Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 19:23

Juana Josefa Ochotorena Arniz

1860-1936

 

Juana Josefa Ochotorena Arniz naquit le 27 décembre 1860 à Arraiza (Navarre, Espagne NW) de José et Isidora.

On lui donna au baptême le nom du Saint du jour, s.Jean l’Evangéliste.

Jeune encore, en 1879, elle entra au monastère Saint-Joseph de Madrid, chez les Conceptionnistes, prenant à sa profession le nom de María Juana de Saint-Michel.

Courageusement, elle supporta très longtemps et secrètement une douloureuse maladie, dont la Supérieure était seule au courant, jusqu’à ce qu’en 1931 la maladie ne pouvait plus être dissimulée. María Juana acceptait, résignée, mais toujours souriante.

Elle priait beaucoup, elle méditait, particulièrement les pages de l’Evangile relatant la Passion de Notre-Seigneur.

A ces souffrances s’ajouta la passion, lorsque les désordres de la guerre civile d’Espagne se déchaînèrent en juillet 1936. María Juana avait jusque-là souffert en silence ; elle allait verser son sang avec toutes ses Compagnes, dont elle était la doyenne d’âge : elle avait soixante-seize ans.

On trouvera un petit exposé de ces douloureux moments dans la notice d’Isabel Lacaba Andía, ce même jour.

María Juana de Saint-Michel a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

Partager cet article

Repost0
26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 23:00

 

27 AVRIL

 

I.

S Antoine, solitaire près de Lucques. 

II.

S Siméon, fils de Cléophas, deuxième évêque à Jérusalem, crucifié à cent-vingt ans. 

III.

Ss Alpinien et Austriclinien, évangélisateurs du Limousin, avec s. Martial.

IV.

S Pollio, premier des lecteurs de l'Eglise de Cybales, martyr.

S Théodore de Tabenne, disciple à quatorze ans de s. Pacôme et son successeur.

?

Ss Castor, Etienne et Genesius, martyrs à Tarse.

S Euloge l’Hospitalier, à Bethsaïde où il hébergeait les étrangers. 

V.

S Liberale, vigoureux adversaire des ariens à Altino et patron de Trévise.

S Théophile, évêque à Brescia.

S Tertullien, évêque à Bologne, à l’époque de l’invasion de l’Italie par Odoacre.

S Maugan, évêque ou abbé en Pays de Galles.

VIII.

S Lolion le Jeune, martyr grec.

IX.

S Ioannis de Kathara, abbé, persécuté et exilé par les iconoclastes sur l'île d'Afousia. 

XII.

B Alleaume, ermite flamand près du Mans. 

XIII.

Ste Zita, toscane, servante d’une grande famille ; elle est patronne de San Frediano où l'on vénère son corps encore intact ; patronne des gens de maison, elle est représentée dans ses vêtements de travail, portant sac et clé, ou encore avec pains et fleurs. 

XIV.

B Pedro Ermengol (Armengol), espagnol, chef de brigands ; à dix-neuf ans, il entra dans l’Ordre de Notre Dame de la Merci; en Alger il délivra des centaines de prisonniers et convertit des musulmans ; la Sainte Vierge le soutint miraculeusement quand il fut pendu pendant six jours, et il fut relâché.

XV.

B Giacomo de Iadere Varinguer d’Illyrie, frère lai franciscain, dont le corps est resté sans corruption.

XVI.

Bse Catherine (Ozana) Kosić, orthodoxe convertie, ermite tertiaire dominicaine, mystique à Kotor (Montenegro).

XVII.

B Nicolas Roland, prêtre à Reims, fondateur des Sœurs du Saint Enfant-Jésus, pour les jeunes filles pauvres, béatifié en 1994.

XIX.    

B Yun Yu-o Iacobus, laïc coréen martyr, par décapitation, béatifié en 2014.

XX.

Bse María Antonia Bandrés y Elósegui (1898-1919), espagnole, des Filles de Jésus, béatifiée en 1996.

Bx Noël Tenaud (1904-1961), prêtre des Missions Etrangères de Paris, et Joseph-Outhay Phongphumi (1933-1961), catéchiste laïc, martyrs au Laos, béatifiés en 2016.

Siméon de Jérusalem

† 104

 

On a parlé de Siméon dans la notice concernant sainte Marie de Cléophas (24 avril).

Siméon (qui n’est pas l’apôtre Simon), était donc le fils de Marie de Cléophas, de son troisième mariage (avec Jonas) après avoir été veuve deux fois.

L’évangile parle effectivement de Siméon, fils de Marie (Mt 13:55). C’est, au sens sémitique, un «frère» du Seigneur, qu’il a certainement vu et entendu.

Après le martyre de Jacques (le Majeur), qui fut le premier évêque à Jérusalem, la communauté chrétienne tint conseil pour lui donner un successeur. Ce n’était pas simple formalité, mais l’expression de leur désir d’avoir à leur tête une autorité désignée par Dieu.

Leur choix, après qu’ils aient prié et invoqué l’Esprit, se porta à l’unanimité sur Siméon, surnommé le Juste. L’historien Eusèbe rapporte ce fait. L’autre historien, Hégésippe, écrivit que cette élection eut lieu après la destruction de Jérusalem.

Lors de cette catastrophe, Vespasien et Domitien donnèrent l’ordre de poursuivre et exterminer tous les descendants de David. Mais Siméon échappa aux recherches.

Sous Trajan, une nouvelle persécution se déchaîna contre les Chrétiens. A Jérusalem, des hérétiques (il y en avait déjà : les ébionites, par exemple) s’allièrent aux païens contre les Chrétiens et leur chef. 

Siméon fut accusé comme chrétien, mais aussi comme membre de la race de David, parent de ce Christ exécré par les Juifs. La double accusation fut accueillie par le légat consulaire de la Palestine, Tiberius Claudius Atticus. Le saint vieillard - il avait cent-vingt ans - rendit témoignage de sa foi et fut torturé pendant plusieurs jours ; son courage frappa d’étonnement Atticus et les spectateurs, surpris de voir une telle patience chez ce vénérable vieillard. Enfin il fut mis en croix comme notre divin Sauveur, et expira dans ce supplice.

Ce pouvait être en 107.

Conformément à la tradition des Grecs, saint Siméon de Jérusalem est commémoré au Martyrologe le 27 avril.

 

 

Pollio de Cybales

† 304

 

L’ancienne ville de Cybales (Pannonie) se trouverait non loin de l’actuelle Sremska Mitrovica (Serbie).

Des lecteurs de l’Eglise de Cybales, Pollio était le premier. Sa charge était donc de proclamer la parole de Dieu dans l’Ecriture.

Les édits de persécution de l’empereur Dioclétien ayant été promulgués, le préfet de Sirmium chercha à les appliquer sans attendre.

Un prêtre, Montanus, fut mis à mort (v. 26 mars), puis l’évêque Irenæus (v. 6 avril). Il s’attaqua ensuite aux villes voisines, dont Cybales, où avait déjà été martyrisé autrefois l’évêque Eusebios (non recensé dans le Martyrologe).

Pollio fut alors arrêté et longuement interrogé. Il affirma haut et fort sa qualité de chrétien, de premier des lecteurs, et sa ferme conviction d’être sauvé par le Christ et d’avoir part à la résurrection.

Pollio fut condamné à mort, et brûlé vif en dehors de la ville, le 27 avril 304.

Saint Pollio de Cybales est commémoré le 27 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Théodore de Tabenne

314-368

 

Théodore naquit vers 314 en Haute-Egypte.

A onze ou douze ans, il résolut de se consacrer entièrement à Dieu : tout son temps passait en prière, en jeûne, en étude aussi auprès d’un maître de grammaire.

A quatorze ans, il se retira dans un monastère proche de Latopolis, puis rejoignit l’illustrissime Pacôme (v. 9 mai) à Tabenne.

Son attachement à Dieu et sa soumission à Pacôme étaient tels, qu’il n’accepta pas même de voir sa mère venue le voir, de peur d’être tenté de rentrer dans le monde.

Pacôme eut une telle confiance en la fidélité, en la discrétion, en la sainteté de son disciple, qu’il le prit comme compagnon pour aller visiter les sept monastères qui dépendaient de sa juridiction : il devait bien y avoir des centaines de moines qui vivaient sous la Règle de Pacôme.

Cinq ans plus tard, vers 344, Pacôme annonça à Théodore de se préparer à recevoir le sacerdoce. Puis il lui confia le monastère de Tabenne. Tous les soirs, Théodore se rendait auprès de Pacôme, à Pabau, pour en recevoir les instructions à transmettre aux moines de Tabenne.

Deux ans avant la mort de Pacôme, les moines, unanimement, arrachèrent à Théodore la promesse qu’il succéderait à Pacôme. Ce dernier n’apprécia pas : il lui retira la direction de Tabenne et lui donna l’ordre de se mettre au dernier rang, après les novices. Théodore accepta en silence cette humiliation pendant deux années. Il y gagna beaucoup en sainteté.

A la mort de Pacôme (346), son successeur fut Pétrone, puis Orsice. Celui-ci fit savoir à Théodore que c’était la volonté de Pacôme qu’il reprît alors la direction du monastère. Théodore gouverna les moines, en conservant près de lui Orsice comme conseiller ; il dirigea les moines avec sagesse, prudence, rencontrant chacun en particulier, reprenant les fautes avec douceur et, le cas échéant, préférait intensifier la prière et le jeûne pour obtenir l’amendement de quelque récalcitrant.

Théodore reçut le don des miracles et de prophétie.

Un dimanche de 368, il quitta l’office pour aller assister un moine mourant, qui fut enterré le jour de Pâques. Théodore annonça alors aux moines la mort prochaine d’un autre moine, à laquelle on s’attendait peu. Après l’octave de Pâques, il réunit tous les moines, leur tint un discours touchant et plein d’amour fraternel. Il tomba malade et rendit son âme à Dieu le 27 avril 368.

Il fut inhumé dans le même tombeau que Pacôme. Saint Athanase (v. 2 mai) assura les moines qu’Alexandre était déjà entré dans la gloire céleste.

Saint Théodore de Tabenne est commémoré le 27 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Liberale d’Altino

400-437

 

Le premier évêque d’Altino (Venise, Italie NE) fut Eliodorus, mort vers 409. Il fut de ceux qui, en 381, se prononça contre les Ariens durant le synode d’Aquilée. Il ne semble pas qu’il ait participé au concile de Constantinople de la même année.

