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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 10:36

Tit Liviu Chinezu

1904-1955

 

Tit Liviu Chinezu naquit le 22 juin 1904 à Huduc (Mureş, Roumanie), d’un père qui était lui-même prêtre, comme cela arrive dans le rite gréco-catholique.

En 1925, Tit Liviu vint à l’institut Saint-Athanase de Rome, puis à l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin (l’Angelicum) où il obtint le doctorat de Théologie en 1930.

Il fut ordonné prêtre en janvier 1930 et, en 1931, de retour en Roumanie, il fut professeur à l’Ecole Normale de Blaj, puis, en 1937, à l’Académie de Théologie.

En  1947, il fut nommé archiprêtre (ou doyen) de Bucarest.

On trouve ce détail qu’il fut lui-même arrêté en 1948, mais les précisions manquent terriblement.  Avec vingt-cinq autres prêtres, il aurait été mis en prison au monastère de Căldăruşani (transformé en prison).

C’est dans la prison qu’il reçut l’ordination épiscopale des mains d’autres évêques emprisonnés, dont Mgr Valeriu Traian Frențiu (v. 11 juillet), en décembre 1949. Il fut ainsi évêque titulaire de Regiana, et succéda à Mgr Aftenie sur le siège de Făgăraş et Alba Iulia.

On peut supposer que, étant plus jeune que d’autres, et n’ayant été ni accusé ni condamné, on espérait qu’il serait sorti de prison plus facilement et aurait pu ainsi gouverner le diocèse. Il n’en fut rien.

Relégué dans la prison de Sighet, il y souffrit intensément de faim et de froid.  Gravement malade, il devait être conduit à l’infirmerie mais, sous ce prétexte, on l’isola encore plus dans une chambre glacée, où il s’éteignit deux jours après, le 15 janvier 1955.

On le mit en terre sans cercueil, dans le cimetière des pauvres, où l’on n’a jamais retrouvé son corps.

Tit Liviu Chinezu est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 09:34

Ioan Suciu

1899-1953

 

Ioan Suciu naquit le 4 décembre 1907 à Blaj (Roumanie), de Vasile et Maria.

Il fréquenta la faculté de Blaj puis, en 1925, vint à Rome, d’abord à l’institut Saint-Athanase, puis à l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin (l’Angelicum) où il obtint le doctorat de Théologie.

Ordonné prêtre en 1931 et sacré évêque en 1940, il fut évêque auxiliaire d’Oradea-Mare, puis administrateur apostolique de Blaj.

Son  intense activité pastorale (et sportive) auprès des jeunes et particulièrement des Roms de la périphérie de Blaj, lui valut d’être appelé l’apôtre des jeunes.

Quand le régime communiste s’installa dans le pays, Ioan Suciu et tous les évêques catholiques furent invités à se rallier à l’église orthodoxe de Roumanie : c’était leur demander de rompre avec Rome et le pape. Sept évêques refusèrent et furent pour ce motif mis en prison et soumis à d’infâmes traitements.

Mgr Suciu se déclara ouvertement opposé au gouvernement communiste et fut emprisonné en 1948 : on lui imposa des interrogatoires interminables pendant dix-sept mois.

Relégué dans la prison de Sighetu Marmației, il y mourut de faim le 27 juin 1953.

Comble du  mépris : il fut enterré dans le cimetière des pauvres et l’on n’a jamais pu retrouver sa tombe.

Ioan Suciu est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 23:00

08 AVRIL

 

I.

S Agabus, prophète, cf. Ac 11,28  et 21,10.

Ss Hérodion, parent de s. Paul, évêque à Nouvelle-Patras, avec Asyncritus et Phlégon, mentionnés dans l’épître aux Romains (Ro 16:14). 

II.

S Dionysios, évêque à Corinthe, auteur de diverses Lettres à d’autres Eglises. 

S Hermès, évêque à Béryte.

III.

S Dionysios, évêque en Alexandrie ; évitant les controverses, il réadmettait les lapsi, acceptait le baptême des hérétiques ; il combattit le sabellianisme et sut reconnaître quelques erreurs personnelles de terminologie.

?

Ss Timotheos, Diogenes, Macarios et Maximos, martyrs à Antioche de Syrie.

Ste Concessa, martyre à Carthage.

V.

S Amantius, évêque à Côme.

VI.

S Redemptus, bénédictin, évêque à Ferentino.

XIII.

B Clément, augustin, deux fois supérieur général, mort à Orvieto.

XIV.

B Martino Ansa (de Rimini), ancien militaire, ermite près de Gênes et humble tailleur.

XVII.

B Julián de Saint-Augustin, franciscain espagnol, deux fois renvoyé “à cause de ses mortifications excessives”, thaumaturge.

XIX.

Bx Hong Gyo-man Franciscus Xaverius, Choe Pil-gong Thomas, Hong Nak-min Lucas, Choe Chang-hyeon Ioannes et Jeong Yak-jong Augustinus, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

Ste Julie Billiart, picarde, fondatrice, avec Françoise de Bourdon et le Père Joseph Varin, de l’Institut de Notre-Dame pour l'éducation chrétienne des jeunes filles ; après une neuvaine, elle guérit de sa paralysie.

B August Czartoryski, prince polonais exilé, salésien à Turin du temps de s. Giovanni Bosco, excellent religieux malgré sa mauvaise santé, béatifié en 2004.

Julián Martinet Gutiérrez

1553-1606

 

Il naquit en 1553 à Medinaceli (Soria, Espagne), de André Martinet et Catalina Gutiérrez.

André Martinet était de Toulouse, mais s’était réfugié en Espagne par crainte des Calvinistes farouches qui ensanglantaient la «ville rose» ; il se mit au service d’un corroyeur, Antonio Cedillo, qui lui suggéra d’épouser une jeune fille de ses ouvriers, Catalina.

Leur garçon sut profiter de leur enseignement ; apprenti tailleur, il profitait de ses moments libres pour aller à l’église, communiait fréquemment, montrait un grand attrait pour les pratiques de la piété chrétienne.

Julián reçut encore jeune l’habit franciscain ; il s’imposa trop de mortifications et les Confrères le prièrent… de se retirer. Le jeune homme se retira à Santorcas (Tolède) et y exerça son métier de tailleur sans rien abandonner de ses exercices de piété. 

Peu après, un Franciscain de passage, le père Francisco Torrès, le remarqua et lui proposa de l’accompagner, ce que Julián accepta volontiers. Il précédait le bon Père avec une clochette pour inviter la population à venir écouter la mission. On arriva ainsi à son village de Medinaceli, où les Frères le reconnurent et le traitèrent de fou. Julián encaissa l’éloge humblement. Le père Torrès observait soigneusement son compagnon, et le fit entrer au couvent de Salcedo. Là encore, Julián reprit ses austérités et les Religieux, croyant avoir à faire avec un exalté, le renvoyèrent. Julián réfléchit alors qu’il n’était sans doute pas fait pour la vie conventuelle, et décida de se retirer sur la montagne voisine.

Il était de la trempe de ces fidèles à qui le Christ peut dire : Ta foi est grande ! qu’il t’advienne selon ton désir (Mt 15:28) ; il commença une vie d’ermite aux alentours du couvent, demandant seulement aux Frères un morceau de pain chaque jour. Un jour qu’il rencontra un pauvre moitié nu, il lui donna son habit et alla demander aux Frères quelque chose à se mettre pour avoir moins froid. On lui donna un vieil habit d’oblat. Infiniment reconnaissant pour tant de charité, Julián se mit à aller faire la quête pour le monastère. Et les gens de l’endroit l’aimaient tellement, qu’ils lui donnèrent en abondance ! Julián rapportait fidèlement tout au monastère. Les Religieux, émus par tant de persévérance et d’humilité, l’introduisirent pour la troisième fois parmi eux, et le gardèrent ; Julián put enfin émettre la profession franciscaine, prenant le nom de Julián de Saint-Augustin.

Le père Torrès le redemanda comme compagnon de ses missions, et la sainteté du jeune Frère fut souvent plus éloquente que les paroles du prêtre lui-même.

Il passa quelque temps à Ocaña, revint à Alcalá. Chargé d’aller demander l’aumône, il s’acquit la bienveillance des gens par son esprit de pauvreté et d’humilité ; on savait combien il se mortifiait (et les bons Frères avaient dû en parler), mais aussi Julián avait le don de la prophétie ainsi que de la science infuse. Il put amener beaucoup de pécheurs à la conversion, des musulmans, des hérétiques, des prostituées ; il s’éleva contre les bals qui engendraient tant de désordres ; il guérit des multitudes de malades, arrêta subitement des incendies, tout cela avec la plus profonde modestie, attribuant toujours ces miracles à la Vierge Marie ou à quelque autre Saint connu.

Il avait une grande compassion pour les pauvres, sachant les consoler en leur parlant du bonheur du ciel ; et il savait toucher les plus riches, pour ouvrir leur cœur aux nécessités des plus pauvres.

De grands professeurs d’université allaient le trouver et restaient confus d’entendre ses réponses si pertinentes.

Julián parvint au terme de la vie terrestre à cinquante-trois ans ; il reçut les derniers sacrements avec profonde ferveur et, le visage illuminé d’une lumière toute divine, rendit son âme à Dieu, le 8 avril 1606.

Il a été béatifié en 1825.

Martino Ansa

 

† 1344

 

Martino naquit à Rimini (ou dans les Marches d’Ancône, selon certains historiens).

Il fut un homme d’armes assez brillant, mais dans un moment de colère, il se servit de son épée pour tuer un compagnon  auquel il était par ailleurs fort affectionné.

Il s’enfuit, désespéré - certains disent qu’il aurait été exilé de la principauté - et s’en vint à Gênes, où il fut accueilli par les Bénédictins de Capo Faro. Il s’y montra d’une grande humilité et d’une grande bonté.

Pour expier davantage sa faute, il se retira dans une grotte de Pegli, non loin de Gênes, dans la Baie de Castelluccio.

Ayant appris le métier de tailleur, il raccommodait les vêtements des pauvres. Il recevait les pèlerins de passage.

Divinement inspiré, il rejoignit le monastère bénédictin qui l’avait accueilli et où il mourut le jeudi après Pâques, 8 avril 1344 ; puis il fut enterré à Pegli à l’endroit de sa grotte, où fut édifiée l’église de Saint-Antoine-Abbé.

Son culte devint populaire chaque jeudi dans l’octave de Pâques.

Martino est le céleste patron des tailleurs de Ligurie. On le nomme selon le cas Martino de Rimini ou Martino de Pegli.

 

 

Julián Martinet Gutiérrez

1553-1606

 

Il naquit en 1553 à Medinaceli (Soria, Espagne), de André Martinet et Catalina Gutiérrez.

André Martinet était de Toulouse, mais s’était réfugié en Espagne par crainte des Calvinistes farouches qui ensanglantaient la «ville rose» ; il se mit au service d’un corroyeur, Antonio Cedillo, qui lui suggéra d’épouser une jeune fille de ses ouvriers, Catalina.

Leur garçon sut profiter de leur enseignement ; apprenti tailleur, il profitait de ses moments libres pour aller à l’église, communiait fréquemment, montrait un grand attrait pour les pratiques de la piété chrétienne.

Julián reçut encore jeune l’habit franciscain ; il s’imposa trop de mortifications et les Confrères le prièrent… de se retirer. Le jeune homme se retira à Santorcas (Tolède) et y exerça son métier de tailleur sans rien abandonner de ses exercices de piété. 

Peu après, un Franciscain de passage, le père Francisco Torrès, le remarqua et lui proposa de l’accompagner, ce que Julián accepta volontiers. Il précédait le bon Père avec une clochette pour inviter la population à venir écouter la mission. On arriva ainsi à son village de Medinaceli, où les Frères le reconnurent et le traitèrent de fou. Julián encaissa l’éloge humblement. Le père Torrès observait soigneusement son compagnon, et le fit entrer au couvent de Salcedo. Là encore, Julián reprit ses austérités et les Religieux, croyant avoir à faire avec un exalté, le renvoyèrent. Julián réfléchit alors qu’il n’était sans doute pas fait pour la vie conventuelle, et décida de se retirer sur la montagne voisine.

Il était de la trempe de ces fidèles à qui le Christ peut dire : Ta foi est grande ! qu’il t’advienne selon ton désir (Mt 15:28) ; il commença une vie d’ermite aux alentours du couvent, demandant seulement aux Frères un morceau de pain chaque jour. Un jour qu’il rencontra un pauvre moitié nu, il lui donna son habit et alla demander aux Frères quelque chose à se mettre pour avoir moins froid. On lui donna un vieil habit d’oblat. Infiniment reconnaissant pour tant de charité, Julián se mit à aller faire la quête pour le monastère. Et les gens de l’endroit l’aimaient tellement, qu’ils lui donnèrent en abondance ! Julián rapportait fidèlement tout au monastère. Les Religieux, émus par tant de persévérance et d’humilité, l’introduisirent pour la troisième fois parmi eux, et le gardèrent ; Julián put enfin émettre la profession franciscaine, prenant le nom de Julián de Saint-Augustin.

Le père Torrès le redemanda comme compagnon de ses missions, et la sainteté du jeune Frère fut souvent plus éloquente que les paroles du prêtre lui-même.

