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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 11:12

Justo Vicente Martínez

1913-1936

 

Justo Vicente Martínez naquit le 17 octobre 1913 à Villanázar de Valverde (Zamora, Espagne).

Il avait émis les vœux et vivait au couvent d’Almagro, se préparant au sacerdoce.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il eut la grâce du martyre à Miguelturra (Ciudad Real), le 30 juillet 1936.

Justo Vicente Martínez devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 30 juillet.

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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 11:12

Santiago de Prado Fernández (Mateo)

1907-1936

 

Santiago de Prado Fernández naquit le 25 juillet 1907 à La Mata de Monteagudo (León, Espagne) et reçut au baptême le nom du Saint du jour, s.Jacques.

Frère convers dominicain, il vivait au couvent d’Almagro.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il eut la grâce du martyre à Miguelturra (Ciudad Real), le 30 juillet 1936.

Santiago de Prado Fernández devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 30 juillet.

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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 11:10

José Garrido Francés

1893-1936

 

José Garrido Francés naquit le 11 octobre 1893 à Villaherreros (Palencia, Espagne C).

Prêtre, il vivait dans le couvent dominicain d’Almagro.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il eut la grâce du martyre à Miguelturra (Ciudad Real), le 30 juillet 1936.

José Garrido Francés devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 30 juillet.

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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 10:37

Antolín Martínez Santos

1914-1936

 

Antolín Martínez Santos naquit le 9 novembre 1914 à Campo de Criptana (Ciudad Real, Espagne C).

Il était tout jeune novice dans l’Ordre dominicain et se trouvait dans le grand couvent d’Almagro. Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il eut la grâce du martyre à Alcázar de San Juan, le 24 juillet 1936.

Antolín Martínez Santos devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 24 juillet.

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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 23:00

 

21 AVRIL

 

II.

S Apollonius, sénateur et philosophe romain, auteur courageux d’une Apologie, martyr à Rome. 

IV.

Ss Apollon, Isace et Codrat, martyrs à Nicomédie.

?

S Aristus, prêtre martyr à Alexandrie.

V.

S Maximien, romain, évêque à Constantinople, dont la douceur contribua à reporter la paix après l’erreur de Nestorius. 

VI.

S Cyprien, évêque à Brescia.

VII.

S Bruno, gallois, fondateur et abbé à Clynnog-Fawr.

VIII.

S Anastasios le Sinaïte, ermite, dialecticien et théologien : il alla plusieurs fois en Egypte pour convaincre monophysites, sévériens et juifs ; on l’appela “le nouveau Moïse”.

S Maelrubha, irlandais, fondateur et abbé à Aber Crossan. 

XI.

S Wolbodon, évêque à Liège ; s. Laurent l’avertit de sa fin prochaine ; enterré au monastère de Saint-Laurent à Poppon, il fit tant de miracles que l’abbé lui ordonna d’y mettre fin, pour ne pas troubler le silence.

XII.

S Anselmo, piémontais, abbé au Bec, archevêque à Canterbury contre son gré ; grand théologien et philosophe, il fait en quelque sorte le lien entre s. Augustin et s. Thomas d'Aquin. 

B Fastrède, troisième abbé à Clairvaux, puis abbé général de Cîteaux.

XIV.

B Giovanni Saziari, tertiaire franciscain italien, mort à Cagli (Pesaro), béatifié en 1980.

XV.

B Bartolomeo Cerveri, dominicain italien, martyrisé au moment où il allait à Cervier.

XIX.

S Johann Birndorfer (Konrad de Parzham), frère capucin, portier à Altötting.

XX.

S Roman Adame Rosales (1859-1927), prêtre mexicain martyr, connu pour son humilité et son activité dans les missions populaires; béatifié en 1992, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

B Volodomyr Bairak (Vitalii, 1907-1946), prêtre ukrainien de l’ordre de Saint-Josaphat, martyrisé quelques jours avant Pâques, béatifié en 2001.

 

Apollonius

† 185

 

Apollonius était un personnage important, peut-être même un sénateur romain, d’après saint Jérôme.

Il comparut devant le préfet Perennius et tout le Sénat, pour répondre de sa foi chrétienne. On le sommait de sacrifier à l’image de l’empereur Commode.

Il y eut deux audiences, à trois jours d’intervalle.

De ces audiences, voici deux réponses d’Apollonius : 

Je suis prêt à jurer, par le vrai Dieu, que je vénère l’Empereur et prie pour sa Majesté.

Tous les jours, nous prions le Dieu invincible du ciel pour Commode qui règne sur terre.

Apollonius fut décapité sur le champ, à une date qui, d’après le Martyrologe, devrait être le 21 avril, probablement en 185. 

 

 

Aristus d’Alexandrie

† ?

 

Le prêtre Aristus (Aristo ?) n’est connu que par la mention qu’on a fait de son nom dans quelque document ancien.

Il faut se résoudre à dire qu’on ne sait absolument rien d’autre de lui.

Il reçut la palme du martyre en Alexandrie d’Egypte.

Saint Aristus d’Alexandrie est commémoré le 21 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anastasios le Sinaïte

615-700

 

Il y a eu des confusions entre le patriarche Anastasios d’Antioche (v. 20 avril) et Anastasios le Sinaïte.

On ne connaît guère sa vie. Il a pu naître vers 615-620 en Alexandrie d’Egypte ou en Chypre.

Ayant quitté Chypre pour la Terre sainte, il aboutit finalement au monastère du Sinaï, d’où son surnom ; par la suite, on lui confiera l’hôpital du monastère, d’où l’on a déduit qu’il avait des connaissances médicales, puis il y fut higoumène (supérieur, abbé). 

Mais il sortit de son silence et de sa solitude pour aller prêcher et rappeler la juste doctrine en Egypte, où circulaient toujours des courants monophysites, ou sévériens, ou juifs.

C’est ainsi qu’il fut présent en Alexandrie vers 640, et de nouveau un peu plus tard.

La vigueur de son génie, son talent de conférencier infatigable et de dialecticien puissant, sa doctrine théologique sûre, l’ont fait surnommer le nouveau Moïse. 

Quelques ouvrages ou extraits de ses ouvrages nous sont parvenus. On parle du Hodegos (Guide), qu’il écrivit contre les hérétiques après l’invasion de l’Egypte par les Musulmans ; des Six Chapitres contre les Monothélites ; des Seize chapitres contre les Monophysites. Dans une de ses exégèses, il avance que tous les détails de la création doivent s’entendre du Christ et de l’Eglise.

On sait qu’il connut le sixième concile œcuménique (680), et qu’il vécut encore une vingtaine d’années plus tard.

Il mourut donc vers ou peu après 700.

Comme chez les Orientaux, saint Anastasios le Sinaïte est commémoré le 21 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maelrubha d’Ecosse

642-722

 

Il naquit dans le comté de Derry (Irlande N) en 642, de Elganach, un descendant du roi d’Irlande Niall, et de Subtan, nièce de s.Comgall (v. 10 mai).

C’est auprès de ce dernier, qu’il reçut son éducation, à Bangor.

En 671, il partit pour l’Ecosse avec quelques compagnons. Il fonda une demi-douzaine d’églises et s’établit à Aber Crossan, où il fonda un grand monastère, qu’il gouverna pendant un demi-siècle.

De là, il entreprit des missions, jusqu’à l’île de Farr, où il aurait été martyrisé (ou du moins mis à mort) par des pirates danois à Teampull, là où il s’était construit une petite cabane.

En 1898, son culte fut confirmé.

Saint Maelrub est commémoré le 21 avril dans le Martyrologe Romain, qui ne parle pas du martyre.

Anselmo de Canterbury

1032-1109

 

Anselmo est né au Val d’Aoste, dans le nord-est de l’Italie, dans une famille riche et noble, en 1032 ou 1033. Il montra vite une grande ardeur pour l’étude et reçut une bonne formation auprès des bénédictins, où il commença à prendre goût pour la vie monastique. 

Avant sa quinzième année il demanda son admission, mais se heurta à la vive opposition de son père, qui n’avait que lui comme héritier. Anselmo devint malade et, croyant sa fin proche, demanda à recevoir au moins l’habit religieux, ce qui ne fit qu’irriter davantage le père. Anselmo guérit toutefois et son père, pour lui enlever toute idée de vie monastique, le produisit dans le monde, où effectivement le garçon prit goût pour les frivolités. Sa mère l’avertissait, mais elle mourut bientôt. Anselme n’avait pas vingt ans.

Comme le père s’irritait toujours plus contre son fils, Anselme prit simplement le parti de quitter la maison avec un domestique et s’en alla vers la France, pour finalement arriver à l’abbaye normande du Bec, où enseignait l’illustre Lanfranc. Là, Anselme brilla par ses qualités étonnantes et la profonde intelligence qui l’établit bien vite au premier rang des élèves. Mais il voulait davantage : après quelques hésitations et ayant pris conseil, il se décida pour la vie monastique dans cette abbaye du Bec (cette abbaye est à l’origine de la ville de Le Bec-Hellouin, dans l’Eure).

Il y était arrivé à vingt-six ans : à trente ans il était déjà prieur. Sa douceur et sa rectitude l’aidèrent à surmonter les difficultés des moines qui étaient un peu jaloux de son ascension : au point que, à la mort de l’abbé, en 1078, c’est lui qui fut élu à cette charge, à l’unanimité des moines. Entre temps, Lanfranc était devenu archevêque de Canterbury, et tous deux échangeaient une correspondance suivie, et la bonne réputation d’Anselme alla jusqu’à Rome. 

Les événements politiques liés à Guillaume le Conquérant, puis au Comte de Chester (Angleterre) aboutirent finalement à l’unanime élection d’Anselme au siège de l’archevêché de Canterbury, auquel autant lui que ses moines tentèrent de s’opposer, en vain d’ailleurs. Mais cette “promotion” ne fut que le début d’années extrêmement pénibles pour Anselme, qui dut affronter les prétentions du roi d’Angleterre, Guillaume le Roux,  en matière d’investitures et de taxes, et faire deux fois le voyage à Rome pour rencontrer le pape. Au cours d’un de ces voyages, il accomplit de nombreux miracles par sa bénédiction et sa prière. 

L’avènement du nouveau roi d’Angleterre, Henri Ier , n’apporta pas les changements qu’on espérait, au contraire, et le roi prétendait investir lui-même les évêques et les abbés, interdisant même à Anselme de rentrer en Angleterre de retour de Rome. Finalement le roi dut s’incliner, mais Anselme mourut peu après.

Saint Anselme était un penseur, plus encore qu’un professeur ; il est tenu pour le théologien le plus important du XIe siècle et pour le père de la philosophie scolastique. Il accepta de mettre par écrit sa pensée et publia : De la vérité ; Du libre arbitre, De la chute du diable, Du grammairien ; mais ce sont surtout le “Monologium” et le “Proslogion” qui le rendire célèbre, même si ses arguments ont été diversement acceptés par la suite. On a aussi de lui un “Cur Deus homo”, un traité de la “Procession du Saint-Esprit”, un livre sur la “Conception de la sainte Vierge et le péché originel”. 

Quelques idées de saint Anselme : 

Il expose des preuves rationnelles de l'existence de Dieu et soutient qu'il est possible de concilier la foi et les principes de la logique et de la dialectique. Il est convaincu que la foi elle-même pousse à une compréhension rationnelle plus intelligente (fides quærens intellectum) ; la foi est un don et un  point de départ, mais aucun argument rationnel ne peut renverser et détruire la Foi. La raison vraie conduit nécessairement aux vérités de la foi.

Pour  prouver rationnellement l’existence de Dieu, et cela même pour celui qui ne croit pas en Dieu, Anselme expose son célèbre «argument ontologique». D’abord il définit Dieu comme “ce qui est tel qu’a priori rien de plus grand (de plus parfait) ne peut être pensé” (aliquid quo maius nihil cogitari potest). Celui qui cherche à comprendre si Dieu existe, peut comprendre ce principe parce qu’il se trouve dans son intelligence. Si l’on admet à présent que ce qui est plus parfait n’est pas seulement pensé mais qu’en plus, il existe en réalité a priori, alors doit exister nécessairement "ce qui est tel qu’on ne peut rien penser a priori de plus parfait".

Saint Anselme étend l’argument en constatant que, d’après la définition de départ de Dieu, la non-existence d’un tel être est inconcevable, car ce qui existe nécessairement, est plus parfait que quelque chose dont la non-existence peut être pensée, et qui existe donc par contingence. 

Cet “argument ontologique” fut âprement discuté tout au long du Moyen Age.

Saint Anselme préférait plutôt former les adolescents, que de leur enseigner la grammaire ; il voulait développer en eux trois dispositions : le goût du silence, la réserve dans le maintien, la pudeur, et recommandait de toujours les traiter avec douceur et bonté.

Très affaibli par cette vie de labeurs et de contrariétés, il remit son âme à Dieu en ce 21 avril de 1109, au matin du Mercredi Saint. La première demande de canonisation fut due à s.Thomas Becket en 1163, elle fut officialisée en 1492, et saint Anselme fut proclamé Docteur de l’Eglise en 1720.

