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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 23:00

11 AVRIL

 

I.

S Antipas, martyr à Pergame ; s. Jean en parle dans l’Apocalypse (2,13) ; on dit qu’il y fut évêque, et qu’il fut enfermé dans un bœuf d’airain rougi au feu.

II.

S Philippos, évêque à Gortyne.

IV.

S Domnio, évêque à Salone.

S Pharmuthe, ermite en Arménie.

?

S Eustorge, prêtre à Nicomédie.

VI.

S Barsanuphius, égyptien, moine puis reclus près de Gaza ; il ne communiquait que par écrit.

S Isaac, syrien, venu près de Spolète ; il avait le don des miracles et des prophéties. 

VII.

S Airy (Ageric), abbé à Saint-Martin de Tours. 

Ste Godeberte, vierge près de Noyon.

VIII.

S Guthlac, anglais, chef d’une bande de jeunes pillards, puis moine à Repton, enfin ermite sur l’île de Croyland.

XI.

S Stanislas, évêque à Cracovie, martyrisé par le roi Boleslas, à qui il avait dû faire des remontrances mais qui, repenti, se retira dans un monastère bénédictin ; patron de la Pologne et du diocèse de Cracovie.

XII.

B Landuin, compagnon et successeur de s. Bruno en la chartreuse de Calabre.

B Ulrich, abbé à Kaisersheim, dont il fut le fondateur.

XIII.

Bse Sancha, fille du roi du Portugal, cistercienne près de Coimbra, mystique ; fondatrice d’un monastère de recluses, où elle mourut.

B Raynier, reclus à Osnabrück, près de la porte de la cathédrale.

XV.

B Antonio (Angelo) Carletti de Chivasso, franciscain à Gênes ; son corps est resté incorrompu, à Cuneo.

XVII.

B George Gervase, bénédictin anglais, martyr à Londres. 

XX.

Ste Gemma Galgani (1878-1903), stigmatisée italienne.

Bse Elena Guerra (1835-1914), grande dévote du Saint-Esprit (et qui influença le pape Léon XIII), fondatrice des Oblates du Saint-Esprit.

B Feliks Ducki (Symforian, 1888-1942), franciscain polonais massacré à Auschwitz, béatifié en 1999.

Antipas

1er siècle

 

Le saint auteur de l’Apocalypse, l’apôtre saint Jean, fait un éloge aussi bref que solennel de saint Antipas (Ap 2:12-13) : 

Ecris à l’ange de l’Eglise de Pergame : Voici ce que dit Celui qui a le glaive aigu à deux tranchants : Je sais où tu habites : là où se trouve le trône de Satan ; mais tu es fermement attaché à mon nom, et tu n’as point renié ma foi, même en ces jours où Antipas, mon témoin fidèle, a été mis à mort chez vous, où Satan habite.

C’est tout ce qu’on sait d’Antipas, mais c’est beaucoup, car c’est l’essentiel : il est fidèle au-delà de toute épreuve, au milieu d’un monde païen.

Ce martyre a dû trouver place sous Domitien (81-96). 

Une certaine tradition rapporte qu’Antipas fut enfermé dans un bœuf d’airain rougi au feu. 

Antipas aurait aussi été évêque de Pergame. Mais c’est peu vraisemblable. 

Saint Antipas a été honoré très tôt en Orient. Son nom fut introduit tardivement dans le Martyrologe.

Il est mentionné au 11 avril.

 

 

Philippos de Gortyne

† 180

 

Après l’annonce de l’Evangile qui se fit en Crète, grâce à l’action de s.Tite qui ordonna les premiers évêques, un des plus remarquables pontifes de Gortyne fut Philippos.

S.Dionysios de Corinthe (v. 8 avril), dans sa lettre aux Crétois, en fait un vibrant éloge. Une expression maintes fois citée affirme que Philippos garantit son Eglise de la fureur des Gentils et des embûches des hérétiques, ce qui suppose de la part de l’évêque une activité et une vigilance de tous les instants.

Il mourut vers 180.

Saint Philippos de Gortyne est commémoré le 11 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Domnio de Salone

† 304

 

Il faudrait faire une distinction :

 

1. Domnius serait le premier évêque de Salone (Dalmatie, auj. Split, Croatie).

D’après une tradition, Domnius aurait été envoyé à Salone par s.Pierre lui-même, après que s.Paul y eut envoyé Titus pour une première évangélisation (cf. 2Tm 4:10).

Domnius aurait donc reçu le martyre dès le 1er siècle, précédé d’ailleurs de nombreux Compagnons qui moururent un mois plus tôt.

Il serait donc un des six évêques qui auraient précédé s.Venantius (v. 1er avril), mais n’a jamais été mentionné dans le Martyrologe.

 

2. La même tradition affirme que, sous Dioclétien (304), un autre personnage s’illustra par sa foi, qui portait le nom de Domnio.

C’était un domestique de l’empereur Maximien. Il avait la prérogative de poser la couronne d’or sur la tête de l’empereur. Mais il était surtout chrétien, en secret.

Il exhortait les Chrétiens à persévérer dans la foi, à se préparer au Martyre ; il en sauva bon nombre, qu’il fit passer à Rome.

Maximien en fut informé et menaça Domnio. Ce dernier s’enfuit et pensait aller à Rome à son tour, mais il fut rejoint à Parme par les soldats de Maximien, qui le décapitèrent.

Domnio aurait ramassé sa tête et l’aurait portée au-delà de la rivière locale. A la suite de nombreux miracles, le saint corps fut reporté à Salone.

Il y aurait eu ensuite confusion entre Domnius et Domnio, le deuxième recevant le titre d’évêque, qui convenait au premier.

Saint Domnio de Salone, avec le titre erroné d’évêque, est commémoré le 11 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Barsanuphius de Gaza

† 540

 

Barsanuphe et son frère étaient nés en Egypte.

Laissant son frère, il vint en Palestine dans le monastère de Saint-Séridon près de Gaza. Après quelque temps, il demanda à y vivre en reclus : sa porte demeura fermée pendant près de cinquante ans ; il ne communiqua plus avec l’extérieur que par écrit, l’higoumène (supérieur) Séridos servant d’intermédiaire entre le moine et les gens qui voulaient le questionner. C’est par cette «correspondance» que l’on connaît Barsanuphe et que l’on a déduit certains aspects de son genre de vie.

Il restait un ou deux jours par semaine sans manger ; mais il était moins dur pour les autres, conseillant de dormir six heures la nuit, de manger suffisamment de pain, de légumes, de fruits et même de vin ; pour travailler ou pour voyager, il suggérait même une double ration.

Son combat n’était pas sans tentations, et il en parlait simplement ; mais on ne sait rien sur les grâces particulières qu’il recevait du ciel.

C’est ainsi qu’il eut cette «inspiration» de remettre les péchés à des correspondants extérieurs, alors qu’il n’était pas prêtre lui-même : il «lisait» les âmes, priait et s’offrait pour le pardon des péchés, et écrivait par exemple : Tes péchés seront remis, surtout par les prières et les supplications des Saints et par ta foi en (Dieu).

Son frère vint le voir, d’Egypte ; Barsanuphe lui fit répondre que son frère était Jésus ; que s’il acceptait de devenir moine, alors il deviendrait son frère.

Il arriva un autre incident plaisant. Un certain moine nommé Théodore osa supposer que cette correspondance à travers l’higoumène Séridos, était un stratagème de ce dernier pour tenir les moines sous son exclusive dépendance ; il fut bien surpris, quand il arriva au monastère, d’être invité à entrer avec ses amis et de voir arriver Barsanuphe, mystérieusement averti, qui leur lava les pieds à tous. 

A un mourant, il fit dire : La mort sans le péché, n’est pas la mort, c’est le passage de l’affliction au repos, le passage des ténèbres à la lumière ineffable et à la vie éternelle.

Barsanuphe mourut vers 540.

Ses reliques se trouvent à Oria (Brindes, Italie).

Saint Barsanuphius de Gaza est commémoré le 11 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isaac de Spolète

† 550

 

Isaac était syriaque.

Son pays était déjà le théâtre d’affrontements, et entre Chrétiens : ceux fidèles à la doctrine de l’Eglise, et les eutychiens. Il résolut de passer en Italie.

Il vint aux environs de Spolète, et se présenta à Eleutherios, l’abbé du monastère Saint-Marc. C’est ce dernier qui parla d’Isaac au pape Grégoire Ier (le Grand, v. 12 mars).

Isaac obtint de pouvoir demeurer dans l’église du monastère autant qu’il le souhaiterait ; mais un jour qu’il y était resté trois jours et trois nuits, le sacristain le prit à partie, l’accusa de simulation et le gifla ; aussitôt le diable s’empara du pauvre sacristain et lui faisait crier Isaac me chasse ; Isaac, ému de compassion, délivra le malheureux possédé.

Ce premier signe, et d’autres ensuite, le rendit célèbre ; on vint le consulter, on l’invita : Isaac fit savoir qu’un moine qui recherche des possessions sur cette terre n’est pas un vrai moine.

Il avait le caractère naturellement enjoué, et son constant sourire ne pouvait laisser entendre les prodiges qui s’accomplissaient par sa prière. Qu’on en juge.

Un soir, il commanda aux moines de déposer leurs bêches dans le jardin. Au petit matin, tous les instruments étaient aux mains de braves ouvriers ; c’étaient des brigands qui, une fois pénétrés dans l’enceinte, s’étaient senti le devoir de cultiver la terre au profit des moines. Isaac les remercia, les complimenta et les exhorta désormais à demander, plutôt qu’à voler.

Une autre fois, de pauvres pèlerins en haillons vinrent demander l’aumône. Isaac demanda à un moine de leur remettre les habits qu’il trouverait dans tel arbre creux de la forêt et les pèlerins furent bien surpris de se voir remettre… leurs propres vêtements, qu’ils avaient cachés frauduleusement avant de se présenter au monastère.

Et celle-ci encore. Un domestique apporte à Isaac un panier plein de poissons. Isaac lui dit : Prends garde à l’autre panier. Le domestique en effet, avait détourné un deuxième panier ; il fut bien réconforté de constater dans ce panier un serpent et d’avoir échappé à la mort, et tout honteux demanda pardon pour sa fraude.

Isaac mourut vers 550 et son corps fut l’objet d’une grande vénération à Spolète.

Saint Isaac de Spolète est commémoré le 11 avril dans le Martyrologe Romain.

Stanisłas de Cracovie

1030-1079

 

La naissance de Stanisłas est comparable à celle de saint Jean-Baptiste (voir au 24 juin) : ses pieux parents, âgés, ne pouvaient plus avoir une descendance, qu’ils avaient tant demandée à Dieu. Stanisłas naquit enfin, après trente ans de mariage de ses parents, le 26 juillet 1030, à Szczepanów (Cracovie, Pologne).

Il grandit dans l’exercice des mêmes vertus dont il avait un exemple vivant en ses chers parents. 

L’enfant étudia à Gnesen, puis à Paris : au terme de ses études de droit canonique et de théologie, il refusa humblement le titre de docteur.

Rentré en Pologne, il hérita de ses parents une grande fortune, qu’il distribua aux pauvres.

L’évêque l’ordonna prêtre et le nomma chanoine du chapitre. Il en fut la gloire, consulté par tous les grands de Pologne.

A la mort de cet évêque, on acclama unanimement Stanisłas pour lui succéder, mais seul l’ordre formel du pape put vaincre l’humble refus du candidat. Il fut consacré en 1072.

Désormais, chaque année, il fera la visite apostolique de son diocèse, montrant une douceur paternelle et intarissable envers les plus faibles. 

Si l’évêque put avoir une saine influence sur le roi Boleslas le Généreux, pour faire venir en Pologne des bénédictins, il fut en conflit ouvert avec ce même roi à cause de sa conduite perverse.

Le récit de ces épisodes a été considéré comme légende par certains. En voici l’essentiel.

Le roi, qui vivait dans le vice le plus effronté, reçut plusieurs fois de vives remontrances de la part de l’évêque Stanisłas, qui eut à cœur de ramener le roi à une vie saine, pour faire cesser le scandale public que sa vie causait dans le pays.

A la deuxième remontrance, le roi était fou de rage. Il fit accuser calomnieusement Stanisłas d’avoir usurpé un bien au profit de l’Eglise et voulait le faire condamner. Stanisłas alors alla appeler son vendeur, qui était mort, le ressuscita et l’invita à venir témoigner. Le roi fut bien obligé de s’incliner. Mais il retomba dans le péché et l’évêque intervint une troisième fois. Stanisłas se vit obligé d’excommunier le roi.

Ce dernier organisa l’assassinat de l’évêque. Les gardes qui pénétrèrent dans la chapelle où l’évêque célébrait la Messe, furent mystérieusement aveuglés. Le roi alla personnellement abattre le prélat en lui fracassant le crâne avec son épée.

C’était en 1079, le 11 avril, selon certains, le 8 mai selon d’autres.

Le pape jeta l’interdit sur le pays. Le roi comprit heureusement son crime, s’en repentit, et se retira dans un monastère bénédictin pour y faire pénitence jusqu’à la fin de ses jours.

Le miracle du ressuscité n’est pas l’unique des miracles de saint Stanisłas, qui en ressuscita d’autres. Ces miracles aboutirent à la canonisation en 1253.

Il est un des patrons de la Pologne.

L’actuelle fête liturgique de saint Stanisłas est au 11 avril.

 

 

Lanuinus, chartreux

† 1119

 

Lanuinus a posé quelques problèmes aux historiens, qui distingueraient un Landuinus ou Landoninus,  ou encore Lauduinus, et un Lanvinus ou Lanuinus. L’un serait martyr, mais sans culte attesté, l’autre non. Mais les données des deux sont si proches, qu’on peut très bien les faire coïncider et expliquer les apparentes divergences. 

Landovino, dit le Normand, serait de la ville italienne de Lucques, d’où la forme italienne fréquente de son prénom ; certes, cette ville faisait partie de la domination lombarde, mais la famille de notre moine était peut-être originaire du sud, sous administration normande, et le jeune étudiant pourrait avoir reçu son surnom à cause de son origine.

Toujours est-il qu’on le retrouve ensuite à Reims, compagnon ou élève de Bruno de Cologne (v. 6 octobre), avec lequel il se retira dans le massif de la Grande Chartreuse. L’autre Landuinus aurait aussi été un des premiers Compagnons de s.Bruno.

Il est probable que Landovino était prêtre, mais il n’avait pas appartenu pour autant au clergé de Reims. Peut-être fut-il recensé parmi les prêtres de Grenoble ?

Devant partir pour Rome sur appel du pape, Bruno le désigna pour être le prieur de la Chartreuse. Et comme Bruno fut contraint de rester en Calabre, où il fonda une autre Chartreuse à Squillace, Landovino vint l’y retrouver pour discuter des problèmes de l’Ordre. Landovino espérait aussi secrètement convaincre Bruno de revenir en France…

Mais Landovino lui-même ne revint pas en France. La lettre de Bruno qu’il portait pour les moines chartreux, parvint à leurs destinataires ; Landovino, lui, tomba dans les griffes de l’archevêque de Ravenne, devenu alors l’antipape Clément III et qui, ne pouvant gagner à sa cause le Chartreux, le força à rester là. L’autre Landuinus aurait aussi été «martyrisé» à Ravenne.

Landovino s’éteignit justement dans cette ville de Ravenne, le 14 septembre 1100.

Le Martyrologe Romain cependant affirme qu’il mourut à Squillace, et en 1119.

Le bienheureux Landovino est maintenant commémoré le 11 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sancha de Portugal

1180-1229

 

Sancha de Portugal naquit en 1180, à Coimbra, deuxième fille du roi portugais Sancho Ier et de Dulce d’Aragon, qui eurent onze enfants. Deux autres filles, Teresa et Mafalda, sont aussi au Martyrologe (v. 17 juin et 1er mai).

Sancha, tout en restant dans le monde, avait organisé saintement sa vie ; elle avait reçu, dès 1216, des Franciscains envoyés par leur Fondateur pour convertir les Maures, puis des Dominicains ; elle finit par laisser son palais aux Franciscains et fonda le monastère de Cellas, où elle réunit des recluses qui vivaient dans cette région et leur donna la règle cistercienne.

Après avoir rendu visite à ses sœurs Teresa et Blanca, elle rétablit les bonnes mœurs dans une ville appartenant à Teresa, par une sage administration et surtout par son exemple, puis entra à son tour dans le monastère de Cellas qui comptait déjà trente religieuses ; elle donna à l’une d’elles la charge d’abbesse et ne pensa pour elle-même qu’à l’obéissance, l’humilité, la solitude.

Elle fut douée du don de prophétie et pénétrait les secrets des âmes.

Pendant sa dernière maladie, elle manisfesta son union intime avec Dieu par le joie qui apparaissait sur son visage et les miracles dont elle gratifia quelques-unes de ses sœurs.

Elle mourut le 11 avril 1229, assistée de son aînée, Teresa. Au même moment de sa mort, le bienheureux Gil de Vaozela (v. 14 mai), qui priait dans une église, vit Sancha entourée d’une lumière céleste.

Teresa emporta sa dépouille au monastère de Lorvão.

Sancha fut béatifiée avec sa sœur Teresa en 1705. Le Martyrologe la nomme bienheureuse, et Teresa sainte.