Il passa quelque temps à Ocaña, revint à Alcalá. Chargé d’aller demander l’aumône, il s’acquit la bienveillance des gens par son esprit de pauvreté et d’humilité ; on savait combien il se mortifiait (et les bons Frères avaient dû en parler), mais aussi Julián avait le don de la prophétie ainsi que de la science infuse. Il put amener beaucoup de pécheurs à la conversion, des musulmans, des hérétiques, des prostituées ; il s’éleva contre les bals qui engendraient tant de désordres ; il guérit des multitudes de malades, arrêta subitement des incendies, tout cela avec la plus profonde modestie, attribuant toujours ces miracles à la Vierge Marie ou à quelque autre Saint connu.

Il avait une grande compassion pour les pauvres, sachant les consoler en leur parlant du bonheur du ciel ; et il savait toucher les plus riches, pour ouvrir leur cœur aux nécessités des plus pauvres.

De grands professeurs d’université allaient le trouver et restaient confus d’entendre ses réponses si pertinentes.

Julián parvint au terme de la vie terrestre à cinquante-trois ans ; il reçut les derniers sacrements avec profonde ferveur et, le visage illuminé d’une lumière toute divine, rendit son âme à Dieu, le 8 avril 1606.

Il a été béatifié en 1825.

 

 

Hong Gyo-man Franciscus Xaverius

1738-1801

 

Hong Gyo-man Franciscus Xaverius est un laïc coréen né en 1738 à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 8 avril 1801 et béatifié en 2014.

Nota. On a trouvé aussi pour ce personnage, le prénom féminin Edwige.

 

 

Choe Pil-gong Thomas

1744-1801

 

Choe Pil-gong Thomas est un laïc coréen né en 1744 à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 8 avril 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Hong Nak-min Lucas

1751-1801

 

Hong Nak-min Lucas est un laïc coréen né en 1751 à Yesan (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 8 avril 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Choe Chang-hyeon Ioannes

1759-1801

 

Choe Chang-hyeon Ioannes est un laïc coréen né en 1759 à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 8 avril 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Jeong Yak-jong Augustinus

1760-1801

 

Jeong Yak-jong Augustinus est un laïc coréen né en 1760 à Gwangju (Gyeonggi-do, Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 8 avril 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Marie-Rose-Julie Billiart

1751-1816

 

Celle qu’on nomme communément Julie Billiart naquit le 12 juillet 1751 à Cuvilly (Compiègne, Oise), sixième des sept enfants de Jean-François et Marie Debraine.

A sept ans, elle connaissait par-cœur son catéchisme, et le faisait répéter à ses camarades. Mais elle fréquenta sporadiquement l’école du village, tenue par son oncle.

Sa science était tout intérieure, et sa maturité poussa son curé à lui faire recevoir l’Eucharistie et la Confirmation à neuf ans. A quatorze ans, elle fit le vœu de chasteté.

En 1774, cette jeune demoiselle fut terriblement choquée par une tentative d’assassinat contre son père (un probable rival dans les affaires) ; huit ans plus tard, victime d’une épidémie et mal soignée, elle demeura paralysée des jambes, et ce pendant plus de vingt ans.

Immobilisée sur son lit, elle priait, confectionnait du linge d’autel, enseignait le catéchisme, avec un soin particulier pour les premiers communiants.

Durant la Révolution, elle se réfugia à Amiens reçut chez elle des prêtres réfractaires et dut s’enfuir plusieurs fois. Elle eut un jour une vision du Christ crucifié, entouré de femmes vêtues d’un habit qu’elle n’avait jamais vu. Elle devint à nouveau l’épicentre d’un groupe de femmes pieuses, parmi lesquelles Françoise Blin de Bourdon.

Avec cette dernière, en 1803, et suivant les conseils du père Joseph Varin (un bisontin qui a sa rue à Besançon), Julie proposa à l’évêque d’Amiens la fondation d’un nouvel institut, les Sœurs de Notre-Dame, au profit du salut des enfants pauvres.

Le 1er juin 1804, en la fête du Sacré-Cœur, et à la suite d’une neuvaine de prière, Julie se trouva guérie de son infirmité.

Les quatre premières Religieuses firent leurs vœux en octobre 1804. La règle, proposée par le père Varin, n’a pratiquement pas subi de modification depuis deux siècles ; elle s’inspire des constitutions des Jésuites.

Il y eut vite d’autres maisons en France et en Belgique.

En Amiens, un autre prêtre tenta de faire imposer des changements aux statuts et en convainquit l’évêque. Mère Julie passera alors à Namur, qui devint la maison-mère des Sœurs de Notre-Dame de Namur. L’évêque d’Amiens reconnut plus tard son erreur.

Mère Julie passera les dernières années de sa vie dans une intense vie intérieure de prière. L’évêque de Gand put affirmer qu’elle avait sauvé plus d’âmes par sa vie d’union à Dieu que par son activité apostolique.

Une de ses activités fut l’assistance aux blessés en Belgique, après la bataille de Waterloo (1815).

Après avoir fondé quinze couvents et accompli une centaine de voyages pour les visiter tous, Mère Julie  tomba malade en janvier 1816 et s’éteignit en Dieu le 8 avril 1816.

Mère Julie Billiart fut béatifiée en 1906, et canonisée en 1969.

 

 

Auguste Czartoryski

1858-1893

 

Auguste Czartoryski naquit à Paris le 12 août 1858, en exil, du prince Władisłas et de Maria Amparo, fille de la reine d'Espagne.

Premier né de la famille, il était appelé à un noble héritage, mais il n'aimait pas la vie de cour. À vingt ans, il écrivait à son père, à propos des fêtes mondaines auxquelles il était contraint de participer : J'avoue que je suis fatigué de tout cela. Ce sont des divertissements inutiles qui me tourmentent. Il m'est pénible d'être obligé de faire des connaissances à tant de banquets.

Il avait six ans à la mort de sa mère, malade de tuberculose ; Auguste fut aussi atteint, et ne recouvrera jamais la santé. Il voyagera en Italie, en Suisse, en Égypte, en Espagne, les principales étapes de ses pérégrinations. Mais ce n'était pas d'abord la santé qu'il poursuivait : il cherchait sa vocation.

Il eut trois maîtres spirituels qui eurent une grande influence sur son âme : le premier fut Józef (Rafal de Saint-Joseph) Kalinowski. Celui-ci - canonisé en 1991 (voir au 15 novembre) - avait subi dix ans de travaux forcés en Sibérie, avant d’entrer chez les Carmes et fut précepteur d'Auguste pendant trois ans (1874-1877). C'est de lui qu’on sait la dévotion d’Auguste pour saint Luigi Gonzaga (Louis de Gonzague, voir au 21 juin) et son compatriote saint Stanisław Kostka (voir au 15 août). Il était enthousiaste de la devise de ce dernier : Ad maiora natus sum (Je suis né pour mieux que ça).

Le deuxième fut le père Stanisław Kubowicz, mais l'événement décisif fut la rencontre de don Bosco.

Auguste avait vingt-cinq ans quand il fit pour la première fois sa connaissance. Ce fut à Paris, justement à l'hôtel Lambert, où le fondateur des salésiens célébra la messe dans la chapelle privée. À l'autel servaient le prince Władisłas et Auguste. Il y a longtemps que je désirais faire votre connaissance ! dit don Bosco à Auguste. 

Depuis lors, dès que son père le lui permettait, Auguste venait à Turin pour rencontrer don Bosco et recevoir ses conseils. Il fit même plusieurs retraites spirituelles sous la direction du saint, en logeant à l'Oratoire, malgré tout l'inconfort qu'il y trouvait.

Curieusement, don Bosco se montra longtemps réticent à propos de l'acceptation du prince dans la Congrégation. Ce sera le Pape Léon XIII en personne qui dissipera tous les doutes. Après avoir sondé la volonté d'Auguste, le Pape conclut : Dites à don Bosco que le Pape désire qu'il vous accepte parmi les salésiens. - Eh bien, mon cher, répondit immédiatement don Bosco, je vous accepte. Dès maintenant vous faites partie de notre Société et je désire que vous y apparteniez jusqu'à la mort.

À la fin de juin 1887, après avoir renoncé à tout en faveur de ses frères, le jeune homme fit un bref aspirandat à San Benigno Canavese, puis le noviciat avec le père Giulio Barberis. Auguste dut bouleverser bien des habitudes : l'horaire, la nourriture, la vie commune... Il dut aussi résister aux tentatives de la famille qui ne se résignait pas à cette option. Le père lui rendit visite et tenta de le dissuader. Mais Auguste ne se laissa pas vaincre. 

Le 24 novembre 1887, il reçut la soutane des mains de Don Bosco dans la basilique de Marie Auxiliatrice. Courage, mon cher prince, lui murmura le Saint à l'oreille. Aujourd'hui, nous avons remporté une belle victoire. Mais je puis dire aussi, avec une grande joie, que viendra le jour où vous serez prêtre et, par la volonté de Dieu, vous ferez beaucoup de bien à votre patrie.

Don Bosco mourut deux mois après et, sur sa tombe à Valsalice, le prince Czartoryski devint salésien en émettant les vœux religieux.

À cause de sa maladie, il fut envoyé sur la côte ligurienne pour ses études de théologie. L'évolution de sa maladie fit reprendre avec plus d'insistance les tentatives de sa famille, qui recourut aussi aux pressions des médecins. Au cardinal Parocchi, prié d'user de son influence pour l'arracher à la vie salésienne, il écrivit : C'est en pleine liberté que j'ai voulu émettre les vœux, et je les ai faits avec grande joie. Vivant dans la Congrégation, j'éprouve depuis ce jour une grande paix d'esprit et je remercie Dieu de m'avoir fait connaître la Société salésienne et de m'avoir appelé à y vivre.

En 1892 il fut ordonné prêtre. Sur son image de première messe, il avait écrit : Un jour dans tes parvis en vaut plus que mille autres. Heureux les habitants de ta maison : ils pourront te chanter sans fin (Ps 88:11,5).

La vie sacerdotale du père Auguste ne dura qu'un an à peine ; il la passa à Alassio, dans une chambre qui donnait sur la cour des enfants.

Le père Auguste s'éteignit à Alassio le soir du 8 avril 1893, dans l'octave de Pâques, assis sur le fauteuil où don Bosco s'était plusieurs fois reposé. Quelle belle Pâques !, avait-il dit lundi au confrère qui l'assistait.

Son corps fut transporté auprès des tombes de la famille, dans la crypte paroissiale de Sieniawa, là où il avait fait sa première communion. Plus tard, ses dépouilles mortelles furent transférées dans l'église salésienne de Przemyśl, où elles se trouvent encore aujourd'hui.

Auguste Czartoryski fut béatifié en 2004.

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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 22:14

Vasile Aftenie

1899-1950

 

Vasile Aftenie naquit le 14 juin 1899 à Lodroman (Târnava-Mică, Valea Lunga, Roumanie W), de Petru et Agafia.

Après l’école primaire, il fréquenta le lycée de Blaj.

En 1917, il fut enrôlé dans l’armée et envoyé au front en Galice et en Italie.

En 1918, il commença des études de Droit à Bucarest mais, en1919, s’inscrivit à la faculté de Théologie de Blaj ; puis il fut envoyé au collège grec Saint-Athanase de Rome : en 1925, il était docteur en Philosophie et en Théologie.

Ordonné prêtre en 1926, il fut nommé successivement professeur à l’académie de Théologie de Blaj, archiprêtre à Bucarest en 1934, chanoine du chapitre de Blaj en 1937 ; enfin, en 1939, il fut nommé recteur de l’académie de Théologie de Blaj.

En 1940, il fut consacré évêque titulaire d’Ulpiana, auxiliaire de l’archevêque Mgr Nicolescu. Mgr Aftenie siégea à Bucarest, l’église Saint-Basile étant devenue cathédrale. Rappelons que saint Basile (v. 2 janvier) était le saint Patron de Mgr Aftenie.

En 1941, après la mort de Mgr Nicolescu, il fut administrateur apostolique de Făgăraş et Alba Iulia.

Comme on le sait, le régime communiste s’imposa au pays roumain, persécutant durement le clergé, cherchant en particulier à rallier les prêtres et les évêques à l’église orthodoxe roumaine ; certains prêtres cédèrent, parfois sous la pression. En 1948, Mgr Aftenie reçut une quarantaine de ces prêtres et les admonesta fortement pour avoir abandonné l’Eglise romaine.

Comme Mgr Frențiu, Mgr Aftenie fut arrêté le 28 octobre 1948, juste après sa sortie de la cathédrale, sur la Piața Romană, et conduit à Dragoslavele, puis de là au monastère Căldăruşani, transformé en prison ; le 10 mai 1949, on l’emmena dans le sous-sol du Ministère de l’Intérieur, dans une cellule d’isolement où, sous les ordres d’un général impie, il fut sauvagement torturé et mutilé, puis conduit dans la prison de Văcăreşti, où il mourut le 10 mai 1950.

Cela ne suffisait pas encore. La caisse qu’on fabriqua pour servir de cercueil à l’Evêque, était trop petite : on coupa alors les pieds du Martyr ; on aurait voulu brûler son corps, mais il fut enterré au cimetière Bellu de Bucarest, grâce à l’intervention d’un prêtre qui put, quelques jours après sa mort, célébrer les rites des funérailles. Sur la croix de sa tombe, on n’eut pas la permission d’écrire autre chose que V.A. 1950.

En 2010, la dépouille de Mgr Aftenie fut transférée en l’église Adormirea Maicii Domnului (Dormition de la Mère de Dieu) de Bucarest.

