Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 février 2020 4 06 /02 /février /2020 00:00

06 FEVRIER

 

I.

S Bucole, évêque à Smyrne.

III.

S Antolianus, martyr à Clermont.

Ste Dorothée, vierge à Césarée de Cappadoce, et l’avocat s. Théophile, martyrs.

? Ss Saturnin et Revocata, martyrs.

IV.

Ste Dorothée, vierge à Alexandrie, enfuie dans les montagnes pour échapper aux sollicitations de l’empereur.

Ss Silvanus, évêque à Emèse, le diacre Lucas et le lecteur Mocius, livrés aux bêtes et martyrs.

V.

S Amand, évêque à Saint-Paul-Trois-Châteaux.

Ss Mel, abbé et premier évêque à Ardagh.

VI.

S Vedastus, catéchiste de Clovis, évêque à Arras et Cambrai, patron de la ville et du diocèse d’Arras.

VII.

S Amand, évêque missionnaire surtout en Flandre (Maastricht), fondateur de monastères, en particulier Elnone.

S Ina, roi anglais et législateur, bienfaiteur et fondateur d’abbayes, retiré à Rome.

VIII.

Ste Reinildis, abbesse avec sa sœur Herlindis à Maaseik.

XII.

B Ernold, abbé à Bonneval.

S Guarino, augustin à Pavie (mais qui se cacha quand on l’y nomma évêque), évêque à Palestrina, cardinal.  

S Aldric (Elric), de famille royale, porcher chez les norbertines à Fussenich.

XIV.

S Brynolf Algotsson, évêque à Skara.

B Angelo de Furci, fils de parents âgés, augustin à Naples. 

B Antonio, augustin à Mondola près Ancône, mort à quatre-vingt-quinze ans.

Bse Françoise, tertiaire franciscaine à Gubbio.

XX.

Bse Regina Christine Bonzel (1830-1905), allemande, fondatrice des Sœurs Franciscaines de l'Adoration Perpétuelle, béatifiée en 2013.

B Alfonso Maria Fusco (1839-1910), prêtre près de Salerne, actif en milieu agricole, fondateur des Sœurs de Saint-Jean-Baptiste, pour les pauvres et les orphelins, béatifié en 2001, canonisé en 2016, spécial protecteur des pauvres et des bisogneux.

S Francesco Spinelli (1853-1913), prêtre fondateur, à Bergame, des Sœurs Adoratrices, béatifié en 1992, canonisé en 2018.

S Mateo Correa (1866-1927), prêtre mexicain, martyrisé pour avoir maintenu le secret de la confession ; fêté le 21 mai avec ses Compagnons, béatifiés en 1992, canonisés en 2000.

 

Bucole de Smyrne

1er siècle

 

En essayant de recouper plusieurs informations, on a du mal de situer cet évêque.

Il aurait été le premier évêque à Smyrne, et aurait conféré le sacerdoce et l’épiscopat à saint Polycarpe.

Mais on dit ailleurs que Polycarpe reçut l’épiscopat de l’apôtre Jean.

Quant au «premier» évêque de Smyrne, une autre source parle d’un certain Stratée, avant Bucole, et même encore d’un certain Ariston avant ce dernier. Il sera sans doute impossible de trancher. 

On pourra supposer que le prédécesseur de Polycarpe ait reçu un surnom : Ariston étant le superlatif de «bon», et Bucole signifiant «pastoral», deux épithètes qui peuvent très bien s’appliquer à un saint évêque. C’est là une hypothèse tout-à-fait gratuite, mais qui en vaudra bien d’autres.

Les Grecs mentionnent saint Bucole le 6 février, mais pas le Martyrologe Romain.

 

 

Antolianus de Clermont

† 265

 

Ce Martyr fut victime du roi aleman Chrocus, lors de l’incursion ravageuse de ses troupes en Gaule, durant le règne de l’empereur Gallien.

S.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) dit qu’avec lui souffrirent Liminius, Cassius et Victorinus.

Saint Antolianus de Clermont est commémoré le 6 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dorothée et Théophile de Césarée de Cappadoce

† 304

 

Les martyres de Dorothée et Théophile sont particulièrement unis en une seule histoire.

Dorothée vivait à Césarée de Cappadoce, où ses parents avaient subi le martyre. Elle priait et jeûnait, et édifiait les habitants par son humilité , sa douceur, sa prudence.

Le gouverneur Saprice la fit arrêter en application des décrets de Dioclétien.

«Quel est ton nom ? lui demande-t-il.

- Je me nomme Dorothée.

- Je t'ai fait mander pour sacrifier à nos dieux immortels.

- Je n'adore que le Dieu du ciel, car il est écrit : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu ne serviras que Lui. »

- Écoute-moi et sacrifie, c'est le seul moyen d'éviter le chevalet.

- Les souffrances du chevalet ne durent qu'un instant, mais elles me feront éviter des supplices éternels.»

Le juge la fait étendre sur le chevalet pour l'intimider, mais elle réitère sa profession de foi :

«Pourquoi retardes-tu mon bonheur ? Je suis chrétienne ! Je n'aspire qu'à voir Celui pour qui j'affronte les tourments et la mort.

- Et qui est Celui que tu désires ?

- C'est le Christ, le Fils de Dieu.

- Ce sont là des folies, sacrifie et tu seras heureuse.

- Non, je ne sacrifierai point aux démons, je suis l'épouse du Christ et je brûle de m'unir à Lui dans les Cieux.»

Elle est alors livrée à deux malheureuses femmes qui avaient récemment apostasié ; mais loin d'être ébranlée par elles, elle leur fit sentir l'énormité de leur faute, les convertit et assista bientôt à leur martyre.

Dorothée, à son tour, fut de nouveau étendue sur le chevalet. «Jamais, je n'ai été si heureuse, dit-elle au milieu des tourments, car j'ai rendu au Christ deux âmes que le démon Lui avait ravies.» Et se tournant vers le juge : «Misérable, lui dit-elle, te voilà vaincu, toi et tes idoles !»

Elle fut condamnée à être frappée du glaive. «Je te rends grâces, s'écria-t-elle, ô céleste Amant des âmes, de ce que tu m'appelles en ton Paradis.»

 

*       *       *

 

Comme on la menait à la mort, un païen, nommé Théophile, la pria, par raillerie, de lui envoyer des fruits ou des roses du jardin de son époux. Elle le lui promit. Avant de recevoir le coup mortel, elle se mit à genoux et pria. Aussitôt parut un enfant portant trois beaux fruits et des roses fraîches, bien qu'on fût en février, et il les porta, de la part de Dorothée, à Théophile, qui confessa Jésus-Christ.

On le dénonça immédiatement à Saprice, qui l’interrogea. 

«Quelle passion te dévore ? Ce nom, tu ne voulais pas en entendre parler… Et quand es-tu devenu chrétien ?

- Oui, j’ai offert des sacrifices aux dieux ; mais je reconnais maintenant que ce sont de vaines divinités…

- Je le vois, tu veux mourir. Je vais t’infliger divers tourments et te faire souffrir ensuite une mort cruelle.

- Je désire mourir au plus vite pour le saint nom de Jésus-Christ, mon maître. Accomplis ton dessein.» 

Théophile subit le martyre ce jour même en rendant grâces à Jésus-Christ.

Dorothée et Théophile sont inscrits au 6 février dans le Martyrologe.

 

 

Silvanus d’Emèse

† 311

 

Il y a une incertitude au sujet de ce Silvanus, évêque d’Emèse (l’actuelle ville martyre de Homs, Syrie).

D’après l’historien Eusèbe de Césarée, Silvanus mourut en 311, martyr, après quarante années d’épiscopat.

D’après Baronius, Silvanus souffrit vers 284, sous Numérien.

D’après le Martyrologe actuel, Silvanus souffrit vers 235-238, sous Maximin, en compagnie de son diacre Lucas et de son lecteur Mocius ; tous les trois furent livrés aux bêtes.

Saint Silvanus d’Emèse est commémoré le 6 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mel d’Ardagh

† 490

 

Mel aurait été un neveu de s.Patrice (v. 17 mars).

Il construisit un monastère à Ardagh (à moins que ce fût s.Patrice lui-même) ; il y exerça la juridiction simultanée d’abbé et d’évêque ; il passe pour avoir été ainsi le premier évêque d’Ardagh.

Dieu le favorisa du don de prophétie, et il annonça la grandeur et la sainteté de ste Brigit de Kildare (v. 1er février). C’est probablement lui qui remit le voile des vierges à Brigit.

Il serait mort vers 490.

Traditionnellement, on lui adjoint trois frères : Melchu, co-évêque de Mel ; Munis, évêque de Forgney ; Rioc, abbé d’Inisbofinde. Mais ces trois derniers ne sont plus mentionnés dans le Martyrologe.

En réalité le «diocèse» d’Ardagh fut officiellement érigé en 1111 ; la cathédrale en fut détruite en 1496 ; une nouvelle fut construite au dix-neuvième siècle, qui fut détruite par le feu le jour de Noël 2009. Le diocèse d’Ardagh fut réuni à celui de Clonmacnoise, actuellement à celui de Kilmore et Elphin.

Saint Mel d’Ardagh est commémoré le 6 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Vedastus d’Arras

† 540

 

Vedastus - qui est devenu Vaast ou Gaston, et Foster en anglais - avait ses origines aux frontières du Périgord et du Limousin ; sa famille devait posséder beaucoup de biens.

Nouvel Abraham, il quitta son pays, sa famille et ses biens pour venir vivre en reclus à Toul ; l’évêque le connut et l’ordonna prêtre.

C’est Vedastus qui prépara Clovis au baptême, l’accompagnant de Toul à Reims. En route, Vedastus rendit la vue à un aveugle, ce qui acheva de bien disposer et le roi et les membres de sa suite pour recevoir la Lumière.

C’est ainsi que s. Remi (v. 15 janvier) garda Vedastus quelque temps dans son diocèse, dont les fidèles furent très édifiés par l’action de Vedastus.

En 499, s.Remi l’ordonna évêque d’Arras, un diocèse complètement ravagé par les incursions d’Attila. Quand Vedastus fut à l’entrée de la ville, il guérit un aveugle et un boîteux : il allait aider le peuple à voir la Vérité et à marcher droit.

Le travail était immense ! L’église servait de retraite aux bêtes fauves : Vedastus aurait ordonné à un ours (ou à un loup) de n’y plus reparaître - et la bête obéit ; les seigneurs s’adonnaient à des festins interminables. Un jour que Vedastus était invité avec le roi chez un des leudes, il fit un signe de croix en entrant dans la salle du festin, et toutes les coupes de cervoise se brisèrent.

L’épiscopat de Vedastus dura quarante années.

En 510, il reçut aussi la charge du diocèse de Cambrai. On sait par témoignages historiques que les actions de l’Evêque furent véritablement considérables.

Il fut pris de fièvre violente à Arras. Vers la fin de janvier ou le début de février 540, on vit sortir de sa maison une intense lumière ; prévenu, Vedastus annonça sa propre mort prochaine, et décéda le 6 février 540.

Saint Vedastus est commémoré le 6 février au Martyrologe Romain.

 

 

Amand d’Elnone

VIIe siècle

 

Dix Saints connus portent ce nom, qui signifie “qu’il faut aimer”. Le plus ancien est le premier évêque de Strasbourg, mort au IVe siècle. Mais on ne connaît rien de sa vie.

Un des plus connus, en revanche, naquit à la fin du VIe siècle sur le territoire d’Herbauges, non loin de Nantes. Parvenu à sa vingtième année, il voulut se donner entièrement à Dieu et se rendit dans l’île d’Yeu, près de l’île de Ré et frappa à la porte du monastère où on le reçut volontiers.

Un jour, pour éprouver sa vertu d’obéissance, l’abbé lui demanda de faire un travail dans un endroit écarté de l’île. Amand s’y rend, mais aperçoit non loin un énorme serpent ; effrayé, mais désireux de ne pas s’écarter de l’ordre reçu, il se prosterne, prie, fait le signe de la croix en direction du monstre en lui ordonnant de se retirer : le reptile disparaît alors en mer.

Amand devait connaître la contradiction de la part de son père, Serenus. Ce dernier rêvait pour son fils unique des honneurs et des richesses. Il retrouve Amand, lui parle doucement, puis se fait menaçant. Amand lui répond fermement : Mon Père, je désire uniquement servir Dieu et ne demande rien des biens dont tu me parles ; laisse-moi seulement me dévouer tout entier au service de Jésus-Christ.

Amand dut cependant s’éloigner de l’île d’Yeu et s’en vint au tombeau de s.Martin de Tours. Il pria alors le Seigneur intensément de ne pas le faire revenir en son pays, mais de lui permettre de voyager et de se fatiguer dans l’apostolat. Il commence de vivre parmi les moines de Tours mais peu après, il est poussé par Dieu à aller demander à un saint prêtre de Bourges ce qu’il doit faire : ce sera de s’enfermer dans une cellule, dans l’attente de savoir la sainte volonté de Dieu. Amand passera là quinze années à prier, à faire pénitence, et aussi à se préparer au sacerdoce.

Dieu appelle Amand à Rome. Il s’y recueille dans l’église de Saint-Pierre, dont un des portiers croit bien faire de l’expulser, le prenant pour un malfaiteur. Amand alors se prosterne à l’extérieur du portail et continue de prier. Saint Pierre lui apparaît : il l’invite à retourner en Gaule pour travailler à l’évangélisation. Amand revient à Bourges, on le fait évêque, non pas d’un siège particulier, mais avec mission de voyager : il se rend ainsi dans le pays de Gand, en Flandre, en Brabant, fondant des monastères dont celui d’Elnone, où il devait mourir plus tard.

Amand ressuscita un jour un condamné à mort pendu, le baptisa et lui recommanda d’avoir désormais une vie vertueuse. 

En 646 il fut installé quelques années sur le siège de Maastricht, dont il demanda au pape de démissionner, lors de son troisième voyage à Rome. Il continua de voyager (chez les Slaves au-delà du Danube, chez les Gascons dans les Pyrénées, en Rouergue, en Beauvaisis...). 

Saint Amand mourut paisiblement au milieu de ses disciples, le 6 février de l’an 679 (ou 684), et on le fête ce jour-là. 

Le monastère d’Elnone prit le nom de Saint-Amand et y conserva le corps du Saint.

Reinildis de Maaseik

† 750

 

Les deux sœurs Reinildis et Harlindis étaient les filles du comte Adalard. On les nomme aussi Relinde (parfois Renula) et Harlinde.

Elles furent éduquées dans un couvent de Valenciennes, où elles apprirent tous les arts possibles : écriture et lecture bien sûr, chant, peinture, tissage, broderie, couture.

Au terme de cette période, elles manifestèrent leur désir de ne pas vivre dans le monde et leur père construisit pour elles, en 720, le monastère d’Aldeneik (Maaseik, Limbourg belge). Elles s’y installèrent avec douze autres jeunes filles, et furent rejointes ensuite par beaucoup de demoiselles de la région. On y vécut selon la règle bénédictine.

On dit parfois que ce monastère se trouvait à Eike, il faut entendre «Eike sur la Meuse», d’où Maas-eik.

La communauté reçut la visite des saints Boniface et Willibrord (v. 5 juin et 7 novembre), qui leur remirent le voile des vierges.

La maison devint un centre réputé pour ses objets d’art, de décoration d’ornements et de nappes, d’écriture et d’enluminure.

Reinildis et Harlindis cependant n’étaient pas activistes ; elles travaillaient beaucoup, mais mettaient leur propre sanctification au premier plan de leurs préoccupations. Le Malin leur ménagea plus d’un obstacle, mais elles y résistèrent victorieusement.

Leurs parents finirent par les rejoindre à leur tour ; après leur mort, ils furent ensevelis dans le couvent.

Les deux sœurs «gouvernaient» ensemble : pas de jalousie, pas d’ambition personnelle, mais une sainte rivalité dans la sainteté. Ensemble elles vivaient, ensemble elles décidaient… ensemble elles accomplissaient des miracles. Le jour de la présence de Boniface et Willibrord, elles changèrent l’eau en un excellent vin pour eux.

On dit qu’Herlindis mourut la première vers 745, un 12 octobre, mais on ne la trouve pas dans le Martyrologe, tandis que Reinildis, qui mourut quelques années plus tard, est mentionnée au 6 février.

Les miracles qui s’opérèrent sur leur tombeau, firent proclamer leur sainteté.

 

 

Guarino de Palestrina

1080-1158

 

Guarino vit le jour à Bologne (Italie) vers 1080, de la noble famille des Guarini. Sa mère était de la famille des Foscari.

Après avoir été féru de littérature, Guarino contrecarra les projets de sa famille en déclarant haut et fort qu’il ne voulait s’attacher qu’à Jésus-Christ. Il donna son héritage pour faire construire un hôpital.

Admis dans le clergé de Bologne, il entra bientôt chez les Chanoines de Saint-Augustins. Autour de 1104, il reçut le sacerdoce et rejoignit le monastère de Mortara.

En 1139, sa science et sa vertu le firent nommer évêque de Pavie, mais il échappa à la consécration en sautant par une fenêtre et en allant se cacher on ne sait où, aussi longtemps qu’on n’eut pas élu quelqu’un à sa place. Puis il reparut.

Malgré son stratagème, ou peut-être à cause de celui-ci, le pape tint en 1144 à le créer cardinal et à le nommer évêque de Palestrina, un petit diocèse des environs de Rome. La ville lui fit don de jolis chevaux, qu’il vendit au profit des pauvres.

Guarino n’en continua pas moins sa vie austère ; il fut un pasteur zélé pour le salut de ses diocésains. Se sentant indigne de sa position, il chercha par deux fois à quitter la place : une première fois, le pape le rappela de Subiaco ; la seconde fois, il rencontra à Ostie des Sarrazins et dut se réfugier à Rome, avant de regagner son siège. 

Il participa à trois conclaves à Rome, d’où sortirent les papes Eugène III (v. 8 juillet), Anastase IV et Adrien IV.

Il méditait souvent sur la mort. Quand il se sentit proche de l’Heure, il recommanda encore à son clergé le zèle pour la sanctification des âmes.

Il expira le 6 février 1158.

Les miracles avenus sur son tombeau le firent canoniser dès 1159.

Quand la ville de Palestrina fut saccagée (1473), on mit les restes de Guarino en sécurité, mais on ne les a pas retrouvés ensuite.

 

 

Hildegonde de Cologne

† après 1183

 

Hildegonde est regardée comme la fille d’Herman et d’Hadwige, de la maison des comtes de Lidtberg, dans l’ancien archevêché de Cologne.

Après la mort d’Herman, Hadwige se rendit avec Gertrude, la troisième de ses filles, au couvent de Dunwald, de l’ordre des Prémontrés, pour y terminer ses jours dans le silence et la retraite.

Cet exemple fit une profonde impression sur Hildegonde, qui avait épousé le comte Lothaire d’Arnsberg et l’avait rendu père de deux fils, Théodoric et Herman, et d’une fille, Hadwige. La mort lui ayant enlevé son époux et son fils Théodoric, et Herman s’étant dévoué au service de Dieu dans le couvent de Kappenberg, elle entreprit vers l’an 1165 un pèlerinage vers les tombeaux des Apôtres, et y forma le vœu de consacrer toute sa fortune à des œuvres de piété.

A son retour elle partagea le patrimoine de son père avec sa sœur Elisabeth de Randerode, fonda un couvent de religieuses à Mehren, au-dessous de Neuss sur le Rhin, et le soumit à la règle de Prémontré. Ce partage ainsi que la fondation du couvent furent confirmés en 1166 par l’archevêque de Cologne et par le pape en 1179.

Le nouvel établissement fut soumis, quant aux affaires spirituelles, au couvent de Steinfeld. Hildegonde y prit le voile avec sa fille Hadwige, et fut bientôt nommée prieure. Elle eut la satisfaction de voir les sœurs aspirer avec un zèle infatigable à l’esprit de pénitence et de perfection chrétienne, et devenir les ornements de l’Eglise. Les vertus qu’elle voyait fleurir autour d’elle, et qui la remplissaient d’étonnement et de reconnaissance envers celui qui est la source de tout bien, lui inspirèrent aussi un élan plus sublime ; et elle s’était placée en effet à un degré éminent de perfection, lorsque le Seigneur l’appela hors de ce monde, et lui donna la couronne des Bienheureux. 

Sa mort arriva le 6 février, après l’année 1183.

Son fils Herman, prieur de Kappenberg, enterra son corps devant le grand autel de l’église de Mehren et sa fille Hadwige lui succéda (v. 14 avril). 

Aussitôt après sa mort, on l’honora sous le titre de Sainte et on implora son intercession. Elle n’a pourtant jamais été solennellement canonisée.

 

 

Brynolf Algotsson

1248-1317

 

Brynolf naquit vers 1248 probablement à Skara (Suède), de Algot Brynolfsson et Margareta Petersdotter.

Il étudia à Paris dès l’âge de dix-huit ans.

De retour à Skara, il fut doyen du chapitre de la cathédrale.

En 1278, il fut élu évêque de Skara.

Homme de grande culture, il fut l’auteur de quatre hymnes en vers rimés sur les Martyrs Elin (v. 31 juillet) et Eskil (12 juin), sur la Sainte Vierge et la Couronne d’Epines du Sauveur, dont une épine se trouvait dans la cathédrale. Ces hymnes représentent les premiers et en même temps les plus beaux écrits de la Suède du Moyen-Age. 

En 1277, il hérita de plusieurs fermes de Bengt, un seigneur de sa parenté ; en outre, il régissait les forêts de Kinnevik, Kåkinds, Kallant et Ridge.

Il réunit un synode en 1280.

Brynolf publia en 1281 une loi concernant les dîmes qu’on devait à l’évêque.

On lui doit la construction du château Lekkia (1298) sur l’île de Kållandsö.

Ainsi, par son activité littéraire, liturgique, pastorale et sociale, l’évêque de Skara apparut dès son vivant comme le modèle du pasteur soucieux de son peuple.

Dès sa mort, le 6 février 1317, il reçut un culte local ; sainte Brigitte (v. 23 juillet) eut révélation de sa sainteté ; il fut canonisé durant le concile de Constance (1414-1418).

Le Martyrologe le mentionne au 6 février.

 

 

Angelo de Furci

1246-1327

 

La naissance de cet ange à Furci (Chieti, Abruzzez, Italie CE) fut le résultat de la piété de ses bons parents qui, âgés, recoururent à Dieu pour obtenir le don de la paternité. Par l’intercession de l’Archange saint Michel (v. 29 septembre) et de saint Augustin (v. 28 août), ils furent exaucés et vouèrent leur garçon dès sa naissance, à saint Michel.

Angelo fut confié aux moines bénédictins de Cornaclano, dont l’abbé était un oncle maternel ; à dix-huit ans, il voulut entrer dans la cléricature. Son père, sur le point de mourir, lui conta l’origine de sa naissance ; Angelo comprit qu’il devait ainsi entrer sous la Règle de Saint-Augustin et rejoignit les Ermites de Saint-Augustin à Vasto (1266).

On l’envoya à Naples pour y achever sa formation théologique et il reçut le sacerdoce.

Après sa profession religieuse, il fut à Paris pendant cinq ans et, à son retour, enseigna la théologie à Naples. Il rédigea un commentaire sur l’évangile de Matthieu, qui ne nous est pas parvenu.

En 1287, il fut élu provincial de son Ordre, mais il refusa les évêchés qu’on lui proposa, Melfi et Acerra.

C’est le 6 février qu’il mourut à Naples et les miracles ne tardèrent pas à fleurir à son tombeau.

Le culte dont il fit l’objet fut ratifié en 1888.

 

 

Regina Christine Wilhelmine Bonzel

1830-1905

 

Regina (Reine) naquit le 17 septembre 1830 à Olpe (Arnsberg, Sauerland, Allemagne), le jour où l’on fêtait les Stigmates de saint François d’Assise. Si elle reçut au Baptême les noms sus-mentionnés, il semble qu’on l’ait communément appelée Aline.

Les parents étaient des bourgeois aisés, mais le père mourut assez tôt ; la maman éduqua sa fille selon la vie spirituelle reçue dans la paroisse.

Aline, donc, étudia chez les Ursulines de Cologne, et manifesta vite son intention d’être religieuse. Sa mère protesta, sans s’y opposer, mais la jeune fille eut des ennuis de santé, cardiaques, qui retardèrent son entrée.

En 1850, elle entra cependant dans le Tiers-Ordre franciscain, prenant le nom de Maria Theresia (avec un h, qui n’existe pas en latin). Membre d’une association caritative (pour soutenir les pauvres et les malades sans défenses), elle en devint la directrice en 1857.

Elle ouvrit une école pour orphelins à Olpe : ce fut le début de la nouvelle Congrégation des Sœurs Franciscaines de l’Adoration Perpétuelle.

Les débuts ne furent pas aisés, car la nouvelle communauté semblait «faire concurrence» avec une autre déjà établie à Olpe. L’autorité ecclésiastique intervint pour pacifier l’atmosphère : les deux communautés pouvaient très bien se compléter.

En 1863, l’évêque autorisait la nouvelle petite communauté à adopter la règle franciscaine. Maria Theresia devint la Mère supérieure. Elle fit ce qu’on lui demanda, écrivant une règle, trouvant une assistance financière, dessinant l’habit (qui sera porté jusqu’en 1960). Mère Theresia se confia dévotement à saint Joseph, dont elle ajouta le nom à celui de toutes les Sœurs.

On la voyait souvent à genoux en adoration devant le Saint Sacrement, de jour comme de nuit. C’était la partie «contemplative» de sa vocation personnelle, qu’elle transmit à toute sa congrégation.

Il fallut s’organiser pour ne pas tomber dans les griffes du Kulturkampf de l’époque ; toutes les ressources des pauvres sœurs furent mises sur le compte de Mademoiselle Aline Bonzel, mais on ne put accepter de nouvelles recrues.

En 1875, un couvent s’ouvrit aux Etats-Unis, où Mère Theresia envoya des «religieuses» vêtues civilement. Elles furent plus de six-cents à partir pour les Etats-Unis entre 1885 et 1896. Quand la vigueur du Kulturkampf s’estompa, d’autres vocations affluèrent encore : à la mort de la Fondatrice il y avait plus de soixante-dix maisons en Allemagne et plus de quarante aux Etats-Unis.

La fondation américaine (La Fayette) se développa rapidement : elle comprenait un bâtiment pour les postulantes, un pour le noviciat, un hôpital de trois-cent cinquante lits, une école d’infirmières, un collège et une école supérieure. Un autre centre s’établit à Mishawaka, qui devint la maison-mère.

Les Religieuses s’implantèrent dans les diocèses de Chicago, Indianapolis, Fort Wayne-South Bend, et de là essaimèrent au Brésil et aux Philippines. 

La Fondatrice fut continuellement réélue comme Supérieure, jusqu’à la fin de sa vie, malgré son désir à chaque fois exprimé de ne pas l’être.

En 1900, elle reçut de l’empereur la médaille de l’Ordre de la Croix-Rouge, en reconnaissance pour son immense travail.

Une première maladie menaça ses jours en 1903. Guérie, elle fut encore réélue en 1904, malgré ses protestations.

Mère Maria Theresia mourut à Olpe le 6 février 1905, et fut béatifiée en 2013.

Le miracle retenu pour cette béatification est la guérison d’un jeune enfant, maintenant adulte, de Colorado Springs.

Alfonso Maria Fusco

1839-1910

 

Aniello Fusco, un bon paysan, et son épouse Giuseppina Schianova, habitaient à Angri (Salerne, Italie), où naquit leur garçon le 23 mars 1839, aîné de cinq enfants.

Désireux d’un enfant qui n’arrivait pas, le couple avait fait un pèlerinage à la tombe de Alfonso Maria de’ Liguori. Un père rédemptoriste leur avait prédit qu’ils auraient un garçon, et qu’il porterait le nom d’Alfonso. Deux mois après cette naissance, était canonisé saint Alfonso (voir au 1er août).

Les pieux parents le confièrent tôt à une école chrétienne tenue par des prêtres. Le petit Alfonso ne pensa bientôt plus qu’à devenir prêtre à son tour : chez lui, il «jouait» au prêtre, officiant à son petit autel, chantant les hymnes qu’il entendait à l’église. Il reçut la Première Communion et la Confirmation à l’âge de sept ans, chose très exceptionnelle à cette époque.

On rapporte qu’un jour, le petit Alfonso s’apprêtait à sortir, par une journée très froide de février, avec du linge sous le bras. Sa maman, pensait qu’il voulait l’aider à la lessive, lui dit que ce n’était pas le jour ; et lui de répondre qu’il portait un drap à un petit garçon malade qui avait froid.

En 1850, Alfonso entre au petit séminaire de Nocera dei Pagani. On n’a de toute cette période qu’un seul détail (car les archives furent perdues) : dans un rêve, Alfonso entendit Jésus-Christ lui demander de fonder un institut pour Religieuses, et un orphelinat pour petits garçons et pour petites filles, ce qu’il s’appliqua à réaliser après son ordination sacerdotale. Il fut ordonné prêtre à la fête de la Pentecôte de 1863.

En 1870, il reçoit chez ses parents les premiers orphelins. Alfonso prit sur lui tous les frais de ce petit embryon d’école. 

En 1877, une riche veuve d’Angri, Raffaella Graziano, donne sa propriété en faveur des orphelines. Alfonso confie d’abord cet orphelinat à des Sœurs Compassionistes. Mais ce n’est pas là exactement ce que voulait Notre-Seigneur. 

C’est alors qu’eut lieu la rencontre avec une pieuse demoiselle, Maddalena Caputo, qui de concert avec quelques autres personnes, voulaient se donner à une vie de sanctification, dans la pauvreté et la charité envers les pauvres orphelins.

Cette congrégation des Sœurs de saint Jean-Baptiste ou Baptistines commençait sous de bons auspices, mais les difficultés furent grandes, car comme dans beaucoup de fondations, on se méfie des nouveautés, on hésite, les fonds sont rares. Les autres prêtres ne voient pas d’un bon œil ce jeune prêtre qui a l’air de leur faire la leçon en se donnant aux autres plutôt que de rester enfermé bien au chaud entre quatre murs.

L’évêque tarda longtemps avant de lui donner la permission. L’Institut commença officiellement en 1878 avec quatre jeunes filles. Deux ans après, l’évêque procédait à la vêturere. Maddalena prenait le nom de Sœur Crucifiée du Divin Amour. L’Institut s’appelait : Ordre des Sœurs Baptistines du Nazaréen, et la maison, Petite Maison de la Providence.

Pour former d’abord les Religieuses, Alfonso ouvrit une maison de formation à Benevento, ainsi ces Religieuses pourraient à leur tour dispenser un enseignement chrétien, intellectuel et scientifique aux petites orphelines.

Tout ce travail n’empêchait pas don Alfonso de prêcher abondamment dans la paroisse et dans les environs. Puis, en 1889, il ouvre l’Œuvre des Petits Artisans, sous la protection de saint Michel Archange, pour les orphelins. Il y en eut tellement, qu’il se crut obligé de construire une aile nouvelle à la Petite Maison. Mais là, Sœur Crucifiée fut en contraste, redoutant le voisinage des garçons et des filles. Le contentieux s’arrangea par la création, toujours sur une idée d’Alfonso, de l’Ecole des Petits Artisans, où les orphelins auraient appris un métier. L’école acquis une renommée et un niveau appréciable, au point qu’une imprimerie permit bientôt de publier des ouvrages pour répandre le message chrétien.

Dans la Petite Maison furent aussi accueillies des jeunes filles difformes, dont ne voulait pas la société bourgeoise. L’une d’elles vécut là jusqu’à la soixantaine.

L’institut grandit, s’implanta dans seize villes d’Italie et en Amérique du Nord.

Une tempête douloureuse s’abattit : la supérieure elle-même, Sœur Crocifissa, tenta avec la supérieure de la maison de Rome, de refonder l’Institut en-dehors de l’autorité de don Alfonso. On lui ferma même la porte au nez quand il se présenta en personne à la maison de Rome. Tout endolori, il alla à la statue de son saint Patron, Alfonso de’ Liguori, en la basilique Saint-Pierre, et pria ainsi : Si je sais souffrir comme toi, je serai saint moi aussi !

Même le Cardinal Vicaire de Rome se mit contre lui. Mais finalement, c’est Alfonso qui gagna la partie, on le reconnut et il resta à sa place. 

Ce qui se dit ici en deux lignes ne peut pas rendre la profonde tristesse que put éprouver ce saint prêtre qui se retrouvait ainsi à la rue. Seule la sainteté peut expliquer une telle constance.

Dans la nuit du 5 au 6 février 1910, entouré de ses Filles fidèles, il s’exclama : Merci, Seigneur, j’ai été un serviteur inutile (cf. Lc 17:10), puis s’adressant à elles : Du ciel, je ne vous oublierai pas, je prierai toujours pour vous. Et il s’endormit en paix.

Tout de suite, le bruit se répandit : Le père des pauvres est mort, le saint est mort ! 

Tandis que l’Institut grandissait et s’implantait sur tous les continents, l’Eglise peu à peu reconnaissait les vertus héroïques d’Alfonso, qui fut béatifié en 2001 et canonisé en 2016.

 

Le miracle retenu pour cette béatification concerne un petit garçon de Zambie, frappé de malaria cérébrale, qui aurait dû le porter à la mort en quelques jours, d’autant plus que le cas se compliquait d’une broncho-pneumonie ; l’enfant était dans un coma du troisième degré. La maman, qui appartenait aux Adventistes du Septième Jour, fut alors vivement exhortée par une Religieuse baptistine de prier avec elle en invoquant Alfonso Maria Fusco. Elle mit une petite image de don Fusco sous l’oreiller du malade : le lendemain matin, l’enfant appelait sa maman, il n’avait plus de fièvre, ni de broncho-pneumonie, il mangea un peu en chantonnant.