 

 

Giovanni Saziari

1327 env. -1372

 

Né à Cagli (Marches, Italie) de parents simples, Giovanni vécut de son petit arpent de terre, dans l’actuel quartier de Cabaldello.

A cette époque, les bagarres entre troupes de châteaux rivaux étaient fréquentes. Giovanni ne se mêlait pas à ces rixes. Il était tertiaire de l’Ordre franciscain. En dehors de son travail des champs, il priait. Tous aimaient cet homme solitaire, pieux, doux et aimable.

Sa sainteté lui permit de faire des miracles, particulièrement lors d’une épidémie de peste.

Les miracles continuèrent après sa mort, qui eut lieu le 21 avril 1372.

Un notaire d’Imola enregistra différents miracles en 1374, et un document de 1441 parle déjà du Bienheureux Giovanni. Les habitants de Cagli parlent toujours du bienheureux Jeannot (beato Giovannino).

L’examen récent de ses restes a pu déterminer que Giovanni avait à peu près quarante-cinq ans au moment de sa mort, ce qui fit dater sa naissance à 1327 environ.

Le culte de Giovanni Saziari a été reconnu officiellement en 1980.

 

 

Bartolomeo Cerveri

1420-1466

 

Bartolomeo vint au monde en 1420 à Savigliano (Turin, Italie NO), fils de Giovannino, notaire.

Le nom de famille Cerveri provenait d’une ancienne possession acquise deux siècles auparavant, perdue au 14e siècle, mais dont les descendants conservèrent le titre. Comme on le verra plus bas, notre héros n’y est jamais allé.

A douze ans, Bartolomeo fut très impressionné par la prédication de saint Bernardino de Sienne (v. 20 mai) et commença dès 1434 à Savigliano des études de philosophie, théologie et droit canonique.

En 1435, il commença le noviciat chez les Dominicains de l’endroit, et fut ordonné prêtre en 1445.

En 1452, il fut brillamment reçu docteur au Studium de Turin, où il enseigna pendant une année.

En mai 1453, il fut nommé prieur du couvent de Savigliano.

A partir de 1455, il fut visiteur des couvents de Turin, Revello, Racconigi et Saluzzo.

De nouveau prieur à Savigliano en 1457, il y enseigna probablement jusqu’en 1459.

Durant cette courte période, il fit achever, grâce à l’héritage paternel, l’église de saint Dominique, et en fit ériger une autre en l’honneur de saint Vicente Ferrer, qui venait d’être canonisé (1455).

En 1463, il fut nommé inquisiteur pour le Piémont et la Ligurie. Cette mission ne signifiait pas autre chose que démasquer les hérétiques qui détournaient la population de la Vérité catholique ; la démarche de l’inquisiteur comportait des rencontres et des discussions avec les hérétiques, pour les confondre et les induire à revenir dans le droit chemin. Les «tortures» dont on a abreuvé nos oreilles n’ont jamais été le fait de l’Eglise du Christ, qui est par définition riche en miséricorde (cf. Eph 2:4) ; les erreurs ont pu être le fait malheureux de cas isolés, mais jamais une institution.

Bartolomeo entreprit sa mission avec toute l’ardeur du missionnaire avide de Vérité et de Charité. 

Au début de l’année 1466, il annonça le tragique destin qui l’attendait. En effet, au début du mois d’avril, il apprit que les Vaudois l’épiaient. Il devait se rendre, justement, à Cervere, son pays d’origine, et décida d’y aller sans escorte armée, avec seulement deux confrères. 

Avant de partir, il se confessa et dit à son confesseur : Je m’appelle Bartolomeo «de Cerveriis», quoique je ne sois jamais allé dans cette localité ; j’y vais remplir l’office d’inquisiteur, et j’y terminerai mes jours.

Arrivés aux abords de Cervere, ils furent attaqués par cinq Vaudois. Bartolomeo fut tué sur le coup et on lui fit en outre une grave blessure en forme de croix sur le bas-ventre ; un des compagnons fut blessé, tandis que l’autre put s’échapper et témoigner des faits.

La blessure ne saigna pas immédiatement ; on put transporter le Martyr dans l’église, où alors le sang coula en abondance.

C’était le 21 avril 1466.

Il y eut quantité de miracles autour de la sépulture de Bartolomeo.

Les assassins, bientôt arrêtés, furent exilés et condamnés à la confiscation de leurs biens. On peut voir d’après le récit que ce n’est pas l’Eglise qui a torturé les hérétiques.

Honoré comme martyr, Bartolomeo fut considéré comme Bienheureux, et son culte fut approuvé en 1853.

Johann Birndorfer

1818-1894

 

Neuvième de dix enfants, Johann naquit le 22 décembre 1818 à Parzham (Basse Bavière, Allemagne sud).

Il était adolescent quand moururent l’un après l’autre sa mère et son père.

Sa piété était connue, mais il attendait, cherchant sa voie. Finalement, en 1849, il vint frapper chez les Capucins qui desservaient le sanctuaire de Notre-Dame d’Altötting.

Il y prit le nom de Konrad (qu’on écrit aussi Conrad) et assista le portier du couvent pendant deux ans, puis fut infirmier quelques mois à Burghausen.

Il commença le noviciat proprement dit en 1851, à Laufen am Salzach. Il fut très éprouvé dans sa santé, mais sa sainteté personnelle convainquit les Supérieurs de l’admettre à la profession (1852).

Sa fonction fut désormais celle de portier, à Altötting.

Son devoir était de répondre aux visiteurs. Il le remplit toute sa vie avec un dévouement jamais lassé. Il ne se fâchait jamais, même quand la sonnette retentissait plusieurs fois de suite, tirée par un gamin prestement disparu, ou par des petites filles qui, d’un air ingénu, réclamaient un Père qu’elles savaient absent. Une exceptionnelle sûreté de coup d’œil lui faisait distinguer immédiatement l’importun du timide maladroit, inquiet de déranger. Il n’était pas dupe des quémandeurs et il avait la force d’être toujours aimable. Jamais il ne grognait, jamais il ne se laissait aller à dire une parole désobligeante. Il préférait les réponses brèves, se gardant de s’attribuer le rôle d’un directeur de conscience, mais ses rares paroles avaient une efficacité extraordinaire : plusieurs religieux et religieuses reconnurent qu’il leur avait révélé leur vocation ; à bien des pécheurs il donna le courage de se convertir. Et il devait encore être plus sastisfait quand son silence avait suffi : un jeune homme se précipita un jour au confessionnal, avouant qu’il avait été bouleversé par un simple regard du Frère portier.

Logé dans la plus mauvaise cellule du couvent, il profitait de la paix de la nuit pour prier longuement. Et, dans la journée, il allait se recueillir dans le petit oratoire Saint-Alexis entre deux coups de sonnette. Il eut la grande joie d’en voir agrandir la fenêtre, d’où il pouvait apercevoir le tabernacle de l’église conventuelle.

Il s’inquiétait toujours de ses frères et sœurs, de leur vie chrétienne. Trois fois il fut envoyé passer quelques jours dans son village ; il y était si bien reçu, qu’il appréciait encore plus de rentrer dans le silence de son couvent.

En 1886, il se remit contre toute attente d’une vilaine broncho-pneumonie, durant laquelle il reçut le Sacrement des malades.

Le 18 avril 1894 au soir, il vint trouver le Père Gardien pour lui dire que ça n’allait plus du tout. Le Gardien lui donna une cellule un peu plus confortable, et un remplaçant à la porterie.

Le 21 avril, il reçut le Sacrement des malades. Peu après, il entendit sonner deux fois à la porte ; pensant que son remplaçant n’avait pas entendu, il se leva, mais s’écroula dans le couloir, dans les bras d’un novice qui y passait. Ce fut son dernier effort.

Le Frère Konrad de Parzham mourut au soir du samedi 21 avril 1894.

Béatifié en 1930, il fut canonisé en 1934.

 

 

Román Adame Rosales

1859-1927

 

Román était né le 27 février 1859 à Teocaltiche (Jalisco, Mexique).

Devenu prêtre en 1890, après plusieurs postes il fut curé à Nochistlán (Guadalajara) en 1913, et successivement vicaire épiscopal forain pour les paroisses de Nochistlán, Apulco et Tlachichila.

On a conservé de lui le souvenir d’un homme qui ne se plaignait jamais. Devant n’importe quelle souffrance, il disait gentiment : Que tout soit pour Dieu.

Une activité fébrile au service du peuple de Dieu : missions populaires, constructions de chapelles pour permettre l’adoration du Saint Sacrement. Dans sa paroisse, il fit construire une église en l’honneur de saint Joseph.

Sa dévotion eucharistique et mariale le poussa à fonder l’association de l’Adoration nocturne et celle des Filles de Marie.

Quand la loi Calles ordonna la fermeture de tous les lieux de culte, il continua à célébrer les sacrements en cachette. 

La veille de son arrestation, il disait : Quel bonheur ce serait d’être martyr. Verser mon sang pour la paroisse !

Il fut en effet trahi ce soir-là et arrêté le 19 avril 1927. On envoya trois cents soldats pour arrêter le prêtre, qui était sans défense. En pleine nuit, on le tira du lit. Le pauvre prêtre de soixante-huit ans dut partir à pied et sans chaussure jusqu’à Yahualica. En passant la rivière Ancho, un des soldats, par compassion, eut le courage de lui donner son cheval et de recevoir une volée d’insultes de ses camarades.

Le père Román fut tenu ligoté pendant près de trois jours, sans boire ni manger. Le jour, il était attaché à une colonne de la place publique, la nuit à l’intérieur du poste de police.

Trois fidèles se présentèrent au colonel pour demander la libération du curé. Le colonel demandait six mille pesos-or pour le délivrer. Les gens du village voulaient apporter la rançon, mais le colonel avait l’intention de faire fusiller tous ceux qui se présenteraient. Les mêmes intervinrent de nouveau pour éviter ces représailles. Finalement, tout espoir fut perdu.

Au soir du 21 avril, on conduisit le curé au cimetière municipal. Une foule de fidèles suivait, demandant la liberté du condamné.

Au moment de son exécution, le curé refusa d’avoir les yeux bandés ; il demanda seulement de ne pas être visé à la tête. 

Juste avant l’exécution, un des soldats refusa plusieurs fois de préparer les armes : sur place, on lui retira son uniforme et on le plaça à côté du père Román. On donna l’ordre de tirer et les deux victimes, le père Román et le soldat Antonio Carrillo Torres, tombèrent dans la fosse qu’on avait préparée derrière eux.

Plus tard, on put déterrer le corps du prêtre et l’ensevelir décemment à Nochistlán. Au moment de l’exhumation, on put observer que le chapelet du prêtre s’était incrusté dans son cœur, pétrifié.

C’était le 21 avril 1927.

Le père Román a été béatifié en 1992, canonisé en 2000.

Une fête commune célèbre les Martyrs mexicains le 21 mai.

Si le soldat Antonio Carrillo Torres n’a pas été inclus dans le groupe de ces Martyrs, on peut être certain que son courage lui aura ouvert toutes grandes les portes du Paradis.

 

 

Volodomyr Bairak

1907-1946

 

Volodomyr (ou aussi Vitalii, Vitalij) est né le 24 février 1907 à Shvaikivtsy, province de Ternopil (Ukraine).

Il appartient au clergé grec-catholique et entre dans l’Ordre de Saint-Josaphat le 4 septembre 1924. 

Ordonné prêtre le 13 août 1933, il est nommé prieur au monastère de Drohobych en 1941, pour remplacer Yakym Senkivskyi, martyrisé peu avant.

Volodomyr était connu pour sa gentillesse, son zèle missionnaire et sa prédication. C’était un vrai directeur spirituel.

Arrêté pour sa foi en septembre 1945 par le NKVD, on lui confisque tous ses “biens” et le condamne à huit ans de travaux forcés.

Dans la prison de Drohobych, il est battu à mort le 21 avril 1946, jour de Pâques, ou quelques jours avant cette fête. Cette année-là, Orthodoxes et Catholiques fêtaient Pâques le même jour.

Reconnu martyr, il est béatifié en 2001 en même temps que ving-quatre autres Compagnons victimes de la persécution communiste.

Le Martyrologe mentionne notre Bienheureux le 16 mai, mais Pâques ne tombe jamais à cette date.

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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 23:00

 

20 AVRIL

 

I.

Ss Sulpicius et Servitianus, martyrs à Rome.

II.

S Anicet, pape (155-166) ; c’est lui qui aurait prohibé aux clercs de porter les cheveux longs. 

Ss Sulpicius et Servitianus, martyrs à Rome.

IV.

S Secundino, martyr à Cordoue.

Ss Victor, Zotique, Zénon, Acindyne, Césaire, Sévérien, Chrysophore, Théonas, Antonin, martyrs à Nicomédie.

S Marcellinus, africain, premier évêque à Embrun, où il lutta contre le paganisme et  l’arianisme.