 

 

Antonio Carletti

1411-1495

 

Antonio de son nom de baptême, il naquit en 1411 à Chivasso (Turin, Italie NO), deuxième des deux fils d’une famille d’ancienne noblesse.

Ayant été reçu Docteur en Droit, civil et ecclésiastique, et en Théologie à Bologne, il exerça le métier de juriste et fut membre de la Cour de Justice, ainsi que sénateur du Duc de Montferrat. 

Quand sa mère lui proposa un heureux mariage, il répondit prudemment qu’il n’était pas bon de disperser le patrimoine familial et que son frère aîné donnerait à la famille suffisamment de descendants. Plus tard, à la mort de sa mère, il partagea son héritage entre son frère (Cristoforo) et les pauvres, et alla frapper chez les Franciscains Observants de Gênes. Il avait alors trente-trois ans, et prit le nom d’Angelo.

Bientôt, il fut ordonné prêtre. Il enseigna la théologie aux novices et fut chargé de prêcher : il fut à Mantoue, Gênes, Cuneo, Susa, à la cour de Turin. Angelo eut une grande préoccupation pour les pauvres et établit (ou consolida) la pratique des monts-de-piété, pour les protéger contre l’usure et la rapacité des riches.

Des personnalités de tous bords le consultèrent ; il rédigea à l’intention des confesseurs une Somme des Cas de Conscience, qu’on appela Somme angélique, plusieurs fois réimprimée à Venise (le titre d’angélique n’avait rien de présomptueux, c’était seulement une façon de «signer» l’ouvrage). Ce fut un des ouvrages que Luther brûla en place publique pour «détruire» l’orthodoxie catholique.

En 1464 il fut élu Vicaire provincial ; en 1467, Commissaire pour subdiviser l’immense province franciscaine de Germanie en trois : Boème, Pologne, Autriche ; en 1472, Vicaire général des Observants, charge durant laquelle il fonda les couvents de Saluzzo, Mondovì et Pinerolo. Il devait être réélu trois fois par la suite et voyagea dans toute l’Italie pour visiter les couvents, ce qu’il faisait toujours à pied.

En 1480, les Turcs assiégèrent Otranto et y massacrèrent huit-cents Chrétiens (v. 14 août). Rome était à leur portée, et tout l’Occident chrétien. Angelo fut nommé par le pape pour organiser la résistance chrétienne et contrer l’avance musulmane : Angelo alla trouver les dirigeants pour lever une armée, il organisa des prières publiques et des processions, lui-même offrit à Dieu ses prières et ses jeûnes ; la mort frappa le sultan et le danger fut écarté.

En 1484, il présenta au chapitre un Bref papal qui l’exemptait de toute responsabilité, mais on le pria tout de même d’accepter sa nomination pour le bien de l’Ordre. Il se soumit. 

En 1491, le pape l’envoya encore prêcher dans le Piémont et la Savoie, où il ramena à la foi catholique un grand nombre d’hérétiques vaudois.

Angelo refusa plusieurs fois l’épiscopat. Il aimait remplir les plus humbles offices de sa communauté. Dieu récompensa son humilité par le don des miracles. Sa prière obtenait beaucoup de grâces, dans toute l’Italie. 

Enfin il put échapper à la réélection en 1493, à quatre-vingt-deux ans, et se retirer au couvent de Cuneo. Il alla encore quêter dans les rues.

C’est là qu’il mourut le 11 avril 1495.

Son corps resta incorrompu, flexible, et émanait un merveilleux parfum.

Angelo fut proclamé céleste Patron de Cuneo. Lors du siège imposé par les Français en 1691, une bombe perça le toit de l’église de Cuneo, mais se posa devant la châsse d’Angelo sans exploser.

Le culte d’Angelo fut confirmé en 1753.

 

 

George Gervase

1571-1608

 

George était né à Bosham (Sussex, Angleterre) et fut très tôt orphelin de père et mère.

Des ravisseurs l’emmenèrent en «captivité» pendant douze années, durant lesquelles il abandonna toute expression de sa foi catholique.

Quand enfin il put revenir en Angleterre, il apprit que son frère, Henry, s’était exilé en Flandre, justement pour conserver sa foi catholique : George voulut le rejoindre et se réconcilia bien vite avec l’Eglise.

Il entra au Collège anglais de Douai en 1595, et fut ordonné prêtre en 1603. 

Aussitôt il reprit le chemin de l’Angleterre pour y exercer le saint ministère sacerdotal. Il ne put le faire que pendant deux années, car il fut arrêté en juin 1606, et exilé avec d’autres membres du clergé.

Il profita de cette «exclusion» pour faire un pèlerinage à Rome, où il demanda à être admis parmi les Jésuites. Mais sur le refus de ces pères, il s’en revint à Douai et demanda à être admis comme novice chez les Bénédictins : c’était une congrégation originaire d’Angleterre, qui s’était retirée à Douai, et qui aujourd’hui a sa maison-mère à Downside. 

Son frère Henry lui trouva plutôt un logement à Lille, pensant lui préserver les aléas de la persécution qui sévissait en Angleterre. Mais George avait bien en tête d’aller travailler à la conversion de son pays natal, et réussit à y retourner.

Il fut bientôt arrêté et incarcéré. Il refusa de prêter le serment de fidélité. Il fut jugé, accusé du «crime» d’être prêtre, et reçut la palme du martyre de la façon «habituelle» en Angleterre : pendu, éviscéré et écartelé, à Tyburn.

C’était le 11 avril 1608. Sa vie sacerdotale n’avait duré que cinq ans, mais c’était une mesure déjà bien pleine aux yeux de Dieu.

George Gervase a été béatifié en 1929.

Gemma Galgani

1878-1903

 

Cinquième de huit enfants, Gemma naît le 12 mars 1878 à Borgo Nuovo di Camigliano (Lucques, Toscane, Italie). Le papa est pharmacien, et vient s’installer à Lucques.

Les parents Galgani font donner une solide instruction à tous leurs enfants, filles et garçons. Gemma est demi-pensionnaire dès l’âge de deux ans. Gemma se montre d’un calme imperturbable quoi qu’on lui dise, elle ne pleure jamais.

A cinq ans, elle lit l’office de la Sainte Vierge. Gemma conçoit un grand amour pour la Mère de Dieu et désirera toujours devenir religieuse ; du moins elle restera vierge. Son amour de la pureté fut tel que les médecins ne purent jamais l’ausculter.

Sa mère meurt de tuberculose en 1885, année où elle reçoit la Confirmation. En 1887, exceptionnellement, elle peut faire la Première communion, à neuf ans (à l’époque, c’était plutôt vers douze ans). 

Gemma «vide» la maison de son père pour venir en aide aux pauvres de la ville. Son père doit intervenir ! Elle s’occupe de toutes les tâches de la vie domestique, tout en intensifiant sa vie intérieure. Jésus-Christ lui parle intérieurement. Elle commence de souffrir du mal de Pott.

1887-1891 : elle fréquente l’école Sainte-Zita, où sa maîtresse lui fait méditer chaque jour un passage de la Passion du Christ. Cette école a été fondée peu auparavant par Elena Guerra, qui la connaîtra (et mourra le même jour qu’elle, le 11 avril de 1914).

En 1894, meurt son frère Gino qui a dix-sept ans, celui qui lui est le plus proche. Son Ange gardien lui apparaît et lui demande plus de dépouillement encore dans le vêtement pour devenir vraiment l’épouse d’un Roi crucifié. Les expériences surnaturelles s’intensifient.

En 1897, meurt Monsieur Galgani. La famille est sans ressources, les enfants sont dispersés chez les oncles et tantes. Elle a des apparitions de saint Gabriel de l’Addolorata (voir au 27 février), qu’elle aimera profondément. En 1899, il viendra prier avec elle pour demander sa guérison, par l’intercession de sainte Marguerite-Marie Alacoque.

Gemma essaiera d’entrer dans un monastère, elle hésitera, et finalement ne réussira à entrer dans aucun, ni les camilliennes, ni les passionnistes, ni les visitandines. Dieu ne la voulait pas là.

En 1899, elle reçoit les stigmates de la Passion de Notre-Seigneur, la veille de la fête du Sacré-Cœur, jusqu’au vendredi à quinze heures. Désormais, chaque semaine, ces plaies se répéteront du jeudi soir au vendredi après-midi, accompagnées des douleurs de la couronne d’épines.

Un mois plus tard, lors d’une mission des pères Passionnistes, elle reconnaît l’habit de saint Gabriele de l’Addolorata (ou de Notre-Dame des Douleurs). Elle «apprend» intérieurement qu’un religieux de cette congrégation sera son directeur spirituel.

La même année, on commence de prendre des notes des paroles de Gemma durant ses extases.

A partir de 1900, Gemma est accueillie par une pieuse famille, pour la mettre à l’abri des indiscrétions, à cause de sa vie trop extraordinaire. 

Elle rencontre alors le père Germano, qui sera son fidèle directeur spirituel. C’est lui qui lui «commandera» de cesser d’avoir les stigmates, pour mettre à l’épreuve son obéissance, mais aussi pour éprouver l’origine surnaturelle de ce phénomène. Les stigmates devinrent invisibles.

Gemma eut des épreuves diaboliques : le démon la rouait de coups, lui suggérait que son confesseur se trompait, lui apparaissait comme un monstre d’impureté…

En 1902 commence une nouvelle maladie. Gemma est invitée à souffrir pour les prêtres pécheurs. Elle perd sa petite sœur Giulia (dix-huit ans) et son frère Tonino (Antonio, vingt-deux ans). Elle va souffrir de façon très douloureuse.

En septembre, premiers symptômes de la tuberculose.

Gemma s’éteint à cette vie le Samedi Saint 11 avril 1903, à vingt-cinq ans. Elle avait prophétisé que, si les passionnistes ne l’avaient pas voulue vivante, elles l’auraient morte : elles s’installèrent en effet à Lucques en 1905, et c’est elles qui gardent le sanctuaire de sainte Gemma.

Gemma Galgani a été béatifiée en 1933, canonisée en 1940.

 

 

Elena Guerra

1835-1914

 

Ecrivain, théologue, apôtre, sainte, dit d'elle son biographe, le père Domenico Abbrescia, elle était née en Italie à Lucca (Lucques) le 23 juin 1835. 

A la maison, elle a étudié le français, la musique, la peinture, la broderie et en plus, en cachette, le latin. A 19 ans, elle est infirmière auprès des malades du choléra de Lucca et à 22 ans un mal mystérieux l'immobilisera pendant presque huit ans au lit. Elle lit les Pères de l'Eglise, elle crée un groupe d' “Amitiés spirituelles” avec celles qui lui rendent visite, elle nourrit des projets de formes de vie contemplative.

Elle guérit, elle étudie, elle voyage ; en 1870 elle assiste à Rome à une séance du Concile du Vatican ; à Lucca, après bien des échecs, elle donne naissance à une communauté féminine, de vie active, dédiée à l'éducation des jeunes filles sous le patronage de sainte Zita, patronne de la ville.

C'est une communauté sans vœux, une association de volontaires pour l'enseignement, dirigée par elle-même et ses écrits, ses “livrets”, guides très efficaces pour l'enseignement de la foi.

Dans cet institut est reçue une certaine Gemma Galgani, qui y fera la première Communion en 1887. Curieusement, Elena Guerra mourra le même jour que sainte Gemma Galgani, à quelques années de différence.

Plus tard, l'Institut sera reconnu par l'Eglise comme congrégation religieuse. Elena y connaît déjà des problèmes, des conflits, mais elle rêve d'une entreprise qui va bien au-delà de cette congrégation, de Lucca, de l'Italie même : elle doit investir l'Eglise entière. Elle y pense depuis des années, elle lance maintenant sa croisade : il faut guider tous les fidèles vers la connaissance et l'amour grâce à l'Esprit Saint, dont le Christ disait : Il vous guidera vers la vérité tout entière (Jn 16:13).

Selon elle, les chrétiens sont trop faiblement conscients de la glorieuse perspective qui nous attend, renouvelant l'événement de la Pentecôte de Jérusalem. C'est le moment d'agir, et personne ne l'arrête : elle écrit au pape Léon XIII, elle insiste, écrit encore, se rendra à l'audience pour demander au pape de promouvoir fortement le “retour à l'Esprit”, qui surviendra au vingtième siècle dans de nombreux mouvements et groupes. Deux documents pontificaux, en 1895 et 1897, invitent les fidèles à œuvrer dans ce but particulièrement cher au cœur de Léon XIII : c’est la lettre apostolique Provida Matris Caritate (1895), promouvant la neuvaine à l’Esprit Saint pour l’unité des chrétiens, entre l’Ascension et la Pentecôte, et l’encyclique sur l’Esprit Saint Divinum Illud Munus (1897), précisant que cette neuvaine doit se faire tous les ans. Le même pape donne aux Sœurs d'Elena le nom d'Oblates de l'Esprit Saint. Elena a été comprise, Rome l'a entendue.

Mais à Lucca, on lui met des bâtons dans les roues ; ce sont ses propres Sœurs, ses filles spirituelles. Elle en vient à démissioner de sa place de Mère générale, avec en plus des humiliations vraiment injustes. Elle accepte tout, soutenue par l'amitié de Consœurs fidèles et également par sa vision limpide de l'exemple d'amour qu'il faut savoir donner à tout moment. C'est son heure suprême. 

Elle s'éteint le matin du Samedi Saint 1914, le 11 avril, juste après avoir vêtu l'habit des Oblates de l'Esprit Saint. Son corps est enseveli à Lucques, dans l'église Saint-Augustin.

Elle est béatifiée en 1959, par le pape Jean XXIII qui lui a donné le titre d'Apôtre de l'Esprit Saint.

 

Note. L'Association du Buisson Ardent, de la mouvance du Renouveau Charismatique, diffuse dans beaucoup de pays, se réfère à l'esprit qu'elle a voulut répandre dans l'Eglise, pour inviter tous les fidèles à une adoration de l'Esprit Saint.

    

 

Feliks Ducki

1888-1942

 

Né le 10 mai 1888 à Varsovie, de Julian Ducki et Mariana Lenardt, Feliks fut baptisé le 27 mai suivant.

Il fréquenta l’école primaire à Varsovie.

En 1918, les pères Capucins purent réintégrer leur couvent de Varsovie, précédemment abandonné lors de l’ukase tsariste de 1864 qui avait supprimé les Ordres religieux.

Feliks, qui était un capucin dans l’âme, les rejoignit, les aida à réorganiser le couvent et demanda à être admis comme postulant.

En 1920, il commença le noviciat proprement-dit à Nowe Miasto, avec le nom de Symforian (Symphorien). En 1921 il fit la première profession et fut envoyé à Varsovie, Lomza, de nouveau Varsovie, pour rendre service aux communautés. En 1925, il fit alors la profession solennelle, avec les vœux perpétuels.

C’est alors qu’il fut quêteur à Varsovie, chargé de recueillir des offrandes pour la construction du petit séminaire de Saint Fidèle, et compagnon du ministre (= supérieur) provincial.

Son caractère simple et amical le rendait sympathique à tous, à la population, aux Confrères. Malgré tant d’activités, il demeurait un homme de prière.

Quand la Deuxième guerre mondiale éclata, il fit tout son possible pour trouver les produits de première nécessité pour son monastère, mais aussi pour les pauvres dont il s’occupait.

Le 27 juin 1941, les hommes de la Gestapo vinrent arrêter les vingt-deux Capucins du couvent de Varsovie, où se trouvait Feliks-Symforian. Ce dernier fut d’abord mis en prison à Pawiak, puis transporté le 3 septembre à Auschwitz.

Lui qui était de constitution plutôt forte, souffrit beaucoup de la faim avec les misérables rations qui étaient distribuées aux prisonniers. 

Après sept mois, il fut condamné à une mort lente.

Or, un soir, il aperçut les gardiens qui abattaient des prisonniers en leur fracassant la tête à coup de matraques. Quand ils avancèrent vers son bloc, Symforian se présenta à la porte, les empêcha d’entrer et fit sur ces bourreaux le signe de la croix, tout en avertissant ses compagnons que ceux qui regrettaient sincèrement leurs péchés, seraient entièrement pardonnés par Dieu et entreraient tout de suite au Ciel. 

Il y eut un moment de stupeur, et on lança l’ordre de l’assommer à son tour. Il reçut une pluie de coups de matraque sur la tête et s’effondra entre les Allemands et les prisonniers. Peu après, il se redressa un peu et fit un nouveau signe de croix en direction des Allemands. Alors, on l’acheva.

Symforian aurait pu rester neutre dans son coin, déjà condamné comme il l’était. Mais son geste mit fin au carnage qu’étaient en train d’accomplir les militaires et ainsi une quinzaine de prisonniers échappèrent à la mort.

Les survivants alors soulevèrent respectueusement le corps de Symforian sur le charriot avec les dépouilles de leurs compagnons abattus, et les conduisirent au four crématoire.

C’était le 11 avril 1942.

Le frère Feliks-Symforian Ducki fut béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais de la période nazie, en 1999.

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 23:00

10 AVRIL

 

III.

Terentius, Pompeius, Africanus, Maximus, Zeno, Alexander, Theodorus et leurs Compagnons, martyrs à Carthage.

IV.

S Apollonius, martyr en Alexandrie.

VII.

S Palladius, évêque à Auxerre ; il établit que les chanoines recevraient cent sols de la main de l’évêque, le jour de la fête de s. Germain.

IX.

