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18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 23:00

19 MAI

II.

Ste Pudentiana, vierge romaine morte à seize ans ; elle ensevelissait les martyrs et mettait sa demeure et ses biens au service de l’Eglise.

S Pudens, romain, père des saintes Pudentienne (ci-dessus) et Praxède (cf.21 juillet).

III.

S Urbain Ier, pape (222-230), qu’il ne faut pas confondre avec un s. Urbain évêque à la même époque et vénéré le 25 mai.

IV.

S Philotère, dont on nie qu’il ait été martyr à Nicomédie.

Ste Cyriaque, vierge martyre à Nicomédie.

Ss Calogerus et Parthenius, eunuques au palais impérial, martyrs.

IX.

S Hadulfe, abbé et évêque à Arras.

X.

S Dunstan, évêque à Cantorbury, artiste, harpiste, auteur du Kyrie, Rex Splendens (VII) ;  il travailla à la réforme de la vie de l’Eglise en Angleterre.

XIII.

Ste Humiliana, mariée à seize ans, veuve à vingt-et-un, mystique à Florence.

S Célestin V, pape (1294) : premier cas dans l’Histoire, il préféra abdiquer en constatant son inaptitude à gouverner l’Eglise.

XIV.

S Yves (en breton Erwan ou Ewan) Helory, avocat civil et ecclésiastique, canonisé quarante-quatre ans après sa mort. Il est le patron des avocats et des juristes.

B Agostino Novello, sicilien d’origine espagnole, devenu augustin et, malgré lui, grand pénitencier de la cour pontificale.

Bx Juan de Cetina et Pedro de Dueñas, franciscains, martyrisés à Grenade, décapités par le roi lui-même.

XVII.

B Peter Wright, jésuite anglais, martyr à Tyburn.

XVIII.

S Biagio de' Signori (Teofilo de Corte), franciscain, gardien à Fusecchio.

S Pietro Fioretti (Crispino de Viterbe), capucin, quêteur pendant quarante ans ; il semait la joie et le réconfort partout où il passait ; canonisé en 1982.

B Jean-Baptiste-Xavier Loir (Jacques-Louis de Besançon), capucin à Lyon, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.

B Raphaël Rafiringa (Raphaël-Louis, 1856-1919), malgache, des Frères des Ecoles Chrétiennes, béatifié en 2009.

Ste Verena Bütler (Maria-Bernarda, 1848-1924), supérieure capucine à Altstätten, puis missionnaire en Equateur et en Colombie, où elle fonda les Franciscaines de Marie-Auxiliatrice, béatifiée en 1995, canonisée en 2008.

Bx Lucinio Fontanil Medina (Primitivo, *1884), prêtre capucin à Madrid, et Alberto Linares de la Pinta (Alberto Joaquín, *1913), des Frères des Ecoles Chrétiennes près de Saragosse, martyrs en 1937 et béatifiés en 2013. 

Bse Pina Suriano (1915-1950), vierge sicilienne très active dans l’Action Catholique, béatifiée en 2004 ; deux années avant sa mort, elle s’était offerte pour la sanctification des prêtres.

Pudens

1er ou 2e siècle

 

Une longue tradition entoure ce personnage de la première antiquité chrétienne, mais des preuves précises manquent.

Il s’agirait d’un sénateur romain, Quintus Cornelius Pudens, ou même plutôt le fils de ce dernier. Il aurait accueilli saint Pierre chez lui, en aurait reçu le baptême et, devenu veuf, aurait donné tous ses biens aux pauvres et transformé sa maison en lieu de prière pour la communauté romaine. 

Il aurait eu quatre enfants, deux garçons : Novatus, Timotheus, dont on ne sait rien de particulier ; et deux filles, Pudentiana et Praxedes, si célèbres que deux églises portent leur nom à Rome. Sainte Pudentiana est commémorée le même jour que son père, sainte Praxède le 21 juillet.

Un martyrologe ancien affirme qu’il garda immaculée jusqu’à sa mort la robe d’innocence dont il avait été revêtu au baptême par les saints apôtres.

C’est peut-être à lui que fait allusion saint Paul dans sa deuxième épître à Timothée : Tu as le salut d’Eubulus, de Pudens, de Linus, de Claudia et de tous les frères (2Tm 4:21), Claudia pouvant même être l’épouse de Pudens (mais on n’a aucune information sur cet Eubulus, et on ne sait si Linus est le futur successeur de saint Pierre).

La même tradition fait de ce Pudens un martyr sous Néron (54-68). Les Orientaux le commémorent le 14 avril.

Au 5e siècle, les actes d’un synode mentionnent le titre de Pudens, une église romaine connue aussi comme ecclesia Pudentiana.

Autrefois, saint Pudens était commémoré le 19 mai. 

On a proposé de distinguer deux personnages : le sénateur d’une part, le père de Pudentiana et Praxède d’autre part. Ce deuxième Pudens aurait été un disciple du pape Pie 1er, qui mourut en 161.

La difficulté de se retrouver au milieu de ces dates, a fait que le nom même de Pudens et aussi de Pudentiana ont été retirés du Martyrologe actuel.

 

 

Pudentiana

2e siècle

 

Fille de Pudens, dont l’Eglise faisait mémoire ce même 19 mai, Pudentienne était, avec sa sœur Praxède, une vierge très fidèle de la communauté romaine.

Jeune encore à la mort de son père, elle remit à l’Eglise tous ses biens et donna leur liberté à ses «esclaves».

La maison de son père devint une église avec un baptistère puis, lors de la persécution d’Antonin (dit «le Pieux»), un refuge pour les Chrétiens.

Pudentienne était connue pour ses vertus, mais surtout pour le zèle qu’elle mit à ensevelir les Martyrs. 

Elle mourut à seize ans, déjà remplie de mérites et de bonnes actions.

Elle était donc commémorée le même jour que son père Pudens, le 19 mai.

 

 

Urbain Ier

222-230

 

Voici un pape qui, malgré huit années de pontificat reste très mystérieux, car on en connaît peu de choses certaines.

Romain, fils de Pontianus, il succéda à saint Calixte Ier comme dix-septième pape, et fut sur le siège de Saint-Pierre sept ans, onze mois et douze jours.

Il ordonna un certain nombre d’évêques, de prêtres et de diacres, mais les chiffres sont discordants.

On lui attribue une encyclique, Ad omnes christianos.

Certains le donnent comme martyr, décapité le 24 juin 230 ; d’autres mentionnent sa mort (naturelle) au 19 mai, ce que fait l’actuel Martyrologe romain.

D’après la bienheureuse voyante stigmatisée, Anna Katharina Emmerick, c’est lui qui baptisa sainte Cécile, ainsi que son fiancé Valérien et le frère de ce dernier, Tiburce.

Il eut pour successeur saint Pontien.

 

 

Parthenius et Calogerus de Rome

† 302

 

Parthenius était eunuque et avait un haut emploi dans le palais impérial.

Calogerus, eunuque lui aussi, était le chef des camériers de la femme de l’empereur.

Les textes ne sont pas d’accord, mentionnant soit l’empereur Dèce († 251), soit Dioclétien († 305).

Ils furent tous deux martyrisés pour avoir refusé de sacrifier aux dieux païens. On les tortura de diverses façons et ils expirèrent sous les coups de bâtons embrasés qui leur brisèrent la tête.

Saints Parthenius et Calogerus de Rome sont commémorés le 19 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Humiliana Cerchi

1219-1246

 

Humiliana Cerchi naquit en 1219 à Florence (Italie), d’un père issu de l’ancienne noblesse et qui eut… six filles et douze garçons.

On sait de son enfance qu’Humiliana se comportait toujours avec une docile obéissance envers ses parents, acceptant patiemment toutes sortes de situations contrariantes.

Son père cherchait, par l’intermédiaire des alliances de ses enfants, à élargir son pouvoir et ses domaines. Il arrangea ainsi le mariage d’Humiliana dès qu’elle eut seize ans. Le jeune fille, qui portait bien son nom, se soumit totalement à cette décision.

Cette vie maritale dura cinq ans, et elle eut deux filles. 

L’homme qu’elle avait épousé se montra cependant bien en-dessous des qualités de son épouse, qu’il traita durement. Malgré cela, Humiliana demeura fidèle. Son mari tomba bientôt gravement malade : non seulement elle le soigna avec profonde tendresse jusqu’à la mort, mais encore elle remit aux proches de celui-ci toute sa fortune personnelle, leur demandant seulement de pourvoir à réparer les injustices commises par son mari.

Elle s’en retourna à la maison paternelle. mais comme son père tentait de lui arranger un nouvelle alliance, elle quitta la maison. Elle alla revêtir l’habit des Tertiaires franciscaines et vécut dans la solitude, ne sortant que pour aller à l’église ou auprès des pauvres.

Son père alors la déshérita. Loin de se plaindre, Humiliana se réjouit de pouvoir ainsi renoncer à tout ce qu’elle possédait. Elle regrettait bien de ne pouvoir aider les pauvres, mais elle trouva son réconfort en allant mendier pour eux.

Humiliana reçut des dons extraordinaires, des extases, le don des larmes, les prophéties, mais elle eut aussi les épreuves du Démon, qui la tourmentait : il lui faisait voir les cadavres de ses proches, la frappait, l’étranglait, se présentait sous les traits d’un horrible serpent qui venait frôler sa tête pendant plusieurs jours… Humiliana le fit disparaître avec le Signe de la Croix, et délivra aussi d’autres personnes possédées.

Humiliana s’imposait aussi des mortifications surprenantes : elle jeûnait plusieurs fois la semaine, se contentant souvent de pain ; elle se donnait la discipline avec des nerfs de bœufs, ou des courroies ou des ronces ; son vêtement était en poils de chèvre et de crin ; quand elle ne veillait pas, elle dormait sur un sac de paille.

Elle se confessait chaque semaine, avant de communier le dimanche.

Elle tomba malade le jour de Pâques, en 1246. Après encore quelques tourments diaboliques, elle s’éteignit le 19 mai 1246, jour où la commémore le Martyrologe.

Son culte a été approuvé en 1694.

 

Célestin V

1294-1296

 

Pietro Angeleri del Morrone naquit en 1209 dans les Abbruzzes, avant-dernier des douze enfants d’une humble famille.

Bénédictin vers sa vingtième année, il voulut vivre une vie plus érémitique et se retira dans une grotte. Bientôt rejoint par d’autres disciples, il devint finalement l’involontaire fondateur des Ermites de saint Damien, qui furent reconnus par Urbain IV et affiliés à l’ordre bénédictin. Ils eurent jusqu’à trente-six monastères. Pietro dut se déplacer plusieurs fois, et finalement laissa le gouvernement de ces monastères pour se retirer à nouveau dans la solitude.

Or, après la mort du pape Nicolas IV en 1292, le Saint-Siège resta vacant deux années, les cardinaux n’arrivant pas à trouver une majorité sur un nom. 

Un “saint homme” aurait alors fait savoir aux cardinaux que Dieu ferait sentir sa justice dans quatre mois si cet état se prolongeait. Certains affirment que ce message était signé de Pietro lui-même ; les cardinaux eurent alors l’idée unanime d’élire cet ermite (1294) et on l’envoya chercher pour le lui annoncer.

Surpris et effrayé, Pietro finit par accepter la volonté de Dieu. On l’emmena, mais pour abréger les temps, on s’arrêta à L’Aquila pour le sacrer évêque et le couronner pape (août 1294). Lui qui était âgé de quatre-vingt quatre ans, il voulut entrer dans la ville sur le dos d’un âne, comme le Christ lors de son entrée à Jérusalem. Il prit le nom de Célestin V : il allait à son tour prendre le chemin du calvaire.

Célestin voulait favoriser tous les religieux austères, il concédait indulgences et faveurs, cédant parfois à la faiblesse et même se laissant tromper. Il nomma douze cardinaux, dont sept français, sans doute sur influence du roi Charles II. Au lieu de gagner Rome, il se laissa persuader de s’installer à Naples.

Célestin V voyait qu’il ne gouvernait pas l’Eglise. Il voulut renoncer et consulta. Après maintes réflexions, il annonça sa renonciation et son désir de retourner à sa solitude. 

On fut édifié de son humilité : le 13 décembre 1294, devant les cardinaux réunis, il descendit de son trône, déposa son anneau et les ornements pontificaux, et alla s’asseoir sur un tabouret.

Une humilité qui fut récompensée : passant ensuite devant un boîteux qui lui demandait sa bénédiction, Célestin (redevenu Pietro) lui répondit : “Lève-toi, lève-toi”, et l’infirme se releva.

Sans tarder, on élut à Naples un nouveau pape, Boniface VIII (décembre 1294), qui annula les concessions excessives accordées par Célestin V, mais aussi empêcha ce dernier de regagner son ermitage, pour éviter des soulèvements possibles des foules ; il voulait le maintenir sous bonne garde. Une escorte devait le ramener à Rome.

Malgré son grand âge, Pietro trompa l’attention de l’escorte, enfourcha un cheval et regagna le Monte Murrone ; on alla le chercher, il refusa de partir ; les moines le dissimulèrent ; puis il voulut s’éloigner à nouveau, mais on le reconnut ; il voulut s’embarquer pour la Grèce, mais le vent ramena le bateau au port ; on finit par le repérer et le pape Boniface VIII donna l’ordre de le lui amener à Anagni avec tous les honneurs dus à un pape (juin 1295).

“Emprisonné” avec deux de ses moines, Pietro accepta facilement cette nouvelle solitude et ne se plaignit jamais de son sort, jusqu’à sa mort onze mois après, le 19 mai 1296 ; il avait quatre-vingt sept ans.

Beaucoup de miracles suivirent sa mort. Le pape d’Avignon (Clément V) le canonisa en 1313, sous le nom de Pietro Celestino, reconnaissant ainsi à la fois la sainteté de l’ermite et l’authenticité du bref pontificat de son prédécesseur.

Célestin V avait été le cent-quatre-vingt douzième pape.

 

Note. On a plusieurs fois invoqué l’exemple de l’abdication de Célestin V à propos du pontificat douloureux de Jean-Paul II : certains préconisaient que ce dernier pût démissionner en raison de sa santé fortement compromise. 

Le pape reçoit une mission divine qu’il ne peut résilier une fois qu’il l’a acceptée. Mais les deux cas sont cependant différents : d’un côté Célestin V, qui constatait son impuissance et son incapacité, décida sans aucune contrainte sa propre démission pour le bien de l’Eglise et pouvait couvrir sa décision de sa propre autorité suprême ; de l’autre, Jean-Paul II répondait avec justesse qu’il “ne gouvernait pas avec ses jambes”, car il conserva jusqu’au bout sa pleine lucidité et son entière autorité sur le gouvernement de l’Eglise : ses écrits, ses décisions, ses nominations, ses voyages, ses discours le montrent bien ; en outre il voulut donner à tous l’exemple de l’acceptation du sacrifice de sa personne jusqu’au bout de ses forces physiques.

Maintenant, nous avons un autre cas de démission pontificale : Benoît XVI a humblement renoncé à exercer une charge qui lui était devenue trop lourde. En viendra-t-on à imposer aux papes, comme aux évêques, une «limite d’âge» ? Et si l’on clouait la bouche à un vénérable vieillard en lui disant : Tu n’es plus grand-père !…

N’avons-nous pas oublié le mot de saint Paul : Avec l’épreuve, Dieu nous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter (1Co 10:13) ?

 

 

Yves Helory de Kermartin

1253-1303

 

Ewan Helory vit le jour le 17 octobre 1253 au manoir de Kermartin, dans la paroisse de Minihy-Tréguier, d’un humble gentilhomme et d’une mère fort pieuse. Il eut une sœur.

Le prénom, Ewan, qu’il reçut au baptême a suscité beaucoup de commentaires et d’hypothèses. C’est un prénom à mille variantes, qu’on retrouvera sur internet ; pourquoi ce prénom ne pourrait-il pas dériver d’une forme altérée de Ioannes, comme Ivan en russe ? Le fait est que c’est à partir d’Ewan qu’on a fabriqué le nom latin Yvo, à son tour retraduit Yves en français.

Jusqu’à quatorze ans, Yves étudia avec un compatriote, Jean de Kerhoz puis, quand l’élève eut acquis la science du professeur, ils allèrent tous deux à Paris, où Yves étudiera en plus la théologie. Yves et Jean se dirigèrent ensuite à Orléans pour le droit.

Travailleur, Yves se démarqua vite de ses confrères bruyants. Il travaillait, il priait, impressionnant ses camarades par sa douceur et son innocence.

Ce fut au point qu’en 1280, il fut nommé official (c’est-à-dire juge ecclésiastique) à Rennes, alors qu’il n’avait que vingt-sept ans et n’était pas prêtre.

Avec ses modestes rentes, il hébergeait deux orphelins, se contentant de coucher sur un maigre grabat. Quand l’évêque de Tréguier l’apprit, il appela Yves pour être son official, lui faisant attribuer un bénéfice ecclésiastique, de sorte qu’Yves dut, par obéissance, accepter d’être ordonné prêtre.

L’activité juridique d’Yves est légendaire, et lui a valu d’être le céleste protecteur des avocats et des membres du barreau. Le trait dominant du saint Avocat, était avant tout de réconcilier les parties opposées, se faisant d’abord le protecteur du bon droit, même contre les puissants.

A partir de 1290, insatisfait de ses habituelles mortifications, Yves abandonna aussi ses habits soignés pour se contenter de la plus simple bure et de chaussures grossières. 

Son manoir de Kermartin devint une auberge où il accueillait chaque nuit les pauvres et les pèlerins de passage, tandis qu’il dormait à l’étage sur un peu de paille, la tête sur deux livres.

Yves fut curé de Tredrez, puis, plus proche, de Louannec, une paroisse qu’il dut faire émerger d’un niveau de grand abandon spirituel. Yves poussa l’audace jusqu’à célébrer la Messe en breton, et non en latin. Il prêcha beaucoup en divers endroits du diocèse.

Vers 1297, il renonça à sa charge d’official et, en 1298, se retira dans son manoir de Kermartin. En 1302, il voulut encore faire un pèlerinage à Saint-Renan (Quimper), dont il revint épuisé. Le 15 mai 1303, il célébra la messe pour la dernière fois. Il s’éteignit au matin du dimanche 19 mai 1303.

Bien sûr, la piété populaire le canonisa sans attendre et l’on se partagea ses reliques. Le procès de canonisation officiel s’ouvrit en 1330, la canonisation eut lieu en 1347. Voici comment commence la bulle papale de canonisation : 

Le doux créateur des astres, qui, dans sa grande clémence, illumine la succession des siècles, a daigné jeter une clarté nouvelle sur ce temps où le monde vieillissant accélère son déclin vers le dernier des soirs ; le Père des lumières, Orient de l'éternelle lumière, admirable splendeur, a fait surgir de l'extrémité de l'Occident, je veux dire de la Bretagne, une étoile matinale qui ne s'éteindra pas. L'unique soleil a fait surgir un soleil reflétant dès maintenant sa propre lumière.

 

 

Matteo da Termini (Agostino Novello)

1240–1309

 

Matteo da Termini n’est connu ni par son prénom ni par son nom de famille ; de plus, l’année, 1240,  et le lieu de sa naissance restent approximatifs.

Matteo en effet naquit soit dans la province de Rieti (Italie C), à Tarano ou Terranova, soit dans celle de Palermo (Sicile), à Termini Imerese ou Trapani ou Taomina ou même Palermo… De toutes ces localités, celle de Termini Imerese pourrait correspondre au nom sous lequel Matteo fut inscrit au registre du baptême.

On a plus de certitudes sur les événements postérieurs de sa vie.

Il fit des études de droit à Bologne, où il eut comme compagnon d’études Manfredi, qui serait bientôt roi de Sicile. Docteur en droit civil et ecclésiastique, il enseigna sur place, avant d’être appelé par le même Manfredi à la cour de Sicile.

En 1266, dans la bataille où Manfredi perdit la vie, Matteo fut très gravement blessé, au point qu’on le laissa comme mort sur le champ de bataille. D’aucuns précisent qu’en réalité il avait quitté le champ de bataille à temps et que, bientôt atteint d’une dangereuse maladie, il résolut de changer complètement de vie.

Il songea à l’Ordre dominicain, mais choisit l’Ordre augustinien et entra au couvent de Palerme en 1268, et c’est là qu’il prit le nom du Fondateur historique de l’Ordre, Augustinus d’Hippone (v. 28 août), à ce détail près qu’on le nomma «nouvel Augustin», Agostino Novello. 

De Palerme, on l’envoya à Sienne, où il dissimula si bien sa science, qu’on le crut analphabète et qu’on lui réserva les tâches des serviteurs. Puis on l’envoya à Rosia, où un événement peu commun le fit sortir de l’incognito.

En 1288 en effet, le couvent fut emporté dans un dangereux procès, et Agostino se proposa au Prieur pour préparer la défense. Le juge comprit que ce travail venait de quelqu’un d’instruit et reconnut à Rosia son ancien camarade de Bologne. Finie la vie cachée d’Agostino !

Le Prieur général l’appela à Rome, le fit ordonner prêtre, lui fit rédiger les constitutions de l’Ordre, le présenta au pape qui en fit le Grand Pénitencier du Vatican.

En 1298, il dut s’incliner devant le choix du Chapitre (et l’ordre du pape) pour devenir Prieur général de l’Ordre ; il réussit quand même à démissionner en 1300, pour se retirer dans un autre couvent proche de Sienne, et se donner uniquement à la prière et aux œuvres de charité.

Quelques années plus tard, il fut averti de sa mort prochaine et s’y prépara sereinement.

Agostino mourut le 19 mai 1309, lundi de Pentecôte cette année-là. Les miracles accomplis par son intercession engendrèrent un culte populaire qui fut reconnu en 1759.

 

 

Juan Lorenzo de Cetina

1340-1397

 

Juan Lorenzo naquit en 1340 à Cetina (Calatayud, Saragosse, Espagne), de Juan Lorenzo, qui lui donna son nom, et grandit comme page à la cour du seigneur local.

Insatisfait de cette vie de luxe, il se retira dans un ermitage proche de Cartagena et y mena une vie de prière, de jeûne et de pénitence.

Il demanda à être admis au couvent franciscain de Monzón, où il fut ordonné prêtre.

Envoyé à Barcelone pour y compléter sa formation, il cherchait à y convertir les Juifs et les Musulmans. Il obtint des conversions, mais des ennemis de l’Evangile commencèrent à le persécuter.

Envoyé au couvent de Chelva (Valencia), qui avait été fondé récemment (1388), il préféra là aussi une vie plus austère, dans une grotte de l’endroit, tout en revenant dans le couvent pour participer aux activités de la communauté.

C’est alors qu’il apprit comment quatre Confrères franciscains avaient été martyrisés à Jérusalem en novembre 1391 (v. 14 novembre) et le désir de partager leur sort lui fit aller en demander la permission au pape à Rome. Ce dernier lui suggéra d’aller prêcher aux Musulmans n’importe où, mais pas à Jérusalem. Juan pensait à Grenade, mais son Supérieur l’envoya à Cordoue, où sa prière et sa sainteté obtinrent divers miracles. Dans toute l’Espagne, on parla de frère Juan.

Juan se prépara à sa mission dans la prière et la sainteté de vie, et le chapitre de 1396 lui accorda finalement la pemission d’aller précisément à Grenade. Il partit avec son jeune confrère, Pedro de Dueñas.

A Grenade, où ils arrivèrent le 28 janvier 1397 et commencèrent de parler du Christ, ils furent arrêtés par le cadi, qui chercha à les dissuader de parler publiquement, leur permettant de pratiquer leur foi privément, comme les autres Chrétiens. Mais les deux Franciscains continuèrent de prêcher la Vérité et furent finalement mis en prison. On les envoya travailler aux champs. 

De retour dans la ville, le roi les convoqua, les fit torturer et, ne pouvant les faire renier le Christ, fit décapiter Juan, espérant que Pedro, lui, apostasierait. Devant la constance de ce dernier, le roi le fit aussi exécuter. Une version autorisée du récit affirme que le roi lui-même les décapita.

Les restes des deux Martyrs furent récupérés par des Chrétiens et remis à des marchands catalans. Ils se trouvent principalement dans la cathédrale de Vich, tandis que d’autres reliques sont à Séville et à Cordoue.

Leur martyre eut lieu le 19 mai 1397 et leur culte fut approuvé en 1731.

 

 

Pedro de Dueñas

1379-1397

 

Pedro de Dueñas naquit vers 1379 à Bujalance (Cordoue, Espagne), d’Alonso et Isabel Sebastián. Alonso étant de Dueñas, Pedro fut aussi désigné de cette façon.

Le garçon travaillait aux champs et entendit l’appel à l’idéal franciscain ; il alla frapper au couvent San Francisco del Monte, proche de Cordoue, où se trouvait Juan de Cetina.

Après sa vêture, il fit la profession comme frère convers, et fut remarqué pour son  humilité. Il avait à peu près dix-huit ans. 

C’est Juan qui lui proposa de l’accompagner à Grenade ; le Gardien trouvait Pedro bien jeune et trop peu expérimenté pour une telle mission, mais accepta de le confier à la sainte compagnie de Juan.

Pour toute la suite de leur aventure, voir la notice Juan Lorenzo de Cetina

Leur martyre eut lieu le 19 mai 1397 et leur culte fut approuvé en 1731. 

Peter Wright

1603-1651

 

Peter naquit en 1603 à Slipton (Northamptonshire, Angleterre).

Après dix années d’activité comme avocat, il s’engagea dans l’armée anglaise aux Pays-Bas, mais la quitta après un mois, se réfugiant chez les Jésuites à Gand, pendant deux ans.

En 1629, il entra au noviciat de Watten et, après diverses charges à Liège et Saint-Omer, fut aumônier d’un régiment anglais basé en Espagne.

En 1644, il retourna en Angleterre pour accompagner le chef de ce régiment qui résidait chez le Marquis de Winchester, dont il devint ensuite l’aumônier en 1645, mais dans sa maison de Londres.

C’est là qu’il fut arrêté, le 2 février 1651.

Conduit à Newgate, il fut condamné par le tribunal de Old Bailey.

Peter Wright mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 19 mai 1651, lundi de Pentecôte, qu’on appelle White Monday. Il y avait plus de deux-mille badauds sur la place. Peter eut la «permission» de mourir «tout de suite», c’est-à-dire qu’il mourut réellement de la pendaison, alors que d’ordinaire on remettait sur pied avant leur complète expiration les condamnés pendus, pour les éviscérer alors qu’ils étaient encore bien conscients. Peter échappa à cette «boucherie».

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Biagio de’ Signori

1676-1740

 

Biagio (Blaise) naquit le 30 octobre 1676 à Corte (Corse, alors gênoise).

A dix-sept ans il entra chez les Capucins, et passa chez les Frères Mineurs de l’Observance, prenant en 1693 le nom de Teofilo.

On l’envoya étudier la philosophie à Rome, la théologie près de Salerno, où il fit la profession solennelle et fut ordonné prêtre.

Il embrassa ensuite la vie érémitique dans le Latium, où il rencontra saint Tommaso de Cori (voir au 11 janvier).

Il resta proche de ce dernier à Bellegra, puis retourna en Corse en 1730, pour fonder un couvent franciscain à Zúani ; en 1734, il fut rappelé à Rome et à Bellagra en 1735, avant de fonder un nouveau couvent à Fucecchio (Toscane).

Biagio-Teofilo de Corte mourut le 19 mai 1740 à Fucecchio. Il fut béatifié en 1896 et canonisé en 1930.

 

 

Pietro Fioretti (Crispino de Viterbe)

1668-1750

 

Pietro Fioretti (en religion Crispino) est né le 13 novembre 1668, à Viterbe (Latium, Italie), de parents ouvriers. Sa mère, dès son plus jeune âge, lui inspira une grande dévotion à la Vierge Marie. Chaque fois qu'elle emmenait son fils à l'église, ils s'arrêtaient devant l'autel de la Vierge, et elle lui disait Voilà ta vraie Mère !

Tout enfant, il fut placé chez un oncle, cordonnier. Avec les quelques sous qu'il gagnait, Pietro allait acheter des fleurs pour apporter à la Sainte Vierge.

Sa mère lui avait enseigné de mettre toute sa confiance dans la Vierge Marie et d'avoir recours à elle en toutes circonstances. Un jour qu'il était monté sur un arbre avec trois camarades, une branche se cassa, et ils tombèrent sur des pierres. Le petit Pietro s'écria aussitôt : Sainte Vierge Marie, venez à mon aide ! Ses trois camarades furent gravement blessés et seul Pietro se releva sans une égratignure.

A l'âge de 25 ans, voyant autour de lui des frères Capucins, il eut envie de les rejoindre, malgré sa faible santé. Il intégra donc le couvent où il exerça toutes les tâches ancillaires qu'on lui demandait : bêcher le jardin, quêter, faire la cuisine, soigner les malades, etc., tâches dont il s'acquittait dans la joie et la bonne humeur constantes. Le frère infirmier disait de lui : Frère Crispino n'est pas un novice, mais un ange.

Il fut cuisinier dans le couvent de Tolfa. Une cuisine pauvre dans une cuisine propre était sa devise.

Pendant quarante ans, il fut moine quêteur pour son couvent d'Orvieto ; tout en demandant le pain à ceux qu'il sollicitait, il leur parlait de Dieu et de la Vierge Marie pour laquelle il avait toujours une aussi profonde dévotion. D'ailleurs, quand on lui soumettait des cas douloureux ou difficiles, il répondait : Laissez-moi parler un peu avec Madame ma Mère (Mia Signora Madre), puis revenez me voir.

Dans tous les couvents où on l'envoyait, Crispino dressait à son usage un petit autel à Marie. Un jour qu'il y avait placé deux belles fleurs, elles furent volées par deux malandrins. Le lendemain, un religieux lui donna deux cierges ; Crispino les alluma et sortit pour aller cueillir des légumes dans le jardin ; le religieux qui les lui avait donnés les enleva, et se cacha pour voir comment Crispino allait réagir. A son retour, Crispino, ne voyant plus les cierges, se plaignit à Marie: Comment ! Hier les fleurs et aujourd'hui les cierges ! Ô ma Mère, vous êtes trop bonne ; bientôt on vous prendra votre Fils dans les bras et vous n'oserez rien dire !

Quand on le plaignait de son excès de travail, il disait en riant le mot de saint Filippo Neri: Le Paradis n'est point fait pour les lâches !

Un jour, une maladie contagieuse se répandit dans son couvent. Son supérieur lui demanda : Voulez-vous risquer votre vie et aller soigner vos frères ? Crispino lui répondit : Voulez-vous ? J'ai laissé ma volonté à Viterbe, en entrant chez les Capucins. Il alla soigner tous ses frères et ne fut pas atteint lui-même par l'épidémie.

Il aimait beaucoup aller quêter pour sa communauté et s'appelait lui-même l'âne des Capucins. Si, pour l'éprouver, on l'insultait, il s'écriait : «Dieu soit loué ! On me traite ici comme je le mérite».

Il mourut à Rome le 19 mai 1750 en laissant à tous ses contemporains le souvenir d'un saint homme joyeux, partageant sa bonne humeur et témoignant de sa foi sans limite devant ses frères tout en accomplissant les plus humbles besognes.

Crispino de Viterbe a été béatifié en 1806 et canonisé en 1982. Son corps parfaitement conservé repose à Rome.

 

 

Jean-Baptiste-Xavier Loir

1720-1794

 

Né le 11 mars 1720 à Besançon, Jean-Baptiste entra chez les Capucins au Petit-Forez (Lyon), prenant le nom de Jacques-Louis.

Lors de la Révolution, il fut déporté aux Pontons de Rochefort, avec de nombreux autres prêtres.

Il mourut à bord du Les Deux Associés, victime des mauvais traitements et des pénibles conditions de vie à bord de ce bateau négrier, en principe à destination de la Guyane, mais qui ne partira jamais.

On retrouva le Religieux, âgé de soixante-quatorze ans, figé, à genoux, le 19 mai 1794.

Il fut béatifié en 1995.

 

Raphaël Rafiringa 

1856-1919

 

Né le 13 novembre 1856 (ou peut-être le 3 novembre, ou aussi le 1er mai ?) à Mahamasina (Antananarivo, Madagascar), de Rainiantoandro et de Rahaga, Rafiringa grandit dans les coutumes de la famille, de son milieu et de la cour royale. Il avait une sœur, Ernestine.

Son père était forgeron à la cour royale, un métier qui consistait entre autres à mettre des anneaux de fer au cou, aux mains et aux pieds des prisonniers.

Rafiringa fut très impressionné par les premiers Frères des Ecoles Chrétiennes qui arrivèrent sur l’île. Il recevra le baptême à treize ans, sous le nom de Raphaël, et continuera sa formation chez les Frères.

En 1874, Rafiringa fut choisi pour être à son tour un jeune enseignant : il est Maître d’Ecoles Chrétiennes. Sa vocation mûrit, et il devint réellement postulant des Frères des Ecoles Chrétiennes, en 1876. Il ne pouvait rejoindre le noviciat sur l’Ile Bourbon (Réunion), et resta sur place, sous la conduite des Frères.

C’est à ce moment qu’il prit le nom religieux de Raphaël-Louis. Il fit les premiers vœux en 1879.

Cette année-là, le gouvernement malgache renvoya tous les étrangers français résidant à Madagascar. Les Religieux durent faire leurs malles, et confièrent à deux Malgaches le soin d’apostoliser Madagascar : l’une est Victoire Rasoamanarivo (voir au 21 août), l’autre est notre Rafiringa.

Victoire dit en sanglotant au père Jésuite qui la quittait : Mon Père, je ferai ce que je pourrai. Rafiringa, lui, n’avait que vingt-sept ans, mais bien décidé à continuer sa vie religieuse. En saluant les Frères qui partaient, il leur dit : J’ai renouvelé mes vœux de trois ans il y a quelques jours, avec bonheur ; je regrette qu’ils ne soient pas perpétuels.

Rafiringa entretint une correspondance suivie avec le Supérieur, le mettant au courant de ses activités : il fut élu Préfet de l’Eglise catholique de l’Imerina par les chrétiens eux-mêmes ; il s’occupait des postulantes des Sœurs de Saint-Joseph-de-Cluny, leur donnant des conférences ; il suivait les écoles de Antananarivo, formant les maîtres ; il entretenait la piété des Eglises par des retraites, des prières, des exhortations ; il visitait les lépreux d’Ambahivoraka (actuelle Sabotsy Namehgana, à quinze kilomètres d’Antananarivo).

Ce n’était pas tout : il traduisait en malgache les livres français ; il écrivit aussi de nombreux ouvrages littéraires (poésie, théâtre, vies de saints). Il fut membre de l’Académie Malagasy en 1902.

Quand les missionnaires purent revenir sur l’île, Rafiringa reprit simplement son poste d’éducateur. 

En 1889, il fit la profession solennelle (les vœux perpétuels).

En 1894, lors d’un deuxième conflit entre Madagascar et la France, il fut à nouveau nommé responsable de la Mission Catholique.

Les missionnaires revinrent en 1896. Rafiringa continua d’aider l’Eglise et il enseigna la langue malgache aux résidents français.

En 1903, le général français Gallieni le décora de la Médaille du Mérite Civil pour l’efficacité de son engagement pour la pacification des relations entre France et Madagascar.

En 1915, il fut injustement accusé de conspiration et emprisonné avec deux autres Religieux. Il continua en prison sa vie de prière et de mortification, demandant à Dieu des vocations pour Madagascar. L’épreuve dura une année, au terme de laquelle il fut innocenté.

Frère Rafiringa-Raphaël-Louis mourut le 19 mai 1919 à Fianarantsoa.

Il a été béatifié en 2009.

 

 

Verena Bütler

1848-1924

 

Née le 28 mai 1848 à Auw (Aargau, Suisse), Verena était la quatrième des huit enfants de Heinrich et Katharina Bütler, d’humbles paysans très croyants, qui lui enseignèrent l’amour de Dieu et du prochain.

Verena fut baptisée le jour-même de sa naissance. Elle reçut la Première communion à douze ans, avec une telle ferveur qu’elle en resta marquée toute sa vie.

Après l’école primaire, elle participa aux travaux de la ferme et fut demandée en mariage par un bon jeune homme, qu’elle aima aussi. Mais l’appel de Dieu en elle-même fut plus fort et elle rompit tout lien sentimental humain pour répondre entièrement à cet appel divin.

Il semble qu’elle ait eu quelque «locution» intérieure, car elle écrivit : Expliquer mon état d’âme à quelqu’un qui n’a jamais reçu d’expérience semblable, est quelque chose d’extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible. Et encore : Le Saint Esprit m’a enseigné à adorer, à prier, à louer, à remercier Jésus dans le tabernacle, à tout moment, même durant le travail et la vie courante.

Elle entra d’abord comme postulante dans un couvent de sa région, mais comprit que ce n’était pas là qu’elle était appelée.

