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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 11:37

Yi Yŏng-hŭi Magdalena

(Yi Yeong-heui Magdallena)

1808-1839

 

L'histoire de Magdallena tient vraiment de l'insolite.

Elle était née à Pongcheon (Seoul, Corée S).

Tandis que son père était un incroyant endurci, sa mère Hŏ Magdalena, sa soeur aînée Yi Barbara et sa tante Yi Theresa étaient de ferventes catholiques, et pratiquaient secrètement leur religion.

Comme son père voulait absolument la marier à un homme païen, Magdalena imagina un stratagème pour fuir de la maison.

Un jour que son père devait aller à Seoul, qui se trouvait à douze kilomètres de la maison, elle demanda à la servante de le suivre, et elle les aurait à son tour suivis à quelque distance.

En réalité, durant la nuit précédant le voyage, elle sortit dans la forêt proche, habillée avec de vieux habits, avec un paquet contenant ses habits habituels. Dans la forêt, elle se saigna suffisamment pour faire couler du sang à terre et sur ses habits, qu'elle déchira et éparpilla à droite et à gauche. Puis au matin, elle prit le chemin derrière son père, en suivant la servante.

Parvenue à Seoul, elle s'en vint chez sa tante Theresa, qui fut ébahie d'entendre son histoire.

Ce jour-là, toute la famille se mit à la recherche de Magdallena ; sa mère en particulier était très triste. Un des oncles chercha dans la forêt et trouva les morceaux de tissus tout tachés de sang et déchirés : il courut rejoindre le père de Magdallena à Seoul pour lui dire que sa fille avait été tuée par un tigre. Or à ce moment, Magdallena s'était cachée, car son père était justement chez la tante Theresa. En apprenant la mort de sa fille, le père s'évanouit : seule la tante Theresa savait la vérité, mais ne bronchait pas.

Puis le père envoya des chasseurs pour traquer le tigre dans la forêt. Trois mois passèrent, et toujours pas de Magdallena (ni de tigre). Mais quelqu'un parla, et la maman vint à savoir la vérité. Voyant qu'elle séchait ses larmes, le papa, étonné, lui demanda ce qui se passait ; et même, soupçonnant quelque chose, il lui promit de ne jamais plus s'opposer à la volonté de Magdalena, concernant son mariage.

Alors la maman raconta toute l'histoire. Heureux, le papa courut à Seoul chez la tante Theresa, où il retrouva sa chère fille saine et sauve. Il lui promit de ne plus insister pour la marier et lui permit de revenir tranquillement à Seoul.

Après cette histoire assez rocambolesque, la suite des événements rejoint ce qui fut dit à propos des quatre femmes, Rosa, Martha, Theresa et Magdallena.

Magdallena reçut la palme du martyre avec ses Compagnes le 20 juillet 1839.

Toutes furent béatifiées en 1925 et canonisées en 1984. Leur fête commune est au 20 septembre.

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 11:27

Kim No-sa Rosa

(Gim No-sa Rosa)

1783-1839

 

Rosa était née vers 1783 à Seoul (Corée S).

Veuve, elle embrassa le catholicisme avec une joie non dissimulée, qu'elle montrait à tous, en particulier à ses proches.

On vint brusquement l'arrêter chez elle en décembre 1838, et on l'emmena en prison ; elle ne montra pas d'inquiétude : elle invoquait les noms de Jésus et de Marie, et restait tout-à-fait tranquille. Elle resta en prison plusieurs mois.

Le chef de la police la menaça un jour en lui montrant les instruments de torture. Voici le dialogue :

  

- On va te briser tous les os, à moins que tu renies Dieu et que tu nous donnes les noms des autres Catholiques.

- Je ne peux pas faire ça.

- Et pourquoi ?

- Dieu est le Créateur de tous les hommes. Nous commettons un péché en le reniant et en faisant du mal aux autres. Il est inutile de me demander de telles choses. Je suis déterminée à mourir pour Dieu.

- Le roi interdit ta religion.

- Dieu est plus haut que le roi.

Le chef de police tortura durement Rosa, qui ne céda pas un moment.

Condamnée à mort, elle fut mise en prison, où elle rejoignit les autres femmes catholiques qui s'y trouvaient déjà, arrêtées durant le mois de mars 1839.

Kim No-sa Rosa fut décapitée au-delà de la Porte Etroite Ouest, le 20 juillet 1839, avec sept autres Catholiques. Elle avait cinquante-six ans.

Les Martyrs coréens de cette période ont été béatifiés en 1925 et canonisés en 1984. Ils ont leur fête commune le 20 septembre.

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 11:24

Kim Sŏng-im Martha

(Kim Syeng-im Mareuta)

1786-1839

 

Mareuta (Martha) était née à Pupyeong (Gyeonggi-do, Corée S).

Elle avait divorcé de son premier mari et s'était remariée avec un prétendu diseur de bonne aventure.

Elle connut le Catholicisme et commença à le pratiquer. Après la mort de son deuxième mari, elle vécut dans la maison d'autres Catholiques, qu'elle aidait de son mieux pour compenser l'hospitalité qu'elle en recevait. Cette dépendance la peinait un peu, mais elle resta fidèle dans son attitude et dans la foi en Dieu.

Un jour qu'elle se trouvait avec Yi Magdalena, Yi Theresa et Kim Lucia, la conversation arriva sur la persécution, les courageux martyrs et le bonheur du Ciel. Toutes quatre, transportées par ces pieuses pensées, eurent l'idée de se livrer à la police, pour partager les souffrances et le sacrifice du Christ et obtenir ainsi le martyre.

On leur avait bien appris que s'offrir ainsi spontanément à la mort n'était pas régulier ; mais on pouvait admettre que Dieu inspirât une telle résolution dans des circonstances bien spéciales, par exemple pour échapper à une situation encore plus grave (viol, peur d'apostasier à cause de la torture, peur d'être aveuglé(e) par des interrogatoires trop pointus et de donner sans le vouloir quelque information grave...). Dans ces cas-là, on admettra qu'il ne s'agit pas de suicide, mais d'un don total de tout l'être à Dieu, y compris la vie naturelle, pour ne pas céder au Mal et être plus sûrement uni à Dieu dans la Vérité.

Il y a d'ailleurs des cas analogues dans l'histoire des premiers Chrétiens, comme par exemple sainte Apolline ou sainte Aurélie.

Ces quatre pieuses femmes, donc, sur la fin de mars ou au début d'avril 1839, se rendirent tout simplement au poste de police et demandèrent à être mises en prison, du fait qu'elles étaient catholiques. Au policier éberlué et incrédule, elles montrèrent leur chapelet. Le policier les attacha et les jeta en prison. On imaginera facilement les tortures qu'elles eurent ensuite à subir.

Martha fut interrogée ainsi :

- Tu crois que la religion catholique est la vraie religion ?

- Bien sûr, que je le crois. Sinon, nous ne serions pas ici.

- Renie Dieu.

- Nous ne pouvons jamais renier Dieu, dussions-nous mourir.

- Tu n'as pas peur des tortures ?

- Tu perds ton temps à vouloir nous faire renier Dieu. Nous nous sommes présentées nous-mêmes pour l'amour de Dieu. Comment le renier maintenant ? Nous mourrons si c'est requis par la loi du pays, mais nous ne pouvons jamais renier Dieu.

Les tortures reprirent et se répétèrent. Les courageuses femmes furent présentées à la Haute cour où on les interrogea à nouveau. Mêmes questions, mêmes réponses.

Le chef de la police les tortura encore plus durement, du fait qu'elles s'étaient rendues spontanément, mais elles ne faiblirent pas. Finalement elles furent condamnées à mort.

Martha et ses trois Compagnes, ainsi que quatre autres (trois femmes et un homme) furent décapités, comme Kim No-sa Rosa, le 20 juillet 1839. Martha avait cinquante-trois ans.

Comme ses Compagnes, Martha fut béatifiée en 1925, canonisée en 1968. Leur fête commune est au 20 septembre.

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 11:22

Yi Mae-im Theresia

(Yi Mae-im Teresa)

1787-1839

 

Theresa était née vers 1787, à Pongch’ŏn (Seoul, Corée S).

On ne connaît rien d'elle, sinon que ses deux nièces furent à leur tour martyrisée : Yi Chŏng-hŭi Barbara et Yi Yŏng-hŭi Magdalena, cette dernière le même jour (20 juillet), la première le 3 septembre.

Theresia est l'une de ces quatre femmes vaillantes dont il est parlé à propos de Rosa et Martha, martyrisées par la décapitation le même 20 juillet 1839, béatifiées en 1925, canonisées en 1968 et fêtées ensemble le 20 septembre.

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 00:00

13 FEVRIER

 

III.

Stes Fusque, vierge de quinze ans martyre à Ravenne, avec sa nourrice Maure ; elles reçurent un baptême de sang.

IV.

S Benignus, prêtre martyr à Todi.

S Domnin, venu d’Afrique à Digne où il évangélisa.

S Castor, un des premiers solitaires occidentaux, dans le désert de Karden.

Ste Julienne, noble dame à Turin qui ensevelit des martyrs.

S Martinianus, ermite près de Césarée de Palestine ; pour sortir d’une tentation grave, il se mit les pieds dans le feu ; il mourut à Athènes.

VI.

S Stephanus, évêque à Lyon.

S Stephanus, abbé à Rieti, aux façons un peu rustres, mais modèle de patience et de générosité.

S Carterius, prêtre à Lugny. 

S Modomnoc, moine irlandais, abbé ou évêque à Tiprat-Fachna.

S Passif, évêque à Sées.

VII.

Ste Ermenilda, reine de Mercie, puis abbesse à Sheppey, enfin à Ely, après sa mère.

VIII.

Ss Haymon et Vérémond, seigneurs à Meda, fondateurs d’un monastère en accomplissement d’un vœu émis lors d’une chasse où deux sangliers les menacèrent.

IX.

S Gosbert, évêque à Osnabrück.

X.

S Gimer, évêque à Carcassonne.

XI.

S Fulcran, évêque à Lodève ; son corps resta intact jusqu’en 1572, année où il fut déchiqueté.

S Gilbert, évêque à Meaux ; ses reliques furent profanées en 1562 par les Huguenots.

XIII.

B Jordan de Saxe, dominicain allemand qui donna une grande expansion à l’ordre après s. Dominique ; il mourut d’un naufrage au retour des Lieux Saints et fut enterré à Ptolemaïs.