Vasile Aftenie est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

 

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 23:00

07 AVRIL

 

II.

S Hegesippos, écrivain de Judée, historien originaire de Judée, mort à Rome.

?

Ss Epiphane (évêque), Donat et d’autres, martyrs en Afrique.

S Pelusius, martyr à Alexandrie.

Ss Theodoros, Irenæus, Serapion et Ammon, respectivement évêque, diacre et lecteurs, martyrs en Libye.

S Saturnin, évêque à Vérone.

S Chrétien, prêtre à Douai, invoqué contre les fièvres opiniâtres. 

IV.

S Calliopius, martyr en Cilicie ; sa mère remercia Dieu pour son martyre.

IX.

S Clotaire, à Vitry-en-Champagne.

S Georgios, évêque à Mytilène, victime des iconoclastes, mort exilé en Crimée.

S Gibert, abbé à Luxeuil, martyr avec ses moines lors d’une invasion de barbares. 

XII.

S Aibert, moine à Crespin puis reclus, aux austérités effrayantes, mystique, invoqué contre la fièvre.

XIII.

B Hermann-Joseph, prémontré allemand à Steinfeld, mystique dès son enfance.

XV.

Bse Orsolina Veneri, vierge à Parme, chargée par Dieu d’aller trouver le pape en Avignon.

XVI.

S Henry Walpole, prêtre jésuite ; il subit quarante fois la torture avant d’être exécuté, à York.

B Alexander Rawlins, prêtre, martyr anglais à York.

Bx Edward Oldcorne, prêtre, et Ralph Ashley, religieux jésuite, martyrs anglais. 

XVIII.

S Jean-Baptiste de la Salle, aîné de dix enfants, fondateur des Frères des Écoles Chrétiennes (première famille d'enseignants religieux non prêtres).

XIX.

S Phêrô Nguyên Van Luu, prêtre de Cochinchine, martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

Bse Maria Assunta Pallotta (1878-1905), italienne des Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie, morte du typhus en Chine, surnommée “Sainte aux parfums” parce que son corps, resté sans corruption, exhalait une très bonne odeur.

Bse Mykhailyna (Yosafata) Hordashevs'ka (1869-1919), fondatrice ukrainienne des Servantes de Marie Immaculée, béatifiée en 2001 (le 25 mars au Martyrologe).

B Domingo (du Très Saint Sacrement) Iturrate Zubero (1901-1927), espagnol basque, trinitaire à Belmonte, béatifié en 1983.

 

Hégésippe

† 180

 

Ce Juif originaire de Judée se convertit au christianisme. On a sur lui deux témoignages, celui de saint Jérôme et celui de l’historien Eusèbe.

Saint Jérôme écrit de lui que très rapproché du temps des Apôtres, il fut l’imitateur de leurs vertus et de leur vie, autant que de leur manière de parler.

Assistant aux progrès des premières hérésies, Hégésippe voulut voyager pour s’enquérir des Vérités de la Foi authentiques, et pour cela rejoignit Rome.

Il y resta, dit-il, «jusqu’au» pontificat d’Anicet (155-166) ou même, selon Jérôme et Eusèbe, jusque sous le pape Eleuthère (175-189), soit au moins vingt années, car nous ne savons quand il arriva à Rome. Cependant, le Martyrologe écrit qu’il fut à Rome «depuis» le pontificat d’Anicet jusqu’à celui d’Eleuthère, ce qui limite son séjour romain à une vingtaine d’années.

D’après Eusèbe, Hégésippe écrivit Cinq Livres, qui relataient tout ce qui s’était passé dans l’Eglise depuis la mort de Jésus-Christ jusque vers le temps d’Eleuthère. Ce précieux recueil rapportait dans un style très simple toutes les traditions apostoliques.

Malheureusement, de ce texte si précieux, nous n’avons plus que quelques fragments.

Une Chronique d’Alexandrie affirme qu’Hégésippe mourut sous l’empereur Commode, vers 180.

Traditionnellement, le dies natalis d’Hégésippe est fixé au 7 avril.

 

 

Pelusius d’Alexandrie

?

 

Il s’agit là d’un Martyr «inconnu», dont on a retrouvé seulement le nom dans quelque liste. On ignore tout de sa vie, de son martyre.

Saint Pelusius d’Alexandrie est commémoré le 7 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Calliopius de Pamphylie

† 304

 

Calliopius naquit en Pamphylie (act. Turquie SW), de famille sénatoriale : son père mourut peut avant la naissance, et sa mère Theoclia dut alors gérer un grand patrimoine.

Elle envoya son fils étudier les Ecritures dans la capitale, Pergé. Tout son temps libre, Calliopius le passait dans la prière et le jeûne.

Au moment où éclata la persécution sous Dioclétien (304), Theoclia donna à son grand garçon suffisamment de moyens pour aller s’établir à Pompéiopolis (Cilicie).

Là, le préfet Maximus s’adonnait aux pires orgies : Calliopius refusa de s’y mêler, pour la bonne et simple raison qu’il était chrétien. Immédiatement dénoncé et présenté au tribunal du préfet, Calliopius affirma qu’au-delà de son titre sénatorial, il avait celui de Chrétien.

Maximus donna l’ordre de le frapper avec des lanières de cuir, avec des nerfs de bœufs ; de l’écorcher sur le chevalet qui tournait au-dessus d’un feu ardent : un ange intervint pour éteindre le feu. Calliopius fut envoyé en prison, chargé de chaînes.

Theoclia apprit ce qui arrivait à son fils ; elle vendit tout ce qu’elle avait, affranchit les esclaves, et vint trouver son Calliopius. Il ne pouvait plus se lever pour aller la saluer.

Le lendemain, Maximus donna ordre de crucifier Calliopius : Theoclia donna un bon pourboire aux bourreaux pour que cette crucifixion fût exécutée comme pour s.Pierre, la tête en bas.

Quand Theoclia reçut dans ses bras le corps de son cher Martyr, elle expira.

Saint Calliopius de Pamphylie est commémoré le 7 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodoros, Irenæus, Serapion et Ammon en Libye

† 304

 

Ces quatre Martyrs offrirent leur vie pour la foi en Libye.

Theodoros était évêque, mais on n’en connaît pas le siège.

Irenæus était diacre.

Serapion et Ammon étaient lecteurs.

Ils auraient été martyrisés au quatrième siècle ; il s’agirait donc de la persécution de Dioclétien (304).

Tous quatre sont commémorés le 7 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Georgios de Mytilène

† 820

 

Georgios était né sur l’île de Lesbos, dont la capitale est Mytilène (même de bonnes éditions se trompent dans l’orthographe de cette ville).

Il devint métropolitain de cette ville et ordonna prêtre un autre Georgios, avec lequel on le confond parfois.

Venu à Constantinople sous l’empereur iconoclaste Léon l’Arménien, ce dernier l’exila en Crimée et l’évêque y mourut, vers 811-820.

Plus tard, son corps fut ramené à Mytilène

Saint Georgios de Mytilène est commémoré le 7 avril dans le Martyrologe Romain.

Hermann Joseph von Steinfeld

1150-1241

 

Né vers 1150 à Cologne, Hermann était le fils de pauvres habitants de cette ville.

A douze ans, il entrait chez les chanoines prémontrés de Steinfeld, reçut sa formation à Mariengarten et s’en revint à Steinfeld pour recevoir l’ordination sacerdotale.

Il exerça une certaine activité pastorale à Steinfeld et dans les environs, et fut chargé de la sacristie de son couvent.

Hermann eut une vie mystique extrêmement extraordinaire. Il connut le mariage mystique avec la Vierge Marie, ce qui lui valut son deuxième prénom de Joseph. Les habitants ne comprenaient pas pourquoi, parfois, sa messe durait si longtemps… C’est que Hermann connaissait des extases et des apparitions merveilleuses : il «rencontrait» la Sainte Vierge, l’Enfant-Jésus, les Anges et les Saints du Paradis… Il lisait dans les cœurs. 

Plus il était ainsi favorisé, plus il s’humiliait. Il eut en partage des maladies douloureuses, mais ses infirmités semblaient le quitter pour lui laisser le temps de célébrer la messe debout. La Sainte Vierge intervint pour lui retirer certaines infirmités qui l’empêchaient de suivre la communauté.

Dès avant son entrée chez les Prémontrés, il fut connu pour avoir offert des pommes en hommage à l’effigie de la Mère de Dieu, dans l’église Notre-Dame de Cologne. C’est pour cela qu’on l’appelle aussi le Saint des Pommes (Apfelheiliger).

Sa vertu de pureté était très grande. Son biographe écrivit qu’on pouvait justement l’appeler la fleur de la virginité, le lis de la chasteté, le vase choisi de la continence.

Son cœur était si empli de charité, qu’il était comme l’hôpital où toutes sortes d’affligés et de misérables étaient bien reçus : ses frères en religion y avaient la meilleure place.

Peu après sa mort, le prieur du couvent écrivit sans tarder une Vie d’Hermann Joseph, en vue de sa canonisation, dont le procès commença dès 1626, mais qui n’aboutit qu’en 1960.

Hermann Joseph mourut un 7 avril de 1241 ou 1252, dans le couvent des religieuses Cisterciennes de Hoven (Zülpich), où il avait été envoyé pour célébrer la Semaine Sainte et la fête de Pâques.

Les Allemands le fêtent le 21 mai.

 

 

Orsolina Veneri

1375-1408

 

Orsolina Veneri vit le jour en 1375 à Parme (Emilia-Romagna, Italie centre N), de Pietro et Bertolina Veneri, divinement annoncée par un ange.

A quatre mois, on l’entendit prononcer Mon Dieu, mon Père ! A neuf ans, elle commençait à faire connaître à un prêtre quelques-unes de ses révélations.

A onze ans, elle guérit miraculeusement d’une grave infirmité par l’intercession de saint Pierre. Orsolina menait déjà une vie d’intense prière et de contemplation. Elle était très proche des Bénédictines de Parme.

C’était l’époque du schisme d’Occident ; un anti-pape séjournait en Avignon, tandis que le Pape était à Rome. Par deux fois, Orsolina alla avec sa mère trouver l’antipape Clément VII pour le convaincre de renoncer à son élection et par là de mettre fin à ce schisme. 

Au départ du premier voyage, saint Jean lui apparut pour la mettre sur la bonne route ; devant Clément VII, qui l’écouta volontiers, Orsolina le pressa de se soumettre aux ordres de Notre-Seigneur. Puis elle passa à Rome pour informer le Pape de sa mission. Lors du deuxième voyage, ce furent les cardinaux qui restèrent indifférents aux exhortations d’Orsolina, convainquant ainsi Clément VII de n’en rien faire.

Les mêmes cardinaux interrogèrent Orsolina, qui leur cloua le bec par ses réparties ; on l’accusa de sorcellerie, on voulut la mettre à la question, mais Dieu la délivra de ce supplice.

Elle se rendit ensuite en Terre Sainte (1396). A son retour, elle séjourna à Venise et y fut en si grande vénération que, plus tard après sa mort, la ville proposa sa canonisation. 

Suite aux luttes entre villes du nord, la ville de Parme l’expulsa, et elle se retira à Bologne, puis à Vérone.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      

Tombée gravement malade, elle consola sa bonne mère, l’exhorta à la résignation, lui anonça le jour de son décès et expira dans les sentiments d’une tendre piété, à Vérone, le 7 avril 1408, à trente-trois ans (ou en 1410, à trente-cinq ans).

Des miracles se produisirent sur son tombeau. Orsolina Veneri fut l’objet de la vénération des fidèles. Le culte fut reconnu en 1786 ; Orsolina est donc considérée comme Bienheureuse.

 

 

Alexander Rawlins

?-1595

 

Alexander était né dans le Oxfordshire (Angleterre).

Déjà en 1586, il fut deux fois emprisonné pour sa foi à Newgate.

En 1589, il vint à Reims pour se préparer aux ordres sacrés. Il fut ordonné sous-diacre à Laon, diacre et prêtre en 1590 à Soissons.

Immédiatement envoyé en mission, il accosta à Whitby le 9 avril 1590.

On ne dit pas précisément quand et comment advinrent son arrestation et sa condamnation. On sait qu’il rejoignit en prison l’autre Martyr, Henry Walpole, dont il partagea les souffrances, les tortures, le jugement, la condamnation et l’exécution.

Alexander Rawlins mourut en martyr à York, le 7 avril 1595.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Henry Walpole

1558-1595

 

Né en 1558 à Docking (Norfolk, Angleterre), il était fils aîné de Christopher Walpole.

Il étudia à la Norwich School, à Peterhouse, Cambridge, et Gray’s Inn.

Il assistait à l’exécution du Martyr Edmund Campion (voir au 1er décembre), dont il imbiba son gilet avec le sang ; de là lui vint cette force d’âme qui le conduisit à la conversion au catholicisme.

En 1582, il arriva, par Rouen et Paris, à Reims, puis fut admis au Collège Anglais de Rome en octobre 1583.

En 1584, il se retrouvait en France, membre de la Compagnie de Jésus, pour étudier la théologie à Pont-à-Mousson, et fut ordonné sous-diacre et diacre à Metz, enfin prêtre à Paris en 1588. 

On l’envoya aux Pays-Bas, comme aumônier des forces espagnoles, ce qui lui valut d’être prisonnier des Anglais à Flushing (1589). Il fut ensuite à Bruxelles, Tournai, Bruges, et en Espagne.

