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11 septembre 2020 5 11 /09 /septembre /2020 23:00

12 SEPTEMBRE

 

Le Saint Nom de Marie, fête instituée en souvenir de la victoire contre les Turcs à Vienne (1683).

III.

SS Cronides, Leontios et Serapion, martyrs en Alexandrie, jetés en mer.

V.

S Autonomos, évêque martyrisé à l'autel, en Bithynie.

S Eventius, évêque à Pavie, peut-être le même que Juvence (cf. 8 février).

?

S Salvinus, évêque à Vérone.

VI.

S Ailbe, évêque à Emly.

XI.

S Ebons, évêque à Barbastro, mort à Sarrancolin.

S Wye d'Anderlecht, sacristain flamand qui pèlerina à Rome et en Terre Sainte pour expier une erreur ; invoqué pour les étables, les laboureurs, les cochers.

XVI.

B Francesco de Caldarola, franciscain à Colfano, propagateur des monts-de-piété.

XVII.

Bx Apolinar Franco García, prêtre, les frères Petrus de Sainte-Claire et Franciscus de Saint-Bonaventure (franciscains), Tomás de Zumárraga (prêtre dominicain) et deux catéchistes entrés dans l'Ordre durant leur captivité : Dominicus Magoschichi et Matthæus (Mancius) Chiwiato de Saint-Thomas, brûlés vifs à Ōmura, deux jours après le "Grand Martyre" du 10 septembre à Nagasaki ; Apolinar était espagnol, Tomás basque.

XVIII.

B Pierre-Sulpice-Christophe Faverge (fr.Roger), frère des Ecoles Chrétiennes, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

S Ch’oe Kyŏng-hwan Franciscus, catéchiste coréen martyr, canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre.

Bse Gertrude Prosperi (Maria Luisa), abbesse bénédictine à Trevi (Italie), où elle fit refleurir l'observance monastique ; âme mystique, elle a été béatifiée en 2012.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2005 :

Lasalliens : près de Barcelone, Jaime Puigferrer Mora (Miquel de Jésus, *1898) ; près de Girona, Josep Plana Rebugent (Emeri Josep) et Julián Delgado Díez (Hugo Julián), (*1900, 1905) ;

- béatifiés en 2007 :

Diocésains : près d’Albacete, Fortunato Arias Sánchez (*1892) ; près de Toledo, le sous-diacre Francisco Maqueda López (*1914) ;

- béatifiés en 2017 :

Lazaristes : à Barcelone, le prêtre Manuel Binimelis Cabré (*1892) ;

Clarétains : près de Barcelone, le prêtre Pere Sitjes Obiols (*1900) ;

- béatifié en 2020 :

Laïcs : près de Barcelone, Joan Roig i Diggle (*1917), jeune homme très eucharistique.

Cronides, Leontios et Serapion d’Alexandrie

3. siècle

 

Ces trois Martyrs furent précipités en mer.

Peut-être étaient-ils frères, sinon par le sang, certainement par la foi.

Il moururent sous Maximien, à la fin du troisième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Cronides, Leontios et Serapion d’Alexandrie au 12 septembre.

 

 

Autonomos de Bithynie

4. siècle

 

Autonomos était un évêque en Italie, peut-être dans le Sud, en Sicile, où se trouvèrent beaucoup de Grecs.

Lors de la persécution de Dioclétien, vers 298, il put se réfugier en Bithynie (act. Turquie NW), où il se mit à prêcher et à conduire beaucoup d’âmes au Christ.

Mais des païens, zélés pour leurs idoles, se prirent de haine pour l’évêque. Un jour que celui-ci était en train de célébrer les Saints Mystères dans l’église des Archanges, les païens firent irruption dans le sanctuaire et accablèrent Autonomos de pierres et de poutres.

Lui qui offrait le Saint Sacrifice, devint ainsi lui-même un Sacrifice.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Autonomos de Bithynie au 12 septembre.

 

 

Ailbe d’Emly

† 528

 

Ailbe pouvait être de race noble, d’origine irlandaise. En gallois, on l’appelle Eilfyw ou Eilfw, d’où l’actuel Elvis.

Certaines sources en font un fils de Dirdan de Bretagne, et cousin de s.Dewi (v. 1er mars), qu’il aurait baptisé.

Ses parents l’auraient abandonné dans une forêt, où le découvrirent des membres d’une tribu du Pays de Galles qui l’emmenèrent avec eux. Une autre version avance que le père de l’enfant avait donné l’ordre de le tuer, mais que les domestiques le déposèrent dans une couverture dans la forêt, où une louve l’aurait nourri. Plus tard, la même louve, poursuivie par les chasseurs, vint se réfugier auprès d’Ailbe, qui la protégea et la nourrit, ainsi que ses petits.

Lors d’un voyage qu’il fit à Rome, il reçut la consécration épiscopale des mains du pape Hilaire et devint le premier évêque d’Emly (Irlande).

Il avait, dit-on, une place près de la mer où il priait Dieu et voyait les merveilles divines.

Il ordonna ensuite s.Dewi évêque de Menevia.

On lui attribue une Règle monastique, dont certains détails peuvent nous étonner. Ainsi, les moines devront réciter un psautier entier chaque jour (il y a cent cinquante psaumes) ; pendant une partie de l’année, peut-être durant le Carême, ils feront cent génuflexions durant l’office nocturne.

Il ne faut pas se frapper de telles prescriptions ; elles correspondent à un état d’esprit, à des circonstances que nous ne connaissons pas maintenant. Du moins pouvons-nous les admirer.

Ces faits, et d’autres encore, ont été reçus de traditions orales, ou tardives, et l’on serait tenté de les mettre au rang de belles légendes. Mais nous avons le droit de poser cette simple question : Pourquoi pas ?, puisque rien n’est impossible à Dieu (Lc 1:37).

Ailbe semble être mort en 528.

Saint Ailbe d’Emly est commémoré le 12 septembre dans le Martyrologe Romain.

.

Wye d’Anderlecht

950-1012

 

Wye ou Guy serait né vers 950 en Brabant, d’une famille paysanne.

Pieux et bon pour les pauvres, il fut remarqué par le curé de Laeken, qui le chargea du soin de la sacristie.

Là-dessus, Wye fut trompé par les artifices d’un marchand diabolique, qui le persuada de s’associer à lui pour gagner beaucoup d’argent. Wye s’aperçut trop tard de son erreur, se ruina et ne retrouva la paix qu’en venant implorer Notre-Dame de Laeken.

Comme pénitence, Wye s’imposa le pèlerinage à Rome et Jérusalem, qui dura sept années.

Epuisé, il rentra à Anderlecht, où il mourut bientôt, peut-être de la peste, vers 1012.

Jusqu’ici, la vie de ce malheureux Wye se résume à peu de faits connus. C’est après sa mort que les signes se multiplièrent.

Pour commencer, un cheval périt lamentablement après avoir foulé la tombe de Wye ; les deux paysans qui furent chargés d’installer une grille autour de cette tombe, se moquèrent du vieux, pourri depuis longtemps, qu’on voulait empêcher de filer :  ils moururent dans les deux jours…

C’est alors que la dévotion se développa et qu’on invoqua Wye pour les chevaux et les écuries, pour les sacristains, pour les cochers, contre certaines maladies, et notamment contre la «danse de saint Guy», ce qui marque peut-être une confusion avec le saint Guy du 15 juin.

Saint Wye, le «pauvre homme d’Anderlecht» est commémoré le 12 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Francesco Piani de Caldarola

1424-1507

 

Francesco Piani vit le jour vers 1424 à Caldarola (Marches, Italie CE).

De certain, on ne sait à peu près rien de lui.

Il entra au couvent franciscain de Colfano, où il fut ordonné prêtre vers 1449. Son activité principale devait être la prédication : véritable apôtre de Colfano, il prêchait le jour, priant la nuit, semant la paix et la concorde.

Il collabora avec Bernardino de Feltre (v. 28 septembre) pour organiser et multiplier les monts-de-piété, et ainsi empêcher l’usure. Sa prédication combattait particulièrement le blasphème, le jeu, la fraude.

Francesco prêcha surtout dans la nouvelle église mariale de Caldarola, Notre-Dame de la Miséricorde. Il y institua en 1483 la Confraternité de la Miséricorde, dont les membres s’engageaient à prier, faire pénitence, exercer la charité et, plus tard, gérer l’hôpital. Par la suite, Francesco en rédigea les statuts ; la confraternité existe encore.

Francesco mourut en 1507, peut-être le 25 juillet, plutôt le 12 septembre. On le fête actuellement le 6 septembre à Colfano. Le culte en fut reconnu en 1843, mais il ne se trouve pas dans le Martyrologe.

 

 

Apolinar Franco García

1575-1622

 

Apolinar était né en 1575 à Aguilar del Campo (Palencia, Vieille Castille, Espagne), de parents nobles et chrétiens.

Docteur de l’université de Salamanque, il entra chez les Frères Mineurs Franciscains.

Homme de vie intérieure et austère, il fut le plus célèbre prédicateur de la Vieille Castille.

En 1600 il obtint de ses Supérieurs l’autorisation de partir aux Philippines, d’où il passa au Japon.

Il y faisait beaucoup d’apostolat, mais un décret de 1614 menaçait tout missionnaire de peine de mort, s’il ne quittait pas immédiatement le pays. Apolinar préféra rester en se cachant.

Il fut même nommé Provincial pour le Japon.

Il était à Nagasaki en 1617, et apprit qu’il n’y avait plus un seul prêtre à Ōmura, où les chrétiens, quoique persécutés, étaient nombreux. Il s’y rendit sans crainte, vêtu de son habit religieux et continuant de prêcher sur son chemin.

Il convertit même le bourreau du bienheureux Pedro de l’Assomption (martyrisé le 22 mai 1617, béatifié en 1867), ce qui provoqua la jalousie des bonzes, lesquels le dénoncèrent lâchement.

Arrêté le 7 juillet 1617, Apolinar fut mis en prison à Ōmura, où il devait rester cinq longues années. Dieu permit que des gardiens fussent eux-mêmes chrétiens et permissent au père Apolinar d’avoir encore des contacts avec les chrétiens extérieurs à la prison. Cette situation était due au fait que le Gouverneur ayant dû s’absenter, son suppléant, un chrétien apostat re-converti, laissait les chrétiens venir assister à la messe, communier, se confesser ; en réalité, la prison du père Apolinar était un couvent, où l’on priait en communauté. Mais à son retour, le Gouverneur fit immédiatement mettre à mort son suppléant et transférer les prisonniers dans la nouvelle prison d’Ōmura, où se trouvaient le père Spinola et ses Compagnons.

Un des chrétiens qui venaient voir le père Apolinar, Franciscus, alla ni plus ni moins devant le Gouverneur pour lui reprocher sa cruauté. Le Gouverneur, en colère, le fit mettre en prison, où Apolinar le reçut comme Frère dans l’Ordre franciscain et lui donna le nom religieux de Franciscus de Saint-Bonaventure. 

Un autre chrétien reçut aussi l’habit franciscain et le nom de Petrus de Sainte-Claire (Le Martyrologe nomme Petrus, d’autres sources Paulus).

Début septembre 1622, certains prisonniers furent envoyés à Nagasaki pour être martyrisés, d’autres restèrent à Ōmura.

Le 12 septembre 1622, ces derniers au nombre de huit, furent conduits en-dehors de la ville pour y être brûlés vifs, selon la technique qu’on a signalée dans la notice des Japonais Martyrs (1603-1639). Mais ici, le feu fut allumé tout près des poteaux où étaient attachées les victimes, qui moururent en peu d’instants.

Le père Apolinar mourut le dernier. Quand son habit religieux fut consommé, on aperçut son grand cilice de fer, qu’il portait toujours.

Six de ces huit Martyrs, dont le père Apolinar, furent béatifiés en 1867.

 

 

Tomás de Zumárraga Lazcano

1577-1622

 

Tomás était né le 10 mars 1577 à Vitoria (Gasteiza en basque, Biscaya, Espagne).

Il entra chez les Dominicains de cette ville, et prit le nom de Tomás du Saint-Esprit.

Après un séjour aux Philippines, il rejoignit le Japon en 1602, exerçant son ministère à Satsouma, Ōmura, Firando.

Il y faisait beaucoup d’apostolat, mais un décret de 1614 menaçait tout missionnaire de peine de mort, s’il ne quittait pas immédiatement le pays. Il resta.

Se trouvant à Nagasaki, il y organisa de grandes processions pour fortifier la foi des fidèles, prononçant d’admirables homélies.

Puis il entra dans la clandestinité pour éviter l’exil et continua son apostolat dans Nagasaki et Ōmura.

Arrêté, il rejoignit ainsi le père Apolinar Franco, avec deux autres catéchistes auxquels il remit l’habit de son Ordre, Dominicus et Mancius, qui seraient martyrisés avec lui.

Début septembre 1622, certains prisonniers furent envoyés à Nagasaki pour être martyrisés, d’autres restèrent à Ōmura.

Le 12 septembre 1622, ces derniers au nombre de huit, furent conduits en-dehors de la ville pour y être brûlés vifs, selon la technique qu’on a signalée dans la notice des Japonais Martyrs (1603-1639). Mais ici, le feu fut allumé tout près des poteaux où étaient attachées les victimes, qui moururent en peu d’instants, le père Apolinar en dernier. 

Six de ces huit Martyrs, dont le père Tomás, furent béatifiés en 1867.

 

 

Dominicus Magoschichi

?-1622

 

Dominicus était un laïc japonais originaire de Hyūga (Miyazaki), mais à une date inconnue.

Arrêté avec le père Tomás de Zumárraga, il fut reçu par ce dernier dans l’Ordre dominicain durant leurs jours de captivité.

Début septembre 1622, certains prisonniers furent envoyés à Nagasaki pour être martyrisés, d’autres restèrent à Ōmura.

Le 12 septembre 1622, ces derniers au nombre de huit, furent conduits en-dehors de la ville pour y être brûlés vifs, selon la technique qu’on a signalée dans la notice des Japonais Martyrs (1603-1639). Mais ici, le feu fut allumé tout près des poteaux où étaient attachées les victimes, qui moururent en peu d’instants, le père Apolinar en dernier. 

Six de ces huit Martyrs, dont Dominicus, furent béatifiés en 1867.

 

 

Mancius (Matthæus) Shibata

1600-1622

 

Mancius était un laïc japonais né en 1600 à Higo.

Arrêté avec le père Tomás de Zumárraga, il fut reçu par ce dernier dans l’Ordre dominicain durant leurs jours de captivité, et prit le nom de Mancius de Saint-Thomas.

Des variantes existent sur son prénom et son nom. Le Martyrologe mentionne Matthæus Chiwiato, on trouve ailleurs Mancius Chiwiato ou Shibata.

Début septembre 1622, certains prisonniers furent envoyés à Nagasaki pour être martyrisés, d’autres restèrent à Ōmura.

Le 12 septembre 1622, ces derniers au nombre de huit, furent conduits en-dehors de la ville pour y être brûlés vifs, selon la technique qu’on a signalée dans la notice des Japonais Martyrs (1603-1639). Mais ici, le feu fut allumé tout près des poteaux où étaient attachées les victimes, qui moururent en peu d’instants, le père Apolinar en dernier. 

Six de ces huit Martyrs, dont Mancius, furent béatifiés en 1867.

 

 

Petrus (Paulus) de Sainte-Claire

?-1622

 

Petrus était un laïc japonais, dont on n’a pas connu la date ni le lieu précis de naissance.

Arrêté avec le père Apolinar Franco, il fut reçu par ce dernier dans l’Ordre franciscain durant leurs jours de captivité, et prit le nom de Petrus de Sainte-Claire.

Le Martyrologe mentionne Petrus, ailleurs on trouve Paulus.

Début septembre 1622, certains prisonniers furent envoyés à Nagasaki pour être martyrisés, d’autres restèrent à Ōmura.

Le 12 septembre 1622, ces derniers au nombre de huit, furent conduits en-dehors de la ville pour y être brûlés vifs, selon la technique qu’on a signalée dans la notice des Japonais Martyrs (1603-1639). Mais ici, le feu fut allumé tout près des poteaux où étaient attachées les victimes, qui moururent en peu d’instants, le père Apolinar en dernier. 

Six de ces huit Martyrs, dont Petrus-Paulus, furent béatifiés en 1867.

 

 

Franciscus de Saint-Bonaventure

?-1622

 

Franciscus était un jeune chrétien japonais né à Tokyo, à une date inconnue.

Comme on l’a vu dans sa notice, le père Apolinar fut arrêté le 7 juillet 1617 et mis en prison à Ōmura, où il devait rester cinq longues années. Dieu permit que des gardiens fussent eux-mêmes chrétiens et permissent au père Apolinar d’avoir encore des contacts avec les chrétiens extérieurs à la prison. Cette situation était due au fait que le Gouverneur ayant dû s’absenter, son suppléant, un chrétien apostat re-converti, laissait les chrétiens venir assister à la messe, communier, se confesser ; en réalité, la prison du père Apolinar était un couvent, où l’on priait en communauté. Mais à son retour, le Gouverneur fit immédiatement mettre à mort son suppléant et transférer les prisonniers dans la nouvelle prison d’Ōmura, où se trouvaient le père Spinola et ses Compagnons.

Un des chrétiens qui venaient voir le père Apolinar, notre Franciscus, alla ni plus ni moins devant le Gouverneur pour lui reprocher sa cruauté. Le Gouverneur, en colère, le fit mettre en prison, où Apolinar le reçut comme Frère dans l’Ordre franciscain et lui donna le nom religieux de Franciscus de Saint-Bonaventure. 

Début septembre 1622, certains prisonniers furent envoyés à Nagasaki pour être martyrisés, d’autres restèrent à Ōmura.

Le 12 septembre 1622, ces derniers au nombre de huit, furent conduits en-dehors de la ville pour y être brûlés vifs, selon la technique qu’on a signalée dans la notice des Japonais Martyrs (1603-1639). Mais ici, le feu fut allumé tout près des poteaux où étaient attachées les victimes, qui moururent en peu d’instants. 

Six de ces huit Martyrs, dont Franciscus, furent béatifiés en 1867.

 

 

Pierre-Sulpice-Christophe Faverge

1745-1794

 

Pierre était né le 25 juillet 1745 à Orléans (Loiret).

Entré chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, il y prit le nom de Frère Roger.

Il était directeur de la maison de Moulins. Pieux, zélé pour l’instruction de la jeunesse, il possédait dans un degré peu commun l’esprit de gouvernement et jouissait d’une grande considération. Il avait entre autres talents, une superbe écriture.

Déporté de l’Allier, il fut de ces nombreux prêtres et religieux entassés sur le Deux-Associés à Rochefort. Avec lui beaucoup d’autres hommes de mérite de ce département avaient aussi été envoyés à la déportation.

Il mourut le 12 septembre 1794, et fut béatifié en 1995.​​​​​​​

Ch’oe Kyŏng-hwan Franciscus

(Choe Gyeong-hwan Peuranchiseuko)

1805-1839

 

Franciscus naquit à Taraekkol près de Hongjugun dans la province de Chungchong (Ch’ungch’ong, Corée S), en 1805, dans une famille déjà chrétienne.

A quatorze ans, il épouse Yi Song-rye Maria, dont il eut cinq (ou six) enfants.

Sa foi chrétienne l’aida à dominer son caractère fougueux.

Quand les premiers missionnaires envoyés d’Europe arrivèrent en Corée, le père Pierre Maubant (v. 21 septembre) voulut s’entourer de quelques jeunes suffisamment préparés pour accéder au sacerdoce ; l’un de ceux-là était le fils de notre Franciscus, et s’appelait Choe Yang-op Thomas.

Franciscus avait fondé une communauté chrétienne à Mount Suri, dans le Kyonggi, aidant tous les voisins à vivre grâce à une plantation de tabac, et pratiquant ainsi librement leur foi. Il devint catéchiste en 1839.

Cette même année se déchaîna la persécution. Franciscus aida de toutes ses forces les catholiques emprisonnés.

Le 31 juillet, la police fit irruption dans la plantation. Franciscus exhorta tous les fidèles à accepter d’être enchaînés pour le Christ et de témoigner sans faillir. Il s’offrit ainsi à la police.

Interrogé par le juge, Franciscus proclama sa foi ; on le tortura pour le forcer à apostasier. Rien à faire : Franciscus persévéra plusieurs jours ainsi. Le 11 septembre encore, il proclamait sa foi constante. Une rossée de cinquante coups de canne de bambou le laissa agonisant jusqu’au lendemain, 12 septembre, où il s’éteignit victorieusement.

Il fait partie des cent-trois martyrs coréens canonisés ensemble en 1984.

Franciscus est mentionné au Martyrologe le 12 septembre. Une fête commune célèbre ces glorieux Martyrs coréens le 20 septembre.

 

 

Gertrude Prosperi

1779-1847

 

Le 19 août 1779 naquit à Fogliano (Pérouse, Ombrie, Italie) Gertrude Prosperi, fille de Domenico et Maria Diomedi, qui la firent baptiser le jour-même.

De sa jeunesse, on n’a pour le moment rien retenu de particulier.

En 1820, peu après que fut ré-ouvert le monastère bénédictin de Santa Lucia à Trevi (car Napoléon avait fait fermer les maisons religieuses) et elle y prit le nom de Maria Luisa.

De 1822 à 1834, elle fut successivement à l’infirmerie, à la sacristie, économe et maîtresse des novices. Tout ce qu’on percevait de cette pieuse Religieuse, était sa fidélité exemplaire dans tous les services qu’elle rendait. On ignorait que c’était une âme privilégiée, comblée de grâces extraordinaires célestes, par lesquelles elle était intimement unie à la passion du Christ.

Son directeur spirituel ayant compris la vocation particulière de cette âme, lui demanda de sortir de son silence et de s’expliquer. Les prêtres précédents n’avaient pas été à la hauteur de cette mission et avaient plutôt écarté Maria Luisa, exclue et accusée d’être possédée.

Maria Luisa pria, se mortifia, s’offrit, s’imposa des pénitences sévères (cilice, flagellation, jeûne)… et la Providence permit qu’elle fut élue abbesse du monastère en 1837. Elle devait le rester dix années.

Elle s’efforça de faire appliquer la Règle de saint Benoît dans sa pureté, donnant tout d’abord l’exemple par son propre comportement, atteignant un degré d’humilité qui surprit les Sœurs. Sa douceur, son amabilité, conquirent les cœurs.

Le monastère refleurit. On se privait auparavant, il y eut bientôt abondance, et l’on put combler d’aumônes les pauvres qui frappaient. L’Abbesse en vint jusqu’à prendre d’elle-même dans la réserve pour ne pas laisser partir un pauvre sans rien, mais sans le dire à l’économe… 

L’évêque comprit enfin la personnalité de Maria Luisa et lui demanda de mettre par écrit ses expériences : ce seront plus de trois-cents pages de confidences mystiques, où elle parla de ses visions, de ses rencontres avec le Christ, des extases qui, parfois, ne pouvaient échapper aux autres moniales.

L’évêque, ayant été nommé archevêque de Ferrare, l’invita à venir fonder un institut dédié à l’adoration perpétuelle en l’honneur du Sacré-Cœur, mais la Mère Maria Luisa ne put y donner suite.

La Semaine Sainte de 1847, elle vécut intensivement la Passion du Christ : on remarqua des plaies en forme de couronne sur la tête, elle eut une blessure sanglante au cœur ainsi qu’au creux des mains. 

A partir du mois d’août, elle ne quitta pratiquement pas sa chambre, mais elle «voyait» ce qui se passait dans le couvent : certaines se relâchaient, rompaient le silence, elle les reprenait maternellement.

Proche de la mort, elle prit la position du Crucifié, et mourut le 12 septembre 1847.

Mère Maria Luisa a été béatifiée en 2012.

Le miracle retenu pour cette béatification fut la guérison totale et inexplicable d’une femme italienne, gravement malade de l’appareil cérébral.

 

Fortunato Arias Sánchez

1891-1936

 

Fortunato naquit le 11 juin 1891 à Almaciles (Puebla de Don Fadrique, Grenade, Espagne), de Félix et Petra, qui le firent baptiser deux jours après, avec les noms de Fortunato Miguel.

Pendant plusieurs années, Fortunato et son frère Félix allèrent à l’école voisine, distante six kilomètres de la maison.

A douze ans, il fut «placé» pour travailler dans un atelier à Caravaca (Murcia), où il connut et fréquenta avec joie le couvent des Carmes Déchaux.

Il en conçut un début de vocation, qui aboutit cependant au séminaire de Cartagena, grâce à la protection d’un oncle prêtre. Fortunato fut toujours reconnaissant à sa tante Teófila de l’avoir orienté vers le clergé diocésain, et lui écrirait encore peu avant de mourir qu’il lui devait sa vocation sacerdotale.

En 1905, il passa au séminaire San Fulgencio (Murcie), où il fut un ange de piété.

Après ses études ecclésiastiques en Murcie, il fut ordonné prêtre en 1918. Son père lui offrit alors une montre en argent.

Il fut d’abord professeur de latin au séminaire, jusqu’en 1926, puis en devint le supérieur, tout en participant à l’activité pastorale des paroisses voisines.

En 1926, il fut curé à Palmar, où il eut l’idée d’organiser avec ses fidèles une «caisse» pour l’assistance au clergé et à l’église paroissiale, ainsi qu’un conseil d’administration pour les comptes de la paroisse. Il organisa aussi des réunions avec les jeunes, pour leur enseigner des éléments de doctrine chrétienne et sociale. On disait qu’il avait les meilleures leçons de catéchisme du diocèse : d’ailleurs, les enfants étaient présents par centaines aux offices de l’église.

On pouvait dire qu’il était un véritable précurseur de l’Action Catholique.

Toutefois, sa santé était fragile ; cardiaque, il eut des crises qui parfois l’immobilisèrent au lit plusieurs jours, et qu’il supportait très patiemment.

Il fut curé à El Palmar ; quand il dut quitter cette paroisse, il renonça à saluer ses fidèles de vive voix, pour éviter la trop forte émotion, et leur écrivit un simple et très chaleureux mot d’adieu. Il fut ensuite, en 1935, archiprêtre à Hellín, dans la zone «républicaine».

La persécution de juillet 1936 fut si violente, qu’il écrivit à son vicaire de vite partir et de se mettre en sûreté, tandis que lui, le curé, restait près des fidèles.

Le 26 août, il écrivait aux siens qu’il se sentait aux dernières heures de sa vie, et leur demandait de pardonner à ses bourreaux. Ce fut sa dernière lettre.

Il fut incarcéré et reçut la couronne du martyre aux environs de Hellín (Albacete) au lieu-dit Cañada de los Pozos. Juste avant d’être exécuté, il remit sa fameuse montre en argent à celui qui allait tirer. A genoux, il pria : Que Dieu vous pardonne, comme je vous pardonne. Vive le Christ roi !

C’était le 12 septembre 1936 et il fut béatifié en 2007.

 

 

Jaime Puigferrer Mora

1898-1936

 

Il vit le jour le 12 juillet 1898, à Manlleu.

Il eut un frère aîné lasallien, qui mourut en 1914.

Entré chez les Frères des Ecoles Chrétiennes en 1914, Jaime (Jacques) prit le nom de Miquel de Jésus, mais ne put enseigner comme les Confrères, à cause d’une indisposition nerveuse ; il collabora avec eux, fut aussi sacristain, dans la communauté de Condal (Barcelone).

Le 20 juillet 1936, il se réfugia d’abord quelques jours au domicile de l’aumônier, puis rejoignit son pays, où vivait sa mère.

Il n’avait aucune crainte, répétant : S’il m’arrive quelque chose de désagréable, j’élèverai ma voix vers le Ciel et je dirai : Dieu soit béni.

Le 12 septembre 1936 en fin d’après-midi, quatre miliciens vinrent l’appeler pour une simple déclaration sans grande importance. La bonne maman voulait s’y opposer, retenant son fils, mais on enleva le Religieux par la force.

On retrouva quelques heures plus tard son corps en sang sur la route de Roda de Ter aux environs de Barcelone.

Interrogés, des ouvriers répondirent : On savait bien que ce monsieur était religieux et qu’il était chez les Frères depuis l’âge de douze ans. (En effet, avant sa prise d’habit, Jaime était élève dans ce même collège lasallien).

C’est le consul français à Barcelone qui paya les funérailles.

Le Frère Jaime-Miquel fut béatifié en 2007.

 

 

Josep Plana Rebugent

1900-1936

 

Josep vit le jour le 16 septembre 1900 à Sellera (Girona, Espagne), et fut baptisé le lendemain.

Il étudia chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, qui se trouvaient à Anglés, à sept kilomètres de chez lui, une distance qu’il ne devait certainement pas faire en scooter…

En 1916, il entra au novicat mineur de Hostalets, commença le noviciat proprement dit et reçut l’habit, avec le nom de Emeri Josep.

Après le scholasticat (1918), il exerça son ministère à Josepets et Barcelone.

Il enseigna à Gerona sur une période de quinze années, interrompues entre 1925 et 1928 par son service militaire, à Cuba, où il fut dans les communautés de Marianao et La Havane.

A son retour, il fut directeur du collège de Gerona, sous-directeur de la communauté, préfet du centre et professeur en classe commerciale.

En juillet 1936, toute la communauté dut se dissoudre. Frère Emeri se réfugia chez des connaissances puis, le 20 août, avec le Frère Hugo Julián (voir notice Julián Delgado Díez), ils s’installèrent dans l’Hôtel Quima, dont le patron était un bon chrétien.

Il y eut un contrôle des miliciens, qui s’intéressèrent à ces deux «professeurs». En quittant le patron, ils lui dirent qu’ils allaient vérifier quelques détails et qu’ils allaient revenir.

Effectivement, ils revinrent quelques jours plus tard à neuf heures du soir, réclamant les deux Frères. Ils les conduisirent dans un bosquet en face de la maison Dorca, sur la route de Ruidellots. C’était le 12 septembre 1936.

Frère Emeri Josep a été béatifié en 2007.

 

 

Julián Delgado Díez

1905-1936

 

Julián vit le jour le 9 janvier 1905 à Villarrodrigo de la Vega (Palencia, Espagne), jour de la fête de saint Julien, dont il reçut le nom au baptême, le 14.

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, en 1919, au novicat mineur de Hostalets ; il reçut l’habit en 1921 et prit le nom de Hugo Julián.

Après le scholasticat, il exerça son ministère à Gerona.

En juillet 1936, toute la communauté dut se dissoudre. Frère Hugo se réfugia chez des connaissances de Ruidellots, puis resta six semaines chez un ami.

Le 20 août, avec le Frère Emeri Josep (voir notice Josep Plana Rebugent), ils s’installèrent dans l’Hôtel Quima.

Les miliciens les y retrouvèrent pour les emmener à neuf heures du soir dans un bosquet en face de la maison Dorca, sur la route de Ruidellots. C’était le 12 septembre 1936.

Frère Hugo Julián a été béatifié en 2007.

 

 

Francisco Maqueda López

1914-1936

 

Il vit le jour le 10 octobre 1914 à Villacañas (Tolède, Espagne).

Son éducation le porta rapidement à lire la vie des Saints, à les imiter, à se sanctifier.

En 1925, il entra au Petit séminaire de Tolède.

En juin 1936, il fut ordonné sous-diacre.

Avant même l’explosion révolutionnaire de juillet 1936, il fut arrêté une journée le 23 juin, pour le délit d’enseigner le catéchisme aux enfants ; on le libéra sur paiement d’une amende.

Le 10 septembre, sentant son heure approcher, il se confessa, jeûna au pain et à l’eau et s’agenouilla devant sa mère en lui disant : Maman, donne-moi ta bénédiction ; je m’en vais au Ciel.

Le 11, les miliciens vinrent l’arrêter. Ils se moquaient de lui. Ses dernières paroles à sa famille furent : Adieu, maman, au Ciel ! Adieu, adieu à tout le monde, au Ciel !

On le conduisit à un petit ermitage dédié à Notre-Dame des Douleurs, dont les miliciens avaient fait leur prison. Francisco y retrouva une quinzaine de jeunes personnes. Il les invita à se préparer à la mort, à prier le chapelet avec lui ; tous se mirent à genoux et prièrent avec grand recueillement.

A minuit, on vint les chercher. Un camion les transporta vers la route d’Andalousie ; près de Dosbarrios, entre La Guardia et Ocaña, on les fit descendre. Il était deux heures du matin.

Francisco se tenait au milieu d’eux, chantant et priant. Les miliciens lui dirent : Il y a ton père ici (car le père de Francisco avait été fusillé là quelques jours auparavant) ; il leur répondit : Erreur ! mon père est au Ciel. Et eux : Et tu es joyeux ?

Il leur demanda de mourir en dernier, pour rester auprès des autres et les aider à bien mourir avec le Christ.

On les déshabilla presque entièrement, on leur tira dans les jambes, puis on les massacra au couteau.

Le sous-diacre Francisco Maqueda mourut le 12 septembre 1936, il n’avait pas vingt-deux ans.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Joan Roig i Diggle

1917-1936

 

Joan Roig i Diggle naquit le 12 mai 1917 à Barcelone (Espagne), de Ramon Roig Fuente et Maud Diggle Puckering, des parents peu fortunés, qui durent se déplacer à vingt kilomètres de là, à El Masnou, pour y trouver un travail.

Joan fit des études chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens), plus tard chez les Frères Piaristes ; il eut parmi ses professeurs deux Religieux qui moururent martyrs à la même époque et sont maintenant béatifiés : Ignasi Casanovas Perramón et Francisco Carveller Galindo (v. 16 septembre et 2 octobre) ; encore au lycée, il travailla dans un magasin de tissus, puis en usine.

S’il ne put faire davantage d’études, il était par ailleurs fortement marqué par sa Foi et notamment par sa participation quotidienne à la sainte Eucharistie. Il fit partie de la Fédération des Jeunes Chrétiens de Catalogne et, conscient de la tempête politico-religieuse qui se préparait, encourageait ses camarades à accepter même le martyre, si c’était la volonté de Dieu.

Dès le début de la révolution, le 20 juillet 1936, les miliciens républicains mirent le feu au siège de cette Fédération. Joan ne perdit pas son courage, galvanisant ses amis, visitant les blessés, enterrant les morts.

En particulier, le p. Tarrés i Claret (v. 31 août) confia à Joan une custode avec des Hosties consacrées, pour porter l’Eucharistie à des fidèles, car les églises étaient fermées. En quittant sa mère, il la rassurait : Je ne crains rien, le Maître est avec moi.

Mais les activités de Joan ne passaient pas inaperçues : au soir du 11 septembre, des miliciens vinrent l’arrêter. Joan consomma rapidement les Hosties qui lui restaient, pour éviter toute profanation. On l’emmena immédiatement aux environs de Barcelone, à Santa Coloma de Gramenet. Juste avant de tomber, il dit aux miliciens : Que Dieu vous pardonne comme je vous pardonne. Puis il reçut cinq balles dans le cœur, et une dans la tête ; c’était dans la nuit du 11 au 12 septembre 1936.

Il avait dix-neuf ans.

Joan Roig i Diggle devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 12 septembre.

 

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10 septembre 2020 4 10 /09 /septembre /2020 23:00

 

11 SEPTEMBRE

 

III.

SS Felix, Regula (et Exuperantius ?), martyrs à Zürich ; ce serait un soldat de la légion thébéenne, avec sa sœur et leur domestique, patrons de Zürich.

IV.

SS Protus et Hyacinthus, eunuques d'Eugénie, la fille du préfet d'Alexandrie, martyrs. 

S Paphnuce, évêque en Egypte ; dans une première persécution il avait eu les muscles des jambes coupés et un œil crevé. 

V.

S Patient, évêque à Lyon.

Ste Theodora, pénitente en Alexandrie ; elle vécut sous un nom masculin dans un monastère d'hommes, où elle accepta humblement d'élever l'enfant d'une prostituée qui prétendait l'avoir eu de “lui” (l'enfant devint plus tard abbé du monastère).

VI.

S Sacerdos, évêque à Lyon, qui se choisit son neveu Nicetius pour lui succéder.

S Deiniol, abbé et premier évêque à Bangor.

S Almire , ermite à Gréez-sur-Roc.

S Alveus, solitaire près de Domfront.

VII.

S Vincent, abbé à Léon et martyr des Ariens.

S Adelphius, abbé à Remiremont puis retiré à Luxeuil.

S Leudin (Bodon), frère de ste Salaberge, d'abord marié puis moine à Laon, évêque à Toul.

IX.

S Willibert, évêque à Cologne.

X.

S Elia le Spéléolote, ermite en Calabre.

XIII.

B Ludwig de Thuringe, époux de ste Elisabeth de Hongrie, mort en se rendant à la Croisade.

Ste Sperandea, abbesse bénédictine à Cingoli, mystique.

XVII.

Bx Gaspar Koteda, catéchiste, et deux enfants de douze et sept ans : Franciscus Takeya et Petrus Kawano Shichiemon, martyrs à Nagasaki, qui avaient échappé au Grand martyre de la veille.

B Miquel Gran (Bonaventura de Barcelone), franciscain, réformateur de monastères en Italie ; il fut marié à dix-sept ans, mais veuf à dix-huit. 

XVIII.

B François Mayaudon, chanoine à Saint-Brieuc, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

S Jean-Gabriel Perboyre, prêtre lazariste, martyr en Chine, crucifié et étranglé, canonisé en 1996.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1992 :

Hospitaliers : à Barcelone, le convers Lorenzo Villanueva Larráyoz (Pedro de Alcántara, *1881) ;

- béatifié en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, José María Segura Penadés (*1896) ; il avait lancé le patronage du Sacré-Cœur ;

- béatifiés en 2013 :

Ouvriers du Sacré-Cœur : près de Castellón, José Piquer Arnáu (*1881) et, près de Tarragona, Josep Pla Arasa (*1888) ;

Fr. Mineurs : près de Murcia, le prêtre Miguel Faúndez López (Antonio, *1907) ;

- béatifiés en 2017 :

Lazaristes : à Valencia, le prêtre Ráfael Vinagre Torres Muñoz (*1867) ;

- béatifiés en 2020 :

Dominicains : près d’Almería, les convers Fernando de Pablos Fernández et Ceferino Fernández Martínez (*1876, 1886).

 

Protus et Hyacinthus d’Alexandrie

3. siècle

 

Protus et Hyacinthus auraient été les deux serviteurs (eunuques) d’Eugenia, fille du préfet d’Alexandrie d’Egypte, et chargés par celle-ci d’enseigner les vérités chrétiennes à une princesse royale nommée Basilla.

Or Basilla fut exécutée, Eugenia décapitée ; Protus et Hyacinthus furent sommés d’adorer une statue païenne, qui en réalité s’écroula quand les deux se mirent en prière : on les décapita, puis Hyacinthus fut jeté aux flammes, ainsi peut-être que Protus.

Ce pouvait être au troisième siècle.

Les corps de ces deux Martyrs furent transportés à la catacombe romaine de Saint-Hermès (v. 28 août). Or on retrouva providentiellement la tombe intacte de Hyacinthus au 19. siècle, avec le nom de Yacinthus. Quelques ossements portaient des traces du feu ; quelques fils d’or attestaient sans doute la sépulture royale qu’on voulut leur réserver.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Protus et Hyacinthus d’Alexandrie au 11 septembre.

 

 

Paphnuce de Thébaïde

4. siècle

 

On sait peu de choses sur ce s.Paphnuce, mais ce sont des choses sacrées.

Il fut persécuté dans le début du quatrième siècle : condamné aux mines, il avait eu les muscles d’une jambe sectionnés et un œil crevé. C’est avec ces illustres stigmates qu’il se présenta en 325 au concile de Nicée.

Dix ans plus tard, en 335, il défendit ardemment la cause de s.Athanase (v. 2 mai) au concile de Tyr, et convainquit à sa cause le patriarche de Jérusalem, Maxime.

On dit que Paphnuce aurait proposé que les hommes mariés appelés au sacerdoce, ne fussent pas contraints à la séparation. Le saint évêque avait certainement une intention droite et charitable, mais il ignorait évidemment le futur concile de Carthage de 390, où fut rappelée cette sainte tradition :

Ce qu’enseignèrent les apôtres, et ce que l’antiquité elle-même a observé, faisons en sorte, nous aussi, de le garder.