Revenue dans son pays, où elle participa activement à la vie paroissiale, elle fut orientée par le curé vers les Franciscaines de Maria Hilf à Altstätten, chez qui elle entra en 1867.

En 1868, recevant l’habit, elle prit le nom de Maria Bernarda du Cœur de Marie, puis fit la première profession en 1869.

Bientôt élue maîtresse des novices, elle fut élue par trois fois supérieure de la communauté.

Après ces neuf années déjà bien remplies par son attitude fraternelle, elle reçut une invitation de l’évêque d’Equateur, à lui envoyer des Religieuses pour l’aider à annoncer l’Evangile.

Voyant là la volonté de Dieu, elle obtint de l’évêque de Saint-Gall et du pape les permissions nécessaires pour laisser la communauté et partir, avec six Compagnes, pour l’Equateur, en 1888.

Maria Bernarda pensait rester en lien étroit avec sa congrégation de Suisse. Mais Dieu l’amena plutôt à fonder une nouvelle famille religieuse : les Franciscaines Missionnaires de Marie Auxiliatrice.

L’évêque les reçut paternellement et leur confia la région de Chone, où l’absence de prêtres se faisait cruellement sentir. Les Religieuses se mirent hardiment au travail, rencontrant les familles, enseignant l’Evangile, reconduisant la population sur le chemin de l’église. Apprenant en même temps la langue et les coutumes des habitants, elles purent bientôt récolter des fruits abondants de leur semence.

La communauté elle-même grandit et l’on fonda bientôt deux autres maisons.

Les difficultés furent toutefois nombreuses et pesantes : même le clergé n’acceptait pas volontiers la «réussite» de ces Religieuses étrangères ; et quelques-unes se détachèrent pour fonder une autre famille. A cela s’ajoutaient les tracas quotidiens : l’extrême pauvreté, le climat inhabituel, les risques pour leur santé ou même leur vie. Tout cela, Mère Maria Bernarda le supporta avec son inébranlable bonté, son sens du pardon, et sa prière pour tous ceux qui lui occasionnaient des tristesses.

En ce qui concerne la nouvelle ramification dont il a été question ci-dessus, Maria Bernarda eut la clarvoyance de ne pas la considérer comme une désertion, mais comme une autre lumière de l’Esprit Saint : sa fondatrice, Maria Charitas Brader est d’ailleurs béatifiée elle aussi (voir au 27 février).

Quand la communauté de Maria Bernarda s’était établie, l’ancien président chrétien de l’Equateur, Gabriele García Moreno, avait été assassiné depuis longtemps déjà (1875), et la révolution couvait. Une violente persécution reprit en 1895, obligeant les Religieuses à quitter le pays et à trouver refuge dans la voisine Colombie. L’évêque de Cartagena les reçut paternellement à son tour et leur confia un ancien hôpital, où elles purent s’établir. C’est là que Mère Maria Bernarda resta jusqu’à la fin de sa vie.

De nouveau la congrégation s’agrandit… et fonda des maisons en Autriche et au Brésil.

Mère Maria Bernarda donnait la préférence aux pauvres, aux marginalisés. Elle insuffla son idéal aux Sœurs pendant plus de trente ans. Même après avoir remis sa charge, elle continuait humblement à donner l’exemple du service humble et joyeux, par sa vie et ses lettres.

Frappée par des douleurs intestinales, entourée de l’amour et de la vénération de toutes les Sœurs, Mère Maria Bernarda s’éteignit le 19 mai 1924, à soixante-quatorze ans : elle en comptait cinquante-six de vie consacrée, et trente-huit en pays de mission.

En annonçant sa mort, le curé de la cathédrale dit aux fidèles : Aujourd’hui est morte une Sainte dans cette ville : la révérende Mère Bernarda ! 

Elle a été béatifiée en 1995, et canonisée en 2008.

Le miracle retenu pour la béatification a été la guérison spontanée d’un cancer au cerveau d’un bébé colombien en 1967. Celui retenu pour la canonisation a été la guérison d’une femme médecin colombienne atteinte d’une broncho-pneumopathie chronique obstructive.

 

 

Lucinio Fontanil Medina

1884-1937

 

Lucinio était né le 12 février 1884 à Villamizar (León, Espagne).

Il entra chez les pères Capucins, reçut l’habit en 1914, avec le nom de Primitivo et fit la profession en 1915 comme Frère convers.

Il fut au service de la maison d’El Pardo (Madrid).

Lors des hostilités de 1936, les Religieux se croyaient suffisamment en sécurité, sur la parole du colonel. Mais le 20 juillet, ils entendirent le canon qui détruisait El Cuartel de la Montaña, puis virent les flammes qui envahissaient Madrid.

Le 21 juillet, des centaines de miliciens attaquèrent le couvent et tirèrent par toutes les fenêtres, au moment du déjeuner ; il y avait jusqu’à deux cents personnes présentes dans le couvent.

Ce fut ensuite un long calvaire pour les Religieux.

Les miliciens voulaient les pendre aux arbres voisins ; ils en furent empêchés.

Après une première arrestation, il fut libéré et trouva refuge chez un neveu et vécu dans une relative paix pendant quelques mois.

Finalement reconnu comme un des Religieux d’El Pardo, il fut arrêté le 19 mai 1937 à Madrid et abattu le même jour ou le lendemain, 20 mai, une des dernières victimes de cette cruelle période.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Alberto Linares de la Pinta

1913-1937

 

Alberto naquit le 7 août 1913 à Cheste (Valencia, Espagne) et fut baptisé un mois plus tard, le 7 septembre.

En 1925, il rejoignit son frère chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils, où il commença le «petit noviciat» (le collège).

En 1930, il commença le noviciat proprement dit et émit les vœux en 1931, avec le nom de Alberto Joaquín.

Il exerça son activité apostolique à Voltregá, à Berga, en 1934 à Bonanova.

Le 19 juillet 1936, il fallut rapidement évacuer le collège et chercher où se réfugier.

Alberto passa à la maison d’un ancien élève, puis rejoignit un de ses frères à Chiprana (Saragosse).

Un des plus féroces parmi les chefs révolutionnaires le découvrit et l’arrêta ; mais grâce à l’intervention de plusieurs personnalités, le chef le remit en liberté et lui confia même l’école de Chiprana. Comme l’établissement était assez éloigné de la maison de son frère, Alberto s’installa dans une famille proche de l’école.

Le 3 mai 1937, le chauffeur du Comité l’invita à monter dans son camion pour le faire passer dans la zone «nationale». Depuis, on ne sut plus rien de lui.

Mais au lendemain de la guerre, le curé de Castillonroy put donner des informations : Alberto avait été assassiné le 19 mai 1937.

Il a été béatifié en 2013.  

  

 

Pina Suriano

1915-1950

 

Née le 18 février 1915 à Partinico (Palerme, Sicile), unique enfant de Giuseppe et Graziella Costantino, modestes agriculteurs, Pina reçut le baptême le 6 mars suivant. Son prénom était, comme celui de son père, Giuseppina (Joséphine), mais on l’appela couramment Pina.

A sept ans, elle reçut la Première communion, après avoir reçu celui de Réconciliation (qu’on appelait à l’époque Pénitence), puis la Confirmation. Depuis peu, le pape Pie X avait encouragé les curés et les catéchistes à préparer les petits enfants à recevoir l’Eucharistie «dès l’âge de raison», donc vers la septième année.

Cette même année 1922, Pina entra dans les rangs de l’Action Catholique, dont elle franchit tous les «degrés» : benjamine, aspirante, jeune active ; plus tard déléguée (1938), secrétaire (1939-1948), cumulant en même temps la charge de présidente de 1945 à 1948, à la demande des jeunes filles elles-mêmes. 

Elle participait à toutes les activités de l’Action Catholique au niveau paroissial ou diocésain, en parfaite entente avec le curé, son directeur spirituel.

En 1937 fut érigée une nouvelle paroisse, dont elle fit partie, et où elle continua son intense participation. Là aussi le nouveau curé fut son directeur, et futur biographe, un témoin authentique de cette belle âme.

En 1948 elle fonda et présida l’Association des Filles de Marie, rassemblant celles de ses compagnes qui voulaient vivre plus intensément encore leur foi, par la prière, les petits sacrifices de la journée, la sainte Messe, la communion et la méditation quotidiennes, l’étude de la Sainte Ecriture et la fidélité à l’enseignement de l’Eglise.

On pourrait peut-être se demander pourquoi une telle âme, si religieuse, n’était pas entrée dans telle ou telle congrégation. Ce serait oublier que des laïcs ont aussi la vocation à la sainteté, tout en vivant dans le monde, donnant un témoignage authentique de foi, de charité et d’espérance, au milieu de la société qui a besoin de ce levain spirituel.

Mais surtout, la famille de Pina ne manquait pas de «projets» pour elle. La maman l’aurait bien donnée en mariage, en lui objectant ouvertement qu’elle préférait une fille morte à une religieuse. Ce fut l’épreuve de vie de Pina, qu’elle appela même son martyre. Mais le cœur de Pina appartenait au Christ. En 1932, à dix-sept ans, elle avait fait le vœu de chasteté perpétuelle, et le renouvelait chaque mois, en accord avec son directeur spirituel et, de ce fait, repoussa toujours les propositions de mariage qu’on lui adressa.

En 1940, à vingt-cinq ans, elle eut la liberté d’entrer chez les Filles de Saint-Anne, à Palerme. Mais on lui trouva alors une malformation cardiaque qui lui interdisait la vie conventuelle. Elle reprit ses activités.

Renonçant à son désir, elle s’offrit à Jésus-Christ en victime pour la sanctification des prêtres. C’était le 30 mars 1948.

Son sacrifice devait plaire à Dieu, qui l’exauça bientôt. Une arthrite rhumatismale se manifesta, dont elle mourut «prématurément», mais à l’heure de Dieu, remplie de mérites.

Le 19 mai 1950, au moment de se rendre à la Messe, une violente attaque cardiaque interrompit cette vie terrestre toute donnée à Dieu. Pina avait trente-cinq ans.

Pina Suriano a été béatifiée en 2004.

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17 mai 2020 7 17 /05 /mai /2020 23:00

18 MAI

 

III.

S Venantius, martyr de quinze ans, mal connu, honoré à Camerino ; il aurait été suspendu par les pieds pendant plusieurs jours au-dessus d’un grand brasier, puis décapité.IV.

Ss Theodotus et sept vierges, martyrs à Ancyre ; il avait recueilli les reliques des vierges Thecusa, Alexandra, Claudia, Phaina, Euphrasia, Matrona et Iulitta, et fut décapité.

S Dioscorus, lecteur, martyr à Cynopolis.

S Felix, martyr à Split.

S Potamon, prêtre martyrisé en Alexandrie avec deux autres : Ortasius et Serapion

S Potamon, évêque à Héraclée, martyr, victime des ariens ; dans une première persécution, on lui avait crevé un œil et coupé une paupière.

VI.

S Jean Ier, pape (523-526) ; suite aux travaux de Denys le Petit il fixa la date de Pâques, prépara le travail de s. Grégoire le Grand pour le chant liturgique, affirma la primauté romaine en couronnant l'empereur Justin à Byzance, ce qui lui valut l’emprisonnement à son retour en Italie, par le roi arien, et il mourut d’épuisement dans sa geôle. 

XII.

B Burchard, curé à Beinwil.

S Eric IX, surnommé le Législateur, roi de Suède ; il contribua à l’évangélisation des Suédois et des Norvégiens, et fut martyrisé au sortir d’une messe ; patron de la Suède jusqu’au XVIe siècle.

XIV.

B Guillaume de Naurose, ermite de Saint-Augustin près de Toulouse.

XVI.

S Felice Porri de Cantalice, italien, devenu frère convers capucin après avoir échappé miraculeusement à un accident, quêteur, ami de s. Filippo Neri ; son exclamation favorite était Deo gratias ! il eut une vision de la Vierge Marie en mourant.

XIX.

S Son Cha-sŏn Thomas, laïque coréen, martyr, canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre.

XX.

Bse Maria-Magdalena Merten (Blandina, 1883-1918), ursuline allemande, béatifiée en 1987. 

Bx Stanisław Kubski (*1876), prêtre diocésain, et Jan Marcin Oprządek (*1884), franciscain, martyrs polonais gazés à Hartheim, après avoir séjourné à Dachau, en 1942 et béatifiés en 1999.

Venantius (Venant)

3e siècle

 

Les critiques historiens n’attribuent pas une grande valeur aux Actes du martyre de ce Saint. Il est vrai que, parfois, cette littérature contient des éléments d’un caractère tellement extraordinaire, mais aussi tant de fois répétés en d’autres récits, qu’on peut se poser la question de savoir qui, et quand, écrivit ces lignes.

L’histoire de saint Venant appartient à ce genre-là. Mais on trouvera tout de même ici un résumé de son martyre, dont les éléments reposent certainement au moins sur quelques détails authentiques.

La ville de Camerino se trouve en Italie, dans la province des Marches, mais non loin de la célèbre Assise. Là sévissait au 3e siècle un préfet païen nommé Antiochus. La persécution de l’empereur Dèce (250) faisait ses ravages dans les rangs des chrétiens, mais notre Venantius, avec ses quinze ans, n’avait pas d’autre ambition que de rester fidèle à son idéal chrétien.

On le recherche et on l’arrête, on le menace, rien ne le fait fléchir ; on le fait flageller, on l’attache par les pieds et on allume un grand feu qui dégage une épaisse fumée pour l’asphyxier : il en sort indemne, provoquant la conversion des badauds et même des persécuteurs.

On le jette en prison, où les tourments continuent : charbons brûlants sur la tête, dents et mâchoires brisées, abandonné dans une fosse à purin puis exposé à cinq lions affamés. A chaque fois, l’Ange de Dieu le libère et le sauve.

Remis en prison, il guérit une foule de malades qu’on lui amène, et qu’il convertit au Christ.

Exaspéré, le préfet de la ville le fait jeter au bas des murs, mais il se relève indemne., chantant les louanges du Tout-Puissant.

On le ligote et on le traîne par toute la campagne, mais c’est encore Venantius qui fait surgir une fontaine pour désaltérer les pauvres soldats qui n’en peuvent plus. A chaque prodige, beaucoup se convertissent.

Finalement, avec dix autres chrétiens dont on ignore les noms, Venantius est décapité ; sa vie humaine n’aura duré que quinze années, mais il entre victorieux dans la vie éternelle.

Le culte de saint Venantius fut extrêmement répandu, de même que ce jeune martyr suscita une abondance de production artistique de tous genres. Quoiqu’il ne soit plus mentionné au Martyrologe, ce jeune martyr reste localement fêté le 18 mai. 

 

 

Theodotus d’Ancyre

et sept Vierges : Thecusa, Alexandra, Claudia, Phaina, Euphrasia, Matrona, Iulitta

† 303

 

Chrétien à Ancyre (actuelle Ankara, Turquie), Theodotus tenait ce qu’on appellerait un bar, dont il vivait chichement.

Il devait sa conviction chrétienne à une sainte femme, Thecusa, sa tante, et pratiquait toutes les saintes vertus envers tous, de n’importe quelle origine ou appartenance qu’ils fussent.

Lors de la nouvelle persécution de 303, Theodotus ne diminua en rien ses préoccupations envers le prochain, visitant les Chrétiens arrêtés en prison, leur apportant des vivres et des encouragements à la persévérance.

Là-dessus, les persécuteurs arrêtèrent Thecusa et six autres saintes femmes, toutes septuagénaires, qu’on força à se mêler à un défilé grotesque, où l’on portait solennellement deux statues païennes, Diane et Minerve, pour aller les «purifier» dans un étang voisin.

Parvenues à l’endroit, les saintes femmes se virent invitées à devenir les prêtresses de ces divinités païennes (et, bien sûr, à se prostituer). Sur leur net refus, on leur attacha une grosse pierre au cou et on les précipita dans l’étang.

Theodotus vit alors en songe sa tante Thecusa, qui l’informa de l’événement. Réveillé, il se décida sans attendre à aller retrouver ces corps, qu’il repêcha, non sans peine, on l’imagine. Un cousin de Thecusa l’aida dans sa besogne et les corps furent dignement ensevelis. Mais le cousin, arrêté à son tour, subit la flagellation et céda, avouant qui avait sorti de l’eau les corps des Martyres, et où ils se trouvaient ensevelis. Les païens se précipitèrent à l’endroit, déterrèrent les corps et les brûlèrent.

On n’arrêta pas Theodotus : il se présenta spontanément au gouverneur, qui lui proposa d’abord de grands honneurs, jusqu’à être pontife d’Apollos, à condition, bien sûr, d’apostasier et de sacrifier aux dieux païens. 

Theodotus répondit courageusement en réaffirmant sa foi et son inébranlable décision de rester fidèle au Christ. Il fut très durement torturé et, quand les soldats eux-mêmes furent lassés de le frapper, laissé dans sa prison. Quelques jours plus tard, on le tortura de nouveau avant de le décapiter.

Jeté au feu, le corps ne se consuma pas. Un prêtre de passage réussit à tromper les soldats qui montaient la garde et chargea le saint corps sur son âne. Le prêtre feignit de laisser partir la bête, qui alla s’arrêter plus loin, là où manifestement il fallait enterrer le Martyr. On y construisit une chapelle.

D’après le Martyrologe, les sept Vierges martyres étaient, outre Thecusa : Alexandra, Claudia, Phaina, Euphrasia, Matrona et Iulitta.

Le martyre des ces Vierges semble avoir eu lieu le 18 mai 303 (ou 304), et donc celui de Theodotus aurait eu lieu plutôt «dix-neuf jours plus tard», d’après un manuscrit ancien, soit le 7 juin, jour où les Grecs le fêtent en effet.

Le Martyrologe commémore cependant et les Vierges et Theodotus le 18 mai.

 

Nota. Actuellement, le Martyrologe ne mentionne plus un autre groupe de sept vierges martyres qui se trouvaient auparavant au 20 mars. 

Leur mention comportait d’étranges similitudes avec le groupe ci-dessus. Les sept noms étaient : Alexandra, Claudia, Euphrasia, Matrona, Iuliana, Euphemia, Theodosia. En outre, la localité était Amide, une ville de Paphlagonie (actuelle Turquie, nord).

Des confusions se sont souvent produites dans la rédaction des manuscrits. On aura pu transformer amita (tante) en Amide, Theodotus en Theodosia, Phaina en Euphrasia.

Ces sept vierges auraient été martyrisées une soixantaine d’années plus tôt que celles dont on parlait plus haut ; elles étaient accompagnées aussi par une certaine Derphutha et sa sœur. 

Apparemment, on a trouvé davantage de certitudes pour les faits du premier groupe, fêté le 18 mai, mentionné au Martyrologe.

Peut-être que tel rédacteur aura voulu donner plus d’importance à cette Derphutha, du reste inconnue par ailleurs, en lui adjoignant tout un groupe de Compagnes.

 

 

Dioscorus de Cynopolis

† 303

 

Dioscorus était le fils d’un lecteur à Cynopolis (peut-être Hardaï, auj. Sheikh Fadel, Egypte).

Dès le début de la persécution de Dioclétien, on soupçonna sa complicité avec son père pour cacher les livres liturgiques. Il fut arrêté et traduit devant le gouverneur d’Alexandrie. Les Actes de son procès sont authentiques.

Durant l’interrogatoire, le président du tribunal ordonna de brûler Dioscorus avec trois fers rougis au feu. Dioscorus n’en ressentit aucun effet ; mieux, les bourreaux constatèrent, avant d’appliquer le troisième fer, que le corps de Dioscorus était comme recouvert de rosée.

Une des magnifiques réponses de Dioscorus : Je suis venu ici de grand cœur afin que, même si j’ai péché un peu dans ma jeunesse, cela soit purifié dans le siècle à venir.

Un moment plus tard, le juge fit suspendre Dioscorus et lui poser sur le corps deux lampes brûlantes. Dioscorus demanda à Dieu qu’Il ouvrît les yeux des bourreaux : effectivement, ceux-ci virent une grande lumière et retirèrent les lampes.

Le juge ordonna de lui arracher la barbe petit à petit, de l’étendre et de le flageller, enfin de le décapiter.

Ce devait être vers 303.

Saint Dioscorus de Cynopolis est commémoré le 18 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Felix de Spalato

† 305

 

Ce Martyr reçut la couronne de son combat au début du 4e siècle.

Spalato (Dalmatie) est aujourd’hui Split (Croatie).

C’est sans doute par erreur qu’on en a parfois fait un évêque d’Epetium, (auj. Stobreč, Croatie), qui n’a jamais été un siège épiscopal.

Saint Felix de Spalato est commémoré le 18 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Potamon, Ortasius et Serapion d’Alexandrie

† 305

 

Potamon, Ortasius et Serapion étaient trois prêtres d’Alexandrie d’Egypte.

Ils furent martyrisés en Alexandrie, vraisemblablement au début du 4e siècle et sous Dioclétien, puisque la paix allait être accordée aux Chrétiens à partir de 313.

Saint Potamon d’Alexandrie, avec ses deux Compagnons, est mentionné dans le Martyrologe Romain, le 18 mai.

 

 

Potamon d’Héraclée

† 341

 

Potamon fut évêque d’Héraclée ou plutôt Heracléopolis Magna (Egypte) ; il y a huit villes Héraclée mentionnées dans l’Antiquité, de l’Italie à l’Asie Mineure.

Sous l’empereur Maximin II († 313), il avait eu l’œil droit crevé et la paupière gauche coupée.

En 325, il prit part au concile de Nicée.

En 335, il était au concile de Tyr et prenait hardiment la défense de s.Athanase (v. 2 mai) contre les ariens.

Quelques années plus tard, les ariens s’en prirent à lui à nouveau et le rouèrent de coups. L’évêque mourut de ses blessures.

Ce devait être vers 341.

Saint Potamon d’Héraclée n’est pas mentionné dans le Martyrologe Romain, sans doute «effacé» par un autre Potamon, martyr, plus connu (v. 18 mai).

 

 

Jean Ier

? - 526

 

Jean, fils de Constantius, naquit en Toscane, et vint à Rome pour ses études.

Il était cardinal-prêtre et archidiacre au moment de la mort du pape Hormisdas (523) et fut élu sur le siège de Saint-Pierre ; c’était le cinquante-troisième pape.

A Rome, il s’occupa de plusieurs cimetières et basiliques, et ordonna quinze évêques.

Une décision importante de ce pontificat fut la ratification des calculs du moine Denys le Petit, et de l’établissement de la date de la fête de Pâques, d’où il résulta le cycle pascal tel que nous l’observons encore maintenant. Jusqu’à cette date, la chrétienté suivait l’ère de Dioclétien, tandis que Denys compta les années à partir de la naissance de Jésus-Christ. 

Les savants ont contesté et contestent encore ce calcul, démontrant que le Sauveur est né en réalité quelques années avant la date calculée par Denys le Petit. Disons que si l’on arrive à préciser avec certitude absolue cette date, il sera impossible matériellement de revenir sur toutes les datations qui se sont effectuées depuis : il faudrait corriger toutes les éditions du monde entier.

Continuant l’œuvre d’autres papes, Jean Ier prépara le travail de saint Grégoire le Grand concernant le chant grégorien.

Mais l’événement important qui précipita la fin de ce pontificat, fut l’opposition qui s’éleva entre l’empereur (orthodoxe) d’Orient et le roi (arien) d’Italie.. Tous deux avaient - pour différents motifs - un grand respect pour le pape : l’empereur, parce qu’il était anti-arien ; le roi, parce qu’il avait un saint respect pour la personne du Pontife.

Mais le roi (Théodoric) s’opposa à la décision de l’empereur (Justin) de vouloir reprendre aux ariens les églises prises aux catholiques. Théodoric, y voyant probablement un désir de l’empereur d’établir son autorité en occident, força le pape à aller trouver l’empereur à Costantinople pour en obtenir de revenir sur son édit.

Le pape céda (ou fut obligé de le faire) et quitta Rome ; c’était la première fois qu’un pape s’éloignait de la Ville. Arrivé à Constantinople, il fut reçut avec beaucoup d’honneur par l’empereur (qui se fit re-couronner par lui) ; même le patriarche céda la place d’honneur au pape lors de la célébration de Noël (525).

Théodoric fut informé de tout cela et fut très irrité de ce que le pape n’ait pas obtenu ce qu’il voulait, de sorte qu’il fit arrêter et enfermer Jean Ier à Ravenne lors de son retour, avec ceux de sa suite : tous moururent de faim et d’épuisement dans cette geôle.

Jean Ier succomba le 18 mai 526 et fut honoré du titre de martyr. 

C’est saint Félix IV qui lui succéda.

Erik  de Suède

† 1160

 

Les origines d’Erik sont quelque peu incertaines. Il serait fils d’un noble nommé Jedward (Edward) - d’où son nom de Erik Jedvardsson - et de Cécilia, fille du roi suédois Blot-Sven, mais cette descendance apparaît douteuse pour les historiens. On suppose qu’il était plutôt un noble personnage, d’une province christianisée, non soumise au roi de Suède.

On pourrait ainsi supposer que, en opposition au roi païen Blot-Sven, une conspiration lui aurait préféré un roi chrétien et aurait acclamé roi notre Erik, vers 1156 ; ce choix en faveur d’Erik serait dû à son mariage avec la princesse danoise Kristina.

De cette union naquirent quatre enfants : Knut (qui succédera à son père), Filip, Katarina, Margareta.

Erik dut rapidemant faire face à un rival, Karl, fils du roi Sverker Ier de Suède, lui aussi acclamé roi vers 1156.

Chrétien, le nouveau roi Erik IX voulut propager le christianisme dans la Finlande voisine, encore païenne. Cette «croisade» lui paraissait aisée, mais il rencontra une résistance assez farouche et ne put «conquérir» que quelques localités sur la côte ; l’évêque André, qui l’accompagnait dans son expédition, mourut assassiné. On a un témoignage du pape Alexandre III (1159-1181), qui regrette que les Finnois promettent de se convertir quand ils sont menacés par l’armée, mais retournent au paganisme quand le «danger» est écarté.

Dans son pays, Erik s’occupa avec grand zèle de la juste administration de la Suède, protégeant et favorisant l’expansion du culte chrétien par la construction d’églises.

Il eut à cœur de promulguer une législation en faveur des droits des femmes.

Ce règne prometteur s’acheva rapidement. En mai 1160, Erik assistait à l’office divin, lorsqu’on l’avisa que les troupes danoises envahissaient le pays et s’approchaient. Il entendit la messe jusqu’à la fin et enfourcha ensuite sa monture pour marcher avec ses troupes contre l’envahisseur, le prince danois Magnus Henriksson. A la bataille d’Ostra-Aros, sur l’emplacement de l’actuelle Upsal, Erik tomba, percé de coups.

C’était le 18 mai 1160, jour de l’Ascension.

Erik IX fut de tous temps honoré pour ses vertus, ses mœurs austères et sa mort héroïque. Jusqu’à la Réforme du XVIe siècle, il fut reconnu comme le patron de la Suède.

Avec le titre de martyr, saint Erik IX de Suède est inscrit au Martyrologe le 18 mai.

 

 

Burchard de Beinwil

1100-1192

 

Burchard est un prénom germanique qui fut porté par plusieurs saints personnages, évêques ou abbés. Mais celui dont on va parler n’est pas de ceux-là.

Il naquit vers 1100, non loin de l’abbaye suisse de Mury (Aargau).

Prêtre, il fut nommé curé de Beinwil, une paroisse proche de la même abbaye, sur le Lindenberg.

Quoiqu’on ne sache presque rien sur lui, sinon qu’il administra sa paroisse avec beaucoup de zèle pastoral - ce qui est déjà très méritoire -, on rapporte qu’il aurait un jour redonné la vie à une grue.

L’oiseau avait été dressé par le prêtre et savait lui exprimer à sa façon beaucoup de choses. La grue lui fit comprendre les méfaits d’une famille, qui résolut alors de tuer la bête pendant son absence. A son retour, Burchard fut étonné de ne pas recevoir le salut de son cher animal, qu’il retrouva mourant (ou déjà mort) ; alors il lui rendit la vie.

Une autre fois, appelé au chevet d’une mourante, et parvenu quelques instants après la mort de celle-ci, il la «réveilla» pour lui administrer l’Onction des Malades.

Burchard serait mort le 18 mai 1192 (ou même seulement 1200).

On ne sait rien de plus sur lui, mais de nombreux miracles se produisirent à son tombeau. 

En 1506, un document officiel parle de Saint Burchard.

On le mentionnait autrefois au 20 août, jour où l’on fête s.Burchard, évêque de Worms, avec lequel il semble avoir été confondu.

Saint Burchard de Beinwil est commémoré le 18 mai dans le Martyrologe Romain, qui cependant lui donne le titre de Bienheureux.

 

 

Guillaume de Naurose

1297-1369

 

Il est regrettable que les maigres détails concernant Guillaume de Naurose soient simplement répétés d’une source à l’autre, sans informations plus approfondies.

Guillaume était né vers 1297 à Toulouse, dans une famille noble.

Entré vers 1316 dans l’Ordre des Augustins, il fut envoyé à Paris pour approfondir la théologie et reçut le sacerdoce.

De retour au monastère de Toulouse, il acquit une grande réputation de prédicateur, mais aussi pour sa charité envers les pauvres.

Il ne cessait de «prier, contempler, parler de Dieu». Il semble qu’il ait été favorisé d’extases et qu’il ait exercé plusieurs fois des exorcismes.

Il mourut le 18 mai 1369 et son culte fut confirmé en 1893.

 

 

Felice Porri de Cantalice

1515-1587

 

Né vers 1515, Felice (Félix) rendit vraiment heureux ses parents, d’humbles laboureurs de Cantalice (Rieti, Latium, Italie centrale).

Il montra dès son enfance une grande piété, pratiquant, malgré les pénibles travaux des champs, une rigoureuse mortification , et montrant d’extraordinaires vertus d’humilité et de douceur.

Il échappa à la mort alors que la charrue traînée par les bœufs lui passa sur le corps, déchirant ses habits mais le laissant indemne. Il vit là une indication providentielle à ne pas différer le projet qu’il avait formé de se donner à Dieu, et entra en 1544 comme frère convers ches les Capucins de Anticoli di Campagna (auj. Fiuggi).

En 1545, il émit la profession religieuse.

Jusqu’en 1547, il fut dans les couvents d’Anticoli, Monte San Giovanni, Tivoli et Palanzana (Viterbe).

De 1547 à sa mort, il fut chargé de quêter à Rome ; les dernières années de sa vie, il quêtait le pain, le vin et l’huile, qu’il partageait ensuite entre son couvent, les pauvres et les familles ruinées.

A Rome aussi, il fut un grand ami de Filippo Neri (v. 26 mai) ; tous deux se souhaitaient surnaturellement d’endurer les plus atroces supplices pour la gloire de Jésus-Christ.

Felice ne dormait que deux heures par nuit ; quand il ressentit de violentes douleurs au ventre, il les appela ses faveurs du ciel et ses roses du paradis, chantant des cantiques pour les calmer.

Il n’omit pas d’opérer les miracles dont Dieu lui avait confié le don ; il guérit beaucoup de bébés et d’enfants, au point qu’on le surnomma le Saint des Enfants.

Particulièrement, il apporta la guérison d’un élevage de vers à soie contaminés, en y introduisant des feuilles trempées dans l’eau (ce qu’il ne faudrait surtout pas faire en temps normal) ; les vers se multiplièrent, et Felice fut désormais choisi comme le saint Patron des éleveurs de vers à soie.

Il disait que son sac (qui contenait tant de choses, comme on l’a dit) ne lui pesait pas ; un jour que des coquins y introduisirent une pièce de monnaie, Felice se mit à crier, n’en pouvant plus de porter ce sac si lourd, assurant que le diable s’y était introduit.

Il marchait toujours pieds nus, refusant toujours les chaussures, même en hiver. Ses pieds étaient tout craquelés et on le vit plusieurs fois chez le cordonnier, occupé à recoudre ses talons crevassés ; mais après sa mort, ses pieds apparurent absolument sains et sans aucune cicatrice.

Pendant ces quarante années romaines, Felice édifia tous ceux qui le voyaient par son recueillement et son affabilité, profitant de la nuit et des jours de fête pour aller voir les malades et les pauvres ; partout il semait la paix et la charité par son exclamation favorite : Deo gratias !

Il tomba malade à la fin du mois d’avril 1587 et mourut le 18 mai suivant, ravi de joie par une vision de la Sainte Vierge.

Après la  mort, un mystérieux liquide suinta du corps de Felice, dont on se servit pour guérir des malades.

Un premier procès en vue de la canonisation fut achevé dès l’année de la mort, mais la béatification ne fut proclamée qu’en 1625 et la canonisation en 1712. 

 

 

Son Cha-sŏn Thomas

(Son Ja-seon Tomaseu)

1838-1866

 

Né en 1838 (ou à peu près, car il est difficile de concilier plusieurs sources), à Hongsŏng (ou Deoksan) (Ch’ungch’ŏng, Corée), Tomaseu (Thomas) était d’une famille catholique qui avait déjà eu ses martyrs.

Au moment de la persécution de 1866, Tomaseu persévérait dans la foi, conservait ses habitudes chrétiennes, avec son épouse. Jamais il n’omettait la prière du matin et du soir.

Peu de jours après l’arrestation de Mgr Daveluy (v. 30 mars), la police fit irruption dans son village, le 11 mars 1866, détruisant les propriétés des habitants catholiques. Ceux-ci présentèrent de légitimes plaintes auprès du gouverneur de district, qui promit des réparations.

Tomaseu se présenta personnellement au gouverneur dans le même but : le gouverneur lui demanda alors de renier sa foi. Tomaseu répondit : J’ai bien un peu peur de mourir, mais j’ai encore plus peur de renier Dieu.

On l’arrêta sur place et on le soumit à des tortures. On le suspendit par les pieds et on le battit violemment. On lui enfila des ordures dans la bouche. Tout cela ne réussit pas à lui faire abandonner sa foi.

Ses plaies étaient si profondes, qu’il faillit en mourir. Les prisonniers essayèrent de le soigner comme ils purent, sans grande efficacité. Tomaseu leur dit : Jésus et Marie vont venir soigner mes plaies. Or, peu de jours après, les plaies étaient miraculeusement guéries.

Le gouverneur de Tŏksan envoya Tomaseu à la prison de Haemi. Nouvelles tortures. On lui tordit et on lui brisa les jambes. Le gouverneur le força à mordre la chair de ses propres mains. Tomaseu resta ferme dans sa foi. Finalement, on l’envoya au gouverneur de Kongju, pour le condamner à mort.

L’oncle de Tomaseu, lui, avait apostasié, et suggérait à son neveu d’en faire autant, mais Tomaseu ne l’entendait pas de cette oreille. Pas un moment il n’abandonna ses prières, ses jeûnes, ses mortifications, même en prison, car on était en période de carême.

Le gouverneur de Kongiu le fit battre jusqu’à perdre connaissance, sans obtenir le moindre changement. Pour en finir, il l’étrangla.

C’était le 18 mai 1866. Tomaseu avait environ trente-huit ans.

Tomaseu fut enterré dix jours après son martyre : on dit que son corps était resté sans corruption.

Il a été béatifié en 1968 et canonisé en 1984. Son dies natalis est au 18 mai, tandis que la fête de tous les Martyrs coréens est célébrée le 20 septembre.

 

 

Maria Magdalena Merten

1883-1918

 

Née le 10 juillet 1883 à Düppenweiler (Trèves, Sare, Allemagne), Maria Magdalena était la neuvième des onze enfants d'humbles fermiers.

Après ses études locales, elle se diploma comme institutrice à Marienau (Vallendar) (1902).

D'abord institutrice dans l'école laïque à Oberthal (Sare) de 1902 à 1908, elle entra chez les Ursulines du Mont-Calvaire à Ahrweiler, voulant ainsi unir ses deux vocations à la vie religieuse et à l'enseignement. Sa soeur l'accompagna dans cette vocation.

Maria Magdalena y prit le nom de Blandina, mais même en Allemagne, on l'appela communément Blandine.

Elle fit la première consécration en 1910, puis la solennelle en 1913. 

De 1910 à 1916, à Saarbrücken puis à Trèves, elle se donna consciencieusement aux enfants qui lui étaient confiés, tout en menant une vie intérieure pleine de prière et de contemplation, particulièrement nourrie de la dévotion au Saint Sacrement.

Elle mourut de tuberculose à Trèves, le 18 mai 1918, à pas même trente-cinq ans.

Elle a été béatifiée en 1987. 

 

Le miracle retenu pour cette béatification, fut la guérison totale et durable d'une religieuse autrichienne, atteinte d'un mélanome.

 

 

Stanisław Kubski

1876-1942

 

Né le 13 août 1876 à Książ (Strzelno, Poméranie) au sein d’une famille d’agriculteurs, Stanisław était le fils de Michał et Franciska.