S Theodoros, solitaire près de Constantinople, surnommé “Trichinas” à cause de son rude vêtement en poils de chèvre.

V.

S Marcianus, berrichon, moine à Auxerre, où il s’occupa des vaches de la ferme jusqu’à sa mort. 

S Théotime, surnommé “le Philosophe” pour sa science, puis évêque à Tomes, ami de s. Jean Chrysostome.

VI.

Ste Heliena Consalvo, solitaire italienne, à Laurino.

VII.

S Anastasios, évêque à Antioche de Syrie, martyr.

IX.

S Wiho, évêque à Osnabrück : le pape ratifia cette nomination faite par Charlemagne.

B Harduin, moine copiste à Fontenelle, puis anachorète dans une grotte proche.

X.

B Hugues d’Anzy, poitevin, moine de Saint-Sabin, maître des novices à Saint-Martin d’Autun, co-fondateur de Cluny puis de Anzy-le-Duc, où il fit construire un magnifique hôpital pour les pauvres. 

XII.

S Géraud, seigneur de Salles, fondateur d’abbayes, mort dans l’une d’elles, comme servant de messe.

Bse Oda, vierge en Brabant ; pour échapper au mariage, elle se coupa les narines ; elle fut prieure de l’ordre de Prémontré à Bonne-Espérance.

Ste Hildegonde, qui vécut des aventures extraordinaires sous le nom de Joseph, et finit ses jours dans l’abbaye (masculine) de Schönau. 

XIII.

Bx Domenico Vernagalli, camaldule, fondateur d’un hôpital pour orphelins à Pise.

B Jean, abbé cistercien à Igny puis à Clairvaux et à la Grâce-Dieu.

XIV.

Ste Agnese de Montepulciano, mystique dominicaine, première abbesse, à 15 ans, du couvent de Procena, puis supérieure à Montepulciano.

B Simone Rinalducci de Todi, augustin, théologien et prédicateur.

B Giovanni, solitaire puis tertiaire franciscain à Masaccio, dont il est le patron.

XVI.

Bx James Bell, prêtre, et John Finch, père de famille ; James avait renié sa foi et s’était réconcilié vingt ans après ; John était fermier et abritait les prêtres ; tous deux furent martyrisés par pendaison à Lancaster.

Bx Richard Sargeant et William Thomson, prêtres anglais martyrs à Tyburn, béatifiés en 1987.

B Maurice MacKenraghty, prêtre martyr en Irlande, béatifié en 1992.

XVII.

B Antony Page, jésuite anglais martyr à York, béatifié en 1987 avec soixante deux autres. 

Bx Francis Page, jésuite, Robert Watkinson et Thomas Tichborne, prêtres anglais martyrs à Tyburn béatifiés en 1987.

XIX.

Bse Dina (Chiara) Bosatta de Pianello, collaboratrice du b.Guanella à Come où elle ouvrit la première Petite Maison de la Divine Providence, et morte de tuberculose à vingt-neuf ans, béatifiée en 1991.

XX.

B Dionís Domínguez Martínez (Doménec Ciríac, 1911-1937), des Frères Maristes espagnols, martyr à Madrid et béatifié en 2013.

B Michel Coquelet (1931-1961), prêtre français des Oblats de Marie Immaculée, martyr au Laos, béatifié en 2016.

Sulpicius et Servitianus à Rome

† 97

 

Ces deux Romains, d’après la tradition, auraient été gagnés à la foi devant les miracles accomplis par sainte Domitilla (v. 7 mai).

Ils auraient été les fiancés d’Euphrosina et Theodora.

Dénoncés, ils refusèrent de sacrifier aux idoles et furent décapités.

Si ce martyre devait faire suite à celui de Domitilla, il serait logique de le situer au mois de mai. Mais de vieux manuscrits les ont inscrits au 20 avril, l’année qui suivit le martyre de Domitilla, donc en 97.

Saints Sulpicius et Servitianus sont commémorés le 20 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anicet

155-166

 

Anicet, né à Émèse de Syrie, fut le onzième pape, succédant à saint Pie Ier.

Dans le clergé de Rome se trouvaient alors Soterius et le diacre Eleutherius, qui tous deux succédèrent à Anicet.

Ce pape reçut la visite de Polycarpe, vénérable évêque de Smyrne, lui-même disciple de l’apôtre saint Jean. Polycarpe, qui mourut martyr peu après son retour à Smyrne (156) était alors un vieillard de quatre-vingt cinq ans, qui n’épargnait pas sa fatigue pour aller rencontrer l’évêque de Rome.

Ils discutèrent de plusieurs points de doctrine, et Anicet condamna plusieurs erreurs : de Valentinus, de Marcion, et d’autres. Marcion en était arrivé à contester les textes de l’Ancien Testament, prétendant que le Dieu de l’Ancien Testament n’était pas le même que Celui du Nouveau. On sait que Marcion fut exclu de la communauté de Rome dès 144.

Mais Anicet et Polycarpe ne purent se mettre d’accord sur un point : comment établir la date de la fête de Pâques ? Polycarpe avait connu auprès de saint Jean une pratique, tandis que Rome avait fini par en établir une autre. Anicet ne voulait pas faire revenir Polycarpe sur un si saint héritage, et Polycarpe ne pouvait s’opposer à l’autorité du Successeur de Pierre. Anicet se contenta de dire qu’il fallait suivre l’usage des Anciens.

La date de Pâques fut un objet de controverse en Orient et Occident pendant très longtemps , et ne fut réglée qu’au concile de Nicée en 325 (encore qu’actuellement l’Eglise d’Orient célèbre souvent la fête de Pâques plus tardivement que l’Eglise d’Occident). Mais la paix entre Anicet et Polycarpe ne fut pas brisée pour autant : le pape déféra même à Polycarpe la célébration de l’Eucharistie.

Il est dit qu’Anicet aurait prohibé aux clercs de porter les cheveux longs.

On doute qu’Anicet mourut martyr. S’il le fut, on n’en connaît pas les circonstances.

Il mourut un 17 ou un 20 avril, et c’est cette dernière date qui est retenue par l’actuel Martyrologe.

 

 

Secundino de Cordoue

† 306

 

Cordoue, capitale de l’Espagne Bétique, fut conquise par les Romains en 169, et le Christianisme s’y développa dès le 3e siècle : son premier évêque, Ossius, y mourut centenaire en 357.

Secundino vivait à Cordoue et brûlait de zèle pour répandre la foi en l’unique Dieu.

Il brûlait aussi d’un ardent désir de recevoir la couronne du martyre.

Quand parurent les édits de persécution de Dioclétien, il fut arrêté, soumis à la question, torturé longuement et finalement décapité. Son vœu était accompli.

La ville de Cordoue devait connaître une autre persécution, au 9e siècle, mais sous la domination musulmane. Une cinquantaine de Martyrs périrent, dont parle le Martyrologe à différentes dates.

Saint Secundino de Cordoue est commémoré le 20 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcellinus d’Embrun

† 374

 

Marcellinus naquit en Afrique (l’actuelle Tunisie). 

Dieu lui inspira le zèle de la prédication et, quittant sa famille et son pays, s’en vint débarquer à Nice, avec deux compagnons nommés Vincentius et Domninus.

Il s’établit d’abord dans une solitude, où il bâtit une chapelle. Il la fit consacrer par s.Eusèbe de Verceil, alors en exil (v. 1er août).

Mais Eusèbe eut une inspiration bien plus forte : il fit venir l’évêque de Valence (Æmilianus, v. 13 septembre) et consacra évêque Marcellinus, l’établissant en la ville d’Embrun.

Marcellinus ne pouvait plus s’adonner à la prédication comme il l’espérait : il envoya ses deux Compagnons à Digne, tandis qu’il demeurait dans son diocèse.

Dieu lui donna le don des miracles, qui furent retentissants.

Pour baptiser les nombreux convertis, il construisit un baptistère près de son église : l’eau y jaillit en telle abondance que l’évêque put baptiser sans interruption pendant sept jours, et que les malades purent boire de cette eau pour obtenir leur guérison.

Un jour qu’une coupe précieuse s’était brisée, Marcellinus la recomposa d’un simple signe de croix et s’en servit souvent.

C’est alors que sévit la douloureuse doctrine hérétique d’Arius, et Marcellinus s’efforça d’en atténuer les effets dans toute la région. L’empereur Constance voulut alors le faire arrêter, mais un des émissaires eut le bras paralysé au moment de le frapper. Il insulta Marcellinus : Il ne te suffisait pas de nous avoir expulsés d’Afrique, tu veux aussi nous troubler en Gaule. Marcellinus fit sortir le diable qui parlait par la bouche de cet homme.

Une autre fois, des ariens s’emparèrent de Marcellinus, le conduisirent sur une hauteur, d’où ils précipitèrent l’évêque ; mais Marcellinus se releva indemne, comme le dit le psaume : Il a envoyé ses anges pour te garder en toutes tes voies ; ils te porteront dans leurs mains, pour ne pas que ton pied heurte la pierre (Ps 90:11-12).

Enfin, pour fuir d’autres vexations, Marcellinus se cacha dans des grottes, qu’il ne quittait discrètement que pour accomplir certaines fonctions de son saint ministère. Il put réintégrer son siège en 361, et reprit son apostolat fécond.

Il mourut le 13 avril 374. Mais on retarda de quelques jours ses funérailles, pour laisser aux évêques de la région le temps d’arriver, de sorte que la depositio de Marcellinus se fit le 20 avril suivant.

L’évêque était mort, mais il continuait d’opérer des miracles. Une huile suintait de son tombeau : elle guérit des malades frappés de la peste ; Marcellinus apparut au-dessus des murailles lors d’un siège, mettant l’ennemi en déroute ; s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) assure que si la lampe qui brûlait devant son tombeau venait à s’éteindre par l’effet du vent, elle se rallumait d’elle-même.

D’importantes reliques de Marcellinus arrivèrent au diocèse du Puy, où l’on croit que les révolutionnaires les détruisirent en 1789 ; celles qui restaient à Embrun, furent détruites par les Huguenots en 1585 ; l’église de Digne possède la relique du chef de s.Marcellinus.

Saint Marcellinus d’Embrun est commémoré le 20 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodoros Trichinas

† 5e siècle

 

Theodoros - don de Dieu, Dieudonné - vivait à Constantinople, puis se retira dans le désert.

Il portait comme habit une peau de chèvre au poil très rude, qui lui valut le surnom de Trichinas.

Il eut l’occasion d’accomplir beaucoup de miracles, notamment la délivrance de possédés du démon.

On est incertain sur la date de sa mort : 4e ou plutôt 5e siècle.

Après sa mort, son saint corps exsuda un baume grâce auquel beaucoup de malades furent guéris.

Saint Theodoros Trichinas est commémoré le 20 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcianus à Auxerre

† 488

 

Originaire du Berry, Marcianus quitta sa région pour éviter la présence de Goths ariens, et s’en vint frapper à la porte du monastère d’Auxerre, gouverné par s.Mamertin (v. 30 mars ?).

Pour éprouver sa nouvelle recrue, Mamertin ne trouva rien de mieux que d’envoyer Marcianus garder les vaches de la ferme. Il resta à cette «charge» jusqu’à sa mort.

Avec quelques autres moines qui travaillaient avec lui, il ne pouvait assister à la Messe que le dimanche, dans un village voisin.

On peut s’interroger sur l’inspiration que put avoir l’abbé, en établissant ainsi Marcianus à l’écart de la vie monastique, de l’office divin, de l’Eucharistie. Mais on admirera l’esprit de totale obéissance de Marcianus, qui se consomma ainsi en sainteté par son humilité.

Il mourut un mercredi de Pâques, un 20 avril, probablement en 488.

Son corps fut plus tard rapporté au monastère d’Auxerre, qui en prit le nom.

Saint Marcianus est commémoré le 20 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Heliena Consalvo de Laurino

509-530

 

Heliena (Elena, Hélène) naquit vers le début du 6e siècle à Laurino (Salerno, Campanie, Italie SO), de parents pauvres.

Encore petite, elle s’adonna déjà à des exercices de piété, pour lesquels ses braves parents la traitèrent de folle. Aussi se retira-t-elle dans une sorte de caverne à quelques kilomètres de la maison, dans la localité de Pruno.

Elle se nourrissait d’herbes et de racines. Sa réputation de sainteté et ses miracles lui attirèrent des visiteurs.

Quand elle mourut, vers 530, son corps fut enseveli dans la cathédrale de Capaccio-Paestum, puis passa à s.Elzéar de Sabran (v. 27 septembre), puis à la cathédrale d’Ariano Irpino et revint à Laurino en 1882.

Sainte Heliena de Laurino est commémorée le 20 avril dans le Martyrologe Romain, qui cependant la place au siècle suivant.

 

 

Anastasios d’Antioche de Syrie

† 609

 

On a souvent cru que cet Anastasios était le patriarche nommé à ce siège en 559 et rétabli en 593. Mais il s’agit de deux personnages du même nom qui se sont succédé. 