En 1590, on l’envoya en mission en Angleterre, mais il fut arrêté quand il accosta à Flamborough, et emprisonné à York. Au mois de février suivant, on le transféra à la Tour de Londres, où on le tortura durement et souvent. Il y resta jusqu’au printemps 1595, quand on le renvoya au tribunal de York.

Il fut martyrisé le 7 avril 1595 à York (Yorkshire), en compagnie d’un autre Martyr, Alexander Rawlins.

Tous deux béatifiés en 1929, seul Henry fut canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Ralph Ashley

?-1607

 

Ralph était né en Angleterre.

Il semble bien qu’il ait d’abord été le cuisinier du Collège anglais de Douai, d’où il partit en 1590 pour celui de Valladolid, où il entra dans la Compagnie de Jésus ; cependant, il dut rentrer en Angleterre à cause de sa santé.

En cours de voyage, il fut fait prisonnier par des Hollandais, qui le prirent à partie, ce qui lui donna une première occasion de démontrer le courage qu’il avait pour défendre la foi catholique.

Une fois arrivé en Angleterre, en mars 1598, il fut pendant huit années au service du père Edward Oldcorne, jusqu’à son arrestation à Hindlip (Worcester). 

On le mit en prison à la Tower, avec le père Garnet et Nicholas Owen. Ce dernier mourut des tortures subies en prison ; en revanche, on a conservé les réponses de Ralph, qui montrent quelle constance il eut au milieu des horribles tortures qu’on lui fit subir. 

Finalement on l’envoya avec Oldcorne à Worcester, où ils furent jugés, condamnés et pendus. Ralph n’avait pu rester parmi les Jésuites à cause de sa mauvaise santé, mais il démontra une fidélité héroïque à souffrir pour le Christ.

Ralph Ashley mourut en martyr à Worcester, le 7 avril 1607.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Edward Oldcorne

1561-1607

 

Edward était né en 1561 à York (Yorkshire nord, Angleterre), d’un père protestant et d’une mère catholique.

Après avoir obtenu son diplôme de docteur, il voulut être prêtre et fut formé à Reims, puis à Rome où il fut ordonné en 1587. Il entra ensuite chez les Jésuites.

Dès 1588, il rentra en Angleterre en compagnie du père John Gerard (v. 27 juillet), et exerça son ministère à Worcester principalement.

Arrêté avec le père Henry Garnet, il fut mis à la Tower. 

On ne put trouver de preuves qu’il avait participé au complot Gunpowder, mais on le condamna pour le crime d’être prêtre. 

Edward Oldcorne mourut en martyr à Worcester, avec Ralph Ashby (v. supra) le 7 avril 1607.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

Jean-Baptiste de La Salle

1651-1719

 

Il fut l’aîné des onze enfants de Louis de La Salle et de Nicole de Moët de Brouillet, et naquit à Reims le 30 avril 1651.

Dans cette famille très chrétienne, Jean-Baptiste grandit avec un plaisir non dissimulé à «célébrer» les offices dans son petit oratoire. Son autre plaisir était de se faire lire des Vies de Saints. Nul doute qu’il aurait été ravi de consulter les notices de notre blog !

A onze ans, il reçut la tonsure. En 1667, il hérita du canonicat d’un parent.

Après l’école des Bons-Enfants, il fréquenta le collège en externe. A dix-huit ans, il était maître-ès-arts et reçut les ordres mineurs.

En 1670, il gagna Paris pour se préparer à la prêtrise et prendre ses grades à la Sorbonne. Mais en 1672, il dut revenir à Reims pour s’occuper de ses jeunes frères et sœurs, car les parents venaient de mourir.

Il fut ordonné prêtre en 1678 et reprit ses études. En 1680, il reçut le doctorat en théologie. Il célébrait chaque jour la Messe, contrairement aux habitudes du temps.

Cette même année 1678, mourut à Reims Nicolas Roland (voir au 27 avril). Jean-Baptiste reprit ses écoles et les développa ; ainsi naquit l’institut qui s’appellerait des Frères des Ecoles Chrétiennes. Mais les choses n’allèrent ni rapidement ni facilement.

Pour mieux s’occuper de ses premières recrues, Jean-Baptiste les hébergea dans sa propre maison ; dès 1683, il renonça à son canonicat pour donner l’exemple de la pauvreté. En 1684, les premiers membres se lièrent par un vœu d’obéissance et le port d’un habit simple et pauvre ; en outre, pour bien marquer leur détachement du monde, ils adoptèrent un nouveau prénom.

Jean-Baptiste pratiqua la vertu de l’humilité au plus haut point. Il voulut faire élire un autre que lui comme supérieur, mais seules les circonstances ne le permirent pas.

Les écoles furent fondées à Paris et en d’autres localités. Il y eut des désertions, des trahisons, des contradictions, mais dans les épreuves les Frères fidèles restaient soudés autour de leur Fondateur.

Une des méthodes nouvelles pratiquées par ces nouveaux maîtres, était l’enseignement à toute une classe, tandis qu’à cette époque prévalait l’enseignement individuel de chaque élève. Jean-Baptiste instaura l’enseignement en français ; le latin ne serait intervenu qu’après l’assimilation totale des matières importantes en français. Tout cela dans l’ordre et la régularité.

Le noviciat fut installé à Paris en 1692. Au cours de cette période, Jean-Baptiste, exténué par les fatigues et les mortifications, faillit mourir, mais se reprit de façon inattendue. En 1694, les Frères émirent les vœux perpétuels. En 1695, Jean-Baptiste écrivit une première Règle, fruit de l’expérience acquise jusque là.

Les années 1698-1705 furent des années d’expansion, mais parallèlement aussi de profondes épreuves pour Jean-Baptiste de La Salle. Le Fondateur fut trahi, renié, persécuté, condamné, déposé, flétri, proscrit, et malgré ces traverses les écoles se multiplièrent à Paris et en province.

A Paris, ils occupèrent Notre-Dame des Dix-Vertus, jusqu’en 1791. Il y eut aussi une école dominicale pour ceux qui étaient empêchés durant la semaine, qui dut être interrompue à la suite de divisions internes malveillantes.

Une enquête diocésaine mal conduite (1703) aboutit un moment à la déposition du Fondateur, qui s’entendit dire par l’archevêque : Monsieur, vous n’êtes plus supérieur ; j’ai pourvu votre communauté d’un autre. Le cardinal menaça même de faire exiler Jean-Baptiste. Les Frères firent tellement corps avec ce dernier, que le nouveau «supérieur» ne le resta que de nom, et n’entrava jamais le travail du saint Fondateur.

A Rouen, nouvelle fondation, Jean-Baptiste dut être opéré d’une douloureuse excroissance au genou. 

Les fondations s’établirent dans toute la France : Chartres, Troyes, Dijon, Calais, Marseille.

En 1711, un procès injuste le condamna ; Jean-Baptiste se retira à Grenoble et ne revint à Paris qu’en 1714. Il prépara les Frères à s’adresser à un autre que lui, en la personne du frère Barthélemy, qui fut régulièrement élu supérieur général en 1717.

Jean-Baptiste de La Salle se retira désormais dans l’humble obéissance à son Supérieur. Il rédigea encore quelque opuscule, corrigea les autres, il priait et supportait avec résignation ses attaques de rhumatisme.

En 1719, ces attaques se firent beaucoup plus douloureuses. Le mardi de la Semaine sainte, il communia une dernière fois. Il expira le Vendredi saint, 7 avril 1719. Ses dépouilles, à la suite des persécutions anti-cléricales du début du 20e siècle, passèrent de Paris en Belgique, puis à Rome, dans la Maison-mère.

Jean-Baptiste de La Salle fut béatifié en 1888 et canonisé en 1900. 

Il fut proclamé patron de tous les éducateurs en 1950. On peut en effet le considérer comme le fondateur des Ecoles normales, pour instituteurs.

Sa fête liturgique est au 7 avril.

De saint Jean-Baptiste de La Salle, nous avons plusieurs opuscules, d’où ressort une sagesse et un esprit d’organisation remarquables : 

  • Exercices de Piété et Instructions et Prières pour la Sainte Messe (1697)
  • Règle du Frère Directeur (1700)
  • Instrutions et Prières pour la Confession et la Communion et Les Règles de la Bienséance et de la Civilité Chrétienne (1702)
  • Cantiques Spirituels à l’usage des Frères des Ecoles Chrétiennes (1703)
  • Règles Communes de l’Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes (1705)
  • Conduite des Ecoles Chrétiennes (1706)
  • Recueil de Différents Petits Traités à l’usage des Frères des Ecoles Chrétiennes (1711)
  • En outre : des Méditations pour les Dimanches, pour les Fêtes, pour les Retraites.

 

 

Phêrô Nguyễn Văn Lựu

1812-1861

 

Né en 1812 à Go Vap (Gia Dinh, Saigon, Vietnam), Phêrô (Pierre) entra au séminaire, fréquenta l’école de Penang, avant d’être ordonné prêtre.

Dans son ministère, il porta une grande attention à l’éducation religieuse, à chaque famille, qu’il allait visiter régulièrement pour les aider de ses conseils. Ses fidèles l’aimaient beaucoup et étaient prêts à lui obéir, même si par ailleurs il osait blâmer leurs erreurs.

On dit de lui qu’il avait un petit penchant pour l’alcool. Un autre prêtre lui répondit un jour qu’il ne buvait pas d’alcool pour plusieurs raisons : d’abord, que c’était coûteux, qu’ensuite l’alcool faisait baisser (ou perdre…) l’attention, et que ce n’était pas un exemple à donner aux croyants. Phêrô alors jeta la bouteille dans la rivière et s’arrêta de boire définitivement.

Il avait la réputation d’un homme austère : Son extérieur était grave, son geste rare, sa parole calme, même quand il faisait des observations sévères. Ses entretiens avec les femmes se bornaient au strict nécessaire, il n’avait de rapports suivis qu’avec les catéchistes.

Repéré à un moment où il tentait de pénétrer dans une prison pour porter l’Eucharistie à des fidèles, il ne put nier son identité et son état de prêtre. Etant venu encourager les prisonniers chrétiens, il put alors leur donner l’exemple de la persévérance jusqu’à la mort.

Devant les mandarins, il déclara : La religion a pénétré mes os, comment pourrais-je l’abandonner ?

Phêrô Nguyễn Văn Lựu fut décapité le 7 avril 1861.

Il a été proclamé bienheureux en 1909, et saint en 1988. 

Maria Assunta Pallotta

1878-1905

 

Née le 20 août 1878 à Force (Ascoli Piceno, Marches, Italie centrale), aînée des cinq enfants de Luigi et Eufrasia Casali, Maria reçut au baptême les noms de Assunta Maria Liberata, les deux premiers prénoms en honneur de la proche solennité de l’Assomption de Marie, l’autre en l’honneur d’une Sainte locale. Elle fut confirmée en 1880, selon les coutumes du temps.

A cause de la pauvreté de la famille, elle ne fréquenta l’école que deux ans, pour aller travailler sur les chantiers, puis auprès du tailleur de pierre du village.

Au retour de son travail, elle s’arrêtait à l’église devant le Saint Sacrement, restant parfois des heures en prière.

Sa mère découvrit des pierres dans son lit. Maria portait le cilice. Elle jeûnait souvent et partageait son petit repas avec la voisine, une vieille femme malade et pauvre. Elle lisait les vies des Saints et priait le chapelet, dont elle ne se séparait pas.

Le soir du carnaval de 1897, un garçon voulut l’embrasser : cela la décida au contraire à se consacrer totalement à Dieu. 

L’attrait pour la vie religieuse était évident, mais sa pauvreté l’empêchait de préparer le moindre trousseau.

Un ecclésiastique clairvoyant et charitable la recommanda aux Franciscaines missionnaires de Marie, où elle entra en 1898.

Le noviciat se fit à Grottaferrata (Rome) ; on l’employa surtout aux travaux manuels, qu’elle exécutait avec promptitude ; son amour de la règle était déjà légendaire.

En 1900, elle fit les premiers vœux à Rome et, en 1902, fut envoyée à Florence, où elle fut employée aux humbles travaux de la maison : repassage, lessive, jardin, nettoyage, mais aussi à l’infirmerie et au catéchisme.

En 1904, elle se proposa pour aller soigner les lépreux en pays de mission. Elle partit pour la Chine.

La mission de Chine avait connu la persécution en 1900, et sept Religieuses avaient versé leur sang pour leur fidélité au Christ (voir au 9 juillet). Maria Assunta fut envoyée à la maison de Tong-Eul-Keou, où elle fut chargé de la cuisine, en compagnie d’une domestique chinoise qui devait lui apprendre sa langue.

C’était sa préoccupation : la communication ! Elle craignit de ne pouvoir approcher les âmes pour leur parler de Dieu. Elle passa par une période de grandes inquiétudes, de doute même, mais l’épreuve fut de courte durée, dit-on.

En février 1905, une épidémie de typhus se déclara. Maria Assunta fut contaminée le 19 mars et demanda à recevoir le Sacrement des malades. Elle le reçut effectivement, quoique ses proches la vissent déjà sur la voie de la guérison ; les Sœurs plaisantaient même, lui disant que le Bon Dieu n’avait pas besoin d’elle. Mais Maria Assunta «savait» : la fièvre, le délire, les souffrances la frappèrent pendant une longue semaine.

