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21 février 2020 5 21 /02 /février /2020 00:00

21 FEVRIER

 

II.

S Félix, évêque à Metz pendant quarante ans (ou bien celui du V., moins connu).

Ss Victorin, Mappalique, Alciator, martyrs en Afrique.

S Anthime, évêque à Terni et Spolète.

III.

Ss Maurice, son fils Photin, Théodore et leurs compagnons, soldats martyrs en Syrie ; ils furent exposés nus aux piqûres des guêpes et des moustiques.

IV.

S Eustathios, évêque à Bérée puis Antioche, un des héros du combat contre l’arianisme, mort en exil.

Ss Daniel et Verda, un prêtre et une chrétienne, martyrs près de Razichea.

Ste Irène, espagnole, sœur de s. Damase, vierge consacrée à Rome.

V.

S Sévérien, évêque à Scythopolis, fervent défenseur de la foi, martyr.

Ss Vérule, Secondin, Sirice, Félix, Servule, Saturnin, Fortunat, martyrs en Afrique.

VII.

S Patère, évêque à Brescia, disciple de s. Grégoire le Grand. 

S Zacharie, évêque à Jérusalem ; il “accompagna” en captivité la sainte Croix lors de son enlèvement par les Perses et de son retour quinze ans après.

B Pépin de Landen, maire du palais en Austrasie, précepteur de Dagobert I (auquel il sut adresser de solennels reproches), époux de ste Itta, père des stes Gertrude de Nivelles et Begge.

Ss Germanus et Randoaldus, abbé et prieur à Grandval (Granfeld), martyrs, tués par les soldats du seigneur local.

S Gombert (Gondelbert, Gondebert), fondateur et abbé à Senones.

VIII.

S Pierre Mavimène ou de Maiuma, collecteur d’impôts à Damas, martyr.

IX.

S Timothée, ermite au mont Olympe.

S Georges, ermite au mont Sirik, moine à Bonyssa, évêque à Amastris.

XVI.

S Robert Southwell, jésuite anglais, et poète remarquable, pendu à Tyburn.

XVII.

Bx Balthasar, Antonius et Ignatius Uchibori, laïcs japonais martyrs, béatifiés en 2008 ; le dernier avait 5 ans ; leur père, Paulus, sera martyrisé le 28 février.

XVIII.

B Noël Pinot, dernier de seize enfants, prêtre à Angers, guillotiné avec les ornements qu’il portait au moment de son arrestation ; au pied de l’échafaud, en aube et en étole, il aurait dit une dernière fois :  “Introibo ad altare Dei”. 

XIX.

Bse Caterina (Maria Enrichetta) Dominici, supérieure à Turin des Sœurs de Sainte-Anne et de la Providence, béatifiée en 1978.

Eustathios d’Antioche

† 338

 

Eustathios (le latin ne met pas d’h à ce nom) naquit à Sidé (Pamphylie, Asie Mineure, auj.  Turquie S) à la fin du troisième siècle.

Il fut d’abord appelé sur le siège de Bérée (auj. Alep, Syrie), puis sur celui d’Antioche, de 324 à 330.

Au concile de Nicée (325), qui devait sanctionner l’expression de la consubstantialité du Fils de Dieu avec Dieu le Père (le terme est mal traduit en français : «de même nature» ne rend pas bien «consubstantiel») - il en fut un des plus ardents partisans.

Après ce concile, il fut l’objet d’attaques passionnées de la part des hérétiques. On réussit à lui trouver des expressions soi-disant hérétiques ; de plus - la manœuvre est classique dans le genre - une femme se présenta, accusant l’évêque d’être le père de son bébé.

Le résultat fut, vers 330, un concile régional à Antioche, qui déposa Eustathios et le fit envoyer en exil par l’empereur Constantin ; mal informé et incapable de discerner les arguments théologiques, il ne rendit pas là un grand service à l’Eglise. 

La succession d’Eustathios fut douloureuse ; deux partis se formèrent, pour et contre Eustathios, il en résulta un véritable schisme.

Tandis qu’on perd la trace d’Eustathios, dans son exil (peut-être en Thrace), on n’arrive pas à situer la date de sa mort : certainement après 338, mais peut-être beaucoup plus tard.

Les partisans d’Eustathios furent réintégrés dans l’Eglise dès 414, mais le schisme d’Antioche dura jusqu’en 482, lorque les reliques d’Eustathios revinrent à Antioche ; la foule en liesse alla les accueillir jusqu’à vingt-cinq kilomètres de la ville.

Saint Eustathios d’Antioche est un Père de l’Eglise ; certains l’ont considéré martyr ; il est commémoré le 21 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Germanus et Randoaldus de Münster-Granfelden

† 675

 

Germanus était né vers 612 à Trèves, dans une importante famille sénatoriale, qui en confia l’éducation à l’évêque Modoaldus de Trèves.

Vers 629, il vendit ses biens et son héritage, distribua l’argent aux pauvres et se retira au monastère de Remiremont, où le rejoignit bientôt son jeune frère Numerianus.

Tous deux gagnèrent ensuite le monastère de Luxeuil, voulant marcher encore plus fermement dans les voies de la sainteté, sous la direction du célèbre abbé Waltbert (ou Waldebert), qui le fit ordonner prêtre.

Là-dessus, en 640, un monastère fut fondé non loin de Moutier, à Grandval (en allemand Granfeld). Germanus en fut nommé premier abbé, et il y dirigea la communauté pendant vingt-cinq ans.

Le prieur de cette abbaye florissante était Randoaldus, dont on ne nous dit rien de plus.

On confia aussi en même temps à Germanus l’administration de deux autres monastères voisins, Saint-Ursanne (auj. Clos-du-Doubs, Jura, Suisse) et Saint-Paul-en-l’Ile.

Mais à la mort du protecteur et fondateur du monastère de Granfeld, son successeur, sous divers prétextes fallacieux, exerça de pénibles vexations sur les habitants de la région et, conséquemment, sur les moines qui les protégeaient. Germanus et le prieur Randoaldus allèrent trouver le duc en colère et cherchèrent à l’amener à de meilleurs sentiments. Ils pensaient y être arrivés mais, sur le chemin du retour, des hommes armés, aux ordres du duc, les rejoignirent et les abattirent, à l’endroit où se trouve maintenant Courtételle (Delémont).

C’était le 21 février 675.

Des miracles attestèrent la gloire des deux Martyrs et leur culte se répandit dans toute la région de Bâle et de Besançon. En 1571, les «Réformés» mirent le feu à l’église de Granfeld et les Religieux s’installèrent à Telberg.

Saint Germanus et saint Randoaldus sont commémorés le 21 février au Martyrologe Romain.

Robert Southwell

1561-1595

 

Né à Horsham St. Faith (Norfolk, Angleterre) fin 1561, Robert était le dernier des huit enfants d’un père catholique qui s’était adapté à la nouvelle religion d’état.

Son grand-père, Richard, vécut à la cour de Henry VIII ; c’est lui qui fit arrêter le poète Henry Howards. La Providence fit que les petits-fils de ces deux ennemis, Robert Southwell et Philip Howards, furent deux compagnons fidèles et témoins de la Foi catholique jusqu’à la mort.

Par sa mère, Robert pourrait descendre aussi du poète Percy Bysshe Shelley.

A quinze ans, il partit à Douai, au collège anglais, et se sentit attiré par les missions orientales comme par l’idéal des Chartreux.

Il passa au Collège de Clermont à Paris. Sous la conduite d’un saint prêtre (Thomas Darbyshire) et d’un bon camarade (Jan Deckers), il se proposa d’entrer chez les Jésuites (1578). Déçu de ne pas être admis, il décida à dix-sept ans, de partir à Rome pour solliciter son admission auprès du Supérieur général lui-même.

Arrivé à Rome, il fut admis (1578) au noviciat de Saint-André du Quirinal, étudia au Collège Romain et fit les premiers vœux en 1580.

Pendant ses études, il fut aussi tuteur au Collège anglais de Rome, récemment ouvert par les Jésuites.

Il acheva son noviciat à Tournai, revint à Rome, et fut ordonné prêtre en 1584.

Finalement, sur son insistance, il rentra en Angleterre dans la clandestinité, bien conscient du danger auquel il s’exposait, car une loi punissait de mort tout prêtre rentrant sur le territoire pendant plus de quarante jours.

Il débarqua donc à Folkestone en juillet 1586, accompagné de Henry Garnet. Ce dernier venait remplacer le supérieur local, William Weston, récemment arrêté. 

Robert logea chez Lord Vaux de Harrowden, et prit le nom de Cotton (c’était le nom de l’aumônier d’Henri IV, roi de France). A Londres même, Robert exercera un apostolat fécond : il parcourut les rues de Londres, pénétra dans les prisons, se cachant sous un déguisement et passant sans cesse d’une maison à l’autre.

Il devint chapelain de la Comtesse d’Arundel, épouse de Philipp Howards, emprisonné à la Tour de Londres (voir au 19 octobre). Il lui écrivit des élégies et des méditations sur la mort et sur l’amour de Dieu. Ses poèmes furent diffusés sous le manteau. Les imprimeurs les reproduisirent : ils auront une grosse influence sur la littérature anglaise, sur Shakespeare en particulier, et la St. Peter’s Complaint, de cent trente-deux strophes de six vers, a été imitée dans les célèbres Larmes de Saint Pierre, de Luigi Tansillo, admirablement mises en musique par Roland de Lassus.

Pendant six années, le père Robert accomplit avec zèle son devoir pastoral ; sa personnalité ne pouvait plus passer inaperçue et il devint une légende vivante. On le recherchait activement.

C’est en juin 1592 qu’il fut arrêté à Uxendon Hall (Harrow), par la trahison de la fille du propriétaire de la maison où il se trouvait alors. Le chasseur de prêtres Topcliffe exultait en informant la reine de sa prise. Il soumit Southwell à d’atroces cruautés, qui n’affaiblirent pas le courage du prêtre. Treize fois, et sur ordre de la Reine, il fut soumis à interrogatoire sous torture par des membres du Conseil et passa le reste du temps dans un cachot rempli de vermine. Il fut tellement torturé que son père intervint auprès de la reine, demandant que son fils fût immédiatement jugé (et éventuellement condamné et exécuté) ou que ses conditions de vie fussent améliorées.

Jamais il ne livra les noms de ses «complices». Transféré à Newgate, il admettra être prêtre, n’avoir jamais songé à organiser un complot ni à y participer, et être revenu dans son pays pour administrer les sacrements de la religion catholique. 

Après trois années, il fut jugé au tribunal, condamné pour haute trahison à être pendu, éviscéré et écartelé.

Au pied du gibet, il fit le signe de la croix, récita un passage de l’épître de saint Paul aux Romains, confirma être prêtre et jésuite, et pria pour la Reine et son pays.

Au moment où l’on retira la charrette qui le portait, il répéta le verset du psaume 30 : In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum (Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit). Il avait à peine plus de trente-trois ans : c’était le 21 février 1595.

Quand sa tête fut brandie, personne n’osa crier «Traître», comme cela se faisait d’habitude.

Robert Southwell fait partie des quarante Martyrs anglais et gallois béatifiés en 1929 et canonisés en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Balthasar, Antonius et Ignatius Uchibori

 † 1627

 

Ces trois frères étaient les fils de Paulus Uchibori Sakuemon, tous trois nés à Fukae (Nagasaki, Japon).

Avant que leur père subît le martyre le 28 février 1627, ils furent tous les trois exécutés le 21 février à Shimabara (Nagasaki).

L’aîné, Balthasar, pouvait avoir une vingtaine d’années ; Antonius, né vers 1609, n’avait que dix-huit ans ; Ignatius, né vers 1622, en avait cinq.

Ces trois garçons furent béatifiés avec leur héroïque père dans un groupe de cent-quatre-vingt-huit Martyrs japonais, en 2008.

 

Voir aussi la notice Japonais Martyrs 1603-1639

Noël Pinot

1747-1794

 

C'est dans une famille très chrétienne que naquit notre Bienheureux : il était le seizième enfant de ces pieux parents d'Angers, René, tisserand, et Claude La Groix.

Une si belle famille n'est pas sans connaître des épreuves : le jour-même de sa naissance, le 19 décembre 1847, mourait à un peu plus d'un an celui qui l'avait précédé ; un autre était déjà mort huit ans plus tôt âgé de quelques jours ; deux mois après sa naissance, en février 1848, mourra une de ses sœurs à l'âge de douze ans, et bientôt aussi une autre sœur, à cinq ans et demi. La plus grande épreuve fut pourtant une autre mort : celle du papa de cette kyrielle de bambins, qui s'éteignit en 1756, à tout juste cinquante ans, suivi la même année par une autre de ses filles, qui n'avait que vingt-trois ans ; il ne restait à la maison pour travailler que leur adolescent de quatorze ans, Pierre. 

Cette famille connut cependant une grande joie : le fils aîné, René, sera ordonné prêtre quand Noël a à peine six ans, et finira ses jours comme chapelain à la cathédrale d'Angers en 1782. C'est lui qui enseigna les premiers rudiments du latin à son jeune frère, dès qu'il lui exprima son désir de devenir prêtre. Le collège où Noël fit ensuite toutes ses études est l'actuel Hôtel de Ville d'Angers. Il fera sa Philosophie dans le séminaire qui est maintenant l'Ecole des Beaux-Arts ; tandis que la chapelle de cette maison deviendra le temple protestant.

Bon élève, Noël ne put toutefois conquérir la maîtrise ès arts, ayant manqué un mois dans ses études philosophiques, ce que la rigueur du règlement ne supportait pas. Plus tard, déjà prêtre, il dut aller se rasseoir sur les bancs de l'Université pour suivre des "cours de rattrapage", dont il n'avait pas vraiment besoin, et qui ne lui valurent pas davantage cette maîtrise, mais seulement une attestation. Humblement, Noël s'en passa, pour le moment.

Il fréquentera tout de même le Grand Séminaire, qui abrite aujourd'hui le Musée et la Bibliothèque municipale. C'est en 1767, à l'âge de trente ans, qu'il reçut la tonsure et ce qu'on appelait les quatre "ordres mineurs" (portier, acolyte, lecteur, exorciste), dont on n'a gardé aujourd'hui que ceux d'acolyte et de lecteur. Il reçut le sous-diaconat sans doute en 1769, puis le diaconat et la prêtrise en 1770 - il avait trente-trois ans. A sa première messe l'assistait son aîné déjà prêtre, en présence de leur chère maman, déjà chargée d'épreuves, mais si heureuse en ce jour béni.

On ne manquait pas de prêtres, à cette époque, au point que "Révérend Noël Pinot" attendit un an que se libérât un poste : le 21 janvier 1772, il est vicaire dans l'archiprêtré de La Flèche, une date qui restera malheureusement funeste pour la France, onze ans plus tard, quand son roi tombera sous la haine des révolutionnaires, en 1793.

Cette humble paroisse de Bousse passera plus tard au diocèse du Mans. Comme son curé mourra bientôt, Révérend Pinot signera humblement "pro-curé" ou "desservant". Puis il sera nommé dans la petite paroisse de Coutures près de Saumur, où à la charge de vicaire il devrait aussi ajouter celle de prêtre instituteur à l'école de garçons. Après deux années, il passera - toujours vicaire - à Saint-Germain de Corzé, proche d'Angers, pour cinq années environ, où il gagna l'entière bienveillance de son curé. Puis ce fut l'aumônerie des Incurables à Angers-même, sa ville natale.

Il était à peine de retour à Angers, près de son frère aîné qui venait d'être nommé chapelain à la cathédrale, que moururent presque coup sur coup sa sœur et marraine, ainsi que sa chère et vénérable maman. 

De son apostolat auprès de ces pauvres malheureux des Incurables, un de ses condisciples de séminaire dit : «Ce saint ecclésiastique était connu pour tel de toute la ville qui l'avait vu naître." Noël Pinot restera plus de sept ans à ce poste. Au début il s'y adonna corps et âme puis, quand il eut acquis une certaine habitude, il put prendre un peu de temps pour se préparer à son fameux diplôme de Maître ès arts, qu'il reçut en effet en 1788 - il avait quarante ans !

Très peu après il est nommé à la cure du Louroux-Béconnais, dédiée au saint évêque Aubin : ce Saint fut évêque d'Angers au Ve siècle, après avoir été abbé à Tintillant ; il lutta énergiquement contre les mariages incestueux ; on le fête le 1. mars. C'est donc sous ce patronage que Noël Pinot s'installa dans sa cure le jour de la Sainte Croix, le 14 septembre 1788, justement un dimanche cette année-là.

A l'époque, cette paroisse était la plus vaste de l'Anjou, avec ses sept mille hectares, où les pauvres paysans ne cultivaient qu'un peu de seigle ; il y a là beaucoup de mendiants, que Noël s'ingénie à soulager de toutes ses forces et avec tous ses moyens. Fils de tisserand, il fait confectionner des vêtements, il les distribue, il se prive lui-même de l'essentiel, au point que sa fidèle servante lui soustrait quelques pièces de tissus pour pouvoir lui donner au moins le nécessaire.

Maitre Pinot s'employa à pacifier ses ouailles contre les incursions très fréquentes des gabelous dans cette région : ces derniers étaient impitoyables dans leur travail, et les paysans les avaient en haine ; nombreuses étaient les colères et les rancunes ! Mais le curé s'employa tout spécialement à développer la dévotion au Sacré-Cœur et celle du Rosaire.

Puis les événements se précipitent ; les Etats Généraux sont convoqués, les élections des représentants échauffent les esprits. En août 1789, le clergé est spolié de ses biens ; on redessine la carte administrative de la France ; on modifie tous les noms de lieux trop marqués par des héritages féodaux ou chrétiens. On remarquera que la paroisse du Louroux ne change pas son nom, car les législateurs ignorent bien évidemment que ce nom de localité vient du latin oratorium !

Peu à peu, les choses se précisent, et pas dans le sens de la pacification : Noël Pinot remarque de plus en plus que la division gagne ses Confrères, les uns étant pour accepter la Constitution civile du Clergé, les autres pour s'y opposer fermement. Le dimanche 23 janvier 1791, sommé par le maire de prêter serment, après la messe, il s'y refuse énergiquement, tandis que son vicaire se laisse fléchir.

Le dimanche 27 février, au terme de la messe, il monte en chaire tout habillé, avec son aube et son étole, et explique doucement mais fermement à tous ses paroissiens les raisons bien arrêtées de son refus de tout compromis avec la Constitution civile du Clergé ; il est désormais un "réfractaire" de premier plan. Il s'est déjà mérité les qualificatifs insolents de scélérat, fanatique, perturbateur du repos public, homme à craindre, incendiaire, égorgeur.

Prévoyant la suite logique de son attitude, il propose à ses petits servants de messe de se confesser, car "voici de mauvais jours qui viennent sur (eux)", et il prépare en particulier le plus mûr d'entre eux à faire sa première communion dès le lendemain, bien qu'il n'eût que neuf ans, âge précoce à cette époque pour recevoir ce Sacrement.

Dès le samedi 5 mars, on vient l'arrêter. Il propose d'abord l'hospitalité, le vivre et le couvert, à cette troupe, qui accepte sans vergogne. Au petit matin, tous partent pour Angers, où Noël Pinot a l'honneur d'être le premier prêtre arrêté de cette sinistre période.

Un premier jugement le condamne à être éloigné de sa paroisse pendant deux ans. Mais en attendant un second jugement, il est enfermé dans le château, réquisitionné pour l'occasion, de la Maréchale d'Aubeterre à Beaupréau, dans lequel il est en fait traité avec les meilleurs égards par les propriétaires et les habitants ; bien que privé de l'Eucharistie et de la Messe, il goûtera là quelques moments de repos, de détente, bien nécessaires après tant de labeurs, et avant son épreuve finale.

Nous arrivons au printemps 1791 ; le pape Pie VI condamne la Constitution civile du clergé, ce qui donne grande satisfaction à Noël Pinot, car il se voit conforté dans sa position, tandis que certains Confrères comprennent leur tort et viennent à résipiscence. Sur place, un deuxième jugement confirme le premier et libère Noël tout en lui interdisant tout contact avec sa paroisse : une "liberté conditionnelle", en quelque sorte.

Profitant de cette semi-liberté, Noël Pinot va se réfugier ici et là, espérant pouvoir reprendre quelque activité pastorale au service des populations privées de prêtres. Mais il est vite repéré, et poursuivi. Bientôt il devra abandonner sa soutane pour vêtir des habits de simple paysan - mais il conservera toujours autour des reins un cilice. Pendant vingt mois, il passera d'une maison à l'autre, célébrant ici, enseignant là, confessant, assistant du mieux qu'il pouvait tous ces gens qui voulaient rester fidèles à l'Eglise et à Dieu. Il ira jusque dans des localités du diocèse de La Rochelle !

En 1792, près de trois cents prêtres du diocèse, trompés par de fausses promesses, seront en fait incarcérés, puis transportés à Nantes pour être exilés en Espagne. La "guerre de Vendée" commence dans la région de Beaupréau, où se cache en ce moment Noël Pinot. Répétant l'odysssée des Macchabées, l'armée chrétienne de Vendée conquiert maintes localités, réclame ses pasteurs légitimes : Noël Pinot regagne sa paroisse du Louroux et y célèbre même une messe solennelle - la dernière cependant, car l'armée vendéenne est défaite devant Nantes, et la Terreur va exercer sa terrible revanche : des prêtres sont arrêtés et exécutés, quelques-uns guillotinés à Angers, plusieurs dizaines d'autres noyés dans les eaux glaciales de la Loire. Noël Pinot attend son tour, calmement, bravant tous les dangers quand il sort de sa cachette, échappant d'extrême justesse à mille perquisitions… jusqu'au jour de cette suprême dénonciation de février 1794, œuvre d'un ancien paroissien qu'il avait autrefois généreusement aidé.                                                                                                                                                                            

Noël Pinot ne fut pas moins mal traité que Notre Seigneur à partir de son arrestation : ligoté, jusqu'au sang, insulté, marchant dans des endroits bourbeux, conduit à pied jusqu'à Angers, battu, frappé, privé de lumière et de nourriture, il sera interrogé et condamné par un ancien confrère ; c'est même ce dernier qui lui proposera, par cynisme ou par fausse compassion, de mourir revêtu des ornements sacerdotaux, confisqués lors de son arrestation, à quoi Noël répondit : "Oui, ce sera pour moi une grande satisfaction".

Le cortège qui l'emmena au lieu d'exécution fit un détours pour que Noël subît davantage d'insultes. Lui était recueilli et calme, comme son divin Maître, en ce vendredi, à quinze heures. La guillotine était installée à l'endroit même du maître autel de l'église Saint-Pierre, complètement démolie depuis quelque temps.

Immolé en ce vendredi 21 février 1794, Noël Pinot fut jeté dans la fosse commune, ayant reçu encore d'autres insultes par les hommes chargés de la besogne. Puis les autorités recherchèrent et conduisirent à la mort tous les "suspects" qui auraient aidé Noël Pinot durant sa "cabale". A leur tour ils furent jetés dans cette fosse commune, dont on transporta ailleurs tous les restes, en les mélangeant sans trop de ménagement, de sorte qu'il fut impossible de retrouver le saint corps du prêtre martyr.

La cause de béatification fut ouverte officiellement en 1905, confirmée en 1919 ; en 1926, lors de la première célébration de la fête du Christ-Roi, Pie XI proclamait Bienheureux notre Martyr, dont le dies natalis est le 21 février.

 

 

Caterina Dominici

1829-1894

 

Née le 10 octobre 1829 à Borgo Salsasio (Carmagnola, Turin), dans une famille pleine d’affection, Caterina était la petite sœur de trois garçons, dont l’un deviendra prêtre.

Par malheur, le papa abandonna les siens en 1833, de sorte que la famille se resserra autour de l’oncle prêtre.

On imagine quel choc produisit cet événement sur le cœur d’une petite fille de quatre ans, mais elle fut bien dirigée et conseillée, et apprit à se confier entièrement à son Bon Papa céleste.

Elle apprit à dominer son caractère orgueilleux et indépendant, et devint celle qu’on connut désormais comme une jeune fille humble, simple, dévouée, qui savait chaque jour dire Oui à la grâce de Dieu.

A quinze ans, elle fit partie d’une confraternité chargée d’accompagner les enterrements.

A vingt-et-un ans, elle entra chez les Sœurs de la Providence, sous le nom de Maria Enrichetta (Marie Henriette), reçue par la fondatrice elle-même et prit l’habit en 1851. L’institut s’appela ensuite Sœurs de Sainte-Anne de la Providence, et tout récemment, simplement Sœurs de Sainte Anne (en abrégé : SSA).

C’était une belle œuvre, fondée par de pieux laïcs, marquis de Barolo : Carlo Tancredi Falletti et son épouse Giulia Colbert, qui reçurent l’approbation pontificale à peine douze ans après la fondation.

Partout où on l’envoya, elle sut se soumettre fidèlement à la volonté de Dieu, accomplissant toutes les plus petites actions avec grand amour. 

A Turin, elle fait la connaissance de Silvio Pellico ; en 1854, elle est envoyée à Castelfidardo (Lorette), où elle eut l’occasion de se dépenser aux côtés des malades du choléra.

En 1857, elle a la joie d’entrevoir le pape Pie IX en visite à Lorette ; en 1858, elle revient à Turin s’occuper des novices.

En 1861, à trente-deux ans déjà, elle est élue supérieure de la maison de Turin, et le restera pendant trente-trois ans, jusqu’à la mort. Sous son impulsion l’Institut se fortifia et essaima en Inde (1871).

Il y eut de petites «frictions» entre la Supérieure et la chère Fondatrice, qui n’était pas faite pour la vie religieuse, et continuait à vivre au milieu des Sœurs, mais sans participer aux exercices de la vie communautaire. Il fallut la délicatesse et la discrétion de Maria-Enrichetta pour surmonter ces incidents quotidiens.

Elle collabora avec saint Giovanni Bosco, lui proposant des suggestions pour sa Règle, et lui prêtera aussi des Sœurs.

Sa grande dévotion était la Sainte Trinité. Elle avait une entière confiance en la bonté de Dieu.

A la fin, elle souffrit d’un très douloureux cancer du sein, qu’elle supporta avec sérénité.

Ses dernières paroles furent : Je recommande l’humilité… et l’humilité. Elle mourut le 21 février 1894.

Elle fut béatifiée en 1978.

Le miracle retenu pour cette béatification fut la guérison instantanée et totale d’un enfant de quatre ans, malade d’une appendicite aiguë, avenue en 1947.

La congrégation compte plus de quatre-vingt maisons en Inde, et s’est aussi implantée au Cameroun, en Amérique latine (Mexique, Argentine, Brésil, Pérou), aux Etats-Unis et aux Philippines.

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20 février 2020 4 20 /02 /février /2020 00:00

20 FEVRIER

 

III.

S Serapion, martyr en Alexandrie ; il eut les membres disloqués et fut défenestré.

IV.

S Tyrannio, évêque à Tyr et martyr avec s. Zenobius, prêtre à Sidon, ainsi que les ss. Pélée et Nil, évêques égyptiens ; les bêtes féroces n’osaient pas les approcher et ils furent égorgés.

S Silvain, évêque près de Emèse, martyr.

? Ss Pothame et Némèse, martyrs en Chypre ou à Alexandrie. 

V.

S Eleuthère, évêque à Constantinople, maltraité par le parti eutychien.

S Bolcan (Olcan), évêque à Derkan ; sa mère mourut juste avant d’accoucher. 

VI.

S Falcon, évêque à Tongres-Maastricht.

S Eleuthère (Lehire), évêque à Tournai, sacré par s. Remi, mort des suites de blessures infligées par des hérétiques.

VIII.

S Eucher, moine à Jumièges, évêque à Orléans, exilé à Cologne puis à Liège suite à des calomnies et mort à Saint-Trond.

S Colga (Colchus), surnommé le Sage pour sa science, prêtre irlandais.

S Leone, prêtre à Ravenne, évêque à Catane, thaumaturge.

XII.

B Ulric (Wulricus, Ulfricus), prêtre anglais, anachorète près de Heselborough.

XIII.

Bse Amata, nièce de ste Claire, clarisse à Assise.

XVI.

B Thomas Pormort, prêtre anglais pendu à Londres, martyr béatifié en 1987. Le 21 février au Martyrologe.

XX.

Bse Jacinta Marto (1910-1920), la plus jeune des trois voyants de Fatima, béatifiée le 13 mai 2000, canonisée le 13 mai 2017.

B Ludwik Mzyk (1905-1942), de la Société du Verbe Divin, prêtre martyr en Pologne, béatifié en 1999 ; le 23 février au Martyrologe.

Bse Stanisława Rodzińska (Maria-Julia, 1899-1945), dominicaine polonaise martyre à Stutthof, béatifiée en 1999.

Serapio d’Alexandrie

† 250

 

Le nom de Serapio est un nom très répandu en Egypte et ailleurs.

Voilà ce qui est dit le 20 février de Serapio dans le Martyrologe : 

Il vivait en Alexandrie. Arrêté pour sa foi, il fut d’abord soumis à de très cruels supplices, au point que tous ses membres en furent disloqués. Puis on le hissa sur le toit de sa maison et on le précipita à terre.

Ainsi s’acheva le combat glorieux de ce Martyr.

C’était vers 250, durant la persécution de Dèce.

Saint Serapio d’Alexandrie est commémoré le 20 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tyrannio de Tyr

† 310

 

De Tyrannio, on ne connaît que ce qu’en raconte Eusèbe de Césarée, témoin oculaire, au sujet de son  martyre.

C’était l’évêque de Tyr, en Phénicie (act. Sour, sud de Beyrouth, Liban).

Eusèbe raconte comment cet évêque, et d’autres avant ou avec lui, subirent d’abord d’interminables flagellations (on sait que les fouets étaient faits de lanières de cuir, très tranchantes, garnies de petits plombs très meurtriers), avant d’être exposés, nus, aux bêtes féroces du cirque.

Léopards, ours, sangliers, taureaux, qui pouvaient être excités par le sang de ces victimes, s’arrêtaient systématiquement devant elles, tandis qu’ils s’acharnaient sur d’autres athlètes non chrétiens.

Il y eut des combats à différentes dates. 

De Tyrannio, on dit que son martyre eut lieu en 310, mais à Antioche de Syrie.

Avec lui souffrit aussi un prêtre, nommé Zenobius, de Sidon.

Saint Tyrannio de Tyr et s.Zenobius sont commémorés le 20 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eleuthère de Tournai

456-531

 

Eleuthère naquit vers 456 à Tournai (Gaule Belgique) de parents chrétiens. Un de leurs ancêtres avait été converti par la prédication de s.Piat (v. 1er octobre). 

Un de ses compagnons de formation, un certain Médard (v. 8 juin) lui aurait prédit qu’il serait évêque de Tournai. 

Or le gouverneur de Tournai, pour qui le mot chrétien était synonyme de romain, expulsa les Chrétiens de Tournai, et la famille d’Eleuthère se replia à Blandin. L’évêque y étant mort, on acclama Eleuthère (486) : la prophétie de Médard s’accomplissait. 

Eleuthère fut sacré par s.Remi (v. 13 janvier). 

Son apostolat fut difficile, au milieu d’une population retombée dans le paganisme, et en face d’une hostilité arienne persistante. Mais Dieu favorisa Eleuthère du don des miracles, qui achevèrent de convaincre beaucoup de gens.

Eleuthère fit trois le voyage de Rome pour y demander des conseils ; il en rapporta des reliques importantes, entre autres de s.Etienne (v. 26 décembre).

Les ennemis de l’évêque s’acharnèrent contre lui : ils l’attendirent à la sortie d’une église et l’accablèrent de coups ; il en mourut peu après, en 531.

Malgré cette mort violente pour la foi, Eleuthère n’a pas reçu le titre de martyr, peut-être parce qu’il n’est pas mort sous les coups, mais des conséquences de ces coups.

C’est le même saint Médard qui lui succéda.

Saint Eleuthère est commémoré le 20 février au Martyrologe Romain.

 

 

Eucher d’Orléans

695-743

 

La naissance d’Eucherius (Eucher) advint vers 695 à Orléans (act. Loiret), annoncée par un ange qui informa la mère de la destinée particulière de son enfant. Un de ses oncles, Suavaric, était évêque d’Orléans.

C’est l’évêque d’Autun, Ansbert, qui fut son parrain et le confirma.

Eucher grandit dans l’amour de l’étude et particulièrement de la lecture des Ecritures, qui le conduisirent tout naturellement à vouloir vivre loin du monde : il entra à l’abbaye de Jumièges.

Or, à la mort de Suavaric, la population demanda unanimement à Charles Martel de nommer comme successeur sur le siège Eucher lui-même. Il fallut aller le chercher à Jumièges, et pour ainsi dire le forcer à revenir à Orléans, malgré sa préférence pour le silence de l’abbaye.

Moine, Eucher le demeura après son sacre, et montra un cœur empli de douceur envers tous ses diocésains, qui l’estimèrent, mais pas tous. 