A l’unanimité, les évêques déclarèrent : Il nous plaît à tous que l’évêque, le prêtre et le diacre, gardiens de la pureté, s’abstiennent du commerce conjugal avec leur épouse, afin qu’ils gardent une chasteté parfaite, ceux qui sont au service de l’autel.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Paphnuce de Thébaïde au 11 septembre.

 

 

Felix et Regula de Zürich

4. siècle

 

Felix aurait été un des légionnaires de l’illustre Légion thébéenne, conduite par s.Maurice (v. 22 septembre).

Avec Regula (son épouse ?) ils purent s’éloigner et rejoindre Zürich.

Mais à Zürich, ils furent de nouveau arrêtés et sommés d’apostasier. Durant leur arrestation, ils eurent la réconfortante vision d’un Ange.

Ils furent finalement décapités.

On leur a parfois adjoint un domestique du nom d’Exupêrantius.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Felix et Regula de Zürich au 11 septembre.

 

 

Patiens de Lyon

† 490

 

Patiens - qui portait bien son nom - était probablement d’une grande famille de la bourgeoisie lyonnaise.

Il fut appelé à succéder à s.Eucher (v. 16 novembre) , vers 449, comme vingtième évêque de Lyon.

Durant une difficile période de famine, il priait et se mortifiait intensément pour obtenir à son peuple d’avoir la force de rester sur place au lieu d’aller chercher du blé ailleurs et, pour cela, fit distribuer de grandes quantités de grain à toute la population, par le Rhône et par la Saône.

Le roi Chilpéric était en admiration devant ce prodige ; mais aussi le peuple, qui ne comprenait pas comment il faisait pour embellir ou réparer si richement des sanctuaires.

Une de ces églises se trouvait entre la Saône et le grand chemin, tournée à l’Orient équinoxial (donc tournée vers le soleil levant du 21 mars ou du 21 décembre), ornée de lambris dorés, d’incrustations de marbre et de mosaïques. Au devant, il y avait une cour entourée de trois galeries soutenues de colonnes d’Aquitaine… (s.Sidoine Apollinaire, v. 21 août). La consécration de l’église, vers 470, fut l’occasion de grandes fêtes qui durèrent plus de huit jours. On n’a pas identifié avec certitude s’il s’agit de l’église Saint-Irénée ou Saint-Nizier.

Toujours vers 470, il y eut un concile régional à Chalon-sur-Saône, présidé par Patiens.

Il fut présent aussi à un concile en Arles, vers 474.

On ne connaît pas la date précise de sa mort, qui put advenir vers 490. L’épiscopat de Patiens a donc pu durer une quarantaine d’années, peut-être un peu moins.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Patiens de Lyon au 11 septembre.

 

 

Sacerdos de Lyon

487-552

 

Sacerdos (qu’on a transformé souvent en Sardot ou Serdot en français) naquit vers 487, de s.Rusticus, lui-même évêque de Lyon.

On n’est pas obligé de donner créance à cette filiation, qui n’est pas recensée par tous, mais elle reste possible. Rusticus, vingt-deuxième évêque de Lyon de 494 à 501, a pu être marié et père avant de recevoir l’épiscopat, comme cela s’est vérifié en maintes autres occasions.

Sacerdos, lui aussi, fut père avant de recevoir l’onction épiscopale. Son fils, Aurelianus, devint évêque d’Arles (v. 16 juin).

Il devint donc à son tour évêque de Lyon en 549, vingt-septième titulaire du siège.

Comme tel, il présida le 5e concile d’Orléans (549).

Il avait un neveu, Nicetius (Nizier), un saint homme (v. 2 avril).

Au moment de mourir, Sacerdos se trouvait à Paris, où il s’était rendu pour rencontrer le roi Childebert ; il recommanda vivement à ce dernier d’appuyer l’élection de Nicetius pour lui succéder sur le siège de Lyon, ce qui arriva.

Sacerdos mourut à Paris le 11 septembre 552, et Nizier lui succéda.

Saint Sacerdos de Lyon est commémoré le 11 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Deiniol de Bangor

† 584

 

Deiniol (Daniel, Deniel) fut, d’après la tradition, le fils de Dunawt, noble aristocrate de Pays de Galles qui eut trois fils : Deiniol, Cynwyl et Gwartham.

Dunawt est honoré comme Saint. Il serait le frère d’un saint Samuel, père d’un saint Asaph (qui cependant n’est pas celui du 1er mai).

Un oncle de la famille, le roi Brochfael Ysgythrog de Powys, donna à Dunawt et ses fils des terres à Bangor Iscoed, pour y fonder un monastère.

Notre Deiniol cependant, fut d’abord moine à Llancarfan, sous la paternelle direction de s.Cadoc (v. 21 septembre).

Successivement, et grâce au roi Maelgwn de Gwynedd, Deiniol fonda l’abbaye de Bangor-Fawr et en fut le premier abbé.

Le concile de Llandwi Brefi fit appel à Deiniol pour être le premier évêque de Bangor (545).

Deiniol mourut en 584 et la cathédrale de Bangor Fawr prit son nom ; c’est là qu’il fut enterré.

La localité bretonne de Ploudaniel (= paroisse de Deiniol) dans le Finistère, montre combien la renommée de Deiniol s’étendait au loin.

Saint Deiniol de Bangor est commémoré le 11 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Adelphius de Remiremont

† 670

 

Adelphius fut peut-être le fils d’un noble et de cette Asselberga, qui était aussi la fille de s. Romaric (v. 8 décembre), futur abbé du mont Habend qui devint ensuite Remiremont.

Avec sa sœur Tetta (ou Gebetrude), Adelphius fut confié au monastère de Remiremont, puis fut appelé au service de l’évêque de Metz.

Revenu dans la solitude de Remiremont, il devint abbé, après 643, mais il ne resta dans cette charge que trois ans. Pressantant en effet sa mort prochaine, il se retira à l’abbaye de Luxeuil, où l’abbé le reçut avec joie.

Il y aurait eu dans ce monastère une brève rébellion de certains moines, qui y entraînèrent aussi Adelphius. Mais il s’en repentit humblement et pleura longtemps sa faute.

Arrivé le moment suprême, Adelphius appela par trois fois le Christ, et s’endormit en paix, le 11 septembre 670.

On reporta son corps à Remiremont, où des miracles eurent lieu.

Saint Adelphius fut canonisé en 1051.

Ludwig de Thuringe

1200-1227

 

Ludwig (Louis) naquit en 1200 au château de Creuzburg (Thuringe, Allemagne Centrale), aîné des cinq enfants (quatre garçons et une fille) du landgrave Hermann I et de Sophie de Bavière.

Il n’avait que onze ans, quand on lui amena sa fiancée, Elisabeth de Hongrie (v. 17 novembre), qui en avait quatre. C’est ainsi que les familles régnantes arrangeaient les mariages à cette époque.

Ludwig apprit le latin et le français, l’équitation, le droit et l’histoire. Bon, loyal et chaste, il aimait sa fiancée et lui apportait toujours un cadeau au retour de ses voyages.

Il reçut le pouvoir à dix-sept ans, à la mort de son père. En 1218, il fut sacré chevalier. En 1221 eut lieu le mariage de Ludwig et Elisabeth. Ce fut une union chrétienne, fidèle, qui connut des souffrances et de grands moments de sainteté. Trois enfants naquirent : Hermann II, Sophie, Gertrud. 

Pour certains faits qui illustrèrent leur vie conjugale, on pourra se référer ici à la notice Elisabeth de Hongrie. En voici un autre : comme Elisabeth demandait à sa servante de la réveiller la nuit, pour prier, cette servante se trompa un jour et tira le pied de Ludwig ; ce dernier, sans se fâcher, se rendormit en souriant.

Ludwig devait souvent s’absenter, à cause des activités militaires qui pouvaient lui permettre d’étendre son pouvoir sur d’autres territoires. Politiquement, il suivait l’empereur Frédéric II, qui n’était pas encore en rupture avec Rome. L’empereur l’ayant nommé Marschall, Ludwig en contrepartie s’engagea à le suivre dans la croisade.

En 1227, après avoir fait représenter le mystère de la Passion au château de la Wartburg, Ludwig fit ses adieux à ses vassaux réunis à Creuzburg et embrassa une dernière fois ses enfants. Elisabeth, enceinte, l’accompagna jusqu’à la frontière.

Arrivé à Otranto, Ludwig prit la fièvre et mourut. Peu avant d’expirer, il aperçut des colombes blanches et exprima son bonheur de partir avec elles, le 11 septembre 1227.

Dieu lui épargna ainsi de connaître la prochaine condamnation de l’empereur, qui devait être excommunié. 

Comme cela se faisait à cette époque, on détruisit les chairs du Landgrave dans l’eau bouillante pour ne garder que les os, qu’on rapporta en Allemagne. 

Ludwig n’est pas béatifié et ne se trouve pas au Martyrologe, mais bénéficie d’un culte populaire.

 

 

Sperandea de Gubbio

1216-1276

 

Sperandea - c’est le féminin de Sperandeo, «espère en Dieu» - était née vers 1216 à Gubbio (Ombrie, Italie C).

A neuf ans, après une vision du Christ qui l’appelait à se dépouiller des biens matériels, elle se couvrit d’une peau de cochon, qu’elle serra avec une ceinture de fer et quitta sa famille.. 

Désormais, sa vie devait être la mortification, la prière, l’union à la passion du Christ. Elle reçut d’autres visions, spécialement le Vendredi Saint.

Elle alla prêcher la pénitence ; on la vit à Rome, Spolète, Gubbio, Recanati, Fossato di Vico, Fabriano, Cagli, et peut-être bien aussi en Terre Sainte. Elle adressait volontiers ses convertis aux Frères Mineurs.

Des guérisons et des miracles l’accréditèrent. Avec le signe de la croix, elle opérait des prodiges, particulièrement envers les enfants malades, les femmes stériles et les prisonniers. Elle consolait les pauvres avec des paroles de douceur et de réconfort. On recourut à elle pour apaiser les discordes entre voisins, entre cités.

Elle se ménagea des retraites dans des ermitages d’une rare austérité, si incommodes parfois qu’elle s’attachait pour ne pas fuir.

Après ces périodes érémitiques et ces missions apostoliques, elle se fixa chez les Bénédictines de Cingoli (Ancône), où elle fut ensuite élue abbesse.

Ayant eu recours à des maçons pour quelques travaux dans le monastère, elle leur prépara le repas et leur demanda ensuite s’ils avaient besoin de quelque chose d’autre. On était au mois de janvier. Les ouvriers, pour plaisanter, lui demandèrent des cerises ; Sperandea pria, et reçut d’un ange un grand panier plein de cerises, qu’elle porta aux ouvriers. Ces derniers, tout confus, lui demandèrent pardon pour la taquinerie de mauvais goût.

C’est dans une grotte de Cingoli qu’elle passa un dernier carême, dans le plus complet dépouillement, malgré le froid.

Sainte Sperandea mourut le 11 septembre 1276 et son culte fut approuvé en 1633, mais elle n’est pas inscrite au Martyrologe.

Gaspar Koteda

1601-1622

 

(Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639).

Gaspar était né à Nagasaki en 1601. 

Il était catéchiste dans le même diocèse, et faisait partie du Tiers-Ordre dominicain. 

Il reçut, à vingt-et-un ans, le martyre de la mort lente par le feu, à Nagasaki, le 11 septembre 1622 et fut béatifié en 1867.

 

 

Franciscus Takeya

1610-1622

 

(Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639).

Franciscus était né à Nagasaki en 1610, de Cosmas Takeya Sozaburō et de Agnes Takeya. Cosmas fut martyrisé le 18 novembre 1619, et Agnes le 10 septembre 1622. 

Franciscus subit à son tour le martyre, comme sa mère la veille, décapité le 11 septembre 1622 : il avait douze ans.

Il fut béatifié avec ses parents en 1867.

 

 

Petrus Kawano

1615-1622

 

(Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639).

Petrus était né à Nagasaki en 1615, de Bartholomæus Kawano Shichiemon et de Marina (Maria) Tanaura, qui furent martyrisés le 10 septembre 1622. 

Petrus avait été caché par des chrétiens qui, dénoncés, durent le livrer. L’enfant, de sept ans, refusa de renier sa foi.

Un soldat le prit dans ses bras pour le porter sur la Sainte Colline, où il s’agenouilla et subit à son tour le martyre, décapité le 11 septembre 1622.

Il fut béatifié avec ses parents en 1867.

 

 

Miquel Baptista Gran Peris

1620-1684

 

Miquel vit le jour le 24 novembre 1620 à Riudoms (Barcelone, Espagne), d’un père suffisamment autoritaire qui l’obligea à se marier à dix-sept ans.

Lorsque la noce sortit de l’église, le marié manquait… ravi en extase à l’intérieur.

Les deux époux vécurent comme frère et sœur pendant quelques mois, après quoi Miquel fut veuf.

Il entra alors chez les Frères Mineurs de Escomalbou, où il fit profession avec le nom de Bonaventura.

On l’envoya à Mora de Ebro, Figueras, la Bisbal del Ampurdán, Tarrasa, puis, en 1658, à Rome. Il fonda des ritiri (ermitages) dans l’esprit de saint François, mais que les Supérieurs de l’époque n’appréciaient pas beaucoup. L’appui de deux cardinaux lui permirent tout de même d’en installer un à Ponticelli (Sabine) en 1675, et surtout celui de Saint-Bonaventure au Palatino à Rome, la même année.

Il fut appelé par plusieurs papes qui lui demandèrent conseil.

Il mourut à Rome le 11 septembre 1684, et fut béatifié en 1906.

Un des miracles retenus pour la béatification, fut en 1790 la guérison instantanée d’une femme en très mauvaise situation suite à une brutale chute de cheval, après qu’on lui fit toucher une relique de Miquel ; l’autre miracle fut en 1818 la guérison d’une femme demeurée dans le coma pendant trois jours après l’accouchement et qui fut également touchée par une relique de Miquel.

 

 

François Mayaudon

1739-1794

 

François était né le 4 mai 1739 à Terrasson (Dordogne).

Il fit de brillantes études théologiques à l’université de Paris.

Vicaire général et doyen de la cathédrale de Soissons, il fut ensuite vicaire général pour le diocèse de Saint-Brieuc. Il montra un talent particulier dans l’administration de ces deux diocèses.

Le fonds de son caractère était la douceur, la bonté, la modestie, l’affabilité.

Il mourut comme un saint et fut universellement regretté, le 11 septembre 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Jean-Gabriel Perboyre

1802-1840

 

Ce futur missionnaire fut un cadeau royal pour ses parents, de bons cultivateurs : il naquit le jour de l’Épiphanie, 6 janvier 1802, à Mongesty près de Cahors (Lot). Pierre Perboyre et Marie Rigal auront huit enfants, dont six entreront en religion. Jean-Gabriel est leur aîné, et devrait reprendre l’exploitation.

La vocation de Jean-Gabriel fut toutefois assez anecdotique : il accompagnait son petit frère Louis au séminaire, le temps que ce dernier s’y habitue, mais il entendit alors la vocation. Ses pieux parents l’encouragèrent vivement à persévérer.

Le séminaire de Montauban était dirigé par son oncle lazariste, et quoique déjà âgé de quinze ans et n’ayant jamais fait de latin, Jean-Gabriel rattrapa vite ses camarades.

Jean-Gabriel choisit justement la Congrégation de la Mission, fondée par saint Vincent de Paul en 1625. Il fit son “noviciat” sur place, avec son oncle, car l’Institut était encore un peu désorganisé, à la suite de la Révolution.

Modèle de novice et de séminariste, il fit sa théologie à Paris entre 1811 et 1814, prononça ses voeux en 1820 ; avant d’être ordonné prêtre (1826), il est professeur à Montdidier près d’Amiens pendant trois ans. Puis il sera chargé de la formation des séminaristes de Saint-Flour. Il est professeur au grand séminaire, puis directeur du petit séminaire en 1831.

Entre temps, Louis était aussi entré dans la même Congrégation et avait postulé pour aller en Chine : déjà un autre Lazariste y avait été martyrisé en 1820 : François-Régis Clet (voir au 18 février). Mais Louis mourut durant la traversée (1832). Jean-Gabriel demanda à le remplacer. 

Sa petite santé fait d’abord pencher ses supérieurs et ses médecins pour la négative. Mais l’autorisation arriva quand même.

Il arrive en Chine en août 1835. Après un temps de préparation à Macao, il fait un voyage de huit mois à pied ou à cheval pour joindre Nanyang (Honan) et étudie la langue avec ferveur : au bout de cinq mois il peut s’exprimer en bon chinois et se lance dans la prédication.

On l’envoie dans le Hubei, la région des lacs du Yangtze Kiang (le Fleuve Bleu). Il s’efforce d’oublier ses propres épreuves et tentations et d’être toujours actif.

La petite église est d’une pauvreté extrême mais, dit le père Perboyre, sa richesse est le millier de fidèles qui la remplit, même sous la pluie et la neige.

En 1839-1842 il y eut la “guerre de l’opium” entre la Chine et l’Angleterre, qui alourdit encore plus l’atmosphère de persécutions qui sévissait depuis quelque temps.

Le 15 septembre 1839, le père Perboyre se trouvait avec un père lazariste chinois (Wang), un autre lazariste français (Baldus) et un franciscain (Rizzolati). Une alerte leur parvint, à laquelle ils ne crurent pas nécessaire de donner suite. On alla se cacher trop tard. Les soldats menacèrent un catéchumène, qui eut la faiblesse d’indiquer où se cachait le père Perboyre.

La marche au supplice commença par des interrogatoires sans fin et sans ménagement. Jean-Gabriel fut transféré à Siang-Yang. On le mit plusieurs heures à genoux sur des chaînes de fer rouillées, on le suspendit par les pouces et les cheveux à une poutre (supplice appelé hantzé), on le battit à coups de cannes de bambou, au milieu des moqueries et des insultes.

Transfert à Wuchang. Vingt interrogatoires devant quatre tribunaux. On força quelques chrétiens à abjurer et à cracher sur le missionnaire, qui refusa de piétiner le Crucifix et reçut pour cela cent-dix coups de rotin. On voulut l’accuser d’avoir eu des relations immorales avec une jeune vierge chinoise, Anna Kao. On l’obligea à revêtir les ornements sacerdotaux, pour mieux l’insulter et l’accuser.

Jean-Gabriel ne céda pas un instant. Sa dernière réponse au vice-roi fut : Plutôt mourir que renier ma foi. La sentence fut la condamnation à mort par strangulation.

En cette période de guerre avec l’Occident, l’atmosphère n’était pas à la conciliation. La sentence fut confirmée et mise à exécution le 11 septembre 1840.

Comme le Christ, Jean-Gabriel fut conduit sur une colline avec des bandits. On le lia à un poteau en forme de croix ; lui ayant passé une corde autour du cou, serrée avec un bambou, on l’étrangla. Il était midi.

Le cœur du père Jean-Gabriel a été conservé sur place, tandis que son corps est maintenant en France, à la maison-mère de Paris.

Il a été béatifié en 1889, puis canonisé en 1996 : il est le premier martyr de Chine canonisé. 

Il est inscrit le 11 septembre au Martyrologe.

Ráfael Vinagre Torres Muñoz

1867-1936

 

Né le 24 octobre 1867 à Feria (Badajoz), de Ildefonso et Isabel, il étudia au séminaire de Badajoz, puis entra dans la Congrégation de S.Vincent de Paul (Vincentiens ou Lazaristes), à Madrid.

En 1891, il fut ordonné prêtre et enseigna trois ans au séminaire. Puis il fut envoyé trois ans aux Philippines.

De retour en Espagne, il fut à Alcorisa et, en 1899, fut missionnaire au Mexique pendant vingt-deux ans (Tlapan, Oajaca, Mexico, Puebla), où il connut la persécution liée au gouvernemnt laïc, raison pour laquelle on l’envoya à Cuba.

En 1926, de retour en Espagne, il fut à Ecija puis Séville ; enfin, lui et le p. Agapito Alcalde Garrido (v. 31 juillet) furent aumôniers à la maison de retraite des Filles de la Charité à Puig (Valencia) ; il y avait là plus de cent Religieuses, âgées et malades.

Le dimanche 26 juillet, on vint les arrêter tous les deux. Tandis que le p.Agapito était assassiné le 31 juillet, le p.Ráfael fut remis en liberté quelque temps, mais fut à nouveau arrêté le 18 août et tenu en prison.

Il reçut les balles ennemies le 11 septembre 1936, à Valencia.

Béatifié en 2017, Ráfael Vinagre Torres Muñoz sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 11 septembre.

 

 

Fernando de Pablos Fernández

1876-1936

 

Fernando de Pablos Fernández naquit le 6 avril 1876 à Valcuende (León, Espagne).

Maître d’école, il demanda à entrer dans l’Ordre dominicain comme frère convers.

Il enseigna à nouveau, mais dans les couvents de l’Ordre, à Almagro en 1904, puis en divers autres couvents jusqu’à celui d’Almería, où il fut sacristain.

Réfugié dans un hôtel le 22 juillet, il y fut arrêté par des miliciens, qui l’enfermèrent d’abord dans le couvent - transformé en prison - des Adorateurs, puis à bord du bateau-prison Astoy Mendi. Au soir du 10 septembre, on l’emmena à la porte du cimetière pour l’assassiner.

Il fut assassiné le 11 septembre 1936 au lieu-dit Pozo Cantavieja (Tahal, Almería). On trouve aussi la date du 26 septembre, qui est peut-être erronée.

Fernando de Pablos Fernández devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe en date du 11 septembre.

 

 

Lorenzo Villanueva Larráyoz

1881-1936

 

Lorenzo naquit le 20 juillet 1881 à Osinaga (Juslapeña, Navarre, Espagne).

A vingt-sept ans, il entra chez les religieux de l’ordre de Saint-Jean-de-Dieu et prit le nom de Pedro de Alcántara.

Il eut diverses missions, avant d’être envoyé à l’hôpital de Barcelone.

C’était le moment de la révolution en juillet 1936. Les bandes firent irruption dans la maison religieuse, saccageant tout, confisquant les registres, profanant les objets du culte, tenant enfermés comme en prison les religieux. Puis, le 26 juillet au soir, on les laissa partir.

Lorenzo-Pedro vint se réfugier chez des habitants, où il passa son temps dans la prière. Le 4 septembre, une patrouille vint perquisitionner ; Lorenzo déclara qu’il appartenait à un ordre religieux : on l’arrêta en même temps que ses hôtes.

Deux jours après, ces derniers furent libérés, mais Lorenzo fut abattu parce qu’il était religieux, dans la nuit du 11 au 12 septembre 1936.

Il a été béatifié en 1992.

Il est mentionné le 11 septembre au Martyrologe.

 

 

José Piquer Arnáu

1881-1936

 

José (Joseph) vint au monde le 27 octobre 1881 à Onda (Castellón, Espagne).

Il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et fut ordonné prêtre.

Quand il fut en détention, il put voir de sa fenêtre comment on emmenait le corps d’un prêtre qui avait été son élève : Veinard, fiston, qui nous précèdes ; je ne vais pas tarder à te suivre.

Il reçut la palme du martyre à Bechí (Castellón) le 11 septembre 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Ceferino Fernández Martínez

1886-1936

 

Ceferino Fernández Martínez naquit le 26 août 1886  à Villanueva de la Nía (Santander, Espagne).

En 1908, il entra au collège dominicain d’Almagro, où il fit la première profession la même année, prenant le nom de Luís María.

On l’envoya en mission à Cuba et au Mexique.

En 1934, il revint en Espagne et se trouvait à Almería lors de la guerre civile espagnole de juillet 1936.

En même temps que son Confrère Fernando de Pablos Fernández, il fut assassiné le 11 septembre 1936 au lieu-dit Pozo Cantavieja (Tahal, Almería).

Ceferino Fernández Martínez devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 11 septembre.

 

 

Josep Pla Arasa

1888-1936

 

Josep vit le jour le 16 novembre 1888 à Santa Bárbara (Tarragona, Espagne).

Il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et fut ordonné prêtre.

On le connaissait communément comme Mossèn Flores.

Il écrivit : Je serai bien heureux si, après cette vie cachée, Dieu m’accepte comme martyr secret.

Il fut martyrisé à Tortosa (Tarragona), le 11 septembre 1936.

Peu avant d’être béatifié, il fut confondu avec un homonyme de l’époque, républicain et athée, qui n’avait vraiment rien à voir avec lui ; une descendante dut fournir toute une documentation, signée du curé de l’endroit, pour le prouver.

Don Josep, lui, fut enfin béatifié en 2013.

 

 

José María Segura Penadés

1896-1936

 

Il était né le 13 octobre 1896 à Ontinyent (Valencia, Espagne), de Vicente et Concepción, qui le firent baptiser dès le lendemain.

Le père était avocat ; les parents étant très pratiquants, l’enfant entendit très jeune l’appel de Dieu.

Après ses études au Petit, puis au Grand séminaires de Valencia, il fut ordonné prêtre en 1921.

D’abord vicaire à Villa de Adzaneta de Albaida, il fut nommé en 1929 à Ontinyent, son pays natal.

Dans la première paroisse, il fonda pour les jeunes la congrégation de Saint-Louis-de-Gonzague ; on voyait cette jeunesse dans les rues, le dimanche, prier le chapelet. Il fonda en outre un patronat ouvrier dédié au Sacré-Cœur : les jeunes ouvriers s’y retrouvaient pour des cours du soir, mais aussi des enfants pour recevoir un bon enseignement, former une troupe théâtrale.

Ce patronat subit un accident juste après Noël 1926 : le toit s’écroula sous la neige ; fort heureusement, il était vide, alors qu’il était comble la veille pour la représentation de la Crêche ; don José le fit reconstruire à ses propres frais.

Dans la deuxième paroisse, le curé s’occupa avec zèle renouvelé du Centre paroissial, pour lequel il puisait largement et généreusement dans son héritage personnel. Il y donna beaucoup de leçons de Religion et d’Histoire Sainte.

Toute la population lui était attachée. Le 24 juin 1936, les jeunes lui offrirent un gâteau avec l’inscription : les jeunes de l’Action Catholique suivront leur curé jusqu’à la croix, ce qui reflétait bien l’ambiance qu’on respirait alors.

Lors de la persécution de 1936, dès le 18 juillet, les activités paroissiales cessèrent. Don José célébra chez lui, jusqu’au 15 août. Profitant d’un sauf-conduit de son Confrère, il se dirigea vers Valencia, mais il fut dénoncé par une milicienne de Ontenyent, de sorte que des miliciens qui voyageaient le firent arrêter à Játiva, où on le mit en «prison» dans le couvent San Francisco. On lui demanda de renoncer à tout : à ses biens, à ses activités, mais aussi à sa foi et à son sacerdoce.

Les miliciens ne lui laissèrent pas le temps de discuter : ils le fusillèrent en gare de Genovés (Valencia), le 11 septembre 1936. Un mois plus tard, il aurait eu quarante ans.

Don José María a été béatifié en 2001.

 

 

Miguel Faúndez López

1907-1936

 

Il vit le jour le 23 juillet 1907 à La Hiniesta (Zamora, Espagne), cinquième des six enfants de Jorge et Eugenia, qui le firent baptiser deux jours après. Il fut confirmé en 1916.

En 1919, il entra au collège franciscain de Cehegín.

En 1923, il entra au noviciat des Frères Mineurs franciscains à Jumilla (Murcia) et fit la première profession à Lorca en 1924, avec le nom de Antonio.

Après les années de philosophie à Santo Ángel, Antonio fit la profession solennelle en 1928, puis les années de théologie à Orihuela.

En 1931, Il fut ordonné prêtre.

Dès lors, il fut professeur de littérature au collège de Cehegín, en même temps qu’il exerçait le saint ministère par la prédication et le sacrement de Réconciliation. Il dirigea la Jeunesse Antonienne.

Dès le 11 mars 1936, le collège fut assailli et le père Antonio obligé à une vie de juif errant.

Il passa au couvent de Lorca, qu’il quitta le 23 juillet pour Altobordo ; il revint à Cehegín, puis trouva refuge à Orihuela et Bullas, chez des amis accueillants, qui avaient là aussi leur fils prêtre, Fermín García.

Le 11 septembre 1936, des miliciens vinrent chercher le père Antonio pour, soi-disant, le conduire au Comité, avec la promesse de lui délivrer un sauf-conduit pour retourner dans son pays.

En chemin, il se rendit compte qu’on n’allait pas du tout au Comité, et bien plutôt vers le cimetière ; il se mit à courir, criant : Vive Notre-Dame du Rosaire ! Vive le Christ Roi !

Les balles l’atteignirent immédiatement. Une première salve le blessa ; rejoint par les miliciens, il reçut plusieurs coups de crosse d’armes, se traîna encore sur une dizaine de mètres, reçut une deuxième décharge, et le coup de grâce. Il mourut ainsi, victime de la haine antireligieuse.

Le père Antonio fut béatifié en 2013.

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9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 23:00

 

10 SEPTEMBRE

 

I.    

SS Apelle, Luc, deux des soixante-douze disciples du Christ, et Clément, respectivement évêques à Smyrne, Laodicée et Sardique, martyrs.

S Barypsapas, solitaire à qui échut une gourde contenant le sang et l'eau échappés du côté du Christ en croix ; la relique serait arrivée enfin à Constantinople.

III.    

S Nemesius, martyr à Alexandrie ; calomnié comme brigand, il fut accusé comme chrétien et brûlé au milieu de brigands.

Stes Ménodore, Métrodore et Nymphodore, sœurs vierges et martyres en Bithynie.

SS Nemesianus, deux Felix, Lucius, Litteus, Polianus, Victor, Iader, Dativus, évêques en Afrique et longuement persécutés.

V.    

S Agabius, évêque à Novare.

S Véran , fils de s. Eucher et disciple de s. Salvien, évêque à Vence.

Ste Pulchérie, impératrice, partisane de l'orthodoxie contre le nestorianisme et le monophysisme.

VI.    

S Finnian , évêque en Irlande, patron de l'Ulster.

S Salvy, abbé puis évêque à Albi ; au monastère, il fut mort et raconta ensuite comment des Anges l'avaient conduit aux cieux.

S Salvin, évêque à Mâcon.

Ste Candide la Jeune, à Naples.

VII.    

S Théodard, évêque à Tongres, martyr.

VIII.    

S Aubert, évêque à Avranches, qui fit bâtir sur le Mont Tombe une église dédiée à l'Archange Saint Michel ; on dit que l'Archange dut insister par trois fois pour le convaincre, et lui laissa la marque de son doigt sur le crâne, qui porte, depuis, un trou.

X.    

S Frithestan, évêque à Winchester.

XI.    

S Pierre, évêque à Compostelle.

XII.    

B Serlon, abbé à Savigny, qui confédéra tous ses monastères à Cîteaux ; il obtint avec difficulté de se retirer du gouvernement.

XIII.    

B Oglerius, abbé cistercien à Lucedio ; il soutint que la Vierge Marie fut conçue hors du péché. 

XIV.    

S Nicola de Tolentino, augustin, très austère pour lui-même, très bon pour les autres ; il révéla un jour que, petit, il voyait Jésus dans l'Hostie, mais plus par la suite.

XVII.    

Bx Sebastianus Kimura (premier prêtre japonais) avec cinquante-et-un compagnons, martyrs à Nagasaki ; ce jour a été appelé le Grand martyre ; vingt-deux prêtres et religieux furent brûlés à petit feu, les autres “seulement” décapités parce que complices, presque tous japonais : 

- Jésuites : Sebastianus Kimura (qu'on disait descendant du premier néophyte baptisé par s. François Xavier), Carlo Spinola (italien) ; d'autres religieux : Antonius Kyūni, Gundisalvus Fusaï Chōzō, Thomas Akahoshi, Petrus Sanpō, Michaël Satō Shunpō, Ludovicus Kawara Rokuemon, Ioannes Chūgoku ;

- Dominicains : Michele Orsucci (Angelo de s.Vincent Ferrer, italien), Alonso de Mena Navarrete, Francisco Morales Sedeño, Pedro Orfanel Prades (Jacinto), José Negro Maroto (J. de Saint-Hyacinthe), espagnols ; Ioannes Nagata Magoshichirō (Dominicus du Rosaire), Alexius Sanbashi Saburō et Thomas du Rosaire, convers ; 

- Franciscains : Pedro de Ávila, Vicente Ramírez de Saint-Joseph (espagnols), Lambert Trouvez (Richard de Sainte Anne, belge) ; 

- Laïcs catéchistes : Leo Satsuma ; Lucia de Freitas (seule femme brûlée) ; Antonius Sanga et son épouse Magdalena, Antonius Hamanomachi, dit Le Coréen, et son épouse Maria, avec leurs garçons Ioannes et Petrus, Paulus Nagaishi et son épouse Thecla avec leur garçon Petrus, Paulus Tanaka et son épouse Maria, Dominicus Yamada et son épouse Clara, Isabel Fernandes (épouse du b. Domingos Jorge) et son fils Ignatius de quatre ans, Maria Murayama (épouse du b. Andreas Murayama Tokuan), Agnes Takeya (épouse du b. Cosmas Takeya Sozaburō), Maria Yoshida (veuve du b. Ioannes Yoshida Shōun) ; d'autres sainte femmes : Dominica Ogata, Apollonia, Catharina ; ainsi que Jacques Chimba et Dominique Tamba, non béatifiés parce qu'ils demandèrent la décapitation au lieu du feu qui les effrayait ; 

- Laïcs : Dominicus Nakano (19 ans) fils du b. Matthias, Bartholomæus Kawano Shichiemon et son épouse Marina Maria Tanaura ; Damianus Tanda Yaichi et son petit garçon Michaël, Thomas Shichirō, Rufus Ishimoto, Clemens Ono et son fils Antonius de trois ans.

A noter aussi que deux autres religieux moururent en prison : Ambrosio Fernandes (coadjuteur jésuite portugais) et Juan de Saint-Dominique (dominicain espagnol).

S Edward Barlow (Ambrose), bénédictin anglais à Lancaster, quatrième de quatorze enfants dont le grand-père était mort en prison pour sa foi, arrêté le jour de Pâques, martyr à Tyburn.

XVIII.    

B Jacques Gagnot (fr. Hubert de Saint-Claude), carme à Nancy, déporté aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.    

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2007 :

Dominicains : à Madrid, le prêtre Leoncio Arce Urrutia (*1899) ;

Ouvriers du Sacré-Cœur : près de Tarragona, Tomás Cubells Miguel (*1867) ;

Lasalliens : à Barcelone, Félix España Ortiz (Benito Clemente, *1889) ;

- béatifié en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Fernando González Ros (*1871).

 

Nemesius d’Alexandrie

† 251

 

Nemesius vivait en Alexandrie d’Egypte.

Il subit d’abord une vilaine calomnie : il comparut comme brigand devant le juge, qui prononça un non-lieu.

Plus tard, il fut accusé de christianisme et, pour ce crime, comme le Christ, condamné au milieu de brigands ; il en partagea les supplices, qui s’achevèrent par le feu.

C’était lors de la persécution de Dèce, vers 251.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Nemesius d’Alexandrie au 10 septembre.

 

 

Clergé de Numidie

† 257-258

 

Par le mot clergé, on entend ici un certain nombre d’évêques, prêtres et diacres, qui subirent la persécution en Afrique et auxquels s.Cyprien de Carthage (v. 14 septembre) envoya une lettre pour les soutenir et les encourager dans leur fidélité.

Cyprianus parle de ses confrères dans l’épiscopat :

  • Dativus
  • Felix
  • Felix (un autre)
  • Iader
  • Litteus
  • Lucius
  • Nemesianus
  • Polianus
  • Victor

Ces neuf Personnages étaient donc évêques, mais Cyprianus n’indique pas leur siège ; ils devaient être en Numidie. Cyprien ne nomme pas davantage les prêtres et les diacres, qui devaient être fort nombreux.

Cyprien rappelle qu’ils furent d’abord bastonnés, puis enfermés dans les mines, les pieds entravés.

Certes, ils ne pouvaient pas célébrer les saints Mystères, mais, ajoute Cyprien, ils célèbrent et s’offrent eux-mêmes à Dieu en sacrifice précieux et glorieux, jour et nuit.

Dans leur réponse, les évêques remercièrent Cyprien pour cette lettre qui avait illuminé leur nuit.

On ne sait pas si, par la suite, ces évêques et leurs compagnons furent mis à mort.

Le Martyrologe Romain mentionne ces saints Athlètes du Christ au 10 septembre.

 

 

Agabius de Novare

5e siècle

 

Le premier évêque de Novare, s.Gaudentius (v. 22 janvier), mourut en 417, après avoir désigné son successeur en la personne d’Agabius.

Ce dernier fut donc le deuxième évêque de Novare, sans qu’on en sache davantage sur lui.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Agabius de Novare au 10 septembre.

 

 

Pulchérie, impératrice

399-453

 

Pulchérie était un des enfants de l’empereur Arcadius et d’Eudoxie. Son jeune frère allait devenir l’empereur Théodose II.

Ce dernier fut proclamé Auguste dès 402, pratiquement à sa naissance, et s’associa sa sœur Pulchérie comme Augusta en 414. Elle était bien jeune ! Mais le préfet Anthème sut administrer sagement les affaires en attendant la majorité des deux enfants.

Tandis que Théodose s’intéressait plutôt aux belles choses, Pulchérie, elle, savait diriger et commander. C’était par ailleurs une femme pieuse : elle présenta à son frère une belle Athénienne nommée Athénaïs, qui reçut au baptême le nom d’Eudoxie et épousa le jeune empereur.

Pulchérie mit son crédit au service de la Vérité : elle combattit le nestorianisme, qui fut solennellement condamné au concile d’Ephèse (431).

Quand Théodose II mourut (450), Pulchérie s’empara du pouvoir en renvoyant le chambellan Chrysaphios qui s’était montré odieux, puis elle épousa Marcianos, qu’elle fit nommer empereur et qui fut un honnête politicien.

En 451, le concile de Chalcédoine condamna définitivement le monophysisme : là encore, Pulchérie s’était employée à soutenir la Vérité.

Pulchérie mourut en 453, en principe le 11 novembre.

Le Martyrologe Romain mentionne l’impératrice sainte Pulchérie au 10 septembre.

 

 

Salvius d’Albi

† 584

 

Natif d’Albi, Salvius (Salvy) étudia le droit et fut avocat dans sa ville.

Il entra assez tard dans le monastère de cette ville, dont il devint abbé.

Depuis longtemps, il vivait dans une sorte de réclusion, et soumettait son corps à une telle ascèse, qu’il en contracta une maladie qui lui fit changer de peau neuf fois. Une fois abbé, il s’enfonça encore plus dans l’étude et la prière, recevant avec simplicité ceux qui venaient lui demander un conseil, moines ou laïcs.

Salvy mourut et les moines préparèrent ses funérailles, quand le corps de l’Abbé s’agita et Salvy se réveilla comme d’un profond sommeil ; il passa trois jours sans manger ni boire, convoqua les moines et leur raconta la longue vision qu’il venait d’avoir : porté par les Anges, il avait entrevu le Paradis, mais Dieu voulut le rendre à son diocèse pour le bien de l’Eglise.

Il comprit cependant que ce récit qu’il fit aux moines n’avait pas plu à Dieu, qui le «punit» : sa langue enfla, et la bonne odeur qu’il percevait disparut ; puis il reprit de la nourriture.

Le témoin de cette merveille, s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre), se l’entendit raconter par Salvy lui-même, dont il était contemporain ; il ajoute ce mot de Salluste : Quand il s’agit de la vertu et de la gloire des grands hommes, chacun accepte avec indifférence ce qu’il se croit capable de faire lui-même, mais tout ce qui dépasse ce niveau, il le tient pour imaginaire et mensonger. On peut donc réellement croire ce que Grégoire a écrit.

Quelques années passèrent : Salvy fut nommé évêque d’Albi en 574. Il en était le septième titulaire.

Lors des guerres internes de la Gaule, Salvy obtint de Chilpéric la libération des nombreux otages qu’il avait emmenés - et aussi réussit à le persuader, sans le froisser, de ne plus écrire de considérations théologiques plus que douteuses : Chilpéric niait les trois Personnes divines ! Quelques jours plus tard, Salvy eut la vision au-dessus de la maison royale d’un glaive divin : deux fils de Chilpéric allaient mourir.

