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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 18:41

Dedë Nikacj

1900-1948

 

Dedë (Dominique) Nikaj naquit le 19 juillet 1900 à Shkodër (Albanie), et fut orphelin à l’âge de cinq ans.

Recueilli par les Franciscains, il fit chez eux de bonnes études et demanda à être admis dans l’Ordre des Frères Mineurs Conventuels, où il prit le nom de Cyprian.

Il fut même envoyé à Lankowitz et à Graz (Autriche), puis à Rome et Pescia pour des études de théologie, et fut ordonné prêtre à Rome en 1924.

Il recouvra différents postes : Maître des clercs (1929), des novices (1932), provincial de son Ordre pour l’Albanie (1938), directeur du séminaire franciscain (1941), finalement gardien (supérieur) du couvent de Gjiudahol (quartier de Shkodër), depuis 1943.

En novembre 1946, Dedë fut arrêté par la police communiste d’Albanie, sous l’accusation d’avoir caché des armes derrière un autel de la chapelle. Mieux : comme par hasard, ce jour-là, la télévision yougoslave était présente dans l’église de Gjiudahol pour filmer en direct la «découverte», et ainsi accuser les Religieux.

En réalité, un traître au service de la police avait caché au préalable ces armes ; ce pauvre homme fut par ailleurs à son tour accusé de trahison et, durant son procès, hurla au micro que c’était lui qui avait caché les armes en question ; on le fusilla.

Le père Cyprian, en prison, fut torturé longuement ; quatre soldats prétendaient discuter avec lui de l’existence de Dieu, mais en vinrent bien vite aux tortures et aux coups ;  de retour dans sa cellule, Cyprian dit à son compagnon : Je vais bien, je vais très bien, j’ai donné mon témoignage… Je dois garder ma lampe allumée où qu’elle vienne à s’éteindre. Certainement, ce n’est pas facile de souffrir, mais la souffrance rend la victoire plus noble.

Condamné à mort le 28 décembre 1947, il fut fusillé, le 11 mars 1948, dans un fossé proche d’une vigne. Juste avant de mourir, Cyprian cria : Vive le Christ Roi ! Nous pardonnons à nos ennemis. L’Albanie ne meurt pas avec nous !

Dedë Nikaj fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 11 mars.

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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 18:19

Pal Prennushi

1881-1948

 

Pal Prennushi naquit le 2 octobre 1881 (ou 1882) à Shkodër (Albanie).

Après ses études classiques dans une école tenue par les Franciscains, il fréquenta l’université de Graz (Autriche).

Il entra chez les Frères Mineurs Conventuels où il prit le nom de Mati et fut ordonné prêtre en 1904.

En 1911, il participa à la reprise de la montagne Deçiq (Montenegro) sur les Yougoslaves, en y déployant le drapeau albanais. Arrêté par les Yougoslaves, il fut condamné à mort, puis grâcié par le roi de Montenegro ainsi que par le roi albanais Zog 1er.

Il fut curé à Bajza, Gomsiqe, Tiranë et Shkodër.

En 1943, il fut provincial pour son Ordre.

En 1946, il fut arrêté en Albanie, cette fois-ci par ses compatriotes, mais communistes, accusé de trahison envers la patrie, et abattu à Zalli i Kirit le 11 mars 1948.

Pal Prennushi fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 11 mars.

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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 18:13

Frano Gjini

1886-1948

 

Frano Gjini naquit le 20 février 1886 à Shkodër (Albanie).

Après le collège S.François-Xavier tenu par les Jésuites, il étudia la philosophie et la théologie à Rome et fut ordonné prêtre en 1908.

Il exerça ses fonctions acerdotales à Laç i Kurbinit, Vlora et Durrës.

En 1930 il fut nommé évêque de Durrës puis, en 1932, évêque-abbé de Mirdita.

En 1945, quand s’était déchaînée la persécution du régime communiste envers l’Eglise catholique, il fut nommé délégué apostolique pour l’Albanie, une charge qui jusqu’alors était confiée à un Italien.

En 1946, il fut nommé évêque de Lezhë.

Mgr Gjini fut arrêté le 18 novembre 1946, sous l’accusation de collaborer avec le Vatican et les Anglo-Américains ainsi que pour avoir favorisé l’introduction d’armes dans le couvent franciscain pour préparer un soulèvement contre le régime communiste (les armes avaient été placées préalablement par un traître).

Dans la cellule de la prison, se trouvaient plusieurs autres ecclésiastiques, mais Mgr Gjini reçut un traitement tout spécial : on expérimenta sur son corps toutes sortes de tortures, un martyre qui dépassa l’entendement humain.

Après seize mois d’ «enquête», et ayant inflexiblement refusé d’adhérer à une Eglise nationale séparée de Rome, Mgr Frano Gjini fut abattu, le 11 mars 1948.

Frano Gjini fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 11 mars.

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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 18:01

Anton Zogaj

1908-1948

 

Anton Zogaj naquit le 26 juillet 1908 à Kthellë (Mirditë, Albanie).

Après le Séminaire Pontifical Albanais (et peut-être aussi une université en Autriche), il compléta ses études à l’Université Grégorienne de Rome, hébergé au Séminaire Pontifical Français.

Ordonné prêtre en 1932, il fut secrétaire de son évêque, Vinçenc Prennushi (v.19 mars), et curé de la cathédrale.

(Pour les dates suivantes, on se réfère à l’article de Wikipedia en albanais, ajoutant entre parenthèses les dates trouvées sur d’autres sources).

Il fut arrêté à Durrës le 18 mai 1947 (1946 ? 1948 ?).

Anton resta en prison plusieurs mois, subissant les habituels interrogatoires et les vexations imposées aux prêtres persécutés. Des jours durant, il fut enfermé dans un ancien local de toilettes infect. Finalement, ayant refusé de révéler le secret de la confession, il fut fusillé sur une plage de Durrës, le 9 mars 1948 (31 décembre 1946 ? 1947 ? 1948 ?).

Anton Zogaj fut béatifié en 2016, et restera provisoirement inscrit au Martyrologe le 9 mars.

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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 17:51

Mark Xhani

1914-1947

 

Les circonstances de la vie et de la mort de ce jeune prêtre, restent difficiles à cerner. On a trouvé un personnage très similaire dont les dates étaient 1909-1945. On a trouvé aussi Gjani pour Xhani.

Prudemment, on pourrait avancer ce qui suit :

Mark Xhani naquit le 10 juillet 1914 à Mirditë (Albanie).

Il fut ordonné prêtre pour le diocèse de Shkodër-Pult.

Mark mourut sous les cruelles tortures qu’on lui infligea, à Shën Pal (Mirditë), en 1947. On ignore le jour précis de cette mort héroïque.

Si les dates ci-dessus indiquées sont confirmées, il mourut à trente-trois ans.

Mark Xhani fut béatifié en 2016. Son inscription au Martyrologe reste encore imprécisée.

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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 00:00

 

29 NOVEMBRE

 

III.

S Saturnin (Sernin), premier évêque à Toulouse ; à son passage, les statues païennes se turent, et on le martyrisa en l'attachant à un taureau déchaîné.

S Philomenos, martyr à Ancyre ; on lui enfonça des clous dans les mains, les pieds et la tête.

IV.

Ste Illuminata, vierge à Todi.

S Saturninus, originaire de Carthage, martyr à Rome.

S Paramon, martyr avec trois-cent soixante-dix autres.

VI.

S Ya'kûb de Saroug, évêque, Père de l'Eglise.

S Sadwrn, ermite au Pays de Galles.

VII.

S Brendan, fondateur et abbé à Birr.

IX.

B Walderich, ermite puis premier abbé à Murrhardt.

Ste Hathumode, abbesse à Brunshausen, morte à trente-trois ans.

X.

S Radbod, évêque à Utrecht, particulièrement dévôt à s. Martin.

XVI.

Bx Edward Burden, prêtre, et les laïcs George Errington, William Gibson et William Knight, martyrs en Angleterre, béatifiés en 1987.

XVII.

Bx Pierre Berthelot (Denis de la Nativité) et Tomaz Rodrigues da Cunha (Redento de la Croix), carmes déchaux martyrs à Sumatra avec d'autres ; Denis, prêtre et normand, eut le crâne fendu d'une oreille à l'autre d'un coup de cimeterre ; Redento, frère convers portugais, fut percé de flèches et achevé à la lance. 

XVIII.

S Giovannello (Francesco Antonio) Fasani, prêtre franciscain italien, provincial de son ordre, réformateur, surnommé le Père Maître ; il confessait beaucoup ; mystique, canonisé en 1986.

B Bernardo Francisco de Hoyos Seña, prêtre jésuite à Valladolid, béatifié en 2010.

XIX.

Bse Caterina Sordini (Maria Maddalena de l'Incarnation), italienne fondatrice de l'Institut des Sœurs de l'Adoration perpétuelle du Très-Saint-Sacrement à Rome, béatifiée en 2008.

XX.

B Alfredo Simón Colomina (1877-1936), prêtre jésuite espagnol et martyr près de Valencia, béatifié en 2001.

Saturnin de Toulouse

† 250

 

Deux Saturninus sont fêtés le même jour. Celui de Toulouse fut communément appelé par la suite Sernin.

Il fut le premier évêque de Toulouse.

Il y avait sur le Capitole de Toulouse des oracles qu’on venait consulter. Un jour que Saturnin passait devant l’endroit, les oracles se turent, subjugués par la présence du saint évêque. Saturnin était en compagnie de deux prêtres, qui s’enfuirent comme les apôtres à Gethsémani (cf. Mc 14:50).

On dénonça Saturnin, on l’arrêta. On voulut le contraindre à sacrifier un taureau aux idoles, mais Saturnin refusa : comment aurait-il peur de ces démons, qui se taisaient devant lui ?

On attacha alors Saturnin aux pattes du taureau, on excita la bête, qui se mit à dévaler les marches du Capitole. La tête de Saturnin se brisa sur les marches, l’évêque eut tous les membres disloqués.

Ce pouvait être en 250.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Saturnin de Toulouse au 29 novembre.

 

 

Philomenos d’Ancyre

† 275

 

Philomenos aurait été martyrisé à Ancyre (Galatie, auj. Ankara, Turquie), sous Aurélien († 275).

Après qu’on l’ait jeté dans le feu, on lui enfonça des clous dans les mains, dans les pieds et dans la tête.

Ce Martyr du troisième siècle n’est pas le saint archimandrite que l’Eglise orthodoxe a récemment canonisé et placé également au 29 novembre.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Philomenos d’Ancyre au 29 novembre.

 

 

Illuminata de Todi

? 4. siècle

 

De sainte Illuminata, on dit qu’on ne sait rien.

C’était peut-être une vierge qui, de Ravenne, vint habiter à Todi (Onbrie, Italie C).

Recourons à la «légende».

Cette jeune fille serait née à Palazzolo (Ravenne), de parents païens. Elle s’appelait Cæsarea.

S’étant convertie au christianisme - ici, on ne dit pas de quelle façon, grâce à quel prédicateur - elle prit le nom d’Illuminata.

Dans un premier temps, son père la dénonça au préfet de Ravenne, qui la mit en prison : mais un ange vint la libérer. Elle gagna Bettona et Martana (Ombrie).

Les parents d’Illuminata se convertirent alors, et rejoignirent leur fille. Celle-ci opérait déjà des miracles.

Cette fois-ci, le préfet de Martana la fit arrêter. Elle obtint de mourir avec ses parents, le 29 novembre 303. Cette assertion semble signifier qu’ils furent tous trois martyrisés le même jour, mais on ne nous dit pas de quelle façon.

L’actuel Martyrologe la situe au quatrième siècle.

Des savants ont proposé d’identifier Illuminata avec Felicissima de Todi ou Firmina de Pérouse (v. 26 mai et 24 novembre). Mais la similitude des récits n’impose pas forcément la similitude des personnes.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Illuminata de Todi au 29 novembre.

 

 

Saturninus de Rome

† 303 ?

 

Saturninus était originaire de Carthage, où il aurait déjà subi la torture du chevalet vers 250.

On ne connaît pas sa profession, ni le motif de son voyage à Rome. Le fait est qu’à Rome il fut arrêté.

Il aurait été employé à la construction des thermes de Dioclétien, malgré son «grand âge». Il fut mis en prison avec un diacre, Sisinnius, et tous deux amenèrent au baptême plusieurs païens. Sommés de sacrifier aux dieux païens, Saturninus s’écria Que le Seigneur brise les dieux des nations ! et le trépied d’airain s’écroula comme de la boue.

Ils auraient été battus avec des nerfs de bœuf, des fouets garnis de plombs et des scorpions, puis brûlés sur tout le corps, enfin décapités.

Le pape s.Damase, cependant, parle plutôt des ongles de fer, avec lesquels le bourreau Gratianus déchira le corps des Héros. Mais c’est Gratianus qui céda à la grâce et se convertit, voyant la constance de Saturninus.

Ce pouvait être au début de la persécution de Dioclétien, vers 303.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Saturninus de Rome au 29 novembre.

 

 

Ya’qûb de Saroug

450-521

 

Jacques naquit vers 450 dans le village de Kurtam (Saroug, act. Suruç, Turquie SE).

Son père était prêtre et, croit-on, le poussa à fréquenter l’école théologique d’Edesse en Syrie.

Il devint périodeute de l’évêque d’Edesse pour sa région natale, chargé de visiter les prêtres au nom de l’évêque.

En 502-503, il y eut une invasion des Perses, à l’occasion de laquelle Ya’qûb écrivit des lettres à toutes les villes, pour encourager les Chrétiens à rester confiants en Dieu, à ne pas s’enfuir.

En 519, Ya’qûb fut ordonné évêque de Batnan, ville principale du district de Saroug, et diocèse suffragant d’Edesse. Mais Ya’qûb démissionna l’année suivante, peut-être pour n’avoir pas à prendre part aux discussions interminables sur la nature unique ou double du Fils de Dieu incarné, ou peut-être pour demeurer plus solitaire et consacrer davantage de temps à ses ouvrages.

On a reçu de lui pas moins de quatre cents homélies, versifiées, sur un total de plus de sept cents.

Ces homélies sont composées d’un nombre variable de stances (en moyenne plusieurs dizaines) de quatre vers de douze syllabes chacun. Pour cet immense champ de travail, Ya’qûb se fit aider par soixante-dix secrétaires, qui l’aidaient à retrouver et à traduire des passages de l’Ecriture et de la Vie des Pères.

Outre ce vaste corpus, Ya’qûb nous a laissé aussi quelques œuvres et homélies en prose et des lettres.

Si l’on a appelé s.Ephrem le Syrien la lyre du Saint-Esprit (v. 9 juin), Ya’qûb en revanche fut surnommé la flûte du Saint-Esprit. Ses poèmes furent utilisés dans la liturgie.

Il semble que Ya’qûb n’ait pas envisagé l’immaculée Conception de la Vierge Marie, et qu’il ait même penché pour le monophysisme, mais il ignora la diatribe des théologiens, sa doctrine fut généralement reçue par toutes les Eglises comme celle d’un Saint et il fait partie des Pères de l’Eglise.

Ya’qûb mourut, semble-t-il, le 29 novembre 521.

Saint Ya’qûb de Saroug est commémoré le 29 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Radbod d’Utrecht

850-917

 

Radbod - ou Radboud - naquit dans la région de Namur ; il appartenait par son père à la noblesse franque, par sa mère à la race frisonne.

Un oncle maternel, Gunthar, était alors évêque de Cologne, et Radbod lui fut confié pour ses premières études. En 862, Gunthar fut déposé à cause du rôle qu’il avait joué dans l’affaire du divorce de Lothaire II :  Radbod poursuivit alors sa formation à la cour de Charles le Chauve, où son maître fut Mannon et où, entre autres collègues, il connut Etienne, futur évêque de Châlons-en-Champagne, et Mancion, futur évêque de Liège.

A la mort de Charles le Chauve (877), il rencontra Hugues, l’abbé de Saint-Martin de Tours et, probablement, resta dans ce monastère bénédictin pendant les années suivantes.

En 899, Radbod fut choisi pour être le quinzième évêque d’Utrecht, choix approuvé par l’empereur Arnulf. Même évêque, Radbod maintint ses habitudes monacales.

Radbod demeura très attaché au culte de s.Martin et composa tout un office liturgique pour sa fête, le 11 novembre, le Saint de Tours étant aussi le patron de la cathédrale d’Utrecht. On a aussi de Radbod d’autres panégyriques, des hymnes.

Les invasions normandes l’obligèrent lui aussi à se replier sur Deventer, comme l’avait fait s.Hunger une quarantaine d’années auparavant. Mais autant qu’il le pouvait, Radbod revenait dans son diocèse, le parcourait en tous sens et s’efforçait d’en extraire toute pratique païenne.

Bon administrateur, Radbod se soucia de l’avenir de son clergé et, en 914, se fit confirmer par Conrad Ier l’immunité dont il jouissait.

En 914 aussi, il recourut au pape Jean X pour régler un conflit avec le comte Meginhard de Hamaland.

En 917, il entreprit une nouvelle visite pastorale de son diocèse, mais ne put l’achever et mourut en chemin, le 29 novembre, après avoir désigné son successeur, Balderik.

Le culte de s.Radbod se développa assez vite, mais se limita au diocèse. Actuellement, il a été choisi comme patron de la recherche scientifique catholique. L’université catholique de Nimègue a été placée sous son vocable.

Saint Radbod d’Utrecht est commémoré le 29 novembre dans le Martyrologe Romain.

Edward Burden

1540-1588

 

Né vers 1540 à County Durham, Edward fréquenta l’université d’Oxford au collège de la Trinité.

Il partit pour Reims, où il se prépara au sacerdoce, et fut ordonné prêtre à Douai en 1584.

En 1586 il regagna son pays, où il exerça le saint ministère pendant deux ans.

Arrêté en 1588, il fut mis en prison en compagnie d’un autre prêtre, Robert Dalby (voir au 16 mars). Quand ce dernier fut conduit à son jugement, Edward se «plaignit» : Dois-je donc rester ici comme une bête, alors que mon frère va recevoir sa récompense ? C’est que, en vérité, je ne suis pas digne d’avoir la gloire de souffrir pour le Christ.

Son attente dura quelques mois et, en novembre, il fut condamné mort pour le crime d’être prêtre.

Le 29 novembre 1588, le père Edward Burden fut pendu, éviscéré et écartelé.

Il a été béatifié en 1987.

 

 

George Errington

1540-1596

 

Né vers 1540 à Hurst Castle, George appartenait à une branche des Bingfield, dans le Northumberland.

En 1594, c’est lui qui accompagna le père John Boste, lors du dernier voyage de ce dernier de York à Durham (voir notice au 24 juin).

Il fut reconnu «traître» pour s’être converti au catholicisme et comme tel, condamné à mort. On trouva aussi qu’il avait soi-disant participé à un soulèvement.

Le 29 novembre 1596, à York, George fut pendu, éviscéré et écartelé, ainsi que deux autres Compagnons : William Knight et William Gibson.

Il est sans doute erroné, cependant, d’ajouter à ce trio bienheureux, le nom de Henry Abbot, qui fut martyrisé le 4 juillet 1597 et béatifié en 1929.

George et les deux William ont été béatifiés en 1987.

Il y eut un prélat anglais catholique homonyme,, au XIXe siècle.

 

 

William Gibson

1548-1596

 

Né en 1548 à Ripon (Yorkshire), William était le fils de Lord George Gibson II, un juge de la Haute Cour d’Ecosse. Il avait un grand-oncle évêque, qui eut une grande influence sur la vie catholique en Ecosse et mérita le titre de Custos Ecclesiæ Scotiæ (Gardien de l’Eglise d’Ecosse).

William fut arrêté pour son catholicisme et accusé de trahison. On le remit à un gardien qui le traita sans ménagement.

En août 1593, il fut envoyé au château de York, où le rejoignirent bientôt William Knight et George Errington.

On trouva un autre chef d’accusation contre les trois hommes. Voici ce qui arriva.

Un membre du clergé anglican fut introduit auprès d’eux. Il joua le double jeu : simulant le désir d’entrer dans l’Eglise catholique, il gagna la confiance des trois Compagnons catholiques, qui le persuadèrent cordialement de se convertir. Or, la loi pénale punissait de mort le fait d’amener un protestant anglais au catholicisme. Notre bonhomme dénonça les trois apôtres, qui furent ainsi trouvés coupables, incriminés et condamnés, tandis que l’autre était libéré.

Le 29 novembre 1596, à York, les deux William et George furent pendus, éviscérés et écartelés.

Ils ont été béatifiés en 1987.

 

 

William Knight

1572-1596

 

Né vers 1572 à South Duffield (Yorkshire), William était le fils de Leonard Knight.

Quand il fut adulte, il se convertit de façon privée au catholicisme. Mais pour une histoire d’héritage, son oncle le dénonça.

Il fut aussitôt arrêté.

