prêcher en Afrique, et en Espagne, mais il semble bien que les sources de ces hypothèses aient peu d’autorité.

On le voit, il est bien difficile d’avancer quelque chose de précis sur ce saint évêque.

Saint Anastasio de Brescia est commémoré le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Austregisilius de Bourges

551-624

 

Austregisilius (en français : Austregisile, Austrille, et le plus souvent Outrille) naquit probablement en 551, de Auginus, dont la famille de la région de Bourges était certes illustre, mais pauvre.

Formé à l’étude des Ecritures, Austregisilius fut ensuite envoyé vers 575 à la cour du roi Gontran, où on le surnnomma amicalement Mapparius.

On lui proposa un mariage ; demandant du temps pour réfléchir, il répondit avec grande sagesse : Si j’avais une bonne épouse, je craindrais de la perdre, si c’est une mauvaise, j’aime mieux ne pas en avoir. Puis il fut divinement averti qu’il pouvait suivre la voie sacerdotale ; il lui fut aussi annoncé qu’il serait évêque pendant douze années.

Avant de mettre ce projet à exécution, il fut calomnié par un courtisan, qui l’accusait d’avoir détourné des fonds du trésor royal. On invoqua le Jugement de Dieu et Austregisilius devait se battre en duel avec son accusateur, mais ce dernier tomba de cheval et mourut d’une fracture du crâne. Austregisilius quitta la cour.

Il fut ordonné sous-diacre par l’évêque d’Auxerre, s.Aunaire (v. 25 septembre) et, en 590, prêtre par l’évêque de Lyon, Ethère, un ancien sénateur. Ce dernier fit d’Austregisilius l’abbé de la basilique Saint-Nizier.

En 612 (ou peut-être dès 597), Austregisilius fut appelé à succéder à l’évêque de Bourges. C’était le vingt-deuxième de ce siège, et le premier d’ascendance wisigothe.

Les miracles qu’il avait commencé de faire avant son épiscopat, se multiplièrent alors : une femme paralytique fut guérie, ainsi qu’un aveugle ; une fillette possédée fut délivrée.

Le Martyrologe mentionne la grande sollicitude pastorale d’Austregisilius envers les pauvres, les orphelins, les malades et les condamnés à mort.

En 614, il participa au concile de Paris.

Il s’éteignit le 20 mai 624.

Saint Austregisilius de Bourges est commémoré le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Teodoro de Pavie

† 750

 

Teodoro fit partie dès l’enfance du clergé de Pavie. Ordonné prêtre, il fut archiprêtre, puis archidiacre.

Il fut nommé évêque de Pavie en 740 : un ange serait apparu au roi lombard Desiderio, lui suggérant le choix de Teodoro pour le siège épiscopal. C’était le vingt-et-unième évêque de ce diocèse.

Lors du siège de Pavie par les armées de Charlemagne, la ville fut protégée miaculeusement par les prières de Teodoro. Mais Teodoro lui-même fut exilé plusieurs années.

Durant ce siège, Teodoro retourna une flèche qui allait le toucher, vers celui qui l’avait tirée, le tuant sur place ; Teodoro le ressuscita.

Teodoro mourut vers 750. Cette dernière date est assez approximative, car on ne connaît pas celles des évêques suivants. 

On a parfois écrit qu’il avait eu un épiscopat de près d’un demi-siècle, ce qui est réellement impossible : il fut nommé vers 740, son deuxième successeur est mentionné en 769 et son quatrième successeur fut nommé en 781.

Saint Teodoro de Pavie est commémoré le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

Colomba Guadagnoli de Rieti

1467-1501

 

Elle vit le jour à Rieti (Latium, Italie C) le 2 février 1467. Elle devait s’appeler Angelella, car on entendit chanter les anges autour de la maison au moment de sa naissance, mais elle reçut le nom de Colomba, car une colombe vint voltiger autour du baptistère, ce qu’on interpréta comme un signe du Ciel.

Effectivement, elle fut précoce pour la prière, les mortifications, le vœu de virginité. 

Petite, elle fut élevée chez les Dominicaines ; elle filait et cousait, pour réparer les habits des Dominicains de sa ville. 