XIV.

B Giacomo Capoccio, augustin et évêque à Viterbe, surnommé le Docteur spéculatif.

XV.

Bse Agostina (Cristina) Camozzi, veuve puis pénitente et tertiaire augustine à Spolète.

Bse Lucrezia (Eustochium) Bellini, bénédictine à Padoue, fille d’une religieuse, mystique morte à vingt-six ans.

XIX.

S Baolu Liu Hanzuo, prêtre chinois, martyr, un des cent-vingt chinois canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

S Phaolô Lê Van Lôc, prêtre vietnamien martyr, canonisé en 1988 et fêté avec ses compagnons le 24 novembre.

XX.

B James Alfred Miller (Leo William, 1944-1982), américains des Frères des Ecoles Chrétiennes, martyrisé au Nicaragua, béatifié en 2019.

 

Benignus de Todi

† 303

 

Benignus naquit et vécut à Todi (Ombrie, Italie C).

Il fut ordonné prêtre en raison des vertus qui brillaient en  lui.

Quand la persécution éclata, les idolâtres se sentirent les mains libres et se saisirent du prêtre, certains laissent entendre que ce fut pendant qu’il prêchait.

Benignus supporta courageusement les multiples tortures qu’on lui imposa alors, et rendit à Dieu son âme pure et sacerdotale. 

Saint Benignus de Todi est commémoré le 13 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Castor  de Karden

† 400

 

Castor était peut-être d’origine aquitaine et fit des études dans cette région.

Il vint se retirer à Trèves, auprès de l’évêque Maximin (v. 29 mai).

Celui-ci l’ordonna prêtre, mais C. demanda à se retirer, solitaire, dans le désert de Karden qui borde la Moselle.

Sa sainte vie attira des disciples, pour lesquels C. construisit un monastère, puis une église.

Dieu lui accorda le don des miracles. En voici un.

Un bateau chargé de sel passait et Castor - ou un de ses disciples - demanda l’aumône d’un peu de sel, qui lui fut refusé. Une forte tempête éclata à ce moment-même et les bateliers, repentis, furent bien inspirés de demander de l’aide au Ciel : C. apaisa la tempête d’un signe de croix.

En Occident, C. semble avoir été le premier à mener cette vie de solitaire.

Il mourut le 13 février, vers 400 ou un peu avant.

Saint Castor  de Trèves est commémoré le 13 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martinianus de Césarée de Palestine

† 400

 

Né vers le milieu du quatrième siècle à Césarée de Palestine (proche de l’act. Hadera, Haïfa, Israël), Martinianus se retira à dix-huit ans dans une solitude montagneuse des environs, où se trouvaient déjà des ermites.

Cette vie dura vingt-cinq ans, période durant laquelle Martinianus grandit beaucoup dans les voies de la sainteté, au point que Dieu lui permit d’accomplir des miracles.

Mais la sainteté ne consiste pas à faire des miracles. C’est un combat de tous les instants, où l’Esprit du mal s’acharne à nous faire perdre la paix. Voici un épisode concernant Martinianus.

Un soir, une femme en haillons vint le supplier de l’héberger pour la nuit. Martinianus ne sut la renvoyer et lui donna la meilleure place dans sa hutte, se retirant au fond, sur la terre nue. Il était seulement convenu que la femme devrait sortir dès le petit jour. Mais celle-ci montra alors sa perfidie : elle s’habilla d’habits luxueux et proposa à Martinianus un heureux mariage. Martinianus ne sut pas reconnaître tout de suite la tentation diabolique et se contenta de différer jusqu’au soir sa réponse. Dans la journée cependant, il comprit son erreur, en fut profondément bouleversé et repenti ; pour expier son «péché», il se mit les pieds dans l’âtre. 

Horriblement brûlé, il s’écria : Je peux à peine supporter ce feu, et que ferai-je du feu de l’enfer, pour m’être ainsi exposé à la tentation ? La femme comprit sa perfidie, en fut contrite et se convertit sur l’heure. Martinianus l’adressa au monastère Sainte-Paule de Bethléem, où elle se consumma en pénitences. Il mit sept mois à guérir ses brûlures.

Il quitta son ermitage et alla s’installer sur un îlot, où il resta six années, par tous les temps. Il cultivait quelques légumes et, trois fois par an, recevait la visite d’un marinier qui lui apportait un peu de vivres. Mais là aussi le Diable le rejoignit. Le résumé qui suit a peut-être été un peu manipulé. 

Un bateau fit naufrage, et une seule rescapée put venir demander du secours à Martinianus. Celui-ci réagit différemment : il laissa à la jeune fille le pain et l’eau qui lui restaient, lui annonça la «prochaine» visite du marinier dans deux mois, et rejoignit la côte à la nage ; on prétend - pourquoi pas ? - que deux dauphins vinrent le prendre sur leur dos. 

La rescapée se plut à sa nouvelle vie et la prolongea pendant plusieurs années. Martinianus, lui, visita plusieurs villes encore pendant deux années.

Il vint mourir en Athènes, vers 398 ou 402.

Il mourut le 13 février.

Saint Martinianus de Césarée de Palestine est commémoré le 13 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Stephanus de Lyon

† 514

 

De cet évêque, on peut seulement dire qu’il fut le vingt-troisième évêque de la ville de Lyon, élu vers 501.

A cette époque, la Gaule était encore partagée, à la suite de la crise arienne et des nombreux épisodes qui suivirent. Les divergences entre les évêques se répercutaient sur la vie politique.

A la suite d’une entrevue entre évêques catholiques et évêques ariens (499), le roi Gondebaud sembla convaincu, mais n’adhéra pas vraiment au catholicisme.

L’épiscopat de Stephanus ne fut donc pas sevré d’épines. 

On a conservé deux lettres qui lui furent adressées, l’une par s.Ennodius de Pavie, l’autre par s.Avitus de Vienne (v. 17 juillet et 5 février).

Il mourut vers 514.

Saint Stephanus est commémoré le 13 février au Martyrologe Romain.

 

 

Stephanus de Rieti

† 6e siècle

 

Ce qu’on sait de cet abbé ne nous est parvenu que par les écrits du pape Gregorius le Grand (v. 12 mars).

Stephanus était abbé d’un monastère bénédictin à Rieti (Latium, Italie C).

Le saint homme ne possédait absolument rien des biens de ce monde. Une année qu’il avait pu amasser assez de grain pour lui et ses disciples, «quelqu’un» (un paysan ou un seigneur jaloux ? le Diable lui-même ?) mit le feu à ses greniers. L’Abbé n’eut pas un mot de regret pour cette perte ; il s’en remit à la Providence ; s’il eut une parole amère, ce fut sa tristesse pour «celui» qui avait ainsi alourdi sa conscience.

Plus loin, on lit que Stephanus était «rusticus» dans son langage : Le mot latin, a priori, n’a pas de résonnance péjorative ; il signifie «qui vient de la campagne» et peut évoquer, selon le contexte, des manières un peu gauches, peut-être un langage simple, mais pas forcément «vulgaire» ou «grossier», et n’exclut certainement pas, comme le souligne toujours Grégorius, un grand cœur épris de sainteté.

En particulier sa patience fut péniblement mise à l’épreuve par telle personne qui l’insultait, et envers laquelle il sut montrer la plus grande reconnaissance pour lui avoir procuré l’occasion de souffrir et de se sanctifier. Cette épreuve dépassa certainement les limites de l’imaginable, au point que Gregorius ajoute que, si Stephanus n’est pas mort du glaive du persécuteur, du moins mérita-t-il la couronne pour sa patience héroïque.

Au dernier moment de sa vie, on vit sa cellule se remplir d’anges. Ceux qui étaient présents préférèrent alors se retirer, dit toujours Gregorius, pour qu’aucun mortel ne fût présent à une scène si céleste. La mort du pieux abbé advint à une date inconnue du 6e siècle.

Saint Stephanus est commémoré le 13 février au Martyrologe Romain.

Il y eut à Rieti un autre Stefano, dominicain, du 13e siècle, illustre philosophe certes, mais absent du Martyrologe.

 

 

Gosbert d’Osnabrück

† 880

 

Diverses difficultés se sont élevées à propos de Gosbert, évêque d’Osnabrück.

Autrefois, on disait que tout un groupe de Comtes et d’Evêques chrétiens firent face à des Normands cruels et païens qui envahissaient la Germanie ; une «bataille» eut lieu à Ebekestorp (Lunebourg), où toute cette vaillante troupe fut abattue. On nommait :

  • Bruno, duc de Saxe, fils de Ludolf, frère d’Otto et oncle de Henri l’Oiseleur ;
  • Theodoric, évêque de Minden : il fut tellement mutilé, qu’on ne retrouva pas son corps ;
  • Markward, évêque de Hildesheim : il fut tellement défiguré, qu’on ne pouvaiti le reconnaître ;
  • Erluph, évêque de Verden, originaire d’Ecosse ou d’Irlande ;
  • Gosbert, évêque d’Osnabrück après avoir été missionnaire en Suède ;
  • Egalement trois autres évêques, mais le fait est douteux ;
  • Vingt-cinq autres Compagnons, comtes ou officiers royaux.

Ceci se serait passé le 2 février 880.

Des miracles se produisirent sur leurs tombeaux. En 1243, au jour anniversaire de leur mort, on vit couler de leurs ossements une huile abondante, source de nouveaux prodiges miraculeux.

D’après ce récit, on considérait ces victimes - dont Gosbert - comme des martyrs.

Comment expliquait-on la présence de ces sept évêques au milieu d’hommes d’armes, on ne le dit pas. Essaiera-t-on d’imaginer que, devant l’impétuosité de l’envahisseur et se sachant humainement perdus, les vaillants combattants, entourés de leurs évêques, s’exposèrent courageusement dans l’espérance d’arrêter la fougue des païens ? Si c’était le cas, pourquoi toute cette histoire aurait-elle été récemment occultée et effacée du Martyrologe ? Et pourquoi les inscrire au 13 février ?

 

En revanche, on signale au 13 février un Gosbert, neveu de l’archevêque de Reims, Ebo.

On a écrit son nom de diverses façons : Gautbert ou Gaudbert, Gauzbert ou Gozbert, Gotebert.

On dit que Gosbert fut moine bénédictin.

Après la première mission de s.Oscar (v. 3 février) en Suède, Ebo aurait, en 832, sacré Gosbert évêque pour la Suède, tandis qu’Oscar restait au Danemark.