Il y a aussi un Anastasios, moine au Mont Sinaï, commémoré le 21 avril.

Celui dont il est question ici fut nommé patriarche d’Antioche de Syrie à la fin de 598 ou au début de 599, succédant à son homonyme.

C’était un homme cultivé, connaissant le latin, ce qui lui permit de traduire la Regula pastoralis du pape Grégoire Ier (v. 12 mars) : ce dernier avait représenté le pape à Constantinople et était apprécié en Orient.

Lorsque l’empereur Phocas crut nécessaire de forcer les Juifs à passer au christianisme, il y eut de fortes révoltes. En particulier ceux d’Antioche se rebellèrent contre le patriarche, s’en saisirent et le maltraitèrent de la façon la plus honteuse. Attaché par les pieds, traîné par toute la ville, mutilé, brûlé vif, il acheva son glorieux martyre un 21 décembre ou un 21 avril, de l’an 609.

Saint Anastasios est commémoré le 21 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Wiho d’Osnabrück

772-805

 

Wiho (ou Wicho) était né en 772 en Frise.

Il reçut sa formation auprès de Grégoire d’Utrecht (v. 25 août).

Sans doute sur la recommandation de ce dernier, Charlemagne se chargea de le nommer évêque d’Osnabrück : le diocèse venait d’être fondé et il fallait y mettre un évêque digne de cette mission. Le pape ratifia ce choix.

Il y a cependant un doute sur la date de cette nomination. On disait précédemment que le diocèse fut fondé vers 780, tandis qu’on croit actuellement qu’Osnabrück devint le siège de cet évêché seulement vers 800.

Il est avéré de toutes façons que Wiho fut un pasteur vraiment zélé, et qu’il eut aussi beaucoup à souffrir.

Il fonda une école cathédrale, ancêtre du Gymnasium Carolinum, une des plus anciennes écoles d’Allemagne.

Selon les dates mentionnées ci-dessus, l’épiscopat de Wiho dura donc soit une vingtaine d’années, soit quelques années. Le diocèse d’Osnabrück a choisi les dates extrêmes de 783-805, soit vingt-deux ans d’épiscopat.

Wiho mourut le 20 avril 804 ou 805.

Saint Wiho est commémoré le 20 avril dans le Martyrologe Romain.​​​​​​​

Domenico Vernagalli

1180-1219

 

Domenico était né vers 1180 à Pise dans une famille aisée.

On dit qu’une fois ordonné prêtre, il entra chez les Camaldules comme frère convers, vers 1200. Toutefois on pourra se poser la question de l’exactitude de cette information : s’il était prêtre (à vingt ans ?), il devait célébrer la Messe et prier le Bréviaire, et n’était donc pas Convers.

il fut curé à Pise en 1204, sans jamais abandonner ses habitudes d’austérités et de mortifications. Il se nourrissait surtout de produits lactés, et prenait très peu de fruits ou légumes, et de viande (voir plus bas).

Touché par cette plaie des enfants abandonnés, il fonda à Pise un orphelinat, en 1218.

Il mourut le 20 avril 1219, très vite honoré d’un culte qui fut approuvé en 1854, lui donnant ainsi le titre de Bienheureux.

Un examen de ses os fut exécuté tout récemment, qui a conduit à ces conclusions : Domenico mourut vers la quarantaine ; c’était un ascète qui devait jeûner souvent.

 

Jean de la Grâce-Dieu

† 1280

 

Avant d’être nommé à la Grâce-Dieu, Jean fut abbé à Igny (Marne), de 1232 à 1234, et fut désigné comme Jean 1er, car il y eut huit abbés de ce nom dans cette abbaye.

En 1257, il fut abbé à Clairvaux (Aube), jusqu’en 1260 (ou 1261), toujours avec son titre de Jean 1er , car il y eut là aussi huit abbés de ce nom.

A partir de 1261, il fut abbé à la Grâce-Dieu (Doubs). Mais cette date reste hypothétique, car les listes ne correspondent pas : la liste des abbés de la Grâce-Dieu indique un Jean entre 1257 et 1264, d’ailleurs nommé Jean 2.

Notre abbé reçut finalement le titre honorifique d’archevêque in partibus de Mitylène.

Il mourut le 20 avril 1280 à Clairvaux.

Les Cisterciens le considèrent comme Bienheureux.

Signalons que l’abbaye d’Igny fut supprimée en 1790, et «ressuscita» en 1876 ; bombardée en 1918, c’est depuis 1929 une abbaye de moniales cisterciennes.

L’abbaye de Clairvaux, après des siècles de gloire, fut vendue en 1789 et devint en 1808 cette fameuse prison qu’elle est toujours, avec des services des ministères de la justice et de la culture, qu’on peut visiter.

L’abbaye de la Grâce-Dieu fut aussi vendue en 1790, occupée par une forge en 1792, et rachetée par les Cisterciens en 1844. En 1929, s’y installèrent des Cisterciennes, qui gagnèrent Igny en 2008, laissant les bâtiments aux Travailleuses Missionnaires.

 

 

Agnese Segni

1268-1317

 

Agnese Segni vit le jour le 28 janvier 1268 à Gracciano (Montepulciano, Sienne, Toscane, Italie centrale), de bons parents aisés et très chrétiens ; son père s’appelait Lorenzo. Au moment de la naissance d’Agnese, il remarqua autour du berceau des flambeaux mystérieux, qui devaient annoncer de quelles vertus Agnese allait illuminer la vie monastique.

On rappellera ici que, pendant longtemps, l’Eglise a célébré le 28 janvier une deuxième fête de sainte Agnès (la jeune martyre romaine, v. 21 janvier) et que les parents Segni donnèrent à leur fille le nom d’Agnès qu’on fêtait donc aussi ce 28 janvier.

A peine âgée de quatre ans, la petite fille se mettait en quête d’un endroit solitaire pour offrir à Jésus ses prières et sa personne, pour lui demander de bénir ses parents.

Elle emmenait ses compagnes visiter les sanctuaires de voisinage, selon ce que son âge et ses parents lui permettaient de faire. A neuf ans, à Montepulciano, une troupe de corbeaux s’abattit sur Agnese en croassant, cherchant à lui crever les yeux ; elle invoqua Jésus et la troupe s’envola ; le biographe qui rapporta l’épisode affirma que c’étaient en réalité des démons, qui présidaient à une maison de débauche proche et que la présence de la pure Agnese dérangeait.

Peu après, Agnese demanda à entrer au couvent. Les parents objectèrent qu’elle était encore bien jeune, mais la prière obtint de Notre-Seigneur l’abaissement de tous les obstacles et Agnese entra chez les Religieuses de Montepulciano ; celles-ci vivaient seulement sous la règle augustine, sans appartenir à aucun Ordre particulier, et portaient un habit de toile grossière, un véritable sac, et on leur donnait le nom de Sœurs du Sac. Agnese s’y trouva extrêmement bien, priant autant qu’elle le désirait, sachant déjà s’imposer des mortifications, édifiant la communauté par son humilité et son obéissance.

Elle avait quatorze ans lorsqu’on la mit à l’épreuve en la nommant économe : humblement, elle protesta qu’elle était bien trop jeune pour s’acquitter d’une telle responsabilité, mais elle obéit et sut se montrer tout-à-fait à la hauteur de sa charge, venant au-devant de tous les besoins des Religieuses, sans jamais se plaindre d’avoir moins de temps pour la prière. Il est en effet très agréable à Dieu de le «quitter» pour le retrouver dans l’attention au prochain. La Vierge Marie la récompensa en lui remettant trois petites pierres très belles, pour lui annoncer qu’elle construirait plus tard un monastère en l’honneur de la Mère du Christ.

C’est qu’Agnese était déjà l’objet de faveurs célestes particulières : on la vit en état de lévitation, en extase ; elle faisait des miracles.

On remarqua que des violettes ou des roses ou des lys poussaient là où elle s’était agenouillée ; une nuit de l’Assomption, la Sainte Vierge lui remit l’Enfant-Jésus dans les bras ; un autre jour qu’elle était ravie en prière au fond du jardin, elle laissa passer l’heure de la Messe : attristée pour avoir perdu l’occasion de recevoir l’Eucharistie, elle eut la visite d’un ange qui lui donna la Communion.

Elle reçut la visite de deux ermites camaldules, qui voulaient l’entendre parler de la vie spirituelle ; au moment du repas, s’éleva une rose au parfum très fort au milieu du plat et Agnese commenta que le Seigneur, par cette fleur épanouie en plein hiver, voulait montrer combien la conversation avec ces bons moines l’avait réchauffée ; mais ces derniers racontèrent qu’ils avaient été eux-mêmes réchauffés par les propos d’Agnese. 

A quinze ans, elle fut sollicitée pour construire un couvent à Acquapendente et en être la supérieure ! Heureusement, le pape lui-même mit un terme à cette démarche. Mais ce furent les habitants de Montepulciano qui eurent gain de cause. Il arriva qu’Agnese, en vision, se vit en face de trois navires conduits respectivement par saint Augustin, saint François d’Assise et saint Dominique, discutant entre eux qui attirerait Agnese dans sa famille religieuse ; c’est saint Dominique qui l’emporta. Peu après, en 1306, un ange vint annoncer à Agnese qu’elle allait bientôt faire construire un monastère là où les corbeaux l’avaient assaillie, et que ce monastère serait dédié à la Très Sainte Trinité, à la Très Sainte Vierge, et à saint Dominique. C’était l’accomplissement de la prophétie que lui avait faite Marie quelque temps auparavant en lui remettant les trois petites pierres.

Agnese fut donc bientôt la Supérieure de vingt Religieuses dominicaines.

Par sa prière, elle obtint assez de pain un jour que la communauté n’en avait plus du tout (le fait fut raconté par le Christ à Catherine de Sienne, v. 29 avril) ; elle délivra un possédé, convertit des libertins qui l’avaient insultée…

Elle comprit que sa dernière heure approchait, lorsque de grandes douleurs l’accablèrent et que son ange vint lui dire qu’elle allait boire le calice amer auquel le Christ avait bu avant elle ; on lui proposa d’aller aux eaux salutaires de Clanciano, non loin de Montepulciano ; Agnese savait que c’était inutile, mais obéit au conseil, et le Seigneur répondit à cet acte d’obéissance non pas par la guérison d’Agnese, mais par d’autres miracles au passage d’Agnese : une nouvelle source jaillit à Clanciano, où guérirent tous les autres malades et qu’on appela depuis Eau de sainte Agnese ; une autre fontaine fit couler un vin excellent ; une jeune fille eut son genou infirme guéri ; un enfant noyé ressuscita.

De retour au couvent, elle s’alita ; voyant les Religieuses attristées, elle le leur reprocha gentiment : Si vous m’aimiez comme vous devez, chères filles, vous ne pleureriez pas ainsi ; les amis se réjouissent du bien qui arrive à leurs amis. Le plus grand bien qui puisse m’arriver, c’est de m’en aller à notre Epoux. Soyez-lui fidèles, à cet Epoux si bon. Persévérez toujours dans l’obéissance et je vous promets de vous être plus utile au ciel que si je restais parmi vous.

Elle ajouta : Mon bien-aimé est à moi, je ne le quitterai plus, et s’endormit dans le Seigneur, le 20 avril 1317, à minuit. A cette heure-là, les bébés se réveillèrent et éveillèrent leurs parents.

Lorsque Catherine (Caterina) de Sienne vint vénérer son corps en 1380, elle s’inclina pour baiser le pied d’Agnese : ce pied se souleva alors spontanément pour se présenter à la vénération de Caterina, et serait depuis resté dans cette position. Son corps est resté préservé de la corruption.

Agnese Segni a été béatifiée en 1608, et canonisée en 1726.

 

 

Simone Rinalducci

1260-1322

 

Simone était né à Todi (Ombrie, Italie centrale) dans la deuxième moitié du 13e siècle. 

Entré chez les Augustins en 1280, il acquit une grande notoriété pour sa vaste science théologique et aussi pour ses miracles. Il fut nommé professeur, prieur dans divers monastères et prêcheur. 

Devenu provincial pour l’Ombrie, il fut injustement calomnié en plein chapitre (1318) par des confrères, sans doute jaloux de sa célébrité. Simone ne chercha pas à se défendre et resta silencieux, comme notre divin Maître. 

Les accusations furent d’abord prises très au sérieux et Simone accepta humblement les solennels reproches, qui furent sans doute levés par la suite, car il fut nommé prêcheur à Bologne.

Dans cette dernière ville, il devint célèbre pour sa façon plaisante de s’exprimer ; il sut dispenser beaucoup d’instructions au peuple, qu’il complétait par l’exemple de sa sainte vie personnelle.

En 1311, apparemment surtout sur requête du père Rinalducci, les Augustins reçurent la charge pastorale d’une église du diocèse de Terni.

Simone Rinalducci mourut au monastère de Saint-Jacques-le-Majeur de Bologne, le 20 avril 1322.

