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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 23:00

 

18 AVRIL

 

II.

S Calocer, chef des soldats, martyr à Albenga.

Ss Eleuthère, évêque, et sa mère Anthia, martyrs à Rome ; on ne peut dire clairement où Eleuthère fut évêque.

IV.

Ss Elpidius, Hermogenes, Caius, Aristonicus, Rufus et Galatas, martyrs à Mélitène.

S Pusicius, intendant des travaux du roi Sapor, qui se convertit au moment du martyre de s. Siméon (voir 17 avril) : on lui fit un trou dans le cou pour lui arracher la langue et il devint aussi martyr.

VI.

S Eusebius, évêque à Fano, peut-être mort prisonnier à Ravennecomme le pape Jean Ier.

VII.

S Laserian (Molassus), d’origine écossaise, moine et apôtre en Irlande, évêque.

VIII.

S Ursmer, abbé à Lobbes (et évêque), apôtre de la Flandre.

Ss Hidulphe et Aya, deux époux consacrés dans la continence parfaite, ensuite retirés lui à Lobbes, elle à Châteaulieu ; Aya est invoquée contre les procès injustes. 

S Wicterp, évêque à Augsburg.

IX.

Ste Anthousa, vierge, fille de l’empereur Constantin Copronyme.

S Ioannis l’Isaurien, champion de l’orthodoxie contre les iconoclastes. 

S Perfecto, prêtre martyr à Cordoue.

Ste Athanasia, deux fois veuve, puis abbesse dans l’île d’Egine et thaumaturge.

S Cosmas, évêque à Chalcédoine, victime des mauvais traitements des iconoclastes. 

XI.

S Gébuin (Jubin), évêque à Lyon.

XII.

B Idesbald, abbé cistercien à Notre-Dame des Dunes, grand promoteur du chant liturgique..

S Galdino della Sala, évêque à Milan ; il travailla beaucoup à rallier toute sa région au pape légitime.

XIII.

B Bertrand de Garrigues, un des premiers compagnons de s.Dominique et son confident, prieur à Toulouse, chapelain des sœurs dominicaines à Prouille (le 6 septembre au Martyrologe).

S Bartolomeo (Amadio) Amidei, un des Fondateurs de l'Ordre des Servites de Marie, fêté le 17 février.

XV.

B Giacomo d’Oldo, de Lodi ; lui et sa femme étaient assez frivoles, mais devinrent tous deux tertiaires franciscains ; il fut prêtre.

B Andrea de Montereale, pieux berger des Abruzzes, entré chez les augustins à quatorze ans, provincial pour l’Ombrie, prédicateur en Italie et en France.

XVI.

B Ioannis de Ioannina, tailleur, martyr ; il abandonna la mahométisme et fut brûlé vif à Constantinople.

XVII.

B Andrea Hibernon, franciscain puis carme espagnol, mystique ; il aimait les travaux les plus humbles, et travaillait à convertir les Maures. 

Bse Barbe (Madame Acarie, puis Marie de l'Incarnation) Avrillot, fondatrice française de nombreux Carmels réformés dans l'esprit de ste Thérèse d'Avila ; veuve, elle fut simple converse carmélite à Amiens, puis à Pontoise.

XVIII.

B Joseph Moreau, prêtre martyr à Angers, béatifié en 1984.

XIX.

B Luca Passi, prêtre italien, fondateur de l'institut des Sœurs Maîtresses Dorothéennes, béatifié en 2013.

XX.

Bse Savina Petrilli (1851-1923), italienne, fondatrice des Sœurs des Pauvres de Sainte-Catherine de Sienne, pour les enfants abandonnés et toutes personnes démunies ; béatifiée en 1988.

B Roman Archutowski (1882-1943), prêtre polonais et martyr au camp de concentration de Majdanek, mort le jour des Rameaux, béatifié en 1999.

B Louis Leroy (1923-1961), prêtre français des Oblats de Marie Immaculée, martyr au Laos, béatifié en 2016.

Pusicius et Martha (Perse)

† 341

 

L’empereur de Perse Sapor II (310-381) considérait comme ennemis personnels tous ceux qui avaient quelque lien avec l’empire romain : les Chrétiens, liés à l’Eglise de Rome, étaient forcément, selon lui, des alliés de l’empire romain.

Vers 341-344, il décréta contre les Chrétiens un très lourd impôt ; lorsque l’un d’eux refusa de le payer, ce geste fut considéré comme un acte de rébellion, synonyme d’activité subversive contre l’empereur de Perse.

Ce fut l’occasion d’une violente persécution. Ayant refusé d’adorer le soleil, l’évêque Siméon bar Sabas fut décapité après l’exécution d’une centaine d’autres Compagnons, évêques, prêtres, diacres et autres clercs, qui furent égorgés sous ses yeux, le 17 avril.

Avec saint Siméon furent aussi décapités deux prêtres, Habdelai et Ananias. Ce dernier avait été soudain pris d’un tremblement juste avant d’être exécuté. C’est alors qu’intervint Pusicius, qui venait d’être créé intendant des travaux du roi, chrétien en secret. Il exhorta fortement Ananias : Courage, ferme un instant les yeux et tu les ouvriras à la lumière du Christ.

Pusicius fut saisi sur-le-champ et conduit devant Sapor. Pusicius déclara : Je voudrais échanger cet honneur plein de troubles et de peines contre leur foi ; la mort qu’ils endurent est à mes yeux le comble du bonheur. 

Sapor ordonna de lui faire subir un atroce supplice : lui percer le cou et lui arracher la langue.

Ainsi mourut glorieusement saint Pusicius, en ce Samedi Saint de 341. 

Le lendemain, jour de Pâques, fut à son tour exécutée la fille de Pusicius, Martha, qui était vierge et fut accusée de christianisme.

Le Martyrologe mentionne saint Siméon bar Sabas le 17 avril, saint Pusicius le 18 avril, sainte Martha le 19 avril.

Une autre source, orthodoxe, retient plutôt la date du 13 avril 344 pour saint Siméon, et les jours suivants, jusqu’au 23 avril, pour les autres. Il y aurait eu en tout onze cent cinquante Martyrs. 

 

 

Hermogenes et Elpidius

4e siècle ?

 

L’actuel Martyrologe mentionne le 18 avril deux Martyrs, Hermogenes et Elpidius, qui étaient autrefois accompagnés de quatre autres : Caius, Aristonicus, Rufus, Galatas.

Le martyre de ces héros du Christ aurait eu lieu à Mélitène (Arménie) au 4e siècle, selon des traditions invérifiables.

Il convient toutefois de s’arrêter sur Elpidius, dont le nom fut édulcoré en Expeditus, et qui fut favorisé d’une popularité pour le moins ingénieuse.

Le nom-même d’Expeditus engendra en Allemagne une dévotion assez vive, qui faisait du glorieux Martyr le patron des causes urgentes. On le représenta écrasant du pied un corbeau, dont le cri (Cras !) signifie en latin Demain.

Cette explication est peut-être juste. Mais il faut reconnaître que ce «faux» Saint est très efficace.

Saint «Expédit» était autrefois vénéré le 19 avril ; Hermogenes et Elpidius, alias Expeditus, sont aujourd’hui commémorés le 18 avril.

 

 

Eusebius de Fano

† 541

 

Eusebius fut nommé évêque de Fano, septième de ce titre, en 502.

On sait qu’il établit une école pour ses clercs, ce qu’on appellerait aujourd’hui un séminaire.

Le pape était alors s.Symmaque (v. 19 juillet), dont l’élection avait été contestée : deux conciles à Rome avaient proclamé sa légitimité et banni ses adversaires. Eusebius faisait partie des pères conciliaires.

Lorsque le pape Jean Ier (v. 18 mai) dut aller à Constantinople pour rencontrer l’empereur, Eusebius l’accompagnait ; au retour, ils furent tous deux mis en prison à Ravenne par le roi Théodoric.

Certains ont cru qu’Eusebius s’éteignit dans cette prison en 526, un mois environ avant Jean Ier ; c’est aussi la date indiquée dans le Martyrologe Romain ;  mais comme le successeur d’Eusebius - dont on ignore le nom - fut nommé en 541, il est difficile d’imaginer que ce diocèse fût vacant pendant une quinzaine d’années ; on peut donc supposer une date plus tardive pour la mort d’Eusebius, soit en prison à Ravenne, soit à Fano, vers 540.

Saint  Eusebius de Fano est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Laserian de Leighlin

† 639

 

Laserian (Lasserian Laisren), nommé aussi Molassus ou Molaisse (ce qui signifie saint Laserian), vit le jour en Irlande, où ses parents avaient été exilés. Sa mère, Gemma, descendait du roi d’Ecosse Áedán. Il avait un frère, Goban (v. 20 juin).

Sa mère le conduisit, jeune encore, dans sa terre natale, mais il revint en Irlande se mettre sous la sainte conduite de s.Fintan (v. 17 février), à Iona, croit-on.

Il se rendit à Rome, où le pape Grégoire 1er le reçut (598) et lui confia la mission d’évangéliser l’Irlande.

Plus tard, Laserian se rendit une seconde fois à Rome, où le pape Honorius Ier le sacra évêque, et le nomma son légat pour l’Irlande. Il le chargea en particulier de convaincre les Irlandais à adopter la date romaine de Pâques. On rappellera ici que s.Fintan tenait farouchement au calendrier irlandais. Mais après le concile de Magh-Lene (631), les évêques irlandais passèrent au calendrier romain.

En 637, Laserian remplaça son frère s.Goban à la tête du monastère de Leighlin, lorsque celui-ci gagna la Gaule.

Laserian mourut en 639.

Saint Laserian de Leighlin est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ursmarus de Lobbes

644-713

 

Ursmarus (Ursmar ou Ursmer) naquit le 27 juillet 644 à Floyon (Avesnes-sur-Helpe, Nord).

Sa naissance fut précédée - et suivie - de faits merveilleux. L’enfant montra très tôt des signes d’une grande piété et d’une sagesse prématurée. Sa mère et sa marraine se préoccupèrent de lui procurer une instruction solide, successivement complétée par l’approfondissement des sciences profanes et de l’Ecriture.

S.Amand (v. 6 février) remarqua ce jeune homme exceptionnel, l’admit dans les rangs de la cléricature et lui conféra le sacerdoce (670).

Les premières missions d’Ursmarus le conduisirent à La Fagne et en Thiérache, et furent couronnées d’un grand succès.

C’est alors que le comte Hidulphe, dûment appuyé par le maire du palais Pépin de Herstal, réussirent à convaincre Ursmarus de prendre la direction du monastère de Lobbes, que son fondateur, s.Landelin (v. 15 juin) avait quitté pour embrasser la vie érémitique. Ursmarus acheva la construction de l’abbaye, en assura les revenus, et réussit à mettre les moines sur un réel chemin vers la sainteté.

Ursmarus voulut aussi apostoliser les Ménapiens et les Morins et, pour obtenir d’abondantes grâces, fit le pèlerinage à Rome. Il emportait avec lui des lettres cachetées avec le sceau de Pépin d’Herstal à l’adresse du pape ; Ursmarus les lui remit, sans savoir que, justement, Pépin y suppliait le pape de consacrer évêque Ursmarus. Le pape n’eut pas de difficulté à se convaincre de la dignité d’Ursmarus : il le sacra évêque et lui donna de grands pouvoirs pour ordonner des prêtres et édifier des églises dans toute la région du Hainaut et de la Flandre.

En 697, Ursmarus consacra l’église de son monastère de Lobbes. On lui remit aussi le domaine d’Oudenbourg, ainsi que la ville de Zegelsem, où s’élevèrent bientôt des nouveaux sanctuaires.

Ursmarus avait un régime très sévère : ni viande, ni poisson, et de l’eau comme unique boisson. Et bien qu’il souffrît près de dix années de violents maux de dents, il ne le laissa jamais paraître, conservant un inaltérable visage rayonnant de joie. On le dépeignait comme un maître habile dans les Ecritures, un vrai pasteur, un gardien des âmes, père des veuves et des orphelins, libérateur des captifs.

Peu avant de mourir, il remit sa charge dans les mains de son disciple Ermin (v. 25 avril) et s’éteignit doucement le 18 avril 713.

Les miracles qui se produisirent sur son tombeau aboutirent à sa canonisation en 823. S.Ursmarus est invoqué pour la santé des enfants, en particulier à la Fontaine de saint Ursmer, près de Floyon. Au 10e siècle, à l’approche des hordes magyares, les populations invoquèrent saint Ursmer, et une pluie orageuse vint immédiatement semer la panique chez l’envahisseur, qui recula.

Saint Ursmarus est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anthousa de Constantinople

757-811

 

La naissance d’Anthousa (Anthuse) est déjà une histoire.

L’empereur Constantin Copronyme, après son père, avait soutenu la lutte iconoclaste ; or, une recluse nommée Anthousa, qui vivait près de Constantinople, eut la hardiesse de soutenir au contaire le culte des saintes Images, au point que l’empereur la fit arrêter et s’apprêtait à lui faire subir mille mauvais traitements ; sa troisième épouse, Eudokia, obtint par ses larmes insistantes la grâce de cette recluse, laquelle, en retour, annonça à l’impératrice, qu’elle mettrait bientôt au monde une fille : c’est celle dont on va parler maintenant.

La petite fille naquit vers 757 et reçut à son tour le nom d’Anthuse. Elle grandit dans la crainte de Dieu et loin des déviations de son père. Celui-ci voulut la marier, mais elle s’y opposa de toute son âme.

