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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 09:40

Gabriel Longueville

1931-1976

 

Gabriel Joseph Roger Longueville naquit le 18 mars 1931 à Etables (Ardèche).

Après avoir fréquenté le séminaire d’Annonay, il fut ordonné prêtre en 1957, pour le diocèse de Viviers ; il enseigna pendant quelques années.

En 1969, selon l’encyclique Fidei Donum, il fut envoyé au Mexique d’abord, puis en Argentine.

Curé de la paroisse El Salvador (El Chamical), il organisa sa paroisse en y installant des religieuses et surtout en mettant l’accent sur la formation des laïcs.

Il se mit réellement au service des pauvres et des marginalisés. On a noté sa patience extraordinaire.

Dans ses moments de loisirs, Gabriel sculptait le bois ; on a de lui une très jolie croix sur les montants de laquelle sont sculptés les quatorze stations du Chemin de Croix.

Mais son action pastorale dérangeait ceux des Chrétiens qui préféraient maintenir leur autorité sur les populations faibles et exploitées. Ces prêtres, ainsi que l’évêque Angelelli (v. 4 août), étaient accusés de vouloir introduire une politique marxiste, et devaient être éliminés.

Gabriel fut enlevé avec son vicaire, Carlos Murias, le 18 juillet 1976. Quand on retrouva leurs corps, dans un terrain vague bien connu sous l’appellation Los Martires, ils avaient les yeux bandés, et leurs corps étaient criblés de balles. Mgr Angelelli, lui, périt dans un «accident», le 4 août suivant.

L’année suivante, l’évêque de Viviers apporta du village d’Etables des épis de blé pour les répandre à l’endroit où fut assassiné Gabriel Longueville, en signe de «semence nouvelle».

Durant les sept années de la «dictature militaire» en Argentine, périrent deux évêques, plus de cent membres du clergé (prêtres, religieux et religieuses, séminaristes) et, estime-t-on, des milliers de chrétiens engagés.                                                      

Gabriel Longueville fut béatifié en 2019, et inscrit au Martyrologe le 18 juillet.

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 09:39

Carlos de Dios Murias

1945-1976

 

Carlos de Dios Murias naquit le 10 octobre 1945 à San Carlos Minas (Córdoba, Argentine) ; son père, Carlos María Murias, était un grand propriétaire terrien et homme politique influent ; sa mère, Eba Ángela Grosso était institutrice.

Carlos était le benjamin des enfants, après trois filles : Hebe Elizabeth, María Cristina et Marta Elena ; il fut baptisé le 24 novembre 1945.

Il fréquenta l’école primaire chez les Religieuses de Villa Ciardino, le collège Virgen Niña.

En 1954, il reçut avec grande dévotion la Première communion.

De 1958 à 1962, il étudia au Lycée Militaire General Paz, à Córdoba, où il fit la connaissance de l’aumônier, le père Fulgencio Rojas.

Après le baccalauréat, il aurait volontiers suivi les cours de Vétérinaire, mais il n’y en avait pas encore, aussi s’orienta-t-il vers la faculté d’Ingénierie. Il n’en fit que deux années, mais il s’intéressa aux réunions d’un mouvement universitaire catholique, dont l’aumônier était le même père Rojas. C’est là aussi qu’il rencontra Mgr Angelelli, évêque auxiliaire de Córdoba et futur évêque de La Rioja, alors aumônier de l’Action Catholique (v. 4 août).

Les sœurs de Carlos décrivaient leur jeune frère comme un idéaliste, généreux, simple et passionné ; il chantait bien et jouait de la guitare et du piano. Carlos était prudent, discret, aimait la vérité, mais aussi se rebellait contre l’injustice.

En 1965, il revint chez son père pour travailler aux champs avec les ouvriers, mais repartit peu après et connut bientôt l’Ordre des Frères Mineurs Conventuels, où il trouva sa vocation. En 1966, il entra au noviciat, fit la première profession en 1968, la solennelle en 1971.

En 1972, il fut ordonné prêtre par Mgr Angelelli.

Il passa deux années comme vicaire paroissial à La Reja puis à José León Suárez, deux localités des environs de Buenos Aires : il s’y occupa beaucoup des jeunes et des pauvres.

En 1975, il prospecta Chamical (La Rioja) pour y implanter une communauté de Franciscains ; enthousiasmé par l’accueil de la population, encouragé par son Supérieur et ses confrères, il fut transféré en 1976 dans le diocèse de La Rioja, dont l’évêque était désormais Mgr Angelelli ; ce dernier envoya Carlos, avec l’abbé Longueville, dans la paroisse de Chamical.

Les deux prêtres s’entendirent parfaitement pour donner la voix aux populations injustement traitées, contre une minorité de grands propriétaires. La situation se tendit. Dans une de ses dernières homélies, le père Carlos proclama : On pourra étouffer la voix de Carlos Murias ou celle de notre évêque Angelelli, mais pas celle du Christ, qui réclame justice et amour.

Le dimanche 18 juillet 1976, des hommes qui se disaient envoyés de la «Police fédérale» firent irruption dans un couvent où déjeunaient Carlos et le père Longueville avec des Religieuses, après avoir célébré la messe dominicale : enlevés, conduits à la base aérienne de Chamical, ils furent interrogés et torturés.

Deux jours plus tard, on retrouva leurs corps, mutilés et criblés de balles dans un champ proche. Le père Carlos avait eu les yeux crevés et les mains mutilées.

C’est Mgr Angelelli qui célébra leurs funérailles, le 22 juillet suivant ; le 4 août, il était à son tour victime d’un «accident».                                               

Carlos Murias fut béatifié en 2019, avec Mgr Angelelli et Gabriel Longueville, et inscrit au Martyrologe le 18 juillet.

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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 23:00

 

30 AVRIL

 

I.

S Eutropius, premier évêque à Saintes, et martyr.

II.

S Quirinus, tribun romain, martyr avec toute sa famille ; son corps ayant été donné à l’abbaye de Neuss, il y est le principal patron, invoqué contre la paralysie, les maux de jambes et d’oreilles. 

III.

S Maxime, martyr lapidé à Ephèse.

Ste Sophia, vierge et martyre à Fermo.

Ss Diodoros et Rhodopianos, martyrs lapidés à Aphrodisias. 

IV.

S Maternien, évêque à Reims, frère de s. Materne.

S Donatus, évêque à Euria, patron de l’ancienne Epire.

S Laurentius, prêtre espagnol, martyrisé à Novare avec des enfants qu’il avait baptisés. 

S Mercurialis, premier évêque à Forlì.

V.

Ste Maxence, veuve, mère des ss. Vigile (évêque à Trente), Claudien et Majorien.

S Michomer, irlandais, mort à Tonnerre en se rendant à Besançon.

Ste Hoïlde (Hou), vierge à Perthes, invoquée dans les calamités publiques. 

VI.

S Pomponius, évêque à Naples.

VII.

B Petrus le Lévite, moine sur le Cælius à Rome, administrateur du patrimoine de l’Eglise sous Grégoire le Grand.

S Augulus, évêque à Viviers, où il construisit le premier hôpital et libéra beaucoup d’esclaves. 

S Earconwald , évêque à Londres, frère de ste Æthelburge.

VIII.

Bse Hildegarde, reine, épouse de Charlemagne (après qu’il eut répudié Hermengarde).

IX.

Ss Amador, prêtre, Pedro, moine, et Ludovico, martyrs à Cordoue.

X.

S Forannan, irlandais, évêque puis abbé à Waulsort.

XII.

S Gualfardus, un sellier venu de Germanie, solitaire à Vérone puis admis chez les moines du Saint-Sauveur.

S Adjutor, seigneur de Vernon, miraculeusement délivré à Jérusalem et retransporté chez lui, où il resta ermite.

B Aimon (Aymon), moine à Savigny.

XV.

B Lodovico dei Turignoli (Michele de Barga), franciscain à Lucques, où il soignait les pestiférés. 

XVII.

B William Southerne, prêtre anglais martyr par pendaison à Newcastle, béatifié en 1987.

B Marco Passionei (Benedetto de Urbino), capucin, compagnon de s. Laurent de Brindes dans la prédication chez les hussites et les luthériens. 

Bse Marie Guyart Martin de l’Incarnation, née à Tours, veuve puis ursuline, morte à Québec, béatifiée en 1980, canonisée en 2014.

XIX.

Bse Gim Yun-deok Agatha Magdalena, laïque coréenne martyre, enterrée vivante à la fin du mois d’avril, béatifiée en 2014.

S Giuseppe Benedetto Cottolengo, fondateur à Turin du “Cottolengo”, toute une “cité” groupant plusieurs communautés qui s’occupent de maladies diverses. 

S Giuse Tuân (Hoan), prêtre dominicain vietnamien, martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Bse Pauline von Mallinckrodt, fondatrice allemande des Sœurs de la Charité Chrétienne, pour l’éducation des enfants pauvres et aveugles et l’assistance aux malades démunis ; béatifiée en 1985.

Eutropius de Saintes

1er ou 3e siècle

 

D’après la Tradition, Eutropius venait de Grèce et s’arrêta à Rome, où le pape lui conféra l’épiscopat et la mission d’évangéliser la Saintonge.

Déçu par cette première mission assez peu fructueuse, il s’en revint à Rome, où le pape l’encouragea à reprendre sa place à Saintes.

Cette fois-ci, les conversions furent plus nombreuses. La fille du légat romain, Eustella, se convertit elle-même et assistait du mieux qu’elle pouvait le saint évêque.

Furieux, le légat envoya une troupe pour mettre à mort Eutropius : on alla le chercher dans la cellule où il se retirait, on le frappa à coups de bâton et on lui fendit le crâne d’un coup de hache.

Quant à Eustelle, elle fut elle aussi arrêtée plus tard et mise à mort.

Les habitants de Saintes oublièrent vite leur premier évêque. Ce n’est qu’au 6e siècle qu’un miracle et une apparition d’Eutropius firent redécouvrir son corps.

Les huguenots brûlèrent ces précieux restes au 16e siècle, mais on avait conservé à part le chef et quelques ossements, de sorte qu’on put rapporter ces trésors à Saintes.

Le dies natalis de saint Eutropius est au 30 avril.

 

 

Quirinus, tribun

† 120

 

Selon la Tradition, Quirinus était le tribun des soldats sous Hadrien. Il était le père de sainte Balbina (v. 31 mars).

De par sa fonction, il fut affecté à la garde du préfet de Rome, Hermès, converti au christianisme, et tenta de ramener Hermès à apostasier et à reprendre sa charge. Peine perdue ! Ce fut Quirinus qui se convertit, suivi de sa fille Balbina et de toute la famille.

Le pape de l’époque, Alexandre (v. 3 mai ?), baptisa sans tarder tout ce beau monde, ce qui provoqua l’ire du juge Aurelianus.

Quirinus et sa fille comparurent devant le juge, qui les condamna à diverses tortures et à la décapitation, probablement en ou vers 120.

Pourquoi «seulement» Quirinus et Balbina, et non le reste de la famille ? Se seraient-ils cachés ou auraient-ils déjà apostasié ? 

Autre question : il est étrange que le dies natalis de Quirinus soit donné au 30 avril, alors que celui de Balbina est au 31 mars. On répond qu’il s’agit peut-être, pour Quirinus, d’une translation de ses reliques : le pape Léon Ier en effet (v. 19 avril), fit don des reliques de s.Quirinus à sa sœur Gepa, qui était abbesse à Neuß (Westphalie, Düsseldorf, Allemagne CW ; on écrit aujourd’hui Neuss).

Cette translation donna lieu à un pèlerinage qui partait de toute l’Europe. Saint Quirinus devint le Patron céleste de Neuß, fut particulièrement honoré à Cologne, et on l’invoque - qui sait pourquoi ? -  contre la paralysie, les maux de jambes, les maux d’oreilles.

L’église qui abrite ces reliques a récemment été élevée au rang de basilique mineure.

Saint Quirinus, tribun, est commémoré le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sophia de Fermo

3e siècle

 

Sophia, une vierge, fut martyrisée vers 250 à Fermo (Picenum, auj. Marches, Italie CE).

La cathédrale de Fermo abrite le reliquaire contenant le chef de Sophia.

Sainte Sophia de Fermo est commémorée le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Diodoros et Rhodopianos à Aphrodisias

† 305

 

On rapporte que ces deux martyrs furent lapidés par leurs propres concitoyens en 305, à Aphrodisias.

Aphrodisias (Carie, auj. Geyre, Turquie SW) était le centre d’un culte envers la déesse Aphrodite ; elle est maintenant un site archéologique ; on y a retrouvé un stade qui pouvait contenir trente mille spectateurs - la population supposée d’Aphrodisias, un théâtre qui pouvait en contenir quinze mille, et quelques autres édifices. Le temple lui-même d’Aphrodite fut remanié au 5e siècle, pour devenir la basilique Saint-Michel, décorée à l’époque byzantine, et malheureusement détruite lors de l’invasion ottomane au 12e siècle.

Saints Diodoros et Rhodopianos sont commémorés le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mercurialis de Forlì

4e siècle

 

On n’a pas de dates sûres concernant la vie de ce premier évêque de Forlì (Italie).

Il participa cependant au concile de Rimini en 359.

On lui attribue deux faits importants. Il aurait tué un dragon (?) et surtout négocié la libération d’un grand nombre d’habitants de la ville, que les Wisigoths déportaient en Espagne.

Des textes mentionnent son diacre Gratus et son sous-diacre Marcellus.

Saint Mercurialis de Forlì est commémoré le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Donatus d’Euria

4e siècle

 

Donatus fut un évêque à Euria (Epire, Grèce NW).

On l’a dit grand thaumaturge.

A la même époque que lui vivait en Italie un autre Donatus, évêque d’Arezzo (v. 7 août), non moins célèbre, avec lequel on aurait confondu celui d’Euria.

Il serait mort vers 387, au temps de l’empereur Théodosios 1er.

L’Epire le choisit comme Patron céleste.

Des reliques de s.Donatus furent apportées près de Venise, en l’île de Murano.

Saint Donatus d’Euria est commémoré le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Laurentius de Novare

4e siècle

 

Laurentius venait d’Espagne, croit-on.

Venu en Italie, peut-être sous quelque inspiration divine, il vint à Novare.

Il n’est pas exact de dire qu’il s’attacha à l’évêque s.Gaudentius (v. 22 janvier), car celui-ci ne fut sacré évêque que bien après la mort de Laurentius.

Laurentius donc se mit à instruire les enfants des vérités chrétiennes. Pour leur donner le baptême, il construisit un baptistère à l’endroit d’une source.

Un jour qu’il avait baptisé un grand nombre de ces enfants, des ennemis de la religion s’abattirent sur Laurentius et le massacrèrent, ainsi que les enfants présents.

Ce pouvait être un peu avant 397.

C’est alors que Gaudentius fut envoyé par s.Eusebius (v. 2 août) à Novare pour reprendre le travail de Laurentius, et qu’il fut successivement sacré évêque, en 397.

Saint Laurentius de Novare est commémoré le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pomponius de Naples

† 536

 

Pomponius fut le vingt-et-unième ou vingt-deuxième évêque de Naples, entre Stephanus Ier et Ioannes II ; il fut nommé vers 501.

Il eut le courage d’affirmer la doctrine catholique en face du roi arien Théodoric.

L’église Sainte-Marie-Majeure fut construite par ses soins.

Il mourut vers 536.