S Bède le Jeune, du Sleswig, élevé à la cour, moine à Gavello ; il refusa maints évêchés. 

XI.

S Macarios, arménien, évêque à Antioche ; il quitta son siège par humilité et commença un long pèlerinage jusqu’en Flandre, où il mourut de la peste à Gand.

S Fulbert, ami de Gerbert, évêque à Chartres et maître de réputation internationale, poète, musicien, hagiographe ; il avait une grande dévotion pour la Sainte Vierge .

XV.

B Antonio Neyrot, piémontais, dominicain à Florence ; prisonnier à Tunis, où il renia sa foi, mais se repentit, fut arrêté, torturé et exécuté le Jeudi Saint 1460 ; racheté par des marchands gênois, son corps fut enterré à Gênes, puis transféré à Rivoli, sa ville natale.

B Marco Fantuzzi, franciscain à Piacenza.

XVII.

S Miquel des Saints “l’extatique” (29 sept.1591-1625), trinitaire catalonais, qui eut de spectaculaires extases et mourut à trente-trois ans et six mois, à peu près comme le Christ. 

XIX.

Ste Maddalena de Canossa, fondatrice à Vérone d’un double Institut des Fils et des Filles de la Charité, pour les malades et la catéchèse ; Napoléon, qui la vit, l’appela “un ange” ; canonisée en 1988.

XX.

B Piotr Zukowski (Bonifacy, 1913-1942), franciscain polonais, martyr à Dachau, béatifié en 1999.

B Rolando Rivi (1931-1945), jeune séminariste italien, assassiné par les "Partisans", béatifié en 2013.

B Pedro María Ramírez Ramos (1899-1948), prêtre colombien assassiné, béatifié en 2017.

Martyrs de Carthage

† 250

 

Il s’agit ici d’un groupe de quarante sept Martyrs, qui témoignèrent pour le Christ au moment de la persécution de Dèce.

Leurs noms connus sont : Terentius, Africanus, Maximus, Pompeius, Alexander, Theodorus, Zeno.

Le gouverneur de Carthage (Afrique, act. Tunisie), Fortunatianus, invita tout le peuple de Carthage à venir sacrifier aux dieux, en leur exposant les instruments de supplice auxquels seraient condamnés ceux qui n’obtempéreraient pas.

Hélas, beaucoup renièrent leur foi, ce qui engendrera ensuite le problème des lapsi : peut-on les réadmettre dans la communion ? si oui, à quelles conditions ?

Mais il y eut des courageux, parmi lesquels ceux de notre groupe. Ils furent convoqués devant le tribunal. Térence parla au nom de tous, réaffirmant leur volonté de rester fidèles au Christ et leur désir de mourir pour Lui, même au prix de grandes souffrances.

Le gouverneur les fit dévêtir et traîner jusque dans le temps païen. Térence reprit la parole : Ces statues ne sont que du bois, des pierres, de l’airain, du fer : on a doré ces statues pour éblouir les yeux des hommes.

Terentius, Africanus, Maximus et Pompeius furent jetés dans un cachot. Tous les autres comparurent à leur tour : frappés de verges et de lanières de cuir, ils restèrent aussi fermes que les premiers. Placés sur un grand bûcher, ils se mirent à chanter le cantique des Trois jeunes hommes (cf. Dn 3:52-90). Puis ils furent accrochés en l’air, pour être mieux déchirés par les coups : et voici qu’avec un simple signe de croix, les victimes mirent en poussière les idoles ; le temple s’écroula.

Peut-être que l’auteur du récit s’est laissé un peu emporter dans son élan : si le temple s’était écroulé, il aurait englouti tous les présents, comme lors de la mort de Samson (cf. Jg 16:27-31). Au contraire, le récit enchaîne que Fortunianus fit alors décapiter les Martyrs.

Revenant au premier groupe, et n’en pouvant obtenir rien d’autre, Fortunianus fit charger de lourdes chaînes les prisonniers - qu’un ange vint délivrer et illuminer durant la nuit -. Le lendemain et pendant plusieurs jours, le gouverneur les soumit encore à d’autres tortures, avant de les faire décapiter.

Tous ne moururent donc pas le même jour, mais ils ont été réunis dans une unique mention, ayant été unis dans un même combat. 

Ces saints Martyrs de Carthage sont commémorés le 10 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Apollonius d’Alexandrie

† 250

 

Il s’agit ici d’un Martyr de la persécution de Maximien, donc dans les années 305-310.

Apollonius était un prêtre. 

Il fut martyrisé en Alexandrie d’Egypte, mais on ne sait rien de plus quant aux circonstances de ce martyre.

Saint Apollonius d’Alexandrie est commémoré le 10 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Palladius d’Auxerre

† 658

 

De Palladius on ne connaît pas les circonstances de sa naissance et de sa jeunesse.

On sait que, prêtre et abbé de Saint-Germain, il conquit l’estime du peuple par sa bonté envers les pauvres et sa sagesse, et qu’il fut unanimement désigné pour être le vingtième évêque d’Auxerre, en 622.

On a retrouvé sa signature sur les actes de plusieurs conciles : Reims en 625 ; Clichy en 633 ; Chalon-sur-Saône en 644. Au concile de Reims, il fut question du droit d’asile dans une église, de l’interdiction de consulter les devins païens, de réduire en servitude des personnes libres ; à celui de Clichy, Sigebert III fut nommé roi d’Austrasie, d’Aquitaine et de Provence ; celui de Chalon-sur-Saône s’occupa entre autres du très controversé droit de dépouille, par lequel certains dignitaires s’appropriaient les biens des prêtres défunts.

En 635, Palladius re-fonda hors les murs le monastère de Saint-Julien pour des religieuses, stipulant qu’elles iraient chaque jeudi en procession à la cathédrale, ce qui pruuve qu’à cette époque déjà on ne considérait par le cloître comme une clôture hermétique. En 644, l’évêque demandait à ces religieuses de nourrir et vêtir les pauvres.

Palladius embellit l’église Saint-Etienne, en fonda d’autres encore, dont celle de Saint-Eusèbe (v. 1er août), avec un monastère pour les hommes ; on dit que dans cette dernière église, on n’épargna pas l’or et le cristal pour les mosaïques. La localité de Vercisum où Palladius édifia l’église de Saint-Germain, devint Vergers, réunie ensuite à Sully (Donzy).

Envers les chanoines de la cathédrale d’Auxerre, il établit que chaque année, en la fête de saint Germain (v. 31 juillet), l’évêque remettrait cent sols à chacun d’eux, espérant qu’ainsi les bons chanoines solenniseraient davantage la fête de saint Germain.

Comblé de mérites, Palladius s’éteignit le 10 avril, vers 658 (mais cette date varie de 653 à 661), et fut enterré en cette même église de Saint-Eusèbe qu’il avait fondée, et où eurent lieu beaucup de miracles.

Il fut canonisé en 945.

Saint Palladius est commémoré le 10 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bède le Jeune

† 883

 

Bède était originaire de l’actuel Danemark (son nom ne devait certainement pas porter l’accent).

Il passa quarante-cinq ans de sa vie à la cour des empereurs Louis le Débonnaire et Charles le Chauve : c’était un des premiers seigneurs de l’empire.

La grâce de Dieu travailla dans ce cœur droit, et Bède comprit qu’il valait mieux amasser d’autres trésors pour le siècle à venir : il quitta la cour, les amis, les honneurs, les plaisirs, et se retira loin, très loin, en Italie, dans un monastère entre Venise et Ferrare, à Gavello. C’est qu’il voulait absolument être oublié, dans ce monastère bénédictin retiré et presque inconnu.

Bède n’était plus alors un jeune garçon, et l’on pouvait supposer que le noviciat lui aurait quelque peu coûté, par ses austérités, ses horaires réguliers, son silence… Bède chercha en tout la perfection avec une soumission totale aux dispositions de ses maîtres.

Son mérite et sa sainteté le firent nommer à plusieurs évêchés, mais son humilité lui fit refuser tous ces honneurs.

Il mourut le 10 avril 883 et son corps fut déposé à l’église Saint-Bénigne de Gênes, où fut construite au 12e siècle une autre abbaye bénédictine, aujourd’hui disparue.

On l’a surnommé le Jeune, principalement pour le distinguer de son illustre «ancêtre» le Vénérable, qui fut anglais et mourut cent-cinquante ans plus tôt (v. 25 mai).

Saint Bède le Jeune est commémoré le 10 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Macaire l’Arménien

† 1012

 

Macarios était arménien de naissance. Le royaume d’Arménie n’était déjà plus ce qu’il avait été des siècles plus tôt ; les Romains déjà, puis les Byzantins, enfin et surtout les Sarrasins l’avaient déjà maintes fois soumis et réduit à des limites bien plus restreintes.

Les parents de Macarios, chrétiens, l’éduquèrent dans la foi et le confièrent à l’évêque d’Antioche de Pisidie, qui s’appelait lui aussi Macarios.

Le jeune Macarios fut si docile et fidèle, qu’ils reçut les ordres sacrés et le sacerdoce ; l’estime qu’on avait de lui, du petit peuple à l’évêque, le fit désigner tout naturellement pour succéder à celui-ci.

Jeune archevêque, Macaire gouverna son peuple avec douceur et bonté ; insensible aux injures et aux persécutions - qui ne manquaient pas -, il remplissait les devoirs de sa charge avec zèle. Sa maison était remplie de pauvres, d’estropiés, de malades, qui recouraient à lui comme à un père ou à un médecin.

Trop de louanges et d’honneurs heurtèrent sa profonde humilité et il décida de se retirer. Après avoir distribué ce qui lui restait encore, il recommanda son diocèse à un certain prêtre nommé Eleuthère, et partit à pied visiter les Lieux Saints de Palestine.

En 1006, il arriva donc auprès du patriarche de Jérusalem, qui le reçut fraternellement. Il profita de ses rencontres avec les Juifs et les Musulmans, pour leur expliquer l’erreur de leurs positions respectives et pour les amener à la foi. S’il fit quelques conversions, il subit surtout de la part des Musulmans une série d’humiliations qu’on a peine à imaginer : on l’étendit à terre les bras en croix, on lui attacha les pieds et les mains avec des cordes, on lui mit sur la poitrine une énorme pierre ; ce qui étonna les bourreaux, c’est que Macarios sortit de cette épreuve sans aucun dommage et ce prodige en amena certains à la foi.

Les parents de Macarios le firent contacter dans l’espérance de le voir revenir promptement, mais lui, invoquant des signes de Dieu, continua son pèlerinage. A travers l’Epire et la Dalmatie, il parvint en Bavière, monta sur Mayence et Cologne, atteignit le Brabant, le Hainaut et la Flandre : de ville en ville, il s’arrêta enfin à Gand, vers 1011.

La sainteté du personnage ne pouvait passer inaperçue ; on voulut le retenir, mais il projeta alors de revenir dans son diocèse.

Ce qui le retint cette fois-ci, fut la maladie de la goutte, puis la peste.

Comme il l’avait annoncé, il fut la dernière victime de cette épidémie et mourut au soir du Jeudi saint, 10 avril 1012.

Ses reliques sont demeurées à Gand, où Macaire est resté en grande vénération.

Saint Macaire l’Arménien est commémoré le 10 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fulbert de Chartres

960-1029

 

La naissance et l’origine de Fulbert restent mystérieuses ; on l’a dit romain, mais aussi aquitain.

Etudiant à Reims, on a souvent affirmé qu’il avait été l’élève d’un certain Gerbert, le futur pape Sylvestre II qui, une fois élu pape, l’appela quelque temps à Rome. C’est de Gerbert que Fulbert aurait reçu sa formation scientifique et philosophique. L’épisode est contesté aujourd’hui, mais Fulbert demeure célèbre pour sa science universelle : droit, grammaire, rhétorique, poésie, musique, médecine.

Etabli en l’église de Chartres, Fulbert en fut le chancelier et y créa une école de théologie, géométrie, médecine et philosophie.

Vers 1002, des troubles s’élevèrent dans l’abbaye de Saint-Pierre de Chartres. Pour être renseigné convenablement, l’abbé Abbon de Fleury s’adressa à Fulbert. Ce dernier expliqua comment Magenard, moine ambitieux, s’était fait élire abbé, avait été chassé du monastère, et avait expié sa faute de façon si exemplaire que les moines eux-mêmes l’avaient rappelé à leur tête.

Sur intervention du roi Robert II, Fulbert devint évêque à Chartres en 1007. Mais l’élu se soucia toujours de maintenir l’indépendance de l’Eglise. Cet évêque consciencieux rechercha la paix et la concorde, dans un grand respect de toutes les parties. Il chercha ainsi à réconcilier le comte Eudes II de Blois avec le roi Robert II ; dans une célèbre lettre au duc Guillaume V d’Aquitaine, il résume en six mots ce que doit être la fidélité d’un vassal : salut, sécurité, honneur, intérêt, facilité et liberté d’action. Même quand il encourut la disgrâce du roi, il fit tous ses efforts pour en regagner l’amitié.

Fulbert continua son enseignement à l’école de Chartres, qui devint la plus célèbre académie de France.

Il vit le danger de l’erreur de Béranger sur la Présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie, et réfuta l’erreur de son ancien élève. Il en prévint aussi son métropolitain, l’évêque Léothéric de Sens, en ces termes : Pilote du vaisseau du roi, sois circonspect et sur tes gardes : si tu t’écartes de la route prescrite par la foi, tu feras certainement un triste naufrage.

Fulbert devint comme l’oracle des princes et des évêques. En 1008, au concile de Chelles, on voit qu’il signe juste après les métropolitains, avant d’autres évêques bien plus anciens que lui.

L’évêque de Chartres eut le souci de son diocèse, et sut réprimer des abus. Il édita des canons pénitentiaux, composa des hymnes pour la liturgie. Actuellement l’hymne pascale Chorus Novæ Ierusalem est toujours au Bréviaire.

En 1020, après l’incendie désastreux de la ville, il entreprit la reconstruction de la cathédrale, suppliant les princes de l’aider financièrement : Canut de Danemark, Guillaume de Poitiers. Cette cathédrale, dont subsiste aujourd’hui l’immense crypte, fut placée sous le vocable de Notre-Dame, Reine de Miséricorde, à laquelle il avait une grande dévotion. Il établit dans son diocèse la fête de la Nativité de Marie.

Ce saint évêque gouverna son Eglise pendant environ quatorze ans. Il mourut le 10 avril 1029.

Il fut enterré dans l’abbaye où il aimait se retirer, à Saint-Père-en-Vallée.

Sur la base de plusieurs miracles opérés par son intercession, Fulbert a longtemps été considéré Bienheureux ; il a le titre de Saint dans le Martyrologe, au 10 avril.

 

 

Antonio Neyrot

1423-1460

 

Antonio vit le jour vers 1423 à Rivoli (Piémont, Italie NO). On ne connaît pas sa famille : on pourrait peut-être supposer que cette famille avait des racines françaises et que le nom de Noiraud, prononcé à l’ancienne Nouéraud, soit devenu Neyrot en piémontais.

Tout jeune encore, le garçon quitta sa patrie pour aller se présenter au couvent de Saint-Marc de Florence qui avait été cédé aux Dominicains de Fiesole sur la demande de saint Antonino (v. 2 mai). Ce dernier, dominicain lui-même, allait devenir évêque de Florence. Dans le couvent, était en train de travailler un humble Religieux, qui peignait d’admirables fresques, un certain Giovanni de Fiesole, mieux connu comme Fra Angelico (v. 18 février).

En 1448, une épidémie de peste dévasta Florence et décima les Religieux qui s’étaient dévoués auprès des malades et des mourants.

Antonio ne répondit pas vraiment aux grâces que Dieu lui accorda. D’un caractère faible et inconstant, il s’abandonnait aisément aux rêves de son esprit inquiet. Il voulut passer en Sicile ; malgré les exhortations touchantes et les menaces d’Antonino, il demanda et obtint l’autorisation de ses supérieurs, échappa aux dangers de la traversée, et débarqua dans l’île. Au bout de quelque temps, il voulut revenir à Naples, mais le bateau qui le portait fut pris par les pirates ; prisonnier, il se souvint des prédictions d’Antonino, reçut la visite d’un ermite de Saint-Jérôme, un certain Costanzo, devenu esclave du roi de Tunis ; il put lui faire sa confession, mais ne montra pas assez de patience et de résignation devant l’épreuve de sa captivité.

Le roi de Tunis, moyennant certaines formalités, permettait aux captifs de sortir de prison avant même qu’ils eussent été rachetés. Pour obtenir cette faveur, Antonio eut recours au crédit du consul génois, Clemente Cicero ; mais la demande avait été faite en termes peu édifiants, et le consul mal impressionné résolut de ne pas s’occuper de cette affaire. Il revint pourtant sur cette décison et consentit même à payer la somme qui devait assurer l’élargissement d’Antonio. 

Celui-ci ne sut pas utiliser les loisirs de sa mise en liberté ; sa foi s’affaiblit, ses passions se réveillèrent ; dans son ingratitude, il alla jusqu’à renier publiquement sa foi en Jésus-Christ, pire : il contracta un mariage sacrilège.

Là-dessus, Antonio apprit la mort du cher Supérieur Antonino, ainsi que les miracles qui se produisaient sur la tombe de celui-ci ; il conçut alors un profond remords et, tout troublé, appela à son aide le saint évêque Antonino, qui lui apparut : il lui rendit confiance, l’exhorta à se repentir. Désormais, Antonio fut tout-à-fait différent ; tel saint Pierre qui, après l’enthousiasme, renia son divin Maître, pleura sa faute et plus tard versa son sang pour la Foi, Antonio se convertit vraiment et persévéra jusqu’à la fin.