Son culte fut confirmé en 1833 ; il est donc considéré comme Bienheureux, même si une proclamation solennelle n’a pas eu lieu.

 

 

Giovanni de Masaccio

† 1399

 

Il ne s’agit pas ici de l’illustre peintre du 15e siècle.

Né à Masaccio de parents pauvres, notre Giovanni grandit dans la foi protestante qu’il en reçut.

Des proches lui enseignèrent cependant la vérité catholique et, adolescent, il se retira dans une grotte pour y mener la vie d’ermite.

On sait qu’il y subit divers assauts du démon.

Sur la fin de ses jours, il revêtit l’habit des tertiaires franciscains.

Divers prodiges se produisirent au moment de sa mort, qui eut lieu le 20 avril 1399.

Giovanni devint ainsi le céleste patron de la ville de Masaccio, mais il n’est pas resté dans le récent Martyrologe Romain (ni d’ailleurs dans les moteurs de recherche).

James Bell

1520-1584

 

Né à Warrington (Lancashire, Angleterre) vers 1520, James étudia à Oxford avant d’être ordonné prêtre sous le règne de Mary.

Malheureusement, il devint «conformiste» sous le règne d’Elizabeth, et pendant vingt ans n’administra que quelques sacrements en divers endroits d’Angleterre. A la fin, sa conscience lui fit penser au salut des âmes ; destitué de tout ministère, il songea à assumer un petit enseignement, au moins pour pouvoir manger. Dans cette perspective, il rencontra l’épouse d’un directeur, une pieuse femme catholique, qui lui suggéra de se réconcilier avec l’Eglise catholique.

Au bout de quelque temps, il put reprendre les fonctions sacerdotales et, pendant deux années,  se dédia de tout son cœur au travail missionnaire.

Il fut finalement appréhendé le 17 janvier 1584, et reconnut son état sacerdotal.

On le traduisit en justice à Manchester le même mois, et déféra aux assises de Lancaster en mars.

Quand il entendit la sentence du juge, il prononça cette pétition : Je demande à sa Seigneurie, qu’elle veuille bien ajouter à la sentence que mes lèvres et mes bouts de doigts puissent être coupés, pour avoir juré et souscrit les articles des hérétiques, contraires autant à ma conscience qu’à la Vérité divine.

Puis il passa la nuit en prières.

On ne sait pas si on lui fit effectivement subir ce raffinement de souffrances qu’il implorait, mais il fut «hanged and quartered», pendu et écartelé, le même jour que le laïc John Finch (ou Farmer).

C’était le 20 avril 1584.

James Bell a été béatifié parmi plus de cent martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles, en 1929.

 

Nota. On rencontre parfois la date du 10 avril 1584, et John Farmer comme compagnon de James. Il semble bien que ce soit une double erreur.

 

 

John Finch

1548-1584

 

John était né vers 1548. C’était un laïc d’Eccleston (Lancashire, Angleterre), d’une vieille famille catholique bien connue, mais il semble qu’il soit tombé momentanément dans le schisme.

A l’âge de vingt ans, il vint à Londres passer environ une année avec des cousins à Inner Temple. Ce séjour lui donna l’occasion de voir la différence entre le style de vie des Protestants et celui des Catholiques, et de se décider à vivre dans le Catholicisme.

De retour au Lancashire, il se réconcilia avec l’Eglise catholique. 

Il se maria, et fit de sa maison un centre de mission pour aider les prêtres de toutes les façons, les cachant aussi, et travaillant avec eux pour la catéchèse.

Ce zèle le signala aux autorités, qui l’arrêtèrent à Noël 1581, au moment où il conduisait un prêtre, qui fut arrêté avec lui.

On le pressa et on le tortura de toutes les façons pour l’amener à apostasier et livrer des informations, en vain.

On le tira par les pieds en lui faisant heurter les pierres avec la tête ; on l’enferma dans un sombre cachot, sans même un lit pour s’étendre, et quelques rares morceaux de foie de bœuf comme nourriture.

Après trois années de prison, il passa en jugement à Lancaster, en même temps que trois autres prêtres (on ne dit pas lesquels).

Le 18 avril 1584, il fut jugé coupable et, après avoir passé la nuit à convertir quelques compagnons de prison, il fut exécuté à Lancaster avec James Bell, le 20 avril 1584.

Ils font partie des cent et quelques Martyrs béatifiés en 1929.

 

Nota. On rencontre parfois la date du «10 avril» 1584, et «John Farmer» au lieu de John Finch. Il semble que ce soit une double erreur.

 

 

Maurice MacKenraghty

1500-1585

 

Né vers 1500 à Kilmallock (Irlande), d’un père orfèvre, Maurice (Muiris mac Ionrachtaigh en gaélique) embrassa la vie ecclésiastique et fut reçu bachelier en théologie. On ne dit pas où il fit ses études.

Revenu en Irlande, il fut aumônier de Gerald FitzGerald, comte de Desmond, et partagea le sort de son patron dans ses débats contre la reine Elizabeth 1re d’Angleterre.

Fuyant avec ce comte en septembre 1583, il fut surpris à Sliabh Luachra par les hommes de Lord Roche, et conduit au comte de Ormond. Celui-ci ordonna de l’enchaîner avec Patrick Grant et de les envoyer en prison à Clonmel. Là ils furent aux fers, mais Maurice put encore confesser ses compagnons de prison, jusqu’en avril 1585.

Son gardien fut alors soudoyé par Victor White, un bourgeois de la ville, qui put ainsi faire délivrer Maurice et lui permettre de célébrer l’Eucharistie dans sa maison. C’était le dimanche de la passion. Mais le gardien prévint en secret le gouverneur de Munster, pour lui suggérer d’arrêter tous ceux qui participeraient à cette messe.

Au matin, toute une troupe surgit autour de la maison et arrêta White. Maurice avait eu le temps de se cacher sous un tas de paille. Il fut blessé par un coup d’épée qu’on envoya dans le tas, mais il put s’échapper et se cacher dans la forêt. 

Toutefois, sachant que la vie de Victor était en danger à cause de lui, il se constitua. Aussitôt il fut soumis à la loi martiale. On lui proposa l’absolution de son délit, s’il acceptait de se «conformer» à la religion d’Etat, mais il se refusa à renier la foi catholique et l’autorité du pape.

Il fut exécuté comme traître. Il avait environ quatre-vingt-cinq ans. 

Sa tête fut exposée sur la place du marché et son corps, racheté par des soldats, fut enterré derrière le maître-autel du couvent des Franciscains.

C’était le 20 avril 1585.

Maurice a été béatifié en 1992.

 

 

Richard Sargeant

1558-1586

 

Né vers 1558 à Gloucester, il était probablement un fils de Thomas Sergeant de Stone (Gloucestershire) et de Katherine Tyre de Hardwick.

Il étudia à Oxford en 1570-1571 où il fut diplômé, puis à Reims, au Collège Anglais, en 1581. Il fut ordonné sous-diacre à Reims (1582), diacre à Soissons (1582) et prêtre à Laon (1583).

Il célébra sa première messe le 21 avril et partit pour l’Angleterre le 10 septembre.

Il fut dénoncé au Old Bailey de Londres comme Richard Lea (ou Lee) alias Long (ou Longe).

Arrêté et condamné à mort, il subit le supplice le 20 avril 1586, avec William Thomson.

Il a été béatifié en 1987.

 

 

William Thomson

1560-1586

 

Né vers 1560 à Blackburn (Lancashire), William fut ordonné prêtre à Reims en 1584.

De retour dans son pays, il exerça le ministère sous le pseudonyme de Blackburn. Il fut arrêté alors qu’il célébrait la messe, chez Roger Line, le mari de Anne Line (martyrisée le 27 février 1601, et canonisée).

Condamné à mort avec Richard Sargeant pour le crime d’être prêtres et d’avoir pénétré dans le royaume, ils furent martyrisés par pendaison à Tyburn le 20 avril 1586 : William avait vingt-six ans, d’après la date présumée de sa naissance, et à peine deux années de sacerdoce.

Il a été un de ceux béatifiés, avec Richard, en 1987, quatre siècles après leur martyre.

 

 

Antony Page

1563 ? -1593

 

Ordonné prêtre à vingt ans, en 1591, Antony (Anthony) ne peut être né en 1571. Au moins quelques années plus tôt, certains donnent 1563.

De bonne famille, il était né à Harrow-on-the-Hill (Middlesex, Londres).

Il étudia à Oxford, comme «scholaris Mri-Wodson» (élève du maître Wodson), puis passa à Douai, au Collège Anglais, en 1584. 

Après avoir reçu les ordres mineurs (1585), il reçut le diaconat à Douai en 1590, et le sacerdoce à Reims en 1591.

Un témoin contemporain le décrit comme un homme d’une admirable humilité, d’une modestie et d’une pureté virginales, d’une érudition et d’une piété hors du commun, et ayant fait l’unanimité autour de sa singulière candeur d’esprit et de la douceur de son comportement. 

Il revint très vite en Angleterre pour assister les Catholiques durant la persécution d’Elizabeth I.

Arrêté, jugé coupable du crime d’être prêtre, il fut exécuté à York en avril 1593, le 20 ou le 30 avril. Le Martyrologe le mentionne le 20 avril.

Il a été béatifié en 1987.

 

 

Francis Page

1577 ? -1602

 

Né à Anvers (Belgique), il était d’une famille protestante anglaise de Harrow-on-the-Hill (Middlesex, Londres), et donc probablement parent d’Antony Page, prêtre martyrisé en 1593, également un 20 avril.

Il vint à Londres pour se former dans le Droit, et tomba amoureux de la fille d’un avocat catholique, chez lequel il travaillait. Mais cette jeune fille n’acceptait de se marier que s’il devenait catholique à son tour.

Il rencontra le confesseur de son camarade de chambrée, un père jésuite du nom de John Gerald, et étudia la religion catholique. Mais plus il l’étudiait, plus il se sentait appelé au sacerdoce. Au désespoir de sa fiançée, mais suivant l’appel de Dieu, il renonça au mariage.

Quand le père Gerald fut arrêté, Francis passait chaque jour à la prison pour entrevoir le prêtre et en recevoir la bénédiction. Il finit par être remarqué et arrêté quelque temps.

Relâché, réconcilié dans l’Eglise catholique, il passa en France où il fut formé au Collège Anglais de Reims. Puis il fut ordonné prêtre à Douai en 1600.

Passé en Angleterre, il échappa de justesse à une première arrestation lorsque, sur le point de célébrer la messe, des «chasseurs de prêtres» firent irruption dans la maison. Il eut juste le temps de retirer les habits liturgiques, de cacher les objets du culte et de se mêler aux personnes présentes, venues pour prier. La maîtresse de maison l’aida à s’enfuir, mais fut elle-même arrêtée et plus tard exécutée pour avoir abrité un prêtre (il s’agit de Anne Line, voir au 27 février).

Francis fut finalement arrêté à son tour l’année suivante. En prison, il fut admis dans l’Ordre des Jésuites.

Condamné à mort pour le délit d’être prêtre, il subit le martyre avec ses confrères Robert Watkinson et Thomas Tichborne, par pendaison à Tyburn le 20 avril 1602.

Lui et Robert furent été béatifiés en 1929, Thomas à son tour en 1987.

 

 

Robert Watkinson

1579-1602

 

Né en 1579 à Hemingborough (Yorkshire), Robert reçut sa formation sacerdotale à Douai et Rome, avant d’être ordonné prêtre à Arras.

Aussitôt ordonné prêtre, en 1602, il traversa la Manche pour l’Angleterre. Peu de jours après son arrivée, il tomba malade et se soumit aux soins d’un pharmacien de Londres.

Tandis qu’il marchait dans la rue, il rencontra un inconnu, sous les traits d’un homme vénérable et âgé, qui le salua en ces termes : Que Jésus vous bénisse, Monsieur, vous me semblez malade et atteint de bien des infirmités ; mais ayez courage, car dans quatre jours, vous en serez guéri.

C’est ce qui arriva. En effet, un prêtre apostat le dénonça traîtreusement, et le samedi suivant, 17 avril, Robert fut arrêté, jugé, et condamné à mort pour le délit d’être prêtre.

Au matin du jour de l’exécution, il eut ce qu’il fallait pour célébrer la sainte Messe. Ceux qui purent assister, parmi lesquels Henry Owen, remarquèrent une lumineuse auréole sur sa tête, depuis la consécration jusqu’à la communion.

Robert n’avait que vingt-trois ans, et à peine un mois de sacerdoce.

Il fut exécuté à Tyburn le mardi 20 avril, avec Francis Page et Thomas Tichborne.

Robert et Francis furent béatifiés en 1929, Thomas en 1987.

 

 

Thomas Tichborne

1567-1602

 

Thomas était né à Hartley (Hampshire, Angleterre) en 1567, de Nicholas et Mary Myll. Il avait un frère, nommé aussi Nicholas.

Il fut formé à Reims et à Rome, et ordonné prêtre le jour de l’Ascension, 17 mai 1592.

Retourné dans son Hampshire natal, il put exercer son ministère jusqu’au début de 1597.

