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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 08:08

02 MARS

 

III.

S Troadius, martyr à Néocésarée.

Ss Jovin et Basilée, martyrs à Rome.

S Quintus le Thaumaturge (Cointus), en Eolide : il guérit son persécuteur qui, à son tour, le remit en liberté. 

?

Ss Lucius, Absalon et Lorge, martyrs.

Ss Paul, Héracléas, Secondille et Janvière.

VI.

S Joévin, disciple de s. Pol de Léon, auquel il succéda.

VII.

S Fergna, abbé à Iona (évêque ?).

S Chad (Ceadda), un des saints les plus populaires en Angleterre, frère de s.Cedd, abbé à Lastingay, évêque à Lichfield, mort de la peste ; il visitait toujours son diocèse à pied.

VIII.

S Willeic, disciple et collaborateur de s. Suitbert, à Kaiserwerth.

IX.

S Luca Casali de Nicosie, abbé à Agira, aveugle à la fin de sa vie.

XII.

B Charles le Bon, comte de Flandre, fils de s. Knut, victime d’une conspiration et considéré comme martyr ; il avait proclamé la trêve de Dieu, et menacé ses sujets de perdre un membre s’ils juraient par le nom de Dieu.

XIII.

Ste Agnès de Prague, princesse de Bohême, clarisse et abbesse dans le couvent qu’elle avait fondé à Prague ; elle reçut quatre lettre de ste Claire d’Assise ; canonisée en 1989. 

XX.

 Ste Ángela de la Croix Guerrero González (1846-1932), espagnole, fondatrice des Sœurs de la Compagnie de la Croix, pour soigner les marginaux, béatifiée en 1982 et canonisée en 2003.

Troadius de Néocésarée

† 251

 

L’événement concernant Troadius est bref, mais éblouissant.

C’était durant la persécution de Dèce (251), à Néocésarée (Pont, act. Niksar, Turquie NC)

S.Grégoire le Thaumaturge (v. 17 novembre), du fond de sa cachette, annonça à ses amis qu’un jeune homme noble, nommé Troadius, venait d’être amené par les licteurs au gouverneur et qu’il avait remporté la couronne du martyre.

Tous furent surpris de cette nouvelle, un diacre se rendit à la ville et en eut confirmation.

Saint Troadius de Néocésarée est commémoré le 2 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Quintus (Cointus)

 † 283

 

Quintus naquit en Phrygie (Asie Mineure, actuelle Turquie occidentale). 

Plus tard venu en Eolide (autre région d’Asie Mineure), il y montra une tendre compassion pour les indigents. 

Au temps de l’empereur Aurélien, le préfet Rufus voulut obliger Quintus à sacrifier aux idoles, mais tombé en la possession du démon, il dut sa délivrance aux prières de sa victime, et, par reconnaissance, lui rendit la liberté. En même temps, ceux qui se trouvaient dans le temple des idoles, effrayés par un tremblement de terre qui ébranla l’édifice et renversa les statues, prirent la fuite, sans s’occuper davantage de Quintus. 

Quarante jours après ces événements, un nouveau préteur, idolâtre fanatique, succéda à Rufus, fit saisir de nouveau Quintus et donna l’ordre de lui briser les jambes. Dieu, qui protégeait son fidèle serviteur, le guérit instantanément. 

Après ce miracle, dix années s’écoulèrent pendant lesquelles le saint homme parcourut la région, guérit toutes sortes de maladies, procura des ressources aux pauvres. Il mourut dans cet exercice de la charité. 

Le supplice ayant eu lieu en 272, on peut placer la mort vers 283.

Certains épisodes de ce martyre se retrouvent souvent dans d’autres vies de martyrs, ce qui fait penser à certains qu’ils ont pu être sinon inventés, du moins édulcorés. Mais il faut se rappeler que dans les premiers siècles, Dieu multipliait les signes de sa présence par les actes de ses apôtres et de ses saints, pour prouver aux populations sa puissance.

Les Grecs parlent souvent de ce Quintus dans leurs fastes, le surnommant Thaumaturge, terme repris dans un ménologe édité par Canisius : miraculorum effector

Le ménologe de l’empereur Basile le mentionne au 2 mars, ce qu’a repris le Martyrologe Romain. 

 

Joévin

† 578

 

Joévin fut l’un des fervents disciples et compagnons de saint Paul-Aurélien. Ce dernier était un moine anglais devenu évêque dans le Léon en Bretagne, et dont la ville de Saint-Pol-de-Léon porte le nom. 

Joévin, qu’on appelle aussi Joavan ou Jaoua, s’en vint donc aussi de son Angleterre native pour venir en Bretagne armorique et y mener la vie d’anachorète.

Une pieuse légende, qui a certainement un fondement historique, rapporte qu’un taureau sauvage ne pouvait souffrir dans son voisinage la cellule du moine et la renversa jusqu’à quatre fois, Joévin ne se lassant pas de la reconstruire. On fit appel à Paul-Aurélien qui vint s’y installer, et le soir quand la bête vit l’homme de Dieu à genoux devant l’ermitage, elle vint s’étendre à ses pieds. Paul fit sur elle un grand signe de croix, et celle-ci disparut pour ne plus revenir.

Sur la fin de ses jours, Paul choisit Joévin pour le suppléer dans les fonctions épiscopales, mais celui-ci mourut un an après cette promotion, vers 578.

Le corps de Joévin fut inhumé à sept lieues de Saint-Pol-de-Léon, mais y fut rapporté dans la suite. Deux églises de la région rappellent son souvenir : Kerjoven et Saint-Jahoua.

Sa fête est au 2 mars.

 

 

Chad

† 672

 

Chad, que l’historien saint Bède a rendu en latin par Ceadda, était né en Northumbrie, ancien royaume angle, dont la capitale était York.

Il avait trois frères : s.Cedd qui fut évêque (voir au 26 octobre), Caelin et Cynibill qui furent prêtres.

Chad eut pour maître saint Aidan (voir au 31 août), évêque à Lindisfarne, mais il alla aussi passer une partie de sa jeunesse en Irlande à l’abbaye de Mellifont, en compagnie d’Ecgberht (v.24 avril). Il en fut rappelé par son frère Cedd qui demandait son aide pour gouverner le monastère de Lastingham fondé par lui dans le comté d’York. Mais comme Cedd devint bientôt évêque de Londres, c’est-à-dire “des Saxons de l’Est”, il abandonna à Chad tout le gouvernement du monastère. 

C’était l’époque où, dans le concile de Whitby, l’influence de Wilfrid avait fait adopter la pratique romaine pour la célébration de la Pâque. Cette décision fut justement à l’origine d’une petite “intrigue” concernant le siège épiscopal de Lindisfarne. Son titulaire Colman, qui avait succédé à s.Aidan, avait démissionné parce qu’il préférait l’habitude irlandaise (ou écossaise) concernant la célébration de Pâques. Son successeur, Tudi, mourut de la peste peu de temps après. On désigna alors Wilfrid (v. 24 avril) pour occuper ce siège, lequel fut transféré de Lindisfarne à York. Or Wilfrid alla en Gaule pour se faire consacrer, et ce voyage apparut un peu trop long aux yeux du roi de Northumbrie, Oswiu, qui décida simplement de “créer” Chad évêque à la place de Wilfrid.

C’est ainsi que Chad fut sacré évêque en 666, par l’évêque de Winchester, Wini, assisté de deux prélats bretons. Chad rentra aussitôt en Northumbrie et, d’après le témoignage du vénérable Bède, il remplit avec zèle tous les devoirs de sa charge, visitant les paroisses à pied, prêchant l’Evangile, à la manière des apôtres, recherchant les plus pauvres et les plus délaissés pour les instruire et leur venir en aide.

On peut à juste titre se demander quelle devait être l’attitude de Wilfrid à son retour. Il se comporta en véritable saint, se retirant simplement dans son abbaye de Ripon. Mais c’est alors qu’intervint le nouvel archevêque de Canterbury, Théodore, qui entreprenait la visite générale de l’Eglise d’Angleterre. Parvenu en Northumbrie, il lui arriva des bruits de contestations, selon lesquelles Chad aurait été consacré irrégulièrement, soit parce que c’était Wilfrid qui avait été nommé au siège de Lindisfarne, soit parce que les prélats assistants au sacre de Chad appartenaient à cette portion de l’Eglise d’Angleterre qui n’observait pas les règles romaines de la célébration de la Pâque. Il est intéressant de noter la conversation entre Théodore et Chad :

Théodore : Tu n’as pas été sacré canoniquement.

Chad : Si tu en juges ainsi, j’abandonne volontiers une charge dont je ne me suis jamais estimé digne et que j’ai acceptée par obéissance.

Frappé de cette douceur et de cette humilité, Théodore lui répliqua qu’il n’était pas obligé de renoncer à la charge épiscopale et suppléa seulement à quelques rites qu’il trouvait défectueux dans l’ordination. Tandis que Wilfrid prenait possession du siège de York, Chad se retirait dans son monastère de Lastingham.

Il dut bientôt en sortir à nouveau, désigné par Théodore pour succéder à Jaruman, évêque des Merciens récemment décédé. C’est ainsi que Chad fut évêque de Lichfield, avec l’approbation du roi Oswiu,  celui-là qui l’avait fait nommer pour le diocèse de York. Là Chad bâtit une église qu’il dédia à Notre Dame, fit construire à une faible distance, une résidence pour lui-même et huit de ses moines avec lesquels il partagea son temps entre la prière, l’étude, la prédication. Le roi Wulfhere donna encore un terrain à l’évêque pour y établir un monastère, qui est peut-être celui de Barrow.

Comme à Lindisfarne, Chad montra à Lichfield le même zèle apostolique et la même simplicité. Contre les observations de Théodore qui aurait préféré le voir à cheval, il reprit ses visites pastorales à pied. De nouveau saint Bède nous décrit la simplicité de cet évêque, d’après des récits que lui avait faits un disciple de Chad à Lastingham. Ainsi quand le saint homme entendait le vent souffler en tempête, il interrompait sa lecture ou ses autres occupations pour demander à Dieu miséricorde en faveur de l’humanité ; si le vent se déchaînait avec plus de violence, il tombait la face contre terre et continuait de prier ; si la tempête était accompagnée de tonnerre et d’éclairs, il allait à l’église et y récitait des psaumes jusqu’à ce que le calme fût rétabli.

Après deux ans et demi de cette activité pastorale exemplaire, voici comment Chad se prépara à la mort. Un de ses disciples était occupé aux travaux des champs quand il entendit une très douce harmonie et comme des chants de joie qui partaient du ciel. Cette belle musique se rapprocha peu à peu pour entourer la chambre où Chad se trouvait seul, pour repartir ensuite vers le ciel. Chad ouvrit alors sa fenêtre et fit signe à son disciple et à ses compagnons d’approcher, pour leur dire : “L’hôte aimable, qui a déjà visité tant de nos frères, a daigné venir vers moi et m’a invité à quitter ce monde. Allez à l’église et recommandez aux frères qui s’y trouvent de prier pour mon heureux trépas.” Pendant que ses compagnons exécutaient ce message, le disciple demeura près de Chad et lui demanda ce que pouvaient signifier ces chants qu’il venait d’entendre. Et Chad de répondre : “C’est le chant des anges ; dans sept jours, ils vont revenir pour emporter mon âme.” En effet, Chad tomba malade aussitôt de la peste, qui avait déjà tant frappé le clergé de son diocèse, et mourut sept jours après, comme il l’avait annoncé, le 2 mars 672.

Dans un premier temps, le corps de Chad fut enseveli à Lichfield, puis transféré dans l’église Saint-Pierre. La châsse était de bois, en forme de maisonnette, avec sur le côté une ouverture pour permettre aux fidèles de passer la main et recueillir un peu de poussière ; mêlée à de l’eau qu’on buvait, cette poussière guérissait diverses maladies. Au XIIe siècle, on construisit une grande église dédiée à Sainte Marie et Saint Chad, laquelle devint la cathédrale de Lichfield, où l’on transféra les reliques de saint Chad. Au moment de la Réforme, les reliques furent sauvées de la profanation par des Catholiques. Actuellement, ces reliques se trouvent à la cathédrale de Birmingham, qui est dédiée à saint Chad.

Saint Chad est très vénéré en Irlande. Ce fut un des saints les plus populaires de l’Angleterre. 

Le Martyrologe Romain le mentionne au 2 mars.

 

 

Luca Casali

† 890

 

Luca, surnommé Casali, naquit à Nicosia en Sicile. Il fut élevé par un religieux ; lorsqu’il eut douze ans ce religieux conduisit l’adolescent dans son monastère d’Agira, Santa Maria Latina (Sicile). On n’est pas sûr de l’ordre de ce monastère : peut-être bénédictin, ou selon d’autres plutôt basilien.

Luca prit l’habit, fut ordonné prêtre. Ses vertus l’avaient déjà fait connaître alentour : on vint le consulter.

A la mort de l’abbé du monastère, Luca fut élu à sa place ; par humilité, Luca voulait décliner cette charge, mais ce fut le pape lui-même qui lui ordonna de regarder comme un ordre de Dieu l’expression de la volonté de ses frères. On ne connaît pas le nom de ce pape, ce qui aurait pu nous aider à mieux situer saint Luca : il y eut vingt-et-un papes au IXe siècle !

Luca fut frappé de cécité, mais continua ses activités et ses fonctions, se faisant guider par un de ses moines.

Un jour, après avoir rendu visite à des parents, les religieux qui l’accompagnaient le prièrent de prêcher en un endroit désert, lui faisant croire qu’il y avait là une foule qui attendait sa prédication. Il prêcha, et quand il donna sa bénédiction, ce furent les pierres qui répondirent Amen. Les religieux, confus, avouèrent leur subterfuge et en demandèrent pardon à l’abbé, qui n’eut aucun mot de réprimande pour eux.

Luca mourut à un âge très avancé, un 2 mars. Sa réputation de sainteté était telle qu’on l’ensevelit dans la même urne funéraire qu’un autre grand saint local, saint Filippo, un prêtre qui avait évangélisé la Sicile et était mort à Agira au Ve siècle (voir au 12 mai). 

L’année de sa mort reste incertaine : probablement 890, en 1164 selon d’autres, mais il semble bien qu’il ait vécut déjà avant les invasions arabes en Sicile (donc avant 827).

En 1575, une épidémie de peste cessa après que la population ait invoqué saint Luca : il fut alors demandé au pape Grégoire XIII de le reconnaître comme le patron de Nicosie.

Le Martyrologe le commémore effectivement le 2 mars.

 

Charles le Bon

1083-1127

 

Ce Charles (peut-être Karl dans son pays scandinave) était fils du roi danois Knut IV le Saint (v. 10 juillet) et d’Ethela (Adélaïde), benjamin de leurs quatre fils. Il naquit vers 1083 à Odense (Danemark)

Il fut orphelin de père à quatre ans, et sa mère le confia au comte de Flandre, son cousin, qui résidait à Bruges. Il y fut armé chevalier et prit part aux opérations des croisés en Terre sainte (1096).

De ce cousin, Baudouin à la Hache, qui n’avait pas d’enfant, il hérita du comté de Flandre ; et par son épouse, Marguerite, il reçut le comté d’Amiens. Son mariage eut lieu en 1118.

Avant de mourir, Baudouin avait associé Charles au gouvernement, de sorte que, à l’avènement officiel de Charles (1119), tous le connaissaient déjà pour sa bonté et sa justice. 

Or, Baudouin avait préféré Charles au cousin de ce dernier, Guillaume d’Ypres, écarté du pouvoir comme fils illégitime. Mais la mère de Baudouin, Clémence, était jalouse de Charles, et soutenait Guillaume. Aussi conduisit-elle une ligue de princes contre Charles, qui la réprima avec succès, avec l’aide de Dieu. Ainsi commença, par la guerre, le gouvernement de ce roi si pacifique.

Dès le début, Charles donna ordre à tous ses sujets de déposer les armes ; ceux qui auraient désobéi auraient été frappés par ces armes qu’ils portaient. La paix revint, et la prospérité.

Lors d’une grave famine (1226-1227), il obligea les commerçants à vendre à faible prix, pour permettre aux gens d’acheter avec moins de difficultés. Il obligea les paysans à semer une partie de leurs champs avec des pois et des fèves, qui pouvaient se récolter avant le grain. Il visita les greniers des riches propriétaires et fit vendre à prix modéré leurs réserves (mais en leur reversant le bénéfice des ventes).

Lui-même, pieds nus, reçut chaque jour cent pauvres dans son château de Bruges et faisait retirer de sa table de quoi nourrir une centaine d’autres, sans oublier de fournir quotidiennement à un pauvre un ensemble de vêtements neufs : chemise, tunique, fourrures, cape, bottes, bottines et souliers. Il interdit la fabrication de bière, pour ne pas gaspiller le grain et en donner aux plus pauvres ; il ordonna la fabrication de pain d’avoine, pour permettre aux pauvres d’acheter quelque chose à manger. Chaque matin, il se rendait à l’église pour prier et chanter des psaumes, puis il entendait la Messe et distribuait encore des aumônes.

A la mort de l’empereur romain germanique, on proposa la couronne à Charles ; certains mauvais sujets, même, le poussaient à accepter, pour mieux se débarrasser de ce prince trop chrétien. D’autres lui proposèrent de prendre la place du roi de Jérusalem, mauvais administrateur, qui venait d’être fait prisonnier des Sarrasins. Mais Charles refusa l’une et l’autre propositions. 

Des traîtres organisèrent l’assassinat de leur prince et le frappèrent mortellement le 2 mars 1127, alors que Charles venait d’entendre la sainte Messe et était encore en prière dans l’église Saint-Donatien de Bruges. Ils s’en prirent aussi impitoyablement à tous ceux qui se trouvaient auprès de Charles. Ce fut un horrible massacre dans le lieu saint et ses abords immédiats.

Mystérieusement, cette mort fut connue jusqu’en Angleterre à peine deux jours après.

Charles le Bon, martyr, est mentionné régulièrement au 2 mars dans le Martyrologe.

Son culte a été approuvé en 1882.

 

 

Agnès de Bohême

1211-1282

 

Les parents royaux de cette princesse s’appelaient Premysl Otakar I, roi de Bohême, et Constance, sœur d’André II de Hongrie. Elle nacquit en 1211 et fut toute son enfance l’objet de tractations d’ordre politique et dynastique pour la fiancer contre sa volonté à tel ou tel prétendant.

Toute petite, elle fut confiée à la duchesse de Silésie, sainte Edwige (1174-1243), qui la plaça chez les moniales cisterciennes de Trzebnicz et lui enseigna les premiers rudiments de la foi chrétienne. Quand elle eut six ans, de retour à Prague, elle fut confiée aux moniales prémontrées de Doksany pour son instruction.

Elle avait neuf ans lorsqu’en 1220 elle dut aller vivre à Vienne où Henri VII, fils de l’empereur Frédéric II, voulait l’épouser. Le  projet échoua et elle revint à Prague, se vouant à une vie encore plus intense de prière et de bonnes œuvres ; après mûre réflexion, elle décida de consacrer à Dieu sa virginité.

D’autres projets de fiançailles ne manquèrent pas, de la part du roi d’Angleterre Henri III, qui échoua, et par deux fois de la part de Frédéric II. La pauvre Agnès dut recourir au pape, Grégoire IX, lui demandant d’intervenir et de convaincre ses parents de la laisser libre de son choix.

C’est à cette époque qu’elle connut à Prague des Frères Mineurs, dont elle apprit la mode de vie de sainte Claire d’Assise, selon l’esprit de saint François, qui était mort en 1226 : elle en fut fascinée et voulut en suivre l’exemple.

De ses propres deniers elle fonda à Prague en 1232-1233 l’hôpital de Saint-François, ainsi que l’ordre des Croisés de l’Etoile Rouge pour le diriger. A la même époque elle fonda le monastère de Saint-François pour les “Pauvres Sœurs”, appelées aussi “Damianites”, où elle-même entra en la fête de la Pentecôte, le 11 juin 1234.

Ayant émis les vœux de chasteté, pauvreté et obéissance, elle s’appliqua à les mettre en pratique fidèlement toute sa vie. Elle conserva la virginité en vue du royaume des cieux comme l’élément fondamental de sa spiritualité, consacrant toute la profondeur affective de sa personne à l’amour total de l’Epoux céleste. Par pauvreté, elle qui avait déjà distribué ses biens aux pauvres, renonça alors totalement aux biens de la terre pour suivre le Christ pauvre, dans l’Ordre des “Pauvres Sœurs”. Enfin l’esprit de la sainte obéissance la conduisit à toujours conformer sa volonté à celle de Dieu, qu’elle lisait dans l’Evangile et dans la Règle que l’Eglise lui avait donnée. 

Elle fut en relations épistolaires avec Claire d’Assise, dont on a gardé quatre lettres. Elle la soutint fortement pour obtenir l’approbation de la nouvelle Règle. Quand celle-ci parvint enfin, elle l’appliqua avec totale fidélité.

Elle fut bientôt élue abbesse de son monastère, charge qu’elle dut garder jusqu’à la mort, mais qu’elle exerça avec humilité et charité, se considérant tout juste la “sœur aînée” de la maison. 

L’admiration que son entrée en religion avait suscitée dans toute l’Europe, grandit encore avec les années, par le témoignage de tous ceux qui purent observer ses vertus, comme l’attestent de nombreux récits biographiques.   

Elle avait un amour brûlant pour Dieu et le prochain. On a dit que “sur l’autel de son cœur brûlait continuellement une telle flamme vive d’amour divin, que sa foi insatiable la poussait à monter toujours plus haut, dans la recherche ininterrompue de son Bien-aimé”, recherche qui s’exprimait spécialement dans sa ferveur envers l’Eucharistie et la Croix du Christ, ainsi que dans la dévotion filiale à Marie, dans le mystère de l’Annonciation.

Son amour pour le prochain se manifesta, outre la fondation de l’hôpital, “envers tous ceux qui recouraient à elle en demandant de l’aide à Dieu et aux hommes”. 

Elle aima l’Eglise et supplia Dieu, dans sa bonté, d’accorder à tous les chrétiens le don de la persévérance dans la foi et de la solidarité chrétienne. Elle soutint les papes qui recouraient à ses prières pour le bien de l’Eglise et à ses bons offices auprès de ses proches de la cour de Bohême.

Elle avait une prédilection pour sa chère patrie, dans laquelle elle promut beaucoup d’œuvres caritatives où elle savait aussi payer de sa propre personne ; elle sut prodiguer de sages conseils pour éviter des conflits, et pour encourager la fidélité à la religion chrétienne reçue des ancêtres.

Ses dernières années furent très affligées par les profondes tristesses dues à un pénible conflit qui agita toute la famille royale, ainsi que le monastère et tout le pays, avec l’anarchie qui s’ensuivit. A tout cela s’ajoutèrent aussi des calamités naturelles qui s’abattirent sur la région, entraînant une grave disette. Dans ces circonstances, Agnès montra une patience inaltérable.

Elle mourut le 2 mars 1282 et les miracles ne se firent pas attendre. Le culte immémorial envers la Vénérable fut confirmé par Pie IX en 1874, et Jean-Paul II l’a canonisée le 12 novembre 1989.

 

 

María de los Ángeles Guerrero González

1846-1932

 

María naquit dans une famille laborieuse et pieuse à Séville (Espagne méridionale), le 30 janvier 1846. Francisco Guerrero et Josefa González eurent quatorze enfants, dont six seulement vécurent.

Le papa, cuisinier chez les pères Théatins mourut subitement.

Sans ressources, elle ne put aller à l’école, mais elle avait appris de sa mère à prier. Un jour que tout le monde la cherchait, on le retrouvait en prière à l’église.

A douze ans, elle commença à travailler dans un atelier de chaussures, dont la pieuse patronne faisait prier chaque jour le chapelet à ses employées et leur lisait la vie des Saints.

A dix-neuf ans, Angelita essaya d’entrer en religion, chez les Carmélites, puis chez les Sœurs de la Charité, mais sa santé ne résistait pas.

Elle revint à l’atelier de chaussures et, sur le conseil de son directeur spirituel, elle soigna des malades lors d’une épidémie de choléra.

On avait déjà un grand respect pour cette jeune fille si pure ; quand elle paraissait, toutes les conversations mondaines ou déplacées cessaient ; on disait : Tais-toi, voilà Angelita.

A vingt-cinq ans, elle se consacra à Dieu de façon privée. 

Peu après, pendant qu’elle priait, elle vit devant la croix du Christ crucifié une croix vide, et comprit que c’était à elle de s’immoler sur cette croix.

Avec trois compagnes, elle fonda le 2 août 1875 les Sœurs de la Compagnie de la Croix, qui auraient la vocation de venir auprès de tous les malades ou agonisants, partout où personne ne pourrait être là pour les assister : Se faire pauvre avec le pauvre pour l’amener au Christ.

Ses trois compagnes sont Josefa de la Peña, Juana María Castro et Juana Magadán. C’est Josefa qui met sa fortune au service de la fondation. La première maison est au 13 rue San Luis, puis elles déménageront au 8 rue Hombre de Piedra, toujours à Séville.

Désormais elle s’appellerait Mère Ángela de la Croix ; elle devint la mère des pauvres, humble, effacée, mais efficace : de son vivant, vingt-trois maisons vont s’ouvrir. En 1876, le cardinal Spinola donne son approbation.

Il y a aujourd’hui plus de cinquante maisons, en Espagne, en Italie, en Argentine.

Mère Ángela mourut à Séville le 2 mars 1952, si humble et si effacée… qu’on a bien du mal de trouver quelques indications supplémentaires sur sa vie et son œuvre. On a dit qu’elle représentait un cas unique au monde, car quand on prononçait son nom à Séville, tous les visages souriaient et l’ont répétait : Elle était bonne, c’était une sainte. 

Deux jours après sa mort, malgré le contexte anticlérical de l’époque, le conseil municipal décida de donner son nom à l’avenue centrale de Séville (rue Alcázares). La décision fut prise à l’unanimité.

Mère Ángela a été béatifiée en 1982, et canonisée en 2003.

 

Le miracle retenu pour la canonisation a été la guérison totale et durable d’un enfant aveugle, souffrant de l’obstruction de l’artère centrale de la rétine de l’œil droit.

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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 08:07

01 MARS

 

II.

Ste Eudoxie, prostituée convertie à Hiéropolis, dénoncée par ses amants, martyre.

? Ss Léon, Donat, Abondance, Nicéphore, martyrs à Rome.

Ss Hermès et Adrien, martyrs en Afrique.

V.

S Simplice, évêque à Bourges ; il combattit la simonie.

S Felix III, pape (483-492) : en réalité, Félix II, puisque le premier de ce nom fut un antipape ; son père renonça au mariage pour devenir prêtre, et lui-même fut veuf étant diacre ; il dut déposer les injustes patriarches Acace et Monge, qui rompirent avec Rome.

VI.

S Albinus, abbé à Tintillant, évêque à Angers ; il lutta contre les mariages incestueux.

S Dewi, gallois, fondateur de monastères (Vallis Rosina…), chorévêque (Menevia) actif contre le pélagianisme.

VII.

S Marnock (Ernin, Marnan), prédicateur (évêque ?) en Ecosse, invoqué pour le beau temps.

S Albinus, évêque à Embrun (le même que plus haut ?).

S Siviardus, abbé à Anisole.

VIII.

S Switbert l’Ancien, anglais missionnaire en Frise où il eut aussi titre d’évêque.

S Abdalong, évêque à Marseille.

IX.

S Monan, originaire de Pannonie, martyr des Danois en Ecosse.

S Léon de Carentan, évêque à Bayonne, dont il est le patron, apôtre en Pays basque, Navarre et Biscaye, où il fut martyrisé.

S Leone Luca de Corleone, mort centenaire.

X.

S Rudesinde, évêque à Dumio et Compostelle, abbé à Celanova.

XIV.

B Roger, évêque à Orléans, puis Limoges, puis Bourges ; il y établit la fête de la Conception de Marie.

XV.

B Cristoforo de Milan, dominicain en Ligurie.

XVII.

Bse Giovanna-Maria Bonomo, abbesse bénédictine à Bassano, mystique.

XIX.

Ste Agnès Cao Kuiying, veuve chinoise d’un mari violent, catéchiste, martyre, canonisée en 2000 et fêtée le 9 juillet. 

 

Felix III

483-492

 

Felix était le fils d’un Romain de la famille patricienne des Anicii, nommé déjà Felix et qui, veuf, devint prêtre et mourut en 471. 

Felix fils épousa d’abord Patronia, dont il eut deux enfants : Gordien, puis Paule, laquelle fut une aïeule de saint Grégoire le Grand (v. 3 septembre).

Veuf à son tour, Felix devint prêtre et fut choisi pour succéder à Simplicius (voir au 10 mars), devenant ainsi le quarante-huitième pape.

Il faudra préciser ici que Felix était réellement le deuxième pape à porter ce nom, car le précédent Felix II n‘était pas légitime, ayant été imposé par l’empereur arien ; demeuré à Rome pendant dix années, il fut forcé de se retirer dans les alentours, mais fut longtemps inscrit par erreur dans le Martyrologe. Les deux papes Felix III et Felix IV auraient dû être reconnus comme 2e et 3e, mais on préféra ne pas modifier les noms retenus traditionnellement depuis quinze siècles.

Felix III, donc, après avoir notifié son élection à l’empereur de Constantinople, eut des démêlés avec le patriarche de cette ville, Acace, parce qu’il appuyait Pierre Monge, hérétique monophysite, sur le siège d’Alexandrie, et y nomma ensuite un autre hérétique. Après avoir vainement invité Acace à venir le rencontrer, Félix l’excommunia, puis le fit condamner par deux conciles réunis à Rome (484 et 485). Un légat fut chargé d’en présenter les décisions à Constantinople, mais Acace les refusait ; quelques moines alors, attachèrent une copie du décret papal à l’habit d’Acace au moment où il sortait de l’église, d’où colère de l’intéressé : Acace poursuivit de son ire tous les partisans de Rome, et vécut dans le schisme jusqu’à la fin de ses jours (489), tandis que ses propres partisans persévéraient encore pendant une trentaine d’années.

Un autre problème concerna l’Eglise en Afrique, où le roi arien Hunéric avait durement persécuté les chrétiens, prétendant les obliger à recevoir un baptême arien ; les récalcitrants étaient mis à mort, et les évêques exilés. Succédant à Hunéric, Gonthamond concéda la paix aux chrétiens, et rappela les évêques ; mais ceux-ci demandèrent au pape de se prononcer au sujet des baptêmes ariens. La réponse, sévère, correspondait aux canons du concile de Nicée : les évêques, prêtres et diacres «rebaptisés» devraient faire pénitence jusqu’à la mort (c’est-à-dire qu’ils n’étaient plus dans la communion) ; les laïcs recevaient sept années de pénitence, plus deux années de probation avant de rentrer dans la communion.

Felix III mourut, disait-on, le 25 février 492, mais cette date, au siècle dernier, passa au 1er mars, celle du Martyrologe actuel.

Le successeur de Felix III fut saint Gélase 1er

 

 

Albinus d’Angers

469-550

 

Albinus (Aubin) naquit en 469 au territoire de Vannes, d’une famille noble de Bretagne armorique et, peut-être, avait-il des ancêtres en Grande-Bretagne.

Il se retira assez tôt au monastère de Cincillac ou Cincillant (Angers), où il fut regardé comme un modèle d’humilité, de mortification, de pénitence.

En 504, à trente-cinq ans, il fut élu abbé ; dans cette charge, il fit refleurir la discipline authentique selon la Règle primitive.

En 529, il fut appelé à succéder à l’évêque Eustoche : il n’accepta qu’après mûres méditations, et en considérant qu’il y avait là la volonté de Dieu. Neuvième évêque (connu) d’Angers, il fut aussi zélé comme évêque que comme abbé. 

Dieu compléta son apostolat par le don des miracles, que l’on connaît grâce à la Vita qu’écrivit s.Venance Fortunat (v. 14 décembre), son contemporain.

C’est ainsi qu’il pénétra dans la prison où l’on avait enfermé une pauvre femme qui avait des dettes ; et quand un gardien voulut le frapper, il souffla sur son visage et l’homme tomba raide mort ; ensuite, il convainquit les créanciers de faire libérer cette femme, en leur remettant lui-même l’argent qu’elle leur devait.

Une autre fois, ne pouvant fléchir un juge qui avait condamné à mort plusieurs criminels, il alla se mettre en prières au pied de la tour, jusqu’au milieu de la nuit. Il y eut alors un ébranlement, une ouverture se fit dans la tour et les malheureux sortirent, remerciant l’évêque et la Providence, et promettant de se convertir.

Un autre champ d’apostolat d’Albinus fut la lutte contre les fréquents mariages incestueux. Albinus s’exposa à de rudes fatigues et à de grands dangers pour en arriver à bout. D’autres évêques n’avaient pas sa fermeté. C’est lui qui appela les conciles d’Orléans en 538 et 541, et s’il ne put assister à celui de 549, il s’y fit représenter.

Une Croix de saint Aubin se trouve à Saint-Crépin-de-Richemont (Dordogne), signalant là un possible passage d’Albinus, ou l’endroit d’un miracle opéré par lui.

Les miracles d’Albinus le rendirent très célèbre, et jusqu’en Angleterre et en Pologne.

Il mourut en 549 ou 550 et l’on en a fait le patron des pâtissiers et boulangers, invoqué également lors des maladies des enfants.

Saint Albinus est commémoré le 1er mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dewi de Menevia

500-589

 

Dewi (David) naquit à une date qui évolue selon les historiens entre 462 et 512, dans le comté de Cardigan, fils d’une sainte Non qui fut violée par le roi Sanctus (ou Xantus) de Ceredigion. Alors que Non était encore enceinte, un prédicateur se trouva muet devant elle, signe qu’on interpréta comme la vocation de l’enfant à devenir un célèbre prédicateur. C’est du moins la version la plus autorisée concernant Dewi ; il en existe des variantes, comme pour beaucoup de Saints écossais et irlandais.

Quand s.Patricius (v. 17 mars) voulut habiter la vallis Rosina (Menevia) du Pays de Galles, un ange lui aurait donné l’ordre d’aller plutôt en Irlande, car cette vallée devait être le champ d’action d’un autre apôtre.

Dewi reçut sa formation d’un certain Paulinus, qu’on a cru pouvoir identifier avec le célèbre s.Pol de Léon (v. 12 mars). Durant ces dix années, Dewi fut déjà favorisé du don des miracles. Sa prédication gagna un grand nombre de disciples, avec lesquels il fonda jusqu’à douze monastères.

La plus célèbre de ces fondations fut incontestablement le monastère de la vallis Rosina.

Les débuts de cette installation furent marqués par des incidents avec un chef local et sa femme, qui finirent par mourir, l’une de folie, l’autre par l’épée.

A la même époque, Dewi serait allé en pèlerinage à Jérusalem, ce qui semble contestable.

La règle du monastère était très exigeante. Tout jeune novice devait d’abord persévérer à attendre pendant dix jours à la porte, sous les moqueries de la population (et même des moines). Après cette première épreuve, il en subissait une autre à l’intérieur, où on ne lui épargnait aucune remarque ou humiliation, uniquement pour mettre à l’épreuve sa vocation et sa persévérance.

Les moines ne devaient pas labourer leurs terres en s’aidant des bestiaux : ils devaient pousser le soc de leurs bras. Ils ne devaient jamais parler, sauf stricte nécessité. La nourriture : pain, légumes ; la boisson : du lait mélangé d’eau. L’habit : une peau de bête. Après le repas, ils avaient trois heures de prière et adoration.

Il y eut vers 550 un synode à Brefi, au cours duquel Dewi réfuta le pélagianisme avec telle éloquence et science, que l’évêque Dubricius lui céda la place. Après avoir siégé à Caerleon - où il présida un autre synode historique, Dewi se retira à Menevia.

C’est là qu’il mourut, vers 589. Cette date aussi reste incertaine ; certains récits rapportent que Dewi mourut plus que centenaire.

Les derniers mots de Dewi avant de mourir auraient été : Gwnewch y pethau bychain mewn bywyd (Do ye the little things in life), une phrase célèbre dans le langage gallois.

Après sa mort, les moines poursuivirent l’évangélisation du Pays de Galles, ainsi que de l’Irlande, de la Cornouaille et de l’Armorique.

Saint Dewi fut officiellement reconnu par l’Eglise romaine en 1120. Son tombeau fut le but d’un pèlerinage très fréquenté ; maintes fois profané par les Vikings envahisseurs et lors de la Réforme, il fut tout récemment restauré.

Saint Dewi est commémoré le 1er mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Siviardus d’Anisole

† 687

 

Siviardus naquit dans la première moitié du 7e siècle dans le Maine, de Sigiramnus et Adda.

Il donna à ses parents toutes les joies possibles en grandissant dans l’amour de Dieu, de l’étude et du travail.

Son père étant entré au monastère d’Anisole, Siviardus voulut le suivre à son tour, et fut au milieu des moines un modèle de douceur, d’obéissance, de pureté, d’affabilité. Il fut élevé au sacerdoce et chargé d’enseigner l’Ecriture.

A la mort de l’abbé, les moines l’élurent abbé à l’unanimité. Dans cette charge, Siviardus conduisit sagement tous ses Frères dans les hautes voies de la sainteté.

Il fonda le monastère de Savonnières (act. Indre-et-Loire). On croit qu’il est l’auteur de la Vita du fondateur d’Anisole, Saint-Calais.