Pour bien montrer sa résolution, il se prépara à abjurer sa faute devant ceux-là mêmes qui avaient assisté à son apostasie, ce qui pourrait n’avoir lieu que six mois plus tard, quand le roi devrait faire son entrée solennelle à Tunis.

Durant ces six mois, Antonio ne fit pas qu’attendre ; il s’adonna à tous les exercices de la piété que lui inspirait sa conscience. Le jour des Rameaux 1460, il se confessa et communia, abjura son apostasie devant la communauté des Chrétiens, se fit faire la tonsure monastique (à l’époque, elle consistait à ne laisser qu’une couronne de cheveux, en souvenir de la Couronne d’épines du Seigneur), reprit son habit dominicain et alla ainsi se présenter au roi qui avançait solennellement dans la ville.

Antonio déclara alors qu’il croyait fermement en Jésus-Christ, qu’il détestait le crime de l’avoir renié. Le roi témoigna la surprise que lui causait cette déclaration et invita le Frère à revenir sur sa décision ; comme ce dernier n’en faisait rien, le roi ordonna d’éloigner ce disturbateur et de le remettre au juge.

En prison, Antonio prit seulement un peu de pain et d’eau et distribua à d’autres Chrétiens captifs ce qu’on pouvait lui apporter.

Le Jeudi Saint, le juge l’exhorta, le menaça, et finalement, fatigué, le condamna à mort : il devait avoir les membres brisés et le corps broyé. Les bourreaux emmenèrent incontinent Antonio au lieu du supplice. Certains tentèrent encore de le persuader, mais en vain.

Parvenu à l’endroit, Antonio remit son habit religieux à des hommes en leur disant : Gardez cet habit, si vous le préservez de toute souillure, les Chrétiens vous en récompenseront. Les hommes promirent.

Puis Antonio se mit à prier, immobile, à genoux. Alors les bourreaux et les musulmans présents s’élancèrent sur le Frère, le frappant de leurs épées, l’accablant sous une grêle de pierres. Antonio fut bientôt complètement déchiqueté. On voulut brûler son corps, mais le feu ne prit pas, de sorte qu’on tira ce cadavre par les rues et qu’on le jeta dans une fosse d’immondices. Ce martyre eut lieu le 10 avril 1460.

Des marchands de Gênes purent racheter le corps, le laver respectueusement et l’emporter à Gênes.

Dieu manifesta par des miracles la gloire de son serviteur. 

Par l’entremise du duc de Savoie, le bienheureux Amédée IX (v. 30 mars), le corps du Martyr fut transféré à Rivoli.

Le culte s’accrut et fut approuvé en 1767, ce qui équivaut à une béatification.

 

 

Marco Fantuzzi

1409-1479

 

Marco Fantuzzi naquit en 1409 à Bologne, de Bartolomeo et Lisia.

Après de brillantes études dans les arts libéraux (ou dans le droit), il quitta le monde et entra chez les Frères Mineurs Observants (1435).

En 1437, il était déjà supérieur en Emilie, et en 1444 vicaire provincial. En 1445, il fut l’un des prédicateurs choisis par le pape pour prêcher la croisade contre les Turcs.

Il se montra fervent prédicateur, à l’égal des autres grands prédicateurs franciscains de l’époque : Bernardino de Sienne, Giovanni de Capistran, Giacomo de la Marche (v.  20 mai, 23 octobre, 28 novembre).

On l’entendit prêcher à : Norcia, Mantoue, Milan, Florence, Bologne, Pérouse, Ascoli, Pavie. 

En 1452, il présida le chapitre de L’Aquila et tenta de pacifier les désaccords entre les Franciscains de Dalmatie et de Bosnie. En outre, il fut par trois fois élu Vicaire Général de l’Ordre, en 1452, 1464 et 1469, en tout neuf années en dix-sept ans.

Pour appuyer et encourager le mouvement de réforme franciscain, il visita les couvents d’Europe centrale et orientale, et de Terre Sainte. Le pape concéda aux Observants de dépendre directement du vicaire général, et non plus des Conventuels, ce qui provoqua des jalousies et des heurts, dont souffrit beaucoup Marco. Dans un nouveau chapitre, il fut même privé de son droit de vote, malgré les vives protestations de Giacomo de la Marche.

A Bologne, il contribua à la fondation du monastère du Corpus Domini, ainsi que le Mont de Piété. Un témoin de la vie de Marco rapporte qu’il opéra des guérisons miraculeuses.

Marco s’éteignit à Plaisance, après y avoir prêché le carême, le 10 avril 1479.

Quatre siècles plus tard, le culte en fut approuvé, en 1868, reconnaissant Marco comme Bienheureux.

 

 

Miquel Argemir i Mitjà

1591-1625

 

Miquel naquit en la fête de saint Michel Archange, 29 septembre 1591, à Vich (Catalogne, Espagne), avant-dernier des huit enfants de Enrique Argemir et Montserrat Mitjà, qui lui donnèrent le nom de l’Archange.

Dans cette famille très chrétienne, chaque jour on priait le chapelet et lisait l’évangile ; le samedi on assistait aux vêpres à la cathédrale. 

A sept ans, Miquel obtint la permission de jeûner trois fois par semaine en carême, et comme sa santé ne s’en ressentait pas, il jeûna tout le carême l’année suivante. Déjà il fit vœu de chasteté et chercha à vivre en ermite dans le massif de Montseny.

A onze ans, il fut orphelin et voulut entrer au couvent, mais la famille s’y opposa. Il s’habitua dès lors à ne manger que des herbes et des légumes.

En 1603, il réussit tout de même à entrer chez les Trinitaires de Barcelone, et passa au noviciat de Saragosse en 1606 ; il fit la profession le 30 septembre 1607, lendemain de ses seize ans (et de la fête de saint Michel).

Il connut le mouvement de réforme des Trinitaires Déchaux ; il partit en 1608 pour Oteiza (Pamplona), et finira le noviciat à Madrid. On l’envoya à La Solana, puis Séville, Valldepeñas, Cordoue, Granada et Socuéllamos. Il alla étudier la philosophie à Baeza de 1611 à 1614, puis la théologie à Salamanque. 

Le bruit se répandit de ses étonnantes extases. A Séville, il devait lire la lecture de l’Office sur la Jérusalem céleste, et ne put achever ; il fallut le remplacer au pupître ; à la fin de l’extase, qui dura jusqu’à la fin de l’Office, Miquel s’en alla en courant, tout confus de la situation. A Cordoue, quand on lut un passage sur le joie des Bienheureux au Paradis, il s’envola littéralement, sortit du chœur et n’alla atterrir que devant le Saint Sacrement d’une église. A Salamanque, on le vit s’élever en l’air les bras en croix au moment où le professeur parla de l’Incarnation du Christ ; il resta dans cette position pendant un quart d’heure.

En 1616 il reçut l’ordination sacerdotale à Baeza. Il fut confesseur, prédicateur et vicaire conventuel. Les conversions furent nombreuses ; on le surnomma l’extatique. Un jour, lors d’une nouvelle extase, Jésus et lui échangèrent leurs cœurs, selon ce que Miquel relata dans ses notes : La Tranquillité de l’Ame.

Miquel expérimenta aussi la calomnie et la prison : deux Religieux, jaloux, prétendirent le dénoncer et Miquel dut passer dix mois en prison sans pouvoir se défendre, disant seulement que c’était là la volonté de Dieu.

En 1622, on le nomma prieur à Valladolid ; sa renommée s’étendit encore plus, des personnalités ecclésiastiques et civiles vinrent se confesser à lui. Miquel se préoccupa avec le plus grand zèle du rachat des Chrétiens captifs des Musulmans (ce qui est le but de l’Ordre trinitaire), mais aussi se préoccupa d’autres «prisonniers» : les affligés, les pécheurs, les pauvres.

En 1625, il fut pris de fièvre typhoïde. Il se prépara à la mort avec la plus grande ferveur et avec grande joie, et mourut le 10 avril 1625 ; il avait trente-trois ans et à peine plus de six mois, environ l’âge de Notre-Seigneur.

On ne compta pas les miracles qui se produisirent, avant et après sa mort. Miquel, surnommé Miquel des Saints, fut béatifié en 1779 et canonisé en 1862.

Miquel des Saints est le patron céleste de la ville de Vich, et aussi de l’Adoration nocturne.

Maddalena de Canossa

1774-1835

 

Elle naît à Vérone (Italie) le 1er mars 1774, troisième des six enfants de cette famille noble et riche des marquis de Canossa. Le père est Ottavio de Canossa, la mère est la comtesse Teresa Szluha. Les six enfants sont : Carlo Vincenzo (mort-né), Laura Maria, Maddalena, Bonifacio, Rosa et Eleonora.

L’enfance et l’adolescence sont marquées par les douloureuses épreuves de la mort du papa (1779) et du remariage de la maman (1781).

Maddalena et ses sœurs auront pour préceptrice une française sévère et autoritaire, dont l’influence négative sur Maddalena conduira cette dernière à une grave maladie.

A dix-sept ans, Maddalena tente par deux fois d’entrer au Carmel, à Verona puis à Conegliano, mais une intuition intérieure la pousse à se donner davantage au Christ et à Le servir parmi les plus pauvres.

La situation politique de la fin du 18e siècle est agitée, la ville italienne de Vérone passe sous la botte autrichienne puis est conquise par les troupes napoléoniennes et Maddalena remet à plus tard son saint projet, acceptant de rester dans le palais Canossa pour administrer l’important patrimoine familial, d’autant plus que l’évêque n’est pas entièrement d’accord avec le projet qu’elle lui dévoile.

Elle s’efforce malgré tout d’aller trouver les pauvres, ceux qui ont faim de pain, mais aussi faim d’instruction, de compréhension, et surtout faim de la Parole divine. Elle les rencontre aux portes de Vérone, où on ressentait douloureusement le passage des troupes révolutionnaires.

Après avoir regroupé quelques amies qui adhéraient à son idéal, Maddalena quitte définitivement le palais Canossa en 1808 pour s’installer dans le quartier le plus pauvre de Vérone et y servir ceux qui ont le plus besoin du Cœur du Christ.

L’Esprit de Dieu va littéralement enflammer cette humble fondation : en peu de temps, Maddalena ouvre des maisons à Vérone, à Venise, à Milan, à Bergame, à Trento…

Maddalena et ses compagnes sont actives dans cinq domaines bien spécifiques : l’école de la charité pour la promotion intégrale de la personne ; la catéchèse à tous les niveaux, surtout pour ceux qui sont loin ; l’assistance des femmes malades dans les hôpitaux ; maisons de formation pour de jeunes maîtresses dans les campagnes, qui épauleront les curés dans les activités pastorales ; enfin, exercices spirituels annuels pour les dames de la haute noblesse, en vue de les aider spirituellement à s’élever, tout en les insérant dans diverses activités caritatives. Par la suite, ces exercices s’étendront aussi à toutes les catégories sociales.

Autour de la figure et de l’œuvre de Maddalena, gravite toute une armée de témoins de la charité, qui laisseront à leur tour leur nom dans les pages de la vie de l’Eglise : Leopoldina Naudet, Antonio Rosmini, Antonio Provolo, Karl Steeb, Gaspare Bertoni, Teodora Campostrini, Teresa Eustochio Verzeri, Elisabetta Renzi (voir la note plus bas).

En 1819-1820, les divers diocèses où sont présentes les communautés, donnent leur approbation. Le pape Léon XII approuve la règle des Filles de la Charité en 1828.

En 1831, voit le jour la branche masculine des Fils de la Charité, que Maddalena projetait depuis 1799. Deux essais, avec Antonio Rosmini puis Antonio Provolo n’avaient pas abouti. Cette fois-ci, l’œuvre est appuyée par un saint prêtre de Venise, Francesco Luzzo, aidé par deux laïcs de Bergame : Giuseppe Carsana et Benedetto Belloni.

Maddalena meurt à soixante-et-un ans, le 10 avril 1835, à Vérone. Elle a été béatifiée en 1941, et canonisée en 1988. Inscrite au Martyrologe au 10 avril, elle est toutefois localement fêtée le 8 mai, en-dehors du temps du Carême.

Les Fils et les Filles “Canossiens” sont envoyés vraiment ad gentes, à toutes les nations : les Filles de la Charité sont répandues jusqu’en Extrême-Orient, les Fils de la Charité sont présents en Italie mais aussi outre Océan. 

 

Note. Quelques indications sur tous ces noms qui ont illustré la vie de l’Eglise à Vérone ou dans les environs durant le XIXe siècle : 

La Vénérable Leopoldina Naudet (1773-1834) a fondé les Sœurs de la Sainte Famille de Vérone. 

Le Bienheureux Antonio Rosmini (1797-1855) a été béatifié en 2007 ; il est fêté le 1er juillet.

Le Serviteur de Dieu Antonio Provolo (1801-1842) est un saint prêtre de Vérone, qui voulut promouvoir l’assistance aux sourds-muets par la musique.

Le Bienheureux Karl Steeb (1773-1856) est un prêtre allemand actif à Vérone, fondateur des Sœurs de la Miséricorde de Vérone, béatifié en 1975 et fêté le 15 décembre.

Saint Gaspare Bertoni (1777-1853) fonda à Vérone la Congrégation des Saintes Stigmates de Notre Seigneur, fut béatifié en 1975 et canonisé en 1989 ; il est fêté le 12 juin.

La Servante de Dieu Teodora Campostrini (1788-1860), a donné naissance à Vérone aux Sœurs Minimes de la Charité de Notre-Dame des Douleurs.

Sainte Teresa Eustochio Verzeri (1801-1852) fonda la Congrégation des Filles du Sacré-Cœur de Jésus pour l’éducation des jeunes filles pauvres et fut canonisée en 2001 ; le Martyrologe la commémore le 3 mars.

La Bienheureuse Elisabetta Renzi (1786-1859) a fondé la Congrégation des Maîtresses Pies de Notre Dame des Douleurs ; béatifiée en 1989, elle est fêtée le 14 août.

Piotr Żukowski

1913-1942

 

Né le 13 janvier 1913 à Baran-Rapa (Nemencine, Vilnius, Lituanie), Piotr était le fils de Andrzej Żukowski et de Albina Walkiewicz.

Il travailla aux champs, puis entra à seize ans chez les Franciscains Conventuels du Niepokalanow, sous le nom de Bonifacy. 

Il fait la première profession en 1932, et la solennelle en 1935. Il a dû recevoir l’ordination sacerdotale vers 1938.

Il fut un fidèle collaborateur du père Kolbe dans la rédaction du bulletin Le Chevalier de l’Immaculée.

Quand survient la police nazie, il risque sa vie pour protéger les machines typographiques. Arrêté avec six autres, il est envoyé au camp de Auschwitz le 8 janvier 1942. Il porte le n° 25447.

Il meurt à l’infirmerie, victime d’une pneumonie, le 10 avril 1942.

Il a été béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais de l’époque nazie, en 1999.

 

 

Rolando Rivi

1931-1945

 

Né le 7 janvier 1931 à San Valentino (Castellarano, Italie nord), Rolando était le deuxième des trois fils de Roberto Rivi et Albertina Canovi.

Il entra au Petit séminaire de Marola en 1942, mais revint dans sa famille deux ans après, à cause de l’occupation allemande dans la région.

Mais à cette époque, tous les petits séminaristes portaient déjà la soutane, et Rolando continua à s’habiller ainsi chez les siens. C’était courageux de la part de l’adolescent, car dans cette région, les «partisans» communistes, en haine du fascisme au pouvoir, n’hésitaient pas à assassiner les prêtres qu’ils rencontraient.

Le 10 avril 1945, ils vinrent chercher Rolando chez lui, laissant aux parents un petit mot : Ne le cherchez pas. Il nous accompagne un petit moment. Les Partisans.

Le «petit moment» dura trois jours au terme desquels les Partisans eux-mêmes indiquèrent où se trouvait le corps du séminariste. Son père et le curé du village le retrouvèrent dans un bois, le visage tuméfié, le corps plein de sévices, et deux blessures mortelles, une au cœur, l’autre à la tempe gauche.

La mort de Rolando eut lieu le 10 avril 1945.

Depuis, beaucoup de guérisons miraculeuses furent attribuées à l’intercession de Rolando, mais c’est principalement en raison de son martyre en haine de la foi, qu’il a été béatifié en 2013.

 

Pedro María Ramírez Ramos
1899-1948

Pedro naquit à La Plata (Huila, Colombie) le 23 octobre 1899, de Ramón et Isabel.

Après l’école de son village, il fréquenta le Petit séminaire Saint-Louis-de-Gonzague à Elías, puis en 1915 le Grand séminaire Marie-Immaculée de Garzón, où il reçut les Ordres mineurs (1917).

L’épreuve le travailla : il eut des doutes, et en 1920 se retira du séminaire.

Huit ans plus tard, il entra au Grand séminaire de Ibagué (Tolima) et fut ordonné prêtre en 1931.

Il fut curé à Chaparral, puis à Cunday (1934), à Fresno (1939), enfin à Armero (1943-1948).