Il eut pour disciple Liberale, un jeune homme issu d’une noble famille d’Altino. Certains spécialistes disent aujourd’hui que Liberale serait romain, ou même nord-africain…

Liberale imita Eliodorus dans son ascèse, accordant une large place à la méditation, à la prière, mais aussi aux œuvres de miséricorde, auprès des malades et des pauvres.

Il soutint fidèlement Eliodorus dans la lutte contre l’hérésie. Mais il eut aussi à souffrir des vexations que lui imposèrent les ariens.

Quand Elidorus renonça à l’épiscopat et se retira dans la lagune de Venise, Liberale chercha à le rejoindre : parvenu à l’île de Caltrazio, où se trouvait Eliodorus, il ne put le retrouver et mourut alors sur cette petite île, le 27 avril 437.

Inhumé à Altino, son corps fut ensuite transféré à Trévise, dont les habitants le choisirent comme Patron céleste.

Saint Liberale d’Altino est commémoré le 27 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maugan de Mona

6e siècle

 

Le nom de ce grand Saint du Pays de Galles serait à l’origine Malcan ou Malcant, et comporte un nombre de variantes rarement égalé : Maugan, Mawgan, Mauchan, Mawan, Maugand, Malgand, Magaldus, Meugan, Meugant, Meygan, Moygan, Morgan, Migan, et d’autres encore… Parmi ceux-ci, le Martyrologe opte pour Mauganus ou Magaldus.

L’incertitude divise les spécialistes : Maugan aurait été évêque et aurait soutenu un grand mouvement monastique et missionnaire dans tout le Pays de Galles, les Cornouailles et la Bretagne. Ou bien il aurait été simplement un barde gallois, disciple de s.Iltut et s.Dubricius (v. 6 et 14 novembre).

Il serait mort dans l’île de Bardsey, tandis que le Martyrologe le fait mourir plus au sud, dans l’île de Mona (act. Angelsey), ce qui a déterminé le choix du titre de cette notice.

En Ille-et-Vilaine se trouve la ville de Saint-Maugan.

Saint Maugan de Mona est commémoré le 27 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannis de Kathara

767-835

 

Ioannis était né vers 767 à Irénopolis, une des villes de la Décapole d’Isaurie (act. Turquie SE), de Theodoros et Gregoria.

Ces pieux parents confièrent leur fils, âgé de neuf ans, à un monastère. L’âge minimum habituel était de dix ans, avec quelques rares exceptions, dont notre Ioannis.

Après les premières études, Ioannis fit la première profession comme moine.

Son maître l’emmena au second concile de Nicée (787) ; ce «maître» était peut-être l’un des nombreux higoumènes qui signèrent les actes du concile, mais on n’en connaît pas les monastères. On ne sait donc pas dans quel monastère vivait Ioannis.

Mais après le concile le même «maître» devint higoumène du monastère de Dalmate, près de Constantinople, où le suivit également Ioannis.

C’est là qu’il reçut le sacerdoce.

Vers 805, Ioannis devint higoumène (supérieur) du monastère de Kathara, souvent dit des Cathares. On a situé ce monastère en Bithynie (act. Turquie NE). C’est dans ces années-là que Ioannis devint très ami avec s.Théodore Studite (v. 11 novembre).

Vers 815, Ioannis fut convoqué devant l’empereur pour y être examiné sur sa foi. Sa franchise lui valut d’être fouetté en plein visage. Après cette pénible flagellation, il fut gardé en prison en différents lieux et pendant dix-huit mois, les fers aux pieds. 

Ramené devant l’empereur, et acclamé sur son passage, il confirma cependant devant l’empereur ainsi que devant le patriarche hérétique la doctrine sur le culte des Images, ce qui lui valut une nouvelle incarcération au fort de Kriotauron : il resta là pendant deux années, dans un réduit obscur et très étroit, avec toutes sortes d’épreuves.

En 820, l’empereur Michel II lui ayant rendu la liberté. Ioannis put alors rejoindre à Chalcédoine d’autres évêques et higoumènes victimes de la persécution, puis il réintégra son monastère.

Mais sous l’empereur Théophile, Ioannis fut à nouveau exilé, cette fois-ci sur l’île d’Afusia (act. Mer de Marmara), où on l’expédia avec d’autres confesseurs.

Cet exil dura deux ans et demi, pendant lesquels on ne lui épargna aucune souffrance et au terme desquels il s’éteignit, en 835.

Saint Ioannis de Kathara est commémoré le 27 avril dans le Martyrologe Romain.

Zita de Lucques

1218-1272

 

Zita naquit vers 1218 à Bozzanello (Lucques, Toscane, Italie), de parents fort pauvres, mais fort chrétiens aussi.

Toute l’enfance de Zita se passa selon cette simple référence : Ceci plaît à Dieu, cela déplaît à Dieu. 

Jeune adolescente, elle alla dans le pays avec son panier garni de fruits, qu’elle vendait en parcourant les ruelles. Touchés par cette innocence, les gens s’empressaient et le panier revenait toujours vide à la maison. 

Une bonne famille de Lucques, les Fatinelli, prit Zita parmi ses domestiques. Si cette position soulageait les parents de Zita, ils n’en étaient pas moins assez tristes de s’en séparer, mais surtout très inquiets pour leur fille, qui était si ignorante du monde.

Zita assuma sa nouvelle position avec toute l’humilité et la disponibilité nécessaires et gagna d’abord la confiance de ses maîtres.

Aux aumônes qu’ils lui faisaient distribuer aux pauvres, elle ajouta le fruit de ses privations, se contentant pour elle d’un simple morceau de pain ; dormant par terre pour donner son lit à une pauvre femme…

Les autres domestiques la dénoncèrent ou même la calomnièrent, en rapportant aux patrons ses «trop grandes» libéralités ; elle fut grondée, battue même, mais elle reçut tous ces reproches comme des bénédictions et autant d’occasions de s’humilier davantage et de se sanctifier, allant même remercier sincèrement ceux ou celles qui l’avaient dénoncée. Sa douce bonté triompha et elle retrouva la confiance de ses patrons.

Tous les matins à l’église pour prier, un jour elle ne vit pas l’heure passer. Rentrée d’urgence à la maison pour cuire le pain, elle trouva la pâte déjà toute prête et demanda en vain qui l’avait préparée, mais c’étaient de toute vraisemblance les anges qui s’étaient chargés de la besogne. Le service ne fut pas retardé d’une minute !

Parvenue vers la soixantième année de cette vie de service, Zita sentit en avril une petite fièvre qui tourna en de fortes douleurs ; elle mourut le 27 avril 1272 ; une grande lumière apparut à cet instant au-dessus de son lit.

On dressa le procès-verbal de cent-cinquante miracles opérés sur son tombeau. Son culte se répandit rapidement dans toute l’Europe. Le corps de Zita fut retrouvé incorrompu encore au 17e siècle.

Zita fut canonisée en 1696, et devint la sainte patronne des habitants de Lucques, mais aussi des domestiques.

 

 

Pedro Ermengol

1238-1304

 

Pedro Ermengol ou Armengol était né à Tarragona en 1238, de la famille des comtes d’Urgel, et reçut une excellente éducation, mais n’en profita guère, car au moment de choisir un état de vie, il quitta les siens, tomba dans toutes sortes de désordres et d'excès. Il se fit chef d’une bande de brigands qui parcouraient les montagnes, détroussaient les voyageurs et parfois leur donnaient la mort. 

Au plus fort de ses égarements, il se prit un jour à réfléchir, se rendit compte de sa chute lamentable : touché de repentir, il alla se jeter aux pieds d’un religieux de Notre-Dame de la Merci, lui confessa ses crimes et lui exposa ses terreurs. Le religieux auquel il s’était adressé était le vénérable Guillaume de Bas, successeur de saint Pierre Nolasque (voir au 31 janvier) et Français d’origine. Il reconnut la sincérité d’un tel repentir et consentit à admettre ce jeune homme dans son noviciat de Barcelone. 

Pedro n’avait que dix-neuf ans : après une année de pénitence, il reçut l’habit de l’ordre. Alors il était devenu un homme nouveau que les austérités n’effrayaient point ; il se couvrait de cilices, châtiait son corps, s’imposait des jeûnes rigoureux.

Bientôt ses supérieurs consentirent à l’adjoindre aux religieux qui allaient traiter de la rédemption des captifs. Pedro fit ses premiers essais dans les royaumes de Grenade et de Murcie. Sa charité, sa prudence et son zèle déterminèrent le général de l’ordre à l’envoyer à Alger. Dans l’espace de deux mois, notre ardent religieux racheta trois-cent quarante-six esclaves qu’il fit partir aussitôt pour l’Espagne. A Bougie, il délivra quelques-uns de ses frères retenus comme otages et brisa les fers de cent dix-neuf chrétiens. 

Il se préparait à revenir en Europe quand il apprit que dix-huit enfants chrétiens étaient exposés chez leurs maîtres à perdre la foi et à tomber dans la dépravation. Il alla aussitôt les trouver, les exhorta à demeurer fermes ; puis rassuré sur leurs bonnes dispositions, il traita de leur rançon pour trente mille ducats. Mais l’argent lui manquait, il proposa alors de demeurer lui-même comme otage pendant que le religieux son compagnon irait conduire ces enfants et rapporterait la somme convenue. La proposition fut agréée, les enfants rendus à la liberté purent être embarqués pour l’Espagne avec les autres esclaves rachetés.

Durant sa captivité volontaire à Bougie, Pedro trouva de fréquentes occasions d’exercer sa charité : non seulement il exhorta les esclaves chrétiens à demeurer fidèles à Dieu, mais il instruisit, convertit et baptisa plusieurs Maures. Les sectateurs de Mahomet s’émurent de cet apostolat ; ils firent jeter Pedro dans une noire prison où il serait réduit à mourir de faim. 

Les Turcs qui lui avaient vendu les dix-huit enfants chrétiens, voyant que l’argent tardait à venir, s’impatientèrent ; ils l’accusèrent d’être un espion envoyé par les rois chrétiens pour connaître l’état du pays, et ils le condamnèrent à être pendu. Sans retard, ils exécutèrent cette injuste sentence sur la demande des patrons dont Pierre était le débiteur ; il devrait rester suspendu pour que son cadavre fût la pâture des oiseaux de proie. 

Six jours s’écoulèrent après la pendaison. Guillaume Florentin, compagnon de Pedro, arriva d’Espagne à Bougie durant ce temps et on lui apprit la triste nouvelle. Il arriva au lieu du supplice en versant des larmes, mais sa surprise fut au comble quand il entendit Pedro suspendu lui adresser ces paroles : Frère, ne pleure pas, je vis soutenu par la très sainte Vierge qui m’a assisté durant les jours passés. Joyeux d’entendre un pareil langage, Guillaume s’empressa de détacher le corps. Les habitants de la ville et plusieurs matelots espagnols étaient là à contempler le spectacle. 