En 584, une épidémie de peste s’abattit sur Albi. Salvy organisa des secours, des prières publiques ; lui-même fut contagié et rendit son âme à Dieu, le 10 septembre.

Si les révolutionnaires s’emparèrent des reliquaires pour les faire fondre, les reliques de Salvy furent sauvées et restituées au lendemain des jours sombres.

Saint Salvy d’Albi est commémoré le 10 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Théodard de Tongres

620-670

 

Sur Théodard se concentrent un certain nombre d’hypothèses que les historiens n’ont pas réussi à transformer en certitudes.

Théodard était peut-être né en Gaule ou en Austrasie, en tout cas vers 620, sous Clotaire II.

On lui a attribué la paternité de sainte Irmina (v. 24 décembre), mais avec des arguments insuffisants.

Il a pu être disciple de s.Remacle (v. 3 septembre). S’il s’avérait que ce dernier fut le vingt-sixième évêque de Tongres, Théodard lui succéda comme vingt-septième titulaire de ce même siège, vers 669.

Il voyageait dans la région de Spire, peut-être pour aller présenter quelques doléances au prince de la région, Childéric II, lorsqu’il fut assassiné près de cette ville.

Théodard est considéré comme martyr.

Saint Théodard de Tongres est commémoré le 10 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aubert d’Avranches

660-725

 

Aubert descendait d’une famille seigneuriale ; il naquit en 660, aux environs d’Avranches (Manche).

Héritier de grands biens, il distribua ses richesses aux pauvres et se consacra à Dieu.

En 704, il devint le douxième évêque d’Avranches.

On lui attribue un miracle retentissant, lorsqu’il intima l’ordre à un «dragon» de disparaître dans la mer, en faisant dans sa direction le signe de la Croix et en lui imposant son étole.

Par la suite, alors qu’Aubert se retirait volontiers sur une montagne assez sauvage, le Mont Tombe, pour y prier et méditer, il reçut en 708 de l’Archange s.Michel la mission de construire là un sanctuaire en son honneur. Aubert crut d’abord à une suggestion diabolique, mais quand il se réveilla avec à la tête la marque du doigt de s.Michel, qu’il avait vu en songe, il comprit que l’ordre venait du Ciel.

Aubert fut donc l’artisan de la construction de l’abbaye du Mont Saint Michel, bien connue des pèlerins et touristes du monde entier. L’édification de l’abbaye et du sanctuaire aurait été ponctuée par divers miracles, comme la forme ronde signalée par la rosée, l’emplacement de l’oratoire par la démarche d’un taureau, etc.

Aubert fit la dédicace de l’église en 709 et mourut vers 725.

Aux Chanoines qu’il y installa, succédèrent des Bénédictins. On conserve le crâne d’Aubert, qui porte une marque particulière sur le crâne ; un médecin, prétextant des «analyses», réussit en 1792 à le préserver de la fureur révolutionnaire et le restitua à l’Eglise.

Saint Aubert d’Avranches est commémoré le 10 septembre dans le Martyrologe Romain.


 

Serlon de Savigny

† 1158

 

Serlon de Savigny - comme on le nomme habituellement - était natif de Vaubadon (Calvados).

Il était, disait-on, fort lettré, et excellent orateur. Vrai contemplatif, il aimait le recueillement, l’effacement. Après la prière, il conseillait vivement la lecture assidue : Celui qui prie s’entretient avec Dieu ; celui qui lit, Dieu s’entretient avec lui.

Bénédictin à Cerisy, il rejoignit saint Vital à Savigny (v. 16 septembre) quand celui-ci fonda cette nouvelle abbaye pour y vivre plus intensément la règle de saint Benoît.

Après Vital et Geoffroy, Serlon fut à son tour élu abbé (1140). Son problème principal fut de confédérer les nombreuses abbayes issues de Savigny : une douzaine en Angleterre, sans compter les seize françaises. Les abbés anglais ayant pris l’habitude de s’affranchir de Savigny pour décider par eux-mêmes, Serlon recourut au pape Lucius qui, en 1144, répondit : Que nul prélat de l’ordre de Savigny n’ait la prétention de faire schisme. Malgré cette décision de l’Autorité, seuls trois abbés anglais sur douze étaient présents au chapitre de 1147.

Dès lors, Serlon chercha à démissionner ; il serait devenu simple moine si les autres abbés ne l’avaient persuadé de rester en fonction.

Serlon proposa alors à l’ordre de Cîteaux d’accepter l’affiliation des abbayes de Savigny : les Cisterciens recevraient ainsi vingt-huit abbayes nouvelles. Du coup, Serlon reçut la cinquième place dans la hiérarchie des abbés, après ceux des quatre premières abbayes-filles de Cîteaux. Le pape Eugène III confirma cette disposition. Les Anglais se rallièrent effectivement seulement en 1149.

Suivant son attrait pour l’effacement, Serlon obtint finalement en 1153 de l’abbé de Cîteaux d’abdiquer. Il se retira à Clairvaux. Dieu fit que saint Bernard y mourut le 20 août de cette année-là (v. 20 août), et Serlon lui-même s’éteignit le 10 septembre 1158.

Il ne semble pas que Serlon ait été béatifié, sauf par la piété traditionnelle et reconnaissante des moines. Le Martyrologe ne le mentionne pas actuellement.

 

 

Oglerius de Lucedio

1135-1214

 

Oglerius était natif de Trino (Vercelli, Piémont, Italie NO) et vit le jour vers 1135.

Devenu en 1205 abbé des Cisterciens de Lucedio, il écrivit deux ouvrages qu’on a longtemps attribués à saint Bernard lui-même.

L’un est le Traité pour les Louanges de la Bienheureuse Vierge Marie, où l’on trouve cette allusion à l’Immaculée Conception de Marie : La mère de l’Immaculé sans péché, qui enlève les péchés du monde, n’a pas été conçue dans le péché.

L’autre ouvrage est une Exposition sur l’Evangile in Cœna Domini, donc un commentaire sur le lavement des pieds (cf. Jn 13:1-15).

Ce grand moine mourut à Lucedio le 10 septembre 1214.

Le 10 septembre 1784, le pape Pie VI céda les bâtiments de l’abbaye à Victor-Emmanuel, duc d’Aoste. Après plusieurs cessions, l’ensemble fut racheté en 1937. C’est une exploitation agricole, où l’on y pratique encore la culture du riz, implantée par les moines vers 1400.

Oglerius a été béatifié en 1875, par la reconnaissance de son culte ; le Martyrologe le mentionne au 10 septembre.

 

 

Nicola di Compagnone de Tolentino

1245-1305

 

Nicola naquit vers 1245 à Sant’Angelo in Pontano (Marches, Italie CE). 

Ses pieux parents se lamentaient de n’avoir pas d’enfant et firent le pèlerinage de Bari (Italie SO), où l’on vénère saint Nicolas de Myre. Là, ils eurent une vision du Saint, qui leur promit un fils. Ainsi s’explique le choix de ce prénom.

Nicola fréquenta l’église dès son jeune âge. Sur le tard de sa vie, il affirma que, petit, il voyait l’Enfant-Jésus dans l’Hostie consacrée, au moment de l’élévation, mais que cette vision disparut quand il grandit.

Il fit de si bonnes études qu’avant même leur achèvement, il fut investi d’un bénéfice de chanoine. Puis il entra dans l’ordre de Saint-Augustin, ce dont ses parents furent extrêmement heureux.

On envoya Nicola en divers monastères : Fermo, San Ginesio, Recanati, Macerata… ; partout il donna entière satisfaction à ses supérieurs. Il n’avait pas dix-neuf ans quand il fit la profession solennelle et fut ordonné prêtre en 1269. Il célébrait la Messe chaque jour, ce qui nous semble aujourd’hui assez normal, mais n’était pas toujours l’habitude alors. 

Concernant la célébration de la Messe, on retiendra ce fait singulier de la dévotion de Nicola : une nuit, il vit une âme du purgatoire qui le suppliait de célébrer le Saint Sacrifice pour sa libération. Or, cette semaine-là, Nicola était «hebdomadier», c’est-à-dire chargé de célébrer la Messe conventuelle quotidienne ; il ne pouvait donc pas de lui-même modifier l’ordonnance liturgique de le semaine. Sur l’insistance de cette âme, il alla trouver le prieur qui, comprenant la difficulté, le remplaça pour la célébration conventuelle. Nicola célébra la Messe des Morts pendant quelques jours, au bout desquels l’âme réapparut dans la joie pour remercier Nicola, dont la prière avait obtenu la libération non seulement de cette âme, mais de quelques autres aussi. Ce fait historique montre assez l’importance de la prière et de la Messe pour la purification des âmes des défunts.

On savait ou on devinait qu’il se mortifiait beaucoup mais, humblement, il n’en parlait pas. Quand on lui demandait comment il faisait pour vaincre les tentations, il baissait les yeux, sans répondre.

Vers 1275, Nicola fut transféré au monastère de Tolentino. Il se trouvait qu’un de ses cousins était prieur dans cette région, dans un couvent qui n’était pas dans la misère, loin de là. Le cousin pria instamment Nicola de venir s’installer chez lui, mais à ce moment-là apparurent vingt jeunes gens (des anges ?) qui proclamaient en chantant que Nicola vivrait et mourrait à Tolentino.

Il passa effectivement les trente dernières années, soit la deuxième moitié de sa vie dans son cher couvent. Il était strict pour lui, indulgent pour les autres ; il s’imposait un régime très dur, peut-être même excessivement austère, consistant en pain et eau quatre jours par semaine. On réussit un jour, par obéissance, à lui faire manger un peu de viande : Nicola en prit en effet une bouchée, assurant qu’il avait ainsi obéi, et suppliant qu’on ne l’ennuyât plus sur ce sujet.

Il ressentit bien quelques malaises et s’interrogea sur ces mortifications : le Seigneur le réconforta dans une vision, et la Sainte Vierge lui conseilla simplement de faire une croix sur son «repas» de pain et eau. Par la suite, Nicola portait du pain aux malades, leur conseillant de se confier à la Sainte Vierge pour être réconfortés physiquement et spirituellment, ce qui fut à l’origine de la pieuse coutume consistant à bénir des pains en l’honneur de saint Nicola, pour fortifier les malades.

A ses mortifications, Nicola ajouta le port de chaînettes, de tissus rudes ou même irritants.

Il priait beaucoup ; ce peut sembler normal pour un moine, mais s’il n’avait pas reçu quelque tâche à accomplir, il passait tout son temps libre, entre les heures canoniales, à prier, à méditer, à contempler. Rien d’étonnant alors qu’un certain Belial - le Diable en personne - cherchât à le distraire de l’union à Dieu, l’apostrophant, le frappant, lui cachant son habit. Une nuit, le tapage fut si violent que les frères en furent réveillés  et durent aider le pauvre Nicola, blessé, à regagner son lit ; désormais, Nicola se déplaça appuyé sur une canne. 

C’est ainsi que désormais il partit avec son bâton visiter les pauvres et les malades. Il avait le secret des paroles réconfortantes ; quand il prêchait, l’auditoire repartait avec la joie au cœur ; au confessionnal, il se chargeait de faire pénitence pour ceux qu’il absolvait, leur proposant seulement une pénitence minime. Durant sa vie, Nicola libéra une femme possédée ; d’autres possédés furent guéris près de sa tombe.

Des miracles nombreux furent obtenus sur la prière de Nicola ; peut-être même en a-t-on imaginé quelques-uns à l’état de fioretti. Il reçut des faveurs célestes toutes particulières. Il salua un jour le passage de la Maison de Nazareth, transportée par les Anges de Palestine à Lorette, devant l’avancée de l’Islam envahisseur.

Les dernières années de sa vie, Nicola eut près de lui un astre merveilleux qui brilla sur lui et aussi sur son tombeau pendant quelque temps. Ses six derniers mois de vie, il entendait les anges chanter avant l’office de matines.

Ses derniers moments furent emplis de douceur. Après avoir reçu l’absolution et le viatique, il pria l’infirmier de répéter près de lui, dans la crainte que sa faiblesse l’en empêchât, le verset du psaume 115 : Tu as rompu mes liens, je t’immolerai un sacrifice de louange. Puis il contempla avec une joie indicible Dieu, mon Dieu Jésus-Christ, avec sa Mère et notre Père Augustin qui me dit : Bravo, bon et fidèle serviteur (cf. Mt 25:23). Joignant les mains, il rendit son âme à Dieu d’un air paisible et joyeux.

C’était le 10 septembre 1305. 

Le procès de canonisation faillit être conclu dès 1334. La mort du pape, puis d’autres événements firent reporter la cérémonie, qui eut lieu un siècle plus tard, en 1446.

Apollonia d’Hirado

?-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Elle était née à Hirado (Japon) ; c’était une laïque, mariée, peut-être veuve, membre de la Confraternité du Rosaire.

Apollonia subit la décapitation à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622 et fut béatifiée en 1867.

 

 

Bartholomæus Kawano Shichiemon

?-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Né à Arima, c’était un laïc japonais, membre de la Confraternité du Rosaire.

Bartholomæus subit le supplice de la décapitation à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622 et fut béatifié en 1867.

 

 

Dominica Ogata

?-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Née à Nagasaki (Japon), c’était une laïque, mariée, peut-être veuve, membre de la Confraternité du Rosaire.

Dominica Ogata subit la décapitation à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622 et fut béatifiée en 1867.

 

 

Leo Satsuma

?-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

C’était un laïc japonais, du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste.

Leo subit le supplice du feu à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622 et fut béatifié en 1867.

 

 

Marina Tanaura

?-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Marina (ou Maria) était née en 1577 à Nagasaki (Japon) ; c’était une laïque, mariée, peut-être veuve, membre de la Confraternité du Rosaire.

Marina Tanaura subit la décapitation à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622 et fut béatifiée en 1867.

 

 

Rufus Ishimoto

?-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Né à Nagasaki, c’était un laïc japonais, membre de la Confraternité du Rosaire.

Il fut arrêté le 17 août 1621, quand la police fit irruption dans sa maison, où se trouvaient des missionnaires.

Il subit le supplice de la décapitation à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622 et fut béatifié en 1867.

 

 

Lucia de Freitas

1542-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Née vers 1542 au Japon, c’était une laïque, membre du Tiers-Ordre franciscain et de la Confraternité du Rosaire, et catéchiste.

Elle avait épousé Filippo de Freitas et était restée veuve.

Elle fut condamnée à mort pour avoir hébergé des missionnaires étrangers.

Seule de toutes les femmes condamnées, Lucia subit le supplice du feu à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622 et fut béatifiée en 1867.

 

 

Thomas Shichirō

1552-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Né en 1552 à Karatsu, c’était un laïc japonais, membre de la Confraternité du Rosaire.

Il fut condamné à la place de son fils, absent.

Il subit le supplice de la décapitation à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622 et fut béatifié en 1867.

 

 

Carlo Spinola

1564-1622

 

(Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639).

Carlo Spinola était né à Gênes (Italie) en 1564 (certains prétendent qu’il naquit à Prague…) ; son père, Ottavio, était de la famille des comtes de Tessarolo ; il fut élevé à Nole, auprès de son oncle qui y était évêque.

A Nole il était ensuite entré en 1584 chez les Jésuites. Il fit le noviciat à Naples et à Lecce,  eut pour compagnon entre autres s. Luigi Gonzaga (v. 21 juin).

En 1594, il fut ordonné prêtre à Milan.

En 1596, il partait pour le Japon, mais la tempête dérouta le bateau vers le Brésil, et fut ensuite pris par un corsaire anglais.

Prisonnier quelque temps en Angleterre, Carlo rentra à Lisbonne en 1598, et y fit profession du quatrième vœu (un vœu propre à la Compagnie de Jésus, par lequel les membres s’engagent à la fidélité au Siège de Pierre).

En mars 1599, il s’embarquait avec dix-neuf autres missionnaires dont il était le supérieur. La traversée fut coupée par de longues escales à Goa, Malacca et Macao ; le père Spinola n’arriva à Nagasaki qu’en 1602.

En 1605 il fut nommé économe de la résidence de Macao où la chrétienté se développait merveilleusement ; il y fonda une Ecole de catéchistes et baptisa plusieurs milliers de Japonais.

En 1612, il revint à Nagasaki assumer la lourde charge de procureur.

Deux ans plus tard, la persécution reprenait et tous les religieux reçurent l’ordre de quitter le pays. Le père Spinola se cacha et exerça le ministère jusqu’à son arrestation, changeant sans cesse de cachette.

Il fut arrêté en décembre 1618 et fut prisonnier jusqu’en septembre 1622.

(Voir quelques détails sur le jour du Grand Martyre du 10 septembre 1622 dans la notice Japonais Martyrs 1603-1639)

Il fut béatifié en 1867.

 

 

Sebastianus Kimura

1565-1622

 

(Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639).

Sebastianus était né à Firando en 1565, dans une famille déjà chrétienne. On le disait descendant du premier néophyte baptisé par saint François Xavier quelques années plus tôt (voir au 3 décembre).

Il avait deux jeunes frères, Leonardus et Antonius, l’un convers, l’autre laïc, qui furent eux aussi martyrisés (1619) et béatifiés en même temps que leur aîné.

Pendant onze ans, Sebastianus servit dans l’église des Jésuites à Firando ; puis il demanda à dix-neuf ans son admission dans l’Ordre. Il passa au séminaire de Bungo, puis au collège de Macao pour étudier la théologie. Il revint au Japon en 1601 et fut ordonné prêtre à Nagasaki.

Il fut le premier Japonais ordonné prêtre.

Pour exercer sa mission évangélisatrice et passer à travers les maillons de la surveillance, il se déguisa tour à tour en soldat, en marchand, en paysan, en ouvrier, en médecin… ce qui lui permit de pénétrer dans les endroits les plus risqués, jusques dans les prisons, où il allait réconforter les prisonniers chrétiens.

Vint un moment où on ne pouvait plus ignorer sa présence et ses déplacements. Ses Supérieurs, sachant que sa tête était mise à prix, le pressèrent de quitter Nagasaki le plus vite possible, mais c’était déjà trop tard.

Le 30 juin 1621, un esclave coréen le dénonça chez un autre Coréen catholique, nommé Antonius, et il fut arrêté. Furent aussi arrêtés des catéchistes, le père Spinola, des jeunes novices, des Religieux, des laïcs. Certains restèrent plusieurs années en prison.

Le père Sebastianus passa presque deux années en prison, dans des conditions physiques et hygiéniques indicibles, mais se préparant pacifiquement au martyre qui l’attendait.

Le 9 septembre 1622, arriva l’ordre de transporter les prisonniers sur les collines qui dominaient Nagasaki, où étaient déjà préparés les pieux pour les attacher et le bois pour le feu.

(Voir quelques détails sur le jour du Grand Martyre du 10 septembre 1622 dans la notice Japonais Martyrs 1603-1639)

Il fut béatifié en 1867.

 

 

Thomas Akahoshi

1565-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Thomas naquit vers 1565 à Kumamoto (actuelle Higo, Japon), dans une famille noble.

Il servait le daimyo local et était marié ; quand son épouse mourut, il vint étudier au séminaire de Nagasaki pour devenir catéchiste et collabora activement avec les Jésuites.

Lors d’un premier édit de persécution (1614), il accompagna les Jésuites à Macao, mais revint au Japon avec le père Sebastianus Kimura.

Ils furent arrêtés et mis en prison. Dans l’infecte prison de Suzuta, où ils retrouvèrent le père Spinola, Thomas fit vraiment son «noviciat» et put émettre la profession peu de jours avant son martyre.

Avec le père Spinola, il subit le supplice du feu à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622, et fut béatifié en 1867.

 

 

Paulus Tanaka

1566-1622

Maria

?-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

C’étaient deux époux japonais ; Paulus était né à Tosa (Shikoku).

Ils avaient hébergé le père Joseph de Saint-Hyacinthe (voir José Nero Maroto, plus bas).

Ils reçurent en prison l’habit de Convers dominicains.

Paulus fut asphyxié, Maria fut décapitée, à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622 et ils furent béatifiés en 1867.


 

Antonius Sanga

1567-1622

Magdalena

?-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

C’étaient deux époux japonais, du Tiers-Ordre dominicain (Confraternité du Rosaire).

Antonius était né à Sanga et était en outre catéchiste.

Ils subirent ensemble le martyre, lui le supplice du feu, elle la décapitation à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622 et furent béatifiés en 1867.

 

 

Francisco Morales Sedeño

1567-1622

 

Il naquit le 14 octobre 1567 à Madrid (Espagne)

Entré dans l’Ordre dominicain à Valladolid, il fut ordonné prêtre et envoyé enseigner la théologie aux Philippines (1598).

Il passa au Japon en 1602 en qualité de vicaire général du premier groupe de missionnaires.

Il est une des victimes du Grand Martyre du 10 septembre 1622 à Nishizaka (Nagasaki) et fut béatifié en 1867.

Nota. Son martyre est parfois daté au 21 septembre 1622.

 

 

Alonso de Mena Navarrete

1568-1622

 

Il naquit le 3 février 1568 à La Rioja (Logroño, Espagne) ; il était cousin d’un autre Alonso (ou Alfonso) Navarrete, futur martyr et bienheureux (voir au 1er juin).

Entré dans l’Ordre dominicain à Salamanque, il fut ordonné prêtre et envoyé en 1598 aux Philippines (1598) puis au Japon en 1602.

(Voir quelques détails sur le jour du Grand Martyre du 10 septembre 1622 dans la notice Japonais Martyrs 1603-1639)

Il fut béatifié en 1867.

 

 

Antonius Kyūni

1572-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Antonius naquit vers 1572 à Mikawa (Japon), dans une famille noble.

Il était marié ; cependant on ne sait pas si son épouse mourut, ou si elle donna son assentiment pour qu’il vînt étudier au séminaire de Nagasaki.

Il devint catéchiste et collabora activement avec les Jésuites, particulièrement pour l’imprimerie et l’infirmerie.

Lors d’un premier édit de persécution (1614), il accompagna les Jésuites à Macao. Mais en 1617, il revint au Japon, voulant vivre en ermite dans une montagne proche de Nagasaki, où le rejoignirent d’ailleurs d’autres confrères (voir Michaël Satō Shunpō et Gundisalvus Fusai Chōzō).

Ils furent arrêtés en 1619 et mis en prison… dans l’ancien noviciat des Jésuites à Nagasaki. L’année suivante, ils furent transférés dans l’infecte prison de Suzuta, où ils retrouvèrent le père Spinola ; alors ils firent vraiment leur «noviciat» et firent la profession quelques jours avant leur martyre.

Avec le père Spinola, ils subirent le supplice du feu à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622, et furent béatifiés en 1867.

 

 

Ioannes Chūgoku

1573-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Ioannes naquit vers 1573 à Yamaguchi (Japon).

Il fut au service d’un chevalier assez influent, qui l’emmena dans une campagne en Corée. A son retour, il se retrouva sans sa femme, qui l’avait abandonné, et sorte qu’il vint à Arima, où il rencontra les Jésuites.

Ainsi commença pour lui une nouvelle vie au service de l’Eglise, et de l’activité missionnaire des Jésuites.

C’est probablement lors de l’arrestation du père Spinola qu’il fut lui aussi arrêté.    

Dans l’infecte prison de Suzuta, Ioannes put émettre la profession religieuse peu de jours avant son martyre.

Avec le père Spinola, il subit la décapitation à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622, et fut béatifié en 1867.

 

 

Michele Orsucci

1573-1622

 

Il naquit le 8 mai 1573 à Lucques (Italie), de parents aristocrates, Bernardino et Isabella Franciotti.

Entré à treize ans au noviciat de l’Ordre dominicain à Lucques, il prit le nom de Angelo. Huit jours après, entrait aussi son frère Galeotto, qui s’appela Francesco.

Après la profession (1589), ordonné sous-diacre, il alla étudier la philosophie à La Quercia (Viterbe) : c’est là qu’il reçut le diaconat en 1595 et le sacerdoce en 1597.

On le retrouve ensuite à Pérouse, à Rome, où il reçut sa nomination comme professeur à Viterbe. Mais les nouvelles de l’Extrême-Orient éveillèrent son zèle pour les âmes. Angelo réussit à se faire envoyer à Valencia (Espagne) pour y apprendre l’espagnol, car tous les missionnaires pour le Japon étaient espagnols (ou mexicains) ; mieux, il ajouta à son nom celui de Saint-Vincenzo-Ferrer (voir au 5 avril).

Choisi parmi un premier groupe de trente-cinq confrères, il partit d’abord pour Séville, où il fallait assister les victimes d’une épidémie de peste, puis on embarqua à Cadix, en juin 1601. 

Les bateaux firent escale au Mexique. On rejoignit à pied Acapulco, d’où on repartit pour les Philippines.  Ils furent à Manille en avril 1602.

Les premières missions de Angelo furent dans le nord de l’île de Luzon, dans la zone difficile de Cagayan, où il apprit la langue locale et fit beaucoup de conversions. Il changea de lieu tous les deux ans, mais tomba malade en 1608. A peine remis, il reprit ses activités et fut même nommé vicaire provincial.

De 1612 à 1615, il retourna au Mexique, mais demanda à repartir pour les Philippines, qu’il rejoignit effectivement à la tête d’un autre groupe de soixante-douze missionnaires. Après une année sur la même île de Luzon, il resta à Manille. 

Passer au Japon devenait périlleux, car le missionnaire n’était plus jeune, mais des nouvelles des persécutions arrivèrent et Angelo passa au Japon en 1618. Il s’installa à Nagasaki, apprit rapidement la langue et visita des chrétiens, vêtu en marchand ambulant.

Arrêté en décembre 1618, il fut mis en prison à Suzuta (Ōmura), où il retrouva les pères Carlo Spinola, jésuite, et Juan Martínez, dominicain. Dans cette dure prison, il put cependant célébrer la Messe et envoyer de ses nouvelles aux Confrères et à la famille.

Arriva «la» nouvelle : les Religieux allaient être brûlés vifs. Les victimes n’étaient pas attachées solidement aux pieux de leur supplice, pour leur laisser la faculté de se détacher, s’ils voulaient apostasier. Angelo, lui, se détacha plusieurs fois de son pieu, mais pour aller réconforter d’autres victimes, et revenir ensuite à sa place. Au moment de mourir, son corps fut soulevé en l’air, prodige que tous purent remarquer.

(Voir quelques détails sur le jour du Grand Martyre du 10 septembre 1622 dans la notice Japonais Martyrs 1603-1639)

Il fut béatifié en 1867.

 

 

Catharina d’Higo

1574-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Elle était née en 1574 à Higo (Japon) ; c’était une laïque, mariée, peut-être veuve, membre de la Confraternité du Rosaire.

Catharina subit la décapitation à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622 et fut béatifiée en 1867.

 

 

Pedro Orfanell Prades

1578-1622

 

Il naquit le 8 novembre 1578 à La Jana (Castellón, Espagne). 

Il se diplôma ès Arts à Valencia, étudia la théologie à Alcalá de Henares et à Lleida.

A la mort de son père, il entra chez les Dominicains de Barcelone et prit le nom de Jacinto.

Après d’autres études à Tortosa et Valladolid, il fut gravement malade et, miraculeusement guéri, fit le vœu de partir pour les missions d’Extrême-Orient.

Après son ordination sacerdotale, il partit pour les Philippines et le Japon (1607) ; durant le voyage, sa maladie connut une rechute, et il fut contraint de demeurer deux ans au Mexique.

En 1609, il arriva à Manille et fut envoyé à Satsuma (Japon). Il fit un excellent apostolat à Kyodomari, jusqu’à donner le baptême à un samouraï, futur martyr, Leo Saisho Shichiemon (voir au 17 novembre).

A partir de 1613, il parcourut diverses régions, habillé en japonais.

Il fut arrêté à Oita une première fois et expulsé. Mais en pleine mer, des Chrétiens le reconnurent et le reconduisirent en terre japonaise. Il reprit son apostolat, dans la clandestinité, visitant et réconfortant les communautés ; surtout, il rédigea une très intéressante Histoire Ecclésiastique de la Chrétienté du Japon.

Il fut arrêté chez un Chrétien, Matthias Mayazemon, qui fut aussi arrêté avec toute sa famille (mais ce nom n’apparaît pas dans la liste des Martyrs japonais). Après une année environ de la prison infecte de Ōmura, Pedro-Jacinto fut condamné au supplice du feu.

Il mourut en prononçant les noms de Jésus, Marie.

Voir aussi la notice Japonais martyrs 1603-1639

 

 

Agnes Takeya

1580-1622

 

D’origine probablement coréenne, née en 1580, elle fut l’épouse d’un autre Martyr : Cosmas Takeya Sozaburō (voir au 18 novembre), béatifié en même temps qu’elle. Leur petit garçon, Franciscus, âgé de douze ans, fut décapité le lendemaion, 11 septembre 1622, et lui aussi béatifié avec ses parents.

Agnès appartenait comme son mari à la Confraternité du Rosaire. 

Elle fut arrêtée en 1618 pour avoir hébergé des missionnaires et pour cela condamnée à mort.

Elle fut martyrisée par décapitation le 10 septembre 1622 et béatifiée en 1867.

Se reporter aussi à la notice Japonais Martyrs 1603-1639

José Negro Maroto

1580-1622

 

Il naquit en 1580 à Villarejo de Salvanés (Madrid, Espagne) et fut baptisé le 12 mars 1580. Ses parents étaient Pedro El Negro et Isabel Maroto.

Entré chez les Dominicains, il prit le nom de José de Saint-Hyacinthe et fut envoyé aux missions du Japon.

Il fut connu pour l’excellent japonais qu’il parlait.

En août 1622, alors qu’il se reposait un peu, il vit entrer un groupe d’hommes ; croyant que c’étaient des fidèles il leur demanda d’attendre un peu, mais ils lui demandèrent s’il était prêtre et sur sa réponse affirmative se saisirent de lui. Ils lui laissèrent revêtir l’habit de son ordre et le conduisirent au gouverneur avec son catéchiste Alexius ; deux jours après ils allaient rejoindre leurs confrères, tandis que les chrétiens japonais qui les avaient cachés étaient gardés à Nagasaki (voir Paulus Tanaka, plus haut).

Arrêté le 19 août 1622, mis en prison à Suzuta (Ōmura) et condamné à mort, il fut conduit à pied avec vingt-cinq autres Compagnons jusqu’à Nagasaki, le 9 septembre au soir. On leur fit passer la nuit dehors. 

Le lendemain, on les fit marcher jusqu’au lieu du supplice. Un témoin raconta : C’était merveilleux de voir leur grande joie. Ils chantaient le Te Deum, les Litanies, des Psaumes…

(Voir quelques détails sur le jour du Grand Martyre du 10 septembre 1622 dans la notice Japonais Martyrs 1603-1639)

Il fut béatifié en 1867.

 

 

Gundisalvus Fusai Chōzō

1580-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Gundisalvus (Gonzague) naquit vers 1580 à Okayama (Japon), dans une famille noble. 

Adulte, il eut une place importante à la cour du daimyo de Bizen-Mimasaka, qu’il accompagna dans une campagne en Corée.

Converti au Christianisme et baptisé, il quitta son poste et se mit au service des missionnaires jésuites.

Il semble que ce soit l’interruption de sa carrière, qui fut à l’origine de son arrestation et de son incarcération à Ōmura. C’est en prison qu’il fit la profession dans l’Ordre jésuite, dans les mains du père Spinola.

Après un exil à Macao, il put rejoindre ses Confrères Michaël Satō Shunpō et Antonius Kyūni.

Ils furent tous arrêtés et mis en prison. A Suzuta, où ils retrouvèrent le père Spinola, ils firent la profession dans l’Ordre jésuite, peu avant leur marytre.

Gundisalvus subit le supplice du feu à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622, et fut béatifié en 1867.

 

 

Petrus Sanpō

1580-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Petrus naquit vers 1580 à Ōshu (Japon).

Il vint au centre du pays et obtint une bonne position auprès d’un seigneur local. Puis il partit pour Hiroshima et c’est là qu’il devint chrétien.

Il entra alors au service du daimyo de Hoki, puis partit pour Nagasaki, où son patron mourut. Il se rasa la tête et se construisit une maisonnette, tout près du noviciat des pères Jésuites, et devint catéchiste.

Lors d’un premier édit de persécution (1614), il accompagna les Jésuites à Macao, mais revint au Japon et reprit son activité de catéchiste, dans la clandestinité. Finalement, il rejoignit le petit ermitage de Antonius Kyūni et de ses compagnons.

Ils furent arrêtés et mis en prison. Dans l’infecte prison de Suzuta, où ils retrouvèrent le père Spinola, Petrus fit vraiment son «noviciat» et put émettre la profession peu de jours avant son martyre.

Avec le père Spinola, il subit le supplice du feu à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622, et fut béatifié en 1867.

 

 

Damianus Tanda Yaichi

1582-1622

Michaël Tanda

1617-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Né à Ōmura (Nagasaki), c’était un laïc japonais, membre de la Confraternité du Rosaire.

Son petit garçon, Michaël, était né en 1617, également à Ōmura ; il avait donc cinq ans.

Damianus et Michaël subirent le supplice de la décapitation à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622 et furent béatifiés en 1867.

 

 

Ludovicus Kawara Rokuemon

1583-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Ludovicus naquit vers 1583 à Arima (Japon).

Il fut au service de Michaël, prince d’Arima, qui était chrétien ; mais quand ce dernier abandonna la foi, il demanda à Ludovicus de l’imiter : Ludovicus fit semblant d’accepter, mais continua de vivre en chrétien, ce que voyant, le prince se mit en colère et confisca les biens de Ludovicus.

Ludovicus alors partit avec sa famille à Nagasaki, où ils vécurent dans une extrême pauvreté. Vraisemblablement, son épouse et ses enfants moururent : Ludovicus se construisit une cabane dans un endroit assez isolé et vécut dans l’ascèse. Les gens vinrent le voir, lui demander des conseils, ce qui sans doute provoqua par trois fois son arrestation.

En juin 1621, il fut arrêté avec le père Sebastianus Kimura.

Dans l’infecte prison de Suzuta, où ils retrouvèrent le père Spinola, Ludovicus fut touché par l’exemple des autres «novices» et put émettre la profession peu de jours avant son martyre.

Avec le père Spinola, il subit le supplice du feu à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622, et fut béatifié en 1867.

 

 

Lambert Trouvez

1585-1622

 

Il naquit en 1585 à Beignée (Ham-sur-Heure, Hainaut, Belgique). Sa mère affirma que son fils fut sauvé des loups grâce à l’intercession de sainte Anne.

Après quelques études, il fut apprenti-tailleur.

Entré chez les Frères Mineurs de Nivelles (1604), il prit le nom de Richard de Sainte-Anne et s’occupa de coudre les habits des confrères ; puis il passa aux Observants en Italie (1606), d’où il fut envoyé aux missions du Japon.

Pour commencer, on lui fit étudier l’espagnol à Madrid (d’où parfois l’orthographe espagnole de son nom : Ricardo de Santa Ana).

En 1608, il partit pour les Philippines, via le Mexique. Il fut ordonné prêtre en 1611 à Cebu.

Il eut l’occasion de passer deux fois au Japon. La deuxième fois (1617) il y reste quatre années, dans la clandestinité.

Arrêté fin 1621 suite à une dénonciation, mis en prison à Suzuta (Ōmura) et condamné à mort, il fut conduit à pied avec vingt-cinq autres Compagnons jusqu’à Nagasaki, le 9 septembre au soir. On leur fit passer la nuit dehors. 

Le lendemain, on les fit marcher jusqu’au lieu du supplice. Un témoin raconta : C’était merveilleux de voir leur grande joie. Ils chantaient le Te Deum, les Litanies, des Psaumes…

(Voir quelques détails sur le jour du Grand Martyre du 10 septembre 1622 dans la notice Japonais Martyrs 1603-1639)

Il fut béatifié en 1867.

 

 

Dominicus Yamada

1588-1622

Clara

1580-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

C’étaient deux époux japonais, nés à Ōmura (Nagasaki).

Ils appartenaient à la Confraternité du Rosaire.

Ils subirent ensemble le supplice du feu ou la décapitation à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622 et furent béatifiés en 1867.

 

 

Maria Murayama

1589-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Née en 1589 au Japon, c’était l’épouse de Andreas Murayama (voir au 18 novembre) ; elle appartenait à la Confraternité du Rosaire.

Maria subit la décapitation à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622 et fut béatifiée en 1867.

 

 

Michaël Satō Shunpō

1589-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Michaël naquit vers 1589 à Aichi (actuelle Owari, Japon), dans une famille déjà chrétienne.

Il entra au séminaire de Arima,  puis devint catéchiste et sacristain à Miyako (actuelle Kyoto).

Exilé une première fois, il revint au Japon en 1617 et rejoignit Antonius Kyuni dans son petit ermitage de montagne.

Ils furent arrêtés et mis en prison à Suzuta, où il fit la profession en présence du père Spinola.

Il subit le supplice du feu à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622, et fut béatifié en 1867.

 

 

Antonius Hamanomachi

et Maria

?-1622

Ioannes Hamanomachi

1610-1622

Petrus Hamanomachi

1619-1622

 

D’origine probablement coréenne, puisqu’il était surnommé Le Coréen, Antonius était membre de la Confraternité du Rosaire, ainsi que son épouse.

Marié avec Maria, ils eurent deux fils, Ioannes et Petrus, nés en 1610 et 1619.

Tous quatre subirent le martyre le 10 septembre 1622 : Maria et ses deux petits garçons furent décapités sous les yeux d’Antonius, qui fut lentement asphyxié ; tous furent béatifiés en 1867.

Se reporter aussi à la notice Japonais Martyrs 1603-1639

 

 

Pedro d’Ávila

1592-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

On ne connaît pas le prénom de baptême ni le nom de famille de ce prêtre franciscain.

Il naquit en 1592 à Palomero (Ávila), dix ans après la mort de sainte Thérèse d’Ávila. 

Inspiré par ce courant spirituel exigeant, dès l’enfance, ce garçon montra des dispositions excellentes d’intelligence et de bonté naturelle envers chacun. Il décida d’entrer chez les Frères Mineurs Réformés, dans l’esprit de Pedro de Alcántara, qui avait été directeur spirituel de sainte Thérèse.

Il prit donc le nom de Pedro de Ávila, fut ordonné prêtre et se dédia à l’apostolat par la prédication, la direction spirituelle, les œuvres de charité. Mais il sentit un appel plus fort encore dans la parole de Notre-Seigneur : Allez prêcher à toutes les créatures (Mc 16:15) ; et voilà qu’un autre missionnaire, Luis Cabrera Sotelo (v. 25 août), le convainquit de l’accompagner au Japon.

On partit d’Espagne en 1617, on s’arrêta aux Philippines pendant deux ans, le temps que Pedro apprît le japonais et exerçât son apostolat parmi les philippins, et avec un autre vaillant franciscain, frère Vicente Ramírez de Saint-Joseph, Pedro se dévoua sans compter à l’apostolat, convertissant, encourageant, et surtout en déjouant habilement les pièges que tendaient les espions à la recherche de Chrétiens.

Il fut cependant découvert en septembre 1620, chez les époux Yamanda. Il se retrouva dans cette horrible prison de Suzuta où, pendant deux ans, avec d’autres Religieux, il attendit dans la prière la décision de son sort.

Lors de leur transfert à Nagasaki (à pied, bien sûr), les Religieux profitèrent de la situation pour exhorter les gardes, les ministres de la justice, et la foule, à embrasser le christianisme. Pedro, avec sa voix particulièrement forte et claire, était un de ceux qu’on entendait le mieux.

Il subit le supplice du feu à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622, chantant le psaume Louez le Seigneur, toutes les nations (Ps.116). Il fut béatifié en 1867.

Paulus Nagaishi

?-1622

Thecla

?-1622

Petrus Nagaishi

1615-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

C’étaient deux époux japonais, du Tiers-Ordre dominicain (Confraternité du Rosaire) ; Thecla était née à Nagasaki.

Paulus était en outre catéchiste et reçut en prison l’habit de Frère Convers.

Leur fils Petrus était né en 1615 à Nagasaki. Il avait donc sept ans.

Paulus fut arrêté en 1619.

Ils subirent ensemble, Paulus le supplice du feu, Thecla et Petrus la décapitation à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622 et furent béatifiés en 1867.