Arrêté et envoyé à la prison de Gatehouse (Londres), il s’échappa à l’automne 1598, avec l’aide de son frère Nicholas et d’un autre ami, Thomas Hackshot, qui furent pour cela exécutés peu après (mais ne font pas partie des Martyrs Bienheureux).

Trahi par un prêtre apostat, Thomas fut de nouveau arrêté ; condamné à mort le 17 avril 1602, avec James Duckett, Francis Page et Robert Watkinson. James fut exécuté le 19 avril, tandis que Thomas, Robert et Francis le furent le 20 avril 1602.

Il semble que Thomas Tichborne ait été oublié de toutes les listes. Il n’est pas même mentionné dans le Martyrologe, quoiqu’il soit recensé dans les béatifiés de 1987.

Dina Bosatta

1858-1887

 

Née le 27 mai 1858 à Pianello del Lario (Côme, Italie-nord) de Alessandro Bosatta (un producteur de soie) et de Rosa Mazzucchi, Dina était la sœur de Marcellina Bosatta. Elle avait aussi un frère.

Elle fut très vite orpheline de son père, qui mourut d’un infarctus à quarante-sept ans, en 1861. La Maman confia la soierie à son fils aîné, et la petite Dina à sa grande sœur, qui avait quinze ans. 

Dina reçut la Confirmation en 1868, et la Première communion l’année suivante.

Dina dut d’abord se contenter de l’enseignement que donnait le brave curé de Pianello chaque dimanche après-midi ; en contre-partie, elle lui rendait des services à la cuisine et à la sacristie.

Puis elle fut confiée aux Filles de la Charité (Canossiennes) de Gravedona Lario. Elle pensait entrer en religion chez elles, et commença le noviciat à Côme. Mais Dina, qui avait une faible constitution, se montrait trop introvertie, trop refermée sur elle-même et semblait plutôt destinée à une vie plus contemplative. Elle revint dans son pays, assez découragée.

Elle se lia, avec sa sœur Marcellina, à l’œuvre fondée par leur curé pour assister les vieillards et l’enfance abandonnée, l’hospice du Sacré-Cœur. Marcellina l’aida à dépasser son «blocage» et Dina put s’occuper avec fruits de l’instruction des petites filles. Elle y montra un zèle admirable pendant sept années.

A la mort de ce bon prêtre, arriva en 1881 don Luigi Guanella (voir au 24 octobre), qui donna un nouvel élan à l’œuvre : les pieuses femmes qui y travaillaient purent se consacrer, et Dina prit le nom de Chiara (Claire). Elle qui était si timide, fut chargée de la formation spirituelle des autres Sœurs et, comme telle, considérée comme co-fondatrice des Filles de Marie de la Providence, dont la devise était In omnibus caritas, en toutes choses l’amour du prochain.

Chiara n’était pas seulement maîtresse des novices : elle fut active à la paroisse auprès des enfants et des jeunes, et auprès des malades. Entre 1881 et 1882, elle rejoignit les Sœurs canossiennes de Gravedona, où elle pensait suivre une formation pour le diplôme d’enseignante de premier degré, qui était alors obligatoire. Mais le ministre de la culture retira cette obligation et Chiara resta dans cet hospice jusqu’en juillet, avant de revenir à Pianello, où on l’attendait : elle fut tour à tour infirmière, enseignante, formatrice de couture et broderie, et représentante de l’hôpital.

En 1884, les Canossiennes (qui, on s’en souvient, l’avaient écartée quand elle avait dix-huit ans), la rappelèrent pour diriger des travaux d’embellissement dans leur église. Elle pensait venu le moment de re-solliciter son admission chez elles, mais don Guanella eut la claire inspiration de lui dire que sa place était à Pianello, à l’hospice du Sacré-Cœur. 

Il y avait là tout un monde de Religieuses, postulantes, orphelines, vieillards, malades, mourants aussi… sans oublier la catéchèse des filles et les soins aux malades.

Cela ne suffisait pas. Chiara fut envoyée dans une école de Dongo, sur le lac de Côme, pour remplacer une institutrice. Elle y alla chaque jour à pied, exposée parfois aux moqueries des passants. Ce qui la soutint, fut son amour de l’obéissance, par laquelle Dieu lui donna beaucoup de grâces.

Don Guanella avait un frère, Lorenzo, qui voulait ouvrir une Citadelle de la Charité à Ardenno, et où le rejoignit Chiara. Elle devait se partager entre Ardenno et Pianello. Puis don Guanella put louer une maison à Côme, qu’il appela la Petite Maison de la Divine Providence. Ce fut encore Chiara qui fut appelée à diriger cette fondation, la future maison-mère de l’œuvre de don Guanella.

Celui-ci finit par transformer sa petite communauté en congrégation des Filles de Marie de la Providence.

Chiara fut frappée par beaucoup d’épreuves et de tentations intérieures ; elle se sentit coupable, une voix intérieure l’accusait. Cela dura plusieurs années, sans que personne ne s’aperçut de rien, sinon qu’on pouvait supposer qu’elle souffrait de sa faible constitution.

A l’automne 1886, la mauvaise saison fut la cause de plusieurs maladies parmi les patients. On manquait de couvertures et Chiara donna la sienne à une vieille dame. Elle en contracta une broncho-pneumonie, et une forte irritation des voies respiratoires, qui aboutirent à une phtisie généralisée.

Revenue à Pianello, elle dut garder le lit pendant cinq mois, et offrit sa vie pour la conversion des pécheurs et l’avenir de l’Œuvre. Le médecin lui conseilla de ne plus quitter son Pianello natal ; elle s’établit dans la cure de Pianello. La maladie empira et elle mourut saintement le 20 avril 1887, à vingt-neuf ans.

Elle a été béatifiée en 1991, gratifiée du titre de martyre de la charité, que lui donna le pape dans son homélie.

 

 

Dionís Domínguez Martínez

1911-1937

 

Dionís (Denys) était né le 24 janvier 1911 à Villoria de Órbigo (León, Espagne catalane), un des sept enfants de Miguel et Teodora, dont deux filles furent aussi religieuses.

Dionís fut baptisé dès le 25 janvier, reçut la Première communion en 1921 et fut confirmé en 1927. Sa mère désirait beaucoup qu’il devînt prêtre, mais elle fut tout aussi heureuse lorsque son fils lui exprima le désir d’être Frère Mariste.

Il entra en 1925 dans cette congrégation à Venta de Baños (Palencia) et commença le noviciat à Tuy en 1926 ; en 1927 il reçut l’habit et le nom de Doménec Ciríac ; un an après il faisait les premiers vœux et la profession perpétuelle en 1934.

Après Tuy, il fut envoyé à Madrid.

La congrégation était réellement sa famille, pour laquelle il se donna corps et âme. Il était entièrement ouvert aux directives du directeur du collège et n’avait d’autre souci que d’être un professeur zélé auprès de ses élèves. Il y réussit pleinement, mais pour peu de temps…

Le 18 juin 1936, il dut, comme les autres, quitter la maison de Madrid et trouver refuge chez des parents, pour lesquels il travailla comme vendeur de légumes au marché.

Or, en avril 1937, il fut convoqué pour le service militaire, à Valencia. Au moment où il retirait son sauf-conduit pour le voyage, il fut reconnu et dénoncé par un ancien élève du collège mariste.

Les deux autres Frères qui étaient avec lui purent prévenir une cousine, qui ne put jamais savoir ce qu’on avait fait du Frère Doménec.

On retrouva son corps dans une rue de Madrid et l’autopsie révéla qu’il avait été assassiné le 20 avril 1937. Le Frère Doménec avait vingt-six ans ; il fut béatifié en 2013.

 

 

Michel Coquelet

1931-1961

 

Ce martyr fait partie des 17 Martyrs du Laos, pour lesquels des notices sont en préparation.

Michel Coquelet naquit le 18 août 1931 à Wignehies (Nord), dans une famille nombreuse, très chrétienne, et reçut le baptême le 23 août suivant.

En 1935, la famille se transporte à Puiseaux (45), où la maman complète le maigre salaire du papa avec des ménages.

En 1942, Michel entre au collège de Pithiviers et, en 1945, au petit séminaire de Solesmes (59).

En 1948, après le baccalauréat, Michel entre au noviciat des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, à La Brosse-Montceaux (78), où on le note moyen, mais aussi plein d’humour.

Durant le service militaire au Maroc, il développera une grande compétence dans le soin des malades.

En 1956, il fut ordonné prêtre.

En 1957, il partit pour le Laos, comme il le désirait depuis longtemps.

Lui, l’élève moyen, fut d’abord professeur de français au petit séminaire de Paksane : un évêque exprimera plus tard sa joie d’avoir eu un si bon professeur de français.

En 1959, il fut envoyé dans le village de Sam Tom (Xieng Khouang), puis en 1961 à Phôn Pheng.

Le 20 avril 1961, dénoncé à la guérilla, il fut arrêté par des soldats qui prétendaient que son supérieur l’appelait à Xieng Khouang. Michel comprit leur mensonge. Laissant là sa bicyclette, il suivit les soldats et fut abattu non loin de la route en direction de Ban Sop Xieng. Il n’avait pas trente ans.

Ensuite les soldats allèrent détruire la chapelle de Sam Tom, où ils torturèrent et tuèrent aussi le chef du village et son secrétaire. De la chapelle on ne retrouva plus tard qu’un petit ciboire.

Michel Coquelet a été béatifié le 10 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 20 avril dans le Martyrologe Romain.

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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 19:00

Josep Domènech Bonet

1892-1936

 

Josep Domènech Bonet naquit le 6 septembre 1892 à Santa Coloma de Gramenet (Barcelone, Catalogne, Espagne E)

En 1909 il entra dans l’Ordre des Capucins et, à sa profession en 1913, prit le nom de Benet de Santa Coloma de Gramenet.

En 1915 il fut ordonné prêtre.

Successivement il fut maître des novices, définiteur provincial et gardien du couvent de Manresa.

Le 22 juillet 1936, quand la révolution s’était à peine déclanchée, le couvent fut occupé et dévasté par les anarchistes marxistes. Il faut dire ici que la Catalogne est certainement la région d’Espagne qui fut la plus touchée lors de cette guerre civile.

Le couvent ayant été gravement incendié, le p.Benet pria tous les Religieux qui s’y trouvaient, de l’évacuer entièrement et d’aller chercher refuge où la Providence le leur permettrait, qui chez l’habitant, qui chez des parents, qui… à la belle étoile.

Le p.Benet trouva une maison de campagne près de Manresa ; il y fut bientôt découvert par une troupe de miliciens : on voulut le faire blasphémer, ce qu’il refusa énergiquement. On le conduisit alors au lieu-dit La Culla et fut exécuté pour sa foi à Pont de Vilamura (Manresa) le 6 août 1936.

Le père Benet devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 6 août.

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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 18:58

Jaume Baríau Martí

1891-1936

 

Jaume Baríau Martí naquit le 25 juillet 1891 à Barcelone (Catalogne, Espagne E)

En 1906, il entra dans l’Ordre des Capucins et, lors de sa profession e, 1911, prit le nom de Josep Oriol de Barcelone.

En 1915, il fut ordonné prêtre.

C’était un homme très cultivé, et il enseigna la Liturgie, l’Hébreu et l’Histoire de l’Eglise à Sarrià et Barcelone, tout en résidant au couvent de Manresa.

Quand éclata la funeste Guerre civile en juillet 1936, il chercha refuge sous un toit accueillant, où il put au moins célébrer encore la Messe. Dans la journée, il portait discrètement la Communion, mais tout déplacement était surveillé et on l’arrêta le 24 juillet, alors qu’il portait l’Eucharistie à une pauvre Religieuse Clarisse, elle aussi réfugiée dans sa cachette.

Les miliciens communistes enlevèrent le p.Josep Oriol, le torturèrent et l’abattirent aux portes de Manresa le 24 juillet 1936, veille de son quarante-cinquième anniversaire.

Le père Josep Oriol devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 24 juillet.

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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 18:57

Joan Romeu Canadell

1882-1936

 

Joan Romeu Canadell naquit le 11 décembre 1882 à Sant Pere de Riudebitlles (Barcelone, Catalogne, Espagne E)

Il entra dans l’Ordre des Capucins et prit le nom de Domènec de Sant Pere de Riudebitlles et fut ordonné prêtre.

Il fut exécuté pour la Foi à Manresa le 27 juillet 1936.

Le père Domènec devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 27 juillet.

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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 23:00

 

19 AVRIL

 

III.

S Mappalicus, martyr à Carthage, avec d’autres compagnons : Bassus, Paulus, Fortunio, Fortunata, Victorinus, Victor, Heremius, Credula, Hereda, Donatus, Firmus, Venustus, Fructus, Iulia, Martialis, Ariston..

IV.

S Vincent, martyr à Collioure.

S Crescent, sous-diacre de l’évêque Zénobe à Florence.

Ste Martha, vierge martyre en Perse, martyrisée le jour de Pâques.