Il étudia à Trzemesznie, Wągrowcu (où il passa son baccalauréat en 1897) : dans cette dernière école, les élèves avaient «fait grève» en 1906, en refusant de parler allemand.

Puis il entra au séminaire de Gnieźno.

Il fut ordonné prêtre en 1900.

Il fut successivement vicaire à Srem, curé à Gnieźno puis Inowrocław : cette église récente n’était pas encore consacrée ; il y installa l’image de Notre-Dame de Czestochowa. Puis il fut à nouveau à Gnieżno. Un de ses vicaires fut Alexei Sobaszek, futur martyr lui aussi.

C’est dans cette paroisse qu’il baptisa Jozef Glemp, futur cardinal.

Stanisław fut aussi aumônier de prison.

Le père Stanisław fut un pasteur zélé, qui s’occupa de tous les milieux de ses paroisses : enfants, jeunes, pauvres, ouvriers, artisans. Sa charité se déployait sans mesure, puisant sa force dans la dévotion au Saint-Sacrement.

Arrêté le 8 septembre 1939, il fut d’abord conduit à la caserne, les mains levées comme un brigand arrêté en flagrant délit. La nuit, il la passa à genoux dans la cour de la caserne.

On l’emmena à Dachau (où il porta le numéro 21878), puis à Büchenwald (21 novembre 1939) ; les tortures ne cessaient pas, il eut un bras cassé, mais il ne perdait pas sa sérénité et priait.

En mai 1942, désormais inapte au travail, il fut transporté à Hartheim, où les prisonniers subissaient des expériences pseudo-médicales, puis fut gazé à Linz (Autriche).

Sa mort est recensée au 18 mai.

Le père Stanisław a été béatifié en 1999.

 

 

Jan Oprządek

1884-1942

 

Né le 4 mars 1884 à Kościelec (Małopolskie, Pologne), Jan avait cinq frères et sœurs, enfants du couple très chrétien que formaient Stanislas et Juliana.

Après ses études primaires dans son village, il travailla comme ouvrier.

A vingt-huit ans, il entra chez les pères Capucins, au monastère Saint-Laurent Kazimierz de Cracovie (1912), où il prit le nom de Marcin (Martin).

Durant la Guerre mondiale, il fut enrôlé dans l'armée autrichienne.

En 1919, il reprit le noviciat, à Wrocław, puis revint à Cracovie où il fut portier.

Comme c'est l'habitude dans cet Ordre, il changea plusieurs fois de monastère : Przemysl, Lviv Konin, Wrocław, Kazimierz Dolny, de nouveau Wrocław.

Un an après le déclenchement de la Deuxième guerre mondiale, il fut arrêté dans le cadre des rafles de prêtres et religieux organisées par la Gestapo.

Il fut d'abord à Szczeglin (Poznan), puis Sachsenhausen (29 août 1940), puis Dachau.

On offrit aux plus âgés et aux handicapés la possibilité de choisir un camp “moins dur”, et le père Marcin (à qui il manquait un doigt à une main) crut ingénument à cette proposition : en réalité, c'était pour transférer ces “malades” à Mauthausen ou Linz, en vue de les faire disparaître.

Ainsi, on les embarqua dans des wagons qui étaient de véritables chambres à gaz, et on les conduisit directement aux fours crématoires. 

Les autorités du camp annoncèrent que Marcin était décédé le 2 juin, mais il était mort déjà le 18 mai 1942.

Il a été béatifié en 1999.

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16 mai 2020 6 16 /05 /mai /2020 23:00

17 MAI

 

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S Adrion, martyr à Alexandrie.

S Victor, martyr à Rome.

Ss Heraclius et Pauusl, martyrs à “Nivedunum”, au bord du Danube en Scythie.

Ss Solochon, Pamphamer et Pamphalon, trois soldats martyrs à Chalcédoine.

III.

Ste Restituta, vierge et martyre à Carthage.

VI.

S Æmilianus, évêque à Verceil, qui serait mort centenaire.

XVI.

S Pascual Baylon, franciscain espagnol ; il fit tant de miracles que s. Roberto Bellarmino, lors du procès de canonisation, dira qu'on n'avait jamais rien vu de pareil ; il mourut le jour de la Pentecôte, au moment de l'élévation, le jour de ses cinquante-deux ans ; son amour pour l’Eucharistie en a fait le patron des Congrès Eucharistiques.

XVII.

Bx Ioachim Mine Sukedayū (sa femme Maria fut martyrisée le 28 février), Paulus Nishida Kyūhachi, Maria, Ioannes Matsutake Chōzaburō, Bartholomeus Baba Han’emon, Ludovicus Furue Sukeemon, Paulus Onizuka Magoemon, Ludovicus Hayashida Sōka, Magdalena Hayashida, Paulus Hayashida Mohyōe, laïcs japonais martyrs, béatifiés en 2008.

XIX.

S Baiduo Liu Wenyuan, catéchiste chinois exilé pendant vingt ans, étranglé, canonisé en 2000 et fêté avec ses compagnons le 9 juillet.

XX.

Ste Giulia Salzano (1846-1929), fondatrice des Sœurs catéchistes du Sacré-Cœur et dont la devise était : “A la plus grande gloire du Cœur de Jésus”, béatifiée en 2003, canonisée en 2010.

Bse Antonia Mesina (1919-1935), jeune fille sarde, très attachée à l’Eucharistie, à l’Action Catholique, martyre de la virginité ; son assassin se convertit et reçut les sacrements avant son exécution en 1937 ; béatifiée en 1987.

B Ivan Ziatyk (1899-1952), prêtre rédemptoriste ukrainien, martyrisé au goulag de Oserlag, béatifié en 2001 ; il mourut probablement plutôt en avril, "quelques jours après le Vendredi Saint".

Adrion d’Alexandrie

?

 

Adrion est un Martyr dont on ne connaît que le nom.

Saint Adrion d’Alexandrie est commémoré le 17 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victor de Rome

?

 

Victor est un Martyr dont on ne connaît que le nom.

Saint Victor de Rome est commémoré le 17 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Heraclius et Paulus à Nivedunum

?

 

Heraclius et Paulus sont des Martyrs dont on ne connaît que le nom. 

De même la localité Nivedunum n’a pas été vraiment identifiée. Autrefois, on l’a confondue avec Nevers en Gaule (58), et dans l’actuel Martyrologe on la situe au bord du Danube en Scythie (act. Ukraine S).

Saints Heraclius et Paulus à Nivedunum sont commémorés le 17 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Restituta de Carthage

† 255

 

Le nom et le martyre de Restituta sont restés très célèbres, mais les documents authentiques manquent.

Restituta aurait été martyrisée à Carthage (Afrique proconsulaire, act. Tunisie) sous l’empereur Valérien et, après divers tourments, abandonnée sur une barque remplie de poix et d’étoupes, pour être brûlée en pleine mer.

Les flammes se retournèrent au contraire vers les bourreaux, et Restituta rendit alors son âme à Dieu.

La barque fut providentiellement poussée vers l’Italie et arriva à l’île d’Ischia, où les fidèles l’accueillirent avec grand respect. Une basilique dédiée à sainte Restitute fut construite à Naples.

Sainte Restituta de Carthage est commémorée le 17 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Æmilianus de Vercelli

† 506

 

Æmilianus naquit vers 450 (ou peut-être même plus tôt), sans doute dans le Piémont (Italie NO).

On a dit, mais le fait est contesté, qu’il vécut quarante années comme ermite près de Sostegno.

Il monta sur le siège épiscopal de Vercelli vers 493, ou un peu plus tard, devenant ainsi le treizième titulaire de ce diocèse.

La ville de Vercelli, comme tant d’autres cités, avait été dévastée par les incursions des Ostrogoths de Theodoric, et l’évêque chercha à obtenir de lui des conditions de vie acceptables. En effet, les impôts furent réduits et beaucoup d’esclaves affranchis. Plus particulièrement, il obtint de Theodoric de construire un pont, pour faciliter le travail des habitants.

Emiliano participa au pénible concile romain de 503 où le pape Symmaque, «réhabilité» par les évêques présents, prit des mesures pour mettre fin au schisme de Laurentius. Même Theodoric y mit du sien, en prenant des dispositions pour éviter les interférences externes dans l’élection du pape et les désordres qui s’en suivaient.

On sait aussi qu’Emiliano donna le voile à quatre vierges, Licinia, Leontia, Ampelia et Flavia.

Il mourut le 11 septembre, vers 506. Selon sa date de naissance présumée, on l’a dit centenaire. 

On «oublia» son tombeau assez longtemps, même si la vénération de cet évêque se maintenait vivante. Le 17 mai 1181 cependant, l’évêque d’alors transféra les restes d’Æmilianus près du maître-autel, et c’est cette translation qui est maintenant retenue pour fêter Æmilianus. 

Saint Æmilianus de Vercelli est donc commémoré le 17 mai dans le Martyrologe Romain.

Pascual Baylon

1540-1592

 

Il naquit en 1540 le 17 mai, à Torre-Hermosa, dans le royaume d’Aragon en Espagne. Ses parents étaient d’humbles ouvriers de campagne, pauvres mais vertueux. Dès ses premières années, sa mère le conduisit fréquemment à l’église et lui apprit à adorer Jésus présent dans l’Eucharistie. L’enfant se sentit mystérieusement attiré vers le tabernacle. Un jour qu’il avait disparu de la maison, ses parents le retrouvèrent à l’église. Il s’était approché le plus près possible du tabernacle, et il était si absorbé dans sa prière qu’il ne s’apercevait pas du bruit qui se faisait autour de lui. 

Dès qu’il fut en âge de pouvoir rendre service, son père le plaça chez des fermiers comme berger. Déjà il manifestait un vif attrait pour la solitude et la prière. S’étant procuré quelques livres de piété, il se faisait apprendre à lire par des personnes de rencontre et apportait une grande application à s’instruire des vérités de la religion.

Il aimait aussi particulièrement la sainte Vierge. Quand il le pouvait, il conduisait son troupeau auprès d’un sanctuaire de Marie, Notre Dame de la Sierra. Là il se sentait plus près de sa mère du ciel et se trouvait à l’abri de tout danger. De sa main il avait sculpté sur sa houlette l’image de Notre-Dame, surmontée d’une hostie rayonnante, afin d’avoir toujours sous les yeux le double objet de sa dévotion. A genoux au milieu des champs, devant cette image, il priait avec autant de piété que s’il se fût trouvé à l’église. Chaque objet qui se présentait à son regard servait à exciter sa foi. Sans cesse il méditait sur les merveilles de la création, et par là s’élevait vers Dieu qu’il contemplait dans toutes ses œuvres. Il eut plusieurs fois des ravissements et ne put pas toujours cacher aux yeux des hommes les faveurs dont il était comblé par Dieu.

Tout pauvre qu’il fût, il trouvait cependant moyen de faire l’aumône, prenant pour assister les malheureux sur ce qu’on lui fournissait pour assurer sa subsistance.

Jamais on ne le vit maltraiter une brebis. Il veillait également avec soin à ne causer aucun dommage dans les pâturages voisins, et si quelque dégât se produisait, il indemnisait le propriétaire sur son propre salaire. Un jour qu’on lui refusa son argent, il aida à couper les blés de l’intéressé jusqu’à concurrence du dommage causé par ses bêtes.

Vers l’âge de vingt ans, il se rendit dans le royaume de Valence, où il y avait un couvent de franciscains que l’on appelait “Soccolans”, dans un lieu désert, non loin de la ville de Montfort. Son allure un peu gauche, son accoutrement bizarre, mirent en défiance les supérieurs qui lui refusèrent l’entrée du couvent. Il reprit alors son métier de berger chez les cultivateurs du voisinage ; mais il ne s’éloignait pas trop, afin de ne pas perdre des yeux le petit campanile du couvent. Il avait remarqué les sonneries de cloche ; il savait quand les religieux allaient à l’office, à la méditation, et il prenait part ainsi à leurs exercices. Et surtout, au moment du Saint-Sacrifice, il suivait par la pensée les mouvements du prêtre et s’unissait à ses prières. 

Des faits miraculeux prouvèrent plus d’une fois combien cette dévotion était agréable à Dieu. Un jour que la cloche annonçait l’approche de l’élévation et que le pieux berger était prosterné à genoux avec un saint respect, une hostie lui apparut soutenue par deux anges. Cette vision ne fit que raviver encore son amour envers le Dieu de l’autel.

Sa réputation de sainteté se répandit dans toutes la région et lui ouvrit les portes du couvent. Le 2 février 1564, il reçut l’habit de Saint-François. Ses supérieurs, édifiés de l’humble soumission avec laquelle il avait supporté ce temps d’épreuve, voulaient le faire religieux de chœur, mais il refusa cet honneur et demeura frère convers, pour remplir les offices les plus bas et les plus pénibles, et se sanctifier davantage dans ce rôle plus humble.

Jamais on ne l’entendit critiquer personne. Son amour de la mortification lui faisait ajouter de nouvelles austérités à celles de la règle. Et s’il lui arrivait parfois de dépasser les limites de la prudence, cet excès-même était compensé par sa pureté d’intention et le peu d’attache qu’il avait à son propre sentiment. Dès que ses supérieurs le rappelaient à la modération, il déférait à leur avis avec la plus humble soumission.

Il prononça ses vœux perpétuels le 2 février 1565, n’ayant pas encore accompli vingt-cinq ans. Son père gardien aimait à dire qu’il n’avait connu personne qui fût à la fois plus dur à lui même et plus doux pour les autres, que frère Pascual. L’idéal qu’il se proposait était d’avoir pour Dieu un cœur de fils, pour le prochain un cœur de mère, et pour lui-même un cœur de juge.

Quand il changeait de couvent, conformément à la coutume de son ordre qui veut ainsi prévenir les attaches secrètes du cœur, on ne l’entendait jamais émettre la moindre plainte. Il trouvait là une excellente occasion de se regarder comme un étranger sur la terre. On le chargeait ordinairement de la porte et du réfectoire, parce qu’on le savait affable, discret, vigilant, actif et fidèle.

En qualité de portier, il avait coutume de distribuer aux pauvres les restes de la table, et pour que cette aumône fût profitable à leur âme en même temps qu’à leur corps, il adopta l’usage de prier avec eux avant et après chaque repas.

Son amour eucharistique grandit encore. Le plus souvent, quand ses fonctions ne le retenaient pas ailleurs, on le trouvait à l’église. Le premier, il était debout au milieu de la nuit pour les saintes veilles ; le dernier, il regagnait sa pauvre couche pour y prendre un repos très court.

Pendant quelque temps aussi, il remplit l’office de quêteur. La première visite, en arrivant dans un village, était pour l’Hôte divin du tabernacle. Et quand, le soir, il rentrait au monastère, épuisé de fatigue, pour se dédommager de n’avoir pu passer auprès de son Bien-aimé tout le temps de ses courses, il consacrait une grande partie de la nuit à l’adoration du Très Saint Sacrement.

Le Général de son ordre étant à Paris, il fut député vers lui pour les affaires de sa province. Il partit pour la France, sans se laisser effrayer par les dangers qu’il aurait à affronter de la part des huguenots, maîtres de presque toutes les villes qu’il lui fallait traverser. Maintes fois il fut exposé à la fureur des hérétiques qui le poursuivirent à coups de pierres et de bâton. Il reçut même à l'épaule une blessure dont il souffrit tout le reste de sa vie. Deux fois il fut arrêté comme espion et menacé de mort. Mais Dieu le délivra de tout danger.

Lorsqu’il se fut acquitté de sa mission auprès de son Général, il quitta la France pour retourner en Espagne, On ne l’entendit jamais parler des dangers qu’il avait courus. Il se contentait de répondre en peu de mots aux questions qu’on lui posait ; encore avait-il soin de supprimer tout ce qui aurait pu lui attirer quelques louanges.

Les dernières années se passèrent au couvent de Villa-Real près de Valence. Un jour, au cours du saint Sacrifice de la messe, Dieu lui révéla sa mort prochaine. Il en conçut une vive joie. Quelques jours après, il tomba gravement malade. Le Supérieur le fit transporter à l’infirmerie. Il reçut les sacrements avec une tendre piété, et s’endormit en prononçant le nom de Jésus, le 17 mai 1592, jour de la Pentecôte, jour de son cinquante-deuxième anniversaire, au moment de l’élévation de la sainte Hostie.

Il fit tant de miracles que saint Robert Bellarmin, lors du procès de canonisation, dira qu'on n'avait jamais rien vu de pareil ; il fut béatifié en 1618 et canonisé en 1690. Enfin il fut proclamé patron des congrès et œuvres eucharistiques en 1897. 

On le fête le 17 mai.

 

 

Paulus Nishida Kyūhachi

1553-1627

 

Il était né vers 1553 à Fukae (Shimabara, Nagasaki, Japon).

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Magdalena Hayashida

1559-1627

 

Elle était née vers 1559 à Arie (Nagasaki, Japon). 

C'était l'épouse de Ludovicus Hayashida Sōka (ci-après) ; leur fils Paulus fut martyrisé le même jour.

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Ludovicus Hayashida Sōka

1560-1627

 

Il était né vers 1560 à Arie (Nagasaki, Japon).

Il était marié avec Magdalena (ci-dessus) ; leur fils Paulus fut martyrisé le même jour (voir plus bas).

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Paulus Onizuka Magaemon

1563-1627

 

Il était né vers 1563 à Hachirao (Nagasaki, Japon). 

Il était marié.

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Ioachim Mine Sukedayū

1567-1627

 

Un des innombrables Catholiques martyrisés durant la première moitié du 17e siècle.

Ioachim était né à Kuchinotsu (Nagasaki, Japon), vers 1567.

C'était un magistrat de Kuchinotsu, et sa femme (Maria Mine) avait été martyrisée le 28 février 1627.

Il fut condamné à mourir dans la Bouche de l'enfer, un cratère de volcan actif sur le Mont Unzen (à une quarantaine de km à l’est de Nagasaki).

On le conduisit à cet endroit, le 17 mai 1627. Ioachim fut écorché vif, puis ébouillanté avec de l'eau sortant de ce cratère.

La patience qu'il montra à surmonter ce supplice horrible fit tellement enrager ses bourreaux, qu'ils lui écorchèrent les flancs avec leurs couteaux et qu'ils versèrent sur les plaies de l'eau sulfureuse.

Puis ils lancèrent Ioachim dans le cratère sulfureux.

Ioachim pouvait avoir soixante ans.

Le même jour furent exécutés neuf autres Compagnons (ci-dessus et ci-après).

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Bartholomeus Baba Han'emon

1574-1627

 

Il était né vers 1574 à Fukae (Nagasaki, Japon).

 Il était marié.

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Ioannes Matsutake Chōzaburō

1589-1627

 

Il était né vers 1589 à Fukae (Nagasaki, Japon).

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Ludovicus Furue Sukeemon

1590-1627

 

Il était né vers 1590 à Arie (Nagasaki, Japon). 

Il était marié.

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Maria de Fukae

1591-1627

 

Cette femme était née vers 1591 à Fukae (Nagasaki, Japon). 

Elle était mariée. C'était la sœur d'un autre martyr, Michael Yokichi (non encore béatifié).

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Paulus Hayashida Mohyōe

1592-1627

 

Il était né vers 1592 à Arie (Nagasaki, Japon). 

C''était le fils de Ludovicus et Magdalena Hayashida (voir plus haut).

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Baiduo Liu Wenyuan

1760-1834

 

Baiduo (Pierre) était né vers 1760 à Guizhou (Chine).

Il se maria et se convertit au Catholicisme.

Catéchiste, il subit une première fois la prison en 1797, puis il fut exilé en Mongolie pour sa foi, en 1814.

Ayant bénéficié d'une “mesure de clémence”, il put rentrer chez lui en 1827. Sans tarder, il se mit au service des missionnaires.

A la reprise de la persécution, beaucoup de Chrétiens furent mis en prison, mais Baiduo put éviter d'être arrêté.

Toutefois, courageusement, il visitait les prisonniers, pour les encourager, leur apporter consolation et réconfort. Parmi ces prisonniers, se trouvaient ses propres fils.

Baiduo fut repris et condamné à mort.

Son exécution, par strangulation, eut lieu le 17 mai 1834.

Il a été béatifié en 1900, et canonisé en 2000.

Giulia Salzano

1846-1929

 

Née le 13 octobre 1846 à Santa Maria Capua Vetere (Caserta, Campanie, Italie), Giulia était la quatrième des sept enfants de Diego Salzano, un capitaine, et Adelaide Valentino, qui descendait de la famille de saint Alfonso de’ Liguori (voir au 1er août). Giulia fut orpheline de son père à l'âge de quatre ans et grandit dans l'orphelinat des Sœurs de la Charité jusqu'à quinze ans.

Devenue institutrice, elle enseigna aussi le catéchisme à Casoria (Naples), où vint s'installer sa famille à partir de 1865.

Depuis sa jeunesse, elle sentait en elle une forte propulsion à la sanctification personnelle, en particulier par la dévotion au Sacré-Cœur : elle savait offrir de petites actions en réparation des péchés, elle se confessait et communiait souvent, elle était habituée des "neuf premiers vendredis du mois", de l'adoration nocturne du Saint-Sacrement.

Elle voulut se consacrer totalement au Sacré-Cœur, et se consacrer à l'évangélisation des petits et des jeunes. Son activité fut célèbre dans Casoria, où on l'appelait Madame Giulietta. Elle se lia d'amitié et dans cette œuvre d'évangélisation, avec Caterina Volpicelli, la fondatrice des Servantes du Sacré-Cœur (voir au 28 décembre).

Elle en arriva à fonder la congrégation des Sœurs Catéchistes du Sacré-Cœur, en 1890. Ce nouvel Institut suscita des perplexités et des jalousies ; on voulait le réunir aux Servantes du Sacré-Cœur, mais l'archevêque fit en sorte de protéger l'indépendance des Sœurs Catéchistes. Celles-ci prirent le voile en 1905, et purent bientôt essaimer en divers endroits de la province de Naples.

Mère Salzano fut aussi fortement soutenue par de saints prêtres, entre autres Ludovico de Casoria, lui aussi fondateur (voir au 30 mars).

Les constitutions furent approuvées dès 1922, et l'Institut fut reconnu en 1960.

Comme elle l'enseignait à ses Consœurs, Mère Salzano voulut "faire le catéchisme tant qu'elle aurait encore un fil de vie" ; la  veille de sa mort, elle interrogea encore une centaine d'enfants qui se préparaient à la Première communion.

Elle mourut saintement le 17 mai 1929, fut béatifiée en 2003, puis canonisée en 2010.

Le miracle reconnu pour la béatification de Giulia concerna une petite fille de dix ans, guérie rapidement, totalement et durablement d'une grave sepsis avec méningite purulente, compliquée de coagulation intravasculaire disséminée et de syndrome de Waterhouse-Friederichsen.

Le miracle pour la canonisation, fut la guérison incompréhensible d'une femme, gravement blessée dans un accident de la circulation, dont le cœur cessa de battre pendant une bonne vingtaine de minutes durant l'opération. Puis il se remit à fonctionner ; le chirurgien, qui désespérait de sauver cette vie, dut finalement reconnaître que cette femme était sauvée, contre toute espérance.

L'institut des Sœurs Catéchistes s'est répandu en diverses villes d'Italie, mais aussi maintenant au Canada, au Brésil et au Pérou, en Inde et dans les Philippines.

Au moment de sa béatification, Jean-Paul II la proclama prophète de la Nouvelle Evangélisation.

 

 

Antonia Mesina

1919-1935

 

Née le 21 juin 1919 à Orgosolo (Nuoro, Italie), Antonia était la deuxième des dix enfants de Agostino, le garde champêtre, et Grazia Rubanu.

Elle reçut le sacrement de Confirmation en 1920, selon l'habitude du temps, puis la Première communion en 1926.

Dès 1929, elle fréquenta la Jeunesse Féminine de l'Action Catholique : d'abord comme benjamine, puis à partir de 1934, comme membre active.

Au matin du 17 mai 1935, après la messe, elle partit ramasser du bois pour entretenir le feu du four à pain. Elle s'y rendit avec une compagne, Annedda Castangia, qui sera témoin de l'horrible scène de cette journée.

A un moment donné, un jeune du village aggressa Antonia et chercha à la violenter. Elle se débattit et le garçon la frappa violemment à coups de pierres : on releva soixante-quatorze traces de coups, le dernier, avec une grosse pierre, brisa le crâne de la jeune fille et lui défigura totalement le visage.

Antonia n'avait pas accompli seize ans : elle tomba, martyre de sa virginité, comme Maria Goretti, au début du siècle (v. 6 juillet).

Le malheureux assassin fut arrêté, condamné à mort, et fusillé en 1937. Il mourut cependant repenti et reçut les sacrements avant de mourir.

Le martyre d'Antonia fut reconnu et le pape en fut informé dès 1935. Antonia a été  proclamée Bienheureuse en 1987.

Antonia Mesina est commémorée le 17 mai.

 

 

Ivan Zyatik

1899-1952

 

Ivan naquit le 26 décembre 1892 à Odrekhova près Sanok (Ukraine, aujourd’hui en Pologne), de parents pauvres, Stefan et Maria.

Petit, c’était un garçon obéissant, et on découvrit son talent pour l’étude dès l’école primaire.

Il avait quatorze ans à la mort de son père, et fut aidé par sa mère et son frère aîné, Mykhailo.

Il fréquenta avec d’excellents résultats le lycée de Sanok entre 1911 et 1919, puis entra au séminaire catholique ukrainien de Przemyśl.

Il termina ses études de théologie avec succès en 1923 et fut ordonné prêtre la même année.

De 1925 à 1935, il fut préfet du séminaire de Przemyśl, où il assura la direction spirituelle, l’enseignement de la catéchèse et de la théologie dogmatique, activités qu’il développa aussi au lycée ukrainien pour filles.

Il était très estimé pour son obéissance et sa douceur ; désirant cependant vivre une vie plus austère,  il finit par entrer chez les Rédemptoristes. Après son bref noviciat à Holosko (Lviv) il fit la profession en 1936 et fut envoyé au monastère de Notre-Dame du Perpétuel Secours à Stanislaviv (auj. Ivano-Frankivsk), puis au monastère de Lviv comme économe.

Quand ouvrit le séminaire de Holosko en 1934, Ivan devint professeur d’Ecriture Sainte et de Théologie dogmatique.

De 1941 à 1946 il fut successivement supérieur au monastère de la Dormition de la Mère de Dieu à  Ternopil, puis Zboiska, où il fut également chargé de l’accueil de jeunes vocations.

Dans cette période de l’après-guerre, les religieux d’Ukraine furent terriblement maltraités. Le régime soviétique désirait fondamentalement détacher l’Eglise catholique de Rome et l’immerger dans l’Eglise orthodoxe, plus facile à «contrôler» puisqu’elle n’obéissait pas au Pape de Rome.

Après l’arrestation, en 1946, de tous les évêques catholiques, la police secrète soviétique rassembla à Holosko tous les religieux Rédemptoristes, pendant deux ans.

Quand l’archevêque Joseph Slipyj fut arrêté, il remit ses pouvoirs au Belge Joseph De Vocht. Ce dernier fut expulsé en 1948, année où le père Ivan lui succéda. Il devenait ainsi la cible particulière de la police.

Le père Ivan Ziatyk fut arrêté courant janvier 1950. Interrogé longuement, il fut déclaré coupable d’avoir répandu les idées du Pape de Rome, d’avoir répandu la Foi catholique parmi les nations du monde entier pour tous en faire des catholiques. En outre, le Père était gravement coupable d’avoir coopéré avec des associations nationalistes anti-soviétiques et d’avoir soutenu la propagande anti-soviétique. Pour expier ces graves crimes, le père Ivan fut condamné à dix ans de travaux forcés. Il commença son bagne à la prison de Zolochiv (Ukraine occidentale), puis à Ozernyi (Irkutsk, Sibérie).

Pendant ces dures périodes, le Père affronta de fréquents interrogatoires, de dures vexations et de pénibles tortures : on voulait le faire quitter l’Eglise catholique et adhérer à l’Orthodoxie. Il refusa constamment.

Le Vendredi Saint (11 avril) 1952 (ou bien, selon le calendrier oriental, le 18 avril ; selon le calendrier julien c’était au contraire le 5 avril), on plongea le père Ivan dans un bain d’eau froide, où il perdit connaissance ; puis il fut battu et abandonné dehors dans le désert de Sibérie, où il mourut quelques jours plus tard.

Ivan est commémoré au Martyrologe le 17 mai, mais il mourut peut-être le 17 avril, car on voit mal comment le malheureux aura résisté au froid glacial de Sibérie pendant un mois, surtout après les mauvais traitements qui l’avaient déjà tellement affaibli.

Ivan Ziatyk fut ensuite enterré dans le cimetière 373 de la zone du Lac Baikal, district de Tajshet, région d’Irkyts’k, a-t-on précisé officiellement.

Le Martyr a été béatifié en 2001.

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15 mai 2020 5 15 /05 /mai /2020 23:00

16 MAI

 

?

Ss Felix et Gennadius, martyrs à Uzalum.
Ss Aquilin et Victorien, martyrs à Isaurie.

Ste Maxime, vierge à Fréjus.

III.

S Fort, premier évêque à Bordeaux et martyr (?) ; chaque année les mamans avec leurs enfants accourent sur son tombeau ; peut-être pieuse déformation du “saint Feretrum”, “saint brancard” d’où l’on portait la châsse de s. Seurin, et qui devint le saint fort… et s. Fort.

IV.

Ss Florentius et Diocletianus, martyrs à Osimo.

S Peregrinus, premier évêque à Auxerre, martyr.

Ss Abdas et Ebedjesus, évêques en Perse, martyrs avec trente-huit Compagnons : seize prêtres, neuf diacres, six moines, sept vierges.

S Hilaire, évêque à Pavie.

V.

S Possidius, évêque à Calama, disciple et historien de s. Augustin, patron de La Mirandola où sont ses reliques.

VI.

S Fidolus, abbé à l’Isle-Aumont.

S Brendan, abbé à Clonfert.

S Carantoc, abbé et évêque à Cardigan.

S Eman, venu de Cappadoce en Gaule, prêtre, martyr dans la région de Chartres.

S Honoré, évêque à Amiens ; il vit un jour la main du Christ qui consacrait en même temps que lui ; il fut invoqué pour mettre fin à la sécheresse, mais il reste le patron des boulangers.

S Germier, mystérieux évêque à Toulouse, où il aurait été nommé par Clovis.

VII.

S Geins, solitaire à Bausset, où il fit jaillir une source d’eau et de vin.

VIII.

S Annobert (Alnobert), évêque à Sées. 

XII.

S Geins, solitaire (différent de celui du même nom et du même jour), au même lieu.

S Ubaldo, évêque à Gubbio où il réforma le chapître et résista à Frédéric Barberousse.

XIII.

B Adamo, abbé bénédictin à San Savino, invoqué contre l’épilepsie.

S Simon Stock, carme anglais, favorisé d’une très fameuse vision de la Sainte Vierge.

XIV.    

S Jean Népomucène, prêtre bohème, martyrisé sur ordre du roi qui voulait en obtenir le secret des confessions de sa femme ; le 20 mars au Martyrologe.

XVII.

S Andrzej Bobola, jésuite polonais, horriblement torturé en Lituanie, et dont le corps fut retrouvé intact quarante-cinq ans plus tard.

XX.

B Michał Woźniak (1875-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

B Vladimir Ghika (1873-1954), prélat catholique, de famille roumaine princière et orthodoxe, martyr, mort en prison près de Bucarest, béatifié en 2013.

Felix et Gennadius d’Uzalum

?

 

Uzalum était une localité d’Afrique proconsulaire (act. Tunisie) et se trouvait non loin d’Utica (et de Carthage).

C’est là que furent martyrisés Felix et Gennadius, à une époque et dans des circonstances que nous ignorons.

Saints Felix et Gennadius d’Uzalum sont commémorés le 16 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Florentius et Diocletianus d’Osimo

† 301

 

On a déjà parlé de ces deux Martyrs dans la notice de s.Anthimus (v. 11 mai).

Ils venaient d’Orient et furent disciples d’Anthimus à Rome.

Fuyant la persécution qui commençait, ils se réfugièrent à Osimo, chez le proconsul Piinianus, mais la populace les retrouva et les lapida.

Saints Florentius et Diocletianus sont commémorés le 16 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Peregrinus d’Auxerre

† 304

 

Peregrinus (Pèlerin) venait de Rome, envoyé par le pape Xyste II, avec des compagnons : le prêtre Marsus, le diacre Corcodemus, les sous-diacres Iovinianus et Alexander, le lecteur Iovinianus.

Leur voyage passa par Marseille et Lyon, où ils accomplirent déjà quelques prodiges.

Ils parvinrent à Autissiodorum, l’actuelle Auxerre (89), où déjà se firent des conversions. On mit fin au culte d’Icauna, la déesse personnifiée de l’Yonne et on planta la croix du Christ.

Mais à quelques lieues de là, se trouvait le centre d’un culte païen, avec un temple dédié à Jupiter. Peregrinus ne tarda pas à s’y présenter pour prêcher la Vérité. Mais là, on se jeta sur lui, on le conduisit au préfet romain. Peregrinus fut immédiatement remis aux soldats et aux bourreaux ; roué de coups, épuisé de mauvais traitements, il allait expirer quand il reçut un coup d’épée qui lui trancha la tête.

C’était le 16 mai 304 (certains voudraient avancer cette date aux années 250).

Saint Peregrinus d’Auxerre est commémoré le 16 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Abdas et Ebedjesus de Perse

† 375

 

Ces deux évêques furent très liés à leur saint Confrère, Marutha (v. 16 février).

Abdas était évêque de Suse (ou Chouchan dans la Bible, auj. Shush, Iran SW).

Un incident remit en cause la bonne entente à laquelle étaient parvenus le roi Yazdgard 1er et Marutha. Un prêtre chrétien d’Hormizd-Ardachir avait détruit l’autel du feu des Zoroastriens et le roi exigeait que les chrétiens de Suse le reconstruisissent à leurs frais, ce que refusa Abdas.

Ebedjesus était évêque de Nisibe (auj. Nusaybin, Mardin, Turquie SE).

On n’en sait pas grand-chose ; il mentionne des œuvres de Marutha. On a de lui aussi une homélie pour le dimanche de Quasimodo.

En 375, sous le roi Sapor II, ils furent martyrisés, ainsi que seize prêtres, neuf diacres, six moines et sept vierges, mais pas aux mêmes jours ni aux mêmes endroits.

Abdas fut décapité à Ledan, le 28 mai, avec les prêtres, les diacres et les moines. 

Ebedjesu et le prêtre Abdalah furent décapités quelques jours plus tard ; comme ils ne pouvaient plus marcher parce qu’on leur avait brisé tous les os, on dut les porter de la prison à l’endroit du martyre. Les vierges furent envoyées à Lapet, chargées de chaînes, pour y être jugées ; la foule indignée protestait contre les mauvais traitements qu’on infligeait à ces pauvres innocentes, mais elles furent aussi décapitées sans tarder.

Le Martyrologe actuel ne reprend pas les noms des trente-huit Compagnons des deux Evêques, mais on les connaît ; les voici : 

Les seize prêtres :  trois Abdalah, Simeon, Abraham, Aba, Ajabel, Joseph, Han, trois Ebedjesu, Jean, Maris, Barhadbesciab, Rozicha.

Les neuf diacres : Eliab, Ebedjesu, Han, Marjab, deux Maris, Abdia, Barhadbesciab, Simeon.

Les six moines : Papa, Evoles, deux Ebedjesu, Phachide, Samuel.

Les sept vierges : deux Maria, Tathe, Eme, Adrame, Mame, Marache.

Saints Abdas et Ebedjesus de Perse, avec leurs trente-huit Compagnons sont commémorés le 16 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Possidius de Calama

† 440

 

Possidius fut disciple de s.Augustin (v. 28 août) à Hippone, où il connut Alypius (v. 15 août), le successeur d’Augustin.

Il est resté célèbre pour l’amitié qui le lia à s.Augustin ; la biographie qu’il en écrivit nous est particulièrement précieuse pour son authenticité et sa précision historique.

En 397, il fut élu évêque de Calama (ou Malaca, act. Guelma, Algérie).

Avec Augustin, il lutta conte le donatisme, assista au concile de Milève contre le pélagianisme (416).

Il assistait encore son Ami sur son lit de mort en 430.

On présume qu’il mourut après 437, mais sans certitude.

Saint Possidius de Calama est commémoré le 16 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fidolus d’Isle-Aumont

480-540

 

Fidolus, qu’on a traduit ou orthographié diversement en français : Phal, Fal, Fidole, Fidèle, Fiel, naquit vers 480 à Clermont, d’un père «sénateur», soit gouverneur de la province.