Quand il apprit ce miracle, le divan défendit de remettre l’argent aux barbares patrons ; il voulut qu’on l’employât à racheter vingt-six autres esclaves, fit remettre ceux-ci à Pedro et à son compagnon. Tous ensemble, religieux et captifs rachetés partirent aussitôt pour l’Espagne.

A partir de ce moment, Pedro conserva les traces visibles de son supplice : il avait le cou marqué sur le côté et le visage d’une extrême pâleur ; Dieu le permettait ainsi pour attester la réalité du miracle. 

Plein de reconnaissance envers la très sainte Vierge, Pedro se retira dans un couvent solitaire dédié à Notre-Dame des Prés ; il y passa dix ans dans les exercices continuels de la prière et de la pénitence, il n’avait pour nourriture que du pain et de l’eau. La réputation de sa sainteté et le bruit du miracle accompli en sa personne attirèrent dans cette solitude de nombreux visiteurs ; il les recevait avec bonté, soulageait et guérissait ceux qui étaient malades. Rappelant son supplice, il avait coutume de dire à ses frères : Croyez-moi, les seuls jours heureux que je pense avoir eus sont ceux que j’ai passés suspendu au gibet, car alors je me croyais bien mort au monde.

Il prédit son trépas plusieurs jours à l’avance ; une grave maladie survint ; il rendit son âme à son Créateur en prononçant cette parole du psalmiste : Toi, mon abri, ma part dans la terre des vivants (Ps 141:6).

C’était le 27 avril 1304, jour où il est commémoré au Martyrologe Romain.

En raison de son supplice, Pedro a été considéré comme martyr par certains, mais ce titre n’a pas été repris dans le Martyrologe Romain. Le culte a été approuvé en 1686.

 

 

Giacomo Varingez (Illirico)

1400-1490

 

Giacomo (Jacques) naquit à Zara (Côte Dalmate) vers 1400, fils de Leonardo Varingez et Beatrice. Son origine explique qu’on le nomme aussi Jacques d’Illyrie.

Fuyant l’avancée menaçante des Turcs, il vint à Bari et voulut entrer dans l’Ordre des Frères Mineurs franciscains.

Un couvent s’était ouvert en 1433 à Bitetto, près de Bari. Il y fit le noviciat comme frère lai. Il s’y distingua par la pureté de ses mœurs et sa modestie. A mesure qu’il progressait dans le travail de sa perfection, il devenait de plus en plus humble ; il fuyait avec soin toutes les occasions qui pouvaient le distinguer du commun des fidèles. 

Il priait continuellement, parfois il était ravi en extase.

Il fut quelque temps envoyé dans les couvents de Cassano Murge, Conversano et Bari, mais c’est à Bitteto qu’il passa la majeure partie de sa vie consacrée. On lui confia les charges de cuisinier, de quêteur, de jardinier, de portier, de sacristain. A ces occupations, il ajouta son souci des pauvres et des malades ; durant une épidémie de peste en 1482, malgré son grand âge, il se porta héroïquement au secours des malades et des moribonds.

Dieu lui donna d’accomplir des prodiges qui lui attirèrent la vénération de ses contemporains. Il avait une fois menacé une petite fille de lui donner du bâton si elle continuait à désobéir. Il fut attristé de la voir recommencer, mais ne voulut pas la battre : il alla planter son bâton dans le jardin du couvent et depuis, le bâton continue chaque année de grandir.

Giacomo mourut vers 1490 (ou même 1496 ?), le 27 avril.

Un siècle plus tard, on retrouva son corps sans corruption ; encore aujourd’hui on peut le voir, exposé à la vénération au couvent de Bitteto. 

La béatification eut lieu en 1700. La cause de canonisation a été reprise récemment.

 

 

Jovana Catherine Kosić

1493-1565

 

Jovana naquit le 25 novembre 1493 à Relezi (Zeta, Montenegro), de Pero Kosić, un prêtre orthodoxe comme son grand-père et son arrière-grand-père. Son oncle, moine, devint évêque à Zeta.

Petite, elle fut bergère et s’habitua vite à passer ses heures de solitude dans la prière.

On rapporte qu’elle vit un jour un très joli Bébé dans l’herbe et que, voulant le prendre dans ses bras, celui-ci disparut tout-à-coup. Elle devait avoir souvent d’autres apparitions de ce genre.

A quatorze ans, Jovana voulut rejoindre la côte vénétienne et s’établir à Kotor (actuel Montenegro), où elle espérait pouvoir prier davantage. Sa mère ne comprenait rien à ce langage et lui trouva une place de domestique dans la famille Bucca, qui était catholique.

Cette famille permit à la jeune fille de fréquenter l’église catholique autant qu’elle le désirait. Jovana put bientôt entrer officiellement dans l’Eglise catholique, prenant désormait le nom de Catherine (on se souvient qu’elle était née en effet le jour de la fête de sainte Catherine).

Elle apprit alors à lire et à écrire dans ses moments libres et put ainsi lire aussi bien en latin qu’en italien des livres de piété, et surtout la Sainte Ecriture.

Bientôt, Catherine se sentit appelée à davantage de solitude et voulut embrasser l’état d’ermite. Son confesseur la trouvait encore bien jeune, et l’établit dans une petite cellule proche de l’église Saint-Bonaventure à Kotor. Par une fenêtre, elle pouvait suivre la Messe, et par l’autre, elle pouvait répondre aux gens qui venaient lui confier des intentions de prières ou lui donner de la nourriture. Katarina fit le vœu de stabilité et la porte fut scellée. C’est à cette période de sa vie que remonte son nom de Catherine Kotorska.

Un tremblement de terre détruisit la cellule et Catherine se déplaça dans une autre cellule voisine de l’église Saint-Paul. A cette occasion elle devint Tertiaire dominicaine, et prit le nom religieux de Ozana, en souvenir de Osanna de Mantoue, une autre dominicaine mystique (voir au 19 avril). Elle allait désormais suivre la règle dominicaine pendant plus d’un demi-siècle.

Un groupe de sœurs dominicaines s’établit non loin d’elle et la prit comme «supérieure» ; il y en eut tant, que l’on y construisit un véritable couvent. On en considéra Ozana comme la fondatrice, quoiqu’elle ne le fut jamais.

Ozana eut des visions de Jésus enfant, de la Vierge Marie, des Saints. Un jour, même le Diable prit les traits de Marie et lui suggéra d’alléger ses mortifications : Ozana comprit d’où venait la tentation et fit disparaître l’Ennemi.

On attribua à ses prières et à ses conseils la libération de Kotor lors de l’invasion des Turcs en 1539, ainsi que lors d’une épidémie de peste. Les gens accouraient de toutes parts pour obtenir par sa prière des grâces, pour rétablir la paix. On l’appela la trompette du Saint Esprit ou aussi la Maîtresse de Mystique, ou encore la vierge réconciliatrice, l’Ange de la paix.

Ozana mourut le 27 avril 1565 et fut béatifiée en 1934.

 

 

Nicolas Roland

1642-1678

 

Ce prêtre qui chercha en tout la sainteté, naquit à Reims le 8 décembre 1642, et fut baptisé le 23 juillet 1643. Son père était Jean-Baptiste Roland (1611-1673), ancien commerçant en draps et alors commissaire aux guerres ;  sa mère était Nicole Beuvelet (1617-1684).

Le garçonnet se montre très doué : il apprend à lire en quatre mois, à l’âge de cinq ans ! Il entre à huit ans au collège des Jésuites.

Il est “bien entouré” : son oncle, Philippe Roland, devient chanoine de la cathédrale ; son oncle et parrain, Mathieu Beuvelet, est ordonné prêtre en 1650 et tente de fonder une communauté de prêtres à Reims. Un autre oncle, Jean Roland, sera chantre et trésorier de l’Eglise de Reims, et vicaire général de l’Archevêque.

Nicolas, à onze ans, demande et reçoit la tonsure ! Sa vie intérieure se développe. Assistant à la messe de son oncle Mathieu Beuvelet, en 1655, il est favorisé d’une “extase” mystérieuse. Nicolas sent l’appel irrésistible à la sainteté.

Il connaît des tentations : il ne résiste pas à participer à un bal en 1660, mais en conçoit un vif remords, et ne cédera jamais plus à cette tentation mondaine. Quand passera le cortège royal conduisant l’Infante Marie-Thérèse et que toute la famille sera là à regarder, le jeune adolescent restera à prier devant le Saint-Sacrement.

En 1663, il achève ses études de théologie à Paris et est reçu docteur. En 1665, il est admis au Chapitre Métropolitain, alors qu’il n’est que diacre. Doué pour l’éloquence sacrée, il est nommé Chanoine théologal. Comme chanoine, il participera aux processions solennelles de la châsse de Saint Remi, lors de l’épidémie de peste qui sévira à Reims en 1668.

En 1670, le chanoine Roland prêche le carême à Rouen. Il s’efforce de supprimer de son style toute figure de style, toute grandiloquence artificielle. Il désire fonder une petite Communauté du Saint Enfant-Jésus, pour l’instruction des petites filles et la formation de bonnes maîtresses. C’était l’époque de la Fronde, et Nicolas veut venir en aide à l’enfance abandonnée. Il va ouvrir plusieurs écoles gratuites.

Fin 1670 il est ordonné prêtre et célèbre sa première messe le 11 janvier 1672.

Un de ses fils spirituels est Jean-Baptiste de La Salle, futur fondateur des Frères des Écoles Chrétiennes, pour l’instruction des petits garçons.

Touché par l’épidémie de fièvre pourpreuse qui sévit à Reims, il s’éteint le 27 avril 1678.

Le mois suivant arrive l’autorisation royale de la fondation de la Communauté. Les premières Constitutions seront approuvées en 1683. L’année suivante, huit religieuses émettent les vœux.

Le chanoine Nicolas Roland sera béatifié en 1994.

Yun Yu-o Iacobus

? -1801

 

Yun Yu-o Iacobus est un laïc coréen né à Yanggeun (Gyeonggi-do, Corée S).

Il fut décapité à Yeoju (Gyeonggi-do) le 27 avril 1801 et béatifié en 2014.

 

 

María Antonia Bandrés y Elósegui

1898-1919

 

Née le 6 mars 1898 à Tolosa (Guipuzcoa, Espagne), elle était la deuxième des quinze enfants de Ramon Bandrés, procureur, et Teresa Elósegui.