Saint Pomponius est commémoré le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Petrus Levita

† 605

 

On connaît ce diacre (lévite) à travers le pape Grégoire le Grand (v. 12 mars).

Selon une ancienne tradition, il serait de la famille Bulgaro, feudataire de Vittimulo, d’où se forma l’actuelle localité de Salussola (Biella, Piémont, Italie NO) ; il serait venu tôt à Rome, ou bien y serait même né, vers 550.

Il fut moine au monastère Saint-André de Rome, où il connut Grégoire avant qu’il fût abbé.

En 577, le pape Benedictus Ier le nomma cardinal, c’est -à-dire chargé d’importantes responsabilités à Rome.

On a vu que Grégoire devint abbé en 588 et fut élu pape en 590. Il envoya Petrus comme légat en Sicile, pendant deux ans, pour y administrer plusieurs couvents fondés par Grégoire. Puis il fit le même travail en Campanie pendant une année.

En 593, il reçut le diaconat à Rome.

Petrus resta très proche du nouveau pape. Ce serait même lui qui aurait suggéré à Grégoire d’écrire ses Dialogues, dans lesquels l’interlocuteur n’est autre que Petrus lui-même.

Ce fut Petrus aussi qui, à diverses reprises, vit une colombe à l’oreille du Pape, présence visible de l’Esprit qui ainsi l’inspirait dans sa prédication ou la composition de ses ouvrages. Petrus promit de ne jamais révéler ce secret sous peine de mort, mais un incident se produisit après la mort du Pape (604) : un soulèvement de la foule à cause d’une famine, menaçait de brûler les œuvres de Grégoire, qu’on accusait d’avoir trop donné aux pauvres et d’être à l’origine de cette famine ; Petrus intervint pour convaincre les révoltés que ces œuvres étaient le fruit de l’Esprit Saint ; pour preuve, il mourrait à l’instant, ayant dû «trahir» son secret ; ayant achevé de parler, il tomba à terre comme foudroyé, le 30 avril 605.

Ainsi furent sauvés les écrits du pape Grégoire le Grand.

Après la mort de Petrus (605), on commença à le vénérer le même jour que Grégoire, le 12 mars, mais son véritable dies natalis est au 30 avril. Ses reliques furent «volées» (?) et transférées à Salussola, où l’on invoqua Petrus contre les épidémies de peste.

Son culte fut approuvé officiellement en 1866.

Saint Petrus Levita est donc ommémoré le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

Aulus de Viviers

† 7e siècle 

 

Aulus fut le quinzième évêque de Viviers (Ardèche).

Il était le fils de Firminus, qui fut évêque de Viviers, et il succéda à son père. A cette époque, il n’était pas exceptionnel de choisir un évêque parmi des hommes mariés, lorsqu’ils en avaient les qualités ; mais les élus s’engageaient désormais à vivre dans la chasteté. Si leurs épouses vivaient encore, elles se consacraient elles aussi (si ce n’était pas déjà fait).

Après Firminus donc, Aulus lui succéda vers 610.

Possédant la connaissance des Ecritures et des Pères, doué d’une rare éloquence, il consacra son zèle à l’émancipation des esclaves et au rachat des captifs. 

Avant de mourir, il désigna son successeur en la personne d’Eumachius. Tant Firminus qu’Eumachius étaient eux-aussi commémorés dans l’ancien Martyrologe.

La mort d’Aulus fut un deuil universel.

Ses reliques, déposées dans une église proche de Viviers, furent brûlées par les Huguenots au 16e siècle.

Saint Aulus est commémoré le 30 avril dans le Martyrologe Romain, qui le nomme Augulus.

 

 

Earconwald de Londres

594-693

 

L’orthographe Earconwald est celle qui se rapproche le plus de la forme latine adoptée dans l’actuel Martyrologe ; mais on trouve plusieurs formes : Erkenwald, Ercenwald, Eorcenwald, Erconwald).

Il naquit à Lindsey, vraisemblablement fils d’un roi d’Est-Anglie, Anna, et de Hereswyde, qui eurent aussi cinq filles : Ediltrude, Sexburge, Æthelburge, Wilburge, Sédride (actuellement, seule Ediltrude est au Martyrologe, v. 23 juin).

Il fut confié tout jeune à l’évêque de Londres, Mellitus, donc entre 604 et 616, ce qui pourrait faire placer sa date de naissance vers 594.

Revenu dans son pays, il se dévoua tout entier au service de Dieu.

En 661, il consacra son héritage à fonder un monastère d’hommes à Chertsey, et un de femmes à Barking. La Supérieure de Barking fut sa propre sœur, Æthelburge (v. 11 octobre ?), tandis qu’il gouvernait celui de Chertsey.

En 675, il fut consacré évêque de Londres et, comme tel, eut l’occasion d’aider le roi Ine dans la rédaction de ses lois.

En 677, il aurait amené à la foi le roi des Saxons de l’Est, Sebba.

Il mourut à Barking, le 30 avril 693, certainement octogénaire, peut-être même quasi centenaire.

Son corps, déposé à Saint-Paul de Londres, en fut retiré avec d’autres en 1536, pour être détruit.

Saint Earconwald est commémoré le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

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Amador, Pedro y Ludovico de Córdoba

† 855

 

On a parlé plusieurs fois déjà du récit que fit s.Eulogio (v. 11 mars) des Martyrs de Cordoue au 9e siècle et surtout dans les années 850-856.

Amador était un prêtre originaire de Tucci (Jaén, Espagne S).

Avec son père et ses frères, il vint à Cordoue pour des études, mais son zèle le poussait, en marge de ses études, à prêcher ouvertement la doctrine chrétienne parmi les Musulmans.

Se joignirent à lui un moine, Pedro, ainsi qu’un laïc, Ludovico, dont le frère Pablo, diacre, avait déjà subi le martyre (v. 20 juillet).

Les ennemis du Nom chrétien les accusèrent de blasphème et les mirent à mort par la décapitation, le 30 avril 855. Les corps furent jetés dans le Guadalquivir, mais recueillis quelques jours plus tard par des Chrétiens.

Pedro fut enseveli dans le monastère qui est aux portes de Cordoue ; Ludovico, dans la ville de Palma, Amador dans sa ville d’origine qui, alors, prit le nom de Martos.

Les saints Amador, Pedro et Ludovico sont commémorés le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

Adjutor de Vernon

1070-1131

 

Diverses formes existent pour désigner notre personnage : Adjutor, Adjuteur, Adjoutre, Ayoutre, Ayutre, Ajutre, Ustre, Ajuture, et peut-être d’autres encore…

Il a pu naître entre 1069 et 1075, à Vernon, domaine de son père Jean, ou peut-être à Blaru, domaine de sa sainte mère Rosamonde.

Jean et Rosamonde étaient connus pour leur grande piété et leur charité. Rosamonde en particulier fut même honorée du titre de bienheureuse.

Adjutor se montra généreux envers les ordres religieux, zélé à restaurer les églises, compatissant envers les pauvres.

En 1095, il partit en Terre sainte avec deux cents chevaliers. Près d’Antioche, ces vaillants défenseurs du Christianisme furent encerclés par quinze cents Infidèles menaçants. Adjutor invoqua sainte Marie-Magdeleine (v. 22 juillet), pour laquelle la ville de Vernon avait déjà une dévotion particulière : brusquement les Infidèles furent victimes d’une violente tempête et firent demi-tour. Beaucoup tombèrent sous les flèches des hommes d’Adjutor.

Dix-sept ans plus tard, Adjutor se trouvait sous Jérusalem et fut capturé. Jeté dans un cachot, chargé de fers, durement invité à renier sa foi chrétienne, il recourut à nouveau à sa sainte Protectrice… et se retrouva miraculeusement transporté dans le domaine de Vernon. Le fait a été constaté par l’évêque Hugues de Rouen, mais une hypothèse tendrait à supposer qu’en réalité Adjutor serait rentré en France peu après la victoire d’Antioche.

En 1129, Adjutor fit élever une chapelle à sainte Marie-Magdeleine à l’endroit où elle l’aurait «déposé».

Retiré à l’abbaye bénédictine de Tiron, il se donna à Dieu totalement ; tous ses biens passèrent à l’abbaye où, pendant douze ans, il édifia toute la communauté, couchant sur la dure, portant cilice et se nourrissant seulement de pain et d’eau, avec des herbes crues.

Cette période prit fin quand il obtint de l’abbé la permission de se retirer totalement dans une petite cellule qui se trouvait derrière l’autel de la chapelle de sainte Marie-Magdeleine. L’évêque Hugues y vint lui rendre visite et en fut très édifié ; beaucoup de gens vinrent lui demander de prier pour leurs intentions et Adjutor opéra un grand nombre de miracles.

Il mourut le 30 avril 1131, en la localité de Pressagny (désignée plus tard Presegniacum Lorguellox, act. Pressagny-l’Orgueilleux).

On a invoqué Adjutor pour diverses sortes de maladies ; des villes ont recouru à son intercession en cas d’incendies, de grêles, d’épidémies. On l’invoqua aussi lors de noyades : particulièrement, après la suppression d’un gouffre en Seine qui provoquait beaucoup de naufrages, les mariniers prirent Adjutor pour leur patron céleste.

A Blaru, une fontaine miraculeuse aurait été l’endroit où la nourrice d’Adjutor lavait ses langes.

Saint Adjutor de Vernon est commémoré le 30 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ventura Spellucci de Spello

13e siècle

 

Ventura proviendrait du latin venturus, «qui viendra», mais pourrait être aussi une forme abrégée de Buonaventura, du nom de l’illustre franciscain (v. 14 juillet).

Notre Ventura serait né à la fin du 12e siècle à Spello (Pérouse, Ombrie, Italie).

Après avoir été formé dans le monastère romain des Crucifères de Fontana di Trevi, il retourna à Spello où il fonda une église et un hôpital, dits de la Sainte-Croix. Cet Ordre des Crucifères apparut à Venise à la fin du 12e siècle, pour venir en aide aux malades.

Ventura demeura dans son établissement jusqu’à la fin de sa vie, donnant son temps et ses forces aux pauvres et aux malades.

Il s’éteignit à ce monde un 30 avril de la fin du 13e siècle (ou du début du 14e).

A la suite des miracles opérés sur sa tombe, l’église fut bientôt appelée de saint Ventura, car Ventura devint vite le Saint invoqué, encore aujourd’hui, par ceux qui sont affligés de maladies osseuses.

En réalité, Ventura n’a été officiellement ni béatifié ni canonisé, et n’est pas mentionné au Martyrologe.

 

 

Lodovico dei Turignoli de Barga

1399-1479

 

Lodovico naquit à Barga (Lucques, Toscane, Italie) et prit l’habit franciscain chez les Observants en 1434, avec le nom de Michele.

Ainsi s’explique une confusion entre Michele da Barga et Lodovico da Barga (qui mourut en Terre Sainte).

Il se peut qu’en cette année 1434, Michele fût déjà prêtre, et même fort instruit en théologie.

Michele, donc, fut un de ces Religieux qui grandit dans les voies de la sainteté au couvent de Barga.

Il vécut la pauvreté dans toute son exigence, toujours content de n’utiliser que le strict nécessaire au quotidien. Sa virginité totale fut attaquée par certaines personnes qui en furent pour leurs frais. Son zèle pour le salut des âmes lui faisait demander l’autorisation d’aller célébrer la Messe dans tel village où le curé manquait, pour ne pas priver les fidèles des sacrements le dimanche ou un jour de fête. Il y faisait tant de bien auprès des fidèles, qu’il en revenait parfois avec plusieurs ânes chargés de victuailles pour le couvent.

Quand il se déplaçait, il s’arrêtait volontiers auprès d’un paysan ou d’un berger : dans la conversation, il démontrait une telle information sur l’état spirituel de son interlocuteur, qu’à la fin ce dernier demandait à se confesser.

A la mort du Gardien (Supérieur) en 1451, Michele fut choisi pour lui succéder. 

Infatigable pour obtenir la conversion des gens, il allait dans tous les villages voisins, ramenant les uns et les autres à de saines habitudes, suscitant de nombreuses vocations religieuses, au point qu’il fit construire d’autres couvents pour les loger.

Lors d’une épidémie de peste, il se porta au secours des malades et des moribonds, pour les consoler, les soulager, les aider à se préparer à la mort.

En 1470, on le vit intervenir personnellement pour le choix du curé du village, qui trop souvent était nommé par les autorités laïques.

Quand il mourut, le 30 avril 1479, les Religieux franciscains durent remettre plusieurs fois de la terre sur sa tombe, car les gens venaient prélever de cette terre comme reliques auprès de leurs malades ; on allait jusqu’à en mettre dans l’eau qu’ils buvaient, et dont ils guérissaient.

On n’a pas de date concernant la confirmation du culte ou la béatification.

 

 

William Southerne

1569-1618

 

Anglais, William était né vers 1569 à Ketton (Darlington, Durham).

Il reçut sa préparation sacerdotale à Douai au Collège anglais, puis à Saint-Alban de Valladolid, où il fut ordonné prêtre.

Revenu dans son pays, il travailla à Baswich (Stafford), pendant quatorze années, s’efforçant de reconduire le Northumberland à la Foi catholique.

Il fut arrêté au moment où il célébrait la Messe.

On le mit en prison à Stafford et il fut immédiatement condamné à mort pour le crime d’être prêtre et pour refuser le serment de fidélité.

La sentence fut cependant ajournée à six jours, car on ne trouvait pas d’officier pour la pendaison.

William fut exécuté (hanged, drawn and quartered, selon la formule habituelle) à Newcastle-under-Lyme le 30 avril 1618.

Il a été béatifié en 1987.

 

 

Marco Passionei

1560-1625

 

Marco vit le jour le 13 septembre 1560 à Urbino (Pouilles, Italie), septième des onze enfants (huit garçons et trois filles) d’un foyer noble, dont les parents s’appelaient Domenico et Maddalena Cibo. Marco héritait donc du titre de Comte.

L’enfant reçut au baptême le même nom qu’un parent, évêque.

A la mort des parents, les enfants furent recueillis par un oncle à Cagli.

Marco fit des études de philosophie à Pérouse puis à Padoue, où il fut reçut docteur.

Il fut quelques années au service d’un cardinal romain, puis s’en alla à Gubbio, où il passa son temps à lire et à composer des vers.

Il demanda en vain son admission parmi les pères Capucins de Fossombrone, mais on le refusa à cause de sa mauvaisa santé ; c’est sur l’intervention du Provincial qu’il put entrer au couvent de Fano, où il prit le nom de Benedetto da Urbino.

Benedetto pratiqua une rigoureuse ascèse, excessive même, au point qu’il dut un moment interrompre son noviciat et se retira à Fossombrone. Rétabli, il fit la profession à Fano en 1585, non sans avoir au préalable renoncé à tous ses biens en faveur des pauvres. Ordonné prêtre, désormais, il s’occupa surtout des pauvres, jusque dans les Marches.

En 1600, il partit en Allemagne et en Autriche, et revint à Fossombrone en 1602. Il parcourut ensuite l’Italie de Fano à Gênes, en passant par Camerino et d’autres localités. Sa réputation de sainteté s’élargissait.

Le couvent de Fossombrone, qui l’avait refusé, fut contraint de le garder : Benedetto y mourut le 30 avril 1625.