 

 

Isabel Fernandes

1597-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Née vers 1597 au Japon, elle reçut au baptême les prénom et nom de Isabel Fernandes.

C’était l’épouse de Domingos Jorge (voir au 18 novembre) ; elle appartenait à la Confraternité du Rosaire. Ils étaient les parents du petit Ignatius Jorge-Fernandes, aussi martyr le même jour que sa mère.

Au moment d’être martyrisée, avec son petit garçon, elle prononça cette phrase : De tout mon cœur, j’offre à Dieu les deux choses les plus précieuses que j’aie au monde : ma vie et mon enfant.

Isabel subit le supplice de la décapitation à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622 et fut béatifiée en 1867.

 

 

Vicente Ramírez

1597-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

On ne connaît pas le prénom de baptême de ce frère franciscain.

Il naquit le 6 août 1597 à Ayamonte (Huelva, Espagne).

Tôt, il émigra au Mexique avec ses parents et entra là-bas chez les Frères Mineurs franciscains, où il fit la profession en 1616, comme Frère Convers, avec le nom de Vicente de Saint-Joseph.

En 1618, il passa aux Philippines et au Japon en 1619. Il fut le fidèle assistant et catéchiste du père Pedro de Ávila, dont il partagea le sort.

Ils furent découverts en septembre 1620, chez les époux Yamanda, à la suite de l’apostasie d’un chrétien, ce qui attrista beaucoup Vicente. Ils se retrouvèrent pendant deux ans dans les étroits et humides cachots de la prison de Suzuta.

Vicente subit le supplice du feu à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622) et fut béatifié en 1867.

 

 

Clemens Ono

?-1622

Antonius Ono

1619-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Né à Nagasaki, c’était un laïc japonais, membre de la Confraternité du Rosaire.

Son fils Antonius était né aussi à Nagasaki en 1619. Il avait donc trois ans.

Ils subirent le supplice de la décapitation à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622 et furent béatifiés en 1867.

 

 

Alexius Sanbashi Saburō

1601-1622

 

Il naquit vers 1601 à Nagasaki (Japon).

Laïc et catéchiste, il se consacra, déjà en prison, dans le Tiers-Ordre dominicain.

Il est une des victimes du Grand Martyre du 10 septembre 1622 à Nishizaka (Nagasaki) et fut béatifié en 1867.

Voir la notice Japonais Martyrs 1603-1639

 

 

Ioannes Nagata Magoshichirō

1601-1622

 

Il naquit vers 1601 à Ōmura (Nagasaki, Japon).

Entré dans l’Ordre dominicain, il fit la profession avec le nom de Dominicus du Rosaire.

Il est une des victimes du Grand Martyre du 10 septembre 1622 à Nishizaka (Nagasaki) et fut béatifié en 1867.

Voir la notice Japonais Martyrs 1603-1639

 

 

Thomas du Rosaire

1602-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Thomas était né à Nagasaki vers 1602.

Il avait fait depuis peu la profession dans l’Ordre dominicain.

Durant la persécution, il fut décapité à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622 et béatifié en 1867.

 

 

Dominicus Nakano

1603-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639

Dominicus Nakano était né en 1603 à Ōmura (Japon) ; c’était le fils de l’autre Martyr, Matthias (voir au 27 novembre), et lui aussi membre de la Confraternité du Rosaire. Il avait dix-neuf ans.

Dominicus subit la décapitation à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622 et fut béatifié en 1867.

 

 

Michaël Tanda

1617-1622

(voir plus haut : Damianus Tanda)

 

 

Ignatius Jorge-Fernandes

1618-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

C’était le petit garçon de Domingos Jorge et de Isabela Fernandes (v. 18 novembre et 10 septembre).

Ignatius subit, comme sa mère, le supplice de la décapitation à Nishizaka (Nagasaki) le 10 septembre 1622 et fut béatifié avec ses parents en 1867.

Iacobus Hayashida

?-1628

 

Iacobus était un laïc japonais, membre du Tiers-Ordre dominicain.

Il fut martyrisé par la décapitation le 10 septembre 1628 à Nagasaki et béatifié en 1867.

 

 

Edward Barlow

1585-1641

 

Edward faisait partie d’une fratrie de huit fils et six filles. Le père, Alexander Barlow, un bon catholique, vivait avec son épouse, Mary Uryan Brereton, à Barlow Hall (Chorlton-cum-Hardy, près de Manchester), et le fit baptiser le 30 novembre 1585.

Alexander se vit confisquer deux-tiers de sa propriété parce qu’il n’adhérait pas à la nouvelle “Eglise d’Angleterre”. Le grand-père d’Edward était mort en prison, pour sa foi.

Il était le quatrième ; deux frères devinrent bénédictins.

A douze ans, Edward fut placé comme page chez un parent, gentilhomme protestant, mais malgré cette influence, il conserva sa foi.

En 1608, il partit pour Douai, au collège anglais, ce qui le mettait déjà hors la loi.

En 1610, il fait la philosophie à Valladolid (Espagne) au collège royal de Saint-Alban.

En 1612, il revient à Douai pour un an, et passe en Angleterre, où il connaît la prison une première fois, à Londres.

Libéré, il repasse à Douai, et entre au monastère bénédictin Saint-Grégoire, dont le prieur était Rudesind, son propre frère.

Après un séjour à Saint-Malo, il fait profession à Douai en 1616 et prend le nom de Ambrose. Désormais il fait partie de la congrégation bénédictine de Cellanova (Galice, Espagne).

Ordonné prêtre en 1617, il est envoyé dans son pays natal, où il va s’occuper des âmes pendant vingt-quatre ans. Il réside chez un certain Thomas Tyldesley à Morleys Hall (Astley), où on lui organise tout ce qui est nécessaire pour l’apostolat parmi les catholiques de l’endroit.

Sa pastorale est toute simple et bien organisée pour ne pas éveiller l’attention des Protestants. Il demeure trois semaines en quelque endroit et se déplace pendant la quatrième, à pied, sauf durant l’Avent, car son jeûne est strict. Il a horreur du vin. Il n’a ni épée, ni horloge (sauf une chez lui), et peint des images pieuses pour les enfants. Il a les cheveux courts, avec moustache et barbe à deux pointes un peu abandonnée, des vêtements démodés, un mauvais chapeau, des culottes attachées au-dessus des genoux. Il est très réservé avec les dames, même avec sa mère à qui il refuse un baiser lorsqu’il se présente à la maison.

Pour célébrer, il réunit les “paroissiens” dans une même salle ; les hommes déposent leur chapeau sur une même table, en signe d’unité des cœurs, puis il allume les cierges qu’il fabrique lui-même ; il prêche simplement, avec beaucoup de références à l’Écriture.

Dans sa pauvreté, il reçoit aussi des pauvres, en particulier à Noël, à Pâques, à Pentecôte.

De 1617 à 1641, la situation politique n’évolue pas en faveur des catholiques “papistes”. Les arrestations et les pendaisons se multiplient ; le jésuite Edmond Arrowsmith (v. 28 août) a été exécuté en 1628 et apparaît une nuit à notre Ambrose : J’ai souffert, lui dit-il. Maintenant c’est à vous de souffrir. Parlez peu, car ils s’efforceront d’exploiter vos paroles.

Le père Ambroise continua tranquillement et ouvertement son apostolat. Il n’aimait pas les chrétiens qui regardent Dieu par le trou de la serrure (c’est-à-dire qui se cachaient pour ne pas être vus à la messe). L’année avant son arrestation, il eut la douleur d’apprendre l’apostasie de quelques âmes qui lui étaient chères, et il en resta hémiplégique, mais put un peu s’en remettre.

A Pâques de 1641, tout un groupe d’anglicans arrivèrent à Morley, où Ambrose était en train de prêcher. On l’arrête. Il est si faible, qu’on doit le mettre sur un cheval et le soutenir. En prison, il prie ; si on vient le voir, il ne parle que de Dieu.

Il est jugé le 7 septembre. On lui propose la liberté s’il cesse de séduire le peuple ; il répond : I am not a seducer but a reducer (je ne séduis pas les âmes, je les ramène au bercail).

Le 8, fête de la Nativité de Marie, il est condamné à mort. Ambrose répond : Je rends grâces à Dieu ! et prie pour ceux qui l’ont condamné ; même le juge lui en sait gré.

Le 10 septembre 1641 a lieu l’exécution. On le porte sur une sorte de claie, on tourne trois fois autour de la potence, tandis qu’il récite le psaume 50 (Miserere). On lui propose encore une fois de se “convertir”, ce qu’il refuse clairement. Selon le “rite” du moment, Ambrose est pendu, éviscéré, écartelé, et ses restes sont mis dans l’huile bouillante. On expose sa tête sur une pique.

Ambrose-Edward Barlow a été béatifié en 1929 et successivement canonisé en 1970, parmi les “Quarante Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles”.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

Edward est inscrit le 10 septembre au Martyrologe.

 

 

Jacques Gagnot

1753-1794

 

Jacques était né le 9 février 1753 à Frolois (Meurthe-et-Moselle).

Entré chez les Carmes Déchaux, il prit le nom de Hubert de Saint-Claude.

Déporté de la Dordogne, il fut de ces nombreux prêtres entassés misérablement sur le Deux-Associés.

Dépouillé de ses anciens revenus, loin de regretter son ancienne aisance, il bénissait hautement la Providence de l’en avoir privé. Rien de plus édifiant que les réflexions chrétiennes qu’il faisait journellement à ce sujet.

Le fonds de son caractère était la douceur, la bonté, la modestie, l’affabilité.

Il mourut comme un saint et fut universellement regretté, le 10 septembre 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Tomàs Cubells Miguel

1867-1936

 

Tomàs vint au monde le 25 octobre 1867 à La Palma de Ebro (Tarragona, Espagne).

Il le collège San José de Tortosa puis entra en 1902 dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et fut ordonné prêtre.

A partir de 1908, il exerça son activité dans le collège de vocations à Murcia, puis dans les séminaires de Almería, Astorga, Cuernavaca (Mexique), León, Tarragona, Burgos.

En 1936, il était de retour à Tortosa et se réfugia chez une pieuse dame, qui risquait beaucoup en hébergeant un prêtre. Le 10 septembre, don Tomàs alla se présenter de lui-même à la mairie, demandant ni plus ni moins : C’est ici qu’on tue les prêtres ? On m’a dit que me vous me cherchiez. Me voilà !

Il reçut la palme du martyre à Campredó (Tarragona) ce même 10 septembre 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Fernando González Ros

1871-1936

 

Né le 12 août 1871 à Cuevas de Almanzora (Almería), il fut baptisé dès le lendemain.

Son père tenta de l’orienter vers la carrière des armes, mais Fernando préféra les armes du Christ et entra au séminaire d’Almería, où il fut ordonné prêtre en 1897. Il passa également le doctorat en théologie à Grenade.

Vicaire dans son pays, il fut aumônier des Filles de la Charité, puis travailla à Arboleas (1901), et Sorbas (1914). Dans ces deux paroisses, il institua le Centre Ouvrier de Saint-Joseph, pour aider les jeunes à compléter leurs études, et cela gratuitement.

Lors de l’installation de la République (1934), un médecin de l’endroit poussa un groupe de femmes à harceler le Curé, qui était déjà presque aveugle. Et bien que la population fût en général favorable à son Curé, un des parents de ce dernier réussit à le faire envoyer dans une ferme proche de Lubrín, où il put tout de même continuer à célébrer la Messe, loin de ses paroissiens.

Le 10 septembre 1936, trois miliciens vinrent l’arrêter, bien déçus de constater qu’on avait déjà dérobé au Prêtre tout ce qu’il avait, comme sa montre. Ils le poussèrent dans une voiture, direction Zurgena, à la carrière de Lubrín, où ils lui tirèrent plusieurs coups de feu, mais sans le tuer complètement. Le Prêtre continua de perdre son sang et mourut dans la soirée. En tombant, il disait à ses bourreaux : Que Dieu me pardonne, comme je vous pardonne.

Béatifié en 2017, Fernando González Ros sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 10 septembre.

 

 

Félix España Ortiz

1889-1936

 

Félix vit le jour le 1er février 1889 à Pancorbo (Burgos) et fut baptisé le 3. C’était le jeune frère de Cesáreo, qui sera aussi martyrisé (voir notice Cesáreo España Ortiz, 28 août).

Il marcha donc sur les traces de son aîné et entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes en 1902, au noviciat mineur de Bujedo. Au moment du noviciat, il prit le nom de Benito Clemente.

Après le scholasticat, il exerça son ministère à Castro Urdiales, puis il fut successivement à Bonanova (1909), sous-directeur à Benicarló (1922), puis assistant du directeur de Berga au printemps 1936.

Dès le 19 juillet 1936, les Frères de la communauté durent s’éparpiller et se cacher où ils pouvaient trouver accueil. Benito se réfugia chez un ancien élève à Noet, mais les miliciens qui vinrent fouiller lui dirent qu’il ne pouvait pas rester là sans l’autorisation du Comité.

Benito partit pour Barcelone. Il passa la nuit sur un banc public de Gracia ; le matin, un autre ancien élève (il y en avait tant !) le vit en tel état qu’il le conduisit à un hôtel ; vers le 15 août, Benito fut reçu par une brave dame qui, cependant, l’avertit que sa maison avait déjà été fouillée plusieurs fois.

Il priait et donnait des leçons aux deux garçons de la dame en question.

Le 31 août, il fit une promenade avec eux, durant laquelle il rencontra encore d’autres anciens élèves qui lui proposaient de travailler dans leur usine.

Mais vers neuf heures du soir, des miliciens vinrent fouiller la maison. Ils emmenèrent le Frère. La dame lui proposa quelques habits de rechange, mais il répondit : A quoi ça me servirait, s’ils vont me tuer ?

On sait seulement qu’il resta quelques jours en prison et qu’il fut fusillé dans la quinzaine suivante, approximativement le 10 septembre 1936.

Frère Benito a été béatifié en 2007.

 

 

Leoncio Arce Urrutia

1899-1936

 

Il naquit le 12 janvier 1899 à Villarreal de Álava, fut baptisé le lendemain et confirmé en mai.

A douze ans, il entra à l’école apostolique dominicaine de La Mejorada (Valladolid) et fit profession à Ávila en 1917.

S’il y a un trait de caractère qu’on doit noter chez lui, c’est qu’il était toujours prêt à rendre service aux autres.

La théologie, il l’étudia aux Etats-Unis, à Rosaryville et fut ordonné prêtre à New Orléans, en 1924.

Revenu en Espagne, il fut à La Mejorada (1924-1928), Ávila (1928-1931) et Madrid (1931-1936), partageant son temps entre l’enseignement, le ministère pastoral, l’administration économique, l’administration de la revue Misiones Dominicanas.

Le couvent ayant été pris d’assaut par les révolutionnaires le 19 juillet 1936, il fut arrêté tandis qu’il portait secours au père Santonja, gravement blessé et tout en sang (s’il n’avait pu le faire, le blessé serait mort exsangue). On emmena le père Leoncio au commissariat, où on lui retira tout ce qu’il portait de religieux sur lui, avant de le soumettre à un interrogatoire. Il répondit franchement qu’il était Religieux : on le laissa aller, tout en lui recommandant de se cacher.

Il passa un mois dans la prière et la pénitence, chez un bienfaiteur qui dira plus tard que c’était une vraie consolation de l’avoir chez soi.

Les miliciens revinrent l’arrêter, le mirent dans la prison de Porlier et l’exécutèrent le 10 septembre 1936.

Le père Leoncio fut béatifié en 2007.

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8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 23:00

 

 

09 SEPTEMBRE

 

III.

S Gorgonius, martyr romain.

S Straton, martyr écartelé entre deux arbres.

?

S Iacintus, martyr en Sabine.

S Severianus, soldat en Arménie, martyr. 

SS Rufin et Rufinien, frères martyrs.

VI.

S Ciarán, un des douze apôtres de l'Irlande , abbé à Clonmacnoise.

VII.

Ste Onnen, fille du roi breton Judaël, vierge invoquée contre l'hydropisie.

S Ulphace, ermite près de Apiacum.

VIII.

Ste Osanne, irlandaise ou écossaise, vierge à Jouarre. 

S Bettelin, ermite à Croyland.

X.

Ste Wulftrude, abbesse à Wilton après avoir été de force épouse du roi Edgar, et mère de ste Edith.

XI.

Ste Wulfhilde, abbesse à Barking, dont elle fut un temps expulsée injustement ; parfois on l'identifie avec Ste Wulftrude (cf. ci-dessus).

XII.

Ste María de la Cabeza, veuve de s.Isidore le Laboureur en Espagne, invoquée contre les maux de tête.

B Geoffroy, bénédictin à Cerisy, successeur du b.Vital à Savigny.

XVI.

B George Douglas, prêtre écossais martyr, pendu, béatifié en 1987.

XIX.

B Pierre Bonhomme, prêtre à Gramat, fondateur d'un collège pour garçons et de la congrégation des Sœurs de Notre-Dame du Calvaire, pour les vieillards et les malades, béatifié en 2003.

B Jacques-Désiré Laval, médecin, curé en Normandie, missionnaire sur l'Ile Maurice où il sut s'adjoindre des collaborateurs laïcs en de nombreux domaines, béatifié en 1979.

XX.

B Francisco Gárate Aranguren (1857-1929), frère jésuite espagnol, portier très aimable et surnommé Frère Courtoisie, béatifié en 1985.

B José Flores Beltrán (1876-1936), prêtre, martyr près d’Almería, béatifié en 2017.

B Joan Vilá Colomé (Josep, 1880-1936), prêtre capucin, martyr à Barcelone, béatifié en 2015.

B Miguel Beato Sánchez (1911-1936), jeune prêtre, martyr près de Toledo, béatifié en 2007.

Bse Emma Üffing (Maria-Euthymia, 1914-1955), des Sœurs de la Miséricorde de Münster, infirmière, surtout durant la guerre mondiale, béatifiée en 2001.

Emma Üffing

1914-1955

 

Emma naquit le 8 avril 1914 à Halverde (Allemagne), neuvième des onze enfants de August Üffing et Maria Schmidt.

Le rythme de cette grande famille paysanne était marqué par une profonde piété et une fidèle fréquentation des offices de la paroisse.

La petite Emma fut victime dès un an et demi d’une forme de rachitisme, qui la laissa en mauvaise santé toute sa vie. Malgré tout, elle ne s’en plaignit jamais et s’habitua à aider aux travaux de l’exploitation. Si on lui faisait quelque injustice, elle ne s’en émouvait pas ; autant qu’elle le pouvait, elle cherchait à épargner à ses frères et sœurs toute tâche un peu pénible.

Elle fit sa première Communion le 27 avril 1924 et reçut la Confirmation le 3 septembre  suivant. Quatre ans après, à quatorze ans, elle exprima le désir de devenir religieuse.

Le 1er novembre 1931 elle commença son apprentissage d’aide-ménagère dans le proche hôpital Sainte-Anne de Hopsten, qu’elle acheva en mai 1933.

C’est à cette période qu’elle connut les Sœurs de la Charité de Münster, dites Sœurs de la Miséricorde. La Mère Supérieure, Euthymia Linnenkämper, apprécia tout de suite les qualités d’Emma dans sa disponibilité et le service constant des autres.

Peu avant la mort de son père (1932) Emma revint quelque temps à la maison pour s’occuper de lui. Puis, avec l’autorisation de sa mère, elle demanda en mai 1934 à être admise dans la maison religieuse de Münster.

Les Supérieur(e)s hésitèrent un moment, en considération de sa complexité fragile. Mais Emma put être du nombre des quarante-sept postulantes qui furent admises le 23 juillet suivant. Elle prit alors le nom de Euthymia, en souvenir de la Mère qui l’avait si bien accueillie auparavant.

La vêture eut lieu le 2 octobre 1935. Euthymia se prépara intensément à servir Dieu et les hommes de tout son cœur, et put faire les premiers vœux le 11 octobre 1936. Toute joyeuse elle écrivait à sa mère : J’ai trouvé Celui que mon cœur aime ; je veux le tenir et jamais le laisser partir (Ct 3:4).

En octobre 1936, on l’envoie à l’hôpital Saint-Vincent de Dinslaken. Elle passe son examen avec succès et reçoit le 3 septembre 1939 son diplôme d’infirmière, au moment où commençait la Deuxième Guerre mondiale.

Elle fait les vœux perpétuels le 15 septembre 1940, en la fête de Notre-Dame des Douleurs.

La pauvreté qui résultait de ce temps de guerre ne facilitait pas l’assistance aux malades. En 1943, Sœur Euthymia reçut la charge de soigner les prisonniers malades et les travailleurs étrangers, en particulier les Anglais, les Français, les Russes, les Polonais et les Ukrainiens, atteints de maladies infectieuses. Elle s’occupa de tous avec un soin infatigable et plein de douceur.

On a un précieux témoignage d’un prêtre français, Émile Esche, qui fut prisonnier de guerre à l’hôpital de Dinslaken pendant plusieurs années et écrivit : Quand Sœur Euthymia était en contact avec les malades, son cœur débordait de charité et de tendresse, rien n’était trop pour elle. Elle savait bien que les prisonniers malades n’avaient pas seulement à supporter leurs souffrances physiques. Par la chaleur de son attitude et sa proximité, elle leur donnait le sentiment d’être heureux et chez eux. Elle priait avec le malade et s’assurait qu’il pût recevoir la Sainte Eucharistie… La vie de Sœur Euthymia était un cantique d’espérance au creux de la guerre.

On rapporte qu’un jour elle s'aperçut que les prisonniers, morts de faim, se nourrissaient de restes trouvés dans les poubelles. Elle leur prépara alors des petits pains au beurre, qu'elle laissa sur les poubelles à leur intention.

Après la guerre, l’expérience de Sœur Euthymia lui fit confier le fonctionnement de la buanderie de Dinslaken, et trois ans plus tard, celle, immense, de la Maison-mère et de la clinique Saint-Raphaël de Münster. Malgré sa préférence pour les malades, elle assuma cette nouvelle mission sans difficulté. Elle répondit : Tout est pour Dieu Tout-puissant.

Malgré l’importance de la tâche, elle resta toujours un enfant et une religieuse disponible, avec un gentil sourire et un mot aimable, prompte à rendre le moindre service à n’importe qui. Sa vie de chaque jour fut vraiment extraordinaire. Tout le temps libre qui lui restait - c’est-à-dire le peu de temps libre qui lui restait - elle le passait devant le Tabernacle. Nombreux furent ceux qui, la connaissant, lui demandèrent de prier pour leurs intentions.

Une forme pénible de cancer porta prématurément Sœur Euthymia aux portes de la mort. Après de longues semaines de maladie, elle mourut au matin du 9 septembre 1955.

Elle fut béatifiée en 2001.

Le miracle qui fut retenu pour cette béatification fut la guérison totale et définitive d’une des Consœurs de Sœur Euthymia, dont la main était restée bloquée dans une repasseuse et avait subi de profondes brûlures et de graves contusions.

La bienheureuse Maria Euthymia se trouve inscrite le 9 septembre au Martyrologe.

Gorgonius de Rome
† 203

Il n’est pas très facile de comprendre si Gorgonius fut martyrisé à Nicomédie ou à Rome, ou si l’on transporta le corps du Martyr de Nicomédie à Rome ou s’il s’agit d’un autre Personnage homonyme.
Il a été question d’un Gorgonius le 12 mars, avec Petros et Dorotheos.
Le Martyrologe Romain, qui mentionne Gorgonius de Nicomédie le 12 mars, semble bien parler d’un autre Gorgonius, de Rome, après 203.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Gorgonius de Rome au 9 septembre.


Iacintus de Sabine
?

Iacintus (ou aussi Iacinctus, Hyacinthe) est un Martyr historiquement reconnu, mais dont on n’a aucune autre information que la Sabine (Italie C) où il aurait été martyrisé.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Hyacinthus de Sabine au 9 septembre.

 

Ciarán de Clonmacnoise

516-544

 

Il naquit vers 516 près de Roscommon (Connacht, Irlande) ; son père émigra de Meath (à l’Est) à Connaught (Ouest), où il exerçait son métier de charron et possédait des troupeaux. On croit que Ciarán s’appelait Ciarán mac an tSaeir, c’est-à-dire fils du charpentier, ce qui laisse supposer que son père était charpentier au moment de sa naissance.

Ciarán reçut une première formation auprès de s.Enda (v. 21 mars), puis auprès d’un disciple de ce dernier, s.Finnian (v. 12 décembre) ; ou bien à l’inverse, d’abord sous Finnian puis sous Enda, et ce fut ce dernier qui l’ordonna prêtre.

En 544, Ciarán fonda à son tour un monastère à Clonmacnoise, au cœur de l’Irlande. Il ne devait pas y vivre une année.

De Ciarán, s.Columba d’Iona disait : C’était une lampe allumée, diffusant la lumière de la sagesse.

Il paraît que Ciarán se déplaçait avec une vache et, quand il arrivait au monastère de Clonard, il fournissait le lait pour toute la communauté.

Il entendit un jour la voix d’un jeune et demanda à connaître ce jeune homme ; c’était un garçon sans aucune instruction : inspiré divinement, Ciarán forma ce garçon, lui enseigna tout ce qu’il pouvait, car le garçon était fort intelligent, et il le fit tonsurer ; Ciarán savait qu’il lui succéderait, ce qui arriva.

Ciarán mourut vers 544, victime d’une épidémie, âgé de moins de trente ans. 

Il fut très vite connu et grandement honoré comme l’un des douze apôtres de l’Irlande. Son nom a subi quelques variantes : Ceran, Kieran, Queran ; parfois, on l’a appelé Ciarán le Jeune, pour le distinguer de Ciarán l’Ancien, évêque d’Osraige (v. 5 mars ?).

On rapporte qu’au moment de sa mort, des Anges vinrent accueillir son âme pour la porter au Ciel.

On a aussi attribué à Ciarán une Règle monastique ; le monastère de Clonmacnoise devint vite très célèbre. Il survécut aux invasions des Vikings et aux guerres anglo-normandes, mais fut détruit au moment de la «Réforme», en 1552.

Saint Ciarán de Clonmacnoise est commémoré le 9 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

George Douglas

?-1587

 

Il était né à Edinburgh (Ecosse), fils de John Douglas, neveu de l’archevêque protestant du même nom.

Beaucoup de renseignements sur sa personne et son cursus ont disparu. D’après ce qui va suivre, on pourrait situer sa naissance aux environs de 1540.

Il fut d’abord maître d’école dans la région anglaise de Rutland. Puis il vint à Paris pour se préparer au sacerdoce.

Il aurait pu être entré chez les Franciscains.

On sait qu’il vint en Angleterre une dizaine d’années après son ordination, lors de la persécution de la reine Elizabeth I.

Il fut arrêté une première fois, et relâché. Arrêté une seconde fois, à Ripton (Yorkshire), il fut condamné à mort, ayant été accusé de papisme, c’est-à-dire pour avoir amené ou ramené des fidèles au catholicisme.

Il fut pendu, éviscéré et écartelé à York, le 9 septembre 1587, et béatifié en 1987, quatre siècles après sa mort.

 

 

Pierre Bonhomme

1803-1861

 

Né à Gramat (Lot) le 4 juillet 1803, Pierre était le fils d’un coutelier. Il fut baptisé le jour-même.

En 1813, il reçut la Première communion.

Elève de son curé de paroisse, puis du curé de Reihac, il fut admis directement en classe de quatrième auu Petit séminaire de Monfaucon.

Il prépara son baccalauréat au collège de Cahors et, en 1824, entra au Grand séminaire de Cahors, où il fut ordonné prêtre en 1827.

Son premier travail fut de réunir une équipe de bonnes volontés et capables d’enseigner, pour ouvrir un collège à Gramat : il y aura vite cent cinquante élèves !

En 1830, des épreuves s’accumulent : la maman de Pierre décède ; puis lors de la révolution de juillet, il reçoit des insultes pour s’être montré favorable au roi Charles X ; on lui retire son traitement d’enseignant. On tente même, mais en vain, de faire fermer son collège.

L’abbé Bonhomme ouvrit un second collège à Prayssac, où s’inscrivirent cinquante élèves pour les cours de latin. Puis il institua une œuvre pour les filles : les Enfants de Marie de Gramat, qui regroupe tout de suite plus de cent filles, qui s’organisent et se donnent à des œuvres de charité.

En 1832, Pierre succède au curé, qui vient de décéder. Il se donne entièrement à la paroisse, à la restauration de l’église et de la liturgie, en même temps qu’au collège et aux Enfants de Marie.

Il restaura le pèlerinage à Notre-Dame de Rocamadour.

Vient le tour de la création d’un hospice, dont s’occuperont des jeunes filles issues des Enfants de Marie et qui formeront la congrégation des Sœurs de Notre-Dame du Calvaire. Dans un premier temps, elles allèrent se former dans d’autres congrégations pour apprendre à soigner les malades, et en 1834, sont prêtes à assumer leurs responsabilités.

Elles ouvrent à leur tour une école de filles, et les plus capables allèrent se diplômer à Paris. A Gramat, devant l’affluence des élèves, on construisit le grand couvent.

L’abbé Bonhomme, qui avait un vrai charisme de prédicateur, voulut changer un peu le cap de ses occupations. En accord avec son évêque, il remit le collège et la paroisse à un remplaçant et se consacra entièrement à la congrégation naissante.

Malgré des intrigues locales dues à certaines des Religieuses, et qui valurent à l’abbé beaucoup de soucis, de calomnies, d’insultes et même d’un guet-apens, la congrégation se développa rapidement ; il y eut des fondations à Fons (1838), Limogne-en-Quercy et Rocamadour (1839), Luzech, Leyme, Le Vigan, Latronquière. En 1848, il y avait plus de soixante religieuses.

Tant qu’il le put, il prêcha dans le Lot et le Tarn-et-Garonne, en patois, par tous les temps., ramenant aux sacrements beaucoup de fidèles, abandonnés à eux-mêmes depuis les ravages de la révolution. Mais l’abbé fut atteint d’une maladie du larynx et dut progressivement interrompre la prédication, au profit de toute son attention à la congrégation. 

Il se dédia alors aux sourds-muets, hommes et femmes, et ouvrit un centre à Mayrinhac-Lentour, à Bourg-la-Reine (le château d’Henri IV). Vint le tour de l’hôpital psychiatrique de Leyme (1844), de celui de Paris (1856) et de l’institut pour sourdes-muettes, transféré à Bourg-la-Reine et toujours en activité. Encore récemment, l’institut accueillait des centaines d’élèves.

En décembre 1860, il eut un accident vasculaire cérébral, qui le laissa hémiplégique. L’année suivante, un deuxième AVC le frappa le 8 septembre et l’abbé Bonhomme mourut le 9 septembre 1861 à Gramat.

Il a été béatifié en 2003.

Les Sœurs sont maintenant présentes en Amérique du Sud (Brésil, Argentine, Paraguay), en Asie (Philippines), en Afrique (Côte d’Ivoire, Guinée Konacry).

 

 

Jacques Désiré Laval

1803-1864

 

La vie du jeune Jacques-Désiré Laval était marquée par l’exemple admirable de sa mère. Affectueuse et tendre, elle était une âme très charitable secourant les pauvres des campagnes normandes. 

Jacques-Désiré naquit le 18 septembre 1803 à Croth (Eure, France). Son père, Jacques, était paysan et maire du village ; Jacques reçut aussi le nom de Désiré, car les parents “désiraient” tellement un garçon après leurs trois filles.

Après quelques études auprès de son oncle Nicolas, à 14 ans il entre au petit séminaire d’Évreux. Mais, jeune, frivole et paresseux, il s’y ennuie et rentre chez lui. Son père, mécontent, l’assigne aux plus rudes des travaux de la ferme. Le jeune Jacques reprend ses études et est envoyé au collège Stanislas à Paris.

Doué d’une brillante intelligence, il est reçu bachelier ès lettres à l’âge de 22 ans, et bachelier ès sciences physiques l’année suivante. Il fait des études médicales et soutient le 21 août 1830 une thèse sur le rhumatisme articulaire.

Lors de la révolution de 1830, il revient en Normandie et exerce la médecine pendant quatre ans à Saint-André-de-l’Eure, faisant preuve à l’occasion d’une grande charité. Il se fixa successivement à Ivry-la-Bataille, pour fuir une campagne de calomnies qui s’était déclenchée contre lui.

Le train de vie de Jacques-Désiré était très mondain ; il aimait le plaisir, le luxe dans son mobilier autant que dans ses vêtements, il aimait parader en uniforme à la tête de la garde nationale de sa commune, mais le jeune médecin, intérieurement, n’était pas satisfait et combattait. Deux événements eurent raison de son hésitation : une déception amoureuse, et un accident qui faillit lui être fatal.

Le 3 février 1835 en effet, il fait une terrible chute de cheval. Il reconnaît alors l’appel de Dieu. «Si je suis vivant, c’est que Dieu m’appelle ailleurs (…) J’ai embrassé la médecine et aujourd’hui, je vois que j’ai eu tort. Dieu m’appelle à être prêtre. C’est ma vocation…» Il annonce alors son entrée au séminaire d’Issy-les-Moulineaux (juin 1835).

Le 22 décembre 1838, Jacques-Désiré Laval est ordonné prêtre par Mgr Hyacinthe de Quelen, archevêque de Paris. 

Le 8 janvier 1839, il est envoyé à Pinterville (Eure), qu’il quittera le 21 février 1841, déclarant après la messe : «Je m’en vais… c’est que Dieu me veut missionnaire.» Il y fit en effet comme son noviciat de missionnaire, laissant sa porte ouverte aux pauvres, vivant dans l’austérité et dans la prière.

Il entre dans la Société du Saint-Cœur de Marie, fondée par le père François Libermann, aujourd’hui appelée Congrégation du Saint-Esprit, ou Spiritains.

Il s’embarque de Londres sur le navire Tanjore, quittant à tout jamais l’Europe, à destination de l’Ile Maurice, le 4 juin 1841, avec Mgr William Collier, évêque bénédictin et d’autres prêtres. Le 13 septembre 1841, le Père Laval débarque à Maurice, dans la plus grande indifférence. Il reçoit la charge de la Mission des Noirs. On le tourne en ridicule: «Pauvre abbé, il perd son temps.»

Il commence par apprendre le créole, fait le catéchisme avec les Noirs affranchis, leur enseigne l’Évangile, forme et envoie ses premiers laïcs évangéliser les Noirs, leur enseignant le catéchisme en créole.

Le père Laval s’efforçait de vivre pauvrement au milieu de la pauvreté des habitants, leur montrant la plus grande délicatesse, les appelant Monsieur ou Madame ; ses “chers Noirs” en étaient tout ébahis. Il leur rendait visite chez eux, à l’hôpital, dans la prison. Il créa de petites écoles en même temps que de petites chapelles. Après un cyclone en 1848, il fallut tout reconstruire, ce que firent les fidèles avec enthousiasme.

Les colons blancs au début le haïssaient, jaloux de sa présence et de son succès auprès d’un peuple qu’on traitait de marginal. Il fallut même le protéger avec deux policiers, mais la patience et l’humilité du père Laval eurent raison de cette aversion, qui se changea même parfois en réelle admiration.

Sa foi héroïque, admirable, extraordinaire, son courage inébranlable, son amour mystique pour Jésus-Christ, et à travers lui, Dieu notre Père et sa dévotion exemplaire à Marie, font déjà de lui, un «Saint».

Lui qui n’avait pas vraiment fait de “noviciat” dans la congrégation, et qui ne se souciait pas beaucoup des “formalités” consistant à envoyer des rapports réguliers à ses Supérieurs, se voit nommer supérieur provincial des missions de l’Ile Bourbon (la future Réunion) et de l’Ile Maurice.

En 1854 et 1856, deux épidémies, de choléra et de variole, stimulent la charité du père Laval qui va au chevet des malades et des mourants.

Après plusieurs attaques cardiaques, il meurt le 9 septembre 1864. Lui qui était arrivé parfaitement incognito sur l’Ile Maurice, fut accompagné à sa dernière demeure par quelque quarante-mille personnes. Il fut inhumé au pied du calvaire, devant l’église de Sainte-Croix.

Il fut béatifié en 1979 : c’était la première béatification que faisait le nouveau pape Jean-Paul II, qui le prit comme protecteur de son pontificat et alla se recueillir sur sa tombe en 1989.

Le bienheureux Jacques-Désiré Laval est mentionné le 9 septembre dans le Martyrologe.

 

 

Francisco Gárate Aranguren

1857-1929

 

Francisco vit le jour le 3 septembre 1857 à Recarte (Loiola - le pays de saint Iñigo ou Ignace, voir au 31 juillet -, Azpeitia, Guipuzcoa, Pays Basque espagnol), deuxième d’une grande fratrie de sept enfants, dont trois des quatre garçons furent jésuites.

En 1871, il fut pris comme domestique dans un collège à Orduña.

En 1874, voulant entrer chez les Jésuites, il fit à pied le voyage à Poyanne (Landes), où l’Ordre s’était replié à la suite de la révolution de 1868.

Quand le noviciat s’acheva (1876), les Jésuites purent aussi rentrer en Espagne. Francisco fut envoyé à Pontevedra comme infirmier, où pendant dix ans il manifesta le plus profond dévouement auprès des malades.

En 1888, il fut alors envoyé à Bilbao, qui sera toute sa vie. Les Jésuites venaient d’y ouvrir une nouvelle université. Francisco y fut portier, recevant tour à tour les élèves, les parents, les visiteurs, avec pour chacun une attention pleine de délicatesse qui le rendra très célèbre. On le surnomma Hermano Finuras, qu’on a traduit en français par Frère Courtoisie.

Mais aussi, on le chargea de superviser les travaux d’édification et de finition de la maison ; c’est lui qui s’occupa d’installer le téléphone.

Et comme on aime se servir des gens dévoués, on lui confia aussi la sacristie et le jardin.

Frère Francisco mourut paisiblement, dans sa chambre, le 9 septembre 1929, après une journée de maladie, sans avoir jamais dérangé personne, sans connaître, heureusement pour lui, les pénibles événements des dix années suivantes.

Il a été béatifié le 6 octobre 1985.

José Flores Beltrán
1876-1936

Né le 18 février 1876  à Mojácar (Almería), José fut baptisé le lendemain.

En 1889 il entra au Petit séminaire, passa au Grand et fut ordonné prêtre en 1899.

En moins de quarante ans de sacerdoce, il sera nommé à huit postes : Vicar en 1901, Benizalón en 1905, San José de los Gázquez en 1909, Urrácal en 1910, Pulpí en 1912, Cuevas del Almanzora en 1916, Mojácar en 1928, où il s’occupa particulièrement de ses vieux parents, enfin Cuevas del Almanzora en 1935.

Ce curé était toujours prêt à recevoir, soit au presbytère, soit au confessionnal.

Le 8 septembre 1936, il reçut la visite du fils d’un de ses amis du pays, qui lui demndait de l’accompagner ; don José le suivit sans hésiter. La voiture partit pour Castillo où l’on passa la nuit ; le lendemain, on conduisit le Prêtre quelque part à Ballabona, où un milicien l’abattit d’un coup de feu dans la nuque.

Martyrisé le 9 septembre 1936 et béatifié en 2017, José Flores Beltrán sera mentionné ce jour-là dans le Martyrologe Romain.

 

Joan Vilá Colomé

1880-1936

 

Joan Vilá Colomé était né le 19 novembre 1880 à Calella de la Costa (Barcelone, Catalogne, Espagne).

Il reçut l’habit capucin en 1898 à Arenys de Mar, prit le nom de Josep, fit la profession et fut ordonné prêtre le jour de la fête de saint Joseph, 19 mars 1904.

Après divers postes en différents couvents, il se trouva dans celui de Notre-Dame-de Pompéi à Barcelone au moment de la guerre civile de 1936.

Il dut se cacher au domicile d’une famille qu’il connaissait. Quelqu’un le dénonça ; un milicien lui demanda s’il était moine et il répondit : Je suis le père José de Calella.

Le père Josep fut martyrisé à Barcelone le 9 septembre 1936, et béatifié en 2015.

 

 

Miguel Beato Sánchez

1911-1936

 

Beato (bienheureux), Miguel le fut de nature, mais aussi par la grâce de Dieu et le don de soi.