Elle fréquenta petite les Filles de Jésus, à Tolosa, fondées par la Mère Cándida María de Jésus (voir au 9 août), et fut toujours un excellent modèle pour ses petits frères et sœurs.

De famille aisée, elle se tourna cependant vers les pauvres et les nécessiteux des faubourgs de Tolosa, développant avec d’autres femmes un grand apostolat d’évangélisation et d’assistance sociale, ce qui était rare pour l’époque.

Suivant sa vocation personnelle, et comme le lui avait prophétisé la Fondatrice elle-même, elle entra chez les Filles de Jésus en 1912, à Salamanque, et fit sa consécration en 1918.

Elle n’avait jamais été de très forte constitution, et sa santé baissa progressivement jusqu’à un état très grave. Son médecin put témoigner qu’il fut profondément ému de voir comment cette Religieuse restait très heureuse même dans ses moments difficiles et à l’approche de la mort. Comme nous sommes dans l’erreur, à propos de la vie ! disait-il, Voilà ce que veut dire «mourir»…

La mort de cette Religieuse de vingt-et-un ans impressionna énormément ce médecin agnostique et ses amis, car elle leur disait avec une entière conviction qu’elle savait où elle allait. Ils en donnèrent des témoignages oraux et écrits.

María Antonia offrit sa vie pour la conversion et le salut éternel de son oncle et de son grand-père. Elle aimait beaucoup les siens et ses amis, et conservait toujours son sourire au milieu de ses souffrances. La grâce divine la fit pénétrer très intimement dans le mystère de l’amour paternel de Dieu.

Elle mourut à Salamanque le 27 avril 1919, le jour où l’on fêtait Notre-Dame de Montserrat, en chantant l’air de «Marie, Mère de miséricorde».

Elle a été béatifiée en même temps que la Fondatrice, en 1996.

 

 

Noël Tenaud

1904-1961

 

Noël Alexandre Elie Tenaud naquit le 11 novembre 1904 à Rocheservière (Vendée).

Il fréquenta le Petit séminaire de Chavagnes-en-Paillers, de 1924 à 1928 le Grand séminaire de Luçon, puis entra aux Missions Etrangères de Paris ; il fut ordonné prêtre en 1931.

Envoyé au Siam (partie du Laos, act. Thaïlande), il étudia la langue locale puis, de 1932 à 1934 il fut en poste à Tharae, avant d’être curé à Kham Koem, pendant six ans. C’est là qu’il connut Joseph-Outhay, qu’il s’adjoignit comme catéchiste et qui le suivra fidèlement jusqu’à la mort. Pendant ces années, le père Tenaud fit construire un grand mur de briques autour des terrains de l’église, dont les paroissiens seront très fiers pendant longtemps encore.

En 1940, tandis que le Laos est coupé de l’Indochine à cause de la guerre, Noël est nommé curé à Nam Tok ; en 1943, il fut professeur à Hué ; en 1944 il fut curé à Pong Kiou.

Connu pour son caractère baroudeur (et son abondante barbe noire), Noël fit sauter des ponts pour empêcher l’invasion japonaise en 1945 ; pour cette attitude, il sera décoré en 1946 de la Légion d’Honneur, de la Croix de Guerre avec palmes, et aussi de l’Ordre du Million d’Eléphants par les autorités laotienne. Puis il prendra ouvertement position contre les troupes communistes.

Devant l’évolution politico-militaire de la situation, il prit un long congé en France de 1946 à 1948.

De 1948 à 1951, il fut vicaire délégué pour le Laos, puis pro-préfet pour la préfecture apostolique de Thakheh, jusqu’en 1958.

En 1953, l’année de l’indépendance du Laos, un attentat faillit coûter la vie au Père Tenaud. Puis après l’enlèvement de plusieurs missionnaires (dont le p. Malo, v. 19 décembre), il fut procureur de toute la mission.

En 1958-1959, nouveau séjour en France. De retour au Laos, notre missionnaire rejoignit la difficile région de Savannakhet, basé à Tchépone, à deux pas de la frontière vietnamienne.

En avril 1961, le Père et son fidèle catéchiste, Joseph Outhay, partent en tournée, malgré les menaces Vit Minh. Au retour, ils sont pris dans un guet-apens, arrêtés, interrogés et fusillés, le 27 avril 1961 à Muang Phalane (Savannakhet). On ne les retrouva jamais.

Noël Tenaud a été béatifié, avec son catéchiste, le 11 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 27 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Joseph-Outhay Phongphumi

1933-1961

 

Joseph-Outhay Phongphumi naquit en 1933 à Kham Koem (Nakhon Phanom, Thaïlande), dixième des vingt-deux enfants de cette famille très catholique, dont cependant beaucoup moururent en bas-âge.

Le papa de Joseph-Outhay, Paul Khrua, fut catéchiste.

Joseph reçut le baptême le jour de Noël : ce détail lui valut le surnom de No-en, qu’il retrouvera en la personne du père Noël Tenaud.

De 1940 à 1945, il y eut une persécution qui priva le village de la présence du prêtre ; Paul Khrua se dépensa énergiquement pour maintenir la foi, tandis qu’une sœur des Amantes de la Croix complétait l’action religieuse dans le village : ainsi Joseph reçut une très forte influence, décisive pour son avenir.

En 1945, en raison de ses grandes qualités et de ses dons intellectuels, Joseph fut envoyé au Petit séminaire de Bang Nok Khuek.

Au terme des six années de ce Petit séminaire, Joseph revint dans son village, probablement - car il ne s’en est jamais ouvert - pour s’occuper fraternellement des survivants de sa famille : la maman était morte, lui qui était le dixième, se trouvait maintenant l’aîné de quatre petits frères et sœurs.

Joseph était alors un beau jeune homme, très droit, très zélé pour l’apostolat ; après son père, il dirigeait la prière et les chants, faisait les lectures, enseignait même le catéchisme aux plus petits.

On «imposa» presque à Joseph de se marier, en 1953 ; son épouse mourut en couches et la petite fille la suivit trois mois plus tard.

C’est à ce moment que le père Tenaud visita le village et proposa à Joseph de l’aider dans la catéchèse ; Joseph quitta sa famille, un peu à regret, mais revint chaque année revoir son vieux père et ses sœurs.

C’est ainsi que Joseph fut catéchiste à Pongkiou (Thakhek), de 1955 à 1958. Désormais, il ne devait jamais se séparer du père Tenaud.

En 1958 cependant, pendant le séjour du père Tenaud en France, Joseph fut appelé quelques mois à collaborer avec Mgr Kien, qui voulait fonder une congrégation d’enseignants, mais cette expérience prit vite fin avec le retour du père Tenaud : nommé dans la difficile région de Savannakhet (Laos), il supplia qu’on lui rendît son Joseph.

Tous deux savaient le danger qu’ils couraient, dans ces endroits minés par la guerilla. C’est au retour d’une tournée que le père Tenaud et Joseph furent victime d’une embuscade.

A vingt-huit ans, le 27 avril 1961, Joseph reçut la palme du martyre à Muang Phalane (Savannakhet).

Il se peut que le père Tenaud ait été tué immédiatement, et rapidement enterré le long de la route, tandis que Joseph, gravement blessé, expira ensuite à l’hôpital de Phalane.

Il a été béatifié le 11 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 27 avril dans le Martyrologe Romain.

Partager cet article

Repost0
26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 21:49

Narcisa García Villa

1909-1936

 

Narcisa García Villa naquit le 18 mars 1909 à Náva de los Caballeros (León, Espagne NW), d’Abundio et Ulpiana.

On a retenu de son enfance, qu’elle était une passionnée de lecture, qu’elle apprit les lettres de l’alphabet beaucoup plus facilement que ses camarades et qu’elle lut tous les livres de la bibliothèque de l’école et de la paroisse.

Elle désirait beaucoup devenir religieuse, mais elle songea que, si elle quittait le foyer familial, ses frères auraient trop de travail ; aussi attendit-elle quelque peu.

En réalité, elle n’attendit pas beaucoup car, en 1924 - elle n’avait que seize ans ! -, accompagnée en train par son père, elle rejoignit le couvent Saint-Joseph des Conceptionnistes de Madrid. C’est ainsi qu’elle devint María Beatrice de Sainte-Thérèse, reprenant le nom de la Fondatrice, Beatriz da Silva (v. 9 août).

Jeune, dynamique, elle avait toute l’énergie pour être efficace dans tous les domaines ; elle fut à la cuisine, à la sacristie, au secrétariat, au tour ; elle était aussi très musicienne. Mais surtout, on la voyait profondément ancrée dans la prière, dans le dialogue intime avec Dieu, une vie intérieure intense, qui se réfléchissait dans la vie fraternelle de chaque jour.

Humainement parlant, on pouvait penser que María Beatrice devait encore donner le meilleur d’elle-même dans les années futures, mais le meilleur fut l’année douloureuse de la guerre civile en Espagne, 1936, où elle versa son sang pour le Christ.

On trouvera un petit exposé de ces douloureux moments dans la notice d’Isabel Lacaba Andía, ce même jour.

María Beatrice de Sainte-Thérèse, la benjamine du groupe, n’avait que vingt-sept ans ; elle a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

Partager cet article

Repost0
26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 21:48

Manuela Prensa Cano

1887-1936

 

Manuela Prensa Cano naquit le 25 avril 1887 à El Toboso (Tolède, Mancia, Espagne C).

Les informations sont particulièrement discrètes sur sa famille et son enfance.

La formation que reçut Manuela lui procura une grande culture, assez extraordinaire pour l’époque : son écriture était parfaitement soignée, et elle signait des pages merveilleusement calligraphiées ; à cela s’ajoutait sa très vaste culture musicale.

En 1905, elle entra chez les sœurs Conceptionnistes du monastère Saint-Joseph de Madrid, prenant le nom de María du Très-Saint-Sacrement.

Bien évidemment, elle fut nommée secrétaire de la supérieure et, en plus, fut chargée de la formation musicale des novices et de toute la maison, pour la bonne préparation des offices et des fêtes. Ce n’est pas toujours un travail facile.

Partager cet article

Repost0
26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 12:14

Basilia Diez Recio

1889-1936

 

Basilia Díez Recio naquit le 14 juin 1889 à Moradillo del Castillo (Burgos, Espagne N), de Pedro et Victoriana.

A l’époque, on fêtait le 14 juin saint Basile (v. 2 janvier), dont elle reçut le nom au baptême.

Petite, elle aimait déjà prier dans le secret, parler avec Notre-Seigneur. Elle voulait se consacrer entièrement à Dieu, se donner à l’Eglise, mais les circonstances familiales la retenaient à la maison.