Le 9 avril 1948, alors que don Pedro revenait d’avoir visité des malades à l’hôpital, éclata une révolte à cause de l’assassinat du candidat à la Présidence, Jorge Eliecer Gaitán Ayala. Le prêtre n’avait rien à voir là-dedans, mais par précaution se réfugia dans son église paroissiale ; les Religieuses, qui habitaient à côté, lui conseillaient de s’enfuir pendant la nuit, mais il préféra rester auprès de ses ouailles.

La révolte dégénéra. Le 10 avril dans l’après-midi, toute une foule excitée s’engouffra dans l’église, profanant le lieu saint ; on demanda à don Pedro et aux Religieuses de livrer leurs armes - qu’ils n’avaient pas, bien sûr. Alors on s’empara du prêtre, on le tira dehors et on l’assassina à coups de poignard.

Personne n’osait ramasser le corps du prêtre, par peur de subir le même sort. Vers minuit, les assassins vinrent le tirer jusqu’au cimetière voisin et l’ensevelirent seulement le lendemain, en pleine terre, sans sa soutane. Le 21 avril, les autorités intervinrent pour accorder une autopsie et une sépulture digne du prêtre.

Localement, don Pedro est surnommé le Martyr d’Armero. Il fut béatifié en 2017.

Pedro María Ramírez Ramos sera commémoré le 10 avril dans le Martyrologe Romain.

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 21:56

María Emilia Riquelme y Zayas

1847-1940

 

María Emilia naquit le 5 août 1847 à Grenade (Espagne), premier enfant d’un couple très chrétien : Joaquín Riquelme y Gómez, officier de carrière qui devint Lieutenent Général ; María Emilia Zayas Fernández de Córdoba y de la Vega, qui descendait du Grand Capitaine, Gonzalo Fernández de Córdoba.

Ces parents désiraient ardemment la naissance d’un fils, qui aurait continué la lignée paternelle et aurait aussi servi sous les armes, mais ce garçon, Joaquín, qui naquit deux ans après María Emilia, mourut à dix-sept ans. Une deuxième fille vint au monde, Blanca, qui mourut un an plus tard ; un quatrième enfant naquit aussi, mais mourut peu après la naissance.

María reçut au Baptême (deux jours après sa naissance) les noms de : María Emilia Joaquina Rosario Josefa Nieves de la Santísima Trinidad. Le prénom Nieves (Neiges) est sans doute dû à la fête qui se célèbre le 5 août, Notre-Dame des Neiges (la Tradition rapporte qu’un 5 août, en plein été, une des collines de Rome se trouva couverte de neige, et que c’était là le signe providentiel qui indiquait où il fallait construire la première basilique mariale à Rome).

En 1851, elle accompagna ses parents en Navarre, où venait d’être nommé le papa. C’est là que naquirent les trois petits frère et sœurs de María, c’est là aussi que mourut la maman, en 1855, quand María n’avait pas encore huit ans.

Une autre Maman se manifesta alors : María eut une vision de la Vierge Marie, qui tenait dans ses bras l’Enfant-Jésus. Maria alors se consacra à Notre-Dame du Carmel, et fit en 1859 privément le vœu de chasteté.

Elle fut bonne élève à l’école, à Séville puis à Madrid. Elle apprit à chanter, à jouer du piano, à parler des langues (dont le français), et à monter les chevaux.

Elle accompagna son père dans ses déplacements, à Pampelune, Tenerife et La Coruña. En 1868, eut lieu la Révolution libérale, qui détrôna la reine Isabelle II : le père s’enfuit alors en exil à Lisbonne, et María vint vivre chez sa tante à Madrid. Là vivait un cousin, diplomate de son état, Eduardo Díaz del Moral y Riquelme, qui aurait bien voulu l’épouser - et essuya un franc et sincère refus.

Quand María parla de sa vocation religieuse à son père, celui-ci tenta de l’en dissuader et de la distraire par d’autres rencontres.

Au contraire, María se rapprocha des Sœurs de la Charité et des Pères Vincentiens, sur le conseil de son directeur spirituel, Marcelo Spinola y Maestre, futur cardinal et bienheureux (v. 19 janvier). De même qu’elle avait eu la vison de Marie avec l’Enfant-Jésus, elle alla trouver les pauvres et les malades pour les aider maternellement ; elle donnait de l’argent aux filles qui, pour vivre, étaient tentées de se prostituer ; elle aidait aussi les jeunes gens qui ressentaient la vocation sacerdotale, comme par exemple le futur archevêque Leopoldo Eijo y Garay.

Après la mort de son père (1885), elle crut le moment venu d’entrer en religion, mais sa santé ne le lui permit pas, aussi fit-elle arranger dans sa demeure une chapelle et alla trouver les pauvres gens. Quelques jeunes filles s’attachèrent à son mode de vie, donnant ainsi naissance en 1896 à une petite famille religieuse, les Missionnaires du Saint Sacrement et de Marie Immaculée. C’étaient alors huit Religieuses, qui reçurent l’approbation de l’archevêque de Grenade. María en fut la supérieure, jusqu’à sa mort.

Une seconde maison s’ouvrit à Barcelone en 1900, et une école à Grenade.

En 1912, María reçut de Pie X l’approbation pontificale.

En 1936, elle put se réfugier à temps en France, durant les années de la Guerre civile.

De retour en Espagne, elle s’établit à Grenade, où elle mourut le 10 décembre 1940.

La congrégation se répandit au Portugal, aux Etats-Unis.

María Emilia fut béatifiée en 2019. Le miracle dû à son intercession et reconnu par le Pape, advint en Colombie.

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 00:00

Iuliu Hossu

1885-1970

 

Iuliu Hossu naquit le 30 janvier 1885 à Milaş (Transylvanie, alors Autriche-Hongrie, act. Roumanie), dans une vieille famille de rit gréco-catholique ; les parents s’appelaient Ioan et Victoria Mariutiu ; ils eurent quatre enfants : Iuliu, Vasile, Traian et Ioan.

Alexandru fréquenta l’école à Cluj puis à Budapest, le lycée à Târgu Mureş et Blaj.

Il étudia la Philosophie et la Théologie à Vienne puis à Rome, à l’Université Pontificale Urbaine ; il obtint le doctorat en Philosophie (1906) et  le doctorat en Théologie (1908).

En 1910, il reçut l’ordination sacerdotale des mains de son oncle Vasile Hossu, évêque à Gherla, et compléta ses études pendant une année, travaillant comme archiviste et bibliothécaire. De 1911 à 1914, il fut secrétaire de son oncle Vasile et devint ainsi l’ami du Premier Ministre István Tisza.

Pendant la Première Guerre mondiale, il fut aumônier des armées austro-hongroises, tandis que ses trois frères étaient aussi mobilisés ; un de ses cousins mourut au front de Serbie.

En 1917, il fut nommé évêque de Gherla et consacré en décembre ; suivant une ancienne tradition, l’empereur Karl Ier d’Autriche, aujourd’hui Bienheureux (v. 1er avril), proclama cette nomination et la présenta au pape Benoît XV pour confirmation.

En novembre 1918, Mgr Hossu fut nommé représentant de droit de l’Assemblée Nationale de tous les Roumains de Hongrie, qui proclama en décembre la réunion de la Transsylvanie à la Roumanie et présenta sa soumission au roi Ferdinand de Roumanie.

En 1930, Mgr Hossu fut nommé évêque de Cluj-Gherla quand Gherla fut réuni à Cluj ; puis il fut nommé administrateur apostolique de Maramureş (1930-1931), plus tard aussi d’Oradea Mare (1941-1947).

En 1948 commença la persécution ouverte du gouvernement communiste contre l’Eglise gréco-catholique : on voulait détacher le clergé de son appartenance à Rome et le forcer à entrer dans les rangs de l’Orthodoxie, soumise au gouvernement. Mgr Hossu s’y opposait fermement, même quand on lui proposa le siège métropolite de Moldavie en échange de sa rupture avec Rome ; lorsque trente-six prêtres catholiques lui déclarèrent qu’ils étaient prêts à passer à l’Eglise orthodoxe, il les suspendit ipso facto.

L’évêque s’était ainsi opposé si ouvertement au gouvernement communiste, qu’il se vit forcé de quitter son diocèse ; bientôt arrêté, il fut confiné à Jilava, puis Drogoslavele, où il souffrit la faim et le froid avec les autres évêques prisonniers ; puis il fut à la prison de Sighet, à celle de Curtea de Argeş, au monastère de Ciorogârla en 1956 ; là encore il reçut des «visites» de prélats orthodoxes. Ce fut enfin la résidence forcée à Căldăruşani, où il resta jusqu’à sa mort.

En 1969, il fut suggéré au pape Paul VI de remettre la pourpre cardinalice au Roumain, Mgr Hossu, et au Hongrois, Mgr Áron Márton, les deux piliers de la communauté gréco-catholique, pour manifester le soutien du pape à cette communauté. Le gouvernement roumain accepta seulement la nomination d’Áron Márton, lequel alors refusa d’être élevé au cardinalat. Paul VI nomma Mgr Hossu cardinal in pectore (en secret), et cette nomination ne fut révélée qu’après la mort du Prélat.

Mgr Hossu mourut à l’hôpital Colentina de Bucarest, le 28 mai 1970, veillé par Mgr Alexandru Todea, auquel il dit ces ultimes paroles : Mes combats finissent, les tiens commencent.

La dépouille de Mgr Hossu fut enterrée à Bucarest, et solennellement transférée en 1982.

Iuliu Hossu est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 23:00

09 AVRIL

 

III.

S Maximos, évêque en Alexandrie.

IV.

S Ædesios, martyr en Alexandrie, frère de s. Apphianos (cf. 2 avril).

Ss Héliodore, Desan et Marjab, martyrs persans ; Héliodore, évêque à Bizabda, désigna Desan comme son successeur.

S Eupsychios, martyr à Césarée de Cappadoce ; il venait de se marier ; les chrétiens, qui venaient de recevoir l’ordre de reconstruire le temple de la Fortune, l’édifièrent en l’honneur de s. Eupsychios. 

S Liborius, évêque au Mans. 

S Badème, martyr en Perse, frappé par un apostat.

?

S Demetrius, illustre martyr à Syrmium, vénéré surtout à Thessalonique.

V.

S Acacios, évêque à Amide ; il vendit quantité d’objets précieux du culte pour subvenir à la nourriture et à la libération de prisonniers persans, ce qui lui gagna l’estime du roi de Perse, et la paix pour les chrétiens persans. 

VI.

S Dotton, écossais, abbé aux îles Orcades. 

VII.

Ste Vaudru, fille de s. Walbert et de ste Bertilie, sœur de ste Aldegonde, mère des saints Landry (évêque à Meaux), Dentelin (mort en bas âge, après son baptême), Aldetrude et Madelberte qui furent religieuses sous la conduite de leur tante ; son mari Madelgaire (futur s. Vincent de Soignies), devint moine à Haumont ; elle-même édifia un monastère qui devint la ville de Mons. 

VIII.

S Hugues, apparenté à Charles Martel et à Pépin le Bref, évêque à Rouen ; il cumula plusieurs bénéfices (abbayes de Fontenelle et Jumièges, évêchés de Paris et Bayeux), pour ne pas les laisser tomber en des mains indignes, mais qu’il administra sagement et abandonna dès que possible.

X.

S Frithstan, évêque à Winchester. 

XI.

Ste Casilde, fille du roi de Tolède ; catéchumène, elle portait à manger aux prisonniers victimes de la persécution de son père ; ce dernier l’épia : les pains se changèrent en roses ; elle se retira près du lac Saint-Vincent de Burgos où elle guérit d’un mal incurable, se fit baptiser et vécut solitaire.  

XII.

S Gaucher, solitaire à Chavagnac ; il fit construire deux monastères pour les hommes et les femmes, qui voulurent vivre sous sa conduite ; il mourut des suites d’une chute de cheval.

XIV.

S Ubaldo Adimari, chef gibelin à Florence, puis Servite de Marie au Monte Senario.

Bx Tommaso de Tolentino, Giacomo de Padoue, Piero de Sienne, prêtres, et Démétrius de Géorgie, frère convers, franciscains martyrs en Inde.

B Antonio Pavoni, dominicain en Piémont dès quinze ans, martyrisé par les hérétiques vaudois qui le mirent en pièces à la fin de la messe.

B Reginaldo Montesnarti, dominicain à Viterbe ou Orvieto.

XVIII.

Bse Marguerite Rutan, supérieure des Filles de la Charité à Dax, guillotinée, béatifiée en 2011.

XX.

Bse Katarzyna Faron (Celestyna, 1913-1944), polonaise des Petites Servantes de l’Immaculée Conception, martyre à Auschwitz, béatifiée en 1999.

Bse Lindalva Justo de Oliveira (1953-1993), brésilienne des Filles de la Charité, martyre, béatifiée en 2007.

Maximos d’Alexandrie

† 282

 

Maximos naquit en Alexandrie, de parents chrétiens et sans doute grecs, ce qui pourrait expliquer la culture exclusivemnt grecque de Maximos.

Il appartint au clergé d’Alexandrie, où les patriarches Héraclas et Dionysios (v. 4 décembre et 8 avril) lui conférèrent respectivement le diaconat et le sacerdoce.

Maximos accompagna discrètement Dionysios dans son exil à Kephro et put ainsi assurer un lien entre l’évêque et l’Eglise d’Alexandrie.

A la mort de Dionysios, Maximos lui succéda (264-265). 

Son épiscopat se déroula dans la paix retrouvée. Il reçut les décisions des pères conciliaires qui avaient déposé Paul de Samosate et protégea l’école théologique d’Alexandrie.

Il mourut le 9 avril 282, après dix-huit années d’épiscopat.

Saint Maximos d’Alexandrie est commémoré le 9 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ædesios d’Alexandrie

† 306

 

On a lu le martyre de s.Apphianos à Antioche, le 2 avril. Ædesios était son frère aîné.

Il fréquenta longuement l’école de s.Pamphilos à Césarée de Palestine et fut bientôt très savant dans les lettres grecques et romaines, mais surtout il eut une foi profonde en Jésus-Christ, qu’il défendit de toutes ses forces.

Il fut soumis à beaucoup de mauvais traitements et subit la prison plusieurs fois ; il fut finalement condamné aux mines de cuivre.

Il passa ensuite en Alexandrie et se trouva confronté à l’impitoyable juge Hiéroclès. Ce dernier persécutait lâchement les Chrétiens, et n’hésitait pas à présenter les jeunes vierges à des maisons de prostitution.

Ædesios fut profondément outré par ces atrocités honteuses. Il s’avança un jour auprès du juge assis à son tribunal, le renversa à terre et l’invectiva sérieusement. 

L’histoire ne dit pas si le juge fut remué et se convertit, mais Ædesios fut arrêté et subit le sort de son jeune frère :

Les soldats s’en saisirent, le rouèrent de coups; il eut les flancs déchirés à plusieurs reprises par les fouets et les ongles de fer, les os et les entrailles mis à nu ; on lui enveloppa les pieds avec une toile imbibée d’huile et d’encens, à quoi on mit le feu ; enfin on le jeta en mer.

Saint Ædesios d’Alexandrie est commémoré le 9 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Demetrios

4e siècle

 

Saint Demetrios (Démétrius) semble avoir été un pieux chrétien de Thessalonique, voire même un diacre. 

Selon certaines traditions, il aurait même été de famille sénatoriale, officier d’état-major, proconsul de l’Hellade, consul.

Dénoncé à l’empereur, il fut enfermé dans les souterrains des bains de Thessalonique, et l’empereur se réservait de le produire en combat contre un certain gladiateur jusque là invincible.

Un jeune ami, dénommé Nestor, vint le visiter et lui proposer de l’aider dans le combat. Quoique de frêle condition, Nestor fut en effet vainqueur, mais l’empereur l’accusa de magie pour avoir ainsi pu abattre la force du gladiateur, et le fit décapiter.

Quant à Demetrios, il fut percé d’un coup de lance.

Tandis que Nestor disparaît alors des récits, la mémoire de Demetrios se développe amplement.

Du corps de ce Martyr se mit à jaillir une huile odoriférante et miraculeuse.

Deux basiliques furent élevées en son honneur, à Sirmium et à Thessalonique. Dans cette dernière, la basilique était un chef-d’œuvre : elle mesurait quarante-trois mètres de long et trente-trois de large, contenait cinq nefs séparées par des colonnes de marbre vert. 

Comme il se doit, les Arabes l’avaient pillée au 10e siècle, puis les Normands au 12e siècle, utilisant l’huile sainte pour graisser leurs chaussures et frire leurs poissons. A leur tour, les Turcs la saccagèrent au 15e siècle, et la transformèrent en mosquée. Elle était toutefois encore fort belle au 20e siècle, surtout après qu’on ait remis à jour les superbes mosaïques que les Turcs (iconoclastes) avaient badigeonnées. Un terrible incendie la détruisit quasi totalement en 1917. Une restauration en a permis la réouverture en 1949.

Le culte de saint Demetrios est extrêmement populaire en Orient et la cathédrale orthodoxe de Thessalonique lui est dédiée.

Les Grecs le fêtent au 26 octobre, mais le Martyrologe l’a replacé au 9 avril, la date mentionnée dans les plus anciens récits.

 

 

Eupsychios de Césarée

† 362

 

Eupsychios venait de se marier, à Césarée de Cappadoce (auj. Kayseri, Turquie C).