En octobre 1593, il fut envoyé au château de York, où il rencontra William Gibson et George Errington (voir leurs notices).

On trouva aussi un autre chef d’accusation contre lui et ses Compagnons. Voici ce qui arriva.

Un membre du clergé anglican fut introduit auprès d’eux. Il joua le double jeu : simulant le désir d’entrer dans l’Eglise catholique, il gagna la confiance des trois Compagnons catholiques, qui le persuadèrent cordialement de se convertir. Or, la loi pénale punissait de mort le fait d’amener un protestant anglais au catholicisme. Notre bonhomme dénonça les trois apôtres, qui furent ainsi trouvés coupables, incriminés et condamnés.

Le menteur, lui, fut remis en liberté. Il alla trouver Henry Abbot avec lequel il joua la même comédie et le fit arrêter. Henry fut exécuté le 4 juillet 1597.

Le 29 novembre 1596, à York, les deux William et George furent pendus, éviscérés et écartelés.

Ils ont été béatifiés en 1987.

 

 

Pierre Berthelot

1600-1638

Tomaz Rodrigues da Cunha

1598-1638

 

Pierre naquit à Honfleur (Calvados), d’un Capitaine de navire et Maître chirurgien.

Dès l’âge de douze ans, il commence son activité de marin. A dix-neuf ans, sur l’Espérance, en partance pour l’Extrême-Orient, il est fait prisonnier de Hollandais qui, finalement, le débarquent en Indonésie.

Pierre va naviguer d’un endroit à l’autre et parviendra à une connaissance extrêmement précise de toutes les côtes, des récifs, des écueils, des courants de cet archipel de l’Indonésie. Finalement il arrive à la place forte portugaise de Malacca et propose ses services de pilote : c’est que dans l’intervalle, il a appris le malais tout en parlant parfaitement le portugais. Il a à peine vingt-six ans et on lui confie déjà des galères équipées de pièces d’artillerie, pour surveiller les côtes.

Complétant son expérience, il devient maintenant un cartographe chevronné, notant tout ce qu’il observe.

En 1629 il rejoint Goa en Inde, où il rencontre le gouverneur portugais Nuno Alvarez Botelho. Pierre est chargé de conduire une expédition contre les Hollandais à Malacca, d’où il revient victorieux. Pierre est anobli et reçoit le titre de Pilote major des Indes et cosmographe royal.

Deux autres expéditions navales, en 1631 et 1636, confirmeront encore l’habileté de Pierre. Entre temps, il multipliera les voyages, en Angleterre, en Espagne, à Terre-Neuve. Il a laissé une collection de cartes d’une précision extraordinaire, qu’on a retrouvées dans une bibliothèque de Paris, ainsi qu’en copie au British Museum.

Ce marin à la carrière riche et prometteuse a rencontré les Jésuites en 1629, puis décide d’entrer chez les Carmes Déchaux de Goa, où il prononce ses vœux à Noël de 1634, prenant le nom de Denis de la Nativité (mais probablement en portugais : Dionísio da Natividade). Il sera ordonné prêtre en 1638.

Ces dates ne sont pas contradictoires : en effet, en 1636, le Vice-roi portugais fait encore appel au moine Denis pour diriger une expédition contre les Hollandais, qui seront effectivement mis en fuite.

Or, en 1638, le Vice-roi propose la paix au Prince indien d’Achem, un sultanat à l’extrême pointe de Sumatra. Celui qui va conduire la mission, Francisco de Souza de Castro, ancien gouverneur de Malacca, invite le père Denis à conduire la flotte. En route, la flotte sera attaquée et Denis sera grièvement blessé, mais la flotte, victorieuse, parvient à Achem.

*   *   *

Tomaz Rodrigues da Cunha était né à Paredes (Portugal) en 1598.

Tout jeune, il entra dans la marine et rejoignit les îles orientales.

Cette vie ne lui apportant pas la satisfaction à laquelle il aspirait, il demanda à Dieu des lumières sur le meilleur chemin à prendre pour servir Le servir.

Il rencontra bientôt les pères Carmes de Tatta, qui le captivèrent par leur douceur, leur apostolat et leur dévotion à la Sainte Vierge.

Il demanda à recevoir l’habit, et prit le nom de Redento de la Croix («Racheté par la Croix», qu’on a en général traduit par Redempt de la Croix).

Dès lors, il chercha à porter la croix du Seigneur et à accepter les contradictions de la vie comme moyen de sanctification.

Une fois faite la profession comme frère lai, les supérieurs l’envoyèrent au couvent de Duc, puis à celui de Goa : c’est là qu’il connut le père Denis.

Ils s’entendirent très bien, ce fut une amitié qui rappela celle de David et Jonathan dans l’Ecriture (1S 18:1-4). Et ce fut sur la demande de Denis que Redento participa avec lui à cette mission auprès du sultan d’Achem.

*   *   *

D’abord bien reçus, les diplomates sont malheureusement trompés et jetés en prison. Une partie est même massacrée dès le 27 novembre. Les Indonésiens exigent des survivants, en particulier de Denis et de Redento, de se convertir à l’Islam. Sur leur refus, ils sont un à un tués à coups de flèches et de cimeterre. Le premier à tomber est Redento, criblé de flèches et décapité, le dernier est Denis, qui a soutenu tous les autres dans leur martyre (29 novembre 1638).

Denis est d’abord piétiné par des éléphants, puis achevé à coups de cimeterre sur le crâne.

Il a été rapporté que, bien qu’enterré plus loin dans l’île, le corps de Denis apparut plusieurs fois à l’endroit de son martyre. Pour le «supprimer», le roi d’Achem fit jeter la dépouille du Religieux en pleine mer, lestée de gros cailloux.

Le martyre fut reconnu ; Denis et Redento furent béatifiés en 1900. Ils sont commémorés le 29 novembre. 

Denis est invoqué par les marins, pour les voyages en mer, pour la pluie, pour la conversion des Infidèles.

Bernardo Francisco de Hoyos y Seña

1711-1735

 

Bernardo naquit le 21 août 1711 à Torrelobatón (Valladolid, Espagne), où son père avait un emploi à la mairie. Au baptême, il reçut le nom de saint Bernard de Clairvaux, qu’on fêtait la veille, et de saint François-Xavier, qui était particulièrement vénéré dans cette paroisse.

Après ses études primaires, il rejoignit le collège jésuite de Medina del Campo et Villagarcia de Campos.

On le décrivait frêle, maigre, petit, ce qui ne l’empêcha pas d’être extrêmement vif, actif, d’un commerce naturellement agréable. Doué d’une intelligence vive et de remarquables dons pour l’étude, il pouvait écrire et parler couramment en latin. Ce fut un étudiant extrêmement brillant.

Le noviciat des Jésuites était juste à côté du collège, et très tôt il demanda à y être admis, mais on le pria d’attendre encore une année, car il n’avait que quatorze ans. L’année suivante (1726), il dut encore bénéficier d’une dispense d’âge pour entrer dans le noviciat de Villagarcia, car il n’avait pas encore quinze ans accomplis. Il choisit alors comme «modèle» le jeune Jan Berchmans, qui était mort à vingt-deux ans en 1621 (voir au 13 août).

Il passa alors neuf années de préparation et d’études, avant de recevoir l’ordination sacerdotale (1735). Il était trop jeune pour recevoir l’ordination, comme ses Confrères, et lui-même ne voulait pas être dispensé de la règle habituelle, mais ses supérieurs prirent sur eux de demander une dispense, tellement ils étaient persuadés de la sainteté de ce novice.

Bernardo exerça brièvement le ministère pastoral et commença en 1735 une période de formation complémentaire au collège Saint-Ignace de Valladolid.

Bernardo, dès son noviciat, fut entièrement pénétré de la présence de Dieu et du désir de la perfection. Il se consacra au Sacré-Cœur et écrivit : A partir de ce moment-là, j’ai été envahi et absorbé par le Divin Cœur. Que ce soit en mangeant, en dormant, en étudiant etc, mon âme ne reconnaît rien autrement que par le Cœur de son Bien-aimé.

Cette vie mystique aboutit au mariage mystique, une expérience mystique toute particulière dans laquelle, comme d’autres Saints, Bernardo fut mystiquement uni à la très sainte Vierge Marie, en la fête de l’Assomption de 1730.

Ses visions, ses extases, il les confiait à son petit journal personnel, que seul connaissait son directeur spirituel. Jamais ses Confrères ne se rendirent compte de cette extraordinaire et intense vie mystique, que Bernardo savait dissimuler derrière toutes les activités de la vie quotidienne. Il écrivit en 1732 à son Directeur, Juan de Loyola, ces mots tout enflammés d’amour : Je vois que dans mon cœur toute chose va vers Dieu, comme un morceau de fer vers l’aimant. Il ne désire que Dieu, ne cherche que Dieu, ne vit que pour Dieu. Pour la clarté et la précision avec lesquelles Bernardo décrivait sa vie intérieure, son directeur put affirmer qu’il était plus avancé qu’un autre du même âge, qu’il savait plus de choses qu’il n’avait pu en apprendre dans les livres.

On a conservé plus de deux-cents lettres qu’il écrivit à son directeur spirituel, lequel put assurer que les originaux étaient disponibles à tous ceux qui voulaient les vérifier. On peut y lire ses élans pour trouver Dieu en chaque chose, et sa mission de développer la dévotion au Sacré-Cœur.

Cette vie mystique ne fut pas sans épreuves, au contraire. Bernardo vécut une nuit spirituelle durant l’hiver 1728-1729, qui s’acheva à Pâques. Durant cette période, le démon le tenta de mille façons, l’accusant d’hypocrisie, le portant au dernier désespoir. Bernardo ne trouvait aucune consolation dans la prière, dans l’Eucharistie, ni même avec ses Confrères durant les moments de récréation. Il en vint à se frapper la tête contre le mur, à se ronger les lèvres, à s’arracher les cheveux, ou même à vouloir se jeter par la fenêtre. Le démon le poussait à blasphémer contre Dieu, contre la Vierge Marie, contre les Anges et les Saints. Chaque fois qu’il essayait d’implorer la miséricorde de Dieu, le démon venait lui répondre qu’il en était indigne. Des tentations obscènes vinrent aussi le troubler, le bombarder même, au point qu’il en pleurait et grinçait des dents. Il en vint à douter de ses faveurs mystiques, pensant qu’il avait eu des illusions.

Toutefois le Christ ne permit jamais qu’il en arrivât à quelque manifestation qui aurait pu choquer ses Confrères. La souffrance était intérieure, pénible, particulièrement pendant les moments de prière ou au moment de la Communion.

 

La mission de répandre la dévotion au Sacré-Cœur lui vint en 1733, au collège de Saint-Ambroise de Valladolid où il commençait la théologie. Un ami lui demandait de traduire du latin un chapitre sur l’institution de la Fête-Dieu, contenu dans un petit livre sur La Dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (1726) : Bernardo avait déjà eu des visions du Sacré-Cœur, mais maintenant il devenait pleinement conscient de cette Réalité. Il s’offrit alors devant le Saint-Sacrement pour diffuser cette dévotion. Notre Seigneur lui confia alors qu’Il l’avait choisi pour répandre la dévotion à Son Sacré-Cœur. En mai de la même année, le Sacré-Cœur lui confia qu’il devait répandre cette dévotion dans toute l’Espagne : 

Je veux habiter ici… Je veux régner en Espagne et y obtenir plus de vénération qu’ailleurs.

Bernardo se consacra au Sacré-Cœur en juin 1733, selon la formule-même de saint Claude de La Colombière, cinquante ans plus tôt (voir au 15 février). 

Il fut le premier Jésuite à présenter la nature transcendante du culte du Sacré-Cœur comme moyen de sanctification personnelle, comme un efficace moyen d’apostolat. Le culte envers le Sacré-Cœur honore l’amour de Jésus, Verbe incarné, Rédempteur, qui révèle en Lui l’amour de la Très Sainte Trinité, avec un cœur de chair en vertu de l’union hypostatique, présentant ce cœur comme un symbole d’amour pour nous encourager à L’imiter et à lui rendre l’amour qu’Il nous montre. 

Bernardo organisa la première neuvaine publique en Espagne, en l’honneur du Sacré-Cœur.

C’est à Valladolid que Bernardo contracta la typhus dès le 18 novembre, et qu’il mourut le 29 novembre 1735, à vingt-quatre ans.

Il avait montré de telles qualités de vie personnelle et de désir apostolique que le Provincial demanda au recteur du collège d’en faire circuler une brève biographie à lire dans toutes les communautés, ce qui d’habitude se faisait seulement pour des religieux très connus. Bernardo devint ainsi un exemple stimulant pour tous les jeunes étudiants jésuites.

Le procès de béatification fut lent à démarrer, car les Jésuites furent violemment attaqués par les Jansénistes, puis la Société fut interdite. Le procès ne reprit qu’en 1914.

Le miracle retenu pour cette béatification fut le cas d’une jeune fille, désormais abandonnée par les médecins, laquelle, par l’intercession de Bernardo Francisco de Hoyos, guérit totalement du typhus et d’une grave tumeur (Salamanque).

Bernardo a été béatifié en 2010.

Le collège de Valladolid est devenu maintenant le Sanctuaire National de la Grande Promesse.

 

 

Giovanniello Francesco Antonio Fasani

1681-1742

 

Giovanniello (= Jeannot) Fasani était né à Lucera (Foggia, Pouilles, Italie) le 6 août 1681, de bons parents qui s’appelaient Giuseppe (Joseph) Fasani et Isabella Della Monaca. 

L’enfant acheva ses études en fréquentant le Couvent franciscain des Frères Mineurs Conventuels de la même ville. Sa vocation s’y dessina alors plus clairement et il entra chez les Religieux avec les noms de François et Antoine, pour bien montrer son aspiration à suivre l’exemple de la vie évangélique et apostolique de s. François d’Assise et de s. Antoine de Padoue.

Francesco Antonio fit la profession en 1696, compléta ses études à Agnone puis Assise, où il fut ordonné prêtre en 1705. Un de ses condisciples, devenu évêque à Bovino, dira qu’il était profond en philosophie et savant en théologie

Depuis 1707 jusqu’à sa mort, il passa trente-cinq années à Lucera, donnant un exemple de vie évangélique et pastorale qui le rendit célèbre dans toute la région.

Professeur de philosophie, maître des novices, docteur en théologie, supérieur local et provincial, il devint pour tous le “Père Maître”. Grâce à lui, la formation spirituelle et doctrinale des jeunes novices reçut une forte impulsion.

On disait qu’il était la fidèle imitation de s. François d’Assise. Dans sa prière, il invoquait le Père éternel par ces expressions : Amour souverain, Amour immense, Amour éternel, Amour infini. Très dévôt de Marie, il en montrait le rôle maternel dans l’histoire du Salut.

Comme prêtre, il ne s’épargna aucune fatigue pour sauver les âmes, dit un témoin. Il fut un prédicateur de la Parole de Dieu : missions, exercices spirituels, carêmes, neuvaines, à Lucera ou ailleurs. Il s’efforçait, en s’appuyant sur la Sainte Ecriture, d’extirper les vices et les péchés, de planter le bien et de faire pratiquer les vertus, dit un autre témoin. 

Confesseur toujours disponible et accueillant, il espérait pouvoir dire un jour au Seigneur : J’ai été indulgent, c’est vrai, mais c’est Toi qui me l’as appris. Fervent dans la célébration de l’Eucharistie, il s’efforçait d’en inculquer l’amour chez les fidèles, leur conseillant même de la recevoir quotidiennement.

Il aimait rencontrer les pauvres, les malades, les prisonniers, prier avec eux, leur faire passer quelques dons. Par la prière, il obtint de la Providence des secours miraculeux à leur égard. C’est l’évêque qui lui confia la charge de visiter les prisonniers, qu’il allait voir chaque jour, les exhortant à se confier à la miséricorde de Dieu, et assistant aussi jusqu’à la fin les condamnés à mort.

Comme à chaque étape de sa vie, il accepta son ultime maladie comme expression de la volonté de Dieu : La volonté de Dieu, c’est mon paradis

Il mourut le 29 novembre 1742, pleuré par toute la ville qui répétait : Le saint Père Maître est mort.

Dès 1746 l’évêque pouvait en instruire le Procès sur la vie, les vertus et les miracles ; l’héroïcité des vertus fut reconnue en 1891. Francesco Antonio fut béatifié en 1951, et canonisé en 1986.

 

 

Caterina Sordini

1770-1824

 

Caterina naquit à Porto Santo Stefano (Grosseto, Italie centrale) le 17 (ou le 16 ?) avril 1770, quatrième de neuf enfants.

Son père est un riche négociant, excellent chrétien, qui sait utiliser ses richesses pour de bonnes œuvres. Il éduque sa fille dans la Foi, dans une pratique sérieuse et réelle, sans pharisaïsme. L’adolescente est pieuse, certes, mais l’âge la rend quelque peu coquette.

Et voilà qu’à seize ans elle est l’objet de mille promesses de la part d’un riche entrepreneur. Ce dernier lui laisse, avant de s’embarquer pour Constantinople, un coffret plein de bijoux comme pour lui promettre une prochaine demande en mariage.

La jeune fille est bien contente de se parer de toute cette brillance pour aller à la messe le dimanche suivant. Mais son père est là aussi : il la renvoie illico à la maison pour enlever ces bijoux. Elle obéit (peut-être à contre-cœur) et, arrivée chez elle, veut se regarder une fois encore dans le miroir, mais oh ! surprise, elle y voit l’image du Christ couvert des plaies de la passion. En un éclair, Caterina comprend toute la vanité de la richesse, du luxe, des fausses joies éphémères du monde : elle renonce immédiatement à ses «fiançailles» et se promet d’entrer au plus tôt dans un monastère. 

L’occasion s’en présente bientôt. En compagnie de son père, elle fait une visite au monastère des Tertiaires Franciscaines à Ischia di Castro (Viterbe) ; et tandis que son père pensait revenir avec elle à la maison, la voilà qui franchit la clôture, dit adieu à son père et demande son admission immédiate (1789).

Le père n’en revient pas ; c’est peut-être un coup de tête, mais Caterina persiste (et signe) : elle prendra le nom de Maria Maddalena de l’Incarnation et, avec ses dix-neuf ans tout frais, devient une religieuse modèle, au point qu’elle est élue abbesse treize ans plus tard.

Le monastère vit dans une très grande pauvreté, c’est presque le délaissement ; la jeune abbesse lui redonne vigueur et vitalité. Et voilà que les miracles confirment sa sainteté : un jour que la farine manque, sa prière transforme une poignée de farine en une énorme quantité qui pourra nourrir toute la communauté pendant presque un mois. D’autres phénomènes mystiques, une visite du roi de Savoie, rendent déjà célèbre l’abbesse.

Mais elle ne se laisse pas impressionner par ces choses extraordinaires. Elle est captivée par la Présence Eucharistique et songe depuis longtemps à une nouvelle congrégation où les religieuses assureraient une adoration ininterrompue devant Jésus-Hostie, au nom de toute l’humanité.

En réalité, elle avait eu une vision du Christ, dès son entrée dans la monastère, en 1789, où le Christ lui disait l’avoir choisie pour établir une œuvre d’adoratrices perpétuelles.

A cette date, commençaient en France les événements sanglants de la triste Révolution, où périrent tant de prêtres, tant de religieuses.

Maria Maddalena s’assure de l’approbation du pape Pie VII, de bienfaiteurs qui assisteront la nouvelle fondation. Finalement, en mai 1807, elle pénètre dans sa nouvelle demeure, un ancien couvent de carmélites, dédié aux Saints Joachim et Anne, près de la Fontaine de Trevi, à deux pas de la résidence papale de l’époque.

Les Sœurs Adoratrices du Saint-Sacrement se multiplieront vite. Elles seront un moment interdites par les mesures anti-cléricales napoléoniennes, et la Mère Fondatrice sera exilée à Porto Santo Stefano, puis Florence. Mais dans cette Toscane, elle rencontrera quelques jeunes recrues avec lesquelles elle peut revenir à Rome et s’installer à Sainte-Anne du Quirinal en 1814.

En 1818, l’institut est définitivement approuvé par le pape.

Mère Maria Maddalena mourut le 29 novembre 1824 en odeur de sainteté, une sainteté confirmée par de multiples phénomènes extraordinaires qui avaient jonché sa vie.

Le nouveau siège de l’Institut des Adoratrices sera ensuite l’église de Sainte Marie-Madeleine à Monte Cavallo (Rome), où la Fondatrice est ensevelie.

Les Adoratrices sont actuellement dans une douzaine de maisons en Italie, mais aussi présentes en d’autres pays d’Europe, d’Amérique et d’Afrique. Leur habit, une robe blanche avec le scapulaire rouge, est décoré du Cœur Eucharistique.

Mère Maria Maddalena a été béatifiée en 2008.

