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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 23:00

16 AVRIL

 

I.

S Turibius, évêque au Mans ; il y a des reliques de lui à Paderborn (III.?).

III.

Ss Leonides et sept compagnes : Carissa, Galina, Theodora, Nica, Nunecia, Callis, Basilissa, martyrs à Corinthe, arrêtés le jour de Pâques ; Leonides d'abord crucifié, fut jeté en mer, Carissa et Callis jetées en mer aussi ; une autre martyre, Ireni, eut la langue coupée et les dents arrachées avant d’être décapitée ; enfin Adrianus fut brûlé vif.

IV.

Ss Optatus, Lupercus, Successus, Martialis, Urbanus, Iulia, Quintilianus, Publius, Fronto, Felix, Cæcilianus, Evodius, Primitivus, Apodemius, quatre autres nommés Saturninus, ainsi que Caius et Crementius, martyrs à Saragosse.

Ste Engratia, vierge martyre à Saragosse, déchirée sur tout son corps ; on lui arracha un sein et le foie.

V.

S Turibius, évêque à Astorga ; il vint à bout de l’erreur priscillianiste.

S Vaise, martyrisé par ses proches en Saintonge ; le lieu de son sépulcre est devenu le bourg de Saint-Vaise.

VII.

S Fructuoso, évêque à Braga, après avoir dirigé de nombreux moines et moniales. 

XI.

B Hervé, bienfaiteur ; il fit reconstruire à ses frais la basilique de Saint-Martin à Tours. 

XII.

S Magnus, écossais, assassiné par un cousin.

S Druon, berger, et reclus à Sebourg-en-Hainaut, patron des bergers. 

XIII.

S Contard d’Este, des marquis de Ferrare, pèlerin volontaire, mort très pauvre ; on l’invoque contre l’épilepsie.

XIV.

Bx Chiaramont (Gioachino de Sienne), de la famille Piccolomini, des Servites de Marie ; il devint volontairement épileptique à la place d’un autre malade et mourut un Vendredi Saint.

B Guglielmo Gnoffi, ermite sicilien, patron de Castelbuono ; il lutta victorieusement contre le démon de l’impureté.

XVIII.

S Benoît-Joseph Labre, aîné de quinze enfants, né dans le nord de la France ; il devint “vagabond de Dieu” après avoir vainement tenté d’entrer en religion ; on estime qu’il parcourut quelque vingt-cinq mille kilomètres à pied sur les routes de l'Europe.

Bx martyrs à Avrillié, béatifiés en 1984 : Pierre Delépine, Jean Ménard, Renée Bourgeais, Perrine Bourigault, Madeleine Cady, Marie Forestier, Marie Gingueneau, Jeanne Gourdon, Marie Lardeux, Perrine Laurent, Jeanne Leduc, Anne Maugrain, Françoise Micheneau, Jeanne Onillon, Marie Piou, Perrine Pottier, Marie-Geneviève et Marthe Poulain de la Forestrie, Renée Rigault, Marguerite Robin, Marie Rechard, Marie Roger, Madeleine Sallé, Renée Sechet, Françoise Suhard, Jeanne Thomas.

XIX.

Ste Bernadette (Marie-Bernard) Soubirous, la voyante de Lourdes, vierge à Nevers. 

Turibius du Mans

1er ou 3e ou 5e siècle

 

Saint Turibius fut évêque au Mans, à une époque qu’on met en doute : 1er siècle, 3e siècle, 5e siècle ?

Il aurait été le deuxième évêque du Mans, après en avoir été archidiacre.

Des monastères, des églises, et des miracles, lui ont été attribués.

Des reliques de lui ont été portées à Paderborn (Allemagne).

Il fut inséré au 16 avril, sans doute par affinité avec l’autre Turibius, évêque d’Astorga, mais ne se trouve plus dans le Martyrologe romain.

 

 

Martyrs de Corinthe

† 258

 

Le jour de Pâques de 258, les ennemis de Dieu firent irruption dans l’église, où se trouvaient rassemblés les Chrétiens.

Ils arrêtèrent un groupe de huit personnes, un homme et sept femmes, dont voici les noms : 

Leonides, Carissa, Galina, Theodora, Nica, Nunecia, Callis, Basilissa.

Leonides fut d’abord mis en croix puis, détaché, jeté à la mer.

Toutes ses Compagnes furent ensuite jetées à la mer.

Ajoutons que deux autres Martyrs, toujours à Corinthe, furent également torturés et mis à mort sinon pas le jour-même de Pâques, du moins dans la même période. Ce furent :

Ireni : conduite devant le préfet, elle proclama solennellement la divinité de Jésus-Christ ; battue de verges, elle eut la langue coupée, les dents arrachées, et fut enfin décapitée.

Adrianos : on voulait l’obliger à brûler de l’encens devant les statues des idoles ; non content de refuser, pour bien appuyer sa détermination, il renversa l’autel ; à son tour battu de verges, il fut jeté dans les flammes et expira au milieu de ces tourments.

Le Martyrologe ne mentionne plus Ireni et Adrianos.

Les saints Martyrs de Corinthe sont commémorés le 16 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs de Sarragosse

† 304

 

Le poète Prudence a longuement exalté le courage et la persévérance des dix-huit Martyrs de Sarragosse, dix-sept hommes et une femme, dont voici les noms : 

Optatus, Lupercus, Successus, Martialis, Urbanus, Iulia, Quintilianus, Publius, Fronto, Felix, Cæcilianus, Evodius, Primitivus, Apodemius, et quatre autres auxquels on a prêté le nom de Saturninus.

A ceux-là, s’ajoutent aussi trois autres Martyrs non moins célèbres : 

Caius et Crementius, fidèles à leur foi chrétienne, furent durement tourmentés, mais ne moururent pas immédiatement ; on les a même parfois considérés comme «seulement» confesseurs.

Engratia, laquelle fut horriblement déchirée sur tout le corps, eut une mamelle arrachée, ainsi que le foie ; elle respirait encore et fut jetée au fond d’un cachot, où elle expira bientôt et où on laissa son corps tomber en pourriture.

Tous ces saints Martyrs de Sarragosse sont commémorés le 16 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Turibius de Astorga

† 460

 

Saint Turibius fut choisi en 420 pour être évêque à Astorga (León).

Il se mit en devoir de combattre énergiquement l’hérésie priscillianiste, que son prédécesseur soutenait.

Priscillianus, évêque à Avila, prétendait que les trois Personnes de la Sainte Trinité n’en étaient qu’une ; il prônait une ascèse excessive, comme le jeûne même le dimanche et l’abstinence totale du mariage ; on l’accusa aussi de magie. Il fut condamné et même mis à mort par l’autorité ecclésiastique (385). 

Il faut sans doute admettre que les partisans de Priscillianus avaient adopté des positions beaucoup plus radicales et dangereuses que celles de leur «fondateur». 

Saint Turibius obtint l’appui du pape, Léon le Grand. Un synode confirma ses décisions.

Il eut la sainte et audacieuse initiative d’insérer dans le Credo le fameux terme Filioque, voulant par là bien rappeler à tous les fidèles que le Saint Esprit procède du Père et du Fils.

Mort un 16 avril d’une année proche de 460, il est le patron principal d’Astorga.

 

Il y a un autre saint Turibius, évêque au Mans et commémoré le même jour.

 

 

Fructuoso de Braga

590-665 

 

Fructuoso naquit vers 590, peut-être à Tolède, ou dans le Bierzo (Espagne NO), de parents appartenant à l’aristocratie. Son père était un militaire haut gradé.

Orphelin à l’adolescence, Fructuoso se tourna bien vite vers la vie contemplative ; Dieu permit qu’il fût à l’école de l’évêque de Palencia, qui lui enseigna l’Ecriture, la musique, et lui conféra la tonsure.

Après avoir distribué ses biens aux pauvres et affranchi ses esclaves, il se retira dans une vallée du Bierzo et vécut une vie d’ermite qui se transforma vite en vie cénobitique, à cause du grand nombre de disciples qui accoururent auprès de lui et formèrent ainsi le monastère de Compludo, ainsi que celui de Rupianense, puis encore celui de Saint-Félix-de-Visonia. 

La popularité de Fructuoso était telle que des familles entières se mettaient sous sa direction, hommes, femmes, jeunes, soldats et officiers, nobles et pauvres… Pourtant, la règle était sévère, exigeante, et prévoyait même des peines lourdes pour les «fautifs». L’affluence fut telle que toute la région fut appelée la thébaïde espagnole. Même le gouverneur exprima au roi sa crainte de ne pas pouvoir disposer d’hommes en assez grand nombre pour lever une armée ou même seulement pour cultiver la terre !

Une jeune fille promise à un seigneur vint se mettre sous la protection de Fructuoso. Le seigneur fit tout son possible pour la rappeler, jusqu’à en appeler au juge royal, qui se borna à lui répondre : Laisse cette fille servir le Seigneur ; cherches-en une autre.

De là, Fructuoso alla fonder une vingtaine d’autres monastères jusqu’à Cadix et dans l’actuel Portugal. Ce fut au point que, ne trouvant plus d’espace pour en créer d’autres, il feignit de vouloir partir en pèlerinage à Jérusalem, pour en réalité se retirer dans une des solitudes de cette région. Ce fut le roi qui l’en empêcha : à l’embarquement, Fructuoso fut arrêté et conduit sous bonne garde à Tolède ; il ne sortit de sa «prison» que pour être nommé évêque de Dumio, ce qui lui valut de participer au 10e concile de Tolède (656).

Un canon de ce concile porte la mention de notre vénéré frère Fructuoso, évêque, qui montre quelle autorité il avait. Le même concile alla plus loin : Fructuoso fut nommé archevêque de Braga.

L’auteur de la Vita de Fructuoso parle beaucoup moins de l’action du nouvel archevêque, que de ses très nombreux miracles. On attribue à Fructuoso l’église dédiée au Saint-Sauveur à Montelius, actuellement dédiée à Saint Fructuoso.

Fructuoso mourut à Braga le 16 avril 665.

Son corps fut «volé» par l’évêque de Compostelle en 1102.

Saint Fructuoso de Braga est commémoré le 16 avril dans le Martyrologe Romain.

Magnus d’Ecosse

? - 1116 

 

Magnus était le fils aîné du comte Erlend, seigneur d’Orkney (Ecosse), et de Thora.

Quand le roi de Norvège envahit l’île d’Orkney en 1098, Erlend fut emmené en Norvège, où il mourut ; Magnus fut pris en otage dans l’armée norvégienne, mais refusa de combattre. Il réussit plutôt à sauter du bateau et gagner la rive à la nage. Il se cacha longtemps, jusqu’à la mort du roi norvégien en 1102.

Bientôt, il put revenir en possession des biens familiaux, mais son cousin Hakon fut de plus en plus jaloux de lui. On pouvait craindre une guerre fratricide. Il y eut des pourparlers : les deux cousins se seraient rencontrés le jour de Pâques sur la petite île d’Egilsay. Au moment d’accoster, le bateau de Magnus fut détruit par une grosse vague. Ayant débarqué, Magnus alla se recueillir dans l’église, en attendant l’arrivée de Hakon.

Ce dernier arriva le lendemain, mais avec huit navires de guerre et toute une troupe d’hommes acquis à sa cause. Magnus alla promptement se cacher. Les hommes de Hakon le retrouvèrent et le mirent devant une assemblée. Magnus interdit à ses hommes de réagir avec les armes, et proposa lui-même trois solutions pour mettre fin à ce conflit : soit il quittait à jamais l’Ecosse et partait en pèlerinage, soit il était exilé et fait prisonnier en Ecosse, soit il serait amputé comme on le préférerait, pourvu qu’il eût la vie sauve, ou aussi qu’il fût aveuglé et enfermé dans un donjon.

Hakon osa accepter cette troisième proposition, mais pas l’assemblée ; finalement, on décida qu’il fallait mettre à mort l’un des deux opposants. Hakon ayant affirmé qu’il n’était pas prêt pour mourir, c’était à son cousin de s’offrir.

Hakon demanda à un de ses hommes de tuer Magnus ; l’homme refusa ; il demanda à son cuisinier, qui n’osait pas porter la main contre Magnus ; c’est ce dernier qui l’encouragea : N’aie pas peur : ce que tu fais, tu le fais contre ta volonté, mais celui qui te force à le faire, est plus pécheur que toi. Il s’agenouilla devant le cuisinier, lui demandant de le frapper très fort sur la tête, sans le décapiter comme un simple criminel. Le «bourreau malgré lui» éleva son arme et fendit en deux le crâne de Magnus. C’était en 1116, 1117 ou 1118.

Le terrain où mourut Magnus devint miraculeusement fertile. Une lumière céleste apparut à cet endroit. D’autres miracles se produisirent aussi. On pense que c’est là que s’élève maintenant l’église Saint-Magnus à Mainland Birsay.

L’évêque local hésita à reconnaître la sainteté de Magnus. Mais il fut frappé de cécité : ayant prié à la tombe de Magnus, il récupéra la vue et le canonisa.

Plus tard, Magnus aurait révélé, dans une apparition à un habitant de l’île de Westray, qu’il fallait transporter son corps à Kirkjuvagr, l’actuelle Kirkwall. 

Saint Magnus d’Ecosse est commémoré le 16 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Druon d’Epinoy

1118-1189 

 

Druon (latin : Drogo) naquit à Epinoy (auj. Carvin-Epinoy, Pas de Calais) vers 1118, de parents fort riches et puissants, mais que l’enfant ne put connaître : le père mourut peu avant la naissance, et la mère peu après.

A dix ans, le petit garçon comprit ces douloureuses circonstances, mais affronta désormais sa situation d’une façon très virile et responsable : il délaissa les jeux, se retira, se mit à méditer, à prier, lisant et cherchant à appliquer au mieux le message évangélique.

Ayant tout quitté, il se mit une bure sur son cilice et partit ; arrivé près de Valenciennes, il se mit comme berger au service d’une brave châtelaine. Humble, facile, obéissant, doux, il priait et contemplait la nature, et Dieu l’aidait en le favorisant de la présence de son Ange, qui gardait le troupeau pendant qu’il allait quelques instants à l’église recevoir l’Eucharistie.

Les villageois lui confiaient volontiers leurs troupeaux, contre quelques monnaies - qu’il distribuait aux pauvres. 

Après six années de cette vie, Druon partit en pèlerinage ; il aurait fait neuf fois celui de Rome.

Il comprit que ses jours étaient comptés lorsqu’il souffrit d’une sorte de gravelle ou lithiasis. Il s’enferma dans une petite cellule de reclus près de l’église de Sebourg. Il mangeait du pain d’orge trempé dans de l’eau tiède ; son temps était occupé par la méditation ou par la prière vocale. Ceux qui venaient l’interroger, repartaient consolés et fortifiés.

Un jour, le feu prit dans l’église et menaçait la cellule de Druon. Au lieu de s’enfuir, il s’agenouilla en humble supplique, levant au ciel les yeux et les mains : l’incendie s’interrompit et on trouva Druon dans la même position, qui continuait sa prière.