Passa alors par là l’empereur Julien l’Apostat, qui fut fort contrarié de constater que presque toute la population était chrétienne. Il le fut bien davantage encore, quand on lui eut dit qu’on venait d’abattre un temple à la déesse Fortune. C’en était trop (pour lui) : il fit arrêter un groupe d’habitants et les fit mettre à mort ou exiler.

Eupsychios était du nombre. L’histoire ne dit pas comment réagit son épouse, durement éprouvée, mais devenue alors l’épouse d’un Martyr.

Julien ne s’en tint pas là ; il ordonna à la population de reconstruire l’édifice et continua son voyage. Il ne put constater que le nouvel édifice fut en réalité une belle église chrétienne, dédiée à… saint Eupsychios.

Saint Eupsychios de Césarée est commémoré le 9 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Liborius du Mans

† 397

 

Liborius fut le quatrième évêque du Mans.

Comme le fondateur de cette Eglise aurait été envoyé par s.Pierre, il faudrait admettre que les trois premiers évêques du Mans auraient dirigé ce diocèse pendant environ un siècle.

Mais aussi comme on prétend que s.Iulianus, le premier évêque, ne vint dans cette région qu’au quatrième siècle, les calculs se trouvent alors considérablement corrigés. La mort de s.Iulianus se situant vers 348, l’épiscopat de Liborius pourrait bien avoir commencé vers 380-390 et durer un peu moins que les légendaires quarante années qu’on lui attribue parfois.

Saint Liborius du Mans est commémoré le 9 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Acacios d’Amide

† ap. 422

 

Acacios (Achacius) fut évêque en Amide (auj. Diarbakir, Turquie E, à population kurde).

En 419, l’empereur Théodose (408-450) lui confia une mission significative : rencontrer le roi de Perse Vahram V, qui persécutait les chrétiens. Un traité de paix sera signé en 422.

En 420, Acacios participa à un concile où l’on recommanda aux Eglises de Perse d’accepter les canons des conciles généraux, depuis Nicée (325).

Puis Acacios eut le souci, bien pastoral, des milliers de prisonniers persans que les Romains ne voulaient ni nourrir ni libérer, après leur victoire de 421. Chrétiens ou pas, ces prisonniers étaient des hommes, des frères, qu’il fallait aider. Acacios plaida pour eux devant son clergé : il fallait vendre les vases sacrés en métal précieux, pour venir en aide à ces malheureux. 

Le roi de Perse Vahram V conçut alors une grande estime pour le saint évêque. Ils se rencontrèrent et Acacios obtint ainsi l’arrêt des persécutions contre les Chrétiens persans, en même temps que la conversion des nombreux prisonniers ainsi libérés.

On n’a pas d’autres informations postérieures à ce traité. On ne connaît pas la date de la mort d’Acacios.

Saint Acacios d’Amide est commémoré le 9 avril dans le Martyrologe Romain.

Ubaldo Adimari

1246-1315

 

Ubaldo Adimari était d’une noble famille de Florence (Italie) et vit le jour vers 1246, dans le quartier florentin de Borgo San Sepolcro, ce qui explique aussi qu’il est appelé Ubaldo de Borgo San Sepolcro.

La famille était du parti gibelin, favorable à l’empereur de Germanie, donc opposé aux guelfes, papistes.

Capitaine très actif du parti gibelin, Ubaldo fut cependant touché par la parole pacifiante de s. Filippo Benizi (v. 22 août) et entra dans l’Ordre des Servites de Marie au Monte Senario (1280).

Il vécut là une période de grande ascèse, de pénitence et de prière.

Dieu récompensa cette conversion par le don des miracles. Un jour qu’Ubaldo laissa tomber le récipient qui devait lui servir à transporter de l’eau du puits au couvent, il transporta le liquide dans son habit, qui lui servit de cuvette.

Il s’associa aux travaux apostoliques de son saint directeur, qu’il assista au moment de la mort à Todi.

Dans ce couvent, il devint successivement prieur (1285), mais laissa définitivement cette responsabilité pour revenir au Monte Senario, où eurent lieu d’autres prodiges miraculeux.

Il y mourut le 9 avril 1315, et fut bientôt honoré d’un culte, qui fut confirmé en 1821.

 

 

Tommaso de Tolentino

1250-1321

 

Né à Tolentino (Marches, Italie centrale) vers 1250, Tommaso était entré très jeune chez les Frères Mineurs, et il avait suivi les idées radicales sur la pauvreté des Franciscains spirituels, condamnées par le courant «officiel». Tommaso goûta même la prison par deux fois.

Une fois libéré, il mit son zèle au service des missions : il partit en 1289 pour l’Arménie, avec quatre autres Franciscains. Un succès. Mais le pays était menacé par l’avancée des musulmans turcs et Tommaso fut chargé par le roi d’Arménie de trouver en Europe un appui séculier, en vain. Il repartit en Arménie accompagné, cette fois, de douze frères. 

Il y eut en 1307 un concile à Sis, qui confirma l’union entre l’Eglise d’Arménie et celle de Rome. Puis il poussa sa prédication jusqu’en Perse, projetant même de parvenir en Inde et en Chine.

Revenu en Europe sous le pontificat de Clément V (1305-1314), il raconta au pape ses missions. Celui-ci le nomma archevêque et légat pontifical pour l’Orient, avec sept évêques franciscains suffragants.

L’histoire n’a pas retenu les péripéties de ses missions jusqu’en 1320, où il partit d’Ormuz, dans le Golfe persique, vers la Chine et l’Inde, avec trois compagnons : Giacomo de Padoue, Pietro de Sienne et Démétrius de Tiflis (Géorgie), un frère lai, leur interprète. Leur bateau s’étant échoué non loin de Bombay, ils se réfugièrent près de Thana chez un couple chrétien ; mais ce couple se querellait, et la femme déposa plainte, proposant comme «témoins» les Religieux qu’elle avait hébergés. Après le procès, ces derniers furent interrogés sur la foi chrétienne.

Tommaso défendit la foi, glorifiant Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme, et condamnant fermement la doctrine de Mahomet. 

Le cadi leur demanda de renoncer à leur foi. Sur leur refus, ils furent flagellés, torturés, exposés au soleil pieds et mains liés. 

On les menaça de les jeter dans un brasier ardent. Tommaso voulut s’y jeter le premier, mais un sarrasin l’arrêta, pensant que Tommaso, étant âgé, connaissait quelque sortilège contre le feu ; il désigna alors Giacomo pour entrer le premier dans le brasier : Giacomo n’en éprouva aucune douleur ; jeté nu, enduit de poix, dans un brasier encore plus ardent, Giacomo en sortit indemne.

Le chef de la justice voulait s’en tenir là, mais le cadi voulut aller jusqu’au bout de sa fureur. Il fit conduire nos Martyrs hors de la ville : Tommaso fut étendu les bras en croix et décapité ; Giacomo eut la tête fendue en deux, et fut décapité à son tour ; Demetrius eut le cœur percé d’un coup de lance avant d’être décapité. Pietro eut le même sort, le lendemain.

Ce martyre eut lieu le 1er ou le 9 avril 1321, cette dernière date ayant finalement été préférée pour le Martyrologe.

Lorsque le bienheureux Odorico de Pordenone (cf. 14 janvier) s’arrêta à Thana, à son retour de Chine, en 1326, il recueillit le corps de Tommaso et le transféra en Chine, à Xaitou, dans un couvent franciscain. La tête du Martyr fut ensuite rapportée à Tolentino.

Le culte de Tommaso fut approuvé dès 1809, et confirmé en 1894 ; les quatre Martyrs ont depuis longtemps été honorés avec le titre de Bienheureux.

 

 

Giacomo de Padoue

† 1321

 

Voir la notice Tommaso de Tolentino et Compagnons

 

 

Pietro de Sienne

† 1321

 

Pietro ou Piero.

Voir la notice Tommaso de Tolentino et Compagnons

 

 

Demetrius de Tiflis

† 1321

 

Voir la notice Tommaso de Tolentino et Compagnons

 

 

Reginaldo Montemarte

1292-1348

 

Reginaldo naquit à Orvieto (Italie centrale).

Des recherches récentes ont retrouvé le nom de son père, Maître Lotto, Nallo ou Naldo. Le nom de famille devrait être plutôt Montemarte que Montesnarti.

Reginaldo entra chez les Dominicains d’Orvieto, y fit la profession et étudia à Bologne et Paris, où il fut bachelier.

En 1330, il enseigna à Orvieto puis fut envoyé à Florence en 1331.

En 1338, on l’envoya prêcher à Prato, où il fut nommé Lecteur en théologie (professeur), en 1340.

Une chronique de l’époque affirme que Reginaldo fut Lecteur à Orvieto et à Rome, ainsi que dans plusieurs autres couvents dominicains. En effet, il fut à Pise en 1341, puis en 1343 premier prieur à Priverno : là, il s’occupa des derniers travaux pour l’érection du couvent et y admit beaucoup de novices.

Le bienheureux Raimondo de Capoue le définit écrivain de grande autorité. Une autre chronique rapporte que Reginaldo fut d’une merveilleuse innocence et rempli de sainteté.

C’est là qu’il mourut, le 9 avril 1348.

En 1875, une demande fut faite pour reconnaître le culte immémorial ; la Congrégation examina la Cause en 1878, mais n’a pas encore reçu l’approbation pontificale.

Localement, Reginaldo Montemarte est fêté en tant que Bienheureux.

 

 

Antonio Pavoni

1325-1374

 

Antonio Pavoni naquit en 1325 à Savigliano (Cuneo, Piémont, Italie NO), de famille noble.

A quinze ans déjà, il put entrer au couvent dominicain de sa ville, et fut ordonné prêtre en 1335. A l’autel, il parut un ange.

Devenu inquisiteur général du Piémont en 1365, il exposa toute sa personne et sa vie à la rencontre des Vaudois dans la vallée de Pinerolo. En 1368 et 1372, il fut élu prieur de son couvent ; en 1374, l’évêque lui demanda de prêcher le carême dans le Val Pellice ; puis Antonio parcourut Campiglione, Bibiana et Fenile ; il célébra la Pâques à Bricherasio, où il se trouvait encore le dimanche suivant, 9 avril.

Si les fidèles reprenaient courage en le voyant réfuter les erreurs vaudoises, les ennemis de la Foi résolurent de l’intimider et même de l’assassiner, dans l’espoir de faire taire cette voix de la Vérité. Antonio l’apprit, et fut divinement informé des jour et heure de son prochain martyre, auquel il se prépara en chantant chaque jour le psaume Lætatus sum (Ps 124).

La veille de ce dimanche, il entra chez un barbier et lui demanda de bien le raser, car il allait à une noce. Le barbier lui répondit d’abord que c’était impossible, car dans son échope on connaissait tous les potins, et personne n’avait parlé de noces. Sur l’insistance d’Antonio, le barbier s’exécuta avec soin.

Le lendemain, dimanche 9 avril 1374, Antonio se prépara à la Messe, célébra, prêcha, rendit grâces et sortit de l’église. Là, sept sicaires l’attendaient. Antonio reçut une blessure sous l’œil gauche, deux coups de poignard dans la poitrine, un coup d’épée sur l’épaule droite. Il mourut à l’instant, et les bourreaux s’acharnèrent sur son corps.

Il y eut quantité de miracles sur la tombe du Martyr, parmi lesquels un brave gentilhomme réussit, après invocation à Antonio Pavoni, à retrouver le document nécessaire à prouver ses droits en face d’un accusateur malhonnête. Ce qui fait qu’Antonio est lui aussi invoqué pour retrouver des objets perdus, comme l’autre Antonio «de Padoue».

Le culte d’Antonio Pavoni fut autorisé en 1856, ce qui le fait considérer comme Bienheureux.

 

 

Marguerite Rutan

1736-1794

 

Née le 23 avril 1736 à Metz, Marguerite vécut dans une famille très modeste, huitième de quinze enfants.

En 1757, elle entra chez les Filles de la Charité.

Quand on ouvre un hôpital à Dax, c’est elle la supérieure de la petite communauté des Filles de la Charité qui s’y installe.

Peu à peu, Marguerite crée une école pour garçons et filles (1779), fait construire une chapelle, pour que tout ce monde puisse recevoir les Sacrements, elle accueille les mères célibataires, les orphelines, et se porte auprès de tous les nécessiteux.

Pendant la Révolution, l’évêque, quoique constitutionnel, s’oppose à leur expulsion. Quand les ordres sont supprimés, les Filles de la Charité prennent le nom de Dames de la Charité, et continuent leur apostolat.

Malgré tant de bienfaits, les Religieuses seront accusées de vol. Sous le régime de la Terreur, Marguerite est emprisonnée la veille de Noël au couvent des Carmes (de Dax) avec les autres religieuses de l’hôpital. Elle est condamnée à mort le 8 avril 1794.

Elle est guillotinée le 9 avril 1794.

On ne dit pas quel fut le sort des autres Religieuses.

Peu après, la ville de Dax fait «amende honorable», exprimant le regret d’avoir perdu une femme qui n’avait fait que du bien.

Marguerite Rutan a été béatifiée en 2011.

Katarzyna Faron

1913-1944

 

Née le 24 avril 1913 à Zabrzeż (Małopolskie, Pologne), Katarzyna fut à cinq ans orpheline de mère et fut confiée par son père à un parent.

Elle montra toujours un amour et une dévotion particulière envers la Vierge Marie. Elle était heureuse de prier et d’aller à la Messe. C’était une fille joyeuse, vive, polie et modeste.

Avec elles, les enfants - mais pas seulement eux - se sentaient heureux.

Très tôt elle éprouva la vocation religieuse. Elle l’écrivit dans une de ses rédactions d’école : Je veux être religieuse.

Elle entra à dix-sept ans (1930) chez les Ancelles de l’Immaculée Conception, avec le nom de Celestyna.

Elle fut maîtresse d’école pour les tout-petits, pour lesquels elle avait une prédilection, surtout pour les plus pauvres. Elle aimait soigner les malades.

Au moment de la Deuxième guerre mondiale, elle se trouvait à Brzozów, où la Gestapo l’arrêta en 1942. Après un an de prison, elle fut transportée à Auschwitz-Birkenau, sous le n° 27989.

Elle fut battue, reçut des coups de pied, fut soumise à des travaux très durs, obligée de rester dans l’eau froide pendant des heures pour creuser des fossés. Elle fut atteinte des poumons et eut la fièvre typhoïde. On dut aussi l’opérer d’une appendicite, dans des circonstances qui la firent beaucoup souffrir, mais elle ne se plaignait jamais, sachant au contraire y mettre de l’humour et de la gaieté.

Plus d’une fois, elle donna sa portion de pain et d’eau à d’autres prisonnières.

Elle vint à savoir qu’un prêtre du même nom qu’elle, un certain Władysław Faron, s’était éloigné de Dieu et de l’Eglise : elle offrit sa vie pour la conversion de ce prêtre. 

Celestyna mourut le jour de Pâques, 9 avril 1944. Elle allait avoir trente-et-un ans. Son corps fut incinéré le lendemain.

Le prêtre pour lequel elle s’était offerte, eut connaissance de l’offrande et de la mort de Celestyna, il se convertit (en 1948) et redevint un zélé prédicateur de l’Evangile. Dieu avait accepté le  sacrifice de Celestyna. 

Katarzyna-Celestyna Faron a été béatifiée parmi les cent-huit Martyrs polonais de la période nazie, en 1999.

 

 

Lindalva Justo de Oliveira

1953-1993

 

 Lindalva naquit le 20 octobre 1953 à Sítio Malhada da Areia, une région très pauvre du Rio Grande du Nord, dans le Brésil. Son père, João Justo da Fé, agriculteur, était veuf avec trois enfants ; il se remaria avec Maria Lúcia de Oliveira. Lindalva fut la sixième des treize enfants de ce second mariage. Elle fut baptisée le 7 janvier 1954.

Si cette famille n'était pas très aisée, elle était riche de la Foi chrétienne. João transporta toute sa famille à Açu, pour que les enfants fréquentassent l'école ; après bien des sacrifices, il réussit à acheter une maison où réside la famille encore aujourd'hui.

Outre qu'imiter le bon exemple de sa pieuse mère, Lindalva montra une inclinaison naturelle pour les enfants pauvres, avec lesquels elle passait beaucoup de temps.

Elle fit sa première communion à douze ans. Durant les années de l'école, elle était toujours heureuse d'aller aider les moins favorisés. Plus tard, lorsqu'elle vécut chez son frère Djalma et sa famille à Natal, elle obtint en 1979 le diplôme d'assistant administratif.

De 1978 à 1988 Lindalva occupa plusieurs postes dans des magasins de vente et comme caissière dans une station d'essence, envoyant une partie de son salaire à la maison pour aider sa mère. Chaque jour elle trouvait du temps pour aller après son travail visiter les vieillards dans une maison de retraite de l'endroit.

En 1982, tandis qu'elle assistait avec beaucoup d'amour son père durant les derniers mois de sa maladie, elle réfléchit sérieusement à sa vie et décida de se mettre au service des pauvres. Elle s'inscrivit alors à un cours de nursery, tout en profitant des moments typiques de la jeunesse, liant des amitiés, prenant des cours de guitare et continuant de se cultiver par les études.

En 1986, elle participa à des initiatives vocationnelles organisées par les Filles de la Charité. Après avoir reçu le sacrement de la Confirmation en 1987, elle demanda son admission dans la Congrégation. Le 11 février 1988, en la fête de Notre Dame de Lourdes, elle commença son postulat, édifiant ses compagnes par sa bonne humeur et son attention particulière pour les pauvres.