Il fallut se rendre à l’évidence : tous les signes de maladie avaient disparu, aucune séquelle n’apparaissait malgré dix jours de coma profond. La guérison fut immédiate, complète et durable.

Le médecin, qui avait déjà vu des centaines de cas semblables, affirmait que tous ces enfants meurent par œdème cérébral en quatre jours, tandis que ceux qui s’en sortent, demeurent lourdement affectés de séquelles graves.

 

 

Francesco Spinelli

1853-1913

 

Francesco naquit le 14 avril 1853 à Milan (Italie), de parents fermiers au service des Marquis Stanga.

Il grandit dans la foi, dans la joie ; sa mère lui apprit à visiter les malades, et lui réunissait volontiers ses camarades pour leur organiser de petits spectacles, et leur parler de Jésus-Christ.

Répondant à l’appel divin, il reçut le sacerdoce en 1875 à Bergame.

Lors de son pèlerinage à Rome (car 1875 est une Année Sainte), il eut une vision dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure : il vit des Religieuses en adoration devant le Saint-Sacrement. Sa vraie vocation se dessinait.

Pour commencer, il exerça l’enseignement dans une école du soir, dans une paroisse, au séminaire ; il fut aumônier de Religieuses.

En 1882, avec quelques jeunes filles, il ouvrit un premier couvent de Sœurs Adoratrices.

Bientôt, s’ouvriront d’autres maisons pour accueillir des malades, des handicapés, des pauvres.

En 1889, à la suite d’un involontaire problème financier, don Spinelli dut affronter un procès et quitter le diocèse de Bergame pour s’installer à Crémone. La fondation se divisa en deux branches : les Sœurs Sacramentines d’un côté, et les Sœurs Adoratrices du Saint-Sacrement de l’autre, dont s’occupa don Spinelli.

Ces Adoratrices furent approuvées : elles adoraient le Saint Sacrement jour et nuit, et assistaient les pauvres et les souffrants.

Don Spinelli se porta auprès de tous les nécessiteux, particulièrement auprès des handicapés, qu’il aidait à valoriser leurs propres possibilités pour tenter de les rendre plus autonomes.

Don Francesco Spinelli mourut à Rivolta d’Adda (Cremona) le 6 février 1913 ; il fut béatifié en 1992 et canonisé en 2018.

L’autre branche des Sœurs Sacramentines évolua aussi, et leur Fondatrice, Caterina Geltrude Comensoli a été canonisée (v. 18 février).

 

 

Mateo Correa Magallanes

1866-1927

 

Mateo naquit le 23 juillet 1866 à Tepechitlán (Zacatecas, Mexique), de Rafael Correa et Concepción Magallanes.

Il appartint aux Chevaliers de Colomb (Knight of Columbus).

Il étudia d’abord à Guadalajara (1881), après quoi sa bonne conduite et son travail studieux lui valurent une bourse pour entrer au séminaire de Zacatecas ; il fut ordonné prêtre en 1893.

Parmi les fidèles qui reçurent de lui la Première Communion, il y eut le futur martyr Miguel Pro, qui tombera sous les balles la même année que Mateo (voir au 23 novembre).

Mateo fut nommé à Concepción del Oro en 1898, et à Colotlán en 1908. Suite aux dispositions anti-cléricales du gouvernement, il dut se cacher.

En 1926, il est nommé à Valparaíso. En mars, le général Eulogio Ortiz se fait présenter les deux prêtres Correa et Arroyo, ce qui provoqua un soulèvement de la population. Le général fit déférer les prêtres avec d’autres jeunes à Zacatecas, mais ils furent libérés, à la grande fureur du général.

Mateo est de nouveau arrêté en 1927 tandis qu’il porte le Viatique à une personne invalide.  Vite il consomme les saintes Hosties avant qu’elles risquent d’être profanées.

Accusé d’appartenir au mouvement des Cristeros, il est jeté en prison à Durango. Le 5 février 1927, le général Eulogio Ortiz lui demande de confesser quelques-uns des prisonniers, qui vont être exécutés, ce que Mateo accepte volontiers de faire ; mais ensuite, malgré la menace du général, il refuse catégoriquement de dire ce que les prisonniers ont dit en confession. Le général lui pointe le pistolet sur la tempe, mais Mateo persiste.

Le 6 février 1927 au matin, on l’emmène dans un cimetière de la périphérie de Durango, où on l’abat d’une balle dans la tête. Le corps de Mateo Correa resta là pendant trois jours.

Mateo fait partie des vingt-cinq Martyrs mexicains béatifiés en 1992 et canonisés en 2000. Leur fête commune a été établie au 21 mai, tandis que le dies natalis propre de saint Mateo est au 6 février.

Partager cet article

Repost0
5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 18:22

Ananias, Azarias, Misaël

6e siècle avant Jésus-Christ

 

Comme on peut le lire dans le livre du prophète Daniel (Dn 1-3), Nabuchodonosor ordonna la déportation des Juifs à Babylone vers 600 avant Jésus-Christ. Parmi eux se trouvaient trois compagnons de Daniel : Ananias, Azarias et Misaël.

Le roi babylonien voulut former de jeunes gens dans la science et les langues, et nos quatre héros furent les élus.

Ils reçurent respectivement les noms de Baltassar, Shadrac, Meshac et Abed Nego.

Ils commencèrent par conserver leur régime végétarien, sans manger ce qui venait de la table du roi, et on leur vit une meilleure mine que les autres.

David fut ensuite appelé à interpréter un songe du roi : après avoir prié, il le lui expliqua,  ce qui lui valut d’être très considéré à la cour, ainsi que ses amis.

Puis Nabuchodonosor voulut faire adorer une grande statue païenne : les trois jeunes gens s’y refusèrent obstinément et, dénoncés, furent condamnés à brûler dans une fosse ardente : tandis que les hommes qui y menaient les trois condamnés, furent brûlés à mort par les flammes, les trois jeunes gens ne reçurent aucun mal, même pas l’odeur de feu, car un ange vint rafraîchir la fosse.

C’est dans cette fosse qu’Azarias, alias Abed Nego, chanta un long psaume de pénitence, implorant la miséricorde de Dieu sur les péchés de son peuple. Puis, rafraîchis par la présence de l’ange, ils chantèrent ce cantique de bénédiction au Seigneur, repris au bréviaire pendant les Laudes du dimanche et des fêtes.

Ces deux cantiques se trouvent seulement dans la version grecque de la Bible, dite «des Septante». Le livre de Daniel poursuit ensuite l’action prophétique de Daniel, sans plus nommer ses trois amis, Ananias, Azarias et Misaël.

Les Trois jeunes gens avaient été inscrits au Martyrologe romain le 16 décembre, mais n’y ont pas été maintenus dans la dernière édition. Ils sont aussi invoqués dans la Recommandation de l’âme, pour avoir été libérés du feu, et on leur recommande de libérer l’âme du défunt des «flammes» éternelles.

Partager cet article

Repost0
5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 17:36

Agatha de Palerme

† 251

 

On sera frappé de la parfaite conformité des lignes suivantes avec ce qu’on dit habituellement sur sainte Agathe.

Ces lignes proviennent des Visions d’Anna Katharina Emmerick, une illustre stigmatisée allemande, qui était parfaitement illettrée (v. 9 février).

Je vis qu’Agathe avait été martyrisée dans une autre ville, à Catane. Ses parents habitaient Palerme, sa mère était chrétienne en secret. Son père était païen. Je vis que sa mère l’avait, dès son enfance, instruite secrètement dans la religion chrétienne. Elle avait deux suivantes. Dès ses premières années, elle avait des rapports familiers avec Jésus. Je la vis souvent assise dans le jardin, ayant auprès d’elle un bel enfant resplendissant de lumière qui lui parlait souvent et jouait avec elle…

Je crois qu’elle le voyait aussi, car je la vis faire divers arrangements qui supposaient sa présence. Je l’ai vue grandir merveilleusement en pureté et en force intérieure… Je vis aussi avec quelle fidélité extraordinaire elle coopérait à la grâce, comment elle ne cessait de repousser ou de punir sur elle-même la moindre tache, la moindre imperfection. Quand elle voulait se coucher le soir, son ange gardien se tenait souvent sous une forme visible près d’elle et lui rappelait quelque chose qu’elle avait oublié : alors elle se hâtait de le faire…

Je l’ai vue souvent, dans son enfance, se glisser furtivement loin de sa mère avec des aumônes et des aliments… Je la vis souvent se pincer et se frapper pour des désirs et pour les moindres fautes…

Je vis que, vers sa huitième année, elle fut conduite à Catane dans une voiture avec plusieurs autres jeunes filles. Cela se faisait par l’ordre de son père qui voulait qu’elle fût élevée dans toute la liberté d’une éducation païenne…

Elle avait des cheveux foncés, de grands yeux noirs, un beau nez, une figure ronde, quelque chose de très doux et de très ferme en même temps et une physionomie où se manifestait une force d’âme extraordinaire. Je vis sa mère mourir de chagrin loin d’elle.

On la mena chez une femme à l’air hardi qui avait cinq filles… La femme et ses cinq filles se donnaient toute la peine imaginable pour former Agathe à la vertu entendue à leur manière, mais elle restait indifférente à tout cela.

Je vis dans la maison de cette femme, Agathe combattre ses penchants naturels avec une constance et un courage remarquables et lutter contre toutes les séductions. Quintianus, qui plus tard la fit martyriser, y venait souvent. Il était marié, mais il ne pouvait pas souffrir sa femme. C’était un homme désagréable, d’un caractère bas et orgueilleux : il rôdait dans la ville, espionnant tout ce qui se faisait et il vexait et tourmentait tout le monde.

Je le vis chez cette femme : il regardait souvent Agathe comme on regarde un bel enfant : il ne se permettait rien d’inconvenant avec elle…

Plus tard, je vis (Agathe) de nouveau dans sa ville natale : son père ne vivait plus. Elle avait environ treize ans.  Elle confessait publiquement la foi chrétienne et avait près d’elle des gens de bien. Je la vis enlevée de sa maison par des personnes que Quintianus avait envoyées de Catane ; je vis comment, en sortant de la ville, elle s’aperçut que tous ses amis l’abandonnaient et retournaient à la ville. Elle pria Dieu de faire paraître un signe de cette ingratitude, et un olivier stérile sortit de terre à cet endroit.

Je vis ensuite Agathe jetée en prison, interrogée et frappée. On lui coupa les mamelles : un homme la tenait pendant qu’un autre lui enlevait le sein avec un instrument qui ressemblait à une tête de pavot. Il s’étendait sur trois tiges, formant comme une bouche et détachait comme d’une morsure la mamelle qui le remplissait tout entier. Les bourreaux eurent encore la cruauté révoltante de lui mettre sous les yeux avec des moqueries ses mamelles coupées ; puis ils les jetèrent à ses pieds comme sur une planche.

Pendant son supplice, Agathe dit à Quintianus : «Peux-tu, sans frémir d’horreur, arracher à une femme cette partie du corps qui, chez ta mère, t’a nourri autrefois ?»

Elle était pleine de fermeté et de calme et dit : «Mon âme a de plus nobles mamelles, que tu ne peux pas m’enlever.» La blessure était parfaitement ronde ; il n’y avait pas de déchirure , le sang jaillissait en plusieurs petits jets.

J’ai vu souvent ce même instrument employé pour les supplices des martyrs : on enlevait ainsi du corps des saints des morceaux de chair tout entiers.

Je vis ensuite Agathe dans la prison, où un saint vieillard lui apparut et lui dit qu’il guérirait ses blessures… Je vis le vieillard sourire et dire : «Je suis (le) serviteur (de Jésus), Pierre : vois ! ton sein est déjà guéri», puis il disparut. Elle avait ses deux seins parfaitement remis.

Je vis Agathe conduite de nouveau au martyre. Dans un caveau étaient des âtres sous lesquels on avait allumé du feu : ils étaient profonds comme des coffres et garnis à l’intérieur de toutes sortes d’objets pointus et anguleux. Lorsque Agathe eut été jetée dans une de ces caisses, la terre trembla, un mur s’écroula et écrasa les deux amis de Quintianus. Il y eut un soulèvement dans le peuple, si bien que Quintianus s’enfuit. La vierge fut ramenée en prison, où elle mourut.

Je vis Quintianus se noyer misérablement dans une rivière, comme il était en route pour aller confisquer les biens de sainte Agathe. J’ai vu comment, plus tard, une montagne ayant vomi des flammes, le peuple s’enfuit devant le fleuve de feu qui en coulait auprès du tombeau d’Agathe, dont il opposa le couvercle au feu qui s’éteignit.

Les dernières expressions font évidemment allusion à une éruption du volcan proche de Catane, l’Etna, qui se produisit le 5 février 252.

Sainte Agathe est justement commémorée et fêtée le 5 février.

Son nom est aussi mentionné dans la prière du Nobis quoque, peccatoribus du Canon romain de la Messe.

Partager cet article

Repost0
5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 08:39

Yi Kyŏng-i Agatha

(Yi Gyeong-i Agata)

1813-1840

 

Agatha était de famille catholique.

Elle eu la malchance d’épouser un homme concerné par ce passage de l’Evangile : Mt 19:12. Le mariage ne pouvait donc être consommé et devenait nul, de facto.

Mgr Imbert fut consulté par la jeune femme, et lui conseilla de se séparer de cet homme, ce qu’elle fit.

Elle s’en alla vivre chez une autre Chrétienne, Kwŏn Chin-i Agatha, parce que sa mère était trop pauvre pour la garder chez elle.

Agatha fut arrêtée une première fois avec sa compagne, le 17 juillet 1839, mais certains policiers eurent pitié d’elles et les laissèrent partir de prison.

Agatha profita de cette liberté pour amener à la foi toute sa famille, visiter d’autres Catholiques et les aider autant qu’elle pouvait. Désormais, son unique désir était de mourir pour sa foi.

Elle fut arrêtée une deuxième fois, aussi avec sa compagne, dans une pauvre petite bicoque de Séoul, et remises en prison. On les tortura, on les frappa, mais elles ne renièrent pas leur foi.

Finalement, on les conduisit toutes deux au lieu-dit Tangkogae, près de Séoul, où elles furent décapitées, le 31 janvier 1840.

Elles furent béatifiées en 1925 et canonisées en 1984.

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0
5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 00:00

05 FEVRIER

 

-XVIII.

S Jacob, patriarche.

III.

S Isidore, soldat martyr à Alexandrie, peut-être le même que celui du 15 mai.

Ste Agathe, jeune vierge de Palerme martyre à Catane, à treize ans, nommée au Canon Romain.

IV.

Ste Théodule, avec les ss. Boèce, Evagre, Macaire, Helladius, martyrs à Anazarbe.

S Agricole, évêque à Tongres.

V.

Ste Calamanda, vierge et martyre vénérée en Espagne, peut-être compagne de ste Ursule, invoquée pour obtenir la pluie.

VI.

S Avitus, évêque à Vienne, successeur de son père ; il débarrassa la Gaule de l’arianisme.

VII.

S Ingenuinus, évêque à Sabiona.

VIII.

S Bertulphe (Bertou), fondateur d’un monastère et abbé à Renty ; il fut un jour protégé de l’orage par un aigle qui étendit ses ailes au-dessus de sa tête.

Ss Indract et ses compagnons, pèlerins irlandais “martyrisés” à leur retour de Rome par des domestiques cupides qui les croyaient chargés de trésors.

S Voel, écossais, reclus à Soissons. 

IX.

Bx Domitien et Marie, époux, ducs de Carinthie, où ils convertirent les païens.

X.

S Luca, sicilien, abbé basilien en plusieurs monastères de Calabre.

S Sabas le Jeune, moine en Calabre avec son frère s. Macaire.

XI.

S Albuinus, évêque à Bressanone, où il avait transféré le siège de Sabiona

Ste Agathe Hildegarde, pieuse épouse défenestrée par son mari en colère ; elle resta indemne et son mari se repentit.

Ste Adelheid de Geldern, première abbesse à Villich, puis aussi à Cologne. 

XVI.

Ss franciscains espagnols : Pedro Bautista Blásquez y Blásquez, Martín de l’Ascension Loinaz Amunabarro Aguirre, Francisco Blanco, prêtres, et Francisco de Saint-Michel Andrade Arco (thaumaturge), convers ; les jésuites japonais Paulus Miki et Ioannes Gotō Soan, clercs, Didacus Kisaï, convers ; les franciscains Felipe Las Casas Martínez (de Jésus), clerc mexicain (ses désordres l’avaient fait chasser de sa famille et même une première fois de l’ordre) et Gonçalo García, convers indien ; les laïques tertiaires franciscains japonais : Cosmas Takeya, Michaël Cozaki et son fils Thomas, Paulus Ibaraki, Leo Karasumaru, Ludovicus et Antonius Ibaraki (onze et treize ans), Matthias de Miyako, Ventura de Miyako, Ioachim Sakakibara, François de Miyako, Thomas Dangi, Ioannes Kinuya, Gabriel de Duisco, Paulus Suzuki, Franciscus Kichi et Petrus Sukejirō, tous crucifiés à Nagasaki, fêtés le 6 février.

XVIII.

Bse Françoise Mézière, vierge et martyre, qui s’était vouée à la formation des enfants et aux soins des malades.

XIX.

Bse Elisabetta Canori Mora, mère de famille romaine, tertiaire trinitaire, dont l’époux se convertit enfin quand elle mourut et devint ensuite prêtre ; béatifiée en 1994.

XX.

S Jésus Méndez Montoya (1880-1928), prêtre mexicain, maître de musique, martyr fusillé, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

B Primo Andrés Lanas (1877-1937), prêtre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, martyr à Madrid, béatifié en 2013.

Jacob, patriarche

18e siècle avant Jésus-Christ

 

Le patriarche Jacob était le fils d’Isaac et Rébecca, et donc le petit-fils du patriarche Abraham.

Toute l’histoire de Jacob se trouve dans le livre de la Genèse, des chapitres 25 à 50.

Jacob est le frère jumeau d’Esaü, et naquit le second. L’Ecriture rapporte qu’Isaac «préférait» Esaü, qui lui préparait de bons plats, mais que Rébecca préférait Jacob, car Dieu lui avait annoncé que l’aîné servira le cadet (Gn 25:23).

On se rappelle comment Jacob «acheta» à Esaü son droit d’aînesse avec un plat de lentilles, et comment ensuite il «trompa» Isaac en se faisant donner la bénédiction paternelle qui aurait dû échoir à Esaü. Ce stratagème mensonger reste mystérieux, même pour les Pères de l’Eglise et on ne peut que conjecturer que Rébecca fut divinement inspirée d’agir ainsi.

Jacob eut deux épouses, Léa et Rachel, deux sœurs filles de Laban, qu’il épousa chacune après sept années de patient service chez Laban. 

De Léa, Jacob eut Ruben, Siméon, Lévi et Juda ; plus tard Issachar, Zabulon et l’unique fille de Jacob, Dina.

Rachel, qui était stérile, pria Isaac d’accepter sa propre servante Bilha, dont il eut Dan et Nephtali. 

A son tour Léa, devenue stérile, proposa sa servante Zilpa à Isaac, qui en eut Gad et Asher.

Enfin Rachel enfanta Joseph, et plus tard encore Benjamin, et mourut de ce dernier accouchement.

Joseph fut vendu par ses frères et devint plus tard le maître du palais du Pharaon. Il eut à son tour deux fils, que plus tard Jacob adoptera au même titre que ses fils, Ephraïm et Manassé.

Jacob fut le protagoniste de deux épisodes fameux. L’un fut le songe dans lequel les anges descendaient et montaient sur une très haute échelle : ce fut le moment d’une bénédiction particulière de Dieu, qui donnait cette terre à Jacob et à sa descendance (Gn 28:10-22). L’autre épisode fut la lutte avec un mystérieux personnage, une manifestation divine, au terme de laquelle Dieu lui donna le nom d’Israël, qui signifierait «fort contre Dieu» (Gn 32:29).

Dans le livre du Siracide (Si 44:22), Jacob reçoit l’alliance de Dieu sur sa tête. Ce patriarche, à l’origine des douze tribus d’Israël, est l’un des grands personnages en qui Dieu a signalé sa gloire et sa puissance.

Jacob adopta les deux enfants de Joseph, mais rejeta de l’héritage Ruben pour son inceste (cf. Gn 35:22), ainsi que Siméon et Lévi pour leur attitude traître (cf. Gn 34:25-31). La tribu de Siméon fut absorbée par celle de Juda, celle de Lévi ne subsista que pour son office religieux. Ainsi s’explique le nombre des douze tribus d’Israël.

Le Martyrologe Romain ne mentionne pas explicitement Jacob. Il fut pendant un temps inséré dans certains autres Martyrologes, au 5 février, d’où sa présence ici. Il est inclus dans la commémoraison commune qui se fait de tous les saints Ancêtres du Christ, le dimanche précédant Noël chez les Grecs, la veille de Noël dans le nouveau Martyrologe.

 

 

Agatha de Palerme

† 251

 

On sera frappé de la parfaite conformité des lignes suivantes avec ce qu’on dit habituellement sur sainte Agathe.

Ces lignes proviennent des Visions d’Anna Katharina Emmerick, une illustre stigmatisée allemande, qui était parfaitement illettrée (v. 9 février).

Je vis qu’Agathe avait été martyrisée dans une autre ville, à Catane. Ses parents habitaient Palerme, sa mère était chrétienne en secret. Son père était païen. Je vis que sa mère l’avait, dès son enfance, instruite secrètement dans la religion chrétienne. Elle avait deux suivantes. Dès ses premières années, elle avait des rapports familiers avec Jésus. Je la vis souvent assise dans le jardin, ayant auprès d’elle un bel enfant resplendissant de lumière qui lui parlait souvent et jouait avec elle…

Je crois qu’elle le voyait aussi, car je la vis faire divers arrangements qui supposaient sa présence. Je l’ai vue grandir merveilleusement en pureté et en force intérieure… Je vis aussi avec quelle fidélité extraordinaire elle coopérait à la grâce, comment elle ne cessait de repousser ou de punir sur elle-même la moindre tache, la moindre imperfection. Quand elle voulait se coucher le soir, son ange gardien se tenait souvent sous une forme visible près d’elle et lui rappelait quelque chose qu’elle avait oublié : alors elle se hâtait de le faire…

Je l’ai vue souvent, dans son enfance, se glisser furtivement loin de sa mère avec des aumônes et des aliments… Je la vis souvent se pincer et se frapper pour des désirs et pour les moindres fautes…

Je vis que, vers sa huitième année, elle fut conduite à Catane dans une voiture avec plusieurs autres jeunes filles. Cela se faisait par l’ordre de son père qui voulait qu’elle fût élevée dans toutes la liberté d’une éducation païenne…

Elle avait des cheveux foncés, de grands yeux noirs, un beau nez, une figure ronde, quelque chose de très doux et de très ferme en même temps et une physionomie où se manifestait une force d’âme extraordinaire. Je vis sa mère mourir de chagrin loin d’elle.

On la mena chez une femme à l’air hardi qui avait cinq filles… La femme et ses cinq filles se donnaient toute la peine imaginable pour former Agathe à la vertu entendue à leur manière, mais elle restait indifférente à tout cela.

Je vis dans la maison de cette femme, Agathe combattre ses penchants naturels avec une constance et un courage remarquables et lutter contre toutes les séductions. Quintianus, qui plus tard la fit martyriser, y venait souvent. Il était marié, mais il ne pouvait pas souffrir sa femme. C’était un homme désagréable, d’un caractère bas et orgueilleux : il rôdait dans la ville, espionnant tout ce qui se faisait et il vexait et tourmentait tout le monde.

Je le vis chez cette femme : il regardait souvent Agathe comme on regarde un bel enfant : il ne se permettait rien d’inconvenant avec elle…

Plus tard, je vis (Agathe) de nouveau dans sa ville natale : son père ne vivait plus. Elle avait environ treize ans.  Elle confessait publiquement la foi chrétienne et avait près d’elle des gens de bien. Je la vis enlevée de sa maison par des personnes que Quintianus avait envoyées de Catane ; je vis comment, en sortant de la ville, elle s’aperçut que tous ses amis l’abandonnaient et retournaient à la ville. Elle pria Dieu de faire paraître un signe de cette ingratitude, et un olivier stérile sortit de terre à cet endroit.

Je vis ensuite Agathe jetée en prison, interrogée et frappée. On lui coupa les mamelles : un homme la tenait pendant qu’un autre lui enlevait le sein avec un instrument qui ressemblait à une tête de pavot. Il s’étendait sur trois tiges, formant comme une bouche et détachait comme d’une morsure la mamelle qui le remplissait tout entier. Les bourreaux eurent encore la cruauté révoltante de lui mettre sous les yeux avec des moqueries ses mamelles coupées ; puis ils les jetèrent à ses pieds comme sur une planche.

Pendant son supplice, Agathe dit à Quintianus : «Peux-tu, sans frémir d’horreur, arracher à une femme cette partie du corps qui, chez ta mère, t’a nourri autrefois ?»

Elle était pleine de fermeté et de calme et dit : «Mon âme a de plus nobles mamelles, que tu ne peux pas m’enlever.» La blessure était parfaitement ronde ; il n’y avait pas de déchirure , le sang jaillissait en plusieurs petits jets.

J’ai vu souvent ce même instrument employé pour les supplices des martyrs : on enlevait ainsi du corps des saints des morceaux de chair tout entiers.

Je vis ensuite Agathe dans la prison, où un saint vieillard lui apparut et lui dit qu’il guérirait ses blessures… Je vis le vieillard sourire et dire : «Je suis (le) serviteur (de Jésus), Pierre : vois ! ton sein est déjà guéri», puis il disparut. Elle avait ses deux seins parfaitement remis.

Je vis Agathe conduite de nouveau au martyre. Dans un caveau étaient des âtres sous lesquels on avait allumé du feu : ils étaient profonds comme des coffres et garnis à l’intérieur de toutes sortes d’objets pointus et anguleux. Lorsque Agathe eut été jetée dans une de ces caisses, la terre trembla, un mur s’écroula et écrasa les deux amis de Quintianus. Il y eut un soulèvement dans le peuple, si bien que Quintianus s’enfuit. La vierge fut ramenée en prison, où elle mourut.

Je vis Quintianus se noyer misérablement dans une rivière, comme il était en route pour aller confisquer les biens de sainte Agathe. J’ai vu comment, plus tard, une montagne ayant vomi des flammes, le peuple s’enfuit devant le fleuve de feu qui en coulait auprès du tombeau d’Agathe, dont il opposa le couvercle au feu qui s’éteignit.

Les dernières expressions font évidemment allusion à une éruption du volcan proche de Catane, l’Etna, qui se produisit le 5 février 252.

Sainte Agathe est justement commémorée et fêtée le 5 février.

Son nom est aussi mentionné dans la prière du Nobis quoque, peccatoribus du Canon romain de la Messe.

 

 

Avitus de Vienne

† 525

 

Sextus Alcimus Ecdicius Avitus naquit vers 450 à Vienne en Gaule (act. Isère), dans une famille qu’on disait apparentée aux empereurs romains, et chrétienne. C’est l’évêque de Vienne, Mamert (v. 11 mai), qui le baptisa.

Son père s’appelait Esychius : il eut deux autres fils, dont le futur abbé Apollinarius, après quoi il fut appelé à occuper le siège épiscopal de Vienne à la mort de s. Mamert (475). 

Comme en d’autres situations rencontrées dans les vies des Saints, à partir du moment où un homme marié était appelé au sacerdoce ou à l’épiscopat, lui et son épouse vivaient désormais comme frère et sœur ; en général, l’épouse entrait dans un monastère.

Le rang de cette noble famille apportait à Avit une certaine considération mondaine, mais Avit montra bien plus d’intérêt pour l’étude et les œuvres de charité. 

On dit de lui qu’il se maria et eut des enfants. Devenu veuf à quarante ans, il distribua son patrimoine aux pauvres, puis se retira dans un monastère.

Vers 490 mourut Esychius, et c’est Avit qui lui succéda.

Ce fut un épiscopat actif, tourné vers la sanctification des fidèles, vers le bien de tous, et Avit y montra toute sa sollicitude paternelle.

On verra à propos de s.Epiphane de Pavie (v. 21 janvier) les tribulations que ce dernier eut à souffrir : Avit lui vint en aide avec une charité toute fraternelle, payant lui-même le rachat des captifs de Pavie.

Mais il montra aussi son souci doctrinal et combattit l’arianisme du roi des Burgondes Gondebaud ainsi que de Clovis. Gondebaud resta «arien», tout en favorisant par ailleurs le christianisme : c’est pour lui qu’Avit rédigea un opuscule contre l’eutychianisme, à destination de l’empereur Anastase. Quand Clovis reçut le baptême (496), il l’en félicita par écrit. Ses écrits pastoraux, doctrinaux et poétiques montrent son érudition, louée par tous les contemporains.

Le fils de Gondebaud, par contre, fut conquis par les conseils d’Avit et donna l’autorisation de reprendre les synodes provinciaux, ainsi à Epaone (517, peut-être Evian-les-Bains), où Avit eut une grande influence sur les décisions prises. On a dit d’Avit que c’est grâce à sa prédication et à ses écrits, qu’il délivra la Gaule de l’arianisme. Un autre évêque de Vienne, Adon (v. 16 décembre), affirma qu’Avit fut la lumière de l’Eglise des Gaules.

Avit prit parti ouvertement pour le pape légitime Symmacus (v. 19 juillet), contre l’intrus Laurentius ; il en soutint aussi le successeur, s. Hormidas (v. 6 août), dans ses démêlés avec Constantinople.

Cet évêque zélé mourut le 5 février, vers 525.

 

 

Ingenuinus de Sabiona

† 605

 

L’évêché de Sabiona remonte à la fin du 6e siècle et son premier évêque connu est Ingenuinus (on croit qu’il eut cependant un prédécesseur, un certain Materninus).

Les recherches historiques tendent à affirmer qu’il fut évêque au moins depuis 579.

Il eut le tort ou la faiblesse, avec l’évêque de Trente, d’adopter une position schismatique en refusant de condamner les Trois-Chapitres (malheureuse intervention de l’empereur Justinien en matière théologique,  soutenant l’erreur monophysiste selon laquelle Jésus-Christ n’avait qu’une nature, divine).

Mais l’évêque sut se remettre en paix avec Rome, et sa sainte vie fut illustrée de miracles.

Si c’est tout ce qu’on sait de lui, n’oublions pas que reconnaître son erreur est une preuve de grande humilité et de sainteté.

Cet évêque mourut à Sabiona, dont le siège fut transféré à Bressanone par s. Albuinus (v. ce même jour).

Saint Ingenuinus est commémoré le 5 février au Martyrologe Romain.

 

 

Luca de Demenna

920-993

 

Luca vint au monde à Demenna (Castrugiuvanni, act. Enna, Sicile centrale), peut-être de Giovanni et Tedibia (il semble qu’il y ait une controvere là-dessus). Il avait une sœur, Caterina.

A dix-huit ans, ayant mûrement réfléchi, il abandonna l’idée de se marier et décida d’entrer dans la voie du monachisme.

Il reçut la formation des moines basiliens (orientaux) d’Agira, sous Sabas le Jeune de Collesano (v. ce même 5 février).

De là, il passa en Calabre, sous s.Elia le Spéléote (v. 11 septembre) à Melicuccà (Reggio Calabria). Il y reçut des grâces particulières pour l’interprétation de l’Ecriture, malgré son manque d’instruction précédente.

En 950, ayant eu révélation des prochaines invasions sarrasines, il remonta jusqu’au si fameux monastère du Mercurion, entre la Calabre et la Lucanie. Il restaura ou fonda la laure de Noepoli. Pendant sept années, il demeura là avec des disciples, dont le travail transforma cette zone désertique en un véritable jardin, non sans provoquer la jalousie d’un seigneur voisin qui, cependant, ne réussit jamais à leur faire du tort.

Cherchant plus de solitude, car on venait le voir en foule, Luca vint près du fleuve Agri, où il restaura le monastère de Saint-Julien. Là, il s’occupa de recueillir et soigner les soldats blessés dans les rencontres conflictuelles entre Sarrasins et troupes impériales. Puis, le conflit entre les empereurs Otto et Niképhoros l’obligea encore à s’enfuir.

Près d’Armento (Potenza), avec d’autres disciples, il fonda le monastère des saints Elie et Anastase à Carbone (971). Bientôt, il fut rejoint par sa sœur Caterina et ses deux fils, auxquels il remit l’habit monastique. Caterina  s’installa dans un monastère.

On rapporte que, à l’arrivée des Sarrasins, Luca sortit à cheval du monastère avec quelques-uns de ses disciples, et que les Sarrasins, le voyant entouré d’une vive lumière, s’enfuirent à toute vitesse.

Luca fut nommé abbé (archimandrite) à Saint-Julien.

Les dernières années, la maladie le contraignit de boîter.

Après avoir visité s. Vitale (v. 9 mars), il mourut à Armento, assisté par s. Sabas de Collesano vers 984 ou 993, un 13 octobre ou un 5 février.

Saint Luca est commémoré le 5 février au Martyrologe Romain. 

Actuellement, la localité San Luca, à la pointe de la Calabre, a malheureusement acquis une triste renommée.

 

 

Sabas le Jeune

† 995

 

Ce moine vit le jour à Collesano (Sicile), de Cristoforo et Kalí. Son frère s’appelait Macario (v. 16 décembre).

Le premier des quatre à vouloir quitter le monde, fut Cristoforo lui-même (v. 17 décembre) ; son épouse suivit son exemple, ainsi que les deux fils. 

Tandis que Kalí fondait de son côté une petite communauté de femmes, les trois hommes furent quelque temps à Agira.

Cristoforo, comme on le verra, demanda la permission de se retirer dans un ermitage, Saint-Michel de Ktisma, où ses fils et d’autres habitants de Collesano le rejoignirent.