 

 

Alfredo Simón Colomina

1877-1936

 

Né le 18 mars 1877 à Valencia, Alfredo (ou Anselmo ?) entra dans la Compagnie de Jésus en 1895, à dix-huit ans. Il est regrettable qu’on n’ait rien conservé sur sa famille et sa jeunesse.

D’après des archives de l’université de Salamanque, on a su qu’en 1905, un certain Alfredo Simón y Colomina, de vingt-huit ans, est cité avec mention dans la faculté de Philosophie et Lettres.

Prêtre, il fut nommé recteur du collège Saint-Joseph de sa ville natale.

Il y eut une courte interruption de cette activité, pendant laquelle il fut recteur à Sarria (Barcelone).

Dès 1931, ce collège de Valencia fut la cible des attaques et du vandalisme des républicains, au point d’être fermé plusieurs mois.

Ensuite, la Compagnie de Jésus fut dissoute en Espagne, et le père Alfredo partit pour Rome. A son retour, il reprit quelques activités discrètes, confessant et portant la communion aux malades.

C’est ce qui le fit reconnaître par un milicien et prendre en chasse. Découvert et arrêté, il fut conduit à Las Torres de Quart, où il s’occupa de réconforter les autres prisonniers, et même de conquérir l’amitié des gardiens. Il faisait prier le chapelet à ses compagnons d’infortune.

Le 27 novembre, il put sortir de la prison, mais fut repris deux jours après.

Le 29 novembre 1936, il fut conduit au Picadero de Paterna (Valencia) pour y être fusillé. Certaines sources mentionnent plutôt le lieu-dit El Saler. 

Il y avait avec lui tout un groupe. Le père Alfredo obtint la permission de donner l’absolution à tous, puis il tomba sous les balles.

Soldat du Christ, il le fut jusqu’au bout en versant son sang pour sa fidélité à l’Eglise et à ses vœux, le 29 novembre 1936.

Le père Alfredo fut béatifié en 2001.

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28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 00:00

28 NOVEMBRE

 

I.        

S Sosthène, chef de la synagogue à Corinthe, converti par s. Paul (cf. Ac 18:17).

III.

S Irenarchos, bourreau converti par le courage des chrétiennes, à Sébaste, martyr.

V.        

S Hilaire et son épouse, à Dijon ; quand on enterra l'épouse près de son mari, un an après la mort de celui-ci, il leva sa main droite et embrassa la tête de sa femme.

SS Papianus, Mansuetus, Urbanus, Crescens, Habetdeus, Eustratius, Cresconius, Vicis, Felix, Hortulanus et Florentianus, évêques en Afrique, victimes des Vandales : Papinianus eut le corps brûlé avec des lames de fer rougies au feu, Mansuetus fut brûlé, les autres exilés.

VI.        

S Philippe, évêque à Vienne. 

X.        

S Stéphane le Jeune, moine à Constantinople et martyrisé par les iconoclastes, mort au lendemain du 27, jour où coïncident les deux fêtes ci-dessus mentionnées (Novgorod et Paris).

Ste Teodora, abbesse en Calabre, disciple de s. Nil.

XV.        

S Giacomo Piceni de la Marche, franciscain italien, prédicateur extrêmement actif (jusqu'en Pologne), un des principaux disciples de s. Bernardin de Sienne, pacificateur, thaumaturge (malgré ses prières pour être libéré de ce don) ; il s'éleva contre les emprunts usuraires aux Juifs.

XVI.    

B James Thompson, prêtre anglais martyr ; pendu, il fit encore le signe de la croix.    

XIX.    

S Anrê Trần Văn Trông, tisseur de soie du roi de Cochinchine ; pour avoir refusé de piétiner la croix, il fut décapité ; sa mère l'encourageait à persévérer ; canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.    

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1992, martyrisés près de Madrid :

Hospitaliers : les deux prêtres Mariano Adradas Gonzalo (Juan Jesús) et Vicente Andrés Llop Gaya (Guillermo) (*1878, 1880) ; les sept profès Clemente Díez Sahagún, Juan María Múgica Goiburu (Lázaro), Antonio Meléndez Sánchez (Martiniano), Pedro María Alcalde Negredo, Eduardo Bautista Jiménez, Julián Plazaola Artola, Antonio Hilario Delgado Vílchez (Hilario) (*1861, 1867, 1878, 1878, 1885, 1915, 1918) ; les quatre novices Pedro de Alcántara Bernalte Calzado, Juan Alcalde y Alcalde, Ángel Sastre Corporales, Isidoro Martínez Izquierdo (*1910, 1911, 1916, 1918) ; les deux postulants José Mora Velasco (déjà prêtre, *1886), José Ruiz Cuesta (*1907) ;

- béatifié en 2001 :

Laïcs : près de Valencia, Luis Campos Górriz (*1905), avocat ;

- béatifiés en 2007, martyrisés près de Madrid :

Augustins : les prêtres Sabino Rodrigo Fierro, Avelino Rodríguez Alonso, Benito Alcalde González, Bernardino Álvarez Melcón, Senén García González, Samuel Pajares García, Manuel Álvarez Rego, Balbino Villarroel y Villarroel (*1874, 1879, 1883, 1903, 1905, 1907, 1908, 1910) ; les deux clercs José Peque Iglesias et Lucinio Ruiz Valtierra (*1915) ; les deux profès Juan Baldajos Pérez et Marcos Pérez Andrés (*1872, 1917) ;

Dominicains : le clerc José Prieto Fuentes (*1913) et le profès Juan Herrero Arroyo (*1859) ;

Salésiens : le clerc Justo Juanes Santos (*1912) ; les profès Valentín Gil Arribas et Anastasio Garzón González (*1897, 1908) ;

- béatifiés en 2011, martyrisés près de Madrid :

Oblats de Marie Immaculée : les prêtres Vicente Blanco Guadilla, Francisco Esteban Lacal, Gregorio Escobar García   (*1882, 1888, 1912) ; les convers Ángel Francisco Bocos Hernández, Marcelino Sánchez Fernández, Eleuterio Prado Villaroel  (*1883, 1910, 1915) ; les clercs Justo Gil Pardo (diacre), Juan José Caballero Rodríguez (sous-diacre), Publio Rodríguez Moslares, José Guerra Andrés, Daniel Gómez Lucas, Justo Fernández González, Clemente Rodríguez Tejerina (*1910, 1912, 1912, 1914, 1916, 1916, 1918) ;

- béatifiés en 2013, martyrisés près de Madrid :

Carmes de l’Ancienne Observance : le prêtre Francisco Marco Alemán (Alberto María, *1894) ;

Lasalliens : Ramiro Frías García (Vidal Ernesto, *1906) ;

- béatifiés en 2017 :

Clarétains : à Barcelone, le prêtre Ciril Montaner Fabré (*1873) ;

Lazaristes : à Madrid, les frères Pedro Armendáriz Zabaleta et José García Pérez (*1877, 1915).

Sosthène

1er siècle

 

Sur le nom de ce(s) personnage(s) plane un doute qui n’a pas été dissipé.

Il est question d’un Sosthène dans Ac 18:17, et plus tard dans 1Co 1:1. Personne n’a pu avancer avec certitude qu’il s’agît d’un seul et même personnage, ou de deux.

Dans les Actes des Apôtres, Sosthène est le chef de la synagogue, qui est battu de verges par ses propres coreligionnaires au terme d’une dispute doctrinale, après la prédication de Paul.

Saint Jean Chrysostome commente que Sosthène se serait converti en écoutant Paul, ce qui déplaisait fortement aux Juifs de Corinthe. Après l’épisode de la flagellation, il aurait accompagné Paul dans son voyage.

Certaines traditions orientales le font évêque de Colophon, une ville aujourd’hui disparue, non loin d’Ephèse, et dont les ruines se trouvent sur la côte occidentale de la Turquie d’Asie. Il y serait mort.

Autrefois notre Martyrologe le mentionnait le 28 novembre, mais par manque de preuves historiques solides, ne l’a pas retenu dans la dernière édition.

 

 

 

 

Irenarchos de Sébaste

298

 

Nous sommes à Sébaste (Arménie, auj. Sivas, Turquie), où vivait Irenarchos durant le règne de Dioclétien.

Initialement, il eut à s’occuper des Chrétiens prisonniers. Un jour qu’il se trouvait devant sept femmes qu’on torturait, il fut frappé de la constance de celles-ci qui, malgré leur grande faiblesse, continuaient à confesser le Christ, pour la grande confusion du persécuteur.

D’un coup, Irenarchos fut illuminé par la grâce et confessa hardiment sa foi au Christ.

On le tortura avec le feu, puis on le décapita, en même temps que les sept femmes dont il fut question ci-dessus.

Ce devait être en 298.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Irenarchos de Sébaste au 28 novembre.

 

 

Evêques d’Afrique (Onze)

5. siècle

 

En juin 429, débarqua en Afrique l’arien Genséric et ses Vandales. Ce furent d’abord pillages et destructions, auxquels s’ajouta bientôt une persécution violente contre les Catholiques.

Des églises furent confisquées pour servir au culte des ariens. Des évêques furent torturés, par haine contre l’Eglise mais aussi pour leur extorquer, soi-disant, l’or et l’argent qu’ils cachaient.

Après Genséric, son fils Hunéric reprit la persécution. Après la conférence de février 484 à Carthage, les évêques catholiques furent contraints de rester sur place et de subir toute sorte de mauvais traitements. On leur présenta un parchemin qui contenait, disaient-ils, une formule qu’on leur demandait de signer. S’ils tenaient parole, ils seraient libres. Hortulanus rétorqua qu’ils n’étaient pas des bêtes, pour signer et jurer sans connaître les termes de la formule. On la leur montra : ils devaient s’engager à soutenir le fils d’Hunéric et à ne pas écrire de lettres pour l’étranger.

Certains évêques finirent par signer, mais furent quand même relégués dans des fermes pour avoir désobéi à l’Evangile qui interdit de jurer.

Ceux qui refusèrent de signer, furent exilés en Corse pour avoir refusé d’avoir pour roi le fils d’Hunéric.

On le voit, les évêques dont il va être question ne furent donc pas tous mis à mort, ni la même année. Certains moururent en exil. En voici onze, nommément cités par les auteurs. Les deux premiers furent exécutés en 430, les sept suivants furent exilés en 453, les deux derniers souffrirent sous Hunéric, en 484.

 

  • Papinianus, évêque de Vite, eut le corps grillé avec des lames de fer rougies au feu ; c’était au moment où la ville d’Hippone fut assiégée (son évêque était s.Augustin, v. 28 août).
  • Mansuetus, évêque d’Uruci, fut brûlé par le feu.
  • Urbanus, évêque de Girba.
  • Crescens, évêque de Byzacène ; il était primat de cent-vingt évêques.
  • Eustratius, évêque de Sufès.
  • Cresconius, évêque d’Oea.
  • Vicis, évêque de Sabrata.
  • Felix, évêque de Hadrumète.
  • Habetdeum, évêque de Teudala.
  • Hortulanus, évêque de Bennefa.
  • Florentianus, évêque de Midila.

On restera admiratif en voyant le nombre élevé d’évêques présents dans cette Afrique du Nord chrétienne, qui allait être quasi éliminée par les invasions islamiques.

Le Martyrologe Romain mentionne ces saints évêques au 28 novembre.

 

 

Stephanos le Jeune

715-765

 

Né vers 715 à Constantinople, de Gregorios et d’une excellente chrétienne nommée Anna, Stephanos eut aussi deux sœurs.

Devenu à seize ans moine au Mont-Saint-Auxence (Chalcédoine, Bythinie), il se posa en ferme opposant au courant iconoclaste imposé par l’empereur Constantin Copronyme.

A la mort de son père, il se rendit à Constantinople, vendit tous les biens de la famille et retourna au monastère, emmenant sa mère et une de ses sœurs, Théodota, qui entrèrent au monastère de Trikhinaréai. L’autre sœur de Stephanos était déjà moniale.

En 745-746, Stephanos devint supérieur de la communauté.

En 753 eut lieu un «concile» qui condamnait le culte des Saintes Images. Neuf ans plus tard, l’empereur fit demander à Stephanos de signer les canons, ce que refusa fermement le pieux moine. Il fut alors enfermé pendant six jours dans un autre monastère.

On essaya de le compromettre en faisant comparaître une femme toute nue, devant l’empereur qui voulait la forcer à «avouer» que Stephanos avait eu des relations coupables avec elle ; la pauvre femme résista, jusqu’à devoir être flagellée à coups de nerfs de bœuf et reléguée sans assistance au fond d’un monastère. Elle mourut sans doute de faim et d’épuisement. Puis l’empereur fit incendier le monastère de Stephanos.

Stephanos fut traîné, avec mille insultes et mille mauvais traitements, au monastère de Chrysopolis près de Constantinople, où il demeura dix-sept jours, refusant la bonne nourriture que l’empereur lui faisait porter. Même des prélats venaient l’inviter à «signer», Stephanos les renvoya en les injuriant, dit le récit de sa Vita.

Il fut alors expédié dans l’île Procomnèse (Mer de Marmara), où purent le rejoindre les moines de sa communauté, dont le monastère avait été incendié ; sa mère et sa sœur vinrent le visiter. De septembre 762 à décembre 763, Stephanos continua à enseigner et prêcher la Vérité, appuyant sa parole par des miracles et des conversions.

L’empereur convoqua Stephanos au palais impérial pour l’interroger. Stephanos exhiba une pièce de monnaie portant l’effigie de l’empereur. Et d’ajouter : Si l’on doit châtier celui qui la foulerait, quelle peine horrible alors méritera celui qui piétinera l’effigie du Christ et de sa Mère ? Il piétina alors la pièce ; les courtisans voulaient le jeter du haut de la terrasse, mais l’empereur le fit enfermer pour le juger selon la loi.

Dans cette prison, Stephanos retrouva plusieurs centaines de moines mutilés de toutes les manières pour leur opposition à l’iconoclasme : oreilles coupées, nez coupé, yeux crevés, cheveux rasés, barbe enduite de poix et brûlée, mains ou bras coupés… Stephanos les exhorta et tous ne firent qu’une voix pour chanter les louanges de Dieu comme dans un nouveau monastère.

On le rapporta à l’empereur. il tenta encore une fois de flatter Stephanos par de fausses promesses. Stephanos refusa encore et toujours. L’empereur commençait à «perdre patience». Des officiers prirent les devants et allèrent chercher le saint moine. Indignement malmené, il fut tué dehors avec une pièce d’une pompe à incendie. La populace traîna le cadavre par la ville, mutilé, éventré ; les enfants le lapidaient.

C’était le 20 ou le 28 novembre 765.

Saint Stephanos le Jeune est commémoré le 28 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Teodora de Rossano

910-980

 

Teodora naquit vers 910 dans la province de Cosenza (Calabre, Italie SO), de parents pauvres, Eusebio et Rosalia.

Dans sa jeunesse, elle montra son grand cœur en pratiquant des œuvres de charité.

Elle fut une disciple de s.Nilo le Jeune (v. 26 septembre) et entra au monastère Saint-Opoli, appartenant à l’ordre de s.Basile.

Un certain Eusebio (différent du père de Teodora), fit don à Nilo d’une propriété pour construire un nouveau monastère, dédié à sainte Anastasie. C’est alors que Nilo nomma Teodora abbesse.

Le bruit de ses vertus, de sa vie austère, attira des vocations.

Teodora mourut vers 980. Elle avait en effet soixante-dix ans.

Le monastère Sainte-Anastasie est maintenant l’Oratoire San Marcos. C’est le monument le plus ancien de Rossano.

Sainte Teodora de Rossano est commémorée le 28 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

Domenico Gangale de la Marche

1393-1476

 

Domenico Gangale naquit vers 1393, un 1er septembre, à Monteprandone (Marches, Italie), de Antonio Gangale et Antonia Rossi, des gens assez pauvres.

Bientôt orphelin de père, Domenico commença à étudier à Offida sous la direction d’un oncle prêtre qui ensuite l’envoya étudier à Ascoli Piceno, puis Domenico fut reçu docteur en droit civil à Pérouse.

Il travailla à Florence comme notaire, à Bibbiena comme juge dans des affaires de sorcellerie.

Après avoir pensé devenir chartreux, il fut conquis par l’idéal de saint François d’Assise et, en 1416, il entra chez les Frères Mineurs d’Assise, prenant le nom de Giacomo (Jacques) au moment où il reçut l’habit que lui avait taillé un futur grand Saint, Bernardino de Sienne (v. 20 mai).

Après le noviciat à Assise, il étudia à Fiesole (Florence), où son professeur fut encore Bernardino de Sienne ; on comprend pourquoi il lui resta toujours très attaché et très reconnaissant.

Sa chère maman mourut en 1421. Il fut ordonné prêtre en 1422. Commença alors pour lui une activité de prédicateur qui le conduisit en Europe centrale et dans toute l’Italie.

L’Europe centrale l’occupa de 1432 à 1440. Il prêcha en Bosnie, en Hongrie et en Autriche, et fonda deux monastères en Bohême, trois en Hongrie et trois en Autriche. Il lutta pour faire observer au clergé le célibat. En 1438, il assista au concile de Ferrare, sur l’invitation du pape, qui l’envoya bien vite en Hongrie pour rétablir la paix entre Hongrois et Allemands. De l’Europe centrale, il fit aussi un voyage jusqu’en Scandinavie.

L’Italie l’occupa bien davantage, de 1440 à 1476. Pendant plus de trente ans, il parla tous les jours.

Après avoir prêché à Padoue, il demanda à partir en Orient, mais la maladie lui fit rebrousser chemin à Chypre. En 1443, il prêchait la croisade à Aquilée comme nonce apostolique. Le chapitre de Padoue lui fut particulièrement douloureux. Il eut le réconfort de revoir s.Giovanni de Capistrano et s.Bernardin de Sienne, quelques jours avant d’apprendre mystiquement la mort de ce dernier après l’avoir quitté. Puis ce furent les provinces de l’Ombrie et des Marches, un nouveau passage en Hongrie, Ascoli, Naples, L’Aquila…

Le pape, inquiet de sa santé, lui intima l’ordre de manger de la viande et des laitages même aux jours de jeûne et abstinence, car sa santé «était d’utilité publique». Giacomo en effet jeûnait chaque jour, faisait sept carêmes chaque année, s’imposait la discipline la nuit, et priait un rosaire entier le jour ; pendant près de vingt ans, il porta un cilice. Il supplia Notre-Dame de Lorette de le délivrer d’une cruelle tentation de la chair qui durait depuis trente années, et fut exaucé.

A la suite de saint Bernardin de Sienne, Jacques prêchait intensément la dévotion au Saint Nom de Jésus. A L’Aquila, il allégua quelque soixante miracles obtenus par l’invocation de ce Saint Nom, citant avec une mémoire impressionnante, les généalogies des personnes guéries jusqu’à cinq générations.

A sa descente de chaire, on le pressait tellement pour obtenir le Nom de Jésus écrit de sa main, qu’il aurait pu être étouffé par la foule si on ne l’avait pas tout de suite mis à l’abri à l’évêché.

Plusieurs fois, des hérétiques l’attaquèrent, l’empoisonnèrent, le firent mettre en prison. A Foligno, Giacomo condamna violemment les emprunts usuraires aux Juifs. Il créa des Monts de Piété pour soulager les débiteurs.

Il faut dire aussi que Giacomo réussit à apporter la paix entre les deux branches franciscaines des Osservants et des Conventuels.

Il eut le don des miracles, tellement qu’il pria - mais vainement - que ce don lui fût retiré. Son secrétaire et futur biographe attesta l’avoir vu libérer plus de trente possédés.

Signalons son obéissance : un jour qu’il levait son verre à table, lui arriva l’ordre papal de partir en Hongrie ; il partit sans boire.

En 1460, il refusa d’être nommé évêque de Milan, préférant continuer à prêcher.

Souffrant de beaucoup d’infirmités, il reçut six fois le sacrement des malades. Quand il se vit vraiment au bout de sa course, à Naples, il ne cessait d’invoquer Jésus et Marie.

Domenico Gangale, si connu comme Giacomo de la Marche, mourut le jeudi 28 novembre 1476 ; il fut béatifié en 1624, canonisé en 1726.

 

 

James Thompson

? -1582

 

James naquit à ou près de York (Angleterre), une ville où il vécut presque toute sa vie.

En 1580, il arriva au Collège anglais de Reims pour se préparer au sacerdoce.

Par une disposition exceptionnelle, malgré sa mauvaise santé et ses études incomplètes, il fut ordonné prêtre dès 1581, et même reçut les sept degrés de l’ordination en l’espace de douze jours. A l’époque en effet, et jusqu’à une récente période, les clercs, après leur tonsure, recevaient quatre ordres mineurs (portier, lecteur, exorciste, acolythe) et trois ordres majeurs (sous-diaconat, diaconat, prêtrise), qui devaient être reçus à certains  intervalles de temps. 