Gosbert appela alors à lui son neveu, Nithard (v. 3 février), qui était moine à l’abbaye bénédictine de Corvey. Reçu avec bienveillance par le roi, ils purent obtenir très vite beaucoup de conversions.

Cependant, une révolte ou une invasion des Vikings menaça cette belle espérance. En 845, la maison de Gosbert fut pillée, son église démolie ; Nithard fut massacré, premier martyr de Suède. Gosbert, chassé de son siège par les païens, fut alors transféré au siège d’Osnabrück et gouverna ce diocèse jusqu’en 860, date à laquelle commença l’épiscopat de son successeur, Egbert.

Gosbert ne put jamais revenir en Suède ; l’Eglise suédoise fut coupée de Rome pendant sept ans, au bout desquels Oscar put y rentrer, convertir le nouveau roi Olaf (v. 29 juillet), et ordonner prêtre (et évêque ?) le neveu de Gosbert, Erimbert.

Les historiens qui font mourir Gosbert le 2 février 874, ne nous disent pas ce que fit Gosbert durant les quatorze années qui vont de la fin de son épiscopat jusqu’à sa mort ; le Martyrologe affirme que le même Gosbert mourut à Osnabrück, mais le 13 février 874 ; d’autres spécialistes en ont déduit qu’il serait donc mort plutôt en 859. Chaque thèse résout un problème, mais en suscite d’autres, dont on ne va pas débattre ici.

En considération de ses durs labeurs en Suède, certains affirmaient que Gosbert méritait le titre de martyr.

Saint Gosbert est commémoré le 13 février dans le Martyrologe Romain, qui ne parle pas de martyre.

 

 

Gimer de Carcassonne

† 931

 

Une ancienne chronique établissait que Guimera avait succédé à s. Crescent, disciple de saint Paul, et qu’il serait mort en l’an 300 ; ce texte qui comprend, nous dit-on, des anachronismes évidents, voudrait alors faire supposer que Crescent comme Gimer auraient chacun occupé le siège de Carcassonne pendant plus d’un siècle.

Les historiens ayant démontré qu’il n’y eut pas d’évêché à Carcassonne avant le 6e siècle et que son premier évêque fut Hilarius († 550), il faut reconnaître que le saint évêque dont il est question ici, n’est autre que celui qui occupa ce siège au 10e siècle, de 902 à 931.

De l’enfance de Gimer (Guimera en latin), on raconte qu’il prenait le pain que cuisait sa mère pour le donner aux pauvres. La brave femme devait recommencer le travail pour la famille, mais voilà qu’un jour la pâte gonfla et la quantité de pain doubla.

Plus tard, Gimer vendit son héritage au profit des pauvres.

Elu évêque pour le siège de Carcassonne, il participa à plusieurs conciles : Barcelone en 906 et 907, Saint-Thibery (907), Maguelone (909), Fontcouverte (911).

Il transféra son église cathédrale de Sainte-Marie à Saint-Nazaire.

Saint Gimer, qui mourut en 931, est commémoré le 13 février au Martyrologe Romain.

Fulcran de Lodève

† 1006

 

La naissance et la famille de Fulcran demeurent enveloppées dans la brume. Sa mère portait le nom d’Eustorge ou de Biligarde, et descendait d’une famille noble. On a écrit aussi que Fulcran serait né à Mérifons, que sa famille serait issue des Roquefeuil du Rouergue.

Le latin Fulcranus ne semble pas justifier l’orthographe Fulcrand, qu’on trouve parfois.

Fulcran, donc, écrivit lui-même qu’il avait deux frères : Pons et Aranfred, et peut-être deux sœurs.

Il grandit sous la tutelle vigilante et sage de l’évêque Thierry. Il avait un instinctif amour pour la chasteté, qu’il préserva jalousement par la prière et l’étude, les veilles et les jeûnes.

Thierry l’ordonna prêtre et en fit son archidiacre ; à sa mort, tous s’accordèrent pour appeler Fulcran à lui succéder… sauf l’intéressé, qui alla se cacher. Vite découvert, il dut s’incliner et recevoir la consécration épiscopale, en 949. C’était le treizième (ou quatorzième) évêque de ce diocèse.

Sa préoccupation majeure était de donner l’exemple des vertus, mais aussi de confirmer le peuple dans la juste doctrine. Il entreprit la visite intégrale du diocèse, condamnant les vices et accueillant les pécheurs, se ruinant pour soulager la pauvreté, consolant les malades, qu’il allait trouver chez eux.

Il fonda le monastère de Saint-Sauveur et rétablit la discipline dans les maisons religieuses.

On lui doit la cathédrale de Lodève, qui porte aujourd’hui son nom.

Un fait important va montrer sa délicatesse de conscience. Il apprit qu’un évêque était passé au judaïsme et, dans sa tristesse pour cette malheureuse apostasie, se laissa dire que le fautif méritait le feu. Or il apprit qu’on l’avait effectivement brûlé vif ; il s’en sentit responsable et alla expier jusqu’à Rome son «péché», faisant publiquement pénitence, à l’édification de tous.

Un autre événement illustrera sa lutte contre le péché. Il reprocha vivement au comte de Toulouse d’être tombé dans l’adultère, sous le prétexte que son épouse était stérile. Or, cette femme fit un pèlerinage et mit au monde deux garçons. C’est depuis lors que les femmes de la région implorent saint Fulcran pour obtenir la grâce de la maternité.

Après plus d’un demi-siècle d’épiscopat, Fulcran s’éteignit en 1006 et fut enterré dans sa cathédrale. On retrouva son corps intact vingt ans plus tard. En 1572, les Huguenots tentèrent de le brûler mais, n’y réussissant pas, le déchiquetèrent ; on ne put récupérer que quelques fragments, précieusement conservés à Lodève.

Saint Fulcran est commémoré le 13 février au Martyrologe Romain. 

Après la Révolution et le Concordat, le diocèse de Lodève a été rattaché à celui de Montpellier.

 

 

Gilbert de Meaux

† 1009

 

Gilbert serait né à Ham (Somme) de Fulchard et Geila, nobles et pieux parents du Vermandois.

L’enfant fut confié aux chanoines de Saint-Quentin, où ses qualités et ses vertus lui acquirent la bienveillance unanime ; il fut à son tour doté d’un canonicat, puis l’évêque de Meaux en fit son archidiacre.

En 995, et malgré ses humbles protestations, Gilbert fut appelé à succéder à l’évêque défunt. 

Il avait été auparavant miséricordieux pour les pauvres, sévère pour les méchants, zélé pour l’Eglise ; il le fut davantage dans l’exercice de sa charge, sans rien changer à sa vie personnelle, qui était toute de prière et de mortifications.

En 1004, il apporta une profonde modification dans l’administration des ressources du diocèse. Auparavant, l’évêque était le seul administrateur des biens de son Eglise et les répartissait entre les membres du clergé, selon ce qu’il jugeait utile pour le culte, les pauvres et ses propres dépenses. Gilbert divisa ces biens en deux part, l’une pour l’évêque, l’autre pour le chapitre. A chacun ensuite de les répartir selon les nécessités. Léon IX (v. 19 avril) approuva cette prudente disposition.

En 1008, Gilbert était l’un des treize évêques présents au concile de Chelles, le 17 mai, dans le palais du roi Robert. Il y fut question d’une charte en faveur de l’abbaye de Saint-Denis. L’abbé, Vivien, y avait reporté la Règle à sa première vigueur et obtint alors de nouveaux privilèges.

Sentant approcher l’heure de la mort, Gilbert appela à son chevet deux grands amis, l’évêque de Sens (Léotheric) et celui de Chartres (Fulbert, v. 10 avril), dont la présence le combla de joie et qu’il accueillit en les qualifiant de Lumières de l’Eglise des Gaules.

Il s’endormit le 13 février 1009.

En 1562, Les Huguenots profanèrent ses reliques, dont on put préserver quelques-unes.

Saint Gilbert est commémoré le 13 février au Martyrologe Romain.

 

 

Jordan de Saxe

1190-1237

 

Jordan (Iordanus, Gordanus ou Giordanus, Jourdain) naquit vers 1190 en Saxe (Allemagne), dans la noble famille des comtes d’Eberstein.

A vingt ans, il vint étudier à Paris, où sa vie se partageait entre l’étude et la prière : toutes les nuits il se trouvait à l’office nocturne des chanoines.

Il s’était fait une loi de donner chaque jour une pièce au premier pauvre qu’il rencontrait. Un soir qu’il se dépêchait pour arriver à l’heure, un pauvre l’accosta ; n’ayant rien sur lui, il donna au pauvre sa ceinture et courut à l’église… où il eut la vision du Crucifix entouré de cette ceinture.

En 1219, on le sait sous-diacre et bachelier en théologie ; il rencontra cette année-là Domingo de Guzmán (v. 6 août), qui l’encouragea. Peu après Jordan reçut le diaconat.

En 1220, Jordan fut reçu au couvent Saint-Jacques des Dominicains de Paris, avec ses deux amis : Henri de Cologne et Léon. La même année, Jordan participa au chapitre de Bologne.

De retour à Paris, il y enseigna l’Ecriture Sainte avec un commentaire très apprécié de l’évangile de Luc. C’est peut-être cette année-là qu’il fut ordonné prêtre.

En 1221, Domingo le nomma provincial pour la Lombardie. Or Domingo mourut cette année-là, le 6 août, et le chapitre élut Jordan pour lui succéder.

Jordan avait toutes les qualités pour cette mission si imprévue : intégrité angélique, oubli total de soi, douceur dans la parole et les actions, discours convainquant.

Sous Jordan, furent ouverts deux-cent quarante couvents.

Jordan eut l’audace d’aller trouver personnellement l’empereur Friedrich pour le supplier de changer de conduite vis-à-vis de l’Eglise.

Il entretint une correspondance importante avec la bienheureuse Diada d’Andalò (v. 10 juin) et surtout eut l’immense joie de voir la canonisation de saint Domingo (1234). 

En 1236, Jordan s’embarqua pour la Terre Sainte, car il devait y visiter des couvents déjà établis là-bas. Il vénéra les Lieux Saints et reprit le bateau. Sa santé était déjà assez ébranlée. Le navire fut pris dans une grosse tempête et sombra en face de Ptolémaïs (Syrie) ; la plupart des passagers furent engloutis, Jordan fut du nombre, le 13 février 1237.