En 1921, finalement, elle put accomplir son profond désir et entra chez les Conceptionnistes de Madrid, prenant le nom de María de Jésus.

Ce qu’on a retenu d’elle pendant ces années de vie religieuse et contemplative, est qu’elle ne cherchait jamais à imposer sa préférence, son goût personnel.

Cette heureuse période s’acheva, hélas ! de façon abrupte en 1936.

On trouvera un petit exposé de ces douloureux moments dans la notice d’Isabel Lacaba Andía, ce même jour.

María de Jésus a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

Partager cet article

Repost0
26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 12:09

Manuela Balbina Rodríguez Higuera

1886-1936

 

Manuela Balbina Rodríguez Higuera naquit le 10 mars 1886 à Madrid (Espagne), d’Antonio et Josefa, qui eurent aussi une autre fille, María de las Nieves.

Manuela fit une première expérience religieuse chez les moniales Rédemptoristines de Ségovie, mais un problème de santé l’obligea à interrompre le noviciat. Fin 1919, guérie et âgée de trente-trois ans, Manuela se présenta alors au monastère des Conceptionnistes de Madrid, où elle trouva vraiment sa voie.

Avec son nouveau nom de religion, sœur María de Saint-Joseph émit les vœux perpétuels en 1923.

Elle qui affectionnait les moments de silence, de prière, de méditation, ne put retenir des expressions de douleur, d’angoisse, en apprenant comment les mouvements anarchistes, révolutionnaires, s’en prenaient aux prêtres et aux religieux, jetant tout le pays dans un climat de persécution et de haine contre l’Eglise.

On lira effectivement dans la notice sur Isabel Lacaba Andía comment le monastère Saint-Joseph de Madrid dut être évacué et fut profané dès le début de la guerre civile, en juillet 1936.

María de Saint-Joseph a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

Partager cet article

Repost0
26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 12:08

Isabel Lacaba Andía

1882-1936

 

Isabel Lacaba Andía naquit le 3 novembre 1882 à Borja (Saragosse, Espagne NE), de Juan et María, de bons parents chrétiens.

Outre les valeurs chrétiennes, elle apprit la musique.

La jeune Isabel fut plusieurs fois demandée en mariage, mais elle avait déjà choisi son époux : le Christ.

Elle s’unit à Lui en 1903, chez les Conceptionnistes du monastère Saint-Joseph de Madrid, où elle prit le nom de María del Carmen.

Elue maîtresse des novices, elle transmit ce qu’elle avait appris : l’amour de l’oraison, l’élévation de l’âme par la musique.

En 1935, elle fut élue abbesse.

Cette mère sut montrer en toutes choses l’exemple à tout le monastère, et ce, malgré la pneumonie dont elle souffrait. Elle se sentait responsable de chacune, et aimait s’inspirer de la maman des sept frères dont il est question dans l’Ecriture (2Mac 7), sans se douter qu’elle aurait à montrer à son tour ce courage viril.

Le 19 juillet 1936, l’enfer se déchaîna contre toutes les maisons religieuses du pays. Aux portes du monastère Saint-Joseph, toute une foule enragée hurlait des Les nonnes, f… le camp !

La Supérieure invita toutes les moniales à venirconsommer les Hosties du Tabernacle, pour éviter des profanations. L’aumônier leur demanda alors si elles étaient prêtes à offrir leur vie plutôt que de trahir leur consécration, et toutes répondirent Oui.

Elles s’habillèrent alors avec des vêtements laïques, s’équipèrent du strict nécessaire pour se débrouiller et sortirent du couvent. Huit trouvèrent à se réfugier chez des parents ou amis, dix autres, dont la Supérieure, se mirent dans l’appartement d’une amie, mais elles furent dénoncées par la concierge d’un immeuble voisin qui savait les observer.

Peu de temps avant que l’abbesse fut arrêtée, une amie la supplia de rester avec elle, pour éviter d’aller à la mort, mais l’abbesse répondit qu’en aucune manière elle laisserait la communauté, et surtout pas les moniales infirmes.

Les miliciens intervinrent plusieurs fois, d’abord pour fouiller l’appartement et emporter toute la nourriture et même parfois l’eau ; au soir du 7 novembre 1936, ils vinrent embarquer les Religieuses en trois groupes successifs dans un camion, sans aucun ménagement, même à l’égard de la Religieuse âgée et paralysée.

La suite des événements est malheureusement très simple : on ne revit jamais plus ces dix Religieuses. On a supposé avec assez de vraisemblance qu’elles furent toutes fusillées sur une place de Madrid, dans la nuit du 7 au 8 novembre, mais leurs corps n’ont pas pu être retrouvés.

En 1946, la rue de cet appartement prit le nom de Rue des Martyres Conceptionnistes.

María del Carmen a été béatifiée en 2019, avec ses Compagnes, et sera inscrite avec elles au Martyrologe le 8 novembre.

Partager cet article

Repost0
26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 12:08

Eustaquia Monedero de la Calle

1864-1936

 

Eustaquia Monedero de la Calle naquit le 20 septembre 1864 à Anaya (Ségovie, Espagne C), de Gaspar et Valentina.

Gaspar fut veuf deux fois ; du premier mariage, il eut un fils, Justo ; du second, quatre enfants ; du troisième, avec Valentina, il eut six enfants : Rogelio, Petra, notre Eustaquia, Dorotea, Miguel, Sinforiano. Il y avait seize ans de différence entre Justo et Eustaquia.

Celle-ci fut donc baptisée dès le 23 septembre 1864.

En 1887, elle entra chez les Conceptionnistes de Madrid, au monastère Saint-Joseph, où elle prit le nom de María Eustaquia de l’Assomption.

Au lendemain de sa profession, on lui confia l’infirmerie, où elle montra toute sa douceur et sa sollicitude fraternelles envers les malades.

Mais vers 1914, sa bonne nature se retourna contre elle et l’affligea d’un cruel rhumatisme qui la condamna au fauteuil pour le reste de ses jours.

On peut lire le résumé des événements de 1936 dans la notice concernant la Supérieure, Isabel Lacaba Andía, ce même jour.

C’est la sœur Eustaquia qui fut si malmenée par les miliciens, quand ils l’embarquèrent au soir du 7 novembe 1936 dans leur camion, sans aucun ménagement, sans aucun égard pour son grand âge et sa douloureuse infirmité.

María Eustaquia de l’Assomption a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

Partager cet article

Repost0
26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 12:07

Petra Manuela Pairós Benito

1863-1936

 

Petra Manuela Pairós Benito naquit le 29 avril 1863 à Pamplona (Navarre, Espagne N), de Pedro et Benita. Pedro était d’origine française.

Après avoir eu son diplôme de maîtresse d’école, Petra voulut entrer en religion chez les Conceptionnistes de Madrid, au monastère Saint-Joseph.

Elle prit le voile en 1887 et, lors de sa profession, assuma le nom de Marie Pilar des Abandonnés.

Marie Pilar était bien préparée pour l’enseignement : on lui confia la direction de l’école ouverte par les moniales. Sa délicatesse, sa présence, ses conseils lui valurent les appréciations élogieuses unanimes de tous ceux qui la connurent. Elle avait une affection spéciale pour les enfants de familles pauvres.

Elle avait aussi un certain talent pour l’écriture et laissa des poèmes, des petites pièces de théâtre.

Un accident lui fit perdre un œil, épreuve qu’elle supporta avec humour : Je pensais que le Bon Dieu m’avait oubliée, mais je vois que maintenant Il me demande davantage.

Elle priait ; la règle prévoit d’accorder deux heures à la prière, mais Marie Pilar restait bien davantage dans la conversation silencieuse avec l’Invisible.

La suite et la fin de sa vie seront les mêmes que pour Isabel Lacaba Andía, la Supérieure, à la notice de laquelle on peut se référer, ce même jour.

Marie Pilar des Abandonnés a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

Partager cet article

Repost0
25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 23:00

 

26 AVRIL

 

I.

S Cletus, troisième pape (78?-90?), martyr, qu’on identifie parfois avec s. Anacletus (13 juillet) ; il est nommé au Canon Romain.

?

S Primitivus, martyr non loin de Rome, sur la Via Prænestina.

S Pierre, premier évêque à Braga, ordonné par s. Jacques et martyr (Ve ?).

IV.

S Basilios, évêque à Amasée, décapité et jeté à la mer pour avoir protégé la vierge ste Glaphyre.

S Lucide, évêque à Vérone ; contemplatif, il confiait les affaires temporelles à ses prêtres. 

Ste Exupérance, vierge à Troyes. 

VII.

S Trudbert, irlandais, ermite en Brisgau, assassiné par un serviteur du seigneur.

S Riquier, abbé à Centula ; sa sainteté et ses miracles poussèrent le roi Dagobert à venir le rencontrer et écouter ses conseils. 

S Emmon, évêque à Sens. 

IX.

S Paschasius Radbertus, enfant abandonné, élevé au monastère de Saint-Pierre de Soissons ; après une adolescence dissipée, il fut moine, maître des novices, écolâtre et abbé à Corbie puis se retira à Saint-Riquier ; historien et théologien, il est un des meilleurs écrivains de son époque, en particulier avec son traité sur l'Eucharistie.

XII.

Ss Guglielmo et Peregrino, père et fils, originaires de Syrie, ermites à Foggia.

XIII.

Bx Domingo et Gregorio, deux prêtres dominicains espagnols ; ils prêchèrent en Aragon.

XIV.

B Stéphane, évêque à Perm, très actif auprès des populations. 

Bse Aldobrandesca (Alda) Ponzio, siennoise mariée (et veuve) très jeune, entrée dans le Tiers-Ordre des Humiliés, mystique.

XX.

B Ramón Oromí Sullá (1875-1937), prêtre espagnol des Fils de la Sainte Famille, martyr à Barcelone, béatifié en 2013.

B Juli Junyer Padern (1892-1938), prêtre salésien martyr près de Barcelona, béatifié en 2001.

S Ráfael Arnáiz Barón (María Ráfael, 1911-1938), novice cistercien à San Isidro, béatifié en 1992, canonisé en 2009.

Bx Stanisław Kubista (1898-1940), prêtre polonais de la Société du Verbe divin, martyrisé au camp de Sachsenhausen, et Władysław Goral (1898-1945), évêque à Lublin, mort dans le même camp, béatifiés en 1999.

 

Cletus (Anacletus)

1er siècle

 

Une longue hésitation règne au sujet du nom du troisième pape : Clet ou Anaclet ?