Cherchant quelle serait sa voie, elle vit le Christ entouré de la cour des Saints : à douze ans, elle protesta de tout son cœur contre la volonté de ses parents qui l’avaient déjà promise en mariage, et rasa sa belle chevelure.

Toujours contre cette famille naturelle, elle entra dans la famille spirituelle du Tiers-Ordre dominicain en 1486, le jour des Rameaux.

Elle fut favorisée d’extases. Durant l’une d’elles, elle fut transportée en Terre Sainte.

Les habitants des villes voisines de Narni, de Foligno, cherchèrent à l’enlever pour avoir avec eux «leur» sainte. Finalement, en 1488, elle eut l’inspiration de quitter Rieti, mais sans trop savoir où aller. A Foligno, on l’arrêta comme vagabonde, mais l’évêque l’envoya à Pérouse pour y fonder un monastère dominicain ; elle obéit : plusieurs jeunes filles, voulant épouser l’Epoux divin, «s’envolèrent» de leurs familles pour la rejoindre ; c’est pour ce motif que le monastère fut appelé des Colombes.

Colomba intervint très efficacement dans Pérouse pour calmer les factions qui s’affrontaient sans relâche.  Elle s’occupa beaucoup des pauvres, qu’elle soulageait autant qu’elle pouvait.

Son action  positive s’exerça particulièrement au sujet du pape Alexandre VI et de Lucrezia Borgia. Envers cette dernière, elle eut plusieurs fois l’occasion de lui reprocher sa vie désordonnée, au point que Lucrezia l’accusa de sorcellerie. 

Quant au pape Alexandre VI, dont la vie était un scandale public, il fut lui-même profondément impressionné par la sainteté de Colomba et l’eut en grande vénération. On rapporte ce fait que, passant à Pérouse, il n’osait s’arrêter pour saluer Colomba ; ce fut elle qui s’avança et, très respectueusement, alla baiser les pieds du Successeur de Pierre ; ce geste fut à la source de la conversion d’Alexandre, dont on sait qu’il mourut dans les plus sincères sentiments de contrition.

Colomba fut prieure à Pérouse pendant onze ans.

Le jour de sa mort, une autre Mystique, Osanna de Mantoue (v. 18 juin), vit son âme rayonnante monter au ciel.

Colomba de Rieti, qu’on appelle aussi Colomba de Pérouse, mourut le 20 mai 1501 et fut béatifiée en 1625.

 

Bernardino degli Albizzeschi

1380-1444

 

Né le 8 septembre 1380 à Massa Marittima, Bernardino perdit sa mère avant trois ans et son père à six ans. C’étaient de pieux parents, qui le firent baptiser le jour-même de la naissance.

Orphelin, Bernardino fut élevé par des parents à Sienne ; c’est pourquoi on l’appelle communément Bernardino de Sienne.

Il étudia le droit canonique, la théologie, les Ecritures.

Très poussé vers la dévotion mariale, il fut épris d’une très noble dame, la Vierge Marie, et s’affilia à dix-sept ans aux Disciplinati Confraternitatis B. Mariæ.

En 1402, il entra au couvent des Frères Mineurs de Sienne, puis gagna le couvent des Observants à Colombaio,. Il fit la profession en 1403.

Au cours d’une quête en ville, il se servit de sa discipline pour repousser une femme de mauvaise vie : celle-ci fut définitivement convertie.

En 1404, il était ordonné prêtre, car il avait déjà accompli les études, et fut chargé de mission dès 1405. Ce fut désormais une vie de prédication qui le mena, à part quelques intervalles comme gardien de couvent (il fonda celui de Capriola, où il se retira aussi entre deux voyages), à Milan, Bergame, Côme, Mantoue, Plaisance, Brescia ; plus tard à Venise, Vérone, Vicenza, Belluno, Ferrare, Bologne, Florence, Sienne bien sûr, Arezzo, Pérouse, Orvieto ; le Latium avec Orvieto, Viterbe, Rome.

Partout, ses prédications touchèrent les pécheurs, réconcilièrent les factions, retournèrent les mœurs. 

Bernardino développa la dévotion au Saint Nom de Jésus, montrant partout les trois lettres IHS (Iesus, hominum Salvator : Jésus, Sauveur des hommes).