Il y eut tant de pèlerins et de miracles auprès de sa tombe, que les Religieux déplacèrent secrètement celle-ci, pour remettre plus de recueillement dans le monastère. Le corps ne fut reconnu qu’en 1792. 

Benedetto da Urbino fut béatifié en 1867.

 

 

Marie Guyart Martin

1599-1672

 

Née le 28 octobre à Tours de Florent Guyart et Jeanne Michelet, Marie a six frères et sœurs. 

La maman était d’origine noble, mais avait préféré épouser ce simple artisan boulanger.

A sept ans, Marie voulait déjà se donner au Christ, après L’avoir vu en songe ; elle passait des heures, silencieuse, à «parler» à Dieu. Elle aimait suivre des yeux les prêtres qui passaient dans la rue et aurait même voulu baiser leurs traces par terre.

 Ses parents la marièrent à dix-sept ans à un maître ouvrier en soie, Claude Martin. Après la naissance de son fils Claude, Marie est déjà veuve, à dix-neuf ans, tandis que la fabrique est en faillite. La voilà liquidatrice et débitrice avant vingt ans.

Elle assume l’éducation de son garçon, mais fait déjà les vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance et refuse des demandes en mariage. Sa vie intime se greffe littéralement sur le Christ.

Le 24 mars 1620, veille de l’Annonciation, elle a une brusque intuition de toutes ses imperfections, se sent baignée et purifiée dans le Sang du Christ, et ne se reconnaît plus elle-même.

En 1621, elle se met au service de sa sœur (Claude, elle aussi), épouse de Paul Buisson, qui travaille dans une compagnie de transport fluvial. En l’absence de ceux-ci, elle gère la maison, l’entreprise, rencontre les clients, mais aussi, à l’insu de tous, elle reçoit des révélations sur le mystère de la Sainte Trinité.

En 1631, son fils étant assez grand, elle entre chez les Ursulines de Tours, suivant une voix intérieure secrète, et prend le nom de Marie de l’Incarnation

Il faut bien préciser ici que Marie n’a pas abandonné son fils : elle obéissait à la voix de Dieu, mais la séparation lui coûta énormément. Par ailleurs, le jeune garçon pressentait cette séparation prochaine et, dans un premier temps, s’était enfui de la maison ; on le retrouva errant à Blois. Ensuite, il cherchera, avec des camarades, à prendre d’assaut le monastère et sa mère l’entendait crier : Rendez-moi ma mère ! Marie écrivit qu’elle se sentait «mourir toute vive». Mais elle sera fidèle à l’appel de Dieu et restera en contact épistolaire étroit avec son fils, qu’elle confie à sa sœur. Claude poursuivra ses études chez les Jésuites de Rennes.

En 1633-1634, Marie est nommée sous-maîtresse des novices et professeur de doctrine chrétienne. Elle est divinement inspirée, elle ravit littéralement celles qui l’écoutent. 

Mais Marie «sait» qu’elle doit partir ailleurs. Elle voit en songe les montagnes du Canada.

En 1639, avec Marie-Madeleine de Chauvigny de la Peltrie et quelques autres femmes courageuses, elle s’embarque pour le Canada, en vue de fonder un monastère à Québec : son objectif est l’instruction des petites filles amérindiennes, et leur conversion. Elle collaborera de tout son cœur avec les missionnaires Jésuites, qui lui enseigneront les langues locales. Elle rédigera un dictionnaire français-algonquin, un dictionnaire français-iroquois et un catéchisme iroquois.

Elle sera ainsi l’apôtre des montagnaises et abénakis, des Huronnes et des Iroquoises. Mais devant la méfiance des parents amérindiens, Marie se dévouera plutôt aux jeunes filles des familles françaises.

D’abord installée dans une petite baraque froide, qu’elle appelle son Louvre, Marie fait construire un magnifique monastère, qu’elle devra entièrement reconstruire après un incendie.

Elle s’intéresse à l’économie, aux mines et aux salines. Elle cultive un jardin, exploite une ferme, fait creuser un puits. Les gouverneurs la consultent. Québec devient une ville, dont le pilier est Marie de l’Incarnation.

Marie se révèle ainsi une femme profondément contemplative et mystique, en même temps que finement douée pour la vie active.

Son apostolat auprès des Hurons fut fécond. Après l’incendie de 1650, ceux-ci craignirent de voir partir les Ursulines. Leur chef, Taiearonk, s’adressa noblement à elles en ces termes : Faites voir que l’affection que vous avez pour les pauvres sauvages est une charité céleste plus forte que les liens de la nature. En 1875, ils signeront une pétition au pape pour la béatification de Marie.

Les Iroquois seront plus durs : ils vinrent saccager les terres, massacrer les domestiques, au point que Marie pensait même revenir en France.

Il y eut des inquiétudes aussi de la part de l’Eglise, car l’évêque pensait modifier les constitutions savamment rédigées par Marie. L’humilité et le respect que montra Marie envers le Prélat, fit qu’il maintint les constitutions avec seulement quelques réserves. Les Ursulines de Québec furent ensuite affiliées à celles de Paris.

En 1663, lors du tremblement de terre de Québec, elle attribue cette punition de Dieu au commerce intense d’alcool entre les colons et les Amérindiens. Lors de l’épidémie de vérole, elle transforme son monastère en hôpital.

Marie de l’Incarnation a des joies, car l’œuvre s’affermit ; elle a ses épreuves personnelles : elle ne peut plus se tenir à genoux, sa vue baisse, la nourriture la dégoûte. Mais elle est heureuse de sentir arriver sa dernière heure. En plus, son grand fils est maintenant bénédictin, et promu supérieur général de la congrégation de Saint-Maur. On lui doit d’avoir conservé des écrits de sa pieuse mère, dont beaucoup disparurent dans des incendies.

Marie Guyart de l’Incarnation mourut à Québec le 30 avril 1672.

Elle a été béatifiée en 1980 et canonisée en 2014. 

 

 

Gim Yun-deok Agatha Magdalena

1765-1815

 

Gim Yun-deok Agatha Magdalena est une laïque coréenne née vers 1765 à Sangju (Gyeongsang-do, Corée du Sud).

Elle fut enterrée vivante à Daegu (Gyeongsang-do) à la fin du mois d’avril 1815 et béatifiée en 2014.

Giuseppe Benedetto Cottolengo

1786-1842

 

Ce géant de la charité a été appelé le Saint Vincent de Paul italien.

Né le 3 mai 1786 à Bra (Piémont, Italie), aîné de douze enfants, Giuseppe n’avait pas une très bonne santé, mais il put faire de solides études classiques, puis au séminaire d’Asti, enfin à la faculté de Turin.

Petit, il se faisait remarquer pour son attention envers les pauvres. Ce trait ira en grandissant tout au long de sa vie.

Entré au séminaire à dix-huit ans, il écrivait : Je veux être un saint. 

Ordonné prêtre en 1811, vicaire à Cornegliano, il se montra zélé auprès des malades. Devenu chanoine et docteur en théologie, il se consacra exclusivement au service des malades et des pauvres, après avoir assisté une pauvre malade qui n’avait pu être hospitalisée.

En 1828, il ouvrit un premier petit établissement à Turin, le Dépôt des Pauvres Infirmes du Corps du Christ. Comme cela arrive toujours, ce fut cette maison qu’on accusa d’être le foyer du choléra qui sévit dans la région et qui fut donc fermée en 1831.

Giuseppe la rouvrit en 1832 sous le vocable de Petite Maison de la Divine Providence, ce qui fut l’origine de ce que les habitants appelèrent toujours Le Cottolengo.

Giuseppe Benedetto se plaçait sous la protection de saint Vincent de Paul. Son premier petit hôpital fut vite doté d’une famille religieuse, les Filles de la Charité ou Vincentines, qu’il envoya secourir ceux qui ne pouvaient se déplacer.

Puis au Valdocco, il établit un nouvel abri pour ses malades, le Petit Asile de la Providence.

Pour aider les religieuses, il fonde les Frères de Saint-Vincent-de-Paul.

En 1840, il fonde le monastère du Suffrage, où toute vincentine, après dix années de service, pourra se livrer à la contemplation et prier spécialement pour les âmes du purgatoire.

Puis ce sont les Filles de la Pitié, au nombre de trente-trois, qui méditeront particulièrement sur la passion du Sauveur et les douleurs de Marie.

Puis les Ermites du très Saint Rosaire, sous la protection de saint Romuald, qui auront une vie solitaire de mortification et de jeûne. 

Puis les Carmélites déchaussées, qui vivront dans la plus stricte abstinence.

Puis les Thaïdines, qui s’occuperont des victimes de la débauche. 

Ce fut ainsi toute une ville de soins pour les plus déshérités, qui s’organisa dans Turin. L’œuvre accueillait tous les types de pathologies, tous ceux que refusaient les autres hôpitaux, les épileptiques, les malades mentaux, les sourd-muets, les jeunes en difficulté.

La réputation de Giuseppe Benedetto s’étendit : le roi lui assura une existence légale ; le pape approuva l’œuvre dans son intégralité.

Giuseppe demeurait dans l’ombre, simple, confiant. Il ne tenait pas de livre de comptes : ce qui lui restait le soir, il le donnait aux pauvres. Quand on lui demandait d’où il tirait l’argent nécessaire, il répondait : La Providence m’envoie tout.

Son enseignement est simple, mais profond et vécu. Quelques citations de lui :  

  • Ceux que vous devez le plus chérir, ce sont les plus abandonnés, les plus rebutants, les plus importuns. Tous sont des perles précieuses. Si vous compreniez bien quel personnage vous représentent les pauvres, vous les serviriez à genoux.
  • Ne vous faites jamais appeler deux fois. Interrompez n’importe quelle autre activité, et volez en aide aux pauvres.
  • Une messe vaut plus qu’une semaine de calculs et de travail. Bienheureux celui qui écoute la messe chaque jour.
  • Les pauvres nous ouvriront les portes du Ciel.

Sa grande confidente, c’était la très Sainte Vierge, qui le protégea plusieurs fois de façon tout-à-fait miraculeuse. Giuseppe fut aussi favorisé de dons célestes particuliers : il lisait dans les cœurs, il annonça des événements futurs, il fit connaître les circonstances précises de sa mort.

Quand celle-ci approcha, Giuseppe s’empressa de régler des affaires qui ne semblaient pourtant pas si urgentes ; il manda son frère Albert, pour le saluer une dernière fois ; il fit le tour de ses maisons, en insinuant clairement que c’était l’à-Dieu.

Le 21 avril, il se retira à Chieri. Il célébra la Messe, pour la dernière fois et s’installa dans la petite chambre réservée pour ses derniers jours. Il souffrit beaucoup, sans se plaindre, et mourut le 30 avril 1842.

Giuseppe Benedetto Cottolengo a été béatifié en 1917, et canonisé en 1934.

L’Œuvre des Cottolenguins s’est répandue à travers le monde, en Suisse, en Afrique (Kenya, Tanzanie), en Amérique (Etats-Unis, Equateur), en Inde.

 

 

Giuse Tuân (Hoan)

1821-1861

 

Né vers 1821 à Trần Xá (Hưng Yên, Vietnam), Giuse (Joseph) entra dans l’Ordre dominicain et fut ordonné prêtre.

Il venait d’administrer les derniers sacrements à une mourante, quand le fils de cette dernière le dénonça.

Il subit le martyre à Hưng Yên, le 30 avril 1861.

Il fut canonisé en 1988, parmi les cent-dix-sept Martyrs du Vietnam qui sont fêtés ensemble le 24 novembre.

 

Ce Martyr n’est pas le même qu’un autre Giuse Tuân, laïc de Nam Đḭnh, martyrisé le 7 janvier 1862, lui aussi canonisé en 1988 et fêté avec les autres le 24 novembre.

 

 

Pauline von Mallinckrodt

1817-1881

 

Née le 3 juin 1817 à Minden (Rhénanie-Nord-Westphalie, Allemagne) dans une famille noble, Pauline a une sœur et deux frères.

Le père, Detmar von Mallinckrodt, est vice-président du gouvernement de Minden, et en tant que fonctionnaire prussien, élève ses enfants dans la religion protestante.

La mère, baronne Bernhardine von Hartmann, fait baptiser et élever ses enfants dans le catholicisme.

Quand le père de Pauline devient vice-président du gouvernement d’Aix-la-Chapelle, la famille s’y installe et Pauline reçoit l’instruction de Luise Hensel. Elle rencontre Clara Fey et Franziska Schervier (pour certte dernière, voir au 14 décembre), qui fonderont aussi des familles religieuses.

En 1834, la mère de Pauline meurt du choléra, contaminée par une femme de ménage. Pauline assume le soin de sa famille, mais s’intéresse à la détresse sociale.

En 1835, elle reçoit la Confirmation (elle a dix-huit ans), puis refuse les fiançailles qui lui sont proposées. Elle postule ouvertement auprès de Rome pour obtenir l’approbation de mariages mixtes ; son père l’approuve, mais se voit pour ce motif refuser deux promotions. Il prend sa retraite en 1839 et s’installe avec elle à Böddeken, en hiver à Paderborn ; il meurt en 1842.

Pauline se lance dans les fondations : une crèche pour les enfants de mamans malades, un institut pour aveugles. Elle espérait que la Mère Sophie Barat (voir au 25 mai) aurait repris cette institution, mais le gouvernement prussien n’autorisait pas une congrégation française de s’installer en Prusse.

Elle fonde en 1849 la Congrégation des Sœurs de la Charité Chrétienne (avec, quelques années plus tard, l’appellatif auxiliaire de Filles de la Bienheureuse Vierge Marie de l’Immaculée Conception, ce dogme ayant été proclamé en 1854), pour s’occuper spécialement de ces aveugles, mais aussi de diverses œuvres d’assistance : des écoles catholiques à Dortmund, un couvent à Paderborn, des orphelinats, de nombreuses écoles… Le pape approuve la congrégation en 1863.

La sombre période du Kulturkampf vient interdire les ordres et les congrégations. Pauline essaie de trouver une solution par un procès, qui n’aboutit pas. Elle ouvre d’autres maisons aux Etats-Unis, au Chili, en Bohême, au Liechtenstein, en Belgique. Elle voyage pour visiter ces fondations.

De retour à Paderborn en 1880, avec une santé délabrée, elle y meurt d’une pneumonie, le 30 avril 1881.

Pauline de Mallinckrodt a été béatifiée en 1985.

 

Les Religieuses qu’elle a fondées sont toujours présentes en Allemagne (entre autres Dortmund, Paderborn, Berlin), à Rome, aux Etats-Unis, au Chili, en Argentine et aux Philippines.

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 23:00

 

29 AVRIL

 

I.

S Tychicus, disciple de s. Paul, honoré comme évêque soit à Chalcédoine, soit à Rhodes, soit à Colophon (cf. Eph 6:21 ; Col 4:7).

S Torpès, martyr à Pise, peut-être à l’origine de Saint-Tropez.

Ste Cercyre, vierge martyre à Corfou.

III.

S Libère, évêque à Ravenne, un des “colombins”, désignés par une colombe.

S Cher, évêque à Altino, martyrisé pendant qu’il priait pour un possédé ; son sang rejaillit sur ce dernier, qui se trouva délivré.

V.

S Sévère, évêque à Naples : il ressuscita un mort pour convaincre de fausseté un créancier qui en importunait la veuve.

S Paulin, évêque à Brescia.

VII.

S Fiachna, abbé en Irlande, obéissant parfait, patron de Kill Fiachna.