Une cabale calomnieuse s’abattit en effet sur l’évêque, qui fut dénoncé auprès de Charles Martel, lequel prit des mesures sévères contre Eucher : en 733, il le fit exiler à Cologne avec toute sa famille, et comme on l’y recevait «trop» honorablement, il le fit déplacer à Hesbain (Liège) ; de là, Eucher demanda lui-même à se retirer à l’abbaye de Saint-Trond. L’exil d’Eucher dura dix années, au terme desquelles il rendit saintement son âme à Dieu, en 743.

Un manuscrit douteux ajoute qu’Eucher aurait eu révélation de la punition éternelle de Charles Martel. Si l’on peut en effet affirmer que le Prince commit de graves erreurs, les calomniateurs d’Eucher furent, eux, bien plus gravement coupables. Mais laissons à Dieu le soin de juger.

Saint Eucher est commémoré au 20 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Leone de Catane

720-789

 

Leone était né en 720 à Ravenne (Emilie-Romagna, Italie E) et y fut ordonné prêtre.

Il se peut cependant qu’il ait été d’abord moine bénédictin à Reggio Calabria.

On l’appela bientôt au siège épiscopal de Catane (Sicile). L’histoire raconte que, devant élire leur évêque, les habitants de Catane eurent la vision d’un ange qui leur annonçait qu’ils auraient trouvé un certain Leone à Reggio Calabria.

Evidemment, l’élu protesta de son indignité, de son incapacité, il fallut vaincre cette sainte humilité.

Les miracles se multipliaient à son passage, de sorte qu’on le surnomma Thaumaturge.

Ce fut au point que les empereurs de Bysance voulurent le connaître et le firent venir à Constantinople, où Leo accomplit aussi d’autres miracles sous leurs yeux.

On nous dit aussi que Leone s’opposa vivement à la loi de l’iconoclasme et que, pour cette audace, il fut obligé de se cacher dans la montagne pour échapper à l’ordre du gouverneur de Sicile de l’incarcérer.

Leone put revenir à Catane après plusieurs années et mourut un 20 février, sans doute en 789.

Saint Leone le Thaumaturge est commémoré le 20 février au Martyrologe Romain, qui ajoute qu’il eut un soin extrême des pauvres.

 

Thomas Pormort

1559-1592

 

Thomas était, pense-t-on, de la famille des Pormort de Great Grimsby et Saltfletby (Lincolnshire).

Il naquit vers 1559 à Hull (Yorkshire).

Après ses études à Cambridge, il vint à Reims en 1581 et passa à Rome, où il reçut le sacerdoce en 1587. Il fut alors attaché à Owen Lewis ou Audoeno Ludovico Cambrone, l’évêque (gallois) de Cassano all’Ionio, un diocèse au sud de l’Italie, mais où cet évêque ne résida jamais, étant envoyé par le pape en différentes missions.

En 1590, Thomas fut nommé préfet des études au collège suisse de Milan, d’où il repartit en septembre de la même année, désireux de passer en Angleterre, sans même attendre de recevoir les pouvoirs ministériels. Son voyage le conduisit à Bruxelles, où il fut domestique d’une certaine Madame Geoffrey Pole ; il y prit le nom de l’archevêque protestant Whitgift, son parrain.

Avec cette dame, il gagna Anvers, pour rejoindre la ville côtière de Flushing (Pays-Bas), et de là l’Angleterre.

On ne sait à quelle date précise il accosta dans son pays, mais on sait qu’il fut arrêté une première fois le 25 juillet 1591 à Londres ; il réussit à s’échapper. Repris à l’automne, il fut conduit à Bridewell, puis chez Topcliffe, où il fut durement torturé sur le chevalet jusqu’à la provocation d’une hernie.

Le 8 février 1592, il fut accusé de haute trahison pour avoir osé être prêtre et avoir réintroduit dans l’Eglise John Barwys (ou Burrows),  un artisan chemisier protestant. Thomas plaida, exposant qu’il n’avait pas les pouvoirs, mais il fut tout de même déclaré coupable.

Au même procès, Thomas accusa Topcliffe de s’être vanté devant lui de certaines familiarités indécentes qu’il avait eues avec la Reine. Topcliffe fut alors chargé d’annoncer au shériff de procéder à l’exécution de Thomas, malgré l’intervention de l’archevêque Whitgift, qui voulait amener Thomas à quitter le Catholicisme. Thomas aurait même accepté de discuter avec des ministres protestants. On érigea le gibet devant la boutique du chemisier, et, pendant deux heures encore, Topcliffe s’évertua, mais en vain, de convaincre Portmort de retirer son accusation.

Thomas dut supporter de rester debout là deux heures durant, avec sa hernie, avant d’être pendu, le 20 février 1592 ; il avait à peu près trente-trois ans.

Thomas Pormort fut béatifié en 1987.

 

 

Jacinta Marto

1910-1920

 

Petite sœur de Francisco, elle naquit à Aljustrel (Fátima) le 11 mars 1910, de Manuel et Olímpia Marto.

Ses proches la disaient affectueuse et très gentille, elle gardait avec son frère et sa cousine les brebis de ses parents.

Elle ne fréquenta l’école qu’après qu’eurent lieu les apparitions de l’Ange et Notre-Dame, qui lui recommandèrent d’apprendre à lire et à écrire.

La première fois que Notre-Dame apparut aux trois enfants, elle leur demanda de bien vouloir prier pour les pécheurs. Après avoir eu une vision de l’enfer, Jacinta en resta extrêmement bouleversée et s’imposa beaucoup de pénitences et de sacrifices pour leur conversion.

Après les apparitions à Fatima, Jacinta vit encore la Sainte Vierge quatre fois : à la maison, à l’église paroissiale, à l’orphelinat de Lisbonne et à l’hôpital. A Poço do Ameiro elle eut aussi une vision du pape, sans la comprendre, et une autre à Cabeço.

Après la première Guerre mondiale, Jacinta contacta la grippe espagnole qui ravagea l’Europe en 1918. Elle fut atteinte de pleurésie, mais ne pouvait être opérée en raison du mauvais état de son cœur. Lors de sa dernière hospitalisation à Lisbonne, elle mourut dans une grande solitude, le 20 février 1920.

Sa prière préférée et habituelle, qu’elle avait reçue de Marie, était : 

Ô Jésus, c’est pour votre Amour, pour la conversion des pécheurs, pour le Saint-Père, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie.

Elle a été béatifiée, en même temps que son frère Francisco, le 13 mai 2000, anniversaire de la première apparition de la Vierge à Fatima (et de l’attentat au pape en 1981), en présence de l’aînée des voyants, Lucia.

Ils ont été canonisés le 13 mai 2017.

Le miracle reconnu pour cette célébration a été la guérison totale d’un bébé atteint de diabète 1.

 

 

Ludwik Mzyk

1905-1940

 

Ludwik naquit le 22 avril 1905 à Chorzów, cinquième des neuf enfants de Ludwik, un mineur polonais, et de Franciszka Hadasz. La famille était très croyante.

Il fut très tôt enfant de chœur et s’intéressa à l’Eglise. Une retraite prêchée par un prêtre de la Société du Verbe Divin, suscita en lui la vocation missionnaire.

Il alla au Petit séminaire de Nysa en 1918 ; pendant les vacances, il travaillait à la mine, pour aider la famille, car le papa était mort ; il fut membre de la Confrérie Kwikborn, qui militait contre le tabac et l’alcoolisme : jamais il ne fuma une cigarette ni ne but un verre de vin, si ce n’est ce qu’il fallait pour célébrer la Messe. Il termina ses études secondaires par la consécration à la Vierge Marie selon le vœu de saint Louis-Marie Grignion de Montfort (voir au 28 avril) : on en possède encore le document qu’il signa de son propre sang.

Après son baccalauréat en 1926, il entra chez les Pères Verbites à Sankt Augustin (Bonn) et fit ses vœux en 1928.

Très doué pour les études philosophiques, il fut envoyé à Rome pour ses études théologiques. Il fut ordonné prêtre en 1932, en la fête du Christ-Roi, qui se fêtait alors au dernier dimanche d’octobre, de sorte qu’il célébra sa première messe le jour de la Toussaint.

Il passa le doctorat en théologie à l’Université Grégorienne en 1935, et fut nommé maître des novices à Chludowo près de Poznan (Pologne). De lui les novices dirent qu’il était un tantinet sévère, mais qu’il l’était davantage encore pour lui-même.

Ceux qui frappaient à son bureau étaient accueillis par un Ave latin, en souvenir de la salutation de l’Ange à Marie. Il s’imposa si bien qu’en 1939, il fut nommé recteur de la maison de Chludowo. A la nouvelle des possibles arrestations, le père Ludwik fit des démarches pour évacuer les novices en des lieux plus sûrs. Mais les voyages étaient déjà devenus impossibles et surtout, le pauvre Ludwik Mzyk, dans sa naïveté et sa candeur, commit l’erreur de dire à un officier de la Gestapo (sans savoir qu’il appartenait à la Gestapo) qu’il préférait négocier avec un officier de l’armée qu’avec un officier de la Gestapo. Ce fut le prétexte à son arrestation.

Le 24 janvier, il tenta en vain de négocier l’envoi des novices dans leurs familles.

Le 25 janvier 1940, la Gestapo vient l’arrêter. Tous les occupants de la maison furent réunis dans le réfectoire. Alors le père Mzyk, très pâle mais calme, entra et dit : Je dois aller avec ces gens-là. Ils m’ont dit que j’allais revenir. Pendant ce temps, le père Chodzidło sera votre supérieur… Il n’eut pas le temps d’ajouter autre chose et fut brutalement bousculé et emmené. Un prêtre qui revint plus tard raconta aux novices comment on avait brutalisé le père Mzyk en le «chargeant» dans le camion :  Votre Maître est vraiment un ange. 

Les jours suivants, personne ne put obtenir le moindre renseignement sur le sort du père Mzyk. Les Nazis répondaient toujours qu’il allait revenir après clarification de certains points. Son frère Wilhelm écrivit qu’aucune intervention n’aboutit ; qu’en revanche on leur fit parvenir par deux fois un sous-vêtement maculé de sang, avec un petit papier caché dedans : Je suis toujours en vie. Aidez-moi si vous pouvez. 

On sut tout de même qu’une fois parvenu à la caserne de la Gestapo, on lui arracha sa soutane et qu’on lui administra une rigoureuse bastonnade. Puis, en ce mois de janvier hivernal, on lui laissa seulement sa chemise déchirée et son pantalon. Puis on l’envoya au Fort VII de Poznan : en arrivant dans la cellule, un prisonnier lui mit sur le dos un pardessus laissé là par un autre prisonnier qu’on avait emmené pour l’exécuter.

On ne sut rien de la mort du père Mzyk, jusqu’à ce que des survivants purent raconter ce qu’ils virent.

L’un affirma qu’il vit le père Mzyk dans la cellule 60 le 1er février, avec vingt-huit autres, presque tous étudiants. Ils mouraient de faim. Les gardiens entraient dans la cellule jour et nuit, pour les battre sans raison. Le père Mzyk exécutait tous les ordres scrupuleusement, avertissant chacun de ne rien faire de défendu. Il était toujours en prière.

«Le 7 février 1940, jour du Mercredi des Cendres, tous les prêtres furent rassemblés dans la cellule 69, où ils furent encore plus maltraités et battus, pour n’importe quel motif. Les gardiens considéraient le père Mzyk comme particulièrement dangereux. Un jour, le commandant vint avec un autre officier pour inspecter la cellule. Il demanda à chaque prisonnier l’un après l’autre son nom et son «crime». Arrivés au tour de Ludwik Mzyk, le commandant s’arrêta et dit : Le voilà, notre ennemi. Une fois qu’ils furent sortis, Ludwik raconta à ses compagnons comment il avait répondu «franchement» aux interrogatoires. Un autre jour, un gardien l’appela dans le corridor, où il le rossa encore sans merci.

«Le 20 février, l’après-midi, un sous-officier entra dans la cellule avec un chauffeur. Ils étaient ivres et entrèrent brutalement dans la cellule. Ils se mirent à battre le père Mzyk, le chauffeur, aux ordres du sous-officier, était particulièrement brutal. 

«Le soir à 22 heures, il y eut du bruit et de l’agitation dans la cellule des Ukrainiens : on entendit tomber par-terre les assiettes et les cuillers, ils chantaient «Plus près de toi, Seigneur» (sans doute qu’on le leur ordonnait) ; on battait les prisonniers à coups de bâtons et à coups de pieds. Puis on entendit un des gardiens crier : Et maintenant, chez les curés ! 

«Ils ouvrirent la porte, sans entrer, et firent sortir tout le monde, sauf le père Olejniczak (qui était aveugle). Nous étions là tout habillés (car nous dormions toujours habillés), dans le grand corridor en face de notre cellule. On ordonna aux pères Galka, Mzyk et moi-même de rester dehors, et tout le monde fut renvoyé dans la cellule. 

«Ils nous ordonnèrent de courir le long du corridor. Quand nous fûmes l’un à côté de l’autre, le père Mzyk me demanda l’absolution. Arrivés au bout du corridor, Galka et moi nous arrêtâmes au pied de l’escalier, mais Myzk se mit à monter. Nous entendîmes les gardiens éclater de rire derrière nous. Ils nous ordonnèrent de rester en bas. Ils attrappèrent Mzyk dans l’escalier et se mirent à le rosser sous prétexte qu’il «avait essayé de s’échapper». Il y eut un moment de grande confusion ; j’entendis Galka et Myzk pousser de hauts gémissements… Un regard vers Galka me le fit voir tout en sang, couvert de contusions, sa chemise et son pantalon en pièces. On continua de les rosser pendant longtemps, mais c’est difficile de dire si ça dura quinze minutes ou une demi-heure. 

«Entre temps, je me suis retrouvé dans le grand corridor en face de notre cellule, et c’est là qu’on conduisit Mzyk. Ils me dirent de me tourner contre le mur, de sorte que je n’ai pas pu voir comment il était. L’officier ordonna à Mzyk de s’arrêter à la porte, et prit des balles à un sous-officier qui était près de moi. Alors il s’approcha de Mzyk et lui tira derrière la tête. Quand Ludwik tomba à terre, il lui tira une seconde balle. Alors ils permirent à Galka et à moi de réintégrer la cellule. Une demi-heure après, on entendit le bruit du corps de Mzyk qu’on traînait par-terre pour l’emmener.

«Il y eut ensuite quelques jours de tranquillité. L’un des prisonniers, qui travaillait comme balayeur dans le bureau du commandant, nous dit qu’il avait aperçu sur la table du commandant un document officiel du Ministère de la Justice, interdisant de battre les membres du clergé.»

Le père Olejniczak était aveugle, mais entendait tout ce qui se passait. Il donna cet autre témoignage : 

Quand l’officier avait choisi une victime, il le frappait au visage et à coups de pied sans merci. Un jour, ce fut le tour du père Ludwik. Quand les gardiens le laissèrent, je m’approchai de lui pour le consoler. Il me répondit : Le disciple n’est pas au-dessus de son Maître (cf. Jn 15:20). Alors je lui demandai sa bénédiction, qu’il me donna aimablement.

Le dies natalis de Ludwik Mzyk est au 20 février, tandis que le Martyrologe le mentionne au 23 février.

Le père Ludwik Mzyk fut béatifié avec le groupe des cent-huit Martyrs de Pologne, en 1999.

 

 

Stanisława Rodzińska

1899-1945

 

Deuxième des cinq enfants de Michał Rodziński, Stanisława naquit le 16 mars 1899 à Nawojowa (Małopolskie, Pologne).

Le papa, qui était aussi organiste à la paroisse, était très proche des religieuses du Tiers-Ordre dominicain de Wielowski, dont la mère Stanisława Leniart avait fondé le couvent du village ; et c’est d’elle qu’il donna son nom à sa fille.

Ces religieuses faisaient l’école aux enfants du secteur, y ajoutant une formation musicale de qualité.

A six ans, Stanisława devint orpheline de sa mère, et à dix ans, de son père ; elle fut recueillie avec sa petite sœur Janine dans le couvent. A dix-sept ans, Stanisława demanda à être postulante, prit le nom de Maria Julia, puis continua des études pédagogiques à Poznan.

Après la réunification de la Pologne, il y eut un conflit avec les Soviétiques et les Lituaniens, et les Sœurs fondèrent des orphelinats à Wilno et à Rava Ruska (Lviv). Stanisława-Julia enseigna à Wilno.

En 1924 Stanisława prononce ses vœux définitifs et fut nommée dans différentes écoles de la Congrégation. C’était la mère des orphelins. Armée de son chapelet, qu’elle avait en grand honneur, elle se dépensait sans mesure auprès des orphelins, des pauvres, mettant à profit ses excellentes qualités d’administratrice.

En 1927, son expérience la fait désigner comme déléguée au chapitre capitulaire général. En 1934, elle est supérieure à Wilno. 

La ville (désormais Vilnius) est occupée par les Soviétiques en 1939, puis devient lituanienne, repasse à l’Union soviétique en 1940, est occupée par les Allemands en 1941. Les Sœurs sont dépossédées et dispersées, mais continuent leurs activités dans la clandestinité, portant de la nourriture aux prêtres emprisonnés, probablement aussi aux Juifs persécutés.

Mais elle est arrêtée en août 1943 pour activités nationalistes. Elle est torturée et emprisonnée à Lukiszki, de sinistre mémoire, et soumise pendant une année au strict régime d’isolement : dans son petit bloc, elle ne pouvait pas bouger.

Quand le front biélorusse se rapprocha de Vilnius (1944), elle fut déportée avec d’autres Sœurs en wagon à bestiaux à Stutthof (Dantzig, actuelle Gdansk), où elles furent violées. Stanisława-Julia fut placée dans le secteur juif avec le numéro 40992. Elle organisa la prière dans le baraquement.

Chaque jour, les femmes les plus fragiles étaient sélectionnées pour mourir gazées. Au milieu d’une atmosphère emplie de terreur, de faim, de torture, de labeur, de sadisme, Stanisława-Julia sut montrer son courage, son espérance et sa générosité. Elle partageait le peu qu’elle avait ; on lui demandait d’arbitrer les petits conflits entre prisonnières.

Une survivante témoigna : Elle était noble, désireuse d’aider, bonne. Dans le camp, où toute pitié était totalement oubliée, elle servait avec miséricorde.

Autre témoignage : le mari d’une prisonnière, présent lui aussi dans une autre section du camp, voulait se suicider. Stanisława-Julia lui fit passer plusieurs lettres pour lui redonner espoir : il survécut au camp et à la guerre.

A l’automne 1944, se propagea une épidémie de typhus. Elle demanda à être placée avec les personnes contaminées. Elle réussit à tirer d’un amas de corps destinés à la crémation une femme encore en vie, qui survécut et put rendre témoignage. Elle contracta la maladie. En hiver, les nazis évacuèrent le camp, y abandonnant les mourants, dont six-mille neuf-cent vingt-deux femmes agonisantes.

Stanisława fit alors le sacrifice de sa vie, et mourut le 20 février 1945, peu de semaines avant la fin de la guerre.

Elle a été béatifiée en 1999 parmi cent-huit Martyrs polonais, qui sont localement fêtés ensemble le 12 juin.

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 00:00

19 FEVRIER

 

II.

S Auxibe, romain, évêque à Chypre pendant cinquante ans, son frère lui succédant.

III.

S Gabin, prêtre romain, qu’on dit parent de Dioclétien, frère du pape Caïus, sénateur et père de ste Suzanne.

IV.

S Zambdas (Zabdas), évêque à Jérusalem.

? Ss Publius, Julien, Marcel, martyrs en Afrique.

V.

S Quodvultdeus, évêque à Carthage, persécuté et exilé par les Vandales, mort à Naples.

S Odran, irlandais, disciple de s. Patrick, dont il prit la place sur le char qu’il conduisait, et fut ainsi martyrisé. 

VI.

S Rabulas, de Samosate, solitaire puis fondateur de deux monastères, en Phénicie et à Constantinople.

S Conon, abbé à Peathucla où il baptisait, ne pouvant faire autre chose à cause de son âge. 

VII.

S Mansuetus,  romain, évêque à Milan, remarqué pour sa science et ses mœurs.

S Barbatus, évêque à Bénévent, zélé destructeur des superstitions, vestiges du paganisme.

VIII.

S Béat (Bié), prêtre, défenseur de la foi en Espagne. 

IX.

S Georges, moine à Vabres, puis évêque à Lodève.

X.

S Proclo, moine en Calabre.

XIII.

B Boniface, belge, évêque à Lausanne, d’où il préféra démissionner pour se retirer à La Cambre ; il eut des apparitions de la Sainte Vierge.

XIV.

B Corrado Confalonieri de Plaisance, noble, responsable d’un incendie pour lequel un innocent faillit être exécuté : il se fit alors tertiaire franciscain, se retira à Noto ; invoqué pour la guérison des hernies.

XV.

B Álvarez, dominicain à Cordoue, apôtre de l’Andalousie, fondateur du monastère de la “Scala cæli” pour y opérer la réforme de s. Raimondo de Capoue ; de passage en Terre Sainte, il y fut attristé par l’endurcissement des mauvais catholiques.

Bse Elisabetta Picenardi, tertiaire des Servites à Mantoue. 

XIX.

Ste Luqi Yi Zhenmei, catéchiste laïque et vierge chinoise martyre, du groupe des cent-vingt canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

XX.

B John Sullivan (1861-1933), prêtre jésuite irlandais, converti du protestantisme, béatifié en 2017.
B Józef Zaplata (1904-1945), frère profès de la Congrégation du Sacré-Cœur, martyr polonais à Dachau, béatifié en 1999.

Gabinus de Rome

† 296

 

D’après la Passio de ce Martyr, Gabinus aurait été un parent de l’empereur Dioclétien, un frère du pape Caïus (mort en 295, v. 22 avril), et le père de l’illustre martyre Suzanne (v. 11 août).

Gabinus était sénateur et, après la mort de son épouse, avait reçu le sacerdoce.

Parmi les bonnes actions qui lui sont attribuées, il y eut la conversion de toute une famille d’Ostie : Maxime et son épouse Prépédigne, avec leurs deux enfants Alexandre et Cutias, ainsi que Claude, le frère de Maxime, qui furent tous brûlés vifs, le 18 février 295.

Ensuite, Gabinus fut mis en prison, avec Suzanne ; celle-ci fut martyrisée le 11 août 295, mais Gabinus languit en prison pendant encore de longs mois. On croit qu’il y mourut de faim.

Les Chrétiens purent enterrer son corps avec ceux du pape Caïus et de Suzanne dans la maison de Gabinus, proche des Thermes de Dioclétien, et sur laquelle fut édifiée ensuite l’église Sainte-Suzanne.

Le pape Paul V, au 17e siècle, aurait retiré le corps de Gabinus pour le remettre aux Jésuites de Lyon.

Ce Gabinus serait commémoré le 19 février, mais la date est conjecturale.

 

 

Quodvultdeus de Carthage

† 454

 

Un certain nombre d’évêques et de prêtres de Carthage et de la région, furent victimes de la persécution des Vandales. Ce fut par exemple le cas des ss.Silvanus, Castrensis et Secundinus (v. 10 et 11 février).

Quodvultdeus («Ce que Dieu veut») est un autre exemple de la même situation.

Vers 421, il était diacre de l’église de Carthage. C’est à cette date qu’il demanda à s.Augustin (v. 28 août) d’écrire un ouvrage sur les hérésies : en effet, le De Hæresibus de s.Augustin est dédicacé à Quodvultdeus.

Vers 437, il fut élu évêque de Carthage, pour succéder à Capreolus. Quelques données étant manquantes, on peut dire seulement qu’il y eut au moins quate évêques avant Quodvultdeus sur le siège épiscopal de Carthage.

En 438-439, lorsque se déchaîna la persécution de Genséric, roi des Vandales, la ville de Carthage fut prise. Genséric chercha de toutes les façons à faire apostasier Quodvultdeus.

Finalement, l’évêque, avec grande partie de son clergé, fut mis à bord d’une embarcation vétuste et sans voiles, qui aurait dû chavirer en pleine mer, mais qui accosta rapidement sur la côte italienne de Campanie.

Quodvultdeus fut certainement reçu fraternellement par ses Confrères, et intégré dans le clergé ; mais aussi il avait alors toute la tranquillité d’écrire son Livre des Promesses et des Prédictions de Dieu ; également, il prit part à la controverse du pélagianisme, qu’il combattit.

On ne connaît pas davantage la date précise de sa mort. On sait que son successeur à Carthage, Deogratias, fut consacré en 454, mais le siège a certainement pu rester vacant un certain temps, à cause de la persécution. On avancera donc prudemment que Quodvultdeus mourut vers les années 444-454, à Naples.

Saint Quodvultdeus de Carthage est commémoré le 19 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mansuetus de Milan

† 681

 

Mansuetus était né à Rome, de la grande famille des Savelli.

Sa science et ses mœurs parfaitement intègres le désignèrent en 672 pour devenir le quarantième évêque de Milan.

Si Mansuetus fit honneur à son nom (mansuetus = doux), sa plume fut autrement sévère contre l’hérésie monothéliste. 

Il célébra un concile dans sa ville en 679, et assista à celui de Rome en 680, convoqué par Agathon (v. 10 janvier), contre le monothélisme ; on y désigna ceux des participants qui iraient au prochain concile de Constantinople : Mansueto n’était pas du nombre.

Au retour du concile de Rome, il fut atteint par une contagion et mourut le 19 février 681, ce qui exclut qu’il ait participé au concile de Constantinople de 681.

Dans la liturgie ambrosienne, qui ne célèbre pas de festivité en période de Carême, saint Mansuetus est commémoré le 2 septembre, mais il est inscrit au 19 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Barbatus de Benevento

610-682

 

Barbatus (ou Barbas, en italien Barbato) naquit vers 610 dans le petit village de Vandano (Cerreto Sannita, Benevento, Campanie, Italie (CS), dans une famille pauvre, mais chrétienne. 

A la maison comme à l’école, il apprit à lire l’Ecriture, qui le passionna, et grandit ainsi dans une grande innocence de vie.

Il reçut le sacerdoce, peut-être avec dispense d’âge, et fut tout de suite chargé de la prédication et on lui confia la paroisse de Morcone.

Son zèle pour la réforme des mœurs et la restauration de la discipline lui suscita des ennemis ; il fut en butte à une persécution atroce, qu’il supporta en toute humilité, patience et charité. Des rumeurs calomnieuses contre son honneur et sa chasteté pouvaient rendre son ministère infructueux ; il fut donc rappelé à Benevento, où il continua à prêcher par la parole et surtout par l’exemple.

Les Lombards qui avaient récemment conquis le duché de Benevento (590), y avaient aussi implanté leurs superstitions, et l’on vénérait çà et là une vipère en or ou un arbre «sacré». Pour venir à bout de ces pratiques abominables, Barbatus accompagna sa prédication de prières et de jeûnes ardents. Il fut aussi inspiré par Dieu pour prophétiser aux habitants de Benevento le siège de la ville par l’armée impériale, mais aussi la déroute de l’armée, si l’on recourait à l’intercession de la Sainte Vierge : tout ceci arriva effectivement, et le peuple se convertit.

Quand l’évêque de Benevento mourut, durant ce siège, ce fut Barbatus qui fut choisi unanimement pour lui succéder (633). Le nouvel évêque profita de sa mission pour pourchasser jusqu’aux ultimes restes de la superstition : la vipère en or fut fondue et il en fit un calice, pour que le Sang rédempteur couvrît les fautes du peuple ; l’arbre «sacré» fut abattu sans tarder.

C’est sous son épiscopat que le sanctuaire de Saint-Michel au Mont Gargan fut adjoint au diocèse de Benevento (il passa plus tard à celui de Manfredonia).

En 680, Barbatus participa au concile romain convoqué par le pape Agathon (v. 10 janvier) et souscrivit l’année suivante à celui de Constantinople, qui condamnait définitivement l’iconoclasme.

Peu après, le 19 février 682, il mourut à Benevento, auréolé de sainteté.

Saint Barbatus est commémoré le 19 février au Martyrologe Romain.

 

 

Georges de Vabres

† 884

 

Georges naquit dans une famille chrétienne de la noblesse et acquit par sa formation intellectuelle et spirituelle un degré vraiment supérieur de culture et de piété.

Il résolut de quitter le monde pour se donner tout à Dieu et entra à l’abbaye bénédictine Sainte-Foy de Conques (act. Aveyron), où il fut ordonné prêtre.

Lors de l’invasion des Normands (vers 862), le monastère dut être abandonné et les religieux se replièrent sur Toulouse, où le comte Raymond voulait aussi favoriser la construction d’un nouveau monastère.

Ainsi naquit l’abbaye bénédictine de Vabres (act. Aveyron), qui fut fondée dès 862.

Georges en fut donc un des moines fondateurs. Il y brillait tellement par ses vertus, sa fidélité à la Règle et sa science, qu’on parla de lui alentour.

Avertissement aux lecteurs : ce qui suit reste conjectural. Il semble qu’il faille distinguer deux Georges, l’un moine à Vabres, l’autre évêque de Lodève.

En 863, Georges fut appelé au siège épiscopal de Lodève, devenant le neuvième évêque de ce diocèse (qui sera supprimé sous la Révolution et rattaché à celui de Montpellier).

Georges gouverna son diocèse avec la sagesse et la prudence qui font les Saints, et c’est saintement qu’il s’endormit dans le Seigneur, vers 884.

Ses restes furent vénérés sans interruption jusqu’à la triste période de la Réforme, où ils furent dispersés au vent.

L’abbaye de Conques est actuellement occupée par des religieux de l’Ordre de Prémontré.

Saint Georges est à présent commémoré le 19 février dans le Martyrologe Romain, comme moine de Vabres. Un autre Georges, évêque de Lodève, est commémoré le 9 novembre.

 

 

Proclo de Bisignano

† 975

 

Une revendication locale faisait remonter l’origine de la famille de Proclo à l’antique maison latine des Sabini et de Gneo Manlio.

Proclo était de Bisignano (Cosenza, Calabre, Italie SO).

Quelques indices firent penser que Proclo était de famille aisée.

C’est ainsi qu’une chronique ou Vie de s.Nil (v. 26 septembre) nous donne un certain nombre de détails du disciple de s.Nil que fut Proclo. En voici la teneur : 

Le bienheureux et très saint Proclo fut un personnage doué d’une instruction encyclopédique : son esprit était véritablement une arche d’œuvres tant profanes que sacrées. Avant d’être moine, jeune encore, il s’était imposé ce style de vie : il jeûnait chaque jour jusqu’à l’heure de vêpres, lisant, se privant d’aliments cuits ou de boissons agréables ; depuis vêpres jusqu’aux vigiles de la nuit, il visitait toutes les églises du pays, récitant intégralement le psautier et exécutant devant la porte de chaque église maintes prostrations : c’est lui-même qui en avait défini le nombre, que Dieu seul connaissait. Une fois entré dans la vie monastique, ayant reçu de notre saint Père Nil l’habit de la vie religieuse, il s’imposa une telle abstinence et une telle rigoureuse ascèse, il mortifia tellement tous ses membres, qu’il en conçut de pénibles maladies, qu’il supporta jusqu’à son dernier souffle de vie.

La science immense de Proclo le fit appeler encyclopédie vivante. C’est de cette vaste culture qu’on croit pouvoir déduire qu’il était d’origine noble.

Le monastère où vécut Proclo sous la conduite de Nil, est probablement situé dans le fameux Mercurion, une région limitrophe entre Lucanie et Calabre, où fleurit une véritable colonie de monastères et ermitages durant les 10e et 11e siècles. Ce n’est que plus tard en effet, que Nil s’installa à Grottaferrata, près de Rome.

On croit que Proclo mourut vers 975. 

On est en droit de se demander pourquoi Proclo et tant d’autres dans l’histoire purent à ce point tenir leur corps en esclavage, d’en concevoir des plaies, des maladies, qui certainement accélérèrent leur fin de vie. L’Eglise ne permet pas les mortifications qui peuvent altérer la santé, ni même celles dont les sujets pourraient en retirer quelque vanité. Les Saints et les Saintes qui ont pratiqué des mortifications parfois jusqu’aux extrêmes de la possibilité humaine, ont pu le faire à cause de leur amour total pour Dieu, ou parfois aussi avec une mystérieuse permission divine, que seuls les grands Mystiques ont connue. La morale chrétienne en revanche, nous invite à supporter les petits moments difficiles de chaque instant avec paix et sérénité, sans impatience ni révolte intérieure, ce qui est d’ailleurs autrement difficile et méritoire.

Saint Proclo est maintenant commémoré le 19 février au Martyrologe Romain.

 

 

Boniface de Lausanne

1188-1265

 

Né à Bruxelles le 5 juin 1181 (ou en 1188 ou en 1173), Boniface était de la famille des Clutinc. Son père était orfèvre.

Il étudia la théologie à Paris et devint maître en théologie à dix-sept ans. Ordonné prêtre, il ne célébra jamais la messe sans y verser d’abondantes larmes.

Pendant six ans, il fut curé-doyen de la collégiale Sainte Gudule, l’actuelle cathédrale de Bruxelles, en même temps qu’il était professeur de théologie à Paris.