A sa mort, le 1er mars 687, apparurent les saints Apôtres Pierre et Paul, qui emportèrent son âme au Paradis.

Il fut enseveli à Savonnières. 

Saint Siviardus est commémoré le 1er mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Switbert l’Ancien

647-713

 

Switbert était natif de Northumbrie (Angleterre), où il vit le jour en 647.

Il suivit l’exemple d’un saint prêtre nommé Egbert, avec lequel il mena une vie érémitique en Irlande.

De là, Egbert envoya d’abord Wigbert pour convertir la basse Germanie encore païenne, suivi par s.Willibrord (v. 7 novembre) et ses compagnons, parmi lesquels se trouvait Switbert. On s’installa à Utrecht en 690.

Switbert travailla avec succès dans l’actuelle région de Hollande méridionale.

En 697, étant repassé en Angleterre, Switbert fut sacré évêque régionnaire pour la Frise. Revenu en Germanie, il évangélisa les Boructuariens de l’actuelle Westphalie.

Lors d’une invasion des Saxons, il se réfugia sur une petite île du Rhin proche de Cologne. Et c’est là qu’il mourut, le 1er mars 713.

Le monastère qu’il y fonda s’appela d’abord Switbert Isle, et donna naissance à la ville de Kaiserswerdt (île de César), où furent retrouvées les reliques de Switbert en 1626. Un bras du Rhin ayant changé son cours, cet endroit a cessé d’être une île.

Saint Switbert est commémoré le 1er mars dans le Martyrologe Romain. 

 

 

Léon de Bayonne

856-890

 

Léon naquit vers 856 à Carentan en basse Normandie. Peu après sa naissance, il fut emmené par son père dans la région du Rhin, placé à douze ans à la cour de Louis de Germanie, et jugé peu apte au métier de courtisan.

Il avait un grand amour de l’étude, du goût pour la retraite, et de l’aversion pour les plaisirs.

Ramené en France, il étudia à Paris et entra dans l’état ecclésiastique.

Vers 887, il fit un voyage de dévotion à Rome. Qu’il ait été là nommé archevêque de Rouen par le pape, est une pieuse invention qui ne peut s’accorder avec d’autres détails confirmés.

Il est en revanche attesté qu’il vint à Lapurdum (l’ancien nom de Bayonne) pour y évangéliser les Normands qui s’y étaient établis. C’est ainsi que Léon serait devenu évêque de Lapurdum. Selon certains Léon était le premier évêque du siège de Bayonne ; selon d’autres, ce siège était vacant depuis plusieurs siècles, et Léon l’aurait restauré.

Avec deux compagnons de mission, Léon évangélisa la terre basque, poursuivant son œuvre d’apostolat jusqu’en Navarre et en Biscaye.

Des pirates s’emparèrent de lui et le décapitèrent avec un de ses compagnons, à l’entrée de Bayonne, un 1er mars de 890, ou un peu plus tard.

Saint Léon est honoré comme le patron de la ville de Bayonne, qui reçut en plusieurs occasions des marques sensibles de sa protection : il y a des traces de son culte au XIe et au XIIIe siècles.

Saint Léon est mentionné le 1er mars dans le Martyrologe, et sa fête se célèbre localement au dimanche le plus proche.

Leone Luca de Corleone

815-915

 

Cette fleur du monachisme sicilien naquit vers 815 à Corleone (Sicile O, Italie) et reçut au baptême le prénom de Leone.

La région fut dévastée à cette époque par une invasion des Sarasins ; les parents de Leone étaient de riches propriétaires terriens, mais ils moururent alors que Leone était encore bien jeune. Le jeune garçon tâcha de gérer les biens familiaux, qui comprenaient les terres et les troupeaux. 

Mais à vingt ans, son cœur se détacha de tous ces soucis et des biens de la terre, et préféra les biens célestes : il fit le vœu d’aller en pèlerinage à la tombe des Apôtres à Rome. 

Dans un premier temps, il alla demander à être admis au monastère Saint-Philippe d’Agira (Sicile E), de rit basilien, puis alla accomplir son vœu à Rome.

Au retour, il alla frapper cette fois au monastère de Sainte-Marie à Vena (Vibo Valentia, Calabre, Italie S), où l’abbé lui donna le nom de Luca. Le novice se montra exemplaire d’humilité et d’obéissance, priant et jeûnant assidûment.

A la mort de l’abbé, ce fut lui qu’on choisit pour être à la tête du monastère. Sa sainteté fut tellement contagieuse que la communauté passa bientôt à une centaine de moines. 

Il fonda d’autres monastères ; on accourait pour l’entendre, pour lui demander des prières (et des miracles). Parmi ces miracles, on rapporte la guérison d’un paralytique venu de Saxe, qu’il guérit avec une onction d’huile et après avoir invoqué le nom du Seigneur. 

Une autre fois, un contradicteur s’emporta et gifla l’abbé : Dieu fit que l’homme fut possédé et à l’article de la mort, mais Leone Luca en obtint la délivrance et la guérison en priant pour lui.

Leone Luca (ou Leoluca) mourut à peu près centenaire, vers 915, après environ quatre-vingts ans de vie monastique. Au matin de sa mort, il assista à la messe, communia, donna le baiser de paix à toute la communauté et rentra dans sa cellule, où il rendit l’esprit.

Saint Leone Luca est commémoré le 1er mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rudesindus

907-977

 

Rudesindus (en espagnol Rosendo, en français Roseind ou Rudesinde), naquit le 26 novembre 907 à Salas (Asturies, Espagne), de Gutierre Menéndez et de Ilduara, qui étaient de familles illustres apparentées au roi Alfonso le Grand, roi des Asturies.

La pieuse Ilduara s’occupa de la formation de son fils, puis en 915 le confia tout bonnement à l’évêque Savarico de Dume (ou Dumio), siège épiscopal qui fut transféré à celui de Mondoñedo.

A cet évêque succéda vers 920 Rodrigo, qui mourut vers 925. Le choix du successeur tomba alors sur le jeune Rosendo, qui n’avait, semble-t-il, que dix-huit ans. Ce dernier pensait refuser une telle charge, mais il fut divinement averti de n’en rien faire.

Déjà mûri par son expérience auprès de l’évêque, Rosendo travailla activement à la sanctification de son diocèse, outre qu’à la sienne. Il fonda des monastères, dont celui de Celanova en 936, où il s’établit, aidé dans son travail par les moines.

Or, un de ses parents, Sisenand, titulaire du siège d’Iria, se rendit détestable par sa vie mondaine ; le roi Sanche le Gros finit par le mettre en prison. Rosendo fut nommé administrateur du diocèse d’Iria, qu’il transféra à Compostelle.

Sur ces entrefaîtes, Rosendo dut assembler une armée pour repousser les Normands et les Arabes, ce qui lui valut les acclamations des gens de Compostelle.

Quand mourut Sanche (966), Sisnando réussit à s’évader. La nuit de Noël, il vint réveiller Rosendo et le menaça de le transpercer de son épée, s’il ne lui restituait pas son siège d’Iria. Rosendo, sans se démonter, l’assura qu’il était prêt à quitter la place séance tenante, mais profita du moment pour l’exhorter à s’amender, sinon Dieu le punirait bientôt.

Rosendo se retira dans un des monastères qu’il avait fondés (l’un dit à San Juan de Cabrera, qui n’est pas en Galice, un autre à Celanova). Peu après, une nouvelle attaque des Normands provoqua la mort de Sisnando (971), auquel Rosendo trouva un digne successeur.

Quant à lui, il vécut désormais en simple moine à Celanova, sous l’obédience de l’abbé Franquilan. A la mort de ce dernier, il fut élu abbé. Durant son abbatiat, il dut assumer aussi le gouvernement d’autres monastères, puis fit élire son successeur à Celanona, en la personne de Mamillan.

Rosendo mourut saintement à Celanova, le 1er mars 977, et son tombeau fut le théâtre de nombreux miracles.

Rosendo a été canonisé en 1195.

Cristoforo de Milan

1410-1484

 

Cristoforo naquit à Milan (Italie N) en 1410, dans une famille qui, apparemment, a pu lui faire faire de bonnes études, vu les trois mille volumes dont elle fit cadeau plus tard au couvent ; mais on croit pouvoir déduire aussi de certaines expressions de Cristoforo dans ses homélies, que cette famille ne fut pas tout de suite favorable à sa vocation religieuse.

Vers 1430, il entra chez les Dominicains de cette ville, où il fit les études habituelles de philosophie et de théologie, avant d’être ordonné prêtre, vers 1438. 

Tout de suite, il adhéra au mouvement de réforme préconisé par sainte Catherine de Sienne (v. 29 avril) et Raimondo de Capoue (v. 5 octobre). 

Son apostolat se déroula en diverses régions d’Italie, Lombardie, Vénétie, Romagne et Marches.

En 1446, il fut maître des novices à Mantoue.

A partir de 1451, il reprit le chemin de la prédication de Bologne à Palerme, en passant par Florence, Rome, Gaète, Naples, s’adressant aux fidèles, mais aussi aux confrères des couvents où il s’arrêtait.

On le retrouve à Gênes en 1458. En 1460, il fonda un couvent à Taggia, avec une église dédiée à la Sainte Vierge Mère de Miséricorde. De là, il reprit son bâton d’itinérant, et fut à Nice et Marseille (1462), peut-être alla-t-il jusqu’à Lyon et Paris.

Partout il s’efforça de faire refleurir la règle dans sa première splendeur. En particulier, selon la tradition hébraïque sacerdotale selon laquelle les prêtres de service ne quittaient pas le Temple (cf. Lv 21:12), il demanda aux prêtres chargés de la liturgie de ne pas quitter le couvent durant leur semaine de service, pour rester entièrement occupés au culte divin, pendant que les autres étaient employés aux autres occupations.

Cristoforo renforça aussi l’effort pour les études ; beaucoup de vocations adhérèrent à sa direction. Sa prédication fut appréciée des contemporains ; d’après ses notes, on se rend compte qu’il se référait beaucoup aux auteurs latins antiques, mais pas ou peu aux contemporains, et pas même à sainte Caterina de Sienne.

Les traités qu’il écrivit sont restés inédits ; ils se trouvent à Taggia, dans la bibliothèque des Dominicains.

Au retour de sa dernière prédication dans la région ligure, il mourut dans son couvent, à Taggia le 1er mars 1484, jour où le mentionne maintenant le Martyrologe.

Son culte fut confirmé en 1875. 

Le couvent de Taggia est actuellement seulement un musée.

 

 

Giovanna Maria Bonomo

1606-1670

 

Présage d’une vie toute particulière, la naissance de cette extraordinaire figure du XVIIe siècle eut lieu le 15 août, dans la maison de ses parents Giovanni Bonomo et Virginia Ceschi, lui riche marchand à Asiago (province de Vicenza, NE de l’Italie), elle de la famille des Ceschi de Borgo Valsugana. 

Maria n’avait pas dix mois qu’elle reçut tout d’un coup l’usage providentiel de la parole, pour détourner son père de quelque mauvaise action. A cinq ans, elle avait déjà pénétré le mystère de l’Eucharistie et étudia le latin encore enfant, sans professeurs (humains).

Elle n’avait que six ans quand sa maman mourut (1612). Son père confia sa formation aux Clarisses de Trento, lesquelles lui enseignèrent, comme c’était la coutume, la religion, la littérature, la musique, la couture et la danse.

Exceptionnellement, elle fit sa première Communion à l’âge de neuf ans, en même temps qu’elle fit ce jour-là le vœu de chasteté, qu’elle observa fidèlement toute sa vie.

A douze ans, elle écrivit à son père qu’elle désirait être moniale chez les Clarisses de Trente, mais Giovanni Bonomo ne l’entendait pas de cette oreille et la fit tout bonnement revenir à Asiago dans le but de lui présenter quelque bon parti. Mais il finit par se rendre aux désirs de sa fille, tout en se réservant encore le choix de l’ordre et du monastère.

Momentanément, elle s’en retourna donc chez les Clarisses de Trento, où elle fit le noviciat. Le dimanche, elle accompagnait la messe avec son violon, ce qui faisait venir beaucoup de gens dans la petite église.    

Finalement, à quinze ans (21 juin 1621), Maria entra chez les Bénédictines de Saint Jérôme, à Bassano del Grappa, où elle prit le nom de Giovanna Maria. Elle émit les vœux solennels de pauvreté, chasteté et obéissance le 8 septembre 1622, jour de la fête de la Nativité de Marie. Commença ainsi un chemin vers la perfection selon les trois voies traditionnelles : purificatrice, illuminatrice et sensitive.

Elle reçut alors pendant environ sept ans des visions célestes, des joies particulières pendant ses fréquentes expériences mystiques, en particulier quand elle recevait l’Eucharistie.

A ces ascensions mystiques, à ces dialogues avec le Sauveur, s’adjoignirent de grandes tribulations de corps et d’esprit. Tandis qu’à vingt ans elle recevait l’anneau des épousailles mystiques avec le Christ, dès lors elle vécut plusieurs années durant, en extase, tous les moments et toutes les douleurs de la Passion du Christ, à partir du jeudi après-midi jusqu’au vendredi soir ou même au samedi matin. Elle reçut aussi l’impression des stigmates.

Toutes ces grâces gênaient profondément Giovanna Maria, car elles la faisaient voir pour ce qu’elle n’était pas, comme elle répétait. Aussi, après d’intenses prières elle obtint que les stigmates disparussent et que les extases n’eussent lieu que de nuit. Par ailleurs, elle jouit du don de la bilocation.

Mais cette vie extraordinaire suscitait des jalousies et des suspicions, de la part des consœurs, du confesseur et de la Curie épiscopale de Vicenza, d’où lui parvint l’interdiction de descendre au parloir et d’écrire de la correspondance. Le confesseur la traita de folle et lui interdit même l’Eucharistie, jusqu’au jour où un Ange intervint pour lui porter la sainte Hostie. Elle souffrit beaucoup de fièvres, de sciatique…

Dieu permit que cette situation changeât les vingt dernières années de sa vie : en effet, on lui permit de reprendre sa correspondance et elle fut même élue abbesse en juin 1652. En 1655 elle fut élue prieure, charge qu’elle conserva jusqu’en 1664, année où elle fut à nouveau élue abbesse.

Elle enseigna aux moniales que la sainteté ne consistait pas à faire de grandes choses, mais à rechercher la perfection dans les choses les plus simples de la vie quotidienne.

Beaucoup, gens du peuple ou de la haute société, recoururent à ses conseils ; les pauvres bénéficièrent de sa grande charité, une vertu qui la caractérisait avec celles de l’humilité et de la patience héroïque.

Cette vie bien chargée, pleine de douleurs et de mérites, s’acheva finalement à Bassano le 1er mars 1670, dans sa soixante-quatrième année.

Dans les Méditations sur la Passion de Notre Seigneur Jésus Christ, ainsi que dans les lettres qui nous sont restées, Giovanna se montre bien sûr clarisse et bénédictine, mais aussi carmélite et ignacienne, ayant fondé toute sa vie et son activité sur la figure du Christ.

Après sa mort, beaucoup de grâces lui furent attribuées, au point que son procès de béatification commença en 1699, pour s’achever presque un siècle après en 1783, quand le pape Pie VI la proclama Bienheureuse. Dès lors elle fut prise comme sainte Patronne de tout le Veneto, en particulier d’Asiago et de Bassano.

Le dernier prodige qu’on connut fut que durant la première Guerre Mondiale, malgré les si violents bombardements qui détruisirent totalement Asiago, la statue de la Bienheureuse qui se trouve devant sa maison natale resta absolument intacte, d’une façon tout-à-fait incompréhensible.

Inscrite au Martyrologe le 1er mars, jour de sa naissance au ciel, elle est cependant fêtée localement le 26 février.

 

 

Agnès Cao Guiying

1821-1856

 

Agnès (Yiani) était née vers 1821 (ou peut-être même bien plus tard, vers 1833) à Wujiazhai (Guizhou, Chine).

Sa famille était chrétienne depuis plusieurs générations déjà. Son père était un pauvre vieux médecin. Orpheline à quinze ans, mariée à un homme violent, bientôt veuve à vingt ans, elle reçut du père Chapdelaine (voir au 29 février) la mission de la catéchèse des jeunes filles.

Arrêtée en même temps que le père Chapdelaine, Agnès fut enfermée dans une cage, consumée par la faim et par la soif, mutilée et brisée. Dans cette cage en effet, on ne peut ni se redresser ni se retourner.

Elle consomma le martyre, le 1er mars 1856, à Xilinxian (Guangxi), peut-être achevée d’un coup d’arme à feu.

Sainte Agnès Cao fut canonisée en 2000, parmi les cent-vingt Martyrs chinois, fêtés ensemble le 9 juillet.

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29 février 2020 6 29 /02 /février /2020 00:00

29 FEVRIER

 

V.

S Hilaire, pape (461-468) : il s’opposa à l’invasion arienne jusque dans Rome.

X.

S Oswald, anglais d’origine danoise, moine à Fleury-sur-Loire, évêque à Worcester et York, réformateur et fondateur d’abbayes ; il remplaça le clergé marié par des moines.

XV.

Bse Antonia, veuve à Florence, clarisse à Foligno puis prieure à L’Aquila, mystique.

XIX.

S Auguste Chapdelaine, prêtre normand, missionnaire en Chine, martyr canonisé avec d’autres en 2000 et fêté le 9 juillet.

Hilarius

† 468

 

Hilaire était d’origine sarde, et appartenait au clergé de Rome.

Diacre, il fut le légat du pape s.Léon le Grand à Ephèse pour un concile qui fut en fait le Brigandage d’Ephèse, car le saint patriarche Flavien de Constantinople y fut déposé, vilipendé et envoyé en exil où il trouva la mort (v. 17 février). Hilaire n’échappa de ce “concile” qu’en se déguisant.

A la mort de s.Léon le Grand, c’est lui qui fut élu pour lui succéder, en 461.

A l’annonce de son élection, le métropolitain d’Arles, Léonce, lui adressa une lettre qui rappelait la foi des évêques de Gaule dans le primat universel de l’évêque de Rome : Puisque l’Eglise romaine est la mère de toutes les autres, nous avons été comblés de joie en apprenant que, dans cette immense détresse du siècle, tu as été promu pour juger les peuples et diriger sur la terre les nations dans leur itinéraire.

Dès qu’il fut sacré et intronisé, Hilaire adressa une encyclique à toutes les églises d’Orient pour confirmer les saints conciles œcuméniques de Nicée (325), Ephèse (431) et Chalcédoine (451).

En Italie et à Rome même, Hilaire dut s’opposer à l’invasion arienne. Ricimer, le vrai chef du pays, avait fait élever jusque sur le Quirinal une église arienne. Arthème Philothée, venu de Constantinople pour prendre possession de l’empire d’Occident au nom de l’empereur Majorien, aurait voulu imiter cet exemple et élever à Rome une chapelle pour la secte des macédoniens (du nom d’un patriarche arien condamné, Macedonius) : Hilaire s’y opposa et exigea de l’empereur le serment de ne pas tolérer ce nouvel empiétement. 

Le pape de son côté érigea trois oratoires dans la basilique constantinienne de Saint-Jean de Latran, au baptistère, en l’honneur de saint Jean-Baptiste, de saint Jean l’Evangéliste et de la sainte Croix. Il construisit aussi plusieurs monastères, dont un à Saint-Laurent. Il créa aussi deux bibliothèques.

Un synode romain, tenu en novembre 465 à Sainte-Marie-Majeure, statua sur les affaires d’Espagne, réprouvant les abus dans la collation des ordres à des candidats tarés, n’admettant pas la translation d’un siège épiscopal à un autre, condamnant la prétention des évêques qui regardaient leur charge comme un bien héréditaire et voulaient en disposer au détriment des droits d’élection.

Les lettres doctrinales de ce pape ont été réunies dans les Décrétales d’Hilaire. 

Le pape Hilaire ordonna vingt-deux évêques, vingt-cinq prêtres et six diacres.

Après un pontificat de six ans et trois mois, il mourut le 29 février 468, mais il est habituellement mentionné le 28 février au Martyrologe Romain. 

Il n’y pas eu d’autre pape qui ait porté ce nom. Le successeur de saint Hilaire fut le pape saint Simplice (v. 10 mars).

 

 

Oswald d’York

† 992

 

Oswald était d’origine danoise. Par son père il était neveu de l’archevêque de Canterbury (Odon), et parent de celui d’York (Oskyll).

Formé par Odon, il reçut les saints ordres et fut nommé doyen du chapitre de Winchester, mais demanda et obtint l’autorisation d’aller vivre dans le monastère bénédictin de Fleury-sur-Loire.

Le nouvel archevêque de Canterbury appela Oswald pour le siège de Worcester. Comme évêque, il remplaça les prêtres séculiers mariés par des moines. Il fonda l’abbaye bénédictine de Westbury, et en réforma plusieurs autres (Winchcombe, Pershore, Evesham).

Oswald fut nommé au siège d’York (972), mais conserva l’administration du diocèse de Worcester.

Dans cette dernière ville, il fonda une abbaye bénédictine, où il recueillit beaucoup de reliques de Saints, en particulier celles de saint Wilfrid qu’il retrouva.

Dans les monastères, il encouragea le développement des sciences.

En 973, il participa au sacre du nouveau roi Eadgar à Bath.

L’année suivante, il fit la dédicace de l’église abbatiale de Ramsay, pour laquelle il fit venir de Fleury-sur-Loire le moine Abbon, chargé de l’enseignement. 

Oswald avait coutume de laver chaque jour les pieds de douze pauvres. Durant l’hiver 991-992, il fut souffrant ; à peine remis, il reprit son habitude quotidienne et, au terme de la cérémonie, il expira au chant de la doxologie Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto.

C’était le 29 février 992.

Les miracles avenus sur son tombeau le firent bientôt canoniser.

 

 

Antonia de Florence

1400-1472

 

Antonia naquit à Florence en 1400. Jeune veuve avec un enfant, elle s’opposa à sa famille qui lui proposait de secondes noces. De son côté, elle considérait les adversités de la vie comme un dessein particulier du Seigneur. 

A cette époque, saint Bernardin de Sienne, avec ses compagnons, répandait en maintes villes d’Italie le mouvement de l’Observance, avec un retour au “francescanisme” des origines. La plupart des homélies se faisaient sur la place publique, car les églises étaient trop petites pour contenir toutes les foules qui accouraient. C’est ainsi que frère Bernardino se fit entendre à Sainte Croix de Florence du 8 mars au 3 mai 1425. Après l’avoir entendu, Antonia répondit “oui” sans conditions à l’appel de Dieu. Elle avait connu la vie matrimoniale, elle était mère, mais le Seigneur apportait un tournant à sa vie. Quatre ans plus tard, après avoir réglé les affaires familiales, elle entra parmi les tertiaires franciscaines fondées par la bienheureuse Angiolina de Marsciano, elle aussi jeune veuve. 

Le couvent florentin de saint Onofrio était déjà le cinquième qui se fondait. Peu après sa profession, Antonia fut envoyée, au vu de son charisme, dans le monastère le plus ancien de l’Ordre, érigé à Foligno en 1397. La fondatrice le transféra successivement à Assise, puis à Todi, enfin à L’Aquila en vue de fonder une nouvelle communauté. C’était le 2 février 1433, fête de la Présentation de Jésus au Temple. Ce couvent de L’Aquila, mis sous la protection de sainte Elisabeth, fut guidé par Antonia pendant quatorze années, durant lesquelles elle se voua corps et âme à la croissance de la communauté dans les préceptes de l’Evangile.

Toutefois, dans le cœur d’Antonia mûrissait le désir d’une vie davantage contemplative. Il faut signaler aussi que pendant plusieurs années elle subit une pénible épreuve à cause des désordres de Battista, son fils, qui dilapidait tout le patrimoine familial, engendrant aussi des litiges entre parents. 

Concernant la réforme de l’Observance, plusieurs communautés de Clarisses y adhérèrent, et ce fut saint Giovanni de Capistrano qui guida la réforme à L’Aquila. Antonia fut parmi les premières de ce groupe. Le Saint trouva l’édifice adéquat pour abriter le monastère, et présida à la solennelle fondation le 16 juillet 1447. Partant de Collemaggio, le cortège accompagna Antonia, nouvellement élue abbesse par volonté de Jean de Capistrano, avec ses treize compagnes, pour rejoindre le monastère de l’Eucharistie (appelé aussi du “Corpus Domini”). Les débuts furent marqués par une extrême pauvreté, on manquait du plus nécessaire et Antonia n’hésita pas à aller mendier. Les religieuses vivaient la  pauvreté avec une joie évangélique, leur Mère leur en donnait un exemple courageux et maternel, tout cela dans un climat authentiquement fraternel. Il en résulta des fruits abondants et de nombreuses vocations. 

Même le fils d’Antonia bénéficia de l’influence de s.Jean de Capistrano : Battista vêtit en effet l’habit franciscain au couvent de Campli où sa conduite fut exemplaire. 

Après sept années, Antonia obtint enfin de pouvoir s’adonner exclusivement à la contemplation et au silence. Sainte Claire d’Assise disait d’elle : Elle se taisait, mais sa renommée hurlait. Modeste et obéissante, elle se mettait à la dernière place aussi bien à table qu’au chœur, et se mettait les habits les plus usés, que ses consœurs ne pouvaient plus mettre. Certaines moniales la virent ravie en extase, avec une auréole lumineuse au-dessus de sa tête. Dans les dernières années de sa vie, elle dissimula une plaie qu’elle avait contractée à la jambe. Elle mourut à vingt-et-une heures le 29 février 1472, entourée de ses chères consœurs.

Des miracles eurent lieu avant même sa sépulture. Une des moniales s’étendit près d’elle et guérit de plusieurs plaies. Les magistrats de la ville voulurent assumer les frais des obsèques. Quinze jours après la sépulture, les consœurs l’exhumèrent pour en revoir encore une fois les traits, et la trouvèrent comme si elle venait de s’éteindre. Le bruit s’en répandit dans la ville et l’évêque Agnifili ordonna qu’on l’ensevelît dans un endroit choisi. Cinq ans plus tard en 1477, l’évêque Borgio ordonna une nouvelle reconnaissance de la dépouille,  constata la parfaite conservation du corps de Mère Antonia et, connaissant bien sa renommée de sainteté, en autorisa le culte. Le culte fut à nouveau confirmé en 1848. 

Récemment, les reliques de la Bienheureuse ont été transférées du monastère de l’Eucharistie à celui des Clarisses de Paganica, non sans quelques manifestations de mécontentement des habitants de l’Aquila.

La Bienheureuse est donc inscrite au Martyrologe le 29 février.

 

 

Auguste Chapdelaine

1814-1856

 

Auguste Chapdelaine naquit le 6 janvier 1814 à La Rochelle-Normande (Manche) : sa maison natale existait encore en 1944, année où elle fut détruite par un incendie le 2 août, après l’explosion d’un camion allemand.

Auguste étudia à Mortain, puis à Coutances, où il fut ordonné prêtre en 1843.

Après sept années comme vicaire à Boucey (Manche), il entra aux Missions Etrangères de Paris et partit pour la Chine en 1851. Il resta deux années à Hong-Kong, pour apprendre le chinois et s’habituer aux nouvelles condtions de vie (climat, habillement, mœurs). En chinois, Auguste était appelé Maître Mâ.

Dix jours après être entré dans le Kouang-si, il fut arrêté et relâché au bout de deux semaines, car le mandarin fut inspiré à ce moment d’être très bienveillant envers lui.

Après un répit de deux années, une nouvelle persécution commença, en 1856, lors de laquelle le père Auguste fut arrêté, en même temps qu’un de ses plus fidèles néophytes, Luolong Bai Xiaoman et qu’une jeune fille, Agnès, ainsi que d’autres chrétiens dont on n’a pas le nom ici.

Le 25 février au soir, les prisonniers furent maltraités, frappés à coups de rotin, interrogés, chargés de chaînes et de la cangue, même de nuit.

Le 26, Luolong Bai Xiaoman fut interrogé, sommé de renier la foi et d’abandonner le père Mâ. Ayant fermement répondu Je ne l’abandonnerai jamais, il fut décapité sur place.

Agnès fut ensuite présentée : née en 1833, d’un pauvre vieux médecin, orpheline à quinze ans, veuve à vingt ans, elle était une fidèle catéchiste. Enfermée dans une cage, consumée par la faim et par soif, mutilée, brisée, elle rendit son âme au bout de quatre jours (le 1er mars en effet est fêtée sainte Agnès Cao Kuiying).

Ce fut le tour du père Auguste, qui subit d’abord un interrogatoire sur la religion, puis, interrogé sur des questions sans importance, ne répondit plus. On lui administra alors sur le dos trois cents coups de rotin, qu’il reçu sans une plainte.

Le 27 février, il endura le supplice de la chaîne sur les genoux.

Le 28, il fut enfermé dans une cage où l’on étrangle les grands criminels.

Durant cette pénible captivité «criminelle», le mandarin fit dire au père Auguste que, s’il voulait bien lui donner quatre cents taëls, il lui rendrait la liberté. Il montrait par là la réelle conception qu’il avait du «crime» du père Auguste. Ce dernier répondit en toute franchise qu’il n’avait pas d’argent.

Le 29, tandis qu’il respirait encore, le mandarin le fit sortir de la cage et ordonna à un homme de le décapiter.

(Il faudrait pouvoir certifier ici cette version un peu différente, selon laquelle le Martyr subit le supplice du lingchi, consistant à entailler et retirer successivement des parties et des membres du condamné, avant de lui trancher la tête. Ce supplice s’appelle aussi «des huit couteaux» ou «des cents morceaux», ou encore «des milles coupures».)

Le mandarin n’était pas encore satisfait. Il s’acharna sur les restes du Martyr. La tête fut portée hors de la ville, suspendue par les cheveux à un arbre, des enfants en firent le but de leur tir et la détachèrent à coups de pierres ; des animaux s’en disputèrent les lambeaux.

Auguste Chapdelaine fut béatifié en 1900, et canonisé en 2000.

Le dies natalis du Martyr et de quelques autres étant le 29 février, lors de la proclamation du Martyrologe, on mentionne les Saints du 29 en même temps que ceux du 28.

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28 février 2020 5 28 /02 /février /2020 00:00

28 FEVRIER

 

I.

Ss Nymphas et Eubule, amis de s. Paul (cf. Col 4 et II Tim,4).

? S Barsès, évêque à Damas.

Ss Macaire, Rufin, Just, Théophile, martyrs (à Rome ou à Alexandrie ?).

Ss Céréale, Pupule, Caïus et Sérapion, martyrs à Alexandrie.

IV.

S Martin, évêque à Mayence.

V.

Stes Marana et Cyra, vierges recluses près de Bérée ; elles ne parlaient jamais ; seule Marana recevait quelques femmes durant le temps pascal.

S Romain, premier ermite dans le Jura, abbé à Condat.

S Vindemial, évêque à Vérone ; plus de trente évêques portèrent ce nom en cette ville.

VI.

S Romain, fondateur d’abbaye à Mantenay, évêque à Reims, après s. Remi.

Ste Ermina (Febaria), vierge irlandaise.

S Ruellin (Ruilin), évêque à Tréguier.

XVII.

Bx Paulus Uchibori Sakuemon (dont les trois garçons furent martyrisés le 21 février), Gaspar Kizaemon, Maria Mine (son mari sera martyrisé le 17 mai), Gaspar Nagai Sōhan, Ludovicus Shinzaburō, Dionisius Saeki Zenka et son fils Ludovicus Saeki Kizō, Damianus Ichiyata, Leo Nakajima Sōkan et son fils Paulus Nakajima Kinzō, Ioannes Kisaki Kyūhachi, Ioannes Heisaku, Thomas Uzumi Shingoro, Alexius Sugi Shohachi, Thomas Kondō Hyōemon et Ioannes Araki Kanshichi, laïcs japonais martyrs, béatifiés en 2008.

XX.

B Daniel Brottier (1876-1936), des Pères du Saint-Esprit, très actif au Sénégal et réorganisateur des Apprentis d’Auteuil, béatifié en 1984.

B Stanisław Antoni Trojanowski (Tymoteusz, 1908-1942), franciscain polonais, martyr à Auschwitz, béatifié en 1999.

B Carlo Gnocchi (1902-1956), prêtre milanais, fondateur de la Fondation Pro Iuventute, béatifié en 2009.

Nymphas et Eubulus

1er siècle

 

Saint Paul nomme ces deux amis, le premier dans l’épître aux Colossiens, le second dans la deuxième épître à Timothée.

En Col 4:15, Paul parle de Nymphas comme d’un habitant de Laodicée :

Saluez les frères qui sont à Laodicée, avec Nymphas et l’Eglise qui s’assemble dans sa maison.

Laodicée est une cité toute proche de Colosses en Asie Mineure (près de Goncali, actuelle Turquie sud-occidentale), où s’était constituée une communauté de Chrétiens ; ils se réunissaient chez Nymphas, qui pouvait donc être un personnage important avec une maison assez grande, peut-être aussi un diacre.

Dans le même passage, Paul fait allusion à la lettre qu’il avait envoyée à ces Chrétiens de Laodicée : il leur propose de la faire connaître aussi à leurs Frères de Colosses, et de lire à leur tour celle envoyée aux Colossiens. Malheureusement, nous n’avons plus depuis longtemps cette lettre aux Laodicéens. Plus tard, dans l’Apocalypse, il sera question aussi d’une Lettre à Laodicée, où Jean leur reproche leur tiédeur mais leur promet aussi la récompense de la victoire (Ap 3:14-21).

Quant à Eubulus, saint Paul dit en 2Tim 4:21 qu’il se trouvait à Rome durant sa captivité :

Tu as le salut d’Eubulus, de Pudens, de Linus, de Claudia et de tous les frères.

Eubulus était donc membre de la première communauté chrétienne romaine. Mais nous n’en savons rien de plus.

Les menées grecques mentionnent ensemble Nymphas et Eubulus, leur donnant même le titre d’apôtres, et affirmant qu’ils moururent ce même jour du 28 février.

Toutefois, l’actuel Martyrologe n’a pas retenu leurs noms. Il y a un Eubulius martyr, au 7 mars, différent de l’ami de saint Paul.

 

 

Marana et Cyra de Bérée

5e siècle

 

Les deux saintes femmes dont il est question ici furent très connues de leur évêque, Théodoret de Cyr († 458).

Marana et Cyra appartenaient à la haute aristocratie de Bérée (auj. Alep, Syrie), habituées à vivre dans un grand luxe.

D’un commun accord, elles quittèrent ce monde et partirent avec deux domestiques dans les environs de Bérée : Marana et Cyra se firent enfermer dans un petit enclos à ciel ouvert, les deux autres femmes dans une maisonnette proche, pour y mener elles aussi une vie de consacrées.

Il y avait tout de même une petite fenêtre, par où elles recevaient ce qu’on leur apportait. Plusieurs fois, elles restèrent dans une jeûne total durant quarante jours.

Elles ne parlaient pas ; durant le temps pascal cependant, Marana s’entretenait avec des femmes qui venaient la voir. De Cyra, on disait qu’on n’en avait jamais entendu la voix.

Elles ne rompirent cette solitude que deux fois, pour un pèlerinage à Jérusalem, et un autre près de Séleucie (Isaurie, auj. Turquie SW), dans un sanctuaire de sainte Thècle (v. 23 septembre ?). Encore firent-elles ces pèlerinages sans rien manger.

Cette vie dura quarante-deux ans, toujours selon le même auteur, ce qui laisse supposer qu’elles parvinrent à un âge fort avancé.

Quand Théodoret écrivit, il parlait au passé, d’où l’on déduira que ces saintes recluses moururent avant 458.

Saintes Marana et Cyra de Bérée sont commémorées le 28 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Romain de Condat

393-463

 

Romain (Romanus) naquit vers 393 ; lui, sa sœur et son frère Lupicin (Lupicinus) étaient d’une famille de l’actuelle région du Bugey (Ain).

A trente-cinq ans, Romain voulut embrasser la vie solitaire ; il alla d’abord s’y former auprès de Sabin, l’abbé d’un monastère situé au confluent de la Saône et du Rhône. Avec un exemplaire de la Vie des Pères du Désert et un des Institutions de Cassien (v. 23 juillet), il se retira dans la solitude.

Il se tourna vers la forêt du Jura et s’arrêta là où se trouve Condat. 

Son frère Lupicin, cependant, devenu veuf, voulut le rejoindre, ayant vu en vision son frère qui l’appelait. 

Différents de caractère, mais amoureux de la perfection, ils s’entr’aidèrent dans le travail spirituel et gravirent une haute échelle de sainteté. 

Des miracles se produisirent, attirant des vocations. On construisit deux monastères, l’un à Condat, l’autre à Leuconne, que gouvernaient les deux frères.

Autant Romain était patient et doux, autant Lupicin était plus rude et exigeant. Mais il n’y avait jamais d’affrontement, les qualités de l’un illuminant les qualités de l’autre. Romain, l’aîné, cédait souvent à Lupicin. 

Plusieurs fois Romain réintégra avec bonté des moines qui, tentés, avaient quitté le monastère, tandis que Lupicin ou quelque autre moine aurait été plus «sévère» avec eux.  