A partir de 775, à la mort de Constantin Copronyme, Anthuse renonça à toutes les faveurs de la cour, abandonna à son frère aîné Léon tous ses droits à la couronne et ne se réserva que la disposition de ses biens, pour réparer les monastères détruits par son père, racheter des Chrétiens réduits en esclavage par les Musulmans, et se donner à maintes bonnes œuvres : elle devint la mère des orphelins et des enfants abandonnés, elle les réunissait et les instruisait, elle assistait les mourants, créait des hospices pour les malades et les vieillards pauvres, qu’elle allait soigner personnellement.

Sur la fin de sa vie, elle reçut le voile des femmes consacrées, des mains du patriarche Tarasios (v. 18 février) et se retira dans le monastère d’Euménie, où elle mourut à une date qu’on fait varier entre 790 et 811.

Sainte Anthusa est commémorée le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannis l’Isaurien

† 820

 

Originaire d’Isaurie (act. Turquie S), Ioannis conçut dès sa jeunesse un grand amour pour le Christ.

Il se mit sous la conduite de s.Grégoire le Décapolite (v. 20 novembre), auquel il se soumit filialement et qu’il servit fidèlement, le considérant comme une image vivante de Jésus-Christ.

Ensemble ils défendirent le culte des Saintes Images pendant la persécution iconoclaste.

Ioannis mourut en 820 et reçut la sépulture non loin d’un autre vaillant Soldat, son ami Ioseph l’Hymnographe (v. 3 avril).

Saint Ioannis l’Isaurien est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain, qui cependant le fait mourir en 842.

 

 

Perfecto de Cordoue

† 850

 

Perfecto était de Cordoue.

Il fut élevé dans la communauté de prêtres de l’église Saint-Aciscle, où il se distingua par son étude assidue de l’Ecriture.

Il fut ordonné prêtre et mit son zèle au service des fidèles attristés par le joug musulman.

Un jour, des Musulmans le prièrent de s’exprimer sur Mahomet et sur Jésus-Christ ; prudemment, il démontra la divinité du Fils de Dieu, au regard duquel Mahomet n’avait pas grande autorité. Les interlocuteurs de Perfecto cachèrent leurs réels sentiments et, quelques jours plus tard, firent arrêter Perfecto, le conduisirent devant leur juge et le dénoncèrent comme blasphémateur.

Chargé de fers et mis en prison, Perfecto se prépara au martyre dans le calme et la prière. Le jour arriva : le 18 avril 850, après avoir une dernière fois confessé sa foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu et Sauveur, il fut décapité. C’était la première victime de cette période.

Reconnu martyr, Perfecto a vite été honoré sur les autels, et jusqu’en France.

Saint Perfecto de Cordoue est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Athanasia d’Egine

790-860 

 

Athanasia naquit vers 790 en l’île d’Egine, de Niketas et Ireni, de nobles chrétiens.

Parut un édit impérial, qui demandait aux jeunes femmes en âge de se marier, d’épouser un officier. Elle qui voulait se consacrer, fut ainsi obligée à seize ans d’épouser un jeune officier, qui fut tué dans un raid contre les Arabes, deux semaines après le mariage.

Elle épousa ensuite un homme profondément religieux, qui finalement préféra devenir moine, avec sa permission, de sorte qu’elle était libre de suivre elle aussi son attrait pour la vie religieuse.

Elle vendit ses biens, transforma sa maison en un véritable couvent et favorisa la construction de sanctuaires. Sa communauté se déplaça à Timia, non loin d’une église Saint-Etienne : Athanasia en devint higoumène (supérieure).

Elle eut le don des miracles et les foules affluèrent pour la connaître. Athanasia alors alla vivre comme anachorète à Constantinople pendant sept années, durant lesquelles elle eut l’occasion de conseiller l’impératrice.

Puis elle regagna l’île d’Egine, où elle mourut un 14 ou un 15 août, en 860.

Comme les ménées grecs la placent au 18 avril, c’est cette date qui a été retenue dans le Martyrologe Romain.

Idesbald des Dunes

1090-1167

 

Idesbald naquit vers 1090 à Furnes (Belgique), dans la riche famille des van der Gracht, de la petite noblesse.

Intelligent, il acquit une grande culture, et en particulier dans le domaine du chant religieux.

Très tôt il fut du nombre des chanoines de la collégiale, et nourrit une grande prédilection pour l’office divin.

Imitant son père, vers 1150 Idesbald renonça à tous ses biens et demanda son admission à l’abbaye cistercienne de Notre-Dame des Dunes.

Il fut bientôt nommé maître de chœur, une charge qui n’est pas toujours de tout repos, car même si l’autorité du maître de chœur est reconnue, ce dernier n’en est pas pour autant moins soumis aux préférences, parfois capricieuses, des Supérieurs, ce qui génère parfois de douloureux conflits.

En 1155, il succéda comme abbé à Robert de Bruges, qui devenait abbé de Clairvaux.

L’abbaye grandit en prestige ; elle reçut des privilèges ; les grands venaient y puiser conseils et exemples.

Idesbald mourut le 18 avril 1167.

Son cercueil fut un peu oublié, mais retrouvé en 1623 : le corps était intact !

Le culte de s.Idesbald fut reconnu en 1894. Les cultivateurs et les pêcheurs belges l’invoquent comme leur céleste Patron.

Saint Idesbald des Dunes est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Galdino della Sala

1096-1176

 

Galdino, né vers 1096, était le fils d’un gentilhomme de Milan.

Il se prépara intensément au sacerdoce, par l’étude de l’Ecriture ; mais surtout on remarqua ses vertus, en particulier sa grande innocence.

Ordonné prêtre, les évêques le firent archidiacre puis chancelier de l’Eglise de Milan. Les deux archevêques Robaldo et Oberto s’appuyaient volontiers sur ce saint prêtre et lui déléguaient d’importantes charges.

En 1159, lors du schisme de Victor IV (soutenu par l’empereur Barbarossa contre le pape Alexandre III), Galdino se rangea délibérément du côté du pape légitime. La riposte de l’empereur fut sévère : il mit le siège devant Milan et fit mettre Galdino en prison pendant six mois.

L’archevêque de Milan, Oberto, se réfugia à Gênes, où se trouvait Alexandre III et où les rejoignit Galdino. Tous partirent se mettre en sûreté à Maguelone, Montpellier et Clermont. 

En 1165, Alexandre put revenir à Rome, toujours accompagné des fidèles Oberto et Galdino, et créa cardinal ce dernier ; il aurait bien créé cardinal aussi Oberto, mais celui-ci mourut à ce moment-là.

Le 18 avril 1166, le même pape consacrait Galdino archevêque de Milan ; c’était le quatre-vingt-quatrième titulaire de ce siège.

En 1167, la Ligue Lombarde parvint à expulser définitivement les lieutenants de Barbarossa et Galdino put prendre possession de son siège.

Son travail était immense : il devait déposer les prêtres et évêques schismatiques, et nommer des évêques dans presque toutes les villes de Lombardie ; il érigea le diocèse d’Alessandria, dont la ville prenait le nom du pape Alexandre III. Pasteur dévoué, il prêcha en tous lieux, assista les pauvres, rétablit le rit ambrosien, régla des détails de discipline pour le clergé, combattit l’hérésie cathare.

Dix ans après sa consécration épiscopale, jour pour jour le 18 avril 1176, Galdino achevait son homélie, quand un malaise le terrassa. Il mourut à la fin de la messe. C’était le dimanche de Quasimodo, deuxième de Pâques.

Saint Galdino della Sala est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bertrand de Garrigues

† 1230

 

Bertrand était né à Garrigues (Nîmes, Gard), vers la fin du 12e siècle.

Jeune prêtre diocésain, il fut séduit par l’idéal, la sainteté et le projet de saint Dominique (v. 6 août), et en fut un des premiers disciples.

Il fut nommé supérieur du couvent de Toulouse (1215), un poste qu’il recouvra plusieurs fois.

En 1217, il fut envoyé par son maître à Paris pour y fonder le couvent Saint-Jacques (1217), puis il fonda aussi à Montpellier (1220) et en Avignon.

En 1221, il fut nommé provincial pour toute la France méridionale.

A la mort de saint Dominique, il fut aussi le zélé aumônier des sœurs dominicaines du couvent de Prouille.

Bertrand mourut au couvent cistercien de Bouchet (Orange), où il prêchait une retraite. C’était le 18 avril 1230.

Si les fidèles l’avaient déjà canonisé depuis longtemps, son culte ne fut officiellment reconnu qu’en 1881. A l’époque, on lui assigna le 6 septembre comme jour de sa fête, sans doute pour le célébrer hors du temps de Pâques. C’est aussi cette date que maintient le Martyrologe.

Mais pour uniformiser notre travail, nous l’avons inscrit au 18 avril, son dies natalis.

 

 

Bartolomeo Amidei

1204-1266

 

Ce pieux marchand de Florence fut un des Sept Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie.

Il prit le nom de Amadio, car vraiment il aimait Dieu.

Toute sa vie il resta dans le couvent du Monte Senario.

Il ressuscita un enfant noyé.

Lors de sa mort, tous virent monter une flamme de feu, indiquant l’amour qu’il avait pour Dieu.

Il quitta ce monde, le 18 avril 1266. 

 

Sur l’ensemble de ces Fondateurs, voir la notice : Servites de Marie (Sept Fondateurs des)

 

 

Giacomo d’Oldo

† 1404

 

Giacomo naquit à Lodi (Lombardie, Italie N), de Francesco Marchesi et Fior di Mina.

Lui et son épouse vivaient dans les mondanités du siècle ; ils eurent trois enfants. 

Lors d’une épidémie de peste qui frappa la ville, il vint se réfugier chez son beau-père ; il entra un jour dans l’église, et considéra la tombe d’un de ses amis : comme elle était étroite, et comme nous sommes réduits à peu de chose après la mort ! Cette réflexion le fit changer complètement à peine sorti de l’église.

Il se donna aux mortifications, au mépris du monde, et allait jusqu’à envisager de se séparer de son épouse pour adhérer au Tiers Ordre franciscain ; mais la loi de Dieu ne permet pas une telle résolution, à moins qu’elle ne soit prise de concert entre les deux époux, et qu’ils n’aient plus leurs enfants à charge.

Dieu permit cependant que cette épouse mourût, laissant Giacomo libre de sa destinée. Il vendit tous ses biens, les distribua aux pauvres, et se prépara au sacerdoce. Sa maison devint un petit monastère, où quelques compagnons le rejoignirent.

Lui-même chercha à se mortifier durement, rejetant la viande et le vin, buvant une eau imprégnée ou de myrrhe ou d’absinthe, dormant sur la terre nue, observant plusieurs carêmes durant l’année. Il exagéra tellement ses pénitences que l’évêque dut intervenir pour lui imposer un adoucissement à ses rigueurs. 

Giacomo circula, prêchant, exhortant les habitants à changer de vie, et beaucoup entrèrent dans les Ordres.

Il annonça les malheurs qui devaient s’abattre sur la région, conseillant aux habitants de quitter leurs terres et de rentrer dans la ville ; ceux qui refusèrent furent effectivement victimes des troupes ennemies, et réduits en captivité pour n’avoir pas cru à ses avertissements ; et Giacomo lui-même alla les consoler. 

Visitant les malades de l’hôpital, il annonça à son compagnon qu’ils mourraient bientôt. Le compagnon mourut effectivement le premier, et Giacomo le 18 avril 1404, montrant une grande joie de quitter ce monde pour un monde meilleur.

On l’ensevelit avec l’habit franciscain. Les miracles abondèrent et, sept ans plus tard, on voulut lui donner une sépulture plus soignée ; à cette occasion, on retrouva son corps incorrompu et exhalant un délicieux parfum.

Giacomo d’Oldo fut considéré Bienheureux, mais son nom ne se trouve plus au Martyrologe Romain.

 

 

Andrea de Montereale

1397-1479

 

Andrea naquit vers 1397 à Mascioni (L’Aquila, Abruzzes, Italie CE), de parents très pauvres.

On a récemment proposé des dates légèrement modifiées pour Andrea. Il serait né plutôt vers 1402.

La famille ne le destinait, apparemment, qu’à garder les moutons, ce qu’il fit jusqu’à quatorze ans.

A cet âge-là, il rencontra un Religieux de l’Ordre de Saint-Augustin, qui venait du proche monastère de Montereale. Le jeune garçon devait y avoir pensé depuis un certain temps, et son désir devait être intense : le bon Religieux emmena Andrea au monastère, où il fut tout de suite admis.

Qui sait ce que fut la réaction des parents d’Andrea ? Il ne quitta certainement pas la maison paternelle sans les avoir salués, leur promettant ses ferventes prières ; et les braves paysans, tout émus, ne furent pas mécontents de voir leur fils en de bonnes mains.

A Montereale, Andrea observa la Règle avec une fidélité exemplaire, et se jeta dans les études avec enthousiasme. 

Il fut ordonné prêtre en 1421 : à dix-neuf ans (?) selon la chronologie corrigée, à vingt-quatre selon la tradition, ce qui semble plus plausible.

En 1431, on le voit étudier la théologie à Rimini, puis Padoue, Ferrare ; il fut lecteur et bachelier.

En 1438, il fut nommé professeur à Sienne et reçut le titre de Maître en Théologie.