Son départ de Paris fut causé par un débat houleux qui tourna très mal, car il y eut même des morts. Il partit alors à Cologne, où enseignait saint Albert le Grand (on lit parfois qu’il alla à Mayence pour y fonder une université) ; là, il fut écolâtre (professeur) pendant deux ans (1229-1231). 

On lui proposa alors l’évêché de Lausanne (1231). Cette ville était dépourvue d’évêque depuis deux ans déjà, et Boniface n’était pas le bienvenu. Les chanoines avaient leurs préférences et surtout leurs riches propriétés, et n’entendaient pas suivre leur nouvel évêque sur la voie de la pauvreté. Quant à l’empereur Frédéric II, il devint farouchement ennemi du saint évêque, car ce dernier, au 1er concile de Lyon (1245), se prononça pour son excommunication.

L’empereur envoya même une troupe pour s’emparer de l’évêque, mais Boniface en fut averti à temps et échappa au danger. Après avoir donc vainement tenté de réformer son diocèse, Boniface préféra renoncer à son titre et à son siège, et demanda plusieurs fois au pape de l’en relever. Le pape finit par accepter (1239), mais proposa deux autres sièges à Boniface, qui les refusa tour à tour, ne se sentant pas capable de les assumer.

Enfin il fut «libéré» et put se retirer dans l’abbaye cistercienne de la Cambre, qui se trouve au cœur de la forêt de Soignes, non loin de Bruxelles. Il y resta dix-huit années, donnant aussi de son temps à l’évêque de Liège, dans l’administration de ce diocèse.

Boniface eut le don des miracles, et fut favorisé d’apparitions de Notre-Dame. Il sut également certains événements qui se produisaient loin de là, comme la captivité de saint Louis de France en 1250.

Une maladie lui ayant retiré l’usage de ses mains, il fut assisté par des anges pour célébrer la messe.

Boniface mourut en paix le 19 février 1265.

Il a été béatifié en 1603 et canonisé en 1702, quoique le Martyrologe le nomme comme Bienheureux.

Certains le nomment indifféremment Boniface de Lausanne ou Boniface de Bruxelles.

Corrado Confalonieri de Plaisance

1290-1351

 

Corrado était né vers 1290 à Plaisance, d’une famille fort honorable, et vivait avec son épouse, Eufrosina, qui correspondait tout-à-fait à son rang.

Il aimait la chasse et un jour, pour débusquer une bête, fit mettre le feu à un fourré ; le feu gagna les champs voisins et détruisit les récoltes. Un brave paysan qui glanait par là quelques brindilles de bois pour son feu, fut arrêté, jugé coupable de l’incendie et condamné à mort.

Corrado eut l’honnêteté d’aller se déclarer coupable ; on libéra le pauvre paysan, mais on jugea Corrado imprudent et il dut rembourser les dégâts, ce qui le ruina complètement, lui et son épouse.

Ils réfléchirent alors sur la vanité de cette existence et décidèrent d’entrer tous deux en religion, elle chez les Clarisses de Plaisance, lui parmi des ermites du voisinage. Il est probable que Corrado fit partie du Tiers-Ordre franciscain.

Evidemment, ce revirement de situation lui attira des visites, d’amis et de curieux. Pour fuir l’agitation, Corrado fit un pèlerinage à Rome, passa en Sicile et se fixa près de Noto.

Là, il passa trente-six années, partageant son temps entre le service à l’hôpital de Noto et la pénitence dans un ermitage : outre la prière persévérante, il ne prenait que du pain, de l’eau et des herbes, couchant sur la terre, appuyant sa tête sur une pierre. S’il s’éloignait, c’était pour aller voir son confesseur ou pour vénérer le célèbre Crucifix de Noto.

Dieu permit au démon de la gourmandise de le tenter longuement, cruellement, lui rappelant la belle vie d’autrefois, mais Corrado eut la grâce de surmonter les épreuves et reçut le don des miracles ; le premier recensé fut la guérison d’une hernie sur un petit enfant, avec un signe de croix. Un autre miracle fut de servir du pain tout frais à l’évêque de Syracuse qui était venu le voir (alors qu’il n’avait jamais de pain frais chez lui), et ajoutant, tout ingénûment, que Dieu l’avait permis en son honneur ; par la suite, Corrado parcourut une quarantaine de kilomètres pour rendre à l’évêque sa visite.

Il sut le prochain jour de sa mort et s’y prépara saintement, reçut les Sacrements et s’éteignit le 19 février 1351, sainte mort qui fut saluée par le carillon des cloches que personne ne sonnait.

Une foule de gens se précipita de Noto et de la ville voisine de Avola, pour obtenir des reliques ; on estima «miraculeux» que personne ne fût blessé dans cette immense échauffourée.

Corrado fut invoqué particulièrement pour les hernies.

Une première reconnaissance de culte eut lieu en 1515. Le Bienheureux est mentionné au Martyrologe Romain le 19 février.

 

 

Álvaro de Cordoue

1348-1430

 

Álvaro (ou Álvarez) était originaire de Cordoue (Espagne) ou de Lisbonne (Portugal) et pouvait être né vers les années 1350.

En 1368 - la première date sûre qu’on ait de lui - il entra  chez les Dominicains de Cordoue. 

Le Grand Schisme allait éclater en Occident et Álvaro se donna à toutes sortes de pénitences pour expier cette erreur : cilice, chaîne de fer, veilles, jeûnes, silence, rien ne lui suffisait pour implorer la miséricorde de Dieu. 

Parmi les Frères, il recherchait avidement le dernier rang, toujours prévenant envers eux.

Il parcourut l’Andalousie en prêchant, puis passa en Italie, et de là en Palestine. Près des Lieux Saints, il pleura amèrement sur l’endurcissement des Sarrazins et des schismatiques, mais aussi des mauvais catholiques.

En 1405, il reprit son apostolat en Espagne. Le roi Enrico II de Castille le consulta ; à la mort de ce dernier, la reine Catalina le prit comme confesseur et lui confia l’éducation du jeune roi Juan II. Álvaro en profita pour réformer la cour, mais demanda sa liberté dès que possible. 

La reine l’appuya dans son désir de fonder un couvent dominicain selon l’esprit de réforme voulu par s. Raimondo de Capoue (v. 5 octobre). Le couvent s’appela Escalacæli (Echelle du Ciel), et fut une pépinière de sainteté et de science divine.

Álvaro prêcha pour convaincre la population de rester fidèle au pape légitime (Grégoire XII puis Martin V) et de s’opposer à l’antipape Pedro de Luna (qui s’appelait Benoît XIII).

Álvaro avançait en âge, mais ne s’épargnait aucune fatigue pour la prédication et l’enseignement ; la nuit, il priait longuement. Il fit construire plusieurs petites chapelles sur le territoire du monastère ; une nuit qu’il fut bloqué par la tempête dans l’une d’elles, tandis que l’eau descendait en cascade à l’entour, il entendit la cloche de l’office : il étendit son manteau sur ce ruisseau imprévu, et revint au couvent à pieds secs et à l’heure ; son manteau était resté sec et propre.

Au terme de ses prédications, il suscitait la charité des fidèles en faveur des Frères, dont le couvent de l’Echelle du Ciel ne vivait que d’aumônes.

On le voyait parcourir à genoux le trajet qui le menait à une chapelle mariale, pendant lequel il se flagellait.

Álvaro eut la joie de saluer la fin du schisme d’Occident (1417) avec l’élection de Martin V.

Comme le rappelle le Martyrologe Romain, Álvaro mourut le 19 février 1430 et son culte fut confirmé en 1741.

 

 

Elisabetta Picenardi

1428-1468

 

Elisabetta (on lui donne parfois le nom de Bartolomea) naquit vers 1428 à Mantoue (Lombardie, Italie N) de nobles et pieux parents, Leonardo et Paola Nuvoloni. Sa sœur s’appelait Orsina, leur frère Stefano. La famille avait de la parenté aussi à Crémone.

Tandis que plusieurs jeunes hommes de la noblesse locale auraient bien désiré épouser une pieuse jeune fille comme Elisabetta, celle-ci, au contraire, obtint de son père la permission d’entrer dans le Tiers-Ordre des Servites en 1448 et fit le vœu de chasteté.

Sa mère mourut peu après, et son père en 1465. Elle alla alors habiter chez sa sœur, dans une petite chambre à l’écart.

Ses occupations furent la prière et la pénitence, avec une particulière dévotion envers les souffrances de Notre-Seigneur et de Notre-Dame. Exceptionnellement pour l’époque, elle recevait souvent l’Eucharistie, priait l’Office comme les Religieux.

Diverses personnes de Mantoue se mirent à son école, donnant lieu à des réunions fraternelles où chacune édifiait les autres et où l’on lisait l’Ecriture.

On recourut à ses prières, à ses conseils ; malgré cette «célébrité», Elisabetta persévérait toujours dans une constante discrétion.

Un mystérieux mal de ventre la rongea et elle s’éteignit le vendredi 19 février 1468, à l’heure de la mort du Christ. On sut alors qu’elle portait un cilice et une large ceinture garnie de pointes de fer.

Un des nombreux miracles obtenus par son intercession fut le salut d’une petite fille tombée dans l’eau du lac pendant une demi-heure. Ces miracles firent reconnaître son culte en 1804.

 

 

 

Luqi Yi Zhenmei

1815-1862

 

Lucia ou Luqi était née le 17 janvier 1815 à Mianyang (Sichuan).

Elle travaillait comme catéchiste aux côtés des missionnaires.

Laïque et catéchiste, elle s’était offerte en 1858 pour succéder à sainte Agatha Lin, mise à mort pour sa foi le 28 janvier 1858 à Mianyang.

Elle fut arrêtée au même moment que Jean-Pierre Néel et ses Compagnons, qui furent décapités sous ses yeux, le 18 février 1862.

A son tour, elle versa son sang pour le Christ à Kaiyang (Guizhou), le 19 février 1862 qui est son dies natalis..

Elle a été canonisée parmi les cent-vingt Martyrs de Chine en 2000. Tous ces Martyrs sont fêtés ensemble le 9 juillet.

 

 

John Sullivan
1861-1933

John Sullivan naquit le 8 mai 1861 à Dublin (Irlande), de Sir Edward Sullivan, futur premier ministre d’Irlande, et Elizabeth Bailey. Le père était protestant, la mère catholique.
Comme ses frères, John fréquenta à partir de 1873 la Portora Royal School (Enniskillen, Irlande N), la plus prestigieuse école protestante du moment. 
A partir de 1879, John étudia les langues classiques au Trinity College de Dublin : en 1885, il y obtint la Médaille d’or ; c’est alors qu’il eut la brutale épreuve de la mort subite de son père.
Il alla étudier le droit au Lincoln’s Inn de Londres. En 1888, il obtint son diplôme et commença à pratiquer le droit.
Il voyagea beaucoup ; c’était un jeune homme apparemment mondain, très élégant, mais intérieurement, John était en recherche ; la vie monastique l’attirait : en 1896, il passa plusieurs mois dans le monastère du Mont Athos (Grèce).
Finalement, cette même année 1896, de retour à Londres, il fut reçu dans l’Eglise catholique en l’église des Jésuites à Farm Street. A partir de ce moment-là, il modifia tout son genre de vie : il retira de sa chambre tout le superflu, il s’habilla très simplement. Il se mit à visiter les malades, les vieillards, leur apportant de petits cadeaux, leur lisant des livres.
Il entra chez les Jésuites au noviciat St.Stanislaus de Tullabeg en 1900, suivit les cours de philosophie au Stonyhurst College (Angleterre) et ceux de théologie à Milltown Park et fut ordonné prêtre en 1907.
Son apostolat fut désormais le Clongowes Wood College (Kildare), où il fut le professeur de nombreux élèves, mais surtout où il fut un excellent directeur spirituel pour les internes de l’établissement.
Cet apostolat connut une brève interruption, de 1919 à 1924, quand John fut nommé recteur de Rathfarnham Castle (Dublin). 
Les élèves le firent connaître aux parents : on était attiré par son genre de vie austère, son amour de la prière, sa sollicitude pour les pauvres et les malades des environs. On vint en foule lui demander des conseils, des prières.
John passa ses dernières années à St.Vincent’s Nursing Home, pas très loin de la maison familiale. Sa mort advint le 19 février 1933.
Le père John Sullivan  fut béatifié en 2017.
John Sullivan sera commémoré le 19 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

Józef Zapłata

1904-1945

 

Józef était né à Jerka (Koscian, Pologne) le 5 mars 1904.

Après son service militaire, il entra dans la Congrégation des Frères du Sacré-Cœur de Jésus (1927). Il fit ses premiers vœux en la fête de la Nativité de la Sainte Vierge (8 septembre 1928) et ses vœux perpétuels le 10 mars 1938.

Il travailla à la curie de Poznan, comme secrétaire du Primat de Pologne. Il fut aussi pendant un temps maître des novices de sa Congrégation à Lviv.

Arrêté le 3 octobre 1939, il sera malmené d’un endroit à un autre, d’abord au Fort VII de Poznan, puis à Saint-Kazimierz, puis au camp de concentration de Mauthausen-Gusen (1940), enfin à Dachau. Il porta le numéro 22099.

Après avoir survécu plus de cinq ans aux atrocités de la détention, il fut infecté par le typhus en soignant d’autres prisonniers, et mourut le 19 février 1945, onze semaines seulement avant la fin de la guerre.

Il a été béatifié en 1999 parmi les cent-huit Martyrs polonais qui sont fêtés ensemble le 12 juin.

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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 13:42

Chu Mun-mo Iacobus

1752-1801

 

Voir la notice Zhou Wenmo Iacobus

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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 00:00

18 FEVRIER

 

III.

Ss Léon et Parégoire, martyrs à Patare.                                                                                                                                       

Ss Maxime, avec son frère Claude, son épouse Prépédigne et leurs enfants Alexandre et Cutias, martyrs à Ostie, apparentés à Dioclétien.

? Ss Lucius, Silvain, Rutule, Classique, Secondin, Fructule et Maxime, martyrs en Afrique.

IV.

Stes Constance, fille (ou nièce) de Constantin, et ses compagnes, Attique et Artémie, vierges à Rome. 

S Légonce, évêque à Metz.

S Sadoth (Schiadustes), évêque à Séleucie et Ctésiphon, martyr avec cent-vingt-huit membres de son clergé.

VII.

S Eladio, moine à Agali, évêque à Tolède.

S Colman, écossais, évêque à Lindisfarne, puis abbé à Inibofin, où les moines écossais et saxons ne s’entendaient pas, de sorte qu’il fonda un monastère pour saxons à Mayo.

IX.

S Tarasios, nommé encore laïque évêque à Constantinople ; il convoqua un concile pour condamner l’iconoclasme et resta en profonde union avec Rome. 

S Angilbert, grand seigneur et secrétaire de Charlemagne, abbé à Centule, surnommé Homère pour sa culture littéraire. 

XII.

S Teotónio, archiprêtre à Viseu, fondateur d'une congrégation de chanoines réguliers à Coimbra, premier Saint du Portugal.

XV.

B Guido di Pietro (Giovanni da Fiesole, Fra Angelico), dominicain à Florence, mystique, peintre, béatifié en 1982.

XVI.

B William Harrigton, prêtre anglais, martyr à Tyburn.

XVII.

B John Pibush, prêtre anglais, martyr à Southwark.

XIX.

S François-Régis Clet, de Grenoble, lazariste, martyr par la strangulation, un des premiers saints de Chine, canonisé en 2000 et fêté avec tous ses compagnons le 9 juillet.

Ss Jean-Pierre Néel, lyonnais, missionnaire en Chine, martyr avec deux catéchistes Mading Wu Xuesheng et Ruowang Zhang Tianshen, et un néophyte Ruowang Chen Xianheng, canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

XX.

Ste Caterina Comensoli (Maria Geltrude du Très Saint Sacrement, 1847-1903), fondatrice des Sacramentines de Bergame, pour l’adoration perpétuelle, béatifiée en 1989, canonisée en 2009.

B Jerzy Kaszyra (1904-1943), prêtre marianiste polonais, martyr en Biélorussie,  béatifié en 1999.

Shahdost de Séleucie

† 342

 

Sadoth (ou Sciadhustes, «ami du roi») était prêtre dans le diocèse de Séleucie-Ctésiphon (sud de Bagdad, Irak).

En 325, le onzième évêque de ce siège était Shimun Bar Sabba’e (v. 17 avril) qui, ne pouvant se rendre au concile de Nicée, y envoya son prêtre Shahdost (habituellement écrit chez nous Sadoth).

Au retour, celui-ci lui apportait la décision prise durant ce concile, de nommer Shimun métropolitain pour toute la Perse.

Shimun fut martyrisé en 341. On lui donna comme successeur Sadoth.

Au printemps de 342, Sadoth eut une vision dont il fit part à son clergé ; il le convoqua avec la discrétion nécessaire car la persécution sévissait encore, et leur dit ceci : 

La nuit dernière, j’ai vu en songe une échelle brillante dont le sommet atteignait le ciel. Tout en haut se tenait l’évêque Shimun, environné de gloire ; quant à moi, j’étais à terre tout en bas. ‘Sadoth, me dit-il d’un ton qui exprimait son bonheur et sa joie, monte jusqu’à moi, ne crains rien, je suis monté hier, à ton tour aujourd’hui !’ J’ai cru comprendre dès lors que j’étais appelé à confesser le Christ ; l’an passé, Shimun a subi le martyre, je dois le subir cette année et être livré à la mort.

Quand le roi Sapor arriva à Séleucie, il se fit amener Sadoth avec cent-vingt-huit membres de son clergé, prêtres, diacres, moines, vierges, qu’il fit charger de chaînes et jeter en prison, pendant cinq mois.

Pendant cette longue détention, les gardiens ne cessaient de les tourmenter, et de les inviter à adorer le soleil. 

A la fin, le roi prononça contre eux la sentence de mort, que tous les prisonniers reçurent avec l’expression de la plus grande joie.

Sur le chemin qui les conduisait au supplice, ils chantaient le verset du psaume : Juge-moi, Seigneur, sépare ma cause de la nation impie ; arrache-moi de l’homme inique et fourbe, car c’est toi qui es le Dieu de mon refuge (Ps 42:1-2). Sur le lieu du supplice, le chant continuait et ne s’acheva qu’avec la mort du dernier martyr.

Sadoth fut conduit en une autre localité, Beth Lapat (plus tard Gundishapur, proche de Shahabad et Dezfoul, province du Khouzistan en Iran SW), ce qui représente une distance d’environ cinq cents kilomètres, que l’évêque n’a certainement pas parcourus dans un carosse confortable. 

C’est donc là qu’il fut décapité, en l’an 342.

Saint Sadoth de Séleucie est commémoré le 18 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eladio de Tolède

566-633

 

Eladio (ou Heladio) naquit vers 566 en Espagne, issu d’une famille princière.

Jeune, il recouvra des charges importantes à la cour des rois goths d’Espagne, comme de gouverneur de la province de Cartagena ; il fut membre de l’Aula Regia sous Sisebuto, ce roi qui fit construire l’église Sainte-Léocadie à Tolède.

Eladio aurait exprimé au roi sa préférence pour l’expulsion des Juifs du royaume : ceux-ci n’étaient pas nombreux alors, et pouvaient être montrés du doigt par des Chrétiens, tandis que, s’ils se rapprochaient d’autres coreligionnaires, ils pouvaient, pensait Eladio, se soutenir et s’entraider.

De temps en temps, Eladio s’arrêtait au monastère d’Agali et prenait part aux travaux des moines. Il finit par y rester : il prit l’habit et émit la profession ; c’était peut-être un monastère bénédictin. En 605, Eladio fut élu abbé.

En 615, il fut nommé archevêque de Tolède, à quarante-neuf ans. Pendant les dix-huit années de son épiscopat, il donna l’exemple de toutes les vertus, particulièrement de la générosité envers les pauvres.

Eladio mourut en 633.  Certains avancent qu’il démissionna peut-être quelques années plus tôt de sa charge épiscopale pour se retirer dans le silence du monastère.

Saint Eladio est commémoré le 18 février au Martyrologe Romain, qui ne parle pas de cette éventuelle démission.

 

 

Tarasios de Constantinople

730-806

 

Tarasios (devenu Taraise en français) naquit vers 730 à Constantinople, de famille patricienne. Son père Georgios était éparque, haut magistrat, connu pour son intégrité ; sa mère, Encratia, était un modèle de piété.

Le jeune homme grandit donc dans une ambiance favorable au développement de la vertu et de l’honnêteté. Il devint consul, puis secrétaire d’état sous l’impératrice Irini et son fils Constantinos.

Il faut rappeler ici que le patriarche de Constantinople, Paulos IV, avait eu la faiblesse de pencher du côté des iconoclastes ; mais en 784, une forte maladie le fit réfléchir et, plein de remords, il décida de se retirer dans le monastère de Florus. Il se jugeait digne d’être frappé d’anathème par les autres patriarches, et craignait le jugement de Dieu. Il désigna comme remplaçant Tarasios lui-même.

L’élu protestait : il n’était que laïque, n’avait aucune formation pour cette charge… Rien à faire, tous n’avaient d’yeux que pour lui. Il mit alors une condition : il faudrait réunir un concile général pour proclamer la foi catholique et consolider l’union des Eglises, déchirées par l’hérésie iconoclaste.

Tarasios fut donc sacré le jour de Noël 784 : à  cette date, l’Eglise n’était pas encore divisée par le déplorable schisme, et les fêtes étaient les mêmes en Orient et en Occident. On fêtait donc Noël le 25 décembre.

Il eut le souci de se mettre immédiatement en contact avec le pape Adrien Ier, lequel d’un côté déplora qu’on eût enfreint aux saints canons en élisant un laïque, d’autre part cependant reconnut là la volonté de Dieu.

Nouvel Ambroise (v. 7 décembre), Tarasios se mit entièrement à l’étude des Ecritures et des Pères pour être à même de bien exercer sa mission. Il se donna tout entier aux veilles, à la prière fervente ; il chercha à n’imiter que le Christ, dont il se sentait le serviteur : il ne souffrait pas de recevoir les services les plus ordinaires. Humble et généreux, il distribuait tout ce qu’il pouvait aux pauvres et pourvut des hôpitaux. Il fit construire à ses frais un monastère sur le Bosphore.

En 786, le concile si ardemment désiré s’ouvrit à Constantinople, mais à cause d’une faction d’iconoclastes qui vint perturber sérieusement l’ouverture de la première session, on se transporta à Nicée. L’hérésie condamnée, Tarasios se montra particulièrement prudent envers les responsables hérétiques : il les ré-admit dans la communion en les confirmant à leurs sièges respectifs. Le concile condamna à nouveau également la simonie.

Ces bons résultats ne suffisaient pas à Tarasios. Il rencontra aussi des difficultés. C’est ainsi qu’il refusa catégoriquement d’annuler le premier mariage de Constantinos, mais n’osa pas condamner le prince ; il condamna cependant le prêtre qui avait osé bénir le second mariage. Finalement, la mort de Constantinos effaça le scandale.

Les dernières années de Tarasios se passèrent dans le calme, mais la maladie l’attaqua. Il la supporta patiemment, comme une épreuve purificatrice. Il célébra la Messe jusqu’à la fin. Quelques jours avant sa mort, un témoin l’entendit, en extase, discuter avec les démons, qui fouillaient dans toute sa vie pour y trouver quelque manquement grave : mais Tarasios répondait calmement et retrouva finalement la paix.

Il s’endormit le 18 février 806 et fut enseveli dans le monastère qu’il avait fait construire.

Saint Tarasios est commémoré le 18 février au Martyrologe Romain.

 

 

Angilbert de Saint-Riquier

740-814

 

Angilbert (ou Angilberk) était né vers 740 ; son père était bien en vue à la cour, et sa mère, Richarde, était la petite-fille de Charles Martel.

Angilbert fut élevé au palais royal, élève et ami d’Alcuin ; il devint si érudit, qu’on le surnomma l’Homère de la cour. Il reçut aussi les ordres mineurs, car il était destiné à l’état ecclésiastique. Charlemagne en fit l’un de ses secrétaires.

En suite de quoi, Charlemagne l’envoya en 782 comme ministre (intendant) du jeune Pépin, nouveau roi des Lombards, avec qui Angilbert se lia d’une grande amitié et qu’il conseilla dans le gouvernement de l’Italie.

Revenu en France en 791, il fut nommé gouverneur du Ponthieu, et c’est à ce moment qu’il s’établit à Centula, près de l’abbaye fondée par saint Riquier (v. 26 avril). 

En 792 toutefois, Charlemagne l’envoya comme ambassadeur à Rome pour accompagner Felix d’Urgell qui devait abjurer son erreur devant le pape. A nouveau, en 795, Charlemagne le chargea de porter au pape un mémoire au sujet du récent deuxième concile de Nicée (787) et du culte des saintes images. Une troisième fois, en 799, Angilbert partira à Rome, accompagnant Charlemagne pour son sacre.

Mais Angilbert n’avait pas encore ressenti d’attrait particulier pour l’état ecclésiastique. Il «épousa» (le mot reste plus ou moins contesté) la fille de Charlemagne, Berthe, dont il eut deux enfants, Hartnid et Nithard. Gravement frappé par une maladie qu’il considéra comme une punition, il fit vœu d’entrer à l’abbaye s’il guérissait ; avant d’accomplir son vœu, il dut défendre ses terres contre les envahisseurs Vikings puis, reconnaissant à saint Riquier de lui avoir donné et la guérison et la victoire, se retira dans l’abbaye. Berthe, de son côté, fut bannie de la cour en 814 et se retira à son tour dans une abbaye.

Les moines remarquèrent la réelle humilité d’Angilbert et ses pénitences austères : la conversion était réelle. En 794, ils le nommèrent abbé, mais Angilbert restait «laïc» : il devait seulement «diriger» l’abbaye. De fait, Angilbert disposa de sa fortune personelle pour reconstruire toute l’abbaye, y fit venir d’autres vocations, développa abondamment la bibliothèque, mais aussi rétablit l’observance de la Règle primitive, rehaussa la solennité des célébrations, et pourvut l’abbaye d’un grand nombre de reliques. Charlemagne visita cette abbaye en 800.

Curieusement, c’est vers cette date de 800 que les historiens situent la naissance des deux fils d’Angilbert Il semble que cette datation ne coïncide pas avec les autres éléments de la biographie.

On a retrouvé d’Angilbert des poèmes, une épopée, où l’on discerne sa grande culture des auteurs latins. Il fut membre de l’Académie Palatine.

En 811, il signa le testament de Charlemagne, dont il devait être l’exécuteur testamentaire, mais il mourut peu après Charlemagne lui-même, le 18 février 814, avec de profonds sentiments d’humilité et de componction.

Selon sa volonté, il fut enterré près de la porte de l’abbaye, où de nombreux miracles se produisirent. Son fils Nithard, devenu historien et à son tour abbé laïc de Saint-Riquier, affirma que le corps d’Angilbert fut retrouvé intact quelques années après son enterrement.

Angilbert n’a pas été formellement canonisé, mais est mentionné par le Martyrologe au 18 février.

Teotónio de Coimbra

1082-1162

 

Teotónio vit le jour vers 1082 à Ganfei (Valença, Portugal) de Oveco et Eugenia, des parents pieux et aisés.

Cette famille comptait déjà deux prêtres, oncles de Teotónio.

L’un de ceux-ci était abbé du proche monastère bénédictin de Tuy, auquel fut confiée l’éducation de Teotónio. Quand il fut nommé évêque de Coimbra (1092), il prit avec lui Teotónio et le confia à son séminariste, Tello.

En 1098, Teotónio alla à Viseu, où son autre oncle était doyen du chapitre cathédral. Teotónio fut ordonné prêtre, peu avant 1109, et fit partie du chapitre de Viseu.

Il fut bientôt nommé archiprêtre de cette ville. Il suspendit son activité pour faire le pèlerinage de Jérusalem. Au retour, il reprit ses activités dans la prédication et le soin des pauvres. Chaque vendredi il célébrait la Messe pour les âmes du Purgatoire, puis organisait une procession au cimetière.

Une deuxième fois, il partit pour la Terre Sainte, avec des paroissiens cette fois-ci. La traversée fut longue et périlleuse, mais on accosta enfin à Joppé ; on alla sur la tombe de s. Georges (v. 23 avril) à Lydda, puis à Nazareth, au Mont Thabor, à la tombe de s. Jean-Baptiste (v. 24 juin), à Jérusalem et au Mont des Oliviers, Béthanie et Bethléem, enfin Capharnaum et le Lac de Galilée, où s’acheva le pèlerinage.

A la suite de ce long périple en Palestine, la dévotion de Teotónio envers la Passion s’accrut et le poussa à fonder un Ordre religieux qui aurait suivi la règle de saint Augustin (v. 28 août). Le premier monastère s’établit à Coimbra, où Tello, le jeune séminariste devenu archidiacre, acheta le terrain. Le monastère fut béni en 1132, et déjà soixante-douze moines y vivaient, sous la direction de Teotónio.

Le roi Afonso Henriques avait une grande confiance en Teotónio, aux prières duquel il attribuait sa victoire à Ourique. Mais le prêtre restait impartial et sut adresser ses reproches à la reine et son amant.

Plusieurs fois, il fut préconisé pour l’épiscopat à Viseu ou Coimbra, mais il refusa. Un jour que la reine lui objectait que la Messe était trop longue, il répondit poliment que la Messe était offerte à un Souverain plus grand qu’elle et qu’elle était bien libre d’y être ou de s’en aller.

En 1152, Teotónio renonça à toutes ses charges et se retira dans le silence de son monastère, uniquement préoccupé de sa propre sanctification. Saint Bernard de Clairvaux (v. 20 août), informé de ses saints mérites, lui envoya une crosse pastorale.

Teotónio mourut le 18 février 1162. Le roi Afonso I dit alors : Son âme sera plus vite au Ciel que son corps porté en terre.

Il aurait été canonisé dès 1163, premier Saint du Portugal.

En 2000, une Confraternité de Saint Teotónio fut fondée sous l’égide de Miguel de Bragança, duc de Viseu et Infant du Portugal, pour des hommes désireux de défendre les valeurs chrétiennes.

 

 

Guido di Pietro

1395-1455

 

Guido naquit vers 1395 à Vicchio (Mugello, Toscane, Italie centrale) de Pietro, son père (d’où son nom). Son petit frère, Benedetto, fut aussi religieux.

Après avoir reçu une formation artistique à Florence, il fut vite connu comme peintre, miniaturiste, habile utilisateur du bleu lapislazzuli et de l’or en feuille : ces pigments rares et coûteux étaient soumis à des contrôles rigoureux quant à la quantité utilisée.

En 1418 ou peu après, Guido entra dans l’Ordre dominicain à Fiesole, où il émit les vœux et porta désormais le nom de Giovanni de Fiesole.

Il fut ordonné prêtre vers 1427-1429.

On a retrouvé des documents d’archives où il figure parmi les membres du chapitre dominicain, une fois aussi comme vicaire du prieur absent ; une autre fois comme expert pour décider du salaire à attribuer à un autre artiste.

Ses œuvres le firent vite connaître et on lui commanda divers travaux.

En 1438, les Dominicains se déplacèrent de Fiesole à San Marco de Florence. Frère Giovanni fut appelé alors à Cortona par le grand mécène Cosimo de’ Medici, puis habita au couvent de Florence jusqu’en 1445.

Cette année-là, il fut même proposé comme archevêque de Florence, mais il refusa, indiquant au pape un autre candidat, ce qui montre que Frère Giovanni avait à la fois l’instruction et les capacités d’un archevêque, et l’autorité qui lui consentait de suggérer au pape une telle nomination.

Il fut tout de même appelé à Rome par le pape, et vécut au couvent romain de Santa Maria sopra Minerva. Il décora la chapelle vaticane du pape Nicola V, qui l’envoya ensuite décorer la cathédrale d’Orvieto (1447).

En 1450, Giovanni revint à Florence, où il fut élu prieur, pour deux années. On sait qu’ensuite il fut appelé à décorer la cathédrale de Prato, mais il semble qu’il n’en ait pas eu le temps, absorbé par d’autres commandes.

En 1454, il fut appelé à Perugia, puis de nouveau à Rome.

Le surnom de Fra Angelico (Frère Angélique) a très tôt été donné à Giovanni da Fiesole, pour la finesse avec laquelle il représentait les créatures angéliques. On a dit parfois que Giovanni peignait ce qu’il voyait dans les visions dont il était favorisé. Cette inspiration divine pourrait démontrer aussi un autre fait extraordinaire : on prétend souvent que, techniquement parlant, un seul homme ne pourrait pas réaliser aussi rapidement tant de fresques qu’on a attribuées à Giovanni-Fra Angelico et donc que, probablement, plusieurs autres artistes auraient collaboré à ses œuvres. Mais les Anges que Giovanni contemplait, n’auraient-ils pas aussi assisté son travail, guidant ses mains et accélérant miraculeusement l’exécution de si belles réalisations ?