Revenue à elle, elle demanda à se confesser, mais ne put communier, car elle ne pouvait plus rien avaler. Elle répétait en chinois : Eucharistie… Eucharistie…

Dans son agonie, elle ne pouvait plus que sourire. Vers le soir du 7 avril 1905, les assistants sentirent un mystérieux parfum «comme de baume d’encens, de roses et de violettes, écrira la Supérieure. 

La Sœur Maria Assunta expira ; le parfum disparut un moment, mais se fit sentir à nouveau : les Chinois vinrent s’en rendre compte.

L’enterrement fut un triomphe. La petite Sœur effacée devenait illustre. On l’appela la Sainte au parfum.

La mère supérieure demanda alors audience auprès du pape Pie X, qui répondit : Il faut ouvrir la Cause, et tout de suite ! 

Lors de l’examen de son corps en 1913 en vue de la béatification, son corps apparut intact malgré l’humidité et les effets habituels du typhus. Les miracles se multiplièrent immédiatement. 

Maria Assunta Pallotta fut béatifiée en 1954 et le Martyrologe la mentionne le 7 avril.

 

 

Mykhailyna Hordashevs’ka

1869-1919

 

Mykhailyna (Michèle) naquit le 20 novembre 1869 à Lviv (Leopolis, Ukraine), dans une famille chrétienne du rite gréco-catholique.

Elle entra dans l’Ordre des Sœurs contemplatives Basiliennes à l’âge de dix-huit ans.

Une branche active de cet ordre fut fondée et elle fit partie du premier groupe : les Sœurs Servantes de Marie Immaculée, où elle assuma le nom de Yosafata, par référence à saint Josafat (voir au 12 novembre).

Ces Religieuses doivent servir notre peuple là où le besoin s’en fait le plus sentir. Yosafata fonda des centres d’hébergement journalier pour permettre à des parents de travailler aux champs, d’étudier les vertus des plantes et préparer des remèdes pour ceux qui n’avaient pas accès aux pharmaciens. En même temps, les Religieuses lisaient aux illettrés des vies de Saints.

Elles assistèrent les victimes des épidémies de choléra et de typhus, aidèrent à la restauration d’églises et à la confection de vêtements liturgiques.

Le problème, en ce 19e siècle finissant, est qu’on ne voyait pas d’un œil favorable une femme à la tête d’un institut, de sorte que Yosafata rencontra bien des oppositions tant des laïcs que du clergé. Des mensonges circulèrent sur son compte, jusqu’à lui causer de graves ennuis de santé, qui finirent par lui être fatals.

Elle mourut de tuberculose osseuse à Chevonohrad-Krystynopil (Ukraine), le 7 avril 1919, mais le Martyrologe la commémore le 25 mars.

Elle a été béatifiée en 2001.

 

 

Domingo Iturrate Zubero

1901-1927

 

Domingo, premier-né de onze enfants, naquit dans la bourgade de Biteriño di Dima (Bilbao, Biscaye, province du Pays Basque espagnol) le 11 mai 1901, et reçut une très bonne éducation chrétienne de ses parents, Simone Iturrate et Maria Zubero. Ce sont eux qui lui inculquèrent dès le plus jeune âge une grande dévotion eucharistique et mariale. Quand il fit sa première communion à dix ans, il se confessait déjà chaque mois depuis trois ans. 

Obéissant à ses parents, il allait à l’école du village et participait aux travaux de la maison et des champs. Assidu au catéchisme, il reçut du curé de la paroisse la charge de l’enseigner aux plus petits. Il fut enfant de chœur, et fréquemment assistait à la messe aussi en semaine.

Sensible, il avait quelque inclination à l’emportement, en bon Basque qu’il était. Quand il parla de sa vocation aux parents, sa mère consentit tout de suite, mais pas son père, qui considérait son fils aîné comme l’héritier de l’entreprise familiale ; cependant il finit par céder devant la fermeté de son fils.

Domingo reçut alors la Confirmation (1913), puis entra à Algorta (Cantabria, Biscaye) comme aspirant chez les Pères Trinitaires (fondés par s.Jean de Matha, voir au 17 décembre). On était en 1914 ; après les études, il reçut l’habit en 1917 et commença ainsi le noviciat au couvent de la “Vierge-bien-apparue” (Virgen Bien Aparecida) avec le nom de Domingo du Saint Sacrement.

Son chemin ne fut pas facile ; on apprit par une de ses confidences qu’il vécut alors une longue période de nuit obscure, qui le plongea dans le doute de sa vocation, l’aridité spirituelle, l’insatisfaction de ses actes, la peur, l’amertume, l’angoisse… On aurait pu identifier cet état d’esprit à une crise d’adolescence, mais Domingo passa plutôt par une réelle “nuit de l’esprit”, que beaucoup d’autres Saints et Mystiques vécurent à un moment de leur vie. Il se confia à la Sainte Vierge et finalement fit sa profession le 14 décembre 1918, ayant retrouvé la tranquillité intérieure et la sérénité spirituelle.

Après une année de philosophie, il fut envoyé pour continuer ses études à l’Université Grégorienne de Rome de 1919 à 1926. Il fut reçu Docteur en Philosophie en 1922, fit la même année ses vœux perpétuels, puis fut reçu aussi Docteur en Théologie en 1926. 

C’est en l’an 1924 qu’il fit, en accord avec son directeur spirituel (Antonino de l’Assomption), le vœu de faire ce qu’il reconnaîtra être le plus parfait. Dans son couvent romain, il était “assistant” du père Maître, c’est-à-dire qu’il devait veiller sur l’observance de la sainte discipline. Il reçut le sacerdoce le 8 août 1925 et célébra sa Première Messe le jour de l’Assomption suivant. 

Il exprima au père Provincial son désir d’ouvrir une mission de l’Ordre en Afrique ou en Amérique latine, mais ses supérieurs préférèrent mettre à profit ses excellentes qualités de formateur pour le nommer Maître des étudiants, au Chapitre général de 1926.

Et voilà qu’en juin de la même année il ressentit les premiers symptômes de la tuberculose pulmonaire ; en réalité, le mal était déjà très avancé ; un séjour à Rocca di Papa n’apporta pas d’amélioration et Domingo fut transporté d’urgence à Algorta en Espagne, avec un arrêt devant la grotte de Lourdes. Les médecins l’examinèrent, mais la maladie était incurable. 

Retiré au couvent de Belmonte (Cuenca), il accepta la volonté de Dieu sans se rebeller et abandonna tous ses projets missionnaires. Il mourut à Belmonte à même pas vingt-six ans, le 7 avril 1927 en odeur de sainteté : pour la Cause de sa béatification, on présenta quelque deux mille cinq cents relations de guérisons attribuées à son intercession.

Depuis 1974, ses restes sont dans l’église trinitaire de Algorta et il fut béatifié le 30 octobre 1983.

Il avait fait le vœu de faire toujours ce qu’il trouvera de plus parfait et veilla de toutes ses forces à faire progresser le salut des âmes et à étendre la gloire de la Trinité. Trois mois avant sa mort, il écrivait à un ami : Il y en a que le Seigneur prend avec lui à la fleur de l’âge, pour d’autres Il réserve de grandes œuvres et donc beaucoup de mérites. L’important est de faire la volonté de Dieu.

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 22:59

Valeriu Traian Frențiu

1875-1952

 

Valeriu Traian Frențiu naquit le 25 avril 1875 à Reşița (Roumanie W), de Joachim et Rozalia. Joachim était lui-même prêtre, dans ce rite gréco-catholique où certains prêtres se marient.

Entre 1894 et 1898, Valeriu étudia la théologie à l’université de Budapest et obtint le doctorat à l’institut Saint-Augustin de Vienne (Autriche).

Ordonné prêtre en 1898, il fut nommé dans le diocèse de Lugoj.

En 1912, il fut nommé évêque de Lugoj puis, en 1922, transféré à Oradea.

En 1941, Mgr Frențiu fut nommé administrateur apostolique de l’archéparchie de Făgăraş et Alba Iulia pendant toute la durée de la guerre, puis reprit son siège de Oradea en 1947.

Le régime communiste sévissait désormais contre toutes les structures de l’Eglise. Mgr Frențiu fut arrêté le 28 octobre 1948 et interné au camp de Dragoslavele. Il ne fut jamais ni jugé, ni condamné. Malgré les fortes pressions exercées sur sa personne, il refusa énergiquement de passer à l’Eglise orthodoxe roumaine, qui était soumise au gouvernement. Il fut donc relégué en février 1949 au monastère de Căldăruşani, réquisitionné comme prison ; la nuit de Noël suivante, il consacra évêque Ioan Cherteş.

En mai 1950, il fut enfermé à la prison de Sighet, où il expira le 11 juillet 1952.

Valeriu Traian Frențiu est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 21:44

Alfredo Cremonesi

1902-1953

 

Alfredo naquit le 15 mai 1902 à Ripalta Guerina (Cremona, Italie), aîné des sept enfants de Enrico et Maria Rosa Scartabellati, des parents très chrétiens. On connaît les prénoms et les dates de cette belle famille : Alfredo, Tarcisio, Ernesto, Giovanni, Giuseppe, Rodolfo, Teresina, six garçons et une petite sœur, qui porta le nom de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne des missions.

Alfredo fut baptisé dès le 16 mai 1902, confirmé en 1908, et reçut la Première communion en 1909.

Entré au séminaire de Crema, Alfredo souffrit d’une grave maladie du sang, qui allait compromettre sa vocation sacerdotale, mais dont il guérit miraculeusement par l’intercession de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Il désirait entrer dans un institut missionnaire, mais son père s’y opposait fermement, malgré son appartenance à l’Action Catholique. Finalement, le père céda aux instances de son épouse et de son fils, et Alfredo entra en 1922 à l’Institut Pontifical pour les Missions Etrangères (PIME).

En 1924, Alfredo reçut l’ordination sacerdotale, et fut envoyé en Birmanie l’année suivante.

En novembre 1925, il débarqua dans cette Birmanie inconnue, dont il apprit vite la langue et les coutumes.

On lui confia la gestion économique de la maison des missionnaires.

L’évêque l’envoya alors dans le district de Donokù, perdu dans les montagnes, où vivait la population des karens. Alfredo s’y rendit avec tout son enthousiasme et son expérience encore trop fraîche, mais il ne se découragea pas par les difficultés qu’il rencontrait. Il conquit les habitants, qui le surnommèrent le sourire de la mission.

Arriva cette Deuxième Guerre mondiale, durant laquelle les Japonais tentèrent d’imposer leur joug dans toute l’Asie extrême-orientale. Alfredo tomba entre leurs mains et fut interné à Moso (Inde), où il souffrit beaucoup. En 1947, il fut enfin libéré, mais pour retrouver tout son œuvre saccagé, détruit, anéanti… On pouvait être découragé, mais Alfredo se remit courageusement au travail.

Ce n’était pas fini. La Birmanie acquit bientôt son indépendance, la guerre civile mit aux mains différents groupes ethniques, les catholiques furent à nouveau menacés. Alfredo dut se retirer et se réfugier à Taungû, puis à Donokù (1952). Comme dans toutes les guerres civiles, les factions se déchirent sans trop savoir encore pour qui et pour quoi on se bat ; les habitants étaient accusés là de soutenir les rebelles karens contre la gouvernement : Alfredo prit vaillamment leur défense.

La réponse des gouvernementaux fut disproportionnée et injuste : les soldats firent irruption à Donokù le 7 février 1953, détruisant, incendiant tout sur leur passage ; puis ils abattirent le prêtre d’un coup de fusil.

Alfredo Cremonesi a été reconnu martyr et béatifié en 2019.

 

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 06:25

Richard Henkes

1900-1945

 

Richard naquit le 26 mai 1900 à Ruppach-Goldhausen (Westerwald, Rhénanie-Palatinat, Allemagne W), un des huit enfants de parents très chrétiens.

Le papa était tailleur de pierres ; la maman, elle, s’occupa très attentivement de l’éducation religieuse de ses enfants ; chaque soir, elle traçait la croix sur leur front avec de l’eau bénite.

Richard fréquenta l’école primaire à Ruppach, où l’instituteur lui décerna un bon éloge.

A Ruppach venaient célébrer les Pères Pallottins, dont certains revenaient du Cameroun, provoquant l’enthousiasme de Richard ; il entra dans leur lycée de Vallendar pour ses études secondaires (1912-1919). La pension était coûteuse, mais les parents Henkes payaient les Pères en produits de leur terre.

Déjà Richard tendait vers la Vérité et la Liberté. En 1918, Richard devait rejoindre l’armée à Griesheim et Darmstadt, mais il fit d’abord une année de préparation à Montabaur, au terme de laquelle il pouvait prétendre un grade d’officier.

Fin 1918, la guerre s’achevait ; Richard put désormais retourner à Vallendar, passer son baccalauréat en 1919 et intégrer le noviciat des Pallottins à Limburg.

En 1921, il fit la première profession et, en 1925, il fut ordonné prêtre ; il se signala tout de suite comme un vaillant prédicateur et formateur. Il travailla énergiquement une année à Schönstatt, tant et si bien qu’on dut bientôt l’envoyer se reposer à la maison de Maria-Hilf, mais le p.Richard ne savait pas écouter les conseils qu’on lui donnait pour se remonter ; même le supérieur disait que c’était autant interdire à un chien d’aboyer. Le Père Richard n’était pas désobéissant : il ne se rendait pas compte de son état réel ; quand il comprit qu’il était gravement malade de tuberculose, il se soumit entièrement aux soins qu’on lui imposait, en Forêt Noire, avec un bonne nourriture et un grand repos.