Une année que la récolte avait été bien plus abondante que d’ordinaire, les moines de Romain commencèrent à se montrer plus difficiles à table. Inutilement, Romain tenta de les rappeler à la Règle ; aussi appela-t-il Lupicin. Celui-ci se fit d’abord préparer un repas sans huile ni sel puis, ayant fait préparer une grande marmite, y mélangea fruits et légumes ; quand tout fut cuit, il invita les moines à partager cette soupe peu ordinaire ; ceux qui acceptèrent, comprirent et se soumirent. Il y en eut douze qui, mécontents de la leçon, quittèrent le monastère. Lupicin dit à Romain que le froment seul était resté à l’intérieur.

Romain cependant en fut bien affligé. Il s’imposa de rudes pénitences jusqu’à ce que les fautifs revinssent, repentis, et les accueillit avec grande joie.

Vers 444, s.Hilaire d’Arles (v. 5 mai) se trouvait à Besançon et entendit parler de la sainteté de Romain ; il le fit venir à Besançon et l’ordonna prêtre. Cette dignité ne changea rien dans le comportement humble de Romain ; on ne s’apercevait de son sacerdoce que quand il montait à l’autel.

Bientôt les deux monastères en fondèrent d’autres, dans les Vosges et jusqu’en Allemagne. La sœur de Romain et Lupicin eut aussi son monastère à La Beaume.

Parmi les nombreux miracles qu’on a recensés, il y eut la guérison de deux lépreux, père et fils, que Romain guérit en les embrassant.

Romain s’éteignit en 463, à l’âge de soixante-dix ans environ.

Le monastère de Condat a donné naissance à la ville de Saint-Claude ; celui de Leuconne à Saint-Lupicin, qui vient de perdre son nom chrétien pour prendre celui de Coteaux-du-Lizon en fusionnant avec une autre commune voisine.

Saint Romain de Condat est commémoré le 28 février dans le Martyrologe Romain.

 

Damianus Ichiyata

?-1627

 

Damianus était né à Antoku Koba (Japon).

C’était le cousin de Dionisius Saeki Zenka, martyrisé le même jour ; il était marié.

Il fait partie de seize Japonais laïcs qui furent martyrisés le même jour et dont le «chef de file» était Paulus Uchibori Sakuyemon (voir la notice).

Ces glorieux Compagnons furent martyrisés sur le mont Unzen, dans le diocèse de Nagasaki, le 28 février 1627.  

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt-huit Japonais, en 2008.

 

 

Dionisius Saeki Zenka

?-1627

 

Dionisius Saeki Zenka était né à Fukae (Nagasaki).

C’est le père de Ludovicus, et le cousin de Damianus Ichiyata, martyrisés le même jour que lui.

Tous deux font partie de seize Japonais laïcs qui furent martyrisés le même jour et dont le «chef de file» était Paulus Uchibori Sakuyemon (voir la notice).

Ces glorieux Compagnons furent martyrisés sur le mont Unzen, dans le diocèse de Nagasaki, le 28 février 1627.  

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt-huit Japonais, en 2008.

 

 

Gaspar Kizaemon

?-1627

 

Gaspar était né à Arie ou Kuchinotsu (Nagasaki).

Il fait partie de seize Japonais laïcs qui furent martyrisés le même jour et dont le «chef de file» était Paulus Uchibori Sakuyemon (voir la notice).

Ces glorieux Compagnons furent martyrisés sur le mont Unzen, dans le diocèse de Nagasaki, le 28 février 1627. 

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt-huit Japonais, en 2008.

 

 

Gaspar Nagai Sōhan

?-1627

 

Gaspar était né à Kuchinotsu ou Shimabara (Nagasaki).

Il était marié.

Il fait partie de seize Japonais laïcs qui furent martyrisés le même jour et dont le «chef de file» était Paulus Uchibori Sakuyemon (voir la notice).

Ces glorieux Compagnons furent martyrisés sur le mont Unzen, dans le diocèse de Nagasaki, le 28 février 1627. 

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt-huit Japonais, en 2008.

 

 

Ioannes Heisaku

?-1627

 

Ioannes était né à Arie (Nagasaki). Il était marié.

Il fait partie de seize Japonais laïcs qui furent martyrisés le même jour et dont le «chef de file» était Paulus Uchibori Sakuyemon (voir la notice).

Ces glorieux Compagnons furent martyrisés sur le mont Unzen, dans le diocèse de Nagasaki, le 28 février 1627. 

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt-huit Japonais, en 2008.

 

 

Ioannes Kisaki Kyūhachi

?-1627

 

Ioannes était né à Fukae (Nagasaki).

Il fait partie de seize Japonais laïcs qui furent martyrisés le même jour et dont le «chef de file» était Paulus Uchibori Sakuyemon (voir la notice).

Ces glorieux Compagnons furent martyrisés sur le mont Unzen, dans le diocèse de Nagasaki, le 28 février 1627. 

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt-huit Japonais, en 2008.

 

 

Leo Nakajima Sōkan

?-1627

 

Leo était né à Fukae (Nagasaki).

C’est le père de Paulus, martyrisé le même jour.

Il fait partie de seize Japonais laïcs qui furent martyrisés le même jour et dont le «chef de file» était Paulus Uchibori Sakuyemon (voir la notice).

Ces glorieux Compagnons furent martyrisés sur le mont Unzen, dans le diocèse de Nagasaki, le 28 février 1627. 

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt-huit Japonais, en 2008.

 

 

Ludovicus Saeki Kizō

?-1627

 

Ludovicus était né à Fukae (Nagasaki), fils de Dionisius, et martyr comme son père.

Il fait partie de seize Japonais laïcs qui furent martyrisés le même jour et dont le «chef de file» était Paulus Uchibori Sakuyemon (voir la notice).

Ces glorieux Compagnons furent martyrisés sur le mont Unzen, dans le diocèse de Nagasaki, le 28 février 1627. 

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt-huit Japonais, en 2008.

 

 

Maria Mine

?-1627

 

Maria Mine était née à Kuchinotsu (Nagasaki).

Elle était l’épouse de Ioachim Mine Sukedayū, qui sera à son tour martyrisé le 17 mai suivant.

Elle fait partie de seize Japonais laïcs qui furent martyrisés le même jour et dont le «chef de file» était Paulus Uchibori Sakuyemon (voir la notice).

Ces glorieux Compagnons furent martyrisés sur le mont Unzen, dans le diocèse de Nagasaki, le 28 février 1627. 

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt-huit Japonais, en 2008.

 

 

Paulus Nakajima Kinzō

?-1627

 

Paulus était né à Fukae (Nagasaki).

Il était le fils de Leo Nakajima, martyrisé le même jour.

Il fait partie de seize Japonais laïcs qui furent martyrisés le même jour et dont le «chef de file» était Paulus Uchibori Sakuyemon (voir la notice).

Ces glorieux Compagnons furent martyrisés sur le mont Unzen, dans le diocèse de Nagasaki, le 28 février 1627. 

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt-huit Japonais, en 2008.

 

 

Thomas Kondō Hyōemon

1564-1627

 

Thomas était né vers 1564 à Amakusa ou Kuchinotsu (Nagasaki).

Il était marié.

Il fait partie de seize Japonais laïcs qui furent martyrisés le même jour et dont le «chef de file» était Paulus Uchibori Sakuyemon (voir la notice).

Ces glorieux Compagnons furent martyrisés sur le mont Unzen, dans le diocèse de Nagasaki, le 28 février 1627. 

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt-huit Japonais, en 2008.

 

 

Thomas Uzumi Shingoro

1575-1627

 

Thomas était né vers 1575 à Kuchinotsu (Nagasaki).

Il fait partie de seize Japonais laïcs qui furent martyrisés le même jour et dont le «chef de file» était Paulus Uchibori Sakuyemon (voir la notice).

Ces glorieux Compagnons furent martyrisés sur le mont Unzen, dans le diocèse de Nagasaki, le 28 février 1627.  

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt-huit Japonais, en 2008.

 

 

Paulus Uchibori Sakuyemon

1580-1627

 

Paulus était un noble samouraï japonais, né en 1580 à Sakuemon.

Converti et baptisé, il subit le martyre le 28 février 1627, quelques jours après que ses trois fils (Balthasar, Antonius et Ignatius) aient été exécutés pour leur foi, le 21 février.

Son fils aîné, Balthasar, pouvait avoir autour de vingt ans, Antonius n’avait que dix-huit ans, et Ignatius, cinq.

Ce noble papa chrétien, ainsi que ses trois garçons, furent béatifiés parmi le groupe des cent-quatre-vingt-huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Ioannes Araki Kanschichi

1593-1627

 

Ioannes était né à Koga ou Kuchinotsu (Nagasaki).

Il fait partie de seize Japonais laïcs qui furent martyrisés le même jour et dont le «chef de file» était Paulus Uchibori Sakuyemon (voir la notice).

Ces glorieux Compagnons furent martyrisés sur le mont Unzen, dans le diocèse de Nagasaki, le 28 février 1627. 

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt-huit Japonais, en 2008.

 

 

Ludovicus Shinzaburō

1601-1627

 

Ludovicus Shinzaburō était né en 1601 environ à Kuchinotsu ou Shimabara (Nagasaki)

Il fait partie de seize Japonais laïcs qui furent martyrisés le même jour et dont le «chef de file» était Paulus Uchibori Sakuyemon (voir la notice).

Ces glorieux Compagnons furent martyrisés sur le mont Unzen, dans le diocèse de Nagasaki, le 28 février 1627. 

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt-huit Japonais, en 2008.

 

 

Alexius Sugi Shōhachi

1602-1627

 

Alexius était né vers 1602 à Amakusa ou Kuchinotsu (Nagasaki).

Il fait partie de seize Japonais laïcs qui furent martyrisés le même jour et dont le «chef de file» était Paulus Uchibori Sakuyemon (voir la notice).

Ces glorieux Compagnons furent martyrisés sur le mont Unzen, dans le diocèse de Nagasaki, le 28 février 1627. 

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt-huit Japonais, en 2008.

Daniel Brottier

1876-1936

 

Daniel naquit le 7 septembre 1876 à La Ferté-Saint-Cyr (Loir-et-Cher), de parents chrétiens.

En 1887, il reçut la Première communion et entra au Petit séminaire de Blois. Deux ans après, il sera frappé par une maladie qui lui causera toute sa vie de violents maux de tête.

En 1892 il prit la soutane ; en 1899 il fut ordonné prêtre.

D’abord professeur au collège de Pontlevoy, il restait fortement attiré par les missions et entra dans la Congrégation des Spiritains, commençant son noviciat en 1902 à Grigon-Orly.

Connaissant ses problèmes de santé, son père alla protester auprès des Supérieurs pour retarder ou empêcher le départ de Daniel dans les pays de mission. Mais Daniel fut quand même nommé vicaire à la paroisse Saint-Louis du Sénégal.

Daniel fit sa première consécration en 1903, et c’est en novembre 1903 qu’il arriva à destination.

Dès 1904, les lois laïques françaises se firent sentir au Sénégal et les Religieux duvent quitter écoles et hôpitaux. Le père Brottier érigea alors d’autres bâtiments qui ne seraient ni des écoles ni des hôpitaux : patronage, jardin d’enfants, comité de l’enfance, doublés d’activités diverses : bulletin paroissial, chorale, fanfare, imprimerie…

Il cultiva les fleurs et les fruits ; une mangue porta son nom ; il vendit des roses.

Par deux fois, sa santé l’obligea à revenir se faire soigner en France (1906 et 1911).

Lors de ce dernier voyage, il alla aussi se reposer en Suisse puis à Lérins. Puis il fut nommé vicaire général de la Congrégation des Spiritains, avec pour mission de lever des fonds pour la construction de la cathédrale de Dakar.

En 1914, il se porta volontaire pour être aumônier militaire parmi les soldats du front. Il ne sera pourtant jamais blessé, ce qu’il interprétera comme un miracle de sainte Thérèse de Lisieux. Il reçut cinq citations, puis la Légion d’honneur. Il proposera à Clémenceau de fonder l’Union des Combattants.

En 1923, l’association des Orphelins d’Auteuil fut confiée aux Spiritains, et c’est au père Brottier qu’on recourut pour remettre sur pied l’association. Il écrivit de tous côtés, organisa des concerts de bienfaisance, utilisant jusqu’à l’affichage dans le métro parisien, et réunit les fonds nécessaires pour payer les dettes et construire un sanctuaire dédié à sainte Thérèse de Lisieux, la première chapelle qui fut dédiée à la nouvelle Sainte (elle fut canonisée en 1925, voir au 30 septembre) ; il eut même assez de fonds pour construire une quinzaine d’autres maisons, abritant désormais plus de mille enfants. Ils seraient aujourd’hui environ cinq mille.

En 1936, la cathédrale de Dakar allait être consacrée, mais le père Brottier n’eut pas la force de s’y déplacer. Il tomba malade le 3 février avec une congestion pulmonaire puis une grippe et fut hospitalisé à Saint-Joseph ; il y mourut le 28 février 1936, dans sa soixantième année.

Daniel Brottier a été béatifié en 1984.

 

 

Stanisław Antoni Trojanowski

1908-1942

 

Né le 29 juillet 1908 à Sadłowo (Mazowieckie, Pologne), dans une famille pauvre, Stanisław  avait trois frères.

Leur père était mort durant la première Guerre mondiale, de sorte que Stanisław dut travailler tôt pour aider sa mère et ses trois frères.

Il ne reçut la Confirmation qu’en 1930. L’année suivante, il entra chez les Franciscains Conventuels, au Niepokalanów, où le reçut le frère de Maksymilian Kolbe, Alfons Kolbe, car Maksymilian était à ce moment au Japon. 

Stanisław prit le nom de Tymoteusz.

En 1935 il fit la première profession, et la solennelle en 1938.

Entre temps, en 1936, Maksymilian Kolbe était rentré du Japon.

Au Niepokalanów, Stanisław fut chargé de l’expédition du bulletin Chevalier de l’Immaculée, de l’organisation des fournitures, du travail du potager et de l’infirmerie. Le père Maksymilian avait une grande confiance en lui.

Comme on a pu le lire dans la notice concernant le père Maksymilian Kolbe (voir au 14 août), les Nazis suspectèrent de plus en plus l’activité fébrile du Niepokalanów. Maksymilian Kolbe fut arrêté en février 1941 ; en octobre, une nouvelle rafle s’empara d’un autre groupe, dont faisait partie notre Stanisław.

Après un passage à Pawiak, ils furent conduits à Auschwitz, où ils subirent la faim, la torture, les mauvais traitements, outre un travail éreintant. Stanisław porta le numéro 25431.

Stanisław prit une pneumonie et mourut le 28 février 1942.

Il a été béatifié dans le groupe des cent-huit Polonais martyrs durant l’occupation nazie, en 1999.

Leur fête commune est au 12 juin, le dies natalis propre de Stanisław étant le 28 février.

 

 

Carlo Gnocchi

1902-1956

 

Né à San Colombano al Lambro (Lodi, Italie) le 25 octobre 1902, benjamin des trois enfants de Enrico Gnocchi, marmiste, et Clementina Pasta, couturière. Carlo eut une jeunesse ponctuée par les décès de ses proches :

Le papa, atteint de silicose à cause de son travail, meurt en 1907 ; les deux frères, Mario et Andrea, moururent en 1908 et 1915, de tuberculose.

Carlo fut ordonné prêtre en 1925.

Vicaire à Cernusco sul Naviglio et à San Pietro in Sala (Milan), sa réputation d’éducateur le fait nommer directeur spirituel de l'Institut Gonzaga de Milan, tenu par les Frères des Ecoles Chrétiennes. 

Dans les années trente, il est aumônier de la Deuxième légion de Milan, composée d’étudiants de l’Université Catholique du Sacré-Cœur et de l’Institut Gonzaga.

1939 est une année brutale : sa mère décède et la guerre éclate ; lui-même s’engage comme volontaire dans les Chasseurs Alpins, sur le front gréco-albanais, puis en 1942 dans la campagne de Russie : ayant recueilli les dernières paroles et volontés de beaucoup de soldats tombés au front, il se fait un devoir, au retour en Italie, de sillonner le pays à la recherche des familles pour leur transmettre ces précieux messages.

Il s’enfile dans l’OSCAR (Œuvre de Secours Catholique d’Aide aux Réfugiés), il aide à passer en Suisse des prisonniers et des Juifs. Lui-même fut plusieurs fois emprisonné, et libéré sur l’intervention de l’archevêque de Milan, le cardinal Ildefonso Schuster (voir au 30 août).

Il écrit des articles sur la revue clandestine Il Ribelle et dans le quotidien L’Italia.

Après la guerre il décida de s'engager dans une œuvre charitable en faveur des enfants particulièrement frappés. Il s’occupa d’abord des enfants hospitalisés dans l’Institut Ariosio, puis il fonda en diverses localités italiennes tout un réseau de maisons pour soigner les petits blessés (à Inverigo, Parme, Pessano con Bornago, Turin, Rome, Salerne, Milan, Florence, Gênes…). Il y en avait près de quinze mille… Enfin il ouvrit des centres très modernes de rééducation pour enfants atteints de poliomyélite.

Il publia un ouvrage sur la Pédagogie de la douleur innocente.

En 1949, don Carlo fut nommé président du Conseil pour les enfants mutilés de la guerre.

Il réunit enfin toutes les maisons de réhabilitation des enfants mutilés en l’Association Pro Juventute, reconnue juridiquement par l’Etat italien, comprenant une quarantaine de maisons pour un total de quarante-mille places. Aujourd’hui les vingt centres restants soignent chaque jour plus de trois mille blessés.

Il fut alors lui-même atteint d’une tumeur qui bloquait ses articulations et le système respiratoire.

Il mourut le 28 février 1956, à Milan, en disant : Merci pour tout !

Son dernier acte de générosité fut de donner la cornée de ses yeux à deux enfants aveugles alors que la transplantation n'était pas encore réglementée en Italie. 

La châsse en verre qui abrite son corps est visible dans la cathédrale de Milan ; beaucoup de grâces et de miracles sont avenus par son intercession.

Il a été béatifié le 25 octobre 2009, jour anniversaire de sa naissance.

Son dies natalis est au 28 février, tandis qu’on le fête localement le 25 octobre.

 

Il avait écrit: Après la guerre, je rêvais de me dévouer complètement au travail de charité, n'importe lequel ou plutôt à celui auquel Dieu m'appellerait. J'espérais et je priais le Seigneur pour une seule chose : dédier ma vie au service des pauvres. C'était ma 'carrière', je n'étais pas sûr d'être digne d'une telle grâce car une telle vie est vraiment un privilège.

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27 février 2020 4 27 /02 /février /2020 00:00

27 FEVRIER

 

III.

Ss Julien, Eunus et Bésas, martyrs à Alexandrie ; Julien était un vieillard, soutenu par Eunus : tous deux furent couverts de chaux vive ; Bésas était un soldat de l’escorte et fut décapité.

S Gélase (Gelasin), comédien converti en mimant le rite du baptême, martyr à Héliopolis.

?

Ste Onésime, vierge à Cologne.

IV.

Ste Honorine, vierge martyre inconnue, très vénérée en Normandie.

?

Ss Alexandre, Abonde, Antigone et Fortunat, martyrs à Thessalonique ou à Rome.

VI.

S Eucher, évêque à Maastricht.

S Comgan, abbé à Gleann-Ussen ou Killeshin.

VII.

S Baldomerus, serrurier à Lyon, puis moine, tellement humble qu’on eut de la peine à lui conférer le sous-diaconat.

S Alnoth, berger à Weedon, ermite à Stowe, “martyrisé” par des voleurs. 

VIII.

Ss Basilios et Procopios Décapolite, moines persécutés à Constantinople pour le culte des saintes images.

IX.

S Marvart (Marcovart), abbé à Prüm, maître de Lothaire, le fils de Louis le Débonnaire.

X.

B Jean de Vandières, abbé à Gorze où son prédécesseur l’obligea à mitiger ses austérités ; il eut aussi une mission auprès du roi musulman de Cordoue. 

XI.

S Krikor de Narek, moine, Docteur des arméniens et Docteur de l'Eglise (2015), dont les Elégies sacrées constituent le principal recueil de prières actuellement.

XII.

S Luca, abbé de rit oriental au monastère du Très Saint Sauveur à Messine.

XVII.

Ste Anne Line, veuve anglaise, convertie au catholicisme, pendue à Tyburn.

Bx Roger Filcock, jésuite, et Marc Barkworth, bénédictin, martyrs anglais, pendus à Tyburn, béatifiés le premier en 1929, l'autre en 1987.

XIX.

Bse Francinaina Cirer Carbonell de la Vierge des Douleurs, à Maiorque, illettrée, mais zélée dans l’apostolat et fondatrice des Sœurs de la Charité, béatifiée en 1989.

S Francesco Possenti (Gabriele dell’Addolorata), jeune passionniste à Morrovalle, mort à vingt-quatre ans, patron des jeunes des séminaires, noviciats et scolasticats.

B Josep Tous Soler, prêtre capucin espagnol, un moment exilé en France, fondateur des Sœurs Capucines de la Mère du Bon Pasteur, béatifié en 2010.

Bse Marie de Jésus Deluil-Martiny, marseillaise, fondatrice des Filles du Cœur de Jésus, pour l’adoration et la réparation ; toute jeune elle fit partie de la “Garde d’honneur du Sacré-Cœur” et fonda ensuite un sanctuaire dédié au  Sacré-Cœur à Berchem (Belgique) ; elle fut assassinée par un jardinier à Marseille, béatifiée en 1989.

XX.

Bse Karolina Brader (Marie de la Charité de l’Esprit Saint, 1860-1943), franciscaine suisse active en Equateur et Colombie, fondatrice des Franciscaines de Marie-Immaculée où elle obtint le privilège de l’adoration perpétuelle diurne et nocturne, béatifiée en 2003.

Ioulianos, Eunus et Besas d’Alexandrie

† 250

 

C’était sous la persécution de Dèce (250), dans la ville d’Alexandrie d’Egypte.

Ioulianos était un vieillard malade de la goutte, au point qu’il ne pouvait ni rester debout ni se déplacer, sinon soutenu par deux domestiques. Il fut amené devant le juge païen.

Tandis qu’un des deux domestiques reniait sa foi, l’autre, nommé Eunus (ou Chronion) confessa courageusement le nom du Christ, en même temps que le vieillard Ioulianos.

On commença par les asseoir sur un chameau, qu’on fit déambuler par toute la ville au milieu des rires et des insultes qui accompagnaient les coups de fouets dont on les accablait. Finalement, on les arrosa de chaux vive.

Besas, lui, était un soldat de l’escorte. Trouvant injuste le traitement qu’on démontrait envers les deux Martyrs, il tenta de contenir la foule ; mais on le conduisit au juge, qui le condamna à la décapitation.

Ce devait être en (ou vers) 250.

Saints Ioulianos, Eunus et Besas d’Alexandrie sont commémorés le 27 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Honorine en Normandie

† 303

 

De sainte Honorine, on ne sait rien de sûr.

Elle aurait appartenu au peuple calète (Gaule belgique).

Elle aurait été martyrisée vers 303 à Lillebonne (ou Mélamare) ; son corps, jeté dans la Seine serait arrivé une trentaine de kilomètres plus bas (non loin du Havre) jusqu’à Graville, où il fut enseveli.

On pourrait dire que c’est là que commença la vraie histoire d’Honorine, celle de ses reliques.

Vers 850, fuyant les envahisseurs Vikings, le clergé reporta les reliques d’Honorine à Conflans, où eurent lieu une quantité de miracles : guérisons, délivrances de prisonniers…

Pour une fois, les reliques ne subirent pas de dommages durant la Révolution de 1789.

Sainte Honorine en Normandie est commémorée le 27 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Baldomerus de Lyon

† 660

 

Le latin Baldomerus a été transcrit et traduit différemment : Baldomer, Waldomar, Waldimer, Galmier, Germier, Gaumier…

Baldomerus naquit au 7e siècle dans le Forez.

Il exerça quelque temps le métier de serrurier à Lyon (Rhône), tout en donnant à Dieu du temps dans la prière et les bonnes œuvres. Il trouvait toujours quelque chose à donner aux pauvres et, quand il n’avait plus rien, donnait jusqu’à ses outils.

Sa vie était toute de piété et de générosité. Chaste et enjoué, lecteur assidu de l’Ecriture, il faisait l’édification de son quartier. 

L’abbé du monastère Saint-Just l’invita à séjourner dans l’abbaye ; tous voulaient lui faire conférer les ordres sacrés - sauf lui-même, qui n’accepta qu’à grand-peine d’être sous-diacre, à condition de ne pas être élevé plus haut.

On croit généralement qu’il mourut le 27 février 660.

Ses reliques furent en grande vénération pendant des siècles. Les Huguenots les dispersèrent au 16e siècle, mais on put en préserver un bras. 

On l’a naturellement pris comme patron des serruriers et des forgerons.

Saint Baldomerus est commémoré le 27 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Procopios Décapolite et Basilios de Constantinople

† 750

 

 

Procopios et Basilios étaient deux moines qui vivaient dans leur monastère à Constantinople.

Décapolite est dérivé de décapole, qui concerne d’abord dix villes importantes de Judée (cf. Mt 4:25) ; ce n’est pas là l’origine de notre Procopios. Il y eut d’autres régions regroupant dix villes (ou dix couvents) importants, comme en Isaurie (act. Aşaği Īrnebol, Görmeli, Turquie S), où vécut s.Gregorios Décapolite (v. 20 novembre).

Or, à partir de 726, l’empereur Léon l’Isaurien décida de combattre le culte envers les saintes Images et, par voie de conséquence, de s’en prendre à ceux qui les vénéraient. De là l’hérésie de l’iconoclasme qui engendra une véritable persécution : en 730, un édit impérial ordonna la destruction de toutes les icones.

Les protestations du peuple, laïcs et moines, étaient unanimes. L’histoire de Procopios et Basilios est un exemple de la façon dont furent traités les moines fidèles à la tradition chrétienne.

Procopios et Basilios furent arrêtés, torturés et mis en prison ; ils y restèrent jusqu’à la mort de l’empereur iconoclaste en 741.

Ils seraient ensuite morts en paix, peu après, vers 750.

Les deux saints Procopios et Basilios sont commémorés le 27 février dans le Martyrologe Romain. 

 

 

Krikor Narekatsi

950-1010

 

Krikor Narekatsi (ou aussi Grigor Naregatsi) naquit vers 945-951 dans le Vaspourakan des Artzrouni, une province arménienne au nord de l'Irak. 

Il avait deux frères : Hovhannès (Jean), qui sera moine copiste également à Narek, et Sahak, pratiquement inconnu. 

Très tôt la mère mourut et c'est le père, l'évêque Khosrov Andzévatsi (le Grand) qui se chargea de leur éducation. Cet évêque était déjà auteur d'importants ouvrages théologiques. Puis ce fut l'oncle de Grigor, Anania Narekatsi, abbé du monastère de Narek, qui poursuivit l'éducation de son neveu. 

Grigor fut donc moine au monastère de Narek, fondé en 935, non loin du lac de Van, près de l'église d'Aghtamar. 

Il fut ordonné prêtre en 977 et fut vardapet (c’est-à-dire docteur en théologie), puis enseignant. C’était un esprit encyclopédique, maître en musique, astronomie, géométrie, mathématiques, littérature et théologie.

Reconnu comme maître spirituel, il fut chargé de former les novices de son couvent et, chose délicate, de réformer les monastères voisins. 

Il arriva justement que des moines, jaloux de son influence et de ses qualités, le dénoncèrent comme coupable d'hérésie. De par sa formation, Grigor pouvait être taxé de chalcédonisme, comme son père qui avait même été un temps excommunié par le Catholicos Ananias Ier de Moks. Mis à l'écart et rejeté dans l'ombre, Grégor montrera son orthodoxie : on lui rendra justice, à cause de son humilité.

Vers la fin de sa vie, ce grand mystique a écrit en langue arménienne classique un poème intitulé Livre des Lamentations, chef d'œuvre de la poésie arménienne médiévale. Ce maître de la discipline a, pour ce faire, tiré la langue arménienne classique de la liturgie pour lui donner, après l'avoir remodelée et sculptée, une autre forme et un autre sens, la poésie arménienne médiévale.

Gregor a rédigé un Commentaire sur le Cantique des Cantiques de Salomon, une Histoire de la croix d'Aparan, des odes célébrant la Vierge Marie, des chants et des panégyriques. 

Il a introduit à cette époque le vers monorime dans la poésie arménienne. Son influence a marqué la littérature arménienne et se retrouve chez d'autres poètes. Son œuvre est l'un des sommets de la littérature universelle. 

Il mourut vers 1003 ou 1010 et un mausolée lui fut consacré à Narek, malheureusement détruit à la suite du génocide arménien. 

Il sera canonisé par l'Eglise arménienne.

Les Lamentations ont été mises en musique en 1985 par Alfred Schnittke, dans une traduction russe de Naum Grebnev.

Grégoire de Narek est un théologien, poète et philosophe. Il a été appelé le Docteur des Arméniens et sera proclamé Docteur de l’Eglise en 2015.

Ses élégies constituent actuellement le recueil majeur de prières de la liturgie arménienne. 

Gregor est mentionné le 27 février au Martyrologe Romain.

 

Extrait du Livre des Lamentations, XXVI :

 

« J'ai été orgueilleux, moi, poudre vivante,

et fier, moi, agile parlante,

et hautain, moi, terreau vil.

Je me suis exalté, moi, cendre sordide ;

j'ai brandi le poing, moi, coupe fragile.

Je me suis accru plus qu'un roi ;

puis comme l'homme qu'on expulse

je me suis reclus à nouveau en moi.

J'ai reflété l'incendie de la fureur

moi, boue intelligente ;

ma présomption m'enfla comme étant immortel,

moi, de mort encloué comme les bêtes ;

j'ai étendu les bras vers la passion de vivre,

n'ai pas tourné ma face mais mon dos ;

l'esprit ailé je me ruais vers de noirs mystères ;

j'ai dégradé mon âme pure en flattant mon corps. »

Luca de Messine

† 1149

 

Luca vivait en Sicile aux 11e-12e siècles, où il nacquit à Rossano Calabro.

Dans cette île et le sud de l’Italie se trouvaient beaucoup de monastères dits basiliens, de rite oriental. Luca appartenait à l’un d’eux.

Le roi Ruggero II, qui voulait protéger l’Eglise et encourager la vie cénobitique, le nomma higoumène (abbé) du grand monastère de Très Saint Sauveur de Città dello Stretto, encore inachevé et dont devaient dépendre un certain nombre d’autres monastères du même rite. Le roi lui accordait d’emblée beaucoup de privilèges ; le monastère ne dépendait que du roi.

Luca y arriva avec une douzaine de moines vers 1130-1131.

Constatant l’importante décadence du monachisme local, il écrivit pour tous les moines un ouvrage de base, le Typicon, pour rappeler et régler différents aspects de la vie monacale.

Il s’éteignit le 27 février 1149 à Messine.

Son tombeau a été détruit par un grand tremblement de terre en 1908.

Le nom de saint Luc, abbé à Messine, est récemment apparu dans le Martyrologe Romain à cette date.

 

 

 

Anne Line

1565-1601

 

Née vers 1565 à Dunmow (Essex, Angleterre), Anne Line, née Alice Higham, fut une laïque active au moment de la persécution en Angleterre.

Elle était l’aînée de William Higham et Jenkyn Maldons. Certains supposent même qu’elle serait née beaucoup plus tard, mais alors cette hypothèse s’accorde mal avec les faits suivants.

Elle se convertit au catholicisme avec son frère William et son mari Roger Line, qu’elle épousa en 1583.

Il se peut qu’elle ait alors pris le nom de Anne. Quand au patrimoine, elle et son frère furent automatiquemnet déshérités, mais ils allaient recevoir en compensation un héritage bien plus éternel.

Roger et William furent surpris en train d’assister à la Messe et furent mis en prison ; William fut relâché et se cacha, tandis que Roger fut banni et se réfugia en Flandres, où il mourut en 1594.

Anne eut alors à s’occuper d’une maison pour prêtres clandestins. Malgré sa mauvaise santé, elle tint cette maison pendant trois ans, même durant l’incarcération du prêtre qui l’avait ouverte (John Gerard). Ce dernier écrivit lui-même qu’ elle était si connue, qu’il ne pouvait se montrer là où elle était ; elle acquit alors d’autres appartements et continua d’héberger des prêtres. 

Le 2 février 1600, fête de la Chandeleur, elle laissa entrer plus de monde que d’habitude ; cette affluence provoqua la suspicion de la police, qui arriva immédiatement. Le prêtre put se glisser dans la cachette préparée par Anne, et s’enfuir ; Anne fut arrêtée et envoyée à Newgate.

Le 26 février 1601, elle fut présentée aux juges, si faible qu’on dut la transporter sur sa chaise. Elle déclara que, loin de regretter d’avoir reçu un prêtre, elle regrettait plutôt de ne pas en avoir reçu un millier d’autres. Le juge la condamna à mort pour félonie et pour avoir assisté un prêtre.

Elle fut exécutée à Tyburn le 27 février 1601.

Elle fut béatifiée en 1929, canonisée en 1970. 

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Mark Barkworth

1572-1601

 

Marc était né vers 1572 à Searby (Lincolnshire, Angleterre). On le connaîtrait aussi sous le nom (pseudonyme ?) de Mark Lambert.

Après quelques études à Oxford, il passa à Douai et entra dans l’Eglise Catholique.

Il entra alors dans le Collège de Douai, en 1594, pour recevoir sa formation sacerdotale.

A cause d’une épidémie de peste, il fut envoyé en 1596 à Rome, et de là au Collège Royal de Saint-Alban à Valladolid (Espagne). Il entra alors au Collège Anglais de cette ville, en 1596.

On dit que, durant le voyage à Valladolid, il aurait eu une vision de saint Benoît, qui lui annonçait sa mort comme martyr, avec l’habit bénédictin.

Arrivé à Valladolid, il fréquenta donc assidument les Bénédictins, mais n’entra pas immédiatement dans l’Ordre : en effet, s’il devenait moine, comment pouvait-il revenir dans son pays pour y exercer le saint ministère ?

Il fut ordonné prêtre dans le Collège Anglais en 1599 et fut très vite destiné aux missions en Angleterre.

Sur son chemin, il s’arrêta au monastère bénédictin de Irache (Navarre), où il fut reçu comme oblat de l’Ordre, avec privilège exceptionnel de pouvoir faire la profession à l’article de la mort. Il avait ainsi la certitude de mourir «bénédictin».

Le voyage ne fut pas sans difficulté, bien au contraire : à La Rochelle, il dut échapper aux mains des Huguenots. Arrivé en Angleterre, il fut arrêté dès qu’il toucha le sol, et conduit à Newgate, où il resta prisonnier pendant six mois, avant d’être transféré à Bridewell.

Il écrivit alors un appel à Robert Cecil, comte de Salibury, qu’il signa habilement George Barkworth. Mais on ne connaît pas la suite de cet appel. Toujours est-il qu’il fut interrogé et que, durant ces interrogatoires, il ne montra aucune frayeur, et plutôt une franche gaieté.

Condamné, il traîna pendant quelque temps encore dans les «limbes», un horrible cachot souterrain du donjon de Newgate, où il demeura, dit-on, de très bonne humeur.

Un portrait de ce prêtre le définit comme de haute taille, bien proportionné, cheveux bruns, la barbe rousse, les yeux un peu battus.

Au moment de son supplice, il portait l’habit bénédictin sur une simple chemise. On remarqua que ses genoux étaient endurcis à force de rester à genoux en prière. 

Le père Mark devait être exécuté le même jour que deux autres victimes : Anne Lyne, qui est actuellement déjà canonisée, et le jésuite Roger Filcock.

Il faisait particulièrement froid ce jour-là. En chemin, Mark chantait la fameuse antienne pascale, tirée du psaume 117 : Hæc dies, quam fecit Dominus ; exsultemus et lætemur in ea (Voici le jour qu’a fait le Seigneur ; exultons et mettons-y notre joie).

Arrivé au lieu du supplice, il vit Anne Lyne à terre, déjà exécutée et morte. Il s’inclina et baisa sa robe en disant : Ah, ma sœur, tu nous as précédés, mais nous allons te rejoindre aussi vite que possible ! Et à la foule, il déclara : Je suis venu ici pour mourir, comme Catholique, comme prêtre et comme religieux, car j’appartiens à l’Ordre bénédictin. C’est par un Bénédictin que l’Angleterre se convertit (allusion à saint Augustin de Canterbury, voir au 26 mai).

Les restes du corps de Mark Barkworth furent brûlés.

Ce prêtre bénédictin fut béatifié en 1929.

 

 

Roger Filcock

?-1601

 

Roger était né à Sandwich (Kent, Angleterre), de Simon et Margaret Low (ou Lowe), peut-être autour de 1560.

Il entra au Collège Anglais de Reims en 1581, et fut un des premiers à rejoindre le Collège Saint-Alban à Valladolid (Espagne), où il fut ordonné prêtre en 1597.

Il voulait entrer dans la Compagnie de Jésus, mais on voulut d’abord le mettre à l’épreuve. 

Dans son voyage pour Calais (France), le bateau fut poursuivi et abordé par des corsaires hollandais. Certains voyageurs purent s’échapper sur des chaloupes. Roger, lui, fut capturé, mais réussit à s’échapper et à rejoindre la côte du Kent.

C’était au début de 1598. Roger se dissimula sous le pseudonyme de Arthur Naylor et commença son activité missionnaire. Il fut enfin reçu dans l’Ordre des Jésuites en 1600.