Fra Angelico mourut à Rome le 18 février 1455, et fut enseveli justement dans la basilique de Santa Maria sopra Minerva (près du Panthéon), tout près du maître autel.

Celui qu’on a constamment appelé Beato Angelico, fut effectivement reconnu comme Bienheureux en 1984 et, depuis lors, inséré au Martyrologe Romain.

Il a été proclamé patron céleste des Artistes.

 

 

William Harrington

1566-1594

 

William était né en 1566 à Felixkirk (Yorkshire nord, Angleterre), dans une famille qui, autrefois, avait reçu Edmund Campion (v. 1er décembre), mais qui, depuis, avait abandonné la Foi catholique.

Mais William était resté très impressionné par l’exemple du futur Martyr et traversa la Manche pour venir au séminaire de Reims, puis au noviciat des Jésuites à Tournai (1582-1584). Il aurait eu le temps de recevoir les Ordres, s’il n’avait pas été obligé de garder la chambre pendant cinq ou six ans.

Ce n’est qu’en février 1591 qu’il put venir à Reims et recevoir l’ordination sacerdotale puis, en août 1592, repasser en Angleterre.

En mai 1593, il fut arrêté. Il passa neuf mois en prison, montrant une remarquable constance et une grande noblesse d’âme autant durant l’incarcération que devant le tribunal et au moment de l’exécution.

D’après un texte apparu après la mort de William, ce dernier aurait eu un enfant avant son ordination ; mais il ressort que l’auteur, après avoir renié sa foi, aurait eu une vie orageuse, rendant ainsi très suspecte son assertion, qu’un autre auteur pu aisément réfuter. 

William Harrington mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 18 février 1594.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

John Pibush

?-1601

 

John naquit à Thirsk (Yorkshire nord, Angleterre), de Thomas Pibush et Jane.

En 1580, il vint au Collège anglais de Reims où il fut ordonné prêtre en 1587.

On connaît peu de détails sur ses activités, mais c’est sa captivité qui fut particulièrement mouvementée.

Retourné en Angleterre en janvier 1588, il fut arrêté en 1593 à Morton-in-Marsh (Gloucestershire) et conduit à Londres. De là, on l’envoya à la prison de Westminster, pendant un an. Un premier jugement le chargea du crime d’être prêtre, mais ne le condamna pas tout de suite.

Remis en prison à Gloucester, il s’échappa en février 1594, mais fut repris vingt-quatre heures après à Matson et ramené à Gloucester, d’où on l’expédia à Marshalsea (Londres).

A nouveau jugé à Westminster en juillet 1595, on le condamna pour haute trahison. Il dut cependant rester en prison à Marshalsea ; en fin d’année, il se trouvait à la Queen’s Bench Prison, où il demeura encore plus de cinq années.

John Pibush mourut en martyr à Southwork (Londres) ou à Camberwell, le 18 février 1601.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

François-Régis Clet

1748-1820

 

François-Régis naquit le 19 août 1749 à Grenoble (Isère), treizième des quinze enfants de Césaire Clet et de Claire (Bourquy). La famille est apparentée à Stendhal.

Le papa est marchand de toiles à Grenoble ; une des sœurs de François-Régis sera carmélite, un frère sera chartreux.

François-Régis étudie au collège de Grenoble, puis rejoint les Lazaristes à Lyon, en 1769.

Il fait la profession religieuse en 1771, est ordonné prêtre en 1773, et va enseigner la théologie morale au séminaire d’Annecy pendant quinze ans, où il reçoit le gentil surnom de bibliothèque ambulante.

En 1788, lors d’un chapitre général, il est nommé responsable du grand séminaire et de la maison-mère des Lazaristes à Paris.

En 1791 il part pour la Chine. Après quelques mois à Macao, il rejoint le Kiang-si (Jiangxi) sous un déguisement ; il est le premier missionnaire européen, mais il n’arrive pas à apprendre la langue locale, malgré un travail qu’il qualifie d’ indécrottable.

Une lettre à son frère chartreux révèle son humilité et sa persévérance : Il est à peu près de la première évidence que je ne suis bon à rien : toutefois la rareté des missionnaires dans ce vaste Empire ne permet pas, en conscience, de retourner en Europe, car, comme dit le proverbe, il vaut mieux que la terre soit labourée par des ânes que si elle demeurait absolument sans culture.

En 1793, il part pour le Hou-kouang où il devient supérieur de la mission. Pendant près de trente années, son zèle le fait évangéliser trois provinces : Jiangxi, Hubei, Hunan.

Il traverse les persécutions de 1805, 1811, 1818, mais est finalement arrêté en juin 1819 près de Nan-Yang-Fou, suite à une dénonciation. 

Emprisonné, torturé, chargé de la cangue, des fers aux pieds, aux mains et au cou, il devra faire à pied un trajet de vingt jours pour rejoindre la ville où il doit être jugé. Pénible épreuve, qui comporte une consolation : en prison, il retrouve un prêtre chinois et dix autres chrétiens, avec lesquels il peut prier.

Il est condamné à mort. En attendant la confirmation de la sentence par l’empereur, François-Régis écrit encore : Je me prépare à la mort en répétant souvent avec Saint Paul : ‘si je vis, c’est pour Jésus-Christ et la mort sera pour moi un gain.’

Il est exécuté par strangulation, dans la nuit du 17 au 18 février 1820 à Ou-Tchang-Fou. 

Ce même 18 février, en 1862, sera martyrisé Jean-Pierre Néel avec ses Compagnons.

Signalons aussi que Jean-Gabriel Perboyre, un autre lazariste et grand admirateur de saint François-Régis Clet, mourra à son tour martyr en 1840 (voir au 11 septembre).

Béatifié en 1900, François-Régis Clet sera canonisé en 2000 parmi les cent-vingt Martyrs de Chine.

 

 

Ruowang Zhang Tianshen

1805-1862

 

Ruowang (Ioannes) était né vers 1805 à Jiashanlong (Kaiyang, Guizhou, Chine).

Laïc, il était catéchiste.

Il fut martyrisé à Kaiyang (Guizhou) en même temps que Jean-Pierre Néel (voir la notice de ce dernier).

 

 

Ruowang Chen Xianheng

1820-1862

 

Ruowang (Ioannes) était né vers 1820 à Chengdu (Sichuan, Chine).

Laïc, il était catéchiste.

Il fut martyrisé à Kaiyang (Guizhou) en même temps que Jean-Pierre Néel (voir la notice de ce dernier).

 

 

Mading Wu Xuesheng

1817-1862

 

Mading (Martinus) était né vers 1817 à Chuchangbo (Qingzhen, Guizhou, Chine).

Laïc, il était catéchiste.

Il fut martyrisé à Kaiyang (Guizhou) en même temps que Jean-Pierre Néel (voir la notice de ce dernier).

 

 

Jean-Pierre Néel

1832-1862

et ses Compagnons Ruowang, Mading, Ruowang

 

Jean-Pierre naquit à Soleymieux (Sainte-Catherine-sur-Riverie, Lyon), le 18 octobre 1832. Sa maison natale jouxte la petite chapelle du hameau, et particulièrement sa chambre natale est presque à côté de la porte de cette chapelle.

Des frères Neel (sans accent, ou peut-être même O’Neil), irlandais, s’étaient installés dans la région de Lyon deux siècles auparavant.

Jean-Pierre est le troisième des dix enfants de Jean et Antoinette.

Chaque dimanche, ce papa chrétien lit à la famille réunie la vie des Saints ainsi que les Annales de la Propagation de la Foi. Cette petite «semence» hebdomadaire ne pouvait pas rester sans fruits en tombant sur le sol pur de l’âme de Jean-Pierre.

Vers quatorze ans, Jean-Pierre est initié au latin par un curé voisin, puis il étudie aux séminaires de Montbrison (1850) et de l’Argentière (1853).

Après un bref passage au grand séminaire de Lyon, il entre en 1855 dans la Société des Missions Etrangères de Paris, où il est ordonné prêtre en 1858. Par une lettre écrite à sa famille, on sait qu’il préféra partir sans les prévenir, pour éviter des adieux trop déchirants. Jean-Pierre sait que les siens sont inconsolables, mais sa vocation reste forte : Si je vous quitte c’est pour obéir aux paroles de Jésus Christ : celui qui veut me suivre qu’il abandonne son père, sa mère, ses frères et sœurs et qu’il porte sa Croix.

Ils sont douze compagnons qui partent en août 1858 à destination de la Chine.

Arrivée à Hong-Kong en 1859. Parvenu à Chao-tcheou, il est repoussé par des rebelles chinois ; une deuxième tentative, plus fructueuse, lui permet de rejoindre sa destination, le Kay-Tchéou, et il se met à l’étude du chinois. Il habite à Kouy-yang. Il s’appelle désormais Père Ouen.

Au bout d’un an, il est capable d’évangéliser et travaille dans une vingtaine de communautés.

En décembre 1861, l’évêque, Mgr Faurie, le prie de rendre visite à une famille de Jiashanlong (Kia-cha-loung), dans la sous-préfecture de Kai, où il arrive le 5 janvier 1862. Il y attire aussi quatre nouvelles familles, et envoie chercher la catéchiste Lucia Y pour venir expliquer la religion chrétienne à tout un groupe de femmes.

Après avoir gagné au Christ une cinquantaine de néophytes, il s’apprête à repartir. Mais à ce moment-là, un groupe de rebelles aux ordres du général Tien, grand ennemi des chrétiens, vient arrêter des chrétiens. L’abbé Jean-Pierre écrit alors à l’évêque : Je reste au poste pour soutenir mes néophytes, dont le plus ancien, Jean Tchang, mon hôte, a été baptisé ce matin.

La troupe de la milice arrive sur place le 18 février au matin. Le missionnaire cache précipitamment les vases sacrés et les ornements sous un lit. La porte vole en éclat, on lui lie les mains, on arrête aussi :

  • Joannes Zhang Tianshen (le Jean Tchang dont parle Jean-Pierre dans sa lettre), né vers 1805 à Jiashanlong (Kaiyang, Guizhou), catéchiste ;
  • Martinus Wu Xuesheng, né vers 1817 à Chuchangbo (Qingzhen, Guizhou), catéchiste ; 
  • Joannes Chên Xianheng, né vers 1820 à Chengdu (Sichuan), catéchiste.

On va aussi arrêter Lucia Y.

Le prêtre et les trois catéchistes sont emmenés à Kay-Tchéou pour y être jugés par le sous-préfet Tai Lou-tché. Jean-Pierre, particulièrement, est attaché par les cheveux à la queue d’un cheval, et doit courir derrière la bête au gré du cavalier, au milieu des moqueries de la troupe. 

Après un interrogatoire aussi brutal que bref, les quatre sont condamnés à mort. Le mandarin écrit : J’ai découvert une conspiration avant qu’elle éclatât et j’en ai puni de mort les auteurs. On les dépouille de leurs vêtements et on les conduit en-dehors de la ville pour les exécuter, sous les yeux de Lucia.

Agenouillé au lieu du supplice, Jean-Pierre est décapité d’un coup de sabre, ainsi que les trois autres hommes ; c’était au soir du 18 février 1862.

Mgr Faurie rapporta qu’au moment où la tête de M. Néel roulait sur le sol, une nuée lumineuse descendit rapidement du ciel, resta immobile quelques instants au-dessus de son corps, puis s’évanouit. La foule des païens en fut effrayée et le bourreau plus que les autres. Du reste, ce prodige n’étonnera aucun de ceux qui ont connu M. Néel : c’était un saint.

Les corps resteront abandonnés sur place et en partie dévorés par les loups. Les têtes des Martyrs seront exposées sur les murs de Kai-Tchéou puis, quelques jours plus tard, enlevées par des chrétiens qui les rapporteront à l’évêque.

Peu avant de mourir, Jean-Pierre disait à ses amis : Ne craignez point ; suivez-moi jusqu'à la mort. Encore un peu de temps et nous entrerons dans le royaume des Cieux. 

Lucia sera décapitée le lendemain.

Jean-Pierre Néel et ses Compagnons seront béatifiés en 1909 et canonisés en 2000, parmi cent-vingt Martyrs de Chine fêtés ensemble le 9 juillet, tandis que saint Jean-Pierre Néel est mentionné au Martyrologe avec ses trois Compagnons, le 18 février. Localement, ils sont fêtés le 19 février, car le 18 est la fête de la Chaire de saint Pierre.

Actuellement, la Salle des Martyrs du Séminaire des Missions Etrangères de Paris, possède quelques reliques de saint Jean-Pierre Néel : quelques cheveux, une vertèbre du cou et quelques objets lui ayant appartenu.

Caterina Comensoli

1847-1903

 

Caterina Comensoli naquit à Val Camonica (Bienno, Brescia, Italie de nord) le 18 janvier 1847, cinquième des dix enfants de Carlo et Anna Maria Milesi, qui la font baptiser le jour même.

Dans son enfance, on lui remarque cette disposition à la méditation, ou à la “rêverie” ; et quand on lui demandait ce qu'elle faisait, elle répondait souvent : Je suis en train de penser. 

En réalité elle était intimement attirée par l'Eucharistie. A sept ans, n'en pouvant plus, un jour elle s'enveloppe d'un grand châle de sa mère et va très tôt, très tôt, à l'église, devant la balustrade du chœur ; là, devant le Saint Sacrement, elle fit mystiquement sa “Première Communion” ; elle promit aussi à Jésus de vivre dans la chasteté. Depuis, elle devint encore plus méditative, plus sérieuse, plus unie au divin Maître présent dans l'Eucharistie, et trop souvent seul. Elle aurait presque voulu prendre le Saint Sacrement et le porter au-dessus d'une haute montagne pour le faire voir à tout le monde et le faire adorer par tous.

Elle recruta parmi ses amies celles qui voulaient organiser avec elle une Garde d'Honneur pour adorer à tour de rôle la Divine Présence Eucharistique.

En 1862, elle entre chez les Sœurs de la Charité à Lovere (Brescia). Mais une grave maladie l'en fait sortir. En 1867, elle fait une autre tentative chez les Ursulines de Brescia.

Quand son père tombe malade, pour aider la famille elle se met au service d'un prêtre de Chiari (qui deviendra l'évêque de Lodi), puis de la comtesse Fé-Vitali, où elle devient véritablement dame de compagnie, accompagnant la famille dans ses déplacements.

En juin 1878, elle fait le vœu perpétuel de chasteté, qu'elle avait déjà fait lors de sa “première communion”. Elle entreprend aussi la formation des enfants d'un quartier de Bergame.

Après la mort de ses parents, elle rencontre chez la comtesse Fé-Vitali l'évêque de Bergame, qui l'encourage dans sa voie : elle voudrait établir une famille où principalement l'on adorerait l'Eucharistie. A ce projet, le pape Léon XIII y ajoute celui de s'occuper des jeunes travailleuses.

En 1882, avec deux autres compagnes, Caterina inaugure cette Congrégation des Sœurs Sacramentines, avec leur première heure d'adoration. Outre l'adoration de l'Eucharistie, elles s'engagent à subvenir aux besoins des pauvres, selon les dispositions de la Providence.

En 1884 Caterina prend le nom de Sœur Geltrude du Saint-Sacrement. Plusieurs maisons s'ouvrent dans la région.

Mais comme cela arrive souvent dans les premiers moments d'une nouvelle famille religieuse, cette famille des Sœurs Sacramentines doit passer par bien des adversités et des contradictions. Tout particulièrement un grave problème financier s'abat sur la fondation, la maison-mère est mise sous scellés, les religieuses doivent quitter le diocèse de Bergame pour celui de Lodi ; heureusement, l'évêque les reçut avec bienveillance en leur donnant une maison à Lavagna di Comazzo ; cet évêque, on s'en souvient, était ce prêtre chez qui elle avait travaillé précédemment à Chiari.

Grâce à la ténacité de Geltrude et des Sœurs qui lui sont restées fidèles, l'institut reprend souffle. En 1891, l'évêque concéda le décret de reconnaissance canonique. En 1892, Mère Geltrude put revenir dans sa maison de Bergame. Elle donnait une impulsion forte et décisive à son institut, fondé sur l'esprit de prière, de sacrifice, de mortification, d'obéissance, d'humilité et de charité, particulièrement envers les pauvres. 

Déjà seize maisons étaient ouvertes, quand l'heure de la fin de cette vie sonna pour Caterina-Geltrude le 18 février 1903.

Beaucoup de miracles s'étant produits par son intercession, elle fut béatifiée en 1989 et canonisée en 2009.

Les Sœurs Sacramentines se sont installées au Brésil (1946), au Malawi (1976), en Equateur (1987), au Kenya (1991), en Bolivie (2005), en Croatie (2006). L'Ethiopie et la Chine les ont en revanche expulsées après de pénibles mauvais traitements, suite aux agitations politiques qui ont secoué ces pays.

 

 

Youri Kachira

1904-1943

 

Youri (Georges, Jerzy en polonais) naquit le 4 avril 1904 à Alexandrovo (Dzisna, Vilnius, actuelle Lituanie), de parents biélorusses qui, précédemment uniates étaient passés à l'orthodoxie quand l'Eglise uniate fut interdite. En 1905, le tsar lève cette interdiction et la mère de Youri retrouve sa religion d'enfance.

A Vilnius, où Youri grandit, la population est majoritairement catholique, de rite latin, tandis qu'une minorité, d'origine ruthène, est gréco-catholique (uniate). D'autres minorités existent aussi : orthodoxe pour les habitants d'origine biélorusse, protestante pour ceux d'origine germanique. Cette situation assez complexe ne s'arrange pas avec les guerres et les annexions successives : Pologne et Lituanie se jalouseront, puis s'uniront contre la Russie bolchevique. La région où vit Youri est occupée par les Allemands en 1915, devient soviétique en 1918, polonaise entre 1919 et 1921, avant de repasser sous la domination soviétique, jusqu'à sa récente reprise d'indépendance en 1990.

Tôt orphelin, Youri devient catholique en 1922 - il a dix-huit ans – au terme de ses études au collège secondaire tenu par les pères marianistes de l'Immaculée Conception. Il entre dans leur noviciat à Drouïa, une ville à la frontière avec la Biélorussie.

Il prononce ses vœux en 1929, et va faire ses études de philosophie et de théologie à l'université de l'Angelicum de Rome. Il est ordonné prêtre à son retour, en 1936.

Il est alors chargé du juvénat des marianistes, en même temps qu'il enseigne dans le lycée. Mais le gouvernement de Pologne impose des lois laïcistes et le père Youri doit partir à Rasna en Polésie (petite région limitrophe entre Biélorussie, Ukraine et Pologne).

Pire encore, en septembre 1939, quand l'Allemagne envahit la Pologne par l'ouest, et la Russie par l'est. Les marianistes sont expulsés, et le père Youri finit pas regagner Drouïa après s'être caché de maison en maison à travers la Lituanie. 

C'est à partir de ce moment que Youri va partager le sort du père Antoni Leszczewicz. 

En juin 1941, le père Antoni passe de l'autre côté de la frontière : là où les Soviétiques avaient fermé les paroisses depuis une vingtaine d'années, l'armée allemande s'était installée et le père Antoni voulait rouvrir ces paroisses et organiser un ministère paroissial. Il s'installe discrètement à Rossitsa, avec des Sœurs de la congrégation des Servantes de Jésus dans l'Eucharistie, ainsi que le père Jerzy. Les autorités allemandes qui ferment les yeux au début, se mettent à suspecter ces activités, craignant une reprise du nationalisme biélorusse, d'inspiration soviétique et donc anti-germanique.

En février 1943, les Allemands lancent une opération de ratissage, l’opération Winterzauber, c’est-à-dire “Nettoyage d'hiver”, ou encore “Tragédie d'Osveïa”, du nom d’une des localités d’où les autorités nazies voulaient évacuer toute la population, supprimant les hommes et envoyant femmes et enfants «capables» en camp de concentration, les autres étant éliminés sur place, et ce, avec la complicité de miliciens ukrainiens et lettons, dressés contre les soviétiques. Un millier d'otages des environs sont enfermés dans l'église de la Sainte-Trinité, dans la journée du 17 février 1943. Le père Antoni, prévenu, ne pense pas un instant à s'enfuir, de même que le père Youri ; ensemble ils font le sacrifice de leur vie, et restent avec les otages pour les confesser et les assister au moment de la mort. Même chose quand un officier allemand leur propose la liberté.

Les otages sont extraits de l'église par petits groupes d'une dizaine, enfermés dans des granges ou écuries avoisinantes, que les miliciens font sauter à coup de grenades. Ceux qui ne sont pas brûlés, sont fusillés.

Le père Antoni brûle avec une douzaine d'otages dans une écurie, dans la nuit du 17 au 18 février 1943. Quelques heures après lui, le père Jerzy partage le même sort, au matin du 18 février.

Le père Antoni Leszczewicz et le père Youri Kachira font partie des cent-huit Martyrs de Pologne, béatifiés ensemble en 1999, et fêtés localement ensemble le 13 juin. 

Le dies natalis du père Youri est au 18 février.

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 00:00

17 FEVRIER

 

I.

Ste Mariamna, veuve, compagne d’apostolat de s. Philippe à Hiérapolis, puis en Lycaonie.

III.

S Polychrone, évêque à Babylone et martyr : ne parlant pas, il fut frappé sur la bouche.

IV.

Ss Donat, Secondien et Romule, (soldats ?) de Vicenza, martyrs à Concordia avec d’autres.

S Chrysantien, martyr à Aquilée, avec d’autres, peut-être compagnons des précédents.

S Theodoros, illustre soldat et martyr dans la province d'Amasée.

S Bonosus, évêque à Trèves.

V.

S Mesrob, “docteur des Arméniens”, inventeur d’un alphabet pour l’Eglise arménienne ; il savait le syriaque, le grec, le persan.

S Loman, neveu de s. Patrick, premier évêque à Trim, fêté avec son successeur s. Forchern.

S Flavien, évêque à Constantinople, malmené au Brigandage d'Ephèse, mort en exil pour son opposition au monophysisme.

S Fintan, abbé à Cluain Ednech, le saint Benoît irlandais.

VI.

S Guévroc (Kirec), de Grande-Bretagne, abbé à Loc-Kirec puis solitaire à Ploudaniel.

VII.

S Finan, écossais, évêque à Lindisfarne ; il resta attaché à la date celte de la Pâque.

VIII.

S Silvin, évêque régionnaire près de Toulouse, apôtre des Morins, mort à Auchy. 

S Silvino, évêque à Crémone pendant trente-neuf ans, réputé pour la pureté de ses mœurs.

S Fulrad, abbé à Saint-Denis de Paris, chargé d’importantes missions pour le pape.

XII.

S Benoît, abbé au Mont Cassin, évêque en Sardaigne.

S Costabile, abbé à La Cava.

S Evermod, flamand, un des premiers disciples de s. Norbert et évêque à Ratzeburg ; un jour de Pâques, sa prière fit tomber les chaînes des prisonniers qui assistaient à la messe dans la cathédrale.

XIII.

B Luca Belludi, franciscain à Padoue, compagnon de s. Antoine.

XIV.

S Alessio Falconieri, pieux marchand de Florence, un des sept premiers membres d'une Confrérie mariale qui devint l'Ordre des Servites de Marie ; il mourut à cent-dix ans ; ces Sept Fondateurs sont fêtés en ce jour.

XVII.

B William Richardson, prêtre anglais, pendu à Tyburn (le 27 février au Martyrologe).

B Matthias Shobara Ichizaemon, laïc japonais martyr, béatifié en 2008.

XIX.

S Yu Chŏng-nyul Petrus , père de famille coréen, un des cent-trois martyrs canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

XX.

Bse Isabel Sánchez Romero (Ascension de Saint-Joseph, 1861-1937), religieuse dominicaine espagnole, martyrisée la tête écrasée entre deux pierres, à Huéscar, béatifiée en 2020.

B Martí Torrés Puigpelat (Frederic, 1877-1937), prêtre capucin espagnol, martyrisé à Barcelone, béatifié en 2015.

B Antoni Leszczewicz (1890-1943), prêtre polonais, missionnaire en Extrême-Orient, puis marianiste, martyr, brûlé avec tout un groupe de fidèles en Biélorussie, béatifié en 1999.

Bse Edvige Carboni ((1880-1952), humble femme italienne et grande mystique, béatifiée en 2019.

Mariamna

1er siècle

 

Cette sainte femme est mentionnée dans les menées grecques comme une compagne d’apostolat des apôtres Philippe et Barthélemy.

Après l’Ascension du Seigneur, elle les aurait accompagnés à Hiérapolis, où Philippe fut martyrisé.

Libérée avec Barthélemy, tandis que celui-ci partait pour l’Inde, elle se retira en Lycaonie, où elle annonça l’Evangile, administra le baptême et mourut en paix.

Sainte Mariamna n’est pas mentionnée dans le Martyrologe romain. Les menées l’inscrivent au 17 février, sur la base d’indications provenant d’actes apocryphes et pouvant avoir un lien avec des faits historiques.

 

 

Theodoros d’Héraclée

† 319

 

On fait naître Theodoros à Euchaïta ou à Héraclée, l’une est en Turquie asiatique, l’autre en Macédoine.

Theodoros entra dans l’armée et fit partie de la légion qui avait ses quartiers d’hiver en Cappadoce.

Chrétien convaincu, il ne se gênait pas pour manifester son adhésion au Christ ; courageux, il se battait victorieusement ; on lui attribua la victoire sur un énorme dragon (?).

Au moment de la persécution, il fut dénoncé. Après un premier interrogatoire, mais laissé encore en liberté, Theodoros serait allé mettre le feu à un temple païen. A nouveau cité en jugement, Theodoros persista dans sa Foi.

On le suspendit, on lui déchira les chairs avec des fouets et des pointes de métal, pendant qu’il continuait à chanter des versets de psaumes.

On lui fit passer la nuit en prison, où une lumière céleste inonda l’endroit.

Le lendemain, Theodoros fut martyrisé par le feu, vers 317 (on trouve 303, 319…).

Le culte de s.Theodoros s’est largement développé jusqu’en Occident. A partir du neuvième siècle, apparaît un dédoublement : on parla de Théodore le Stratélate (général) et Théodore le Tiron (conscrit), qui semblent être le même personnage. En effet, le récit concernant le Stratélate apparaît comme un développement de celui du Tiron, avec des détails qui tiennent de l’invraisemblable : Théodore y devient donc général, est rattaché à Héraclée, où il ressuscite une première fois avant d’être finalement décapité.

Saint Theodoros d’Héraclée (ou plutôt Tiron) est commémoré le 17 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bonosus de Trèves

† 373

 

Bonosus était un prêtre âgé de Trèves, fidèle aux enseignements de l’évêque Paulin (v. 31 août), en particulier concernant le dogme trinitaire, courageusement défendu par l’un et par l’autre.

Lorsque Paulin fut envoyé en exil (353), le clergé et le peuple s’accordèrent pour élire Bonosus évêque. Mais ce dernier prétexta que, Paulin étant encore en vie, on ne pouvait lui élire un successeur, et refusa l’élection.

Ce contre-temps exaspéra l’empereur au point de faire jeter en prison Bonosus.

Mais quand on apprit la mort de Paulin, en exil (358 ou 361), et peut-être aussi après la mort de l’empereur, Bonosus fut comme contraint de monter sur le siège de Trèves, et en devenait ainsi le septième titulaire. 

Il mourut vers 373, après douze ou quinze années d’épiscopat.

Saint Bonosus de Trèves est commémoré le 17 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mesrob d’Arménie

362-441

 

Mesrob dit Machtots naquit en 362 dans le village de Hatsekats (Taron, Arménie occidentale) à l’ouest du lac de Van, un territoire qui devait être dévolu aux Perses en 384.

Dès l’enfance il pratiqua le grec, le syriaque surtout, et aussi le perse, car cette région recevait une influence importante de la part de la Syrie et de la Perse sassanide.

Il commença une carrière militaire, travailla chez un haut fonctionnaire royal, puis se retira dans la méditation en quelque solitude. Il se mit à prêcher parmi ses compatriotes.

Mais la langue écrite n’existait pas. Et Mesrob voulait procurer à ses auditeurs les textes de l’Ecriture. Il songea à créer un alphabet, comme le firent Cyrille et Méthode chez les Slaves (v. 21 février).

Il fit un long voyage d’étude, qui le porta à Edesse, Samosate, en Siounie (Arménie S), au nord du lac d’Ourmia (act. Azerbaïdjan iranien), et jusqu’en Ibérie et Albanie (act. Géorgie) ; puis en Grèce, à Constantinople. Partout, il fut bien reçu.

A son retour, il capta la bienveillance du catholicos d’Arménie, s.Sahak 1er Parthev (v. 8 septembre) ainsi que du roi Vram Châhpouh, et put ainsi ouvrir plusieurs écoles pour former la jeunesse. 

On peut dater l’établissement de l’alphabet arménien vers les années 392-406. C’était  une nouveauté qui allait permettre d’écrire des hymnes, des livres liturgiques, et bien sûr de lire l’Ecriture, mais surtout c’est grâce à cette entreprise que l’Arménie sauva sa langue et sa culture.

Mesrob mourut en 441, octogénaire. On l’a appelé le Docteur des Arméniens.

Malgré ces efforts, l’Eglise arménienne connut le schisme dès le siècle suivant. 

Saint Mesrob d’Arménie est commémoré le 17 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Flavien de Constantinople

† 449

 

Notre histoire du patriarche Flavien (Flavianos) commence à son élection au siège de Constantinople, car on ne connaît rien de sa famille, de sa naissance, de sa formation.

En 446, il était prêtre et sacristain, chargé de garder les vases sacrés. Il succéda à s.Proclus (v. 24 octobre).

L’élection était unanime, à l’exception d’un eunuque nommé Chrysaphios, qui manœuvra pour faire déposer et exiler le nouveau patriarche.

L’empereur était à Chalcédoine au moment du sacre ; poussé par Chrysaphios, il fit demander à Flavien une offrande ; Flavien, suivant l’usage, répondit par un envoi de pain bénit (eulogie). Chrysaphios, méprisant ce geste, fit dire à Flavien qu’il fallait un présent en or, à quoi Flavien répondit qu’il n’avait d’or que les vases sacrés, propriété de Dieu et des pauvres, mais fit effectivement envoyer les vases sacrés. De cette façon, Chrysaphios passait pour un spoliateur sacrilège ; furieux de cette leçon, il jura la perte de Flavien.

Il chercha d’abord à écarter des affaires la sœur de l’empereur, Pulchérie, sous prétexte que Flavien voulait l’ordonner diaconesse, mais le patriarche déjoua cette nouvelle intrigue.

Chrysaphios alors s’employa à soutenir le moine Eutychès, son parrain, qui avait eu le malheur de tomber dans l’erreur du monophysisme. En 448, lors d’un synode convoqué par Flavien à Constantinople, cet Eutychès fut convoqué, mais ne se présenta pas et, par l’intermédiaire de Chrysaphios, eut recours à l’empereur, qui lui donna deux officiers impériaux pour l’accompagner. Il fut cependant condamné et excommunié.

Flavien en informa le pape Léon 1er ; celui-ci l’approuva par le fameux Tome à Flavien, qui serait ensuite lu au concile de Chalcédoine (451), mais qui n’arriva à Constantinople qu’en juin 449 ; Eutychès, grâce à Chrysaphios, obtint de l’empereur la convocation d’un concile à Ephèse pour mars 449.

Ce concile fut un véritable combat, au point que le pape Léon devait ensuite l’appeler le Brigandage d’Ephèse. Les légats du pape ne purent y lire son message ; Euthychès fut déclaré orthodoxe et réhabilité ; on réussit à accuser Flavien d’avoir enfreint un canon du concile de Nicée et on le déposa.

L’église devint un champ de bataille où régna une grande agitation entre les deux factions. Flavien eut juste le temps de rédiger un message pour le pape, avant d’être arrêté, remis aux mains de la police impériale, accablé d’outrages et de mauvais traitements. 

Il mourut quelques jours plus tard à Hypèpe (Lydie, Asie Mineure, act. Turquie W)), sans qu’on sache s’il était arrivé à son lieu d’exil ou s’il aurait dû poursuivre encore plus loin. 

Certains dirent que Flavien avait été tué, lui décernant le titre de martyr ; d’autres, que Flavien mourut des coups et des émotions qui l’avaient tant troublé.

Le décès de Flavien advint le 11 août 449. La dépouille de Flavien fut solennellement ramenée à Constantinople, par les soins de Pulchérie, devenue alors impératrice. Cette translation advint peut-être en novembre 450 ou en février 451.

Saint Flavien de Constantinople est commémoré le 17 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fintan de Clonenagh

530-603

 

Fintan naquit vers 525-530 dans le Leinster (Irlande O). Il avait un frère, Finlugh, un de ces nombreux Saints irlandais parfois si énigmatiques qu’ils n’ont pas leur place dans le Martyrologe.

Quand Fintan en eut l’âge, il fut confié à Colomba de Tirdaglas (en irlandais Tir-da-Glasí ou aussi Terryglas) puis, avec des compagnons, alla fonder, vers 548, un monastère à Clúain Ednech (auj. Clonenagh), avec la bénédiction de Columba.