James, lui, fut même tout de suite envoyé en mission dans son pays : arrivé le 10 août 1582, il fut arrêté… le lendemain, à York.

Convoqué devant le Conseil, il reconnut - à la stupéfaction générale - qu’il était «déjà» prêtre, alors qu’il ne s’était pas même absenté une année. On lui mit une double chaîne de fer et le conduisit en prison, jusqu’à épuisement de l’argent qu’il avait, puis au château.

Le 25 novembre, il fut amené au Tribunal, et condamné pour haute trahison.

Le 28 novembre 1582, il souffrit le martyre au Knavesmire, avec grande joie et tranquillement, proclamant qu’il n’avait jamais comploté contre la Reine et qu’il mourait dans et pour la foi catholique.

Pendant la pendaison, il éleva ses deux bras vers le ciel, se frappa la poitrine avec la main droite et fit encore le signe de la croix.

Contrairement à «l’habitude», il ne fut ni éviscéré ni écartelé, mais enterré sur place.

Son culte a été reconnu en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Anrê Trần Văn Trông

1814-1835

 

Anrê (André) était né vers 1814 à Kim Long (Phu Xuan, Hue, Vietnam), fils unique de parents déjà chrétiens.

A quinze ans, il «perdit» son père et, pour vivre, alla travailler parmi les tisseurs du roi. Quand la journée de travail, harassante, était finie, il allait pêcher dans la rivière, pour méditer dans la nature. 

Son salaire étant trop maigre, il se vit contraint de s’enrôler dans l’armée, à vingt ans. Il avait ensuite été arrêté en janvier 1834 avec ses collègues chrétiens et sommé d’apostasier sous la torture.

Sur la douzaine ainsi maltraités, plusieurs avaient cédé. Mais Anrê persévéra. Invité à piétiner la croix, il refusa. Il resta environ deux ans en prison, toujours inébranlable, trouvant sa force intérieure dans sa confiance totale en Marie, la mère du Christ. Il finit même par conquérir l’amitié des gardiens, grâce auxquels il put enfin aller (sous escorte) trouver un prêtre pour se confesser et recevoir l’Eucharistie. Mais pour ne pas compromettre ce dernier, Anrê s’adressa aux gens de l’endroit dans son dialecte. Il put enfin se rapprocher le plus possible de son village, et passer la nuit chez sa mère, qui étreignit fortement son grand garçon, dont elle était si fière. Puis Anrê, maintenant sa promesse, retourna à sa prison. 

L’audience finale devait avoir lieu le 28 novembre. On proposa un repas à Anrê, qui préféra rester à jeun. A la fin, on le renvoya (sous escorte) dans son propre pays, pour y subir la décapitation sous les yeux de sa famille.

L’évêque Mgr Etienne-Théodore Cuenot (voir au 14 novembre), écrivit ce petit compte-rendu : 

Le 28 novembre {1835}, le roi a fait trancher la tête d’un jeune chrétien de la ville royale en prison depuis deux ans pour refus d’apostasie.

En effet, Anrê fut exécuté à cette date, à An Hòa (Hue). Il avait vingt-et-un ans. Sa mère se présenta et avança sa robe pour recevoir respectueusement la tête de son fils martyr. Elle avait accompagné son fils le long du trajet, sans pleurer, calme et intérieurement heureuse de la gloire prochaine d’Anrê.

Anrê a été béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

Juan Herrero Arroyo

1859-1936

 

Né le 24 mai 1859 à Barriosuso de Valdivia (Palencia), il fut baptisé le lendemain, et confirmé en 1861.

Il grandit dans les pâturages de la campagne, sans grande formation intellectuelle.

Il entra chez les Dominicains de Ávila, professa en 1881, et fit l’édification des communautés où il passa : Ávila, Ocaña (1900), San Gervasio de Barcelone où il vécut la Semaine Tragique en 1909.

En 1912, il fut dans la première communauté de la nouvelle maison de La Mejorada (Valladolid), revint à Ocaña en 1918, passa à Santa María de Nieva (Segovie) en 1931, finalement à la procure de la Pasión (Madrid) en 1936. 

Partout on lui confia la confection des vêtements, la cuisine, et d’autres tâches matérielles, qu’il accomplissait humblement, discrètement, toujours avec le sourire et avec amabilité.

En juillet 1936, la maison fut occupée par les miliciens, qui le surveillèrent de près, menaçant ceux qui voulaient lui vendre de la nourriture. Il fut contraint de gagner son pain en lavant le linge des voisins. Naïvement, il se présenta à la Direction Générale de Sécurité pour demander de l’aide.

L’aide, ce fut l’emprisonnement à San Antón, le 29 octobre 1936, et le martyre le 28 novembre suivant, à Paracuellos de Jarama. Le Frère Juan avait soixante-dix-sept ans.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Clemente Díez Sahagún

1861-1936

 

Clemente était né le 23 novembre 1861, fête de saint Clément, à Fuentes de Nava (Palencia, Espagne), et reçut le lendemain au baptême le nom de ce saint pape.

A vingt-cinq ans, malgré la résistance de son père, il entra dans l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu et fit les vœux en 1887.

Il fut à Ciempozuelos (Madrid), Sant Boi de Llobregat (Barcelone), Palencia, Santa Águeda de Mondragón. Après une période à Mexico, il revint en Espagne à Barcelone, Málaga, Saragosse.

Il reçut de multiples expressions de reconnaissance pour son travail excellent.

En 1936, il était le doyen de la communauté de Ciempozuelos qui fut arrêtée le 7 août, et un des sept profès de ce groupe de quinze Religieux, martyrisés le 28 novembre 1936 et béatifiés en 1992.

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs)

 

 

Juan María Múgica Goiburu

1867-1936

 

Juan María était né et fut baptisé le 5 avril 1867, à Idiazábal (Guipúzcoa, Espagne).

Il entra dans l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu à dix-neuf ans et prit le nom de Lázaro lors de sa profession en 1887.

Il exerça à Ciempozuelos (Madrid), Sant Boi de Llobregat (Barcelone), Santa Águeda de Mondragón (Guipúzcoa), Palencia, Pamplone, Carabanchel Alto (Madrid) et Séville.

Il était retiré dans la communauté de Ciempozuelos, qui fut arrêtée le 7 août 1936. Dans la prison San Antón, il souffrit beaucoup des blasphèmes que les gardiens faisaient exprès de proférer.

En quittant ses Confrères pour aller être fusillé, il pleurait abondamment, mais se ressaisit et reprit son sourire.

C’était un des sept profès de ce groupe de quinze Religieux, martyrisés le 28 novembre 1936 et béatifiés en 1992.

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs)

 

 

Juan Baldajos Pérez

1872-1936

 

Né le 30 mars 1872 à Palencia de Blas et Eulogia, Juan fut baptisé le 1er avril.

Il entra dans l’Ordre des Augustins, fit le noviciat à Valladolid et la profession en 1893, comme Frère.

Toute son activité fut l’accueil et l’économat, à l’Escorial puis à Ronda de 1903 à 1917, et de nouveau à l’Escorial.

Le 20 juillet 1936, la maison fut prise d’assaut. Le frère Juan fut arrêté le 6 août, et fut incarcéré à San Antón.

Le 28 novembre 1936, on appela son nom. Il embrassa chacun de ceux qui étaient présents, demanda pardon pour ses fautes ou les désagréments qu’il avait pu leur causer et acheva avec ces mots : Dans l’Eternité !

Le frère Juan et onze Compagnons furent emmenés à Paracuellos de Jarama, où on les fusilla.

Ces Martyrs furent béatifiés en 2007.

 

 

Ciril Montaner Fabré

1873-1936

 

Né le 16 février 1873 à Vilanova i La Gertrú (Barcelone), il était le cinquième des sept enfants de Juan et Bernardina, trois garçons et quatre filles. Il fut baptisé le 23 février et confirmé en 1878.

Sa mère surtout lui prodigua sa première éducation chrétienne, puis l’école du village de La Secuita (Tarragona), où la famille s’installa bientôt ; il reçut la Première communion en 1884 et commença… à enseigner le catéchisme à ses camarades, à ceux du moins qui n’avaient pas l’habitude où la possibilité de fréquenter l’école. De retour à Vilanova i La Gertrú, il fréquenta l’école des Piaristes, passa le baccalauréat et entra au Grand séminaire de Barcelone, bénéficiant d’une bourse.

Ses études de philosophie au séminaire furent brillantes et il se mérita de nombreuses mentions Meritissimus ; peu à peu germa en lui le désir d’être plus largement missionnaire sans être enfermé dans une paroisse, et il se rapprocha des Clarétains ; il entra au noviciat de Cervera en 1895-1896. Bien sûr, il était plus âgé que les jeunes novices, mais il s’incorpora humblement dans les rangs et fit la profession en 1897.

Son enthousiasme était à son comble. Il fit remarquer que les initiales de son nom (CMS) correspondaient à celles de Cordis Mariæ Filius (Fils du Cœur de Marie). Il fit alors la théologie à Santo Domingo de la Calzada, où il fut en même temps responsable de le salle d’étude. Il reçut enfin l’ordination sacerdotale le 29 juin 1902 ; on pourra remarquer avec grand intérêt que, ce jour-là, l’évêque ordonna quarante-trois prêtres !

Le p.Ciril fut d’abord envoyé à Barbastro et, dès 1904, il fut envoyé aux missions de Guinée Espagnole, à Fernando Póo ; il devait y rester jusqu’en 1915, développant beaucoup d’activités au service de la population et ne ménageant pas ses forces. En 1911 seulement, il prit quelques «vacances» aux Canaries ; mais il ne put voir l’achèvement de la construction de la nouvelle cathédrale, car il dut revenir en Espagne : il était vraiment à bout de forces, mais récupéra vite à Barcelone.

Il continuait à suivre les missions, intervenant même auprès de la Reine pour des problèmes graves de le Guinée.

En 1916, il fut nommé supérieur de Calatayud, mais il était fatigué ; ses activités se réduisirent à des retraites et au confessionnal. Ensuite, il fut nommé supérieur en d’autres maisons : Gracia (Barcelone), Vic, Solsona, La Selva del Campo, de nouveau Gracia, jusqu’en 1936.

Le 18 juillet 1936, tandis que toute la communauté cherchait à se disperser et se réfugier chez des amis, le p.Ciril préféra conserver sa soutane et rester auprès des malades. Le 19, on l’arrêta et, après un court passage au commissariat, on le relâcha dans la rue. Le 20, il trouva refuge dans une famille d’amis, qui avaient déjà hébergés d’autres Religieux : le mari, Antonio Doménech, s’était converti de l’anarchisme et était maintenant un fervent chrétien. Le p.Ciril continua son travail sacerdotal, en consolant, en réconfortant, en confessant.

Jusqu’à la mi-novembre, il put célébrer la Messe, parfois même la chanter. Vers le 15, il offrit à Dieu et à Jésus-Sacrement sa vie, s’Il voulait bien l’accepter, pour l’Eglise et pour l’Espagne.

Le 25 novembre à trois heures du matin, de violents coups retentirent contre la porte. Comment les avait-on repérés ? Justement parce qu’ils avaient pris quelques précautions supplémentaires, cela sembla suspect et dénoncé au Comité. Le p.Ciril s’habilla rapidement, confia l’Euchariste à la maîtresse de maison - qui la cacha sous ses habits. Il y eut une perquisition en règle et les miliciens emmenèrent le Père et Antonio Doménech, annonçant : Juste quelques déclarations et ils reviennent.

On les emmena au centre Colón, où ils furent longement interrogés. Il était quatre heures du matin. Vers midi, le Père put revenir chercher son bréviaire, sous escorte ; la maîtrese de maison observa qu’il était très pâle et qu’il devait avoir beaucoup souffert. Et quand elle lui demanda où on l’emmenait, il leva les yeux au ciel, sans rien dire et remonta dans la voiture des miliciens. A dix-huit heures, on transféra le Père et Antonio à la prison San Elías - d’où l’on ne sortait jamais sinon pour être fusillé.

Le soir du 28 novembre 1936 (ou peut-être peu après minuit), on les fusilla tous deux au cimetière de Moncada.

Béatifié en 2017, Ciril Montaner Fabré sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 28 novembre.

 

 

Sabino Rodrigo Fierro

1874-1936

 

Sabino naquit le 7 décembre 1874 à Cerezal (León) de Tomás et María, et fut baptisé le 9.

Il entra dans l’Ordre des Augustins et fit la profession en 1890 à Valladolid.

En 1896, il enseignait déjà au Collège de l’Escorial.

Il fut ordonné prêtre en 1897 et passa la licence en Sciences Naturelles.

En 1908 il était professeur à Guernica et, de 1916 à 1936, au collège de la rue Valverde à Madrid.

Le 20 juillet 1936, la maison fut prise d’assaut, le père Sabino fut conduit, comme les autres, à la prison Modelo, puis à celle de San Antón.

Le 28 novembre 1936, le père Sabino et onze Compagnons furent emmenés à Paracuellos de Jarama, où on les fusilla.

Ils furent béatifiés en 2007.

 

 

Pedro Armendáriz Zabaleta

1877-1936

 

Né et baptisé le 29 avril 1877 à Iracheta (Navarre), Pedro était le fils de Santiago et Gregoria.

Il entra en 1900 dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens) et fit la profession à Madrid en 1901 comme frère convers.

Les maisons où il vécut furent Madrid, Valdemoro, Cuenca ; Hortaleza à partir de 1929.

Le Frère s’occupait de l’écurie, des vaches, du lait. Il se levait le matin une demi-heure plus tôt que les autres pour avoir le temps de traire. Progressivement, lui vinrent aux pieds et aux jambes des plaies, qu’il supporta avec grande patience.

Dès le 20 juillet 1936, il fut expulsé de la maison et transféré avec ses Confrères à la prison Modelo de Madrid, le soir du 22 juillet. Il y resta jusqu’au 16 novembre, jour où on le fit passer à un collège des Piaristes réquisitionné pour servir de prison ; il y resta jusqu’au 27 novembre. Ce soir-là, on appela un grand nombre de prisonniers pour, comme on disait, les mettre en liberté, c’est-à-dire pour les fusiller.

Le frère Pedro fut donc fusillé au petit matin du 28 novembre 1936 à Paracuellos de Jarama (environs de Madrid).

Béatifié en 2017, Pedro Armendáriz Zabaleta sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 28 novembre.

 

Antonio Meléndez Sánchez

1878-1936

 

Antonio était né le 15 janvier 1878, à Málaga (Espagne), et fut baptisé sans doute le 17, en la fête de l’abbé saint Antoine, dont il reçut le nom.

Il fut accueilli petit au jardin d’enfants de San Bartolomé (Málaga) et entra à quinze ans dans l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, où il fit la profession en 1896 et prit le nom de Martiniano.

Il répétait souvent sa devise : Prie et travaille (Ora et labora, la devise des Bénédictins), ce qu’il mit en pratique partout où il passa : Ciempozuelos (Madrid), Grenada, Santa Águeda de Mondragón (Guipúzcoa), La Línea de la Concepción (Cadix), Séville, Valencia, Palencia, Málaga, Carabanchel Alto (Madrid) et Jerez de la Frontera (Cadix).

Il fut souvent portier, ce dont il profitait pour faire du bien aux pauvres qui frappaient.

Il ne put réaliser son rêve de devenir prêtre, parce que les Supérieurs ne lui trouvaient pas une assez bonne santé, et aussi en raison de sa vue mauvaise. A voir les multiples postes qu’il occupa, ce n’est pas sa santé qui l’empêcha de faire du bien autour de lui.

En 1936, il était à Ciempozuelos et fut arrêté le 7 août.

C’était un des sept profès de ce groupe de quinze Religieux, martyrisés le 28 novembre 1936 et béatifiés en 1992.

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs)

 

 

Mariano Adradas Gonzalo

1878-1936

 

Mariano était né le 15 août 1878 (d’où son prénom) à Conquezuela (Soria, Espagne) et fut baptisé le 18.

Aidé par son frère aîné, il entra au séminaire et fut ordonné prêtre en 1903. 

Préparant le doctorat à Saragosse, il connut l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, s’y agrégea et fit la profession en 1905, avec le nom de Juan Jesús.

Il fut aumônier à Palencia, Sant Boi de Llobregat (Barcelone), Grenade. Fondateur de la maison de Ciempozuelos, il fut maître des novices et provincial.

Il fut arrêté avec toute sa communauté le 7 août 1936. En prison, il continuait son action sacerdotale, écoutant, confessant, conseillant, encourageant.

C’est un des deux prêtres de ce groupe de quinze Religieux, martyrisés le 24 novembre 1936 et béatifiés en 1992.

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs)

 

 

Pedro María Alcalde Negredo

1878-1936

 

Pedro était né le 26 novembre 1878, à Ledesma (Soria, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Il était devenu confiseur et se maria en 1902, mais fut veuf l’année suivante.

Visitant les malades, il connut l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu et y entra pour se dédier aux malades. 

Comme Frère, il fut dans différentes communautés : Ciempozuelos et Carabanchel Alto (Madrid), Grenade, Sant Boi de Llobregat (Barcelone), Gibraltar.

Il souffrit longtemps de problèmes gastriques, qu’il supporta patiemment.

Il se trouvait à nouveau à Ciempozuelos en 1936, lorsque toute la communauté fut arrêtée et mise en prison à San Antón. Inutile de dire combien ses problèmes gastriques s’accentuèrent douloureusement durant les quatre mois de détention qu’il souffrit.

Appelé le 28 novembre, il embrassa ses Compagnons en leur disant : Allons vers ce que Dieu veut.

C’était un des sept profès de ce groupe de quinze Religieux, martyrisés le 28 novembre 1936 et béatifiés en 1992.

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs)

 

 

Avelino Rodríguez Alonso

1879-1936

 

Avelino naquit le 9 novembre 1879 à Santiago Millas (León) et fut baptisé le 10, de Bernardo et María de la Concepción.

Après le séminaire de Astorga, il entra dans l’Ordre des Augustins, à l’Escorial, et fit la profession en 1897.

Il fut ordonné prêtre en 1904 et passa la licence en Droit.

De 1904 à 1930, il fut professeur au Collège Royal de Ronda (Málaga) puis à celui de l’Escorial.

En 1933, il fut nommé Prieur provincial, et résidait à Madrid.

Le 20 juillet 1936, la maison fut prise d’assaut, le père Avelino fut conduit, comme les autres, à la prison Modelo. En tant que supérieur, il s’était senti responsable de tous les membres de la communauté et, quand un cousin lui offrit de le (faire) libérer, il répondit qu’il partirait seulement lorsque tous les autres seraient partis avant lui.

Le 14 novembre, on le transféra à la prison de San Antón, où il subit un simulacre de «jugement», au terme duquel il fut condamné à mort pour le grave crime d’être religieux.

Le 28 novembre 1936, le père Avelino, nu et les menottes au main, et ses onze Compagnons furent emmenés à Paracuellos de Jarama.

Avant l’instant final, il obtint de pouvoir saluer un à un ses Compagnons, les embrassa et leur donna l’absolution sacramentelle. Puis il s’adressa aux bourreaux et leur dit : Nous savons bien que vous nous tuez parce que nous sommes catholiques et religieux. Nous le sommes en effet. Nous vous pardonnons tous. Vive le Christ Roi !

Les onze furent fusillés et furent béatifiés en 2007.

Vicente Andrés Llop Gaya

1880-1936

 

Vicente était né le 10 novembre 1880 à Villareal (Castellón, Espagne) et fut baptisé le lendemain. 

Des six enfants, trois devinrent religieux, dont lui-même.

Après avoir fréquenté le collège tenu par les Franciscains, il entra dans l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu en 1898, fit la profession en 1899 et prit le nom de Guillermo.

Il fut à Barcelone, Gibraltar, Ciempozuelos (Madrid), Santa Águeda de Mondragón (Guipúzcoa), Pamplona, Sant Boi de Llobregat (Barcelone) et Carabanchel Alto. Mais il fut aussi en Italie (Rome, Frascatti) et au Chili (Santiago).

C’est en Italie qu’il rencontra le père Pio de Pietrelcina (voir au 23 septembre), qui lui prédit qu’il serait martyr.

Ingénieux, éloquent, sympathique, il avait de nombreuses qualités. Il eut la charge de supérieur et de provincial. Il était supérieur à Ciempozuelos en 1936.

Il fut arrêté avec toute la communauté le 7 août. En prison à San Antón (Madrid), il continuait de parler de Dieu avec ses voisins ; les gardiens l’invectivaient : Hé, bandit, tu n’en as pas encore perverti assez au couvent, que tu continues encore à enseigner des bêtises ici ?

Quand on l’appela au matin du 28 novembre 1936, il s’exclama : Voilà, je suis prêt.

C’est un des deux prêtres de ce groupe de quinze Religieux, martyrisés le 28 novembre 1936 et béatifiés en 1992.