VIII.

S Wilfrid le Jeune, évêque à York.

IX.

Ste Ava, vierge belge aveugle ; guérie au tombeau de ste Renfroi (abbesse à Denain), elle entra dans cette abbaye.

XII.

S Hugues, abbé à Cluny ; le pape Callixte II fit solenniser son dies natalis .

S Achard, abbé à Saint-Victor à Paris, évêque à Avranches, auteur d’œuvres de spiritualité.

B Robert Gruthuysen, flamand, premier successeur de s. Bernard à Clairvaux.

XIV.

Ste Caterina de Sienne, vingt-cinquième enfant d'un teinturier de cette ville, mystique stigmatisée et tertiaire dominicaine, artisan du retour du pape Grégoire XI d'Avignon à Rome, Docteur de l'Église, patronne de l'Italie avec s. François d'Assise, morte à trente-trois ans. 

XIX.

Antonius Kim Sŏng-u, laïque marié, catéchiste coréen martyr, canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre.

XX.

Bse Itala Mela (1904-1957), laïque italienne mystique ; elle eut d'importantes révélations sur la Sainte Trinité ; béatifiée en 2017.

Bse Hanna Chrzanowska (1902-1973), laïque polonaise et tertiaire bénédictine, infirmière très active avant, pendant et après la guerre, béatifiée en 2018.

 

 

Torpès de Pise

† 68

 

Que Torpès ait été martyr à Pise (Toscane, Italie CW), est une donnée historique établie.

D’autres détails qu’on rapportait à son sujet, passent pour être légendaires. En voici la teneur :

Caius Torpetius naquit au 1er siècle à Pise dans une famille patricienne.

Il occupa un poste important sous Néron, devenant chef de la garde personnelle de l’empereur et intendant du palais impérial.

Torpès entendit la prédication de Paul, dont il devait assurer la garde pendant sa captivité, et crut en Jésus-Christ.

Il s’agit peut-être aussi de lui, lorsque s.Paul écrit aux Philippiens : Tous les saints vous saluent, principalement ceux de la maison de César (Ph 4:22).

Lors d’une cérémonie en l’honneur de Diane, Néron demanda à Torpès de chanter un hymne en l’honneur de la déesse, mais Torpès s’y refusa catégoriquement.

Néron fit flageller Torpès, le fit livrer aux fauves, puis décapiter, le 29 avril 68.

On ajoute même que la colonne de la flagellation se brisa et, en s’écroulant, tua le bourreau ; le lion et le léopard qui devaient se jeter sur Torpès, au contraire se couchèrent à ses pieds.

Tandis qu’un ami de Torpès, Andronicus, réussissait à recueillir le chef de Torpès, l’empereur fit charger le corps sur une barque avec un coq et un chien, qui auraient dû le dépecer. Mais la barque arriva sur la côte ligure, avec le corps intact, une vingtaine de jours plus tard, là où naquit la ville de Saint-Tropez.

Saint Torpès devint le patron des marins de toute la Ligurie.

Saint Torpès de Pise est commémoré le 29 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tychicus

Ier siècle

 

Saint Tychicus (Tychique) est très peu connu. On a de lui quelques informations par les Actes des Apôtres, et quelques remarques fort élogieuses de saint Paul.

Dans les Actes des Apôtres, Luc présente Tychicus comme originaire d’Asie avec Trophime. 

Tychicus semble avoir été un messager extrêmement zélé et serviable, tout acquis à la cause de l’apostolat de saint Paul. Quand ce dernier quitte Ephèse, soulevée contre lui, Tychicus resta probablement à Milet, tandis que Paul gagnait Jérusalem.

Plus tard, durant sa première captivité à Rome, Paul écrit aux Colossiens : “Pour ce qui me concerne, Tychicus, notre frère bien-aimé, fidèle serviteur et mon compagnon dans le service du Seigneur, vous apprendra tout. Je l’ai envoyé vers vous exprès, pour que vous sachiez ce qui nous concerne” (Col 4:7). De même aux Ephésiens (Eph 6:21). Toujours mention de ce fidèle messager en 2Tim 4:12 et Tt 3:12.

C’est tout ce que nous savons précisément de ce bon et fidèle serviteur. Par la Tradition, on présume que Tychique fut successivement évêque à Chalcédoine ; il est honoré par les Églises d’Orient le 29 avril, ce qu’a repris le Martyrologe Romain.

 

 

Hugues de Cluny

1024-1109

 

Hugues vit le jour le 13 mai 1024 à Semur-en-Brionnais (Saône-et-Loire), de Dalmace, comte de Semur.

A l’équitation et à la chasse, il préférait l’étude et obtint d’aller auprès de son grand-oncle, Hugues lui aussi, évêque d’Auxerre.

A quinze ans, sans repasser chez lui pour éviter un orage paternel, il se rendit directement à l’abbaye de Cluny, où l’abbé Odilon (v. 1er janvier) le reçut au noviciat ; il fit la profession en 1039, fut ordonné prêtre en 1044 (à vingt ans) et fut nommé grand-prieur en 1048.

Les trois dernières années de sa vie, Odilon l’associa intimement au gouvernement de l’abbaye, de sorte qu’Hugues fut très connu et apprécié autant des moines que des personnalités extérieures au monastère. La dernière année de sa vie, Odilon confia l’abbaye à Hugues et partit à Rome, où il espérait mourir près du tombeau des Apôtres, mais il en revint revigoré, et mourut le 1er janvier 1049, sans avoir revu Hugues, qui était en mission auprès de l’empereur.

A l’unanimité les moines élurent Hugues pour succéder à Odilon. Pendant les soixante années de son abbatiat, Hugues fut comme la référence des moines, des papes, des évêques ; il participa à de nombreux conciles. 

En 1054, le père du jeune abbé fut assassiné par son gendre, Robert le Vieux, duc de Bourgogne ; Hugues s’imposa des austérités pour l’expiation de ce crime et sa mère se retira au couvent de Marcigny, où sa fille Hermengarde fut la première prieure et que Hugues dirigea ensuite de façon magistrale. Onze ans plus tard, lors d’un concile à Autun, il réussit à amener ce Robert, repentant, devant les pères conciliaires pour lui faire promettre désormais de laisser l’Eglise en paix.

Il eut de précieuses et profondes amitiés avec d’importantes personnalités : Bruno de Toul, futur pape Léon IX ; Federico, abbé du Mont-Cassin et futur pape Etienne X ; Hildebrand, futur pape Grégoire VII ; saint Pietro Damiano (v. 23 février) ; saint Anselme de Canterbury (v. 21 avril) ; deux moines de Cluny devinrent papes : Urbain II et Pascal II.

Hugues fut appelé à être le parrain du jeune prince impérial Henri, le triste Henri IV, qui s’attira l’excommunication ; ce fut Hugues qui intervint et poussera l’empereur à «se rendre à Canossa» aux pieds du pape (1077).

Hugues participa aux conciles de Reims (1049), Rome (1050), Tours (1050), Avignon, Vienne, Toulouse (pour faire appliquer les décrets du concile romain contre la simonie et l’incontinence des clercs), Rome (1063),  Chalon-sur-Saône (1064), Autun (1065), Lyon (1080), Clermont (1095, pour lancer la 1e croisade).

Il ne faut cependant pas croire que l’abbé Hugues passait son temps hors de son monastère. Il dut voyager beaucoup, certes, mais la vie monastique passait toujours au premier plan. Il sut veiller de façon paternelle et fraternelle sur les trois cents moines qui y vivaient. Voici ce qu’en écrivit Pietro Damiano après y avoir séjourné quelque temps :

A Cluny, comme dans la primitive Eglise, la charité règne, la joie spirituelle déborde, la paix est le bien commun, la patience fait tout accepter, la longanimité tout supporte. Espérance vaillante, foi solide, charité sans tache s’allient à l’humble obéissance qui lave les péchés,  l’observance de lois vraiment monastiques.

Cluny sera la plus grande construction en Europe au 13e siècle et l’église sera la plus grande église de la Chrétienté entière jusqu’au 16e siècle. Plus de mille monastères en France, en Italie, en Angleterre, en Allemagne, en Espagne, dépendaient de cette abbaye. La première fondation de Cluny fut La Charité-sur-Loire (1056).

Hugues posséda la vertu de prudence de façon vraiment exceptionnelle, mais il fut aussi favorisé de grâces extraordinaires. 

Retiré un jour dans une cellule, il s’y était assoupi lorsqu’un orage effroyable se déchaîna. La foudre tomba et mit le feu à l’édifice ; tous accoururent pour éteindre l’incendie et trouvèrent l’abbé tranquillement endormi dans la cellule, que le feu avait épargné.

En 1109, il y eut une famine. Les moines donnèrent tant qu’ils en eurent du grain aux affamés. Averti, Hugues écrivit de Marcigny où il se trouvait, une lettre aux saints Apôtres Pierre et Paul, patrons de Cluny, priant le messager d’aller la déposer immédiatement à l’autel majeur de l’abbaye : en peu de temps, arrivèrent des dons qui suffirent à la consommation de l’abbaye pour toute l’année.

Le jour des Rameaux de 1109, un bon paysan demanda à parler d’urgence à Hugues : un vieillard lui était apparu et l’avait chargé d’annoncer à Hugues sa mort prochaine. Etait-ce saint Joseph, ou saint Benoît ? Le fait est que le saint abbé crut. Le jour du Jeudi Saint, les forces lui manquèrent au moment du lavement des pieds et il dut se retirer ; le Vendredi Saint, il fut sans force ; le Samedi Saint, il put assister à la bénédiction du cierge pascal ; au soir de Pâques, il faiblit encore ; le mardi de Pâques, il reçut les derniers Sacrements et donna à chaque moine le baiser de paix ; le mercredi, il fut porté à sa demande dans l’église, sur la cendre et le cilice, et il expira, le 29 avril 1109.

On dit que de Pavie ou de Cantorbury, on fut mystérieusement averti de sa mort.

En 1120, le pape bourguignon Callixte II ordonna de solenniser le culte rendu à Hugues. Cette disposition peut être assimilée à une canonisation, d’ailleurs justifiée par de nombreux miracles.

Ajoutons que, pendant longtemps, le corps du saint Abbé fut conservé à Cluny. Quand cette abbaye fut saccagée par les Huguenots en 1562, on put sauver ce précieux trésor au château de Lourdon ; malheureusement le château fut à son tour la proie des flammes et les reliques furent dispersées au vent. On ne put en sauver qu’un os de la jambe.

 

 

Achard de Saint-Victor

1100-1171

 

Deux hypothèses se partagent les origines d’Achard, qui serait né en Angleterre ou en Normandie. Normand, il aurait été de la lignée du Passais ; Anglais, il aurait aussi été prieur à Bridlington (Yorkshire) avant de venir sur le continent.

A Paris, il étudia à l’abbaye de Saint-Victor, où il devint chanoine de Saint-Augustin et, en 1155, en devint prévôt du chapitre.

En 1157, le chapitre de la cathédrale de Séez le choisit pour être évêque, mais le roi Henri II Plantagenêt s’y opposa, malgré l’approbation du pape ; Achard ne s’offensa pas de cette égratignure à l’autorité papale, de sorte que le même roi ne mit aucune opposition à son élection au siège d’Avranches en 1161. Mais cette fois-ci ce fut le roi français Louis VII qui fut mécontent de voir passer un de ses «sujets» en territoire anglo-normand.

En 1163, Achard était présent en Angleterre pour la translation du corps de s.Edward le Confesseur (v. 5 janvier) à Westminster.

En 1164, il approuva la re-fondation de l’abbaye Sainte-Trinité de la Lucerne, deux fois déplacée, et où s’installèrent des Chanoines Prémontrés.

Il faut noter ici son amitié pour s.Thomas Becket (v. 29 décembre), qui fut martyrisé sur l’ordre du même roi Henry II. Ce dernier, repenti, obtint l’absolution de son crime, des légats du pape, devant la cathédrale d’Avranches (mai 1172), mais Achard s’était éteint depuis presque un an, le 29 avril 1171.

Achard a composé des traités doctrinaux, des sermons, longtemps restés oubliés dans les manuscrits et qu’on a publiés partiellement à une période récente.

Saint Achard est maintenant commémoré le 29 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Caterina de Sienne

1347-1380

 

Caterina naquit le jour de l’Annonciation, 25 mars 1347, vingt-cinquième enfant de Giacomo Benincasa et de Lapa. Sa sœur jumelle mourut très vite, mais un fils adoptif, Tommaso della Fonte, qui aspirait à la vie religieuse, eut une forte influence sur elle, lui racontant tout ce qu’il apprenait dans ses pieuses lectures.

Elle eut sa première vision de Jésus-Christ à six ans. L’année suivante, elle promit de n’épouser que Lui, et refusa énergiquement et patiemment toutes les propositions de mariage qu’on lui présenta. Sa propre famille la traita comme la dernière servante.

Son père finit par accepter qu’elle devînt religieuse, sa mère aussi, quoique réticente à toutes les austérités de sa fille.

C’est Notre-Seigneur Lui-même qui lui enseigna à lire, pour qu’elle pût prier avec le Bréviaire. Le Fils de Dieu lui remit l’anneau mystique de leurs fiançailles, en présence de Marie, de Jean l’évangéliste, de saint Paul et du prophète David.

Caterina eut désormais une très grande activité auprès des pauvres et des malades, et surtout à la conversion des âmes, à la réconciliation des familles, à la pacification des villes sans cesse en luttes. Des jalousies et des accusations l’accablèrent, mais ses réponses déboutèrent ses interrogateurs. On la laissa communier fréquemment, prêcher publiquement.

Elle eut une influence prépondérante pour l’unité de l’Eglise. Unité à l’intérieur, par la conversion de ceux qui scandalisaient l’Eglise, unité à l’extérieur par le retour du pape à Rome.

Elle reçut les stigmates de la passion du Christ et fut littéralement unie aux souffrances de Notre-Seigneur (couronne d’épines).

Elle ressuscita sa mère, qui vécut longtemps après ses propres enfants et petits-enfants.

Le jour de Pâques, 25 mars 1380, précisément âgée de trente-trois ans, elle put se confesser et recevoir l’Eucharistie dans sa cellule. Le dimanche précédent l’Ascension, 29 avril, elle s’éteignit après avoir reçut le sacrement des malades et une dernière absolution papale : sa mère était là avec quelques fidèles amis, et Caterina quitta cette vie en disant : “Père, je remets mon esprit entre tes mains”.

On connaît beaucoup de détails de cette vie extraordinaire grâce à ce qu’en a écrit son confesseur, le Bienheureux Raimondo de Capoue.

Le corps de sainte Caterina se trouve à Rome en l’église de Sainte-Marie sopra Minerva, à côté du Panthéon. La pauvre cellule de Caterina a été transformée en oratoire.

Caterina a été canonisée en 1461. Elle a été proclamée patronne secondaire de Rome en 1866, patronne d’Italie (avec saint François d’Assise) en 1939 et tout récemment, Docteur de l’Eglise en 1970, et co-patronne de l’Europe en 1999.

Sa fête est au 29 avril depuis la réforme du calendrier liturgique.

 

 

Antonius Kim Sǒng-u

1794-1841

 

Antonius était né en 1794 environ, et vivait à Kusan (Kyǒnggi, Corée).

C’était un homme riche, honnête et généreux. Chaleureux, il demeurait respectueux envers ceux qui n’avaient pas sa foi catholique. Ses arrière-petits-enfants maintenaient encore dans leur village un profond respect envers leur arrière-grand-père.