La Règle était, à nos yeux modernes, extrêmement sévère. Outre que les moines vivaient du travail de leurs mains, ils vivaient dans une abstinence totale de viande, de lait et de beurre. Au bout d’un certain temps, les prêtres des environs se sentirent humiliés devant tant de mortifications, et vinrent supplier Fintan d’adoucir un peu le régime de ces moines : Fintan accepta leur requête, mais ne changea rien pour lui-même : un peu de pain d’orge avec de l’eau.

Dieu lui accorda le don des miracles.

Il éteignit d’un signe de croix l’incendie qui s’était déclaré dans le toit du monastère.

Ayant appris que le roi voisin allait condamner à mort un prisonnier, il prit avec lui des moines et se dirigea vers le château de ce roi ; en l’apprenant, le roi fit fermer toutes les portes, qui cependant s’ouvrirent d’elles-mêmes à l’arrivée de Fintan ; même les chaînes du prisonnier tombèrent à terre. Le roi eut peur, et fit libérer son prisonnier.

Un pieux évêque voulut terminer ses jours dans le monastère de Clonenagh, et demanda à Fintan de lui obtenir la grâce de mourir peu après lui. Fintan le lui promit ; en effet, l’évêque mourut peu après Fintan.

Sentant approcher la mort, Fintan rassembla sa communauté, désigna un successeur, et rendit le dernier soupir, le 17 février, vers 594 (quelques jours après mourut l’évêque dont il était question plus haut).

S.Óengus (v.11 mars) l’a appelé homme de la prière. Il est considéré comme le chef des moines d’Irlande, un peu comme s.Benoît de Nursie (v. 21 mars).

Saint Fintan de Clonenagh est commémoré le 17 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Finan de Lindisfarne

† 661

 

Ecossais, ou plus probablement irlandais, Finan fut moine à Iona, sous la règle de s. Columba (v. 9 juin).

Passionné par l’étude, il acquit de très vastes connaissances et tous (sauf lui) lui prévoyaient un glorieux avenir.

Et voilà qu’il fut nommé évêque de Lindisfarne en 651.

Il construisit sa cathédrale selon l’habitude celtique : non pas en pierre, mais en bois et recouverte de joncs, et la dédia à saint Pierre (v. 29 juin), puis aussi l’église Sainte-Marie à l’embouchure de la Tyne.

Animé d’un esprit missionnaire, il étendit son influence à la région voisine et amena à la foi les deux rois d’Essex et de Mercie, Peada et Sigebert. C’est Finan aussi qui ordonna évêque s. Cedd (v. 26 octobre).

Finan fonda en 656 l’abbaye de Whitby, qui fut le théâtre d’un concile en 664, concernant la date de Pâques. Finan ne connut pas ce concile, mais on sait qu’il restait attaché aux habitudes celtiques, et il ne put jamais s’adapter à la date romaine.

Le nom de Finan est aussi lié au lac Currane (Kerry, Irlande), en raison du monastère où l’évêque travailla pendant quelque temps. 

Finan mourut en 661 au monastère de Clúain Ednech, qu’il avait également fondé. Son successeur fut s.Cuthbert (v. 20 mars).

Il ne fut jamais mentionné dans les calendriers romains, très probablement en raison de son attachement à la date de Pâques. Mais sa fête fut rétablie en Ecosse en  1898.

Saint Finan est maintenant commémoré le 17 février au Martyrologe Romain

Silvino de Crémone

† 773

 

Silvino était né à Crémone (Italie N), où il acquit une réputation de saint homme, aux mœurs très pures et à la vie remplie d’actions vertueuses. Sa famille avait d’anciennes et nobles racines romaines.

Sous l’épiscopat de Zeno, Silvino était diacre et vidame. Dans cette dernière fonction, Silvino jouait un rôle important dans l’administration de la ville, au nom de l’évêque. A la mort de Zeno, qui était bénédictin, Silvino fut appelé à devenir le dix-neuvième évêque de Crémone, vers 733.

Les historiens furent unanimes à louer les vertus de Silvino : sa doctrine, sa prudence et sa douceur, sa charité et son zèle.

C’est sous son épiscopat que furent construits les oratoires de s. Donato (?) et des ss. Vito et Modesto (v. 15 juin ?).

En 754, d’après la tradition populaire, Silvino posa la première pierre de la grande tour (campanile) de la cathédrale : ce torrazzo est très célèbre, car avec ses 112,7 mètres de hauteur, c’est la tour la plus haute en Italie pour l’époque pré-moderne ; en Europe, des campaniles construits en briques, seule la tour de Landshut (Bavière) la dépasse. On y monte par un escalier de plus de cinq cents marches ; elle abrite sept cloches, dont la plus grosse pèse plus de trois tonnes, ainsi que la plus grande horloge astronomique du monde, avec un cadran de huit mètres.

Silvino gouverna l’Eglise de Crémone, dit-on, avec la plus grande prudence et la plus exacte discipline ecclésiastique.

Son épiscopat dura trente-neuf ans, ou peut-être même quarante-trois ans, si on le fait mourir en 776, quoique la date habituellement acceptée soit 773.

Saint Silvino est commémoré le 17 février au Martyrologe Romain.

 

 

Costabile Gentilcore de La Cava

1070-1124

 

Costabile Gentilcore était né vers 1070 à Tresino (Campanie, Italie SO) et, orphelin à sept ans, fut confié à l’abbaye de La Cava.

Leone I, puis Pietro I, successivement abbés de ce célèbre monastère, veillèrent à sa formation ; en 1118, Pietro I chercha un coadjuteur et les moines choisirent à l’unanimité Costabile, qui lui succéda donc en 1122.

Costabile se montra en tout d’une grande amabilité envers chacun des moines.

Cet abbatiat ne dura qu’un peu moins de deux années. Mais son action ne s’arrêta pas pour autant.

Il apparut en effet à son successeur, Simeone, pour le rassurer au sujet d’une soi-disant somme d’argent qu’on aurait cachée dans sa cellule : Il n’y avait dans ma cellule que ce que tu y as trouvé.

Plus spectaculaire, cette manifestation mystérieuse qui mit en fuite des pirates sur les côtes maritimes proches. Ceux-ci se sentirent en effet repoussés par de nombreux défenseurs, qui n’existaient pas : les moines y virent la présence manifeste de leur cher abbé défunt.

Costabile mourut le 17 février 1124 et son culte fut confirmé en 1893. Le Martyrologe le considère saint.

 

 

Evermod de Ratzeburg

1100-1178

 

Quand saint Norbert (v. 6 juin) vint prêcher à Cambrai, un jeune homme de vingt ans à peine se sentit intérieurement poussé à se faire le disciple de cet apôtre et missionnaire, comme si Notre-Seigneur lui-même l’eût appelé à sa suite. On était en 1120.

Ce jeune homme s’appelait Evermod, il était flamand.

Ayant revêtu l’habit des Chanoines réguliers à Prémontré, il devint l’exemple de ses frères par son humilité, sa piété, sa mortification.

Saint Norbert l’estima beaucoup et en fit son compagnon de voyages : d’Anvers à Magdeburg, de Cologne à Rome, Evermod ne le quitta jamais et l’assista à ses derniers moments (1134).

En 1134, Evermode fut prieur à Gottesgnaden, en 1138 à Magdeburg, d’où il dirigea les fondations à Havelberg, Jericho, Quedlinburg et Pöhlde.

En 1154, il fut nommé évêque de Ratzeburg, le premier après l’invasion destructrice des Wendes en 1066. C’est donc l’évangélisation de cette population qui fut son premier et principal souci durant son épiscopat. Il les visita jusqu’en Norvège et au Holstein. Il devint ainsi Lumière des Saxons et Apôtre des Wendes, titres que les Luthériens aussi lui ont reconnu.

On raconte ce miracle de l’évêque Evermod : il avait sollicité, mais en vain, la libération d’un certain nombre de prisonniers Frisons, détenus par le comte de Ratzeburg ; il obtint au moins qu’ils pussent assister à la Messe en la cathédrale le jour de Pâques. Durant la cérémonie, l’évêque se dirigea vers eux et les aspergea d’eau bénite (consacrée durant la nuit pascale), en prononçant les mots du psaume 145 : Dóminus solvit compedítos (Le Seigneur libère les captifs) ; les chaînes tombèrent d’elles-mêmes, libérant les prisonniers. Pendant longtemps, ces chaînes furent accrochées aux murs de la cathédrale et n’en disparurent que par les mains des Luthériens qui voulurent détruire toute trace du catholicisme.

Evermod mourut, exténué par ses labeurs, le 17 février 1178, et fut considéré comme saint, mais le Martyrologe l’a maintenu au degré de bienheureux, le culte d’Evermod ayant été reconnu en 1728.

 

 

Luca Belludi

1200-1286

 

Ce ne sont pas les détails qui abondent sur ce Bienheureux. Le seul auteur médiéval qui en parle, lui consacre quatre lignes.

D’après des traditions, Luca naquit vers 1200 à Padoue (Italie NE), d’une famiille noble et riche.

Outre la science humaine qu’il acquit à l’université de Padoue, il fut un religieux à la foi profonde et au zèle fécond.

En 1220, il aurait reçu l’habit franciscain de Francesco d’Assise lui-même et fut ordonné prêtre en 1227.

Son titre habituel est qu’il fut le compagnon de saint Antoine de Padoue (v. 13 juin), qu’il assista à sa mort (1231). Quand on sait les prodiges qu’accomplit s.Antoine par sa sainteté, on comprendra ce que signifie ce qu’on a écrit de lui : il fut semblable à son maître dans la vie et la doctrine. 

Nommé provincial, il aurait fondé des couvents et pris une part active à la construction de la basilique de Saint-Antoine à Padoue.

Vers 1256, il intervint personnellement auprès du tyran Ezzelino pour obtenir la libération de Padoue.

Il serait mort le 17 février (ou le 12 ?) 1286, ou peut-être même seulement en 1288, toujours à Padoue.

Son culte fut approuvé en 1927.

 

 

Sept Fondateurs des Servites de Marie

 

On trouvera une petite notice sur chacun de ces sept Fondateurs : 

  • Alessio Falconieri 
  • Bartolomeo Amidei (Amadio)
  • Benedetto dell’Antella (Manetto)
  • Bonfiglio Monaldi
  • Gerardino Sostegni (Sostegno)
  • Giovanni Manetti (Bonagiunta)
  • Ricovere Uguccioni (Uguccio)

 

Même les sources italiennes apportent quelques petites différences dans les noms et prénoms. Il semble par exemple qu’on doive préférer le florentin Bonfiglio (ou même Bonfilio ?) à l’italien Buonfiglio. 

Ces pieux marchands de Florence s’étaient liés dans une Compagnie Florentine en l’honneur de la Vierge Marie, et s’exerçaient à vivre dans une profonde entr’aide, pauvrement, ne cherchant à gagner que le strict nécessaire à leur subsistance.

A la suite d’une apparition de la Vierge Marie - on ne dit pas si ce fut à un seul d’entre eux, ou à tous en même temps - ils décidèrent tous les sept d'abandonner leurs activités commerciales, de se retirer dans la solitude pour vivre l'idéal évangélique, dans une vie commune faite de prière, de pénitence, de contemplation, et de service envers le prochain.

A partir de 1233, il habitèrent ensemble à Villa Camarzia, en périphérie de Florence. Ils voulurent se consacrer à la Reine du ciel, la glorieuse Vierge Marie, pour que, comme médiatrice et avocate, elle leur conciliât son Fils, les Lui recommandât et, comblant de sa riche charité ce qui leur manquait à cause de leurs imperfections, leur obtînt miséricorde et abondance de mérites.

Il s'établirent dès 1234 sur le Mont Senario, où l’évêque leur avait légué un terrain. Ils y construisirent leurs petites cabanes, et une église dédiée à la Très Sainte Vierge.

Le vendredi saint 1240, la Sainte Vierge leur apparut de nouveau, pour leur indiquer quel habit porter. C'est depuis ce moment-là qu'ils portèrent un habit noir, et qu'ils s'appelèrent Esclaves de Marie (Ordre des Servites de Marie, OSM), avec la règle de saint Augustin.

Leur bonté et leur sainteté leur attira la bienveillance de toute la population. On les aida à échapper aux mille soucis administratifs ou même religieux des premières années. Ils construisirent la basilique “Sainte Marie des Esclaves”, appelée aussi Sainte Marie de Cafaggio, devenue plus tard basilique de la Très Sainte Annonciation, grâce à la générosité d'un parent d'Alessio, Chirarissimo Falconieri.

L’Ordre faillit être supprimé à la fin du XIIIe siècle, suite à des dispositions conciliaires, qui cependant ne furent pas appliquées pour cet Ordre.

Leur règle fut confirmée dès 1304.

Ils furent ensevelis dans un même tombeau, unis dans la mort après avoir été si unis dans l'amour fraternel qui les liait en un seul cœur et une seule âme (cf. Ac 4:32).

Ils furent béatifiés : Alessio d’abord en 1717, les autres en 1725, et tous canonisés en 1888.

Leur fête liturgique a été établie au dies natalis de saint Alessio Falconieri (17 février).

 

 

Alessio Falconieri

1200-1310

 

Qu'on ne s'étonne pas des dates de la vie de saint Alessio : il faut bien admettre qu'au 14e siècle, on pouvait vivre cent-dix ans sans avoir eu recours aux examens et aux soins cliniques si ordinaires et si fréquents de nos jours.

Alessio Falconieri naquit à Florence en 1200, où son père, Bernardo, tenait un négoce prospère. La noble famille des Falconieri comptait de riches commerçants, du parti des Guelfes (favorables à la papauté et «ennemis» de l'empire romain-germanique) et fondateurs de la république de Florence. Alessio était l'oncle paternel de sainte Giuliana Falconieri (voir au 19 juin).

Ce saint homme ne voulut jamais recevoir la consécration sacerdotale, s'en jugeant trop indigne. Il se contenta de mendier, aidant de son mieux les plus jeunes, en particulier ceux qui voulaient partir étudier à la Sorbonne de Paris.

Tout en exerçant son métier de marchand, il adhéra à la Compagnie Florentine en l'honneur de la Vierge Marie, où il connut ses futurs Confrères.

Peu avant de mourir, il vit l’Enfant-Jésus, entouré d’Anges sous forme d’oiseaux immaculés, qui posait sur sa tête une couronne de fleurs.

Alessio mourut le dernier des co-fondateurs, le 17 février 1310, jour où on les fête ensemble.

 

Sur l’ensemble de ces Fondateurs, voir la notice : Servites de Marie (Sept Fondateurs des)

 

 

William Richardson

?-1603

 

William était né près de Sheffield (Yorkshire sud) ou au Lancashire (Angleterre).

On le trouve aussi sous le nom de Anderson.

En 1592, il vint à Reims et, de là, passa à Valladolid. Il reçut le sacerdoce à Séville en 1594.

Deux récits s’affrontent à propos de son arrestation. L’un dit que William fut arrêté à Clement’s Inn le 12 février 1603, l’autre qu’il fut prisonnier à Newgate pendant une semaine avant d’être condamné à Old Bailey le 15 février, sous l’accusation d’être prêtre et d’être entré illégalement dans le royaume.

C’est un de ses amis qui le trahit. Le juge procéda avec une rapidité exceptionnelle à l’examen de la cause, apparemment plus animé par des sentiments de persécuteur que par ses devoirs de juge.

William montra une grande constance au moment de l’exécution, ce qui édifia beaucoup les témoins. Il pria pour la Reine.

William Richardson mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 17 février 1603, le dernier du règne de la reine Elizabeth.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Matthias Shobara Ichizaemon

1587-1624

 

Matthias était un laïc japonais né à Aki, vers 1587, âgé d’ “environ” trente-sept ans.

Il devint catéchiste, dans le diocèse de Funai.

Son martyre eut lieu à Hiroshima, le 17 février 1624.

Il a été béatifié parmi cent quatre-vingt-huit Martyrs japonais, en 2008.

 

Peteuro Yu Chŏng-nyul

1836-1866

 

Ce Coréen était né en 1836 (ou 1837) à Nonje (Taphyen, Pyŏngyang), et perdit ses parents très tôt.

Pour vivre, il vendait des sandales de paille.

De caractère très vif, très emporté, il traitait fort durement son épouse. Il avait en outre la passion des jeux de hasard.

Vers 1863-1864, il connut la religion catholique et en 1864, il vint à Séoul où il reçut le baptême des mains de l’évêque, Mgr Berneux (voir au 7 mars). C’est là qu’il reçut le nom de Petrus (ou Peteuro, dans la transcription coréenne).

Du jour où il reçut le baptême, Peteuro changea complètement : il fut doux et aimable avec son épouse et, pour se punir de sa rudesse passée, il se flagellait lui-même. Et il arrêta de jouer !

Plein de zèle pour le Christ, il amena à la foi catholique un grand nombre de gens, grâce à l’exemple de sa vie désormais douce et pleine de foi.

En 1866 courut le bruit d’une prochaine persécution, mais il resta tranquille. Le jour du Nouvel An, il dut être inspiré de l’Esprit-Saint, car il disait adieu à tous ses parents.

En visite à la mission de Kodunni, il était en train de prier avec un autre catéchiste, Vincent Chŏng, et d’autres personnes, lorsque plusieurs policiers firent irruption dans la maison. Certains purent s’enfuir, mais Peteuro fut arrêté, avec le neveu de Vincent, Alexius U Se-yŏng. Peteuro était très heureux : il avait la chance de devenir martyr ; il refusa de se faire lier. On les emmena à Pyŏngyang pour les mettre en prison.

Le gouverneur de Pyŏngyang ordonna à quelques apostats de battre Peteuro à coup de rotin ; ceux qui refusèrent reçurent des coups de la part des hommes du gouverneur.

Finalement, Peteuro fut battu à mort, le 17 février 1866. Il avait environ trente ans.

Pour être sûr de sa mort, le gouverneur fit brûler le corps de Peteuro, puis cinq apostats le traînèrent dans la rivière Taedong. La nuit suivante, l’épouse de Peteuro parvint à retirer le corps de l’eau pour l’ensevelir dans le cimetière de la famille. 

Parmi les apostats qui le battirent et le traînèrent dans la rivière, se trouvait le pauvre Alexius U Se-yŏng, qui fut forcé d’apostasier ; on reparlera bientôt de lui, car pleinement repenti, il mourut martyr le 11 mars.

Dix ans plus tard, le gouverneur ordonna d’ériger un monument en pierre le long de la rivière. En réalité, ce monument devait exalter le gouverneur pour avoir tué des Catholiques, mais il devint plutôt la preuve du martyre de Peteuro. Le monument existe toujours à Pyŏngyang.

Peteuro est l’un des cent-trois Martyrs coréens qui furent béatifiés, les uns en 1925, les autres en 1968 ; tous furent canonisés en 1984.

Le dies natalis de Peteuro est au 17 février, tandis qu’une fête commune célèbre tous ces Martyrs coréens le 20 septembre.

 

 

Isabel Sánchez Romero

1861-1937

 

Isabel Sánchez Romero naquit le 9 mai 1861 à Huéscar (Grenade, Espagne S).

En 1878, elle entra dans l’Ordre des Dominicaines, prenant le nom religieux de Ascension de Saint-Joseph.

Religieuse exemplaire, elle portait une infirmité rare, qui lui causait des plaies sur tout le corps ; elle ne s’en plaignit jamais.

Lors de la Guerre civile de 1936-1937, elle fut arrêtée en février 1937, mise en prison, violée. Sommée de renoncer à la Foi chrétienne et de blasphémer, elle ne fit que répondre par des paroles jaculatoires, comme Vive le Christ Roi !  Elle fut battue. Ses bourreaux auraient été fort contents de voir cette vieille Religieuse de soixante-seize ans, si gentille, rejoindre leurs rangs en abandonnant la vie religieuse, mais ils se trompaient.

Le 17 février 1937, on voulut conduire au cimetière de Huéscar tout un groupe de prisonniers chrétiens, dont cette Religieuse et son propre neveu, Florencio. Comme elle ne pouvait monter dans le camion, à cause de son grand âge, les miliciens s’emparèrent d’elle et l’envoyèrent sans ménagement dans le camion, comme on le fait d’un sac de pommes de terre.

Au cimetière, pendant qu’elle continuait de prier sans relâche, tous tombèrent l’un après l’autre. Elle était la dernière ; les bourreaux ne voulurent pas se «contenter» de la fusiller : ils la mirent la tête sur une pierre et, avec une autre, lui écrasèrent le crâne.

Ainsi «monta au ciel» la Sœur Ascension de Saint-Joseph.

Pour Florencio et tous les autres, on attend l’enquête.

Isabel Sánchez Romero devrait être béatifiée en 2020, et inscrite au Martyrologe le 17 février.

 

 

Martí Tarrés Puigpelat

1877-1937

 

Martí était né le 8 octobre 1877 à Berga (Barcelone, Catalogne, Espagne).

Entré en 1886 chez les Capucins, il fit le noviciat à Arenys de Mar et prit à la profession le nom de Frederic.

En 1901 il reçut le sacerdoce.

Il fut connu comme un des meilleurs prédicateurs de son temps.

Provincial, gardien (c’est-à-dire supérieur) des couvents d’Igualada et d’Arenys de Mar, il fut aussi visiteur en Amérique Centrale.

Lors de la Révolution communiste, il était gardien à Arenys de Mar ; arrêté à Barcelone, le 16 février 1937, reconnut sur place sa condition de prêtre et reçut la nuit suivante la palme du martyre à Barcelone, le 17 février 1937.

Il a été béatifié en 2015.

 

 

Antoni Leszczewicz

1890-1943

 

Antoni naquit le 30 septembre 1890 à Abramowszczyzna (Vilnius, alors en Russie, actuellement en Lituanie).

En 1902, il commence ses études secondaires au lycée catholique de la paroisse Sainte-Catherine de Saint-Petersbourg et entre en 1907 au séminaire catholique de la même ville, et enfin à l'académie impériale de théologie.

En 1914 il est ordonné prêtre. Il exerce son ministère à Irkoutsk, puis à Tchita.

Lors de la révolution d'octobre 1917, il accompagne ses fidèles qui fuient en Extrême Orient et se retrouve à Harbin (Mandchourie, Chine).

Le père Antoni est vicaire dans la paroisse Saint-Stanislas, il enseigne dans les écoles polonaises le latin, le russe et le catéchisme ; il ouvre une crèche, une école pour enfants de familles catholiques pauvres ; il construit une petite église : Saint-Josaphat, donc il est curé (1924).

C'est à Harbin qu'il rencontre les pères Marianistes, une congrégation où sont formés des missionnaires dont l'idéal correspond à ce qu'il cherche.

En 1937, Antoni demande à partir en Pologne ; en chemin, il passe par le Japon, où il entend parler du père Kolbe (voir au 14 août) ; il s'embarque pour l'Europe et arrive à Rome où il rencontre les pères Marianistes : on l'envoie faire son noviciat en Pologne : il prononce ses vœux en 1939.

Il est envoyé à Drouïa, à la frontière entre Pologne et Biélorussie, où les Marianistes ont ouvert un lycée en 1923. Peu après l'arrivée du père Antoni, les Soviétiques envahissent la région, ferment le lycée, mais curieusement (ou miraculeusement), laissent les Religieux poursuivre leur apostolat, pourvu qu'ils soient en habit civil.

En juin 1941, le père Antoni passe de l'autre côté de la frontière : là où les Soviétiques avaient fermé les paroisses depuis une vingtaine d'années, l'armée allemande s'était installée et le père Antoni voulait rouvrir ces paroisses et organiser un ministère paroissial. Il s'installe discrètement à Rossitsa, avec des Sœurs de la congrégation des Servantes de Jésus dans l'Eucharistie, ainsi qu'un jeune confrère, le père Jerzy Kaszyra. Les autorités allemandes qui ferment les yeux au début, se mettent à suspecter ces activités, craignant une reprise du nationalisme biélorusse, d'inspiration soviétique et donc anti-germanique.

Avec la complicité de miliciens ukrainiens et lettons, dressés contre les soviétiques, les Allemands lancent une opération de ratissage, l’opération Winterzauber c'est-à-dire “Nettoyage d'hiver”, ou encore “Tragédie d'Osveïa”, du nom d’une des localités d’où les autorités nazies voulaient évacuer toute la population, supprimant les hommes et envoyant femmes et enfants «capables» en camp de concentration, les autres étant éliminés sur place. 

Un millier d'otages des environs sont enfermés dans l'église de la Sainte-Trinité, dans la journée du 17 février 1943. Le père Antoni, prévenu, ne pense pas un instant à s'enfuir, mais il reste avec les otages pour les confesser et les assister au moment de la mort. Même chose quand un officier allemand lui propose la liberté.

Les otages sont extraits de l'église par petits groupes d'une dizaine, enfermés dans des granges ou écuries avoisinantes, que les miliciens font sauter à coup de grenades. Ceux qui ne sont pas brûlés, sont fusillés.

Le père Antoni brûle avec une douzaine d'otages dans une écurie, dans la nuit du 17 au 18 février 1943. Quelques heures après lui, le père Jerzy partagera le même sort, au matin du 18 février.

Le père Antoni Leszczewicz fait partie des cent-huit Martyrs de Pologne, béatifiés ensemble en 1999, et fêtés localement ensemble le 13 juin. Son dies natalis est au 17 février, celui du père Jerzy, au 18 février.

 

 

 

Edvige Carboni

1880-1952

 

Edvige Carboni naquit le 2 mai 1880 à Pozzomaggiore (Sardaigne), deuxième des six enfants de parents agriculteurs, Giovanni Battista et Maria Domenica Pinna. La fille aînée s’appelait Paulina, un des quatre frères, Galdino.

A la naissance déjà, on lui remarqua une marque de la Croix sur la poitrine.

Edvige fut baptisée deux jours après sa naissance, et confirmée à l’âge de quatre ans.

Elle n’avait que cinq ans, lorsqu’elle eut des visions du Christ, de Marie, de son Ange gardien ; au même âge, elle émit le vœu de chasteté.

La maman lui enseignait la broderie et l’envoya aussi auprès des Religieuses de Saint-Vincent à Alghero.

Edvige reçut l’Eucharistie en 1891.

En grandissant, elle fut membre de plusieurs associations pieuses, participa à la Messe chaque jour, enseignait le catéchisme dans la paroisse. Elle fut aussi membre du Tiers-Ordre franciscain (1906). Elle visitait les malades, leur apportant quelque consolation, quelque soulagement.

En 1910, à la mort de sa mère, elle songea à la vie religieuse, mais son confesseur, sagement, lui conseilla de rester à la maison, où sa présence était nécessaire.

En 1911 - elle a vingt-et-un ans - elle entendit ce message du Christ : Je souhaite que tu sois l’effigie de ma Passion, et reçut alors l’impression des stigmates de la Passion ; Edvige «vécut» littéralement la Passion du Sauveur, souffrant la flagellation, les épines, les clous…

Durant la Grande Guerre, elle connut la bilocation, se trouvant réellement et simultanément en deux endroits bien distincts ; visitant le champ de bataille, elle en rapportait des informations sur les soldats disparus ou morts. Elle visita le cardinal hongrois Mindzenty dans sa prison, ou aussi Staline, à Moscou, pour tenter de le convertir, hélas ! en vain.

Elle eut aussi la grâce de la lévitation, de la transverbération. Elle eut l’apparition d’un Saint qu’elle ne connaissait pas encore, s.Luigi Gonzaga (v. 21 juin), de s.Giovanni Bosco (v. 31 janvier), et d’autres aussi  : Domenico Savio (v. 9 mars), Rita de Cascia (v. 22 mai), Thérèse de Lisieux (v. 30 septembre), Gemma Galgani (v. 30 septembre ; Edvige assista à sa canonisation en 1940), Catherine de Sienne (v. 30 avril), François d’Assise (v. 4 octobre), l’apôtre Paul (v. 29 juin), la Mère de Marie sainte Anne (v.26 juillet).

En 1925, eut lieu une enquête canonique, durant laquelle on devait poser une foule de questions à la voyante, pour s’assurer qu’elle était lucide, en bonne santé, non manipulée, non possédée, que toutes ces manifestations n’étaient pas illusoires ; Edvige accepta humblement et répondit de façon convaincante.

Cette vie ne pouvait plus rester cachée, aussi les siens décidèrent de quitter la Sardaigne et de venir s’installer, d’abord à Albano Laziale en 1934, puis à Rome en 1938, après la mort du papa (Signalons que c’est à Albano Laziale que mourut la jeune martyre Marietta Goretti, v. 6 juillet).

Edvige s’efforçait de vivre de petits travaux, de couture, de services divers, d’assistance aux blessés durant la Guerre mondiale. Elle offrait ses souffrances pour la conversion des pécheurs, pour l’Eglise, pour les persécuteurs en régime communiste.

Bien sûr, on venait la voir, mais pas seulement par curiosité ; on lui demandait des conseils - il y eut des conversions.

Le saint Père Pio l’estimait beaucoup, et aussi s.Luigi Orione (v. 23 septembre et 12 mars).

Edvige souffrit des attaques du Diable en personne : coup de pied dans les jambes, coup de mateau dans les genoux…

On n’a ici que résumé les nombreuses grâces reçues par Edvige ; il faudrait aussi parler de la présence de son Ange gardien, de ses prédictions, de ses extases, etc.

Edvige Carboni mourut à Rome le 17 février 1952, d’une brusque angine de poitrine.

Deux plus tard exactement se produisit le miracle qui fut ensuite retenu pour la béatification d’Edvige. Un homme avait la  jambe dans un état désespéré, où gagnait la gangrène au point que sa vie était directement menacée ; or, ce 17 février 1954, son épouse était à la messe et, au moment de la consécration, entendit en elle une voix qui lui disait : C’est maintenant le moment de demander cette grâce, ce qu’elle fit et, de retour à la maison, trouva son époux complètement guéri.

Edvige fut béatifiée en 2019 et sera fêtée le 17 février.

 

 

 

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16 février 2020 7 16 /02 /février /2020 00:00

16 FEVRIER

 

III.

S Honeste, de Nîmes, prêtre à Toulouse, apôtre en Navarre et Biscaye, martyr ?

IV.

Ste Iouliana, vierge à Nicomédie (ou en Campanie ?) et martyre.

Ss Elias, Ieremias, Isaias, Samuel et Daniel, égyptiens martyrs avec les ss. Pamphilus, Porphyrius et Seleucus, avec le diacre Valens, Paulus, Theodulus et Iulianus, à Césarée de Palestine ; Porphyrius, âgé de dix-huit ans, était le serviteur de Pamphilus et fut martyrisé après avoir demandé les corps des martyrs, Seleucus était le soldat qui alla annoncer la nouvelle à Pamphilus, lui-même grand ami (et professeur) de Eusèbe de Césarée et disciple admirateur d'Origène ; le vieillard Theodulus fut crucifié ; Iulianus arrivait de Cappadoce et voulut embrasser les corps des martyrs.

S Flavien, anachorète en Orient.

S Tigride, archidiacre à Clermont.

S Siméon, évêque à Metz.

Ss Macrobe, Lucille, Nundinarius et Cécilienne, martyrs en Afrique.

? S Julien, martyr en Egypte.

V.

S Marutha, évêque à Maiperqat, intermédiaire entre l’empereur romain et la Perse, où il organisa toute la chrétienté.

VI.

S Eulalius, évêque à Syracuse ; il reçut s.Fulgentius de Ruspe lors de son exil.

S Tétrade, évêque à Bourges.

IX.

S Tanton, irlandais, abbé à Amarbarie, évêque à Werden, frappé par un homme à qui il avait fait quelque reproche.

XIII.

Bse Filippa Mareri, abbesse clarisse près de Rieti.

B Nicola Paglia, dominicain italien, thaumaturge, une des premières conquêtes de s. Domingo.

XVII.

B Franciscus Tōyama Jintarō, laïc japonais martyr, béatifié en 2008.

XVIII.

B Mariano Arciero, prêtre italien, apôtre de la Calabre, thaumaturge, béatifié en 2012.

XX.

B Giuseppe Allamano (1851-1926), neveu de s. Giuseppe Cafasso, élève de s. Giovanni Bosco, prêtre fondateur de l’Institut des missions de la Consolata, béatifié en 1990.

Iuliana de Nicomédie

† 305

 

Iuliana naquit à Nicomédie (Bithynie, auj. Izmit, Turquie NW).

Bien que son père, Africanus, fût très attaché au culte des dieux romains, Iuliana put connaître très tôt le christianisme et fut même sans doute baptisée.

Africanus la promit en mariage à un certain Evilasius. Mais Iuliana ne voulait pas épouser un païen et, pour gagner du temps, fit savoir à Evilasius qu’elle l’épouserait… s’il devenait préfet de la ville. Dieu fit qu’il le devint effectivement, et Iuliana lui déclara alors formellement qu’elle ne voulait pas épouser un païen.

Africanus, puis Evilasius tentèrent par tous les artifices de la convaincre : des paroles d’amour tendre aux menaces et aux tortures, rien ne put ébranler la jeune fille.