Successivement (1444 ou 1453) il fut nommé provincial de son Ordre pour l’Ombrie. En outre, le Supérieur Général le délégua plusieurs fois pour aller réformer des couvents, à Norcia, Amatrice, Cerreto. Andrea obéit, se rendit sur place, mais reçut les habituelles contradictions des moines qui n’acceptent pas de se corriger. 

Andrea souffrit beaucoup. A Sienne également, on le calomnia. Andrea démissionna. Mais son innocence fut reconnue, au point que le Général de l’Ordre écrivit en 1463 qu’Andrea avait montré le plus haut degré de la sainteté.

En 1471 en effet, Andrea fut réélu provincial. Il alla prêcher dans toute l’Italie et en France. Il portait le cilice, couchait sur la dure, veillait la nuit en prière dans l’église et ne manquait pas d’y ajouter d’autres mortifications discrètes.

Il passa les dernières années de sa vie à Montereale. On dit qu’il prédit le jour de sa mort, mais il n’y a pas d’accord sur ce jour, 11 ou 18 avril 1479.

Quand il mourut, on entendit le chant des Anges, et les cloches sonnèrent d’elles-mêmes pendant toute une journée.

Le culte d’Andrea a été reconnu en 1764.

Saint Andrea de Montereale est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannis de Ioannina

1522-1546

 

L’Epire, cette région du nord de la Grèce, fut sous la domination ottomane depuis le XVe siècle  jusqu’au début du XXe siècle. Elle est maintenant en grande partie divisée entre la Grèce, la Bulgarie et l’Albanie. C’est dans cette région que sévit le fameux Ali Pacha au XIXe siècle.

La plus importante ville de l’Epire s’appelle en grec Ioannina, Ianina en bulgare et Ianinë en albanais. 

Ioannis était né en 1522 à Terovo, près de Ioannina, où il vivait avec ses parents. Il était tailleur. Après la mort de ses parents, il vint à Constantinople et ouvrit une boutique de tailleur, qui fut florissante. 

Là, ou peu avant d’y arriver, il renonça à l’Islam et devint chrétien. En revanche, beaucoup de marchands quittèrent le christianisme pour adhérer à l’Islam, par pure convenance. Ioannis ne se priva pas de le leur reprocher. Il fut aussitôt dénoncé pour avoir “abandonné la religion de Mahomet”.

Il se savait menacé, mais se sentait heureux de mourir pour le Christ. Il rencontra son père spirituel, qui l’aida à se préparer à la mort par la prière et le jeûne. La nuit du Vendredi Saint, il se vit en rêve au milieu des flammes. Le lendemain il reçut l’Eucharistie et la bénédiction du prêtre.

Au moment où il se rendit sur la place du marché, il fut invectivé par les autres marchands. On le tortura, on le battit avec des verges et des cannes de fusil, puis on le mit en prison. 

Le lendemain, jour de Pâques, on l’amena pour le torturer encore, mais lui de toutes ses forces chanta Le Christ est ressuscité des morts, et adressa à ses tortionnaires ces mots enthousiastes : Faites tout ce que vous voulez pour m’envoyer le plus vite possible dans l’autre Vie. Je suis l’esclave du Christ, je marche derrière le Christ, pour Lui je meurs ! Puissé-je vivre avec Lui.

On le chargea de chaînes et on le conduisit à l’endroit du bûcher. Quand le feu fut allumé, il s’y jeta courageusement. Mais un voisin craignit pour sa propre maison, et fit éteindre le feu. On retira du feu Ioannis à moitié brûlé, et on alluma un autre bûcher plus loin, où Ioannis se précipita de lui-même. Des Grecs intervinrent alors et soudoyèrent les officiers, leur demandant de décapiter l’homme pour lui épargner plus de souffrances. C’est ainsi que Ioannis fut décapité, le 18 avril 1546, à vingt-quatre ans.

On jeta son corps et la tête dans le feu.

Ioannis n’est pas commémoré dans le Martyrologe Romain, mais sa mémoire est retenue dans un calendrier d’Epire, au 18 avril et les Orthodoxes le commémorent à cette date, sous le vocable de Ioannis le Jeune.

C’est un des très nombreux cas de musulmans convertis au christianisme, persécutés par leurs coreligionnaires ou même leurs familles, qui ne leur permettent pas de renoncer à l’Islam. Le phénomène est d’autant plus triste et injuste qu’il perdure encore de nos jours, malgré tout ce qu’on proclame en fait de droits de l’homme, de tolérance et de liberté de conscience.

Andrés Hibernon

1534-1602

 

Andrés Hibernon vit le jour à Murcia (Espagne sud-est) en 1534, de parents originaires de Carthagène, ruinés après des revers de fortune.

L’enfant fut baptisé en la cathédrale de Murcia, où un de ses oncles était chapelain, puis passa son enfance à Alcantarilla, et sa jeunesse chez un autre oncle à Valencia. 

Il avait (au moins) une sœur, et c’est pour constituer une dot honorable à celle-ci qu’il travailla avec ardeur chez son oncle. Mais au retour de Valence, il fut dévalisé par des brigands. Tout le fruit de ce beau travail parti en fumée en quelques minutes, le fit réfléchir. Il décida désormais de travailler pour Dieu.

Il entra chez les Franciscains Observants d’Alcantarilla en 1556, comme frère convers, puis passa à ceux de la province voisine, dont les observances étaient plus rigoureuses.

Avec une humilité profonde, il se considérait comme le plus grand des pécheurs ; il préférait aller aux tâches les plus basses ; il se réjouissait d’aller affronter les moqueries pour faire la quête alentour ; il s’imposait en outre des austérités sévères, dont le cilice de fer qu’il s’était fabriqué lui-même. 

Il avait une prédilection pour aider les Confrères, les soigner à l’infirmerie ; à l’accueil, il recevait les pauvres avec une exquise douceur.

Lui qui était pratiquement sans instruction, eut la grâce de répondre à des questions difficiles que lui posèrent des théologiens.

Une telle élévation d’esprit ne pouvait rester sans une contrepartie divine : il fut favorisé d’extases, il put biloquer, multiplier la nourriture, il prophétisa.

Sa pureté virginale correspondait à son amour envers la Vierge Marie. Les anges lui apparurent et l’aidèrent quand ce fut nécessaire.

Ses Supérieurs eurent une totale confiance en lui et lui confièrent la réforme d’autres couvents : Murcia, Valencia, Gandia.

Quatre ans avant de mourir, il annonça le jour et l’heure de sa fin, qui arriva comme prévu le 18 avril 1602.

D’autres miracles postérieurs à sa mort aboutirent à sa béatification en 1791.

 

 

Barbe Avrillot-Acarie

1566-1618

 

Barbe naquit le 1er février 1566 à Paris, de parents aussi catholiques que nobles. Nicolas Avrillot, maître des comptes à la Chambre de Paris et chancelier de la reine Marguerite de Navarre avait épousé Marie Lhuillier, qui firent baptiser leur fille le 2 février.

Barbe fut confirmée à sept ans, et fut placée chez les Clarisses de Longchamps à onze ans. L’année suivante, elle reçut l’Eucharistie, avec une ferveur qui étonna son entourage. Elle-même, à cet âge, présentait le fouait quand elle se sentait coupable de quelque faute. 

Cependant, les parents la rappelèrent dès 1580 pour lui faire mieux goûter le monde. Madame Avrillot lui interdit même de songer à entrer à l’Hôtel-Dieu pour soigner les malades.

En 1582, Barbe accepta docilement le parti que les parents lui présentèrent, et épousa Pierre Acarie, un gentilhomme tout dévoué au Catholicisme.

Ils eurent trois garçons et trois filles, que la maman éleva avec un soin très chrétien. Barbe continuait à entretenir jalousement sa vie intérieure et, dès l’âge de vingt-deux ans, elle reçut des faveurs célestes : ravissements, extases, visions ; son mari s’en inquiéta, la famille aussi ; on avertit des médecins, mais un sage prêtre rassura Madame Acarie, qui retrouva la paix.

Pierre Acarie, pendant ce temps-là, soutenait fortement le mouvement en faveur de l’abjuration d’Henri IV, et mit en jeu jusqu’à sa fortune. Quand le roi sa rallia au Catholicisme, Pierre dut seulement s’éloigner de Paris, mais donc se séparer de son épouse, qui, elle, devait rester à Paris et aider ses enfants. Ceux-ci ayant été reçus qui au couvent de Longchamps, qui au collège Calvi, qui chez des parents, Barbe se réfugia chez Madame de Bérulle. Elle s’occupa activement et énergiquement de remettre en état les affaires de son mari, réussit à le faire rapprocher de Paris, et même à le faire accepter dans Paris, rue des Juifs (1599). Durant ces nombreux déplacements, elle tomba trois fois de cheval et en conserva des douleurs pendant toute sa vie.

Durant toutes ces épreuves, Madame Acarie rayonna par son humilité et son habileté ; on la connut, on vint la voir, l’écouter, on parlait de ses extases. Saint François de Sales (v. 28 décembre), saint Vincent de Paul (v.27 septembre), et même la reine Marie de’ Medici, voulurent la rencontrer. Ce fut au point que son mari en prit un peu ombrage : C’est une chose très incommode que d’avoir une femme si vertueuse et de si bon conseil. Chacun prend confiance en elle et l’on vient de tous côtés pour la consulter. Madame Acarie laissait passer ces petits orages très patiemment, si bien que même Pierre ironisait de lui-même : On dit que ma femme sera sainte un jour, mais j’y aurai bien aidé, et il sera parlé de moi en sa canonisation à cause des exercices que je lui aurai donnés.

C’est en 1601 que commença la vraie mission extraordinaire de Madame Acarie. Sainte Thérèse d’Avila (v. 15 octobre) lui apparut et lui annonça qu’elle devrait ouvrir en France des monastères du Carmel. Madame Acarie eut bientôt l’appui et de son confesseur, et de la princesse de Longueville, qui obtinrent du roi l’autorisation d’ouvrir ces maisons : Paris, Pontoise, Amiens, Tours, Rouen furent ouvertes entre 1603 et 1609.

Les trois filles de Madame Acarie entrèrent au Carmel. Elle-même, après la mort de son mari (1613) y entra en 1614, à Amiens, en qualité de sœur converse. Elle reçut l’habit et prit le nom de Marie de l’Incarnation. Dieu fit que l’une de ses filles devint sous-prieure à Amiens, et Madame Acarie-Sœur Marie de l’Incarnation se fit une joie de lui obéir en toute simplicité.

Marie de l’Incarnation fit ses vœux en 1615, au comble de la joie. En 1616 cependant, on l’envoya au Carmel de Pontoise, en raison de sa mauvaise santé, pour être plus proche de Paris et ainsi mieux aider ce couvent dans ses embarras matériels et financiers.

En 1618, Marie de l’Incarnation tomba malade ; un rhume dégénéra en inflammation de la poitrine, d’autres difficultés surgirent. Elle se prépara douloureusement mais sereinement à la mort, qui advint le mercredi de Pâques, 18 avril 1618.

«Madame Acarie», Marie de l’Incarnation, fut béatifiée en 1791. 

Ses restes précieux furent préservés en 1792, grâce à un ami du monastère, et furent replacés dans la chapelle du couvent en 1822.

 

    

Joseph Moreau

1763-1794

 

Joseph était né le 21 octobre 1763 à Saint-Laurent-de-la-Plaine (Maine-et-Loire).

On connaît quelques détails de sa vie par l’interrogatoire qu’il subit à Angers, d’abord le samedi 12 avril 1794, veille du dimanche des Rameaux.

Il reçut au baptême les noms de Joseph René Jacques Henri.

Vicaire à Saint-Laurent-de-la-Plaine au début de la Révolution, il quitta ses fonctions et passa en diverses localités (Botz, La Chapelle-Aubry, Saint-Quentin, Ancenis), demandant l’hospitalité et un peu de pain pour survivre.

Il fut arrêté à Legatz, près de Combrée, où il se cachait avec un autre prêtre, qui fut tué.

Après ce premier interrogatoire, il fut conduit dans les prisons d’Angers. Il fut de nouveau interrogé le Lundi saint, 14 avril 1794, devant le Comité révolutionnaire qui siégeait à l’évêché.

Le Jeudi saint, 17 avril 1794, il est à nouveau interrogé devant la Commission militaire. Il reconnaît avoir conduit des processions à un «chêne» où l’on priait une bonne vierge ; il s’agit de toute évidence d’une dévotion locale à Notre-Dame du Chêne. Les Républicains l’accusèrent de se cacher dans l’arbre pour faire mouver une ci-devant bonne vierge (!) et l’abbé Moreau répondit qu’il n’aurait pu se mettre dans le chêne parce que le chêne n’était pas assez gros. On lui demande combien de fois il a baisé la mule du Pape, en réalité ou en idée (sic !), à quoi il répond, non sans ironie, qu’il y avait trop loin pour entreprendre ce voyage. Curieusement, on lui demande aussi quels sont ses rapports avec les fidèles de Louis XVII : les Révolutionnaires avaient-ils conscience que l’héritier de Louis XVI était bien vivant ?

Joseph Moreau fut déclaré coupable et devait être exécuté dans les vingt-quatre heures.

Il fut guillotiné le Vendredi saint 18 avril 1794, sur la place du Ralliement à Angers.