Il naquit le 10 avril 1911, à La Villa de Don Fadrique (Tolède, Espagne), avec un frère jumeau, Domingo, qui mourut à trois ans. Après eux naquirent cinq autres enfants : Juan et María Esperanza, qui moururent jeunes, María Teresa, María Dolores et Jesús, qui purent témoigner plus tard de la sainteté de leur aîné..

Les parents, Miguel et Andrea, étaient d’humbles travailleurs très chrétiens, craignant Dieu et aimant l’Eglise.

Miguel fut baptisé deux jours après sa naissance, et confirmé en 1916. Il reçut la Première communion en 1917. Dans son pays, on l’appelait Miguelillo. Il grandit dans la pratique des bonnes vertus, pieux, généreux ; jamais on ne le vit se battre avec ses camarades. Lui et ses sœurs firent partie de l’Alliance en Jésus par Marie, une congrégation laïque qui regroupait des jeunes vivant dans le monde.

Miguel imita bien vite le curé de la paroisse, en «disant la messe» à la maison. Il se mettait au cou deux bavettes d’enfant, une devant et une derrière, pour figurer la chasuble. Dans la famille, on souhaitait bien que Juan, l’aîné, devînt prêtre, mais il ne ressentait pas la vocation ; Miguel s'amusait à dire : Yo, bela, yo seré cura (Et ben, c’est moi qui serai curé).

Il entra au Petit séminaire de Tolède en 1923, passa au Grand, et acheva ses études avec d’excellentes appréciations : benemeritus et valde meritus. Il reçut les premiers ordres en décembre 1934, le sous-diaconat en juin 1935.

Il aurait pu être ordonné prêtre dès 1935, mais il dut passer par le conseil de révision : on lui trouva la poitrine rétrécie, et il fut réformé.

Il attendit patiemment le moment de l'ordination, tout en s’occupant dans la bibliothèque de l’archevêque. La providence fit qu’il fut ordonné prêtre le 11 avril 1936, lendemain de ses vingt-cinq ans. En même temps que lui furent ordonnés aussi deux prêtres qui moururent martyrs, mais qui appartiennent à une cause de béatification non encore achevée.

Don Miguel célébra sa première Messe en forme privée, sans chanter, car les temps étaient déjà difficiles.

Il fut nommé vicaire dans son pays natal, où la tension était déjà forte depuis la proclamation de la République en 1931 : il y avait eu des assassinats. Don Miguel cependant se lança dans l’apostolat avec plein de zèle, réunissant les jeunes de l’Action Catholique, parlant aux enfants, même s’ils étaient fils d’anarchistes.

Le 18 juillet 1936, l’église fut fermée. Don Miguel se renferma chez lui avec le Saint-Sacrement, que le curé avait réussi à extraire du tabernacle, profitant d’un moment d’inattention des miliciens. Pendant quelques jours, don Miguel put encore célébrer la Messe et donner les Sacrements aux fidèles, chez lui.

Le 3 août, on arrêta le curé, don Francisco López-Gasco y Fernández-Largo, qui fut assassiné le 9 août.

Don Miguel attendait son heure. Une de ses prières quotidiennes était, les bras en croix : Seigneur, si tu as besoin de ma vie pour le salut de l’Espagne, je te la donne ; que je sois une victime, jamais un traître. Il se préparait à son martyre en lisant les vies des Martyrs. Avec grande joie, il s’exclamait : Regarde comme ils répondent à leurs bourreaux !

Une pieuse dame lui suggéra de ne pas porter la soutane et d’aller travailler dans les champs en civil. L’idée partait d’un bon sentiment, mais il répondit : Ma soutane, je ne m’en sépare pas, même s’il faut la colorer de mon sang ! Quelques jours après, cependant, il apprit que la soutane de son curé, martyr, était l’objet de moqueries infâmes, aussi retira-t-il la sienne, bien à contre-cœur.

Le 28 août, les miliciens mirent le feu à toutes les saintes images de l’église, en particulier celle du Christ, à laquelle on avait attribué une protection spéciale, dix ans plus tôt, quand on avait réussi à éteindre un feu de campagne qui menaçait les champs et les habitations. Les jours suivants, les miliciens exhibaient des morceaux de ces images et statues, pour s’en moquer encore.

Le 5 septembre, un milicien vint lui dire d’aller ramasser dans l’église les restes des images et statues pour les brûler. Il y alla, voyant dans cet acte, une façon de mettre fin aux profanations.

Le 6 septembre, des miliciens vinrent le chercher. Il ne devait pas revenir chez lui.

On l’enferma en prison, en le frappant continuellement pour lui faire abjurer sa foi, pour le faire blasphémer, mais il ne répondait que Vive le Christ Roi !

On poussa la profanation jusqu’à lui faire endosser la tunique du Nazareno de l’église, on lui aurait mis aussi une croix entre les bras, et on lui fit faire le Chemin de Croix dans l’église, le drapeau rouge autour de la poitrine.

On lui mit dans la bouche le canon d’un pistolet, qui lui provoqua un vomissement de sang ; on l’emmena dans une porcherie ; on voulut lui faire piétiner un crucifix, mais il refusa toujours. Un voisin de prison lui suggéra : Dis-leur ce qu’ils veulent ; Dieu sait bien que tu ne le dis que des lèvres. Et lui : Je ne peux pas !

Les bourreaux se sentaient terriblement vexés de voir ce jeune prêtre plus courageux qu’eux-mêmes. N’en pouvant plus de l’entendre répéter invariablement Vive le Christ Roi !, ils lui coupèrent la langue avec un couteau de boucher.

Le Martyr avait la bouche en sang, les dents tombaient, la langue coupée, le corps tout défait. On lui porta son repas du soir, assez loin de lui pour se moquer encore : Allez, appelle le Bon Dieu ! Pourquoi ne vient-il pas t’aider ?

Les bourreaux avouèrent plus tard qu’ils auraient bien voulu lui sauver la vie, mais qu'ils se virent "contraints" de le tuer, et qu’il mourut «seulement» pour n’avoir pas cédé.

Au soir du 8 septembre, ils lui dirent encore une fois de piétiner un crucifix. Sur son refus, un milicien lui donna un tel coup de poing qu’il tomba par-terre. 

Ici, les détails ne coïncident pas totalement. Selon une version, on lui donna tant de coups, qu’on le crut mort ; venus le lendemain matin, 9 septembre, pour l’enterrer, et s’apercevant qu’il vivait encore, les miliciens l’abattirent. Dans l’autre version, les miliciens ne revinrent qu’au matin du 10 septembre. S’apercevant qu’il murmurait encore Ah, mon Dieu !, ils lui déchargèrent une pluie de coups de bâtons, jusqu’à son dernier soupir. Alors ils l’emportèrent pour l’enterrer dans un coin de champ, laissant une de ses mains en-dehors : des chiens la dévorèrent. De fait, quand on exhuma le corps en 1939, la main du prêtre manquait. Le corps était couvert de plaies.

La date retenue pour la mort de don Miguel est le 10 septembre 1936 : il avait tout juste cinq mois de sacerdoce.

Don Miguel a été béatifié en 2007 : Beato de famille, il est maintenant Bienheureux au ciel.

 

 

Emma Üffing

1914-1955

 

Emma naquit le 8 avril 1914 à Halverde (Allemagne), neuvième des onze enfants de August Üffing et Maria Schmidt.

Le rythme de cette grande famille paysanne était marqué par une profonde piété et une fidèle fréquentation des offices de la paroisse.

La petite Emma fut victime dès un an et demi d’une forme de rachitisme, qui la laissa en mauvaise santé toute sa vie. Malgré tout, elle ne s’en plaignit jamais et s’habitua à aider aux travaux de l’exploitation. Si on lui faisait quelque injustice, elle ne s’en émouvait pas ; autant qu’elle le pouvait, elle cherchait à épargner à ses frères et sœurs toute tâche un peu pénible.

Elle fit sa première Communion le 27 avril 1924 et reçut la Confirmation le 3 septembre  suivant. Quatre ans après, à quatorze ans, elle exprima le désir de devenir religieuse.

Le 1er novembre 1931 elle commença son apprentissage d’aide-ménagère dans le proche hôpital Sainte-Anne de Hopsten, qu’elle acheva en mai 1933.

C’est à cette période qu’elle connut les Sœurs de la Charité de Münster, dites Sœurs de la Miséricorde. La Mère Supérieure, Euthymia Linnenkämper, apprécia tout de suite les qualités d’Emma dans sa disponibilité et le service constant des autres.

Peu avant la mort de son père (1932) Emma revint quelque temps à la maison pour s’occuper de lui. Puis, avec l’autorisation de sa mère, elle demanda en mai 1934 à être admise dans la maison religieuse de Münster.

Les Supérieur(e)s hésitèrent un moment, en considération de sa complexité fragile. Mais Emma put être du nombre des quarante-sept postulantes qui furent admises le 23 juillet suivant. Elle prit alors le nom de Euthymia, en souvenir de la Mère qui l’avait si bien accueillie auparavant.

La vêture eut lieu le 2 octobre 1935. Euthymia se prépara intensément à servir Dieu et les hommes de tout son cœur, et put faire les premiers vœux le 11 octobre 1936. Toute joyeuse elle écrivait à sa mère : J’ai trouvé Celui que mon cœur aime ; je veux le tenir et jamais le laisser partir (Ct 3:4).

En octobre 1936, on l’envoie à l’hôpital Saint-Vincent de Dinslaken. Elle passe son examen avec succès et reçoit le 3 septembre 1939 son diplôme d’infirmière, au moment où commençait la Deuxième Guerre mondiale.

Elle fait les vœux perpétuels le 15 septembre 1940, en la fête de Notre-Dame des Douleurs.

La pauvreté qui résultait de ce temps de guerre ne facilitait pas l’assistance aux malades. En 1943, Sœur Euthymia reçut la charge de soigner les prisonniers malades et les travailleurs étrangers, en particulier les Anglais, les Français, les Russes, les Polonais et les Ukrainiens, atteints de maladies infectieuses. Elle s’occupa de tous avec un soin infatigable et plein de douceur.

On a un précieux témoignage d’un prêtre français, Émile Esche, qui fut prisonnier de guerre à l’hôpital de Dinslaken pendant plusieurs années et écrivit : Quand Sœur Euthymia était en contact avec les malades, son cœur débordait de charité et de tendresse, rien n’était trop pour elle. Elle savait bien que les prisonniers malades n’avaient pas seulement à supporter leurs souffrances physiques. Par la chaleur de son attitude et sa proximité, elle leur donnait le sentiment d’être heureux et chez eux. Elle priait avec le malade et s’assurait qu’il pût recevoir la Sainte Eucharistie… La vie de Sœur Euthymia était un cantique d’espérance au creux de la guerre.

On rapporte qu’un jour elle s'aperçut que les prisonniers, morts de faim, se nourrissaient de restes trouvés dans les poubelles. Elle leur prépara alors des petits pains au beurre, qu'elle laissa sur les poubelles à leur intention.

Après la guerre, l’expérience de Sœur Euthymia lui fit confier le fonctionnement de la buanderie de Dinslaken, et trois ans plus tard, celle, immense, de la Maison-mère et de la clinique Saint-Raphaël de Münster. Malgré sa préférence pour les malades, elle assuma cette nouvelle mission sans difficulté. Elle répondit : Tout est pour Dieu Tout-puissant.

Malgré l’importance de la tâche, elle resta toujours un enfant et une religieuse disponible, avec un gentil sourire et un mot aimable, prompte à rendre le moindre service à n’importe qui. Sa vie de chaque jour fut vraiment extraordinaire. Tout le temps libre qui lui restait - c’est-à-dire le peu de temps libre qui lui restait - elle le passait devant le Tabernacle. Nombreux furent ceux qui, la connaissant, lui demandèrent de prier pour leurs intentions.

Une forme pénible de cancer porta prématurément Sœur Euthymia aux portes de la mort. Après de longues semaines de maladie, elle mourut au matin du 9 septembre 1955.

Elle fut béatifiée en 2001.

Le miracle qui fut retenu pour cette béatification fut la guérison totale et définitive d’une des Consœurs de Sœur Euthymia, dont la main était restée bloquée dans une repasseuse et avait subi de profondes brûlures et de graves contusions.

 

La bienheureuse Maria Euthymia se trouve inscrite le 9 septembre au Martyrologe.

 

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Published by samuelephrem - dans 09-septembre
7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 23:00

08 SEPTEMBRE

 

-I.

Nativité de la Très Sainte Vierge Marie.

IV.

S Hadrianus, fils de l'empereur Probus, martyrisé à Nicomédie pour avoir reproché à Licinius la persécution contre les Chrétiens.

SS Petros, évêque en Alexandrie, Faustos, Dios et Ammo (et Neoterios ?), martyrs en Alexandrie.

V.

S Sahac, évêque en Arménie, fidèle à doctrine proclamée à Ephèse et mort en exil.

S Kingsmark, chef gallois.

VIII.

S Serge Ier, pape (687-701), d'origine syriaque ; à Rome, il faisait partie de la schola cantorum ; il aurait fait introduire le chant de l'Agnus Dei à la Messe et réglé des fêtes mariales (Annonciation, Dormition, Nativité, Purification).

S Corbinien, moine, puis évêque à Freising en Bavière.

Ste Beline, bergère et martyre à Landreville.

?

S Vidian, martyr à Martres-Tolosane.

XI.

B Pierre de Chavanon, dont la vie pure et austère tranchait sur la corruption de l'époque ; il fonda un monastère de Chanoines réguliers à Pébrac

XV.

Bse Sveva Feltria-Sforza (Serafina), de la famille des Colonna ; elle dut quitter son mari à vingt-deux ans  pour être clarisse, devint abbesse et patronne de Pesaro.

B Alain de la Roche, dominicain breton, à l'origine de la dévotion du rosaire, dont il attribuait la paternité à s. Dominique lui-même.

XVI.

S Tomás de Villanueva, augustin espagnol, évêque à Valencia pour le renouveau duquel il travailla beaucoup et où il ramena de nombeux prêtres à leur ministère.

Bx Thomas Palaser, prêtre, John Norton et John Talbot, laïcs, martyrs anglais, béatifiés en 1987.

XVII.

S Pierre Claver, jésuite catalan, apôtre des Noirs victimes de la traite : il signait "Petrus Claver, Æthiopum semper servus" et estimait en avoir baptisé trois-cent mille ; il avait appris l'idiome de l'Angola et prit jusqu'à dix-huit interprètes pour les autres idiomes ; fêté le 9 septembre.

Bx Antonio de Saint-Bonaventure, convers franciscain espagnol, Domingo Castellet, prêtre dominicain espagnol, et leurs compagnons japonais : Dominique (frère franciscain), Thomas et Antoine (frères dominicains, d'une vingtaine d'années), Lucie (ou Louise, veuve très âgée), Jean Tomashi (leur guide, avec ses quatre fils de 16 à 7 ans qui furent décapités avant lui : Dominique, Michel, Thomas, Paul), Jean Imamoura, Paul Sadayu Aybara et Matthieu Alvarez (mariniers), Michel Yamada (avec son fils de trois ans, Laurent), Louis Higashi (avec ses deux fils de 2 et 5 ans, Dominicus et François) ; Romain Aybara et son fils Léon, et Jacques Hayashida (le marinier Michel Carafachi Yamada n'est plus nommé dans le Martyrologe Romain). 

XIX.

B Frédéric Ozanam, né à Milan, fondateur infatigable des conférences de s. Vincent de Paul, béatifié en 1997.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1993 :

Lasalliens : près d’Almería, Adrián Saiz y Saiz (Teodomiro Joaquín) et Eusebio Alfonso Uyarra (Evencio Ricardo) (nés en 1907) ;

- béatifiés en 2001 :

Fr. Mineurs : près de Castellón, Pascual Fortuño Almela (*1886) ;

S. des Vieillards Abandonnés : près de Valencia, Josefa Ruano García (J. de Saint Jean de Dieu) et Dolores Puig Bonany (María D. de Sainte Eulalie (*1854, 1857) ;

Laïcs : près d’Alicante, Marino Blanes Giner (*1888) et près de Valencia, Ismael Escrihuela Esteve (*1902), tous deux pères de familles ;

- béatifiés en 2007 :

Salésiens : à Madrid, le clerc Teódulo González Fernández (*1911) ;

Carmélites de la Charité : à Barcelone, Apolonia Lizárraga Ochoa de Zabalegui (A. du Saint-Sacrement, *1867) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Barcelone, Josep Padrell Navarro (*1898) ;

Fils de la Sainte-Famille : près de Barcelone, Segimon Sagalés Vilá (*1888) ;

Fr. Maristes : à Barcelone, Máximo Aranda Modrego (Justo Pastor) et Maximiano Dronda Leoz (Alipio José) (*1907, 1916) ;

- béatifié en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, José Castaño Galera (*1870).

B Adam Bargielski (1903-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

B Władisław Błądziński (1908-1944), prêtre polonais de la congrégation de Saint-Michel Archange, déporté à Groß Rosen, précipité et martyrisé au fond d'une carrière de pierres, béatifié en 1999.

 

 

 

 

Faustos, Dios et Ammon d’Alexandrie
† 311

L’historien Eusèbe écrivit ceci : 
Parmi ceux qui moururent glorieusement en Alexandrie, dans toute l’Egypte et la Thébaïde, il faut citer en premier lieu Petros, évêque de cette Alexandrie, type divin des docteurs de la religion chrétienne, et, parmi les prêtres qui étaient avec lui, Faustos, Dios et Ammon, martyrs parfaits du Christ…
Concernant Petros, voir au 25 novembre.
Eusèbe continue, mais sans dire précisément si les suivants moururent au même moment, ce qui n’est pas certain : 
…puis Philéas et Hésychius, et Pachymius, et Théodore, évêques des Eglises de l’Egypte, et en outre des milliers d’autres chrétiens illustres dont on  garde la mémoire dans les Eglises de leur pays.
La liste se complète parfois avec un saint Neoterios, inconnu par ailleurs.
Ces Martyrs moururent sous Dioclétien, vers 311.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Petros d’Alexandrie et ses Compagnons au 8 septembre.


Hadrianus de Nicomédie
4e siècle
 

Ce martyr n’est pas l’unique de ce nom dans le Martyrologe.
Nous avons rencontré Hadrianos de Batanée (v. 5 mars) ; voici celui de Nicomédie.
Certains ont pu le dire fils de l’empereur Probus.
A Nicomédie, il aurait reproché à l’empereur Licinius sa cruauté envers les Chrétiens. Pour ce fait, il aurait eu les jambes broyées.
On lui a donné aussi vingt-trois Compagnons.
Plus tard, ses reliques furent portées à Rome, où le pape Honorius 1er († 638) fit transformer l’ancien sénat romain en église et la dédicaça au Martyr Hadrianus.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Hadrianus de Nicomédie au 8 septembre.


Sahak Parthev
338-439

Sahak Parthev (Isaac le Parthe) descendait par son père de s.Grégoire l’Illuminateur (v. 30 septembre), l’organisateur historique de la vie chrétienne de l’Arménie. Ce dernier était né en 255 : il paraît un peu surprenant que Sahak soit son descendant de la sixième génération ; on demandera donc aux spécialistes de vérifier les dates, dans la mesure du possible.
Sahak reçut donc une formation spirituelle profonde, grâce à l’héritage qu’il reçut de cette sainte lignée.
Il se maria et eut une fille, Sahakanouch.
Il devint plus tard supérieur d’un grand monastère de soixante moines, unis dans la vie fraternelle et un style de vie très austère.
En 387, Sahak, soutenu par le roi Khosrov IV qui admirait ses vertus, fut appelé à devenir le katholikos (patriarche) de l’Arménie.
Comme tel, Sahak eut une influence très importante auprès du roi d’Arménie et du chah de Perse.  Mais un conflit aboutit malheureusement en 428 à l’abolition de la monarchie arménienne et à la déposition de Sahak. Il fut même mis en prison.
En 432, il fut tout de même libéré, mais on ne lui redonna pas sa dignité de katholikos et fut remplacé. 
Sahak se retira auprès de son disciple Mesrop, devenu évêque de Vagharchapat ; mais pratiquement, l’autorité spirituelle de Sahak continua de s’exercer sur toute l’Arménie. Pour le peuple arménien, il traduisit l’Ecriture et la Liturgie dans la langue couramment parlée.
En 437, à la mort de son remplaçant, on supplia Sahak de reprendre son siège, mais il refusa. Le digne prélat était désormais presque centenaire. Il affirma que c’était la volonté de Dieu qu’il n’eût pas d’enfant mâle et que cette succession sacerdotale familiale s’éteignît avec lui.
Il vécut encore deux années, auréolé d’une dignité respectée unanimement, et mourut, emporté par la maladie, le 8 (ou le 5) septembre 439.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Sahak Parthev au 8 septembre.


Serge Ier
687-701

Sergius était de famille syrienne, venue s’installer en Sicile. 
Lui-même était venu à Rome ; il faisait partie du clergé romain et en particulier de la schola cantorum ; il fut acolyte vers 680 et reçut bientôt du pape Léon II le titre de Sainte-Suzanne.
En 687 il succédait au pape Cononus, qui n’était resté que onze mois sur le siège de Pierre. D’ailleurs, depuis une dizaine d’années, six papes s’étaient succédé, dont trois sont canonisés (Agathon, Léon II et Benoît II, v. 10 janvier,  3 juillet et 8 mai).
Ce quatre-vingt-quatrième pape eut une élection pour le moins mouvementée, car deux partis romains se permirent d’élire rien moins que deux antipapes, Théodore et Pascal, tandis que l’assemblée régulière du clergé élisait officiellement Sergius.
L’archidiacre Pascal était soutenu par l’exarque de Ravenne ; l’archiprêtre Théodore s’installa dans une partie du Latran.
Devant l’élection régulière de Sergius, Thédore eut la bonne idée de se soumettre, et Pascal de disparaître. Mais auparavant, Sergius dut à contrecœur verser à l’exarque de Ravenne les cent livres d’or que Pascal lui avait promises s’il était élu pape. Ce n’était pas simonie, mais un geste pacificateur.
Bref, Sergius est consacré en décembre 687. 
En Orient, l’empereur Justinien II prétendait imposer en Occident les décisions du récent concile “Quinisexte”, un concile irrégulier qui avait promulgué des canons disciplinaires contraires à ceux des précédents conciles œcuméniques, notamment l’ordination au sacerdoce d’hommes mariés.
Sur le refus de Sergius, l’empereur tenta de faire arrêter le pape à Rome, mais les milices intervinrent pour protéger le pape. Les relations étaient donc refroidies, mais l’empereur fut renversé quelques années plus tard.
En 698, le royaume lombard se rallie à Rome, mettant fin au “schisme d’Aquilée”.
En Occident, le pape reprit des relations avec les Francs. Il consacra évêque saint Willibrord (v. 7 novembre).
Dans le domaine liturgique, le pape Sergius se montra très marial, instituant les fêtes de l’Annonciation, de la Dormition (que nous appelons l’Assomption), de la Nativité et de la Purification.
Il aurait instauré dans la messe le chant de l’Agnus Dei lors de la fraction du Pain.
Il restaura les deux basiliques de Sainte-Euphémie et de Sainte-Aure, et procéda à la translation du corps de saint Léon Ier.
Il ordonna quatre-vingt-quinze évêques, dix-huit prêtres et quatre diacres.
Sergius Ier mourut le jour-même de la Nativité de Marie, qu’il avait instituée, le 8 septembre 701, après plus de treize années de pontificat, laissant une véritable réputation de sainteté.
Son successeur devait être Jean VI.
Saint Sergius Ier est inscrit le 8 septembre au Martyrologe.


Corbinien de Freising 
670-730

Corbinien était bien un Franc de naissance et de famille. Il naquit vers 670, en une localité qu’on croit être Saint-Germain-de-Châtres, actuelle Saint-Germain-les-Arpajon (Essonne) ; ses parents étaient Waldkiso et Corbiniana.
Au baptême, il reçut d’abord le nom de son père ; ce dernier étant mort peu après la naissance de l’enfant, la veuve obtint de donner son nom à son fils, qui s’appela alors Corbinien.
Le jeune homme choisit l’idéal érémitique et, s’étant aménagé une cellule en sa ville natale, lisait l’Ecriture, chantant les psaumes, jeûnant, pratiquant l’hospitalité.
Se trouvant à proximité d’une église Saint-Germain, il y rencontrait des clercs qu’il préparait au saint ministère. Ce qu’il pouvait recevoir, il le distribuait en aumônes.
Cette sainte vie dura une quinzaine d’années ; Corbinien reçut alors l’onction épiscopale en vue d’un apostolat missionnaire non encore défini. Venu à Rome en 716 pour consulter le pape, il reçut de Grégoire II la mission d’évangéliser la région de l’actuelle Bavière. C’est peut-être le pape lui-même qui le consacra évêque.
C’est au cours de son voyage qu’aurait eu lieu le miracle de l’ours : la bête ayant dévoré l’âne de Corbinien, ce dernier lui intima l’ordre de porter ses bagages et de lui servir de monture, et l’ours obéit.
Le duc Grimoald reçut Corbinien avec tous les honneurs ; Corbinien s’établit près de Meran et fit édifier un monastère près de Mais.
Or Grimoald était dans la situation matrimoniale du roi Hérode (cf. Mt 14:3-4) ; Corbinien le convainquit de se mettre en ordre devant Dieu, mais l’épouse illégitime, pour se venger, chercha à faire périr l’évêque, qui s’éloigna de Freising ; après la mort de Grimoald et l’éloignement de l’épouse fautive, Corbinien fut rappelé à Freising par le successeur de Grimoald.
De cette ville, Corbinien rayonnait alentour, prêchant, baptisant, confirmant.
Le 8 septembre 725 (ou 730), Corbinien célébra la Messe pour la dernière fois au monastère de Saint-Etienne ; revenu dans son habitation, il prit un peu de vin, baisa le crucifix et s’endormit paisiblement dans le Seigneur.
Le vrai «premier évêque» de Freising fut consacré et installé en réalité en 739, par s.Boniface (v. 5 juin) ; 
Saint Corbinien de Freising est commémoré le 8 septembre dans le Martyrologe Romain.


 

Pierre de Chavanon

1007-1080

 

Né vers 1007 à Langeac, Pierre fut dès son jeune âge orienté vers le sacerdoce.

Devenu archiprêtre de Langeac et chargé du soin de sa paroisse natale, il s’acquitta de son ministère sacré avec beaucoup d’assiduité.

En ce onzième siècle où sévissait malheureusement tant de vices parmi le clergé, il tranchait par l’austérité de sa vie, par sa vie toute chaste.

Une femme osa tout de même le provoquer ; la résignation du prêtre n’en fut que plus radicale : après avoir vu en songe s.Pierre qui lui demandait de réformer l’église de Pébrac, il y fonda un monastère de Chanoines réguliers, qui eut un important rayonnement. L’évêque lui remit l’habit des Chanoines réguliers en 1062.

Au milieu de la décadence, un retour à la sainte discipline est toujours apprécié et suscite de nombreuses vocations. Des nobles de la région de Pébrac se joignirent à Pierre. De Pébrac dépendirent jusqu’à vingt prieurés.

L’abbesse des Chazes lui confia aussi la réforme de son propre monastère.

En 1077, l’évêque de Clermont lui remit l’église de Saint-Amable (Riom) pour la réformer.

Pierre mourut le 8 septembre 1080.

D’après son biographe, Pierre rendit la vue à une aveugle par simple imposition d’eau bénite.

Le monastère de Pébrac devint abbaye en  1097 ; désertée au moment de la Révolution, elle a suscité récemment un engouement pour une restauration bien souhaitable.

Saint Pierre de Chavanon est commémoré le 8 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Alain de la Roche

1428-1475

 

Le bienheureux Alain de la Roche naquit en Bretagne, le 8 septembre, vers l'année 1428. 

Il prit l'habit de saint Dominique au couvent de Dinan, et y fit profession. Lui-même avoue humblement dans ses écrits que les commencements de sa vie religieuse ne répondirent pas à l'idéal qu'il en conçut depuis. 

Après avoir étudié à Paris, il fut envoyé à Lille, puis il quitta son pays natal pour rechercher la pratique de l'observance primitive, et alla demander aux couvents de Hollande la science de la vie surnaturelle : après Lille et Douai, il fut à Gand, Rostock, finalement à Zwolle, où il devait mourir.

Le trait distinctif de sa vertu fut une tendre et filiale dévotion à Marie. Il aimait si cordialement sa Mère du Ciel, qu'il ne pouvait penser qu'à elle, et ne pouvait rien dire, ni entreprendre, ni terminer qu'il ne l'eût saluée par l'Ave Maria. Un de ses disciples a écrit que sans cesse cette prière revenait sur ses lèvres dans ses prédications, dans ses entretiens privés, dans ses voyages et dans ses travaux. Cet attrait remarquable pour le culte de Marie le préparait, à son insu, à la mission dont il allait être investi : celle de ressusciter la dévotion presque oubliée du rosaire. 

Humblement, cependant, Alain affirmait que c’était saint Dominique lui-même (v. 6 août), qui avait institué la prière du rosaire.

Alain enseigna dans les écoles dominicaines de philosophie et de théologie. Dans ces fonctions, il porta sans doute sa dévotion au rosaire ; mais c'est seulement deux ans avant sa mort que Marie lui apparut dans tout l'éclat de sa beauté céleste et lui confia la mission de prêcher la pratique du rosaire. Elle lui prédit des épreuves ; mais elle le soutint par cette parole : Confie-toi en ma protection maternelle, je ne t'abandonnerai jamais. Il en vint même à réciter plusieurs rosaires chaque jour, s'infligeant un coup de discipline à chaque Ave Maria. 

Il a raconté lui-même que sa sainte Mère lui apparut plusieurs fois pour stimuler son zèle, et lui faire prêcher le rosaire, pour écarter les fléaux qui menaçaient l'Église : Luther allait paraître. Il parcourut nombre de provinces en France, en Flandre, en Saxe, et obtint, malgré les efforts de l'enfer, de merveilleux succès. 

Rien de plus palpitant que l'histoire de ses combats et de ses travaux, où il fut soutenu par de nombreuses visions et par le don des miracles. 

Il mourut au jour qu'il avait désiré, celui-là même de sa naissance, 8 septembre 1475.

Sa «béatification» a été proclamée, si l’on peut dire, par une constante tradition, mais le bienheureux Alain ne se trouve pas inscrit dans le Martyrologe.

 

 

Sveva Feltria-Sforza

1434-1478

 

Sveva naquit à Urbino (Italie CE) en 1434, benjamine de Guidantonio, comte de Montefeltro, et de Caterina Colonna, illustrissime famille qui donna à l’Eglise le pape Martin V, oncle de Caterina.

Sveva fut orpheline de sa mère dès l’âge de quatre ans, puis de son père en 1443, et fut d’abord recueillie par son frère aîné, Oddantonio ; ce dernier ayant été assassiné en 1444, Sveva fut recueillie cette fois-ci par son autre frère Federico.

En 1446, elle alla étudier à Rome, protégée par son oncle, le cardinal Prospero Colonna. Celui-ci, selon la coutume de ces temps-là, conclut pour Sveva en 1448 un mariage avec un noble seigneur de Pesaro, veuf avec deux garçons, Alessandro Sforza. Sveva, bien jeune encore, l’épousa par procuration, et ne le rejoignit qu’en septembre 1448.

A partir de ce moment-là, Sveva, qui n’était qu’une jeune adolescente de quatorze ans, dut fréquenter la noblesse de Pesaro, où elle rencontra sa tante, Vittoria Sveva, sa cousine Elisabetta Malatesta (des seigneurs de Rimini), mais s’occupa aussi de l’éducation de ses deux «enfants», Battista et Costanzo, qui devaient être à peine moins âgés qu’elle.

Pendant ce temps-là, Alessandro s’occupait beaucoup plus de guerroyer que de vivre avec son épouse. Malheureusement, cet éloignement favorisa l’infidélité : Alessandro reconnut avoir trompé Sveva, mais l’accusa à son tour d’adultère et même d’avoir tenté de l’empoisonner.

Il n’est pas impossible que Sveva, de son côté, ait été sollicitée par quelque autre courtisan, mais il est certain qu’Alessandro chercha à s’en débarrasser, allant jusqu’à vouloir l’étrangler.

Finalement, Alessandro et son frère, le duc de Milan, convainquirent Sveva d’entrer chez les Clarisses de Pesaro. Sveva s’inclina et se laissa faire.

Entrée au couvent, elle obtint une dispense papale (car elle était bel et bien mariée), et fit la profession religieuse en 1457, prenant le nom de Serafina.

Sœur Serafina s’offrit généreusement à Dieu pour racheter les erreurs de sa jeunesse inexpérimentée, et surtout celles de son mari et de toute cette noblesse mondaine et corrompue. 

Durant plus de vingt années de cette vie consacrée, Serafina donna l’exemple de la piété, de l’humilité, du service des infirmes, et fut élue abbesse en 1475.

Une de ses «conquêtes» spirituelles fut la propre conversion de son mari Alessandro, qui vint la consulter au monastère, se repentit et mourut chrétiennement en 1473.

Serafina mourut saintement dans son monastère le 8 septembre 1479, pleurée et vénérée par les consœurs. Le culte qu’on lui attribua fut plus tard confirmé en 1754.

 

 

Tomás de Villanueva

1488-1555

 

Issu d'une pieuse famille de la petite bourgeoisie campagnarde, Tomás fut élevé à Villanueva, Espagne, à une centaine de kilomètres à l’est de Ciudad Real. Ses parents fort vertueux et charitables le formèrent très tôt à la piété et à la générosité envers les pauvres, les malades et tous les malheureux.

Ils avaient un petit moulin dont la farine, le vendredi, passait en partie aux pauvres. Un jour que la maman était absente, Tomás donna un poulet à chacun des pauvres qui se présenta ; à son retour, la maman approuva.

Cette maman était austère, elle portait le cilice. La maison était si bien tenue, que, lorsque les troupes passaient, toutes les jeunes filles venaient s’y réfugier.

À l'école, Tomás offrait son déjeuner aux enfants pauvres, et parfois il leur donnait ses propres vêtements pour les garantir du froid. On le vit revenir plus d'une fois à la maison sans gilet, sans chapeau et sans souliers. Ayant reçu un habit neuf à l'âge de sept ans, il le donna à un enfant demi-nu. Il demandait souvent à sa mère la permission de ne pas dîner pour que sa part servît à un malheureux. Il employait l'argent qu'il recevait de ses parents à acheter des œufs qu'il portait aux malades hospitalisés.

Vers sa quinzième année, il vint à Alcala pour y étudier. Son père étant mort deux ans après, Tomás consacra toute sa fortune au soin des pauvres, transforma sa maison en hôpital, ne réservant que le nécessaire à l'entretien de sa mère. 

Devenu maître ès arts et licencié en théologie, il fut nommé professeur de philosophie morale au collège de St-Ildefonse, puis professeur de théologie à l'université de Salamanque. 

En 1516, le jour de la Présentation de Notre-Dame, il entra chez les Ermites de Saint-Augustin de Salamanque. À peu près dans le même temps de son admission dans cet Ordre, Luther le quittait.

Novice exemplaire, il couchait sur des planches durant l’Avent et le Carême. Il fit profession en 1517, et fut ordonné prêtre : lors de la messe de Noël, aux mots de la Préface par le mystère du Verbe incarné (per incarnati Verbi Mysterium), il fondit en larmes.

Prédicateur ardent, le zèle de Tomás remua de fond en comble la ville de Salamanque. Le Saint puisait son éloquence au pied de la croix : « Dans l'oraison, disait-il, se forment les flèches dont les cœurs des auditeurs doivent être percés. » Les plus grandes villes d'Espagne se disputèrent pour l'entendre. La cour de Charles-Quint l'écouta avec admiration et le roi le nomma son prédicateur ordinaire et son conseiller. Il avait une si grande estime pour ce religieux qu'il ne savait rien lui refuser. Plusieurs seigneurs de la cour avaient été condamnés à mort pour crime de haute trahison. L'empereur avait refusé leur grâce à l'archevêque de Tolède ainsi qu'à d'autres éminents personnages, même à son propre fils, mais il accorda cette faveur à la demande de saint Tomás de Villeneuve.

Le saint religieux devint successivement prieur des maisons de Salamanque, de Burgos, de Valladolid, provincial d'Andalousie et de Castille. C'est lui qui envoya les premiers Augustins vers le Mexique, ce qui en fait comme l’apôtre de ce pays. 

Il recommandait surtout quatre choses à ses religieux : la célébration dévote et attentive des divins offices ; la méditation et la lecture spirituelle faite avec assiduité ; l'union de la charité fraternelle, et enfin la fuite de la paresse qui est un grand obstacle à la vertu. 

Nommé archevêque de Grenade, il refusa catégoriquement cette dignité. Mais dix ans plus tard, en 1544, Charles-Quint le désigna pour l'évêché de Valence qu'il fut obligé d'accepter au nom de l'obéissance et sous peine d'excommunication. Tomás quitta sa cellule en pleurant, se mit en route à pied, revêtu d'un habit monastique fort usé et entra ainsi dans sa ville épiscopale. Au moment de son arrivée, la pluie tomba en abondance après une longue période de sécheresse, bienfaisante ondée qui était comme le présage des grâces qu'il apportait à ses ouailles. 

Le voyant si pauvre, ses chanoines lui firent présent de quatre mille ducats pour son ameublement, mais Tomás les fit distribuer en aumônes. Il raccommodait lui-même ses hardes, pour donner davantage aux pauvres. Il entreprit la réforme de son diocèse par l'exemple de sa vie toute de pénitence et de prière. 

Ses premiers soins à Valence furent d’améliorer la prison ecclésiastique, et d’aménager un hospice. Il faisait un usage “pastoral” de cette prison : il enferma à vie un prêtre coupable d’avoir violé le secret de confession. 

Pendant toute son existence, il observa les jeûnes de son Ordre et ceux de l'Église, au pain et à l'eau. Il couchait sur des sarments dissimulés sous une couverture de laine. La plus grande partie de ses revenus passait en bonnes œuvres. On l'a surnommé : l'Aumônier, à cause des charités incalculables qu'il ne cessait de prodiguer.

Un jour qu’il recevait deux prélats, il fit fête à son oncle qui se présentait avec le simple foulard des paysans de Castille. Il réduisit le faste des cérémonies ; il n’avait rien de personnel et utilisait ce dont on disposait sur place.

Une nuit qu’il faisait une ronde dans sa maison, il entra dans la chambre d’un muletier agonisant : il l’assista de son mieux, et regagna son lit ; le lendemain, le muletier était guéri.

Il savait patienter pour mieux obtenir la conversion des clercs pécheurs qui, autrement, méritaient des sanctions canoniques graves. Un clerc avait eu trois enfants hors mariage, et l’archevêque sut le ramener au devoir, fit marier l’épouse, et élever honnêtement les enfants. Bon pasteur comme le divin Maître, Tomás amena de nombreuses brebis dans le bercail ; mais aussi, il se flagellait durement pour mériter de les guérir. Parfois les mauvaises mœurs de ses prêtres avaient pour excuse leur grande pauvreté : il les secourait alors de ses propres deniers.

Il secourait les pauvres honteux, les chômeurs, les veuves ; il veillait à doter les filles sans ressources, recueillait les petits enfants exposés. Comme déjà à Alcala, il fonda dans sa ville un collège pour étudiants pauvres.

Trois jours avant sa mort, ce saint pasteur fit distribuer aux pauvres tout ce qui lui restait d'argent et fit don de ses meubles au collège de Valence. Comme il était encore “propriétaire” de son lit de malade, il le donna au geôlier de ses prisons, le priant de bien vouloir le lui prêter jusqu'à sa mort.

Le 2 septembre 1555, il reçut le viatique. Le 8, jour de la fête de la Nativité de Marie, il se confessa une dernière fois. On commença la lecture de la Passion, dans l’évangile de saint Jean. Aux mots De ceux que tu m’as confiés, je n’ai perdu aucun (Jn 18:9), il fit suspendre la lecture et pleura longuement en regardant le crucifix. On célébra la messe devant lui ; après la consécration, il commença la récitation du psaume 30 : In Te, Domine, speravi. Il expira au moment de la communion.

Il rendit son âme à Dieu dans la onzième année de son épiscopat, à l'âge de soixante-sept ans. C’était le 8 septembre 1855, il fut béatifié en 1618, canonisé en 1658.