Dans le Canon Romain de la Messe, on nomme : Lin, Clet, Clément.

Saint Irénée nomme : Lin, Anaclet, Clément.

Certains y ont vu deux personnages, d’autres un seul.

Ceux qui sont pour le dédoublement ne sont pas d’accord pour le jour de fête, 26 avril ou 13 (12) juillet.

Actuellement, le Martyrologe Romain a opté pour un seul personnage, saint Clet (Cletus), troisième pape, fêté le 26 avril.

De ce dernier, on sait très peu de choses, tirées du Liber Pontificalis : 

Clet, romain, fils d’Emilien, fut élu pour succéder à Linus. Il siégea durant les règnes de Vespasien et de Titus, pendant six ans, un mois et onze jours, et, après avoir ordonné vingt-cinq prêtres, il reçut la couronne du martyre.

Le pontificat de Clet peut donc se situer autour de l’an 80, mais apparemment un peu plus que les six années mentionnées plus haut. Les dates de saint Lin et de saint Clément 1er étant incertaines, celles de Clet le sont aussi.

 

 

Primitivus de Gabies

† ?

 

Saint Primitivus fut martyrisé à Gabies, ancienne localité à une vingtaine de kilomètres à l’Est de Rome.

On n’a aucune autre indication sur lui.

Saint Primitivus de Gabies est commémoré le 26 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcellinus

296-304

 

Marcellinus était le fils d’un romain, Proiectus.

Il fut élu pour succéder à Caius et fut le vingt-neuvième pape.

Il ordonna cinq évêques, quatre prêtres et deux diacres.

Victime de l’impitoyable persécution de Dioclétien, il fut arrêté et sommé d’offrir l’encens aux idoles. Le Liber Pontificalis rapporte qu’il le fit, mais qu’ensuite, pénétré de douleur pour son geste apostat, il retourna devant l’empereur, confessa hardiment sa foi et eut la tête tranchée.

D’autres sources nient cet épisode, sans qu’on puisse actuellement se prononcer de façon sûre.

Il fut inhumé dans la catacombe de Priscilla, sur la via Salaria.

Son successeur sera saint Marcel Ier.

Marcellinus, par son humble exemple de pénitence, mérita le martyre et la vénération de l’Eglise. Il fut longtemps nommé au 26 avril dans le Martyrologe, mais n’est plus mentionné dans l’actuel, à cause des incertitudes mentionnées ci-dessus.

Son dies natalis étant historiquement plutôt le 25 octobre, on l’y laissera ici, pour mémoire. Que Dieu nous pardonne si nous nous trompons.

 

 

Basilios d’Amasée

† 322

 

Basilios était évêque d’Amasée (Pont, auj. Amasya, Turquie NC).

On sait qu’il participa aux synodes de Gangres et Néocésarée en 314.

Un épisode, parfois contesté, a rendu célèbre Basilios et causa d’ailleurs son martyre.

Basilios aurait reçu et caché une jeune vierge, Glaphyre, qui s’était déguisée en homme pour échapper à la turpitude de l’empereur Licinius. Mais celui-ci avait ses émissaires et Glaphyre fut retrouvée, chez Basilios.

Durant le trajet vers Nicomédie, Glaphyre fut rappelée à Dieu. 

Parvenu sur le littoral où l’avaient conduit ces émissaires, Basilios pria encore une fois pour son troupeau, donna le baiser de paix aux prêtres et aux diacres qui l’accompagnaient, et eut la tête tranchée.

Son corps, jeté à la mer, revint miraculeusement au rivage.

On pense que ce martyre eut lieu le 28 mars 322. Le 26 avril serait plutôt la date de la translation du corps de Basilios à Amasée.

Saint Basilios d’Amasée est commémoré le 26 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Riquier de Centula

560-645

 

Ricarius, devenu Riquier en français, naquit vers 560 près de ou à Centula (Ponthieu), d’une famille noble du pays.

Jeune encore, il vit arriver dans la région deux missionnaires irlandais, nommés Caidoc et Fricor. Contrairement à l’accueil grossier que la population réserva à ces hommes, Riquier les accueillit chez lui ; en retour, ils lui annoncèrent le Christ.

Désormais, Riquier chercha à propager la Parole de Dieu ; convaincu et convainquant, il amena à la Vérité les gens qui auparavant s’étaient moqués des missionnaires. Il vivait d’aumônes, ou du moins de ce qui lui restait quand il avait presque tout distribué aux pauvres ; il alla soigner des lépreux, et accomplit toutes sortes de miracles envers les malades.

Il se déplaçait à cheval ; un jour qu’on lui tendit un enfant, afin qu’il le bénît, le cheval se cabra et faillit écraser et Riquier et l’enfant ; désormais, il remplaça le cheval par l’âne.

Comme cela arrive souvent, des vocations se présentèrent à Riquier, pour lesquelles il construisit un monastère et une église (625). Le roi Dagobert Ier y vint aussi, qui reçut avec empressement les conseils que lui donna Riquier pour être un souverain juste, honnête, soumis à Dieu dont il avait reçu le pouvoir.

Riquier reçut tant d’aumônes, qu’il put assouvir son désir de racheter des esclaves chrétiens, qu’il ramena Angleterre.

Désirant cependant se préparer mieux encore à la mort, il se retira dans une petite cabane proche d’Argoules et qui devait devenir la Celle de Forestmoutier. Sa sainteté était admirable et il jouissait d’un grand empire sur toute la nature : les oiseaux venaient picoter dans ses mains.

Un de ses disciples, Sigobard, fut témoin de cette vie extraordinaire. Plus extraordinaire encore, le père de Sigobard conçut une profonde amitié pour Riquier et, après sa mort, toute sa famille, de l’épouse aux domestiques, entra dans les ordres ! Tous ceux qui imploraient les prières de Riquier étaient exaucés, les malades guéris.

Riquier demanda enfin à Sigobard de lui préparer son cercueil, et mourut tout saintement, le 26 avril 645.

Son corps fut ensuite reporté à Centula, où les miracles et les guérisons se multiplièrent. L’abbaye de Centula compta jusqu’à trois cents moines. C’est un siècle et demi plus tard qu’on y construisit la grande église abbatiale, où se déroule aujourd’hui un festival de musique classique au mois de juillet.

Saint Riquier est commémoré le 26 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Paschasius Radbertus

785-865

 

Paschasius Radbertus naquit vers 785.

Tout jeune orphelin, il fut abandonné sur les marches du couvent de Notre-Dame de Soissons, dont les moniales prirent soin de lui et envers lesquelles il voua toujours une profonde reconnaissance, appelant ces Religieuses fleurs de l’Eglise et honneur du divin Epoux. L’abbesse, Theodrara, était la sœur d’Adalhard de Corbie (v. 2 janvier) ; on l’a dite aussi cousine germaine de Charlemagne.

Le jeune garçon reçut trop tôt la tonsure cléricale et alla passer quelque temps dans le monde, mais il se ressaisit et demanda son admission à l’abbaye de Corbie.

L’abbé Adalhard reçut le jeune garçon parmi ses moines. Après la mort d’Adalhard (826), c’est le frère de ce dernier, Wala, qui lui succéda. Paschasius étudia sous la direction de ces deux frères (et abbés).

En 822, il les accompagna en Saxe pour la fondation du monastère de Corvey, puis fut chargé de diverses missions auprès des rois de France ou de l’empereur.

Dans les années 831-833, il composa entre autres son si fameux traité sur l’Eucharistie De Corpore et Sanguine Domini, les deux Vies d’Adalhard et de Wala et enseigna les jeunes moines, relevant ainsi beaucoup le niveau culturel de l’abbaye.

Wala mourut à Pavie en 835 ; son successeur n’était pas si favorable à Paschasius et même publia un ouvrage contre lui, mais un autre théologien, Rabanus Maurus (v. 4 février), prit nettement parti pour Paschasius et c’est cette doctrine qui prévalut ensuite.

On a aussi un De Partu Virginis, sur la nature de la Vierge Marie et la naissance du Christ. D’autres ouvrages sont perdus.

En 844, Paschasius fut élu abbé, mais n’accepta jamais le sacerdoce. Comme saint Benoît, il resta diacre ; il n’avait pas soixante ans et résigna sa charge en 851, peut-être parce que certains moines restaient partisans de l’abbé précédent.

Paschasius se retira dans le proche monastère de Saint-Riquier et ne revint dans celui de Corbie qu’à la fin de sa vie, comme simple moine, et y mourut le 26 avril 865, ayant supplié les moines de ne pas écrire le récit de sa vie, ce qu’ils firent malheureusement trop scrupuleusement !

Après les nombreux miracles avenus sur le tombeau de Paschasius, il fut canonisé en 1075.

Domingo et Gregorio en Aragon

13e siècle

 

Domingo et Gregorio étaient deux prêtres dominicains appartenant à un couvent de Castille (Espagne NO). On ne sait rien de plus sur leur personnalité ; une sainte amitié les unissait dans leur zèle pour prêcher la Vérité.

Ils étaient en train de parcourir l’Aragon, prêchant la bonne Parole dans ces régions récemment reprises à la domination espagnole. Toujours à pied, sans or ni argent, quêtant chaque jour leur pain là où ils passaient, ils édifiaient les gens par leur sainteté de vie.

Ils étaient dans la région de Huesca et Barbastro. Sur la route de Perarrúa, ils furent surpris par un violent orage, sur une route où ne se trouvait aucun abri possible, de sorte qu’ils allèrent se placer sous un rocher sur le bord du chemin. Il y eut alors un terrible craquement, et ils furent tous deux écrasés sous une énorme masse détachée du rocher.

Dans le même moment, les cloches des paroisses avoisinantes se mirent à sonner d’elles-mêmes ; on vit une grande lumière à l’endroit de l’accident et les corps des deux Religieux furent ainsi retrouvés. On se disputa leurs reliques : la paroisse de Berians les reçut.

Des miracles eurent lieu près de leurs tombes. Le culte s’établit et fut confirmé en 1854.

Les deux Bienheureux Domingo et Gregorio sont mentionnés le 26 avril au Martyrologe.

 

 

Aldobrandesca Ponzio

1249-1309

 

Aldobrandesca vit le jour à Sienne (Italie) le 28 février 1249, de Pietro Francesco Ponzio et Agnese Bulgarini. Ce prénom qu’elle reçut au baptême fut par la suite couramment abrégé en Alda, qui pourrait correspondre au français Aude.

Elle épousa, encore très jeune, un noble siennois vertueux et instruit, nommé Bindo Bellanti. Au jour de leur mariage, elle invita son mari à observer trois jours de continence (cf. Tb 6:18 et 8:4-7). 