Il fait partie des quatre-vingt dix-neuf Martyrs de la Révolution française, béatifiés en 1984 (voir la notice Avrillé (Martyrs d’))

 

 

Luca Passi

1789-1866

 

Luca était né le 22 janvier 1789 à Bergame (Italie nord-est) dans une famille célèbre. Son père était le comte Enrico Passi de’ Preposulo, sa mère était Caterina Corner. Un parent fut le célèbre prêtre Marco Celio Passi. Luca avait un jeune frère, Marco, qui serait prêtre lui aussi.

Dès 1810, Luca fut le directeur spirituel d’une confraternité du Saint Sacrement à Calcinate et, en 1811, d’une autre de la Doctrine Chrétienne.

Après le séminaire, il fut ordonné prêtre en 1813.

Dès sa jeunesse, Luca fut vivement impressionné par les événements révolutionnaires français, et de leurs conséquences néfastes en Italie : dégradation morale, analphabétisme, ignorance religieuse…

En 1815, il fit partie du «collège apostolique», une pieuse union sacerdotale regroupant des prêtres liés par un vœu spécial d’obéissance à leur évêque et au pape. Luca reçut le titre de missionnaire apostolique.

Avec son frère Marco, il organisa une nouvelle confraternité, de Saint-Raphaël et de Sainte-Dorothée, pour l’éducation chrétienne des enfants et de la jeunesse. Le pape les encouragea. La branche masculine (Saint-Raphaël), prit pied à Gênes, mais sans beaucoup se développer, à cause des mouvements révolutionnaires de 1848-1849. En revanche, la branche féminine (Sainte-Dorothée) se développa davantage, donnant naissance même à des congrégations nouvelles.

C’est ainsi que naquit en 1838 à Venise l’Institut des Sœurs Maîtresses de Sainte-Dorothée, qui se trouve encore actuellement en diverses contrées d’Afrique et d’Amérique Latine.

Don Luca disait aux dorothéennes : Qui ne brûle pas, ne met pas le feu (Chi non arde, non accende), pour stimuler toujours plus leur zèle.

Don Luca Passi mourut à Venise le 18 avril 1866, et fut béatifié en 2013.

Savina Petrilli

1851-1923

 

Née le 29 août 1851 à Sienne, deuxième fille de Celso et Matilde Venturini.

Savina fut profondément marquée par sainte Catherine de Sienne, dont elle lut la vie à dix ans. C’est par cette lecture qu’elle conçut une grande dévotion envers l’Eucharistie, la Passion du Christ et l’Eglise. 

Dès sa Première communion (à douze ans), elle chercha à recevoir souvent l’Eucharistie et fit partie des Enfants de Marie. 

Elle fit le vœu de virginité à dix-sept ans et eut le privilège d’être reçue en 1869 par le pape, qui l’invita à imiter sa compatriote, sainte Catherine de Sienne.

Elle a dans son cœur un projet, qu’elle confie à sa sœur mourante, Emilia, laquelle lui promet de prier pour elle au Ciel.

Avec quelques compagnes, elle fonde en 1874 la congrégation des Sœurs des Pauvres de Sainte Catherine de Sienne, qui reçut l’approbation papale en 1877. La première maison s’ouvrit à Onano (Viterbe), la première mission au Brésil en 1903, et l’approbation définitive se fit en 1906.

Le charisme de Savina est de vivre radicalement le sacerdoce du Christ dans l’adoration et dans la totale dépendance de la volonté du Père, jusqu’à l’immolation, et ce en priorité dans le service des pauvres.

Les Religieuses s’occupèrent des personnes les plus démunies, leur apportant réconfort matériel et moral.

Savina émit le vœu de ne rien refuser volontairement au Seigneur, celui de parfaite obéissance à son confesseur, celui de ne jamais se plaindre consciemment au milieu des souffrances externes ou internes, celui enfin de complet abandon à la volonté de Dieu.

Dans ce «complet abandon», Savina eut constamment à faire front à des problèmes financiers, et même à quelques persécutions religieuses.

L’action des Sœurs atteignit l’Amérique Latine, où elle se rendit plusieurs fois.

Après sa mort, l’Institut gagna l’Argentine, le Paraguay, les Etats-Unis, l’Inde et les Philippines. Il y a une vingtaine de maisons en Italie.

Savina mourut du cancer, à Sienne, le 18 avril 1923, et fut béatifiée en 1988.

 

 

Roman Archutowski

1882-1943

 

Né le 5 août 1882, il était de riche famille de propriétaires terriens. 

Après ses études à Pultusk et Suwalki, il est au grand Séminaire Saint-Jean-Baptiste de Varsovie, et sera ordonné prêtre en 1904.

Il exerce ses fonctions pastorales dans la paroisse de Yezhov, puis est envoyé compléter ses études théologiques à l’Académie théologique catholique de Saint-Petersbourg.

A partir de 1910 il est préfet au gymnase Saint-Stanislas-Kostka, dont il sera directeur de 1925 à 1940.

Il occupera aussi divers postes à la Curie archiépiscopale.

En 1940 il est vice-recteur au Grand Séminaire de Varsovie.

En 1942, il est incarcéré par deux fois à Pawiak. Maltraité, battu, il ne céda jamais aux menaces, préférant unir ses souffrances à celles de Jésus-Christ.

Le 23 mars 1943, il est emmené dans le camp de concentration de Maydanek, où il contracte le typhus.

Témoin de la foi, courageux jusqu’au bout dans l’acceptation de ses souffrances, il meurt le dimanche des Rameaux, 18 avril 1943, jour où il est commémoré au Martyrologe.

Son corps fut incinéré sur place.

Roman a été béatifié avec cent-sept autres Confesseurs de la Foi polonais en 1999.

 

 

 

Louis Leroy

1923-1961

 

Ce martyr fait partie des dix-sept Martyrs du Laos, pour lesquels des notices sont en préparation.

Louis naquit le 8 octobre 1923 à Ducey (Manche), aîné des quatre enfants d’un bonne famille paysanne.

Pendant une dizaine d’années, il travailla à la ferme familiale, tout en désirant devenir prêtre.

Après le service militaire, en 1945, il entra chez les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée (OMI) : d’abord au juniorat de Pontmain pour compléter ses études, où on le nota Très appliqué, résultats moyens. Le latin lui était particulièrement rébarbatif, mais il s’acharna, malgré ses maux de tête.

En 1947, lors d’un pèlerinage à Lisieux, il confiait à un camarade qu’il désirait le martyre.

En 1948-1949, au noviciat de La Brosse-Montceaux, on note sa droiture, son intelligence pratique, un certain entêtement, une grande docilité et une grande charité. Un de ses collègues le dit très gai, un ami.

Après ses études de philosophie et de théologie à Solignac, il fut ordonné prêtre en 1954.

En 1955, on l’envoyait au Laos.

Du Laos il conserva un lien particulier avec les Carmélites de Limoges, auxquelles il prodiquait ses conseils de paysan. 

Au Laos, il fut frappé d’une surdité précoce, et s’efforça d’apprendre les langues du pays. Il n’est pas très satisfait de ses petits progrès, mais il reste infatigable auprès des malades, des pauvres, des pécheurs.

Il fut d’abord à Xieng Khouang, puis Tha Ngon (Ventiane), à nouveau Xieng Khouang, enfin Ban Pha.

On peut dire qu’il se dévoua totalement corps et âme, parfois un peu déçu tant il désirait faire plus pour le Règne du Christ.

En 1961, on le signala à la guérilla. Le prêtre aurait pu s’enfuir, et les chrétiens l’y poussaient, mais notre bon normand têtu ne pouvait abandonner son poste. Le 18 avril, des soldats vinrent le chercher. Il enfila sa soutane, prit sa croix et son bréviaire.

D’après quelques témoignages, on l’aurait interrogé, frappé, et brûlé au visage jusqu’à le rendre méconnaissable, puis abattu.

Louis était exaucé : il reçut la palme du martyre, (vers) le 18 avril 1961 à Ban Pha (Xieng Khouang, Laos).

Il a été béatifié le 10 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 19:45

Manuel Solórzano

1905-1977

 

Manuel Solórzano naquit en 1905 à Suchitoto (Salvador).

Il épousa Eleuteria Antonia Guillén, dont il eut dix enfants.

Pour trouver du travail, il s’installa à Aguilares, où il participait aux opérations d’achat-vente de bétail et de produits de l’agriculture.

Très actif dans la paroisse d’Aguilares, où fut nommé curé le p.Rutilio Grande, il secondait ce dernier dans ses activités, spécialement dans la catéchèse.

Avec Nelson Rutilio Lemus, il accompagnait le p.Rutilio le 12 mars 1977, lorsque la jeep fut attaquée par un escadron de la mort. Manuel et le prêtre furent tués sur le coup ; Nelson fut achevé d’une balle dans la tête.

Manuel Solórzano devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 12 mars.

 

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 19:44

Rutilio Grande García

1928-1977

 

Rutilio Grande García naquit le 5 juillet 1928 à El Paisnal (Salvador), de parents modestes.

En 1932, mourut sa mère. Le petit garçon fut éduqué avec amour par un papa très travailleur. A douze ans, Rutilio put rencontrer l’évêque, Mgr Chavez, auquel il exprima son désir de devenir prêtre.

En 1941, ce même évêque prit sous sa protection Rutilio et l’envoya au Petit séminaire du Nicaragua.

En 1945, après son baccalauréat, Rutilio entra dans la Compagnie de Jésus. Il fit le noviciat à Caracas (Venezuela) et émit les premiers vœux en 1947.

Rutilio était un homme sincère, travaillé intérieurement, conscient de son devoir mais aussi de ses faiblesses. Dans le doute, il suspendit sa préparation au sacerdoce et partit deux années à Panama, où il fut professeur (1948-1950).

Puis il fut envoyé à Oña (Burgos, Espagne), où il reprit ses études de philosophie et de théologie, de 1953 à 1960. Là encore, le doute le tenta, mais il persévéra et fut ordonné prêtre en 1959, à Oña.

De retour au Salvador, il y enseigna pendant deux ans, et repartit en Espagne pour la dernière partie de sa formation dans l’Ordre des Jésuites. C’est alors qu’il fut envoyé à Bruxelles (1963) pour se spécialiser en Théologie pastorale, dans l’Institut Lumen Vitae ou CIEFR, affilié à l’université de Louvain ; il y découvrit la Théologie de la Libération, qui l’enthousiasma et le confirma tout-à-fait dans sa vocation. C’était l’époque du Concile Vatican II.

En 1964, de retour au Salvador, le p.Rutilio enseigna la théologie pastorale au Grand séminaire et fut chargé personnellement de la formation des séminaristes. En 1970, devant préparer avec Mgr Chavez la réunion des évêques, il leur lança un vibrant appel en faveur du peuple écrasé par trop d’injustices sociales. On commença de parler de Rutilio comme d’un crypto-communiste. Il ne craignait pas de présenter Jésus-Christ comme un révolutionnaire, jouant sur le mot Salvador, le nom du pays et celui du Sauveur. Rutilio avait parlé un peu trop vite ; on l’éloigna deux ans, comme professeur dans un collège, puis à l’Institut pastoral de Quito (Equateur).

En 1972, il revint au Salvador et fut nommé curé d’Aguilares, où il allait donner le meilleur de lui-même, organisant des communautés de base, où les participants relisaient l’évangile sous la responsabilité de Délégués de la Parole, spécialement formés par le p.Rutilio.

De ce travail essentiellement spirituel émanèrent bientôt des conséquences au niveau social. On prit conscience de la Charité, de la dignité des pauvres, des ouvriers, des paysans, de l’égalité de tous devant Dieu, de la responsabilité des dirigeants, des chefs, pour une justice sociale réelle et non pas seulement idéologique. Une révolution sociale était en marche, et l’on chercha à la subjuguer par la force au lieu de la comprendre : on parla de prêtres subversifs ou communistes, on tortura des travailleurs sociaux, on promit de «libérer le pays des Jésuites». Mgr Chavez recommanda la prudence et la modération.

En 1977, Mgr Romero succéda à Mgr Chavez ; adroitement, il avait condamné la théologie de la libération et jouissait d’une réputation de «conservateur» ; mais il n’hésita pas à censurer le gouvernement pour de nombreux crimes et disparitions jamais expliqués, ni punis. En particulier, un père jésuite fut expulsé du pays, le p. Mario Bernal, pour lequel le p.Rutilio protesta publiquement.

On se souvient des actions dramatiques des funestes escadrons de la mort. Le 12 mars 1977, ces derniers intervinrent à l’encontre du p.Rutilio. Celui-ci se dirigeait vers El Paisnal, son village natal, pour y célébrer la messe du soir. Il était accompagné de Manuel Solórzano, un fidèle coopérateur paroissial de soixante-douze ans, et de Nelson Rutilio Lemus, un adolescent de seize ans. Il y avait aussi trois enfants. Une rafale de mitraillette renversa la jeep dans le fossé, le père Rutilio et Manuel furent tués sur le coup, le jeune Nelson fut achevé d’une balle dans la tête. Les petits enfants purent se sauver.

Ce triple assassinat ne fut jamais revendiqué, ni expliqué. Mgr Romero protesta de façon solennelle, tout en sachant qu’il était condamné d’avance : il fut lui aussi assassiné trois ans plus tard (v. 24 mars).

Rutilio Grande García, avec ses deux Compagnons Manuel Solórzano et Nelson Rutilio Lemus, devraient être béatifiés en 2020, et inscrits au Martyrologe le 12 mars.