Ses prédications s’accompagnèrent de miracles retentissants, surtout de conversions de personnages importants. Il traversa un lac sur son manteau, le batelier ayant refusé de le passer. Il fit aussi le miracle de convaincre des dames de Florence d’abandonner leurs tenues luxueuses. Un lépreux fut guéri en chaussant les sandales de Bernardino…

Tout de même, en 1427, il fut dénoncé au pape comme hérésiarque et reçut l’interdiction de monter en chaire, jusqu’à ce que le pape fût mieux éclairé et, au contraire, encourageât Bernardin à parler.

Il refusa l’évêché de Sienne qu’on voulait lui proposer.

En 1438, de gardien de Capriola, il fut nommé vicaire général pour tous les couvents de l’Observance franciscaine, charge dont il démissiona en 1442.

Son dernier voyage de mission le porta - à dos d’âne cette fois-ci - en Lombardie, en Ombrie : Foligno, Spolète, Rieti, et L’Aquila, où il s’éteignit le 20 mai 1444, en la veille de l’Ascension.

On a pu conserver de lui plusieurs ouvrages des discours qu’il prononça peut-être par centaines.

Bernardino était ami de deux grands Saints contemporains : Giacomo de la Marche (voir au 28 novembre) et Giovanni de Capistran (voir au 23 octobre). Ces deux derniers hâtèrent le procès en vue de la canonisation, qui advint en 1450.

Saint Bernardino de Sienne est fêté le 20 mai.

 

 

Chŏng Kuk-bo Protasius

(Jeong Guk-bo Peurotasio)

1799-1839

 

Protasius était né à Songdo (Gyeonggi-do, Corée S) en 1799, dans une famille noble.

Son grand-père, un fonctionnaire d’état, avait eu des problèmes pour quelques irrégularités. Le père de Protasius, en revanche, souhaitait vivre en bon bourgeois, rompant avec les traditions de la famille. Il se déplaça à Seoul et trouva un travail dans une fabrique gouvernementale de cordages.

Protasius travailla aussi pour le gouvernement. C’était un homme bon et humble.

Vers la trentaine, il entendit parler de la foi catholique et reçut le baptême. Le prêtre chinois qui le baptisa, considérant la solidité de sa foi, lui confia un bâtiment récemment acquis, pour recevoir les Catholiques des environs et leur donner les sacrements. Protasius se montra aimable envers chacun et fit de son mieux pour s’occuper des fidèles.

Avec son épouse, il eut quatorze enfants, qui moururent tous en bas âge. Il endura toutes ces épreuves sans se plaindre. Il n’avait qu’un souci : lire des livres religieux et participer à des œuvres charitables.

En avril 1839, quand éclata la persécution, il fut arrêté avec son épouse. Au bureau de police, il subit de pénibles interrogatoires et fut torturé, mais ne renia pas sa foi. Mais quand il fut présenté à la cour supérieure, il fut tenté par les propos doucereux des employés et déclara qu’il voulait renoncer à sa religion.

Protasius fut remis en liberté et renvoyé chez lui. Mais le remord le prit : il n’arrêtait pas de pleurer, et resta sans manger plusieurs jours de suite. Encouragé par ses amis catholiques, il vint se constituer devant la cour. Il voulait absolument dire au juge qu’il rétractait son apostasie.

Les policiers ne firent pas attention à lui et le traitèrent de fou. Il persévéra à vouloir entrer, mais les policiers ne le lui permirent pas. Alors il resta à l’extérieur, devant la porte de la cour, jusqu’à ce que le juge sortît : il se présenta à lui et lui dit qu’il rétractait son apostasie. Il suivait le juge, qui ne voulait pas le croire, et lui répétait sa supplique.

Fatigué, le juge finit par le mettre en prison, où Protasius fut le bienvenu parmi les autres prisonniers catholiques. Il était au comble de la joie, à la pensée d’être bientôt martyr.