Antonius entendit parler de la religion catholique avec toute sa parenté, et tous adhérèrent à Jésus-Christ, jusqu’à convaincre tout le village d’embrasser la foi.

Après la mort de sa mère, il s’installa à Séoul, où il vivait non loin de la Porte Orientale. Ses deux jeunes frères souffrirent à Kusan pour leur foi : Augustinus mourut en prison en mai 1841 à quarante-trois ans ; l’autre souffrit longtemps en prison.

Quand son épouse mourut, il se remaria avec une femme profondément croyante.

Quand les missionnaires arrivèrent, Antonius aménagea sa maison en chapelle, où le père Maubant (cf. 21 septembre) vint souvent célébrer la Messe.

Fin 1839 il fut trahi : toute la famille fut arrêtée et jetée en prison en janvier 1840. Antonius fut cruellement torturé. Quand le chef lui proposa d’apostasier, il répondit que sa volonté était de mourir catholique.

Il se comportait en prison comme dans sa maison ; jamais il ne demanda à être remis en liberté. Même d’autres codétenus non-catholiques avaient de l’estime pour lui : deux d’entre eux se firent catéchiser et baptiser par lui.

A la fin d’avril 1841, il fut soumis à un nouvel interrogatoire et à de nouvelles tortures. Après quinze mois en prison, il fut étranglé à Tangkogae (Séoul), à l’âge de quarante-sept ans, le 29 avril.

Béatifié en 1925, il fut canonisé en 1984. La fête commune de ces Martyrs coréens est au 20 septembre.

Itala Mela

1904-1957

 

Itala Mela naquit le 28 août 1904 à La Spezia (Ligurie, Italie NO).

Ses parents étaient croyants et elle grandit dans la foi.

En 1920, à seize ans, l’adolescente fut fortement ébranlée par la mort de son petit frère Enrico, de neuf ans. Elle se déclara athée. Mais une petite flamme brûlait encore dans son âme.

Durant ses études supérieures à la Faculté des Lettres de Milan, Itala adhéra à la Fédération des Universitaires Catholiques Italiens (FUCI), grâce à laquelle elle sentit que sa vie reprenait sens. Elle eut l’opportunité de rencontrer des personnalités marquantes : le cardinal Schuster (v. 30 août) et Giovanni Battista Montini (qui devait devenir archevêque de Milan, cardinal, puis le pape Paul VI, v. 6 août) ; et aussi le père Gemelli et l’abbé Divo Barsotti.

Munie de son diplôme, Itala enseigna à Milan.

En 1928, alors qu’elle priait devant le tabernacle, un faisceau de lumière la rejoignit et une voix lui parla. C’était une réponse à sa question intérieure. Itala vécut désormais dans un intense approfondissement de sa spiritualité.

Elle voulut devenir moniale bénédictine, mais une fièvre intense et tenace l’en empêcha ; on crut même qu’elle en mourrait. Elle se reprit mais resta fragile de santé. Elle dut renoncer à sa chaire et revint à La Spezia.

Elle devint oblate bénédictine en 1933.

A partir de 1936, les expériences mystiques s’accentuèreent : la Sainte Trinité se manifesta à elle, en même temps que des attaques du Démon, manifestement dérangé par la vie intérieure d’Itala. Celle-ci construira désormais toute sa vie sur le Mystère trinitaire ; elle écrivit aussi une série d’exercices spirituels, développant le concept de la «Inhabitation» de la Trinité : la Sainte Trinité habite en nous et nous devons chercher à nous immerger totalement dans ce Mystère.

En 1946, après la guerre, elle eut l’intuition de former une famille spirituelle de prêtres et de diacres, qui auraient diffusé ce même idéal. On pourra utilement se rappeller ici les écrits de la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité (v. 9 novembre).

Itala Mela mourut le 29 avril 1957 à La Spezia.

Elle sera commémorée le 29 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hanna Chrzanowska

1902-1973

 

Hanna vit le jour le 7 octobre 1902 à Varsovie (Pologne), de parents chrétiens et très connus pour leur esprit philanthropique. Le papa, Ignacy, était professeur de Littérature polonaise : la maman, Wanda, était issue d’une riche famille industrielle de confession luthérienne ; la sœur de cette dernière, Zofia, avait ouvert un hôpital pour enfants à Varsovie.

D’Hanna, on n’a trouvé aucun détail de sa petite enfance : dates de son baptême, de sa Première communion, ses études. On sait juste qu’elle eut (au moins) un frère, Bohdan.

En 1910, M.Chrzanowski fut nommé professeur à l’université de Cracovie ; là, Hanna fréquenta l’école des Ursulines, au terme de laquelle elle prêta son concours à la Croix-Rouge : elle soigna les blessés victimes des affrontements entre Polonais chrétiens et Russes bolcheviques.

Après avoir commencé des études à l’université de Cracovie, elle s’inscrivit dans la nouvelle école d’infirmières qui venait de s’ouvrir. Dipômée en 1924, elle fut envoyée en France et en Belgique pour former d’autres infirmières. Puis, dans les années 1926-1929, elle forma les infirmières à l’Ecole de Cracovie.

Entre 1929 et 1939, elle se trouvait à Varsovie et publia un mensuel, L’Infirmière Polonaise, où elle livrait beaucoup de son expérience personnelle. En 1937, elle contribua à la formation d’une Union Catholique des Infirmières Polonaises.

La Seconde Guerre mondiale apporta à la famille Chrzanowski son lot de douleurs : la tante Zofia - celle qui avait ouvert l’hôpital pour les enfants - mourut durant l’invasion de Varsovie ; M.Chrzanowski fut arrêté comme membre de l’opposition et envoyé au camp de Sachsenhausen, où il mourut ; et le propre frère d’Hanna périt dans l’horrible tragédie de la forêt de Katyń (1940).

Malgré sa tristesse, Hanna continua son activité au secours des malheureux. Elle soignait les blessés, mettait toutes ses ressources au profit des réfugiés, des prisonniers, des orphelins ; pour ces derniers, juifs y compris, elle cherchait des familles d’accueil et organisa un camp d’été pour enfants aux environs de Cracovie. Elle ne craignait ni pour sa santé, ni même pour sa vie ; elle puisait de nouvelles forces dans l’approfondissement de sa vie intérieure et dans l’Eucharistie.

Après la guerre, Hanna reprit son enseignement à l’Ecole d’Infirmières de Cracovie. Elle eut aussi l’occasion d’aller aux Etats-Unis pour apporter son témoignage et son expérience aux jeunes infirmières, s’attachant à leur montrer l’importance de leur présence non seulement médicale, mais aussi humaine et spirituelle.

En 1956, Hanna fit un pas de plus dans l’école spirituelle et mystique, devenant tertiaire bénédictine.

Revenue à Cracovie, en 1957 elle fut nommée directrice de l’Ecole de Soins Psychiatriques de Kobierzyn, une école qui fut bientôt fermée par les autorités communistes.

L’activité et l’esprit apostolique d’Hanna toucha un grand nombre d’infirmières, mais aussi de professeurs, de séminaristes, de prêtres, de volontaires… Il devint fréquent que la Messe fût célébrée dans la chambre même des patients. C’est dans cet esprit qu’Hanna rencontra le cardinal Karol Wojtyła, qui lui obtint du pape Paul VI la médaille Pro Ecclesia et Pontifice.

Les dernières années de la vie d’Hanna furent endolories par la maladie du cancer. Hanna mourut le 29 avril 1973, et c’est le même cardinal Wojtyła qui célébra ses funérailles.

A la demande de l’Association même des Infirmières catholiques, l’enquête diocésaine sur les vertus et la sainteté d’Hanna fut ouvert en 1998.

Hanna a été béatifiée en 2018 et sera commémorée le 29 avril au Martyrologe.

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 15:22

Santiago Aparicio

1913-1936

 

Santiago Aparicio naquit le 24 septembre 1913 à Revilla de Collazos (Palencia, Espagne).

Au couvent dominicain d’Almagro, il avait fait la profession et se préparait au sacerdoce.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il eut la grâce du martyre à Manzanares (Ciudad Real), le 8 août 1936.

Santiago Aparicio devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 8 août.

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 15:21

Clotilde Campos Urdiales

1897-1936

 

Clotilde Campos Urdiales naquit le 4 juin 1897 à Valdealcón (León, Espagne NW), de Felice et Mauricia, qui lui donnèrent au baptême le nom de sainte Clotilde, qu’on fête en effet le 4 (ou le 3) juin.

La famille tout entière ne sut jamais comprendre quelle vocation mûrissait dans le cœur de cette jeune fille pleine d’entrain, studieuse, bonne chrétienne - et manifesta une totale contrariété à l’entrée de Clotilde dans la vie religieuse. Elle attendit patiemment.

Quand les parents comprirent, enfin, que leur fille n’avait aucun autre désir dans la vie que d’appartenir à Jésus-Christ, ils lui accordèrent leur bénédiction. Clotilde fut alors reçue dans le monastère Saint-Joseph de Madrid, chez les Conceptionnistes.

C’était en 1923, Clotilde avait déjà vingt-six ans. Clotilde devint María du Pilar, sans doute par référence à Notre-Dame du Pilar (du Pilier), un pèlerinage marial fameux à Saragosse (Espagne).

Elle aimait rendre service aux autres moniales. On la savait dévote de la Sainte Vierge : elle décorait de fleurs la «grotte de Lourdes» qui se trouvait dans le jardin.

Elle dut subir une bien douloureuse opération chirurgicale, qu’elle supporta patiemment, exprimant toute sa reconnaissance au personnel médical.

A trente-neuf ans, en 1936, elle vécut avec ses Consœurs les tristes événements de la guerre civile.

On trouvera un petit exposé de ces douloureux moments dans la notice d’Isabel Lacaba Andía, ce même jour.

María du Pilar a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 14:12

María Concepción Cabrera de Armida

1862-1937

 

María Concepción Cabrera de Armida, qu’on a appelée courammenet Conchita, naquit le 8 décembre 1862 - fête de l’Immaculée Conception - à San Luis Potosi (Mexique), d’Octaviano Cabrera et Clara Arias, des parents très chrétiens appartenant à la petite bourgeoisie.

Dans cette bonne famille, María Concepción combattait ses caprices. Elle écrira : Je désobéissais à mes parents, je battais mes frères, je chippais du gâteau, des bonbons.

En 1884, elle épousa Francisco Armida ; ils auront neuf enfants.

María Concepción fut active dans la paroisse, assistait chaque matin à la Messe, visitait les pauvres, les malades. Elle eut aussi une vie mystique intense, jouissant de visions du Christ, de la Sainte Trinité ; dans ses écrits, qui comportent soixante-mille pages manuscrites, elle parle de ces expériences, des messages du Sacré-Cœur, de l’Eucharistie ; des théologiens ont pu comparer ces écrits à ceux de sainte Thérèse d’Ávila (v. 15 octobre).

En 1895, elle créa l’Œuvre de la Croix, pour ceux qui désiraient sanctifier leur quotidien en s’identifiant au Christ sur la Croix. Ce n’est pas une congrégation ; c’est une pieuse union, dont les membres, de quelque situation qu’ils soient, offrent leurs actions, leurs petits sacrifices quotidiens, pour le rachat des péchés du monde, comme le Christ le fit par sa Croix.

En 1897, María Concepción fonda la congrégation des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus : religieuses contemplatives qui observent l’adoration eucharistique et prient pour la sanctification des prêtres.

En 1901, grosse épreuve pour cette femme si active : Francisco mourut prématurément, et María Concepción dut assumer seule l’éducation et la formation de tous ses enfants ; l’aîné avait dix-sept ans, le plus jeune en avait deux. Certains entreront en religion.

En 1903, María Concepción rencontra un prêtre, Félix Rougier, que Notre-Seigneur lui avait précédemment annoncé : ce sera le point de départ d’une collaboration très importante et salutaire pour le Mexique.

En 1909, elle fondera l’Alliance de l’Amour avec le Sacré-Cœur de Jésus, une autre pieuse union, dont les membres consacreront dans leur journée des heures de prière et de service pour le ministère sacerdotal.

En 1912, ce sera la Fraternité du Christ Prêtre, une association de fidèles et de religieux pour la sanctification du ministère sacerdotal.

Désormais, les enfants avaient grandi et María Concepción pouvait donner libre cours à ses pénitences et ses austérités. En 1913, elle obtint du pape Pie X l’autorisation de se consacrer par les vœux de religion tout en restant dans le monde - c’était exceptionnel à l’époque.

En 1914 naquit sous son impulsion et celle du père Rougier, la congrégation sacerdotale des Missionnaires de l’Esprit-Saint, qui se développera au Mexique, aux Etats-Unis, au Costa Rica, au Chili et en Colombie, en Espagne et en Italie. De cette congrégation naîtra aussi une branche spiritaine, le Cercle de l’Esprit-Saint et de la Croix, sur l’initiative d’un père spiritain, Luis Manuel Guzmán Guerrero.

En 1924, l’action de María Concepción aboutira à la consécration du Mexique à l’Esprit-Saint. On comprend plus facilement comment le peuple et les prêtres furent ainsi préparés à résister aux persécutions du gouvernement laïc mexicain dans les années 20.

María Concepción écrivit qu’elle avait reçu la grâce de la maternité des âmes : en s’offrant, corps et âme, pour le salut des âmes, elle se fera victime pour chacune d’elles, spécialement pour les pécheurs, et pour les prêtres.

Cette grande âme mystique s’éteignit à Mexico, entourée de ses enfants, le 3 mars 1937.

Béatifiée en 2019, elle fut inscrite au Martyrologe le 3 mars.

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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 23:00

 

28 AVRIL

 

I.

 

S Sosipater, disciple de s. Paul, évêque à Iconium (calendrier oriental).

S Marcus, premier évêque à Altino, disciple de s. Pierre ; on lui planta deux clous en tête.

Ss Zénon, Eusèbe, Néon, Vital, martyrisés par le feu à Corfou.

Ss Vitalis et Valeria, époux martyrs, lui à Ravenne, enterré vivant sous les pierres et le sable, elle à Milan ; ils seraient les parents des ss. Gervais et Protais.

?

S Aphrodisius, premier évêque à Biterræ.

Ss Charalampus et Eusèbe, martyrs à Nicomédie.

S Memnon le Thaumaturge, vénéré en Orient. 

IV.

Ss Maximus, Quintilianus, Dadas, martyrs à Dorostore.

Ste Théodore et s. Didyme, martyrs à Alexandrie : Didyme se déguisa en soldat pour l’approcher et échangea avec elle ses habits pour la délivrer ; ils furent tous deux décapités. 

Ss Patrice, évêque à Pruse, Acace, Ménandre et Polyène, martyrs. 

Stes Probe et Germaine, irlandaises venues à Laon pour rester vierges, et martyrisées pour ce motif par des émissaires de leur pays. 

V.

S Africain, évêque à Lyon ou Comminges, adversaire des Goths ariens. 

VI.

S Prudentius, évêque à Tarazona.

VII.

S Arthème, évêque à Sens, qui fut d’abord marié et père.

S Cronan, abbé à Roscrea, dont il est le patron.

VIII.

S Pamphilo, évêque à Corfinio (Valva).

IX.

S Imon (Emon), évêque à Noyon et martyr des Danois juste après la prise de la ville.

XIII.