Vers 526, l’armée de Théodoric, roi d’Austrasie, l’enleva et le fit prisonnier. Aventinus, un célèbre moine des environs de Troyes, divinement informé, le racheta pour douze pièces d’or et l’orienta dans la pratique des vertus. Effectivement, Fidolus se montra exemplaire par son humilité, son obéissance, son esprit d’oraison… et ses mortifications.

Aventinus le fit ordonner prêtre et le nomma prieur de sa communauté d’Isle-Aumont. Puis désirant se retirer, il établit Fidolus abbé.

Pour les moines, Fidolus savait conserver un juste milieu entre l’indulgence et la sévérité, mais il était beaucoup moins indulgent pour lui-même.

Il fit quantité de miracles : deux aveugles furent guéris par un seul signe de croix ; un homme atteint de la rage fut guéri. Ces miracles ne cessèrent pas après la mort de Fidolus, bien au contraire.

Fidolus mourut le 16 mai, vers 540.

Saint Phal est commémoré le 16 mai dans le Martyrologe Romain.

C’est de la localité de Saint-Phal que sainte Jehanne d’Arc (v. 30 mai) écrivit aux Troyens, leur demandant d’ouvrir les portes au gentil Roy de France. C’est pour cette raison que le blason de Saint-Phal porte la tête de Jehanne d’Arc.

Quant à l’abbaye d’Isle-Aumont, qui prit le nom d’Isle-Saint-Aventin, elle fut détruite lors d’une invasion des Vikings, et remplacée en 1097 par un prieuré bénédictin, dépendant de Molesme.

 

 

Brendan de Clonfert

484-571

 

Brendan, en irlandais Breanainn, naquit vers 484 à Ciarraight Luachra (Munster, Irlande). Il eut une sœur.

Il reçut le baptême des mains de l’évêque Erec.

Il étudia à l’abbaye de Llancarfan, où il étudia le latin, le grec, les mathématiques, la littérature, la médecine et l’astronomie.

Un très ancien et célèbre manuscrit raconte la Navigatio sancti Brendani, récit apparemment fabuleux de grands et longs voyages que Brendan aurait effectués.

Vers 515, son premier voyage l’aurait conduit aux îles Féroé et en Islande. Vers 530, il s’aventura sur l’Atlantique, pendant sept ans, et serait arrivé aux Canaries ; vers 545, il aurait rejoint les Açores ou même les Antilles, qu’il comparait au Paradis.

Il voyagea beaucoup (vingt-cinq ans, dit-on, mais le chiffre est exagéré) dans les îles Britanniques, en Bretagne ; il serait à l’origine d’un monastère à Aleth.

En 561, donc quinze ans après son dernier voyage, il aurait fondé le célèbre monastère de Clonfert.

Brendan aurait écrit une Règle monastique sous la dictée des anges.

Il mourut vers 577, près de sa sœur, qui avait fondé de son côté l’abbaye d’Enach Dvin.

Saint Brendan est commémoré le 16 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Carantoc de Cardigan

6e siècle

 

Diverses histoires, parfois extrêmement fabuleuses, ont circulé sur Carantoc, confondant probablement plusieurs personnages. On a déjà rencontré s.Caradoc (v. 13 avril) ; voici Carantoc.

Celui que l’on nomme ici Carantoc est présenté, selon les endroits, comme Carannog en gallois, Cairnech en irlandais, Karanteg en breton, Carantock en anglais, Carantocus en latin, etc (!).

Carantoc - appelons-le ainsi - serait né au 5e siècle en l’île de Bretagne, fils du roi Keredig et petit-fils de Cuneda, qui fonda la Pays de Galles après le départ des Romains.

Quand on proposa à Carantoc la succession de son vieux père, il aurait pris peur devant cette responsabilité et se serait enfui, devenant désormais un moine itinérant.

Il fonda l’église de Llangrannog, avant d’aller se fixer en Irlande, auprès de s.Patrice (v. 17 mars). Puis il se déplaça : au Pays de Galles, en Armorique, de nouveau au Pays de Galles et dans le Somerset, enfin en Cornouaille.

Au Pays de Galles, il aurait fondé un monastère, où une sainte amitié se tissa entre lui et son disciple, s.Tenenan, qu’il guérit de la lèpre.

Au Somerset, le roi Arthur lui fit le don d’un grand terrain pour fonder un autre monastère.

En Cornouailles, il fonda une église, à Crantock.

Le passage de Carantoc en Armorique est peut-être attesté par la toponymie : Ranngrannog, Carantec, Grannog…

Carantoc serait aussi passé en Franche-Comté, où il fit cesser une grave famine dont souffrait s.Colomban (v. 23 novembre) et ses moines à Luxeuil, à moins que Colomban ait été favorisé d’une apparition miraculeuse de Carantoc.

Il serait aussi devenu évêque de Cardigan (Pays de Galles), d’après le Martyrologe.

C’est en Irlande qu’il serait mort, au terme de ces longues pérégrinations.

Saint Carantoc est commémoré le 16 mai dans le Martyrologe Romain, qui le nomme évêque et abbé de Cardigan.

Honoré d’Amiens

† 600

 

Honoratus serait né à Port-le-Grand (Abbeville, Somme) dans la famille des comtes de Ponthieu.

C’est peut-être sur l’anecdote suivante, remontant à son adolescence, que s’appuie la tradition du protecteur des boulangers.

Lorsque le jeune Honoratus fit part à la domestique qu’il voulait devenir prêtre, cette dernière était en train d’enfourner le pain et lui répondit, moqueuse : Tu seras évêque quand ma pelle aura des feuilles. La pelle se mit à verdir !

On raconte cependant qu’Honoratus montra de bonnes dispositions dès son jeune âge. Il eut pour maître l’évêque d’Amiens, Beatus, à la mort duquel il succéda, vers 554. 

Un prodige aurait eu lieu au moment où l’on manifestait ce choix à Honoratus : alors que par modestie il refusait, un rayon de lumière et une mystérieuse huile apparurent sur sa tête.

Devenu évêque, il fit l’heureuse invention des reliques des saints Fuscianus et Victoricus (v. 11 décembre).

Durant une célébration liturgique, il aurait eu la vision du Christ qui, de sa main, consacrait avec lui le Pain eucharistique.

Honoratus mourut à Port-le-Grand vers l’an 600.

En 1060, une grave sécheresse cessa à Amiens après qu’on ait porté en procession la châsse de saint Honoré.

Au 13e siècle, fut construite à Paris une grande église Saint-Honoré, qui abrita au 15e siècle la première confrérie de boulangers (l’église fut détruite sous la Révolution et il n’en reste que le faubourg et la rue). C’est donc en l’honneur du Patron des boulangers qu’on a donné le nom de saint-honoré au fameux gâteau à la crème.

Saint Honoré est commémoré, très laconiquement, le 16 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Germier de Toulouse

† 691

 

La figure de Germier reste enveloppée de mystère.

Il aurait été évêque de Toulouse, après Erembert (v. 14 mai), et aurait été sacré évêque par un certain Tornoald, qu’on ne trouve dans aucune liste épiscopale.

Un de ses grands mérites, d’après le Martyrologe, fut d’avoir développé le culte envers s.Saturninus, le fondateur du diocèse de Toulouse (v. 29 novembre).

Il serait mort vers 691.

Saint Germier de Toulouse est commémoré le 16 mai dans le Martyrologe Romain.

Ubaldo Baldassini

1084-1160

 

Ubaldo Baldassini naquit vers 1084 à Gubbio, de Rovaldo ; il eut une sœur.

Orphelin de père, il fut confié à son oncle, qui s’appelait lui-même Ubaldo et qui le fit étudier auprès des chanoines de San Secondo, puis de San Mariano.

Une de ses premières expériences négatives, fut d’observer la vie immorale du clergé. Il retourna à San Secondo et fut ordonné prêtre en 1114. Nommé à son tour chanoine, il fit une retraite chez les chanoines de Ravenne pour s’imprégner de l’esprit canonical et s’employa ensuite à restaurer un style de vie exemplaire parmi les chanoines de la cathédrale. 

En 1125, un incendie ravagea la ville de Gubbio ; les bâtiments du chapitre furent détruits ; Ubaldo se retira à Fonte Avellana pour y vivre en simple moine, mais le prieur le convainquit d’aller restaurer le chapitre de Gubbio : Ubaldo obéit et le chapitre prit un essor merveilleux.

En 1126, il refusa l’évêché de Pérouse, mais dut accepter celui de Gubbio en 1128. Il allait se montrer vrai pasteur.

D’abord, il continua de vivre dans la pauvreté et resta inflexible à refuser des dignités à sa parenté. Ensuite, il se montra homme de paix et de pardon, en plusieurs occasions mémorables.

Ainsi, il reprocha à un maçon, chargé de travaux sur les murs de la ville, d’avoir commis des dégâts dans la vigne d’un voisin ; le maçon s’emporta et lança l’évêque dans une cuve de mortier frais ; Ubaldo retourna à l’évêché comme si de rien n’était ; mais quand la population réclama le bannissement du coupable, l’évêque le convoqua et lui dit : Donne-moi le baiser de paix, et que le Seigneur tout-puissant te remette cela et tous tes péchés.

Lors d’une sédition au cœur de la ville, Ubaldo intervint entre les deux factions, qui l’accablèrent de pierres. Le croyant mort, les combattants s’arrêtèrent stupéfaits et navrés ; l’évêque se releva cependant, pour la joie de tous, ayant épargné de plus grands malheurs à la ville.

Par sa prière, il obtint la cessation du siège de Gubbio par les villes voisines. Pour se venger, celles-ci appelèrent Frédéric Barberousse, qui venait de saccager Spolète, d’aller saccager aussi Gubbio. Ubaldo alla courageusement au-devant de l’empereur qui, conquis par la douceur de l’évêque, le traita très respectueusement et épargna la ville (1155).

Les dernières années d’Ubaldo furent douloureuses : il se cassa deux fois la jambe et une fois le bras droit et son corps fut couvert d’ulcères. Patient, Ubaldo supporta ces maux jusqu’à la fin, au soir de la Pentecôte, 16 mai 1160.

Les habitants de Gubbio vénèrent ainsi leur évêque : 

Si vis salutem Patriæ

Gens Eugubina Præsulem

Ubaldum semper invoca

ipsumque exora ut protegat.

 

«Si tu veux le salut de ta ville, ô peuple de Gubbio, invoque toujours l’Evêque Ubaldo et supplie-le de te protéger».

Ubaldo Baldassini de Gubbio fut canonisé en 1192. Son culte s’est répandu jusqu’en Alsace.

 

 

Adamo de Fermo

?-1209

 

Adamo naquit dans la deuxième moitié du 12e siècle à Fermo (Marches, Italie CE).

On ne nous renseigne pas davantage sur ses origines.

Il mena quelque temps la vie de solitaire, puis entra dans le proche monastère bénédictin de San Savino, dont il devint abbé.

Sa mort advint (très probablement) le 16 mai 1209 (1213 ?) et il fut considéré comme Saint.

On l’invoque contre l’épilepsie.

Le Martyrologe le mentionne brièvement au 16 mai.

 

 

Simon Stock

1164-1265

 

Simon Stock semble poser quelques problèmes aux historiens scrupuleux.

Il serait né en 1264 dans le Kent (Angleterre) et aurait porté d’abord le nom de John.

Le nom même de Stock («tronc d’arbre») lui aurait été donné parce qu’à l’âge de douze ans il se serait retiré dans le tronc d’un grand chêne, pour y mener une vie d’ermite.

En 1213, il serait entré dans l’Ordre du Carmel, récemment établi en Angleterre à Aylesford (Kent) et aurait été nommé vicaire de l’Ordre pour les provinces occidentales dès 1215.

En 1226, il eut une audience du pape à Rome, et partit en Terre Sainte pour assister au chapitre général de 1237, et fut de retour en Angleterre en 1245, après le concile de Lyon.

D’après une autre tradition, les événements précédents se seraient succédé diversement : Simon ne serait entré au Carmel qu’après son pèlerinage en Terre Sainte ; puis, à la suite de la reprise de la Palestine par les Turcs (Jérusalem était tombée en 1187), les Carmes avaient dû se replier en Europe.

En Angleterre, Simon montra tout son zèle pour l’expansion et l’affermissement de l’Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel. En 1247, à quatre-vingt-deux ans, il fut élu Général de l’Ordre : il fonda plusieurs maisons (Cambridge, Oxford en 1248, Paris et Bologne en 1260), obtint l’approbation papale de l’Ordre et de la règle.

C’est en 1251, à Cambridge, que Simon aurait eu la si fameuse apparition de la Sainte Vierge lui présentant le scapulaire qu’elle désirait faire porter aux membres de l’Ordre, et promettant que tous ceux qui le porteraient, seraient assurés d’entrer dans la Vie éternelle.

C’est au cours d’un voyage pour visiter les maisons de l’Ordre, que Simon Stock mourut, à Bordeaux, le 16 mai 1265, à cent-un ans.

Ses dernières paroles furent cette prière, répétée depuis par des millions de bouches : Saint Marie, Mère de Dieu, prie pour nous, pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

Les miracles opérés à sa tombe engendrèrent un début de culte à Bordeaux dès le 15e siècle. La voix populaire le «canonisa» ; des reliques furent portées ailleurs : un tibia à Kensington, une partie du crâne à Aylesford. Les reliques présentes à Bordeaux furent cachées durant la Révolution française et se trouvent actuellement dans la cathédrale bordelaise.

Simon Stock est «saint» dans son Ordre, bienheureux pour l’Eglise, qui l’a inscrit au Martyrologe au 16 mai.

 

 

Jan Velflín de Pomuk

1345-1393

 

Jan Velflín de Pomuk était né vers 1345 dans la petite localité de Pomuk en Bohême (auj. Nepomuk, République tchèque). On l’appelle en français : Jean Népomucène.

Sa mère l’aurait obtenu après beaucoup de prières à la Sainte Vierge. Sauvé ensuite d’une maladie mortelle par la protection de Marie, il fut consacré à Dieu par ses parents dans le proche monastère cistercien.

Il étudia d’abord à Prague, puis fut reçu docteur en théologie et en droit canonique à l’université de Padoue (années 1383-1387).

Il se prépara à l’ordination sacerdotale par une retraite d’un mois et, sitôt ordonné, fut chargé de la prédication dans la paroisse Notre-Dame de Tein : on courait à ses sermons, beaucoup se convertirent.

On lui conféra un canonicat au chapitre de Prague et, en 1393, il fut nommé vicaire général de l’archevêque Jan de Jenštejn.

Sur ces entrefaites, le roi Wenceslas (non pas le Saint, v. 28 septembre), invita Jan à prêcher à la cour. C’était un bien grand honneur pour l’humble prêtre, mais Jan n’accepta que pour pouvoir parler à tout ce monde et en obtenir la conversion, outre qu’il pouvait disposer de plus de ressources pour secourir les pauvres. La reine, beaucoup plus vertueuse que son mari, se réjouit beaucoup de la présence de Jan, qui devint son confesseur.

Il semble que le différent principal qui surgit entre le roi et Jan, fut la nomination contestée du nouvel abbé de Kladruby.

Mais à cela s’ajoute que le roi aurait exigé de Jan de lui révéler les confessions de la reine et que le net refus de Jan aurait été la cause de son prochain martyre. Toutefois ce genre de détails semble avoir été ajouté tardivement.

On rapporte aussi qu’après une erreur du cuisinier, le roi aurait ordonné de faire rôtir ce dernier à petit feu ; Jan aurait dûment protesté, et aurait été jeté en prison, sans nourriture ; puis le roi l’aurait fait libérer et l’aurait reçu à sa table, renouvelant encore ses instances au sujet des confessions de la reine.

Le refus constant de Jan aurait irrité le roi ; remis en prison, libéré sur les instances de la reine, il put prêcher encore quelque temps, annonçant les maux qui allaient fondre sur le royaume.

La réalité est que, rentrant à Prague un soir, Jan fut introduit manu militari devant le roi, qui réitéra sa demande et finalement, sur la négation constante de Jan, le fit jeter dans la Moldau pieds et poings liés, assez tard pour que personne ne vît cette horrible mort. Le digne prêtre fut précipité du pont qui relie la grande et la petite Prague.

C’était la veille de l’Ascension, 16 mai 1393.

Contrairement à la volonté du roi, l’épisode fut extrêmement connu, car de mystérieuses clartés accompagnèrent le saint corps, qui fut ramené sur terre et enterré dignement dans la cathédrale.

Le roi chercha à oublier ce crime, sans y parvenir, perdit bientôt son trône et fut frappé d’apoplexie.

De nombreux miracles eurent lieu sur le tombeau de Jan, qui devint le Protecteur céleste de la Maison d’Autriche et des empereurs d’Allemagne.

Jan de Pomuk fut béatifié en 1721, canonisé en 1729, le Martyrologe le mentionne au 20 mars.

Il est le protecteur des prêtres, gardiens du secret de la confession ; on l’invoque aussi contre les inondations et les noyades.

 

 

Andrzej Bobola

1591-1657

 

D’une famille de petite noblesse, il naquit le 30 novembre 1591 à Strachocina (Pologne) et reçut le nom du Saint du jour, l’apôtre André. Son père, Nicolas, travaille dans les domaines royaux.

Après ses études au collège jésuite de Braniewo, il entra au noviciat des Jésuites à Wilno (actuelle Vilnius) et prononça ses premiers vœux en 1613. 

Il étudia la philosophie, puis effectua deux années d’apostolat et d’enseignement aux collèges de Braniewo et Polotsk. Il entama la théologie et passa son examen en 1621.

Il fut ordonné prêtre en 1622, le jour même où étaient canonisés deux Fondateurs de l’Ordre jésuite : Ignace de Loyola et François Xavier. Il échoua cependant à l’examen final de théologie.

Andrzej fut suivi par Philipp Frisius pour achever sa formation. Ce dernier l’aimait beaucoup, il le savait assidu, attentif aux autres, sensible à la misère de la population ; c’était l’un de ses meilleurs étudiants, quoique un peu trop adonné à la nourriture et à la boisson… Malgré quelques réticences de certains supérieurs, ce bon élève fit enfin sa profession solennelle en 1630.

Un moment recteur de l’église de Nieśwież, Andrzej se vit confier des activités à Vilnius. Sa prédication était très appréciée, et on le vit à Bobroujsk, Rock, Varsovie, Płock, Łomża, Pińsk, Wilno, Pińsk. Pendant plus de vingt ans, tour à tour supérieur, prédicateur, conseiller, il enseignera, baptisera, administrera les sacrements, rencontrera le peuple, qui l’appréciera pour son authenticité de vie, sa foi, son immense charité. 

Il combatait l’erreur partout où il la rencontrait, et devint l’objet des attaques des schismatiques. Dans cette région orientale de la Pologne, les orthodoxes étaient divisés entre Rome et Moscou, tandis que les Cosaques s’en prenaient aux Catholiques, détruisant leurs églises et leurs cultures. Andrzej fut une de leur cible. On le fit insulter, bafouer, frapper, quotidiennement ; mais comme la patience d’Andrzej servait sa cause au lieu de la perdre, ses ennemis convinrent avec deux Cosaques de le faire disparaître.

On l’arrêta à la sortie de sa messe, à Janów Poleski : il fut attaché à un arbre, dénudé, battu, violemment frappé à la tête ; on le conduisit chez un boucher, on le brûla avec des torches, on l’étrangla à demi avec des branches vertes, on lui arracha la peau de la tête, on lui cassa les dents en le frappant au visage, on lui arracha la peau du dos en essuyant avec de la paille le sang qui coulait, et on lui fit des griffes en lui enfonçant des roseaux sous les ongles. On lui coupa le nez et les lèvres et on l’abandonna sur un fumier ; deux heures après il fut achevé d’un coup de sabre.

C’était le 16 mai 1657. Une lumière brillante signala à Janów l’endroit du martyre, mettant en fuite les malheureux Cosaques. Les chrétiens ensevelirent pieusement leur Martyr à Pińsk, qui fut retrouvé sans corruption quarante-cinq ans plus tard.

Andrzej aurait prédit l’indépendance de la Pologne.

Suite à la partition de la Pologne, Andrzej ne sera béatifié qu’en 1853, canonisé en 1938, proclamé en 2002 patron de la Pologne avec saint Adalbert et saint Stanislas. Il est inscrit au 16 mai dans le Martyrologe.

En 1926, le Vatican rachètera à Moscou les reliques d’Andrzej Bobola pour les déposer dans l’église jésuite, d’où elles seront finalement reportées à Varsovie.

 

 

Michał Woźniak

1875-1942

 

Michał, né le 9 septembre 1875 à Suchy (Varsovie, Pologne) était le fils unique d’un couple de paysans, Jan et Marianna. Tout petit il voulait devenir prêtre, mais son père s’y opposait : cela arrive souvent lorsqu’un père de famille compte sur son fils pour lui léguer la ferme qu’il a entretenue avec beaucoup de passion.

Mais le garçon persévéra dans sa vocation : il entra au séminaire de Varsovie à vingt-sept ans, et fut ordonné prêtre en 1906, le jour de la fête de saint Michel (29 septembre).

Avant d’exercer une charge pastorale, il fut envoyé pendant trois années à Turin chez les pères salésiens, récemment fondés par saint Giovanni Bosco, qu’il admirait profondément (v. 31 janvier). 

Revenu en Pologne, il recouvrit plusieurs ministères, successivement à Minsk Mazowiecki, Lodz, Varsovie.

A Minsk, il gagna plus d'une centaine de personnes qui revinrent au catholicisme.

En 1911 il gagna la paroisse Chojnata Mszczonowa, où il resta près de dix ans.

En 1920, il fut curé-doyen près de Lochow, où il put faire reconstruire la belle église néo-gothique détruite en 1915 par l'armée russe.

En 1923, il fut nommé curé à Kutno.

Il reçut la distinction honorifique de prélat domestique du pape en 1922.

Il eut comme vicaire un autre Michał, Oziębłowski celui-là, de vingt-cinq ans son cadet, qui partagera son sort et sera lui aussi béatifié.

Arrêté par la Gestapo le 6 octobre 1941, il est envoyé au camp d’extermination de Lad, puis à celui de Dachau (Allemagne), où les mauvais traitements qu’il subit eurent raison de sa santé.

Il mourut dans ce camp le 16 mai 1942, jour où il est inscrit au Martyrologe.

Son cher Confrère, Michał Oziębłowski, mourra au même endroit le 31 juillet 1942.

Il a été béatifié en 1999 et, en Pologne, tout le groupe de ces cent-huit martyrs est fêté le 13 juin.

 

 

Vladimir Ghika

1873-1954

 

Vladimir Ghika naquit le 25 décembre 1873, à Constantinople, dans une famille régnante roumaine. Il fut baptisé et confirmé dans l’Église orthodoxe.

Il arriva en 1878 en France, suivit des cours à Toulouse, où il fut licencié en droit, et ensuite à Paris, où il intégra l’Institut d’Études Politiques.

Fidèle à la «théologie du besoin», qui sera la règle de sa vie, Vladimir ira se vouer à diverses actions de charité, en France et en Roumanie, avec une immense disponibilité pour les pauvres, les malades, les blessés.

En 1902, après de longues réflexions, il fit son entrée officielle dans l’Église catholique. Après des études à Rome, il obtint, en 1906, une licence en philosophie et un doctorat en théologie. Il fut ordonné prêtre du diocèse de Paris le 7 octobre 1923.

Le 18 novembre 1952, il fut arrêté à Bucarest et condamné à trois ans d’incarcération dans la prison de Jilava près de Bucarest. 

Il y mourut en martyr de la foi le 16 mai 1954.

Mgr Vladimir Ghika a été béatifié en 2013.

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14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 23:00

15 MAI

 

III.

Ss Petrus, Andreas, Paulus et Dionysia, martyrs à Lampsaque ; Dionysia avait seize ans : elle fut décapitée pour avoir regretté l’apostasie d’un autre membre du groupe.

Ss Cassius (prêtre), Victorinus, Maximus, martyrs des Alamans à Clermont. 

?

S Libérateur, premier évêque à Ariano.

IV.

S Simplicius, martyr en Sardaigne.

S Eutice, prêtre martyr à Soriano.

S Achilleus le Thaumaturge, évêque à Larissa, un des membres du concile de Nicée ; il est patron de Presbo, où ont été transférées ses reliques.

S Rheticius, évêque à Autun après la mort de son épouse, tenu en très haute estime par l’empereur Constantin, par les saints Augustin et Jérôme.

V.

S Domnin, diacre à Plaisance.

S Primaël, de Grande-Bretagne, anachorète près de Quimper.

VI.

S Caleb (Elesbaan), roi chrétien en Éthiopie, mais assez cruel, finalement moine exemplaire à Jérusalem.

S Severinus, évêque à Septempeda, qui devint San Severino.

S Hilarus, fondateur d’un monastère près de Faenza, où furent ensuite des Camaldules.

S Melanius, évêque à Viviers.

VII.

S Franchy (Francoveus), moine puis solitaire près de Nevers.

S Ursus, évêque à Fano, dont il est patron secondaire.

IX.

S Rupert, duc de Bingen, fondateur d’hôpitaux, mort à vingt ans.

S Witesindo, un moment renégat sous l’empire de la peur, puis martyr à Cordoue.

X.

S Nicolas le Mystique, évêque à Constantinople ; son surnom était dû à son âge.

XI.

S Isidro, cultivateur madrilène, qu’on vit aidé dans son travail par deux anges ; retrouvé intact au début du XVIIe s., son corps fut à l’origine de la guérison miraculeuse du roi Philippe III ; trois ans après, Isidro sera le premier laïc canonisé par procédure officielle ; il est patron des cultivateurs et de la ville de Madrid.

XV.

B André Abellon, dominicain en Provence où il s’occupa de plusieurs monastères.

 

Martyrs de Lampsaque

† 251

 

Il s’agit ici de quatre Martyrs, dont on connaît les Actes authentiques. Ils étaient cinq, mais l’un d’eux apostasia, comme on va le voir.

Petros était un jeune homme. Invité par le proconsul Optimus à sacrifier à la déesse Vénus, il répondit : 

Je m’étonne que tu veuilles me persuader de sacrifier à une femme impudique et infâme dont les actions sont tellement honteuses qu’on ne pourrait les raconter sans rougir…

Le proconsul le fit étendre sur la roue, attaché avec des chaînes de fer. Tout autour étaient des pièces de bois qui frappaient le corps et brisaient les os du Héros. Finalement, il eut la tête tranchée.

Nicomaque, malheureusement, apostasia sous l’effet de la douleur. Remis à terre, il expira, brusquement étouffé en se mordant la langue. On dit que c’était là l’action du Diable.

Andreas et Paulos furent jetés en prison pendant la nuit ; le lendemain, ils persévéraient dans leur foi, malgré les coups de bâton ; finalement, ils furent livrés à la foule, qui les lapida.

Dionysia, une jeune fille de seize ans qui se trouvait dans la foule, reprocha à Nicomaque son péché et, pour cette attitude, fut arrêtée et remise à deux jeunes débauchés, qui s’épuisèrent à la provoquer. Dans la nuit, l’ange gardien de Denise leur apparut, plein de lumière ; ils en furent tellement bouleversés qu’ils demandèrent à Denise d’intercéder pour qu’il ne leur arrivât rien. 

Le lendemain, on avertit Dionysia que ses deux Compagnons Andreas et Paulos étaient lapidés. Elle se précipita hors de sa prison et alla rejoindre les deux Héros qui étaient en train d’expirer, voulant s’associer à leur mort pour être avec eux au Paradis. Mais on ne l’ «exauça» pas : on l’éloigna de là et on la décapita.

C’était sous l’empereur Dèce, le 15 mai 251.

Les saints Martyrs de Lampsaque, Petros, Andreas, Paulos et Dionysia, sont commémorés le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs de Clermont

† 260

 

Il s’agit ici de trois Martyrs qui moururent pour leur foi lors de l’invasion des Alamans.

Leur chef Chrocus arriva à Clermont, et mit à mort beaucoup de Chrétiens, dont on a retenu trois noms : 

Cassius, prêtre ; 

Victorinus

Maximus.

C’était en 260.

Les saints Martyrs de Clermont, Cassius, Victorinus et Maximus, sont commémorés le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simplicius de Fausina

† 304

 

Simplicius était un prêtre à Fausina (auj. Terranuova), Sardaigne. Il y eut quelque hésitation à reconnaître ou non à ce Martyr la qualité d’évêque, mais s’il l’avait été, on trouverait fort étonnant que son successeur ne fût nommé qu’après trois siècles de vacance.

Il subit le martyre en 304, transpercé d’une lance sous le préfet Barbarus, précisait l’ancien Martyrologe, sans jeu de mots. Toutefois, le Martyrologe actuel ne lui attribue pas non plus le titre de Martyr, qui est peut-être incertain.

On donnait à Simplicius trois Compagnons, qui ne sont pas nommés dans le Martyrologe : Diocletianus, Florentius, Rosula.

La proche cité épiscopale fut Civita, absorbée plus tard par le diocèse de Pise, puis d’Ampurias, enfin de Porto Torrès.

Saint Simplicius de Fausina est commémoré le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Achilleus de Larissa

† 330

 

Avant d’être évêque à Larissa (Thessalie, Grèce CE), Achilleus fit les pèlerinages de Jérusalem et de Rome.

C’est dans la Ville éternelle qu’il reçut l’épiscopat.

Il participa au concile de Nicée (325).

Son activité pastorale fut marquée par une grande sollicitude pour les pauvres, les malades et les étrangers.

On lui a attribué le surnom de Thaumaturge, mais on n’a pas trouvé de récits illustrant ces nombreux et éclatants miracles.

Sa mort eut lieu en 330.

En 978, ses reliques furent portées à Presbo, qui prit alors le nom d’Achilli (Bulgarie). Depuis cet événement, ladite ville l’a pris comme céleste Patron.

Il ne faut pas le confondre avec le Martyr du même nom, fêté avec s.Nérée le 12 mai.

Saint Achilleus de Larissa est commémoré le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rheticius d’Autun

† 334

 

Né d’une famille noble de Gaule, Rheticius naquit à Autun (act. 71).

A cette époque, enseignait dans cette ville un certain Eumène, qui prêchait alors l’idolâtrie. Malgré cette erreur, il était un professeur célèbre, et Rheticius suivit ses leçons.

Il se maria, mais son épouse mourut bientôt. Rheticius se donna entièrement à Dieu.

Vers 310, il devint le troisième évêque d’Autun.

Or en 311, l’empereur Constantin s’arrêta à Autun et rencontra providentiellement Rheticius, qui lui expliqua les premiers éléments de la religion chrétienne.

Rheticius eut une place de premier rang dans les assemblées conciliaires : en 313, il était aux côtés du pape Melchiade à Rome ; en 314, il était un des treize évêques de Gaule réunis en Arles ; dans les deux cas, il s’agissait d’examiner et de condamner le donatisme. La doctrine et l’éloquence de Rheticius s’imposa.

On connaît de lui deux ouvrages importants, dont on n’a malheureusement que des extraits : un traité contre les novatiens et un Commentaire sur le Cantique des Cantiques. Saint Jérôme (v. 30 septembre) en a parlé avec admiration. De Rheticius saint Augustin disait qu’il était un homme de Dieu.

Pour rehausser encore la solennité du baptême, il fit apporter de Terre Saine de l’eau du Jourdain, qu’il mélangea à celle de son baptistère.

Rheticius mourut vers 334.

Saint Rheticius d’Autun est commémoré le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Elesbaan Caleb

† 535

 

Elesbaan était un roi éthiopien du 6e siècle. 

Son nom connut plusieurs variantes.

Un historien grec écrivit Ellatzbaas. Les Ethiopiens nommèrent leur roi Caleb, un nom à la résonnance biblique ; les Arabes, qui n’aimaient pas le roi d’Axoum, transformèrent son nom en al-asbah, «lie-de-vin».

L’historien dont il est question, Cosmas Indicopleustis («navigateur de l’Inde»), était présent dans le port d’Abdulis, quand Elesbaan y formait sa flotte.

Après avoir vaincu les ennemis du Christ, Élesbaan envoya sa couronne royale à Jérusalem, au temps de l'empereur Justin ; puis, après avoir mené la vie monastique, selon le vœu qu'il en avait fait, il s'en alla vers le Seigneur.

On a retrouvé des monnaies de cette époque, dont certaines émanent d’un prince chrétien.

Fêté par les Ethiopiens le 15 mai, saint Elesbaan a été inscrit en ce jour au Martyrologe Romain.

 

 

Severinus de Septempeda

† 545

 

Severinus avait un frère, nommé Victorinus. 

Tous deux distribuèrent aux pauvres leurs biens, qui étaient importants, et se retirèrent dans un ermitage du Monte Nero, proche de Septempeda ; Victorinus en particulier se retira dans une grotte de Pioraco.

Le bruit de leur sainteté parvint aux oreilles du pape Vigile, qui les nomma évêques : Severinus à Septempeda, Victorinus à Camerino. Toutefois, l’élection de Victorinus semble inexacte (ou douteuse), car son nom n’apparaît pas dans la liste épiscopale de Camerino. 

Selon certains, Severinus aurait été présent au moment de la destruction de la ville lors d’une invasion des Goths ou des Lombards ; selon d’autres, il pourrait même avoir été cet évêque Severus présent au concile de Sardica deux siècles plus tôt (vers 343).

Si l’on exclut cette dernière hypothèse, Severinus mourut vers 545. Septempeda, ville des Marches (Italie CE) devint justement San Severino des Marches.

Saint Severinus de Septempeda est commémoré le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

Actuellement, le diocèse de Septempeda (San Severino) a été absorbé par celui de Camerino.

 

 

Rupert de Bingen

712-732

 

Rupert (qui pourrait se traduire par Robert) naquit vers 712 à Bingen (Mayence, Rhénanie, Allemagne W), d’un père encore païen, Robolaus, et d’une noble chrétienne, Berta.

Vers 715, le père mourut ; la maman mit toute son attention à éduquer son fils unique dans la droiture et la piété.

Rupert fut conquis par l’amour de Dieu et par la compassion envers les pauvres. Il n’en rencontrait jamais sans leur adresser quelques mots de consolation et quelque aumône.

Vers 724, sa mère lui procura une joie indicible en lui annonçant qu’elle voulait fonder un monastère où les pauvres seraient secourus.

A quinze ans, il fit le pèlerinage à Rome.

Par la suite, il consacra la plus grande partie de ses biens à fonder des hôpitaux. Il n’avait pas de plus grande joie que de visiter ces maisons et de soigner lui-même les malades.

Une de ses dernières fondations fut le monastère proche de Bingen, où il aimait se retirer.

C’est là qu’il mourut, vers 732, à vingt ans.

Saint Rupert de Bingen est commémoré le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

La biographie de s.Rupert a été écrite par sainte Hildegard de Bingen, qui vécut dans ce monastère quatre siècle plus tard (v. 17 septembre).

 

 

Witesindo de Cordoue

† 855

 

L’attitude de Witedinso va en aider plus d’un à persévérer dans le témoignage de la Foi.

C’était une personne laïque des environs de Cordoue, à Cabra.

Chrétien, il prit peur devant les menaces des Musulmans, qui avaient déjà exécuté une trentaine de prêtres et de vierges. C’est que les Musulmans ne tolèrent pas qu’on dénigre la loi coranique et son Auteur.

Witesindo, donc, se laissa aller à renier sa foi chrétienne. Sommé cependant d’invoquer Allah et son Prophète, il s’y refusa et, cette fois-ci, fut condamné à mort comme renégat.

Il fut décapité en 855, un jour que s.Eulogio (v. 11 mars) ne précise pas.

Saint Witesindo est commémoré le 15 mai dans le Martyrologe Romain.

 

Isidro le Laboureur

1082-1172

 

Né vers 1082 à Madrid (Espagne), Isidro de Merlo y Quintana était le fils de parents très humbles, qui lui enseignèrent à aimer Dieu et à haïr le péché.

Isidro ne fit pas d’études ; sa science lui venait de son élévation spirituelle et de la grâce de Dieu.

Ce grand garçon de deux mètres se mit au service d’un seigneur du pays, Juan (ou Ivan) de Vargas, et épousa une pieuse fille, María Toribia, ou María de la Cabeza (voir au 9 septembre), qui eut un fils.

On rencontre généralement le récit du miracle intervenu lors de la chute du bébé de María dans un puits : elle pria avec son mari, et les eaux du puits montèrent jusqu’à rapporter l’enfant tout souriant. Cet enfant est d’ailleurs vénéré comme saint Illán (localement fêté le 16 mai en Espagne).

Isidro, de son côté, menait une vie toute de piété, sans délaisser jamais son travail. Il visitait les églises de Madrid, priait beaucoup, surtout les jours de fêtes, et y entendait la Messe.

Il fut cependant accusé de négligence pour tant d’heures accordées à la piété (qu’il prenait en réalité sur son sommeil et non sur son travail) : son patron l’observa, et remarqua deux personnages qui l’accompagnaient près de la charrue ; il l’interrogea sur cette présence, et Isidro lui révéla que c’étaient deux anges.