On le conduisit de nouveau devant la cour. Il fut d’abord battu avec un konjang, un gourdin en bois de chêne d’un mètre et demi de long, quinze à dix-huit centimètres de large, cinq centimètres d’épaisseur, muni d’un manche. Etendue sur le ventre, la victime recevait plusieurs coups de ce gourdin sur le postérieur : au bout de dix coups seulement, le sang sortait abondamment, et ceux qui étaient autour pouvaient même recevoir du sang et des morceaux de chair de la victime.

Protasius reçut vingt-cinq coups.

Malade de typhoïde, il revint en prison à demi-mort. Il y mourut quelques heures après.

C’était le 20 mai 1839. Protasius avait environ quarante-et-un ans, et c’était le premier Martyr de cette persécution.

Il a été béatifié avec d’autres en 1925, et canonisé en 1968. Leur fête commune est le 20 septembre, tandis que le dies natalis de Protasius est au 20 mai.

Hendrina Stenmanns
1852-1903

Aînée de sept enfants, Hendrina naquit le 28 mai 1852 à Issum (Allemagne).
Elle apprit avec sa mère à visiter les pauvres et les malades. Après l’école, elle aida sa famille en travaillant dans une fabrique de soie.
A dix-neuf ans, elle entra chez les Franciscaines du Tiers-Ordre, mais le Kulturkampf se déchaîna et la vie religieuse était impossible.
A la mort de sa mère, Hendrina lui promit de s’occuper des autres enfants, même si elle devait renoncer à son idéal religieux.
Quelques années après, elle eut l’occasion de rencontrer Arnold Janssen (voir au 15 janvier), et le suivit à Steyl (Pays-Bas) pour y être la cuisinière. Intérieurement, Hendrina espérait par là soutenir de toutes ses forces la cause de la mission, rien qu’en travaillant à la cuisine.
Elle arriva donc à Steyl à l’âge de trente-deux ans. Elle n’avait qu’une idée : faire à chaque moment ce qu’elle voyait être la volonté de Dieu.
Cinq ans après cet humble début, elle put être au nombre des postulantes qui voulaient faire partie de la toute nouvelle branche féminine de la congrégation. Elle devenait ainsi co-fondatrice des Sœurs Missionnaires Servantes du Saint-Esprit (CMSSpS).
Le noviciat achevé, elle fit profession en 1894 et reçut le nom de Josepha.
D’abord responsable de toutes les questions pratiques de la maison, son expérience et sa fidélité la firent nommer maîtresse des postulantes. 
Très active, infatigable, elle se nourrissait dans la prière, le recueillement devant l’Eucharistie. Une de ses jaculatoires était Veni, Sancte Spiritus (Viens, Esprit Saint). 
Ses dernières années furent marquées par un asthme pénible ainsi que d’autres pathologies. Sur son lit de mort, elle répétait son testament : Chaque souffle d’une Servante du Saint Esprit devrait être «Viens, Esprit Saint».
Elle mourut le 20 mai 1903, et fut béatifiée en 2008.
La congrégation compte aujourd’hui environ trois mille Religieuses, dans une quarantaine de pays, sur les cinq continents.


Arcangelo Tadini
1846-1912

Né le 12 octobre 1846 à Verolanuova (Brescia, Italie du Nord), Arcangelo était un des fils des époux Tadini. Une famille aisée, dont il reçut un certain patrimoine, providentiel pour ses futures activités.
Un accident le rendit boîteux pour le reste de la vie.
Après son frère aîné, il entra à son tour au séminaire et fut ordonné prêtre en 1870.
La maladie l’obligea à passer sa première année de sacerdoce dans sa famille.
Il fut successivement vicaire à Lodrino (où il laissa le souvenir d’un excellent maître à l’école communale), aumônier au sanctuaire Sainte-Marie à Brescia, puis curé-archiprêtre à Botticino Sera.
A Lodrino, après des inondations qui avaient mis à la rue une partie de ses paroissiens, il organisa une soupe populaire pour trois-cents repas quotidiens.
Comme curé, il se dépensa dans toutes les directions : catéchèse, chorale, confraternités, liturgie.
Préoccupé par les conditions du monde ouvrier, il construisit à ses frais une usine de textile, ainsi qu’une maison d’accueil pour les ouvrières. Il fonda l’Association Ouvrière de Secours Mutuel, une nouveauté pionnière à cette époque, ainsi qu’une ll, dont la vocation devait être de travailler aux côtés des ouvrières laïques, pour leur donner un exemple d’éducation et un soutien moral.
Don Arcangelo sut anticiper les temps, en se préoccupant réellement du bien à apporter au monde ouvrier. On ne le comprenait pas toujours ; même de la part d’autres prêtres, il reçut des calomnies… Il savait que Dieu guidait son Œuvre.
Frappé par la maladie, fatigué par ses labeurs, Don Arcangelo mourut le 20 mai 1912.
Il fut béatifié en 1999, et canonisé en 2009.
Le miracle retenu pour la canonisation de Don Arcangelo fut la naissance des deux enfants, en parfaite santé, d’un couple déclaré médicalement absolument stérile et qui, par idéal, avait renoncé à la fécondation artificielle.