Il est inscrit au 8 septembre dans le Martyrologe.

Ses reliques sont conservées à Valence, dans la monastère des Augustins.

 

 

Thomas Palaser

1570-1600

 

Né vers 1570 à Ellerton (Sway, Yorkshire), Thomas Palaser (ou Palasor, ou Palaster, ou Pallicer) fréquenta le Collège anglais de Reims et celui de Valladolid.

Ordonné en 1596, il repartit en Angleterre pour amener des Anglais au catholicisme.

Arrêté presqu’aussitôt, il réussit à s’échapper une première fois.

Une deuxième fois arrêté, il fut condamné à mort pour le crime d’être prêtre.

Avec lui furent jugés et condamnés à mort un couple et un autre laïc, qui l’avaient hébergé et aidé.

Un incident survint en prison, pendant que les condamnés attendaient le jour de l’exécution. L’épouse de leur gardien tenta de les empoisonner. L’entreprise échoua, mais provoqua la conversion de la servante de cette femme, qui devint catholique.

Thomas fut hanged, drawn and quartered à Durham. L’épouse de son hôte ne fut pas exécutée, parce qu’elle était enceinte. Les deux autres laïcs, John Norton et John Talbot, furent «seulement» pendus.

C’était le 8 septembre 1600, comme le rapporte le Martyrologe (mais on trouve quelquefois le 9 août).

Tous trois furent béatifiés en 1987.

 

 

John Norton

?-1600

 

John Norton vivait avec son épouse Margaret à Laymsley (Durham, Angleterre).

Ils reçurent Thomas Palaser, prêtre qui exerçait son ministère dans la clandestinité.

Des agents les surveillaient et vinrent arrêter et le prêtre et les deux époux et un autre laïc présent.

Ils furent tous les quatre condamnés à mort, le prêtre pour le crime d’être prêtre, les laïcs pour l’avoir hébergé et aidé. 

Un incident survint en prison, pendant que les condamnés attendaient le jour de l’exécution. L’épouse de leur gardien tenta de les empoisonner. L’entreprise échoua, mais provoqua la conversion de la servante de cette femme, qui devint catholique.

L’épouse de John Norton ne fut pas exécutée, car elle était enceinte : même les ennemis de l’Eglise, à cette époque, respectaient la vie.

Les trois Martyrs furent exécutés le 8 septembre 1600, comme le rapporte le Martyrologe (mais on trouve quelquefois le 9 août).

Tous trois furent béatifiés en 1987.

 

 

John Talbot

?-1600

 

Né à Thornton-le-Street (Yorkshire, Angleterre), il se trouvait chez les époux Norton à Laymsley (Durham, Angleterre), au moment de l’arrestation de Thomas Palaser, prêtre qui exerçait son ministère dans la clandestinité.

Ils furent tous les quatre condamnés à mort, le prêtre pour le crime d’être prêtre, les laïcs pour l’avoir hébergé et aidé. 

Un incident survint en prison, pendant que les condamnés attendaient le jour de l’exécution. L’épouse de leur gardien tenta de les empoisonner. L’entreprise échoua, mais provoqua la conversion de la servante de cette femme, qui devint catholique.

Les trois Martyrs furent exécutés le 8 septembre 1600, comme le rapporte le Martyrologe (mais on trouve quelquefois le 9 août).

Tous trois furent béatifiés en 1987.

Lucia Ludovica

1548-1628

 

On pourra lire avec profit la notice Japonais Martyrs (1603-1639)

Elle naquit vers 1548 à Nagasaki (Japon).

C’était une pieuse veuve, membre des Tiers-Ordres dominicain et franciscain.

C’est chez elle que fut arrêté le père Castellet. 

Son martyre par asphyxion lente eut lieu à Nagasaki le 8 septembre 1628 et sa béatification en 1867.

 

 

Antonio de Saint-Bonaventure

1588-1628

 

On pourra lire avec profit la notice Japonais Martyrs (1603-1639)

Il naquit en 1588 à Tuy (Pontevedra, Espagne).

Entré chez les Franciscains Alcantarins comme frère Convers, il prit le nom de Antonio, fit la profession en 1602 et fut ordonné prêtre.

En 1608 il fut envoyé aux Philippines et, de là, aux missions du Japon en 1618, avec la charge de commissaire de son ordre.

Il commit une grave imprudence humaine : il avait mis par écrit les résidences des missionnaires franciscains, et cette liste tomba aux mains des persécuteurs…

Arrêté en janvier 1627 à Nagasaki, il fut emprisonné à Ōmura, avec son catéchiste Dominique, qu’il reçut comme Frère dans l’Ordre franciscain. 

Son martyre eut lieu par asphyxion lente à Nagasaki le 8 septembre 1628 et sa béatification en 1867.

 

 

Paulus Aibara Sandayū

?-1628

Romanus Aibara

?-1628

Leo Aibara

?-1628

 

Il sera profitable de lire la notice Japonais Martyrs (1603-1639)

 

Paulus naquit à Nagasaki (Japon).

Baptisé, il était membre du Tiers-Ordre dominicain.

C’était un marinier, au service des pères missionnaires.

Il était le père de deux garçons, qui furent martyrisés en même temps que lui :

Romanus, membre des Tiers-Ordres dominicain et franciscain ; 

Leo, membre du Tiers-Ordre dominicain.

Le 8 septembre 1628, sur la colline proche de Nagasaki, Paulus fut attaché à un pieu, ainsi que d’autres condamnés ; ils devaient mourir par asphyxion lente provoquée par un feu allumé à faible distance d’eux.

Les bourreaux commencèrent par décapiter les enfants des condamnés devant eux, et attachèrent les têtes aux pieux ; puis ils allumèrent les brasiers.

La béatification de ces glorieux Martyrs eut lieu en 1867.

 

 

Francisco Castellet Vinale

1592-1628

 

On pourra lire avec profit la notice Japonais Martyrs (1603-1639)

Francisco naquit le 17 octobre 1592 à Esparraguera (Barcelone, Espagne)

Entré à seize ans chez les Dominicains de Barcelone, il prit le nom de leur Fondateur, Domingo, fit la profession en 1609, étudia à Séville et fut ordonné prêtre.

En 1613 il partit pour les missions d’Extrême-Orient avec trente-deux autres Confrères ; ils arrivèrent à Manille en 1615 et, en 1621, notre Domingo fut envoyé au Japon, en pleine persécution.

Bientôt il parlait parfaitement le japonais et réussissait à se faufiler partout grâce à ses déguisements. Il put assister à l’exécution des pères Florès et de Zúñiga (voir au 19 août), ainsi qu’au Grand Martyre du 10 septembre.

Au début, il était le seul dominicain encore en liberté, et prit sur lui toutes les obligations des absents. En 1623, un décret obligea tous les Espagnols à quitter le pays : non seulement le père Castellet n’en fit rien, mais il réussit à aider trois missionnaires à rentrer clandestinement. Il continua son ministère, changeant chaque nuit de résidence pour dépister les policiers.

Vers 1626, les Chrétiens de Nagasaki durent s’éloigner de la ville pour se réfugier dans la province d’Arima, où la situation était moins dure, mais les missionnaires dominicains étaient si traqués qu’ils durent se réfugier dans les montagnes. Le père Castellet, toutefois, demeura clandestinement à Nagasaki pour les Chrétiens qui y demeuraient encore.

En 1628 sonna pour lui l’heure de l’arrestation, de la prison à Ōmura, des mauvais traitements et de la condamnation à mort.

Au gouverneur qui le condamnait, le père Castellet s’adressa ainsi : Regardez-moi bien pour me reconnaître, car je vous assigne au jugement suprême, vous et votre empereur. Vous me reconnaîtrez alors.

Dana le feu, il continua à chanter les louanges de Dieu avec ses compagnons.

Son martyre eut lieu à Nagasaki le 8 septembre 1628 et sa béatification en 1867.

 

 

Ioannes Tomachi

?-1628

Dominicus Tomachi

1612-1628

Michaël Tomachi

1615-1628

Thomas Tomachi

1618-1628

Paulus Tomachi

1621-1628

 

Il sera profitable de lire la notice Japonais Martyrs (1603-1639)

 

Ioannes naquit à Ōmura (Japon).

Baptisé, il était membre des Tiers-Ordres dominicain et franciscain.

Il était le père de quatre garçons, tous nés aussi à Ōmura, qui furent martyrisés en même temps que lui :

Dominicus, né en 1612, martyrisé à seize ans ;

Michaël, né en 1615, martyrisé à treize ans ; 

Thomas, né en 1618, martyrisé à dix ans ; 

Paulus, né en 1621, martyrisé à sept ans.

Le 8 septembre 1628, sur la colline proche de Nagasaki, Ioannes fut attaché à un pieu, ainsi que d’autres condamnés ; ils devaient mourir par asphyxion lente provoquée par un feu allumé à faible distance d’eux.

Les bourreaux commencèrent par décapiter les enfants des condamnés devant eux, et attachèrent les têtes aux pieux ; puis ils allumèrent les brasiers.

La béatification de ces glorieux Martyrs eut lieu en 1867.

 

 

Thomas de Saint-Hyacinthe

1598-1628

 

On pourra lire avec profit la notice Japonais Martyrs (1603-1639)

Il naquit en 1598 au Japon.

C’est dans la prison qu’il fut reçu par le père Castellet comme frère Convers dominicain et qu’il prit le nom de Thomas.

C’est tout ce qu’on sait de lui.

Son martyre par asphyxion lente eut lieu à Nagasaki le 8 septembre 1628 et sa béatification en 1867.

 

 

Ludovicus Nihachi

?-1628

Franciscus Nihachi

1623-1628

Dominicus Nihachi

1626-1628

 

Il sera profitable de lire la notice Japonais Martyrs (1603-1639)

 

Ludovicus naquit à Nagasaki (Japon).

Baptisé, il était membre des Tiers-Ordres dominicain et franciscain.

Il était le père de deux petits garçons, nés aussi à Nagasaki, qui furent martyrisés en même temps que lui :

Franciscus, né en 1623, martyrisé à cinq ans ;

Dominicus, né en 1626, martyrisé à deux ans, benjamin des Martyrs japonais.

Le 8 septembre 1628, sur la colline proche de Nagasaki, Ludovicus fut décapité, ainsi que ses deux enfants.

La béatification de ces glorieux Martyrs eut lieu en 1867.

 

 

Paulus Aibara Sandayū

?-1628

Romanus Aibara

?-1628

Leo Aibara

?-1628

 

Il sera profitable de lire la notice Japonais Martyrs (1603-1639)

 

Paulus naquit à Nagasaki (Japon).

Baptisé, il était membre du Tiers-Ordre dominicain.

C’était un marinier, au service des pères missionnaires.

Il était le père de deux garçons, qui furent martyrisés en même temps que lui :

Romanus, membre des Tiers-Ordres dominicain et franciscain ; 

Leo, membre du Tiers-Ordre dominicain.

Le 8 septembre 1628, sur la colline proche de Nagasaki, Paulus fut attaché à un pieu, ainsi que d’autres condamnés ; ils devaient mourir par asphyxion lente provoquée par un feu allumé à faible distance d’eux.

Les bourreaux commencèrent par décapiter les enfants des condamnés devant eux, et attachèrent les têtes aux pieux ; puis ils allumèrent les brasiers.

La béatification de ces glorieux Martyrs eut lieu en 1867.

 

 

Matthaeus Alvarez Anjin

?-1628

 

Il sera profitable de lire la notice Japonais Martyrs (1603-1639)

 

Matthaeus était un Japonais, peut-être né d’un Espagnol.

Baptisé, il était membre des deux Tiers-Ordre dominicain et franciscain.

C’était un marinier, au service des pères missionnaires.

Le 8 septembre 1628, sur la colline proche de Nagasaki, Ioannes fut attaché à un pieu, ainsi que d’autres condamnés ; ils devaient mourir par asphyxion lente provoquée par un feu allumé à faible distance d’eux.

La béatification de ces glorieux Martyrs eut lieu en 1867.

Michaël Yamada Kasahashi

?-1628

Laurentius Yamada

1625-1628

 

Il sera profitable de lire la notice Japonais Martyrs (1603-1639)

 

Michaël naquit à Nagasaki (Japon).

Baptisé, il était membre des deus Tiers-Ordres dominicain et franciscain.

C’était un marinier, au service des pères missionnaires.

Il était le père de Laurentius, né en 1625, qui fut martyrisé en même temps que lui :

Le 8 septembre 1628, sur la colline proche de Nagasaki, Michaël fut attaché à un pieu, ainsi que d’autres condamnés ; ils devaient mourir par asphyxion lente provoquée par un feu allumé à faible distance d’eux.

Les bourreaux commencèrent par décapiter les enfants des condamnés devant eux, et attachèrent les têtes aux pieux ; puis ils allumèrent les brasiers.

La béatification de ces glorieux Martyrs eut lieu en 1867.

 

 

Antonius de Saint-Dominique

1608-1628

 

On pourra lire avec profit la notice Japonais Martyrs (1603-1639)

Il naquit en 1608 à Nagasaki (Japon).

Absent au moment de l’arrestation du père Castellet, en juin 1624 (ou seulement en 1628), il courut après lui en se déclarant le serviteur du Père. Les soldats, qui l’avaient d’abord repoussé, finirent par le garder et l’expédièrent avec son maître à Ōmura. 

C’est dans la prison qu’il fut reçu par le père Castellet comme frère Convers dominicain et qu’il prit le nom de Antonius.

C’est tout ce qu’on sait de lui, et c’est beaucoup.

Son martyre par asphyxion lente eut lieu à Nagasaki le 8 septembre 1628 et sa béatification en 1867.

 

 

Dominicus de Saint-François

1608-1628

 

On pourra lire avec profit la notice Japonais Martyrs (1603-1639)

Il naquit en 1608 à Nagasaki (Japon).

C’est dans la prison qu’il fut reçu par le père Antoine de Saint-Bonaventure comme frère Convers dominicain et qu’il prit le nom de Dominicus.

On n’en sait pas davantage.

Son martyre par asphyxion lente eut lieu à Nagasaki le 8 septembre 1628 et sa béatification en 1867.

 

 

Pedro Claver

1580-1654

 

Pedro (Pierre) naquit à Verdú (Lleida, Espagne) le 26 juin 1580, de Pedro et Ana Corberó (il devait donc s’appeler Claver y Corberó) et fut orphelin de mère à treize ans.

En 1595, il reçut déjà la tonsure dans sa propre paroisse, puis fut envoyé à Barcelone pour étudier la grammaire. En 1600 (ou 1601), il passa au collège tenu par les Jésuites à Belén pour y faire la philosophie.

C’est alors qu’il demanda à entrer dans l’Ordre des Jésuites. Il en commença le noviciat à Tarragona.

Après les premiers vœux, il fut envoyé à Gerona puis à Palma de Maiorque pour la philosophie. Ce n’était pas un esprit très brillant pour ces études, et ses Supérieurs, d’une façon bien significative, le jugèrent bon pour aller évangéliser les Indiens (c’est-à-dire les gens d’Amérique du Sud, qu’il fallait «coloniser»).

Mais Pedro avait une âme très unie à Dieu ; et un Frère se lia profondément d’amitié avec lui, le Frère Alonso Rodriguez (voir au 31 octobre). Ce dernier, qui avait de grandes lumières surnaturelles, comprit le bien que pouvait faire Pedro et lui suggéra de s’orienter vers l’apostolat auprès des Noirs, expédiés d’Afrique en Amérique du Sud : Les âmes des Indios ont une valeur infinie, puisqu’elles valent le sang de Jésus, au lieu que les richesses des indes ne valent rien, disait-il.

On sait en effet que, suite aux protestations de Las Cases, les colons cessèrent d’exploiter les Indios ; mais pour les remplacer, ils firent venir d’Afrique des milliers de Noirs, jugés «inférieurs» et donc bons pour toutes les corvées ; il en vint des milliers. Il y eut malheureusement des théologiens capables d’approuver ce commerce d’êtres humains.

Pedro obtint donc d’être envoyé «aux Indes», en Amérique du Sud. Il partit en avril 1610 et débarqua à Carthagène, puis gagna Santa Fé (aujourd’hui Bogotá, Bolivie) pour y achever la théologie ; mais il n’y avait pas même de professeurs ; en attendant, on fit de Pedro un Frère convers, jusqu’à l’arrivée de professeurs ; en 1612, on l’envoya à Tunja, en 1615 à Carthagène, où il reçut enfin l’ordination sacerdotale, en 1616, à trente-six ans.

C’est à Carthagène qu’il allait principalement exercer sa mission sacerdotale. Désormais, il se consacra - et par vœu - à l’apostolat des Noirs et signa désormais Petrus Claver, Æthiopum semper servus (esclave des Noirs à perpétuité (depuis l’époque romaine, les Ethiopiens étaient, par définition, les Noirs).

Pedro réussit à  monter à bord des navires négriers avant la fin de la visite des médecins ; pour n’en manquer aucun, il savait récompenser qui venait les lui annoncer. Il courait, avec sa sacoche, tout joyeux de partir à la rencontre de ces malheureux entassés dans les pires conditions à fond de cale, et dont beaucoup arrivaient mourants (ou morts).

Pedro ne prenait donc pas que l’eau bénite ou l’huile sainte, mais aussi du vin, de l’eau-de-vie, des fruits. 

Mais comment se faire comprendre ? L’ingénieux missionnaire avait appris le dialecte de l’Angola, le plus pratiqué, mais s’était entouré d’une vingtaine d’interprètes qui pouvaient lui traduire autant de dialectes africains. Il pouvait ainsi s’entretenir calmement avec tous ces gens, à genoux près d’eux, les embrassant, les caressant, les soignant à sa façon, avec son sourire, et ses bonnes choses.

Deuxième étape : retrouver ses ouailles là où on les expédiait, dans les «négreries". Là encore, il amenait des catéchistes traducteurs, tandis qu’il s’ingéniait à faire comprendre les grandes Vérités catholiques, avec son crucifix et des images qu’il montrait.

Ensuite, après avoir parlé de Dieu, de l’Eternité, du Christ, peu à peu il les amenait au baptême, par groupes de dix, auxquels il remettait ensuite une médaille où étaient inscrits les noms de Jésus et Marie ; Pedro pouvait dire ainsi combien de médailles il avait distribué : il compta jusqu’à trois cent mille baptisés.

L’amour qu’il mettait à les accompagner, à les suivre, à les «réprimander» gentiment au besoin s’ils commettaient quelque bêtise, contribuèrent à élever beaucoup le niveau de ces malheureux esclaves ; en retour, les Noirs l’aimaient beaucoup, mais finalement aussi les maîtres en vinrent à respecter ce Prêtre si innocent et austère, si patient et doux, grâce auquel cessaient les litiges.

Pedro Claver célébrait aussi la Messe du dimanche pour les Noirs : ce jour-là, il la retardait le plus possible, jusques vers midi, pour leur laisser le temps d’y arriver, de se confesser auparavant (à cette époque, et jusqu’à il y a peu, on ne célébrait pas la Messe après midi, et pour communier il fallait être à jeun depuis minuit : on comprend quel sacrifice cela représentait pour Pedro.

Un des «modèles» de Pedro était… l’âne ; il disait en effet : Dès que je ne fais pas ce que fait l’âne, cela ne me réussit pas. Qu’on dise du mal de lui, qu’on ne lui donne pas à manger, qu’on le charge au point de tomber à terre, quoiqu’on le maltraite, toujours il se tait. Il est endurant, étant âne. C’est ainsi que doit être le serviteur de Dieu : J’étais comme une bête devant toi (cf. Ps 82).

En 1651 il fut frappé par l’épidémie qui sévissait à Carthagène, et dont il conserva une paralysie évolutive ; malgré cela, il continua son apostolat, se faisant conduire à dos de mule pour visiter les lépreux. Ces années-là, les navires se firent plus rares.

Le 6 septembre 1654, Pedro fut très malade ; le 7, il reçut le Sacrement des Malades. Il mourut dans la nuit du 7 au 8 septembre 1654.

Pedro Claver fut béatifié en 1851 et canonisé en 1888, en même temps que son cher ami, Afonso Rodriguez, et proclamé patron universel des missions auprès des Noirs.

Saint Pedro Claver est le patron de la Colombie, mais aussi défenseur des droits de l’homme (1985).

Sa fête liturgique se célèbre au 9 septembre.

 

 

Frédéric Ozanam

1813-1853

 

Le 23 avril 1813 naissait Antoine-Frédéric Ozanam à Milan, de Jean-Antoine-François Ozanam, et de Marie Nantas.

Le père de Frédéric était juriste et officier dans la campagne d’Italie, puis négociant de soie à Lyon et Paris, puis, ayant fait faillite, médecin à Milan, avant de revenir à Lyon comme médecin à l’Hôtel-Dieu.

Frédéric fut un élève brillant au Collège royal de Lyon et prend goût très vite pour l’écriture. A quinze ans, il collabore à L’Abeille Française, au Précurseur : il y publie des Réflexions sur la doctrine de Saint-Simon, au lendemain des émeutes de 1831, recevant les éloges de Lamartine, de Lamennais, de Chateaubriand.

Après so baccalauréat (1829), il fait du droit à Paris, de langues anciennes (hébreu et sanscrit). Il passe la licence en 1834, le doctorat en 1836, avec la licence en lettres en 1835.

Fervent catholique, profondément impressionné par le monde qu’il découvrit à Paris, il organisa avec quelques amis la Conférence de la Charité, pour aller soulager les pauvres, origine des Conférences Saint-Vincent-de-Paul, auxquelles la Sœur Rendu signale les familles à visiter (voir au 7 février : Jeanne-Marie Rendu). Humble, il refuse toute présidence. 

Ce fut sur son initiative que furent créées les Conférences de Carême à Notre-Dame de Paris.

En 1836, il rentra à Lyon, passa le doctorat en lettres et commença d’enseigner le droit commercial. En 1840, il fut reçu premier à l’agrégation en lettres et fut appelé à enseigner à la Sorbonne (1841).

Il hésita à se marier, mais finit par épouser en 1841 Amélie Soulacroix, dont ils auront une petite fille, Marie.

En 1846, il fut nommé chevalier de l’Ordre Royal de la Légion d’honneur. Sa passion pour les littératures d’Italie, d’Angleterre, d’Espagne, le font beaucoup voyager. A lui surtout remonte la littérature comparée.

Chrétien convaincu, il s’attache à démontrer comment le Moyen-Âge est la suite logique de l’Antiquité ; comment le christianisme a façonné l’Europe du Moyen-Âge. Ses cours sont très appréciés.

A partir de 1847, sa santé lui donna des soucis ; il rechercha le soleil méditerranéen pour lutter contre la tuberculose naissante.

Lors de la révolution de 1848, il défendit les intérêts des ouvriers contre les «hommes d’Etat». Au moment des barricades, il invita l’archevêque de Paris à venir appeler à la paix (Mgr Affre sera cependant atteint d’une balle mortelle).

De nouveau malade en 1852, il alla se faire soigner dans les Pyrénées, à Biarritz, Bayonne, (d’où il rejoindra Burgos), à Marseille, en Italie (Pise).

Revenu en France en août 1853, il mourut à Marseille le 8 septembre, des complications d’une tuberculose rénale.

Frédéric Ozanam a été béatifié en 1997.

Josefa Ruano García

1854-1936

 

Elle vit le jour le 9 juillet 1854 à Berja (Almería), de Antonio et María Ramona, qui la firent baptiser deux jours plus tard.

Elle entra en 1877 dans la congrégation des Sœurs des Vieillards Abandonnés, récemment fondée : c’était le 8 décembre, et la Fondatrice faisait ce jour-là sa profession perpétuelle (voir au 26 août).

Josefa fit, elle, la profession en 1885, prenant le nom de Josefa de Saint-Jean-de-Dieu. 

Elle avait les qualités nécessaires au gouvernement : elle fut nommée supérieure à Cascante (Navarre) en 1916, à Requena (Valencia) en 1922, à Alcira (Valencia) en 1928, de Requena à nouveau en 1934.

Si les charges importantes nuisent souvent aux personnes qui les assument, Josefa resta toujours humble et serviable au milieu des autres Sœurs.

Arrêtée en 1936, elle souffrit le martyre à Buñol le 8 septembre 1936, et fut béatifiée en 2001.

 

 

Dolores Puig Bonany

1857-1936

 

Elle vit le jour le 11 juillet 1857 à Berga (Barcelone), et fut baptisée le jour-même.

Elle entra en 1886 dans la congrégation des Sœurs des Vieillards Abandonnés, récemment fondée, et reçut l’habit en janvier 1887, avec le nom de Dolores de Sainte-Eulalie.

Elle fit la profession en 1889. 

On l’envoya à Alicante (1889), Yecla (1890), puis elle fit la profession perpétuelle à Valencia en 1892. Et c’est à Valencia qu’elle demeura jusqu’à sa mort.

Arrêtée en 1936, elle souffrit le martyre à Buñol le 8 septembre 1936, et fut béatifiée en 2001.

 

 

Apolonia Lizárraga Ochoa de Zabalegui

1867-1936

 

Elle et ses dix frères naquirent à Pérez de Obanos (Lezáun, Pamplona, Navarre, Espagne). Elle naquit le jour du Jeudi Saint, 18 avril 1867, et fut baptisée immédiatement, car on craignait pour sa vie.

Elle tenta la vie religieuse chez les Bénédictines de Estella, où se trouvait une tante, mais elle fut heureusement dirigée vers les Carmélites de la Charité à Vitoria (Gasteiz).

Son noviciat commença le 16 juillet 1886, en la fête de Notre Dame du Carmel, où elle prit le nom de Polonia del Santísimo Sacramento. On l’appela communément Sœur Sacramento.

On l’envoya préparer le diplôme de Maîtresse d’école à Extremadura et elle enseigna à Trujillo et Villafranca de los Barros.

Ensuite elle fut nommée supérieure à Séville. En 1919, elle se trouvait à Vic, au moment de la Semaine Tragique, durant laquelle des églises furent incendiées.

En 1923, elle fut élue supérieure générale de la congrégation. Comme telle, elle fonda deux maisons en Argentine (Buenos Aires), quatre en Espagne (Vigo, León, Murcia et Alcoy), et quatre en France, qui apparemment n’existent plus actuellement.

En 1933, dans l’attente des lois républicaines, elle écrivait : Le gouvernement s’occupe de la question de l’enseignement ; on verra ce que ça donnera ; rien de bon, parce que c’est la Franc-Maçonnerie qui gouverne en Espagne.

En 1935, elle exhortait toutes ses communautés à une grande confiance au Sacré-Cœur, à Notre-Dame et à Saint Joseph.

Arriva le 20 juillet 1936 : à Vic, la Mère Supérieure organisa l’adoration nocturne dans le petit oratoire de la communauté.

Le mardi 21, arrivèrent des camions de miliciens de Barcelone, qui se mirent à incendier les églises de Vic, entassant sur la place publique tout ce qu’ils trouvaient de bancs, autels, statues, cadres, auxquels ils mettaient le feu.

Vers 16 heures, ils firent sortir toutes les Carmélites, sauf la Supérieure ; celle-ci s’avança crânement devant un «chef» et lui dit : Il y a une Religieuse paralysée ; est-ce quelqu’un de vous pourrait m’aider à la transporter ? Un homme se proposa, demandant à voix basse s’il y avait dedans aussi des hommes armés. Mère Apolonia sourit, sans répondre.

Elle lui demanda s’il croyait en Dieu. Il répondit que oui, certainement, mais pas aux hommes et aux bonnes sœurs. Il lui permit ensuite de prendre le temps d’emporter quelques papiers importants. 

Quand elle sortit avec la paralytique, les miliciens lui lancèrent : Alors, tu reviens, hein ! et la Mère répondit : Oui, je reviendrai si c’est moi que vous cherchez et que vous laissez en paix toutes mes sœurs. Une fois sortie la Supérieure, les miliciens procédèrent à une fouille minutieuse de toute la maison. A la fin, elle leur servit encore un rafraîchissement : c’est qu’il faisait chaud, ce 21 août.

Le soir, une foule de gens envahit la maison et tout fut détruit de fond en comble, sauf l’église, qui échappa par miracle, et où Mère Apolonia se recueillit en action de grâce.

Elle veilla alors dans l’angoisse, se demandant si elle n’aurait pas mieux fait de prendre plus de précautions ; elle réfléchissait, quand à minuit, des gens vinrent lui dire à la porte : Partez vite, ils viennent mettre le feu.

Mère Apolonia s’habilla en civil, conservant en-dessous le scapulaire. A deux heures du matin, elle frappa à l’Asile de Charité de Vic, dont on l’expulsa : Dehors ! tu manges le pain des pauvres.

Le 2 août, on l’enferma dans un appartement, où des femmes la déshabillèrent, pour lui prendre l’argent qu’elle pouvait avoir sous ses vêtements. Puis elle se réfugia chez ses cousines à Barcelone.

Le père d’une des Carmélites vint la trouver, lui proposant de l’aider à quitter Barcelone grâce au consulat italien ; il hébergeait chez lui l’évêque, Mgr Irurita. Quand elle vint le voir, il la réconforta, lui donna la bénédiction. Mais l’embarquement pour l’Italie échoua.

Le 7 septembre au matin, les miliciens vinrent prendre la Mère Apolonia ; ils la ramenèrent, mais ils réapparurent à onze heures du soir, pour dire à la Mère qu’ils revindraient la prendre. Elle alla se cacher chez ses cousines, mais elle fut suivie ; on l’arrêta avec ses deux cousines et on les emmena à la tchéka San Elias.

A minuit, d’après les cousines de la Mère Apolonia, on appela celle-ci avec ces mots : Descends, toi, tu vas aller te reposer.

Ensuite, on n’eut plus de nouvelles directes de la Mère Supérieure. On disait que le chef de la tchéka, surnommé Le Bossu, avait un élevage de cochons qu’ll nourrissait de chair humaine. Il se pourrait fort bien que la Mère Supérieure ait été mise en morceaux et donnée en pâture à ces bêtes.

Une autre personne raconta avoir entendu son père parler du martyre de Mère Apolonia : Arrêtée, elle fut emmenée par les miliciens à une tchéka ; ils la déshabillèrent et la mirent dans une cour. Ils la scièrent, tandis qu’elle priait le chapelet et priait pour ses bourreaux. Ces derniers jetèrent les morceaux aux cochons ; peu après, ils tuèrent les cochons ; ils en mangèrent et en vendirent des morceaux, déclarant que c’étaient du chorizo de bonne sœur.

Mère Apolonia souffrit vraisemblablement cet horrible martyre le 8 septembre 1936. Elle fut béatifiée en 2007.

 

José Castaño Galera
1870-1936

Né le 8 novembre 1870 à Bédar (Almería) et baptisé le lendemain, José était le fils d’un mineur, chef de chantier. 

Intelligent, il aurait pu faire l’Ecole Normale ou suivre la carrière de son père, mais il entendit l’appel de Dieu et entra au séminaire d’Almería.

Ordonné prêtre en 1896, il exerça son apostolat à Turre, Antas, Tabernas, Carboneras, Sierra Alhamilla (1925-1935), enfin Bédar, son pays d’origine.

Il vivait si pauvrement qu’il allait ramasser les olives tombées à terre au moment de la récolte et en faisait de l’huile pour la lampe du sanctuaire et pour sa cuisine.

Au moment du soulèvement révolutionnaire de l’été 1936, il refusa d’abandonner le sacerdoce et mit le Saint-Sacrement en sûreté. Arrêté parce qu’il était prêtre, il fut envoyé au camp de travaux forcés. Le 8 septembre, il fit une chute, éreinté ; on le releva en le menaçant, mais il retomba en suppliant : Ho, tuez-moi, je n’en peux plus ; et je vous pardonne. 

C’était le 8 septembre 1936, fête de la nativité de Marie, à Higuera Ureña (Bédar).

Béatifié en 2017, José Castaño Galera sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 8 septembre.

 

 

Pascual Fortuño Almela

1886-1936

 

Fils de cultivateurs, il naquit le 3 mars 1886 à Villarreal (Vila Real, Castellón) et fut baptisé le jour suivant : l’église du village était dédiée à saint Pascual (voir au 17 mai).

Après l’école (tenue par les Franciscains), il entra au collège franciscain de Balaguer (Lleida), passa à celui de Benissa (Alicante).

Il entra au noviciat et reçut l’habit à Santo Espíritu del Monte (Gilet, Valencia) en 1905, et fit la première profession en 1906.

Après les années de philosophie et de théologie à Onteniente (Valencia), il fut ordonné prêtre le 15 août 1913 à Teruel.

Après quatre années comme formateur à Benissa, il fut envoyé en Argentine (1917), puis revint en Espagne en 1922. Il se montrait excellent pédagogue autant que prêtre zélé pour les âmes.

Il fut à nouveau à Benissa, puis à Pego, Segorbe. En 1931, il fut nommé vicaire pour Santo Espíritu del Monte, où il se trouvait en 1936.

L’unanimité qui se fit autour de lui, suggéra que, même s’il n’avait pas été martyr, on aurait pu engager son procès de béatification.

Le 18 juillet 1936, il dut quitter le couvent avec ses Confrères et se réfugier à Vila Real. Après quelques jours chez ses parents, il alla par précaution se réfugier dans une remise de campagne, pendant un peu plus d’un mois, puis revint au pays, chez sa sœur. Quand il y alla, il dit à sa mère : Maman, ne pleure pas ! Quand ils me tueront, tu auras un fils au Ciel. Oui, tu me demandes où je vais : je vais au Ciel.

Les révolutionnaires mirent le feu aux églises, aux reliques des Saints (dont celles de saint Pascual), et mirent à mort les prêtres et religieux.

Le père Pascual fut arrêté chez sa sœur le 7 septembre 1936 et mis en prison à la Guardia Civil. 

En entrant dans la cellule, il prophétisa au prêtre qui s’y trouvait (don Julio Pascual) qu’il ne lui arriverait rien : effectivement, il put échapper à l’exécution. 

Le 7 au soir, ses frère et sœur (Joaquín et Rosario) lui apportèrent un repas et un matelas. Ils purent admirer combien leur frère était calmement prêt à recevoir la grâce du martyre.

Il fut assassiné au matin du 8 septembre 1936, sur la route Castellón-Benicásim. Les témoins observèrent un fait étonnant : les balles tombaient à terre après avoir touché le prêtre, lequel s’adressa aux bourreaux en ces termes : Inutile de tirer. Si vous voulez me tuer, prenez une arme blanche. De fait, ils lui enfoncèrent une baïonette ou une hachette dans la poitrine. Les bourreaux reconnurent plus tard qu’en effet, ils avaient eu du mal à le tuer ; et que, s’il est vrai qu’il y a des Saints, celui-ci devait en être un.

Miraculeusement aussi, il fut enterré dans une fosse individuelle.

Le père Pascual fut béatifié en 2001.

 

 

Segimon Sagalés i Vila

1888-1936

 

Il était né le 1er mai 1888 à Vic (Barcelone, Espagne).

Entré au noviciat des Fils de la Sainte Famille, il resta coadjuteur (convers). 

Il enseigna aux enfants des collèges de Reus, Blanes et Jésus-Marie-Joseph de Barcelone.

Là où il passait, tout le monde voulait lui envoyer les enfants, car c’était un Religieux qui respirait la paix et la joie. Il souffrait d’un cancer à la gorge, qui le faisait souffrir mais ne lui enlevait pas son entrain.

Il mit en sûreté les restes de saint Josep Manyanet (voir au).

La mort ne lui faisait pas peur, mais les miliciens, oui !

Arrêté à Calldetenes, il fut assassiné à Múnter (Barcelone) le 8 septembre 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Marino Blanes Giner

1888-1936

 

Marino vit le jour le 19 septembre 1888 à Alcoy (Alicante, Espagne).

Il épousa Julia Jordá Lloret, et ils reçurent de Dieu la bénédiction de neuf enfants. Une belle famille où l’on priait chaque jour le chapelet.

Marino participait à l’Eucharistie quotidienne. Il présidait l’association de l’Adoration nocturne. Tertiaire franciscain, il accumulait les engagements chrétiens : membre des Conférences de Saint-Vincent-de-Paul, de l’Apostolat de la Prière et d’autres pieuses associations. Il visitait des malades le matin, il faisait du catéchisme le soir.

Employé de banque, il fut aussi membre du conseil municipal de Alcoy. Précédemment, il avait eu un atelier de couture du cuir, puis une épicerie : chaque fois il fut réduit à la misère, car il donnait à tous ceux qui le lui demandaient et lui promettaient de le payer «bientôt».

En 1917, il fonda un Centre de formation pour la jeunesse.

En 1931, lors de la proclamation de la République, il réussit à empêcher l’incendie de l’église paroissiale : il observa devant l’église une douzaine de coktails molotov et le signala à la police. Le lendemain, un journal écrivait ironiquement : Dites, Monsieur Marino, vous n’allez pas nous dire peut-être que c’est un péché de sortir le soir ? Sa prouesse lui gagna des ennemis, et plus tard le martyre.

Les temps vraiment difficiles commencèrent à Alcoy bien avant le soulèvement de juillet 1936. Dès le mois d’avril, la mairie fit fermer les églises et, en juillet, ordonna leur destruction. On saccagea et détruisit les édifices religieux : les autels, les statues, les crucifix furent profanés et brûlés, les cloches fondues.

Parmi les Martyrs, il y eut quinze prêtres diocésains et des centaines de fidèles laïcs, dont Marino Blanes.

On vint l’arrêter chez lui le 21 juillet vers midi pour lui poser quelques questions à la mairie. De là, on le mit en prison pendant sept semaines. Quand il y arriva, un chef dit : Voilà le type des bouteilles d’essence, alludant à l’incendie manqué de l’église paroissiale.

Dans sa prison, il dit : Si je savais qu’être fusillé par les Rouges pouvait sauver la Religion, l’Espagne et l’honneur de mes filles, je me ferais abattre sur place. Dans sa prison, il resta très calme, très heureux, très serein. C’était le soldat tranquille, conscient d’avoir humblement accompli son devoir.

Le 8 septembre 1936 à trois heures du matin, les siens se réveillèrent avec un pressentiment inquiétant. Ils se mirent à prier ; vers neuf heures, ils apportèrent le petit déjeuner à leur père, mais on leur dit d’abord que le Gouverneur l’avait convoqué, ajoutant aussi cette petite phrase significative : On lui a donné la liberté cette nuit.

Marino fut béatifié en 2001.

Josep Padrell i Navarro

1898-1936

 

Josep naquit le 8 mars 1898 à La Pobla de Mafumet (Tarragonès, Catalogne, Espagne), de Josep et Magdalena, qui le firent baptiser le 11 mars.

Il y eut au moins deux autres garçons dans cette famille très chrétienne : Antoni et Lluís.

Au séminaire de Tarragona, en marge de ses études, Josep montra un talent remarquable pour l’harmonie et le contrepoint.

Il reçut l’ordination sacerdotale en 1922.

On trouve dans les archives du séminaire une grande quantité d’œuvres qu’il écrivit durant les années où il fut maître de chapelle du séminaire.

Si la révolution de 1936 n’avait pas tronqué cette vie, don Josep aurait certainement une grande place dans la musique religieuse du 20e siècle.

Lors de la persécution religieuse de 1936, don Josep était vicaire et organiste à L’Espluga Calba (Lleida). Il accepta de venir se réfugier chez son frère Lluís à Barcelone, chez lequel il resta quatre ou cinq jours. 

La belle-sœur de Josep, qui connaissait ses dons musicaux, lui suggérait de s’engager dans quelque compagnie de théâtre ou de zarzuela, mais il lui répliqua : Si je le fais et que je tombe dans quelque péché, je préfère mourir.

Il partit avec son frère s’installer dans une auberge de Girona. Mais voilà que dans le train, un employé reconnut Lluís et le dénonça : on les arrêta. A la gare, on leur prit tout ce qu’ils avaient et on les interrogea.

A Lluís : Quel métier fais-tu ? - Paysan.

A l’abbé Josep : Et toi ? Lluís s’empressa de répondre avant son frère : Il est paysan, comme moi. Eux : Réponds, toi ! Et Josep : Lluís, pourquoi nier ? Je suis prêtre ! S’ils veulent me tuer pour ça, ils peuvent le faire.

On les emmena à la prison de Barcelone.