On dit qu’Evilasius la fit fouetter, puis suspendre par les cheveux, lui fit verser sur la tête du plomb fondu, autant de supplices qui furent sans aucun effet sur elle.

Jetée en prison, Iuliana fut visitée par le Démon, déguisé en ange, qui lui suggérait d’accepter ce mariage pour rester en vie.

Evilasius tenta de la faire écarteler, mais un ange intervint et suspendit ce supplice, ce qui provoqua la conversion de beaucoup de gens.

Ce fut ensuite une immersion dans un bain de plomb fondu, qui sembla à Iuliana de l’eau tiède.

Toujours enfermé dans son opiniâtreté, Evilasius la fit décapiter. Il serait mort lui-même peu après, de noyade.

Ce martyre eut probablement lieu vers 305.

Sainte Iuliana fut très honorée en Orient, et même très tôt. Son culte se propagea en Occident à la suite de la translation de ses reliques, qui arrivèrent finalement à Naples en 1207.

Ce culte se développa ensuite tellement, qu’on a fini par supposer que Iuliana avait été martyrisée en Campanie ; il en résulta un doute pour les historiens : Iuliana de Nicomédie est-elle bien la même qu’on vénère à Naples ? Pour le Martyrologe Romain, Iuliana est une vierge martyre en Campanie.

Sainte Iuliana (de Nicomédie ?) est commémorée le 16 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs de Césarée de Palestine

309

 

Le récit du martyre de tout ce groupe est dû à l’historien Eusèbe, évêque de Césarée (263-339). 

En 309 arrivèrent dans cette ville cinq Egyptiens, qui avaient conduit en Cilicie des Chrétiens condamnés aux mines, et s’en revenaient dans leur pays. Arrêtés à l’entrée de la ville, ils durent décliner leur identité : ils étaient chrétiens ! Aussitôt mis aux fers, ils furent mis à la torture par le magistrat.

Les cinq Egyptiens, au lieu de donner le nom païen reçu dans leur famille d’origine, se donnèrent chacun le nom d’un prophète : Elias, Ieremias, Isaias, Samuel, Daniel, montrant par là leur nouvelle appartenance spirituelle.

Sommés d’indiquer leur patrie, ils répondirent : Jérusalem, leur patrie céleste, située en Orient, du côté de la Lumière et du Soleil. Torturés, flagellés, inébranlables dans leur foi, les cinq Egyptiens furent condamnés à la décapitation.

 

Vint le tour de Pamphilus : ce Syrien était né à Berytus (act. Beyrouth, Liban), avait étudié en Alexandrie, d’où il était revenu passionné d’Origène ; ordonné prêtre, il s’établit à Césarée de Palestine où il devint directeur de l’école théologique fondée là aussi par Origène ; il en développa considérablement la bibliothèque. Il eut parmi ses élèves, précisément, Eusèbe, l’historien auquel nous devons tous ces détails.

Arrêté en 307, Pamphile avait été torturé de mille façons, et laissé en prison pendant deux années, durant lesquelles il écrivit une apologie d’Origène en cinq livres. 

Après le martyre des cinq Egyptiens, Pamphile est cité, en compagnie d’un vénérable diacre, Valens, et de Paulus, qui avaient eux aussi été torturés précédemment.

Valens, dit Eusèbe, était orné d’une blanche chevelure qui convenait à sa sainteté, et connaissait les divines Ecritures comme personne. Il était diacre de l’Eglise de Jérusalem.

Paulus, était un homme tout à fait ardent, en qui bouillonnait l’Esprit, originaire de Jamnia (act. Yavne, Israël).

Ces trois soldats du Christ furent à leur tour condamnés à mort.

 

Pamphile n’était pas encore exécuté, que Porphyrius, son jeune domestique qui n’avait pas encore dix-huit ans accomplis, se présenta pour demander avec insistance qu’après la mort de son maître, ce dernier eût l’honneur d’une digne sépulture, en terre. Rendu fou furieux par cette audace, et le croyant chrétien, le magistrat condamna le garçon à la mort lente sur un petit feu. En avançant vers l’endroit du supplice, Porphyre transmettait tranquillement à ses amis ses instructions pour disposer de ses biens.

 

Un des soldats présents, Seleucus, originaire de Cappadoce, chrétien, vint annoncer à Pamphile la nouvelle du glorieux martyre de Porphyre. Il était d’habitude en grande estime auprès de ses compagnons, qui admiraient sa force, son noble caractère. Mais ils dénoncèrent Seleucus, qui fut à son tour martyrisé.

 

Vint alors se présenter un vénérable vieillard, Theodulus, un fidèle serviteur du magistrat romain, d’habitude très estimé de son maître pour son dévouement et son grand âge. Theodulus s’avança pour donner un baiser à l’un des martyrs précédents. Le magistrat n’en pouvait croire ses yeux, et condamna sur place Theodulus au supplice de la croix, comme le divin Maître.

 

Eusèbe ajoute enfin qu’il manquait une victime pour compléter le nombre douze avec les martyrs nommés ci-dessus : ce fut Iulianus.

D’origine cappadocienne lui aussi, il revenait de voyage et s’approchait de Césarée. Apprenant les événements, il s’empressa de venir vénérer les saints corps étendus par terre, les embrassa les uns après les autres d’un baiser fraternel. Aussitôt saisi et conduit au magistrat, il fut condamné sur place à la mort lente sur le feu. Transporté de joie, Iulianus reçut à son tour la couronne du martyre.

Ces événements glorieux se passèrent en 309.

Tous ces martyrs sont mentionnés au Martyrologe romain le 16 février.

 

 

Daniel

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Elias

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Ieremias

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Isaias

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Iulianus

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Pamphilus

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Paulus

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Porphyrius

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Samuel

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Seleucus

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Theodulus

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Valens

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

Marutha

(fin IV.-début V.)

 

On ne connaît pas beaucoup de détails personnels sur ce grand évêque oriental, qui joua pourtant un grand rôle dans les rapports entre Constantinople et les Eglises perses. Quand l’on voit la difficile situation des chrétiens du Moyen-Orient, on prendra intérêt à ce saint évêque et à la situation florissante de ces chrétientés dans les premiers siècles.

Le nom de Marutha est araméen. L’orthographe du nom de cet évêque a pu différer : Maruta, Marutha, Maruthâ, Maroutha. Le Martyrologe Romain écrit Maruthas. 

Peut-être vit-il le jour dans une zone d’influence perse, donc à l’extrême orient de l’Empire romain. Il étudia la théologie et la médecine.

On le trouve au synode de Side (382-383), organisé par Flavien archevêque d’Antioche contre les messaliens ou euchites, des vagabonds qui priaient et ne travaillaient point. Marutha y porte le titre d’évêque de Sophene, région au sud-ouest de l’Arménie. Il est difficile de déterminer le nombre et les dates de ses missions en Perse.

Les empereurs romains, une fois chrétiens, avaient accoutumé d’orner d’un prélat leurs ambassades à la cour sassanide. On choisissait de préférence un évêque de Mésopotamie, bien au courant des affaires persanes à cause des relations fréquentes de voisinage. Il pouvait prendre langue avec ses coreligionnaires araméens vivant au-delà de la frontière ; il les sondait sur les menées et les projets du prince sassanide. 

C’est comme “évêque de Mésopotamie” qu’il vint au synode du Chêne, près de Chalcédoine (été 403). On ne sait au juste pourquoi il s’y prêta, en apparence, sinon de cœur, aux menées de Théophile d’Alexandrie et de saint Epiphane contre saint Jean Chrysostome. Il pensait sans doute, dans un premier temps, obtenir la protection des chrétiens dans cette immense empire sassanide, et dans un second temps faire rapidement cesser l’exil du Chrysostome. Cette attitude lui valut en tout cas les bonnes grâces du gouvernement et une mission en Perse. 

De son côté, saint Jean Chrysostome exilé écrivait à sa fidèle Olympias, vers la fin de 404 : N’abandonnez pas l’évêque Marutha, veillez sur lui autant que vous le pouvez pour le tirer de l’abîme. J’ai très grand besoin de lui dans les affaires de Perse. Tâchez d’apprendre de lui, si possible, ce qui s’est fait là-bas grâce à lui, pourquoi il est revenu et indiquez-nous si vous lui avez transmis les deux lettres que je lui ai envoyées… On voit ici avec quelle charité saint Jean Chrysostome considérait Marutha, le rejoignant en quelque sorte dans le souci commun du bien des fidèles.

Marutha sut se gagner l’estime du monarque perse : il l’aurait délivré de maux de tête opiniâtres, ou bien il aurait libéré son fils d’un démon. Ce qui est sûr, c’est qu’il inclina le sassanide, Iazdgerd, à une politique favorable aux chrétiens et put ainsi réorganiser l’Eglise de Perse au moyen du concile de Séleucie (410). Les mages, jaloux du crédit de Marutha, firent entendre une voix au moment où le roi venait adorer le feu, disant qu’il fallait chasser ce prince ami d’un pontife chrétien. Marutha conseilla au roi de faire creuser à l’endroit où la voix s’élevait. Le roi s’aperçut ainsi que ce n’était pas le feu qui parlait, mais un homme caché en un caveau. Il décima les mages et permit à Marutha de bâtir toutes les églises qu’il voudrait. 

Iazgerd était un politique avisé qui jugea prudent de se concilier les nombreux chrétiens qui habitaient son vaste royaume. Il concéda à Marutha une sorte de concordat. Malheureusement, à la fin de sa vie, il n’hésita point à persécuter ces chrétiens quand ils lui parurent gênants.

Au concile de Séleucie, Marutha se présenta nanti de trois lettres des “Pères occidentaux”. On adopta les canons de Nicée. Deux officiers du Roi des Rois demandèrent qu’Isaac fût primat et mirent le bras séculier au service d’Isaac et de Marutha pour faire respecter les décisions du concile. On se sépara en remerciant le Roi des Rois et en décrétant des prières publiques. 

Marutha pouvait être heureux du changement qu’il avait obtenu en si peu de temps. L’Eglise, hier persécutée et divisée, était maintenant protégée par la Porte Royale. Une hiérarchie organisée allait appliquer les règles canonisées dans le monde romain. La foi de Nicée unissait toutes les chrétientés syriennes. Plus de liturgies privées à domicile ; une église par paroisse, un évêque par diocèse (environ trente), un métropolitain par province (cinq), et un chef, le catholicos des villes royales, Séleucie-Ctésiphon.

Notre Evêque embellit sa ville épiscopale, Maïperqat, très probablement l’ancienne Tigranocerte, que l’on devait appeler Martyropolis à cause des nombreuses reliques de martyrs perses qu’il y apporta. Il la dota d’églises, l’entoura de murailles. La cité fut séparée du diocèse de Sophene.

Marutha fut donc un négociateur persuasif, éminent agent de liaison entre Constantinople et Séleucie. 

En Orient, on le fête le 16 ou 17 février ; en Occident, on l’avait commémoré curieusement le 4 décembre, mais les récents contacts entre les Eglises catholique et orthodoxe ont fait adopter une date unique, ce qui fait que Marutha est mentionné maintenant au 16 février.

 

 

Filippa Mareri

1190-1236

 

Filippa naquit à Mareri (Borgo San Pietro, Rieti (Latium, Italie C), dans une famille noble et riche. Elle eut deux frères, Gentile et Tommaso.

La petite fille avait une intelligence vive : elle étudia le latin avec facilité et plaisir, et pouvait lire l’Ecriture dans le texte, heureuse ensuite de s’exercer à appliquer ce qu’elle y avait appris.

Elle y fut vivement encouragée encore par Francesco d’Assise (v. 4 octobre), qui fut reçu par ses parents ; désormais sa décision était prise et, lorsque les parents lui parlèrent d’un heureux parti, elle répondit qu’elle n’avait d’autre époux que Jésus-Christ.

Les tentatives de la faire désister, en particulier par son frère Tommaso, ne firent que confirmer sa volonté : elle se coupa les cheveux, s’habilla pauvrement et s’en alla avec quelques autres personnes sur la proche montagne de Mareri, pour y mener la vie érémitique, en attendant de connaître mieux la volonté de Dieu. De 1225 à 1228, elles vécurent dans ce qu’on appelle encore aujourd’hui la Grotte de sainte Filippa.

Or, Tommaso regretta son attitude et vint spontanément demander pardon à sa sœur. Il lui proposa une église dont il avait le bénéfice et s’engagea à faire remettre en état un monastère abandonné. Filippa y vit le doigt de la Providence.

Elle songea immédiatement à la règle franciscaine et le couvent se développa assez rapidement. Elle en devint la première abbesse. Leur aumônier fut le bienheureux Ruggero de Todi (v. 5 janvier), par volonté du Francesco d’Assise lui-même.

Les Clarisses s’occupaient à louer le Créateur, à étudier l’Ecriture, et à confectionner des remèdes pour les malades.

Sévère pour elle, compatissante pour les autres, Filippa considéra toujours comme une faveur du ciel les douleurs dont elle fut accablée. Dieu accorda à ses prières le retour de plus d’un pécheur.

Avertie du jour de son rendez-vous avec l’Eternité, elle l’annonça trois jours avant aux Clarisses et expira doucement, le 16 février 1236, son dies natalis.

Le culte envers Filippa commença immédiatement. Filippa fut ainsi la première Clarisse honorée d’un culte public, étant morte une vingtaine d’années avant Chiara d’Assise (v. 11 août). En 1247, le pape nommait déjà sainte Filippa, de même que récemment Benoît XVI en 2007, tandis que le Martyrologe la considère bienheureuse.

 

 

Nicola Paglia

1197-1256

 

Nicola était né en 1197 à Giovinazzo (Bari, Italie S) de Biagio et Caterina, des parents nobles et bons chrétiens, quoique cette appartenance ait été parfois contestée. Il eut deux sœurs : Colletta et Angelica.

Disons tout de suite que le vrai prénom de Nicola était sans doute Nicolò.

Il était encore petit quand un ange vint lui enjoindre de ne jamais manger de viande pour s’habituer à l’abstinence perpétuelle qu’on observait dans l’Ordre où il serait entré plus tard.

Venu à Bologne (ou à Padoue) pour ses études, il y entendit prêcher Domingo de Guzmán (v. 6 août). Sans attendre, il se présenta au saint Fondateur au pied de la chaire et lui demanda l’habit. Domingo eut l’inspiration d’accepter immédiatement ce nouveau fils, en qui il vit les excellentes dispositions. C’était vers 1220.

Nicola fit le noviciat à Canusia. Durant cette période se produisit un des (premiers) miracles de Nicola : il se promenait avec des confrères et rencontra une brave femme dont un bras était paralysé. Nicola lui adressa la parole gentiment (et en fut blâmé par les confrères, car «un novice n’a pas le droit de parler à une personne laïque», mais Nicola répliqua qu’il le faisait par charité) ; il dit à la femme : Confiance, Dieu peut te guérir ! et la femme : Oui, je le crois, qu’Il peut me guérir. Et Nicola : Ta foi te vaudra la guérison, au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. La femme s’en alla, guérie sur le champ.

Après son noviciat, Nicola fut choisi comme compagnon de ses missions par Domingo. Il apprit donc de Domingo lui-même l’art de prêcher et de toucher le cœur des fidèles. Domingo appréciait particulièrement la candeur d’âme de Nicola. 

Il prêcha en beaucoup de villes d’Italie, attirant les pécheurs à la conversion, suscitant beaucoup de vocations, et complétant ce travail apostolique par des miracles éclatants, par exemple la résurrection d’un bébé tombé dans un puits.

En 1224, il fonda le couvent de Trani.

Nommé en 1229 provincial pour tout le sud de l’Italie, il fonda d’autres couvents encore. On lui attribua, mais pas toujours avec documentation précise, ceux de Brindes, Matera et Lucera, Arezzo, Orvieto.

Il existe une correspondance entre Nicola et le successeur immédiat de s.Domingo, Jordan de Saxe (v. 13 février).

En 1231, le pape le chargea, avec deux autres Frères, de visiter et réformer une abbaye à Sienne tant en la personne de son chef que de ses membres. Il qualifiait ces trois Dominicains dignes d’estime pour leur vie honnête, leur science et leur prudence.

En 1233, Nicola fonda le couvent de Pérouse, avec un de ses jeunes convertis, Cristiano de Pérouse, sur mandat de Jordan de Saxe.

Cette même année, Nicola participa à la translation du corps de s.Domingo à Rieti en vue de sa canonisation, en 1234.

Toujours en 1234, le pape Grégoire IX le chargea de prêcher la croisade.

Nicola insistait auprès des Religieux sur la nécessité de la charité fraternelle et leur raconta que, peu de temps auparavant, lui était apparu l’un d’eux, qui était mort récemment ; il lui demandait pardon de l’avoir offensé ; Nicola, humblement, lui répondit qu’il fallait demander pardon à Dieu, pas à lui, mais il lui répondit que le Seigneur exigeait cette réparation pour obtenir miséricorde et ajoutait : Tu vois, frère Nicoló, comme c’est grave et dangereux d’offenser son prochain, et encore plus de ne pas le consoler après l’avoir offensé.

On n’a pas de documentation sur les vingt années 1235-1255, concernant Nicola. En 1255, il fut à nouveau élu provincial, mais il n’acheva pas ce mandat. C’est probablement durant ces quelques mois qu’il organisa dans ses couvents l’étude de l’Ecriture Sainte et l’établissement d’une Concordance biblique, mettant en parallèle les passages de l’Ecriture concernant un même sujet.

Après plus de quarante années de cette intense activité apostolique, Nicola se retira dans le couvent de Pérouse. Il eut encore une apparition, d’un ancien ami dominicain nommé Raone Romano, qui lui annonça de la part de Notre-Dame, sa mort prochaine. 

Il mourut un jour de février 1256, le 16 d’après le Martyrologe Romain (le 11 février 1265, d’après une ancienne chronique). 

Parmi les miracles qu’on lui attribua ensuite, fut celui d’une petite fille tombée d’une hauteur de plusieurs mètres sur des pierres et des bûches de bois ; le papa la confia sur le champ à Nicola : l’enfant se réveilla et se mit à jouer du clavecin. Il y eut aussi le cas d’un enfant mort-né qui, consacré à Nicola, reprit vie et vécut longtemps.

Le culte de Nicola fut confirmé en 1828.

 

 

Franciscus Tōyama Jintarō

1600-1624

 

Franciscus était né vers 1600 à Yamanashi (Japon).

C'était un laïc du diocèse de Funai.

Il fut martyrisé à Hiroshima le 16 février 1624, approximativement à vingt-quatre ans, l’âge d'autres grands Saints comme Louis de Gonzague, Thérèse de Lisieux, Gabriel de l'Addolarata...

Franciscus Tōyama Jintarō fait partie des cent quatre-vingt-huit Japonais martyrs, béatifiés ensemble en 2008.

 

Mariano Arciero

1707-1788

 

Mariano Arciero naquit à Contursi (Salerno, Italie du sud), des pieux parents Mattia et Autilia Marmora, de modestes cultivateurs.

Dès l’âge de huit ans, Mariano (qui portait bien son nom marial) se fit remarquer pour sa profonde dévotion envers la Mère de Dieu, qu’il appelait «jolie Maman», ainsi que pour ses qualités intellectuelles vives et son tempérament docile.

Il dut bientôt laisser ses moutons et sa maison pour accompagner à Naples son précepteur, Emanuele Parisi, qui devint son guide pour ses études et sa formation, tant morale que spirituelle. L’influence fut tellement bonne qu’une fois prêtre, don Emanuele put conduire son élève au séminaire et au sacerdoce, que Mariano recevra en 1731.

Le clergé napolitain remarqua bien vite cette «bibliothèque de Dieu», comme on appela Mariano, tant étaient grands non seulement son savoir théologique, sa connaissance des Ecritures, et ses connaissances dans les sciences humaines, mais aussi son zèle à répandre l’Evangile.

Don Mariano fut bientôt appelé en Calabre pour y prêcher. Il y restera vingt années comme missionnaire et pèlerin de l’Evangile, ramenant le clergé à la sainte discipline, faisant édifier des églises où il travaillait comme un ouvrier parmi les autres.

Le jeune prêtre passait jusqu’à six heures par jour à la catéchèse des petits et des adultes. Il écrivit pour eux un petit livre, qui sera édité cinq fois : «Pratique de la Doctrine chrétienne, en douze instructions et dialogues». On l’appela l’apôtre de la Calabre.

Revenu dans le diocèse de Naples, il fut chargé par l’archevêque de la prédication et de la catéchèse, en même temps que de la direction spirituelle du Séminaire et de la Congrégation de l’Assomption.

Là comme précédemment, don Mariano se montra fervent de l’Eucharistie et de la très sainte Vierge Marie.

Les souffrances ne l’épargnèrent pas et même, plutôt, l’accompagnèrent pendant plus de cinquante ans. Il vivait très pauvrement, s’habillait modestement, et donnait aux autres les aumônes qu’il recevait pour lui-même ; il mangeait peu, dormait peu.

Comme il l’avait annoncé plusieurs fois, il mourut à ce monde terrestre le 16 février 1788. A ce moment-là était présente une sainte religieuse, qui est maintenant sainte Maria Francesca des Cinq Plaies (voir au 6 octobre) ; celle-ci témoigna : «J’ai vu l’âme de don Mariano transportée aux cieux. Elle était entourée de deux anges, qui portaient deux couronnes : Jésus et la très Sainte Marie, qui le bénirent».

Les prodiges qui s’étaient déjà manifestés durant la vie sur terre de don Mariano, continuèrent après la mort. L’examen de sa cause s’ouvrit au siècle suivant. Pie IX en disait qu’il était un très fidèle outil de Dieu pour le bien de l’Eglise.

Un nouveau miracle survenu en 1954 aboutit à la béatification de don Mariano, qui eut lieu en 2012.

 

 

Giuseppe Allamano

1851-1926

 

Giuseppe naquit le 21 janvier 1851 à Castelnuovo d'Asti (Piémont, Italie), dans une famille profondément chrétienne d'agriculteurs.

Il est orphelin de père à trois ans.

Sa mère est la sœur de saint Giuseppe Cafasso (voir au 23 juin). Le petit Giuseppe va étudier à Valdocco, à l'oratoire de saint Giovanni Bosco (voir au 31 janvier), qui est son confesseur.

Après ses études au séminaire, il est ordonné prêtre pour le diocèse de Turin, en 1873.

Il est d'abord nommé co-directeur du séminaire et directeur spirituel des séminaristes, puis en 1880 recteur du sanctuaire de la Consolata : ce sanctuaire abrite une très ancienne icône de la Vierge à l'Enfant, de style byzantinisant, retrouvée sur révélation céleste par un aveugle de Briançon au 11e siècle dans les décombres d'une ancienne chapelle en ruines. L'aveugle guérit de sa cécité et le peuple turinois eut désormais une grande dévotion à cette Vierge de la Consolation. 

La Sainte Vierge sera ainsi le “moteur” de toute l'œuvre missionnaire de Giuseppe Allamano.

Il rouvre et anime le Convitto Ecclesiastico, qu'avait fondé son oncle Cafasso pour compléter la formation des jeunes prêtres, et publie le premier bulletin du Sanctuaire en 1898, un travail d'avant-garde pour l'époque.

En 1901, il fonde l'Institut des Missions de la Consolata, dont les premiers missionnaires partiront dès 1902 pour le Kenya. Puis il demande à son ami Giuseppe Cottolengo (voir au 30 avril) de faire assister ces missionnaires par les Sœurs Vincentiennes fondées par ce dernier. Finalement, sur l'invitation du pape, il fonde en 1910 la branche féminine du même Institut.

Ce qu'il demande à ses missionnaires, c'est la sainteté !

Un de ses apophtegmes est celui-ci : 

Le bien fait peu de bruit ; beaucoup de bruit ne fait pas de bien ; le bien, il faut le faire bien et sans bruit.

Dès 1912, avec d'autres prêtres, il signale au pape le peu de connaissances que les fidèles et même le clergé ont des missions, et demande une journée de sensibilisation. Cette journée sera instituée en 1926 : c'est le dernier dimanche du mois d'octobre.

Les missionnaires de l'Institut de la Consolata sont environ deux mille, répartis dans vingt-cinq pays du monde entier.

Giuseppe Allamano meurt à Turin le 16 février 1926 et sera béatifié en 1990.

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15 février 2020 6 15 /02 /février /2020 00:00

15 FEVRIER

 

I.

S Onésime, esclave de Philémon, cf. Phil. ; évêque à Ephèse ? martyr ? 

II.

Ss Faustinus et Iovita, deux frères, prêtre et diacre, torturés à Brescia, Milan et Rome, martyrisés à Brescia.

III.

S Craton, philosophe romain baptisé par s.Valentin, martyr ?

Ste Agape, vierge à Terni dont elle est patronne, martyre avec les ss. Saturnin, Castule, Magne et Lucius.

IV.

Ss Isicus (prêtre), Iosippus (diacre), Romanus, Zosimus, Baralus et la vierge Agapes, martyrs en Antioche de Syrie.

S Faustin, évêque à Brescia.

V.

S Eusèbe, anachorète près de Aschia, mort plus que nonagénaire.

Ste Georgia, vierge à Clermont ; des colombes accompagnèrent son cercueil puis s’envolèrent vers le ciel.

VI.

S Severus, prêtre dans les Abruzzes ; il ressuscita un mort par ses larmes et lui valut la Récompense éternelle.

S Quinidius, évêque à Vaison, dont il est patron secondaire.

S Bérach, abbé à Cluain-Coirpthe, à Kilbarrach.

? S Joseph, diacre à Antioche.

VII.

S Fauste, bénédictin, compagnon de s. Maur dans la fondation de Glanfeuil.

S Decorosus, évêque à Capoue.

VIII.

S Walfredo, père de cinq enfants à Pise, fondateur d’un monastère (Palazzuolo in Acquaviva), dont furent abbés lui-même puis un de ses fils.

X.

S Colomban, irlandais, reclus à Gand.

XI.

S Sigfrid, prêtre anglais, apôtre et patron de la Suède, évêque à Wexiow ; il intercéda en faveur des meurtriers de ses trois neveux, ce qui les aida à se convertir.

Ss Henri et Alfard (Halward ?), martyrs l’un en Suède, l’autre en Norvège.

XIV.

B Angelo de’ Scarpetti, augustin à Borgo Sansepolcro.

S Eusée, ermite en Piémont, cordonnier, patron des savetiers.

S Guillaume de Cardaillac, évêque à Saint-Papoul.

XVII.

Bx Bedrich Bachstein, Juan Martinez, Simon, Bartolomeo Dalmasoni (prêtres) ; Girolamo Degli Arese, Gaspare Daverio Jakob (clercs) ; Christoffel Zelt, Didak Jan, Giovanni Bodeo (Rode), Emmanuel (frères convers) ; Klemens, Jan, Antonin (novices) ; tous Frères Mineurs Conventuels de diverses nationalités, à Prague, massacrés le Mardi gras ; béatifiés en 2012.

S Claude de la Colombière, jésuite, confesseur de ste Marguerite-Marie Alacoque à Paray-le-Monial, et aussi chapelain de la duchesse d'York, canonisé en 1992.

XX.

B Pere Vallmitjana Abarca (1875-1937), bénédictin espagnol à Montserrat, martyr, béatifié en 2013.

Bx Ricardo Guerra Villazan (Albino), Acacio Calleja Santamaría (Acacio María), Ángel de la Iglesia Ociña (*1913, 1915, 1916), de la congrégation Saint-Pierre-aux-Liens, martyrs espagnols près de Barcelone en 1937, béatifiés en 2018.

Bx Camila Díez Blanco (*1889) et son frère Gregorio Díez Blanco (*1899), et Eliseo Moradillo García (*1906), laïcs espagnols martyrisés en même temps que les Religieux précédents près de Barcelone en 1937, béatifiés en 2018.

B Michał Sopocko (1888-1975), prêtre polonais, directeur spirituel de ste Faustina Kowalska, fondateur de deux instituts (les Sœurs de Jésus miséricordieux et un Institut séculier de la Divine Miséricorde), béatifié en 2008.

B Juan Alonso Fernández (1933-1981), prêtre espagnol des Missionnaires du Sacré-Cœur, martyrisé au Guatémala, béatifié en 2020.

 

 

 

Onésime

1er siècle

 

D’après la lettre de saint Paul à Philémon, Onésime, originaire de Phrygie, était le domestique de Philémon, un riche habitant de Colosses et fervent chrétien (v. 22 novembre).

Onésime s’était rendu coupable de quelque larcin envers son maître et avait pris la fuite pour échapper au châtiment mérité. Mais quel châtiment aurait réservé ce maître chrétien envers son domestique ? Quelques coups de fouet ? une remontrance sonore ? quelque menace… «la prochaine fois…» ? 

Toujours est-il qu’Onésime, plus débrouillard qu’on ne le pense, arrive à Rome, et rencontre providentiellement ce Paul qui avait évangélisé Colosses quelques années plus tôt, et avait même été reçu par Philémon.

Paul donna de salutaires conseils à Onésime, qui reconnut ses torts et se convertit sincèrement. C’est bien là le plus grand mérite de cet humble esclave. Onésime, sur l’intercession de Paul, put revenir à Colosses, où Philémon le reçut en frère et non plus en esclave fugitif.

La suite des événements est moins certaine.

Il semble qu’Onésime, ait été établi par saint Paul rien moins qu’évêque à Bérée en Macédoine, ou à Ephèse après Timothée et Ignace. Cette dernière hypothèse semble un peu difficile.

Onésime serait mort martyr à Pouzzoles en Italie, après avoir souffert à Rome, mais on n’explique pas comment et pourquoi il serait arrivé là.

Avec les Grecs, saint Onésime est commémoré le 15 février dans le Martyrologe.

 

 

Faustinus et Iovita de Brescia

† 120

 

Faustinus était prêtre ; son frère, Iovita, était diacre ; tous deux étaient de Brescia, où ils annoncèrent l’Evangile.

Constatant l’influence qu’ils avaient sur le peuple, on les dénonça à l’empereur Adrien. Celui arrivait d’Orient et fut bientôt à Brescia, où il voulut lui-même interroger les deux frères.

Les tortures qu’il leur fit infliger commencèrent à Brescia, se poursuivirent à Milan et jusqu’à Rome. Elles consistèrent en l’exposition répétée des Martyrs aux bêtes féroces, qui ne leur firent rien, puis dans le supplice maintes fois répété du chevalet ; on leur arracha la peau, on leur fit avaler du plomb fondu, on les plongea dans l’eau bouillante, on leur arracha les yeux ; à chaque épisode, dit le texte d’origine, Dieu intervenait.

Ordre fut finalement donné de reconduire à Brescia Faustinus et Iovita et de les y décapiter.

Ce pouvait être vers 120, le 15 février.

Saints Faustinus et Iovita sont commémorés le 15 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs d’Antioche de Syrie

† 4e siècle

 

Un groupe de Chrétiens subit la persécution à Antioche de Syrie (auj. Antakya, Hatay, Turquie S).

Ce groupe comprenait : 

  • le prêtre Isicus
  • le diacre Iosippus
  • Romanus
  • Zosimus
  • Baralus
  • la vierge Agapes

On peut supposer qu’il s’agisse de la persécution de Dioclétien (304).

Ces six Martyrs d’Antioche de Syrie sont commémorés le 15 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Agapes d’Antioche de Syrie

† 304

 

Se reporter à la petite notice Antioche de Syrie (Martyrs d’ - 304)

 

 

Baralus d’Antioche de Syrie

† 304

 

Se reporter à la petite notice Antioche de Syrie (Martyrs d’ - 304)

 

 

Iosippus d’Antioche de Syrie

† 304

 

Se reporter à la petite notice Antioche de Syrie (Martyrs d’ - 304)

 

 

Isicus d’Antioche de Syrie

† 304

 

Se reporter à la petite notice Antioche de Syrie (Martyrs d’ - 304)

 

 

Romanus d’Antioche de Syrie

† 304

 

Se reporter à la petite notice Antioche de Syrie (Martyrs d’ - 304)

 

 

Zosimus d’Antioche de Syrie

† 304

 

Se reporter à la petite notice Antioche de Syrie (Martyrs d’ - 304)

Georgia de Clermont

† 6e siècle

 

D’après s.Grégoire de Tours (v.17 novembre), qui en fut à peu près contemporain, Georgia vivait à Clermont vers la fin du cinquième et le début du sixième siècles.

C’était une pieuse jeune fille, plus attirée par la méditation et le silence que par le monde extérieur ; elle se retira dans les environs de Clermont, pratiquant le jeûne et la prière.

Elle dut mourir dans les premières années du sixième siècle.

Au moment de ses funérailles, des colombes accompagnèrent le cercueil et ne le quittèrent qu’après l’ensevelissement. On interpréta ce signe comme la présence des anges, auxquels avait si bien ressemblé Georgia, par sa pureté et sa prière.

Sainte Georgia est commémorée le 15 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Severus d’Antrodoco

† 530

 

Severus était un prêtre dans vallée d’Antrodoco (Rieti, Latium, Italie C), et s’occupait d’une église dédiée à Notre-Dame.

L’événement qui va être raconté, nous vient du saint pape Grégoire le Grand (v. 12 mars).