B Luchesio, marchand siennois très riche et avare, converti et devenu membre du tiers-ordre franciscain ainsi que sa femme ; il eut même des extases ; il est le patron de Poggi-Bonzi.

XVIII.

S Louis-Marie Grignion de Montfort, fondateur de la Compagnie des Missionnaires de Marie (Montfortains), des Sœurs de la Sagesse (avec Marie-Louise Trichet, cf. infra) et de l'Institut des Frères de Saint-Gabriel ; grand apôtre de la "vraie dévotion à Marie" ; persécuté par le clergé en grande partie janséniste, il fut soutenu par le pape ; depuis peu inscrit au calendrier officiel de l’Eglise.

Bse Marie-Louise  (de Jésus) Trichet (morte jour pour jour quarante-trois ans après s. Louis-Marie), béatifiée en 1993.

XIX.

Ss Phaolô Phạm Khắc Khoan, prêtre, Gioan Baotixta Ɖinh Vǎn Thành et Phêrô Nguyễn Vǎn Hiểu, catéchistes, martyrs tonkinois, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

S Pierre Chanel, d’abord curé dans le diocèse de Bellay, puis mariste et missionnaire, premier martyr de l'Océanie.

XX.

B Józef Cebula (1902-1941), prêtre polonais des Missionaires Oblats de la Vierge Immaculée, martyr au camp de Mauthausen, béatifié en 1999.

Bse María Guggiari Echeverría (María Felicia de Jésus Sacrement, 1925-1959), carmélite paraguayenne, béatifiée en 2018.

Ste Gianna Beretta in Molla (1922-1962), docteur en médecine et mère de famille milanaise, morte en accouchant de son quatrième enfant qu’on lui proposait de ne pas garder à cause de son cancer à l’utérus, béatifiée en 1994, canonisée en 2004.

Sosipater

1er siècle

 

A la fin de son épître aux Romains, saint Paul nomme quelques-uns de ses disciples, ses parents, qui se joignent à lui pour saluer les Chrétiens de Rome. Parmi ceux-ci se trouve Sosipater, que Origène et d’autres commentateurs veulent identifier avec Sopater, fils de Pyrrhus de Bérée, dont parle saint Luc dans les Actes des Apôtres (Ac 20:4).

Ce fidèle disciple de Paul, d’après la tradition orientale, aurait été évêque à Iconium, l’actuelle Konya qui se trouve au Centre-Sud de la Turquie.

Avec l’autre disciple Jason, il serait venu sur l’île de Corfou pour évangéliser la population, y édifia une église en l’honneur de saint Étienne Protomartyr. Mis en prison par le roi, ils y convertirent des prisonniers, que le roi fit immédiatement mourir en les précipitant dans de la poix brûlante.

Cependant Cercyra, la fille du roi, se convertit et vendit tous ses bijoux aux pauvres. Son père la fit emprisonner et mettre le feu à la prison, mais sa fille en sortit indemne. Le roi la fit attacher à un arbre et percer de flèches.

Les chrétiens nouvellement convertis s’enfuirent sur une île voisine, où le roi prétendit les retrouver, mais son bateau coula. Le nouveau roi alors embrassa le christianisme et reçut le baptême sous le nom de Sébastien.

Quant à Sosipater et Jason, ils continuèrent à édifier l’Eglise à Corfou, où ils moururent à un âge très avancé.

On peut légitimement s’interroger sur le fait que Sosipater ait quitté son diocèse pour aller évangéliser si loin, à Corfou. Deux réponses possibles se présentent : soit il en reçut l’invitation, par révélation céleste ou par décision des Apôtres ; soit il pourrait s’agir d’un autre évangélisateur portant le même nom.

Il est d'autre part affirmé qu’à Iconium, Sosipater eut pour successeur Tertios (Terentius, voir au 24 juin).

Comme le Martyrologe Romain actuel ne mentionne plus Sosipater, on l'a placé ici au 28 avril, jour où le vénèrent les Orientaux  ; l’ancien Martyrologe le mentionnait au 25 juin.

 

 

Marcus d’Altino

1er siècle

 

Un «manuscrit ancien» raconte que, converti par saint Pierre, Marcus parcourut diverses régions du Latium, fut arrêté à Altino (Chieti, Italie centrale) et sommé par le préfet d’adorer les dieux païens.

Ayant refusé de trahir sa foi, il fut condamné à mort. On lui enfonça deux grands clous dans la tête. Ce pouvait être vers 96, un 28 avril.

Une église fut bientôt construite sur le tombeau du Martyr, qui fut détruite plus tard. Des miracles se produisirent au 11e siècle, permettant de retrouver le corps et le chef de Marcus.

Une hypothèse, tout-à-fait gratuite, pourrait faire de ce Marcus un dédoublement de l’évangéliste Marc, disciple de saint Pierre et rédacteur du deuxième évangile (avant d’être évêque à Alexandrie).

Par ailleurs, le «manuscrit ancien» ayant semblé suspect à la critique scientifique, ce Marcus n’est plus inscrit au Martyrologe.

 

 

Vitalis et Valeria de Milan

Ursicinus, Gervasius et Protasius

† 1er siècle

 

Commençons par la Tradition.

Vitalis vivait à Milan. Personnage consulaire et brillant militaire, il se trouva à Ravenne aux côtés du juge Paulinus, quand un Chrétien nommé Ursicinus fut condamné à mort. Or, ce dernier montrait des signes de faiblesse, et Vitalis l’encouragea à tenir bon jusqu’à la fin, car il allait recevoir la couronne de l’immortalité. Ursicinus se reprit et confessa sa foi avant d’être décapité.

Mais Vitalis s’était en même temps condamné lui-même. Le juge lui réserva un traitement de choix : il le fit étendre sur le chevalet et déchirer de coups de fouet ; ayant consulté un prêtre païen, il fit descendre Vitalis dans une fosse profonde, qu’il fit remplir de pierres et de sable. Vitalis recevait à son tour la couronne de gloire, tandis que le malheureux prêtre païen, perdant la raison, ne cessait de crier sa souffrance et sa propre damnation.

Là-dessus, l’épouse de Vitalis, Valeria, retourna à Milan. On la reconnut et on l’invita à offrir de l’encens aux dieux païens. Sur son refus, elle fut battue et laissée mourante ; ses serviteurs la portèrent à Milan, où elle expira.

Vitalis et Valeria seraient les parents de Gervasius et Protasius, martyrisés eux aussi à Milan, mais dont on ne connaît rien sur la date précise et le martyre qu’ils subirent. Leur fête se célébrait le 19 juin, mais cette date était celle de leur invention (re-découverte) à Milan, après une période de complet oubli.

Ces épisodes se seraient produits à la fin du 1er siècle, sous Néron ; d’autres historiens avancent plutôt Marc-Aurèle, vers 171.

Saints Vitalis et Valérie, Ursicinus, Gervasius et Protasius sont commémorés le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gervais et Protais

† 1er siècle

 

Se reporter à Vitalis et Valeria de Milan (supra)

 

 

Charalampus et Eusebius de Nicomédie

† ?

 

Il s’agit ici de deux Martyrs (parfois accompagnés d’Agapius et Aphrodisius), dont on ne connaît que les noms, d’après des listes anciennes.

Ils auraient été martyrisés à Nicomédie (auj. Izmit, Turquie NW).

Saints Charalampus et Eusebius de Nicomédie sont commémorés le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aphrodisius de Béziers

† 250

 

Aphrodisius est censé avoir été le premier évêque de Béziers, au 3e siècle, et ne semble pas avoir été inquiété par les édits de persécution.

Mais une ancienne légende court encore, et qui n’est pas totalement invraisemblable.

Aphrodisius aurait vécu au 1er siècle, en Egypte. 

Prêtre du dieu Hermès à Héliopolis, il aurait rencontré la Sainte Famille durant la fuite en Egypte (cf. Mt 2:13-23), et aurait abandonné le culte païen.

Après la mort de Jésus-Christ, il serait parti avec son chameau en Gaule, pour annoncer à son tour la Bonne Nouvelle. Ayant trouvé à Biterræ (auj. Béziers) un terrain favorable à l’évangélisation, il y développa une intense activité.

C’est alors qu’il fut dénoncé au gouverneur, qui le condamna à mort.

Décapité, Aphrodisius se releva, ramassa sa tête et se dirigea vers la ville : en marchant sur des escargots, il ne les écrasait pas ; des maçons qui se moquaient de lui, furent pétrifiés sur place.

Cette histoire comporte tout de même quelques exagérations : les escargots et les maçons pétrifiés ne présentent pas le caractère de signes de Dieu.

Martyr ou pas, Aphrodisius reste vénéré comme évêque.

Des fêtes locales s’appuient sur les détails de cette histoire : le camel, empaillé, est toujours promené par les rues, les coques de Béziers rappellent les escargots…

Saint Aphrodisius de Béziers est commémoré le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maximus, Quintilianus et Dadas

† 303

 

Au temps de la persécution de Dioclétien, ces trois hommes furent dénoncés au proconsul de Dorostore (Mésie, auj. Bulgarie).

Maximos, qui était lecteur, fut interrogé le premier. Interrogé sur son nom, il répondit : Je suis chrétien ; les hommes m’appellent Maximos.  Les deux autres eurent la même attitude.

Le gouverneur leur proposa, s’ils acceptaient de renier le Christ, d’être nommés prêtres du culte païen, en remplacement du prêtre récemment décédé. Sur leur refus et devant leur persévérance dans la Foi, il les fit remettre en prison jusqu’au lendemain.

Durant la nuit, les trois Confesseurs furent tentés par le Diable, mais aussi réconfortés par un Ange. Le matin, ils comparurent à nouveau devant le gouverneur, subirent plusieurs tortures et furent finalement décapités.

Ce devait être le 28 avril 303.

Saints Maximus, Quintilianus et Dadas sont commémorés le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Prudentius de Tarazona

6e siècle

 

Au sujet de cet évêque, d’anciennes éditions hésitaient entre le 5e ou le 9e siècles. La liste récente du diocèse de Tarazona a opté pour le 6e siècle, car on aurait retrouvé un document attestant la présence de Prudentius en 572.

Prudentius serait né vers le milieu du 6e siècle à Armentia (Vitoria, Álava, Espagne).

Vers l’âge de quinze ans, il se plaça sous la direction d’un saint ermite, Saturius, dans les environs de l’actuelle Soria, où il resta sept années.

Il serait ensuite allé prêcher la Bonne Nouvelle à Calahorra (La Rioja), d’où il s’enfuit pour éviter la renommée que lui apportaient ses miracles.

Venu à Tarazona, il fut admis dans le clergé, ordonné prêtre et nommé archidiacre.

A la mort de l’évêque, sans doute Dídimo, c’est Prudentius qui fut choisi pour lui succéder, devenant ainsi le  cinquième évêque de ce diocèse.

Le seul événement important qu’on a retenu de son épiscopat, est qu’il chercha à calmer un dissentiment entre l’évêché et le clergé d’Osma. Au terme des discussions qui aboutirent à une solution équitable, Prudentius fut pris de malaise et mourut. Cet épisode rappelle les derniers jours de la vie de s.Martin (v. 11 novembre).

Comme on hésitait sur l’endroit de sa sépulture, Tarazona ou Osma, à cause des nombreux miracles qu’il y avait opérés, on le plaça sur la charrette tirée par son propre cheval, pour voir où il se dirigerait. La bonne bête s’arrêta non loin de Logroño, sur le mont Laturce. Un monastère y fut construit par la suite.

Saint Prudentius de Tarazona est commémoré le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pamphilus de Valva

650-700

 

Pamphilus était né vers 650 à Pacile (Sulmona, Abruzzes, Italie CE), d’un père païen qui l’expulsa quand il passa au christianisme. Il lui aurait même ordonné de monter sur un char pour le laisser dévaler la pente de Pacile au fleuve Gizio, mais les roues se seraient immobilisées au sol et le jeune homme serait arrivé tranquillement à pied au bas de la colline.

En 682, il devint évêque de Corfinio (qui s’appela Valva au Moyen-Age). C’était le quatrième évêque de ce siège.

S’il fut célèbre pour sa charité envers les pauvres et le don des miracles, il dut cependant se présenter au pape pour s’expliquer sur certaines de ses affirmations, pour lesquelles on l’accusait parfois d’arianisme.

Il mourut à Corfinio, vers 700, et son corps fut transféré à Sulmona, où l’église dédiée d’abord à la Très  Sainte Vierge, prit le nom de Panfilo.

Plus tard, le diocèse de Valva fut incorporé à celui de Sulmona, dont le patron céleste est s.Panfilo.

Saint Pamphilus de Valva est commémoré le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

Luchesio Modestini

? - 1260

 

Non loin de Sienne en Italie, s’était établi à Poggi-Bonzi un riche marchand, Luchesio Modestini avec son épouse, Buona    Dona (ou Bonadonna, Bonadona, suivant les graphies des différentes sources). Doués pour le commerce, ils se firent une brillante fortune, s’attachèrent aux biens de la terre et oublièrent bien vite de penser à Dieu.

Mais Luchesio reçut une grâce particulière qui le fit réfléchir ; il se dépouilla de ses biens et ne garda qu’un petit champ pour vivre ; mieux, il inspira de meilleurs sentiments à son épouse, sans vraiment parvenir à la convertir totalement, tant il est vrai que la conversion n’est jamais ni immédiate, ni totale, et qu’il faut la rechercher tous les jours de la vie.

Or à cette époque, François d’Assise songeait à établir une règle pour les tertiaires et venait justement à passer par là, rencontrant Luchesio qu’il avait connu autrefois. Il expliqua aux deux époux son projet. Sur son invitation, les époux Modestini revêtirent un habit simple et modeste, de couleur gris cendre, avec une corde à plusieurs nœuds pour ceinture ; plusieurs personnes s’adjoignirent à eux et ainsi fut fondé le Tiers-ordre de la pénitence.

Dès lors, Luchesio fit de grands progrès dans la voie de la perfection et la pratique de la pénitence. Sa femme, d’abord un peu réticente, peu à peu épaula les bonnes œuvres de son pieux mari. 

Dans la localité, François d’Assise avait eu la possibilité de bâtir un couvent où se dressaient les ruines d’un château démantelé. Luchesio y participa avec ardeur, se mêlant aux ouvriers, portant les pierres, partageant son casse-croûte avec eux, se comportant en simple camarade, ce qui fit beaucoup plus pour le rapprochement social que beaucoup de discours et de politique.

Le couvent installé, Luchesio proposa à son épouse de faire de leur maison le couvent des tertiaires et ce fut une sainte émulation de pauvreté entre les religieux et Luchesio. La maison de Luchesio n’avait pas de clôture comme le couvent, de sorte qu’il faisait entrer les pauvres à sa table, les recevant chez lui. Il allait même mendier pour eux.

Sa maison devint “L’auberge des pauvres”, où Luchesio donnait le meilleur aux malades et aux pauvres, se contentant de dormir dans les corridors ou même dehors sur la terre nue. La joie de Luchesio n’avait pas de limite, convaincu qu’il était de soigner Jésus-Christ lui-même. Son épouse le secondait désormais, trottinant de tous côtés, préparant onguents et tisanes, chantant, riant, heureuse comme jamais.