Ce même 7 septembre, à huit heures du soir, des miliciens entrèrent dans leur cellule et disaient entre eux : Les voilà ! Ils leur apportèrent un souper, mais seul Josep mangea, calmement, tranquillement. Lluís ensuite s’agenouilla devant son frère prêtre, et se confessa.

Vers vingt-et-une heures, les miliciens revinrent les chercher et les firent monter dans une voiture, escortée par une autre voiture. Ils se dirigèrent vers l’Arrabassada. En route, Lluís demanda aux miliciens où ils les emmenaient et son frère Josep lui dit : Ne t’inquiète pas, Lluís, la mort n’est rien. Pardonne-leur, Lluís, pardonne-leur, ne conserve aucune rancœur.

En descendant de la voiture, Lluís dit à son frère Josep : Saute par cette porte et sauve-toi. Et Josep : Non, je ne m’échapperai pas ; la mort n’est rien ! Lluís lui redit de s’enfuir, et Josep répéta : Non, je ne m’enfuirai pas.

Alors, ils s’embrassèrent et Josep dit à son frère : Au ciel !

Lluís n’était pas convaincu par les paroles de son frère prêtre. Il se jeta contre le chef de la patrouille ; il y eut une petite bagarre ; un autre milicien donna un bon coup de crosse de fusil dans le ventre de Lluís, qui se mit à courir, tandis que Josep restait là, sans bouger.

Lluís réussit à se cacher dans les buissons ; les balles sifflaient, l’une le blessa au bras, mais il put se sauver. En courant, il tomba contre une clôture de buissons épineux. Il se retourna et vit encore son frère, debout au même endroit.

Juste après, le prêtre fut abattu. 

Quant à Lluís, avec sa blessure au bras, on pouvait le suivre par les traces de son sang, mais on finit par abandonner la poursuite ; il se rapprocha d’une maison de campagne et entendit qu’on y priait le chapelet ; il frappa, montra son bras : on le banda et on lui offrait l’hospitalité, mais il ne voulait pas compromettre ces gens charitables ; il continua son chemin.

C’était le 8 septembre 1936. 

Don Josep a été béatifié en 2013.

 

 

Ismael Escrihuela Esteve

1902-1936

 

Ismael vit le jour le 20 mai 1902 à Tavernes de Valldigna (Valencia, Espagne).

Son père, un bon chrétien, l’emmenait le soir à la prière nocturne du chapelet, qui se faisait dans les rues du pays.

Il étudia chez les Frères Lasalliens. Sa ferveur retomba durant son service militaire, mais il se ressaisit ensuite.

Il épousa Josefa Grau, et ils reçurent de Dieu deux garçons et une fille : Ismael, Josefa et José.

Ismael travaillait à Tavernes. Il appartenait à l’Action Catholique, enseignait le catéchisme ; fervent de l’Eucharistie, qu’il recevait chaque jour, une fois par mois il enfourchait joyeusement sa bicyclette pour l’Adoration nocturne à Gandía, d’où il revenait la matin suivant en attaquant directement sa journée de travail. 

Au moment du carnaval, il réunit une fois quelques jeunes pour veiller devant le Saint-Sacrement, en réparation des offenses qui se commettaient durant cette période. Profondément convaincu, il portait toujours un petit crucifix sous le revers de sa veste, ce qui lui valait des moqueries ; on l’appelait le petit soldat du Christ.

Quand fut prochamée la République en 1931, il affronta courageusement ses ennemis dans des discussions, témoignant toujours en faveur du Christ. Il reçut des menaces de mort, mais restait confiant en Dieu.

Arrêté dès le 21 juillet 1936, il fut mis en prison. On tenta de le corrompre en lui montrant des photographies obscènes, qu’il déchira sur place. On limita les visites de son épouse, mais quand il la voyait, il l’encourageait, l’assurant qu’ils se reverraient au Ciel.

Transféré à la prison de San Miguel de los Reyes (Valencia), il y organisa secrètement, avec un prêtre, des processions avec le Saint-Sacrement.

Le 8 septembre, on le sortit de la prison avec d’autres prisonniers, dont on retrouva les cadavres le lendemain.

Il fut donc fusillé le 8 septembre 1936, à l’âge de trente-quatre ans, au Picadero de Paterna.

Ismael fut béatifié en 2001.

 

 

Eusebio Alonso Uyarra

1907-1936

 

Il vit le jour le 5 mars 1907 à Viloria de Rioja (Burgos, Espagne), de Anacleto et Luisa, qui le firent baptiser dès le lendemain. Il fut confirmé en 1908.

Il étudia sur place chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens), puis entra au noviciat mineur de Bujedo en 1920, commença le postulat en 1922 avec le nom de Evencio Ricardo et fit la profession en 1932.

Son frère, Blas, le suivit sur la même route.

Eusebio-Evencio fut un Frère doux et obéissant, soucieux d’accomplir son devoir ; il ne montrait jamais le moindre déplaisir envers personne, encore moins envers les supérieurs.

Il enseigna aux deux collèges de Madrid (1926) et Almería (1934). 

Entre les deux, il fit son service militaire à Melilla (1929).

Le 8 septembre 1936, il fut martyrisé avec le Frère Teodomiro Joaquín, sur la route de Roquetas de Mar.

Ils furent béatifiés en 1993.

 

 

Máximo Aranda Modrego

1907-1936

 

Máximo était né le 3 septembre 1907, à Gallur (Saragosse, Espagne), de Ignacio et Isabel, des cultivateurs très chrétiens qui le firent baptiser le 5 septembre.

Il entra en 1919 au collège des Frères Maristes à Vic et commença le noviciat à Las Avellanas en 1922 ; en 1923 il reçut l’habit et le nom de Justo Pastor ; un an après il faisait les premiers vœux.

Justo Pastor fut envoyé à Barruelo (1925), Villafranca (1928), Larache (Maroc, 1933), Vic (1934). 

On a pu dire du Frère Justo Pastor qu’il était angélique, de corps et d’esprit. Il n’avait de préoccupation que pour ses élèves. Il avait aussi une grande sensibilité, particulièrement pour la musique ; quand le collège dut fermer, chaque matin, il allait les retrouver et les faisait chanter, simple prétexte pour les revoir et les encourager. Interrogé par le Comité, il expliqua sa position, et on lui répondit : On se passera bien de vos services. Il obéit.

Le 6 septembre 1936, il allait se mettre à table pour le dîner, lorsque des miliciens vinrent l’arrêter. Emmené qui sait où, il fut assassiné.

On a identifié son corps à l’hôpital de Barcelone, le 8 septembre 1936, jour qui fut retenu pour son dies natalis.

Le Frère Justo Pastor fut béatifié en 2013.

 

 

Adrián Sáiz Sáiz

1907-1936

 

Il vit le jour le 8 septembre 1907 à Puentedey (Burgos, Espagne), de Justo et Felipa, qui le firent baptiser le 15 septembre. Il fut confirmé en 1916.

On le voit, ce garçon naquit en la Nativité de Marie, fut baptisé en la fête de Notre-Dame des Douleurs ; et ce sera un 8 septembre qu’il recevra la palme du martyre.

Il entra au noviciat mineur de Bujedo en 1921, chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens), commença le postulat en 1923 avec le nom de Teodomiro Joaquín et fit la profession en 1932.

Ce fut un Frère très doux, bon professeur, très intelligent ; sa piété se communiquait : ses élèves priaient avec grand recueillement. Dans ses moments libres, il était poète : on représenta une pièce de lui en vers, Palma y Laurel, retraçant le vie du bienheureux Salomon (voir au 2 septembre).

Il enseigna à Jerez (1926), Melilla (1929), Lorca (1932) et Almería (1933).

Le 8 septembre 1936, jour de ses vingt-neuf ans, il fut martyrisé avec le Frère Evencio Ricardo, sur la route de Roquetas de Mar.

Ils furent béatifiés en 1993.

 

 

Teódulo González Fernández

1911-1936

 

Teódulo vit le jour le 2 avril 1911 à Castrillo de Murcia (Burgos, Espagne).

En 1923 il entra chez les Salésiens à Baracaldo, puis alla étudier à Béjar et Astudillo. Il fit le noviciat à Carabanchel Alto, et professa en 1929.

Il passa ensuite à Mohernando et Madrid, et commença la théologie à Carabanchel Alto en 1934.

Durant le peu de temps qu’il put exercer son apostolat, on remarqua l’excellente tenue des enfants de chœur, dûment préparés par le jeune profès.

Il devait continuer les études à la maison de l’Estrecho, mais il en fut expulsé avec les Confrères et trouva refuge dans Madrid où, pour détourner l’attention, il fréquentait la Bibliothèque Nationale ; mais quelqu’un le dénonça comme «religieux» et il fut arrêté le 8 septembre, et fusillé.

Le 9 septembre, un coup de téléphone informa le commissariat d’un cadavre sur la route de Maudes, blessé par arme à feu. On reconnut don Teódulo.

Teódulo fut béatifié en 2007.

 

 

Maximiano Dronda Leoz

1916-1936

 

Maximiano était né le 8 juin 1916 à Ustárroz (Navarre, Espagne), un des enfants de Agustín et María, qui le firent baptiser dès le lendemain.

Le jeune garçon avait un grand frère chez les Maristes : il entra à son tour au collège de Villafranca en 1930, puis commença le noviciat à Las Avellanas en 1933 ; en 1934, le 8 septembre (notons cette date), il reçut l’habit et le nom de Alipio José ; un an après, toujours le 8 septembre, il faisait les premiers vœux.

Le Frère Alipio voulait être missionnaire : on le destinait à l’Uruguay et, effectivement, le 14 juillet 1936, il se trouvait à Vic pour y faire les préparatifs du voyage. Le Frère avait dit adieu à sa famille, à ses amis, à son pays, à tout ce qu’il avait de cher sur terre, pour suivre l’appel de Dieu.

C’est alors que tout bascula, bien différemment de ce qui était prévu. Il fallut évacuer la maison de Vic, et le Frère Alipio gagna Manresa ; il frappa à une maison pour passer la nuit : l’occupant était un communiste mais, touché par la douceur du Frère, il le reçut fraternellement, lui donna à manger et l’hébergea pour la nuit ; puis le Frère traversa Tárrega, Artesa de Segre, Sort, en vue de passer la frontière pour la France.

La frontière étant fermée, il s’arrêta chez un prêtre, y fit une petite retraite spirituelle et se confessa ; ne pouvant continuer, il revint sur Manresa et retrouva le brave communiste hospitalier ; puis il tenta à nouveau de passer la frontière, cette fois-ci par La Seo et Andorre : rien à faire, il fallut revenir à Vic !

Le Frère était épuisé. Les jours passaient et il se disait : Si je dois mourir, que ce soit en la fête de Marie ! Or le 15 août, fête patronale de l’Institut, passa ; le rendez-vous prévu par la Providence était le 8 septembre, anniversaire de la vêture et de la première profession du Frère Alipio.

En effet, Frère Alipio se trouvait avec les Confrères à Barcelone, le 6 septembre. Ils allaient passer à table pour dîner, lorsque des miliciens se présentèrent, arrêtèrent tout le monde, partirent en camion avec leurs victimes, vers quelque endroit retiré et, profitant de la nuit, les fusillèrent, le 8 septembre 1936, fête de la Nativité de Notre-Dame.

Le Frère Alipio José avait vingt ans ; il fut béatifié en 2013.

 

Adam Bargielski

1903-1942

 

Il vit le jour le 7 janvier 1903 à Kalinowo (Podlaskie, Pologne), de Franciszek et Franciszka Jankowska.

Après son diplôme au gymnase (1924), il commença l’école des Cadets, mais il y renonça pour répondre à l’appel de Dieu.

Après ses études au séminaire de Łomża, il fut ordonné prêtre en 1929.

Il fut quelques mois vicaire à Poznan puis fut envoyé faire des études de Droit à l’université de Strasbourg. Il reprit ensuite l’activité pastorale, à Puchały (1931), Suwałki (1936), Łabno (1937), Kadzidło (1938), Bronowo (1938), Wąsosz (1939) et, finalement, à Myszyńiec, en 1939.

L’abbé Adam Bargielski était un homme vif, enthousiaste, parfois précipité dans ses décisions, mais obéissant et toujours respectueux de l’autorité. Une fois, l’évêque dut aussi le sanctionner. En 1936, il demanda à l’évêque de pouvoir rejoindre les Pères d’une congrégation mariale aux Etats-Unis, mais l’évêque lui fit remarquer qu’il avait besoin de lui pour la pastorale du diocèse. La Providence avait aussi d’autres projets…

Le 9 avril 1940, il se présenta spontanément au bureau de la Gestapo, demandant à prendre la place d’un prêtre de quatre-vingt-trois ans, arrêté précédemment. Ce pasteur s’appelait Klemens Sawicki. 

Les SS envoyèrent l’abbé Adam au camp de Soldau, puis Działdowo (avril 1940), puis Dachau (mai 1940, avec le numéro 4860), Mauthausen-Gusen (décembre 1940), enfin à Dachau, où il porta le numéro 22061.

Il y fut assassiné par un gardien, le 8 septembre 1942, fête de la nativité de Notre-Dame, et le corps du prêtre fut brûlé en four crématoire.

L’abbé Adam Bargielski a été béatifié en 1999.

 

 

Władysław Błądziński

1908-1944

 

Il vit le jour le 6 janvier 1908 à Myślatycze (Podkarpackie, Pologne maintenant en Ukraine).

A onze ans, il rejoignit l’orphelinat géré par la Congrégation de Saint-Michel-Archange et, à seize ans, entra dans cette même Congrégation, où il fit les vœux religieux en 1926.

Il suivit la formation sacerdotale au séminaire de Przemyśl et fut ordonné prêtre en 1938.

On l’envoya d’abord comme éducateur de jeunes pauvres au centre de détention à Pawlikowice et Wieliczka.

Lors de la Deuxième guerre mondiale, il organisa un collège-lycée clandestin pour jeunes séminaristes.

Arrêté le 25 avril 1944, il refusa de signer un papier qui chargeait son supérieur, et prenant sur lui l’entière responsabilité de ses activités.

Il fut prisonnier à Cracovie, puis au camp de concentration de Groß-Rosen où, malgré l’interdiction des cadres, il s’efforçait de répandre partout une bonne parole de réconfort, de prière, de confiance.

Lors de son travail sur une carrière, alors qu’il se trouvait au bord d’une grande cavité, il fut poussé au fond par un soldat SS, provoquant ainsi sa mort, le 8 septembre 1944, à Groß-Rosen (Goczałków, Dolnośląskie, Pologne).

Le père Błądziński fut béatifié en 1999.

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6 septembre 2020 7 06 /09 /septembre /2020 23:00

07 SEPTEMBRE

III.

Ste Regina, martyre à Alésia. 

IV.

S Jean (Euéthios), martyr à Nicomédie.

S Sozon, martyr à Pompeiopolis.

SS Festus et Desiderius, martyrs à Bénévent, respectivement diacre et lecteur.

S Evurtius, évêque à Orléans.

S Augustal, évêque à Toulon.

S Viventius, évêque à Reims.

V.

S Gratus, évêque à Aoste et patron de la ville.

S Memorius, diacre à Troyes, massacré avec sept clercs par les Huns.

S Alpinus, évêque à Châlons-en-Champagne.

VI.

S Cloud, troisième fils de Clodomir, ermite à Nogent, plus tard Saint-Cloud.

?

S Faciolus (Faziol), vénéré en Sarthe.

Ste Carissime (Carême, Crême), recluse près d'Albi.

VIII.

Ste Madelberte, abbesse à Maubeuge, fille des ss. Vincent de Soignies et Valtrude, nièce de ste Aldegonde, sœur des ss. Landry, Adeltrude (à laquelle elle succéda), et Deutelin.

S Hilduard, abbé-évêque à Dickelvenne.

SS Alcmond et Tilbert, évêques à Hexham.

X.

S Gauzelin, évêque à Toul, réformateur des abbayes.

XII.

S Jean, compagnon de voyage de s. Pierre Damien, évêque à Gubbio, ce dont il mourut peu après.

XIII.

S Etienne de Châtillon, chartreux, prieur, évêque à Die.

XVII.

SS Marek Križevčanin, István Pongrácz et Melchior Grodziecki, martyrs en Hongrie (maintenant en Slovaquie), horriblement torturés par des protestants ; Marek était un chanoine croate, István un jésuite hongrois, Melchior un jésuite tchèque ; canonisés en 1995.

Bx Thomas Tsūji, prêtre jésuite japonais, avec son hôte Ludovicus Maki et son fils Ioannes, brûlés vifs à Nagasaki.

Bx John Duckett et Ralph Corby, prêtres anglais (Ralph était jésuite), martyrs à Tyburn ; au ministre qui voulait discuter, John répondit : "Sir, je ne viens pas ici pour apprendre ma foi, mais pour mourir en la professant."

XVIII.

Bx Claude-Barnabé Laurent de Mascloux, chanoine en Haute-Vienne, et François d'Oudinot de la Boissière, chanoine à Limoges, martyrs aux pontons de Rochefort, béatifiés en 1995.

XIX.

B Giovanni Battista Mazzucconi, prêtre milanais, missionnaire martyr en Océanie, béatifié en 1984.

XX.

Bse Eugenia Picco (Anna Eugenia, 1867-1921), fille d'un père aveugle et musicien à la Scala de Milan, et d'une mère frivole ; religieuse puis supérieure des Petites Filles des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, elle enseigna la musique, le chant et le français ; béatifiée en 2001.

B Ignacy Klopotowski (1866-1931), prêtre polonais très actif pour soulager les misères du peuple, fondateur des Sœurs de la Bse Vierge Marie de Lorette, béatifié en 2005.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiée en 2001 :

Carmélites de la Charité : près de Valencia, Ascensión Lloret Marcos (A. de Saint Joseph Calasanz, *1879) ;

  - béatifiés en 2007 :

Fr. Mineurs : près de Guadalajara, le prêtre Félix Gómez-Pinto Piñero (*1870) ;

Carmes déchaux : à Tolède, le prêtre Gregorio Sánchez Sancho (Tirso de Jésus Marie, *1899) ; à Barcelone, le prêtre Antonio Bonet Seró (Antonio María de Jésus, *1907), et le profès Josep María Masip Tamarit (Marçal de Sainte-Anne, *1914) ;

- béatifiés en 2013 :

Lasalliens : à Madrid, Alberto José Larzábal Michelena (Junián Alberto) et Eusebio Angulo Ayala (Luis Victorio) (*1893, 1894).

 

 

Regina d’Alesia
† 3e siècle

On suppose que Regina (Reine, Régine) fut mise à mort par le général romain qui s’appelait Olibrius, pour avoir refusé d’épouser cet homme païen.
Des fouilles archéologiques, s’appuyant sur les écrits de Jules César dans son Histoire des Gaules», effectuées de 1862 à 1865, puis en 1913 et en 1956, ont mis à jour les vestiges d’une basilique chrétienne dédiée à sainte Reine.
L’oppidum d’Alésia (mont Auxois dominant à 407 m les vallées de l’Oze et de l’Ozerain) est un site chargé d’histoire. Dès 52 avant Jésus-Christ, Jules César avec ses légions romaines y brise la résistance des valeureux gaulois avec à leur tête Vercingétorix. On affirme aujourd’hui avec assez de certitudes que la localité actuelle d’Alise-Sainte-Reine est bien l’endroit où Vercingétorix se rendit aux Romains en -52.
Toujours à Alésia (Alise-Ste-Reine), la fontaine Sainte-Reine aurait fait jaillir ses eaux miraculeuses à l’emplacement de la décapitation de la martyre. A proximité de cette fontaine, une chapelle, fréquentée par les pèlerins depuis le Moyen Age, expose une statue de la Sainte (du 15e siècle). De même, au lieu dit Les Trois ormeaux, une autre statue, plus récente, la représente. 
Dès 864, les reliques de sainte Reine ont été transportées à Flavigny-sur-Ozerain (Côte d’Or).
Un hospice Sainte-Reine a été fondé en 1660 par saint Vincent de Paul. Il a été conçu pour loger les malades venus en pèlerinage. Il a gardé sa fonction hospitalière, mais a subi des transformations à partir de 1975, une partie des anciens bâtiments ayant été démolie au bénéfice d’une construction neuve. Dans la chapelle, la grille du chœur, en fer forgé, et une suite de tableaux offerts par Anne d’Autriche relatent la vie et le martyre de sainte Reine.
Le culte de la Martyre est ancien mais on ne sait plus rien d'elle. Sainte Reine est vénérée depuis au moins 628 à Alise-Sainte-Reine (Côte d'Or), près d'Alésia. On y trouve une basilique mérovingienne ainsi qu'un monastère qui lui sont consacrés. 
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Reine d’Alesia au 7 septembre.


Sozon de Pompeiopolis
† 304

Un texte ancien affirme que Tarasios reçut au baptême le nom de Sozon.
Plus tard, à Pompeiopolis (auj. Mezitli, Turquie CS), il aurait mutilé une statue païenne de la déesse Artémis et pour ce motif fut jeté aux flammes, peut-être en 304.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Sozon de Pompeiopolis au 7 septembre.


Festus et Desiderius de Benevento
† 305

On verra le 19 septembre comment le Martyr Ianuarius de Benevento était accompagné du diacre Festus et du lecteur Desiderius.
A propos de ces derniers, nommés dans le récit concernant Ianuarius, on ne trouve pas de mention du moment de leur martyre. Moururent-ils avant Ianuarius, durant les supplices qu’ils éprouvèrent (304), ou bien l’année suivante (305) ?
Il faut reconnaître qu’on n’est pas sûr qu’il s’agisse ici des Compagnons de Ianuarius.
Le Martyrologe Romain mentionne Festus et Desiderius de Benevento au 7 septembre.


Evurtius d’Orléans
4e siècle

Evurtius (Euverte) était, dit-on, originaire de Rome, où il était sous-diacre.
Il voulut retrouver son frère et sa sœur, enlevés quarante ans plus tôt lors d’une invasion de barbares, et parcourut la Gaule.
Arrivé à Orléans, il se trouva mêlé à toute une foule qui devait nommer le nouvel évêque de la ville. Or, par trois fois, on vit une colombe se poser sur la tête d’Evurtius. La colombe devait être celle du Saint-Esprit, et l’on appela Evurtius à devenir le quatrième évêque d’Orléans.
Les dates sont très incertaines et on les déduit d’autres dates elles-mêmes approximatives ; si Evurtius fut le quatrième évêque d’Orléans, il dut très probablement vivre au quatrième siècle, et c’est bien probable aussi que ce soit lui l’évêque Eortius qui signe au concile de Valence en 374.
Deux événements marquent l’épiscopat d’Evurtius : par sa prière, il arrêta un grave incendie qui menaçait la ville ; successivement, il commença la construction d’une nouvelle cathédrale, plus grande que la premère.
Les travaux de cette construction furent marqués par la découverte d’une amphore pleine de pièces d’or à l’effigie de Néron ; estimant honnêtement que ce trésor appartenait au bien public, Evurtius le fit porter à l’empereur Constantin à Rome ; ce dernier répondit en renvoyant à l’évêque la somme triplée, ainsi que d’importants cadeaux pour cette nouvelle cathédrale.
Evurtius aura l’occasion de retrouver ses frère et sœur, qu’il était venu chercher au début de sa longue aventure : il les retrouva à Soissons, pénitents, priant pour retrouver leur frère Evurtius, qui leur donna l’absolution.
La nouvelle cathédrale étant achevée, Evurtius procéda à sa dédicace, en présence d’autres évêques. Pendant la célébration, lorsque l’évêque éleva le Précieux Sang à la Consécration, apparut la Main divine qui bénissait l’assistance et le nouveau temple chrétien.
Avant de mourir, Evurtius désigna son successeur en la personne de s.Aignan (v. 17 novembre).
De la mort d’Evurtius, on ne connaît pas l’année, mais seulement le jour : 7 septembre, date retenue par le Martyrologe Romain.


Gratus d’Aoste
† 304

Gratus accompagnait l’évpeque Austasius lequel, après avoir était été évêque de Verceil, érigea le diocèse d’Aoste et en fut le premier évêque.
Vers 451, Gratus lui succéda.
On affirme que, lors d’un pèlerinage en Palestine, Gratus y aurait trouvé le chef de s.Jean-Baptiste (v. 29 août) et l’aurait rapporté en Aoste. Il est très difficile de suivre l’itinéraire des reliques des Saints. Le chef de s.Jean-Baptiste se trouverait actuellement à Amiens.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Gratus d’Aoste au 7 septembre.


Memorius de Troyes
† 451

Memorius (parfois Nemorius) était un diacre ou archidiacre de Troyes (Aube).
Lors de l’invasion des Huns, l’évêque Loup (v. 29 juillet) aurait envoyé Memorius avec sept jeunes clercs, croix en tête, au devant d’un détachement qu’envoyait Attila. Memorius lui-même portait solennellement le livre des Evangiles.
Le soleil, à ce moment-là, aurait tant brillé, que ses rayons, frappant l’Evangéliaire, auraient été réfractés vers le cheval d’un général d’Attila ; le cheval s’emballa et fit tomber le général, qui fut tué. Furieux, Attila ordonna de décapiter sur place Memorius et les sept clercs.
L’endroit de cet épisode serait la localité Saint-Mesmin, qui s’appela Saint-Pierre-en-Breuil au dix-huitième siècle.
Il faut reconnaître que, dans la notice de s.Loup, mentionnée ci-dessus, le passage d’Attila à Troyes est mentionné différemment : Loup se serait déplacé personnellement pour rencontrer Attila ; peut-être le fit-il après le meurtre de Memorius, pour implorer la clémence d’Attila.
Le Martyrologe Romain mentionne Memorius et ses Compagnons de Troyes au 7 septembre.

 

Alpinus de Châlons-en-Champagne
† 480

Alpinus était issu d’une grande famiille, celle des Béthune-Sully, et fut seigneur de Baye (Marne).
Il fit des études à l’abbaye de Lérins.
Il dut se montrer particulièrement érudit et sûr, car il fut envoyé en compagnie de Germain d’Auxerre et de Loup de Troyes (v. 31 et 29 juillet) en Bretagne, pour y combattre l’erreur du pélagianisme. C’était vers 429, ce qui peut faire remonter sa naissance approximativement au début du cinquième siècle.
Vers 433, il devint le huitième évêque de Châlons-en-Champagne.
En 451 - comme le fit s.Memorius, v. supra - il se porta au-devant d’Attila, l’implorant d’épargner la ville ; si sa mission réussit, les hordes d’Attila dévastèrent les campagnes. L’évêque n’épargna pas sa fatigue pour aller relever et la foi et les sanctuaires.
Il fonda l’église Saint-Vincent qui, devenue cathédrale, fut placée sous le vocable de S.Etienne.
Alpinus mourut le 7 septembre 480 à Baye.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Alpinus de Châlons-en-Champagne au 7 septembre.

 

Cloud

515-560

 

Clodoald, plus connu sous le nom de Cloud, était le fils du roi Clodomir et petit-fils de Clovis et de sainte Clotilde. Après la mort de son père, ses oncles, Childebert et Clotaire, firent demander à leur mère Clotilde, de leur envoyer les enfants de Clodomir pour les proclamer successeurs de leur père. La sainte veuve revêtit Cloud, qui n'avait que deux ans, et ses deux frères de leurs plus beaux habits et les envoya avec confiance, ne se doutant pas que ses petits-enfants allaient être égorgés sans pitié par ses propres fils. Cloud fut cependant sauvé du massacre et put échapper à toutes les recherches de ses oncles.

Le jeune prince grandit en paix dans un monastère, et, trouvant toute sa joie au service de Dieu, il préféra la tonsure à la couronne. Il choisit plus tard, pensant y finir ses jours, le monastère d'Agaune, dont les neufs cents religieux partagés en neuf chœurs, se succédaient tour à tour devant l'autel et chantaient l'office sans interruption, le jour et la nuit. 

Dieu ne voulut pas laisser longtemps ce trésor enfoui, car il accompagna les vertus du prince du don des miracles. Un jour qu'il se promenait aux environs de sa cellule, un mendiant à moitié nu se présenta à lui, implorant sa charité. Le prince, devenu moine, n'avait rien ; les pauvres vêtements qu'il portait étaient les seuls objets qu'il eût à sa disposition ; il ne voulut pas cependant rebuter un membre du Sauveur Jésus, et, se dépouillant de son manteau, il en revêtit le mendiant. Le soir, celui-ci reçut l'hospitalité dans une chaumière voisine, et, pendant qu'il dormait, ô prodige ! le vêtement qu'il avait reçu rayonnait d'un éclat plus merveilleux que les brillants habits des princes.

Cloud fut ordonné prêtre malgré les protestations de son humilité, et fut le premier des princes de France qui gravit les degrés de l'autel. C'est à Paris qu'avait eu lieu l'ordination ; le nouveau prêtre obtint du roi Childebert, son oncle, une propriété voisine de la capitale pour y finir ses jours dans la solitude. Cet endroit devrait être Nogent, qui s’appela plus tard Saint-Cloud.

Il ne semble pas qu’il y ait jamais eu là de monastère. Toutefois une tradition raconte que, dès qu'on sut le lieu de la retraite du serviteur de Dieu, on y accourut de toutes parts pour se mettre sous sa direction ; quelques cellules devinrent un monastère ; Cloud y vécut sept ans au milieu de ses frères, leur donnant l'exemple de toutes les vertus. 

Ces miracles firent accourir des foules immenses à son tombeau, autour duquel se forma la ville de Saint-Cloud. 

La piété naïve de nos pères a porté les cloutiers à le choisir pour patron. Et tant qu’à faire, on l’invoque aussi contre les furoncles…

Saint Clodoald (Cloud) est mentionné au Martyrologe le 7 septembre.

 

 

Carissime d'Albi

VIe siècle

 

La Sainte est représentée agenouillée dans la forêt, en vue du pont d’Albi. Un ange apporte des pains !

Née à Albi en France, elle se retire comme recluse dans une forêt près de sa ville. Elle ira vivre, quelques années plus tard, dans le monastère de Viants, près de Gaillac.

Sainte Carissime est traditionnellement vénérée comme une vierge qui a vécu en ermite, à l'époque mérovingienne (sans doute au VIe ou VIIe siècle). Une chapelle située dans la plaine d'Albi, sur la rive gauche du Tarn, face à Castelnau-de-Lévis, a longtemps perpétué son souvenir, là où existe encore aujourd'hui un lieu-dit portant le nom de Sainte-Carême, sur la paroisse de Fonlabour. Sous l'Ancien Régime, plusieurs familles d'Albi y avaient leur tombeau. On peut selon toute vraisemblance y situer le lieu de sa sépulture et sans doute même celui où elle a vécu dans la solitude.

Une charte de 861 mentionne ses restes à Vieux. Ils ont dû y être apportés, comme ceux de saint Amarand et saint Eugène avec lesquels ils ont été placés à la cathédrale en 1494.

C'est seulement au XIIe siècle qu'a été composée une vie légendaire de la sainte. L'auteur savait qu'elle est Albigeoise d'origine, qu'elle est vénérée sur les rives du Tarn et que ses reliques sont à Vieux. Pour concilier ces données, il imagine l'histoire de la fugue nocturne de Carissime pour échapper au mariage que ses parents veulent lui imposer avec Hugues de Castelviel : elle séjourne dans une forêt profonde, à deux milles de la ville, franchit miraculeusement la rivière et se réfugie auprès de saint Eugène, qui construisait à Vieux son monastère…

Elle est mentionnée le 7 septembre au Martyrologe.

 

 

Madelberte de Maubeuge

† 705

 

Quelle belle famille, celle où a pu éclore tant de sainteté !

Au VIIe siècle, vivaient deux pieux époux, Madelgaire et Valtrude (qui portent aussi les noms de Mauger et Waudru). Ils eurent quatre enfants : Landry, Dentelin, Adeltrude, Madelberte. En outre, Valtrude avait pour sœur Aldegonde.

Cette brève revue de famille pourrait sembler tout-à-fait banale, si l’on omettait de signaler que ces sept personnages sont tous vénérés et entourés d’un culte (v. 14 juillet, 9 et 17 avril, 16 mars, 25 février, 30 janvier ; toutefois, les saints Landry et Dentelin ne sont plus inscrits dans le Martyrologe). 

Madelberte était la plus jeune des filles de saint Madelgaire, surnommé Vincent, et de sainte Valtrude. Comme sa sœur Adeltrude (ou Aldetrude), elle se retira avec sa tante, sainte Aldegonde, à Maubeuge, quand celle-ci y alla fonder un monastère. C'est là que, toute petite encore, elle acheva de se former. On la remarqua pour ses belles vertus : régularité dans l’observance, douceur, bonté, obéissance.

Sa charité pour les pauvres et les malheureux se révélait aussi très souvent par les actes les plus touchants, à l’image de ses parents qui lui avaient donné, les premiers, l'exemple de la compassion pour les indigents et les affligés.

Adeltrude fut abbesse après sa tante Aldegonde. Puis Madelberte fut à son tour élue pour succéder à sa sœur. 

Elle devint véritablement alors le modèle comme la supérieure de ses compagnes, qui pouvaient reconnaître dans toute sa conduite les exemples des vertus qui conduisent à la perfection de leur saint état. 

Sainte Madelberte gouverna sa communauté l'espace de neuf ans, et mourut un 7 septembre vers l'an 705 dans les plus admirables sentiments de piété.

Son corps, déposé avec honneur dans l'église du monastère devint aussitôt un objet de vénération pour les habitants de la contrée, qui avaient une grande confiance dans la puissance de ses prières. Quelques guérisons extraordinaires servirent encore à accroître cette dévotion des fidèles envers leur nouvelle patronne. Les auteurs en rapportent une entre autres, qui arriva peu de temps après la mort de la Sainte, et qui fit grand bruit dans tout le pays.

Un homme très religieux, des environs de Maubeuge, était devenu complètement sourd de l'oreille droite. Cette infirmité l'affligeait beaucoup, et il demandait souvent à Dieu de le guérir. Une nuit, pendant son sommeil, il crut entendre une voix qui lui disait : Lève-toi, va au monastère de Maubeuge, dans l'église de Saint-Pierre, où repose le corps de la vierge Madelberte : tu seras guéri auprès de son tombeau. Le matin venu, cet homme se hâta d'exécuter l'ordre qui lui avait été donné, et se rendit au monastère, où l'on venait de commencer le Saint Sacrifice de la Messe. Là, il se prosterne avec piété, et continue dévotement les prières de la Messe. Tout à coup, au moment de l'Évangile, il commence à éprouver une transpiration extraordinaire. Son visage pâlit, ses membres tremblent, et une humeur aqueuse s'échappe de son oreille malade. Au même instant il se sent guéri de son infirmité, qui ne reparut plus dans la suite.

Les reliques de sainte Madelberte restèrent à Maubeuge jusqu'en 722. A cette époque, elles furent transportées à Liège par saint Hubert, le premier évêque de ce siège qui continuait celui de Maastricht. On les plaça dans l'église cathédrale, après les avoir enfermées dans une châsse, où se trouvaient aussi celles de saint Théodard, l'un des prédécesseurs de saint Hubert. Elles étaient encore très bien conservées en l'année 1489, époque à laquelle on les visita.

Sainte Madelberte est mentionnée le 7 septembre dans le Martyrologe.

 

 

Gauzelin de Toul

† 962

 

Gauzelin appartenait à une noble famille franque et jouissait ainsi de larges possessions en Lorraine.

Après avoir été notaire à la chancellerie royale depuis 913, il fut nommé évêque de Toul en 922 : c’en était le trente-deuxième titulaire.

Les  territoires de Lorraine furent dévastés par deux invasions hongroises déjà en 928 et à nouveau en 954 ; l’évêque sut venir en aide aux populations affligées.

Gauzelin appuya de toutes ses forces la réforme des monastères, en les soustrayant à la domination des seigneurs locaux ; il reprit ainsi les abbayes de Bonmoutier, de Moyenmoutier, de Montier-en-Der, de Varennes peut-être, de Saint-Epvre à Toul ; en cette dernière, il fit introduire les habitudes des bénédictins de Saint-Benoît-sur-Loire.

La «juridiction» de Gauzelin s’exerçait de façon très respectueuse : il ne prélevait que des taxes symboliques de ces monastères, mais pourvoyait largement à leurs dépenses, lors d’un passage de l’empereur par exemple. Par ailleurs, il laissait aux moines la totale liberté d’élire leur abbé.

Gauzelin commença l’édification d’une nouvelle abbaye à Toul, qui fut achevée par son successeur, s.Gérard (v. 23 avril).

Après une douloureuse maladie qui dura quatre ans, Gauzelin rendit son âme à Dieu le 7 septembre 962, après quarante ans d’épiscopat.

Lors de la Révolution, une sage abbesse réussit à mettre en sûreté ses reliques.

Saint Gauzelin de Toul est commémoré le 7 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

István Pongrácz (Štefan Pongrác)

1582-1619

Melichar Grodecký (Melchior Grodziecki)

1584-1619

Marko Križevčanin

1589-1619

 

Nota : l’orthographe de ces trois noms varie selon qu’elle est transcrite en hongrois, en tchèque, en croate ou en slovaque.

1. István (Etienne) Pongrácz était né vers 1582 au Château d’Alvincz (Transylvanie, actuelle Vințu de Jos en Roumanie), dans une famille noble hongroise ; il fit ses études à Kolozsvár (Transylvanie ; aujourd’hui Cluj, Roumanie) puis entra chez les Jésuites - malgré la consternation des parents -, d’abord à Prague, ensuite à Ljubljana (Slovénie) pour ses études de philosophie ; professeur au collège de Klagenfurt (Autriche) de 1609 à 1611, il fit ensuite la théologie à Graz (Autriche) et fut ordonné prêtre en 1615. 

Nommé directeur du collège et prédicateur à Hormonna (actuelle Humenné, Slovaquie), il dirigeait la petite communauté catholique de cette ville, très menacée par les constants conflits interethniques et interconfessionnels.

2. Melichar Grodecký (Melkior Grodziecki) était né en 1584 à Cieszyn (Moravie, actuelle Český Těšín en République tchèque). C’était un camarade d’études d’István au noviciat des Jésuites. Après ses études, il enseigna quelques années et, en 1614, fut envoyé comme prédicateur à Prague ; en 1618, il fut envoyé à Košice comme aumônier militaire.

3. Marko Stjepan Krizin (Marc Etienne) était né à Križevci (Croatie) en 1589 ; il fit ses études au collège de Vienne chez les Pères jésuites, puis à l’université de Gratz, où il reçut le doctorat en philosophie.

De 1611 à 1615, il fréquenta le Collège Germano-hongrois de Rome, où il se présentait comme Croate.

Ayant reçu le sacerdoce, il revint dans le diocèse de Zagreb, puis fut appelé à diriger le séminaire de Trnaca et fut nommé chanoine de la cathédrale d’Esztergom.

Au début de 1619, il fut appelé à administrer l’ancienne abbaye de Széplak, proche de Košice.

 

Que se passa-t-il en 1619 ? Un des lieutenants du prince philo-protestant entra dans Košice en promettant la vie sauve à l’ensemble de la population, mais dès le 5 septembre, il envoyait des soldats garder à vue nos trois prêtres, les deux Jésuites et le chanoine, alors présents dans la ville.

Le père Pongrácz fit demander le motif de cette garde à vue, tandis qu’à la mairie on discutait sur le sort des catholiques ; certains proposaient leur massacre général, la majorité cependant obtint la grâce de la population catholique, mais pas pour les trois prêtres, dont il n’était pas question dans la discussion précédente.

Pendant ce temps, les soldats s’en prenaient déjà à leurs prisonniers : ils leur demandèrent tout ce qu’ils possédaient, pillèrent tout ce qui avait de la valeur dans la maison et dans l’église.

Un envoyé du lieutenant vint proposer de la part de celui-ci la liberté au chanoine, s’il reniait le catholicisme. Il lui promettait en même temps la prévôté de Széplak et d’autres dignités. Le fidèle chanoine refusa bien évidemment.

La garde à vue continua ; les prisonniers n’avaient rien à manger ni à boire ; on leur proposa seulement, exprès, un morceau de viande le vendredi, qu’ils laissèrent.