C’est durant cette période qu’il connut Anne Lyne, une veuve chrétienne qui aidait les prêtres et prit le père Roger comme directeur spirituel.

Roger devait partir dans les Flandres pour y faire son noviciat. En attendant, il était souvent hébergé chez Anne Lyne. Le 2 février 1601, il allait célébrer la Messe, lorsqu’une troupe fit irruption. Un ancien collègue de Valladolid l’avait dénoncé.

La pieuse femme fut arrêtée, tandis que, dans la confusion, le prêtre réussissait à se cacher.

Vite repris, Roger fut envoyé à Newgate.

Accusé d’être prêtre, il ne le reconnut ni le nia : il demanda des témoins, qui n’existaient pas.

On le cita en jugement, le 23 février. Après avoir entendu les accusations, il demanda à être jugé sans consultation des jurés, car il se doutait bien que le verdict allait être contre lui et qu’on aurait forcé les jurés à voter contre leur conscience. Mais c’est bien ce que fit le juge : Roger fut déclaré coupable et condamné pour haute trahison.

Le 27 février 1601, on exécuta d’abord Anne Lyne, puis le bénédictin Mark Barkworth et notre Roger Filcock.

Après l’exécution du père Mark, Roger invoqua le nouveau Martyr : Prie le Seigneur pour moi, toi qui es maintenant devant Lui, pour que je puisse achever ma course dans la Foi.

Roger Filcock a été béatifié en 1987.

Francinaina Cirer y Carbonell

1781-1855

 

Francinaina naquit à Sencelles, un petit village de l’île de Majorque, le 1er juin 1781 et, selon la coutume de cette époque, fut baptisée le jour-même. Ses parents étaient d’humbles et honnêtes paysans qui s’appelaient Juan Cirer et Juana Carbonell. 

Dès la tendre enfance, elle voulut donner son cœur à Jésus et commença une vie toute dévouée à la connaissance et la pratique des enseignements du Maître.

Petite, elle aidait ses parents dans les travaux des champs et sa mère avait l’habitude de lui donner pour son goûter un morceau de pain avec du fromage ou de la sobrasada, ce jambon pimenté typique de Majorque. Mais si elle rencontrait d’autres petits bergers qui n’avaient pas de nourriture suffisante ou pas assez substantielle, elle partageait avec eux son goûter.

Sa mère aimait l’habiller correctement, sans excès, avec le costume de paysanne des Baléares que la famille pouvait s’offrir ; mais Francinaina préférait porter des habits plus modestes. On raconte qu’elle sortait de chez elle habillée selon les goûts de sa mère, mais qu’arrivée chez une amie, elle se mettait un habit noir et allait à l’église pour prier. En sortant, elle se rhabillait pour être comme elle était partie de chez sa mère. Mais voilà qu’un jour, sa mère demanda à une amie si elle trouvait joli l’habit de Francinaina, et l’amie de dire qu’elle l’avait vue à l’église, habillée humblement en noir, comme toujours. La petite fille était découverte, elle fut grondée et supporta les reproches patiemment.

A huit ans, elle eut une vision. Elle se trouvait dans la maison d’une certaine Madame de Son Mansena, avec un enfant dans les bras, tout en regardant distraitement deux hommes en train de travailler. Brusquement, elle s’évanouit. Les deux ouvriers la relevèrent avec le petit enfant et la maîtresse de maison l’installa sur un lit. Revenue à elle, elle dit à la dame qu’elle avait vu l’enfer. La terreur de cette vision lui resta gravée dans l’esprit et l’aida toute sa vie à éviter d’offenser le Seigneur, ainsi qu’à chercher à convertir toutes les personnes qui n’étaient pas sur le droit chemin.

A l’église, devant le chœur, c’est là qu’elle était heureuse. Au point que, lors de sa première communion, elle eut comme l’impression que Jésus était descendu du ciel pour rester avec elle. Chaque fois qu’elle communiait, elle restait devant le chœur à prier avec tant de ferveur, que les gens qui la voyaient restaient en admiration.

Quand les travaux des champs obligeaient la famille à se transporter dans une petite maison de campagne qu’ils avaient (L’Erissal), Francinaina s’arrangeait pour demander à sa mère la permission de parcourir les trois kilomètres à pied, de façon à entendre la messe et à recevoir la Communion, en partant très tôt le matin.

Dès l’enfance, elle se sentit appelée à la vie religieuse. Malgré sa bonne volonté, d’innombrables difficultés de tous ordres l’en empêchèrent.

Après la mort de sa mère, de ses frères et, plus tard, de son père, elle resta toute seule et commença à mener la vie qu’elle avait toujours désirée, en se consacrant totalement à procurer le bien spirituel et, si possible aussi, matériel à toutes les personnes, sans distinction de rang social ou d’âge, au point que, dans les dernières années de sa vie, elle put fonder dans sa propre maison, le couvent des Sœurs de la Charité, véritable refuge de tous les nécessiteux de Sencelles, avec le concours d’une amie, sœur Magdalena Cirer Bennassar.

Sa charité désintéressée et ses autres qualités l’ennoblissaient et son action s’étendait chaque jour davantage vers les villages voisins. 

Dans sa maison devenue couvent, elle instruisait et donnait une éducation chrétienne aux enfants et aux jeunes ; les pauvres et les infirmes, elle les réconfortait et, si possible, elle les soignait ; quant aux nécessiteux de toutes les classes sociales, elle les exhortait à faire le bien, avec toutes sortes de conseils judicieux et à propos.

La paix imperturbable de son esprit bien trempé transparaissait à l’extérieur de sa personne. Elle était sévère avec elle-même, dormait peu et s’imposait de grandes pénitences qui lui causèrent quelques problèmes de santé. Elle faisait tout cela pour obtenir du Seigneur son aide dans la conversion de certaines personnes qui se comportaient mal. En retour, elle était condescendante et joviale avec tout le monde. Franche et douce, elle était bonne avec tous ceux qu’elle rencontrait. Elle était la maîtresse, la conseillère, la maman de tous. Elle ne savait ni lire ni écrire, mais elle savait inculquer à qui l’écoutait, les valeurs fondamentales pour bien vivre.

Les jeunes, garçons et filles, étaient l’objet de son apostolat efficace. Elle savait comment se gagner leur cœur ; elle les entretenait avec des jeux innocents, dans sa petite maison de campagne ou ailleurs ; elle leur donnait des conseils salutaires. Par son exemple, et en leur donnant de bonnes leçons au bon moment, elle leur enseignait les pratiques religieuses les plus essentielles, comme le chapelet, le chemin de croix… etc. Tous appréciaient, selon leurs propres témoignages. Avec son comportement particulier, doux et toujours paisible, elle attirait et captivait les personnes de tous âges.

Ces passe-temps joyeux servaient à leur éviter les situations dangereuses. On lui demandait parfois pourquoi elle s’entourait de préférence de cette jeunesse toujours joyeuse : c’est que, disait-elle, je suis sûre qu’ils ne commettent pas de péché pendant tout le temps qu’ils sont avec moi.

Son cœur allait aussi pour les gens malades. A ceux gravement atteints, elle apportait les secours spirituels nécessaires. Tout le village à l’unisson, sans distinction de classes sociales, la respectait, la vénérait et recourait à elle, avec entière confiance. Elle avait pour chacun un mot de réconfort qui, souvent, tenait lieu de remède efficace.

C’est ce qui arriva à une petite fille dont la maman était malade et n’avait personne à qui demander d’aller chercher à la pharmacie du village de Binisalem ce que le médecin lui avait ordonné. Sœur Francinaina resta auprès de la maman et dit à la petite fille d’aller au village voisin. Comme il pleuvait beaucoup, elle lui laissa son chapeau en guise de parapluie. Malgré la distance et la pluie ininterrompue, la petite fille revint sans même mouiller un fil de ses habits.

Un autre jour, elle reçut la visite d’une femme inconnue qui lui montra une petite fille de quelques jours, née aveugle. Elle se mit à prier et la petite fille recouvra la vue à l’instant même.

Le bruit de ses miracles se répandait de tous côtés et l’on venait la trouver de villages éloignés, pour admirer ses vertus, pour demander conseil, pour se recommander à ses prières, pour recouvrer la santé. 

Du lointain village de Artà, on lui amena une petite fille qui s’appelait Margarita Femenias Tous : elle avait le cou complètement tordu, et les médecins ne trouvaient pas quel remède y apporter, mais les prières de Sœur Francinaina la guérirent instantanément.

Le Seigneur lui donnait des connaissances surnaturelles, qui lui permettaient de consoler les affligés. C’est ce qui arriva à des parents de Llucmajor, qui avaient perdu plusieurs petits enfants et dont l’unique qui restait n’était pas en bonne santé : elle leur prédit qu’il ne mourrait pas, mais qu’il deviendrait prêtre ; c’est l’abbé Guillermo Puigserver.

Elle faisait aussi échouer des actes prémédités, comme par exemple quand elle se présenta de nuit à une certaine maison, dont le propriétaire était en train d’ouvrir la porte pour aller voler quelque part. Le pauvre type tout surpris s’entendit reprocher par elle sa mauvaise intention et même se vit remettre une aumône pour lui éviter, dit-elle, d’avoir à aller voler.

Obéissant à la voix de Jésus qui l’appela par trois fois pendant qu’elle dormait, elle se mit en chemin très tôt le matin sur la route de Sencelles à Inca et, exactement à l’endroit que lui indiqua la voix, elle surprit un père et son fils qui étaient en train de se quereller. Elle leur reprocha ce qu’ils étaient en train de faire et eux, entièrement repentis, la réaccompagnèrent au couvent et, une fois arrivés là, s’embrassèrent et jamais plus ne se querellèrent.

Les innombrables œuvres de charité étaient récompensées par d’innombrables faveurs célestes, par lesquelles le Seigneur la comblait de douceurs, avec des apparitions de la Sainte Vierge et des Anges.

Un jour elle et sa compagne Magdalena étaient en train de blanchir à la chaux un mur de la maison, et, selon l’habitude dans ces villages, elles avaient laissé ouverte la porte sur la rue. Voilà qu’entre un beau petit garçon, qui s’amusait à écrire des signes sur le mur blanc avec un crayon qu’il avait dans sa main. Elles le mirent dehors par deux fois. Là-dessus, arrive le curé du village qui leur demande ce qui se passait, car apparemment ces pauvres femmes étaient en train de parler avec quelqu’un, et elles d’accuser ce gamin qui leur salissait le mur blanc, mais le prêtre n’avait vu sortir aucun enfant. Tout ce qu’il put faire, fut de déchiffrer ce qu’elles appelaient des gribouillages sur le mur. C’étaient bel et bien des lettres, qu’elles ne savaient pas lire et qu’elles croyaient être des taches. En fait il était écrit : Cette maison sera une maison de refuge. Déjà à ce moment-là cette maison était un véritable “refuge” pour les nécessiteux, mais elle devait l’être aussi dans le futur.

Le Seigneur lui avait déjà révélé qu’elle serait religieuse dans sa propre maison. C’est là que naquit la maison des Sœurs de la Charité, une communauté religieuse fondée par Sœur Francinaina, modèle pour toutes les communautés qui continueraient l’œuvre dans le futur, selon l’exemple de la Mère Fondatrice qui rendait service à tous et en tout, sans distinction.

Mais la maison de la famille Cirer ne réunissait pas toutes les conditions pour abriter une Congrégation. C’est qu’elle ne devait pas se limiter à l’assistance domestique des malades, mais se donner aussi à l’enseignement, et pour ce faire on avait besoin d’espace pour une école. Sœur Francinaina n’avait pas d’argent (on disait qu’elle avait seulement une once d’or, soit quatre-vingt pesetas de cette époque) pour affronter ce grand projet. Mais la voilà qui donna quand même des ordres pour la rénovation et l’extension des bâtiments, comptant sur le Seigneur pour les achever. Elle avait confiance que Jésus l’aiderait, comme d’ailleurs en d’autres circonstances il s’était passé des choses vraiment inexplicables. C’est ainsi que des fleurs s’ouvrirent sur des bois secs qu’elle tenait en mains.

Ainsi donc, voilà que les propriétaires d’une des maisons les plus riches du village, la Casa Rayó, voyant qu’elle se lançait dans des œuvres qu’elle ne pouvait achever, lui dirent, par manière de conseil : Tu ne vois pas que tu ne pourras pas achever les travaux de la maison ? Sur quel argent comptes-tu pour terminer tout ce que tu as ordonné ? Et elle, avec son sourire habituel et son indéfectible espérance : Oh, tout l’or de la maison Rayó ne peut pas faire ce que je peux faire, moi, avec le Seigneur. Et elle réussit à porter à leur terme ces travaux sans jamais rien devoir à personne.

Mais durant les travaux, ce fut une suite de miracles. L’eau de la citerne suffisait à peine pour commencer le travail, mais jamais on ne manqua d’eau. Quand le soleil se couchait et que les ouvriers quittaient le chantier, bien souvent il ne restait rien pour continuer le travail le lendemain, mais quand ils arrivaient le matin, il y avait des quantités de matériaux pour reprendre le chantier. Le plâtre se multipliait dans les mains des ouvriers au moment où il allait manquer. Et c’est Jésus lui-même qui apparaissait à Sœur Francinaina en train de collaborer au chantier de cette sainte maison.

Une fois terminés les travaux indispensables, arriva le jour tant attendu. Avec l’autorisation du vicaire général, le 7 décembre 1851, Sœur Francinaina à soixante-dix ans, recevait pieusement le saint habit religieux, en même temps que d’autres compagnes. C’est avec le nom de Sœur Francinaina des Douleurs de Marie qu’elle voulut commencer son chemin de religieuse, mettant le nouveau couvent sous la protection des Douleurs de Marie. Ses deux autres compagnes furent : sœur Magdalena de Saint-Vincent de Paul, et Sœur Conception du Cœur de Jésus.

Par leurs vœux religieux, les Sœurs s’engageaient à servir les malades à domicile, où qu’elles fussent appelées, à enseigner la doctrine chrétienne aux petite filles, aussi bien dans leur couvent que dans les autres fermes de la paroisse.

Sœur Francinaina fut nommée supérieure de la congrégation naissance, et exerça cette charge jusqu’à la mort.  Depuis lors à Sencelles, on a coutume de l’appeler la Mère Supérieure

Ses extases, ignorées de beaucoup jusqu’alors, se firent alors plus fréquentes et eurent beaucoup de témoins, en particulier quand elle faisait le Chemin de Croix dont les images ornaient le cloître, ou quand elle priait dans l’église du village.

Après avoir clairement fait comprendre qu’elle connaissait le jour et les circonstances de sa mort, elle s’envola pour le Ciel, vers ses bien-aimés Jésus et Marie, le 27 février 1855.

Le 1er octobre 1989, le pape Jean-Paul II la béatifiait.

 

 

Francesco Possenti

1838-1862

 

Né à Assise (le 1er mars 1838), il reçut le nom du fameux Poverello. Le père, Sante Possenti, juge à Spolète, veuf dès 1842, donna une excellente éducation à ses treize enfants, Francesco étant le onzième. La maman, Agnese Frisciotti, mourut donc quand Francesco avait quatre ans : tout petit, il s’habitua à vénérer ses deux mamans de là-haut : Agnese, et surtout Marie, dont il avait dans sa chambre une image de Pietà, de Maria avec son Fils mort dans les bras.

Francesco apprit à dominer un caractère assez irascible ; il fréquenta les Frères des Ecoles Chrétiennes, puis les Jésuites de Spolète et fut un élève très brillant.

Elevé dans la piété, il fut confirmé à huit ans, fit la Première communion avec de profonds sentiments et, par la suite, reçut fréquemment l’Eucharistie. C’était en même temps un garçon un peu mondain, toujours très élégant, mais jamais vulgaire. On a dit aussi qu’il aurait eu un début de vie sentimentale, ce qui n’est pas extraordinaire pour un bel adolescent.

Encore adolescent, il fut par deux fois gravement malade ; à chaque fois, il promit d’entrer en religion s’il guérissait, mais une fois guéri, il semblait remettre sa décision. La deuxième fois en particulier, il guérit après avoir appliqué sur la partie malade une image du Bienheureux Andrzej Bobola (voir au 16 mai). Puis sa sœur aînée, après le décès de deux autres frères, mourut du choléra, ce qui le frappa profondément. Enfin, lors d’une procession mariale, il fut comme harponné par le regard de la Vierge portée en procession, et comprit qu’il ne pouvait plus attendre. Il annonça sa volonté d’entrer chez les Passionnistes.

Le papa voulut prendre l’avis de deux Religieux ; ceux-ci commencèrent par déclarer que Francesco ne pourrait jamais supporter la règle si sévère de cette congrégation, mais finirent par se rendre à l’évidence : Francesco ne semblait vivre que pour cet idéal.

En 1856, il reçut l’habit, et le nom de Gabriele dell’Addolorata (de N-Dame des Douleurs). Ce fut vraiment une nouvelle vie, oublieuse de la précédente, avec tout de même une profonde affection, toute spirituelle, pour son père et les siens.

En 1858, commencèrent ses études à Preveterino (Camerino) puis à Isola. En 1861, il reçut les quatre Ordres mineurs (disons, aujourd’hui, les Ministères, qui ont été réduits à deux). Les Ordres majeurs, par contre, furent remis, d’abord en raison des bouleversements politiques du royaume de Naples, ensuite à cause de la santé de Gabriele.

C’est qu’en 1861 Gabriele ressentit les premiers symptômes de la tuberculose. Exemplaire dans tout son comportement, Gabriele se sanctifia de jour en jour, dans l’obéissance aux Supérieurs et une rigoureuse domination de soi en tous ses gestes, regards, mouvements, paroles.

Il reçut le sous-diaconat et le diaconat.

A la Noël de 1861, il put encore communier, après une forte crise. Le 18 février, une nouvelle crise fit parler au médecin de danger mortel. Gabriele reçut le viatique, et montra une joie extraordinaire de quitter si vite cette vie humaine. Il demanda pardon à tous et ajouta : Je prévois que ma maladie va se prolonger. Je le crains et cela me donne de la peine. Toutefois, que la volonté de Dieu s’accomplisse !

Le 26 février, il reçut le Sacrement des malades. Gabriele ne prononçait plus que les noms de Jésus, Marie, Joseph. Il rendit l’esprit le 27 février 1862.

Deux jours après, il accomplissait vingt-quatre ans.

En 1878, le Supérieur général des Passionnistes le proposait comme modèle au scolasticat de Rome. De nombreux miracles furent recensés.

Gabriele dell’Addolorata fut béatifié en 1908, canonisé en 1920.

Il a été proposé comme modèle et protecteur aux jeunes séminaristes, novices et étudiants. 

 

 

Josep Tous y Soler

1811-1871

 

Josep naquit à Igualada (Barcelone, Espagne) le 31 mars 1811, neuvième des onze enfants de Nicola Tous y Carrera et de Francesca Soler y Ferrer. Le 1er avril Josep reçut au Baptême les noms de Josep Nicola Diego, et son parrain fut son grand frère, Nicola, qui devait devenir un des industriels les plus en vue de Catalogne.

Josep reçut la Confirmation en 1817 et la Première Communion en 1818.

Pour des raisons économiques toute la famille se transféra à Barcelone en 1820.

L’adolescent de quinze ans entra alors chez les Pères Capucins et émit les vœux en 1828, avant d'être ordonné prêtre en mai 1834.

Deux mois plus tard les violents mouvements anti-cléricaux déchirèrent la Catalogne et le gouvernement espagnol confisqua tous les biens des Ordres religieux. Josep et quelques Confrères furent arrêtés et enfermés pendant dix-huit jours dans un bâtiment fortifié. Libéré, il fut obligé de s'exiler : il passa en France, en Italie du nord, revint en France, et trouva refuge à Grenoble chez des Bénédictines, dont il fut l'aumônier, tout en complétant des études de Théologie morale, avant d'obtenir le pouvoir de prêcher. Sa bonté, son humilité, conquirent les bonnes Religieuses, mais aussi l'évêque du lieu.

Quand il put rentrer en Espagne (1843), les Ordres religieux étaient encore interdits et il dut exercer son ministère comme “simple” curé de paroisse, tout en s'efforçant de vivre toujours son idéal franciscain. Il fut donc curé de Esparragure (Barcelone).

Cette situation explique que le père Josep, quoique Capucin, ne portait pas la barbe, signe habituel et traditionnel de ces Religieux. 

En 1850, il fonda une famille religieuse féminine destinée à travailler dans la pastorale et dans l'enseignement pour les enfants. Ce seront les Sœurs Capucines de la Mère du Divin Pasteur.

Le père Josep vivait silencieusement son idéal religieux, dans l'humble silence du recueillement, de la prière. Sa dévotion préférée était le Christ crucifié, le Saint Sacrement, et Marie, la sainte Mère du Divin Pasteur : il recommandait ces dévotions à ses paroissiens, mais particulièrement à ses Sœurs, pour les aider à allier la vie de prière et de contemplation, avec la vie active de l'éducation des enfants.

Le père Josep mourut le 27 février 1871 à Barcelone, pendant qu'il célébrait la Messe.

Il a été béatifié en 2010.

Marie Deluil-Martiny

1841-1884

 

Marie Deluil-Martiny naquit à Marseille le 28 mai 1841, aînée des cinq enfants d’un avocat qui partageait avec son épouse une profonde foi chrétienne. 

Elle fut baptisée le jour même. 

Elle montrera un tempérament fier et impérieux. Pour sa première Communion, ses parents la mirent en pension à la Visitation de Marseille. Un jour, lors de la récréation, Marie interrompit tout d'un coup son jeu et, prenant à part une amie : Angélique, le Sang de Jésus coule en ce moment sur l'Autel pour le monde ! Elle resta quelques instants comme absorbée par cette pensée qui avait traversé son esprit comme un éclair. 

Elle reçut la première Communion en 1853, et la Confirmation en 1854 des mains de l’évêque de Marseille, le futur saint Eugène de Mazenod (voir au 21 mai). 

Vers l'âge de 15 ans, encore au pensionnat, elle réunit un groupe d'élèves, appelées Oblates de Marie, qu'elle considérait comme un petit ordre religieux, avec règle, noviciat et profession. Découvert, le groupe futt immédiatement dissout par les Supérieures dont l’autorité ne souffrait pas de telles «fondations».

A la fin de ses études, Marie fit une retraite décisive pour sa vocation. Elle comprenait «Qui» l’appellait : Jésus-Christ est le seul aimable ; à la mort, je voudrais n'avoir aimé que Lui... Pour bien vivre dans le monde, je dois abhorrer le péché, fuir les occasions, haïr le monde et ce qui est du monde... Venez et suivez-moi, dit Jésus ; ô Dieu, que ce mot est beau !... Il est à moi si je le veux ! 

Elle rencontra à Ars saint Jean-Marie Vianney (voir au 4 août), et lui parla de sa vocation. Décidée, elle refusa plusieurs propositions de mariage.

Marie connaîtra le doute et le scrupule : Vivre dans la pensée d'être mal avec Vous, ô Jésus, c'est mourir mille fois; c'est si dur, mon doux Maître, de ne jamais vous sentir pleinement et d'attendre le Ciel pour jouir de Vous ! Un bon prêtre la rassura en lui expliquant que l’agitation intérieure n’est pas un signe de l’Esprit. Elle se pacifia.

En 1859, mourut sa plus jeune sœur, après sa Première communion ; les deux autres et son frère mourront aussi peu après. La voilà bien seule avec ses parents dans la peine, malades et éprouvés par des problèmes économiques.

En 1864, elle fit la connaissance d'une nouvelle association, la Garde d'honneur du Sacré-Cœur de Jésus, dont le but est de glorifier, aimer et consoler le Sacré-Cœur en s'offrant avec Lui dans une vie de prière, de pénitence et de charité, pour réparer les péchés du monde. Marie reçut bientôt le titre de Première Zélatrice de l'œuvre qu'elle se consacra à propager auprès de nombreuses âmes à travers le monde, y compris des évêques, au moyen d'imprimés, d'images et de médailles.

En 1865, lors de la béatification de Marguerite-Marie Alacoque (voir au 16 octobre), elle fit une retraite à Paray-le-Monial puis rencontra un prédicateur jésuite, Jean Calage, qui eut l’heureuse inspiration de l’encourager en ces termes : Vous êtes appelée, c'est certain ; mais le moment n'est pas venu encore ; votre entrée en religion actuellement renverserait les plans de Dieu. Il a des desseins particuliers sur votre âme... A vous de vous préparer par le détachement de vous-même. Marie s’offrit totalement au Christ, le premier vendredi de mai 1867.

Marie priait et cherchait à comprendre comment «réparer». Le premier samedi de septembre 1867, Jésus lui adressa la parole : Je ne suis pas connu, je ne suis pas aimé... Je veux me faire des âmes qui me comprennent... Je suis un torrent qui veut déborder et dont on ne peut plus retenir les eaux !... Je veux me faire des coupes pour les remplir des eaux de mon amour... J'ai soif de cœurs qui m'apprécient et qui me fassent remplir le but pour lequel je suis là ! Je suis outragé, je suis profané. Avant que les temps finissent, je veux être dédommagé de tous les outrages que j'ai reçus... Je veux répandre toutes les grâces qui ont été refusées...! 

Marie était profondément attristée par le refus que le monde opposait à Jésus. Le monde ne veut plus de Lui. Aujourd'hui, les uns rougissent de Lui, les autres Le haïssent et Le méprisent ; ils essayent de Le chasser des cœurs et de la société. A ces hontes, à ces haines, à ces mépris, à ces impiétés sataniques, répondons haut et ferme : Il faut qu'Il règne !

Le 8 décembre 1867, Marie prononça, avec la permission du Père Calage, le vœu de virginité.

En septembre 1868, devant la statue de la Vierge de la Salette, elle reçut cette inspiration: La Sainte Vierge veut des victimes qui s'interposent, en union avec son Cœur transpercé et avec Jésus immolé, entre les crimes des hommes et la Justice de Dieu...

Le mois suivant, elle fait cette belle prière : Ô Jésus, recevez-moi des mains de la Très Sainte Vierge et offrez-moi avec Vous, immolez-moi avec Vous... Je m'offre à cette immolation autant que votre bon plaisir le voudra et que ma faiblesse le permettra... Je regarderai toutes les croix, toutes les souffrances que votre Providence me destine et m'enverra comme autant de gages qui m'assureront que vous avez accepté mon humble offrande

Au début de l'année 1869, Marie mit par écrit un aperçu complet de l'œuvre future : 

Comme Marie sur le Calvaire, unie au Prêtre Éternel, a offert son divin Fils et a renouvelé cette offrande par les mains de saint Jean, les Filles du Cœur de Jésus, unies à tous les prêtres du monde, offriront Jésus-Hostie immolé d'autel en autel. Elles offriront spécialement le Sang et l'Eau sortis de la divine blessure du Sacré-Cœur. Elles seront les adoratrices de l'Eucharistie exposée solennellement dans les églises de leurs monastères et s'appliqueront à L'entourer des plus profonds témoignages de respect et d'amour; ce sera leur vie, leur raison d'être...

Des épreuves humiliantes survinrent en même temps qu'une abondance de grâces. Le Père Calage en profita pour enraciner Marie dans l'humilité.

Marie priait pour les prêtres, ceux qui doivent offrir la Victime, qui doivent célébrer avec dignité. Elle s’unissait aux prêtres, aux Sacrifices qu’ils offraient.

Les conditions politiques françaises ne permettaient pas à Marie de fonder quelque chose en France. C’est en Belgique qu’elle fonda la Société des Filles du Cœur de Jésus. Prenant le nom de Mère Marie de Jésus, elle reçut le voile et un habit blanc sur lequel étaient brodés deux cœurs rouges entourés d'épines.

Le nouvel Institut était destiné à faire réparation pour les péchés commis contre le Cœur de Jésus, Lui offrir une incessante action de grâces pour tous les bienfaits qu'Il ne cesse de répandre sur le monde, offrir à la Très Sainte Trinité le Sang précieux de Jésus-Christ pour obtenir l'avènement de Son règne dans le monde. Le moyen privilégié pour réaliser cet idéal sera une vie cloîtrée, centrée sur l'office divin et l'adoration du Très Saint Sacrement. Les Religieuses du nouvel institut réciteront chaque jour les sept dernières paroles de Jésus en Croix, paroles de Rédemption et source de sainteté pour les âmes. Afin de compenser le manque d'action de grâces envers les bienfaits divins, elle réciteront le Magnificat plusieurs fois par jour.

Mère Marie de Jésus insistait moins sur les pénitences corporelles que sur la mortification intérieure et sur le renoncement par l'obéissance. Sa préférence allait aux mortifications qui se présentent d'elles-mêmes ; ne rien dire, offrir en silence en acceptant intérieurement la mortification, est beaucoup plus méritoire.

Les constitutions furent approuvées en 1876 et, le 22 août 1878, la Fondatrice et les quatre premières Religieuses prononçaient leurs vœux perpétuels. 

En juin 1879, une fondation s'établit à La Servianne, propriété héritée de ses parents, près de Marseille. C’était la première en France. 

La vie de Mère Marie de Jésus se partagea désormais entre le gouvernement de ses monastères et une volumineuse correspondance. Sa sollicitude maternelle veillait à tous les détails de la vie de ses Filles. Si l'une d'elles tombait malade, elle passait à son chevet des nuits entières, la soignant de ses mains, lui suggérant de saintes pensées. 

Voici une sage comparaison qu’elle rédigea dans une lettre : Tenez, nous ressemblons à un homme qui, au milieu d'un grand incendie qui brûle sa maison, et qui va étouffer sa mère, son père, ses enfants, au lieu de se hâter d'aider à l'éteindre, gémirait en un coin d'avoir sali ses habits en portant des seaux d'eau, et s'occuperait à enlever, avec des lamentations, chaque grain de cendre égaré sur ses vêtements. Eh bien ! Voilà ce que nous faisons quand, au milieu de ce malheureux monde qui cherche à incendier l'Église et qui insulte Jésus-Christ Notre-Seigneur, nous passons notre temps à nous lamenter sur nos maux intérieurs, nos épreuves personnelles, etc. Nous nous rétrécissons sur nous-mêmes, quand nous pourrions nous élargir en embrassant Dieu, et devenir des saintes en servant sa cause par nos renoncements et nos sacrifices. Un bon coup d'aile, et, avec la grâce, élevons-nous, quittons la terre, quittons-nous nous-mêmes surtout, et ne voyons plus que Jésus seul !

En novembre 1883, Mère Marie de Jésus engagea un aide-jardinier, Louis Chave, vingt et un ans, pour le tirer de la misère. Mais bientôt, il se montra paresseux, impoli, exigeant, et de plus il nouait des relations avec les anarchistes. Le 27 février 1884, mercredi des Cendres, il se mit en embuscade dans le parc de La Servianne, là où allaient passer les Religieuses au cours de leur récréation. Il se montra et, tandis que la Supérieure lui adressait une parole aimable, il lui saisit la tête et tira deux fois à bout portant avec un revolver. Blessée à la carotide, Mère Marie de Jésus s'effondra en murmurant : Je lui pardonne... pour l'œuvre ! 

Elle mourut peu après, ce même 27 février.

Son corps fut retrouvé intact et souple en 1989.

La Congrégation des Filles du Cœur de Jésus compte aujourd'hui des monastères en France, en Belgique, en Suisse, en Autriche, en Italie, et une fondation en Croatie. 

Après la mort de la fondatrice, le rayonnement de sa communauté a conduit à l'établissement de l'Association des Âmes Victimes, qui a compté des milliers d'adhérents, dont les saints Pie X et Maksymilian Kolbe, les bienheureux Charles de Foucauld, Columba Marmion, Edward Poppe, et Joseph-Marie Cassant (Les saints Maksimilian Kolbe et Pie X sont fêtés les 14 et 20 août ; les bienheureux Columba Marmion, Edward Poppe, Joseph-Marie Cassant et Charles de Foucault, sont commémorés respectivement les 30 janvier, 10 juin, 17 juin et 1er décembre.) 

Marie Deluil-Martiny a été béatifiée en 1989.

 

Il faut qu'Il règne !... Car, à Lui appartient l'empire dans les siècles des siècles; et toutes les nations Lui ont été données en héritage. Il faut qu'Il règne !... notre Jésus, notre Frère, notre Sauveur, notre Ami, notre Époux ! Il faut qu'Il règne en nous-mêmes pleinement, sans ombre de réserve ou de partage ; il faut qu'Il règne sur le monde et sur les cœurs; et pour l'obtenir, nous prierons, nous offrirons, nous nous sacrifierons, nous mourrons tous les jours !...

 

 

Maria Josefa Karolina Brader

1860-1943

 

Née le 14 août (on trouve aussi le 15) 1860 à Kaltbrunn (Sankt Gallen, Suisse) de Josef Sebastian Brader et Maria Anna Karolina Zahner, l'unique enfant de ce couple très chrétien reçut au baptême les noms de Maria Josefa Karolina.

Elle fut très jeune orpheline de son père. Très intelligente, toujours la première en classe,  elle fréquenta l’école de Maria Hilf à Altstätten, puis les Bénédictines de Sarnen et l’internat des Visitandines de Fribourg. 

Elle voulut devenir religieuse et entra chez les Sœurs franciscaines de Maria Hilf (Alstatten) en 1880, avec le nom de Maria Charitas de l'Amour du Saint-Esprit, et fit les vœux en 1882.

On la destinait d'abord à l'enseignement, mais dès qu'il fut possible à ces Sœurs cloitrées d'étendre leur activité dans les pays de mission, elle s'offrit pour partir à Chone (Equateur) avec cinq autres Compagnes, guidées par Maria Bernarda Bütler (voir au 19 mai).

Elle y resta cinq ans, enseignant le catéchisme. Puis à cause de la révolution de 1893 elle fut transférée à Túquerres (Colombie), plus calme à cette époque, mais où les conditions de vie pratiques étaient encore plus difficiles : tempêtes de l’océan, dangers de la forêt, froid de la Cordillère des Andes. Elle se dépensa sans compter pour communiquer sa foi aux autochtones, aux gens pauvres.

En vue de développer cette activité missionnaire, elle fonda à Pasto les Sœurs Franciscaines de Marie Immaculée (1893). Les premières Sœurs, originaires de Suisse, furent bientôt rejointes par d'autres vocations de Colombie. 

Durant les agitations de 1900-1901, elle transforma les écoles de sa congrégation en hôpitaux, puis ouvrit des maisons de formation pour les enfants et les adolescents.

L’activité de Maria Charitas fut tellement appréciée en Colombie, qu’on la nomme souvent par son nom en espagnol : María Caridad.

Maria Charitas fut supérieure de 1893 à 1919, puis de nouveau de 1928 à 1940, et manifesta sa ferme volonté de ne pas recevoir d’autre mandat.

En 1933, elle reçut l’approbation pontificale de sa Congrégation.

Maria Charitas voulait que ses Filles fussent instruites pour être d’autant plus efficaces. Elles les exhortait à voir la volonté de Dieu en toutes choses et à faire sa volonté avec joie. D’où sa devise : Il le veut. Elle tenait à appuyer l’action sur la contemplation et obtint en 1928 d’instaurer l’adoration perpétuelle dans ses maisons, diffusant partout la dévotion eucharistique.

La congrégation se développa vite, dans toute l'Amérique (Etats-Unis, Mexique, Colombie, Equateur), en Afrique (Mali) et en Roumanie.

Maria Charitas de l’Amour du Saint Esprit s’éteignit à Pasto (Nariño, Colombie) le 27 février 1943. Elle a été béatifiée en 2003.

Le miracle retenu pour cette béatification a été la guérison totale d’une petite fille qui, après une encéphalite aiguë, avait perdu totalement l’usage de la parole et des jambes. Après une fervente neuvaine de sa maman, la petite fille se mit spontanément à appeler sa maman et à marcher.

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26 février 2020 3 26 /02 /février /2020 00:00

26 FEVRIER

 

II.

S Hilaire, évêque à Mayence et martyr.

IV.

S Alexandre, évêque à Alexandrie ; avec son diacre Athanase, il dénonça l’erreur arienne qui fut condamnée à Nicée.

S Faustinianus, évêque à Bologne.

S Denis (Zosime), évêque à Augsburg et martyr.

V.

Ste Irène, vierge à Gaza ; à quatorze ans, encore païenne, elle hébergea s. Porphyrios poursuivi par des idolâtres.

S Porphyrios, de Thessalonique, ermite à Scété puis en Palestine ; évêque à Gaza.

VI.

S Servule, évêque à Vérone.

S Agricola, évêque à Nevers dont il était gouverneur, ami de Venance Fortunat.

S Victor, prêtre solitaire à Saturniæ (Arcis-sur-Aube), mystique et thaumaturge.

VII.

S Ogan (Ogrin), évêque en Irlande.

IX.

S Andrea, évêque à Florence.

XII.

Bse Edigna, princesse royale, fille de Henri I ou Philippe I, recluse à Puch.

Ste Mechtilde (Mathilde), recluse près de Mayence.

B Léon, flamand, abbé à Lobbes, à Saint -Bertin.

XVI.

Bse Filippa de Gheldre, veuve avec douze enfants, clarisse à Pont-à-Mousson.

XVII.

B Robert Drury, prêtre martyr à Tyburn, un des soixante-deux béatifiés en 1987.

XIX.

Ste Paola de Saint-Joseph de Calasanz Montal Fornés, espagnole, fondatrice des Filles de Marie pour l’éducation des enfants, béatifiée en 1993, canonisée en 2001.