V.

S Paphnuce, martyr à Jérusalem, le père de ste Euphrosine (11 février), et peut-être le même que celui du 24 septembre.

VII.

S Floibert, abbé de deux monastères à Gand.

IX.

S Georgios, évêque à Antioche de Pisidie, mort en exil à cause des iconoclastes. 

S Jean le Paléolaurite, moine au désert de Sukka.

X.

S Tryphon, évêque à Constantinople pendant trois ans, moine.

Ss Lazare, roi, et sa fille Aza, venus d’Orient à l’abbaye de Moyenmoutier.

S Gerold, ermite dans le Wallgau, où il eut entre autres disciples, ses deux fils.

XI.

S Elphège, évêque à Winchester puis Canterbury, martyr des Danois. 

S Léon IX, pape (1049-1054), évêque à Toul et pape à quarante-sept ans ; avec Hildebrand, futur Grégoire VII, il combattit l'hérésie, la simonie, le concubinage des clercs, les investitures laïques, etc.

Ste Emma, sœur de s. Meinwerk, veuve allemande ; elle donna toute sa grande fortune aux pauvres. 

XII.

B Burchard, disciple chéri de s. Bernard, abbé à Bellevaux, fondateur aussi de Notre-Dame de Buillon (moutier et église maintenant disparus).

B Bernard le Pénitent, dont on ignore les graves “fautes” pour lesquelles il voulut embrasser l’état de pénitent ; il finit par être moine à Saint-Bertin.

XIII.

B Werner, enfant martyrisé par des Juifs à Wammenrat, le Jeudi Saint ; des reliques de lui arrivèrent à Besançon, où les vignerons le prirent comme patron.

B Corrado, franciscain à Ascoli, où il fut grand ami du futur pape Nicolas IV ; missionnaire en Afrique, professeur à Paris, il mourut juste avant d’être créé cardinal.

XVII.

B James Duckett, laïc anglais marié, converti au catholicisme, martyrisé avec celui qui l’avait trahi et qu’il convertit en prison.

XX.

Bx Ramón (*1875) et Jaime (*1878) Lluch Candell, prêtres des Fils de la Sainte Famille, martyrisés à Barcelone en 1937, béatifiés en 2013.

 

 

Mappalicus de Carthage

† 250

 

De Mappalicus - et de ses quinze Compagnons - on ne sait rien sur leur vie.

Mappalicus eut la douleur de voir «tomber» sa mère et sa sœur, qui renièrent leur foi. Au moment d’être arrêté, il leur envoya un message fraternel de paix, pour les encourager à se reprendre.

L’évêque s.Cyprien (v. 14 septembre) loue en termes magnifiques le courage, la fidélité, la mort glorieuse de ces Héros.

L’édit de persécution de Dèce parut au début de 250. Les arrestations commencèrent en avril. Le proconsul cherchait à affaiblir ses victimes par des tortures répétées, dans le but de les amener à l’apostasie.

Le 18 avril, au milieu de ses tortures, Mappalicus annonça au proconsul : Demain, tu verras le combat.

C’est en effet le 19 avril 250 que Mappalicus expira au milieu des tourments.

Avec lui, souffrirent aussi seize autre Athlètes du Christ, qui ne moururent pas ensemble, mais dans la même période : 

  • Bassus, dans une carrière
  • Paulus, juste après son interrogatoire
  • Fortunio, une fois remis en prison après des tortures et où il expira
  • Tous les autres, morts de faim en prison : Fortunata, Victorinus, Victor, Heremius, Credula, Hereda, Donatus, Firmus, Venustus, Fructus, Iulia, Martialis, Ariston.

Saint Mappalicus de Carthage et ses seize Compagnons sont commémorés le 19 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martha (Perse)

† 341

 

Se reporter à Pusicius et Martha (Perse), le 18 avril.

 

 

Georgios d’Antioche de Pisidie

† 818

 

Ce Georgios, distinct du Cypriote et du Syncelle, vécut à l’époque de la persécution iconoclaste. 

Il avait d’abord embrassé la vie monastique.

Devenu évêque d’Antioche de Pisidie, il refusa de renoncer au culte des Saintes Images et fut envoyé en exil où il eut beaucoup à souffrir.

Il mourut en exil.

Saint Georgios d’Antioche de Pisidie est commémoré le 19 avril dans le Martyrologe Romain.

Le site d’Antioche de Pisidie (act. Turquie SO) n’est qu’un champ de pierres. Détruite en 713 lors d’une nouvelle avancée des Sarrasins, elle fut supplantée par la nouvelle ville de Yalvaç.

 

 

Gerold de Großwalsertal

900-978 

 

Gerold naquit vers 900 en Rhétie (act. Allemagne S - Autriche), de famille noble.

Il aurait été marié et père ; en 970 cependant, se séparant de son épouse et de ses (grands) enfants, il quitta le monde, remit ses biens à l’abbaye d’Einsiedeln et vécut en ermite, dans une forêt du Wallgau sur la rivière de Lutz.

Il fut découvert dans sa retraite par Othon, comte de Jabgert, qui lui fit construire une église et un petit monastère.

Des disciples vinrent se ranger sous la conduite de Gerold, les premiers étant ses propres fils, Udalric et Cunon.

Il mourut à Frisun (act. Sankt-Gerold im Großen Walsertal) en 978.

Dans les propriétés de l’abbaye d’Einsiedeln se trouve un petit prieuré, où furent déposés les ossements de Gerold. Récemment, des fouilles les ont remis à jour.

Saint Gerold de Großwalsertal est commémoré le 19 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Elphege

954-1012

 

Elphege (ou Alphege) s’appelait aussi Godwine : né en 954, il suivit l’appel de Dieu et quitta sa mère toute jeune veuve.

Après un séjour au monastère de Deerhurst (comté de Gloucester), il s’orienta vers une vie plus solitaire et se construisit une cabane près de Bath, où le rejoignirent d’autres compagnons. Ainsi naquit un monastère, dont Elphege devint abbé, en 970 : il avait seize ans !

Un de ses avis aux moines était d’éviter le “mensonge d’action”, en prenant l’habit religieux sans en garder le véritable esprit.

En 984, l’archevêque de Cantorbury, saint Dunstan, eut révélation de choisir Elphege pour succéder à Ethelwold comme évêque de Winchester ; ayant fini par céder, il fut consacré le 19 octobre.

Ce fut un évêque très austère pour lui-même, rempli de charité pour les pauvres, au point qu’on ne rencontrait plus de mendiant dans Winchester. Il concentra tous ses efforts pour amener à la conversion les païens du nord de l’Angleterre. Il reçut le roi norvégien Olaf et lui administra la Confirmation.

Elphege fut ensuite choisi pour succéder à saint Dunstan à Cantorbury. Parti à Rome pour recevoir le pallium, il fut dépouillé et renvoyé par les habitants d’une petite localité de l’Italie du nord : comme un incendie se déclara juste après, les habitants coururent chercher Elphege pour lui demander pardon, et sur sa prière l’incendie épargna la ville (mais on ne connaît pas le nom de cette localité).

Dans son diocèse, Elphege réprima les abus et restaura la discipline ; il fit établir le jeûne du vendredi (concile d’Enham en 1009).

Les Danois vinrent ravager le royaume et Elphege s’employa à secourir les populations éprouvées, mais aussi à convertir les envahisseurs. Ce fut le signal de son sacrifice.

Les barbares massacrèrent sans pitié les habitants, assaillirent la cathédrale où s’étaient réfugiés Elphege et ses moines, y mirent le feu, firent périr une partie des moines et capturèrent l’archevêque, espérant en tirer une bonne rançon. Sur ces entrefaites, une grave épidémie ravagea les rangs danois, qui recoururent aux prières du prélat et recouvrèrent la santé, le jeudi saint 1012. 

Mais les chefs danois ne renonçaient pas à la rançon qu’ils avaient exigée ; à quoi le pauvre Elphege fit remarquer qu’après la destruction de la ville, il ne restait rien à leur donner. Aussi les barbares se jetèrent sur lui, le frappèrent avec leurs haches, le lapidèrent avec tout ce qu’ils trouvaient sous la main, tandis qu’Elphege, comme autrefois saint Etienne, priait : “Jésus, bon et incomparable pasteur, aie compassion des enfants de ton Église, que je te recommande en mourant”. Un Danois, d’ailleurs confirmé la veille par le même Elphege, l’acheva en lui fendant la tête avec sa hache.

Le martyre d’Elphege eut donc lieu il y a mille ans, le samedi de Pâques, 19 avril 1012.

Son corps fut plus tard transporté à Londres, puis à Cantorbury. Dès 1078, il fut reconnu comme martyr, et vénéré comme saint. Le Martyrologe le mentionne effectivement au 19 avril.

 

 

Léon IX

1049-1054

 

Léon IX fut le cent cinquante-deuxième pape, successeur de Damase II. Le très agité 11e siècle vit se succéder sur le siège de Pierre vingt-deux papes et quatre anti-papes.

Baptisé Bruno au baptême - certains disent Brunon, les deux sont possibles - il était né le 21 juin 1002 au château d’Egisheim en Alsace, de Hugo et Hedwige, qui étaient de l’aristocratie. Sa sœur, Gepa, devint abbesse de Neuß.

Bruno fut confié à cinq ans à l’école épiscopale de Toul, où il se montra extrêmement doué pour les études, qu’il accomplit avec rapidité.

Durant son adolescence, Bruno fut un jour durant son sommeil agressé au côté droit du visage par quelque bête venimeuse : réveillé par la douleur, Bruno put se débarrasser de la bête, mais resta longtemps blessé. Une nuit, il vit un saint moine lui faire le signe de la croix sur les lèvres et les parties tuméfiées, après quoi la guérison complète se fit en quelques jours : Bruno fut toujours convaincu qu’il s’était agi de saint Benoît, en récompense pour l’action bienfaitrice de ses parents en faveur des monastères.

Bruno entra dans la cléricature, il était diacre à vingt-trois ans (et probablement prêtre à vingt-quatre), quand on le proposa pour succéder à l’évêque défunt de Toul. L’empereur Conrad voulut le faire sacrer à Rome par le pape, mais Bruno refusa humblement, par égard pour son métropolite, l’archevêque de Trêves qui le sacra à Trèves. C’était en 1027, Bruno avait vingt-cinq ans.

Une des priorités du nouvel évêque, fut l’attention aux monastères, surtout bénédictins. Il agrégea à Cluny les deux abbayes de Saint-Mansuy et Moyenmoutier, où il nomma des abbés choisis parmi les moines en remplacement des abbés laïcs indignes ; il acheva l’abbaye de moniales de Poussay.

Lors d’une malheureuse guerre entre Eudes de Champagne et Conrad de Bourgogne, il vendit les vases sacrés pour venir en aide aux populations malheureuses.

Chaque jour, Brunon priait beaucoup, veillait la nuit, il priait particulièrement saint Pierre, et fit chaque année le pèlerinage à Rome. Une année que sa suite avait été frappée par une contagion, il trempa une relique de saint Epvre dans du vin, qu’il distribua aux malades : la contagion disparut. Une année où il fut particulièrement éprouvé intérieurement, il se fit une nuit porter devant l’autel de saint Blaise, où il fut ravi en extase : saint Blaise vint le soigner ; sortant de l’extase, il sentit ses forces revenir et put chanter tout l’office de nuit avant de revenir chez lui à pied.

Ces épreuves avaient été plusieurs deuils de sa famille : deux frères, ses parents, l’empereur Conrad moururent, et son beau-frère subit une condamnation et une excommunication.

Le pape Damase II mourut en 1048. A cette époque, le choix du pape devait avoir l’agrément de l’empereur, et ce fut Bruno qui fut désigné à l’unanimité. Il prit le temps de célébrer Noël dans son diocèse, et arriva à Rome le 2 février 1049, où il fut acclamé.

Avec le nom de Léon IX, Bruno commença alors une campagne en règle contre deux abus qui sévissaient dans le clergé : la simonie et l’incontinence des clercs. Un premier synode romain ne réunit que peu d’évêques ; il le compléta par d’autres synodes tenus en diverses localités, dans l’ordre : Pavie, Reims, Mayence, Salerne, Siponto, Rome, Mantoue (où ses ennemis pénétrèrent dans l’église-même pour en empêcher les débats.

En dehors de ces synodes, le pape s’arrêta aussi en diverses localités : entre autres à Toul, dont il conserva l’administration, mais il parcourut les diocèses d’Italie, la Bourgogne et l’Alsace, les villes d’Allemagne. L’archevêque Berthald de Besançon fut déposé ; le duc de Basse-Lorraine fut excommunié jusqu’à ce qu’il fît pénitence ; l’abbé de Pothières fut déposé ; l’évêque de Langres excommunié ; l’hérésiarque Bérenger fut excommunié. Le schisme de Michel Cérulaire s’étant accentué, les légats du pape durent l’excommunier au nom de Léon IX.

Une expédition malheureuse contre les Normands de basse Italie tourna finalement en faveur du pape : les Normands se soumirent à lui et se constituèrent ses vassaux.