On lui reconstruisit sa cellule, où il s’y éteignit le 16 avril 1189.

Des proches de Druon apprirent sa mort et voulurent ramener son corps à Epinoy, mais le char qui le transportait, ne put aller au-delà de Sebourg : on l’y enterra et la localité devint un lieu de pèlerinage très fréquenté par les bergers.

Contrairement à ceux qui écrivent que Druon n’est «que» bienheureux, Druon est commémoré comme Saint le 16 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Contardo d’Este

1216-1249

 

Contardo d’Este naquit en 1216 à Ferrare (Emilie-Romagne, Italie NE) d’Azzo VII ou d’Aldobrandino Ier et fut le frère de Beatrice d’Este (v. 18 janvier).

En 1249, à trente-trois ans, il décida de se faire pèlerin pour l’amour de Dieu et de Notre-Dame ; vêtu d’un habit de pénitent, il voulait visiter les lieux de pèlerinage.

Il entreprit de rejoindre Compostelle et s’arrêta à Broni, sans doute dans l’intention de s’embarquer de la Ligurie et rejoindre l’Espagne par mer. Mais surpris par un malaise, il mourut là à Broni, le 16 avril 1249. On l’enterra dans l’église paroissiale.

De nombreux pèlerins vinrent prier à son tombeau : on invoque Contardo contre l’épilepsie.

Son culte fut approuvé en 1628, ce qui l’a fait classer parmi les Bienheureux.

 

 

Chiaramonte Pelacani Piccolomini

1258-1305

 

La famille de Chiaramonte-Gioacchino aurait été par la suite agrégée aux Piccolomini, ce qui explique pourquoi on le nomme plus normalement Gioacchino Piccolomini, ou aussi de Sienne, car Gioacchino naquit dans cette ville, en 1258.

Son nom de baptême était Chiaramonte. Dès l’enfance il aimait prier l’Ave Maria devant l’image de Notre-Dame des Douleurs ; sensible envers les pauvres, il donna un jour ses vêtements.

A treize ans, il vit en rêve la Vierge Marie, qui lui déclara l’avoir attaché pour toujours à son service ; à son réveil, il annonça aux parents qu’il allait entrer dans les ordres.

Les parents tentèrent, mais en vain, de le détourner de cette idée. Le jeune garçon se présenta bientôt chez les Servites, où l’accueillit Filippo Benizi (v. 22 août). Il prit le nom de Gioacchino.

Tout noble qu’il était, Gioacchino se fit tout petit, heureux de rendre service dans les plus humbles tâches, et modèle d’obéissance. On lui proposa d’étudier et de se préparer à recevoir le sacerdoce, mais il refusa, s’en trouvant trop indigne.

Après le noviciat, il fut envoyé à Arezzo. C’est durant cette année-là qu’il eut l’occasion d’approcher un malheureux malade épileptique. Gioacchino chercha à le consoler et à l’encourager, mais le malade n’était pas très convaincu de ces pieuses paroles ; aussi Gioacchino pria alors d’être lui-même malade d’épilepsie en échange de la guérison du malade, qui se trouva immédiatement guéri. C’est alors que ses Confrères de Sienne obtinrent son retour à Sienne, pour avoir la joie de l’assister dans sa maladie.

Désormais, Gioacchino souffrit de crises d’épilepsie jusqu’à la fin de ses jours, mais les «accidents» s’accompagnaient d’interventions célestes. Un jour qu’il tomba à terre, un ange vint tenir le cierge allumé de Gioacchino ; une autre fois, la table de réfectoire qu’il renversa en tombant, se retrouva dressée sans que rien y fût dérangé ; un jour qu’il tomba du haut d’un escalier, et qu’il saignait abondamment de la tête, la plaie se guérit complètement pendant qu’on le portait à sa cellule et qu’on appelait le médecin.

Quelque temps avant sa mort, Gioacchino souffrit aussi de plaies horribles, dont il disait qu’elles devaient le purifier et fortifier son âme.

Il connut divinement le jour de sa mort et l’annonça : ce serait le Vendredi saint. Il expira ainsi le 16 avril 1305, au moment où, au chœur, on chantait les mots de la passion : Ayant incliné la tête, Jésus rendit l’esprit. Il avait passé trente-trois ans dans la vie religieuse.

Des miracles nombreux se produisirent sur le tombeau de Gioacchino.

En 1609, le culte qu’on lui rendait fut approuvé, ce qui correspondait à une béatification.

 

 

Guglielmo Gnoffi

1256-1317

 

Guglielmo naquit en 1256 à Polizzi Generosa (Sicile).

A quinze ans, il se retira dans un vie érémitique près de Castelbuono, puis au sanctuaire de Notre-Dame dell’Alto. Ensuite, il entra dans un couvent de Religieux près de Tagudo, dont il devint prieur, et fonda un autre couvent à Gonati.

Il eut particulièrement à lutter contre le démon de l’impureté ; ayant dans une circonstance accepté l’hospitalité chez une femme de mauvaise vie qu’il croyait pieuse, il fut en butte à des propositions malhonnêtes, dont il triompha ; après quoi, il exhorta cette pauvre femme à se repentir.

Plus tard, le démon le tenta en lui rappelant cet épisode et le conduisit à un état tellement bouleversé qu’il faillit quitter la vie religieuse ; un songe affreux, dans lequel il se vit entouré d’animaux féroces prêts à le dévorer, le ramena à de meilleurs sentiments.

Il mourut le 16 avril 1317 ou 1318 ; on le considère comme Bienheureux.

Benoît-Joseph Labre

1748-1783

 

Né le 25 mai 1748 à Amettes (Boulogne-sur-Mer, Pas-de-Calais), Benoît-Joseph était l’aîné des quinze enfants de parents chrétiens, qui vivaient de leur terre et d’un petit commerce de mercerie.

Le nom de Benoît-Joseph lui fut donné par son parrain, un saint prêtre de la famille.

Le garçon apprit à développer de bonnes qualités pour modérer les moins bonnes : la douceur et l’obéissance dominèrent sa vivacité. Très tôt il sut recevoir des mortifications sans se plaindre, comme lorsqu’un domestique du presbytère le maltraita sans raison (car il arrive que ces braves gens se croient un peu plus maîtres de céans que leurs «patrons» et finissent par n’en faire qu’à leur tête). 

Benoît-Joseph avait le cœur ouvert aux malheureux, aux étrangers de passage ; il s’imposa des pénitences sévères, comme de dormir la tête sur une planche, de pratiquer l’abstinence avant même l’âge autorisé par l’Eglise.

Dès seize ans, il pensa à la vie religieuse. Commença alors pour lui une série de démarches et de voyages infructueux. Benoît-Joseph se sentait attiré par la vie des Trappistes. Sa famille s’y opposait, son confesseur l’en dissuadait aussi ; on lui suggéra la Chartreuse, mais Benoît-Joseph n’y trouva jamais la paix.

Pendant quelques années, il fut ainsi aux Chartreuses de Val-Sainte, Neuville ; aux Trappes de Mortagne (Normandie), de Sept-Fonts… toujours à pied.

Ces échecs successifs l’amenèrent à comprendre qu’il devait vivre son idéal trappiste dans le monde, dans l’abnégation totale, dans la vie d’oraison, la pauvreté et la pénitence. Il devint un perpétuel pèlerin, et voyagea à travers l’Europe, de sanctuaire en sanctuaire, édifiant partout les fidèles et le clergé par son humilité, sa piété, malgré l’aspect repoussant de ses haillons. On a dit que par pénitence il ne s’était plus jamais lavé de sa vie.

Son bagage consistait en trois livres : le Nouveau-`Testament, l’Imitation de Jésus-Christ, le Bréviaire. Il portait sur la poitrine un crucifix, au cou un chapelet et dans ses mains le rosaire.

D’après les souvenirs de ses passages en divers lieux, on a pu estimer qu’il parcourut à pied quelque vingt-cinq mille kilomètres. Il fit par exemple onze fois le pèlerinage de Rome à Loreto.

Ses trajets le portèrent à : Paray-le-Monial (Saône-et-Loire, où apparut le Sacré-Cœur), Tarare (Lyon, où les Capucins le prirent pour un espion et le jetèrent), Dardilly (où l’accueillit le père de Jean-Marie Vianney), Chieri (Piémont, d’où il écrivit pour la dernière fois, à ses parents) ; Loreto, Assise, Rome, Fabriano (au tombeau de saint Romuald)…

On sait qu’il parcourut l’Italie (Bari, Cossignano, Vérone), la Suisse, l’Allemagne, la France (Reims, Moulins, Aix-en-Provence, Nancy, Paris, Gray), l’Espagne (Barcelone, Burgos, Saint-Jacques de Compostelle…

A Bari (Italie du sud), ému d’entendre les plaintes des prisonniers, il mit son chapeau à terre et commença à chanter les Litanies de Lorette : il recueillit ainsi des aumônes des passants touchés, et les fit remettre aux prisonniers.

Il multiplia le pain pour des pauvres, guérit un malade, sauva de la noyade un enfant (alors qu’il n’avait jamais appris à nager) ; parfois, on parlait de lui et il s’effaçait bien vite ; parfois, on le recevait mal aussi. Jamais une plainte…

Il eut le don de prophétie : plusieurs fois il parla des «prochains» événements qui allaient s’abattre sur la France, et l’on comprit plus tard qu’il entrevoyait les horreurs de la Révolution. La onzième fois qu’il fut à Loreto, il annonça qu’il n’y serait pas l’année suivante, «devant regagner sa patrie», sa patrie céleste.

On lui observa aussi le don de bilocation, car il fut remarqué par des témoins simultanément en deux endroits différents. Quand l’un d’eux lui en posa alors la question précise, l’humble pèlerin, «pris la main dans le sac», baissa la tête sans rien répondre.

Il eut des extases, élevé de terre dans une position sans équilibre, pendant des heures entières.

Benoît-Joseph sentit sa mort approcher. Il mourut le Mercredi Saint 16 avril 1783, ayant pour une fois accepté l’hospitalité d’un boucher qui le connaissait et qui le reçut chez lui. Il s’éteignit dans la soirée.

Tout Rome répétait : ‘E morto il Santo ! Le Saint est mort !

Il fut inhumé dans l’église de Sainte-Marie-aux-Monts, où on l’avait si souvent vu en prière.

Benoît-Joseph Labre fut béatifié en 1860, et canonisé en 1883, un siècle après sa mort.

 

On pourra remarquer qu’en 1984, à peu près deux siècles après la mort de saint Benoît-Joseph Labre, furent béatifiés les Martyrs d’Avrillé : quatre-vingt dix-neuf victimes de la Révolution française, qu’avait prophétisée le Saint. Parmi ces victimes se trouvent vingt-six Martyrs laïcs, deux hommes et vingt-quatre femmes, fusillées ce même 16 avril en 1794, onze ans après la mort de saint Benoît-Joseph.

 Au moment de la canonisation de saint Benoît-Joseph Labre, le poète français, Paul Verlaine, écrivit ce sonnet en son honneur : 

 

Comme l’Église est bonne en ce siècle de haine,
D’orgueil et d’avarice et de tous les péchés,
D’exalter aujourd’hui le caché des cachés,
Le doux entre les doux à l’ignorance humaine,


Et le mortifié sans pair que la Foi mène,
Saignant de pénitence et blanc d’extase, chez
Les peuples et les saints, qui, tous sens détachés,
Fit de la Pauvreté son épouse et sa reine,


Comme un autre Alexis, comme un autre François,
Et fut le Pauvre affreux, angélique, à la fois
Pratiquant la douceur, l’horreur de l’Évangile !


Et pour ainsi montrer au monde qu’il a tort
Et que les pieds crus d’or et d’argent sont d’argile,
Comme l’Église est tendre et que Jésus est fort !

 

 

Les 84 Martyrs d’Avrillé

† 1794

 

Il y eut un Martyr le 12 janvier, quatre le 18 janvier, quarante-sept le 1er février, six le 10 février, vingt-six le 16 avril (ci-après). Le décret de béatification embrasse quinze autres Martyrs de la même époque, mais pas de la même localité.

 

On lira avec quelque utilité la notice générale Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marguerite Robin

1725-1794

 

Cette laïque était née le 22 décembre 1725 à Montjean (Maine-et-Loire).

Sa sœur aînée, Marie-Geneviève, fut martyrisée le même jour.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie Roger-Chartier

1727-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 14 janvier 1727 à Montjean.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Jeanne Thomas-Delaunay

1730-1794

 

Cette laïque, veuve, était née vers 1730.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Françoise Suhard-Ménard

1731-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 5 février 1731 à Saint-Gemmes-d’Andigné (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Pierre Delépine

1732-1794

 

Ce laïque était né le 24 mai 1732 à Marigné (Maine-et-Loire).

Il fut décapité pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifié en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Jeanne Gourdon-Moreau

1733-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 8 octobre 1733 à Sainte-Christine (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Jean Ménard

1736-1794

 

Ce laïque, marié, était né le 16 novembre 1736 à Andigné (Maine-et-Loire).

Il fut décapité pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifié en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Françoise Micheneau-Gillot

1737-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 19 mai 1737 à Chanteloup-les-Bois (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie Gingueneau-Coiffard

1739-1794

 

Cette laïque, veuve, était née vers 1739.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

Marie-Geneviève Poulain de la Forestrie

1741-1794

 

Cette laïque était née le 3 janvier 1741 à Lion-d’Angers (Maine-et-Loire).

Sa jeune sœur, Marthe, fut martyrisée le même jour.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Perrine Bourigault

1743-1794

 

Cette laïque était née le 7 août 1743 à Montjean (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marthe Poulain de la Forestrie

1743-1794

 

Cette laïque était née le 2 octobre 1743 à Lion-d’Angers (Maine-et-Loire).

Sa sœur aînée, Marie-Geneviève, fut martyrisée le même jour.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Perrine Laurent

1746-1794

 

Cette laïque était née le 2 septembre 1746 à Louvaines (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie Lardeux

1748-1794

 

Cette laïque était née vers 1748.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Perrine Pottier-Turpault

1750-1794

 

Cette laïque, mariée, était née le 26 avril 1750 à Cléré-sur-Layon (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Renée Rigault-Papin

1750-1794

 

Cette laïque, mariée, était née le 14 mai 1750 à Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Madeleine Sallé-Havard

1751-1794

 

Cette laïque, mariée, était née vers 1751.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Renée Bourgeais-Juret

1751-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 12 novembre 1751 à Montjean (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Jeanne Onillon-Onillon

1753-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 19 avril 1753 à Montjean (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Renée Sechet-Davy

1753-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 28 décembre 1753 à Montjean (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Jeanne Leduc-Paquier

1754-1794

 

Cette laïque, mariée, était née le 10 février 1754 à Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie Piou-Supiot

1755-1794

 

Cette laïque, mariée, était née le 19 mai 1755 à Montrevault (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Madeleine Cady-Desvignes

1756-1794

 

Cette laïque, mariée, était née le 7 avril 1756 à Saint-Maurille de Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Anne Maugrain

1760-1794

 

Cette laïque était née le 12 avril 1760 à Rochefort-sur-Loire (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie Rechard

1763-1794

 

Cette laïque était née le 29 avril 1763 à Montjean (Maine-et-Loire).