Rafaél García Torres
1904-1938

Né le 22 février 1904 à Níjar (Almería, Espagne SE), Rafaél fut baptisé dès le lendemain de ce jour.
Pour aider sa famille qui était pauvre, il se dédia au commerce après avoir achevé ses études.
Chrétien convaincu, il fit partie de l’Action Catholique, des Adorateurs nocturnes de l’Eucharistie. C’était l’ange gardien et le bras droit du curé de la paroisse, don Berruezo (v. 31 août).
Lors de la persécution révolutionnaire, il refusa de se cacher, mais il fut dénoncé par un ancien bienfaiteur de la famille. Le 1. mars, il fut mis en prison à Almería, d’où on le transféra au camp de Turón, où il fut victime de multiples tortures.
Il eut la force d’écrire aux siens pour les consoler.
Son martyre se prolongea et l’on s’acharna sur lui, pour le faire apostasier, mais il resta ferme dans sa foi. Alors qu’il ne pouvait plus se tenir sur ses jambes, il jeta à terre sa pelle et cria encore : Vive le Christ Roi ! Ce fut sa dernière parole, le 20 mai 1938 à Turón.
Rafaél  fut béatifié en 2017.
Le nom du bienheureux Rafaél García Torres sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 20 mai.


Tomás Valera González
1918-1938

Tomás était né le 7 octobre 1918 à Sorbas (Almería, Espagne SE), deuxième des six enfants de Horacio Valera Gutiérrez de Cabiedes et María Teresa González Crespo. Horacio était directeur des Postes de Sorbas.
Qui le baptisa, fut l’abbé Fernando González Ros, qui devait être martyrisé le 10 septembre 1936.
Tomás fit partie des enfants de chœur et, encore adolescent, des adorateurs nocturnes de l’Eucharistie. Il participa aussi à l’Action Catholique, peu de temps avant son arrestation.
Musicien dans l’âme, il fut clarinettiste dans l’harmonie municipale de son pays. C’était un garçon plein de vie, joyeux, boute-en-train.
Il passa son baccalauréat avec succès à seize ans.
Lors de la révolution de 1936, il s’opposa courageusement à ceux qui voulaient mettre le feu à l’église : Personne n’entrera dans l’église sans me passer dessus ! lança-t-il aux miliciens. Aussi fut-il arrêté, le 26 août 1936, mais vite relâché à cause de son jeune âge : il n’avait pas dix-huit ans !
Il tenta de se réfugier chez son oncle, mais il fut dénoncé par un compagnon de classe comme fascite dangereux qui sentait les cierges, crime odieux et condamnable ! Avec son oncle, Tomás fut arrêté et conduit à la prison El Ingenio d’Almería ; l’oncle devait mourir d’un ulcère à l’estomac.
Tomás, grand garçon de dix-huit ans avait encore la charité et la force, en prison, de partager avec d’autres prisonniers les bonnes choses que lui apportait sa mère. Lui il se privait, et s’il demandait à sa mère de lui apporter davantage à manger, c’était pour donner davantage aux compagnons de prison.
D’Almería on le transféra aux carrières de Turón le 3 mai 1938. 
Une dame qui rendait visite aux prisonniers, vit, sans le connaître, ce beau grand garçon qui était gêné à cause de son pantalon déchiré ; le lendemain, elle lui en apporta un neuf, et Tomás lui dit qu’il espérait pouvoir la remercier un jour, en lui révélant son nom. La dame put rencontrer la mère de Tomás et lui raconta l’épisode.
Le 20 mai 1938, on commanda à Tomás de creuser la fosse pour enterrer un compagnon, peut-être bien Rafaél García Torres, qui mourut le même jour. Alors que Tomás était debout dans la fosse, il reçut un violent coup sur la tête et tomba en criant encore : Vive le Christ Roi !
Martyrisé le 20 mai 1938 à Turón, Tomás n’avait pas vingt ans.
Il a été béatifié avec Rafaél García Torres, ainsi que l’abbé Fernando González Ros, en 2017.
Le nom du bienheureux Tomás Valera González sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 20 mai.