Les flots ramenèrent les corps sur le rivage : tant qu’ils y restèrent, une lumière merveilleuse les illumina, d’après le témoignage de deux Religieux de Ptolémaïs. Puis Jordan fut inhumé à Acre.

Le titre de Bienheureux fut très tôt attribué à Jordan, et fut confirmé en 1825.

 

 

Cristina Camozzi

1435-1458

 

Des incertitudes sur cette personnalité ont donné lieu à deux traditions (ou même trois).

La plus consistante semble être celle qui fait naître Cristina le 4 août 1435 à Calvisano (Brescia), de Giovanni et Margherita.

A quatorze ans, elle aurait émis les vœux comme tertiaire agostinienne à Saint-Barnabé de Brescia (d’où son surnom de Agostina) puis, de retour à Calvisano s’adonna au soin des pauvres. Après la mort des parents, elle serait allée à Rome, Assise, enfin Spolète, où elle continua de s’occuper des pauvres et des malades, et y serait morte le 14 février 1458.

L’autre tradition la fait naître à Porlezza (Côme, Lugano, Italie) en 1435, fille d’un docteur Camozzi, et nommée Agostina. 

Une première fois veuve d’un artisan de l’endroit, puis à nouveau veuve d’un hypothétique chevalier milanais (et mère d’un petit bébé qui mourut très vite), et encore une fois veuve, elle aurait finalement embrassé une vie de pénitence, entrant chez les Augustiniennes de Vérone avec le nom de Cristina, mais, ne pouvant supporter les austérités du couvent, se dirigea à Come, Milan, Rome, Assise, et Spolète, changeant de lieu fréquemment pour rester dans l’ombre. 

Elle aurait voulu rejoindre les saints lieux de Terre Sainte, mais s’arrêta à Spolète (Ombrie), où elle s’adonna au soin des malades de l’hôpital.

La troisième tradition la rend parente des Visconti de Milan.

Finalement, les trois traditions concourent à la même conclusion : cette sainte femme, Agostina ou Cristina, s’éteignit bientôt à Spolète, le 13 février 1458. La ville la fit enterrer dans le couvent de Saint-Nicolas, où alors beaucoup de miracles eurent lieu par son intercession.

Elle fut béatifiée en 1834.

Sous le nom de Cristina (Agostina) Camozzi, le Martyrologe romain la commémore le 13 février.

 

 

Lucrezia Bellini

1444-1469

 

Dives in misericordia (Riche en miséricorde), Dieu tire toujours un bien du mal. Comme le fils adultérin de David devint le grand roi Salomon, ainsi la fille d’une religieuse infidèle de Padoue devint une grande sainte.

Lucrezia Bellini grandit ainsi à Saint Prosdocime, le couvent de sa mère à Padoue, travaillant humblement aux charges domestiques pour aider les Religieuses dans leur vie quotidienne.

Quand elle exprima son désir d’être elle-même Religieuse, on avança quelques réserves, un peu compréhensibles.

Mais l’évêque autorisa Lucrezia à commencer son noviciat chez les Bénédictines, en 1461, où elle prit le nom de Eustochium

Bientôt de mystérieuses manifestations, violentes et de caractère hystérique, la firent prendre pour une possédée. Aussi on lui réserva le sort d’une possédée, l’isolant, et lui donnant seulement pain et eau, on l’exorcisa plusieurs fois. Quand l’abbesse tomba malade, on accusa même Eustochium de l’avoir empoisonnée. On dut même résister à un mouvement populaire de la population, qui voulait faire brûler cette «sorcière».

Mais Eustochium restait douce, pieuse, patiente, considérant toutes ces souffrances comme une vie de pénitence. 

Finalement elle put émettre les vœux de religion, peu avant de mourir, en 1465. Après sa mort, on vit marqué sur sa poitrine le nom de Jésus.

Le dies natalis de la bienheureuse Eustochium est le 13 février.

 

 

Baolu Liu Hanzuo

1778-1818

 

Baolu (Paul) était né vers 1778 à Lezhi (Sichuan, Chine).

Il fut prêtre dans ce même vicariat apostolique.

Des soldats vinrent l’arrêter le 15 août 1817, pendant qu’il célébrait la messe. Il leur dit : Laissez-moi achever le saint sacrifice. 

Ils attendirent et, après la célébration, ils emmenèrent le prêtre à Tchen-tou (Chengdu). 

Le père Liu Hanzuo fut étranglé à Chengdu (Sichuan).

C’était le 13 février 1818.

Il a été canonisé en 2000, parmi les cent-vingt Martyrs chinois, fêtés ensemble le 9 juillet.

 

 

Phaolô Lê Vǎn Lộc

1830-1859

 

Phaolô (Paul) était né à An Nhợn (Gia Định, Vietnam) dans une famille croyante.

Orphelin à dix ans, il fut adopté et put étudier au petit séminaire Le Nhum, pendant deux ans. Puis il étudia la théologie à Penang.

Prêtre, il appartenait au vicariat apostolique de la Cochinchine occidentale. Son évêque voyait pour lui un avenir très prometteur. Revenu dans son diocèse, il s’occupa de la catéchèse et de la formation des séminaristes.

D’après les registres de baptême, on voit qu’il a amené à l’Eglise plus de deux-cents néophytes en une année.

Après que le séminaire fut fermé et abandonné, le père Paul continua à tout faire pour fournir aux séminaristes ce qui leur fallait. C’est dans un de ses déplacements qu’il fut reconnu par une femme païenne et dénoncé.

Arrêté le 13 décembre, il subit un jugement hâtif et fut condamné à mort.

Le 13 février 1859 il fut décapité.

Béatifié en 1909, canonisé en 1988, il est fêté avec tous les Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

 

 

 

James Alfred Miller

1944-1982

 

James Alfred naquit le 21 septembre 1944 à Stevens Point (Wisconsin, USA), dans une famille d’agriculteurs. Prématuré, il ne pesait guère que quatre livres à la naissance, mais il grandit très bien : adulte, il mesurait près d’un mètre quatre-vingt-dix et pesait quasi cent kilos. Ses deux frères s’appelaient Bill et Ralph.

Après ses études secondaires, il entra à la Pacelli High School, tenue par les Frères des Ecoles Chrétiennes, pour passer à l’Université Sainte-Marie de Winona, où il obtint son diplôme en espagnol.

En 1959, il entra dans la congrégation des Frères des Ecoles Chrétiennes, prenant le nom religieux de Leo William.

Au terme de son noviciat, il enseigna l’espagnol, l’anglais et le catéchisme dans la Cretin High School et, en août 1969, émit la profession solennelle.

Cette même année, il fut envoyé en mission à Bluefields (Nicaragua), comme instituteur. En 1974, il fut envoyé à Puerto Cabezas, comme directeur d’une école qui passa de trois-cents à huit-cents élèves.

Promoteur de multiples actions culturelles pour les jeunes et de multiples écoles rurales, il chercha l’appui gouvernemental, raison pour laquelle il fut dans le colimateur des milices durant la révolution sandiniste : on l’accusait de connivence avec le gouvernement ; aussi ses supérieurs le rappelèrent aux Etats-Unis en 1979 ; il reprit l’enseignement à la Cretin High School, où on le surnomma Santiago pour son enseignement de l’espagnol. Le Frère Leo William regretta beaucoup de ne jamais pouvoir retourner au Nicaragua.

En 1980, il fut à New Mexico où ses élèves, lui donnèrent aussi le gentil surnom de Brother Fix-it, car ils le voyaient fréquemment un outil en main pour arranger ou fixer quelque chose dans tous les coins de l’école ; c’est lui aussi qui dépannait ceux qui oubliaient la combinaison de leur casier.

Mais le Frère s’ennuyait et voulait repartir en Amérique centrale. En 1981, il fut envoyé en mission au Guatemala, dans une région où vivait la minorité maya : le Frère s’occupa de leur instruction, de leur formation professionnelle et religieuse et défendit courageusement leurs droits.

Là encore il devint la cible privilégiée des guerilleros marxistes ; conscient du danger, il demeura sur place, confiant «(sa) vie à la Providence», écrivit-il encore un mois avant sa mort.

Le 13 février 1982, il fut abattu par un «escadron de la mort» à Huehuetenango, quelques mois après l’assassinat de Stanley Francis Rother (v. 28 juillet).

James Alfred Miller fut reconnu martyr en 2018 et béatifié en 2019.

Il sera commémoré le 13 février dans le Martyrologe Romain.

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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 00:00

12 FEVRIER

 

IV.

Ss martyrs d'Abitène (quarante-neuf) : le prêtre Saturninus avec ses deux fils Saturninus et Felix (lecteurs), sa fille (consacrée) Maria et le petit Hilarion ; les lecteurs Dativus Sanator, Felix, Felix, Emeritus, Ampelius ; et les autres : Rogatianus, Quintus, Maximianus (ou Maximus), Telica (ou Tazelita), Rogatianus, Rogatus, Ianuarius, Cassianus, Victorianus, Vincentius, Cæcilianus, Restituta, Prima, Eva, Rogatianus, Givalius, Rogatus, Pomponia, Secunda, Ianuaria, Saturnina, Martinus, Clautus, Felix, Margarita, Maior, Honorata, Regiola, Victorinus, Pelusius, Faustus, Dacianus, Matrona, Cæcilia, Victoria, Berectina, Secunda, Matrona, Ianuaria.

Ste Eulalie, vierge martyre à Barcelone, peut-être la même qu’à Merida (10 décembre).

S Meletios, évêque à Sébaste puis à Antioche, d’où il fut exilé pendant quatorze ans, en trois fois ; un de ses disciples fut s. Jean Chrysostome.

?

S Damien, soldat, et les enfants Modeste et Ammone, martyrs en Afrique (Alexandrie ?).

V.

S Gaudence, évêque à Vérone.

VII.

S Rioc, solitaire près de Landevenec, où il mourut.

VIII.

S Ethelwold, abbé à Melrose, évêque à Lindisfarne, très admiré de s. Bède.

IX.

S Benoît, ex-militaire lanquedocien, moine à Saint-Seine dont il s’enfuit quand on le nomma abbé ; en Languedoc, il s’installa avec d’autres sur les bords de l’Aniane, devint réformateur de monastères dans toute la France et mourut à Aix-la-Chapelle.

S Benoît, bénédictin, ermite, évêque à Albenga.

X.