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 19:43

Nelson Rutilio Lemus Chávez

1960-1977

 

Nelson Rutilio naquit le 10 novembre 1960 dans une famille de paysans de El Paisnal (San Salvador, El Salvador), d’où était aussi originaire le curé, p.Rutilio Grande.

Nelson avait aussi une formation suffisante pour enseigner le catéchisme aux enfants.

Très actif dans la paroisse d’Aguilares, où fut nommé curé le père Rutilio, il accompagnait volontiers ce dernier dans toutes ses activités, bien conscient du danger qu’il courait si le père Rutilio venait à être attaqué.

Avec Manuel Solórzano, il accompagnait le p.Rutilio le 12 mars, lorsque la jeep fut attaquée par un escadron de la mort. Manuel et le prêtre furent tués sur le coup ; Nelson fut achevé d’une balle dans la tête ; il avait seize ans.

On peut lire d’autres détails dans la notice de Rutilio Grande García

Nelson Rutilio Lemus Chávez devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 12 mars.

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 10:01

Carlo Acutis

1991-2006

 

Carlo Acutis naquit le 3 mai 1991 à Londres, où se trouvaient ses parents pour raisons professionnelles, mais ils revinrent bientôt à Milan (Italie) dès le mois de septembre.

Ces parents sont des gens qui conservent les bonnes habitudes, mais ne sont pas vraiment pratiquants. En revanche, la semence chrétienne que leur fils Carlo recevra, germera et grandira de façon extraordinaire.

Carlo aimait prier, aller dans les églises, visiter les sanctuaires, et ses parents ne lui refusaient pas ces moments où le garçon rencontrait déjà l’Invisible.

Il désirait intensément recevoir l’Eucharistie, et put faire la Première communion à l’âge de sept ans ; de ce jour, il tint à participer chaque matin à l’Eucharistie de sa paroisse. Etre toujours uni à Jésus, tel est le but de ma vie, écrivit-il alors. Mieux : il savait se recueillir un moment avant la messe ou après, et répétait : Si l’on s’approche tous les jours de l’Eucharistie, on va tout droit au paradis.

Il aimait en même temps se purifier avant de communier, et pour cela se confessait chaque semaine. Et comme on ne peut dissocier Jésus de sa sainte Mère, il priait chaque jour le chapelet. De Marie, il dira plus tard : Elle est l’unique femme de ma vie. Il s’intéressa particulièrement aux apparitions mariales de Lourdes et de Fatima.

Il aurait certainement apprécié notre blog, car il aimait lire la vie des Saints, comme s.François d’Assise, s.Antoine de Padoue, s.Dominique Savio, les trois voyants de Fatima.

En grandissant, Carlo ne se distingua pas de ses camarades de jeux et d’école ; il jouait au football, comme tout Italien, apprenait le saxophone ; bon élève, tant chez les Marcellines de Milan qu’à l’Institut Léon XIII des bons pères Jésuites, il montrait simplement son enthousiasme et sa gentillesse envers tous. Il encourageait ses camarades de l’aumônerie : L’Eucharistie, c’est l’autoroute qui mène au ciel.

Son temps libre passait en bonnes œuvres : le catéchisme aux plus jeunes de la paroisse, la visite aux personnes âgées ; s’il avait de l’argent, il le gardait pour le redonner en aumônes, répétant : Le bonheur s’est d’avoir le regard tourné vers Dieu. La tristesse, c’est d’avoir le regard tourné vers soi-même.

Mais surtout, ce jeune garçon fut un passionné d’informatique. Sans avoir encore la formation d’un professionnel, il «flairait» les trucs qui lui permettaient de réaliser des merveilles : montages de films, création de sites (pour la paroisse, pour le lycée), et expliquait aux autres comment il fallait faire.

Sa plus belle réussite fut sa recherche enthousiaste sur les miracles eucharistiques. Pendant deux années, avec l’aide de ses parents, bien sûr, il visita les lieux de cent trente-six miracles reconnus par l’Eglise, recueillant toutes les informations, les récits, les photographies possibles. Ce fut d’abord un petit site internet, qui aboutit finalement à une magnifique exposition : elle fut présentée dans le monde entier, sur les cinq continents, dans les paroisses, dans les sanctuaires de Lourdes, de Fatima, de Guadalupe…

Et voilà qu’en octobre 2006, le jeune Carlo de quinze ans fut diagnostiqué très gravement malade : leucémie foudroyante de type M3. Il fut hospitalisé à Monza ; mais il demeura le garçon souriant qu’il avait toujours été. Jamais une plainte : J’offre toutes les souffrances que je dois subir au Seigneur, pour le pape et pour l’Eglise, et pour aller directement au Paradis.

Toujours préoccupé des autres, il dit à ses parents d’aller se reposer, il encourageait les autres patients ; le personnel médical était étonné, édifié par cette attitude si tranquille, alors que Carlo était en phase terminale.

Avant de voir mourir ce jeune garçon, digne d’un Domenico Savio (v. 9 avril), citons encore deux phrases de ce «cyber-apôtre» :

Notre objectif doit être l’infini, non pas le fini. L’Infini est notre Patrie. Depuis toujours nous sommes attendus au Ciel.

Tous naissent comme des originaux, mais beaucoup meurent comme des photocopies.

Carlo s’éteignit à ce monde au matin du 12 octobre 2006.

Selon son souhait, il fut enterré à Assise, la ville de s.François.

Douze ans plus tard, dans le cadre du procès de béatification de Carlo, on procéda à la reconnaissance canonique de son corps : la maman put l’attester, son fils lui semblait comme mort à peine quelques instants auparavant, tant il était bien conservé.

On attendait un miracle : en 2010, un petit enfant brésilien était atteint d’une grave déformation du pancréas ; l’opérer aurait coûté la vie du jeune garçon. On invoqua l’intercession de Carlo : le pancréas reprit sa forme et sa place normales, sans aucune intervention. Le changement était inexplicable.

Carlo Acutis devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 12 octobre.

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 09:32

Olinto Marella

1882-1969

 

Olinto Marella naquit le 4 juin 1882 à Pellestrina (Venise, Italie NE), deuxième des trois enfants d’un père médecin, Luigi, et d’une mère institutrice, Carolina de’ Bei.

Le papa mourut en 1892 et un des frères d’Olinto, Ugo, mourut aussi, en 1902. L’autre frère s’appelait Tullio.

En 1896, Olinto entra au séminaire et, une fois ordonné prêtre (1904), poursuivit des études universitaires à l’Apollinaire de Rome : là, il se lia d’amitié avec un certain Angelo Roncalli, futur Jean XXIII, et fut reçu au doctorat en Théologie et en Philosophie.

Il fut nommé professeur au séminaire de Chioggia. Simultanément, il se préoccupa de la trop importante population analphabète italienne, et créa le Ricreatorio popolare (Récréation Populaire) ainsi qu’une école maternelle a Pellestrina.

Son style était nouveau et tranchait avec certaines idées reçues ; et puis, il eut l’audace de recevoir chez lui un prêtre récemment condamné pour modernisme, Romolo Murri, comme s’il n’était pas permis de rester charitable même (et surtout) avec un condamné. Certains prêtres, jaloux de son influence, ne se gênèrent pas pour l’accuser à son tour de modernisme, ce qui eut pour conséquence que don Olinto fut exclu du clergé en 1909, suspendu a divinis et, dirait-on aujourd’hui, mis au chômage. Les hommes d’Eglise, qui prêchent la charité, sont parfois impitoyables dans leurs sentences.

On ne peut imaginer la douleur qu’éprouve un prêtre que l’on prive de son état sacerdotal : c’est un peu comme interdire à un père en bonne santé d’avoir des enfants. Et pour Olinto, cette peine dura pendant seize année.

Que fit don Marella ? Il se soumit humblement, quitta son diocèse et erra dans diverses villes du pays, pour enseigner la philosophie. En 1916, il obtint le doctorat en Histoire de la Philosophie ainsi que l’aptitude à enseigner, qu’il mit à profit à Treviso, Messina, Pola, Rieti, Padoue.

Pendant tout ce temps, notre victime ne critiqua jamais l’Eglise. Il s’occupa des pauvres de diverses façons, édifiant par sa conduite et son zèle. Enfin en 1925, le Cardinal Giovanni Battista Nasalli Rocca di Corneliano, nouvel archevêque de Bologne, s’émut de cette situation anormale et s’employa à réhabiliter le pauvre prêtre. Ressuscité, don Olinto reprit et élargit son activité dans les milieux défavorisés.

En 1934, il fonda le Pieux Groupe d’Assistance religieuse dans les Agglomérations des plus pauvres.

En 1941, il fonda une association de tertiaires franciscains «Pro infantia et iuventute».

Pendant la guerre, il sauva la vie à un groupe de Juifs, cacha chez lui une trentaine de militaires destinés à la déportation, sauva un père de famille qui était déjà devant le peloton d’exécution, ainsi qu’une religieuse arrêtée par les Nazis.

Après cette guerre atroce, il créa en 1948 la Città dei Ragazzi (Cité des Garçons), pour accueillir des gamins des rues, des orphelins, pour lesquels il passait des heures dans les rues de Bologne à mendier.

Des confrères le critiquèrent encore, même le Saint-Office du Vatican demandait chaque année au diocèse de Bologne un rapport écrit sur les activités de don Olinto.

En même temps, beaucoup de volontaires s’offrirent pour l’aider. Un second refuge s’ouvrit en 1954 à San Lazzaro di Savena, et encore un Village artisanal et une Maison de la Charité.

Don Olinto savait aussi éclairer les esprits, et l’on note parmi ses dirigés Gianna Beretta Molla et Maria Bolognesi (v. 28 avril et 30 janvier).

C’est dans cette maison de San Lazzaro di Savena qu’il s’éteignit, le 6 septembre 1969.

Son œuvre continue, à Bologne, avec beaucoup de volontaires qui sont là pour accueillir tout un monde de personnes en difficulté : drogués, migrants, filles-mères, jeunes sans travail.

Suite à la reconnaissance d’un miracle, don Olinto Marella pourrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 6 septembre.

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16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 23:00

 

17 AVRIL

 

II.

Stes Isidora et Neophyta, deux sœurs martyres à Lentini.

IV.

S Siméon bar Sabas, évêque à Séleucie-Ctésiphon, martyr décapité après cent autres compagnons ; l’intendant du roi, le vieil eunuque Usthazades, qui avait un moment apostasié, proclama sa foi et fut décapité aussi avec cent autres chrétiens. 

S Innocens, évêque à Tortona; défenseur de la Foi, il passa dix années en prison, puis fut consacré évêque par le pape Silvestre.

?

Ss Petrus, diacre, et Hermogenes, martyrs à Mélitène. 

V.

S Akakios, évêque à Mélitène, fervent adversaire de Nestorius à Ephèse, mais ensuite déposé injustement de son siège..

VI.

S Pantagathus, évêque à Vienne (Isère), considéré comme le plus saint et le plus savant évêque de son temps. 

VII.

S Donnan, écossais, abbé sur l’île de Eigg, massacré par des Danois avec ses cinquante-deux moines, le jour de Pâques.. 

Ste Potentienne, vierge près de Villanueva.

VIII.

S Vandon, abbé à Saint-Wandrille, exilé injustement par Charles Martel, rétabli par Pépin le Bref.

S Landry, évêque à Metz ou Meaux, on ne sait pas ; son père se fit moine et fonda les abbayes de Hautmont et Soignies : à la mort de son père, il resta à Soignies, s’occupa des deux abbayes et ne revint pas dans son évêché ; sa mère est ste Vaudru, sa sœur ste Adeltrude.

IX.

Ss Elia, Pablo et Isidro, martyrs à Cordoue.

XI.

S Robert, fondateur et abbé (malgré lui) du monastère de la Chaise-Dieu.

XII.

S Robert, abbé à Molesme, où échoua la réforme, puis à Cîteaux ; par obéissance il retourna à Molesme, où la réforme réussit enfin.

B Gervin (Gervais), solitaire puis abbé à Aldenbourg.

B Eberhard de Wolfegg, prieur du monastère prémontré à Marchthal.

XIII.

B Rudolf, enfant martyrisé par des juifs à Berne.

XIV.

B Giacomo de Cerqueto, prêtre augustin à Perugia, très patient dans la maladie.

XV.

Bse Thora Gambacorta (Chiara), fiancée de force à sept ans, mariée à douze, veuve à quinze ans, elle fut un moment clarisse à Pise, reprise par son père qui l’enferma, et put enfin devenir dominicaine à Pise, où elle sera prieure avant de mourir.

XVII.

Bse Maria Ana de Jésus Navarro de Guevara, madrilène, religieuse de l’ordre de Notre-Dame de la Merci, dont elle fonda une autre branche.

B Henry Heath, franciscain anglais martyr à Londres (Tyburn), béatifié en 1987.

Bse Kateri Tekakwitha (“qui avance en tâtonnant”, parce qu’elle était presque aveugle de naissance), indienne iroquoise convertie et baptisée par les missionnaires jésuites du Canada ;  première indienne à faire vœu de chasteté et béatifiée, en 1980, puis canonisée en 2012.

XVIII.    

B Won Si-bo Iacobus, laïc coréen martyr, enterré vivant, béatifié en 2014.

XX.

B Lucien Botovasoa (1908-1947), instituteur malgache et père de cinq enfants, décapité pour sa foi, béatifié en 2018.