Jakub Pankiewicz
1882-1942

Il naquit le 9 juillet 1882 à Nagórzany (Podkarpackie, Pologne), de Thomas et Telki Lenio, des agriculteurs.
Après l’école du village, il fréquenta le lycée à Sanok puis à Lviv (1896-1899).
En 1900, il entra chez les Frères Mineurs Franciscains et prit le nom de Anastazy.
Après avoir complété quelques lacunes de ses études précédentes, il étudia la philosophie et la théologie à Cracovie et à Lviv. 
Il fut ordonné prêtre en 1906.
Il fut d’abord envoyé au couvent de Wielicska, où il eut l’occasion de prêcher.
En 1908, il fut nommé maître des novices et professeur à Włocławek.
En 1912, il fut envoyé à Lviv, puis à Cracovie en 1913. Là il fut aumônier des Sœurs Bernadines.
Pendant la Première guerre mondiale, il fut curé à Dżurkowa (Kolomyja), puis s’est retrouvé aumônier militaire avec le grade de capitaine : il fut alors envoyé comme aumônier en Hongrie.
Après la guerre, le père Anastazy fut à Cracovie comme gardien (c’est-à-dire supérieur) du couvent Saint-Bernard, jusqu’en 1930.
Avec la permission de l’évêque, il acquit un terrain à Lodz pour construire une église et une école. Dès 1932, s’élevait un bâtiment où vivaient quelques religieux et où purent être reçus en 1937 des garçons de familles pauvres catholiques (mais aussi à l’occasion, protestants).
C’est alors qu’il confia cette œuvre aux Sœurs Antoniennes du Christ Roi.
L’œuvre fut interrompue par l’occupation nazie : l’école fut fermée, les locaux réquisitionnés pour l’armée, l’église transformée en garage et en écuries.
Le pauvre père Anastazy était désormais seul : il trouva à se loger dans une chambre chez le fossoyeur du cimetière, d’où il put continuer - au péril de sa vie - des activités pastorales : célébration de la messe, confessions, enterrements.
Les nazis savaient bien où résidait le père Anastazy, et ils l’arrêtèrent une première fois en avril 1940. Quinze jours après, ils le relâchèrent.
En octobre 1941, il fut à nouveau repris dans une rafle générale, où furent arrêtés et emmenés à Dachau tous les prêtres de Lodz.
Au camp de Dachau, le père Anastazy portait le numéro 28176. 
On ignore pourquoi il fut ensuite classé parmi les «handicapés» : soit fatigue extrême, soit simplement les soixante ans accomplis. Le 18 mai, il fut donc inscrit sur la liste de soixante détenus «handicapés», dont faisaient partie un évêque, et une quinzaine de prêtre polonais.
Le départ du camion fut particulièrement dramatique. Le camion était bondé, il fallait faire vite, le père Anastazy était l’un des derniers à monter. Il voulut donner la main à un autre condamné pour l’aider à monter, mais à ce moment-là, un soldat ferma violemment le portillon, et le père eut les mains coupées. On suppose que la cause première de sa mort fut cette hémorragie.
Les condamnés furent conduits à Hartheim (Linz), immédiatement gazés et brûlés. C’était le 20 mai 1942. Le Martyrologe le commémore sans doute par erreur au 20 avril.
Jakub Anastazy Pankiewicz fait partie des cent-huit Martyrs de Pologne sous le régime nazi, béatifiés en 1999.

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