Isidro était aussi libéral que possible, donnant son repas aux pauvres, et aux animaux également. Il portait ainsi au moulin un sac de blé, dont il envoya une partie aux oiseaux du ciel ; mais de retour du moulin, il rapporta la quantité de farine correspondant au sac entier.

Isidro mourut le 15 mai, en 1172 à quatre-vingt-dix ans (ou même plus, si l’on admet qu’il mourut vers 1130). Certains le font mourir plutôt un 30 novembre. Son épouse María mourut quelques années plus tard.

Il fut béatifié en 1619, et canonisé en 1622, mais la bulle de canonisation fut, dit-on, publiée seulement en 1724.

San Isidro est évidemment le saint Patron des cultivateurs, ainsi que des ingénieurs agricoles et agronomes (qui ne le savent peut-être pas).

 

 

André Abellon

1375-1450

 

André Abellon naquit vers 1375 à Saint-Maximin (Var) de parents aubergistes.

Jeune encore, il entra dans l’Ordre dominicain.

De Saint-Maximin, on l’envoya enseigner les arts libéraux à Marseille, puis étudier la théologie à Toulouse, et enseigner la philosophie à Montpellier.

En 1403, il fut Lecteur (professeur) en Avignon.

En 1408, il reçut le doctorat.

Sa vie fut très active et l’on a du mal de le suivre dans tous ses déplacements : 

En 1409, il fut vicaire du couvent de Saint-Maximin, professeur à Paris, en Avignon et à Montpellier, en même temps qu’il prêchait en Provence et dans le Comtat-Venaissin.

En Aix-en-Provence, où il prêcha le plus souvent, et même durant l’épidémie de peste de 1415, il encouragea les habitants à supporter patiemment le fléau tout en aidant généreusement les malades. La mortalité y fut d’ailleurs moins élevée qu’ailleurs, ce qu’on attribua à sa prière.

En 1419, il fut élu prieur à Saint-Maximin, et il y introduisit la réforme. D’ailleurs il y fut réélu en 1425. Il s’y montra excellent administrateur, pourvoyant le monastère de rentes suffisantes - qu’il sut habilement obtenir aussi de Louis II d’Anjou et de sa femme Yolande d’Aragon. On lui doit le cloître et le chœur du monastère.

Il faut signaler ici qu’on attribue aussi à l’habile main d’André quatre peintures qui se trouvent actuellement en la basilique Sainte-Marie-Madeleine à Saint-Maximin.

En 1432, il fut nommé au couvent d’Arles, avec la même mission de réforme. Celle-ci fut brève. Dès la fin de l’année, il regagna Saint-Maximin. En 1436 il alla au couvent d’Aix-en-Provence, dont il fut deux fois élu prieur, mais il renonça à cette deuxième élection.

Après un nouveau séjour à Marseille, il revint à Aix, où il s’éteignit le 15 mai 1450.

Ses reliques furent re-découvertes lors de la restauration de l’église au 19e siècle, et André Abellon fut béatifié en 1902.

 

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13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 23:00

14 MAI

 

I.

S Matthias (cf. Ac 15-26), apôtre mort à Jérusalem (ou en Éthiopie ?), dont les reliques seraient à Trêves, représenté avec hallebarde ou épée, et parfois même transpercé par celles-ci par allusion à son martyre.

II.

Stes Iusta, Iustina et Heredinavierges martyres en Sardaigne.

S Victor et ste Corona, lui, militaire, elle, jeune femme de seize ans et déjà mariée, martyrs en Egypte ; Victor eut les doigt brisés, fut jeté dans une fournaise ardente puis décapité ; Couronne fut écartelée après avoir été liée entre deux arbres qu’on avait inclinés, puis relâchés.

III.

S Maximos, martyr lapidé en Asie, peut-être à Ephèse.

S Isidoros, martyr à Chio ; il fut jeté dans un puits dont l’eau guérit les malades.

S Pontius, de famille sénatoriale romaine, martyr à Cimiez.

IV.

Ss Felix et Fortunatus, martyrs à Aquileia.

S Boniface, intendant débauché d’une riche romaine, venu à Tarse où, converti, il subit le martyre.

V.

S Aprunculus, évêque chassé de Langres et élu à Clermont, déjà mentionné le 4 janvier.

S Ampelius, forgeron égyptien, venu mourir près de Gênes, patron des forgerons. 

VI.

S Gallus, moine auvergnat, évêque à Clermont, oncle et maître de s. Grégoire de Tours. 

S Bévignat, ermite près de Pérouse.

S Boniface, évêque à Ferento.

VII.

S Gildéric (Joudry), écossais, ermite près de Exmes ; on l’invoque contre la fièvre.

S Carthage le Jeune (Mochuda), évêque à Lismore après avoir guidé plus de huit cents moines à Rathin.

S Erembert, évêque à Toulouse, qui finit sa vie à l’abbaye Saint-Wandrille.

X.

B Tuton, évêque à Ratisbonne, aveugle à la fin de ses jours.

XI.

S Halward (Harward), martyrisé en Norvège en protégeant une femme injustement accusée.

XIII.

B Gil de Vaozela, portugais, d’abord égaré dans la magie noire et la nécromancie, puis dominicain, provincial d’Espagne, retiré à Santarém au Portugal, mystique.

XIV.

Bse Julian de Norwich, mystique anglaise, recluse dès l’âge de treize ans.

XIX.

Bx Jeong Cheol-sang Carolus, Jeong In-hyeok Thaddeus, Jeong Bok-hye Candida, Yun Un-hye Lucia, Choe Pil-je Petrus, laïcs coréens martyrs, décapités, béatifiés en 2014.

Ste Anne Thérèse Guérin (Théodore), française, fondatrice aux Etats-Unis de la Congrégation des Sœurs de la Providence, béatifiée en 1998, canonisée en 2006.

S Mixel Garikoitz, basque, fondateur des prêtres du Sacré-Cœur de Bétharram.

Bse Maria Domenica Mazzarello, fondatrice piémontaise de l’Institut des Filles de Marie Auxiliatrice, œuvre très liée à celle de s. Giovanni Bosco.

Matthias, apôtre

Ier siècle

 

Saint Matthias est cet apôtre qui fut appelé à occuper, parmi les apôtres, la place laissée libre par la trahison de Judas.

Au lendemain de l’Ascension du Seigneur, ainsi que le narre saint Luc dans le livre des Actes des Apôtres (Ac 1:13-26), ces derniers étaient assemblés à Jérusalem, priant et attendant la venue de l’Esprit Saint.

C’est alors que Pierre, usant de l’autorité que lui avait conférée le Christ, prononça son premier discours comme Chef des apôtres, et visiblement inspiré, citant les psaumes 69 et 109, annonce qu’il faut procéder à l’élection d’un douxième apôtre. Humblement, Pierre ne nomme pas d’emblée celui qu’il pense être l’élu, mais il demande à l’assemblée des cent-vingt frères de présenter des candidats, répondant aux deux critères suivants : ils doivent avoir accompagné les apôtres depuis le baptême de Jésus par Jean-Baptiste - c’est-à-dire depuis le début de la vie publique de Jésus, et avoir été témoins de Sa résurrection.

Cela prouve que, outre les apôtres qu’avait choisis Jésus, d’autres aussi accompagnaient au moins fréquemment le groupe apostolique, en tout cas étaient en contact assidu avec eux, connaissaient leur vie et l’enseignement de Jésus, vivant dans une réelle intimité avec eux, même s’ils n’en avaient pas, ou pas encore, la dignité reçue par l’appel du Christ. C’est d’ailleurs également dans leurs rangs que Jésus avait choisi les soixante-douze autres disciples, qu’il avait ensuite envoyés deux à deux en mission, et c’est le même saint Luc qui le rapporte dans son évangile (Lc 10).

On peut légitimement présumer que les deux candidats présentés par l’assemblée ce jour-là, faisaient partie de ces soixante-douze disciples.

Là encore, les frères réunis n’osent pas choisir eux-mêmes, mais ils prient ; ils demandent à Dieu de montrer celui qu’Il a choisi et tirent au sort pour connaître la volonté divine. Ainsi est choisi Matthias.

Saint Jean Chrysostome a loué l’humble douceur avec laquelle l’autre candidat, Joseph Bar Sabbas accepta ce choix. Dans l’Écriture, il disparaît totalement. Un témoignage de Papias, recueilli par l’historien Eusèbe, affirme qu’il aurait appartenu aux soixante-douze disciples, et que plus tard, il aurait bu un poison mortel mais qu’il n’en éprouva aucun mal. Ajoutons qu’au IXe siècle, s.Joseph Bar Sabbas fut introduit dans le Martyrologe au 20 juillet, mais n’a pas été retenu dans la dernière édition du Martyrologe Romain, faute d’indices historiques certains.

Quant à Matthias, il fut donc mis au nombre des douze apôtres, dit saint Luc (ibid, 1:26).

On ne connaît rien de sûr sur Matthias. Le nom lui-même signifie “Donné”. Des Actes apocryphes affirment qu’il aurait été originaire de Bethléem, de la tribu de Juda et d’une naissance illustre, ce qui n’est pas invraisemblable, mais reste incontrôlable.

La Tradition n’est pas plus éloquente sur l’apostolat de Matthias. Il aurait évangélisé en Palestine même, ou en Éthiopie, aurait été martyrisé.

Ce qu’on dit de ses reliques peut aussi être reçu avec quelque doute. Le corps transféré par sainte Hélène au IVe siècle, était-il celui de l’apôtre, ou de l’évêque Matthias de Jérusalem mort au IIe siècle ? Est-ce bien le corps et le chef de l’apôtre Matthias que l’on conserve sous l’autel de Sainte-Marie-Majeure à Rome ? Comment se fait-il donc que le corps de l’apôtre se trouve également à Trèves et à Padoue ? Comme cela arrive très souvent, on possède sans doute quelques fragments du corps de l’apôtre, que l’on introduit dans une châsse de cire représentant le corps entier. Il serait fort utile, de nos jours, de procéder à une analyse minutieuse de ces diverses reliques, avec les moyens que la Providence nous permet d’utiliser.

Une autre incertitude a plané sur le dies natalis de saint Matthias. La Tradition est silencieuse aussi à ce sujet. Les martyrologes anciens ne le mentionnent jamais jusqu’au VIIIe siècle ! Ce n’est qu’à partir du IXe siècle que chaque apôtre a sa fête propre, et encore les Grecs ne le mentionnent pas, eux d’habitude si fidèles aux traditions, que l’Église a reprises dans l’élaboration du nouveau Martyrologe.

A partir du XVIe siècle, on finit par fêter le douxième Apôtre au 24 février ; enfin, lors de la dernière réforme du calendrier, il a été fort justement décidé qu’on le fêterait en mai, à un jour correspondant grosso modo à l’anniversaire de son élection au collège apostolique, proche de la fête de l’Ascension et avant la Pentecôte, et cette fête a été établie au 14 mai.

Toutes ces vissicitudes ne doivent pas nous induire à penser que “peut-être” saint Matthias n’aurait pas existé, ni même qu’il n’aurait eu qu’un rôle mineur au sein du collège apostolique. L’Écriture est formelle : son élection est tout-à-fait historique, et c’est le plus important.

Certainement, Matthias aura été très discret, très effacé, conscient de son indignité devant un tel choix divin. Mais il sera non moins certain qu’il aura été fidèle jusqu’au bout, fidèle au Christ, fidèle à l’Église et à saint Pierre.

 

Note. La bienheureuse Anna Katherina Emmerick dit que les deux candidats, Matthias et Joseph Bar Sabbas, n’avaient pas même pensé à être choisis, tandis que d’autres parmi les frères avaient bien ambitionné dans leur cœur cette “promotion”. Elle explique qu’à la dernière Cène, Jésus imposa les mains à quelques-uns des apôtres, et qu’au jour de la Pentecôte, Pierre imposa les mains aux autres, et ici particulièrement à Matthias. Ce dernier devait être un de ceux qui auraient accompagné Pierre à la piscine de Béthesda pour administrer le baptême. C’est là que Pierre prononça le discours de Ac 22:14-40, après lequel furent baptisées trois mille personnes. Plus tard, elle croit voir notre apôtre aux côtés de Pierre à Antioche. Elle les revoit tous autour de Marie au moment de son trépas : André et Matthias en préparent le sépulcre et vont l’ensevelir avec les autres apôtres. Bien sûr, ceci n’est pas vérité d’Evangile, mais ne semble pas non plus contredire l’Ecriture.

 

 

Iusta et Heredina en Sardaigne

2e siècle

 

Il s’agit ici de deux vierges sardes, qui furent mises à mort pour la Foi, sous Hadrien.

Autrefois, on leur adjoignait Iustina.

Ce n’est que sous Constantin, deux siècles plus tard, que la liberté de culte devait être assurée.

Il ressort de certains livres anciens que Iusta, fille de Cleodonia, aurait subi le martyre avec ses deux servantes, Iustina et Henedina (sic).

Deux localités se disputent le lieu de leur martyre : Sassari, Cagliari. Les Vierges auraient été originaires de Cagliari, et martyrisées à Sassari.

Ce martyre a dû avoir lieu vers 120-135.

Saintes Iusta et Heredina sont commémorées le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victor et Corona en Egypte

2e siècle

 

Victor, originaire de Syrie, était un soldat sous Antonin le Pieux et se trouvait en Egypte (le Martyrologe dit en Syrie, par erreur).

Le juge l’ayant invité à abjurer le Christ et à offrir de l’encens aux dieux, Victor s’y refusa.

Il eut les doigts brisés, on le jeta dans une fournaise dont il sorti indemne au bout de trois jours, et fut décapité.

Corona, une jeune femme de seize ans déjà mariée à un soldat, manifesta de la sympathie pour le courageux Martyr et fut immédiatement arrêtée. On ne sait si elle était baptisée, mais elle déclara ouvertement qu’elle était chrétienne et prête à mourir pour le Christ.

On l’attacha à deux arbres dont on inclina les branches avec des cordes, puis on relâcha brusquement les cordes, provoquant la dislocation complète de ce jeune corps. Si Corona n’avait pas encore reçu le baptême par l’eau, elle le reçut par le sang.

Ce pouvait être vers 140-160, durant le règne de l’empereur Antonin.

Saints Victor et Corona sont commémorés le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maximos d’Ephèse

† 250

 

Maximos était né à Ephèse, ou y vivait de son petit négoce. On le savait chrétien.

Quand parut l’édit impérial obligeant les Chrétiens à renoncer au Christ et à adorer les idoles, Maximos fut arrêté.

Les questions et réponses de ce «procès» nous sont parvenus dans leur forme originale du greffe. Voici quelques réparties de Maximos :

Je ne sacrifie qu’au seul Dieu à qui je me félicite d’avoir toujours sacrifié depuis mon enfance.

Ces coups dont je suis frappé pour le nom de Jésus-Christ ne sont point des tourments, mais plutôt une onction.

Les coups en question étaient la torture du bâton qu’avait ordonnée le proconsul. Puis il fit étendre Maximos sur le chevalet pour y être déchiré par les ongles de fer ; on y alluma aussi un feu qui brûlait les chairs de Maxime, en même temps que la fumée l’étouffait. De guerre lasse, le proconsul le fit lapider en-dehors de la ville. Le texte parle d’une grêle de pierres.

On n’est pas sûr de la ville où eut lieu ce martyre ; certains parlaient d’Ephèse, mais le texte original mentionne seulement en Asie.

Saint Maximos d’Ephèse est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isidoros de Chio

† 251

 

Isidoros fut, dit-on, jeté dans un puits, à cause de sa foi en Jésus-Christ, en 251.

L’eau de ce puits fut miraculeuse.

Saint Isidoros de Chio est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pontius de Cimiez

† 258

 

Pontius était un Romain, de parents païens et de famille sénatoriale.

Il fit de bonnes études dans les lettres et la philosophie.

Il eut le bonheur d’entendre une psalmodie de l’office divin, qui le poussa à demander le baptême. C’est le pape Pontianus qui lui conféra ce sacrement.

Le néophyte convainquit bientôt son père et toute la maisonnée de recevoir à leur tour le baptême.

A la mort du sénateur, Pontius vendit tout son héritage pour se donner à la prédication. Il vint à Cimiez (proche de l’actuelle Nice).

Pontius fut arrêté pour sa foi et sommé de sacrifier aux dieux, ce qu’il refusa catégoriquement. Il subit diverses tortures, suspendu à un chevalet et déchiré par les fouets, exposé aux bêtes - qui ne le touchèrent pas -, jeté sur un bûcher - qui s’éteignit -, enfin décapité.

Ce devait être en 258.

La ville de Cimiez fut rasée par les Lombards. Il existe dans l’Hérault une localité Saint-Pons-de-Thomières, dont le monastère abrita les reliques du Martyr.

Saint Pontius de Cimiez est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Felix et Fortunatus d’Aquileia

† 305

 

Il s’agirait ici de deux frères, martyrisés à Aquileia (Frioul, Italie NE), du temps de la persécution de Dioclétien.

D’après la tradition, ils furent successivement écartelés sur le chevalet et brûlés par des torches ardentes, qui s’éteignirent aussitôt. Puis ils eurent le ventre brûlé avec de l’huile bouillante, et furent enfin enfin décapités.

Saints Felix et Fortunatus sont commémorés le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

Nota. Au 23 avril étaient mentionnés trois Martyrs, Felix, Fortunatus et Achilleus, dont les Actes ont semblé fort suspects aux historiens. N’aurait-on pas fabriqué des Martyrs pour l’église de Valence ? Les saints Felix et Fortunatus d’Aquileia seraient devenus Felix, Fortunatus et Achilleus, passant de l’Italie à la proche Valence… On sait que les Martyrs d’Aquileia étaient très connus en Gaule, puisque Venance Fortunat y fait allusion. Ce n’est qu’une hypothèse gratuite.

 

 

Aprunculus de Langres-Clermont

† 491

 

Aprunculus (Abrunculus, Aproncule) était le fils d’un Bourguignon et d’une Auvergnate. Son nom semble signifier petit sanglier.

En 456, il devint le onzième évêque de Langres.

En 484, on ne sait exactement dans quelles circonstances, Aprunculus fut suspecté d’infidélité envers le roi burgonde, Gondebaud, qui l’expulsa, ou le menaça de mort.

L’infortuné alla se réfugier à Clermont, auprès de l’évêque Sidoine Apollinaire (v. 21 août) ; ce dernier prophétisa que son successeur serait Aprunculus, ce qui arriva en effet, en 489. Aprunculus devenait maintenant le douzième évêque de Clermont.

Entre Langres et Clermont, Aprunculus eut un épiscopat de trente-cinq ans.

Il mourut en 491, ou le 4 janvier ou le 14 mai : le Martyrologe présente en effet cette anomalie, qu’il mentionne le même Aprunculus à ces deux dates et dans des termes à peu près similaires.

Par respect pour le livre du Martyrologe, on a aussi gardé ici les deux dates.

Saint Aprunculus de Clermont est donc commémoré le 4 janvier et le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gallus de Clermont

486-551

 

Gallus naquit vers 486 à Clermont, fils du sénateur Georgius et de Leocadia, une descendante d’un Martyr, Vetius Apagathus (v. Martyrs de Lyon en 177, 2 juin). C’était donc une famille bien en vue, et chrétienne depuis longtemps.

Dans sa jeunesse, il fit plusieurs fois à pied le pèlerinage au sanctuaire de s.Julien de Brioude (v. 28 août) ; un jour qu’une épine lui avait blessé le pied, il en fut guéri, dit-il, grâce à l’intercession du Martyr.

Quand Gallus fut en âge, son père lui prépara un mariage digne de son rang. Gallus, qui ne l’entendait pas de cette oreille, se fit accompagner par un des esclaves de la maison et courut au monastère de Cournon.

L’abbé cependant, prudent, lui fit comprendre qu’il fallait le consentement de son père ; ce dernier répondit de façon très chrétienne : Que la volonté de Dieu se fasse plutôt que la mienne (cf. Lc 22:42).

Gallus avait une fort belle voix, étudiait volontiers, et surtout vivait intensément la vie monastique.

L’évêque de Clermont, Quinctianus, le fit venir à Clermont, en raison de cette belle voix ; puis le roi Thierry 1er se l’attacha : Gallus se retrouva à Cologne.

C’est dans cette ville qu’eut lieu un événement fameux, où Gallus faillit être martyr de son zèle : des païens avaient organisé une orgie dans un temple païen ; Gallus y mit le feu. Les païens cherchèrent à le tuer, mais il se réfugia bien vite dans le palais royal, et le roi calma ses sujets. Plus tard, Gallus se reprocha : Malheur à moi qui ne suis pas resté pour finir ma vie dans cette affaire.

En 525, mourut l’évêque de Cologne, Abrunculus, pour la succession duquel les habitants demandèrent Gallus, mais Thierry 1er refusa. Or Gallus se trouvait alors à Clermont, au moment de la mort de Quinctianus, et c’est lui qui vint en porter l’annonce à Thierry 1er. Gallus, encore diacre, fut alors désigné pour succéder à Quinctianus : il fut ordonné prêtre, puis alla à Clermont où il fut sacré évêque.

Il faut remarquer ici un flottement dans les dates. On lit en effet que Gallus aurait été nommé évêque en 486 ou en 525, un intervalle de quarante années durant lesquelles beaucoup de choses pouvaient se passer. Or on remarque quatre noms d’évêques entre 486 (mort de s.Sidoine Apollinaire) et 525 (mort de s.Quinctianus), qui posent problème aux historiens ; pourtant, des quatre, Aprunculus est connu (v. 4 janvier et 14 mai), Eufrasius est signalé en 515, Apollinaire II seul est inconnu, Quinctianus enfin est bien réel (v. 13 novembre). Il semble que la date de 525-526 soit la meilleure.

Gallus fut donc le seizième, et non le douzième évêque de Clermont.

Le nouvel évêque brilla par sa douceur et son humilité.

Un de ses prêtres s’emporta un jour contre lui. Celui-ci se contenta d’aller prier, l’autre demanda pardon, et Gallus lui annonça qu’il ne serait jamais évêque : en effet, le prêtre fut choisi pour l’évêché du Gévaudan, mais ne fut jamais sacré.

Gallus assista à plusieurs conciles : Clermont (535), Orléans (541 et 549).

Des miracles furent attestés. Un prêtre malade arriva à se faufiler et à entrer, tout simplement, dans le lit de Gallus, et s’en trouva guéri. Lors d’un grave incendie dans le centre de Clermont, Gallus avança vers le feu avec le livre de l’Evangile, et le feu s’éteignit. Lors d’une grave épidémie de peste qui couvrait toute la région d’Arles, il refit le pèlerinage à Saint-Julien de Brioude, organisa des prières publiques, et le fléau cessa.

Au printemps 551, Gallus tomba malade et perdit tous ses cheveux et sa barbe. Il distribua une dernière fois l’Eucharistie à son peuple, et mourut le dimanche avant l’Ascension, 14 mai 551.

On connaît tous ces détails grâce à s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre), qui fut le neveu de Gallus.

Saint Gallus de Clermont est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Carthage le Jeune

555-637

 

Celui que l’anglais moderne appelle Carthage, s’appelait en irlandais Mo Chutu mac Fínaill, aujourd’hui Mochuda ; il naquit vers 555 dans la région de Munster (Irlande) ; son père s’appelait Fínall Fíngein, sa mère Finmed.

Il fut élevé par Carthage l’Ancien, lui-même disciple de s. Kieran (v. 5 mars).

En 580, il se bâtit une cellule à Kiltallagh en vue d’y mener la vie d’ermite. Il alla passer aussi une année à l’abbaye de Bangor.

Plus tard, sur l’avis de s.Colman (v. 6 juin), il fonda le monastère de Rathin pour lequel il rédigea une Règle, un réel monument de l’écriture en vieil irlandais ; y vécurent plus de huit cents moines. On ne prenait jamais de viande : toute la nourriture consistait dans les fruits de la culture des moines.

Vers 636, Carthage dut quitter ce monastère qu’il avait dirigé pendant quarante ans, parce que le roi l’expulsa, peut-être à cause de cette interminable controverse de la date de Pâques. Carthage alla fonder un autre monastère avec une grande école à un endroit qui s’appelait Magh-Sgiath, l’actuelle Lismore ; la ville qui s’y développa devint le siège du nouvel évêché de Lismore, dont Carthage fut le premier évêque. Il y construisit la cathédrale.

Il venait d’achever cette cathédrale, lorsqu’il mourut, le 14 mai 637 (ou 638).

La réputation de la sainteté et des miracles de Carthage fit de Lismore une ville sainte, à moitié habitée par des moines. Cette ville prit le nom de Lismore Mochuda.

La Règle de Rathin fut un peu mitigée au 11e siècle, et le diocèse de Lismore fut réuni à celui de Waterford au 14e siècle.

Saint Carthage le Jeune est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Erembert de Toulouse

† fin 7e siècle

 

Aucune date n’est certaine dans la vie de ce personnage édifiant.

Erembert naquit à Villiolicourt (Le Pecq, Pincerais, actuelles Yvelines), son frère s’appelant Gamard.

L’année de sa naissance se situe soit sous le règne de Dagobert Ier (629-639), soit sous celui de Clovis II (639-657).

Il entra à l’abbaye de Fontenelle, durant l’abbatiat de s.Wandrille, qui dura de 649 à 668 (v. 22 juillet).

Il fut nommé évêque de Toulouse sous le roi Clotaire III et la reine Bathilde, donc entre 657 (avènement de Clotaire III) et 664 (retrait de Bathilde à l’abbaye de Chelles).

Un des miracles retentissants d’Erembert fut que, lors d’un déplacement chez son frère à Villiolicourt, il arrêta d’un geste un immense incendie.

Peu après, il se retira à l’abbaye de Fontenelle, sous le nouvel abbé, Lambert, qui gouverna cette abbaye entre 666 et 678.

Erembert y mourut saintement.

Son frère Gamard entra à son tour à l’abbaye de Fontenelle, ainsi que ses deux fils, Namnacus et Zachée.

Saint Erembert de Toulouse est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

Gil de Vaozela

1184-1265

 

Gil était le troisième fils de Rui Pais de Valadares, gouverneur de Coimbra sous le règne de Sancho Ier de Portugal. Destiné à l’état ecclésiastique, il étudia à l’université de Coimbra, s’y distingua par ses talents et ses aptitudes précoces pour les sciences. Il fut donc pourvu de gros bénéfices même avant son entrée dans les ordres.

Passionné par les sciences profanes, il négligea le chœur, confia l’abbaye à son prieur et s’en fut étudier à Paris.

En route, il fut accosté par un inconnu qui lui proposa de lui enseigner l’alchimie, science qui lui procurerait tous les plaisirs et tous les honneurs de la terre. L’inconnu était Satan en personne, qui lui fit signer avec son sang une cédule ainsi rédigée : Je renonce au titre d’enfant de Dieu et je me soustrais à ses lois ; je renonce à ma foi et renie les vœux de mon baptême pour devenir l’esclave dévoué de Satan qui en retour me fera avoir les plaisirs et honneurs terrestres.

L’apprentissage de la science diabolique dura sept années, au terme desquelles Gil, parvenu à Paris où il fut encore plus brillant qu’à Coimbra, finit par rentrer en lui-même et désira changer de vie.

Il invoqua la Sainte Vierge ; rentré en Espagne, il rencontra la prieur du nouveau couvent dominicain à Palencia, auquel il se confessa et exprima le désir d’embrasser là la vie religieuse, dans l’obscurité, l’humilité et la pénitence. Pour la vérité historique, il semble qu’il eût déjà fait connaissance de l’ordre dominicain à Paris.

La conversion de Gil fut très sincère. Il s’efforça de surpasser tous les confrères par son ardeur au travail, par une prompte obéissance et un silence rigoureux. Il expia ainsi par une rude pénitence tous les péchés qu’il avait commis.

Il fit profession en 1221, fut provincial d’Espagne de 1234 à 1245, enfin envoyé au couvent de Santarém (alors Scallabis) en Portugal, où il devait finir ses jours.

Ce ne fut pas sans épreuves. Satan le poursuivait, cherchant à le pousser au désespoir en lui rappelant l’horrible donation de son âme faite par écrit. Gil pria Marie : après sept ans d’austères pénitences, il obtint que Marie arrachât à Satan la fameuse cédule. Enfin Gil fut en paix.

Il fut employé avec grand succès au ministère des âmes : il était merveilleusement doué pour toucher les pécheurs endurcis.

Réélu provincial en 1257, il préféra abdiquer en raison de son grand âge et passa ses dernières années à Santarém, favorisé du don des extases et des prophéties.

Gil mourut en la fête de l’Ascension, le 14 mai 1265, jour auquel il est inscrit au Martyrologe Romain.

Il a été béatifié en 1748.

 

 

Julian de Norwich

1342-1416

 

Les dates de Julian, 1342-1416, sont approximatives.

Toute sa vie se déroula à Norwich (Norfolk, Angleterre).

Recluse dès l’âge de treize ans, elle avait seulement une servante, et laissait entrer quelques visites.

Julian de Norwich est une âme mystique dont on connaît seulement une série de visions qu’elle dicta en 1373.

Elle contempla les souffrances du Christ et la bonté de Dieu : Je vis Notre-Seigneur Jésus languir sur sa Croix pendant longtemps, car sa divinité donna à son humanité la force de souffrir plus que tous les hommes ne le pourraient… Et ce fut pour les péchés de chaque homme qu’il souffrit ; et il vit les douleurs et les chagrins de chacun ; et, par bonté comme par amour, il les partagea.

Prudente, l’Eglise ne s’est pas prononcée sur ces visions, et n’a pas béatifié Julian.

La date elle-même du 14 mai est conjecturale.

 

 

Jeong Bok-hye Candida

? -1801

 

Jeong Bok-hye Candida est une laïque coréenne née non loin de Seoul (Corée S).

Elle fut décapitée à Seoul le 14 mai 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Jeong Cheol-sang Carolus

? -1801

 

Jeong Cheol-sang Carolus est un laïc coréen né à Gwangju (Gyeonggi-do, Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Jeong In-hyeok Thaddeus

? -1801

 

Jeong In-hyeok Thaddeus est un laïc coréen né à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Yun Un-hye Lucia

? -1801

 

Yun Un-hye Lucia est une laïque coréenne, mariée, née au Gyeonggi-do (Corée S).

Elle fut décapitée à Seoul le 14 mai 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Choe Pil-je Petrus

1770-1801

 

Choe Pil-je Petrus est un laïc coréen né en 1770 à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Anne-Thérèse Guérin

1798-1856

 

Née le 2 octobre 1798 à Etables-sur-Mer (Côtes-d’Armor), Anne-Thérèse était l’une des quatre enfants de Laurent Guérin et Isabelle Lefèvre. De ces quatre enfants, deux seulement vivront : Anne-Thérèse et Marie-Jeanne ; l’aîné, Jean-Laurent mourut à deux ans et demi, le cadet à quatre ans et demi.

A cette époque, les horreurs de la Révolution n’étaient pas encore éteintes. Les prêtres et les religieux étaient encore poursuivis, les lieux de culte fermés. Un cousin séminariste vint se cacher chez les parents d’Anne-Thérèse : c’est ce cousin qui lui donna de si bons enseignements sur l’Ecriture Sainte et la Théologie.

Monsieur Guérin devint officier de la Marine sous Napoléon Bonaparte. Il était donc souvent absent, laissant toute la maison aux soins de sa fidèle épouse.

Anne-Thérèse reçut la Première Communion à dix ans, et confia à cette occasion au curé son désir d’être religieuse.

A quinze ans, elle fut orpheline de son père, abattu par des brigands près de Toulon, alors qu’il revenait à Etables en permission. La maman en fut très affectée, et c’est Anne-Thérèse qui assuma toutes les tâches domestiques, au point qu’à vingt-cinq ans seulement elle put suivre sa vocation.

En 1823 donc, elle entra chez les Sœurs de la Providence à Ruillé-sur-Loir (Sarthe) et prit à cette occasion le nom de sœur Saint-Théodore. Elle avait connu ces Religieuses lorsque l’une d’elles était venue aider le curé dans son village.

Elle fit la première consécration en 1825, et les vœux perpétuels en 1831. Elle n’était pas obligée d’émettre ces vœux, mais elle demanda à les faire.

Enseignante à Preuilly-sur-Claise (Indre-et-Loire), elle attrapa ce qu’on pense avoir été la variole, et en resta marquée tout le reste de sa vie, devant observer une diète sévère et permanente.

Ensuite elle sera supérieure à Rennes, où elle fit un travail très fructueux dans ce quartier livré à l’ignorance et à la délinquance. Et quand elle reçut l’ordre de quitter Rennes, ce fut la stupéfaction générale. Elle fut nommée alors à Soulaines (Angers), où l’inspection académique lui décernera une médaille pour son enseignement. Elle y prit également des leçons auprès d’un pharmacien et d’un médecin, pour être encore plus efficace auprès des malades qu’elle visitait.

En 1840, confiante au vœu d’obéissance plus qu’en ses propres forces, elle accepta de partir en mission aux Etats-Unis avec cinq Consœurs : elle sera fondatrice et supérieure de la communauté à Saint-Mary-of-the-Woods (Indiana) où elle ouvrira la première école catholique de filles du diocèse, prenant décidément le contre-pied du courant anti-catholique du temps.

Devant le succès de ce travail, la jalousie grandit. L’école fut même incendiée.

Même l’évêque, qui l’avait reçue, ne l’aida pas très efficacement : le «local» qu’elle trouva pour s’installer consistait en une pièce et un grenier de fermier, en pleine forêt. Et il fallait apprendre l’anglais !

La persévérance de Mère Théodore porta beaucoup de fruits. D’autres maisons suivront.

Autre épreuve : l’évêque voulait être le supérieur de toute ces maisons. Même, il crut bon, pendant un temps, de l’excommunier, parce qu’elle n’acceptait pas les changements de la règle qu’il lui proposait. Ce n’est que l’évêque suivant qui leva cette excommunication.

En même temps, elle fut nommée supérieure générale des Sœurs de la Providence en Amérique.

En toutes ses charges, Mère Saint-Théodore se montra exemplaire dans son enseignement, ses dons divers, son aptitude à organiser, à affronter les difficultés les plus variées avec foi et espérance. En plus, elle développa de réelles dispositions pour la médecine et la théologie.

C’est aux Etats-Unis qu’elle mourra, le 14 mai 1856. A cette date, il y avait déjà quinze maisons, avec quatre-vingts sœurs, douze novices et vingt postulantes.

Elle a été béatifiée en 1998, et canonisée en 2006.

 

 

Mixel Garikoitz

1797-1863

 

Faisons une petite incursion dans le vrai Pays Basque, là où les fidèles habitants conservèrent jalousement leur foi chrétienne et pacifique.

Dans l’été 1796, se marièrent Eñaut Garikoitz et Gaxina Etcheberry : leur premier enfant naquit le 15 avril 1797, à Ibarre (Iholdy, Bayonne, Pyrénées-Atlantiques), et reçut au baptême le prénom de Michel, Mixel en basque.

On n’a pas retrouvé trace de ce baptême dans le registre paroissial : un oubli certainement dû à la difficulté des temps révolutionnaires. Il n’y avait pas même de curé dans la paroisse à ce moment-là.

Cinq enfants suivirent Mixel : Joanes, Manex, Paulo, et les deux jumeaux Bernat et Maria ; Bernat ne vécut que quatre mois.

Enãut et Gaxina étaient de très modestes paysans. Dès qu’il fut en âge, Mixel garda les brebis. A la maison, il «célébrait» sur un coin de la table de cuisine, avec deux bouts de chandelles comme bougies et un tesson de pot cassé en guise d’encensoir.

A dix ans, il fut placé pour deux années comme domestique dans une maison. Sans grande instruction que les bons enseignements de sa maman et de sa grand-mère, il dut attendre quatorze ans pour recevoir la Première communion. Dès lors, il n’eut qu’un grand désir : devenir prêtre.

Pour payer ses études, les parents ne négligèrent rien, mais Mixel y mit du sien aussi par son ardeur à l’étude : il fut élève à Saint-Palais, puis à Bayonne, à Aire-sur-Adour et Larressore.

A Bayonne,  Mixel rendait service au secrétaire de l’évêque en promenant son petit chien ; c’était sa seule sortie dehors, mais il avait toujours un livre à la main pour ne perdre aucun instant.

Au petit séminaire d’Aire-sur-Adour, il fut condisciple d’Edouard Cestac (voir au 27 mars). D’eux un autre confrère disait plus tard : Dieu m’avait donné un grand bonheur : à ma droite, j’avais saint Garikoitz, à ma gauche  saint Cestac.

Mixel reçut les Ordres mineurs et majeurs entre juin 1822 et décembre 1823.

