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21 août 2020 5 21 /08 /août /2020 23:00

  22 AOUT

 

I.

Ste Vierge Marie, Reine élevée au Ciel, qui siège au côté de son Fils divin, le Christ Roi.

III.

S Symphorien, jeune martyrisé à Autun pour avoir troublé le déroulement d'une procession en l'honneur de la déesse Bérécynthe ; sa mère l'encourageait à rester fidèle.

IV.

S Timothée, martyr romain.

VII.

S Sigfrid, abbé bénédictin à Wearmouth, remarquable connaisseur de la Bible et moine très doux .

IX.

S Aldobrand, évêque à Bagnorea ; peut-être le même que Aldualdus.

S André le Scot, frère de ste Brigide de Kildare, archidiacre à Fiesole ; mort, il “protesta” contre l'inhumation d'une pécheresse près de sa tombe.

XIII.

S Filippo Benizi, médecin florentin devenu général des Servites, à l'origine de conversions notables, entre autres Hélène et Flore, prostituées, qui devinrent les premières cloîtrées des Servites ; à sa mort, on chanta la messe "Gaudeamus" en blanc, avec Gloria et Credo.

XIV.

B Giacomo Bianconi, prieur dominicain à Bevagna, Spolète et Foligno ; un crucifix saigna sur lui, pour signifier qu'il serait sauvé.

XVI.

B Timoteo de Monticchio, franciscain mystique à Ocra.

B Thomas Percy, noble anglais qui chercha à rétablir le catholicisme ; vaincu et fait prisonnier, il fut martyrisé, comme son père, et décapité.

Bx William Lacey et Richard Kirkman, prêtres anglais martyrs à York ; William était veuf.

XVII.

SS John Wall (Joachim de Sainte-Anne), franciscain à Worcester, et John Kemble, prêtre octogénaire, martyrs anglais.

B Domenico (Bernardo) Perani, capucin dans les Marches.

XVIII.

B Elie Leymarie de Laroche, prêtre du diocèse de Verdun, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiées en 2001 :

Capucines Tertiaires de la Sainte Famille : près de Castellón, Petra María Victoria Quintana Argos (Rosario de Soano,) et Manuela Justa Fernández Ibero (Serafina de Ochovi)  (*1866, 1872) ;

- béatifiés en 2007 :

Diocésains : à Ciudad Real, l'évêque Narciso de Esténaga Echevarría, et son secrétaire le prêtre Julián Melgar Salgado (*1882 et 1900) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Tarragona, Joan Farriol Sabaté, Dalmau Llebaría Torné et Josep Roselló Sans (*1868, 1877 et 1883) ;

- béatifié en 2017 :

Clarétains : près de Vic, le profès Josep Vidal Balsells (*1908) ;

- béatifiées en 2019 :

Conceptionnistes : près de Madrid, Inés Rodríguez Fernández et María Concepción Rodríguez Fernández (*1889 et 1895).

B Symeon Lukach (1893-1964), ukrainien, évêque dans la clandestinité, martyr en prison, béatifié en 2001.

 

Elie Leymarie de Laroche

1758-1794

 

Né le 8 janvier 1758 à Annesse (Dordogne), Elie fréquenta le séminaire Saint-Sulpice de Paris et devint prieur de Saint-Jean de Coutras, dans le diocèse de Bordeaux.

Il fut déporté de la Dordogne, et envoyé sur le Deux-Associés aux pontons de Rochefort.

Doux, complaisant, très religieux, d’un commerce également sûr et facile, l’abbé Leymarie fut chéri de ses confrères autant au séminaire que dans son diocèse et durant sa détention sur le vaisseau, au point que sa mort jeta ses amis dans la consternation et causa des regrets, même à ceux qui le connaissaient moins.

Ce prêtre rendit son âme à Dieu le 22 août 1794, et fut béatifié avec ses Compagnons en 1995.

 

 

Petra María Victoria Quintana Argos

1866-1936

 

Née le 13 mai 1866 à Soano (Santander, Espagne), Petra (Pierrette) était la fille de paysans très chrétiens, Antonio Quintana et Luisa Argos.

Elle avait quatorze ans, lors de la mort de sa mère, et dut, outre les travaux des champs,  s’occuper du foyer et de ses petits frères et sœurs.

En 1889, malgré quelques réticences familiales, elle entra dans la récente congrégation des Capucines Tertiaires de la Sainte Famille au sanctuaire de Montiel-Benaguacil (Valencia), convaincue que Dieu l’appelait à son service.

En 1891, elle fit la première profession avec le nom de Rosario de Soano (Rosario est un prénom masculin et féminin en Espagne, sous-entendant Notre-Dame du Rosaire).

Elle fut au couvent de Masamagrell (Valencia).

En 1896 elle émit les vœux perpétuels et porta désormais au doigt l’anneau de son «union» avec le Christ.

De caractère jovial, affable, à la fois austère pour elle-même et bonne pour les plus pauvres, elle fut tour à tour chargée de demander l’aumône pour le couvent, élue maîtresse des novices, conseillère générale de 1914 à 1926, puis Supérieure générale.

Au moment de la révolution, elle dut quitter le couvent avec les autres consœurs et trouver refuge chez des particuliers.

Arrêtée le 21 août avec deux autres Compagnes (Manuela Fernández et María Fenollosa), elle fut conduite le lendemain avec Manuela sur la route de Puzol.

Au moment d’être fusillée, sans perdre son sang-froid, elle retira son anneau et le remit à son bourreau en lui disant : Tiens, prends-le, ce sera le signe que je t’ai pardonné.

Petra et Manuela furent martyrisées le 22 août 1936, et béatifiées en 2001.

 

 

Joan Farriol Sabaté

1868-1936

 

Il était né le 3 octobre 1868 à Montblanc.

Il fut ordonné prêtre en 1894.

Après avoir été vicaire à Vimbodí jusqu’en 1899, il fut nommé dans son pays d’origine, à Montblanc.

Le 9 août 1936, il fut arrêté à son tour et mis en prison, toujours à Montblanc. Il y retrouva l’évêque auxiliaire, Mgr Borràs (voir au 12 août), et d’autres prêtres du diocèse.

Dès son arrestation et son entrée en prison, il était fermement convaincu qu’on le ferait mourir prochainement.

Il devait rester quelques jours seulement en prison, qu’il passa en montrant le bon exemple, sans montrer d’inquiétude devant la mort ; il y ajouta même de la bonne humeur. Il s’informait sur ce qui se passait hors de la prison, des autres prêtres assassinés et fit dire à un de ses amis qu’il attendait sa mort avec résignation.

Le 22 août 1936, avec deux autres prêtres, don Dalmau Llebaria et don Josep Roselló, il fut emmené à Tarragona. Les trois prêtres furent assassinés sur la route de Barcelone, au lieu-dit La Creu de la Guineu.

Joan Farriol Sabaté fut béatifié en 2013.

 

 

Manuela Justa Fernández Ibero

1872-1936

 

Née le 6 août 1872 à Ochoví (Navarre, Espagne), Manuela était la fille de paysans très chrétiens, Hilarión Fernández et Juana Francisca. De ses nombreux frères et sœurs, Manuela eut deux frères Capucins et deux sœurs Tertiaires Capucines.

Elle avait quinze ans, quand elle entra dans la récente congrégation des Capucines Tertiaires de la Sainte Famille.

Elle émit la première profession en 1891 et travailla activement à l’éducation des petites orphelines, en particulier en recueillant des dons et des aumônes pour les soutenir.

Elle fut élue supérieure locale et, pendant trente-six ans, conseillère générale.

On la connaissait pour son caractère patient, humble, serviable, et sa dévotion au Saint Sacrement.

En 1936, elle se trouvait au couvent de Masamagrell (Valencia) et organisa le placement des postulantes et des novices en lieu «sûr».

Au moment de la révolution, elle dut quitter le couvent avec les autres consœurs et trouver refuge chez des particuliers.

Arrêtée le 21 août avec deux autres Compagnes (Piera Quintana et María Fenollosa), elle fut conduite le lendemain avec Piera sur la route de Puzol.

Petra et Manuela furent martyrisées le 22 août 1936, et béatifiées en 2001.

 

 

Dalmau Llebaria Torné

1877-1936

 

Dalmau ou Dalmacio était né le 5 octobre 1877 à Falset (Catalogne, Espagne).

Il fit des études aux séminaires de Tarragone, mais dut partir à la guerre hispano-américaine à Cuba.

Jeune, Dalmau demanda à Dieu deux grâces : être prêtre, et être martyr. 

Il fut ordonné prêtre en 1902.

Les paroisses de son activité pastorale furent Ulldemolins, Siurana, Aleixar, Alforja, Belltall, Solivella, Sant Martí de Maldà, enfin Montblanc.

Ce fut un homme de Dieu, effacé et bon avec tout le monde. Son zèle se manifesta surtout pour les Exercices spirituels dans la paroisse et pour encourager l’Action catholique.

Pour les Exercices spirituels (retraites), il réussissait à rassembler beaucoup d’hommes et de jeunes, avec lesquels il priait. Il ne prêchait pas toujours lui-même ; sans jalousie, il invitait d’autres prêtres.

Grâce à son action persévérante, son groupe d’Action catholique des jeunes fut le plus important du diocèse.

Arriva la révolution de juillet 1936. Dans la matinée du 21 juillet, on essaya de mettre le feu aux porte de l’église : il se précipita avec son vicaire pour éteindre le feu avec l’eau bénite. Sage intervention !

Puis ils célébrèrent chacun leur dernière Messe dans l’église, toutes portes fermées, et mirent le Saint Sacrement en sûreté, ainsi que les ornements et les objets précieux (les calices, les ciboires).

Dans l’après-midi, ils se réfugièrent dans une famille de la paroisse. Au moment du souper, on vint arrêter don Dalmau, qui fut emmené à la mairie, mais remis en liberté. On le reprit vers minuit pour l’emmener à la prison de Montblanc.

Là il retrouva les jours suivants le Cardinal Vidal, Mgr Borrás et d’autres confrères ; il redonnait courage à tous, il confessait, ils priaient ensemble. Puis arriva son vicaire, don Josep Colom, qui devait être fusillé le 4 août suivant.

Fin juillet, on le fit aller à l’église pour ouvrir les portes des Archives paroissiales, qui se trouvaient au-dessus de la sacristie. Quand il vit de là dans quel état était l’église, il en fut douloureusement affecté.

Le 22 août, après un mois d’emprisonnement, on voulut le conduire à Tarragona avec deux autres prêtres. On leur disait que, pour plus de sécurité, on les menait à un des bateaux-prisons. En quittant ses compagnons de prison à Montblanc, don Dalmau leur dit : Courage ! Au Ciel ! 

Durant le voyage, il exprima sa conviction qu’il allait au martyre, s’en remettant pleinement entre les mains de Dieu. A un moment, don Dalmau dit au chauffeur : S’ils ne me tuent pas, j’en serai reconnaissant toute la vie ; s’ils me tuent, je vous protègerai tout spécialement du haut du Ciel.

La voiture les déposa à Tarragona et retourna à Montblanc. Les trois prêtres furent alors conduits à quelque deux kilomètres de là sur la route de Barcelone et, au lieu-dit La Creu de la Guineu, assassinés, pour le seul fait d’être des prêtres.

Après avoir été prêtre, don Dalmau venait d’obtenir l’autre grâce : être martyr. 

D’après l’autopsie, les prêtres avaient été fusillés de dos. Ce fut le 22 août 1936.

Don Dalmau fut béatifié en 2013.

 

 

 

Narciso de Estenaga Echevarría

1882-1936

 

Narciso naquit le 29 octobre 1882 à Logroño. Son père, Nicanor de Estenaga y Lizarralde, était journaliste et mourut très vite. C’est pour ce motif que la maman, lavandière, Eugenia Echevarría, déménagea à Vitoria, où elle mourut à son tour, laissant son petit garçon de onze ans dans les mains de la Sainte Vierge.

Il fut reçu à Aguirre dans le séminaire pour enfants pauvres, où s’occupa de lui la “Mère Corazón”, María Josefa Sancho de Guerra (du Cœur de Jésus, voir au 20 mars). Elle accueillit Narciso, lui paya les études et l’envoya au séminaire de Tolède. Là il étudia brillamment sous la conduite de Joaquín Lamadrid, futur martyr lui aussi. Il sera reçu docteur en droit.

Il fut ordonné prêtre en 1907, et sera nommé chanoine de la cathédrale, puis confesseur du roi Alphonse XIII. En 1922, il fut préconisé pour être évêque à Ciudad Real, charge à laquelle était attachée la fonction de Prieur des Ordres Militaires de Santiago, Alcántara, Calatrava et Montesa. Il fut consacré en 1923.

Il participa à différents Congrès (catéchistique, eucharistique) et correspondit avec l’Académie Royale d’Histoire et Belles Lettres ; il parlait plusieurs langues et écrivit des ouvrages.

Quand éclata la guerre civile, le gouverneur de Ciudad Real était partisan de la modération, mais n’empêcha pas les interventions des miliciens. Malgré le danger, l’évêque resta dans son diocèse. Le 19 juillet, il demanda à son clergé de ne pas abandonner les fidèles et de continuer les célébrations. Le 23 juillet furent assassinés les Passionistes de Daimiel (voir la notice).

Monseigneur Estenaga pouvait passer en zone “nationale” pour être protégé, mais il répondit que précisément maintenant que les loups sont autour de la bergerie, le pasteur ne doit pas s’enfuir.

Après que la Garde Civile fut renvoyée à Madrid, les miliciens imposèrent leur cruauté dans la ville. La prison regorgeait de prisonniers, de sorte qu’on réquisitionna le Séminaire pour y installer le Tribunal Révolutionnaire.

Le 25 juillet, le Gouverneur demanda l’interruption des célébrations dans les églises, puis les trois églises furent envahies, en particulier celle de la Vierge du Prado, patronne de la ville, qui fut utilisée comme garage.

Le 28, quatorze des trente étudiants clarétins furent fusillés pendant qu’on les transférait à Madrid. On proposait aussi à l’évêque d’aller s’y réfugier, mais le Comité révolutionnaire prétendit “veiller sur sa sécurité” en lui imposant de ne pas sortir de son palais épiscopal.

Le 5 août, les miliciens donnèrent l’assaut à l’évêché. L’Évêque voulut préserver sa chapelle de la profanation, leur déclarant qu’il ne partirait pas de là sans le Saint Sacrement, sinon ils pouvaient le tuer sur place. Ce jour-là, ils n’intervinrent pas davantage.

Le 8 on vint déloger l’évêque et son secrétaire ; tout le reste du personnel avait dû déjà abandonner les lieux. Mgr Estenaga et le père Julián Melgar, avec un balluchon d’habits sur l’épaule, s’installèrent chez un ami, Saturnino Sánchez Izquierdo.

Le 14 août au soir, les miliciens s’emparèrent du trésor de la cathédrale et de celui de la Vierge du Prado, dont ils détruisirent la sainte Image.

Au petit matin du 22 août, l’évêque et son secrétaire célébrèrent leur dernière messe. A dix heures, des miliciens avec deux voitures vinrent convoquer l’évêque et menacèrent de faire sauter la porte à la dynamite. C’est l’évêque qui se présenta alors à eux, en soutane avec sa croix pectorale, en leur disant : Allons où vous voulez. 

Les miliciens disaient au secréta

 

Filippo Benizi

1233-1285

 

Filippo Benizi naquit le 15 août 1233 à Florence (Italie), de parents nobles, Giacomo Benizi (ou Benizzi, ou Benozzi ou Beniti) et Albaverde Frescobaldi, qui prièrent longtemps pour recevoir le don de la paternité. Filippo vit donc le jour en la fête de l’Assomption de Marie ; il eut une petite sœur, qui fut à son tour une sainte femme.

Après avoir été instruit par un précepteur à la maison, il fut envoyé à treize ans à Paris pour y étudier la médecine ; mais après quelques années passées en France, Filippo vint à  Padoue pour y recevoir le doctorat.

De retour à Florence en 1253, il exerça pendant un an, tout en occupant son temps libre dans la lecture des Pères de l’Eglise.

En 1254, durant le Carême, il priait dans la chapelle des Servites de Marie à Carfaggio, lorsqu’il lui sembla vraiment que le Crucifix lui suggérait d’aller rejoindre cet Ordre. Le jeudi de Pâques, il y était, et entendit la lecture du jour (Ac 8:26-40) : L’Esprit dit à Philippe : Approche et monte sur ce char. Filippo prit pour lui cette invitation, pour échapper au monde et «monter» dans l’Ordre. Dès le lendemain, il demanda son admission et fut reçu par le Supérieur, un des sept Fondateurs qui succédait à Alessio Falconieri (v. 17 février).

Filippo cependant, reçut des visites de Florentins, aussi fut-il muté au couvent du Monte Senario, où il fut d’abord chargé du jardin, de la quête, logé dans une petite grotte derrière la chapelle. Pendant cinq années, le docteur devenu novice fut ainsi mis à l’épreuve de l’humilité. Un jour qu’une créature mondaine vint le tenter, il se coucha longuement dans la neige pour éteindre totalement l’ardeur de la chair.

En 1258, le prieur l’envoya à Sienne ; en route, il rencontra des pères dominicains, qui restèrent émerveillés par la modestie et la science de ce jeune Religieux, et s’empressèrent de recommander au Supérieur de mettre cette intelligence au service de l’Eglise : Filippo fut ordonné prêtre en 1259 et se prépara à la Première Messe pendant tout le Temps pascal.

En 1262, il fut nommé maître des novices, en 1263 définiteur général puis assistant du Supérieur général, avant d’être lui-même élu Supérieur général en 1267.

A cette époque, l’Ordre comptait déjà une quinzaine de maisons en Italie. En 1268, les constitutions avaient été établies. Par modestie, Filippo faillit renoncer à sa charge, mais on le convainquit du contraire. Lors du conclave de 1269, il se cacha pendant trois mois, car le bruit courait qu’on parlait de lui pour être pape. Une fois le «danger» écarté, il partit visiter les maisons de l’Ordre en Allemagne et en France (il y en avait déjà à Toulouse, Montpellier, Vienne et Avignon). En Allemagne, il se perdit pendant trois jours dans la forêt ; n’en pouvant plus, il pria et reçut la visite de deux «bergers» qui le guidèrent vers une maisonnette où ils lui servirent à manger et à boire, le laissèrent se reposer puis lui indiquèrent sa route ; quand Filippo se retourna pour les remercier, il n’y avait plus personne… C’étaient deux anges !

En 1274, il participa au concile de Lyon. Revenu en Italie en 1276, il joua le pacificateur entre Bologne, Florence et Pistoia : la paix revint en 1280.

En 1282, il se passa un fait remarquable. Filippo était à Forlí, d’où un certain Pellegrino Laziosi le chassa vertement ; Filippo s’en allait humblement, mais fut rattrappé par le garçon vantard, qui lui demanda pardon et entra ensuite dans l’Ordre ; il mourut en odeur de sainteté (v. 1er mai).

C’est encore Filippo qui, en 1284, reçut dans l’Ordre des Servites Giuliana Falconieri, la nièce d’Alessio (cf. supra), qui fut la première de la branche féminine (v. 19 juin).

Une autre conquête de Filippo, fut la conversion de deux prostituées qu’il rencontra en voyage ; leur remettant ce qu’il avait comme argent, il les pria doucement de vivre honnêtement pendant trois jours, tandis qu’il faisait prier ses Religieux ; les deux femmes se convertirent vraiment et furent les deux premières cloîtrées de l’Ordre : Elena et Flora.

En 1285, l’Ordre comptait désormais quelque dix mille religieux et Filippo voulut aller trouver la pape à Pérouse ; ne pouvant plus marcher, il s’acheta une monture pour neuf livres.

C’est en août 1285 qu’il tomba malade à Todi, de nouveau un 15 août, le jour de son anniversaire. Il demanda son livre : ni le psautier, ni son ouvrage sur les origines de l’Ordre, mais son petit crucifix d’ivoire qu’il gardait de sa jeunesse.

Il s’éteignit le 22 août. Ses obsèques n’eurent rien de triste ; on célébra la Messe avec le Gloria et le Credo, comme aux fêtes. Le corps resta exposé jusqu’au 28 août, incorruptible et parfumé malgré la chaleur estivale.

Filippo Benizi a été béatifié en 1645 et canonisé en 1671.

 

 

Giacomo Bianconi

1220-1301

 

Giacomo (Jacques) naquit le 7 mars 1220 à Bevagna, qu’on dit Mevania en latin (Pérouse, Ombrie, Italie C). Ses parents s’appelaient Giovanni et Vanna, de famille connue.

Sa naissance aurait été signalée par l’apparition de trois étoiles très brillantes dans le ciel, car dans la même période naquirent notre Giacomo, Ambrogio Sansedoni (v. 20 mars) et Tommaso d’Aquino (v. 7 mars), trois illustres dominicains.

A seize ans, Giacomo reçut l’habit dominicain au couvent de Spolète et, dès lors, avança dans la science sacrée autant que dans la sainteté à pas de géants. Les deux sources de sa «science» étaient la mortification et l’adoration du Saint-Sacrement.

Il étudia à Pérouse. Ordonné prêtre, il fut un prêcheur infatigable. Il fonda un couvent dans sa ville d’origine, Bevagna, qu’il gouverna, dit-on, plus par ses exemples que par son autorité. Il aurait aussi suggéré à une certaine Lucia de fonder un couvent bénédictin pour les femmes.

En 1281, il fut nommé prédicateur général ; en 1291, prieur à Spolète, et en 1299 à Foligno.

Une secte infâme, rappelant celle des Nicolaïtes, serpentait en Ombrie, et Giacomo la pourchassa, obtenant même l’abjuration solennelle de son chef à Orte.

On a de lui deux ouvrages : Miroir de l’Humanité de Jésus et Miroir des Pécheurs ou Dernier Jugement Universel.

Parmi les faits extraordinaires qu’on a rapportés sur Giacomo, se trouve cette mystérieuse manifestation d’un Crucifix, d’où jaillit du Sang sur la tête de Giacomo, comme signe certain de son salut éternel. 

Il fit beaucoup de miracles. Le dernier eut lieu sur son lit de mort : pour réconforter les confrères, Giacomo se fit apporter de l’eau fraîche, qu’il changea en bon vin d’un geste de bénédiction, avant de s’endormir pieusement dans le Seigneur.

Certains avancent comme date de cette mort le 15 août 1301, mais le Martyrologe au 22 août.

Son culte fut confirmé en 1672.

 

 

Timoteo de Monticchio

1444-1504

 

Timoteo, né en 1444 à Monticchio (L’Aquila, Abruzzes, Italie C), était le fils de braves cultivateurs.

Tôt (petit garçon, lit-on) il entra chez les Frères mineurs de l’Observance, y fit de bonnes études et fut ordonné prêtre.

On l’envoya comme maître des novices à Campli, plus tard à Ocre.

Il vécut et appliqua la Règle avec une humble persévérance, et fut favorisé de grâces extraordinaires, recevant la visite de Notre-Dame, de saint François d’Assise ; Notre Seigneur lui parla de l’Hostie durant la sainte Messe ; beaucoup de miracles se vérifièrent par l’intervention de ce Religieux qu’on disait plus céleste que terrestre.

Sa sainte mort advint le 22 août 1504.

Les miracles ne cessèrent pas et permirent la reconnaissance du culte en 1870.

 

 

 

Thomas Percy

1528-1572

 

C’était le fils aîné de Sir Thomas Percy, comte de Northumberland et d’Eleanor, fille de Sir Guiscard Harbottal.

Le comte Thomas Percy participa au Pélerinage de Grâce, un mouvement insurrectionnel qui réussit à rétablir les offices et les couvents catholiques, au point de forcer les autorités à des négociations, qui d’ailleurs ne furent pas tenues, et au contraire aboutirent à une nouvelle répression. Cet homme donc fut exécuté à Tyburn (1537), et pour cela considéré comme martyr. 

Le petit Thomas avait alors huit ans. Lui et son frère Henry furent alors enlevés à leur mère et confiés à Sir Thomas Tempest.

En 1549, son père fut réhabilité, en sorte qu’il récupéra son rang et son titre. Déclaré gouverneur de Prudhoe Castle, il assiégea et prit Scarborough Castle, que des rebelles avaient conquis en 1557. En récompense il reçut le comté de Northumberland avec, en plus, les baronies de Percy, Poynings, Lucy, Bryan et Fitzpane. Installé en grande pompe à Whitehall, il fut peu après nommé Gouverneur Général des Marches, en qualité de quoi il défit les Ecossais.

En 1558, il épousa Anne Somerset, fille du comte de Worcester, qui plus tard souffrit beaucoup pour la foi. De ce mariage devaient naître un garçon, mort jeune, et quatre filles : Elizabeth, Lucy, Jane et Mary.

Quand la reine Elizabeth monte sur le trône, elle laisse Thomas Percy tranquille pendant un certain temps, et lui accorde même l’Ordre de la Jarretière (1563). Il résigna sa fonction et se retira dans le sud. Mais la persécution systématique des catholiques rendait sa position difficile ; de plus, quand circulèrent des bruits sur la prochaine excommunication de la reine Elizabeth, toute la région du nord planifia de libérer la reine Mary, reine d’Ecosse. 

Le comte Thomas, de concert avec le comte de Westmoreland, écrivit une lettre au pape pour lui demander quoi faire. Mais les circonstances firent qu’ils durent prendre une décision avant que la lettre n’arrivât à Rome. Après un court succès, l’entreprise ne réussit pas ; Thomas s’enfuit en Ecosse où il fut capturé et, après trois années, vendu au gouvernement anglais. Conduit à York, il fut décapité, ayant refusé d’être remis en liberté moyennant l’abandon de sa religion. C’était le 22 août 1572.

Il a été béatifié en 1895. 

Son épouse Anne s’en vint dans les Flandres, avec sa petite Mary qui venait de naître (1570) ; Anne mourut à Namur en 1596 ; Mary fonda le couvent de Bénédictines de Bruxelles, dont dépendent presque tous les actuels monastères de Bénédictines d’Angleterre.

Il y a encore actuellement des descendants de Thomas et Anna dans les Flandres.

 

 

Richard Kirkman

? -1582

 

Richard Kirkman était né à Addingham (West Riding, Angleterre).

Il vint à Douai en 1577, au Collège anglais qui fut transféré à Reims, où il fut ordonné prêtre le Samedi Saint de 1579.

Etant repassé en Angleterre en compagnie d’Alexander Briant (voir au 1er décembre), il trouva refuge à Scrivelsby (Lincolnshire) et fut probablement arrêté le 8 août 1582. Pour lui, le jugement et la condamnation ne se firent pas attendre. Son sort fut le même que pour William Lacey.

Les derniers mots de Richard furent ces versets du psaume 119 : Malheur à moi, qui me suis arrêté à Mosoch ! J’ai habité dans les tentes de Kedar ! Je suis resté trop longtemps parmi ceux qui haïssaient la paix.

Richard et William furent exécutés le 22 août 1582 à Knavesmaire (York). 

Le culte qui leur était rendu fut confirmé en 1886, ce qui équivalait à la béatification.

 

 

William Lacey

? -1582

 

William Lacey (ou Lacy) était né probablement à Houghton (Yorkshire, Angleterre). Il avait un frère (Ralph) et une sœur (Barbara).

Il épousa en secondes noces une veuve nommée Cresswell, dont les deux fils, Arthur et Joseph, furent jésuites.

Il souffrit pour sa foi, perdit son poste d’officier civil et connut la prison. Après la mort de son épouse, il rejoignit le collège anglais de Reims en juin 1580. En septembre de la même année, il vint à Pont-à-Mousson puis à Rome où il fut ordonné prêtre, après avoir obtenu une dispense en raison de ses deux mariages.

En 1581, il prit la route pour l’Angleterre, s’arrêtant à la basilique de Loreto (Ancône, Italie). Il se déplaça dans son pays, en compagnie des jésuites Jasper Heywood et William Holt.

Le 22 juillet 1582, il se trouvait auprès d’un prêtre, Thomas Bell qui achevait la Messe à York Castle. Ce dernier, malheureusement, allait ensuite apostasier.

Arrêté, William fut chargé de chaînes et enfermé au fond d’un cachot souterrain. Après des interrogatoires répétés, il passa en jugement le 11 août, avec Richard Kirkman.

Il se trouve que le juge de ce tribunal était Henry Hastings, fils de Catherine Pole, petite-fille de la martyre Margaret Pole (voir au 27 mai). Lui-même appartenait à la secte protestante puritaine, que la reine haïssait ; mais elle se servait volontiers de la haine de Henry Hastings envers les Catholiques et surtout envers les prêtres. 

Les deux prêtres William et Richard furent exécutés le 22 août 1582 à Knavesmaire (York).

Le culte qui leur était rendu fut confirmé en 1886, ce qui équivalait à la béatification.

 

 

John Kemble

1599-1679

 

Né en 1599 à Rhydicar Farm (Saint-Weonards, Herefordshire, Angleterre), il était le fils de John et Anne Kemble, catholiques et parents de quatre prêtres.

John fut ordonné prêtre à Douai en 1625 et retourna en Angleterre aussitôt après, dans les régions de Monmouthshire et Herefordshire, où la persécution n’était pas aussi rigoureuse que dans d’autres régions.

Lors du fameux et triste complot de Titus Oates, de fausses accusations furent lancées contre le prêtre John Kemble, qui fut arrêté dans la maison de son frère, à Pembridge Castle. Il refusa de se cacher, ne voulant pas abandonner son «troupeau» ; on dit que l’épouse et les enfants du John Soudamore, qui vint arrêter John Kemble, étaient parmi les propres paroissiens du prêtre.

Ce bon prêtre, alors âgé de quatre-vingts ans, fut traîné à Londres et interrogé. Il fut évident qu’il n’avait rien à voir avec ledit complot, mais il était coupable pour le crime d’être un prêtre catholique. On le condamna au supplice «habituel» : à être pendu, éviscéré et écartelé.

Ramené à Hereford pour y être exécuté, le père Kemble prit le temps d’achever ses prières, et partagea avec la foule une dernière pipe et un dernier verre. Il ajouta : L’échec des autorités de Londres à me mélanger au complot, montre bien que je ne meurs que pour le fait d’appartenir à la religion catholique, cette même religion qui a permit à l’Angleterre de devenir un royaume chrétien.

Son bourreau était dans une grande angoisse ; le prêtre le réconforta. On raconte qu’il lui dit : Anthony, homme loyal, mon ami Anthony, n’aie pas peur, fais ton devoir. Je te pardonne de tout mon cœur. Loin de me causer du déplaisir, tu me fais un grand plaisir.

Kemble eut la «permission» de mourir vraiment avant d’être éviscéré, de sorte qu’on lui épargna cette douloureuse agonie qu’on imposa à tant d’autres Martyrs anglais.

C’est le 22 août 1679 qu’il fut martyrisé à Widemarsh Common (Hereford). Autant les Protestants que les Catholiques pleurèrent ce grand gentilhomme.

Après avoir prié par l’intercession du Martyr, Madame Scudamore recouvra l’ouïe, et sa fille fut guérie d’un cancer à la gorge.

John Kemble fut béatifié en 1929 et canonisé en 1970.

Un autre miracle, retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de tous ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

John Wall

1620-1679

 

Il naquit en 1620 à Preston (Lancashire, Angleterre).

En 1641 il entra au Collège Anglais de Douai et fut ordonné prêtre en 1645.

Pendant quelques années, il passa en Angleterre et exerça clandestinement le saint ministère parmi les catholiques persécutés.

Puis il revint à Douai pour demander son admission dans l’Ordre des Frères Mineurs Franciscains ou Récollets , et il prit le nom de Joachim de Sainte-Anne.

Il fut nommé maître des novices, jusqu’en 1656, année où il retourna en Angleterre et s’établit dans le Worcestershire et devint recteur de l’Ecole Royale de Worcester.

En 1678, souçonné (à tort) d’avoir trempé dans le fameux complot de Titus Oate, il fut arrêté et enfermé à la prison de Worcester. Son jugement eut lieu le 25 avril ; on l’envoya à Londres, on le renvoya à Worcester pour être exécuté comme prêtre catholique exerçant le ministère.

La population locale le connaissait bien et l’estimait beaucoup. Dans la foule qui assistait à son martyre, beaucoup étaient protestants et pleuraient. Le maire cria : Voilà bien le moyen de nous faire tous devenir papistes !

John Wall fut martyrisé le 22 août 1679 à Worcester (Worcestershire).

Il fut béatifié en 1929, canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Domenico Perani

1604-1694

 

Domenico (ou Francesco ?) Perani vit le jour le 7 novembre 1604 à Villa d’Appignano (La Lama, Offida, Ascoli Piceno, Italie), troisième des huit enfants d’humbles paysans, Domenico Puccio et Elisabetta Perani. On n’explique pas pourquoi il porta le nom de sa mère et non celui de son père.

Il grandit en gardant les brebis, en passant la charrue et en maniant la pioche. Mais surtout il était attiré par la dévotion. Son père s’en rendait mieux compte de jour en jour, et surtout lquand il découvrit son garçon à genoux au milieu du troupeau, tournée vers une image de la Vierge Marie qu’il avait peinte contre le mur d’en-face.

En 1626, il demanda à entrer chez les pères Capucins : ni son père ni les Religieux n’y mirent d’obstacle. On l’envoya faire le noviciat à Corinaldo (Ancona), où il prit l’habit des Frères lais et le nom de Bernardo.

Après le noviciat et la profession, il fut envoyé à Fermo (Ascoli Piceno) comme infirmier et cuisinier, ce qu’il fit pendant quarante années (!).

Il excella bien sûr dans toutes les vertus, mais particulièrement dans celles de patience et de charité. Jamais on ne le vit triste. Il détestait tellement les murmures par derrière, qu’à son apparition les «fautifs» se disaient : Chut, voilà Bernardo.

Jamais oisif, il aidait les Confrères dès qu’il avait fini son travail ; sinon, il passait des heures à l’église, assistant aux messes quotidiennes (on ne concélébrait pas à l’époque), communiant plusieurs fois par semaine, méditant sur la Passion ; en passant devant le Tabernacle, il baisait la terre ; quittant ou revenant au couvent, il faisait toujours d’abord une petite prière au Saint-Sacrement ; il s’imposait d’autres mortifications, dormant peu et sur la dure, s’imposant le cilice, jeûnant, dans une discrétion totale.

En 1669, il fut envoyé à Offida, comme quêteur. Chaque couvent avait son quêteur, qui allait à la ronde demander de l’aider pécunière ou matérielle pour les Religieux, et aussi pour les pauvres. C’était l’occasion de parler de Dieu, de rencontrer les gens. Bernardo eut de la difficulté à partir à soixante-cinq ans sur les chemins et à aborder certaines personnes, mais il était si édifiant qu’on le vénérait partout. Il exhortait à la prière, à la lutte contre le péché, à la dévotion mariale.

Parvenu à un âge vénérable, il fut relevé de sa charge et se vit confier l’accueil au couvent, charge qu’il remplit avec toute la délicatesse et la prudence désirées. On vint le voir, lui demander conseil, recevoir ses lumières, car il avait véritablement le don de science infuse, alors qu’il était pour ainsi dire illettré.

Les grâces qu’il obtenait, il les attribuait à un autre Capucin, Felice de Cantalice (v. 18 mai), qui venait d’être béatifié en 1620.

Quand les Supérieurs voulurent le transférer, c’est l’évêque lui-même qui intervint pour faire annuler la décision, car le frère Bernardo fait plus de bien aux âmes que vingt missionnaires ensemble.

Il n’y eut pas que ces bénédictions. La charité du Frère envers les pauvres fut sévèrement réprimée par les Supérieurs ; l’un alla jusqu’à piétiner tout son jardin, sous prétexte qu’il donnait trop largement aux pauvres au détriment du bien-être des Religieux. En réalité, jamais on ne manqua dans le couvent.

Le frère Bernardo reçut à soixante-douze ans les stigmates de la passion, comme le Fondateur de l’Ordre séraphique, François d’Assise.

Les dernières années, Bernardo dut abandonner toutes ses occupations, contraint de se déplacer avec les béquilles. Il priait, les bras en croix devant le Saint-Sacrement.

Bernardo d’Offida s’éteignit doucement le 22 août 1694 ; si nombreux furent les fidèles à découper un morceau de son habit comme relique, qu’on dut par trois fois remettre un habit à la dépouille du saint homme.

Il fut béatifié en 1795.

 

 

Elie Leymarie de Laroche

1758-1794

 

Né le 8 janvier 1758 à Annesse (Dordogne), Elie fréquenta le séminaire Saint-Sulpice de Paris et devint prieur de Saint-Jean de Coutras, dans le diocèse de Bordeaux.

Il fut déporté de la Dordogne, et envoyé sur le Deux-Associés aux pontons de Rochefort.

Doux, complaisant, très religieux, d’un commerce également sûr et facile, l’abbé Leymarie fut chéri de ses confrères autant au séminaire que dans son diocèse et durant sa détention sur le vaisseau, au point que sa mort jeta ses amis dans la consternation et causa des regrets, même à ceux qui le connaissaient moins.

Ce prêtre rendit son âme à Dieu le 22 août 1794, et fut béatifié avec ses Compagnons en 1995.

Petra María Victoria Quintana Argos

1866-1936

 

Née le 13 mai 1866 à Soano (Santander, Espagne), Petra (Pierrette) était la fille de paysans très chrétiens, Antonio Quintana et Luisa Argos.

Elle avait quatorze ans, lors de la mort de sa mère, et dut, outre les travaux des champs,  s’occuper du foyer et de ses petits frères et sœurs.

En 1889, malgré quelques réticences familiales, elle entra dans la récente congrégation des Capucines Tertiaires de la Sainte Famille au sanctuaire de Montiel-Benaguacil (Valencia), convaincue que Dieu l’appelait à son service.

En 1891, elle fit la première profession avec le nom de Rosario de Soano (Rosario est un prénom masculin et féminin en Espagne, sous-entendant Notre-Dame du Rosaire).

Elle fut au couvent de Masamagrell (Valencia).

En 1896 elle émit les vœux perpétuels et porta désormais au doigt l’anneau de son «union» avec le Christ.

De caractère jovial, affable, à la fois austère pour elle-même et bonne pour les plus pauvres, elle fut tour à tour chargée de demander l’aumône pour le couvent, élue maîtresse des novices, conseillère générale de 1914 à 1926, puis Supérieure générale.

Au moment de la révolution, elle dut quitter le couvent avec les autres consœurs et trouver refuge chez des particuliers.

Arrêtée le 21 août avec deux autres Compagnes (Manuela Fernández et María Fenollosa), elle fut conduite le lendemain avec Manuela sur la route de Puzol.

Au moment d’être fusillée, sans perdre son sang-froid, elle retira son anneau et le remit à son bourreau en lui disant : Tiens, prends-le, ce sera le signe que je t’ai pardonné.

Petra et Manuela furent martyrisées le 22 août 1936, et béatifiées en 2001.

 

 

Joan Farriol Sabaté

1868-1936

 

Il était né le 3 octobre 1868 à Montblanc.

Il fut ordonné prêtre en 1894.

Après avoir été vicaire à Vimbodí jusqu’en 1899, il fut nommé dans son pays d’origine, à Montblanc.

Le 9 août 1936, il fut arrêté à son tour et mis en prison, toujours à Montblanc. Il y retrouva l’évêque auxiliaire, Mgr Borràs (voir au 12 août), et d’autres prêtres du diocèse.

Dès son arrestation et son entrée en prison, il était fermement convaincu qu’on le ferait mourir prochainement.

Il devait rester quelques jours seulement en prison, qu’il passa en montrant le bon exemple, sans montrer d’inquiétude devant la mort ; il y ajouta même de la bonne humeur. Il s’informait sur ce qui se passait hors de la prison, des autres prêtres assassinés et fit dire à un de ses amis qu’il attendait sa mort avec résignation.

Le 22 août 1936, avec deux autres prêtres, don Dalmau Llebaria et don Josep Roselló, il fut emmené à Tarragona. Les trois prêtres furent assassinés sur la route de Barcelone, au lieu-dit La Creu de la Guineu.

Joan Farriol Sabaté fut béatifié en 2013.

 

 

Manuela Justa Fernández Ibero

1872-1936

 

Née le 6 août 1872 à Ochoví (Navarre, Espagne), Manuela était la fille de paysans très chrétiens, Hilarión Fernández et Juana Francisca. De ses nombreux frères et sœurs, Manuela eut deux frères Capucins et deux sœurs Tertiaires Capucines.

Elle avait quinze ans, quand elle entra dans la récente congrégation des Capucines Tertiaires de la Sainte Famille.

Elle émit la première profession en 1891 et travailla activement à l’éducation des petites orphelines, en particulier en recueillant des dons et des aumônes pour les soutenir.

Elle fut élue supérieure locale et, pendant trente-six ans, conseillère générale.

On la connaissait pour son caractère patient, humble, serviable, et sa dévotion au Saint Sacrement.

En 1936, elle se trouvait au couvent de Masamagrell (Valencia) et organisa le placement des postulantes et des novices en lieu «sûr».

Au moment de la révolution, elle dut quitter le couvent avec les autres consœurs et trouver refuge chez des particuliers.

Arrêtée le 21 août avec deux autres Compagnes (Piera Quintana et María Fenollosa), elle fut conduite le lendemain avec Piera sur la route de Puzol.

Petra et Manuela furent martyrisées le 22 août 1936, et béatifiées en 2001.

 

 

Dalmau Llebaria Torné

1877-1936

 

Dalmau ou Dalmacio était né le 5 octobre 1877 à Falset (Catalogne, Espagne).

Il fit des études aux séminaires de Tarragone, mais dut partir à la guerre hispano-américaine à Cuba.

Jeune, Dalmau demanda à Dieu deux grâces : être prêtre, et être martyr. 

Il fut ordonné prêtre en 1902.

Les paroisses de son activité pastorale furent Ulldemolins, Siurana, Aleixar, Alforja, Belltall, Solivella, Sant Martí de Maldà, enfin Montblanc.

Ce fut un homme de Dieu, effacé et bon avec tout le monde. Son zèle se manifesta surtout pour les Exercices spirituels dans la paroisse et pour encourager l’Action catholique.

Pour les Exercices spirituels (retraites), il réussissait à rassembler beaucoup d’hommes et de jeunes, avec lesquels il priait. Il ne prêchait pas toujours lui-même ; sans jalousie, il invitait d’autres prêtres.

Grâce à son action persévérante, son groupe d’Action catholique des jeunes fut le plus important du diocèse.

Arriva la révolution de juillet 1936. Dans la matinée du 21 juillet, on essaya de mettre le feu aux porte de l’église : il se précipita avec son vicaire pour éteindre le feu avec l’eau bénite. Sage intervention !

Puis ils célébrèrent chacun leur dernière Messe dans l’église, toutes portes fermées, et mirent le Saint Sacrement en sûreté, ainsi que les ornements et les objets précieux (les calices, les ciboires).

Dans l’après-midi, ils se réfugièrent dans une famille de la paroisse. Au moment du souper, on vint arrêter don Dalmau, qui fut emmené à la mairie, mais remis en liberté. On le reprit vers minuit pour l’emmener à la prison de Montblanc.

Là il retrouva les jours suivants le Cardinal Vidal, Mgr Borrás et d’autres confrères ; il redonnait courage à tous, il confessait, ils priaient ensemble. Puis arriva son vicaire, don Josep Colom, qui devait être fusillé le 4 août suivant.

Fin juillet, on le fit aller à l’église pour ouvrir les portes des Archives paroissiales, qui se trouvaient au-dessus de la sacristie. Quand il vit de là dans quel état était l’église, il en fut douloureusement affecté.

Le 22 août, après un mois d’emprisonnement, on voulut le conduire à Tarragona avec deux autres prêtres. On leur disait que, pour plus de sécurité, on les menait à un des bateaux-prisons. En quittant ses compagnons de prison à Montblanc, don Dalmau leur dit : Courage ! Au Ciel ! 

Durant le voyage, il exprima sa conviction qu’il allait au martyre, s’en remettant pleinement entre les mains de Dieu. A un moment, don Dalmau dit au chauffeur : S’ils ne me tuent pas, j’en serai reconnaissant toute la vie ; s’ils me tuent, je vous protègerai tout spécialement du haut du Ciel.

La voiture les déposa à Tarragona et retourna à Montblanc. Les trois prêtres furent alors conduits à quelque deux kilomètres de là sur la route de Barcelone et, au lieu-dit La Creu de la Guineu, assassinés, pour le seul fait d’être des prêtres.

Après avoir été prêtre, don Dalmau venait d’obtenir l’autre grâce : être martyr. 

D’après l’autopsie, les prêtres avaient été fusillés de dos. Ce fut le 22 août 1936.

Don Dalmau fut béatifié en 2013.

 

 

Narciso de Estenaga Echevarría

1882-1936

 

Narciso naquit le 29 octobre 1882 à Logroño. Son père, Nicanor de Estenaga y Lizarralde, était journaliste et mourut très vite. C’est pour ce motif que la maman, lavandière, Eugenia Echevarría, déménagea à Vitoria, où elle mourut à son tour, laissant son petit garçon de onze ans dans les mains de la Sainte Vierge.

Il fut reçu à Aguirre dans le séminaire pour enfants pauvres, où s’occupa de lui la “Mère Corazón”, María Josefa Sancho de Guerra (du Cœur de Jésus, voir au 20 mars). Elle accueillit Narciso, lui paya les études et l’envoya au séminaire de Tolède. Là il étudia brillamment sous la conduite de Joaquín Lamadrid, futur martyr lui ussi. Il sera reçu docteur en droit.

Il fut ordonné prêtre en 1907, et sera nommé chanoine de la cathédrale, puis confesseur du roi Alphonse XIII. En 1922, il fut préconisé pour être évêque à Ciudad Real, charge à laquelle était attachée la fonction de Prieur des Ordres Militaires de Santiago, Alcántara, Calatrava et Montesa. Il fut consacré en 1923.

Il participa à différents Congrès (catéchistique, eucharistique) et correspondit avec l’Académie Royale d’Histoire et Belles Lettres ; il parlait plusieurs langues et écrivit des ouvrages.

Quand éclata la guerre civile, le gouverneur de Ciudad Real était partisan de la modération, mais n’empêcha pas les interventions des miliciens. Malgré le danger, l’évêque resta dans son diocèse. Le 19 juillet, il demanda à son clergé de ne pas abandonner les fidèles et de continuer les célébrations. Le 23 juillet furent assassinés les Passionistes de Daimiel (voir la notice).

Monseigneur Estenaga pouvait passer en zone “nationale” pour être protégé, mais il répondit que précisément maintenant que les loups sont autour de la bergerie, le pasteur ne doit pas s’enfuir.

Après que la Garde Civile fut renvoyée à Madrid, les miliciens imposèrent leur cruauté dans la ville. La prison regorgeait de prisonniers, de sorte qu’on réquisitionna le Séminaire pour y installer le Tribunal Révolutionnaire.

Le 25 juillet, le Gouverneur demanda l’interruption des célébrations dans les églises, puis les trois églises furent envahies, en particulier celle de la Vierge du Prado, patronne de la ville, qui fut utilisée comme garage.

Le 28, quatorze des trente étudiants clarétins furent fusillés pendant qu’on les transférait à Madrid. On proposait aussi à l’évêque d’aller s’y réfugier, mais le Comité révolutionnaire prétendit “veiller sur sa sécurité” en lui imposant de ne pas sortir de son palais épiscopal.

Le 5 août, les miliciens donnèrent l’assaut à l’évêché. L’Évêque voulut préserver sa chapelle de la profanation, leur déclarant qu’il ne partirait pas de là sans le Saint Sacrement, sinon ils pouvaient le tuer sur place. Ce jour-là, ils n’intervinrent pas davantage.

Le 8 on vint déloger l’évêque et son secrétaire ; tout le reste du personnel avait dû déjà abandonner les lieux. Mgr Estenaga et le père Julián Melgar, avec un balluchon d’habits sur l’épaule, s’installèrent chez un ami, Saturnino Sánchez Izquierdo.

Le 14 août au soir, les miliciens s’emparèrent du trésor de la cathédrale et de celui de la Vierge du Prado, dont ils détruisirent la sainte Image.

Au petit matin du 22 août, l’évêque et son secrétaire célébrèrent leur dernière messe. A dix heures, des miliciens avec deux voitures vinrent convoquer l’évêque et menacèrent de faire sauter la porte à la dynamite. C’est l’évêque qui se présenta alors à eux, en soutane avec sa croix pectorale, en leur disant : Allons où vous voulez. 

Les miliciens disaient au secrétaire de rester là, mais lui protesta : J’ai toujours accompagné mon évêque, je le ferai aussi maintenant ; je demande à recevoir le même sort.

Ils partirent à huit kilomètres de là, à Peralvillo Bajo, près du fleuve Guadiana, en un endroit qu’on appelle “el Piélago”. Là ils fusillèrent d’abord le secrétaire, Julián Melgar, puis tirèrent à bout portant sur la tête de l’évêque, dont le visage sera complètement méconnaissable. Ils voulaient les rouler dans le fleuve, mais les laissèrent là.

Un berger les découvrit là le lendemain, donna l’alerte, et on les ensevelit dans le cimetière. Un employé des pompes funèbres raconta : le cadavre de l’évêque portait la soutane et les bas violets.

En 1940, les restes de l’évêque martyr et de son secrétaire furent transférés dans la cathédrale.

Des trois évêques martyrs de cette triste période, Mgr Narciso de Estenaga était le plus jeune : cinquante-quatre ans.

Narciso de Estenaga Echevarría et Julián Melgar furent béatifiés en 2007. 

Ils seront commémorés ensemble le 22 août au Martyrologe., tandis qu’en Espagne une fête commune les célèbre avec tous les autres martyrs le 6 novembre.

 

 

Josep Roselló Sans

1883-1936

 

Josep naquit le 24 septembre 1883 à Montblanc (Tarragona, Catalogne, Espagne).

Ce garçon qui fut très tôt attiré par les activités paroissiales, entra au Séminaire de Tarragona, et fut ordonné prêtre en 1908.

Son poste fut sa propre terre natale, Montblanc, où il fut un prêtre humble, doux, appliqué à son ministère. Il avait une grande dévotion à Notre-Dame de la Serra, et développa celle à saint Matthieu, le patron de la paroisse.

Quand éclata la révolution de 1936, très vite le curé de Montblanc et son premier vicaire furent arrêtés et mis en prison. Don Josep était resté en liberté.

Le 22 juillet 1936, il voulut aller célébrer la Messe chez les Carmélites de la Charité, tôt le matin comme d’habitude. Auparavant, son frère lui fit remarquer le danger qu’il y avait à s’exposer ainsi, en soutane, dans les rues du pays. Lui au contraire, répondit sur un tout autre registre : Je ne sais pas ce que me feront les gens, toutefois qu’il arrive ce qui doit arriver, l’unique chose qu’ils pourront me faire, c’est de mettre mon corps en morceaux, mais pas mon âme (cf.Mt 10:28). De plus, ma mission sacerdotale m’y oblige.

Effectivement, en chemin, il fut insulté et menacé. Il alla célébrer la Messe. Il y fit une homélie émouvante, qu’il acheva en disant : Nous serons martyrs ! L’après-midi, un groupe essaya d’occuper l’église Sainte-Marie ; il descendit sur la place pour tenter de calmer les gens, mais devant les portes de l’église, on l’arrêta et on le conduisit en prison.

Quelques jours après, arriva aussi en prison l’évêque, Mgr Borrás (voir au 12 août). En voyant qu’il portait une soutane qui ne lui allait pas du tout, don Josep le força à prendre la sienne, qui était neuve.

Les jours suivants, don Josep se comporta de façon très charitable envers ses compagnons de prison, par ses bonnes paroles, par sa piété et tout son comportement vraiment sacerdotal. 

Le 22 août, on le conduisit avec don Dalmau Llebaria et don Joan Farriol, à quelques kilomètres de Tarragona, sur la route de Barcelone, où on les fusilla tous les trois.

Don Josep Roselló Sans fut béatifié (avec les deux autres prêtres), en 2013.

 

 

Inés Rodríguez Fernández

1889-1936

 

Inés Rodríguez Fernández naquit le 2 novembre 1889 à Avedillo (Zamora, Castille, Espagne CW), aînée des deux filles de Ángel Rodríguez et Catalina Fernández.

Elle eut un peu de mal à convaincre les parents de la laisser entrer en religion, car elle les aidait vaillamment dans les travaux de la maison et des champs. Mais c’est Dieu qui l’emporta, et elle entra en 1908 dans l’Ordre de l’Immaculée Conception, dont les Religieuses s’appellent aussi les Conceptionnistes Franciscaines. Le couvent se trouvait à El Pardo (Madrid).

En 1910, Inés fit la profession, prenant le nom d’Agnès de Saint-Joseph.

Ce qui la caractérisa, fut l’intensité de sa prière ; elle était persuadée que ce dialogue intérieur avec Dieu lui faciliterait le progrès dans toutes les vertus.

En 1935, elle fut élue supérieure, dès le premier vote des Religieuses, et à l’unanimité. Et ces dernières purent constater qu’elles avaient fait le bon choix : Mère Agnès était toujours présente pour donner l’exemple dans la prière et dans le travail, toujours présente auprès de chacune pour encourager, pour écouter, comme une mère attentive.

Avec les nuages qui s’accumulaient dans le ciel de l’Espagne, en 1936, elle sut prévenir les Religieuses des dangers imminents, et les encourager à s’appuyer sur la divine Providence.

L’orage éclata le 19 juillet 1936. Dès le 21, des hommes armés se présentèrent et ordonnèrent aux moniales de quitter leur maison. Mère Agnès venait de rappeler à ses filles d’être prêtes à donner leur vie pour l’Eglise.

A midi, elles sortirent du monastère, insultées par une cohorte d’hommes et de femmes qui les mirent en rang par deux et les conduisirent sur la place centrale. Certains habitants les reçurent, mais quatre jours plus tard, les miliciens revinrent à la charge : il fallait alors quitter le pays, sinon ils mettraient le feu à ces maisons.

Ces huit moniales se réfugièrent chez la mère de leur aumônier, mais durent encore changer de maison, et mère Agnès avec sa propre sœur furent reçues par un couple âgé, le 2 août.

Vingt jours plus tard, revinrent encore les miliciens, qui voulaient embarquer les Religieuses et les vieux époux avec leur femme de ménage ; mère Agnès demanda la liberté de ses hôtes. Les miliciens emmenèrent alors les deux Religieuses et les fusillèrent à l’aube du 22 août en pleine campagne, à Vicálvaro.

Mère Agnès reçut le coup de grâce dans la bouche, sa compagne dans le ventre.

Mère Agnès de Saint Joseph et sa sœur ont été béatifiées en 2019, et seront inscrites au Martyrologe le 22 août.

 

 

María Concepción Rodríguez Fernández

1895-1936

 

María Concepción Rodríguez Fernández naquit le 29 septembre 1895 à Avedillo (Zamora, Castille, Espagne CW), petite sœur d’Inés (v. ce même jour, 22 août).

Entrée à son tour chez les Sœurs Conceptionnistes Franciscaines, à El Pardo, prenant le nom de Marie du Carmel et de l’Immaculée Conception.

Désormais, les deux sœurs partagèrent leur vie religieuse, jusqu’au martyre.

On peut se référer à la notice Inés Rodríguez Fernández

Toutes deux ont été béatifiées en 2019, et seront inscrites au Martyrologe le 22 août.

 

 

Julián Melgar Salgado

1900-1936

 

Né le 16 avril 1900 à Bercero (Valladolid), Julián entra au séminaire de Valladolid, où il fit la connaissance de Narciso de Estenaga y Echevarría, futur évêque de Ciudad Real, avec lequel il se lia d’une amitié profonde.

Devenu évêque en 1922, Mgr Estenaga l’ordonna prêtre en 1924 et le prit comme secrétaire particulier.

Au moment de la révolution, tous se désolidarisèrent du sort de l’évêque et de son secrétaire, sauf le député José Mateo, qui sera d’ailleurs assassiné à son tour deux semaines après eux. Il chercha où les faire recevoir.

Le 5 août, les miliciens donnèrent l’assaut à l’évêché. L’évêque voulut préserver sa chapelle de la profanation, leur déclarant qu’il ne partirait pas de là sans le Saint Sacrement, sinon ils pouvaient le tuer sur place. Ce jour-là, ils n’intervinrent pas davantage.

Le 8 août, l’évêque et son secrétaire sortirent de l’évêché avec juste un balluchon de vêtements, et allèrent chez Saturnino Sánchez Izquierdo.

Le 14 août au soir, les miliciens s’emparèrent du trésor de la cathédrale et de celui de la Vierge du Prado, dont ils détruisirent la sainte Image.

Au petit matin du 22 août, l’évêque et son secrétaire célébrèrent leur dernière messe. A dix heures, des miliciens avec deux voitures vinrent convoquer l’évêque et menacèrent de faire sauter la porte à la dynamite. Les propriétaires ne voulaienet pas ouvrir la porte ; c’est l’évêque qui se présenta alors à eux, en soutane avec sa croix pectorale, en leur disant : Allons où vous voulez. 

Les miliciens disaient au secrétaire de rester là, mais lui protesta : J’ai toujours accompagné mon évêque, je le ferai aussi maintenant ; je demande à recevoir le même sort.

Ils partirent à huit kilomètres de là, à Peralvillo Bajo, près du fleuve Guadiana, en un endroit qu’on appelle “el Piélago”. Là ils fusillèrent d’abord le secrétaire, Julián Melgar, puis tirèrent à bout portant sur la tête de l’évêque, dont le visage sera complètement méconnaissable. Ils voulaient les rouler dans le fleuve, mais les laissèrent là.

Un berger les découvrit là le lendemain, donna l’alerte, et on les ensevelit dans le cimetière. Un employé des pompes funèbres raconta : le cadavre de l’évêque portait la soutane et les bas violets.

En 1940, les restes de l’évêque martyr et de son secrétaire furent transférés dans la cathédrale.

Des trois évêques martyrs de cette triste période, Mgr Narciso de Esténaga était le plus jeune : cinquante-quatre ans.

Narciso de Esténaga Echevarría et Julián Melgar furent béatifiés en 2007. 

Ils seront commémorés ensemble le 22 août au Martyrologe., tandis qu’en Espagne une fête commune les célèbre avec tous les autres martyrs le 6 novembre.

 

Josep Vidal Balsells

1908-1936

 

Né le 5 décembre 1908 à Sant Coloma de Queralt (Tarragona), il fut baptisé trois jours plus tard et confirmé en 1914. Son père, muletier, s’appelait Antonio, sa mère Teresa.

Josep fit partie de l’Action Catholique. Il travailla dans une pharmacie.

En 1934, il demanda à être admis chez les Clarétains, malgré ses études incomplètes. Il commença le noviciat à Vic et fit la profession en 1935. Puis il commença courageusement la philosophie à Solsona.

Lors de la révolution de juillet 1936, la communauté dut se disperser. Josep alla se réfugier à San Miguel de Olius, puis Noguer, Clará, Guillenyá, Rial, Les Planes de Besora, Navés, Grifé. Il fallait toujours se cacher, éviter de se faire remarquer, et éviter aussi d’apporter des ennuis à ceux qui l’hébergeaient.

Le 15 août, Josep renouvela sa profession. Pensant à ses vieux parents, il demanda à aller les voir, mais la distance étant assez grande et, les difficultés de déplacement s’étant aggravées, il s’arrêta à Grifé.

De là, il écrivit un mot à ses parents, les invitant à venir le chercher. Mais la lettre fut interceptée et le Comité de Santa Coloma envoya des hommes pour arrêter Josep. Celui-ci eut un mouvement de crainte, mais ensuite reconnut d’anciens camarades, il en embrassa même un ; comme on lui disait qu’ils allaient le conduire chez lui, il fut en confiance et les suivit.

Un peu plus loin, on le fit monter en voiture et l’on prit la direction opposée à Sant Coloma, vers Berga ; il était 9 ou 10 heures du soir, quand les hommes firent descendre Josep et le fusillèrent. Il reçut une dizaine de balles.

Josep avait vingt-huit ans, et un an de profession.

Martyrisé le 22 août 1936, béatifié en 2017, Josep Vidal Balsells sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 août.

 

 

Symeon Lukach

1893-1964

 

Né le 7 juillet 1893 à Starunya (Stanislaviv, Ukraine), Symeon était le fils de paysans.

Il entra au séminaire en 1913, interrompit ses études pendant deux ans à cause de la Première guerre mondiale, et les acheva en 1919, année où il fut ordonné prêtre.

Il enseigna la théologie morale au séminaire de Stanislaviv, jusqu’en avril 1945.

En 1945, il fut secrètement sacré évêque.

Le NKVD l’arrêta une première fois en 1949, et il fut condamné à dix ans de déportation en Sibérie.

A moitié de sa peine, il fut relâché le 11 février 1955 (jour de la fête de Notre-Dame de Lourdes). A partir de cette date, il travailla dans le clergé clandestin.

En juillet 1962, il fut arrêté une deuxième fois, et subit un nouveau jugement, en compagnie d’un autre évêque clandestin, Mgr Sleziuk.

La sentence fut de cinq années de travaux forcés. Mgr Lukach avait soixante-neuf ans.

Durant cette période, l’évêque fut atteint de tuberculose. Quand désormais il était trop tard, on le remit en liberté.

Revenu dans son village natal, il s’éteignit le 22 août 1964.

 

Reconnu comme martyr de la période communiste, Mgr Lukach fut béatifié en 2001.

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20 août 2020 4 20 /08 /août /2020 23:00

21 AOUT

 

III.

S Euprepius, premier évêque à Vérone.

Ste Cyriaca, veuve romaine martyre.

S Privatus, évêque martyr à Mende, dont il est le patron, victime d'une incursion barbare.

S Quadratus, évêque à Utique et martyr, très vénéré par s. Augustin.

?

S Paterne, alexandrin martyr à Fondi.

IV.

SS Luxorius, Cisellus et Camerinus, martyrs en Sardaigne.

SS Agathonicos, martyr à Selymbria, et Zoticos, martyr à Nicomédie.

Ste Bassa, martyre en Haloné, et ses trois fils Theognios, Agapios et Pistos, martyrs à Edessa de Grèce.

V.

S Sidoine Apollinaire, évêque à Clermont, très lettré, père de deux enfants avant d'entrer dans les ordres.

VI.

S Léonce Ier, évêque à Bordeaux.

S Noël (Natale), à Casal.

VIII.

S Albéric, évêque à Utrecht, descendant des rois mérovingiens.

IX.

Ste Théokléto, thaumaturge de l'ordre des Optimates, veuve à Constantinople.

XII.

Ss  Ahmed (Bernat), Zoraida (María) et Zaida (Gracia), trois frère et sœurs, fils de l'émir de Valencia ; leur frère aîné lers fit massacrer à Alzira ; Bernat fut fixé à un arbre par un long clou dans le front, ses deux sœurs furent déchiquetées vivantes à coups de sabre.

XIX.

S Giuse Ɖặng Ɖình Viên, prêtre tonkinois martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Bse Victoire Rasoamanarivo, épouse fidèle d'un cruel mari sur l'île de Madagascar, béatifiée en 1989.

XX.

Bx martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Dominicains : près de Barcelone, les prêtres Luis Urbano Lanaspa et Ramón Peiró Victorí (*1882, 1891) ;

Salésiens : près de Barcelone, le clerc Pedro Mesonero Rodríguez (*1912) ;

- béatifiés en 2013 :

Fils de la Sainte Famille : à Lleida, les prêtres Joan Cuscó Oliver et Pere Sadurní Raventós (*1872, 1883) ;

- béatifiés en 2017 :

Clarétains : à Lleida, les prêtres Jacint Blanch Ferrer (*1868) ; Agustí Llosés Trullols (*1906), Xavier Morell Cabiscol, Luis Francés Toledano et Lluís Albi Aguilar (*1910) ; les convers Joan Garriga Pagés et Àngel Dolcet Agustì (*1908, 1914) ;

Laïcs : à Madrid, José Garvi Calvente et Eduardo Campos Vasallo (*1881, 1884) ;

Bx martyrs espagnols de 1937 :

- béatifié en 2013 :

Frères Maristes : près de Madrid, Vidal García y García (Jorge Camilo, *1916).

B Jan Zembol (Brunon, 1905-1942), profès franciscain polonais, martyr à Dachau, béatifié en 1999.

B Władysław Findysz (1907-1964), prêtre polonais longtemps persécuté pour sa foi et son apostolat, béatifié en 2005.

Euprepius de Vérone
† 250

Euprepius fut le premier évêque de Vérone, mais assez probablement pas au 1er siècle.
Un document ancien le nomme Puprepis, et le fait venir d’Orient.
On lui attribue aujourd’hui un épiscopat de quatorze années, de 236 à 250.
Le Martyrologe Romain mentionne Euprepius de Vérone au 21 août.


Cyriaca de Rome
† 255

On croit savoir que Cyriaca fut martyrisée à Rome sous Valérien, donc dans les années 253-260.
Cette Chrétienne passe pour avoir été une riche veuve, qui utilisa toutes ses ressources au profit de l’Eglise, en particulier des pauvres.
Elle donna également un domaine de l’Agro Verano (là où fut martyrisé s.Laurent, v. 10 août). Ce fut là l’origine du cimetière qui porta son nom.
Cyriaca n’avait plus rien, sinon sa propre vie, qu’elle offrit à Dieu généreusement, mais dans des circonstances qu’on ignore.
Le Martyrologe Romain mentionne Cyriaca de Rome au 21 août.


Privatus de Mende
† 258

Privatus a pu naître près de Clairmont (act. Clermont-Ferrand).
De Clairmont, donc, il fut envoyé par s.Austremoine (v. 1er novembre) en pays de Gévaudan, pour évangéliser le pays Gabale (act. Lozère).
On ne peut dire avec certitude s’il fut le premier ou le deuxième évêque de Mende : d’abord parce que le siège épiscopal devait certainement se trouver à Anderitum (act. Javols), ensuite parce qu’on ne sait si s.Severianus, hypothétique premier évêque, a bien existé.
Toujours est-il que, cette année-là (258 ou environ), Privatus s’était retiré dans une grotte du Mont Mimat, pour s’adonner plus intensément à la prière et au jeûne, lorsque s’approchèrent les Alamans, guidés par Chrocus. La population s’était réfugiée à Grèzes et subit un siège de deux années.
Quand les Alamans découvrirent enfin Privatus dans sa grotte, ils le prirent en otage, espérant se faire ouvrir les portes de la ville, mais Privatus préféra supporter tous les supplices possibles plutôt que de livrer son peuple.
On l’invita à sacrifier aux idoles : il refusa. On le tira de sa grotte, il fut frappé, mutilé, et amené jusqu’au bourg de Mimate (act. Mende), où il succomba à ses blessures, vers 258.
Une autre version affirme qu’on l’enferma dans un tonneau garni de pointes à l’intérieur, et qu’on le précipita du haut de la colline.
Mais les assaillants furent si exténués au terme de ces deux années, qu’ils levèrent le siège en promettant aux Gabales de les laisser en paix.
La tombe de Privatus fut creusée à l’endroit où il mourut. Une grande partie des reliques furent détruites pendant les guerres de religion.
Saint Privat est évidemment le protecteur de la ville de Mende ; des processions furent organisées, des miracles eurent lieu.
Le Martyrologe Romain mentionne Privatus de Mende au 21 août.


Quadratus d’Utique
† 259

Quadratus était l’évêque d’Utique au moment du massacre de la Massa Candida (v. 18 août), qu’on a cru pouvoir dater vers 259.
Trois jours plus tard, dit la chronique, ce saint évêque fut à son tour mis à mort.
De lui écrivit s.Augustin (v. 28 août) : C’est lui qui a appris à tout son peuple, clercs et laïques, à confesser le Christ ; il a envoyé devant lui son troupeau et est mort trois jours après. Augustin écrit en réalité le quatrième jour, selon la façon romaine de compter, comme nous disons que le Christ est ressuscité le troisième jour après sa mort.
Le Martyrologe Romain mentionne Quadratus d’Utique au 21 août.


Luxorius de Sardaigne
† 304

On manque d’informations certaines sur Luxorius.
Il devait être un soldat. 
Sa conversion au christianisme fut l’aboutissement de la lecture des Psaumes de la Bible.
Il fut dénoncé ; on voulut le faire abjurer et l’obliger à sacrifier aux idoles païennes, mais il resta ferme dans sa foi et fut décapité à Forum Trajani (auj. Fordongianus) en Sardaigne.
Peut-être que deux jeunes néophytes furent décapités avec lui, Camerinus et Cisellus, mais on ne sait rien sur eux.
L’Eglise de Pise aurait reçu des reliques de Luxorius, qui devint chez eux Rossorius.
Le Martyrologe Romain mentionne Luxorius de Sardaigne au 21 août.


Bassa d’Haloné
et Theognios, Agapios et Pistos à Edessa
4e siècle

Bassa était la mère de Theognios, Agapios et Pistos.
Elle fut martyrisée en l’île d’Haloné (Cyzique, Mysie, Turquie d’Asie NW).
Ses trois fils, Theognios, Agapios et Pistos, furent martyrisés à Edessa de Grèce.
Il existe, paraît-il, des Actes de ces Martyrs, auxquels cependant on ne peut guère donner confiance.
Le Martyrologe Romain mentionne Bassa d’Haloné et ses fils au 21 août.


Agathonicos et Zoticos de Selymbria
4e siècle

Zoticos fut mis à mort avec deux Compagnons par le préfet de Nicomédie.
Puis le même préfet découvrit Agathonicos, fils d’un autre préfet. Il se le fit amener à Nicomédie, pour l’interroger. Les réponses d’Agathonicos provoquèrent la conversion de plusieurs païens présents à l’interrogatoire : le préfet les fit tous arrêter, en fit décapiter quelques-uns et tous les autres, avec Agathonicos, furent envoyés à Constantinople. 
En cours de route, on exécuta tous les Compagnons d’Agathonicos. Ce dernier arriva donc seul à Constantinople ; il y fut torturé.
Conduit alors à l’empereur qui se trouvait non loin, à Selymbria (auj. Silivri, sur la mer de Marmara en Turquie européenne), Agathonicos y fut décapité.
L’ancien Martyrologe écrivait que l’empereur en question était Maximien, ce qui nous situe à la fin du 3e ou au début du 4e siècle. Cependant, Maximien était empereur en Occident et ne s’est jamais trouvé à Nicomédie (ni à Selymbria) ; il s’agirait peut-être plutôt de Dioclétien, mais le nouveau Martyrologe ne se prononce pas.
Le Martyrologe Romain mentionne Agathonicos et Zoticos au 21 août.


Sidoine Apollinaire
430-486

De famille noble gallo-romaine, Caius Sollius Apollinaris Sidonius - en français courant Sidoine Apollinaire - naquit en 430 à Lyon.
Son père, Alcimius Apollinaris, comme son grand-père et son arrière-grand-père, furent préfet du prétoire des Gaules.
Le christianisme entra dans cette famille par le grand-père de Sidoine.
Le jeune noble devint très érudit en lettres et particulièrement en poésie ; nourri d’Ovide et de Virgile, il fit ses études à Lyon puis en Arles.
Vers 451, il épousa Papianilla, une autre héritière de la noblesse gallo-romaine, qui lui donna deux enfants, un garçon prénommé Apollinarius et une fille.
En 455, le beau-père de Sidoine, Avitus, devint empereur et octroya à Sidoine une place de poète officiel à Rome. Le Sénat fit fondre une statue en bronze de Sidoine, qui fut érigée au Forum de Trajan. Sidonius conserva sa place sous Maiorianus, mais quitta Rome en 461, à la mort de ce dernier, pour retourner dans ses terres.
Le nouvel empereur, Anthemius, le rappela en 467 et le nomma préfet de Rome. Il fut honoré du titre de patrice. Cependant, Sidoine préféra assez vite quitter Rome pour se retirer chez lui en Gaule. 
Il fréquenta le clergé, particulièrement un prêtre nommé Constantius, accompagna l’évêque de Lyon en voyage, et finit par entrer dans le clergé.
En 470, c’est sur lui que tombèrent tous les regards pour nommer le nouvel évêque de Clermont. Sidoine n’était pas un théologien, mais il était assez instruit et avait suffisamment de contacts pour savoir diriger un diocèse. 
C’est ainsi que pendant cinq ans, de 470 à 475, il organisa avec Ecdicius, la défense de Clermont, en face des Wisigoths. Après la chute de Clermont, traîtreusement abandonnée par les Romains aux assiégeants, Sidoine fut mis en prison pendant deux ans près de Carcassonne.
Les neuf dernières années de Sidoine ne furent pas de tout repos. Un de ses prêtres essaya même de le supplanter.
Sidonius mourut un 21 août, vers 486.
On a de lui des Carmina (poèmes) et de la correspondance, dont le style est toujours élégant.
Le Martyrologe Romain mentionne Sidoine Apollinaire au 21 août.

 

 

Ahmed, Zoraida et Zaida

† 1181

 

Il n’est pas impossible que des détails de cette notice proviennent de déformations un peu légendaires ou au moins exagérées. Mais le fond historique est indubitable.

Ahmed était né vers 1135 à Carlet (Alzira, Espagne E), deuxième fils de l’émir qui résidait à Valencia (Espagne E) et s’appelait plus précisément Ibn Ahmed al-Mansur. Il avait en outre deux sœurs, Zoraida et Zaida.

Les quatre jeunes gens étaient évidemment élevés dans la tradition islamique.

L’émir envoya en 1156 son fils Ahmed en mission à Barcelone, pour négocier la libération de prisonniers de guerre. N’ayant pu obtenir ce que désirait son père, Ahmed prit le chemin du retour et, s’étant égaré, trouva refuge au monastère cistercien de Poblet, qui avait été fondé quelques années plus tôt.

Y ayant reçu l’hospitalité, il demanda au bout de deux jours à être reçu dans la communauté. Son désir devait être mûr et bien affirmé, car les moines ne tardèrent pas à le baptiser dans la religion chrétienne, avec le nom de Bernat, par référence au célèbre abbé cistercien Bernard de Clairvaux (v. 20 août).

On profita de ses dons pour lui confier l’administration du monastère ; il s’y attela de bon cœur et pratiqua l’aumône avec une grande libéralité, au point qu’il fut blâmé ; mais il échappa à la punition en obtenant du Ciel quelque miracle qui le justifiait pleinement.

En 1181, Bernat voulut revenir chez les siens, dans l’intention d’y annoncer la Bonne Nouvelle. Une tante s’était déjà convertie et vivait à Lleida ; elle l’encouragea à aller trouver son frère et ses sœurs. 

Son frère, al-Mansur, qui avait pris la succession de leur père, s’opposa catégoriquement à la prédication de son jeune frère.

Bernat eut cependant le temps d’amener à la foi ses deux sœurs Zoraida et Zaida, qui prirent au Baptême les noms de María et Gracia (les récits ne sont pas unanimes dans l’attribution de ces prénoms à l’une ou l’autre des deux jeunes filles).

Le roi fut impitoyable. Il fit poursuivre les trois frère et sœurs, qui avaient pris la fuite, les retrouva à Alzira et les fit mettre à mort sur place. Bernat fut cloué à un arbre avec un long clou enfoncé dans son front, les deux sœurs furent mises en morceaux, vivantes, à coups de sabre.

Ce triple martyre eut lieu à Alzira, le 21 août 1181.

En 1643, la ville d’Alzira se mit officiellement sous la protection des trois martyrs. Leurs reliques furent réparties entre Poblet, Carlet, Valencia et Alzira ; celles de Poblet disparurent en 1835, les autres furent profanées et détruites en 1936.

En 1871, leur fête fut étendue à l’Ordre cistercien ; le diocèse de Valencia en célèbre la fête.

 

 

Giuse Ɖặng (Ɖình) Văn Viên

1787-1838

 

Giuse (Joseph) Ɖặng Văn Viên vit le jour vers 1787 à Tiên Chu (Hưng Yên, Vietnam), de parents très croyants.

Ce fut un prêtre du vicariat du Tonkin oriental. Il fut ordonné prêtre en 1824 et travailla avec ardeur parmi ses concitoyens, pendant quatorze ans.

Longtemps recherché, il fut arrêté le 1er août 1838, jour de l’exécution du père Đaminh Nguyện Văn Hạnh et de l’abbé Bênadô Võ Văn Duê. Il refusa énergiquement de faire connaître la cachette du père Hermosilla, que l’on poursuivait également.

Jugé le 3 août, il fut condamné à mort. 

L’exécution avait été programmée pour le 21 août. Au moment du supplice, le mandarin lui déclara :

Nous savons que vous ne méritez pas la mort et nous voudrions pouvoir vous sauver ; mais les ordres du roi ne permettent pas de le faire ; pardonnez-nous donc si nous sommes obligés de vous ôter la vie et ne nous imputez pas cette faute.

Le père Giuse Ɖặng Văn Viên fut décapité à Bảy Mẫu (Hanoi) le 21 août 1838, béatifié en 1900, et canonisé en 1988, cent-cinquante ans après sa mort.

Une fête commune célèbre tous les Martyrs du Vietnam, le 24 novembre.

 

 

Victoire Rasoamanarivo

1848-1894

 

Victoire Rasoamanarivo (que l’on peut abréger en Rasoa, prononcer 'Rachou') naît à Antananarivo en 1848, fille de Rainandriantsilavo, officier du palais royal, et de Rambahinoro, qui a des liens avec la famille royale. 

Tandis que les Anglais avaient reconnu comme roi de Madagascar Radama 1er,  les protestants en profitèrent pour évangéliser. En 1838, ils réalisèrent l’exploit de traduire et d’imprimer en malgache la première Bible. 

Ensuite régna l’une des nombreuses femmes de Radama 1er, la cruelle Ranavalona 1ère, qui s’imposera par la terreur, persécutera les chrétiens (protestants), faisant des centaines de martyrs. Elle meurt en 1861. 

Son fils, Radama II lui succède et proclame la liberté religieuse. Il rappelle les missionnaires. Les jésuites et les sœurs de Saint-Joseph-de-Cluny évangélisent les Hauts-Plateaux. Victoire est une des premières élèves des Religieuses ; baptisée en 1863, à 15 ans, elle reçoit son nom de Victoire. Elle fait la première communion et reçoit la confirmation l’année suivante, et se marie le 13 mai 1864 avec Radriaka, fils du Premier ministre, un bon militaire, mais malheureusement adonné à la boisson. 

Elle n’avait pas le désir de se marier, mais ses parents l’avaient promise à Radriaka. Elle se soumit, à seize ans.

Une compagne dit d’elle qu’elle pleurait à la lecture de la passion de Jésus et disait : Nous ne savions pas ces choses avant, parce que nous ne connaissions pas Dieu. Nous ferons le serment de ne jamais répéter ces coutumes que nous avions auparavant.

Le roi est assassiné dans une révolution de palais. Lui succède la reine Rasoherina. Elle règne très peu de temps. Vient la reine Ranavalona II qui se convertit au protestantisme. La famille de Victoire est largement protestante. Victoire subit des pressions pour passer à la Réforme. Mais elle résiste fermement.

En 1876, elle devient Présidente Fondatrice du Zanak’i Masina Maria (Groupe des Filles de Marie).

Son mari, Radriaka, est un prince débauché, un tyran domestique. Ils n’ont pas d’enfant. Victoire refusera de divorcer et lui restera fidèle. Son beau-père lui-même lui dit un jour: Soa ô ! Je te dis ma peine. Nous sommes bien au courant de la souffrance que tu supportes silencieusement. La reine et moi-même avons pensé faire rompre ton mariage avec Radriaka, mon fils. Elle lui répondit: Dada ô, cette affaire ne concerne que moi. Je la veux supporter. Pourquoi vous tracasser inutilement ? Ne savez-vous pas que Dieu nous a unis pour toujours ? Je ne divorcerai jamais ! 

Victoire passe jusqu’à trois heures en prière dans l’église, où elle puise la force de supporter les humiliations que lui inflige son mari. Jamais une plainte ; elle prie pour la conversion de Radriaka. 

Après vingt-quatre ans de ce calvaire, son mari, affaibli, est proche de la mort. Devant la patience, la tendresse et les prières de sa femme, Radriaka est touché. Il demande à devenir catholique. En l’absence de prêtres, Victoire elle-même lui donne le baptême, en mai 1888, avec le nom de Joseph. En effet, après la première guerre franco-malgache, en 1883, les missionnaires catholiques avaient été expulsés. 

Ils ne purent revenir qu’en 1886, constatant avec grand étonnement que la communauté catholique, malgré les tracasseries du gouvernement, s’était accrue. C’était le résultat de la persévérance de Victoire et du frère malgache Raphaël Rafiringa (voir au 19 mai) . Les prières n’avaient pas cessé. On se réunissait à l’église chaque dimanche. Et Victoire répétait les lectures de l’Évangile et catéchisait. Le nombre des chrétiens avait été multiplié par quatre !