Devant l’invasion arabe, et à cause d’une grande carestie, ils se réfugièrent en Calabre et s’unirent à ces nombreux ermites du mont Mercurio. Cristoforo alors, voulant faire un pèlerinage à Rome, nomma abbé son fils Sabas ; à son retour, et devant une nouvelle menace musulmane, ils se transférèrent en Basilicata et y construisirent un monastère, Saint-Etienne sur le Sinni, où mourut Cristoforo, assisté de ses enfants. 

Sabas et Macario dirigèrent ensuite les communautés fondées par leur père. Sabas dut une nouvelle fois monter plus au nord, jusqu’à Salerne, et fonda d’autres monastères dont il confia plus tard la direction à son frère Macario.

Sabas fut un thaumaturge renommé. Les témoignages de guérisons, de multiplication de nourriture, de visions, sont nombreux.

Sabas dut venir plusieurs fois à Rome, pour intervenir à la cour d’Otto II et de Teofano, et rejoignit le monastère romain de Saint-Césaire, où il s’éteignit le 5 février, vers 995.

On a donné à Sabas le surnom de Jeune pour le distinguer de l’autre Sabas, v. 5 décembre.

Saint Sabas le Jeune est commémoré le 5 février au Martyrologe Romain.

Albuinus de Bressanone

† 1006

 

Albuinus fut le vingt-huitième évêque de Bressanone (Tyrol, auj. Italie), ou plutôt :  vers 976 il fut évêque de Sabiona, dont il transféra le siège à Bressanone ; il fut ainsi le vingt-huitième à Sabiona, et le premier à Bressanone.

On sait qu’il fut hautement apprécié par l’empereur s. Heinrich (v. 13 juillet), qui le combla de bienfaits.

Il mourut à Bressanone, le 5 février 1006.

Il transféra de Sabiona le corps d’Ingenuus et les deux évêques furent désormais honorés ensemble le 5 février.

 

 

Adelheid de Geldern

960-1021

 

Adelheid ou Adélaïde naquit vers 960-970, troisième des cinq enfants du «comte» Megingoz de Gueldre et de Gerberge. Geldern (ou Gueldre) est une ville de l’actuelle Rhénanie (Allemagne O).

Adelheid grandit dans une atmosphère de piété, où elle trouvait ses délices.

A la mort du frère aîné, Gottfried (977), les parents en utilisèrent l’héritage pour fonder l’abbaye de Vilich et la première abbesse fut tout simplement Adelheid elle-même, qui n’avait pas vingt ans.

Humble et prudente, la noble héritière préféra aller d’abord se former à l’observance régulière dans le monastère Notre-Dame à Cologne, dont l’abbesse était sa jeune sœur, Bertrada.

Elle gouverna ensuite pendant plusieurs années la communauté de Vilich, où elle introduisit la Règle bénédictine, donnant aux religieuses l’exemple de toutes les vertus. Sa mère, Gerberge, vint à son tour prendre le voile, acceptant de se soumettre à la direction de sa fille. Gerberge mourut en 995, suivie de Megingoz en 998.

A la mort de Bertrada (1000), l’évêque demanda à Adelheid de gouverner l’une et l’autre abbayes, de Cologne et de Vilich, ce qu’elle fit pendant trois années.

On rapporte maints miracles opérés par Adelheid de son vivant et après sa mort, qui advint à une date difficile à préciser, en fonction des recherches, entre 1010 et 1021.

Sainte Adelheid est commémorée le 5 février au Martyrologe Romain.

Japonais martyrs à Nagasaki

† 1597

 

Une des plus dures persécutions qu'aient essuyées les chrétiens du Japon est celle de Taicosama.

La mission du Japon avait débuté avec succès en 1549 avec saint François-Xavier, mais en 1582 l'empereur voulut faire partir les Jésuites, considérés par certains comme un danger national. Les bonzes et les commerçants exposèrent des «craintes» à l’empereur qui, changeant d’attitude envers les missionnaires, décréta la persécution en 1587. 

En réalité, la vie chrétienne continua, dans la clandestinité, et l’empereur se contenta pendant plusieurs années, de faire surveiller les missionnaires. La méfiance s'accrut encore lorsqu'une quinzaine de Franciscains débarquèrent en 1593 et construisirent deux couvents, prêchèrent et baptisèrent de nombreux Japonais.

L'empereur du Japon ordonna en 1596 d'arrêter tous les missionnaires qu'on trouverait et de les mettre à mort. Ainsi furent arrêtés le 8 décembre six franciscains, trois jésuites dont Paul Miki et dix-sept laïcs tertiaires franciscains. 

On les mit en prison à Miyako, puis Osaka, Sacay et Facata, avant de parvenir à Nagasaki. En chemin, on les promenait sur des charrettes pour recevoir les moqueries des païens, on les torturait ; on les condamna d’abord à avoir le nez et l’oreille gauche coupés, mais on ne les amputa finalement «que» du lobe de l’oreille gauche. L'empereur les envoya à Nagasaki où il avait fait dresser 26 croix sur lesquelles ils furent crucifiés face à la mer.

Ces vingt-six martyrs étaient :

Trois Jésuites :

  • Paulus Miki, clerc jésuite,
  • Ioannes Gotō Soan, frère jésuite japonais,
  • Didacus Kisaï, frère jésuite japonais.

Six Franciscains :

  • Pedro Bautista Blásquez y Blásquez, prêtre espagnol,
  • Martín Loinaz Amunabarro (Aguirre) de l’Ascension, prêtre espagnol, professeur de théologie,
  • Francisco Blanco, prêtre espagnol,
  • Felipe Las Casas Martínez de Jésus, mexicain, clerc profès,
  • Gonçalo Garcia, des Indes Orientales, frère convers,
  • Francisco Andrade Arco de Saint-Michel, frère convers.

Dix-sept laïcs Tertiaires Franciscains, tous japonais :

  • Antonius, de treize ans,
  • Cosmas Takeya,
  • Franciscus, 
  • Franciscus Kichi,
  • Gabriel (jeune laïc de vingt ans, catéchiste),
  • Ioachim Sakakibara,
  • Ioannes Kinuya (catéchiste),
  • Leo Karasumaru (catéchiste),
  • Ludovicus Ibaraki, de treize ans (? fils de Paulus, infra),
  • Matthias,
  • Michaël Kozaki (marié),
  • Paulus Ibaraki,
  • Paulus Suzuki (marié, catéchiste),
  • Petrus Sukejirō,
  • Thomas Dangi (catéchiste),
  • Thomas Kozaki, de quinze ans (fils de Michaël, supra),
  • Ventura.

 

Les pauvres et les lépreux firent parvenir une pétition aux autorités pour que, non seulement ces Religieux ne fussent ni bannis ni mis à mort, mais même qu’ils se multipliassent dans le pays.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Un des Martyrs suspendus à la croix, n'osait répéter que les paroles du bon Larron : Seigneur, souviens-toi de moi !

Les enfants ne furent pas moins admirables. On trouvera dans certaines de leurs notices les dernières paroles qu’ils dirent avant de mourir.

Ils furent tous achevés d'un coup de lance dans le cœur. C’était le 5 février 1597.

Il y avait là plusieurs milliers de personnes. Vint un moment où les chrétiens ne purent se retenir et s’avancèrent pour recueillir le sang des Martyrs ou des fragments de leurs vêtements. Les soldats les repoussèrent avec violence. 

Le frère du gouverneur de Nagasaki, qui était d’ailleurs un ami personnel de Paulus Miki, mit en place des sentinelles pour mainteneir l’ordre, puis se retira. On le vit toutefois pleurer au bas de la colline.

Malgré la surveillance, il y eut un continuel mouvement de vénération autour de cette Colline des Martyrs, Nishizaka. 

Il est dit dans les actes de la béatification, que les jours qui suivirent le martyre, les corps restèrent intouchés par les bêtes, que chaque vendredi une colonne de feu les éclairait et que deux mois après le sang était encore frais. L’année suivante, un envoyé des Philippines put recueillir les restes des Martyrs et de leurs croix.

Ce furent les premiers martyrs du Japon et leur dies natalis est commémoré au Martyrologe le 5 février. 

Comme on fête ce jour-là sainte Agatha, leur fête a été établie au 6 février.

Ces glorieux Martyrs japonais furent béatifiés dès 1627 et canonisés en 1862.

 

Coïncidence frappante : le pape Pie IX qui les a canonisés et qui est maintenant Bienheureux, a son dies natalis le 7 février.

 

 

Cosmas Takeya

?-1597

 

Cosmas était né à Owari (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Franciscus Kichi

?-1597

 

Franciscus était né à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Leo Karasumaru

?-1597

 

Leo était né à Owari (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Matthias de Kyōto

?-1597

 

Matthias était né à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Paulus Ibaraki

?-1597

 

Paulus était né à Owari (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

Il était peut-être le père, ou au moins un parent du jeune Ludovicus, également martyrisé ce jour-là.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Petrus Sukejirō

?-1597

 

Petrus était né à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Thomas Dangi

?-1597

 

Thomas était né à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Ventura de Kyōto

?-1597

 

Ventura était né à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Didacus Kisai

1533-1597

 

Didacus (Jacques) était né en 1533 à Haga (Okayama, Japon).

Marié et père d’un enfant, il se vit obligé de se séparer de son épouse qui, reniant sa foi, était retournée au culte païen et s’obstinait à demeurer dans son erreur.

Délié des liens du mariage, il se donna entièrement à la Compagnie de Jésus et rendit mille services aux Pères. Il vint habiter dans la communauté, y faisait mille travaux quotidiens, restait à la porterie et recevait les visiteurs, à l’occasion enseignait des rudiments de catéchisme aux candidats au baptême. 

Il aimait particulièrement les mystères douloureux du chapelet, qu’il priait chaque jour. Il s’en était même fait un petit livret qu’il avait calligraphié et décoré de sa main très habile, pour l’avoir toujours sous les yeux. C’est ainsi qu’il conçut une réelle soif de souffrir et de mourir pour le Christ. Par là aussi il acquit une profonde humilité, se disant tout-à-fait indigne du martyre et de la compagnie des Saints et même de la Compagnie de Jésus, dans laquelle il fut admis peu avant de mourir, tellement indigne qu’il refusa de remettre ne serait-ce que son mouchoir à ceux qui lui demandaient quelque chose à conserver en souvenir de son martyre. 

C’est le 5 février 1597 qu’eut lieu ce martyre.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

Pedro Bautista Blásquez y Blásquez

1542-1597

 

Né le 24 juin 1542 en la fête de saint Jean-Baptiste, à San Esteban del Valle (Ávila, Espagne), Pedro (Pierre) reçut aussi le prénom de Bautista (Baptiste). Ses parents s’appelaient Pedro et María, des plus nobles familles de Castille.

Pedro étudia à Salamanque et, d’ailleurs contre les prévisions des parents, entra chez les Frères Mineurs Franciscains (Alcantarins) à Arenas ; il fit profession en 1568, et ayant déjà accompli précédemment les études de philosophie et de théologie, il fut ordonné prêtre très peu après.

Il fut nommé professeur et supérieur de diverses communautés.

Mais la prédication en terre espagnole ne suffisait pas à son idéal : dans son cœur, il était appelé à traverser les mers et à porter l’Evangile à ceux qui ne le connaissaient pas ; son rêve était la Chine et le Japon.

Avec la permission des Supérieurs, il partit d’abord pour le Mexique en 1581, où il resta trois ans et fut l’ami des Indios ; puis il partit pour les Philippines, où il arriva en 1584.

Son zèle le poussa à aller au-devant de toute la population, y compris et surtout les pauvres et les malades, les lépreux en particulier, ouvrant des maisons pour l’éducation et pour les soins.

En 1593, Pedro Bautista fut choisi pour aller au Japon, où il obtint assez facilement de pouvoir enseigner l’Evangile, car il savait présenter la Bonne Nouvelle sans s’imposer, sans imposer sa loi, bien au contraire en s’incorporant dans la vie quotidienne japonaise.

Il vivait très pauvrement. Il fonda des couvents à Kyoto, Osaka et Nagasaki, et deux hôpitaux.

Les Pères franciscains travaillèrent sans s’épargner, au service de toutes les âmes, et conquirent l’estime de la population, par l’amour avec lequel ils soignèrent les malades et particulièrement les lépreux.

Un jour de Pentecôte, le père Pedro Bautista guérit publiquement une jeune fille lépreuse.

Mais la jalousie s’empara de certains milieux ; les bonzes et les commerçants exposèrent des «craintes» à l’empereur qui, changeant d’attitude envers les missionnaires, décréta la persécution en 1587. En réalité, la vie chrétienne continua, dans la clandestinité, et l’empereur se contenta pendant plusieurs années, de faire surveiller les missionnaires.

L’arrestation du père Pedro Bautista et d’autres Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596 ; on les mit en prison à Meaco, puis Osaka, Sacay et Facata, avant de parvenir à Nagasaki. En chemin, on les promenait sur des charrettes pour recevoir les moqueries des païens, on les torturait, au père Pedro on coupa l’oreille gauche.

La condamnation a mort fut émise le 8 janvier 1597.

Le père Pedro Bautista fut le dernier à mourir. Auparavant, il invita encore les chrétiens présents à pardonner aux bourreaux. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Francisco Andrade Arco

1544-1597

 

Francisco était né vers 1544 à La Parilla (Valladolid, Espagne).

Il entra chez les Franciscains Alcantarins comme frère convers, avec le nom de Francisco de Saint-Michel et rejoignit les missions extrême-orientales du Japon.

Il fut favorisé du don des miracles et opéra des conversions.

L’arrestation des Religieux eut lieu le 8 décembre 1596.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le martyre eut lieu le 5 février 1597.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Franciscus de Kyōto

1548-1597

 

Franciscus était né en 1548 à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Michaël Kozaki

1551-1597

 

Michaël était né en 1551 à Ise (Mie, Japon).

Marié, il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

C’était le père de Thomas Kozaki, martyrisé le même jour.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Gonçalo Garcia

1556-1597

 

Gonçalo était né en 1556 à Bassein (Mahārāshtra, Inde), de père portugais et de mère indienne.

Il devint homme d’affaire et partit au Japon.

En 1591, il se trouva à Manille et servit d’interprète au père Pedro Bautista Blásquez, avant de l’accompagner au Japon. Désormais il resterait au service des Pères, comme frère convers.

L’arrestation des Pères et de leurs Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596 ; le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le martyre eut lieu le 5 février 1597.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Ioachim Sakakibara

1556-1597

 

Ioachim était né en 1556 à Ōsaka (Japon).

Il était médecin et fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Paulus Suzuki

1563-1597

 

Paulus était né à Owari (Japon).

Marié, il fut membre du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

Paulus Miki

1564-1597

 

Paulus était né en 1564 à Awa (île Shikoku, Ōsaka, Japon) et fut baptisé à cinq ans, avec ses parents. Le père était capitaine et vassal de Oda Nobunaga, un des premiers unificateurs du Japon.

Les parents envoyèrent leur fils étudier au petit séminaire dirigé par les Jésuites à Kyushu, transféré par la suite à Takatsuki.

En 1586, Paulus entra au novicat jésuite, à Arie.

Il fit la profession en 1588 et poursuivit les études à Arnakusa et Nagasaki. Si le latin lui posa assez de problèmes, il se montra excellent catéchiste et prédicateur ; il n’était pas encore prêtre, qu’il participait déjà à des débats avec des non-chrétiens.

En 1592, il fut assistant du Provincial à Ōsaka et, par sa prédication, conquit déjà des Samurai. Mais la persécution commença.

L’arrestation du père Martín de l’Ascension et d’autres Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596. Japonais, Paulus ne fut pas arrêté, mais il insista lui-même pour partager le sort des pères Jésuites.

On les mit en prison à Miyako, puis Osaka, Sacay et Facata, avant de parvenir à Nagasaki. En chemin, Paulus profitait plutôt de ce «voyage» pour exhorter les gens à se convertir au Christ.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le 5 février 1597, peu avant de mourir en croix, Paulus renouvela ses vœux de religieux. Une fois crucifié, il continua de prêcher la foi chrétienne et pardonnant aux bourreaux : Arrivé au terme où vous me voyez, dit-il, je ne pense pas qu'aucun de vous me croie capable de trahir la vérité. Eh bien ! Je vous le déclare, il n'y a pas d'autre moyen de salut que la religion chrétienne. Je pardonne aux auteurs de ma mort ; je les conjure de recevoir le baptême.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Martín de Loinaz y Amunabarro (Aguirre)

1567-1597

 

Il n’y a aucune certitude sur l’origine de Martín. Il était certainement du Guipuzcoa (Pays basque espagnol), et était né vers 1567.

Pour certains, il était de la famille Loinaz y Amunabarro, à Beasain ; pour d’autres, de la famille Aguirre à Vergara.

L’unique certitude est qu’il prit l’habit franciscain, et le nom de Martín de l’Ascension. Ensuite, les faits sont plus précis.

Il étudia à Madrid, et c’est là qu’il aurait entendu la vocation missionnaire ; il fut ordonné prêtre en 1590.

Il fut professeur de philosophie à Madrid, puis à Alcalá de Henares, lorsque parut une «demande de volontaires» pour les missions.

Un premier départ eut lieu en 1592, qui s’acheva par un retour à la maison, après de fortes tempêtes et de lourdes pertes dans la flotte.

Un nouveau départ eut lieu en 1593, et le père Martín s’embarqua pour le Mexique ; ils étaient cinquante Religieux.

A Mexico, il enseigna pendant un an, puis repartit pour les Philippines en 1594, où il enseigna encore philosophie et théologie, de façon si magistrale qu’on ne lui permit pas facilement de repartir pour le Japon.

Il y parvint enfin en 1596.

Après quelques jours à Nagasaki, il fut au couvent de Miyako (Kioto) et apprit la langue, suffisamment rapidement pour pouvoir aborder les malades. Puis il passa à Osaka, comme supérieur du couvent.

L’arrestation du père Martín et d’autres Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le martyre eut lieu le 5 février 1597.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Ioannes Kinuya

1568-1597

 

Gabriel était né en 1568 à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Francisco Blanco Pérez

1570-1597

 

Il naquit à Santa María de O Tameirón ou dans les environs (Monterrey, Galice, Espagne). Il semble qu’il n’ait été baptisé qu’à sept ans, en 1577. Ses parents étaient Antonio Blanco et Catalina Pérez.

Des «histoires» ont circulé sur son enfance. 

Il s’amusait à prendre du grain dans des champs pour donner aux oiseaux ; quand les maîtres s’en plaignirent à son père, il lui répondit de ne pas s’inquiéter : ce furent justement ces champs-là qui donnèrent la meilleure récolte.

Une autre fois, la charrette de grain se renversa avec les bêtes qui la tiraient et toute la récolte était par terre. Le temps que le papa appelât des hommes du village pour l’aider, ils trouvèrent le petit Francisco en train de faire avancer les bêtes et la charrette, comme si rien ne s’était passé. Et quand le papa lui demanda qui l’avait aidé, il répondit que c’était le Bon Dieu, et qu’il s’était seulement cassé un ongle.

Il fit d’excellentes études d’abord à Verín, puis à Salamanque. De là, il abandonna les études pour entrer chez les Franciscains de Villalpando en 1586.

On lui confia l’infirmerie, et il montra la plus grande diligence envers les malades, toujours avec douceur.

Ce fut un Religieux particulièrement innocent d’âme, si pur que, lorsqu’on apprit la nouvelle de son martyre, on dit qu’il avait conquit trois couronnes : le martyre, la sainteté et l’innocence.

Après la profession (1587), il reprit les études à Salamanque, mais en s’imposant de telles mortifications qu’il en perdit la santé ; on l’envoya se reposer à Pontevedra.

Là, il rencontra un Confrère qui allait partir pour les Indes. Il voulait l’accompagner, mais sa santé n’était pas rétablie. Il imagina alors d’aller coucher neuf nuits de suite dans le cimetière, sur la tombe de Juan de Navarrete, un Religieux mort en odeur de sainteté : le neuvième jour, il était en pleine forme.

Il n’était que diacre quand il put enfin partir pour les missions d’Extrême-Orient (1593). Le voyage se faisait par le Mexique, où Francisco reçut l’ordination sacerdotale (car il n’y avait pas encore d’évêque à Manille) et l’on parvint enfin à Manille, où il acheva ses études de théologie avec le père Martín de l’Ascension, avec lequel il allait passer au Japon et y partagerait bientôt le martyre.

Francisco fut à Miyako, où il s’occupa de la léproserie et surtout, en trois mois, apprit la langue. Pour lui nous, les religieux, nous n’avons pas de patrie ; ma patrie actuelle est le Japon, et mes compatriotes, les Japonais. Le père Martín parla au Supérieur des Philippines de la facilité quasi miraculeuse que Francisco eut à apprendre le japonais, qui lui semblait un jeu d’enfant.

 

L’arrestation du père Martín et d’autres Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le martyre eut lieu le 5 février 1597.

Il se pourrait que Francisco soit l’unique Saint de Galice.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

Felipe de las Casas y Martínez

1572-1597

 

Felipe naquit à Mexico en 1572, aîné des onze enfants de Alfonso de las Casas et Antonia Martínez, des parents espagnols. Le papa était parent du célèbre Religieux missionnaire, Bartolomé de las Casas.

Le petit Felipe était vif et espiègle. Il étudia à Mexico et s’intéressa à l’artisanat de l’argent, de sorte que, plus tard, les gens du métier le prirent comme Patron.

Il dut commettre quelques désordres : sa famille l’expulsa. Il se réfugia dans un couvent franciscain, mais en ressortit et retomba. A vingt-et-un ans, Felipe s’en alla aux Philippines, en quête d’aventures. Mais ses «aventures» le menèrent au couvent des Franciscains de Manille, où il prit le nom de Felipe de Jésus.

Un an après, il fit la profession (1593). Trois ans après, il devait recevoir l’ordination sacerdotale : il repartit pour cela à Mexico, car les Philippines n’avaient pas encore d’évêque.

En réalité, le voyage fut des plus mouvementés, et le bateau arriva… au Japon, où commençait justement la persécution.

Felipe fut à Miyako et partagea désormais le sort des Martyrs.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le martyre eut lieu le 5 février 1597.

Felipe était mal attaché à la croix, de sorte que l’anneau du cou l’étouffait ; on lui donna tout de suite deux coups de lance dans la poitrine ; il mourut en répétant : Jésus !

Il est le premier Saint du Mexique.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Gabriel de Ise

1577-1597

 

Gabriel était né en 1577 à Ise (Mie, Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Ioannes Soan de Gotō

1578-1597

 

Ioannes était né en 1578 à Fukue, croit-on (Gotō-rettō, Nagasaki, Japon), de parents chrétiens.

Il fréquenta les Jésuites et montra une telle facilité à assimiler l’enseignement, qu’il fut envoyé à Osaka pour aider là le responsable et pour former les néophytes.

Quand la maison fut attaquée par des soldats, il aurait pu s’évader et se mettre à l’abri, mais il préféra partager le sort de la Compagnie de Jésus. Il emballa rapidement et mit en sécurité tous les objets sacrés de la chapelle, dont il avait la charge.

Puis, grâce aux bons soins de Paulus Miki, comme messager et interprète, il demanda à être admis à la profession de l’Ordre. La réponse favorable lui parvint quelques jours plus tard. Pour s’en rendre plus digne, il s’efforça de supporter avec empressement et avec joie tout ce qui pouvait arriver de désagréable durant le transfert de Miyako à Nagasaki.

L’arrestation du père Martín de l’Ascension et d’autres Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596, et Ioannes fut du nombre.

La sentence de mort fut émise un mois plus tard.

Quand Ioannes arriva devant sa croix, il sauta de joie. On vit alors arriver son père, serein, qui ne montrait ni larmes ni douleur : au contraire, heureux de la joie de son fils. Ioannes l’embrassa et l’exhorta à tout laisser pour penser à son salut éternel, comme lui-même l’avait fait jusque là ; et son père de lui répondre : Mon cher fils, reste bien courageux et constant ; tu vas mourir pour le Christ, pour la Foi ; je vais m’empresser de l’annoncer à ta mère ; sache que, s’il est possible, nous n’avons pas envie d’une autre mort pour nous deux. Ioannes l’en félicita, lui remit son chapelet ainsi qu’un autre petit souvenir pour sa mère. Le père resta sur place et ne se retira qu’après avoir recueilli le sang de son fils.

Ioannes montra la constance que souhaitait son père ; il encouragea aussi les autres Martyrs, jusqu’au moment où, devant recevoir le dernier coup de lance fatal, il répéta une dernière fois les noms de Jésus et Marie.

Le 5 février 1597 eut lieu ce martyre. Ioannes allait avoir dix-neuf ans.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Thomas Kozaki

1582-1597

 

Thomas était né en 1582 à Ise (Mie, Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

C’était le fils de Michaël Kozaki, martyrisé le même jour.

Il avait quinze ans.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Antonius de Nagasaki

1584-1597

 

Antonius était né en 1584 à Nagasaki (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

Au moment de son martyre, Antonius résista aux larmes de ses parents et aux promesses du magistrat : Je méprise vos promesses et la vie elle-même : je désire être attaché à la croix pour l'amour de Jésus crucifié. 

Du haut de sa croix, il chanta d'une voix angélique le psaume 112 qu’il avait appris par-cœur : Laudate, pueri, Dominum (Enfants, louez le Seigneur), et il eut le cœur percé d'une lance au Gloria Patri, qu'il alla chanter dans le Ciel.

Il avait treize ans.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Ludovicus Ibaraki

1584-1597

 

Ludovicus était né en 1584 à Owari (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

Il était peut-être fils (ou jeune parent) de Paulus Ibaraki, martyrisé le même jour.

Au moment de son martyre, il fut invité par un assistant païen à renoncer à sa foi. Fermement il lui répondit : C'est toi qui devrais te faire chrétien, puisqu'il n'y a pas d'autre moyen de salut.

Il avait treize ans.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Françoise Mézière

1745-1794

 

Françoise naquit et fut baptisée le 25 août 1745 à Mézangers (Mayenne), de René qui eut six enfants de sa première épouse, Françoise Rousseau, et trois autres de sa seconde épouse, Marie Heurtebise. A nouveau veuf, il épousera Marie Coutelle.

René Mézière, outre qu’excellent chrétien, était un agriculteur actif et consciencieux : il fit quadrupler le rendement de sa ferme, qui appartenait à l’abbaye bénédictine d’Evron ; en reconnaissance, l’économe de l’abbaye fit reconstruire la maison de René, La Maulorière.

1749 fut l’année de la mort de la première épouse et du remariage avec Marie, qui mourut à son tour en 1754. En neuf ans, la petite Françoise vit donc mourir sa mère et sa belle-mère, ainsi que sa sœur aînée.

En 1758 eut lieu le troisième mariage de René Mézière, avec Marie Coutelle ; celle-ci avait une cousine, Marguerite Coutelle, qui s’occupait à la paroisse Saint-Léger de la petite école fondée par le curé.

En 1768, à vingt-trois ans, Françoise exprima son désir d’apostolat. Elle se joignit à la petite école d’Evron, fondée par l’abbé bénédictin, et aux équipes charitables qui œuvraient selon l’esprit de s. Vincent de Paul (v. 27 septembre).

En 1770, Marguerite Coutelle appela Françoise pour se faire aider. Françoise montra des dons remarquables pour enseigner, mais aussi pour soigner toutes sortes de blessures ainsi que pour tenir la sacristie. Elle deviendra la directrice de l’école à la mort de Marguerite en 1772. 

Arriva la cruelle période de la Révolution. Françoise refusa évidemment de prêter le serment constitutionnel et ne put continuer d’enseigner, mais elle poursuivit ses activités auprès des malades. Les prêtres durent se cacher ou partir pour Laval et Françoise se trouva bien seule.

Elle s’activa au milieu de tous les dangers, pour servir d’intermédiaire entre le curé et les malades. Lors de la retraite de l’armée vendéenne, elle soigna des soldats blessés. Deux de ceux-là furent arrêtés avec elle dans le nuit du 4 au 5 février 1794. Elle fut conduite à Evron, de là à Laval avec les deux soldats, escortés par des gardes à cheval.

Les registres du procès ont, comme par hasard, disparu. Voici l’accusation : 

Françoise Mézière, sœur de la charité de la commune de Saint-Léger, district d’Evron, arrêtée et accusée d’avoir nourri pendant neuf jours deux brigands réfugiés dans une cabane ; d’avoir soigné religieusement les blessures de l’un d’eux et de lui avoir apporté tous les secours dont elle était capable, secours qu’elle avait refusé à d’intrépides volontaires ; de ne pas vouloir révéler en outre une autre cabane en laquelle, comme tout semble l’affirmer, sont cachés sept autres brigands ; d’avoir observé le plus grand silence à ce sujet envers la municipalité ; d’avoir refusé de prêter serment de fidélité aux lois de la patrie ; d’avoir des milliers de fois, comme une autre vipère de l’espèce sacerdotale, vomi outrageusement des invectives contre le système républicain.

Il est évident que Françoise n’aurait jamais «refusé à d’intrépides volontaires» les secours de la charité : on aurait produit les intéressés pour témoigner.

L’énoncé des accusations portait en lui-même l’énoncé de la condamnation : Françoise fut condamnée à mort. Elle reçut cette condamnation en faisant une révérence aux juges, les remerciant de lui procurer le bonheur d’aller directement au Ciel. A quoi, un des juges eut encore le front de rétorquer : Puisque tu vas voir ton bon Dieu, présente-lui mes félicitations !

Françoise fut donc guillotinée à Laval le 5 février 1794 et béatifiée en 1955.

 

 

Elisabetta Canori Mora

1774-1825

 

La famille Canori était très chrétienne. Le père, Tommaso, gérait plusieurs fermes agricoles ; des quatorze enfants qu’il eut avec son épouse, Teresa Primoli, six moururent en bas âge. 

Elisabetta naquit à Rome le 21 novembre 1774, jour de la Présentation de Marie au Temple. Elle a cinq frères et une sœur (Maria) aînés, et aura une petite sœur (Benedetta).

Tommaso Canori était un bon propriétaire, et cherchait à gérer ses propriétés avec gentillesse, mais on abusa de sa bonté et des créditeurs le mirent en difficulté. De mauvaises récoltes s’ajoutèrent aux difficultés et le papa finit par confier ses deux petites filles à son frère.

Ce dernier les confia à son tour aux Religieuses augustiniennes de Cascia (le célèbre monastère où vécut sainte Rita, v. 22 mai). Elisabetta s’insère parfaitement dans l’atmosphère monastique.

Revenue à Rome, elle eut une vie quelque peu mondaine, qu’elle jugera plus tard sa «trahison». 

Grâce à la bienveillance d’un bon prélat qui s’offre pour payer les frais de pension, Benedetta entre chez les Oblates de Saint Filippo Neri, mais Elisabetta préfère rester dans le monde, aux côtés de sa famille en difficulté. Elle se marie en 1796 avec Cristoforo Mora.

Cristoforo est un excellent garçon chrétien, avocat, mais faible : il trahit son épouse. Elisabetta supporte l’épreuve sans se plaindre, espérant toujours une conversion ; à ce coup dur s’ajoute que ses deux premiers enfants meurent peu après la naissance.

Pour payer les énormes dettes de son mari, Elisabetta vend tous ses bijoux, qui d’ailleurs ne suffisent pas. Cristoforo, de son côté, devient grossier. Ses parents, par mesure d’économie, lui proposent de quitter son bel appartement et de venir habiter chez eux avec son épouse. Elisabetta accepte encore cette épreuve qui rompt toute intimité conjugale et familiale, l’offrant pour la conversion de son mari.

Une quatrième naissance, heureuse, vient adoucir cette vie rude. Mais une maladie terrasse Elisabetta, qui en guérit «miraculeusement». Ce sera le point de départ d’une vie encore plus intérieure. Elle prend la résolution de ne jamais se fâcher et de s’imposer une vie de mortification.

Elle doit supporter les accusations de ses belles-sœurs, qui la rendent responsable des écarts de son mari. Celui-ci en vient même à la menacer d’un couteau.

Quand meurt le beau-père (1812), la famille la met à la porte. Nouvelle épreuve, mais aussi occasion de se retrouver avec elle-même.

Elle doit travailler de ses mains pour vivre. Elle élève très chrétiennement ses filles, et en même temps ouvre son logis aux pauvres. Elle visite les malades, elle prie. Elle assiste particulièrement les familles en difficulté. Finalement elle entre dans le Tiers-ordre des Trinitaires, un Ordre fondé à la fin du 12e siècle pour obtenir la libération des captifs.

La «sainteté» d’Elisabetta devient connue ; elle fait des miracles, elle a des expériences mystiques (extases, prophéties), mais conserve son style de vie modeste, discret. Elle s’offre pour la conversion de son époux, pour le pape, pour l’Eglise et la ville de Rome.

A Noël 1824, l’œdème la frappe de nouveau. Elle sait que ce sera sa dernière maladie. Elle a la joie de voir son mari reprendre sa place à la maison ; il reste de longues heures auprès d’elle. Pleine d’amour, elle lui prédit même qu’il reviendra pleinement à Dieu.

Elle meurt le 5 février 1825, le soir. Mais son mari, comme de coutume, n’est pas là à cette heure-là. Il revient à l’aube, et la trouve morte. Là commence sa vraie conversion.

Comme elle le lui avait prédit, son mari se convertit, entre dans le même Tiers-ordre trinitaire, puis chez les Franciscains Conventuels et devient prêtre. Il mourra en 1845, le 8 septembre, jour de la Nativité de Marie, une fête chère à Elisabetta.

Elisabetta Canori Mora a été béatifiée le 24 avril 1994.

 

 

Jesús Méndez Montoya

1880-1928

 

Ce prêtre mexicain naquit à Tarímbaro (Michoacan) le 10 juin 1880, de parents pauvres, Florentino Méndez et María Cornelia Montoya.