XX.

Bse Tomasa Piedad de la Croix Ortiz Real (1842-1916), fondatrice espagnole (Tertiaires de la Vierge du Carmel, Salésiennes du Sacré-Cœur pour la catéchèse des pauvres), béatifiée en 2004.

Alexandre d’Alexandrie

250-326

 

Ce saint prélat vécut au moment de l’apparition de la grave crise christologique arienne. Naturellement doux, affable et modeste, animé d’ailleurs d’un saint zèle, il avait un grand amour de ses frères et spécialement des pauvres. Il eut l’occasion de montrer son esprit de conciliation à l’égard d’Arius, dont les tendances inquiétaient l’évêque ; déjà Arius avait montré des tendances douteuses et avait été chassé par l’évêque Pierre, mais ayant donné des démonstrations de revirement, grâce à l’intervention d’Alexandre, il avait été réhabilité et même ordonné prêtre par Achillas, le successeur de Pierre.

Or l’évêque Achillas mourut très vite après son élection, et reçut pour successeur Alexandre lui-même, ce qui provoqua dans le cœur d’Arius un vif ressentiment, car, selon Théodoret, il briguait ce siège.

Le début de l’épiscopat d’Alexandre fut déjà agité par un certain Cresconius, au sujet de la célébration de la Pâque, sujet récurrent dans toute l’histoire de l’Eglise des premiers siècles ; en outre les mélétiens se manifestèrent contre le nouvel évêque jusqu’à porter leur différend à la cour de l’empereur Constantin. Précisons ici que Mélèce d’Antioche, était un évêque “orthodoxe”, mais élu à ce siège sur instigation des partisans d’Arius, qui le croyaient acquis à leurs thèses. S’apercevant de leur erreur, ils s’étaient révoltés contre l’autorité. Saint Mélèce, qui connut l’exil, fut rétabli et mourut durant le concile de Constantinople, qu’il présidait, en 381 (v. 12 février). 

Un autre sujet de discussion mit en cause un jeune prêtre, Athanase, qu’on accusait d’avoir abusivement baptisé des camarades lorsqu’il était encore enfant. Alexandre soutint au contraire la validité de ce baptême, pressentant certainement combien ce prêtre serait précieux pour l’orthodoxie contre l’arianisme.

Or Alexandre avait à cœur la doctrine trinitaire juste et il ne ménageait pas sa peine pour enseigner et défendre la Vérité christologique, proclamant que le Fils de Dieu est égal au Père en tout, et que l’Engendré est de même essence que Celui qui engendrait. C’est là qu’Arius se déchaîna et se révéla ouvertement : il publia que le Fils de Dieu n’était qu’une simple créature, et que le Verbe divin n’avait pas été de tout temps. Arius se chercha des partisans au sein même du clergé local. 

Alexandre veillait : d’abord, il essaya la douceur pour ramener Arius ; il l’invita à participer à des discussions, à des conférences publiques, mais en vain. En 320, cent évêques de l’Egypte et de Libye condamnèrent Arius. Ce dernier, loin de se soumettre, passa en Palestine, se faisant passer pour un persécuté. Il réussit un moment à gagner les évêques Eusèbe de Nicomédie et Eusèbe de Césarée. De son côté Alexandre s’efforçait, par ses lettres, d’expliquer la situation réelle et sa propre conduite. Il montra là à la fois une charité pleine de douceur et une fermeté courageuse.

L’empereur, voulant reporter le calme dans l’empire, exhorta les uns et les autres à la pacification. L’évêque Osius de Cordoue fut dépêché pour transmettre son appel. On comprit de part et d’autre que rien ne pourrait être conclu sans un concile général, et c’est ainsi que fut convoqué le Concile de Nicée. Nicée, l’actuelle Iznik, se trouve au nord-est de la Turquie d’Asie, tout près de la Mer de Marmara et de la Mer Noire. 

Le concile eut lieu en 325. 

Malgré son grand âge, Alexandre se rendit au Concile, accompagné d’Athanase. Ce dernier acquit une réelle célébrité par le défense qu’il fit de la sainte doctrine et l’exposé des erreurs d’Arius. Le Concile s’acheva par une condamnation unanime d’Arius, un éloge des Pères à l’égard d’Alexandre, et la reconnaissance de l’autorité du patriarche d’Alexandrie sur tous les diocèses d’Egypte, de Libye et de la Pentapole. 

Alexandre, de retour à Alexandrie, fut accueilli avec joie. Pendant les cinq mois qui lui restèrent à vivre, il s’attacha à réparer les maux causés par l’hérésie et le schisme d’Arius. A sa mort, il aurait désigné lui-même Athanase pour lui succéder (v. 5 mai). 

Une incertitude plane sur la date exacte de la mort d’Alexandre : ce fut probablement le 17 avril 326, jour où les Coptes et les Abyssins célèbrent sa fête, en supposant toutefois que le 17 avril réponde bien au 22 du mois qu’ils appellent Bermude. Cependant on indique aussi comme date de sa mort les derniers jours de janvier, ou de février. On inscrivit finalement Alexandre au 26 février, date retenue par le Martyrologe Romain.

 

 

Faustinianus de Bologne

† 350

 

Faustinianus fut le second évêque de Bologne, après s.Zamas (v. 28 septembre) et avant Domitianus.

Comme nous ne connaissons pas les dates de ceux-ci, nous pouvons dire de Faustinianus seulement qu’il vécut, comme eux, au quatrième siècle.

Selon les cas, on trouve à propos de Faustinianus ce qui se dit déjà de Zamas, à savoir qu’après la persécution de Dioclétien, il réorganisa la vie de l’Eglise. Si c’est exact, on en déduira qu’il était évêque dès 310 environ.

On suppose aussi qu’il prit part à la réunion des évêques à Rome, qui confirmèrent les actes du concile de Nicée (325) au sujet de la condamnation d’Arius.

Faustinianus serait mort en 350, après une quarantaine d’années d’épiscopat.

Saint Faustinianus de Bologne est commémoré le 26 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Porphyrios de Gaza

347-420

 

Né vers 347 à Thessalonique (Grèce) d’une famlle opulente, Porphyrios préféra assez tôt abandonner les richesses de ce monde.

Il partit en Egypte et, pendant cinq années, vécut dans le désert de Scété, où il reçut l’habit religieux.

Puis il passa en Palestine, et séjourna encore cinq ans près du Jourdain, où il fut pris d’un douloureux cancer du foie, probablement en raison du climat insalubre.

Il se fit conduire à Jérusalem où, courbé sur son bâton, il s’efforça de fréquenter les Lieux saints, priant, versant des larmes.

Un autre pèlerin, Markos, le remarqua, qui devint son assistant et son biographe ; il écrivit : Je remarquai la présence continuelle d’un moine d’une quarantaine d’années, au teint bilieux, à la peau desséchée, au dos voûté… Porphyrios cependant préféra marcher seul, pour demander le pardon de (ses) péchés.

Markos se mit à son service. Porphyrios le pria d’aller régler de sa part l’héritage entre ses frères restés à Thessalonique. A son retour, il trouva Porphyrios complètement redressé et heureux, qui lui raconta ceci : 

Il y a quarante jours, une affreuse douleur du foie me saisit ; ne pouvant la supporter, j’allai m’étendre à terre sur le Golgotha, là je tombai en extase et vis le Sauveur cloué sur la croix, l’un des larrons suspendu à une autre croix était à côté de lui. Je me mis à crier et répétai les paroles du bon larron  : «Seigneur, souviens-toi de moi quand tu entreras dans ton royaume.» Le Sauveur répondit à ma prière, il dit au larron attaché à la croix : «Descends de ta croix, et sauve cet homme ici étendu, comme tu as été sauvé toi-même.» Le larron obéit, il vint me prendre entre ses bras, me baisa, puis étendant sa main droite, il me releva en disant : «Viens au Sauveur !» Je courus vers le Christ, je le vis descendre de sa croix et l’entendis me dire : «Reçois et garde ce bois» (il me montrait sa croix). J’obéis et pendant que je portais la croix, je sortis de mon extase. A partir de ce moment, je n’ai plus éprouvé aucune douleur, toute trace du mal a disparu.

Markos continua à l’assister. Il le décrit comme homme sans reproche, doux, compatissant ; il possédait plus qu’aucun autre le don d’interpréter la sainte Ecriture, d’en résoudre les difficultés et de fermer la bouche aux incrédules et aux hérétiques ; il aimait les pauvres, s’attendrissait aisément jusqu’aux larmes… 

Porphyrios distribua tout ce qui lui restait aux pauvres de Jérusalem et des villages voisins, aux monastères d’Egypte, aux étrangers, de sorte que, n’ayant plus rien pour lui-même, il se fit cordonnier, pour avoir de quoi manger.

Il avait environ quarante-cinq ans, quand l’évêque de Jérusalem l’ordonna prêtre et lui confia la garde du bois de la Croix : ainsi s’accomplissait la vision qu’il avait eue du Christ auparavant.

Voici le régime que s’imposait Porphyrios, et qu’il garda toute sa vie : un pain moisi et des herbes ; aux jours de fête, un peu d’huile, de fromage et des légumes détrempés ; un peu de vin coupé d’eau pour ses maux d’intestins (cf. 1Tm 5:23) ; il ne mangeait qu’après le coucher du soleil, un peu plus tôt aux jours de fêtes, car son «festin» durait davantage… 

Trois ans plus tard, le clergé et la population de Gaza (dont le siège épiscopal était suffragant de Césarée de Palestine), eurent révélation, après avoir prié et jeûné, qu’ils devaient avoir Porphyrios comme évêque. On appela Porphyrios sans lui dire pourquoi, et il répondit : Que la volonté de Dieu soit faite ! Mais il eut révélation qu’il ne rentrerait pas de sitôt à Jérusalem : il alla vénérer une dernière fois, longuement, le Bois de la sainte Croix, remit la relique à l’évêque, et partit.

Il avait compris qu’en plus de ses péchés, il devait désormais expier aussi ceux des autres. Arrivé à Gaza, reçu par l’archevêque de Césarée, il fut sacré évêque. Ses vraies épreuves allaient alors commencer.

D’abord, les païens de Gaza lui fermèrent leurs portes, l’accusant d’être responsable de la grande sécheresse de cette année-là ; ils supplièrent leur dieu Marnas, sans succès ; Porphyrios et sa suite se mirent à jeûner, à prier, et une pluie abondante se déversa : plus de cent-vingt païens se convertirent et ouvrirent les portes.

Mais tous ne se convertirent pas et l’on fit mille difficultés à Porphyrios Après une première mission de Markos auprès de s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre), il obtint de l’empereur une ordonnance pour détruire les temples païens, mais qui ne fut pas appliquée totalement, malgré les miracles que Porphyrios accomplissait.

Puis Porphyrios alla offrir sa démission à l’archevêque de Césarée, lequel, au contraire, l’encouragea et décida de l’accompagner à Constantinople. En chemin, ils s’arrêtèrent à Rhodes, pour visiter un saint ermite nommé Procopius.

Ce dernier, qui avait le don de prophétie, sut qui étaient ces deux visiteurs, et leur conseilla d’aller d’abord, non pas au palais impérial, mais à Jean Chrysostome, qui sera inspiré par Dieu sur la marche à suivre.

En effet, Jean Chrysostome n’avait pas accès au palais, à cause de l’impératrice Eudoxie qui le haïssait ; mais il connaissait bien le chambellan, auquel il recommanda les deux évêques, et qui alors les introduisit lui-même auprès de l’impératrice.

Le résultat de la rencontre fut que l’impératrice obtint tout ce que les évêques avaient demandé, et aussi qu’elle eut la récompense de mettre au monde un fils.

Au retour, une violente tempête menaça tout l’équipage ; le capitaine, arien, promit qu’il se convertirait et le bateau fut sauvé. L’arrivée à Gaza fut triomphale ; la statue de Vénus s’effondra d’elle-même. Dix jours après, une troupe arrivait : le capitaine Cynegios proclama l’édit impérial, ordonna la destruction de huit temples païens, ainsi que le grand temple de Marnas dont l’incendie dura plusieurs jours.

Après toutes ces luttes, Porphyrios vécut encore quelques années. Etant tombé malade, il s’endormit dans la paix, le 26 février 420.

Son épiscopat avait duré un quart de siècle.

Saint Porphyrios de Gaza est commémoré le 26 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Agricola de Nevers

† 594

 

Agricola (on a en français : Agricole, Arille, Arigle, Aigle), bourguignon d’extraction, passe pour avoir été d’abord le gouverneur du Nivernais, un peu comme Ambroise l’était pour Milan (v. 7 décembre).

Or, il fut appelé à monter sur le siège épiscopal de Nevers, à la mort d’Eulade (vers 570), devenant ainsi le septième évêque (connu) de cette ville.

Agricola fut un ami intime de s.Venance Fortunat (v. 14 décembre).

En 581, il assista au concile de Lyon ; en 585, au concile de Mâcon.

En 590, il fit partie d’une commission d’enquête concernant des Religieuses à Poitiers : certaines d’entre elles étaient sorties de leur clôture. Agricola était partisan de les excommunier, ce qui ne faisait que confirmer le choix de celles-ci.

Agricola mourut vers 594.

Saint Agricola de Nevers est commémoré le 26 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victor d’Arcis

6e ou 7e siècle

 

Victor naquit au 6e siècle à Troyes en Champagne. On dit que sept mois avant sa naissance un possédé annonça sa future sainteté.

Aussitôt que l’enfant eut reçu le baptême, parurent en lui des marques sensibles de la présence du Saint-Esprit. Elevé uniquement pour Dieu, il n’eut de goût que pour les vérités célestes et l’étude de l’Ecriture ; il reçut le sacerdoce et exerça quelque temps le saint ministère.

Cédant à l’attrait pour la solitude, il quitta tout pour se retirer au territoire d’Arcis, près d’un petit village nommé Saturniæ, sur les bords de l’Aube ; la localité s’appela plus tard Saint-Vitre et semble aujourd’hui être rattachée à Arcis-sur-Aube (Aube).

Jour et nuit en prière, Victor semblait n’avoir point de corps ; il joignait à la contemplation la pratique du jeûne. Le bruit des miracles obtenus par son intercession lui attira des visites nombreuses, même celle des grands personnages. Le roi de France, dans une de ses chasses, vint le visiter et fut témoin d’un de ses miracles : le saint lui ayant présenté de l’eau dans un vase, changea, dit-on, cette eau en vin par sa bénédiction. Mais comme on ignore de quel roi il s’agit, Chilpéric († 584), Childéric II d’Austrasie († 675) ou Clotaire II († 629), on n’a pas de meilleure indication historique sur l’événement.

Les grâces extraordinaires dont Victor disposait pour la sanctification des autres ne lui inspiraient que des sentiments de profonde humilité.

Il mourut, dit-on, un 26 février, au 6e ou au 7e siècle.

Sa cellule de Saturniæ devint la chapelle Saint-Vittre. En 837, les restes de Victor furent transférés à l’abbaye bénédictine de Moutier-Ramey ; s.Bernard (v. 20 août) rédigea un office propre en l’honneur de Victor.

Saint Victor est commémoré le 26 février dans le Martyrologe Romain.

Andrea de Florence

9e siècle

 

Les documents qu’on possède sur ce Saint le situent au 9e siècle, sans qu’on sache rien de plus sur ses origines et sa vie personnelle.

Bien qu’une ancienne tradition évoque l’évangélisation de Florence (Toscane, Italie C) par deux disciples de s.Pierre dès le 2e siècle, les évêques historiquement attestés dans cette ville ne sont connus qu’à partir du 4e siècle. Andrea serait ainsi le douzième évêque de Florence.

A moins qu’il y ait eu un autre Andrea sur le siège de Florence, le nôtre n’est donc pas le successeur de saint Zanobio ( † 417), mais il se situe entre Pietro et Grasulfo.

Un document de 871 définit Andrea comme un envoyé (messo) impérial, pour un jugement aux côtés du margrave Adalberto.

Un autre document, de 874, montre qu’il obtient de l’empereur Louis II le Germanique un privilège d’immunité pour les biens épiscopaux.

Enfin en 893, il fait porter à l’abbesse de Saint-André, Bertha, une demande d’admission pour sa propre nièce Bertha, pour qu’elle y soit formée en vue de succéder elle-même à l’abbesse. Il s’agit bien probablement de l’abbaye de Loro Ciuffenna (Arezzo, Toscane).

On s’étonnera de cette démarche, qui tient d’un népotisme flagrant. Le document est-il authentique ? Concerne-t-il bien notre évêque ? 

Saint Andrea de Florence, s’il n’y a pas d’erreur sur le personnage, est commémoré bien succinctement le 26 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Robert Drury

1567-1607

 

Né en 1567 dans une bonne famille du Buckinghamshire, Robert fut reçu au Collège Anglais de Reims, le 1er avril 1588, puis envoyé au nouveau Collège de Valladolid.

Après son ordination, il retourna en Angleterre en 1593. Il travailla surtout à Londres, où sa science et ses virtus lui valurent le respect de ses Confrères.

Il fut l'un des appellants contre l'archiprêtre Blackwell, et son nom apparaît dans l'appel du 17 novembre 1600.

Le gouvernement invitait les prêtres à reconnaître la reine et son autorité. En 1603 une trentaine de prêtres signèrent une déclaration selon laquelle la reine était bien leur souveraine légitime, qu'ils refusaient l'invitation du pape à être relevés de leurs devoirs envers elle, qu'ils condamnaient les tentatives passées de restaurer le Catholicisme et promettaient de révéler toute conspiration contre le gouvernement dont ils viendraient à être à connaissance. En revanche, pour rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, les prêtres signataires demandaient que le Pape fût reconnu comme le successeur légitime de saint Pierre et le Chef légitime de l'Eglise Catholique du Christ.

La reine se contenta de cette déclaration, mais mourut bientôt après. Le roi James 1er montra dès 1606 qu'il ne pouvait se contenter d'une telle déclaration et qu'au contraire il tenait à être reconnu par le clergé comme le chef légitime de la religion en Angleterre. Cette fois-ci, l'équivoque n'était plus possible, et Robert Drury fut arrêté et condamné comme prêtre catholique.

On retrouva sur lui une déclaration d'un Jésuite qui condamnait la doctrine royale, comme contenant beaucoup de choses contre la Foi et le Salut. L'archiprêtre avait retiré cette déclaration, mais Robert ne le savait probablement pas, et n'aurait de toutes façons pas accepté la proposition du roi James 1er, de sorte qu'il fut condamné à mort et exécuté.

Le père Drury fut exécuté à Tyburn, et l'on sait que les condamnés étaient pendus, éviscérés et écartelés. C'était le 26 février 1606 ou 1607.

Robert Drury a été béatifié en 1987, parmi soixante-deux Martyrs d'Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Paola Montal Fornés

1799-1889

 

Paola naquit le 11 octobre 1799 à Arenys de Mar (Barcelone, Espagne), aînée de cinq enfants d'artisans très chrétiens. 

Elle a dix ans à la mort de son père et elle doit travailler très jeune ; elle collaborera activement aussi à la catéchèse de la paroisse.

En 1829, à trente ans, elle fonde les Filles de Marie, Religieuses des Ecoles Pies, et ouvre une école à Figueras (Gerona) pour les petites filles. C'était une nouveauté importante, ouvrant aux petites filles, adolescentes et plus grandes, la voie à la formation, à la culture.

Elle-même adopta le nom de Paola de Saint-José-de-Calasanz (sur ce dernier, voir au 25 août) et fit sa consécration le 2 février 1847 avec trois autres Compagnes. 

De son vivant, elle ouvrit sept fondations : Figueras, Arenys de Mar, Sabadell, Igualada, Vendrell, Masnou, Olesa de Montserrat. D'autres s'ouvrirent sous son impulsion : Gerona, Blanes, Barcelona, Soller.

A Olesa de Montserrat, qui fut sa dernière étape, elle resta les trente dernières années de sa vie, répandant autour d'elle cette atmosphère de bonté, de sainteté, qui la firent aimer de toute la population. 

Elle s'éteignit, à presque quatre-vingt-dix ans, à Olesa de Montserrat (Barcelone) le 26 février 1889. A cette date, il y avait déjà plus de trois cents Religieuses dans une vingtaine de maisons fréquentées par près de quatre mille élèves.

Paola de Saint-José-de-Calasanz fut béatifiée en 1993, et canonisée en 2001.

 

 

Tomasa Ortiz Real

1842-1916

 

Tomasa naquit le 12 novembre 1842 à Bocairente (Valencia, Espagne), cinquième de huit enfants de José Ortiz et Tomasa Real, et fit ses études à Valencia, chez les Sœurs de la Sainte Famille de Bordeaux. Elle se montre pieuse, douée en musique et en broderie.

Lors de la Première communion (1852), elle sentit l'appel à la vie religieuse et pensait entrer comme novice chez les mêmes Sœurs, à Valencia.

Son père s'y opposa, en raison de son jeune âge et des circonstances politiques. Une maladie l'empêcha ensuite d'entrer chez les Carmélites déchaussées de Valencia : elle pensa que le Ciel lui montrait ainsi qu'elle n'était pas faite pour le cloître. Un jour à Barcelone, elle perçut cette “certitude” que le Sacré Cœur lui montrait combien les hommes étaient ingrats envers Lui, et lui demandait de l'aider à porter cette croix. Tomasa s'offrit comme victime.

En 1884, lors des inondations dans la province de Murcie, elle s'y rendit avec trois compagnes pour assister les orphelins et les malades du choléra.

Elles commencèrent à vivre en communauté près d'Alcantarilla, mais bientôt ces compagnes allaient de leur côté former les Sœurs de la Bienheureuse Vierge Marie du Carmel, tandis que la pauvre Tomasa demeurait seule avec une autre Sœur. Sur le conseil de son évêque, elle se retira chez les Visitandines de Orihuela pour réfléchir à son projet personnel de nouvelle famille religieuse ; elle eut alors l'inspiration des Sœurs Salésiennes du Sacré-Cœur de Jésus (en abrégé SSCJ), qui devaient s'occuper des enfants orphelins, des malades et des vieillards, pour faire connaître l'amour providentiel de Dieu le Père, et sa manifestation dans le Cœur miséricordieux de Jésus sur la Croix.

Elle-même prit le nom de Pietad della Croce (Piéta de la Croix).

Elle demandait à ses Religieuses d'expliquer par leur exemple l'importance de “Notre Père”, ce Père céleste qui montre son amour au monde entier.

La nouvelle congrégation prit le jour le 8 septembre 1890 à Alcantarilla (Murcia), en la fête de la Nativité de la Vierge Marie ; elle fut approuvée par l'évêque en 1895, puis par le Vatican en 1935, et définivement en 1953.

Les Religieuses œuvrent dans diverses directions, dans le domaine de l'éducation et de l'assistance des malades à l'hôpital. 

Elles sont présentes en Espagne et en Amérique du Sud (Argentine, Bolivie, Chili, Paraguay).

Mère Piéta répétait : Je suis pauvre, et quand je n'ai rien à donner aux pauvres, je leur donne mon âme, mon cœur et mon amour, car l'amour a bien plus de valeur que d'offrir de l'argent.

Elle mourut le 26 février 1916 à Alcantarilla et fut béatifiée en 2004.

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25 février 2020 2 25 /02 /février /2020 00:00

25 FEVRIER

 

III.

S Nestor, évêque à Magydos, martyr à Pergé, crucifié.

Ss Donat, Just, Hérénas, martyrs en Afrique.

Ss Ananie, prêtre, et son geôlier Pierre,  martyrs en Phénicie avec sept soldats.

?

S Théodore Salus, devenu volontairement “fou” pour le Christ, en Grèce.

IV.

S Rhégin, évêque à Scopelo, martyr.

S Césaire, frère de s. Grégoire de Nazianze, intendant et médecin en Bithynie, célibataire : il fit des pauvres ses héritiers. 

S Alexandre, soldat romain torturé et martyr.

VI.

S Concorde, évêque à La Rochelle.

VII.

Ste Aldetrude, abbesse à Maubeuge, mystique, fille des ss. Vincent Madelgaire et Waldetrude.

VIII.

Ste Walburge, fille du roi anglais s. Richard, et sœur des saints Willibald et Winibald, abbesse à Heidenheim.

XII.

S Gerland, prêtre de Besançon, appelé en Sicile par les princes normands, évêque à Agrigente, où il travailla à la conversion des musulmans et des juifs.

B Robert d’Arbrissel, prêtre normand, ermite, prédicateur, à l’origine des monastères à Fontevrault, où l’abbesse commandait et aux femmes et aux hommes.

B Adelhelm, abbé à Engelberg (Unterwalden).

XIV.

S Avertan et B Roméo (Henry), père et frère carmes à Limoges, morts à Lucques au cours de leur pèlerinage en Terre Sainte, à quelques jours d’intervalle. 

XVI.

B Sebastián de Aparicio Prado, berger espagnol émigré au Mexique où il se donna à de grands travaux ; très riche, très généreux, veuf deux fois, finalement franciscain, il mourut à quatre-vingt dix-huit ans.

XVII.

B Didacus Yuki Ryosetsu, prêtre jésuite japonais, martyr, béatifié en 2008.

XIX.

B Domenico Lentini, prêtre en Lucanie, béatifié en 1997.

Bse Maria Teresa (Adeodata) Pisani, bénédictine dans l’île de Malte, béatifiée en 2001.

S Luolong Bai Xiaoman, néophyte chinois, martyr, canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

XX.

B Ciriaco María Sancha Hervás (1833-1909), cardinal, archevêque de Toledo, fondateur des Sœurs de la Charité du Cardinal Sancha, béatifié en 2009.

S Toribio Romo González (1900-1928), prêtre mexicain martyr, défenseur de l’Eucharistie ; béatifié en 1992, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

Ss Luigi Versiglia (*1873) et Callisto Caravario (*1903), salésiens martyrs en Chine (1930) ; Luigi fut évêque à Shiu Chow et ordonna Callisto ; ils furent fusillés pour avoir tenté de protéger la pureté des deux jeunes filles catéchistes qui les accompagnaient, béatifiés en 1983 et canonisés en 2000.

Bse Antonina (Maria LudovicaDe Angelis (1880-1962), italienne des Filles de Notre-Dame de la Miséricorde, active en Argentine, béatifiée en 2004.

Bse Miriam Vattalil (Rani Maria, 1954-1995), clarisse indienne martyre, béatifiée en 2017 ; son assassin, converti en prison, fut adopté par la propre famille de Miriam.

Nestor de Magydos

† 250

 

Nestor était évêque à Magydos, en Asie Mineure. Le site de cette ville de la province de Pamphylie est maintenant l’endroit de la localité de Lara Manastir, dans le centre-sud de la Turquie d’Asie.

Nestor était très connu pour sa piété et sa fidélité, et savait tellement encourager ses diocésains, que les édits romains de persécution n’arrivaient pas à les intimider. Sous Dèce, quand la persécution s’intensifia, Nestor conseilla à ses brebis de s’éloigner, mais lui restait dans sa demeure. C’est là qu’il fut rejoint. On a une relation de ces épisodes et des suivants dans deux textes anciens, dont on va tirer ici les éléments les plus marquants.

Invité à comparaître devant l’irénarque, Nestor s’arma du signe de la croix et suivit les persécuteurs. Sur la place publique, on lui avait réservé un accueil très respectueux dont il s’étonnait : “C’est que ta vie est digne d’éloges”, lui répondit-on, et on lui présenta un siège d’honneur. Voici quelques-unes de ses réparties durant l’interrogatoire : 

- Je consens et me soumets aux commandements du Roi des cieux.

- La raison veut qu’on appelle (vos dieux des démons), et c’est ce qu’ont souvent reconnu ceux que l’on exorcise.

- A quoi bon me menacer de vos tourments ? Je redoute les supplices de mon Dieu, mais je n’ai peur ni des vôtres, ni de ceux du gouverneur : ils ne m’empêcheront point de confesser toujours le Christ, Fils du Dieu vivant.

L’irénarque, vaincu par cette fermeté, conduisit l’évêque sous bonne escorte et pour un nouvel interrogatoire au gouverneur de Pergé (capitale de Pamphylie, actuelle Aksu en Turquie, proche d’Antalya). En route, un tremblement de terre se fit sentir, dont Nestor expliqua que c’était là un témoignage de (son) Dieu. Voici deux autres réparties de Nestor devant le gouverneur : 

- Je suis le serviteur de mon Seigneur Jésus-Christ. Mon nom propre est Chrétien ; celui que mes parents m’ont donné est Nestor.

- Quand même tu tourmenterais mon corps de toutes façons, jamais je ne renierai le nom de mon Seigneur Jésus, tant qu’il me restera un souffle de vie.

Nestor fut alors soumis au chevalet. Les bourreaux avaient mis à nus ses côtés, et il continuait de chanter le psaume 33 : Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange est sans cesse sur ma bouche.

Le gouverneur, qui connaissait les faits de Palestine, condamna Nestor à la même peine que Christ sous Ponce Pilate. Pendant plusieurs heures, Nestor fut sur cette croix, exhortant les chrétiens témoins, priant Dieu de les maintenir dans la foi. 

Ayant dit : Amen, il rendit l’esprit.

Le martyre de Nestor est mentionné au Martyrologe Romain le 25 février.

 

 

Césaire de Nazianze

† 369

 

Césaire avait pour père un magistrat de Nazianze (Cappadoce, auj. Nenezi, Aksaray, Turquie C), Grégoire, bientôt élevé à la dignité épiscopale, et pour mère sainte Nonna (v. 5 août). 

Sa sœur aînée fut Gorgonia (v. 9 décembre) ; son frère aîné, lui aussi nommé Grégoire, fut évêque à Constantinople et Docteur de l’Eglise (v. 25 janvier).

Ayant reçu de sa sainte mère les enseignements de la foi chrétienne, il alla ensuite en Alexandrie pour ses études, puis rejoignit son frère Grégoire à Constantinople.

Il avait acquis de grandes connaissances en médecine et pouvait occuper une situation brillante à la cour, mais déclara franchement à Julien l’Apostat qu’il préférait avant tout demeurer chrétien. C’était courageux, quand on connaissait les sentiments de l’empereur, mais il ne semble pas que Césaire eût été inquiété pour sa foi.

Il devint ensuite intendant en Bithynie, où eurent lieu deux forts tremblements de terre à Nicée (363 et 369). Le tremblement de terre de 363 fit beaucoup réfléchir Césaire : encore catéchumène, il demanda le baptême.

Ayant voulu demeurer célibataire et n’ayant pas d’enfants, il fit des pauvres ses héritiers.

Il mourut saintemant le 25 février 369, longtemps pleuré par son grand frère. A cette date, ses parents n’étaient pas encore morts : il fut donc le premier à être enseveli dans le tombeau préparé pour eux à Nazianze.

Saint Césaire de Nazianze est commémoré le 25 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aldetrude de Maubeuge

† 696

 

Aldetrude (en latin Aldetrudis) était une des deux filles de Vincent Madelgaire et Waldetrude, qui sont tous deux inscrits au Martyrologe (v. 14 juillet et 9 avril) ; pour sa sœur, Madelberte, v. 7 septembre ; leurs deux frères furent Landry (v. 17 avril) et Dentelin, qui mourut en bas âge (v. 16 mars).

Elle naquit sous le règne de Dagobert Ier, donc entre 622 et 639.

Son éducation se fit sous la férule de sa tante maternelle, Aldegonde, abbesse à Maubeuge, qui guida sa nièce dans les voies d’une grande sainteté.

Aldetrude succéda «normalement» à sa tante dans la direction du monastère, de 684 à 696, avec autant de sagesse qu’elle avait montré de soumission auparavant.

Elle fut souvent honorée de la visite des Anges, des Saints et de Notre Dame. Elle croyait d’abord être victime de quelque illusion diabolique, ce qui montre son humilité et sa prudence.

On trouve qu’elle aurait épousé Waudbert VI de Lomnois, son oncle maternel, d’où serait né Waudbert VII ; mais cette proposition ne semble pas acceptable.

Elle mourut le 25 février, vers 696.

Sainte Aldetrude est commémorée le 25 février dans le Martyrologe Romain.

Walburge de Heidenheim

710-779

 

On avance quelques incertitudes au sujet de ce personnage historique.

D’abord son nom, qui prend les formes les plus variées : Walburge ou Valpurge, Gaubourg ou Falbourg, Avongour ou Auboué selon les régions. Ensuite son ascendance : son père, Richard (v. 7 février), aurait été un des fils du roi Hlothere ; sa mère, Winna, la sœur de Wynfrith (futur s.Boniface, v. 5 juin). 

Elle eut deux frères, les saints Willibald et Winibald (v. 7 juillet et 18 décembre).

Walburge naquit vers 710 et sa formation se fit à bonne école, à l’abbaye de Wimborne.

En 721, son père voulut partir en pèlerinage avec ses deux fils pour la Terre Sainte, mais il mourut à Lucques (Italie), ce que Walburge apprit seulement l’année suivante.

En 748, elle fut envoyée en Germanie à la demande de s.Boniface, pour en soutenir et compléter le travail apostolique. Le frère de Walburge, Winibald, avait déjà rejoint Boniface et construit l’abbaye de Heidenheim, tandis que Willibald était évêque d’Eichstädt. 

Quand Walburge s’embarqua, il s’éleva une très forte tempête, durant laquelle elle resta en prière sur le pont, et les éléments déchaînés se calmèrent providentiellement : les marins firent connaître le prodige à leur arrivée à Anvers.

Accueillie avec joie par Boniface, Walburge retrouva son frère à Heidenheim et fonda la partie féminine du monastère. Elle en devint l’abbesse et, à la mort de Winibald, gouverna aussi le monastère des hommes, ce qui ne veut pas dire que les moines et les moniales vivaient ensemble dans une même communauté, comme on l’a dit parfois : il y avait deux communautés séparées, proches peut-être, qui avaient accès à l’église par deux portes différentes.

Le gouvernement de cette grande abbaye fut marqué par la prudence et la douceur de Walburge, et aussi par le don des miracles dont Dieu la favorisa.

Un soir, elle fut mystérieusement avertie de se rendre au château d’un baron dont la fille était malade. A son arrivée, les chiens n’aboyèrent pas. Elle s’annonça : Ne craignez rien ; vos chiens ne me toucheront pas ; je suis Walburge, envoyée par Dieu pour guérir votre fille, si vous croyez à Celui qui est le médecin des médecins. La jeune fille était mourante, et fut complètement guérie le lendemain matin.

En 776 eut lieu la translation du corps de Winibald, présidée par Willibald, en présence de Walburge. Successivement, celle-ci rédigea une Vita de son frère, ainsi qu’un récit en vers latins des voyages de son père, où l’on reconnaît l’excellente formation intellectuelle qu’elle avait reçue à Wimborne.

Elle mourut elle-même peu après, le 25 février 779, assistée de Willibald.

Sainte Walburge est commémorée le 25 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gerland d’Agrigente

† 1100

 

Comme son nom ne l’indique pas, Gerland naquit à Besançon (Doubs), au début du 11e siècle, apparenté à la famille de Roger de Hauteville. Son nom latin est Geriandus.

C’était un homme de grandes vertus, connu pour sa formation approfondie et sa piété. 

Il fut appelé en Sicile par deux princes normands, Robert Guiscard et Roger qui, en 1086, avaient reconquis une partie de cette île sur les Sarrazins et désiraient y rapporter la semence de la foi.

On le nomma d’abord premier chapelain à la cathédrale de Catane (Sicile), puis premier chantre au chapitre de celle de Mileto (Calabre).

Attristé par la dépravation qui régnait dans cette dernière ville, il rentra en Bourgogne avec la résolution d’y vivre dans la solitude.

Sur les instances du comte Roger, il reprit cependant le chemin de la Sicile et, cette fois, fut nommé évêque d’Agrigente et sacré en 1088 par le bienheureux pape Urbain II, ce pape qui, à Reims, avait été disciple de s.Bruno (v. 6 octobre).

Le nouvel évêque se lança hardiment à la reconquête spirituelle de son diocèse. Il commença par réparer les ruines causées par l’occupant. Mais il ne traita pas en ennemis les Sarrazins vaincus : il travailla au contraire à leur conversion, ainsi qu’à celle des Juifs présents dans l’île. Une de ses conquêtes fut justement l’émir Hamud.

Sa charité envers les pauvres lui valut le titre de père nourricier des veuves et des orphelins.

Quand Urbain II fut malade, c’est Gerland qui fut appelé à Rome pour assister le pontife à ses derniers moments.

Gerland mourut le 25 février 1100. On dira donc qu’il est mort au onzième siècle, le douzième commençant en 1101.

Ses obsèques se firent avec grand honneur.

Le culte dont il fut l’objet amena à faire inscrire le bienheureux Gerland au Martyrologe du 25 février.

 

 

Robert d’Arbrissel

1047-1117

 

Robert naquit de parents pauvres en Bretagne vers 1047, dans un village alors appelé Arbrissel, aujourd’hui Arbresec.

Il put faire des études pour se préparer à l’état ecclésiastique, jusqu’à devenir docteur de l'université de Paris, puis il remplit les fonctions d'archiprêtre et vicaire général du diocèse de Rennes, son pays d'origine, en 1089.