 

Petrus et Hermogenes de Mélitène

† 4e siècle

 

De ces deux Martyrs, on ne sait rien de certain, pas même le lieu et la période de leur martyre.

Petrus était peut-être diacre, et Hermogenes son assistant (serviteur ? acolyte ?).

On les situait autrefois en Antioche, mais l’actuel Martyrologe corrige maintenant Mélitène en Arménie.

Leur martyre a pu avoir lieu au 4e siècle.

Saints Petrus et Hermogenes de Mélitène sont commémorés le 17 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Siméon bar Sabas de Séleucie et Usthazade

341

 

Siméon bar Sabas était évêque de Séleucie-Ctésiphon sous le roi de Perse Sapor II.

Signalons que la ville de Séleucie était une fondation grecque, reprise par les Romains, et qui déclina peu à peu en face de Ctésiphon. De cette dernière il ne reste aujourd’hui qu’une arche de trente mètres de haut. Cette ville magnifique fut détruite en 637 par les musulmans envahisseurs : ils n’eurent pas honte de soumettre l’immense bibliothèque à un incendie qui dura une semaine, nuit et jour. Les ruines servirent à la construction de Bagdad, à une trentaine de kilomètres.

Siméon, donc, avait été l’évêque coadjuteur de l’évêque Papa. En 325, il avait envoyé au concile de Nicée, pour le représenter, le prêtre Sciadhustes, qui lui rapporta les décrets du concile et en même temps la décision des Pères du concile de le nommer métropolitain pour toute la Perse. C’est dire la réputation qu’il avait aux yeux de toute l’Eglise.

Quand Sapor II promulga son édit de persécution (340), qui interdisait d’embrasser le christianisme sous peine d’être réduit à l’esclavage, Siméon lui adressa une noble lettre où il proclamait sa volonté de rester fidèle à Dieu, ainsi que tout son troupeau.

Sapor II entra dans une fureur noire et ordonna de mettre à mort les prêtres et les diacres chrétiens, de raser jusqu’au sol toutes les églises et d’employer tous les vases sacrés à des usages profanes. Il se fit amener Siméon pour le faire juger en sa présence.

Une des raisons de la colère de Sapor, était que Siméon adorait «le dieu de César», le dieu de l’empereur romain, son ennemi.

Siméon, chargé de fers, comparut avec deux de ses prêtres, Abdécalas et Ananias. Il refusa de se prosterner devant le roi, comme il l’avait toujours fait par le passé par respect pour l’autorité. Mais cette fois-ci, expliqua Siméon, il comparaissait comme accusé, sommé de renier le vrai Dieu, ce qu’il ne voulait pas faire.

Sapor demanda d’abord gentiment à Siméon d’adorer le soleil. Siméon répliqua : Ce soleil s’est éclipsé et a pris le deuil à la mort de Jésus-Christ.

Ne pouvant faire changer d’avis Siméon, Sapor le fit mettre en prison jusqu’au lendemain. Il avait en aversion la religion chrétienne, mais en même temps il admirait Siméon, dont l’aspect majestueux imposait le respect.

Or, sur le passage de Siméon, se trouvait un vieil eunuque, Usthazade, qui avait élevé Sapor et jouissait de la plus haute considération dans le palais. Grand chambellan, premier des seigneurs de la cour, il avait abjuré la foi chrétienne pour plaire à son maître. Devant Siméon, il s’agenouilla, mais l’évêque détourna les yeux, pour lui faire comprendre la gravité de son péché. Usthazade fut profondément touché, courut chez lui prendre des habits de deuil et revint au palais où il confessa sa foi.

Le roi le fit exécuter sans retard. Usthazade lui fit cette ultime requête : de faire proclamer qu’il était mis à mort pour sa foi, et non pour quelque autre crime.

Usthazade fut martyrisé le Jeudi saint, treizième jour de la lune d’avril.

Le Martyrologe le mentionne le 17 avril, précisant toutefois qu’il mourut à la cour d’Artaxerxes, frère de Sapor.

Le Vendredi saint, Sapor se fit amener Siméon, qu’il tenta encore de plier à adorer le soleil. Sur le refus constant de l’évêque, Sapor fit venir cent autres prisonniers, évêques, prêtres et diacres qui, tous, refusèrent aussi d’adorer le soleil.

Ils furent tous décapités un à un sous les yeux de leur métropolite. Siméon fut finalement décapité à son tour, avec ses deux prêtres Abdécalas et Ananias.

Il est question de ce dernier dans la notice de saint Pusicius (18 avril).

Saint Siméon bar Sabas est mentionné le 17 avril au Martyrologe, comme Usthazade, bien qu’ils aient été exécutés un jour après l’autre.

 

 

Innocens de Tortone

285-353

 

La famille d’Innocens était attachée au christianisme : elle protégea les Chrétiens persécutés au début du 4e siècle ; on signale aussi un évêque Iulianus à Tortone, décapité à cette époque (mais qui n’est pas mentionné dans le Martyrologe).

Innocens serait né en 285. Il avait une sœur, Innocentia.

En 303, il fut mis en prison et ses biens furent confisqués.

En 313 seulement, après l’édit de Constantin, il recouvra la liberté et en profita pour aller à Rome réclamer la restitution de son héritage paternel.

Il rencontra le pape Silvestre, qui fut assez perspicace pour voir en Innocens un homme digne de servir l’Eglise : il l’ordonna diacre, prêtre, et le consacra évêque de Tortone. En 325, Innocens devenait le onzième évêque de ce siège.

Innocens ne participa pas au concile de Nicée qui se tenait justement cette année-là, car le concile s’acheva en juillet.

En revanche, Innocens fut extrêmement actif dans son diocèse, pour reprendre ce que la période précédente avait désorganisé. Il fit construire ou reconstruire plusieurs basiliques, la cathédrale (qui remplaça une synagogue). Avec sa sœur il fut à l’origine du monastère Sainte-Euphémie. Mais surtout, il retrouva les reliques du Fondateur du diocèse, Marcianus (v. 6 mars).

Innocens mourut, selon la tradition, le 17 avril 353, après vingt-huit ans d’épiscopat, à l’âge de soixante-huit ans.

Saint Innocens de Tortone est commémoré le 17 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Akakios de Mélitène

† 435

 

Akakios (Acace) fut évêque à Mélitène (Arménie, act. Malatya, Turquie NE).

Au concile d’Ephèse (431), il se signala par son ardente déposition contre Nestorius.

Rentré dans son diocèse, il en fut injustement expulsé.

Malheureusement, on ne connaît guère de détails sur ce saint évêque, encore moins la raison pour laquelle il fut déposé et expulsé de son siège. On peut supposer qu’il y eut là une machination de la faction hérétique.

Saint Akakios de Mélitène est commémoré le 17 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pantagathus de Vienne

† 540

 

Pantagathus (Pantagathe), après avoir occupé des postes importants dans l’administration civile, se consacra ensuite au service de l’Eglise.

En 532, il fut nommé vingt-troisième évêque de Vienne (actuel département de l’Isère).

L’année suivante (533), eut lieu le 2e concile d’Orléans, où il fut décidé de ne plus sacrer diaconesses les femmes, et même d’excommunier celles qui, après s’être consacrées, se seraient remariées ; on y interdit le mariage entre proches parents ; on y condamna les Chrétiens qui retourneraient au culte des idoles.

En 538, Pantagathe signa les décisions du 3e concile d’Orléans, qui rappelait que le dimanche était le Jour du Seigneur, y interdisant les travaux des champs ; interdiction est faite aux clercs de pratiquer l’usure, et aux prêtres de conspirer (!) contre leur évêque ; il fut décidé qu’un esclave chrétien au service d’un Juif réfugié dans l’église, devrait être racheté par l’évêque.

Pantagathe acquit la réputation d’un des plus savants et des plus saints évêques de son temps.

Il mourut en 540.

Saint Pantagathe de Vienne est commémoré le 17 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Donnan d’Eigg

† 617

 

Donnan, irlandais d’origine, aurait pu être moine à Iona sous s.Columba (v. 9 juin) ou fit partie de l’Eglise des Pictes ; il aurait alors suivi le chemin de s.Ninian (v. 16 septembre). 

Il fut un des premiers missionnaires passés en Ecosse. 

Il fit beaucoup de conversions et fonda un monastère sur l’île d’Eigg (Hébrides intérieures, Ecosse). Ce fut le monastère de Kildonann.

En cette année 617, le monastère comptait cinquante-deux moines. Ils étaient en train de célébrer avec Donnan, leur abbé, la liturgie de Pâques, lorsque des pirates danois firent irruption et les massacrèrent tous.

Telle autre version indique que ce massacre aurait eu lieu sur ordre de la reine picte locale, ou encore sur menace d’une paysanne de l’endroit qui avait perdu ses droits à paître ses animaux.

Ces innocentes victimes furent commémorées et fêtées jusqu’en 1703, car l’île était restée catholique jusque là.

Le culte, quelque peu tombé en désuétude, fut rétabli en 1898 par décret papal.

Saint Donnan et ses moines d’Eigg sont commémorés le 17 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Elia, Pablo et Isidro de Cordoue

† 856

 

D’après s.Euloge (v. 11 mars), Elia était né à Beja (actuel Portugal) ; venu à Cordoue, c’était un prêtre âgé. Pablo et Isidro, deux jeunes moines, étaient de ses disciples.

Lors de la persécution ordonnée par Mohammed, fils d’Abderadame II, ces trois Religieux furent condamnés à mort et attachés à des potences.

C’était en 856.

Un autre Pablo fut martyrisé à Cordoue, en 851, v. 20 juillet.

Les trois saints Elia, Pablo et Isidro sont commémorés le 17 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Robert de Turlande

1001-1067

 

Robert naquit vers 1001… au milieu d’une forêt, sa mère ayant été prise des douleurs de l’enfantement pendant qu’elle se rendait à un château voisin de sa maison : on interpréta cet incident comme un présage à la future vie érémitique de l’enfant.

De son père Géraud et de sa mère Raingarde, il était le cadet d’une famille nombreuse.

Un autre signe fut observé : les deux nourrices successives qu’on lui trouva n’étaient pas de bonnes mœurs, et l’enfant refusa de prendre leur lait.

Confié en 1018 aux chanoines de Saint-Julien de Brioude, il se forma à la piété en même temps qu’à la science sous ces excellents maîtres. 

Pieux garçon, il savait passer la nuit en prière, se montra très empressé pour soigner les malades.

Il reçut la tonsure et fut nommé chanoine. Ordonné prêtre, il célébra chaque jour la sainte Messe, ce qui n’était pas toujours l’habitude des prêtres.

Il fit bâtir à Brioude un hôpital et, au-delà de la santé du corps, s’employa à la santé des âmes et obtint maintes conversions.

Son amour pour la contemplation lui fit désirer d’entrer chez les Cisterciens de Cluny, mais la population l’en empêcha. Il fit alors un pèlerinage à Rome pour demander aux Apôtres de l’inspirer. Il alla au Mont-Cassin pour y approfondir la règle de saint Benoît.

Là-dessus, un soldat nommé Etienne de Chaliers, puis un autre nommé Dalmas, vinrent le trouver et s’établirent dans un petit ermitage en ruines non loin de Brioude.

Les habitants de l’endroit, d’abord mécontents de leur présence, s’adoucirent et même les aidèrent : ainsi naquit l’abbaye de la Chaise-Dieu (chaise étant à prendre au sens de casa, maison). Les travaux d’édification furent achevés en 1050.

La fondation fut approuvée par l’évêque de Clermont, par le pape et par le roi. L’évêque fit la dédicace de l’église, et y établit abbé notre Robert.

Robert, humblement soumis à cette décision, s’acquitta saintement de sa mission ; Dieu le récompensa par de nombreux miracles. L’abbé réunit sous sa règle quelque trois cents Religieux, présents dans une cinquantaine de maisons dans le Massif Central ; il rétablit le culte dans de nombreuses églises abandonnées du voisinage.

Divinement averti de sa fin prochaine, il embrassa un à un tous ses disciples et s’éteignit le 17 avril 1067.

Il aurait été canonisé en 1070.

 

 

Robert de Molesme

1029-1111

 

Robert naquit vers 1029 en Champagne.

A quinze ans il entra chez les Bénédictins de Moutier-la-Celle (Troyes).

Ce novice qui était plus porté pour la contemplation que pour les activités manuelles, fut nommé prieur dès l’achèvement du noviciat.

Les moines de Saint-Michel de Tonnerre le choisirent bientôt pour leur abbé, mais Robert les quitta assez vite, ne réussissant pas à reporter chez eux la pratique rigoureuse de la Règle bénédictine. Le prieur cependant l’empêcha de se joindre à quelques ermites qui vivaient par là, et le rappela. Finalement, Robert regagna Moutier-la-Celle.

Par obéissance, Robert dut être prieur de Saint-Ayoul, qui dépendait de Moutier-la-Celle. Mais les ermites de tout-à-l’heure réussirent à obtenir du pape le retour de Robert ; obéissant, celui-ci laissa Saint-Ayoul et revint parmi les ermites. L’endroit étant trop malsain, Robert les établit dans la forêt de Molesme (1075).

Leur vie austère provoqua l’admiration de l’évêque et des seigneurs, qui leur apportèrent des soutiens divers ; cette «opulence» fut la cause d’un refroidissement dans l’ardeur des ermites, et Robert les quitta.