Quand les églises furent fermées, Victoire monta au palais et en revint avec l’autorisation de faire rouvrir les églises. Le roi lui avait répondu : Il n’y a aucune loi qui interdise aux chrétiens de prier dans leurs églises. Les gardes s’excusèrent. Victoire, par sa haute noblesse et sa force de caractère, imposait le respect. Victoire, non seulement maintint la foi, mais encore se dévoua sans compter au service des pauvres, des malades et, en particulier, des lépreux. 

En toute sa vie, Victoire remporta la victoire du Bien sur le Mal.

Elle mourut d’une grave maladie le 21 août 1894 en disant son chapelet et en répétant: Neny ! Neny ! Neny ! (Prononcer Nen’), c'est-à-dire: Mère ! Mère ! Mère ! Victoire n’avait pu avoir d’enfants, mais elle était devenue la mère de tous les chrétiens malgaches.

Une année après sa mort, la France conquit Madagascar et exila Ranavalona III.  

Victoire fut béatifiée en 1989, presque un siècle après sa mort. Le Martyrologe la mentionne au 21 août.

Jacint Blanch Ferrer
1868-1936

Né le 27 avril 1868 à Vilanova de Sau (Barcelone) et baptisé le jour-même, confirmé en juillet de la même année, selon la coutume d’alors, Jacint était l’un des des six enfants de José et María, des gens très chrétiens. Les cinq garçons furent missionnaires clarétains, l’unique fille fut religieuse.

Jacint fit la première Communion à douze ans et fréquenta le séminaire de Vic. Il fut admis au noviciat clarétain de Vic en 1884. L’année suivante, il était à Santo Domingo de la Calzada, où il fit la profession, et reçut tous les Ordres, sauf la prêtrise, qu’il reçut à Saragosse.

On l’envoya d’abord enseigner le latin à Cervera, à Alagón et La Selva del Campo. Il fut prédicateur à Gracia (Barcelone), Solsona, Lleida, Vic, Sabadell ; puis économe à Vic et Gracia. En 1909, il prêchait à Sabadell, où il logeait chez des Religieuses, parce que la maison clarétaine avait été incendiée par des révolutionnaires ; le Père s’habilla avec une blouse et alla se mêler aux incendiaires, feignant d’appartenir à leur groupe, et leur expliquant qu’il valait mieux ne pas mettre le feu à telle ou telle église…

La maison de Gracia fut aussi incendiée en 1909 ; reconstruite, le p.Jacint en fut le supérieur. De même il fut directeur à Sallent, la maison natale du Fondateur Antonio María Claret (v. 24 octobre), qu’il fit restaurer de fond en comble. Par la suite, on lui confia aussi la maison de Solsona.

Le père Jacint n’était pas simplement un homme actif et ingénieux. Il souffrait beaucoup de maux de tête et de la gorge, mais ne manqua jamais de célébrer la Messe. Il travaillait surtout à la glorification du Fondateur et écrivit pour cela d’importants ouvrages ; il fut le vice-postulateur de la cause de béatification ; cette charge qu’il recouvrit depuis 1916 jusqu’à sa mort, l’obligea à voyager souvent à Madrid et Barcelone, à recevoir certains privilèges et certaines permissions, dont certains s’indignèrent, mais que le Père supporta dignement ; même pour une béatification, des Religieux peuvent se fâcher entre eux…

Le père Jacint se trouvait à Barcelone au moment de la guerre civile de juillet 1936. Du 21 juillet au 19 août, il fut hébergé par un ami et put célébrer la Messe et administrer les Sacrements ; il put aussi célébrer dans d’autres maisons, au péril de sa vie ; sur les trottoirs, quand il entendait des blasphèmes, il répliquait Dieu soit loué !

Début août, il dit à son frère : Si nous, les prêtres, nous quittons Barcelone, qui s’occupera des Chrétiens qui vivent dans les maisons ? De même, il refusa la proposition de son hôte, de fuir à l’étranger.

Le 17 août, la crainte d’un contrôle le fit changer de maison. Il alla dormir dans des refuges pour clochards. Le 19, le Père était de nouveau chez son hôte, en train de parler aux enfant, quand arrivèrent les miliciens, qui fouillèrent l’appartement pendant près de trois heures. Ils trouvèrent le chapelet dans la poche du Prêtre et le lui accrochèrent au cou, en se moquant de lui. La maîtresse de maison tenta encore : Vous embarquez un pauvre vieux malade ? Ils répondirent :  C’est vous qui nous faites croire qu’il est pauvre.

La famille tenta d’intercéder auprès de la police, mais la réponse fut : S’il s’agissait d’un paysan, oui… mais pour un prêtre, rien à faire.

On a pu apprendre par témoignages croisés, que le père Jacint fut emmené à Pedrales et qu’il fut fusillé le 21 août ; son cadavre fut porté à l’hôpital à treize heures..

Martyrisé le 21 août 1936, béatifié en 2017, Jacint Blanch Ferrer sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 21 août.


Juan Cuscó Oliver
1872-1936

Juan vit le jour le 6 mai 1872 à La Granada (Barcelone, Espagne), le jour où l’on fêtait alors le martyre de saint Jean Evangéliste devant la Porte Latine à Rome, ce qui explique le prénom qu’on lui donna au baptême. Ses parents étaient d’humbles ouvriers, qui eurent onze enfants.
Après avoir fréquenté le collège à Vilafranca del Penedès, il entra en 1891 dans l’Institut des Fils de la Sainte-Famille, commença le noviciat en 1892 et fit la première profession en 1894, la solennelle en 1897.
Ordonné prêtre en 1899, il reçut la responsabilité de l’éducation des enfants et des jeunes, dans différents établissements.
En 1936, le père Juan était supérieur à Tremp. Au mois de juillet, les autorités obligèrent toute la communauté à évacuer le collège, qui fut transformé en hôpital. Avec le père Sadurní, le père Juan se réfugia dans un hôtel de Barcelone et, au début du mois d’août, ils voulurent rejoindre Esterrid’Aneu, dans l’espoir de passer en France, puis en Italie pour rejoindre Rome. Ils étaient avec un petit groupe d’autres personnes.
Après plusieurs heures, ils arrivèrent à Alós d’Isil, mais là les deux Pères durent faire une pause pour se reposer de leur longue marche à pied, laissant partir le reste du groupe.
C’est à ce moment qu’ils furent arrêtés par des miliciens qui les remirent au Comité d’Esterri d’Aneu ; de là, ils furent conduits à la prison de Lleida, où se trouvaient déjà quelque huit cents détenus.
Dans la nuit du 20 au 21 août 1936, les révolutionnaires firent sortir de cette prison plus de soixante-dix prêtres et religieux, dont nos deux pères, Juan et Sadurní, qu’on devait en principe conduire à Barcelone ; en réalité, ils furent fusillés contre le mur du cimetière de Lleida.
Le long du trajet, ils chantaient le Credo et le Salve Regina, acclamaient le Christ Roi.
Une fois fusillés et tombés dans la fosse commune, on les brûla à la chaux vive, pour libérer de la place pour les suivants.
Les deux pères, Juan et Sadurní, furent béatifiés en 2013.


José Garvi Calvente
1881-1936

Né le 1. janvier 1881 à Madrid, José était le fils d’Antonio et María Luisa, qui le firent baptiser le jour de l’Epiphanie suivant, 6 janvier.

José épousa vers 1908 Paula Elvira Dorado, une sainte femme qui visitait les malades de l’hôpital tenu par les Filles de la Charité.

Leur unique fille, Elvira Luisa, allait épouser un neveu de sa mère, Paulino Moreno, catholique courageux lui aussi, qui versa son sang pour la défense du monument au Sacré-Cœur.

José était membre des Enfants de Marie et certainement très connu des milices communistes. Il travaillait dans une fabrique de tissus, la Casa Baranda. Le 19 août 1936, une troupe de miliciens et de gardes d’assaut vinrent l’enlever ; on l’emmena à la «tchéka» communiste, installée dans le palais du Comte de Montarco, lequel communiquait par derrière avec un collège tenu par des Religieuses.

Peu après, Paulino Moreno se risqua à entrer dans cette tchéka et put apprendre que son beau-père, José, avait déjà été fusillé au cimetière d’Aravaca, le 21 août. On n’ose imaginer quels genres de mauvais traitements on fit subir au Martyr entre le 19 et le 21 août.

Martyrisé le 21 août 1936, béatifié en 2017, José Garvi Calvente sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 21 août.


Luis Urbano Lanaspa
1882-1936

Né le 3 juin 1882 à Saragosse, il fréquenta les Piaristes de Saragosse, puis entra au Petit séminaire à quatorze ans, pour les études de philosophie.
En même temps, il fut sacristain chez les Dominicaines de Santa Inés.
En 1898, il prit l’habit des Dominicains à Padrón (La Coruña), puis fut envoyé aux couvents de Corias (Asturies) et San Esteban (Salamanque).
En 1906 il fut ordonné prêtre.
En même temps que ses études de théologie, il compléta sa science en devenant docteur ès sciences physiques à l’université de Madrid.
En 1912, chargé de restaurer la province d’Aragon, il s’installa à Valencia, où l’on put apprécier ses qualités de prédicateur, de professeur, de directeur des âmes, d’écrivain, et soutien des pauvres et des ouvriers.
Le voilà envoyé au Chili, au Pérou et en Equateur, comme Prédicateur Général de l’Ordre, avec le titre de Prédicateur de Sa Majesté.
Il reçut le titre de Maître en Théologie, il écrivit des articles où il préconisait saint Dominique comme modèle à suivre pour l’œcuménisme ; il fut à l’origine du collège Saint Joachim et de la Polyclinique Saint Vincent Ferrer.
Le père Urbano forma toute une génération de jeunes dominicains, enthousiastes de son enseignement et de ses qualités personnelles.
Revenu en Espagne, il ne se faisait aucune illusion sur le sort qui pouvait l’attendre, devant la montée de l’anti-cléricalisme ambiant.
Le 19 juillet 1936, il alla se réfugier chez des amis de l’Ordre. Le 23 juillet, il reçut les premières menaces.
Le 21 août au matin, il fut arrêté.
Après avoir tout donné, il reçut peu de récompense de ceux qu’il avait aidés, mais reçut la récompense divine : le martyre, qu’il subit le soir de ce même 21 août 1936, non loin de Cruz de Término (Valencia), où il reçut plusieurs balles.
Le père Urbano Lanaspa fut béatifié en 2001.


Pere Sadurní Raventós
1883-1936

Pere (Pierre) vit le jour le 22 avril 1883 à Vilanova i La Geltrú (Barcelone, Espagne).
Après avoir fréquenté le collège des Fils de la Sainte-Famille à Reus, il entra dans l’Institut en 1886, fit la première profession en 1900, la solennelle en 1903.
Il reçut les Ordres mineurs sur une période assez longue, sans qu’on en donne d’explication : maladie ? crise ? autres études ?
Ordonné prêtre en 1914, il fut toujours professeur de sciences, se montrant à la fois excellent professeur et pédagogue ; non seulement il enseignait, mais il communiquait aux élèves l’amour de l’étude. Il était au courant des dernières avancées de la science, et ses élèves l’interrogeaient volontiers.
Il enseigna presque toute sa vie au collège de Vilafranca del Penedés.
En 1936, le père Sadurní se trouvait au collège de Tremp, dont le père Juan Cuscó était supérieur. Au mois de juillet, les autorités obligèrent toute la communauté à évacuer le collège, qui fut transformé en hôpital. Le père Sadurní et le père Juan se réfugièrent dans un hôtel de Barcelone et, au début du mois d’août, voulurent rejoindre Esterri d’Aneu, dans l’espoir de passer en France, puis en Italie pour rejoindre Rome. Ils étaient avec un petit groupe d’autres personnes.
Après plusieurs heures, ils arrivèrent à Alós d’Isil, mais là les deux Pères durent faire une pause pour se reposer de leur longue marche à pied, laissant partir le reste du groupe.
C’est à ce moment qu’ils furent arrêtés par des miliciens qui les remirent au Comité d’Esterri d’Aneu ; de là, ils furent conduits à la prison de Lleida, où se trouvaient déjà quelque huit cents détenus.
Dans la nuit du 20 au 21 août 1936, les révolutionnaires firent sortir de cette prison plus de soixante-dix prêtres et religieux, dont nos deux pères, Juan et Pere, qui furent fusillés contre le mur du cimetière.
Le long du trajet, ils chantaient le Credo et le Salve Regina, acclamaient le Christ Roi.
Une fois fusillés et tombés dans la fosse commune au cri des hourras révolutionnaires, on les brûla à la chaux vive, pour libérer de la place pour les suivants.
Les deux pères, Juan et Pere, furent béatifiés en 2013.

 

Eduardo Campos Vasallo
1884-1936

Né le 22 août 1884 à Orduña (Biscaye), il était le fils de Braulio et Catalina, qui le firent baptiser le 30 août.

Membre laïc des Enfants de Marie, il épousa Carmen Asenjo Martínez qui donna naissance à six enfants : Manuel, María Carmen, Rosario, María del Prado, Eduardo et José ; ce dernier avait dix ans en 1936, l’aîné en avait vingt.

Eduardo aurait pu déjà être menacé et même arrêté sous le gouvernement républicain avant 1936, mais on le «réserva» pour le temps de la révolution. Le 19 août 1936 vers neuf heures du matin, des miliciens se présentèrent à son domicile pour l’arrêter, mais, ne le trouvant pas à cette heure-là, emmenèrent en otage son fils aîné Manuel. L’ayant appris, Eduardo alla spontanément se constituer à la cellule socialiste pour libérer son fils, qui fut mis en liberté surveillée dans le courant de l’après-midi. Quant à Eduardo, au matin du 21 août, on l’emmena d’abord au Cuartel de la Montaña, puis au cimetière d’Aravaca, pour le fusiller.

Martyrisé le 21 août 1936 à Aravaca (Madrid), Eduardo aurait eu cinquante-deux ans le lendemain.

Béatifié en 2017, Eduardo Campos Vasallo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 21 août.


Ramón Peiró Victorí
1891-1936

Ramón (Raymond) naquit le 7 mars 1891 à Aiguafreda (Barcelone). Il avait un frère, Miguel, plus tard tertiaire dominicain, qui le suivra jusqu’au martyre.
Après l’école primaire, qu’il fréquenta chez les bons Pères de la Sainte-Famille, il s’orienta vers la vie dominicaine et entra en 1906 au couvent de Corias (Asturies), où il prit l’habit et fit le noviciat. Il fit la profession solennelle en 1911.
A ce moment-là, il venait d’être dirigé sur le couvent de Salamanque, mais il demanda humblement à faire partie de la nouvelle province d’Aragón, et c’est là qu’il fit ses études de philosophie et de théologie, jusqu’à être ordonné prêtre en 1915.
Professeur à Solsona, il fut ensuite nommé supérieur à Calanda, puis transféré à Barcelone, où il contribua à l’épanouissement du culte eucharistique autant qu’à la dévotion du Rosaire.
Le 19 juillet 1936, sans plus tarder, il dut quitter son couvent et passer environ un mois à se réfugier chez des amis, changeant rapidement de cachette, pour ne pas compromettre ses hôtes. 
Le jour-même où il quitta son couvent, il eut l’immense tristesse de voir partir en flammes son couvent et cette chapelle qu’il avait embellie avec tant d’amour.
Finalement réfugié dans une pension tenue par des étrangers, il se sentait plus en sécurité ; on lui demanda tout de même s’il était prêtre, et il répondit sincèrement par l’affirmative. De toutes façons, il se préparait au martyre.
Deux jours après il fut arrêté, malmené. Il eut le temps d’écrire un petit mot à sa mère, dans lequel il se disait content.
Le père Ramón fut fusillé à El Morrot (Barcelone), le 21 août 1936, et béatifié en 2001.


Agustí Llosés Trullols
1906-1936

Agustí vit le jour le 20 décembre 1906 à Cervera (Lleida) et reçut au baptême les nioms de Agustí Xavier Francesc. Ses parents, Agustí et Antonia, étaient d’excellents chrétiens ; leur fils aîné, Josep, père de trois enfants, reçut aussi la palme du martyre pour avoir  hébergé le p.Joan Blanch.

M.Llosés mourut déjà en 1914. Agustí était un servant de messe assidu. Il fréquenta le postulat des Clarétains de Barbastro de 1919 à 1923, fit la profession en 1924, étudia la philosophie à Solsona et la théologie à Cervera.

L’évêque qui lui conféra les premiers Ordres avait connu la persécution au Mexique. Agustí reçut le sacerdoce en 1931 à Solsona, l’année de la proclamation de la République et des premiers incidents graves qui troublèrent l’Espagne.

Agustí avait des dons particuliers pour le dessin et la peinture.

Son premier poste d’apostolat fut à Barcelone, puis Cervera, d’où il pouvait encore se déplacer alentour pour prêcher. La situation ne s’améliorait pas ; Agustí parle des pauvres Franciscains sans cesse dérangés.

Le 18 juillet, il entendit son Supérieur dire que demain, nos têtes rouleront dans les rues.

Il fut du nombre des incarcérés à Lleida, le 21 juillet 1936, avec les pères Morell et Albi, et les frères Garriga et Dolcet (v. ce même jour).

Les prisonniers de Lleida furent à un moment donné plus de six cents, entassés et serrés, au milieu des outrages et de toutes sortes de mauvais traitements de la part des révolutionnaires.

Agustí et les quatre autres Confrères furent appelés au soir du 20 août et emmenés au cimetière de Lleida, où ils furent fusillés au petit matin.

Martyrisé le 21 août 1936, béatifié en 2017, Agustí Llosés Trullols sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 21 août.


Joan Garriga Pagés
1908-1936

Né le 31 août 1908 à Sant Martí Sacalm (Gerona) et baptisé le 5 septembre suivant, Joan fut confirmé en 1911. Ses parents étaient Francisco et María.

Il entra au noviciat clarétain de Vic en 1925 et fit la profession comme frère convers le 8 décembre 1926.

On l’envoya à Solsona, puis à Cervera (1928), à Berga (1930), comme cuisinier et couturier. Après un bref passage à Cervera, (1932), il fut à Lleida (1933) puis La Selva del Campo, comme tailleur-couturier et portier. En 1935, de nouveau à Cervera et Lleida, comme cuisinier et tailleur.

Le 21 juillet 1936, il était en train de préparer le déjeuner de la communauté, quand le Supérieur donna l’ordre d’évacuer la maison, de sorte qu’il sortit le dernier et n’eut pas le temps de rejoindre la maison où se réfugiaient les Confrères ; il fut donc arrêté en pleine rue et fut le premier de la communauté à être envoyé en prison.

Des témoins purent assurer que le frère Joan se préparait très tranquillement à la mort, priant chapelet sur chapelet.

Martyrisé le 21 août 1936, béatifié en 2017, Joan Garriga Pagés sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 21 août.


Xavier Morell Cabiscol
1910-1936

Né le 20 janvier 1910 à Albesa, Lleida, de Josep et Antonia, modestes agriculteurs, il reçut trois jours plus tard au baptême les noms de Francesc Xavier Baptista Carles et fut confirmé l’année suivante. Il avait deux frères, Ramon et Josep.

Déjà à l’école, son professeur disait de lui qu’il était un homme depuis tout petit, en raison de sa maturité intérieure. Il entra au postulat des Pères Clarétains de Vic et Cervera en 1922, puis fit le noviciat à Vic et la profession en 1927 et la philosophie à Solsona ; de là, en 1931, il rejoignit Cervera déguisé en paysan, car la situation n’était pas favorable à l’Eglise depuis la proclamaion de la République. Là-bas, il prépara la théologie, qu’il acheva à Barbastro et c’est là qu’il fut ordonné prêtre le 19 avril 1936.

La spéculation n’était pas son atout majeur ; il était plutôt pratique, mais il travaillait avec ardeur. Il collabora à la feuille paroissiale La Fiesta santificada.

Il fut envoyé à Lleida (Lérida), où il arriva le 25 juin. Le 21 juillet, il fut du nombre des incarcérés à Lleida, avec les pères Llosés et Albi, et les frères Garriga et Dolcet (v. ce même jour). On a conservé de lui deux lettres qu’il écrivit, dans lesquelles il exprime toute sa joie d’être bientôt un Martyr.

Avec les Confrères susnommés, il fut conduit au cimetière de Lleida où tous les cinq furent fusillés au matin du 21 août. Xavier avait vingt-six ans ; il était prêtre depuis quatre mois et deux jours. Ayant été incarcéré le 21 juillet, il n’avait pu célébrer que quatre-vingt treize Messes.

Martyrisé le 21 août 1936, béatifié en 2017, Xavier Morell Cabiscol sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 21 août.


Luis Francés Toledano
1910-1936

Né le 16 février 1910 à Madrid, baptisé le 26 suivant, il était un des enfants de Manuel et Visitación. Un des frères de Luis, Manuel, fut son compagnon de formation.

Luis commença le postulat chez les Clarétains d’Alagón en 1921, le noviciat à Vic en 1925 et fit la profession en 1926. Ce fut ensuite la philosophie à Solsona, la théologie à Cervera et y fut ordonné prêtre en 1934.

Il fut d’abord envoyé à la communauté de Gracia (Barcelone), puis Valencia, d’où il partit prêcher en diverses localités. Sa dernière prédication, à Grao, fut pathétique. Il avertit les paroissiens : Disons vite la Messe, parce qu’ils sont en train de mettre le feu aux églises. Il avait à peine fini de célébrer, que les révolutionnaires arrivaient avec des bidons d’essence et mettaient le feu à l’église.

Il priait assidûment le chapelet, le Chemin de Croix ; il rappelait à tous leur devoir de pardonner, comme fit Notre-Seigneur.

Le 27 juillet 1936, le p. Francés alla prêcher à des enfants à Serra. Il y resta jusqu’au 20 août. Ce soir-là, arrivèrent des miliciens de Bétera, convoqués par ceux de Serra, pour arrêter le p. Roig ; mais celui-ci était déjà parti pour Barcelone, de sorte qu’ils arrêtèrent le p.Francés et son hôte et les emmenèrent au Comité.

Le lendemain 21 août, on repartit pour Liria ; les uns voulaient présenter les Religieux au Juge, les autres les fusiller sur place. Ce furent ces derniers qui l’emportèrent. On s’arrêta à Olocau et on fit descendre les victimes.

Le père Francés mourut les bras en croix, pardonnant à ses bourreaux.

Martyrisé le 21 août 1936, béatifié en 2017, Luis Francés Toledano sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 21 août.


Lluís Albi Aguilar
1910-1936

Né le 1. avril 1910 à Barcelone, baptisé le 10 suivant, confirmé en 1913, Lluís avait pour parents Luis et Enriqueta. Dans ses lettres, il parle avec beaucoup d’affection à sa chère Maman, mais pratiquement jamais il ne parle de son père ; il mentionne souvent aussi ses sœurs María et Rosario, ainsi que son frère Juan.

Il fut servant de messe à la paroisse, où il allait communier tous les matins à six heures.

Il fit un jour cette remarque à sa mère : Maman, merci de ne m’avoir jamais envoyé au cinéma ou au théâtre. 

Ses études à Vic furent brillantes. Il y enchaîna le noviciat et fit la profession en 1926. Puis ce fut la philosophie à Solsona, toujours avec des notes excellentes. A partir de 1929, il fit la théologie à Cervera, où il reçut les Ordres. Il fut ordonné prêtre en 1934.

Il resta d’abord à Cervera comme catéchiste et professeur pour les élèves externes, puis fut à Lleida en 1935. Il montra tout de suite des aptitudes spéciales pour la prédication.

Il quitta la maison de Lleida avec ses Confrères le 21 juillet mais, en route, il fut blessé au côté par un charbonnier, qui lui lança un poinçon de fer ; la plaie saigna et le Père fut, pour cela, admis à l’infirmerie de la prison. On vint le chercher une première fois le 25 juillet, pour le fusiller, mais il ne pouvait sortir à ce moment-là. On le remit alors avec les autres, avec lesquels il partagea les derniers moments de cette vie terrestre.

Martyrisé le 21 août 1936, béatifié en 2017, Lluís Albi Aguilar sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 21 août.


Pedro Mesonero Rodríguez
1912-1936

Pedro vit le jour le 29 mai 1912 à Aldearrodrigo (Salamanque, Espagne).
Il entra chez les Salésiens et fit la profession à Gerona en 1931.
Il venait de terminer à Valencia ses trois années de préparation pédagogique.
En 1936, comme ses Confrères, il fut enfermé à la prison Modelo et libéré le 29 juillet.
Il chercha où se réfugier, et trouva quelque chose à Meliana, puis à Torrent, puis encore à Almácera. Là, il demanda au Comité un sauf-conduit, mais préféra tenter la fuite. Reconnu à Meliana, il fut arrêté et tué sur place.
On a dit ignorer le jour précis de son martyre. Ailleurs, on avance qu’ayant refusé de trahir un prêtre, il fut arrêté et martyrisé à El Vedat de Torrent (Barcelone) le 21 août 1936, et béatifié en 2001.
Le Martyrologe Romain le commémore le 10 août, avec don Juan Martorell Soria.


Àngel Dolcet Agustì
1914-1936

Né le 5 septembre 1914 à Soses (Lleida), Ángel était le fils unique de Miguel et Rosa, qui le firent baptiser le 13 septembre suivant. 

A dix ans, il commença des études au postulat clarétain de Cervera, mais le travail intellectuel n’était pas facile pour lui. En 1929, il commença le noviciat à Vic et fit la profession comme frère convers en 1930.

Il fut envoyé à Cervera, puis à Vic, comme cordonnier.

Quand se déchaîna la guerre civile de 1936, la maison et l’église des Clarétains de Vic furent incendiées. Le frère Àngel chercha à retourner chez les siens et demanda des papiers en règle aux autorités. Avec un Confrère, il gagna Barcelone. Là, ils apprirent qu’il n’était pas nécessaire d’avoir un sauf-conduit s’ils prenaient un train ou un autocar, de sorte qu’ils déchirèrent leurs papiers, car on y avait écrit qu’ils étaient religieux. Le 4 août, ils se mirent en voyage, l’un par le train pour Lleida, l’autre par l’autobus.

En arrivant à Lleida, le 7 août, le frère Àngel fut contrôlé. Il portait une lettre d’un Père à remettre à une famille, dont certaines expressions donnaient à comprendre qu’Àngel était un Religieux. On le mit immédiatement en prison - où il retrouva d’autres Religieux.

Il fut du nombre des Clarétains incarcérés à Lleida, le 21 juillet 1936 : les pères Llosés, Morell et Albi, et le frère Garriga (v. ce même jour).

Les prisonniers de Lleida furent à un moment donné plus de six cents, entassés et serrés, au milieu des outrages et de toutes sortes de mauvais traitements de la part des révolutionnaires.

Le frère Àngel fut déplacé dans la salle des séminaristes : se sachant condamné, il leur remit tout ce qu’il pouvait, leur demandant de le donner aux pauvres - s’ils étaient libérés : quelques pièces, sa veste, ses chaussures ; il allait vers la mort à moitié dévêtu, les miliciens lui ayant affirmé qu’il n’avait pas besoin de vêtements pour le voyage qu’il avait à faire.

On a dit que, le 20 août au soir, lorsque furent «convoqués» les prêtres et les religieux, plusieurs laïques s’avancèrent en changeant leur nom, cherchant à prendre la place des prêtres, de sorte que ceux-ci pourraient rester parmi les prisonniers survivants et les assister spirituellement ; mais cette héroîque manœuvre n’aboutit pas.

Àngel et les quatre autres Confrères furent appelés au soir du 20 août : en quittant la prison, ils dirent à ceux qui restaient : A Dieu ! Toujours joyeux ! Vive le Christ Roi ! et ils furent emmenés au cimetière de Lleida ; en route, ils chantaient les antiennes à la Sainte Vierge : Salve Regina… Ave maris Stella… Magnificat… Il paraît que les bourreaux, se rendant compte du crime qu’ils allaient commettre, auraient cherché à faire route vers Barcelone (en délivrant les Religieux), mais que, rencontrant un groupe de deux cents miliciens, ils furent contraints de se diriger vers le cimetière.

Les cinq Religieux furent fusillés au petit matin.

Martyrisé le 21 août 1936, béatifié en 2017, Àngel Dolcet Agustì sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 21 août.

Vidal García García

1916-1937

 

Vidal était né le 7 février 1916 à Cuadros (León, Espagne), benjamin des enfants de Cipriano et Saturnina, qui le firent ondoyer le jour-même par sa tante, car on craignait qu’il ne vivrait pas. Le Baptême lui donna et la grâce surnaturelle et la vie naturelle. Il fut confirmé en 1917.

A l’école comme au catéchisme paroissial, il fut montré comme modèle à ses camarades ; de ses frères et sœurs, il fut le plus attiré par l’étude.

Le jeune garçon avait un grand frère chez les Maristes : il entra à son tour au collège de Venta de Baños (Palencia) en 1928 ; il y fut si bon élève, qu’on l’envoya terminer ses études secondaires à Blancotte (Haute-Garonne, France) pour y apprendre le français.

En 1934 il commença le noviciat à Tuy ; il y reçut l’habit et le nom de Jorge Camilo ; un an après, il faisait les premiers vœux.

Sa première étape d’enseignement fut Madrid et devait être l’unique.

Le Frère Jorge Camilo n’eut pas le temps de faire sa profession solennelle : Dieu allait lui accorder une grâce plus glorieuse encore : le martyre.

Le 20 juillet 1936, quand éclata la révolution, le Frère Jorge se trouvait alité, malade du typhus. Sans pitié, les miliciens l’obligèrent à se lever et l’emmenèrent à la prison Modelo. En novembre, on le déplaça à celle de Porlier.

Début 1937, le Frère passa en jugement et fut laissé en liberté. Mais où aller ? Il commença par porter une lettre d’un codétenu à sa mère, laquelle alors le reçut comme son fils. Mais peu après, on le réquisitionna : il se retrouva prisonnier dans l’ancien collège des Pères Pauliniens à Hortaleza (Madrid) et engagé dans un bataillon de la Brigade Líster. C’est là que ses chefs se rendirent compte qu’il était Religieux et l’assassinèrent en exemple pour les autres dans la cour de cette prison. 

C’était le 21 août. Jorge avait vingt ans.

Il fut béatifié en 2013.

Jan Zembol

1905-1942

 

Il vit le jour le 7 septembre 1905 à Łętownia (Małopolskie, Pologne), troisième des dix (ou treize ?) enfants de Franciscek et Anna Radoniów.

Après l’école locale, il entra chez les Frères Mineurs Franciscains à Lviv comme Frère Convers en 1922, et y prit le nom de Brunon (Bruno).

Il fut envoyé en plusieurs couvents : Przemyśl, Stopnicy, Kęty, Włocław, Cracovie, Lviv, où on lui confia les charges de cuisinier, de quêteur, de jardinier et d’organiste.

Il fit la profession solennelle en 1932.

A partir de 1933, il fut à Sądowej Wiszna et, à partir de 1937 à Chełm.

Lors du déclenchement de la guerre, il fut arrêté le 19 septembre 1939 et emprisonné au château de Lublin, avant d’être redirigé vers Sachsenhausen le 20 juin 1940, et à Dachau en décembre 1940.

En mars 1942, les autorités du camp le «punirent» en le jetant dans un bassin d’eau glacée ; il ne s’en remit pas.

Ses camarades de détention le surnommèrent ange de patience et de bonté.

A la suite des pénibles conditions de détention, il décéda le 21 août 1942 à Dachau (Allemagne).

Le Frère Bruno a été béatifié en 1999.

 

 

Władysław Findysz

1907-1964

 

Il vit le jour le 13 décembre 1907 à Krościenko Niżne (Krośno, Pologne), de Stanisław et Apolonia, des paysans de vieille souche catholique.

Il fréquenta une école primaire tenue par les Sœurs féliciennes, puis le lycée à Krośno. Il s’inscrivit à la Congrégation mariale.

En 1927, il entra au Grand séminaire de Przemyśl et fut ordonné prêtre en 1932.

Il exerça le ministère sacerdotal comme vicaire dans des paroisses qui devaient plus tard passer en territoire ukrainien : Borysław, Drohobycz ; puis Strzyżów, Jasło, Nowy Żmigród (Jasła). Il fut nommé curé de cette dernière paroisse en 1942.

Pendant la Deuxième guerre mondiale, il s’efforça de venir en aide aux personnes pauvres et aux victimes du travail forcé en Allemagne.

En 1944, les Allemands l’expulsèrent avec toute la population de Żmigród ; il put y revenir l’année suivante, reprenant son travail au profit des pauvres et de la reconstruction de la ville. Désormais, son activité sera limitée par le régime communiste imposé après la guerre.

L’abbé Findysz poursuivit autant qu’il put l’œuvre de régénérescence spirituelle et morale de sa paroisse, protégeant les fidèles de l’athéisme envahissant. 

Il est reconnu que par son action, beaucoup de familles ont été sauvées de la déportation pendant l’opération Wisła (ou opération Vistule, durant laquelle des populations entières furent déplacées). Il intervint en particulier en faveur de familles d’origine Łemki (les gréco-catholiques, ou catholiques de rite oriental), durement persécutées par les communistes et menacées d’exil.

L’activité de l’abbé Findysz contrecarrait manifestement les efforts du régime communiste ; il fut jusqu’en 1946 sous la surveillance de l’UB (la soi-disant Sécurité Publique, aux ordres du stalinisme). En 1952, il fut interdit d’enseignement du catéchisme dans le lycée. 

Par deux fois, en 1952 et 1954, il essuya un refus de «permis de séjour» pour administrer une entière région de sa paroisse qui se trouvait en zone frontalière et où il n’avait plus accès depuis la fin de la guerre. 

En «compensation» de son zèle pastoral, son évêque le nomma successivement chanoine (1957), vice-doyen, puis doyen (1962) de cette zone pastorale.

A partir de 1963, le chanoine Findysz se livra à une intense activité pastorale pour promouvoir le Concile Vatican II. Il envoya ainsi des lettres pressantes aux paroissiens, les invitant à conserver, ou à reprendre, une vie religieuse et morale vraiment chrétienne. Les autorités civiles l’accusèrent alors de contraindre les fidèles à la pratique religieuse.

En septembre 1963, le chanoine dut se soumettre à une grave intervention chirurgicale, pour l’ablation de la glande tyroïde, et se préparait à une seconde opération, prévue pour décembre,  pour lui retirer une tumeur à l’œsophage.

En novembre 1963, il fut interrogé puis retenu prisonnier au château de Rzeszów. Il fut alors condamné à deux ans et demi de prison : son crime était d’avoir enfreint le décret sur la protection de la liberté de conscience. Il fut enfermé au château de Rzeszów, puis à la prison centrale de Cracovie. Pendant qu’on lui imposait tous les mauvais traitements possibles, physiques et psychiques, on le discréditait publiquement par toute une campagne de presse calomnieuse.

Bien qu’interné à l’hôpital de la prison, le chanoine Findysz ne récupéra pas la santé, par manque de traitements adéquats. La tumeur à l’œsophage gagna l’estomac

Une intense activité, tant de la part de l’évêché que de l’avocat du prêtre, chercha à faire libérer ce prêtre désormais condamné à une mort lente. La demande fut rejetée plusieurs fois. 

Libéré enfin le 29 février 1964, l’abbé Findysz n’était plus qu’une loque humaine vivante ; un examen pratiqué à l’hôpital de Wrocław parvint à la conclusion que l’opération était désormais impossible. Terrassé par l’emphysème pulmonaire, il s’éteignit à Nowym Żmigrodzie le 21 août 1964.

Władysław Findysz fut béatifié en 2005.

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19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 23:00

 

20 AOUT

 

-IX.

S Samuel, prophète, cf. I Rois.

?

S Amadour, mystérieux personnage à l'origine de Rocamadour .

IV.

S Lucius, sénateur de Cyrène venu en Chypre où il fut décapité.

SS Léonce et Carpophore, martyrs à Aquilée.

?

S Saloine (Seroire), martyr à Saintes.

V.

S Maximus, disciple de s. Martin, abbé près de Chinon.

VII.

S Hadouin, évêque au Mans. 

S Oswin, roi anglais très humble, assassiné par son cousin.

S Philibert, abbé à Jumièges et Noirmoutier, fils de l'évêque Philibaud (à Aire).

S Paul le Jeune (Paul III), patriarche à Constantinople ; il s'agit peut-être de Paul IV, un siècle après, qui se retira dans un monastère après avoir été intimidé par l'iconoclasme.

IX.

SS Leovigildo et Cristóbal, moines martyrs à Cordoue.

XII.

S Bernard, fondateur de Clairvaux puis de soixante-huit abbayes ; il parcourut l'Europe au service de l'Église et prêcha la deuxième Croisade ; il est le “Doctor mellifluus”.

XIII.

S Benedetto Manetto dell’Antella, un des sept fondateurs des Servites, fêtés ensemble le 17 février.

XIV.

S Giovanni (Bernardo) Tolomei, abbé à Sienne, fondateur des Olivétains, canonisé en 2009 ; on lui associe parfois ses deux premiers compagnons : Patrizio Patrizzi et Ambrogio Piccolomini.

XVIII.

Bx Louis-François Lebrun, bénédictin, et Gervais-Protais Brunel, cistercien à Mortagne, martyrs aux pontons de Rochefort, béatifiés en 1995.

XIX.

Ste Maria de Mattias, italienne, fondatrice des Sœurs Adoratrices du Précieux-Sang, pour l'enseignement des petites filles, des jeunes filles et des femmes mariées, canonisée en 2003.

XX.

S Pie X, pape (*1835, 1903-1914) ; deuxième de dix enfants, évêque à Mantoue, cardinal de Venise, adversaire du modernisme, réformateur, mort sans avoir pu conjurer la guerre mondiale, fêté le 21 août.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1995 :

Piaristes : près de Castellón, le prêtre Maties Cardona Meseguer (de Saint-Augustin, *1902) ;

- béatifiée en 2001 :

Laïcs : près de Valencia, María Climent Mateu (*1887), demoiselle membre de l'Action Catholique (sa mère, martyrisée avec elle, n’est pas encore béatifiée) ;

- béatifié en 2007

Lasalliens : à Barcelone, Ismael Barrio Marquilla (Celestino Antonio, *1911) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : à Tarragone, Magí Albaigés Escoda (*1889) ; à Lleida, Pau Segalá Solé (*1903) ;

Carmes déchaux : à Lleida, les prêtres Jaume Perucho Fontarro (Silveri de Saint-Louis-de-Gonzague), et Francesc Segalá Solé (de l’Assomption) (*1864, 1912) ;

Mercédaires : à Lleida, les prêtres Tomás Campo Marín et Francesc Llagostera Bonet (*1879, 1883), et le profès Santos Sanz Iranzo (Serapio, *1879) ;

Ouvriers du Sacré-Cœur : à Barcelone, Cristófol Baqués Almirall (*1885) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Manuel López Álvarez (*1881) ;

Clarétains : à Cervera, le prêtre Emili Bover Albareda (*1868) ;

Laïcs : près d’Almería, Enrique Rodríguez Tortosa et José Tapia Díaz (*1908, 1913).

B Georg Häfner (1900-1942), prêtre allemand, martyr à Dachau, béatifié en 2011.

B Własisław Mączkowski (1911-1942), prêtre polonais, martyr à Dachau, béatifié en 1999.

B Teofilius Matulionis (1873-1962), évêque lituanien martyr, béatifié en 2017.

 

Samuel

11e siècle avant Jésus Christ.

 

On situe le prophète Samuel entre 1100 et 1020 avant l’ère chrétienne.

Des deux Livres de Samuel de l’Écriture, seul le premier parle de la naissance, de la vie et de la mort de Samuel (1S 1-25). 

Ses parents étaient de la montagne d’Ephraïm, d’une famille venue d’Ephrata. Le père Elqana montait chaque année de sa ville pour adorer et pour sacrifier à Yahvé Sabaot à Silo. Or de ses deux femmes, l’une était stérile, Anne, qui était l’objet de moqueries de la part de l’autre épouse. 

Anne pria intensément et le prêtre Eli lui promit d’être exaucée. Un an après, Elqana venait au Temple, plein de reconnaissance, mais Anne attendit que l’enfant fût sevré pour venir elle-même le présenter à Dieu au Temple.

L’enfant reçut le nom de Samuel, traditionnellement interprété comme “obtenu de Dieu”, ou bien aussi “le nom de Dieu” selon d’autres spécialistes.

Pleinement heureuse, Anne laissa son enfant au Temple, le donnant totalement à Dieu et le confiant au prêtre Eli. C’est à ce moment qu’elle chanta son Cantique, le “prototype du Magnificat”, dont Marie semble effectivement s’être inspirée après l’Annonciation.

Samuel grandit donc dans le Temple. Chaque année, ses pieux parents venaient le visiter, et Anne lui apportait à chaque fois un nouvel habit. Eli les bénit : Anne eut ensuite trois fils et deux filles.

C’est une de ces nuits que Dieu appela Samuel ; le petit garçon, peut-être déjà adolescent, entendit une voix qui l’appelait ; croyant que c’était Eli, il vint aussitôt, mais Eli ne l’avait pas appelé. A la troisième fois, Eli comprit que Dieu lui-même appelait Samuel et conseilla au garçon de répondre : Parle, Yahvé, car ton serviteur écoute. 

Dieu fit savoir à Samuel quelle punition allait s’abattre sur Eli et sa descendance, car Eli s’était montré trop faible envers ses fils et ne les avait pas avertis pour le mal qu’ils faisaient. 

A partir de ce moment-là, on sut que Samuel était inspiré de Dieu.

C’est Samuel qui sacrera roi Saül, puis David. 

L’Ecriture dit que Samuel mourut. Tout Israël s’assembla et fit son deuil ; on l’ensevelit chez lui à Rama (1 S 25:1).

Le livre du Siracide (ou Ecclésiastique) en fait un long éloge (Si 46:16-23), qui finit en ces termes : Avant l’heure de son éternel repos, il rendit témoignage devant le Seigneur et son oint : De ses biens, pas même de ses sandales, je n’ai dépouillé personne. Et personne ne l’accusa. Après s’être endormi il prophétisa encore et annonça au roi sa fin ; du sein de la terre il éleva la voix pour prophétiser, pour effacer l’iniquité du peuple.

Au Ve siècle, les reliques de Samuel furent transportées solennellement de Rama au sanctuaire qui lui fut dédié à Constantinople. C’est saint Bède le Vénérable qui eut l’idée heureuse de l’introduire dans le Martyrologe, à cette date du 20 août.

Le prophète Samuel a été choisi comme co-patron de ce blog, en compagnie de saint Ephrem, pour sa soumission enfantine et humble envers le prêtre et sa disponibilité totale à recevoir la parole de Dieu.

 

 

Maximus de Chinon

† 5e siècle

 

S.Martin (v. 11 novembre) avait parmi ses disciples un certain Maximus (dont le nom est devenu Mexme en français).

La réputation de sa sainteté le poussa à quitter la Touraine pour venir dans un autre monastère près de Lyon, en l’Ile-Barbe, sur la Saône. Mais là encore, on remarqua sa grande sainteté. Résolu à disparaître, il pensa revenir et se cacher dans son pays.

En traversant la Saône, la barque se renversa, mais Maximus put récupérer ses précieux bagages : l’Evangile, le calice et la patène - et rejoindre la rive opposée sain et sauf.

Il s’en vint à Chinon, où il fonda un monastère.

De cette nouvelle vie, on connaît un miracle éclatant : des ennemis encerclaient Chinon et avaient bouché le puits de la ville, condamnant les assiégés à mourir de soif. Maximus se mit en prière et obtint un orage si abondant que tous les récipients de la ville purent être remplis - et que les assiégeants s’enfuirent de panique.

On dit que Maximus mourut fort âgé.

Le monastère fut détruit par les Normands. L’église, après plusieurs modifications, servit longtemps d’école et, après récente restauration, est devenue un centre culturel.

Le Martyrologe Romain mentionne Maximus de Chinon au 20 août.

 

 

Philibert de Jumièges

615-685

 

Des spécialistes ont fait remarquer que l’orthographe de ce nom pourrait mieux s’écrire Filibert, étant d’origine germanique.

Philibert naquit vers 615, non loin d’Eauze (Aquitaine), où son père occupait une très haute charge.

Ce même personnage, Philibaud, fut même investi du caractère épiscopal, pour le siège d’Aire. Ce fut une pratique assez souvent répétée en ces temps-là, et l’on connaît maints exemples d’époux qui, à la suite de l’ordination du mari, vécurent désormais comme frère et sœur. S. Hilaire (v. 13 janvier) en est un exemple. Philibaud fut donc le quatrième évêque d’Aire.

Vers 628, Philibert fut envoyé à la cour du roi Dagobert, où il rencontra s.Eloi, s.Wandrille et Dadon, le futur s.Ouen (v. 1er décembre, 22 juillet, 24 août), avec lesquels il se lia d’amitié.  

Vers 636, Philibert, gagné par les exhortations de ces précieux amis, exprima sa volonté de partir au monastère récemment fondé par Dadon, à Rebais, dont l’abbé était un ancien moine de Luxeuil, s.Agile (v. 30 août). A l’époque, ce monastère était appelé Jérusalem.

D’après les chroniques, le Diable ne se privait pas de se manifester dans cette sainte demeure. Philibert, qui se sentit obligé un jour de mitiger ses jeûnes, reçut la visite de l’Importun qui, lui caressant doucement l’estomac, lui souffla : Tout va bien, maintenant ! D’un signe de croix, Philibert mit promptement en fuite le Démon - et redoubla l’intensité de ses mortifications.

Vers 650, Agile mourut, et l’on élut Philibert pour lui succéder. On vient de voir avec quelle énergie il se «soignait» : il proposa le même régime à la communauté, qui fut moins unanime pour le suivre. Deux moines cherchèrent à expulser leur Abbé : ils furent bientôt punis d’une mort subite. Mais l’épreuve bouleversa Philibert, qui préféra se retirer.

Il visita de nombreux monastères, entre autres Luxeuil et Bobbio, étudiant de près les Règles des grands fondateurs, s.Basile, s.Macaire, s.Benoît, s.Colomban (v. 1er janvier, 19 janvier, 11 juillet, 23 novembre). Ayant achevé son long périple, il vint au diocèse de Rouen, dont Dadon - devenu Ouen - était alors évêque.

Là, sur un ample terrain que lui céda le roi Clovis II, il fonda en 654 le monastère de Jumièges, pour des hommes, bientôt doublé d’un autre, pour les femmes, à Pavilly. Jumièges n’était pas loin de Fontenelle, où se trouvait la fondation de s.Wandrille. L’essor de Jumièges fut tel qu’on avance le nombre de neuf cents moines qui, sous l’impulsion de Philibert, bonifièrent la région en défrichant la forêt.

Philibert eut maille à partir avec le maire du palais Ebroin qui, vexé d’avoir été écarté sur des interventions solennelles de Philibert, se vengea sur l’évêque d’Autun, s.Léger (v. 2 octobre), auquel il fit crever les yeux. Là encore, Philibert fit de sévères remontrances à Ebroin, ajoutant qu’il ne craignait pas le martyre. Ebroin n’osa éliminer Philibert, mais réussit à le calomnier sournoisement auprès de s.Ouen, de façon tellement habile que Philibert fut mis en prison plusieurs années, jusqu’à ce que Ouen se rendît compte de sa bévue et fît libérer Philibert (674). 

Philibert alla se réfugier auprès de l’évêque de Poitiers, qui le protégea et favorisa son apostolat. Philibert réforma le monastère de Quinçay, puis se retira en l’île d’Her, où naquit alors le monastère de Noirmoutier, dont les premiers moines venaient de Jumièges. 

C’est de cette époque que naquirent les marais salants de l’endroit, sur initiative de Philibert.

En 683, après la mort d’Ebroin, Philibert regagna Jumièges où deux abbés nommés par l’évêque s.Ouen, avaient provoqué des divisions et des dissensions, certains moines ne les trouvant pas dans la ligne de leur Fondateur. Philibert fut reçu avec grande liesse ; il rétablit l’ordre, et reçut même du nouveau maire du palais un autre terrain, où naquit le monastère féminin de Montivilliers.

Peu après, Philibert retourna à Noirmoutier. En passant, il nomma abbé de Jumièges son disciple Achard, qui jusques là avait gouverné le monastère de Quinçay. 

S’étant définitivement retiré à Noirmoutier, Philibert soutint encore le développement d’autres monastères locaux, et rendit son âme à Dieu le 20 août 685.

Après maintes péripéties, marquées surtout par les invasions normandes, les reliques du saint Fondateur parvinrent à Tournus, accompagnées de nombreux miracles qui rendirent Philibert très célèbre.

Saint Philibert de Jumièges est commémoré le 20 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Leovigildo et Cristóbal

9e siècle

 

Ces deux moines habitaient Cordoue, où une persécution islamique anti-chrétienne se déclencha au milieu du 9e siècle, pour des raisons qu’on ignore. Que l’Islam soit profondément anti-chrétien, ressort clairement d’une lecture de leur «livre sacré», mais pourquoi particulièrement dans la région de Cordoue et à cette époque-là, alors que l’occupation durait depuis cent cinquante ans et que la population s’était désormais habituée à l’envahisseur, les historiens ne l’expliquent pas.

Le prêtre Euloge (v. 11 mars) nous a laissé trois livres d’Actes de Martyrs de Cordoue.

Cristóbal était un parent et disciple d’Euloge. Il était de sang arabe ; il entra au monastère Saint-Martin, près de Cordoue, dans la montagne au lieudit Rojana. 

Ce saint religieux, animé au martyre par les morts précédentes, alla en ville trouver le juge et confessa hautement sa foi. On l’incarcéra.

Quant à Leovigildo, qui était moine à Saint-Just-et-Saint-Pasteur, près de Cordoue aussi, il vint à son tour proclamer son christianisme devant le juge. Roué de coups, il fut jeté au cachot.

Il vient spontanément une question à l’esprit : pour quel motif ces deux moines se seraient donc présentés d’eux-mêmes au juge ? N’est-ce pas une provocation imprudente ? Si c’était vraiment le cas, Euloge et l’Eglise après lui n’auraient pas retenu ces deux personnages dans les rangs des Martyrs du Christ. On peut supposer qu’ils se rendirent à la ville pour tout autre motif et que, à l’occasion de leur présence, ils rencontrèrent le juge, qui les questionna. Ils n’avaient rien à cacher.

Les deux prisonniers se réconfortèrent mutuellement. Cristóbal, qui était plus jeune, pria Leovigildo de recevoir le premier les honneurs du martyre.

Leurs corps devaient être brûlés, mais les chrétiens les dérobèrent avant qu’ils fussent consumés et les mirent dans la basilique Saint-Zoïle.

Le Martyrologe mentionne ces deux martyrs au 20 août, précisant qu’ils furent décapités alors qu’Euloge ne le dit pas.

Bernard de Clairvaux

1090-1153

 

Si l’on parle habituellement de Bernard de Clairvaux, celui-ci était né au château de Fontaine-lez-Dijon (Côte d’Or), troisième des sept enfants de Tescelin le Saure et d’Aleth de Montbard.

Tous les garçons, avec leur père, rejoindront un jour Bernard au monastère ; l’unique fille, Hombeline (ou Ombeline), fut bénédictine à Jully.

Pour sainte (ou bienheureuse) Aleth (Alèthe, Alliette), voir au 4 avril.

Comme cela s’était vérifié à propos de saint Domingo de Guzmán (voir au 6 août), la mère de Bernard avait rêvé de son fils aboyant comme un chien zélé, allusion donc encore une fois à la prophétie de Isaïe 56:10, traitant les mauvais pasteurs de chiens muets.

Cette pieuse mère devait mourir en 1107. Après avoir fréquenté les chanoines de Saint-Vorles à Châtillon-sur-Seine, Bernard entra à la trappe de Cîteaux.

Comme son entourage cherchait à lui présenter des arguments négatifs, en particulier à cause de sa nature délicate, il se plongea dans un bain d’eau froide pour affirmer sa volonté de se vaincre. Puis il «prit sa revanche» en convainquant des amis et jusqu’à ses frères, de le suivre à l’abbaye.

L’aîné de Bernard, Guy, s’en vint l’annoncer au plus jeune : Nous partons. Tout ce domaine est à toi. Es-tu content ? Et le petit Nivard de répondre : Ce n’est pas juste ! Vous prenez le ciel et vous me laissez la terre ! Nivard les rejoignit.

Cîteaux était une jeune abbaye, fondée en 1098. Son abbé était Etienne Harding (voir au 17 avril).

Bernard y fut de 1112 à 1115, et fut nommé abbé à Clairvaux, une filiale de Cîteaux, où il allait rester trente-huit ans, jusqu’à sa mort.

Mais Bernard ne resta pas enfermé. Contemplatif de nature, il sut être actif pour l’Eglise, quand on le lui demanda. Dominant ses perpétuelles indispositions d’estomac, il fut constamment debout.

Il fonda quelque soixante-huit abbayes dépendantes de Cîteaux ; il écrivit ; il promut l’ordre militaire des Chevaliers du Temple ; il prêcha souvent ; il vint en Italie et en Allemagne pour remédier au schisme d’Anaclet II contre le pape Innocent II ; il parla dans le midi contre l’hérésie d’Henri ; en 1140, il rencontra Abélard à Sens dans une joûte théologique ; on le vit à Paris avec les étudiants, à Chartres avec les Bénédictins ; il prêcha pour la croisade, sur la prière de son ancien disciple, devenu le pape Eugène III.

Surtout, il accomplissait miracle sur miracle, mais s’effaçait humblement : Il n’y a aucun rapport entre ces miracles et moi.

Bernard écrivit le Traité de l’Amour de Dieu, le Traité de la Grâce et du Libre-arbitre, une suite de Conférences sur le Cantique des Cantiques, des Louanges à Marie. C’est à lui qu’on attribue ce mot : De Maria, numquam satis (sur Marie, on n’en dira jamais assez).

Mort le 20 août 1153, Bernard fut canonisé en 1174, et proclamé Docteur de l’Eglise en 1830, avec le titre de Doctor Mellifluus, «qui coule comme le miel».

 

 

Benedetto dell’Antella

1203-1268

 

Ce pieux marchand de Florence fut un des Sept Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie.

Il est plus connu sous le nom de Manetto, qui semblerait être un diminutif de Benedetto.

En 1264, il fut prieur à Lucca puis, de 1265 à 1267, quatrième supérieur général de l’Ordre.

Il quitta ce monde, probablement, le 20 août 1268, d’où l’insertion de cette notice en ce jour, mais le Martyrologe mentionne ces Fondateurs ensemble le 17 février.

 

Sur l’ensemble de ces Fondateurs, voir la notice : Servites de Marie (Sept Fondateurs des)

 

 

 

Giovanni (Bernardo) Tolomei

1272-1348

 

Giovanni Tolomei naquit le 10 mai 1272 à Sienne (Italie).

Après des études de droit, il s’agrégea à une Pieuse Union appelée les Disciplinés (Disciples) de Sainte Marie (Disciplinati di Santa Maria), dont les membres, laïcs, priaient et s’occupaient d’œuvres charitables.

En 1313, avec trois amis, il voulut se retirer dans une de ses propriétés, le Deserto di Accona, pour y conduire une vie érémitique, se contentant de vivre dans des grottes naturelles. Ils construisirent seulement une petite chapelle.

Ces trois amis étaient un certain Francesco (dont on ignore tout), Ambrogio Piccolomini et Patrizio Patrizi, que parfois on a associés à Giovanni dans les éloges sur la sainteté de ce dernier, mais qui n’ont pas été canonisés.

C’est à cette époque que Giovanni changea son nom en celui du grand Cistercien, Bernard de Clairvaux, et s’appela désormais Bernardo.

Cette vie érémitique se poursuivit jusqu’en 1319, date à laquelle l’évêque institua avec eux la Congrégation bénédictine de Santa Maria di Monte Oliveto. L’appellation de cette nouvelle famille voulait indiquer en premier lieu son appartenance à l’immense branche de l’Ordre bénédictin, puis son caractère fortement marial ; enfin, le «Mont des Oliviers» voulait rappeler le saint lieu de l’Agonie du Christ à Jérusalem.

Cette branche subsiste toujours, ce sont les Olivétains.

Giovanni-Bernardo mourut de la peste, toujours à Sienne, le jour de la fête de saint Bernard, le 20 août 1348.

En raison de l’épidémie, son corps fut jeté dans une fosse commune, avec les corps d’autres moines frappés du même mal, de sorte qu’on n’a jamais pu retrouver et identifier le corps du saint Fondateur.

Son culte fut confirmé le 24 novembre 1644, et l’héroïcité de ses vertus en 1768. Le miracle en vue de sa canonisation fut examiné en 2002, et la canonisation elle-même eut lieu en 2009.

 

 

Louis-François Lebrun

1744-1794

 

Louis-François était né le 4 (ou le 9 ?) avril 1744 à Rouen (Seine Maritime). Son père était marchand pelletier, en même temps que trésorier de la paroisse Saint-Herbland, tout près de la cathédrale, mais se déplaça par la suite sur la paroisse Saint-Cande-le-Jeune.

Entré dans la congrégation bénédictine de Saint-Maur, Louis-François fit le noviciat à Saint-Martin de-Sées, et émit les vœux en 1763.

Selon les statuts de cette congrégation, le moine vivait de façon stable dans la province de la congrégation, tout en se déplaçant dans les différentes maisons de cette province.

Louis-François fut ainsi à Jumièges en 1771, où il fut ordonné diacre puis prêtre. 

En 1774, il était à Saint-Florentin de Bonneval, puis fut nommé prieur de Saint-Sulpice de Courbehaye (Chartres), dont il garda le titre jusqu’à la Révolution.

Successivement il fut au Bec-Hellouin (1775), prieur à Saint-Martin de Sées (1778), de Notre-Dame de Valmont (1779).

Redevenu simple moine en 1781, il fut à Valmont puis à Saint-Ouen de Rouen, enfin à Saint-Georges de Boscherville (1783).

Cette même année, il redevint prieur à Bonne-Nouvelle (Rouen), mais repartit à Saint-Ouen comme simple moine, et à Saint-Wandrille en 1788.

En 1790, Dom Lebrun n’avait pas à faire le serment, exigé seulement des curés et desservants nouvellement établis par le régime, mais on le lui demanda à partir de 1792. Il sera finalement passible de la déportation (sinon de la peine de mort, s’il se cachait).

Pour ne pas inquiéter sa sœur et son beau-frère qui l’ont hébergé, Dom Lebrun se dénonça.

Immédiatement arrêté, il fut interné à la maison commune de Saint-Vivien de Rouen (l’ancien grand séminaire), d’où il fut envoyé à Rochefort avec une soixantaine de prêtres. Ils partirent le 21 mars 1794, passent par Chartres, Tours, Poitiers, Rochefort : cinq-cents kilomètres en vingt jours, dormant dans des églises profanées ou des prisons.

D’abord enfermé sur le Borée, Dom Lebrun y fut privé des vingt-trois livres qu’il avait pris avec lui, puis se retrouva sur le Deux-Associés aux pontons de Rochefort.

Ce moine bénédictin était tout à la fois littérateur, peintre, mathématicien, aussi modeste qu’instruit, et aussi pieux que modeste.

La douceur et l’honnêteté de son caractère se peignaient dans toutes ses manières pleines d’urbanité et jusques dans les traits touchants de sa figure.

Il flotta longtemps entre la vie et la mort, au grand hôpital, et périt finalement au moment où, débarqué sur l’île Citoyenne, comme il l’avait désiré, il semblait devoir bientôt se rétablir, après avoir considérablement souffert et toujours avec une grande résignation.

Il rendit son âme à Dieu le 20 août 1794, et fut béatifié avec ses Compagnons en 1995.

 

 

Gervais-Protais Brunel

1744-1794

 

Gervais-Protais était né le 18 juin 1744 à Magnières (Meurthe-et-Moselle).

Entré dans la congrégation des Trappistes, il était prieur de l’abbaye de Mortagne (Orne) depuis 1790. L’abbaye comptait environ quatre-vingt-dix moines. Les novices avaient déjà été évacués vers la Suisse dès 1791.

Arrêté le 12 mai 1793, il fut déporté de la Meurthe-et-Moselle, et envoyé sur le Deux-Associés aux pontons de Rochefort, où il arriva le 27 janvier 1794.

Ce moine rendit son âme à Dieu sur l’Île Madame, le 20 août 1794, et fut béatifié avec ses Compagnons en 1995.

 

 

 

Maria de Mattias

1805-1866

 

Née et baptisée le 4 février 1805 à Vallecorsa (Frosinone, Latium, Italie centrale), Maria était la seconde des sept enfants de Giovanni et Ottavia De Angelis, une famille aisée. Trois enfants moururent en bas âge ; les quatre autres étaient : Vincenza, Maria, Michel, Antonio.

Maria aimait écouter son père lui lire les belles histoires de l’Ecriture, le soir, jusqu’à ce qu’elle s’endormît. En outre, elle nourrissait une particulière dévotion pour le Précieux Sang du Christ, versé pour l’humanité entière.

Elle apprit à lire et à écrire, sans plus, et vécut dans les loisirs jusque vers seize ans. 

Elle fut confirmée à dix ans, et reçut la Première communion à onze : elle aurait désiré recevoir l’Eucharistie souvent, mais n’en eut la permission qu’une fois par mois.

Sa vie changea radicalement à partir de 1821, Tandis qu’elle se regardait dans son miroir, elle y vit tout d’un coup l’image de Notre-Dame, qui l’invitait. 

Maria se mit à lire, à dévorer tous les livres de piété qu’elle put trouver. Elle suivit une mission prêchée par Gaspare del Bufalo (voir au 28 décembre), et résolut de se donner à Dieu.

En 1834, elle fonda la congrégation des Sœurs Adoratrices du Sang du Christ, pour l’éducation des jeunes filles et la catéchèse.

Elle qui était de caractère plutôt timide et introvertie, devint une prédicatrice éloquente par le zèle qu’elle mettait à parler du salut des âmes ; on l’écoutait, on se convertissait ; son zèle se communiqua à d’autres jeunes filles.

En 1827, Maria fut encouragée par son directeur spirituel à vivre quelque temps parmi des religieuses trinitaires, pour connaître la vie communautaire. Elle y resta environ trois ans.

Après l’échec d’un essai de fondation à Norcia, Maria fut pressentie pour ouvrir une maison à Acuto. Pour elle, il ne s’agissait pas seulement d’ouvrir une école : elle envisageait une formation complète pour les jeunes filles ou les demoiselles (formation spirituelle, retraites…), pour préparer ces personnes à enseigner à leur tour.

Dès le début, Maria leur proposa une heure d’adoration quotidienne ; avec la permission du confesseur, elles pourraient communier chaque jour (une importante et courageuse innovation pour les temps) ; la dévotion du chapelet du Précieux Sang. On attendit longtemps encore pour décider si l’on émettrait des vœux. 

On se réunit de plus en plus nombreux dans la maison de Maria, une centaine de jeunes filles chaque soir, trois cents le dimanche. Toute cette population était sans prêtre, et avait besoin d’entendre parler de Dieu. Maria parlait d’un balcon, ou dressait une petite table sur la place.

Maria cependant souffrait de son asthme. Elle eut des moments de fièvre intense, qui l’épuisaient. Elle devait toutefois faire face à tous les problèmes qui se posaient : visiter les nouvelles maisons, trouver des ressources, faire face à la vague anticléricale qui soulevait l’Europe, apaiser les rivalités avec d’autres associations…

Le pape fit appel à cette congrégation pour diriger l’hospice Saint-Louis de Rome et l’école de Civitavecchia.

Maria mourut le 20 août 1866 : la congrégation comptait déjà soixante-dix communautés, en Italie surtout, mais aussi en Allemagne et en Angleterre.

Maria de Mattias fut béatifiée en 1950 et canonisée en 2003.

 

 

Pie X

1903-1914

 

Giuseppe Sarto, deuxième de dix enfants, naquit à Riese (Vénétie, Italie) le 2 juin 1835. Son père, Giambattista, était un employé municipal ; sa mère, Margarita Sanson, était couturière. Des dix enfants, le premier était presque mort-né, et Giuseppe fut en fait l’aîné des sept autres, le dernier devant mourir tout petit.

Baptisé dès le lendemain avec les prénoms de Giuseppe Melchiore, il grandit dans une ambiance très chrétienne et modeste.

Il commença l’étude du latin avec le curé, et fréquenta chaque jour le collège de Castelfranco, à six kilomètres de là, dont il sortit premier sur quarante-trois élèves. 

Son père était décédé en 1852, et sa mère était fort pauvre. Pour entrer au séminaire de Padoue, il bénéficia d’une bourse d’études du patriarche de Venise, originaire lui aussi de Riese, et fut ordonné prêtre en 1858. Il fut vicaire à Tombolo (Trévise), curé de Salzano en 1866, chanoine de la cathédrale de Trévise en 1875, évêque de Mantoue en 1884, patriarche de Venise et cardinal en 1893.

A Salzano, les sœurs de Giuseppe vinrent l’aider, non sans peine, car le curé distribuait déjà tout ce qu’il avait. Il inaugura une école du soir, constitua une chorale, visitait tous les habitants, y compris les incroyants et les Juifs. Il se dépensa sans compter lors de l’épidémie de choléra de 1873, au point que l’évêque l’appela à la modération.

A Trévise, outre que chanoine, il devait être chancelier de l’évêché et directeur spirituel des séminaristes.

A Mantoue, il se dépensa notamment pour la formation du clergé, la discipline ecclésiastique, l’enseignement de la doctrine chrétienne auprès du peuple. Il connaissait personnellement tous les séminaristes. Il lui arrivait d’arriver inopinément dans une paroisse pour remplacer un curé malade. Il confessait dans la cathédrale : on pouvait y aller librement. Il fitau moins une fois la visite de toutes les paroisses du diocèse. 

A Venise, il intensifia la même activité, faisant imprimer un catéchisme pour tous les diocèses de la Vénétie et s’appliqua à développer la musique sacrée, notamment en restaurant le chant grégorien.

Léon XIII étant mort le 20 juillet, son successeur fut choisi en la personne du cardinal Sarto, le 4 août. Il prit le nom de Pie en mémoire des saints pontifes qui ont porté ce nom et de ceux qui, ces derniers temps, ont été persécutés pour l’Eglise.

Lors du conclave, il protestait de son incapacité, alléguant qu’il ne savait pas le français (il le comprenait, mais ne le parlait pas couramment), qu’il était trop vieux (à quoi un autre cardinal rétorqua qu’il valait mieux qu’un seul mourût pour tout le peuple)… Loin de se réjouir de cette élection, Pie X ressemblait à un condamné à mort. 

Agé de soixante-huit ans, Pie X était le deux-cent cinquante-septième pape. 

Il s’installa au troisième étage du Vatican, et mena dans son appartement une vie tout ascétique : il dormait cinq heures et donnait tout son temps aux audiences et à la correspondance.

Il choisit pour devise : Instaurare omnia in Christo (Tout restaurer dans le Christ). Cette “restauration” passe par la formation du clergé, qui doit être saint, par l’enseignement doctrinal des fidèles, par une collaboration entre le clergé et les fidèles, par la réforme de la musique sacrée, qui doit élever et favoriser la prière ; il encourage ainsi la pratique du chant grégorien, dont l’esthétique et l’universalité peuvent être perçues par tous les chrétiens de la terre. Il entreprend une réforme du Droit canonique, de la Curie.

Poursuivant ce qu’il avait commencé à Venise, il promulgue un catéchisme universel en simplifiant celui du concile de Trente.

Contre les restes de la déviation janséniste, il encourage la réception fréquente de l’Eucharistie et, pour les enfants, établit qu’ils fassent leur première communion dès l’âge de sept ans. Il encourage les Congrès Eucharistiques.

Il réforme le bréviaire, la prière quotidienne des prêtres : il en fait réduire la longueur en supprimant certaines répétitions, en répartissant plus également le psautier sur chaque jour.

Il condamne l’hérésie moderniste dans un climat de grandes tensions et de polémiques continuelles ; il crée une commision biblique pour la révision du texte de la Vulgate (la Bible en langue latine) ; il crée l’Institut Biblique. 

Sous son pontificat il y eux soixante-treize béatifications et quatre canonisations.

Un des gros soucis de Pie X fut le conflit avec le gouvernement français, lors de la tristement célèbre loi sur les associations, qui fut à l’origine de l’expulsion de France de la plupart des religieux, et donc de la fermeture de leurs instituts. Paris rompit les relations diplomatiques avec le Vatican, et vota unilatéralement la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat (1905).

Quand il pressentit la montée vers la Guerre mondiale, Pie X supplia l’empereur autrichien d’arrêter la guerre. Il mourut sur cette espérance, le 20 août 1914, après un pontificat de onze ans.

Béatifié en 1951, canonisé en 1954, il est mentionné au Martyrologe le 20 août, et fêté le 21 août au calendrier romain.

C’est Benoît XV qui lui succéda, dans cette pénible atmosphère de guerre.

Jaume Perucho Pontarró

1864-1936

 

Jaume, né le 12 mars 1864 à Corroncui (Viu de Llevata, Alta Ribagorça, Lleida, Espagne), orphelin de père et mère, fut accueilli par une bonne famille de l’endroit.

Il put étudier à Lleida, où il rencontra les pères carmes. Il entra au séminaire du Désert des Palmes.

Il fit la profession religieuse, prit le nom de Silveri de Saint-Louis-de-Gonzage, et fut ordonné prêtre.

Quand le couvent de Tarragona devait rouvrir, il fit partie de la nouvelle communauté, puis il fut envoyé à Cuba, où il ouvrira le couvent de Matanzas. Revenu à Barcelone, il fut prieur, puis il fut envoyé à Tarragona, où il s’occupa activement de la jeunesse.

En 1936, lors de l’incendie de l’église de Tarragona, il alla se réfugier chez un ami et pensait rejoindre en train Lleida.

Parvenu là, il fut arrêté ; il se retrouva avec tout un groupe de détenus qui furent abattus le 20 août 1936 au cimetière de Lleida, et enterrés dans une fosse commune ; il y avait là près de quatre vingt personnes, religieux et prêtres.

Le père Jaume-Silveri fut béatifié en 2013.

 

 

Emili Bover Albareda

1868-1936

 

Né le 31 août 1868 à Castelltersol (Barcelone), baptisé le 3 septembre suivant, et confirmé l’année suivante, Emili avait pour père Lorenzo, un ouvrier, et Teresa.

En 1885, à seize ans, il commença des études de latin à Artés, un collège qui dépendait du séminaire diocésain. En 1888, il entra au postulat des pères Clarétains de Cervera, fit la profession et le noviciat, la philosophie et la théologie d’abord à Cervera, puis à Santo Domingo de la Calzada (1894). L’étude ne lui était pas facile, au point qu’il faillit passer à l’état de frère convers. Il parlait avec humour de sa situation en affirmant avoir été admis comme Vierge et Martyr, vierge par sa consécration, martyr pour son travail laborieux.

Il reçut les Ordres mineurs en 1895, les Ordres majeurs en 1897-1898. Il était prêtre à trente ans.

Partout où le père fut présent, il montra ses capacités d’électricien, mais aussi sa bonne humeur et la façon ironique avec laquelle il parlait de lui-même. Quand il montait en chaire, il lui arrivait de dire : Regardez-moi, regardez comme je suis laid.

Prêtre, il fut envoyé à Sabadell, La Selva del Campo, Vic ; puis Santiago du Chili en 1904 : un voyage long et difficile, qui passait par l’Argentine et traversait la Cordillère des Andes.

En 1906, il revint en Espagne, pour arranger la nouvelle maison d’Aranda de Duero. En 1908, ce fut Cartagena comme prédicateur et catéchiste ; en 1914, Solsona, où il refit toute l’installation électrique ; en 1916, on le nomma bibliothécaire (!). Il contribua notablement à la fondation d’un collège et suscita beaucoup de vocations.

En 1922, il fut prédicateur et bibliothécaire à San Feliu de Guixols, d’où il envoya plus de soixante de ses élèves aux postulats de Vic et de Cervera. En 1925, il fut envoyé à la nouvelle maison de Gerona, où il suscita plus de trente vocations et où son travail fit de la bibliothèque une des meilleures de la province.

En 1929, il fut envoyé à Lleida, puis Cervera. Là encore son activité fut centrée sur les bibliothèques ; lui qui avait eu tant de mal à étudier, était devenu un passionné des livres et affirmait que c’était son occupation préférée.

Le 21 juillet 1936, il fallut évacuer la maison de Cervera. Le Comité révolutionnaire avait interdit à quiconque d’accueillir le curé, puis l’ensemble des Religieux, et avait établi des contrôles.

Au début, le Père put encore célébrer la Messe dans une église ; le 23 juillet, il fut accueilli chez le pharmacien, qui tenait cachées des hosties consacrées, sauvées de la profanation de quelque église locale. Le Père allait souvent prier silencieusement à l’endroit de cette cachette, et pratiquait le Chemin de Croix. Ceux qui le voulaient, se confessaient.

Le 19 août, à onze heures du soir, des hommes armés vinrent arrêter le pharmacien ; le 20, des miliciens vinrent faire un contrôle minutieux de la maison ; le Père s’était déguisé en infirmier, mais on lui trouva une photographie et on le reconnut. On l’emmena : il eut juste le temps de remercier pour l’accueil qu’il avait reçu et dit à la famille : On se reverra au Ciel. Une demi-heure plus tard, un milicien revint pour s’emparer de la montre du prêtre et de son argent.

Le père Bover fut emmené au Comité, puis au cimetière de Cervera. Là, le Père pardonna à ses assassins et demanda à baiser leurs mains, ces mains criminelles qui allaient l’envoyer au Ciel. Il pria encore un Je crois en Dieu, cria Vive le Christ Roi ! et tomba sous les balles.

Martyrisé le 20 août 1936, béatifié en 2017, Emili Bover Albareda sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 20 août.

 

 

Tomás Campo Marín

1879-1936

 

Tomás vit le jour le 23 janvier 1879 à Mahamud (Burgos, Espagne), de Julián et Genara, qui le firent ondoyer dès la naissance ; les rites furent complétés le 3 février et le garçon fut confirmé en octobre.

En 1895, il entra au couvent des Pères Mercédaires de El Olivar. Il y reçut l’habit en 1895, fit la première profession en 1896, la solennelle en 1900 à Poyo (Pontevedra).

Il reçut les Ordres à Saint-Jacques de Compostelle, et le sacerdoce à Lugo.

Il habitait alors au couvent de Sarria, où il fut immédiatement nommé maître des novices. En 1905, il était formateur des profès à Lleida ; en 1906 à El Olivar, à Palma de Maiorque, où il prêcha avec ardeur (et succès). Sa santé commençait déjà de baisser, surtout parce qu’il fumait beaucoup.

En 1918, on lui demanda d’organiser le septième centenaire de l’Ordre, qu’il organisa de façon solennelle avec l’évêque ; entre autres prouesses, il fit venir six cents fidèles de Barcelone en bateau.

En 1920, il faillit être simultanément supérieur à Maiorque et provincial, mais il ne pouvait cumuler les deux charges ; il quitta Maiorque pour Barcelone, où il fut tout de même également prieur. Il organisa les Jeudis eucharistiques.

En 1926, il se trouvait vicaire puis curé à El Puig. En 1930, il repassait à Maiorque comme administrateur : il fit tout nettoyer et repeindre, acquit une machine à écrire. Cette année-là, il y eut des incendies de couvents pendant deux mois, durant lesquels les Religieux ne sortirent jamais de leur maison.

Entre 1932 et 1935, le père Tomás fut très actif aux différents chapitres et synodes. En 1935, il reçut le supériorat de Lleida : il y réorganisa la vie conventuelle en décadence et alla prêcher à Barcelone, San Ramón, Valencia, Benicalap, Burgos, Sarria, El Olivar ; il ne perdait pas une occasion pour découvrir de possibles vocations : beaucoup lui en furent reconnaissants.

A partir de février 1936, la situation était si menaçante, que les Religieux - le père Tomás et deux autres - allèrent dormir chez des amis. Ils y emportèrent des valises avec leurs effets et des objets du culte.

Le 22 juillet, suite à un mauvais conseil, ils crurent être plus en sûreté au commissariat de police, à cause de la foule menaçante, de sorte que la Generalitat vint les chercher en voiture et les conduisit à la prison, escortés par tout un peloton de miliciens rouges. Ils furent là pendant vingt-huit jours, jusqu’au 20 août.

A voir les «prisonniers» qui partaient les uns après les autres sans revenir, ils comprirent bien vite leur erreur. Ils ne se préparèrent que plus intensément à leur prochaine mort. Le père Tomás s’arrêta de fumer, tout en conservant sa bonne humeur habituelle.

Le 19 août, peu avant minuit, on fit sortir soixante-quatorze Religieux et prêtres, dont notre père Tomás et ses deux Confrères, Francisco Llagostera et Serapio Sanz. Ils saluèrent leurs compagnons, en leur donnant rendez-vous dans l’éternité.

Les prisonniers furent liés deux à deux et durent monter dans des camions qui partirent jusqu’au croisement des routes de Tarragona et Barcelone, au milieu des insultes et des blasphèmes des miliciens. Dans les camions, on chantait à tue-tête l’Ave maris Stella, le Magnificat, on criait Vive le Christ Roi, on invoquait Marie…

Une fois passé le cimetière, les conducteurs auraient voulu continuer jusqu’à Barcelone, mais une armée de miliciens les obligea à revenir en arrière jusqu’au cimetière.

On fit descendre les prisonniers, on les aligna par groupes de quatorze contre le mur, éclairés par les phares des camions, et les coups partirent, couverts par les chants et les cris des victimes. Un milicien passa donner le coup de grâce, mais on laissa là les cadavres, qui furent ensevelis seulement le lendemain par les employés du cimetière.

Martyrisé le 20 août 1936, le père Tomás fut béatifié en 2013, avec ses deux Confrères, Francisco et Serapio.

 

 

Santos Sanz Iranzo

1879-1936

 

Santos vit le jour le 1er novembre 1879 à Muniesa (Teruel, Espagne), de Manuel et Joaquina, qui le firent baptiser le 3.

Ce fut un enfant modèle, obéissant, travailleur, pieux et assidu à l’église.

Par trois fois, pendant qu’il travaillait aux champs, il vit une lumière inhabituelle qu’il prit pour une invitation surnaturelle : un matin, il partit travailler comme d’habitude, et une fois sur place, confia le cheval et les outils à un voisin, pour partir directement de Muniesa à El Olivar, chez les Mercédaires.

Il n’avait rien dit à personne, sauf à sa sœur. Il ne voulait écouter que la voix de Dieu

C’était en 1900. Les Religieux le trouvèrent si ingénu et si décidé, qu’ils le gardèrent. Santos reçut l’habit en 1901, et fit la première profession en 1902. Puis il fut envoyé à Lleida où, à part de brèves absences, il devait rester plus de trente ans.

A Lleida, il prit le nom de Serapio et fit la profession solennelle.

On lui confia toutes les charges : sacristie, cuisine, accueil, commissions, maître d’école.

Un jour qu’on lui avait donné une oie et qu’il devait la tuer et la préparer, il préféra l’abandonner au fond d’une cave d’où, le lendemain, elle avait simplement disparu, pour sa plus grande consolation.

En 1922, il organisa une collecte en vue d’équiper les bancs de l’église de prie-dieux ; la campagne couvrit presque toute la dépense nécessaire.

A partirt de 1929, il commença à s’équiper d’habits civils, tant l’atmosphère devenait lourde et pénible.

A partir de février 1936, la situation était si menaçante, que les Religieux - dont les pères Tomás Campo et Francesc Llagostera et le Frère Serapio - allèrent dormir chez des amis. Ils y emportèrent des valises avec leurs effets et des objets du culte.

Le 22 juillet, suite à un mauvais conseil, ils crurent être plus en sûreté au commissariat de police, à cause de la foule menaçante, de sorte que la Generalitat vint les chercher en voiture et les conduisit à la prison, escortés par tout un peloton de miliciens rouges. Ils furent là pendant vingt-huit jours, jusqu’au 20 août.

A voir les «prisonniers» qui partaient les uns après les autres sans revenir, ils comprirent bien vite leur erreur. Ils ne se préparèrent que plus intensément à leur prochaine mort.

Le 19 août, peu avant minuit, on fit sortir soixante-quatorze Religieux et prêtres, dont les deux pères Tomás Campo et Francisco Llagostera. Frère Serapio «protesta», voulant les accompagner, étant lui aussi Religieux. Alors un milicien s’approcha et lui fit remarquer que, petit, il avait reçu une gifle au collège des Mercédaires : maintenant, il devait la «restituer» et envoya une gifle magistrale au Frère Serapio, qui ne broncha pas. On l’emmena avec les deux autres Pères. Ils saluèrent leurs compagnons, en leur donnant rendez-vous dans l’éternité.

Les prisonniers furent liés deux à deux et durent monter dans des camions qui partirent jusqu’au croisement des routes de Tarragona et Barcelone, au milieu des insultes et des blasphèmes des miliciens. Dans les camions, on chantait à tue-tête l’Ave maris Stella, le Magnificat, on criait Vive le Christ Roi, on invoquait Marie…

Une fois passé le cimetière, les conducteurs auraient voulu continuer jusqu’à Barcelone, mais une armée de miliciens les obligea à revenir en arrière jusqu’au cimetière.

On fit descendre les prisonniers, on les aligna par groupes de quatorze contre le mur, éclairés par les phares des camions, et les coups partirent, couverts par les chants et les cris des victimes. Un milicien passa donner le coup de grâce, mais on laissa là les cadavres, qui furent ensevelis seulement le lendemain par les employés du cimetière.

Martyrisé le 20 août 1936, le Frère Serapio fut béatifié en 2013, avec ses deux Confrères, Tomás et Francisco.

 

 

Manuel López Álvarez

1881-1936

 

Né le 26 avril 1881 à Mairena (Grenade), Manuel était le fils de cultivateurs très pauvres, qui le firent baptiser le jour-même.

Il est à signaler que Mairena fut le pays d’origine d’un garçonnet de dix ans, Gonzalico, qui fut victime avec d’autres de la haine musulmane en 1568.

Notre Manuel, donc, fut envoyé au séminaire de Grenade, où il fit de bonnes études, couronnées par le sacerdoce en 1905.

Après quelques années où il fut vicaire, il fut curé d’Alcolea. Bien avant la révolution de 1936, il eut déjà à affronter des situations anticléricales. Une fois, il dut passer toute une nuit dans son église, prêt à intervenir, car les Rouges avaient menacé de mettre le feu au sanctuaire.

En juin 1936, alors qu’il officiait l’enterrement d’une jeune fille, on le menaça avec un fusil de chasse…

Lorsque la persécution se déchaîna, il fut obligé de quitter Alcolea et se réfugia chez des amis de Picena. Il voulut rejoindre Grenade avec deux autres prêtres mais, en chemin, il eut une attaque cardiaque. Laissant aller ses Confrères, il se dirigea lentement vers une maison qui était éclairée et se présenta tout simplement comme prêtre. Or, les habitants étaient des partisans rouges : ils firent venir une patrouille de Berja.

L’abbé Manuel fut emmené manu militari. Le 20 août suivant, on l’emmena avec huit autres prisonniers dans un camion au cimetière de Berja. Le prêtre n’arrivait pas à descendre : on l’abattit sur place et on le traîna jusqu’à la tombe. A ce moment-là, on s’aperçut qu’il n’était pas mort et murmurait Ah, mon Dieu ! Avec la pelle (ou la pioche) du fossoyeur, ils lui enfoncèrent le crâne.

Martyrisé le 20 août 1936 et béatifié en 2017, Manuel López Álvarez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 20 août.

Francesc Llagostera Bonet

1883-1936

 

Francesc vit le jour le 30 août 1883 à Valls (Tarragona, Espagne), de Francisco et Francisca, qui le firent baptiser le 2 septembre ; il fut confirmé en 1891.

Il fit ses humanités chez les Pères des Ecoles Pies à Valls, puis fit le séminaire de Tarragona et fut ordonné prêtre en 1911.

Il fut vicaire ou aumônier à Maldá, Vilavert, Alforja, Valls, Torroja, Sarreal et Ulldemolins. 

Partout, c’était un prêtre discret, humble, effacé, qui travaillait beaucoup.

Sa dévotion envers saint Ramón (Raymond) de Peñafort et son admiration pour l’Ordre fondé par lui (Mercédaires) le rapprocha toujours plus de ces Religieux, au point qu’il demanda son admission à Portell. Il reçut l’habit en 1923, acheva le noviciat par la profession en 1924.

Ensuite, on le vit à Lleida, San Ramón, Barcelone, Lleida, Portell, à Palma de Maiorque (1933) ainsi qu’à Barcelone et Tarragone, où il revit sa mère.

Il avait l’art de passer inaperçu, tout en travaillant infatigablement. Si on lui faisait tenir la sacristie, il le faisait comme le dernier des Frères convers. 

Cultivé, il écrivait, il traduisait des textes en catalan, il rédigeait des articles pour les revues de l’Ordre.

A partir de février 1936, la situation était si menaçante, que les Religieux - le père Francisco et deux autres - allèrent dormir chez des amis. Ils y emportèrent des valises avec leurs effets et des objets du culte.

Le 22 juillet, suite à un mauvais conseil, ils crurent être plus en sûreté au commissariat de police, à cause de la foule menaçante, de sorte que la Generalitat vint les chercher en voiture et les conduisit à la prison, escortés par tout un peloton de miliciens rouges. Ils furent là pendant vingt-huit jours, jusqu’au 20 août.

A voir les «prisonniers» qui partaient les uns après les autres sans revenir, ils comprirent bien vite leur erreur. Ils ne se préparèrent que plus intensément à leur prochaine mort.

Le 19 août, peu avant minuit, on fit sortir soixante-quatorze Religieux et prêtres, dont notre père Francisco et ses deux Confrères, Tomás Campo et Serapio Sanz. Ils saluèrent leurs compagnons, en leur donnant rendez-vous dans l’éternité. 

Les prisonniers furent liés deux à deux et durent monter dans des camions qui partirent jusqu’au croisement des routes de Tarragona et Barcelone, au milieu des insultes et des blasphèmes des miliciens. Dans les camions, on chantait à tue-tête l’Ave maris Stella, le Magnificat, on criait Vive le Christ Roi, on invoquait Marie… 

Une fois passé le cimetière, les conducteurs auraient voulu continuer jusqu’à Barcelone, mais une armée de miliciens les obligea à revenir en arrière jusqu’au cimetière.

On fit descendre les prisonniers, on les aligna par groupes de quatorze contre le mur, éclairés par les phares des camions, et les coups partirent, couverts par les chants et les cris des victimes. Un milicien passa donner le coup de grâce, mais on laissa là les cadavres, qui furent ensevelis seulement le lendemain par les employés du cimetière.

Martyrisé le 20 août 1936, le père Francisco fut béatifié en 2013, avec ses deux Confrères, Tomás et Serapio.

 

 

Cristòfol Baqués Almirall

1885-1936

 

Cristòfol (Christophe) vint au monde le 20 mars 1885 à Olesa de Bonesvalls (Barcelone, Espagne).

Il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et fut ordonné prêtre.

 

Il reçut la palme du martyre à L’Arrabasada (Barcelone) le 20 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

María Climent Mateu

1887-1936

 

Cette pieuse femme naquit le 13 mars 1887 à Játiva (ou Xátiva), Valencia (Espagne), de Josep et Júlia, qui la firent baptiser par son oncle, curé du village.

Elle grandit dans l’amour de Dieu et le désir intense de vivre sa foi au service de l’Eglise, tout en restant dans le siècle.

Elle avait une intense vie de prière, de méditation, assistant chaque jour à la Messe.

Tertiaire franciscaine et membre de l’Action Catholique, elle fut aussi une «marie des sanctuaires» (pour l’entretien des églises), membre des Enfants de Marie, de l’Apostolat de la Prière, de l’Adoration Nocturne, du Rosaire Perpétuel, du Syndicat Catholique Féminin ; elle s’engagea dans l’apostolat social de la femme et au service des vieillards.

Elle s’occupa de la chorale paroissiale, des ornements. Que n’aurait-elle pas fait pour servir Dieu et l’Eglise…

Quand survinrent les douloureux événements de 1936, on lui conseilla de moins s’exposer, mais elle préféra rester à Játiva et s’en remettre à la volonté divine.

Le 20 août 1936 vers trois heures du matin, on vint l’arrêter ; sa mère cependant ne voulait pas la laisser partir seule, aussi prit-on les deux femmes pour les emmener vers le cimetière. 

Les bourreaux profitèrent du déplacement pour maltraiter les deux femmes, les insultant, les frappant ; María eut un bras cassé. On voulait lui faire acclamer le communisme, mais elle répondit : Je mourrai en criant : Vive le Christ Roi. Fatigués et honteux, les bourreaux les abattirent avant-même de parvenir au cimetière.

La maman de María n’a pas fait partie de la même cause de béatification que María. Actuellement, seule María a été béatifiée, en 2001.

 

 

Magí Albaigés Escoda

1889-1936

 

Né le 23 mai 1889 à L’Albi (Garrigues, Espagne), de Joan et Francesca, Magí fut baptisé le jour-même.

Bon séminariste, exemplaire, il reçut l’ordination sacerdotale en 1913.

Excellent prêtre, il fut nommé chanoine archiprêtre de la cathédrale de Tarragona, et secrétaire du cardinal Vidal i Barraquer.

Lors de la révolution de 1936, il acheva les prières du jour au soir du 21 juillet, avec le cardinal et son auxiliaire, Mgr Borrás (voir au 12 août). 

Puis il alla retirer les Saintes Hosties du Tabernacle et accompagna les deux prélats à Poblet.

Le 22, il reprit le train pour Tarragona, où il changea deux fois d’endroit pour passer la nuit.

Le 23 au matin, des miliciens arrivèrent. Don Albaigés passa juste à ce moment, avec un ciboire contenant des Hosties. Un milicien s’en saisit et lui signifia son arrestation. Le prêtre montra une telle contrariété que le milicien lui rendit le ciboire, en lui disant : Tiens, prends, mange ! Don Albaigés distribua les Saintes Hosties aux personnes présentes qui l’entouraient.

Les miliciens restèrent un moment immobiles. Puis arriva un autre prêtre, don Monrabá. Les miliciens les emmenèrent tous deux en les maltraitant, d’abord au commissariat, puis au bateau-prison. Là, don Albaigés montra toute sa bonté et sa piété pour accomplir la volonté de Dieu.

Le 20 août 1936, on le tira de là pour le fusiller. Son délit était d’être prêtre.

On le retrouva au cimetière de Tarragona.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Maties Cardona Meseguer

1902-1936

 

Né le 23 décembre 1902 à Vallibona (Castellón), Maties (Matthias) était le fils de parents très pauvres, Narcís et Dominga. Il eut une soeur, Dolores.

A douze ans, il fut admis au collège des pères des Ecoles Pies (fondés par saint Joseph Calasanz) à Morella. Les Supérieurs le qualifièrent de travailleur, sympathique, pieux.

Malheureusement, ses bons parents lui demandèrent de renoncer à rester dans ce collège, car ils n'avaient vraiment pas de quoi lui payer ne serait-ce que le minimum pour l'aider à continuer ses études. C'est à regret que ses supérieurs et ses compagnons durent le laisser repartir chez lui.

Mais son curé intervint : il lui trouva un travail au sein de la communauté des Frères des Ecoles Chrétiennes, à Barcelone, de sorte qu'il pouvait envoyer un peu d'argent à ses parents, tout en continuant à espérer pouvoir entrer chez les Pères des Ecoles Pies (ou Piaristes).

A vingt ans, il fallut faire le service militaire : il y resta huit années, dans un groupe de communications, où il prit le grade de brigadier.

Il y eut une parenthèse durant cette période, lorsque Maties dut être hospitalisé à Malaga, pour de mystérieuses fièvres. Maties y rencontra une pieuse Religieuse qui lui montra une profonde amitié spirituelle et l'encouragea de toutes ses forces et de ses prières ; il conserva toujours une profonde reconnaissance pour cette précieuse et fidèle amitié.

Mais Maties n'était toujours pas dans son “milieu” espéré. Il se tourna vers la Sainte Vierge, qui l'exauça : il rencontra de nouveau le père Boronat qu'il avait connu à Morella. Et bien que la situation familiale fût toujours aussi précaire, le père Boronat adressa Maties au père Provincial, qui l'accepta.

Maties commença son noviciat à Moia, en 1929. A vingt-sept ans, on n'étudie pas comme à vingt ans, mais Maties se remit au latin et au grec, en même temps qu'à la composition de vers en espagnol et en latin. Un beau jour, il décida brusquement de mettre fin à ces poésies ; à un Confrère qui s'en étonnait, il répondit : Que veux-tu ? Durant l'oraison, j'avais la tête pleine de rimes, de consonnances et d'assonnances...

De 1930 à 1933 il fut à Irache pour une première période de formation culturelle. En 1933 il fut à Albelda de Iregua (La Rioja) pour la théologie ; l'année suivante, il faisait la profession solennelle.

Il fut ordonné prêtre en 1936. Déjà la Révolution couvait.

Maties était alors au collège Sant Antoni de Barcelone.

Le 19 juillet, il sortit pour aller se réfugier chez une tante, puis chez un grand ami, mais pour peu de temps, ne voulant pas compromettre ces personnes.

Le 30 juillet, il gagna son village natal, Vallibona, pensant y trouver plus de sécurité, et où sa chère sœur Dolorès le reçut avec grande joie.

Le 11 août, on brûla toutes les saintes images de l'église.

Le 17, le maire suggéra à Maties de se réfugier plutôt chez son oncle, qui tenait la Maison Cardona, un peu en dehors du village.

Mais à peine arrivé, survinrent deux hommes (qui l'avaient déjà recherché chez sa sœur) pour l'arrêter. Ils lui demandèrent d'abord de sortir ce qu'il avait dans les poches ; Maties sortit son bréviaire, sur lequel il posa un respectueux baiser ; l'un des hommes lui dit : Il vaut mieux le brûler. Maties fut conduit au Comité révolutionnaire.

Au Comité, il retrouva un autre prêtre, Manuel Meseguer. On leur concéda de pouvoir recevoir des amis et des proches. Dolores lui porta à manger.

Le 20 août, après que Dolores soit allée le voir encore une fois, trois hommes vinrent chercher Maties ainsi que l'autre prêtre, Manuel, et les conduisirent un peu en dehors du village, au lieu dit Pigró del Coll. A peine descendus du véhicule, ils furent abattus.

Le père Maties mourut les bras en croix ; on vit que son front était criblé de balles.

Maties Cardona Meseguer fut béatifié en 1995.

 

 

Pau Segalà Solé

1903-1936

 

Pau (Paul) vit le jour le 18 octobre 1903 à Montgai (Noguera, Espagne), de Josep et Cecilia, qui le firent baptiser le 22 suivant.

Il était le frère aîné de Francesc, qui le rejoindra au séminaire, entrera chez les Carmes déchaux, et sera martyrisé avec lui.

En 1917 Pau entra au séminaire des Franciscains à Balaguer, mais passa au Petit séminaire diocésain de La Seu de Urgell en 1919, puis au Grand séminaire, et fut ordonné prêtre en 1928.

Immédiatement il fut envoyé à Tèrmens (Lleida), un an après à Linyola, puis Albesa ; en 1931 à Cardosa et en 1933 à Montroig.

Devant l’explosion de violence anticléricale, don Pau se retira en 1936 dans sa famille à Montgai, où le rejoignit à son tour son jeune frère Francesc.

Après quelques jours de «repos», voulant éviter à leur famille les funestes représailles des révolutionnaires, ils se présentèrent spontanément au Comité.

On les arrêta immédiatement, on les conduisit à la prison de Lleida et on les fusilla sans attendre, le 20 août 1936.

Don Pau avait trente-trois ans.

Les deux frères furent béatifiés en 2013.

Enrique Rodríguez Tortosa

1908-1936

 

Né le 30 avril 1908 à Terque (Almería), tôt orphelin, il fut élevé par sa tante.

Tout le pays connaissait ce jeune homme à la vie très pure. Il était à toutes les célébrations liturgiques, apportait son concours chaque fois qu’on le lui demandait. Il était membre de l’Action Catholique.

Simple ouvrier, il était cependant une des victimes désignées des révolutionnaires.

Le 19 août, il vint se confesser au curé de Terque, affirmant qu’il s’attendait à mourir.

Le 20 août, on l’interpella sur la place en compagnie de José Tapia Díaz : ils devaient proférer quelque blasphème, ou on les tuait. Sur leur refus, on les emmena en camionnette jusqu’à la côte de la Promenade de Gérgal pour les fusiller. En tombant, les deux victimes criaient : Vive le Christ Roi !

Martyrisé le 20 août 1936, béatifié en 2017, Enrique Rodríguez Tortosa sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 20 août.

 

Ismael Barrio Marquilla

1911-1936

 

Ismael était né le 22 avril 1911 à Piedrahita de Juarros (Burgos, Espagne) et fut d’abord ondoyé ; le curé suppléa ensuite aux rites du Baptême.

Il entra au noviciat mineur de Cambrils, puis à celui de Benicarló, en 1928 ; il prit l’habit et fit la profession avec le nom de Celestino Antonio.

Après le scholasticat à Cambrils, il commença son activité à Bonanova en 1930.

Il y était quand éclata la persécution. Il se réfugia chez les parents d’un élève avec d’autres Frères, qui cependant allèrent se cacher ailleurs. On lui déconseillait de rester dans ce quartier, mais il répondait : S’ils me tuent, Dieu soit béni.

Le 18 août, ce furent quarante miliciens qui vinrent encercler la maison de cette famille, demandant à emmener le maître de maison et ses fils. Finalement, ils embarquèrent le Frère Celestino, qu’ils appelaient le curé. Le petit garçon de la famille lança : Ce n’est pas un curé, c’est un professeur.

Deux jours après, des miliciens vinrent montrer à cette famille une lettre que le Frère aurait écrite au général Cabanillas à Burgos, et qu’ils avaient trouvée dans la sacoche de ce Frère. Quand l’élève du Frère lut le texte, il ne put s’empêcher de faire remarquer : Ce n’est pas son écriture, et en plus, il y a pas mal de fautes d’orthographe.

On ne sut rien de plus sur le Frère. A la morgue, une note indiquait qu’il était mort par balles, dans le torrent du Cister, près de Barcelone. La note portait la date du 20 août 1936. 

Frère Celestino a été béatifié en 2007.

 

 

Francesc Segalá Solé

1912-1936

 

Francesc naquit le 25 mai 1912 à Montgai (Noguera).

Très jeune, il entra au séminaire, en même temps que son frère aîné Pau, mais n’y trouvant pas l’ambiance à laquelle il se sentait appelé, sur le conseil de pères carmes, il rejoignit leur couvent de Palafrugell.

Il y fit la profession, avec le nom de Francesc de l’Assomption. 

En 1936 il fut ordonné prêtre, comme son frère, avec lequel il entretint une fréquente correspondance.

Il était prêtre depuis à peine quelques mois, lorsqu’éclatèrent les tristes épisodes de la guerre civile de l’été 1936.

Le monastère fut pris d’assaut. Francesc put en sortir avec un autre père, tous deux vêtus en laïcs. Peu après, Francesc fut reconnu et arrêté par la police, mais remis en liberté ; il en profita pour rejoindre un confrère hospitalisé. Puis il voulut revenir dans son pays, réussissant à traverser Tárrega, malgré quelques problèmes. A Montgai, il retrouva son cher frère Pau, avec lequel il passa quelques jours de vie assez tranquille, priant, travaillant dans les champs.

Vers le milieu du mois d’août, le comité du peuple fit arrêter les deux frères. Ils furent conduits à Lleida, au cimetière de la ville, où ils furent fusillés avec d’autres prêtres et religieux. 

C’était probablement le 20 août 1936. Francesc de l’Assomption venait de fêter cette grande fête, après quelques mois seulement de sacerdoce.

Francesc fut béatifié en 2013.

 

 

José Tapia Díaz

1913-1936

 

Né le 6 janvier 1913 à Terque (Almería), José était le fils d’un couple de commerçants, qui le firent baptiser peu après.

José fut un bon élève et commença bientôt à travailler comme rédacteur ou écrivain public.

Il se mit dans les rangs de l’Action Catholique. Il exprima en plusieurs occasions - et encore quelques jours avant de mourir - qu’il demandait à Dieu la grâce de pouvoir mourir en martyr.

Le 20 août 1936, sur la place du pays, il se trouvait avec Enrique Rodríguez Tortosa. Invité par des miliciens à blasphémer, il prit le temps de leur répondre : Le Seigneur ne m’a rien fait de mal, et même je dois le remercier pour tout le bien qu’il me fait. Pour rien au monde je ne puis offenser le Seigneur et encore moins blasphémer contre Lui.

Pendant qu’on l’emmenait vers la côte de Gérgal, il exprimait son pardon aux assassins. Il tomba en criant Vive le Christ Roi !

Martyrisé le 20 août 1936, béatifié en 2017, José Tapia Díaz sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 20 août.

 

Georg Häfner

1900-1942

 

Georg naquit le 19 octobre 1900 à Würtzburg (Bavière, Allemagne), dans une famille modeste ; son père, Valentin, travaillait à la mairie.

Il fréquenta le lycée de cette ville et, en 1918, fit son service militaire.

De 1919 à 1924, il étudia la philosophie et la théologie à l’université.

En 1920, il entra dans le Tiers-Ordre du Carmel et y prit le nom de Aloysius du Saint-Sacrement.

En 1924 il fut ordonné prêtre. Un an après apparaissait l’encyclique Quas primas, sur le Royaume du Christ, dont il fut totalement imprégné ; sa devise serait désormais : Tout pour le Christ Roi.

Il fut aumônier ou vicaire à Motten, Goldbach, Mürsbach et Altglashütten. A partir de 1934, il fut curé à Oberschwarzach.

Dès les premières manifestations de Nationalsocialisme, il s’opposa à cette idéologie, refusant de faire le salut hitlérien. D’autres incidents aboutirent à l’interdiction pour lui d’enseigner la religion dans l’école.

Dès 1941, il n’échappa plus aux interrogatoires de la police. Un autre incident provoqua son arrestation : un fidèle de la paroisse avait rétracté sur son lit de mort sa situation matrimoniale irrégulière et s’était réconcilié avec l’Eglise, bénéficiant ainsi de la sépulture chrétienne. On dénonça le curé pour avoir enfreint les lois civiles. Il fut arrêté le 31 octobre 1941.

Dès le 12 décembre, il fut emmené à Dachau, avec le numéro 28876. Il subit dès lors de continuelles tortures, dont un co-détenu put rendre témoignage : on le faisait marcher sous les coups de poings, il reçut des uppercuts, jusqu’à saigner et tomber à terre ; on recommençait le lendemain ; dès que le garde SS aperçevait la silhouette du prêtre, il se jetait sur lui avec férocité et recommençait la même scène que la veille ; l’abbé Häfner pensait que son bourreau était d’autant plus excité que lui restait toujours très calme et le regardait bien dans les yeux. Il avait la conscience tranquille et sa devise Tout pour le Christ Roi lui donnait des forces.

Six mois avant sa mort, il eut cette phrase : Nous ne voulons ni condamner un être humain, ni en vouloir à quiconque.

L’abbé Georg Häfner mourut le 20 août 1942.

Son père ainsi que le Doyen de la cathédrale vinrent deux jours après réclamer son corps à Dachau, mais le transport ne fut pas permis. Un mois plus tard arriva l’urne contenant les cendres du prêtre.

Georg Häfner fut béatifié en 2011.

 

 

Władysław Mączkowski

1911-1942

 

Il vit le jour le 24 juin 1911 à Ociąż (Wielkopolskie, Pologne), benjamin des huit enfants de Stefan, maître d’hôtel local, et de Maria Sobierajskich, qui le firent baptiser le 16 juillet suivant.

Des cinq frères de Władysław, quatre s’installèrent dans le commerce, l’autre travailla dans les chemins de fer. Il avait en outre deux sœurs.

Władysław n’avait pas une constitution très forte. Il fréquenta l’école supérieure de Ostrow Wielkopolski jusqu’au baccalauréat (1931), puis fréquenta les séminaires de Poznan et de Gnieżno, où on le jugea «introverti, calme, modeste».

Son père mourut en 1936, et ses frères étaient trop pauvres pour l’aider ; Władysław obtint une bourse d’études, qu’il devait rembourser ensuite.

On peut signaler ici que le 22 mai 1937 furent ordonnés prêtres quarante diacres, dont notre Władysław.

Il exerça le saint ministère comme vicaire dans une paroisse rurale qui comportait six paroisses ; puis il fut envoyé à Szubin en 1939, où la guerre ne l’empêcha pas de continuer ses activités, dans la clandestinité toutefois. Il fut ensuite envoyé à Łubowo, où sa pieuse mère l’accompagna : c’est elle qui put témoigner l’avoir vu plusieurs fois à genoux en prière dans l’église.

Le 26 août 1940, il fut arrêté et enfermé quelques jours à Szczyglinie, avant d’être transporté le 29 août à Sachsenhausen, et de là au camp de Dachau, le 13 décembre ; il porta le numéro 22760.

Dans le bloc se trouvaient d’autres prêtres et religieux, avec lesquels il priait chaque jour. Il put envoyer de petites lettres à sa famille, quinze lignes réglementaires, dans lesquelles il était contraint d’écrire, en allemand, qu’il allait bien et n’avait besoin de rien.

Il y survécut pendant une année et demie, dans les conditions pénibles malheureusement bien connues ; durant le terrible hiver 1941-1942, on dut transporter des brouettes de neige par -36°, avec des vêtements misérables ; Władysław mourut d’épuisement le 20 août 1942.

Son corps fut détruit dans le four crématoire.

L’abbé Mączkowski, qui avait trente-et-un ans, et cinq années de sacerdoce, a été béatifié en 1999.

 

 

Teofilius Matulionis
1873-1962

Teofilius naquit le 22 juin 1873 à Kudoriškis (Lituanie), de parents paysans profondément catholiques. A cette époque, la Lituanie n’existait plus en tant que telle, elle faisait partie de l’empire russe depuis presque un siècle.
Rappelons sommairement ici qu’en février 1918, la Russie soviétique céda la Lituanie à l’empire allemand ; mais à la suite de la chute du Reich, la Lituanie fut la proie de la Pologne ; en 1939, le pays passa sous occupation soviétique ; en 1941, sous occupation nazie ; en 1944, à nouveau sous occupation soviétique ; la Lituanie est indépendante depuis le dislocation de l’Union soviétique (1991). 
Teofilius, donc, fit ses études secondaires à Davgavpils (actuelle Lettonie), puis fréquenta le séminaire et l’académie catholique de Saint-Petersbourg. 
En 1900 il fut ordonné prêtre.
Après différents postes, il fut vicaire à Saint-Petersbourg à partir de 1912.
L’année de la révolution bolchevique, 1917, les églises furent fermées ; en 1923, Teofilius fut arrêté à Moscou et condamné à trois ans de prison.
Libéré en 1925, il eut la charge de sept paroisses à Saint-Petersboourg.
En 1927, il fut ordonné clandestinement évêque, mais en 1929 il fut condamné à dix ans de travaux forcés aux îles Solovki, là où fut mise en place l’organisation du Goulag.
En 1933, eut lieu un échange de prisonniers et Mgr Matulionis put revenir à Kaunas ; il rencontra le pape Pie XI à Rome en 1934 et voyagea aux Etats-Unis pour visiter ses compatriotes exilés. De retour en Lituanie en 1936, il fut aumônier des Bénédictines de Kaunas et aumônier militaire. 
En 1943, il fut nommé évêque de Kaišiadorys. Cette ville fut bombardée en 1944 par l’Armée rouge ; en 1946, l’évêque fut à nouveau arrêté et condamné à sept ans de prison à Vladimir (Moscou).
En 1956, il fut libéré ; l’année suivante, il ordonna clandestinement son successeur, Vincentas Sladkevičius, mais l’événement fut découvert : Mgr Matulionis fut assigné à résidence à Šeduva, à plus de cent-quarante kilomètres de sa ville épiscopale.
Le 20 août 1962, il succomba à un empoisonnement commandité par les services secrets communistes.
Mgr Matulionis mourait à quatre-vingt-neuf ans : il en avait passé vingt en prison, et cinq en résidence surveillée.
Reconnu martyr, Mgr Teofilius Matulionis  fut béatifié en 2017.
Teofilius Matulionis sera commémoré le 20 août dans le Martyrologe Romain.

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18 août 2020 2 18 /08 /août /2020 23:00

 

19 AOUT

 

II.

S Jules, sénateur romain et martyr.

III.

S Magnus, évêque à Anagni (ou dans les environs).

S Maginus, ermite et martyr près de Tarragone.

IV.

S Andreas, tribun, et quelque deux-mille six-cents Compagnons d'armes, martyrs en Cilicie.

SS Timotheus, Agapios et Thècle, martyrs à Gaza.S Satyre, premier évêque à Arezzo.

Ste Crescentia, vierge à Paris.

?

SS Mandrien et Flavien, martyrs à Toulon.

V.

S Xyste III, pape (432-440), patient, doux et ferme.

S Badoul, premier abbé à Ainay.

S Clitauc, roi gallois martyr , c'est-à-dire assassiné.

VI.

S Donat, prêtre anachorète et thaumaturge à Sisteron.

S Marien, ermite en Berry, vénéré à Evaux.

S Mochta, abbé à Louth ; ses innombrables miracles sont difficiles à vérifier : il aurait par exemple vécu trois-cents ans.

S Elaphe, évêque à Châlons-en-Champagne.

VII.

S Bertulf, moine à Luxeuil, abbé à Bobbio.

S Calmine, duc d'Aquitaine, fondateur de plusieurs abbayes.

S Guénin, évêque à Vannes.

VIII.

S Sebaldus, ermite près de Nuremberg.

S Credan, abbé à Evesham.

XII.

S Basilio (Bartolomeo) de Simero, abbé en Calabre où il fonda un monastère de Grecs.

B Guerric, abbé cistercien à Igny, nommé par s. Bernard.

XIII.

B Leone II, abbé à La Cava : l'abbaye fut alors à son apogée, mais souffrit de l'occupation de la Sicile par les Aragonais.

S Louis d'Anjou, petit-neveu du roi s. Louis, et par sa mère apparenté à ste Elisabeth de Hongrie, deuxième de quinze enfants, franciscain et à vingt-trois ans évêque à Toulouse, quelques semaines seulement, tant il était malade.

XIV.

B Giordano de Pise, dominicain, qui savait prêcher au peuple en langue vulgaire.

B Angelo, moine camaldule, puis ermite à Acquapagana.

B Pietro, ermite tertiaire franciscain à Gualdo.

XVII.

B Damianus, catéchiste, laïc japonais martyr, béatifié en 2008.

Bx Pedro de Zúñiga, augustin espagnol, Ludovic Frarijn, dominicain d'origine flamande, martyrs à Nagasaki, avec les treize membres japonais d'équipage du bateau qui les avait amenés : Joachim Díaz Hirayama, Leo Sukeemon, Ioannes Miyazaki Soemon, Michaël Díaz Hori, Antonius Yamada, Marcus Takenoshita Shin’emon, Thomas Koyanagi, Jacobus Matsuo Denji, Laurentius Ikegami Rokusuke, Paulus Sankichi, Ioannes Yago, Ioannes Nagata Matashichi et Bartholomaeus Mohyoe.

B Hugh Green, martyr à Dorchester pour crime de prêtrise.

S Jean Eudes, prêtre de l'Oratoire, fondateur de la congrégation de Jésus et de Marie pour la direction des séminaires et la formation des prêtres, de l'institut de Notre-Dame-du-Refuge pour le relèvement des jeunes filles égarées ; apôtre de la dévotion aux Cœurs de Jésus et de Marie.

XIX.    

Bx Kwon Cheon-rye Theresa et Jo Suk Petrus, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

XX.

S Ezequiel Moreno y Díaz (1848-1906), augustin espagnol, missionnaire aux Philippines puis en Colombie, évêque à Pasto, défenseur des droits de l'Eglise et de la liberté de conscience ; canonisé en 1992 ; très invoqué pour les malades du cancer.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001, tous martyrisés près de Valencia :

Diocésains : Francisco de Paula Ibáñez y Ibáñez (*1876) ;

Jésuites : le prêtre Tomás Sitjar Fortiá (*1866) ;

Carmélites de la Charité : Rosa Pedret Rull (de Notre-Dame du Bon Conseil), María Calaf Miracle (de N.-Dame de la Providence, María Desamparados Giner Sixta (du Très-Saint-Sacrement), Francisca de Amezùa Ibaibarriaga (de Sainte-Thérèse), Teresa Chambó Palet (du Bon Pasteur), Elvira Torrentallé Parair (de la Nativité de Notre-Dame), Agueda Hernández Amorós (de Notre-Dame des Vertus), María Dolores Vidal Cervera (de Saint-François-Xavier), María de las Nieves Crespo López (de la Très-Sainte-Trinité) (*1864, 1871, 1877, 1881, 1881, 1883, 1893, 1895, 1897) ;

- béatifiés en 2007, martyrisés près de Ciudad Real :

Diocésains : Justo Arévalo y Mora, Pedro Buitrago Morales et Félix González Bustos (*1869, 1883, 1903) ;

Lasalliens : Urbano Corral González (Josaphat Roque), Remigio Olalla Aldea (Agapito León), Valeriano Ruíz Peral (Julio Alfonso), Antolín Martínez y Martínez (Dámaso Luis) et Isidro Muñoz Antolín (Ladislao Luis) (*1899, 1903, 1911, 1915, 1916) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Lleida, Antoni Pedró Minguella (*1874) ; près d’Ávila, Damián Gómez Jiménez (*1871) ;

Bénédictins : à Barcelone, les prêtres Josep María Fontseré Masdeú, Cipriano González Millán (Domingo), Joan Roca Bosch, Agustí Busquets Creixell (Ambrosi María), Cándid Feliu Soler (Placid María) (*1854, 1880, 1884, 1903, 1904) ; les profès José Erausquin Aramburu (Eugenio María) et Ignasi Guilá Ximenes (Emiliá María) (*1902, 1914) ;

Lasalliens : près de Tarragona, Pascual Escuin Ferrer (Marciano Pascual) et Andrés Pradas Lahoz (Andrés Sergio) (*1907, 1908) ;

Filles de la Charité : près de Valencia, María Rosario Ciércoles Gascón, Micaela Hernán Martínez, María Luisa Bermúdez Ruiz (*1873, 1881, 1893) ;

- béatifiés en 2015 :

Capucins : près de Barcelone, les prêtres Miquel Sagré Fornaguera (Benigne) et Josep Vilalta Saumell (Tarsici) (*1890, 1912) ;

- béatifié en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Gregorio Martos Muñoz (*1908).

 

 

Magnus de Trani

† 251

 

Fils d’Apollonius, il naquit à Trani au 2e siècle.

La famille, pauvre, lui confia la garde du petit troupeau, mais Magnus donnait ce qu’il pouvait gagner à plus pauvre que lui.

Lui et son père reçurent le baptême de l’évêque Redemptus ; à la mort de ce dernier, Magnus fut acclamé pour lui succéder et devint le deuxième évêque de Trani.

Comme évêque, Magnus travailla beaucoup à l’expansion du christianisme dans la région. Une jeune fille nommée Secundina reçut de lui le baptême à Anagni.

Au temps de la persécution de Dèce, Magnus vint se réfugier dans un premier temps à Rome, puis repartit dans son diocèse, en cherchant à se protéger ; mais il fut découvert par des soldats ; Magnus demanda un peu de temps pour prier ; quand les soldats revinrent, l’évêque était déjà mort, mais ils le décapitèrent à Fabreteria Vetus (act. Ceccano).

Ce pouvait être en 251.

Le Martyrologe Romain mentionne Magnus de Trani au 19 août.

 

 

Andreas et Compagnons en Cilicie

† 300

 

Andreas était un tribun militaire, qui commandait plusieurs centaines de soldats, au nombre de deux-mille cinq-cent quatre-vingt-treize, ou même plus.

En effet, ce corps d’armée venait de remporter une victoire inespérée sur les Perses, où ils avaient nettement senti l’action divine qui les protégeait et les conduisait. Certains soldats moururent, mais tous les survivants se convertirent.

Le préfet Seleucus, ne pouvant les faire renoncer à la Foi, les fit exécuter dans les défilés du Taurus, cette longue chaîne de montagnes de six-cents kilomètres de long et culminant à plus de trois mille mètres en différents endroits.

C’était vers 300.

Le Martyrologe Romain mentionne Andreas et ses Compagnons au 19 août.

 

 

Timotheos de Gaza

† 304

 

Timotheos fut martyrisé à Gaza (Palestine) durant la persécution de l’empereur Dioclétien.

On lui fit endurer plusieurs supplices et, devant sa persévérance à confesser le Christ, il fut brûlé à petit feu.

L’historien Eusèbe affirme qu’en même temps on fit souffrir Agapios et Thecla (v. 21 novembre), qu’on jeta en pâture aux bêtes, mais on croit savoir que ceux-ci moururent une ou deux années plus tard.

Le Martyrologe Romain mentionne Timotheos de Gaza au 19 août.

 

 

Maginus de Tarragone

† 306

 

Maginus (en espagnol Magín, en catalan Magí), tôt orphelin, vivait en ermite non loin de Tarragone (Catalogne, Espagne NE), dans une grotte de Mont Brufaganya.

Il y resta trente années.

Arriva le préfet Datianus qui voulait appliquer l’édit de persécution de Maximien : Maginus s’efforça de l’amener à la foi, mais fut mis en prison.

Il fut libéré par une intervention céleste (comme s.Pierre, cf. Ac 5:19 ; 12:7-10) et retourna dans sa grotte.

On l’y retrouva, on le ramena à Tarragona. Transféré à Gayá, il y fut décapité.

Le Martyrologe Romain mentionne Maginus de Tarragone au 19 août.

 

 

Xyste III

432-440

 

Quarante-quatrième pape, Xyste succédait à Célestin Ier. Il était romain et vécut un pénible incident peu après son élection.

Un certain Bassus, dont les intentions étaient vraiment dignes de son nom, dénonça le pontife comme criminel. Traduit devant l’empereur et cinquante six évêques, Xyste fut absolument innocenté. C’est l’accusateur qui fut condamné et heureusement fit acte de repentance.

Prêtre, Xyste avait finalement adhéré pleinement aux positions d’Augustin d’Hippone sur le pélagianisme.

Pape, il resta patient et reçut avec joie la réconciliation de l’évêque Jean d’Antioche, qui avait quelque temps contesté les décisions du concile d’Ephèse. A ce moment-là, l’Orient était en paix avec l’Occident.

Xyste montra la souplesse nécessaire au sujet de l’Illyricum (les Balkans), administré par Constantinople mais dépendant de l’évêque de Rome pour les affaires ecclésiastiques : l’évêque de Thessalonique était et demeurait le représentant de Rome.

Il est dit du pape Xyste III qu’il s’occupa activement des édifices religieux de la Capitale : Sainte Marie-Majeure, Saint-Paul, Saint-Laurent, le baptistère du Latran, la catacombe de Calliste. 

Il ordonna cinquante-deux évêques, vingt-huit prêtres et douze diacres.

Son pontificat dura huit ans. Il mourut très vraisemblablement le 19 août 440 (on avait proposé la date du 28 mars), et fut enseveli dans la catacombe de la Via Tiburtina.

Son successeur sera saint Léon Ier le Grand.

 

 

Donat de Sisteron

† 535

 

On disait que Donat était originaire d’Orléans. 

Or l’évêque de Sisteron, orléanais lui aussi, l’appela dans cette région provençale et Donat s’établit dans un repli de la montagne de Lure (act. Alpes de Haute-Provence).

Sa vie toute pure et unie à Dieu l’empêcha de rester ignoré et l’on vint le voir, le consulter. 

Donat forma à la vie érémitique un jeune homme, nommé Florent.

Quand Donat mourut, vers 522 (ou 535), Florent et quelques autres disciples restèrent sur place pour veiller sur le tombeau de Donat. Ce fut l’origine d’un petit prieuré.

Saint Donat de Sisteron est commémoré le 19 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bertulf de Bobbio

† 639

 

Bertulf était d’une famille noble, à laquelle était aussi apparenté s.Arnoul de Metz (v. 18 juillet), mais n’était pas baptisé.

Il se convertit à un âge adulte et se mit quelque temps sous la conduite de s.Arnoul, puis entra au monastère de Luxeuil, alors gouverné par s.Eustase (v. 2 avril).

Sur la demande de l’abbé de Bobbio, qui s’était arrêté à Luxeuil, Bertulf passa au monastère de Bobbio et, en 626, y fut élu abbé à l’unanimité.

Il se passa alors un curieux événement, que l’Eglise ne devrait pas connaître, mais que même des hommes d’Eglise suscitent parfois pour des raisons plus humaines que divines. Il se trouva donc que l’évêque de Tortona, se sentant blessé de ne pas avoir été informé de l’élection de Bertulf, appela à sa rescousse le dernier des personnages qui pouvaient être intéressés par l’affaire : le roi des Lombards, Ariovaldus, qui était arien. Mais le Saint-Esprit suggéra une bonne idée à ce roi : il pria Bertulf d’aller consulter le pape. Mesure salutaire, recourir au Successeur de Pierre !

Bertuf fut reçu très paternellement par le pape, Honorius 1er, qui lui accorda la pleine immunité pour le monastère, de sorte qu’il échappait définitivement à l’autorité épiscopale et dépendait directement du pape. Cette mesure fut successivement appliquée à tous les monastères.

Au retour, Bertulf fut pris d’une violente fièvre en arrivant à Bismantum, auj. Pietra di Bismantova. C’était un 28 juin, vigile de la fête de saint Pierre Apôtre. Dans la nuit, Bertulf eut la vision ou l’apparition de quelqu’un qui lui enjoignait de rejoindre les moines à l’office, ajoutant qu’il était Pierre, que l’univers fête en ce jour. Bertulf se remit pleinement et, parvenu à Bobbio, en dirigea l’abbaye plusieurs années encore.

Il mourut le 19 août 639 ou 640.

Saint Bertulf de Bobbio est commémoré le 19 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sebald de Nuremberg

8e siècle

 

Ce personnage très mystérieux a fait l’objet de récits tardifs qu’on n’a pas pu vérifier par des documents historiques certains.

Sebald aurait été d’origine danoise, ou anglo-saxonne. Il aurait été fiancé à une princesse française, dont il se sépara pour partir en pèlerinage avec un certain Dionysius, son disciple.

Le pape l’aurait chargé de prêcher à Vicenza. Il aurait accompagné s.Willibald (v. 7 juillet) en Germanie.

Eut-il un rôle important dans cette mission d’évangélisation ? Ou s’établit-il à nouveau comme ermite à Nuremberg ? 

Ce qu’on sait, est qu’il fut honoré dans cette ville comme céleste Patron à partir du onzième siècle, en même temps que s.Laurent (v. 8 août) et s. Deocar (v. 7 juin ?).

En 1425, il fut canonisé sur la base d’un dossier présenté par une délégation : Sebald était honoré depuis plus de cinq cents ans et avait accompli des miracles. Voyons-en quelques-uns.

Il aurait aidé un paysan à retrouver ses bœufs en se servant de ses doigts comme de torches éclairantes.

Pour aider s.Willibald, il aurait fait apporter du pain par un ange, tandis que le tonneau dont il tirait le vin, se remplissait au fut et à mesure.

Un hérétique, englouti dans un précipice, fut sauvé (et converti) par Sebald.

Sebald guérit un homme auquel des païens avaient crevé les yeux pour avoir offert un poisson au saint homme.

Une autre fois encore, Sebald, n’ayant rien pour allumer un feu, prit les glaçons qui tombaient de la chaumière, y mit le feu et put chauffer la pièce et le repas.

Autre prodige : les bœufs qui tiraient le cercueil de Sebald, se dirigèrent spontanément vers l’église Saint-Pierre, où l’Ermite fut enterré.

L’église Saint-Sebald, construite à Nuremberg au 14e siècle, est très connue pour son architecture et son mobilier intérieur. Depuis la Réforme, elle est propriété de l’Eglise Luthérienne de Bavière.

Saint Sebald de Nuremberg est commémoré le 19 août dans le Martyrologe Romain.

Basilio Bartolomeo de Simeri

1050-1130

 

Basilio naquit vers 1050 à Simeri (Calabre, Italie S), de Giorgio ed Elena.

«Très jeune», dit-on sans préciser davantage, il se fit ermite ; d’abord auprès d’un ermite plus expérimenté, nommé Cirillo (ou Kyrillos), qui lui remit un habit, et le nom de Bartolomeo. Puis dans la solitude sur le Trigono, une des montagnes de la chaîne Sila ; de là lui vint le surnom de Trigono, qu’on lui attribua.

Bien qu’isolé, il fut découvert par des chasseurs, qui parlèrent de lui ; on vint le visiter, l’écouter, enfin lui demander de fonder un monastère. Il obéit à une encourageante apparition mariale et fit construire vers 1090 un monastère (le Patirion) avec une église dédiée à Notre-Dame Odrigita, entre Rossano et Corigliano. Il reçut le soutien du roi Ruggero II et de sa mère, ainsi que du dignitaire Cristodulo.

Cédant aux instances des moines, il accepta l’ordination sacerdotale et, successivement, devint leur abbé. 

La communauté suivait le rite catholico-byzantin. Mais surtout, sous l’impulsion du saint abbé, se développa un important scriptorium, d’où sortirent des centaines de codex, actuellement en possession de différentes bibliothèques dans toute l’Europe, ce qui permit de sauver de l’oubli beaucoup d’œuvres classiques grecques et latines.

En 1105, Bartolomeo dut implorer du pape l’autonomie du monastère, contre les prétentions de l’archevêque de Rossano qui, étant aussi de rite catholico-byzantin, voulait lui imposer son autorité.

Ensuite, Bartolomeo se rendit à Byzance, où l’empereur et sa femme le reçurent avec honneur ; ils lui remirent des dons précieux pour orner le monastère. Puis ils le prièrent de s’arrêter au Mont Athos pour le réformer, ce qu’il fit avec succès.

Le diable était aux aguêts : le succès et les honneurs reçus par Bartolomeo suscitèrent la jalousie et on l’accusa d’avoir détourné des dons au profit de ses parents. Le procès eut lieu à Messine ; les faux témoins firent leur travail, et Bartolomeo, qui n’ouvrit pas la bouche un seul instant, fut considéré coupable et condamné au bûcher. Il demanda une dernière grâce : célébrer la Messe. Au moment de la consécration, apparut une colonne de feu qui montait de l’autel et rejoignait le ciel. Tous reconnurent l’innocence de Bartolomeo et lui demandèrent pardon. 

Le roi le retint, le priant de construire un nouveau monastère à Messine même.

Celui qui avait si longtemps été retiré de son ermitage, put le regagner enfin en 1128 et vivre en paix quelque temps encore dans «son» monastère près de Rossano.

Il y mourut le 19 août 1130. Un culte immémorial lui est réservé, mais seulement dans l’église, l’abbaye étant devenue un lieu touristique. 

Récemment, le nom de saint Bartolomeo fut inséré dans le Martyrologe au 19 août.

 

 

Guerric d’Igny

1070-1157

 

Guerric naquit entre 1070 et 1080 à Tournai.

Tout jeune il entra dans la cléricature et étudia sous la direction d’Odon de Tournai. Il devint chanoine.

Vers 1121, il devint écolâtre (professeur), puis quitta ce poste enviable pour rejoindre un style de vie plus contemplatif. Il resta dans la ville, logé près de la cathédrale, partageant son temps entre la prière et le travail.

Vers 1125, il rencontra saint Bernard (v. 20 août) ; il l’y rejoignit à Clairvaux, en 1126 selon certains, un peu plus tard selon d’autres.

De cette nouvelle recrue, Bernard écrivit peu après : Sachez qu’il court dans les voies de Dieu comme un homme sûr de son but, qu’il combat comme un soldat qui ne porte pas de faux coups. Mais parce qu’il sait que la victoire dépend moins de l’énergie de celui qui lutte ou qui court que de la miséricorde de Dieu, il vous conjure de prier pour lui, afin que celui qui lui a déjà donné la grâce de combattre et de courir lui accorde encore celle de vaincre et de parvenir au but.

En 1138, Bernard le nomma abbé d’Igny, où il allait rester près de vingt ans. L’abbaye fleurit et «enfanta» celle de Valroy en 1148.

L’abbé Guerric était heureux de ses moines. Il n’eut qu’un déplaisir : celui de devoir faire de longs séjours en infirmerie, à cause de son âge et de la maladie. Tous le vénéraient profondément, le considérant comme «le» disciple de Bernard.

Sur son lit de mort, Guerric eut un scrupule : sachant qu’il existait un recueil de ses sermons, et que le chapitre général avait interdit à tous les moines d’écrire sans autorisation, il avoua sa faute et ordonna aux frères de mettre le recueil au feu, ce qu’ils firent séance tenante, mais sans révéler à leur abbé… qu’ils en avaient quatre autres exemplaires. Un fort aspect de la doctrine de Guerric est sa spiritualité hautement mariale.

Guerric rendit son âme à Dieu le 19 août d’une année qui peut varier de 1151 à 1157. On remarquera que saint Bernard mourut, lui, le 20 août (1153). Le culte du bienheureux Guerric fut reconnu en 1889.

 

 

Leone II de La Cava

1239-1295

 

Leone naquit en 1239.

Moine très jeune à La Cava, il eut la difficile responsabilité de camerarius, c’est-à-dire de trésorier.

En 1268, il fut élu à l’unanimité pour succéder à l’abbé défunt, Amicus. Il fut donc désigné comme Leone II, un autre Leone ayant été abbé à La Cava deux siècles plus tôt (v. 12 juillet). et fut le seizième abbé.

En 1274, Leone se rendit au concile de Lyon, où il obtint du pape Grégoire X une confirmation des privilèges, droits et libertés déjà accordés à l’abbaye. Il profita aussi de son voyage pour visiter Cluny.

L’abbaye de La Cava se trouvait à la merci des prétentions de deux couronnes rivales : Anjou et Aragon. S’il put obtenir de la maison d’Anjou à peu près ce dont il avait besoin, il perdit cependant quasiment toutes les dépendances de l’abbaye en Sicile, occupée par la maison d’Aragon.

A l’intérieur de l’abbaye, les moines copistes furent très actifs et les textes choisis révèlent un goût très sûr chez celui qui ordonna ce travail. Leone fit aussi construire une nouvelle église et un très beau cloître.

La renommée de Leone était grande et, quand il mourut le 19 août 1295, on le considérait comme un saint.

Le culte qu’on lui rendait comme Bienheureux fut approuvé en 1928.

 

 

Louis d’Anjou

1274-1297

 

Ce personnage royal vit le jour le 9 février 1274 à Nocera (royaume de Naples, Italie), à moins que l’événement ait eu lieu à Brignoles (Provence), où il reçut son éducation.

Il était le troisième des quatorze enfants du roi de Naples, Charles II le Boîteux et de Marie de Hongrie ; Charles II était lui-même le neveu de saint Louis, roi de France (v. 25 août) ; Marie de Hongrie était la petite-nièce de sainte Elisabeth de Hongrie (v. 17 novembre).

Louis et ses frères et sœurs eurent pour précepteur Guillaume de Manerie, un homme honnête, plein de bon sens, très pieux, qui sut organiser la journée des jeunes princes de façon à leur éviter de perdre du temps et à apprendre toutes les disciplines nécessaires à leur rang et à leur destinée. 

A sept ans, le petit Louis savait monter à cheval, chasser, pêcher ; mais aussi chanter et danser ; précoce et vif, il n’eut jamais à être puni. Un prêtre le guidait aussi, Jean de Bymaret.

En 1284, son père Charles II fut fait prisonnier des Aragonais, et le petit garçon pria de toutes ses forces pour le retour de son père ; en 1288 seulement, Charles II fut délivré, mais on lui confisquait ses trois jeunes fils, Louis, Robert et Raymond-Bérenger : Louis avait quatorze ans, Robert onze, Raymond-Bérenger sept. Les trois garçons furent enfermés près de Barcelone, puis près de Tarragone, pendant sept ans. L’humidité de ces lieux de «détention» fut certainement à l’origine de la tuberculose dont mourut Louis peu après.

Cette détention ou résidence surveillée n’empêchait pas les enfants de s’occuper, et Louis organisa leur journée utilement : on ne pratiquait pas de jeux d’argent, mais on jouait aux échecs ; on chassait ; qui avait laissé échapper un juron mangeait à terre avec le chien ; à table, on écoutait un passage de l’Ecriture ou de quelque autre bon auteur.

Louis eut la possibilité de recevoir deux Frères mineurs, François Brun, qui fut son conseiller spirituel, ainsi que Pietro Scarrerii. La piété de Louis était déjà toute mariale ; il y ajouta des pratiques sévères, se levant la nuit pour prier debout, les bras en croix ; sa lecture de choix était la Fleur des Saints, où il cherchait ses modèles. Un accident de cheval le convainquit de renoncer à la chasse et aux armes : il ceignit la corde franciscaine sous ses habits, dans l’espoir d’entrer dans l’Ordre.

Avec ces prêtres, Louis apprit le latin, commença la théologie ; chaque jour, il assistait à la Messe. Quand les conditions de la captivité furent un peu mitigées, il put habiter Barcelone et y suivre les cours de l’Université.

Il annonça bientôt à son père son désir de devenir prêtre. Le pape Célestin V le nomma même évêque de Lyon, mais Louis ne fut pas consacré.

En 1295, mourut le frère aîné de Louis, ce qui le rendait héritier du royaume de Naples. Libéré cette année-là, il confirma plutôt sa volonté d’entrer dans l’Ordre franciscain. 

De retour en Provence, il visita les églises, les couvents, les pauvres, les prisonniers. A Rome, il reçut du pape les ordres, sauf la prêtrise. A Naples, il renonça à son titre de roi en faveur de son frère Robert et se retira au château de l’Œuf, où il s’entoura de Frères mineurs, organisa sa vie en vrai religieux et partagea son temps entre la prière et l’étude.

Il refusa humblement d’aller être ordonné prêtre à Rome par le pape, et reçut ce Sacrement à Naples, en mai 1296, avec  «dispense d’âge» car il n’avait que vingt-deux ans.

Une de ses démarches fut d’implorer de son frère le roi, et d’en obtenir la grâce de corsaires condamnés à mort.

A la fin de 1296, il fut préconisé pour le siège épiscopal de Toulouse. Il n’accepta qu’à la condition… d’être reçu dans l’Ordre franciscain, qu’on lui avait refusé jusqu’alors. Il fit les vœux à Rome le 24 décembre, reçut l’habit du Frère François Brun lui-même, mais raccourci, car on ne lui permettait de le porter que sous ses habits personnels. Il fut sacré évêque le 30 décembre.

Il fit ses adieux à sa famille à Naples, passa quelques jours au château de l’Œuf, regagna Rome où il eut enfin l’autorisation de porter l’habit franciscain ostensiblement, et abandonna les insignes épiscopaux. Il s’arrêta à Paris pour saluer le roi, Philippe le Bel, et entra dans Toulouse en mars 1297.     

Son palais épiscopal devint tout de suite un petit couvent. Aux Frères mineurs François et Pietro, il ajouta Jacques Duèze, un canoniste, qui devint plus tard le pape Jean XXII.

Il s’attaqua à la réforme du clergé, obligeant les clercs à porter les cheveux courts, invitant certains bénéficiaires absents et indignes à la démission pure et simple, donnant lui-même l’exemple du pasteur soucieux des brebis, visitant les pauvres et les malades, intercédant pour les prisonniers ou les Juifs.

Ce zèle dépassait ses forces et acheva de l’exténuer. Effrayé par ses responsabilités, il songea à démissionner. Il crut possible d’aller à Rome pour la canonisation de son grand-oncle, Louis IX ; en voyage, il passa par Barcelone, Tarascon et Brignoles. Il célébra solennellement la fête de saint Dominique (le 4 août à l’époque) et chanta la messe du 5 août pour le repos de l’âme de son frère aîné, puis il dut s’aliter.

Il dicta son testament et mourut doucement au soir du 19 août 1297 (saint Louis était mort un 25 août, et venait d’être canonisé le 11 août précédent).

Déjà les fidèles, favorisés de miracles, le «canonisaient». En 1317, Jean XXII canonisait ensemble Louis d’Anjou et Thomas d’Aquin.

Les reliques de Louis d’Anjou passèrent de Marseille à Valencia en 1423, volées par les Aragonais. En 1956, l’archevêque de Marseille obtint la restitution de deux vertèbres du Bienheureux, qui furent volées en 1993.

 

 

Giordano de Pise

1260-1311

 

Giordano (Jourdin) naquit vers 1260 à Pise (Italie), dans la famille Rivalto ou dans la bourgade de Rivalto, de la région de Pise.

A vingt ans, il entra chez les Dominicains et étudia à Pise, puis à Bologne, enfin à Paris, où il reçut le titre de bachelier.

A partir de 1287, il enseigna la théologie à Sienne, en 1289 à Pérouse, en 1295 à Viterbe. De plusieurs confraternités qu’il fonda à Pise, l’une d’elles, du Saint Rédempteur, existe toujours.

En 1301 il participa au chapitre général de Cologne.

Il reprit son enseignement à Pise. A partir de 1303 on l’entendit à Florence, où il prêcha (au moins) un carême à la cathédrale. Il s’y illustra comme une stella candida, une étoile brillante.

On vantait sa mémoire prodigieuse : il savait par cœur le bréviaire, les textes de la Messe, grande partie de l’Ecriture et même la deuxième partie de la Somme de saint Thomas d’Aquin.

Giordano passe pour être le premier ou un des premiers à avoir prêché dans sa région en toscan, pour être mieux entendu du peuple. A Florence, il prêchait parfois cinq fois par jour, dans le sanctuaire ou dehors ; un de ses disciples, Silvestre de Val di Seve, se tenait parfois près de lui avec une bouteille de vin, dont Giordano buvait pour se rafraîchir la gorge. On possède encore des notes prises à la volée par des auditeurs, par exemple des cycles de sermons sur le Credo, sur la Genèse.

L’effet de cette prédication fut notable ; les conversions se multiplièrent, ainsi que les réconciliations ; les mœurs changèrent.

Investi du titre de prédicateur général, Giordano enseigna l’éloquence aux futurs apôtres de l’Ordre.

En 1307, il enseigna l’Ecriture à Pise.

En 1311, on l’envoya enseigner à la Sorbonne, mais son voyage s’interrompit à Plaisance, où il mourut le 19 août 1311.

Son culte fut approuvé en 1833 et il fut béatifié en 1838. Le Martyrologe l’a maintenant accueilli au 19 août.

 

 

Angelo d’Acquapagana

1261-1313

 

Angelo (Ange) était né en 1261 à Acquapagana (Italie).

Très tôt, il préféra la solitude dans les bois. Convaincu de la vanité du monde, il coupa tous les liens affectifs, renonça à toutes les commodités du siècle et vécut dans la prière. 

A vingt-quatre ans, il reçut l’habit de frère convers chez les camaldules d’Acquapagana, puis rejoignit en 1290 le monastère de Val di Castro, occupé aux services les plus humbles et les plus sales du monastère, ainsi qu’à prier, servir la Messe et faire pénitence.

Il revint à Acquapagana, mais pour y mener une vie d’ermite, non loin du monastère, toujours sous la direction de l’abbé.

Le démon ne ménagea pas sa peine pour détourner l’ermite de sa vie contemplative, lui suggérant mille joies ou plaisirs du monde qui auraient pu remplacer, même pour peu de temps, les rudes privations et pénitences qu’il s’imposait. C’est l’ermite qui remporta la victoire. En action de grâce, Angelo se prosterna humblement et se mortifia davantage encore pour se rapprocher du Crucifié.

La sainteté de ses vertus suscita un mouvement d’admiration, de curiosité, mais aussi de recours de la part de la population, qui vint en foule lui demander des conseils, des prières. Angelo recevait chacun avec douceur. Il parlait de Dieu avec une telle conviction, que d’autres jeunes hommes quittèrent le monde.

La maladie s’invita. Angelo la reçut avec joie, pour imiter davantage encore le divin Maître. 

Il mourut le 19 août 1313, et on le retrouva en position agenouillée devant le Crucifix. Les cloches du monastère se mirent spontanément à sonner joyeusement l’entrée de l’Ermite dans l’éternité.

Son culte fut confirmé en 1845.

Damianus de Sakai

1560-1605

 

Damianus était né vers 1560 à Sakai (Japon).

Il était aveugle.

C’était un catéchiste actif dans le diocèse de Hiroshima.

Son martyre eut lieu à Yamaguchi, le 19 août 1605.

Il fait partie d’une procession de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, presque tous laïcs, mariés ou consacrés, parfois jeunes ou même très jeunes enfants, béatifiés en 2008.

 

 

Ludovic Frarijn

1563-1622

 

Né à Anvers (Belgique) vers 1563, de parents espagnols, Ludovic vint avec ses parents au Mexique, où il reprit son nom enspagnol de Luis Flores.

Il entra chez les Dominicains et devint prêtre.

Il resta dix-huit ans à Manille, d’où où l’envoya au Japon.

C’est durant ce voyage qu’il fut pris par des pirates, remis aux autorités japonaises à Firando et fait prisonnier pendant deux ans.

D’abord torturé à Firando, il subit le martyre par le feu, à Nagasaki, le 19 août 1622 et fut béatifié en 1867.

 

Voir la notice Ioachim Díaz Hirayama

 

 

Pedro de Zúñiga

1579-1622

 

Né à Séville (Espagne) vers 1579, Pedro entra chez les Ermites Augustins et devint prêtre.

De Manille, où il fut un certain temps, on l’envoya au Japon.

C’est durant ce voyage qu’il fut pris par des pirates, remis aux autorités japonaises à Firando et fait prisonnier pendant deux ans.

Il subit le martyre par le feu, à Nagasaki, le 19 août 1622 et fut béatifié en 1867.

 

Voir la notice Ioachim Díaz Hirayama

 

 

Antonius Yamada

?-1622

 

Marin japonais.

 

Voir la notice Ioachim Díaz Hirayama

 

 

Bartholomaeus Mohyōe

?-1622

 

Marin japonais.

 

Voir la notice Ioachim Díaz Hirayama

 

 

Iacobus Matsuo Denji

?-1622

 

Marin japonais.

 

Voir la notice Ioachim Díaz Hirayama

 

 

Ioachim Díaz Hirayama et Compagnons

† 1622

 

Ioachim était un Japonais, chrétien et membre de la Confraternité du Rosaire.

Propriétaire d’une embarcation, il accompagnait de Manille au Japon les pères Ludovic Frarijn et Pedro de Zúñiga, lorsque le bateau fut attaqué par des pirates protestants, qui les remirent aux autorités japonaises du port de Firando.

Les prêtres et tout l’équipage furent alors faits prisonniers, le père Frarijn fut une première fois torturé ; puis on les garda en prison pendant deux années.

Le 19 août 1622, ils furent tous mis à mort à Nagasaki : les deux prêtres et le capitaine Ioachim furent brûlés vifs, tous les autres furent décapités.

Ces quinze Martyrs furent béatifiés en 1867.

Voici leurs noms : 

  • Les deux prêtres : 
  1. Ludovic Frarijn (*1563), dominicain né à Anvers (Belgique)
  2. Pedro de Zúñiga (*1579), augustin né à Séville (Espagne)
  • Les treize marins, tous membres de la Confraternité du Rosaire ; tous japonais, sauf un : 
  1. Antonius Yamada
  2. Bartholomaeus Mohyōe
  3. Iacobus Matsuo Denji
  4. Ioachim Díaz Hirayama
  5. Ioannes Miyazaki Soemon
  6. Ioannes Nagata Matashichi
  7. Ioannes Yagō, coréen
  8. Laurentius Ikegami Rokusuke
  9. Leo Sukeemon
  10. Marcus Takenoshita Shin’emon
  11. Michaël Díaz Hori
  12. Paulus Sankichi
  13. Thomas Koyanagi

 

 

Ioannes Miyazaki Soemon

?-1622

 

Marin japonais.

 

Voir la notice Ioachim Díaz Hirayama

 

 

Ioannes Nagata Matashichi

?-1622

 

Marin japonais.

 

Voir la notice Ioachim Díaz Hirayama

 

 

Ioannes Yagō

?-1622

 

Marin japonais d’origine coréenne.

 

Voir la notice Ioachim Díaz Hirayama

 

 

Laurentius Ikegami Rokusuke

?-1622

 

Marin japonais.

 

Voir la notice Ioachim Díaz Hirayama

 

 

Leo Sukeemon

?-1622

 

Marin japonais.

 

Voir la notice Ioachim Díaz Hirayama

 

 

Marcus Takenoshita Shin’emon

?-1622

 

Marin japonais.

 

Voir la notice Ioachim Díaz Hirayama

 

 

Michaël Díaz Hori

?-1622

 

Marin japonais.

 

Voir la notice Ioachim Díaz Hirayama

 

 

Paulus Sankichi

?-1622

 

Marin japonais.

 

Voir la notice Ioachim Díaz Hirayama

 

 

Thomas Konyanagi

?-1622

 

Marin japonais.

 

Voir la notice Ioachim Díaz Hirayama

Hugh Green

1584-1642

 

Hugh était né vers 1584 à Londres (Angleterre).

Ses parents, protestants, l’envoyèrent étudier à Cambridge, où il obtint le diplôme en 1605.

Converti au catholicisme, il vint au Collège anglais de Douai en 1610, puis tenta l’admission chez les Capucins. On ne sait pourquoi (peut-être en raison de sa santé), il dut y renoncer et fut envoyé comme aumônier à Chideock Castle (Dorsetshire), chez Madame Arundell de Lanherne.

En mars 1641 cependant, un édit royal bannit tous les prêtres, mais l’annonce de cette mesure arriva assez tard à Hugh, de sorte qu’au moment d’embarquer, le délai avait expiré et il fut arrêté.

Condamné en août 1641, il eut le temps, durant les cinq mois qu’il passa en prison d’amener plusieurs prisonnières à la foi ; elles lui demandèrent l’absolution avant de mourir. Lui même eut alors la consolation d’être à son tour absous par un autre prêtre présent, qui s’était déguisé et passait à cheval.

Hugh Green mourut en martyr à Dorchester (Dorset), le 19 août 1642.

Le bourreau, parfaitement inexpérimenté, n’arrivait pas à trouver le cœur du Martyr ; il s’ensuivit une incroyable scène de boucherie qui dura une demi-heure. Pour comble, fait unique dans l’histoire des Martyrs anglais, des badauds jouèrent ensuite au football avec ce cœur.

Hugh Green fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Jean Eudes

1601-1680

 

Jean fut le fruit d’un vœu de ses parents qui n’avaient pas encore d’enfants. Après trois années de mariage, Jean vint au monde le 14 novembre 1601 à Ri (Sées, Orne), d’un père cultivateur et chirurgien et de Marthe Corbin. Six autres enfants suivirent, deux garçons et quatre filles.

Petit, Jean était particulièrement fougueux et emporté ; il se calma après qu’on l’eut consacré à la Sainte Vierge et resta toujours très dévot de la Mère de Dieu.

On rapporte qu’à neuf ans, ayant reçu une gifle d’un camarade, il lui tendit l’autre joue, ce qui confondit l’agresseur ; c’est ce dernier qui raconta plus tard l’incident.

Jean apprit un peu de latin et de grec avec le curé du village, puis fut envoyé chez les Jésuites à Caen en 1615.

C’est à ce moment-là que Jean se consacra à Marie par le vœu de chasteté et, se considérant ainsi fiancé à la Sainte Vierge, passa un anneau au doigt d’une de ses statues.

Au terme de ses études, il s’arrangea pour éviter le mariage que ses parents organisaient pour lui, et s’orienta vers le sacerdoce.

Il entra à l’Oratoire de Caen, puis fut reçu à la maison de Paris par le père de Bérulle, futur cardinal. Il fut ordonné prêtre en 1625.

On l’envoya d’abord au sanctuaire marial d’Aubervilliers, mais il se hâta de regagner son pays natal, à la nouvelle de l’épidémie de peste qui sévissait ; le fléau cessa dès que les habitants se mirent sous la protection de Marie. Quand la peste éclata à nouveau à Caen, Jean la contracta et n’en réchappa que miraculeusement.

Il fut ensuite chargé de la prédication en Normandie. Ses missions eurent un très grand succès.

En 1639, il fut nommé supérieur de l’Oratoire de Caen. Il propagea la dévotion aux Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie.

Il fonda un institut pour la conversion et le salut des filles tombées, qui deviendra l’Institut du Bon Pasteur.

En 1643, se séparant de l’Oratoire, il fonda la Congrégation de Jésus et de Marie, plus tard appelée Eudistes, qui devait entreprendre l’œuvre des Séminaires. Malgré les oppositions, les rivalités, les intrigues, les déboires, qui ne manquent jamais dans l’œuvre de Dieu, la congrégation aura bientôt en charge plusieurs séminaires en Normandie. Actuellement les Eudistes sont présents dans toute l’Amérique et en Afrique.

En 1662, il fonda l’œuvre de Notre-Dame du Refuge.

Il s’attaqua fermement au jansénisme, en répandant la doctrine et la dévotion du Sacré-Cœur.

Il mourut le 19 août 1680 à Caen, et fut canonisé en 1925.

On le fête liturgiquement le 19 août.

 

 

Kwon Cheon-rye Theresa

1784-1819

 

Kwon Cheon-rye Theresa est une laïque coréenne née en 1784 à Yanggeun (Gyeonggi-do, Corée S).

Elle fut décapitée à Seoul le 19 août 1819 et béatifiée en 2014. 

 

 

Jo Suk Petrus

1787-1819

 

Jo Suk Petrus est un laïc coréen né en 1787 à Yanggeun (Gyeonggi-do, Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 19 août 1819 et béatifié en 2014.

 

 

Ezequiel Moreno y Díaz

1848-1906

 

Il naquit à Alfaro (La Rioja, Espagne) le 9 avril 1848, troisième enfant de Felix Moreno et de María Josefa Diaz, qui en eurent six.

L’aîné, Eustaquio, qui était un bon violoniste, entra le premier chez les Augustins Récollets de Monteagudo (Navarre).

Quand meurt le papa de nos garçons, en 1864, Ezequiel aide sa mère à vendre des bobines de fil sur la place du marché ; bientôt, laissant sa guitare et ses chansons, il décide d’entrer aussi chez les Augustins. Il aurait entendu la vocation tout petit déjà, et quand on lui faisait remarquer qu’il était bien petit, il répondait : Je vais me mettre un sombrero, ça me fera plus grand.

En 1864, il prend l’habit dans l’ordre des Augustins Récollets de Monteagudo (Navarre), et fera sa profession solennelle à Marcialla (Navarre).

Le monastère de Monteagudo était réputé pour envoyer des missionnaires aux Amériques et aux Philippines ; c’est un des rares couvents qui put rester en place malgré les dispositions anticléricales du gouvernement libéral. 

Ezequiel part pour les Philippines en hiver 1869 et reçoit l’ordination sacerdotale en 1871, à Manille, où il retrouve son frère Eustaquio.

Pendant quinze années, il est missionnaire aux Philippines : d’abord à Calapan, dans la province orientale de Mindoro ; c’est là qu’il devient spécialiste du Tagalog, le parler local le plus important, ce qui a fait dire aux Philippins, au moment de sa canonisation, que désormais le Tagalog est la langue des Saints.

Deux ans après, il est aumônier militaire à Puerto Princesa City, où il s’emploie à la fondation des deux villes de Arbolan et Inagawan. Malheureusement, la malaria l’oblige momentanément à quitter l’île.

Revenu à Calapan, il y est nommé Vicaire Forain (Doyen), bien qu’il n’ait que vingt-huit ans.

Très vite, on le rappellera à Manille, au grand désappointement des habitants qui cherchèrent par tous les moyens à le retenir. A Manille il sera Prédicateur Général et en même temps curé de la proche paroisse de Sainte-Croix.

En 1882, durant une épidémie de choléra, où moururent trois-mille deux-cents habitants, seuls trois ne purent recevoir les derniers sacrements, tant le père Ezequiel se dépensa pour que tous les moribonds pussent être assistés à leurs derniers moments.

La sainteté du père Ezequiel le fait remarquer : en 1885, il est rappelé en Espagne pour être supérieur au séminaire de Monteagudo. Il se montre exigeant sur la discipline, sur la vie communautaire, mais aussi très humble quand il doit corriger une erreur personnelle. Il est extrêmement généreux pour les pauvres, presque à l’excès. En outre, il est fréquemment appelé à prêcher dans les environs, en particulier parmi les religieuses du diocèse.

En 1888 il part en Colombie pour y restaurer l’ordre des Augustins Récollets et ses activités missionnaires : l’ordre y avait mis ses racines dès le XVIe siècle. A Bogotá, le père Ezequiel prêche et confesse sans relâche.

Il montre son grand amour pour le Christ, sa dévotion pour le Cœur Sacré de Jésus, son zèle pour que les hommes n’offensent pas Notre-Seigneur. Il aime les malades, il les visite la nuit pour remplacer ses Confrères trop fatigués.

La restauration de la maison religieuse ne sera pas facile, mais la sainteté et le zèle du père Ezequiel provoquera une réelle résurrection. 

Bientôt il sera nommé d’abord Vicaire Apostolique de Casanare (1893). On rappellera que  le Vicaire Apostolique exerce la charge d’évêque, sur un territoire qui n’est pas encore érigé en diocèse. Puis Mgr Moreno fut nommé évêque pour le diocèse de Pasto (1895), où il se montrera pasteur modèle par sa fidélité à l’Eglise et son zèle apostolique. 

Dans l’évêché, il fit remplacer le lit princier par une paillasse. 

Il soutint ouvertement l’opposition au parti libéral en appelant tous les catholiques à défendre leur foi avec vigueur. Les libéraux avaient renversé le très catholique García Moreno en Équateur, et faisaient passer leurs idées révolutionnaires en Colombie. Un évêque d’Équateur, Mgr Schuhmacher en avait été expulsé, et Ezequiel en prit la défense publiquement.

De même il renouvela la condamnation d’un ancien religieux qui répandait ses idées et ses erreurs doctrinales dans un collège. Ce fut aussi l’occasion d’un réel contentieux entre l’évêque de l’Équateur et celui de Pasto : Rome prit parti d’abord pour le premier, puis, quelques années après, pour Mgr Moreno.

Après la guerre civile en Colombie, et la victoire des conservateurs contre les idées libérales venues de l’Équateur, Mgr Moreno fut à nouveau invité à cesser de s’élever contre le libéralisme, en vue de favoriser les échanges entre l’Équateur et le Vatican. Mais Mgr Moreno dénonça la mauvaise conscience des libéraux. Il fut même désavoué par le Délégué Apostolique et quasi poussé à renoncer à son diocèse, mais il était soutenu par divers évêques colombiens et par tout son peuple.

Fin 1905, Mgr Moreno eut une première apparition de sa maladie cancéreuse : une plaie au palais. Début 1906, il revient en Espagne ; il est opéré deux fois à Madrid. Il perd l’ouïe totalement et ironise : Vous pouvez dire tout ce que vous voulez de moi, je n’entends rien.  On le transporte à Monteagudo où il choisit comme demeure une petite tribune dans l’église. Ses douleurs sont atroces, mais jamais on ne lui observe un moment d’impatience, jamais il ne perd sa douceur ; le 18 août, toute la nuit il s’occupe de ranger ses affaires, bien proprement, puis s’étend et se repose. Il rend son âme à Dieu au matin du 19 août.

Beaucoup de guérisons ont été attribuées à son intercession, et particulièrement de cancers.

Après la mort de l’évêque, beaucoup de témoignages sur sa sainteté parvinrent au Vatican. Dès 1910 commença le procès en vue de sa béatification. 

Mgr Ezequiel Moreno y Díaz a été béatifié en 1975, puis canonisé en 1992, lors du cinquième centenaire de l’évangélisation de l’Amérique.

Nota. On signalera ici qu’un Julián Moreno a été martyrisé à Motril (Espagne), le 25 juillet 1936, proclamé bienheureux en 1999. Quelqu’un l’a donné comme frère de notre saint évêque, sans doute par erreur car Julián, s’il fut aussi prêtre des Augustins Récollets, était de la famille Moreno y Moreno. Né en 1871, il aurait eu vingt-trois ans de moins que son “frère” ; mais il pourrait bien en être un neveu.

Josep María Fontseré Masdeú

1854-1936

 

Josep María naquit le 30 octobre 1854 à Vinyoles d’Oris (Barcelone, Espagne).

Il entra chez les Bénédictins de Montserrat.

Il fit la profession et fut ordonné prêtre.

Quand éclata la révolution de 1936, la communauté dut se séparer, les uns trouvant refuge dans d’autres monastères, d’autres réussissant à passer la frontière, mais il y eut des martyrs.

Josep María fut de ceux-là.

On pourra trouver les détails des événements de juillet 1936 dans la notice de Ángel María Rodamilans Canals.

Ce vénérable prêtre de quatre-vingt-deux ans fut assassiné à Barcelone le 19 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Rosa Pedret Rull

1864–1936

 

Rosa vit le jour le 5 décembre 1864 à Falset (Tarragona, Espagne).

Elle entra dans la congrégation des Carmélites de la Charité en 1886 au noviciat de Vic (Barcelone).

Elle professa avec le nom de Rosa de Notre-Dame du Bon-Conseil.

En 1936, elle venait de rejoindre la communauté de Cullera, où elle était la doyenne d’âge.

Elle était malade du cœur, une Religieuse douce, fidèle en tout, à l’Eglise, au Christ, à sa congrégation.

Quand les ennemis de l’Eglise pénétrèrent dans le couvent pour arrêter toutes les Religieuses, on lui dit qu’elle pouvait, si elle le désirait, s’en aller tranquillement et qu’on ne lui ferait rien, mais elle déclara qu’elle demandait à partager le sort des autres Sœurs, bien consciente qu’elles marchaient vers leur martyre.

Sœur Rosa ne vit pas ce martyre : elle mourut dans le camion qui les y conduisait. Les Religieuses en avertirent le conducteur, qui répondit froidement : Ça n’a pas d’importance, vous allez toutes mourir !

Parvenues au Saler, les Religieuses descendirent son corps du camion. Déjà morte, on aurait pu contester qu’elle eût reçu la couronne du martyre, mais un soldat lui donna le coup de grâce comme aux autres : elle en partagea vraiment le sort, outre qu’elle avait sincèrement offert sa vie pour le Christ avec ses Consœurs à El Saler (Valencia), le 19 août 1936.

Ces Religieuses ont été béatifiées en 2001.

 

 

Tomás Sitjar Fortiá

1866-1936

 

Il vit le jour le 21 mars 1866 à Gerona.

En 1880, il entra au collège des Jésuites de Veruela (Saragosse).

Après ses études de philosophie à Tortosa, on l’envoya enseigner cette même matière à Montevideo (Uruguay), pendant huit ans.

De retour à Tortosa, il fit la théologie et fut ordonné prêtre en 1900.

Il enseigna encore pendant neuf années la philosophie à Tortosa, puis à Sarriá, et fut nommé supérieur de la maison de Tarragona (1923-1929).

La Compagnie ayant été dissoute en Espagne, le père Tomás fut nommé recteur de la maison de Gandía, où il condivisait son appartement avec le Frère Gelabert.

En 1936, lors de la révolution de juillet, son premier souci fut de trouver un point de chute pour les membres de sa communauté. Il pensait ingénûment : Je n’ai pas envie de compromettre quiconque pour moi, et puis, tout le monde me connaît, avec mon pied déformé - il portait effectivement une chaussure orthopédique - n’importe comment, je ne passerai jamais inaperçu. C’est les jeunes qu’il faut sauver.

Le 25 juillet à minuit, une escadrille de miliciens tira sur la porte ; ils l’ouvrirent et pénétrèrent à l’intérieur. Ils accusèrent le père Sitjar : Canaille, c’est comme ça que tu nous reçois, en nous tirant dessus ? - Mais ce sont vos balles ! Ils en restèrent bouche bée et l’un avoua : Pour ça, c’est le vieux qui a raison.

Ils le passèrent à tabac, le traînant par les oreilles comme un mauvais élève, lui enlevèrent sa soutane pour se la mettre, ils lui attachèrent une corde autour du cou comme à une bête de somme et le tirèrent par les rues jusqu’aux Ecoles Pies, transformées en prison.

En chemin, le père tomba par trois fois, comme Notre-Seigneur, raconta-t-il plus tard. A l’entrée de la prison, une milicienne le poussa violemment et le fit tomber à plat ventre au milieu de la salle : Prends ça, chien de chrétien, pauvre canaille, lui jeta-t-elle.

On le mit dans une cellule, où les autres prisonniers ne tardèrent pas à lui demander l’absolution. A dix heures du matin, arrivèrent aussi ses Confrères, le père Carbonell et les Frères Grimaltos et Gelabert.

Des amis purent leur rendre visite, leur procurer des vêtements et de la nourriture.

Agé, fatigué, de santé délicate, le père Sitjar tomba malade et fut conduit à l’hôpital. Là, il apprit qu’on avait mis le feu à la collégiale de Gandía, un joyau gothique, et qu’ils avaient sacagé la résidence avant de la transformer en quartier militaire.

Le 10 août, on le reconduisit dans sa cellule de prison, où ses compagnons l’attendaient avec impatience, mais il leur confia sa certitude : Pour nous, nous n’avons rien à attendre, sinon l’aide de la très Sainte Vierge.

La nuit du 17, une équipe de révolutionnaires voulut procéder à l’élimination des trente-huit prisonniers ; il y eut des discussions, et le Comité décida de le leur refuser.

Le 18 on leur promit de les mettre en liberté.

Le 19 août 1936, on vint chercher le père Sitjar avec deux autres laïcs. La voiture partit en direction de Albaida et, à Palma de Gandía, près du pont de Bernissa, à l’endroit qu’on appelait Croix blanche, on les fusilla tous les trois. Une milicienne exigea de tirer elle-même sur le père Sitjar.

Il a été béatifié en 2001.

 

 

Justo Arévalo y Mora

1869-1936

 

Justo vit le jour le 19 juillet 1869 à Miguelturra (Ciudad Real, Espagne), aîné des quatre garçons de José et Teresa, des agriculteurs très chrétiens. Les frères s’appelaient ainsi : Justo, Emilio Ramón, Crescencio Pantaleón et Lope.

Notre premier-né fut baptisé le jour-même de sa naissance. Il eut une vocation sacerdotale précoce mais, étant l’aîné, il devait rendre service à ses parents et ne put entrer au Petit séminaire. Dès que ce fut possible, il y étudia avec beaucoup d’ardeur.

Il fut ordonné prêtre en 1895 et fut nommé à Luciana, Guadalmez, Torralba de Calatrava, Santa Cruz de Mudela, et finalement au collège Saint-Joseph de cette dernière localité, à partir de 1920.

Ce collège, dû à une généreuse donatrice, était géré par des Frères des Ecoles Chrétiennes, et avait été béni et inauguré le 2 février 1920. Don Justo en était donc le premier aumônier.

Marial et très apostolique, don Justo fit l’unanimité autour de lui, tant de la part des Frères que des élèves.

Dès le 22 juillet 1936, il partagea le sort des Religieux. Ils furent incarcérés dans la prison, malmenés, insultés, humiliés, menacés de mort à chaque instant.

Dans la nuit du 18 au 19 août, don Justo fut exécuté, avec les Frères des Ecoles Chrétiennes, au cimetière de Valdepeña.

Ce furent les premières victimes du diocèse de Ciudad Real.

Ils furent béatifiés en 2007.

 

 

Damián Gómez Jiménez

1871-1936

 

Damián vit le jour le 12 février 1871 à Solana del Rioalmar (Ávila, Espagne), de Nicolás et Josefa, des parents très chrétiens. Il fut confirmé en 1877.

Il fut ordonné prêtre en 1895 et, après quelques années, fut nommé à la paroisse de Mombeltrán, à partir de 1911.

Ce fut le bon curé fidèle à sa mission, dévoué à tous ses fidèles, effacé autant qu’efficace.

Il rencontra déjà des difficultés bien avant la révolution de 1936, devant faire face aux critiques et aux attaques des ennemis de l’Eglise.

Le 19 août 1936 - don Damián avait soixante-cinq ans - on arrêta le bon curé, on le chargea sur un camion qui partit pour Puerto del Pico (Ávila). On ne l’en fit pas descendre, on le jeta à terre comme un sac de pommes de terre. Il ne pouvait se relever, tant la chute avait été brutale, après tous les coups déjà reçus précédemment durant son arrestation et son transport. Les bourreaux le tirèrent contre une pierre, où ils le fusillèrent. Il pouvait être environ dix-neuf heures.

Don Damián fut béatifié en 2013.

 

 

María Calaf Miracle

1871–1936

 

María vit le jour le 18 décembre 1871 à Bonastre (Tarragona, Espagne).

Elle entra dans la congrégation des Carmélites de la Charité en 1890 au noviciat de Vic (Barcelone).

Elle professa avec le nom de María de Notre-Dame de la Providence.

Très mariale, on appréciait sa candeur angélique et sa délicatesse fraternelle.

Quand fut fondée la communauté de Benicásim, elle en fut co-fondatrice, puis passa à celle de Cullera en 1899, jusqu’à la fin de sa vie.

Avec ses Consœurs, elle souffrit le martyre à El Saler (Valencia) le 19 août 1936.

Ces Religieuses ont été béatifiées en 2001.

 

 

María Rosario Ciércoles Gascón

1873-1936

 

Rosario vit le jour le 5 octobre 1873 à Saragosse (Espagne), de Juan, un guitariste, et María.

Elle fréquenta le collège tenu par les Filles de la Charité et étudia aussi la musique.

Sa vocation naquit à travers son appartenance à l’Association des Enfants de Marie.

Encouragée par son père, elle entra au noviciat des Filles de la Charité en 1892.

Bien préparée, elle fut organiste, professeur de musique, en plus de ses activités caritatives.

Après Madrid, elle fut à Barcelone, puis Barbastro, où elle enseigna au petit Josemaría Escrivá de Balaguer ; de nouveau à Madrid et finalement à Valencia, où elle s’occupait avec deux autres Religieuses d’un orphelinat.

Le 27 juillet 1936, l’établissement ayant été évacué de force, les Religieuses se transférèrent à Puzol, chez une parente et où un prêtre célébrait clandestinement la Messe.

Le 17 août, on les arrêta pour les conduire au Comité, avec le prêtre. On les fit passer la nuit suivante à nettoyer les lieux.

Toutes trois furent enlevées en auto, au soir du 18 août et assassinées dans une orangeraie à Benavites (Valencia) le 19 août 1936 à cinq heures du matin. On peut imaginer avec horreur tout ce que les pauvres martyres souffrirent durant toute cette nuit.

On trouve habituellement l’indication du 18 août pour le dies natalis ; de récentes recherches ont abouti à préciser qu’il faudrait le décaler au lendemain, 19 août.

María Rosario fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

Antoni Pedró Minguella

1874-1936

 

Antoni naquit le 22 mars 1874 à Guimerà (Urgell, Catalogne, Espagne), de Francesc et Josepa, qui le firent baptiser quatre jours après.

Il fréquenta l’excellent collège des pères Scolopi à Tàrrega, où il entendit l’appel de Dieu.

En 1889, il entra au séminaire de Tarragona pour y achever ses études et se préparer au sacerdoce, qu’il reçut en 1896.

Il exerça le saint ministère à Sant Antoni de Valls, à l’Albi, à Vilanova de Prades, enfin à Árbeca (Garrigues).

Dans cette dernière, il mettra toute son ardeur à reconstruire l’église délabrée. Il fut un curé très zélé, très actif, fidèle à la prédication et au confessionnal, sachant dire des choses à la portée de chacun, petit ou grand, jeune ou vieillard. 

En juillet 1936, il dut se réfugier chez des amis, puis c’est le sacristain qui le reçut, avec sa sœur Engracia. Il passait le temps à prier, avec le bréviaire et le chapelet.

Ceci dura un mois environ. Le 18 août, un employé du Comité révolutionnaire vint appeler la dame, qui le suivit. Au Comité on lui dit : Tu sais où se trouve Monsieur le Curé. Nous aussi, on le sait. Dis-lui de venir se présenter, il sait très bien pourquoi.

La dame revint prévenir Engracia, qui prévint à son tour son frère. Le prêtre se rendit au Comité, seul, et retourna à la maison. Le lendemain, 19 août, il partit de nouveau se présenter, saluant ceux qui étaient à la maison en disant : Adieu ! Au ciel ! C’est là qu’on se reverra.

Accompagné de quelques membres du Comité, il dut monter dans un camion qui partit en direction de Belianes. Un ou deux kilomètres avant cette localité, on fusilla le prêtre. On l’enterra par là, pas très profondément, de sorte que, un peu plus tard, quelqu’un aperçut un pied qui sortait de terre, une bête ayant sans doute flairé et gratté la terre.

On reconnut alors le prêtre à ses chaussures, à ses vêtements, au chapelet qu’il tenait contre la poitrine.

Don Antoni mourut le 19 août 1936, et fut béatifié en 2013.

Francisco de Paula Ibáñez Ibáñez

1876-1936

 

Il vit le jour le 22 septembre 1876 à Penguila (Alicante, Espagne). Son père tenait le moulin de Victoria.

Bon élève, il obtint une bourse pour fréquenter le Collège Supérieur, fondé par saint Tomás de Villeneuve (voir au 22 septembre). Il y obtint le doctorat en théologie et en droit canonique et fut ordonné prêtre en 1900.

Il fut vicaire à Muro de Alcoy, puis Almássera, avant d’être nommé abbé de la collégiale de Játiva, où on l’avait surnommé l’abbé des pauvres, parce qu’il donnait tout ce qu’il avait.

Lors des événements de l’été 1936, il fut contraint d’abandonner la ville. Il erra à Piles, puis Valencia. Il pensa prendre le train pour Alcoy.

Au moment où il se dirigeait vers la gare, il fut arrêté et conduit au Comité, où l’on convoqua le sacristain, le forçant à remettre le chèque que le prêtre lui avait remis pour payer les prêtres et le personnel.

On le laissa partir, mais on le surveillait. Les miliciens rattrappèrent le train à Agres, s’emparèrent du prêtre et l’emmenèrent au puente dels gosos à Llosa de Ranes, où ils le fusillèrent.

La date de ce martyre semble être le 19 août (ainsi dans le Martyrologe Romain), mais on trouve parfois le 19 juillet 1936.

Don Ibáñez fut béatifié en 1901.

 

 

María Amparo Giner Sixta

1877–1936

 

María vit le jour le 13 décembre 1877 à Grao (Valencia, Espagne).

Elle entra dans la congrégation des Carmélites de la Charité en 1902 au noviciat de Vic (Barcelone).

Elle professa avec le nom de María Amparo du Très Saint Sacrement.

Vive et travailleurse, elle ne vivait que pour servir les autres.

Parmi les petites filles dont elle eut à s’occuper, il y eut deux sœurs très malades, et la Sœur se préoccupa de faire venir le papa pour lui expliquer la situation. Ce dernier alors supplia la Sœur de faire n’importe quoi pour sauver ses deux filles, promettant qu’il lui donnerait tout ce qu’elle voudrait.

Quand vint le moment de l’arrestation, la Sœur Amparo reconnut ce papa parmi les bourreaux et lui demanda : Tu ne te rappelles pas quand tes filles étaient malades, oui, toi ? Et que me donnes-tu maintenant ? Eh bien, voilà : tu me donnes ce qu’il y a de meilleur : tu me donnes le Ciel !

Avec ses Consœurs, elle souffrit le martyre à El Saler (Valencia), le 19 août 1936.

Ces Religieuses ont été béatifiées en 2001.

 

 

Cipriano Gonzáles Millán

1880-1936

 

Cipriano naquit le 16 septembre 1880 à Lorilla (Burgos, Espagne).

Il entra chez les Bénédictins de Montserrat.

Lors de sa profession, Cipriano prit le nom de Domingo et fut ordonné prêtre. 

Quand éclata la révolution de 1936, la communauté dut se séparer, les uns trouvant refuge dans d’autres monastères, d’autres réussissant à passer la frontière, mais il y eut des martyrs.

Cipriano fut de ceux-là.

On pourra trouver les détails des événements de juillet 1936 dans la notice de Ángel María Rodamilans Canals.

Cipriano fut assassiné à Barcelone le 19 août 1936, et béatifié en 2013.

 

 

Teresa Chambo y Palet

1881–1936

 

Teresa vit le jour le 5 février 1881 à Valencia (Espagne).

Elle entra dans la congrégation des Carmélites de la Charité en 1900 au noviciat de Vic.

Elle professa avec le nom de Teresa du Bon Pasteur et fut envoyée à Manresa, Denia et Oliva, puis à Cullera.

Mariale, elle était tout abandonnée à la volonté divine.

Avec ses Consœurs, elle souffrit le martyre à El Saler (Valencia), le 19 août 1936.

Ces Religieuses ont été béatifiées en 2001.

 

 

Francisca de Amezual Ibaibarriaga

1881–1936

 

Francisca vit le jour le 9 mars 1881 à Abadiano (Biscaye, Espagne), en la fête de sainte Françoise Romaine, dont elle porta le nom. Sa famille était très attachée au christianisme.

Elle entra dans la congrégation des Carmélites de la Charité en 1900 au noviciat de Vitoria.

Elle professa avec le nom de Francisca de Sainte-Thérèse.

Elle fut d’abord envoyée deux ans dans la communauté de Oliva, puis dans celle de Cullera, où elle fut une cuisinière pleine d’attentions pour les Consœurs autant que pour les petites filles qu’elles recevaient.

Quand vint le moment de l’arrestation des neuf Religieuses de la communauté, la Sœur Francisca eut ce cri du cœur : Sacré-Cœur de Jésus ! Neuf Martyres !

Avec ses Consœurs, elle souffrit le martyre à El Saler (Valencia), le 19 août 1936.

Ces Religieuses ont été béatifiées en 2001.

 

 

Micaela Hernán Martínez

1881-1936

 

Micaela vit le jour le 6 mai 1881 à Burgos (Espagne), de Benito et Micaela, qui tenaient un commerce de soie.

Elle fréquenta le collège des Filles de la Charité et s’inscrivit aux Enfants de Marie, participant déjà aux œuvres d’assistance des pauvres et des vieillards.

Elle entra à son tour au noviciat des Filles de la Charité en 1901.

Après la période de formation à Burgos, elle fut envoyée à Albacete, Jerez de la Frontera, Santander, enfin Valencia où se trouvait l’orphelinat San Eugenio.

Ce fut une Religieuse très active, très disponible, qui ne refusait jamais un service. Les dernières années, sa vue baissa beaucoup à cause d’un décollement de rétine.

Le 27 juillet 1936, l’établissement ayant été évacué de force, les Religieuses se transférèrent à Puzol, chez une parente et où un prêtre célébrait clandestinement la Messe.

Le 17 août, on les arrêta pour les conduire au Comité, avec le prêtre. On les fit passer la nuit suivante à nettoyer les lieux.

Toutes trois furent enlevées en auto, au soir du 18 août et assassinées dans une orangeraie à Benavites (Valencia) le 19 août 1936 à cinq heures du matin. On peut imaginer avec horreur tout ce que les pauvres martyres souffrirent durant toute cette nuit.

On trouve habituellement l’indication du 18 août pour le dies natalis ; de récentes recherches ont abouti à préciser qu’il faudrait le décaler au lendemain, 19 août.

Micaela fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

Pedro Buitrago Morales

1883-1936

 

Pedro vit le jour le 24 janvier 1883 à La Solana (Ciudad Real, Espagne), d’un père qui, sacristain et chantre à la paroisse, lui donna le goût de la liturgie et de la musique.

Pedro fréquenta le Petit séminaire à Murcia, le Grand à Ciudad Real

Il fut ordonné prêtre en 1908 et fut nommé aumônier des Dominicaines à La Solana, vicaire à Pedro Muñoz (1916), puis à Santa Cruz de Mudela, pendant vingt ans, de 1916 à 1936. Il desservait également des paroisses voisines et le sanctuaire de Notre-Dame des Vertus.

A Santa Cruz, il était en compagnie de don Justo Arévalo, avec lequel il se lia d’une profonde amitié. 

Après l’arrestation des Frères Lasalliens et de don Justo, don Pedro fut à son tour arrêté le 3 août 1936.

Dans la nuit du 18 au 19 août, don Pedro fut exécuté, avec don Justo et les Frères des Ecoles Chrétiennes, au cimetière de Valdepeña.

Ce furent les premières victimes du diocèse de Ciudad Real.

Ils furent béatifiés en 2007.

 

 

Elvira Torrentallé Paraire

1883–1936

 

Elvira vit le jour le 29 juin 1883 à Balsareny (Barcelone, Espagne).

Elle entra dans la congrégation des Carmélites de la Charité en 1906 au noviciat de Vic.

Elle professa avec le nom de Elvira de la Nativité de Notre-Dame et en 1908 fut envoyée d’abord à Manresa, où elle fit la profession solennelle.

Puis elle fut envoyée à Valencia et, en 1933, revint à Cullera, en qualité de Supérieure.

Sa caractéristique fut une charité sans limite.

En 1936, sa famille tenta de la rappeler à la maison, mais elle refusa de quitter les Sœurs et les petites orphelines.

Avec ses Consœurs, elle souffrit le martyre à El Saler (Valencia), le 19 août 1936.

Ces Religieuses ont été béatifiées en 2001.

 

 

Joan Roca Bosch

1884-1936

 

Joan naquit le 11 juillet 1884 à Guisona (Lleida, Espagne).

Il entra chez les Bénédictins de Montserrat.

Il fit la profession, et fut ordonné prêtre. 

Quand éclata la révolution de 1936, la communauté dut se séparer, les uns trouvant refuge dans d’autres monastères, d’autres réussissant à passer la frontière, mais il y eut des martyrs.

Joan fut de ceux-là.

On pourra trouver les détails des événements de juillet 1936 dans la notice de Ángel María Rodamilans Canals.

Joan fut assassiné à Barcelone le 19 août 1936, et béatifié en 2013.

 

 

Miquel Sagré Fornaguera

1890-1936

 

Miquel vint au monde le 15 mai 1890 à Canet de Mar (Girona, Catalogne, Espagne).

A treize ans déjà, il travailla en usine et commença à ressentir la vocation religieuse. Il en parla aux parents, qui n’étaient pas consentants à voir partir leur garçon, dont le travail apportait au foyer un petit gain appréciable.

Mais Miquel persévéra. En 1907, il prit l’habit capucin à Arenys de Mar et, l’année suivante, fit la profession. Il s’appelait dorénavent Benigne, et sa persévérance avait porté ses fruits : ses parents étaient présents pour la cérémonie.

En 1916, il fut ordonné prêtre.

En 1917, on l’envoya à la mission du Caquetà (Bolivie), où il resta jusqu’en 1934. Là-bas, il remplit des missions importantes : secrétaire provincial, supérieur, pro-préfet apostolique, vicaire général délégué.

Revenu en Espagne à cause de sa santé, on le nomma directeur spirituel pour le collège de philosophie et de théologie. Puis il fut gardien du couvent de Sarriá.

Au moment de la révolution de juillet 1936, il fallut évacuer le couvent. Il fut le dernier à sortir, avant le saint portier Eloy (v. Joan Ayats Plantalech, 28 juillet).

Réfugié chez de braves gens qui crurent d’abord avoir affaire à un pauvre, il fut cependant dénoncé par eux, dès qu’ils comprirent qu’il était prêtre.

On l’assassina à Horeta (Barcelone), le 19 août 1936.

Le père Benigne fut béatifié en 2015.

Agueda Hernández Amorós

1893-1936

 

Agueda (Agathe) vit le jour à Villena (Alicante, Espagne) le 5 janvier (ou février ?) 1893.

En 1918, elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité à Vic (Barcelone) et prit le nom de Agueda de Notre-Dame des Vertus.

Cette Religieuse pleine de douceur n’avait qu’un but : élargir le Règne du Christ-Roi.

Après sa profession, elle œuvra à Denia, Espluga, Alcoy, de nouveau à Espluga, enfin Cullera.

Lors des soulèvements de 1936, le collège dut être évacué. Un cousin vint proposer à Agueda de l’accompagner pour se mettre en sûreté, mais elle préféra rester avec les Consœurs.

Avec ses Consœurs, elle souffrit le martyre à El Saler (Valencia), le 19 août 1936.

Ces Religieuses ont été béatifiées en 2001.

 

 

María Luisa Bermúdez Ruiz

1893-1936

 

María Luisa vit le jour le 10 octobre 1893 à San Pelayo de Subugueira (La Coruña, Espagne), dans une famille d’ancienne noblesse, dont le blason portait la croix et l’expression Ave Maria. Ses parents, grands propriétaires, s’appelaient Elías et María Carmen.

Elle eut une sœur de deux ans plus jeune, qui entra aussi chez les Filles de la Charité.

Toutes deux fréquentèrent le collège de ces Religieuses à Saint-Jacques-de-Compostelle, et décidèrent aussi de laisser leur patrimoine familial pour servir le Christ dans ses pauvres.

María Luisa entra au noviciat des Filles de la Charité à Madrid en 1917. Elle fut ensuite à Barcelone, Logroño, Saragosse. Après quelques mois de maladie passés à Madrid, elle exerça à Madrid même, enfin Valencia. On lui confia tout particulièrement le soin des orphelins.

Dès le 25 juillet 1936, l’établissement de Valencia ayant été évacué de force, les Religieuses se transférèrent à Puzol, chez une parente et où un prêtre célébrait clandestinement la Messe.

Mais le 17 août, on les arrêta pour les conduire au Comité, avec le prêtre. On les fit passer la nuit suivante à nettoyer les lieux.

Toutes trois furent enlevées en auto, au soir du 18 août et assassinées dans une orangeraie à Benavites (Valencia) le 19 août 1936 à cinq heures du matin. On peut imaginer avec horreur tout ce que les pauvres Martyres souffrirent durant toute cette nuit.

On trouve habituellement l’indication du 18 août pour le dies natalis ; de récentes recherches ont abouti à préciser qu’il faudrait le décaler au lendemain, 19 août.

María Luisa fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

María Dolores Vidal Cervera

1895–1936

 

María Dolores vit le jour le 31 janvier 1895 à Valencia (Espagne).

Avant d’entrer dans la congrégation des Carmélites de la Charité en 1924 au noviciat de Vic, elle s’occupa de sa chère maman, paralysée, jusqu’à sa mort, ce qui était déjà un «pré-noviciat».

Elle professa avec le nom de María Dolores de Saint-François-Xavier et fut envoyée à Saragosse et Gandia, finalement en 1935 à Cullera.

Sa force, elle la puisait dans l’Eucharistie.

Avec ses Consœurs, elle souffrit le martyre à El Saler (Valencia), le 19 août 1936.

Ces Religieuses ont été béatifiées en 2001.

 

 

María de las Nieves Crespo López

1897–1936

 

María de las Nieves (Marie-Neige) vit le jour le 17 septembre 1897 à Ciudad Rodrigo (Salamanque, Espagne).

Sa famille vint s’installer à Valencia, où elle fréquenta le collège des Carmélites de la Charité.

Puis elle entra au noviciat, en 1922.

Elle professa avec le nom de María de las Nieves de la Sainte-Trinité et fut envoyée à Denia, La Unión (Murcia), finalement en 1930 à Cullera.

Avec ses Consœurs, elle souffrit le martyre à El Saler (Valencia), le 19 août 1936.

Ces Religieuses ont été béatifiées en 2001.

 

 

Urbano Corral González

1899-1936

 

Il naquit le 6 décembre 1899 à Navajos de Losa (Burgos, Espagne).

Entré au «noviciat mineur» (collège) des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) en 1913 à Bujedo, il y prit l’habit en 1916 et professa avec le nom de Josafat Roque.

Après le scolasticat, il fut catéchiste à Madrid (1919), puis au noviciat de Griñon, de nouveau à Madrid, où il se trouvait en 1931, quand le collège fut incendié par les révolutionnaires.

Il passa alors à celui de San Fernando en Andalousie et, en 1933, à Santa Cruz de Mudela.

C’est dans cette dernière localité que les miliciens vinrent arrêter les cinq membres lasalliens, le 22 juillet 1936.

Ils furent maintenus en prison jusqu’au 18 août, ainsi que les prêtres de cette localité.

Au soir du 18 août, on les fit monter dans un camion qui les conduisit au cimetière de Valdepeñas, et c’est là qu’ils furent fusillés, au petit matin du 19 août 1936.

Frère Josafat Roque, ainsi que ses quatre Confrères (et que les prêtres) furent béatifiés en 2007.

 

 

José Erausquin Aramburu

1902-1936

 

José naquit le 21  octobre 1902 à Lazcano (Guipuzcoa, Espagne).

Il entra chez les Bénédictins de Montserrat.

Il fit la profession, avec le nom de Eugenio María, et fut ordonné prêtre. 

Quand éclata la révolution de 1936, la communauté dut se séparer, les uns trouvant refuge dans d’autres monastères, d’autres réussissant à passer la frontière, mais il y eut des martyrs.

José fut de ceux-là.

On pourra trouver les détails des événements de juillet 1936 dans la notice de Ángel María Rodamilans Canals.

José fut assassiné à Barcelone le 19 août 1936, à trente-quatre ans, et béatifié en 2013.

 

 

Félix González Bustos

1903-1936

 

Félix vit le jour le 23 février 1903 à Alcubillas (Ciudad Real, Espagne), d’un père qui, sacristain et chantre à la paroisse, lui donna le goût de la liturgie et de la musique.

Pedro fréquenta le Petit séminaire à Murcia, le Grand à Ciudad Real

Il fut ordonné prêtre en 1927 et fut nommé à Carrizosa, puis à Santa Cruz de Mudela, de 1934 à 1936.

A Santa Cruz, il était en compagnie de don Justo Arévalo et de don Pedro Buitrago, avec lesquels il se lia d’une profonde amitié. 

Après l’arrestation des Frères Lasalliens, don Félix fut à son tour arrêté le 20 juillet 1936.

Dans la nuit du 18 au 19 août, don Félix fut exécuté, avec don Justo, don Pedro et les Frères des Ecoles Chrétiennes, au cimetière de Valdepeña. Il avait trente-trois ans.

Ces Martyrs furent les premières victimes du diocèse de Ciudad Real.

Ils furent béatifiés en 2007.

 

 

Agustí Busquets Creixell

1903-1936

 

Agustí naquit le 7 juin 1903 à Torroella de Montgrí (Girona, Espagne).

Il entra chez les Bénédictins de Montserrat.

Il fit la profession, avec le nom de Ambrosi María, et fut ordonné prêtre. 

Quand éclata la révolution de 1936, la communauté dut se séparer, les uns trouvant refuge dans d’autres monastères, d’autres réussissant à passer la frontière, mais il y eut des martyrs.

Agustí fut de ceux-là.

On pourra trouver les détails des événements de juillet 1936 dans la notice de Ángel María Rodamilans Canals.

Agustí fut assassiné à Barcelone le 19 août 1936, à trente-trois ans, et béatifié en 2013.

 

 

Remigio Ángel Olalla Aldea

1903-1936

 

Il naquit le 2 août 1903 à Hacinas (Burgos, Espagne).

Entré au «noviciat mineur» (collège) des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) en 1916 à Bujedo, il y prit l’habit en 1916 et professa en 1921 avec le nom de Agapito León.

Il fit la profession solennelle en 1928.

Après avoir enseigné au noviciat de Griñon, il fut envoyé à la maison belge de Lembecq-les-Hal en 1935, et fut ensuite nommé directeur provisoire à Santa Cruz de Mudela, le directeur étant malade.

C’est dans cette dernière localité que les miliciens vinrent arrêter les cinq membres lasalliens, le 22 juillet 1936.

Ils furent maintenus en prison jusqu’au 18 août, ainsi que les prêtres de cette localité.

Au soir du 18 août, on les fit monter dans un camion qui les conduisit au cimetière de Valdepeñas, et c’est là qu’ils furent fusillés, au petit matin du 19 août 1936.

Le Frère Agapito León avait eu trente-trois ans au début du mois.

Lui et ses quatre Confrères (ainsi que les prêtres de Santa Cruz) furent béatifiés en 2007.

 

 

Càndid Feliu Soler

1904-1936

 

Càndid naquit le 1er novembre 1904 à San Mori (Girona, Espagne).

Il entra chez les Bénédictins de Montserrat.

Il fit la profession, avec le nom de Placid María, et fut ordonné prêtre. 

Quand éclata la révolution de 1936, la communauté dut se séparer, les uns trouvant refuge dans d’autres monastères, d’autres réussissant à passer la frontière, mais il y eut des martyrs.

Càndid fut de ceux-là.

On pourra trouver les détails des événements de juillet 1936 dans la notice de Ángel María Rodamilans Canals.

Càndid fut assassiné à Barcelone le 19 août 1936, à trente-deux ans, et béatifié en 2013.

 

 

Pascual Escuín Ferrer

1907-1936

 

Pascual vit le jour le 30 mars 1907 à La Hoz de la Vieja (Teruel, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils en 1922.

Après le noviciat il reçut l’habit en 1923, avec le nom de Marciano Pascual

Il exerça son activité d’abord à Monreal del Campo, puis à Teruel.

Il fut alors envoyé à Cambrils comme professeur (1927), revint à Teruel à cause de sa santé, puis à Tarragona (1929).

Lors de la révolution de 1936, avec un compatriote, le Frère Andrés Sergio, il trouva à se réfugier chez un ami, puis ils pensèrent possible de gagner Benicarló, où ils furent cueillis dès leur descente du train par des miliciens.

Au Comité, un des miliciens - un ancien élève du Frère Andrés - le reconnut et leur obtint un sauf-conduit pour Tortosa.

Mais à Tortosa, les deux Frères furent tout de suite arrêtés, le 25 juillet, et enfermés dans le collège San Luis, converti en prison, déjà bourré de prêtres et de catholiques fervents.

Chaque jour, les miliciens en appelaient quelques-uns, qui ne revenaient pas : les Frères comprirent qu’ils allaient mourir pour leur foi.

Ils furent appelés dans la nuit du 18 au 19 août, avec un prêtre et un laïc ; au lieu-dit Los Almendros de Soldevilla, furent fusillés le prêtre et le laïc ; un kilomètre plus loin, les deux Frères, le 19 août 1936.

Frère Marciano Pascual fut béatifié en 2013, avec son Compagnon.

Gregorio Martos Muñoz

1908-1936

 

Gregorio naquit en Argentine le 3 avril 1908 à Chilecito (La Rioja). Il ne s’agit donc pas de la province espagnole de La Rioja, mais bien de la région d’Argentine, où les parents Martos Muñoz avaient émigré en quête de travail. Ses parents le firent baptiser neuf jours après la naissance ; Gregorio avait au moins une sœur, Dolores, et des frères.

En 1918, la famille revint en Espagne. Gregorio entra au séminaire de Grenade et y étudia avec suffisamment d’ardeur au point qu’il put passer une année. Au terme de ses Humanités, il fut nommé préfet du Petit séminaire.

Prêtre, il fut chargé de la paroisse de El Ejido. Empli de l’esprit de pauvreté, il renonça à l’héritage paternel. Il savait secourir les pauvres : il ne demandait rien s’il baptisait ou mariait des enfants de famille peu fortunée ; une fois, il baptisa ainsi un enfant de gitans et ensuite invita lui-même la famille à déjeuner avec lui.

Dès le début de la persécution de juillet 1936, il fut arrêté le 21 juillet. Le lendemain, on le transféra à la prison de Berja ; le 7 août, on le laissa en liberté surveillée, tellement surveillée que le 12, alors qu’il tentait d’aller se cacher pour échapper aux révolutionnaires, il fut arrêté à Peña Rodada, remis en prison à Berja, puis à El Ejido. On voulut le faire blasphémer sur une médaille de la Sainte Vierge, mais il préféra l’avaler plutôt que de la profaner.

Le 19 août, on l’emmena avec deux autres prisonniers à Albufera de Adra ; il demanda à être exécuté en dernier, pour donner l’absolution aux deux autres condamnés. Pour l’enterrer, on réquisitionna don José Peris Ramos, qui allait lui-même être martyrisé quelques jours plus tard (v. 1.septembre). La maman, Josefa, demanda à tous ses enfants de ne pas chercher vengeance.

Martyrisé le 19 août 1936, béatifié en 2017, Gregorio Martos Muñoz sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 août.

 

Andrés Pradas Lahoz

1908-1936

 

Andrés vit le jour le 30 novembre 1908 à La Hoz de la Vieja (Teruel, Espagne) et fut baptisé le jour-même.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils en 1921.

Après le noviciat il reçut l’habit à Fortianell en 1925, avec le nom de Andrés Sergio, puis fit le scholasticat à Cambrils. 

Il exerça son activité à Cambrils comme professeur (1927), à Condal, revint à Teruel (1929), passa à Tortosa (1933), puis à Tarragona (1935).

Lors de la révolution de 1936, avec un compatriote, le Frère Marciano Pascual, il trouva à se réfugier chez un ami, puis ils pensèrent possible de gagner Benicarló, où ils furent cueillis dès leur descente du train par des miliciens.

Au Comité, un des miliciens - un ancien élève du Frère Andrés - le reconnut et leur obtint un sauf-conduit pour Tortosa.

Mais à Tortosa, les deux Frères furent tout de suite arrêtés, le 25 juillet, et enfermés dans le collège San Luis, converti en prison, déjà bourré de prêtres et de catholiques fervents.

Chaque jour, les miliciens en appelaient quelques-uns, qui ne revenaient pas : les Frères comprirent qu’ils allaient mourir pour leur foi.

Ils furent appelés tard dans la nuit du 18 au 19 août, avec un prêtre et un laïc ; au lieu-dit Los Almendros de Soldevilla, furent fusillés le prêtre et le laïc ; un kilomètre plus loin, les deux Frères, le 19 août 1936.

Frère Andrés Sergio fut béatifié en 2013, avec son Compagnon.

 

 

Valeriano Ruíz Peral

1911-1936

 

Il naquit le 15 septembre 1911 à Arconada (Palencia, Espagne).

Entré au «noviciat mineur» (collège) des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) en 1926 à Bujedo, il y commença le noviciat en 1927, prit l’habit et professa avec le nom de Julio Alfonso.

Après avoir enseigné à Madrid (1931), il fut envoyé en 1933 à Santa Cruz de Mudela.

C’est dans cette dernière localité que les miliciens vinrent arrêter les cinq membres lasalliens, le 22 juillet 1936.

Ils furent maintenus en prison jusqu’au 18 août, ainsi que les prêtres de cette localité.

Au soir du 18 août, on les fit monter dans un camion qui les conduisit au cimetière de Valdepeñas, et c’est là qu’ils furent fusillés, au petit matin du 19 août 1936.

Lui et ses quatre Confrères (ainsi que les prêtres de Santa Cruz) furent béatifiés en 2007.

 

 

Josep Vilalta Saumell

1912-1936

 

Josep vit le jour le 11 juin 1912 à Miralcamp (Lleida, Espagne).

Il entra à onze ans (1923) au petit séminaire diocésain de Solsona, mais l’année suivante entra au collège séraphique (capucin).

En 1927, il reçut l’habit, avec le nom de Tarsici (sur s. Tarsicius, v. 15 août).

L’année suivante (1928), il fit la profession et commença la philosophie.

En 1932, il pouvait passer à la théologie, mais il devait faire le service militaire, de sorte qu’il ne fit la profession solennelle et put recevoir le sacerdoce qu’en 1935.

On le destina à l’enseignement au petit séminaire, en même temps qu’il étudiait la musique et se préparait à la prédication.

La révolution de 1936 éclata alors qu’il se trouvait au couvent de Borges Blanques. Il trouva refuge chez des amis. Mais comme les hommes de son année étaient réquisitionnés et que le gouvernement semblait «protéger» les soldats, il se présenta volontiers, accompagné du maire. On l’envoya dans un bureau, car il était «intellectuel», mais on le reconnut comme Religieux et il se retrouva en prison ; le 5 août, on l’envoya à la capilla (chapelle), c’est-à-dire dans la salle où l’on entassait les condamnés à mort. 

Au soir du 19, on vint en appeler soixante-douze, dont le père Tarsici, qu’on conduisit devant le mur du cimetière pour les fusiller. 

Martyrisé le 19 août 1936, le père Tarsici fut béatifié en 2015.

 

 

Ignasi Guilà Ximenes

1914-1936

 

Ignasi naquit le 15 avril 1914 à Mataró (Barcelona, Espagne).

Il entra chez les Bénédictins de Montserrat.

Il fit la profession, avec le nom de Emilià María, comme Frère convers. 

Quand éclata la révolution de 1936, la communauté dut se séparer, les uns trouvant refuge dans d’autres monastères, d’autres réussissant à passer la frontière, mais il y eut des martyrs.

Ignasi fut de ceux-là.

On pourra trouver les détails des événements de juillet 1936 dans la notice de Ángel María Rodamilans Canals.

Ignasi fut assassiné à Barcelone le 19 août 1936, à vingt-deux ans, et béatifié en 2013.

 

 

Antolín Martínez y Martínez

1915-1936

 

Il naquit le 12 janvier 1915 à Armellada (León, Espagne).

Entré au «noviciat mineur» (collège) des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) en 1928 à Bujedo, il prit l’habit en 1931 et professa avec le nom de Dámaso Luís.

Il fut envoyé en 1934 à Santa Cruz de Mudela.

C’est dans cette dernière localité que les miliciens vinrent arrêter les cinq membres lasalliens, le 22 juillet 1936.

Ils furent maintenus en prison jusqu’au 18 août, ainsi que les prêtres de cette localité.

Au soir du 18 août, on les fit monter dans un camion qui les conduisit au cimetière de Valdepeñas, et c’est là qu’ils furent fusillés, au petit matin du 19 août 1936.

Le Frère Dámaso Luis avait vingt-et-un ans.

Lui et ses quatre Confrères (ainsi que les prêtres de Santa Cruz) furent béatifiés en 2007.

 

 

Isidro Muñoz Antolín

1916-1936

 

Il naquit le 8 mai 1916 à Arconada (Palencia, Espagne).

Entré au «noviciat mineur» (collège) des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) en 1929 à Griñon, il y fit le noviciat, prit l’habit en 1932 et professa avec le nom de Ladislao Luis.

Il fut envoyé en 1935 à Santa Cruz de Mudela.

C’est dans cette dernière localité que les miliciens vinrent arrêter les cinq membres lasalliens, le 22 juillet 1936.

Ils furent maintenus en prison jusqu’au 18 août, ainsi que les prêtres de cette localité.

Au soir du 18 août, on les fit monter dans un camion qui les conduisit au cimetière de Valdepeñas, et c’est là qu’ils furent fusillés, au petit matin du 19 août 1936.

Le Frère Ladislao avait vingt ans.

Lui et ses quatre Confrères (ainsi que les prêtres de Santa Cruz) furent béatifiés en 2007.

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17 août 2020 1 17 /08 /août /2020 23:00

 

18 AOUT

 

III.

S Agapit, martyr de quinze ans à Palestrina, dont il est patron, ainsi que des enfants malades et des femmes enceintes.

S Agon, évêque à Poitiers.

SS martyrs de la Massa Candida, à Utique, trois cents martyrs qui, invités à choisir entre sacrifier et se jeter dans une fosse de chaux vive, y coururent sans hésitation (IV.?)

?

S Léon, martyr à Myre.

IV.

Ste Hélène, mère de l'empereur Constantin, qui retrouva la Croix du Sauveur.

S Proiectitius, archidiacre et martyr à Bergame.

V.

S Firmin, évêque à Metz.

V.-VI.

SS Jean et Georges Ier, patriarches à Constantinople.

VI.

S Eonius, évêque à Arles, qui désigna son successeur en la personne de s. Césaire.

S Dega Maccairill, évêque-abbé à Inishkeen, et artisan très habile.

S Landulphe, évêque à Evreux.

VII.

S Rustique, évêque et martyr à Cahors.

VIII.

S Milon, moine à Fontenelle avec son père, puis ermite.

IX.

S Macarios, abbé à Pélécète, deux fois exilé par les iconoclastes.

B Leonardo, abbé à La Cava.

XIV.

B Rainaldus, évêque à Vicenza puis Ravenne ; il fit taire des rainettes qui couvraient sa voix durant la prédication.

XVI.

Bse Paola Montaldi, clarisse à Mantoue, très austère, trois fois abbesse.

XVIII.

B Antoine Bannassat, curé en Creuse, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1992 :

Hospitaliers : près de Madrid, le prêtre et novice Francisco Arias Martín (*1884) ;

Clarétains : à Barbastro, les clercs Atanasio Vidaurreta Labra et Jaume Falgarona Vilanova (*1911, 1912) ;

- béatifié en 1995 :

Ouvriers Diocésains : près de Teruel, Martín Martínez Pascual (*1910) ;

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, Vicente María Izquierdo Alcón (*1891) ;

Salésiens : près de Lleida, le prêtre Jaume Bonet Nadal (*1884) ;

- béatifiés en 2007 :

Diocésains : près de Tolède, Liberio González Nombela (*1895) ;

Dominicains : aux Asturies, les prêtres Celestino José Alonso Villar, Santiago Franco Mayo et Gregorio Díez Pérez (*1862, 1905, 1910), et le profès Abilio Sáiz López (*1894) ;

Lasalliens : près de Lleida, Joseph Chamayoux Auclés (Jacob Samuel, *1884 en France) ; près de Barcelone, Eudaldo Rodas Saurina (Oleguer Ángel) et Agustín Pedro Calvo (Honorato Alfredo) (*1912, 1913) ;

- béatifiés en 2013 :

Carmes de l’Ancienne Observance :

près de Madrid, les huit profès Daniel García Antón (Daniel María, *1913), Silvano Villanueva González (Silvano María, *1916), Adalberto Vicente y Vicente (Adalberto María, *1916), Aurelio García Anton (Aurelio María, *1916), Francisco Pérez y Pérez (Francisco María, *1917), Angelo Reguilón Lobato (Angelo María, *1917), Nicomedes Andrés Vecilla (Bartolomé Fanti María, *1917), José Sánchez Rodríguez (Ángel María, *1918) ;

près de Cordoue, les deux convers Eliseo María Camargo Montes et José María Ruiz Cardeñosa (*1887, 1902) ;

Lasalliens : près de Castellón, Fermín Gellida Cornelles (Alejandro Juan, *1889) ;

- béatifiés en 2017 :

Clarétains : à Barcelone, le prêtre Antoni Junyent Estruch (*1896) ;

Laïcs : à Madrid, Agustín Fernández Vázquez (*1895).

S Alberto Hurtado Cruchaga (1901-1952), jésuite chilien, professeur à l'université de Santiago, défenseur de la doctrine sociale de l'Eglise et fondateur d'un Foyer du Christ pour aider les habitants des quartiers pauvres ; béatifié en 1994, canonisé en 2005.

Agapitus

3e siècle

 

Ce saint Agapitus est resté mentionné au Martyrologe comme martyr à Palestrina (environs de Rome), sans plus de détail. Précédemment, il était présenté comme victime de la persécution au IIIe siècle.

L’existence de ce martyr est attestée depuis très longtemps, avec quelques variantes sur son nom : Agapitus, ou Acapitus.

Une basilique lui est dédiée à Palestrina, une autre à Rome où avait été transporté son corps.

Saint Agapitus “aurait été” (l’expression signifie qu’on n’en a pas de documents précis, à part une tradition orale constante) un adolescent de quinze ans, rempli d’amour pour le Christ, arrêté par ordre de l’empereur Aurélien, battu d’abord très longtemps à coups de nerfs de bœuf. A ces souffrances s’en ajoutèrent d’autres, par ordre du préfet Antiochus. Quand enfin l’empereur le fit exposer aux lions, ceux-ci ne lui firent aucun mal.

Agapitus fut alors décapité. Est-ce ce genre de martyre qui a fait transcrire, maladroitement, le nom de notre martyr en “Acapitus” (a-caput, a privatif) ? Agapitus, en grec Agapitos, signifie “bien-aimé”.

Saint Agapitus est mentionné le 18 août.

 

 

Eonius d’Arles

† 502

 

Eonius était un prêtre originaire de Châlons-sur-Saône et apaprtenait au clergé d’Arles.

Qiand l’évêque d’Arles, Léonce, vingt-septième à occuper ce siège, mourut vers 496, ce fut cet Eonius qu’on choisit pour lui succéder, et la chronique affirme qu’il travailla jour et nuit pour le bien de ses ouailles.

Il arriva, vers 498, qu’un moine de Lérins nommé Césaire, assez gravement malade, fut envoyé en Arles pour y rencontrer un médecin célèbre, nommé Firmin, un saint homme. Ayant reçu Césaire et conquis par ses saintes vertus, il le recommanda à Eonius. Ce dernier alors s’entendit avec l’abbé de Lérins pour garder Césaire en Arles et le préparer à lui succéder plus tard sur le siège épiscopal.

Césaire était d’ailleurs probablement un parent d’Eonius.

Eonius travailla à redonner au siège d’Arles la primauté sur celui de Vienne. Le pape Léon Ier le Grand (v. 10 novembre) avait établi métropolitain l’évêque d’Arles ; Anastase II († 498) avait donné l’avantage à Vienne ; en 500, le pape Symmaque redonna à Arles le titre de métropole. Il s’agit là d’une très longue contestation qui divisera les deux sièges pendant longtemps encore.

Eonius ordonna prêtre Césaire, qui devait effectivement lui succéder en 502.

Saint Eonius d’Arles est commémoré le 18 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Christophoros-Macarios de Pélécète

† 850

 

Christophoros naquit vers 750 à Constantinople, de parents chrétiens, qui moururent prématurément.

Un oncle lui enseigna la méditation de la Sainte Ecriture. Bientôt, il embrassa la vie monastique dans l’abbaye de Pélécète, où il reçut le nom de Macarios.

Ses grandes vertus le désignèrent au choix des moines pour être leur supérieur (ou higoumène) ; il fut ordonné prêtre par le saint patriarche Tarasios (v. 18 février).

Le neuvième siècle fut le théâtre de la lutte iconoclaste, et l’empereur Léon l’Arménien envoya Macarios en exil, une première fois.

En 821, le nouvel empereur, Michel le Bègue, rappela Macarios, qui reprit le gouvernement de son monastère. Mais l’empereur suivant, Théophile, renvoya Macarios sur une île de Propontide, Aphusia, qui devait être la dernière étape de la vie de l’Abbé.

Macarios aida la population affamée à trouver du grain - et donna aussi à manger spirituellement aux habitants ; il accomplit un certain nombre de miracles, guérissant un moine malade.

Bientôt touché lui-même par l’âge et la fatigue, Macarios s’éteignit à ce monde vers 850, un 18 août.

Saint Macarios de Pélécète est commémoré le 18 août dans le Martyrologe Romain.

Leonardo de La Cava

1200-1255

 

Leonardo aura pu naître autour de l’an 1200, peut-être même vers 1190. La première date sûre qu’on ait de lui est son élection comme abbé du monastère bénédictin de la Sainte Trinité à La Cava de’ Tirreni (Salerno, Italie SO), pour succéder à Balsamus.

L’abbaye de La Cava a cette particularité unique dans l’histoire du monachisme, qu’elle n’a jamais cessé d’être occupée par les moines de l’Ordre bénédictin, et l’est toujours aujourd’hui.

La date de cette élection est en décembre 1232. A ce moment-là, Leonardo était chargé du vestiaire des moines. On n’en sait guère plus.

Pendant ses vingt-trois ans d’abbatiat, il apparaît comme un home sage, doux et pacifique en même temps qu’habile administrateur.

En 1228, le pape avait excommunié l’empereur Frédéric II qui ne se décidait pas à réaliser son vœu de se rendre à la croisade. La lutte entre le Sacerdoce et l’Empire continuait et ses divers épisodes apportaient la ruine en Italie : beaucoup de villes furent endommagées et de nombreux monastères détruits ou sérieusement appauvris.

Grâce à ses murailles et à l’adresse de son abbé, La Cava resta calme au milieu de la tempête.

Frédéric II aimait ce monastère et lui fit de généreuses donations, outre qu’il obligea des usurpateurs à restituer les biens qu’ils détenaient injustement. En 1245, il choisit entre autres abbés Leonardo pour plaider sa cause devant le concile de Lyon ; l’échec de cette ambassade ne modifia pas ses dispositions favorables.

De leur côté, les papes multipliaient les concessions à l’abbaye. Malgré les guerres, la Règle était toujours pratiquée avec ferveur et les populations environnantes, cruellement éprouvées, recevaient des secours.

En 1249, la ville pontificale de Bénévent fut détruite par les troupes germaniques et les habitants confièrent aux moines de La Cava tout ce qu’ils avaient pu sauver, en particulier les reliques de saint Barthélemy. Après la paix ils reprirent leur trésor, mais en laissant en reconnaissance une portion du chef de l’Apôtre.

Leonardo mourut le 18 août 1255, bien vite honoré du titre de Bienheureux, et son culte fut approuvé en 1928.

 

 

Rainaldus de Concorezzo

1250-1321

 

Rainaldus (Rinaldo en italien moderne) naquit vers 1250 à Concorezzo, un bourg milanais.

Il fut d’abord évêque à Vicenza (1296-1302), puis vicaire papal à Forlí (1302-1305), où il faillit être assassiné, enfin archevêque de Ravenne (élu en 1303, mais installé en 1305).

Un jour qu’il prêchait, des rainettes couvraient sa voix de leurs coassements : il leur ordonna de baisser le tonus !

Grâce à de bons synodes, il ramena la discipline dans sa province.

Durant son premier épiscopat à Vicenza, il fut chargé d’enquêter sur les Templiers dans tout le nord et le nord-est de l’Italie et, en 1301, il convoqua un concile à Ravenne, où il fit prendre des mesures justes et modérées envers les Templiers accusés injustement. Il prononça l’absolution envers eux, rejetant totalement les «preuves», extorquées par la torture, de leur «conversion» à l’Islam. Ce fut un cas exemplaire et unique en Europe à cette époque. Au concile de Vienne (1311), le pape ne pourra que confirmer la décision de Rainaldus.

L’évêque s’établit en 1313 au château d’Argenta, et c’est probablement là qu’il mourut, le 18 août 1321, la même année que Dante, qu’il rencontra très certainement tant à Forlí qu’à Ravenne.

Son culte fut approuvé en 1852.

 

 

Paola Montaldi

1443-1514

 

Paola vint au monde en 1443, au bourg de Montaldi (Volta, Mantoue, Italie N), de parents de petite noblesse.

Elle se distingua dès son enfance par une modestie angélique, et un puissant attrait pour la piété.

En 1458, elle quitta volontairement la maison familiale pour entrer à Mantoue chez les Clarisses.

Des trois monastères de Clarisses de cette ville, le plus récent était intra muros, et suivait la Règle de sainte Claire, mitigée par le pape Urbain IV.

Mais Paola ne voulait rien «mitiger» : elle voulait la perfection et, pour cela, ne ménagea pas les mortifications pour dominer sa nature ; elle s’imposa des veilles prolongées, la discipline, des jeûnes ; elle coucha sur la dure. Tandis qu’elle passait de longues heures en oraison, Dieu la favorisait en retour de grâces et de lumières intérieures ; Paola ne s’en sentait que plus indigne et s’abîmait dans la plus humble considération d’elle-même, se disant et se croyant sincèrement la plus imparfaite du monastère.

On parla de ses vertus, les gens voulurent la rencontrer, lui demander de prier pour leurs intentions, et la Religieuse écoutait avec bonté, se faisant toute à tous. Furieux du bien qui s’opérait, le démon chercha à se venger sur elle et lui livra de féroces assauts, dont son humble douceur fut victorieuse.

Trois fois, elle fut élue abbesse du monastère et guida vraiment les Sœurs dans la voie de la sainteté.

Elle remit son âme à Dieu le 18 août 1514.

Son corps est resté sans corruption. Après que les monastères de Clarisses furent supprimés en 1782, on transporta cette précieuse relique dans l’église de Volta.

Le culte de Paola a été ratifié et autorisé le 6 octobre 1866.

 

 

Antoine Bannassat

1729-1794

 

Antoine était né le 20 mai 1729 à Guéret (Creuse).

Prêtre du diocèse de Limoges, il était curé de Saint-Fiel, cumulant aussi la charge de promoteur à l’officialité de Guéret.

Théologien instruit, casuiste exact, il savait discerner les causes contentieuses grâce à son jugement éclairé par une rare piété, qui lui procurait une grande douceur et une agréable égalité de caractère, doublées d’une gaieté inaltérable.

Modeste, apprécié, il fut député à l’Assemblée Constituante, dans laquelle il fit tout le bien qui fut en son pouvoir.

Signalé, comme on peut le deviner, par les terroristes de son département, il fut d’abord destiné à l’exil en Guyane, et envoyé à Bordeaux.

L’embarquement n’ayant pas eu lieu, il obtint tout de même de revenir dans son pays, d’où on le renvoya derechef aux pontons de Rochefort, malgré son âge et ses jambes malades.

Il se trouva donc à bord du Deux-Associés, dans les conditions que l’on a déjà décrites pour d’autres prêtres détenus dans ce bateau.

Quelques instants encore avant d’expirer, il fit des efforts surhumains pour marcher, retombant à chaque pas.

Il s’éteignit le 18 août 1794, et fut béatifié en 1995.

Celestino José Alonso Villar

1862-1936

 

Il naquit le 15 juin 1862 à Margolles (Cangas de Onís, Asturies), fut baptisé le même jour et confirmé en 1872.

Ayant entendu une mission prêchée par les Jésuites, il décida à dix-sept ans d’entrer dans la vie religieuse et, pour cela, d’étudier le latin avec un prêtre d’Infiesto.

Il reçut l’habit à Corias en 1881 et fit la profession l’année suivante.

Après les études normales de philosophie et de théologie, il fut ordonné prêtre à Oviedo en 1886. Il obtint le titre de lector en théologie.

Il fut professeur à Vergara (Guipúzcoa), spécialisé plutôt dans les «sciences exactes».

En 1904, il fut prieur à Corias, en 1908 à Vergara, démontrant d’excellentes qualités dans son gouvernement en même temps qu’une exquise bonté.

En 1912, il fut maître des novices à Corias, puis économe. Il fut chargé de la fondation de la maison à Navelgas, toujours aux Asturies, comme supérieur et directeur de la nouvelle école apostolique.

En 1930, il fut supérieur à La Felguera et, à partir de 1933, à Navelgas, où il vécut les journées sanglantes de 1934, témoin fidèle et prudent de son attachement à l’Eglise et à la foi.

En 1936, il fut convoqué par le Comité, le 7 août. Il y alla, accompagné par les Confrères qui priaient le chapelet ; les révolutionnaires imposèrent au couvent une contribution économique. Le 12, ils arrêtèrent le père Celestino, malgré son grand âge (soixante-quatorze ans) avec le père Gregorio Díez Pérez, et les envoyèrent travailler à la reconstruction d’un pont. Le 16, ils les arrêtèrent de nouveau avec le père Santiago et le frère Abilio ; les élèves, abandonnés, pleuraient.

Les quatre Religieux se retrouvèrent dans le sous-sol des locaux de la Garde Civile, priant continûment et même réussissant à célébrer l’Eucharistie.

Ils furent martyrisés non loin de La Tejera (Navelgas), au petit matin du 18 août. 

Les Religieux moururent en proclamant : Vive le Christ Roi ! On leur retira leur habit, mais le père Celestino réussit à le conserver.

Ils furent tous quatre béatifiés en 2007.

 

 

Joseph Henri Chamayou Auclés

1884-1936

 

Joseph vit le jour le 21 avril 1884 à Pomardelle (Tarn) et fut baptisé le jour-même.

Il commença le noviciat mineur à Pibrac en 1897, chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, puis passa au noviciat, reçut l’habit en 1900, avec le nom de Jacob Samuel. Ce fut ensuite le scholasticat et il enseigna à Saint-Gaudens.

En 1903, il exerça à Bagnères-de-Luchon et, l’année suivante, à la suite de la loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, les écoles des Frères de cette région furent rattachées à Les (Espagne), où le Frère Jacob fut envoyé.

Il fut peu de temps à Agramunt, mais passa surtout ces dix-neuf années à Les.

Quand le collège de Toulouse put être réintégré (1925), notre Frère Jacob fut envoyé à Manresa, puis nommé directeur à Guisona (1928), et La Seo de Urgel (1929).

En 1933-1935, il fut professeur, puis de nouveau directeur en 1936.

Responsable, il aida tous les Frères à laisser le collège, à se réfugier d’abord chez des amis, qu’il allait voir chaque jour, et les fit passer en France dès que possible, restant tout seul à La Seo, lui, le Français.

Quand il apprit que les deux Frères Leonardo et Dionisio avaient été assassinés (voir au 8 août), il songea seulement alors à passer en France, par Andorre.

Il obtint un passaport et prit l’autobus de la ligne habituelle. Mais celui qui lui avait délivré le document, avertit les miliciens, qui allèrent bloquer l’autobus avec leur camionnette, et firent descendre Messieurs Chamayou et Calvet, ce dernier étant le curé d’Andorre. L’autobus repartit.

Les deux ecclésiastiques furent ensuite fusillés un peu plus loin, au kilomètre 5 de la route, le samedi 18 août 1936.

Un pieux paysan les enterra par là, mais quand le torrent proche déborda, il emmena les corps.

L’abbé Calvet a été inclus dans une autre Cause, non encore aboutie ; le Frère Jacob fut béatifié en 2013.

 

 

Francisco Arias Martín

1884-1936

 

Francisco avait vu le jour le 26 avril 1884, Grenade (Espagne).

A dix-neuf ans, il entra au séminaire et fut ordonné prêtre en 1909.

Il fut nommé aumônier, puis vicaire à Algarinejo et Loja, et curé à Grenade.

En 1932, les émeutiers mirent le feu à l’église et l’incendie s’étendit au presbytère, où Francisco faillit mourir asphyxié.

C’est alors qu’il vint habiter chez les Hospitaliers, où il sentit la vocation religieuse.

Après la mort de sa mère, il demanda à être accueilli dans l’Ordre et fut postulant à Ciempozuelos (Madrid) en 1935.

Ce prêtre avait déjà cinquante-et-un ans et acceptait humblement de faire son noviciat au milieu des jeunes recrues, quand éclatèrent les événements douloureux de juillet 1936.

Quand les révolutionnaires expulsèrent les Religieux et prirent possession de l’établissement, le Frère Francisco n’eut que le temps de se cacher dans un puits du jardin, où on le trouva le 9 juillet, en bien mauvaise posture. On le soigna quelques jours, puis on le mit en prison.

Un milicien, touché par sa douceur et sa formation, lui proposait de l’utiliser comme secrétaire, mais un autre l’accusa d’être prêtre et confesseur de Religieuses.

Le 18 août 1936, on l’appela… On ne retrouva son cadavre que le lendemain, sur la route de Torrejón de Velasco (Valdemoro).

Frère Francisco fut béatifié en 1992.

 

 

Jaume Bonet Nadal

1884-1936

 

Jaume vit le jour le 4 août 1884 à Santa María de Montmagastrell (Lleida, Catalogne, Espagne).

Il entra chez les Salésiens, fit la profession en 1909 et fut ordonné prêtre en 1917.

Il fut longtemps à Barcelone.

L’été 1936, il rentra chez les siens, mais constatant que la situation n’était pas meilleure, il chercha à regagner Barcelone.

On l’arrêta à Tárrega (Lleida), où il fut martyrisé le 18 août 1936 selon certains, le 15 août pour d’autres (Martyrologe Romain).

Il a été béatifié en 2001.

Son aîné, José, avait déjà suivi le même chemin (voir au 13 août).

 

 

Fermin Géllida Cornelles

1889-1936

 

Fermin vit le jour le 6 octobre 1889 à Benicarló (Tortosa, Espagne) et fut baptisé le jour-même.

Après ses études au collège tenu par les Frères des Ecoles Chrétiennes, il entra au noviciat mineur des mêmes Frères à Bujedo en 1904.

Il commença le noviciat en 1905 ; il reçut l’habit avec le nom de Alejandro Juan.

Il fut catéchiste à Llagostera puis, en 1909 à Calunga.

Ses qualités d’organisateur le firent déjà nommer directeur à Monreal del Campo (1920), Teruel (1928), puis il passa à Barcelone (1933), à cause des nouvelles lois sur les enseignants.

Dès le 19 juillet 1936, le collège fut assailli et les Frères obligés de trouver refuge chez des amis.

Notre Religieux jugea préférable de rejoindre sa famille à Benicarló. Il y arriva le 2 août et logea chez son frère, Manuel.

Mais le Frère semblait suspect et fut vite arrêté. On le «jugea» le 17 août et on lui donna à choisir entre la prison ou une amende de 1000 pesetas. La famille paya.

Mais dès le 18 août, on le reconvoqua, car on ne pouvait lui permettre de vivre là comme Religieux.

Alejandro Juan demanda un sauf-conduit pour partir ; l’ayant obtenu, il fut accompagné par son frère à la gare, où il retrouva un prêtre Franciscain dans la même situation, Estanislao Domínguez. 

Le train partit avec nos trois hommes. Manuel Géllida cependant, n’était pas tranquille et, profitant d’un rallentissement du train, sauta en marche : il sauva sa vie, mais put témoigner de ce qu’il avait vu jusque là.

A la station suivante, des miliciens attendaient : ils firent descendre les deux Religieux. Alejandro Juan demanda quelques instants, s’agenouilla, recommanda son âme à Dieu et dit : Voilà, je suis prêt.

On retrouva les corps de Alejandro Juan et de Estanislao Domínguez criblés de balles.

Les deux Religieux furent martyrisés le 18 août 1936. 

Le père Estanislao appartient à la Cause de tout un groupe de Franciscains et n’a pas encore été béatifié.

Alejandro Juan fut béatifié en 2013.

 

 

Vicente María Izquierdo Alcón

1891-1936

 

Il naquit le 24 mai 1891 à Mosqueruela (Teruel, Espagne), dans une famille très chrétienne qui eut beaucoup de vocations. Vicente eut deux frères prêtres et une sœur religieuse.

Il fréquenta le séminaire de Valencia, avant d’être ordonné prêtre en 1915.

Il fut nommé à L’Ollería, Carcagent, Bicorp, Cheste et La Pobla de Farnals.

Très marial, il était aussi peintre et musicien et fit beaucoup de bien là où il passa.

Arès les élections de février 1936, en accord avec son archevêque, il s’établit à Valencia, où il sauva de la destruction la sainte image de Notre-Dame de los Desamparados, qui avait déjà été profanée, en se lançant au milieu des flammes.

Le 15 août, des gens de son pays le repérèrent et on l’arrêta. On lui fit parcourir les rues en mettant au défi les gens de venir le défendre.

On l’enferma au Comité, et on l’emmena au matin du 18 août. Il demanda de pouvoir dire adieu à sa paroisse, on le lui permit. On lui demanda de raconter les péchés de la femme du maire, ce qu’il refusa et lui valut d’être frappé, malmené et piqué sur la langue. Il pardonna.

Ils emmenèrent un autre prêtre, et tous deux se donnèrent mutuellement l’absolution.

Ils furent tous deux fusillés sur la route de Rafelbuñol, le 18 août 1936.

Don Vicente fut béatifié en 2001.

 

 

Abilio Sáiz López

1894-1936

 

Il naquit le 2 février 1894 à Montejo de Bricia (Burgos, Espagne) et fut baptisé le 8.

Il commença par être charpentier dans son village puis, après une visite au sanctuaire de Notre-Dame de Montesclaros, il voulut être religieux chez les Dominicains. Il fit le noviciat à Corias, et la profession en 1931, comme Frère convers.

Profondément conscient de sa consécration, il servit la communauté de Navelgas avec exactitude et «conscience professionnelle» ; il s’occupait du four à pain, de la cuisine, et du bétail.

En 1936, il fut arrêté avec les pères Celestino, Santiago et Gregorio. Les quatre Religieux se retrouvèrent dans le sous-sol des locaux de la Garde Civile, priant continûment et même réussissant à célébrer l’Eucharistie.

Ils furent martyrisés non loin de La Tejera (Navelgas), au petit matin du 18 août 1936.

Les Religieux moururent en proclamant : Vive le Christ Roi ! 

Ils furent tous quatre béatifiés en 2007.

 

 

Agustín Fernández Vázquez

1895-1936

 

Né le 25 janvier 1895 à San Lorenzo del Escorial (Madrid), Agustín fut un Chrétien authentique dans tous les sens du mot.

Son métier était d’être facteur, mais son temps libre était tout à Dieu. Il habitait le quartier de Chamberí (Madrid) avec son épouse Catalina et n’avait pas d’enfants. Chaque fois qu’il le pouvait, il rendait service à la basilique proche, dédiée à Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse. Il fut trésorier de l’association des Chevaliers de Notre-Dame, en vertu de quoi il était chargé de porter secours à des personnes pauvres : les noms de celles-ci figuraient sur une liste qui était tombée aux mains des miliciens républicains, qui purent ainsi remonter à Agustín.

On vint l’arrêter le 17 août 1936 à sept heures du matin : des hommes des Forces d’Assaut, de la Sécurité et huit autres miliciens - tant de monde, armé, pour arrêter un pauvre facteur ! - firent une descente en règle à l’appartement du facteur et l’emmenèrent on ne sait où. Son épouse courut à la «tchéka» voisine, installée dans le couvent des Servantes du Sacré-Cœur, mais on lui répondit que son mari ne s’y trouvait pas ; le lendemain, on la renvoya à la Direction Générale de Sécurité, et elle fit ainsi toutes les «tchékas» sans jamais retrouver son époux.

Ce n’est que huit jours après qu’elle put lire le constat de décès d’Agustín, mais elle ne sut jamais ce qu’on avait fait à son mari, ni comment ni où il était mort. D’après le constat, on fusilla Agustín le 18 août 1936 au Cuartel de la Montaña ; quand on voulut inspecter la fosse commune du cimetière municipal de Madrid, les corps n’étaient pas reconnaissables.

Martyrisé le 18 août 1936 et béatifié en 2017, Agustín Fernández Vázquez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 août.

 

Liberio González Nombela

1895-1936

 

Il vit le jour le 30 décembre 1895 à Santa Ana de Pusa (Tolède, Espagne).

Très intelligent et travailleur, il obtint le doctorat en théologie et fut ordonné prêtre en 1918.

Il fut nommé successivement vicaire à Mora de Toledo (1919), à Bargas (1920) ; aumônier des Religieuses de la Compagnie de Marie et professeur au Petit séminaire de Talavera de la Reina (1920-1921), vicaire à Saint-Jacques de Tolède (1922), aux Saints-Just-et-Pasteur de Tolède (1924), enfin à Torrijos (1925), où il fut curé.

Ce fut un prêtre extrêmement entreprenant, actif et infatigable ; il organisa la catéchèse, les œuvres de charité, l’adoration nocturne, l’Action Catholique, les Filles de Marie, les Pères de famille, les écoles du dimanche, les Conférences Saint-Vincent-de-Paul, l’Apostolat de la Prière, les cours du soir pour les ouvriers, les écoles catholiques… et peut-être encore d’autres !

Dès le mois de mars 1936, il jugea prudent de se cacher, devant la fureur de la foule qui voulait expulser le curé. Il se cacha dans l’hôpital le 5 mars.

Le 6 mars, il rejoignit sa famille à Santa Ana ; il lui était désormais impossible de revenir dans sa paroisse, de sorte que l’évêque lui en confia une autre, à Los Navalmorales, où il ne resta que deux mois, car les «autorités» fermèrent l’église et interdirent le culte.

Le pauvre curé revint chez les siens, comme il était : à pied et en soutane. A son arrivée, la foule l’attendait pour l’arrêter. C’était le 18 août.

On arrêta le prêtre et on le conduisit à la mairie. On fit venir le camion pour l’emmener ; le chauffeur reconnut plus tard qu’entre temps, il reçut l’ordre d’aller fusiller le curé de Santa Ana, qu’on venait aussi d’arrêter.

On emmena don Liberio au croisement de Barcience ; on le fit marcher quelques pas, qu’il fit à reculons, pour regarder ses bourreaux en face. Il leur cria : Dieu vous pardonnera !

Une décharge l’abattit, ce 18 août 1936.

Don Liborio fut béatifié en 2007.

 

 

Antoni Junyent Estruch

1896-1936

 

Né le 25 octobre 1896 à Vacarissas (Barcelone), Antoni était le fils de Francisco et Josefa, qui le firent baptiser et confirmer, mais on ignore les dates de ces sacrements, car le registre de la paroisse fut détruit dans l’incendie provoqué par les révolutionnaires. On sait qu’Antoni avait une sœur, Mercedes.

Antoni entra au postulat des Pères Clarétains de Vic en 1908, où il eut de très bons résultats ; il passa au noviciat de Cervera en 1912, où il fit la profession (1913) et étudia la Philosophie et la Théologie ; il acheva la Théologie à Solsona (1919).

A ses heures, Antoni était poète de talent ; il obtint un prix en 1919 pour une de ses compositions en l’honneur de Notre-Dame. Mais modestement il dissimula cette activité - qu’il finit même par considérer du temps perdu - pour se dédier principalement à la prédication et au salut des âmes.

Ordonné prêtre en 1921, il fut envoyé à Cervera. Sa santé commença déjà à lui poser des problèmes et l’obligea à restreindre ses activités - qui cependant ne furent pas négligeables : Barbastro, Cervera, Lleida, Berga, Solsona, retour à Berga. Il prêchait beaucoup, organisait des neuvaines, des retraites.

En 1935 toutefois, il n’avait presque plus d’occupations. Il s’apprêtait à partir en Argentine, mais les événements de 1936 troublèrent ces projets.

Le 19 juillet 1936, il fallut évacuer la maison de Barcelone, où il se trouvait justement en prévision de l’embarquement. Vêtu à la paysanne, il rejoignit sa sœur Mercedes qui habitait par là et vécut chez elle jusqu’au 18 août. Ce jour-là, il alla à l’agence de voyages pour s’assurer qu’un navire partait pour l’Argentine, mais revint à la maison assez inquiet, car les employés n’étaient pas ceux qu’il avait rencontrés précédemment.

A quelques pas derrière lui le suivaient deux individus, dont l’un dit : Celui-là doit être un prêtre. Je lui tire dessus ? Et l’autre : Non, laisse-le en paix, tu ne sais pas qui ça peut être. Vers seize heures cependant, arriva une patrouille ; on arrêta le père Antoni ; on lui demanda de montrer ses paumes, ce qu’il fit, et on lui dit : Ça se voit que tu n’as jamais travaillé, et on l’emmena.

On ne sait où ni quand il fut assassiné : le soir du 18 août, le 19 août ? On retrouva son cadavre à l’hôpital, où il fut déposé à huit heures du matin le 20 août.

Son départ pour l’Argentine était prévu pour le 21 août. Il partit plutôt pour le Ciel.

La Congrégation clarétaine retient qu’il fut martyrisé le 18 août 1936 à Barcelone ; béatifié en 2017, Antoni Junyent Estruch sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 août.

 

 

Santiago Franco Mayo

1905-1936

 

Il naquit le 28 mars 1905 à Santa María del Páramo (León, Espagne) et fut baptisé le 31.

Il entra à l’école apostolique dominicaine de Corias, y reçut l’habit et fit la profession en 1921.

Après les études normales de philosophie à Corias et de théologie à Salamanque, il fut ordonné prêtre en 1930.

Ce bon Religieux se montrait particulièrement obéissant, avec une grande dévotion envers le Saint Sacrement et la Vierge Marie.

Il fut professeur à Navelgas, où il vécut les journées sanglantes de 1934.

En 1936, il fut arrêté avec le père Celestino, le père Gregorio et le frère Abilio. Il aurait pu s’échapper mais, préférant l’obéissance, resta avec les Confrères pour partager avec eux la grâce du martyre.

Les quatre Religieux se retrouvèrent dans le sous-sol des locaux de la Garde Civile, priant continûment et même réussissant à célébrer l’Eucharistie.

Ils furent martyrisés non loin de La Tejera (Navelgas), au petit matin du 18 août 1936. 

Les Religieux moururent en proclamant : Vive le Christ Roi ! 

Ils furent tous quatre béatifiés en 2007.

 

 

Gregorio Díez Pérez

1910-1936

 

Il naquit le 9 mai 1910 à Gozón de Ucieza (Palencia, Espagne) et fut baptisé le 12.

Il entra à l’école apostolique dominicaine de Las Caldas de Besaya (Santander) entre 1922 et 1926 ; il fit le noviciat à Corias, et la profession en 1927.

Après les études normales de philosophie à Corias et de théologie à Salamanque, il fut ordonné prêtre en 1934.

Ce Religieux se montrait particulièrement doux et humble, pieux, et surtout travailleur, avec une «spécialité» pour l’histoire.

Il fut professeur à Navelgas, où il vécut les journées sanglantes de 1934.

En 1936, il fut arrêté avec le père Celestino, le père Santiago et le frère Abilio. Les quatre Religieux se retrouvèrent dans le sous-sol des locaux de la Garde Civile, priant continûment et même réussissant à célébrer l’Eucharistie.

Ils furent martyrisés non loin de La Tejera (Navelgas), au petit matin du 18 août 1936. Gregorio avait vingt-six ans, dont deux de sacerdoce.

Les Religieux moururent en proclamant : Vive le Christ Roi ! 

Ils furent tous quatre béatifiés en 2007.

 

 

Martín Martínez Pascual

1910-1936

 

Il naquit le 11 novembre 1910 à Valdealgorfa (Teruel, Espagne), de Martín et Francisca.

Après le Petit séminaire de Belchite, il fit le Grand séminaire à Saragosse et se joignit à la Fraternité des Prères Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus (1934), avant d’être ordonné prêtre en 1935.

On le nomma préfet au collège de Murcia et professeur au Grand séminaire de San Fulgencio.

En été 1936, il vint prendre quelques jours de vacances dans sa famille. Quand se déclencha la révolution de juillet, il se cacha chez des amis et dans une grotte. Les miliciens vinrent arrêter le père de Martín : ils le tueraient s’il ne leur révélait pas où se cachait son fils. Il préférait mourir et permettre à son fils de s’enfuir, mais il fit passer un mot à son fils pour l’en informer. Ce dernier alors décida de se présenter au Comité, le 18 août.

En chemin vers le Comité, il rencontra une voisine et un membre du Comité, très ami de sa famille ; tous deux lui proposèrent de le sauver, mais il préféra subir le sort de ses confrères prêtres. Il fit savoir à sa famille, par cet ami, qu’il les embrassait tous, et leur demandait de pardonner à ses bourreaux. 

Au Comité, on voulait lui sauver la vie, et pour cela, le présenter comme un étudiant. Mais il déclara fortement qu’il était prêtre, comme tous les autres déjà arrêtés. En fait, il voulait faire libérer son père et pouvoir rejoindre assez tôt les Confrères pour leur donner la Communion avant leur mort.

On l’arrêta sur place et on l’emmena à pied jusque sur la place et on l’embarqua avec d’autres prêtres dans un camion à destination du cimetière. Là, le milicien «ami» lui raconta avoir accompli sa besogne auprès de sa famille, ce pour quoi don Martín le remercia infiniment. 

Près du cimetière, les soldats tuèrent tous les prêtres, leur tirant dans le dos, sauf Martín qui demanda à être fusillé de face.

Juste avant, ils lui demandèrent s’il désirait quelque chose, à quoi Martín répondit qu’il ne désirait rien d’autre que de les bénir pour que Dieu ne tînt pas compte de leur crime. 

Don Martín tomba en criant : Vive le Christ Roi !  Il était dix-huit heures le 18 août 1936.

On a publié de lui une photographie, maintenant très célèbre mais parfois contestée, de ce prêtre, souriant, quelques instants avant son exécution. 

Don Martín fut béatifié en 1995.

 

 

Atanasio Vidaurreta Labra

1911-1936

 

Atanasio vit le jour le 2 mai 1911 à Adiós (Navarra, Espagne).

Il entra au collège des Pères Clarétains à Alagón, Cervera, puis à Vic, Solsona, Cervera à nouveau, enfin Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Atanasio eut un malaise durant son «incarcération» et fut conduit à l’hôpital avec un autre séminariste malade, Jaime Falgarona Vilanova. De là, ils furent ramenés à la prison municipale.

Ils furent martyrisés à Barbastro le 18 août 1936 ; Atanasio avait vingt-cinq ans.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Jaume Falgarona Vilanova

1912-1936

 

Jaume vit le jour le 6 janvier (août ?) 1912 à Argelaguer (Gerona, Espagne).

Il entra au collège des Pères Clarétains à Cervera, puis à Vic, Solsona, Cervera à nouveau, enfin Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Jaume était déjà malade au moment de l’arrestation des Religieux de la communauté, et fut conduit à l’hôpital avec un autre séminariste malade, Atanasio Vidaurreta Labra. De là, ils furent ramenés à la prison municipale.

Ils furent martyrisés à Barbastro le 18 août 1936 ; Jaume avait vingt-quatre ans.

Il fut béatifié en 1992.

Eudaldo Rodas Saurina

1912-1936

 

Eudaldo était né à Santa Coloma de Farnés (diocèse de Gerona), le 1er août 1912.

Elève chez les Frères de Ecoles Chrétiennes à Santa Coloma de Farnés, il y sentit à son tour la vocation et sollicita longtemps son admission.

Admis au Noviciat en 1930, il reçut la vêture cette même année, et prit le nom de Olegario (ou Oleguer) Ángel.

La maladie l’obligea à quitter le scolasticat pour aller se soigner dans la communauté de la Sainte-Famille ; rétabli complètement, il rejoignit la communauté de Condal en 1933 où il enseigna.

En 1934, il passa à San Hipólito de Voltregá, une petite communauté de quatre Frères, qui hébergeait aussi un religieux de la Sainte-Famille.

Quand éclata la révolution, des miliciens se présentèrent à la porte pour arrêter «trois Frères» ; les deux Frères Olegario et Honorato étaient là, entourant l’autre religieux qui avait ouvert la porte. Ils furent arrêtés tous les trois, conduits en voiture sur le chemin de San Boy de Llusanés, à quatre kilomètres de San Hipólito, où ils furent fusillés.

C’était le samedi 18 août 1936.

Olegario avait vingt-quatre ans. Il a été béatifié en 2007.

 

 

Agustín Pedro Calvo

1913-1936

 

Agustín était né à Cobatillas (diocèse de Teruel) le 8 septembre 1913.

Ses études ne furent pas faciles, au Petit-Noviciat de Cambrils, mais on le garda pour sa piété et sa simplicité.

En 1930, il recevait l’habit des Frères Lassaliens, et le nom de Honorato Alfredo.

Sa formation s’acheva au scolasticat, où il mit toute son énergie pour bien compléter ses études et il assuma une classe à Teruel en 1933, puis à Tarragona.

En 1936, il passa à San Hipólito de Voltregá, une petite communauté de quatre Frères, qui hébergeait aussi un religieux de la Sainte-Famille.

Quand éclata la révolution, des miliciens se présentèrent à la porte pour arrêter «trois Frères» ; les deux Frères Olegario et Honorato étaient là, entourant l’autre religieux qui avait ouvert la porte. Ils furent arrêtés tous les trois, conduits en voiture sur le chemin de San Boy de Llusanés, à quatre kilomètres de San Hipólito, où ils furent fusillés.

C’était le samedi 18 août 1936.

Honorato Alfredo allait avoir vingt-trois ans. Il a été béatifié en 2007.

 

 

Carmes de El Carmen de Onda (Castellón)

† 1936

 

Il y avait trente Religieux dans ce couvent, surtout des jeunes étudiants et novices.

Au matin du lundi 27 juillet 1936, des Gardes «d’assaut» vinrent leur donner l’ordre de partir immédiatement ; ils furent conduits au centre de Onda, où ils chantèrent encore une fois ensemble le Salve Regina.

Ils parvinrent à Villarreal, et n’étaient déjà plus que vingt-et-un après que certains avaient déjà pu rejoindre leurs pays. Les autres devaient prendre le train pour Valencia et de là gagner à leur tour leurs pays respectifs.

Déjà le sous-prieur (Anastasio Ballester) fut arrêté et fusillé au cimetière de Cuevas de Vinromá (Castellón).

Arrivés au Cabañal, deux seulement continèrent sur Madrid, tandis que les dix-huit autres descendirent, avec le Père Provincial, et conduits à Valencia.

Le Père Rafael Sarría partit pour Algemesí, où il allait être fusillé. Le Frère Florencio Marquínez disparut totalement, ainsi que le Frère Angelo Martín, disparu à la station du Norte.

Neuf autres du groupe, très jeunes, presque des enfants, furent conduits à un proche couvent et devaient être amenés en train à Madrid, ainsi que trois Frères ; le père Evangelista Muñoz Tornero devait descendre à Albacete, et recevoir la couronne du martyre à Almusafes (Valencia).

Restaient huit jeunes novices ; un neuvième, Isidoro Garrido, profita de la distraction d’un gardien pendant la route, et s’éclipsa ; il put raconter ce qu’il avait vu jusque là.

Le 28 juillet, ils arrivèrent à la gare de Madrid-Astocha, une zone particulièrement marquée par le front de la guerre civile. Les miliciens ne savaient pas quoi faire. On les mit dans une pension de vieillards, jusqu’au 14 août. Trois jours plus tard, à minuit, un groupe de miliciens vint réveiller tout le monde : il fallait s’habiller immédiatement et tout laisser sur place.

Ils emmenèrent les huit jeunes novices au cimetière de Carabanchel Bajo pour les fusiller, au petit matin du 18 août 1936.

Ces jeunes qui avaient entre dix-huit et vingt-deux ans furent béatifiés en 2013. Voici leurs noms (ici, par ordre d’âge décroissant)  : 

  • Daniel García Antón
  • Silvano Villanueva González
  • Adalberto Vicente y Vicente
  • Aurelio García Anton
  • Francisco Pérez Pérez
  • Angelo Reguilón Lobato
  • Nicomedes Andrés Vecilla
  • José Sánchez Rodríguez

 

Les corps furent laissés là où ils étaient tombés ; une passante remarqua quelques heures plus tard que l’un des plus jeunes n’était pas mort et se traînait par terre ; elle le signala à l’un des soldats, qui vint l’achever d’un coup de feu. Il pourrait s’agir de Nicomedes Andrés ou de José Sánchez.

On laissa les corps exposés bien en évidence. Un médecin vint établir les certificats de décès seulement le surlendemain et l’on dépouilla entièrement les corps des Martyrs, qui restèrent là, nus, aux yeux de tous. Enfin l’ordre arriva de les ensevelir.

Un autre prêtre carme, Francisco Marco Alemán, fut fusillé le 28 (ou le 18) novembre 1936 à Paracuellos de Jarama (Madrid), et béatifié avec le même groupe.

 

 

Daniel García Antón

1913-1936

 

Il était né le 11 décembre 1913 à Navacepeda de Tormes (Ávila, Espagne).

C’est le frère aîné de Aurelio, martyrisé le même jour.