Un fait extraordinaire se passa un jour qu’il ramenait sur son dos un pauvre mendiant. Un jeune homme s’en moqua : “Quel diable as-tu donc assis sur le dos ?” et Luchesio : “C’est notre Seigneur Jésus Christ !” Sur le champ, le jeune homme devint muet ; honteux, repenti, il se jeta aux pieds de Luchesio pour lui demander pardon et Luchesio, après avoir prié, lui rendit la parole par un signe de croix.

Beaucoup des malades de Luchesio se convertirent et s’unirent aussi à son élan de charité, gagnés par l’exemple qu’il leur donnait de vraie tendresse, de vraie pauvreté, d’exemple de vraie vie chrétienne. Luchesio n’attendait pas d’être sollicité, il allait au-devant des misères, c’était sa joie de se donner totalement aux autres pour les aider. 

Près de Sienne se trouvait une vaste étendue marécageuse où l’on évitait de s’aventurer, habitée par de pauvres habitants presque tous atteints de la malaria. Luchesio prit son âne, le chargea de fébrifuges et de toniques et alla de porte en porte prodiguer ses soins aux malheureux. Mais maintenant, ce n’étaient plus ses soins qui guérissaient, mais sa seule présence, Dieu permettant à notre héros de faire des miracles, ce qui ne le rendait encore que plus humble ; et si on parlait de lui, il répondait tout simplement : “Oh, un homme ne vaut que ce qu’il est devant Dieu”. Il guérissait, ramenait les âmes à Dieu, trouvait aussi de nouvelles recrues pour le tiers-ordre, qui gagna bientôt la plus grande partie de la population.

Mais Luchesio n’était pas un “actif” ; il ne cessait de prier, il passait des heures en contemplation, à l’église, au chevet des malades, et on le voyait parfois immobile, insensible, transfiguré, entouré d’une lumière céleste. Il sortait de ces extases avec une âme renouvelée et radieuse. Sa méditation était la pauvreté et la souffrance de Jésus-Christ.

Désormais plus unis que jamais, les deux époux Luchesio et Buonadonna priaient ensemble, menaient une vie austère, où l’abstinence et le jeûne étaient leur vie ordinaire, loin des plaisirs. Ils couchaient sur le carreau, portaient cilice, se donnaient la discipline. Ensemble ils aimaient Jésus d’un amour chaque jour plus profond, qui les envahissait chaque jour un peu plus. Ayant tout donné, ils avaient trouvé le Royaume des Cieux. “Oh ! oui, Luchesio, disait Bonadonna, tu avais bien raison : il faut peu de chose pour être heureux ; il faut l’amour de Dieu.” Et c’est avec des larmes de bonheur qu’elle remerciait son époux de lui avoir montré les chemins de la joie.

La fin de leur vie est admirable. Ils moururent le même jour, à la même heure : Dieu leur fit cette dernière et touchante grâce de pouvoir, s’étant unis sur la terre dans un mariage céleste plus haut que le premier, s’envoler de concert en la Cité céleste vers laquelle ils avaient de concert voyagé et lutté, et de n’être point séparés une heure ni ici-bas, ni là-haut. Ceci arriva le 28 avril 1260, parmi les parfums du printemps italien, après quarante ans de cette vie héroïque.

Cette mort “eut la grandeur et la sérénité de celle des patriarches”. Comme ils étaient tous deux malades, l’état de Bonadonna s’aggrava tout à coup et Luchesio, oubliant son propre mal, se leva, alla la réconforter et l’engager à recevoir les derniers sacrements, et il trouva l’énergie de l’assister lui-même. Après la pieuse cérémonie, il lui dit, d’une voix où chantaient déjà toutes les allégresses du ciel : “O ma Bona, tu sais dans quelle union de cœurs nous avons servi ensemble notre bon Seigneur, voici qu’ensemble aussi nous allons partir pour être avec Lui là-haut. Oh ! Bona, bientôt ! tout à l’heure ! Mon cœur se fond à cette douce pensée… Attends-moi un peu : je vais à mon tour recevoir le saint Viatique, et puis j’irai au Ciel avec toi.”

Il traça sur elle un grand signe de croix et regagna péniblement sa couche. Son confesseur, le Père Hildebrand, du couvent des Franciscains, lui dit : “Mon cher frère Luchesio, soyez fort et préparez-vous à la venue de votre Sauveur, car elle est proche. Repoussez toute tentation ; vous pouvez m’en croire, aujourd’hui même, vous verrez le salut et la couronne de gloire.” Luchesio souleva un peu sa tête moribonde : “Aimable Père Hildebrand, dit-il en souriant, si j’avais attendu jusqu’à ce jour pour me préparer à mourir, eh bien ! tenez, je ne désespérerais pas encore de la bonté de Dieu, mais à vrai dire, je serais moins tranquille.” Et, levant les mains et les yeux au ciel : “Je vous rends grâce, s’écria-t-il, ô sainte et adorable Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, et à vous mon Père béni, bienheureux François, de m’avoir délivré des pièges de l’enfer, me voici prêt, libre et joyeux, et c’est à vous que je le dois par les mérites de la Passion de Notre–Seigneur Jésus-Christ !” Dans cette fête de son âme, il reçut les derniers sacrements. 

Puis, entendant que sa femme était à l’agonie, il fit un dernier effort, se traîna jusqu’à elle, prit ses mains dans les siennes et la réconforta par les plus douces et les plus sublimes paroles. Il défaillait. On le porta sur son lit. Aussitôt son regard devint fixe. On l’entendit murmurer : “Jésus… Marie… François, mon Père…” Puis il fit le signe de la croix, et son âme donna la main à celle de son épouse pour s’envoler au ciel.

Dieu avait révélé à Luchesio le jour prochain de sa mort. Des miracles eurent lieu sur le tombeau des saints époux. Plus tard, lors de guerres contre les Florentins, les Germains emportèrent le corps de Bonadonna, laissant là seulement un bras. Luchesio est le patron de Poggi-Bonzi : son culte a été approuvé et le Martyrologe le mentionne le 28 avril.

 

 

Louis Grignion de Montfort

1673-1716

 

C’est dans la petite ville de Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine) que naquit Louis, un des neuf enfants de l’avocat Jean-Baptiste Grignion et de son épouse Jeanne Robert, le 30 janvier 1673 et qu’il fut baptisé le 1er février suivant.

Le trait particulier de l’enfant fut son attrait constant pour la prière et sa dévotion pour Notre-Dame, en l‘honneur de laquelle il ajouta le nom de Marie au sien, le jour de sa Confirmation.

Après ses premières études à Montfort, il va au collège jésuite de Rennes. Outre qu’un excellent élève, c’est déjà un apôtre, empressé auprès des pauvres et des malades. Il loge chez son oncle, l’abbé Alain Robert de la Vizeule ; son directeur spirituel est un certain père Descartes, neveu du philosophe René ; c’est surtout le père Gilbert, futur missionnaire, qui exerce sur lui la meilleure influence.

Monsieur Grignion s’installe à Rennes et confie à Louis les études de ses deux jeunes frères, ce qu’il assume en combattant beaucoup son caractère violent et irascible, comme il dit lui-même. A la suite de prières intenses et de pénitences sévères, il obtient de la sainte Vierge un signe qu’il sera prêtre.

Il part à Paris pour se préparer au sacerdoce, en 1693. Le papa n’était pas très satisfait de cette séparation, mais y consentit tout de même. A Paris, les études de Louis furent payées par une pieuse dame charitable. Louis se présentait cette fois-ci en tenue de mendiant, sous son «simple» nom de Montfort.

Avant d’entrer au séminaire, il passa déjà par maintes épreuves : une disette fit qu’on le priva de sa pension ; la fatigue le conduisit à une grave maladie, et à l’hôpital. Mais ses réactions calmes et patientes l’aidèrent à être admis au séminaire de Saint-Sulpice. Il fut soumis à un règlement sévère, qu’il accepta et appliqua sans opposer résistance, avec la plus profonde humilité. Ses supérieurs lui confièrent l’instruction des jeunes gens et des domestiques, lui permirent d’aller en pèlerinage à Notre-Dame de Chartres et à Notre-Dame de Paris.

Il fut ordonné prêtre en 1700.

Le grand combat qu’il dut affronter, fut la lutte contre les confrères jansénistes, dont l’erreur gangrenait le clergé.

Louis-Marie était aussi un original, presque un peu provocateur, par ses pénitences, ses attitudes, aussi les confrères - et les évêques, eurent souvent des réactions négatives pour Louis-Marie : celui-ci eut la sagesse, à chaque fois, de ne jamais réagir mal à ces réprimandes, à ces exclusions, à ces moqueries.

Son premier poste fut à Nantes, où les prêtres se méfiaient de sa «doctrine». Il rencontra l’évêque de Poitiers une première fois, et consacra son temps à visiter les malades de l’hôpital. Après un bref retour à Nantes, il revint à Poitiers où l’évêque le nomma aumônier de l’hôpital.

Après la mort de l’évêque, il dut partir de l’hôpital. C’est toutefois à Poitiers qu’il fit la connaissance de Mademoiselle Trichet, avec laquelle il fondera les Sœurs de la Sagesse.

Il quitta Poitiers, pour aller aider sa jeune sœur, religieuse à Angers, contre l’influence des jansénistes ; il y retrouve son ancien protecteur, qui le jette littéralement dehors ; il retrouva sa sœur à Paris, mais eut le même traitement au séminaire où il se présenta. Il put enfin faire admettre sa sœur à Rambervillers.

De retour à Poitiers, Louis-Marie fut appuyé par le nouvel évêque.

C’est en 1703 qu’il fonda vraiment les Filles de la Sagesse, avec une douzaine de saintes filles, à leur tête Mademoiselle Trichet. Critiqué, Louis-Marie dut quitter Poitiers.

Lors d’un nouveau séjour à Paris (1703-1704), Louis-Marie accumula encore les humiliations. Mais l’archevêque lui confia la réforme des ermites du Mont-Valérien. Et le peuple de Poitiers le réclamait.

De nouveau évincé de l’hôpital de Poitiers, Louis-Marie se vit investi par l’évêque de la prédication à travers le diocèse.

Des paroisses de Poitiers, il gagna tous les diocèses de l’Ouest ; tour à tour expulsé par les évêques eux-mêmes, malgré les nombreuses conversions obtenues, Louis-Marie vint à Rome en 1706 pour consulter le pape : ce dernier l’encouragea vivement, avec le titre de Missionnaire apostolique, à évangéliser toute la France, pour en extirper le jansénisme.

Louis-Marie prêcha jusqu’à soixante-douze missions durant les dix dernières années de sa vie. En compagnie de son fidèle frère Mathurin, un pieux laïc tout dévoué à sa cause, il sillonnera toutes les régions de Bretagne : Angers, Mont-Saint-Michel, Rennes, Dinan… la liste est longue.

En 1707-1708, il s’associa à quelques missionnaires de Bretagne, dirigés par Dom Jean Leuduger, un chanoine de Saint-Brieuc. Puis il ira évangéliser dans le pays de Nantes, avec le frère Mathurin et le frère Jean, et son action sera d’une grande efficacité sur les âmes, au grand étonnement des confrères.

A Nantes, Louis-Marie fonda la Confrérie de Marie, reine des cœurs. A Pontchâteau, il fit construire un Calvaire : mal conseillé, Louis XIV le fit détruire ; reconstruit, il fut saccagé par les révolutionnaires en 1793, et encore reconstruit en 1821.

En 1711, Louis-Marie fut appelé à La Rochelle par l’évêque. Il y prêcha. Il fit construire un Calvaire qui, à son tour, fut détruit par le gouverneur. Il refit un voyage à Nantes pour conforter les fidèles dans leur conversion, comme faisait saint Paul. Puis il s’établit dans un petit ermitage à La Rochelle. C’est là qu’il rédigea le si fameux Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge.

En 1713, il remonta à Paris, dans l’intention de rencontrer de bons éléments pour fonder cette Société de missionnaires qu’il entrevoyait depuis longtemps : ce sera la Compagnie de Marie, communément appelée congrégation des Pères Montfortains. A eux s’adjoindront aussi les Frères de Saint-Gabriel.

Il repart sur Poitiers pour visiter Marie-Louise de Jésus (ex Mademoiselle Trichet) et les Filles de la Sagesse, puis rejoint La Rochelle ; il prêche durant le printemps de 1714.

Mai 1714 : nouveau voyage à Rouen, avec diverses étapes (Rennes, Avranches, Saint-Lô, Caen). De retour à La Rochelle en novembre, il y installa les Filles de la Sagesse.

En 1715, il repartit en Vendée, où il apostolisera jusqu’à la fin de sa vie. Il rédigea la Règle des Filles de la Sagesse.

En 1716, il apprit la mort de son père (21 janvier). Sa dernière mission fut à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée), le 5 avril.

Il y mourut le 28 avril, d’une pleurésie. Il n’avait que quarante-trois ans.

Louis-Marie Grignion de Montfort fut béatifié le 22 janvier 1888, canonisé en 1947.

On parle de le proclamer Docteur de l’Eglise.

 

 

Marie-Louise Trichet

1684-1759

 

Née le 7 mai 1684 à Poitiers, Marie-Louise était la quatrième d’une famille de huit enfants. Le père, Julien, était un juge à Poitiers, réputé pour son excessive honnêteté.

Dès l’enfance, la petite fille assistait à la Messe chaque jour, ce que ne manqua pas de remarquer un certain Louis-Marie Grignion de Montfort (cf. 28 avril), qui la prit sous sa direction spirituelle.

Ne pouvant, faute de dot, entrer chez les Chanoinesses de Saint-Augustin, elle commença par aller soigner les malades à l’hôpital, à partir de 1703, s’occupant en priorité des pauvres, des aveugles et des estropiés.

Elle réunit quelques compagnes, et commencèrent à vivre l’idéal montfortain des Filles de la Sagesse, qui s’établirent ensuite à La Rochelle en 1715. Marie-Louise prit le nom de Marie-Louise de Jésus.

Les Filles de la Sagesse devaient fondamentalement opposer l’idéal chrétien de la vraie Sagesse, aux idées philosophiques orgueilleuses du siècle des lumières.

Après la mort de saint Louis-Marie, Marie-Louise installa la maison-mère près de Poitiers où on la réclamait. Là, aidée par une autre ancienne dirigée de saint Louis-Marie, elle put ouvrir cette maison, justement à Saint-Laurent-sur-Sèvres, où mourut saint Louis-Marie.

Rapidement, plus de trente autres fondations s’ouvrirent dans tout l’Ouest de la France.

Marie-Louise de Jésus mourut le jour anniversaire de la mort de leur Fondateur, et au même endroit (Saint-Laurent), le 28 avril 1759.

Elle fut béatifiée en 1993.

Phaolô Phạm Khắc Khoan

1771-1840

 

Né en 1771 à Duyên Mậu (Ninh Bình, Tonkin), Phaolô (Paul) étudia auprès des pères des Missions Etrangères de Paris (MEP).

Ordonné prêtre, il collabora avec les missionnaires pendant quarante ans.

Malgré son âge avancé, il se déplaçait beaucoup. En revenant d’avoir visité des malades, il s’était arrêté dans une localité dont le maire le dénonça aux autorités. Il fut capturé avec ses deux catéchistes et emmené à Ninh Bình.

D’abord condamné à la décapitation, il fut condamné à la «mort avec sursis» en raison de son âge. Sa captivité se prolongea donc jusqu’en 1840. Un édit royal de novembre 1839 préconisait des efforts renouvelés de la part des autorités pour faire apostasier les Chrétiens. Mais le père Khoan rappela que le roi précédent les avait autorisés à prêcher, à instruire le peuple, à cultiver leurs champs en paix. Les prêtres recommandaient toujours, en outre, de prier pour le roi et les mandarins, pour la paix et la prospérité du royaume.