Mais les ermites, malins, firent intervenir le pape, à travers l’évêque de Langres, pour rappeler Robert. Il revint donc, toujours obéissant, mais aussi réconforté par quelque signe céleste qui l’encourageait à persévérer, car il verrait bientôt le fruit de son souci pour porter les âmes dans le sentier de la perfection. Une nouvelle fois, les ermites de Molesme se montrèrent indociles, et Robert les quitta, avec Albéric et Etienne Harding.

En 1098, les trois, avec quelques autres confrères, s’adressèrent à l’évêque Hugues de Lyon, qui était le légat du pape pour la France et qui leur concéda le territoire de Cîteaux.

Ceux de Molesme insistèrent encore et le même légat pria Robert de laisser Cîteaux pour aller s’occuper de Molesme. Robert obéit encore une fois.

Désormais les deux abbayes allaient se développer admirablement. A Cîteaux, l’abbé fut Albéric et le prieur Etienne Harding. Molesme eut enfin son abbé, Robert, pendant neuf années, jusqu’à mort. L’Ordre cistercien était né.

La date de la mort de Robert comporte des variantes : on trouve le 21 mars 1110, le 17 ou le 29 avril 1111 ; il semble que la vérité soit pour le 17 avril 1111.

Robert fut béatifié (ou canonisé) en 1220.

 

 

Rudolf de Berne

1290-1294

 

Les informations sur ce Bienheureux peuvent être conjecturales.

Le petit garçon dont il est question ici aurait été mis à mort par des ennemis du Christ, un Samedi Saint, le 17 avril 1294.

Une opinion diffuse aurait attribué cette horreur à des Juifs, qui furent alors persécutés et arrêtés en masse.

Le corps de Rudolf, retrouvé quelques jours après ce meurtre, fut enseveli d’abord dans la cathédrale de Berne, près de l’autel de la Sainte-Croix, puis déposé en terre en 1528.

Le Martyrologe actuel ne le mentionne pas. On l’a maintenu ici pour évoquer un épisode qui est bien situé dans le temps, même si les circonstances précises en demeurent incertaines ou même douteuses.

Quelques points importants auraient en effet besoin d’être élucidés : qui était cet enfant ? où étaient ses parents ? Comment connaîtrait-on le prénom, mais pas le nom de la victime ? Les parents auraient-ils eux-même participé à ce «rite» sacrilège et diabolique ?

A la suite de miracles obtenus par l’intercession de Rudolf, son culte fut approuvé pour le diocèse de Berne, en 1869.

 

 

Giacomo Cinti

1284-1367

 

Giacomo naquit vers 1284 à Cerqueto (Pérouse, Ombrie, Italie).

Il entra dans l’Ordre augustinien à Pérouse, et se distingua par une généreuse obéissance, une grande patience et la sainteté de sa vie. On nota sa persévérance dans la prière, sa fidélité dans la virginité et sa sagesse.

Un exemple de sa parfaite obéissance se trouve dans l’épisode suivant. Giacomo allait célébrer la Messe, lorsque le Supérieur arriva et lui donna l’ordre de faire taire les grenouilles de l’étang proche du couvent, car ce jour-là elles dérangeaient vraiment la tranquillité du monastère. Certains pourraient objecter : pourquoi le Supérieur n’a-t-il pas lui-même donné cet ordre aux bestioles ? C’est très certainement qu’il connaissait la vertu de son cher Giacomo, et que ce dernier avait reçu de Dieu le don de commander aux bêtes et aux oiseaux du ciel.

De fait, Giacomo fit un grand signe de croix en direction des grenouilles, leur intimant l’ordre de se taire. Elles aussi obéirent sur le champ.

Giacomo, désormais plus qu’octogénaire, était en prière devant l’autel de la Sainte Vierge, lorsque l’heure de la mort sonna pour lui, le 17 avril 1367.

Le culte public se manifesta très vite, et fut confirmé en 1895.

Le bienheureux Giacomo de Cerqueto, comme on l’appelle, n’a été inclus au Martyrologe romain que dans la dernière édition de 2004.

 

 

Thora Gambacorta

1362-1419

 

Thora (Théodora) était née en 1362, à une époque où son père, Pietro, était exilé de Pise, dans le cadre de ces luttes incessantes qui ensanglantèrent les villes d’Italie. Elle avait trois frères.

Elle vécut à Venise, puis revint à Pise en 1369, quand son père fut remis en possession de ses biens.

Pietro promit alors sa fille à un riche seigneur local, Simone de Massa, alors que Thora s’était déjà consacrée à Jésus-Christ. Mais elle accepta avec soumission cette destinée, et le mariage fut célébré quand elle eut douze ans.

Ce que ne savait pas le brave Simone, c’est que la petite Thora, depuis l’enfance, répétait sans cesse au Seigneur : Tu le sais, Seigneur, que je ne veux pas d’autre Epoux que toi. Et encore dans le temps qui suivit son mariage, elle retirait devant le Crucifix son anneau d’épouse, pour Lui répéter la même prière. Sa pensée était toute dans la passion du Seigneur, et quand elle le pouvait, elle réunissait des filles de son âge pour en parler, pour les exhorter à la vertu.

Elle-même portait, sous ses habits somptueux, un rude cilice. Sa charité se porta auprès des pauvres et des malades, et s’associa à de pieuses femmes qui pratiquaient ainsi la charité, et qui avaient reçu chez elles une pauvre femme toute défigurée par un cancer affreux. Thora voulut aussi la servir et la soigner.

Or voici que son époux mourut, victime de quelque épidémie. Thora était veuve, à quinze ans ! Son père chercha à nouveau à la marier, mais Thora, cette fois-ci, prit des mesures énergiques : elle se coupa les cheveux, distribua aux pauvres ses tenues somptueuses et s’entendit avec les Clarisses : elle quitta la maison paternelle et alla revêtir l’habit franciscain, prenant alors le nom de Chiara (Claire).

Les frères de Claire en informèrent leur père qui, furieux, les envoya chercher de force sa fille. Les Religieuses, épouvantées, la laissèrent partir et Claire fut enfermée, avec son habit, dans un réduit du château paternel, sans lit, et la porte fut clouée.

En réalité, Claire se trouvait «cloîtrée» et pratiquait souvent le jeûne, car on oubliait de lui porter à manger.

Lors d’une absence de son père, sa mère consentit à la laisser aller se confesser et communier chez les Dominicains. Dieu alors lui révéla qu’elle serait dominicaine, et non franciscaine. De fait, un saint évêque espagnol, de passage en 1378 chez les Gambacorta, convainquit le père que sa fille avait une réelle vocation ; enfin Chiara rejoignit les Dominicaines, et même son père s’engagea à faire construire un autre couvent, où Chiara aurait fait appliquer la règle dominicaine authentique. Le couvent fut prêt en 1382.

Chiara y fut sous-prieure, puis prieure ; elle mit à profit les dons pécuniers qu’elle reçut, pour soulager la misère des pauvres et pour construire un orphelinat.

Malheureusement, les événements ne tournèrent pas en faveur du pauvre père Gambacorta ; des querelles reprirent ; le père de Chiara perdit la vie, ainsi que son fils Lorenzo ; deux autres fils disparurent. Celui qui avait trahi Pietro Gambacorta, mourut à son tour ; Chiara pardonna et en fit appeler l’épouse et les sœurs pour les secourir.

Chiara fut aussi en relations épistolaires avec des personnes revenues à Dieu, les exhortant à la vraie conversion intérieure, au détachement des biens du monde.

En 1419, comme elle l’avait annoncé, Chiara vit sereinement approcher l’heure de la rencontre finale avec son Epoux céleste. Ses douleurs s’intensifièrent durant le carême et elle expira doucement, le lundi de Pâques, 17 avril 1419.

Treize ans plus tard, on ouvrit son cercueil, dont il sortit un parfum très suave. Les ossements furent lavés, et une Religieuse atteinte de la lèpre, but de cette eau, qui la guérit instantanément.

Chiara est communément considérée comme Bienheureuse, bien qu’aucune reconnaissance n’ait eu lieu.

María Ana Navarro de Guevara y Romero

1565-1624

 

Née le 21 janvier 1565 à Madrid, María Ana eut une jeunesse difficile, car ses nobles parents Luis et Juana s’opposaient à son désir de devenir religieuse. 

Son père était fourreur, au service du roi Felipe II.

On la traita comme domestique, chargée des travaux ménagers. Après la mort de sa mère, son père se remaria avec une femme qui, de plus, maltraitait l’adolescente. Ils lui arrangèrent un mariage, qu’elle refusa : elle aurait même coupé ses cheveux pour décourager le prétendant.

María Ana finit par quitter la maison et chercha à entrer dans quelque monastère, mais sans y réussir, car elle n’avait pas une bonne santé ; elle souffrait des mains. Or les Ordres sont réticents à admettre des personnes malades, car les soins à leur accorder pourraient être trop lourds pour leurs finances limitées par la pauvreté.

Elle se retira en 1598 dans une maisonnette près de l’église tenue par les Religieux de l’Ordre de la Merci, pour y mener une vie de recluse. En 1606 elle fut affiliée à l’Ordre de la Merci, dont elle reçut l’habit de tertiaire en 1613. Désormais elle s’appellerait Mariana de Jésus.

Sa joie était grande, mais se doubla d’une douloureuse épreuve, par la présence d’une Consœur qui, officiellement chargée de l’assister dans ses tâches ménagères, en réalité lui imposa de grandes peines.

Elle fut favorisée d’apparitions, elle eut le don des miracles, elle fut souvent ravie en extase, toutes choses qu’elle dut décrire sur ordre de ses supérieurs.

Mariana mourut le 17 avril 1624, des conséquences d’une infection pulmonaire.

Son corps fut à diverses reprises exhumé, jusqu’en 1924, et apparut toujours intact, frais, et exhalant un agréable parfum.

Mariana de Jésus a été béatifiée en 1783.

Avec saint Isidore, elle est co-patronne de Madrid.

 

 

Henry Heath

1599-1643

 

Le nom du prêtre dont il va être question, fut porté aussi par un pionnier de la secte des Mormons au 19e siècle. Pour toute recherche, on sera avisé de bien faire attention à distinguer les deux personnages.

Notre Henry, fils de John Heath, reçut le baptême protestant à Peterborough le 16 décembre 1599.

Il étudia au Collège Corpus Christi de Cambridge à partir de 1617, fut diplômé en 1621 et devint ainsi le bibliothécaire du collège.

En 1622, il fut admis dans l’Eglise Catholique et s’en vint quelque temps au Collège anglais de Douai.

En 1625, il entre au couvent franciscain de Saint-Bonaventure, avec le nom de Paul de Sainte-Madeleine.

Dès 1643, il obtint à grand peine de pouvoir aller exercer le ministère sacerdotal en Angleterre. Il s’embarque à Dunkerque déguisé en marin.

Un passager allemand lui paie sa place et voulait lui donner davantage d’argent pour le reste de son voyage mais, par esprit de pauvreté, Henry préféra mendier son pain de Douvres à Londres.

La nuit-même de son arrivée, il s’endormit devant la porte d’une habitation, dont le propriétaire l’envoya directement en prison, le prenant pour un voleur.

Quelques papiers qu’on lui trouva, montraient qu’il était catholique.

Interrogé dès le lendemain, il reconnut qu’il était prêtre et fut envoyé à Newgate. Peu après, il fut interrogé par une cour, devant laquelle il réitéra son identité sacerdotale. Tombant sous l’accusation de faire partie de «Jésuites, prêtres de séminaire et autres personnes désobéissantes du même genre». Il fut finalement déclaré coupable d’être prêtre présent dans le royaume de la Reine Elizabeth. 

A Tyburn, il se trouvait avec d’autres criminels qui étaient condamnés avec lui, et en réconcilia un juste avant d’être pendu, au moment où l’on allait retirer la charrette de dessous la corde.

L’habitude était qu’on torturait les condamnés, en les remettant à terre avant leur dernier soupir, pour les éviscérer et les décapiter (ou les écarteler). Mais le père Henri eut la «faveur» de rester pendu jusqu’à la mort.

C’était le 17 avril 1643.

Henry Heath fait partie des quatre-vingt cinq Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles, qui furent béatifiés en 1987.

 

 

Kateri Tekakwitha

1656-1680

 

Kateri naquit à Ossermenon sur le bord de la rivière Mohawk, qui se trouve actuellement dans l’Etat de New York, non loin de Auriesville.

Sa mère était de la tribu algonquine et son père de la tribu des Agniers, donc de deux tribus iroquoises héréditairement ennemies. La maman élève sa fille dans la foi chrétienne, celle-ci n’est pas encore baptisée. On ne dit pas si elle portait déjà son prénom de Kateri avant le baptême.

Orpheline dès l’âge de quatre ans, suite à une épidémie de petite vérole qui emporte ses parents, Kateri perd quasiment la vue. Le surnom iroquois Tekakwitha signifie “celle qui avance en hésitant”. 

A l’âge nubile, on voulait la marier, mais elle préférait rester vierge, de sorte qu’on la traita comme une esclave. Elle fut insultée, méprisée et menacée. 

Elle reçut enfin le baptême grâce à la prédication des Pères jésuites venus de France : c’est à Ossermenon qu’avaient été martyrisés Isaac Jogues, René Goupil et Jean Lalande (voir au 19 octobre et au 29 septembre). Et c’est le père jésuite Jacques de Lamberville qui la baptisera en 1676, le jour de Pâques, avec le nom chrétien de Kateri (Catherine).