Sa jeune sœur, Marthe, fut martyrisée le même jour.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie Forestier

1768-1794

 

Cette laïque était née le 16 janvier 1768 à Montjean (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

Bernadette Soubirous

1844-1879

 

Qui ne connaît pas le sanctuaire de Lourdes ? 

Le plus souvent, on se rappelle que la Voyante qui vit Marie à Lourdes, s’appelait Bernadette, mais on connaît beaucoup moins sa vie et son caractère.

Elle naquit le 7 janvier 1844 à Lourdes, où l’on a si froid en hiver, aînée des nombreux enfants de François Soubirous et Louise Castérot, qui la confièrent à une nourrice de Bartrès.

Au baptême, cette petite fille reçut les prénoms de Marie-Bernarde, mais on l’appela habituellement Bernadette.

L’enfance de Bernadette ne fut pas «malheureuse», mais la pauvreté et la maladie l’empêchèrent d’aller à l’école.

François Soubirous, meunier, dut quitter son moulin de Boly et trouver refuge chez un parent dans la rue des Petits-Fossés. Bernadette, qui souffrait déjà de l’asthme, resta toujours chétive et maladive.

En 1857, sa nourrice de Bartrès l’appela pour «garder les enfants», en réalité pour garder les troupeaux, si bien qu’à quatorze ans, Bernadette ne savait guère plus que le Notre Père, le Je vous salue Marie, le Je crois en Dieu.

C’est en 1858 qu’elle fut favorisée des apparitions de la Vierge Marie.

Première apparition : jeudi 11 février. Comme Bernadette priait le chapelet, la Vierge égrenait son chapelet en même temps que Bernadette, mais ne s’unissait à elle que pour les Gloire au Père. C’est déjà là un signe évident : Marie ne peut pas dire à elle-même Je vous salue, Marie.

Bernadette décrivit la Vierge comme une jeune fille de seize à dix-sept ans. Elle porte une robe blanche serrée à la ceinture par un ruban bleu qui glisse le long de la robe presque jusqu’aux pieds. Sur sa tête, un voile blanc laisse à peine apercevoir les cheveux ; il retombe en arrière, enveloppe les épaules et descend au-dessous de la taille. Les pieds nus, que couvrent en grande partie les derniers plis de la robe, portent chacun à l’extrémité une rose couleur d’or. Elle tient sur le bras droit un chapelet aux grains blancs et dont la chaîne d’or brille comme la rose de ses pieds.

C’est au 11 février que l’Eglise a établi la fête de Notre-Dame de Lourdes.

Deuxième apparition, le dimanche 14 février. Bernadette jette de l’eau bénite en direction de la Dame, qui apprécie de la tête, mais ne parle toujours pas.

Le 18 février, Bernadette tend un papier et un crayon à la Dame, qui lui répond : Ce que j’ai à vous dire, il n’est pas nécessaire que je l’écrive ; faites-moi seulement la grâce de venir ici pendant quinze jours. Bernadette remarqua que la Dame la voussoyait. C’est ce jour-là que Marie dit aussi : Je vous promets de vous rendre heureuse, non pas en ce monde, mais dans l’autre.

Les 19 et 20 février, la foule augmentait.

Le dimanche 21, un docteur observa de près Bernadette. Ce jour-là, elle pleura, voyant la tristesse de la Dame qui lui dit : Priez pour les pauvres pécheurs, pour le monde si agité.

Les autorités commençaient à se remuer, mais pas pour protéger Bernadette. Au procureur qui la sommait de ne plus retourner à la grotte, elle répondit : Monsieur, je ne vous le promets pas.

Pas d’apparition les 21 et 22. La Dame n’avait pas dit qu’elle apparaîtrait tous les jours, elle avait demandé à Bernadette de venir pendant quinze jours.

Septième apparition le 23. On voit Bernadette s’agenouiller, baiser la terre, se déplacer à genoux.

Mercredi 24, huitième apparition : Bernadette pleure abondamment, et invite la foule : Pénitence ! Pénitence ! Pénitence !

Jeudi 25, la Dame fait découvrir à Bernadette la source de l’eau que les pèlerins devraient utiliser.

Vendredi 26, dixième apparition.

Samedi 27, onzième apparition, la Dame dit : Allez dire aux prêtres qu’il doit se bâtir ici une chapelle. Vu la «méfiance» spontanée du clergé, c’est à cette petite fille que la Dame demandait de transmettre le message, car au moins elle, elle y croirait.

Les jours suivants, autres apparitions, sauf le 3 mars. Le jeudi 4, la Dame vint ; c’était le dernier jour de la quinzaine. Durant tout ce temps, la foule a pu être largement informée, au point que les autorités ne pouvaient plus mettre en doute les paroles de Bernadette.

La Dame revint le 25 mars, fête de l’Annonciation. C’est ce jour-là que la Dame révéla (en patois) : Que soy era immaculada councepciou ! Je suis l’Immaculée Conception ! 

Or, Bernadette ignorait que ce dogme de l’Immaculée Conception avait été proclamé en 1854, elle ignorait jusqu’à l’expression elle-même. En revanche, dès qu’elle répéta la phrase de la Dame aux foules, tous se mirent à répéter : Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous !, l’invocation que Notre-Dame avait enseignée en 1830 à la chapelle de la Rue du Bac, à sainte Catherine Labouré.

Cette seizième apparition se renouvela le 7 avril, puis le 16 juillet, dix-huitième et dernière apparition.

Pendant et après cette période particulière, Bernadette ne perdit pas sa candeur enfantine : simple, humble, parfois espiègle mais jamais blessante.

A son curé qui ironisait un peu parce que la Dame était muette, Bernadette répondit : Si elle était muette, elle n’aurait pas pu me dire de venir vous trouver. Et quand le curé prétend qu’il ne croit pas à ces apparitions, elle rétorque : La Dame ne vous demande pas d’y croire, elle m’a dit de vous le dire ! 

Un jour que le médecin l’avait contrainte à priser, elle fit passer à toutes ses camarades de classe une petite prise, qui provoqua un éternuement général.

Sa prière était efficace ; quand on voulait obtenir une grâce, une guérison, on savait recourir à sa prière.

Elle préférait la discrétion, et un jour qu’on la présenta à des pèlerins, elle remarqua : Vous me faites voir comme une bête curieuse.

Sa vocation se précisa après les apparitions et, encouragée par l’évêque, elle put obtenir son admission chez les Religieuses de Nevers, qu’elle avait connues à Lourdes. Elle quitta Lourdes en 1866,  à vingt-deux ans.

A Nevers, on imposa le silence aux jeunes postulantes et novices, et Bernadette s’abstint de parler des apparitions qu’elle avait reçues, sauf si une autorité lui demandait d’en parler.

Elle reçut l’habit en 1866, et, pourrait-on dire, «de nouveau» le nom de Marie-Bernard. Cette année-là, elle souffrit beaucoup de son asthme, et de la mort de sa maman.

En 1867, lors de sa profession, elle renouvela ses vœux avec les autres, mais on ne lui donna pas de charge car, dit la Mère générale à l’évêque, elle n’est bonne à rien. On lui confia une présence à l’infirmerie, pour seconder l’infirmière : C’est tout ce qu’elle peut faire, dit aussi la Mère, qui, on le voit, savait humilier son monde.

Le médecin apprécia ses qualités auprès des malades, et la défendit avec autorité lorsqu’on se permit de la traiter d’hallucinée.

En 1874, Marie-Bernard fut chargée de la sacristie.

La guerre de 1870 lui donna l’occasion d’exprimer toute son angoisse pour notre Pays. Nous aurions plus besoin de pleurer que de nous réjouir, en voyant notre pauvre France si endurcie et si aveugle. Que Notre-Seigneur est offensé ! Prions beaucoup pour ces pauvres pécheurs afin qu’ils se convertissent. Après tout, ce sont nos frères : demandons à Notre-Seigneur et à la très sainte Vierge de vouloir bien changer ces loups en agneaux.

Sa vie religieuse fut une ascension continue. Elle prit le parti de faire toujours ce qui lui coûterait le plus. Autour d’elle se répandait à son insu cette onction de l’amour pour Dieu. Sa mission était de ramener les pécheurs à la vie de la grâce. Elle priait, elle s’offrait. Elle acceptait avec grand empressement les humiliations que lui imposait la Supérieure pour l’éprouver.

A partir de 1877, elle reconnut que Notre-Seigneur l’appelait à l’emploi d’être malade. L’asthme empirait, avec les crises, les vomissements de sang, l’oppression de la poitrine, mais aussi avec un abcès au genou droit qui évolua en une tumeur énorme.

En 1878, elle émit les vœux perpétuels. Alors que jusque là elle disait qu’elle mourrait «plus tard», à partir de 1879, elle montra clairement qu’elle s’attendait à mourir bientôt.

En la fête de saint Joseph (19 mars), elle demanda la grâce d’une bonne mort. Le 28 mars, elle reçut volontiers le Sacrement des Malades. Au moment de Pâques, elle vécut une réelle agonie et on l’entendit répéter plusieurs fois : Va-t-en, Satan !

Le mercredi après Pâques, sœur Marie-Bernard, comme Jésus en croix, dit : J’ai soif ! Elle invoqua une dernière fois la Vierge Marie : Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi, pauvre pécheresse, pauvre pécheresse, et elle expira. 

C’était le 16 avril 1879.

Celle que tous connaissent sous le nom de Bernadette Soubirous, fut béatifiée en 1925, et canonisée en 1933.

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 19:54

Jan Franciszek Macha

1914-1942

 

Jan Franciszek Macha naquit le 18 janvier 1914 à Chorzów (Pologne S), aîné des quatre enfants de Paweł et Anna Cofałka. Ses deux sœurs s’appelaient Róźę et Marię, son frère Piotr. Jan était surnommé Hanik.

De 1921 à 1924, il étudia à l’école de son pays, puis au collège. En 1933, il ne put entrer au Séminaire, en raison du trop grand nombre de séminaristes, aussi étudia-t-il le Droit à l’université Jagellon de Cracovie, avant d’intégrer le séminaire de Katowice en 1934.

Il fut ordonné prêtre en juin 1939, peu de temps avant l’invasion hitlérienne de la Pologne. Lors de sa première Messe, sa sœur était près de lui à la sacristie et il lui avoua son pressentiment : il mourrait bientôt, mais pas de mort naturelle.

Il rejoignit la paroisse de Ruda Śląska le 1er septembre, justement le jour de cette invasion.

Malgré cette intime conviction, ses premiers soucis furent de venir en aide aux familles qui avaient perdu leur maison, leurs bêtes, leurs biens, et surtout les maris et les fils, tués à la guerre… Puis il fit le catéchisme dans la clandestinité, car les Nazis interdisaient violemment toute pratique chrétienne. L’abbé Macha forma aussi des groupes d’étudiants, des troupes de scouts, et il aidait ces jeunes à conserver la foi, à rester forts dans l’épreuve.

La Gestapo surveilla ce prêtre «trop» zélé. Une première fois arrêté et interrogé au début de 1940, il fut relâché. Le 5 septembre 1941, il fut arrêté à la gare de Katowice, enfermé dans la prison de Mysłowice jusqu’au 13 novembre, soumis pendant ce temps à d’interminables interrogatoires, interrompus seulement par un cortège de tortures et d’humiliations.

Avec grande force d’âme, Jan Franciszek demanda à Dieu de pardonner à ses bourreaux ; il se fabriqua un chapelet avec des bouts de ficelles.

En juin 1942, dans la prison de la rue Mikołowska eut lieu une sorte de jugement, aboutissant à une honteuse condamnation à mort, le 17 juillet 1942. Le prêtre reçut cette sentence avec sérénité, comme sa famille put s’en rendre compte dans les lettres qu’il leur envoya. Sa mère eut le courage d’aller jusqu’à Berlin en août, pour tenter d’implorer la grâce de son fils auprès de la sœur de Hitler, laquelle lui promit qu’elle s’intéresserait à cette cause.

Le 3 décembre au soir on annonça au p.Macha qu’il serait exécuté la nuit suivante ; au même moment, chez les Macha, arriva la nouvelle que la grâce était accordée : soit fausse nouvelle macabre pour augmenter la douleur de la famille, soit retard dans la transmission de cette «nouvelle», Jan Franciszek fut effectivement guillotiné dans la prison de Katowice peu après minuit du 3 décembre.

Détails étranges : peu après minuit, chez les Macha, le bénitier qui était accroché au mur, tomba à terre, et l’horloge s’arrêta à 24h.15.

Peu avant cette heure suprême, Jan Franciszek écrivit une dernière lettre aux siens :

Dans peu de temps, je serai devant le Juge Tout-puissant. J’espère qu’il m’accueillera près de Lui… Ne vous inquiétez pas : un arbre en moins ne supprime pas une forêt ; une hirondelle en moins n’empêche pas le printemps ; un homme en moins ne fait pas la fin du monde… Au-revoir là où est le Très-haut !

Sa dépouille ne fut pas restituée à la famille, mais envoyée à Auschwitz et incinérée. En outre, on interdit de célébrer des funérailles avec quelque solennité : pas de lumière, sauf deux cierges, pas de musique, pas de chants. A travers cette mort, les Nazis voulaient donner un avertissement à tout le clergé et une totale humiliation à la famille chrétienne. Mais c’était sans compter sur la force du Christ mort et ressuscité.

Jan Franciszek Macha devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 3 décembre.

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 12:37

Stefan Wyszyński

1901-1981

 

Stefan Wyszyński naquit le 3 août 1901 à Zuzela (Mazovia O., Pologne) ; cette région, au début du siècle, faisait partie de l’empire de Russie, et le resta jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. De vieille noblesse polonaise, les parents s’appelaient Stanisław et Julianna Karp, les cinq frère et sœurs de Stefan : Julia, Anastazja, Janina, Wacław, Stanisława.

M. Wyszyński était très chrétien et très marial ; il s’occupait de la sacristie et de la vie de la paroisse.

En 1910, mourut la mère de Stefan. L’année suivante, le garçon fut envoyé à Varsovie pour ses études. En 1914-1916, il étudia à Łomża, puis intégra le séminaire de Włocławek.

En 1924, après une assez grave maladie, il fut ordonné prêtre. La Première Messe qu’il célébra, eut lieu au sanctuaire marial Jasna Góra de Częstochowa.

L’abbé Stefan poursuivit sa formation intellectuelle et obtint en 1929 le doctorat de Droit canonique à l’université de Lublin. Puis il fit des voyages d’étude qui le conduisirent en différents lieux de l’Europe.

De retour en Pologne, il enseigna au séminaire de Włocławek.