S Antonios Cauléas, abbé près de Constantinople (où son père se mit sous sa conduite), puis patriarche à Constantinople même.

XI.

S Goslin, abbé à Saint-Soluteur.

XIII.

S Ludan, écossais, qui mourut à Nordhouse au retour de son pèlerinage à Jérusalem.

XVI.

Bx George Haydock, Thomas Hemmerford, James Fenn, John (Robert ?) Nutter et John Munden, prêtres anglais martyrs, d’abord pendus à Tyburn puis éviscérés encore vivants, béatifiés en 1987.

XVIII.

B Nicola de Longobardi, frère de l’ordre des Minimes.

XX.

B Josep Gassol Montseny (1915-1937), séminariste à Tarragona, martyr béatifié en 2013.

Martyrs d’Abitène

† 304

 

Sous le règne de Dioclétien et Maximien, les Chrétiens furent nouvellement inquiétés.

Ordre avait été donné de rechercher les Livres saints (Bibles, missels), de détruire les églises, d’interdire toute célébration donc tout rassemblement, réunion, conférence, assemblée. 

Il y eut, certes, des faiblesses ; il y eut des traditores, qui livrèrent des objets sacrés, ou qui donnèrent des noms. Mais il y eut de vaillants Soldats fidèles, que les tourments ne découragèrent pas.

Pour la seule localité d’Abitène (act. Medjez el-Bab, Tunisie), il y eut quarante-huit personnes arrêtées.

Les envoyés impériaux firent d’abord irruption le dimanche dans la maison d’Octavius Felix, où le prêtre Saturninus était en train de célébrer.

On conduisit tous ces Chrétiens, chargés de chaînes, sur la place du forum, où ils montraient leur joie de souffrir pour le Christ.

D’Abitène, on les dirigea à Carthage, soit quelque quatre-vingts kilomètres qu’ils durent parcourir avec les pieds enchaînés. 

A Carthage, le proconsul Anullinus les sépara pour leur enlever le réconfort de l’entraide. On verra plus bas certains détails des tortures qu’on leur infligea, mais aussi certaines des admirables réponses que ces courageux Soldats exprimèrent alors.

Le jour tombant, Anullinus s’adressa simultanément à tous ceux qui n’avaient pas encore été interrogés, les invitant à se soumettre aux édits impériaux. La réponse fut unanime autant que solennelle : Nous sommes Chrétiens !

Ces interrogatoires et ces séances de tortures eurent lieu le 11 février 304. Puis les Chrétiens furent reconduits en prison où, semble-t-il, on les «oublia», volontairement, les laissant agoniser et mourir de faim.

Ci-dessous, les noms de ces Martyrs : 

  • Saturninus, prêtre
  • ses quatre enfants : Saturninus le Jeune et Felix, lecteurs ; Maria, vierge ; Hilarion, petit enfant
  • Dativus Sanator, Felix, Emeritus et Ampelius, lecteurs ; Emeritus eut cette très belle déclaration :  Nous ne pouvons pas vivre sans célébrer ensemble le jour du Seigneur.
  • Berectina 
  • Cassianus
  • Cæcilia
  • Cæcilianus
  • Clautus
  • Dacianus
  • Eva
  • Faustus
  • Felix (deux hommes de ce nom, dont peut-être Octavius Felix, le propriétaire de la maison)
  • Givalius
  • Honorata
  • Ianuaria (deux)
  • Ianuarius
  • Maior 
  • Margarita
  • Martinus
  • Matrona (deux)
  • Maximianus (ou Maximus)
  • Pelusius
  • Pomponia
  • Prima 
  • Quintus
  • Regiola
  • Restituta
  • Rogatianus (trois)
  • Rogatus (deux)
  • Saturnina
  • Secunda (deux)
  • Thelica (ou Tazelita)
  • Victoria 
  • Victorianus
  • Victorinus
  • Vincentius

 

Les Martyrs d’Abitène sont commémorés le 12 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ampelius d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Berectina d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Cæcilia d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Cæcilianus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Cassianus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Clautus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Dacianus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Dativus Sanator d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

On a parfois présenté Dativus comme un Senator, alors qu’il s’appelait apparemment Dativus Sanator, celui qui «guérissait», un médecin.

En outre, il était peut-être aussi lecteur.

Dativus fut interrogé le premier.

Il déclara courageusement qu’il avait pris part à une assemblée, mais il refusa de nommer le chef de cette assemblée.

On l’étendit alors sur le chevalet, et son corps fut déchiré par les pointes de fer.

Peu après, les bourreaux revinrent à lui. Celui-ci demeurait calme au milieu des tourments ; il ne cessait de déclarer qu’il avait pris part à l’assemblée, oui, mais qu’elle n’avait été organisée par aucun des frères. C’était une façon habile d’éviter de nommer le prêtre.

 

 

Emeritus, lecteur d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Le lecteur Emeritus s’avança de lui-même, au moment de l’interrogatoire du prêtre Saturninus, et déclara haut et fort : L’organisateur de la réunion, c’est moi-même, car on s’est assemblé dans ma maison, déchargeant ainsi la responsabilité du prêtre et du vrai maître de la maison où avait eu lieu la perquisition, Octavius Felix. 

Emeritus sous-entendait sans doute malicieusement : On s’est assemblé dans ma maison un autre dimanche.

Il ajouta cette phrase sublime : Je ne pouvais refuser ma maison aux frères, nous ne pouvons pas vivre sans célébrer ensemble le jour du Seigneur. La joie de célébrer ensemble le Christ ressuscité !

Emeritus fut à son tour frappé par les bourreaux, ne cessant d’invoquer le nom du Seigneur.

 

 

Eva d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Faustus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Felix d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Quatre des quarante-neuf Martyrs de cette ville, qui portaient ce même nom.

Un des fils du prêtre Saturninus, lecteur, s’appelait ainsi, et peut-être aussi un autre lecteur.

L’un des quatre était peut-être Octavius Felix, le propriétaire de la maison.

 

 

Givalius d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Hilarion d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

Il était le fils dernier-né du prêtre Saturninus.

On sait juste que c’était un petit enfant, disons un infans, qui avait moins de six ans.

 

 

Honorata d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Ianuaria d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Deux Chrétiennes des quarante-neuf Martyrs de cette ville, portaient ce nom.

 

 

Ianuarius d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Maior d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Un ou une des quarante-neuf Martyrs de cette ville, à moins que ce soit le surnom d’un ou d’une autre Protagoniste du même groupe.

 

 

Margarita d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Maria d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne, fille du prêtre Saturninus, était une vierge consacrée.

Elle faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Martinus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Matrona d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Deux Chrétiennes des quarante-neuf Martyrs de cette ville, portaient ce nom.

 

 

Maximianus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Il faut peut-être nommer ce Martyr Maximus.

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Pelusius d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Pomponia d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Prima d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Quintus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Regiola d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Restituta d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Rogatianus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Trois des quarante-neuf Martyrs de cette ville portaient ce même nom.

 

 

Rogatus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Deux des quarante-neuf Martyrs de cette ville portaient ce même nom.

 

 

Saturnina d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Saturninus, prêtre d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Le prêtre Saturninus était en train de célébrer les Saint Mystères, le dimanche avec quarante-huit autres personnes.

Etaient présents ses quatre enfants, les lecteurs Saturninus et Felix, sa fille Maria et le petit Hilarion.

Interrogé, il commença par affirmer qu’il ne pouvait pas suspendre la célébration des saints Mystères pour obéir aux édits impériaux. Il reçut alors sa ration de tortures.

Saturninus junior d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Un des quarante-neuf Martyrs de cette ville, junior, distinct du prêtre du même nom, dont il était le fils.

Il était lecteur.

 

 

Secunda d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Deux Chrétiennes des quarante-neuf Martyrs de cette ville, portaient ce nom.

 

 

Thelica d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Thelica (Telica) ou Tazelita était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Victoria d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Cette Chrétienne faisait partie des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Victorianus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Victorinus d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

Vincentius d’Abitène

† 304

 

Voir la notice générale Abitène (Martyrs d’ - 304)

Ce Chrétien était un des quarante-neuf Martyrs de cette ville.

 

 

 

Meletios d’Antioche

† 381

 

L’époque où vécut Meletios fut marquée par le problème de l’arianisme.

Il était né à Mélitène (Petite Arménie, auj. Malatya, Turquie CE), d’une noble famille.

Devenu prêtre, on remarqua sa vertu, sa science, et son attachement courageux et inconditionnel à la foi romaine, particulièrement à la doctrine énoncée au concile de Nicée (325). 

C’était aussi un homme doux, sur lequel beaucoup se trompèrent : on va voir successivement que les ariens le crurent parfois de leur «parti», les orthodoxes intransigeants, au contraire, hérétique.

En 358, il fut élu évêque de Sébaste pour succéder au semi-arien Eustathios, avec l’appui des ariens, ce qui jeta un doute sur son orthodoxie. L’agitation qui s’ensuivit poussa Meletios à se retirer à Bérée de Syrie (auj. Alep), dans le diocèse d’Antioche.

Or le siège d’Antioche se trouvait vacant après la déposition de l’arien Eudoxios, et tous, ariens comme catholiques, se tournèrent vers Meletios, considérant sa vertu, sa douceur, sa foi profonde. Meletios, de son côté, s’efforça de gagner et les uns et les autres. Mais l’archidiacre ayant voulu extorquer une déclaration plus précise de la part de Meletios, celui-ci répondit en affirmant péremptoirement qu’il fallait adhérer aux canons de Nicée. Les ariens alors obtinrent son envoi en exil, en Arménie. On dut faire partir Meletios de nuit, pour ne pas éveiller l’attention des fidèles.

En 361, Meletios put revenir d’exil. Cette fois-ci, ce furent les catholiques intransigeants qui lui firent opposition, déçus d’apprendre que les ariens avaient auparavant appuyé son élection. Un de leurs meneurs était un prêtre nommé Paulinos ; c’étaient les «intégristes» du moment ; leur faction dura près d’un siècle (cela peut nous consoler quand nous constatons des divisions parmi nous).

L’évêque Luciferus de Cagliari, pensant bien faire, en vint même à consacrer évêque ce Paulinos, en succession d’Eustathios, d’où une nouvelle sentence d’exil pour Meletios.

L’empereur Jovien rappela Meletios, mais sous Valens, on renvoya Meletios dans son exil.