Severus était en train de tailler sa vigne, quand on lui annonça qu’un malade était mourant. Il prit le temps d’achever sa besogne et se mit en chemin, lorsqu’on vint lui dire que le malade était mort. Il en fut tout contrarié et se reprocha son retard. Il alla cependant auprès du mort et pria intensément avec beaucoup de larmes, jusqu’à ce que le défunt revînt à la vie. Il raconta que les démons l’emmenaient déjà en enfer, mais qu’un ange de lumière était arrivé, avait arrêté le funeste cortège, parce que le prêtre Severus était en prière et que le Seigneur lui avait accordé la vie de cette âme. Severus alors s’entretint avec le ressuscité, l’exhorta au repentir et, huit jours après, le pécheur repenti mourut réellement et alla, cette fois-ci, directement, au Paradis.

Il mourut vers 530.

Saint Severus est commémoré le 15 février au Martyrologe Romain.

 

 

Quinidius de Vaison

† 579

 

Quinidius vint au monde à Vaison-la-Romaine (act. Vaucluse).

Ses parents eurent la bonne inspiration de le confier à des ecclésiastiques, qui l’orientèrent dans les voies du Seigneur. Quinidius était modeste, doux, chaste.

Il se fit d’abord ermite près de Toulon, puis à l’abbaye de Lérins.

Il est dit que l’évêque de Vaison en fit son archidiacre et se fit représenter par lui au concile d’Arles de 552.

Quinidius devint alors le coadjuteur de l’évêque Theodosius (v. 14 février) et lui succéda en 556, comme quinzième évêque de Vaison, toujours plus humble et plus doux.

Il participa à deux conciles de Paris en 557 et 573. Celui de 557 faisait suite à une disposition du roi Childeric Ier contre le culte des idoles et à l’élection de s.Germain au siège de Paris (v. 28 mai) ; celui de 573 en revanche eut lieu après l’élection de Grégoire de Tours (v. 17 novembre).

Lorsque le comte d’Auxerre, Mommol, qui avait repoussé les Lombards, passa à Vaison et célébrait sa victoire, Quinidius ne voulut pas ajouter à l’orgueil de Mommol et évita de venir le saluer. Mommol en fut terriblement vexé et accabla d’injures l’évêque. Quinidius ne répondit rien, mais Mommol fut prit d’un mal violent en sortant de Vaison, et Quinidius pria pour sa guérison : Mommol alors se repentit de sa gloriole et offrit de riches présents à l’évêque.

Quinidius mourut vers 579.

Saint Quinidius est commémoré le 15 février au Martyrologe Romain, lendemain de la commémoraison de son prédécesseur Theodosius.

Le diocèse de Vaison a été rattaché à celui d’Avignon ; il demeure le siège d’un évêché titulaire, dont le titre peut s’attribuer à un évêque démissionnaire.

 

 

Decorosus de Capoue

† 693

 

Decorosus naquit à Capoue et en fut le 24e évêque, depuis au moins 680.

Un événement miraculeux le rendit célèbre : il conseilla à une mère, dont l’enfant était très malade, de le conduire au sépulcre de s. Rufus (v. 27 août), où il guérit.

On voit sa signature au bas des actes du concile de Rome convoqué par le pape s.Agathon (v. 10 janvier) : en mars 680, ce concile condamna le monothélisme.

Decorosus mourut en 693.

Saint Decorosus est commémoré le 15 février au Martyrologe Romain.

 

 

Walfredo della Gherardesca de Pise

† 765

 

Walfridus, devenu Walfredo ou Wilfrido en italien, est peut-être le lointain fondateur de la lignée des Gherardesca, noble famille de Pise (Toscane, Italie). On le croit effectivement lombard, neveu du roi Astolfo, petit-fils du duc Pemmone, et fils de Ratchauso, qui fut gastaldo (administrateur) de Pise.

De son mariage avec Tesia, Walfredo eut cinq enfants.

Ceux-ci devenus grands, il décida en 754, de concert avec son épouse, de devenir ermite. Avec deux compagnons, Forte et Gundoaldo, qui venaient l’un de Corse, l’autre de Lucques, ils construisirent à Palazzuolo in Acquaviva un petit monastère dédié à saint Pierre (v. 29 juin). Pour apprendre la Règle de saint Benoît (v. 11 juillet), ils firent venir un moine de Volturno.

Puis ils construisirent aussi un monastère… pour leurs épouses et celles de leurs filles qui voulaient suivre la même orientation, peut-être celui de Saint-Sauveur à Versilia (act. Pietrasanta).

Walfredo fut élu premier abbé du monastère.

Un des fils de Walfredo, Ginfrido, avait suivi son père et avait été ordonné prêtre ; pris par la tentation, il quitta le monastère, non sans avoir entendu son père lui prédire une «punition» ; de fait, il fut bientôt amputé d’une phalange à la main ; repenti, il demanda sa réadmission et fut un modèle de piété, au point qu’il succéda à son père.

Le pieux Fondateur mourut vers 765 ; les miracles avenus sur son tombeau engendrèrent un culte séculaire, qui fut reconnu en 1861.

Saint Walfredo est commémoré le 15 février au Martyrologe Romain.

 

 

Sigfrid de Wexiow

† 1002

 

Au 10e siècle, le roi suédois s.Olaf (v. 29 juillet) demanda au roi anglais Edred de lui envoyer des missionnaires pour reprendre l’évangélisation inaugurée par s. Oscar (v. 3 février) deux siècles plus tôt. C’est ainsi que Sigfrid, un prêtre d’York, s’embarqua courageusement pour cette difficile mission.

On ne connaît pas les antécédents de Sigfrid. On pourrait supposer que, juste avant de partir, il reçut la consécration épiscopale des mains de l’évêque d’York, Wulfstan. 

Sigfrid ne partait pas seul. Il avait avec lui trois neveux : Unaman, Sunaman et Wiaman.

Visiblement Dieu était avec eux. A peine eut-on abordé sur les côtes de Gothland en juin 950, que Sigfrid planta une croix et construisit une église : il célébrait la divine Liturgie avec de beaux ornements qu’il avait apportés avec lui et prêchait à la population, aidé en cela par des interprètes. Parmi les conversions, il se choisit douze disciples, comme fit le Christ.

L’un d’eux vint à mourir : il l’enterra chrétiennement, posant une croix sur sa tombe.

Les conversions furent si nombreuses et solides, que bientôt la croix fut érigée triomphalement dans les douze tribus qui composaient le territoire de Gothland. La fontaine où Sigfrid baptisait les catéchumènes et qui prit le nom de Wexiow fut longtemps marquée par un monument sur lequel on avait gravé le nom des douze premiers convertis.

Ce qui frappait les foules, c’était d’abord les belles cérémonies liturgiques, mais ensuite l’enseignement des grands mystères chrétiens, et surtout la mortification, le désintéressement, le zèle des missionnaires.

Sigfrid établit deux évêques pour les régions orientale et occidentale du Gothland, respectivement à Lingkoping et Scara, tandis qu’il continuait d’administrer son diocèse de Wexiow, aidé par ses trois neveux, Unaman, Sunaman et Wiaman, qu’il ordonna prêtre, diacre et sous-diacre.

Voulant ensuite porter la Bonne Nouvelle plus au nord, il confia le diocèse aux trois frères. Le roi Olaf reçut Sigfrid avec profond respect et grande joie ; il reçut le baptême avec sa cour et son armée. Sigfrid fonda des églises, consacra deux évêques pour Upsal et Strengues. Celui d’Upsala devint par la suite (1160) métropolitain pour tout le royaume.

Pendant ce temps, cependant, les trois neveux laissés à Wexiow furent victimes d’une incursion de bandits qui les massacrèrent. Sigfrid, l’apprenant, se hâta de rejoindre son diocèse ; les brigands avaient décapité les trois martyrs, caché les corps au fond d’une forêt et jeté les têtes avec de grosses pierres au fond d’un lac. Mais Dieu permit à Sigfrid de les retrouver miraculeusement. 

Le roi Olaf fit rechercher les auteurs de ces martyres ; on les retrouva ; il aurait voulu les faire exécuter, mais Sigfrid intercéda pour eux ; Olaf les condamna à une très forte amende au profit de Sigfrid, mais ce dernier, malgré son extrême pauvreté, refusa énergiquement. Cette attitude miséricordieuse amena les coupables à la conversion.

Sigfrid mourut vers 1002 et fut inhumé dans la cathédrale de Wexiow. Le pape anglais Adrien IV le canonisa en 1158. 

Les Suédois honorèrent Sigfrid, leur apôtre, d’un culte tout particulier, jusqu’au moment de la Réforme. Le dernier évêque catholique de ce siège mourut en 1530.

Wexiow est l’actuelle ville verte de Växjö.

Saint Sigfrid est maintenant commémoré le 15 février au Martyrologe Romain.

 

 

Angelo de’ Scarpetti

1306

 

Cet ange naquit avant 1240 à Borgo Sansepolcro (Toscane, Italie C), dans la noble famille des Scarpetti.

En 1254, il entra au couvent des Ermites de Giovanni Bono (v. 23 octobre), qui furent absorbés par les Ermites de Saint-Augustin en 1256.

Angelo fut remarquable surtout par son humilité, sa patience, sa pureté de cœur.

Il se pourrait qu’Angelo participât à l’expansion de l’Ordre en Angleterre.

On raconte de lui ce prodigieux miracle concernant un innocent condamné à mort : n’ayant pu obtenir sa grâce au moment de la condamnation, il fondit en prières ; le condamné, une fois exécuté, se réveilla et raconta comment Angelo l’avait soutenu dans ses bras.

Il y eut d’autres miracles encore durant la vie d’Angelo. Par exemple quand un homme le gifla et en devint paralysé sur place, jusqu’à ce qu’il demandât pardon.

Angelo mourut à Borgo Sansepolcro vers le 15 février 1306, le jour retenu par le Martyrologe pour son dies natalis.

En 1583, son corps fut retrouvé intact.

Son culte fut confirmé en 1921.

Bartolomeo Dalmasoni

?-1611

 

Se reporter à la notice : Bedřich Bachstein et Compagnons

 

 

Christoffel Zelt

1541-1611

 

Se reporter à la notice : Bedřich Bachstein et Compagnons

 

 

Bedřich Bachstein

1561-1611

et ses treize Compagnons

 

Dans le cadre des âpres «luttes inter-confessionnelles» qui ensanglantèrent la Tchécoslovaquie, des factions se jetaient sur les monastères, qui étaient pillés ; il y eut à Prague plusieurs pillages de cette sorte, contre les Jésuites et les Dominicains en particulier.

Les Frères Mineurs Conventuels, résidants à Prague subirent aussi cet assaut le 15 février 1611, jour du Mardi gras, en l’église de Notre-Dame des Neiges.

Les insurgés forcèrent la porte du monastère et pénétrèrent dans l’église, où s’étaient réfugiés une partie des Religieux. Trois furent tués sur place ; d’autres dans le monastère, d’autres enfin qui s’étaient réfugiés dans le grenier.

Les corps des quatorze Martyrs restèrent là sans sépulture jusqu’au samedi, jour où on put les ensevelir à l’intérieur du cloître.

Certains coupables furent retrouvés et exécutés en mai 1611.

Voici ce qu’on peut connaître de ces Martyrs :  

  • Bedřich Bachstein (*1561 environ), né à Pená, Jindřichův Hradec (République de Tchécoslovaquie), prêtre ; vicaire (le Gardien, ou Supérieur, était absent ce jour-là) ; 
  • Juan Martínez (*1571 environ), né en Espagne, prêtre ; sacristain ; comme il tentait de sauver le ciboire, il eut la main tranchée, fut poignardé dans le dos, et les saintes hosties piétinées.
  • Simon (*1581 environ), né en France, prêtre ; 
  • Bartolomeo Dalmasoni, né à Ponte San Pietro (Bergame, Italie), prêtre ; 
  • Girolamo Degli Arese (*1597 environ), né à Milan, clerc ; 
  • Gaspare Daverio (*27 avril 1584), né à Bosto (Varese, Italie), clerc ; 
  • Jakob (*1590 environ) né à Augsburg (Bavière, Allemagne), clerc ; 
  • Klemens (*1590 environ) né en Allemagne, novice ; il eut le crâne ouvert d’un coup de hache.
  • Christoffel Zelt (*1541 environ), né aux Pays-Bas, frère ; c’était le plus âgé ; 
  • Didak Jan (*1571-1581 environ), né en Allemagne, frère ; 
  • Giovanni Bodeo (Rode) (*1581 environ), né à Mompiano (Brescia, Italie), frère ; jardinier ; 
  • Emmanuel (*1581 environ), né en République de Tchécoslovaquie, frère ; cuisinier ; 
  • Jan (*1603 environ), né en République de Tchécoslovaquie, novice ;
  • Antonín (*1601-1603 environ), né en République de Tchécoslovaquie, novice ; aide cuisinier.

 

Tous ces Religieux, venus de pays différents, formaient une famille spirituelle unie qui resta soudée jusqu’à la mort. On remarquera le jeune âge de la plupart, particulièrement de Jan et Antonín.

Leur procès de béatification, plusieurs fois retardé, a pu être porté à conclusion tout récemment.

Les quatorze Martyrs tchèques ont été béatifiés ensemble en 2012. Leur dies natalis est au 15 février.

 

 

Didak Jan

1571-1611

 

Se reporter à la notice : Bedřich Bachstein et Compagnons

 

 

Juan Martínez

1571-1611

 

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Emmanuel

1581-1611

 

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Giovanni Bodeo

1581-1611

 

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Simon

1581-1611

 

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Gaspare Daverio

1584-1611

 

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Klemens

1590-1611

 

Se reporter à la notice : Bedřich Bachstein et Compagnons

 

 

Jakob

1590-1611

 

Se reporter à la notice : Bedřich Bachstein et Compagnons

 

 

Girolamo Degli Arese

1597-1611

 

Se reporter à la notice : Bedřich Bachstein et Compagnons

 

 

Antonin

1601-1611

 

Se reporter à la notice : Bedřich Bachstein et Compagnons

 

 

Jan

1603-1611

 

Se reporter à la notice : Bedřich Bachstein et Compagnons

Claude de la Colombière

1641-1682

 

Claude de la Colombière, troisième enfant du notaire Bertrand de la Colombière et Marguerite Coindat, naquit le 2 février 1641 à Saint Symphorien d'Ozon dans le Dauphiné. Il semble bien que le nom de famille portât la particule, que Claude lui-même omit par discrétion, et que les auteurs modernes ont volontiers supprimée.

Des cinq enfants qui survécurent, trois des quatre garçons devinrent prêtres, et l’unique fille, visitandine.

La famille s'étant déplacée à Vienne (France), Claude y fit ses premières études, qu'il compléta ensuite à Lyon chez les Jésuites jusqu'aux classes de rhétorique et de philosophie. C'est alors qu'il se sentit à son tour appelé à la vie religieuse dans la Compagnie de Jésus. La vie de Claude était portée vers l'art et la littérature et attirée par tout ce qu'il y avait de plus digne dans la vie de société. Mais il n'était pas homme à se laisser guider par le sentiment.

A 17 ans, il entre au Noviciat de la Compagnie de Jésus, en Avignon. C'est là qu'en 1660 il passe du Noviciat au Collège pour terminer ses études de philosophie. Il y émet aussi ses premiers vœux de religion. A la fin des cours, il est nommé professeur de Grammaire et de Littérature ; tâche qu'il assumera pendant cinq ans dans ce Collège. Il y est très bien «noté» : 

Claude La Colombière a de très grands dons, un rare bon sens, une prudence remarquable, une expérience déjà assez développée ; il a pris un bon départ pour les études. Son tempérament est plein de douceur. Ses forces physiques sont délicates. Il est fait pour assumer toute tâche (Ad omnia factus).

En 1666 il est envoyé à Paris pour étudier la Théologie au Collège de Clermont ; il reçoit à la même époque une charge de haute responsabilité : précepteur des fils de Colbert, le ministre des Finances de Louis XIV.

Ses études terminées et ordonné prêtre (1666), il retourne à Lyon : il y est professeur pendant quelque temps, et ensuite se consacre entièrement à la prédication et à la direction de la Congrégation Mariale. Sa prédication se distingue surtout par sa solidité et sa profondeur ; il ne se perdait pas en idées vagues, mais s'adressait avec à propos à un auditoire concret. Son inspiration évangélique avait le pouvoir de transmettre à tous sérénité et confiance en Dieu. La publication de ses sermons produisit dans les âmes, comme elle continue à le faire, de grands résultats spirituels ; en effet, si l'on considère l'endroit où ils ont été prononcés et la brièveté de son ministère, ils semblent avoir moins vieilli que les textes d'orateurs plus célèbres.

L'année 1674 est décisive dans la vie de Claude. Il fait son troisième an de probation à la Maison Saint-Joseph de Lyon et le mois traditionnel d'Exercices Spirituels. Puisque cet idéal lui paraissait magnifique, Claude l'adopta comme un programme de sainteté. 

Le 2 février 1675 il fait la Profession solennelle et est nommé Recteur du Collège de Paray-le-Monial. Certains s'étonnèrent qu'un homme si éminent fût envoyé dans un endroit aussi retiré que Paray. On en trouve l'explication dans le fait que les Supérieurs savaient qu'au Monastère de la Visitation, une humble religieuse, Marguerite Marie Alacoque, à laquelle le Seigneur révélait les trésors de son Coeur, vivait dans une angoissante incertitude ; elle attendait que le Seigneur lui-même accomplît sa promesse de lui envoyer son fidèle serviteur et parfait ami, qui l'aurait aidée à réaliser la mission à laquelle il la destinait : manifester au monde les richesses insondables de son amour. 

Or Claude avait fait un vœu particulier de fidélité sans réserve aux Règles et Constitutions de la Compagnie de Jésus, comme moyen de parvenir plus sûrement à la sainteté. Recevant le message du Sacré-Cœur par l’intermédiaire de Marguerite Marie Alacoque, il trouva tout ce à quoi il aspirait. Il se remettra au Christ dans un don total et sans retour :

Pour réparation de tant d’outrages et de si cruelles ingratitudes, je vous offre mon cœur, je me donne tout entier à vous. Selon le propre témoignage de Marguerite Marie, cette dévotion au Sacré-Cœur l’a plus élevé en la gloire que tout ce qu’il avait pu faire au reste pendant tout le cours de sa vie.

Le père de la Colombière devint ainsi le confident, le conseiller et le confesseur de Marguerite Marie.

Après un an et demi de séjour à Paray, en 1676, il part pour Londres, où il a été nommé prédicateur de la Duchesse d'York. Il s'agissait d'un ministère très délicat, étant donnés les événements religieux qui à l'époque agitaient l'Angleterre. Il occupe l'appartement qui lui avait été réservé au palais de Saint James. En plus des sermons qu'il prononce, Claude peut consacrer du temps à instruire solidement dans la vraie foi plusieurs personnes qui avaient abandonné l'Eglise romaine. Un travail si intense et un climat pernicieux eurent raison de sa santé ; des symptômes d'une grave affection pulmonaire commencèrent à se manifester. Mais Claude continua courageusement son genre de vie.

A la fin de 1678, il fut arrêté à l'improviste sous l'accusation calomnieuse de complot papiste. Après deux jours, on l'enferma dans la sinistre prison de King's Bench, où il resta trois semaines, en proie à de graves privations, jusqu'à ce qu'un décret royal lui signifiât son expulsion de l'Angleterre. 

Le martyr John Wall (voir au 22 août), qui le rencontra une nuit quelques mois avant son exécution, affirma qu’il crut avoir affaire à l’apôtre saint Jean revenu sur terre pour rallumer cet amour au feu du Cœur de Jésus.

Toutes ses souffrances rendirent encore plus précaire son état de santé, qui, avec des hauts et des bas, ne fit qu'empirer à son retour en France.

Claude considérait ces souffrances comme une des plus grandes miséricordes que Dieu ait exercées envers (lui).

Pendant l'été 1681, il fut renvoyé à Paray. Et le 15 février 1682, premier dimanche du Carême, dans la soirée, il fut pris d'un crachement de sang et il expira.

Claude de la Colombière fut béatifié en 1929 et canonisé en 1992.

 

 

Pere Vallmitjana Abarca

1875-1937

 

Pere (Pierre) était né le 19 mai 1875 à Barcelone.

Il entra dans l’Ordre bénédictin au monastère de Montserrat, dépendant de la congrégation de Subiaco.

Les milices républicaines procédèrent au sac complet du monastère et des monuments religieux des environs, détruisant des objets du patrimoine de grande valeur, comme les archives, les parchemins, ainsi que la plupart des statues et images saintes des sanctuaires ; les cloches furent fondues pour fabriquer des armes ; on put compter jusqu’à quatre-vingt quatre wagons qui partirent de Montserrat, peu avant la libération finale, emportant un matériel évalué alors à plus d’un million de pesetas.

Don Pere fut martyrisé à Cerdanyola (Barcelone) ; il aurait été brûlé vif dans un four de ciment. Ce fut le 15 février 1937.

Il a été béatifié en 2013.

 

 

 

Camila Díez Blanco

1889-1937

 

Elle naquit et fut baptisée le 14 septembre 1889 à Nidáguila (Burgos, Espagne), en la fête de la Sainte Croix, et fut confirmée en 1892. Son frère était Gregorio Díez Blanco.

Comme on l’a vu à propos de Gregorio, à partir de 1930 Camila vint vivre chez ce dernier à la mort de son épouse, pour s’occuper des enfants.

A partir de juillet 1936, quand éclata la guerre civile, Gregorio et Camila accueillirent courageusement chez eux trois Religieux de la congrégation de Saint-Pierre-aux-Liens, ainsi qu’un jeune laïc.

Au bout de sept mois, le 15 février 1937, on vint arrêter Gregorio avec sa sœur Camila, les trois Religieux présents et le jeune laïc Eliseo, pour les conduire d’abord en prison puis au lieu-dit La Rabassada, où ces six victimes furent fusillées et enterrées dans une fosse commune.

Camila reçut ainsi la palme du martyre à Barcelone, le 15 février 1937.

Camila Díez Blanco, béatifiée en 2018, sera commémorée au Martyrologe le 15 février.

 

 

Gregorio Díez Blanco

1899-1937

 

Il naquit et fut baptisé le 24 décembre 1899 à Nidáguila (Burgos, Espagne), en la vigile de Noël, et fut confirmé en 1903.

Pour trouver du travail, il se transféra à Barcelone et fut chauffeur de tramway.

Il se maria avec Paulina Díez Anidobro et ils eurent quatre enfants. Mais Paulina mourut prématurément en 1930, raison pour laquelle la sœur de Gregorio, Camila, vint vivre chez son frère pour s’occuper des enfants.

Alors qu’il hébergeait chez lui trois Religieux et un ami de ceux-ci (v. ce même jour), Gregorio eut l’audace d’aller se présenter à la prison Sant Feliu pour demander la libération des autres Religieux détenus.

La réponse fut que le 15 février 1937 on vint l’arrêter chez lui, avec sa sœur Camila, les trois Religieux présents et le jeune laïc Eliseo, pour les conduire d’abord en prison puis au lieu-dit La Rabassada, où ces six victimes furent fusillées et enterrées dans une fosse commune.

Gregorio reçut ainsi la palme du martyre à Barcelone, le 15 février 1937.

Gregorio Díez Blanco, béatifié en 2018, sera commémoré au Martyrologe le 15 février.

 

 

Eliseo Moradillo García

1906-1937

 

Il naquit le 10 septembre 1906 à Celada del Camino (Burgos, Espagne) et fut baptisé six jours plus tard.

Son père était un camionneur employé des chemins de fer, et changea beaucoup de domicile. Eliseo vint à Barcelone en quête de travail et trouva à se loger chez les Religieux de Saint-Pierre-aux-Liens.

Quand ceux-ci furent expulsés, en juillet 1936, Eliseo leur servit de trait-d’union pour porter des messages des uns aux autres.

Il se trouvait chez M. Gregorio Díez Blanco, lorsque des miliciens vinrent y arrêter ce dernier, sa sœur, les trois Religieux présents, et Eliseo lui-même, qui partagea généreusement leur sort.

Il reçut la palme du martyre au lieu-dit La Rabassada (Barcelone), le 15 février 1937.

Eliseo Moradillo García, béatifié en 2018, sera commémoré au Martyrologe le 15 février.

 

 

Ricardo Guerra Villazan

1913-1937

 

Il naquit le 14 septembre 1913 à Arenillas de Riupisuerga (Burgos, Espagne) ; naître en la fête de l’Exaltation de la Croix était peut-être pour lui un signe prophétique… Il reçut le baptême le 17 septembre suivant.

Il entra dans la congrégation de Saint-Pierre-aux-Liens et prit le nom d’Albino. Le noviciat se termina en 1931 avec la profession.

Envoyé pour ses études à Barcelone, il y fit la philosophie et deux années de théologie ; il se préparait à émettre la Profession solennelle, quand les miliciens vinrent déloger toute la communauté dans la nuit du 19 au 20 juillet 1936.

Ricardo se cacha chez un ami et profita de cette petite liberté pour rendre visite à d’autres Religieux : c’était un réconfort de se retrouver pour prier, pour s’encourager mutuellement. Il se trouvait alors dans la maison de Gregorio Díez Blanco, lorsque les hommes de la Milice vinrent les arrêter et les mirent dans la prison San Elias.

Le 15 février 1937,  les miliciens les emmenèrent aux environs de Barcelone, au lieu-dit La Rabassada, où ils les fusillèrent et les jetèrent dans une fosse commune.

Ricardo avait trente-trois ans quand il reçut ainsi la palme du martyre.

Ricardo Guerra Villazan, béatifié en 2018, sera commémoré au Martyrologe le 15 février.

 

 

Acacio Calleja Santamaría

1915-1937

 

Il naquit le 7 mai 1915 à Yudego (Burgos, Espagne).

En 1933, il entra dans la congrégation de Saint-Pierre-aux-Liens à Marseille et prit le nom d’Acacio María.

Après la première profession, il fut envoyé à Barcelone pour ses études, mais eut à peine le temps d’y faire les années de philosophie.

Dans la nuit du 19 au 20 juillet 1936, la maison fut prise d’assaut par les miliciens, qui expulsèrent les Religieux.

Acacio put s’enfuir avec quelques Confrères et un groupe d’élèves et s’en alla se cacher chez des amis et connaissances, pour finalement aller retrouver la maison de Gregorio Díez Blanco.

Les miliciens vinrent arrêter toute cette petite communauté : après un court passage à la prison San Elia, tous les Religieux furent fusillés au lieu-dit La Rabassada, proche de Barcelone et reçurent ainsi la palme du martyre le 15 février 1937.

Acacio Calleja Santamaría, béatifié en 2018, sera commémoré au Martyrologe le 15 février.

 

 

Ángel de la Iglesia Ociña

1916-1937

 

Il naquit le 1er octobre 1916 à Nidáguila (Burgos, Espagne) et fut baptisé le jour même ; à cette époque, on fêtait le lendemain les saints Anges Gardiens, dont il porta le nom.

Dès 1926 il entra dans la congrégation de Saint-Pierre-aux-Liens et commença le noviciat ; il fit la profession en 1931 et fut envoyé à Barcelone.

Ángel avait beaucoup de bonnes qualités ; on le disait intelligent, plein de bonté, noble et humble. Il semble qu’on lui ait laissé son prénom de baptême même après sa profession, tant il était vraiment un ange.

La révolution de 1936 mit fin à ses études : en juillet les miliciens l’arrêtèrent une première fois, mais le laissèrent partir, le prenant pour un simple élève - il n’avait en effet que vingt ans.

Il rejoignit alors d’autres Confrères chez M. Gregorio Díez Blanco et sa sœur. Mais les miliciens surent les retrouver : ils les arrêtèrent tous le 15 février 1937, les emmenèrent au lieu-dit La Rabassada, où ils les fusillèrent et les jetèrent dans une fosse commune.

Ángel reçut ainsi la palme du martyre près de Barcelone, le 15 février 1937.

Ángel de la Iglesia Ociña, béatifié en 2018, sera commémoré au Martyrologe le 15 février.

 

Michał Sopoćko

1888-1975

 

Le père Michał Sopoćko naquit le 1er novembre 1888, fête de la Toussaint, à Nowosady en Pologne russe (actuelle Lituanie), dans une famille noble profondément attachée à la foi chrétienne.

Chaque jour, on priait en famille, et Michał grandit dans cette atmosphère de piété ; il se construisait des autels où il priait.

Il fréquente le séminaire de Vilnius, grâce à une bourse que lui accorde le recteur, car la famille est trop pauvre. Il est ordonné prêtre en 1914, et exerce son sacerdoce dans la paroisse de Taboryszki, qui va être brutalement agressée en 1915, au passage des troupes germano-russes. 

Sans se décourager, il continua à célébrer les offices, mais aussi à ouvrir des écoles dans les environs. Mais les autorités y verront bientôt un «danger» et l’obligèrent à quitter son poste. 

En 1918, il va faire des études à Varsovie, mais la situation politique et la maladie l’empêchent d’étudier. Volontaire aux armées, il est aumônier à l’hôpital militaire de Varsovie, puis transféré au régiment de Vilnius. Malade et hospitalisé, il revient à Varsovie et s’occupe des officiers. Ses conférences sont très appréciées, et le ministère de la Défense les fit publier et diffuser dans tous les services. 

En 1919, l’université rouvre ses portes, et l’abbé Sopoćko s’inscrit en morale, droit et philosophie. En outre il fréquenta l’institut supérieur de pédagogie où il obtiendra son diplôme en 1923, avec un mémoire sur L’Alcoolisme et les adolescents.

Rappelé à Vilnius en 1924, il y organise la pastorale pour les jeunes et pour les militaires. Chaque semaine fut organisée une table ronde pour traiter de sujets moraux et religieux. Il crée des associations pour la jeunesse.

Continuant ses études de théologie par correspondance, il passe le doctorat en théologie en 1926. Ses études lui ont donné l’occasion d’apprendre l’allemand, l’anglais et le français.

Directeur spirituel au séminaire de Vilnius, responsable à la faculté de théologie pastorale à l’université, il se retire peu à peu de la pastorale militaire. Il développe la Société des Enfants de Marie, le Cercle Eucharistique, le Tiers-ordre franciscain, l’Union missionnaire du clergé.

Préparant une thèse d’habilitation pour l’éducation spirituelle, il voyage en Europe de l’Ouest et en 1934 présente sa thèse intitulée : Le but, le sujet et l’objet de l’éducation spirituelle d’après M.Leczycki. Il est nommé professeur à l’université de Varsovie et à l’université Etienne Batory de Vilnius, puis sera nommé recteur de l’église Saint-Michel, après un pèlerinage en Terre Sainte.

Il rencontre une Religieuse du nom de Faustyna, chez les Sœurs de la Miséricorde à Vilnius. Sœur Faustyna Kowalska est une religieuse mystique, favorisée de révélations du Christ : elle avait vu en vision l’abbé Michał Sopoćko, à Varsovie et à Cracovie, et il deviendra le plus fidèle propagateur de la dévotion à la Divine Miséricorde, demandée par Faustyna de la part du Christ. Sœur Faustyna lui fait part du désir du Christ que soit instituée la fête de la Miséricorde divine, ainsi qu’une nouvelle congrégation religieuse. 

C’est lui qui demandera à l’artiste Kazimirowski de peindre l’icône de la Miséricorde divine, qui fut exposée le dimanche après Pâques de 1935, année du jubilé de la Rédemption. Il écrivit un ouvrage sur cette dévotion. En 1936, un premier opuscule envoyé à tous les évêques polonais, n’obtint aucune réponse. En 1937, deuxième opuscule. Sœur Faustyna meurt en 1938 (voir au 5 octobre). A partir de 1939, la guerre confirmant les révélations de Sœur Faustyna, l’abbé Sopoćko les publie.

La construction du sanctuaire de la Miséricorde, qui devait se construire à Vilnius et qui avait obtenu l’agrément des autorités lituaniennes, fut remis à plus tard, à cause des hostilités. C’est alors que Edwige Osinska l’aida à traduire et diffuser en Occident son traité sur la Miséricorde divine.

En 1940-1941, il reprit ses cours, près de l’église Saint-Michel. Il s’occupa de la conversion des Juifs et en baptisa soixante-cinq. Les Allemands alors s’alarmèrent. Il fut arrêté quelques jours. Fin 1941, il put se cacher chez les Ursulines, déguisé en charpentier, et continuant de célébrer et de travailler pour la diffusion de ses ouvrages. On le recherchait partout.

En 1944, il reprit des cours au séminaire, où il apportait ce qu’il pouvait trouver de provisions le dimanche dans les paroisses alentour. Son activité finit par ne plus être «clandestine», et il courut un réel danger.

En 1947, il est appelé par Mgr Jalbrzykowki à Bialystok (Pologne) et se retrouve en septembre à Mysliborz, où il rencontre les premières supérieures de la nouvelle congrégation. A Bialystok il est professeur et directeur spirituel au séminaire, confesseur des Missionnaires de la Sainte Famille. 