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs)

 

 

Vicente Blanco Guadilla

1882-1936

 

Vicente naquit le 5 avril 1882 (fête de saint Vicente Ferrer), de Hilario et Lucía, d’humbles ouvriers, très chrétiens, à Frómista (Palencia, Espagne) et reçut le nom de ce grand apôtre espagnol (voir au 5 avril).

Très vite il fréquenta avec plaisir le curé de la paroisse, ainsi que l’aumônier des Sœurs de la Sainte Famille de Burdeos, et c’est sans doute à travers elles qu’il connut les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée (OMI).

En 1895, il entre au petit séminaire de Notre-Dame du Soto (Santander), tout récemment ouvert par les pères OMI, et qui fut transféré deux ans plus tard à Urnieta (Guipúzcoa), où Vicente fait ses études secondaires.

Ceux qui le connurent ont dit qu’on remarquait déjà dans ce garçon sa rectitude et son ferme désir de devenir religieux et missionnaire. Sa dévotion mariale se développait, il ne se séparait pas de son chapelet, qu’il avait appris déjà à prier en famille.

Durant les vacances, il savait aider les uns et les autres, mais surtout aider ses parents qui n’avaient pas de grands moyens.

A dix-huit ans, le 14 août 1900 (veille de l’Assomption), Vicente est envoyé au noviciat français de Notre-Dame de l’Osier (Isère), où il fait les premiers vœux un an plus tard, le 15 août 1901. De ce novice, on dit qu’il était très docile, très généreux et dévoué, modeste, réservé, équilibré, très convaincu de sa vocation et pénétré d’un grand amour pour sa famille religieuse.

Puis on l’envoie à Rome pour ses études sacerdotales ; c’est là qu’il émet les vœux perpétuels, et qu’il est ordonné prêtre en 1906.

Au moment où il va recevoir sa première fonction, on le note comme très régulier, d’un profond esprit religieux, d’une piété solide, d’un jugement droit, parfois un tantinet sévère, d’une volonté ferme mais pas entêtée, d’un caractère bon et dévoué.

Revenu en Espagne, il est professeur et directeur du collège de Urnieta, puis maître des novices à Urnieta et Las Arenas (Biscaye), pendant huit années.

De ces huit années, un témoin écrivit : Huit générations de novices l’ont connu ; il en reçut une vénération unanime, pleine de respect et d’estime ; ce religieux était sans vulgarité, mais bien pénétré de grandes vertus, surtout de prudence, de profonde piété, plein de zèle et tout donné aux intérêts de la Congrégation, plein d’amour pour l’Eglise, austère et très courageux, en même temps que très humble, exigeant pour lui-même et indulgent pour les autres… C’était un exemple vivant et stimulant pour toute la communauté. D’ailleurs, on l’appelait le saint père Blanco.

Ses derniers novices l’accompagnèrent ensuite au scolasticat de Pozuelo où il fut nommé supérieur en 1932.

Toutes ces charges importantes ne l’empêchaient pas d’exercer aussi le ministère pastoral, dans les paroisses ou communautés avoisinantes.

Le 18 juillet 1936, le père Vicente termine de prêcher une retraite pour quelques jeunes qui terminent leur noviciat à Bilbao et prend le dernier train pour Madrid sans se soucier de la situation dangereuse : la guerre civile allait éclater.

Le 22 juillet, toute la communauté de Pozuelo est sous surveillance ; les miliciens pénètrent dans la maison «pour chercher des armes». La maison devient une prison, dont les premiers prisonniers sont les jeunes religieux avec le père Vicente, soumis à toutes sortes de vexations. Le 23, ils ont juste le temps de prier un peu et de communier. Le père Vicente commença à donner la communion mais, trop ému, il dut être aidé par les deux autres pères, Monje et Vega. Cette communion devait être le Viatique pour presque tous. 

Le père Vicente fut emmené à la Direction Générale de Sécurité de Madrid, d’où on le laissa partir le 25 juillet.

Il mena alors une vie clandestine, mais fut rattrapé et arrêté le 15 octobre suivant ; il sera interné dans la prison Modelo, puis à celle de San Antón. Le père Monje, qui survivra parce qu’il sera remis en liberté, écrit : 

Le 27 novembre au soir, une liste de condamnés commence à circuler ; l’avant-dernier est celui qui écrit. On sortit de San Antón à 20h30, et nous nous séparâmes de ceux qui restaient avec l’émotion qu’on peut imaginer. Je me souviens qu’au moment de partir le père Blanco me dit : ‘Je crois que vous, vous allez être libéré ; écrivez-nous aussitôt’ : ce furent les dernières paroles que je lui entendis dire en ce monde ; en prison, il s’était toujours montré courageux et optimiste.

Très vite, ce même Père Blanco sera conduit à l’endroit fatidique, avec le père Provincial et onze autres Oblats, pour être fusillés à Paracuellos del Jarama.

C’était le 28 novembre 1936.

La béatification de ce groupe eut lieu en 2011.

 

 

Benito Alcalde González

1883-1936

 

Né le 12 janvier 1883 à Rosales (León) de Raimundo et Gregoria, Benito fut baptisé le 14.

Il entra dans l’Ordre des Augustins, fit le noviciat à l’Escorial et la profession en 1899.

Après les études, il fut ordonné prêtre en 1905 et passa la licence en Droit.

Toute son activité fut l’enseignement à l’Escorial et à la Résidence Universitaire de Madrid.

Le 20 juillet 1936, la maison fut prise d’assaut. Le père Benito fut arrêté le 4 août, et fut incarcéré le 5 à San Antón.

Le 28 novembre 1936, le père Benito et onze Compagnons furent emmenés à Paracuellos de Jarama, où on les fusilla.

Ces Martyrs furent béatifiés en 2007.

 

 

Ángel Francisco Bocos Hernández

1883-1936

 

Ángel Francisco Bocos Hernández naquit le 27 janvier 1883 à Ruijas (Cantabria, Espagne) et l’on sait bien peu de choses sur son enfance.

Le registre de baptêmes porte la mention : père inconnu. A la mort de la maman, il fut accueilli par un oncle maternel, Felipe Hernando, curé de Quinasolmo, qui lui donna une solide éducation chrétienne.

Il a dix-sept ans quand il frappe à la porte du noviciat des Oblats de Marie Immaculée. 

Son intention était de se consacrer à Dieu pour toute la vie, comme frère. On rappellera en effet ici que, par prudence, la loi de l’Eglise ne permettait pas aux enfants naturels d’accéder au sacerdoce, sans exclure, heureusement, des exceptions. 

Il fit sa première profession en décembre 1901, puis les vœux définitifs en 1907.

En trente-cinq ans de vie religieuse, il passa successivement dans les communautés de Madrid, d’Aoste et San Giorgio Canavese (Italie), Notre-Dame des Lumières (France) avant de revenir en Espagne en 1925. Il devait aller au noviciat de Las Arenas (Biscaye) puis au scholasticat de Pozuelo (Madrid) en 1929 : partout il se prêta humblement à tous les services, notamment à celui de la cuisine.

On a retrouvé une lettre qu’il écrivit à son Supérieur Général, de laquelle on peut déduire sa force intérieure, sa patience, en particulier parce qu’il souffrait de l’estomac, ainsi qu’à une jambe, mais il continuait malgré tout de travailler en cuisine (il y resta vingt-quatre ans !), offrant tout cela «pour la plus grande gloire de Dieu et le salut des âmes».

Avec tous les membres de la communauté, il fut fait prisonnier le 22 juillet 1936, leur maison étant transformée en prison. 

Le chef des miliciens le fit travailler à la cuisine, sous surveillance, et lui dit : Tu fais à manger pour tout le monde, mais si tu n’as pas assez pour tous, tu prives les tiens, pas les miens.

Il sera ensuite transporté à Madrid ; libéré le 25 juillet, il erra de maison en maison, comme tous les autres, puis fut finalement arrêté et enfermé à la prison Modelo de Madrid : il y retrouva ses Confrères de Pozuelo. Un mois plus tard, c’est le transfert à San Antón (une autre maison religieuse transformée en prison). 

Au soir du 28 novembre, on l’emmena avec les autres «pour les libérer», en réalité pour les fusiller, à Paracuellos del Jarama, aux environs de Madrid. 

Avec ses cinquante-trois ans, Ángel est le plus âgé de toute la communauté.

Lors du procès diocésain, le juge qui examinait la cause ne pouvait dissimuler sa sympathie pour ce Serviteur de Dieu dont on parlait peu ; il le considérait comme un vrai Saint, et attribuait à son intercession la guérison personnelle suite à un grave accident.

Le frère Ángel Francisco a été béatifié avec les douze autres membres de sa communauté, en 2011.

 

 

Eduardo Bautista Jiménez

1885-1936

 

Eduardo était né le 5 janvier 1885, à La Gineta (Albacete, Espagne), jour de la fête de saint Edouard, dont il reçut le nom au baptême, le lendemain.

Il fut quelque temps parmi les Franciscains à Murcia, mais demanda à pouvoir entrer dans l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, pour servir les infirmes, qui en ont tant besoin.

Il incorpora donc la communauté de Ciempozuelos (Madrid) en septembre 1935, plein de sollicitude pour les malades, et excellent religieux au milieu de ses Confrères.

Arrêté avec les autres le 7 août, il resta en prison à San Antón jusque fin novembre.

Au matin du 28 novembre il fut un des premiers appelés pour l’instant suprême.

C’était un des sept profès de ce groupe de quinze Religieux, martyrisés le 28 novembre 1936 et béatifiés en 1992.

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs)

 

 

Agapito José Mora Velasco

1886-1936

 

Agapito José était né le 18 août 1886, à Cordoue (Espagne), d’un père de la Garde civile, et fut baptisé le 22 août.

Ses parents s’installèrent à Talavera de la Reina (Tolède), où il entra au séminaire.

Une fois ordonné prêtre, en 1910, il fut nommé en diverses paroisses et, finalement, aumônier des Sœurs des Pauvres, à Talavera, où il connut l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu. Avec la permission de l’évêque, il s’y incorpora en 1936 et se trouva alors humble postulant, à Ciempozuelos, ayant presque vingt ans de plus que son confrère de postulat.

Il partagea le sort des membres de cette communauté, en prison à San Antón à partir du 7 août, jusqu’au 28 novembre.

C’était un des deux postulants de ce groupe de quinze Religieux, martyrisés le 28 novembre 1936 et béatifiés en 1992.

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs)

 

Francisco Esteban Lacal

1888-1936

 

Francisco naquit le 8 février 1888, à Soria (Osma, Espagne), dans une belle famille de six enfants, dont les parents très chrétiens s’appelaient Santiago et Dámasa, des commerçants.

Ses études secondaires se firent au petit séminaire que les Oblats de Marie Immaculée venaient d’ouvrir à Urnieta (Guipúzcoa).

Il entra au noviciat d’Urnieta et fit ses premiers vœux en 1906.

En 1911 on l’envoie à Turin (Italie) pour ses études en vue du sacerdoce, qu’il reçoit en 1912.

En 1913, il est professeur à Urnieta, jusqu’en 1929. Puis il est assistant du Maître des novices à Las Arenas (Biscaye).

En 1930 il retourne à Urnieta, où l’attend la charge de professeur, comme précédemment, mais aussi comme supérieur. 

On a écrit de lui qu’il était rigide pour lui-même et très bon pour les autres ; qu’il avait une confiance totale en la divine Providence, particulièrement durant cette période où l’on manquait de tout. Personnage sérieux, droit, proche de chacun ; comme professeur, il était bon, sans jamais élever la voix ; à table, il passait voir si l’on mangeait bien et jouait parfois avec les novices en récréation. Esclave du devoir, il s’occupait de chacun, attentif à tous les problèmes des Confrères. 

En 1932, il devient Provincial. Ses proches lui suggérèrent de les accompagner à Santander, mais il refusa de se séparer de sa communauté. Ils lui conseillèrent de ne pas porter la soutane, mais il s’y refusa.

En 1935 il déplace sa résidence à Madrid, où les Oblats avaient une autre maison. C’est là qu’il va accueillir le père Blanco et les autres Oblats de Pozuelo qui, après quelques jours de prison à la Direction Générale de Sécurité, furent remis en liberté le 25 juillet 1936.

La révolution venait d’éclater au grand jour. Le 9 août, tous les membres de la communauté sont expulsés de leur maison. Ils trouvent refuge dans une pension de Madrid. Le père Esteban fait tout ce qu’il peut pour assister chacun, y compris ceux qui, venus de Pozuelo, avaient trouvé refuge en divers endroits de la capitale.

Le père Francisco ne s’enfermait pas chez lui, mais allait de tous côtés pour visiter les autres Oblats cachés, rendait visite aux Religieuses de la Sainte-Famille de Burdeos. Un jour qu’une patrouille l’arrêta avec une religieuse qu’il accompagnait dans sa famille, le chauffeur aurait dû les conduire au «Tribunal Populaire», où l’on condamnait à mort après un «jugement» très sommaire : le chauffeur refusa et les amena à un commissariat, où le père Francisco déclara tout simplement qu’il était prêtre et religieux ; devant une telle sincérité, le fonctionnaire lui répondit : Homme de Dieu, dites que vous êtes professeur, ou quelque chose comme ça, mais pas prêtre !

Le 15 octobre, presque tous sont capturés et transportés à la prison Modelo de Madrid. Tous déclarèrent sans ambages leur état de religieux.

Le 15 novembre, le père Esteban est emmené à la prison San Antón, l’ancien collège des pères des Ecoles Pies, transformé en prison. Des listes de noms circulaient, indiquant ceux qui allaient être exécutés. Certains furent remis en liberté ; les condamnés souffrirent le froid et la faim. Quelqu’un donna au père Francisco un manteau, mais il le donna à son tour à un autre détenu qui avait froid.

Quand ils se retrouvaient dans la cour, ils disaient le chapelet, en cachette.

C’est de là qu’il est chargé avec douze autres Oblats sur des camions qui les emmènent à Paracuellos del Jarama, où ils sont fusillés.

Juste avant leur exécution, le père Francisco donna l’absolution à chacun de ses Compagnons, puis s’adressa aux bourreaux en ces termes : Nous savons bien que vous allez nous tuer parce que nous sommes catholiques et religieux, et nous le sommes effectivement ; autant moi que mes compagnons, nous vous pardonnons de tout cœur.

C’était le 28 novembre 1936.

Leur béatification eut lieu en 2011.

 

 

Francisco Marco Alemán 

1894-1936

 

Il était né le 23 mai 1894 à Caudete (Albacete, Espagne), dans une famille si chrétienne qu’on les appelait dans le pays les moines. Ils étaient huit frères et sœurs.

Entré dans l’Ordre des Carmes de l’Ancienne Observance, il professa avec le nom de Alberto María et fut ordonné prêtre.

Supérieur du monastère de Ayala (Madrid), il avertit toute la communauté dès le 20 juillet des dangers qui s’annonçaient. Tous les membres prirent des habits civils et se dispersèrent secrètement dans des familles amies. Lui-même se laissa pousser la moustache, s’habilla civilement et se procura des documents d’étudiants.

Il passa de cachette en cachette, put quelque temps célébrer encore la Messe, mais fut bientôt dénoncé et arrêté.

On l’interrogea longement à la tchéka de Fomento. On lui proposa la liberté contre la renonciation à son état sacerdotale, ce qu’il refusa. On le mit dans la prison Porlier.

Là, il se fit beaucoup d’amis, conseillant, confessant, encourageant, priant.

A partir du 23 novembre 1936, sa santé se détériora sérieusement (il n’avait pourtant que quarante-deux ans) et on lui dit d’être prêt «pour un transfer de nuit», ce que chacun interprétait comme une sentence de mort.

Le 28 au soir, il fit un dernier tour de cellule, touchant chacun des lits en signe d’au-revoir. Au dernier, il dit : Au-revoir pour toujours, et prie pour moi… Que la volonté de Dieu soit faite. Au-revoir.

Il fut fusillé à Paracuellos de Jarama (Madrid) le 28 novembre 1936. 

On tenta de retrouver son corps, mais il se trouvait dans une immense fosse contenant… des centaines de corps.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Valentín Gil Arribas

1897-1936

Valentín vit le jour le 14 février 1897 à Rábano (Valladolid, Espagne).

Entré dans le collège des Salésiens de Carabanchel Alto, il y fit le noviciat et la profession en 1916, comme coadjuteur (Frère).

Il fut successivement à Alicante, Sarriá (Barcelone), La Coruña, Astudillo (Palencia) en 1927, Mohernando en 1930, Carabanchel Alto en 1931, enfin à Madrid en 1935.

Travailleur, serviable, il savait contenter tous les Confrères. Si jamais son caractère vif lui faisait faire quelque indélicatesse, il en demandait tout de suite pardon.

Lorsqu’on dut évacuer la maison du Paseo de Extremadura, il fut avec don Manuel Martín ; ils se réfugièrent chez une connaissance, puis dans une pension.

Le 17 septembre 1936, lors d’une fouille, Valentín fut emmené à la prison Modelo, d’où on le fit passer à celle de San Antón le 16 novembre.

Il fut condamné à mort pour sa qualité de religieux. Le 27 novembre au soir, on l’appela parmi une quarantaine de noms, et il fut fusillé le 28 novembre 1936 (date plus probable que le 9 novembre).

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Bernardino Álvarez Melcón

1903-1936

 

Né le 31 août 1903 à Rosales (León) de Cayo et Aurora, Bernardino fut baptisé le 1er septembre.

Il étudia le latin et fit ses humanités à Vegarienza (León)

Il entra dans l’Ordre des Augustins, fit le noviciat à l’Escorial et la profession en 1920.

Après les études à Santiago, Uclés et Rome, il fut ordonné prêtre en 1927 et passa la licence en Droit.

Toute son activité fut l’enseignement à l’Escorial. Il fut nommé en 1935 supérieur et maître des novices.

Le 20 juillet 1936, la maison fut prise d’assaut. Le père Bernardino fut arrêté le 6 août, et fut incarcéré à San Antón, où il réconfortait les plus jeunes.

Le 28 novembre 1936, le père Bernardino et onze Compagnons furent emmenés à Paracuellos de Jarama, où on les fusilla.

Le père Bernardino avait trente-trois ans.

Ces Martyrs furent béatifiés en 2007.

 

 

Luis Campos Górriz

1905-1936

 

Luis naquit le 30 juin 1905 à Valencia.

Il fit de très bonnes études, au collège des Jésuites puis à l’université : à Valencia il eut la licence de Philosophie et Lettres, et à Madrid il reçut le doctorat en Droit.

Il voyagea en Europe, avec Mgr Ángel Herrera Oria, et travailla beaucoup pour l’apostolat des laïques.

Il fut secrétaire et président de la Fédération des Etudiants Catholiques à Valencia ; membre de la Junte Suprême de la Confédération Nationale des Etudiants Catholiques ; président de la congrégation de l’Immaculée et de saint Louis de Gonzague à Valencia ; secrétaire de l’Action Catholique des Propagandistes à Valencia, dont il devint même secrétaire national.

En 1933, il épousa Carmen de Arteche et s’installa à Madrid. Carmen mourut bientôt, et c’est alors que se déchaîna la guerre civile : Luis se trouvait alors chez son père à Torrente, non loin de Valencia.

Le 28 novembre 1936, un groupe de personnes armées l’arrêta et le soumit à interrogatoire, avant de le conduire au manège de Paterna pour le fusiller. Pour quel motif ? Parce qu’il était chrétien.

Luis Campos fut béatifié en 2001.

 

 

Senén García González

1905-1936

 

Né le 15 juillet 1905 à Villarín (León, Espagne) de Eulogio et Eugenia, Senén fut baptisé le 16 avril.

Il entra dans l’Ordre des Augustins, fit le noviciat à Uclés et la profession en 1921.

Les études se firent à Uclés et à l’Escorial. Il fut ordonné prêtre le 18 juin 1936.

Un mois plus tard, le 20 juillet 1936, la maison de la rue Valverde (Madrid) fut prise d’assaut et le père Senén arrêté ; il fut incarcéré à la prison Modelo pendant quatre mois.

Le 14 novembre, il fut transféré à la prison San Antón, avec les pères Avelino, Sabino et Balbino.

Le 28 novembre 1936, on les appela.

Le père Senén et onze Compagnons furent emmenés à Paracuellos de Jarama, où on les fusilla.

Ces Martyrs furent béatifiés en 2007.

 

 

Ramiro Frías García

1906-1936

 

Il vit le jour le 13 mars (ce qui explique qu’il ait porté le nom de saint Ramiro, fêté ce jour-là localement) 1906 à Villajimena (Palencia, Espagne).

Il entra au collège des Frères des Ecoles Chrétiennes de Bujedo en 1919, où ses professeurs remaquèrent tout de suite autant son intelligence que sa modestie.

En 1922, il reçut l’habit et prit le nom de Vidal Ernesto ; en 1923, il fit la première profession et passa au scholasticat ; il fera la profession solennelle en 1931.