Cependant, Meletios se faisait toujours plus d’amis, parmi lesquels Jean Chrysostome (v. 14 septembre) qui, avec tous les moines de la région, entretinrent le peuple dans la fidélité à leur évêque.

Meletios subit globalement quatorze années d’exil, sur les vingt-et-une années de son épiscopat. S.Athanase d’Alexandrie (v. 2 mai), en avait passé dix-sept sur quarante-six ; c’était pour chacun à peu près une année d’exil pour deux d’épiscopat !

En 378 enfin, Meletios put reprendre possession de son siège. Il en profita pour réorganiser le diocèse et soutenir la vraie doctrine trinitaire.

En 379, il réunit en concile cent cinquante évêques, qui rédigèrent cette profession de foi qui allait être approuvée au concile de Constantinople deux ans plus tard.

En 381, s’ouvrit ce concile, présidé par Meletios, qui cependant n’en vit pas la conclusion, car il mourut cette même année ; le concile s’étant ouvert en mai 381, Meletios mourut certainement après cette date.

Meletios fut enterré auprès de s.Babylas (v. 24 janvier). Jean Chrysostome estima qu’on pouvait le compter parmi les martyrs, tant il avait souffert patiemment les contradictions et les persécutions.

Saint Meletios d’Antioche est commémoré le 12 février dans le Martyrologe Romain, probable jour anniversaire d’une translation de ses reliques.

Benoît d’Aniane

750-821

 

Celui dont on parle ici s’appelait d’abord Witiza, né à Maguelone (Languedoc), fils du comte Aigulf, d’origine gothe et au service de Pépin le Bref. Il avait (au moins) un frère.

Witiza fut élevé à la cour et ses qualités le signalèrent au point que Pépin en fit son premier échanson, puis lui confia un poste de commandement.

Vers 774, Witiza et son frère accompagnaient Charlemagne en Italie. Près de Pavie, ce frère faillit se noyer et Witiza le sauva de justesse de la noyade. Ce fut le début de sa «conversion». Il abandonna les armes et retourna dans son pays.

De là il gagna un monastère de Bourgogne, Saint-Seine (act. Côte-d’Or), où il fut vêtu et reçut le nom de Benoît.

Il se mortifiait beaucoup, jeûnait au pain et à l’eau, dormait peu et souvent sur la terre nue, au point que certains moines, beaucoup moins sévères pour eux-mêmes, jaloux de tant d’austérités, le dénigrèrent. 

Mais l’abbé connaissait bien son novice, et l’appréciait, de sorte qu’il en fit le cellérier (économe) du monastère. Cette fois-ci, devant la probité et l’attention fraternelles que Benoît montrait envers chacun des moines, ceux-ci comprirent sa valeur… et l’élire abbé.

Benoît alors prit peur et s’enfuit retrouver sa solitude en Languedoc. Il s’établit avec quelques amis et disciples au bord d’un petit cours d’eau, l’Aniane. On construisit des cellules, on commença de chanter les louanges du Seigneur.

D’autres solitaires se trouvaient aussi dans les environs : Attilion, Nibridius et Anianus furent de grands amis de Benoît. Les disciples affluèrent et l’on dut construire d’autres bâtiments, d’autres monastères. Benoît y fit refleurir la Règle bénédictine authentique.

En 799, Benoît fut présent au synode d’Urgel (Espagne), où il mit en garde les prélats contre l’hérésie de Felix d’Urgel.

Charlemagne, puis Louis le Débonnaire protégèrent la fondation d’Aniane. Benoît visita plusieurs monastères du royaume franc. Louis le Débonnaire lui confia la direction de tous ceux d’Aquitaine, puis celui de Maursmünster (auj. Marmoutier, Alsace, bien différent de Marmoutier près de Tours), avant de le prier de séjourner dans le nouveau monastère d’Inden, proche d’Aix-la-Chapelle. Puis il lui donna autorité sur tous les monastères de France, en vue d’aboutir à une grande réforme de l’Ordre bénédictin.

Cela donna lieu en 817 à une grande assemblée à Aix-la-Chapelle., où la quasi totalité des abbés présents accepta la réforme de Benoît.

Benoît rédigea un Code des Règles, suivit d’une Concorde des Règles. Il y expose toutes les Règles connues et montre comment celle de saint Benoît (v. 11 juillet) recueille et unifie la tradition de toutes les autres.

Désormais, Benoît voyagea beaucoup pour visiter les monastères. En même temps, Dieu confirmait son autorité par des miracles. Benoît eut le don de la lecture des cœurs.

Il se trouvait auprès de Louis le Débonnaire quand la fièvre le prit. L’empereur informa les moines de venir le chercher pour le reconduire dans l’abbaye. Benoît était heureux de se trouver devant Dieu au milieu des chœurs des Saints. Il évoqua les quarante années de sa vie consacrée et s’éteignit, le 11 février 821.

Saint Benoît fut le patriarche de la vie cénobitique en Occident, Benoît d’Aniane en fut le réformateur.

Saint Benoît d’Aniane est commémoré le 12 février au Martyrologe Romain.

 

 

Antonios Cauleas

† 901

 

Antonios naquit près de Constantinople, de pieux parents qui, venus de Phrygie (Asie Mineure, act. Turquie centrale), avaient fui la persécution iconoclaste.

La maman mourut quand l’enfant était encore petit, et le papa le garda à la maison pour le protéger des fréquentations dangereuses. Quand Antonios eut douze ans, son père le confia à un saint abbé. Le jeune garçon s’éprit pour la liturgie, la prière, l’Ecriture.

Quand il eut l’âge, on lui conféra le sacerdoce, malgré son humilité qui s’y refusait, et il fut à son tour nommé abbé, succédant à Antonios Cassimatas.

Chose remarquable : son père vint alors se placer sous la conduite de son fils, qui lui remit l’habit monastique.

Le bruit de la sainteté d’Antonios se répandit tellement qu’on vint le chercher, en 893, pour succéder au défunt patriarche Stephanos.

Cette ascension dans la hiérarchie ne grisa pas un instant l’humble moine que demeurait Antonios ; austère, bon, humble, il ne cessait de grandir dans les saintes vertus. Un de ses soins fut de panser les plaies apportées dans l’Eglise orientale par le schisme de Photius, s’efforçant de réconcilier les adversaires dans la charité.

Il distribuait volontiers ses «revenus» aux monastères. Avec l’aide de l’empereur, il restaura le monastère de Kaulea.

Dans sa dernière agonie, il ne cessait de prier pour son peuple.

Il mourut le 12 février 901, son dies natalis au Martyrologe Romain.

Apprenant sa mort, une pauvre femme, qui avait une jambe cassée, l’invoqua et, durant son sommeil, fut totalement guérie.

Saint Antonios Cauleas est vénéré pas l’Eglise orthodoxe autant que par l’Eglise catholique.

 

 

Ludan de Nordhouse

† 1202

 

Ludan (Luden, Loudain) était d’Ecosse, fils du duc Hildebod.

A la mort de son père, il utilisa son héritage pour construire un hospice en faveur des pauvres, des voyageurs et des infirmes.

Puis il fit le pèlerinage de Jérusalem.

Au retour, il passa en Alsace. S’étant assoupi au pied d’un arbre à Nordhouse ou Nordhausen (Bas-Rhin), il y mourut de froid, le 12 février 1202.

Dans sa besace, on trouva ce billet : Je suis le fils du noble Hildebod, duc d’Ecosse, et je me suis fait pèlerin pour l’amour de Dieu.

Saint Ludan est invoqué pour la guérison des jambes et des engelures.

A Hipsheim se trouve une chapelle avec le tombeau de Ludan ; mais ce tombeau aurait été détruit durant la Guerre de Trente Ans par les Suédois.

Le Martyrologe mentionne saint Ludan au 12 février.

John Nutter

? - 1584

 

On ne connaît pas sa date de naissance. Mais on sait le plus important : son martyre en témoin du Christ.

Né à Reedley Hallows (Burnley, Lancashire), il étudia à Oxford et fut bachelier. 

Il quitta la religion protestante, et vint au Collège anglais de Reims, avec son frère, en 1579. Il fut ordonné prêtre en 1582.

Aussitôt après, il s’embarqua au Havre et devait arriver à Scarborough, mais le bateau alla s’échouer sur la côte de Suffolk, où John tomba gravement malade et fut déposé sur le littoral de Dunwich. Le bateau fut ensuite perdu (coulé ?), mais tous les passagers furent sauvés.

Là-dessus, un ministre du culte trouva une sacoche, dont il espérait recueillir quelque butin, et fut bien étonné de n’y trouver que des livres catholiques. Il en parla aux magistrats, qui suspectèrent notre John et ses compagnons d’être des prêtres. Interrogé, John ne nia pas l’évidence. On l’incarcéra, avec un autre prêtre, nommé Conyers, et un laïc, nommé Lawson.

Sans considération de sa fièvre, ils attachèrent John avec une lourde chaîne aux pieds, ainsi que les deux autres prisonniers, pour les conduire au Conseil de la ville. En attendant, ceux qui les avaient dénoncés se mirent à le questionner et, sur les réponses très pertinentes de John, furent tellement émerveillés de sa science, qu’ils pensèrent avoir pris un évêque ou un jésuite, envoyé ici dans le cadre d’on ne sait quel complot. Mais aucun n’ouvrit les yeux jusqu’à admettre la Vérité, ni même pour avoir quelque sentiment de bienveillance envers ce malade.

Après dix jours d’attente, le Conseil fit savoir qu’il fallait conduire les prisonniers à Londres. On mit les prisonniers dans une charrette, ce dont John souffrit encore davantage qu’à cause de sa fièvre, et surtout parce que les gardiens passaient exprès par les chemins les plus mauvais.

De Londres, on passa à Richmond pour un premier interrogatoire ; John était si faible, qu’il put seulement réaffirmer qu’il était prêtre ; on le renvoya à Londres pour être enfermé à Marshalsea. Là, grâce à la charité de braves personnes, il put se remettre. Pendant une année, il resta là, parlant, prêchant, conseillant, réconciliant, sans épargner sa fatigue. Parmi tous ceux qu’il exhorta ainsi, il s’en trouva un qui résista longtemps à la grâce, mais qui se convertit ensuite totalement en voyant comment ce prêtre mourut en martyr.

John Nutter se montra aussi très miséricordieux envers ces persécuteurs. Il était pour lui-même très austère, et ne se plaignait de rien. 