Il fut d’abord vicaire à Cambo (qu’on écrit Kanbo en basque) pendant deux ans, puis directeur du séminaire de Bétharram à partir de 1825. Cette maison qui était dans un état cruel d’abandon spirituel, redevint une maison sainte grâce à la douceur persévérante de Mixel.

En même temps, Mixel fut trente ans l’aumônier des Filles de la Croix, qui étaient plus de mille. Cette congrégation avait été fondée par sainte Jeanne-Elisabeth Bichier des Ages (voir au 26 août), envers laquelle Mixel conserva toujours une humble et profonde reconnaissance pour les salutaires conseils qu’elle lui prodigua.

C’est à Bétharram qu’en 1841 il fonda la congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur, dont les établissements scolaires se multiplièrent sur place et jusqu’en Amérique du Sud, auprès des Basques émigrés.

Le père Mixel Garikoitz mourut, chargé de bonnes œuvres, le 14 mai 1863, au soir de l’Ascension.

Il fut proclamé bienheureux en 1923 et canonisé en 1947.

 

 

Maria Domenica Mazzarello

1837-1881

 

Née le 9 mai 1837 à Mornese (Alessandria, Piémont, Italie nord-ouest), Maria Domenica était l’aînée des  sept enfants de Giuseppe et Maddalena Calcagno, d’humbles métayers.

En 1860, lors d’une épidémie, elle fut frappée par une grave tuberculose après avoir assisté des malades. Elle fut malade du 15 août au 7 octobre, mais en conserva des séquelles dans son physique et ne put retourner aux travaux des champs ; à cette période remonte une vision qu’elle eut, où elle se voyait entourée de nombreuses petites filles, et entendait une voix qui lui disait : Je te les confie.

Elle apprit le métier de couturière et ouvrit avec une amie un atelier pour y former les jeunes filles, matériellement et spirituellement.

Ce fut le début d’une réelle petite communauté, appuyée par le bon curé du pays, qui en fit une Association des Filles de Marie Immaculée.

En 1864, saint Giovanni Bosco la rencontra et, en 1872, lui proposa son projet des Filles de Marie Auxiliatrice, la branche féminine de la congrégation salésienne. C’est ainsi que Maria Domenica et ses compagnes furent les premières Auxiliatrices de don Bosco.

Nommée supérieure, Maria Domenica se fit appeler Vicaire, car la Supérieure, c’est Marie.

La maison-mère s’établit à Nizza Monferrato et c’est là que Maria Domenica y mourut, le 14 mai 1881, tout juste âgée de quarante-quatre ans.

Dans l’espace de ces dix années, l’institut féminin comptait déjà une trentaine de maisons - dont six en Amérique - et presque deux-cents Religieuses.

La Fondatrice fut béatifiée en 1938. Le miracle, retenu pour cette proclamation, fut la guérison totale et durable, en 1916, d’une petite fille de quatre ans affectée de poliomyélite.

Maria Domenica Mazzarello fut ensuite canonisée en 1951.

Sa fête est au 14 mai.

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12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 23:00

13 MAI

 

II.

Ste Glycère, fille d’un fonctionnaire romain, martyre à Héraclée.

? S Christantien, martyr en Italie, fêté à Ascoli, invoqué contre l’orage et la grêle.

Ste Rastragène, martyre de la chasteté à Soissons.

S Moeldod (Mac Eingin), abbé en Irlande.

IV.

S Mocius (Mutius), prêtre martyr à Byzance.

S Marcellien, deuxième évêque à Auxerre.

S Onésime, évêque à Soissons.

S Servais, évêque à Tongres ; la neige ne tombait jamais sur son tombeau, et il n’eut de successeur qu’un siècle plus tard.

VI.

S Jean le Silentiaire, évêque à Colonia, puis retiré à Jérusalem, mort à cent-quatre ans ; il savait garder le silence pendant des périodes entières.

Stes Agnès, abbesse à Poitiers, et Disciole, une de ses religieuses et nièce de s. Sauve.

S Flavius, évêque à Châlon-sur-Saône, après avoir été chancelier du roi s. Gontran.

VII.

S Pausicaque, médecin devenu évêque à Synnade.

VIII.

S Natalis, évêque à Milan.

Ste Rolende (Rollande), fille de prince, morte à Villiers-la-Poterie, où elle est invoquée contre la gravelle et les coliques ( XI.?).

XV.

Ste Gemma, bergère enlevée par le comte de Celano ; elle le convertit et vécut là en recluse.

Bse Maddalena Albrici, abbesse augustine à Brunate. 

XIX.

S André-Hubert Fournet, prêtre dans la Vienne, d’abord curé “tranquille” puis très zélé pendant la Révolution, parfois au péril de sa vie ; fondateur, avec la bse Elisabeth Bichier des Ages, de la congrégation des Filles de la Croix, pour l'enseignement et les soins des malades.

XX.

Apparition de Notre Dame à Fatima (1917).

B Joan Montpeó Masip (1918-1938), séminariste espagnol martyrisé près de Tarragona, béatifié en 2013.

Servais de Tongres

† 384

 

Des récits qui ressemblent à des contes fabuleux font de Servais un Arménien, d’une famille descendant de sainte Anne. Un ange - tout simplement - l’aurait transporté à Tongres (actuelle Belgique), tout en lui enseignant aussi les langues nécessaires à la prédication.

Le fait est que Servais se trouva être, au 3e siècle, le premier évêque de Tongres.

En 346, au concile de Cologne, Servais est un des co-signataires de la condamnation de l’évêque de cette ville, tombé dans l’erreur arienne. L’illustre évêque d’Alexandrie s’y trouvait aussi, Athanase, après son exil à Trèves entre 336 et 338.

En 347, à Sardique, Servais est encore présent pour confirmer le concile de Nicée.

En 359, Servais participa au concile de Rimini, où il ne craignit pas les menaces de toutes sortes des ennemis de la foi. Fatigué, il fut circonvenu par les ariens qui obtinrent un moment sa signature au bas d’une déclaration de foi frauduleuse. Il n’en ressortit que plus acharné contre l’erreur arienne.

Servais fut aussi envoyé en conciliateur entre les deux empereurs Magnence et Constance, mais sans succès.

L’évêque de Tongres connut d’avance les ravages des Huns et chercha par tous les moyens à en prévenir les chrétiens, s’offrant en sacrifice pour protéger le peuple du danger.

Il fit enfin le pèlerinage à Rome pour implorer la protection divine sur les villes de Tongres et de Metz : il y eut une apparition de saint Pierre, qui lui annonça cependant que Metz serait sauvée, par l’intercession de saint Etienne (premier évêque à Metz), mais que lui, Servais, ne verrait pas les maux qui s’abattraient sur son pays, qu’il devait vite regagner Tongres pour y préparer sa sépulture et se réfugier à Maëstricht pour attendre la volonté de Dieu. En même temps, saint Pierre lui aurait remis une clef en argent, confectionnée par les anges, qui aurait ensuite opéré beaucoup de miracles.

Au retour d’Italie, Servais fut un moment arrêté par les Huns en Italie, leur échappa, parvint dans les Vosges où il fit jaillir une source, avant de regagner son diocèse de Tongres.

Ses fidèles furent atterrés d’apprendre le sort qui les attendait, et la prochaine fin de leur évêque.

Servais connut le jour et l’heure de son trépas. Il mourut le 13 mai 384.

Le jour de ses obsèques, tous les malades présents furent guéris.

On remarqua que, lors des chutes de neige, son tombeau n’en était jamais recouvert, jusqu’à la construction d’une grande basilique en son honneur. 

Saint Servais fut honoré dans toute la Gaule et la Germanie. Plus tard, il fut proclamé spécial protecteur des Dominicains.

 

 

Agnès de Poitiers

† 588

 

Agnès grandit à la cour de sainte Radegonde, ce qui laisserait supposer qu’elle était une orpheline recueillie par la pieuse reine.

Quand celle-ci se fut retirée de la cour et consacrée à Dieu dans son monastère de Poitiers, elle voulut qu’Agnès fût placée à la tête des religieuses : la communauté nomma Agnès pour abbesse, qui reçut la bénédiction des mains de s.Germain de Paris (v. 28 mai).

On y observait la Règle donnée par s.Césaire d’Arles (v. 27 août).

La jeune abbesse gouverna avec grande sagesse ce monastère qui compta jusqu’à deux-cents moniales. S. Venance Fortunat (v. 14 décembre) en fait de vibrants éloges.

Agnès mourut le 13 mai 588, neuf mois après sainte Radegonde.

Sainte Agnès de Poitiers  est commémorée le 13 mai dans le Martyrologe Romain.

 

Gemma de Goriano Sicoli

1372-1426

 

Cette Pierre précieuse (Gemma) était née vers 1372 d’une famille pauvre de San Sebastiano dei Marsi (L’Aquila, Abruzzes, Italie C), qui déménagèrent à Goriano Sicoli.

Durant une épidémie, Gemma devint orpheline et garda les troupeaux pour survivre.

La beauté de ses vertus se reflétait dans la beauté de ses jeunes traits, qui suscitèrent dans le cœur du Comte de Celano, Ruggeri, des sentiments peu honnêtes.

L’épisode se déroula en 1384, alors que Gemma avait douze ans. Le Comte s’approcha d’elle pour lui parler ; une autre version affirme qu’il la fit enlever ; la petite bergère cependant, forte de son amour pour Dieu, sut lui répondre de façon suffisamment convainquante pour que l’homme se sentît honteux de sa démarche.

Gemma alors le pria de lui construire une petite cellule en face de l’entrée de l’église, d’où elle pouvait apercevoir l’autel où l’on célébrait le Saint Sacrifice.

C’est là qu’elle vécut désormais jusqu’à la fin de ses jours, soit pendant un peu plus de quarante ans, dans la pénitence et la prière. 

La sainteté de Gemma fit accourir beaucoup de gens qui voulaient confier leurs intentions et demander des conseils à la Bergère, et qui en revenaient soulagés. 

Gemma vécut là pendant une quarantaine d’années, et s’éteignit le 13 mai 1426 (ou 1439 ?), jour où la commémore le Martyrologe. 

Après de nombreux miracles, le culte de la bienheureuse Gemma fut reconnu en 1890.

 

 

Maddalena Albrici

1415-1465

 

Maddalena était née vers 1415 à Côme (Italie N) de Nicola, un magistrat de la ville, qui eut aussi trois fils : Pietrolo, Zanino, Guasparino.

Encore toute jeune, elle fut vivement frappée par la misère à laquelle était réduite la population à la suite d’une grave famine. Un jour, elle prit la réserve de haricots de son père et alla la distribuer dans la rue ; à son retour, le papa lui dit que ces haricots étaient déjà promis, et qu’il fallait absolument les livrer ; Maddalena se mit à prier : la caisse se retrouva pleine à l’instant.

Après la mort de ses parents, M. alla prendre l’habit dans un monastère proche de Côme, mais une voix intérieure la dirigea vers la monastère Saint-André à Brunate, où vivaient des moniales sous la règle de Saint-Augustin. Cette règle l’enchantait et elle la fit connaître au point que beaucoup de novices se présentèrent et plusieurs autres couvents se rallièrent à l’Ordre. L’ordre augustinien admit la communauté de Brunate dans son giron en 1455.

Les Religieuses y vivaient parfois dans une extrême pauvreté. Maddalena eut l’occasion de montrer sa grande confiance en Dieu : un jour, la portière apporta un excellent pain qui fut déposé à l’accueil juste au moment du repas ; une autre fois, elle obtint de faire mûrir instantanément des cerises dans le jardin, dans un moment où les Religieuses souffraient terriblement de la soif.

D’autres miracles illustrèrent la sainteté de Maddalena et beaucoup de conversions eurent lieu.

Ses dernières années, Maddalena fut affligée d’une longue et pénible maladie, qu’elle supporta avec une patience exemplaire ; elle mourut le 12 mai 1465, pleines de mérites, qui furent couronnés en 1907, quand son culte fut reconnu.

Le Martyrologe la commémore le 13 mai.

 

 

André-Hubert Fournet

1752-1834

 

André-Hubert vit le jour le 6 décembre 1752 à Maillé (Poitiers, Haute-Vienne), avnat-dernier des dix enfants d’une famille assez aisée et très chrétienne.

Il fut baptisé le 7 décembre.

La parenté comptait rien moins que quatre oncles prêtres, un autre Capucin et deux tantes Filles de Notre-Dame. Peut-être fut-ce cette abondance de vocations qui suscita d’abord chez l’adolescent un certain mépris de la vie consacrée : il écrivit en effet en guise d’ex libris : Ce livre appartient à André-Hubert Fournet, bon garçon qui ne veut être ni moine, ni prêtre. C’était une boutade, habituelle chez André-Hubert qui aimait bien la plaisanterie, mais le garçon cachait dans son cœur un tout autre désir.

Sa scolarité se passa à Chauvigny, puis au collège de Châtellerault, d’où il fugua, tant il avait en horreur ses études. Bien sûr, les parents le renvoyèrent, dûment admonesté.

Tant et si bien qu’il commença la carrière ecclésiastique à Poitiers ; il fut tonsuré en 1769 et reçut déjà un petit bénéfice.

Ceci ne l’intéressait pas ; il s’engagea dans l’armée, puis acheta un remplaçant, essaya d’être secrétaire, et échoua chez un de ses oncles, curé à Haims.

Cette nouvelle vie sobre et austère amena André-Hubert à se confesser vraiment, et il entra au Séminaire de Poitiers en 1774. Là, son application fut exemplaire et il fut ordonné prêtre en 1776.

Il fut nommé vicaire de son oncle à Haims, puis en 1779 à Maillé, avec un curé assez difficile de caractère. Bientôt, André-Hubert fut nommé curé pour succéder à son oncle, en 1783.

Il fut «bon prêtre», mais restait très mondain et faisait bonne chère. Jusqu’au jour où un mendiant se présenta chez lui à midi, au moment où il attendait des convives : comme le curé «n’avait rien», le mendiant explosa en lui reprochant sa table toute fumante. Qui sait si ce mendiant n’était pas quelque apparition céleste ?

De fait, le bon curé vendit ses meubles et son argenterie, se mit aux légumes, et changea son style de prédication. Son sacristain le lui fit remarquer avec satisfaction : avant, il prêchait si bien, que personne ne comprenait ; maintenant, tout le monde comprend.

A partir de 1791, il dut céder la paroisse à un prêtre assermenté et entra dans la clandestinité. Le Vendredi saint 1792, il fut arrêté avec une dizaine d’autres, qui s’étaient réunis pour prier ensemble l’office divin. Au cours du déplacement, l’abbé Fournet évita de justesse deux coups de baïonnette ; il n’en fut que légèrement blessé. Quand les prêtres furent libérés, ils entendirent sur leur chemin quelques apostrophes du genre : A l’eau ! à laquelle quelqu’un répondit : Voulez-vous gâter l’eau de la rivière en y jetant ce petit bonhomme ?

Peu après, deux gendarmes le repérèrent à nouveau. L’abbé étendit les bras devant une de ces croix plantée sur le bord de la route ; stupéfait, l’un des deux s’écria : Il faudrait être pire que Judas, et ils disparurent.

Par prudence, autant pour lui que surtout pour sa famille, il jugea opportun de quitter la France avec d’autres Confrères et gagna l’Espagne. Il fut assigné à une petite chapellenie à Los Arcos (Navarre). Il entreprit le pèlerinage de Compostelle, mais tomba malade et dut revenir au village, sur un âne qu’on lui avait vendu sans lui dire qu’il était aveugle… Il pensa entrer chez les Carmes, mais sans succès. Finalement en 1797, il regagna la France, passant la frontière de Béhobie, et retrouva Maillé, où un travail épuisant l’attendait pour célébrer baptêmes, mariages, sépultures pour toute une population qui n’avait pas confiance en son prêtre constitutionnel.

C’est ainsi que se présenta une certaine Demoiselle Bichier des Ages (voir au 26 août), qui allait, avec lui, donner naissance aux Filles de la Croix.

Désormais, il allait réserver le peu de santé qui lui restait à soutenir cette fondation. En 1820, il laissa la paroisse de Maillé, après trente-sept ans de présence, pour s’installer à quelques kilomètres de là, à La Puye, où se trouvait la maison des Religieuses.

Chaque jour, il leur tenait une petite conférence spirituelle, dont les thèmes prépondérants étaient Jésus au Calvaire et Marie au pied de la Croix.

Il continua cependant à aider le curé et d’autres prêtres des environs. Lors du concordat de 1804, son travail se trouva encore augmenté par la suppression de certaines paroisses, ou la vacance d’autres. Il suscita beaucoup de vocations sacerdotales.

Accablé de fatigue et d’années, mais fertile aussi en miracles (entre autres il multiplia une récolte de blé), il obtint de l’évêque un coadjuteur, l’abbé Taury, curé de Chauvigny.

André-Hubert Fournet célébra une dernière fois la Messe le 27 avril 1834, et mourut le 13 mai 1834.

Béatifié en 1926, il fut canonisé en 1933.

 

 

Joan Montpeó Masip

1918-1938

 

Joan était né le 31 octobre 1918 à Les Borges del Camp (Tarragona, Catalogne, Espagne), de Juan et Isabel.

Baptisé le 3 novembre suivant, il fut confirmé en 1930.

Ses parents apprécièrent sa constante obéissance envers eux, mais aussi envers les prêtres.

Il entendit l’appel de Dieu, mais sa santé n’était pas excellente, et les conditions économiques de la famille ne permettaient pas de payer la pension au séminaire. Aussi le garçon commença à étudier auprès du curé de la paroisse.

Ces études s’interrompaient de temps à autre lors des crises intermittentes de la maladie, que Joan supportait patiemment et qui, un beau jour, cessèrent de se manifester. Le prodige réjouit le jeune garçon, qui l’attribua à Notre-Dame de Lourdes. 

En été 1936, Joan se trouvait en compagnie des séminaristes de Tarragona, à La Seu d’Urgell, quand ils furent tous arrêtés, conduits à la prison de Lleida, où ils restèrent quelques semaines.

Successivement, on les transféra sur le bateau-prison du port de Tarragone, d’où furent libérés les plus jeunes.

Joan revint chez lui à Les Borges del Camp. Il priait et étudiait.

Le 9 mai 1938, des miliciens vinrent l’enlever pour le conduire à la prison de Riudecols, où les mauvais traitements, verbaux et physiques, ne lui furent pas épargnés.

Le 11 mai suivant, il fut interrogé.

Deux jours après, donc le 13 mai 1938 au soir, il fut assassiné non loin de la prison de Riudecols. Ses compagnons de prison entendirent les coups.

La date du 13 mai a été déduite de la notice diocésaine ; la date du 15 mai est donc probablement une erreur. 

En juillet de la même année, le corps du Martyr fut reconnu par le médecin légiste, qui déclara depuis avoir obtenu beaucoup de grâces par son intercession.

Joan, jeune séminariste de dix-huit ans, a été béatifié en 2013.

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11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 23:00

12 MAI

 

I.

Ss Nereus et Achilleus, deux frères romains, exilés pour leur foi dans l'île de Ponza avec Flavie Domitille dont ils étaient les officiers, et décapités sur la voie Ardéatine. 

Ste Flavie Domitille, nièce de Domitien ; ayant refusé d’épouser un païen, elle fut brûlée vive avec deux compagnes qu’elle avait converties ; probablement à assimiler avec celle mentionnée le 7 mai.

III.

S Cyrille, martyr à Axiopolis avec six autres compagnons.

IV.

S Pancratius, jeune garçon venu d’Orient avec son oncle, s.Denis (fêté le même jour), décapité à quatorze ans à Rome ; Denis fut baptisé par le pape, arrêté quelques jours après et mis en prison, où il mourut peu après. 

V.

S Epiphane, évêque à Salamine, érudit dans les langues et les Saintes Ecritures ; il est patron de l’île de Chypre, avec s.Barnabé.

S Philippe, prêtre venu de Thrace, apôtre de la Sicile ; il est invoqué pour la délivrance des énergumènes.

VI.

S Mondry, confesseur (évêque ?) à Célettes.

VII.

S Modoald, oncle de ste Gertrude de Nivelles, évêque à Trèves.

Ste Rictrude, fondatrice de l'abbaye de Marchiennes où elle fut abbesse quand elle fut veuve ; sa fille lui succéda.

VIII.

S Germain, évêque à Constantinople ; il reprit fermement l’empereur iconoclaste ; il dut abdiquer, presque centenaire.

XII.

S Domingo, ermite à La Calzada : l’autre ermite qui l’accueillit là et l’ordonna était le b.Grégoire, futur cardinal-évêque d’Ostie.

XIV.

Bse Maria Maddalena (Imelda) Lambertini, bolognaise, “Fleur de la sainte eucharistie”, morte à treize ans dans le monastère dominicain.

XV.

Bse Joana de Portugal, fille du roi Alfonso V, dominicaine, patronne de Aveiro.

XX.

Bx Lucien Galan (1921-1968), prêtre français des Missions Etrangères, et Thomas Khampheuane Inthirath (1952-1968), martyrs au Laos, béatifiés en 2016.

Nérée et Achille

1er siècle

 

Il semble assez probable que Nereus et Achilleus aient été deux soldats des cohortes prétoriennes.

Avant leur conversion, ils ont pu avoir pris part aux sanglantes exécutions que les mauvais empereurs firent plus d’une fois accomplir par ce corps privilégié. Soldats distingués, ils avaient obtenu les décorations que les Romains décernaient au courage.

Un jour, la foi nouvelle toucha leur cœur, peut-être grâce à saint Pierre en personne.

Après leur baptême, nos deux soldats se retirèrent du service. Ils purent avoir été attachés à la maison de Domitille, ce qui expliquerait leur sépulture dans le cimetière des Flaviens chrétiens.

Ils ont pu aussi suivre leur maîtresse exilée sur l’île de Ponza, puis de là à Terracina où ils furent martyrisés, décapités.

Puis ils auraient été ensevelis à côté du tombeau de Petronilla, une autre convertie de saint Pierre.

Leur fête est traditionnellement célébrée le 12 mai.

 

 

Pancrace

† 304

 

Au temps des empereurs Valérien et Gallien, un jeune enfant nommé Pancratius, fils de Clédonius le Phrygien, perdit son père et fut placé sous la tutelle de l’un de ses oncles, nommé Denis.

Le tuteur, chrétien dans l’âme mais pas encore baptisé, prit un grand soin de son neveu : quand celui-ci eut atteint l’âge de quatorze ans, tous deux se rendirent à Rome, y furent instruits de la religion chrétienne, reçurent le baptême et conçurent le grand désir de verser leur sang pour Jésus-Christ. 

Denis mourut avant d’avoir obtenu ce bonheur : bientôt arrêté, peu après son baptême par le pape, il mourut en prison.

Arrêté lui aussi, Pancrace fut amené devant l’empereur Dioclétien qui fit tous ses efforts pour déterminer l’adolescent à sacrifier aux idoles. Au contraire, le jeune garçon eut le cran d’afficher devant l’empereur une attitude digne de la plus parfaite maturité : Je m’étonne, dit-il, que vous me commandiez d’avoir de l’estime pour vos dieux, alors que vous puniriez du dernier supplice des esclaves qui mèneraient une vie aussi dépravée.

Irrité d’une telle réponse, l’empereur ordonna de décapiter Pancrace. La sentence fut exécutée sur la voie Aurélienne, le 12 mai 304. Une sainte femme, nommée Octavie, emporta secrètement le corps du martyr et l’ensevelit sur cette même voie Aurélienne.

Il y a à Rome une église de Saint-Pancrace-hors-les-Murs. Cette église est mentionnée par saint Grégoire le Grand : ceux qui allaient faire quelque serment solennel en l’église de Saint-Pancrace, étaient visiblement punis de Dieu quand ils ne disaient pas la vérité : ils tombaient morts sur place, ou ils étaient possédés du démon qui les tourmentait à la vue de tout le monde. La même église est maintenant un titre cardinalice.

Le culte de saint Pancrace s’est très répandu. Rien qu’à Rome, plusieurs sanctuaires possèdent des reliques de lui : son chef à Saint-Jean-de-Latran, d’autres reliques à Saint-Clément ; ailleurs, d’autres villes ont de ces reliques : Albano, Bologne, Venise, Milan, Marseille, Tours, Saintes, Saint-Riquier, Saint-Malo… Au VIIe siècle, le pape Vitalien envoyait des reliques de saint Pancrace à Wandrille, abbé de Fontenelle, qui construisit une église sous son invocation ; le même pape en envoyait au roi Oswi en Angleterre : Saint-Pancrace-de-Cantorbury fut la première église consacrée à Dieu dans ce pays, après la conversion des Anglais par saint Augustin.

A Milan, le nom de Pancrazio a été altéré en Brancaccio ou Brancas. Mais aussi en France, où l’on trouve l’invocation à Blancat, Planchat, Planchais, Planchers, Branchais… autant d’altérations qui témoignent de la célébrité du Saint.

Notons enfin que saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais, qui sont fêtés successivement les 11, 12 et 13 mai, sont appelés les saints de glace, parce que ces jours-là se vérifie régulièrement un phénomène atmosphérique de refroidissement, après lequel on peut vraiment espérer que les froids hivernaux et printanniers sont passés. 

 

 

Modoald de Trèves

584-656

 

Il n’est pas facile de se retrouver dans les méandres des familles de cette lointaine époque. Des documents incertains, d’autres mis en lumière récemment, aboutissent à des «vérités» qui s’accordent difficilement, quand elles ne s’excluent pas.

On donnait Modoald comme originaire d’Aquitaine, mais il semble être né à Metz, vers 584. Il avait trois sœurs : Guuza, Afra, Severa, et un frère : Basin. 

Une autre source affirmait cependant qu’il avait une autre sœur, Itta, épouse de Pépin de Landen, dont la fille, sainte Gertrude de Nivelles (v. 17 mars), se trouvait donc être sa nièce.

Autre fait non encore vraiment élucidé : les parents de Modoald auraient été Arnoaldus et Oda ; Arnoaldus aurait successivement été élevé à l’épiscopat pour le diocèse de Metz.

Elevé à la cour de Dagobert Ier, Modoald en devint ensuite le conseiller.

Entre 614 et 626, apparemment en 622, sa piété et sa science le firent choisir pour être évêque de Trèves.

Il fonda un grand nombre de monastères, tant pour les moines que pour les moniales. Parmi ces derniers, on note celui de Saint-Symphorien, sur les bords de la Moselle, dont l’abbesse fut la sœur de Modoald, Severa.

Modoald mourut vers 645 ou 656, un 12 mai.

Saint Modoald de Trèves est commémoré le 12 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rictrude de Marchiennes

613-688

 

On a pu lire le 5 mai quelques éléments de la famille de Rictrude, épouse d’Adalbaud, mère de quatre saints enfants : Mauront, Eusébie, Adalsinde et Clodoswinthe.

Rictrude était née en Périgord vers 613 et eut la rare fortune de grandir dans la foi chrétienne. Elle fut guidée par s.Amand (v. 6 février). Avec son époux Adalbaud, elle vécut dans le pays d’Ostrevent, où elle éleva très chrétiennement ses enfants, ouvrant la porte à tous ceux qui avaient besoin de sa générosité.

Sa grande épreuve fut l’assassinat de son mari (652), par les mains de parents qui n’acceptaient pas ce mariage. 

Pensant pouvoir se consacrer totalement à Dieu, elle attendit la majorité de tous ses enfants, en particulier de Mauront, qui fut bientôt admis à la cour du roi des Francs.

Rictrude avait fondé le monastère féminin de Marchiennes, à proximité de celui des moines. Elle s’apprêtait à s’y retirer et y rejoindre ses trois filles, lorsque le roi Clovis V vint proposer à Rictrude d’épouser un de ses leudes. Rictrude voulait réfléchir, et s.Amand lui suggéra de remettre à un peu plus tard son entrée au monastère. Le jour du mariage, elle «rusa» avec son mari : elle en obtint de pouvoir continuer de vivre comme elle le désirait et, s’imposant alors un voile noir sur la tête, pria à haute voix le Seigneur de l’aider à le conserver jusqu’à la fin de ses jours. Le pauvre époux fut bien dépité, le roi indigné sortit de la salle, l’atmosphère était tendue : c’est s.Amand qui s’interposa et réussit peu à peu à rétablir le calme.

Plus tard, Rictrude put enfin finir ses jours à Marchiennes, où elle fut abbesse. 

Elle mourut le 12 mai 688 et sa plus jeune fille lui succéda.

Sainte Rictrude de Marchiennes est commémorée le 12 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 


 

 

Domingo García de la Calzada

1019-1109

 

Domingo naquit en 1019 à Viloria de Rioja (Burgos, Espagne), de Ximeno García et Orodulce.

Après la mort de ses parents, il chercha à entrer chez les Bénédictins de Valvanera et chez ceux de San Millán de la Cogolla, mais il ne fut pas accepté.

Il se retira alors près d’Ayuela et mena une vie d’ermite, jusqu’en 1039.

A ce moment-là, il connut l’évêque Gregorio, envoyé peu auparavant par le pape à Calahorra où, par sa prière, il avait écarté une invasion de sauterelles qui dévastaient les régions de Navarre et de Rioja (v. 9 mai).

Gregorio ordonna prêtre Domingo, qui s’attacha à lui comme disciple. Ensemble, ils construisirent un pont en bois sur l’Oja, pour faciliter le passage des pèlerins de Compostelle.

Après la mort de Gregorio (1044), Domingo revint vers Ayuela, où il s’occupa à défricher les terres, et à ouvrir une route de pierre qui se substitua à l’ancienne voie romaine entre Logroño et Burgos ; c’est là l’origine du surnom qu’on lui donna : Domingo de la Route (de la Calzada).

Pour sécuriser la route des pèlerins, il refit en pierres le pont de bois qu’il avait construit avec Gregorio, édifia un hôpital avec un puits et une église, et où s’élève encore la Maison du Saint (Casa del Santo). Plus tard, le roi Alfonso VI de León, satisfait de toutes ces installations, lui en confia officiellement l’administration (1090).

A tous ces édifices s’ajouta alors un grande église, qu’il construisit avec l’aide de son nouveau disciple, Juan de Ortega, consacrée en 1106, et contre laquelle Domingo se prépara sa propre tombe.

L’endroit s’appelait alors Masburguete (ou Margubete) et fut plus tard appelé justement Santo Domingo de la Calzada. L’église devint cathédrale.

Domingo s’éteignit le 12 mai 1109, à quatre-vingt-dix ans, mais ses bienfaits ne cessèrent pas pour autant ; des miracles se produisirent à son tombeau, parmi lesquels quatre sont restés très célèbres :

- un chevalier français, possédé du diable, fut délivré ; 

- un pèlerin allemand, certain Bernhard, au 15e siècle, fut guéri d’une grave infection aux yeux ; 

- un normand aveugle recouvrit la vue durant la visite de la cathédrale ; 

- le très fameux miracle du coq et de la poule, dont le récit se trouve ci-après.

Il s’agissait d’une famille, père, mère et enfant, ce dernier, Hugo (Hugonell), âgé de dix-huit ans. Durant leur séjour à Santo Domingo sur le chemin de Compostelle, la jeune domestique s’amouracha du jeune homme et chercha à le convaincre. Mais comme celui-ci refusa, elle voulut se venger : elle dissimula dans son bagage un plat en argent et alla l’accuser de vol.

Au moment de leur départ, arriva l’officier de justice pour inspecter le bagage du garçon. Hugo fut accusé et condamné à mort. Quand il fut pendu, les parents ne pouvaient rien faire d’autre que de poursuivre leur route et aller prier saint Jacques à Compostelle. Mais au moment où ils quittaient leur pauvre fils encore pendu au gibet, celui-ci leur adressa la parole, les assurant qu’il était bien vivant, par l’intercession de Saint Domingo.

Stupéfaits, les parents allèrent trouver l’officier de justice, qui se trouvait à table, devant un chapon fumant et une délicieuse poule, qu’il allait entamer. Entendant le récit de ces gens qui le dérangeaient à un moment si important de sa journée, il les méprisa fortement, ajoutant (la phrase est restée célèbre) que votre fils est aussi vivant que ce coq et cette poule que j’allais manger avant que vous vinssiez me déranger. A ce moment-même, les deux bêtes se mirent à chanter allègrement.

Depuis ce moment, on élève dans une cage en haut du sanctuaire, un coq et une poule, en souvenir du miracle.

Pour qui aurait quelque doute à croire cette histoire, qu’on se réfère aussi au cas de saint Pedro Ermengol (v. 27 avril).

Saint Domingo est commémoré au Martyrologe le 12 mai. On l’a pris comme céleste patron des ingénieurs des ponts et chaussées.

 

 

Maria Maddalena Lambertini

1320-1333

 

Maria Maddalena naquit vers 1320 à Bologne, fille d’Egano Lambertini et de Castora Galluzzi.

Petite, elle aimait fabriquer de petits autels devant lesquels elle s’arrêtait en méditation silencieuse. Elle aimait beaucoup sainte Agnès de Rome (v. 21 janvier). Un profond désir grandit en elle avec les années : recevoir l’Eucharistie, que les enfants de cette époque ne recevaient guère avant douze ou quatorze ans.

Elle obtint toutefois de ses parents de fréquenter les dominicaines de Val di Pietra, qui recevaient des petites filles en ne leur imposant qu’une règle adaptée à leur jeune âge.

Maria Maddalena prit le nom de Imelda. On ne nous dit pas comment l’on fit ce choix.

Toujours est-il que la jeune sœur Imelda conservait toujours fermement dans son cœur le désir de recevoir Jésus-Hostie. La veille de la fête de l’Ascension, 12 mai 1333, elle se trouvait avec la communauté durant la Messe. Au moment de la communion, toute l’assemblée vit une hostie s’élever du ciboire du prêtre et se déplacer jusqu’au-dessus de la tête d’Imelda, ce que voyant, le prêtre n’eut plus qu’à s’approcher, prendre la sainte hostie, et la déposer sur les lèvres d’Imelda.

Rayonnante de joie, Imelda se prosterna en adoration : un moment après, les Religieuses voulurent la relever, mais elle était morte.

Elle reçut bien vite un culte particulier, qui fut confirmé en 1826. La cause de canonisation a été reprise au 20e siècle.

Le Martyrologe la mentionne le 12 mai.

La bienheureuse Imelda a été proclamée patronne des Premiers communiants en 1910, quand saint Pie X (v. 20 août) permit aux petits enfants de recevoir la Première communion dès «l’âge de raison» : à l’époque, on situait cet âge à sept ans, maintenant on aurait tendance à le retarder vers la dizaine d’années.

 

 

Joana de Portugal

1452-1490

 

Joana naquit le 6 février 1452 à Lisbonne (Portugal) du roi Alfonso V et d’Isabel de Coimbra.

Son frère étant mort prématurément, elle devenait l’héritière du trône, malgré son sexe féminin, et reçut le titre de Princesse de Portugal, qu’on ne lui retira jamais, même quand naquit son jeune frère, le futur roi Joaõ II de Portugal, qui fut alors l’héritier royal.

Quand Alfonso V partit en 1471 dans une expédition militaire à Tanger, c’est elle qui exerça la régence du royaume portugais.

Elle refusa toutes les propositions de mariage qu’on lui fit, parmi lesquelles celle du roi de France Charles VII (qui avait dix-huit ans de moins qu’elle), ou celle du roi d’Angleterre Richard III, veuf et de huit mois plus jeune qu’elle : elle sut par inspiration céleste que ce dernier mourrait bientôt à la guerre ; son père finit par céder, à condition que le frère de Joana fût d’accord lui aussi, mais celui-ci refusa.

Joana désirait intimement embrasser la vie conventuelle ; déjà à la cour, elle vivait dans la pensée continuelle des souffrances du Christ, dissimulant sous ses vêtements de cour les instruments de ses austérités, et passant de longues heures en prière pendant la nuit ; seules quelques dames de sa suite connaissaient ses habitudes.

Malgré l’attitude de son frère, elle commença à se détacher de la vie de la cour, distribuant ses propres biens, et allant habiter chez les Bernardines d’Ordivellas.

En 1475, elle finit par entrer au couvent des Dominicaines de Aveiro ; la famille s’opposait toujours à ce qu’elle fît les vœux et qu’elle renonçât à ses propriétés, mais Joana vécut comme une simple Religieuse, assumant les plus humbles tâches, dans une continuelle pénitence pour la conversion des pécheurs, priant et consacrant ses ressources pour le rachat des captifs d’Afrique. Par ailleurs, elle soutint son frère Joaõ tant qu’il fut sur le trône.

Ses derniers jours furent affligés par une fièvre très pénible qu’elle supporta avec une invincible patience. Il se peut qu’elle eût été empoisonnée lors d’un déplacement à la cour, par une femme d’Aveiro à laquelle Joana avait reproché sa vie scandaleuse.

Elle s’éteignit le 12 mai 1490 et fut béatifiée en 1693.

La ville d’Aveiro l’a proclamée sa patronne céleste.