Dès lors, sa ferveur redoubla et elle vécut en grande union avec le Christ crucifié.

Elle a un grand désir missionnaire : convertir la vallée iroquoise. Elle viendra vivre à La Prairie en 1677 et vivra sur les bords du fleuve Saint-Laurent pendant trois ans, non loin de l’actuelle Montréal.

Vingt mois après son baptême, elle reçut avec grande joie l’Eucharistie.

Le père Cholenec, convaincu que la virginité accomplissait son désir de se donner totalement au Christ, lui permit de faire le vœu de virginité perpétuelle, le 25 mars 1679, en la fête de l’Annonciation. Ce fut la première consécration de ce type connue chez les Indiens d’Amérique du Nord.

Kateri pratiquait assidûment le jeûne.

Ayant reçu le sacrement des Malades et le Viatique, elle mourut pieusement le 17 avril 1680 à Kahnawake (province de Québec), consumée par la fièvre. Sa dernière parole fut : Jésus, je t’aime.

Si la date de sa naissance est exacte, elle avait vingt-quatre ans.

On l’a appelée le lys des Agniers.

Déclarée Vénérable en 1943, Bienheureuse en 1980, elle a été canonisée en 2012.

 

 

Won Si-bo Iacobus

1730-1799

 

Won Si-bo Iacobus est un laïc coréen né en 1730 à Hongju (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut enterré vivant à Cheongju (Chungcheong-do), le 17 (ou le 3) avril 1799 et béatifié en 2014.

Lucien Botovasoa

1908-1947

 

Né en 1908 à Vohipeno (Madagascar SE), Lucien était l’aîné d’une grande fratrie de neuf frères et sœurs, enfants de Joseph Behandry et Philomène Neviantsoa (ou Neviasoa). Joseph était lui-même catholique depuis quelques années, les missionnaires étant arrivés à Vohipeno en 1899. Lucien reçut le baptême en 1922 - sa mère en 1925.

 

Excellent élève, Lucien fut envoyé chez les Jésuites de Fianarantsoa, dont il sortit premier. Revenu à Vohipeno, il y fut alors l’instituteur, à partir de 1928. Ses élèves l’appelleraient désormais Maître Lucien.

 

En 1930, il épousa une jeune fille de seize ans, Suzanne Soazana (apparemment, le nom de famille de cette jeune fille n’est que la transformation du prénom français). Suzanne était illettrée, mais bonne épouse fidèle  et mit au monde huit enfants, dont trois moururent en bas âge.

 

Lucien était un homme très actif. Il lisait beaucoup et étudiait toujours ; outre le malgache classique, il savait le français et le latin, l’allemand et l’anglais, le chinois ; il lisait des textes arabico-malgaches ; il jouait du clairon et de l’harmonium.

 

Instituteur hors pair, il enthousiasmait ses élèves, auxquels il lisait des Vies de Saints d’une façon si vivante qu’ils ne les oubliaient jamais. A l’église, il dirigeait la chorale. En-dehors de l’école, il rayonnait et amenait au baptême beaucoup de ses élèves.

 

Le curé, un bon père lazariste, tomba malheureusement dans l’alcoolisme ; Lucien continua de l’entourer et de l’aider, sans jamais en dire du mal. D’ailleurs, on ne vit jamais Lucien perdre son sourire.

 

En 1940, il fonda une petite fraternité d’esprit franciscain et s’engagea désormais dans la voie de la sanctification ; en dehors des heures d’enseignement à l’école, il s’habillait très pauvrement, la corde autour des reins ; il jeûnait les mercredi et vendredi ; il se relevait la nuit pour prier, et se levait dès quatre heures du matin pour aller adorer le Saint-Sacrement à l’église.

 

A partir de 1947, un courant indépendantiste essaya d’enrôler Lucien, qui refusait catégoriquement de s’occuper de politique. La Semaine Sainte, des massacres se déchaînèrent, les habitants s’enfuirent dans la forêt. Le mercredi de Pâques 9 avril 1947, Lucien revint dans la ville et rassembla ceux qu’il y trouva pour prier.

 

Le 17 avril, on convoqua Lucien au «clan» local ; il s’y attendait depuis longtemps et fit des adieux touchants à sa femme. Il refusa de s’enfuir, car sa fuite aurait déclenché des représailles contre sa femme et ses enfants - dont l’aîné avait quinze ans alors.

 

Au terme d’une longue discussion, durant laquelle Lucien répéta son net refus d’appartenir au groupe politique, il fut condamné à mort par le chef de clan.

 

En partant pour le lieu de l’exécution, Lucien prophétisa au chef des bourreaux qu’il mourrait chrétien.

 

Les bourreaux étaient de ses anciens élèves ; ils n’osaient le frapper ; c’est Lucien qui les exhorta à accomplir leur tâche ; il fut décapité au premier coup de hache.

 

Dix-sept ans plus tard, le chef des bourreaux se convertit effectivement sur son lit de mort, répétant : Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi, pauvre pécheur.

 

Martyrisé le 17 avril 1947, Lucien a été béatifié en 2018.

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16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 21:10

Maria Velotti

1826-1886

 

Maria Velotti naquit le 16 novembre 1826 à Soccavo (Naples, Italie), de Francesco et Teresa Napoletano, qui la firent baptiser le jour-même. Francesco s’était remarié après son veuvage et avait un fils, Giovanni.

L’enfance de Maria fut marquée par de rudes épreuves. Ses parents moururent vers 1828. La petite fille fut alors hébergée par une tante célibataire, qui la maltraita. Mariella, comme on l’appelait, n’avait qu’à se taire et faire les travaux de l’entretien de la maison ; elle ne mangeait pas à sa faim, était facilement battue et, voulant aller à la messe, devait y aller pieds-nus. Maria fut finalement «adoptée» par de bons voisins, Lorenzo Sabatino et Giuseppa Tuzzolo, qui n’avaient pas d’enfants.

Le résultat de cette période agitée, fut que la jeune fille savait à peine lire et écrire.

Plus tard, devenue adulte, elle eut l’opportunité de rencontrer son demi-frère Giovanni.

En 1849, Maria rencontra par bonheur un bon prêtre qui fut son directeur spirituel, Filippo Antonio da Domicella, qui l’accompagna dans son chemin spirituel : en 1853, elle revêtit un habit religieux et, l’année suivante, fit la profession chez les Franciscaines. Elle prit le nom religieux de Maria Luigia du Très-Saint-Sacrement, en souvenir de s.Luigi Gonzaga (v. 21 juin).

Dès 1853, Maria fut favorisée d’extases, de visions de Notre-Seigneur, de la Vierge Marie, de saint François d’Assise. Comme ce dernier, elle reçut les stigmates de la Passion, mais de façon invisible. Elle fut aussi persécutée par le Démon, qui la laissa blessée ; elle dut même rester alitée plusieurs jours. Outre ces grâces particulières, Maria s’imposait d’autres mortifications, portant un cilice et se flagellant.

Dans son petit couvent de Franciscaines, Maria devint la maîtresse des novices. Mais en 1867, le couvent ferma ses portes. Malade, Maria fut hospitalisée à Naples. On vint la voir, lui demander ses conseils, et aussi, pourquoi pas, fonder avec elle une nouvelle famille. Ce fut ainsi que naquit en 1875 la congrégation des Sœurs Franciscaines Adoratrices de la Sainte Croix, dont le but devait être la formation des jeunes filles et promouvoir leur rôle et leur place dans la société napolitaine. La maison était à Naples.

La renommée de Maria Luigia se répandait ; des guérisons lui étaient attribuées ; des vocations se présentèrent et la Fondatrice établit la maison-mère à Casoria, dans des locaux plus amples. Une école se fonda pour les jeunes filles de la campagne.

Les dernières années et surtout les dernières semaines de sa vie, Maria Luigia souffrit énormément, paralysée sur un fauteuil roulant, où elle mourut, le 3 septembre 1886.

Maria Velotti - Sœur Maria Luigia - devrait être béatifiée en 2020, et inscrite au Martyrologe le 3 septembre.

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16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 19:26

Isabel Sánchez Romero

1861-1937

 

Isabel Sánchez Romero naquit le 9 mai 1861 à Huéscar (Grenade, Espagne S).

En 1878, elle entra dans l’Ordre des Dominicaines, prenant le nom religieux de Ascension de Saint-Joseph.

Religieuse exemplaire, elle portait une infirmité rare, qui lui causait des plaies sur tout le corps ; elle ne s’en plaignit jamais.

Lors de la Guerre civile de 1936-1937, elle fut arrêtée en février 1937, mise en prison, violée. Sommée de renoncer à la Foi chrétienne et de blasphémer, elle ne fit que répondre par des paroles jaculatoires, comme Vive le Christ Roi !  Elle fut battue. Ses bourreaux auraient été fort contents de voir cette vieille Religieuse de soixante-seize ans, si gentille, rejoindre leurs rangs en abandonnant la vie religieuse, mais ils se trompaient.

Le 17 février 1937, on voulut conduire au cimetière de Huéscar tout un groupe de prisonniers chrétiens, dont cette Religieuse et son propre neveu, Florencio. Comme elle ne pouvait monter dans le camion, à cause de son grand âge, les miliciens s’emparèrent d’elle et l’envoyèrent sans ménagement dans le camion, comme on le fait d’un sac de pommes de terre.

Au cimetière, pendant qu’elle continuait de prier sans relâche, tous tombèrent l’un après l’autre. Elle était la dernière ; les bourreaux ne voulurent pas se «contenter» de la fusiller : ils la mirent la tête sur une pierre et, avec une autre, lui écrasèrent le crâne.

Ainsi «monta au ciel» la Sœur Ascension de Saint-Joseph.

Pour Florencio et tous les autres, on attend l’enquête.

Isabel Sánchez Romero devrait être béatifiée en 2020, et inscrite au Martyrologe le 17 février.

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16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 11:02

Giuseppe Ambrosoli

1923-1987

 

Giuseppe Ambrosoli naquit le 25 juillet 1923 à Ronago (Côme, Italie N) dans une famille aisée, propriétaire d’une fabrique de miel. Il était le septième fils de Giovanni Battista Ambrosoli et de Palmira Valli.

Giuseppe étudia à Côme, puis chez les Piaristes de Gênes et passa le baccalauréat en 1942.

Déjà il occupait son temps libre au Cénacle, un groupe d’Action Catholique. Il commença les études de médecine à Milan, interrompues par la guerre.

Lors de la création de la République de Salò (septembre 1943), il aida des Juifs à passer en Suisse, jusqu’au moment où il se crut lui-même obligé de se réfugier en Suisse ; mais sur l’appel de ses parents qui étaient menacés de représailles, il revint en Italie, où il fut immédiatement réquisitionné et envoyé au camp de Heuberg-Stetten. Là-bas, il s’efforça de soutenir ses compagnons, durement éprouvés par les mauvais traitements, le travail et la faim. Un de ceux-là affirma : Son attitude vers le prochain m’a confirmé que les saints existent encore de nos jours.

En décembre 1944, Giuseppe revint en Italie et fut envoyé à Collecchio, puis à Berceto. Déjà mûrissait sa vocation missionnaire.

La guerre terminée, il reprit les études de médecine, qu’il acheva en 1949, et compléta à l’Ecole d’Hygiène et de Médecine Tropicale de Londres.

En 1951 - il a vingt-huit ans - il entra dans la congrégation des Missionnaires Comboniens du Sacré-Cœur ; novice à Gozzano, il étudia la théologie à Venegono et fut ordonné prêtre en 1955 : l’évêque qui l’ordonna était Mgr Giovanni Battista Montini, devenu le pape Paul VI en 1963 (v. 6 août).

En 1956, Giuseppe partit pour l’Ouganda. A part quelques brefs séjours en Italie, il y restera jusqu’à sa mort.

Envoyé au dispensaire de Kalongo, il le transforma peu à peu en un grand hôpital de trois-cent quarante-cinq lits, où il pratiqua particulièrement la chirurgie et l’obstétrique.

En même temps il fréquentait le séminaire de Lacor pour y achever ses études de théologie ; en outre, il apprit correctement la langue locale, l’acioli.

En 1959, il fonda une école d’obstétrique et d’infirmières ; ensuite il réunit à son hôpital ceux des lépreux d’Alito et de Morulem, pour que ces pauvres malades ne fussent plus abandonnés dans des léproseries malsaines.

Le père Giuseppe voulait véritablement soulager les souffrances de Jésus-Christ en la personne de tous ses malades. Il se disait le serviteur des gens malades. Quand c’était nécessaire, il donnait lui-même son sang pour un malade qui en avait besoin.

Il reçut en Italie des distinctions, qu’il accepta à contre-cœur, affirmant qu’il ne les méritait pas.

En Ouganda, l’instabilité politique dégénéra en guerre civile et l’hôpital de Kalongo dut, dans un premier temps, être évacué, avant que les troupes gouvernementales n’y mettent le feu, détruisant tout le travail du père Ambrosoli (février 1987).

Le pauvre Père ne survécut pas à cet anéantissement : déjà malade d’insuffisance rénale, il célébra sa dernière messe le 22 mars et s’éteignit le 27 mars 1987 à Lira (Ouganda), où il avait pu transférer les patients.

En 2009, une jeune Ougandaise frappée de septicémie en phase terminale, guérit soudainement et totalement, après que l’aumônier eut placé une image du père Ambrosoli et l’eut invoqué.

Giuseppe Ambrosoli devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 27 mars.

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