Faute d’examen suffisant, la dévotion est interdite en 1958, mais elle est désormais largement connue. La construction, à Bialystok, d’une église consacrée à la Miséricorde divine, doit de nouveau être reportée. Un accident facial lui retire la voix et un autre accident de voiture en 1962 aggrave son état de santé. Il interrompt ses nombreuses activités, sauf celle de propager la dévotion. Il achève la rédaction des quatre volumes de La Miséricorde de Dieu dans ses Œuvres.

En 1965, il témoigne au procès de béatification de Sœur Faustyna. En 1972, il devient Chanoine du Chapitre métropolitain. En 1974, il fête soixante ans de sacerdoce.

Il décède le 15 février 1975, le jour où l’on fête saint Faustin.

Michał Sopoćko a été béatifié en 2008.

 

 

Juan Alonso Fernández

1933-1981

 

Juan Alonso Fernández naquit le 28 novembre 1933 à Cuérigo (Asturies, Espagne).

En 1953, il fit profession chez les Missionnaires du Sacré-Cœur.

En 1960, il fut ordonné prêtre et envoyé au Guatemala.

En 1963, il fut envoyé pour deux ans en Indonésie et, en 1965, il revint au Guatemala.

Il fonda la paroisse de Lancetillo.

Arrêté, torturé, il fut assassiné à La Barranca (Quiché) le 15 février 1981.

Juan Alonso Fernández devrait être béatifié en 2020, avec neuf autres Martyrs du Guatemala, et inscrit au Martyrologe le 15 février.

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14 février 2020 5 14 /02 /février /2020 00:00

14 FEVRIER

 

II.

S Eleukadios, grec converti à Ravenne, désigné par une colombe pour être évêque.

III.

S Valentinus, prêtre romain martyr.

S Valentinus, évêque à Terni, dont il est patron, et martyr à Rome ; on disait au Moyen-Age qu’en ce jour les oiseaux s’accouplaient, d’où l’origine du patronat de s. Valentin pour les fiancés.

? Ss Ephèbe et Apollone, martyrs (à Terni ?).

S Vitalis, martyr à Spolète, crucifié.

S Zénon, martyr romain.

Ss Cyrio (prêtre), Agatho (exorciste), Bassianus (lecteur), Moyses, Tonianus, Protus, Lucius, Dionysios et Ammonius, martyrs en Alexandrie.

IV.

S Lienne (Leonius), disciple, confident et compagnon de s. Hilaire à Poitiers jusque dans son exil.

S Modestin, martyr à Avellino, peut-être un évêque venu d’Orient.

? S Louans (Lupance), près de Tours.

V.

S Abraham, syrien, tiré du désert pour être évêque à Carrhes.

S Nostrianus, évêque à Naples : il fit construire des bains pour le clergé et les fidèles, pour éviter tout contact de ceux-ci avec les hérétiques.

S Auxentios, de père persan, solitaire sur le mont Oxia, puis sur le mont Skopa, thaumaturge.

? S Paulien, premier évêque en Velay ; son successeur établit le siège au Puy.

VI.

S Théodose, évêque à Vaison.

VII.

S Conran, écossais, moine, peut-être évêque dans les îles Orcades.

S Racho (Ragnobert), évêque à Autun, premier évêque d’origine franque.

IX.

S Antonino, bénédictin, abbé à Sorrente.

Ss Cyrille (Constantin) et Méthode, deux frères de Thessalonique, missionnaires en Moravie où ils mirent au point l’alphabet “cyrillique” et la liturgie en slavon ; dénoncés comme “irréguliers”, ils furent finalement approuvés par les papes, Méthode fut sacré évêque (Sirmium) et légat chez les Slaves, où il mourut un six avril ; Cyrille mourut à Rome ; il avait retrouvé en Crimée les reliques de s. Clément ; ils sont co-patrons de l’Europe. 

XVII.

S Juan Bautista García Lopez-Rico, trinitaire à Tolède, réformateur de son ordre (et enfermé dans un cachot par des récalcitrants).

XX.

B Vicente Vilar David (1889-1937), dernier de huit enfants, fidèle de l’adoration nocturne du Saint-Sacrement, marié, martyrisé pour sa foi près de Valencia, béatifié en 1995.

Eleukadios de Ravenne

† 112

 

La Tradition affirme qu’Eleukadios était d’origine grecque..

Elevé d’abord dans la philosophie de Platon, il connut l’Evangile du Christ grâce à s.Apollinaire (v. 21 juillet) qu’il rencontra soit en Grèce durant l’exil de ce dernier, soit à Ravenne même (Italie).

A Apollinaire succéda Aderitus. Quand il fallut élire le troisième évêque de Ravenne, on vit une colombe arriver et demeurer au-dessus de la tête d’Eleukadios.

Il mourut, croit-on, le 14 février 112.

Saint Eleukadios de Ravenne est commémoré le 14 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Valentinus de Rome

† 270

 

Prêtre à Rome, Valentinus fut arrêté sour l’empereur Claude le Goth, qui le fit charger de chaînes et mettre dans les entraves.

Deux jours après, il confessa sa Foi devant l’empereur lui-même.

Placé ensuite sous la garde d’un officier, il en guérit la fille, qui était aveugle ; du coup toute la famille se convertit au Christ.

Furieux, l’empereur fit battre, puis décapiter le glorieux Témoin.

Il mourut, croit-on, le 14 février vers 270.

Ce n’est pas ce Valentinus qu’on invoque en ce même jour pour les fiancés ; l’évêque du même nom avait son siège à Terni et fut martyrisé à Rome.

Saint Valentinus de Rome est commémoré le 14 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Valentinus de Terni

176-273

 

Valentinus naquit en 176 à Interamna (act. Terni, Italie C) de famille aristocratique.

Bientôt converti et affermi dans la Foi, il fut choisi en 197 pour être le troisième évêque de ce siège.

Il est un peu étrange qu’on n’ait conservé aucun acte de cet épiscopat qui dura plus de soixante-treize années.

En 270, quand il était presque centenaire, l’évêque fut contacté par un certain philosophe romain nommé Crato pour venir guérir son fils, mais Valentinus «guérit» aussi toute la famille, qui se convertit au Christ.

Informé, l’empereur Claude le Goth le fit arrêter mais, sans doute impressionné par l’âge du vénérable évêque, se contenta de le mettre aux arrêts chez une famille païenne.

Sous l’empereur Aurélien, Valentinus fut de nouveau arrêté, cette fois-ci pour être martyrisé. Hors de Rome, il fut durement flagellé, puis décapité.

C’était, d’après la Tradition, le 14 février 273, quand Valentinus avait quatre-vingt dix-sept ans.

Valentinus n’a a priori rien à voir avec les fiancés, qui l’invoquent le 14 février. Valentinus aurait célébré le mariage d’un soldat païen avec une chrétienne : l’épisode est fort douteux. On prétend en revanche que les petits oiseaux commencent de s’accoupler justement en ce 14 février.

Saint Valentinus de Terni ne figure pas dans l’actuel Martyrologe Romain.

 

 

Vitalis de Spolète

? 4e siècle

 

Vitalis aurait été crucifié, mais on ne sait à quelle époque.

On aurait retrouvé la tombe du Martyr Vitalis à Spolète, vers la fin du quatrième siècle.

Saint Vitalis de Spolète est mentionné le 14 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Zeno de Rome

?

 

Zeno est un Martyr romain.

Aucun document ne le situe autrement dans le temps et l’on ne sait rien de lui.

Saint Zeno de Rome est mentionné le 14 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Alexandrie (Martyrs en)

?

 

Il y eut plusieurs persécutions en Alexandrie d’Egypte. On ne sait à laquelle il faut rattacher les Martyrs suivants : 

Trois furent brûlés vifs : 

  • Cyrion, prêtre
  • Agatho, exorciste
  • Moyses

Quatre furent jetés en mer :

  • Bassianus, lecteur (?)
  • Tonionus
  • Protus
  • Lucius

Deux furent décapités : 

  • Dionysios
  • Ammonius

Ces neuf Martyrs sont mentionnés le 14 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Agatho d’Alexandrie

?

 

Voir la notice Alexandrie (Martyrs en)

 

 

Ammonius d’Alexandrie

?

 

Voir la notice Alexandrie (Martyrs en)

 

 

Bassianus d’Alexandrie

?

 

Voir la notice Alexandrie (Martyrs en)

 

 

Cyrion d’Alexandrie

?

 

Voir la notice Alexandrie (Martyrs en)

 

 

Dionysios d’Alexandrie

?

 

Voir la notice Alexandrie (Martyrs en)

 

 

Lucius d’Alexandrie

?

 

Voir la notice Alexandrie (Martyrs en)

 

 

Moyses d’Alexandrie

?

 

Voir la notice Alexandrie (Martyrs en)

 

 

Protus d’Alexandrie

?

 

Voir la notice Alexandrie (Martyrs en)

 

 

Tonionus d’Alexandrie

?

 

Voir la notice Alexandrie (Martyrs en)

Nostrianus de Naples

† 455

 

Nostrianus fut le quinzième évêque de Naples, mais on n’a aucune date précise sur sa vie.

On sait qu’après la chute de Carthage aux mains des Vandales (439), beaucoup d’ecclésiastiques furent contraints de quitter l’Afrique, sur des embarcations de fortune, dont certaines arrivèrent sur le littoral italien. On le voit, l’Histoire se répète encore de nos jours…

Nostriano ouvrit largement les bras à ces héros de la foi, notamment aux deux évêques Gaudiosus et Quodvultdeus (v. 27 octobre et 19 février) avec lesquels il démasqua et combattit énergiquement le pélagianisme de l’évêque Florus (déjà condamné au concile d’Ephèse de 431). Nostrianus se vit obligé de faire arrêter l’hérétique par un prêtre et quelques clercs, pour le conduire en exil.

A Naples, l’évêque fit construire des termes spécialement pour le clergé et les fidèles : non qu’il n’en existât pas encore, mais le pontife voulut par là isoler les partisans de l’erreur pélagienne et empêcher leurs idées de gagner son troupeau.

Nostrianus gouverna sagement son diocèse pendant dix-sept ans et s’endormit à une date qu’on situe approximativement entre 452 et 465.

Saint Nostrianus est maintenant commémoré le 14 février au Martyrologe Romain.

 

 

Auxentios

420-470

 

Le père d’Auxentios, Abdas, avait fui la Perse à cause de la persécution de Sapor, et s’était installé en Syrie, où il se maria et eut un enfant : Auxentios.

La date de la naissance d’Auxentios semble controversée ; il a pu naître avant 400.

Après ses premières études, il vint à Constantinople et s’enrôla parmi les gardes de l’empereur Théodose. Ce dernier estima beaucoup le jeune homme pour sa piété, ses mœurs pures, son érudition. De plus, Auxentios eut aussi le don des miracles.

Auxentios avait des amis parmi les solitaires ; on cite ainsi un certain Ioannis, qui vivait non loin de l’Hebdomon (quartier proche de Constantinople) ; il allait le voir avec deux laïques, Marcianos (futur économe de l’Eglise) et Anthimos (futur prêtre). Avec ce dernier, il s’adonna au jeûne et à la prière, aux veilles nocturnes, dormant peu, et souvent sur la terre nue. Marcianos édifia une petite église sur le bord de la mer : ils s’y retrouvaient tous les trois.

Mais en 442, pour trouver plus de solitude, Auxentios se retira sur le mont Oxia (île de Naxos), complètement ignoré, nouveau Jean-Baptiste vêtu d’une rude peau de bête (cf. Mt 3:2), et abrité… de la voûte céleste.

Il se prit cependant à son propre piège, si l’on peut dire, car voyant de pauvres enfants qui cherchaient leurs troupeaux égarés, il ne résista pas à les leur faire découvrir miraculeusement. Les enfants parlèrent de lui aux parents, qui vinrent le remercier. Aussi Auxentios alla se construire une cabane au sommet de la montagne, et en mura la porte de l’intérieur ; une petite fenêtre était la seule ouverture, par laquelle il s’adressait laconiquement à ses visiteurs et touchait les malades qu’on lui présentait. 

Il les invitait d’abord à rendre gloire à Dieu, à prier avec lui, ou à écouter sa lecture. Parfois, «le» visiteur était le Malin, qui s’efforçait d’empêcher Auxentios de prier. Auxentios le chassait, comme il le chassa aussi de possédés, et fit encore bien d’autres miracles. Il rendit la vue à une aveugle en passant sa main sur ses yeux et lui disant : Que Jésus-Christ, la véritable lumière, te guérisse ! Une autre fois, un curieux vint le voir, le croyant simplement fou : mais à son retour à Constantinople, il trouva sa fille possédée ; repenti, il vint supplier Auxentios de la guérir ; Auxentios accomplit le miracle, imposant cependant à toute la famille une «pénitence» : passer une semaine dans la prière et le jeûne, tant il est vrai, dit le Christ aux Apôtres, que ce genre de démons ne se chasse que par la prière et le jeûne (Mt 17:20).

On voulut mettre à l’épreuve la foi du Solitaire. On l’obligea à sortir de sa cellule pour le conduire à Constantinople : il fallut le faire monter sur un chariot, tant il était amaigri et même meurtri par ses austérités ; en chemin, Auxentios n’arrêtait pas d’accomplir des miracles. Il fut d’abord enfermé, comme un bandit, au monastère de Philée, puis transféré près de Chalcédoine, à l’Hebdomon, où l’empereur l’accueillit avec toutes les marques possibles de respect. En réalité, Auxentios ignorait les canons votés lors du concile de Chalcédoine ; on les lui lut et il y adhéra explicitement. Après quoi, il fut ordonné prêtre.

Auxentios demanda ensuite à être conduit au mont Skopa, un endroit encore plus escarpé et plus froid que le mont Oxia, ce qui n’empêcha pas la population de venir encore l’écouter et lui demander sa prière d’intercession. Auxentios prêcha, enseigna la doctrine orthodoxe, faisait prier et chanter, parfois toute la nuit du samedi au dimanche. Il recommandait aussi de ne pas travailler le vendredi, en l’honneur de la Passion du Christ, et de consacrer ce jour au jeûne et à la prière.

Les miracles continuèrent. Mais aussi les vocations se présentèrent ; des hommes reçurent de lui l’habit monastique et vécurent dans la solitude, d’autres se fixèrent autour de sa cellule. Un de ces derniers, qui s’appelait Basilios, fut un jour tellement malmené par le Diable, qu’on le crut mort : Auxentios le ramena à la vie et lui donna pouvoir d’éloigner totalement le Démon. Auxentios bâtit aussi un monastère pour les femmes, le Trychinaire.

Frappé par la maladie, Auxentios mourut le 14 février 470, son dies natalis au Martyrologe Romain.

 

 

Racho (Ragnobert)

† 659

 

Saint Racho (ou saint Ragnobert) occupa le siège épiscopal d’Autun entre saint Ferréol et saint Léger, entre 650 et 659. Son vrai nom serait en latin Rognabertus, ou Rachonis.

Ce fut le premier évêque d’origine franque, et c’est bien certainement l’élément le plus important qu’on puisse mentionner à son sujet. Après la longue occupation romaine, les Vandales et les Wisigoths avaient envahi la Gaule ; les Huns furent repoussés ; les Francs, venus des régions de la Baltique sous la conduite de Clovis, s’installèrent dans la plus grande partie de la Gaule aux Ve-VIe siècles. Le baptême de Clovis (498) fut suivi d’une conversion progressive des Francs, pour aboutir enfin au sacre du premier évêque issu de cette race, saint Racho.

Son nom figure au bas de deux privilèges d’Emmon de Sens, pour l’abbaye de Sainte-Colombe et pour celle de Saint-Pierre-le-Vif, en 658.

Parfait modèle de la vie religieuse, Racho engagea le clergé de sa cathédrale à mener une vie régulière. C’est qu’à cette lointaine époque, beaucoup de clercs étaient rattachés à un même sanctuaire, mais le cadre de leur vie n’était pas forcément bien défini, donnant lieu à des écarts regrettables. Saint Augustin à Hippone avait donné une règle à son clergé, suivi en cela par bien d’autres évêques. Racho fut de ceux-là.

Après sa mort, il fut enseveli dans une petite église dédiée aux apôtres Simon et Jude, et qui porta dès lors son nom. A la fin du XIIIe siècle, les reliques furent transférées dans la cathédrale d’Autun. Elles furent redécouvertes le 23 février 1669 et remirent le Saint au goût du jour. Dans l'ancienne cathédrale de Saint-Nazaire et Saint-Celse, derrière le maître autel, il y en avait un plus petit dont la table était en marbre. Il tomba ce jour là de grosses pierres de la voûte qui brisèrent la table de marbre. Un chanoine découvrit alors une boîte d'étain qui renfermait un parchemin, attestant que cet autel avait été consacré le 2 avril 1530, par l’évêque Jacques Hurault, lequel y avait placé le corps de Saint-Racho, que l'on découvrit enveloppé soigneusement dans un linge. On transféra alors les reliques en la cathédrale, désormais consacrée à Saint-Lazare. Cette translation solennelle eut lieu un 26 février. 

A la Révolution, on parvint à sauver le chef et la plus grande partie des ossements, qui furent reconnus en 1803.

Actuellement une petite paroisse du diocèse porte son nom. L’église Saint-Racho, aux portes d’Autun, fut ensuite le siège d’un important prieuré, dont il ne reste rien aujourd’hui.

La fête de saint Racho a eu plusieurs dates : le vrai dies natalis retenu était le 28 janvier ; les diverses translations eurent lieu un 5 décembre et un 26 février, et c’est finalement le 14 février qui fut retenu comme fête principale.

Des suppositions ou des erreurs d’interprétation de quelques textes anciens ont voulu faire de saint Racho l’évêque à la fois d’Autun et de Bâle, alors qu’en réalité on ne connaît de lui que ce qu’on a dit plus haut. Les martyrologes les plus connus et les plus anciens ne mentionnent pas notre Saint, au point que le Martyrologe Romain n’en fait pas mention non plus.

 

 

Antonino Cacciottolo de Sorrente

† 830

 

Antonino Cacciottolo naquit au 8e siècle, à une date imprécise. On lui trouve même les dates 550-625, qui le situeraient donc deux siècles plus tôt.

Après avoir séjourné chez les Bénédictins du Mont-Cassin, il dut s’enfuir à cause de l’invasion des Lombards, se réfugia auprès de l’évêque de Stable, qui en fit son vicaire général.

Tous deux, l’évêque et Antonino se retirèrent ensuite dans la solitude et se construisirent une chapelle en l’honneur de saint Michel (v. 29 septembre), mais des habitants conçurent des soupçons contre l’évêque et le menèrent à Rome pour y être mis en prison et jugé. Antonino alors gagna Sorrente. 

A Sorrente se trouvait le monastère Saint-Agrippino, dont l’abbé, Bonifazio, reçut Antonino avec bienveillance. A la mort de Bonifazio, A. fut élu abbé.

Il combattit l’oisiveté avec une vigueur toute paternelle - et fit aussi une quantité de miracles. 

Un de ces miracles fut, après la mort d’Antonino, la guérison d’un évêque qui était tombé de sa mule et s’était blessé à la jambe lors de sa visite pastorale ; on enduit sa jambe avec de l’huile bénie dans l’église qui abrite les reliques de s.Antonino.

Quand il mourut, il fut, selon sa volonté, enseveli dans une niche pratiquée dans le mur d’enceinte de Sorrento. Cette mort advint selon certains en 625, selon le Martyrologe en 830.

L’émigration italienne a colporté la dévotion à saint Antonino jusqu’en Argentine et en Australie.

Saint Antonino est commémoré le 14 février au Martyrologe Romain.

 

 

Cyrille et Méthode

9e siècle

 

Thessalonique est une ville du nord de la Grèce, évangélisée par saint Paul, qui envoya ensuite deux épîtres aux Chrétiens de cette ville. Cette région se trouvait naturellement dans la zone d’influence de Constantinople. 

Léon et Maria étaient les parents de sept enfants, dont Méthode et Constantin, le benjamin. C’est sans doute de leur mère que ceux-ci apprirent le slavon.

Le père était un fonctionnaire et mourut quant Constantin avait quatorze ans.

 

Méthode, né vers 815, était un homme d’action, de commandement, mais pas attiré du tout par la gloire du monde : il désirait même entrer dans la vie monastique. Pour ce faire, il aurait eu à combattre un caractère peu facile, versatile, coléreux à l’occasion, mais tenace. Un jour qu’il était tout en nage d’avoir discuté avec d’autres théologiens germaniques, il rappela l’épisode d’un ancien philosophe qui, en pareil cas, expliquait qu’il avait eu à discuter avec des idiots.

Il obtint le gouvernement d’une colonie slave en Macédoine, auquel il renonça bientôt pour se retirer dans un monastère de l’Olympe de Bithynie (856).

 

Constantin - il ne s’appellera Cyrille qu’à ses derniers moments - était plus jeune, né vers 827, mais plus brillant que Méthode, plus doué aussi ; peut-être plus intérieur. Il fit de brillantes études à Constantinople, où on le connaissait comme Constantin le Philosophe ; il fut professeur de philosophie, reçut les saints ordres et fut chargé de mission diplomatique auprès du calife de Bagdad. Mais il se retira à son tour auprès de son frère.

 

Il est probable qu’ils songèrent déjà à ce moment-là à élaborer un nouvel alphabet et une liturgie en langue slave. C’est cet alphabet glagolitique qui aboutira à l’alphabet cyrillique.

Après 860, le basileus de Constantinople confia à Constantin une mission chez les Khazars, un peuple turc judaïsant campé au nord de la Crimée et de la mer Noire. Constantin y apprit l’hébreu pour discuter avec les rabbins. Il eut la joie de découvrir près de Cherson les reliques de saint Clément (v. 23 novembre).

En 862, Rastislav de Moravie demandait à Constantinople des missionnaires capables de leur enseigner la foi dans la langue du pays, excédé par le latin incompréhensible des missionnaires envoyés par les Germains.

Le patriarche Photius - celui du schisme d’Orient - envoya volontiers nos deux frères, déjà bien habitués aux milieux slaves. Méthode et Constantin traduisirent, transcrivirent les textes sacrés en slavon, et célébrèrent dans cette langue, pour la plus grande satisfaction des populations… mais aussi suscitant la jalousie des milieux germains : on commença de les accuser d’hérésie. Il fallait s’expliquer auprès du Pape.

De passage à Venise, les deux frères eurent une vive discussion avec les partisans des «trois langues sacrées», selon lesquels seuls l’hébreu, le grec et le latin pouvaient servir dans la liturgie, sous le prétexte que c’étaient les langues utilisées pour l’inscription sur la Croix du Christ (cf. Jn 19:20). C’est ce même argument, plutôt étrange, qu’utilisent auourd’hui, les partisans du latin dans la liturgie, à l’exclusion de toute traduction.

A Rome, le pape Adrien II reçut avec grand honneur nos deux missionnaires, d’autant mieux prévenu en leur faveur qu’ils lui apportaient les reliques de saint Clément. Le pape eut la sagesse d’éviter le sujet fâcheux : l’attitude de Photius. L’important, à ce moment, était la parfaite orthodoxie de Méthode et Constantin, ainsi que leur attachement inconditionnel à l’Eglise de Rome. En plus le prince des Bulgares demandait à Rome la nomination d’un patriarche. Adrien II n’eut qu’un souci : encourager ce grand mouvement apostolique. Il ordonna prêtres les disciples des deux apôtres et approuva leur liturgie en slavon en les autorisant à célébrer, dans cette langue, à Rome même.

C’est à ce moment que Constantin fut malade et pressentit sa mort prochaine : il prit le nom de Cyrille et mourut à Rome le 14 février 869, âgé de quarante-deux ans. Adrien II ordonna de lui faire des obsèques aussi solennelles que pour un pape, et il fut enterré, précisément, en la basilique de Saint-Clément.

 

Méthode repartait seul, mais cette fois-ci comme archevêque de Sirmium, légat du Pape.

Sur ces entrefaites, la Moravie était dans l’agitation : Svatopulk avait fait livrer son oncle Svastislav aux Germains, et Méthode fut à son tour interné en Bavière, dans un réduit glacial. Nous sommes en 870, et ce n’est qu’en 873, sur l’intervention du nouveau pape, Jean VIII, que Méthode fut libéré.

Mais Jean VIII, peut-être pour tenter une ligne médiane entre les Germains et les Slaves, voulut limiter l’usage du slavon à la seule prédication, et pas pour la liturgie. Méthode revint à Rome, où le pape fut alors convaincu : non seulement Jean VIII approuvait la liturgie ainsi que la traduction de la Bible en slavon, mais il nommait Méthode archevêque pour la Moravie, tandis que Wiching, comme évêque de Nitra et Passau, était son suffragant. 

Wiching manœuvra contre Méthode, mais dut se soumettre à la décision papale, qui confirma Méthode une nouvelle fois.

En 881, l’empereur Basile et le patriarche Photius reçurent Méthode avec honneur. Basile songeait s’inspirer de l’expérience et du succès de Méthode pour des missions en Russie, en Bulgarie, en Croatie.

Méthode, de retour en Moravie, traduisit encore d’autres textes fondamentaux en slavon. Quand il mourut, le 6 avril 885, l’office fut célébré en latin, en grec et en slavon.

 

Wiching en profita pour réaffirmer ses prétentions, mais la liturgie slave ne disparut jamais de la Moravie et de la Bohême.

Les apôtres de la Moravie furent fêtés ensemble, à différentes dates, mais désormais au 14 février, dies natalis de Constantin-Cyrille.

En 1976, le corps de ce dernier fut rapatrié à Salonique, en signe de la volonté de communion entre les Eglises latine et orientale.

Plus récemment encore, Cyrille et Méthode ont été proclamés co-patrons de l’Europe (1985), avec les italiens Benoît et Catherine de Sienne, la suédoise Brigitte de Suède, et l’allemande Edith Stein, dont on pourra lire les notices correspondantes, respectivement aux 11 juillet, 29 avril, 23 juillet et 9 août.

Le bienheureux Jean-Paul II a consacré une encyclique particulière aux saints Cyrille et Méthode : Slavorum apostoli (1985).

Ainsi, ces deux frères, fidèles au pape autant qu’au patriarche de Constantinople, furent deux témoins de l’Eglise unique dans la pluralité de ses rites et des langues.

Juan Bautista García Lopez-Rico

1561-1613

 

Fils de propriétaires aisés, Juan Bautista naquit à Almodóvar del Campo (Ciudad Real, Espagne), le 10 juillet 1561. Sainte Thérèse d’Avila annonça à ses parents que leur enfant serait un grand Saint.

Petit, il montra un zèle particulier à vouloir imiter les Pères du désert, par son silence et aussi quelques mortifications, qui finirent même par altérer sa santé.

Il étudia chez les Carmes Déchaux d’Almodóvar, puis la théologie à Baeza et Tolède, où il prit l’habit chez les pères Trinitaires, en 1580. Il fait la profession en 1581.

La philosophie, il l’étudia sous la direction de saint Simón de Rojas (voir au 28 septembre), puis il alla étudier la théologie à Alcalá de Henares et Séville.

Dans son couvent, il donna à son tour des leçons aux plus jeunes frères, se plaisant aussi à remplir les fonctions les plus humbles, comme de balayer les chambres, de faire les lits, de distribuer la soupe aux pauvres. 

Au cours d’une maladie opiniâtre que Dieu lui envoya pour le préparer aux souffrances, il supporta avec patience des opérations douloureuses, puis Dieu lui rendit miraculeusement la santé.

Ordonné prêtre, il obtint de grands succès dans son apostolat en Andalousie. Au cours de la peste de 1590, il se dépensa au service des malades.

Après dix-sept années de cette fructueuse activité, sur révélation particulière, il sortit de Ecija pour gagner un monastère de la réforme ; il rejoignit Valdepeñas, et prit le nom marial de la Concepción, puis vint à Rome pour obtenir l’approbation du pape. Il l’obtint au bout de deux années d’attente (1599).

De retour à Valdepeñas, certains religieux, récalcitrants à la réforme, ne trouvèrent rien de mieux que… d’enfermer leur supérieur dans un cachot. Fort heureusement, ces rebelles s’enfuirent et Juan Bautista put mettre en place cette réforme avec ceux qui restaient.

Il fonda divers couvents à Alcalá, Madrid, Salamanque, Baeza, Cordoue, Séville, Pampelune, Tolède. Il fut élu provincial en 1605, mais y renonça en 1609. 

Il écrivit beaucoup d’ouvrages de morale, de théologie, d’ascétique, un récit autobiographique et d’autres œuvres de théologie mystique.

Il tomba malade à Cordoue en janvier 1613, manifestant une grande joie à l’annonce de sa prochaine mort. Il reçut le Viatique à genoux, et demeura en action de grâces prosterné face contre terre. Il se fit lire le récit de la Passion et annonça qu’il allait mourir à trois heures de l’après-midi. Quand les religieux étaient en train de chanter le Credo, Juan Bautista rendit l’esprit aux mots Et incarnatus est…, le 14 février 1613.

Juan Bautista fut béatifié en 1819, canonisé en 1975.

Ses œuvres, longtemps conservées en manuscrits à la Bibliothèque vaticane, ont été éditées récemment en quatre gros volumes. Saint Juan Bautista de la Concepción est certainement le plus important auteur espagnol ascétique et mystique.

 

 

Vicente Vilar David

1889-1937

 

Vicente naquit le 28 juin 1889 à Manises (Valencia, Espagne), benjamin des huit enfants d’une famille très chrétienne. 

Les parents, Justo Vilar Arenes et Carmen David Gimeno, le firent baptiser dès le lendemain (le prêtre était le frère de la maman) ; il reçut la confirmation en 1898 et la Première communion en 1900. 

Il fréquenta le collège des Ecoles Pies à Valencia, et l’Ecole supérieure de Barcelone pour se diplômer en Ingénierie industrielle ; il se distingua par ses excellentes dispositions en physique, chimie et mathématiques.

Bien confirmé dans sa foi, Vicente montra en grandissant son souci de mettre sa vie en conformité avec sa foi, par des œuvres de charité concrètes. Il eut l’occasion, durant un voyage en Italie, d’avoir une audience auprès du pape Pie XI.

En 1922, il épousa Isabela Rodes Reig, qui l’appuya fidèlement dans toutes ses démarches, avec le même idéal.

A la mort prématurée de ses parents, il reprit avec ses trois frères l’usine de céramique familiale, Hijos de Justo Vilar (Les Enfants de Justo Vilar), puis ses frères lui en confièrent la direction, charge qu’il assuma avec un souci d’être toujours en harmonie avec son idéal chrétien, à l’écoute des besoins de tous ses ouvriers. Dans cette fabrique, les relations étaient guidées par un esprit de justice et de solidarité, qui permettait de surmonter tout conflit et toute division. Les employés étaient traités comme de vrais amis, qu’on allait même visiter, quand c’était possible, s’ils étaient malades.

Il instaura l’assurance-vieillesse et l’assurance-maladie, au grand dam des gérants de l’usine, qui le firent suspendre son travail.

Il fonda une école de céramique, pensant au futur, pionnier d’une entreprise qui devait acquérir une dimension internationale. Il collabora à la construction de l’aéroport de Valencia, à la direction technique de l’entreprise de céramique Eloy Domínguez ; il fut adjoint au maire de Manises.

Dans la paroisse, il coopéra à la catéchèse des enfants, il était membre de la confraternité eucharistique, bras droit inconditionnel du curé. Dans les premières années trente, il vint en aide efficacement aux prêtres par la création d’un Patronat d’Action Sociale.

Quand la révolution éclata en 1936, Vicente était un personnage bien en vue et qui ne pouvait pas passer inaperçu. Il était trop courageux ! Les autorités lui retirèrent sa fonction de secrétaire et professeur à l’école de céramique, parce qu’il était catholique. Ses propres ouvriers prirent sa défense.

Il devint le protecteur de son pasteur, pour l’aider et le défendre jusqu’à ce qu’il fût assassiné ; sa maison reçut des prêtres et des religieux qui cherchaient à se cacher, malgré les avertissements plus ou moins clairs qu’on lui fit. 

Un tel Chrétien gênait ; on l’arrêta. Devant la cour, où il pouvait en paroles renier sa foi pour sauver sa peau, il expliqua avec bonheur et tranquillité tout ce qu’il avait fait, précisant encore une fois que son plus haut titre était celui d’être catholique. 

Condamné à mort au soir du 14 février 1937, il pardonna encore à ses bourreaux, juste avant d’être fusillé, le soir même.

Ses ouvriers fermèrent la fabrique pendant trois jours en signe de deuil, malgré les pressions des autorités qui voulaient la faire rouvrir immédiatement ; les ouvriers répliquèrent que Vicente n’était pas seulement leur patron, mais aussi le père de chacun d’eux.

Vicente Vilar David fut martyrisé le 14 février 1937, et béatifié en 1995.

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 22:25

Ji Do-gi Paulus

1743-1795

 

Ji Do-gi Paulus est un laïc coréen né en 1743 à Cheongyang (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut enterré vivant à Jŏngsan (Chungcheong-do) le 24 juillet 1795 et béatifié en 2014.

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