Joana n’est pas restée dans les lignes du Martyrologe.

 

 

Lucien Galan

1921-1968

 

Lucien Eugène Galan naquit le 9 décembre 1921 au hameau de la Moissetie (Golinhac, Aveyron), dans une famille d’agriculteurs.

Après ses études secondaires au collège d’Espalion, il passa (1942) au Grand séminaire de Rodez et, de là, en 1946,  aux Missions Etrangères de Paris et fut ordonné prêtre (1948).

Le 15 décembre 1948, il partit pour le Sichuan (Chine), où il arriva en mars 1949.

Il se mit tout de suite à l’étude du chinois, puis partit en juillet pour Mulochaiku ; en juin 1950, il partit au Hiens-chang.

Mais la révolution chinoise était en cours. Pendant un certain temps, le père Galan put encore se déplacer sans difficulté, mais en novembre il fut mis en prison, accusé d’être en relations avec des «rebelles» ; transféré à Hweili, il fut libéré grâce à l’intervention d’un prêtre chinois, Jean Yi. Mais il restait accusé d’avoir accepté des fermages de métayers, et il dut s’engager à tout restituer.

En décembre 1950, tous les étrangers durent se faire recenser au bureau de police. Le père Galan fut bloqué à Hweili : ne pouvant rejoindre sa paroisse, il s’occupa du dispensaire. On l’expulsa bientôt vers Hong-Kong (janvier 1952).

De là, il partit en avril pour une nouvelle mission, au Laos. Arrivé à Thakhek, il se mit à l’étude du laotien et fut nommé à Nason, d’où il rayonna vers d’autres périphéries, malgré la présence de soldats viêtminh. L’apostolat était fécond, les demandes de baptêmes nombreuses. Le père Galan eut la joie de bénir la nouvelle église de Nason, construite en style local.

Le père Galan déplorait que le travail des Occidentaux se limitaient aux infrastructures visibles : routes, ponts, hôpitaux, écoles, toutes choses utiles ; mais le travail en profondeur, la formation des esprits, était seulement le résultat de la présence des missionnaires : On a matérialisé des peuples qui sont portés surtout vers le spirituel, écrivit-il.

De 1957 à 1958, il fut curé intérimaire de Paksé, puis vint en France de 1959 à 1960. En repartant, il répondait : Eh bien, si on me tue, je resterai auprès de mes chrétiens !

Revenu au Laos, il se trouva au milieu des factions, et fut souvent soupçonné des uns contre les autres. En 1962, il s’établit à Nong-Khen (Muong-Khrai), en zone limitrophe, pour pouvoir rejoindre les chrétiens des deux côtés de la frontière : il fut plusieurs fois arrêté, puis relâché. En 1964-1965, nouvelle destination à Nong Sim. En décembre 1967, il reçut la charge de deux villages, Nong Mot et Nong Lou.

Toutes ces localités occasionnaient au père Galan de nombreux déplacements. Le dimanche 12 mai 1968, il prit avec lui deux jeunes catéchistes à Paksé, dont Thomas Khampheuane Inthirath qui avait seize ans. On devait rejoindre Paksé dans l’après-midi.

Sur la route, ils tombèrent dans une embuscade ; des balles immobilisèrent la voiture et Thomas fut tué sur le coup ; l’autre, grièvement blessé et laissé pour mort, put ensuite témoigner des faits. Des soldats parlant viêtnamien vinrent arrêter le père Galan, déjà blessé, et le fusillèrent un peu plus loin (ou l’achevèrent à coups de poignard).

Quand on put récupérer son corps, il portait des blessures graves dans le dos, vers le cœur, à la mâchoire, à la main gauche, à la cuisse droite.

C’est donc le 12 mai 1968 qu’il reçut la palme du martyre à Houey Makchan (Paksé, Champasak, Laos).

On a pu expliquer que le père Galan fut exécuté parce que, fréquentant souvent cette route, il pouvait savoir trop de choses sur les soldats communistes ou ceux qu’on appelait rebelles.

Lucien Galan a été béatifié le 11 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 12 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Thomas Khampheuane Inthirath

1952-1968

 

Ce martyr fait partie des 17 Martyrs du Laos.

Thomas Khampheuane Inthirath naquit en mai 1952 à Nong Sim (Champasak, Laos), longtemps désiré et attendu par ses pieux parents.

Son père, comme son grand-père, était le catéchiste du village et avait déjà connu la prison.

Thomas fut baptisé dans le vicariat apostolique de Pakse. On le connaissait pour son caractère pacifique et généreux. Simple, pur, ce garçon montrait tous les signes d’une probable vocation sacerdotale. Sa voie devait aboutir bientôt à la sainteté.

A quinze ans, il fut choisi par le père Lucien Galan pour entrer à l’école des catéchistes de Paksong, pour y recevoir une formation intellectuelle complète, y compris dans des matières plus théologiques comme la doctrine et la liturgie. C’était là un motif de grande joie pour le jeune adolescent.

L’année suivante cependant, le même père Galan revint à Paksong : il se dirigeait vers des villages éloignés pour leur apporter la Bonne Nouvelle, et avait besoin de deux compagnons. L’entreprise comportait des dangers, mais ces gens-là attendaient la visite du prêtre. Sans hésiter, deux étudiants se portèrent volontaires pour l’assister : Thomas et Khamdi.

L’expédition se passa bien. C’est au retour que la voiture fut prise en embuscade : le père Galan et Thomas furent abattus. C’était le 12 mai 1968 : peu de jours avant ou après, Thomas avait seize ans. 

C’était aussi le jour où l’on fête un autre jeune martyr du même âge, s.Pancrace.

Thomas reçut la palme du martyre à Houey Makchan (Paksong, Champasak, Laos).

On imagine la douleur des parents. Mais l’attitude du papa de Thomas fut à la hauteur d’un vrai disciple du Christ : il se dit fier que son fils ait donné sa vie pour sa Foi.

Thomas, comme le père Galan, a été béatifié le 11 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 12 mai dans le Martyrologe Romain.

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10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 23:00

11 MAI

 

II.

S Maiulus, martyr à Hadrumète, livré aux bêtes.

III.

Ste Estelle, martyre vénérée à Saintes.

S Anastase, décapité avec sa famille ; il s’était converti à la vue des tortures de s. Venant (cf. 18 mai).

S Mokios, prêtre à Amphipolis, décapité à Byzance.

IV.

S Anthimus, prêtre romain, précipité dans le Tibre, puis décapité ainsi que son ami s. Maxime (patron secondaire de l’abbaye de Altamura) et que ss. Bassus et Fabius.

Ss Sisinius, diacre, Dioclès et Florent, disciples de s. Anthime, venus d’Orient à Osimo, lapidés ; Sisinius est patron secondaire de Toffia.

S Evelle, officier de Néron, décapité comme s. Torpès, au martyre duquel il avait assisté.V.

S Udaut, noble romain, apôtre des Ostrogoths en Espagne, torturé par leur chef à Ax, dont il est patron secondaire.

S Mamert, évêque à Vienne, le premier qui préconisa les Litanies, trois jours avant l’Ascension, pour détourner des calamités imminentes. 

VIII.

S Gengulfus, martyr, très saint époux trahi par son épouse ; convaincue d’adultère mais impénitente, elle poussa son complice à l’assassiner.

XI.

S Mayeul, provençal, prêtre à Mâcon, abbé à Cluny pour seconder l'impotent abbé Aymard, mort en allant, sur la demande de Hugues Capet, réformer le monastère de Saint-Denis ; il avait refusé l’évêché de Besançon.

S Gautier, abbé au monastère de l’Esterp.

XIII.

S Illuminato, franciscain ou bénédictin à San Severino.

XIV.

B Gregorio Celli, augustin, chassé du couvent construit par les soins de sa mère, hébergé chez les franciscains de Rieti, mort à cent-dix-huit ans.

XVI.

Bx John Rochester et James Walworth, chartreux de Londres, pendus.

Bse Catarina de Cardona, napolitaine, appelée à la cour d’Espagne pour l’éducation du prince : n’en pouvant rien tirer, elle alla se cacher dans une grotte d’un monastère carme.

XVIII.

S Francesco de Geronimo, jésuite italien, envoyé en mission dans les Pouilles, puis comme prédicateur à Naples. 

S Vincenzo Peis Cadello (Ignazio de Láconi), capucin à Cagliari.

S Matthêu Lê Văn Gẫm, laïc marié martyr en Cochinchine, canonisé en 1988 et fêté avec ses Compagnons le 24 novembre. 

B Zefirino Namuncurà (1886-1905), jeune Argentin conquis par l'idéal de s.Giovanni Bosco, mort de tuberculose à Rome ; béatifié en 2007.

B Vincent L’Hénoret (1921-1961), prêtre français des Oblats de Marie Immaculée, martyr au Laos, béatifié en 2016.

Maiulus d’Hadrumète

† fin 2e siècle

 

Maiulus est un martyr de la Bysacène (act. Tunisie) et fut condamné aux bêtes.

Son martyre eut lieu à Hadrumète (act. Sousse), à la fin du 2e siècle ou au début du 3e.

Saint Maiulus d’Hadrumète est commémoré le 11 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mokios d’Amphipolis

† 295

 

Mokios était un prêtre dans la ville d’Amphipolis (Macédoine NE, la ville a disparu).

Lors d’une fête en l’honneur du dieu Dionysios, Mokios exhorta les païens à renoncer aux idoles, et à se convertir à l’unique Seigneur.

Pour ce délit,, Mokios fut déféré devant le gouverneur de Laodicée, et proclama sa foi. On ne comprend pas, ici, pourquoi ce transfert jusqu’à une ville si éloignée (Asie Mineure, act. Turquie O)

On voulut le conduire devant des idoles et le forcer à sacrifier : Mokios invoqua le Nom du Christ, et les idoles se brisèrent.

Il fut introduit dans un four brûlant, mais en sortit indemne, alors que le gouverneur fut atteint et brûlé par les flammes.

Soumis à d’autres tortures, Mokios fut jeté en pâture aux bêtes, qui l’épargnèrent et se couchèrent à ses pieds. Le peuple alors demandait la liberté pour Mokios, mais le gouverneur s’entêtait : il envoya Mokius à Perinthe (Thrace), puis à Byzance, pour y être exécuté.

Juste avant son exécution, il pria : Seigneur, reçois mon esprit dans la paix. Il fut décapité.

Saint Mokios d’Amphipolis est commémoré le 11 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anthimus de Rome

† 301

 

Anthimus était un prêtre du clergé de Rome.

Il était très actif et brillait par ses vertus et ses prédications. 

Il avait des disciples : le diacre Sisinius, Dioclès et Florent, originaires d’Orient, qui vinrent à Osimo, où ils convertirent le proconsul Faltonus Pinianus et furent hébergés chez lui. Ils furent lapidés par la populace.

On signalait aussi quelques-uns de ses amis : Maximus, Bassus et Fabius, qui furent torturés et décapités, à Rome.

Anthimus, avec quelques paysans, alla détruire le temple du dieu Silvanus. Il n’en fallait pas tant pour être condamné : il fut précipité dans le Tibre, d’où le tira un ange, puis décapité.

C’était durant la persécution de Dioclétien, donc au début du 4e siècle.

Ni les disciples, ni les amis d’Anthimus, dont il a été question, ne sont mentionnés dans le Martyrologe, sauf peut-être les deux Diocletianus et Florentius du 16 mai.

Saint Anthimus de Rome est commémoré le 11 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mamert de Vienne

† 475

 

Mamert eut un frère, Claudianus. Tous deux étaient fort cultivés.

Vers 462, Mamert fut le dix-huitième évêque de Vienne (Isère).

Il eut le malheur, qui sait pourquoi, d’ordonner un évêque en-dehors de sa juridiction, ce qui lui valut des remontrances du clergé, des avertissements sévères du pape Hilaire (v. 29 février), qui rappelait en même temps à tous les évêques des provinces Sud-Est de la Gaule, leur devoir de ne pas empiéter sur les territoires d’autres évêques, comme l’avait fait Mamert.

Mamert dut se soumettre sans discuter, car on ne signale pas d’autre «difficulté» dans son épiscopat, qui dura treize ans, environ.

Au contraire, Mamert fut extrêmement zélé pour consoler ses diocésains frappés par mille dangers. Outre les invasions barbares qui sévirent dans toute la Gaule, la région de Vienne subit des tremblements de terre, des irruptions d’ours et de sangliers. En plus, une nuit de Pâques, un incendie fallit dévorer toute la ville. Mamert se prosterna devant l’autel, on le vit prier et pleurer, et l’incendie cessa. S.Avit écrivit que cela tenait véritablement du miracle.

La population était terrorisée. Mamert consola, encouragea, prêcha la conversion et le repentir ; peut-être que la clémence de Dieu se manifesterait si on l’implorait avec de ferventes prières.  

C’est alors qu’il eut l’idée des Rogations : durant trois jours, le peuple et le clergé prieraient et chanteraient des psaumes, on jeûnerait, on se confesserait, et l’on implorerait de Dieu qu’il éloignât les intempéries, la grêle, la sécheresse, la peste, et tous les fléaux possibles, pour favoriser de bonnes récoltes et la paix dans la société.

Ces prières des Rogations, durant les trois jours qui précédaient l’Ascension, se répandirent bientôt dans toute la Gaule, et le pape Léon III (v. 12 juin) les étendit à toute l’Eglise. Aujourd’hui, elles ne sont plus de précepte, mais elles restent possibles et le Missel les mentionne.

Il est probable que Mamert prit part au concile d’Arles en 473 ; il mourut peu après, le 11 mai 475 ou 476.

Un mot sur le frère de Mamert, Claudianus. Il fut un génie de poésie, de philosophie, de théologie, en même temps qu’extrêmement modeste. Il écrivit notamment trois livres sur la Nature de l’âme et mourut vers 474.

Saint Mamert de Vienne est commémoré le 11 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gengulfus de Bourgogne

702-760

 

Gengulfus ou Gengulphus (on le connaît sous les noms de Gengou, Gengoulf, Gangolf), vécut au 8e siècle en Bourgogne. Il serait né en 702 à Varennes-sur-Amence (Langres, Haute-Marne).

Ses parents lui firent enseigner autant la piété que les lettres et Gengoulf devint un bon jeune homme d’une rare innocence.

Il s’engagea dans la voie militaire et combattit avec Pépin le Bref, participant aux efforts de celui-ci pour évangéliser les populations de Frise.

On ne peut dire s’il se maria du vivant de ses parents ou après la mort de ceux-ci. Vers 722 il épousa, peut-être pour suivre respectueusement leurs conseils, une certaine Ganea.

Or, de ses parents, riches propriétaires terriens, il hérita d’une immense fortune, qu’il administra avec une sagesse et une prudence consommées.

Son épouse alors dévoila le vrai fond de son âme, se montrant légère, coquette, mondaine. Non seulement elle se moquait ouvertement des aumônes que distribuait son pieux mari, mais elle le trompa effrontément.

Gengoulf patienta, hésita, finit par avertir Ganea et l’inviter à changer de conduite. Rien n’y fit. Il lui assigna une riche résidence pour qu’elle ne manquât de rien et se retira lui-même près d’Avallon dans une autre propriété. 

Gengoulf proposa à Ganea de plonger son bras dans l’eau d’une fontaine : si elle était vraiment innocente comme elle le prétendait, Dieu ferait que son bras resterait sain. La femme n’eut pas peur d’affronter un tel jugement, mais son bras devint comme atteint d’une lèpre douloureuse ; malgré le prodige, Ganea refusait de reconnaître son péché. 

Elle finit même par exciter son amant à assassiner Gengoulf. L’homme réussit à pénétrer chez Gengoulf à son lever et le frappa mortellement.

Des historiens supposent que toute cette histoire soit une pieuse légende. De fait, le Martyrologe ne mentionne ni la piété, ni le «martyre» de Gengoulf Mais la dévotion envers Gengoulf se diffusa largement et rapidement, jusqu’en Allemagne et en Suisse ; on invoque s.Gengoulf dans les situations matrimoniales difficiles.

Saint Gengulfus est commémoré le 11 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mayeul de Cluny

906-994

 

Mayeul naquit vers 906 (ou un peu plus tard), de Foucher, un très riche propriétaire de Valensolle (Avignon, Vaucluse).

Très tôt orphelin de ses parents, Mayeul se retira à Mâcon, chez un riche parent.

Sur les conseils de l’évêque, Mayeul embrassa l’état ecclésiastique ; il fut chanoine de la cathédrale, alla étudier à Lyon auprès d’un saint abbé et, rentré à Mâcon, fut ordonné diacre et nommé archidiacre. Il enseigna également aux clercs.

En 930, on lui proposa l’archevêché de Besançon, qu’il refusa fermement et, pour bien confirmer ses sentiments, alla frapper à l’abbaye de Cluny, où il prononça les vœux en 943 ; il devint bibliothécaire et apocrisiaire (représentant).

L’abbé de Cluny, Aymard, l’estima profondément pour ses vertus et ses qualités, au point que, devenu aveugle et infirme, il fit nommer en 948 Mayeul à sa place pour lui succéder, ce que Mayeul n’accepta qu’avec grande difficulté, tant il était humble et fuyait les premièrs places.

Voici un incident qui montra l’humilité de Mayeul. Un moine s’était laissé aller à déconsidérer le vieil abbé et presque à le mépriser. Aymard, qui s’en était aperçu, convoqua la communauté, invita Mayeul à «reprendre son rang», ce qu’il fit sans broncher ; puis Aymard, de nouveau investi de son rang d’abbé, punit sévèrement le moine fautif ; ensuite, il céda à nouveau sa place à Mayeul, qui la reprit avec soumission. 

A partir de 954, Mayeul exerça pleinement sa charge avec grande douceur, avec prudence et profonde efficacité ; il fut appelé à réformer beaucoup de monastères en toute l’Europe. Il avait la réputation du plus saint homme de son siècle, à quoi contribuèrent aussi les nombreux miracles qu’il opéra. Un aveugle fut guéri par sa prière, de même qu’un évêque qu’il rencontra en allant à Rome.

Au retour de ce même voyage (972), il fut retenu avec sa suite par des Sarrasins qui tenaient les cols des Alpes. Mayeul pria Notre-Dame de bien vouloir les délivrer à temps pour célébrer la prochaine fête de l’Assomption ; non seulement il fut délivré, mais plusieurs Sarrasins, frappés de sa bonté, demandèrent le baptême.

Il faut signaler que la prise et la libération de Mayeul par les Sarrasins fut l’occasion d’une guerre de libération de la Provence, dont les Sarrasins furent chassés après la bataille de Tourtour (973).

Mayeul eut aussi une action efficace sur la famille impériale ; en retour Othon II fit tous ses efforts pour appuyer, si c’était possible, l’élection de Mayeul sur le siège de Saint-Pierre en 974 (il s’agissait en effet, ces années-là, d’éloigner l’influente famille des Crescenzi de s’imposer à Rome). Peut-être que la papauté aurait gagné à avoir Mayeul pour réformer l’Eglise, mais l’Eglise a peut-être plus gagné par l’humilité et le désintéressement de Mayeul

C’est aussi pour cette grande réputation de sainteté qu’affluèrent les donations à l’abbaye de Cluny, dont les possessions territoriales s’étendirent sur quelque neuf-cents villages. Les vocations furent également si nombreuses que Mayeul fit édifier une nouvelle église, qui sera consacrée en 981.

Très savant lui-même, expert dans l’Ecriture, le droit et la philosophie, Mayeul développa énormément l’activité du scriptorium.

En 991, après quarante années d’abbatiat, Mayeul se choisit un successeur en la personne d’Odilon (v. 1er janvier). Ses forces déclinèrent beaucoup.

En 992, Hugues Capet, qui ne connaissait pas son état de santé, le supplia de venir réformer un monastère à Paris. Mayeul dit adieu à toute la communauté et se mit en route : il dut s’arrêter à Souvigny, où il mourut le 11 mai 994, âgé de quatre-vingt-huit ans (ou un peu moins, selon la date de sa naissance).

Dès 998, une bulle papale évoque la bienheureuse mémoire de saint Mayeul.

Saint Mayeul est commémoré le 11 mai dans le Martyrologe Romain.

 

Gautier de l’Esterp

990-1070

 

Né vers 990 au château de Confolens (Charente), Gualterius, ou Gautier, reçut son éducation à l’abbaye du Dorat (Haute-Vienne).

Il grandit avec cette sainte maturité qui lui faisait fuir la colère et l’envie, la médisance et toute espère de rivalité. 

Devenu à son tour chanoine de cette même abbaye, il dut un jour la quitter, ayant encouru l’ire du brave abbé, en cherchant à adoucir la sévérité de celui-ci envers les bons chanoines.

Réfugié à Confolens, il fit un pèlerinage à Jérusalem. A son retour, Gautier fut bientôt appelé par d’autres chanoines, ceux de l’Esterp (Limoges), dont il dut accepter de devenir l’abbé.

Sa réputation était telle, que le pape lui concéda des pouvoirs particuliers pour absoudre les grands pécheurs. 

Vers 1063, il fut frappé de cécité, infirmité qu’il supporta avec grande patience.

Il reçut l’Onction des Malades peu avant sa mort. L’ayant reçue, il demanda à être déposé nu sur la cendre, expliquant que, comme un athlète oint de l’huile, il devait combattre nu son dernier combat, et il rendit son âme le 11 mai 1070.

Saint Gautier de l’Esterp est commémoré le 11 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Illuminato de San Severino

13e siècle

 

Illuminato fut un personnage très célèbre, dont on ne croyait guère connaître autre chose que son lieu de naissance, San Severino (Macerata, Marches, Italie CE).

Mais voilà que même cette localité est devenue douteuse, au profit de San Mariano.

En résumé, on ne peut pas même dire si Illuminato fut un moine bénédictin ou un religieux franciscain.

L’urne contenant son corps se trouve actuellement dans le monastère des Cisterciennes, dans la partie historique de San Severino, dite Le Château.

On lui attribue un culte très ancien, en raison de sa sainteté, des grâces obtenues et des miracles, et il est invoqué comme co-patron de la localité, où on le fête le 11 mai.

Evidemment, saint Illuminato ne se trouvera pas dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gregorio Celli

1225-1343

 

Gregorio Celli naquit en 1225 à Verucchio (Rimini, Italie CE).

Orphelin de père à trois ans, il frappa à quinze ans, en 1240, à la porte des Ermites de Saint-Augustin, présents dans son village, dont le couvent avait été fait construire par sa mère.

Dix ans plus tard, Gregorio était la fleur du couvent, exemplaire dans l’accomplissement de la Règle, fidèle dans tous ses engagements… au point qu’il était le reproche vivant des Religieux moins attachés que lui à la perfection évangélique. Le diable se mit de la partie et suscita une telle jalousie envers le pauvre Gregorio, qu’on lui rendit la vie impossible. 

On pourrait se demander comment réagirent les Supérieurs, comment ils laissèrent se développer une telle situation ; ils ne surent pas être à la hauteur du problème et fermèrent les yeux. 

Gregorio résolut de s’éloigner. Il quitta son village et trouva où se réfugier dans un vieil ermitage sur le mont Carnerio, près de Fonte Colombo (Rieti), ou bien chez les Franciscains du même endroit.

Si l’on calcule bien, il serait venu là en 1250 et y resta quatre-vingt treize années : il s’éteignit le 11 mai (ou le 23 octobre) 1343, âgé de cent dix-huit ans.

Le retour de ses cendres dans l’église de Verucchio aurait été dû à une intervention céleste.

La confirmation de son culte ainsi que la béatification furent proclamées en 1357, mais le document s’étant perdu, une nouvelle enquête eut lieu et le culte fut à nouveau confirmé en 1757.

Le bienheureux Gregorio Celli est invoqué dans les grandes calamités.

James Walworth

? -1537

 

On ne sait quand ni où James était  né.

Son nom de famille pourrait aussi être Wannert ou même Walwerke. Un Jacobus Walwerke signa le Serment de Succession de 1534.

James était un moine chartreux du couvent de Londres.

S’étant prononcé contre la suprématie du Roi sur l’Eglise, il fut arrêté et enfermé dans la chartreuse de St. Michael in Hull (Yorkshire). De là, il fut conduit à York, condamné à mort, et supplicié, avec son saint Confrère, John Rochester.

On les pendit avec des chaînes aux remparts de la ville jusqu’à ce que leurs corps tombèrent en morceaux.

C’était le 11 mai 1537.

Leur culte a été reconnu en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

John Rochester

1498 -1537

 

John était né vers 1498 à Terling (Essex, Angleterre), troisième fils de John et Grisold Writtle ; son frère, Robert, fut contrôleur des comptes.

C’était un moine chartreux du couvent de Londres.

S’étant prononcé contre la suprématie du Roi sur l’Eglise, il fut arrêté et enfermé dans la chartreuse de St. Michael in Hull (Yorkshire). De là, il fut conduit à York, condamné à mort, et supplicié, avec son saint Confrère, James Walworth.

On les pendit avec des chaînes aux remparts de la ville jusqu’à ce que leurs corps tombèrent en morceaux.

C’était le 11 mai 1537.

Leur culte a été reconnu en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Caterina de Cardona

1519-1577

 

Caterina vit le jour à Naples (ou à Barcelone) en 1519, fille du vice-roi de Naples, Raimondo de Cardona.

D’aucuns prétendent qu’elle était illégitime, de mère inconnue, à une date et en une localité non précisées. On sait seulement que Raimondo venait d’être nommé en 1519 Grand Amiral du royaume de Naples.

La petite fille fut confiée à treize ans aux Clarisses près de Naples en attendant le jour de son mariage : on l’avait déjà «fiancée» à un jeune homme, mais Caterina s’employa plutôt à amener celui-ci à s’unir à ses prières : ce jeune homme eut ainsi l’heur de bientôt mourir dans de saintes dispositions.

Caterina continua sa vie cloîtrée. En 1557, elle fut préconisée pour aller à la cour d’Espagne et s’occuper de l’éduction de Carlos, le fils du roi. Mais ne réussissant pas comme elle le désirait, elle quitta la cour et, en 1562, alla se cacher dans une grotte. C’est un berger qui la découvrit quatre ans plus tard et révéla sa cachette : on vint de toute la Mancia pour la voir, la consulter.

Sur son initiative fut fondé le couvent de Carmes près d’Albacete ; puis Caterina demanda aux Carmélites de l’accueillir pour échapper à la curiosité du monde et s’adonner librement à la prière et à la pénitence.

Il n’est pas certain qu’elle ait pris le voile des Carmélites ; elle se serait retirée dans une grotte dépendant du monastère carme, pendant plusieurs années encore. Sainte Thérèse d’Ávila (v. 15 octobre) en parlait comme ermite, femme d’admirable pénitence et perfection.

Quand Caterina mourut, le 11 mai 1577, tout le monde parla de la Bienheureuse Caterina de Cardona ; la même sainte Thérèse l’appella Sainte Mère Catherine.

La grotte où elle mourut,  aux Casas de Benítez, s’appela Grotte de Doña Catalina de Cardona.

Caterina (en espagnol Catalina) n’a pas été béatifiée et ne se trouve pas dans le Martyrologe. Si le peuple espagnol la fête le 12 mai, c’est que pendant longtemps le 11 mai était la fête des apôtres Philippe et Jacques (auj. 3 mai).

 

 

Francesco De Geronimo

1642-1716

 

Ce saint qu’on peut appeler extraordinaire naquit à Grottaglie (Taranto, Italie) de Giovanni Leonardo et de Gentilesca Gravina, le 17 septembre 1642, premier de onze enfants, dont trois seront ecclésiastiques.

On peut noter ici que le nom de famille “Geronimo” est aussi orthographié “Girolamo”, deux traductions possibles du latin Hieronymus, Jérôme.

La famille était assez aisée, mais surtout très chrétienne. On confia Francesco tout jeune à une congrégation locale vouée à l’enseignement et aux missions. Non seulement le garçonnet y fit déjà de bonnes études, mais il reçut la charge de sacristain et du catéchisme aux petits enfants.

A seize ans il reçut la tonsure puis alla fréquenter le séminaire de Taranto ; il compléta ses études en droit à Naples et fut ordonné prêtre en 1666.

Il fut préfet des jeunes étudiants au collège jésuite napolitain, et fut lui-même novice en 1670. 

Chargé de missions dans les Pouilles, il revient à Naples en 1674 pour y achever ses études théologiques, et fut nommé prédicateur à l’église des Jésuites : ses prédications dureront quarante ans.

Il aurait bien voulu partir pour les missions au Japon, mais les supérieurs lui répondirent que Naples serait “ses Indes et son Japon”, où les épines lui seraient comme un autre martyre.

Il était humble, doux et soumis au-delà de ce qu’on pouvait imaginer. Un jeune un jour le frappa au visage : il tendit l’autre joue. On lui interdit un jour de célébrer la Messe plus de trois fois par semaine, il se soumit, et cette obéissance reçut sa miraculeuse récompense : il reçut l’Eucharistie des mains de Jésus-Christ.

Sa prédication était convaincante, produisait des conversions éclatantes, et s’accompagnait de miracles, de prédictions multiples. Francesco s’en cachait en invoquant l’intercession de saint Cyr (Ciro, voir au 31 janvier) , mais il fut trop souvent “pris en flagrant délit” de miracles pour que sa sainteté personnelle échappât à l’attention des témoins.

Francesco exerça son apostolat non seulement dans l’église des Jésuites de Naples, mais dans les régions alentour. Il convainquait les foules de se diriger vers l’église pour se confesser, il animait la “Communion générale du troisième dimanche du mois”, et eut une particulière attention à ramener dans le bon chemin les prostituées, qui furent nombreuses à se convertir.

Francesco alla aussi prêcher dans les monastères, les collèges de jeunes, les prisons, les galères : rien n’arrêtait son zèle au point qu’on pouvait parler de miracle à propos de ses nombreuses prédications, pour lesquelles plusieurs missionnaires y auraient passé la vie.

Francesco annonça lui-même sa mort prochaine, et le jour précis de celle-ci : 11 mai 1716.

Béatifié en 1806, canonisé en 1839, il est mentionné au Martyrologe ce même 11 mai, et est un des patrons de la ville de Naples. Son corps, longtemps conservé à Naples, fut transféré à Grottaglie, son pays natal.

 

 

Vincenzo Peis Cadello

1701-1781

 

Vincenzo naquit à Láconi (Oristano, Sardaigne) le 17 décembre 1701, deuxième des neuf enfants de Mattia Peis Cadello et d’Anna Maria Sanna Casu, d’humbles et fervents chrétiens.

Fervent à son tour, Vincenzo assistait à la Messe quotidienne, savait se mortifier, mais n’alla jamais à l’école. Il parlait tout juste le dialecte sarde, si l’on peut dire qu’il parlait, car il était très taciturne.

Jusqu’à sa vingtième année, il aida ses parents dans les travaux des champs. A dix-huit ans, il fut très malade et promit d’entrer chez les Capucins s’il guérissait ; guéri, il n’accomplit pas tout de suite sa promesse ; après une grave chute de cheval, il se souvint de son vœu, et demanda alors à être admis chez les Capucins de Cagliari (1721).

On hésita à l’accepter, à cause de sa maigreur (car un sujet de santé fragile pouvait coûter cher au monastère…), mais on l’admit sur l’intervention d’un pieux marquis (1721). Dans ce noviciat, il prit le nom de Fra Ignazio et fit la profession en 1722, comme Frère Convers.

Commença alors une longue vie de serviteur dans les couvents d’Iglesias, Sanluri, Domusnovas, Oristano, Quartu Sant’Elena, puis de nouveau à Cagliari, où il resta jusqu’à la mort.

Il travailla alors à l’élaboration du tissu pour confectionner les habits des Religieux. A partir de 1741 et pendant les quarante dernières années de sa longue vie, il fut quêteur, arpentant les rues et les ruelles de Cagliari, demandant ici et là un peu de soutien matériel pour les Religieux du couvent, tout en donnant aussi quelques conseils spirituels, promettant de prier pour telle intention : bientôt on lui attribuera des grâces célestes obtenues par sa prière, des réconciliations, des miracles…

Deux ans avant sa mort, il perdit la vue et fut déchargé de sa besogne quotidienne, mais pas de la prière, qu’il affectionnait particulièrement dans la méditation du rosaire.

Un précieux témoin de sa sainteté fut un pasteur protestant qui vivait dans cette région et qui le décrivit comme un saint vivant, parlant aussi de ses miracles.

Ignazio s’éteignit sereinement à Cagliari le 11 mai 1781.

Fra Ignazio de Láconi fut béatifié en 1940 et canonisé en 1951. A cette cérémonie de canonisation était présent un capucin de Cagliari, Nicola de Gesturi (voir Giovanni Medda, au 8 juin).

Ignazio de Láconi, qui était illettré, est considéré en Sardaigne comme le patron des étudiants.

 

 

Matthêu Lê Văn Gẫm

1813-1847

 

Matthêu était né vers 1813 à Gò Công (Biên Hòa, Vietnam), aîné de cinq garçons et une sœur, enfants de Paul Le Van Lai et Maria Nguyen Thi.

A quinze ans, il entra au séminaire de Lai Thieu, mais en ressortit très vite sur l’insistance des parents, pour les aider dans leur travail.

Vers vingt ans, il se maria. Il semble que, souvent absent de la maison pour son travail, il ait été tenté d’adultère, mais il se ressaisit et s’occupa essentiellement de ses quatre enfants. Mais sur les quatre, l’aîné et le dernier moururent de maladie, le deuxième mourut dans un incendie, le troisième mourut pour sa foi, brûlé en prison.

Fervent dans sa foi et son désir d’aider l’Eglise, il s’offrit spontanément pour transporter dans son bateau des missionnaires européens depuis Singapour et les introduire dans son pays.

Un premier voyage réussit fort bien. Mais au second, une chaloupe militaire le découvrit : se trouvaient à bord le vicaire apostolique, Mgr Lefebvre, un prêtre et un groupe de séminaristes ; ils avaient avec eux des objets pour le culte (calices, missels, encensoirs, ornements…). Matthêu pensait résister aux soldats, se battre et sauver les missionnaires, mais l’évêque le dissuada d’en venir aux mains.

C’était le 6 juin 1846.

Matthêu fut arrêté comme principal responsable, étant propriétaire et capitaine du bateau.

Mis en prison à Troi-Ya-Ma, il fut soumis à maintes tortures dans le but de le faire apostasier sa foi et révéler d’autres informations sur les missionnaires et leurs activités, mais le vaillant chrétien resta fidèle, refusa de marcher sur la croix et ne trahit pas.

Un prêtre put, déguisé, lui rendre visite, le confesser et lui donner l’Eucharistie.

Les mandarins le condamnèrent à mort et demandèrent la confirmation au roi. Celui-ci faisant attendre sa décision, les mandarins annulèrent la condamnation. Cependant, le roi changea d’avis après les incursions françaises, et donna l’ordre de procéder à l’exécution, sauf si l’homme apostasiait. Comme Matthêu persévérait toujours dans sa foi, après un an de prison, il fut décapité.

C’était le 11 mai 1847 à Chợ Đŭi (Dong Nai, Vietnam).

Il fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

Ceferino Namuncurá

1886-1905

 

Né le 26 août 1886 à Chimpay (Valle Medio, Rio Negro, Argentine), il était le sixième enfant de Manuel et Rosario Burgos. Manuel était un chef Mapuche.

Ceferino reçut le baptême à huit ans, d'un missionnaire salésien.

De l'enfance de Ceferino, on ne rapporte qu'un fait, non sans importance : Ceferino tomba un jour dans le Rio Negro ; s'il échappa à la noyade, il ne le dut qu'à une intervention surnaturelle.

Manuel Namuncurà, ayant été promu colonel de l'armée argentine, pensa envoyer son fils étudier à Buenos Aires, dans le but de le préparer à faire quelque chose d'utile pour son peuple. C'est ainsi que, grâce à son amitié avec le général Campos, ministre de la guerre, Manuel put placer son fils aux ateliers nationaux de la marine en tant qu’apprenti charpentier.

L'essai dura trois mois : Ceferino écrivit à son père qu'il ne se trouvait pas bien dans cette ambiance, et son père, après avoir consulté l'ancien président argentin, envoya Ceferino chez les Pères salésiens, fondés par Giovanni Bosco.

C'est ainsi que Ceferino entra au collège Pie IX des Salésiens, à Almagro (Buenos Aires), où il se montra excellent élève autant que choriste. C'est là qu'il connut Carlos Gardel, futur chanteur et acteur, avec qui il se lia d'amitié.

A la fin de ses études, au lieu de revenir à la maison et servir d'interprète et de secrétaire, - comme le désirait son père –, Ceferino voulut rester parmi les Salésiens.

Sa santé n'était pas bonne : il était déjà atteint par la tuberculose. Mais il commença les études en vue du sacerdoce.