Un jour qu’arriva un autre prêtre prisonnier, il s’arrangea pour baiser les liens qu’on lui avait mis aux pieds et aux mains, affirmant que ces fers, qui avaient touché les membres d’un serviteur de Dieu, étaient comme sanctifiés.

Après donc une année de prison, John fut à nouveau interrogé. Si le pape venait à envahir l’Angleterre, il ferait ce qu’un bon prêtre catholique devrait faire. Il rédigea ensuite une lettre, qu’il demanda à faire porter à la Reine, dans laquelle il affirmait qu’il n’était pas venu pour apporter l’agitation ou troubler la paix ou fomenter quelque complot ; qu’il n’était là que pour apporter la Vérité et favoriser les intérêts de la Reine et du pays. Ceci ne fit que précipiter son jugement et sa condamnation.

Le 7 février 1584, il fut condamné à mort avec quatre autres Confesseurs. Après cinq jours passés à la Tour, ils furent traînés à Tyburn, pendus, éviscérés et écartelés, selon la triste expression habituelle alors.

Le 12 février 1584, John Nutter fut exécuté le quatrième, montrant une sérénité remarquable, qui édifia ceux qui étaient présents. Son crime avait été d’être prêtre et de ne pas reconnaître la suprématie royale sur l’Eglise.

Il fut béarifié en 1929.

 

 

John Murden

1544-1584

 

On ne connaît pas grand-chose sur ce prêtre anglais. Mais on sait le plus important : son martyre en témoin du Christ.

Son nom est peut-être plus exactement Munden.

Né à Maperton (Coltley, Dorsetshire), il étudia au Nouveau Collège d’Oxford. Ayant environ quarante ans au moment de son martyre, il pouvait être né vers 1544.

Arrêté pour son catholicisme, il fut déchu de son titre de bachelier en 1566. Plus tard, il vint à Reims en 1580 pour étudier la théologie, et fut ordonné prêtre. Pour harmoniser plusieurs récits, il semble vrai qu’il alla compléter ses études à Rome, qu’il y fut ordonné prêtre, et qu’ensuite il revint à Douai, où s’était alors établi le Collège anglais.

Fin février 1583, il fut arrêté entre Winchester et Londres, et conduit aux magistrats de Staines, qui l’envoyèrent à Londres ; là, on le présenta au principal secrétaire d’Etat. Ce dernier le soumit à un interrogatoire en règle, et le frappa si fort à la tête, qu’il en vacilla et ne pouvait plus rien entendre d’un côté pendant plusieurs jours, puis l’envoya à la Tour. Là, ils fut dans les fers pendant vingt jours, couchant par-terre ; mais il sentait la présence de Dieu en lui, et reçut la visite d’un autre prêtre qui le conforta fraternellement. En outre, on l’accusa calomnieusement d’avoir eu une vie licencieuse.

Les 6 et 7 février 1584, il fut jugé à Westminster-hall avec quatre autres Témoins. Condamnés à mort, ils entonnèrent le Te Deum. Il se montrait si heureux qu’on le crut acquitté ; sa joie ne le quitta plus. Qui voulait venir le réconforter, repartait plutôt réconforté par lui.

Conduit à Tyburn avec George Haydock, Thomas Hemmerford, James Fenn, John Nutter, il fut pendu, éviscéré et écartelé à Tyburn le même jour qu’eux, le 12 février 1584 (le 13 selon un autre témoin). John Murden fut le dernier des cinq à être martyrisé.

Ces Martyrs furent béatifiés en 1929, sauf George en 1987.

 

 

James Fenn

1549-1584

 

Né à Montacute (Somerset), il avait été élève au collège Corpus Christi d’Oxford.

Marié, il était veuf avec deux enfants. On lui donnerait approximativement la quarantaine d’années ou un peu moins. Faisons-le naître vers 1549.

Condamné à mort pour avoir «comploté contre la Reine», il souffrit le martyre à Tyburn en même temps que lels prêtres George Haydock, Thomas Hemmerford, John Murden et John Nutter.

Juste avant le supplice, on avait enlevé à James tous ses vêtements, sauf sa chemise ; puis  au moment de tirer sur la corde de la pendaison, on lui retira aussi cette malheureuse chemise, de sorte qu’il se trouva entièrement nu, pendu, au regard de toute la foule, qui protesta hautement, raconte un témoin oculaire.

Puis, comme pour George et Thomas, on le remit sur pied encore vivant, pour l’éviscérer avant de l’écarteler, ce même 12 février 1584. 

Il fut béatifié en même temps que Thomas, et les deux John, en 1929.

 

 

George Haydock

1556-1584

 

George était le plus jeune fils de Evan Haydock, de Cottam Hall (Preston, Lancashire) et de Helen, fille de William Westby de Mowbreck Hall (Lancashire).

Il reçut sa formation dans les collèges anglais de Douai et de Rome et fut ordonné prêtre le 21 décembre 1581, probablement à Reims. 

Peu après avoir débarqué en Angleterre, il fut arrêté à Londres et passa quinze mois dans le plus strict confinement dans la Tour, souffrant d'une recrudescence d'une forte fièvre de malaria, qu'il avait contractée précédemment dans l'été 1581, durant sa visite des sept églises de Rome. Autour de mai 1583, tout en restant dans la Tour, il put jouir du statut plus relâché de "prisonnier libre", et administrer les Sacrements à ses compagnons de prison.

Durant la première période de sa captivité, il avait l'habitude de décorer sa cellule avec le nom et les armes du pape, griffés ou dessinés au charbon de bois sur la porte ou sur les murs : il montra ainsi tout au long de son parcours terrestre, sa passion pour la papauté. 

Grande fut donc sa joie lorsque, en la fête de la Chaire de saint Pierre à Rome (qui se fêtait alors le 16 janvier), le greffier vint l’interroger sur sa croyance, lui et les autres prêtres emprisonnés dans la Tour : il confessa franchement qu'à son profond regret il pourrait être contraint de déclarer que la reine était dans l'hérésie. C'est ainsi qu'il signa son destin. 

Le 5 février 1584 il fut accusé d'avoir conspiré contre la reine, à Reims le 23 septembre 1581, acceptant le 1er octobre de venir en Angleterre et décidant d'y venir le 1er novembre. En réalité, le 1er novembre 1581… il arrivait à Reims. 

Avec lui furent aussi accusés : 

  • James Fenn, du Somersetshire, ancien élève du collège du Corpus Christi à Oxford ; 
  • William Deane, qui avait été ordonné prêtre le même jour que lui ; 
  • Thomas Hemmerford, du Dorsetshire, ancien élève du collège Saint Jean à Ox-ford ;
  • John Murden, du Dorsetshire aussi, ancien élève au Nouveau Collège à Oxford ;
  • John Nutter, du Lancashire, ancien élève de collège Saint Jean à Cambridge ;
  • deux autres prêtres. 

Le jour suivant, fête de sainte Dorothée, Haydock, Fenn, Hemmerford, Murden et Nutter furent conduits au barreau et plaidèrent non coupables.

Haydock avait depuis longtemps une grande dévotion pour sainte Dorothée et avait l'habitude de se confier chaque jour à sa protection, lui-même et tout ce qu'il faisait. Or sainte Dorothée est fêtée le 6 février.

Il est bien possible que George soit entré au collège de Douai ce même jour en 1574 ou 1575, mais le fait n'est pas confirmé. 

La Concertatio Ecclesiæ affirme qu'il fut arrêté le 5 février, en 1581 ou 1582, mais les annotations de la Tour indiquent qu'il fut conduit à la Tour le 5, auquel cas il fut en réalité arrêté le 4 février. 

Reste que le vendredi 7, tous les cinq furent déclarés coupables et condamnés à mort. 

William et les deux autres ne partagèrent pas le sort des cinq Martyrs d’aujourd’hui.

Les quatre compagnons de Haydock furent destinés aux fers de "la fosse" dans la Tour, tandis que lui fut renvoyé à son ancien quartier, sinon il aurait sans doute échappé au bourreau par une mort naturelle, tant il était faible. 

Tôt le mercredi 12 il célébra la messe, puis les cinq prêtres furent tirés jusqu'à Tyburn parmi maints obstacles ; Haydock, qui était probablement le plus jeune et certainement le plus faible de santé, fut le premier à souffrir. Un témoin oculaire nous a transmis un récit de leur martyre, que le père Pollen, jésuite, imprima dans le cinquième volume de la Catholic Record Society.

Haydock y est décrit comme un homme de complexion délicate, de comportement doux, et bien résolu dans la confession de sa foi. Pendant tout le trajet, il récitait des prières, et en montant sur la charrette, il prononça à haute voix le dernier verset du Te lucis ante terminum (voir ci-dessous). Il reconnut Elizabeth comme sa reine de droit, mais affirma aussi qu'il l'avait appelée hérétique. Ensuite il récita à voix basse une hymne en latin, refusa de prier en anglais avec la foule, mais exprima le désir que tous les catholiques priassent pour lui et pour son pays. 

Sur quoi l'un des présents cria Ici il n'y a pas de catholiques, et un autre Nous sommes tous catholiques ; Haydock expliqua J'entends par 'catholiques' tous ceux qui appartiennent à l'Eglise catholique romaine et je prie Dieu que mon sang permette que la foi catholique se développe en Angleterre

Puis la charrette fut écartée, et bien que le préposé ait donné plusieurs coups à la corde, avant qu'il ne tombât à terre, Haydock était encore bien vivant lorsqu'il fut détaché. 

L’abbé Haydock avait vingt-huit ans.

Le dies natalis de ces cinq Martyrs est au 12 février. George a été béatifié en 1987, les quatre autres l’étaient déjà en 1929.

 

Note sur l’hymne Te lucis ante terminum.

Cet hymne commence l’office des Complies, que les moines chantent au terme de la journée. Il y en eut diverses versions ; celle que chanta George, au «soir» de sa vie, pourrait être celle-ci :

 

Te, lucis ante terminum,        Toi, avant le terme de la lumière, 

Rerum Creator, poscimus,        Créateur des choses, nous te demandons                                                  

Ut solita clementia        Que dans ton habituelle clémence                                                        

Sis præsul ad custodiam.        Tu restes là pour nous garder.

 

Procul recedant somnia        Que les songes reculent                                                                  

Et noctium fantasmata ;         Ainsi que les phantasmes de nuit ;                                                           

Hostemque nostrum comprime        Terrasse notre ennemi    

Ne polluantur corpora.        Pour que nos corps ne se souillent pas.