Elle se montra ensuite le modèle des épouses et des maîtresses de maison. Son mari lui fut cependant enlevé après une longue et douloureuse maladie. Malgré les instances qu’on lui fit, elle se refusa à contracter une nouvelle union ; veuve et sans enfants, elle entra dans le tiers-ordre des Humiliés.

Les Humiliés étaient une association de petits marchands de laine qui «s’humiliaient» devant Dieu, combattant le luxe, le mensonge, la fraude ; ils s’entraidaient et furent souvent invités à fonder d’autres maisons en Toscane et en Lombardie, organisant ainsi une vie sociale saine et procurant du travail aux membres de l’association.

Alda, donc, continuant à résider dans sa maison, y mena la vie d’une vraie religieuse, s’astreignant à des jeûnes sévères et des mortifications continuelles. Puis elle se fixa dans une de ses propriétés à l’écart de la ville, où elle avait un oratoire.

Elle reçut de Notre-Seigneur des grâces extraordinaires, des lumières spéciales sur les mystères de la Nativité, de la Passion, de la Résurrection et de l’Ascension. Puis ayant donné aux pauvres ses possessions, elle s’établit à l’hôpital de Sienne, pour y soigner les malades de ses mains.

Douée de l’esprit de prophétie, elle annonça entre autres événements, l’époque de sa mort, qui arriva le 26 avril 1309.

Des miracles se produisirent à son tombeau. Alda a fait l’objet d’un culte populaire comme Bienheureuse, mais n’est pas inscrite au Martyrologe.

 

 

Stéphane de Perm

1340-1396

 

Stéphane était né vers 1340, à Veliki Oustioug (Vologda, Russie NO), de Simeon, un clerc, et Maria, originaire du peuple komi.

L’enfant montra très jeune de très grandes capacités intellectuelles et un intérêt pour l’Eglise. Il apprit à lire l’Ecriture et seconda son père dans la liturgie, comme chantre et comme lecteur. 

Adolescent, il entra au monastère Saint-Grégoire de Rostov-le-Vieux ; il y apprit le grec, pour pouvoir étudier les Pères dans la langue originale ; il approfondit l’Ecriture.

Une de ses grandes préoccupations était la conversion de la population des Komis, à l’ouest de l’Oural, encore païens. Pour eux, il traduisit l’Ecriture dans leur langue, mettant au point un alphabet komi, partant de l’alphabet cyrillique qu’il compléta avec des signes pour rendre les sonorités particulières de ces populations.

Tonsuré, ordonné diacre, il alla en 1379 solliciter de l’évêque de Kolomna sa bénédiction pour partir évangéliser ces Komis. L’évêque l’ordonna prêtre et l’envoya en mission avec ses vifs encouragements.

Malgré l’enracinement dans le paganisme, les Komis ne reçurent pas trop mal Stéphane et il y eut des conversions. C’est le sorcier qui le provoqua, le défiant de passer indemne à travers un feu puis sur l’eau. Au moment de l’épreuve, le sorcier prit peur et renonça à son propre défi ; les habitants faillirent le tuer, mais Stéphane intervint pour le sauver. Les conversions se multiplièrent ensuite.

En 1383, Stéphane reçut la consécration épiscopale pour la région de Perm, ce qui fut pour lui le point de départ d’une activité accrue.

Premier évêque de Perm, il ouvrit des écoles, fonda des monastères, célébra en langue komie.

Véritable pasteur de son troupeau, il fit venir du blé de Vologda lors d’une famine qui désolait la région en 1387. Plusieurs fois il alla s’interposer devant des envahisseurs, qui prirent la fuite dès qu’ils le virent.

Une tradition tout-à-fait vraisemblable rapporte qu’en 1390, de passage près du monastère de saint Serge à Moscou, et ne pouvant s’y arrêter, Stéphane salua de loin Serge par ces mots : Paix à toi, mon frère spirituel, à quoi Serge répondit du monastère en se tournant en direction de Stéphane : Paix aussi à toi, pasteur du troupeau du Christ.

Stéphane mourut lors d’une autre visite à Moscou, au monastère de la Transfiguration, le 26 avril 1396.

Son activité l’a fait appeler l’Illuminateur de Perm et Apôtre des Peuples de Zygryani.

La récente édition du Martyrologe Romain l’a accueilli dans ses colonnes depuis 2005.

 

 

 

Ramón Oromí Sullá

1875-1937

 

Ramón naquit le 16 septembre 1875 à Salás de Pallars (Lleida), de Domingo et Rosa, aîné de María et Eusebio.

Entré en 1889 dans la congrégation des Fils de la Sainte Famille à Palomar, il reçut l’habit en 1890, commença le noviciat à Cambrils en 1891 et fit la profession en 1898.

En 1900 il fut ordonné prêtre. 

Il fut d’abord enseignant en diverses maisons ; en 1909, il fut en même temps supérieur de la maison ; en 1913, secrétaire à Reus, où il enseignait le latin et le français.

Puis il recouvrit plusieurs charges importantes au sein de la congrégation : au chapitre de 1916, il fut nommé consulteur général, en 1919 secrétaire général, reconfirmé en 1922 et 1928. En 1932-1933, il fut à nouveau nommé consulteur général.

Dès 1919, il fut aussi directeur des revues La Sainte Famille et L’intention mensuelle. Il travailla activement à répandre la dévotion à la Sainte Famille, visitant les familles chaque mois, et coordonnant ce mouvement dans toute l’Espagne, particulièrement à Barcelone.

En 1935, il présida la commission pédagogique.

Il dédiait la majeure partie de son temps à la formation des jeunes, des novices.

C’est lui qui écrivit la première biographie de leur fondateur san José Manyanet, dont il fut le vice-postulateur de la cause de béatification (voir au 17 décembre).

Cet homme tout petit de stature était un géant d’activités, plein d’attentions pour chacun, jamais vulgaire, très soigné, très minutieux. 

Lors de la guerre civile de 1936, il se trouvait en repos à Vallfogona de Riucorb, puis se réfugia comme il put à Barcelone, de novembre à février ; il aidait ses hôtes à distribuer le lait chaque jour, avant de revenir dans son refuge sous le toit, où il priait et méditait. 

Il fut arrêté dans la rue le 17 (ou le 19) avril 1937.

Déféré à la centrale du Comité révolutionnaire, il reconnut sa condition de prêtre et fut mis, croit-on, dans la prison San Elías.

Il fut assassiné contre le mur du cimetière de Montcada, le 26 avril (ou le 3 mai ?) 1937 et jeté dans la fosse commune.

On n’a pas pu reconnaître son cadavre, mais l’avis de sa mort fut retrouvé dans les archives de Barcelone. La date précise de cette mort reste cependant incertaine. Il semblerait que la date la plus probable serait le 26 avril, date à laquelle Ramón aurait signé sa déclaration.

Ramón Oromí Sullá fut béatifié en 2013.

 

 

Juli Junyer i Padern

1892-1938

 

Né le 31 octobre 1892 à Vilamaniscle (Alt Empordà, Catalogne, Espagne), dans une famille pauvre, Juli fréquentera l’unique école du village grâce à la bonté d’une famille amie.

Il rejoindra ensuite le collège salésien de Girona, et entrera au séminaire salésien de Campello (Alicante), où il fera la profession en 1912.

Ce fut un homme réfléchi, sensible, travailleur : il était bien armé pour être un bon directeur spirituel, outre qu’il avait des dons pour la musique.

Professeur à Girona, il enseigna la philosophie, la littérature, le chant grégorien, tout en assumant la formation spirituelle des jeunes.

Quand se déclencha la guerre civile, il vint chez ses parents à Vilamaniscle, où des miliciens le découvrirent en mars 1938.

Or, le maire était de la famille et leur fit savoir que, s’ils tuaient Juli, ils auraient aussi à le tuer. 

Juli retourna à Gerona et aida des Confrères à passer la frontière. Un jour cependant, Juli fut arrêté : il reconnut qu’il n’était là que pour donner les sacrements à ses compagnons, mais on l’accusa d’être l’organisateur de ces expéditions.

Accusé d’espionnage et enfermé à la prison de Barcelone, il tenta d’obtenir sa libération. Mais comme on retrouva une lettre de lui dans les mains de prisonniers capturés près de la frontière, Juli fut condamné à mort pour espionnage et haute trahison.

Il fut abattu dans la fosse du château de Montjuic à Barcelone, le 26 avril 1938.

Juli Junyer i Padern a été béatifié en 2001.

 

 

Ráfael Arnáiz Barón

1911-1938

 

Né le 9 avril 1911 à Burgos dans une famille de haute bourgeoisie espagnole, Ráfael était le premier des quatre garçons. Il fréquente l’école des Jésuites où très vite on remarque sa riche sensibilité, ses dons artistiques et intellectuels.

Effectivement, très doué pour le dessin, il commence en 1930 des études d’architecture à Madrid. Cette même année, il découvre l’abbaye trappiste de San Isidro de Dueñas. Ráfael est un étudiant joyeux et sérieux à la fois, sportif, apprécié de tous. Mais il opte pour une voie meilleure et entre à l’abbaye le 15 janvier 1934.

Bien que la séparation de la famille lui coûte un peu, il s’adapte bien à sa nouvelle vie. Mais voilà que quelques mois après son entrée, se déclare un diabète foudroyant : en mai 1934, il perd vingt-quatre kilogrammes en huit jours. On lui conseille alors simplement de retourner chez lui pour y être bien soigné. Ráfael quitte le monastère la mort dans l’âme, mais avec l’espérance d’y revenir bientôt.

Ráfael ne se remettra pas. Pendant quatre ans, il fera de fréquents allers-et-retours entre le monastère et la maison de ses parents. Au monastère, la maladie l’empêche de suivre tout-à-fait la règle de la “stricte observance”, qui est assez rigide. En conséquence, il n’est pas autorisé à faire la profession religieuse consistant à promettre, selon la règle de Saint Benoît, obéissance, conversion de vie et stabilité dans le monastère. Il n’est donc pas vraiment moine à part entière. 

Dans cet état de souffrance et de déception, Ráfael reste fidèle dans son cœur et sa méditation s’approfondit ; il devient un authentique contemplatif, si bien que la communauté l’apprécie et l’accepte en tant qu’oblat régulier.

La guerre civile de 1936 ne favorise pas les choses, car les médicaments nécessaires n’arrivent pas au monastère, mais Ráfael est au moins déclaré inapte au service armé. 