En 1904, il accompagna à Rome Mgr Giovanni Cagliero, ancien élève de saint Giovanni Bosco et futur archevêque, qui le présenta au pape Pie X : ayant entendu le compliment que lui adressa Ceferino en cette occasion, le pape fut très ému d'entendre cet Amérindien s'exprimer en parfait italien ; il le bénit tout spécialement et lui remit la médaille qu'il réservait d'habitude aux Princes.

Ceferino fut reçu à Turin, puis à Frascati (Rome), toujours en vue de devenir prêtre.

Sa santé périclita encore davantage durant l'hiver 1904-1905, et il fut hospitalisé au Fatebenefratelli de Rome, où il s'éteignit le 11 mai 1905, à dix-neuf ans.

Juste avant de mourir, il dit à Mgr Cagliero : Bénis soient Dieu et la Très sainte Vierge Marie ! J'ai assez de pouvoir sauver mon âme ; pour le reste, que la volonté de Dieu soit faite.

Grâce aux Salésiens, l'image de Ceferino fut très répandue dans toute l'Argentine, où on l'appela le lys de la Patagonie, mais aussi dans le monde entier. Beaucoup de grâces furent obtenues par son intercession. 

C'est en 1972 que le pape proclama l'héroïcité des vertus de Ceferino.

En 2000, un miracle fut reconnu, attribué à l'intercession de Ceferino : ce fut la guérison totale et inexplicable d'une jeune maman argentine, qui souffrait d'un cancer à l'utérus.

Ceferino Namuncurà fut béatifié en 2007, premier Argentin à être porté sur les autels.

Fêté dans son pays le 26 août, en été, Ceferino sera inscrit au Martyrologe le 11 mai.

 

 

Vincent L’Hénoret

1921-1961

 

Vincent naquit le 12 mars 1921 à Pont-l’Abbé (Finistère), dans une famille très chrétienne de quatorze enfants.

Après avoir fréquenté le collège de sa ville, il entra au juniorat des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée (OMI), à Pontmain, pour ses études secondaires, de 1933 à 1940.

A Pontmain encore, il fit le noviciat.

Tous les Français ne connaissent pas le sanctuaire de Pontmain, où la Sainte Vierge vint demander à des enfants de prier : peu après finit la guerre de 1870.

Vincent n’était certes pas le meilleur élève, au point de se décourager parfois, mais il était doux, surnaturel, dévoué, nota son maître des novices. 

Durant la guerre, il étudia la philosophie et la théologie à La Brosse-Montceaux, cette localité où, en 1944, furent sommairement exécutés cinq membres de la communauté, dont deux de la promotion de Vincent. Lui-même fut ensuite déporté à Compiègne et, heureusement, bientôt libéré par les Alliés.

En 1946, il fut ordonné prêtre et, pour éviter l’anglais, se proposa pour la mission du Laos ou celle du Tchad, affirmant humblement que ses moyens intellectuels ne sont pas à la même hauteur que sa santé.

En mai 1947, on lui annonça qu’il irait au Cameroun, mais le 10 août, il apprit qu’il irait au Laos.

A Kangsadok, il apprit la langue et les coutumes laotiennes. Certains ont dit qu’il parlait laotien mieux que tous les autres missionnaires. Il sera ensuite à Nong Bua, puis à Paksane.

En 1956, après un petit congé en France, l’unique qu’il prendra, il fit partie de l’équipe de Xieng Khouang, et son poste sera Ban Ban (auj. Muang Kham). Une de ses préoccupations fut d’extirper de la population l’habitude de sacrifier aux «esprits».

Fin 1960, s’installa à Sam Neua le régime dissident communiste, obligeant la population aux réunions répétées ; le père Vincent devait pour chaque déplacement demander un laissez-passer.

Le mercredi 10 mai 1961, le père Vincent alla célébrer la messe de l’Ascension à Ban Na Thoum, à sept kilomètres, et pensait être de retour le lendemain à Ban Ban, jour de l’Ascension.

Le jeudi 11, il quitta Ban Na Thoum à bicyclette ; il fut arrêté par des hommes de la guérilla qui, voyant son laissez-passer, feignirent de le laisser continuer, mais ils l’abattirent un peu plus loin.

L’église de Na Thoum fut ensuite détruite.

Vincent L’Hénoret, béatifié le 10 décembre 2016, sera commémoré le 11 mai dans le Martyrologe Romain.

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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 23:00

10 MAI

 

-XV.

S Job, prophète.

I.

S Aurélien, évêque à Limoges (III.?).

III.

Ss Calépode, prêtre, Palmace, consul, avec sa femme et ses enfants, Simplice, sénateur, avec sa femme, ses enfants et bon nombre de membres de sa famille, martyrs à Rome.

Ss Alphius, Philadelphe, Cyrin, leur sœur Benedicta, leur neveu Erasmus, leur maître Onesimus,  martyrs les uns à Pouzzoles, les autres à Lentini.

?

S Dioscoride, martyr  à Myre.

Ss Quartus et Quintus, du clergé de Capoue, martyrs à Rome.

.IV.

S Gordianus, juge romain, converti à la vue de la patience des chrétiens, décapité.

Ss Silvestre et Fronime, évêques à Besançon ; le premier fit édifier l’église de Saint-Maurice, l’autre celle de Saint-Etienne.

S Palais Ier (Palladius), évêque à Bourges.

V.

S Palais II, évêque à Bourges.

VI.

S Léonard, anachorète dans la forêt de Marchenoir.

VII.

S Comgall, abbé fondateur à Bangor, où vivaient trois mille moines.

Ste Eustadiole, veuve à Bourges, où elle fonda l’abbaye de Moyen-Moutier ; elle resta végétarienne pendant soixante-dix ans et mourut nonagénaire, un 8 juin.

S Cataldo, écossais, évêque à Taranto, dont il est patron.

IX.

Ste Solange, vierge et martyre près de Bourges, patronne du Berry.

XI.

B Mire, anachorète près de Canzo puis à Sorigo.

XII.

B Anthelm (William), anglais, prêtre à Pontoise ; honoré par Philippe-Auguste, dans le palais duquel il mourut.

XIII.

Bse Beatrice d’Este l’Ancienne, restauratrice d’un monastère au mont Gemola et morte vers trente-trois ans. 

XV.

B Niccolò Albergati, chartreux puis évêque à Bologne et cardinal, plusieurs fois légat papal.

XVI.

S Juan de Ávila, patron du clergé espagnol et apôtre de l'Andalousie ; ami de s. Ignace, de ste Thérèse, il a été un précurseur en matière de réforme comme en d'autres domaines spirituels et le concile de Trente a adopté des décisions qu'il avait préconisées longtemps auparavant ; auteur d’un traité spirituel Audi Filia, il goûta même les geôles de l’Inquisition pour ses idées «avancées» et fut proclamé Docteur de l’Eglise en 2012.

XX.

B Ivan Merz (1896-1928), premier laïc bosniaque béatifié, en 2003.

B Enrico Rebuschini (1860-1938), de l’ordre Camillien, ordonné prêtre par Mgr Sarto, futur Pie X, actif à Vérone et Crémone, béatifié en 1997.

B Vasile Aftenie (1899-1950), évêque roumain gréco-catholique, sauvagement torturé en prison, béatifié en 2019.

Job, patriarche

15e siècle avant Jésus-Christ

 

Dans l’Ecriture, le Livre de Job est le premier des Livres sapientiaux, écrits dont le genre a été très répandu dans l’Orient ancien.

Job était né dans la terre de Hus, entre l’Idumée et l’Arabie.

Fidèle à la foi reçue, il craignait Dieu et conduisait toute sa famille, ses sept fils et ses trois filles, dans la piété traditionnelle. Il avait de grands biens, un cheptel immense.

Sur la permission de Dieu, dit l’Ecriture, Satan éprouva le saint homme. Tout son troupeau périt, ses enfants moururent, mais Job réagit avec foi et confiance en Dieu, adorant la volonté divine :

Yahvé a donné, Yahvé a repris, que le nom de Yahvé soit béni (1:21).

Derechef, Satan s’acharna sur Job, qui fut affligé d’un ulcère horrible. Devant cette lèpre hideuse, l’épouse de Job lui suggérait de se rebeller contre Dieu, et lui, au contraire, la réprimanda :

Si nous recevons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur ? (2:10).

Trois «amis» viennent le «consoler», mais veulent à tout prix lui faire comprendre qu’il souffre pour ses péchés. Job se défend : le mal est partout dans le monde ; lui, il n’a pas péché contre Dieu.

Tout au long des quarante-deux chapitres de ces longues discussions, on voit Job passer par différents états d’âme, passant de la révolte à la soumission, des souffrances et des rémissions dans sa maladie.

Finalement, intervient encore un autre personnage qui s’en prend autant à Job qu’à ses amis, et tente de justifier la conduite de Dieu.

C’est Dieu lui-même qui va intervenir pour mettre fin à cette longue discussion, blâmant autant les trois premiers amis que le dernier intervenant.

Après ce long combat, Job est récompensé de son humilité et de sa fidélité : Dieu lui rend ses biens, et même le double d’avant. Job engendra sept autres fils et trois autres filles, et mourut dans une sainte vieillesse, comblé de mérites et d’années.

Job est à nouveau nommé en Ezéchiel (Ez 14:14).

Le patriarche Job est honoré à diverses dates en Orient ; il est mentionné au 10 mai dans le Martyrologe.

 

 

Aurelianus de Limoges

1er ou 3e siècle

 

Les données concernant cet Aurelianus restent un peu conjecturales.

Aurelianus Cotta aurait été un prêtre des dieux païens et, comme tel, se serait farouchement opposé à l’œuvre évangélisatrice des missionnaires, de saint Martial en particulier, et fut frappé par la foudre.

Saint Martial, inspiré par Dieu, ayant ressuscité Aurelianus, ce dernier se serait alors converti, devenant un fidèle serviteur de Martial, et ensuite son propre successeur sur le siège de Limoges.

Martial ayant été situé par les uns au 1er siècle, ordonné et envoyé par saint Pierre, et par les autres au 3e siècle, il résulte de là qu’Aurelianus hésite à son tour entre le 1er et le 3e siècles.

Il reste certain qu’Aurelianus est le deuxième évêque de Limoges.

Quand on retrouva ses reliques en 1315, dans l’église de Saint-Cessateur, on les replaça dans une nouvelle chapelle de l’actuelle rue de la Boucherie. De là vient que saint Aurelianus est le patron des bouchers de Limoges. Il existe une confrérie de Messieurs les Bouchers de Limoges.

Saint Aurélien n’est pas au Martyrologe ; il est fêté localement au 10 mai.

 

 

Dioscoride de Myre

† ?

 

Ce Martyr qu’on situait autrefois à Smyrne, est maintenant mentionné à Myre (Lycie, act. Demre, Turquie SW).

On ne connaît malheureusement ni l’époque ni le genre de son martyre.

Saint Dioscoride de Myre est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Quartus et Quintus de Capoue

?

 

Quartus et Quintus faisaient partie du clergé de Capoue (Campanie, Italie CW).

Ils furent arrêtés comme Chrétiens, mais comme ils étaient de familles nobles, ils furent déférés à Rome.

L’empereur - on ignore lequel - les condamna à être décapités.

Saints Quartus et Quintus de Capoue sont commémorés le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs de Lentini

† 251

 

Trois frères, avec leur sœur et leur neveu, accompagnés de leur maître et treize autres Compagnons, originaires de la région d’Otrante (Italie SE), furent conduits à Rome, de là à Pouzzoles (Campanie, Italie CW), où furent mis à mort les trois frères et le maître.

Les autres furent alors jugés à Taormina (Sicile), enfin exécutés à Lentini (Sicile).

Les trois frères s’appelaient : Alphius, Philadelphius, Cyrinius. Ce sont eux qui sont mentionnés dans le Martyrologe actuel.

Leur sœur, Benedicta, leur neveu, Erasmus, leur maître, Onesimus, ne sont pas mentionnés.

C’était durant la persécution de Dèce, en 251.

Il faut reconnaître qu’il est difficile de suivre le long voyage qu’on imposa à ces dix-neufs Héros du Christ. Le premier groupe parcourut quelque neuf-cents kilomètres, les autres quinze cents !

Malgré cette différence, ils sont réunis ici sous l’unique mention de Lentini, où ils sont particulièrement honorés.

Les Actes de ces Martyrs sont, dit-on, sans valeur.

Les Martyrs de Lentini sont commémorés le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gordianus de Rome

† 362

 

Gordien était juge à Rome, sous l’empereur Julien l’Apostat.

Il avait des occasions de voir des Chrétiens torturés et il fut très frappé de voir avec quelle constance, avec quelle paix, ceux-ci enduraient ces tourments, sans se plaindre, en pardonnant à leurs bourreaux…

Gordianus demanda bientôt à être initié à la foi, il fut catéchumène et reçut le baptême.

On lui prête des Compagnons, dont on ne donne pas le nom.

Dénoncé à l’empereur, Gordianus fut condamné à mort et décapité.

C’était le 10 mai 362.

On déposa son corps dans le sépulcre où se trouvait déjà celui de s.Epimachus (v. 12 décembre), ce qui les a fait souvent commémorer ensemble, mais plus d’un siècle les sépare.

Saint Gordianus de Rome est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Comgall de Bangor

510-602

 

Comgall naquit entre 510 et 520 à Dál nAraidi (Dalaradia, auj. Magheramome, Ulster), de Setna et Briga.

Après avoir suivi les pas de son père dans la vie militaire, Comgall se mit sous la direction de s.Fintan de Clonenagh, de s.Finian de Clonard, de Mobi Clairenach de Glasnevin, de s.Ciaran de Conmacnoise (v. 17 février et 9 septembre).

Il reçut le diaconat et la prêtrise des mains de l’évêque Lugidius.

Avec quelques compagnons, il alla vivre sur l’île de Lough Erne ; le style de vie qu’il avait appris auprès de ses maîtres et qu’il imposait à sa petite communauté, était si rigide que plusieurs d’entre eux moururent de froid et de faim…

Comgall songea à passer en Angleterre, mais l’évêque Lugidius lui conseilla de rester en Irlande et d’y développer le monaschisme. Ainsi naquit le monastère de Bangor, près de Belfast, vers 555. Il y eut jusqu’à trois ou quatre mille moines à ou près de Bangor, qui étaient tous sous la direction de Comgall, dont la règle ne manquait pas de sévérité : un seul repas par jour, d’une nourriture consistant en herbes (souvent crues), pain et eau ; le lait était parfois concédé ; jeûnes longs et fréquents ; silence quasi continu ; peines sévères contre les manques ; on se confessait à voix haute devant la communauté rassemblée.

Parmi les disciples célèbres de Comgall il y aurait eu s.Colomban et s.Moluag (v. 23 novembre et 25 juin). Comgall fut aussi très lié avec d’autres grands saints : Brendan, Cainnech et Finnian (v. 16 mai, 11 octobre et 12 décembre).

Après d’intenses souffrances, Comgall mourut à Bangor, vers 602.

Ses reliques furent dispersées en 822 par les envahisseurs Vikings.

Saint Comgall de Bangor est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cataldo de Tarante

610-685

 

Une «tradition» fait de Cataldo un Irlandais venu dès le 2e siècle prêcher la Bonne Nouvelle à Tarante. Qui, à moins d’une intervention surnaturelle, dans cette Irlande encore païenne, aurait inspiré Cataldo de venir prêcher à Taranto, là où s.Pierre l’avait précédé ?

Pour rendre les choses plus plausibles, les spécialistes penchent plutôt pour le 7e siècle.

Cataldo aurait d’abord dirigé l’école de Lismore, après la mort de s.Carthag (v. 14 mai), puis serait parti en pèlerinage à Jérusalem.

Au retour, s’étant arrêté à Taranto, il fut retenu pour y être évêque. Là encore, à moins d’un signe céleste extraordinaire, on imagine difficilement toute une population s’adresser à un étranger fraîchement débarqué dans le port, et lui demander d’assumer une mission épiscopale.

Cataldo serait ainsi le deuxième évêque connu de Tarante, le premier étant s.Amasiano, au Ier siècle. Le siège de Taranto aurait donc été vaquant pendant plusieurs siècles… Cette histoire semble aussi invraisemblable que la première «tradition».

Cataldo serait mort vers 685 (ou peut-être au 5e siècle).

Saint Cataldo de Tarante est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Solange

IXe siècle

 

Solange naquit au bourg de Villemont, à deux ou trois lieues de la ville de Bourges. Son père était un pauvre vigneron qui menait une vie très chrétienne. Solange était une jeune fille aussi belle que pure.

De vieilles chroniques l’appellent Solange ou Soulange ; son lieu natal n’existe plus ; on voit au milieu du Pré-Verdier les ruines d’une maison qu’habitait, dit-on, sainte Solange. Cette prairie est à une demi-lieue du bourg appelé du nom de la Sainte depuis sa mort, et auparavant Saint-Martin-du-Cros.

Si l’on en croit les leçons de l’office que l’Eglise lui avait consacré, il paraissait le jour et la nuit, au-dessus de sa tête, une étoile qui la conduisait en ses démarches, et qui lui servait de règle en tout ce qu’elle devait faire.

Un jour, attiré par la réputation de la bergère, Bernard de la Gothie, fils de Bernard, comte de Poitiers, de Bourges et d’Auvergne, monta à cheval et, sous prétexte d’aller à la chasse, se rendit sur les terres de Villemont, où Solange gardait son troupeau. Il fut pris d’un vif désir pour elle, la saisit et l’emporta sur son cheval.

Refusant ses avances, Solange lui échappa et se laissa tomber dans un ruisseau au bord de la route. Ivre de rage devant le refus de Solange, Bernard transforma son amour en haine et la décapita de son glaive.

Solange qui était debout, étendit paisiblement ses bras pour recevoir sa tête et marcha jusqu’à Saint Martin du Cros, où elle fut ensevelie. 

Le pape Alexandre VII (1655-1667) autorisa la création d’une confrérie des Cousins de Sainte Solange.

Solange fait partie des Saints patrons du Berry. On l'invoque contre la sécheresse.

Sa fête est au 10 mai dans le Martyrologe Romain.

Beatrice d’Este l’Ancienne

1192-1226

 

Cette Beatrice, née vers 1192, était la fille du marquis Azzo VI d’Este de Ferrare et de Sofia, comtesse de Savoie.

Elle connut la vie brillante de la cour dans les châteaux d’Este et de Calaone, où l’on admira unanimement sa beauté et ses vertus.

Son père mourut au combat dans les rivalités entre guelfes et gibelins ; son frère fut assassiné (ou empoisonné) en 1215 : ces tristes événements l’aidèrent à considérer la vanité de ce monde et elle se retira au monastère bénédictin de Sainte-Marguerite de Salarola, près du château de Calaone, où elle resta un an et demi (1220-1221).

Mais il y avait un petit désaccord avec son frère, Azzo VII, nouveau marquis d’Este. Beatrice travailla à la réconciliation, puis obtint de l’évêque un ancien monastère abandonné, sur le mont Gemola, qu’elle restaura de ses biens.

Là, dans la solitude et la pénitence, elle se distingua par son amour de l’humilité et de la pauvreté. D’autres femmes de la noblesse la rejoignirent et formèrent une communauté de dure pénitence et de prière.

Beatrice, qui refusa constamment d’être élue abbesse, vaincue par la tuberculose, s’éteignit à ce monde qui passe pour entrer dans le monde de l’éternité, le 10 mai 1226.

Le culte dont on l’honora fut approuvé en 1763.

Il ne faut pas confondre cette première Beatrice avec celle du même nom, sa nièce (v. 18 janvier) ni avec une autre homonyme du 15e siècle, qui fut même béatifiée par confusion avec la précédente !

Notre Martyrologe la mentionne au 10 mai.

 

 

Niccolò Albergati

1375-1443

 

Niccolò Albergati était d’une noble famille de Bologne (Italie), où il naquit en 1375.

Dans l’université de cette ville, il étudia le droit mais, peu avant d’obtenir le doctorat, il se retira en 1394 dans la chartreuse proche de Bologne.

Il fut ordonné prêtre en 1404, et nommé prieur de la chartreuse de Casara, avant d’être visiteur pour tous les monastères de chartreux d’Italie (il y en avait à Florence, Rome, Mantoue, Bologne…).

Vaillant défenseur de l’autorité papale, il fut nommé archevêque de Bologne en 1417, mais pour trois ans seulement, car une rébellion le poussa à démissionner en 1420.

En 1422, il fut envoyé en France pour exercer ses bons offices entre les rois de France et d’Angleterre ; on sait que la mission de Jehanne d’Arc commença en 1428…

En 1426, Niccolò fut créé cardinal, du titre romain de Sainte-Croix-en-Jérusalem, tout en restant administrateur apostolique de Bologne jusqu’en 1440.

En 1427, le pape le chargea d’une mission pacificatrice entre les maisons d’Italie du Nord (Milan, Venise, Savoie, Mantoue, Ferrare et Florence), qui fut un succès.

Une rébellion le poussa à quitter à nouveau Bologne en 1428, et le pape l’envoya pour une autre mission entre Venise, Ferrare et Florence. En 1437, il fut présent à un concile de Ferrare, où tous admirèrent son assiduité aux séances et sa profonde modestie.

Entre 1431 et 1440, il fut successivement nommé Cardinal Camerlingue, Grand Pénitencier et Archiprêtre du Latran.

On le voit, le chartreux n’eut guère de paix durant toute cette vie agitée, tout entière au service de l’Eglise. Mais Niccolò garda toujours un style de vie austère, recueilli, prudent. Une de ses grandes mortifications fut d’apprendre les désordres dans lesquels la ville de Bologne était retombée.

Il veilla à s’entourer de personnalités savantes, parmi lesquelles deux futurs papes, Nicolas V et Pie II.

Le pape Eugène tint cependant à le conserver près de lui pour bénéficier de ses bons conseils. Durant un séjour à Sienne, Niccolò fut pris d’une crise de pierre, qu’il endura avec une patience exemplaire.

Il s’éteignit à Sienne, le 9 mai 1443 (ou plutôt le 10 mai, d’après le Martyrologe).

Trois siècles plus tard, le 6 octobre 1744, il a été béatifié en la fête de saint Bruno, fondateur des Chartreux.

 

 

Juan de Ávila

1500-1569

 

Né le 6 janvier 1500 (1502 ?) à Almodóvar del Campo (Ciudad Real, Espagne), Juan avait pour père un Juif, Alfonso (ou Antonio ?), propriétaire de quelques mines d’argent en Sierra Morena, et pour mère Catalina Gijón (ou Xixona ?).

Il est moins que certain que le nom de Ávila fasse de Juan un parent de sainte «Teresa de Ávila». Il est plutôt probable que son père ait pris ce nom de localité pour dissimuler son origine juive.

Juan commença des études de droit à Salamanque (1514), mais les interrompit au bout de quatre ans, à cause des lois de discrimination, exigeant de ceux qui voulaient entrer dans les institutions espagnoles, l’appartenance à une souche chrétienne.

Il revint donc dans son pays natal, où il s’imposa une vie de dure pénitence.

Un bon père franciscain lui suggéra d’aller étudier les arts et la théologie à Alcalá de Henares. Pendant ces années (1520-1526), il fréquenta Domingo de Soto, Pedro Guerrero (futur archevêque), mais aussi Ignacio de Loyola.

Quand il fut ordonné prêtre (1526), ses parents étaient déjà morts, de sorte qu’il célébra sa première messe pour eux. Puis il vendit tout son héritage, le distribua aux pauvres et commença à évangéliser. Il aurait voulu partir en pays de mission (au Mexique), mais l‘évêque de Séville lui conseilla de se dédier à l’Andalousie. Obéissant, Juan se consacra entièrement à cette tâche, au point qu’il se mérita le nom d’ Apôtre de l’Andalousie.

Excellent prédicateur, il suscita la jalousie du clergé, qui le «dénoncèrent» comme rigoriste à l’Inquisition : Juan fut mis en prison à Triana (Séville) de 1531 à 1533. Il mit à profit cette retraite forcée pour prier et écrire son Audi filia. Lors de son procès, cinq accusateurs se retrouvèrent en face de cinquante-cinq autres témoins en sa faveur. En réalité on lui reprochait d’avoir utilisé des formules «érasmiennes» (car il avait connu Erasme à l’université), et on lui demandait d’aller les corriger là où il avait prêché précédemment. Quand il fut libéré, il remercia ses juges de lui avoir fait partager un peu la vie du Divin crucifié.

Son traité Audi filia est un commentaire du psaume 44, qu’il rédigea à l’intention d’une pieuse femme de Écija, récemment convertie. C’est un précis d’ascétisme qui fut hautement apprécié : le cardinal archevêque de Tolède put affirmer que cet ouvrage «avait converti plus d’âmes qu’il n’y avait de lettres de l’alphabet». C’est l’ouvrage que l’on consulta le plus durant tout le 16e siècle.

Juan fréquenta saint Ignace de Loyola, comme on l’a dit, et encouragea vivement le mouvement des «Jésuites» ; il aurait bien voulu que les prêtres qui l’entouraient en fissent partie ; il connut saint Francisco de Borja (dont il favorisa la conversion), saint Pedro de Alcántara, saint Juan de Ribera, pour ne citer que ceux-ci (pour ces trois derniers, voir aux 31 juillet, 30 septembre, 18 octobre et 6 janvier).

A partir de 1535, il se rendit à Cordoue, sur l’invitation de l’évêque de Tolède. C’est là qu’il rencontra Luis de Granada, qui fut son disciple et lui aussi grand prédicateur,. Les écrits de Juan de Ávila influencèrent beaucoup de ses contemporains : Juan de Dieu et ses Frères Hospitaliers, Teresa de Ávila et les Carmélites (voir au 15 octobre), (desquels il encouragea beaucoup les projets de réforme ; Juan de Ribera et Pedro de Alcántara (déjà cités), ainsi que Tomás de Villanueva ; mais aussi d’autres auteurs postérieurs : Antonio de Molina, Luis de la Palma, Luis de la Puente, Carlo Borromeo (voir au 4 novembre), Pierre de Bérulle, François de Sales (voir au 24 janvier), Alfonso Maria de’ Liguori (voir au 1er août), Antonio María Claret (voir au 24 octobre)…

Juan évangélisa ainsi toute l’Andalousie actuelle, qui comprenait alors la Mancha et l’Extremadura. Il fonda beaucoup de séminaires et de collèges, l’université de Baeza. Toutes ces fondations anticipèrent, par leur esprit réformateur, le mouvement que le concile de Trente allait préconiser (1545-1563).

Il tomba malade en 1554, mais continua à prêcher pendant encore une quinzaine d’années, jusqu’en 1569, où alors la maladie empira. Il cessa sa longue vie apostolique le 10 mai 1569, à Montilla.

Juan de Ávila fut béatifié en 1894 et fut proclamé patron du clergé espagnol en 1946.

Canonisé en 1970, il a été proclamé Docteur de l’Eglise en 2012.

Il y a quatre Saints espagnols actuellement Docteurs de l’Eglise : Isidore de Séville, Juan de la Croix, Thérèse de Ávila, Juan de Ávila.

 

 

Ivan Merz

1896-1928

 

Né le 16 décembre 1896 à Banja Luka (Bosnie, Serbie), Ivan (Jean) était de famille bourgeoise et libérale. Son pays faisait partie de l'empire austro-hongrois, qui allait être si profondément marqué par les événements européens du vingtième siècle. Le père d'Ivan, un ancien officier dans cet empire austro-hongrois, était maintenant employé dans les chemins de fer ; la mère, d'origine juive, était hongroise.

Ivan eut un maître à penser remarquable, en la personne du docteur Ljubomir Marakovic, qui lui fournit d'excellents conseils dans sa quête intellectuelle et spirituelle.

Après un essai de trois mois à l'Académie militaire de Wiener Neustadt, qui le déçut profondément en raison de la corruption qui y régnait, Ivan fréquenta l'université de Vienne en droit et en lettres.

En 1916 il fut enrôlé d'office dans l'armée et envoyé sur le front italien (1917-1918). Le traité de Versailles va complètement démanteler l'empire austro-hongrois et donner naissance à la Yougoslavie.

En 1919, Ivan retourna à Vienne pour ses études puis, en 1920, muni d'une bourse d'étude, part pour Paris où il fréquente les cours à la Sorbonne et à l'Institut Catholique. Sa vie spirituelle s'enrichit au contact de la liturgie. Il connaît là les Conférences Saint-Vincent-de-Paul et aura l'occasion de faire son premier pèlerinage à Lourdes : dans les colonnes du journal La Croix, il polémiquera contre Emile Zola sur les apparitions de Lourdes. Pour sa part, il fait connaître la Croatie à ses amis de Paris.

C'est à Zagreb qu'il présentera sa thèse de doctorat « L'influence de la liturgie sur les écrivains français de Chateaubriand à nos jours». Cette thèse est actuellement publiée en France.

A Zagreb, il devient professeur de français et d'allemand au collège archiépiscopal.

Ivan a trouvé seul la voie de la sainteté. Il promut le mouvement liturgique en Croatie et fut le pionnier enthousiaste de l'Action catholique en Croatie. Pour les jeunes il fonda un mouvement (inspiré de la Croisade eucharistique française), l'Union Croate des Aigles (Hrvatski orlovski savez). Il appuie son activité sur l'Eucharistie et le Successeur de Pierre ; il voulait fonder un journal catholique croate à l'image de ce qu'il avait trouvé en France.

Pour toujours mieux connaître l'Eglise, il en étudia l'histoire, les textes pontificaux, la théologie.

Ses origines, ses études, ses voyages, qui embrassaient tant d'éléments culturels différents, se fondaient harmonieusement dans sa personne chrétienne profondément catholique. Ivan était un vrai « européen » avant la lettre.

Ivan souffrait depuis sa jeunesse d'une inflammation chronique de la cavité maxillaire : cette maladie dégénéra et le conduisit à une mort prématurée, quand il n'avait pas trente-deux ans, le 10 mai 1928.

Il a été béatifié en 2003, proposé à tous les jeunes catholiques européens comme modèle d'assimilation des diverses cultures dans un unique idéal chrétien.

Ivan écrivait :

Grâce à la liturgie, tout catholique devient grand et universel, il laisse de côté ses intérêts personnels et commence à avoir les mêmes sentiments que l’Eglise.

 

 

Enrico Rebuschini

1860-1938

 

Né le 25 (ou le 28) avril 1860 à Gravedona (Lac de Côme, Italie du nord), Enrico appartenait à une famille aisée.

Il se montra toujours sensible envers les nécessiteux et donnait toujours ce qu'il avait.

Sa sœur Dorina épousa un commerçant de soie, chez lequel il travailla pendant trois années. Mais ce travail dans l'administration ne lui convenait pas. Quand il parla de sa vocation sacerdotale, son père ne s'y montra vraiment pas favorable. Enrico attendit, persévéra, son état physique s'en ressentit et sa maigreur fut inquiétante. Un prêtre, don Luigi Guanella (voir au 24 octobre), pria et fit prier dans tous les monastères pour la vocation de ce jeune homme, et Enrico finit par convaincre son père de le laisser partir pour le séminaire de Côme.

Ensuite, il se rendit au Collège Lombard, à Rome. Il suivit les cours de l'Université Grégorienne. Il y fut heureux et ses parents vinrent le trouver à la fin de 1885, le trouvant dans une grande paix. Il reçut les ordres mineurs.

En 1886 cependant, une crise dépressive le ramena quelque temps au foyer familial : Enrico se mortifiait excessivement, et mangeait trop peu, au lieu de s'alimenter suffisamment. Mais au bout d'un an, la paix se rétablit providentiellement en son cœur, et il décida de s'engager auprès des plus nécessiteux.

Son confesseur l'orienta vers la congrégation des pères camilliens, voués au soin des malades. Une illumination intérieure, qu'il reçut devant un tableau de saint Camille (voir au 14 juillet), le convainquit de son orientation.

Il commença le noviciat à vingt-sept ans, au milieu de compagnons qui avaient dix ans de moins que lui. Il combattit sa vivacité et devint très estimé de ses supérieurs : encore novice, il fut présenté pour l'ordination sacerdotale, qu’il reçut en 1889, des mains de l'évêque de Mantova, Mgr Giuseppe Sarto, futur pape Pie X.

Dès 1890 il fut nommé aumônier des hôpitaux civil et militaire de Vérone. Là où d'autres prêtres ne réussissaient pas, Enrico faisait des merveilles : les malades se convertissaient, demandaient les sacrements, car il avait les paroles justes pour toucher les cœurs.

Il fit la profession solennelle en 1891, après laquelle il eut des «rechutes», des épreuves intérieures, des tentations, à cause de sa nature perfectionniste et de sa faible constitution. Une de ses tentations majeures était de se croire damné.

Il fut cependant nommé vice-maître des novices et professeur de théologie, ce qui prouvait bien combien on pouvait s’appuyer sur lui. Mais il retomba en crise, se croyant incapable d'assumer ces responsabilités.

Toutefois, malgré toutes ces crises, le père Rebuschini faisait un travail admirable auprès des malades. En réalité, pendant dix ans, il exerça son apostolat à Vérone, puis, de 1899 jusqu'à la mort, il soigna les malades dans la maison des Camilliens de Crémone. Ses moments de dépression étaient tout intérieurs et jamais le père Enrico ne les laissait paraître. Un Confrère qui l'avait côtoyé put témoigner qu'il n'en avait eu connaissance que par ce qu'il avait lu plus tard.

C'est que le père Enrico ne manquait pas d'occupations : outre l'apostolat auprès des âmes, il devait s'occuper de mille choses pratiques, de petites réparations, de la fabrication du vin, de la salle d'opération, du jardin, des salaires à payer ; il installa le chauffage central ; il dut manœuvrer habilement au milieu des difficultés encontrées par la faillite de la banque...

Il exerça toutes ces activités jusqu'en 1938. Ses forces déclinèrent. Début mai 1938, il demanda pardon à chacun, demanda de prier pour lui, reçut les derniers sacrements avec profonde piété.

Enrico mourut le 10 mai 1938, au petit matin.

Il fut béatifié en 1997.

 

 

Vasile Aftenie

1899-1950

 

Vasile Aftenie naquit le 14 juin 1899 à Lodroman (Târnava-Mică, Valea Lunga, Roumanie W), de Petru et Agafia.

Après l’école primaire, il fréquenta le lycée de Blaj.

En 1917, il fut enrôlé dans l’armée et envoyé au front en Galice et en Italie.

En 1918, il commença des études de Droit à Bucarest mais, en1919, s’inscrivit à la faculté de Théologie de Blaj ; puis il fut envoyé au collège grec Saint-Athanase de Rome : en 1925, il était docteur en Philosophie et en Théologie.

Ordonné prêtre en 1926, il fut nommé successivement professeur à l’académie de Théologie de Blaj, archiprêtre à Bucarest en 1934, chanoine du chapitre de Blaj en 1937 ; enfin, en 1939, il fut nommé recteur de l’académie de Théologie de Blaj.

En 1940, il fut consacré évêque titulaire d’Ulpiana, auxiliaire de l’archevêque Mgr Nicolescu. Mgr Aftenie siégea à Bucarest, l’église Saint-Basile étant devenue cathédrale. Rappelons que saint Basile (v. 2 janvier) était le saint Patron de Mgr Aftenie.

En 1941, après la mort de Mgr Nicolescu, il fut administrateur apostolique de Făgăraş et Alba Iulia.

Comme on le sait, le régime communiste s’imposa au pays roumain, persécutant durement le clergé, cherchant en particulier à rallier les prêtres et les évêques à l’église orthodoxe roumaine ; certains prêtres cédèrent, parfois sous la pression. En 1948, Mgr Aftenie reçut une quarantaine de ces prêtres et les admonesta fortement pour avoir abandonné l’Eglise romaine.

Comme Mgr Frențiu, Mgr Aftenie fut arrêté le 28 octobre 1948, juste après sa sortie de la cathédrale, sur la Piața Romană, et conduit à Dragoslavele, puis de là au monastère Căldăruşani, transformé en prison ; le 10 mai 1949, on l’emmena dans le sous-sol du Ministère de l’Intérieur, dans une cellule d’isolement où, sous les ordres d’un général impie, il fut sauvagement torturé et mutilé, puis conduit dans la prison de Văcăreşti, où il mourut le 10 mai 1950.

Cela ne suffisait pas encore. La caisse qu’on fabriqua pour servir de cercueil à l’Evêque, était trop petite : on coupa alors les pieds du Martyr ; on aurait voulu brûler son corps, mais il fut enterré au cimetière Bellu de Bucarest, grâce à l’intervention d’un prêtre qui put, quelques jours après sa mort, célébrer les rites des funérailles. Sur la croix de sa tombe, on n’eut pas la permission d’écrire autre chose que V.A. 1950.

En 2010, la dépouille de Mgr Aftenie fut transférée en l’église Adormirea Maicii Domnului (Dormition de la Mère de Dieu) de Bucarest.

Vasile Aftenie est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

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