Baptisé le 12 juin, il reçut la Confirmation le 12 septembre 1881, selon la coutume de l’époque.

Après l’école communale, il entra au séminaire de Morelia en 1894, où il étudia avec persévérance. Des paysans de son village participèrent aux frais de ses études.

Il reçut le diaconat en 1905, et le presbytérat en 1906. 

Une fois ordonné prêtre, il fut vicaire successivement à Huetamo, Pedemales, enfin à Valtierrilla (Guanajuato). Dans les deux premiers postes, son zèle lui provoqua un sérieux arrêt de santé, car il s’était fatigué jusqu’à l’épuisement.

Ce fut un prêtre tout à tous, qui passait de longues heures au confessionnal, où les chrétiens venaient volontiers recevoir ses bons conseils. Il fonda diverses associations ou confraternités, pour l’apostolat de la prière, l’adoration perpétuelle. 

Il n’hésitait pas, tout en se cachant quand il le fallait, à baptiser et célébrer de nuit, visitant les malades de jour, remplaçant autant que possible les autres prêtres qui étaient obligés de sa cacher et de changer de localité pour échapper aux recherches.

Il vivait pauvrement, avec les familles pauvres du village. 

Il monta aussi une belle chorale, grâce à ses dons musicaux, pour rehausser la liturgie.

Le 5 février 1928, les troupes fédérales entrèrent dans le village dans l’intention d’éliminer un groupe de cristeros qui avaient pris les armes, et se dirigèrent vers la maison du prêtre. Jesús, lui, n’avait jamais touché à une arme. A ce moment précis, il venait de terminer la célébration de la messe. Lui qui portait le nom de notre Seigneur, s’identifia au Maître jusqu’au bout.

Il s’empara d’un ciboire contenant les saintes hosties de l’Eucharistie, et tenta de sortir par une fenêtre du presbytère, qui se trouvait juste à côté du clocher de l’église. Les soldats, qui ne le connaissaient pas, pensèrent que c’était un cristero, et qu’il cachait une arme, mais Jésús montra qu’il n’avait pas d’armes. 

Les soldats lui demandèrent : C’est vous le Curé ? et il répondit : Oui, c’est moi. Ils l’arrêtèrent. Et lui, gentiment : Les Hosties consacrées, vous n’en avez pas besoin, laissez-les moi et il demanda aux soldats juste le temps de les consommer. Ils le lui permirent et il s’agenouilla pour communier. Puis les soldats : Nous n’avons pas besoin de choses précieuses, donnez ça aux vieilles (voulant dire qu’il n’avait qu’à remettre le ciboire à sa sœur qui était là, Luisa, ainsi qu’à sa domestique, María Concepción). Jesús leur remit le ciboire en disant : Prenez-en soin, et laissez-moi, c’est la volonté de Dieu. Puis se dirigeant vers les soldats : Faites de moi ce que vous voulez ; je suis prêt. 

Six ou huit soldats le menèrent un peu plus loin de la place, le mirent assis sur un tronc qui se trouvait là, entre deux soldats. Le capitaine voulut tirer, mais son pistolet ne fonctionna pas ; il ordonna aux soldats de tirer ; ils s’y prirent par trois fois, sans y arriver (peut-être firent-ils exprès…), alors le capitaine, furieux, ordonna à Jesús de se lever, le fouilla, lui arracha un crucifix et une médaille qu’il portait au cou, le mit à côté d’un agave, et lui tira dessus. Le père Jesús tomba, mort. Il pouvait être sept heures du matin, de ce 5 février 1928.

L’après-midi, vers quinze heures, on ramassa le corps du prêtre martyr pour le porter à Cortazar, où les soldats le mirent contre la voie ferrée, pour que le prochain train pût le déchiqueter, non sans avoir fait défiler là toutes les personnes qu’ils avaient arrêtées. Toutefois, les épouses des officiers vinrent retirer le corps du Martyr pour le reporter à un autre endroit, où les soldats voulurent le jeter dans le fumier des chevaux. Mais les femmes s’y opposèrent encore une fois, et c’est alors qu’un pieux monsieur, Elías Torres, demanda le corps pour l’ensevelir, et on le lui concéda.

Le père Jesús fut alors dignement enseveli à Cortazar, avant d’être reporté à l’église de Valtierrilla cinq ans plus tard.

Il a été béatifié en 1992 avec ses vingt-cinq Compagnons mexicains martyrs, et canonisé en 2000. Leur fête commune est au 21 mai, mais le dies natalis de Jesús Mendez Montoya est au 5 février.

 

 

Primo Andrés Lanas

1877-1937

 

Né le 7 février 1877 à Maeztu (Alava, Pays Basque, Espagne) de Román et Isidra, il reçut au baptême le nom de Primo.

En 1912 il entra chez les Hospitaliers de Saint Jean de Dieu, prenant le nom de Trinidad.

Après la profession, il fit partie de diverses communautés, avant d’être supérieur à l’hôpital psychiatrique de Palencia en 1922 et, finalement à partir de 1936, économe de San Rafael à Madrid.

On a retenu de lui cet enseignement : Les biens de la terre durent bien peu et, d’habitude, sont des pièges ; les biens spirituels, par contre, sont pour toujours, éternels. Retenez bien ça : éternels !

Ce Religieux fidèle, scrupuleux, dut, le 25 octobre 1936, quitter avec sa communauté l’hôpital de Madrid, qui fut plusieurs fois fouillé par les révolutionnaires, et transformé en prison.

Expulsé de son hôpital, il se réfugia chez des amis dans Madrid et, grâce à un sauf-conduit basque, se déplaçait assez facilement pour aller retrouver et encourager d’autres Frères dispersés.

Reconnu cependant, il fut arrêté et martyrisé à Madrid le 5 février 1937, deux jours avant son soixantième anniversaire.

On n’a pas retrouvé son corps. Seule une photographie le montrant blessé à la tête et à une main, fut la preuve qu’il avait été assassiné.

Le père Primo fut béatifié en 2013.

 

Partager cet article

Repost0
4 février 2020 2 04 /02 /février /2020 00:00

04 FEVRIER

 

I.

Ste Véronique, qui essuya le visage du Christ durant sa passion (vera icona) ; elle s’appelait Serapia.

?

S Gemmulus, germain martyr à Ganna.

S Jasime, thaumaturge grec.

III.

Ss Papias, Diodorus, Conon et Claudianus, martyrs à Pergé de Pamphilie. 

IV.

S Eutychius, martyr romain.S Philéas, évêque à Thmuis et martyr, avec le tribun s. Philorome.

S Jean, évêque à Irénopolis.

? Ss Aquilin, Gémine, Gélase, Magne, Donat, martyrs.

V.

S Isidore, moine à Lychnos, théologien, dont on a conservé plus de deux mille lettres.

VI.

S Aventin, évêque à Chartres : élu à la place de Solemne qui se cachait, il se retira quand on eut retrouvé Solemne.

S Aventin, solitaire sur une île près de Troyes.

S Théophile le Pénitent, économe éconduit, qui fit un pacte avec le diable pour se venger, mais en obtint le pardon de la Vierge Marie qu’il invoqua.

S Vincent, évêque à Troyes.

VII.

S Liéfard, évêque à Canterbury et martyr à Cambrai, de retour de Rome.

VIII.

S Modan, abbé à Dryburgh, patron de Rosneith.

IX.

S Raban Maurus, abbé à Fulda, évêque à Mayence, une des gloires intellectuelles de son siècle.

S Nikolaos Studite, moine à Constantinople, sans cesse tourmenté par l’iconoclasme.

XII.

B Simon, abbé à Auchy, retiré à Gand.

S Gilbert, seigneur de Sempringham, prêtre et fondateur de monastères qu’il dut diriger contre son gré, mort aveugle et plus que centenaire.

XVI.

Ste Jeanne de Valois, mariée à douze ans à Louis XII, qui n’en voulait pas et la répudia, fondatrice à Bourges de l’ordre des Annonciades.

B John Speed, martyr anglais ; il avait aidé des prêtres.

XVII.

S Eufranio Desideri (Giuseppe de Leonessa), capucin torturé à Constantinople, mort à Amatrice.

S Joaõ de Brito, jésuite portugais, martyr en Inde.

Véronique

1er siècle

 

Une très ancienne tradition, constante, présente Véronique comme cette pieuse femme qui vint à la rencontre de Jésus pendant sa montée au Calvaire, et qui lui essuya le visage avec un linge.

Ce linge porta depuis imprimée l’image du Christ souffrant et a inspiré à cette femme courageuse son nom habituel de Véronique, du latin vera icon, vrai visage. Grécisé, le nom de Véronique devint Bereniki , qui porte la victoire, d’où en français Bérénice.

La scène de la rencontre entre Jésus et «Véronique», mais sans nommer celle-ci, est la sixième station de la traditionnelle dévotion du Chemin de Croix.

A Rome, on a très longtemps retenu que Véronique fut bientôt mandée à Rome par l’empereur Tibère, malade ; celui-ci guérit en contemplant le Voile, que Véronique confia ensuite au pape Clément. Mais comme malheureusement toute l’Antiquité ne parle plus de ce Voile, certains en ont déduit que l’épisode était sans aucun fondement historique. 

Il reste que l’on conserve dans la basilique Saint-Pierre de Rome un «Voile de Véronique», que l’on a exposé en certaines occasions solennelles.

Voyons maintenant, mais discrètement et avec la réserve que recommande toujours l’Eglise, ce qu’écrit à propos de Véronique une Religieuse inculte et ignorante du 19e siècle, la bienheureuse Anna Katharina Emmerick (v. 9 février).

 

*       *       *

 

Séraphia était parente de Jean-Baptiste, car son père et Zacharie étaient cousins germains. Elle était aussi parente du vieillard Siméon.

Elle avait épousé Sirach, membre du Sanhédrin, qui d’abord la fit beaucoup souffrir pour son attachement au Christ, puis se rapprocha de Joseph d’Arimathie et de Nicodème, et quitta finalement le Sanhédrin. 

Lors de l’entrée triomphante du Seigneur à Jérusalem, Seraphia avait détaché son voile pour l’étendre sous les pas de Jésus. C’est ce même voile qu’elle présenta à Jésus et que l’Eglise a conservé, et qui est encore aujourd’hui l’objet de la vénération des fidèles.

 

*       *       *

 

Sainte Véronique est vénérée traditionnellement le 4 février en Occident, quoiqu’elle ne soit pas mentionnée au Martyrologe.

 

 

Martyrs de Pergé

† 250

 

Trois martyrs moururent à Pergé (Pamphilie, act. Antalaya, Turquie SW) durant la persécution de Dèce (250).

Leurs noms sont : Papias, Diodorus, Claudianus. On y ajoutait aussi Conon, qui n’est plus mentionné actuellement. 

On ne nous dit pas s’ils étaient de cette région, s’ils étaient Grecs ou Latins et envoyés là en exil : leurs noms devraient peut-être s’écrire différemment. On a pris ici les formes latines du Martyrologe.

Ils auraient souffert le martyre peu avant s.Nestor (v. 25 février).

Saints Papias, Diodorus, Claudianus sont commémorés le 4 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eutychius de Rome

† 304

 

D’Eutychius, on sait seulement qu’il acheva sa vie à Rome par le martyre, assez probablement durant la persécution de Dioclétien.

Le Martyrologe précise qu’on lui fit souffrir pendant longtemps les insomnies et la faim, et qu’enfin on le précipita en mer (ou au fond d’un gouffre, barathrum).

Le pape Damase 1er († 384) rédigea une inscription pour le tombeau d’Eutychius, dans la catacombe de Saint-Sébastien.

Saint Eutychius de Rome est commémoré le 4 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isidore de Péluse

† 449

 

Isidore naquit en Alexandrie d’Egypte dans la seconde moitié du cinquième siècle, de famille illustre.

De par le style de ses lettres, on déduit qu’il dut recevoir une excellente formation dans cette ville, si célèbre par son phare mais surtout par sa bibliothèque d’environ sept cent mille volumes.

Mais Isidore fut attiré par la Science de Dieu et la vie cénobitique organisée par s.Pacôme (v. 9 mai) ; il fut admis au monastère de Lychnos (région de Péluse). 

En principe, les moines suivent une Règle ; Isidore, d’emblée, fut une Règle vivante, un nouveau Jean-Baptiste.

On hésite à dire qu’il reçut le sacerdoce ou qu’il fut abbé. Lui-même rappelait qu’il n’était appelé qu’à défendre l’Eglise contre ses ennemis.

Sa parole et ses écrits étaient francs, directs ; quelquefois ses «ennemis» le lui firent bien comprendre, mais Isidore ne redoutait pas les persécutions. Il écrira plutôt : Je ne suis pas encore arrivé à prier avec une charité pure et ardente pour ceux qui ne cessent point de me faire tort. Pour lui, toute «persécution» était comme un moyen de rendre l’Eglise plus éclatante.

Il s’efforça de modérer la sévérité de Cyrille d’Alexandrie (v. 27 juin), qui était allé jusqu’à retirer le nom de s.Jean Chrysostome des dyptiques d’Alexandrie. Il l’appela aussi à mettre moins d’âpreté dans la discussion avec Jean d’Antioche : Je te conjure de mettre un terme à cette dissension pour ne pas créer une éternelle division à propos de religion. A un autre : Demeure ferme dans la doctrine de l’Eglise : elle nous enseigne que Dieu, en prenant l’humanité, n’a souffert ni changement, ni confusion, ni partage.

Et voici un avertissement qui est valable pour chacun, à propos des livres que parfois on entasse sans les utiliser, comme du blé trop abondant dévoré par les mites : Les livres qu’on ne lit pas deviennent aussi la pâture de ces insectes.

Vers la fin de sa vie, ses «ennemis» réussirent à lui faire quitter son monastère ; sans aigreur, Isidore regarda l’exil comme un moyen de sanctification.

On a retrouvé plus de deux mille lettres d’Isidore. C’est dire combien, dans sa solitude, ses vertus l’avaient rendu vénérable et célèbre dans tout l’Orient.

On ne nous dit pas si Isidore rentra d’exil ; il s’éteignit dans une grande vieillesse, un 4 février d’une année qui peut être 449.

Saint Isidore de Péluse est commémoré le 4 février dans le Martyrologe Romain.

Adventinus de Chartres

† 528

 

Cet archidiacre de l’Eglise de Chartres avait un frère, Solemnis (Solenne, Solen), qui fut choisi pour être évêque, mais qui, se sentant indigne d’une telle mission, se cacha si bien que l’assemblée élut Adventinus à sa place.

Une fois sacré et installé, Adventinus (ou Aventin) fut donc le quinzième évêque du siège de Chartres (ou le dix-huitième, car la chronologie n’est pas établie de façon certaine). 

Solenne alors reparut, se croyant «hors de danger», mais fut acclamé comme le vrai évêque : Adventinus lui céda la place et se retira à Châteaudun, qui se trouve à une petite cinquantaine de kilomètres au sud de Chartres.

Quand mourut Solemnis (507), Adventinus fut rappelé pour lui succéder. 

On sait qu’il participa au concile d’Orléans en 511.

Il mourut vers 528.

Saint Adventinus (Aventin), différent de saint Adventinus de Troyes, est également nommé le 4 février dans le Martyrologe.

 

 

Adventinus de Troyes

† 537

 

Adventinus (Aventin) naquit à Bourges sur la fin du 5e siècle.

Ayant entendu parler de l’évêque de Troyes, s. Loup (v. 29 juillet), il vint se mettre à son école. Le successeur de s.Loup, s.Camélien (v. 28 juillet), remarqua les excellentes qualités d’Aventin et le nomma parmi ses clercs, faisant de lui l’économe de ses revenus. Aventin s’acquitta très activement de sa mission, pensant au clergé, mais aussi aux pauvres, aux veuves et aux orphelins. On rapporte que, plus il donnait, plus les biens se multipliaient.

La prudence fit comprendre à Aventin de se retirer du commerce des hommes, pour fuir la tentation d’orgueil qui pouvait le tourmenter devant ses prodiges. Avec la permission de l’évêque, il se retira sous les murs de la ville et se fit une petite chaumière adossée à une chapelle peu fréquentée. Il y vécut en anachorète. Mais les gens ne l’oublièrent pas et, alors qu’Aventin avait cherché l’isolement, il fut assailli de visiteurs, de toutes sortes de gens qui lui demandaient des conseils, des prières, un soutien.

Il se retira un peu plus loin, sur une petite île de la Seine ou d’un des nombreux ruisseaux qui s’y jettent ; mais l’évêque l’appela aux Ordres sacrés et lui conféra le sacerdoce.

Aventin occupa son temps, outre qu’à la prière, à l’étude de l’Ecriture et à la lecture de la vie des Saints. Sévère avec lui-même, il ne portait qu’une simple haire, ne mangeait qu’un peu de pain d’orge avec des racines et de l’eau, jeunaît trois jours par semaine et couchait sur une planche garnie de peaux.

Un ours vint le déranger ; il souffrait d’une épine sous la patte ; Aventin le soigna amoureusement. Une biche vint se réfugier, fuyant les chasseurs : Aventin la prit sous sa protection. Un religieux lui apporta de petits poissons qu’il avait pêchés : Aventin les rejeta dans l’eau pour les laisser en vie.

Ce saint prêtre, anachorète et thaumaturge, mourut le 4 février 537 et fut presque immédiatement considéré comme saint, devant les nombreux miracles qui se produisirent sur sa tombe.

Son corps fut retrouvé «en bon état» au 13e siècle ; diverses reliques furent extraites au long des siècles et on enchâssa ce qui en restait. La châsse, les tissus d’or et de soie, furent profanés et jetés au vent en 1794. Le peu qu’on put récupérer fut précieusement conservé.

Le dernier curé de Saint-Aventin fut décapité en 1792. L’église de Saint-Aventin, la plus ancienne de Troyes et qui remontait au 6e siècle, fut vendue comme bien national à la Révolution, servit de magasin de bois et de charbon, et fut démolie en 1833. Il y a une autre église dédiée à Saint Aventin à Creney-près-Troyes.

Il y a deux saint Aventin le même jour au Martyrologe, le 4 février.

 

 

Raban Maurus

784-856

 

Raban naquit vers 784 à Mayence. On a latinisé son prénom en Rabanus, mais aussi Hrabanus.

A l’âge de dix ans, il fut confié à l’abbaye de Fulda, où il reçut l’habit bénédictin et manifesta une très vive intelligence, une profonde avidité pour l’étude.

En 801, il fut ordonné diacre, et envoyé à Tours pour y achever ses études avec le célèbre Alcuin, sous la direction duquel il pratiqua les arts libéraux et approfondit l’Ecriture sainte. C’est Alcuin qui le surnomma Maurus, non pas parce qu’il était «maurus, noir», mais parce qu’il était son élève préféré, comme s. Maurus l’était de s. Benoît (v. 15 janvier et 21 mars).

De retour à Fulda, Raban fut chargé de l’école du monastère ; il donna à ce foyer de science toute sa célébrité par ses élèves, par le choix des professeurs et par la riche bibliothèque qu’il y organisa.

En 814, Raban fut ordonné prêtre. Ce fut alors une période difficile, durant laquelle l’abbé, sans doute jaloux de l’importance que prenait Raban, alla jusqu’à lui confisquer ses instruments de travail. Raban fit un pèlerinage aux Lieux saints ; pendant ce temps, l’abbé en question fut expulsé et remplacé.

En 822, le choix d’un nouvel abbé tomba cette fois-ci sur Raban. Il continua de développer les activités de l’abbaye sur tous les plans : liturgie, sciences, et surtout vie monastique, dont il cherchait à donner l’exemple le premier. Il fit construire jusqu’à trente églises ou chapelles pour développer le culte divin.

Raban eut aussi un rôle pacificateur entre les membres de la famille impériale, ce qui n’alla pas sans difficulté. On établit parfois un lien entre ce rôle et un «exil» auquel il aurait été forcé.

C’est ainsi qu’842, il abdiqua, pour se retirer dans le silence et la prière, non loin du monastère ; réhabilité en 845,  il fut en 847 appelé à gouverner le diocèse de Mayence.

Il convoqua deux conciles et prit d’excellentes mesures pour la vie du clergé ; lors de la famine de 850, il resta dans le village de Winkel im Rheingau pour y servir lui-même des repas chauds à plus de trois cents personnes.

C’est aussi pendant qu’il était à Winkel qu’il contracta une violente maladie. Après avoir légué à l’abbaye ses livres et reçu les derniers Sacrements, il s’éteignit le 4 février 856, son dies natalis au Martyrologe.

De tous ses ouvrages, on signalera un de ses poèmes sacrés, le Veni, Creátor Spíritus, invocation à l’Esprit-Saint traditionnellement chantée aux moments importants de la vie de l’Eglise (ordination sacerdotale ou épiscopale, élection du pape, synodes et conciles). L’impulsion que Raban Maurus donna à la langue allemande, lui a valu le titre de Præceptor Germaniæ.

 

 

Nikolaos Studite

793-868

 

La famille de Nikolaos habitait la Crète, où il naquit vers 793. Il avait un frère, Titos.

A cette époque vivait à Constantinople, dans le monastère de Stude, son oncle Theophanos ; le supérieur (archimandrite) était Theodoros (v. 11 novembre). Les bons parents préférèrent se séparer de leur petit Nikolaos pour le confier à ce monastère et lui assurer une éducation soignée. Nikolaos arriva donc à Constantinople à dix ans.

Après quelques années, ayant fait d’importants progrès dans l’exercice des virtus, Nikolaos reçut l’habit monastique. On voulut aussi l’ordonner prêtre, et il fallut «lutter» énergiquement contre son humilité pour lui faire accepter le sacerdoce. 

Sur ces entrefaîtes, son frère Titos vint l’informer des ravages perpétrés par les Sarrasins en Crète : leurs parents avaient été emmenés captifs. Titos fut alors si édifié par son frère, qu’il renonça à son tour au monde.

Nikolaos était un fidèle de Theodoros et le suivait partout. Mais il travaillait beaucoup aussi, rédigeait des ouvrages ou recopiait des manuscrits

En 815, l’empereur Léon l’Isaurien déclencha une nouvelle lutte iconoclaste. Il exila Thedoros et Nikolaos en Mysie, de l’autre côté de la Propontide, act. Mer de Marmara, Turquie).

Après de longues années, Theodoros et Nikolaos purent reprendre leur vie monastique ; Theodoros mourut en 826, et Nikolaos choisit de vivre dans une cabane non loin du sépulcre de son cher maître, mais une nouvelle persécution l’obligea encore à s’exiler pendant quelques années dans le désert.

En 848, il fut élu archimandrite du monastère de Stude et ne put se dérober à un tel choix. Mais il réussit au bout de trois ans à faire élire un autre supérieur, Sophronios, qui mourut quatre ans plus tard ; Nikolaos fut alors de nouveau appelé à reprendre sa charge en 855. 

Quand Photius s’empara du siège de Constantinople, Nikolaos et son frère quittèrent le monastère de Stude, mais on chercha ensuite à les rappeler, même par la force, et l’on finit par reconduire Nikolaos à Stude, manu militari. Quand le patriarche de Constantinople légitime fut rétabli, Nikolaos fut à nouveau investi de la charge abbatiale, malgré son âge et ses infirmités ; l’empereur se plaisait à le recevoir et à l’écouter.

On connaît beaucoup de miracles accomplis par Nikolaos, notamment la guérison de l’impératrice Eudoxia.

Saint Nikolaos Studite mourut paisiblement le 4 février 868.

 

 

Gilbert de Sempringham

1083-1190

 

Gilbert naquit vers la fin du 11e siècle, fils de Jocelin, seigneur de Sempringham.

On l’envoya étudier à Paris, où il reçut le diplôme de maître ès arts.

De retour chez lui en 1120, Gilbert ouvrit une petite école pour les enfants, auxquels il enseignait les premiers éléments de la culture, mais aussi de la foi.

Son père lui confia l’administration de deux paroisses à Sempringham et Tirington, où il s’occupa généreusement des pauvres, leur donnant tout ce qu’il avait de trop.

L’évêque de Lincoln apprit cette générosité et s’attacha Gilbert, qui reçut les ordres mineurs ; puis le nouvel évêque l’ordonna prêtre et le nomma pénitencier du diocèse ; il lui proposa aussi de le nommer archidiacre, mais Gilbert répondit qu’il ne connaissait pas de meilleure voie de perdition !

En 1130 cependant, après la mort de ses parents, Gilbert retrouva les terres paternelles. Il y fit construire un monastère de femmes, qui prirent la règle bénédictine, puis un autre d’hommes avec la règle augustinienne, qu’il chercha cependant à rattacher aux Cisterciens : ce lui fut l’occasion d’une profonde amitié avec saint Bernanrd (v. 20 août). Les moines prirent bientôt le nom de gilbertins. C’est Gilbert en effet qui les dirigeait, et fort bien, mais contre son gré et ne s’en jugeait absolument pas capable.

D’ailleurs, quelques-uns osèrent murmurer contre leur règle et s’en rapportèrent au pape… qui combla Gilbert de louanges.

Gilbert fut aussi calomnié d’avoir fait passer des secours à s. Thomas Becket, qui était exilé (v. 29 décembre).

Il mangeait peu : quelques racines et légumes. Le meilleur, il le déposait dans un plat près de lui, et le faisait donner aux pauvres.

Les dernières années de sa vie, Gilbert put enfin se décharger du gouvernement de son monastère ; un de ses disciples fut élu, auquel il montra la plus humble obéissance. Il devint aveugle.

A Noël 1189, il reçut le sacrement des malades en l’abbaye de Kaadeneia, mais se fit transporter à Sempringham, pour éviter des problèmes entre abbayes au sujet de ses reliques.

Le 3 février, il eut une syncope ; se réveillant, il répéta le verset du psaume : Distríbuit, dedit paupéribus (Ps 112:9) et dit à celui qui allait lui succéder : Voilà ce qu’il vous reste à faire. Il s’éteignit le 4 février 1190.

A la suite des miracles qui eurent lieu à son tombeau, Gilbert fut canonisé en 1202.

Quand Henri VIII supprima l’Ordre des Gilbertins, il comptait vingt-deux maisons. C’était le seul Ordre anglais fondé par un Anglais.

Jeanne de Valois

1464-1505

 

Jeanne était la fille de Louis XI de France et de Charlotte de Savoie ; son frère fut Charles VIII.

Née le 23 avril 1464 à Nogent-le-Roi, elle fut dès son deuxième mois de vie, promise par son père au duc d’Orléans.

Vers l’âge de cinq ans, on l’envoya chez un cousin du roi, François de Bourbon-Beaujeu au château de Lignières, pour la détourner des habitudes de piété qu’elle prenait avec sa mère à Amboise.

Jeanne n’en priait que plus la très Sainte Vierge, qui lui parla au cœur quand elle n’avait que sept ans : Avant ta mort, tu fonderas une religion en mon honneur et, ce faisant, tu me feras un grand plaisir et me rendras service.

En attendant, elle devait passer par une singulière épreuve : Louis XI décréta le jour du mariage entre sa fille et le duc d’Orléans, futur Louis XII. On obtint des dispenses d’âge de Rome (1476) et l’on procéda en toute discrétion au sacrement chrétien du mariage, auquel Louis XI n’assista même pas. Le marié avait quatorze ans, Jeanne, douze. Elle devenait Jeanne de France.

Il est difficile de trouver mariage plus contestable. L’époux protesta inutilement contre la violence qu’on lui faisait, et s’empressa de démontrer la plus parfaite indifférence envers sa chaste épouse. Pour comble, la pauvre jeune reine souffrait d’une forte déviation de la colonne vertébrale. Rien n’attachait le duc à son épouse légitime, qui ne se gênait pas pour le dire. Pour sa peine, il fut trois années enfermé.

Malgré l’indifférence de son mari, Jeanne lui démontrera la plus grande bonté lorsqu’il sera fait prisonnier des troupes de Charles VIII.

A la mort de Charles VIII, Louis devint Louis XII (1498). Il demanda promptement la reconnaissance en nullité de ce mariage inexistant, assura une pension «royale» de douze mille écus à Jeanne, ainsi que la ville de Bourges, où les habitants l’accueillirent avec joie.

Jeanne y travailla en faveur des malades, des pauvres, des femmes tombées, de la formation intellectuelle des jeunes et des écoliers pauvres, des religieux et de la réforme des couvents.

Jeanne de France, redevenue de Valois, écrivait à saint Francesco de Paola (voir au 2 avril), qui avait été à la cour du roi Louis XI ; il l’approuva dans son désir de fonder un ordre de Religieuses en l’honneur de l’annonciation de Notre-Dame, et son confesseur finit lui aussi par lui accorder son consentement, au bout de deux ans, convaincu que cet Ordre est voulu de Dieu.

Elle fonda ainsi l’Ordre des Annonciades, dont le supérieur fut son confesseur, le père Gabriel-Marie, tandis qu’elle, la supérieure, conservait le titre d’ancelle, (ancilla : servante).

Rome n’approuva la fondation qu’en 1501 et la maison fut bâtie à Bourges. Jeanne y fit les vœux en 1503.

Elle tomba malade peu après, et au début de 1504 comprit qu’elle n’aurait plus la force de rejoindre ses Sœurs : elle fit murer le passage entre son palais et le couvent, et expira le 4 février 1505.

On trouva sur son corps un rude cilice et sur ses reins une chaîne de fer dont les anneaux avaient provoqué des ulcères en différents endroits.

Cinquante-six ans après, le corps fut retrouvé sans corruption, mais les huguenots eurent l’audace de le profaner, de le brûler et de disperser les cendres au vent (1562).

De nombreux miracles dus à l’intercession de Jeanne de Valois la firent officieusement proclamer sainte dès le 17e siècle ; en 1775, le culte fut approuvé ; en 1950, Jeanne de France (de Valois) fut solennellement canonisée.

Elle est mentionnée le 4 février au Martyrologe.

Que reste-t-il actuellement de cet Ordre dont on parle si peu ?

Du monastère de Bourges se fonda ensuite celui d’Albi (1506), d’Agen (1533), puis de Villeneuve-sur-Lot (1624). A celui-ci, complètement détruit à la Révolution mais heureusement reconstruit, s’ajoutent ceux de Thiais, Brucourt, Saint-Doulchard, et Menton. Celui de Peyruis s’est transféré à Alajuela (Costa-Rica). En Belgique, trois anciens monastères ont récemment fusionné en un nouveau, situé à Westmalle.

 

 

John Speed

?-1594

 

John Speed (ou Spence) naquit à Durham (Angleterre).

Il fut accusé d’avoir prêté assistance à John Boste (v. 24 juillet) : en effet, il l’accompagnait d’une maison à l’autre durant ses déplacements parmi les Catholiques.

Il fut arrêté avec John Boste chez Madame Grace Claxton qui, elle, échappa à la mort parce qu’elle avait un petit enfant.

John Speed mourut en martyr à Durham, le 4 février 1594.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles, et canonisé en 1970 parmi les Quarante Martyrs anglais et gallois.

 

 

Eufranio Desideri

1556-1612

 

Eufranio Desideri était né le 8 janvier 1556 à Leonessa (Spolète, Italie).

(Le prénom de l’enfant fut peut-être un dérivé d’Eufrasio, qui est le nom d’un des apôtres de l’Espagne, mais on n’a pas trouvé de Saint «Eufranio»).

A seize ans, il tomba malade. A peine guéri, contrairement au projet matrimonial que son oncle nourrissait pour lui, et sans même prévenir ses parents, il rejoignit les Frères Mineurs Capucins d’Assise, aux Carceri, prenant le nom de Giuseppe, et fut ordonné prêtre en 1580 à Amelia.

Il observa une constante et jalouse abstinence dans sa nourriture, parlant à soi-même comme à un âne : Frère âne, tu n’as pas besoin de te nourrir comme on le fait pour un cheval de course ; contente-toi d’être un pauvre âne et d’être traité comme tel.

En 1587, il eut la permission de se rendre à Constantinople pour y assister les Chrétiens prisonniers. Non content de son «travail», il se mit aussi à prêcher dans la ville, tous les jours, jusqu’à ce que, n’en pouvant plus de résister à la «tentation», il osa pénétrer dans le palais du sultan. Immédiatement saisi par les gardes, il fut dûment torturé et condamné à mort (car l’Islam traite ainsi ceux qui ne sont pas de sa religion) : pendant trois jours il resta pendu à une croix par un pied et par un bras ; mais un être lumineux s’approcha, le détacha, guérit ses plaies et lui offrit une bonne nourriture substantielle. Puis l’ange disparut. Ebahi, le sultan commua la sentence en exil perpétuel.

Quelques-uns de ceux qui voulaient lui donner la mort demandèrent ensuite le baptême.

Déçu d’avoir échappé à la grâce du martyre, Giuseppe revint en Italie et prêcha dans toute la région des Abruzzes et de l’Ombrie, suscitant diverses œuvres de bienfaisance et sans oublier de faire des miracles à tour de bras. De retour à Rome, il était accompagné par un évêque grec qui rejoignit l’Eglise romaine à Rome.

Au bout de vingt années de ce labeur efficace, il apprit par révélation sa mort prochaine et se rendit au couvent d’Amatrice. La réalité était qu’il allait ressentir les douleurs d’un cancer, qu’on voulut opérer. Les chirurgiens pensaient le lier pendant l’opération, mais Giuseppe prit son crucifix et leur dit : Ce lien sera le plus fort de tous, il me tiendra immobile. L’opération cependant n’apporta pas le bienfait escompté et Joseph mourut le 4 février 1612.

Eufranio-Giuseppe fut béatifié en 1737 et canonisé en 1746.