Début 1840, le mandarin fut remplacé et le procès reprit, pour aboutir à une sentence capitale définitive.

Parvenu au lieu du supplice, le père Khoan entonna un hymne à la gloire de Dieu : 

Adoration, hommages et respects soient rendus au Seigneur du ciel et de la terre, pour l’amour duquel nous allons mourir ! Nous faisons des vœux pour que le roi jouisse de toutes sortes de prospérités, qu’il règne longtemps et qu’il cesse enfin de persécuter une religion divine, la seule qui puisse rendre l’homme heureux.

Il fut décapité le 28 avril 1840, en même temps que les deux catéchistes Gioan Baotixita Đinh Vǎn Thành et Phêrô Nguyễn Vǎn Hiểu, avec lesquels il fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

Une fête commune célèbre ces glorieux Martyrs vietnamiens le 24 novembre.

 

 

Phêrô Nguyễn Vǎn Hiểu

1783-1840

 

Laïc vietnamien, Phêrô (Pierre) était né vers 1783 à Đồng Chuối (Ninh Bình, Tonkin).

Catéchiste, il fut décapité pour sa fidélité le 28 avril 1840, en même temps que le père Phaolô Phạm Khắc Khoan et le catéchiste Gioan Baotixita Đinh Vǎn Thành.

En se rendant au lieu du supplice, il entonna les strophes du Te Deum, qu’il alterna avec le père Phaolô et le catéchiste Gioan Baotixita, y ajoutant à la fin Benedicamus Domino (Bénissons le Seigneur) et Alleluia.

Béatifiés en 1900, canonisés en 1988, ils ont leur dies natalis commun au 28 avril, et leur fête commune le 24 novembre.

 

 

Gioan Baotixita Đinh Vǎn Thành

1796-1840

 

Gioan (Jean-Baptiste) était né en 1796 à Nông Khê (Ninh Bình, Tonkin).

Catéchiste, il mourut décapité le 28 avril 1840, avec le père Phaolô Phạm Khắc Khoan et l’autre catéchiste Phêrô Nguyễn Vǎn Hiểu.

Le mandarin qui l’interrogea déclara : Thành a vraiment un corps de pierre, il ne fait pas plus attention aux coups qu’on lui donne que si l’on frappait du bois.

Tous trois furent béatifiés en 1900, canonisés en 1988, et commémorés le même jour, le 28 avril.

Une fête commune célèbre ces Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

 

 

Pierre Chanel

1803-1841

 

Né le 12 juillet 1803 à Cuet (Montrevel-en-Bresse, Ain), Pierre-Louis était le cinquième des huit enfants de Claude-François Chanel et Marie-Anne Sibellas.

Pierre fut consacré à la Sainte Vierge dès avant sa naissance ; par reconnaissance, il ajouta le nom de Marie au sien.

Très (trop) sensible, il comprit qu’il devait combattre cette tendance.

La famille était pauvre ; Pierre garda le troupeau jusqu’à douze ans. Un bon prêtre le rencontra et l’aida à étudier, puis à entrer à l’école de Cras-sur-Reyssouze, en 1814.

Il fit la Première communion en 1817, à quatorze ans. C’est de cette époque que, à la suite de ses lectures, il ressentit une forte attraction pour les missions lointaines. Il éprouva cependant une forte tentation d’abandonner ses études : après avoir invoqué sa céleste Mère, la tentation disparut, ce qu’il appela toujours sa conversion.

En 1819 il partit au petit séminaire de Meximieux, où il brilla pour ses vers en latin, ses discours en français et en latin, sa faculté d’assimilier la doctrine chrétienne, mais aussi son zèle à propager la dévotion à Notre-Dame.

Il passa au grand séminaire de Brou et fut ordonné prêtre en 1827.

Il eut tour à tour les postes de vicaire à Ambérieu, curé à Crozet, avant d’être nommé au petit séminaire de Belley où il fut professeur de 6e, directeur spirituel, économe et vice-supérieur.

C’est pendant ces années qu’il entra dans la Société de Marie, fondée récemment par le père Colin. Très marial depuis longtemps, il avait pour devise : Aimer Marie et la faire aimer. Or c’est justement à cette Société que le pape confia les missions d’Océanie. 

Pierre présenta spontanément sa candidature et partit du Havre à Noël 1836 pour arriver à Futuna dix mois après. Il était très heureux d’être ainsi déchargé du poids de l’administration du séminaire. Il allait en assumer un autre, bien plus glorieux !

Il célèbra sa première messe à Futuna le 8 décembre 1837, en compagnie de deux autres confrères. Hébergé par le roi local, Niuliki, il apprit la langue du pays et baptisa les enfants mourants.

Au bout de deux ans, Pierre se sentit assez capable de prêcher et commença son travail d’évangélisation. Un de ses premiers combats : la lutte contre l’anthropophagie ! Il s’interposa entre les tribus qui se déchirent en luttes fratricides. On le surnomma l’homme à l’excellent cœur.

Les conversions se multiplièrent, le roi en fut jaloux : il mit dehors les missionnaires et leur refusa les vivres.

Ils durent cultiver leur propre champ de manioc, que des ennemis détruisaient la nuit ; ils durent même manger leur chien. Menacé de mort, Pierre écrivait : La religion est implantée dans l’île, elle ne s’y perdra point par ma mort, car elle n’est pas l’ouvrage des hommes, mais elle vient de Dieu.

Le propre fils du roi se convertit à son tour, ce qui mit le comble à la fureur du roi.

Niuliki envoya toute une troupe armée à la hutte du père Chanel. On l’assomma à coups de bâton et de massue. Il reçut un coup de lance. Comme il respirait encore, le gendre du roi l’acheva d’un coup de hachette sur la nuque.

C’était le 28 avril 1841.

Contrairement aux espérances du roi, tous les habitants de l’île se convertirent peu après, même les assassins du Martyr.

Pierre-Marie Chanel a été béatifié en 1889, et canonisé en 1954.

 

 

Józef Cebula

1902-1941

 

(voir au 9 mai)

 

 

 

María Guggiari Echeverría

1925-1959

 

María Guggiari Echeverría est née le 12 janvier 1925 à Villarica (Paraguay), aînée d’une fratrie de sept enfants ; on connaît les noms de certains d’entre eux : Federico Augusto Ramón, María Teresa Arminda et Mañica González Raveti. Les parents s’appelaient Ramón et María Arminda.

Le papa appelait souvent son aînée Chiquitunga, intraduisible en français : «Toute petite Chérie», car María était toute menue.

Celle-ci fut baptisée en 1929 et reçut la Première Communion en 1937.

Tout cela s’est fait jusqu’à présent de façon «ordinaire», selon la coutume des familles chrétiennes. Mais María éprouvait le besoin de s’investir davantage ; en 1941, elle s’engagea de tout son cœur dans l’Action Catholique : elle avait alors seize ans, et les parents trouvaient son engagement exagéré. María persévérait, elle allait visiter et soulager des pauvres, des malades, des prisonniers, enseigner le catéchisme aux enfants.

María apparaissait à tout son entourage comme une fille joyeuse, sociable, serviable, modeste, simple. En octobre 1942 elle fit un vœu privé d’engagement dans l’apostolat, auquel elle ajouta celui de virginité.

En 1950, toute la famille s’installa dans la capitale, Asunción ; María y cherchait aussi du travail. Elle ne manqua pas de se rapprocher des rangs de l’Action Catholique, dont le responsable local était un jeune étudiant en médecine, Ángel Sauá, qui entretint avec elle une profonde amitié, très pure.

María en vint même à se demander si elle se marierait, tout en préférant la vie chaste : elle priait. Ángel, de son côté, sentit l’appel au sacerdoce et le lui dit en 1951. María décida d’apporter toute l’assistance dont aurait besoin Ángel, en particulier elle le cacha pour le protéger de son propre père, qui était musulman, et l’aida à partir à Madrid en 1952 pour achever ses études.

En novembre 1952, María se décida à entrer dans l’Ordre des Carmélites, mais rencontra momentanément l’opposition de ses parents. Elle intensifia son activité au sein de l’Action Catholique, dont elle devint responsable au niveau diocésain, en 1953. En 1955, elle reçut enfin l’habit au couvent des Carmélites, et prit le nom de María Felicia de Jésus Sacrement.

Elle maintint une correspondance assidue avec Ángel, désormais nouveau prêtre ; on en a conservé quarante-huit lettres. La vie contemplative ne signifie pas inactivité. La Supérieure du couvent décrivait ainsi María : Un grand esprit de sacrifice, charité et générosité, le tout enveloppé dans une grande douceur et une joie communicative, toujours vivante et joyeuse. María fit la première profession en 1956, pour une durée de trois ans.

En janvier 1959, cependant, la sœur de María mourut d’une hépatite virale ; María en ressentit elle aussi les premiers symptômes quelques jours plus tard et dut faire un séjour au sanatorium d’Asunción. S’étant apparemment reprise, elle revint au couvent mais, le Samedi Saint, 28 mars, elle eut une hémorragie et cracha du sang. Son frère, médecin, constata que l’hépatite avait évolué en purpura et qu’il ne pourrait malheureusement pas sauver sa sœur. Un mois plus tard, entourée de ses parents et frères et sœurs, elle demanda à la Mère Prieure, qui était présente aussi, de lui lire le poème de sainte Thérèse d’Avila (v. 15 octobre) : Je meurs de ne pas mourir ! A quatre heures du matin, elle sortit de son sommeil et murmura Jésus, je t’aime ! Quelle belle rencontre ! Vierge Marie ! Ce furent ses dernières paroles.

C’était le 28 avril 1959. Elle avait, pour ainsi dire, anticipé de quatre mois sa profession perpétuelle.

María Felicia Guggiari Echeverría a été béatifiée en 2018 ; elle est la première Bienheureuse du Paraguay ; elle sera commémorée le 28 avril au Martyrologe.

 

 

Gianna Beretta Molla

1922-1962

 

Née le 4 octobre 1922 à Magenta (Milan, Italie), jour de la fête de saint François d’Assise, Gianna (Jeanne) était la dixième des treize enfants de la famille Beretta. Les parents, très chrétiens, sont du Tiers-Ordre franciscain.

De ces treize enfants, Enrico sera missionnaire capucin, Giuseppe prêtre à Bergame, Virginia religieuse à Canossa.

Pendant dix-huit ans, la famille vit à Milan puis, après la mort de plusieurs enfants à cause de la grippe espagnole, à Bergame.

Gianna fait sa première communion en 1928, bénéficiant ainsi des nouvelles dispositions que saint Pie X avait préconisées pour avancer l’âge auquel les petits enfants pourraient recevoir l’Eucharistie.

Mais Gianna ne voulut pas en rester à un événement isolé : désormais elle voulut quotidiennement recevoir le Corps du Christ. Elle reçoit la Confirmation en 1930.

Vive et sensible, Gianna fait de la musique, de la peinture, et de l’escalade.

En 1937, après la mort de sa sœur Amalia, la famille s’installe à Gênes, où Gianna fréquente le lycée. A douze ans, elle doit interrompre ses études à cause de sa santé.

En 1941, la famille fuit les bombardements et se réfugie chez les grands-parents à Bergame : les parents de Gianna meurent l’un après l’autre à quatre mois d’intervalle.

En 1942, elle s’inscrit à la faculté de médecine de Milan, puis de Pavie, et est reçue au doctorat en 1949. 

Elle n’a pas perdu son habitude de participer chaque jour à la Messe, et de prier le chapelet. Elle est aussi active à la paroisse, auprès des jeunes de l’Oratorio des Mères Canossiennes, dans l’Action catholique, dans les Conférences de Saint-Vincent-de-Paul.

Elle ouvre un cabinet médical à Mesero en 1950 et se spécialise en pédiatrie en 1952 : son horizon de charité englobe les pauvres, les mamans, les enfants, les vieillards. Elle est toujours auprès des jeunes, et continue ses activités de loisirs (musique, peinture, alpinisme).

En 1955, elle épouse Pietro Molla, dont elle aura quatre enfants : Pierluigi, Maria Zita, Laura et Gianna Emanuela.

La naissance de cette dernière fut particulièrement dramatique et douloureuse. En effet, la maman dut être opérée d’un fibrome à l’utérus au deuxième mois de la grossesse. Elle demanda au chirurgien de sauver en priorité son enfant. Or, celle-ci naît normalement le 21 avril 1962.

C’est après la naissance que l’état de Gianna empire rapidement : elle meurt le 28 avril 1962.

Des miracles se sont rapidement produits : Gianna Beretta Molla a été béatifiée en 1994, et canonisée en 2004.

A la cérémonie de la canonisation, était présente Gianna Emanuela, alors âgée de quarante-deux ans.

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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 19:24

María de las Nieves Rodríguez Higuera

1892-1936

 

María de las Nieves Rodríguez Higuera naquit le 5 août 1892 à Madrid (Espagne), d’Antonio et Josefa ; sa sœur aînée s’appelait Manuela Balbina (v. Manuela Balbina Rodriguez Higuera, ce même jour).

En 1928, quelques années après son aînée elle entra au monastère Saint-Joseph des Conceptionnistes de Madrid, et prit le nom de Maria Guadalupe de l’Ascension.

Elle était plus grande que les autres, aussi lui confia-t-on le travail de repeindre les plafonds du monastère. C’était un travail assez fatiguant, et elle se reposait en étant aussi à l’accueil, au «tour» - ce moulin de bois qu’on actionnait sans se faire voir pour recevoir ce que les visiteurs apportaient - et à l’infirmerie.

En 1936, elle n’avait que quarante-quatre ans et pouvait vivre encore longtemps dans ce cher monastère, mais les événements se précipitèrent avec la guerre civile d’Espagne.

On trouvera un petit exposé de ces douloureux moments dans la notice d’Isabel Lacaba Andía, ce même jour.

Maria Guadalupe de l’Ascension a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 19:23

Juana Josefa Ochotorena Arniz

1860-1936

 

Juana Josefa Ochotorena Arniz naquit le 27 décembre 1860 à Arraiza (Navarre, Espagne NW) de José et Isidora.

On lui donna au baptême le nom du Saint du jour, s.Jean l’Evangéliste.

Jeune encore, en 1879, elle entra au monastère Saint-Joseph de Madrid, chez les Conceptionnistes, prenant à sa profession le nom de María Juana de Saint-Michel.

Courageusement, elle supporta très longtemps et secrètement une douloureuse maladie, dont la Supérieure était seule au courant, jusqu’à ce qu’en 1931 la maladie ne pouvait plus être dissimulée. María Juana acceptait, résignée, mais toujours souriante.

Elle priait beaucoup, elle méditait, particulièrement les pages de l’Evangile relatant la Passion de Notre-Seigneur.

A ces souffrances s’ajouta la passion, lorsque les désordres de la guerre civile d’Espagne se déchaînèrent en juillet 1936. María Juana avait jusque-là souffert en silence ; elle allait verser son sang avec toutes ses Compagnes, dont elle était la doyenne d’âge : elle avait soixante-seize ans.

On trouvera un petit exposé de ces douloureux moments dans la notice d’Isabel Lacaba Andía, ce même jour.

María Juana de Saint-Michel a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

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