Les lieux de son activité furent : Bujedo (1925), Griñón (1928), les deux maisons de Madrid (Maravillas et Sacré-Cœur, 1929-1933), Lorca (1933), de nouveau Griñón (1934), de nouveau Madrid (1935-1936).

Lors de son séjour à Madrid, il eut la faculté d’élargir ses compétences par de bonnes études musicales qui l’amenèrent à être, outre que professeur, organiste et maître de chapelle.

Son séjour à Lorca fut marqué par la maladie, ce qui poussa ses supérieurs à l’envoyer à Griñon, occupé à des tâches moins fatiguantes. Puis il gagna Madrid, au collège de la Castellana, qui remplaçait celui des Maravaillas, incendié durant les émeutes de 1931. C’est alors qu’il se découvrit aussi des aptitudes pour les Sciences Naturelles : il organisa une très belle exposition entomologique, qui lui valut les meilleurs compliments du directeur lui-même du Musée National. Ce Musée abrite actuellement des collections issues du travail du Frère Vidal Ernesto.

On le déchargea un peu de l’enseignement, pour lui laisser le temps de s’occuper de ces recherches en minéralogie et botanique. Il devint spécialiste dans le secteur de la cristalisation des minerais.

Ses élèves participaient à sa recherche de papilons, mais il était aussi en correspondance avec d’autres Frères d’Amérique du Sud, pour enrichir toujours plus ses collections.

Cette intense activité ne l’empêcha jamais de participer aux tâches de la communauté, auxquelles il s’associait toujours avec grande simplicité.

Le Frère Vidal Ernesto était devenu une quasi-célébrité, et en même temps une des cibles des ennemis de Dieu. Il fut arrêté dès juillet 1936 et mis en prison, avec d’autres Frères, dont Daciano (voir au 27 novembre).

On le fusilla à Vicálvaro (Madrid) le 28 novembre 1936.

Le Frère Vidal Ernesto fut béatifié en 2013.

 

Samuel Pajares García

1907-1936

 

Né le 26 juillet 1907 à Roscales (Palencia, Espagne) de Mariano et Emiliana, Samuel fut baptisé le 28.

Après avoir fait les Humanités et l’étude du latin à Barriosuso de Valdavia, il entra dans l’Ordre des Augustins, fit le noviciat à Uclés (Cuenca) et la profession en 1924.

Les études se firent à Uclés, à Leganés (Madrid) et à l’Escorial. Il fut ordonné prêtre le 24 juin 1930, et envoyé à Rome pour faire la licence de Théologie.

A son retour, il enseigna à Madrid, dans les couvents de Leganés et de l’Escorial.

Le 20 juillet 1936, la maison fut prise d’assaut et le père Samuel arrêté le 6 août ; il fut incarcéré à la prison San Antón, jusqu’au 28 novembre 1936.

Ce jour-là, on l’appela, ainsi que ses Confrères de la congrégation.

Le père Samuel et ses onze Compagnons furent emmenés à Paracuellos de Jarama, où on les fusilla.

Ces Martyrs furent béatifiés en 2007.

Père Samuel, protégez le blog Samuelephrem !

 

 

José Ruiz Cuesta

1907-1936

 

José était né le 6 novembre 1907, à Dílar (Grenade, Espagne) et fut baptisé le 14.

En 1921, il suivit son père en Argentine et revint en Espagne en 1926.

On ne dit pas quelles furent ses occupations pendant dix ans, mais il était parfaitement conscient de l’atmosphère qui régnait en Espagne quand il demanda, en mai 1936, à entrer dans l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, écrivant bien fermement : Que la triste situation actuelle de la Patrie ne soit pas un obstacle pour moi.

C’est donc en postulant qu’il fut arrêté, trois mois plus tard, avec les membres de la communauté de Ciempozuelos (Madrid), le 7 août 1936, dont il partagea le sort, la prison et le martyre.

C’était un des deux postulants de ce groupe de quinze Religieux, martyrisés le 28 novembre 1936 et béatifiés en 1992.

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs)

 

 

Anastasio Garzón González

1908-1936

Anastasio vit le jour le 7 septembre 1908 à Madrigal de las altas Torres (Ávila, Espagne).

Entré dans le collège des Salésiens de Atocha, pour y apprendre la mécanique, d’où il passa au noviciat de Carabanchel Alto, où il fit la profession en 1929, comme coadjuteur (Frère).

Il fut successivement à Alicante, Sarriá (Barcelone), La Coruña, Astudillo (Palencia) en 1927, Mohernando en 1930, Carabanchel Alto en 1931, enfin à Madrid en 1935.

Travailleur, serviable, il savait contenter tous les Confrères. Si jamais son caractère vif lui faisait faire quelque indélicatesse, il en demandait tout de suite pardon.

Lorsqu’on dut évacuer la maison du Paseo de Extremadura, il fut avec don Manuel Martín ; ils se réfugièrent chez une connaissance, puis dans une pension.

Le 17 septembre 1936, lors d’une fouille, Anastasio fut emmené à la prison Modelo, d’où on le fit passer à celle de San Antón le 16 novembre.

Il fut condamné à mort pour sa qualité de religieux. Le 27 novembre au soir, on l’appela parmi une quarantaine de noms, et il fut fusillé le 28 novembre 1936 (date plus probable que le 9 novembre).

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Manuel Álvarez Rego de Seves

1908-1936

 

Né le 15 septembre 1908 à Sésamo (León) de José et Antoliana, Manuel fut baptisé le 20.

Il entra dans l’Ordre des Augustins, fit le noviciat à Uclés (Cuenca) et la profession en 1923.

Après les études à Uclés, Leganés (Madrid) et l’Escorial, il fut ordonné prêtre en 1931.

Son enseignement se déroula à l’Escorial et à la Résidence Universitaire de Madrid.

Le 20 juillet 1936, la maison fut prise d’assaut. Le père Manuel fut arrêté le 4 août, et fut incarcéré à San Antón.

Le 28 novembre 1936, le père Manuel et onze Compagnons furent emmenés à Paracuellos de Jarama, où on les fusilla.

Ils furent béatifiés en 2007.

 

 

Balbino Villaroel Villaroel

1910-1936

 

Né le 30 mars 1910 à Tejerina (León, Espagne) de Benito et Basilisa, Balbino fut baptisé le lendemain.

Il fit le noviciat dans l’Ordre des Augustins à Leganés (Madrid) et la profession en 1926.

Il fut ordonné prêtre encore assez jeune, en 1933, et fut envoyé d’abord à La Bola (Madrid), puis au couvent de la rue Valverde.

Le 20 juillet 1936, la maison fut prise d’assaut et Balbino incarcéré à la prison Modelo jusqu’au 14 novembre 1936, date à laquelle il fut transféré à San Antón, avec les pères Avelino, Sabino et Senén.

Fin novembre, il fut condamné à mort avec ses Confrères, pour le grave crime d’être Religieux. 

Le 28 novembre 1936, Balbino fut conduit, avec ses onze Compagnons, à Paracuellos de Jarama, où on les fusilla.

Balbino avait vingt-six ans.

Ces Martyrs furent béatifiés en 2007.

 

 

Pedro de Alcántara Bernalte Calzado

1910-1936

 

Pedro était né le 4 août 1910, à Moral de Calatrava (Ciudad Real, Espagne) et fut baptisé le 7.

Avant même de devenir religieux, il allait visiter les vieillards dans leur maison de retraite, et aussi une vieille dame aveugle, très pauvre, pour lui faire le ménage et l’accompagner à la messe le dimanche.

Avec les petits enfants, il leur donnait des cours et leur expliquait le catéchisme, avec de belles histoires.

Après le service militaire, à vingt-cinq ans, il entra dans l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, à Ciempozuelos, en juin 1935.

Le 7 août 1936, il était encore novice. Durant les (presque) quatre mois de prison qu’il passa à San Antón, il rendait mille services aux Confrères et leur lavant les vêtements.

Au moment de partir pour le peloton, au matin du 28 novembre, plein de joie il criait : Vive le Christ Roi ! 

C’était un des quatre novices de ce groupe de quinze Religieux, martyrisés le 28 novembre 1936 et béatifiés en 1992.

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs)

 

 

Justo Gil Pardo

1910-1936

 

Il naquit le 18 octobre 1910 à Luquin (ou Lukin, Estella, Navarre, Espagne), de Jesús, un maçon, et Vicenta, dans une famille de onze enfants, aussi catholique que nombreuse. Le benjamin de la famille, Pedro, devint moine bénédictin et témoin direct de la vie de son frère.

Le papa était un des quatre ou cinq messieurs du village qui, chaque matin, allaient par les rues pour annoncer les grands événements de la vie quotidienne, y ajoutant un cantique quelconque, et pour cela appelé Auroro, parce qu’ils chantaient le «cantique de l’aurore». Chaque fois qu’il se rendait au village voisin, il s’enquérait des malades pour leur rendre visite. A toutes les fêtes mariales, il prêtait son concours pour les célébrations.

Quand mourut le papa, on disait qu’était partie la meilleure personne du village. Il avait fait lui-même venir le prêtre pour recevoir l’Onction des Malades avant de mourir.

Justo, donc, grandit dans la foi, fut servant de messe à la paroisse : il se sentait appelé aux missions lointaines.

Il fut d’abord à l’école des Fils de la Charité dans le village puis, à quinze ans, fréquenta le collège des Oblats de Marie Immaculée (OMI) à Umieta (Guipúzcoa), pour des études qu’il dut interrompre en raison de sa santé. Il apprit à jouer de l’orgue, suffisamment pour accompagner les chants à l’église en l’absence de l’organiste titulaire.

Il fit le noviciat à Las Arenas (Biscaye) et la profession en 1928. Il fut couturier et portier.

Après avoir été ordonné sous-diacre, la maladie l’empêcha de poursuivre la préparation au sacerdoce, de sorte qu’on lui proposa de rester Frère, ce qu’il accepta humblement, renonçant donc à son rêve d’enfance : devenir prêtre et missionnaire. 

On l’envoya à Pozuelo, nouvelle communauté, où il fut à la cuisine, à la garde-robe, à la ferme, à l’accueil : partout, on le vit avec son chapelet en mains.

Le 22 juillet 1936, donc dès le début de la guerre civile, le couvent de Pozuelo fut «occupé» par les miliciens, qui y tinrent prisonniers les membres de la communauté. Justo était dans le groupe et préféra y rester plutôt que de s’enfuir quand on le lui proposa.

On les conduisit à la Direction Générale de Sécurité. Les «gardiens» tentèrent d’arracher les ongles à certains d’entre eux. On les laissa ensuite se disperser dans Madrid, et Justo trouva pendant quelques jours refuge, d’abord chez une cousine, chez le tailleur de la communauté, puis dans d’autres maisons, entre autres chez des gens dont un des fils avait appris la musique avec Justo. Il y resta deux mois et demi, jusqu’au 15 octobre.

Ses amis et proches lui déconseillaient de sortir dans la rue, encore moins en portant toujours son crucifix, mais il répondait qu’on pouvait l’abattre aussi bien que ses Confrères martyrs, acceptant par là d’avance le martyre pour la foi. 

Suite à une nouvelle rafle générale, il fut de nouveau arrêté et conduit, ainsi que ses Confrères, à la prison Modelo puis à celle de San Antón. Les mauvais traitements se multiplièrent : froid, faim, insultes, blasphèmes, provocations à l’immoralité, etc.

Le 28 novembre, on les «transféra» de nouveau, mais pour Paracuellos del Jarama, où on les fusilla. Un des prêtres présents donna l’absolution à chacun, un autre s’adressa aux bourreaux : Vous nous tuez parce que nous sommes des religieux : Vive le Christ Roi !

Justo fut martyrisé le 28 novembre 1936, et béatifié en 2011. 

Marcelino Sánchez Fernández

1910-1936

 

Nicolás et Ángela étaient de pieux parents à Santa Marina del Rey (León), et reçurent de Dieu huit enfants, dont six moururent de leur vivant. 

Marcelino était un des deux autres, avec Ángel. Il était né le 30 décembre 1910.

Très vite, il appartient au groupe des Tarsicios, du nom de saint Tarsicius, jeune clerc des premiers siècles, martyr de l’Eucharistie ; la spiritualité de ce groupe était de transmettre aux enfants la dévotion à l’Eucharistie et de les préparer à la communion fréquente.

Lui-même allait chaque matin à dos d’âne à la messe de Villamor. Il avait aussi le petit penchant d’être espiègle, farceur.

Très attaché à sa mère, devenue paralytique, il l’aida de son mieux.

Entré au petit séminaire des Oblats de Marie Immaculée (OMI) de Urnieta (Guipúzcoa), il dut revenir quelque temps chez les siens à cause de sa mauvaise santé.

A son retour, sa santé l’empêchant de suivre les cours habituels en vue de la préparation au sacerdoce, Marcelino fut orienté vers l’état de Frère Coadjuteur, ou Oblat, ce qu’il accepta humblement.

En 1927 il commence donc son novicat à Las Arenas (Biscaya) et fait sa profession le 25 mars 1928, jour de l’Annonciation. Dans cette communauté, il rend des services comme tailleur et comme portier.

Il fait partie de la nouvelle communauté qui s’installe à Pozuelo en 1930, où on le voit à la cuisine, à la garde-robe, à la ferme, à l’accueil.

Avec les deux autres Frères coadjuteurs (Ángel et Eleuterio), ils donnent à tous l’exemple de la fidélité dans la consécration, dans le travail, cherchant toujours «à servir et pas à être servis», comme dit le Christ dans l’Evangile (cf. Mt 20:28).

En 1935, il fait la profession solennelle.

Ce frère qui avait humblement accepté de renoncer au sacerdoce, se montra toujours obéissant, responsable, serviable ; il avait toujours son chapelet à la main et priait beaucoup la Sainte Vierge.

Comme on l’a vu pour les autres membres de la communauté, leur maison fut prise d’assaut le 22 juillet 1936, et tous les Religieux y furent faits prisonniers ; deux jours après, Marcelino est transféré avec d’autres à la Direction Générale de Sécurité, au centre de Madrid, et libéré le lendemain.

Dans un coup de filet suivant, il est repris et conduit à la prison Modelo de Madrid, puis transféré le 15 novembre à San Antón, le collège des Pères des Ecoles Pies, transformé à son tour en prison.

Dans la nuit du 27 au 28 novembre, Marcelino et tous les autres sont «libérés», en réalité conduits à quelques kilomètres de Madrid, Paracuellos del Jarama, où ils sont fusillés.

Avec ses Confrères martyrs, Marcelino est béatifié en 2011, et inscrit au Martyrologe le 28 novembre.

 

 

Juan Alcalde y Alcalde

1911-1936

 

Juan était né le 20 octobre 1911, à Zuzones (Burgos, Espagne) et fut baptisé le 23.

Il commença par prêter son concours dans le collège des Pères Augustins d’Uclés (Cuenca), mais bifurqua vers l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, plus orienté vers le soin des malades.

Il entra à Ciempozuelos (Madrid) en 1935 et commença le noviciat en 1936.

C’était un des quatre novices de ce groupe de quinze Religieux, arrêtés le 7 août et conduits à la prison San Antón, où il montra tout son zèle pour aider les autres, les plus anciens surtout.

Les gardiens le surveillaient. Un jour qu’ils le virent lire les Gloires de Marie, ils l’enfermèrent au cachot. Une autre fois, ils lui pointèrent le fusil, dos au mur, pendant plus d’une heure : il racontait ensuite qu’il s’attendait à mourir d’un instant à l’autre et priait.

Finalement, il fut appelé au matin du 28 novembre 1936 : en partant, il demanda encore l’absolution au maître des novices, le père Mariano Adradas, et partit avec un sonore Vive le Christ Roi.

Tous ces Religieux furent béatifiés en 1992.

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs)

 

 

Juan José Caballero Rodríguez

1912-1936

 

Il naquit le 5 mars 1912 à Fuenlabrada de los Montes (Badajoz, Espagne), de Jesús María et Baudilia, de simples paysans très chrétiens, dans une famille de quatre enfants, dont les deux premiers, Arsenio et Epifanio, étaient nés d’un premier mariage. Veuf, le papa se remaria ; naquirent ainsi Elisa et Juan José, le benjamin.

Le papa, outre que fidèle chrétien, prêtait concours dans diverses activités de la paroisse : sacristain, secrétaire de la confraternité du Saint-Sacrement, de celle de Jésus-de-Nazareth (dont il était le doyen). C’était un homme assez cultivé, qui pouvait rendre des services au curé et à tous ses voisins.

Juan José désirait être prêtre, mais n’en parlait pas, inquiet des maigres ressources de ses parents. Il fréquentait l’école (où il était le plus grand de taille), très bon élève et toujours prêt à aider les autres.

Providentiellement, la famille d’un père Oblat de Marie Immaculée (OMI) s’offrit pour payer les études de Juan José : ce père Oblat allait justement devenir le Provincial de la congrégation et compagnon de martyre de Juan José.

Juan José fréquenta le collège des Oblats à Umieta (Guipúzcoa), puis fit le noviciat à Las Arenas (Biscaye) et la profession en 1930. 

En 1931, pour des raisons de sécurité, la communauté se replia sur Urnieta.

Sur ces entrefaites, Juan José dut partir faire le service militaire, obligatoire pour tous, et fut destiné à l’Afrique du Nord. Cette expérience augmenta en lui son désir d’être missionnaire.

Après cette épreuve, il revint à Pozuelo, nouvelle communauté, où il fit la profession solennelle le 25 février 1936 et reçut un mois plus tard le sous-diaconat.

Sa montée vers l’autel devait s’arrêter là. Les événements se précipitèrent, l’ordination au diaconat fut repoussée.

Le 22 juillet 1936, donc dès le début de la guerre civile, le couvent de Pozuelo fut «occupé» par les miliciens, qui y tinrent prisonniers les membres de la communauté. Juan José était dans le groupe.

On les conduisit à la Direction Générale de Sécurité. Les «gardiens» tentèrent d’arracher les ongles à certains d’entre eux. On les laissa ensuite se disperser dans Madrid, où des familles amies les aidèrent à se cacher.

Suite à une nouvelle rafle générale, Juan José fut de nouveau arrêté et conduit, ainsi que ses Confrères, à la prison Modelo puis, le 15 novembre, à celle de San Antón. Les mauvais traitements se multiplièrent : froid, faim, insultes, blasphèmes, provocations à l’immoralité, etc.

Le 28 novembre, on les «transféra» de nouveau, mais dans le cas de Juan José, on ne sut jamais rien de cette «expédition», appelée expédition Muñoz Seca, du nom d’un auteur connu qui en fit partie : on ne peut que supposer qu’ils furent emmenés comme les autres à Paracuellos del Jarama, où on les fusilla.

Juan José fut martyrisé le 28 novembre 1936, et béatifié en 2011.

 

 

Justo Juanes Santos

1912-1936

 

Justo vit le jour le 31 mai 1912 à San Cristóbal de la Cuesta (Salamanque).

Entré chez les Salésiens, il fit le noviciat à Mohernando (Guadalajara) et fit la profession en 1932.

Après les études, il fut envoyé à Atocha (Madrid).

En juillet 1936, il trouva à se réfugier comme ses Confrères, jusqu’en octobre.

Le 9 octobre 1936, une soudaine opération de fouille le surprit en possession de quelques objets religieux, ce qui suffit à le faire arrêter.

Le 28 novembre 1936, il fut conduit avec beaucoup d’autres victimes à Paracuellos de Jarama (environs de Madrid), où il fut exécuté avec douze autres pères Augustins.

Justo fut béatifié en 2007.

 

 

 

Gregorio Escobar García

1912-1936

 

Gregorio naquit à Estella (Navarre, Espagne) le 12 septembre 1912, et fut baptisé dès le lendemain. Ses parents, Hilario et Felipa, eurent neuf enfants, dont deux moururent en bas âge et six autres dans l’intervalle de dix ans, dont notre Gregorio. Le papa, électricien de métier, remplissait les fonctions de sacristain.

Le garçon grandit dans la foi, fut servant de messe à la paroisse ; les femmes du pays disaient qu’il deviendrait curé, mais lui répondait qu’il ne le voulait pas. Un jour, un pauvre auquel il avait donné l’aumône, lui «prédit» qu’il serait évêque…

Entré chez les Oblats de Marie Immaculée (OMI), Gregorio écrivait chaque année à ses frères et sœur pour leur anniversaire. 

Gregorio fréquenta le petit séminaire de Umieta (Guipúzcoa), tenu par les pères Oblats de Marie Immaculée (OMI). Quand il eut seize ans, durant les vacances d’été, sa maman Felipa fut gravement malade et Gregorio l’assista avec une profonde tendresse et en même temps la prépara sereinement à l’heure de la mort comme s’il avait déjà été prêtre. La maman mourut le 8 septembre (1928), le jour de la fête de la Nativité de Marie. et le papa se remariera en 1936 avec une personne qui l’aida beaucoup.