Les Supérieurs l’auraient bien envoyés, une fois rétabli, en Afrique du Sud, mais le médecin s’y opposa. Richard fut alors envoyé dans une école des Alpes, puis de nouveau à Schönstatt.

A partir de 1931, il exerça en Allemagne Orientale, à Katscher, Frankenstein et Branitz.

En 1937, il osa élever la voix contre les abus du régime nazi, ce qui lui valut un premier avertissement. La même année, il critiqua ouvertement le chancelier Adolf Hitler et aurait pu passer en jugement à Breslau, mais il y échappa grâce à l’amnistie qui fut proclamée lors de l’Anschluß de l’Autriche à l’Allemagne.

En 1939 mourut son cher papa. Il fut aux obsèques et, à cette occasion, parla du sort des Tchèques et de leur pays. A cette occasion, il s’ouvrit clairement sur sa désapprobation totale de l’annexion de la Tchécoslovaquie par le pouvoir nazi ; il avait exercé son apostolat près de la frontière tchèque et connaissait ce peuple ; il l’aimait et le montra bien au futur cardinal Beran, lorsqu’il le rencontra à Dachau. D’autres prisonniers purent aussi témoigner que Richard avait appris la langue tchèque pour se rapprocher de ce peuple. Un jour qu’en classe un élève avait utilisé un mot tchèque, et que toute la classe avait ri, le père Richard donna une punition collective à toute la classe. De leur côté, les prêtres Tchèques ont conservé un souvenir vivant de ce prêtre allemand qui les aimait tant.

En 1943, une prédication du p.Richard à Branitz entraîna son arrestation à Ratibor et son internement à Dachau, le 10 juillet.

Dans la baraque 17 de ce camp, il s’occupa tranquillement et courageusement des malades, surtout ceux atteints de typhus, qu’il contracta à son tour et dont il mourut le 22 février 1945.

Reconnu martyr, Richard Henkes a été béatifié en 2019.

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5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 23:00

06 AVRIL

IV.

S Irenæus, évêque à Sirmium et martyr.

?

Ste Platonide (à Ascalon ?).

VI.

Ste Galla, veuve romaine dont parle s. Grégoire ; s. Pierre lui apparut peu avant sa mort.

S Eutychios de Constantinople, chevalier de l’orthodoxie contre les monophysites et contre l’empereur Justinien.

S Amand, fondateur de l’Eglise à Bergame, “martyr” ?

VII.

S Winebaldus, abbé à Troyes, aux ascèses effrayantes. 

IX.

S Prudentius, évêque à Troyes. 

S Méthode, évêque en Moravie, apôtre des Slaves, fêté avec s. Cyrille le 14 février.

S Gennard, moine à Saint-Wandrille, abbé à Saint-Germer-de-Flay.

S Berthame, évêque à Okney.

X.

B Notker le Bègue, moine de Saint-Gall, auteur de Séquences et d’un martyrologe.

XI.

S Philarète, moine basilien à Aulinas, chargé des bestiaux et du jardin.

XIII.

S Guillaume, chanoine de Sainte-Geneviève de Paris, abbé à Eskill ; désigné pour négocier le mariage d'Ingeburge de Danemark, sœur du roi Canut, avec Philippe Auguste, il réussit sa mission mais en subit le contrecoup lorsque le roi répudia son épouse.

S Pierre de Vérone, dominicain, martyr des manichéens qu’il contrait partout.    

XV.

Bse Caterina de Pallanza, prieure à Sainte-Marie du Mont.

XIX.

S Phaolô Lê Bao Tinh, prêtre tonquinois martyr décapité, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

B Zefirino Agostini, prêtre à Vérone, fondateur des Ursulines Filles de Marie Immaculée, pour l’assistance à la jeunesse, aux pauvres et aux malades, béatifié en 1998.

XX.

B Michele Rua (1837-1910), un des premiers disciples de s.Giovanni Bosco, auquel il succéda comme général de l'ordre salésien ; il ouvrit près de trois cents nouvelles maisons. 

Bse Pierina Morosini (1931-1957), des environs de Bergame, martyre en défendant sa virginité, béatifiée en 1987.

 

Irenæus de Sirmium

† 305

 

Sirmium est en Pannonie (act. Sremska Mitrovica, Serbie), différente de Smyrne (act. Izmir, Turquie W).

Irenæus en était l’évêque au temps de la persécution de Dioclétien et Maximien. Son nom évoque la paix ; les Actes disent qu’il était digne de son nom autant que par la modestie qui semblait être le fond de sa nature et par la crainte divine qui inspirait tous ses actes.

Il fut arrêté et conduit devant le gouverneur, Probus.

Ayant refusé d’offrir le sacrifice aux dieux, Irenæus fut torturé.

Vinrent alors ses vieux parents avec des amis, qui le supplièrent de leur épargner cette tristesse, mais Irenæus restait noble et ferme dans sa foi.

Probus commença par le condamner à être jeté dans le fleuve de Sirmium, la Save. Mais se reprenant, il le condamna à être immédiatement décapité.

Conduit au pont qui surplombe la Save, Irenæus retira ses vêtements, pria pour l’Eglise de Sirmium, et reçut le coup fatal ; le bourreau le précipita ensuite dans le fleuve.

Saint Irenæus de Sirmium est commémoré le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Galla, romaine

† 547

 

Galla nous est connue par ce qu’en écrivit le pape Grégoire Ier sur la foi de personnes graves et dignes de foi.

Elle était fille du consul Symmaque, et sœur de cette Rusticiana qui fut l’épouse de Boèce (v. 23 octobre).

Mariée à la fleur de l’âge et veuve la même année, elle préféra les noces de l’Epoux céleste. Les médecins lui conseillaient cependant de se remarier car sinon, disaient-ils, à cause de son tempérament très chaud, l’ardeur de son sang lui provoquerait la barbe. 

Elle n’en fit rien, sachant bien que ce qui plaît à Dieu est la beauté intérieure de l’âme. Elle s’habilla désormais simplement et se consacra au service de Dieu au monastère Saint-Pierre. Elle y passa bien des années, cultivant l’oraison et la simplicité, et faisant aux pauvres d’abondantes aumônes.

A la fin de sa vie, elle fut frappée d’un douloureux cancer au sein.

La nuit, pour rester dans la lumière, elle allumait deux lampes devant son lit. Une nuit, lui apparut entre ces deux lampes, l’apôtre saint Pierre, pour «l’appeler» aux noces éternelles. Nullement impressionnée, elle s’enhardit même à demander que vînt avec elle une amie du monastère, Benedicta. Saint Pierre lui prophétisa qu’elle la suivrait un mois plus tard, mais qu’une autre serait appelée avec elle.

Galla informa la Supérieure ; effectivement, les deux moniales moururent le même jour, le 6 avril, peut-être en 547, et Benedicta le 6 mai (v. à ce jour).

Autrefois au 5 octobre, sainte Galla est maintenant commémorée le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eutychios de Constantinople

512-582

 

Eutychios naquit vers 512 à Théium (Phrygie, Asie Mineure, auj. région de Şuhut, Turquie CO), d’Alexandros, un officier de l’armée.

A douze ans, il rejoignit Constantinople pour les études. C’est déjà à cette époque qu’il fut conquis par l’idéal monastique. Cependant, l’évêque d’Amasée le pria de rester d’abord dans le clergé, et il lui conféra le sacerdoce à trente ans. Ce n’est qu’ensuite qu’il entra dans le monastère d’Amasée, où il reçut la haute dignité d’archimandrite.

A cette époque, l’empereur Justinien voulait ramener l’unité religieuse de ses sujets, mais à la foi monophysite, selon laquelle Jésus n’avait qu’une seule nature, alors que nous proclamons qu’en Jésus se trouvent deux natures, la divine et l’humaine.

Eutychios représenta l’évêque d’Amasée aux discussions. Justinien apprécia son discours et le fit nommer patriarche de Constantinople en 553. Un concile - le deuxième de Constantinople - s’ouvrit en mai de la même année, présidé par Eutychios, et dont les décrets furent successivement reconnus par le pape en décembre.

En 557, la cathédrale Sainte-Sophie fut très endommagée par un tremblement de terre ; après les travaux, Eutychios la réinaugura en 562.

Mais l’erreur continuait encore subrepticement. Justinien crut bon d’imposer une nouvelle formule, selon laquelle le corps du Christ étant incorruptible, le Christ n’aurait souffert que par un miracle spécial de sa volonté. Eutychios refusa et combattit cette nouvelle formule de monophysisme. Il fut arrêté le 22 janvier 565 ; des évêques acquis à l’empereur le déposèrent sous les griefs qu’il «mangeait des viandes délicates et qu’il priait longtemps à genoux».

Eutychios fut expédié sur l’île Prinkipo en Propontide, puis enfermé dans son monastère d’Amasée, où il resta douze ans, au-delà même de la mort de Justinien. Pendant tout ce temps, il priait, se sanctifiait, édifiait chacun par ses vertus, et faisait des miracles. Quand il put revenir à Constantinople, en 377, ce fut un véritable triomphe.

Une ultime bataille montra combien Eutychios était soumis à la Foi catholique et à l’Autorité romaine. Il crut bon de publier un essai philosophique sur la résurrection des corps. Or à ce moment se trouvait à Constantinople le légat papal, un moine bénédictin nommé Gregorio - qui devait devenir le pape Grégoire Ier le Grand (v. 12 mars) ; celui-ci comprit le danger de la publication d’Eutychios et l’invita à brûler son livre : il obéit.

Au soir de Pâques 582, il tomba malade ; l’empereur vint lui demander sa bénédiction ; puis, pour bien montrer sa foi totale, il prit la peau de sa main en disant : Je déclare que je ressusciterai dans cette chair et mourut ce soir-là ou au petit matin.

Saint Eutychios de Constantinople est commémoré le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Winebaldus de Troyes

550-620

 

Winebaud naquit vers 550  à Nogent-sur-Seine, de parents gallo-romains.

Après ses études et son entrée dans la cléricature, il fut ordonné prêtre, mais se retira humblement dans une chapelle solitaire non loin de Troyes (auj. Saint-Martin-de-Bossenay, Aube).

Il chantait toute la nuit des psaumes, et ne mangeait, dit son biographe (un contemporain), pas plus qu’un nouveau-né.

Tout allait bien pour ce nouvel ermite, sauf que le Bon Dieu récompensa cette sainteté par le don des miracles, le bruit s’en répandit, et l’évêque de Troyes demanda à Winebaud de venir guérir un de ses diacres. Bien sûr Winebaud obéit, et à sa grande tristesse, l’évêque voulut le garder près de lui, de sorte qu’au lieu de revenir dans sa petite chaumière, il dut s’installer dans un monastère de Troyes.

Conséquence inévitable : à la mort de l’abbé du monastère, vers 580, c’est Winebaud qui fut élu, à la grande satisfaction de l’évêque (mais pas de Winebaud, on l’a compris). Winebaud maintint ses austérités d’avant… mais aussi les miracles, sans le vouloir.

Le même biographe raconte un grand nombre d’interventions miraculeuses de Winebaud, qui s’éteignit le 6 avril 620.

Saint Winebaud est commémoré le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Prudentius de Troyes

† 861

 

Galindo de son vrai prénom, il naquit vers la fin du 8e siècle en Espagne, où son frère devint évêque.

Il devait être de haute naissance, et sa famille devait avoir des relations de haut niveau, car Galindo vint, jeune encore, en France, sans doute à l’Ecole Palatine, et acquit à la cour des fonctions fort importantes. 

C’est à cette époque qu’il prit le nom de Prudentius.

Etait-il déjà prêtre ? On a supposé qu’il était (aussi) chapelain de l’impératrice Judith, femme de Louis le Débonnaire. Il écrivit alors, vers 830, un florilège du psautier, destiné à la piété de cette femme, et aussi à toute âme désireuse de s’unir à la prière des moines.

A partir de 836 il rédigea des Annales, dites «de Saint-Bertin», où l’on y trouve une mine de renseignements sur la vie de l’Eglise, sur les rois, leurs activités, voyages, guerres, traités.

Vers 843, il fut nommé évêque de Troyes.

Un de ses soucis majeurs fut la formation des séminaristes, auxquels il demanda d’apprendre par cœur un recueil de textes de l’Ecriture sur la foi et la morale chrétiennes. Il visita les monastères de son diocèse en y rétablissant l’observance rigoureuse de leur Règle ; en 847, il consacra le monastère de Montiéramey, dont il reste d’importants bâtiments, mais malheureusement pas l’église.

On verra au 21 septembre comment sainte Maura suivit heureusement les conseils de l’évêque de Troyes ; elle mourut en 850 et Prudentius en rédigea la Vita.

Prudentius assista au concile de Paris en 846, où il fut demandé aux Juifs de ne pas construire de nouvelles synagogues et d’éviter le prosélytisme, mais Charles le Chauve refusa d’appliquer ces décisions ; à Paris aussi, en 849, Prudentius fut un des signataires d’une lettre de protestation adressée à Nominoë, duc de Bretagne, qui prétendait déposer et nommer à sa guise les évêques de Bretagne.