Le miracle retenu pour la canonisation se produisit deux ans après la béatification. Une maman avait mis au monde un petit garçon dont on s’aperçut bientôt que les jambes n’avaient pas d’os : deux chirurgiens le constatèrent formellement, après avoir tordu, enroulé, plié les jambes comme un mouchoir. Ils n’avaient évidemment aucun remède pour cette malformation congénitale. La maman priait le bienheureux Giuseppe, mais apparemment sans réponse ; désespérée, le jour de Pâques 1739, elle déposa son enfant sur l’autel de Leonessa où se trouvait le corps du Bienheureux, et pensait le laisser là. Elle s’éloignait quand les larmes du petit garçon l’émurent : revenue sur ses pas, elle s’aperçut que le petit malade, qui avait alors deux ans, posait les pieds sur les degrés de l’autel et tenait debout tout seul. Cette fois-ci, le même médecin qui avait constaté l’infirmité, fut bien obligé de reconnaître la parfaite constitution de l’enfant. D’autres témoins apportèrent aussi confirmation de l’événement.

Ce grand missionnaire a été choisi par les Capucins comme le saint patron de leurs missions en Turquie.

 

 

João de Brito

1647-1693

 

Né le 1er mars 1647 à Lisbonne (Portugal), João était de famille aristocratique ; son père mourut comme vice-roi au Brésil. On trouve l’orthographe Brito et Britto. João a un frère, Fernando Pereira, à qui l’on doit d’avoir écrit la vie de son frère religieux.

Il fit le vœu, lors d’une grave maladie, s’il guérissait, d’entrer chez les Jésuites, ce qu’il réussit enfin à faire, vainquant les difficultés de son entourage, et entrant au noviciat de Lisbonne en 1662. Il étudia à l’université de Coimbra.

Il partit en 1673 aux Indes et compléta sa formation théologique à Goa, avant de rejoindre les missions de Madura, au sud-est de l’Inde, dans l’actuelle région du Tamil Nadu. Il adopta lui-même un nom tamil : Arul Anandar. 

Mais les autorités l’ayant mis en prison (1684), il fut d’abord expulsé et revint au Portugal (1687), où il fut procureur pour les missions. Le roi Pedro II voulait le garder près de lui, mais il repartit en 1690 avec d’autres missionnaires pour cette même région de Marava où il avait été arrêté dix ans plus tôt.

La mission de Madura représentait une audacieuse tentative d’établir une Eglise catholique indienne suffisamment indépendante de toute domination européenne. João apprit les dialectes locaux, s’exerça à la culture du coton et vécut comme un hindou kshatriya : les membres de cette caste, une élite militaire, s’abstiennent de toute nourriture animale et de toute boisson alcoolisée, jusqu’à la fin de la vie : pas de viande, pas de poisson, pas d’œuf, pas d’alcool, et seulement des légumes, des fruits et des herbes.

João imagina une méthode imagée pour enseigner la foi catholique selon des catégories et des concepts qui convenaient à la pensée de ces peuples. Cette méthode remporta un grand succès.

Une des grandes conquêtes de João - et qui le conduisit au martyre, fut la conversion d’un prince polygame, Thadiyathevan. Quand celui-ci voulut ne garder qu’une femme, l’une des «renvoyées», nièce du roi voisin, fit un tabac qui dégénéra en persécution contre les Chrétiens. João fut arrêté avec d’autres catéchistes et conduit à la capitale, Ramnad (ou Ramanathapuram, sur la côte), où les Brahmanes demandaient sa mort.

Il fut conduit à Oriyur, à une cinquantaine de kilomètres de la côte, où il fut décapité, le 4 (11?) février 1693. 

João de Brito fut béatifié en 1853 et canonisé en 1947.

Partager cet article

Repost0
3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 08:14

03 FEVRIER

 

-X.

S Azarias (Azaryahu), prophète (cf. 2 Ch 15:1-7).

I.

Ss Syméon et Anne, qui accueillirent Jésus au Temple lors de sa présentation (cf. Lc 2:22-38).

III.

S Celerinus, romain, diacre  à Carthage, martyr après ses oncles ss. Laurentinus et Ignatius et son aïeule Celerina.

?

Ss Félix, Symphrone et Hippolyte, martyrs en Afrique.

S Blaise, berger martyr à Césarée de Cappadoce.

IV.

S Blaise, évêque à Sébaste, martyr, un des quatorze Saints Auxiliaires, invoqué contre les maux de gorges (de dents), patron des cardeurs de laine et des tailleurs de pierre, par allusion aux épisodes de son martyre (guérison d’un enfant étouffé par une arête de poisson, supplice des ongles de fer) ; le souvenir s’en est maintenu dans la bénédiction de la gorge, avec deux cierges bénis en ce jour.

S Leonius, prêtre à Poitiers, très fidèle disciple de s.Hilaire.

S Anatole (Anatoile), pèlerin irlandais décédé près de Salins, dont il est le patron ; ou évêque à Adana exilé.

IV.-V.

Ss Teridius et Remedius, deux évêques à Gap. 

V.

S Lupicinus, évêque à Lyon.

VI.

S Laurent l’Illuminateur, syrien élu évêque à Spolète, dont les portes s’ouvrirent d’elles-mêmes devant lui, fondateur d’un monastère à Farfa.

S Evance, évêque à Vienne.

VII.

S Adelin, disciple de s. Landelin, fondateur et abbé à Celles.

Ste Wereburge, fille de ste Ermenilde, moniale à Ely, supérieure des monastères de son pays, retrouvée sans corruption neuf ans après sa mort.

VIII.

Ste Berlinde, vierge à Moorsel, solitaire à Meerbeke, près du tombeau de son père.

IX.

S Oscar, apôtre en Danemark et en Suède, évêque à Hamburg et à Brême.

S Nithard, compagnon de s. Oscar, premier martyr en Suède.

X.

S Liafdag, évêque à Ripen et martyr.

XII.

Ste Marguerite d’Angleterre, vierge écossaise, pèlerine, cistercienne à Seauve-Benoîte.

XIII.

B Hélinand, ancien trouvère, cistercien à Froidmont.

XVI.

B John Nelson, prêtre jésuite anglais, martyr à Tyburn.

XVII.

B Justus Takayama Ukon, samouraï japonais, exilé pour sa foi à Manille, considéré comme martyr, béatifié en 2017.

XVIII.

S Giovanni Battista Saggio (Nicola de Longobardi), calabrais, portier dans l'Ordre des Minimes, canonisé en 2014 ; le 2 février au Martyrologe.

XIX.

Ste Claudine Thévenet (Marie de Saint-Ignace), fondatrice à Lyon de la congrégation de Jésus-Marie, pour les orphelines, canonisée en 1993.

Bse Marie Anne Rivier, fondatrice des Sœurs de la Présentation de Marie, pour les enfants abandonnés ; elle ouvrit quarante-six écoles dans le seul diocèse de Viviers, béatifiée en 1982.

Bse Maria Helena Stollenwerk, hollandaise, co-fondatrice de la congrégation des Missionnaires Servantes du Saint-Esprit avec le b. Arnold Janssen ; à la fin elle se consacra à l’adoration perpétuelle, béatifiée en 1995.

XX.

B Alojs Andricki (1914-1943), prêtre allemand, martyr à Dachau, béatifié en 2011.

Azarias prophète

10e siècle avant Jésus-Christ

 

Ce saint prophète n'est pas un des quatre “grands” prophètes, ni un des douze “petits” prophètes de l'Ecriture.

C'est un saint homme qui eut son activité prophétique au nom du Seigneur vers l'an 95O avant l'avènement du Sauveur.

Il ne faut pas le confondre avec Azarias, un des trois jeunes gens jetés dans la fournaise, avec Daniel, par le roi Nabuchodonosor (cf. Dn 3).

On peut lire au livre des Chroniques (Chr 15:1-7) les quelques paroles qu'on lui attribue et qui sont fondamentales dans la vie de tout Croyant : 

Le Seigneur est avec vous quand vous êtes avec Lui. Quand vous le recherchez, il se laisse trouver. Quand vous l'abandonnez, il vous abandonne.

Ces trois petites phrases renferment toute une doctrine de la Providence divine envers nous, en même temps que la réponse à cette question si fréquente dans notre société : Est-ce que le Bon Dieu s'occupe parfois un peu de nous ?

Dieu n'est jamais absent, c'est vraiment L'offenser de le croire. La réalité est que l'homme a oublié Dieu ; c'est l'homme qui a prié Dieu de bien vouloir se retirer de notre vie sociale quotidienne ; délicatement, sans s'imposer, Dieu a accepté de rester à la porte, sur le trottoir, dehors,  pendant que les hommes, à l'intérieur, cherchent désormais désespérément des solutions à leurs problèmes.

Malheur à nous ! Que saint Azarias veuille bien revenir et nous rappeler que c'est à nous à nous tourner vers Dieu et à Le rechercher de toutes nos forces.

Saint Azarias, prophète, qui n’est pas au Martyrologe, est commémoré le 3 février chez les Grecs.

 

 

Syméon et Anne

1er siècle

 

L'Eglise a célébré le 2 février, quarante jour après Noël, la présentation au Temple de Jésus, jour où, humblement, la Sainte Vierge s'est soumise au rite de la purification, dont sa virginité perpétuelle pouvait l'exempter.

L'évangile de cette fête nous a fait entendre l'émotion intense du vieillard Syméon ainsi que les propos de cette pieuse femme très âgée, Anna (cf. Lc 2:22-38).

L'Eglise nous propose de commémorer aujourd'hui, 3 février, ces deux personnages qui ne manqueront pas de nous inspirer respect et vénération.

Anna, tout d'abord, est une femme très âgée, qui pourrait avoir au moins quatre-vingts ans. Elle est dans le Temple, et on imaginera facilement que ceux qui l'entendent parler, peuvent éprouver un peu de condescendance envers cette brave grand-mère qui leur dit des choses assez mystérieuses.

Anna était inspirée de Dieu ; elle vivait uniquement avec Dieu, dans la prière et la louange, dans l'attente de la venue du Messie. Son inspiration, elle désirait la communiquer simplement, sans artifice, sans publicité, sans bruit, uniquement parce qu'elle savait qu'elle lui venait de Dieu. 

Syméon, lui, était aussi très âgé, et avait eu une révélation, il y a longtemps : il ne mourrait pas avant d'avoir vu le Messie. Il attendait donc en silence, priant, jeûnant, participant simplement aux assemblées dans le Temple, comme le ferait un bon fidèle assidu aux offices de sa paroisse.

Une tradition peu vérifiable scientifiquement nous dit qu’il était un prêtre du Temple, non pas un grand-prêtre, mais un prêtre d’une classe inférieure. Un pieux religieux, humble, discret, fidèle à la Loi sans ostentation, sans orgueil.

Mais voilà qu'on lui dit intérieurement que le Messie est là ! Sans attendre, sans hésiter, sans douter, il vient au Temple, il va droit vers la sainte Famille, et de ses mains décharnées et pures il soulève ce petit Bébé de quarante jours.

On pourra imaginer l'émotion et la joie immenses de cet homme devant la réalisation de la promesse de Dieu, mais on ne pourra peut-être pas exprimer l'intensité de cette émotion qui aura envahi tout son être. Il devait en avoir des larmes de joie, et ceux qui ne le connaissaient pas pouvaient bien se demander ce qui lui arrivait. 

Toujours est-il que c'est à lui que revient la paternité du Nunc dimittis, ce chant que Syméon improvisa juste après avoir vu l'Enfant-Jésus, et dont voici une traduction : 

 

Maintenant, tu vas laisser partir en paix ton serviteur, Seigneur,

Car mes yeux ont vu ton Salut, 

Ce que tu as préparé à la face de tous les peuples : 

Lumière à révéler aux nations, et gloire de ton peuple Israël.

 

Ce chant tout bref termine l'office des Complies chaque soir, pour ceux qui prient le bréviaire ou chantent l'office divin dans les maisons religieuses.

Avec Syméon, nous pouvons chanter en fin de journée notre action de grâce pour ce que Dieu nous a donné de voir durant la journée écoulée.

Avec les Grecs, fêtons dans la joie ces deux saints personnages qui eurent la joie d’accueillir l’Enfant-Jésus.

Note. On trouve l’orthographe Syméon et celle, commune, Siméon. Cela permet de distinguer notre Syméon des autres Siméon du Martyrologe.

Celerinus de Carthage

† 280

 

Celerinus était Romain, de famille chrétienne. Il avait une sœur, Numeria. On va parler de leurs oncles Laurentius et Ignatius, et de leur aïeule Celerina.

Durant la persécution de Dèce (250), Celerinus fut déjà traduit devant cet empereur en personne : il subit alors des tortures qui lui laissèrent des marques visibles sur le corps, mais ne fit «que» dix-neuf jours de prison.

Il se rendit à Carthage pour donner à s.Cyprien (v. 14 septembre) des nouvelles des persécutions à Rome. 

Au retour, il constata avec tristesse la défection de sa sœur Numeria.

Il repartit à Carthage, peut-être avec ses deux oncles et l’aïeule, fuyant la persécution de Rome, mais on va voir qu’ils seront à leur tour martyrisés, à Carthage. 

Cyprien ordonna Celerinus lecteur. D’après les lettres de Cyprien, il semble que l’évêque aurait volontiers ordonné prêtre Celerinus, sans pouvoir réaliser son vœu ; peut-être Celerinus fut-il diacre. Cyprien en fait de grands éloges.

La persécution se déchaîna aussi à Carthage. Cyprien fut martyrisé en 258. Peut-être furent aussi martyrisés vers cette époque Laurentius, l’oncle paternel, et Ignatius, l’oncle maternel, et l’aïeule Celerina, dont le Martyrologe affirme qu’ils moururent bien avant Celerinus.

Celerinus fut à son tour martyrisé, en 280.

Saint Celerinus de Carthage, avec ses saints parents, est commémoré le 3 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Blaise de Sébaste

† 316

 

Saint Blaise est, un peu comme saint Nicolas, un de ces illustres évêques d’Orient, dont on ne sait rien de très sûr, mais dont on raconte de très nombreux prodiges.

Saint Blaise est la forme en français ; en grec : agios Vlasios ; en arménien : sourp Vlas ; en russe : sankt Vlasij ; en italien : san Biaggio ; en croate : sveti Vlaho ; en espagnol : san Blas ; en anglais : saint Blazey. Ces multiples traductions montrent un peu combien le Saint fut très populaire.

Il aurait vécu en Arménie, se serait imposé par sa conduite intègre et, de médecin, aurait été désigné unanimement pour occuper le siège épiscopal de Sébaste.

Il préféra résider dans une caverne proche, où affluaient autant les fidèles, avides de bons conseils, que les bêtes. Les uns et les autres attendaient la sainte bénédiction de leur évêque, et les malades repartaient guéris, qu’ils fussent humains ou animaux.

Quand arriva le gouverneur romain Agricola, il voulut appliquer le décret impérial de mettre à mort les chrétiens et les fit arrêter pour les exposer aux bêtes du cirque. Mais les hommes envoyés pour capturer ces bêtes dans le voisinage, découvrirent toutes sortes de lions, tigres, ours, loups, qui attendaient devant la caverne du Saint, et n’en purent capturer aucun.

Agricola fit alors arrêter Blaise lui-même. En chemin comme en prison, il guérit les malades qu’il croisait. Une femme lui présenta son enfant étouffé par une arête de poisson dans la gorge : il le guérit en lui imposant les mains.

Interrogé, sommé, torturé, Blaise restait ferme dans la Foi. Il finit par être décapité, le 3 février 316.

Il y a tant de reliques de saint Blaise en Occident, qu’on pourrait légitimement se demander si elles appartiennent toutes à ce Saint, ou si l’on n’a pas parfois confondu plusieurs Saints du même nom.

Traditionnellement, saint Blaise fut invoqué pour la guérison des maux de gorge. Le 3 février, en certains lieux, les fidèles présentent leur cou au prêtre, qui y impose deux cierges en croix, en souvenir du conseil donné par saint Blaise à une personne qui lui avait apporté de la nourriture en prison : Brûlez chaque année un cierge en mémoire de moi, vous vous en trouverez bien.

Saint Blaise fait partie des Quatorze Saints Auxiliateurs (voir au 8 août).

 

 

Leonius de Poitiers

fin 4e siècle

 

Leonius (en français Lienne) fut un fidèle disciple de s.Hilaire (v. 13 janvier).

Hilaire devint évêque vers 350. Il ordonna prêtre Leonius, et en fit son confident.

Quand Hilaire fut envoyé en exil en Phrygie (act.Turquie), Leonius voulut l’y accompagner. Il partagea ses souffrances, et revint avec lui en Gaule, l’aidant et le soutenant dans sa lutte contre l’arianisme.

Il se trouvait aux côtés d’Hilaire à son lit de mort (368). Hilaire lui prédit alors le jour de sa mort.

Leonius mourut effectivement le 3 février, très âgé.

Sur son tombeau se produisirent beaucoup de miracles.

Saint Leonius de Poitiers est commémoré le 3 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Teridius de Gap

† 394

 

Teridius - que l’on a traduit Tigride en français - fut évêque de Gap au quatrième siècle, deuxième évêque (connu) de ce siège, après Demetrius, qui en fut le premier titulaire dès le premier siècle (? 26 octobre).

Le culte de s.Teridius est très ancien, mais aucun document ancien ne nous est parvenu.

On le mentionne d’ailleurs avec son successeur, s.Remedius, dont on ne sait rien de plus.

Saint Teridius de Gap est commémoré le 3 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Remedius de Gap

394-419

 

Remedius fut évêque de Gap au quatrième siècle, troisième évêque (connu) de ce siège, après Teredius, qui est fêté avec lui.

Le culte de s.Remedius est très ancien, mais aucun document ancien ne nous est parvenu.

On constate seulement que son épiscopat dura vingt-cinq ans : un quart de siècle dont on a malheureusement perdu tout témoignage le concernant.

Saint Remedius de Gap est commémoré le 3 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lupicinus de Lyon

† 494

 

Le vingt-et-unième évêque de Lyon fut ce Lupicinus.

Son épiscopat ne dura que quelques années, vers 490, précédé par s.Patient et suivi par s.Rusticus (v. 11 septembre et ? 25 avril).

Le Martyrologe dit seulement qu’il fut évêque au temps de la persécution des Vandales, ce qui n’apporte pas une grande précision historique, puisque les Vandales envahirent la Gaule au début du cinquième siècle, quand Lupicinus n’était peut-être pas encore né.

On aura compris qu’on ne sait absolument rien de lui.

Il est cependant Saint, ce qui est beaucoup.

La date de sa mort est très conjecturale.

Saint Lupicinus de Lyon est commémoré le 3 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Adelinus de Celles

† 696

 

Adelinus - qui est devenu Adelin ou Hadelin en français - était d’une noble famille d’Aquitaine et voulut assez tôt se consacrer à Dieu.

Il rejoignit Remacle (v. 3 septembre) à Solignac, puis à Metz et à Cougnon. Là, Remacle l’ordonna prêtre.

En 661, quand Remacle voulut s’établir à Stavelot, Adelinus l’y suivit encore.

Remacle invita alors Adelinus à fonder un autre monastère, qui devint l’abbaye de Celles (Dinant). Pépin d’Héristal et son épouse Plectrude l’aidèrent beaucoup.

Après avoir édifié ses disciples par ses exemples et ses instructions, Adelinus s’éteignit dans le Seigneur, un 3 février de 696 environ, son dies natalis au Martyrologe.

L’abbaye fut supprimée en 1797.

Saint Adelin est invoqué contre les maladies des enfants.

 

 

Wereburge d’Ely

† 700

 

Wereburga naquit au 7e siècle en Angleterre, de Wulfère et Ermenilde (v. 13 février ?), aînée des trois autres frères qui s’appelaient Wulfade, Rufin et Kenred ; on va le voir, les deux premiers furent martyrs, le troisième mourut à Rome en odeur de sainteté.

Le père de ces enfants était un homme non baptisé, et même d’une cruauté presque légendaire : il aurait lui-même massacré ses deux fils Wulfade et Rufin (autrefois au Martyrologe le 24 juillet) ; la mère au contraire était chrétienne.

Wereburge grandit en cultivant les vertus, particulièrement l’humilité, l’obéissance, la douceur ; aux dévotions qu’elle partageait avec sa mère, elle ajoutait déjà de longues heures de prière et de méditation.

Elle refusa opiniâtrement les offres de mariage qui se présentèrent, en particulier celle d’un seigneur très ami de son père ; celui-ci fut vivement affecté non seulement du refus de sa fille, mais aussi de l’opposition exprimée par ses deux fils à une telle union : il les massacra sur place ; c’est à la suite de ce martyre que, confondu par sa conscience, le malheureux roi fit construire un prieuré à Stone pour abriter les corps de ses deux fils.

Wereburge alla se réfugier dans l’abbaye d’Ely, que sa grand-tante Ethelrede avait fondée (v. 23 juin). Cette fois-ci, son père accompagna sa fille jusqu’à l’abbaye. Il mourut peu après.

De son côté, la maman, Ermenilde, prit le voile dans cette même abbaye. Wereburge fut bientôt chargée de diriger tous les monastères de la région, pour y établir une règle plus unifiée ; elle devenait ainsi Supérieure générale. Quand elle eut opéré sa mission, elle obtint du roi de l’aider à fonder encore  d’autres monastères.

Wereburga vivait déjà en moniale avant d’entrer à Ely ; maintenant, elle cherchait à donner l’exemple pour exhorter toutes les âmes à acquérir la sainteté et gagner le Ciel. Chaque jour, elle priait le psautier à genoux, passait de longs moments prosternée à l’église, souvent le visage baigné de larmes ; elle lisait les vies des Pères du désert et s’en inspirait à sa mesure ; elle ne prit jamais qu’un seul repas par jour.

Signes de cette grande sainteté, les miracles se produisirent. Un jour qu’une nuée d’oies sauvages s’était abattue sur les champs, le paysan qui y cultivait fut inquiet pour la récolte et vint avertir Wereburge ; tout simplement, elle rétorqua : Amène-moi tout ce monde ; le paysan obéit, convoqua les oies, qui vinrent aux pieds de Wereburge ; elle leur dit : Repartez en paix, mais ne revenez jamais plus sur nos champs, et les champs poussèrent désormais en toute tranquillité.

Comme elle se trouvait à Trentham, elle eut le pressentiment de sa fin prochaine ; elle s’éteignit en effet là, sur la fin du 7e siècle, vers 700.

Des miracles ayant eu lieu sur son tombeau, on rouvrit le cercueil en 709 et on trouva le corps de Wereburge incorrompu.

En 875, devant l’invasion des Danois, on transféra ces restes précieux à Chester, qui prit Wereburge pour patronne.

Au moment du schisme anglais et des persécutions, les reliques furent jetées au vent.

Sainte Wereburge est mentionnée dans le Martyrologe au 3 février.

 

 

Berlinde de Meerbeke

† 702

 

Berlende ou Berlinde était la fille d’un riche seigneur, nommé Odelard.

Ce dernier, malade de la lèpre, se retira dans son château de Meerbeke (Brabant flamand, act. Belgique), où sa fille se dévouait à son service. Odelard cependant se sentit avili par tant d’attentions et se fâcha jusqu’à déshériter sa brave fille.

Il faut raconter ici un épisode précédent de cet Odelard. Il avait décidé de léguer tous ses biens à la communauté de Nivelles. Après avoir préparé une motte de terre, une branche et un couteau, symboles du don, il s’était rendu à Nivelles. Arrivé devant le tombeau de sainte Gertrude (v. 17 mars), patronne de la communauté, Odélard avait tendu en sa direction la branche et le couteau, demandant à la Sainte d’accepter son présent. Le couvercle du sarcophage s’était alors soulevé : la main de Gertrude, surgissant hors de la tombe, avait saisi les deux objets symboliques en signe d’acquiescement. Aussitôt, le sarcophage s’était refermé. Très concrètement dans ce cas, le corps saint avait non seulement accepté, mais aussi cautionné le don.

On a donc dit que cet Odelard avait déshérité sa fille ; on ne sait pas au juste comment les événements s’enchaînèrent à ce moment précis.

Berlinde, qui s’occupait aussi de propager la foi dans Meerbeke, entra alors au monastère de Moorsel (Alost). 

Après la mort de son père, elle demanda à rester dans une petite cellule auprès de la tombe de celui-ci, dans une sévère et constante réclusion.

Berlinde mourut, croit-on, vers 702, un 3 février, son dies natalis dans le Martyrologe.

La ville de Meerbeke a pris Berlinde pour patronne céleste. Son église est dédiée à saint Pierre et sainte Berlinde.

Oscar

801-865

 

Oscar (Anschaire, Ansgar en allemand) naquit le 8 septembre 801 à Fouilloy (Somme).

Orphelin de mère à cinq ans, il fut confié à l’abbaye de Corbie, où il fut moine.

En 821, on l’envoya comme écolâtre (professeur) à la nouvelle abbaye de Nouvelle Corbie, aujourd’hui Corvey.

Sur la demande du roi Harald Klak de Danemark, nouvellement converti, Oscar fut choisi en 826 pour aller évangéliser cette contrée.

En 829, après une révélation céleste, Oscar accepta alors de partir pour la Suède, où il fut bien reçu par le roi Björn. La première communauté chrétienne fut fondée à Birka en 831.

Le bon résultat de ces missions aboutit à la création de l’archevêché de Hamburg, qui fut confié à Oscar. Il reçut l’ordination épiscopale des mains de l’évêque Drogon de Reims et fut confirmé par le pape Grégoire IV, qui en fit son légat pour toute la Scandinavie.

Il y eut bientôt des revers ; Oscar fut réduit à errer, sans ressources. Mais en 847, les deux évêchés de Brême et Hamburg furent réunis, et mis sous l’autorité d’Oscar.

De 848 à 854, Oscar fit une nouvelle mission, très heureuse, au Danemark, qui se solda par la conversion du nouveau roi Horich. Oscar poussa même de nouveau jusqu’en Suède, puis revint au Danemark où il réussit à ramener la paix troublée par le nouveau roi Horich le Jeune.

La cathédrale de Hamburg remonte à la période d’Oscar.

La conversion totale de la Scandinavie fut toutefois assez lente ; le Christianisme s’y implanta de façon stable seulement deux siècles plus tard.

Cet archevêque vivait continuellement en moine, portant un rude cilice et jeûnant fréquemment au pain et à l’eau. Il savait prêcher simplement et de façon convaincante, il donnait tous ses revenus aux pauvres, il fonda des hôpitaux et racheta des captifs, ce qui lui procurait sa plus grande joie. Pendant le carême, il servait chaque jour plusieurs pauvres à sa table. 

Sa vie apostolique fut soutenue par plusieurs visions célestes.

Oscar mourut à Brême le 3 février 865.

Il fut presque immédiatement canonisé par son propre successeur à Brême, mesure confirmée par le pape en 867.

Saint Oscar est le patron du Danemark.

 

 

Hélinand de Froidmont

1160-1230

 

Hélinand (ou Elinand, en latin Helinandus, Elinandus, Elynandus) naquit vers 1160 près de St Just-en-Chaussée (Oise), d’une famille noble ; il avait (au moins) un frère, Guillaume (peut-être Ghislain).

Après ses études à Beauvais, profitant de ses origines aristocratiques, il fréquenta la haute société. Devenu trouvère, il se produisit en parfait intermittent du spectacle sur les places publiques et jusqu’à la cour royale.

La grâce de Dieu ayant travaillé dans son cœur, il laissa cette vie mondaine et entra à l’abbaye cistercienne de Froidmont.

Pendant quelques années, il observera un silence quasi total puis reprendra la plume, pour écrire sous une autre inspiration.

Modèle de piété, de mortification, il reçut le sacerdoce et se montra très zélé pour le salut des âmes, qu’il gagna à Dieu par ses prédications. Il attira aussi son propre frère au monastère. Il avait une dévotion spéciale à la passion de Notre-Seigneur et à la très Sainte Vierge. Toujours joyeux au dernier rang, il se consuma dans les travaux de la vie monastique.

De son travail scripturaire, on a retenu le Chronicon, en latin, contenant une foule de détails, de petits traités, des sermons pour les fêtes, des lettres ; il n’y s’agit donc pas d’une chronique à proprement parler. On a aussi d’Hélinand les Vers de la Mort, en français avec des expressions bien picardes, en cinquante strophes typiquement «hélinandiennes», où l’auteur s’adresse à la Mort et l’invite à persuader ses amis de quitter le monde pour la vie religieuse. Dans le Martyrium, il exalte les martyrs Gereon et Compagnons (v. 10 octobre).

Hélinand mourut un 3 février d’une année variant de 1223 à 1237. Le Martyrologe lui assigne comme dies natalis le 3 février.

L’Eglise ne s’est pas prononcée sur le bienheureux Hélinand. L’Ordre cistercien l’a retenu dans son calendrier.

 

 

John Nelson

1535-1578

 

John était né vers 1535 à Skelton (York) et avait quatre frères.

En 1573, il passa à Douai pour se préparer au sacerdoce et reçut l’ordination à Binche (Hainaut) de l’archevêque de Cambrai, en 1576. 

On croit qu’il entra dans l’ordre des Jésuites peu après.

Deux de ses frères allèrent aussi se préparer au sacerdoce à Douai.

John partit en mission en Angleterre en novembre 1576, à Londres. Vers la fin du mois, après avoir pratiqué un exorcisme : le démon chassé «prophétisa» qu’il allait être arrêté et condamné.

Dès le 1er décembre, il fut arrêté le soir, tandis qu’il priait le bréviaire (il en était au Nocturne de Matines, qu’on appelle maintenant la Lecture, et qui se lisait habituellement la veille au soir du jour concerné).

On l’enferma à Newgate, suspecté d’être papiste.

Après une semaine, il fut interrogé et refusa de reconnaître l’autorité de la Reine sur l’Eglise. Considérant ainsi la Reine comme schismatique, il était passible de mort : il y fut condamné le 1er février 1578.

On le relégua au fond d’un profond souterrain de la Tour de Londres où, nourri au pain et à l’eau, il put célébrer la Messe.

Le jour de son exécution, il put revoir quelques membres de sa famille, mais refusa de rencontrer des ministres protestants. Au moment de son exécution, il refusa de demander pardon à la Reine qu’il n’avait jamais offensée. Puis il pria en latin, avec quelques présents catholiques. Au moment d’être pendu, à Tyburn, il déclara : Je pardonne à la Reine et aux auteurs de ma mort.

C’était le 3 février 1578. 

Le culte rendu à John Nelson fut reconnu en 1886, ce qui équivalait à la béatification.

 

Justus Takayama Ukon
1552-1615

Iustus était né vers 1552 à Haibara-cho, Nara (Japon). En réalité il s’appelait Hikogorō. Il était l’aîné des six enfants de Takayama Tomoteru, un riche seigneur.
En 1564, son père se convertit au catholicisme. Hikogorō recevra alors au baptême le nom de Justus ; lors de la cérémonie marquant son passage à l’âge adulte (la seijin shiki), il s’appellera Shigetomo. Et comme il prétendait à un poste d’officier, il prit aussi le nom de Ukon. Couramment, il s’appellera Takayama Ukon.
Lors de la seijin shiki, la conclusion de ce «rite» était un duel avec un compatriote, et Justus tua son adversaire. Blessé tout de même, il réfléchit durant sa convalescence et comprit qu’il devait mieux accorder sa vie à sa foi.
En 1574, il se maria ; il eut trois enfants, deux garçons qui moururent petits, et une fille.
Iustus et son père acquirent le château de Takatsuki ; ils étaient daimyo kirishitan, des daimyo chrétiens. Ils profitèrent de leur position pour parler du Christ et firent beaucoup de conversions.
En 1587, lors de la première interdiction du catholicisme, Justus demeura fidèle à son baptême et renonça à sa propriété. Il vécut dans la clandestinité, protégé par des amis.
Lors de la nouvelle interdiction en 1614, il fut expulsé et rejoignit Manille avec trois cents Chrétiens japonais. Voir à ce sujet la notice Japonais Martyrs 1603-1639. Le gouvernement des Philippines projeta alors une action militaire au Japon, en vue d’y obtenir la protection des Chrétiens, mais Justus s’y opposa. 
Malade, il mourut peu après ; il y a un flottement  sur le jour précis de sa mort : 3 ou 5 février 1615.
Justus n’a pas versé son sang, mais il a donné sa vie pour le Christ et son martyre a été reconnu en 2016 ; il a été béatifié en 2017.
Le nom du bienheureux Justus Takayama Ukon sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 3 février.

 

 

Giovanni Battista Saggio

1650-1709

 

Giovanni Battista ou Giovanbattista (Jean-Baptiste) naquit le 6 janvier, jour de l’Epiphanie, à Longobardi (Cosenza, Calabre, Italie), aîné des trois enfants de Fulvio et Aurelia Pizzini, des parents trop pauvres pour lui permettre d’aller à l’école. Ils lui firent donner au baptême les noms de Giovanni Battista Clemente.

Sa foi profonde le conduisait à l’église de l’Ordre des Minimes, où il priait parfois des journées entières. Il fut confirmé à dix-huit ans. Les vendredis et samedis, il jeûnait au pain et à l’eau, distribuant aux pauvres son repas.

En 1670, bravant l’opposition des parents, qui avaient besoin de lui pour les travaux des champs, il demanda au couvent des Minimes un habit et alla se présenter dans cette tenue à sa mère, pensant la convaincre. Mais elle lui demanda au contraire de retirer ça sur place et de ne plus mettre les pieds dans ce couvent. Giovanni Battista commença à obéir, mais perdit alors la vue : il ne la recouvrit qu’en remettant l’habit religieux, convainquant ainsi les parents de cesser leur opposition.

Sans tarder, le jeune homme alla demander son admission. On l’envoya au couvent de Paola, où il prit l’habit (officiellement), comme Frère convers, avec le nom de Nicola (sans s en italien). 