C’est cet adolescent déjà mûr qui conseilla lui-même à son père de se remarier, pour le bien de ses enfants. En famille comme au séminaire, Gregorio se montrait équilibré, bon conseiller. 

A cet âge-là, il était déjà, comme il l’avait appris dans sa famille, très dévot envers l’Eucharistie et la Sainte Vierge, qu’il invoquait sous le vocable de Notre-Dame du Puy, patronne de Estella.

Après le petit séminaire, il passa au noviciat de Las Arenas (Biscaya), et fit la première profession religieuse en la fête de l’Assomption, le 15 août 1930. Puis il sera à Pozuelo (Madrid) pour les études proprement ecclésiastiques, qu’il devra interrompre une année pour le service militaire (1934), à Pamplona.

En 1935 il fit la profession solennelle.

Le 1er mars 1936, Gregorio écrivait aux siens : Le plus beau sacerdoce est que nous puissions tous aspirer à offrir notre corps et notre sang à Dieu notre Seigneur. Quelle grâce ce serait de mourir martyr !

Cette même année, Gregorio reçut le diaconat à Carabanchel Alto (Madrid), chez les Salésiens, de l’évêque de Pamplona qui dut venir en cachette pour ne pas être reconnu. Puis Gregorio reçut le sacerdoce, le 6 juin 1936. Ses frères et sœur n’y allèrent pas, pensant qu’il allait prochainement célébrer sa première messe solennelle dans son pays.

A Madrid, les événements n’évoluaient pas vers la pacification, et les parents de Gregorio, venus pour l’ordination, entendirent du couvent les insultes qu’on proférait en direction des Religieux. Au retour de la cérémonie (au séminaire), ayant pris un taxi avec leur fils, ils entendirent des passants les invectiver en ces termes : Des gens comme ça, avec une bouteille d’essence, ils feraient un bon feu.

 Les parents de Gregorio espéraient toutefois que les supérieurs lui permettraient de rentrer à Estella pour y célébrer la messe et y prêcher lors de la fête de l’Assomption, la fête patronale.

Mais le 22 juillet, la maison des Oblats fut prise d’assaut et toute la communauté se trouva prisonnière dans ses propres murs. Gregorio fut conduit deux jours après à la Direction Générale de Sécurité, et remis en liberté le 25 juillet suivant. Alors ce fut la vie de clandestinité, comme pour les autres religieux, qui cherchaient des maisons amies pour se loger, se retrouver ensemble et prier.

Le 15 octobre, Gregorio est de nouveau arrêté, ainsi que d’autres membres de la communauté, et il subira le martyre avec eux le 28 novembre 1936, à Paracuellos del Jarama, à vingt-quatre ans, après tout juste cinq mois de sacerdoce.

Ces treize Compagnons martyrs seront béatifiés en 2011.

 

 

Publio Rodríguez Moslares

1912-1936

 

Il naquit le 12 novembre 1912 à Tiedra (Valladolid, Espagne), et fut le benjamin de la famille.

Publio désirait être prêtre ; or il savait que sa mère, qui le désirait beaucoup, s’inquiétait en même temps pour la situation économique du foyer. Publio lui écrivit : Maman, c’est Dieu qui le demande ; ne souffre pas et ne me fais pas souffrir. Sois généreuse et donne à Dieu ce qui est à Lui avant d’être à toi.

Publio fréquenta le collège des Oblats à Umieta (Guipúzcoa), puis fit le noviciat à Las Arenas (Biscaye). En accompagnant sa mère à la gare, Publio lui remit le petit crucifix qu’il avait reçu à Urnieta et lui disant : Baise-le souvent et, quoi qu’il arrive, pense que tout ce que nous souffrons pour Lui, si grave que cela nous paraisse, sera bien peu devant ce que Lui souffrit pour nous.

Publio était le boute-en-train de la communauté : il chantait, il riait, composait des vers, racontait des histoires…

Il s’inquiétait pour deux de ses frères qui n’étaient pas très croyants. Il leur écrivit souvent.

Le 22 juillet 1936, donc dès le début de la guerre civile, le couvent de Pozuelo fut «occupé» par les miliciens, qui y tinrent prisonniers les membres de la communauté. Publio était dans le groupe.

En prison, il se retrouva avec le père Mariano Martín, avec lequel il «tua le temps» en commençant à composer une comédie en vers.

On les conduisit à la Direction Générale de Sécurité. On les laissa ensuite se disperser dans Madrid, où des familles amies les aidèrent à se cacher. Publio se retrouva avec le père Vicente Blanco dans une famille d’épiciers qui les reçut du mieux qu’elle put.

Une nuit, vers trois heures du matin, les miliciens vinrent les réveiller «pour fouiller la maison». Le père de famille eut l’idée de faire entrer les miliciens dans la boutique ; ils téléphonèrent alors pour demander un camion et y charger toutes les marchandises. Le camion fut tellement chargé qu’il ne pouvait plus rouler ; on dut retirer une partie du chargement.

Partis les miliciens, les Religieux comprirent qu’il valait mieux se retirer pour éviter, en cas de nouvelle fouille, que tous fussent fusillés, et que la pauvre mère se retrouvât seule avec ses quatre enfants.

En partant, Publio dit à cette dame : Ne vous en faites pas, je vais revenir, mais s’il m’arrive quelque chose ou qu’on me fusille, sachez que je serai avec le Bon Dieu et que je vous aiderai.

Suite à une nouvelle rafle générale, Publio fut de nouveau arrêté et conduit, ainsi que ses Confrères, à la prison Modelo puis, le 15 novembre, à celle de San Antón. Les mauvais traitements se multiplièrent : froid, faim, insultes, blasphèmes, provocations à l’immoralité, etc.

Le 28 novembre, on les «transféra» de nouveau, mais pour les emmener comme les autres à Paracuellos del Jarama, où on les fusilla.

Le brave épicier l’avait appris, mais ne l’avait pas dit aux siens. Après la guerre civile, ils revinrent visiter Madrid. L’épouse de l'épicier voulut absolument visiter la prison Modelo, qui était en ruines ; après avoir bien cherché de tous côtés, elle trouva une inscription en rouge sur un mur : Maman, ils m’emmènent pour me tuer, je meurs pour Dieu… Ne pleure pas, je vais auprès de Dieu. Vive le Christ Roi ! C’était signé : Publio. 

La brave femme s’agenouilla, baisa le mur et en détacha un morceau avec un canif. Quand elle apporta la nouvelle à la maison, son mari alors lui dit qu’il le savait déjà.

Publio fut donc martyrisé le 28 novembre 1936, à vingt-quatre ans, et béatifié en 2011.

José Prieto Fuentes

1913-1936

 

Né le 14 mai 1913 à Valleluengo (Zamora), il fut baptisé le 18, et confirmé en 1916.

Après l’école du village, il entra à l’école apostolique dominicaine de Corias (Asturies), et à celle d’Almagro (Ciudad Real), où il professa en 1929. Il y fit ensuite la philosophie et la théologie. Doué pour la musique et la prédication, il devait se préparer au doctorat en philosophie.

C’était un homme humble et pacifique, joyeux et travailleur acharné.

En 1931, à cause des événements politiques, il fut renvoyé dans sa famille, comme tous les jeunes étudiants.

Heureux de réintégrer son monastère, il dut à nouveau le quitter pour le service militaire en 1934.

Le 22 juillet 1936, étudiant en théologie, il se précipita pour participer à l’extinction de l’incendie de l’église paroissiale de Almagro, mais les profanateurs l’en empêchèrent.

Le 24, le maire ordonna l’évacuation du couvent, et toute la communauté fut mise sous surveillance, dans un édifice en face de l’église en fumée.

Quelques-uns purent partir, croyant bénéficier d’un faux sauf-conduit qu’on leur avait remis, et furent rejoints non loin de là. Le frère José fut mis à part, car il avait un jeune frère de douze ans, élève de l’école apostolique. 

Mais il fut emmené le 15 août, fête de l’Assomption, à la Direction Générale de Sécurité de Madrid, puis conduit à la prison Modelo, où se trouvaient déjà d’autres Dominicains.

Là, un ancien dominicain apostat offrit ses «bons offices» pour obtenir leur libération, mais personne n’accepta.

Le 16 novembre, frère José fut transféré à San Antón, où se trouvaient des dizaines d’autres Religieux.

Il fut «appelé» le 28 novembre suivant, pour être fusillé à Paracuellos de Jarama. Le Frère José avait vingt-trois ans.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

José Guerra Andrés

1914-1936

 

José (Joseph) naquit le 13 novembre 1914 à León et fut baptisé le 9 décembre suivant.

Dès sa jeunesse, il songeait avec enthousiasme à la vocation missionnaire et entra en 1926 au petit séminaire des Oblats de Marie Immaculée (OMI) à Urnieta (Guipúzcoa).

Puis il passa au noviciat de Las Arenas (Biscaya), en 1931, émettant les premiers vœux en 1932, le 14 septembre, jour de la fête de la Sainte Croix. Sa croix allait bientôt lui être présentée.

Au noviciat, on connut un José toujours content, toujours joyeux, toujours gentil, avec une petite inclinaison à faire des farces innocentes, pour faire rire.

Il passe à la communauté de Pozuelo pour ses études sacerdotales. Ceux qui l’ont connu ont dit de lui qu’il était pacifique, d’un commerce agréable, et particulièrement doué pour la peinture, dont il faisait profiter la communauté. Chaque fois qu’il fallait une décoration quelconque, il était là avec ses pinceaux. Un autre trait qu’il faut signaler, est qu’il recevait de bon gré les observations qu’on lui faisait, ce qui montre en lui une maturité spirituelle déjà acquise.

A la fin de la deuxième année de théologie, alors qu’il se préparait à faire la profession solennelle avant de recevoir les Ordres Majeurs, la maison des Pères OMI fut occupée par les miliciens, qui en firent la prison de ces Religieux. Nous sommes alors le 22 juillet 1936.

Dans un premier temps, les Religieux furent amenés à la Direction Générale de Sécurité (Madrid), le 24 juillet, puis remis en liberté. Il y avait parmi eux trois prêtres, trois frères, et les autres (dont notre José) se préparaient au sacerdoce : pendant trois mois, ils durent trouver quelque maison hospitalière où se cacher et vivre leur vie de prière comme ils pouvaient.

En même temps, la Milice les filait, et pouvait savoir quelle famille «amie» les hébergeait, pour pouvoir en arrêter le plus possible.

Le 15 octobre, nouveau coup de filet : tous les Oblats sont arrêtés et mis en prison.

Un témoin affirma qu’en prison, les Religieux s’efforçaient d’encourager les autres prisonniers, dans la douceur, avec la prière et la récitation du chapelet. En revanche, les conditions étaient dures : on cherchait à isoler les plus jeunes pour les forcer à blasphémer et à apostasier. De plus, ils les maltraitaient physiquement, les frappant à coups de crosse, le plus souvent sur les pieds. La nourriture était insuffisante, et surtout irrégulière : certains jours, on ne mangeait pas. On se recroquevillait dans les cellules pour oublier le froid. Et dans la prison de San Antón, il y avait tellement de prisonniers dans les cellules, qu’on en était réduit à dormir debout.

Le 28 novembre, José est du nombre de ceux qui vont être soi-disant «libérés» : en réalité, on les charge sur un camion à destination d’une localité proche de Madrid (Paracuellos del Jarama), où  ils sont fusillés.

José avait alors vingt-deux ans.

Ces Martyrs sont maintenant béatifiés, depuis 2011, et inscrits au Martyrologe le 28 novembre.

 

 

José García Pérez

1915-1936

 

Né le 7 janvier 1915 à Vigo (Poteveora), de José et María, il fut baptisé le 17 janvier suivant.

Bientôt orphelin de son père, il apprit à travailler comme maçon. Il n’avait que quatorze ans, lorsqu’il participa à des travaux chez les Filles de la Charité, qui remarquèrent ses belles qualités. Elles le gardèrent pour manger avec leurs élèves, et l’une d’elles s’occupa de son instruction. On le prit vraiment en affection, lui donnant le surnom de Pepiño. Rentré dans son quartier, il répétait aux petits enfants ce qu’il avait appris.

A dix-sept ans, il demanda à être admis au collège des Lazaristes de Villafranca del Bierzo, d’où il passa au noviciat d’Hortaleza, proche de Madrid.

En février 1936, le noviciat se transféra à Tardajos, mais José resta à Hortaleza avec le sous-directeur. Le 21 juillet, on expulsa les treize Religieux qui s’y trouvaient. José passa au Comité d’Hortaleza, puis aux cachots de la Direction Générale de Sécurité, puis à la prison Modelo et, le 16 novembre à la prison San Antón. En prison, il prit sur lui de laver le linge des autres prisonniers.

Il fut de ceux qu’on «appela» le 28 novembre au soir et fut fusillé à Paracuellos de Jarama, à l’âge de vingt-et-un ans.

Béatifié en 2017, José García Pérez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 28 novembre.

 

 

José Peque Iglesias

1915-1936

 

Né le 4 février 1915 à Rosinos de Vidriales (Zamora, Espagne) de Andrés et Francisca, José fut baptisé le 6.

Après avoir fait les Humanités et l’étude du latin à Notre-Dame du Campo, tout près de chez lui, il entra dans l’Ordre des Augustins, fit le noviciat au couvent de Leganés (Madrid) et la profession en 1931.

C’est là aussi qu’il fit la philosophie, tandis qu’il commença la théologie à l’Escorial.

Le 20 juillet 1936, la maison fut prise d’assaut et José arrêté le 6 août ; il fut incarcéré à la prison San Antón, jusqu’à fin novembre 1936.

Condamné à mort pour le crime d’être un Religieux, José fut entièrement dépouillé, reçut les menottes et conduit, avec ses onze Compagnons, à Paracuellos de Jarama, où on les fusilla.

C’était le 28 novembre, et José n’avait que vingt-et-un ans.

Ces Martyrs furent béatifiés en 2007.

 

 

Lucinio Ruiz Valtierra

1915-1936

 

Né le 12 février 1915 à Villanueva de Odra (Burgos, Espagne) de Pablo et Gregoría, Lucinio fut baptisé le 14.

Après les études du latin et les Humanités à Las Celadas del Páramo (Burgos) et Guernica (Biscaye), il fit le noviciat dans l’Ordre des Augustins à Leganés (Madrid) et la profession en 1932.

Toujours à Leganés, il fit la philosophie, et commença la théologie à l’Escorial.

Le 20 juillet 1936, la maison fut prise d’assaut et Lucinio arrêté le 6 août, avec les autres Confrères ; il fut incarcéré à la prison San Antón, jusqu’à fin novembre 1936.

Fin novembre, il fut condamné à mort avec ses Confrères, pour le grave crime d’être Religieux. 

Le 28 novembre 1936, Lucinio fut conduit, nu et menottté, avec ses onze Compagnons, à Paracuellos de Jarama, où on les fusilla.

Lucinio avait vingt-et-un ans.

Ces Martyrs furent béatifiés en 2007.

 

Eleuterio Prado Villaroel

1915-1936

 

Eleuterio appartenait à une famille d’humbles travailleurs de Prioro (León, Espagne), où il naquit le 20 février 1915.

Dans cette famille, on était habitué à honorer l’Eucharistie et à prier le chapelet. La maman, en particulier, qu’on appelait Tía Dominga (Tante Dominique), était véritablement une sainte femme, ou même une sainte tout court : en apôtre pleine de zèle, elle avait fondé l’association Marias de los Sagrarios (littéralement : Les Marie des Sanctuaires, disons Gardiennes du Tabernacle), pour stimuler la dévotion envers l’Eucharistie. Cette association existe encore.

Teyo - c’était le surnom d’Eleuterio - eut tout petit envie de suivre l’exemple de son grand frère, Máximo, qui devait être missionnaire au Texas.

Il entra donc au petit séminaire de Urnieta (Guipúzcoa), où il rencontra des difficultés pour l’étude. Ce fut au point qu’il choisit de renoncer au sacerdoce et de rester Frère coadjuteur.

C’est dans cette optique qu’il entra au noviciat, émettant les premiers vœux en 1928.

En 1930, il rejoingnit la nouvelle communauté de Pozuelo, où il fit sa profession solennelle en avril 1935.

Teyo était toujours content, prêt à rendre service dans tous les domaines, mais surtout en ébénisterie, qui était son occupation principale. Il demeura toujours optimiste, jovial.

Après l’invasion du 22 juillet 1936 par les Miliciens qui transformèrent le couvent en prison, sept Oblats ainsi qu’un père de famille sont exécutés dès le 24 juillet (voir à cette date) ; Eleuterio fut remis en liberté et rejoignit la communauté de la rue Diego de León. Celle-ci est à son tour réquisitionnée le 10 août, et les Religieux se réfugient à la Carera de San Jerónimo.

Quand ils y arrivèrent, ils vinrent saluer le père Monje, qui serait lui aussi arrêté mais qui, mystérieusement, échappa au martyre et put écrire ce témoignage : 

Il était huit heures du matin quand je vis entrer une figure chère : le frère Eleuterio Prado. Il était souriant, comme un jeune homme ignorant la tragédie qui commençait. Derrière lui, deux autres figures connues et chères : le frère Publio et le frère Ángel. Ils me dirent qu’on les avait laissés souffrir la faim, que quelques-uns en étaient morts. Ils y étaient entassés, sans aucune hygiène. Les gardiens cherchaient surtout à les faire apostasier, ce qui n’arriva jamais, au point que l’un des miliciens en vint à leur dire qu’ils lui donnaient envie de les imiter.

15 octobre : nouvelle arrestation, cette fois-ci définitive : d’abord à la prison Modelo de Madrid, puis à celle de San Antón (autre maison religieuse transformée en prison). Eleuterio reste allègre, il sait redonner courage aux autres prisonniers. Chaque jour ou presque, les Religieux se retrouvent dans la cour pour prier, s’encourager mutuellement. Ils sentaient arriver le «grand jour» : quand ils se séparaient, ils se disaient Si on ne se revoit pas, au-revoir au Ciel.

Au soir du 28 novembre 1936, on appelle les Religieux pour les «libérer», en réalité pour les charger sur un camion à destination de Paracuellos del Jarama, à quelques kilomètres de Madrid, où ils sont fusillés.

Les treize Oblats qui furent ainsi martyrisés ont été béatifiés en 2011.

 

 

Julián Plazaola Artola

1915-1936

 

Julián était né le 12 septembre 1915, à San Sebastián (Guipúzcoa, Espagne) et fut baptisé le 15.

De cette nombreuse famille de dix enfants, cinq devinrent religieux.

Après avoir étudié chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, ce membre fervent de l’Action Catholique entra dans l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu et fit profession à Ciempozuelos (Madrid) en septembre 1935.

Il avait un grand désir de soigner les malades. De plus, il eut l’occasion d’écrire : Ma plus grande joie, c’est de verser jusqu’à la dernière goutte de mon sang pour hâter le règne du Cœur de Jésus.

Arrêté le 7 août, enfermé à San Antón, il restait serein, toujours content de son sort, toujours disposé à aider les plus anciens, et à prier. Un jour, avec deux autres Confrères, on le mit contre le mur, le fusil pointé contre eux, les menaçant de les fusiller sur place s’ils ne blasphémaient pas : ils restèrent sans bouger ni ouvrir la bouche, tellement détendus que les gardiens en furent stupéfaits.

Quand on donna son nom le 28 septembre pour le «libérer», c’est-à-dire pour le conduire au peloton, il quitta ses Confrères avec une paix et le même sourire qu’on lui avait toujours vu. Il se montrait comme heureux d’offrir sa vie, à vingt-et-un ans.

C’était un des sept profès de ce groupe de quinze Religieux, martyrisés le 28 novembre 1936 et béatifiés en 1992.

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs)

 

 

Daniel Gómez Lucas

1916-1936

 

La famille de Daniel vivait à Hacinas (Burgos, Espagne) : une famille modeste, travailleuse, très chrétienne.

Deux des aînés furent Oblats de Marie Immaculée (OMI), l’un missionnaire à Ceylan (aujourd’hui Sri Lanka), l’autre missionnaire au Texas, puis provincial en Espagne, assistant général de la congrégation à Rome, avant de devenir évêque au Paraguay.

Daniel naquit le 10 avril 1916. L’ambiance familiale explique bien comment il grandit dans un contexte de foi profonde et entendit très tôt l’appel à la vie missionnaire. Il se montrait heureux, joyeux (très sportif), affectueux, obéissant.

Il entra au petit séminaire de Urnieta (Guipúzcoa). Le climat était déjà à la haine anti-religieuse. En voyage, il n’était pas rare que des voisins, comprenant qu’ils étaient à côté de séminaristes, faisaient le signe de les égorger, parfois même en sortant le couteau. En traversant le village de Hernani, on leur jeta des pierres en les insultant. D’autres fois aussi, certains disaient en les regardant : Ces jeunes, s’ils savaient ce qui les attend…

Daniel persévéra et entra au noviciat de Las Arenas où il fit sa première profession, avant de rejoindre la communauté de Pozuelo pour les études ecclésiastiques proprement dites.

On lui remarquait sa ténacité dans la vie intérieure et dans les études, qu’il attaquait avec enthousiasme et en y consacrant beaucoup de temps. Il montrait toujours de la bonne humeur, de l’optimisme et de la confiance. Avec les Confrères, il participait à la catéchèse dans la paroisse voisine.

Comme on l’a relaté à propos des autres Oblats, leur propre maison de Pozuelo fut leur première prison (22 juillet 1936), puis ils furent conduits à la Direction Générale de Sécurité (Madrid) et remis en liberté (25 juillet).

Il y avait là quinze jeunes Oblats, sans papiers, dans cette capitale madrilène qu’ils ne connaissaient pas. Les supérieurs conseillèrent à ces jeunes de se séparer en petits groupes pour ne pas éveiller l’attention et trouver plus facilement un gîte.

Daniel fut le dernier à se trouver où loger : le tailleur qui leur faisait les soutanes et qui avait déjà hébergé d’autres Oblats. C’est là qu’il resta jusqu’au 15 août.

Le père Porfirio, qui fut un moment arrêté mais put échapper au martyre, a écrit ces souvenirs émouvants : 

José Guerra et moi, nous arrivâmes le 11 (août), tôt le matin et retrouvèrent ainsi les douze autres Confrères ; nous nous racontâmes les derniers événements. Le 12, fête de Notre-Dame du Pilar, on nous apporta des hosties consacrées : toute la journée, nous nous relayâmes en adoration avant de communier, le soir, pour la première fois depuis notre expulsion de Pozuelo. Le 13, pas d’incident, nous allâmes nous coucher. Mais à minuit, coup de sonnette : Police ! J’étais près de Daniel Gómez, avec cinq autres, couchés par terre. En nous voyant comme cela, ils ne nous demandèrent rien : on voyait bien que nous étions cachés. Arrivent deux voitures qui nous embarquent tous et nous conduisent au commissariat. Heureusement qu’ils ne firent rien à la famille ! Ils nous mirent dans un grand salon, avec quelques autres prisonniers, tous en silence. En milieu de matinée, on était tellement entassés, qu’on ne pouvait pas s’asseoir par terre. Ils commençaient à fouiller maison par maison, jusqu’à une heure tardive. A minuit, ils nous font monter dans un fourgon cellulaire ; les laïcs reconnaissent les rues et nous disent : Ils nous emmènent à la prison Modelo, ce qui était vrai.

Daniel était de ceux-là. Ils devaient y rester trois mois. Pendant cette période, la femme du tailleur, Madame Dulce, lui rendit visite et lui donnait des nouvelles des autres Oblats encore en liberté.

Et un autre témoin survivant écrit : Je suis resté en contact avec des gens chez qui les Oblats avaient été hébergés et à qui ils portaient de la nourriture. C’est ainsi que j’appris que les prisonniers souffraient la faim, étaient envahis de poux, mais restaient fermes dans la foi, animés entre eux par la charité fraternelle.

Ils étaient tous bien conscients qu’on ne les avait arrêtés que parce qu’ils étaient religieux, car ils ne s’étaient jamais occupés de politique. Et ils étaient bien autant persuadés qu’ils allaient être conduits au martyre, offrant leur vie pour l’Eglise, pour l’Espagne, pour ceux qui allaient les fusiller, leur pardonnant d’avance.

Le 15 novembre on transporta les treize Oblats au Collège San Antón, tenu par les Pères des Ecoles Pies, et qui venait d’être aussi transformé en prison, qu’on appela la prison San Antón. On voit là que saint Antoine n’a pas été détrôné par les miliciens, malgré leur haine anti-religieuse.

Le 28 novembre au soir, on «met en liberté» les Oblats, mais on les conduit en réalité à quelques kilomètres de là, à Paracuello del Jamara, où on les fusille.

Daniel n’a que vingt ans.

Ces Martyrs ont été béatifiés en 2011, et ont leur place au 28 novembre dans le Martyrologe.

 

 

Ángel Sastre Corporales

1916-1936

 

Ángel était né le 16 août 1916, à Villaralbo del Vino (Zamora, Espagne).

Il devint charpentier, fit le service militaire à Melilla pendant deux années et demi et vécut un temps à Valladolid.

Insatisfait du monde, il entra dans l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, à Ciempozuelos (Madrid), début 1936, et commença le noviciat proprement dit le 2 juin, un noviciat qui trouva son parfait achèvement dans la prison San Antón, où les membres de la communauté furent enfermés du 7 août au 28 novembre.

C’était un des quatre novices de ce groupe de quinze Religieux, martyrisés le 28 novembre 1936 et béatifiés en 1992.

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs)

 

 

Justo Fernández González

1916-1936

 

Mourir martyr à vingt ans ! Une vie courte, mais pleine de mérites, jusqu’à la gloire de la Croix.

Justo naquit le 2 novembre 1916, le jour où l’on commémore tous les Défunts. Il était le dernier des douze enfants de parents très chrétiens. Huit d’entre eux entrèrent dans la vie religieuse : deux prêtres diocésains, deux Oblats de Marie Immaculée (OMI), un franciscain, trois sœurs de la Sainte Famille de Burdeos.

La famille habite à Huelde (León, Espagne), une localité qui plus tard sera engloutie sous les eaux du Pantano de Riaño.

Justo était né avec un cœur en or : noble, généreux, pacifique.

Dès qu’il fréquenta l’école élémentaire, il fut tous les jours présent à la catéchèse que faisait le curé à l’église, avant la prière du chapelet. Il servait la messe chaque jour et se confessait souvent. 

Un camarade se souvient : Un jour qu’on conduisait un défunt à l’église, Justo nous invita à dire un Notre Père pour ce défunt.

Une autre anecdote montre la maturité du petit garçon. C’est sa sœur qui raconte : Il n’avait que huit ans et un jour il me dit : Tu sais que Paco est le fiancé de Constancia (leur sœur aînée) ? Et moi je lui dis : Et le mien, qui c’est ? Et lui : Le tien, c’est Jésus ! Car il avait entendu dire que je voulais être religieuse.

Justo entra à treize ans au petit séminaire de Urnieta (Guipúzcoa) où il rejoignit son frère aîné, Tomás. Il était tellement fidèle au règlement, tellement généreux, que les supérieurs le mirent comme responsable des plus jeunes. Il savait comment les rappeler à l’ordre avec une grande délicatesse et éviter tout conflit.

En 1934, il pasae au noviciat de Las Arenas (Biscaya), et fit la première profession en 1935.

Il commença les études proprement ecclésiastiques à Pozuelo (Madrid). Le 16 juillet 1936, au terme d’une retraite, Justo s’apprêtait à renouveler ses vœux, lorsqu’il se trouva arrêté dans la maison-même de la congrégation, réquisitionnée par la Milice (22 juillet 1936).

On les emmena un ou deux jours à la Direction Générale de Sécurité de Madrid et on les relâcha. Le pauvre Justo ne connaissait personne dans cette grande ville, et trouva refuge chez un cousin, jusqu’à ce qu’on l’arrêtât de nouveau, pour l’emprisonner cette fois-ci à San Antón, autre maison religieuse transformée en prison.

Le soir du 28 novembre 1936, c’est le moment de l’immolation : on emmena tous les Oblats à Paracuellos del Jarama, à quelques kilomètres de Madrid, où ils furent fusillés.

Justo venait d’avoir vingt ans.

Tout ce groupe de Martyrs est commémoré le 28 novembre ; il a été béatifié en 2011.

 

 

Marcos Pérez Andrés

1917-1936

 

Né le 18 juin 1917 à Villasarracino (Palencia, Espagne) de Félix et María, Marcos fut baptisé le lendemain.

On le voit, il avait dix-neuf ans en 1936. 

Il était postulant chez les Augustins et dut revenir quelques jours dans sa famille, mais revint dès que possible au couvent de l’Escorial ; son désir unique était de vivre et mourir en Religieux.

Le 20 juillet 1936, la maison fut prise d’assaut et Marcos arrêté le 6 août, avec les autres Confrères ; il fut incarcéré à la prison San Antón, jusqu’à fin novembre 1936.

Durant ces longs mois, Marcos montra toutes les attentions possibles à l’égard des Confrères plus anciens, de sorte que, bien qu’il ne fût pas encore profès, il fut lui aussi inclus dans la liste des condamnés à mort. 

Le 28 novembre 1936, Marcos fut conduit, avec ses onze Compagnons, à Paracuellos de Jarama, où on les fusilla.

Ces Martyrs furent béatifiés en 2007.

Isidoro Martínez Izquierdo

1918-1936

 

Isidoro était né le 9 avril 1918, à Madrid (Espagne) et fut baptisé le 22, recevant le nom du célèbre évêque et docteur espagnol, Isidore (voir au 4 avril).

Il entra à dix-sept ans dans l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, à Ciempozuelos (Madrid), heureux de sa vocation et de son travail.

Il était à un mois de la profession quand la révolution se déchaîna.

Le 7 août 1936, tous les membres de la communauté durent quitter la maison et furent mis à la prison San Antón, jusqu’en novembre, et Isidoro continua de suivre les conseils prudents de son maître des novices, le père Mariano Adradas, dans le recueillement, la prière, et les actes de réparation au Sacré-Cœur.

Appelé dans le premier groupe du matin de ce 28 novembre, il salua les Confrères avec un fort «Au Ciel».

A dix-huit ans, il était un des quatre jeunes novices de ce groupe de quinze Religieux, martyrisés le 28 novembre 1936 et béatifiés en 1992.

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs)

 

 

Antonio Hilario Delgado Vílchez

1918-1936

 

Antonio était né le 18 avril 1918, à Cañar (Grenade, Espagne) et fut baptisé le 27.

On a retenu de lui qu’il partageait ses friandises avec les camarades.

Il entra à dix-sept ans dans l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, et fit la profession le 3 juin 1936, avec le nom de Hilario.

Le 7 août, les membres de la communauté de Ciempozuelos (Madrid) où il se trouvait, fut arrêtée et mise en prison… sauf lui, sans doute à cause de son jeune âge : il n’avait que dix-huit ans. Mais Hilaire n’était pas homme à être religieux à moitié. Le lendemain, il se présenta librement aux gardiens pour rejoindre ses Confrères ; on commença par l’envoyer promener, mais sur son insistance, ils le firent entrer, et commencèrent par le dévêtir pour le fouiller ; calmement, il se remit son habit, disant seulement : Je me mets le linceul. 

Partageant la prison avec les autres Confrères, il se montra fervent dans la prière et au service des autres.

Au moment de quitter la prison et de partir pour le lieu de l’exécution, il embrassait les Confrères en leur disant : Au ciel !

C’était un des sept profès (et le plus jeune) de ce groupe de quinze Religieux, martyrisés le 28 novembre 1936 et béatifiés en 1992.

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs)

 

 

Clemente Rodríguez Tejerina

1918-1936

 

Ce jeune martyr espagnol de dix-huit ans était né à Santa Olaja de la Varga (province de León) le 23 juillet 1918. On a de lui et de sa famille un certain nombre de détails grâce à sa sœur, Josefa, elle aussi religieuse.    

C'était une famille de cultivateurs, humbles travailleurs de la terre, très chrétiens. Dieu donna à ces parents douze enfants, dont six furent religieux : deux Capucins, deux religieuses de la Sainte Famille, et deux Oblats de Marie Immaculée, justement Clemente et Miguel. Ceci nous donne déjà une idée de l'esprit qui régnait dans cette famille.

La maman, qui n'avait pas une grande culture, était une excellente chrétienne et avait lu suffisamment de bons livres pour se permettre à son tour d'enseigner ses enfants.

Ainsi, tous les soirs, elle réunissait les enfants dans la salle à manger et elle priait ; elle offrait ses enfants au Sacré-Cœur ; elle priait pour la persévérance de chacun d'entre eux dans la foi. Elle appartenait à une pieuse association dénommée Marías de los Sagrarios, littéralement les «Marie des Tabernacles», qu'on pourrait rendre en français par «Les Veilleuses du Saint-Sacrement» ; les fêtes eucharistiques avaient donc une grande importance, et tous les enfants participaient à la décoration des autels jusque dans les moindres détails, montrant ainsi leur amour pour Jésus-Eucharistie.

Dans ce climat de ferveur, très tôt Clemente commença à prendre conscience de sa vocation. C'est ainsi qu'à onze ans il quitta la maison paternelle pour rejoindre le petit séminaire tenu par les Oblats de Marie Immaculée (OMI) à Urnieta (Guipúzcoa).

Avant même d’être religieux, il savait entourer les vieillards de plein d’attentions, leur rendant une foule de petits services. 

Le 5 juillet 1934, à seize ans, il commença le noviciat à Las Arenas (Biscaya) ; il émit les premiers vœux le 16 juillet 1935, en compagnie d'autres profès. Journée émouvante, où l'on vit tous les nouveaux profès sortir de la cérémonie avec des larmes de joie. Ce même jour, ils prirent le train jusqu'à Pozuelo (province de Madrid) pour un temps de vacances en communauté, avant le début des études ecclésiastiques.

Clemente se mit au travail avec beaucoup de sérieux. Animé de bonté et de douceur, il ne faisait pas de bruit : il avançait avec détermination, se montrant bon et serviable. Il était tout pénétré de son idéal missionnaire.

Il avait à peine terminé la première partie de ces études, qu'il renouvela ses vœux le 16 juillet 1936. C'était le moment de la grande tourmente politique. Six jours après, le 22 juillet, il fut fait prisonnier avec toute la communauté dans leur propre couvent puis, deux jours après, ils furent tous emmenés à Madrid, à la Direction Générale de Sécurité, pour être mis en liberté le lendemain.    

Clemente se réfugia d'abord dans la Maison provinciale, mais celle-ci fut confisquée le 9 août : à onze heures et demie du matin on sonna à la porterie ; tout un groupe de laïcs armés pénétra dans le jardin, invitant poliment les Religieux à laisser la maison. Le Père Provincial (Esteban Lacal, lui aussi maintenant béatifié) se permit de faire remarquer que cette intervention était pour le moins arbitraire, étant donné que tous les habitants n’étaient que des citoyens pacifiques ; on lui répondit cependant : Nous le croyons bien que vous n'êtes mêlés à rien, mais beaucoup d'autres curés et religieux sont concernés ; et voilà ce qui arrive : les uns paient pour les autres

En sortant, les Religieux abandonnèrent leur maison aux nouveaux propriétaires, occupés à installer une énorme banderole sur la clôture du jardin, avec l'inscription : Confisqué par le Ministère des Beaux-Arts. Les Religieux se réfugièrent alors dans une autre pension. 

Le 15 octobre, nouvelle arrestation, à destination de la Prison centrale. Là, Clemente retrouva les Oblats qu'il n'avait pas revus depuis leur départ de Pozuelo. Tous furent bientôt transférés à San Antón, le collège des Pères des Ecoles Pies, transformé aussi en prison.

Une sœur de Clemente avait pu lui rendre visite à la Maison Provinciale et s'entretenir avec lui. Elle se rendit compte de la totale intégrité de son esprit de foi ainsi que de sa claire disposition à recevoir le martyre. Voici quelques mots de Clemente qu'elle a rapportés textuellement : 

Nous nous trouvons en danger et nous craignons d'être séparés ; ensemble, nous nous encourageons les uns les autres. S'il faut mourir, j'y suis disposé, certain que Dieu nous donnera la force dont nous avons besoin pour rester fidèles.

C'est alors que le Père Provincial Francisco Esteban intervint en conseillant dûment à la sœur de Clemente de vite s'éloigner, car la communauté était très surveillée et elle courait elle aussi un risque, à cause de sa condition de religieuse. Et d'ajouter : Ici, nous allons tous y passer.

Josefa resta cependant en contact, grâce à un autre témoin qui put entrer aussi dans la prison de San Antón. On sut que les prisonniers étaient ligotés dans le sous-sol, où se trouvaient les douches du collège, de sorte qu'ils avaient les pieds dans l'eau et pouvaient à peine bouger. Ils ne mangeaient pas tous les jours, et quand les gardiens apportaient la popote, ils se moquaient des prisonniers en leur demandant : Qui c'est qui n'a pas mangé hier ? On sut aussi que tous ces prisonniers étaient catholiques, qu'ils se réunissaient et priaient.

C'est de là qu'on les fit sortir, et qu'on les fusilla à Paracuellos del Jarama, le 28 novembre 1936. Clemente était le benjamin : il n'avait que dix-huit ans.    

C'est encore sa même sœur Josefa qui, ignorant qu'il était mort, chercha à le revoir à la prison de San Antón. On était en décembre 1936 ; le milicien de garde lui répondit méchamment qu'elle avait intérêt à partir de là si elle ne voulait pas rester dedans. Mais comme elle insistait pour savoir au moins si son frère était là, il lui répondit qu'elle n'avait qu'à s'adresser au Ministère de la Justice, rue Santa Bárbara. Là elle se trouva dans une immense salle avec un tas de cartons et de fiches, parmi lesquelles elle trouva celle-ci qui disait textuellement : Clemente Rodríguez Tejerina, mis en liberté le 28 novembre 1936.

En faisant bien attention à ne pas se faire voir, elle prit la fiche en question et s'en alla au Consulat du Chili. Là, on l'informa que tous ceux qui avaient été "mis en liberté", au sortir des prisons les 27 et 28 novembre 1936, avaient été immédiatement fusillés à Paracuellos del Jarama. C'est alors qu'elle eut la certitude du martyre de son frère, qui avait été tué pour le seul motif d'être religieux.

Ces vingt-trois Compagnons ont été béatifiés en 2011 (vingt-deux Oblats et un laïc, père de famille).

Ces Martyrs seront inscrits au Martyrologe au jour de leur naissance au Ciel, sept au 24 juillet (avec le laïc), deux autres le 7 novembre, les treize autres, dont Clemente, le 28 novembre.

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27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 19:37

Gjon Pantalia

1887-1947

 

Gjon Pantalia naquit le 2 juin 1887 à Prizren (Serbie).

Sa famille était apparentée à la Mère Teresa de Calcutta (v. 5 septembre).

Il entra dans l’Ordre des Jésuites au noviciat de Soresina (Italie), mais renonça humblement à recevoir le sacerdoce, pour s’occuper pleinement des activités de la maison, comme la chorale ou le théâtre, pour lesquels il composa la musique et écrivit des textes ; il fut aussi un excellent accompagnateur spirituel.

Parmi ses étudiants, il s’en trouvèrent qui adhérèrent au Parti communiste albanais, mais qui le protégèrent durant les premiers temps de la persécution, ce qui permit à Gjon de continuer certaines de ses activités, d’aider les frères arrêtés et de leur procurer des avocats.

A son tour, il fut arrêté en septembre 1946 ; il tenta de s’échapper par une fenêtre, mais se cassa les jambes ; repris, manquant de soins et torturé dans le couvent de Gjudahol, transformé en prison, il y mourut le 31 octobre 1947.

Gjon Pantalia fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 31 octobre.

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27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 19:28

Gjon Koda

1893-1947

 

Gjon Koda naquit le 25 avril 1893 à Janjevo (auj. Janjevë, Lypjan, Serbie).

Il entra dans l’Ordre des Frères Mineurs Franciscains, prit le nom de Serafin et fut ordonné prêtre en 1925.

Il fut professeur en même temps que vicaire à Lezhë.

Il fut arrêté en avril 1947 : on voulait lui faire avouer que les Franciscains étaient en train de comploter contre l’Etat. Ce n’était qu’un vilain prétexte pour le condamner.

Après deux semaines de tortures indescriptibles, Gjon fut exécuté à Lezhë, le 11 mai 1947. On lui enfila des clous dans la gorge. On l’enterra secrètement et sa tombe ne fut découverte qu’en 1994.

Gjon Koda fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 11 mai.

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27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 19:17

Dedë Maçaj

1920-1947

 

Dedë Maçaj naquit le 5 février 1920 à Mal i Jushit (Shkodrë, Albanie).

Après le séminaire de Shkodra, il étudia à Rome.

Durant son service militaire, il souffrit déjà le mépris et les mauvais traitements, en raison de sa foi.

Ordonné prêtre en 1944, il fut curé adjoint à Shkodra ; on le disait diligent, compatissant, volontaire.

Il fut arrêté le 10 mars 1947 sous l’accusation habituelle d’être un espion du Vatican.

Après des tortures indescriptibles, Dedë fut exécuté à Përmet, le 28 mars 1947, devant les soldats du régiment et piétiné par des fanatiques communistes, comme en a témoigné un compagnon d’armes.

Dedë Maçaj fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 28 mars.

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