Elle avait le caractère naturellement marqué par la douceur, mais aussi par la vérité. Dans une lettre qu'elle écrivit à son frère Antonio, qui était alcoolique, elle s'exprime ainsi : Pense bien à ceci et examine-toi. Je prie beaucoup pour toi et je continuerai à le faire et même, si c'est nécessaire, je ferai pénitence pour que tu sois en mesure de parvenir à ton accomplissement personnel. Marche à la suite de Jésus, qui lutta jusqu'à la mort pour la vie des pécheurs et donna sa propre vie, non comme Dieu, mais comme homme, pour le pardon des péchés. Nous devons chercher refuge en lui ; il n'y a qu'en lui que la vie vaut la peine d'être vécue. Un an plus tard son frère cessa de boire.

Le 29 janvier 1991, la Sœur Lindalva reçut la charge de s'occuper de quarante vieillards malades dans la maison de retraite de Salvador de Bahia. Elle se livra aux plus humbles tâches et se préoccupa de ceux qui souffraient davantage en cherchant à leur procurer du réconfort spirituel et matériel, particulièrement en les encourageant à recevoir les sacrements. Elle chantait et priait avec eux et passa aussi le permis de conduire pour les emmener faire des promenades.

En janvier 1993, un certain Augusto da Silva Peixoto, homme de quarante-six ans au caractère irascible, réussit à se faire admettre facilement dans l'établissement, grâce à la recommandation de quelqu'un, bien qu'il n'eût pas le droit d'y être. Sœur Lindalva le traita comme les autres malades, avec le même respect et la même délicatesse, au point qu'il en devint amoureux.

De son côté, elle restait prudente, maintenait ses distances avec lui, ce qui toutefois ne l'empêcha pas de déclarer ses mauvaises intentions envers elle. Elle aurait pu simplement laisser sa place, mais sa passion pour les vieillards lui fit dire : Je préfère verser mon sang que d'abandonner ma place.

A partir du 30 mars, les avances d'Augusto devinrent si insistantes et dangereuses, qu'elle recourut à l'aide d'un fonctionnaire de santé pour retenir ce malade indiscipliné. Bien qu'il ait promis d'améliorer son attitude et son comportement, il maintint dans son cœur l'esprit de haine et de vengeance jusqu'à méditer un plan meurtrier.

Le 9 avril 1993, le Vendredi Saint, Sœur Lindalva prit part au Chemin de la Croix dans sa paroisse, à 4 heures 30 du matin. Dès 7 heures, elle était à son poste pour préparer et servir le petit-déjeuner, comme chaque matin. Au moment où elle servait le café à une table, Augusto se rapprocha et lui enfonça un couteau de poissonnier au-dessus de la clavicule.

S'écroulant à terre, Lindalva cria plusieurs fois Mon Dieu, protège-moi. Des malades accoururent, tentant de la protéger. Ravi dans une sorte de folie tout en soutenant son corps, Augusto la frappa quarante-quatre fois en criant : J'aurais dû le faire plus tôt. Puis, subitement, il se calma, s'assit dans un fauteuil, essuya son couteau sur son pantalon, le jeta sur la table et hurla : Elle ne voulait pas de moi ! puis, se tournant vers le docteur, il lui dit : Vous pouvez appeler la police, je ne vais pas m'enfuir ; j'ai fait ce qu'il fallait faire.

Le lendemain, Samedi Saint, le Cardinal Lucas Moreira Neves, un dominicain et primat du Brésil, célébra les funérailles de cette Sœur de 39 ans avec ce commentaire : Quelques années suffirent à Sœur Lindalva pour couronner sa vie religieuse avec le martyre.

Sœur Lindalva a été béatifiée en 2007 ; elle est commémorée au Martyrologe romain le 9 avril.

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 21:35

Alexandru Rusu

1884-1963

 

Alexandru Rusu naquit le 22 novembre 1884 à Şăulia de Câmpie (Transylvanie, alors Autriche-Hongrie, act. Roumanie), dans une famille de rit gréco-catholique, dont le chef de famille était lui-même prêtre, comme cela arrive dans cette partie orientale de l’Eglise. Des douze enfants de cette famille (onze garçons et une fille), deux devinrent prêtres.

Alexandru étudia à Bistrița, Târgu Mureş et Blaj. En 1903, il obtint son baccalauréat.

Il étudia la Théologie au Grand séminaire de Budapest et fut ordonné prêtre en 1910, après avoir obtenu le doctorat en Théologie.

Il fut d’abord nommé professeur de théologie dogmatique à Blaj, ainsi qu’au lycée Saint-Basile-le-Grand de Blaj.

De 1911 à 1918, il fut rédacteur de la revue Cultura Creştină (La Culture Chrétienne).

A la fin de la Guerre mondiale, de 1918 à 1920, il y eut un Conseil Dirigeant de la Transylvanie, provisoire, où Alexandru fut secrétaire général pour les cultes.

De 1922 à 1930, il dirigea le journal Unirea.

En 1923, il fut nommé chanoine de la cathédrale.

De 1925 à 1930, il fut recteur de l’Académie théologique de Blaj.

Cette année-là, en octobre 1930, Alexandru fut nommé évêque du nouveau diocèse gréco-catholique de Maramureş et fut consacré en janvier 1931.

Cette même année, Alexandru Rusu fut élu sénateur au parlement roumain.

Le nouvel évêque se montra un excellent organisateur, un pasteur très zélé, un véritable apôtre. Il y avait tant à faire… En 1940, après le Deuxième arbitrage de Vienne, la quasi totalité du diocèse passa sous l’administration du régime hongrois, créant beaucoup de nouvelles difficultés à Mgr Rusu, en plus des conditions difficiles dues à la Deuxième Guerre mondiale.

En 1946 cependant, Mgr Rusu fut appelé à succéder au métropolite défunt Alexandru Nicolescu ; cette élection avait été longuement préparée par des pourparlers entre le clergé roumain, le Vatican et le gouvernement pro-soviétique. Mais le gouvernement roumain refusa cette élection, en raison de la fermeté de Mgr Rusu vis-à-vis du communisme. C’est pourquoi Mgr Rusu n’a jamais été reconnu officiellement par le gouvernement, qui a déclaré le siège métropolite «vacant» (il l’est resté jusqu’en 1990). Pour l’Eglise catholique cependant, Mgr Rusu restera métropolite de l’Eglise gréco-catholique de Roumanie jusqu’à sa mort.

Mgr Rusu en était réduit à agir dans une grande discrétion, dans la clandestinité même, mais il était étroitement surveillé. Le 18 octobre 1948, on lui retira toutes ses fonctions officielles et, le 28 octobre suivant, il fut arrêté et incarcéré au Ministère de l’Intérieur, à Bucarest. Le 1er décembre, le culte gréco-catholique était interdit et l’Eglise était expropriée de tous ses biens, églises et presbytères.

Alors commença le pénible périple du Métropolite, qui passa de prison en prison pendant une quinzaine d’années. De Bucarest, on le transféra à la maison patriarcale de Dragoslavele pour passer ensuite, en février 1949, au monastère de Căldăruşani transformé en prison, puis en mai 1950 dans la prison de Sighetu Marmației, puis en 1955 à l’hôpital Gerota de Bucarest «pour redressement», puis au monastère de Curtea de Argeş, puis encore au monastère de Ciorogâria, où il fut en compagnie des autres évêques Iuliu Hossu et Ioan Balan (v. 28 mai et 4 août). Le Métropolite avait alors plus de soixante-dix ans et avait survécu à sept années de mauvais traitements.

Or, en 1956, les trois évêques prisonniers eurent l’idée d’adresser un mémoire au gouvernement roumain - et de le faire connaître à l’étranger -, signé par des milliers de fidèles, pour demander la restauration de l’Eglise gréco-catholique de Roumanie. On célébra même en pleine rue une Divine Liturgie. Cette «provocation» fut durement réprimée par le gouvernement : on accusa Mgr Rusu d’en être l’instigateur et, le 13 août 1956, sous prétexte qu’il allait être reçu par le ministre des Cultes, il fut isolé au monastère Cocoşu de la Dobroudja, en attendant son procès. Mgr Rusu fut alors condamné, en 1957, à vingt-cinq années de travaux forcés pour instigation et crime de haute trahison. Il devait donc purger sa peine à quatre-vingt dix-sept ans ; dernier transfert du Métropolite : prison de Gherla, cellule 10 en sous-sol.

Mgr Rusu resta encore six années dans cette geôle. Au printemps 1963, il eut une maladie des reins. Le 9 mai 1963, son heure arrivait. Il bénit ses compagnons de cellule et leur dit ses ultimes paroles : Mes frères, maintenant je vais auprès de Dieu, afin que je reçoive ma récompense pour la vie que j’ai reçue de Lui, pour l’Eglise et pour les Roumains (traduction imparfaite). Mgr Rusu avait soixante dix-huit ans.

La dépouille du Prélat fut jetée dans le cimetière des détenus politiques, tombe 133, où les tracteurs retournèrent plus tard le terrain, sur ordre de la Police secrète.

Alexandru Rusu est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 11:23

Ioan Bălan

1880-1959

 

Ioan Bălan naquit le 11 février 1880 à Teiuş (Roumanie), dans une famille de rit gréco-catholique.

Il étudia la Théologie au Grand séminaire de Budapest et fut ordonné prêtre en 1903.

Après avoir poursuivi d’autres études à Vienne, il revint en Roumanie, à Blaj puis, en 1909, à Bucarest.

En 1919, de retour à Blaj, il fut nommé chanoine et, en 1921, recteur de l’académie de Théologie.

En 1929, il fut appelé à faire partie de la Commission vaticane pour la rédaction du nouveau Code de Droit Canonique concernant les Eglises orientales.

En novembre 1936, il fut consacré évêque de Lugoj.

Lors de l’établissement du gouvernement communiste, il résista courageusement aux injonctions du parti, qui le sommait de rompre avec Rome et de rentrer dans les files de l’Eglise orthodoxe roumaine, qui était noyautée par le parti communiste.

Mgr Balan fut arrêté le 28 octobre 1948, conduit au monastère orthodoxe de Dragoslavele, puis au monastère (transformé en prison) de Căldăruşani en février 1949, enfin à la prison de Sighet en mai 1950.

Plus tard, on le confina dans le monastère de Curtea de Argeş (1955) puis, en 1956, on le transféra au monastère orthodoxe des Sœurs de la Ciorogârla (près de Bucarest), où il devait rester dans l’isolement complet jusqu’à la fin de ses jours.

Mgr Balan approchait des quatre-vingts ans. Affaibli et malade, il fut transporté dans un hôpital de Bucarest, où il mourut le 4 août 1959.

Il faut remarquer que Mgr Balan n’a jamais été ni inculpé, ni jugé, ni condamné.

Il a été enterré au cimetière catholique de Bellu.

Ioan Bălan est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 10:36

Tit Liviu Chinezu

1904-1955

 

Tit Liviu Chinezu naquit le 22 juin 1904 à Huduc (Mureş, Roumanie), d’un père qui était lui-même prêtre, comme cela arrive dans le rite gréco-catholique.

En 1925, Tit Liviu vint à l’institut Saint-Athanase de Rome, puis à l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin (l’Angelicum) où il obtint le doctorat de Théologie en 1930.

Il fut ordonné prêtre en janvier 1930 et, en 1931, de retour en Roumanie, il fut professeur à l’Ecole Normale de Blaj, puis, en 1937, à l’Académie de Théologie.

En  1947, il fut nommé archiprêtre (ou doyen) de Bucarest.

On trouve ce détail qu’il fut lui-même arrêté en 1948, mais les précisions manquent terriblement.  Avec vingt-cinq autres prêtres, il aurait été mis en prison au monastère de Căldăruşani (transformé en prison).

C’est dans la prison qu’il reçut l’ordination épiscopale des mains d’autres évêques emprisonnés, dont Mgr Valeriu Traian Frențiu (v. 11 juillet), en décembre 1949. Il fut ainsi évêque titulaire de Regiana, et succéda à Mgr Aftenie sur le siège de Făgăraş et Alba Iulia.

On peut supposer que, étant plus jeune que d’autres, et n’ayant été ni accusé ni condamné, on espérait qu’il serait sorti de prison plus facilement et aurait pu ainsi gouverner le diocèse. Il n’en fut rien.

Relégué dans la prison de Sighet, il y souffrit intensément de faim et de froid.  Gravement malade, il devait être conduit à l’infirmerie mais, sous ce prétexte, on l’isola encore plus dans une chambre glacée, où il s’éteignit deux jours après, le 15 janvier 1955.

On le mit en terre sans cercueil, dans le cimetière des pauvres, où l’on n’a jamais retrouvé son corps.

Tit Liviu Chinezu est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 09:34

Ioan Suciu

1899-1953

 

Ioan Suciu naquit le 4 décembre 1907 à Blaj (Roumanie), de Vasile et Maria.

Il fréquenta la faculté de Blaj puis, en 1925, vint à Rome, d’abord à l’institut Saint-Athanase, puis à l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin (l’Angelicum) où il obtint le doctorat de Théologie.

Ordonné prêtre en 1931 et sacré évêque en 1940, il fut évêque auxiliaire d’Oradea-Mare, puis administrateur apostolique de Blaj.

Son  intense activité pastorale (et sportive) auprès des jeunes et particulièrement des Roms de la périphérie de Blaj, lui valut d’être appelé l’apôtre des jeunes.

Quand le régime communiste s’installa dans le pays, Ioan Suciu et tous les évêques catholiques furent invités à se rallier à l’église orthodoxe de Roumanie : c’était leur demander de rompre avec Rome et le pape. Sept évêques refusèrent et furent pour ce motif mis en prison et soumis à d’infâmes traitements.

Mgr Suciu se déclara ouvertement opposé au gouvernement communiste et fut emprisonné en 1948 : on lui imposa des interrogatoires interminables pendant dix-sept mois.

Relégué dans la prison de Sighetu Marmației, il y mourut de faim le 27 juin 1953.

Comble du  mépris : il fut enterré dans le cimetière des pauvres et l’on n’a jamais pu retrouver sa tombe.

Ioan Suciu est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 23:00

08 AVRIL

 

I.

S Agabus, prophète, cf. Ac 11,28  et 21,10.

Ss Hérodion, parent de s. Paul, évêque à Nouvelle-Patras, avec Asyncritus et Phlégon, mentionnés dans l’épître aux Romains (Ro 16:14). 

II.

S Dionysios, évêque à Corinthe, auteur de diverses Lettres à d’autres Eglises. 

S Hermès, évêque à Béryte.

III.

S Dionysios, évêque en Alexandrie ; évitant les controverses, il réadmettait les lapsi, acceptait le baptême des hérétiques ; il combattit le sabellianisme et sut reconnaître quelques erreurs personnelles de terminologie.

?

Ss Timotheos, Diogenes, Macarios et Maximos, martyrs à Antioche de Syrie.

Ste Concessa, martyre à Carthage.

V.

S Amantius, évêque à Côme.

VI.

S Redemptus, bénédictin, évêque à Ferentino.

XIII.

B Clément, augustin, deux fois supérieur général, mort à Orvieto.

XIV.

B Martino Ansa (de Rimini), ancien militaire, ermite près de Gênes et humble tailleur.

XVII.

B Julián de Saint-Augustin, franciscain espagnol, deux fois renvoyé “à cause de ses mortifications excessives”, thaumaturge.

XIX.

Bx Hong Gyo-man Franciscus Xaverius, Choe Pil-gong Thomas, Hong Nak-min Lucas, Choe Chang-hyeon Ioannes et Jeong Yak-jong Augustinus, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

Ste Julie Billiart, picarde, fondatrice, avec Françoise de Bourdon et le Père Joseph Varin, de l’Institut de Notre-Dame pour l'éducation chrétienne des jeunes filles ; après une neuvaine, elle guérit de sa paralysie.

B August Czartoryski, prince polonais exilé, salésien à Turin du temps de s. Giovanni Bosco, excellent religieux malgré sa mauvaise santé, béatifié en 2004.

Julián Martinet Gutiérrez

1553-1606

 

Il naquit en 1553 à Medinaceli (Soria, Espagne), de André Martinet et Catalina Gutiérrez.

André Martinet était de Toulouse, mais s’était réfugié en Espagne par crainte des Calvinistes farouches qui ensanglantaient la «ville rose» ; il se mit au service d’un corroyeur, Antonio Cedillo, qui lui suggéra d’épouser une jeune fille de ses ouvriers, Catalina.

Leur garçon sut profiter de leur enseignement ; apprenti tailleur, il profitait de ses moments libres pour aller à l’église, communiait fréquemment, montrait un grand attrait pour les pratiques de la piété chrétienne.

Julián reçut encore jeune l’habit franciscain ; il s’imposa trop de mortifications et les Confrères le prièrent… de se retirer. Le jeune homme se retira à Santorcas (Tolède) et y exerça son métier de tailleur sans rien abandonner de ses exercices de piété. 