Après le noviciat, il fut envoyé comme portier, jardinier, cuisinier ou sacristain, au couvent de Longobardi, puis changea plusieurs fois : San Marco Argentano, Montalto, Uffugo Cosenza, Spezzano della Sila, Paterno Calabro. Il fut appelé à Rome pour la paroisse de Saint-François-de-Paola ai Monti.

Il y fut encore et toujours portier, recevant tous ceux qui venaient demander de l’aide. Il arrivait qu’il n’eût rien à donner, et il se faisait alors insulter vertement, supportant les humilitations sans rien dire. Ses vertus lui attirèrent cependant bientôt des foules de personnes.

Il eut ses épreuves, la plus marquante étant celle du Provincial lui-même, qui le considérait un bon-à-rien, tout juste bon à nettoyer les sabots des chevaux ; le Frère écouta cela sans rien dire, s’en jugeant tout-à-fait digne pour avoir offensé Dieu. 

Transféré en 1695 à Fiumefreddo Bruzio puis Cosenza, il fut rappelé en 1696 à Longobardi, où il quêta pour obtenir des subsides en vue de l’achèvement des travaux à l’église : deux ans plus tard, tout était achevé.

En 1697, il fut de nouveau envoyé à Rome comme portier : il y passa les dernières années de sa vie. Tous accouraient pour lui demander quelque chose, un conseil, une prière, une aumône, un habit… Dès le matin il leur préparait la soupe de midi, qu’il leur servait après une prière. Il ne manquait jamais ce rendez-vous, une fois en renonçant même à l’audience papale, une autre fois faisant répondre au prince Colonna : Les pauvres de Jésus-Christ m’attendent à cette heure-ci, mais je pourrai me rendre chez leurs Excellences à un autre moment.

La famille Colonna-Pamphili le choisit comme parrain de leur héritier.

Le Frère pratiquait des pénitences dures : il couchait sur deux tables de bois, s’imposait des flagellations, des cilices, des chaînes : il conserva ainsi son innocence baptismale, mais aussi il stupéfia, malgré son ignorance native, par sa connaissance profonde des Vérités chrétiennes. On lui demanda comment il faisait pour rester sans dormir ni manger ni boire des journées entières et il répondit tout simplement : J’ai un tel amour pour Dieu, que je ne pense qu’à lui. Je ne désire rien d’autre que lui plaire. Le fervent amour que j’ai pour lui est tel que, pour l’éteindre, je devrais me jeter dans un fleuve. On le trouva souvent en extase ; à entendre seulement parler des Vérités, à voir les trois doigts de la main d’un confrère, il était transporté en ravissement. L’unique moyen de le «rappeler» était de lui commander : Par obéissance… ! et il ramenait ses bras contre lui, baissait la tête, répondant : Deo gratias !

Si on lui demandait comment aimer Dieu, il répondait : Il faut être humble !

Le pape fit exposer la sainte Image Achéropite du Saint-Sauveur, conservée au Latran, demandant des prières pour faire cesser la guerre de Succession. Le Frère Nicola s’y rendit deux fois par jour, s’offrant personnellement pour l’Eglise et la paix : peu de jours après, il dut s’aliter avec la fièvre.

Il fit sa confession générale, demanda les derniers sacrements et annonça, contre l’avis bienveillant des médecins, qu’il mourrait après la fête de la Purification de Marie.

Au matin du 3 février 1709, il fit sur les présents trois fois le signe de la croix avec les trois doigts de la main droite, répétant Le Paradis ! Le Paradis ! Puis il s’éteignit.

Il y eut tant de monde à ses funérailles, qu’on dut laisser exposée sa dépouille pendant trois jours.

Il fut béatifié en 1786 et devait être canonisé en 2014. Il est inscrit au 2 février dans le Martyrologe.

Claudine Thévenet

1774-1837

 

Seconde de sept enfants, Claudine naquit près de Lyon le 30 mars 1774, de Philibert Thévenet, qui tenait un négoce. 

Ses proches l’appelèrent Glady. On l’appelait aussi la petite violette, à cause de tous les petits travaux qu’elle faisait à la maison.

Sa bonté et sa douceur exercèrent très tôt une heureuse influence sur ses frères et sœurs. A neuf ans elle sera formée chez les Bénédictines de l’abbaye Saint-Pierre, place des Terreaux.

Quand éclata la Révolution, Claudine avait quinze ans. Les malheurs qui suivirent la frappèrent profondément. Lors des heures tragiques qui agitèrent la ville de Lyon en 1793, Claudine se retrouva un jour seule avec sa mère et ses quatre petits frères. On ne savait où était le papa ; les deux frères aînés étaient engagés au combat ; et l’oncle maternel se trouvait du côté où étaient les révolutionnaires. Claudine priait, confiante.

Le père revint à la maison ; les deux frères aussi, dans un premier temps, mais ils furent dénoncés, arrêtés et mis en prison, en attendant leur exécution. Les autorités arrêtèrent et exécutèrent des centaines d’habitants, par mesure de représailles. Chaque jour, Claudine cherchait à apercevoir ses frères dans le convoi des condamnés. Elle les vit le 5 janvier. Courageusement, elle réussit à s’approcher. L’un des deux lui souffla : Prends dans ma chaussure une lettre pour notre mère. On imagine son émotion. Mais en plus, l’un des deux frères eut encore le temps de lui lancer cette phrase sublime : Glady, pardonne, comme nous pardonnons.

Il y eut un coup de feu, puis le coup de grâce avec une épée. C’en était trop pour elle, qui en conserva toute sa vie une prédisposition aux migraines. Louis-Antoine et François-Marie avaient respectivement vingt et dix-huit ans, tandis que Claudine en avait presque vingt.

Elle revint à la maison avec la précieuse lettre : en fait, deux petits mots, écrits par chacun des deux frères, qui les signèrent tous les deux. Ils avaient écrit : Nous allons être plus heureux que toi ; dans quatre ou cinq heures, nous serons devant Dieu. Nous allons vers le Cœur de Dieu, ce bon Père que nous avons offensé, mais nous nous remettons entièrement à sa miséricorde. Ils eurent la possibilité tous les deux de se confesser à un prêtre malade et assez âgé, arrêté et condamné avec eux.

Quand le calme revint à Lyon, la famille se refusa chrétiennement à toute accusation du délateur devant la justice. 

Puis Claudine se décida à soulager toutes les misères qu’elle côtoierait dans cette paroisse Saint-Bruno, avec cette foi et cette charité profondes, qu’elle cherchait à transmettre à chaque instant. Convaincue qu’une grande partie des malheurs qui sévissaient, étaient le résultat de l’ignorance de Dieu,  Claudine brûlait du désir de Le faire connaître, surtout aux enfants et aux jeunes.

Elle commença par intensifier sa prière, s’inscrivant dans les rangs de la Confraternité du Sacré-Cœur, où l’adoration eucharistique était à l’honneur. Puis elle gagna à ses idées quelques autres dames.

Durant l’hiver 1815, un jeune prêtre trouva sous le porche d’une église deux fillettes abandonnées, qu’il amena au curé de la paroisse ; ce dernier lui dit : Allez frapper chez Mademoiselle Claudine Thévenet. Elle a un cœur de mère et organise toutes les bonnes œuvres de la paroisse. Claudine s’en occupa maternellement, et ce fut là pour elle le stimulant de son profond amour pour les enfants abandonnés. La maison de son amie, Marie Chirat, où furent élevées les petites filles, devint ainsi la Providence du Sacré-Cœur.

Peu de temps après, un saint prêtre, l’abbé Coindre, qui avait fondé de son côté la congrégation des Frères du Sacré-Cœur, suggéra à Claudine l’idée d’une société vraiment organisée et adaptée aux œuvres qu’elle voulait assumer. Il lui proposait la règle de saint Augustin et les constitutions de saint Ignace de Loyola. Ainsi prit naissance le 31 juillet 1816 la Pieuse Union du Sacré-Cœur de Jésus, dans la Providence de la paroisse Saint-Bruno (concernant saint Bruno, voir au 6 octobre). Cette Providence deviendra le 6 octobre 1818 la congrégation des Religieuses de Jésus-Marie, au lieu-dit Les Pierres-Plantées, dans le quartier de la Croix-Rousse. Très vite, une deuxième «Providence» fut ouverte, pour la fabrication de la soie. Claudine était à la fois «effrayée» de son entreprise et confiante en la providence divine. 

Deux années plus tard, mourut sa mère, qu’elle aimait beaucoup. Une grosse épreuve pour Claudine, mais aussi l’occasion pour elle d’agir désormais en toute liberté. 

L’œuvre se développait ; on s’installa à Fourvière en 1820, sur un terrain acheté à la famille Jaricot (Pauline Jaricot fut à l’origine de l’œuvre de la Propagation de la Foi) ; mais les critiques aussi allaient bon train : on traitait de ridicule cette Supérieure, on se moquait de ces gamines et de leurs maîtresses… Claudine enseignait le pardon et la patience.

 Quand l’abbé Coindre fut transféré au diocèse du Puy, il y appela la nouvelle famille religieuse, qui sera approuvée dans le diocèse du Puy dès 1823, et dans celui de Lyon en 1825.

Le but principal de la congrégation est de recueillir les enfants pauvres et de les garder jusqu’à leur vingtième année, leur enseignant à lire, écrire, compter, et un métier avec une bonne formation chrétienne. Mais Claudine voyait plus loin : elle ouvrit aussi un pensionnat pour les jeunes filles bourgeoises, qui avaient, elles aussi, besoin de recevoir une base solide avant de fonder une famille. Ainsi, la congrégation de Jésus-Marie allait s’ouvrir aux besoins des toutes les classes sociales, mais avec une préférence pour les enfants et les jeunes les plus pauvres.

Pour obtenir les titres exigés par l’Etat, elle s’inscrivit aux examens pour le diplôme officiel, en 1822, à quarante-huit ans !

Les épreuves s’accumulèrent : les milieux ecclésiastiques proposeront à Claudine de fusionner sa Famille avec l’autre déjà existante des Dames du Sacré-Cœur, de sainte Madeleine-Sophie Barat (voir au 25 mai) ; l’abbé Coindre allait décéder en 1826, ainsi que quelques-unes des premières sœurs ; en 1831 et 1834, des mouvements sociaux divisèrent Lyon et Claudine se trouvera entre les deux clans, cherchant à faire la paix ; en plus de tout cela, l’aumônier des Religieuses n’aimait pas l’idéal de saint Ignace et prétendait modifier profondément l’esprit de la congrégation : Claudine dut résister, avec douceur mais très fermement, et ce avec parfois des scènes épiques… Tout cela secouera fortement le courage de la Fondatrice, qui saura résister à toutes les pressions, mais aussi y perdra la santé.

Avec courage et hardiesse même, elle entreprit des constructions, une chapelle ; elle rédigea les Constitutions. C’était une organisatrice-née.

Elle chercha à faire tout pour plaire à Dieu, à voir Dieu en toutes choses et toutes choses en Dieu. A ses Sœurs, elle inculca son amour maternel : Il faut être les mères de ces enfants, oui, de vraies mères, tant de l’âme que du corps. Les seules (partialité et préférence) que je vous permets, sont pour les plus pauvres, les plus misérables, celles qui ont le plus de défauts ; celles-là, oui, aimez-les beaucoup ! 

Ses dernières paroles seront : Que le bon Dieu est bon !

Claudine Thévenet, qui avait pris le nom religieux de Mère Marie Saint-Ignace, s’éteignit à cette vie terrestre le 3 février 1837, un vendredi à 15 heures.

Cinq ans après, dès 1842 des Religieuses essaimaient en Inde, en Espagne en 1850, au Canada en 1855. Actuellement elles sont près de deux-mille, dans près de deux-cents maisons sur les cinq continents.

Claudine Thévenet - Marie Saint-Ignace a été béatifiée en 1981 et canonisée en 1993.

 

 

Anne-Marie Rivier

1768-1838

 

Anne-Marie naquit le 19 décembre 1768 à Montpezat-sous-Bauzon (Ardèche), troisième des quatre enfants d’un aubergiste, Jean-Baptiste Rivier et de son épouse Anne-Marie Combe. Une des sœurs de Anne-Marie s’appelait Cécile.

A un an et demi, elle tomba de son berceau, de sorte qu’Anne-Marie (Marinette, comme l’appelaient ses parents) ne put marcher ni grandir normalement.

Sa mère, cependant, était une femme pleine de foi et passa avec sa petite fille des heures entières de prière devant une Piéta vénérée dans les environs. 

Le 7 septembre 1774, mourut le papa de Marinette. Le lendemain, 8 septembre 1774, en la fête de la Nativité de Marie, la petite fille se sentit la force de marcher, quoiqu’encore avec les béquilles. Elle n’avait pas pu se mettre sur ses jambes depuis près de cinq années.

Marinette reprit des forces, mais ne jouit jamais vraiment d’une vraie bonne santé. Elle avait promis à la Sainte Vierge que, si elle guérissait, elle s’occuperait de faire l’école aux enfants.

En 1777, nouvel accident : Marinette se casse une jambe dans l’escalier. Sa mère lui frictionne la jambe avec de l’huile de la lampe du sanctuaire de Notre-Dame de Pradelles : Marinette est guérie au bout de quinze jours, en la fête de l’Assomption.

A dix-sept ans, elle demanda son admission chez les Sœurs de Notre-Dame de Pradelles (Haute-Loire), où cependant sa santé trop délicate ne lui permit pas de rester. Cette petite jeune fille d’1 mètre 32 ne se vexe pas : Puisqu’on ne veut pas me laisser entrer au couvent, j’en ferai un moi-même.

Sans perdre courage, elle ouvrit à Montpezat une petite école, s’entoura de compagnes et alla visiter les malades, recevant aussi les jeunes qui ne savaient où aller pour s’occuper.

Survint la Révolution. Entre 1790 et 1792, Anne-Marie alla faire l’instruction et le catéchisme à Saint-Martin-de-Valamas puis revint à Montpezat. Quand le prêtre manquait, Anne-Marie ne se gênait pas pour organiser des moments de prière, pour parler de la Bible et pour raconter les vies des Saints. Si l’église est fermée, elle fait de sa maison un petit couvent.

Elle aurait pu être arrêtée et passer en jugement : à la mort de sa mère (1793), on se «contenta» de lui confisquer sa maison, de sorte qu’elle dut se transférer à Thueyts, à cinq kilomètres de là, chez un prêtre de Saint-Sulpice. Anne-Marie et ses quatre compagnes purent reprendre leur activité et, en 1796, se consacrèrent.

La nouvelle famille religieuse était née : les Sœurs de la Présentation de Marie s’occuperaient désormais de l’enseignement, du soin des orphelins, des malades, mais aussi de l’éducation religieuse pour les adultes. Dès l’année suivante, elles étaient douze.

Pendant le Directoire, de 1797 à 1799, les Sœurs subirent encore des persécutions, en provenance de Privas, mais elles purent résister et tenir. En 1799, le Grand Vicaire de Viviers les prendra sous sa protection. Jusqu’en 1802, l’Oeuvre va rayonner et prospérer : les fidèles veulent réapprendre ce qu’ils ont oublié durant ces dix années de perturbation.

La reconnaissance pontificale tardera, en raison des relations très tendues entre l’empereur et le pape, mais Anne-Marie continuera sur sa lancée. En 1803 fut ouvert un noviciat proprement dit, en 1810 étaient déjà ouvertes quarante-six maisons. Un orphelinat fut ouvert en 1814.

En 1815, la maison-mère se déplaça à Bourg-Saint-Andéol. 

En 1820, la congrégation comptait quatre-vingt huit maisons dans huit diocèses.

En 1830, le roi reconnaîtra légalement la Congrégation.

En 1838, l’année où mourut la Fondatrice, il y avait cent quarante-et-une maison, abritant plus de trois-cents Religieuses dans quinze diocèses. Cette progression est une rareté dans l’histoire de l’Eglise.

Anne-Marie Rivier mourut le 3 février 1838. 

Elle prédit que ses Sœurs auraient traversé les mers : actuellement, elles se trouvent sur tous les continents ; elles sont plus de trois mille.

Anne-Marie Rivier a été béatifiée en 1982.

 

 

Maria Helena Stollenwerk

1852-1900

 

Maria Helena naquit à Rollesbroich (Simmerath, Aachen, Allemagne) le 28 novembre 1852, de Johann Peter Stollenwerk et de Anna Maria Bongard, qui consacra sa fille à la Sainte Vierge avant même sa naissance.

Dès qu'elle fréquenta l'école primaire de son petit village, elle s'enthousiasma pour la lecture des bulletins de l'Association de la Sainte Enfance, qui devint par la suite une Œuvre Pontificale. C'est ainsi que grandit en elle le désir de venir en aide aux enfants de Chine.

A vingt ans, elle ne trouvait toujours pas d'Institut en Allemagne qui pût lui permettre de partir pour la Chine. Mais en visite à Steyl (Pays Bas), elle rencontra le fondateur des Verbites, Arnold Janssen (voir au 15 janvier), qui avait le désir de fonder une famille religieuse de Sœurs missionnaires, tout en attendant un signe de Dieu.

Maria Helena avait désormais trente ans et commença par servir comme auxiliaire de cuisine dans une des maisons ouvertes par le père Janssen. Elle fut rejointe par Hendrina Stenmanns et toutes deux vécurent dans une toute petite maison pendant quelques années, avant d'intégrer un couvent vide.

Le 8 décembre 1889, avec le nom de Mère Maria, elle fonda, avec le père Arnold Janssen, les Sœurs Missionnaires sous la dénomination de Servantes du Saint Esprit. Maria Helena se retrouvait tout d'un coup co-fondatrice et supérieure. L'institut se développa tout de suite et des sœurs partirent pour l'Argentine dès 1895, puis au Togo.

Pour ne pas sombrer dans le pur activisme, Arnold Janssens voulut appuyer le nouvel Institut sur la prière et l'adoration. Aussi ouvrit-il une autre branche de Contemplatives, dont Mère Marie voulut faire partie, cette fois-ci sous le nom de Sœur Maria Virgo (Marie Vierge).

Le vrai rêve de Maria Helena ne se réalisa jamais : elle ne put jamais partir pour la Chine, qui resta son vœu le plus cher et le plus intime. Mais ce rêve se réalisa en tant qu'elle y travailla de toute son ardeur dans la prière et l'offrande d'elle-même.

Cette offrande se concrétisa encore plus par la maladie qui la frappa et elle prononça ses vœux comme sœur adoratrice du Saint Esprit sur son lit de mort, le 3 février 1900.

Elle a été béatifiée en 1995.

 

 

Alojs Andricki

1914-1943

 

La famille Andricki habitait à Radibor (Bautzen, Saxe). Le père, Jan, était professeur et directeur d'école, organiste et cantor ; la mère s'appelait Madlena, née Cyžec. Ils eurent six enfants, quatre garçons (Alojs, Jan, Gerat, Alfons) et deux filles (Marja, Marta).

Dans cette région limitrophe d’Allemagne, une grande majorité des habitants parle le sorabe, cette langue slave proche du tchèque avec des influences polonaises.

Les quatre garçons étudièrent la théologie, et le plus jeune (Alfons, jésuite) tomba lors de la Deuxième guerre mondiale.

Alojs fréquenta l'école élémentaire de son pays, le collège de Bautzen et passa son baccalauréat avec mention Très bien. Il fut membre de l'association Włada et même son président pendant deux ans. Un peu plus tard il collabora au périodique Serbski Student.

De 1934 à 1938 il étudia la philosophie et la théologie à Paderborn, tout en résidant au séminaire de Schmochtitz (diocèse de Meißen). 

Prêtre en 1939, il fut chapelain à la cathédrale de Dresde, préfet des Petits Chanteurs de Dresde et président de la grande famille Kolping, une association catholique fondée au 19e  siècle par Adolf Kolping pour promouvoir l'idéal de la famille catholique (voir au 4 décembre).

Ses prises de position contre le régime nazi et son origine ne le faisaient pas voir d'un œil favorable par les autorités. Après l'avoir recherché et menacé, on l'arrêta le 21 janvier 1941 et il fut enfermé dans la prison de Dresde.

Accusé formellement d'atteintes secrètes contre l'Etat et le Parti, il fut condamné à une peine de six mois de prison. Refusant toute collaboration avec le nazisme, il fut, dès octobre 1941, transféré au camp de concentration de Dachau, où il fut enfermé dans le block des Religieux (ou block des Curés), sous le numéro 27829.

Là, il réussit, avec d'autres détenus, à étudier la Sainte Ecriture et à célébrer. Il rencontra des prêtres du Cercle de Schönstatt, et connut Josef Kentenich, qui y arriva en mars 1942.

En décembre éclata une épidémie de typhus, que contracta Alojs. Le 19 janvier 1943 il fut admis dans le block des malades, en compagnie d'un autre prêtre, Hermann Scheipers. Ce dernier raconta que, mourant, Alojs demandait à un infirmier de lui appeler un prêtre pour lui apporter la sainte Communion, et qu'il s'entendit répondre : Il veut le Christ ? Il va recevoir une piqûre ! On lui fit alors une injection mortelle.

Alojs mourut le 3 février 1943.

Deux ans après, la direction du camp de Dachau fit parvenir à la famille l'urne des cendres de Alojs.

Reconnu martyr, l'abbé Alojs Andricki fut béatifié en 2011.

Partager cet article

Repost0
3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 08:07

01 FEVRIER

 

III.    

S Eubert, évêque à Lille, dont il est le patron.

S Tryphon, martyr en Phrygie. 

IV.    

S Severus, évêque à Ravenne ; il était simple tisserand, c’est une colombe qui le désigna pour l’épiscopat ; son épouse et sa fille se consacrèrent.

V.    

S Pierre le Galate, ermite près d'Antioche ; il guérit deux fois sa mère.

Ste Cinnie (Kinnie), vierge irlandaise de famille royale.

VI.    

Ste Dallugdach, vierge à Kildare et abbesse à Abernethy.

S Torquat, évêque à Trois-Châteaux, juste avant s.Paul.

S Paulus, évêque à Trois-Châteaux, dont il est le patron ; son épouse se retira au monastère.

Ste Brigit, vierge à Kildare, une de ses fondations, thaumaturge ; pour prouver son innocence, parce qu’on la calomniait, elle fit reverdir l’autel en le touchant. 

S Précord, écossais, solitaire à Vailly-sur-Aisne, ami de s.Remi.

S Sour (Sorus), ermite en Périgord, à l’origine d’un monastère à Terrasson.

S Ursus, irlandais, archidiacre à Aoste.    

VII.    

S Agrippanus (Agrève), espagnol consacré évêque à Rome pour le Velay, adversaire des ariens, et martyrisé en Vivarais lors d’un voyage. 

S Sigisbert III, roi d’Austrasie, à Metz, qu’il débarrassa du luxe et du libertinage, mort assassiné, patron de Nancy.

S Sever, évêque à Avranches, d’où il retourna à son monastère.

IX.    

Ste Brigide (Brigitte), vierge irlandaise, qui se trouva miraculeusement près du lit de mort de son frère à Fiesole. 

X.    

S Basile, moine à Peristera, évêque à Thessalonique.

XII.    

B Raimundo, abbé cistercien à Fitero, fondateur de l’ordre de Calatrava, moitié militaire, moitié monastique.

S Jean de la Grille, évêque à Aleth et Tréguier, siège qu’il transféra à Saint-Malo ; son surnom lui vint de la grille qu’on dut mettre pour protéger son tombeau de la dévotion excessive des fidèles.

XIII.    

B Réginald, un des premiers compagnons français de s.Dominique et à qui la Vierge Marie montra l’habit de l’Ordre, actif à Bologne et à Paris.

Bse Verdiana (Viridiana), recluse à Castel-Fiorentino, mystique.                    

Bse Ela (Ella), veuve, fondatrice et abbesse augustine à Laycock. 

XIV.    

B Andrea de Segni, franciscain et solitaire près de Anagni, mystique.

XVII.    

Bx Conor O’Devany, évêque en Irlande, et Patrick O’Lougham, prêtre, franciscains, martyrs par la pendaison.

S Henry Morse, jésuite anglais, martyr à Tyburn.

XVIII.    

Bses Marie-Anne Vaillot et Odile Baumgarten, des Sœurs de la Miséricorde de Saint-Vincent-de-Paul et quarante cinq autres saintes femmes, martyres à Avrillé et béatifiées en 1984 : 

des veuves : Jeanne Gruget, Louise Rallier de la Tertinière, Madeleine Perrotin, Marie Anne Pichery et Simone Chauvigné ;

des mères de famille : Françoise Pagis, Jeanne Fouchard, Marguerite Rivière, Marie Cassin, Marie Fausseuse, Marie Galard, Marie Gasnier, Marie Jeanne Chauvigné, Marie Lenée, Marie Leroy Brevet, Marie Rouault, Pierrette Phélippeaux, Renée Cailleau, Renée Martin et Victoire Bauduceau ; 

trois sœurs : Jeanne, Madeleine et Pierrette Sailland d’Espinatz ; trois autres : Gabrielle, Pierrette et Suzanne Androuin ; deux autres encore : Marie et Renée Grillard ;

en outre : Anne Françoise de Villeneuve, Anne Hamard, Charlotte Davy, Catherine Cottanceau, Françoise Bellanger, Françoise Bonneau, Françoise Michau, Joséphine Monnier, Jeanne Bourigault, Louise Aimée Déan de Luigné, Madeleine Blond, Marie Leroy, Pierrette Besson, Pierrette Ledoyen, Pierrette Grille, Renée Valin et Rose Quenion.

XIX.    

Ss Baolo Hong Yŏng-ju, Yohan Yi Mun-u et Bareubara Ch’oe Yŏng-i, martyrs en Corée, canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

Bse Anna (Giovanna Francesca de la Visitation) Michelotti, fondatrice à Turin des Petites Sœurs du Sacré Cœur, au service des malades pauvres.

XX.    

B Luigi Variara (1875-1923), salésien, élève de don Bosco, fondateur en Colombie de l’Institut des Filles des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie, dont les membres seraient de jeunes lépreuses ; il avait organisé une fanfare de lépreux ; il fut pendant dix-huit années éloigné de sa fondation… , et béatifié en 2002.

Tryphon de Lampsaque

227-250

 

Tryphon, né vers 227, était d’une humble et pieuse famille de Lampsaque (Phrygie, act. Lapseki, Turquie W).

Son métier fut de garder les oies.

Son grand amour de Dieu lui valut très vite le don des miracles ; il guérissait les hommes comme les animaux de leurs maladies. 

Il chassait les esprits impurs. Aussi fut-il appelé par l’empereur Gordien pour guérir sa fille possédée. A cette époque-là, Tryphon pouvait avoir dix-sept ans.

Notre gardien d’oies reprit son travail (et ses miracles) jusqu’au temps de la persécution de Dèce (250).

Il fut alors dénoncé par les païens comme un dangereux malfaiteur, qui combattait le culte romain et répandait cette nouvelle doctrine d’un Crucifié de Palestine.

Les soldats vinrent le trouver, il se présenta à eux spontanément et se réjouit de partir avec eux à Nicée, où l’attendait le préfet Akylin.

Après les habituelles flatteries et menaces d’Akylin, qui n’émurent pas beaucoup Tryphon, celui-ci fut attaché à un poteau et frappé pendant plusieurs heures à coups d’épées de bois, qui servaient à l’exercice des soldats. Puis le tyran l’attacha derrière son cheval, qu’il fit trotter en obligeant Tryphon à courir pieds nus par des sentiers rocailleux et glacés.

Ensuite, comme Tryphon refusait d’adorer l’image de l’empereur, on lui planta des clous dans les pieds et on le traîna ainsi au milieu de la ville. Les habitants finissaient par admirer cet homme qui montrait tant de joie à souffrir pour son Maître ; les bourreaux, eux, s’épuisaient à lui déboîter les membres, à le flageller encore, à brûler son corps avec des torches… Tryphon, impassible et heureux, priait pour eux.

On vit alors venir du ciel une belle couronne de fleurs et de pierres précieuses, qui se posa sur sa tête. Akylin, furieux et impuissant, ordonna à ses hommes d’aller décapiter Tryphon en-dehors de la ville, mais Tryphon expira avant de recevoir le coup fatal.

Ce fut, d’après la Tradition, un 1er février, vers 250.

Depuis, saint Tryphon est toujours invoqué contre les sauterelles, les reptiles et autres animaux nuisibles aux cultures.

Saint Tryphon est commémoré le 1er février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Severus de Ravenne

† 344

 

Le douzième évêque de Ravenne fut Severus, mais c’est le premier de ces douze, dont on connaisse bien quelque chose de sa vie.

Né à Ravenne, il était simple tisserand.

Son épouse s’appelait Vincentia, sa fille Innocentia.

Vers 308 (ou plus tard vers 320), à la mort de l’évêque Marcellinus, le peuple se trouvait assemblé dans l’église pour nommer un successeur. Severus s’y était rendu tout simplement, en habit de travail. Et voici qu’une colombe vint se poser sur sa tête, comme cela s’était produit déjà pour l’élection des évêques précédents. Severus fut alors acclamé évêque.

Mais il était marié, et n’était donc pas même membre du clergé, ni préparé pour cette charge. Son cœur appartenait à Dieu, et c’est cela que Dieu avait manifesté pour cette élection. Il étudia, il reçut les saints Ordres, tandis que son épouse et sa fille se consacraient à Dieu.

En 343, Severus participa au concile de Sardique, dans le cadre de la lutte contre l’arianisme.

Il mourut vers 344, après une vingtaine d’années d’épiscopat.

Saint Severus de Ravenne est commémoré le 1er février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Paulus de Trois-Châteaux

5e siècle

 

Cet évêque fut suffisamment important pour donner par la suite son nom à la ville de Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme).

Il semble que cette ville ait été déjà siège épiscopal au 2e siècle. 

Paulus aurait été d’origine romaine. Son épouse se serait retirée dans un monastère d’Arles au moment où Paulus fut choisi pour être évêque.

On place saint Paulus au sixième rang dans la liste des évêques ; il aurait siégé entre 372 et 412. On relève en effet un Paulus parmi les signataires du concile de Valence en 374. Toutefois, on aurait tendance à considérer les cinq premiers évêques comme «légendaires».

Saint Paul est mentionné au 1er février dans le Martyrologe Romain.

Le diocèse de Saint-Paul-Trois-Châteaux fut supprimé en 1790, puis rattaché à celui de Valence depuis 1911.

 

 

Brigit de Kildare

453-525

 

Le nom de cette abbesse irlandaise comporte bien des variantes : Brigid, Bridget, Bridgit, Brid, Bride ; en irlandais : Naomh Bríd ; en breton : Brec’hed ou Berhet. Différents récits permettent, malgré des différences, d’avoir quelques certitudes.

Le père de Brigit, Dubhthach, devait être un roi de Leinster, et sa mère, Brocca, une chrétienne picte baptisée par saint Patrick. Certains avancent que Dubhthach était originaire du Portugal et avait été kidnappé comme esclave par des pirates irlandais ; d’autres, que Brocca était d’abord elle-même esclave à la cour de Dubhthach.

Née vers 451, Brigit serait née au lieu-dit Faughart, près de Dundalk (County Louth, Irlande). En grandissant elle fait déjà des miracles, venant en aide aux pauvres et aux malades, qu’elle nourrit et guérit. Un jour qu’elle donne toute la réserve de beurre de sa mère, l’entière réserve est renouvelée sur la prière de Brigit.

Elle forme avec quelques compagnes la première communauté féminine en Irlande, près de Dublin.

Un des évêques de l’époque (Mel ou Mac-Caille) lui donna le voile, puis des terres pour fonder son abbaye, probablement Mág Tulach (actuelle Fartullagh, Westmeath). Comme abbesse, elle eut le même rang qu’un évêque, ainsi que les abbesses qui lui succédèrent.

La petite cellule de Brigit à Cill-Dara (Kildare) devint un foyer de vie religieuse et culturelle. Brigit fonda un monastère pour les hommes et un pour les femmes, une école d’arts, comprenant le travail des métaux et les enluminures. Le scriptorium de Kildare est à l’origine du Livre de Kildare, qui fut conservé longtemps, mais disparut lors de la Réforme : on n’avait jamais vu de livre aussi finement décoré, et l’on disait que seuls des anges avaient pu faire ce travail magnifique.

Une sainte amitié lia Brigit et saint Patrick.

Beaucoup de miracles furent attribués à sainte Brigit, dont l’un est que, accusée calomnieusement, Brigit prouva sa virginité en faisant reverdir l’autel qu’elle toucha de sa main ; ou aussi que, demandée si souvent en mariage par des prétendants, elle obtint par la prière de perdre sa beauté juvénile, qu’elle ne retrouva qu’une fois revêtue du voile des moniales.

Une autre fois, elle vint avec trois compagnes demander au roi un terrain assez vaste pour y construire une abbaye. Sur le refus du roi, elle l’assura qu’elle ne demandait pas plus de terrain que la largeur de son manteau. Là, le roi consentit en souriant. Alors les quatre religieuses tirèrent chacune une partie du manteau dans les quatre directions, jusqu’à couvrir une large superficie de terrain, que le roi alors concéda, plein d’admiration pour la Sainte, en y ajoutant aussi de l’argent, de la nourriture et d’autres fournitures. Puis il se convertit au christianisme. Une légende ajoute gentiment que ce terrain produisit suffisamment de myrtilles pour toute l’Irlande, et qu’encore aujourd’hui, les amis de sainte Brigit mangent de la confiture de myrtilles le 1er février, en souvenir de ce miracle.

Brigit mourut le 1er février 523 «à soixante-douze ans». Enterrée d’abord dans la cathédrale de Kildare, elle en fut retirée en 878 devant la menace des envahisseurs danois, et son corps fut transporté à Downpatrick, dans la tombe des deux grands Saints irlandais, Patrick et Columba (pour ces deux Saints, v. 17 mars et 9 juin).

En 1185, les reliques furent retrouvées et reportées dans la cathédrale de Down, mais disparurent sous Henri VIII.