Il y eut une importante controverse sur la prédestination, contre les idées dangereuses de Gottschalck d’Orbais, qui fut déjà condamné en 848 à Mayence et de nouveau à Quierzy en 849 : il fut enfermé au monastère de Hautvilliers. Mais la controverse était allumée, Prudentius y prit part, avec Hincmar de Reims et Wenilon de Sens, et jusqu’à la fin de sa vie. Sa position n’est pas rigoureusement la meilleure, mais elle se voulait absolument fidèle à celle de l’Eglise, qui n’avait pas encore élaboré une doctrine précise sur le sujet.

La maladie empêcha Prudentius de prendre part personnellement aux derniers événements de cette controverse : élection de l’évêque de Paris (856), concile de Savonnières (859), de Tuzey (860). Il mourut le 6 avril 861, laissant le souvenir d’un évêque zélé, d’un théologien courageux, d’un écrivain de talent et d’un historien impartial.

Saint Prudentius de Troyes est commémoré le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Méthode de Sirmium

815-885

 

Voir la notice Cyrille et Méthode au 14 février.

 

 

Notker le Bègue

840-912

 

Notker naquit vers 840 à Heilgove (auj. Elk, Zürich, Suisse), de parents peut-être liés à l’empereur ou aux rois saxons.

Les parents de Notker confièrent leur petit garçon au monastère de Saint-Gall ; pieuse décision, mais qui fut peut-être dictée par le fait que Notker était faible, bègue et plein de défauts physiques, pour reprendre l’expression de Notker lui-même.

Mais l’âme et l’esprit de Notker n’avaient rien de ces défauts ; le garçon s’éprit réellement de la vie monastique, en compagnie de deux autres qui furent ses meilleurs amis, Ratpert et Tutilon (v. 28 mars ?). Tous trois, formés par les excellents maîtres Ison et Marcel, devinrent des gloires de leur monastère, spécialement dans l’art de la musique et, pour Tutilon, particulièrement dans la peinture et la scupture.

Notker prit à son tour place parmi les maîtres de l’école du monastère. De par ses notes et ses conseils, on voit que, s’il ignorait le grec, il cultivait les Pères de l’Eglise, surtout Augustin et Jérôme.

Sa charge d’enseignant accomplie, Notker recopia les manuscrits, rédigea des chroniques (par exemple sa Vie de Charlemagne) et composa des pièces en vers latins qu’il mit en musique, pour différentes fêtes de l’année ; ces séquences furent longtemps en usage.

On signalera ici avec plaisir les vies de Saints qu’il écrivit, et notamment un Martyrologe.

Un moine de Saint-Gall qui le connut, écrivit de lui qu’il était minable de corps et non d’esprit ; sa bouche bégayait, mais non son âme, car sans cesse tendu vers les choses d’en haut, il montrait dans les ennuis la patience et la douceur en toutes choses ; rigoureux néanmoins dans tout ce qui regardait les obligations de la vie commune. Un peu timide et gauche lorsqu’il était pris à l’improviste, il savait tenir tête aux attaques du démon. Qu’il s’agît de la prière, de la lecture, de l’enseignement, il était infatigable. En lui, pour tout dire, se résume l’habitacle le plus parfait dont on ait eu l’exemple en ce temps, des dons de l’Esprit Saint.

Il sera difficile de trouver meilleur éloge pour cet humble moine, qui mourut à Saint-Gall le 6 avril 912.

Tout de suite honoré dans son abbaye, il fut béatifié en 1513.

Saint Notker est commémoré le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

Guillaume d’Eskill

1125-1203

 

Guillaume naquit vers 1125 à Saint-Germain (Crépy-en-Valois) et grandit sous la férule de son oncle, prieur à Saint-Arnoul puis abbé à Saint-Germain.

En 1141, il fut nommé chanoine séculier de Sainte-Geneviève de Paris, et pourvu de plusieurs bénéfices. Sa situation pécunière et sa régularité à l’office excitèrent l’envie de deux de ses confrères qui, voyant son inclination pour la vie monastique, feignirent d’avoir le même désir pour l’entraîner avec eux. Tous trois se rendirent à Pontigny. Les deux compagnons de Guillaume partirent bientôt sous divers prétextes, espérant s’emparer de ses bénéfices, mais il les imita ! Ils promirent alors de retourner à Pontigny au bout d’un an. Guillaume eut le temps de se rendre compte de leur supercherie, et abandonna ses désirs de vie cistercienne. Il crut satisfaire à son vœu en embrassant la réforme qui, en 1148, établit à Sainte-Geneviève de Paris des chanoines réguliers à la place des chanoines séculiers. Quelque temps auparavant, il avait été ordonné diacre par l’évêque de Senlis.

Dès cette époque, Guillaume montra la fermeté de son caractère : jaloux de la gloire et des droits de son ordre, n’admettant aucun abus d’où qu’il vienne, il défendra sans ménagement la régularité et l’observance.

En 1161, le bruit se répandit que la tête de sainte Geneviève avait disparu de sa châsse, et l’on accusait les chanoines de vol. Guillaume rédigea l’enquête menée par les évêques de la province, pour justifier ses confrères, l’enquête ayant abouti à un non-lieu.

En 1164, le nouvel abbé de Sainte-Geneviève prétendit en faire confirmer les dignitaires par le roi ; Guillaume empêcha l’abbé d’exercer ses fonctions et alla en référer au pape, alors à Sens. Le pape, prudent, lui donna raison, mais lui prescrivit de s’accuser d’être sorti du monastère sans permission. L’abbé lui imposa comme pénitence d’aller manger sept jours par terre avec les chiens. Le pape alors, mis au courant, prit entièrement parti pour Guillaume.

C’est alors que l’évêque de Roskilde (Danemark) émit le désir d’avoir des chanoines réguliers pour introduire la réforme dans un monastère de l’île d’Eskill. Guillaume partit avec trois confrères, mais ils ne furent accueillis que bien froidement par des moines corrompus qui n’avaient pas envie de corriger leurs habitudes. Le tenace Guillaume se mit au travail, réussit à vaincre bien des obstacles et put établir la réforme projetée ; le monastère fut transféré sur l’île de Seelande, érigé en abbaye, dont il fut alors nommé abbé.

Il y eut de grosses difficultés, à cause de plusieurs incendies. Mais l’évêque de Lund aida Guillaume autant qu’il le put et l’abbaye reprit son essor.

Peu à peu, Guillaume supervisa et implanta la réforme dans plusieurs monastères du Danemark.

En 1193, il fut envoyé auprès de Philippe-Auguste pour négocier le mariage de celui-ci avec Ingeburge, fille du roi danois. Le mariage eut lieu le 14 août, et le roi français prétendait renvoyer son épouse dès le lendemain. Guillaume vint expliquer l’affaire au pape. De retour en France, il fut arrêté six semaines à Châtillon-sur-Seine, fut libéré au début de 1196, mais dut retourner au Danemark sans avoir pu réconcilier le roi et la reine (la paix n’interviendra qu’en 1213).

Guillaume réintégra son abbaye, continuant de combattre avec ardeur pour la régularité.

Il mourut dans la nuit de Pâques, le 6 avril 1203, et fut canonisé en 1224.

Guillaume est parfois nommé de Roskilde, du nom du siège épiscopal de l’évêque qui l’accueillit.

 

 

Pietro de Vérone

1206-1252

 

Pietro vit le jour à Vérone, de parents gagnés par la secte des Manichéens (Cathares). Mais il eut l’heur d’être confié par son père à un maître catholique et grandit dans l’affirmation fervente de la doctrine catholique. Il tint même tête à son oncle en lui affirmant qu’il n’y a qu’un principe, le Créateur, et non pas un deuxième principe, celui du Mal.

Il alla étudier à Bologne, où il rencontra saint Dominique et reçut de celui-ci l’habit dominicain.

Il commit l’imprudence de pratiquer d’excessives mortifications, qui le rendirent malade, mais il guérit, semble-t-il, miraculeusement, et fit la profession.

Ayant reçu le sacerdoce, il prêcha d’abord dans les provinces voisines, suscita beaucoup de conversions, mais on ne sait s’il réussit à convertir ses propres parents ; il fut tellement convainquant, que les hérétiques commencèrent de le haïr mortellement, et ce fut là le début du complot qui aboutit au martyre de Pietro.

Il y eut d’abord des accusations lâches. Peut-être est-il vrai que Pietro avait parlé imprudemment à un pénitent qui s’était accusé d’avoir donné un coup de pied à sa mère ; Pietro lui avait dit qu’il méritait qu’on lui coupât le pied, et l’autre s’imposa lui-même cette pénitence ; le pauvre Religieux lui rappela alors le devoir de prudence et de clairvoyance, et lui remit son pied avec un signe de croix.

Une autre fois qu’il était en conversation avec les trois vierges saintes Catherine, Agnès et Cécile, durant une vision dans sa cellule, il fut accusé d’avoir reçu des femmes dans le monastère et relevé de toute mission. Quand le prieur comprit la Vérité, le pape lui-même nomma Pietro inquisiteur (1232). Pietro allait reprendre ses pérégrinations apostoliques, assisté par la main puissante de Dieu qui multipliait les miracles par sa parole et sa prière.

Un jour qu’un habitant de Milan, fortement enraciné dans l’hérésie, avait simulé une maladie pour supplier Pietro de le guérir, dans l’espoir qu’il n’y parviendrait pas, Pietro lui  répondit : Je prie Celui qui a tout créé et qui voit tout, que si ta maladie n’est point véritable, il te traite selon tes mérites. Le faux malade éprouva alors de telles douleurs, qu’il ne put en guérir qu’en venant supplier Pietro, se confesser et rejeter son erreur. 

Toujours à Milan, lors d’une controverse publique en plein été, Pietro invoqua de Dieu quelques nuages pour rafraîchir l’air, et fut exaucé sur place.

Pietro fut nommé prieur en plusieurs couvents à Plaisance, à Gênes, à Côme, et s’employa à y faire approfondir l’étude de l’Ecriture Sainte, pour former les jeunes à combattre l’hérésie.

Le pape l’envoya examiner le nouvel Ordres des Servites de Marie à Florence et l’approuva sur son rapport ; c’est pourquoi les Servites considèrent Pietro comme leur deuxième Fondateur.

Les manichéens décidèrent de mettre à exécution leur plan honteux. Pietro fut divinement averti de son prochain martyre et en informa ses auditeurs à Cesena. Pour le jour des Rameaux de 1252, il se trouvait à Milan où il avertit les Milanais de son prochain assassinat, et regagna son couvent de Côme.

Le samedi de Pâques, il repartit pour Milan. Les sicaires le rattrappèrent en route ; l’un lui ouvrit le crâne avec une serpe, frappa mortellement son compagnon, et Pietro reçut un coup de poignard qui lui traversa le cœur. Il mourut en essayant encore d’écrire le Credo avec son sang. C’était le 6 avril 1252.

Horrifié, l’assassin se convertit et prit l’habit d’humble convers pour le reste de ses jours : c’est Carino Pietro da Balsamo qui, pleinement repenti, fut absout par le bienheureux Giacomo Salomoni à Forlí (v.31 mai), mourut saintement le 1er avril 1293 et fut béatifié en 1822. Plusieurs ennemis de Pietro se convertirent aussi sur son tombeau.

De nombreux miracles, retentissants, permirent une rapide canonisation, qui eut lieu en 1253.

 

 

Caterina Morigi

1437-1478

 

Caterina naquit vers 1437 à Pallanza (Verbania, Piémont, Italie NO), de parents aisés. Ils étaient d’une famille Morigi ou Moriggia, mais les documents du 15e siècle reportent le nom de famille de Ruffinis.

Cette famille fuit l’épidémie de peste qui sévit et s’installa au Val d’Osa, où cependant l’épidémie les rejoignit tous, laissant toute seule la petite Caterina.

Le seigneur de l’endroit la recueillit et la confia à une dame de Milan. A quatorze ans, Caterina voulut entrer au couvent, mais son protecteur la fit attendre.

Autour de vingt ans, Caterina fit le vœu de chasteté ; peu après, elle vit Jésus-Christ en croix, qui l’envoyait à Sainte-Marie-du-Mont pour y mener une vie toute consacrée à Son service. Cet ermitage se trouve à faible distance de Pallanza.

Caterina y arriva quelques jours après cette vision. La peste sévissait toujours et toucha Caterina. Elle dut rentrer à Pallanza, craignant pour les autres à cause de la contagion. Elle fit le vœu de rester toute sa vie à Sainte-Marie-du-Mont si elle guérissait sans que nul n’en souffrît.

Bientôt guérie en effet, elle revint à son ermitage, en avril 1452. Elle habita dans une petite cabane, menant une vie très mortifiée. 

Sa renommée de sainteté et de sagesse attirait les visiteurs. Quelques femmes lui demandèrent de rester auprès d’elle et une communauté se fonda. Des malveillants critiquèrent ces religieuses sans règle ni approbation pontificale, et parlaient même de les faire excommunier. C’était là un zèle bien audacieux, mais Caterina obtint l’approbation ; les religieuses adoptèrent la règle de saint Augustin, prirent l’habit et firent des vœux. Elles prièrent l’Office divin selon le rite ambrosien de Milan.

Caterina fut élue prieure pour trois ans en 1476, mais mourut déjà le 6 avril 1478, après avoir recommandé à ses filles de toujours garder la paix dans la communauté et d’observer fidèlement leurs vœux.

Tout de suite on éleva à cette belle âme un culte qui fut reconnu en 1769 et confirmé par le pape la même année ; Caterina est donc considérée comme Bienheureuse.