 

Præsta, Pater omnipotens,        Accorde-le, Père tout-puissant                                                           

Per Iesum Christum Dominum,        Par Jésus-Christ, le Seigneur,                                                             

Qui tecum in perpetuum        Qui, avec toi, à perpétuité,                                                                  

Regnat cum Sancto Spiritu.        Règne avec le Saint Esprit. 

 

Amen.         Amen.

 

 

Thomas Hemmerford

1556-1584

 

Né vers 1556 à Stoke (Dorset), il étudia au collège Saint-Jean d’Oxfort, avant d’aller à Rome ; il fut ordonné prêtre en 1583. On voit parfois son nom avec un seul m.

Il fut martyrisé à Tyburn en 1584, en même temps que George Haydock, James Fenn, John Nutter et John Murden.

Le supplice consistait habituellement à pendre les suppliciés juste pour commencer de leur faire perdre connaissance, puis on les remettait sur pied et on les éviscérait, avant de les écarteler. Dans le cas de Thomas, il était encore bien conscient, et un témoin oculaire l’entendit gémir Oh ! Ah !, au moment où le bourreau commença de le «dépecer».

Leur dies natalis commun est au 12 février. Ils ont été béatifiés en 1929, sauf George, en 1987.

 

Josep Gassol Montseny

1915-1937

 

Josep naquit le 31 mars 1915 à Solivella (Conca de Barberá, Tarragona, Catalogne, Espagne nord-est), où il recevra le baptême, puis en 1916 la confirmation et, en 1925, la Première communion.

Il entra au séminaire de Tarragona, où on le connut comme un séminariste très pieux, humble, qui savait déjà se mortifier et chercher la perfection.

Lors de la proclamation de la République (1932), ses parents lui demandèrent s’il allait abandonner ses études ou les continuer. Sa réponse fut sans partage : Si Dieu se préoccupe de donner à manger aux oiseaux du ciel et de vêtir les lys des champs (cf. Mt 6:25-30), à plus forte raison s’occupera-t-Il de ses ministres. Si sa volonté est que je sois sacrifié, que Sa volonté soit faite et non la mienne.

Lors de la révolution de 1936, c’était l’été et Josep en était à sa dernière année d’études. Il se trouvait chez les siens pour quelques jours de vacances, mais la situation ne lui permit pas de rejoindre le séminaire. Il resta dans la famille.

Le 12 février 1937, il achevait à peine le chapelet avec les siens, que se présentèrent des miliciens pour l’arrêter, pour le seul grief qu’il était séminariste. Josep se laissa arrêter sans aucune résistance : Si je dois verser mon sang pour Dieu, je le lui donne volontiers.

On arrêta d’autres hommes et on les fit monter en camion, ligotés deux à deux. L’un d’eux réussit à couper la corde avec un petit canif ; les miliciens prirent le canif et dirent à Josep : Avec ça, on va te couper…

Les prisonniers furent abattus sur la route de Pira. La dernière parole de Josep fut : Ramenez-moi à la maison ! Je vous pardonne !

On les enterra sur place. Josep n’avait pas vingt-deux ans.

Josep fut béatifié en 2013.

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11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 22:37

Kim A-gi Agatha

(Gim A-gi Agata)

1787-1839

 

Née en 1787 à Seoul, Agatha était de famille païenne ; elle épousa un mari qui l'entraîna pendant longtemps dans des pratiques superstitieuses, qu'elle finit par abandonner et brûler grâce aux bons conseils de sa sœur aînée, qui était catholique.

Agatha avait peu de mémoire et ne pouvait retenir les prières du matin et du soir.

Durant l'interrogatoire, elle déclara : Je ne connais rien d'autre que Jésus et Marie. J'aime mieux mourir que renier Jésus et Marie.

Elle fut durement torturée, mais ne céda pas. Une fois en prison, les autres Catholiques la reçurent joyeusement : Bienvenue, Agatha, toi qui ne connais que Jésus et Marie ! Ils lui enseignèrent les principales vérités de la Foi et la baptisèrent.

Elle endura encore d'autres tortures, courageusement et sans plier. Le motif de sa condamnation à mort était, comme pour Kim Magdalena, qu'elle professait l'hérésie catholique, qu'elle lisait des livres chrétiens et qu'elle avait des images pieuses.

Le vendredi 24 mai 1839, elle fut décapitée avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Elle avait cinquante-trois ans.

Elle fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

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11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 22:01

Pak A-gi Anna

(Bak A-gi Anna)

1783-1839

 

Née en 1783 à Kangchon (Gangwon-do, Corée S), Anna était d'une famille catholique qui vivait près de la rivière Han.

Elle avait une toute petite mémoire et n'arrivait qu'à grand-peine à retenir les réponses du catéchisme et les prières. Elle disait souvent : Bien que je ne connaisse pas le Bon Dieu aussi bien que je voudrais, je veux faire tout mon possible pour l'aimer.

Elle épousa un homme catholique, à dix-huit ans, et éleva ses enfants dans la foi.

Elle avait une particulière dévotion pour la passion de Notre Seigneur et méditait les larmes aux yeux sur les cinq Plaies. Quand elle entendit parler de la persécution, ses yeux brillèrent à l'idée de pouvoir devenir une martyre.

Elle fut arrêtée avec son mari et son fils aîné, mais elle seule resta en prison.

Elle fut si brutalement battue que l'on voyait ses os.

Mais sa plus grande difficulté lui vint de son mari et de son fils qui venaient la voir chaque jour, pour lui demander d'apostasier, de revenir à la maison, pour soigner sa mère malade et tenir la maison. Le chef de la police à son tour la pressait de renier sa foi pour accompagner son mari et son fils à la maison.

Elle répétait : Pourquoi risquerais-je ma vie éternelle pour vivre à peine quelques jours de plus ici ? Et au chef de la police : Mon mari et mon fils peuvent suivre leur route. Moi, je suis bien déterminée à suivre ma route et à mourir pour ma foi.

Le vendredi 24 mai 1839, elle fut décapitée avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Elle avait presque cinquante-sept ans.

Elle fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

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11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 20:34

Kim Ŏb-i Magdalena

(Gim Eob-i Magdallena)

1774-1839

 

Née en 1774 à Seoul, elle désirait rester vierge, mais fut forcée de se marier par ses parents. Après avoir perdu son mari et ses enfants, elle vécut à Seoul avec sa mère, dont elle supporta avec patience le tempérament difficile.

Après la mort de celle-ci, Magdalena continua d'enseigner le catéchisme aux enfants et à baptiser les enfants païens en danger de mort.

Elle montra un cran remarquable durant les interrogatoires et les tortures : pendant qu'on torturait sa compagne Han Barbara, elle n'hésitait pas à expliquer au chef de police les points importants de la doctrine chrétienne.

D'après les notes de la police, Magdalena fut condamnée à mort pour trois motifs : elle lisait des livres chrétiens, elle possédait des images saintes, elle croyait en l'hérésie catholique.

Le vendredi 24 mai 1839, elle fut décapitée avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Elle avait presque soixante-six ans.

Elle fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

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11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 08:44

Chŏng Kuk-bo Protasius

(Jeong Guk-bo Peurotasio)

1799-1839

 

Protasius était né à Songdo (Gyeonggi-do, Corée S) en 1799, dans une famille noble.

Son grand-père, un fonctionnaire d’état, avait eu des problèmes pour quelques irrégularités. Le père de Protasius, en revanche, souhaitait vivre en bon bourgeois, rompant avec les traditions de la famille. Il se déplaça à Seoul et trouva un travail dans une fabrique gouvernementale de cordages.

Protasius travailla aussi pour le gouvernement. C’était un homme bon et humble.

Vers la trentaine, il entendit parler de la foi catholique et reçut le baptême. Le prêtre chinois qui le baptisa, considérant la solidité de sa foi, lui confia un bâtiment récemment acquis, pour recevoir les Catholiques des environs et leur donner les sacrements. Protasius se montra aimable envers chacun et fit de son mieux pour s’occuper des fidèles.

Avec son épouse, il eut quatorze enfants, qui moururent tous en bas âge. Il endura toutes ces épreuves sans se plaindre. Il n’avait qu’un souci : lire des livres religieux et participer à des œuvres charitables.

En avril 1839, quand éclata la persécution, il fut arrêté avec son épouse. Au bureau de police, il subit de pénibles interrogatoires et fut torturé, mais ne renia pas sa foi. Mais quand il fut présenté à la cour supérieure, il fut tenté par les propos doucereux des employés et déclara qu’il voulait renoncer à sa religion.

Protasius fut remis en liberté et renvoyé chez lui. Mais le remord le prit : il n’arrêtait pas de pleurer, et resta sans manger plusieurs jours de suite. Encouragé par ses amis catholiques, il vint se constituer devant la cour. Il voulait absolument dire au juge qu’il rétractait son apostasie.

Les policiers ne firent pas attention à lui et le traitèrent de fou. Il persévéra à vouloir entrer, mais les policiers ne le lui permirent pas. Alors il resta à l’extérieur, devant la porte de la cour, jusqu’à ce que le juge sortît : il se présenta à lui et lui dit qu’il rétractait son apostasie. Il suivait le juge, qui ne voulait pas le croire, et lui répétait sa supplique.

Fatigué, le juge finit par le mettre en prison, où Protasius fut le bienvenu parmi les autres prisonniers catholiques. Il était au comble de la joie, à la pensée d’être bientôt martyr.

On le conduisit de nouveau devant la cour. Il fut d’abord battu avec un konjang, un gourdin en bois de chêne d’un mètre et demi de long, quinze à dix-huit centimètres de large, cinq centimètres d’épaisseur, muni d’un manche. Etendue sur le ventre, la victime recevait plusieurs coups de ce gourdin sur le postérieur : au bout de dix coups seulement, le sang sortait abondamment, et ceux qui étaient autour pouvaient même recevoir du sang et des morceaux de chair de la victime.

Protasius reçut vingt-cinq coups.

Malade de typhoïde, il revint en prison à demi-mort. Il y mourut quelques heures après.

C’était le 20 mai 1839. Protasius avait environ quarante-et-un ans, et c’était le premier Martyr de cette persécution.

Il a été béatifié avec d’autres en 1925, et canonisé en 1968. Leur fête commune est le 20 septembre, tandis que le dies natalis de Protasius est au 20 mai.

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  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
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