Sainte Brigit de Kildare est céleste patronne de l’Irlande, avec saint Patrick et saint Columba, mais beaucoup la vénèrent particulièrement à plus d’un titre : les religieuses, les enfants, les enfants de parents non mariés, les enfants naturels, les sages-femmes, les crémières, les fugitifs, les marins, les pauvres, les poètes, les éleveurs de volailles, les imprimeurs…

La fête de sainte Brigit est au 1er février.

 

 

Ursus d’Aoste

6e siècle

 

Suivant le mouvement de maints Irlandais vers le continent, Ursus vint dans le midi de la Gaule et y prêcha la Vérité dans la région de Digne, contre les idées ariennes qui s’y répandaient.

Puis il poursuivit sa route vers Aoste, où l’évêque le garda comme archidiacre. Cet évêque semble avoir été Gallus, seul évêque connu du 6e siècle. Mais son successeur appuya l’hérésie arienne, aussi Ursus se retira-t-il dans l’église Saint-Pierre, en-dehors de la ville.

Avec le clergé resté fidèle à la Doctrine, Ursus développa cette église en collégiale, plus tard dédiée à Saint Ursus.

Le Martyrologe mentionne son dies natalis au 1er février.

 

 

Sigisbert III, roi

630-656

 

Sigisbert (ou Sigebert) naquit en décembre 630, premier fils de Dabobert Ier (et de Ragnetrude, concubine) ; son frère, Clovis II, naîtra de Nanthilde (femme légitime de Dagobert).

Le baptême de Sigisbert eut lieu en 631 à Orléans, par l’évêque Amand (v. 6 février), en présence de s.Eloi et de s.Ouen (v. 1er décembre et 24 août), et de la reine Nanthilde. Le parrain fut Caribert II, roi d’Aquitaine. On raconte qu’à la prière du Pater, le bébé royal - qui avait neuf jours -, répondit lui-même Amen.

L’enfant grandit à Metz, auprès de Ragnetrude, dans leur domaine royal de Montigny.

Avant de devenir roi unique des Francs, Dagobert fut roi d’Austrasie jusqu’en 632, et Sigebert fut nommé roi d’Austrasie en 633.

En 640, l’armée de Sigebert, après un premier échec, dut mater la révolte du duc de Thuringe, au cours de laquelle Grimoald sauva le jeune Sigebert de la mort.

En 647, à dix-sept ans, il épousa Imnechilde. Persuadé par son maire du palais, Grimoald, qu’il n’aurait pas d’enfants, il en adopta le fils comme successeur, Childebert (651). Si le fait était prouvé - car des historiens le mettent en doute - ce serait là une décision grave et qui s’avéra dangereuse, comme on le verra. En effet, son épouse Imnechilde mit au monde Bichilde, puis Dagobert, véritable héritier. Cependant Sigebert n’osa casser son premier serment concernant l’adoption. 

En marge de ces problèmes de succession, Sigebert chercha à régner avec justice et piété. Il mit tous ses soins à bannir de sa cour le luxe et le libertinage, distribua aux pauvres d’abondantes aumônes, dota douze monastères, parmi lesquels Stavelo et Malmédy.

Sigebert mourut, assassiné, dit-on, le 1er février 656, son dies natalis dans le Martyrologe.

Grimoald fit alors tondre en secret le petit Dagobert, qui avait trois ans, et le fit emporter à York, sous la protection de l’évêque s. Wilfrid (v. 24 avril). Il fit couronner Childebert ; celui-ci, Childebert III, fut déposé en 662 au profit de Childéric II. Dagobert revint et fut roi d’Austrasie de 676 à 679, et canonisé en 872 (v. 23 décembre ?).

La dépouille de Sigebert fut placée à Metz, et de nombreux miracles advinrent. Profanés sous la Révolution, les restes du roi furent transférés à la cathédrale de Nancy.

Saint Sigisbert est patron de la ville de Nancy.

 

 

Agrippanus de Velay

7e siècle

 

D’après la tradition, Agrippanus (Agrève) était d’une noble famille espagnole.

Chrétien, et voulant fuir ses parents qui voulaient l’engager dans un mariage qu’il ne désirait pas, il vint à Rome où il rencontra le pape.

Le pape trouva en lui un homme plein de vertus et de sagesse et lui conféra l’ordination épiscopale, pour l’envoyer dans le Velay, une région encore marquée par les idées ariennes. Agrippanus travailla beaucoup à la conversion de son peuple.

Un jour qu’il était de retour d’un autre voyage à Rome, il s’arrêta à Chinac pour y prêcher. Là, il fut accusé par une païenne qui le fit mettre en prison. On le tortura pendant trois jours avant de le décapiter.

La Tradition rapporte qu’à l’endroit du martyre, jaillit une fontaine miraculeuse.

L’histoire de ce Martyre semble contestée par certains, ou simplement passée sous silence. Dans le Martyrologe, on raconte que l’évêque fut abattu par des idolâtres.

Ce martyre aurait eu lieu un 1er février, vers la fin du siècle.

Le village de Chinac a reçu ensuite le nom de Saint-Agrève.

Les reliques de saint Agrève furent transférées au Puy, jusqu’à la Révolution, et se trouveraient actuellement au séminaire.

Jean de la Grille (de Châtillon)

1098-1163

 

Jean naquit en 1098 à Châtillon-sur-Seiche ou Châtillon-en-Vendelais (Ille-et-Vilaine).

Un doute subsiste sur la voie qu’il choisit à vingt-trois ans. Pour certains, il émit sa profession religieuse dans les mains de saint Bernard (v. 20 août) ; pour d’autres, il fut plutôt Chanoine de Saint-Augustin. On l’a fait premier abbé de Sainte-Croix de Guingamp en 1134.

En 1143, il fut élu évêque des diocèses d’Aleth et Tréguier, dont il transféra le siège à Saint-Malo, au grand dam des moines de Marmoutier, auxquels l’évêque précédent avait concédé l’île Saint-Malo ; discussions, appel, finalement le pape cistercien Eugène III trancha en faveur de Jean.

Dès lors, Jean entreprit la réforme de ses monastères, favorisant la règle cistercienne à Boquen et Buzay ; il installa dans sa cathédrale des Chanoines de Saint-Victor, venus de Paris.

Il fut co-consécrateur de la cathédrale du Mans (1158) et participa au concile de Montpellier (1162).

Sa vie fut toute de vertu, de science et de zèle apostolique, au service de la justice.

A sa mort, au 1er février 1163, la population unanime le «canonisa», et l’on dut protéger sa tombe d’une grille sévère pour empêcher une vénération excessive et déplacée. C’est pourquoi on appela l’évêque Jean de la Grille.

Le bienheureux Jean, dont le culte fut autorisé en 1517, est commémoré au 1er février.

 

 

Raimundo de Fitero

† 1163

 

Raimundo naquit au début du 12e siècle à Saint-Gaudens (Haute-Garrone), à moins que ce fût à Tarazona (Aragon, Espagne) ou bien Tarragona ou Barcelone (Catalogne, Espagne).

De sa jeunesse, on ne sait rien ou presque. On le décrit comme un homme discret, à la parole sobre et grave, respectueux des anciens, serviable envers ses proches, paisible avec les plus jeunes. 

Il fut chanoine à Tarazona, cette ville récemment reprise aux Maures (1120). 

Il entra chez les Cisterciens de L’Escale-Dieu (Tarbes).

On l’envoya comme prieur dans le nouveau monastère de Nienzabas (Alfaro), où il succéda à l’abbé Durando (1146). Déjà se répandait sa réputation de thaumaturge.

En 1148, il participa au chapitre général cistercien, où était présent le pape Eugène III, lui-même cistercien.

Puis on l’envoya à Castejón (Fitero), où se construisit le monastère de Santa-María ; il en fut le premier abbé.

En 1158, à la demande du roi, il s’offrit avec Diego de Velázquez pour défendre la place de Calatrava contre les Maures, qui n’osèrent pas même l’attaquer, devant la détermination de l’armée espagnole. Puis Raimundo fonda une sorte d’Ordre militaire, précisément l’Ordre de Calatrava, qui recruterait des nobles chevaliers, sous la règle cistercienne. Le roi l’approuva en 1164 et l’Ordre se perpétua pendant plusieurs siècles.

Il transféra alors ses moines de Fitero à Calatrava.

Les dernières années, Raimundo se retira à Ciruelos (Ocaña) et c’est là qu’il mourut en 1163, probablement un 1er février, jour où le commémore le Martyrologe Romain.

Il fut canonisé en 1719.

 

 

Réginald d’Orléans

1180-1220

 

Réginald était né en 1180 près d’Orléans et y fut chanoine.

Il fut professeur de Droit canonique plusieurs années à la Sorbonne.

En 1218, il accompagna à Rome son évêque et songeait à accomplir le pèlerinage de Jérusalem, mais à Rome il connut s. Domingo de Guzmán (v. 6 août), dont l’idéal le conquit.

Tombé malade, il guérit miraculeusement après avoir reçu une apparition de la Vierge Marie qui lui remit l’habit (ou lui montra l’habit qu’il devait porter).

A quarante ans, il émit la profession dans les mains de s. Domingo.

Il fut très actif à Bologne, en tant que prieur et professeur, et à Paris.

A Bologne, il eut la joie de connaître Diana d’Andaló (v. 10 juin), qui fut abbesse du premier couvent de Dominicaines de Bologne.

Après une année d’enseignement à Bologne, il fut envoyé par Domingo à Paris, où il fut aussi prieur ; ses prédications attirèrent des professeurs de la Sorbonne et des jeunes, parmi lesquels Jourdain de Saxe (v. 13 février).

C’est ce dernier qui témoigna : Il avait une éloquence de feu ; sa parole était une torche vivante qui enflammait tellement le cœur des auditeurs, que bien peu avaient le cœur assez endurci pour résister à la chaleur de ce feu.

Humble, Réginald confia n’avoir aucun mérite à vivre dans cet Ordre, car (il y a) trouvé trop de joie.

Réginald mourut à Paris en février 1220. Il n’y a pas l’unanimité sur le jour exact de son dies natalis : le Martyrologe Romain a opté pour le 1er février.

Son culte a été confirmé en 1875.

 

Nota. Il existe un Reginaldo, dominicain italien, un peu plus tardif que Réginald, commémoré au 9 avril, mais absent du Martyrologe Romain.

 

 

Verdiana Attavanti

1182-1242

 

Verdiana (ou Viridiana) vit le jour en 1182 à Castelfiorentino (Toscane, Italie C) dans la noble famille des Attavanti. Cette même année naissait saint Francesco (v. 4 octobre).

Dès l’enfance, on remarqua son attrait pour la solitude et la pénitence. A douze ans, un proche parent lui confia l’administration de la maison.

Ce parent était fort riche. Il avait à la maison une importante quantité de fèves qu’il avait vendues et devait livrer tel jour ; mais à cette époque, la région traversait une grave disette, et la bonne Verdiana, pleine de compassion, avait tout distribué aux pauvres, ignorant le marché qu’avait conclu son parent. Comme on l’imagine bien, ce dernier, quoique d’habitude bon chrétien, entra en grande fureur. Que fit Verdiana ? Elle pria toute la nuit : au matin, les caisses étaient pleines ! 

Mais Verdiana voulut échapper à l’admiration des gens et partir au loin : elle se joignit à des pèlerins qui partaient pour Compostelle. Au retour, elle demanda qu’on lui construisît une cellule voisine de l’église, pour y vivre en recluse. 

Pendant la construction, elle fit le pèlerinage à Rome, où des florentins la reconnurent et parlèrent d’elles ; elle eut du mal à échapper aux regards et aux marques de vénération.

De retour dans son pays, elle prit l’habit pauvre des recluses, se fit enfermer dans la petite cellule, qui n’avait qu’une fenêtre pour apercevoir l’église, recevoir un peu de nourriture et parler à son confesseur. Cette vie dura trente-quatre ans.

Elle se confessait chaque semaine.

Ayant entendu parler du combat des Pères du désert contre le Démon qui leur apparaissait sous forme de bêtes hideuses pour les tourmenter, elle pensa qu’il lui fallait cela aussi pour se sanctifier et en demanda la grâce à Dieu : deux serpents énormes pénétrèrent alors par la fenêtre et vinrent la tourmenter, tentant de l’expulser par le fenêtre. On imagine les heurs, les coups, les chutes qu’elle dut subir. L’évêque le sut et vint la visiter : elle le supplia de n’en pas parler, pour conserver tout le mérite de cette épreuve et mieux gagner la Récompense céleste.

Saint Francesco d’Assise aussi vint la visiter et la consoler dans l’épreuve. Cette apparition permet de supposer que Verdiana était plutôt affiliée au Tiers-Ordre franciscain qu’à celui camaldule. D’ailleurs on trouve aussi que saint Francesco lui-même la reçut en 1221 dans ce Tiers-Ordre.

Quand les serpents disparurent, Verdiana comprit que sa fin était proche et l’annonça à son confesseur.

Le 1er février 1242, les cloches se mirent spontanément à sonner pour anoncer sa mort, son dies natalis retenu par le Martyrologe.

De nombreux miracles suivirent cette mort et le culte de la Bienheureuse fut approuvé en 1533.

 

 

Andrea de Segni

1235-1302

 

Andrea naquit vers 1235 à Anagni (Segni, Latium, Italie C) de Stefano, des Comtes de Segni, et se trouvait ainsi proche parent du pape Alexandre IV. Il avait (au moins) une sœur, Emilia.

Il entra au couvent franciscain de Piglio, fondé par saint Francesco d’Assise lui-même, et après sa profession obtint de se retirer dans une grotte voisine, où il mena une vie de prière et de pénitence. Le Démon, qui déteste la sainteté, le détecta et ne manqua pas de s’inviter aussi dans cette grotte. Andrea lui livra une lutte acharnée, dont la postérité se souviendra.

Andrea travailla aussi : il s’adonna à l’étude et devint un théologien renommé. On a malheureusement perdu le traité marial qu’il écrivit.

Son oncle, le pape Alexandre IV, vint le visiter et lui mit sur la tête un beau chapeau de cardinal, qu’Andrea retira immédiatement. Plus tard (1295), un autre pape, Boniface VIII, son neveu cette fois, voulut à son tour le distinguer en le créant cardinal ; nouveau refus, qui suggéra à l’illustre Expéditeur de ne désirer qu’une chose : vivre assez longtemps pour pouvoir canoniser Andrea après sa mort.

Andrea acheva ses dernières années dans une vie plus angélique qu’humaine ; il eut le don de la prophétie, des miracles ; il eut révélation du sort de certaines âmes du Purgatoire, nouvelle preuve de l’existence de cet état de purification après la mort : c’est ainsi que lui apparut l’âme de Charles d’Anjou, frère de Louis IX roi de France, qui lui demanda des suffrages pour sa délivrance.

La mort d’Andrea de Segni advint le 1er février 1302, près du même couvent où il avait commencé son chemin vers la sainteté. Il est célèbre pour le pouvoir qu’il exerce sur les démons.

Le culte immémorial du bienheureux Andrea fut confirmé en 1724.

Conor O’Devany

1532-1612

 

Conor naquit vers 1532 à Raphoe (County Donegal, Irlande).

Son nom peut aussi se trouver sous les formes (latine) de Cornelius O’Devany et (gaélique) Conchubhar Ó Duibheannaigh.

Il entra au couvent franciscain de Donegal Town, et fut sacré à Rome évêque de Down and Connor en 1583.

En 1588, il fut livré au Dublin Castle. Comme on ne trouvait rien à lui reprocher pour le condamner à mort, son accusateur chercha à «se débarrasser d’un obstiné ennemi de Dieu et d’un si infect traître de Sa Majesté, comme il l’est très certainement».

Il resta en prison jusqu’en novembre 1590. Soi-disant sur sa demande, mais sans doute grâce à quelque tactique, il fut relâché et protégé jusqu’en 1607, échappant aux recherches jusqu’en 1611. 

Cette année-là il fut repris, tandis qu’il administrait la Confirmation. 

De nouveau enfermé à Dublin Castle, il fut accusé en janvier 1612 de haute trahison, trouvé coupable à la majorité des jurés déjà pré-disposés, et condamné à mort le 1er février, le jour de son quatre-vingtième anniversaire (du moins dans l’ancien calendrier julien).

On le traîna en charrette de l’autre côté de la rivière, où se trouvait la potence. La rue était pleine de catholiques, tandis que des pasteurs protestants l’assommaient de reproches et le pressaient de reconnaître qu’il mourait pour trahison.

Il embrassa le bois de la potence avant d’y monter, adressa encore une exhortation aux Catholiques pour qu’ils demeurassent fermes et fidèles dans leur foi. Puis il fut, selon l’habitude, «pendu,  remis sur ses pieds encore vivant {probablement aussi éviscéré}, et écartelé».

Avec lui fut aussi exécuté un prêtre, Patrick O’Loughran.

Après l’exécution, les gens s’emparèrent de la corde, des vêtements, de reliques du corps. Ils restèrent toute la nuit à prier - et un malade fut guéri - tandis qu’on y célébrait messe sur messe, de minuit au lever du jour.

Il y avait tellement de monde que l’ordre fut donné de brûler les corps sur place, mais la nuit suivante les Catholiques les exhumèrent et les enterrèrent dans le cimetière de Saint-Jacques.

Connor O’Devany fut béatifié avec soixante autres en 1992. Son dies natalis est au 1er février (probablement le 11 février du calendrier grégorien), tandis que localement la fête de tous ces Martyrs est au 20 juin.

 

 

Patrick O’Loughran

1577-1612

 

Patrick O’Loughran (en gaélique : Pádraig Ó Lochráin) était né à County Tyrone, vers 1577.

En Belgique il administrait les sacrements pour les nobles irlandais qui avaient fui leur pays.

Il revint en Irlande en juin 1611 et fut bientôt arrêté. Il reconnut avoir administré les sacrements aux nobles irlandais exilés, et d’avoir assisté l’évêque Conor O’Devany. Là-dessus, on l’enferma dans un cachot et, en janvier, fut condamné à mort avec l’évêque O’Devany.

Au moment de l’exécution, l’évêque (qui avait quatre-vingts ans) demanda à mourir après Patrick, pour l’assister au moment de sa mort, mais ce lui fut refusé.

Patrick O’Loughran répliqua, citant saint Paul : Aide-moi de tes prières auprès de Dieu, par la grâce de qui je suis sûr que ni la mort, ni la vie, ni les principautés, ni les puissants, ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni rien d’autre, ne pourra me séparer de l’amour du Christ ou de notre amitié à tous les deux (cf. Ro 8:38-39).

L’évêque s’agenouilla pour prier près de O’Loughran, puis tous deux furent «pendus et écartelés».

Comme cet évêque, Patrick O’Loughran fut béatifié en 1992.

Son dies natalis est au 1er février (de l’ancien calendrier julien), mais pourrait être déplacé au 11 février de notre calendrier grégorien.

 

 

Henry Morse

1595-1645

 

Henry naquit dans le protestantisme en 1595 à Brome (Suffolk, Angleterre) et se convertit au catholicisme à Douai en 1614, à dix-neuf ans.

Pour être prêtre, il voyagea en différents endroits et arriva finalement à Rome où il fut ordonné, et d’où il fut envoyé en mission, en 1624.

A Heaton, il fut admis chez les Jésuites ; arrêté peu de temps après, il fit trois années de prison à York Castle, durant lesquelles il fit son noviciat avec son compagnon de cellule, le père John Robinson et fit sa première profession en prison. Ce père Robinson n’est pas le Martyr commémoré le 1er octobre mort en 1588.

Fut-il relâché, ou délivré par quelque complicité ? Il fut alors missionnaire dans les régiments anglais, aux Pays Bas.

De retour en Angleterre en 1633, il aurait ramené au catholicisme, en 1636, une centaine de familles protestantes, mais atteint de la peste, il fut hospitalisé.

Arrêté en février 1636, il fut mis en prison à Newgate. Le 22 avril, il fut conduit au tribunal et accusé d’être prêtre, d’avoir détourné des sujets du roi de leur foi et de leur allégeance. Dans un premier temps, il fut jugé coupable, dans un second temps non-coupable, et la sentence fut remise à plus tard.

Dès le 23 avril, il fit sa profession solennelle dans les mains du père Edward Lusher. Sur intervention de la reine Henriette Maria, une caution de 10.000 florins fut versée et il fut libéré le 20 juin 1637.

Pour n’avoir pas à payer cette caution, il repartit volontairement en exil quand un arrêt royal ordonna à tous les prêtres catholiques de quitter le pays avant le 7 avril 1641. C’est ainsi qu’il devint chapelain du régiment anglais de Gage, en Espagne.

Cette vie intrépide ne s’arrêta pas encore : le courageux prêtre repartit en Angleterre en 1643. Arrêté un an et demi après, il fut mis en prison à Durham puis Newcastle, et envoyé par mer à Londres.

Le 30 janvier, il passa à nouveau en jugement et cette fois-ci fut condamné. Le jour de son exécution, la corde fut tirée par quatre chevaux. Assistaient à l’exécution l’ambassadeur de France avec sa suite, le comte d’Egmont ainsi que l’ambassadeur de Portugal.

On «permit» à Henry de rester pendu et de mourir ainsi, car d’ordinaire, les Martyrs étaient remis sur pied avant leur mort, et on les éviscérait encore conscients avant de les écarteler.

Quand Henry fut écartelé, les hommes de l’ambassadeur imbibèrent des mouchoirs dans le sang du Martyr.

Béatifié en 1929, Henry Morse fut canonisé en 1970 parmi les Quarante Martyrs d’Angleterre.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

Le dies natalis de Henry est au 1er février.

Les 84 Martyrs d’Avrillé

† 1794

 

Il y eut un Martyr le 12 janvier, quatre le 18 janvier, quarante-sept le 1er février (ci-après), six le 10 février, vingt-six le 16 avril. Le décret de béatification embrasse quinze autres Martyrs de la même époque, mais pas de la même localité.

 

On lira avec quelque utilité la notice générale Avrillé (Martyrs d’)

 

 

 

Jacquine Monnier

1726-1794

 

Jacquine (ou Jacqueline) était née le 16 janvier 1726 à Saint-Melaine (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Simone Chauvigné

1728-1794

 

Simone était née le 12 mars 1728 à Chaudefonds (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse et veuve Charbonneau, et probablement sœur ou cousine de Marie-Jeanne Chauvigné, épouse Rorteau, martyrisée le même jour.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie Lenée

1729-1794

 

Marie était née le 14 juillet 1729 à Saint-Nicolas-de-Saumur (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Lepage de Varancé.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Louise-Olympe Rallier de la Tertinière

1732-1794

 

Louise-Olympe était née le 24 avril 1732 à Châteaugontier (Mayenne). 

Elle était épouse et veuve Déan de Luigné, et probablement belle-sœur de Louise Déan de Luigné, martyrisée le même jour.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Françoise Pagis

1732-1794

 

Françoise était née le 14 octobre 1732 à Gouis (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Railleau.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Catherine Cottanceau

1733-1794

 

Catherine était née vers 1733 à Bressuire (Deux-Sèvres). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Françoise Boulanger

1735-1794

 

Françoise (Bellanger ?) était née le 24 juin 1735 à La Trinité-d’Angers (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie-Anne Vaillot

1736-1794

 

Marie-Anne était née le 13 mai 1736 à Fontainebleau dans le Maine-et-Loire. 

Elle était entrée chez les Filles de la Charité.

C’est l’une des deux Religieuses d’Avrillé qui furent martyrisées.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie Gallard

1739-1794

 

Marie était née vers 1739 à Saint-Laurent-de-la-Plaine (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Quesson.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Perrine-Charlotte Phelippeaux

1740-1794

 

Perrine-Charlotte était née le 13 mai 1740 à Saint-Nicolas-de-Saumur (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Sailland d’Epinatz, et probablement belle-sœur de Jeanne et Madeleine Sailland d’Epinatz, martyrisées le même jour.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie Fausseuse

1740-1794

 

Marie était née vers 1740 à Boësse (Deux-Sèvres). 

Elle était épouse Blanchereau.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Anne-Françoise de Villeneuve

1741-1794

 

Anne-Françoise était née le 11 septembre 1741 à Seiches-sur-le-Loir (Maine-et-Loir). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Perrine Grille

1742-1794

 

Perrine était née le 6 février 1742 à Rochefort-sur-Loire (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Anne Hamard

1742-1794

 

Anne était née vers 1742 à Saint-Clément (Maine-et-Loire). Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Perrine Besson

1742-1794

 

Perrine était née vers 1742 aux Essarts (Vendée). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

Madeleine Perrotin

1744-1794

 

Madeleine était née le 30 mars 1744 à Saint-Germain-des-Prés dans le Maine-et-Loire. 

Elle était épouse et veuve Rousseau.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie Rouault

1744-1794

 

Marie était née le 26 octobre 1744 à Vezins (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Bouju.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Victoire Bauduceau

1745-1794

 

Victoire était née le 20 septembre 1745 à Thouars (Deux-Sèvres). 

Elle était épouse Révélière.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Jeanne Gruget

1745-1794

 

Jeanne était née vers 1745 à Châtillon-sur-Sèvre (actuelle Mauléon, Deux-Sèvres). 

Elle était épouse et veuve Doly.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Jeanne Fouchard

1747-1794

 

Jeanne était née le 10 septembre 1747 à Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Chalonneau.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie Cassin

1750-1794

 

Marie était née le 21 janvier 1750 à Chanteloup (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Moreau.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Odile Baumgarten

1750-1794

 

Odile était née le 15 novembre 1750 à Gondrexange (Moselle). 

Elle était entrée chez les Filles de la Charité.

C’est l’une des deux Religieuses d’Avrillé qui furent martyrisées.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Renée Cailleau

1752-1794

 

Renée était née le 6 juillet 1752 à Saint-Aubin-de-Luigné (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Girault.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Renée Martin

1752-1794

 

Renée était née vers 1752 dans une localité non précisée. 

Elle était épouse Martin (sic).

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie Grillard

1753-1794

 

Marie était née le 5 octobre 1753 à Saint-Pierre-de-Cholet (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire, comme sa sœur ou cousine Renée, martyrisée le même jour.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie-Anne Pichery

1754-1794

 

Marie-Anne était née le 30 juillet 1754 à Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Delahaye.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie-Jeanne Chauvigné

1755-1794

 

Marie-Jeanne était née le 21 février 1755 à La Jumellière (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Rorteau, et probablement sœur ou cousine de Simone Chauvigné, veuve Charbonneau, martyrisée le même jour.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Gabrielle Androuin

1755-1794

 

Gabrielle était née le 6 septembre 1755 à Saint-Lambert-du-Lattay (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire, comme ses deux sœurs ou cousines, Perrine et Suzanne, martyrisées le même jour.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie Leroy 1

1755-1794

 

Marie était née vers 1755, dans une localité non précisée. 

Elle était épouse Brevet.

Le même jour fut martyrisée une autre personne portant les mêmes nom et prénom, mais née en 1771 (voir notice Marie Leroy 2).

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marguerite Rivière

1756-1794

 

Marguerite était née le 20 août 1756 à La Ferrière-de-Flée (Maine-et-Loire). 

Elle était épouse Huau.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie Gasnier

1756-1794

 

Marie était née le 8 novembre 1756 à Ménil (Mayenne). 

Elle était épouse Mercier.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

Suzanne Androuin

1757-1794

 

Suzanne était née le 16 mars 1757 à Saint-Lambert-du-Lattay (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire, comme ses deux sœurs ou cousines, Gabrielle et Perrine, martyrisées le même jour.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Jeanne Bourigault

1757-1794

 

Jeanne était née le 24 octobre 1757 à Chaudefonds (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Louise Déan de Luigné

1757-1794

 

Louise était née le 17 novembre 1757 à Argenton-Notre-Dame (Mayenne). 

Elle était célibataire et probablement belle-sœur de Louise-Olympe Rallier de la Tertinière, veuve Déan de Luigné, martyrisée le même jour.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Renée Valin

1760-1794

 

Renée était née le 8 mars 1760 à Chaudefonds (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Perrine Androuin

1760-1794

 

Perrine était née le 31 août 1760 à Saint-Lambert-du-Lattay (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire, comme ses deux sœurs ou cousines, Gabrielle et Suzanne, martyrisées le même jour.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Charlotte Davy

1760-1794

 

Charlotte était née le 19 octobre 1760 à Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Françoise Bonneau

1763-1794

 

Françoise était née vers 1763 à Saint-Léger-en-Anjou (actuelle St-Léger-sous-Cholet, Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Madeleine Blond

1763-1794

 

Madeleine était née vers 1763 à Angers (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Rose Quenion

1764-1794

 

Rose était née le 20 janvier 1764, à Mozé-sur-Louet (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Perrine Ledoyen

1764-1794

 

Perrine était née le 16 septembre 1764 à Saint-Aubin-de-Luigné (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Françoise Michau

1765-1794

 

Françoise était née vers 1765, mais on n’a pas retrouvé la localité de sa naissance. 

Elle était célibataire.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Renée Grillard

1766-1794

 

Renée était née le 10 février 1766 à Saint-Pierre-de-Cholet (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire, comme sa sœur ou cousine Marie, martyrisée le même jour.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Perrine Sailland d’Epinatz

1768-1794

 

Perrine était née le 24 mars 1768 à Saint-Nicolas-de-Saumur (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire, comme ses deux sœurs ou cousines, Jeanne et Madeleine, martyrisées le même jour. Une autre Martyre du même jour était probablement leur belle-sœur, Perrine-Charlotte Phelippeaux, épouse Sailland d’Epinatz.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Jeanne Sailland d’Epinatz

1769-1794

 

Jeanne était née le 3 juillet 1769 à Saint-Nicolas-de-Saumur (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire, comme ses deux sœurs ou cousines, Perrine et Madeleine, martyrisées le même jour. Une autre Martyre du même jour était probablement leur belle-sœur, Perrine-Charlotte Phelippeaux, épouse Sailland d’Epinatz.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Madeleine Sailland d’Epinatz

1770-1794

 

Madeleine était née le 9 août 1770 à Saint-Nicolas-de-Saumur (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire, comme ses deux sœurs ou cousines, Perrine et Jeanne, martyrisées le même jour. Une autre Martyre du même jour était probablement leur belle-sœur, Perrine-Charlotte Phelippeaux, épouse Sailland d’Epinatz.

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

 

 

Marie Leroy 2

1771-1794

 

Marie était née le 19 mai 1771 à Montilliers (Maine-et-Loire). 

Elle était célibataire.

Le même jour fut martyrisée une autre Marie Leroy, épouse Brevet (voir notice Marie Leroy 1).

 

Se reporter à la notice : Avrillé (Martyrs d’)-1er février.

Baolo Hong Yŏng-ju

1802-1840

 

Baolo (Paulus) était né en 1802 à Sŏsan (Chungchŏng, Corée sud), dans un foyer déjà chrétien.

Il était petit-fils d’un martyr de 1801, Hong Nang-min, et neveu d’un autre martyr Hong Protasius (cf. 20 mai ?) ; lui et son frère, Peteuro Hong Pyŏng-Ju, étaient donc d’une famille très chrétienne, et contribuèrent beaucoup à aider l’Eglise coréenne.

Tous deux, catéchistes, accomplirent leur mission avec beaucoup d’enthousiasme, communiquant leur foi aux catéchumènes, assistant les malades et participant à toutes les autres activités charitables de la communauté, ce qui amena les missionnaires à leur confier d’importantes responsabilités.

Lors de la persécution de 1839, ils cachèrent les missionnaires chez eux, au risque de leur vie. Un traître les dénonça en les faisant inscrire sur la liste des recherchés.

On les retrouva. On voulut les forcer à révéler des indications sur les autres Chrétiens ou de renier leur foi, en vain. Il se trouva que le chef des bourreaux était un parent, qui ne voulut pas les torturer lui-même, mais les fit torturer pour les faire apostasier. Mêmes les autres prisonniers, voleurs ou assassins, participèrent aux tortures avec les bourreaux, mais les deux frères ne cédèrent pas.

Condamnés à mort, Peteuro et Baolo furent conduits à Tangkogae (Séoul), et décapités : Peteuro, le 31 janvier 1840, avec six (ou même sept) autres compagnons ; Baolo, le 1er février 1840, avec deux autres compagnons.

Peteuro et Baolo ont été martyrisés à deux jours différents, parce qu’une loi prohibait, à l’époque, de condamner à mort deux parents le même jour…

Ces martyrs ont été béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

Leur fête liturgique commune est au 21 septembre.

 

 

Yohan Yi Mun-u

1809-1840

 

Yohan (Jean) était né en 1809 à Ich'ŏn (Kyŏnggi, Corée sud), d'une famille noble et catholique. 

Il fut orphelin à cinq ans et recueilli par une pieuse femme à Séoul. Elle voulut le marier, et il finit par se laisser convaincre, mais sa femme et ses deux enfants moururent bientôt.

Désormais grand et libre, il se donna de tout son cœur au service des missionnaires, les accompagnant dans leurs missions, les aidant à se cacher dans la montagne lors de la persécution de 1839, les informant des nouvelles et des dangers, et il risqua beaucoup quand il voulut ensevelir les corps des saints martyrs, l'évêque Imbert et les pères Maubant et Chastan.

Puis il songea à s'enfuir.

Mais il fut arrêté, chez un ami, le 10 novembre 1839. On lui demanda pourquoi il voulait abandonner sa noble condition et mourir en catholique, on tenta de le faire apostasier en lui servant un bon repas avec du vin. Yohan répondit qu'il ne renierait jamais Dieu, le Créateur et le Roi des rois.

On le tortura, on le jeta en prison avec les droits-communs. Yohan rencontra des apostats, qu'il réprimanda et chercha à reconduire à la foi.