Peu après, un Franciscain de passage, le père Francisco Torrès, le remarqua et lui proposa de l’accompagner, ce que Julián accepta volontiers. Il précédait le bon Père avec une clochette pour inviter la population à venir écouter la mission. On arriva ainsi à son village de Medinaceli, où les Frères le reconnurent et le traitèrent de fou. Julián encaissa l’éloge humblement. Le père Torrès observait soigneusement son compagnon, et le fit entrer au couvent de Salcedo. Là encore, Julián reprit ses austérités et les Religieux, croyant avoir à faire avec un exalté, le renvoyèrent. Julián réfléchit alors qu’il n’était sans doute pas fait pour la vie conventuelle, et décida de se retirer sur la montagne voisine.

Il était de la trempe de ces fidèles à qui le Christ peut dire : Ta foi est grande ! qu’il t’advienne selon ton désir (Mt 15:28) ; il commença une vie d’ermite aux alentours du couvent, demandant seulement aux Frères un morceau de pain chaque jour. Un jour qu’il rencontra un pauvre moitié nu, il lui donna son habit et alla demander aux Frères quelque chose à se mettre pour avoir moins froid. On lui donna un vieil habit d’oblat. Infiniment reconnaissant pour tant de charité, Julián se mit à aller faire la quête pour le monastère. Et les gens de l’endroit l’aimaient tellement, qu’ils lui donnèrent en abondance ! Julián rapportait fidèlement tout au monastère. Les Religieux, émus par tant de persévérance et d’humilité, l’introduisirent pour la troisième fois parmi eux, et le gardèrent ; Julián put enfin émettre la profession franciscaine, prenant le nom de Julián de Saint-Augustin.

Le père Torrès le redemanda comme compagnon de ses missions, et la sainteté du jeune Frère fut souvent plus éloquente que les paroles du prêtre lui-même.

Il passa quelque temps à Ocaña, revint à Alcalá. Chargé d’aller demander l’aumône, il s’acquit la bienveillance des gens par son esprit de pauvreté et d’humilité ; on savait combien il se mortifiait (et les bons Frères avaient dû en parler), mais aussi Julián avait le don de la prophétie ainsi que de la science infuse. Il put amener beaucoup de pécheurs à la conversion, des musulmans, des hérétiques, des prostituées ; il s’éleva contre les bals qui engendraient tant de désordres ; il guérit des multitudes de malades, arrêta subitement des incendies, tout cela avec la plus profonde modestie, attribuant toujours ces miracles à la Vierge Marie ou à quelque autre Saint connu.

Il avait une grande compassion pour les pauvres, sachant les consoler en leur parlant du bonheur du ciel ; et il savait toucher les plus riches, pour ouvrir leur cœur aux nécessités des plus pauvres.

De grands professeurs d’université allaient le trouver et restaient confus d’entendre ses réponses si pertinentes.

Julián parvint au terme de la vie terrestre à cinquante-trois ans ; il reçut les derniers sacrements avec profonde ferveur et, le visage illuminé d’une lumière toute divine, rendit son âme à Dieu, le 8 avril 1606.

Il a été béatifié en 1825.

Martino Ansa

 

† 1344

 

Martino naquit à Rimini (ou dans les Marches d’Ancône, selon certains historiens).

Il fut un homme d’armes assez brillant, mais dans un moment de colère, il se servit de son épée pour tuer un compagnon  auquel il était par ailleurs fort affectionné.

Il s’enfuit, désespéré - certains disent qu’il aurait été exilé de la principauté - et s’en vint à Gênes, où il fut accueilli par les Bénédictins de Capo Faro. Il s’y montra d’une grande humilité et d’une grande bonté.

Pour expier davantage sa faute, il se retira dans une grotte de Pegli, non loin de Gênes, dans la Baie de Castelluccio.

Ayant appris le métier de tailleur, il raccommodait les vêtements des pauvres. Il recevait les pèlerins de passage.

Divinement inspiré, il rejoignit le monastère bénédictin qui l’avait accueilli et où il mourut le jeudi après Pâques, 8 avril 1344 ; puis il fut enterré à Pegli à l’endroit de sa grotte, où fut édifiée l’église de Saint-Antoine-Abbé.

Son culte devint populaire chaque jeudi dans l’octave de Pâques.

Martino est le céleste patron des tailleurs de Ligurie. On le nomme selon le cas Martino de Rimini ou Martino de Pegli.

 

 

Julián Martinet Gutiérrez

1553-1606

 

Il naquit en 1553 à Medinaceli (Soria, Espagne), de André Martinet et Catalina Gutiérrez.

André Martinet était de Toulouse, mais s’était réfugié en Espagne par crainte des Calvinistes farouches qui ensanglantaient la «ville rose» ; il se mit au service d’un corroyeur, Antonio Cedillo, qui lui suggéra d’épouser une jeune fille de ses ouvriers, Catalina.

Leur garçon sut profiter de leur enseignement ; apprenti tailleur, il profitait de ses moments libres pour aller à l’église, communiait fréquemment, montrait un grand attrait pour les pratiques de la piété chrétienne.

Julián reçut encore jeune l’habit franciscain ; il s’imposa trop de mortifications et les Confrères le prièrent… de se retirer. Le jeune homme se retira à Santorcas (Tolède) et y exerça son métier de tailleur sans rien abandonner de ses exercices de piété. 

Peu après, un Franciscain de passage, le père Francisco Torrès, le remarqua et lui proposa de l’accompagner, ce que Julián accepta volontiers. Il précédait le bon Père avec une clochette pour inviter la population à venir écouter la mission. On arriva ainsi à son village de Medinaceli, où les Frères le reconnurent et le traitèrent de fou. Julián encaissa l’éloge humblement. Le père Torrès observait soigneusement son compagnon, et le fit entrer au couvent de Salcedo. Là encore, Julián reprit ses austérités et les Religieux, croyant avoir à faire avec un exalté, le renvoyèrent. Julián réfléchit alors qu’il n’était sans doute pas fait pour la vie conventuelle, et décida de se retirer sur la montagne voisine.

Il était de la trempe de ces fidèles à qui le Christ peut dire : Ta foi est grande ! qu’il t’advienne selon ton désir (Mt 15:28) ; il commença une vie d’ermite aux alentours du couvent, demandant seulement aux Frères un morceau de pain chaque jour. Un jour qu’il rencontra un pauvre moitié nu, il lui donna son habit et alla demander aux Frères quelque chose à se mettre pour avoir moins froid. On lui donna un vieil habit d’oblat. Infiniment reconnaissant pour tant de charité, Julián se mit à aller faire la quête pour le monastère. Et les gens de l’endroit l’aimaient tellement, qu’ils lui donnèrent en abondance ! Julián rapportait fidèlement tout au monastère. Les Religieux, émus par tant de persévérance et d’humilité, l’introduisirent pour la troisième fois parmi eux, et le gardèrent ; Julián put enfin émettre la profession franciscaine, prenant le nom de Julián de Saint-Augustin.

Le père Torrès le redemanda comme compagnon de ses missions, et la sainteté du jeune Frère fut souvent plus éloquente que les paroles du prêtre lui-même.

Il passa quelque temps à Ocaña, revint à Alcalá. Chargé d’aller demander l’aumône, il s’acquit la bienveillance des gens par son esprit de pauvreté et d’humilité ; on savait combien il se mortifiait (et les bons Frères avaient dû en parler), mais aussi Julián avait le don de la prophétie ainsi que de la science infuse. Il put amener beaucoup de pécheurs à la conversion, des musulmans, des hérétiques, des prostituées ; il s’éleva contre les bals qui engendraient tant de désordres ; il guérit des multitudes de malades, arrêta subitement des incendies, tout cela avec la plus profonde modestie, attribuant toujours ces miracles à la Vierge Marie ou à quelque autre Saint connu.

Il avait une grande compassion pour les pauvres, sachant les consoler en leur parlant du bonheur du ciel ; et il savait toucher les plus riches, pour ouvrir leur cœur aux nécessités des plus pauvres.

De grands professeurs d’université allaient le trouver et restaient confus d’entendre ses réponses si pertinentes.

Julián parvint au terme de la vie terrestre à cinquante-trois ans ; il reçut les derniers sacrements avec profonde ferveur et, le visage illuminé d’une lumière toute divine, rendit son âme à Dieu, le 8 avril 1606.

Il a été béatifié en 1825.

 

 

Hong Gyo-man Franciscus Xaverius

1738-1801

 

Hong Gyo-man Franciscus Xaverius est un laïc coréen né en 1738 à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 8 avril 1801 et béatifié en 2014.

Nota. On a trouvé aussi pour ce personnage, le prénom féminin Edwige.

 

 

Choe Pil-gong Thomas

1744-1801

 

Choe Pil-gong Thomas est un laïc coréen né en 1744 à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 8 avril 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Hong Nak-min Lucas

1751-1801

 

Hong Nak-min Lucas est un laïc coréen né en 1751 à Yesan (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 8 avril 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Choe Chang-hyeon Ioannes

1759-1801

 

Choe Chang-hyeon Ioannes est un laïc coréen né en 1759 à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 8 avril 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Jeong Yak-jong Augustinus

1760-1801

 

Jeong Yak-jong Augustinus est un laïc coréen né en 1760 à Gwangju (Gyeonggi-do, Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 8 avril 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Marie-Rose-Julie Billiart

1751-1816

 

Celle qu’on nomme communément Julie Billiart naquit le 12 juillet 1751 à Cuvilly (Compiègne, Oise), sixième des sept enfants de Jean-François et Marie Debraine.

A sept ans, elle connaissait par-cœur son catéchisme, et le faisait répéter à ses camarades. Mais elle fréquenta sporadiquement l’école du village, tenue par son oncle.

Sa science était tout intérieure, et sa maturité poussa son curé à lui faire recevoir l’Eucharistie et la Confirmation à neuf ans. A quatorze ans, elle fit le vœu de chasteté.

En 1774, cette jeune demoiselle fut terriblement choquée par une tentative d’assassinat contre son père (un probable rival dans les affaires) ; huit ans plus tard, victime d’une épidémie et mal soignée, elle demeura paralysée des jambes, et ce pendant plus de vingt ans.

Immobilisée sur son lit, elle priait, confectionnait du linge d’autel, enseignait le catéchisme, avec un soin particulier pour les premiers communiants.

Durant la Révolution, elle se réfugia à Amiens reçut chez elle des prêtres réfractaires et dut s’enfuir plusieurs fois. Elle eut un jour une vision du Christ crucifié, entouré de femmes vêtues d’un habit qu’elle n’avait jamais vu. Elle devint à nouveau l’épicentre d’un groupe de femmes pieuses, parmi lesquelles Françoise Blin de Bourdon.

Avec cette dernière, en 1803, et suivant les conseils du père Joseph Varin (un bisontin qui a sa rue à Besançon), Julie proposa à l’évêque d’Amiens la fondation d’un nouvel institut, les Sœurs de Notre-Dame, au profit du salut des enfants pauvres.

Le 1er juin 1804, en la fête du Sacré-Cœur, et à la suite d’une neuvaine de prière, Julie se trouva guérie de son infirmité.

Les quatre premières Religieuses firent leurs vœux en octobre 1804. La règle, proposée par le père Varin, n’a pratiquement pas subi de modification depuis deux siècles ; elle s’inspire des constitutions des Jésuites.

Il y eut vite d’autres maisons en France et en Belgique.

En Amiens, un autre prêtre tenta de faire imposer des changements aux statuts et en convainquit l’évêque. Mère Julie passera alors à Namur, qui devint la maison-mère des Sœurs de Notre-Dame de Namur. L’évêque d’Amiens reconnut plus tard son erreur.

Mère Julie passera les dernières années de sa vie dans une intense vie intérieure de prière. L’évêque de Gand put affirmer qu’elle avait sauvé plus d’âmes par sa vie d’union à Dieu que par son activité apostolique.

Une de ses activités fut l’assistance aux blessés en Belgique, après la bataille de Waterloo (1815).

Après avoir fondé quinze couvents et accompli une centaine de voyages pour les visiter tous, Mère Julie  tomba malade en janvier 1816 et s’éteignit en Dieu le 8 avril 1816.

Mère Julie Billiart fut béatifiée en 1906, et canonisée en 1969.

 

 

Auguste Czartoryski

1858-1893

 

Auguste Czartoryski naquit à Paris le 12 août 1858, en exil, du prince Władisłas et de Maria Amparo, fille de la reine d'Espagne.

Premier né de la famille, il était appelé à un noble héritage, mais il n'aimait pas la vie de cour. À vingt ans, il écrivait à son père, à propos des fêtes mondaines auxquelles il était contraint de participer : J'avoue que je suis fatigué de tout cela. Ce sont des divertissements inutiles qui me tourmentent. Il m'est pénible d'être obligé de faire des connaissances à tant de banquets.

Il avait six ans à la mort de sa mère, malade de tuberculose ; Auguste fut aussi atteint, et ne recouvrera jamais la santé. Il voyagera en Italie, en Suisse, en Égypte, en Espagne, les principales étapes de ses pérégrinations. Mais ce n'était pas d'abord la santé qu'il poursuivait : il cherchait sa vocation.

Il eut trois maîtres spirituels qui eurent une grande influence sur son âme : le premier fut Józef (Rafal de Saint-Joseph) Kalinowski. Celui-ci - canonisé en 1991 (voir au 15 novembre) - avait subi dix ans de travaux forcés en Sibérie, avant d’entrer chez les Carmes et fut précepteur d'Auguste pendant trois ans (1874-1877). C'est de lui qu’on sait la dévotion d’Auguste pour saint Luigi Gonzaga (Louis de Gonzague, voir au 21 juin) et son compatriote saint Stanisław Kostka (voir au 15 août). Il était enthousiaste de la devise de ce dernier : Ad maiora natus sum (Je suis né pour mieux que ça).

Le deuxième fut le père Stanisław Kubowicz, mais l'événement décisif fut la rencontre de don Bosco.

Auguste avait vingt-cinq ans quand il fit pour la première fois sa connaissance. Ce fut à Paris, justement à l'hôtel Lambert, où le fondateur des salésiens célébra la messe dans la chapelle privée. À l'autel servaient le prince Władisłas et Auguste. Il y a longtemps que je désirais faire votre connaissance ! dit don Bosco à Auguste. 

Depuis lors, dès que son père le lui permettait, Auguste venait à Turin pour rencontrer don Bosco et recevoir ses conseils. Il fit même plusieurs retraites spirituelles sous la direction du saint, en logeant à l'Oratoire, malgré tout l'inconfort qu'il y trouvait.

Curieusement, don Bosco se montra longtemps réticent à propos de l'acceptation du prince dans la Congrégation. Ce sera le Pape Léon XIII en personne qui dissipera tous les doutes. Après avoir sondé la volonté d'Auguste, le Pape conclut : Dites à don Bosco que le Pape désire qu'il vous accepte parmi les salésiens. - Eh bien, mon cher, répondit immédiatement don Bosco, je vous accepte. Dès maintenant vous faites partie de notre Société et je désire que vous y apparteniez jusqu'à la mort.

À la fin de juin 1887, après avoir renoncé à tout en faveur de ses frères, le jeune homme fit un bref aspirandat à San Benigno Canavese, puis le noviciat avec le père Giulio Barberis. Auguste dut bouleverser bien des habitudes : l'horaire, la nourriture, la vie commune... Il dut aussi résister aux tentatives de la famille qui ne se résignait pas à cette option. Le père lui rendit visite et tenta de le dissuader. Mais Auguste ne se laissa pas vaincre. 

Le 24 novembre 1887, il reçut la soutane des mains de Don Bosco dans la basilique de Marie Auxiliatrice. Courage, mon cher prince, lui murmura le Saint à l'oreille. Aujourd'hui, nous avons remporté une belle victoire. Mais je puis dire aussi, avec une grande joie, que viendra le jour où vous serez prêtre et, par la volonté de Dieu, vous ferez beaucoup de bien à votre patrie.

Don Bosco mourut deux mois après et, sur sa tombe à Valsalice, le prince Czartoryski devint salésien en émettant les vœux religieux.

À cause de sa maladie, il fut envoyé sur la côte ligurienne pour ses études de théologie. L'évolution de sa maladie fit reprendre avec plus d'insistance les tentatives de sa famille, qui recourut aussi aux pressions des médecins. Au cardinal Parocchi, prié d'user de son influence pour l'arracher à la vie salésienne, il écrivit : C'est en pleine liberté que j'ai voulu émettre les vœux, et je les ai faits avec grande joie. Vivant dans la Congrégation, j'éprouve depuis ce jour une grande paix d'esprit et je remercie Dieu de m'avoir fait connaître la Société salésienne et de m'avoir appelé à y vivre.

En 1892 il fut ordonné prêtre. Sur son image de première messe, il avait écrit : Un jour dans tes parvis en vaut plus que mille autres. Heureux les habitants de ta maison : ils pourront te chanter sans fin (Ps 88:11,5).

La vie sacerdotale du père Auguste ne dura qu'un an à peine ; il la passa à Alassio, dans une chambre qui donnait sur la cour des enfants.

Le père Auguste s'éteignit à Alassio le soir du 8 avril 1893, dans l'octave de Pâques, assis sur le fauteuil où don Bosco s'était plusieurs fois reposé. Quelle belle Pâques !, avait-il dit lundi au confrère qui l'assistait.

Son corps fut transporté auprès des tombes de la famille, dans la crypte paroissiale de Sieniawa, là où il avait fait sa première communion. Plus tard, ses dépouilles mortelles furent transférées dans l'église salésienne de Przemyśl, où elles se trouvent encore aujourd'hui.

Auguste Czartoryski fut béatifié en 2004.

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