Dans la nuit du 6 au 7 septembre, une bande de soldats vint tambouriner à la porte des deux jésuites ; ayant ouvert, le père Pongrácz reçut un formidable coup qui l’envoya contre le foyer ; les deux Jésuites reçurent de violents coups de poing et de pied, furent jetés à terre, attachés et violemment dévêtus. On devine quelles douleurs atroces ils subirent alors, au milieu des moqueries infâmes des soldats. Les deux pères invoquaient Jésus et Marie.

Puis les soldats passèrent dans la pièce où se trouvait le chanoine. Même sort, même supplice.

On fouilla pour trouver des «preuves» de leur conspiration contre les protestants. Il n’y avait rien. 

Voulant alors empêcher le père Pongrácz d’invoquer Jésus et Marie, les soldats lui coupèrent le nez et les oreilles et les lui enfoncèrent dans la bouche et lui broyèrent les doigts dans la gâchette d’un fusil, puis ils lui serrèrent si fortement une corde autour du cou, que les yeux sortaient des orbites. Le père murmurait encore : Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font (Lc 23:34).

Après ces tortures, ils attachèrent les trois prêtres par les poignets et les accrochèrent nus aux poutres du plafond, avec de grosses pierres aux pieds. Ils allumèrent en dessous des flambeaux, qui faisaient couler la graisse avec le sang, laissant apparaître les côtes et les entrailles. Les prêtres continuaient à invoquer Jésus et Marie.

Au matin du 7 septembre 1519, les bourreaux détachèrent les victimes et les frappèrent encore. 

Le chanoine Križin et le père Grodecký furent décapités ; leurs corps et leur tête furent jetés dans la fosse d’aisance. L’autre Jésuite, le père Pongrácz, fut assommé de deux coups violents sur la tête, et réuni à ses Compagnons.

C’est apparemment le sacristain qui put observer toute la scène depuis sa cachette. Partis les soldats, il se rapprocha et entendit des gémissements : le père Pongrácz avait repris connaissance et demandait du secours. Le sacristain, affolé, n’osa pas intervenir, et le pauvre Père agonisa là pendant encore une vingtaine d’heures, pendant lesquelles il continuait à invoquer Jésus et Marie. Il expira au matin du 8 septembre.

Même la population protestante «protesta» contre une telle barbarie.

Les trois Martyrs furent béatifiés en 1905, et canonisés en 1995.

 

 

Thomas Tsūji

1570-1627

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Thomas appartenait à une noble famille d’Ōmura et était né vers 1570 à Sonogi (Nagasaki).

Il entra dans la Compagnie de Jésus en 1589, et apprit à corriger son caractère dur et sa franchise un peu trop directe.

Il fut ordonné prêtre.

En 1614, il partit quatre ans à Macao. Au retour, la persécution l’effraya et il quitta l’Ordre. Mais le repentir l’agita et il demanda sa réadmission. Les Supérieurs pouvaient avoir quelque hésitation, mais considérant le manque de prêtres, le reçurent : ils ne devaient pas le regretter, car l’épreuve avait fortifié le prêtre.

Il fut arrêté le 21 juillet 1626, juste après avoir célébré la Messe : aux gardes, il répondit qu’il ne se sentait pas digne d’être prêtre, mais au gouverneur il déclara ouvertement qu’il était prêtre et jésuite, et expliqua sa réponse aux gardes par le fait qu’ils n’avaient pas qualité de l’interroger.

Il eut aussi le cran de reprocher au gouverneur son apostasie, et fut envoyé à la prison d’Ōmura, pendant un an.

Ramené à Nagasaki, il subit la peine du feu, en même temps que deux laïcs, père et fils, chez lesquels il avait célébré la Messe. Jusqu’à la fin, il les exhorta à la patience et continua d’harranguer les bourreaux.

Le père Thomas mourut le 7 septembre 1627 et fut béatifié en 1867.

 

 

Ludovicus Maki Soetsu

1577-1627

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Ce laïc japonais, né vers 1577 à Nagasaki, appartenait au Tiers-Ordre franciscain.

Ayant hébergé le père Thomas Tsūji pour la célébration de la Messe, il fut arrêté avec son fils, Ioannes Maki Jizaemon.

Il subit le supplice du feu à  Nagasaki le 7 septembre 1627 et fut béatifié en 1867.

 

 

Ioannes Maki Jizaemon

1600-1627

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Ce laïc japonais, né vers 1600 à Nagasaki, était le fils de Ludovicus Maki Soetsu.

C’est chez eux que le père Thomas Tsūji vint célébrer la Messe ; ils furent arrêtés tous trois le 21 juillet 1626.

Comme le père Thomas et son père, Ioannes subit le supplice du feu à  Nagasaki le 7 septembre 1627 et fut béatifié en 1867.

 

 

Ralph Corby

1598-1644

 

Ralph Corby ou Corbie était né le 25 mars 1598 à Maynooth (Irlande), deuxième des six enfants de Gerald et Isabella.

Toute cette famille se consacra à Dieu : Ambrose, Ralph et Robert furent jésuites ; Richard mourut durant ses études à Saint-Omer ; Mary et Catherine furent bénédictines à Bruxelles). Après que les enfants entrèrent dans les Ordres, le papa devint frère coadjuteur jésuite en 1628 et la maman fut bénédictine.

Avant sa mort, Gerald, le papa, ramena à la Foi son père, Ralph, qui était centenaire. Gerald mourut à Watten en 1637.

La maman mourut, centenaire aussi, en 1652 à Gand.

Ambrose se forma à Saint-Omer, puis Rome ; il entra chez les Jésuites à Watten en 1627. Après avoir enseigné à Saint-Omer, il fut quelques années à Gand puis nommé directeur spirituel au Collège anglais de Rome, où il mourut.

Ralph se forma à Saint-Omer en France, à Séville en Espagne ainsi qu’au Collège royal San Albano de Valladolid. Vers 1626 il entra chez les Jésuites et repartit pour l’Angleterre vers 1631.

Pendant douze années, il travailla dans la clandestinité autour de Durham, sous le pseudonyme de Ralph Corbington ou Corrington.

Il fut arrêté alors qu’il célébrait la Messe à Hamsterley, le 8 juillet 1644. On l’emmena à Londres et il retrouva à Newgate le jeune prêtre John Duckett.

Condamné à mort, il aurait pu obtenir sa liberté grâce à l’intervention de l’Ordre jésuite, mais il proposa d’être échangé avec John, qui était plus jeune que lui. John, lui, refusa d’être libéré sans son ami, de sorte qu’on les exécuta tous les deux.

A Tyburn, on leur rasa la tête ; ils portaient leur habit religieux ; ils firent une courte allocution à la foule, s’embrassèrent, et furent unis dans le martyre, le 7 septembre 1644.

Ralph Corby fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

John Duckett

1603-1644

 

John naquit à Underwinder (Sedbergh, Yorkshire, Angleterre).

C’était un parent du bienheureux James Duckett (v. 19 avril). 

Il se prépara au sacerdoce à Douai, fut ordonné prêtre en 1639 et fit encore trois années d’études à Paris, durant lesquelles on le voyait de longues heures en prière devant le Saint-Sacrement. Il fit aussi une longue retraite de deux mois chez des Cisterciens, pour se préparer à sa prochaine mission.

Retourné en Angleterre, il travailla dans la clandestinité à partir de 1642 auprès de Catholiques à Durham.

Le 2 juillet 1644 il fut arrêté près de Wolsingham, tandis qu’il allait baptiser deux enfants.

Mis en prison à Londres, il y trouva Ralph Corby, prêtre jésuite.

Accusé d’être un prêtre catholique, il devait être exécuté avec Ralph. Ce dernier pouvait être libéré, mais proposa d’être échangé avec John, plus jeune que lui ; John, de son côté, refusa d’être libéré sans son ami, et finalement ils furent tous les deux hanged, drawn and quartered.

John Duckett mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 7 septembre 1644.

On avait conservé de lui quelques reliques (une main, des vêtements), mais on les cacha tellement bien qu’on ne les a pas retrouvés.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

Claude-Barnabé Laurens de Masclou

1735-1794

 

Nota : il semble que l’orthographe Laurens puisse être préférée à celle Laurent.

Ce digne prêtre du diocèse de Limoges était né le 11 juin 1735 à Dorat (Haute-Vienne), le jour de la fête de saint Barnabé, dont il reçut le nom au baptême. 

Prêtre, chanoine de Dorat, il fut un des nombreux ecclésiastiques déportés de la Haute-Vienne et entassés par centaines dans les cales du Deux-Associés à Rochefort.

Un rescapé put écrire de lui ces mots élogieux : 

Ce digne et respectable prêtre avait l’esprit très cultivé, et infiniment d’honnêteté dans le caractère. Il fit paraître aux approches de la mort autant de résignation, de calme et de sérénité, qu’il avait montré de religion, de douceur et d’aménité avant de tomber malade. Au reste, ces estimables qualités qui faisaient proprement le fond de son caractère, n’abandonnèrent pas un seul instant sa belle âme, durant tout le cours de sa vie.

Le chanoine Claude-Barnabé mourut le 7 septembre 1794 et fut béatifié en 1995.

 

 

François d’Oudinot de la Boissière

1747-1794

 

Ce digne prêtre du diocèse de Limoges était né le 3 septembre 1746 à Saint-Germain (Haute-Vienne). 

Prêtre, chanoine de Limoges, chanoine honoraire de la collégiale d’Uzerche, il fut un des nombreux ecclésiastiques déportés de la Haute-Vienne et entassés par centaines dans les cales du Deux-Associés à Rochefort.

Le chanoine François d’Oudinot de la Boissière mourut le 7 (ou le 12 ?) septembre 1794 et fut béatifié en 1995.

 

 

Giovanni Battista Mazzucconi

1826-1855

 

Il naquit le 1er mars 1826 à Rancio di Lecco (Italie), dans une famille très chrétienne de douze enfants, dont trois seront prêtres et quatre religieuses.

Une fois entré au séminaire diocésain, il eut l’occasion de suivre une retraite à la Chartreuse de Pavie, où le prieur leur parla de ses précédentes missions en Inde : Giovanni conçut dès lors une irrévocable vocation missionnaire.

Son directeur spirituel le traita de fou, mais il persévéra dans son intention. Ce qui lui manquait était un institut pour se préparer aux missions. Or voilà que justement un certain Angelo Ramazzotti, sur la demande du pape, fonda cet Institut qui deviendrait ensuite l’Institut Pontifical pour les Missions Etrangères (PIME).

A peine ordonné prêtre en 1850, il intégra ce nouvel Institut et s’ «entraîna» littéralement à la vie missionnaire, se privant, se contentant de peu, faisant pénitence. 

Il obtint ainsi de partir pour l’Océanie. Quittant Londres avec quelques compagnons en mars 1852, il arriva en Australie après plus de trois mois de voyage, y apprit les premiers rudiments de la langue des habitants et repartit dès que possible pour l’île de destination : Woodlark. 

Il fallut d’abord se faire accepter par les habitants… et s’habituer au climat : le père Giovanni prit la malaria et dut se faire soigner à Sidney. 

Entre temps, les autres compagnons avaient subi de graves pertes : les habitants s’étaient révoltés contre les missionnaires et un catéchiste avait déjà été abattu. Les communications étant insuffisantes, le père Giovanni ne savait rien. Tandis que les missionnaires, par précaution, revenaient tous en Australie, le père Giovanni repartait tout joyeusement pour l’île de Woodlark. A peine arrivé près des côtes, il fut accueilli traitreusement par un des chefs qui, feignant de le saluer poliment, s’avança et lui assena un violent coup de hache sur la tête.

Avec le père, furent aussi abattus les membres d’équipage du bateau, et tous furent jetés à la mer, le 7 septembre 1855.

La mort du père Mazzucconi sembla aux hommes un échec regrettable, mais l’Eglise y a reconnu le don total jusqu’à la mort, pour le seul amour du Christ et le souci du salut des âmes.

Giovanni Mazzucconi a été reconnu martyr, et fut béatifié en 1984.

 

 

Eugenia Picco

1867-1921

 

Elle naquit le 8 novembre 1867 à Crescenzago (Milan, Italie), de Giuseppe, aveugle et violoniste à la Scala de Milan, et de Adelaide Del Corno.

A cause des tournées musicales de la Scala, les parents étaient souvent absents et Eugenia fut confiée à des oncle et tante. Le papa mourut (mystérieusement, dit-on), durant une de ces tournées : du moins, la maman le fit croire à la petite Eugenia et se remaria : naquirent ainsi trois autres enfants.

Tandis que cette maman envisageait pour sa fille une vie mondaine et artistique, Eugenia de son côté fréquentait bien plus volontiers l’oratoire des Ursulines de Milan et la basilique Saint-Ambroise.

Un soir, raconta-t-elle, elle reçut une grâce de transverbération, qui la transperça littéralement comme une lame de lumière (mai 1887). Dès lors, elle ne songea qu’à se séparer de la famille, et dut affronter l’opposition de sa mère.

Eugenia songeait aux Ursulines de Milan, qui cependant, vu les circonstances, l’orientèrent vers d’autres Religieuses à Parme, récemment fondées, les Petites Sœurs des Cœurs de Jésus et Marie.

Ainsi, Eugenia s’enfuit de chez elle en août 1887, arriva comme prévu chez les Religieuses de Parme, où elle fit le noviciat, et la première profession en 1891, avec le nom de Anna Eugenia. La profession solennelle eut lieu trois ans plus tard.

D’éducatrice, elle devint maîtresse des novices, archiviste, secrétaire et, en 1911, supérieure générale, jusqu’à sa mort. Comme telle, elle se préoccupa d’enrichir le niveau spirituel et culturel de toutes les Sœurs.

Elle enseigna la musique, le français ; durant la Guerre, elle accueillit des blessés dans la maison-mère, elle travailla dans les hôpitaux militaires et se préoccupa des enfants des soldats.

Son mot d’ordre était : Souffrir, se taire, aimer.

En 1919, elle dut subir l’amputation de la jambe droite, à cause d’une artosinovite.

Elle venait d’être réélue supérieure, quand elle fut terrassée par la tuberculose.

Elle mourut le 7 septembre 1921 à Parme, et fut béatifiée en 2001.

Le miracle retenu pour cette béatification fut la guérison totale et inexplicable d’un Burundais vivant au Zaïre, père de quatre enfants, opéré en urgence et victime d’une grave hémorragie.

 

 

Ignacy Klopotowski

1866-1931

 

Il naquit le 20 juillet 1866 à Korzeniówce (Drohiczyna, Pologne), de

Après le lycée de Siedice, il fréquenta le séminaire de Lublin et l’académie théologique de Saint-Petersbourg.

Ordonné prêtre en 1891, il fut vicaire à Lublin, aumônier à l’hôpital, puis recteur de l’église des Grecs catholiques ; il organisa des conférences sur l’Ecriture, et fut très actif pour la catéchèse et la prédication ; il enseigna la théologie morale et le Droit canon à Lublin pendant quatorze ans.

Surtout, constatant la misère des populations, il institua des œuvres caritatives : une maison pour les sans-abris à Lublin, des ateliers pour les chômeurs et les jeunes, une école d’arts et métiers, un refuge pour les femmes, un orphelinat, un foyer pour vieillards. Il étendit aussi sa sollicitude aux villages voisins où il fonda des écoles, avec la collabortion des Sœurs de Marie Immaculée, et subit même des tracasseries de la part des autorités russes.

Le père Ignacy écrivait et publiait des brochures. En 1908, il monta à Varsovie une imprimerie. Ses revues bon marché se voulaient à la fois religieuses et patriotiques ; il y eut l’hebdomadaire «Semence», le mensuel «Bon Serviteur», le magazine pour enfants «Ange Gardien», également «La Revue Catholique» et «La Voix du Prêtre».

Quant on est vraiment animé d’un saint zèle, on trouve les idées, l’énergie et les moyens pour mener ainsi tant de travaux apostoliques, en vue du bien des âmes.

A partir de 1913, don Ignacy intensifia ses publications. C’est alors qu’il fonda les Sœurs de Lorette, qui devaient prendre en charge les éditions. 

Il mourut subitement le 7 septembre 1931 à Varsovie, et fut béatifié en 2005.

Le miracle retenu pour cette béatification fut la guérison totale et inexplicable d’un prêtre qui avait été sauvagement aggressé et gravement blessé en 1991.

Félix Gómez-Pinto Piñero

1870-1936

 

Il vit le jour le 18 mai 1870 à La Torre de Esteban Hambrán (Tolède, Espagne) et fut baptisé le 25, dans une bonne famille de paysans.

En 1886, il entra au noviciat franciscain de Pastrana, où il professa en 1887.

Après les études de philosophie à Pastrana et La Puebla de Montalbán, il fit en 1890 la profession solennelle.

Il étudia la théologie à Consuegra puis Belmonte.

Il y eut en 1891 une inondation catastrophique à Consuegra et ce fut Félix qui transporta le plus de cadavres sur ses épaules jusqu’au cimetière.

En 1894, il y eut un autre épisode pénible : les jeunes théologiens eux-mêmes organisèrent une marche de protestation contre le Gardien (Supérieur) du couvent ; le Frère Félix suivit le groupe au début, mais s’en détacha presqu’aussitôt.

Il fut ordonné prêtre en 1894.

Sa première mission fut… les Philippines, où il fut vicaire, puis curé sur l’île de Polillo. Or il y eut ces années-là des mouvements indépendentistes, et lui-même fut fait prisonnier pendant seize mois (et certainement pas seize ans !), pendant lesquels il souffrit la faim, des marches forcées par grande chaleur et sous la pluie.

En 1899, il fut libéré et rappatrié sur Manille. Dès que la situation le permit, il repartit pour l’île de Samar.

En 1913-1914, il passa quelques mois au couvent franciscain du Saint-Sépulcre à Jérusalem, puis fut rappelé en Espagne.

Il fut envoyé au couvent de Pastrana, où il avait fait le noviciat.

En 1919, il repartit pour les Philippines, où il fut curé sur les îles de Samar et Bay, jusqu’en 1930.

Il revint en Espagne en 1933, et fut envoyé à Pastrana, où il resta jusqu’en 1936, très actif autant dans la vie de communauté que dans les activités sacerdotales ; son zèle pour les malades le fit appeler l’apôtre des malades.

Quatre jours après le début du soulèvement révolutionnaire de juillet 1936, le couvent de Pastrana dut être évacué et les Religieux trouvèrent un accueil fraternel dans les familles du pays.

Le 27 juillet, le couvent fut pris d’assaut par les miliciens.

Le père Pinto, pour sa part, fut reçu chez les parents d’un Confrère, jusqu’à la fin du mois d’août. Quand on signalait une fouille, il disparaissait vite dans la campagne et se cachait dans une cabane.

Le 2 ou le 3 septembre, on l’y aperçut et il fut dénoncé. On envoya quatre jeunes pour l’arrêter. En l’emmenant au pays, ils lui demandaient de répéter d’infâmes blasphèmes et il leur rétorqua : Quelle horreur ! Tuez-moi si vous voulez, mais ça, je ne le dis pas.

Parvenus au pays, ils le firent entrer dans un café, où ils recommencèrent leurs vilains jeux. Le maire le fit enfermer dans la «prison», l’ancien couvent San Francisco.

Le 6 septembre, des miliciens vinrent lui tenir des discours contre la religion. Il tenta de répondre et finit par conclure : De toutes façons, je suis né en croyant en Dieu, j’ai vécu en croyant en Dieu, je mourrai en croyant en Dieu.

Il ne fut pas assassiné sur le moment, car le maire était présent, mais dans une réunion suivante entre miliciens et le maire, il fut décidé de le tuer la nuit-même. 

Vers minuit, on le fit sortir de là, et on le fit monter en camion, direction Hueva (Guadalajara), au lieu-dit La Galiana : on le fit descendre et marcher sur la route. Après quelques mètres, le maire et les miliciens lui tirèrent dans le dos.

En tombant, le père Félix cria encore : Je vous pardonne ! Vive le Christ Roi !

Après le coup de grâce, ils le traînèrent dans le fossé. C’était le 7 septembre 1936.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Ascensión Lloret Marco

1879-1936

 

Elle vit le jour à Gandía (Valencia, Espagne) le 21 mai 1879, veille de la fête de l’Ascension, dont elle porta le nom.

En 1898, elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité à Vic (Barcelone) et prit le nom de Ascensión de Saint-Joseph-Calasanz.

Sa préférence allait toujours pour la dernière place, la plus cachée.

Après sa profession, elle œuvra à Castellón, Valencia jusqu’en 1916, puis à Benejama (Alicante).

Lors des soulèvements de 1936, le collège dut être évacué et Ascensión vint se réfugier dans sa famille à Gandía, le 28 juillet. Son frère Salvador, prêtre piariste, se trouvait là aussi.

Le 7 septembre, six miliciens armés vinrent les arrêter pour les fusiller. On n’en sait pas plus, sauf peut-être qu’ils furent abattus au cimetière de Tavernes de Valldigna, mais on n’en a pas retrouvé les corps.

Ascensión a été béatifiée en 2001.

 

 

 

Alberto José Larzábal Michelena

1893-1936

 

Il naquit le 4 février 1893 à Irun (Guipuzcoa, Pays Basque, Espagne), dans une famille très chrétienne. Il eut un frère prêtre, qui mourut de la grippe espagnole en 1917.

Alberto montra de grandes qualités dès sa jeunesse. Très ordonné d’abord ; généreux ensuite : on le vit souvent donner son goûter aux pauvres ; rempli de zèle enfin, au point d’acheter avec ses quelques sous de bons journaux à présenter à la place de la mauvaise presse dans les bars et chez le coiffeur.

Au terme de ses études, il fut un moment employé dans les Chemins de fer, comme son père. Mais il voulait faire plus. Il commença par fonder une association des Bons Amis, où il réunissait des adolescents pour parler du Bon Dieu et de l’Eglise.

Rien d’étonnant à sa décision finale, de se présenter au noviciat lasallien de Bujedo, où ses qualités trouvèrent leur épanouissement.

On lui confia la sacristie. 

Il professa en 1911 avec le nom de Junián Alberto.

Il exerça ses fonctions à Donostia (en espagnol San Sebastian, 1911-1918), Irun (1918-1920), Donostia (1920-1929), Azkoitia (1929-1930), Griñon (1930-1934) et Madrid.

On lui confia alors la direction de la revue mensuelle Vida y Luz, de la Croisade eucharistique, et du bulletin du Saint-Enfant Jésus. C’est dans ces travaux qu’il montra toutes ses capacités techniques, organisatrices, et apostoliques.

Sans délaisser ses habitudes de piété, il se donna tellement au travail qu’il en tomba régulièrement malade au point de garder la chambre deux ou trois jours par mois, ce qui l’agaçait, non pas pour les souffrances, mais pour le retard que prenait le travail. En attendant, on admirait l’essor des publications, la qualité de l’impression.

En outre, il s’était créé une importante collection personnelle de textes bibliques brièvement commentés, au profit des élèves. Mais tout cela disparut dans la tourmente du soulèvement de 1936.

En août 1936, le Frère se fit un devoir d’accompagner fidèlement le Frère Luis Victori (Eusebio Angulo) pour ses soins. Ne pouvant un jour rentrer dans leur maison à la suite de l’arrestation des autres Frères et de la fermeture de l’établissement, ils se réfugièrent chez des amis. 

Le 30 août, ils ne revinrent pas. Ce n’est que bien plus tard que le directeur de la maison de Madrid découvrit à la Direction Générale de Sécurité des photographies datées. 

En réalité ils furent fusillés tous deux non pas le 30 août, mais le 7 septembre 1936, dans le quartier Arganzuela (Madrid).

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Eusebio Angulo Ayala

1894-1936

 

Il naquit le 14 décembre 1894 à Quintanilla (Irun, Guipuzcoa, Pays Basque, Espagne).

Après son frère aîné, il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) à Bujado en 1910 et professa avec le nom de Luis Victori.

Les supérieurs pensèrent un moment le renvoyer chez lui à cause de son caractère trop rude ; mais le Supérieur les fit patienter, leur disant qu’ils avaient là un diamant, mais encore à l’état brut. Le jeune Frère donna raison à ce sage Supérieur, et sut se dominer au point de devenir d’une douceur exemplaire.

Durant sa première année d’apprentissage, auprès des petits enfants, il se montra excellent pédagogue, assidu à préparer ses cours et à continuer à se former intellectuellement.

Il exerça ses fonctions à Xixon (1912-1913), La Felguera (1913-1921) ; il fut alors atteint de fortes douleurs à l’estomac et fut transféré à Madrid (1921-1929) ; remis (au moins en apparence), il fut nommé directeur à Séville (1929-1933), où il créa l’Association des Pères de Famille et où l’archevêque rétablit les classes supprimées lors des bouleversements de 1931.

De nouveau repris par les douleurs, il fut envoyé à la station balnéaire de Fuente Amarga, où il ne put supporter le traitement ; il revint à Séville, disposé à souffrir patiemment comme le voudrait la Providence.

A cause de la loi de sécularisation, les Frères durent porter des vêtements civils. C’est alors que le Frère fut nommé directeur de l’école de Mudela (1933-1936).

Il se décida en 1935 à subir une intervention chirurgicale, pour laquelle il se déplaça à Madrid en juillet 1936. Il ne savait pas que ses douleurs allaient vraiment finir, encore moins de quelle façon glorieuse.

Il se trouvait en-dehors de la maison, lorsque les miliciens y firent irruption et firent prisonniers tous les Frères présents. Mais il ne savait rien et trouva la porte close, aussi dut-il trouver refuge chez des amis, en compagnie du Frère Julián Alberto (Alberto José).

Pensant retrouver les Frères absents, il allait matin et soir à la gare de Atocha, espérant les voir revenir ; mais ses allées-et-venues furent remarquées et on le suivit.

Il fut arrêté dans le quartier madrilène La China. On a dit qu’il fut fusillé le 30 août, comme le Frère Julián Alberto ; mais on a retrouvé une information selon laquelle il fut fusillé le 7 septembre 1936.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Josep Padrell Navarro

1898-1936

 

Il naquit le 8 mars 1898 à Pobla de Mafumet (Catalogne, Espagne) et fut baptisé avec le nom de son père, Josep, époux de Magdalena.

Il y eut au moins deux autres garçons dans cette famille très chrétienne : Antoni et Lluís.

Au terme de sa préparation, Josep fut ordonné prêtre, en 1922.

Il fut à L’Espluga Calba, comme vicaire et organiste. On apprécia sa bienveillance envers les pauvres et son humilité.

Arriva la révolte de 1936. 

Il y eut d’abord deux semaines douleureuses : le frère Antoni fut mis en prison, puis exécuté un mois plus tard quand il tentait de sauver la vie du recteur de l’Espluga Calba.

Josep gagna Sants (Barcelone), où était son autre frère, Lluís, qui le reçut quelques jours.

La cousine de Josep, qui connaissait ses dons musicaux, lui suggérait de s’engager dans quelque compagnie de théâtre ou de zarzuela, mais il lui répliqua : Si je le fais et que je tombe dans quelque péché, je préfère mourir.

Il partit avec son frère s’installer dans une auberge de Girona. Mais voilà que dans le train, un employé reconnut Lluís et le dénonça : on les arrêta. A la gare, on leur prit tout ce qu’ils avaient et on les interrogea.

A Lluís : Quel métier fais-tu ? - Paysan.

A l’abbé Josep : Et toi ? Lluís s’empressa de répondre avant son frère : Il est paysan, comme moi. Eux : Réponds, toi ! Et Josep : Lluís, pourquoi nier ? Je suis prêtre ! S’ils veulent me tuer pour ça, ils peuvent le faire.

On les emmena à la prison de Barcelone.

Ce même 7 septembre, à huit heures du soir, des miliciens entrèrent dans leur cellule et disaient entre eux : Les voilà ! Ils leur apportèrent un souper, mais seul Josep mangea, calmement, tranquillement. Lluís ensuite s’agenouilla devant son frère prêtre, et se confessa.

Vers vingt-et-une heures, les miliciens revinrent les chercher et les firent monter dans une voiture, escortée par une autre voiture. Ils se dirigèrent vers l’Arrabassada. En route, Lluís demanda aux miliciens où ils les emmenaient et son frère Josep lui dit : Ne t’inquiète pas, Lluís, la mort n’est rien. Pardonne-leur, Lluís, pardonne-leur, ne conserve aucune rancœur.

En descendant de la voiture, Lluís dit à son frère Josep : Saute par cette porte et sauve-toi. Et Josep : Non, je ne m’échapperai pas ; la mort n’est rien ! Lluís lui redit de s’enfuir, et Josep répéta : Non, je ne m’enfuirai pas.

Alors, ils s’embrassèrent et Josep dit à son frère : Au ciel !

Lluís n’était pas convaincu par les paroles de son frère prêtre. Il se jeta contre le chef de la patrouille ; il y eut une petite bagarre ; un autre milicien donna un bon coup de crosse de fusil dans le ventre de Lluís, qui se mit à courir, tandis que Josep restait là, sans bouger.

Lluís réussit à se cacher dans les buissons ; les balles sifflaient, l’une le blessa au bras, mais il put se sauver. En courant, il tomba contre une clôture de buissons épineux. Il se retourna et vit encore son frère, debout au même endroit.

Juste après, le prêtre fut abattu. Il est probable que Lluís ait été immédiatement rejoint par les miliciens et abattu à son tour, mais seul son frère Josep a été reconnu martyr. 

C’était le 7 septembre 1936. 

Don Josep a été béatifié en 2013.

 

Gregorio Sánchez Sancho

1899-1936

 

Né le 19 avril 1899 à Valdecarros (Salamanque), Gregorio reçut le baptême le 23 suivant, et la confirmation en 1909. Il était le troisième fils de la famille.

Tout jeune, on le voyait toujours avec des livres entre les mains. En 1910, il entra au Collège thérésien (carme) de Medina del Campo, où se trouvait déjà un de ses frères.

Après le noviciat à Segovia, il prit l’habit en 1915 et fit la profession religieuse en 1916, prenant le nom de Tirso de Jésus-Marie.

Ses études de philosophie achevées (Ávila, 1920), ainsi que celles de théologie (Tolède et Salamanque), il fut ordonné prêtre en 1923 à Segovia.

Il fut envoyé en mission à Cuba, où il se trouvait dès 1924. Il exerça son activité pastorale à La Havane, à Ciego de Ávila, Matanzas, Sancti Spiritus. Il fut directeur de l’apostolat de la prière, prédicateur recherché pour les grandes occasions.

Ce bon prêcheur écrivait beaucoup, y compris des poèmes, qui furent publiés dans un journal paroissial.

Les nouveaux Supérieurs d’Espagne le rappelèrent en 1933, pour la communauté de Tolède. Il continua d’écrire de nombreux articles, des poésies, en plus de son activité pastorale à Tolède, Madrid, Talavera, Salamanque.

De retour de Madrid à Tolède, le 19 juillet 1936 au soir, il reçut l’hospitalité chez une pieuse personne, sur le conseil du Supérieur ; le lendemain, il rejoignit le couvent, et le 21 au soir, il retourna chez cette personne, jusqu’au 24 août, vivant dans le plus grand recueillement.

Au matin du 24 août, des miliciens frappèrent. Il alla ouvrir, après s’être agenouillé quelques secondes devant l’image de la Sainte Vierge. Les miliciens lui demandèrent ses papiers. Il ne les avait pas encore tous mis à jour, depuis son retour de Cuba.

Ils l’emmenèrent au commissariat, et le laissèrent revenir à la maison, où il demanda à prendre une tisane de tilleul. Pendant que la Dame la préparait, les miliciens revinrent et cette fois arrêtèrent le père Tirso. 

On le transporta de ci et de là, pour le mettre finalement dans la prison provinciale, le 27 août, en attente d’un jugement. Prisonnier, le père Tirso est «suspect».

Une sorte de «jugement» a lieu. Le juge lui demande s’il est voyageur de commerce : le père Tirso le laisse dire ; quand on lui demande quelle a été sa participation dans les tirs qui se sont échangés dans le couvent (où il n’était pas les jours précédents), il répond qu’il n’y a pas participé, et précise alors qu’il est Religieux carme. Le juge est bien obligé de conclure qu’il n’y a pas d’élément à charge de l’accusé. 

 Cependant le Tribunal Populaire écrit que, le 6 septembre à neuf heures, on procède contre Gregorio Sánchez Sancho, pour rébellion militaire. De plus, la session se tient dans le palais archiépiscopal de Tolède. On revient sur la «participation» du père Tirso aux tirs échangés depuis le couvent (en effet, des gardes civils s’étaient retranchés dans le couvent et tiraient sur les républicains pour les empêcher d’entrer dans la ville) : on voulait absolument que le père Tirso eût été à la tête des retranchés.

La sentence tomba, inexorable : le père Tirso, accusé de «rébellion militaire», était condamné à mort. 

De retour à la prison, dans la journée du 6 septembre, le père Tirso écrivit à ses parents ses sentiments de pardon envers ceux qui l’avaient condamné et leur demanda de pardonner aussi à leur tour. 

Au matin du 7 septembre, on l’emmena soi-disant à Ocaña, mais on s’arrêta au cimetière. Le Père demanda : Vous ne me disiez pas qu’on allait à Ocaña ? Et pour toute réponse, on lui répondit qu’il fallait exécuter la sentence.

Devant le mur du cimetière, les soldats et les miliciens tirèrent au sort pour désigner qui tirerait. On demanda au Père comment ils devaient tirer, et s’il fallait lui bander les yeux, à quoi il répondit qu’ils fissent comme ils voulaient, puis il demanda à avoir les yeux bandés, tout cela avec un calme impressionnant. 

Tenant son crucifix entre les mains, il le baisait et disait des mots de miséricorde, de bonté, de pardon envers tous ceux qui allaient lui enlever la vie. Au moment de mourir, il pardonna encore à ses bourreaux, les bénissant et leur montrant son amour fraternel.

Une première décharge fit tomber le Religieux, mais il n’était pas mort. On rappela les miliciens, qui à leur tour interrogèrent le médecin : ce dernier constata qu’effectivement le Religieux n’était pas mort, et les miliciens tirèrent à nouveau.

C’était au matin du 7 septembre 1936. 

Gregorio-Tirso Sánchez Sancho fut béatifié en 2007.

 

 

Antonio Bonet Seró

1907-1936

 

Il vit le jour le 20 mars 1907 à Albi (Lleida, Espagne) et fut baptisé le 25, puis confirmé le 6 avril suivant, selon la coutume de l’époque.

Il entra au Petit séminaire des Carmes Déchaux à Palafrugell en 1917.

En 1922, il entra au noviciat à Tarragona, où il professa en 1923, avec le nom de Antonio María de Jésus.

Après les études de philosophie à Badalona, il fut envoyé à Rome pour celles de théologie, et y fut ordonné prêtre, en 1929.

En 1931, il fut nommé à Barcelone pour y enseigner la théologie d’abord, et y être directeur ensuite.

En 1936, le chapitre le confirma dans cette charge, en même temps que comme prieur de Palafrugell.

Le 19 juillet de cette même année, le père Antonio était dans le train pour Badalona, où il devait tenir des prédications. Le train s’arrêta brusquement et le père se mit spontanément à la fenêtre pour observer ce qui se passait : il fut aussitôt repéré, arrêté, et maltraité.

Dès qu’il le put, il se réfugia chez des amis, vêtu en paysan.

Le 24 juillet, il arriva au couvent de Barcelone, pour rencontrer les Religieux blessés. Il alla se réfugier dans une dépendance de son frère à la campagne, avec d’ailleurs le Frère Marçal (Marcelo) et quelques autres (voir la notice José María Masip Tamarit).

Le 3 septembre, on les découvrit, on les arrêta et on les emmena à un chalet du Paseo de San Juan. 

Le 7 septembre, on les fit sortir de là, et on ne les revit plus.

Ils furent béatifiés en 2007.

 

 

Josep María Masip Tamarit

1914-1936

 

Il vit le jour le 2 mars 1914 à El Cogul (Lleida, Espagne) et fut baptisé le 4.

Ses parents s’en vinrent à Lleida et se mirent au service des Carmélites Déchaussées. C’est ainsi que leur petit garçon connut l’Ordre. Il entra au Petit séminaire des Carmes Déchaux à Palafrugell.

En 1929, il entra au noviciat à Tarragona, où il professa en 1930, avec le nom de Marçal de-Sainte-Anne.

En 1931, il fut envoyé au Mont Carmel (Israel) pour y faire la philosophie en même temps que cette période servait au service militaire, dans le cadre d’une coopération à l’étranger. Puis il revint à Barcelone, pour la théologie.

Vers le 20 juillet, il fut violemment frappé dans la rue avec une crosse de fusil et il s’écroula sur un Confrère, Juan José, qui était déjà à terre, mortellement blessé. Marçal était si rougi par le sang de ce dernier, qu’on le crut blessé et qu’il fut transporté à l’hôpital. Mais il s’en échappa bien vite et rejoignit des amis à Barcelone.

Peu après, il retrouva le père Antoni Bonet Sero, avec lequel il alla dans une propriété du frère de ce dernier.

Le 3 septembre, on les découvrit, on les arrêta et on les emmena à un chalet du Paseo de San Juan. 

Le 7 septembre, on les fit sortir de là, et on ne les revit plus.

Ils furent béatifiés en 2007.

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5 septembre 2020 6 05 /09 /septembre /2020 23:00

06 SEPTEMBRE

 

-VI.

S Zacharie, un des douze Petits Prophètes ; il exhorta les Juifs à reconstruire le Temple, comme Aggée, près duquel il repose.

I.

SS Onésiphore (et Porphyre ?), l'un disciple de s. Paul (cf. 2 Tim 1:16-18), l'autre moins connu.

III.

SS Sanctien et Augustin, martyrs près de Sens, d'origine espagnole.

?

S Frontignan, martyr à Alba Pompea.

V.

SS Donatianus, Præsidius, Mansuetus, Germanus, Fusculus, Lætus, évêques en Afrique, victimes des Vandales ariens.

S Pétrone, évêque à Vérone.

VI.

S Eleutherius, abbé à Rome ; sa prière fit relever un mort et chasser un démon.

VII.

SS Félix et Augebert, esclaves anglais rachetés à Rome par s. Grégoire le Grand, missionnaires dans leur pays, massacrés près de Langres durant un de leurs voyages. 

S Cagnoaldus, frère de s. Faron et de ste Fare, disciple de s. Colomban à Luxeuil, évêque à Laon.

S Magnus, abbé à Füßen, invoqué contre les insectes nuisibles aux cultures.

S Fauste, abbé à Syracuse.

S Imbert, abbé à Nevers.

?

S Saffier, près de Bourges.

Ste Eve, martyre, patronne de Dreux.

Ste Impère, à Mauprevoir.

IX.

Ste Bega, vierge irlandaise, solitaire en Cumbria, sans doute à distinguer d'une sainte Begu, moniale à Hackness.

S Gondulphe, évêque à Metz.

XIII.

B Liberato de Lauro, franciscain à San Liberato ; ses macérations excessives causèrent sa dernière maladie.

XIX.    

B Cho Hae-song Ioannes, laïc coréen martyr, par décapitation, béatifié en 2014.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près d’Alicante, Diego Llorca Llopis (*1896) ;

Mineurs Conventuels : près de Barcelone, le prêtre Cándido Rivera y Rivera (Pedro, *1912) (date incertaine) ;

Salésiennes : à Barcelone, Carmen Moreno Benítez et Amparo Carbonell Muñoz (*1885, 1893) (le 1er septembre au Martyrologe) ;

Laïcs : près de Valencia, Pascual Torres Lloret (*1885), père de famille, qui protégea le Saint-Sacrement chez lui.

- béatifié en 2007 :

Augustins : près de Gijón, le prêtre Vidal Ruiz Vallejo (*1892). 

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Tarragona, Tomás Capdevila Miquel (*1903) ;

Capucins : aux Asturies, le prêtre Felipe Llamas Barrero (Domitilo, *1907).

 

B Jan Czartoryski (Michał, 1897-1944), prêtre dominicain polonais martyr, fusillé par les nazis, béatifié en 1999.

B Olinto Marella (1882-1969), prêtre italien d’une immense charité, suspendu injustement a divinis pendant seize ans puis réhabilité, béatifié en 2020.

B Tomás Ramírez Caba (1934-1980), père de famille guatémaltèque, martyr, béatifié en 2020.</