En 1939, quand la Pologne fut envahie par les troupes nazies, Stefan Wyszyński fut contraint d’entrer dans la clandestinité, et de changer sans cesse de domicile ; il était très recherché, comme le fut Maksymilian Kolbe (v. 14 août). Durant l’occupation, il protégea des Juifs. Il vécut impuissant l’insurrection de Varsovie le 1er août 1944 ; à cette date, il assuma le «nom de guerre» de Radwan II, et s’occupa d’assister les malades et les mourants, tant polonais qu’allemands, à l’hôpital de Laski. En 1945, il put retourner à Włocławek. : il fallait désormais reconstruire la Pologne chrétienne ; il fut recteur du séminaire et directeur d’une revue catholique.

En 1946, il fut consacré évêque de Lublin puis, en 1948, archevêque de Gniezno et Varsovie, devenant alors le Primat de Pologne.

Les années suivantes ne connaissaient pas encore la paix, car le gouvernement pro-stalinien polonais contre-carrait l’Eglise, confisquant les bâtiments, les écoles, contrôlant toute la vie de l’Eglise. Aussi, en 1950, Mgr Wyszyński se décida à entrer en pourparlers avec ce gouvernement et l’on aboutit à un accord qui resta secret mais qui assouplit les relations et le travail. L’Eglise conservait son indépendance ; les évêques seraient choisis par l’Etat dans une liste proposée par l’Eglise ; c’est ainsi que fut choisi un certain Mgr Wojtyła.

En 1953, Mgr Wyszyński fut créé cardinal, mais non officiellement - in pectore, comme on dit. Cette même année cependant commença une vague de persécutions impitoyables, dont le nouveau Cardinal fut une des plus illustres victimes. Les prêtres furent arrêtés, et internés : en septembre, le Cardinal Wyszyński fut mis en prison à Rywałd, puis à Stoczek, puis à Prudnik et au monastère-prison de Komańcza. Durant ces multiples séjours en prison, il fut sauvagement torturé, maltraité, agressé même de façon perverse. Cela dura trois années, jusqu’en octobre 1956 - l’année de l’insurrection hongroise, mais aussi d’un nouveau compromis passé avec les autorités.

En 1957, le Cardinal put recevoir officiellement la barrette cardinalice.

Affaibli, mais toujours actif, le Prélat reprit son action et prépara en 1966 le millénaire de la Pologne chrétienne, commémorant le baptême de son premier roi, Mieszko Ier. A cette occation, les autorités polonaises interdirent au pape Paul VI de visiter la Pologne et empêchèrent aussi le Cardinal de célébrer d’autres manifestations à l’étranger.

Après la mort du pape Paul VI, le Cardinal put participer au conclave de 1978, d’où sortit élu Karol Wojtyła, devenu désormais Jean-Paul II. On apprit alors que le Cardinal Wyszyński avait personnellement supplié Karol d’accepter son élection, mais lui avait fortement déconseillé de prendre le nom de Stanislas : il fallait se «contenter» de cette élection historique, et rester dans la lignée des papes précédents.

En 1980, durant les grèves historiques du syndicat Solidarność, le Cardinal Wyszyński tenta encore de prévenir autant les gouvernants que les ouvriers, de rester dans les justes limites de leurs responsabilités.

Le 13 mai 1981, lors de l’attentat perpétré contre la Pape Jean-Paul II, le Cardinal offrit à Dieu sa vie pour celle du Pontife. Désormais atteint d’un cancer de l’abdomen, il s’éteignit à Varsovie le 28 mai 1981.

Un miracle inexpliqué advint en 1989 : une jeune femme de dix-neuf ans fut guérie d’un cancer incurable. Ce miracle fut retenu pour la cause de la béatification.

Stefan Wyszyński devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 28 mai.

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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 23:00

15 AVRIL

 

I.

Stes Basilissa et Anastasia, romaines martyrisées pour avoir donné la sépulture aux ss. Pierre et Paul ; elles eurent la langue et les pieds coupés. 

II.

Ss Theodoros et Pausilypos, martyrs en Thrace ; les liens de Pausilypos se délièrent d’eux-mêmes : il s’enfuit mais mourut peu après. 

Ss Maro, Eutyches et Victorinus, martyrs romains : Maro écrasé par une pierre, Eutyches décapité, Victorinus asphyxié.

III.

Ss Maxime et Olympiade, martyrs persans. 

S Crescens, martyr à Myre.

?

S Eutyche, martyr à Ferentino.

VI.

S Paterne, abbé à Scissy, évêque à Avranches, invoqué contre les morsures de serpents, contre la cécité et la paralysie. On fête avec lui un abbé, s. Scubillion ; tous deux étaient originaires de Poitiers. 

S Abundius, mansionnaire à Saint-Pierre de Rome ; il guérit une paralytique.

S Ortaire, abbé à Landelle.

S Ruadan (Rodan), un des douze apôtres de l’Irlande, abbé à Lorrah (Lothra).

S Léonide, évêque à Athènes.

VII.

S Sevêtre, abbé à Moutier-Saint-Jean (Réomé).

VIII.

S Abbon, évêque à Metz.

X.

S Munde, abbé en Ecosse dans le comté d’Argyle.

XII.

B Waltmann, abbé prémontré à Anvers ; il combattit l’hérésie de Tanchelm.

XIII.

S Luchesio (Lucius), tertiaire franciscain à San Casciano où il fonda un hôpital.

XVII.

B César de Bus, converti d’une vie dissolue, prêtre fondateur en Avignon des Pères de la Doctrine chrétienne, aveugle pendant 13 ans, mort le jour de Pâques. 

XIX.

S Jozef Daamian de Veuster, flamand de la congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, missionnaire dans l’île de Molokaï, chez les lépreux dont il reçut la contagion, probablement après avoir laissé un enfant jouer avec sa pipe, béatifié en 1995, canonisé en 2009.

Basilissa et Anastasia

1er siècle

 

Sur ces deux Martyres romaines, les informations sont un peu maigres et, peut-être aussi, douteuses.

Ces deux saintes femmes auraient été parmi les premières converties par la prédication de saint Pierre et/ou saint Paul.

Après le martyre des Apôtres, elles leur auraient donné la sépulture et, pour ce fait, auraient été dénoncées auprès de l’empereur Néron.

Etant donné d’une part que les Apôtres Pierre et Paul n’ont pas reçu le martyre au même moment, et que d’autre part saint Pierre semble avoir subi ce martyre le 29 juin, il pourrait être étonnant que la dénonciation et l’arrestation ait eu lieu presque un an après, en avril. Ou peut-être qu’elles ont enseveli les corps d’autres Martyrs…

Seules ces Martyres pourraient, si elles le voulaient bien, nous renseigner mieux par quelque révélation… 

Basilissa et Anastasia auraient donc reçu à leur tour la palme du martyre par la décapitation, le 15 avril.

Elles ne sont pas mentionnées au Martyrologe Romain.

 

 

Maro en Picenum

† 100

 

On verra les 7 et 12 mai différents détails concernant sainte Flavia Domitilla et les saints Nereus et Achilleus. Il semble que s.Maro soit lié à ces personnages, même si les spécialistes y voient quelques difficultés.

Si l’on peut situer le martyre de sainte Flavia Domitilla à la fin du premier siècle, il faudrait y adjoindre aussi celui de ceux dont on vient de parler.

Après la mort de Flavia Domitilla et de ses serviteurs Nereus et Achilleus, Maro fut dénoncé comme chrétien et arrêté à son tour.

Le juge (Aurelianus ou Valerianus) le réduisit à la condition d’esclave, lui enjoignit de travailler la terre, avec pour tout salaire une bien maigre nourriture.

Maro accepta sa condition sans se révolter ; au contraire, il chercha à gagner au Christ ses camarades de travail, les convainquant même avec des miracles.

Ceci ne fut pas du goût du juge, qui ordonna de faire mourir Maro après divers supplices. Maro fut écrasé sous une énorme pierre, sur la Via Salaria, au Mont-d’Or en Picenum, précise le Martyrologe. On lui a parfois adjoint un saint Victorinus ainsi qu’un saint Eutychès, celui-ci décapité, celui-là asphyxié.

Flavia Domitilla fut martyrisée vers 96 ; Maro put recevoir la palme quelques années après ; on n’en sait pas davantage.

Saint Maro est commémoré le 15 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Crescens de Myre

† 2e siècle

 

Myre (act. Demre, Turquie SW) était une importante ville de Lycie, dont la célébrité grandit davantage encore durant et après la vie de l’évêque saint Nicolas (v. 6 décembre).

C’est dans cette ville qu’eut lieu le martyre de saint Crescens.

Chrétien, il était déjà assez avancé en âge, et voulut contribuer à extirper le paganisme de ses concitoyens, s’efforçant de les persuader d’abandonner leurs habitudes païennes.

Arrêté et interrogé, il confessa sa foi courageusement. On lui fit subir divers genres de tortures, et finalement il mourut brûlé vif.

On en ignore totalement la période, mais ce martyre pourrait avoir eu lieu au moment de la prédication post-apostolique, au deuxième siècle.

Saint Crescens de Myre est commémoré le 15 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodoros et Pausilypos de Thrace

† 130

 

De ce Martyr Theodoros, on ne connaît rien.

De Pausilypos, on dit qu’il fut dénoncé comme chrétien et soumis à divers supplices, en Thrace (Grèce NE).

Au dernier moment, ses liens se desserrèrent et il put s’échapper sans être vu. Peu après, il succomba aux blessures que lui avaient causées les tortures.

Si ce martyre remonte à l’empereur Hadrien, on ne peut que le situer approximativement entre 117 et 138.

Saints Theodoros et Pausilypos de Thrace sont commémorés ensemble le 15 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Paterne d’Avranches

† 511

 

Rien n’est impossible à Dieu (Lc 1:37). Qu’on s’imprègne de cette phrase de l’Ange, pour pénétrer dans l’histoire extra-ordinaire de Paterne.

Il naquit en Bretagne Armorique de Petranus et Guéana, des parents nobles et vertueux qui, après cette naissance, décidèrent de vivre dans la continence et de se consacrer à Dieu.

Petranus décida ensuite d’émigrer en Irlande, dans la pénitence. Plus tard, son fils voulut le rejoindre et, après avoir traversé le Pays de Galles, embrassa la vie monastique en Cardigan.

De fil en aiguille, Paterne devint le supérieur des moines de la région, et fit construire des monastères et des églises. On lui doit en particulier Llanbadarn Fawr ou «Grande église de Patern».

Il rendit visite à son père en Irlande, et profita de son passage pour réconcilier deux rois locaux.

Ensuite, il partit pour les Lieux saints, où le patriarche de Jérusalem le consacra évêque. Ainsi, le monastère de Llanbadarn Fawr devint le diocèse du nouvel évêque. Paterne pouvait avoir à ce moment-là soixante-dix ans.

Vingt ans plus tard, lorsque le roi Caradoc se fut installé en Armorique et que les habitants de Vannes se furent soumis à lui, Paterne fut désigné pour devenir leur propre évêque. Il fut donc rappelé dans sa patrie et installé dans la ville.

Paterne fonda bientôt un monastère près de Vannes ; il se lia d’amitié avec s.Samson de Dol (v. 28 juillet).

Sa douce patience vint à bout d’intrigues que lui suscitèrent de mauvaises langues. Mais pour la paix, il préféra se retirer et mourut ainsi hors de son diocèse, à une date imprécise qui pourrait aller de 490 à 511.

Historiquement parlant, on peut difficilement préciser les dates de notre personnage ; humainement parlant, on peut encore moins facilement admettre certaines incohérences : comment Petranus, nouveau Bouddha, a pu abandonner la jeune mère et son petit enfant ? comment le Patriarche de Jérusalem a pu consacrer évêque un homme qu’il ne connaissait pas et qui n’était probablement pas même encore prêtre ? et comment se fait-il que le pape n’ait pas même été informé de ces événements ?

Il faut vraiment admettre que rien n’est impossible à Dieu. Paterne reçut-il directement sa mission d’En-haut, par quelque révélation ? 

Saint Paterne de Vannes est commémoré le 15 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Abundius de Rome

† 564

 

La première basilique Saint-Pierre de Rome avait un fidèle portier-sacristain - ou mansionnaire - nommé Abundius.

Il accomplissait les charges de sa fonction avec zèle et humilité, discrètement, sans ostentation, simplement pour que tout fût bien en ordre dans la maison de Dieu.

Abundius reçut une apparition de saint Pierre lui-même, qui lui annonçait la prochaine arrivée d’une jeune paralytique - jusqu’à présent, rien de très spécial -, à charge pour lui, Abundius, de la guérir ! On imagine l’étonnement de l’intéressé. La jeune fille se présenta en effet, et Abundius, par obéissance au Prince des Apôtres, la guérit.

On dut en parler, et le pape s.Grégoire le Grand (v. 12 mars) en fit le récit dans son livre des Dialogues. Abundius mourut, toujours d’après les indication du même pape, le 15 avril 564.

Saint Abundius de Rome est commémoré le 15 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ortaire de Landelles

482-580 

 

Ortaire naquit en 482 à Desertum (auj. Le Dézert, Manche) dans une famille gallo-romaine chrétienne.

Dès l’enfance il s’adonna à la pénitence, aux mortifications, et à douze ans alla demander son admission à l’abbaye qui se trouvait près de l’actuel Beaumesnil.

Ses mortifications étaient étonnantes : il jeûnait longuement, ne mangeait que du pain d’orge, se désaltérait à une petite source (qui existe encore), portait cilice et simple bure.

Bien vite, ses hautes vertus le désignèrent pour fonder un autre monastère dans la forêt d’Andaine, qui devint l’ermitage du Bézier à Saint-Michel-des-Andaines. Il y aurait eu la visite de sainte Radegonde (v. 13 août) vers 555.

Cette mission achevée, il revint à Beaumesnil comme simple moine, et y vécut en ermite dans une grotte proche du monastère.

A la mort de l’abbé de Landelles, il fut choisi pour lui succéder, mais il ne semble pas qu’il ait exercé cette fonction, car il se retira dans une grotte à cent miles du monastère.

Malgré son effort d’effacement, on recourut à sa prière ; il avait le don de guérison, qui se vérifia sur une personne malade du genou, sur une lépreuse, par voie de conséquence sur les malades de rhumatisme et même les paralytiques…

C’est à lui qu’on doit la chapelle de la Sainte-Vierge dans le monastère de Landelles.

Se sentant décliner, à quatre-vingt dix-huit ans, il appela près de lui ses disciples et, après une dernière exhortation, rendit son âme à Dieu, le 15 avril 580.

On peut encore voir l’église du prieuré Saint-Ortaire à St-Michel-des-Andaines.

Saint Ortaire de Landelles est commémoré le 15 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Waltmann d’Anvers

† 1138

 

Il y a au musée de Strasbourg un tableau représentant le bienheureux Waltmann, abbé de Saint-Michel d’Anvers, à genoux sur les marches de l’autel et présenté par l’archange saint Michel, recevant la crosse et l’intronisation abbatiale de l’évêque saint Norbert, entouré par les abbés de Tongerloo, Middelbourg et Averbode.