 

 

Phaolô Lê Bào Tịnh

1793-1857

 

Né en 1793 à Trinh Hà (Hoàng Hóa, Ha Trung Thanh Hóa, Vietnam), Phaolô (Paul) était le troisième des six enfants d’une famille catholique..

A douze ans, il apprit à lire et à écrire avec le prêtre de la paroisse, puis rejoignit l’école de Kẻ Vĩnh pour apprendre le latin. Ensuite il entra au Grand séminaire.

L’évêque, qui avait une grande confiance en lui, l’envoya par deux fois à Macao chercher de l’argent et des objets à rapporter pour aider les missionnaires.

On raconte que, étant à Macao, Phaolô vit en rêve une belle Dame qui lui annonçait qu’il serait martyr en Annam, puis cette Dame lui révélait qu’elle était Marie.

En 1839, Phaolô fut cette fois-ci envoyé au Laos auprès des missionnaires. A ce moment-là l’évêque dut se cacher dans la forêt et mourut. Ce fut Mgr Retord qui lui succéda ; à son tour, il pria Phaolô de repartir à Macao pour le même service.

En 1841, Phaolô fut arrêté et mis en prison à Hanoi (Hà Nội), où il resta sept ans.

Quand le roi Tự Ɖửc accéda au trône, il eut d’abord un geste d’amnistie et Phaolô fut du nombre des prisonniers libérés.

En 1848, Phaolô put enfin recevoir l’ordination sacerdotale : il avait cinquante-six ans. Il fut alors nommé directeur du séminaire de Tri Vinh.

Le 27 février 1857, lors d’une nouvelle persécution, il fut arrêté et conduit à Nam Dinh, en attendant le jugement. On le condamna d’abord à la prison à vie, en raison de son âge, mais ensuite le roi ordonna pour lui la peine de mort par décapitation.

Le juge ne voulait pas faire mourir ce prêtre. Il tenta de lui arracher une fausse «apostasie», pour le libérer. Mais Phaolô, en le remerciant pour son geste, lui expliqua qu’il n’avait pas de regret de remettre son âme à Dieu, que le christianisme était sa religion, et qu’il ne pouvait l’abandonner.

Phaolô Lê Bào Tịnh fut décapité le 6 avril 1857.

Il fut béatifié en 1909, et canonisé en 1988.

 

 

Zefirino Agostini

1813-1896

 

Aîné des deux enfants de Antonio Agostini et Angela Frattini, Zefirino naquit à Verona le 24 septembre, baptisé quatre jours après. Monsieur Agostini était médecin et bon chrétien.

Zefirino fit de bonnes études au Grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1837.

Nommé vicaire dans sa propre paroisse des Saints-Nazaire-et-Celse, il reçut aussi la charge de vice-chancelier de l’évêché et accompagna fréquemment l’évêque dans ses tournées pastorales ; puis il fut curé de la même paroisse à partir de 1845, jusqu’à la mort.

Cette période fut lourde à cause des guerres qui travaillaient l’Italie (en 1848, 1859 et 1866) et aussi à cause de la grande épidémie de choléra de 1855.

Pour l’assister dans son activité pastorale, surtout en direction de la jeunesse féminine, il s’entoura de pieuses personnes qui voulaient travailler dans l’esprit de sainte Angela Merici, fondatrice des Ursulines (voir au 27 janvier). Peu à peu ces personnes en vinrent à vivre en communauté, et devinrent, sous l’inspiration de don Zefirino, les Ursulines Filles de Marie Immaculée.

Ce fut bien sûr une responsabilité supplémentaire pour don Zefirino, qui continua à se dépenser de toutes ses forces pour répandre la Parole de Dieu.

Il mourut le 6 avril 1896, et fut béatifié en 1998.

Son dies natalis tombant en période de Carême, sa fête locale a été établie au 24 septembre, qui était son anniversaire «sur terre».

 

 

Michele Rua

1837-1910

 

Il était né le 9 juin 1837 dans la quartier Borgo Dora de Torino, où se trouvait l’arsenal : son père y travaillait et la famille habitait aussi sur place. 

Les deux garçons furent bientôt orphelins de leur père. Michele fit sur place les deux premières classes, puis fréquenta les Frères des Ecoles Chrétiennes. C’est là qu’il rencontra don Giovanni Bosco (voir au 31 janvier).

On sait que ce saint prêtre avait le don d’entrevoir le futur ; au garçon, il lui dit : A nous deux, on se partagera tout le travail. Don Bosco devint le confesseur de Michele.

Orphelin, Michele allait travailler dans l’arsenal, mais don Bosco proposa à sa mère de l’envoyer à l’oratoire de Valdocco, où se trouvaient déjà quelques centaines de garçons. Peu à peu Michele entendit l’appel au sacerdoce et revêtit l’habit clérical en 1853.

Peu après mourut son frère.

En janvier 1854, don Bosco réunit quatre de ses jeunes, parmi lesquels Michele Rua, qui rédigea le procès-verbal de cette journée, qui marquait en fait le début de la congrégation salésienne.

Malgré son jeune âge, Michele devint comme le bras droit de don Bosco, aussi bien auprès des garçons que comme secrétaire, relisant pour lui les manuscrits et les épreuves des livres qu’il éditait. Quand il eut recopié les Règles de la future congrégation, il accompagna don Bosco à l’audience de Pie IX pour les lui présenter : le pape dut les corriger de sa propre main, avant de donner sa bénédiction à la Congrégation salésienne.

En 1856, à la mort de la maman de don Bosco, Michele appela la sienne pour venir la remplacer. Elle resta fidèlement à cette charge pendant vingt ans, jusqu’à la mort.

En 1860, Michele est ordonné prêtre, à vingt-trois ans. Trois ans plus tard, il ouvre et dirige une nouvelle petit séminaire à Mirabello Monferrato.

Il revient en 1865 à Valdocco, où il seconde don Bosco, dans cette œuvre qui formait maintenant plus de sept cents garçons. Des vocations naissaient, en 1872 se formaient les Filles de Marie Auxiliatrice, en 1875 partirent les premiers missionnaires pour l’Argentine ; on commença l’impression d’un bulletin. Le pape Léon XIII demanda aux Salésiens de construire la basilique du Sacré-Cœur à Rome. Don Rua accompagnait don Bosco dans tous ses voyages (en France et en Espagne).

A partir de 1884, don Rua fut nommé vicaire de don Bosco, avec droit de succession, ce qui se fit à la mort du Fondateur, le 31 janvier 1888.

Si don Rua connut les joies d’une rapide expansion de l’Institut (les pères salésiens furent bientôt des milliers répartis en divers pays d’Amérique du Sud et d’Asie, où don Rua ne ménagea pas sa peine pour aller les visiter et les encourager), il vécut aussi des heures sombres : le gouvernement anticlérical de l’Equateur éloigna les Salésiens en 1896, puis la France maçonnique en 1902 ; en 1907, un pénible procès ourdi par la Maçonnerie en Ligurie, accusa les Salésiens de malfaçons, et se termina finalement par la fuite des accusateurs à l’étranger.

Exténué par tant de travaux, de voyages, de fatigues et de soucis, don Michele Rua mourut le 6 avril 1910. Sa dernière parole fut une invocation que lui avait enseignée don Bosco : Ô Vierge Marie, ma Mère, fais que je sauve mon âme.

Don Rua fut enseveli auprès de don Bosco ; il fut béatifié en 1972.

 

 

Pierina Morosini

1931-1957

 

Née le 7 janvier 1931 à Fiobbio (Albino, Bergamo, Italie), de Rocco Morosini et Sara Noris,  Pierina était l’aînée des neufs enfants de ces humbles paysans.

Après l’école primaire, elle s’inscrivit à une école de couture, mais ensuite travailla dans une fabrique de coton, ce qui lui procurait un salaire meilleur et plus régulier, car c’est elle qui devait soutenir la famille, le papa étant devenu invalide. 

Chaque matin, elle recevait l’Eucharistie avant de partir au travail, et priait le chapelet durant le trajet.

Pierina s’inscrivit à l’Action Catholique et en devint même responsable pour les plus jeunes. 

En 1947, elle fit l’unique voyage de sa vie en-dehors de son pays, pour assister à la béatification à Rome de Maria Goretti (voir au 6 juillet).

Le 4 avril 1957, sur le chemin du retour du travail, un voyou l’attendait, qui l’invita au péché et, sur le refus de la jeune fille, la frappa avec une pierre. Pierina tomba sans connaissance, et la famille la retrouva dans une mare de sang.

Pierina ne se réveilla pas. Elle s’endormit dans le Seigneur, martyre de sa chasteté, le 6 avril 1957, à l’hôpital de Bergamo. Tout de suite on compara sa mort à celle de Maria Goretti.

Pierina Morosini a été béatifiée en 1987.

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5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 20:10

Edvige Carboni

1880-1952

 

Edvige Carboni naquit le 2 mai 1880 à Pozzomaggiore (Sardaigne), deuxième des six enfants de parents agriculteurs, Giovanni Battista et Maria Domenica Pinna. La fille aînée s’appelait Paulina, un des quatre frères, Galdino.

A la naissance déjà, on lui remarqua une marque de la Croix sur la poitrine.

Edvige fut baptisée deux jours après sa naissance, et confirmée à l’âge de quatre ans.

Elle n’avait que cinq ans, lorsqu’elle eut des visions du Christ, de Marie, de son Ange gardien ; au même âge, elle émit le vœu de chasteté.

La maman lui enseignait la broderie et l’envoya aussi auprès des Religieuses de Saint-Vincent à Alghero.

Edvige reçut l’Eucharistie en 1891.

En grandissant, elle fut membre de plusieurs associations pieuses, participa à la Messe chaque jour, enseignait le catéchisme dans la paroisse. Elle fut aussi membre du Tiers-Ordre franciscain (1906). Elle visitait les malades, leur apportant quelque consolation, quelque soulagement.

En 1910, à la mort de sa mère, elle songea à la vie religieuse, mais son confesseur, sagement, lui conseilla de rester à la maison, où sa présence était nécessaire.

En 1911 - elle a vingt-et-un ans - elle entendit ce message du Christ : Je souhaite que tu sois l’effigie de ma Passion, et reçut alors l’impression des stigmates de la Passion ; Edvige «vécut» littéralement la Passion du Sauveur, souffrant la flagellation, les épines, les clous…

Durant la Grande Guerre, elle connut la bilocation, se trouvant réellement et simultanément en deux endroits bien distincts ; visitant le champ de bataille, elle en rapportait des informations sur les soldats disparus ou morts. Elle visita le cardinal hongrois Mindzenty dans sa prison, ou aussi Staline, à Moscou, pour tenter de le convertir, hélas ! en vain.

Elle eut aussi la grâce de la lévitation, de la transverbération. Elle eut l’apparition d’un Saint qu’elle ne connaissait pas encore, s.Luigi Gonzaga (v. 21 juin), de s.Giovanni Bosco (v. 31 janvier), et d’autres aussi  : Domenico Savio (v. 9 mars), Rita de Cascia (v. 22 mai), Thérèse de Lisieux (v. 30 septembre), Gemma Galgani (v. 30 septembre ; Edvige assista à sa canonisation en 1940), Catherine de Sienne (v. 30 avril), François d’Assise (v. 4 octobre), l’apôtre Paul (v. 29 juin), la Mère de Marie sainte Anne (v.26 juillet).

En 1925, eut lieu une enquête canonique, durant laquelle on devait poser une foule de questions à la voyante, pour s’assurer qu’elle était lucide, en bonne santé, non manipulée, non possédée, que toutes ces manifestations n’étaient pas illusoires ; Edvige accepta humblement et répondit de façon convaincante.

Cette vie ne pouvait plus rester cachée, aussi les siens décidèrent de quitter la Sardaigne et de venir s’installer, d’abord à Albano Laziale en 1934, puis à Rome en 1938, après la mort du papa (Signalons que c’est à Albano Laziale que mourut la jeune martyre Marietta Goretti, v. 6 juillet).

Edvige s’efforçait de vivre de petits travaux, de couture, de services divers, d’assistance aux blessés durant la Guerre mondiale. Elle offrait ses souffrances pour la conversion des pécheurs, pour l’Eglise, pour les persécuteurs en régime communiste.

Bien sûr, on venait la voir, mais pas seulement par curiosité ; on lui demandait des conseils - il y eut des conversions.

Le saint Père Pio l’estimait beaucoup, et aussi s.Luigi Orione (v. 23 septembre et 12 mars).

Edvige souffrit des attaques du Diable en personne : coup de pied dans les jambes, coup de mateau dans les genoux…

On n’a ici que résumé les nombreuses grâces reçues par Edvige ; il faudrait aussi parler de la présence de son Ange gardien, de ses prédictions, de ses extases, etc.

Edvige Carboni mourut à Rome le 17 février 1952, d’une brusque angine de poitrine.

Deux plus tard exactement se produisit le miracle qui fut ensuite retenu pour la béatification d’Edvige. Un homme avait la  jambe dans un état désespéré, où gagnait la gangrène au point que sa vie était directement menacée ; or, ce 17 février 1954, son épouse était à la messe et, au moment de la consécration, entendit en elle une voix qui lui disait : C’est maintenant le moment de demander cette grâce, ce qu’elle fit et, de retour à la maison, elle trouva son époux complètement guéri.

Edvige fut béatifiée en 2019 et sera fêtée le 17 février.

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