De la prison, il écrivit une lettre magnifique, dont voici des extraits : 

Regardez un corps, dix jours après que l'âme l'ait quitté : comme il est misérable, comme il sent mauvais ! Les gens se préoccupent plus de leur corps que de leur âme. Les gens vivent comme des bêtes. Les bêtes n'ont pas d'âmes à sauver. Quelle déchéance pour des hommes qui ont à sauver leurs âmes, de vivre comme des bêtes ! … N'ayez pas peur de la mort. Une fois que vous aurez traversé toutes les souffrances, vous pourrez entrer dans le bonheur éternel... Telle est la dernière lettre que j'écris dans ma vie.

Finalement, on le conduisit au lieu-dit Tangkogae, près de Séoul, où il fut décapité, le 1er février 1840.

Il fut béatifié en 1925 et canonisé en 1984.

 

 

Bareubara Ch'oe Yŏng-i

1818-1840

 

Bareubara était née en 1818 et sa mère était Magdallena Son So-byŏk (cf. 31 janvier). 

Très pieuse dès son enfance, elle n'accepta de se marier qu'avec un homme très croyant, qu'il fût noble ou pas, riche ou pauvre. C'est ainsi qu'elle épousa Charles Cho et eut un fils.

Arrêtée, Bareubara prit avec elle son petit garçon en prison, mais l'endroit n'était pas du tout approprié pour un enfant, à cause de l'humidité et du manque de nourriture. Et surtout, Bareubara craignait de perdre sa force intérieure, à cause de son fils. Aussi confia-t-elle le petit garçon à des parents.

On lui demanda d'indiquer où se trouvaient les autres Chrétiens, et à qui appartenaient les objets religieux qu'on avait trouvés chez elle. Elle répondit adroitement qu'elle ne voulait pas renier Dieu et qu'elle était trop jeune pour connaître ses Compagnons de la foi, de sorte qu'on la tortura très durement ; elle dut recevoir quelque deux cent-cinquante coups de « club » ; son corps était tout meurtri.

Dans une lettre qu'elle écrivit de la prison, elle dit : Comme ça me fait de la peine de perdre mes parents dans le martyre ! Mais quand je pense au Ciel, je me console et je remercie Dieu pour ce privilège spécial du martyre.

Finalement, on la conduisit au lieu-dit Tangkogae, près de Séoul, où elle fut décapitée, le 1er février 1840.

Elle fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1984.

 

 

Anna Michelotti

1843-1888

 

Anna était le deuxième enfant de Gian Michele Telesforo Michelotti, un piémontais d’Almese (Turin, Italie) émigré en Savoie, et de Pierina Mugnier-Serand. Elle naquit le 29 août 1843 à Annecy, qui se trouvait alors dans les Etats de Savoie (Royaume de Sardaigne), plus tard réunis à la France.

Le jour de sa première communion, sa mère l’emmena visiter un malade pauvre. Ce fut là la première étincelle qui allait mettre le feu dans le cœur d’Anna.

Après la mort de Gian Michele (1857), la famille, ruinée, revint à Almese, où Anna essaya la vie religieuse chez les Visitandines.

Dépourvue de dot, elle dut les quitter et s’en vint en 1862 chez les Sœurs de Saint-Charles à Lyon, qui étaient enseignantes ; mais elle n’y trouva pas sa voie : elle voulait soigner les malades. Sur ces entrefaites, moururent sa mère et son frère Antonio, alors novice chez les Frères des Ecoles Chrétiennes. Elle se retrouvait seule au monde.

Elle se mit à visiter et soigner les malades à domicile, mais dut interrompre cette activité lors de la guerre franco-prussienne.

En 1871, elle s’installa à Moncalieri (Turin) et se rendait chaque jour à Turin pour visiter des malades.

En 1874, elle eut la permission de donner naissance à une congrégation : les Petites Servantes du Sacré-Cœur de Jésus pour les Malades pauvres, où elle prit le nom de Giovanna Francesca de la Visitation.

Les débuts furent marqués par de grandes difficultés financières, des décès en série, jusqu’à ce qu’une pieuse dame de Turin leur donna une maison (1879). 

La Mère Fondatrice vivait dans une grande mortification, dormant par-terre, assaisonnant ses repas avec de la cendre. 

Elle aurait voulu désigner quelques-unes des sœurs pour l’adoration perpétuelle, mais ce ne lui fut pas accordé ; aussi préconisa-t-elle que chacune fît une intense adoration quotidienne. Elle conseillait la dévotion du chapelet, la méditation de la Passion (elle mangeait debout ou à genoux le Vendredi Saint, et baisait les pieds des Consœurs ; «manger» signifiait, en l’occurence, prendre uniquement un morceau de pain).

Elle disait aux Sœurs : Si vous vous trompez, vous ne descendez que d’une marche ; si vous vous humiliez, vous en montez trois !

Mère Giovanna Francesca fut frappée les dernières années d’asthme chronique et, en 1887, dut remettre le gouvernement de la famille religieuse à une autre.

Elle, qui avait si souvent reçu des conseils de Don Giovanni Bosco (v. 31 janvier), mourut précisément un jour après lui, à Turin, le 1er février 1888, et fut béatifiée en 1975. 

L’Institut fut approuvé en 1940.

 

 

Luigi Variara

1875-1923

 

Luigi naquit le 15 janvier 1875 à Viarigi (Asti, Piémont, Italie), de parents très chrétiens Pietro Variara et Livia Bussa.

Il fréquenta l’oratorio salésien, et en connut le fondateur lui-même, Giovanni Bosco (v. 31 janvier), qu’il rencontra personnellement un mois avant la mort de ce dernier.

Il commença le noviciat en 1891, fit sa profession dans les mains du successeur de Giovanni Bosco, Michele Rua (v. 6 avril).

Ses études de philosophie se passèrent à Valsalice, où il rencontra Michele Unia, un Salésien qui était déjà apôtre des lépreux en Colombie. Luigi fut conquis par ce prêtre.

Sans attendre la fin de ses études, Luigi partit avec Michele en Colombie (1894). Il se donna passionnément à l’apostolat parmi les lépreux de Agua de Dios, partageant avec eux son amour de la musique et du théâtre.

A la mort de Michele Unia, Luigi se retrouvait avec trois autres prêtres dans cette colonie de lépreux. Pendant trois ans, jusqu’à son ordination sacerdotale (1898), Luigi mûrit en son cœur le don total de soi, côtoyant la contagion toujours possible de la lèpre au contact des malades.

Après son ordination, il demeura sur place. Il passait parfois cinq à six heures chaque jour au confessionnal, tout en continuant à former les lépreux à la musique et au théâtre, et enseignant aussi aux jeunes la sainte morale chrétienne. Pour eux il fit construire un léprosarium, où, à part les soins médicaux, ils auraient reçu un enseignement scolaire et même, si possible, une formation technique, pour les sortir de l’oisiveté et du vice. Le léprosarium, «Maison Michele Unia» ouvrit en 1905.

Luigi fonda alors la congrégation des Filles des Sacrés Cœurs de Jésus et Marie, pour s’occuper de ces jeunes. Il écrivit cette année-là qu’il ne s’était jamais senti aussi heureux d’être Salésien et qu’il remerciait le Seigneur de l’avoir envoyé dans cette colonie de lépreux pour apprendre à gagner le ciel.

L’esprit de la congrégation était en même temps de permettre à des lépreuses de se consacrer à Dieu, une initiative qui fut très critiquée par d’autres instituts religieux. Même les Salésiens ne comprenaient pas tous comment cette «branche» correspondait vraiment à l’idéal salésien. 

Luigi persévéra cependant et gravit peu à peu son calvaire personnel, au milieu de ceux-là mêmes qui auraient dû être ses plus proches collaborateurs. Il eut au moins la consolation d’être soutenu par Michele Rua.

Mais la congrégation continua à jeter le discrédit sur cette fondation. Luigi en fut éloigné pendant les dix-huit dernières années de sa vie : on l’envoya au Vénézuéla, on le transféra de ville en ville, jusqu’à Táriba (Vénézuéla) pour finalement aller finir ses jours à Cucuta (Colombie).

Il conserva cependant un contact avec la supérieure des Religieuses d’Agua de Dios, à laquelle il recommandait de ne pas avoir peur, que l’œuvre continuerait, si elle était voulue par Dieu.

Or cette congrégation est maintenant largement présente dans toute l’Amérique du Sud, au Mexique, en Guinée, en Espagne, en Italie.

Luigi Variara mourut le 1er février 1923 et fut béatifié en 2002. Son dies natalis est ainsi le lendemain de celui du fondateur salésien, Giovanni Bosco.

Partager cet article

Repost0
3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 08:06

02 FEVRIER

 

I.

La Présentation du Christ au Temple de Jérusalem, occasion du Nunc dimittis et de la prophétie du vieillard Syméon, et de celle de la prophétesse Anne (cf. Lc 2:22-38). (cf. Lc 2:22-38).

IV.

S Apronien, geôlier romain, martyr.

S Rhodippe, évêque à Lentini.

? S Agathodore, jeune martyr à Tyane.

Ss Fortunat, Félicien, Firme et Candide, martyrs à Rome.

Ss Laurent et Hippolyte, martyrs à Fossombrone.

V.

S Flosculus, évêque à Orléans ; il aurait été cet enfant qui proclama évêque s.Aignan.

VII.

S Laurentius, compagnon de s. Augustinus en Angleterre et son successeur à Cantorbury.

S Adalbald (Adalbaud), fils de ste Gertrude de Hamage, père des ss. Mauront, Eusébie, Clotsinde et Adalsinde, “martyrisé” près de Périgueux.

Ste Hadéloge, fille de Charles Martel ou de Pépin le Bref, fondatrice de l'abbaye de Fitzingen.

VIII.

S Burchard, bénédictin anglo-saxon, premier évêque à Würzburg, sacré par s. Boniface.

XIV.

B Simone Fidati de Cascia, augustin, auteur et prédicateur, thaumaturge.

B Pietro Cambiani de Ruffia, dominicain piémontais, inquisiteur, poignardé à Susa.

XVI.

Ste Alessandra (Caterina) de’ Ricci, prieure dominicaine à Prato, mystique.

XVII.

Ste Jeanne de Lestonnac, nièce de Michel de Montaigne, veuve bordelaise et fondatrice des Filles de Notre-Dame, ordre féminin calqué sur celui des Jésuites.

XVIII.

S Giovanni Battista Saggio (Nicola de Longobardi), calabrais, portier dans l’ordre des Minimes, canonisé en 2014.

XIX.

B Stefano Bellesini, augustin à Trente puis à Gennazzano.

S Jean-Théophane Vénard, martyr au Tonkin, canonisé en 1988 et fêté avec ses compagnons le 24 novembre.

Ste Maria-Katharina Kasper, allemande, fondatrice des Pauvres Servantes de Jésus-Christ destinées au service des pauvres et à l’enseignement des enfants, béatifiée en 1978, canonisée en 2018.

XX.

B Louis Brisson (1817-1908), fondateur à Troyes des Oblats et des Oblates de saint François de Sales, béatifié en 2012.

B Andrea Carlo Ferrari (1850-1921), évêque à Guastalla, puis Côme, enfin Milan, où il soutint le projet de l’Université du Sacré-Cœur ; béatifié en 1987.

Bse Maria Domenica Mantovani (1862-1934), cofondatrice à Castelletto avec le b. Giuseppe Nascimbeni des Petites Sœurs de la Sainte Famille, pour la vie de paroisse et le secours des nécessiteux ; béatifiée en 2003.

Tshimangadzo Samuel Benedict Daswa (1946-1990), catéchiste an Afrique du Sud, martyr, béatifié en 2015.

Blaise de Sébaste

† 316

 

Saint Blaise est, un peu comme saint Nicolas, un de ces illustres évêques d’Orient, dont on ne sait rien de très sûr, mais dont on raconte de très nombreux prodiges.

Saint Blaise est la forme en français ; en grec : agios Vlasios ; en arménien : sourp Vlas ; en russe : sankt Vlasij ; en italien : san Biaggio ; en croate : sveti Vlaho ; en espagnol : san Blas ; en anglais : saint Blazey. Ces multiples traductions montrent un peu combien le Saint fut très populaire.

Il aurait vécu en Arménie, se serait imposé par sa conduite intègre et, de médecin, aurait été désigné unanimement pour occuper le siège épiscopal de Sébaste.

Il préféra résider dans une caverne proche, où affluaient autant les fidèles, avides de bons conseils, que les bêtes. Les uns et les autres attendaient la sainte bénédiction de leur évêque, et les malades repartaient guéris, qu’ils fussent humains ou animaux.

Quand arriva le gouverneur romain Agricola, il voulut appliquer le décret impérial de mettre à mort les chrétiens et les fit arrêter pour les exposer aux bêtes du cirque. Mais les hommes envoyés pour capturer ces bêtes dans le voisinage, découvrirent toutes sortes de lions, tigres, ours, loups, qui attendaient devant la caverne du Saint, et n’en purent capturer aucun.

Agricola fit alors arrêter Blaise lui-même. En chemin comme en prison, il guérit les malades qu’il croisait. Une femme lui présenta son enfant étouffé par une arête de poisson dans la gorge : il le guérit en lui imposant les mains.

Interrogé, sommé, torturé, Blaise restait ferme dans la Foi. Il finit par être décapité, le 3 février 316.

Il y a tant de reliques de saint Blaise en Occident, qu’on pourrait légitimement se demander si elles appartiennent toutes à ce Saint, ou si l’on n’a pas parfois confondu plusieurs Saints du même nom.

Traditionnellement, saint Blaise fut invoqué pour la guérison des maux de gorge. Le 3 février, en certains lieux, les fidèles présentent leur cou au prêtre, qui y impose deux cierges en croix, en souvenir du conseil donné par saint Blaise à une personne qui lui avait apporté de la nourriture en prison : Brûlez chaque année un cierge en mémoire de moi, vous vous en trouverez bien.

Saint Blaise fait partie des Quatorze Saints Auxiliateurs (v. 8 août).

 

 

Flosculus d’Orléans

† fin 5e siècle

 

Flosculus (ou Flou) fut le onzième évêque d’Orléans.

Comme les Actes de Flosculus ont été perdus, on ne sait pratiquement rien de lui.

Une tradition assure que, petit enfant, ce fut lui qui désigna s.Aignan pour succéder à s.Euverte (v. 17 novembre et 7 septembre). 

Si la chronologie parvient à être vérifiée, Aignan fut évêque en 388 jusqu’en 453 ; quatre évêques lui succédèrent avant s.Prosper (460, v. 29 juillet) et notre Flosculus.

En supposant que Flosculus eût une dizaine d’années (ou moins) en 388, on pourra avancer qu’il mourut fort âgé, peut-être même centenaire. Son successeur, Dago, mourut vers 500.

Saint Flosculus d’Orléans est commémoré le 2 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Laurentius de Cantorbury

† 619

 

La première mention qu’on ait de Laurentius, est qu’il fit partie de ceux que le pape Grégoire le Grand (v. 12 mars) envoya de Rome en 595 pour aller évangéliser l’Angleterre. A leur tête se trouvait Augustinus (v. 26 mai). 

On présume de là que Laurentius était lui aussi un moine bénédictin du monastère romain Saint-André. On sait qu’il était prêtre.

Le voyage s’arrêta à Aix-en-Provence, traversa toute la Gaule et Laurentius prit part aux premiers travaux d’Augustinus. C’est lui que ce dernier envoya à Rome porter au pape la bonne nouvelle de la conversion du roi Ethelbert (598). Pour son retour, le pape lui adjoignit d’autres Compagnons encore (601).

Il fut sacré évêque, peut-être par Augustinus, et lui succéda sur le siège de Cantorbury (604).

En 613, il fit la consécration de l’église Saints-Pierre-et-Paul, commencée par Augustinus, et qui prit ensuite son nom.

Un des grands travaux de Laurentius fut de mettre d’accord les évêques d’Ecosse et de Bretagne, par exemple au sujet de la date de Pâques, perpétuel sujet de controverse : même un évêque local ne voulait pas manger avec Laurentius, pour ce seul motif que Laurentius célébrait selon le calendrier romain et non selon celui de la tradition locale.

A partir de 616, Laurentius subit une pénible épreuve, due au fait que le nouveau roi, Eadbald, retourna au paganisme, obligeant les missionnaires à quitter l’Angleterre ; il alla jusqu’à épouser sa belle-mère, selon une «coutume».

Déjà étaient partis les deux évêques, de Londres et de Rochester, Mellitus et Justus. Laurentius allait céder à son tour, lorsque s. Pierre lui serait apparu une nuit, lui passant une sévère correction de verges, dont Laurentius se réveilla passablement meurtri. S’étant montré en cet état au roi, ce dernier se serait converti sur place, devenant désormais un fidèle soutien des travaux de Laurentius. 

Si Justus put revenir à Rochester, il n’en fut pas de même pour Mellitus, car le sud-est de l’Angleterre restait encore sous l’administration du païen Rædwald ; il succéda cependant à Laurentius sur le siège de Canterbury.

Laurentius mourut, semble-t-il, le 2 février 619 et fut vite considéré comme un Saint.

 

 

Burchard de Würzburg

683-755

 

Il semble que Burchard était de souche noble anglo-saxonne, et se serait appelé Burkheard ; on écrit aussi son nom Burkard (en latin : Burckardus). On l’a fait naître vers 683 ou même seulement en 700.

Sans doute moine bénédictin, il accompagna saint Boniface (v. 5 juin) dans son expédition apostolique en Germanie vers 730. Il semble qu’il ait été le premier abbé du monastère de Rorfach (act. Neustadt am Main), d’où il partait prêcher dans les régions voisines, en Thüringe par exemple.

En 741, Boniface lui confia le nouveau diocèse de Würzburg, et le consacra évêque. Peu après, il fut un des trois co-consécrateurs de Willibald (v. 7 juillet).

L’évêché de Würzburg fut l’objet des attentions généreuses de Carloman, fils de Charles Martel.

Burchard participa aux conciles de Ratisbonne (742), d’Estinnes en Hainaut (743) ; puis au concile pan-germanique de 747 ; dont il fut chargé de porter les actes au pape.

En 749, il accompagnait l’abbé de Saint-Denis, Fulrad, pour traiter avec le pape du changement de dynastie chez les Francs.

En 750, il fonda l’abbaye de Saint-André à Würzburg, qui s’appela plus tard Saint-Burchard.

Burchard cessa son apostolat actif en 754, se retira et mourut dans le petit prieuré de Homburg am Main,  le 2 février 755.

On lui a fait l’honneur de l’invoquer contre les douleurs articulaires et rhumatismales.

Ses reliques, qui se réduisaient déjà au seul chef, disparurent durant la Guerre de Trente ans.

Simone Fidati de Cascia

1280-1348

 

Né vers 1280 à Cascia (Ombrie, Italie C), Simone s’intéressa d’abord à la littérature profane puis, suivant les conseils d’un Franciscain de l’Observance, il entra chez les Ermites de Saint-Augustin.

Ordonné prêtre, il eut deux occupations principales : de jour la prédication, de nuit la rédaction d’ouvrages.

Il prêcha surtout en Toscane. Il s’en prenait aux pécheurs, leur rappelant le salut de leur âme, mais aussi à ses amis, auxquels il n’épargnait pas à l’occasion de vifs reproches. 

Parmi ses ouvrages, on cite L’Ordre de la vie chrétienne et le De Gestis Domini Salvatoris. A propos de ce dernier, on dit qu’en le rédigeant, Simone eut l’apparition de l’Enfant-Jésus qui lui présenta une boisson ; l’ayant bue, Simone conserva toute sa vie une grande douceur dans la bouche, au point que tous les aliments lui semblèrent insipides.

Il fut le témoin du miracle eucharistique de Sienne (1330) ; un prêtre avait glissé dans les pages de son bréviaire la sainte Hostie qu’il voulait porter à un malade (au lieu de la déposer proprement dans une pyxide) ; chez le malade, il s’aperçut que l’Hostie était toute en sang ; il comprit sa légèreté et vint s’en accuser en confession auprès de Simone, lui montrant les pages du bréviaire tachées.

Bien que préférant s’isoler, Simone eut par ses écrits et ses prédications une grande influence sur la vie de son époque. Il refusa toujours la moindre responsabilité de supérieur.

En 1348, il fut une des victimes d’une grande épidémie de peste. Il mourut apparemment le 2 février, son dies natalis au Martyrologe Romain.

Son culte fut approuvé en 1833.

 

 

Pietro Cambiani

1320-1365

 

Pietro naquit vers 1320 à Ruffia (Cuneo, Piémont, Italie NO), de famille noble.

A seize ans, il entra chez les Dominicains de Savigliano et fit de brillantes études d’Ecriture Sainte, de Théologie et de Droit canonique.

Excellent prédicateur, rempli de doctrine sûre, conseiller avisé, il faisait parler de lui sans le vouloir, et le pape le nomma Premier inquisiteur pour le nord de l’Italie. Pietro s’établit à Turin.

Son principal ennemi fut l’hérésie vaudoise : d’abord partisans d’une stricte pauvreté évangélique, les vaudois en étaient arrivés à se heurter frontalement à l’autorité ecclésiastique, à mépriser les prêtres et les sacrements, à refuser le culte des Saints et l’existence du Purgatoire…

Pendant quatorze années, Pietro se déplaça par monts et par vaux, prêchant patiemment, ignorant la fatigue de ses voyages, n’épargnant pas sa peine et ramenant à l’Eglise beaucoup de gens tombés dans l’erreur. Il n’avait d’autres armes que la prière, le jeûne et les pénitences qu’il s’imposait.

Le succès des conversions ainsi opérées excita la jalousie et la colère de ses ennemis.

Au début de 1365, il s’était arrêté dans le couvent franciscain de Susa. Le 2 février au matin, il célébra la sainte Messe, au terme de laquelle deux individus lui demandèrent la faveur d’un colloque privé. On passa dans le cloître voisin et c’est alors que les deux hommes poignardèrent à mort le Religieux.

L’assassinat suscita grande émotion ; l’évêque dut «purifier» le saint endroit qui avait été ainsi profané. On parla de l’événement au loin et longtemps : le pape y fit allusion en 1375, s.Vicente Ferrer (v. 5 avril) en 1403.

Le culte du bienheureux Pietro fut confirmé en 1865 ; le Martyrologe le mentionne au 2 février.

 

 

Alessandra de’ Ricci

1522-1589

 

Alessandra vit le jour le 23 avril 1522 à Florence (Italie), et reçut au Baptême les noms de Alessandra Lucrezia Romula.

Orpheline de mère en 1528, elle fut confiée par son père aux Religieuses de Florence, où se trouvait sa tante, Luisa de’ Ricci.

Plus tard, le papa la rappela pour lui faire connaître la société mondaine et la pousser au mariage, mais Alessandra, à force d’insistance, obtint d’embrasser la vie religieuse : elle entra chez les Dominicaines de Prato, dont l’aumônier était un oncle paternel, le père Timoteo de’ Ricci.

A sa profession, elle prit le nom de Caterina.

En 1541, elle fut maîtresse des novices, puis sous-prieure ; c’est à partir de cette date qu’elle fut favorisée d’une extase particulière chaque jeudi à midi jusqu’au vendredi soir, contemplant comme dans la réalité la Passion du Sauveur. Catherine pria, et fit prier tout le couvent, pour obtenir de Dieu la cessation de cette faveur inhabituelle, et ces prières furent exaucées.

Elle n’en était pas quitte pour autant : Dieu lui fit faire des miracles, des prophéties ; elle pénétra les cœurs.

En 1547, elle fut élue prieure, une charge qu’elle recouvra pendant quarante-deux ans.

Caterina fut en relation épistolaire avec saint Filippo Neri, romain (v. 26 mai). Désirant tous deux pouvoir se rencontrer pour parler de Dieu, ils eurent simultanément une vision durant laquelle ils se parlèrent réellement pendant un long moment ; Filippo Neri attesta lui-même l’événement. La même chose se produisit entre Caterina et Maria Maddalena de’ Pazzi (v. 25 mai)

Caterina eut un dernier privilège au moment de mourir : les assistants entendirent les chœurs célestes accueillir son âme au Paradis.

Ceci advint le 2 février 1589.

Alessandra-Caterina de’ Ricci fut béatifiée en 1732 et canonisée en 1746.

 

 

Jeanne de Lestonnac

1556-1640

 

Jeanne fut la fille de Richard de Lestonnac, un catholique convaincu, et de Jeanne Eyquem de Montaigne, une fervente protestante qui était la sœur de Michel de Montaigne. Jeanne était donc la nièce du célèbre philosophe sceptique, auteur du fameux Que sais-je ?

Michel de Montaigne la décrivit ainsi : Très pieuse, d’humeur joyeuse, intelligente et belle, la nature en avait fait un chef d’œuvre, alliant une si belle âme à un si beau corps et logeant une princesse en un magnifique palais.

L’Esprit-Saint lui parla intérieurement : Ne laisse pas s’éteindre l’appel que j’ai allumé dans ton cœur.

En 1572, Jeanne épousa la baron Gaston de Montferrand-Landiras, dont elle eut sept enfants, quatre seulement parvenant à l’âge adulte.

Veuve en 1576, Jeanne essaya la vie religieuse, à laquelle elle avait déjà songé dans sa jeunesse ; elle fit un essai de six mois chez les Cisterciennes Feuillantines de Toulouse, avec le nom de Jeanne de Saint-Bernard ; mais la règle était trop austère et elle dut renoncer.

Priant et cherchant, elle eut une vision : une multitude de jeunes filles en danger l’appelaient au secours, avec la Vierge Marie qui attendait sa réponse. Jeanne comprit : elle fondera avec quatre compagnes la Compagnie de Marie-Notre-Dame, une congrégation qui devait allier action et contemplation, sous le modèle et la protection de la Mère du Christ, Marie, et se vouer surtout à l’éducation des jeunes filles. Ce serait la première œuvre d’éducation féminine approuvée par l’Eglise.

Avant la reconnaissance officielle, Jeanne vint courageusement au secours des victimes de la peste à Bordeaux (1605), où elle se rendit compte de la misère des pauvres, et sentit là la présence de Jésus-Christ. Son cœur s’ouvrit encore plus à la jeunesse ; elle donnera à sa nouvelle famille des constitutions très apparentées à celles de l’ordre des Jésuites.

Fondée en 1607 sous l’appellation de Ordre de Notre-Dame, cette congrégation compta jusqu’à trente maisons, seulement en France, au moment de la mort de Jeanne (1640). Puis il y eut une implantation en Espagne, d’où les Religieuses irradièrent dans toute l’Amérique Latine.

Jeanne mourut le 2 février 1640, à quatre-vingt-quatre ans.

Elle fut béatifiée en 1900 et canonisée en 1949.

Le premier immeuble de la congrégation, rue du Hâ à Bordeaux, subsiste encore ; l’intérieur a été modifié en appartements. La chapelle, en revanche, fut affectée au culte protestant en 1805. 

L’Ordre de Notre-Dame s’est implanté dans le monde entier et, depuis 1956, s’appelle désormais Compagnie de Marie Notre-Dame, comptant un peu plus de quinze cents Religieuses.

 

 

Luigi Giuseppe Bellesini

1774-1840

 

Il vit le jour le 25 novembre 1774 à Trento (Italie), dans une famille de l’aristocratie.

Entré dans l’Ordre des Augustins, il prit le nom de Stefano et étudia à Rome et à Bologne, dont il fut chassé par les troupes d’occupation françaises. Il compléta donc ses années de théologie à Trento, et fut ordonné prêtre en 1797

En 1809, son couvent de Trento fut fermé ; il vint habiter chez son frère et ouvrit une petite école gratuite pour des enfants pauvres ; il développa une intense activité pastorale auprès des jeunes, leur procurant aussi de la nourriture et des vêtements, ce qui lui valut d’être nommé inspecteur des écoles primaires de Trento et des alentours.

En 1817, les ordres religieux furent réhabilités et Stefano retourna à Bologne ; son Supérieur l’appela ensuite à Rome comme maître des novices.

En 1826, il fut envoyé au couvent de Genazzano, non loin de Rome, où l’on vénère la célèbre image miraculeuse de Notre-Dame du Bon Conseil.

Lors d’une épidémie de choléra qui frappa la paroisse, il assista des malades ; il fit une chute et sa plaie s’infecta : il mourut après deux jours, le 2 février 1840.

Stefano Bellesini fut béatifié en 1904.

 

 

Jean-Théophane Vénard

1829-1861

 

Jean-Théophane naît le 21 novembre 1829 à Saint-Loup-sur-Thouet (actuelle commune de Saint-Loup-Lamairé, Deux-Sèvres). Il a une sœur aînée (Mélanie) et deux frères, Eusèbe et Henri.

Jeune, il est enthousiasmé par les récits que l’on fait des missionnaires en Extrême-Orient, particulièrement par le récit du martyre de Jean-Charles Cornay (voir au 20 septembre). 

Durant ses études au collège de Doué-la-Fontaine il est encore instable, irascible. Il est pieux cependant : il prie le chapelet, il fait sa Première communion en 1843, l’année où meurt sa maman. Son jeune frère Henri le rejoint au collège.

Bien qu’il se sente appelé au sacerdoce, Jean-Théophane hésite encore sur sa vocation,  car il ne se sent pas encore à la hauteur ; mais il entre au petit séminaire de Montmorillon, et enfin au grand séminaire de Poitiers (1848), où enfin il se sent vraiment heureux.

Là, il porte la soutane, il a désormais appris à dominer ses mouvements d’impatience ;  il est devenu un élève excellent, passionné par l’étude, le grec et l’hébreu. En 1850 sa décision est prise : il rejoindra les Missions Etrangères de Paris.

Il prend le train pour la première fois et arrive à Paris, où va avoir lieu le coup d’état du 2 décembre 1851. Il vote pour la première et peut-être pour la dernière fois.

Au séminaire il se lie d’amitié avec Joseph Theurel, avec lequel il partira bientôt en Asie et qui mourra là-bas évêque, en 1868.

Outre ses études, il est organiste, sacristain, et balayeur en chef ; il étudie avec avidité la physique, l’histoire naturelle et la géographie. Diacre en 1851, il est ordonné prêtre en 1852.

Arrivé à Hong-Kong, il cherche à apprendre le chinois : Je serais tenté de croire que cette langue et ces caractères ont été inventés par le diable pour en rendre l’étude plus difficile pour les missionnaires ! 

Enfin arrive son ordre de mission pour le Tonkin ; au moment de s’embarquer, il apprend que le père Jean-Louis Bonnard vient d’étre martyrisé, un an après Augustin Schoeffler (voir au 1er mai). Il pénètre au Tonkin clandestinement, apprend le vietnamien assez rapidement et commence d’évangéliser. A cette époque, il y a de très fortes persécutions et il doit se réfugier dans des grottes ou des cachettes. L’édit de l’empereur ordonne de jeter à la mer les prêtres européens ; de couper par le milieu du corps les prêtres annamites ; de décapiter ou étrangler tout fidèle chrétien. Jean-Théophane rejoint le Tonkin occidental en juillet 1854.

Dans cette région, l’édit de persécution n’est pas appliqué, car le vice-roi a été guéri d’une maladie des yeux par le prêtre Paul Bao-Tinh, qui lui a demandé en retour de ne pas persécuter les chrétiens. 

Jean-Théophane arrive donc dans une région relativement tranquille, du moins protégée, pour le moment. Il apporte avec lui un harmonium et l’évêque le nomme maître de chapelle. Puis, contrairement à l’étude du chinois, Jean-Théophane apprend très vite le vietnamien. Dans ses moments «libres», il traduit en vietnamien la Concordance des Evangiles de l’abbé Migne, les Actes des Apôtres, les Epîtres et l’Apocalypse.

Il est nommé directeur du séminaire local. 

En 1860, un villageois le dénonce sous la pression des menaces. Il est arrêté à Ke-Beo le 30 novembre, enfermé dans une cage et conduit à Hanoï.

Jean-Théophane est condamné à mort et exécuté le 2 février 1861.

Né en la fête de la Présentation de Marie au Temple, il fut exécuté en la fête de la Présentation de Jésus au Temple, dans sa trente-deuxième année.

Dans les nombreuses lettres que son frère Eusèbe recueillit après sa mort, on y découvre une grande parenté de spiritualité entre lui et sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ; elle l’appréciait beaucoup et le fit largement connaître à son époque.

Jean-Théophane fut béatifié en 1909, et canonisé en 1988.

Il est au Martyrologe du 2 février, mais fêté localement au 3 février, et avec tous Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

 

 

Katharina Kasper

1820-1898

 

Catherine naquit le 26 mai 1820 à Dernbach (Westerwald, Rhénanie, Allemagne), un des huit enfants de Heinrich, un humble paysan, qui mourut en 1842.

Toute sa vie, Katharina eut une mauvaise santé, et dut traverser maintes difficultés, mais elle fut réconfortée par des visions qui l’encouragèrent.

En 1845, elle fonda une première association pour venir en aide aux malades, aux vieillards, aux orphelins et aux enfants. Ce fut le point de départ de la congrégation des Pauvres Servantes de Jésus-Christ, qui furent aussi appelées les Sœurs de Dernbach.

Les premières Religieuses firent leurs vœux en 1851 ; Katharina, prenant le nom maternel de Maria, dirigea la première communauté, jusqu’à ce qu’un prêtre fut nommé directeur spirituel (1853).

En 1868, l’évêque leur fit ouvrir des maisons à Fort Wayne (Indiana, USA).

L’approbation vaticane eut lieu en 1870 et Maria Katharina fut nommée Supérieure. Lors du Kulturkampf, elle contourna l’interdiction de recevoir d’autres novices en les recevant dans une autre maison religieuse hors du territoire prussien.

L’approbation définitive se fit en 1898, alors que la fondation comptait déjà près de deux mille membres dans près de deux cents maisons.

Actuellement, la congrégation est aussi présente en Inde et en Amérique Latine.