En février 1054, il sentit que son heure approchait. Il revint à Rome et se fit porter devant l’autel de saint Pierre. Le 17 avril, il annonça sa mort pour le 19. Le 18 il se fit porter encore une fois devant l’autel de la Confession, où il s’endormit pour son dernier sommeil. 

Selon une autre version, Léon IX avait fait venir tout le clergé romain en la basilique Saint-Pierre le 19 avril ; il leur adressa la parole une dernière fois et, s’étant retourné vers l’autel, il se signa et s’écroula, mort.

Il s’éteignit au matin du 19 avril 1054, après un pontificat de cinq années, deux mois et sept jours.

On grava sur sa tombe le distique suivant : 

 

Victrix Roma dolet, nono viduata Leone        

Ex multis talem non habitura Patrem.        

 

Rome victorieuse souffre, devenue veuve de Léon IX,

Parmi tant d’autres, elle n’aura plus un tel Père.

 

Dans les quarante jours qui suivirent les funérailles de Léon IX, on put attribuer au défunt soixante-dix guérisons extraordinaires. En 1087, la canonisation populaire fut officiellement ratifiée, selon l’usage de l’époque. Lors d’une exhumation des restes en 1606, le corps fut trouvé en parfaite conservation.

Le successeur de Léon IX fut Victor II.     

 

 

Werner d’Oberwesel

1271-1287

 

L’histoire de ce garçon fut longtemps considérée comme véridique ou au moins vraisemblable. Ce n’est pas la seule du genre, et pourrait avoir pris naissance dans un milieu anti-sémite.

Werner donc, serait né à Womrath (Bacharach, Rhénanie-Palatinat, Allemagne) d’un vigneron qui le laissa orphelin assez tôt. 

Sa mère s’étant remariée, son beau-père le maltraita suffisamment pour lui faire quitter la maison.

Il se mit ainsi au service d’un Juif d’Oberwesel, tout en conservant ses habitudes chrétiennes de l’enfance.

Le Jeudi saint, 19 avril 1287, le garçon de seize ans assista à l’office et communia. Sur le chemin du retour, une bande de malfaiteurs l’arrêta ; on voulait lui faire rendre l’Hostie. Pour cela, ils le maltraitèrent, le pendirent par les pieds jusqu’à le faire vomir, puis s’acharnèrent sur lui, lui ouvrant les veines et, finalement, le firent mourir.

La nuit suivante, ils voulurent noyer le corps dans le Rhin, mais n’y parvenant pas, l’enfouirent dans un trou quelque part à Bacharach.

Le corps fut découvert et enterré décemment à Saint-Cunibert de Bacharach ; des miracles attestèrent la sainteté et le martyre du jeune adolescent.

La rumeur du crime fanatique, durant la Semaine Sainte, tourna vite en celle de crime rituel anti-chrétien, et l’on accusa les Juifs. Peut-être s’agit-il d’ailleurs d’un crime sexuel. Une vingtaine de Juifs furent arrêtés et exécutés. 

L’empereur Rudolf ordonna de verser une «rançon» réparatrice à la communauté juive, et de brûler le corps de Werner, mais ses ordres ne furent pas exécutés.

Au 15e siècle, une église fut élevée en l’honneur de Werner ; au 16e siècle, des reliques (un doigt) arrivèrent à l’église Sainte-Madeleine de Besançon, où les vignerons prirent Werner pour leur patron, sous le nom de Vernier, et ceux d’Auvergne sous le nom de Verny.

En réalité, Werner n’a pas été béatifié officiellement.

Une des ombres évidentes de ce récit est l’impossibilité où les malfaiteurs se sont trouvés de «noyer» le corps de leur victime dans le Rhin : le corps serait-il devenu soudain trop pesant pour leurs bras ? ou serait-il revenu sur la berge du fleuve malgré le courant ? Par ailleurs, comment a-t-on découvert ce corps «par hasard», justement au moment de Pâques ?

Récemment, en 1963, le diocèse de Trier fit rayer le nom du «martyr Werner» dans son calendrier.

Une telle histoire fait frissonner. Que Dieu pardonne aux uns et aux autres, qu’ils soient les assassins ou les auteurs de la légende… Werner serait bien inspiré de nous révéler la vérité.

 

 

Corrado d’Ascoli

1234-1289

 

Corrado (Conrad) était de la noble famille des Miliani et naquit à Ascoli le 18 septembre 1234, le lendemain du jour anniversaire où François d’Assise reçut les stigmates (cette commémoration se faisait jusqu’au récent Concile Vatican II).

Un religieux franciscain avait prédit à la mère de Corrado que son enfant serait un Saint. Or Corrado eut l’esprit prophétique dès l’enfance : toutes les fois qu’il rencontrait un certain petit garçon du nom de Girolamo (Jérôme) Massi, il s’agenouillait devant lui avec révérence : ce garçon se lia d’amitié avec Corrado, et devint plus tard le pape Nicolas IV.

Corrado et Girolamo furent inséparables : ils entrèrent ensemble dans l’Ordre franciscain à Ascoli, d’où ils furent envoyés à Assise puis à Pérouse.

Par humilité, Ils auraient voulu éviter l’honneur du doctorat, mais un ange les avertit de suivre la volonté de leur supérieur. Puis ils prêchèrent à Rome plusieurs années.

Girolamo devint supérieur général de l’Ordre, et permit à Corrado de passer en Afrique, où il convertit de nombreuses familles d’idolâtres. Sa prédication avait pour centre le Mystère de la Sainte Trinité.

Corrado était si adonné à la méditation de la Passion, qu’il ne pouvait penser à autre chose, surtout le Vendredi saint. Ce jour-là chaque année, Notre-Seigneur lui apparaissait crucifié, couronné d’épines, et le faisait participer à ses souffrances depuis minuit jusqu’à la neuvième heure.

Comme le Sauveur, Corrado guérissait les malades, rendait la vue aux aveugles, faisait marcher les paralytiques, chassait les démons. Il ressuscita deux morts.

Il se mortifiait sévèrement, couchant sur une planche, dormant peu, marchant nu-pieds, jeûnant au pain et à l’eau quatre fois par semaines. Les mardis et les jeudis il priait spécialement pour les âmes du purgatoire.

Revenu à Rome, il prêcha deux années, passa à Paris pour enseigner la théologie ; le dimanche il prêchait et trouvait encore le temps de visiter les malades.

C’est alors que Nicolas IV le rappela à Rome, sans lui dire pourquoi : il voulait le faire cardinal. Mais Corrado tomba malade en chemin, justement à Ascoli.

Il prédit le jour et l’heure de sa prochaine mort, et mourut effectivement le 19 avril 1289.

En 1371, on voulut exhumer son corps, qu’on trouva incorrompu et exhalant une merveilleuse fragrance.

Le culte de Corrado d’Ascoli fut approuvé au 19e siècle, mais notre Bienheureux s’est humblement retiré du Martyrologe.

 

 

 James Duckett

?-1601

 

Né à Gilfortrigs (Skelsmergh, Westmoreland, Angleterre), James grandit dans le protestantisme. Son parrain fut James Leybourbe de Skelsmergh, qui fut martyrisé lui aussi.

Il semble que James ait trouvé la foi catholique durant les années où il fut apprenti à Londres,  après la lecture de livres catholiques.

Avant-même d’être reçu dans l’Eglise, il subit la prison par deux fois, pour n’avoir pas assisté aux offices protestants. Il fut contraint de transiger pour son apprentissage : son employeur (chez lequel il avait trouvé les livres en question) intercéda à chaque fois pour obtenir sa libération, mais le pria ensuite de changer d’employeur.

Il put enfin entrer dans l’Eglise catholique, grâce à un vénérable prêtre nommé Weekes, lui aussi en prison à Gatehouse (Westminster).

Deux ou trois ans après, vers 1590, James épousa une veuve catholique mais, des douze années que dura cette vie conjugale, il en passa pas moins de neuf en prison, à cause de son zèle pour propager la littérature catholique, tant il était convaincu dans sa nouvelle foi.

C’est son fils John, devenu chartreux, qui put raconter plus tard ce qu’il savait de son père.

Sa dernière arrestation fut le résultat d’une trahison : Peter Bullock, un relieur mis en prison, avait donné son nom pour obtenir sa propre libération. Le 4 mars 1601, la maison de James fut fouillée, on y trouva des livres catholiques, et James fut immédiatement transféré à Newgate.

Durant le procès, Bullock témoigna qu’il avait relié des livres catholiques pour James, qui reconnut le fait. Le barreau ne jugeait pas coupable James, mais le Juge fit remarquer que James Duckett avait fait relier un livre particulièrement odieux aux Anglicans pour son contenu virulent. Le jury modifia alors son verdict, déclara James coupable de crime et le condamna à mort. 

En même temps, on condamna trois prêtres : Francis Page, Thomas Tichborne, Robert Watkinson, qui furent exécutés le lendemain. 

Le traître Bullock ne sauva pas sa peau pour autant : il fut emmené dans la même charrette à Tyburn. En chemin, on tendit un verre de vin à James, qui le but et le tendit à son épouse en lui demandant de boire aussi pour Bullock, en lui pardonnant. L’épouse refusait, mais James la «gronda» gentiment, jusqu’à ce qu’elle acceptât.

Parvenus à la potence, James pensait toujours à son traître : il l’embrassa et le conjura de mourir dans la foi catholique. Malheureusement, il ne semble pas que Bullock ait consenti.

C’était le 19 avril 1601.

James Duckett fut béatifié en 1929.

 

Ramón Llach Candell

1875-1937

 

Ramón naquit le 24 mai 1875 à Torelló (Barcelone, Espagne), de Vicente et Concepción.

Des neuf enfants de la nombreuse fratrie, quatre furent membres des Fils de la Sainte Famille (trois prêtres et un frère), deux furent clarétins, une religieuse, et deux furent des épouses chrétiennes. 

En 1887, Ramón entra au collège de Palomar, où il étudia le latin, la rhétorique, la poésie, la philosophie et les premiers éléments de théologie dogmatique et morale.

En 1888, il commença le noviciat et fit les premiers vœux à Cambrils en 1894.

Après la profession solennelle (1897), il reçut l’ordination sacerdotale en 1899.

Il fut très vite destiné à l’enseignement, particulièrement des mathématiques où il excellait. Professeur remarquable, il fit partie de la commission pour l’enseignement et, en 1926, participa au pélerinage à Rome du Magistère National.

Travailleur persévérant, le père Ramón écrivit dans le bulletin de l’Institut, autant en latin qu’en catalan et en espagnol. 

Homme pédagogique et de gouvernement, il eut à diriger plusieurs maisons, y laissant le souvenir de quelqu’un de sérieux dans son travail, en même temps qu’agréable par son entrain.

En 1936, il se trouvait à Les Corts, comme économe et professeur. Il s’en vint à Girona jusqu’au début de 1937, puis rejoignit Barcelone pour enseigner à l’Académie Guiu, en attendant des jours meilleurs.

Mais voilà que le 17 avril 1937, dans l’après-midi, des miliciens vinrent arrêter Ramón et son frère Jaime. Les deux prêtres furent conduits au poste central, puis à la prison San Elías.

Deux jours après, le 19 avril 1937, ils furent conduits au cimetière de Montcada, où on les fusilla.

On n’a pas pu identifier ses restes ; sa mort fut inscrite sur un registre de Barcelone.

Le père Ramón, ainsi que son frère Jaime, furent béatifiés en 2013.

 

 

Jaime Llach Candell

1878-1937

 

Jaime naquit le 1er octobre 1878 à Torelló (Barcelone, Espagne), de Vicente et Concepción.

Des neuf enfants de la nombreuse fratrie, quatre furent membres des Fils de la Sainte Famille (trois prêtres et un frère), deux furent clarétins, une religieuse, et deux furent des épouses chrétiennes. 

Sur les traces de son frère aîné Ramón, Jaime entra à son tour dans le même institut des Fils de la Sainte Famille, où il reçut l’ordination sacerdotale.

Il fut vicaire et économe au collège de Vilafranca del Penedés, ainsi qu’examinateur général.

Comme Ramón, il possédait une vaste culture, autant ecclésiastique que civile, et particulièrenet dans les sciences et les mathématiques.

Après Vilafranca, il fut à Vilatorta, jusqu’à la guerre civile.

En 1936, il accompagna son frère Ramón à Girona jusqu’au début de 1937, puis rejoignit Barcelone, en attendant des jours meilleurs.

Mais voilà que le 17 avril 1937, dans l’après-midi, des miliciens vinrent arrêter Ramón et son frère Jaime. Les deux prêtres furent conduits au poste central, puis à la prison San Elías.

Deux jours après, le 19 avril 1937, ils furent conduits au cimetière de Montcada, où on les fusilla.

On n’a pas pu identifier leurs restes ; leur mort fut consignée sur un registre de Barcelone.

Le père Jaime, ainsi que son frère Ramón, furent béatifiés en 2013.

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