Ajoutons seulement que Waltmann fut un des premiers disciples de saint Norbert (v. 6 juin) dans l’ordre de Prémontré.

Premier abbé de Saint-Michel d’Anvers, il se distingua par son savoir et sa piété et combattit efficacement l’hérésie de Tanchelm, un moine réformateur qui, partant d’un réel désir de réforme, glissa peu à peu vers la critique ouverte de l’Eglise ; ayant pris les armes contre le clergé d’Anvers, il fut finalement assassiné.

Waltmann mourut, croit-on, le 15 avril 1138, mais n’a pas fait l’objet d’une béatification.

César de Bus

1544-1607

 

Né à Cavaillon (Vaucluse) le 3 février 1544, de Jean-Baptiste de Bus, consul de la ville, et d’Anne de la Marche, César fut le septième de treize enfants.

Il étudia sur place avant d’aller chez les pères Jésuites en Avignon.

On parle aussi d’un séjour (ou d’un passage) à la cour de la reine Catherine de’ Medici, qu’il n’apprécia pas énormément. 

A dix-huit ans, il s’engagea dans l’armée du roi et prit part aux conflits contre les Huguenots.

C’est ainsi qu’il participe au «massacre de la Saint-Barthélemy» le 24 août 1572 ; il devait rejoindre l’armée pour le siège de La Rochelle en 1573, mais une sérieuse maladie l’en empêcha. 

Il vécut à Paris pendant trois ans, s’adonnant à la poésie et à la peinture, et menant une vie quelque peu dissipée où il sembla avoir oublié ce qu’il avait reçu de ses parents dans son enfance.

Quand Henri IV entra dans Paris, il retourna à Cavaillon. 

En 1575, à la mort de son frère, chanoine de Salon, il choisit la voie ecclésiastique, mais plus pour la position sociale et les revenus qu’il en retirerait. Mais bientôt, la grâce le toucha un soir où, se rendant à un bal masqué, il aperçut une effigie de la Madonne devant laquelle brûlait une veilleuse. Il se souvint qu’une amie priait pour lui ; il réalisa en un instant qu’il ne pouvait pas attendre sa dernière heure pour se convertir sérieusement. Sur place, il changea toute sa vie. Il semble qu’il ait aussi bénéficié là des conseils du sacristain. César désormais vint assister chaque matin à la Messe. 

Bientôt, l’évêque d’alors le nomma chanoine de la cathédrale (Saint-Véran) et l’ordonna prêtre en 1582. 

Il se passionna pour saint Carlo Borromeo (voir au 4 novembre), dont il souhaita imiter le zèle pour la catéchèse, qu’il enseigna à Aix-en-Provence aux enfants, mais aussi aux adultes, qui en avaient bien besoin. Saint François de Sales l’apprécia beaucoup.

En 1592 César fonda la congrégation des Pères de la Doctrine Chrétienne, dont la mission devait s’exercer dans toute la région pour la catéchèse. Il fonda aussi les Filles de la doctrine chrétienne, plus tard appelées Ursulines de Provence. Les Pères de la Doctrine Chrétienne, appelés aussi Doctrinaires, furent approuvés par le pape en 1597. En France, ils furent supprimés au moment de la Révolution, mais une branche survécut et refleurit en Italie, en France et au Brésil.

César devint aveugle en 1594. C’est avec cette infirmité qu’il passa les treize dernières années de sa vie, avant de s’éteindre le jour de Pâques, 15 avril 1607, en Avignon.

Ses reliques sont à Rome, en l’église Santa Maria in Monticelli.

Quand il fut béatifié en 1975, des membres de sa famille assistaient à la cérémonie.

 

 

Jozef de Veuster

1840-1889

 

Jozef (Jef) de Veuster est né le 3 janvier 1840 à Ninde (Tremelo), dans le Brabant flamand en Belgique, il est l’avant-dernier des quatre fils et quatre filles de Frans de Veuster, un marchand de maïs, et d'Anna-Katrien Wouters. Lorsque la ferme et le commerce de grains rapportent moins, Frans gagne l'Autriche avec un des frères aînés de Jef. Ils y récoltent des sangsues qu'ils vendent ensuite en Belgique. À cette époque, les sangsues étaient encore couramment utilisées dans les hôpitaux pour effectuer les saignées.

Deux des sœurs de Jef entrent au couvent. Son frère Auguste se destine également à une vie dans les ordres religieux. Il n'est dès lors pas étonnant que Frans, le père, place tous ses espoirs en Jef pour qu'il reprenne un jour l'affaire familiale.

Jef se révèle un garçon plein de santé. Il n'a pas peur de mettre la main à la pâte. Il est courageux. Un jour, il sauve de l'étang un ami qui était tombé à travers la glace alors qu'ils patinaient ensemble. Son intrépidité risque aussi de lui jouer de mauvais tours. L'un de ses jeux favoris consiste en effet à sauter du haut d'un talus dans la benne d'une charrette qui passe à toute allure; un jour, Jef saute trop tôt et se retrouve sous les roues du véhicule. Il en gardera des douleurs au dos et une blessure à l'œil.

Jef commence l'école à l'âge de six ans dans la ville de Werchter, et non à Tremelo. Maître Bols est un instituteur remarquable et exigeant. Le niveau en classe est très élevé et Maître Bols est sévère. Il ordonnera plus d'une fois à Jozef de porter le bonnet d'âne. Il arrive également assez souvent que Jef soit en retard à l'école à cause de ses jeux interminables sur le chemin de halage le long de la Dyle. Il lui est même parfois impossible de se rendre à l'école parce que la route est inondée.

Une des histoires que lui raconte sa mère le soir, est celle des frères Saint Côme et Saint Damien. Ces jumeaux médecins seront persécutés, torturés et finalement décapités en l'an 304. C’est en pensant à eux que plus tard Jef prendra le nom de Damien.

En 1847, Mélanie, la plus jeune soeur de Jef, meurt du choléra. C’est ensuite Eugénie, devenue entre-temps Soeur Alexis, qui décède en 1854. Pauline, la soeur de Jef, décide alors de prendre la place d’Eugénie au couvent. Son frère Auguste se découvre également une vocation religieuse. Il entrera au monastère pour rejoindre la Société des Sacrés Cœurs, aussi appelée « Congrégation de Picpus ». Auguste est, en fait, le frère que Jef admire depuis qu’il est tout petit. 

Après avoir suivi l'enseignement primaire en flamand dans une école de Werchter, un village voisin, Jef est envoyé en 1858 à Braine-le-Comte pour y améliorer son français et pouvoir ainsi reprendre plus tard la ferme familiale. C’est du moins ce qu’espère son père Frans, mais les études et le climat de l’internat ne réussissent vraiment pas à Jef. Pourtant sa vocation mûrit, il s’attache à son frère Auguste, devenu maintenant Pamphile.

Finalement, le 4 janvier 1859, quand il vient de fêter son dix-neuvième anniversaire, il arrive à Louvain pour demander son admission chez les Pères des Sacrés-Cœurs de Picpus, un ordre missionnaire chrétien. Il commence son noviciat en février 1859, et prend pour nom "Damien". Il suit ainsi les pas d'Auguste, son frère aîné. C’est un gros sacrifice pour les parents, qui cependant acceptent courageusement l’épreuve.

Jef mise le tout pour le tout pour réaliser son rêve. Il travaille comme un damné aux tâches du monastère et dans ses études. Il impressionne ses supérieurs par son assiduité. Il étudie le latin et le français. Afin de récupérer son retard, il se lève tous les jours à 3 heures du matin et ne va se coucher que très tard le soir, accablé de fatigue. Il consacre chacun de ses temps libres à la prière.

À la fin de son noviciat à Louvain, Damien est envoyé à Paris (au couvent de la rue de Picpus). Il y prononce ses vœux le 7 octobre 1860. Il fait "du latin et du grec du matin au soir" écrit-il à ses parents.

En septembre 1861, il est de retour à Louvain pour les études de philosophie et théologie qui le préparent plus immédiatement au sacerdoce. Elles sont brusquement interrompues...

En octobre 1863, un groupe de missionnaires est prêt à partir pour les îles du Pacifique. Auguste (en religion père Pamphile, qui vient d'être ordonné prêtre) devrait en faire partie. Mais il tombe gravement malade, sans doute du typhus. Damien se porte immédiatement volontaire pour le remplacer. Son offre est acceptée. Après un dernier pèlerinage — en famille — à Notre-Dame de Montaigu, il part pour Brême et Paris. Il embarque le 29 octobre 1863 sur le trois-mâts R.W. Wood avec 5 confrères et 10 sœurs. 

Le 19 mars 1864, à 24 ans, il débarque à Honolulu. Ce qui le frappe d'abord c'est l'accueil chaleureux des habitants et leur ferveur. Très vite, l’évêque le prend en considération et veut l’ordonner : quelques jours après la Pentecôte, le 21 mai de la même année, Damien est ordonné prêtre dans la cathédrale d'Honolulu avec deux autres séminaristes. Désormais il signe ses lettres du seul titre qui lui tient à cœur : prêtre-missionnaire.

Comme première mission le jeune prêtre est envoyé dans le district de Puna, au sud-est de l'ile d'Hawaï, littéralement au pied du volcan Kilauea. Il est presque toujours en route, visitant les communautés chrétiennes, baptisant et construisant des chapelles. Il partage la vie des habitants, apprend leur langue, mais fait peut de conversions, car les habitants sont attachés à leur déesse Pélé, déesse du volcan.

Pour aider un confrère surchargé il demande et obtient en 1866 son transfert dans les districts de Kahola et Hamakua, où il reprend pendant neuf années ses tournées pastorales. Mais il s'y retrouvera seul prêtre et il lui coûte beaucoup de n'avoir personne à qui se confesser. Le catéchisme, quatre écoles catholiques à superviser et surtout la construction de chapelles l'occupent. Pour les chapelles il obtient l'aide d'un frère religieux. C’est là qu’on lui donne le surnom de «prêtre-menuisier». 

Le Père Damien vit la hantise des âmes qui se perdent faute de baptême. La compétition avec les protestants, avec lesquels les conflits sont fréquents, fait partie de l'effort missionnaire. Kawaihae, Waiapuka, Waipio (1867) Kapulena (1868), Halawa (1870) sont quelques-unes de ces chapelles construites ou réparées. Les fidèles doivent participer au projet de «leur» chapelle, financièrement ou autrement.

Pour freiner la propagation de la lèpre, le gouvernement avait décidé, en 1865, de créer un léproserie à Molokai, une île voisine, et d'y déporter tous ceux qui étaient atteints de ce mal alors incurable. Leur sort préoccupe les autorités religieuses.

Le 4 mai 1873 l'évêque lance un appel aux missionnaires. Il cherche des volontaires pour se rendre à tour de rôle apporter un secours spirituel aux lépreux de l'ile de Molokai. Damien se trouve parmi les quatre volontaires choisis. Le 10 mai, le père Damien et un autre confrère débarquent à Molokai, sa “patrie” définitive. 

Les malades qui arrivent par navires entiers à Molokai demandaient à grands cris d’avoir un prêtre avec eux. Pendant sept ans bien des malheureux sont morts sans recevoir soit le baptême, soit le sacrement des malades. Damien est accueilli par ces êtres vivants en putréfaction, dont l’odeur est tellement nauséabonde qu’il ne pourra s’empêcher de la masquer un peu qu’en fumant la pipe.

Dans cet enfer, Damien devient le pasteur des huit-cents lépreux, ainsi que leur médecin. Les progrès de la maladie sont rapides et effrayants, la mortalité élevée. “Kamiano” partage leur vie et est amené à prendre en mains les problèmes matériels de ses fidèles. Peu à peu, il construit une vraie communauté, organisant la vie sociale, éducative et religieuse de ses lépreux. avec une église, des chemins, un hôpital, une école, un orphelinat. Il s'identifie à eux : «Nous autres lépreux», écrit-il dans ses lettres. Il considère les enfants comme les siens, et les laisse jouer avec sa pipe…

Son amour évangélique pour les lépreux force l'admiration, y compris d'un médecin agnostique, Arthur Mouritz qui visite régulièrement l'île entre 1883 et 1888. Il lui rendra un vibrant témoignage. Les protestants également sont admiratifs même si le Père Damien n'est pas tendre pour eux : “Les hérétiques sont toujours en embuscade pour surprendre mes pauvres chrétiens”. Son catholicisme intransigeant ne l'empêche pas de voir le bien que font certains protestants, comme ce luthérien allemand, représentant du gouvernement dans la léproserie de Molokai. Sa réaction est typique : «Il n'a plus qu'un petit pas à faire pour être tout à fait catholique».

En octobre 1881, Damien reçoit la plus haute décoration hawaïenne. Dans la lettre qui accompagne la décoration de Chevalier-Commandeur de l'Ordre royal de Kalakaua, la princesse Liliuokalani, alors régente du Royaume de Hawaï, lui exprime en termes très chaleureux sa profonde admiration. À en juger par la mention qu'il en fait dans ses lettres, Damien est touché par cette reconnaissance publique de son œuvre.

En décembre 1884, le docteur Arning informe le père Damien : il est atteint par la lèpre. Le diagnostic est confirmé en janvier 1885. Il en parle à son ami Charles Stoddard : «Je suis réputé moi-même attaqué de la terrible maladie. Les microbes de la lèpre se sont finalement nichés dans ma jambe gauche et dans mon oreille. Ma paupière commence à tomber».

Au début de 1886 la nouvelle fait rapidement le tour du monde. Des volontaires arrivent à Molokai : l'abbé Conrardy en mai 1888 et trois religieuses franciscaines en novembre. Damien n'accepte pas facilement ce qui lui arrive. Il était tellement convaincu d'être protégé par la Vierge Marie pour qui il a une dévotion sans bornes ! Dans sa correspondance il évite d'abord le mot lèpre. Après quelques mois, il se résigne et fait face avec courage. Dans une lettre à son provincial : «Il n'y a plus de doute pour moi : je suis lépreux». Homme de foi, il ajoute «Que le Bon Dieu soit béni !»

A l'épreuve physique s'ajoute une épreuve morale. Son compagnon lui est retiré. Damien est de nouveau seul prêtre à Molokai. Plus grave encore - la lèpre étant souvent associée à la syphilis à l'époque - il est soupçonné d'avoir rompu son vœu de chasteté. Il accepte de se soumettre à un examen médical (par le docteur Arning) qui se révèle négatif. Finalement, son supérieur restreint drastiquement ses visites et contacts à Honolulu. Damien est un homme très seul, soutenu cependant par l'amour de ses lépreux. Il l'écrit lui-même dans ses lettres : plus que la lèpre ce sont les soupçons et incompréhensions de ses supérieurs qui le font souffrir.

Damien continue cependant ses activités pastorales comme de développement des deux villages sous sa responsabilité, Kalawao et Kalaupapa : canalisations d'eau, agrandissement de l'hôpital, route entre les deux villages, reconstruction de l'église. Médicalement il s'observe et s'analyse, communiquant ses idées sur la propagation de la lèpre. 

Avec quatre collaborateurs, il continue ainsi d'assumer sa mission même s’il ne peut déjà plus célébrer la messe depuis plusieurs mois. Le 12 février 1889 il écrit une dernière lettre à son frère, le Père Pamphile : « Je suis toujours heureux et content, et quoique bien malade, je ne désire que l'accomplissement de la sainte volonté du bon Dieu…» Il se confesse une dernière fois le 30 mars et meurt le 15 avril 1889, à Kalaupapa sur l’île de Molokai (Hawaï) à l'âge de 49 ans.

Lui qui avait fabriqué presque quatre mille cercueils pour ses lépreux, il sera maintenant enseveli dans un cercueil fabriqué par eux et porté par six d’entre eux, escorté par la fanfare des lépreux qu’il avait mise sur pied, et inhumé à l’ombre du pandanus sous lequel il avait passé sa première nuit, dix-sept ans plus tôt. 

Son corps sera cependant rapatrié en Belgique par le Mercator en 1936, et terminera son long périple à Louvain, où il est inhumé dans la crypte de l'église Saint-Antoine.

En 1945, le Mahatma Gandhi rend hommage à l'héroïsme du Père Damien : «Le monde politique et journalistique ne connait pas de héros dont il peut se glorifier et qui soit comparable au père Damien de Molokai».

Lorsque Hawaï accède à la fédération des États-Unis, ce sont les statues du roi Kamehameha († 1959) et du Père Damien que ce nouvel état choisit de placer au Capitole de Washington comme «personnes ayant joué un rôle important dans son histoire».

En 1989, la Belgique organise l'année Damien. La ville de Tremelo a fait une fête en l'honneur de Damien. 

Le 4 juin 1995, il est béatifié par le Pape Jean-Paul II. Après cette cérémonie une relique (main droite) du père Damien a été transférée à Molokaï et y a été enterrée le 22 juillet 1995 à Kalawao.

Benoît XVI l'a canonisé le 11 octobre 2009. Barack Obama affirme le jour même son "admiration" pour la vie du père Damien de Molokai.

Il est de coutume de fêter un bienheureux ou un saint le jour de sa mort, ou Dies Natalis, anniversaire de sa naissance au ciel. Pour saint Damien de Molokaï, mort un 15 avril, il en va autrement. Tandis que le Martyrologe mentionne régulièrement Jozef de Veuster ou Père Damien au 15 avril, pour mettre en relief la figure de Damien et pour éviter que sa fête liturgique ne tombe lors des fêtes de Pâques, Jean-Paul II a choisi la date du 10 mai, jour qui correspond à l'arrivée du Père Damien à la léproserie de Molokaï en 1873.

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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 21:58

Francesco Mottola

1901-1969

 

Francesco Mottola naquit le 3 janvier 1901 à Tropea (Vibo Valentia, Calabre, Italie SW), dans une famille pauvre, mais religieuse. Le papa s’appelait Antonio, la maman Concetta Braghò.

En 1911, il entra au Petit séminaire de Tropea.

En 1913, mourut sa chère maman (elle se serait suicidée ?), et en 1917 son frère, sur le front.

Après le Petit séminaire, il entra au Grand séminaire de Catanzaro et fut ordonné prêtre en 1924.

Il avait deux dévotions préférées : l’Eucharistie - devant laquelle il restait de longs moments en silence - et Notre-Dame de Romania, vénérée dans la cathédrale de Tropea depuis des siècles.

Il fut un mois seulement curé à Parghelia, sa santé lui interdisant de continuer l’activité paroissiale.

Désormais son zèle pastoral le vit à l’œuvre sur bien d’autres fronts. Il enseigna la théologie au séminaire, puis fut recteur du séminaire de Tropea (1929-1942) ; il dirigea une revue catholique, organisa des groupes d’Action Catholiqiue, prêcha, donna des conférences pour ses confrères, resta de longues heures dans le confessionnal, car les fidèles recherchaient ses bons conseils.

En 1931, il fut nommé chanoine de la cathédrale.

Dès 1935, il fonda des Maisons de la Charité, confiées à des groupes de prêtres et de laïcs, pour accueillir les sans-abris ; il en ouvrit une à Rome même. Mieux, pour s’occuper d’eux plus efficacement, il fonda les Oblats et Oblates du Sacré-Cœur.

En 1942, une rude épreuve s’abattit sur le prêtre, dont la parole était si écoutée : une paralysie lui retira l’usage normal de la parole. Don Mottola se soumit à cette épreuve comme à un don divin ; il put tout de même encore confesser et continua d’écrire et d’encourager les Oblats dans leur amour des pauvres. Lui-même ne cessait de se dépenser au service des autres. Ce fut au point que la population le surnomma la perle du clergé calabrais.

En 1968, l’Institut des Oblats et Oblates du Sacré-Cœur, fut reconnu canoniquement.

C’est le 29 juin 1969 qu’il s’éteignit à Tropea, dans une grande pauvreté.

Un miracle inexpliqué advint en 2010, concernant un diacre qui guérit d’un mal incurable. Ce miracle fut retenu pour la cause de la béatification.

Francesco Mottola devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 29 juin.

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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 16:46

Sandra Sabattini

1961-1984

 

Sandra Sabattini naquit le 19 août 1961 à Riccione (Emilie-Romagne, Italie CE), de parents pauvres et pratiquants.

Bien vite la famille se déplace à Misano Adriatico, pour loger chez un oncle prêtre.

Sandra écrivit un petit journal personnel quotidien, dans lequel on découvre avec quelle intensité elle vécut sa foi de façon très précoce.

En 1973, elle découvrit la Communauté Jean XXIII (v. 3 juin), dont le fondateur, Oreste Benzi, mourut en odeur de sainteté en 2007.

Pour Sandra, cette rencontre fut un catalyseur déterminant. Elle participa aux camps de jeunes et approfondit son engagement religieux.

En 1980, titulaire d’un brillant baccalauréat, elle commença des études de médecine à Bologne, dans le but avoué de devenir médecin missionnaire en Afrique. Parmi ses compagnes de la communauté, elle devint un exemple d’enthousiasme, de joie spirituelle, de disponibilité à donner son temps aux marginalisés, aux handicapés, aux drogués. Elle organisa des collectes, des manifestations diverses en faveur des «pauvres de la vie».

La jeune fille ne cherchait pas à se faire un nom, à se faire remarquer ; elle voulait une seule chose : devenir sainte.

Cet idéal est d’autant plus remarquable que les localités où elle avait vécu sont réputées pour leurs activités touristiques et mondaines. Mais Sandra ne voyait pas ce monde de plaisir.

Dans le cadre de cette même Communauté Jean XXIII, elle rencontra un jeune homme qui partageait réellement les mêmes idéaux. Ils se fiancèrent.

Mais Dieu avait un autre jugement. Sandra était déjà prête pour les noces éternelles. Voilà que le 29 avril 1984, elle fut renversée par une voiture. Après trois jours de coma, Dieu prit son âme innocente.

Un miracle fut étudié en 2012 : après que toute la Communauté eut demandé à Dieu l’intercession de Sandra, un père de famille guérit rapidement et définitivement d’un cancer aux intestins très avancé.

Sandra Sabattini devrait être béatifiée en 2020, et inscrite au Martyrologe le 2 mai.

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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 15:12

Joan Roig i Diggle

1917-1936

 

Joan Roig i Diggle naquit le 12 mai 1917 à Barcelone (Espagne), de Ramon Roig Fuente et Maud Diggle Puckering, des parents peu fortunés, qui durent se déplacer à vingt kilomètres de là, à El Masnou, pour y trouver un travail.

Joan fit des études chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens), plus tard chez les Frères Piaristes ; il eut parmi ses professeurs deux Religieux qui moururent martyrs à la même époque et sont maintenant béatifiés : Ignasi Casanovas Perramón et Francisco Carveller Galindo (v. 16 septembre et 2 octobre) ; encore au lycée, il travailla dans un magasin de tissus, puis en usine.

S’il ne put faire davantage d’études, il était par ailleurs fortement marqué par sa Foi et notamment par sa participation quotidienne à la sainte Eucharistie. Il fit partie de la Fédération des Jeunes Chrétiens de Catalogne et, conscient de la tempête politico-religieuse qui se préparait, encourageait ses camarades à accepter même le martyre, si c’était la volonté de Dieu.

Dès le début de la révolution, le 20 juillet 1936, les miliciens républicains mirent le feu au siège de cette Fédération. Joan ne perdit pas son courage, galvanisant ses amis, visitant les blessés, enterrant les morts.

En particulier, le p. Tarrés i Claret (v. 31 août) confia à Joan une custode avec des Hosties consacrées, pour porter l’Eucharistie à des fidèles, car les églises étaient fermées. En quittant sa mère, il la rassurait : Je ne crains rien, le Maître est avec moi.

Mais les activités de Joan ne passaient pas inaperçues : au soir du 11 septembre, des miliciens vinrent l’arrêter. Joan consomma rapidement les Hosties qui lui restaient, pour éviter toute profanation. On l’emmena immédiatement aux environs de Barcelone, à Santa Coloma de Gramenet. Juste avant de tomber, il dit aux miliciens : Que Dieu vous pardonne comme je vous pardonne. Puis il reçut cinq balles dans le cœur, et une dans la tête ; c’était dans la nuit du 11 au 12 septembre 1936.

Il avait dix-neuf ans.

Joan Roig i Diggle devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 12 septembre.

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 23:00

14 AVRIL

 

II.

S Maxime, avec ss. Valérien et Tiburce, préfet romain converti par ces derniers (avec qui se trouvait ste Cécile, cf. 22 novembre) et martyrisé avec eux.

S Fronton, abbé près d’Alexandrie, un des premiers cénobites. 

III.

Stes Prosdoki et Berniki avec leur mère Domnini, martyres : se sachant vouées au martyre, elles se jetèrent elles-même à l’eau pour échapper aux mauvais désirs des soldats. 

S Procule, évêque (?) à Terni et martyr.

Ste Domnine, vierge et martyre à Terni.

S Ardalion, acteur converti sur scène, martyr.

V.

Ste Thomaïs, martyre en Alexandrie pour avoir refusé les avances de son beau-père.

S Assicus, disciple de s. Patrice et premier évêque à Elphin.

VII.

S Lambert, évêque à Lyon ; il avait fui la cour de Clotaire III pour l’abbaye de Fontenelle, où il succéda à l’abbé s. Wandrille.

XI.

S Giovanni, premier évêque à Montemarano en Campanie.

XII.

S Bernard d'Abbeville, abbé bénédictin à Poitiers, puis à Tiron.

S Bénezet, berger ; après une vision céleste, il commença à treize ans la construction du pont d’Avignon.

XIII.

B Pedro González “Telmus”, dominicain espagnol après un début de vie ecclésiastique très mondain ; il est invoqué par les marins dans les tempêtes et contre les tremblements de terre.

Bse Hedwige (Havoie), abbesse prémontrée à Mehren, où elle succéda à sa mère.

XIV.

Ss Jean Milhey, Antoine Kukley et Eustache Nizilon, chambellans du duc de Lituanie, martyrs à Vilnius, dont ils sont les patrons. 

XV.

Ste Lydwine, mystique à Schiedam.

XX.

Bse Isabel Calduch Rovira (1882-1937), clarisse espagnole, martyre près de Castellón, béatifiée en 2001.

Fronton d’Egypte

† 174

 

Fronton serait un des tout premiers anachorètes d’Egypte qui se retira dans le désert aux environs d’Alexandrie.

Quelques amis le suivirent. Et comme il advient dans toute fondation, le diable s’en mêla : certains murmurèrent contre la difficulté de la règle proposée par Fronton.

Celui-ci leur rappela que s.Paul avait lui-même enduré la faim et la soif (cf. 2Co 11:27 ), et leur fit remarquer que, depuis qu’ils vivaient dans ce désert, ils n’avaient jamais manqué ni d’herbes ni de racines pour se nourrir convenablement.

Les murmures cessèrent devant les arguments et le raisonnement de Fronton, mais pas complètement. Dieu fit alors savoir par un ange à un riche seigneur, qu’il eût à envoyer de la nourriture à des anachorètes, sans lui spécifier où ils se trouvaient. Le seigneur fit charger soixante-dix chameaux, qu’il laissa partir sans guide : les animaux se dirigèrent d’eux-mêmes vers l’endroit.

Fronton remercia la Providence, reprocha encore une fois aux récalcitrants leurs murmures, fit décharger les vivres, mais en renvoya la moitié au seigneur, qui par la suite, n’oublia jamais ses protégés.

Fronton serait mort vers 174.

Saint Fronton d’Egypte est commémoré le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Valerianus, Tiburtius, Maximus

† 177

 

Valerianus passe pour avoir été l’époux très chaste de sainte Cécile, qu’on vénère le 22 novembre.

Cécile lui demanda l’absolue continence par respect pour son ange qu’elle voyait constamment près d’elle. Valerianus se convertit, accepta le baptême et put lui aussi voir cet ange.

Il convertit à son tour son frère, Tiburtius.

Tous deux, affrontant les dispositions légales, s’efforçaient de donner une digne sépulture aux Martyrs.

Dénoncés, ils furent condamnés à mort et décapités.

En chemin vers le lieu de leur martyre, ils convertirent le juge, Maximus, qui fut décapité avec eux.

Ce martyre eut lieu un 14 avril, probablement vers 177-180, peut-être même plus tard au troisième siècle, selon certains : dans ce cas, nos martyrs ne devraient pas avoir rapport avec sainte Cécile. 

 

 

Domnini, Berniki et Prosdoki d’Antioche

† 302

 

Domnini vivait à Antioche de Syrie avec ses deux filles. C’était une femme de haute naissance, riche, croyante et vertueuse en tous points. Elle éduquait ses deux filles avec la souci de la mère chrétienne : les deux petites étaient des adolescentes, gracieuses et aussi vertueuses que leur mère.

Le père de famille fut peut-être arrêté par les soldats et leur livra la cachette des trois femmes. D’après s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre), celles-ci s’étaient réfugiées à Edesse, qui se trouve à plus de deux-cents kilomètres d’Antioche.

Quand elles furent découvertes et ramenées à Antioche, sachant ce qui pouvait leur arriver aux mains des soldats, Domnini persuada ses filles qu’il valait mieux se donner totalement à Dieu plutôt que de tomber en leurs mains, et toutes trois se dirigèrent vers le fleuve (Oronte, auj. Nahir-el-Asi). Elles retirèrent leurs chaussures - pour laisser aux soldats une preuve de leur arrestation -, arrangèrent leur vêtement et se précipitèrent d’elles-mêmes dans le fleuve.

Encore une fois, on doit se poser la question de la légitimité d’un tel geste. Le suicide est évident. Des panégyristes ont avancé que les Martyres avaient agi sous une inspiration spéciale de l’Esprit Saint, de la même façon qu’Abraham n’avait pas craint d’immoler son propre fils (mais un ange l’arrêta, ce qui ne s’est pas produit à Antioche…) ; s.Augustin cependant affirme que leur conduite, sans doute admirable, n’est pas imitable. 

Il est certain que les trois femmes, une fois arrêtées, imaginaient très bien ce qu’allait être leur sort ; elles préférèrent préserver leur chasteté. Honneur à leur vertu !

Elles moururent vers 302.

Saintes Domnini, Berniki et Prosdoki d’Antioche sont commémorées le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Thomais d’Alexandrie

458-476

 

Cette jeune femme de dix-huit ans était une chrétienne d’Alexandrie.

Elle fut mariée à un pêcheur.

En l’absence de ce dernier, le beau-père tenta de séduire la jeune femme, qui lui opposa une farouche fin de non-recevoir. Furieux, l’homme la frappa de son épée (l’ancien Martyrologe disait : la coupa en deux).

La colère de Dieu fit que l’assassin devint aveugle sur le champ. Des amis le retrouvèrent peu après : il leur raconta son crime et demanda à être conduit devant le gouverneur, qui le condamna à la décapitation.

Thomais fut très vite honorée dans tous les environs. Son corps, d’abord enterré dans un cimetière proche, fut transporté plus tard à Constantinople.

L’huile des lampes qu’on y allumait était recueillie soigneusement ; qui en prenait, bénéficiait d’une grâce contre les tentations de la chair.

Sainte Thomais d’Alexandrie est commémorée le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Assicus d’Elphin

† 490

 

S.Patrice d’Irlande (v. 17 mars) créa le diocèse de Corcoghlan (auj. Elphin) vers 435.

L’endroit s’appelait primitivement Emlagh-Ono, du nom du druide de l’endroit, Ono, qui donna le terrain nécessaire à la construction d’une église et d’un monastère. L’église s’appela Tempull Phadruig (église de Patrick).

Patrice y établit comme premier évêque Assicus, auquel il adjoignit le neveu de celui-ci, Bite, et sa mère Cipia. Assicus était peut-être lui-même un parent d’Ono.

Il y eut là aussi un monastère et une école.

Assicus est décrit comme l’orphèvre de s.Patrice, pour son habilité à fabriquer calices, patènes, et autres objets sacrés pour la liturgie. Il généra ainsi une très célèbre école d’art, dont on peut encore admirer des spécimens.

Sept ans avant sa mort, Assicus ressentit une honte profonde pour avoir commis un mensonge - certains disent : un mensonge le concernant, une dissimulation par modestie - et se retira loin, dans l’île de Rathlin O’Birne (Donegal) ; il y resta sept années, au bout desquelles les moines finirent par le retrouver ; ils le prièrent de revenir dans le monastère, mais Assicus mourut en route, vers 490.

Assicus fut enterré à Rath Cunga (auj. Racoon, Donegal), mais son tombeau n’a jamais été retrouvé.

Saint Assicus d’Elphin est commémoré le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lambertus de Lyon

† 688

 

Landebertus (Lantbertus) ou simplement Lambert naquit vers 625 à Quernes (act. Pas-de-Calais), d’un père qui, par ses entrées à la cour des rois mérovingiens, put l’y introduire à son tour.

Lambert conquit l’estime du roi et des grands, et Clotaire III lui destinait quelque haute fonction, mais le cœur du jeune homme s’était déjà donné à Dieu.

Combattant toutes les résistances des siens, il gagna l’abbaye de Fontenelle, où il succéda au fondateur Wandrille comme abbé (665).

Il fonda l’abbaye bénédictine de Donzère (675), sur une terre offerte par le roi Thierry III. De cette abbaye sortirent plusieurs personnages : Hermeland, Erembert (v. 25 mars et 14 mai)…

L’humilité de Lambert avait déjà bien souffert de son élection à l’abbatiat, mais ce n’était pas la fin de l’épreuve : on l’appela au siège épiscopal de Lyon en 678 pour être le trente-septième successeur de s.Pothin (v. 2 juin).

Ce furent dix années d’un fécond apostolat, dont on n’a pas retrouvé de compte-rendu, cette partie ayant été détruite (et les «sauvegardes» n’existant pas encore…).

Par quelques recoupements, on sait qu’il sacra Ansbert évêque de Rouen en 684 (v. 9 février).

Lambert mourut le 14 avril 688 et fut rapidement l’objet d’un culte.

Saint Lambert de Lyon est commémoré le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

Giovanni de Montemarano

† 1095

 

Le diocèse de Montemarano (Campanie, Italie S) fut érigé à la fin du 10e ou au début du 11e siècle. L’incendie de la cathédrale, vers 1500, détruisit les archives qui s’y trouvaient, de sorte qu’on a perdu des informations importantes concernant cette érection et la nomination de Giovanni comme évêque.

Giovanni fut un prêtre exemplaire, zélé, charitable envers les pauvres et ferme devant les exigences des grands. Aussi le choisit-on pour être évêque du nouveau diocèse, et il fut probablement le premier évêque de ce siège.

Le pape Grégoire VII (v. 25 mai) dut le convaincre d’accepter ce choix, et Giovanni fut consacré évêque à Benevento en 1084.

Un des rares faits que l’on connaisse de lui, montre bien sa détermination. Après une période de mauvaise récolte et d’incursions dévastatrices, les terres étaient devenues infertiles, aussi l’évêque, aidé de ses paysans, se mirent à défricher les bois des propriétés épiscopales, à détourner l’eau du fleuve Calore, qui irrigua les terres et permit la reprise des cultures.

Giovanni mourut le 14 avril 1095 et son culte fut reconnu en 1906.

Le petit diocèse de Montemarano a été réuni à celui de Nusco en 1818.

Saint Giovanni de Montemarano est commémoré le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bernard d’Abbeville

1046-1117

 

S’il naquit effectivement à Abbeville (Somme), Bernard se vit obligé de se déplacer continuellement pour trouver la vraie solitude que son cœur désirait.

Petit, son goût précoce pour la vie religieuse le fit appeler le petit moine. A vingt ans, ayant une connaissance approfondie des saintes Ecritures, il partit pour le Poitou, avec trois compagnons animés des mêmes sentiments que lui, et entra au monastère de Saint-Cyprien (Poitiers), qui dépendait de la Chaise-Dieu.

Dix ans plus tard, il fut envoyé à Saint-Savin-sur-Gartempe (Vienne), pour y opérer une réforme ; conscient qu’on voulait le faire abbé, Bernard s’enfuit dans la forêt de Craon (Mayenne), où vivaient déjà d’autres ermites célèbres : Vital de Savigny, Robert d’Arbrissel, Raoul de la Futaie (v. respectivement 7 janvier, 24 février, 16 août).

Là, Bernard prit le nom de Guillaume et s’exerça pendant trois ans au travail manuel auprès d’un ermite nommé Pierre, un tourneur sur bois.

Mais les moines de Saint-Savin le retrouvèrent, de sorte que notre Bernard s’enfuit à nouveau et s’installa pendant trois ans encore sur l’île de Chausey, non loin du Mont Saint-Michel (Manche). C’est alors qu’on le supplia de revenir à Craon, ce qui pouvait se faire puisque les moines de Saint-Savin avaient fini par élire un autre abbé. Bernard se fixa à Fontaine-Géhard (Châtillon-sur-Colmont), qui devint un centre érémitique très prospère et illustre. 

Ce fut cette fois-ci l’abbé de Saint-Cyprien qui le rappela, voulant en faire son prieur et son successeur. Bernard n’accepta qu’à contre-cœur, mais sut se montrer à la hauteur de sa mission abbatiale.

C’est comme abbé qu’il participa au concile de Poitiers (1100), où fut excommunié Philippe Ier à cause du scandale donné par son divorce.

Il y eut un conflit avec l’abbaye de Cluny, qui voulait «dominer» sur Saint-Cyprien ; Bernard en profita pour abandonner sa charge et revenir à Craon, d’où il ne sortit que pour prêcher la réforme des peuples et du clergé.

Les moines de Saint-Cyprien le rappelèrent cependant, pour les défendre contre Cluny ; Bernard dut faire le voyage à Rome, où il obtint l’indépendance de Saint-Cyprien.

De retour en France, il fit un nouveau séjour à Chausey, d’où il fut chassé par des pirates, et s’en revint près de Fougères (Ille-et-Vilaine). Il y réunit des disciples, mais s’apercevant qu’il gênait le développement de l’abbaye de son ami Vital, il trouva refuge sur les terres du comte Rotrou et édifia un nouveau monastère avec une chapelle dédiée à sainte Anne, bénie  en 1109 par l’évêque Yves de Chartres (v. 23 décembre).

Les tribulations n’étaient pas finies ; un nouveau conflit avec Cluny contraignit Bernard à déplacer son monastère, vers la source de la rivière de Tiron (1113).

Bernard, qui n’aspirait qu’à la solitude et à la contemplation, eut jusqu’à cinq cents moines autour de lui. Ceux-ci vivaient la règle de saint Benoît, mais dans une grande austérité ; ils portaient un habit gris à longs poils ; à leurs travaux on doit l’actuel étang de Thiron, de Saint-Anne.

Tiron eut des fondations en Allemagne, en Angleterre, en Ecosse.

Dieu favorisa Bernard du don des miracles, de la lecture des esprits. Ainsi il montra à un moine qu’il en connaissait les désirs tortueux et chercha paternellement à le ramener ; il éteignit un dangereux incendie venu de la forêt et qui menaçait les bâtiments, il guérit d’un signe de croix un enfant aveugle-né, il délivra d’un esprit malin deux religieux de la communauté, il remit sur pied un jeune novice qui avait été presque écrasé par un énorme chariot traîné par dix bœufs.

Vers la fin, une grave maladie compléta cette longue suite d’aventures qui avaient éreinté Bernard. Il mourut le 14 avril 1117.

Bernard d’Abbeville (ou de Tiron) fut canonisé en 1861, ce qui lui fait détenir le record du plus long procès de canonisation dans l’Eglise, mais nous savons que pour Dieu Mille ans sont comme un jour (Ps 89:4).

 

 

Bénezet

1165-1184

 

Qui sait si le Pont d’Avignon n’est pas dû à une intervention divine ?

On «raconte» - mais le mot légende signifie bien ce qu’il faut dire - que Bénezet (diminutif de Benoît), était un jeune pâtre du Vivarais (ou de la Savoie), né de pieux parents.

Son père étant mort assez tôt, sa mère lui avait confié la garde de quelques brebis.

Un jour d’éclipse de soleil, Bénezet entendit le Seigneur : Prends ta houlette et descends jusqu’en Avignon, la capitale du bord de l’eau : tu parleras aux habitants et tu leur diras qu’il faut construire un pont.

Bénezet se disposa à obéir. Un ange lui vint en aide avec un bâton et une besace, lui disant : Suis-moi sans crainte, je te conduirai jusqu’au lieu où tu dois construire un pont et te montrerai comment tu devras t’y prendre.

Parvenus au bord du Rhône, l’ange désigna une barque qui s’y trouvait et encouragea Bénezet : Ne crains rien ; le Saint-Esprit est en toi ; vois cette barque, elle servira à ton passage. Va à la ville d’Avignon ; montre-toi à l’évêque et à son peuple. L’ange disparut.

Il faut dire ici que la traversée du Rhône à cet endroit était particulièrement dangereuse et que, justement là, un pont se serait avéré fort utile.

Il est bon de remarquer que, dans cette «révélation», le premier mot est pour dissiper toute peur humaine. L’Evangile en donne plusieurs exemples, de la part du Christ.

Bénezet, donc, se présenta à l’évêque, puis au prévôt d’Avignon. Bien sûr, leur réaction fut le doute, mais quand Bénezet - il avait une quinzaine d’années - souleva devant tout le monde une énorme pierre que trente hommes n’auraient pu remuer, on changea d’avis.

La sainteté de Bénezet entraîna les Avignonais ; le pont apparut.

Bénezet cependant mourut avant son achèvement, en 1184, quand il n’avait que dix-neuf ans. Selon son désir, il fut enterré d’abord au centre du pont, dans une petite chapelle dédiée à saint Nicolas.

Le pont fut achevé en 1188.

De nombreux miracles se produisirent sur le tombeau de Bénezet. En 1669, le corps fut retrouvé sans corruption et confié aux Religieux célestins en 1674, puis, à la Révolution, transporté à l’église Saint-Didier. Des soldats prisonniers dans cette église se partagèrent les reliques et les emportèrent dans leurs familles ; on put les recueillir et les reporter à Saint-Didier.

Saint Bénezet est un des protecteurs d’Avignon, fêté le 14 avril. Si l’on n’en a pas retrouvé la bulle de canonisation, il est vénéré depuis très longtemps comme Bienheureux (1202) et comme Saint : Vox populi, vox Dei.

 

 

Hadwige de Cologne

12e siècle

 

Hadwige - certains traduisent en français Havoie - était la fille du comte Lothaire et de Hildegonde (v. 6 février).

Entraînée par l’exemple de sa sainte mère, qui avait fondé le couvent prémontré de Mehren, Hadwige y prit le voile, tandis que sa mère était nommée prieure.

Elle fit de grands progrès dans toutes les vertus, spécialement dans l’humilité.

Après la mort de Hildegonde, Hadwige lui succéda.

Elle mourut dans un âge avancé, on ignore en quelle année.

On lui donne le titre de bienheureuse et on l’honore le 14 avril.

Elle n’a pourtant jamais été solennellement béatifiée.

 

 

Pedro González

1190-1246

 

Il naquit à Astorga (Castille-León, Espagne NO), d’un père noble nommé Frómista, lui-même neveu de l’évêque de Palencia, ce qui valut à Pedro, dès l’enfance, d’avoir le titre de chanoine de la cathédrale de Palencia, et d’être promu doyen de ce chapitre avant même d’être prêtre.

L’enfant avait reçu une éducation fort soignée, surtout intellectuellement, dans un climat de plaisir et de luxe propre à ces familles trop mondaines. 

Au moment d’aller prendre possession de son siège de chanoine, il voulut traverser la ville sur un cheval richement équipé, le jour de Noël. La Providence fit alors que le cheval trébucha et jeta à terre notre chanoine dans une mare de boue, sous les huées de la foule.

L’humiliation fut salutaire : le chanoine mondain s’en alla méditer chez les Dominicains de Palencia, où la conversion profonde fit son travail dans l’âme de Pedro, qui ne désira désormais que réparer sa vie mondaine, ses mauvais exemples, et travailler au salut des âmes.

Il demanda l’habit de l’Ordre des Prêcheurs et commença le noviciat. Ce ne fut pas sans épreuves, car certains voulurent le rappeler dans le monde, lui reprochant d’avoir seulement cédé à une vexation momentanée et lui suggérant d’abandonner cette vie de pénitence et de mortifications.

Pedro persévéra. Il étudia désormais avec joie la théologie et l’Ecriture. Ordonné prêtre, il ramena beaucoup d’âmes dans le bon chemin. 

Le roi Ferdinando l’appela à la cour, et le garda près de lui pour bénéficier de ses sages conseils, dans sa reconquista contre les Maures, qui occupaient la Castille depuis six siècles.

Pedro conserva toutes ses habitudes de vie personnelle : prière, recueillement, humilité. S’il profita de sa place privilégiée, ce fut pour s’attaquer au mal où qu’il fût ; il parvint à réformer les mœurs corrompues des courtisans, des soldats, des libertins du monde.

Quand Cordoue fut reprise, il intervint en faveur des enfants et des femmes, toujours menacées par les troupes victorieuses ; puis il purifia les mosquées pour les utiliser comme églises et prêcha la Vérité aux Maures pour les arracher à la funeste doctrine islamique.

Cet apôtre ne pouvait se contenter de ces labeurs : il se tourna vers les populations locales de Galice et des Asturies, les paysans, les pêcheurs, instruisant, remettant la paix au milieu des disputes…

On a prétendu que Pedro fut aussi prieur d’un monastère dominicain à Guimarães (Portugal). Et comme si cela ne suffisait pas, on lui a aussi attribué la construction d’un pont sur le Minho entre Ribadavia et Orense ; il est à remarquer que le même jour que Pedro González, on fête saint Bénezet, qui fut à l’origine du pont d’Avignon ; d’aucuns prétendent d’ailleurs que ce pont sur le Minho fut l’œuvre de Gonzalvo d’Amaranthe (v. 10 janvier).

Pedro aurait été avisé divinement du jour de sa mort et l’aurait annoncé lui-même à ses auditeurs, le jour des Rameaux 1246. Il se trouvait alors près de Túy, et voulut aller mourir parmi les Dominicains de Compostelle. En cours de route, il dit cependant à son compagnon que Dieu lui ordonnait d’aller mourir à Túy et fit demi-tour, toujours à pied.

Il mourut donc à Túy, le 14 avril 1246.

Il avait fait des miracles avant sa mort, il en fit encore plus après. Pedro fut béatifié dès 1254 et faillit être canonisé «officiellement». Le culte fut confirmé en 1741, et Pedro resta Bienheureux.

Mais sa popularité l’a fait invoquer par les marins espagnols et portugais, de même que tous les marins invoquaient traditionnellement saint Erasme (v. 2 juin). Chez les pêcheurs et les marins de la péninsule ibérique, saint Erasme s’appelle sant’Erasmo, qui est devenu populairement sant’Elmo ou san Telmo, surnom qui fut aussi attribué à notre Pedro González.

 

 

Milhey, Kukley, Nizilon

† 1342

 

Milhey et Kukley étaient deux frères Lituaniens. Avec leur ami Nizilon, ils proposèrent leurs services au grand duc, Olgerd, qui en fit volontiers ses chambellans, en raison de leur intelligence et de leur candeur.

Ils furent évangélisés par un missionnaire, un certain Nestor, qui leur donna au baptême, respectivement, les noms de Jean, Antoine et Eustache.

Tout se passa bien, tant que les trois amis pratiquaient leur religion discrètement. Un jour cependant, ils refusèrent de manger la viande qu’on leur servait un vendredi ou une veille de fête où l’on observait l’abstinence, ce qui irrita profondément le duc.

Ils furent mis en prison, maltraités et condamnés à mort.

On les pendit sur la place centrale de Vilnius, à la branche d’un chêne qui servait là de potence.

Ils moururent à des jours différents, Milhey-Jean le 24 avril, Kukley-Antoine le 14 juin, Nizilon-Eustache le 13 décembre, de l’année 1342.

Les moines de Saint-Basile ensevelirent leurs corps dans leur église et le patriarche les fit honorer comme Saints.

Une fête commune les honore comme patrons de Vilnius le 14 avril.

L’actuel Martyrologe ne les mentionne pas.

Liduina (Lydwine)

1380-1433

 

    Issus d’ancêtres nobles, mais tombés dans la pauvreté, les parents de Lydwine n’avaient pas pour cela hésité à élever neuf enfants, huit garçons et une fille. Celle-ci, venue au monde la cinquième, le 18 mars 1380, était une enfant gracieuse et forte, d’une avenante beauté.

Née à Schiedam (Hollande) le jour des Rameaux, elle reçu un nom prédestiné : "Lid" et "Wyt", signifient souffrir amplement ou avec patience

On devrait probablement écrire Liduina, mais l’orthographe ancienne a pu varier selon les idiomes, les accents, les habitudes, de sorte qu’on trouve fréquemment en français Lidwine ou Lydwine. Le Martyrologe Romain a transcrit Liduina.

Sa mère s'appelait Pétronille. Son père, Pierre, était veilleur de nuit de la ville. Il était le fils de Joannes, un homme très pieux qui priait nuit et jour, dérangé par le démon qui l'assaillait dans sa maison, brisant la vaisselle et brisant à terre les pots de beurre.

Quand, à quinze ans, les charmes et les qualités de Lidwine lui attirèrent de nombreuses demandes de mariage, elle dit à ses parents : Je demanderais plutôt à Dieu de me rendre laide pour repousser les regards des hommes. Dieu la prit au mot.

À la suite d’une chute où elle eut une côte brisée, on la transporta sur son lit ; elle ne le quitta plus jusqu’à sa mort. Malgré tous les soins prodigués, le mal ne fit qu’empirer. Un abcès se forma qui ne lui permettait plus de rester ni couchée, ni assise, ni levée ; perdant l’usage de ses jambes, elle se traînait sur les genoux, sur les coudes, se cramponnant aux meubles.

Ses pleurs, ses cris, ses gémissements effrayaient et éloignaient tout le monde, sauf ses admirables parents, qui ne cessèrent de la soigner avec amour. Peu à peu il lui devint même impossible de ramper ainsi. Trois plaies profondes s’ouvrirent dans son pauvre corps, dont l’une se remplit de vers, qui y grouillaient en telle quantité qu’on en retirait jusqu’à deux cents en vingt-quatre heures. Comme on soulageait les ulcères, une tumeur lui vint à l’épaule, à laquelle s’ajouta bientôt le mal des ardents qui dévora ses chairs jusqu’aux os.

À cette nomenclature incomplète de ses maux, il faut ajouter la torture des remèdes inventés par l’ignorante bonne volonté des médecins, qui ne réussirent guère qu’à remplacer une maladie par une autre.

Ainsi Lydwine était couchée sur le dos, impuissante à se remuer, n’ayant que l’usage de la tête et du bras gauche, torturée sans cesse, perdant son sang, dévorée des vers, et pourtant vivant et gardant assez de forces pour ne pas mourir. Et au milieu de tout cela elle était heureuse, et se disait prête à souffrir ainsi pendant de longues années.

Lydwine souffrait intimement des plaies de l’Eglise d’alors, douloureusement divisée par le Schisme d’Occident, entre les deux papes concurrents, l’un à Rome, l’autre en Avignon : Lydwine était elle-même divisée en deux et il fallait comme “attacher” avec des bandelettes les parties de son corps qui se détachaient. Les vers qui grouillaient dans ses plaies étaient sa pénitence pour les nombreux “vers” qui minaient l’Eglise de l’intérieur, tant la corruption était grande (simonie, richesses, fraudes, absentéisme…).

À partir de 1414, jusqu’à sa mort, c’est à dire pendant dix-neuf ans, elle ne se nourrit que de la Sainte Eucharistie. Jusqu’à la fin, ses maux s’aggravèrent ; mais ses plaies, ses vomissements n’exhalaient plus que des odeurs suaves et parfumées. Aussi on venait plus volontiers la voir, entretenir et écouter ses pieuses exhortations. Rien de plus ardent que sa charité, toujours au service des malheureux, qu’elle secourait malgré son indigente pauvreté, et des affligés qui trouvaient auprès d’elle consolation.

Ce fut le mardi de Pâques, 14 avril 1433 que Lydwine acheva la montée d’un Calvaire qui avait duré trente-sept ans. Aussitôt son pauvre corps exténué, défiguré, reprit ses couleurs, son embonpoint et sa beauté ; il exhalait un parfum plus suave que jamais.

Elle a été canonisée en 1890.

Les reliques de Sainte Lydwine sont conservées au Carmel Saints-Joseph-et-Anne, rue de Lausanne 22 - 1060 Bruxelles. 

Le relevé des reliques à la Cathédrale n'est pas terminé mais les reliques de Sainte Lydwine se trouvent principalement au Carmel. 

Etant difficile, en temps de Carême ou de Pâques, de fêter dignement sainte Lydwine, on la fête localement le 14 juin, tandis que le Martyrologe Romain la commémore régulièrement au 14 avril.

Certaines souffrances de Lydwine ont pu être apparentées à des symptômes de sclérose en plaques, ce qui a fait de Lydwine la patronne des maladies rares.

 

 

Isabel Calduch Rovira

1882-1937

 

Née à Alcala de Chivert (Castellon de Plana, Espagne) le 9 mai 1882, Isabel était la benjamine des cinq enfants de Francisco Calduch et Amparo Rovira Marti.

Son enfance et sa jeunesse baignèrent dans une atmosphère de foi profonde. Avec une amie, elle alla assister une pauvre vieille femme en lui portant de la nourriture et en lui faisant son ménage.

Un jeune homme très honnête la demanda en mariage, mais avec le consentement de ses parents, elle préféra rompre toute relation pour une vie de plus grande perfection.

Elle entra chez les Clarisses de Castellon de la Plana en 1900, fit les premiers vœux en 1901 et les définitifs en 1904.

Elle se montra exemplaire en tout, dans son comportement, dans ses rapports avec les autres Religieuses, dans sa piété. Elle vénérait particulièrement saint Jean-Baptiste.

Elle fut élue maîtresse des novices par deux fois, mais n’acheva pas son dernier mandat, à cause des événements.

Au déclenchement de la révolution, elle rejoignit son frère prêtre, Mosen Manuel, à Alcala de Chivert. 

Elle fut arrêtée le 13 avril 1937, avec un autre Franciscain, Manuel Geli. Portés tous deux au Comité local, ils furent martyrisés le 14 avril à Cuevas de Vinroa (Castellon).

Elle a été béatifiée en 2001.

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 20:47

Olga Pérez-Monteserín Núñez

1913-1936

 

Voir la notice María Pilar Gullón Yturriaga

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 20:46

María Pilar Gullón Yturriaga

1911-1936

Octavia Iglesias Blanco

1894-1936

Olga Pérez-Monteserín Núñez

1913-1936

 

María Pilar était née à Madrid (Espagne) le 29 mai 1911, aînée de quatre enfants. On sait également qu’elle était la nièce de Pío Gullón Iglesias (1835-1917), ministre d’Alfonso XIII.

María Pilar et Octavia étaient cousines. Octavia était née à Astorga le 30 novembre 1894, fille unique et catéchiste dans sa paroisse.

Olga était née le 16 mars 1913, à Paris où se trouvaient ses parents alors. Son père était peintre et exposait dans la capitale française.

Ce qu’on sait avec assez de précision, sont les circonstances du martyre de ces infirmières.

Toutes trois, infirmières de la Croix-Rouge, s’étaient offertes volontaires pour soigner les blessés de l’hôpital du port de Somiedo (Asturies, Espagne NW), lors de la guerre civile qui mit à feu et à sang l’Espagne durant l’été 1936. Au moment de la guerre civile, elles auraient pu se retirer de l’hôpital en laissant la place à un autre groupe d’infirmières, mais elles préférèrent rester près des malades.

Les trois demoiselles étaient chrétiennes, participaient chaque matin à la sainte Messe, priaient le chapelet. Elles appartenaient à l’association des Filles de Marie et des Conférences de Saint-Vincent-de-Paul, à l’Action Catholique.

Il faut ajouter que, jusqu’à cette période, les membres de la Croix-Rouge jouissaient d’une immunité qui les préservait des attaques guerrières.

Le 27 octobre 1936, les révolutionnaires donnèrent l’assaut à l’hôpital. Les trois infirmières auraient pu encore s’échapper, mais refusèrent d’abandonner les malades.

Olga fut alors effleurée au visage par une balle, qui lui causa une blessure, dont le sang vint tacher son habit blanc ; un malade lui suggéra d’aller se soigner,  mais elle lui répondit : Me soigner ? Pourquoi ? Inutile, on n’a pas le temps. Nous allons mourir et ressusciter parmi les martyrs du Seigneur. Nous serons séparés quelques instants pour nous réunir éternellement.

Les malades furent sauvagement assassinés, les quelques survivants furent faits prisonniers. Le «chef» proposa la liberté aux trois infirmières si elles renonçaient à leur foi et s’inscrivaient à son parti. Ayant fermement refusé, elles furent conduites à pied à douze kilomètres de là, à Pola de Somiedo, par une troupe de miliciennes véritablement enragées et brutales, qui n’avaient que des blasphèmes et des grossièretés à hurler le long de la route.

Là, on enferma les trois infirmières dans la Maison du Peuple, siège des socialistes, et le chef de toute cette honteuse expédition convoqua tous ceux qui voulaient rester avec les infirmières et faire d’elles ce qui leur semblerait mieux.

Pour couvrir les cris des malheureuses victimes, le même chef - qu’on surnommait El Patas - fit tourner toute la nuit autour de la maison une charrette à bœufs. Sur cette charrette, se trouvait le cadavre du pauvre aumônier de l’hôpital, abbattu par El Patas lui-même.

Au terme de cette nuit d’horreur, on voulait fusiller les pauvres victimes, sans leur remettre les habits qu’on leur avait arrachés ; on demandait aux miliciennes de s’en charger, mais elles ne se mettaient pas d’accord pour le faire ; finalement, elles «tirèrent au sort» pour voir qui tuerait qui ; les trois désignées se placèrent à trois mètres avec leur arme ; juste avant, un milicien arrêta l’opération et proposa aux infirmières de crier Vive la Russie, et les trois crièrent aussitôt Vive l’Espagne ! Vive le Christ Roi !

María Pilar et Octavia fixèrent des yeux le ciel, Olga regarda ses bourreaux bien en face et leur lança : Même pour tuer, vous êtes lâches ! En effet, les miliciennes se mirent à trembler et les miliciens vinrent leur tenir l’arme pour les aider à tirer.

Avant de tomber, María Pilar exprima son pardon pour ses assassins et pria Dieu de leur pardonner.

Quand elles furent tombées à terre, un des miliciens cria : C’est fini, mesdemoiselles ! Mais on entendit répondre : Pas pour moi. C’était María Pilar ; selon un autre témoignage, elle aurait dit : Je ne suis pas tout-à-fait morte. Vive le Christ Roi ! Le milicien s’approcha avec son pistolet : Il y a quelqu’un qui vit encore ici ? Et María Pilar : Dieu ! Elle reçut le coup de grâce.

Ces trois infirmières, reconnues martyres en 2019, devraient être béatifiées en 2020, et inscrites au Martyrologe le 28 octobre.

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