Son zèle pour la réforme du clergé le fit apprécier par son évêque Silvestre de la Guerche, mais souleva contre lui des haines implacables, qui le contraignirent à se retirer à la mort de l’évêque. Il séjourna quelques temps auprès des écoles d'Angers ; puis il s'enfonça dans la forêt de Craon. Des compagnons le suivirent, ce qui lui permit de fonder l'abbaye de Roë. Ils y menèrent la vie des Chanoines réguliers.

Urbain II, lors de son séjour en Angers (1096), le fit prêcher en sa présence et lui donna plein pouvoir d'annoncer en tous lieux la parole divine. Deux de ses compagnons de solitude, Bernard de Ponthieu et Vital de Martain, le suivirent dans ses courses apostoliques avant d'aller fonder, l'un le monastère de Tiron au diocèse de Chartres, l'autre, celui de Savigny au diocèse d'Avranches, destinés à devenir des chefs de congrégation.

Robert parcourut d'abord l'Anjou, la Touraine et le Poitou. Sa prédication soulevait l'enthousiasme des foules ; parmi ceux qui l'avaient entendu, beaucoup abandonnaient leurs familles et s'attachaient à ses pas. Ce cortège se composait d'hommes et de femmes ; on y voyait un grand nombre de pénitents et de pénitentes. Cette foule menait une sorte de vie religieuse, dont les conditions étaient prescrites au jour le jour par Robert. Cette communauté nomade finit bientôt par éprouver le besoin de se fixer. Aussi, vers 1099, Bernard et Vital emmenèrent les hommes avec eux. Robert établit les femmes à Fontevrault. Elles étaient fort nombreuses. Quelques frères se fixèrent auprès d'elles et se chargèrent de leur service temporel et religieux. Le monastère des femmes était placé sous la protection de la Vierge Marie, celui des hommes sous la protection de Jean l’Evangéliste. L’ordre fut plus tard placé sous la règle de saint Benoît.

Robert interrompait de temps en temps ses prédications pour revenir à Fontevrault et pour fonder de nouveaux monastères, qu'il peuplait de ses religieuses. Ces fondations recevaient le titre de prieurés et restaient sous l'entière dépendance de Fontevrault, ne formant avec lui qu'une seule congrégation, dont l'abbesse était le chef unique. Partout une communauté d'hommes s'attachait au service des moniales. Il y en eut dans les diocèses de Poitiers, de Bourges, d'Orléans, de Limoges et de Chartres.

La première abbesse de Fontevrault fut Herlande de Champagne, proche parente du comte d’Anjou.

Robert subit bien des épreuves, quand on l’accusa d’hérésie ou même d’écarts de conduite. Mais il fut lavé de ces soupçons, entre autres par l’évêque de Rennes. Il continua de voyager, mettant partout de l’ordre, prêchant la conciliation, assistant au concile de Nantes (1110), tenant un chapitre de l’ordre (1115). Vaincu par la fatigue, il fut transporté à Orsan où vint le visiter l’archevêque de Bourges.

Robert d'Arbrissel mourut le 25 février 1116 et fut enterré, selon sa volonté, parmi les moines dans le cimetière de Fontevrault. Il n’a pas été canonisé encore, mais il est inscrit dans le Martyrologe Romain en tant que Bienheureux au 25 février.

 

 

Avertan et Romeo de Limoges

† 1380

 

Une sainte tradition a réuni ces deux Religieux carmes.

Avertan était originaire du Limousin.

Après avoir beaucoup prié et s’être mortifié dans les jeûnes pour connaître sa vocation, il fut averti par un ange d’entrer chez les Carmes de Limoges. Il devint prêtre.

A peine vêtu, il fut favorisé de nombreuses extases. Sa soumission exacte à ses supérieurs lui valut d’être appelé fils de l’obéissance. Son quotidien était un combat continu contre le vieil homme et pour l’acquisition de la sainteté. Comme saint Jacques le Mineur (v. 3 mai), la peau de ses genoux était devenue dure comme cuir par les longues heures qu’il passait à genoux. Il haïssait tellement l’argent, que ce seul mot le dégoûtait.

 

Romeo, lui, était d’origine italienne.

Entré chez les Carmes de Limoges comme frère convers, il y reçut le nom de Henry.

Il admirait le comportement d’Avertan.

 

Avertan obtint du Prieur la permission de faire le pèlerinage en Terre Sainte. Evidemment, Henry demanda à l’accompagner.

Parvenus à Lucques, déjà fatigués du voyage, ils furent victimes de l’épidémie de peste noire.

Avertan mourut le 25 février 1380 (qui était cette année-là le 26, car lors des années bissextiles, on décalait d’une unité les derniers jours de février, à partir du 24, sixième jour des calendes de mars, d’où le mot bi-sextilis).

Henry survécut de huit jours à son ami. Il vit l’âme d’Avertan venir à sa rencontre pour le conduire en paradis et mourut le 4 mars 1380.

L’histoire dit qu’on appela «à ce moment-là» Henry Romeo, le romain, nom qu’on donnait à tous les pèlerins de Rome. D’aucuns supposent qu’il avait déjà ce nom en entrant au couvent.

Des miracles furent obtenus par l’intercession d’Avertan ; les habitants de Lucques lui firent de  magnifiques funérailles et son culte fut reconnu plus tard par les papes.

Romeo fut par la suite associé aux mêmes honneurs.

Au 25 février, le Martyrologe Romain mentionne saint Avertanus, mais pas Romeo, qui serait resté bienheureux.

 

 

Sebastián de Aparicio Prado

1502-1600

 

Sebastián de Aparicio Prado naquit le 20 janvier 1502 à A Gudiña (Orense, Galice, Espagne), unique garçon et benjamin des trois enfants de Juan et Teresa, qui lui donnèrent le nom du Saint du jour, Sébastien.

Un des faits majeurs de son enfance est qu’il ne fut pas victime de l’épidémie de peste noire qui sévit à nouveau en Espagne à cette époque.

Après avoir gardé les troupeaux des parents, il quitta la famille à quinze ans et s’en fut à Salamanque comme domestique chez quelque riche veuve, puis chez d’autres patrons. Ce n’était pas par goût de l’aventure, chez cet adolescent qui, au contraire, quitta sa place sans même demander son salaire, plutôt que d’y perdre son âme.

Il quitta l’Espagne en 1533 et arriva à Veracruz (Mexique), où il profita des avantages accordés aux émigrants d’Espagne, puis s’installa à Puebla de los Ángeles comme charpentier. Il se mit à élever les chevaux, à cultiver, à transporter des marchandises.

En 1542, il s’installa à Mexico ; il était devenu fort riche et ouvrit des routes, rendant beaucoup de services à la région. Ses richesses profitèrent en premier lieu aux pauvres et aux malheureux.

En 1552, nouveau changement : il acheta de grands terrains, un ranch et fonda la ferme de Saint-Nicolas, actuellement dans la banlieue de Mexico.

On dit qu’il promut le Jour des Morts du 2 novembre qui, en Espagne, était déjà célébré au lendemain de la fête de la Toussaint.

En 1562, il épousa la fille d’un ami, mais elle mourut l’année suivante ; sa deuxième épouse mourut à son tour après huit mois de mariage ;  en réalité, Sebastián ne consomma pas le mariage, du consentement de ces épouses.

Cette vie aisée se prolongea jusqu’en 1572, année où, après une grave maladie dont il guérit, il décida d’entrer en religion. Mais d’abord, il se mit au service des Clarisses, pour leur rendre des services, pour connaître la Règle franciscaine et s’éprouver soi-même dans ce genre de vie. Puis il vendit toutes ses possessions et entra en 1574 chez les Frères Mineures Observants de Mexico, avant de passer au couvent de Tlatelolco.

Il fit la profession en juin 1575 et fut destiné au couvent de Puebla, où il fut chargé de la quête, office qu’il accomplit fidèlement sur tous les chemins de Puebla, Tlaxcala, Veracruz et México.

C’est ainsi qu’il vécut le dernier quart de sa vie et du 16e siècle, s’éteignant à quatre-vingt dix-huit ans accomplis à Puebla, le 25 février 1600.

Ses vertus, et un millier de miracles avant et après la mort, aboutirent à sa béatification en 1789.

 

 

Didacus Yūri Ryōsetsu

1574-1636

 

Didacus était né en 1574-1575 à Awa (Shikoku, Japon).

Baptisé, il entra chez les Jésuites et fut ordonné prêtre.

Il fut martyrisé le 25 février 1636 à Ōsaka.

Il a été écrit que les catholiques japonais se soutenaient réciproquement dans leur foi, ce qui les encourageait à supporter les atroces tortures qu’on leur imposait. Ils avaient reçu des exemples de certaines communautés bouddhistes, mais surtout ils avaient reçu la leçon de notre divin Maître, qui acceptait toutes ses souffrances pour sauver les âmes.

Le père Didacus a été béatifié parmi les cent quatre-vingt-huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Domenico Lentini

1770-1828

 

Domenico Lentini naquit à Lauria (Potenza, Italie) le 20 novembre 1770, de Macario Lentini et Rosalia Vitarella, des gens pauvres mais chrétiens.

A quatorze ans, le garçon désire être prêtre. Il reçoit le sacerdoce en 1794.

Ceux qui le connurent l’appelèrent un ange à l’autel, pour la candeur qu’il respirait, mais aussi pour les extases dont il fut favorisé.

Don Domenico se donne de toutes ses forces au ministère, à Lauria et dans les environs. Sa parole est convaincante, il parle du Christ crucifié, de Notre-Dame des Douleurs. 

Assez cultivé pour s’adresser à tous les milieux, il ouvre sa petite maisonnette à tous les jeunes qui viennent l’écouter ; il leur enseigne le catéchisme, l’Ecriture, mais aussi les matières scolaires, gratuitement. 

Pour les pauvres, il donne tout ce qu’il a : nourriture, vêtements. Parfois il ne rentre à la maison qu’avec sa tunique : il a tout donné. 

Il se mortifie volontairement, dormant et mangeant peu (et mal), pour expier les péchés des hommes.

Dieu le favorise de grâces particulières, il prophétise, il lit dans les cœurs, il fait des miracles (ô combien !).

Il s’éteint le 25 février 1828, et les funérailles durent une semaine : son corps demeure souple, le sang continue de circuler dans ses veines, il exhale un bon parfum ; ses yeux s’ouvrent devant la Sainte Hostie, devant ses parents et ses amis, mais aussi devant des incroyants. Guérisons et conversions se multiplient à l’envi devant sa dépouille : résurrection d’un enfant de trois ans tombé dans une bassine d’eau et de chaux vive ; guérisons de paralysies totales ; de sarcome(s) ; encore en 1988, une femme guérit totalement d’un carcinome utérin.

Don Domenico Lentini a été béatifié en 1997 ; son dies natalis est au 25 février.

Maria Teresa Pisani

1806-1855

 

Maria Teresa naquit le 29 décembre 1806 à Naples, du baron Benedetto Pisani Mompalao Cuzkeri et de Vicenza Carrano.

Ce mariage était mal engagé : le père était alcoolique et les parents se séparèrent. La petite Maria Teresa grandit chez sa grand-mère à Pizzofalcone (Naples). Elle se montra portée vers la piété et la prière ; elle ne sortait de chez elle que pour aller à la messe.

Durant son séjour chez la grand-mère, elle fut un jour frappée violemment à l’épaule par une domestique, ce qui lui laissa pour toute la vie une malformation. Une autre fois, elle se blessa à un doigt, et supporta la douleur pendant trois mois sans chercher à se soigner. Elle souffrit toute sa vie d’hydropisie.

A la mort de sa grand-mère, elle va au collège, où elle reçoit la Première Communion et la Confirmation.

En 1820-1821 Le père de Maria-Teresa est impliqué dans des émeutes ; arrêté et condamné à mort, il voit sa peine commuée en exil et il déménage à Malte ; peu après, son épouse et sa fille viennent s’installer à Rabat (toujours en l’île de Malte) en 1825. 

Maria Teresa passe deux années dans le recueillement et la discrétion.

A vingt-deux ans, malgré l’opposition de sa mère, elle entre au monastère des Bénédictines de Saint-Pierre à Mdina (Malte). Elle est déjà si «mûre», que la maîtresse des novices lui demande de la seconder dans l’instruction spirituelle des jeunes filles.

Elle fait la profession religieuse en 1830, avec le nom de Maria Adeodata. 

Elle eut trois mandats de sacristine et d’infirmière, qu’elle affectionnait particulièrement, celui de sacristine pour être plus près du Seigneur, celui d’infirmière pour mieux servir les Consœurs. Portière, elle obtint la permission de recevoir les pauvres et de les catéchiser.

Elue maîtresse des novices en 1847, puis abbesse en 1851.

Victime d’une maladie cardiaque, l’abbesse s’éteint à cette vie le 25 février 1855. Elle n’avait pas cinquante ans. Le matin du 25 à cinq heures, elle voulut descendre à la chapelle, disant à la Sœur infirmière : Je vais descendre, parce que c’est ma dernière communion, et aujourd’hui même je mourrai. Elle mourait à huit heures.

Mère Maria Teresa Adeodata Pisani a été béatifiée en 2001. 

 

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison soudaine, totale et durable d’une abbesse bénédictine de Subiaco, en 1897, malade d’une tumeur à l’estomac.

 

 

Luolong Bai Xiaoman

1821-1856

 

Luolong (Laurentius) était né vers 1821 à Shuicheng Co (Guizhou, Chine).

Orphelin depuis tout jeune, il travaillait comme saisonnier, dans un village du district de Xilin (Yaoshan), où il se maria et vivait chez les parents de son épouse, n’ayant pas de maison à lui. 

Guidé par le père Auguste Chapdelaine (lui-même martyr quelques jours plus tard, le 29 février), il se convertit et reçut le baptême. Dix jours plus tard il fut arrêté.

Le mandarin le menaça : 

- Si tu ne renonces pas à ta religion, je te ferai couper la tête.

- Le mandarin peut me fair couper la tête, et non seulement la mienne, mais encore celle de ma belle-mère, de ma femme et de ma fille. Renoncer à ma religion, à mon Dieu, cesser de lui adresser des prières, oh non, jamais !

Irrité, le magistrat le fit frapper de trois cent coups, avec une planchette longue de trois pieds, large de trois doigts et épaisse d’un doigt. Puis il le soumit pendant deux heures au supplice Mey-ien-tchouang : les genoux pliés et assujettis à un bâton, les coudes appuyés sur un banc, les mains liées, en dérision pour l’attitude de prière des Chrétiens.

Luolong refusa de renier sa foi et resta fidèle au Christ.

Il reçut le martyre le 25 (26 ?) février 1856, décapité à Su-Lik-Hien (Kwang-Si). Son corps fut abandonné dans les bois environnants pour y être dévoré par les bêtes sauvages.

Il fut béatifié dès 1900, et canonisé en 2000 parmi les cent-vingt Martyrs de Chine, qui ont leur fête liturgique le 9 juillet.

 

 

Ciriaco Sancha y Hervás

1833-1909

 

Ciriaco naquit le 18 juin 1833 à Quintana del Pidio (Burgos, Espagne), de Ambrosio Sancha Maestre et Baltasara Hervás Casas, d’humbles paysans.

La maman mourut en 1843.

Ciriaco reçut la Confirmation en 1849 et entra au Séminaire d’Osma en 1852.

Ordonné prêtre en 1858, il compléta ses études à Salamanque, puis fut le secrétaire du l’archevêque de Cuba en 1862.

Il s’occupa activement d’orphelins abandonnés, se méritant le surnom de père des pauvres, et fonda en 1869 une famille de religieuses qui devaient s’occuper des orphelins invalides et abandonnés. Plus tard cette famille prit le nom de Congrégation des Sœurs de la Charité du Cardinal Sancha.

En 1876, il fut nommé évêque de Tolède, puis en 1882 évêque à Ávila ; déjà quatre ans plus tard, il est transféré à Madrid, pour remplacer Mgr Narciso Martínez Izquierdo, qui venait d’être assassiné. De droit, il devenait aussi sénateur.

En 1888 il convoqua le premier Congrès Catholique National. 

En 1892, il fut transféré à Valencia, où il convoqua un Congrès Eucharistique en 1893. Il s’employa à soigner la préparation des prêtres et à renouveler le diocèse par différentes associations et institutions religieuses. En 1893-1894, il est de nouveau sénateur.

En 1894, il fut créé cardinal et promu au siège de Tolède en 1898, devenant du même coup Patriarche des Indes. Il développa une intense activité pastorale et sociale parmi les plus nécessiteux. Il promut les premiers efforts en vue de l’unité des chrétiens.

Suite à un catarrhe gastro-intestinal, il mourut le 25 février 1909, dans la pauvreté qu’il affectionnait, offrant sa vie pour l’Eglise. Sur sa tombe, est écrit : Pauvre il vécut, très pauvre il mourut.

Il a été béatifié en 2009, un siècle après sa mort. Le pape l’a défini comme infatigable témoin du Christ, père des pauvres et serviteur de l’unité de l’Eglise.

Toribio Romo González

1900-1928

 

Toribio naquit le 16 avril 1900 dans le village de Santa Ana de Guadalupe (Jalostotitlán, Jalisco, Mexique), de Patricio Romo Pérez et Juana González Romo. Dès le lendemain, il reçoit le baptême.

La famille est si pauvre, qu’elle s’oppose à ses études de séminaire, préférant qu’il reste à la maison pour travailler aux champs. Mais sa sœur aînée María (les siens l’appelaient Quica) prend sa défense, le remplace aux champs et sait mettre de côté pour payer les études de son frère.

Entré à treize ans au Petit séminaire de San Juan de los Lagos, puis au Grand séminaire de Guadalajara, il fut ordonné prêtre avec une dispense d’âge (en 1922, il avait à peine vingt-deux ans). Bientôt, son jeune frère Román sera aussi ordonné prêtre.

Sa prière constante était : Seigneur, ne me laisse pas passer une seule journée sans l’Eucharistie.

Il fut vicaire en plusieurs paroisses : Sayula, Tuxpan, Yahualica, Cuquio. 

Des lois anti-cléricales interdisaient la célébration des sacrements, la prière du chapelet, de sorte que le ministère devait se faire dans des circonstances difficiles. Turibio se montra un prêtre exemplaire, souffrant et supportant les contradictions sans se plaindre, dans la méditation, dans l’adoration du Saint-Sacrement, dans sa foi totale, dans sa compassion pour les autres (à qui il donnait même le minimum dont il avait besoin).

De ses notes, on peut lire dans quelles situations il se trouva : J’ai dû échapper dix fois aux persécuteurs ; une fois je suis resté deux semaines dehors ; une autre fois, on m’a caché pendant quatre jours dans une cuve étroite et infecte ; une autre fois je suis resté huit jours par tous les temps dans les montagnes…

En 1927, le père Turibio fut envoyé à Agua Caliente (Tequila). Son frère Román, à son tour ordonné prêtre, lui fut donné comme vicaire ; leur sœur María les rejoignit ; il fallait célébrer la messe en cachette, dans une ancienne distillerie. Turibio avait un net pressentiment de sa fin prochaine.

Le 22 février, mercredi des Cendres, Turibio se confessa à son frère et lui demanda sa bénédiction.

Le soir du vendredi 24 février 1928, il terminait la mise à jour du registre paroissial. A quatre heures du matin, il allait prendre un peu de sommeil avant de célébrer la messe.

Mais un délateur l’avait trahi. Des soldats conduits par ce dernier vinrent arrêter le jeune prêtre. Un soldat lui tira une balle, puis une seconde balle qui le fit tomber dans les bras de sa sœur. Puis ils le dépouillèrent de ses vêtements et le transportèrent dans une parodie de procession, jusqu’au village voisin, au milieu des obscénités. 

Les villageois purent s’emparer du cadavre du Martyr pour l’ensevelir dignement le lendemain, dimanche.

Turibio avait écrit dans son journal qu’il offrait son sang pour la paix de l’Eglise.

Le père Turibio est très populaire ; beaucoup de gens viennent prier sur sa tombe et implorer de son intercession les grâces les plus diverses.

Il a été béatifié en 1992 et canonisé en 2000 dans le groupe des Martyrs mexicains, qui sont fêtés ensemble le 21 mai, tandis que son propre dies natalis est au 25 février.

 

 

Luigi Versiglia

1873-1930

 

Luigi naquit le 5 juin 1873 à Oliva Gessi (Pavie, Italie du nord).

On ne trouve aucune indication sur sa famille. 

Petit, il servait toujours la messe et les gens le voyaient déjà prêtre. Mais lui n’aimait pas en entendre parler, car il voulait être vétérinaire.

Il connut saint Giovanni Bosco à Turin. Peu avant de mourir, Giovanni Bosco lui dit en le rencontrant : Viens me trouver, j’ai quelque chose à te dire. Malheureusement, Luigi n’en eut pas le temps, car don Bosco mourut peu après.

Luigi changea d’avis, frappé par la cérémonie de remise du crucifix à sept missionnaires.

Entré lui-même chez les Salésiens, Luigi fait la philosophie à l’Université Grégorienne de Rome et reçoit l’ordination sacerdotale en 1885 : il n’a que vingt-deux ans.

Pendant neuf ans, il est directeur et maître des novices à Genzano di Roma.

En 1906, il part pour la Chine. C’est la première mission des pères salésiens en Extrême-Orient, que Giovanni Bosco avait prophétisée.

A Macao, l’évêque lui confie l’orphelinat de l’Immaculée Conception. Mais à cause de la politique anti-cléricale du Portugal, ils doivent quitter en 1910, et s’établissent à Heung Shan (actuelle Zhongshan).

En 1921, Luigi est consacré évêque, et nommé vicaire apostolique de Shiu Chow, où malgré une population parfois réticente, il ouvre plusieurs séminaires, ainsi qu’un orphelinat et un asile de vieillards.

En 1930, il se décide, malgré les difficultés, à aller visiter les fidèles de Lin Chow, en compagnie du père Caravario. Avec eux se trouvent deux jeunes gens, leurs sœurs Maria (vingt-et-un ans) et Paola (seize ans), et une catéchiste, Clara (vingt-deux ans). S’adjoignirent aussi à eux une catéchiste âgée et un garçon de dix ans.

En chemin des brigands (certains parlent de soldats communistes) les attaquèrent et menaçaient de s’emparer des jeunes filles. L’évêque et le prêtre s’interposèrent ; les brigands les battirent jusqu’à les faire tomber à terre. Ils laissèrent partir la vieille catéchiste, les jeunes gens et le petit garçon, qui purent retourner prévenir d’autres missionnaires et avertir les autorités. 

L’évêque et le prêtre se donnèrent réciproquement l’absolution et exhortèrent les jeunes filles à rester fortes dans la foi. Les brigands firent marcher l’évêque et le prêtre jusque vers Li Thau Tseui. L’évêque les supplia : Moi, je suis vieux, abattez-moi ; mais lui, il est jeune, laissez-le ! On les ligota, on leur arracha leur crucifix et ils furent massacrés sur place à coup de fusil, le 25 février 1930.

Les jeunes filles entendirent cinq coups de feu. Dix minutes après, les bourreaux s’en revinrent vers elles, et elles les entendirent : Inexplicable ! On en a vu bien d’autres, tout le monde a peur de la mort. Mais ces deux-là sont morts heureux, et ces filles ne veulent pas autre chose que mourir aussi…

Ils les emmenèrent sur la montagne, où ils les gardèrent pendant cinq jours. Des soldats retrouvèrent les bandits et les firent déguerpir après un échange de coups de feu. Libres enfin, les jeunes filles purent raconter tout ce qu’elles avaient vu et entendu.

Luigi Versiglia a été béatifié en 1983, et canonisé en 2000 parmi les cent-vingt Martyrs de Chine.

Les Salésiens célèbrent tous leurs Saints dans une fête commune, le 13 novembre, qui est le jour anniversaire de leur départ de Gênes pour l’Amérique du Sud ; mais le dies natalis de Mgr Versiglia et du père Callisto Caravario est au 25 février.

 

 

Callisto Caravario

1903-1930

 

Callisto était né à Cuorgnè (Turin) le 18 juin 1903, de Pietro et Rosa, de bons parents chrétiens et modestes ouvriers.

Après ses études à Turin, il entra chez les Salésiens en 1918, et quand il connut Mgr Versiglia qui était déjà parti en Chine en 1921, il lui promit de l’y rejoindre, ce qui arriva en 1923. il écrivit à sa mère : Ici, nous les missionnaires, nous apprenons le chinois. A vingt ans, j’apprends à écrire et à balbutier comme un bébé… Chère maman, prie pour ton Callisto, pour qu’il puisse apprendre un peu facilement cette langue qui est si difficile, pour que je puisse faire un peu de bien.

Les événements de Chine ne furent pas favorables aux missions : les Salésiens durent se réfugier au Timor pendant quelques années, puis revinrent en Chine en 1927, mais don Callisto n’était toujours ordonné prêtre. Il dut attendre jusqu’en 1929 pour recevoir le sacerdoce, à Shanghai. Il écrit à sa mère : Avoir un fils prêtre, c’est une grande grâce et un grand honneur. Courage ! au ciel, le Seigneur te récompensera pour tous les sacrifices que tu as faits par amour pour lui.

En 1930, il doit accompagner Mgr Versiglia dans une visite apostolique parmi les fidèles de Lin Chow, que l’évêque n’avait pas revus depuis déjà un certain temps, à cause de la difficulté des déplacements.

Ils partent donc, en train d’abord, puis en barque.

Avec eux de trouvent deux jeunes gens, leurs sœurs Maria (vingt-et-un ans) et Paola (seize ans), et une catéchiste, Clara (vingt-deux ans). S’adjoignirent aussi à eux une catéchiste âgée et un garçon de dix ans.

En chemin des brigands (certains parlent de soldats communistes) les attaquèrent et menaçaient de s’emparer des jeunes filles. L’évêque et le prêtre s’interposèrent ; les brigands les battirent jusqu’à les faire tomber à terre. Ils laissèrent partir la vieille catéchiste, les jeunes gens et le petit garçon, qui purent retourner prévenir d’autres missionnaires et avertir les autorités. 

L’évêque et le prêtre se donnèrent réciproquement l’absolution et exhortèrent les jeunes filles à rester fortes dans la foi. Les brigands firent marcher l’évêque et le prêtre jusque vers Li Thau Tseui. L’évêque les supplia : Moi, je suis vieux, abattez-moi ; mais lui, il est jeune, laissez-le ! On les ligota, on leur arracha leur crucifix et ils furent massacrés sur place à coup de fusil, le 25 février 1930.

Les jeunes filles entendirent cinq coups de feu. Dix minutes après, les bourreaux s’en revinrent vers elles, et elles les entendirent : Inexplicable ! On en a vu bien d’autres, tout le monde a peur de la mort. Mais ces deux-là sont morts heureux, et ces filles ne veulent pas autre chose que mourir aussi…

Ils les emmenèrent sur la montagne, où ils les gardèrent pendant cinq jours. Des soldats retrouvèrent les bandits et les firent déguerpir après un échange de coups de feu. Libres enfin, les jeunes filles purent raconter tout ce qu’elles avaient vu et entendu.

Le père Callisto Caravario avait vingt-six ans. Son dies natalis, avec Mgr Versiglia, est au 25 février.

Il fut béatifié avec Mgr Versiglia en 1983, et canonisé avec ce dernier dans le groupe des cent-vingts Martyrs de Chine, en 2000.

 

 

Antonina De Angelis

1880-1962

 

Née le 24 octobre 1880 à San Gregorio (L’Aquila, Italie centrale), Antonina était l’aînée des huit enfants de Ludovico De Angelis et Santa Colaianni, d’humbles paysans chrétiens dans l’âme, qui la firent baptiser le jour même de sa naissance.

Ce fut une femme forte, qui aidait sa mère dans toutes les besognes quotidiennes, mais aussi son père dans le travail des champs et la vente des produits. Tout ce travail fit qu’elle ne put aller à l’école, mais elle apprit à lire et à écrire en prenant des leçons auprès d’une maîtresse privée.

Sa mère aurait bien voulu, par le mariage de sa fille aînée, avoir des petits-enfants, mais Antonina voulait se consacrer à Dieu.

Grâce à son curé qui lui offrit sa dot, elle entra en 1904 chez les Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde à Savona, où elle prit le nom de Maria Ludovica et fit sa profession religieuse.

En novembre 1907, elle partait pour l’Argentine. Elle s’arrêta à Buenos Aires pour passer Noël avec les Consœurs et joignit La Plata, où on l’attendait dans l’hôpital des enfants. «Hôpital» était un bien grand mot : il consistait alors en deux grandes salles, entourées d’une haie de barbelés.

Son manque de culture fit qu’on la mit d’emblée à la cuisine et la lingerie, mais elle fut tellement diligente dans l’administration, que le docteur la proposa pour administrer l’établissement dans son intégralité : elle conservera cette charge jusqu’à la mort, pendant cinquante-quatre ans !

On aura noté son parler espagnol pas trop académique, fourré d’expressions italiennes et, à l’occasion, de termes de son terroir ; mais elle comprend tout, et réussit très bien à se faire comprendre, tant elle est gentille et patiente.

Ludovica fit de l’hôpital son couvent, elle chercha la sainteté dans l’accomplissement parfait de toutes les «petites choses» ; fournitures, gestion, contacts, nourriture, entretien, tout lui était occasion de rechercher la perfection pour la gloire de Dieu et le bien de tous. Elle fit doter l’hôpital de blocs opératoires. Elle réussit tellement bien que le Ministère de la Santé donna plus tard à cet hôpital le nom de Sœur Supérieure Maria Ludovica.

Sœur Ludovica n’avait pas que cet hôpital dans sa tête : elle fonda un sanatorium à Punta Magotes (Mar del Plata) pour les enfants affectés de tuberculose et de maladies respiratoires, ainsi qu’une grande ferme pour la production de denrées fraîches (lait, légumes, fruits) pour ces petits malades. Et pour que tout fût complet, il y eut un centre de spiritualité, avec église, catéchèse, enseignement, missions populaires, de sorte que tous ces malheureux gamins orphelins, abandonnés, malades, reçurent là, outre des soins cliniques, également une formation scolaire et spirituelle. Pour une femme si peu instruite, Sœur Ludovica se montrait vraiment à la hauteur de sa mission.

Mais comme cela se produit fréquemment, le succès de Ludovica provoqua des jalousies, des critiques, des calomnies même, autant d’épreuves qui s’ajoutèrent douloureusement à ses problèmes de santé : on dut lui retirer un rein en 1935, elle souffrit d’hypertension et d’œdème pulmonaire, le tout «couronné» d’insomnies, qu’elle occupait en cousant des ornements liturgiques ou en surveillant si les petits malades dormaient bien. Elle supportait tout cela sans se départir de son indéfectible sourire, toujours armée de son chapelet à la main.

Une de ses réparties plus caractéristiques était : Il faut faire du bien à tous, peu importe à qui.

Début 1962, on lui diagnostica une tumeur à l’abdomen. Elle répétait très paisiblement : Dieu le veut ! Lui, il sait ce qu’il fait ! Que sa volonté soit faite !

Elle mourut saintement le 25 février 1962, et fut béatifiée en 2004.

Mariam Vattalil
1954-1995

Mariam Vattalil, née le 29 janvier 1954 à Pulluvazhy (Kerala, Inde), était le deuxième des sept enfants de Paily et Eliswa Vattalil, de pauvres paysans qui la firent baptiser le 5 février suivant.
On connaît aussi les noms de ses frère et sœurs : Stephen, Annie, Varghese, Thressiamma, Celine, Lusy. Celine fut aussi religieuse chez les Clarisses.
En 1966, Mariam reçut la Première communion et la Confirmation.
En même temps que l’école, Mariam trouvait le temps d’aider son père dans les travaux des champs, et sa mère dans les tâches domestiques.
Après ses études secondaires, Mariam entra en 1971 chez les Clarisses de Kidangoor, où elle assuma le nom de Rani Maria (Reine Marie, d’après le titre marial de Marie Reine) ; en même temps qu’elle entrait aussi sa cousine, Cicily. Le noviciat s’acheva régulièrement en 1974, avec la profession temporaire.
A partir de 1975, elle fut en service à Bijnor (Uttar Pradesh) ; elle fut maîtresse d’école de 1976 à 1978. 
Elle prononça ses vœux définitifs à Ankamaly en 1980.
En 1983, elle fut transférée à Odagady. En 1989, elle fut supérieure à Aluva et fut reçue docteur en sociologie à l’université de Rewa.
En 1992, elle fut envoyée à Udayanagar.
Tous ceux qui la connurent furent captivés par sa joie communicative, toute franciscaine. 
Sœur Rana Maria s’engagea dans l’éducation des enfants et surtout au service des pauvres. Son programme en faveur des marginalisés s’opposait radicalement aux intérêts des grands exploitants.
Le 25 février 1995, à Nachanbore Hill (Indore) un tueur professionnel, à la solde des grands propriétaires, la frappa dans l’autobus de cinquante-quatre coups de couteau.
En mourant, Rani Maria ne répétait que le nom de Jésus !
Le meurtrier, Jeevan Singh, fut condamné à la prison à vie, mais fut relâché en 2006 pour sa bonne conduite ; il fut visité en prison par la sœur de Rani Maria, qui lui pardonna ; la maman de Rani Maria vint aussi lui rendre visite, et lui baisa les mains en signe de pardon. Toute la famille pardonna Jeevan Singh et le considéra comme un des leurs. Jeevan pleura de joie en apprenant que Rani Maria allait être béatifiée.
Reconnue martyre, sœur Rani Maria a été béatifiée en 2017.
Rani Maria Vattalil sera commémorée le 25 février dans le Martyrologe Romain.

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24 février 2020 1 24 /02 /février /2020 00:00

24 FEVRIER 

 

? Ste Primitive, martyre romaine. 

IV.

S Evetius, martyr à Nicomédie ; il avait eu l’audace de détruire publiquement l’édit de persécution des chrétiens.

S Serge, ancien magistrat à Césarée de Cappadoce, solitaire, martyr.

V.

Ste Démétriade, vierge romaine, enfuie à Carthage où elle se consacra, morte à Rome.

S Modeste, évêque à Trèves.

VI.

S Prétextat, évêque à Rouen, victime des machinations continues du roi et de la reine, martyr.

S Lethard, évêque à Senlis puis aumônier de la reine Berthe d’Angleterre ; sa présence prépara la mission de s. Augustin.

VII.

S Ætelberht, époux de la reine Berthe d’Angleterre ; il accueillit s. Augustin et ses moines et fut le premier catéchumène baptisé et le premier bienfaiteur de l’Eglise en Angleterre.

X.

S Beton, moine à Sens, évêque à Auxerre. 

XII.

Ste Adèle, fille de Guillaume le Conquérant (?). 

XV.

B Costanzo Servoli de Fabriano, dominicain, pacificateur à Ascoli, où il fit construire un monastère et mourut.

XVI.

B Marco de Marconi, des moines hiéronymites à Mantoue, mystique.

XIX.

Bse María Josefa Naval Girbés, laïque espagnole, “apôtre des activités paroissiales”, béatifiée en 1988.

B Tommaso Maria Fusco, prêtre des Missionnaires de Nocera, béatifié en 2001.

XX.

Bse Florentina Nicol Goñi (María Ascensión du Cœur de Jésus, 1868-1940), dominicaine espagnole puis active au Pérou, au Salvador, en Chine, fondatrice des Missionnaires dominicaines du Très Saint Rosaire, béatifiée en 2005.

B Josef Mayr-Nusser, père de famille sud-tyrolien, condamné à mort pour avoir refusé le serment nazi, béatifié en 2017.
 

Evetius de Nicomédie

† 303

 

Evetius (en syriaque Euhetis) se trouvait à Nicomédie (Bithynie, auj. Izmit, Turquie NW) au moment où l’empereur Dioclétien déclencha une nouvelle persécution (303).

On suppose que c’est lui, le haut fonctionnaire dont parle un document syriaque.

L’édit ne fut pas sitôt affiché sur la place publique, qu’Evetius, enflammé par l’ardeur de sa foi, dit le Martyrologe, aux yeux de tout le monde, déchira ouvertement l’édit de cette loi injuste.

On se posera la question de la légitimité de cette intervention. Etait-elle permise par l’Eglise ? Etait-elle prudente ? Certainement non. Mais l’Eglise n’avait pas encore statué sur ce genre de «courage» excessif, qui devait conduire à une mort certaine et pouvait être assimilé à une sorte de suicide.

Mais Evetius ne se posa pas tant de questions ; tôt ou tard, il aurait témoigné du Christ ouvertement et serait prochainement martyrisé. Il pouvait aussi ignorer ce conseil de prudence qu’on lui aurait suggéré ; il voulut donner l’exemple et n’écouta que sa foi. 

Arrêté, il fut soumis à toutes sortes de cruautés.

Saint Evetius de Nicomédie est commémoré le 24 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Æthelberht de Kent

560-616

 

Fils du roi de Kent Eormenric, Æthelberht naquit vers 560.

Il épousa la fille du roi de Paris Caribert, Berthe, avant son avènement au trône en 580 ou 590. On lui donna le titre de bretwalda, qui signifie «souverain de Bretagne».

Berthe était chrétienne et c’est peut-être grâce à son intervention que le pape Grégoire Ier (v. 12 mars) se décida à envoyer des missionnaires pour évangéliser la Grande-Bretagne. Ainsi commença la mission d’Augustin (v. 26 mai).

Apprenant l’arrivée des missionnaires romains, le roi ne consenetit pas tout de suite à les recevoir, mais les fit demeurer en l’île de Thanet (qui aujourd’hui n’est plus une île) puis, au bout de quelques jours, il vint les visiter en personne, mais en plein air, pour éviter - pensait-il - quelque mauvais sort au cas où ils se seraient trouvés tous ensemble sous un même toit.

Or les moines vinrent au devant de lui en chantant les Litanies et s’adressèrent au roi en termes évangéliques, lui parlant déjà du Christ et de la Promesse éternelle. Le roi écouta poliment et voulut réfléchir ; en attendant, il accordait l’hospitalité aux nouveaux venus.

Ætelberht fut touché de la douceur et de la pureté des moines, et plus encore par les miracles qui s’opérèrent par leur parole. Il demanda enfin le baptême, qu’il reçut à la Pentecôte, le 2 juin 597. Ensuite, Augustin fut sacré évêque et put baptiser à Noël des milliers de personnes.

La conversion du roi fut sincère et profonde. Par humilité, il céda à Augustin son palais de Cantorbury et s’établit à Reculver. Son ancienne demeure devint un monastère, la future abbaye Saint-Augustin, et sur les fondations d’une vieille église de l’époque romaine on construisit l’église métropole de l’Angleterre, dédiée au Christ Sauveur.

Le roi Æthelberht ne s’en tint pas là, mais soutint volontairement l’expansion du catholicisme dans tout son royaume et dans le royaume voisin. A Londres fut construite l’église Saint-Paul, qui devait devenir la cathédrale de la capitale ; à Rochester fut établi un nouveau diocèse avec la cathédrale Saint-André. Il promulga un code de lois, le premier document anglo-saxon connu rédigé, sanctionnant les propriétés et les droits de l’Eglise.

En 613, mourut la reine Berthe. Le roi se remaria, et mourut quelques années plus tard, le 24 février 616, à cinquante-six ans.

On signale que les Anglais le nomment aussi Albert.

Saint Æthelberht est commémoré le 24 février  dans le Martyrologe Romain.

 

 

Costanzo Servoli de Fabriano

† 1481

 

Costanzo naquit au début du 15e siècle à Fabriano, fils d’un modeste citoyen nommé Bernardo Servoli.

A quinze ans, le garçon entra chez les Dominicains, où il eut comme maîtres saint Antonino de Florence (v. 2 mai) et Corradino de Brescia.

Ordonné prêtre, il fut un vaillant et infatigable prédicateur de la Vérité, ce qui lui valut de la part des chroniqueurs de l’Ordre l’éloge d’illustre et très brillante étoile du ciel dominicain.

Dans les couvents où il passa, il fut promoteur de la réforme de l’Ordre et du retour à la Règle authentique.

Il fut prieur à Fabriano (1440), Perugia (1445), à Ascoli (1459), de nouveau à Fabriano (1467) et Ascoli (1470).

Ascoli fut vraiment sa ville privilégiée : il y reporta la paix et la concorde au moment où les habitants étaient près de s’entretuer. Il y restaura le couvent et y fit refleurir l’étude et l’amour de la vie régulière.

Il avait l’habitude d’ajouter au bréviaire l’office des Défunts. Quand il voulait obtenir une grâce particulière, il priait le psautier dans son intégralité. Une fois, il ne put l’achever : c’était pour obtenir le départ des Turcs de la Grèce, mais il comprit alors que Dieu ne le voulait pas alors. 

Voici un des miracles opérés du vivant de Costanzo : venu visiter le couvent de Ferrare, il laissa son bâton de voyage près de la porte. L’hôtelier, connaissant les vertus du visiteur, substitua un autre bâton pour conserver comme relique celui de Costanzo. Sur le chemin du retour, Costanzo dit à son compagnon : On m’a volé le bâton, mais au nom du Seigneur, je le donne à celui qui me l’a pris. Informé, le «voleur» obtint bien d’autres miracles avec ce précieux bâton.

C’est donc à Ascoli Piceno que Costanzo finit ses jours. Il fit promettre aux habitants de construire un autre couvent, pour y conserver sa dépouille parmi eux. 

Il mourut le 24 février 1481. Son corps se trouve toujours dans l’église San Pietro, tandis que son chef est à la cathédrale de Fabriano, sa ville natale.

Le culte du bienheureux Costanzo Servoli fut approuvé en 1821.

 

 

 Marco de Marconi

1480-1510

  

Le bienheureux Marco est un grand mystique dont Dieu récompensa la vie toute cachée par des signes merveilleux de sainteté.

 Marco fut tellement effacé qu’on ne connaît pratiquement rien de son enfance. Né en 1480, de parents pauvres, il s’habitua tôt à mener une vie solitaire et cachée en Dieu. L’école n’était pas obligatoire, et Marco fut très vite enrichi d’une docte ignorance.

Il n’avait pas quinze ans, qu’il fréquentait souvent deux ermites hiéronymites qui s’étaient retirés près de Mantoue, en un lieu appelé Milliarino. Ces religieux formaient une famille érémitique, née en Espagne à la fin du XIVe siècle, très semblable à la vie des Bénédictins. Impressionné par leurs exemples et leurs entretiens, il entra dans leur ordre au couvent de Saint-Matthieu : il n’avait que quinze ans.

Après son noviciat et sa profession, il remplit avec ardeur et courage toutes les obligations de la vie religieuse, soutenu qu’il était par la grâce divine. 

Dieu manifesta sa sainteté par des miracles, par le don de prophétie, par la communication de lumières surnaturelles. On avait pour lui une telle vénération que l’on s’estimait heureux quand on pouvait toucher la frange de son vêtement.

Marco mourut à l’âge de trente ans, le 24 février 1510, et c’est alors que sa sainteté le rendit très célèbre. Deux ans après sa sépulture, le corps fut trouvé sans corruption. 

Des artistes l’ont représenté avec l’auréole de sainteté à Mantoue, à Riva del Garda, à Venise, à Vérone, Ferrare, Rome, Naples : partout où le culte s’en répandait, les grâces pleuvaient en abondance.

Il y eut plusieurs autres translations dans la suite. Durant la guerre entre l’Autriche et Mantoue, Milliarino fut rasée ; les pauvres moines reconstruisirent un couvent dans Mantoue, où fut transportée la sainte dépouille du Bienheureux. Cent cinquante ans plus tard, la persécution napoléonienne supprima le couvent et détruisit l’église, de sorte que le corps du Bienheureux finit par être déposé dans la cathédrale de Mantoue. C’est ce qui explique que les évêques de Mantoue se soient employés à faire reconnaître le culte immémorial de Marco, et c’est justement un ancien évêque de Mantoue, Giuseppe Sarto, devenu le pape Pie X, qui confirma ce culte en 1906.

Le bienheureux Marco est nommé le 24 février au Martyrologe Romain.

Tommaso Maria Fusco

1831-1891

 

Tommaso naît le 1er décembre 1831 à Pagani (Salerno, Campanie) et reçoit le baptême le jour-même. Il est le septième des huit enfants d’un pharmacien bien en place.

Sa maman décède quand il a six ans, puis aussi son papa quand il en a dix.

Lors de la canonisation de saint Alfonso de’ Liguori (voir au 1er août) en 1839, il participe aux festivités et promet à Dieu d’être prêtre lui aussi.

Mais il y a déjà deux prêtres dans la famille, son frère aîné et son oncle paternel, qui pensent que deux prêtres dans la famille suffisent et que Tommaso ferait mieux de perpétuer la famille.

Tommaso persévère, entre au séminaire, et reçoit l’ordination sacerdotale en 1855. 

Immédiatement, il ouvre chez lui une petite école privée et, non loin, une petite «chapelle du soir».

En 1857, il fait partie de la Congrégation des Missionnaires de Nocera, pour l’évangélisation des populations locales.

En 1861, il doit fermer l’école, et en ouvre une autre pour jeunes prêtres, qui doivent compléter leur formation en théologie morale sacramentelle, un cours qui durera vingt-cinq ans.

A cette époque en effet, les prêtres ne recevaient l’habilitation à confesser qu’après quelques années de sacerdoce ; pour don Tommaso cependant, l’évêque fit une exception, jugeant de la maturité précoce du jeune prêtre.

En 1862 don Tommaso fonde une Compagnie de l’Apostolat Catholique du Précieux Sang de Jésus-Christ, pour la prédication de missions au peuple. Un périodique parut aussi : La Voix du Précieux Sang, qui sera diffusé jusqu’en Inde. 

De 1861 à 1873, don Tommaso est aumônier du sanctuaire de Notre-Dame du Carmel, puis curé de la paroisse. Fervent dévot de Notre-Dame, il ajoute le nom de Maria au sien. Il fonde les dimanches catéchistiques, l’Association des Filles de Marie, les Moniales de la maison (Monelle di casa), qui deviendront les Filles du Précieux Sang.

En 1872, don Tommaso a comme une «inspiration» de fonder la Congrégation des Filles de la Charité du Précieux Sang, destinée à refléter au regard des hommes la Charité divine avec laquelle fut versé le Précieux Sang du Christ.

En 1873, l’évêque préside l’ouverture du premier orphelinat, tenu par trois Religieuses, et qui comptait déjà sept petites orphelines, que don Tommaso s’engageait à élever sur ses propres deniers. L’évêque lui dit alors : Tu as choisi le titre du Précieux Sang ? eh bien, prépare-toi à boire un calice amer !

La plus grosse amertume à avaler, fut une terrible calomnie, montée par deux prêtres soutenus par ces messieurs de la place. L’affaire arriva au Tribunal ecclésiastique et eut pour conclusion la pleine reconnaissance de l’innocence de don Tommaso, tandis que les auteurs de la calomnie se voyaient contraints d’avouer publiquement leur machination. Ce qui est dit ici en trois lignes, ne peut pas rendre quelle «agonie», au sens propre, vécut pendant plusieurs années le pauvre prêtre, qui toutefois sut en profiter pour monter encore plus haut dans la sainteté.

Don Tommaso Maria Fusco mourut le 24 février 1891, après avoir consacré toutes ses forces au service de Dieu et du prochain.

Il fut appelé la lèvre parlante de l’Evangile et le prophète et témoin de la Charité du Sang.

Les Filles de la Charité du Précieux Sang sont actuellement présentes en Italie, aux Etats-Unis, au Brésil, au Nigéria et aux Philippines.

Don Tommaso Maria Fusco a été béatifié en 2001.

 

 

María Josefa Naval Girbés

1820-1893

 

María Josefa naquit le 11 décembre 1820 à Algemesí (Valencia, Espagne), aînée des six enfants de Francisco Naval et Josefa Mara Girbés ; deux moururent en bas âge (María Joaquina et la petite Josefa) et une autre à quatorze ans (Peregrina). Les enfants qui restent, sont une autre María Joaquina et le garçon, Vicente. 

Plus tard, Vicente, papa de trois enfants, perdit ces trois angelets et sa femme, et s’en vint vivre auprès de notre María Josefa.

Celle-ci, donc, reçut au baptême le nom de María Josefa, mais on l’appellera toujours Pepa.

Elle reçoit la confirmation à huit ans et la Première communion à neuf ans (alors que l’âge habituel était de onze). 

Durant sa scolarité, elle apprend la broderie (argentée et dorée).

En 1833, elle doit interrompre ses études, après le décès de sa mère. En prière chez les Dominicaines, elle sentit que la Vierge Marie ne l’abandonnerait pas. La famille s’établit chez la grand-mère, où María Josefa devient en quelque sorte la maîtresse de maison, tandis que se développe en elle une vie spirituelle intense : elle communie chaque jour ; à dix-huit ans, elle fait le vœu de chasteté.

On a décrit María Josefa comme une personne de taille moyenne, avec de larges yeux profonds ; très modeste, elle souriait souvent, mais on ne la vit jamais rire ; elle mettait des habits sombres, chaussait des souliers bas et un long voile.

En 1850, sur les conseils du curé de la paroisse, elle commence à réunir chez elle des jeunes filles : elle leur apprend la couture, la broderie, mais aussi cet atelier est l’occasion de toute une formation humaine et spirituelle au profit de jeunes filles, de jeunes femmes mariées ou célibataires. María Josefa prépare au mariage les jeunes filles, elle visite les malades, aide les pauvres, enseigne le catéchisme. En 1855, elle manifeste la charité de façon héroïque durant l’épidémie de choléra.

C’est une véritable religieuse laïque, une apôtre qui participe pleinement à la mission de l’Eglise.

Membre du Tiers-Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Sainte-Thérèse de Jésus, fondé à Algemesí en 1854, elle poursuit le Chemin de la perfection.

Sa vie quotidienne est alimentée par l’oraison le matin, après la communion, et le soir. Elle sait pratiquer la pénitence, la mortification. Dans la journée, elle prie souvent avec ses disciples l’Angelus et le chapelet. Elle vit les vœux de religion : pauvreté, chasteté, obéissance.

Les deux dernières années de sa vie, elle devient complètement grabataire, et s’éteint le 24 février 1893. On l’enterre avec l’habit du Tiers-Ordre du Carmel, comme elle l’avait demandé.

María Josefa Naval Girbés a été béatifiée en 1988.

Beaucoup de documents originaux sur María Josefa ont été perdus à cause de la Guerre civile d’Espagne, où les archives des monastères et des paroisses furent brûlées.

 

 

Florentina Nicol y Goñi

1868-1940

 

Florentina naquit le 14 mars 1868 à Tafalla (Navarre, Espagne), benjamine des quatre enfants de Juan Nicol et Águeda Goñi. Juan vendait des chaussures et des outils agricoles.

Elle reçut sa formation chez les Dominicaines de Huesca. Elle y prit le voile en 1885, avec le nom de María Ascension du Sacré Cœur, et enseigna dans cette école pendant vingt-sept années, avec seulement une brève interruption lorsque les supérieures jugèrent bon de l’éloigner quelque temps des élèves, car María Ascension semblait être trop «proche» des jeunes filles et établir un climat trop familier entre elles. L’obéissance de María Ascension l’aida à se sanctifier et à accepter des occupations  plus humbles, avant de reprendre l’enseignement.

En 1912, les lois espagnoles anti-cléricales obligèrent les Sœurs à se disperser.

Elles pensèrent alors se dédier à un service missionnaire auprès des plus pauvres parmi les pauvres et cherchèrent un lieu d’accueil, en Amérique ou au Philippines.

La réponse vint d’un ancien missionnaire aux Philippines, nommé Vicaire apostolique au Pérou. De retour de Rome où il avait reçu la consécration épiscopale, il s’arrêta à Huesca, et cinq religieuses partirent avec lui, avec María Ascension à leur tête.

On arriva au Pérou en décembre 1913. Deux ans après, María Ascension partait avec deux autres Compagnes pour les forêts montagneuses, où jamais des femmes blanches ne s’étaient aventurées.

Arrivées à Puerto Maldonado, elles se mirent à construire une école, où vinrent très vite des jeunes filles de la tribu voisine, accueillies avec bonté par les Religieuses, tandis qu’elles étaient méprisées par les colons blancs de la ville.

Les malades affluèrent aussi, et les Sœurs développèrent ainsi le secteur médical.

En accord avec le nouveau Code de Droit Canonique, les Religieuses s’établirent en une congrégation indépendante de Religieuses du Tiers-Ordre dominicain, appelées aussi par la suite Missionnaires Dominicaines du Rosaire.

Etablie formellement en 1918, la congrégation se répandit, avec Mère María Ascension comme supérieure. Mais elle ne voulut jamais être reconnue comme la Fondatrice : pour elle, l’unique Fondateur était le père Zubieta, Vicaire Apostolique. Actuellement, on lui reconnaît le rôle de co-fondatrice.

En 1932, elles essaiment en Chine, où ira María Ascension par deux fois. Elles ouvrent aussi des maisons en Espagne, d’où partiront d’autres missionnaires.

Mère Florentina-María Ascension mourut à Pampelune (Navarre) le 24 février 1940, et fut béatifiée en 2005.

Les Religieuses du Tiers-Ordre dominicain sont près d’un millier, dans une vingtaine de pays.

 

Josef Mayr-Nusser
1910-1945

Josef naquit le 27 décembre 1910 dans la ferme Nusserhof (Bolzano, Sud-Tyrol, Autriche, auj. Italie NE). 
Tôt, il s’engagea dans l’Action catholique et, en 1934, en devint président pour son diocèse. En 1939, il fut président de la nouvelle Conférence Saint-Vincent-de-Paul.
Chaque jour, il était présent à la Messe, priait le chapelet, visitait les pauvres - et travaillait.
En 1939, il adhéra au Andreas-Hofer-Bund (AHB), un mouvement qui s’opposait à la domination italienne fasciste dans le Tyrol autant qu’au national-socialisme hitlérien.
En 1942, il épousa Hildegard Straub († 1998) et eut un fils, Albert, actuel compositeur de musique électroacoustique.
A partir de 1943, les membres du AHB furent activement poursuivis. Josef fut enrôlé de force dans les rangs de l’armée SS. En octobre 1944, il refusa énergiquement de prêter le serment d’allégeance à Adolf Hitler et fut condamné à mort. 
Dans le train qui l’emmenait à Dachau, près de la ville de Erlangen, Josef mourut des circonstances et des suites de son arrestation, le 24 février 1945.
Sa fidélité au Christ et le don de sa vie pour la Vérité lui ont mérité d’être considéré comme Martyr et il fut béatifié en 2017.
Le nom du bienheureux Josef Mayr-Nusser sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 24 février.

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23 février 2020 7 23 /02 /février /2020 00:00

23 FEVRIER

 

II.

S Polycarpe, disciple de s. Jean, évêque à Smyrne et martyr ; c’est le premier exemple où les chrétiens recueillirent des reliques pour les vénérer.

III.

Ste Marthe, vierge et martyre à Astorga.

S Polycarpe, prêtre à Rome, grand ami de s. Sébastien (?).

IV.

S Sirenus ou Sinerus, grec venu à Sirmium, jardinier contemplatif, martyr ; invoqué pour obtenir le beau temps.

Ste Romaine, vierge solitaire à Todi, baptisée par le pape s. Sylvestre (ou VI. ?).

S Priamien (Primien), grec martyr, vénéré à Ancône.

V.

S Florent, confesseur à Séville.

Ss Zebinas, Polychrone, Moïse et Damien, ermites à Cyr.

S Veterin (Veturin), disciple de s. Martin, en Anjou, patron de Gennes.

VI.

S Dosithée, jeune homme (orphelin ?) qui fut touché par la grâce de Dieu (peut-être sur révélation de la Sainte Vierge) à Jérusalem et se sanctifia au monastère de Gaza.

VII.

S Félix, évêque à Brescia pendant quarante ans ; il lutta contre l’arianisme et fit lever des troupes pour combattre Mahomet.

VIII.

Ste Milburth, petite-fille du roi de Mercie, fille de ste Ermenburge, sœur des saintes Mildgytha et Mildrith ; elle introduisit le monachisme dans les terres de son père, fut abbesse à Wenlock et thaumaturge.

IX.

S Méraut (Meraldus), abbé près de Blois.

XI.

S Willigis, archichancelier d’empire, archevêque à Mayence, primat de Germanie ; il couronna s. Henri et eut un rôle

considérable dans l’empire.

B Ordonio, bénédictin, prédicateur, évêque à Astorga.

S Milon, auvergnat, chanoine à Paris, évêque à Bénévent.

XII.

B Othon, prieur à Prémontré, frère du b. Godefroy de Cappenberg, marial.

S Giovanni Theristis, moine sicilien de l’ordre basilien ; son surnom (= moissonneur) lui vint d’un miracle qu’il obtint en faveur de paysans surpris par la pluie.

XVIII.

B Nicolas Tabouillot, curé dans la Meuse, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

Bse Rafaela Ybarra de Arambarri de Villalonga, espagnole, mère de six enfants et mère adoptive des cinq orphe

lins de sa sœur et des six enfants de sa bru, toutes deux décédées ; elle fonda à Bilbao le Collège des Anges Gardiens, pour les petites filles abandonnées, béatifiée en 1984.

XX.

Bse Giuditta Vannini (Giuseppina, 1859-1911), fondatrice des Filles de Saint-Camille, pour les malades, béatifiée en 1994, canonisée en 2019.

B Juan Lucas Manzanares (Braulio Carlos, 1913-1937), des Frères des Ecoles Chrétiennes, martyr près de Madrid, béatifié en 2013.

B Stefan Wincenty Frelichowski (1913-1945), prêtre polonais mort d’épuisement à Dachau, béatifié en 1999.

Polycarpe de Smyrne

69-155

 

Polycarpe, comme son nom l’indique, porta «beaucoup de fruits» après avoir reçu la grâce du baptême.

Il aurait été originaire du Moyen-Orient et, tout jeune, amené à Smyrne (actuelle Izmir, à l’extrême Ouest de la Turquie, sur la Mer Egée) par des marchands qui le vendirent à Kallisto, une noble chrétienne qui lui confia ensuite l’administration de sa maison.

Héritier de ces biens, Polycarpe s’en servit pour grandir dans la connaissance de l’Ecriture et la pratique des vertus, s’instruisant et aidant les pauvres.

Il reçut le diaconat de Bucolus, l’évêque de Smyrne. Il rencontra également l’apôtre Jean, qui était à Ephèse. Ephèse et Smyrne sont deux villes très voisines.

Polycarpe fut le maître d’Irénée, futur évêque de Lyon, qui en parle en des termes montrant qu’il l’a connu de très près, et tenu en grande estime.

Il est possible que ce soit l’apôtre Jean qui l’ait établi évêque à Smyrne, et que ce soit de lui que parle l’auteur de l’Apocalypse, le désignant comme l’Ange de Smyrne (Ap 2:8-10).

Polycarpe put gouverner son diocèse relativement tranquillement, tandis qu’ailleurs la persécution sévissait : Ignace d’Antioche fut envoyé à Rome pour y être dévoré par les bêtes du cirque. En voyage, Ignace salua avec effusion Polycarpe, avec lequel ensuite il échangea encore des lettres.

Polycarpe vint à Rome rencontrer l’évêque de Rome, Anicet, en 154, et tous deux furent d’avis qu’il fallait laisser les Eglises d’Orient et d’Occident célébrer la Pâque selon leurs traditions respectives. La division sur ce sujet ne date donc pas d’hier !

Rentré à Smyrne, Polycarpe y fut rejoint par la persécution. Le saint évêque, avancé en âge, se protégeait pour défendre son troupeau, sans pour autant fuir le martyre, à l’heure qu’il plairait à Dieu. Un enfant cruellement battu révéla la cachette de l’évêque.

Retrouvé par les services de police, Polycarpe reçut les soldats avec civilité, leur fit servir à manger et leur demanda un peu de temps pour prier. 

En route vers l’amphithéâtre, Polycarpe fut à un moment jeté à terre du char qui le transportait, et quoique blessé à la jambe, termina le trajet à pied. Amené devant le proconsul qui l’invitait à renier le Christ, il répondit fièrement : Il y a quatre-vingt-six ans que je le sers, et il ne m’a jamais fait aucun mal ; comment pourrais-je blasphémer mon Sauveur et mon roi ?

Quand le proconsul menaça Polycarpe du feu, il répondit : Le feu dont tu menaces est un feu qui ne brûle qu’un moment ; au bout d’un instant, son ardeur s’amortit ; ce que tu sembles ignorer, c’est qu’il est un feu d’éternelle punition dont la flamme ne s’éteindra jamais pour le châtiment des impies.

Le visage de Polycarpe sembla alors resplendir d’une lumière céleste. La foule enragée prépara le bûcher. On voulait l’y attacher, mais il s’y opposa : Celui qui m’a donné la volonté de souffrir pour lui m’en donnera la force.

Quand le feu fut allumé, dit le témoin oculaire, les tourbillons de flammes se courbèrent en arc, s’étendant à droite et à gauche, et représentèrent une voile de navire enflée par le vent. Cette voûte de feu couvrit le corps du saint martyr, sans que la moindre étincelle osât pour ainsi dire en approcher ni toucher ses vêtements. Le corps avait la couleur d’un pain nouvellement cuit, ou d’un mélange d’or et d’argent en fusion. On respirait comme un agréable mélange d’encens, de myrrhe et de parfums précieux qui dissipait la mauvaise senteur du feu… On dit à (l’un des assistants) d’enfoncer son poignard dans le corps du martyr. Il le fit, et à l’heure même le sang éteignit le feu ; en même temps on vit une colombe sortir du milieu de ces flots et prendre son essor vers le ciel.

Les fidèles recueillirent les restes de Polycarpe, malgré les instances des Juifs présents pour les faire disparaître. C’est le premier exemple attesté d’un culte de saintes reliques.

Le dies natalis de saint Polycarpe est unanimement reconnu au 23 février, d’une année qui devrait être 155, bien que certains aient proposé 166.

 

 

Sirenus jardinier

† 307

 

Sirenus (ou Sinerus, peut-être Sineros) était d’origine grecque.

Ayant tout quitté pour servir Dieu dans la solitude, il vint à Sirmium (Pannonie, act. Sremska, Serbie), où il exerçait le métier de jardinier, priant, méditant, comme un véritable ermite.

Quand Dioclétien proclama la persécution, Sirenus commença par se cacher puis revint peu après dans son jardin.

Il arriva un jour qu’une femme d’officier s’introduisit dans le jardin de Sirenus avec ses deux servantes. Habitué à la solitude, et pensant éviter toute conversation inutile, Sirenus pria les dames de se retirer. La femme d’officier alors en informa immédiatement son époux par lettre - et le courrier fit diligence.

L’officier en référa à l’empereur, qui était alors Maximien, et en obtint sur le champ la permission de partir pour la Pannonie. Arrivé sur place, il alerta le gouverneur, qui convoqua sans attendre notre Sirenus.

La réponse de Sirenus fut très calme : Je n’ai jamais injurié une femme de qualité ; je sais seulement qu’une femme est entrée dans mon jardin à une heure peu convenable (pendant la sieste) et je lui en ai fait la remarque.

Le gouverneur fut surpris de cette réponse et aurait pu procéder à un non-lieu ; mais il soupçonna Sirenus d’être chrétien et l’interrogea sur sa foi. Sa sentence ne se fit pas attendre : Puisque tu nous as échappé jusqu’à ce jour et que tu as refusé de sacrifier aux dieux, j’ordonne que tu aies la tête tranchée.

Sirenus fut décapité sur place, le 23 février 307.

On l’invoque pour le beau temps, soit en raison de son travail, soit en raison de son nom, que certains écrivent parfois Serenus, ce qui au fond revient au même.

Saint Sirenus jardinier est commémoré le 23 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Milburth de Wenlock

† 715

 

Petite-fille du roi Penda de Mercie, Milburth (ou aussi Milburga, Milburgh) naquit dans cette région, aînée des trois filles de Merewalh et de Ermenburge (v. 19 novembre). Les deux sœurs de Milburth, Mildgytha et Mildrith, se trouvaient également au Martyrologe (v. 17 janvier et 13 juillet) ; on identifiait les trois sœurs aux trois vertus cardinales de Foi, Espérance et Charité.

Milburth dut affronter une pénible épreuve, lorsqu’un prince impie du voisinage prétendit être épris d’elle et tenta de la faire enlever. Milburth s’enfuit, passa miraculeusement à gué les eaux de la rivière Corf, et se retrouva saine et sauve sur l’autre rive, tandis que les vagues s’agitaient en empêchaient aux poursuivants de la rejoindre. C’est l’épisode de l’Exode (Ex 14) qui se répétait.

Elle fut la première à introduire la vie monastique sur les territoires de son père, en faisant construire vers 680 un monastère à Wenlock (auj. Much Wenlock), dont elle fut consacrée abbesse en 687 par Theodorus de Canterbury (v. 19 septembre).

Milburth fut aussi la protagoniste d’une autre événement qui devait encore se vérifier avec sainte Wereburge (v. 3 février) : elle «chassa» une troupe d’oies sauvages de son territoire, avec ordre de n’y plus paraître, ce à quoi obéirent les braves bêtes. Milburth pria et rendit la vie à l’enfant d’une pauvre veuve. 

Elle mourut le 23 février 715 et de nombreux miracles eurent lieu à son tombeau.

Les Danois détruisirent l’abbaye vers 874 ; plus tard (1078), lorsqu’on reconstruisit l’église, on retrouva le tombeau de sainte Milburth.

Sainte Milburth est commémorée le 23 février dans le Martyrologe Romain.

Willigis de Mayence

940-1011

 

Willigis (latin Willigisus) naquit vers 940 probablement à Schöningen (act. Basse Saxe, Allemagne C), de parents peu riches.

Il reçut cependant une excellente formation de l’évêque de Meißen, Volkold, grâce auquel il fut introduit à la cour d’Otto Ier vers 969 et, en 971, devint chancelier sous Otto Ier et son successeur, Otto II.

En 975, il fut appelé au siège épiscopal de Mayence et le pape l’institua aussi primat de Germanie.

Dès lors, Willigis fut de ces personnages-clefs de l’empire, participant aux affaires importantes, encourageant les études, les lettres, les arts.

Willigis fut ainsi considéré comme le Père de l’Empereur et de l’Empire. En 983, il participa à la diète de l’empire sous Otto II, qui lui concéda d’immenses territoires. A la mort d’Otto II, l’impératrice exerça la régence  jusqu’à sa mort en 991, date à laquelle Willigis la remplaça jusqu’à la majorité d’Otto III en 994. En 996, il accompagna Otto III à Rome et contribua à l’élection de Grégoire V, qui était parent d’Otto. En 1002, il fit reconnaître Heinrich II comme successeur d’Otto III et le couronna à Mayence.

Ce couronnement et les suivants eurent lieu dans la cathédrale de Mayence, qui fut construite sous Willigis, conçue assez spatieuse pour pouvoir éventuellement recevoir l’ensemble de la population de la ville : achevée une première fois en 1009, elle fut détruite par un incendie la veille-même de sa consécration et le pauvre évêque eut la patience de la faire reconstruire immédiatement ; il fonda aussi l’église Saint-Etienne (990) et celle de Saint-Victor (994) ; il fit en outre construire un pont de pierre sur la rivière Nahe.

Il n’y eut pas que ces heureuses entreprises. Willigis eut un démêlé avec l’évêché voisin de Hildesheim au sujet de la juridiction sur le monastère des Bénédictines de Gandersheim. Un concile local et une décision romaine décidèrent pour Hildesheim, et Willigis, après avoir reçu un blâme du Pape, mit plusieurs années à se soumettre. 

Mais le prestige du grand évêque ne s’obscurcit pas. Quand il mourut, le 23 février 1011, il fut pleuré de tous.

Saint Willigis est commémoré le 23 février au Martyrologe Romain. 

Le diocèse de Meißen est maintenant centré sur Dresden.

 

 

Giovanni Theristis

995-1054

 

On situe la naissance de Giovanni vers 995. Son père, Arconte de Cursano, périt durant une incursion des Sarrazins en Calabre (Italie S). Sa mère, enceinte, fut enlevée à Palerme (Sicile), où naquit l’enfant.

Il grandit dans cette ambiance musulmane, mais sa mère lui enseigna la foi chrétienne et, quand il eut quatorze ans, l’encouragea à s’enfuir de là et de gagner son pays d’origine, en Calabre. 

On dit qu’il traversa le détroit de Messine sur une embarcation sans rame ni voile, équipé seulement de son petit crucifix. Ailleurs, on dit qu’à un moment il fut repéré par une galère des Sarrazins, mais qu’il échappa à leur vue. Il accosta à Monasterace.

Les habitants, voyant ce garçon vêtu à la mauresque, le dénoncèrent à l’évêque, qui l’interrogea. Le garçon affirma qu’il voulait être baptisé. Après bien des questions et des mises à l’épreuve, l’évêque le baptisa et lui donna son nom, Giovanni. Nous ne savons donc pas comment s’appelait Giovanni jusque là.

Voulant imiter s. Jean-Baptiste, Giovanni voulut se retirer au désert. Or, il eut connaissance d’un monastère basilien proche de Stilo et y connut deux moines, Ambrogio et Nicola, grâce auxquels il fut très attiré par la vie d’ascète : il fut enfin accueilli et édifia toute la communauté.

Avec la permission du supérieur, il allait dans une grotte voisine où se trouvait une source d’eau fraîche, glaciale en hiver. Il s’y plongeait pour prier, loin du monde et des hommes, seul avec Dieu.

Un jour d’été, il sortit rendre visite au seigneur qui aidait le monastère par ses largesses. Giovanni avait pris avec lui un quignon de pain et une gourde de vin ; en arrivant sur les terres du seigneur, il offrit aux moissonneurs qui y travaillaient, son pain et son vin, qui ne diminuaient pas tandis qu’ils mangeaient et buvaient tous. Puis Giovanni les laissa. Un gros orage se déchaîna alors et les ouvriers se mirent à l’abri, bien inquiets pour leur récolte ; passsé l’orage, ils virent que toute la récolte était faite, et ramassée en sûreté. Mais où était passé le «moine» ? Giovanni était rentré au monastère. Le seigneur comprit de qui il pouvait s’agir et fit cadeau de toute sa récolte aux moines. C’est depuis ce moment-là qu’on surnomma Giovanni Theristis, c’est-à-dire moissonneur, d’après le grec.

Giovanni rechercha aussi le lieu d’origine de sa famille et de son père. A Cursano, il retrouva un coffre avec beaucoup d’argent, qu’il distribua aux pauvres.

Après la mort de Giovanni, le 23 février 1054, il y eut d’innombrables guérisons de malades au simple contact de la tunique du saint moine. Le roi Ruggero fut ainsi guéri d’une douloureuse plaie incurable au visage.

Il n’est pas indifférent de remarquer que c’est en cette même année 1054 que se produisit la regrettable fracture entre l’Eglise d’Orient et l’Eglise d’Occident. Pendant longtemps, tant les Grecs que les Latins ont commémoré Giovanni Theristis le 24 juin, le même jour que s. Jean-Baptiste. Le Martyrologe a reporté cette fête au 23 février.

 

 

Nicolas Tabouillot

1745-1795

 

Nicolas naquit le 16 février 1745 à Bar-le-Duc (Meuse).

Curé de Méligny-le-Grand (Meuse), il refusa, comme beaucoup d’autres prêtres, de prêter le serment à la Constitution et fut déporté à Rochefort.

Plus de huit cents prêtres et religieux furent envoyés à Rochefort, pour être successivement déportés en Guyane, mais les déportations durent cesser grâce aux navires anglais le long des côtes françaises. Les prêtres furent alors enfermés dans des navires, où la plupart moururent de maladie, de mauvais traitements, de noyades ou de fusillades. Ceux qui étaient réduits à l’état d’agonisants furent déchargés sur l’Ile Madame.

L’abbé Nicolas Tribouillot, qui était à bord du Whashington, mourut le 23 février 1795, sur l’Ile Madame (Charente Maritime). Il avait cinquante ans depuis une semaine.

Deux siècles après, il est béatifié dans un groupe de soixante-quatre Martyrs de la Révolution française, en 1995.

 

 

Rafaela Ybarra de Arámbarri de Villalonga

1843-1900

 

Rafaela María de la Luz Estefanía naquit le 16 janvier 1843 à Bilbao (Pays Basque, Espagne), de Gabriel María de Ybarra y Gutiérrez de Caviedes et María Rosario de Arámbarri y Mancebo, un foyer aisé qui procura à leur fille une éducation soignée et chrétienne.

En 1861 elle épousa José de Villalonga y Gipuló, un ingénieur, et mit au monde sept enfants, dont deux moururent en bas âge.

Plus tard, à la mort de sa sœur, Rafaela et José recueillirent chez eux les cinq neveux orphelins ; puis s’y ajoutèrent les six enfants de leur bru, eux aussi orphelins.

Aidée par son mari, Rafaela commença à recueillir des enfants pauvres des quartiers de Bilbao, pour leur procurer une formation, une éducation.

Elle soutint l’ouverture d’une maternité à Bilbao, celle de la maison des Sœurs de Marie Immaculée (pour aider les jeunes filles), ainsi que des Sœurs Adoratrices ; puis l’Université de Deusto,  puis une Association en faveur des jeunes filles. Elle visitait les prisons et les hôpitaux.

Elle ouvrit aussi des centres de protection pour accueillir les femmes.

Le 8 décembre 1894, avec trois autres jeunes femmes enthousiastes de cet idéal, elle donna naissance à cette famille qui s’appellerait Congrégation des Anges Gardiens.

En 1897, on posa la première pierre du Collège des Anges Gardiens à Bilbao, qui fut inauguré en 1899.

Mère Rafaela, épuisée et malade, mourut le 23 février 1900, et fut béatifiée en 1984.

La fondation comprend actuellement quelques dizaines de maisons en Espagne et en Amérique.

Giuditta Vannini

1859-1911

 

Giuditta naquit le 7 août 1859 à Rome, de Angelo Vannini et Annunziata Papi.

La famille comptait trois enfants, Giulia, Giuditta et Augusto, mais cette famille fut durement éprouvée par la mort prématurée du papa (1863), qui travaillait à Ariccia au service d’un noble propriétaire, et de la maman (1865), qui s’était remariée.

Les deux petites sœurs furent alors placées dans deux instituts différents, tandis qu’Augusto fut accueilli par son oncle maternel.

Giuditta se trouvait donc chez les Filles de la Charité de saint Vincent de Paul, originaires de France, dans leur maison Torlonia de Rome, où on apprenait l’italien, le français, le chant, l’économie domestique, la broderie, outre toutes les matières de l’école primaire. En été, on partait dans la maison Torlonia de Castelgandolfo.