Quand il voit que sa santé décline inexorablement, il préfère rester au monastère. Le Père Abbé lui remet l’habit monastique, la coule, que portent les moines profès, et lui promet de le faire ordonner prêtre dès qu’il aura achevé ses études théologiques.

Mais Ráfael décède bientôt, le 26 avril 1938.

Lors de son voyage apostolique à Compostelle, pour les Journées Mondiales de la Jeunesse, le pape Jean-Paul II a donné Ráfael comme modèle à tous les jeunes, le samedi 19 août 1989.

Ráfael sera béatifié en 1992, et canonisé en 2009. Le Martyrologe Romain le commémore le 26 avril.

 

 

Stanisław Kubista

1898-1940

 

Né le 27 septembre 1898 à Kostuchna (Mikołów, Pologne), il était le cinquième des six garçons et trois filles de Stanisław et Franciszka Czempska, gardes forestiers profondément catholiques.

Dans cette belle famille, on priait le chapelet chaque jour. La fille aînée devint religieuse à Vienne. Stanisłas, pour sa part, aimait décorer le petit autel de la maison.

Il fréquenta une école allemande, mais lisait et étudiait en polonais à la maison. 

La famille recevait souvent un Religieux Verbite, dont la congrégation a le but de diffuser le Verbe, la Parole divine, à travers les missions. Stanisłas sentit grandir en lui cette vocation.

Après ses études, il fut orienté par son curé vers le petit séminaire des Pères Verbites de Nysa, où d’ailleurs Stanisłas avait déjà un cousin, lequel mourut durant la Première Guerre mondiale.

A cause de cette guerre, Stanisłas n’eut pas la possibilité de terminer toutes ses études : il fut envoyé en 1917 sur le front français, comme télégraphiste, jusqu’à la fin de la guerre, et ensuite ne reçut sa démobilisation à Szczecin qu’en 1919.

Durant la même guerre, son frère aîné fut tué sur le front de Belgique en 1914. On comprend alors la joie des parents de revoir leur fils Stanisłas sain et sauf.

Stanisłas reprit ses études avec succès, et rejoignit la maison Saint-Gabriel à Mödling (Vienne). Après ses études de philosophie et de théologie, il fit la profession solennelle en 1926.

Dans les appréciations de ses Supérieurs et Confrères, on note qu’il était un peu mélancolique, taciturne, modeste, le calme personnifié, travailleur persévérant jusqu’au but final, consciencieux et ponctuel, ordonné, compatissant ; un tantinet «turlupiné» par le nationalisme ; soigneux dans tout ce qu’il faisait, homme de confiance. De grandes qualités, donc, qui corrigeaient de petits défauts. Ses notes furent dans la marge «bon-très bon». On lui remarqua aussi un certain talent pour l’écriture, en allemand comme en polonais, et il pouvait faire un bon professeur.

Lui-même rédigea ainsi ses centres d’intérêt à l’adresse de ses Supérieurs : Littérature, possibilité de publier des livres ; travail missionnaire et pastoral ; pas l’enseignement ; missions en Chine, aux Philippines, en Nouvelle-Guinée ; santé excellente.

Il fut ordonné prêtre en 1927.

Etant encore dans l’état d’étudiant, il écrivit quelques articles pour les journaux.

En automne 1928, on l’envoya à Górna Grupa. Au moment du départ, sa mère lui dit : Mon fils, sois bien fidèle dans ce que tu as choisi. Il le fut effectivement jusqu’à la mort.

Ses Supérieurs voulaient le voir dans l’action. Ils lui confièrent l’administration de la maison, où se trouvaient quelque trois-cents âmes, entre frères, prêtres, élèves, postulants et novices. L’année suivante, il était aussi nommé procureur régional ; on notait alors que l’économie de la maison était en de bonnes mains.

A côté de ces responsabilités, le père Stanisłas accepta en 1929 le poste de rédacteur en chef d’un petit périodique, Le Petit Missionnaire.

Ensuite Stanisłas fut nommé recteur à Bruczków et participa à plusieurs publications : Le Calendrier du Petit Missionnaire, Trésor de Famille, Tribune de Saint Joseph (ce dernier fondé par lui en 1937). Sous son administration, le nombre des lecteurs augmenta de manière significative.

Il écrivit des histoires, des romans, un drame, toujours préoccupé, disait-il, par la collaboration avec Jésus pour sauver les âmes. Son drame Croix et Soleil, qui se situe dans le milieu des Incas péruviens, fut représenté maintes fois avant et après la guerre.

Ses articles étaient marqués par une profonde réflexion théologique et un réel sens pratique, qui révélaient le fond de son âme. On l’a vu, il avait une particulière dévotion à Saint Joseph, à qui il attribuait le succès de l’imprimerie et l’achat des machines, malgré l’absence des fonds nécessaires.

Le premier «accrochage» avec la Gestapo fut lorsque Stanisłas voulut payer quelques centaines de zloty pour une pauvre veuve : la monnaie polonaise n’était plus autorisée, mais Stanisłas enfonça ses yeux si profondément dans ceux de l’officier, que ce dernier eut l’air d’avoir été frappé par la foudre. Stanisłas pensa que c’était saint Joseph qui l’avait aidé.

Quelques jours après, toute l’imprimerie fut détruite, et les provisions de l’hiver confisquées.

La situation empira à partir du 27 octobre 1939 : ce jour-là, les soixante-quatre religieux furent arrêtés et la maison transformée en camp d’internement. Comme «par hasard», ce jour était la fête du Christ-Roi, qui se célébrait alors au dernier dimanche d’octobre. Peu après, la Gestapo enferma encore quatre-vingts autres prêtres, religieux et séminaristes de la région ; tout fut confisqué, les prisonniers n’avaient rien à manger. Stanisłas recourut encore à saint Joseph : la Gestapo accepta de convoyer de la nourriture et du carburant.

On put ainsi survivre jusqu’en février 1940. Le 5 février, par -28°, les prisonniers furent chargés dans trois wagons et conduits à Nowy Port, une aile du camp de concentration de Stutthof.

Là, sans parler des mauvaises conditions hygiéniques, les prisonniers souffrirent du froid, de la faim, des travaux pénibles et des mauvais traitements.

Leur unique consolation fut que, le Jeudi Saint 21 mars, ils purent célébrer l’Eucharistie, quoique secrètement. Un des participants était le père Alojzy Liguda, recteur de Górna Grupa. Pour Stanisłas, ce fut son Viatique.

Lui qui avait joui jusque là d’une bonne santé, s’affaiblit beaucoup et tomba malade. En état d’hypothermie, il ne pouvait absorber la nourriture qu’on leur distribuait. En plus, la campagne d’extermination totale du clergé battait son plein : Stanisłas n’avait qu’à travailler comme les autres, à transporter la neige d’un endroit à un autre. 

Le 9 avril, les prisonniers reçurent l’ordre de monter dans un train de marchandises en direction de Sachsenhausen. 

La santé de Stanisłas passa à la pneumonie. Mais il devait continuer à travailler, autant que les autres. Ses voisins durent littéralement le porter pour se présenter à l’appel. Il conserva son calme et sa confiance en Dieu.

L’officier en charge le désigna comme candidat à la mort et ordonna d’abandonner Stanisłas dans les toilettes pour y mourir. Stanisłas y resta trois nuits.

Un Confrère, Dominik Józef, témoigna : 

Le soir, j’essayai de lui faire une sorte de lit. Je l’enveloppai dans une couverture, mais je n’avais ni oreiller ni drap. Il me remerciait, comme toujours, et murmurait : «C’est pour bientôt. Je me sens très faible. Mon Dieu, j’aimerais bien être à Górna Grupa, mais Il a eu d’autres plans. Que Ta volonté soit faite.» En secret, j’ai entendu sa confession.

Le 26 avril 1940, à notre retour de l’appel, nous le laissâmes à terre, contre un mur. Il était là comme dans une tombe. Nous veillions sur lui avec attention. Le chef de notre baraque, un criminel allemand, entra subitement ; combien en a-t-il envoyé dans l’autre monde ? Aux tortures quotidiennes et habituelles, il ajouta sa cruauté personnelle. Il vomit toute sa haine contre certains genres de personnes, parmi lesquelles les prêtres ; jamais il ne manquait une occasion de les tourmenter. Quand il vit Stanisłas, il nous regarda avec son air bestial et tourna les yeux avec une joie satanique en direction de Stanisłas. Il s’approcha de lui en lui lançant : «Tu n’as plus de raison de vivre !» Puis il lui mit un pied sur la poitrine et, avec l’autre, lui compressa la gorge. La lourde pression provoqua la rupture des clavicules. Un son rauque et quelques convulsions achevèrent la vie du Martyr.

Stanisłas Kubista mourut martyr ce 26 avril 1940, et fut béatifié en 1999 parmi les cent-huit Martyrs polonais de cette période.

 

 

Władisław Goral

1898-1945

 

Né le 1er mai 1898 à Stoczek, Władisław (Ladislas) fit ses études à Nasutów, passa son baccalauréat à Lubartów, et entra en 1916 au séminaire de Lublin pour les études de philosophie ; en  1920 il vint à Rome, où il fut ordonné prêtre la même année, et continua d’autres études à l’Université Grégorienne de Rome et à Fribourg.

En 1926, il retourna en Pologne où il fut nommé professeur au séminaire de Lublin.

Il publiait des articles, il animait des colonies de vacances, organisait des cours pour les ouvriers, assistait les vieillards et les orphelins dans le cadre des Conférences Saint-Vincent-de-Paul : c’est lui qui fit venir les Filles de la Charité à Kreznica.

En 1938, il fut nommé évêque auxiliaire à Lublin. Il créa à Lublin une maison pour les prêtres âgés, et travailla beaucoup à la formation chrétienne des ouvriers et des étudiants.

Au déclenchement de la guerre, il se trouva à Varsovie bombardée, alors qu’il dirigeait une récollection après un pèlerinage à Czestochowa. De retour à Lublin, il fut arrêté par la Gestapo en novembre 1939 avec d’autres prêtres et séminaristes.

Tous furent condamnés à mort, le 27 novembre, et leur peine commuée en réclusion à perpétuité.

Interné le 4 décembre à Sachsenhausen, il y fut enfermé en cellule d’isolement, avec le numéro 5605. A partir de 1943, il eut le numéro 13981, avec impossibilité totale de communiquer avec d’autres prisonniers, donc de recevoir les sacrements. il y mourut le 26 avril 1945, au moment où les nazis évacuèrent le camp devant l’avancée des Alliés.

Mgr Władisław Goral fut béatifié en 1999, parmi les cent-huit Martyrs polonais de l’époque nazie.

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens