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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 00:00

22 MARS

 

I.

S Epaphrodite, disciple de s. Paul, cf. Ph 2.

III.

S Paulus, premier évêque à Narbonne ; on le donne parfois comme disciple de s. Paul (cf. Ac 13).

Ss Callinikos et Basilissi, martyrs en Galatie ; ils visitaient les martyrs en prison.

?

S Saturnin, martyr en Afrique.

IV.

S Basilios, prêtre à Ancyre et martyr, qui fit sortir de l’erreur beaucoup de gens : chaque jour on lui arracha quelques lambeaux de chair.

Ste Léa, veuve romaine, protectrice du cercle des saintes femmes formées par s. Jérôme.

V.

S Octavien, archidiacre à Carthage, martyr avec des milliers d’autres.

VII.

S Failbe Ier, abbé à Iona, frère de s. Finan. 

VIII.

Stes Herlinde et Relinde, deux sœurs, ensemble abbesses à Maaseyk.

XIII.

S Benvenuto Scotivoli, évêque à Osimo dont il est patron ; il tint à revêtir l’habit franciscain avant sa consécration épiscopale.

XVII.

S Nicholas Owen, auxiliaire jésuite anglais, martyrisé sur le chevalet.

XVIII.

B François Chartier, prêtre martyr à Angers, béatifié en 1984.

XX.

Bx Bronislaw Komorowski (*1889) et Marian Górecki (*1903), prêtres polonais, internés à Stutthof, fusillés le Vendredi saint 1940, béatifiés en 1999.

B Clemens August Graf von Galen (1878-1946), évêque à Münster, cardinal, tenace adversaire du nazisme, béatifié en 2005.

Epaphrodite

1er siècle

 

Le nom de ce saint personnage apparaît dans l’épître de saint Paul aux Philippiens.

Durant sa première captivité à Rome (60), Paul a reçu la visite d’Epaphrodite, délégué par les Chrétiens de Philippes pour assister l’indigence de Paul (Ph 2:25).

Paul les en remercie, il est comblé par ce parfum de bonne odeur (Ph 3:18).

Or, Epaphrodite est tombé gravement malade durant son séjour auprès de Paul, et les Philippiens l’ont appris avec inquiétude (Ph 2:26). Cette maladie l’a conduit bien près de la mort (Ph 2:27).

Paul a été le premier inquiet de cette maladie, car Epaphrodite lui est extrêmement précieux dans l’annonce de l’évangile : c’est un frère, un collaborateur, un compagnon d’armes (Ph 2:25).

Mais Paul ne veut pas garder sa joie pour lui seul ; il va envoyer Timothée auprès des Philippiens (Ph 2:19) pour prendre de leurs nouvelles, mais il va aussi se séparer d’Epaphrodite, lui-même impatient de se remontrer aux siens en bonne santé (Ph 2:26).

En bon père, Paul savoure d’avance la joie des Philippiens à la vue de leur Epaphrodite, auquel il confie la Lettre aux Philippiens. On a supposé qu’Epaphrodite était un diacre de Philippes, du moins un personnage important et de confiance.

Ensuite ? Nous n’avons que des conjectures.

Des sources d’autorité mais non concordantes ont prétendu que, durant son séjour en Italie, Epaphrodite fut consacré évêque par saint Pierre lui-même, pour Terracina. Mais on en a fait aussi un évêque ailleurs : Adria en Syrie, Philippes (Macédoine), à moins qu’on ait confondu plusieurs personnages du même nom. 

Il reste qu’actuellement, le Martyrologe mentionne brièvement saint Epaphrodite le 22 mars, sans autres détails.

 

 

Paulus de Narbonne

† 240

 

Une vieille tradition nous assurait que le premier évêque de Narbonne, Paulus, n’était autre que le Sergius Paulus qui se convertit sur la parole de l’apôtre s.Paul en Chypre (cf. Ac 13:7).

Ensuite, Sergius Paulus aurait accompagné l’Apôtre à Rome (pour sa première captivité, sans toutefois partager celle-ci), puis lors de son voyage vers l’Espagne.

S.Paul l’aurait alors laissé évangéliser Béziers ; Sergius Paulus consacra évêque de Béziers un certain Aphrodisius, puis installa sa demeure à Narbonne, dont il fut ainsi le premier évêque.

Si son apostolat fut fécond, il rencontra aussi des difficultés. Deux diacres se permirent de le calomnier. Paulus eut recours aux évêques de la région, et Dieu permit que ce furent les diacres eux-mêmes qui avouèrent leur crime.

Cette chronologie cependant n’est pas absolument convaincante. 

En effet, si le premier évêque de Narbonne, si bien accueilli, vivait au 1er siècle, on s’étonne qu’il n’eût pas de successeur avant Stephanus, du 3e siècle. Inversement, si Stephanus a bien succédé à Paul, c’est que la tradition ne repose pas sur une certitude historique.

En outre, on peut se demander quels évêques Paulus convoqua pour son «procès», puisque, du vivant de s.Paul (35-63, après la Résurrection du Christ), on ne pouvait pas avoir déjà tant d’évêques en Gaule.

On sait que vers 200 le pape envoya en Gaule sept missionnaires, qui furent alors les premiers évêques de grandes villes : Denys de Paris, Gatien de Tours, Trophime d’Arles, Saturnin de Toulouse, Austremoine de Clermont, Martial de Limoges, et notre Paul à Narbonne.

Le Martyrologe le qualifie d’évêque et martyr, avec cette mystérieuse phrase : à Narbonne, à la frontière de la Gaule, via Domitia hors de la Ville (la majuscule désigne habituellement Rome), déposition de s.Paul.

Que Paulus soit mort le 22 mars, ne pose pas de problème, mais vers 240, semblerait plus raisonnable.

Saint Paul de Narbonne est commémoré le 22 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Callinikos et Basilissa en Galatie

3e siècle

 

Callinikos pouvait être le domestique de Basilisssa ; ils habitaient en Galatie (act. Turquie C).

Ils visitaient les martyrs en prison, et furent à leur tour arrêtés, puis décapités.

Il est difficile d’avancer une date pour ce martyre : sous Trajan au 2e siècle ? sous Dèce vers 250 ? 

Saints Callinikos et Basilissa sont commémorés le 22 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Basilios d’Ancyre

† 362

 

Ce prêtre Basile, qui vivait à Ancyre (act. Ankara, Turquie), était rempli de zèle pour propager la doctrine juste de l’Eglise. Le concile de Nicée (325) s’était achevé sur une condamnation de l’arianisme, et Basilios se donna entièrement à la prédication.

En outre, la sainteté de sa vie ajoutait de la force à sa parole, et nombreux étaient ceux qui se ralliaient ainsi à la Vérité.

C’était un combat de tous les jours ; les opposants de Basilios ne manquaient pas et cherchèrent à le déférer à l’empereur Constance ; or ce dernier, qui n’était pas un théologien, prit parti pour l’arianisme, et ensuite Julien fut l’apostat que l’on sait.

Basilios intensifia son apostolat à Ancyre, où les hérétiques le prirent en profonde aversion et finirent par l’accuser devant le proconsul.

Saturninus le fit étendre sur le chevalet et déchirer avec les ongles de fer. Basilios proclamait toujours sa foi contre les idoles païennes. On le présenta à Julien, qui passait par cette ville.

Basilios saisit l’occasion pour rappeler à Julien le christianisme de sa jeunesse : lecteur, il avait proclamé la Parole de Dieu aux croyants, et maintenant il la combattait. Basilios annonça aussi à Julien qu’il mourrait bientôt, et douloureusement (Julien allait être blessé mortellement lors d’une bataille, trois ans plus tard).

Julien se montra terriblement vexé de cette audace et ordonna que l’on prélevât chaque jour sept aiguillettes de chair du corps de Basilios.

Peu de jours après, Basilios reparut devant Julien et lui lança une de ces aiguillettes, qui pendait encore à son bras. Julien ordonna de faire des incisions encore plus profondes, jusqu’à atteindre les organes internes de sa victime.

Julien une fois parti d’Ancyre, le bourreau se mêla d’intensifier les tourments de Basilios : il le fit percer de pointes de fer brûlantes.

Basilios finit par expirer, le 28 juin 362.

De concert avec les Grecs, les Latins fêtent Basilios au 22 mars, jour d’une probable translation de ses reliques.

Saint Basilios d’Ancyre est commémoré le 22 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lea de Rome

† 384

 

Romaine, Lea était une maîtresse de maison : riche, somptueusement vêtue, elle avait ses nombreux domestiques pour exécuter ses ordres. Mais elle avait la foi.

Elle fut de ces pieuses Dames romaines qui se réunissaient autour de s.Jérôme (v. 30 septembre), pour en écouter les leçons sur l’Ecriture.

A la mort de son mari, elle oublia toute cette pompe et se confia entièrement à Dieu. Sa vie fut alors tous le contraire de ce qu’elle avait été jusque là.

Elle se retira dans un monastère de Rome, où on voulut lui donner la responsabilité de supérieure ; mais elle ne s’imposa que par son exemple silencieux, aidant les unes et les autres dans les occupations les plus basses. Coiffée on ne peut plus simplement, elle portait un habit tout modeste, qui couvrait d’ailleurs un dur cilice ; elle mangeait très simplement ; elle priait et passait des nuits en veille ; elle se choisit une cellule étroite, comme on l’aurait fait pour un prisonnier, elle qui était habituée aux grandes demeures.

Ainsi sanctifiée et pleine de mérites, elle rendit son âme à Dieu vers 384.

Sainte Lea de Rome est commémorée le 22 mars dans le Martyrologe Romain.

Benvenuto Scotivoli

† 1282

 

Benvenuto (Bienvenu) vit le jour à Ancône (Italie CE) quelque part au début du 13e siècle.

Il étudia le droit à Bologne et revint recevoir les Ordres à Ancône.

Ayant reçu la dignité d’aumônier pontifical, il fut en 1262 nommé archidiacre d’Ancône.

A cette époque, le diocèse d’Osimo s’était rallié au parti de l’empereur Friedrich Barbarossa et, pour ce motif, fut rattaché à celui d’Umana par une décision du pape Grégoire IX ; le même pape le mit alors sous l’administration apostolique de Benvenuto.

Ce dernier tenta d’apporter au diocèse un peu de la douceur du Pasteur éternel : il leva beaucoup de sentences d’excommunication, prêcha l’amour fraternel, et ramena le troupeau à l’obéissance au Chef de l’Eglise.

Benvenuto était un homme de paix, doux et humble. Avant d’être consacré évêque, il tint à revêtir l’habit franciscain et à être compté parmi les Frères mineurs. Pour lui, le meilleur moyen d’attirer les bénédictions du Ciel, était de rechercher l’humilité, la pauvreté, l’obéissance, et de prier sans cesse pour tous les péchés.

En 1264, il fut donc évêque effectif d’Ancône et, en 1267, fut chargé par le pape de gouverner aussi toute la région.

C’est à Benvenuto que revint l’heureuse mission d’ordonner prêtre Nicola de Tolentino (v. 10 septembre). Il s’employa à sauvegarder les biens ecclésiastiques, interdisant de les aliéner par plusieurs mesures. En 1274, il procéda à une réforme du Chapitre cathédral.

A l’heure de mourir, il demanda à être déposé à terre, dans la plus complète pauvreté.

Il mourut ainsi le 22 mars 1282. Sur son tombeau se produisirent beaucoup de miracles, suscitant un culte à Osimo dès le début du siècle suivant.

Benvenuto n’a jamais été canonisé «officiellement», mais saint Benvenuto est commémoré au Martyrologe le 22 mars.

 

 

Nicholas Owen

1550-1606

 

Né vers 1550 en Oxfordshire (Angleterre), ce laïc discret et immensément actif ne nous a rien laissé sur sa parenté, sa jeunesse.

Au regard de son activité au service des prêtres persécutés, on peut légitimement supposer qu’il était menuisier ou charpentier de métier.

On ne sait au juste quand, mais ce fut avant 1580, il entra dans la Compagnie de Jésus comme laïc ; on a même affirmé qu’il fut le premier Frère laïc anglais jésuite.

Il fut une première fois mis en prison en 1581, à la mort d’Edmund Campion (voir au 1er décembre), pour avoir ouvertement affirmé l’innocence de ce prêtre.

Libéré, il servit de tout son cœur les pères Garnett et Gerard pendant dix-huit ans. Il fut arrêté avec ce dernier, s’échappa de la Tour et, dit-on, aurait aidé l’autre à s’enfuir aussi. On l’arrêta fiinalement à Hindlip Hall (Worcestershire), alors qu’il se faisait passer pour le père Garnett.

On n’a pas pu compter le nombre de cachettes que Nicholas put arranger avec tant d’adresse pour protéger des prêtres dans toute l’Angleterre. S’il les avait révélées… 

Conduit au Marshalsea, puis de nouveau à la Tour, il fut soumis aux terribles interrogatoires (et tortures) de Topcliffe, suspendu par les bras à des anneaux de fer, puis avec d’énormes poids accrochés aux jambes, sans parler des autres tortures et mauvais traitements.

On raconta qu’il s’était suicidé dans sa prison, mais le père Garnett réfuta la calomnie : il mourut en prison des tortures qu’il y souffrit. Toute la vie de Nicholas fut marquée par une extraordinaire innocence, ainsi qu’une profonde prudence, qui lui permit de sauver la vie de beaucoup de prêtres.

D’après le récit du père Garnett, Nicholas était encore en vie le 3 mars 1606, et certains récits repoussent sa mort jusqu’au 12 novembre 1606.

Le Martyrologe le mentionne au 22 mars.

Il a été béatifié en 1929 et canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

François Chartier

1752-1794

 

François-Louis était né le 6 juin 1752 à Marigné (Maine-et-Loire).

Prêtre du diocèse d’Angers, il fut curé de Soeurdre, proche de Marigné.

Lors de la Révolution, il refusa de prêter le serment de la Constitution civile du clergé.

Une première fois arrêté, il fit appel de cette condamnation et entra dans la clandestinité, célébrant les Saints Mystères et administrant les Sacrements aux fidèles dans la plus grande discrétion, mais aussi en s’exposant à tous les dangers.

Repris en mars 1794, il fut guillotiné à Angers, le 22 mars 1794.

Il a été béatifié en 1984.

 

 

Bronisław Komorowski

1889-1940

 

Né près de Skorcz (près Dantzig en allemand, Gdansk en polonais), Bronisław fut tôt orphelin de père. Sa mère épousa en secondes noces Jan Fankidejski, qui lui enseigna l’histoire de la Pologne.

Le garçon étudia au Collegium Marianum à Pelpin. 

Il fit partie de la société secrète des Philarètes, cercles où l’on étudiait différentes matières avec ce sentiment unanime patriote pour la Pologne. 

Après avoir étudié la physique et les mathématiques, la médecine, les lettres et le droit, il poursuivit sa formation à Chelmno (Culm en allemand), moitié catholique et moitié protestante.

Il ressent alors la vocation au sacerdoce, en réponse au Kulturkampf laïc de la politique prussienne de Bismarck.

Ordonné prêtre en 1914, il est vicaire à Praust (actuelle Pruszcz, faubourg de Dantzig), une agglomération où se développait une intense industrialisation.

Nommé à Saint-Nicolas de Dantzig, rattachée de force à la Prusse mais polonaise, Bronisław enseigne l’histoire de la Pologne.

Au lendemain de la guerre, le traité de Versailles proclame Dantzig ville libre, mais cette ville est encore majoritairement allemande. C’était localement l’expression même du germe de la prochaine guerre.

En 1924, Bronisław change de faubourg et se retrouve à Langfuhr (aujourd’hui Wrzeszcz), où il fait construire une église nouvelle. Il y a là une école technique fréquentée majoritairement par des polonais (qui durent évacuer en 1939).

En 1933-1934, il est élu au parlement de Dantzig. La ville se reprend de l’après-guerre, et les habitants allemands voudraient se réunir à l’Allemagne, tandis que les Polonais s’y attachent où commencent d’émigrer vers le sud, d’autant plus que sévissent des lois anti-catholiques.

L’évêque confie la pastorale des Polonais à l’abbé Bronisław, avant de se retirer à Rome sur la pression nazie. Bronisław réunit les Polonais dans des cercles et des clubs culturels, religieux et sportifs.

Lors de l’invasion nazie le 1er septembre 1939, toute cette élite polonaise fut ratissée, quinze cents personnes arrêtées, et tandis que commençait la Deuxième Guerre mondiale, la ville de Dantzig «votait» son rattachement à l’Allemagne. 

L’abbé Bronisław fut arrêté, mis en prison à la Viktoriaschule, déporté à Stutthof, en même temps que l’abbé Marian Górecki. 

Ils y travaillèrent eux-mêmes, nuit et jour, à l’abattage des arbres, la construction des bâtiments du camp et la pose des vitres. S’ils chantaient en travaillant, ils étaient «punis». 

Le 22 mars 1940, ils furent tous deux fusillés le jour-même du Vendredi Saint, pour avoir célébré la messe la veille, le Jeudi Saint avec d’autres prisonniers. 

Rappelons que la ville de Dantzig fut rasée à 90%, faisant cent-mille morts ; les survivants, allemands, furent à leur tour expulsés par l’Armée rouge, et la ville fut de nouveau polonaise en 1945.

Ces deux prêtres ont été reconnus Martyrs de l’époque nazie, et béatifiés parmi les cent-huit Polonais en 1999.

A un ami qui lui demandait quels étaient ses sentiments dans les moments de grande humiliation (on songe aux mauvais traitements qu’il dut subir entre septembre et mars…), il répondit : Je me sens comme en chaire et je pense à faire une bonne prédication.

 

 

Marian Górecki

1903-1940

 

Né en 1903 à Poznan de Tomasz et de Petronela Szekiełdów, Marian reçut la Confirmation au terme de l’école primaire, et prit à l’occasion le deuxième prénom de Walent (Valentin). 

A dix-sept ans, il termina les études secondaires et partit à l’armée, volontaire dans la guerre entre Pologne et Russie.

Au retour de la guerre, il entra au séminaire archiépiscopal de Poznan. Il y était cérémoniaire.

Ordonné prêtre en 1928, il fut vicaire à Leszno, puis directeur de séminaire à Koźmin et Wolsztyn. Comme aumônier des scouts, l’abbé Marian était tout particulièrement attentif à la formation chrétienne des jeunes.

Il montra le même zèle dans le diocèse de Gdansk, qu’il rejoint en 1933. Il y est directeur de l’école polonaise Alma Mater, recteur de la chapelle Notre-Dame de Częstochowa, et aumônier au dépôt militaire de Westerplatte

Quand l’armée nazie envahit la Pologne le 1er septembre 1939, il fut arrêté dès le premier jour dans le ratissage des Polonais, en même temps d’ailleurs que son confrère, l’abbé Bronisław Komorowski (voir notice ci-dessus). 

Ils furent tous deux conduits à Stutthof, où ils travaillèrent eux-mêmes, nuit et jour, à l’abattage des arbres, la construction des bâtiments du camp et la pose des vitres. S’ils chantaient en travaillant, ils étaient «punis».

Le Jeudi-Saint 21 mars 1940, ils furent surpris à célébrer la Messe avec soixante-six autres prisonniers. On les fusilla le lendemain, Vendredi Saint 22 mars 1940, leur commun dies natalis.

Ils furent tous deux reconnus Martyrs et comme tels béatifiés dans le groupe des cent-huit Polonais martyrs de la période nazie, en 1999.

 

 

Clemens August Graf von Galen

1878-1946

 

Le comte (Graf) Clemens August avait pour père Ferdinand Heribert, député du parti centriste, et pour mère Elisabeth, née von Spree. Il naît au château de Dinklage (Land de Münster) le 16 mars 1878, onzième des treize enfants de ce noble couple.

Il fréquente le lycée des Jésuites à Feldkirch, fait des études de théologie à Innsbruck (1898-1903), revient au séminaire de Münster et devient prêtre en 1904. Il est nommé vicaire à Münster, où réside son oncle, Maximilian Gereon, évêque auxiliaire de Münster.

En 1906, il a charge d’âmes à Berlin. Pendant son séjour dans la capitale, il montre souvent son scepticisme devant l’ordre social moderne ; il critique la démocratie parlementaire de la République de Weimar. Il a une certaine activité politique dans l’aile conservatrice du Centre.

En 1919, Clemens August est nommé curé de Saint-Matthias à Schöneberg (qui est réunit à Berlin à partir de 1920).

En 1929, il assume la paroisse de Saint-Lambert à Münster. 

En 1933 Clemens August Graf von Galen est nommé évêque à Münster. Il a l’occasion de condamner ouvertement la politique antireligieuse du Parti Ouvrier Allemand National-Socialiste (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, NSDAP), et demande à l’épiscopat allemand une ferme prise de position contre le régime national-socialiste.

En 1936, il salue l’entrée des troupes allemandes dans la région du Rhin démilitarisée depuis le traité de Versailles.

Dès 1937 il appuie fermement la diffusion de l’Encyclique Mit Brennender Sorge de Pie XI, qui condamne sans appel le régime national-socialiste et la politique raciale.

En 1941 il tient trois homélies où il dénonce la confiscation des biens de l’Eglise, ainsi que les mesures d’euthanasie que les nazis avaient organisées à l’encontre des personnes handicapées dans le cadre de l’«action T4». Ces homélies sont largement diffusées en Allemagne, puis polycopiées par les Forces Alliées. Son attitude nettement opposée à la politique nazie le fait appeler, en Allemagne comme à l’étranger, le lion de Münster.

Durant la guerre, il critique continuellement la politique raciale et dénonce les efforts du régime nazi pour instaurer des fêtes et des rites païens. Les autorités voulaient l’arrêter et le mettre à mort, mais y renoncèrent pour ne pas porter atteinte à la loyauté des catholiques et des populations de la région de Münster pendant le conflit. A sa place, ils arrêtèrent vingt-quatre membres du clergé et dix-huit religieux, dont dix périrent.

Au lendemain de la guerre, Mgr Graf von Galen en appelle aux puissances victorieuses pour que soient traitées humainement les populations allemandes ainsi que les prisonniers politiques, ce qui lui vaut l’opposition des autorités militaires britanniques.

Clemens August Graf von Galen est élevé au cardinalat par Pie XII en février 1946. De retour de Rome, le 16 mars, il tient son dernier discours, devant les ruines de sa cathédrale. Le lendemain, il tombe malade et meurt à Münster, le 22 mars 1946.

Ce grand prélat sera béatifié en 2005.

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21 mars 2020 6 21 /03 /mars /2020 00:00

21 MARS

I.    

S Birille, disciple de s.Pierre à Antioche, sacré par lui évêque à Catane.

IV.    

S Serapion : il y en eut trois à peu près dans la même période et tous trois en Egypte :
    - un abbé de dix-mille moines près d’Arsinoé.
   - un ermite surnommé le Sindonite, du nom de la mauvaise chemise (sindon) qu’il portait ; il se vendit pour convertir un histrion.
    - un évêque à Thmuis, dit le Scolastique, auteur d’ouvrages doctrinaux et liturgiques.

   

Ss Philémon et Domnin, martyrs romains.

V.    

S Lupicinus, frère de s.Romain, abbé à Lauconne.
S Elie, prêtre solitaire dans l’île de Orta.

VI.    

S Enda, fils d’un roi irlandais, fondateur d’un monastère à Rome (Lætinum) et à Killeany, où il fut abbé.
S Benoît, père des cénobites occidentaux, fêté le 11 juillet.

IX.    

S Iakobos le Jeune ou le Confesseur, martyr de l’iconoclasme en Orient.

XII.    

B Jean, abbé à Bonnevaux, évêque à Valence.
Bse Clémence de Hohenberg, épouse, puis religieuse à Trèves.

XIV.    

Bse Santuccia Terrebotti, fondatrice et abbesse à Gubbio tandis que son mari devenait bénédictin ; et elle gouverna jusqu’à vingt-quatre couvents de Santuccie  (petites saintes).

XV.  

S Niklaus de Flüe (de la Roche), père de dix enfants, puis anachorète dans le canton de Unterwalden ; il ne se nourrissait que de l’Eucharistie ; ses conseils lui valurent le titre de Père de la patrie ; en Suisse il est fêté le 25 septembre.
B Ugolino Zeffirini, augustin à Mantoue et Cortone, puis ermite ; on le retrouva sans corruption trente ans après sa mort ; sur sa tombe germaient des lys qui avaient racine dans son cœur.

XVI.  

Bx Thomas Pilchard et William Pike, l’un prêtre l’autre laïc menuisier, martyrs à Dorchester, béatifiés en 1987.

XVII.    

B Matthew Flathers, prêtre anglais martyr à York, béatifié en 1987.

XIX.    

S Siding Zhao Rong, premier prêtre chinois martyr, canonisé en 2000, fêté le 9 juillet.
Ste Benedetta Cambiagio Frassinello, gênoise, fondatrice des Bénédictines de la Providence, pour l’éducation de la jeunesse, et d’une œuvre d’accueil des filles abandonnées ; elle et son mari s’étaient consacrés avec le vœu de chasteté et furent un moment religieux ; béatifiée en 1987, canonisée en 2002.

XX.    

B Miguel Gómez Loza (1888-1928), laïc mexicain martyr, béatifié en 2005.

Serapion anachorète en Egypte

4e siècle

 

Il n’y a pas moins de dix Serapion dans l’actuel Martyrologe (quatorze dans l’ancien).

Celui que mentionne ce saint livre au 21 mars, d’une façon on ne peut plus laconique, fut un anachorète, ce qui, dans l’Egypte du 4e ou 5e siècle, ne représente pas particulièrement une exception ni même une originalité.

Pour être bien sûr de ne pas nous simplifier les recherches, l’index du même livre indique que cet anachorète vivait à un siècle inconnu.

Il se trouve qu’on connaît (au moins) trois anachorètes égyptiens qui portaient ce même nom de Serapion et qui vécurent au 4e siècle.

  1. Serapion d’Arsinoé, prêtre, s’était retiré à Arsinoé et fut bientôt l’abbé de dix mille moines, qui vivaient du travail de leurs mains et priaient aux heures définies par leur Règle. Ayant encore du temps de reste, Serapion assuma la distribution des aumônes aux pauvres.
  2. Serapion le Sindonite : son habit tout simple consistait en une sindon, chemise de vulgaire toile, qui lui valut son surnom. Ce tissu ne devait pas être plus agréable à porter qu’un cilice… Parfaitement détaché de toute sa personne, il se vendit lui-même, pour convertir un histrion ! Il partit en pèlerinage à Rome, où il mourut selon certains, à moins qu’il ait eu le temps de retourner en Egypte († 386).
  3. Serapion de Thmuis, le Scolastique, ainsi normmé pour sa science, son intelligence et son éloquence. Mais on le tira de sa solitude pour en faire l’évêque de Thmuis. Comme tel, il participa au concile de Sardique (347), fut expulsé de son siège par les ariens, fut en relations épistolaires avec s.Athanase (v. 2 mai) et mourut vraisemblablement en exil.

Saint Serapion, anachorète (mais lequel ?) est commémoré le 21 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lupicin de Leuconne

† 480

 

Bien des choses se sont déjà dites lors de la fête de s.Romain de Condat (v. 28 février).

Lupicin était le jeune frère de Romain et de leur sœur, tous trois nés dans le Bugey, et peut-être à Izernore (Ain).

Après que Romain ait commencé sa vie d’anachorète, Lupicin, devenu veuf, le rejoignit, à la suite d’une vision où son frère l’appelait.

Ce fut une sainte émulation réciproque vers les sommets de la sainteté. Lupicin cependant était plus exigeant, plus ferme, tandis que Romain, l’aîné, était plus patient, plus doux, et en même temps se pliait facilement aux décisions de son jeune frère.

Romain dirigea le monastère de Condat, Lupicin celui de Leuconne.

Lupicin ne dormait que sur un banc et ne mangeait que tous les trois jours. Il ne buvait jamais de vin. Les huit dernières années de sa vie, il ne buvait plus. Quand la soif le prenait, il trempait ses mains dans l’eau pour se rafraîchir.

Plusieurs fois Romain réintégra avec bonté des moines qui, tentés, avaient quitté le monastère, tandis que Lupicin ou quelque autre moine aurait été plus «sévère» avec eux.

Une année que la récolte avait été bien plus abondante que d’ordinaire, les moines de Romain commencèrent à se montrer plus difficiles à table. Inutilement, Romain tenta de les rappeler à la Règle ; aussi appela-t-il Lupicin. Celui-ci se fit d’abord préparer un repas sans huile ni sel puis, ayant fait préparer une grande marmite, y mélangea fruits et légumes ; quand tout fut cuit, il invita les moines à partager cette soupe peu ordinaire ; ceux qui acceptèrent, comprirent et se soumirent. Il y en eut douze qui, mécontents de la leçon, quittèrent le monastère. Lupicin dit à Romain que le froment seul était resté à l’intérieur.

Romain cependant en fut bien affligé. Il s’imposa de rudes pénitences jusqu’à ce que les douze fautifs revinssent, repentis, et les accueillit avec grande joie.

Après la mort de Romain (463), Lupicin eut l’occasion d’intervenir dans la vie publique, montrant par là la renommée et le rôle important qu’il pouvait avoir.

Un roi burgonde tenait des Séquanais en esclavage ; Lupicin le supplia, en vain ; mais il sut insister avec tellement de conviction, que le roi libéra les serfs, et combla de dons le monastère de Leuconne.

Lupicin prit la défense du comte Agrippin, qu’on accusait d’avoir pactisé avec les barbares : là, Lupicin devenait même ministre de l’Intérieur ou des Affaires Etrangères !

Il survécut d’une vingtaine d’années à son frère Romain, gouvernant tous les monastères qu’ils avaient fondés ensemble, et mourut vers 483.

Saint Lupicin de Leuconne est commémoré le 21 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Enda d’Aran

† 530

 

Enda (ou Eanna, ou Einne, en latin Endeus) naquit en Irlande, de Conall Derg, roi d’Oriel, auquel il devait succéder vers 450.

Il avait une sainte sœur, Fanchea, qui le persuada d’entrer dans la vie monastique. Il se rendit au Pays de Galles, auprès de l’abbé Mansenus à Rosnat. On ne sait pas situer ce monastère ; peut-être celui de s.Illtud à Ynis Byr.

Enda serait ensuite allé à Rome, y aurait été ordonné prêtre et aurait fondé un monastère, Lætinum, où l’on est dans la joie. Il y aurait reçu la visite de Fanchea.

Rentré en Irlande, il fonda vers 490 l’église de Drogheda et, sur l’île Inis Mór (archipel Aran), le monastère de Killeany, où se formèrent d’autres grands Saints : Kieran de Clonmacnoise, Finian de Moville, (9 et 10 septembre ?), Finian de Clonard (v. 12 décembre).

Sa sainte mort advint vers 530.

Saint Endée est commémoré le 21 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Benoît de Nursie

480-543

 

Benoît et Scholastique étaient jumeaux, nés vers 480 à Norcia, au pays des Sabins (Italie centrale). Les parents s’appelaient Eutropius et Abundantia.

Benoît se montra dès la jeunesse “ancien”, mûr, ignorant les plaisirs inutiles et méprisant les vanités. Il étudia les belles-lettres à Rome.

Dès quatorze ans il sent le désir de quitter ce monde dangereux et veut se retirer. Il part en direction de Subiaco, mais avec sa chère nourrice qui ne veut pas l’abandonner.

C’est là qu’il fit son premier miracle : le crible à farine s’étant cassé, il pria intensément et retrouva l’objet tout réparé, ce qui lui valut déjà une haute idée de la part des habitants des environs.

Mais Benoît veut la vraie solitude : il part seul et se retire dans une grotte étroite à Subiaco, où il reste pendant trois ans, nourri par le pain quotidien que lui apporte un moine des environs, Romain.

Notre ermite ne pouvait demeurer caché. Les bergers de l’endroit le découvrirent, on vint à lui pour entendre quelque parole édifiante.

C’est là qu’un jour, saisi par une tentation diabolique, Benoît ne put vaincre cette tentation qu’en se roulant entièrement nu dans un buisson de ronces.

Le monastère voisin, dont l’abbé était mort, le sollicita : il essaya quelque temps de réformer les moines selon leur règle, mais ils se rebellèrent et même tentèrent de l’empoisonner ; quand il leva la main pour bénir le breuvage qu’on lui apportait, la coupe se brisa d’un coup. Benoît les quitta et rentra dans sa grotte.

D’autres disciples ayant manifesté le désir de se former avec lui, il finit par faire construire douze monastères où il établit chaque fois douze moines sous la direction d’un abbé, ne gardant que quelques disciples près de lui. On dit que parmi ceux-ci se trouvaient Maurus et Placidius, deux enfants de familles romaines, qu’il aimait particulièrement.

Benoît faisait beaucoup de miracles, par sa prière et son union intime avec Dieu, mais cela suscitait des jalousies ; un prêtre voulut aussi l’empoisonner. Aussi Benoît quitta définitivement la région et se rendit en direction du Mont Cassin.

Il commença par y convertir les païens qui vénéraient encore Vénus, Apollon et Jupiter, et édifia un nouveau monastère.

Benoît eut l’occasion de prophétiser : au roi Totila, à l’évêque de Casinum. Il annonça que son propre monastère serait détruit, ce qui arriva en 583, lors de l’invasion des Lombards.

Les miracles de saint Benoît sont nombreux, Grégoire Ier les raconte avec beaucoup de détails. Benoît multiplia le grain, ressuscita un enfant…

Il semble que Benoît était diacre, mais pas prêtre.

On racontera le 10 février la dernière rencontre de Benoît avec sa sœur Scholastique. Le mois suivant, Benoît eut le pressentiment de sa fin. Il mourut au milieu de ses disciples, le 21 mars 543.

Benoît est l’auteur d’une Règle monastique, où s’exprime une sagesse extraordinaire, qu’il avait acquise par sa propre sainteté et par l’expérience des années.

Le corps de saint Benoît, d’après la tradition monastique des Bénédictins de France, fut transféré du Mont-Cassin, qui avait été détruit par les Lombards, au monastère de Fleury-sur-Loire, fondé vers le milieu du VIIe siècle. C’est cette translation qui advint le 11 juillet 703. Successivement, au VIIIe siècle, ce dernier monastère restitua au monastère reconstruit du Mont-Cassin quelques ossements de saint Benoît.

La fête de saint Benoît était longtemps fixée au 21 mars, durant le Carême. Elle a été transférée au 11 juillet, jour anniversaire de sa translation, au moment de la récente réforme liturgique conciliaire. En effet, Paul VI ayant proclamé saint Benoît céleste Patron de l’Europe (1964), il convenait de célébrer cette fête avec plus de solennité, ce qui peut se faire plus aisément en juillet que durant le Carême.

Ceci explique pourquoi le Martyrologe commémore deux fois saint Benoît : à son dies natalis le 21 mars, et au jour de sa fête liturgique le 11 juillet.

 

 

Iakobos de Constantinople

† 824

 

Surnommé le Jeune ou le Confesseur, il fut très tôt attiré par l’idéal monastique et entra au monastère de Studion, près de Constantinople, sous la direction de l’higoumène Theodoros Studite (v. 11 novembre).

Il était à bonne école pour apprendre à défendre le culte des saintes Images, qu’il défendit vaillamment.

Selon certains auteurs, il aurait été élevé à la charge épiscopale, pour le siège de Catane, mais l’évêque connu de cette époque est s.Severus.

Il fut durement persécuté par les agents de l’iconoclasme et mourut vers 824. Le Martyrologe affirme qu’il mourut en martyr, mais à Constantinople.

Saint Iakobos est commémoré le 21 mars dans le Martyrologe Romain.

 

Jean de Bonnevaux

† 1145

 

Jean était chanoine à Lyon, où il était né. Les historiens n’ont rien conservé de plus sur sa famille et son enfance.

Ayant fait le vœu d’entrer chez les Cisterciens, des amis (et le diable aussi) lui suggérèrent qu’il n’était peut-être pas fait pour de telles austérités. Convaincu de son erreur, il commua son vœu en pèlerinage à Compostelle.

Mais de retour à Lyon, il eut un songe. Il voyait Notre-Seigneur, entouré de saint Pierre et de saint Jean. Pierre lisait les noms des élus ; au nom de Jean, le Seigneur se leva et ordonna d’effacer le nom de ce parjure ; mais l’apôtre Jacques intercéda en faveur du chanoine, qui avait fait le pèlerinage à Compostelle et promit, au nom de Jean, que celui-ci reprendrait son vœu et entrerait sans tarder chez les Cisterciens.

A son réveil, Jean pouvait être quelque peu secoué ! Sans rien dire à personne cette fois-ci, il alla droit à Cîteaux.

Jean se montra digne de l’idéal cistercien et l’abbé, qui était Etienne Harding (v. 28 mars), le mit à la tête du groupe qui allait s’installer dans l’abbaye de Bonnevaux, fondée en 1117.

Le nouvel abbé confirma les qualités du moine. L’abbaye fut florissante et fonda à son tour, du vivant de Jean, les abbayes de Tamié (1132), Mazan et Le Thoronet (1136) et Léoncel (v. 1137). Plus tard, elle fonderait encore Montpeyroux (1148), Valmagne (1155), Sauveréal (1173), Valbenoîte (1184), Valcroissant (1189).

Disons ici que c’est Jean qui reçut à Bonnevaux le pieux Amédée de Clermont, qui voulait embrasser la vie religieuse avec son petit garçon, le futur Amédée de Lausanne (v. 27 août). Quand Amédée (père) lui «reprocha» de ne pas enseigner le latin à son fils, Jean lui répondit sagement que des Religieux devaient fort peu se mettre en peine d’apprendre les lettres ; que celui qui voulait suivre le Christ ne devait pas s’instruire des fables et des imaginations des Philosophes, mais seulement purifier son cœur, et qu’ainsi l’Esprit Saint lui apprendrait plus de chose en un moment que ne pourraient faire mille philosophes et mille maîtres en plusieurs années.

Mais l’abbé Jean fut retiré à son silence et nommé évêque de Valence, en 1138. Jean resta sur ce siège pendant sept ans, cherchant toujours à procurer la gloire de Dieu, à sanctifier son troupeau et à sauver son âme.

Il mourut, rempli de mérites, le 21 mars 1145.

Son culte fut approuvé en 1903.

 

 

Niklaus von Flüe

1417-1487

 

Né le 21 mars 1417 à Flüeli (Sachseln, Obwalden, Suisse) de Heinrich et Hemma Ruobert, Niklaus ou Klaus (Nicolas) se montra toujours soumis à ses parents, doux et modéré, ennemi du mensonge, pieux, pur, avec un fort penchant pour la prière et la mortification. Il nourrissait une grande dévotion envers ses saints Patrons, Nicolas de Myre et Nicolas de Tolentino (voir aux 6 décembre et 10 septembre. Il y a au Martyrologe plus d’une trentaine de Saints Nicolas).

Notre Nicolas avait au moins un frère.

En 1440-1444 il prit les armes avec ses compatriotes contre la tyrannie des ducs d’Autriche, mais montra qu’il exigeait de ces soldats un comportement droit. Son exemple lui valut une grande considération : on recourut à lui comme juge et conseiller.

Malgré sa préférence pour le célibat, il se maria par obéissance envers ses bons parents, avec Dorothea Wyss et eut dix enfants.

Cette vie familiale ne l’empêcha pas de conserver ses pieuses habitudes : il se levait chaque nuit plus de deux heures pour prier. Il avait une grande dévotion pour la Très Sainte Mère de Dieu.

La vie de Klaus fut favorisée de visions mystérieuses, dès la plus petite enfance. Un jour, il lui sembla voir en vision un lys sorti de sa bouche, tombé à terre, et mangé par un cheval : il crut comprendre par là que sa vie spirituelle était trop accaparée par la terre.

Aussi résolut-il de se séparer de tout, selon l’appel de l’Evangile : en 1467 ou 1468, il quitta son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs (cf. Lc 14:26) pour se retirer dans une solitude proche. Les siens étaient très éprouvés par cette séparation, mais y consentirent. Klaus rejoignit d’abord le Hochrhein, là où le Rhin fait la frontière entre l’Allemagne et la Suisse, et s’établit à Windental au-dessus de Liestals, mais fut averti en vision de revenir près de sa localité, comme ermite.

Des chasseurs le retrouvèrent et le signalèrent à son frère. Klaus lui demanda seulement de lui envoyer un prêtre pour l’entendre en confession et se confier à lui.

Les habitants vinrent le consulter. Il redescendit dans la vallée et sa famille l’aida à se construire une cabane et une petite chapelle. Le prêtre y célébrait et pouvait ainsi nourrir Klaus de l’Eucharistie.

Or cette Nourriture fut la seule et unique que Klaus reçût, durant dix-neuf ans. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les contemporains, l’évêque, l’empereur, purent s’en rendre compte en fermant l’accès de l’endroit à toute personne étrangère : Klaus ne vivait que de l’Eucharistie.

Klaus mit en garde ses visiteurs contre les prochaines erreurs de l’hérésie protestante (en effet paraîtra bientôt Luther). On vint le consulter de loin, même de Milan.

En 1481, il y eut une forte tension dans les cantons suisses, où commençait à bouillir l’atmosphère d’une guerre civile. Klaus fut appelé à intervenir : avec quelques paroles convaincantes, il reporta la paix entre les cœurs, puis retourna dans sa solitude.

Après une douloureuse agonie de huit jours, Klaus mourut le jour de son anniversaire, le 21 mars 1487, son dies natalis.

Il y eut évidemment de nombreux miracles sur la tombe de ce Mystique, devenu célèbre dans tout le monde germanique.

Dès avant sa mort, l’évêque avait établi qu’on pourrait enterrer Klaus dans son église paroissiale, ce qui était exceptionnel à l’époque pour un laïc. Le culte fut approuvé en 1648, et si le culte populaire a canonisé très vite Klaus de Flüe, la canonisation officielle n’eut lieu qu’en 1947.

Les Suisses ont appelé Klaus de Flüe leur Père de la Patrie, et le fêtent le 25 septembre. Il est aussi le Patron des Gardes suisses du Vatican.

Voici une petite prière attribuée à saint Nicolas de Flüe, et qui existe en diverses versions, dans la vieille langue germanique :

O mein Herr und mein Gott, nimm alles von mir, was mich hindert zu Dir !

O mein Herr und mein Gott, gib alles mir, was mich fördert zu Dir !

O mein Herr und mein Gott, nimm mich mir und gib mich ganz zu eigen Dir !

 

En voici un essai de traduction :

Ô mon Seigneur et mon Dieu, retire de moi tout ce qui m’éloigne de Toi !

Ô mon Seigneur et mon Dieu, donne-moi tout ce qui me rapprochera de Toi !

Ô mon Seigneur et mon Dieu, arrache-moi à moi et donne-moi tout à Toi !

 

En 1940, quand la Suisse était menacée d’invasion par les troupes hitlériennes, apparut dans le ciel au-dessus de Waldenburg une main lumineuse qui protégeait le pays. On a appelé cela le Miracle de Waldenburg.

 

 

Thomas Pilchard

1557-1587

 

Thomas Pilchard (ou Pilcher) était né en 1557 à Battle (Sussex, Angleterre).

Il fréquenta le Collège Balliol (Oxford) entre 1576 et 1579, où il obtint son diplôme.

En 1580 il renonça à son inscription et rejoignit en 1581 le Collège anglais de Reims, où il se prépara au sacerdoce, qu'il reçut à Laon en mars 1583.

Envoyé en Angleterre pour y exercer clandestinement le ministère sacerdotal, il fut arrêté et banni. Mais courageusement, il revint dans son pays, et fut à nouveau arrêté en mars 1587.

Il fut emprisonné à Dorchester Gaol, où il amena à la conversion une trentaine de personnes.

Le jour de son exécution, on le transporta sur un brancard avec tant de cruauté, qu'il arriva au lieu-dit dans un état de complet épuisement.

Il fut pendu. Mais on coupa la corde « trop tôt », de sorte qu'il resta debout à terre, bien vivant, sous la potence.

Le bourreau, qui était cuisinier, accomplit si mal son devoir, que la pauvre victime, se tournant vers le juge, lui cria : Est-ce donc là votre justice, Monsieur le Juge ?

Un autre témoin raconta que le prêtre se releva de lui-même et sortit de lui-même ses propres viscères, en récitant les paroles du psaume 50 : Miserere mei, Deus. On a pu dire par ailleurs qu'il n'y avait pas eu dans toute l'Angleterre occidentale, de prêtre plus courageux.

Thomas Pilchard fut exécuté à Dorchester, le 21 mars 1587, et béatifié en 1987.

 

On a trouvé que Thomas Pilchard avait été martyrisé le 21 mars 1591, et Thomas Pilcher le 21 mars 1587. Finalement, il semble que ce soit le même personnage, martyrisé en 1587.

 

 

William Pike

?-1591

 

Des incertitudes demeurent au sujet de ce Martyr.

William (Guillaume) Pike (ou Pyk) serait né à Moordown (actuelle Bournemouth), ou à West Moors (West Parley), dans le Dorsetshire.

Il aurait été charpentier.

Il aurait été converti au catholicisme par les conseils du prêtre Thomas Pilchard, qu'il avait rencontré durant un voyage de Dorchester à sa maison.

Arrêté pour cette conversion, invité à reconnaître l'autorité de la Reine, il refusa de prêter le serment d'allégeance envers la Reine et proclama hautement l'autorité du Pape. Il fut donc condamné à mourir comme un traître.

Invité à revenir sur sa parole pour sauver sa vie et sa famille, il répondit qu'il n'était pas devenu un fils de M.Pilchard pour se comporter ainsi. Jusqu'à sa mort, le nom du prêtre Thomas Pilchard était constamment sur ses lèvres. Au dernier moment, on lui demanda encore ce qui l'avait poussé à ce choix, et il répondit : Rien du tout, seulement l'odeur du pilchard (le pilchard est une sorte de sardine).

Tandis que Thomas Pilchard fut exécuté le 21 mars 1587, William fut exécuté à une date non précisée de façon sûre, mais probablement en 1591, à Dorchester. On a parlé du 22 décembre. Mais en raison de sa fidélité indéfectible envers le prêtre Pilchard, il est actuellement commémoré par le Martyrologe au même jour que ce dernier, le 21 mars.

William fut, lui aussi, béatifié en 1987.

 

 

Mathew Flathers

1580-1607

 

Mathew (ou Matthew, ou Major) dut naître vers 1580 à Weston (Yorkshire, Angleterre).

On ne connaît pas son enfance. On sait qu'il fut préparé au sacerdoce à Douai et ordonné prêtre à Arras le 25 mars 1606.

Trois mois après, il partait pour l'Angleterre. Il fut cependant repéré presque aussitôt et arrêté.

Accusé d'avoir reçu les ordres clandestinement et d'exercer le ministère illégalement en Angleterre, il fut invité à prononcer l'Acte d'Allégeance envers la Reine, pour recouvrer la liberté. Ayant bien sûr refusé, il fut condamné à mort.

Il fut conduit au lieu de son exécution, au-delà de Micklegate Bar (York), où il fut pendu, éviscéré et écartelé, selon la tristement célèbre formule.

La date de ce martyre est au 21 mars 1607. Matthew fut béatifié en 1987.

 

 

Siding Zhao Rong

1746-1815

 

Siding (Augustinus) était né vers 1746 à Wuchuan (Guizhou, Chine).

Il était soldat et, comme tel, faisait partie de l’escorte qui conduisit à Pékin le missionnaire Jean-Gabriel-Taurin Dufresse (voir au 14 septembre).

Frappé par l’attitude du missionnaire, et convaincu par ses paroles, il demanda à être instruit dans le Christianisme et fut baptisé.

Son zèle ne s’arrêtait pas ; il fut ordonné prêtre.

Lors de la reprise de la persécution, il fut arrêté, mis en prison et durement maltraité.

Parmi les tortures qu’il subit, il y eut soixante coups de bambou et quatre-vingts soufflets avec une semelle de cuir. Le soldat n’en pouvait plus : il agonisa et mourut en peu de jours dans la prison de Chengdu (Sichuan).

Il n’y a pas de certitude sur le jour exact de cette mort. S’il y a accord sur un des premiers mois de l’année 1815, une ancienne tradition chinoise parle du 27 janvier 1815, tandis que le Martyrologe Romain a retenu le 21 mars 1815.

Siding Zhao Rong est le premier prêtre chinois martyr. Il a été canonisé en 2000.

La fête liturgique de tous les Martyrs chinois est au 9 juillet.

 

 

Benedetta Cambiagio Frassinello

1791-1858

 

Née à Langasco (Gênes) le 2 octobre 1791 de Giuseppe et Francesca Ghiglione, Benedetta (Bénédicte) Cambiagio fut baptisée deux jours plus tard. Sa famille déménagea bientôt à Pavia.

Elle est éduquée dans une profonde atmosphère chrétienne. À 20 ans elle a le désir de se consacrer entièrement à Dieu.

Pourtant en 1816 elle se marie avec Giovanni Battista Frassinello, un jeune homme de sa région qui avait déménagé à Vigevano.

Après deux ans de mariage, les deux époux décidèrent d’un commun accord de vivre comme frère et sœur. Ils s'occupèrent ensemble, d'un seul amour, d'une des sœurs de Benedetta, Maria, atteinte d'un cancer à l'estomac et qui vivait chez eux.

En 1825 à la mort de Maria, Giovanni Battista entra dans la conmunauté des Pères de Somasque et Benedetta dans la communauté des Ursulines à Capriolo.

En 1826, en raison de sa santé, Benedetta revint à Pavie. Guérie miraculeusement par l’intercession de saint Girolamo Miani (voir au 10 février), elle décida de s'occuper des jeunes filles avec l'approbation de l'évêque Mgr Luigi Tosi.

Le père de Benedetta refusant de l’aider, l'évêque rappela Giovanni Battista, qui quitta le noviciat et retourna chez son épouse-sœur, en renouvelant avec elle le vœu de parfaite chasteté devant l'Évêque. Tous les deux se dédièrent généreusement à l'accueil et à l'éducation humaine et chrétienne des jeunes filles pauvres et abandonnées.

Benedetta est la première femme de la ville et de la région qui comprit que l'institution scolaire était la véritable source du vrai bien-être et le gouvernement autrichien de l'époque lui reconnut le titre de Promotrice de l'instruction fondamentale.

Aidée par de jeunes filles bénévoles, Benedetta unit à l'enseignement scolaire, la catéchèse et la formation au travail, tous domaines dont elle se servit pour transformer les jeunes filles en modèles de vie chrétienne et assurer ainsi la vraie formation des familles.

Le règlement qu’elle proposa à ses Compagnes fut approuvé par l’autorité ecclésiastique.

Les expériences mystiques se multiplièrent chez Benedetta, particulièrement pendant les fêtes liturgiques, sans néanmoins la détourner de ses engagements quotidiens. Par amour des jeunes filles elle sacrifia sa propre personne, tous ses biens, et jusqu’à sa renommée.

La singularité de l'œuvre et du programme éducatif de Benedetta rencontra l'opposition de quelques puissants qui se voyaient frustrés de leurs projets, ainsi que l'incompréhension de certains membres du clergé. En juillet 1838 Benedetta céda son institution à Mgr Tosi et, avec son mari et cinq fidèles Consœurs, quitta Pavie pour repartir dans sa région d'origine, la Ligurie.

À Ronco Scrivia elle fonda une école pour les jeunes filles du peuple et l'Institut des Sœurs Bénédictines de la Providence, dont elle écrivit le Règlement et les Constitutions. L’institut sera définitivement approuvé en 1937.

En 1851 Benedetta retourna à Pavie, mais dans un lieu différent de la première fondation et en 1857 ouvrit une école dans le village de San Quirico.

Benedetta a ainsi créé un Institut qu'elle a dirigé avec la collaboration généreuse et discrète de son mari, cas unique dans l'hagiographie chrétienne.

Le 21 mars 1858, Benedetta mourut à Ronco Scrivia (Gênes), exactement au jour et à l'heure qu'elle avait prévus. On remarquera que c’est aussi le jour de la mort de saint Benoît, dont elle portait le nom. Elle fut béatifiée en 1987 et canonisée en 2002 ; son nom est inscrit au Martyrologe le 21 mars.

Son pieux et fidèle époux, Giovanni Battista Frassinello, mourra le 7 avril 1873.

Les Sœurs Bénédictines de la Providence ont des écoles en Italie et en Espagne, des missions au Brésil, au Pérou, en Côte d’Ivoire et au Burundi.

 

 

Miguel Gómez Loza

1888-1928

 

Miguel naquit le 11 août 1888, de Petronilo Loza et de Victoriana Gómez. Le papa mourut très vite. Miguel et son grand frère, Elías, s’attachèrent très fortement à leur maman, au point de changer leur nom de famille : non pas Loza Gómez, comme c’était l’habitude, mais Gómez Loza, en honneur de leur mère.

Le grand frère entra au séminaire. Miguel grandissait dans la foi chrétienne, ne cachant pas sa dévotion eucharistique, aimant servir la messe, faire le sacristain et, à l’occasion, être catéchiste.

Il fut en contact avec Miguel Palomar y Vizcarra puis avec Anacleto González Flores, qui le poussèrent à se donner aux activités sociales. Il retarda cependant son entrée à l’université, à cause de sa mère.

Il se résolut à s’inscrire au cours préparatoire du Séminaire de Guadalajara, mais s’aperçut très vite que sa destinée n’était pas dans le sacerdoce. Il s’inscrivit au Parti Catholique National ainsi qu’à l’Institut du Sacré-Cœur de Jésus.

En 1913, il devint assistant de González Flores, avec lequel il s’inscrivit à la Congrégation Mariale du sanctuaire de Saint Joseph de Gracia. Tous deux assumèrent l’Union Latino-americana, une corporation socio-politique récemment fondée, qu’ils représentèrent à la convention du Parti Catholique National à Guadalajara.

Miguel avait le tempérament vif. Il ne se faisait pas faute d’arracher des manifestes anti-religion pour les remplacer par des chrétiens, “délit” dont il sera accusé et pour lequel il passera une semaine dans une cellule de la Police.

En 1914 il s’inscrivit à l’Université Morelos, où il se mérita le surnom de Chinaco, après avoir interrompu une conférence qui exaltait le parcours politique du président Benito Juárez. Voulant contrecarrer les effets nocifs d’une certaine presse, il se fit le champion de la presse catholique en fondant et présidant la Société de la Propagation de la Bonne Presse. Il s’orienta de plus en plus vers la syndicalisme chrétien.

En 1916, ayant achevé la préparation, il s’inscrivit à l’Ecole Catholique de Droit, participant en juillet à la fondation de l’Association Catholique de la Jeunesse Mexicaine, au sein de laquelle il fonda à son tour le cercle Gabriel García Moreno, d’où sortira le mensuel Le Croisé (notons ici que Gabriel García Moreno était ce président équatorien catholique, assassiné en 1875).

L’année 1917 vit la création d’autres cercles pour les jeunes ouvriers, pour les artisans, pour les éditeurs. Miguel entreprit la publication de  La Question Religieuse au Mexique de Régis Planchet.

En 1918, il prendra la défense de l’archevêque de Guadalajara, Francisco Orozco y Jiménez.

En 1919, il fut président d’une société coopérative de consommation, La Populaire, et en avril il participa activement à l’organisation du Congrès Régional Catholique Ouvrier.

En 1920, après avoir fondé un nouveau cercle, il fit rééditer la Question Religieuse au Mexique, complétée par La Question Religieuse en Jalisco, de Anacleto González Flores. C’est à la fin de cette année que vinrent à Guadalajara quelques éléments bolcheviques qui réussirent l’année suivante à accrocher à la cathédrale le drapeau de la révolution : Miguel se lança au milieu de la foule, alla le décrocher et le mettre en morceau. Le pauvre fut roué de coups après ce forfait.

Fin 1922, il épousa Guadalupe Sánchez Barragán, devant son frère, Elías, qui célébrait la messe, en présence de son directeur spirituel, le père Vicente Camacho. De cette sainte union naîtront trois filles : María de Jesús, María Guadalupe et María del Rosario. Avec son épouse, il s’installa à Arandas, non loin de Guadalajara, et y ouvrit son cabinet d’avocat. Il ne tarda pas à être connu pour sa bonté et son zèle de chrétien, à s’attirer la sympathie de la population, mais aussi l’aversion de quelques opposants. De fait, on lui refusa son titre officiel d’avocat.

Début 1923, il participa à la pose de la première pierre d’un monument au Christ Roi, en présence d’une foule de quatre-vingt mille personnes, cérémonie qui fut le prétexte pour les autorités à expulser le Délégué Apostolique, Mgr Ernesto Filippi.

En mars fut nommé gouverneur du Jalisco son adversaire politique numéro un, José Guadalupe Zuno, qui lui refusa son diplôme officiel d’avocat. Pire, le maire de Arandas en profita, sans motif juridique valable, pour expulser Miguel qui, après trois mois d’exil, s’installa avec la famille à Guadalajara. C’est à cette époque que Miguel devint membre de l’Adoration Nocturne du Saint-Sacrement.

En 1924 il y eut un pénible incident durant le carême. Une cérémonie avait réuni un groupe d’ouvriers catholiques, qui se retrouvèrent à la sortie en face d’un autre groupe communiste. Le prêtre et Anacleto González Flores étaient partisans de se retirer dans l’église en attendant la fin de la manifestation, mais Miguel préféra les affronter directement. Les esprits étaient échauffés, le dialogue impossible, et on en vint aux coups ; il y eut des morts et des blessés. Miguel fut sévèrement repris par le prêtre et accepta humblement les reproches.

On pourrait se demander comment Miguel avait trouvé le temps d’avancer dans ses études avec toutes ces activités. Néanmoins il obtint enfin son diplôme d’avocat en juin et ouvrit son cabinet professionnel.

Fin avril de la même année, eut lieu le premier Congrès National Catholique Ouvrier, qui aboutit à la formation de la Confédération Nationale Catholique du Travail ; on fonda la Banque de Crédit Populaire, et l’hebdomadaire L’Ouvrier fut l’organe officiel de la confédération.

Le Saint-Siège accéda à la demande de l’Archevêque de Guadalajara, de reconnaître les mérites éminents de Miguel dans la promotion sociale et le soutien du catholicisme, et le décora de la Croix Pro Ecclesia et Pontifice, en même temps que ses amis González Flores, Orozco et Reyes.

En 1925, Miguel protesta énergiquement contre la fermeture de l’Institut de Sciences, dirigé par les Jésuites. Ses interventions obtinrent au moins que les autorités fédérales atténuèrent l’attitude des autorités locales.

Le gouvernement mexicain intensifiait son attitude anticléricale. Début 1926, on ferma le centre de l’Action Catholique de Guadalajara : Miguel se retrouva en prison avec nombre de camarades. Il en profita pour apostoliser les prisonniers, réciter le chapelet, prêcher la Parole. Ne trouvant aucun délit à lui reprocher, on le libéra : la Police Secrète l’attendait à la porte-même de la prison pour l’arrêter, mais ses amis réussirent à intervenir à temps et à le laisser libre.

En face des décisions anticléricales toujours plus fortes, Miguel lança l’idée d’un boycott général dans l’état de Jalisco et dans les environs. Ses jeunes missionnaires enthousiastes partirent dans toutes les directions pour réaliser cette campagne de boycott, ne prenant dans leur sacoche que le strict nécessaire pour manger, s’abandonnant à la sainte Providence pour pourvoir aux autres nécessités. Dans sa propre famille Miguel appliquait rigoureusement les mêmes dispositions, avec gaieté et humour. Il n’acceptait pas le mensonge ou la tromperie, et savait pardonner les offenses qu’il recevait.

Fin 1926, mourut son frère, Elías. L’Union Populaire était divisée pour prendre ou non les armes dans une résistance ouverte aux autorités. Miguel ne s’y résolvait pas, mais ne refusa pas de se faire le défenseur des prisonniers. Il s’efforçait de faire parvenir aux “troupes” des médailles, des crucifix, des scapulaires, sans oublier d’envoyer son petit salaire à sa famille.

En 1927, la Ligue Nationale pour la Défense de la Liberté Religieuse le désigna pour être gouverneur provisoire de l’Etat de Jalisco, à la tête des communes qui participaient à la résistance, responsabilité qui s’étendit aussi à la partie occidentale de l’Etat de Guanajuato. Il s’acquitta avec zèle de toutes ses responsabilités, qui occasionnèrent quelques frictions avec le général Enrique Gorostieta. Plutôt que gouverneur, Miguel se faisait procureur parmi les membres de la résistance catholique.

Miguel n’aimait pas la lutte armée. Ses deux pistolets, qu’il avait reçus de son frère et d’un autre ami, il ne s’en servit jamais.

En octobre 1927, aux cris de Vive le Christ Roi, il organisa la célébration solennelle de la fête du Christ-Roi (cette fête se célèbre désormais fin novembre, depuis la réforme post-conciliaire). L’Union adopta alors sa devise : Pour Dieu et pour la Patrie. La résistance s’organisa, on évita les affrontements inutiles, les interventions furent concertées.

21 Mars 1928. Une troupe militaire, bénéficiant de quelque négligence ou complicité, repéra et encercla l’habitation de Miguel. Celui-ci, avec son secrétaire Dionisio Vazquez, ne pouvaient fuir. Ils tentèrent de détruire des documents concernant la résistance des catholiques, mais des balles les atteignirent mortellement.

Les obsèques furent suivies par une foule immense.

La jeune veuve et ses trois fillettes eurent à subir une autre épreuve douloureuse : la pauvre maman de Miguel ne put supporter la mort, presque coup sur coup, de ses deux fils et en perdit la raison.

Miguel fut béatifié, avec tous ses compagnons, en 2005.

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20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 00:00

20 MARS

I.    

S Archippus, disciple de s.Paul (cf. Phm 2 et Col 4).
Ss Photine, Joseph, Victor ; Sébastien, Anatole, Photius, Photide, Parascève et Cyriaque, martyrs à Carthage ; Photine serait la Samaritaine de Jn 4, Joseph et Victor ses enfants, Sébastien un officier, etc.

IV.    

Ss Grat et Marcel, prêtres à Forlí.

?    

Stes Alexandra, Claudia, Euphrasie, Matrone, Julienne, Euphémie et Théodosie, martyres à Amide.
Ss Joseph et Luc, martyrs à Antioche.
Ss Pavlos, Cyrillos, Eugenios, martyrs en Syrie.

V.    

S Urbicius, évêque à Metz.

VI.    

S Martin de Braga, pèlerin hongrois venu en Espagne, abbé et évêque à Dume puis Braga.

VII.    

S Thomas, évêque à Constantinople.
S Herbert, anachorète sur le lac de Derwentwater, grand ami de s.Cuthbert qui lui obtint de Dieu la grâce de mourir le même jour que lui.
S Cuthbert, moine à Melrose, hôtelier à Ripon, prieur à Lindisfarne où il travailla à implanter les usages romains, ermite à Farne, évêque à Lindisfarne, thaumaturge et grand ascète.

VIII.    

S Wulfran, évêque à Sens, parti évangéliser la Frise où il sauva trois enfants d’une pendaison rituelle, et qu’il ramena ensuite à Fontenelle où il se retira.
B Bénigne, abbé à Fontenelle et Flay.
S Nikétas, évêque à Apollonie, adversaire de l’iconoclasme et mort en exil. 
S Remi, neveu de ste Odile, abbé à Munster, évêque à Strasbourg.

XIII.    

B Ambrogio Sansedoni, dominicain à Sienne, Paris, Cologne, en Hongrie, pacificateur en Italie.

XIV.    

B Maurice Csaky, dominicain hongrois.

XVI.    

B Battista Spagnoli, carme italien d’origine espagnole, général de son ordre.

XVII.    

B Ippolito Galantini, florentin qui s’occupait de bonnes œuvres ; en particulier il fonda une congrégation de la Doctrine chrétienne, pour la formation des enfants.

XVIII.    

Bse Jeanne Véron, qui s’occupait des enfants et des malades et cacha des prêtres, martyre.

XIX.    

B Francisco Palau y Quer de Jésus-Marie-Joseph, carme espagnol persécuté et banni, béatifié en 1988.

XX.    

Ste María Josefa Sancho de Guerra (du Cœur de Jésus, 1842-1912), espagnole, des Servantes de Marie, fondatrice des Servantes de Jésus de la Charité, pour l’assistance aux malades, béatifiée en 1992, canonisée en 2000.
S Józef Bilczewski (1880-1923), évêque polonais à Lvov, béatifié en 2001, canonisé en 2005.

Archippus

1er siècle

 

Saint Paul mentionne par deux fois Archippus.

En Phm 2, il l’appelle son «compagnon d’armes», commilito, un de ceux qui se rassemblent chez Philémon.

En Col 4:17, il invite les Colossiens à dire à Archippus : Prends garde au ministère que tu as reçu dans le Seigneur, et tâche de bien l’accomplir.

Quelques Auteurs (saint Ambroise, saint Thomas d’Aquin), ont pensé pouvoir déduire de ce passage, qu’Archippe avait été nommé évêque à Colosses, après Epaphras. Toutefois, le ministère qu’il reçut n’est pas explicitement, et même certainement pas, l’épiscopat : saint Paul n’aurait pas chargé les Colossiens de dire à leur évêque : Prends garde… Archippus, qui était actif dans la communauté, a pu être ordonné diacre, c’est-à-dire chargé de servir, d’assister les veuves, d’épauler les prêtres et l’évêque, ce qui est déjà une grande responsabilité.

Il aurait ensuite été martyrisé à Chonas (Phrygie), ou à Laodicée ou à Ephèse.

Le Martyrologe continue de le mentionner au 20 mars.

 

 

Pavlos et Cyrillos d’Antioche de Syrie

† 4e siècle ?

 

Pavlos, Cyrillos, et d’autres, furent martyrisés à Antioche de Syrie, on ne sait à quelle époque.

Le Martyrologe ancien mentionnait Pavlos, Cyrillos, Eugenios et quatre autres. L’actuel ne nomme que les deux premiers.

Leurs Actes ont été perdus.

Saints Pavlos et Cyrillos d’Antioche de Syrie sont commémorés le 20 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Urbicius de Metz

† 5e siècle

 

Urbicius fut le quinzième évêque de Metz.

On dit de lui qu’il reçut le titre d’archevêque, mais le revendit (?) à l’évêque de Trèves, cette petite transaction lui permettant de soulager une grave famine locale. Ce n’était pas de la simonie, puisqu’un titre n’est toujours qu’une distinction honorifique humaine ! Urbicius montrait par là qu’il ne tenait pas à cette distinction.

Il fit bâtir une église en l’honneur de s.Felix de Nole (v. 14 janvier), qui fut plus tard l’église du monastère Saint-Clément.

Urbicius mourut vers 450.

Son corps reposa longtemps dans une église qui portait son nom, fut retrouvé au 16e siècle et déposé dans l’église Saint-Euchaire. Ces reliques furent détruites sous la Révolution en 1792.

Saint Urbicius de Metz est commémoré le 20 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cuthbert

637-687

 

Cuthbert naquit vers 637, bien probablement en Irlande. On ne sait rien de lui jusqu’à ce qu’on le voie berger aux confins actuels de l’Ecosse et de l’Angleterre, gardant les troupeaux de différents maîtres.

L’historien Bède (v. 25 mai), qui a beaucoup travaillé à recueillir une immense quantité de documents anciens sur les ancêtres anglais, dit que Cuthbert montrait une activité exubérante et une piété précoce.

Cuthbert, donc, apprit dans une vision la mort d’Aidan, le saint évêque de Lindisfarne, et se détermina à entrer dans la vie monastique.

Il avait quinze ans à peine quand il alla frapper à la porte du monastère de Melrose. Il y fut reçu par deux grands docteurs de l’Eglise celtique, l’abbé Eata et le prieur Boisil (v. 26 octobre et 7 juillet).

Notre adolescent montra dès le premier moment une rare aptitude pour les missions qui constituaient la principale occupation des moines à cette époque. Dans la région où il se trouvait, il s’efforça d’extirper dans la population du voisinage les derniers vestiges de la superstition païenne. Ses courses se faisaient à cheval ou en bateau, mais le plus souvent à pied, sans que les intempéries des saisons fussent capables de l’arrêter. On l’écoutait avec une affectueuse confiance, les plus récalcitrants venaient se prosterner à ses pieds pour avouer leurs péchés, et accepter les pénitences qu’il imposait. Il se préparait lui-même à son œuvre d’apôtre par des austérités extraordinaires, passant la nuit dans une eau glacée suivant l’usage celtique ou se plongeant dans la mer pour chanter les vigiles. La mémoire du peuple a conservé le souvenir des loutres compatissantes qui, d’après la légende, venaient après ce bain froid, lécher et réchauffer ses membres glacés.

Après quelques années à Melrose, l’abbé Eata emmena Cuthbert et quelques autres moines avec lui pour la fondation du monastère de Ripon, dû à la générosité du roi Alchfrid. Chargé des fonctions d’hôtelier, le jeune moine montra dans l’exercice de cette charge le même zèle que dans les missions. Quand les voyageurs arrivaient à travers la neige, affamés et transis de froid, il leur lavait lui-même les pieds, courait ensuite au four pour faire cuire le pain.

Quant aux autres moines de Melrose, ils durent quitter Ripon lorsque l’évêque Wilfrid entreprit sa campagne en faveur du rite romain (v. 24 avril ; il s’agissait vraisemblablement de la fameuse «date de Pâques», qui divise encore l’Orient et l’Occident).

Cuthbert rentra ensuite dans le monastère où il avait fait ses débuts et reprit sa vie de prédicateur. Le prieur Boisil, son maître et son ami, étant mort de la peste en 664, Cuthbert fut élu pour le remplacer ; il fut lui-même atteint de la contagion et s’en releva, grâce aux prières de la communauté.

Après le triomphe de Wilfrid et du rite romain à la conférence de Whitby, une révolution se produisit à Lindisfarne dont dépendait Melrose. L’évêque Colman était retourné à Iona, emportant avec lui les ossements d’Aidan, son prédécesseur, et emmenant les religieux qui voulaient garder les traditions celtiques. Pour conserver Lindisfarne, l’abbé Eata, de Melrose, en prit le gouvernement avec Cuthbert comme prieur : tous deux adoptèrent sans réserve les décisions de Whitby et s’efforcèrent de les faire prévaloir. Cuthbert avec son énergie et son invincible douceur employa toutes les ressources de son cœur et de son esprit. Il restait encore à Lindisfarne des récalcitrants, il s’agissait de les ramener, et en même temps de faire régner parmi eux la régularité et l’uniformité de la vie religieuse. Le saint moine s’employa à évangéliser les populations ; on connaissait sa dévotion à l’Eucharistie, qu’il ne célébrait pas sans verser des larmes.

Après un priorat de douze années, Cuthbert, qui n’avait pas encore quarante ans, voulut se retirer sur une île stérile en vue de Lindisfarne, l’île de Farne, que l’on croyait hantée. Il s’y fixa en vaillant soldat du Christ, y creusant dans le rocher une demeure d’où il ne voyait que le ciel, et s’y adonna à la contemplation. Une peau de bœuf tendue devant l’entrée de sa caverne le protégeait un peu contre les intempéries ; il vivait d’un petit champ d’orge cultivé par ses soins. Parmi les faits extraordinaires qu’on rapporte de lui, il aurait su appeler à lui certains oiseaux aquatiques pour les caresser avant de les renvoyer.

Cuthbert resta sur son île pendant huit ans. Il ne resta pas incognito, et l’on vint même de loin pour le consulter, depuis les religieux de Lindisfarne jusqu’aux habitants de tous les coins de Grande-Bretagne.

Il fut alors appelé à la dignité épiscopale, pour le siège de Lindisfarne, qu’il n’accepta qu’en pleurant, mais dont il accomplit les charges avec la même ardeur missionnaire d’autrefois.

Cuthbert a fait beaucoup de miracles. Un jour qu’on lui avait porté à boire de l’eau, les moines se rendirent compte que l’eau qui restait s’était changée en un vin excellent. Mais Cuthbert était surtout un mystique, un vrai moine contemplatif. Invité un jour à la table d’une abbesse, celle-ci put voir comment Cuthbert pouvait être totalement absorbé par une contemplation au point de laisser tomber son couteau.

Après la fête de Noël 686, Cuthbert abdiqua l’épiscopat et retourna sur son îlot de Farne pour se préparer à la mort qu’il savait prochaine. Pendant deux mois il redoubla ses pénitences, exhortant ceux qui venaient encore le consulter à rester dans l’union avec Rome.

Les derniers jours, il perdit la parole et s’endormit du dernier sommeil le 20 mars 687.

Un détail touchant concerne le moment de la mort de saint Cuthbert : un autre prêtre, anachorète près du lac de Derwentwater (Cumberland), venait chaque année passer quelques jours en compagnie de Cuthbert, et une profonde amitié les liait. Cet anachorète, Herbert de son nom, avait obtenu par la prière de Cuthbert, de pouvoir mourir au même moment que lui. Or cela arriva effectivement. Herbert mourut le même jour, à la même heure que son cher ami Cuthbert : il est pour cela honoré en Angleterre comme “Saint” au même jour, quoiqu’il ne soit plus mentionné dans l’actuel Martyrologe Romain.

De Lindisfarne, le corps de Cuthbert fut transporté à Durham, lors de l’attaque des Vikings envahisseurs.

Une magnifique châsse abritant le corps incorrompu de Cuthbert était vénérée dans la cathédrale de Durham jusqu’à l’époque de la “Réforme”. On l’aurait ensuite cachée, et jamais retrouvée.

Saint Cuthbert, fêté le 20 mars, est le patron des marins.

 

 

Wulfran de Sens

647-704

 

Wulframnus naquit vers 647 à Maurilliacum (auj. Milly-la-Forêt, Essone), de Fulbert qui était officier dans les armées royales.

Wulframnus a été rendu de diverses façons : Wulfram, Wulfran, Vulfran, Vulphran, Wolfran…

Wulfran fut vite admis à la cour de Clotaire III. A la mort de son père, il fit don de sa propriété de Milly à l’abbaye de Fontenelle, où il pensait devenir moine.

Selon certains, c’est vers cette époque qu’il projeta d’être missionnaire en Frise, et qu’il y séjourna pendant cinq à six ans. Mais cette version ne semble pas s’accorder avec d’autres faits.

Selon des versions qui semblent plus sûres, en 690, le siège épiscopal de Sens étant vacant, le roi et le peuple se souvinrent des qualités de Wulfran : le clergé l’appela à succéder à Lambert et il fut sacré évêque.

En 696, il se retira pour se lancer dans l’évangélisation de la Frise.

Il en conféra avec l’évêque de Rouen, s.Ansbert (v. 9 février), fit une retraite à l’abbaye de Fontenelle, et demanda à l’abbé quelques religieux pour l’accompagner en Frise. On ne sait pas exactement comment se déroula cette mission, mais la tradition de Fontenelle rapporte divers miracles opérés par Wulfran, comme par exemple la récupération en pleine mer de la patène qui avait échappé à Wulfran durant la célébration de la Messe sur le bateau (il sera utile ici de faire remarquer que, jusqu’à une période toute récente, l’Hostie était déposée directement sur le corporal, et non sur la patène, qui n’était reprise qu’au moment de la communion ; elle avait donc pu échapper à la vigilance du Célébrant).

En Frise, Wulfran aurait eu la joie de baptiser le fils du roi Radbod, de sauver d’une mort atroce des enfants que les idolâtres païens voulaient sacrifier à leurs dieux ; on a les noms de trois de ces enfants : Ovon, Eurinus, Ingomare ; le premier avait déjà été étranglé, Wulfran le ressuscita ; les deux autres furent épargnés de justesse et entrèrent plus tard à l’abbaye de Fontenelle.

Après cinq années de cette mission fructueuse, Wulfran rentra à Fontenelle où il finit ses jours en paix. Il y mourut le 20 mars, vers 704 ou 720.

En Frise, Wulfran avait jeté une bonne semence, qui germa et porta ses fruits un peu plus tard avec s.Willibrord (v. 7 novembre).

Saint Wulfran est commémoré le 20 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Niketas d’Apollonie

† 733

 

Niketas était «évêque d’Apollonie». Il y a une ville de ce nom en Macédoine (Grèce N) et une en Bithynie (Asie Mineure, act. Turquie NE). L’actuel Martyrologe opte pour la première (auj. Paleo Chori).

On ne sait pas quand commença cet épiscopat, mais c’est en 730 que commença l’erreur iconoclaste byzantine, et la persécution qui s’ensuivit.

Niketas prit énergiquement position contre l’édit impérial, et fut pour ce motif plusieurs fois relégué en exil. L’Anatolie couvre une surface plus ample encore que l’actuelle Turquie, et on ignore en quelle région fut exilé l’évêque.

Niketas mourut en exil, à une date qu’on a fixée au 20 mars 733.

Saint Niketas est commémoré le 20 mars dans le Martyrologe Romain.

 

Ambrogio Sansedoni

1220-1286

 

Ambrogio (Ambroise) naquit le 16 avril 1220 à Sienne, de parents profondément croyants.

Le bébé était tellement difforme que la vue de son corps provoquait une certaine horreur et de la compassion ; il fut confié à une nourrice et, au bout d’un an, tandis qu’elle le tenait dans l’église desservie par des Dominicains, un changement instantané miraculeux se produisit : tous les membres du bébé prirent une attitude normale, chose qui fut bien sûr racontée à tous les coins de la ville.

Ce n’était que le début d’une série d’interventions célestes sur et par la personne du jeune enfant et du prêtre qu’il devint.

En grandissant, il montra une grande compassion pour les pauvres, les malades et les prisonniers. Ce fut au point qu’avec la permission de sa mère, il transforma une partie de la maison familiale en petit hôpital.

Il chercha à étudier, en particulier la théologie, mais rencontra des obstacles ; aussi, peu avant ses dix-sept ans, il annonça aux parents sa décision de quitter le monde et d’entrer chez les Dominicains. Les bons parents n’y mirent aucune difficulté, au contraire ils lui remirent une importante somme d’argent - qu’Ambrogio utilisa sans tarder au profit des pauvres et des orphelins.

Il reçut l’habit dominicain le 16 avril 1237, son jour anniversaire, et, l’année suivante, fut envoyé à Paris (1245) pour suivre les cours d’Albrecht de Cologne (v. 15 novembre), où il fut condisciple de Tommaso d’Aquino et de Pierre de Tarentaise (v. 7 mars et 8 mai). Lorsque le maître rejoignit Cologne, il l’y suivit et commença à enseigner. On l’entendit parler allemand, qu’il ne connaissait pas.

Cinq ans plus tard, en 1253, Ambrogio revint à Paris, où il commenta les Sententiæ de Pierre Lombard. Il y prêchait aussi avec un réel succès, au point qu’on le représenta avec la colombe blanche de l’Esprit Saint qui lui parlait à l’oreille (ou bien on aurait même assisté au phénomène de la présence de la Colombe pendant qu’il parlait).

Successivement, l’obéissance l’envoya en Allemagne, où ses prédications et ses miracles empêchèrent un nouveau schisme. Quand le pape lança l’interdit sur Sienne qui s’était déclarée pour l’empereur, Ambrogio alla plaider la cause de Siennois auprès du pape à Orvieto, lequel s’exclama ensuite : Jamais homme n’a parlé comme cet homme (cf. Jn 7:46). De même en Hongrie, où furent arrêtés les Tartares. Puis ce fut l’Italie, où Ambrogio fut l’ange de paix à Sienne, sa ville natale, le réformateur à Rome où il fallait restaurer l’enseignement correct de la théologie.

Ambrogio connut un échec affligeant : il se trouvait à Naples et chercha, vainement, à éviter la condamnation à mort du fils de l’empereur, battu à Tagliacozzo (1268), qui fut trahi et livré à Charles d’Anjou, et décapité.

Pendant une douzaine d’années, Ambrogio demeura dans une silencieuse retraite, dans la prière et la contemplation, sans pour autant négliger les tâches quotidiennes qu’il allait volontiers remplir avec les autres moines.

Les papes l’appelèrent de nouveau pour des missions de réconciliation entre Gênes et Venise, entre Florence et Pise, à Sienne encore. Il réussit, non sans de grandes fatigues. Il y eut des conversions retentissantes. Sienne fut le théâtre de son ultime élan pacificateur et pastoral. Emporté par son zèle à vouloir convaincre les pécheurs de se repentir, il lui vint en chaire un flux de sang qui sortit par la bouche ; se sentant mieux le lendemain, il voulut remonter en chaire, mais l’hémorragie reprit de plus belle. Toute la ville en était consternée.

Ambrogio se prépara tranquillement à la mort. Il invitait même les confrères à se réjouir. Ayant fait une confession générale, il reçut les Sacrements de l’Eglise. Il demanda ensuite à rester seul, pour mieux se préparer à rencontrer le Seigneur, dans le recueillement.

Il mourut ainsi le 20 mars 1286.

L’abrégé (!) de sa vie compte quelque cent quatre-vingt miracles, dont seize résurrections de morts.

Sienne le prit comme Patron. Dès 1443, on l’y célébrait comme un Saint.

Le Martyrologe romain mentionne le bienheureux Ambrogio au 20 mars.

 

 

Battista Spagnuolo

1447-1516

 

Battista naquit le 17 avril 1447 à Mantoue (Italie N), d’une famille noble originaire d’Espagne, d’où son surnom de Spagnuolo ou Spagnoli, espagnol. Si sa famille l’appelait Bautista, à l’espagnole, il est bien vraisemblable que tous ses contemporains italiens le nommèrent Battista, à l’italienne.

Après ses études à Mantoue, il étudia brillamment la philosophie à Padoue. Puis un différend avec son père et une céleste inspiration le poussèrent en 1463 à entrer chez les Carmes à Ferrare, où ses grands progrès dans toutes les vertus lui valurent une grande estime de la part du bienheureux Bartolomeo Fanti, son maître (v. 5 décembre). Bartolomeo lui prophétisa qu’il deviendrait vicaire général pour tout l’Ordre des Carmes.

Battista fut envoyé quelque temps à Rome, où il fit l’admiration de tous. Il n’avait que vingt-quatre ans, quand il fut nommé professeur (on disait lecteur) à Bologne (1471).

Il avait une inspiration particulière pour la poésie en latin et composa des hymnes sacrées ; on a de lui plus de cinquante mille vers latins, sans compter le reste de ses écrits ; Erasme l’appelait le Virgile chrétien.

Six fois élu et réélu vicaire pour toute la région de Mantoue à partir de 1483, il fut longtemps présent à Rome, où il eut l’occasion de prêcher devant le pape (1489), suggérant une profonde réforme à l’intérieur de la Curie, vermoulue de corruption.

En 1489, il se déplaça à Loreto, quand le sanctuaire marial fut placé sous la garde des Carmes.

En 1493, il fut nommé directeur des études à Mantoue ; il y rencontra beaucoup de célèbres humanistes, écrivains et philosophes.

En 1513, il fut nommé général de l’Ordre : seul le pape put l’obliger à accepter cette charge.

En plus de cela, il assuma d’autres missions importantes : il participa au 5e concile du Latran (1512-1517), alla comme légat papal mettre la paix entre le roi de France (Louis XII) et le duc de Milan ; il travailla à la réforme de l’Ordre et à l’édition de son missel propre.

Battista mourut à Mantoue le 20 mars 1516 ; son corps est resté sans corruption et son culte fut confirmé en 1885.

Le Martyrologe romain mentionne le bienheureux Battista au 20 mars.

 

 

Ippolito Galantini

1565-1619

 

Ippolito était né à Florence ; son père était un humble tisserand et lui-même gagna sa vie en fabriquant des étoffes de soie.

Ce fut le cas de dire que ce garçon fut vraiment précoce : il savait, encore enfant, se recueillir longtemps dans l’église, il écoutait les sermons et les répétait à ses petits camarades, qu’il réunissait autour de lui pour leur enseigner les premières vérités fondamentales du christianisme. Il voulait même entrer dans la vie religieuse, mais il était décidément trop jeune.

Son zèle pour la catéchèse le fit remarquer auprès de l’archevêque de Florence, Alessandro de’ Medici, le futur pape Léon XI, qui le nomma alors Maître de doctrine chrétienne, avec mission d’enseigner dans l’église de Sainte-Lucie-au-Pré (Santa Lucia al Prato) : il n’avait que douze ans !

Il aurait bien voulu entrer chez les pères Capucins, mais sa santé ne le lui permit pas. Pendant une quinzaine d’années, il souffrit même d’atroces douleurs, causées par diverses maladies, qu’il supporta généreusement.

A dix-sept ans, il se trouvait à la tête de cette humble Congrégation de Sainte-Lucie, puis de celle du Saint-Sauveur, finalement il eut son oratorio personnel et donna naissance à la Congrégation de Saint-François de la Doctrine Chrétienne, pour la catéchèse des enfants des deux sexes. Son exemple fut repris, et servit de modèle à beaucoup d’autres congrégations dans toute l’Italie.

Des personnes de haut rang social n’hésitèrent pas à s’unir à lui pour enseigner la Doctrine aux petits. Ces apôtres étaient connus à Florence, par leur démarche pleine de discrétion, de modestie, et reçurent le surnom de Vanchetoni (van : ils vont ; chetoni : très modestes).

Cet humble ouvrier sans instruction, reçut de Dieu la science de la Foi et de l’Apostolat, qu’il exprima dans quelques écrits. Il rédigea lui-même les Règles et les constitutions de sa Congrégation. Il eut aussi le don de prophétie.

Quand il mourut, le 20 mars 1619, ce fut la consternation générale. Il était si populaire que son tombeau fut vite assailli par toutes sortes de gens qui venaient demander des grâces à Dieu par son intercession.

Béatifié en 1825, il est mentionné au Martyrologe Romain le 20 mars.

 

Et voici une prière qui fut autorisée par l’Autorité diocésaine en 1942 (et enrichie à l’époque d’une indulgence de 300 jours, modifiée à l’heure actuelle en “indulgence partielle”) :

 

Seigneur tout-puissant, tu t’es préparé dans le cœur du Bienheureux Ippolito Galantini, dès son enfance, une demeure agréable, et en as fait un Apôtre de la Doctrine chrétienne. Par son intercession, nous Te demandons que dans nos régions se développe toujours davantage la connaissance et la pratique de la sainte religion, et que notre cœur brûle d’amour pour Toi.

Veuille accorder dès ici-bas à Ton Bienheureux Serviteur la gloire des Saints, pour que nous aussi, en suivant son exemple, nous puissions mériter les divines faveurs spirituelles et temporelles et que, après notre voyage sur cette terre, nous accédions à la béatitude éternelle du ciel.

Amen.

 

 

Jeanne Véron

1766-1794

 

Jeanne naquit le 6 août 1766 à Quelaines (Mayenne).

Entrée chez les Filles de la Charité, elle faisait la classe aux enfants et s’occupait des malades.

En 1783, elle assista Françoise Tréhet (v. 13 mars) pour l’ouverture d’une école à Saint-Pierre-des-Landes.

En plus, au moment de la persécution causée par la Révolution, elle abrita et cacha des prêtres.

Dénoncée et découverte, elle fut arrêtée et condamnée à mort. A cause de ses infirmités, on la poussa sur son fauteuil jusqu’au lieu du supplice et elle fut guillotinée à Ernée (Laval), le 20 mars 1794, une semaine après Françoise Tréhet.

Jeanne Véron a été béatifiée en 1955, en même temps que Françoise Tréhet et que les Quatorze Martyrs de Laval (voir cette notice).

 

 

Francisco Palau y Quer

1811-1872

 

Francisco naquit le 29 décembre 1811 à Aytona (Lerida, Espagne), septième d’une famille de neuf enfants.

Il reçut le baptême le jour même.

Extrêmement doué intellectuellement, il fut orienté par son maître d’école vers les études supérieures.

En 1828, il entra au séminaire de Lerida.

En 1832, renonçant à une bourse d’études qu’on lui offrait en raison de ses grandes capacités, il quitta le séminaire pour entrer ches les Carmes déchaux à Barcelone, où il prit le nom de Francisco de Jésus-Marie-Joseph et fit les vœux en 1833.

La fureur révolutionnaire se déchaîna à Barcelone en 1835. Le couvent fut la proie des flammes. Les Carmes réussirent à s’enfuir. Francisco aida un des vieux moines, aveugle, à se mettre en sécurité.

Francisco fut ordonné prêtre l’année suivante, en 1836, mais ne pouvant rentrer dans son couvent, il exerça le ministère comme prêtre diocésain.

En 1840, il passa en France et vécut à Perpignan, puis à Cantayrac (Montauban). Sa vie retirée et toute sainte attira déjà des fidèles, notamment des espagnols exilés et Juana Gracias, qui l’assistera plus tard dans son apostolat. Pour répondre à certaines accusations d’un prêtre du diocèse de Montauban qui le critiquait, il écrivit deux opuscules : La Vie Solitaire et Le Solitaire de Cantayrac.

En 1851, il revint en Espagne. L’évêque le nomma directeur spirituel au Grand séminaire. A Barcelone aussi, il ouvrit une Ecole de la Vertu, pour la catéchèse des adultes : chaque dimanche il exposera en paroisse l’ensemble de la doctrine chrétienne. Il en fera un ouvrage qui sera publié. Il publiera des articles dans le journal El Áncora.

Mais l’école fut accusée de soutenir des grévistes, et fut fermée manu militari en 1854.

Comme l’évêque lui-même, Francisco fut condamné à l’exil, mais sur l’île d’Ibiza (Baléares), où il passera six années de solitude forcée, de méditation. Il découvrit la petite île de Es Vedrá, où il construisit un petit ermitage et y intronisa l’image de Notre-Dame des Vertus, premier sanctuaire marial de l’île.

En 1860, démontrant son innocence, il fut totalement gracié par la reine et put donner libre cours à son apostolat : prédication à Barcelone, Madrid, Palma, et d’autres grandes villes, missions populaires en Catalogne et aux Baléares ; partout il répandait la dévotion mariale. On le verra se retirer (librement désormais) sur l’île Ibiza durant des périodes de retraite.

Il fonda alors une congrégation de Frères et Sœurs Tertiaires Carmélites, auxquels il transmit son idéal de prédication catéchétique. Cette congrégation devint ensuite la double branche des Carmes Missionnaires Thérésiens et des Carmélites Missionnaires Thérésiennes.

Sa prière obtint la libération de nombreuses personnes de la puissance démoniaque, au point qu’il acquit une grande réputation d’exorciste. Mais cette réputation jeta aussi sur lui des suspicions de la part des autorités ecclésiastiques, au point qu’il dut par deux fois faire le voyage à Rome pour démontrer le bien-fondé et la nécessité de l’exorcisme. Il parla devant l’assemblée des évêques réunis au concile de Vatican I.

De 1868 à 1872, il écrira dans un journal qu’il avait fondé, El Ermitaño, où il exposait à nouveau la doctrine chrétienne, en particulier sa position au sujet de l’exorcisme. Le journal cessera un an après sa mort.

Francisco fonda aussi une congrégation éphémère des Frères de la Charité.

En 1872, il se dépensa sans compter auprès des malades atteints par une épidémie de typhus, qu’il contracta à son tour. Terrassé par une congestion pulmonaire, il mourut à Tarragone le 20 mars 1872.

Il a été béatifié en 1988.

 

 

María Josefa Sancho de Guerra

1842-1912

 

María Josefa, née à Vitoria le 7 septembre 1842, dans la Pays Basque espagnol, premier enfant de Bernabé Sancho et de Petra de Guerra, fut baptisée dès le lendemain, fête de la Nativité de la Vierge Marie, et reçut la Confirmation deux ans plus tard, selon la coutume d’alors. Le papa fabriquait des chaises.

Dès l’enfance la petite fille montra des dons exceptionnels de mémoire et d’observation. Elle apprit de ses bons parents la dévotion à la Sainte Vierge, la confiance en la Providence, et l’acceptation de la sainte pauvreté.   

Orpheline de son père à six ans et demi, elle fit la première Communion le deux février 1852, jour de la Présentation de Jésus au Temple. Avec sa mère, et grâce à elle, elle approfondit sa foi en l’Eucharistie, mais aussi la préoccupation pour les pauvres et les malades. María Josefa aimait se retirer pour prier et contempler.

A quinze ans, elle fut à Madrid pour compléter ses études. A dix-huit ans, de retour à Vitoria, elle pensa entrer dans l’Institut des Sœurs contemplatives de Aranjuez, mais la grave maladie du typhus l’en empêcha. Elle guérit cependant, et décida d’entrer chez les Servantes de Marie, récemment fondées par Soledad Torres Acosta, où elle prit le nom de María Josefa du Cœur de Marie. Mais des doutes l’assaillirent et elle se confia à deux grands Saints : l’archevêque Antonio Maria Claret et la fondatrice elle-même, Soledad Torres Acosta (voir aux 24 et 11 octobre).

C’est lors d’un voyage à Bilbao, avec deux autres compagnes, qu’une rencontre providentielle la mit sur le chemin de sa véritable vocation. Elle rencontra là en effet un avocat chrétien, Don Vicente Martínez, qui désirait de tout son cœur voir des religieuses s’occuper des malades chez eux. Il fit connaître aux trois Religieuses un saint prêtre, Don Mariano José de Ibargüengoitia, qui les prit sous sa protection, les assista de ses conseils et les encouragea dans leur projet.

C’est ainsi qu’en 1871 fut fondé à Bilbao l’Institut des Servantes de Jésus, dont María Josefa sera la supérieure pendant quarante-et-un ans. Cette institution était destinée à l’assistance des malades tant dans les hôpitaux que chez eux, des personnes âgées, des enfants et des “laissés-pour-compte”, que le bienheureux Jean-Paul II appela les “blessés de la vie”.

En soignant les malades durant diverses épidémies, les religieuses furent elles aussi éprouvées par la maladie et la mort. María Josefa se dépensa sans compter, prenant soin des Servantes et lavant leurs vêtements quand elles revenaient d’avoir assisté des malades contagieux.

L’œuvre se développa de façon extraordinaire : dès 1874, l’évêque approuvait le nouvel Institut. Du vivant de la Fondatrice, quarante-trois maisons s’étaient déjà ouvertes (la dernière au Chili), avec un millier de religieuses. En 1886, Léon XIII l’érigea en Congrégation de droit pontifical. Tant qu’elle put, María Josefa visita ses maisons, jusqu’à ce qu’une grande infirmité l’obligeât à rester alitée ou au fauteuil, continuant d’écrire et de conseiller les Servantes.

Aujourd’hui encore, environ cent maisons sont disséminées dans seize pays, en Amérique Latine et en Asie. Les Servantes assistent les malades dans les hôpitaux, les cliniques, les sanatoriums, les maisons de retraite, les garderies d’enfants, les cantines, les centres pour sidaïstes.

María Josefa mourut à Bilbao le 20 mars 1912, fut béatifiée en 1992 et canonisée en 2000. Le Martyrologe la mentionne au 20 mars, mais l’Institut la fête au temps pascal, le 18 mai.

 

 

Józef Bilczewski

1860-1923

 

Né le 26 avril 1860 à Wilamowice (diocèse de Cracovie, Pologne), il fut ordonné prêtre le 6 juillet 1884 à Cracovie par le cardinal Albin Dunajewski.

En 1886, il obtint un doctorat en théologie à l'Université de Vienne. Après avoir complété ses études à Rome et à Paris, il passa l'examen d'habilitation à l'enseignement à l'Université de Cracovie en 1890 et devint professeur de théologie dogmatique à l'Université Jean Casimir de Lviv. Il devint ensuite Doyen de la faculté de théologie, puis Recteur de l'Université elle-même.

Il était très apprécié par ses étudiants et jouissait de l'estime de ses collègues universitaires, ayant une réputation de grand scientifique. Ses capacités furent remarquées par l'empereur d'Autriche François-Joseph, qui le présenta au Saint-Père comme candidat possible au Siège métropolitain vacant de Lviv. La situation sociale, économique, ethnique et religieuse de ce grand archidiocèse exigeait un pasteur d'une grande force morale, c'est pourquoi Léon XIII accueillit cette proposition et le nomma archevêque de Lviv des Latins, en 1900.

Dans son archidiocèse, il se distingua par sa grande bonté de cœur, son humilité, sa piété et son zèle pastoral, qui naissaient de son immense amour pour Dieu et son prochain. Son programme pastoral indiquait la nécessité de développer le culte du Très Saint Sacrement et la Communion fréquente. Il consacra une grande attention à la préparation des enfants à l'Eucharistie et fit construire des églises, des chapelles et des écoles, développant l'instruction des fidèles et promouvant les vocations sacerdotales.

Il adressa de nombreuses lettres pastorales à ses prêtres et aux fidèles, traitant des problèmes de la foi et de la morale de son époque, et des questions sociales. Il fut apprécié des personnes de toutes les confessions, de tous les rites et de toutes les nationalités présents dans l'archidiocèse. Pendant la durée de son service pastoral, il n'y eut aucun conflit nationaliste ou religieux. Il fut le promoteur de la concorde, de l'unité et de la paix. Face aux questions sociales, il s'engageait aux côtés du peuple et des pauvres.

Au cours de ses vingt-trois années de service pastoral, il transforma le visage de l'archidiocèse de Lviv.

Il mourut le 20 mars 1923, fut béatifié par le Pape Jean-Paul II le 26 juin 2001, lors de sa visite pastorale en Ukraine, et canonisé le 25 octobre 2005 par le Pape Benoît XVI, dont voici quelques extraits de l’homélie :

Saint Józef Bilczewski fut un homme de prière. La Messe, la Liturgie des Heures, la méditation, le chapelet et les autres exercices de piété scandaient ses journées. Un temps particulièrement long était consacré à l’adoration eucharistique (…)

La profonde connaissance de la théologie, de la foi et de la dévotion eucharistique de Józef Bilczewski ont fait de lui un exemple pour les prêtres et un témoin pour tous les fidèles.

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19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 00:00

19 MARS

I.    

S Joseph, père nourricier de Jésus, époux de Marie, patron de l’Eglise, du Canada.

?    

Ss Léonce et Apollone (II. et V. ?), évêques à Vicenza (?).
Ss Quintus, Quintille, Quartille et Marc, martyrs à Sorrente.

IV.    

S Panchaire, sénateur romain une fois apostat, puis martyr à Nicomédie.

V.    

S Auxilius, évêque à Killossey.

VI.    

B Ioannis, de Syrie, fondateur et abbé à Parrano.
S Lactinus, fondateur et abbé à Freshford.

VII.    

S Léonce, évêque à Saintes.
Ss Landoald et Amance, prêtre et diacre romains, missionnaires en Gaule Belgique.

IX.    

S Alcmond, de famille royale anglaise, assassiné en Ecosse.

XIII.    

B Isnardo de Chiampo, prieur dominicain à Pavie.
B Andrea de Gallerani, soldat à Sienne ; il en fut banni après avoir tué un blasphémateur et s’adonna aux bonnes œuvres avec sa fondation des Frères de la Miséricorde.
B Clément, évêque à Dunblane, dominicain ; il introduisit les dominicains en Ecosse.
B Giovanni Buralli de Parme, premier général de l’Ordre franciscain, qui prépara le travail de réforme opéré par s.Bonaventure après lui.

XIV.    

Bse Sibillina Biscossi, tertiaire dominicaine à Pavie, aveugle et recluse pendant soixante-sept ans, avec de grandes mortifications.

XV.    

B Marco de Marchio de Montegallo, médecin puis franciscain qui établit en plusieurs villes des monts-de-piété.

XVII.    

B Juan Martínez Cid, prêtre dominicain espagnol, martyr au Japon.

XX.    

B Jaume Trilla Lastra (Feliu Josep, 1908-1937), lasallien espagnol, martyr à Barcelone, béatifié en 2007.
B Jan Turchan (Narcyz, 1879-1942), franciscain polonais, mort à Dachau, béatifié en 1999.
B Marcel Callo (1921-1945), laïc normand, jociste, enrôlé dans le STO, interné à Mauthausen puis Güssen II, béatifié en 1987.

Joseph, époux de Marie

1er siècle

 

Il n’y a dans les Evangiles aucun renseignement sur la vie personnelle de saint Joseph. Son nom apparaît dans la généalogie du Sauveur (Mt 1:16 ; Lc 3:23) ; Matthieu et Luc font remarquer qu’il était de la lignée de David (Mt 1:20 ; Lc 2:4).

On sait qu’il était charpentier (Mt 13:55), juste, fidèle observateur de la Loi, et qu’il habitait à Nazareth, la bourgade où eut lieu l’Annonciation à Marie (Lc 1:26 ; Mt 2:23).

En-dehors des faits de la naissance de Jésus-Christ (Mt 1-2 ; Lc 2), Joseph n’apparaît plus dans l’Evangile, pas même lors du «premier» signe de Jésus, le miracle de Cana, où Jésus est invité avec Marie, ce qui laisse supposer que Joseph était déjà mort au début de la vie publique de Jésus.

D’un texte de la bienheureuse Anna Katharina Emmerick (v. 9 février), dont on sait avec quelle prudence il faut lire ce qui fut transcrit par son fidèle secrétaire, voici quelques lignes qui ne manquent pas d’intérêt.

Joseph, fils de Jacob, était le troisième de six frères. Ses parents demeuraient près de Bethléem, dans une grande maison qui avait appartenu à Isaï ou Jessé, père de David. Joseph, d’un caractère tout différent de celui de ses frères, était simple, doux, pieux et sans ambition. Ses frères le rudoyaient, le maltraitaient, et inventaient tout ce qu’ils pouvaient pour le tourmenter. S’il priait sous les galeries de la cour, à genoux et les bras étendus, ils s’approchaient sans bruit et le frappaient rudement par derrière.

Il y avait dans le caractère de Joseph quelque chose de fort grave, et un goût très marqué pour la solitude. Il n’aimait que la prière et le travail des mains. L’inimitié de ses frères alla bientôt si loin, qu’il lui fut impossible de demeurer dans la maison paternelle. Il avait, dans le voisinage, un ami. Il reçut de lui tout ce qu’il fallait pour se déguiser, choisit une nuit pour s’enfuir et alla gagner ailleurs, dans l’état de charpentier, le peu qui lui était nécessaire pour vivre. Il pouvait avoir alors de dix-huit à vingt ans.

Joseph demandait à Dieu de hâter l’avènement du Messie. Un ange lui dit de cesser son travail, car le grenier du salut allait bientôt être confié à sa garde. Il ne comprit rien à ces paroles, et continua à prier avec ferveur, jusqu’au moment où il fut appelé à se rendre au temple de Jérusalem pour y devenir, en vertu d’un ordre du Ciel, l’époux de Marie.

Mandé par le grand prêtre, Joseph se rendit aussitôt à Jérusalem et vint se présenter au temple. Il dut, à son tour, tenir sa branche à la main pendant la prière et le sacrifice. Il ne l’eut pas plutôt déposée sur l’autel devant le Saint des saints, qu’elle poussa une fleur blanche semblable à un lis.

(…)

Joseph (déclina) rapidement, vers la trentième année de la vie du Seigneur. Jésus et Marie restèrent alors plus souvent avec lui. Lorsque Joseph mourut, Marie, assise près de son chevet, le tenait dans ses bras, et Jésus était debout à côté. Sa chambre (était) toute pleine d’anges et de lumière.

Joseph devait mourir avant Jésus, car il n’aurait pu supporter son crucifiement : il était trop faible et trop affectueux.

La dévotion à saint Joseph est ancienne. Le culte proprement dit l’est moins.

On sait qu’au 13e siècle, un mystique allemand, Herman de Steinfeld, reçut en deuxième prénom celui de Joseph, à la suite de son «mariage mystique» avec la Vierge Marie (v. 7 avril).

Au 15e siècle, Jean Gerson fut à l’origine de la fête des Fiançailles de Joseph et de Marie, au 23 janvier.

Une fête de saint Joseph exista çà et là, au 19 mars, mais ne fut rendue officielle qu’en 1481, lorsque Sixte IV l’inséra au bréviaire et au missel ; Grégoire XV (1621) la rendit obligatoire pour toute l’Eglise ; le bienheureux Pie IX (v. 7 février), qui avait une grande dévotion à saint Joseph, lui consacra le mois de mars et, sur la demande des Pères conciliaires de Vatican I, le déclara patron de l’Eglise universelle.

Successivement, Léon XIII désigna saint Joseph patron des pères de famille et des ouvriers. Traditionnellement aussi, en référence à sa sainte mort, où il fut assisté par Jésus et Marie, on l’invoque au chevet des mourants, comme «patron de la bonne mort».

Le bienheureux Jean XXIII (v. 3 juin) fit insérer le nom de saint Joseph dans la prière Communicantes du Canon Romain de la Messe (et se trouve maintenant ajouté dans toutes les Prières eucharistiques).

Au pays du Canada, saint Joseph fut choisi dès 1624 comme patron et protecteur de cette Eglise naissante, par un des premiers missionnaires qui y parvint, Joseph Le Caron, récollet.

Un magnifique sanctuaire lui est aussi dédié à Montréal, dû à la dévotion de saint Alfred-André Bessette (1845-1937, v. 6 janvier).

 

 

Ioannis de Parrano

† 6e siècle

 

Ioannis vint de Syrie, et fut pour cela longtemps appelé Jean de Syrie.

Fuyant son beau pays où sévissaient encore les disputes théologiques, il vint en Italie : à Penna ou à Parrano ? Les deux localités sont en Ombrie, distantes d’environ soixante-dix kilomètres. Ioannes fut alternativement appelé Jean de Penna et Jean de Parrano.

En réalité, on fait une confusion avec un autre Jean (Giovanni) à Penna San Giovanni, au treizième siècle (v. 3 avril).

Le nôtre, à Parrano, construisit un monastère, qu’il gouverna pendant quarante-quatre ans.

Beaucoup de miracles furent signalés, dûs à sa vertu.

Saint Ioannis de Parrano est commémoré le 19 mars dans le Martyrologe Romain.

Isnardo de Chiampo

† 1244

 

Isnardo vit le jour vers à Chiampo (Vicenza, Italie NE), dans une famille bourgeoise.

Ayant commencé ses études à Bologne, il entra en 1218 dans l’Ordre des Dominicains et reçut l’habit des mains de saint Domingo (v. 6 août) lui-même.

L’année suivante, il fut envoyé à Milan, avec son confrère Guala qui fut élu évêque de Brescia. La prédication d’Isnardo gagna beaucoup de pécheurs et d’hérétiques.

En 1230, transféré à Pavie, il se lia d’amitié avec l’évêque Redobaldo II, qui lui confia une église et l’aida à construire un couvent hors les murs.

La ville de Pavie était sous le coup de l’interdit, à la suite des mésactions de Friedrich Barbarossa. Isnardo prêcha, émut les gens, les ramena à la foi et à la pratique.

Dans ses déplacements, Isnardo continuait de prêcher aux pécheurs et d’exercer le pouvoir que la grâce de Dieu lui avait donné : il guérissait les malades. Ainsi, il guérit la jambe d’un malade sous les yeux d’un mécréant qui se moquait. On raconte aussi qu’un homme le prit à partie, en le taquinant sur sa forte constitution : Comment veux-tu que je croie à la sainteté d’un Isnardo plus que je pourrais croire que ce tonneau se mette à danser et à venir me casser une jambe ? Et voilà que le tonneau se mit en marche et lui retomba sur la jambe. Mais l’anecdote n’ajoute pas qu’Isnardo la lui remit sur place, ce qui est pourtant vraisemblable.

La renommée d’Isnardo, la nouvelle de ses nombreux miracles, parvinrent jusqu’en France.

Il mourut à Pavie le 19 mars 1244. Les miracles ne cessèrent pas : des prisonniers l’invoquèrent pour leur libération ; des malades gravement atteints guérirent.

Le culte du bienheureux Isnardo fut approuvé en 1919.

 

 

Andrea Gallerani

1200-1251

 

Andrea naquit au début du 13e siècle, un des (au moins) deux fils de Ghezzolino, un bourgeois «puissant» de Sienne (Toscane, Italie C).

Comme on le sait, les rivalités entre villes étaient fréquentes, habituelles même, et Andrea participa à quelque expédition contre Orvieto, où il tua leur capitaine, en 1219.

Peu après, un épisode le trouva à nouveau protagoniste d’une rixe : il s’agissait d’un homme qui blasphémait et qu’Andrea, ne pouvant plus le supporter, assassina. Il fut pour cela banni de la cité. La nuit qui suivit son départ de Sienne, il chevauchait à côté de son frère, quand une nuée le souleva dans les airs avec son cheval sur un parcours de trois milles. Son frère le croyait perdu, car il savait que des soldats de Sienne étaient partis à la poursuite d’Andrea, mais ce dernier fut préservé de tout accident fâcheux par la sainte Vierge, qu’il priait de venir à son aide.  Il se réfugia à Maremma.

Dès lors, Andrea comprit qu’il devait consacrer le reste de ses jours aux exercices de la pénitence et aux œuvres de la charité. Dans les secours qu’il donnait aux malades, Dieu lui accorda d’opérer des guérisons merveilleuses. Il put aussi multiplier la farine, le vin.

Il pénétra furtivement dans Sienne et y établit une petite confraternité de Frères de la Miséricorde, pour l’assistance auprès des malades et des pauvres.

Il eut des apparitions du Christ, de la Sainte Vierge. La Mère de Dieu lui aurait ainsi indiqué le prochain jour de sa mort. Il vint chez les siens, le leur annonça et mourut au jour précis, qu’on n’a pas vraiment établi actuellement : ç’aurait été le 9 avril 1251, ou le 19 mars 1251, cette dernière date étant celle reprise par le Martyrologe Romain.

D’autres miracles se produisirent au tombeau du bienheureux Andrea, dont le culte fut rendu officiel localement en 1274 et universellement en 1798.

 

 

Giovanni Buralli de Parme

1208-1289

 

Giovanni vint au monde vers 1208 à Parme (Emilie-Romagne, Italie NC), du noble et illustre Alberto Buralli.

Son oncle, un prêtre, le dirigea si bien vers l’étude, qu’il enseigna bientôt la Logique à l’école cathédrale.

Vers l’âge de vingt-cinq ans, il entra dans l’Ordre des Frères Mineurs et fit la profession.

On l’envoya se perfectionner à Paris, où il reçut l’ordination sacerdotale.

Alors commença son ministère apostolique par la prédication : sa doctrine, le timbre clair de sa voix, sa connaissance de la musique et du chant, sa douceur, amenèrent beaucoup de conversions.

On le pria d’enseigner chez les Franciscains eux-mêmes, à Bologne, Naples, Rome et même Paris (1245, l’année du premier concile de Lyon, où il représenta l’Ordre franciscain).

En 1247, au chapitre de Lyon, il fut élu ministre général. Comme tel, il dut affronter les dissentions nées au sein de l’Ordre entre partisans de l’austérité de la Règle et partisans d’une «évolution». Il entreprit la visite de tous les couvents, ce qui n’avait pas été fait jusques là.

Il faisait tous ses déplacements à pied. Quand il arrivait quelque part, oublieux totalement de sa place, il allait se mêler aux frères convers et épluchait avec eux les pommes de terre à la cuisine.

Sa dévotion filiale envers Notre-Dame lui en valut une protection manifeste en diverses occasions. Un soir qu’il s’était égaré dans un bois avec ses compagnons, ils prièrent la Mère de Dieu, qui les orienta vers un proche couvent, où ils purent se reposer ; en réalité, ce couvent n’existait pas : tout fut orchestré par le Ciel avec les Anges, pour venir en aide au saint Frère ; puis tout ce décors disparut et Giovanni se réveilla au matin dans une grotte, d’où il put rejoindre le (réel) couvent franciscain, but de son voyage.

En Angleterre, il fut accueilli très respectueusement par le roi Henry III. En France, le roi Louis IX (v. 25 août) vint le saluer et recommander à ses prières la croisade qu’il entreprenait.

Son long périple fut interrompu pendant deux années (1250-1251), qu’il passa à Constantinople comme légat du pape : Innocent IV l’avait préconisé pour ramener à l’union catholique les Orientaux ; il l’envoyait comme Ange de la Paix auprès des princes et hauts dignitaires, qui furent conquis par la sagesse, la bonté, l’humilité de Giovanni. Mais l’union tant désirée ne put se réaliser.

Giovanni reprit ses visites. En 1254, il était à Paris pour calmer la tempête soulevée dans l’Université par Guillaume de Saint-Amour. Ce fut aussi l’occasion pour lui d’écrire avec le général des Dominicains (Humbert de Romans) une lettre qui devait établir entre les deux Ordres une union plus étroite. L’estime réciproque qu’avaient Francesco d’Assise et Domingo de Gúzman, se prolongeait ainsi parmi leurs disciples.

L’action de Giovanni au sein de son Ordre rencontra des résistances, ce qui l’affligea beaucoup. En 1257, il présenta sa démission au chapitre général ; c’est lui qui, alors, désigna pour successeur Bonaventura de Bagnorea, qui fut élu à l’unanimité.

Ensuite, Giovanni se retira à Greccio, dans l’ermitage où Francesco d’Assise avait fait représenter la première crèche de Noël. Il y vécut trente-deux ans, et n’en sortit que deux fois, mandé à Rome par des papes qui voulaient le créer cardinal. Inutile de préciser que Giovanni n’avait cure de cette dignité.

Vers la fin de sa vie, il apprit avec douleur que les Grecs étaient repartis dans le schisme ; il voulut repartir les rencontrer et s’y prépara intensément mais, arrivé à Camerino, il comprit qu’il allait toucher à sa fin.

Giovanni mourut à Camerino, le 19 mars 1289.

La renommée de sainteté de Giovanni fut obscurcie par un soi-disant traité de sa main et de doctrine douteuse, L’Evangile éternel, qui n’était pas de lui.

Le culte immémorial rendu à Giovanni fut au contraire approuvé en 1777.

 

 

Sibillina Biscossi

1287-1367

 

Sibillina naquit à Pavie, et fut bien vite orpheline de père et mère, de sorte qu’elle n’eut d’autre ressource que de se mettre en service toute gamine. A douze ans, elle était aveugle.

Des tertiaires dominicaines la recueillirent et lui apprirent à faire oraison, à réciter l’office, pour la préparer à entrer en religion, selon le désir qu’elle leur exprimait. La petite fille pria avec ferveur pour être guérie le jour de la saint Dominique, mais elle comprit plutôt ce jour-là, dans une vision, qu’elle ne guérirait pas, et qu’elle devrait acheter les clartés de l’éternelle vie au prix de la cécité corporelle. Elle prit donc le parti de vivre en recluse dans une cellule contiguë à l’église des Dominicains : elle n’avait que quinze ans. On lui imposa pour compagne une sœur, Beatrice, qui vécut près d’elle un certain temps, puis succomba aux rigueurs de son genre de vie.

Les pénitences de Sibillina furent effroyables, surtout pendant les premières années : la plus terrible venait du froid ; pendant les longs mois d’hiver où, dans les plaines de la Lombardie, le ciel est gris, nuageux et bas, la cellule de la recluse restait sans feu ; il n’y en avait pas davantage dans la vaste église de briques dédiée à saint Thomas d’Aquin ; en toute saison, Sibillina portait les mêmes vêtements grossiers. Les génuflexions et prostrations n’arrivaient pas à réchauffer ses mains gelées, crevassées, pleines d’engelures. Elle y ajoutait des flagellations très rudes. Son seul mobilier : une sorte de table étroite et longue sous la fenêtre de sa cellule, où elle dormait, mangeait, s’agenouillait ou s’asseyait pour s’entretenir avec ses visiteurs.

Ceux-ci vinrent en effet la consulter, de plus en plus nombreux : habitants de Pavie, nobles ou petits, évêques, religieux, elle avait un conseil autorisé pour chacun ; elle avait un sens intime des choses cachées ; elle avait conscience même physiquement de la présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie.

Sa réclusion dura soixante-sept ans. Deux fois seulement elle sortit par obéissance, dont une fois pour recevoir l’Eucharistie, sans qu’on s’explique d’ailleurs pourquoi cette disposition.

Elle, si ignorante, semblait connaître par-cœur les soliloques de saint Augustin ou les homélies de saint Bernard. La Pentecôte était une période de grandes grâces, et elle eut une profonde dévotion pour l’Esprit Saint.

Sibillina mourut le 19 mars 1367, son corps fut enseveli dans l’église des Dominicains, et Pie IX en a confirmé le culte cinq siècles plus tard. En Italie, les servantes l’ont prise pour patronne.

Le Martyrologe la commémore le 19 mars, jour de sa naissance au ciel, tandis que l’ordre dominicain la fête un peu plus tard, le 18 avril, une fois terminé le Carême.

 

 

Marco de Marchio de Montegallo

1425-1496

 

Le père de cette belle figure franciscaine était Chiaro de Marchio, de la noblesse, qui vivait à Ascoli Piceno, mais le petit Marco naquit près d’Ascoli, à Montegallo, où la famille s’était retirée pour sortir des pénibles luttes de factions qui sévissaient dans la ville.

Mais pour les études du garçon, on revint à Ascoli, puis Marco alla étudier à Pérouse et Bologne. Docteur en droit et en médecine, il exerça quelque temps à Ascoli et, par condescendance pour ses parents, se maria en 1451 avec une pieuse fille de la noblesse, Chiara de’ Tibaldeschi. La prochaine mort des parents leur rendit à tous deux leur liberté, car Chiara désirait en réalité entrer chez les Clarisses d’Ascoli, tandis que lui aspirait à l’idéal franciscain.

Il entra donc au noviciat de Fabriano, chez les frères mineurs de l’Observance. Adonné à la prière, à la contemplation, à la pénitence, il égala bientôt les religieux les plus fervents. Devenu “gardien” (c’est-à-dire supérieur) du couvent de San Severino, il s’entendit dire par la sainte Vierge : “Marc, va annoncer aux hommes la charité !”

Il prit donc son bâton de prédicateur, sur les conseils du confrère s.Jacques de la Marche (Giacomo da Monteprandone), qu’il imita aux côtés de s.Bernardino de Sienne et de s.Giovanni de Capestrano, dans l’évangélisation des masses.

Il parcourut les Marches, l’Italie entière, prêchant durant quarante ans dans les églises et sur les places publiques, pour faire régner la paix, l’union, le pardon des injures dans une société déchirée par les factions et les discordes. Il aurait bien souhaité aller travailler dans les contrées infidèles et affronter le martyre, mais Dieu se contenta de son désir et le conserva à l’Italie dont l’état déplorable réclamait aussi des apôtres.

Il établit dans plusieurs villes des monts-de-piété, pour remédier aux misères des pauvres. L’usure était un fléau, les intérêts ruinaient les familles. Dans un écrit, Marco condamne l’usure comme une perversion, y associant autant celui qui demande que celui qui prête avec intérêt, puisque tous deux violent le commandement de Dieu d’aimer le prochain sans limite.

Avec l’aide d’un autre Bienheureux, Domenico da Leonessa, ces monts-de-piété fleurirent ainsi à Ascoli, Fabriano, Fano, Arcevia, Vicenza, peut-être même aussi à Ancone, Camerino, Ripatransone, Fermo.

Toutefois, même s’il n’était pas le seul à condamner les prêts avec intérêts, d’autres franciscains jugèrent que les monts-de-piété devaient concéder des prêts avec un minimum d’intérêt. Ainsi pensait saint Bernardino de Feltre ; d’ailleurs, c’était l’époque où apparurent les premiers Instituts de Crédit (Banques), dont le fonctionnement exigeait certaines charges.

De passage à Venise, Marc comprit l’importance que pouvait avoir l’imprimerie pour la diffusion de l’évangile. Il fit donc imprimer plusieurs ouvrages pour l’évangélisation.

Lorsque Camerino fut ravagée par la peste, Marc s’y rendit et promit aux habitants la cessation du fléau, s’ils faisaient pénitence ; la ville se convertit et connut bientôt des jours meilleurs. Marc fut nommé provincial des Marches vers 1481, et eut à s’occuper de la bienheureuse Battista Varani, qu’il nomma au couvent des clarisses de Camerino. C’est à lui qu’elle adressa l’histoire écrite de son expérience spirituelle dans le Traité des douleurs mentales de Notre-Seigneur.

Marc reprit bientôt sa mission itinérante. Il était à Vicence pendant le carême de 1496, quand on le vit rassembler ses petites affaires, comme pour partir. La nuit suivante, il fut prit d’une angine et annonça sa mort pour le samedi suivant, 19 mars. Sur son lit de mort, il se faisait lire la Passion de Notre-Seigneur, et rendit son âme au moment où on lisait : Et inclinato capite. Il avait soixante-dix ans.

Selon son désir, il aurait voulu être enseveli chez les Observantins, sans distinction au milieu de ses frères. Mais on le plaça dans l’église elle-même, où eurent lieu beaucoup de miracles. Plus tard, quand les Observantins transportèrent leur couvent de Saint-Blaise-le-Vieux à l’intérieur de Vicence, ils dédièrent au bienheureux Marc une chapelle de la nouvelle église et y placèrent ses restes.

Grégoire XVI, en 1839, en confirma le culte et le Martyrologe Romain le commémore le 19 mars.

 

 

Juan Martínez Cid

?-1619

 

Il naquit à Manzanal de los Infantes (Zamora, Espagne), à une date inconnue.

Entré dans l’Ordre dominicain, il appartenait au couvent de Salamanque et fut ordonné prêtre.

En 1610, il fut envoyé à la mission de Manille (Philippines) et successivement au Japon.

Ce saint missionnaire avait une mémoire prodigieuse et un don extraordinaire pour les langues.

Lors de la persécution, il fut arrêté en 1618. A cause des très pénibles conditions de vie en prison, il y mourut le 19 mars 1619 ; son corps fut brûlé et jeté en mer.

Il mourut à Suzuta (Ōmura, Nagasaki), le 19 mars 1619.

L’Eglise a reconnu que sa détention et sa mort équivalaient au martyre et l’a béatifié en 1867.

Le Martyrologe Romain l’a inséré au 19 mai, sans doute par erreur.

 

 

Jaume Trilla Lastra

1908-1937

 

Né à Lleida le 14 septembre (fête de la Croix), Jaume eut la vie marquée par la Croix.

Il reçut au baptême le nom de Jaume (Jacques, et non José), le 21 septembre.

Elève chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Gracia, il entra au noviciat à Menor de Cambrils (1924), reçut l’habit en 1925 et le nom de Feliu Josep (Félix Joseph).

Au terme du scholasticat, il commença ses activités d’enseignant à Berga, puis Tarragona (1925), Tortosa et de nouveau Berga, avant de rejoindre Monistrol de Monserrat en 1934.

Quand se déchaîna la persécution, les miliciens vinrent incendier l’église qui se trouvait à côté du collège des Frères, le 20 juillet 1936 (Ils revinrent le lendemain pour détruire l’école et ce qui restait de l’église). Tous durent s’enfuir, et le Frère Félix se mit en marche pour le sanctuaire de Montserrat. Il y rencontra ses parents, avec lesquels il revint dans la maison paternelle, grâce à un autobus réquisitionné par la mairie de Barcelone.

Il sortait le moins possible, consacrant son temps à la prière et à l’étude. Mais un certain Adolfo Calonge, de Monistrol, très lié aux Frères des Ecoles Chrétiennes, lui proposa un rendez-vous, le 11 mars 1937. Or ce monsieur était surveillé étroitement par les miliciens à cause de ses convictions religieuses. Ils les arrêtèrent donc tous les deux ensemble le 11 mars.

On sut plus tard que le Frère comparut devant un «tribunal», le 18 mars suivant, et on voulut l’obliger à renier sa religion ; comme il s’y refusait, on le frappa violemment au point que, de retour dans sa cellule, ses amis ne le reconnaissaient pas. Il avait la tête crispée, les yeux exorbités, le teint pâle ; tremblant mais souriant, il leur expliqua qu’on lui avait tordu les testicules.

Le 19 mars, on l’envoya, encore vivant, au milieu des cochons ; ou bien on le brûla vif, tout près du collège Saint-Antoine tenu auparavant par les Pères des Ecoles Pies.

Feliu Josep fut martyrisé à Barcelone le 19 mars 1937, fête de son Patron saint Joseph.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Jan Turchan

1879-1942

 

Né le 19 septembre 1879, à Biskupice (Wieliczka, Pologne), Jan naquit au foyer de grands propriétaires terriens : Jan et Katarzyny Ochońskiej.

Il étudia à l’école du village, puis à Cracovie en 1894.

Le 8 septembre 1899 il entra dans l’Ordre des Frères Mineurs de la Province de Notre-Dame des Douleurs, en Galice. Il fit le noviciat à Wieliczka et Lezajsk, et les premiers vœux en 1900. Il prit alors le nom religieux de Narcyz.

Il compléta ses études à Przemysl, celles de philosophie à Cracovie et de théologie à Lviv.

Il fit la profession solennelle en 1903, la veille de Noël, et reçut le sacerdoce en 1906 ; l’évêque consécrateur était Mgr Józef Bilczewski, maintenant canonisé (voir au 20 mars).

De 1908 à 1912 il exerça le ministère sacerdotal à Lviv, Rawa Ruska et auprès des mineurs. Il sera envoyé dans divers monastères, à Cracovie, Yarosłavl, Słopnicach, Konin, Pilica et Pińczow.

Il fut très apprécié dans les milieux de la zone russe, où il soulagea les pauvres et les malades.

En 1936, il fut gardien (supérieur) à Włoclawek.

A la déclaration de guerre, l’évêque fut arrêté, la cathédrale et les églises fermées. Les trois prêtres qui restaient, dont le père Narcyz, cherchèrent à exercer le ministère dans tous les endroits possibles.

En 1940, la Gestapo en arrêta deux sur les trois. Puis le monastère fut fermé. Remis en liberté, Narcyz resta quand même dans la ville, et fut pour cela arrêté à nouveau.

Le 30 octobre 1941, il fut envoyé à Dachau, où il retrouva ses Confrères de Włoclawek.

Or, le père Narcyz était malade, il avait déjà dû subir plusieurs interventions chirurgicales, de sorte qu’à Dachau, les mauvais traitements le firent d’autant plus souffrir que les cicatrices de ses opérations n’étaient pas encore guéries. Il fut même torturé. Diabétique, il implora un peu d’eau à boire, et les gardiens lui en firent boire en énorme quantité en introduisant un tuyau dans sa bouche.

Les Confrères du camp lui donnèrent leur ration de pain. Le père Narcyz resta calme et serein, et même réconfortait les prisonniers par son sourire. Conduit en fin de vie à l’infirmerie, il y mourut seul, le 19 mars 1942, fête de saint Joseph.

La famille intervint pour récupérer les cendres du Martyr, qui sont maintenant ensevelies près de l’église de Biskupice.

Le père Jan-Narcyz a été béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais en 1999.

 

 

Marcel Callo

1921-1945

 

Marcel est né à Rennes le 6 décembre 1921, second d'une famille de neuf enfants.

A 12 ans, il entre en apprentissage dans l'imprimerie où il travaille comme typographe.

Il entre à la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) où il tient à privilégier la vie spirituelle comme source de toute action, dans un monde ouvrier très déchristianisé. Devenu président de la section, il se dépense sans mesure pour assumer les responsabilités pratiques et surtout morales que cela implique.

En 1943, Marcel perd sa sœur dans un bombardement et se voit réquisitionné pour le STO (Service du Travail Obligatoire) : malgré son déchirement (il vient de se fiancer), il accepte de partir, d'une part pour éviter des représailles sur sa famille, d'autre part dans une perspective missionnaire : là-bas également l'apostolat est urgent.

Envoyé à Zella-Melhis, il travaille dans une usine de révolvers et loge dans un camp de trois mille ouvriers environ. Il surmonte une période de détresse et de découragement et organise peu à peu clandestinement la vie chrétienne du groupe.

Ses activités le trahissent et il est arrêté le 19 avril 1944 parce que "trop catholique". Transféré à la prison de Gotha avec les principaux dirigeants jocistes de Thuringe (ils seront douze), il est finalement envoyé successivement aux camps de concentration de Flossenburg (où fut pendu Dietrich Bonhoeffer) et de Mauthausen où il partage les effroyables souffrances de tous les déportés et pâtit avec eux de l'affolement des nazis devant l'alliance alliée. Il travailla surtout à Gusen II, le pire des Kommandos.

Souffrant terriblement de l'estomac, il meurt d'épuisement le 19 mars 1945, assisté par un camarade bouleversé devant son attitude, le colonel Tibodo qui témoigne : J'ai connu Marcel Callo pendant quelques heures seulement, celles qui ont précédé sa mort en mars 1945, un mois et demi avant la libération. Je ne l'ai connu qu'aux dernières heures de sa vie : il est mort en quelque sorte dans mes bras. Cependant cela m'a suffit pour constater que ce garçon était de beaucoup au-dessus de la nature humaine ordinaire. Si j'ai gardé son souvenir, alors que j'ai passé par plusieurs camps et que j'ai connu de nombreux prisonniers, c'est que Marcel Callo avait un regard vraiment surnaturel. Le témoignage que j'ai donné est au-dessous de la réalité : le regard était plutôt un regard d'espoir, l'espoir d'une vie nouvelle. Ce me fut une révélation : son regard exprimait une conviction profonde qu'il partait vers le bonheur. C'était un acte de foi et d'espérance vers une vie meilleure. Je n'ai jamais vu chez un moribond un regard comme le sien.

Il est béatifié en 1987 par le Pape Jean-Paul II, à l'occasion du synode mondial des évêques sur la vocation et la mission des laïcs dans l'Eglise et dans le monde.

Inscrit au Martyrologe le 19 mars, le bienheureux Marcel Callo est désormais fêté dans son diocèse de Rennes le 19 avril, date où il fut arrêté à Zella-Melhis, le 19 mars, date de sa mort, étant la fête de Saint Joseph.

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17 mars 2020 2 17 /03 /mars /2020 00:00

18 MARS

?    

S Candide, martyr vénéré à Cingoli. 

III.    

S Alexandros, évêque en Cappadoce, puis coadjuteur à Jérusalem où il reçut et ordonna Origène ; il mourut prisonnier à Césarée de Palestine.

IV.    

Ss Trophime et Eucarpe, deux soldats subitement convertis à Nicomédie et martyrs.
S Narcisse, évêque à Girone et martyr.
S Cyrille, évêque à Jérusalem, Docteur de l’Eglise, longtemps exilé, auteur des fameuses Catéchèses pour les catéchumènes.

VI.    

S Tétrice, évêque à Langres, fils et successeur de s.Grégoire et oncle de s.Grégoire de Tours.    
S Frigdianus, fils de roi irlandais, évêque à Lucques.
S Léobard, auvergnat, reclus près de Marmoutier, invoqué contre la fièvre.

VII.    

S Coman, moine à Iona.
S Braulio, évêque à Saragosse, grand ami de s.Isidoro.

VIII.    

S Tétrice, évêque à Auxerre et martyr, assassiné par son archidiacre.
S Mérole, évêque au Mans.

X.    

S Eadweard, roi anglais, traitreusement assassiné par ordre de sa belle-mère, laquelle s’en repentit et finit sa vie dans un monastère.

XI.    

S Anselmo, évêque à Lucques, après son oncle devenu pape (Alexandre II), mais d’où ses chanoines le bannirent ; il connaissait presque toute l’Ecriture par cœur.

XVI.    

B Bartolomeo de Anglare, franciscain. 
S Salvador Grionesos de Horta, franciscain thaumaturge espagnol ; on devait le changer de domicile pour retrouver le calme, tant il opérait de miracles.

XVII.    

Bx John Thulis et Roger Wrenno, prêtres martyrs à Lancaster.

XIX.    

Bse Aimée (Marthe) Le Bouteiller, normande, des Sœurs des Ecoles chrétiennes de la Miséricorde, béatifiée en 1990.

XX.    

Bse  Marianna Donati (Celestina de la Mère de Dieu, 1848-1925), fondatrice à Florence des Pauvres Filles de Saint Joseph Calasanz, béatifiée en 2008.

Alexandros de Jérusalem

† 250

 

Ce qu’on sait de lui commence lors de sa formation à l’école d’Alexandrie, où il rencontra Origène. Ce dernier dira plus tard de lui : Je n'ai jamais rencontré un évêque aussi doux et d'une telle bonté.

D’abord nommé évêque d’un siège en Cappadoce (act. Turquie orientale), il fut une première fois victime de la persécution, sous Septime Sévère (vers 202), et fut longtemps enfermé en prison, peut-être même une dizaine d’années.

Vers 211, il écrivit une lettre à l’Eglise d’Antioche (de Syrie), portée à destination par Clément d’Alexandrie, lui-même retiré en Cappadoce et qui dirigeait le diocèse d’Alexandros en son absence.

En 211, Alexandros put sortir de prison. Sans retourner dans son diocèse, il commença par faire un pèlerinage à Jérusalem. L’évêque de cette ville était Narcisse (v. 29 octobre), un prélat fort avancé en âge, presque centenaire au dire même d’Alexandros.

Les évêques de la région approuvèrent le désir des fidèles, de nommer Alexandros évêque coadjuteur de Narcisse : il lui succéda en 212 environ.

Vers 215, Origène vint s’installer à Jérusalem : Alexandros l’accueillit avec bonté, l’autorisa, quoique laïque, à prêcher, l’ordonna prêtre et l’installa à Césarée. L’unique protestation fut celle de l’évêque d’Alexandrie, qui n’avait pas voulu garder chez lui Origène.

A Jérusalem, Alexandros fonda une grande bibliothèque, où il réunit les écrits de tous les grands auteurs de l’époque.

En 250, quoique bien âgé, Alexandros fut de nouveau poursuivi par la persécution, de nouveau jeté en prison. Les témoins, les historiens, le Martyrologe, ont unanimement rappelé qu’il portait une belle couronne de cheveux blancs ; il devait avoir au moins quatre-vingts ans. Après avoir patiemment supporté son sort dans cette prison, Alexandros rendit à Dieu son âme, prisonnier des hommes, mais libre pour Dieu.

Saint Alexandros de Jérusalem est commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cyrille de Jérusalem

315-386

 

Les dates de ce grand évêque restent approximatives.

Cyrillos naquit vers 315 à Jérusalem ou dans les environs.

Il semble qu’il ait eu une éducation soignée et étendue, particulièrement pour la Sainte Ecriture. Il se peut aussi qu’il ait connu la vie monastique.

Il fut ordonné prêtre vers 345, et évêque de Jérusalem vers 350.

C’est comme prêtre, vers 348, qu’il se signala par ses excellentes Catéchèses pour les catéchumènes.

Son attachement inébranlable à la doctrine catholique lui valut la persécution obstinée du parti arien : il fut par trois fois déposé et exilé de son siège. Des quelque trente-cinq années de son épiscopat, il en passa près de seize en exil.

L’avènement de l’empereur Julien l’Apostat (361) fut l’occasion d’un prodige particulier à Jérusalem. Cet empereur, désireux de faire mentir les prophéties, prétendit en relever le temple et y rétablir le culte judaïque. De son côté, Cyrille, plein de confiance, annonça tranquillement que certainement l’entreprise faillirait. Quand on s’attaqua à l’enlèvement des anciens fondements pour en mettre de nouveaux, de mystérieux tourbillons de flammes brûlèrent les ouvriers, dont certains moururent. L’épisode est attesté par des contemporains. Julien jura de se venger sur le saint évêque : la mort l’en empêcha (363).

En 381, il participa au premier concile de Constantinople (deuxième concile œcuménique), où il siégea parmi les chefs reconnus du parti orthodoxe, avec les patriarches d’Alexandrie et d’Antioche. Les pères du concile envoyèrent en 382 au pape Damase une lettre contenant cet éloge : Nous te faisons savoir que l’évêque de l’Eglise de Jérusalem est le révérend et très chéri de Dieu Cyrille, lequel a été jadis ordonné canoniquement par les évêques de sa province, et a soutenu, en divers lieux, de nombreux combats contre les ariens.

Saint Cyrille avait en horreur la division. Il a parfois donné l’impression de se rapprocher de factions non orthodoxes, mais ce fut uniquement pour favoriser la conversion de ses opposants. Les témoignages des livres liturgiques d’Orient et d’Occident sont unanimes en faveur de l’ardent défenseur de la doctrine (l’expression est de Théodoret).

Reprenant presque les termes de cette expression, le Martyrologe mentionne saint Cyrille de Jérusalem au 18 mars.

La fête liturgique de saint Cyrille fut étendue en 1882 à l’Eglise universelle, en même temps qu’il était proclamé Docteur de l’Eglise.

 

 

Léobard de Marmoutier

† 583

 

Il naquit en Auvergne.

Jeune, il s’appliquait déjà à la lecture assidue des psaumes, pour en apprendre quelques-uns par-cœur.

Devenu adulte, il crut bon d’obéir respectueusement à ses parents, qui lui présentèrent une fiancée ; mais la mort précipitée de ces parents lui permit de suivre son penchant pour la vie consacrée. Il proposa la fiancée à son frère.

Il alla prier au tombeau de s.Martin (v. 11 novembre) puis alla s’installer dans une grotte près de Marmoutier.

Là, outre la prière, son occupation fut de se fabriquer des membranes pour y écrire les textes qu’il craignait d’oublier.

Il agrandit aussi de ses mains sa grotte ; il crut même devoir l’abandonner à cause d’un autre ermite voisin, mais le saint évêque Grégoire de Tours (v. 17 novembre) lui expliqua que c’était là seulement une tentation du Diable et lui remit, au contraire, un exemplaire des Vies des Pères, qui lui auraient servi de guide pour sa propre conduite.

Léobard vécut là pendant vingt-deux ans.

Une sainte vie comme celle-là ne pouvait pas passer inaperçue. On vint trouver Léobard, lui demander des prières ; des miracles eurent lieu.

Vint un jour où Léobard fut averti de sa mort prochaine ; il l’annonça à Grégoire : ce serait avant Pâques. Grégoire raconte que Léobard vécut deux mois encore après le mois de décembre, et qu’il mourut un dimanche.

Ce fut donc une erreur d’attribuer le 18 janvier ou le 13 février à cette sainte mort. On l’a maintenant rétablie au 18 mars, de 583 ou 593.

Localement, on nomme parfois Léobard Libert. On l’invoque contre la fièvre.

Saint Léobard est donc commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Frigdianus de Lucques

† 588

 

Comme son nom ne l’indique pas, Frigdianus était irlandais, fils de roi.

Il reçut le baptême à l’insu de ses parents, puis sa formation de s.Colman (v. 29 octobre) à Dromore.

Parti en pèlerinage à Rome, il fonda à son retour le monastère de Moville.

Reparti en Italie en 560, il s’arrêta à Lucques, où il mena la vie érémitique. La sainteté de sa vie le désigna pour succéder en 566 à l’évêque Geminiano. Il devenait le septième évêque (connu) de ce diocèse : comme la fondation en remonte au 1er siècle, on peut calculer que chaque évêque gouverna pendant une moyenne de soixante-dix ans, à moins qu’il y ait eu des périodes de vacance de siège.

Frigdianus (Frediano, comme l’appellent les Italiens) opéra bon nombre de miracles. Entre autres, d’après s.Grégoire le Grand (v. 12 mars), il mit fin aux inondations répétées de la rivière Serchio, affluent de l’Arno : alors que la population n’avait jamais réussi à dévier ce cours d’eau, Frigdianus vint avec une charrue qu’il passa à travers les champs, ordonnant aux eaux de le suivre : le fleuve modifia son cours et il ne se produisit jamais plus d’inondation.

Le Martyrologe ajoute qu’il travailla beaucoup à la conversion des Lombards envahisseurs.

Frigdianus mourut le 18 mars 588.

On retrouva «miraculeusement» son corps deux siècles plus tard. Le pape fonda une congrégation de chanoines qui devaient desservir l’église où se trouvait cette précieuse relique : les chanoines de Saint-Frigdianus se réunirent plus tard à ceux de Latran.

Saint Frigdianus est commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Braulio de Saragosse

† 651

 

Il était, dit-on de famille royale.

Braulio se distingua surtout par son savoir, qui fut considérable pour l’époque où il vécut. Il fut intimement lié avec Isidoro de Séville (v. 4 avril), qui lui décerna les plus grands éloges.

On en a fait un archidiacre de l’Eglise de Séville, ou plutôt de celle de Saragosse, où était évêque son frère Juan. A la mort de ce dernier, une lumière céleste aurait désigné Braulio pour lui succéder.

D’après sa correspondance avec Isidoro, il aurait voyagé à Séville avant d’être évêque. D’après la même source, Braulio dut faire face à de grosses difficultés dans les premières années de son épiscopat, mais on n’en sait pas davantage.

Son amitié avec s.Isidoro contribua à l’établissement dans toute l’Espagne d’une discipline uniforme ; il fut présent à maints conciles, en particulier les 4e, 5e, et 6e de Tolède, entre 633 et 638 :

Le 4e concile de Tolède (633), en présence du roi Sisenando et sous la présidence de s.Isidoro, regroupait soixante-neuf évêques. On condamna comme criminel le roi détrôné Suintila ; divers canons portaient sur la discipline et l’administration de l’Eglise, sur les moines, sur les pénitents, les esclaves et les Juifs.

Lors du 5e concile de Tolède (636), vingt-deux évêques étaient présents ; on y décida que le roi ne pouvait être choisi que dans la noblesse et l’armée ; anathème à qui oserait maltraiter les descendants de la famille du roi ; excommunié qui aurait consulté les devins pour connaître l’avenir du roi ou qui aurait conjuré contre lui ou qui aurait tenté de prendre sa place. On décida en outre trois jours de Litanies en décembre.

Le 6e concile de Tolède (638), convoqué par le roi, réunissait alors cinquante-trois évêques, d’Espagne et de Narbonnaise et confirma surtout les décisions du concile précédent ; en outre, tout clerc qui aurait acquis un évêché par simonie, se verrait spolié et excommunié. Au terme de cette assemblée, c’est Braulio qui écrivit au pape le compte-rendu du concile, le nombre et les noms des évêques participants, les mesures prises et les réponses adoptées.

Braulio mourut, pense-t-on, le 18 mars 651.

Beaucoup plus tard, sur une révélation de s.Valerius (v. 22 janvier), un des premiers évêques de Saragosse, on retrouva le corps de Braulio.

Saint Braulio est commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eadweard le Martyr

962-978

 

Eadweard - auj. Edward - naquit vers 962, d’Edgar le Pacifique et d’Ethelflede, deuxième épouse de ce roi.

Il reçut le baptême de s. Dunstan (v. 19 mai).

Sa mère étant morte prématurément, le roi se remaria avec Ælfthryth (Elfride), qui eut un fils, Æthelred.

Les deux garçons s’entendaient très bien, mais Elfride avait une préférence pour son propre fils.

Quand Edgar mourut (975), Edward, soutenu par s.Dunstan, fut proclamé roi et sacré en présence de tous les seigneurs.

Certains, profitant de la jeunesse du roi, tentèrent de reprendre aux Bénédictins les concessions accordées précédemment par Edgar.

Quant à Elfride, elle fomenta une conjuration contre Edward.

En attendant, Edward suivit les conseils de son maître spirituel, Dunstan, et se montra doux, pieux et sage. En particulier, conscient des sentiments de sa belle-mère, il ne cessait cependant de l’honorer de toutes les marques possibles de respect.

Un jour qu’Edward était à la chasse non loin du château d’Elfride (Wereham ou Corfe Castle), celle-ci lui fit porter une coupe d’eau fraîche, et tandis qu’il buvait, un domestique le frappa mortellement. C’est du moins l’une des versions de l’événement.

Edward mourut presque sur le coup, le 18 mars 978, à seize ans.

Elfride tenta de dissimuler son crime en faisant enfouir le corps du jeune roi, mais une lumière divine le signala. Alors, repentie, la pauvre femme fonda une abbaye bénédictine à Wherwell et s’y retira.

Le frère d’Edward, Ethelred, succéda effectivement à Edward. Il fit construire en l’honneur du «martyr» une belle basilique à Shaftesbury, où furent déposées les reliques en 981 ; le monastère sera détruit au 16e siècle.

Les Anglais qualifient volontiers Edward de martyr, bien qu’il ne le soit pas à proprement parler, mais pour le distinguer de l’autre roi Edward, le Confesseur (v. 5 janvier).

Saint Edward «martyr» est commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain, qui omet la mention martyr.

Anselmo de Lucques

1035-1086

 

Anselmo naquit vers 1035 à Mantoue ou à Milan (Italie N), de famille noble.

Un oncle, Anselmo lui aussi, était évêque de Lucques et veilla à la première formation d’Anselmo, ainsi que Béranger de Tours. Il devint l’auxiliaire de son oncle.

Par son étude assidue de l’Ecriture, Anselmo finit par connaître par cœur de longs textes de la Bible. Il connaissait aussi parfaitement les commentaires des Pères de l’Eglise sur l’Ecriture.

En 1061, le même oncle Anselmo devint le pape Alexandre II. Il créa cardinal son neveu et l’envoya en Allemagne recevoir de l’empereur Henrich IV le bâton et l’anneau épiscopaux, pour être évêque de Lucques. Mais Anselmo refusa cette investiture laïque.

Le pape suivant, Grégoire VII (v. 25 mai), le sacra évêque en 1073, et lui conseilla, pour maintenir les bons rapports, d’accepter alors de l’empereur la remise des insignes épiscopaux. Anselmo obéit, mais fut ensuite pris de scrupules et se retira dans un monastère bénédictin proche de Mantoue.

Le pape lui ordonna de reprendre son poste ; Anselmo obéit encore, mais alla remettre au pape l’anneau et la crosse qu’il avait reçus du pouvoir laïc, tout en continuant à administrer sagement le diocèse. Il fut le conseiller spirituel de la comtesse Matilde, la souveraine de Lucques.

En 1079, il tenta d’astreindre ses chanoines à vivre selon la Règle préconisée par Léon IX (v. 19 avril), qui imposait la vie commune. Les chanoines se rebellèrent contre cette nouveauté et chassèrent leur évêque, contre tous les efforts et du pape et de la comtesse Matilde. Pour comble, l’empereur arriva en 1081 et installa comme évêque un de ses partisans.

Anselmo vécut auprès de la comtesse Matilde, jusqu’à ce que le pape en fit son légat pour la Lombardie. Désormais, l’évêque résida à Mantoue.

Il resta toujours très attaché au Pape, défendant ses intérêts et cherchant à rétablir la paix où il le pouvait. On venait fréquemmnet à lui, même des schismatiques qui comprenaient leur erreur et qu’il recevait paternellement.

Anselmo célébrait chaque jour le Saint Sacrifice. Sa profonde connaissance des Ecritures lui permirent de confondre les schismatiques ; austère comme un moine, il ne buvait jamais de vin et évitait les mets délicats.

A partir de 1081, il s’attacha à rédiger une collection de canons juridiques, en treize volumes.

Il mourut à Mantoue le 18 mars 1086, peu après le pape Grégoire VII.

Les miracles qu’il avait opérés de son vivant, continuèrent après sa mort. Après plusieurs siècles, on retrouva son corps intact. Mantoue l’a pris comme Patron céleste.

Saint Anselmo est commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Salvador de Horta

1520-1567

 

Salvador Grionesos était né de pieux parents qui travaillaient au soin des malades d’un petit hôpital (Santa Coloma de Farnés, diocèse de Girone, en Catalogne). Bientôt orphelin, il fut berger, puis cordonnier à Barcelone, ce qui lui permettait d’aider sa sœur Blasia. Dès que celle-ci fut mariée, il s’orienta vers la vie religieuse, comme il le désirait depuis longtemps.

Il pensa se former à l’école de l’abbaye bénédictine de Montserrat, mais il comprit qu’il était fait pour un autre idéal et entra à vingt ans dans le couvent franciscain de Sainte-Marie de Barcelone. On l’adjoint au frère cuisinier et il exerça cet emploi avec autant d’activité que d’humilité.

Son âme étrangère aux soucis du monde était habituellement absorbée en Dieu : une partie de ses nuits se passait dans la contemplation ou dans la pratique de rigoureuses austérités. Dès le début de sa vie religieuse, frère Salvador fut favorisé du don des miracles. Un premier janvier, il devait préparer le repas à la place du cuisinier malade : absorbé dans la méditation à l’église jusqu’à l’heure de midi, il fut remplacé par les anges qui firent tout le nécessaire.

Après avoir fait sa profession religieuse, il fut envoyé au couvent de Sainte-Marie à Tortosa, où on lui confia toutes les charges les plus fatigantes, qu’il accomplissait avec promptitude et plein d’entrain. Modèle de tous les religieux, il remplissait son emploi activement et cependant s’entretenait constamment avec Dieu : ses extases furent nombreuses, la sainte Vierge et l’apôtre saint Paul lui apparurent souvent.

Il avait pour pratique de se confesser et de communier tous les jours, marchait nu-pieds sans sandales, même pendant la saison rigoureuse, se montrait d’une patience inaltérable au milieu des épreuves et des persécutions ; il ne mettait aucune borne à sa compassion pour les pauvres et à son obligeance pour tous. Il fut cuisinier, portier, quêteur.

C’est durant ses quêtes dans les rues de Tortosa qu’il opéra des guérisons nombreuses : les malades affluèrent au couvent, la tranquillité monastique en fut troublée. Ainsi commencèrent les “déboires” du pauvre Salvador, dont les prodiges suscitaient des jalousies parmi les frères, et même l’hostilité des supérieurs. On résolut de l’envoyer ailleurs : Belipuig, puis Horta (Tarragona, Catalogne) où il resta douze années. On changea même son nom en celui d’Alfonso, dans l’espoir d’éloigner les fidèles, en vain : on l’envoya à Reus, puis à Barcelone, enfin carrément à Cagliari (Sardaigne).

Un des faits extraordinaires qui eut lieu à Horta fut le suivant. Malgré la discrétion de son transfert, la renommée de Salvador l’avait précédé. Arrivèrent au couvent jusqu’à deux mille infirmes de tout genre, à réclamer le frère qui avait opéré tant de guérisons à Tortosa. Salvador se présenta, enjoignit à tous ces malades d’aller se confesser et communier, puis il les bénit. Tous furent guéris, sauf un, qui s’en étonnait. C’est, lui dit Salvador, que tu n’as pas voulu te confesser : alors, le pauvre paralysé fut touché de la grâce, promit de se confesser et guérit aussitôt.

Un autre jour, il était absorbé en prière sur une montagne voisine, tandis que la foule le réclamait. Bientôt un nuage se détacha de la montagne, apportant Salvador devant la porte de l’église, lequel se mit à distribuer à pleines mains les guérisons sur ces infirmes.

La suspicion des supérieurs alla jusqu’à dénoncer le bon frère à l’Inquisition, mais l’Inquisiteur, venu incognito, put constater de ses propres yeux les miracles opérés avec tant d’humilité par Salvador.

Arrivé en 1565 à Cagliari, Salvador trouva un peu de paix, quoique les faits extraordinaires ne cessassent pas, lui suscitant là encore bien des douleurs et des incompréhensions : plus il faisait de bien aux autres, plus le pauvre Salvador s’empoisonnait la vie !

Finalement, le 18 mars 1567, une maladie brutale et rapide l’emporta. Peu avant sa mort on vint encore solliciter sa bénédiction : l’archevêque, le clergé, le vice-roi et la noblesse se relayèrent à son chevet.

Encore maintenant, le corps du Frère Mineur se trouve dans l’église de sainte Rosalie à Cagliari. Le culte s’en est étendu à toute l’Espagne et tout le Portugal. Il fut proclamé bienheureux en 1606, ce que confirma Clément XI en 1711 ; reprise en 1882, la cause aboutit à la proclamation de l’héroïcité des vertus en 1927, enfin à la canonisation en 1938.

Saint Salvador de Horta est donc inscrit au Martyrologe Romain le 18 mars.

 

 

John Thulis

1568-1616

 

John Thulis était né vers 1568 à Up Holland (Lancashire, Angleterre).

Il arriva au Collège anglais de Reims en mai 1583 et y reçut la Tonsure en septembre. Après quelques années de formation, il gagna Rome en mars 1590 et y fut ordonné prêtre.

En 1592, on l’envoya en mission en Angleterre.

On  croit qu’il fut fait prisonnier à Wisbech (Cambridgeshire) en novembre 1598, au moment où il signa une pétition pour l’érection d’un archiprêtré ; il se rétracta deux ans plus tard (on ne connaît pas plus de détails sur cet événement).

Par la suite, il travailla encore dans le Lancashire, où le comte de Derby l’arrêta et l’enferma au Lancaster Castle.

Là, le prêtre rencontra un tisserand, Roger Wrenno, avec lequel ils tentèrent une évasion, mais ils furent repris le lendemain.

On mit John avec les voleurs, dont quatre se convertirent en l’entendant. Ils devaient d’ailleurs être exécutés avec cet apôtre.

Le jour de l’exécution, John mourut après trois des voleurs. Les morceaux de son corps déchiqueté furent envoyés à Lancaster, Preston, Wigan et Warrington. Roger Wrenno fut exécuté après lui.

Ce qu’on sait de John Thulis comporte quelques points d’interrogation ou quelques imprécisions, mais l’essentiel est certain : ce prêtre donna sa vie pour l’Eglise.

Il subit le martyre le 18 mars 1616 (peut-être 1615) et fut béatifié en 1987.

 

 

Roger Wrenno

1576-1616

 

Roger Wrenno était né vers 1576 à Chorley (Lancashire, Angleterre).

On n’en sait guère plus.

C’était un tisserand, et se trouvait déjà prisonnier au Lancashire Castle, lorsque le prêtre John Thulis y arriva.

Ils tentèrent une évasion un soir, mais furent repris dès le lendemain. On les mit alors avec les voleurs.

Roger subit le martyre après John Thulis, le 18 mars 1615 ou 1616.

Un incident marqua ce martyre : la corde de la pendaison (elle avait déjà servi pour trois voleurs et pour le père Thulis) se rompit. Roger avait subi ce premier choc, mais se releva. On lui proposa alors une fois de plus la liberté, s’il acceptait de rejoindre les rangs de la religion officielle ; mais pour toute réponse, il courut comme il put vers l’échafaud et y grimpa aussi lestement qu’il put, disant à l’officier qui voulait l’en empêcher : Si tu avais vu ce que je viens de voir, tu aimerais beaucoup mourir aussi vite que moi maintenant. Au moment du premier choc, Roger avait déjà entrevu la gloire du Ciel.

Il fut béatifié en 1987.

 

 

Aimée Le Bouteiller

1816-1883

 

Née le 2 décembre 1816 à Percy (Manche), Aimée-Adèle était la troisième des quatre enfants d’une famille de cultivateurs.

Elle fut orpheline de son père à l’âge de onze ans.

Elle fréquenta un peu l’école, mais restait plus souvent auprès de sa mère pour l’aider.

A vingt-quatre ans, elle entra chez les Sœurs des Ecoles chrétiennes de la Miséricorde, fondées par sainte Marie-Madeleine Postel (voir au 16 juillet), à Saint-Sauveur-le-Vicomte. Elle y prit le nom de Marthe.

Un jour d’hiver, alors qu’elle rinçait des draps dans la rivière, elle tomba à l’eau. Elle en resta paralysée et pensait être renvoyée, mais la fondatrice, Marie-Madeleine Postel, la consola et l’encouragea à rester confiante ; la novice guérit quelques semaines plus tard.

Pendant quarante ans, elle fut vraiment la sainte Marthe de l’abbaye, s’occupant des tâches les plus humbles : cuisine, jardin, ferme ; elle avait un talent particulier pour fabriquer un excellent cidre.

La Fondatrice la prit comme économe, tandis qu’une autre Sœur, Placide Viel (voir au 4 mars), lui demandait ses conseils pour l’administration de la communauté.

Elle s’éteignit à ce monde le 18 mars 1883, toujours en l’abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte, qu’elle n’avait jamais quittée.

Elle a été béatifiée en 1990.

 

 

Marianna Donati

1848-1925

 

Marianna naquit près de Florence le 26 octobre 1848. On sait seulement qu'elle fit sa première Communion à treize ans, déjà persuadée qu'elle était appelée à la vie religieuse.

Un premier essai chez les Sœurs de Vallombreuse (voir au 12 juillet)  se conclut par l'échec. Un bon père piariste, Celestino Zini, discerna sa vocation et l'encouragea à écouter l'appel de l'Esprit Saint.

Rentrée dans sa famille, elle exprima son désir de rentrer dans un couvent, mais son père s'y opposait avec ferveur, ne pouvant supporter d'être séparé de sa chère enfant. Un attachement exagéré qui s'affermit encore plus lors de la mort de la mère en 1881, quand Marianna avait désormais trente-trois ans.

Parvenue à l'âge de quarante-et-un ans, elle réussit enfin à s'établir dans une maison de Florence, à la fois avec son père et quatre autre jeunes filles qui partageaient son idéal. Ce n'était pas une situation facile que de vivre à la fois une ambiance familiale avec son père et une ambiance religieuse avec les consœurs.

Mais désormais, le bon père Zini était devenu archevêque de Sienne, qui s'employa à trouver à la Mère Celestina (ainsi s'appelait désormais Marianna) une habitation plus ample et plus adaptée aux exigences.

La petite communauté se dédia désormais à l'éducation des enfants pauvres. Les débuts ne furent pas faciles, car une sœur mourut dès 1890 à l'âge de dix-neuf ans ; le bon archevêque Zini mourut à son tour en 1892.

En 1899 la communauté assuma une nouvelle orientation, par l'assistance aux enfants de prisonniers.

Mère Celestina était soutenue par son intense vie spirituelle. Elle avait une dévotion particulière pour Jésus Crucifié, et pour l'Eucharistie, en même temps qu'une profonde affinité avec l'enseignement de saint José Calasanz (voir au 25 août) dans l'assistance des petits : les sœurs devaient être des mères spirituelles et des éducatrices exemplaires pour aider les enfants qu'on leur confiait. Mère Celestina sut aussi montrer un réel esprit de sainte pauvreté, en particulier quand il fallut ouvrir une maison à Rome, tout en faisant face à d'extrêmes difficultés financières dans l'après-guerre des années 20.

Mère Celestina mourut le 18 mars 1925 à Florence, et elle a été béatifiée en 2008.

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16 mars 2020 1 16 /03 /mars /2020 00:00

17 MARS

III.    

S Ambroise, diacre en Alexandrie, disciple d’Origène.

?    

Ste Vicence, honorée à Cologne (compagne de ste Ursule ? ou bien au VII. sœur de ste Gertrude, cf.infra ?).
S Julien Urius, à Padoue. 

V.    

S Patrice, évêque en Irlande, dont il est le patron.

VI.    

S Agricola, évêque à Chalon-sur-Saône pendant presque cinquante ans.

VII.    

Ste Gertrude, fille de s.Pépin de Landen et de ste Iduberge qui fonda un monastère à Nivelles, où Gertrude devint abbesse et mourut à trente-trois ans ; elle est invoquée contre les rats, les souris, les mulots, contre la fièvre, la folie.
S Becc an, moine à Iona.

VIII.    

Ste Withburge, vierge dans le Norfolk.                                             
S Théostericte, abbé à Pélecète, persécuté par des iconoclastes : on lui coupa le nez et lui brûla la barbe enduite de poix.
S Pavlos, martyr en Chypre pour le culte des saintes images.

XII.    

S Conrad, oncle de Friedrich Barbarossa, cistercien allemand parti en Palestine ; à son retour, il vécut et mourut dans une pauvre crypte près de Bari.

XIII.    

B Tomasello, dominicain italien favorisé du don de prophétie et de miracles.

XVII.    

S Jan Sarkander, veuf, prêtre actif en Moravie pour la conversion des disciples de Jean Hus, martyr, canonisé en 1995.
S Gabriel Lalemant, prêtre jésuite parisien, martyr des Iroquois, fêté le 19 octobre.

XIX.    

Bse Barbara Maix (Maria Bárbara de la Sainte Trinité), autrichienne, fondatrice au Brésil des Sœurs du Cœur Immaculé de Marie, béatifiée en 2010.

XX.    

B Juan Nepomuceno Zegrí y Moreno (1831-1905), prêtre espagnol fondateur de la Congrégation des Sœurs de la Charité de Notre Dame de la Merci, béatifié en 2003.
B Josep Mestre Escoda (1899-1937), prêtre espagnol martyr à Barcelone, béatifié en 2013.

B Joan Torrents Figueras (1873-1937), prêtre clarétain espagnol, martyr à Barcelone, béatifié en 2017.

Patrice d’Irlande

383-461

 

Comme beaucoup parmi cette pléiade de Saints irlandais et écossais que nous connaissons bien peu, saint Patrick est un personnage - certes historique, mais dont beaucoup de détails restent incertains.

Sa naissance varie de 383 à 389, selon les études ; sa mort, de 461 à 493. Sa naissance, d’après ses propres écrits, aurait eu lieu en Écosse, mais d’autres historiens interprètent différemment le texte et le font naître tour à tour en Irlande, en Pays de Galles, ou même en Gaule, suivant le sens à donner à cette Britannia latine.

Suivant les contrées, son propre nom varie étonnamment : Patricius en latin, donc Patrice en français, mais Cothrige en irlandais, Maewyn Succat en breton, Patrick ailleurs.

Son père, le diacre Calpurnius, était un décurion romain, sa mère s’appelait Concessa ; Patrice aurait aussi eu une sœur, Lupait.

Vers 404, des pirates irlandais pillèrent la ferme de Calpurnius, et emmenèrent captif le jeune Patrice qui avait environ seize ans ; acheté par un maître du nord de l’Irlande, il se vit confier la garde des troupeaux, puis fut emmené dans l’ouest, où sa captivité fut plus rude, ce qui donna au jeune garçon l’occasion de rentrer en lui-même, de se convertir intérieurement et de se tourner sincèrement vers Dieu en cherchant à vivre plus saintement. C’est durant ces six années qu’il apprit si opportunément la langue irlandaise qui devait tant lui servir plus tard.

Ayant réussi à s’enfuir, il fut pris à bord d’un navire marchand, dont on ne sait au juste où il accosta. La nourriture vint à manquer, et la prière de Patrice fut vite exaucée, car un troupeau de porcs passa par là, qui leur fournit de quoi se restaurer. Plus tard, durant une nouvelle mais brève captivité, Patrice parle d’un rêve où il est délivré d’un gros rocher par la prière au prophète Elie.

Il revint chez ses parents mais pour peu de temps ; il rêva à nouveau qu’on l’appelait à revenir en Irlande pour évangéliser. Nouvelle séparation des parents : Patrice se rendit aux îles de Lérins pour y apprendre la science divine et affermir sa vocation. Il passa en Italie et, remontant en Gaule, s’arrêta longtemps à Auxerre, où il fréquenta le saint évêque Amator et surtout l’illustre Germain (voir aux 1er mai et 31 juillet).

En 431, le pape Célestin Ier (voir au 27 juillet) sacra évêque Palladius pour l’envoyer parmi les Scots, mais l’évêque mourut à peine quelques mois après. Sur cette nouvelle, Patrice sentit l’appel à repartir pour aller évangéliser l’Irlande. On suppose que c’est à ce moment-là qu’il reçut l’épiscopat, des mains de Germain d’Auxerre.

Parvenu en Ulster, Patrice s’attacha à convertir les chefs et les rois, dont dépendaient et la conversion de leurs sujets, et l’attribution de quelque terrain pour la construction d’églises et de monastères. C’est ainsi que se convertit un chef puissant, Dichu, en Ulster ; puis le frère du roi de Méath, Conall. Le travail de Patrice fut fécond, accompagné de signes divins, de miracles, mais non sans difficultés.

Neuf ans après, Patrice fit un pèlerinage à Rome, pour obtenir du pape la consécration de ses travaux. Saint Léon l’accueillit certainement avec faveur, et l’on voit Patrice revenir dans l’île avec des reliques des saints Pierre et Paul. Ce devait être vers 441.

C’est alors que Patrice voyagea dans toute l’Irlande pour organiser les Églises et consacrer des évêques : l’Irlande n’était pas entièrement païenne, et d’anciens compagnons de Patrice, avaient gagné d’autres populations, comme Auxilius, Iserninus, Fiacc.

Patrice reconnaît humblement, dans ses écrits, avoir baptisé des milliers d’hommes, mais il en rapporte la gloire à Dieu seul. Rien ne l’a abattu, ni les violences, ni les menaces, ni la captivité. Il dut plusieurs fois échapper miraculeusement à la mort. Pour sauver ceux qu’il avait gagnés au Christ, il ne demandait qu’à verser son sang, à endurer la mort, à être privé de sépulture, à être la proie des chiens et des bêtes féroces.

Le saint évêque était un homme de prière, de piété, continûment en conversation avec Dieu ; c’était sa force, et pour ses contemporains une des caractéristiques de sa sainteté. Un de ses biographes rapporte : Il chantait chaque jour tous les psaumes, les hymnes, l’Apocalypse de saint Jean, les cantiques de l’Ecriture, qu’il fût ou non en voyage. Quand il rencontrait une croix sur sa route, il descendait de son char pour se prosterner devant elle.

Vers la fin de sa vie, l’apôtre désira se retirer pour se préparer à la mort. Peu avant, un ange lui apparut pour lui signifier que Dieu avait écouté ses quatre supplications : le diocèse d’Armagh aura la primauté sur les Églises d’Irlande ; Patrice jugera celui qui au jour de sa mort récitera l’hymne qu’il a composée ; la postérité de Dichu ne périra point ; Patrice jugera le peuple irlandais au dernier jour du monde.

Patrice mourut donc à Saul, en Ulidia, terre de Dichu, le 17 mars 461, date la plus probable, quoique parfois discutée. La nuit suivant sa mort, des anges veillèrent sur son corps, en chantant des psaumes et des hymnes. Sur leurs indications, on devait placer le corps de Patrice sur un char à bœufs, et il serait enterré là où les bêtes s’arrêteraient : c’est là que s’éleva ensuite l’église de Down-Patrick.

Un siècle plus tard, saint Colomban ouvrit le tombeau de saint Patrice, pour en placer les reliques dans une châsse. En outre, un ange lui révéla quoi faire des saints objets qu’on avait aussi déposés dans le premier cercueil : le calice devait aller à Down-Patrick, la cloche du testament à Armagh, l’évangile tenu par l’ange à Colomban lui-même (voir au 23 novembre).

On a dénombré quelque cent quatre-vingt-quinze édifices élevés en l’honneur de saint Patrice rien que pour l’Irlande, beaucoup d’entre eux ayant été fondés par l’apôtre lui-même. Le Saint est en honneur dans tout le monde britannique, en France et en Espagne.

De nombreuses légendes se rattachent à l’apostolat de saint Patrice. Les légendes sont très nombreuses en Irlande, et l’on ne parvient pas à définir les éléments certains sur lesquels elles s’appuient ; elles attestent au moins l’immense célébrité et la profonde sainteté des nombreux Saints et Saintes de cette Irlande catholique.

 

 

Agricola de Chalon-sur-Saône

498-580

 

Agricola, qui n’était pas un «paysan», mais de la noblesse de Gaule, naquit vers 498. Son contemporain, Grégoire de Tours (v. 17 novembre) le nomme Agrecula.

Dès 532, il fut promu évêque de Chalon-sur-Saône : il n’avait que trente-quatre ans.

Très austère de sa personne, il ne prenait qu’un léger repas le soir.

Pasteur zélé pour le salut des âmes, il s’illustra dans son diocèse par d’importants travaux, construisant des sanctuaires ou les embellissant.

On le vit présent à divers conciles : Orléans en 541 et 549, Clermont en 549, Paris en 552, Lyon en 570. En voici quelques détails, qui sont parfois frappants de sévérité ou d’exigence.

  • 4e concile d’Orléans (541) : sera puni de mort quiconque aura adoré des dieux païens ou aura juré par les dieux païens ; les juifs ne doivent pas avoir d’esclaves chrétiens. Sont présents trente-huit évêques, douze autres sont représentés.
  • 5e concile d’Orléans (549) : les évêques doivent s’occuper des lépreux ; leur élection doit être approuvée par le roi.
  • concile de Clermont (549) : dix évêques y confirmèrent les décisions du concile précédent.
  • concile de Paris (552) : là, vingt-sept évêques déposent et font enfermer l’évêque de Paris, gravement coupable de simonie ou d’adultère.
  • 2e concile de Lyon (570), ou peut-être le troisième dans cette ville. On y parla de la paix et de la conservation de l’Eglise.

Autre fait marquant de cet épiscopat : Agricola fit transporter le corps d’un saint ermite nommé Desiderius, dans l’église de l’hôpital des lépreux, récemment construit près de Chalon-sur-Saône. C’est là aussi que fut enterré Agricola.

Agricola fut évêque pendant quarante-huit ans, et mourut en 580, probablement le 17 mars.

Ses reliques furent profanées, pense-t-on, par les Huguenots.

Saint Agricola est commémoré le 17 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gertrude de Nivelle

626-659

 

Fille de Pépin de Landen et de Itta Iduberga, Gertrude naquit à Landen (Brabant) et grandit dans une atmosphère très chrétienne. Elle avait un grand frère, Grimoald. et une sœur, Begga, d’où viendront les Carolingiens.

A dix ans, elle exprime le désir d’être religieuse ; elle en était si convaincue, que lorsque son père, recevant le roi des Francs, Dagobert, lui proposa comme époux le fils de ce dernier, elle répondit franchement qu’elle n’épouserait ni ce beau jeune homme, ni aucun autre en ce monde, car elle ne voulait pour époux que Jésus-Christ.

Sa parole était si assurée et convaincante, que personne ne lui parla plus du sujet.

A la mort de Pépin, Gertrude pouvait entrer en religion, mais sa mère, ne voulant pas s’en séparer, fit construire en 650 à Nivelle (Brabant) un double monastère d’hommes et de femmes, sous la règle de saint Colomban. Elle même y entra comme simple religieuse, avec sa fille.

Iduberge coupa elle-même les cheveux de sa fille en forme de couronne et demanda à l’évêque de lui imposer l’habit, puis de l’installer comme abbesse du monastère.

Gertrude se montra parfaite dans sa charge, malgré son jeune âge : innocente, pure, humble, pieuse à souhait, sage et discrète, elle fit l’édification même des personnes plus âgées qu’elle.

Elle montra sa charité envers les pèlerins, les étrangers, les pauvres et les malades.

Elle fit venir d’Irlande de saint moines, les saints Foillan (v. 31 octobre) et Ultan (2 mai ?).

A la mort de sa mère, en 655, Gertrude préféra se décharger de l’administration du monastère sur des religieux plus capables qu’elle. Elle-même se déchargea de sa place d’abbesse, en faveur de sa nièce, Wulfetrude.

Désormais libre de vaquer à la méditation, Gertrude se nourrissait de l’Ecriture et s’imposait des mortifications sévères, en veilles et en jeûnes.

Elle sentit son heure arriver. Elle ne voulait être enterrée qu’avec son cilice, et un vieux voile sur la tête car les ornements superflus d’un tombeau ne servent de rien ni aux vivants ni aux morts. Puis Ultan lui annonça qu’elle mourrait le 17 mars, pendant la messe, jour de saint Patrick, qui viendrait la chercher avec les Saints et les Anges choisis de Dieu.

Gertrude rendit son âme le 17 mars, pendant la Sainte Messe. Au même moment, elle apparaissait à sainte Modeste de Horren (Trèves), dont elle était parente (v. 4 novembre).

A cette date (17 mars 659), sainte Gertrude avait trente-trois ans.

 

 

Paulos de Chypre

† 770

 

Dans l’ancien Martyrologe Romain, il était dit que ce Paulos avait souffert à Constantinople, sous Constantin Copronyme, pour le culte des saintes images.

Un ménologe grec affirme, sans précision de lieu ni d’empereur, qu’un Paulos fut livré aux flammes pour la cause des saintes images.

On a alors avancé que ce martyre aurait pu avoir lieu vers 770 en l’île de Chypre. Paulos, moine, y aurait donc été arrêté et accusé de s’opposer aux décrets impériaux. Ayant refusé d’insulter ou de profaner un crucifix, il fut suspendu la tête en bas au-dessus d’un brasier.

Saint Paulos, martyr, est commémoré le 17 mars dans l’actuel Martyrologe Romain.

Conrad de Bavière

1105-1125 (1155 ?)

 

Conrad naquit vers 1105 à Ratisbonne, dernier des six enfants de Heinrich IX le Noir et de Wulfhilde de Saxe. Une de ses sœurs, Judith, fut la mère d’un certain Friedrich Barbarossa, qui fut donc un neveu de notre Conrad. En même temps, Conrad avait une ascendance italienne, par son grand-père Alberto Azzo II d’Este.

Il étudia à l’université de Cologne et se diplôma en droit civil et ecclésiastique. La famille le destinait à succéder ni plus ni moins à l’archevêque de Cologne, mais Conrad, enchanté par la prédication d’Arnaud de Morimond, décida de devenir cistercien.

Ici s’affrontent trois versions sur la suite de la vie de Conrad.

Dans une première version, Conrad entra encore adolescent dans cette abbaye cistercienne de Morimond (Haute-Marne), dont l’abbé, Arnaud, décida de fonder un monastère cistercien en Terre sainte, malgré la désapprobation de saint Bernard (v. 20 août) ; l’abbé étant mort, l’expédition ne se fit pas, mais Conrad partit seul, passa par le sanctuaire de saint Michel au Mont Gargan et celui de saint Nicola à Bari ; là, exténué par ce déjà long voyage et malade, il trouva refuge chez les Bénédictins de Modugno ; il y passa les derniers mois de sa vie, dans une grotte où il priait, jeûnait et dormait sur la roche nue. Il y serait mort en 1125 ou 1126, un 17 mars, tout juste âgé de vingt ans.

Une deuxième version affirme qu’en 1127, il entra à Clairvaux, sous la direction de saint Bernard. Il demanda et obtint de saint Bernard la permission de faire le pèlerinage en Terre sainte ; là-bas, il s’arrêta dans un ermitage, où il servit humblement un ermite âgé. Ayant appris que la santé de saint Bernard déclinait, et devant le péril ottoman, il voulut revenir à Clairvaux mais, à Bari, il apprit la mort de saint Bernard et aurait alors estimé inutile de remonter jusqu’en France ; il se serait arrêté dans l’abbaye bénédictine de Modugno, où il serait mort en 1154 ou 1155, âgé de cinquante ans.

Dans une troisième version, qui ne parle ni de l’abbé Arnold, ni de saint Bernard, Conrad partit quelques années en Palestine et s’arrêta dans l’ermitage Saint-Guillaume ; à son retour en Italie, Conrad apprit à Molfetta la déchéance de son frère Heinrich le Superbe qui, s’étant rangé aux côtés de Friedrich Barbarossa, et battu avec lui en 1137, avait perdu tous ses biens. C’est alors que Conrad se serait décidé à rester sur place et de se retirer, en 1139, dans cette abbaye de Modugno, où il mourut, toujours en 1155.

Il reste que la population apprit à le vénérer comme son protecteur. En périodes de sécheresse, des processions avec les reliques de Conrad ont obtenu la pluie. En 1529, lors de l’assaut de la ville par les troupes françaises, les habitants furent réveillés par un soldat mystérieux et apparurent à tous Notre Dame, saint Nicola et Conrad, suscitant la terreur aux Français qui s’enfuirent. Par l’intercession de Conrad, Molfetta fut plusieurs fois épargnée par les épidémies. On lui attribua aussi une intervention miraculeuse pour calmer des tempêtes, arrêter des tremblements de terre et des inondations. L’ancienne cathédrale lui fut dédiée en 1785.

Le culte du bienheureux Conrad de Bavière a été confirmé en 1832 et son nom est mentionné dans le Martyrologe au 17 mars.

 

 

Jan Sarkander

1576-1620

 

Il naquit à Skoczów (Silésie, Pologne), le 20 décembre 1576. Il eut un frère chanoine.

Il vécut à Pribor à partir de 1589.

De 1592 à 1597, il étudia à Olomouc (actuelle République tchèque), à partir de 1600 à Prague pour la philosophie, à partir de 1604 à Graz pour la théologie.

En 1606, brusque changement : il interrompit sa préparation au sacerdoce et épousa Anne Plachetskou, une protestante, avec laquelle il s’installa à Glasgow. Anne cependant mourut peu après. Jan décida alors de reprendre son chemin vers le sacerdoce.

Il fut ordonné prêtre en 1609, et fut curé successivement à Uničov, puis en Croatie, à Zdounkách (1614), Boskovice (1615), enfin Holešov (Moldavie) jusqu’en 1616.

En 1619, il dut quitter cette région, fit un pèlerinage à Czestochowa et résida à Cracovie, mais préféra revenir en Moravie pour ne pas abandonner ses fidèles.

Une des principales activités pour laquelle est connu le père Jan, est d’avoir activement travaillé à la conversion des disciples de Jean Hus et des «frères bohémiens».

Quand les troupes polonaises menacèrent la ville en 1620, il sortit en portant le Saint-Sacrement et s’interposa pour éviter une nouvelle effusion de sang.

Des troubles politiques le firent accuser de trahison, d’espion au service du prince catholique de Pologne.

On le persécuta, on voulut lui arracher un secret de confession, on le mit en prison à Olomouc, où il fut maintes fois torturé. Une fresque ancienne, dans la cathédrale d’Olomouc, le montre attaché par les poignets liés derrière le dos à une corde que l’on tend par derrière pour le suspendre en l’air, tandis qu’un bourreau approche de sa poitrine des torches.

Selon un autre récit, on l’aurait alors plongé dans un cuve de soufre et de plumes où l’on mit le feu, puis on jeta sur ses brûlures de l’huile et de la poix. L’agonie dura plus d’un mois.

Des doutes et des contestations subsistent sur les vrais motifs de son martyre, mais ce martyre est bien attesté.

Jan Sarkander mourut le 17 mars 1620.

Béatifié en 1860, il fut canonisé en 1995.

 

 

Gabriel Lalemant

1610-1649

 

Gabriel Lallemant (ou plus fréquemment Lalemant, et souvent aussi Lalemand) naquit à Paris le 3 octobre 1610, d’un père avocat au parlement de Paris et sans doute de famille noble.

A vingt ans, il entra dans la Compagnie de Jésus (Jésuites). On sait que les Jésuites, aux trois vœux traditionnels de Pauvreté, Chasteté, Obéissance, en ajoutent un quatrième d’obéissance absolue au Pape. Gabriel en fit encore un autre : en 1632, il s’engagea à se consacrer aux missions en terre étrangère.

Il resta cependant encore quatorze ans en France, enseignant à Moulins (1632-1635), préparant la théologie à Bourges (1635-1639), où il reçut probablement l’ordination sacerdotale ; puis il fut ministre des pensionnaires à La Flèche (1639-1641), professeur de philosophie à Moulins (1641-1644) et préfet du collège de Bourges (1644-1646). 

C’est en 1646 qu’il arriva à Québec.

En septembre 1648, il fut envoyé à la mission Sainte-Marie en pays huron, où il apprit cette langue difficile. Il y parvint assez rapidement, puisqu’un an plus tard il remplaçait le père Chabanel à la mission Saint-Louis, où se trouvait aussi le père Jean de Brébeuf.

L’apostolat du père Lalemant dura six mois. Le 16 mars 1649, une forte armée d’Iroquois envahit le bourg Saint-Ignace et attaqua la mission Saint-Louis. Leur nombre leur donna la victoire.

Les deux prêtres auraient pu s’enfuir, mais refusèrent. Ils furent capturés, dévêtus ; on leur arracha les ongles et on les conduisit à Saint-Ignace.

Le martyre du père Lalemant commença le 16 mars à six heures du soir, après celui du père de Brébeuf. On ne sait s’il y fut présent. Le supplice dura jusqu’au lendemain, 17 mars 1649 au matin. Un témoin put écrire : Il avait reçu un coup de hache sur l’oreille gauche, qu’ils lui avaient enfoncé jusque dans la cervelle, qui paraissait à découvert ; nous ne vîmes aucune partie de son corps, depuis les pieds jusqu’à la tête, qui n’eût été grillée et dans laquelle il n’eût été brûlé tout vif, même les yeux où ces impies avaient fourré des charbons ardents.

Son oncle, Jérôme Lallemant, devint supérieur de la mission en remplacement du père de Brébeuf. Il avait aussi un autre oncle dans cette mission, Charles Lallemant.

Nos deux Martyrs furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1930.

Leur fête commune est au 19 octobre.

 

 

Barbara Maix

1818-1873

 

Barbara naquit à Vienne le 27 juin 1818, de Josef Maix et Rosalia Mauritz. Elle était la dernière des neuf enfants de cette heureuse maman, mais son père avait déjà eu quatorze enfants dans un premier mariage, avant de devenir veuf. La plupart de ces enfants moururent vite, de typhus ou d'autres maladies. Josef Maix travaillait au palais de Schönbrunn.

Barbara montra des qualités de patience, de courage, de grand amour pour les pauvres et apprit à se confier à la Divine Providence. Elle-même souffrit du typhus et en conserva des séquelles, demeurant fragile des poumons et du cœur.

Elle avait quinze ans quand elle fut totalement orpheline.

En 1840, elle suit un cours de couture avec sa sœur. On sait qu'elle passait des heures en prière dans l'église Maria am Gestade. C'est là qu'elle entendait les prédications des Pères Rédemptoristes et qu'elle eut l'inspiration de s'occuper des graves problèmes sociaux de la ville de Vienne. Barbara était particulièrement sensible à la misère morale et matérielle des femmes de ménage, des femmes sans travail et de leurs enfants. Elle en parla à des amies. On raconte que, petite, l'Enfant-Jésus lui serait déjà apparu pour lui dire : Fonde la Congrégation de ma Mère !

Barbara réunit en peu de temps une vingtaine de compagnes, écrivit une première Règle et présenta une demande de fondation à l'Empereur. On approuva son idée d'une œuvre en faveur des jeunes filles, mais on refusa la fondation d'une nouvelle congrégation.

Barbara tenta d'aller trouver le pape Grégoire XVI, munie d'une lettre de recommandation, mais le Pontife mourut la veille du jour fixé pour l'audience. La sœur de Barbara meurt à son tour. Mais ses compagnes sont toujours là, plus de vingt, décidées à continuer de se donner aux autres.

En 1848, c'est la Révolution Libérale en Autriche. Barbara comprend qu'elle ne peut fonder et décide de partir pour l'Amérique. Elle songe à l'Amérique du Nord, mais l'unique bateau en partance va au Brésil : Barbara y reconnaît le doigt de Dieu et s'embarque avec quelques compagnes pour Rio de Janeiro, où elles arrivent sans le sou, sans connaître personne, sans savoir la langue, la faim au ventre, mais remplies de confiance en Dieu et en la Sainte Vierge, écrira l'une d'elles.

Bien accueillies par l'évêque, elles se préparent et, en 1849, font leur première consécration, prenant le nom de Sœurs du Cœur de Marie, que Pie XII changera un siècle plus tard en Congrégation des Sœurs du Cœur Immaculé de Marie. Elles se vouent au service des pauvres et des malades, puis des enfants.

En 1852, Mère Maria-Barbara de la Très Sainte Trinité revient à Vienne, pour y faire imprimer les premières Constitutions et d'où elle envoie au Brésil douze autres jeunes filles, puis rencontre enfin à Rome le Pape Pie IX, qui l'encourage et la bénit.

Mère Barbara avait commencé sa route à Vienne, en faveur des femmes de ménage et des désoccupées, et la poursuivit au Brésil dans les écoles, les maisons pour orphelins et abandonnés, les collèges de jeunes, les malades, durant les épidémies, durant la guerre. On la vit à l'œuvre à Rio de Janeiro, à Niteoi, à Pelotas, à Porto Alegre.

La spiritualité de Barbara était éminemment trinitaire, eucharistique et mariale : elle s'y appuyait si fortement qu'elle en conçut une confiance à toute épreuve. Les épreuves, en effet, ne manquèrent pas : la Franc-maçonnerie, le décès de plusieurs novices et de plusieurs sœurs, les divisions internes dans la Congrégation elle-même, l'expulsion de Pelotas en 1863, la guerre du Paraguay en 1865, des incidents lors de la visite pastorale à Porto Alegre en 1870...

Mère Barbara, la Fondatrice elle-même, dut se retirer à Petropolis. Sa santé était désormais bien compromise. Elle reçut le Sacrement des Malades le Jeudi-Saint de 1872. En 1873 elle en vint à se retirer avec sa communauté dans la maison d'une personne amie à Catumbi (près de Rio de Janeiro), où elle s'éteignit doucement le 17 mars 1873, son dies natalis.

En 1957, l'urne de ses cendres fut rapportée à Porto Alegre, où commença le Procès informatif diocésain. En 2008 fut reconnue l'héroïcité de ses vertus, et Mère Barbara fut béatifiée en 2010.

 

 

Juan Nepomuceno Zegrí y Moreno

1831-1905

 

Né le 11 octobre 1831 à Grenade (Espagne), Juan Nepomuceno était le fils de Antonio Zegrí  Martín et de Josefa Moreno Escudero.

Enfant pieux, il sentit bientôt l’appel au sacerdoce.

Il fit d’excellentes études secondaires ainsi qu’au séminaire Saint-Denis de Grenade et fut ordonné prêtre en 1855.

Il exerça le saint ministère sacerdotal à Huétor Santillán et San Gabriel de Loja, puis fut nommé Juge synodal pour les diocèses de Málaga, Jaén et Orihuela, chanoine de la cathédrale de Málaga, visiteur des ordres religieux du diocèse, directeur spirituel des séminaristes, prédicateur et aumônier de la Reine Isabel II.

A Málaga en 1878, il fonda la Congrégation des Sœurs de la Charité de la Bienheureuse Vierge Marie de la Merci (ou Sœurs Mercédaires de la Charité), dans le but de mettre en pratique toutes les œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles en la personne des pauvres. Pénétré du mystère eucharistique, il voulait rendre vraiment présent le Christ dans la vie quotidienne, auprès de ceux qui souffrent, qui doivent boire le calice amer et manger le pain des larmes. S’appuyant sur Marie, la Mère du Rédempteur, il désirait soigner celui qui souffre, consoler le malheureux, remettre l’espérance dans les cœurs.

Les Sœurs s’employaient à soigner toutes les plaies, remédier à tous les maux, calmer tous les chagrins, bannir toutes les nécessités, sécher toutes les larmes, ne pas laisser dans le monde, si possible, un seul être abandonné, affligé, oublié, sans éducation religieuse et sans ressources.

La Congrégation se développa assez rapidement, mais certaines Sœurs fomentèrent une méchante et grave accusation contre leur Fondateur. En 1888 on demanda à l’abbé Juan Nepomuceno de s’éloigner de la Congrégation et une longue enquête s’ensuivit, aboutissant après six longues années à la totale levée des accusations fausses dont il avait été victime.

On put admirer la patience avec laquelle il supporta l’épreuve, son obéissance aux Supérieurs et sa magnanimité à pardonner ses accusateurs et accusatrices.

A partir de 1894, bien qu’innocent, l’abbé Zegrí demeura volontairement à l’écart, tout en étant reconnu comme le Fondateur de la Congrégation.

Il mourut dans une totale solitude à Málaga, le 17 mars 1905, et fut béatifié en 2003.

 

Le miracle retenu pour cette béatification a été la restitution totale du pancréas à un malade argentin à qui les chirurgiens l’avaient retiré intégralement.

 

 

Josep Mestre Escoda

1899-1937

 

Joseph était né le 12 février 1899 à Duesaigües (Baix Camp, Catalogne), de Francesc et Encarnació, qui le firent baptiser le 19 suivant.

Ayant ressenti dès l’enfance l’appel de Dieu, il reçut l’ordination sacerdotale en 1924.

Il exercera son ministère à Sarral, Falset, Reus, La Febró.

Ce fut un prêtre zélé, humble et pieux, qui montrait toujours sa joie de vivre et d’appartenir à Dieu.

Lors de l’insurrection de 1936, il était aumônier à la maison de repos de Tarragone, où se trouvaient ses parents.

Le 21 juillet 1936, des révolutionnaires firent irruption et commirent toutes sortes d’actes barbares envers tout ce qu’ils trouvaient de religieux dans la maison, sauf envers le Saint Sacrement, que le prêtre avait consommé auparavant par précaution.

Don Josep continua à célébrer la messe les jours suivants, jusqu’à la Saint-Jacques, le 25 juillet.

Le 26 juillet, il fallut évacuer toute la maison. Don Josep vint avec ses parents à Barcelone, où sa mère trouva une pension.

Ils y restèrent quelques mois, pendant lesquels don Josep continuera à exercer son apostolat, administrant les sacrements en cachette, célébrant la Messe chaque jour. Parfois, sa mère lui parlait du danger qu’il courait, et lui répondait : Je suis prêtre, et si Dieu me destine au martyre, je marcherai volontiers vers le martyre.

En mars 1937, le premier vendredi, il fut arrêté. Il reconnut ouvertement qu’il était prêtre et, pour ce motif, fut conduit à la tchéka Sant Elies, où il fut martyrisé.

C’était le 17 mars 1937, deux jours avant la fête de saint Joseph.

Don Josep Mestre Escoda fut béatifié en 2013.

 

 

Joan Torrents Figueras

1873-1937

 

Né le 8 décembre 1873 à La Secuita (Tarragona), Joan reçut le lendemain le baptême, avec les prénoms Joan José Pablo ; son père s’appelait Joan, sa mère María. C’est donc peut-être une erreur de l’appeler Juan Bautista.

Selon la coutume d’alors, Joan reçut la confirmation très jeune, en 1877.

En 1885, il fréquenta le séminaire de Barbastro, où il fut jugé exceptionnel («sobresaliente»).

En 1888, il commença le noviciat chez les Pères Clarétains à Cervera et fit la première profession le 8 décembre 1889, le jour de son seizième anniversaire. Puis ce furent les études de philosophie et de théologie, en vue du sacerdoce.

En 1894, il passa à Santo Domingo de la Calzada, où il acheva la théologie et reçut le sous-diaconat (1895) et le diaconat (1896). Il fut ordonné prêtre en 1897 à Victoria, avec une «dispense d’âge» de dix mois.

Il faut expliquer ici que l’âge canonique de l’ordination sacerdotale exige d’avoir accompli vingt-quatre ans, qui peuvent cependant être anticipés dans des cas «exceptionnels», comme l’était justement Joan.

Joan recouvra successivement différentes charges, à Barbastro, Solsona (1899), Gracia (1901).

Il subit alors une grosse épreuve : après avoir recueilli patiemment d’importantes sommes d’argent pour la construction de l’église, un incendie détruisit toute la maison et l’église, ainsi que tous les documents et les notes du père Joan.

En 1909, il fut nommé alors à La Selva del Campo.

En mai 1911, il subit un premier épisode de persécution de la part d’un groupe de communistes lorsqu’il s’apprêtait à prendre le train pour San Feliu ; il eut juste le temps d’aller se cacher dans un champ voisin.

D’autres charges l’attendaient à Sabadell (1913), de nouveau Gracia où l’on reconstruisait la maison (1917). Sa santé donnait des inquiétudes : il dut renoncer à partir prêcher au Mexique. En 1926, il repartit pour Sabadell où, devenu quasi aveugle, il avait peu d’activités extérieures, demeurant plus volontiers au confessionnal où les âmes retrouvaient la paix. Il avait toujours son chapelet à la main.

La prière du chapelet fut son unique soutien durant toute la guerre civile de 1936. Il dut passer de cachette en cachette, de maison en maison, jusqu’en février 1937.

Le 13 février, un bombardement sur Barcelone obligea tous les habitants à se réfugier dans les abris. Le p.Joan s’y trouva, et fut dénoncé. Trois jours plus tard, ce fut l’arrestation : au soir du 16 février, une patrouille vint détruire tout ce qu’il y avait de religieux dans cette pension, et emmenèrent le p.Joan à la «tchéka», la prison Sant Elías de Barcelone.

Le Religieux ne cacha pas son état sacerdotal et fut maintenu en prison pendant un mois. Seuls deux jeunes garçons se préoccupèrent de venir l’aider à manger et à aller prendre l’air. Le p.Joan se doutait bien de son sort, surtout parce qu’il était prêtre.

Le 17 mars 1937, il fit partie du groupe qu’on emmena au cimetière de Montcada (Barcelone), où il fut fusillé. On n’a jamais retrouvé son corps, qui fut sans doute jeté dans la fosse commune.

Le père Joan a été béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Joan Torrents Figueras sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 17 mars.

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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 00:00

16 MARS

?    

S Aninas, anachorète en Euphratène, qu’accompagnaient deux lions gentils, et mort à cent-dix ans. 

III.    

S Agapit, un des onze évêques “colombins” à Ravenne, désignés par une colombe.
Ss Hilarius et Tatianus, martyrs ; Hilarius était évêque en Aquilea, Tatianus était son diacre.
S Papas, martyr à Séleucie ; on lui mit des chaussures garnies de pointes à l’intérieur ; l’arbre stérile auquel on l’attacha devint fertile.

IV.    

Ss Valentin, évêque à Terracina, et Damien, diacre, martyrs près de Teatina.
S Ioulianos d’Anazarbe, arrêté à dix-huit ans, soutenu par sa mère, martyr en Cilicie, cousu dans un sac plein de scorpions et de serpents.

VII.    

S Coloquil (Colomcille ?), roi honoré à Sens.  
S Finan le Lépreux, de famille royale irlandaise, fondateur de monastères à Inisfallen, Ardfinnan, Cluain more Maidoc.
Ste Eusébie, abbesse à Hamage à douze ans.
S Dentelin, fils de s.Mauger (Vincent Madelgaire) et de ste Vaudru, frère de s.Landric et des stes Aldétrude et Madelberte, mort à sept ans en Belgique.

X.    

S Grégoire,  dont on nota très tôt l’aversion pour le mensonge et l’impureté, évêque à Nicopolis, dont il démissionna pour être reclus près de Pithiviers.

XI.    

S Heribert, chancelier de l’empereur, évêque à Cologne.

XII.    

S Christodule, abbé en Grèce (Turquie ?).
S Giovanni Sordi ou Cacciafronte, abbé à Crémone, évêque à Mantoue, puis Vicenza, assassiné par un homme qu’il avait excommunié.

XIII.    

S Héribert, ermite près de Namur.
Bse Benedetta, abbesse clarisse à Assise après ste Claire.
B Torello de Poppi, ermite pénitent près de Vallombreuse, après une adolescence dissolue. 
B Pier Tecelano, marchand de peignes à Sienne, veuf et tertiaire franciscain, thaumaturge ; il se confessait chaque jour.

XVI.    

Bx John Amias et Robert Dalby, l’un veuf puis prêtre, l’autre laic converti, martyrs à York. 

XVII.    

S Jean de Brébeuf, prêtre jésuite normand, martyr des Iroquois, fêté le 19 octobre.

XX.    

B Pío Conde y Conde (1887-1937), prêtre salésien espagnol, martyr de la Révolution, béatifié en 2007 ; on ignore le jour exact de son martyre (entre le 16 et le 20 mars) ainsi que le lieu (Madrid, ou près de Valencia).

Hilarius d’Aquilée et Tatianus
† 284

Hilarius est habituellement considéré comme le deuxième évêque d’Aquileia, après Ermagora.
Comme ce dernier aurait été choisi dès le premier siècle, il se peut qu’il y ait eu une longue vacance avant l’élection d’Hilarius.
L’histoire d’Hilarius est celle d’un enfant élevé dans le christianisme, entré dans la cléricature et, après ses études de l’Ecriture et des Pères, fut ordonné diacre, prêtre, enfin évêque.
Il prit pour disciple Tatianus, qu’il ordonna diacre.
Sous l’empereur Numérien, les Chrétiens eurent l’obligation d’offrir des sacrifices aux idoles païennes. Evidemment, l’évêque et son diacre n’étaient pas disposés à le faire et furent cités devant le préfet.
Les tourments qu’on imposa à Hilarius comme à Tatianus ne purent les fléchir. Ils furent dépouillés, flagellés, étendus sur des chevalets, où l’on déchira leurs corps jusqu’à en faire ressortir les entrailles. Mais ils chantaient encore la gloire de Dieu.
Hilarius et Tatianus se retrouvèrent en prison. Sur leur prière, Dieu manifesta sa puissance : un orage inonda la ville, le temple d’Hercule, si somptueux, s’écroula, des gens moururent de frayeur.
Le préfet s’entêta ; il fit décapiter l’évêque et son diacre, mais aussi quelques autres Chrétiens qui se trouvaient en prison au même moment ; on donne les noms de Felix, Large et Dionysios.
Ce fut le 16 mars 284.
Ce qui étonne ici, est que, le lendemain, d’autres Chrétiens eurent la permission de recueillir les corps des Martyrs et de les ensevelir honorablement. La persécution ne s’appliquait donc plus à eux ?
Aquileia se trouve à l’extrême NE de l’Italie. Siège épiscopal, puis archiépiscopal, puis patriarcal, il fut supprimé au 18e siècle, et rattaché à Udine et Gorizia.
S.Hilarius est le patron de Gorizia.
Saints Hilarius d’Aquilée et Tatianus sont commémorés le 16 mars dans le Martyrologe Romain.


Papas de Laranda
† 300

Ce Chrétien était originaire de Laranda (Lycaonie, auj. Karaman, Turquie CS).
La persécution de Maximien, que Dioclétien s’était adjoint depuis 285, sévit.
Papas confirma son adhésion à la foi chrétienne et fut torturé de maintes façons : dépouillé, flagellé à l’image du divin Sauveur, déchiré avec des ongles de fer ; autre torture qu’on ne trouve pas souvent dans les récits, on lui enfila des chaussures garnies de clous dont les pointes sortaient à l’intérieur, et l’on obligea Papas à marcher ainsi, jusqu’à Séleucie.
Il y a une dizaine de villes anciennes nommées Séleucie. La plus proche de Lycaonie serait celle de Pamphylie, à l’Ouest de Laranda ; mais le Martyrologe spécifie Séleucie de Perse, qui serait alors proche de Bagdad… On imagine le supplice de Papas.
Il fut attaché à un arbre qui, stérile, reverdit.
Le martyre de Papas peut se situer vers 300.
Saint Papas de Laranda est commémoré le 16 mars dans le Martyrologe Romain.


Ioulianos d’Anazarbe
† 305

Ioulianos naquit vers la fin du 3e siècle à Anazarbe (Cilicie, auj. Ağaçli, Turquie CS).
Son père était sénateur, sa mère l’éleva dans la foi chrétienne.
A dix-huit ans, il fut traduit devant un tribunal pour sa foi. Il refusa énergiquement de sacrifier aux idoles et fut longuement torturé, avant d’être jeté en prison.
Sa mère vint lui rendre visite, et l’encouragea à demeurer fidèle et ferme dans la foi. Heureuse mère, qui ne mettait pas son affection avant la confiance en Dieu.
Pendant une année entière, on s’amusa à promener Ioulianos de ville en ville, accablé d’injures, d’insultes, de la part des païens comme des Juifs. Non seulement Ioulianos restait ferme dans sa foi, mais ces déplacements lui donnaient l’occasion de prêcher à la foule, et de gagner des âmes au Christ.
Finalement le préfet imagina une ultime horreur : il fit enfermer Ioulianos dans un sac, qu’il remplit de scorpions et de serpents vivants, et jeta le Martyr en mer.
Au bout de quelques jours, les flots rapportèrent sur le rivage le corps de Ioulianos.
C’était vers 305-311.
On l’aurait alors transféré à Antioche (de Syrie), où de très nombreux miracles se produisirent.
Saint Ioulianos d’Anazarbe est commémoré le 16 mars dans le Martyrologe Romain.


Eusébie de Hamage
637-680

Eusébie naquit en 637, de s.Adalbaud d’Ostrevent et ste Rictrude (v. 2 février et 12 mai), nobles vascons et seigneurs dans les Flandres. Tant les parents que leurs quatre enfants sont, dit-on, vénérés comme saints : Eusébie, Adalsinde, Maurant, Clodoswinthe, mais à part Eusébie, on ne les trouve pas dans le Martyrologe actuel.
La grand-mère paternelle d’Eusébie était sainte Gertrude de Hamage, laquelle, une fois veuve, fonda et gouverna comme abbesse un monastère bénédictin à Hamage (vers 625).
C’est justement à celle-ci qu’Eusébie fut confiée à l’âge de huit ans, à la mort de son père, tandis que sa mère et des deux sœurs fondaient une autre abbaye à une dizaine de kilomètres de là : Marchiennes.
En 649, quand Eusébie avait douze ans, elle fut élue pour succéder à sa grand-mère Gertrude ! Maman Rictrude prétendit exercer son autorité sur la jeune abbesse et lui fit intimer l’ordre de la rejoindre à Marchiennes : obéissante, Eusébie vint s’y installer, avec sa communauté.
Toutefois, de nuit, elle partait avec son assistante, à son abbaye de Hamage, pour y prier l’office ; deux heures et demie de marche ! Cette double vie ne convenait pas à une moniale cloîtrée, et Rictrude semonça sévèrement sa fille. Mais comprenant la forte attirance d’Eusébie pour Hamage, elle écouta le conseil de saints personnages ecclésiastiques et laissa Eusébie retourner avec sa communauté à Hamage.
Désormais, Eusébie put disposer des bâtiments et de son temps pour faire revivre la Règle dans son authenticité. Sa douce ténacité et son exemple convainquirent toutes les Religieuses.
Quand elle mourut, un 16 mars, toutes la pleurèrent.
Avait-elle vingt-trois ans, trente-trois ans, quarante-trois ans ? Le Martyrologe a choisi la dernière évaluation, établissant la date de cette pieuse mort à 680 environ.
Les deux monastères de Marchiennes et Hamage furent détruits par les envahisseurs normands, vers 881. Mais les reliques furent sauvées et portées à Paris. Elles disparurent en 1830, lors du pillage de l’archevêché.
Actuellement, au hameau de Hamage, rattaché à Wandignies, on a repris le culte de sainte Eusébie.
Populairement, le nom d’Eusébie a été transformé en Eusoye ou Ysoie.
Sainte Eusébie de Hamage est commémoré le 16 mars dans le Martyrologe Romain.

 

Heribert de Cologne
970-1021

Il naquit vers 970 à Worms (act. Rhénanie-Palatinat, Allemagne O), de Hugo et Tietwide, de noble ascendance. Il eut (au moins) un frère, Heinrich.
Il étudia à l’abbaye de Gorze, et y serait resté si son père et l’évêque ne l’avaient rappelé : il fut nommé prévôt du chapitre de Worms.
En 994, l’empereur Otto III l’appela cependant à la cour pour être son chancelier et ne pouvait plus se séparer de lui, tant il appréciait ses conseils et son attitude ; Heribert eut même toutes les peines du monde d’éviter de devenir évêque de Würzburg, en y proposant son propre frère.
En 995, il fut ordonné prêtre.
En 998, tandis qu’il se trouvait à Ravenne pour pacifier des factions opposées, on lui apprit qu’il était élu pour le siège archiépiscopal de Cologne ; Otto avait accepté de se séparer de son chancelier, mais Heribert ne l’entendait pas ainsi ; contraint de céder, il alla se faire sacrer à Rome ; le pape lui remit le pallium et Heribert pénétra dans son diocèse à Noël 999, pieds nus.
Tandis qu’il demeurait chancelier d’empire, Heribert mit au premier rang de ses préoccupations le soin pastoral de son important diocèse. On le vit laver les pieds des pauvres, leur donner à manger personnellement. En période de sécheresse, il décréta des prières spéciales qui y mirent fin.
Un an après cette nomination, l’empereur le pria de l’accompagner dans une campagne d’Italie. Quand les ennemis réussirent à empoisonner Otto, à Benevento (1002), Heribert l’assista fraternellement et ramena son corps à Aix-la-Chapelle. 
C’est sur son lit de mort qu’Otto promit à Héribert de faire construire une abbaye bénédictine près de Cologne : ce fut l’abbaye de Deutz, qu’Héribert put consacrer en 1003 et pour laquelle il sut assurer plusieurs prébendes et de grandes surfaces de forêts.
En 1002, à l’avènement du nouveau roi, Heinrich II (v. 13 juillet ; celui-ci ne fut couronné empereur qu’en 1014)), Heribert pensait se démettre de sa charge, mais l’empereur le confirma. Malgré d’insidieuses calomnies qu’on rapporta à l’empereur, ce dernier lui conserva toute sa confiance et recourait volontiers à ses conseils. 
On ajoute qu’une colombe volait souvent près d’Heribert, en signe de la présence du Saint-Esprit qui guidait le prélat.
Il serait question d’un voyage à Rome que fit Heribert pour accompagner Heinrich II, lequel aurait ensuite confié à Héribert l’archidiocèse de Bamberg (1007), nouvellement fondé ; ce fut en réalité Eberhard qui fut nommé.
En 1015, Heribert consacra la collégiale Saint-Barthélemy de Liège.
C’est au cours d’une visite apostolique qu’Héribert mourut près de Cologne, le 16 mars 1021.
En 1047, la guérison d’un possédé aurait permis une canonisation officielle. Bien des miracles eurent lieu déjà avant la mort d’Héribert, et se produisirent aussi ensuite.
L’abbaye de Deutz, fortement endommagée au cours des siècles, des inondations et des guerres, abrite maintenant la Caritas, tandis que l’église elle-même a été remise à la communauté grecque-orthodoxe de Cologne.
Saint Héribert est commémoré le 16 mars dans le Martyrologe Romain.


Giovanni Sordi-Cacciafronte
1125-1181

Giovanni vit le jour vers 1125 à Crémone (Italie N), d’Evangelista et Berta Persico, de très noble ascendance.
Il était très jeune quand mourut son père. Sa mère épousa alors Adamo Cacciafronte, ce qui explique le double nom de famille qu’on lui donne. Adamo entoura Giovanni d’une réelle affection paternelle et lui fit faire d’excellentes études.
Après avoir été quelque temps chanoine à la cathédrale de Crémone, Giovanni entra en 1141 au monastère bénédictin Saint-Laurent ; de cette abbaye dépendait le prieuré Saint-Victor, où Giovanni fut nommé prieur ; en 1155, il fut alors élu abbé de Saint-Laurent.
Quand fut élu l’antipape Victor IV, soutenu par l’empereur Barbarossa, Giovanni resta fidèle au pape légitime et lui garantit en même temps la fidélité de Crémone.
L’empereur fit alors exiler Giovanni ; le pape le nomma évêque de Mantoue, dont l’évêque Graziadoro était tombé dans le schisme. Mais quand l’empereur, battu à Legnano (1176), fit la paix avec le pape, Giovanni voulut restituer son siège à Graziadoro, repenti ; le pape nomma alors Giovanni évêque de Vicenza, en 1179.
Evêque zélé, mortifié et charitable, Giovanni eut à reprendre et excommunier un feudataire malhonnête. Celui-ci se vengea en assassinant le saint évêque, le 16 mars 1181.
Le culte du bienheureux Giovanni fut confirmé en 1824.


Benedetta d’Assise
† 1260

Nos Bénédicte ne prennent pas forcément pour Patron saint Benoît : elles peuvent aussi choisir la bienheureuse Bénédicte d’Assise.
Des doutes planent sur les origines de Benedetta. Selon certains celle-ci naquit à Assise vers 1214, et prit l’habit des clarisses à San Damiano, ce monastère que dirigeait sainte Claire (Chiara). Pour d’autres, la date de 1214 serait celle de son entrée au monastère.
Certains pensent que c’est cette même Benedetta qui fut abbesse à Sienne en 1227, puis à Vallegloria près de Spello de 1240 à 1248. Si Benedetta était née en 1214, elle aurait montré une telle sainteté qu’on l’aurait élue abbesse… à treize ans. Si en revanche 1214 est la date de son entrée en religion, les choses semblent mieux concorder, mais il faudra trouver des preuves de ces transferts successifs.
Ce qui est sûr, c’est qu’à la mort de Chiara, en 1253, c’est Benedetta qui fut choisie pour lui succéder à San Damiano.
Le Martyrologe franciscain écrit que Benedetta resplendit d’une extraordinaire prudence, par ses vertus et ses miracles. 
Elle gouverna donc le monastère pendant sept ans, donnant l’exemple de la régularité et de la pauvreté.
Elle mourut le 16 mars 1260.
Vénérée par l’Ordre séraphique, elle n’est pas mentionnée au Martyrologe.


John Amias
?-1589

John naquit à Wakefield (Yorkshire ouest, Angleterre).
Il subsiste des doutes sur sa réelle identité et sa vie, tant il est vrai que les prêtres prenaient à l’occasion des «noms de combat» pour mieux passer inaperçus.
John aurait ainsi été en fait William Anne, benjamin de John et Katherine Anne, de Frickley (Wakefield).
Mais on rapporte aussi que John s’était marié, avait élevé ses enfants, et avait une activité de marchand de vêtements (ou de tailleur). Son épouse étant décédée, il divisa ses biens entre ses enfants et s’en vint à Reims, pour se préparer au sacerdoce. Il se trouve qu’en effet, il y eut un John Amias qui fut ordonné prêtre à Reims en 1581.
S’il s’agit de notre héros, il serait parti en juin de la même année pour l’Angleterre, via Paris, avec un autre prêtre, Edmund Sykes.
On ne connait pas bien quelle fut son activité. Mais on sait qu’il fut pris en 1588 chez un certain M.Murton à Melling (Lancashire), et mis en prison à York.
Il tombait sous le coup du décret de 1585, qui considérait comme un crime d’être un prêtre catholique. Condamné à mort à York, il s’adressa à la foule devant la potence,  affirmant qu’il n’était pas condamné pour trahison, mais pour la religion. Il fut interrompu dans sa harangue et exécuté, juste avant Robert Dalby.
John Amias mourut en martyr à York (Yorkshire nord), le 16 mars 1589.
Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.


Robert Dalby
?-1589

Robert Dalby (ou Drury) était né à Hemingbrough (Yorkshire est, Angleterre).
D’abord ministre dans le culte protestant, il se convertit et gagna le Collège anglais de Reims en 1586.
Ordonné prêtre en 1588, il gagna l’Angleterre en août de la même année, mais fut arrêté presque aussitôt après avoir accosté à Scarborough. 
Mis en prison à York, il fut condamné à mort pour le grave délit d’être prêtre catholique.
Robert Dalby mourut en martyr à York, le 16 mars 1589. Son martyre fut partagé par un prêtre nommé John Amias. Arrivés sur place, les prisonniers se prosternèrent pour prier. John fut exécuté le premier, sous les yeux de Robert.
Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.


Jean de Brébeuf
1593-1649

Jean naquit le jour de l’Annonciation, 25 mars 1593, ou peut-être la veille (ou aussi le 14 mars) et peut-être aussi en 1592.
Le lieu de sa naissance pouvait être La Boissée (Condé-sur-Vire, Manche), dans le château de ses parents (Gilles II de Brébeuf et Marie Le Dragon). Mais sa mère se trouvait à Bayeux (Calvados) quand sonna le moment de l’accouchement, et Jean naquit dans le faubourg Saint-Jean de cette ville. On affirme que des ancêtres de la famille étaient compagnons d’armes de Guillaume le Conquérant et du roi saint Louis.
Jean entra dans l’Ordre des Jésuites en 1617. Entre 1619 et 1621, il enseigna au collège de Rouen. Des ennuis de santé (tuberculose) retardèrent sa formation théologique. S’il n’avait pas de résultats excellents dans ses études, il montrait des dons particuliers pour les langues.
Il fut ordonné prêtre à Pontoise en 1622, et fut économe à Rouen.
En 1625, il partit pour la Nouvelle-France (le Canada). Le capitaine de vaisseau, un protestant, le menaça de le ramener en France ; dès 1626, il partit en canoë chez les Hurons en assimilant leurs habitudes, vivant en teepi, apprenant leur langage.
En 1629, le Canada fut restitué à l’Angleterre, puis revint à la France en 1633 ; durant ces années-là, Jean vécut en France : le père Jean fut curé à Rouen, où il prononça ses vœux solennels.
De 1631 à 1633, il travailla au collège d’Eu, comme économe, ministre et confesseur.
De retour au Canada, il n’y retrouva pas tout de suite la bienveillance des Amérindiens ; il mit une année à retrouver l’endroit de son ancienne mission. Des épidémies, causées par des maladies apportées par les Européens, firent beaucoup de victimes et provoquèrent la méfiance des Hurons envers les Européens. Mais le père de Brébeuf réussit à conquérir leur amitié en vivant avec eux, parlant désormais couramment leur langue, et pouvant l’enseigner aux autres missionnaires. Il reçut le nom huron de Echon. Il s’installa à Ihonatiria.
La contribution du père de Brébeuf pour la compréhension du langage des Hurons fut déterminante ; il composa un dictionnaire huron-français et traduisit en huron le catéchisme. On lui attribue aussi la plus vieille chanson de Noël connue au Canada (Huron Carol).
Il travailla beaucoup à trouver des éléments communs entre leur culture et le christianisme, pour les aider à se convertir. Lors d’une nouvelle épidémie, les Hurons purent se rendre compte que leur missionnaire n’était pas atteint et crurent davantage en son enseignement. Mais ce n’est qu’en 1635 qu’il put en baptiser quelques-uns. D’après les descriptions qu’il fit de certains de leurs rites, on fit des recherches récentes, qui confirmèrent ses lignes.
En 1637, il y eut un nouveau soulèvemenet de la population huronne à cause d’une épidémie. Les menaces fusèrent, mais les Pères purent continuer leur travail. Il fonda une nouvelle mission à Téanaostaié et s’y installa.
En 1638, il fut nommé supérieur de la mission Saint-Joseph ; en 1640, il tenta l’évangélisation des Neutres (nord du lac Erié), mais sans succès apparent, sinon qu’il se cassa la clavicule et dut être soigné à Québec, où il fut le confesseur de communautés religieuses et l’aumônier des colons français. 
Quand il put rejoindre la mission en 1644, les Hurons et les Iroquois continuaient de se livrer une guerre féroce ; venus en mars 1649 détruire complètement le village de Saint-Louis où se trouvait la mission jésuite, les Iroquois s’emparèrent des deux prêtres, Jean de Brébeuf et Gabriel Lalemant.
Les prêtres auraient pu prendre la fuite, mais préférèrent rester au milieu de leurs fidèles. On les traîna jusqu’au village de Taenhatenteron, où ils furent accueillis par une pluie de pierres, battus et liés à un poteau de torture. Le supplice du père de Brébeuf eut lieu le 16 mars 1649, celui du père Lalemant le lendemain.
Concernant le père de Brébeuf, il reçut deux cents coups de bâton ; on lui versa de l’eau bouillante sur la tête, en parodie du baptême, on lui écorcha le cuir chevelu, on lui accrocha au cou un collier de tomahawks incandescents, on lui appliqua sur tout le corps une couverture d’écorce pleine de poix et de résine incandescantes, on lui enfila un fer rouge dans la gorge, ses membres étaient décharnés jusqu’aux os ; on lui coupa les lèvres parce qu’il ne cessait de parler de Dieu ; toutes tortures qu’il supporta sans un mot. Puis on alluma un brasier sous lui, on lacéra son corps de coups de couteaux ; on lui retira le cœur, qui fut dévoré par les bourreaux.
Jean de Brébeuf serait apparu à une religieuse mystique de Québec, Catherine de Saint-Augustin, qui guérit un malade en lui faisant boire une potion où elle avait auparavant introduit une relique du Martyr ; elle aurait de la même façon obtenu la guérison - corps et âme - de soldats protestants, qui ainsi se convertirent.
Le père Jean de Brébeuf est commémoré au Martyrologe le 16 mars ; sa fête liturgique, avec celle de ses Compagnons martyrs, est au 19 octobre.
Il fut béatifié en 1925, canonisé en 1930, proclamé co-patron du Canada en 1940.


Pío Conde y Conde
1887-1937

Né le 4 janvier 1887 à Portela-Allariz (Orense), Pío fut baptisé le jour suivant.
Après son noviciat chez les Salésiens à Barcelone, il fit profession le 3 février 1906.
Après son ordination sacerdotale (1914), son apostolat se développa dans les collèges de Valencia, Bejar, Santander (1923), Vigo San Matías (1927), Madrid (1933).
Quand la maison fut prise d’assaut le 19 juillet 1936, il fut blessé non gravement, mais avec pertes de sang.
Les Religieux furent conduits à la Direction Générale de Sécurité, puis relâchés. Don Pio se réfugia chez des amis. En octobre, il fut reçu dans l’ambassade de Finlande, mais même cet établissement fut assailli, le 3 décembre, et l’on emmena tous les présents à la prison San Antón. C’est la pression internationale qui obtint la libération de ces prisonniers.
Don Pio s’installa dans une autre pension, avec le nom d’un sien cousin. Mais il fut dénoncé, de nouveau arrêté et conduit au commissariat de Estrecho.
C’était probablement le 16 mars 1937. La date et le lieu du martyre restent encore un peu incertains : la date pourrait être retardée jusqu’au 20 mars, l’endroit du martyre pourrait être Madrid, quoiqu’on ait avancé que don Pio fut évacué à Valencia.
Don Pío a été béatifié parmi quatre-cent quatre-vingt dix-sept Martyrs espagnols, en 2007.

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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 00:00

15 MARS

I.    

S Aristobule, donné comme le frère de s.Barnabé et premier évêque en Angleterre.

III.    

S Menignos, teinturier, martyr à Parium ; il eut tous les doigts et la tête coupés.

?IV-V.    

Deux Stes Matrone, l’une vierge espagnole, martyre à Rome, l’autre vierge portugaise, venue à Capoue, invoquée contre la peste ; peut-être de pieuses multiplications de la sainte Matrone de Thessalonique, mentionnée autrefois en ce même jour (et maintenant le 25 mars).

VI.    

S Tranquille, abbé à Dijon.
S Spécieux, un des premiers disciples de s.Benoît, à Terracina, mort à Capoue.

VIII.    

S Zacharias, pape (741-752) : sa bonté conquit les rois lombards et l’empereur iconoclaste ; il soutint s.Boniface en Allemagne.

IX.    

Ste Leocricia, vierge à Cordoue, décapitée.

XI.    

S Sisebuto, abbé à Cardeña.

XIII.    

Bx Monaldo de Ancone, Francesco de Petrillo et Antonio de Milan, franciscains martyrs des Sarrasins en Arménie.

XVI.    

B William Hart, surnommé “second Campion” pour sa prédication excellente ; prêtre, martyr à York par la pendaison et l’éviscération.

XVII.    

Ste Louise de Marillac (Madame Le Gras), veuve, co-fondatrice des Filles de la Charité avec s.Vincent de Paul.

XIX.    

S Klemens-Maria Hofbauer, morave, entré à Rome chez les Rédemptoristes, très actif à Varsovie, puis à Vienne; il défendit les libertés de l’Eglise contre l’empereur (joséphisme).

XX.    

B Tommaso Riccardi (Placido, 1844-1915), abbé bénédictin à Farfa (le 25 au Martyrologe).
B Jan Wojciech Adalbert Balicki (1869-1948), prêtre polonais, béatifié en 2002.
B Artemide Zatti (1880-1951), salésien et infirmier d’origine italienne, très actif en Argentine, béatifié en 2002.

Menignos de Parion
† 250

Menignos exerçait le métier de foulon ou teinturier, dans sa ville de Parion (Mysie, Hellespont, auj. village de Kemer, Turquie NW).
C’était un homme chrétien, qui aimait rendre service et s’efforçait de soutenir ses frères en difficulté. Il savait s’exposer et ne craignait pas le martyre pour lui-même.
Mais il dépassa la mesure de la prudence, en déchirant les édits de Dèce qui proclamaient la persécution.
Arrêté, il fut battu de verges - l’expression signifiant qu’il eut tout le corps écorché par les fouets, dont les lanières de cuir étaient très coupantes, et de plus garnies de petits plombs.
Puis on lui coupa les doigts un à un ; enfin on le décapita. Ce pouvait être en 250.
Menignos fut peut-être trop audacieux, mais qu’avait-il à perdre quand il savait que tôt ou tard on l’aurait arrêté pour sa foi ?
Il est dit que son tombeau, près de Constantinople, attirait beaucoup de pèlerins.
Des érudits ont avancé que Menignos est devenu Benignos, et serait donc à identifier avec le premier évêque de Dijon, qu’on prétendait originaire de Grèce (v. 1er novembre).
Saint Menignos de Parium est commémoré le 15 mars dans le Martyrologe Romain.


Zacharias
741-752

Zacharias naquit à Santa Severina dans la Calabre, à l’époque colonie grecque, de Polychronios.
Saintement éduqué et érudit, il traduisit en grec les Dialogues de saint Grégoire le Grand (voir au 12 mars). 
Il entra dans le clergé romain et fut unanimement désigné pour succéder à saint Grégoire III (voir au 10 décembre).
Le nouveau pape se montra extrêmement habile dans les négotiations avec les princes.
Avec le roi lombard Liutprand, il obtint plusieurs accords, qui furent respectés par Rachis et Astolfo, ses successeurs. 
Rachis, en particulier, profita pleinement des exhortations de Zacharias : il abdiqua et se fit moine au Mont-Cassin, tandis que sa femme et ses filles entraient au couvent. 
Dans le sillage de Rachis, en 747, Carloman, fils de Charles-Martel et frère aîné de Pépin-le-Bref, renonça au pouvoir et vint s’offrir à Saint-Pierre : le pape le tonsura ; Carloman alla fonder le monastère Saint-Silvestre au mont Soratte, puis alla se présenter incognito au Mont-Cassin, comme un bandit ayant besoin de faire pénitence.
En 743, un concile à Rome décida de l’obligation pour les évêques de la visite Ad limina Apostolorum, qui se fait encore aujourd’hui tous les cinq ans.
En 745, un autre concile au palais du Latran, condamna deux prêtres : le Franc Aldebert pour ses sorcelleries, et Clément ; le pape condamna aussi un Irlandais Samson (748).
Zacharias fit faire des travaux au Latran et à Saint-Pierre, et retrouva le chef de saint Georges, qu’il fit transférer dans l’église de Saint-Georges in Velabro.
Il racheta de ses deniers des esclaves chrétiens que des marchands vénitiens voulaient revendre en Afrique. 
Zacharias soutint saint Boniface dans son apostolat en Germanie (voir au 5 juin), où il confirma les travaux de cet apôtre infatigable : archevêque de Mayence, Boniface aurait pour suffragants Langres, Cologne, Worms, Spire et Strasbourg. Sur un point seulement, Zacharias revint sur une proposition de Boniface : il s’agissait d’un prêtre un peu ignorant qui avait baptisé avec cette formule : Ego te baptizo in nomine Patria, et Filia et Spiritua Sancta (au lieu, bien entendu, de in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti.). Zacharie reconnut qu’il y avait là une erreur de prononciation, non une intention hérétique. 
Pendant les onze années de son pontificat, Zacharias ordonna quatre-vingt-cinq évêques, trente prêtres et cinq diacres.
Saint Zacharias mourut le 15 mars 752 et eut pour successeur Etienne II. 
   

Leocricia
† 859

Cette jeune vierge de Cordoue était de famille musulmane et s’était convertie au christianisme, chose que les musulmans n’acceptent pas et punissent de mort, encore aujourd’hui dans la majeure partie des pays à dominante islamique.
Le saint prêtre Euloge (voir au 11 mars) la prit sous sa protection. Il cachait Léocricia, lui faisant changer de domicile constamment. Ils furent finalement découverts, arrêtés et jugés. Euloge fut accusé d’avoir enlevé la jeune fille, de l’avoir soustraite à l’obéissance de ses parents, et Euloge répondit calmement.
Après le martyre d’Euloge, Léocricia fut à son tour décapitée le 15 mars suivant, jour où elle est mentionnée au Martyrologe.

Sisebuto de Cardeña
† 1086

S’il existe assez d’informations sur le roi Sisebuto, on ne possède pas de Vita de Sisebuto, l’abbé du monastère bénédictin de Saint-Pierre de Cardeña (Castrillo del Val, Burgos, Espagne CN).
On sait de lui qu’il gouverna ce monastère très saintement et que l’abbaye connut alors une période dorée.
Sisebuto fut en relations avec s.Domingo de Silos et s.García de Arlanza (v. 20 décembre et 29 septembre).
Il mourut vers 1086, mais certainement pas en mars, puisqu’on possède un document attestant qu’il vivait en avril de cette année-là.
Les miracles furent nombreux sur son tombeau.
Le culte de Sisebuto fut approuvé en 1780, avec célébration le 15 mars.
Saint Sisebuto est commémoré le 15 mars dans le Martyrologe Romain.


William Hart
1558-1583

William Hart était né en 1558 à Wells (Somerset, Angleterre).
Après ses études au Lincoln College (Oxford), il fut bachelier ès Arts en 1574. Il quitta alors son pays, en compagnie du recteur, John Bridgewater, pour venir au Collège anglais de Douai, qui se transféra à Reims.
En 1578, il subit une grave opération à Namur, puis passa l’année suivante au Collège anglais de Rome, où il fut ordonné prêtre.
En mars 1581, il repartit pour Reims et rejoignit l’Angleterre, où il travailla activement dans le Yorkshire.
Le 22 juillet 1582, il se trouvait à la Messe au terme de laquelle fut arrêté William Lacey (voir au 22 août). Mais il put s’échapper après être resté suffisamment longtemps dans la boue du fossé au York Castle. C’est un apostat qui le dénonça à Noël de la même année, et on le mit sous les fers dans un cachot souterrain.
Après avoir été interrogé par le bâtonnier de York, il fut renvoyé aux assises de printemps. On l’accusa de trois crimes :  d’avoir introduit des documents papistes (en l’occurence, son celebret, attestant son ordination à Rome), de s’être déplacé dans le royaume sans la permission royale, et d’avoir admis des personnes dans la religion catholique. Il fut reconnu coupable (au moins) pour le second chef d’accusation.
Il fut exécuté à York le 15 mars 1583, à vingt-cinq ans.
Le culte qui lui était rendu fut confirmé en 1886, ce qui équivalait à la béatification.


Louise de Marillac
1591-1660

Née dans une famille qui sera liée aux événements politiques, Louise voit le jour à Paris le 13 ou le 15 août 1591, du deuxième mariage de son père. Très tôt orpheline de sa mère, elle est confiée par son père aux dominicaines de Poissy, tandis que son père se remarie une troisième fois. Il décédera en 1604.
La petite Louise sera bientôt confiée à un foyer pour jeunes filles nobles, où elle bénéficie du climat de réforme catholique qui anime alors Paris. Elle fréquente les Sœurs Capucines du Faubourg Saint-Honoré et, voulant servir Dieu et le prochain, pense entrer chez ces religieuses. Mais elle en est dissuadée à cause de sa faible complexion. Elle est alors accompagnée dans son cheminement spirituel par l’évêque de Belley, Jean-Pierre Camus, un parent, qui lui fait connaître un autre évêque, François de Sales ; ce dernier, évêque de Genève, est à l’origine de la fondation des Religieuses de la Visitation, avec sainte Jeanne-Françoise Fremiot de Chantal.
Conseillée par sa famille, Louise épouse en 1613 Antoine Le Gras, dont elle aura un fils, Michel. Louise portera désormais le nom de “Mademoiselle Le Gras”, et plus tard “Veuve le Gras”, quand son mari décédera, fort pieusement, de la tuberculose en 1625.
Louise eut une période de graves scrupules devant la maladie et la mort de son mari. Elle pensa avoir été punie par Dieu de n’avoir pas suivi sa vocation première. Mais le jour de la Pentecôte 1623, elle eut une très forte illumination intérieure qui dissipa ses doutes en un instant. Dès lors, comme elle l’écrira sur un parchemin qu’elle portera sur elle jusqu’à la fin de ses jours, elle eut la certitude que sa place était au chevet de son mari, puis qu’elle aurait l’occasion de se consacrer à Dieu totalement, et qu’elle trouverait pour cela un prêtre qui la conseillerait judicieusement. Elle rencontre effectivement un prêtre, Vincent de Paul, qui alors établissait des Confréries de Charité pour venir en aide aux multiples misères de l’époque.
Louise, Mademoiselle Le Gras, devient la chargée de mission de Vincent de Paul auprès des dames de la Charité. Malgré bien des infirmités physiques, Louise se déplacera partout en province, et jusqu’en Pologne, pour installer de nouvelles communautés partout où le besoin s’en fait sentir. On en demandera aussi pour Madagascar…
Avec les premières “Filles de la Charité”, et en étroite collaboration avec Vincent de Paul, Louise viendra en aide aux enfants abandonnés, aux malades à domicile ou dans les hôpitaux, aux galériens, aux personnes handicapées mentales ; elles s’occuperont de l’instruction des filles du peuple, de la création de l’hospice du Saint-Nom de Jésus et de l’hôpital général de Paris… Rien ne les arrêtera. 
Ainsi commença l’œuvre des Filles de la Charité, dont la maison-mère est à Paris, au 140 de la rue du Bac. C’est dans cette chapelle que, au XIXe siècle, une certaine Catherine Labouré aura l’apparition de Marie, qui donnera naissance à la très fameuse “médaille miraculeuse”, avec l’invocation : Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.
Pour reprendre des expressions de Louise elle-même, les Sœurs de la Charité sont des filles «de plein vent» qui ont pour voile «la sainte modestie», «pour monastère une maison de malade, pour cellule une chambre de louage, pour cloître les rues de la ville, ou les salles des hôpitaux» et pour devise : «La charité de Jésus Crucifié nous presse».
Ces religieuses ne font des vœux que pour une année, qu’elles renouvellent le 25 mars, fête de l’Annonciation, jour où Louise elle-même s’engagea définitivement à demeurer veuve au service du Christ.
Louise passa ses dernières années dans la maison de la rue du Bac, tout occupée à donner le premier exemple à toutes ses Sœurs. Elle travaillait à leur inspirer, par son exemple, la simplicité, la cordialité, la gaieté ; à celles qui regrettaient leur éloignement, elle recommandait de ne pas pleurer, ce qui était aussi mauvais pour l’âme que pour le corps.
Peu à peu, ces religieuses s’imposèrent : en 1657, une approbation royale donna à la Compagnie une existence légale, suivie de l’approbation pontificale en 1668.
Louise ne vit pas cette dernière : consommée en souffrances et en sainteté, elle s’éteignit le 15 mars 1660. Elle fut béatifiée en 1920, et canonisée en 1934. Ses restes, fort bien enchâssés, se trouvent dans la chapelle de la Médaille Miraculeuse, 140 rue du Bac à Paris, entourés d’une incessante dévotion de fidèles qui viennent de tous les pays du monde.


Johannes Dvořák
(Klemens Maria Hofbauer)
1751-1820

Ce prêtre très connu comme l’Apôtre de Vienne, ne s’appelait ni Klemens ni Hofbauer, et n’était pas autrichien.
Il naquit le 26 décembre 1751 à Taßwitz (Moravie sud, actuelle République Tchécoslovaque), et fut bien probablement baptisé le lendemain, fête de saint Jean, dont il reçut le nom. Ils étaient douze frères et sœurs.
Le père, Pavel, était boucher, et épousa la bavaroise Maria Steer. Au moment du mariage, Pavel germanisa son nom, et Dvořák devint Hofbauer (qu’on écrivit aussi parfois Hofmann ou Hoffmann), paysan.
A six ans, Johannes fut orphelin de père. Trop pauvre pour payer la pension d’un séminaire, il travailla comme apprenti boulanger à Znaim, après quoi il fut hébergé chez les Prémontrés de Klosterbruck, qui l’instruisirent. Il fit trois fois le pèlerinage de Rome et revint vivre en ermite, mais les ermites furent chassés de l’empire. Johannes partit pour Budwitz, où il apprit la langue slave.
En 1778, il fut boulanger à Vienne ; il put bientôt commencer enfin ses études de théologie à l’université.  Mais les professeurs y avaient des idées proches du protestantisme ; un jour, Johannes reprocha au professeur une thèse qui n’était pas catholique : le professeur avoua plus tard que cette intervention l’avait aidé à se convertir. 
Johannes quitta donc ce monde universitaire. C’est en 1783, lors d’un nouveau pèlerinage à Rome, qu’il assuma le nom de Klemens Maria.
En 1784, il se lia d’amitié avec Thaddäus Hübl, avec lequel il refit un pèlerinage à Rome ; dans la Ville éternelle, ils entrèrent chez les Rédemptoristes, en connurent le fondateur (Alfonso Maria de’ Liguori, v. 1er août)  et furent ordonnés prêtres en 1786.
On les envoya fonder un couvent en Autriche, mais l’attitude de l’empereur Joseph II n’y était pas favorable, aussi furent-ils envoyés à Varsovie (Pologne), où ils reçurent la charge de la paroisse Saint-Benno. Le départ des Jésuites de Pologne avait laissé un grand vide parmi les âmes et les nouveaux apôtres arrivaient à temps.
Klemens y fonda une école pour enfants pauvres, un ouvroir pour jeunes filles et un orphelinat. Dans l’église, il officiait et prêchait dans les différentes langues : morave, italienne, slavonne, autrichienne, polonaise… L’église ne désemplissait pas. Les Protestants et les Juifs se convertirent.
Les années suivantes furent mouvementées : il y eut d’autres fondations (deux autres à Vienne, Jestetten en 1802, le Mont Thabor), puis Klemens fut appelé à assumer le pèlerinage marial de Triberg (1805), qu’il dut cependant abandonner très vite, après que trois étudiants aient quitté leur diocèse pour se faire ordonner à Lucerne, suscitant la jalousie de l’évêque.
En 1808, la communauté de Varsovie fut dissoute, à la suite de calomnies qui arrosèrent péniblement le père Hofbauer ; il chercha malgré tout refuge à Vienne, où on lui confia la paroisse italienne, ainsi que la direction spirituelle des Ursulines : le résultat fut l’envahissement de leur chapelle par une foule d’étudiants qui voulaient profiter de l’enseignement de Klemens.
Finalement, Klemens conquit des personnalités et l’esprit du joséphisme fut ébranlé. Il devint vraiment l’apôtre de Vienne. La police impériale le poursuivit encore : il devait partir, mais l’empereur changea radicalement la position gouvernementale après une audience avec le pape Pie VII. 
Klemens ne vit pas le résultat de ce changement, mais l’annonça à ses Religieux : J’aurai à peine rendu le dernier soupir que vous aurez des couvents en abondance.
Il prêcha une dernière fois le 6 mars 1820, fut pris de la fièvre et reçut les derniers Sacrements le 15. A midi, il pria encore l’Angelus, et rendit l’esprit.
Son apostolat fut une mission permanente qui dura trente-cinq ans et s’acheva ce 15 mars 1820.
Lors de l’exhumation du corps en 1862, une femme malade de la poitrine et condamnée par les médecins, recouvra la santé. 
Johannes Dvořák - Klemens Maria Hofbauer fut béatifié en 1889 et canonisé en 1909.


Tommaso Riccardi
1844-1915

Tommaso fut le troisième des dix enfants d’un brave épicier de Trevi (Ombrie, Italie centrale), Francesco et de Maria Stella Paoletti. Francesco fabriquait de l’huile d’olive. 
Le garçon fut au collège de Trevi dès 1853, bon élève, amateur de théâtre et de musique, et s’en vint à l’université romaine de l’Angelicum pour étudier la philosophie.
Bien qu’il eût énergiquement affirmé ne pas avoir de vocation religieuse, c’était justement là sa préoccupation : dans quelle direction aller ? Il finit par frapper à l’abbaye bénédictine de Saint-Paul-hors-les-Murs.
Il y entra en 1866, prit le nom de Placido et fit la profession en 1868.
Sa préférence allait aux ouvrages des Pères, des saint Bernard et des saint Augustin, d’Anna Katharina Emmerich. Les manuels scholastiques l’embarrassaient par leur manque de bonté pastorale, encore plus les livres de culture profane, qu’il élimina.
Sous-diacre et diacre en 1870, il demanda un délai pour achever ses examens avant de partir au service militaire, mais fut pour ce motif déclaré «déserteur» (il n’y était pour rien !) : il passa presque deux mois en prison à Florence, fut envoyé au régiment d’infanterie de Livourne et fut réformé à Pise en janvier 1871, à cause de sa mauvaise santé.
De retour dans son abbaye, il fit la profession solennelle et reçut l’ordination sacerdotale en mars 1871.
Sa première mission fut d’être surveillant à l’alumnat de l’abbaye ; mais ce pieux moine qui aimait tant le silence et la prière, et de plus affligé d’une forte myopie, était littéralement tourmenté par les gamins ; des crises de paludisme achevèrent de convaincre l’abbé de le nommer sous-maître des novices et confesseur des moniales bénédictines de Sainte-Cécile à Rome.
En 1884, l’abbé l’envoya comme vicaire abbatial à San Magno d’Amelia, pour y réformer le monastère des Bénédictines, mais aussi pour lui envoyer un novice de Rome qui se disait favorisé de grâces célestes. La réforme des moniales réussit ; quant au «mystique», dom Placido le démasqua sans peine, de sorte qu’il fut ensuite nommé maître des novices en 1885.
En 1887, il fut à nouveau envoyé à Amelia, pour le grand bien des moniales, puis il fut envoyé à l’antique abbaye de Farfa (Sabine), et chargé du sanctuaire, où il put goûter la solitude et le silence qu’il préférait tant. Il eut seulement à aller confesser deux communautés franciscaines.
Il était tellement «absent» de la réalité, qu’il en oublia une année la fête de Pâques !!! Une autre année, invité à participer aux offices de la Semaine Sainte à la ville proche, il fut tellement choqué de l’indiscipline des enfants de chœur, qu’il se promit bien de n’y jamais retourner.
Pendant longtemps, dom Placido s’occupa ainsi du sanctuaire, réorganisant la vie liturgique, attirant de nombreux villageois, cherchant aussi à les aider ; il était si pauvre que les villageois refusèrent les pauvres loques qu’il leur proposa. 
Quand l’abbé de Rome eut l’idée de l’ «aider» avec la présence d’un Confrère allemand, ce dernier eut la maladresse de modifier nombre de détails de cette vie, et le sanctuaire fut littéralement déserté. Tout le patient travail de dom Placido effacé… Ses ennuis de santé reprirent.
En novembre 1912, une attaque le terrassa dans l’escalier, qu’il dégringola jusqu’en bas. Hémiplégique, il fut ramassé et immédiatement administré. On le reconduisit à Saint-Paul-hors-les-Murs.
Ses deux dernières années furent une longue agonie : alité, il ne pouvait pas même rester sur le dos, car ses jambes, toutes recroquevillées, se plièrent en arc. Celui qui l’assistait filialement fut dom Ildefonso Schuster, le futur archevêque de Milan (v. 30 août), qui obtint du pape l’autorisation - nécessaire à l’époque - de célébrer une fois par semaine la Messe dans la cellule de dom Placido.
Dom Placido s’éteignit le 15 mars 1915 (et non le 25, comme écrit dans le Martyrologe).
Détail de ses funérailles : quand sa dépouille entra dans la basilique de Saint-Paul, les cloches sonnèrent (par erreur) la fête au lieu du glas.
Il fut proclamé bienheureux en 1954, l’année où mourut le cardinal Schuster.


Jan Wojciech Balicki
1869-1948

Né à Staromieściu (Rzeszów, sud Pologne, près des frontières slovaque et ukrainienne) le 25 janvier 1869, Jan Wojciech (Jean Adalbert) était le fils d’un grec catholique et d’une catholique romaine, nommée Catherine.
Cette région, la Galicie, faisait partie de l’empire austro-hongrois et était sous la protection de la Pologne.
D’après la loi, Jan aurait dû être baptisé selon le rite de son père, mais son père le fit baptiser dans le rite romain.
Il suivit ses études sacerdotales au séminaire de Przemysl et fut ordonné prêtre en 1892.
Comme vicaire à Polna, il s’est tout de suite montré ardent prédicateur et confesseur.
Il ouvrit une maison pour recueillir des femmes tombées dans la prostitution : cette maison dut être fermée lors de la Seconde Guerre mondiale, au moment de l’invasion soviétique.
Il vint à l’Université Grégorienne de Rome pour passer le doctorat en théologie, et voyagea à Paris et Fribourg. Après quoi il fut professeur de théologie dogmatique au séminaire. 
La ville de Przemysl était alors peuplée de Polonais, de Ruthènes ukrainiens, de Juifs et d’Allemands. En 1915, la ville tomba ; il y eut beaucoup de morts et plus de cent-mille prisonniers. L’abbé Balicki s’efforça de maintenir son ministère de paix dans une fraternelle neutralité, rencontrant les uns et les autres dans un effort de réconciliation et de paix.
La ville fut le théâtre d’autres affrontements, reprise par les Autrichiens et les Allemands, puis par la Pologne et l’Ukraine, pour devenir finalement polonaise en 1921 (Traité de Riga). L’évêque était alors Jozef Sebastien Pelczar, qui mourut en 1924 (voir au 28 mars).
De 1928 à 1934 Jan Balicki fut aussi recteur du séminaire, jusqu’au moment où sa santé l’obligea à cesser ses activités. 
Il donna alors tout son temps au Sacrement de la réconciliation. Un de ses dirigés fut Ladislas Findysz, futur bienheureux (v. 21 août).
En 1939 la région fut occupée par les Allemands (qui restèrent dans les faubourgs), puis par les Soviétiques (qui restèrent dans la vieille ville) ; le séminaire était en zone allemande, mais l’abbé Balicki avec l’évêque restèrent en zone soviétique, où arrivaient de nombreux Juifs, expulsés par les Allemands. 
L’évêque et l’abbé Balicki, qui espéraient pouvoir passer plus facilement d’une zone à l’autre, furent assignés à résidence dans un autre bâtiment. Quand l’évêque protesta contre l’occupation de l’évêché par des femmes juives, il fut confiné dans une seule petite pièce.
Il y eut des massacres et du vandalisme contre toute la population polonaise. Plus de dix-mille Polonais moururent, toute l’élite intellectuelle fut décimée, toutes les personnalités furent soit emprisonnées soit exécutées sommairement.
En juin 1941, les Allemands occupèrent toute la ville. Il y eut encore des milliers de victimes.
A partir de 1942, des convois de Juifs furent dirigés vers Auschwitz et Belzec. Les protestations de l’abbé Balicki ne servirent à rien. Six-cents Polonais, qui avaient protégé des Juifs, subirent leur sort. Il y eut des exécutions publiques à partir de 1943.
En 1944, l’armée rouge chassa les Allemands. La ville avait perdu plus de la moitié de sa population. Plus de dix-sept mille Polonais et autant de Juifs avaient péri dans les combats successifs.
Les autorités soviétiques continuaient à brimer les Catholiques. L’abbé Balicki tomba malade en février 1948, et mourut à l’hôpital le mois suivant, le 15 mars 1948.
Dès 1975, Mgr Wojtiła, évêque de Cracovie et encore peu connu dans nos régions, intervenait à Rome pour ouvrir le procès de béatification de l’abbé Balicki. Devenu pape, il le béatifia en 2002.

Jan Balicki avait proposé une «montée» de sept degrés dans le progrès spirituel : 
avoir une approche sérieuse du sens de la vie ;
se tenir prêt à se convertir par l’auto-critique ;
avoir une confiance inaltérable en la prière ;
cueillir les fruits de la joie de l’Esprit ;
aimer la souffrance ;
louer la Miséricorde divine ;
s’amender sans cesse.

A l’occasion de la béatification, le pape lançait cet appel aux prêtres : 
Le ministère de la miséricorde était la vie du bienheureux Jan Balicki. Comme le cœur du prêtre est toujours ouvert aux nécessiteux, son ministère de miséricorde allait vers les malades et les pauvres, mais s’est surtout exercé dans le ministère de la Réconciliation. Toujours avec patience et humilité, il chercha à ramener l’homme pécheur au trône de la grâce de Dieu.
Je vous exhorte, prêtres et séminaristes, n’oubliez pas que vous, les commissaires de la miséricorde de Dieu, vous avez une grande responsabilité. Rappelez-vous aussi la promesse que le Christ a faite à sainte Faustine : «Dis à mes prêtres que les pécheurs endurcis se repentiront en entendant leurs paroles, quand ils parleront de mon insondable miséricorde, de la pitié que j’ai pour eux dans mon cœur.»


Artemide Zatti
1880-1951

Artemide naquit le 12 octobre 1880 à Boretto (Reggio Emilia, Italie Est), de Luigi et Albina Vecchi, des paysans. Il avait deux frères.
A neuf ans, il laissa l’école pour travailler comme ouvrier agricole.
En 1897, la famille émigra à Bahia Blanca (Argentine).
Il connut les Salésiens et entra dans leur séminaire à Bernal en 1900. 
Mais en soignant un jeune prêtre, il contracta la tuberculose. Envoyé dans une autre maison salésienne (Viedma) pour y être soigné, il promit à la Sainte Vierge de se consacrer aux malades, s’il guérissait, même au prix de renoncer au sacerdoce.
Il guérit en effet, et resta simple frère laïc dans la communauté. Il fit la profession en 1911.
Entièrement consacré à l’hôpital, il en fut le vice-directeur en 1913, administrateur et infirmier-chef. Chaque malade qui arrivait était pour lui le Christ en personne.
En 1913, il commença la construction d’un nouvel hôpital qui, cependant, à son grand regret, fut plus tard démoli, non pas par anticléricalisme, mais pour construire le nouvel évêché de Viedma.  Mais cette tristesse ne ralentit pas pour autant son élan et sa générosité.
Il se levait à 4 heures 30 du matin ; la journée commençait par la méditation et la Messe ; puis il visitait les malades de son hôpital et ensuite, à bicyclette, ceux des environs ; après le repas, il jouait avec les malades qui le pouvaient ; l’après-midi, de nouveau les visites ; puis il travaillait à la pharmacie ; le soir, nouvelle visite dans l’hôpital ; jusqu’à vingt-trois heures, il étudiait la médecine et finissait la journée avec quelque lecture spirituelle.
Il passa avec succès son diplôme d’infirmier.
Il resta donc là jusqu’à sa mort, sauf un intervalle de cinq jours, pendant lesquels il fut incarcéré, soupçonné de complicité avec un évadé, qu’il avait accueilli dans l’hôpital.
En 1950, il fit une chute dans un escalier et dut rester alité. Un cancer se déclara.
Il mourut le 15 mars 1951 et fut béatifié en 2002.
L’hôpital où il avait passé tant d’années à «accueillir le Christ», porte maintenant son nom.

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14 mars 2020 6 14 /03 /mars /2020 00:00

14 MARS

IV.    

S Alexandros, martyr à Pydna, pour avoir proclamé la divinité du Christ.
S Léon, évêque inconnu et martyr à Rome.

V.    

S Lazarus, évêque à Milan.
S Innocent, évêque à Vérone.

VI.    

S Leobinus, abbé à Brou, évêque à Chartres, thaumaturge.

VII.                        

S Boniface, italien, évêque à Ross. 

VIII.    

S Eustathius, martyr des arabes à Carrhes.

IX.    

S Euschemon, évêque à Lampsaque, adversaire de l’iconoclasme.

X.    

Ste Mathilde, reine d’Allemagne, mère de : Othon le Grand, futur empereur ; Henri, duc de Bavière ; Brunon, évêque à Cologne ; Gerberge, femme de Louis IV d’Outremer; Hedwige, grand-mère de Hugues Capet ; elle réussit à réconcilier ses deux fils aînés entre eux et avec elle.

XII.    

Ste Paulina, princesse allemande, fondatrice du double monastère de Paulinzella. 

XIII.    

Bse Eve, recluse, amie de Ste Julienne (cf. 5 avril), elle obtint du pape Urbain IV, ancien archidiacre de Liège, la confirmation de la Fête-Dieu pour l’Eglise universelle.
B Jean de Barastre, abbé à Mont Saint-Eloi, à qui s.Louis remit une épine de la Couronne du Christ.
B Pietro de Tréja, franciscain dans les Marches d’Ancône, mystique, ami de Corrado de Offida.

XIX.    

B Giacomo Cusmano, médecin et prêtre à Palerme, fondateur de deux familles : les Sœurs Servantes des Pauvres et les Missionnaires Serviteurs des Pauvres, béatifié en 1983.

Alexandros de Pydna
† 310

Alexandros vivait à Pydna (Macédoine, auj. disparue), au temps de l’empereur Maximien (305-311).
La Macédoine n’était pas le premier foyer de l’hérésie d’Arius, qui se développait en Egypte et en Palestine, mais Arius propagea astucieusement sa doctrine en Asie Mineure et en Grèce, en la mettant en musique sur des airs populaires.
Bien sûr, il y eut des discussions entre Grecs, Alexandros voulut se prononcer et proclama que Jésus-Christ était Dieu, et non une créature de Dieu. La discussion tourna mal, et le courageux Croyant fut décapité.
Des miracles se produisirent à son tombeau.
Saint Alexandros de Pydna est commémoré le 14 mars dans le Martyrologe Romain.


Lazzarus de Milan
† 449

Lazzarus semblait être de l’antique famille milanaise des Beccardi.
Après ses études, il fut ordonné prêtre, et devint, vers 438, le dix-neuvième archevêque de Milan.
Il gouverna ce diocèse jusqu’en 449, donc pendant onze années.
On a dû égarer les documents de son épiscopat.
Saint Lazzarus de Milan est commémoré le 14 mars dans le Martyrologe Romain.


Leobinus de Chartres
† 555

On a le bonheur de disposer d’une Vita de Leobinus, très célèbre, qui ne contient «pas trop d’invraisemblances» (!).
Leobinus (Lubin) était originaire du Poitou.
Son père lui confia la garde des troupeaux ; mais Leobinus demanda à un moine de lui écrire les lettres de l’alphabet sur la ceinture, ce que voyant, son père lui offrit un véritable abécédaire.
Leobinus entra très jeune dans un monastère : il voulait s’instruire. 
Un diacre se permit de lui donner trois «conseils», assez étranges ; qu’on en juge : ne pas se mettre au service d’un évêque, refuser tout direction d’église, ne pas entrer dans un petit monastère. Ce diacre avait dû vivre quelque épisode difficile avec un prélat… Avoir la responsabilité d’une église est un gros fardeau, sans doute, dont le peuple de Dieu a besoin pour être conduit sur le chemin de la sainteté, mais là encore, notre diacre avait dû remarquer quelles difficultés existent parfois entre curés jaloux… Quant au petit monastère, on verra que c’est justement ce que préconisera Teresa de Ávila…
Leobinus parcourra plusieurs étapes : d’abord auprès d’un certain ermite Avitus dans le Perche, Micy pendant le temps d’un noviciat, Lérins (mais dont il fut dissuadé par un moine qui lui parla de sa décadence), Javols (auprès de s.Hilaire, v. 13 janvier), Lyon (monastère de l’Ile-Barbe). Tous ces déplacements s’expliquent par le désir intense de Leobinus d’apprendre et de vraiment trouver un maître.
Le séjour à Lyon s’acheva au moment d’une invasion des Francs. Leobinus fut lié par des soldats, plongé plusieurs fois dans un trou et laissé là évanoui.
Avec deux compagnons, il retourna auprès d’Avitus, qui le nomma alors cellérier. A la mort d’Avitus, il se retira dans une solitude près de Charbonnières, pendant cinq ans.
C’est alors que l’évêque de Chartres conféra à Lubin le diaconat et le nomma abbé au monastère de Brou, avant-même de l’ordonner prêtre.
Le même évêque lui confia une mission auprès de s.Césaire d’Arles (v. 27 août). Là, Leobinus osa encore une fois parler d’aller à Lérins, mais Césaire le gronda sévèrement en lui reprochant de vouloir abandonner son poste : Leobinus rentra à Brou. Son abbatiat dura en tout douze années. Pendant cette période, Leobinus souffrit d’un douloureux cancer au nez, qui lui déforma les traits.
A la mort de l’évêque de Chartres, Ethaire, on nomma Leobinus pour lui succéder. Seuls quelques évêques objectaient les traces malheureuses de son cancer. Mais c’était surtout sans compter sur son humilité ! Aussi on usa d’un stratagème : on lui demanda seulement d’accompagner «le» moine qu’il jugerait le plus digne de la consécration épiscopale. Innocemment, Leobinus accepta de bon gré la proposition et… quand il arriva à Chartres, on lui aannonça que c’était lui, et personne d’autre, qu’on désirait, et que d’ailleurs un moine en avait rêvé la nuit précédente.
Une fois évêque, Leobinus ne fit que des miracles. Il suffisait de toucher son vêtement pour obtenir la guérison. Un des heureux bénéficiaires fut le prêtre Caletrix ou Caletricus, futur successeur de Leobinus sur le même siège (v. 4 septembre).
La maladie rongea Leobinus pendant sept années encore. Leobinus mourut un 14 mars d’une année qu’on peut situer  entre 552 et 567, uniques dates connues où, en 552, Leobinus soussigna le concile de Paris, et, en 567, Caletricus soussigna celui de Tours.
Le culte de Leobinus se développa rapidement ; il est considéré à l’égal d’un fondateur d’Eglise et modèle d’évêques. Une verrière de la cathédrale de Chartres retrace les épisodes de sa vie et de ses miracles. 
Les reliques de s.Leobinus furent profanées par les Huguenots au 16e siècle, et son chef disparut lors de la Révolution.
Saint Leobinus est commémoré le 14 mars dans le Martyrologe Romain.


Mathilde
875 env.-968

Mathilde (en latin Mathildis, qui a donné en français Maude ou Mahaut), eut pour père le comte Thierry ou Dietrich de Saxe, descendant du fameux Witikind (v. 7 janvier), prince des Saxons, et pour mère la comtesse Reinhilde, du sang des princes de Danemark et de Frise. 
Elle naquit vers 875, et fut élevée par son aïeule Mathilde, alors abbesse des bénédictines de Hereford. On l’instruisit des saintes Ecritures, en même temps qu’elle se rendait habile au travail des mains ; aimable et candide, active, chaste, généreuse, elle fut comblée par le ciel de toutes les grâces.
En 909 ou 913, elle épousa Henri l’Oiseleur, fils d’Othon, duc de Saxe. Trois ans après, par la mort de son beau-père, elle devenait duchesse de Saxe ; en 919, elle était reine d’Allemagne par l’élection de son mari comme successeur du roi Conrad. Dieu, par cette élévation extérieure, voulait mettre dans un plus grand jour les grâces de sa fidèle servante et les vertus dont son âme était ornée. Elle montra toujours une soumission parfaite et une fidélité inviolable envers son époux ; elle n’eut avec lui qu’un cœur, un esprit , une même volonté. Ils faisaient ensemble leurs aumônes et leurs libéralités ; bâtissaient des monastères et des hôpitaux ; dans l’intimité, ils accomplissaient en commun leurs exercices de piété. Pendant que Henri portait ses armes victorieuses dans le pays de ses ennemis, qu’il rendait tributaires les Danois et les Esclavons, soumettait la Bavière et la Bohême, Mathilde visitait, nourrissait, servait les pauvres de Jésus-Christ, les malades et les prisonniers. Ce digne époux mourra en 936.
Mathilde sut rester humble malgré son rang. Elle se mortifiait volontiers et donnait beaucoup de son temps à la prière. Dieu lui donna trois fils et deux filles, qui eurent une noble destinée. Othon le Grand fut empereur d’Allemagne, Henri fut duc de Bavière, Brunon fut archevêque de Cologne, Gerberge épousa Louis d’Outremer, roi de France, Hedwige enfin épousa Hugues le Grand, le père de Hugues Capet.
Mathilde connut la discorde dans sa famille, car ses deux fils aînés se jalousaient. Ce fut au point que ces deux hommes ne s’entendirent que pour dépouiller leur mère de ses biens et l’obliger à se retirer dans le couvent de Engerhen en Westphalie. Mathilde était consciente qu’elle était à la source de cette mésentente, car elle aurait voulu que la couronne de son mari échût à son deuxième fils, Henri, plutôt qu’à l’aîné, Othon.
Devenu roi, Othon épousa Edith ; sur invitation des évêques d’Allemagne, celle-ci s’employa pour adoucir les sentiments de son mari, lequel consentit enfin à demander pardon à sa mère et à la faire revenir. Henri à son tour demanda pardon. Mathilde put ainsi reprendre sa vie généreuse, construisant églises et hôpitaux, et surtout le célèbre monastère de Polden, aujourd’hui malheureusement disparu, où vivaient trois mille clercs.
Quand Othon fut sacré empereur à Rome, en 962, il chargea sa mère de l’administration des affaires. Puis Mathilde vint trouver son autre fils Brunon à Cologne, où il était archevêque. Tous trois allèrent ainsi à Northausen en Thuringe où Mathilde avait fondé un grand monastère féminin. 
C’est là que Mathilde, sentant arriver sa fin, voulut rester. Peu de temps avant de mourir, elle se fit transporter à Quedlinburg, car elle voulait être enterrée auprès de son mari.
Elle prophétisa encore que son petit-fils, devenu archevêque de Mayence, mourrait avant elle, ce qui eut lieu, car ce dernier mourut subitement.
Sa dernière heure venue, elle demanda d’intenses prières aux religieuses, aux ecclésiastiques ; elle se confessa, reçut l’Eucharistie, se fit étendre sur un cilice posé à terre et fit une dernière fois le signe de la croix avant d’expirer, le 14 mars 968.
On a dit que sainte Mathilde était morte à Halberstadt, mais il faut préciser que Quedlinburg était alors dans le diocèse de Halberstadt. Cette localité passa au protestantisme en 1539, et les reliques de sainte Mathilde se trouvent toujours là au fond d’un temple luthérien, tandis qu’une autre église (catholique) fut édifiée en 1858 sous le vocable de cette Sainte.
Le Martyrologe romain la commémore le 14 mars.

Paulina de Paulinzella
1067 - 1107

Elle naquit vers 1067 en Saxe, fille de Moricho, dans une famille de la haute noblesse, de la lignée de Kefernburg-Schwarzburg. 
Ce que Moricho avait reçu du roi Heinrich IV, passa en héritage à Paulina, avec d’autres domaines.
Paulina habita d’abord à Gatterstädt. Pieuse, elle fit plusieurs voyages à Rome pour obtenir enfin l’autorisation papale de fonder un monastère.
L’histoire raconte qu’étant un jour en déplacement avec sa suite, elle se perdit dans la forêt près de Rottenbach et Hengelbach. On trouva une petite cabane pour se réfugier. Tandis que les serviteurs étaient effrayés par le bruit du vent et la crainte des bêtes sauvages, Paulina eut la vision de la Mère de Dieu, qui la conduisit au milieu de la forêt : les arbres devinrent des colonnes de cathédrale, où l’on entendait un chant merveilleux.
En 1102, devenue veuve pour la deuxième fois, Paulina se retira avec quelques compagnes dans cette forêt de Thuringe pour y vivre dans la solitude ; ce furent ainsi les débuts de Marienzelle (la demeure de Marie).
Les vocations se multipliant autour de la sainteté de vie de ces ermites, Paulina fonda un monastère, qui évolua en double monastère pour les hommes et pour les femmes, près de Ilmenau. Le monastère prit le nom de Paulinzelle (demeure de Paulina). Tandis que les moines se consacraient principalement à la prière et au chant liturgique, les moniales s’occupaient des malades et de la pastorale.
Les moines qui vinrent y habiter, en 1106, étaient de l’abbaye bénédictine de Hirsau. C’est le pape Pascal II qui consacra le monastère.
Paulina vécut les dernières années de sa vie en recluse.
Elle dut faire un voyage à Hirsau en 1107, durant lequel elle tomba malade et mourut à Münsterschwarzach, le 14 mars 1107.
Le magnifique monastère fut supprimé au temps de la Réforme, et son église à trois nefs détruite. Les ruines actuelles laissent entrevoir l’importance des bâtiments. 
Sainte Paulina est commémorée au Martyrologe le 14 mars.


Eve de Liège
† 1266

Si l’on sait peu de choses sur cette sainte femme, ce qu’on en connaît demeure de première importance pour l’Eglise.
Elle vivait à Liège, et voulut se retirer comme béguine auprès de l’église Saint-Martin, ce qui explique qu’on la nomme aussi Eve de Saint-Martin.
Les béguines étaient de pieuses femmes qui s’isolaient et s’adonnaient à la prière, la méditation, la pénitence, l’ascèse.
Eve choisit la règle cistercienne pour son mode de vie. Elle rencontra Julienne de Cornillon, une autre béguine très sainte, qui avait eu révélation de propager la dévotion à l’Eucharistie.
Elles s’entendirent pour se rencontrer une fois l’an.
Eve, au début de sa vie ascétique, fut assaillie d’horribles tentations, qu’elle supporta et dépassa avec force et patience, encouragée par Julienne qui lui prédit qu’elles cesseraient bientôt.
A la mort de Julienne (1258), Eve intervint pour faire présenter au pape la demande de Julienne, d’instituer la Fête-Dieu. Or le nouveau pape, Urbain IV, providentiellement, était l’ancien archidiacre de Liège, Jacques Pantaléon, qui avait connu Julienne.
Quand il sut qu’Eve était encore en vie, il lui fit parvenir un bref pour la féliciter de son zèle (1264) et l’informer de l’institution de la Fête-Dieu, par la bulle Transiturus de hoc mundo.
La rédaction de l’office de cette fête avait été confié simultanément à saint Thomas d’Aquin et à saint Bonaventure ; quand Thomas présenta son travail au pape, Bonaventure déchira le sien humblement, affirmant qu’on ne pouvait faire mieux que Thomas. Il déchira peut-être un trésor…
Eve mourut peu après, probablement le 14 mars de 1266.
Elle est bienheureuse, fêtée à Liège le 14 mars, jour où elle est inscrite au Martyrologe sous la dénomination de Eve du Mont Cornillon.


Giacomo Cusmano
1834-1888

Giacomo naquit le 15 mars 1834 à Palermo (Sicile, Italie), quatrième des cinq enfants de Giacomo et Maddalena Patti, propriétaires assez importants. Les frères et sœurs s’appelaient Vincenzina, Pietro, Giuseppina, Giacomo et Giuseppe.
Le petit garçon n’avait que trois ans lorsque sa maman mourut du choléra en 1837.
Le papa était un bon chrétien et Giacomo junior grandit dans la piété et l’amour du prochain. Presque trop : il était si généreux de ses beaux habits (qu’il lançait du balcon à quelque pauvre qui passait), qu’on dut fermer à clef son armoire.
Après avoir reçu à la maison sa première formation d’un prêtre, don Francesco Libassi, qui le prépara aussi à la Première communion et à la Confirmation, Giacomo fréquenta le collège des Jésuites, de 1841 à 1851, avec une pause d’interruption en 1848-1849, lorsque les Jésuites furent momentanément interdits.
En 1850, Giacomo demanda son admission dans l’Ordre jésuite et s’apprêtait à partir pour Naples, lorsque son frère Pietro arriva et l’emmena manu militari à la maison.
L’adolescent avait seize ans ; il obéit. Revenu chez son père, il s’inscrivit à la faculté de médecine de Palerme.
En même temps, il attira autour de lui toute une troupe de jeunes auxquels il transmit son idéal, autant scientifique que religieux. 
En 1852, mourut Monsieur Cusmano. Pietro, le frère aîné, marié, n’était plus à la maison : Giacomo devenait l’administrateur de la propriété familiale. Envers les ouvriers, qui l’appelèrent don Giacomino (don Jacominet), il se montra courtois, donnant ses ordres avec douceur, se montrant reconnaissant pour le travail accompli. Et quand il rentrait à la maison, il lui arrivait volontiers de faire monter sur sa jument tel paysan pauvre, trop fatigué pour faire le chemin à pied.
En 1855, il avait vingt-et-un ans et passa son doctorat en médecine et chirurgie avec la meilleure note.
Il continua d’être assidu auprès des pauvres. Quand un de ses amis, embarqué dans les événements indépendentistes de l’époque, lui proposa de le rejoindre, il resta étranger à cette offre pour se retirer dans ses propriétés. 
Il songea à se consacrer à Dieu pour s’occuper activement des pauvres. Dûment conseillé par un saint prêtre, il se prépara au sacerdoce, qu’il reçut après une seule année de préparation, si grande était déjà sa culture. 
On le vit désormais avec les cheveux courts, la barbe rasée, en soutane, ce qui ne manquait pas de susciter quelques moqueries des habitants. Il fut ordonné prêtre en 1860.
D’abord il fut vicaire dans le quartier de sa famille. Il était si préoccupé des pauvres et des mourants, qu’il dormait tout habillé pour être prêt au moindre appel. Aux pauvres, il distribuait les récoltes des propriétés familiales ; il circulait avec une petite charrette pour recueillir aussi vêtements et vivres pour les pauvres. 
Déjà on venait nombreux se confesser à lui ; méfiant envers lui-même, il fréquenta les cours de théologie morale et d’Ecriture Sainte au séminaire. Il se mortifia, par le jeûne, par les nuits passées à dormir sur une croix. Une pénible fistule intestinale le frappa et le fit souffrir toute sa vie.
Nommé archiprêtre, il refusa pour réaliser une première œuvre : la Maison de la Miséricorde, qu’il confia aux Filles de la Charité, pour recevoir et soigner les pauvres. L’œuvre fut financée par les notables locaux.
Quand la Sicile fut annexée à l’Italie «unifiée», les biens de l’Eglise furent confisqués et beaucoup d’ouvriers perdirent leur travail. En 1866, même l’évêque fut incarcéré. Don Cusmano imagina un mouvement charitable : obtenir de tous les habitants de Palerme de mettre chaque jour de côté quelque chose de leur repas, pour nourrir des pauvres. 
Après quelques débuts difficiles, quand on le vit soigner les victimes d’une nouvelle épidémie de choléra, on s’enthousiasma pour l’aider et ainsi naquit le Boccone del Povero, la Bouchée du Pauvre. 
Dans son zèle, don Cusmano donna aussi quelque chose de plus aux familles qui avaient quelque animal domestique ; il paya les dettes des plus désespérés, les sauvant du suicide.
Des hommes et des femmes vinrent l’aider, entre autres sa propre sœur Vincenzina. Mais il eut aussi l’exigence d’en refuser si elles n’étaient pas suffisamment pieuses et discrètes.
En 1868, il obtint l’approbation du pape ; n’ayant pu obtenir les bâtiments de quelque couvent supprimé, il ouvrit près de son église un réfectoire, un orphelinat, des ateliers pour travailler les tissus, les chapelets, les chaussures, le vin, et même un dépôt de pétrole.
Il forma aussi des prêtres pour encadrer l’œuvre, dédiée à saint Joseph. Il alla prêcher dans les environs.
Il s’éloigna un moment à Agrigente, lorsque son grand ami don Turano y fut nommé évêque ; mais il revint à Palermo, où on le réclamait avec insistance. Nommé chanoine, il refusa encore cette dignité, pour ne s’occuper que de son œuvre.
Il y eut un moment de crise ; des désertions, la chute des collectes, les maladies… Don Cusmano obtint enfin une église plus grande avec les bâtiments voisins d’un couvent vide, qui fut remis en état. On fallit le lui faire démolir, ou le lui reprendre, mais il réussit à démontrer que le bâtiment était un monument historique et qu’il fallait au contraire le restaurer. On l’approuva.
Une de ses conquêtes fut un Juif converti, un certain Abraham, que sa famille ne voulait plus recevoir s’il ne repassait pas au judaïsme.
Se sentant cependant indigne et incapable, don Cusmano songea à remettre tout son travail à d’autres Religieuses, mais un songe où il vit la Sainte Vierge, le réconforta (1878). Peu après il rencontra la voyante de La Salette, Mélanie Calvat, qui l’encouragea.
Il ouvrit alors une nouvelle Congrégation, les Servantes des Pauvres, dont la supérieure fut sa sœur, Vincenzina. Des hommes se joignirent à l’œuvre. Même le maire de Palerme, un franc-maçon convaincu, fut tellement frappé du courage et du travail de don Cusmano, qu’il lui donna en 1881 une ancienne maison de Jésuites, la Quinta Casa al Molo.
On y réunit près de cinq cents pensionnaires, qui apprenaient à travailler les chaussures, les vêtements, l’imprimerie, la reliure.
En 1881, s’ouvrit encore près de Palermo un nouveau centre, grâce à la générosité de donateurs. Il s’y trouva jusqu’à trois cents petites filles.
En 1882, s’ouvrit une autre maison à Agrigente. On donna à don Cusmano une autre ex-maison religieuse à Valguamera. La même année, le pape l’encouragea personnellement. En 1883, une autre maison s’ouvrit à Monreale, puis à Caltanissetta.
C’est en 1884 que naquit effectivement la branche masculine de son œuvre : les Serviteurs des Pauvres.
En 1885, il rencontra à Messine le fameux chanoine Annibale Maria Di Francia, qui voulait unir son œuvre personnelle à celle de don Cusmano. Mais celui-ci fut inspiré de laisser à don Annibale son indépendance ; en effet, ce dernier fonda ensuite les pères Rogationnistes et les Filles du Zèle Divin (voir au 1er juin).
La même année, une pénible épidémie de choléra s’abattit sur Palerme. Don Cusmano ouvrit un petit hôpital où il soigna les malades ; des centaines qu’il reçut, il n’en mourut qu’une trentaine.
En novembre 1885, il ouvrit encore un centre sur les terres de sa famille.
1887 fut difficile ; les mauvaises récoltes engendrèrent la famine, et la révolte. Don Cusmano emprunta pour nourrir les pauvres. Il dut aussi subir une difficile opération chirurgicale. Affaibli, il fit installer le téléphone dans toutes ses maisons, pour rester informé des nécessités de chacune.
Cette même année fut officiellement fondé l’ordre des Missionnaires Serviteurs des Pauvres.
L’abbé Giacomo Cusmano fut surnommé le Don Bosco du Sud. 
Sa santé baissait, ses forces diminuaient. Peu avant de mourir, il organisa encore l’Association des Dames de la Charité, après quoi il murmura : Ma mission est terminée.
En février 1888, il dut avec tristesse renoncer à célébrer la sainte Messe. Début mars, on arriva à le soulager d’une pleurésie. Le 13 mars il put converser longuement sur l’œuvre avec ses Confrères. La nuit suivante, il s’éteignit, le 14 mars 1888.
Don Giacomo Cusmano a été béatifié en 1983.
Depuis, l’œuvre s’est assez rapidement étendue à l’étranger : au Mexique d’abord, puis, les dernières soixantes années, au Congo et au Cameroun, au Brésil ; récemment encore aux Philippines et en Inde.

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13 mars 2020 5 13 /03 /mars /2020 00:00

13 MARS

III.    

S Sabinus, martyr à Hermopolis, dénoncé par le mendiant qu’il aidait.
S Urpasien, chrétien de la maison de Dioclétien, martyr à Nicomédie.

IV.    

Ss Macédonius, prêtre, son épouse Patrikia et leur fille Modesti, martyrs à Nicomédie.
S Melaine, évêque à Troyes.

?    

Ss Theusétas, Horrès, Théodora, Nymphodora, Marc et Arabia, martyrs à Nicée de Bithynie.

VI.    

Ste Christina, vierge et martyre en Perse.
S Pientius, évêque à Poitiers, soutien de ste Radegonde dans l’édification de son monastère.

VII.    

S Leandro, frère des ss. Isidoro, Fulgéncio et Florentina, évêque à Séville, témoin de la persécution et de la conversion du roi arien.
S Mochoemoc (Pulcherius), fondateur et abbé à Liath-Mochoemoc.
S Vincent, curé à Magny.
Ste Mafflée (Macteflède), abbesse à Habend où fut organisée la “Laus perennis”  (sept groupes de douze moniales se succédaient au chœur sans interruption).

VIII.    

S Géraldus (Garalt), moine (abbé ?) à Mayo.

IX.    

S Eldrado, provençal, abbé à Novalesa.
Ss Rodrigo, prêtre, et Salomón, martyrs à Cordoue ; Rodrigo avait été dénoncé par son frère, musulman.
S Ansovino, évêque à Camerino ; avant d’être sacré il obtint que l’empereur abolît la coutume selon laquelle l’évêque devait fournir des subsides militaires au pouvoir temporel.

XI.    

Ste Kennocka, religieuse à Fife.

XIII.    

B Pietro II, abbé à La Cava.
B Agnello de Pise, compagnon de s.François d’Assise, fondateur à Paris et surtout en Angleterre, mort à Oxford.

XV.    

B Henry (Eric), fils du roi scandinave Aquin, il refusa de régner, partit en pèlerinage à Rome, et mourut à Pérouse.

XVI.    

B William Haddoc, moine au pays de Lancastre et martyr.

XVIII.    

Bse Françoise Tréhet, des Sœurs de la Charité, martyre guillotinée à Laval. 

XX.    

Ste Maria Rita Lópes Pontes de Souza Brito (Dulce, 1914-1992), brésilienne des Sœurs Missionnaires de l’Immaculée Conception, béatifiée en 2011, canonisée en 2019.

Sabinus d’Hermopolis

† 287

 

Sabinus - ou aussi Babinus, ou encore Abibus - vivait à Hermopolis (act. el-Ashmounein, Egypte) ou en venait.

Bien avant la persécution proprement dite de Dioclétien en 303, des Chrétiens furent arrêtés. En Egypte, on les recherchait et Sabinus se cacha pendant un certain temps.

Un mendiant cependant, qui en recevait des aumônes, s’offrit à le dénoncer, recevant pour ce «service» deux pièces de monnaie.

Sabinus fut amené devant le préfet, qui le condamna à diverses tortures et le fit jeter dans le Nil.

Saint Sabinus d’Hermopolis est commémoré le 13 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Makedonios de Nicomédie

avec sa femme et sa fille

† 303

 

Makedonios vivait à Nicomédie avec son épouse Patrikia et leur fille Modesti.

Il fut désigné pour recevoir le sacerdoce.

Tous trois reçurent la couronne du martyre, au temps de la persécution de Dioclétien, c’est-à-dire vers 303-311, mais il y eut des arrestations avant cette période aussi.

Anciennement, la mention de ces trois martyrs était complétée d’une vingtaine d’autres noms.

Saint Makedonios de Nicomédie est commémoré, avec sa femme et sa fille, le 13 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Christina de Perse

† 559

 

Cette chrétienne vécut au 6e siècle en Perse, sous le roi Chosroe Ier.

Si l’on peut dire que ce roi fut un «louis XIV» de la Perse, aussi guerrier que soutien des arts, il ne fut pas le protecteur du Christianisme.

Christina fut arrêtée pour sa foi, et battue de verges jusqu’à son dernier soupir.

Sainte Christina est commémorée le 13 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pientius de Poitiers

† 564

 

Pientius (qu’on traduit en français Pient, ce qui n’est pas terriblement harmonieux), vécut au 6e siècle.

Si l’on ne connaît pas sa vie personnelle, des témoignages sûrs attestent sa sainteté.

Il semble cependant que, contrairement à beaucoup de prélats choisis dans l’aristocratie à cette époque, Pientius fût le fils d’un simple gardien de l’église cathédrale.

Il monta sur le siège épiscopal de Poitiers après Daniel, vers 555.

En particulier, il aida sainte Radegonde (v. 13 août) à bâtir son monastère.

Dès 561 environ, par décision du roi Clotaire, on lui nomma un successeur en la personne du duc Austrapius, entré récemment dans la cléricature ; en réalité, le nouveau roi, Charibert, fit nommer Pascentius à cette charge.

Une chapelle que Pientius avait fait construire à Maillé, fut pendant dix siècles lieu de pèlerinage, avant d’être détruite par la fureur huguenotte et remplacée par l’église paroissiale.

Saint Pientius, qui mourut vers 564, est commémoré le 13 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Leandro de Séville

535-600

 

Dans cette belle famille chrétienne de Cartagena (Andalousie, Espagne SE), naquirent successivement de Severianus et Túrtura : Leandro, vers 535, Fulgencio, Florentina et Isidoro (v. 14 janvier, 28 août et 4 avril).

Leandro embrassa très tôt la vie monastique, d’abord à Leon, puis à Seville même, où sa famille vint se réfugier en 554, devant l’invasion .

En 579, Leandro fut appelé à assumer la charge épiscopale.

Il créa une école où devrait être enseignée la foi romaine, mais aussi les arts et les sciences.

Les élèves affluèrent vite, parmi lesquels on compta Hermenegildo et Recaredo, les deux fils du roi Leovigildo. On aura l’occasion de voir que le premier des deux fut entièrement acquis à la foi romaine, qu’il défendit par le martyre (v. 13 avril).

Mais le roi Leovigildo usa de tous les moyens possibles pour soutenir l’erreur arienne, condamnant à la prison ou à l’exil les opposants, comme ce fut le cas du fidèle Leandro.

Leandro, décrivant la situation du pays à cette époque, dit qu’on n’y trouvait plus un homme vraiment libre, et que même la terre ne produisait plus son fruit.

Avant d’être exilé, Leandro eut encore le temps d’aller à Constantinople , où il rencontra le futur Grégoire 1er (v. 12 mars), qui s’y trouvait en tant qu’apocrisiaire (légat) du pape. C’est sur les instances de Leandro que Grégoire écrivit son Commentaire sur Job. Entre Grégoire et Leandro se tissa une très forte amitié spirituelle, qui s’exprime dans leur correspondance.

La persécution fut suspendue par la «conversion» du roi Leovigild. Si l’on doute parfois de sa véritable conversion, on admet un revirement et une attitude meilleure envers l’Eglise. L’avènement de Recaredo confirma cette paix retrouvée, qui aboutit d’une part à la conversion de tout le peuple visigoth et d’autre part au troisième concile de Tolède (589).

En 590, l’ami Grégoire devint pape sous le nom de Grégoire Ie, lequel, heureux des récents développements de la situation en Espagne, envoya à Leandro le pallium. Il lui aurait aussi envoyé une image de Notre-Dame de Guadalupe.

Désormais, Leandro allait se consacrer, outre qu’à son devoir pastoral, à la rédaction d’ouvrages, mais dont un seul nous est parvenu.

Une Lettre à Florentina, qu’on considère comme une véritable Règle, contient des remarques fondamentales, parmi lesquelles que les jeunes filles nées dans l’esclavage sont devenues véritablement sœurs par leur profession.

Les dernières années de Leandro se passèrent dans la pénitence, les jeûnes, la méditation de l’Ecriture, mais aussi dans les infirmités, notamment la goutte, comme d’ailleurs le pape Grégoire Ier.

Leandro mourut, dit-on généralement, le 13 mars de 596, voire même de 601. Son propre frère, Isidoro, lui succéda.

Saint Leandro est commémoré le 13 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eldrado de Novalesa

† 840

 

A peine Eldradus fut-il né, à la fin du 8e siècle à Lambesc (Bouches-du-Rhône), qu’il fut orphelin.

Ses parents lui laissaient un héritage abondant, qui l’embarrassait. Il commença par chercher le dépouillement dans son vêtement et dans sa demeure, puis s’occupa de bonnes œuvres, de l’instruction des ignorants, de l’assistance aux pauvres.

Il voulut embrasser la vie monacale et, pour cela, s’en vint en Italie, parvint à Rome. Il apprit qu’une abbaye bénédictine venait d’être fondée au Mont Cenis, en Piémont : les moines y exerçaient l’hospitalité jour et nuit, s’occupaient d’une aumônerie située au sommet du passage.

En 814, il s’y présenta sous les traits les plus simples d’un voyageur ordinaire, mais fut bien vite reconnu par l’abbé, Amblulfus, qui était aussi de Provence.

L’abbé mit d’abord à l’épreuve le nouvel arrivé, lui confiant le soin des vignes ; une fois vêtu, Eldrado montra le plus grand zèle à étudier les Règles des maîtres, s. Basile, s.Colomban, s. Benoît (v. 2 janvier, 23 novembre, 11 juillet). L’oiseau avait trouvé son nid : Eldrado fit de grands progrès dans les vertus, charitable, doux, obéissant.

Il fut ordonné prêtre et fut chargé de l’accueil des pèlerins et de l’instruction des novices.

A la mort d’Amblulfus, le nouvel abbé, Hugues, se déchargea de l’administration de l’abbaye sur notre Eldrado, car il avait déjà d’autres responsabilités en d’autres abbayes ; quand il mourut, c’est Eldrado qui fut choisi. Cette élection eut lieu avant 825.

On dut lutter contre son humilité foncière pour lui faire accepter son élection, mais on ne la regretta pas.

Eldrado mit tout son zèle à développer les activités de l’abbaye ; à l’intérieur, organisant la Laus perennis (Louange perpétuelle) et revisant les textes des psaumes ; à l’extérieur, redoublant d’attention à l’endroit des pèlerins en vue de plaire à Dieu, disait-il.

Il fut à l’origine de plusieurs édifices : Saint-Pierre près de Lambesc (810), quatre églises à Monestier-les-Bains ainsi qu’un nouveau monastère avec un hospice pour les voyageurs, le grand campanile de Novalesa, un hospice dans le passage du Lautaret en Dauphiné.

Dans cette région, il fit disparaître les serpents qui y sévissaient.

Bien d’autres miracles eurent lieu par sa prière et sa présence : on cita la guérison d’un muet, d’un boîteux, d’un lépreux ; il lisait dans les cœurs…

Il fut informé divinement de sa mort prochaine quatre jours avant ; heureux, il s’y prépara, entretint encore les moines sur l’union et la concorde, et s’endormit doucement le 13 mars 840.

Quelque temps après les funérailles d’Eldrado, on exposa son corps à la vénération des fidèles, mais on le reporta en terre par crainte des Sarrasins en 906. Mille ans plus tard, en 1903, son culte fut confirmé.

Saint Eldradus est commémoré le 13 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rodrigo de Cordoue et Salomón

† 857

 

Dans l’Andalousie conquise par les Arabes, vivaient à Cordoue trois frères, dont deux étaient chrétiens et l’autre musulman. Des trois, on ne connaît que le nom de Rodrigo, né à Cabra, et qui était devenu prêtre.

Vint un jour une rixe entre deux d’entre eux, et Rodrigo chercha à les séparer, mais ils le frappèrent et le laissèrent inanimé.

Le musulman fit alors mettre Rodrigo sur une charrette et porter à travers la ville en criant : Voyez mon frère prêtre : il a embrassé notre religion ; il n’a pas voulu quitter ce monde sans vous faire connaître son changement.

Cependant Rodrigo se remit. Il apprit le comportement de son frère et s’éloigna de la ville. Mais un jour qu’il devait y passer pour quelque affaire - et la persécution s’étant déchaînée à Cordoue, il fut reconnu par son frère et conduit de force devant le cadi, l’accusant d’avoir abandonné l’islam.

Rodrigo protesta qu’il n’avait jamais embrassé l’islam, et qu’il était et restait prêtre de la religion catholique.

Condamné à mort, il est mis en prison, où il trouve un autre chrétien, Salomón, avec qui il se lie d’amitié.

Le jour de l’exécution, Rodrigo est décapité le premier, Salomón reste inébranlable et est à son tour décapité.

Jetés dans le fleuve Guadalquivir, les corps furent retrouvés. On vénéra les deux hommes comme martyrs, Rodrigue fut inhumé au monastère de Saint-Genesius, Salomón en l’église des Saints-Cosme-et-Damien.

Depuis le XVIe siècle, ils sont inscrits au Martyrologe le 13 mars.

 

 

Ansovinus de Camerino

† 868

 

Il naquit au 9e siècle à Camerino (Marches, Italie CE), d’une famille originaire de Lombardie.

Après d’excellentes études à Pavie, il fut conseiller auprès de l’empereur Ludovico II.

Vers 850, il fut désigné pour être le nouvel évêque de Camerino, le vingt-cinquième pour la précision.

Or, il commença par refuser. La raison en était que, d’après une tradition locale, l’évêque était tenu de fournir au pouvoir temporel des subsides militaires. Ansovino mit comme condition de son acceptation, la suppression de cette étrange et illicite tradition. Ludovico consentit.

Ansovinus alors se rendit à Rome pour y être consacré par le pape.

Le nouvel évêque fut généreux envers ses fidèles, en particulier lors d’une famine : il ouvrit ses greniers et donna ordre de distribuer tout le grain jusqu’à épuisement ; le grenier se remplit plusieurs fois du soir au matin.

D’autres miracles illustrèrent encore la sainteté d’Ansovinus.

En 861, il participa au concile de Rome.

Il mourut au retour d’un voyage en arrivant à Camerino, le 13 mars 868.

Ansovinus fut le seul évêque de Camerino canonisé après le fondateur de ce diocèse, un mystérieux saint Leontius, au 3e siècle, d’ailleurs inconnu au Martyrologe.

Saint Ansovinus est commémoré le 13 mars dans le Martyrologe Romain.

Pietro II de La Cava

? - 1208

 

Il y eut autour de l’abbaye de La Cava (Italie SO) des événements politiques suffisamment graves pour qu’on n’ait retenu que quelques indications concernant ce dixième abbé du célèbre monastère.

On croit que son prédécesseur, Ruggiero, était resté fidèle à la dynastie normande et se vit contraint à se retirer alors que le monastère était tombé aux mains de l’empereur Heinrich VI, quand il s’empara de Salerno en 1194.

Il semble donc que Pietro II ait été élu en 1195, puisque son abbatiat dura treize années.

C’était le neuvième abbé de La Cava.

Il eut la sagesse de préférer la paix et de s’attirer la bienveillance de l’empereur, qui confirma les possessions de l’abbaye.

En 1201, Pietro acquit (ou acheva) l’hospice de Vietri qui, par sa situation privilégiée, fut bientôt une des plus utiles dépendances de l’Ordre : le grand cellerier, chargé des affaires temporelles les plus importantes, y fixa sa résidence, et les abbés prirent l’habitude d’envoyer dans ce lieu si agréable les moines malades ou fatigués.

Les dernières années de son abbatiat, Pietro dut intervenir auprès de l’archevêque de Salerne et même jusqu’au pape, pour que lui soient reconnus les droits de l’abbaye sur certains territoires, que d’autres seigneurs cherchaient à lui ravir.

Dans le cadre de ces moments agités, Pietro fit élire son successeur, Balsamo (v. 24 novembre) ; il mourut trois jours après cette élection, le 13 mars 1208.

Le culte du bienheureux Pietro II fut confirmé en 1928.

 

 

Agnello de Pise

1194-1235

 

Agnello (Agneau) pouvait être de la famille Agnelli et naquit en 1194 à Pise (Toscane, Italie CO).

Il se trouvait à Venise quand il rencontra saint Francesco d’Assise (v. 4 octobre), qui l’admit comme Frère mineur en 1212.

Sa première mission, en 1217, fut d’aller fonder à Paris un premier couvent. D’autres s’y fondèrent et Agnello fut le custode pour l’Ile-de-France.

Lors du chapitre de 1223, le même Fondateur désigna Agnello pour aller fonder un monastère en Angleterre. Agnello s’embarqua à Fécamp et aborda à Douvres le 10 septembre 1224, avec huit compagnons. A cette date-là, il était diacre, et ne reçut le sacerdoce que sur une disposition du chapitre.

L’historien Tommaso d’Eccleston écrivit que le premier ministre d’Angleterre fut le frère Agnello de Pise, un homme doué natuellement d’une grande prudence, de toute vertu, illustre par son rang et son honnêteté.

Avant la fin de l’année, deux couvents étaient fondés, l’un à Cornhill (Londres), l’autre à Oxford. L’expansion de l’Ordre fut telle qu’au premier chapitre de Londres, on divisa les couvents en six custodes : Londres, Oxford, Cambridge, York, Salisbury, Worcester.

A Oxford, Agnello fit construire une école et demanda au chancelier de l’Université, Robert Grosseteste, d’y enseigner. Les Franciscains eurent ainsi une grande influence dans toute l’Angleterre, jusqu’au schisme.

En 1230, Agnello était présent au chapitre d’Assise, où l’on devait faire la translation du corps de saint Francesco ; à peine de retour en Angleterre, il revint en Italie avec Peter de Tenkesburg, le gardien du couvent de Londres, et deux dominicains, pour examiner à Rome la question des évêques d’Angleterre.

Le roi Henry III le prit comme conseiller et, peu avant de mourir, Agnello travailla à rétablir la paix entre le roi et son maréchal au pays de Galles.

Agnello mourut à Oxford, le 13 mars 1235. Plusieurs années plus tard, son corps fut trouvé sans corruption et suintant une huile au parfum odorant.

Le culte de ce Religieux franciscain fut approuvé en 1892.

 

 

Françoise Tréhet

1756-1794

 

Née le 8 avril 1756 à Saint-Mars-sur-la-Futaie (Vendée) dans une famille de propriétaires aisés, Françoise voulut suivre le Christ de plus près dans la pauvreté, la chasteté et l'obéissance évangéliques. Elle entra dans la communauté des Sœurs de la Charité, qui portera ensuite le nom de Notre-Dame d'Evron. 

En 1783, elle partit à Saint-Pierre-des-Landes pour ouvrir une école paroissiale, avec une jeune consœur, Jeanne Véron.

Elle dépensait ses forces entre les murs d'une école, dévouée à l'éducation des petites filles, ou aussi allait au chevet des malades.

Françoise avait un caractère trempé - elle allait le montrer devant ses soi-disant juges -, mais lorsque survint la Terreur, il fallut bien se cacher. Or, fin février 1794, les deux religieuses furent dénoncées et arrêtées. On les conduisit à Ernée (Maine).

Le 13 mars 1794, Françoise fut interrogée par la cruelle "Commission Clément": on l'accusa d'avoir caché des prêtres réfractaires au serment imposé par les révolutionnaires, et d'avoir aidé des Vendéens.

Ce qu'elle répondit ne laisse aucun doute sur les raisons de son engagement et sur son innocence : elle répondit que tout malade était un frère en Jésus-Christ et qu'il avait droit à être soigné. 

Comme son combat n'était pas politique, elle refusa de crier longue vie à la République, et ce sursaut de liberté scella sa condamnation à mort par la guillotine. Elle allait avoir 38 ans.

Portée par une force intérieure, elle monta à l'échafaud en chantant à la Vierge Marie le Salve Regina, le 13 mars 1794.

Jeanne Véron sera exécutée après une condamnation tout aussi sommaire, une semaine plus tard.

Elles ont été béatifiées ensemble par le pape Pie XII le 19 juin 1955, parmi les martyrs de Laval.

Plus de 350 martyrs de la Révolution française ont été béatifiés. Jean-Paul II s'en est expliqué un jour en disant:

"On les a, dans les attendus des sentences, accusés de compromission avec les forces contre-révolutionnaires, il en est d'ailleurs ainsi dans presque toutes les persécutions d'hier et d'aujourd'hui. Mais pour les hommes et les femmes dont les noms ont été retenus - parmi beaucoup d'autres sans doute également méritants -, ce qu'ils ont réellement vécu, ce qu'ils ont répondu aux interrogations des tribunaux ne laisse aucun doute sur leur détermination à rester fidèles, au péril de leur vie, à ce que leur foi exigeait, ni sur le motif profond de leur condamnation : la haine de cette foi que leurs juges méprisaient comme dévotion insoutenable et fanatisme

 

 

Maria Rita Lópes Pontes de Souza Brito

1914-1992

 

Née le 26 mai 1914 à Salvador (Bahia, Brésil) de Augusto Lópes Pontes, chirurgien dentiste, et Dulce Maria de Souza Brito, Maria Rita perdit sa maman à six ans. Maman Dulce n’avait que vingt-six ans. Ce furent les tantes qui l’éduquèrent. Elles l’appelaient Mariínha.

En 1917, avec sa tante Madaleninha, elle a l’occasion de visiter une zone très pauvre de Salvador, ce qui la remua profondément.

Cette fille très joyeuse aimait jouer avec sa poupée (Celica), dont elle était inséparable ; elle jouait de la musique, courait après son cerf-volant et, en bonne Brésilienne, soutenait le club de football Sport Club Ipiranga, constitué par des ouvriers.

Sa tante lui explique que cette joie ne pouvait pas durer constamment ; qu’elle devait penser à ceux qui souffraient ; que la vie est faite d’épines et d’épreuves.

A quinze ans, elle demande à entrer au couvent de Desterro, chez les Franciscaines. Mais elle est encore trop jeune.

En 1932, elle termine ses études et entre chez les Sœurs Missionnaires de l’Immaculée Conception de la Mère de Dieu, avec le nom de Dulce, le nom de sa maman.

L’exemple qui la poussa dans sa vocation fut Thérèse de l’Enfant Jésus, qui n’était pas même Bienheureuse à ce moment-là (voir au 30 septembre). Dulce comprit que, à l’exemple de la «Petite» Thérèse, tous nos petits actes d’amour, si petits soient-ils, plaisent énormément à l’Enfant-Jésus.

Au début, comme dans tous les noviciats, on la chargea de la sacristie, de l’accueil, de la buanderie. Puis elle fut infirmière à l’hôpital, dans le service de radiologie.

Puis elle fut envoyée au Collège Sainte Bernadette, à Cidade Baixa, tout près de la favela de Massaranduba. Elle donnait des cours de géographie.

On la chargea ensuite des ouvriers du Nord-est qui partaient pour les villes, chercher du travail. Elle leur enseigna la lecture, l’écriture, le catéchisme ; elle conseillait, elle consolait, elle soignait…

Mais Sœur Dulce fit plus que de «petits» actes d’amour : elle fonda.

D’abord ce fut une grande œuvre sociale : l’Union des Ouvriers de Saint François, comprenant entre autres trois théâtres ou salles de cinéma : Cine Roma, Cine Plata-forma, Cine Saõ Caetano.

Puis ce fut un centre pour les malades, dans des maisons abandonnées sur une île de Salvador de Bahia, mais comme on les mit dehors, elle les transféra dans un vieux marché à poissons, qu’elle dut encore évacuer, et finalement ne trouva rien d’autre… que le poulailler du couvent, où elle pouvait accueillir quelques dizaines de malades ; par la suite, elle fit construire un véritable hôpital, l’Hôpital Saint-Antoine, inauguré en 1959 avec cent-cinquante lits et pouvant accueillir chaque jour jusqu’à sept-cents malades et donner plus de mille consultations. L’œuvre a été reconnue par l’Etat comme Obras Sociais Irmã Dulce, OSID (Œuvres Sociales Sœur Dulce).

Sœur Dulce fonda aussi le Centre d’Instruction Saint-Antoine, à Simões Filho, toujours dans l‘Etat de Bahia, où étaient accueillies plus de trois cents petites filles et adolescentes de trois à dix-sept ans.

En 1979, elle rencontre Mère Teresa, qui vient de recevoir le Prix Nobel de la paix. Elle sera à son tour proposée pour le Nobel en 1988, soutenue par la reine de Suède ; sans avoir été «gagnante», elle acquit cependant une certaine renommée.

En 1980, elle reçoit la visite du pape, en voyage au Brésil.

La santé de Dulce s’affaiblit beaucoup les trente dernières années. Elle n’avait plus que 30% de sa capacité respiratoire et pesait trente-huit kilogrammes.

A partir de 1990, l’état de Sœur Dulce empira. Durant son voyage au Brésil en 1991, le pape Jean-Paul II lui rendit visite à l’hôpital.

Sœur Dulce, qu’on appelait le Bon Ange du Brésil, s’éteignit à ce monde le 13 mars 1992.

Quand on voulut exhumer son corps pour la reconnaissance officielle, on remarqua qu’il était resté sans corruption.

Maria Rita Lópes Pontes de Souza Brito (Sœur Dulce) fut béatifiée en 2011.

Le miracle retenu pour la béatification fut l’arrêt immédiat de l’hémorragie incontrôlable dont souffrait une maman après avoir accouché, malgré trois interventions.

Maria Rita fut canonisée en 2019.

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