Giuditta reçut la Confirmation et la Première communion en 1873. A partir de ce moment, son idée fixe fut de se consacrer à Dieu, même si son frère Augusto pensait gentiment la faire venir dans la famille pour la sortir de la solitude.

En 1883, Giuditta entra chez les Filles de la Charité à Sienne comme postulante, et reçut l’habit. Mais sa mauvaise santé motiva sa sortie de l’Institut ; en plus, elle était mal «notée» : Elle  n’a rien d’une sainte, elle a mauvais esprit et n’est pas sincère du tout. Mais on lui reconnaît tout de même des qualités : Une piété solide, appuyée sur une forte volonté.

Elle fut recueillie chez les Sœurs Sacramentines à Rome, où son comportement fut exemplaire, sans jamais un mot de plainte ; une nouvelle expérience chez les Filles de la Charité, à Portici, fut à son tour négative. Cette situation fit grandir en Giuditta la vocation à comprendre et servir ceux qui souffrent.

De retour à Rome, la rencontre avec le père Luigi Tezza, des Camiliens, l’aida à concrétiser son idéal. Le bon Père comprit que, ne trouvant aucune congrégation à son goût, Giuditta n’avait plus qu’à en fonder une. Il lui proposa de fonder une communauté féminine dans l’orbite des Pères Camiliens, pour s’occuper spécifiquement des malades.

Giuditta sentit en elle une grande paix à cette idée des Filles de Saint Camille. Avec deux autres compagnes, elles furent les trois premières postulantes en janvier 1892, vêtirent l’habit des tertiaires camiliennes avec la croix rouge et Giuditta prit le nom de Maria Giuseppina.

La nouvelle famille comptait déjà une quinzaine de religieuses dans l’année.

En 1893, Giuditta-Giuseppina fit sa profession religieuse, avec le vœu camilien de service aux malades même au péril de la vie, et fut nommée supérieure. Une maison s’ouvrait aussi à Cremona tandis qu’on imprimait les Règles et les Constitutions.

En 1894, l’Œuvre prend le nom officiel de Pio Conservatorio.

Sans y avoir jamais pensé et sans l’avoir voulu, Giuseppina se retrouvait supérieure, et fut confirmée dans cette position en 1908.

En 1909, le Pio Conservatorio, déjà bien connu et florissant, devenait une congrégation de droit diocésain, comptant cent-vingt-quatre membres dans seize maisons en Italie, en France, en Belgique, en Argentine.

En août 1910, Giuseppina devait s’embarquer à Gênes pour aller visiter les maisons d’Amérique, quand elle ressentit une profonde fatigue qui l’obligea à retourner à Rome. Le repos s’imposait, mais le mal mystérieux empirait.

Giuditta-Giuseppina mourut le 23 février 1911.

Son corps repose dans l’église des Filles de Saint Camille à Grottaferrata.

Giuditta-Maria Giuseppina Vannini a été béatifiée en 1994, canonisée en 2019.

 

 

 

Juan Lucas Manzanares

1913-1937

 

Juan était né le 10 décembre 1913 à Cortiji-Lorca (Murcia, Espagne centre). 

Ils étaient deux frères, que leurs pieux parents eurent l’heureuse idée d’inscrire à l’école des Frères des Ecoles Chrétiennes de Lorca.

A la fin des premières études, en 1928, Juan demandait à être aspirant à Griñón dans cette même Congrégation et, en 1930, devenait le Frère Braulio Carlos.

Il reçut avec fruit toute sa formation, et en fit profiter tout de suite les petits enfants qu’on lui confia d’abord.

Quelquefois, l’obéissance lui coûtait - qui peut dire qu’il soit facile d’obéir ? mais il acceptait sans se plaindre.

En 1931, commencèrent les tristes événements qui mirent l’Espagne en feu. La maison de Griñón fut évacuée et les deux frères revinrent pour un temps dans leur famille. Ils pensaient se réunir à la maison de Lorca, où ils avaient rencontré les premiers Lasalliens, mais ce ne fut pas possible, car ils durent aider aux travaux des champs, en remplacement des ouvriers trop exigeants que les parents ne pouvaient plus payer.

En 1933, Juan et son frère revinrent à Griñón. En novembre, Juan fut envoyé à Puente de Vallecas (Madrid), où il se montra pédagogue extrêmement vigilant envers ses élèves. Il savait mettre près de lui les plus agités, pour mieux les aider, patiemment et doucement.

Sur sa table de professeur, il tenait toujours le livre des Douze vertus du bon Maître, qu’il avait lu maintes fois : même fermé, ce livre lui servait à se rappeler tous les enseignements qu’il avait lui-même acquis et qu’il cherchait à mettre en pratique.

En juillet 1936, il se réfugia dans l’Asile du Sacré-Cœur, bientôt transformé en hôpital. Pendant sept mois, il s’y montra si serviable et si joyeux, qu’on ne remarqua pas qu’il était Religieux. Mais on le dénonça, parce qu’il fréquentait beaucoup les anciens Religieux de la maison.

Le 13 février 1937, deux policiers vinrent l’arrêter.

Le 23 février suivant, on l’emmena à la «tcheka», où il fut fusillé. 

C’est son frère qui retrouva son cadavre, en 1940, dans le souterrain, avec d’autres victimes.

Frère Braulio Carlos avait vingt quatre ans. Son dies natalis est au 23 février.

Il a été béatifié en 2013, l’année où il aurait eu cent ans.

 

 

Stefan Wincenty Frelichowski

1913-1945

 

Né le 22 janvier 1913 à Chełmża (Pologne), Stefan fut le troisième des six enfants de Ludwik Frelichowski et Marta Olszewska : trois garçons (Czeslaw, Leonard, Stefan Wincenty) et trois filles (Eleonora, Stefania, Marta). Les parents tiennent une boutique de boulangerie-pâtisserie.

Stefan fut dès l’âge de neuf ans un fidèle servant de messe dans sa paroisse.

En 1927, il entre chez les Scouts, qui seront un peu sa seconde famille : bientôt chef de troupe, il continuera à participer aux randonnées des Scouts durant ses années de grand Séminaire. Il était encore aumônier des Scouts après son ordination sacerdotale, et responsable des Scouts pour toute la Poméranie à partir de 1938.

Membre actif de la congrégation mariale de Chełmża, il entra au séminaire de Pelpin en 1931 et fut ordonné prêtre en 1937. 

Il travailla énergiquement dans le Mouvement de tempérance, qui militait contre l’alcoolisme.

Il fut d’abord secrétaire personnel de l’évêque de Pelpin, puis exerça le ministère sacerdotal à Toruń, tout en continuant des études à l’université de Lwów (l’actuelle Lviv en Ukraine). Il s’occupait activement des enfants et des jeunes, tout en organisant la presse paroissiale et en visitant les malades.

Il fut activement recherché par la Gestapo, car ses activités lui donnaient une grande influence sur la jeunesse.

Arrêté par la Gestapo une première fois le 11 septembre 1939 puis libéré, de nouveau arrêté le 18 octobre avec plusieurs centaines de personnes, il fut successivement interné dans les camps de concentration de Stutthof, Grenzdorf, Sachsenhausen et Dachau : là, il se dépensa à organiser en secret la prière et la célébration de la messe, confessant et donnant la communion aux prisonniers.

C’est dans ce dernier camp qu’il mourut du typhus, le 23 février 1945, peu de temps avant la fin de la guerre, dans sa trente-troisième année.

Les autorités du camp firent brûler son corps.

Stefan Wincenty Frelichowski est le céleste Patron des Scouts de Pologne.

Il a été béatifié en 1999.

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22 février 2020 6 22 /02 /février /2020 00:00

22 FEVRIER

 

Chaire de s. Pierre, fête de l’autorité pontificale.

I.

S Aristion, un des soixante-douze disciples du Christ, mort à Salamine.

II.

S Papias, évêque à Hiérapolis, disciple de Jean l’Ancien et de s. Aristion, et compagnon de s. Polycarpe.

S Avile, évêque à Alexandrie, un des trois prêtres ordonnés là par s. Marc.

IV.

S Paschasius, évêque à Vienne.

V.

S Baradat (Varadat), ermite en Syrie ; il obéit humblement au patriarche et changea ses austérités. 

Ss Thalasse et Limnée, ermites près de Cyr ; Limnée, le disciple, se construisit une cabane aux murs élevés et sans toit, et y vécut trente-huit années, par tous les temps.

VI.

Maximianus, évêque à Ravenne, où il eut du mal de convaincre les habitants de le laisser entrer.

IX.

S Athanase, abbé près de Nicomédie, torturé et exilé à cause de l’iconoclasme.

XI.

S Piero Damiani, prieur à Fonte Avellana, cardinal acharné contre les désordres de l’Eglise (en particulier simonie et incontinence) ; il avait pris son deuxième prénom par reconnaissance envers son frère qui l’avait recueilli ; il est un des patrons de Faenza, où il mourut ; fêté le 21 février.                                                                                                                                                           

XIII.

Bse Isabelle de France, sœur de s. Louis, fondatrice à Longchamp du couvent de l’Humilité de Notre-Dame, où elle ne voulut pas prendre l’habit, de crainte d’être élue abbesse ; elle eut des extases.

Ste Margherita, pénitente à Cortone, après une vie très mondaine, mystique.

XVII.

Bx Diogo Carvalho, jésuite portugais, martyr au Japon avec d’autres ; une de leurs tortures était d’être assis, nus, dans vingt centimètres d’eau, près du fleuve.

XX.

B Miguel Facerías Garcés (1861-1937), convers clarétain espagnol, martyrisé près de Vich, béatifié en 2017.

B Richard Henkes (1900-1945), prêtre pallottin allemand décédé du typhus à Dachau, reconnu martyr, béatifié en 2019.

Aristion

1er siècle

 

Saint Aristion est présenté par saint Papias de Hiérapolis et saint Jérôme comme un des soixante-douze disciples du Seigneur. 

Du moins est-ce ce qui ressortirait d’Actes de Barnabé, qui en font un compagnon du diacre Timon en l’île de Chypre. 

Aristion serait mort à Salamine, en Chypre (ou martyr à Alexandrie…).

Ces détails, trop minces et trop peu attestés, ont fait que l’actuel Martyrologe Romain a retiré Aristion du 22 février, où il était précédemment commémoré.

 

 

Papias de Hiérapolis

2e siècle

 

Papias de Hiérapolis a posé quelques problèmes aux historiens, et en pose encore. 

Le Martyrologe Romain dit de lui qu’il fut évêque à Hiérapolis de Phrygie (Pamukkale, Denizli, ouest de la Turquie actuelle), qu’il fut disciple de Jean l’Ancien et ami (ou compagnon) de Polycarpe.

D’après l’historien Eusèbe, Papias serait né vers 70 en Phrygie et aurait connu l’apôtre Jean. Mais Papias lui-même écrit qu’il ne connaissait des apôtres que ce qu’on rapportait oralement d’eux, sans les avoir connus personnellement.

En outre, il semble que Papias, toujours cité par Eusèbe, fasse une distinction entre l’apôtre Jean et Jean l’Ancien, donnant à penser qu’il y eut peut-être deux personnages du même nom, auteurs l’un de l’évangile, l’autre des épîtres de «Jean».

L’œuvre de saint Papias est quasi perdue : on ne la connaît que par les citations et les témoignages des autres auteurs. Toutefois il est considéré comme un «Ancien», une référence, un Père de l’Eglise.

Papias aurait consigné dans ses écrits quelques témoignages des Anciens : la résurrection d’un mort par l’apôtre Philippe ; la mort de Judas, tellement enflé qu’il ne pouvait plus passer là où une charrette passait aisément et qui finit justement écrasé par cette charrette, en répandant ses boyaux dans la rue (voir d’ailleurs le discours de saint Pierre, Ac 1:18).

Papias aurait penché pour un millénarisme historique : Il y aura mille ans après la résurrection des morts et le règne du Christ aura lieu corporellement sur cette terre. Saint Irénée aussi, dans son chapitre final, fait allusion à un tel règne merveilleux, disant s’appuyer sur Papias. Mais on ne peut pas établir exactement la pensée de Papias, faute d’avoir sous les yeux son propre texte.

Enfin, on ne sait pas non plus comment mourut Papias. Peut-être martyr à Pergame en 163, date apparemment trop tardive…

Les opinions de Papias n’ont cependant pas empêché qu’il fût considéré comme un Saint. Son nom a été inscrit dans les martyrologes à partir du 9e siècle, et l’actuel Martyrologe Romain le mentionne comme Saint, qui a exposé les paroles du Seigneur (sermones Domini explanavit).

Il est commémoré le 22 février.

 

 

Paschasius de Vienne

† 313

 

Paschasius fut un homme de grande culture autant que de sainteté.

On est un peu incertain sur la date de son accession au siège épiscopal de Vienne (Gaule), où il fut le huitième titulaire.

Il semble qu’il soit mort en 313 : son successeur, Verus, assiste au concile d’Arles en 314, et le pape Silvestre, qui le mentionne dans une lettre, fut élu au début de 314.

Saint Paschasius de Vienne est commémoré le 22 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maximianus de Ravenne

499-556

 

Maximianus était ce qu’on appellerait aujourd’hui un Croate : il naquit en 499 à Pula (Istrie), où il fut diacre.

Il devait être d’extraction modeste car, quand il fut choisi pour occuper le siège épiscopal de Ravenne en 546, les habitants le dédaignèrent pour son origine et lui préférèrent un autre candidat.

Pourtant, Maximianus avait été désigné par l’empereur Justinien, et consacré par le pape lui-même, Vigile, qui se trouvait alors à Patras (Grèce) : le pape Vigile venait d’être enlevé à Rome par une escouade de l’impératrice pour l’amener de force à Constantinople ; Maximianus réussit donc à le rencontrer pendant ce voyage, à une halte à Patras.

Il ne put s’installer sur son siège malgré sa consaération et fut contraint de vivre hors de Ravenne, patientant et priant, jusqu’à ce que les habitants comprirent qu’il était digne d’être leur évêque.

Ce fut un évêque constructeur et artiste : il fit achever la basilique Saint-Vital, construire celle de Saint-Apollinaire, fit réviser les livres liturgiques, enluminer des manuscrits, relire le texte de la Vulgate (le texte latin de la Bible établi par s. Jérôme, v. 30 septembre). On a remarqué que les sanctuaires de Ravenne ont été doté par lui de toiles, de portraits, de panneaux très précieux, éminents témoignages de l’art paléochrétien.

Il mourut le 22 février 556.

Saint Maximianus de Ravenne est commémoré le 22 février dans le Martyrologe Romain.

Piero Damiani

1007-1072

 

Piero (ou Pier) était le dernier d’une nombreuse fratrie, et fut mal accueilli : quand il naquit, en 1007 à Ravenne, sa mère refusa de l’allaiter. C’est une servante de la maison qui s’en occupa ; l’enfant put vivre. A la mort de ses parents, il fut pris en charge par un de ses aînés, qui lui fit garder les cochons.

Puis il fut recueilli par un autre frère, Damiano, qui se comporta cette fois en véritable père pour Pietro. Il l’envoya étudier à Ravenne, Faenza, Parme. Pietro eut toujours envers son aîné une profonde reconnaissance, et c’est pourquoi il signa toujours Pier de Damiano ou, en latin, Petrus Damiani.

Il fut très brillant et enseignait déjà à vingt-cinq ans à Parme et à Ravenne.

On suppose qu’il fut ordonné prêtre vers 1035.

Il entra alors dans le «désert» (couvent) camaldule de Fonte Avellana, et en devint bientôt cellérier (économe), maître des novices et prieur. Il y rétablit la pieuse coutume d’ajouter le petit Office de la Sainte Vierge. Il y développa la bibliothèque et fonda ou restaura un grand nombre d’autres monastères. Il y rétablit aussi l’esprit de mortification et les austérités traditionnelles (flagellations, pénitences, jeûnes, travail manuel).

Il y eut un intervalle, durant lequel Piero fut envoyé à Pomposa Guido (1040-1042) puis à San Vincenzo al Furio (Urbino). Piero était apparemment «sévère», mais parce qu’il voulait retrouver l’austérité initiale de son Ordre. Et c’est pour cela qu’il fut apprécié.

A cette époque, l’Eglise était rongée par deux plaies profondes : la simonie et l’incontinence des clercs. Il ne se gêna pas pour écrire aux Papes de solennelles invitations à plus de rigueur. Ce n’est qu’en 1058 que le pape Etienne IX agréa ses conseils et même le créa cardinal et évêque d’Ostie.

En 1059, le nouveau pape, Nicolas II chargea Piero d’une mission «purificatrice» à Milan, qui rétablit un ordre précaire quelques années seulement, tant le mal était grand.

Il fut chargé d’autres légations, à Cluny, Florence, Mantoue, Ravenne, Mont Cassin.

A Cluny, il y eut un gentil accrochage entre lui et l’abbé Hugues. Pier lui suggérait d’intensifier les mortifications physiques des moines, à quoi le saint abbé répondit : Fort bien, tu veux augmenter notre couronne en augmentant nos jeûnes. Mais, porte toi-même notre fardeau pendant huit jours, et tu jugeras alors ce qu’il convient d’y ajouter ; car, enfin, tu ne peux dire ce qui manque de sel à un mets avant d’y avoir goûté ; de même tu ne peux apprécier le poids que portent nos frères si tu n’y mets pas au moins le petit doigt. Pier Damiani essaya, et fut bien convaincu de ne pas insister !

Il rendit aussi visite à l’évêque Hugues de Besançon, qui le reçut fort bien.

Il insista beaucoup auprès du Pape pour renoncer à se charge épiscopale et regagner son couvent. Le fameux conseiller papal, Iildebrando, futur Grégoire VII, le menaçait d’une «pénitence de cent ans»… que Damiani accepta : il put se démettre et regagner Fonte Avellana, où il reprit ses habitudes monacales, ses mortifications sévères, ses jeûnes, etc.

Il fut encore envoyé en Allemagne pour s’opposer au divorce de l’empereur Henri IV.

En 1071, il alla rétablir la paix dans Ravenne, où l’évêque avait pris parti pour l’antipape. Au retour, la fatigue et la maladie l’arrêtèrent à Faenza, au monastère de Sainte Marie Hors les Murs : c’est là qu’il mourut, le 22 février 1072.

Il avait lui-même rédigé son épitaphe : Ce que tu es, je le fus ; ce que je suis, tu le seras (…) De grâce souviens-toi de moi. Regarde avec pitié ces cendres de Piero. Prie, pleure et dis : Seigneur, épargne-le.

Depuis 1512, il fut le patron de Faenza, qui fut délivrée du pillage par son intercession.

Pier Damiani fut canonisé par la voix populaire ; en 1821, son culte a été étendu à l’Eglise universelle, en même temps qu’il était proclamé Docteur de l’Eglise.

Sa fête liturgique est actuellement au 21 février.

 

 

Isabelle de France

1225-1270

 

Le roi de France Louis VIII, surnommé Le Lion, et son épouse Blanche de Castille, eurent onze ou douze enfants, dont les deux (ou trois) premiers moururent en bas âge, puis vinrent : Philippe (mort à neuf ans), Louis (qui fut Louis IX, v. 25 août), Robert, Jean (mort à treize ans), Alphonse, Philippe (mort à neuf ans), Isabelle, Etienne (mort à deux ans) et Charles. Il fut couronné roi en 1223 et mourut en 1226.

On le voit : Isabelle ne connut pas vraiment son père, car elle n’avait pas deux ans quand il mourut. Sa pieuse mère, Blanche, s’appliqua à instruire elle-même son unique fille, à laquelle elle donna ensuite comme gouvernante Madame de Buisemont, dont elle connaissait bien la sagesse et la vertu.

Isabelle se cultiva dans tous les domaines des sciences et des arts, pour lesquels elle montrait plus d’intérêt que pour les fêtes et les belles parures.

Blanche et son aîné, Louis, eurent l’idée que le mariage d’Isabelle avec le fils de l’empereur de Germanie, aurait été profitable à l’Etat. De son côté, le pape y voyait aussi un facteur de paix pour l’Italie et l’écrivit à Isabelle. La jeune fille était déjà tellement déterminée à se consacrer à Dieu, qu’elle répondit avec une humble sincérité au Pontife que son choix était déjà fait, à quoi le pape répondit à son tour qu’il la félicitait pour cette volonté de se consacrer au Seigneur.

Dès lors, Isabelle fut une moniale dans le palais royal. Les meilleurs plats étaient portés de sa part à l’hôpital ou à un couvent pauvre ; elle se confessait presque chaque jour et s’imposait une rude discipline après avoir reçu l’absolution ; elle veillait, priait l’Office et méditait.

Les douceurs de l’union à Dieu et de la famille royale n’empêchèrent pas la Princesse de souffrir beaucoup de longues et douloureuses maladies, qu’elle supportait avec la joie d’unir quelques souffrances à celles du Rédempteur. Il y eut des deuils : celui de son frère Robert, victime de sa précipitation indisciplinée lors de la croisade (1250), celui de sa mère Blanche (1252). Elle fut attristée des mauvais résultats de la croisade en Terre Sainte et de la captivité de son frère Louis.

Avec l’assentiment de ce dernier, une fois revenu à Paris, elle se retira complètement de la cour et fonda à Longchamp un couvent de Clarisses, qu’elle mit sous le vocable de l’Humilité de Notre-Dame et qu’elle voulut appeler Sœurs Mineures. La règle était celle de sainte Claire (v. 11 août), un peu adoucie ; le pape intervint à son tout pour modifier quelques articles. La fondation eut lieu en 1255, et le monastère était prêt en 1259.

Isabelle ne fit pas partie de la communauté, mais vécut en étroite communion avec les Religieuses. C’est qu’elle craignait qu’à cause de son sang royal, on l’élût abbesse, mais aussi elle savait qu’à cause de ses indispositions, elle aurait dû demander de trop fréquentes dispenses, ce qui aurait été d’un mauvais exemple pour les Religieuses. Elle s’établit donc dans un endroit retiré, cousant ou réparant les vêtements des pauvres et les siens, et à l’occasion apportait un soutien nécessaire à la communauté, par ses propres ressources.

Saint Bonaventure (v. 15 juillet) lui dédia un traité de vie spirituelle De Perfectione vitæ et vint plusieurs fois y prêcher.

Cette vie retirée dura dix années. Les six dernières, Isabelle souffrit de maux constants. Elle fut favorisée d’extases et sut à l’avance le jour de son décès, qu’elle annonça au pape : elle lui demandait sa bénédiction, et la faveur de permettre à sa famille d’assister à ses funérailles dans le monastère.

Parvenue à sa dernière heure, elle se fit mettre sur la paille, comme l’avait fait sa mère Blanche vingt ans plus tôt ; elle fit ses adieux aux Religieuses, reçut les Sacrements et s’éteignit le 22 (ou 23) février 1270.

En mai de la même année, Louis IX partait pour la huitième croisade et allait mourir de la peste le 25 août suivant.

Isabelle fut béatifiée en 1521 et inscrite au Martyrologe au 22 février.

On sait peut-être que l’abbaye de Longchamp fut détruite par la révolutionnaires déchaînés et profanateurs, et que le site en est régulièrement piétiné par les courses hippiques.

 

 

Margherita de Cortone

1247-1297

 

Cette Margherita naquit en 1247 à Laviano (Pérouse, Italie centrale), de parents simples dont on n’a pas conservé les noms et prénoms ; certains avancent le prénom de Tancredi pour le père, qui aurait même été de la famille di Bartolomeo, on ne sait ;  mais ces parents la firent baptiser régulièrement à Pozzuolo Umbro.

Bientôt orpheline de mère, elle fut traitée durement par sa belle-mère et, peu à peu, se laissa aller à une vie très désordonnée. 

A seize ou dix-huit ans, elle quitta la maison paternelle pour suivre un gentilhomme riche de Montepulciano, Arsenio (qu’on aurait identifié comme étant Raniero del Pecora), dont elle eut un fils, Jacopo.

Deux versions s’affrontent en réalité ; l’une, où Margherita ne se serait jamais mariée, mettant en relief sa conversion exemplaire ; l’autre où elle aurait fini par épouser ledit Arsenio, et menant avec lui une vie de château aisée et mondaine.

Des années passèrent dans le luxe et le plaisir. Margherita n’était pas complètement séparée de Dieu et nourrissait des remords pour cette vie qui scandalisait tout le pays. Mais elle ne se décidait pas à faire ce mouvement de conversion qui l’aurait conduite à la libération de sa conscience. La Providence l’aida.

Son concubin vint à être assassiné par des brigands (ou des citadins jaloux, on ne le sut jamais). Margherita n’arrivait pas à retrouver son pauvre amant, mais y fut conduite par le chien de celui-ci. Voyant le mort à terre, elle prit enfin la décision qu’elle remettait depuis longtemps.

Elle vint demander pardon à son père, lui demandant l’hospitalité pour elle et son fils, mais la belle-mère la fit partir promptement. La famille du mort la mit aussi à la porte. Elle alla à la messe de la paroisse et demanda pardon à tous les paroissiens pour le scandale qu’elle leur avait donné.

Cette conversion ne se fit pas si facilement, cependant ; le diable suscita les moqueries des uns, la méchanceté et l’incrédulité des autres, et Margherita fut tentée de retomber dans le péché, mais elle persévéra dans l’humilité et le repentir.

Elle alla trouver les pères franciscains de Cortone, leur confia l’état de son âme et leur demanda l’habit du Tiers-Ordre. Les Pères lui imposèrent trois années de mise à l’épreuve. Durant ce temps, elle confia son fils aux Frères mineurs d’Arezzo, et s’adonna à des pénitences continues, dans la prière et la contemplation du Christ souffrant. Elle se fit traîner par une corde au cou à travers les rues, pour proclamer partout où elle pouvait combien elle regrettait sa vie antérieure. Ses confesseurs durent mitiger les pénitences qu’elle voulait s’imposer.

La conversion de Margherita fut très agréable à Dieu, qui la favorisa en retour de grandes grâces : elle vit son ange gardien, elle eut des révélations et des visions extraordinaires, où Notre-Seigneur lui parlait avec la plus grande familiarité.

Elle commença à se faire sage-femme, puis elle suscita une confraternité de tertiaires, les Poverelle ou Petites Pauvres, une autre dite de Marie de la Miséricorde pour des dames qui voulaient assister les pauvres et les malades, et fonda en 1278 le premier hôpital de Cortone. Elle était partout, à la cuisine, dans la rue faisant la quête, soignant les malades, apaisant les factions qui s’agitent dans Cortone.

Son exemple amena beaucoup de personnes à se convertir à leur tour, mais aussi les Ames du purgatoire elles-mêmes sollicitèrent ses prières pour être libérées des tourments qu’elles avaient à souffrir.

Après vingt-trois années de cette vie pénitente, Margherita connut par une lumière céleste que sa dernière heure allait sonner, et qu’elle serait assistée en ce moment suprême par toutes les âmes que ses prières avaient contribué à délivrer du Purgatoire.

Elle mourut à Cortone le 22 février 1297.

La population se chargea de la béatifier spontanément après sa mort, laissant seulement au pape le soin d’en confirmer le culte en 1653. Margherita de Cortone, cette nouvelle Magdeleine, fut canonisée en 1728.

Son corps est resté sans corruption depuis sept siècles.

Aujourd’hui, la prudence que nous recommande l’Eglise, nous conduirait à considérer que Margherita a certainement excédé les justes mesures de la discrétion dans la pratique des humiliations, et l’on ne doit pas suivre sa conduite ; l’important est de constater sa repentance et de la rechercher aussi pour nous-mêmes.

 

 

Diogo Carvalho

1578-1624

 

Ce prêtre était né vers 1578 à Coimbra (Portugal), de Álvaro Fernandes et Margarida Luís.

Il entra chez les Jésuites dès 1594 et fut bientôt envoyé aux missions d’Extrême-Orient.

C’est là-bas, à Macao, qu’il étudia la philosophie et la théologie et fut ordonné prêtre.

En 1609, il entra au Japon, heureux de marcher sur les pas de saint François Xavier (voir au 3 décembre), mais à cause de la persécution, il passa en Cochinchine et fonda une première communauté chrétienne.

On sait seulement qu’il se retrouva à Macao en 1614. Mais comment rentrer au Japon ? Il se déguisa en simple ouvrier et rejoignit ainsi les jeunes communautés, où il put confesser.

Il ne faudrait pas croire que tout ceci arrivait simplement ; c’était une lutte de tous les jours. Et le père Diogo eut la malice de faire passer à ses Supérieurs beaucoup de lettres, où il racontait ses périples, ses soucis, ses conquêtes pour le Christ. Il y raconte comment il priait le bréviaire sous sa couverture, quand tout le monde dormait.

Il fut découvert avec une dizaine de Chrétiens, qui furent conduits au tribunal de Xendai. On les menaça de périr par le feu, mais comme ils restaient intrépides, on les envoya dans des réservoirs d’eau glacée, où ils moururent lentement.

Le père Diogo mourut ainsi vers minuit, le 22 février 1624.

Il fut béatifié parmi deux-cent cinq Compagnons, en 1867.

 

Voir la notice Japonais Martyrs 1603-1639

Miguel Facerías Garcés

1861-1937

 

Né le 22 février 1861 à Perarrúa (Huesca), Miguel était le fils d’un tailleur, prénommé aussi Miguel, et de María, d’humbles chrétiens qui firent baptiser leur enfant huit jours après la naissance.

A son tour, Miguel apprit et exerça le métier de tailleur.

En 1881, il entra dans la congrégation des Clarétains comme frère convers. La maladie l’obligea à revenir dans sa famille le temps de soigner de pénibles vomissements de sang : il versait déjà son sang… Rétabli, il reprit le noviciat et fit la profession en 1883.

On peut dire qu’il continua à exercer son métier de tailleur, mais pour la gloire de Dieu : toutes les tuniques que devaient porter les Religieux, les réparations qu’il fallait y porter aussi, passaient par ses mains. Le Frère était tout attentif à rendre service.

Il fut dans la communauté d’Alagón, puis en celle de Cervera (1889). C’est alors qu’il publia un opuscule sur l’art du tailleur, assez bien accueilli et qui fut réédité tant à Cervera qu’à Barcelone en 1910.

En 1904, il dut aller à Olesa de Montserrat, où il fut soigné à nouveau pendant deux années.

En 1906, on put l’envoyer à Vich, où il demeura jusqu’à la mort, toujours occupé à couper et à coudre des vêtements.

En juillet 1936, son «métier» fut interrompu car il fut contraint d’abandonner le collège et de se réfugier chez un ami de l’endroit. Désormais, il allait occuper son temps dans la prière, l’abandon à Dieu et la préparation à l’ultime rencontre.

Avec un autre Confrère, malade comme lui, ils se présentèrent au Comité pour demander l’autorisation d’être hébergés dans un autre établissement, un ancien couvent de Religieuses devenu hospice municipal pour les vieillards.

Au Comité, on leur demanda qui ils étaient. Il répondit qu’ils étaient Frères du Cœur de Marie (les Clarétains en effet se disent Fils du Cœur Immaculé de Marie). On leur répondit : Vous méritez de recevoir quatre balles. Oh, répondit le Frère Miguel, comme nous sommes des petits vieux, deux suffiront.

Le 13 août, ils obtinrent l’autorisation. Mais Miguel ne craignait pas de sortir pour aller voir les Confrères là où ils s’étaient réfugiés. On lui fit remarquer qu’il s’exposait beaucoup. Il répondait : Je m’en fiche, s’ils me tuent.

Le 17 décembre, l’hospice fut supprimé. Miguel, son Confrère et deux autres encore, trouvèrent refuge dans une ferme voisine à Santa Cecilia de Voltregá ; là encore, Miguel rendit ses services de tailleur, enseignant aussi le catéchisme aux enfants de la famille.

On dénonça les Frères au maire du pays. Ce dernier affirmait qu’il devait nettoyer le pays de la cochonnerie cléricale. Le 22 février 1937, donc, jour du soixante-seizième anniversaire du Frère Miguel, se présentèrent à quinze heures quatre miliciens, le maire, le président du Comité et deux autres. Miguel priait dans le bois voisin ; il s’apprêtait à rentrer, quand on lui fit des gestes de rester dehors et de se cacher, mais il ne comprenait pas et s’avançait tranquillement.

Les  hommes lui dirent qu’ils l’arrêtaient. Sa réponse fut :  Si c’est la volonté du Seigneur, je suis préparé pour le martyre.

- Qui êtes-vous ?

- Le tailleur des Missionnaires.

- Vous connaissez quelqu’un à Vich ?

- Oui, le Maire.

- Suivez-nous !

- Vous me permettez de me changer ? (et à la maîtresse de maison) Le plus certain, c’est qu’ils vont me tuer. Tenez, prenez ces chapelets, ils vont les profaner…

Comme tout le monde pleurait, le maire s’échauffa : Les larmes ne me touchent pas, même ma femme n’y arrive pas !

Et la maîtresse de maison : Si vous voulez le tuer parce qu’il a dit la messe, sachez qu’il ne l’a jamais célébrée !

Au Comité, on se moqua du Frère. Même le chauffeur s’en prit au président : Espèce de sale bête, où veux-tu en finir avec ce petit vieux ? Tu n’as pas honte de zigouiller un vieillard pareil ?  Et l’autre : C’est un frère ou un chanoine. C’est notre devoir d’en finir avec cette race.

Puis ils partirent à Vich. D’après certains témoins, c’est au matin du 23 février qu’on emmena le frère Miguel au lieu-dit Pont del Llop, où ils le fusillèrent. Malgré ce détail, on a retenu le 22 février comme le jour «officiel» de sa mort.

Frère Miguel fut béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Miguel Facerías Garcés sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 février.

 

 

Richard Henkes

1900-1945

 

Richard naquit le 26 mai 1900 à Ruppach-Goldhausen (Westerwald, Rhénanie-Palatinat, Allemagne W), un des huit enfants de parents très chrétiens.

Le papa était tailleur de pierres ; la maman, elle, s’occupa très attentivement de l’éducation religieuse de ses enfants ; chaque soir, elle traçait la croix sur leur front avec de l’eau bénite.

Richard fréquenta l’école primaire à Ruppach, où l’instituteur lui décerna un bon éloge.

A Ruppach venaient célébrer les Pères Pallottins, dont certains revenaient du Cameroun, provoquant l’enthousiasme de Richard ; il entra dans leur lycée de Vallendar pour ses études secondaires (1912-1919). La pension était coûteuse, mais les parents Henkes payaient les Pères en produits de leur terre.

Déjà Richard tendait vers la Vérité et la Liberté. En 1918, Richard devait rejoindre l’armée à Griesheim et Darmstadt, mais il fit d’abord une année de préparation à Montabaur, au terme de laquelle il pouvait prétendre un grade d’officier.

Fin 1918, la guerre s’achevait ; Richard put désormais retourner à Vallendar, passer son baccalauréat en 1919 et intégrer le noviciat des Pallottins à Limburg.

En 1921, il fit la première profession et, en 1925, il fut ordonné prêtre ; il se signala tout de suite comme un vaillant prédicateur et formateur. Il travailla énergiquement une année à Schönstatt, tant et si bien qu’on dut bientôt l’envoyer se reposer à la maison de Maria-Hilf, mais le p.Richard ne savait pas écouter les conseils qu’on lui donnait pour se remonter ; même le supérieur disait que c’était autant interdire à un chien d’aboyer. Le Père Richard n’était pas désobéissant : il ne se rendait pas compte de son état réel ; quand il comprit qu’il était gravement malade de tuberculose, il se soumit entièrement aux soins qu’on lui imposait, en Forêt Noire, avec un bonne nourriture et un grand repos.

Les Supérieurs l’auraient bien envoyés, une fois rétabli, en Afrique du Sud, mais le médecin s’y opposa. Richard fut alors envoyé dans une école des Alpes, puis de nouveau à Schönstatt.

A partir de 1931, il exerça en Allemagne Orientale, à Katscher, Frankenstein et Branitz.

En 1937, il osa élever la voix contre les abus du régime nazi, ce qui lui valut un premier avertissement. La même année, il critiqua ouvertement le chancelier Adolf Hitler et aurait pu passer en jugement à Breslau, mais il y échappa grâce à l’amnistie qui fut proclamée lors de l’Anschluß de l’Autriche à l’Allemagne.

En 1939 mourut son cher papa. Il fut aux obsèques et, à cette occasion, parla du sort des Tchèques et de leur pays. A cette occasion, il s’ouvrit clairement sur sa désapprobation totale de l’annexion de la Tchécoslovaquie par le pouvoir nazi ; il avait exercé son apostolat près de la frontière tchèque et connaissait ce peuple ; il l’aimait et le montra bien au futur cardinal Beran, lorsqu’il le rencontra à Dachau. D’autres prisonniers purent aussi témoigner que Richard avait appris la langue tchèque pour se rapprocher de ce peuple. Un jour qu’en classe un élève avait utilisé un mot tchèque, et que toute la classe avait ri, le père Richard donna une punition collective à toute la classe. De leur côté, les prêtres Tchèques ont conservé un souvenir vivant de ce prêtre allemand qui les aimait tant.

En 1943, une prédication du p.Richard à Branitz entraîna son arrestation à Ratibor et son internement à Dachau, le 10 juillet.

Dans la baraque 17 de ce camp, il s’occupa tranquillement et courageusement des malades, surtout ceux atteints de typhus, qu’il contracta à son tour et dont il mourut le 22 février 1945.

Reconnu martyr, Richard Henkes a été béatifié en 2019.

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